Guide financier
Perspectives et prévisions pour 2026

«2026 sera l’année
Le stratège en placements américain Larry McDonald s’attend à une migration des actions
Ala fin de l’année dernière, les principales bourses des Etats-Unis avaient de quoi sabler le champagne. L’indice S & P 500 enregistrait de nouveaux records, les actions technologiques ayant une nouvelle fois apporté la plus grande contribution à cette bonne performance. L’intelligence artificielle (IA) est sur toutes les lèvres. Selon le narratif courant, les actions d’entreprises liées à l’IA comme Nvidia, Broadcom et Palantir restent incontournables. Larry McDonald n’est pas de cet avis. Le fondateur du service de recherche «The Bear Traps Report» et auteur du best-seller How to Listen When Markets Speak s’attend à des déplacements colossaux de capitaux en 2026. Les bourses ont connu une année 2025, certes agitée, mais surtout une bonne année. Qu’est-ce que l’année 2026 réserve aux investisseurs? Je m’attends à ce que deux forces opposées dominent l’évolution des marchés, à la manière d’un tir à la corde: d’un côté, les tensions dans le secteur étasunien du crédit devraient s’accroître, de l’autre côté, on assiste à un échauffement de la conjoncture en raison de la politique monétaire et fiscale. L’économie américaine connaît déjà une croissance robuste, le taux de chômage est bas et le déficit budgétaire atteint le double du déficit moyen de ces trente dernières années. Ce à quoi s’ajoute une sorte de projet Manhattan moderne, avec quelque 2000 milliards de dollars d’investissements dans l’intelligence artificielle au cours de la période 2025-2026. Malgré cela, la Fed abaisse son taux directeur et injecte des liquidités supplémentaires dans le système, à travers des achats de titres. Une attitude extrêmement dangereuse en matière d’inflation.
«Nous allons connaître une migration colossale de capital»
Qu’est-ce que cela implique pour les perspectives sur les marchés financiers? Nous allons connaître une migration colossale de capital. Cette tendance a déjà commencé et s’accentuera en 2026. Le régime désinflationniste, qui prédominait dans les années 2010 à 2020, appartient définitivement au passé. Les marchés se trouvent dans une nouvelle ère, avec une inflation tenace et des taux élevés, ce qui offre d’excellentes perspectives pour les hard assets, des valeurs réelles et des entreprises qui contrôlent des valeurs réelles.
Que signifie concrètement cette migration de capital? En raison de l’engouement autour de l’IA, la capitalisation boursière du Nasdaq 100 est passée, au cours de ces trois dernières années, d’environ 12 400 à 33 800 milliards de dollars. Dans ces conditions, il suffit qu’une petite partie du capital des actions technologiques soit transférée vers d’autres secteurs pour faire grimper les cours de ceux-ci. Un exemple: il y a un an, la valeur boursière des actions de mines d’or et d’argent
Sommaire
représentait un peu plus de 320 milliards de dollars. Depuis, elle a grimpé à 830 milliards de dollars. En peu de temps, les cours ont ainsi plus que doublé, ce qui montre bien le potentiel explosif de cet effet.
Vous recommandiez alors d’acheter des actions de compagnies minières. Etes-vous toujours confiant dans ce secteur, après cette progression spectaculaire? Fondamentalement, oui. Il y a de bonnes chances que les leaders du secteur que sont Newmont et Barrick se hissent, au cours des cinq
prochaines années, parmi les 20 plus grands noms de la bourse américaine. Cela peut surprendre: bien que le cours de nombreuses compagnies minières ait connu une progression fulgurante, leur évaluation reste avantageuse. Cela est dû à une rentabilité nettement augmentée en raison de l’envolée du cours de l’or. Dans un secteur aussi volatil, il est toutefois essentiel de rester discipliné, autrement dit de réduire ses positions durant les phases d’appréciation et de racheter durant les phases de dépréciation. Pratiquement chaque fois que je déroge à
cette règle, j’y perds. Compte tenu de cette envolée, nous avons donc un peu vendu, mais nous conservons une position importante.
Et comment évaluez-vous les perspectives pour le métal argent? Pour l’argent, nous sommes encore plus confiants que pour l’or. Au début de l’année, le ratio or/ argent était de 88. Depuis, il a baissé à 63 et il devrait continuer de descendre à 35 ou 40, car l’argent n’est pas seulement un métal précieux monétaire. Son excellente conductivité en fait aussi une
Impressum
Investissements Comment bien gérer son patrimoine, en évitant les erreurs les plus courantes page 4
Banques Les répercussions du possible maintien, par la BNS, de son taux directeur à zéro page 7
Psychologie Les émotions feraient commettre des erreurs en matière de placements pages 8, 9
matière première importante pour les énergies renouvelables et les centres de données. Actuellement, les actions de compagnies exploitant des mines d’argent sont toutefois également fortement surachetées – mais cette réserve est de nature purement technique. A moyenne et longue échéances, le potentiel des métaux précieux et des compagnies minières reste considérable, d’autant plus que ce secteur est encore fortement sous-représenté dans la plupart des portefeuilles, avec une part moyenne autour de 1% seulement.
Le Guide financier est un supplément du «Temps» réalisé en collaboration avec la «Neue Zürcher Zeitung». Les articles ont été réalisés par NZZ Content Creation, prestataire interne à la NZZ qui réalise des contenus journalistiques de haute qualité. Gestion de projet «Le Temps»: Julia Chivet et Clémence Lamirand (responsables des suppléments) et Martin Nieva (conception et graphisme), Samira Payot (responsable correction), Gian Pozzy et Miguel Borreguero (traduction), Olivia Wermus Genevay (iconographie), Sébastien Cretton (Head of Regional Sales).
NZZ Content Creation: Jürg Zulliger (contenu) et Sara Sparascio (graphisme).
NZZone: Anne-Sandrine Backes (Head of Business Unit Romandie) et Katharina Kälin (Key Account Manager).
Contact: publicite@letemps.ch
Le Temps SA, Avenue du Bouchet 2, 1209 Genève, + 41 22 575 80 50
des actions value»
technologiques vers des valeurs intrinsèques avantageuses Propos recueillis par Christoph Gisiger
Où trouve-t-on actuellement des perspectives aussi intéressantes que celles offertes par les actions minières début 2025? La zone la plus intéressante est celle où se superposent les méga-tendances IA et hard assets: dans celle-ci, les migrations de valeurs financières vers des valeurs réelles convergent pour ainsi dire avec l’immense besoin d’infrastructures pour l’alimentation des centres de données. En clair: pour que Nvidia puisse continuer de croître, les actions dans des secteurs comme le gaz naturel, le charbon, l’énergie nucléaire, le cuivre et l’aluminium doivent doubler, voire tripler de valeur.
Qu’entendez-vous par cela? Au cours des cinq prochaines années, on prévoit de construire plus de 850 nouveaux centres de données, rien qu’aux Etats-Unis. Ces projets expliquent pourquoi Nvidia est actuellement évalué à 24 fois son chiffre d’affaires. Mais les actions typiquement liées à l’IA, comme celles de Nvidia, font face à un risque important, en 2026: de nombreux centres de données se heurtent à des résistances locales, avant tout en raison de leur grande consommation d’énergie.
