Le
JOURNAL des deux rives 3,20 €
JOURNAL INDÉPENDANT
MARS-AVRIL 2017
Numéro 131
La mort des centres-villes est-elle inéluctable ?
(De haut à gauche) Andrésy, Chanteloup-les-Vignes, Vernouillet et Flins souffrent de ce fléau urbain qui est devenu le signe d'un échec de la politique urbaine à toutes les échelles. « La France a tué ses villes » nous explique Olivier Razemon dans son dernier livre. Faut-il laisser faire ou agir ? Quid de l'action de la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise ? (pp. 5-6) (J2R)
Conflans
la boucle de Triel
rive gauche
Ciné.Ville : intox municipale
La déchetterie sauvage de la Vallée de la Seine
Le contournement de la RD 154 verra-t-il le jour ?
Depuis quelques mois, la municipalité conflanaise prépare le terrain pour la fermeture du cinéma Ciné.Ville en centre-ville, alors qu'il faudrait dépasser l’idéologie néolibérale afin de faire renaître les centres-villes.
La plaine entre Carrières-sous-Poissy, Chanteloup-les-Vignes et Triel-surSeine est devenue un dépôt, voire une décharge à ciel ouvert. Cette friche est propice à un usage illégal par certains individus inciviques.
Voilà la question qui se pose lorsqu'on constate l'ardeur du militantisme de l'ADIV-Environnement. Le 4 mars, une série d'actions contre cette déviation a été présentée à la presse locale.
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Nouvelle Exposition-Vente de meubles anciens restaurés Samedi 25 & Dimanche 26 Mars 2017 de 10h à 19h (Entrée libre)
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Sortie n°13 sur l’A15 après Cergy-Pontoise
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Tel : 01 34 66 98 80. Mail : assbethel@9business.fr
BETHEL n’est pas une association comme les autres. Crée en 1976, elle a pour objectifs aussi bien l’insertion de jeunes en difficultés que le maintien de l’apprentissage d’une formation en ébénisterie d’art qui n’existe pratiquement plus. Elle participe également à la préservation du patrimoine. Ne recevant aucune aide publique, pour subsister, l’association organise chaque année deux expositions-ventes afin de vendre les meubles restaurés dans ses propres ateliers
Un catalogue peut être consulté sur le Site Internet : http://www.association-bethel.fr www.restaurantsaintmartin.com
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Midi-express* : à partir de 13,50€ (plat du jour et café), 18 € (entrée, plat ou plat, dessert), 24 € (entrée, plat et dessert) et 28 € (entrée, plat, dessert, 1/2 bouteille d’eau et café). *(sauf samedi et jours fériés)
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Réserver au 01 39 70 32 00 2/4 rue Galande - TRIEL
LE JOURNAL DES
L
éditorial
mars-avril 2017
Vox populi, vox dei
es dimanches 23 avril et 7 mai 2017, les français vont élire en deux tours leur nouveau Président de la République. La plus haute magistrature du pays, mais aussi la plus dure et la plus convoitée de toutes, est bien celle de Président de la République. Tous les cinq ans, les candidats se bousculent pour obtenir les suffrages des électeurs pour la conquérir. Cependant, cette élection 2017 est pleine de surprises. Lors de l’élection 2012, un processus original venant d’Amérique, la « primaire », est apparu lors de la nomination du candidat du Parti socialiste. Ce processus s’est étendu au parti « Les Républicains ». Le Parti socialiste a choisi de prendre également ce processus pour élire son candidat puisque François Hollande, président sortant, n’a pas souhaité se représenter. Chaque camp a choisi son candidat en donnant le choix aux électeurs… au peuple (Vox populi). C’est là que tout bascule. Le choix démocratique est la base d’une élection donnant le pouvoir aux citoyens de choisir son chemin et pour cela d’élire les personnes qui les représentent le mieux. C’est un principe sur lequel est fondée la République française. Or, à un peu plus d’un mois du premier tour, leurs choix sont-ils vraiment respectés ? La Primaire de la droite et du centre a volé en éclat d’abord à la suite de l’élection de François Fillon, puis à l’annonce d’une affaire politico-financière et de sa mise en examen. La primaire de la « Belle Alliance Populaire », c’est-à-dire celle de la gauche, où le vote des électeurs a donné la victoire à Benoît Hamon au lieu de Manuel Valls. Ce dernier a fait campagne tout en ayant un handicap lourd, d’un point de vue de la popularité des résultats de Hollande. M. Valls était le dépositaire du bilan Hollande en tant que dernier Premier ministre. Effectivement, au lieu de suivre le gagnant
Campus CHIMM 2017
Foot USA : Les Mureaux se cherche
désigné par le vote dans les deux cas (bien que les ennuis de Fillon justifient une baisse de confiance), comme cela était contractuellement obligatoire et dans le respect du choix démocratique du peuple français, de nombreux élus de droite comme de gauche, au risque de perdre leur conscience et leurs électeurs, ont choisi une troisième voie. Cette voie mène à un candidat qui s’est déclaré ni de droite, ni de gauche, ni socialiste bien qu’ancien du gouvernement de Hollande et dépositaire de son bilan économique libéral, Emmanuel Macron. Ce candidat offre une posture d’équilibre entre la gauche et la droite qui attire et un projet libéral qui intéresse le Medef. Il accepte tous les soutiens tant qu’ils s’adhèrent à son projet. Ce projet n'est ni choquant ni répréhensible. C’est une stratégie politique dont le but est de se faire élire. Ce qui est choquant, c’est le fait que des élus ne respectent pas leurs paroles, leurs engagements politiques suite aux primaires alors qu’ils se sont engagés à suivre les gagnants, des fois même par écrit. « Les paroles s’envolent, les écrits restent », dit le proverbe ! La voix du peuple s'envole-t-elle aussi lorsque les élus ne veulent pas la respecter ? Pourtant, le choix du peuple n’est-il pas souverain ? Vox populi vox dei ! Ce proverbe latin signifie : « La voix du peuple est la voix de Dieu » Quel que soit le résultat, cette élection va laisser des cicatrices profondes dans la démocratie française, surtout en ajoutant le fait que les trois candidats en tête dans les sondages ont ce que nous appelons, populairement, des « casseroles ». Ces observations sont à prendre en compte au moment de donner notre voie à une personne qui doit pendant cinq ans être le représentant du peuple français. La Rédaction
Triel-Environnement sur le terrain www.journal-deux-rives.com
Quel avenir pour le Château du Faÿ à Andrésy ?
L’homme au chapeau de GPS&O 3
LE JOURNAL DES
Journal des 2 Rives - Nord des Yvelines Journal indépendant, fondé en 2001. Directeur-fondateur : Rodrigo Acosta. Commission paritaire : 0322 I 79525. ISSN : 2263-0880 Editeur : ABC éditeurs R.C.S. Versailles 535 004 063 Siret 535 004 063 00017 APE 7010Z TVA intercommunautaire : FR 52 535 004 063 Publicité et rédaction : 50 rue des Créneaux 78510 Triel-sur-Seine Tél.-Fax : 01 83 57 06 01 06 79 69 51 50 ou trielnews@gmail.com Le journal des Deux Rives est une publication à vocation citoyenne. Son objectif est double : traiter des questions locales touchant le territoire des communes du Val de Seine au nord des Yvelines et au-delà, ouvrir le débat sur les questions nationales et internationales. Farouchement attachés à la liberté d’expression et à la participation démocratique, nous souhaitons que notre journal soit un lieu de discussions vivant, sans sectarisme, dogmatisme ni esprit de polémique stérile. Le J2R est ouvert à l’expression de toutes les opinions, dans le respect de quelques grands principes : démocratie, laïcité, égalité, non-discrimination, absence d’atteinte à la dignité humaine. En conséquence, le journal ne soutiendra ni de près ni de loin de candidat à des élections locales sur son territoire de diffusion. La ligne éditoriale est décidée et mise en œuvre par la rédaction, en toute collégialité. Rédaction : Rodrigo Acosta, J-P Baudin, Malick Daho, François Darc Thierry Dornberger, Damien Delerin, Jean-François Favre-Marinet, Michel Kohn, Annie Laporte, Chantal Lorio, François Nugues, Jeanine Provost, Ph. Ragot et Hervé Roux. Ont participé à ce numéro : Claude Barouh, Fabien Dèze, Mac Guffin et Arthur Grude. Les articles, photos, dessins et infographies publiés - dans la version papier comme sur le site internet du journal - ne peuvent en aucun cas être reproduits sans l’autorisation expresse et écrite de la rédaction. Maquettage : ABC Ed. Avis aux associations : avec votre abonnement DUO (40 €) vous pouvez faire paraître vos infos.
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SOmmaire
mars-avril 2017 ÉDITORIAL Vox populi, vox dei
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Intercommunalité : Urbanisme Pollution Gouvernance
La mort des centres-villes est-elle inéluctable ? La déchetterie sauvage de la Vallée de la Seine
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A quand la création d'un conseil de développement du territoire ?
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ACTUALITé locale Andrésy
Le maire d’Andrésy refuse de payer les impôts à l’interco GPS&O
Conflans Carrières s/ Poissy
Ciné.Ville : intox municipal
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L'opposition ne lâche pas l'affaire AJC !