«Pour l’argent, nous sommes encore plus confiants que pour l’or»
Qu’est-ce que cela implique pour les bourses? Je pense que le secteur technologique va être soumis à une forte pression, en raison des oppositions à la construction de ces infrastructures. La valeur boursière de Nvidia, par exemple, pourrait perdre 1000 à 2000 milliards sur ses 4600 milliards actuels. Parallèlement, les entreprises actives dans les infrastructures énergétiques des nouveaux centres de données profiteront d’autant plus d’investissements.
Comment les investisseurs peuvent-ils se positionner sur la base de cette hypothèse?
Les grands centres de données auront besoin de leurs propres centrales énergétiques, souvent sous forme de centrales à gaz. Il faudra donc transporter davantage de gaz à travers les Etats-Unis, raison pour laquelle l’exploitant de pipelines Energy Transfer fait partie de nos favoris. Celui-ci transporte quelque 30% de la production de gaz des Etats-Unis et profitera des grands projets de centres de données dans le nord du Texas. De plus, il applique un rendement du dividende de 8,1%. Nuscale Power, une entreprise leader dans le développement de réacteurs nucléaires modulaires, est également particulièrement intéressante. Cette action est toutefois hautement spéculative et il faut compter six à huit ans pour la construction de ces petites centrales nucléaires.
De telles actions ne peuvent-elles pas aussi souffrir, si des entreprises pariant sur l’IA comme Nvidia ou Broadcom se retrouvent sous pression? C’est une question qu’on nous pose souvent. Il faut savoir qu’un grand nombre de ces secteurs ont déjà subi une sévère correction. En comparaison avec des actions liées à l’IA, des groupes gaziers comme Antero Resources ou Range Resources sont de ce fait très bon marché. Il en va de même pour le producteur de charbon Core Natural Resources, dont le rendement du cashflow libre est estimé autour de 15% pour 2026, selon les estimations des analystes. Même si la construction des centres de données prend du retard, le besoin de rattrapage au niveau des infrastructures reste considérable. Ces entreprises contribuent justement à surmonter ces goulets d’étranglement.
Une bonne partie des goulets d’étranglement concernent le raccordement des centres de données au réseau électrique. Quelles sont les possibilités d’investissement dans ce domaine? Le producteur d’aluminium Alcoa, par exemple, est clairement une opportunité. Nous détenons des actions de celui-ci depuis quelques années déjà. Il n’y a pas si longtemps, un nombre record d’analyses recommandaient de vendre ses titres.
Aujourd’hui, Wall Street commence à
s’intéresser à ce domaine d’investissement mais les besoins colossaux en aluminium pour les énergies renouvelables, les nouvelles lignes à haute tension et les centres de calcul restent sous-estimés.
Passons au deuxième thème important, que vous avez mentionné au début, à propos des perspectives pour l’année 2026: les tensions dans le secteur du crédit. Qu’en est-il? Les investisseurs doivent garder à l’œil deux évolutions. Premièrement, les entreprises neocloud comme CoreWeave sont en difficulté. Ce groupe vient d’émettre un emprunt convertible de près de 2,3 milliards de dollars. C’est surprenant, dans la mesure où les entreprises vendent de tels titres de préférence lorsque le cours des actions est élevé. Or le cours de CoreWeave a perdu plus de 55% depuis l’été dernier, raison pour laquelle cette émission suggère une sorte d’acte désespéré. Le fait que certains emprunts de CoreWeave se soient négociés avec une décote pouvant atteindre 12% cadre également avec ce schéma. Les entreprises neocloud brûlent d’énormes quantités d’argent et ont donc besoin d’un développement rapide des centres de données. Si le rythme devait ralentir, ce secteur connaîtrait rapidement d’importantes turbulences.
Quels sont les autres thèmes qui marqueront cette nouvelle année? Durant mon activité à la banque d’investissement Lehman Brothers, j’ai appris que les fins de trimestre ou d’année requièrent une vigilance accrue concernant les inversions de tendances. Concrètement, fin 2025, les gestionnaires de fonds voulaient avoir les gagnants de l’IA dans leur dépôt, pour montrer à leurs clients qu’ils comptaient les meilleures entreprises dans leur escarcelle. A l’inverse, ils se sont encore vite débarrassés des perdants. Au début de la nouvelle année, les conditions sont alors réunies pour une migration massive des actions technologiques vers d’autres secteurs.
C’est ce qu’on a déjà entendu à plusieurs reprises, et pourtant, les actions technologiques se retrouvent régulièrement au top. Qu’est-ce qui vous fait penser que 2026 sera
l’année de cette migration? Actuellement, tous les pigeons picorent la même pomme. Il y a beaucoup trop d’argent concentré en une poignée d’actions. La capitalisation boursière du S & P 500 est constituée à près de 40% d’entreprises liées à l’IA, une part importante étant liée au secteur des semi-conducteurs. Deux des trois plus grandes actions, Nvidia et Microsoft, représentent, ensemble, 14 à 15% de l’indice et tout le monde sait à quel point ces deux entreprises sont fortement évaluées. Pour comparaison: ces quarante à cinquante dernières années, les deux plus grandes actions du S & P 500 représentaient le plus souvent tout juste 5 à 6%. Si Jack Bogle, le père des fonds indiciels, analysait aujourd’hui le marché des actions US, il serait certainement stupéfait par cette extrême concentration.
«Les investisseurs sont à ce point positionnés pour des cours en baisse qu’il devient très intéressant de parier contre»
Où va donc aller l’argent qui sera retiré des actions liées à l’IA? Trois investisseurs de haut rang, qui ne se connaissent pas, me rapportent exactement la même analyse. Lorsque je constate une telle concordance venant de sources complètement différentes, je tends l’oreille. Tous les trois voient des opportunités dans les actions de valeur, les small caps et des entreprises étrangères. En 2025, des actions de valeur internationales, comme on en trouve par exemple dans l’ETF iShares MSCI United Kingdom, ont déjà dégagé des rendements deux fois supérieurs au S & P 500. Si les tensions dans le secteur étasunien du crédit s’aggravent, de tels titres seront encore beaucoup plus demandés. On aura alors une situation
comparable à l’après-bulle internet, en 2000, avec une forte hausse des actions de valeur et des actions internationales. Quelles sont les entreprises les plus intéressantes? L’une de mes favorites est Diageo. Avec ses actions, on peut actuellement acheter trois des marques les plus connues dans l’histoire de l’alcool (Johnnie Walker, Guinness et Smirnoff) à un prix incroyablement avantageux. Son cours évolue sous la moyenne des deux cents derniers mois, ce qui est extrêmement rare. Le fait que la jeune génération boit moins de bière et de spiritueux est connu depuis longtemps, et donc intégré dans le prix. Des noms comme Target, Chipotle Mexican Grill, LyondellBasell ou Old Dominion me paraissent également très intéressants. On assiste actuellement à quelques-unes des opportunités historiquement les plus intéressantes qui soient. Il est ainsi possible d’acheter des actions de groupes de classe mondiale avec des décotes pouvant atteindre 50%. Et cela, dans un marché haussier.
Vous détenez également des actions de compagnies pétrolières comme Occidental Petroleum et Schlumberger. Qu’est-ce qui parle en faveur de tels titres? La situation est comparable à celle des actions chinoises, il y a une année et demie: tout le monde connaît le bear case et les investisseurs sont à ce point positionnés pour des cours en baisse qu’il devient très intéressant de parier contre. Là aussi, la question est de savoir où ira l’argent, lorsque les actions technologiques perdront de leur éclat. La capitalisation boursière du secteur énergétique américain n’est actuellement que de 2800 milliards de dollars, alors que, comme déjà relevé, celle du Nasdaq 100 atteint près de 34 000 milliards de dollars. Il n’en a pas toujours été ainsi. Il y a 11 ans, la différence entre ces deux secteurs n’était que de 700 milliards de dollars. Lorsque, dans un régime d’inflation persistante, de l’argent migre vers des actifs réels, le secteur de l’énergie présente un grand potentiel. ■
Interview parue dans le magazine financier «The Market».


Vosa spir at ions pers onnelles méri tent un cons eil indi vidualis é. Dé couv re zune banque pr ivée où vosobjec ti fs sont au coeurdenot re at tent ion.




Constituer un patrimoine en Suisse
Les Exchange Traded Funds (ETF) européens enregistrent des afflux record. Sur le long terme, ce n’est pas ce succès qui compte mais un choix judicieux adapté aux investisseurs suisses Par Mark Baer
L’année 2025 restera une année exceptionnelle dans l’histoire des investissements. Tandis que les conflits commerciaux et toute sorte d’incertitudes géopolitiques inquiètent la planète, les flux d’investissements disent tout autre chose. Selon le dernier rapport du gestionnaire de fortune Vanguard, l’an passé, 372 milliards de dollars net ont afflué dans des ETF (Exchange Traded Funds) européens, soit environ 335 milliards de francs. Le record de l’an dernier a ainsi été battu de près de 94 milliards de dollars. La tendance s’est encore notablement affirmée à la fin de l’année: rien qu’en décembre, ce sont 35 milliards de dollars de plus qui ont afflué dans les ETF européens. Ce sprint final souligne un changement fondamental: de simple instrument de négoce qu’il était, l’ETF a accédé au rang d’investissement de base. Les stratégies d’actions «core» en particulier, autrement dit des valeurs standards largement diversifiées, ont enregistré toute l’année passée des afflux permanents. Cela dit, cette euphorie masque le fait que les marchés sont devenus plus exigeants. Là où, naguère, un seul indice standard suffisait souvent, les investisseurs font aujourd’hui face à un nombre croissant de produits spéciaux, de stratégies actives et de modèles de frais opaques. De nos jours, si l’on entend investir avec succès, il faut y regarder de près. Il importe de s’interroger: quelles nouvelles possibilités d’épargne numérique valent le coup? Quand les stratégies actives à la mode s’imposent-elles? Et comment composer avec les marchés si volatils des cryptomonnaies?
Le marché suisse du plan d’épargne s’éveille
La Suisse a longtemps constitué un terrain compliqué pour l’édification automatique d’un patrimoine à l’aide d’ETF. Chez nous, les plans d’épargne végétaient dans l’ombre. Souvent, des taxes minimales élevées dévoraient intégralement les rendements de contributions mensuelles modestes.
Tout cela a changé. De nouveaux prestataires numériques secouent le marché

et font éclater des structures sclérosées. De nos jours, il est enfin possible d’investir par petites tranches à moindres frais. Mais la prudence s’impose! Les différences entre les prestataires demeurent importantes. Ceux qui ont toujours investi jusqu’ici dans leur banque habituelle sans examen approfondi continuent souvent de payer des frais élevés. Chaque franc qu’ils paient en taxes ne rapporte rien. Or cette perte se renforce, hélas, au fil des ans. Au bout de vingt ans, des taxes trop élevées équivalent facilement au prix d’une petite voiture. C’est pourquoi les investisseurs ne doivent pas vérifier seulement les taxes forfaitaires et les commissions de courtage. Souvent, les coûts liés au change constituent, eux aussi, un tueur de rendement (voir encadré point 4) Une autre règle inexorable se met à vaciller: les ETF sont-ils passifs par définition?
Non. Autrefois, sans doute. La limite entre gestion de fonds active et fonds indiciel passif s’estompe de plus en plus. Les données du gestionnaire d’actifs Robeco indiquent une nette mutation en Europe. Alors qu’en 2019 seuls 5% des nouveaux listings d’ETF obéissaient à des
stratégies actives, ils étaient déjà 40% l’an passé. Sur ce continent, la part des nouvelles notations actives a ainsi été multipliée par huit ces six dernières années. La raison de ce changement tient à l’évolution des besoins. Bien des investisseurs ne se satisfont plus d’une simple moyenne du marché. Ils souhaitent un pilotage ciblé des risques ou entendent appliquer plus strictement des critères de durabilité. Les ETF actifs exploitent l’enveloppe technique d’un Exchange Traded Fund, ils sont aisément négociables, liquides et transparents. Mais en même temps leur «vie intérieure» est activement pilotée. Autrement dit, au lieu de répliquer mécaniquement un indice, les gestionnaires de fonds ou des algorithmes décident de manière ciblée du choix et de la pondération des divers titres.
L’avantage est évident: l’investisseur n’est pas esclave de la capitalisation de marché. Dans un indice mondial classique, vous achetez, par exemple, automatiquement une énorme part de titres technologiques américains, quel que soit leur prix du jour. Les approches actives tendent de lisser ce redoutable risque.
Mais ici aussi cela occasionne des coûts d’opportunité. Les ETF actifs sont souvent plus onéreux que leurs pendants passifs. Par ailleurs, on parie ici que le gestionnaire de fonds est plus malin que le marché. Pour constituer le cœur d’un portefeuille, un ETF passif, avantageux, demeure en général une option plus solide. Mais les ETF actifs peuvent s’avérer pratiques en tant que diversification ciblée.
La voie royale vers les investissements en cryptos Ceux qui désirent assortir leur portefeuille de cryptomonnaies telles que le bitcoin n’ont pas besoin de chercher bien loin. En la matière, la Suisse joue les précurseurs. Les investisseurs trouvent au SIX Swiss Exchange un large éventail d’ETP. Les émetteurs de ces Exchange Traded Products (21Shares, CoinShares ou WisdomTree par exemple) proposent sur SIX des produits physiquement mis en dépôt qui répliquent fidèlement les bitcoins et autres avoirs numériques. Pour des investisseurs suisses, il est en général inutile de faire le détour par des produits américains.
Les dix erreurs les plus coûteuses pour un placement en ETF
Même lorsqu’on s’en tient aux fonds indiciels traditionnels, on n’est pas à l’abri d’erreurs. Une analyse des pièges les plus répandus signale où les investisseurs perdent inutilement des plumes.
1 Le mensonge de la diversification
C’est une erreur très répandue de croire que chaque ETF disperse automatiquement les risques. Exemple avec l’indice de référence SMI: un ETF sur cet indice investit presque la moitié de l’ensemble du capital sur trois entreprises seulement, Nestlé, Roche et Novartis. Si un jour un de ces géants donne des signes de faiblesse, c’est l’ensemble du dépôt qui en pâtit. Pour répliquer le marché suisse, mieux vaut donc remplacer le SMI par le SPI, plus diversifié, ou alors le combiner à tout prix avec un indice mondial.
2 Le piège des coûts
Les ETF ne sont pas tous bon marché. Les ETF thématiques, en particulier, prélèvent souvent des taxes qui représentent un multiple des ETF standards. La liquidité accroît, elle aussi, les coûts: quand un ETF n’est que rarement négocié en bourse, les investisseurs doivent consentir un prix accru pour pouvoir acheter ou vendre. L’écart entre cours d’achat et de vente, le «spread», est alors nettement plus important. Il se peut donc qu’un ETF qui semble bon marché mais qui est illiquide vous coûte plus cher.