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Chanteloup Orgeval Maurecourt
Le Chantelouvais Dany Doriz, un jazzman idéal
- Le Crédit Agricole participe à la reconstitution virtuelle de l'abbaye Notre-Dame d’Abbecourt - Les Musicales d'Orgeval s'affirment
Calligraphie :
consécration de l'artiste
Benbelkacem
Vernouillet
- Triel rend hommage à son écrivain - Triel, la référence littéraire du moment ! - Une collecte ULULE pour remettre à flot La Péniche L’agriculture bio au nord des Yvelines, pause ou relance ? Le contournement de la RD 154 verra-t-il le jour ?
Villennes
- Laisse béton, la vilaine - deC : à la recherche du point d'équilibre
Triel Verneuil
Débats - Seine Vexin Pour un «Demain» Lancement de la monnaie Le Louis meilleur
Le Louis tout neuf régnera-t-il dans le 78 ?
Economie Présidentielle Aventure spatiale
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20-21
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PCAS à Porcheville, l'ambition industrielle passe par la R & D
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Emmanuel Macron en visite aux Mureaux
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« Ciel en Seine » avec les frères Bogdanoff
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sports Gymnastique
Avenir de Triel en apothéose
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CULTURE Année Mirbeau La mémoire de GPS&O
Annonces
Avec Farces et Moralités, Octave rend visite à Mirbeau
Le tacot de la rive gauche
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Bâtisseurs en Herbe
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Villa César
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LE JOURNAL DES
mars-avril 2017
intercommunalité
URBANISME
La mort des centres-villes est-elle inéluctable ? Durant les dernières quarante années, les villes ont été progressivement affectées par des mutations et par une crise de leur centre. Celle-ci provient, en partie, de l'explosion de l'offre des plateformes commerciales et d'autres avatars de la grande distribution. Paradoxalement, dans un contexte de pénurie de logements, les villes, notamment celles du nord des Yvelines, sont confrontées au défi des centres-villes : faut-il laisser faire ou agir ? Sauf exception, le constat est le même partout en France : « La France a tué ses villes », c'est la thèse d'Olivier Razemon dans son dernier livre(1). Les taux de vacances (des locaux et des logements en centreville) sont dans une fourchette de 10 % à 15 %. La moyenne nationale se situe à 5 %. D'une manière méthodique, M. Razemon a parcouru la France des centresvilles ; partout la même déliquescence est visible dans un contexte d'abandon des pouvoirs publics : Albi, Béziers, Cahors, Colmar, Perpignan, Vitry et même dans la banlieue ouest en Ile-de-France comme à Aubergenville, Chanteloup, Mantes-la-Jolie, et Triel-sur-Seine... Jean-Jacques Nicot, adjoint au commerce de la ville de Poissy, aurait établi, vers la fin d'octobre 2016, une liste de commerces vides qui sont proposés avec des loyers « déconnectés du marché »(2). Le taux de vacances dans le centre de Poissy se situe à 4 %, mais l'image que cela donne est négative pour les visiteurs et les habitants du centre-ville. C'est la propagation d'une paupérisation urbaine avec des conséquences sur les plans social, politique et urbain. La ville disparaît et l'on flâne de moins en moins ; dans certains cas on constate la privatisation des espaces publics pour les quelques privilégiés... qui vont désormais à une plateforme de distribution ou un centre commercial. L’Association des
Depuis 2007, le centre-ville de Triel a vécu une triple crise, économique, immobilière et urbanistique. (Archives J2R)
petites villes de France (APVF) que préside Olivier Dussopt, Député de l’Ardèche et maire d’Annonay, attire, depuis plusieurs mois, l’attention du Gouvernement sur ce sujet face à la désertification croissante des centres-villes et à l’augmentation continue des taux de vacances commerciales. L’APVF souhaite en outre une mobilisation accrue des acteurs publics et privés. La faute au béton Depuis l'importation du concept de centre commercial en France dans les années 1960, les périphéries des villes ont vu croître le nombre de « concepts » et d'autres noms à consonance américaine ; le département des Yvelines a été la cible d'une promotion et d'un marketing pour ce type de « concept » qui s'appuyait sur l'usage fréquent de la voiture individuelle. D'où la nécessité de créer d'énormes espaces de parking pour accueillir des clients à 20 minutes de trajet en voiture. De Parly II (Le Chesnay), à Nation One (Plaisir, Clayes-sous-Bois) en passant par Les vergers de la Plaine (Chambourcy), des entreprises telles que Rodamco et Altarea ont bétonné tout ce qui était possible et imaginable avec l'assentiment des élus locaux. Ces derniers ont été complices du bétonnage généralisé et de l'abandon des centres-ville. Partout, où émergeait un projet de création de centre commercial, les promoteurs argumentaient que ce projet allait « révolutionner » le marché www.journal-deux-rives.com
et créer des « emplois et de la richesse ». Certes, la richesse a été produite et, ensuite, « accaparée » par des concepteurs et des gestionnaires des centres commerciaux. Cependant, le bilan en matière de création d'emploi est quasi-nul. Autrement dit, les commerces du centre-ville disparaissaient avec comme corollaire une diminution des emplois de proximité. En parallèle, les emplois précaires et mal payés se sont multipliés pour arriver à une situation intenable d'un point de vue urbain. Résultat : des centres-villes ont fait l'objet d'une évasion commerciale, d'une paupérisation car les habitants perdaient du pouvoir d'achat, voire d'un délabrement généralisé lorsque les deux phénomènes se sont conjugués dans des petites communes rurales. Malgré l'attractivité de la région Île-deFrance, la majorité des centres-villes dans les Yvelines nord ont périclité lorsqu'un projet de centre commercial s'était réalisé dans une distance de trajet d'environ 20 minutes. Ainsi, Aubergenville, Flins, Mantes-la-Ville, Mantes-la-Jolie, Chanteloup-les-Vignes, Triel-sur-Seine, Vernouillet ont périclité. Certaines communes ont néanmoins sauvé les meubles : Andrésy, Verneuil-sur-Seine, Villennes-sur-Seine et Orgeval (centre-ville). Certes, la mauvaise conjoncture économique et l'avènement de l'e-commerce se sont ajoutés à cette crise structurelle. 5
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intercommunalité
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URBANISME Désormais, l'urgence est de remodeler des centres commerciaux vétustes tels « Art de vivre » ou de diminuer l'offre commerciale des centres commerciaux. Les coups partis tels « White Park » à Orgeval et les Vergers de la Plaine à Chambourcy deviendraient des cas d'école pour les urbanistes pour ne pas répéter des erreurs du passé. Réagir autrement En revanche, des expériences ont émergé partout en France : le guichet unique (pour les commerces du centre-ville), la mise en place d'un « manager » ou animateur des commerces, une mise en place des outils d'aménagement qui tient compte des impératifs de transport (et notamment la circulation douce), d'habitat nouveau, de développement durable. Bordeaux, Mulhouse, Saint-Etienne sont à la pointe dans ce domaine fort complexe par sa dimension politique et foncière. Les Yvelines nord sont un laboratoire urbain où la démolition programmée de milliers de mètres carrés peut et doit permettre la construction de l'habitat au lieu des friches commerciales. La question de la centralité, ainsi que celle des lieux de rencontre ou d'échanges se manifesteront à une échelle nouvelle. Entre renouveau du centre-ville et rénovation (des quasi-friches commerciales), les intercommunalités (telle Grand Paris Seine & Oise) peuvent jouer un rôle qui consisterait à doser une certaine intervention des pouvoirs publics pour atténuer les excès du marché : surproduction, et délaissement des locaux vides... Des décideurs à l'échelle de l'intercommunalité devraient se poser des questions : comment financer cette nouvelle politique de renouveau ou rénovation ? Qui paie quoi ? Que faire de la sur-offre des mètres carrés accordée pour une future construction des centres commerciaux ? Comment faire évoluer la fiscalité dans un contexte imprévisible ? La prise de conscience collective pour la redynamisation des centres-villes conduit à un retour au centre-ville. Des comportements de consommation ont modifié la distribution et des points relais se sont multipliés en attirant du flux vers les anciens commerces du centre-ville. Les élus devraient amplifier et accompagner cette mutation positive pour la réémergence du centre-ville. r 1. Comment la France a tué ses villes, Olivier Razemon, Ed. Rue de l'échiquier, Paris, septembre 2016, 188 pages. 2. «La chasse aux locaux commerciaux vides est ouverte» Le Courrier des Yvelines, 20 avril 2016, p. 16,