3 Le problème du domicile fiscal
Pour les investisseurs suisses, la question du domicile du fonds est essentielle. Pour des actions suisses, l’ETF doit obligatoirement être domicilié en Suisse. C’est le seul moyen de récupérer sans problème l’impôt anticipé de 35%. La prudence est
de mise pour les produits venus de l’étranger. Pour les actions américaines, en revanche, des ETF domiciliés en Irlande constituent souvent le meilleur choix. Grâce à un accord de double imposition, le poids de l’impôt à la source sur les dividendes américains est souvent moindre pour des Suisses. Les investisseurs privés devraient de manière générale se méfier des ETF directement domiciliés aux Etats-Unis car, là, c’est l’impôt successoral américain qui peut intervenir, à partir d’un montant de patrimoine de 60 000 dollars déjà.
4 Une valeur qui dépend de la devise
Un ETF négocié en franc suisse n’est pas à l’abri des pertes de cours. Il faut être aux aguets. Si l’ETF comporte des actions américaines telles que Nvidia ou Apple, votre argent dépend du dollar. L’ETF convertit sa valeur actuelle uniquement en franc. Quand le dollar chute, votre ETF en franc perd lui aussi de sa valeur. Si l’on désire éviter les risques de change, il faut se tourner vers des produits à couverture de change. Vous les reconnaissez à la présence du mot «hedged» dans leur nom. Mais attention: cette couverture entraîne des frais et peut amoindrir le rendement. Pour un horizon de placement à long terme, les experts recommandent souvent d’accepter le risque de change car il s’équilibre souvent au fil des ans.
5 L’erreur du rétroviseur
Bien des investisseurs acquièrent l’ETF qui a le mieux marché ces trois dernières années. Or cela signifie la plupart du temps qu’ils l’achètent cher. Les secteurs qui ont déjà très bien marché affichent souvent des valorisations élevées. Quand on se lance pour la première fois, on paie beaucoup dans l’espoir de gains futurs. Les approches «value» s’avèrent souvent plus avantageuses. Mieux vaut
donc regarder devant plutôt que de se focaliser sur les performances passées.
6 L’illusion de la taille
Evitez les «Small-Cap-ETF» ou ETF nains. Idéalement, un fonds devrait comporter un certain volume. On évoque souvent un seuil de référence de 100 millions de francs. Lorsqu’un ETF est trop petit, le risque existe qu’il soit fermé par son émetteur. Le capital investi n’est certes pas perdu mais il doit alors être réinvesti, parfois à un moment peu opportun. Sans parler des taxes boursières et autres droits de timbre.
7 Le benchmark erroné
Quand on vous annonce «mondial», le monde entier n’y figure pas forcément. Un MSCI World classique ne couvre que les pays industrialisés. Et le poids des Etats-Unis, renforcé par les géants de la tech, y représente en ce moment plus de 70%. Si l’on entend véritablement répliquer l’économie mondiale, y compris des pays émergents comme la Chine ou l’Inde, il faut y regarder de plus près. Des indices tels que le MSCI ACWI ou le FTSE AllWorld comportent explicitement ces marchés.
8 Le mythe de l’impôt
Bien des Suisses s’informent auprès de conseillers allemands et imaginent ainsi que les ETF à accumulation permettent d’économiser des impôts. On parle ici de fonds qui réinvestissent automatiquement les dividendes. Mais cela ne joue pas en Suisse. L’Administration fédérale des impôts traite sur un pied d’égalité les ETF à accumulation et les ETF à distribution. Les investisseurs paient l’impôt sur le revenu sur les gains, peu importe que ceux-ci aboutissent bel et bien sur leur compte
Un coup d’œil sur les données globales invite toutefois à la prudence dans le choix du moment de se lancer. Tandis que le marché traditionnel des ETF d’actions signait des records, vers fin 2025, les placements en cryptos ont montré un visage changeant. Le rapport mensuel de décembre de 21Shares le confirme de façon claire et nette: après les sorties de capitaux de novembre, les ETP cryptos européens sont certes revenus en zone bénéficiaire en décembre et ont enregistré des apports nets de plus de 193 millions de dollars. Mais le phénomène est trompeur: tandis que les produits en bitcoins étaient activement recherchés, d’autres segments tels que les paniers cryptos ou les produits fondés sur la devise Solana continuaient d’être largement rejetés.
La leçon à tirer des derniers mouvements du marché saute aux yeux: le monde traditionnel de la finance et les marchés des cryptos n’avancent pas toujours du même pas. Les ETP sur cryptos ont leur place au sein d’un portefeuille moderne mais ils ne remplacent pas une robuste base en actions. ■
ou soient réinvestis à l’interne par le fonds. Au bout du compte, la facture fiscale reste donc la même. C’est pourquoi bien des investisseurs préfèrent les ETF à distribution qui leur permettent de réinjecter directement le cash-flow dans l’impôt à payer.
9 Le piège du réveil
Ce n’est pas parce que vous pouvez acheter un ETF sur SIX à Zurich à 9h du matin que vous avez raison de le faire. Si vous achetez un ETF le matin sur le S&P 500 américain, les bourses sont encore fermées aux Etats-Unis. En Suisse, les teneurs de marché (market makers) doivent évaluer les cours et exigent souvent une majoration de risque en échange, autrement dit un spread plus élevé. Donc, idéalement, négociez plutôt des ETF américains quand Wall Street a ouvert, soit à partir de 15h30, heure suisse.
10 L’aveuglement du TER
Souvent les investisseurs se focalisent sur le TER (Total Expense Ratio ou total des frais sur encours). Mais un ETF avec 0,07% de frais est-il forcément meilleur qu’un autre avec 0,10% de frais? Pas sûr. Ce qui compte, c’est la «tracking difference». Elle indique le total des coûts effectifs. La raison: bien des ETF prêtent temporairement leurs actions à d’autres banques en échange d’une prime. C’est comme un revenu locatif qui alimente le fonds et réduit les coûts. Le résultat est paradoxal: un ETF avec 0,10% de frais peut finalement s’avérer plus rentable pour vous qu’un produit concurrent qui ne coûte que 0,07% mais n’exploite pas ce revenu accessoire. Conclusion: l’année record 2025 illustre à quel point l’intérêt pour les ETF a grandi. Mais seules une stratégie adéquate et de la sensibilité pour les détails font de ce produit simple un instrument performant pour édifier un patrimoine. ■ M. B.



Des marchés sous perfusion monétaire et fiscale
CONTRIBUTION PARTENAIRE
Hausse des dépenses publiques, baisse des taux et stabilité des bénéfices: les marchés devraient avoir le vent en poupe en 2026. Dix thèses destinées aux investisseurs pour découvrir de nouvelles perspectives tout en évitant les risques
Par Tilmann Galler
Contribution partenaire de Tilmann Galler, Managing Director, CEFA/CFA, stratège des marchés de capitaux chez J.P. Morgan Asset Management.
Phénomène assez rare, 2026 sera a priori marquée par une politique budgétaire expansionniste doublée d’une politique monétaire accommodante. Les Etats devraient donc poursuivre leurs mesures de soutien conjoncturel, alors même que l’économie mondiale n’est pas à l’agonie. Parallèlement, la Réserve fédérale américaine devrait continuer à baisser ses taux. L’année 2026 ressemble à une locomotive à vapeur: une chaudière largement alimentée par du charbon fiscal et monétaire. Si ce double combustible soutient certes l’économie, il cache aussi des risques, à savoir un retour de l’inflation ou la formation d’une bulle d’actifs. Les perspectives pour 2026 suggèrent toutefois une progression des bénéfices des entreprises qui justifie pleinement des valorisations plus élevées. Il serait néanmoins judicieux de diversifier son portefeuille et d’éviter les risques associés à la valorisation et à la concentration du marché. Les dix thèses suivantes retranscrivent nos analyses macroéconomiques et nos prévisions actuelles du marché.
Thèse 1: le risque de récession reste faible grâce aux paquets fiscaux
Dans la politique fiscale traditionnelle axée sur la stabilité, l’augmentation des dépenses publiques était un moyen de lutter contre les crises. Inversement, dans les phases d’essor économique, les dépenses publiques avaient généralement tendance à baisser. Pour rappel: le président américain Donald Trump s’est déjà écarté de l’orientation de stabilité au cours de son premier mandat. La réforme fiscale votée en 2017 prévoyait ainsi des réductions d’impôts alors que l’économie montrait déjà des signes de ralentissement en fin de cycle. La politique budgétaire expansionniste s’est poursuivie sous la présidence de Joe Biden et semble bien ancrée à l’ère Trump 2.0, malgré une hausse du déficit. Grâce aux réductions
fiscales du One Big Beautiful Bill Act (OBBBA), les foyers américains devraient bénéficier de remboursements d’impôts supérieurs à 100 milliards de dollars au premier semestre: un véritable coup de pouce à la consommation. Depuis la pandémie, les partisans d’une réorientation vers une politique budgétaire et industrielle plus active sont de plus en plus nombreux en Europe. L’année prochaine, alors même qu’il n’y a pas de signe de récession, nous allons connaître une expansion fiscale sans précédent doublée d’une politique budgétaire très volontariste. L’Allemagne a ici un rôle clé à jouer. L’allègement du frein à l’endettement et les projets d’investissement dans les infrastructures et la défense pourraient conduire à une hausse des dépenses publiques supérieure à 800 milliards d’euros au cours des douze prochains mois, soit plus de 18% du produit intérieur brut de 2025. Ces mesures, complétées par le plan de relance de l’Europe méridionale, devraient être suffisantes pour que l’Union européenne enregistre une croissance supérieure à 1%.
Thèse 2: la Fed met en place de nouvelles baisses des taux
Malgré une consommation soutenue, le marché de l’emploi américain montre des signes de faiblesse de plus en plus marqués, résultant notamment des effets de la rationalisation par l’IA et des mesures d’efficacité dans le secteur public. Dans ce contexte, la Réserve fédérale peut continuer à baisser ses taux jusqu’à une fourchette comprise entre 3 et 3,25%. Il est à noter que ce coup de pouce de la politique monétaire est donné en dehors d’une phase de récession. La baisse des taux pourrait par exemple booster le marché immobilier avec une hausse des demandes d’hypothèques et donc des retombées positives pour le bâtiment.
Thèse 3: le boom des investissements dans la tech perdure
Les investissements dans le secteur de la tech ne cessent d’augmenter. Au premier semestre 2025, ils représentaient un tiers de la croissance économique américaine.
Les flux de trésorerie et la qualité des bilans extrêmement positifs des grandes entreprises de la tech rendent improbable une nouvelle explosion de la bulle internet. Les risques relèvent davantage de la pénurie de matières premières, de l’infrastructure énergétique et des incertitudes liées à la demande finale dans le
Les mesures fiscales et les baisses des taux d’intérêt, un atout caché pour les marchés. (OLEKSADR POKUSAI/ADOBE STOCK)
cycle de l’IA. Le retour sur investissement des sommes énormes placées dans les prestataires en intelligence artificielle pourrait bien ne pas être à la hauteur des attentes. Le faible nombre d’utilisateurs ayant souscrit à un abonnement payant à l’IA par rapport au potentiel du marché souligne parfaitement cet état de fait.
«Ce ne sont pas les actions à bêta élevé, mais les valeurs de rendement qui devraient convaincre en 2026»
Thèse 4: un calme trompeur sur les marchés obligataires avec une hausse de la volatilité L’année 2026 pourrait bien marquer la fin du calme régnant sur les marchés obligataires. La politique budgétaire expansionniste n’est pas dans l’intérêt des investisseurs obligataires et conduit à une hausse des volumes d’émission avec pour conséquence éventuelle une «pression à long terme». Il sera très intéressant d’observer si la demande des investisseurs sera à tout moment en mesure d’absorber l’augmentation de l’offre d’obligations.
Thèse 5: l’Europe du Sud surperforme les emprunts fédéraux allemands
Un glissement de terrain s’opère actuellement en Europe avec une délimitation de plus en plus floue entre «centre» et «périphérie». Le marché vient ici sanctionner les Etats ayant tardé à mettre en place des réformes structurelles. La France en est la parfaite illustration: l’Espagne et la Grèce présentent des rendements à dix ans inférieurs à ceux de l’Hexagone. Même l’Allemagne pourrait payer des primes de risque supérieures si elle ne freine pas ses dépenses. Les obligations des pays d’Europe du Sud devraient rester sur leur lancée en 2026. Leur bonne santé tient également aux effets sur la croissance du Fonds européen
pour la relance, en plus des réformes structurelles. L’Italie a reçu l’équivalent de 6% de son PIB sous forme de subventions et de prêts. Les projections vont même jusqu’à 9%. La Grèce a, quant à elle, déjà reçu une enveloppe correspondant à 15% de son PIB.
Thèse 6: les bénéfices des entreprises augmentent en 2026
Malgré des valorisations en hausse, il faut s’attendre à une évolution stable, voire positive, des bénéfices, qui viendra soutenir aussi bien les marchés boursiers que les obligations des sociétés. Tant que les bénéfices augmentent, les marchés peuvent parfaitement s’accommoder d’une augmentation des valorisations et d’un resserrement des spreads
Thèse 7: l’intéressement différé domine les rendements des obligations des sociétés
Les spreads sont déjà au bas de leur fourchette historique. En 2026, l’intéressement différé (et non pas les primes de risque moins élevées ou les retours sur investissements plus faibles) constituera une part croissante du rendement des obligations des sociétés. L’essentiel est que les bénéfices restent stables et que le paiement des coupons soit assuré.
Thèse 8: les dividendes élevés surpassent les actions à bêta élevé
Les actions à haut risque ont fortement surperformé, mais ce segment pourrait rencontrer des difficultés en 2026. Le secteur dit «high beta» devrait moins bien performer à l’avenir. Nous avons l’impression que les perspectives de croissance actuellement trop optimistes ont déjà été intégrées dans ce segment du marché actions. En revanche, des titres plus défensifs présentent un véritable intérêt, notamment des sociétés à fort dividende qui peuvent se contenter d’un environnement de croissance stable.