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Olivier Razemon : « Dans toute ville, il y a de l’espoir ! » Le 10 janvier 2017, Olivier Razemon a présenté son livre Comment la France a tué ses villes lors d'une conférence à Paris. Journal des 2 Rives : Votre livre est-il un pamphlet ? Olivier Razemon : C'est un livre qui doit alerter. La situation des centre-ville est connue : il s'agit d'une dévitalisation du tissu urbain que l'on voit par des boutiques vides et par des pancartes «A vendre ou à louer» dans toutes les rues commerçantes de France. Des vitrines vides et sombres, des façades aveugles, Olivier Razemon a fait des stores métalliques baissés. Calais, Agen, sensation avec son liLe Havre, Landerneau, Avignon, Lunéville... la vre sur la fin du centrecrise urbaine ronge les préfectures et sous- ville. (J2R) préfectures, les détruit de l’intérieur. Les boutiques abandonnées ne constituent que le symptôme le plus flagrant d’un phénomène plus large : la population stagne, les logements sont vacants, le niveau de vie baisse. Alors je me suis interrogé sur ce phénomène urbain ; que se passe-t-il ? J2R : Expliquez-nous ce phénomène de la fin des centre-ville ? O.R. : Je me suis rendu compte que la fin des centres-ville est presque là ! C'est plus grave que ce que l'on avait appréhendé. En fait, c'est toute la ville elle-même qui se dévitalise par une conjonction des facteurs. C'est la population qui s'en va ; c'est le taux de vacance qui augmente à la fois dans l'immobilier et dans les commerces, voire dans les activités tertiaires... D'une manière concomitante, l'insalubrité de la ville et l'étalement urbain ont marqué l'urbanisme contemporain depuis les années 1970. Même aujourd'hui, lorsqu'on installe une start-up, une plateforme de logistique ou des bureaux, on le fait en dehors de la ville. On continue à construire la ville en dehors avec des conséquences à moyen et long termes qui sont difficiles à renverser. J2R : Quelles sont les villes touchées par cette mort annoncée ? O.R. : Il s'agit des petites villes où la moitié, voire plus, de la population y habite. Certes, cela n'affecte pas les métropoles ayant une dimension mondialisée comme Paris, Strasbourg, Lyon et Bordeaux... Les villes comme Saint-Etienne, Albi, Cahors, Mulhouse, Montauban ont subi de plein fouet ce phénomène. On ne va pas citer les 350 villes que l'on a dénombrées dans mon enquête. Il ne faut pas oublier aussi les petites villes de quatre mille habitants où il n'y a plus de commerce, plus de lien social, plus de vie urbaine ! Ces villes racontent une histoire du pays; ce sont des lieux où l'on se croise et l'on a un fort composant identitaire. J2R : A-t-on atteint le maximum de ce phénomène qui affecte l'avenir des petites villes ? Non, je crois que non ; on continue avec l'étalement urbain ; la grande distribution continue comme si rien n'était en essayant d'installer de nouveaux hypermarchés en périphérie. On a une fuite en avant. J2R : Que faire ? Les nouvelles intercommunalités peuvent-elles renverser cette tendance lourde ? O.R. : Les élus sont tétanisés et ne savent pas quoi faire. Heureusement, des citoyens commencent à agir en interpellant les pouvoirs locaux. Il n’existe aucune solution miraculeuse, mais une série de petits pas, de décisions empreintes de sobriété. Il faut faire attention aux habitants ; ce sont eux la richesse de la ville. Il faut s'arrêter et redécouvrir la ville. Faire attention à tous les espaces publics et développer les déplacements à pied sont des mesures à prendre pour faire réémerger le centre-ville. Dans toute ville, il y a de l'espoir ! Quant aux intercommunalités, elles peuvent agir à condition d'avoir des outils juridiques et fonciers qui agissent convenablement. C'est possible à condition que tous les élus jouent le jeu et cela peut être difficile à surmonter. r www.journal-deux-rives.com
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intercommunalité
Pollution
La déchetterie sauvage de la Vallée de la Seine La plaine entre Carrièressous-Poissy, Chanteloup-lesVignes et Triel-sur-Seine est devenue un dépôt, voire une décharge à ciel ouvert. Le terme «Wasteland» peut désigner cette friche qui est propice à un usage illégal par certains individus insensibles aux messages écologiques. Un riverain de Carrières-sousPoissy a interpellé le J2R pour faire savoir aux autorités compétentes que la situation est devenue grave : certains produits phytosanitaires sont déversés dans la nature depuis début février. A cet acte déplorable s'ajoute l'exploitation insensible de la plaine par des soi-disant ferrailleurs qui ont converti cette friche en un véritable no man's land ?
Des produits fongicides des marques Ceriax et Cherokee s'agglutinent au bord de la route départementale entre Carrièressous-Poissy et Chanteloup-les-Vignes. Le riverain a constaté cette arrivée, vers le 5 février, sur un site de la plaine puis, quelques jours plus tard, environ 30 boîtes de 30 kg chacune avec des produits toxiques et hautement dangereux. Lors d'un reportage Webtélé(1), on lit sur l'étiquette que l'usage de ces produits est « exclusivement professionnel » et qu'il faut « éviter le rejet dans l'environnement » car ils peuvent polluer gravement le sol, notamment les nappes phréatiques. Le J2R s'est déplacé et a constaté les dégâts par une série de vidéos et de photos qui ont été mises en ligne pour illustrer la dangerosité de la situation. La rédaction s'est interrogée sur la marche à suivre et a alerté les autorités compétentes, notamment la police municipale de Carrières-sous-Poissy, la DRIRE et la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise. Un représentant de cet-
(A g.) Au bord de la RD 22 entre Carrières-sous-Poissy et Chanteloup-lesVignes, un riverain a constaté la dangerosité de certains produits phytosanitaires.
(A g.) Une véritable décharge à ciel ouvert dans un triangle de déchets et de pollution, une sorte de « Wasteland », entre Azalys et les communes de Chanteloup-lesVignes et Carrièressous-Poissy.
te dernière a expliqué que « tout sera fait » mais il était incapable de nous donner une date car cela « dépend de la nature » des lieux affectés. Interpellé par le J2R le 23 février, Philippe Tautou, président de Grand Paris Seine & Oise a répondu qu'il « allait s'occuper de ce dossier ! » En outre, le J2R a entrepris un voyage à l'intérieur de la plaine : dans une sorte de triangle entre Chanteloup-les-Vignes, Carrières-sousPoissy et Triel-sur-Seine, une nouvelle décharge à ciel ouvert s'est reconstituée (NDLR : en 1987, la décharge de Triel avait été fermée). Il est temps que les autorités compétentes www.journal-deux-rives.com
agissent afin de régler ce problème récurrent d'une manière définitive. Un certain nombre d'interrogations se posent : Que faire avec le campement de Roms de la plaine ? Comment empêcher les dépôts sauvages dans les mois à venir ? Pourquoi GPS&O, la communauté urbaine héritière de la Communauté d'agglomération 2 Rives de Seine, ne fait-elle rien pour mettre fin à ces actes de déversement d'immondices et d'autres détritus qui nous axphyxient, en informant la population sur leur caractère illicite ? r 1. Webtélé 2R : https://youtu.be/4Vw5dhBjIRo
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intercommunalité
mars-avril 2017
Gouvernance AU SEIN DE gPS&O
A quand la création d'un conseil de développement du territoire ? Depuis son élection comme président de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O), Philippe Tautou rencontre des difficultés à mettre sur les rails cette méga-intercommunalité (plus de 404 000 habitants) atypique en France. Par un courrier du 22 février, le groupe politique Indépendants Seine et Oise (ISO) a officiellement demandé la création d'un conseil de développement. Un tel conseil est une obligation légale. La loi NOTRe, par son article 88, visant à renforcer le rôle des communautés en matière de développement économique, a instauré la création de conseils de développement au sein de chaque EPCI à fiscalité propre à partir de 20 000 habitants. Fonctionnement et avenir de GPS&O Parmi les six intercommunalités constituant GPS&O, seule la défunte Communauté d’agglomération de Mantes en Yvelines
(CAMY) avait jusqu’au 2014 un comité semblable à ce qui est demandé actuellement par les élus ISO. Dans un rôle consultatif et constitué par « des représentants des milieux économiques, sociaux, culturels, éducatifs, scientifiques, environnementaux et associatifs du périmètre de l'établissement public », ce conseil peut se saisir de toute question ou problématique ayant trait avec le fonctionnement et l’avenir de la communauté urbaine. Son avis peut être suivi d’effet à la discrétion de l’assemblée délibérante de GPS&O.
La chaise de Philippe Tautou est toujours vide lorsqu'on pose des questions gênantes. (J2R)
Réparer cette entorse à la démocratie
Plus percutant, Denis Faist, président du groupe ISO, a souligné l’urgence de cette création : « Etant donné que le conseil de développement doit être consulté sur le Projet de Territoire, dont vous [aviez] annoncé, lors du conseil communautaire du 2 février dernier, qu’il serait élaboré cette année, et, étant donné que les ateliers préparatoires au Projet d’Aménagement et de Développement Durables (PADD) ont déjà débuté, le Groupe ISO estime qu’il y a urgence à ce que vous créiez ledit conseil de déve-
Que dit la loi ?!