Thèse 9: les Granolas (valeurs championnes européennes) surperforment les Magnificent 7
L’Europe continue de rester attractive. Les Granolas (les fleurons européens de la santé, de l’informatique et de la consommation) offrent une croissance comparable aux valorisations les plus avantageuses. Elles pourraient même détrôner
les «Mag 7» car elles offrent davantage de croissance à un prix légèrement plus intéressant. Les actions européennes affichent globalement des niveaux de valorisation bien en deçà de l’euphorie observée sur d’autres marchés comme les Etats-Unis, Taïwan ou la Corée. Thèse 10: duration longue ou courte?
Une duration plus longue est davantage appropriée pour se prémunir des risques de valorisation. Tout actif à long terme peut également surperformer les liquidités. Dans les crises antérieures, les obligations souveraines à long terme ont enregistré des gains à court terme importants en raison de la chute des taux et ont ainsi pu compenser, au moins partiellement, le trend négatif des marchés actions. En résumé, il faut s’attendre, en 2026, à un environnement économique porteur. Une attention toute particulière devra alors être accordée aux risques. Il est particulièrement judicieux de diversifier son portefeuille en sortant du secteur de la tech, notamment en Europe. Les marchés privés permettent également de mieux répartir les risques et d’améliorer le profil risque/rendement. Des groupes d’investisseurs plus larges pourront accéder plus facilement à des classes d’actifs alternatifs grâce au nouveau véhicule du fonds européen d’investissement à long terme (ELTIF) et devraient gagner en pertinence et en momentum. ■
J.P. Morgan Asset Management
J.P. Morgan Asset Management, dont les actifs sous gestion s’élèvent à 4 200 milliards de dollars (au 31 décembre 2025), est un leader mondial en matière de gestion d’investissements. Il compte parmi ses clients des institutions, des investisseurs individuels et des particuliers fortunés sur tous les grands marchés du monde. L’entreprise propose une gestion globale des investissements en actions, en obligations, en immobilier, en fonds spéculatifs, en capital privé et en liquidités. ■ Pour plus d’informations: www. jpmorganassetmanagement.ch
Que valent les obligations en franc?
La Banque nationale suisse devrait conserver son taux directeur à zéro. Avec des répercussions sur les comptes d’épargne, les obligations et la planification patrimoniale Par Werner Grundlehner
La situation financière exceptionnelle paraît se muer en nouvelle normalité. En juin de l’an passé, la Banque nationale suisse (BNS) décidait d’appliquer des taux zéro. Entre 2015 et 2022 déjà, la Suisse avait connu un contexte de taux bas et même négatifs. Cette fois-ci encore, la BNS a franchi un nouveau pas, non sans raison. La réduction du taux de juin dernier s’avérait compréhensible, vu les tensions géopolitiques, les attentes modérées en termes d’inflation, un franc suisse toujours fort et l’évolution conjoncturelle. Dans l’optique d’une stratégie d’investissement durable et à long terme, un élément important est de pouvoir estimer dans quel sens les taux se dirigent et combien de temps ils y resteront. «Nous ne tablons pas sur une phase de taux bas aussi longue que dans les années 2010. Aujourd’hui, nous observons des taux d’inflation globalement stables à de plus hauts niveaux, davantage de croissance, une volonté d’aménagement de la politique fiscale et une moindre coopération internationale: autant de facteurs qui devraient entraîner plus rapidement des taux plus élevés», estime Philipp Burckhardt, Fixed Income Strategist chez Lombard Odier Investment Managers. Comme la BNS attache beaucoup d’importance au différentiel de taux avec la zone euro, les récents commentaires d’Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), sur les hausses de taux ont à coup sûr été accueillis avec bienveillance. Mais, suivant le cas, la BNS recourrait elle aussi aux taux négatifs. Même s’il ne les envisage pas, Philipp Burckhardt rappelle qu’en théorie, ces taux négatifs seraient possibles. «Pour que cela se fasse, il faudrait à notre avis que le franc s’évalue nettement sous l’effet d’un choc extérieur, ce qui entraînerait de la désinflation ou même de la déflation. La croissance fléchirait davantage dans un marché du travail faiblissant et la BCE se mettrait à réduire ses taux», pense le stratège. Les banques reportent la pression sur les marges
Les investisseurs suisses ont toujours un fort biais domestique, ils se concentrent sur le marché helvétique. Cela est dû au franc, puisque sa force entraîne des pertes de change, donc de rendement, en cas d’investissements à l’étranger. Reste qu’avec des taux négatifs, l’attrait du franc pourrait se réduire. La BNS maintient volontairement un différentiel de taux élevé, explique le stratège de Lombard
Odier, «ce qui devrait rendre le franc relativement moins attrayant. Mais cela ne signifie pas que le franc suisse doit se dévaluer si la demande demeure élevée en raison de facteurs cycliques ou structurels», expose-t-il.
L’actuel contexte des taux rend plus compliquée une épargne responsable et maintient la pression sur la prévoyance vieillesse. Du fait de la tension accrue sur les marges dans les opérations de crédit, les banques assument à nouveau un fardeau de politique monétaire. Ce dernier devra être assumé par la clientèle, qui n’obtiendra quasiment plus de rendement sur ses apports. En de semblables occurrences, les investisseurs institutionnels tels que les caisses de pension pâtissent d’un manque d’alternatives de placements et se concentrent davantage sur l’immobilier. Mais au vu de la forte demande et des prix à la hausse, il est difficile de dénicher des projets ou des propriétés véritablement attrayants, en tout cas dans les coûteuses zones urbaines.
Dans ce contexte, l’investisseur privé se demande à son tour si les répartitions classiques dans l’épargne sur titres sont toujours de saison. Depuis des décennies, les «allocations classiques» –60% d’actions et 40% d’obligations – s’imposent dans les plans d’investissement et les mandats de conseil.
Or les parts d’obligations importantes valent-elles vraiment le coup si elles ne rapportent pratiquement pas d’intérêts?
«Les modèles d’allocations classiques constituent un fondement éprouvé que l’on ne saurait tout simplement abandonner sous prétexte que l’architecture continue d’évoluer. Ils créent les bases d’une diversification à laquelle les investisseurs sont tenus, précisément dans un monde affecté par des incertitudes géopolitiques et économiques», signale Rochus Appert, expert en obligations chez PGIM. Que, finalement, le modèle concret corresponde à un 80/20 ou un 60/40 dépend fortement de l’inclination personnelle au risque. Selon Rochus Appert, ces modèles ne sont pas dépassés mais ont peut-être besoin d’une mise à jour. L’essentiel reste que l’investisseur ne mise pas tout sur le même cheval. Pour l’investisseur privé, pourtant, les emprunts d’Etat de premier ordre qui ne génèrent pratiquement pas d’intérêts, comme les obligations publiques de la Confédération ou les emprunts en franc de robustes entreprises locales, n’entrent pas en ligne de compte pour des raisons de rendement. «Dans un contexte de taux zéro, les investisseurs suisses ne trouvent évidemment plus de rendements attrayants devant leur porte. Ils doivent souvent guigner à l’étranger et y investir. Pour les obligations aussi, la diversifica-
tion s’impose», assure l’expert de PGIM. Outre les Etats-Unis, bien des investisseurs placent leurs avoirs en Europe et s’intéressent aux pays émergents. En outre, selon Rochus Appert, il existe des produits particuliers tels que des titrisations à haute notation financière et des produits qui investissent dans plusieurs domaines, des placements dits «multi-sector-credit». Après couverture du risque de change, il est envisageable avec de tels placements de retirer un rendement de 3 à 4%. Soit nettement plus que ce que rapporte un emprunt Confédération classique. Et Rochus Appert de résumer: «Pour bénéficier d’un repas à bon prix, il faut remplir l’assiette plus abondamment, avec des ingrédients basiques.»
Les emprunts en franc ne suffisent plus Le choix d’obligations globales à taux fixe est vaste mais celles-ci ne sont accessibles qu’à des valeurs nominales minimales élevées. L’épargnant doit-il alors miser sur des fonds d’obligations administrés activement par un gestionnaire ou acquérir un produit d’investissement passif qui réplique un indice (Exchange Traded Fund, ETF)? «Si les modèles d’allocation forment le socle qui confère de la stabilité et supporte la charge, les investissements concrets, eux, sont l’architecture. C’est elle qui détermine la flexibilité et la durabilité

de l’édifice», explique Rochus Appert. Les titres en tant que tels sont comme des éléments sur mesure: individualisés mais délicats en cas de changement de structure. Les ETF, eux, forment l’architecture standard, efficace mais inutilisable en cas d’adaptations. «Dans un contexte de marché rempli d’incertitudes, il faut un architecte, le responsable de la gestion active, pour disposer les murs porteurs et les étais de manière que l’édifice tienne le coup en cas de tempête.»
«Le problème n’est pas le 60/40 mais les obligations en franc. Nombre d’obligations d’Etat ou d’entreprises rapportent à peine un rendement réel et ne remplissent que de justesse leur fonction: en tant que composante obligataire, elles ne suffisent plus», assure Maurizio Porfiri, CIO chez Maverix. Des substituts doivent remplacer les fonctions, pas les titres. La part d’obligations représente la stabilité, la liquidité et la diversification (qui n’est pas indispensable pour les emprunts). Les actions de qualité fortes en dividendes, les stratégies factorielles défensives et les valeurs réelles riches en cash-flow forment des alternatives appropriées. Cela dit, la plupart des actions distribuent des dividendes. A quoi doit veiller un investisseur qui n’acquiert pas des actions en priorité pour leurs gains de cours mais pour s’assurer un revenu régulier? «Pour ces perles du dividende, c’est la qualité qui compte, plus que le rendement. Ce sont les cash-flows durables, des taux de distributions modérés, la politique de prix et un historique de dividendes stable qui sont déterminants. Pas le plus haut rendement du dividende», ajoute Maurizio Porfiri. Il importe de se méfier des pièges à dividendes: des rendements supérieurs à la moyenne sont souvent un signal d’alerte de problèmes structurels, d’endettement élevé ou de modèles d’affaires cycliques aux gains peu assurés. Après une année boursière 2025 supérieure à la moyenne, les actions ont inauguré l’année en cours avec dynamisme. C’est réjouissant pour les investisseurs, mais les bourses dans leur ensemble sont désormais fort évaluées. Quels secteurs restent avantageux? Lesquels proposent une protection contre les corrections de cours? Le stratège de Maverix suggère des secteurs de valeur défensive car ils octroient une protection relative. Concrètement, il mise sur les domaines de la consommation de base, la santé et des valeurs financières bien sélectionnées. «Elles sont modérément valorisées et, en cas de correction de cours, elles peuvent servir de stabilisateurs, sans toutefois garantir une immunité totale contre les revers.» ■

Le pouvoir des émotions
Ce ne sont pas les nouvelles informations mais des schémas émotionnels qui conduisent les indices. La plus grande qualité pour un investis
L’année dernière, le prix de l’or a augmenté de plus de 60%. Soyons honnêtes: toute personne sensée lisant cela enrage immédiatement de n’avoir pas ou pas assez investi dans le métal jaune, et se demande automatiquement s’il ne serait pas encore temps de rattraper cette omission. Avec ce raisonnement, l’investisseur penche déjà du côté de l’instinct grégaire, qui n’est que l’un des nombreux pièges psychologiques que le monde de l’esprit tend à celui de l’argent. Car les mondes de l’esprit et de l’argent, aussi différents qu’ils puissent paraître, entretiennent une relation mouvementée, finalement dominée par les émotions. Et certaines d’entre elles sont profondément ancrées dans la nature humaine: la peur et la cupidité. Si, dans les stades précoces de l’humanité, ces émotions ont favorisé la survie des hommes des cavernes, elles sont aujourd’hui à l’origine des excès répétés des cours de la bourse – aussi bien vers le haut que vers le bas. Leo Wüst, gérant de fortune, résume ainsi son expérience de quarante-cinq ans dans le domaine: «Sous l’emprise de la cupidité et de la peur, le marché devient un troupeau. Tout le monde observe tout le monde. Par cupidité, chacun veut y entrer, par peur, tout le monde veut en sortir. C’est le moment où l’instinct grégaire domine le marché.» Au cours de toutes ces années, il a vécu aux premières loges de nombreux krachs et éclatements de bulles, et sait que le cycle euphorie-peur-panique-dépression-espoir-optimisme-nouvelle euphorie se répète sans fin depuis la tulipomanie, qui a fini par éclater en 1637. «Les marchés réagissent toujours selon le même schéma, rappelle Leo Wüst, même si tout le monde affirme que «cette fois, c’est tout différent».
Les médias sociaux attisent l’instinct grégaire
S’opposer à ce que disent et font tous les autres devient d’autant plus difficile qu’ils crient plus fort et que leur point de vue se propage plus rapidement. A l’ère des médias sociaux, l’influence des blogueurs financiers autoproclamés, de même que l’abreuvement permanent en gros titres qui requièrent notre attention immédiate et en actualités dont la lecture ne prend guère plus de 2,5 secondes ne sont pas anodins. «De nouvelles études scientifiques confirment que les plateformes de médias sociaux comme Reddit ou ses équivalents francophones renforcent le comportement grégaire des investisseurs sur les marchés», relève Thorsten Hens, professeur en finance comportementale à l’Université de Zurich et cofondateur de Behavioral Finance Solutions Sàrl. «Les utilisateurs de ces plateformes se contaminent mutuellement, et cela dans les deux phases de marché. Concrètement, d’un côté, la «crash-o-phobie» conduit plus fréquemment et plus rapidement à des ventes paniques, et, de l’autre côté, le syndrome FOMO, c’est-à-dire la peur de rater quelque chose, accentue les excès vers le haut», explique Thorsten Hens. Liens entre économie, comportements et psychologie Ce scientifique est un représentant de la finance comportementale, un domaine d’application de l’économie comportementale consacré aux marchés financiers, qui analyse l’influence de la psychologie sur les décisions économiques. L’économiste américain Daniel Kahneman a reçu, en 2002, le Prix Nobel d’économie pour sa recherche fondamentale dans ce domaine, notamment parce
(OLEKSADR POKUSAI/ADOBE STOCK)
que celle-ci a remis en cause les prémisses jusque-là dominantes d’un Homo œconomicus agissant de manière purement rationnelle.