loppement. » M. Faist a insisté dans sa missive de « bien inscrire ce point à l’ordre du jour du prochain conseil communautaire, soit celui du 23 mars prochain ». Lors des élections 2014, les citoyens avaient élu à la fois des conseillers municipaux et des conseillers communautaires. Ces derniers, représentant souvent des minorités, n’avaient siégé que quelques mois avant le chamboulement de la loi NOTRe. Il convient de réparer, ne serait-ce que partiellement cette entorse à la démocratie. r
L'article L. 5211-10-1 a été ajouté dans le Code Général des Collectivités Territoriales et rédigé de la manière suivante : « I. - Un conseil de développement est mis en place dans les établissements publics à fiscalité propre de plus de 20 000 habitants. Il est composé de représentants des milieux économiques, sociaux, culturels, éducatifs, scientifiques, environnementaux et associatifs du périmètre de l'établissement public. Par délibérations de leurs organes délibérants, des établissements publics contigus peuvent décider de créer et d'organiser un conseil de développement commun compétent pour l'ensemble de leurs périmètres. II. - La composition du conseil de développement est déterminée par délibération de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale, de telle sorte que l'écart entre le nombre des hommes et le nombre des femmes ne soit pas supérieur à un et afin de refléter la population du territoire concerné, telle qu'issue du recensement, dans ses différentes classes d'âge. Les conseillers communautaires ou métropolitains ne peuvent être membres du conseil de développement. Les fonctions de membre du conseil de développement ne sont pas rémunérées. III. - Le conseil de développement s'organise librement. L'établissement public de coopération intercommunale veille aux conditions du bon exercice de ses missions. IV. - Le conseil de développement est consulté sur l'élaboration du projet de territoire, sur les documents de prospective et de planification résultant de ce projet, ainsi que sur la conception et l'évaluation des politiques locales de promotion du développement durable du périmètre de l'établissement public de coopération intercommunale. Il peut donner son avis ou être consulté sur toute autre question relative à ce périmètre. V. - Le conseil de développement établit un rapport d'activité, qui est examiné et débattu par l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale. VI. - Le présent article est applicable à la métropole de Lyon.» Il s’agit donc de rassembler au sein de cette instance consultative des représentants « des milieux économiques, sociaux, culturels, éducatifs, scientifiques, environnementaux et associatifs du périmètre de l’établissement public. » r 8
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ACtualité locale
mars-avril 2017
Andrésy
Le maire d’Andrésy refuse de payer les impôts à l’interco GPS&O Il y a un an seulement, Hugues Ribault et sa majorité votaient « pour » l’intégration d’Andrésy dans l’interco pilotée par la droite yvelinoise, obligeant la ville à rejoindre Grand Paris Seine & Oise (GPS&O), comprenant 400 000 habitants dans 73 communes. Il y a 15 mois, le maire d’Andrésy et son premier adjoint aux Finances, Denis Faist, affirmaient, en conseil municipal, que des « réunions [étaient] prévues pour parler des sujets les plus importants comme le pacte de gouvernance » et qu’un « pacte financier et fiscal [serait] passé avec l’objectif de faire en sorte qu’en bas à droite de la feuille d’impôts des Andrésiens, cela soit la même somme ». Selon le groupe Andrésy Energies Renouvelées, les Andrésiens découvrent, aujourd’hui, avec stupeur et colère que le maire d’Andrésy et sa majorité ont intégré l’interco GP&SO, sans n'avoir rien négocié, ni préparé le fameux « pacte fiscal ». Retournement de veste ! Il y a un an, le maire et sa majorité votaient « pour » l’intégration d’Andrésy dans une communauté urbaine de 400 000 habitants pilotée par Mantes, ses élus et la droite yvelinoise derrière Pierre Bédier. Andrésy rejoignait une interco de 73 villes, qui ne re-
présente ni son bassin de vie et ni son bassin d’emploi. La ville a soutenu le choix de l’intégration maximale : la communauté urbaine avec un maximum de compétences déléguées. Le maire Hugues Ribault avait voté « pour », tout en déclarant qu'il « n’était pas favorable à cette interco ». Précisant vouloir vous inscrire dans une démarche positive, à savoir négocier et travailler en intelligence avec la nouvelle agglomération, sans la moindre garantie. Le maire avait affirmé ne pas être d’accord avec cette interco mais il n'a jamais déposé de recours, contacté la presse, mobilisé ses réseaux ou carrément refusé de se plier aux décisions soi-disant venues de l’Etat. Cela nous était apparu comme un étrange positionnement, pour ne pas dire un renoncement, laissant à penser que des considérations politiciennes avaient pris le dessus sur la défense des intérêts des Andrésiens. Caependant, des recours et une opposition constructive étaient possibles en amont. C’est tout l’enjeu du débat démocratique. Rappelons ainsi qu’à la Commission Régionale de la coopération intercommunale (février 2015) 16 propositions de modifications ont été déposées par des élus mécontents du découpage intercommunal (dont l’interco Versailles/Saint-Quentin/Saclay). Et que 50 % d’entre elles ont été acceptées par l’Etat et le préfet de la Région Île-deFrance. Des intercos à 200 000 habitants ont aussi été acceptées, contrairement à ce qui
avait été avancé par les promoteurs de cette intercommunalité en gestation (devenue la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise). Tout le monde est surpris de voir le maire d'Andrésy et sa majorité faire le contraire d'il y a un an : • Le maire refuse de se soumettre à une décision légale, votée à la majorité du CC GPS&O ; • Le maire refuse de payer les impôts à l’interco. Recours en perspective Certes, le maire avait concédé que le « verre était à moitié plein ». Alors pour défendre son vote favorable à l’interco Grand Paris Seine & Oise, le maire avait affirmé, lors de la réunion du conseil municipal du 30 juin 2015 que cette interco devait « aussi nous coûter moins cher à terme », et que « ce grand territoire représentait un fort potentiel de développement ». Dans le journal municipal de janvier 2016, la maire souhaitait un grand succès à notre interco : « Cette grande communauté peut permettre à notre territoire de profiter de nouvelles opportunités et de nouvelles synergies profitables à tous les Andrésiens ». Résultat : GPS&O impose à Andrésy aujourd’hui un doublement des impôts ! La réalité, c’est que les discussions entre les élus d'Andrésy et les promoteurs de la communauté urbaine GPS&O se terminent devant les tribunaux et que la municipalité d'Andrésy est obligée de provisionner des deniers publics pour financer les différents recours en perspective. r
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Conflans-Sainte-Honorine
Ciné.Ville : intox municipale Depuis quelques mois, la municipalité conflanaise prépare le terrain pour la fermeture du cinéma Ciné. Ville en centre-ville. Certes, il faut le mettre aux normes et cela coûterait environ 3 millions d'euros, mais il faut dépasser l’idéologie néolibérale afin de faire renaître les centres-villes en France. La municipalité a lancé en mars une campagne de communication fleurant bon la propagande pour faire avaler la pilule de la fermeture de Ciné.Ville aux Conflanais. Ainsi le bulletin municipal Vivre à Conflans (VAC), avec les larmes de crocodile d’usage, met en exergue trois chiffres destinés à frapper l’opinion. « Mensonge », explique-t-on du côté de l’opposant Jean-Pierre Lacombe, ancien adjoint au maire chargé de l’urbanisme, quand on annonce un budget travaux de 3 à 4 millions d’euros alors que l’estimation est de 2,9 millions d’euros dans l'hypothèse maximale. Certes cela reste important mais les chiffres ne sont pas les mêmes et de loin ! Pourquoi cette dramatisation ? « C’est de la manipulation », avance encore M. Lacombe. Pour lui, on jette en pâture à la réprobation générale une moyenne de fréquentation par séance de 6,6 spectateurs alors que, sur la période des dix-huit derniers mois, le nombre de séances est passé de une par soir à quatre par jour faisant passer le nombre de spectateurs de 25 000 en 2015 à