En 2011, Daniel Kahneman enfonce le clou avec son livre Système 1/Système 2 , dans lequel il décrit de manière détaillée pourquoi les investisseurs prennent systématiquement de mauvaises décisions – même lorsqu’ils sont convaincus d’agir rationnellement. Selon cet auteur, l’humain utilise deux différents systèmes de pensée: un rapide et un lent. Le système rapide travaille intuitivement et émotionnellement, du fait qu’il repose sur des émotions et des associations, alors que le système lent examine, analyse et calcule, car il repose sur la logique et la réflexion. Comme ce dernier est la voie la plus laborieuse pour le cerveau, ce système ne s’enclenche qu’en réponse à un «ordre» précis, le plus souvent
«A long terme, les marchés sont basés sur des chiffres, mais à court terme, ils suivent le rythme des humeurs»
LEO WÜST, GÉRANT DE FORTUNE
seulement lorsque le système rapide et intuitif échoue. «La plupart des impressions et des idées apparaissent par conséquent dans notre esprit sans que nous sachions d’où elles viennent», conclut Daniel Kahneman, sur la base d’expériences et d’études menées durant plusieurs dizaines d’années, dans le cadre desquelles il a identifié des biais cognitifs majeurs, qui guident inconsciemment les actions des investisseuses et des investisseurs (voir encadré). Dans son livre de vulgarisation scientifique La Psychologie de l’argent, le philosophe financier américain Morgan Housel constate que notre rapport à l’argent dépend moins de nos connaissances que de notre comportement. Il arrive également à la conclusion que nos décisions financières sont rarement rationnelles, mais principalement émotionnelles, du fait que notre rap-
port à l’argent est marqué par notre expérience personnelle, nos peurs, les hasards de la vie et notre vécu. Stratégie et sang-froid sont les clés du succès Si les investisseurs agissent systématiquement de manière émotionnelle, on peut se demander quel rôle jouent les chiffres, les évaluations et les indices dont se gargarisent les analystes et autres gestionnaires de fonds. «A long terme, les marchés sont basés sur des chiffres, mais à court terme, ils suivent le rythme des humeurs», estime le gérant de fortune Leo Wüst. Exubérance, nervosité ou hystérie n’ont rien à faire à la bourse, mais sont malgré tout omniprésentes. Celui ou celle qui investit n’apporte donc pas seulement son capital, le plus souvent péniblement gagné, mais aussi ses attentes, ses espoirs et parfois ses illusions. Et
sur nos choix financiers
les investisseurs à prendre de mauvaises décisions. La peur et la cupidité ont plus de poids que seur se nomme donc sang-froid Par Sandra Willmeroth
c’est là qu’interviennent les facteurs de succès déterminants, selon Leo Wüst: le calme et la constance. «La réponse réside dans sa propre force et dans l’application de la stratégie définie, indépendamment de l’évolution des marchés.» La rationalité porte donc plus loin que toute grande histoire née de la cupidité ou de la peur, et plus loin que toute nouvelle actualité susceptible d’échauffer les esprits et de faire bouger les cours à court terme. A travers les médias sociaux et internet, nous sommes confrontés à une avalanche d’informations inédite. L’économiste comportemental Thorsten Hens met toutefois en garde contre l’illusion selon laquelle davantage d’informations conduiraient automatiquement à de meilleures décisions. «La plupart des utilisateurs ne disposent pas de concepts permettant un traitement judicieux des informations», estimet-il. Il déconseille par conséquent d’orienter trop fortement les portefeuilles en fonction d’attentes à court terme, le risque de déconvenue étant alors particulièrement élevé. Seul le sang-froid permet finalement de prendre les meilleures décisions en matière de placement. Et, selon l’auteur financier Morgan Hou-
sel, il ramène également à la fonction première de l’argent: pour cet auteur, le principal avantage de l’argent consiste à offrir une liberté maximale pour l’emploi de son temps. De
nombreux investisseurs ont utilisé une grande partie de leur vie à constituer du capital. Il leur est alors d’autant plus difficile de lâcher prise et d’accepter la liberté que ce capital
pourrait leur offrir. En fin de compte, ils se battent non pas contre le marché, mais contre eux-mêmes. Car le marché est ce qu’il est: volatil, imprévisible, parfois irrationnel. Nos
Placements: ce que la finance comportementale nous apprend
Biais cognitifs
Selon les observations de l’économiste comportemental
Daniel Kahneman, la plupart des erreurs en matière de placement ne résultent pas d’un manque de connaissances, mais de raccourcis mentaux et d’émotions profondément enracinés. Avoir conscience de ces biais permet de prendre des décisions plus calmement, plus rationnellement et avec de meilleures perspectives à long terme.
Aversion aux pertes
La souffrance induite par une perte est à peu près deux fois plus vive que la joie d’un gain. C’est ce qui pousse les investisseurs à garder trop longtemps les positions perdantes et à vendre trop tôt les positions gagnantes.
Surestimation de soi
De nombreux investisseurs surestiment leurs propres capacités à battre le marché ou à identifier des tendances.
Cela conduit à un trading excessif, à une diversification insuffisante et à des paris risqués.
Effet d’ancrage
Un cours d’entrée ou un pic historique devient une «ancre mentale», bien qu’il n’ait aucune pertinence du point de vue rationnel. L’investisseur aura alors tendance à garder ou à vendre des positions, alors que la situation a changé depuis longtemps.
Biais de confirmation
Les investisseurs recherchent des informations qui confirment leurs analyses et ignorent les signes précurseurs inquiétants. Cela conduit à des erreurs de jugement et à des portefeuilles déséquilibrés.
Heuristique de disponibilité
Ce que l’on voit dans les médias paraît plus important ou plus probable. Les investisseurs surestiment les risques de krach et les opportunités dans les phases de hype.
Heuristique de représentativité
Lorsqu’une entreprise est «bien positionnée» ou qu’on observe une tendance forte, on admet automatiquement que cela continuera ainsi. Cela conduit à une chasse aux tendances et à l’apparition de bulles.
Ignorance des probabilités
Les investisseurs ignorent les probabilités statistiques à long terme, par exemple que le timing idéal est un événement rare, et croient au contraire à des événements isolés et à de belles histoires.
Heuristique de l’affect
La sympathie pour une marque ou un management influence des décisions de placement plus fortement que les faits. Des liens émotionnels conduisent à des positions disproportionnées à ou un contrôle déficient des risques.
*
propres réactions à celui-ci décident du succès ou de l’insuccès.
Biais rétrospectifs
Après un krach ou un boom, tout semble «évident». Les investisseurs surestiment ainsi leur capacité à prévoir l’avenir, et prennent des décisions téméraires. Effet de formulation
La manière dont un fait est énoncé influence les décisions. Un produit avec «90% de chances de gain» sera plus attrayant qu’un produit avec «10% de chances de pertes», bien qu’il s’agisse de la même réalité. Illusion d’une baisse de coût
Les investisseurs gardent de mauvais placements parce qu’ils y ont déjà investi de l’argent ou du temps (effet Concorde). Il serait rationnel de ne considérer que les futures opportunités et risques. Loi des petits nombres
Les investisseurs se basent sur un petit nombre de données, par exemple sur certains bons trimestres, pour tirer des conclusions à long terme. Cela conduit à des attentes excessives. Illusion de la validité
Des prévisions semblent convaincantes, bien qu’elles ne soient statistiquement guère fondées. Les investisseurs surestiment la significativité d’avis d’analystes ou de graphiques n S. W.

Offre limitée
sur nos abonnements digitaux et week-end
Retrouvez toute l’actualité en Suisse et dans le monde, des recommandations culturelles


Offre valable jusqu’au 31.03.2026 et réservée aux nouveaux abonnés. Offre non cumulable avec des abonnements en cours ou toute autre promotion.