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30 000 en 2016. La mairie qui aime beaucoup la comptabilité peut-elle s’intéresser aussi aux statistiques et concevoir que si l’on augmente le nombre de séances, on baisse automatiquement les moyennes par séance ? Ou bien fait-elle semblant de ne pas comprendre, pour les besoins de la cause ? Enfin, « manipulation », s’insurge encore M. Lacombe, quand on annonce une subvention de 157 000 Le Ciné.Ville a permis des débats dans tous les domaines. Pourquoi ne pas en organiser un avec la maieuros pour 2016 sans préciser que rie et le tissu associatif sur l'avenir de ce site ? les besoins sont en baisse pour 2017 soit 149 000 euros, en baisse de 6 % lution de rechange n’est envisagée sur le site. précisément grâce à l’augmentation du nomLe défenseur du Ciné.Ville poursuit : « C’est bre de séances et d’entrées (+ 20 % quand un fiasco, une erreur totale d’une brutalité sans égale les chiffres nationaux sont + 4 %). Voilà la qui, au plan social, menace cinq emplois (à temps comréalité qui prouve que Ciné.Ville n’est pas en plet ou partiel, qualifiés parce que, dans ces métiers, aussi mauvais état qu'il est dit et que c’est il y a de la passion et de l’investissement) mais là, plutôt le contraire. apparemment, ce n’est pas un gros souci pour la maiDémarche d'apothicaire rie qui n’a pris aucune disposition à ce jour. Quant Selon M. Lacombe, le maire de Conflans, au public d’abonnés qui a déjà payé ses places et aux Laurent Brosse, est tellement enfermé dans contrats de distribution à prévoir à l’avance, ils n’ont son dogmatisme qu’il a décrété une fois pour qu’à attendre de se plier au fait du prince. La conventoutes que Ciné.Ville doit disparaître. C’était tion d’exploitation du cinéma arrive à échéance le 30 sa volonté dans l’opposition et il la maintient juin 2017. Le maire a annoncé en conseil municipal aujourd’hui alors qu'il est aux manettes. La la fermeture au 31 décembre 2017. Mystère aussi sur petite nuance c’est qu’il ne l’a jamais annon- ces six mois de no man’s land ! Et si on renouvelait cé avant son élection. Et s’il fallait une autre la convention ? Cela donnerait peut-être le temps de preuve de ce dogme sans vision c’est que d’une s’atteler sérieusement à la recherche des financements part absolument aucune recherche ni aucune en lieu et place de cette entreprise de démolition. La démarche sérieuse n’a été faite auprès des or- municipalité conflanaise prépare l’opinion publique ganismes institutionnels (Centre National du pour la fermeture du Ciné.Ville du centre-ville. Ce Cinéma, DRAC du ministère de la Culture...), sont de telles mesures qui font péricliter les centres-ville politiques (département, région, communauté de France.» Il faut dépasser la démarche d’apourbaine) ou auprès de partenaires privés éven- thicaire si l’on veut les faire renaître. Le reste tuels - RIEN ! - et que d’autre part aucune so- est de l’intox. r
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CArrières-sous-Poissy
L'opposition ne lâche pas l'affaire AJC ! En décembre 2014, le J2R avait diffusé un article concernant une délibération du conseil municipal de Carrièressous-Poissy, portant sur l’attribution d’une subvention de 50 000 € à l’association AJC(1). Les échanges avaient été vifs entre le maire, Christophe Delrieu, et ses deux opposants, Eddie Aït et Anthony Effroy. Pour Eddie Ait, le maire LR avait fait, notamment, le choix de sacrifier la jeunesse. Étrange répartition des subventions municipales
La bourse aux bacheliers avait été supprimée ainsi que le carnaval des écoles contre l'avis de la communauté éducative et scolaire. Seulement 15 000 € ont été inscrits, en 2015, au budget en investissement pour les travaux dans les établissements scolaires. Pour rappel, entre 2008 et 2014, près de 12 millions d'euros avaient été consacrés aux affaires scolaires et aux politiques éducatives. L’opposition avait aussi noté l'absence de revalorisation de la dotation à la Caisse des écoles qui plafonne à 30 000 euros alors qu'une association « amie » de la municipalité (AJC) percevait 50 000 euros. Par ailleurs, les budgets alloués aux services Jeunesse et Affaires scolaires ont été réduits de près de 5 %. Dans le même temps, les tarifs des services extrascolaires et périscolaires ont été augmentés. Les deux élus s’étaient alors fortement inquiétés de l’attribution d’une telle somme et avaient accusé le maire de faire un chèque en blanc à cette association. La réalité dépasse le pire cauchemar d’un élu. Deux ans se sont écoulés, sans que l’on sache véritablement le fin mot de l’histoire, jusqu’à la publication d’un article, par notre confrère Le Parisien, qui nous apprend que le président de l’AJC a été interpellé et que près de 43 000 € de la subvention auraient été détournés. Le « système Delrieu » ? Le 11 février, Anthony Effroy et Eddie Aït, respectivement chefs de file des groupes « Bien Vivre à Carrières » et « Agir en Commun pour Carrières », donnaient une conférence de presse commune et livraient leurs premiers commentai-
res sur cette affaire, dénonçant, selon eux, un « système Delrieu ». Dans un premier temps, Eddie Aït rappelle que cette affaire fait suite à une saisine du procureur de la République, déposée dès février 2015, et que l’enquête préliminaire est ouverte depuis décembre 2015. L’élu revient également sur le comportement du maire qui, depuis le début de cette affaire, refuse de répondre aux questions des élus sur Anthony Effroy (au centre) et Eddie Aït (à dr.) savourent ce moment l’utilisation de cette d'affaiblissement de leur adversaire commun, Christophe Delrieu, subvention. L'associamaire de Carrières-sous-Poissy. (J2R) tion ANTICOR a été aussi saisie par le conseiller municipal Eddie Aït. ferait l’objet d’un suivi d’expertise comptable et Eddie Aït va plus loin encore, puisqu’il évoque que la ville serait plus exigeante avec cette associades liens entre Christophe Delrieu et le président tion qu’avec n’importe quelle autre ! de l’AJC, qui selon lui existent depuis la campagne des élections municipales de 2014 ; l’élu du Effroy et Aït, partie civile groupe « Agir pour Carrières » indique également dans le dossier posséder plusieurs attestations de Carriérois MM. Effroy et Aït, les deux élus d'opposiconfirmant le soutien politique du président de tion, ne veulent pas en rester là ; ils ont d’ores et l’AJC à Christophe Delrieu. déjà annoncé la communication de nouveaux éléments au parquet financier de Versailles et se sont Le maire réplique ! constitués partie civile dans cette affaire, comme Il n'est pas question de se précipiter sans avoir l’explique Eddie Aït : « En notre qualité d’élus, nous les éléments juridiques et policiers. Interrogé par devons défendre les intérêts des Carriérois ; le fait de nous le J2R, le maire, Christophe Delrieu reste calme : constituer partie civile va nous permettre de suivre la procé« depuis la signature de la convention [NDLR 20014], dure et d‘aller au bout de cette affaire. A notre connaissance la municipalité avait prévu une chaine de contrôle : PV la ville ne l’a pas fait, ce qui soulève là encore de nombreuses des assemblées, rapports moraux et financiers... » L'AJC questions ». a oeuvré pour les jeunes, mais a eu « une sorte de En conclusion, Anthony Effroy indique que phobie administrative » en 2015 et 2016. Aucune plusieurs autres dossiers, peut-être une dizaine, subvention n'a été allouée à l'AJC depuis. Quant sont encore sur le bureau des juges : « La justice aux accusations portées par l'opposition, rien ne n’avance pas toujours aussi vite qu’on le souhaiterait ; cela permet actuellement d'aller plus loin. Laissons la fait deux ans que nous attendons et cette affaire pourrait police et la justice faire leur travail et après on ver- bien être la première d’une longue liste illustrant ce que nous ra car « la municipalité a fait le nécessaire » auprès des qualifions aujourd’hui de système Delrieu, nous sommes autorités compétentes (préfecture, tribunaux ad- confiants et restons à disposition du juge d’instruction ». ministratifs) pour élucider ce dossier. Il est prévu Cette affaire risque d’entacher durablement le de récupérer l'argent « mal utilisé ». Le maire n'a pas mandat de Christophe Delrieu et, dans la mesure de regrets sur ce dossier sensible... où l’instruction est toujours en cours, d’autres De son côté, Anthony Effroy pointe la res- mises en examen pourraient encore être décidées ponsabilité du maire et rappelle qu’en 2015 Chris- par le magistrat. r tophe Delrieu avait indiqué à la presse que l’AJC 1. AJC : Association Jeunes Carrières. www.journal-deux-rives.com
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chanteloup-les-Vignes
Le Chantelouvais Dany Doriz, un jazzman idéal Dany Doriz s'est imposé comme un acteur incontournable de la scène du jazz ; il est reconnu comme un musicien d'exception, s'affranchissant de ses racines sans les renier, avec un jeu véloce et le respect de l'harmonie. « Depuis la sortie du film La La Land, il y a énormément de gens qui viennent au Caveau de la Huchette », a déclaré Dany Doriz avec son air jovial, chez lui à Chanteloup-les-Vignes où il vit depuis longtemps. C'est un bon signe de la renaissance de la musique jazz. Dany Doriz est un jazzman accompli et propriétaire du lieu mythique de jazz à Paris. Certainement, cela lui rappelle des souvenirs heureux : les plus grands jazzmen ont connu Dany Doriz et/ou joué avec ou pour lui. Ils ont reconnu son talent et son savoir-vivre français, notamment : - Jazz Hot lui consacre sa première de couverture (avec Lionel Hampton) en septembre 1997 dans un numéro spécial consacré au vibraphone. - Jazzman, dans sa parution d'octobre 2006, évoque, sous la plume d'Alain Thomas, « son talent d'improvisateur et ses qualités de swingman, sa générosité qui le porte à donner leur chance à de jeunes musiciens » ; de plus, il parle « d'une carrière et d'une trajectoire exemplaire ». - Rhoda Scott dit de lui : « il est actuellement le plus grand vibraphoniste du monde »; - Lionel Hampton reconnaissait en lui « un fils spirituel », l'accueillant dans son big band, les deux vibraphonistes jouant ensemble sur le même instrument. Premiers pas dans le jazz Après avoir étudié la musique classique (piano et saxophone), Dany Doriz s'est passionné dès l'âge de seize ans pour le vibraphone et le jazz. C'était à l'époque où Géo Daly lui avait fait écouter un disque de Lionel Hampton : Plaid avec Harry Edison, Art Tatum et Buddy Rich. En effet, Dany « choisit son orientation musicale » à ce moment là. En 1958-1959, il a fait ses premiers pas sur la scène du jazz en jouant à Paris, aux Trois Mailletz, avec Mez Messrow, Albert Nicholas, Peanuts Holland, Don Byas, Benny Wa12
ters et Dominique Chanson. « Ce qui m'a plu, c'était la pulsation rythmique qui engendre le jazz », a expliqué M. Doriz. Dans les années 1960, il forma un quintet avec le violoniste Jean-Luc Ponty et le clarinettiste Gerard Badini, et participa à des festivals de jazz en France et en Europe, notamment Dany Doriz est passé du piano classique au jazz dans les années à la grande nuit du 1960. (J2R) jazz Salle Wagram à Paris, le festival de Zurich en Suisse, etc. Dany Doriz a créé en 1998 un spectacle Rencontre avec le roi du swing de prestige dont il a assuré la direction artisEn 1975, Dany Doriz rencontra Lionel tique : le « Caveau de la Huchette swing show » Hampton à New-York. Ils se lient d'amitié et qui réunit vingt-cinq artistes musiciens, c’est tout naturellement qu’ils décident de se chanteurs et danseurs, dans un spectacle de produire ensemble lors d’une grande tournée plus de deux heures, retraçant plus de 60 en 1976. Accompagnés par le big band de Lio- ans de jazz. Ce show est proposé en concert nel Hampton, Dany et Lionel jouent sur le pour festival et soirées. Spectacle choisi par même vibraphone et enregistrent chez Bar- la Ville de Paris pour une soirée de gala, clay. Cette tournée est clôturée par un concert plébiscité par le public. En parallèle, Dany exceptionnel du Lionel Hampton Big Band Doriz s'est produit partout en France en avec Dany Doriz, au Caveau de la Huchette, quartet, quintet ou sextet sur le thème « In le célèbre temple du jazz à Paris, dont il est memories of you, Lionel Hampton » avec Marc propriétaire. C’est dans cette folle ambiance Fosset (guitariste de Stéphane Grappelli) et que le club fête ses trente ans de jazz. Lionel le clarinettiste Bob Wilber. Hampton a toujours considéré Dany Doriz Le déclin indéniable du jazz est dû à un comme son fils spirituel pour sa vélocité, son double phénomène selon lui : la concurrence jeu inventif, son sens de l’harmonie et du vive entre les différents modes d'expression swing, imprimant sa propre personnalité. artistiques a mis le jazz classique aux orties de La carrière de Dany a davantage pris une la musicologie. En outre, la crise économique dimension internationale lorsqu'il forma le engendrée par les turbulences géopolitiques trio « System D » avec l'organiste américain (notamment les guerres du Golf) a réduit la Wild Bill Davis et le batteur Michel Denis : fréquence des clubs de musique et du jazz. Ence trio fonctionnera avec succès pendant fin, l'augmentation de « la paperasse » conduit à plusieurs années et sera choisi par le Hot un sentiment de phobie administrative, voire Club de Limoges pour célébrer son 30e an- de lassitude pour les entrepreneurs. niversaire. Le résultat de cette collaboration Dany Doris continue à être une référence du a été le double album d’anthologie qui sera jazz classique avec un sacré réseau dans le monde de réédité en CD chez Delta Music en 1998. la musique. Il lui manquait depuis quelques temps Dany Doriz fait partie du quartet hollandais un déclencheur pour relancer le jazz en mode « vin« The Flashback Quartet » avec lequel il par- tage ». C'est fait avec la sortie et la réussite du film ticipera pendant plusieurs années au Nord La La Land qui a conduit le public à s'intéresser à Sea Jazz Festival à La Haye et enregistrera un l'histoire du jazz et surtout à ce monde passionné et album live au cours de l'un de ces festivals. passionnant d'une musique de puristes. r www.journal-deux-rives.com
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Orgeval
Le Crédit Agricole participe à la reconstitution virtuelle de l'abbaye Notre-Dame d’Abbecourt Le patrimoine est une priorité pour l'association d'histoire locale et la municipalité d'Orgeval. L'abbaye d'Abbecourt renaîtra par le biais de la haute technologie, en utilisant la 3D. Ce projet a été lancé par Jean Pruvost, ancien président de l'association Histoire d'Orgeval, décédé prématurément en 2015 ; il aurait savouré le moment où a été signée la convention de mécénat avec le Crédit Agricole, après la convention tripartite entre l'association, la mairie d'Orgeval et les Archives départementales. Le projet va faire plaisir à de nombreux Orgevalais. L'abbaye royale Notre-Dame d’Abbecourt, fondée par le seigneur Gasce V de Poissy en 1180 a été totalement détruite en 1827 (il ne reste plus qu'un mur aujourd'hui) ; elle va revivre virtuellement ! Forte de ses 130 adhérents, l'association Histoire d'Orgeval planche depuis quelques années sur ce projet ambitieux : réaliser une reconstitution des bâtiments de l'abbaye en images de synthèse 3D, à partir des docu-
ments existants dans les archives (plans, relevés d'époque, états d'inventaires, devis d'artisans et d'architectes...). Jean Pruvost tenait ce projet à cœur, jusqu'à son décès en mai 2015 : « L'abbaye d'Abbecourt, c'était son bébé », assure Michel Fillon, qui a pris sa succession. « Notre ambition désormais est de sortir un livre en 2018 qui comportera un DVD », poursuit Jeannine L'abbaye royale Notre-Dame d’Abbecourt, qui avait été Hubert, la secrétaire d'Histoire détruite en 1827, va revivre virtuellement !. (DR) d'Orgeval. « Nous travaillons sur ce projet depuis 2013 et nous n'aurions pas pu le le vice-président de la Caisse régionale du réaliser sans l'intervention de Christiane Martinez, Crédit Agricole. « Nous soutenons la défense du directrice des Archives départementales des Yvelines, patrimoine et la valorisation des savoir-faire. » qui nous a orientés vers l'entreprise Aristeas, spéciaLe projet, qui entre dans sa dernière ligne lisée dans ce genre de travail. » droite, est bien avancé. « Nous attaquons la L'association, qui a signé une convention phase 4, c’est-à-dire tout ce qui concerne les intérid'objectif avec la mairie d'Orgeval il y a deux eurs, les planchers, les murs, les plafonds, la décoraans, peut maintenant compter sur le soutien tion», précise Michel Fillon. « Elle devrait être de la Caisse régionale du Crédit Agricole terminée d'ici le mois de juin. » d'Île-de-France. Le 9 février dernier, la siConvaincu de l'utilité du projet, le maire gnature d'une convention de mécénat avec Yannick Tasset voit même plus loin : « Nous le Crédit Agricole a été réalisée en mairie : aimerions à l'avenir restaurer le mur et faire visiter 20 000 € vont être versés à Histoire d'Orge- le site. Il faut mettre en valeur ce lieu qui fait partie val. « C’est une fierté de participer à cette œuvre de de notre patrimoine. » r reconstruction », s'enthousiasme Michel Caffin,
Les Musicales d'Orgeval s'affirment Le 29 janvier , le concert musical d'Orgeval, « Une nuit à l'opéra » a permis aux artistes confirmés sur les scènes internationales de se donner à fond pour un marathon lyrique. Tatiana Probst, mezzo soprano et Violaine Manfrin, mezzo, étaient à la hauteur des espérances de ce pari artistique où les mélomanes des Yvelines qui
écoutent parfois France culture se sont retrouvés pour une soirée magnifique dans l'Eglise Saint-Pierre-Saint-Paul. Le baryton Olivier Grand, le pianiste Philippe Richardson et Eric Courrèges avec son violoncelle ont agrémenté le concert avec des moments incroyables où la symbiose était totale entre l'harmonie des musiciens et l'acoustique de l'église d'Orgeval. Jean-Michel Dhuez de France Culture a présenté les parties de ce concert avec entrain et professionnalisme : le concert a commencé par une sorte de prière musicale Terzettino Soave www.journal-deux-rives.com
Après le concert, tous les artistes ont été ovationnés et remerciés par le public. (J2R)
si il vento. Dans la première partie du concert, Tatiana Probst avait joué avec sa voix puissante et cristalline accompagnée par le pianiste Philippe Richardson. Cette partie nous a embarqués vers la tombée de la nuit avec Le chant de la Lune. Le public a semblé oublier les traumatismes de l'actualité politique et économique. Merci Mme la culture ! r 13
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mars-avril 2017
maurecourt
Calligraphie : consécration de l'artiste Benbelkacem L'artiste Abdelkrim Benbelkacem a exposé ses calligraphies à la Maison des arts de Maurecourt les 25 et 26 février 2017. Lors du vernissage du 26 février, le J2R a visité une exposition alliant l'image et les mots avec la participation de certains membres de l'atelier d'écriture de Maurecourt. Que du bonheur ! « J'expose donc je suis » peut être le leitmotiv de l'artiste Abdelkrim Benbelkacem, connu et reconnu par le public car il avait déjà exposé de Paris à Mantes-la-Jolie en passant par la Péniche de Triel-sur-Seine. Au-delà de la fonction de communiquer, la calligraphie est un art et cette idée fait l'objet de l'œuvre d'Abdelkrim Benbelkacem. Ses travaux illuminent la pensée de ceux qui veulent pénétrer dans son monde de la connaissance et du savoir. Ce type de démarche montre que l'âge de lumière et de réflexion prédomina le monde musulman. En effet, Benbelkacem tente de faire œuvre de pédagogie. Il fut, dans le passé, professeur en Algérie. Par la trajectoire de sa vie, il est devenu «coloriste en France» dans un atelier de Flins. Avec le temps, il créa son œuvre artistique en s'interrogant sur l'histoire de l'écriture. Dans un élan de pédagogie, à Maurecourt, il a démontré, en moins de trois minutes, que l'écriture (calligraphique en est une) avait traversé les temps et l'espace tout en se transformant, avec l'impact des langues, parfois méconnues et souvent disparues, telles l'hébreu ancien, l'araméen etc. A Maurecourt, certains membres de l'atelier d'écriture de la MDA ont, aussi, ajouté un grain philosophique à l'œuvre de Benbelkacem. Chaque auteur d'un texte, après avoir examiné une calligraphie de l'artiste, s'en est inspiré. Certains des auteurs(1) des beaux textes qui ont été lus ont eu l'amabilité de les envoyer à la rédaction du J2R pour une publication. r 1. Elisabeth Roche, Francine Bresson, Marie-José Svadchii, Mariane Le Bideau, Carole Weibel, Gilles Thouroude, Gérard Commandeur.
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Abdelkrim Benbelkacem, artiste accompli dans le domaine de la calligraphie. (J2R)
BLEU FORCE OBTUSE «Deviner les ombres derrière ce bleu. Il y a forcément une nuit. Noire. Une grotte. Froide. Une solitude à égratigner. Les ombres ne se voient pas, ne se devinent pas, mais se savent.. Ce sont elles qui donnent cette vie froide à ce bleu-vie. Suivre des doigts ces lignes donnerait peut-être cette force qui se dérobe. Plonger et se dissoudre dans ce rideau d'eau féroce libérerait du poids des pierres. Mouvement de la chute qui raconte celui de l'envol. Rebondir non pas légèrement mais avec une force obtuse pour réintégrer le commencement.» Elisabeth Roche, le 28 février 2017.
« Je me suis fondue »
«La flamme de l’esprit m’est soudain apparue, jaillie de cette série de calligraphies arabes vues au hasard de mes découvertes artistiques. Aujourd’hui, quel ne fut pas mon plaisir d’aller à la rencontre de fleurs émergeant d’une fusée de plumes, de rejoindre une tombée de soleil orange dans deux écumes de vague grise, d’écouter une guitare rythmer une musique que je m’inventai, de m’envoler avec des oiseaux aux longues ailes et de laisser la trace de mon passage sur la toile ! Je me suis fondue dans cette élégance raffinée de lignes et de couleurs, pour devenir l’épure de moi-même.» Marie-José Svadchii, le 28 février 2017. www.journal-deux-rives.com
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Triel-sur-Seine
Triel rend hommage à son écrivain Les Comédiens de la Tour de Triel-sur-Seine continuent à rendre hommage à Octave Mirbeau dans leur nouveau spectacle dans le cadre du centenaire de sa mort. Depuis le 17 février, les Comédiens de la Tour ont joué quatre courtes pièces tirées de Farces et moralités ; ces pièces démontrent le niveau dramatique de l'œuvre littéraire de celui qui figure en bonne place dans le répertoire français. En coulisses, tout le monde s'agite afin de montrer un semblant de consensus pour rendre hommage à Mirbeau. Le grand absent est, toutefois, la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise qui n'a pas daigné s'intéresser au patrimoine culturel de ce « territoire en devenir ». Avec de tels artistes politiques, il nous faut vite un nouvel imprécateur comme Mirbeau ! En coulisses, tout le monde s'agite pour rendre hommage à l'œuvre d'Octave Mirbeau, illustre écrivain qui est mort il y a 100 ans. France Inter a consacré une émission avec une affirmation : « C'est Octave Mirbeau qu'il nous faut ! ». Le ministre de la Culture s'est fendu d'un communiqué élogieux, mais sans aucune conséquence sur le plan médiatique ! Les premières manifestations Après le colloque du Sénat en janvier, Morlaix et Trévières ont pris le relais pour réinscrire le nom d'Octave Mirbeau dans l'imaginaire collectif des pays normand et breton : Samuel Lair, Pierre Michel, Yannick Lemarié et Lisa Suarez ont contribué au succès du colloque « Mirbeau et la Bretagne », au théâtre du Pays de Morlaix, le 11 février 2017. Mise à part une belle exposition de Jean Estaque intitulée « Sur les Routes d'Octave Mirbeau », du 16 février au 1er avril, au Grand Guéret, la soirée Octave Mirbeau a fait l'objet d'un débat, le 17 février, entre la romancière Brigite Piedfert et la comédienne Élane Davy. Cent-vingt personnes y ont assisté. Le même jour, la ville de Triel-sur-Seine était à la hauteur de la situation avec le lance-
(De g. à dr.) Manuela Marie, adjointe à la culture, Philippe Prévost, président de TCT, Joël Mancel, maire de Triel et Vincent-Richard Bloch, maire adjoint à la culture de Poissy. (J2R)
ment officiel de l'année Mirbeau avec la séance déjà évoquée sur les quatre courtes pièces tirées de Farces et moralités. Un bon échantillon des acteurs culturels de Triel à Poissy était présent pour la photo-souvenir : Manuela Marie, maire-adjointe à la culture à Triel, Philippe Prévost, président de l'association Théâtre et culture à Triel (TCT), Joël Mancel, maire de Triel-sur-Seine et Vincent-Richard Bloch, maire adjoint à la culture de Poissy. Il faut mentionner la présence de Pascal Léveque, élu à Saint-Germain-en-Laye, venu en tant que spectateur. On s'interroge d'une manière brutale pourquoi la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O) est absente de cet hommage local et national ? Selon nos sources, les manitous de la culture de GPS&O tendent à donner tous les moyens à la culture du côté du Mantois, « oubliant » les petites communes comme Triel et les anciens membres de la Communauté d'agglomération 2 Rives de Seine. Assisterons-nous à une fronde culturelle d'Andrésy, de Carrières-sous-Poissy, de Chanteloup, d'Orgeval, de Villennes et Verneuil contre cette position politique intenable ? Vulgarisation intellectuelle Au moins, M. Vincent-Richard Bloch, adjoint à Poissy, a eu l'audace de faire passer le message auprès des confrères du Courrier des Yvelines en date du 15 février. « Qui était Octave Mirbeau, mort il y a tout juste cents ans ? » était la question de cet article de vulgarisation intellectuelle. Joël Mancel, maire de Triel-sur-Seine a donné un aperçu par ces propos idoines : www.journal-deux-rives.com
« Ce journaliste, critique d’art, romancier et dramaturge Octave Mirbeau (1848-1917), n’a jamais eu d’attaches vraiment durables et de demeures permanentes : sans rien renier de ses origines percheronnes, il a toujours refusé l’enracinement barrésien. Grand voyageur à l’insatiable curiosité, puis automobiliste passionné, il a sillonné l’Europe ; soucieux de fuir les miasmes morbides des villes, de se ressourcer au sein de la nature rédemptrice et de cultiver son jardin au sens littéral du terme (il avait une passion pour les fleurs), il s’est souvent mis en quête de demeures rurales ; mais, pour des raisons professionnelles aussi bien que pour pouvoir assumer avec efficacité ses grands combats politiques et esthétiques, il devait conserver ses attaches parisiennes et ne pas trop s’éloigner des grands quotidiens, des maisons d’édition, des théâtres et des galeries de peintures. D’où de multiples déménagements, qui traduisent aussi une instabilité foncière, sans doute liée à ses déchirements intérieurs et à des exigences contradictoires. De novembre 1901 à 1909, il loue fort cher à la baronne von Zuylen, au 64 - devenu 84 - de l’avenue du Bois à Paris, un appartement de très grand standing, puis il fait construire une maison à Triel-sur-Seine, à partir de la fin 1909, la villa de Cheverchemont avant de mourir, au 1 de la rue Beaujon, à proximité de son médecin traitant, le professeur Albert Robin, le 16 février 1917. » Quant au J2R, il vit avec Octave Mirbeau presque tous les jours. La séance du 17 février restera dans nos mémoires car les Comédiens de la Tour ont montré que l'on ne badine pas avec le patrimoine culturel et, notamment, avec Octave Mirbeau. (voir page 28). r 15
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Triel-sur-Seine
Triel, la référence littéraire du moment ! Tout était prêt pour accueillir les auteurs locaux et régionaux à l'espace Senet de la ville de Triel-sur-Seine. Environ 20 auteurs, connus du J2R pour certains, ont préparé leur stand afin de présenter leurs ouvrages et échanger avec un public de plus en plus attiré par ce type d'événement littéraire. La commune de Triel met en avant la littérature dans une année faste qui fait écho à l'œuvre d'Octave Mirbeau. Triel a gagné ses galons comme une haute place de la littérature. Le samedi 21 janvier à l'Espace Senet cette appréciation n'a pas été démentie. Des auteurs locaux se sont donné rendez-vous pour la deuxième édition de cet événement magique où l'on voit se croiser amateurs du livre, créateurs et passeurs de
rêves ou d'idéaux. Porté par la bibliothèque municipale Guy de Maupassant, ce salon a offert aux visiteurs l'opportunité de rencontrer les différents auteurs présents. De la poésie (Aurélien Di Sanzo) à la musique (Gabrielle Thierry) en passant par les Stilton, le public avait un choix énorme afin d'affiner son amour pour la littérature. Parmi les différents auteurs rencontrés, AyTriel ne cesse pas de fêter le livre et, par là, l'écriture. Cela meric de l'Hermuzière résonne avec les festivités de l'année Mirbeau. (J2R) nous a, particulièrement, frappés par sa luminosité suite à son voyage du tour du monde en famille L'accompagnement professionnel de la pendant un an. Il a retrouvé le sens de la vie, les libraire des Châtelains, Maïté Girault présensiens et surtout il a retrouvé un amour pour la tant les œuvres de « Géronimo Stilton », écriFrance car, malgré tout ce que l'on dit, le pays tes en réalité par Elisabetta Dami, avec la de Trenet est un lieu doux et paisible. Quant à présence d'un personnage de BD, a été une Véronique B. Jeandé, romancière par passion plus-value du salon. A constater le nombre de et envie, elle nous a inculqué sa passion pour personnes présentes et faisant la queue pour les choses simples du quotidien. une dédicace, c'était une réussite totale. r
Satisfecit pour le 7e forum du livre à la péniche Quelques semaines plus tard, Triel remettait le livre à l’honneur. Le 12 mars à la Péniche de Triel, le 7e forum du livre a été l’occasion de réunir 25 auteurs afin de présenter leurs œuvres. Organisé par « Ecrire & lire » », ce forum est une véritable rencontre amicale et chaleureuse entre auteurs et lecteurs des Yvelines et des environs. Ce forum a offert un paysage éclectique : tous genres confondus ont été les bienvenus (artistique, religieux, romanesque, bande dessinée, histoire, poésie…). Quatre-vingt-dix personnes se sont rendues au 7e forum pour être accueillies dans un cadre particulier, sur une péniche en bord de Seine. A la fin du forum du livre à Triel, Sylviane Patron et son équipe ont savouré un moment de satisfaction totale. Un grand merci à tous auteurs, animateurs, visiteurs et à l'année prochaine pour le 8e ! r
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Triel-sur-Seine
Une collecte ULULE pour remettre à flot La Péniche Symboliquement, la date du 1er mars a été choisie pour le lancement de la collecte ULULE : les généreux donateurs vont pouvoir participer à la rénovation de la Péniche de Triel. Le but est de récolter au moins 2000 € pour le montage d'un chantier de Jeunesse cet été. Le J2R s'est associé à fond sur cette démarche citoyenne et solidaire. La Péniche a besoin de vous1. La Péniche, ancrée à Triel-sur-Seine, est un lieu de rencontres culturelles et fraternelles géré par l’Association Arche Espérance. Le bateau a été endommagé lors des inondations de juin 2016 et a dû être fermé pendant plusieurs mois. Des travaux ont permis sa réouverture en janvier 2017, mais une rénovation plus complète est indispensable pour pouvoir accueillir correctement les événements ambitieux prévus : expositions artistiques, salon de livres, conférences-débats thématiques, cafés solidaires et polyglottes... Ainsi, des expositions sur des artistes contemporains ont lieu depuis trois ans, notamment « le Fil rouge » où l'on croise des peintres, des designers, des poètes ; le forum du livre en est à sa 7e édition où les échanges
Des dégâts sur la passerelle ont été nombreux.
Des bénévoles se sont mobilisés pour le nettoyage de l'intérieur de la Péniche en décembre 2016. (J2R)
sont fructueux entre les auteurs locaux et ses lecteurs. Côté solidarité, la Péniche accueille celles et ceux qui veulent partager un moment de convivialité autour d'un café et/ ou un témoignage chrétien ; en outre, depuis 2016, la Péniche fait partie du collectif local de soutien aux réfugiés hébergés dans la Maison «Les Tilleuls» à Triel. La Péniche va accueillir le 23 avril le premier repas solidaire avec une centaine de réfugiés ! La photo en bas à gauche montre l'un échantillon des dommages subis par la Péniche après les inondations. Certaines réparations ont été faites en décembre 2016, mais il reste du travail !
(J2R)
Nouvelles perspectives Lors du séminaire de réflexion du 22 janvier à Blaru (Yvelines), il a été décidé de relancer la Péniche en mettant en exergue : • la solidarité, notamment par des actions de soutien scolaire, des rencontres fraternelles, des cafés polyglottes, des apéros réseaux, des repas partagés, des ateliers de cuisine ou de musique ; • la culture par des mises en œuvre d'expositions, d'ateliers d'écriture, de salons de livres, de conférences-débats, de concerts et de présentations de films... www.journal-deux-rives.com
• l'axe spirituel par des ateliers d'écriture et de spiritualité, de témoignages autour d'un livre, de temps de prière œcuménique... A quoi va servir le financement ? Cette rénovation comprendra un nettoyage approfondi, des travaux de peinture, de petites réparations, la pose d'une signalétique... ; elle sera menée dans le cadre d’un chantier de jeunesse européen, sous l’égide de Concordia, organisme reconnu dans ce secteur, à l’été 2017. Pour lancer ce chantier, un budget de 2000 euros est nécessaire, qui permettra à Concordia de mettre en place les outils, l’encadrement et la logistique. Une quinzaine de jeunes, qui sont attendus, seront logés sur La Péniche. Il est prévu d'organiser et de mettre en œuvre le chantier au mois de juillet 2017. L'association aura à sa charge l'achat du matériel et des matérieux pour le bon déroulement du chantier de jeunesse. Concordia est venu plusieurs fois évaluer la pertinence et la portée de ce futur chantier à caractère international ; il a été convenu d'associer également la commune d'Evecquemont (située sur les collines de l'Hautil, Yvelines) afin de faire un chantier transversal entre la Seine et l'Hautil. r 1. Pour contribuer : https://fr.ulule.com/la-peniche-de-triel-sur-seine/ Pour en savoir plus : 01 39 70 69 46
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Verneuil-sur-Seine
L’agriculture bio au nord des Yvelines, pause ou relance ? Lors de l’assemblée générale de l’association ADIV Environnement, le 28 janvier, l’agriculture bio était au centre des débats. Pourquoi le bio ? Quels sont les enjeux économiques et sociétaux de ce mode d’exploitation de la terre ? A la salle d’expositions annexe de la salle de spectacles Maurice-Béjart à Verneuil, l’ADIV (Association de Défense des Intérêts des Vernoliens)-Environnement a eu la bonne idée d’inviter deux intervenants, Xavier Dupuis, agriculteur bio à la ferme des Garennes à Flins et Les Mureaux et Bénédicte Reberyrotte, responsable du développement des territoires du groupement des agriculteurs bio de la Région Île-de-France (GAB IDF). Ils ont débattu sur une question d’actualité : Pourquoi le bio ? Qu’est un produit bio ? C’est un produit agricole qui a été cultivé selon le cahier des charges européen d’un mode d’exploitation de la terre respectant la proximité et l’écologie. Selon Bénédicte Reberyrotte, quelques principes fondateurs régissent ce type d’exploitation : non-utilisation de produits chimiques de synthèse (pas d’engrais minéraux ni de pesticides de synthèse) ; interdiction des OGM ; respect du bien-être animal (ex : pas d’élevage hors sol sans accès à des parcours ou des pâturages) ; nourriture du sol pour nourrir la plante ; favorisation du recyclage des matières organiques par l'amélioration du lien sol-plantesanimaux ; préférence de la prévention par rapport au curatif. La production, ainsi que, le cas échéant, la transformation, l’importation et la distribution sont contrôlées une ou deux fois par an par des organismes indépendants et agréés par l’Etat. Concernant les fermes labellisées bio, il existe une période de « conversion », durant laquelle l’agriculteur cultive selon le cahier des charges mais ne peut pas encore commercialiser ses productions en tant que produits certifiés bio ; cette phase de transition, outre les changements de pratiques agricoles et la prise de risques qu’el18
Pour Xavier Dupuis, avec le micro, la situation des fermes montre une présence équilibrée sur la Région Île-de-France, mais il reste de zones à « bio-transformer ». (J2R)
le comporte, est donc compliquée en termes de viabilité économique. Pour faire face à ces défis, il existe des aides financières à la conversion versées par l’Europe, l’Etat, la Région et l’Agence de l’Eau Seine Normandie. Les produits bio sont reconnaissables aux logos verts « AB » et au logo « Eurofeuille », estampillés sur les étiquettes. Sur le plan local, la ferme des Garennes (connue aussi comme la ferme de la Haye), celle de de Xavier Dupuis à Flins, a passé cette période de transition : l’exploitant s’était installé en 2010 sur ce site qui avait fait parler de lui, à l’époque en raison d’un projet de construction d'un circuit de Formule 1 ; celui-ci avait été abandonné au profit de l’installation de Xavier Dupuis et de M. Picard, un autre producteur bio pratiquant le maraîchage ; un jardin d’insertion d'une structure associative, dont le siège est à Conflans-Sainte-Honorine, y a, également, été aménagé. Sur la surface totale de 111 ha, Xavier cultive du blé et d’autres céréales, de la luzerne et des légumes de plein champ (carottes, betteraves, oignons) ; la culture bio de ces légumes demande beaucoup de main d’œuvre, notamment pour le désherbage dont une partie se fait manuellement avec du matériel spécifique (lits de désherbage) ; des outils de désherbage mécanique sont également utilisés. Le blé et les céréales sont commercialisés auprès de la coopérative locale (SEVEPI), qui a mis en place une fiwww.journal-deux-rives.com
lière pour valoriser ces lots bio ; elle satisfait, ainsi, une demande croissante de ses clients. Ces légumes sont, en partie, transformés dans une légumerie en CUMA (coopérative d’utilisation de matériel agricole) pour être prêts à l’emploi dans les cuisines de restauration collective (les légumes y sont lavés, épluchés et mis sous vide). Cette légumière vient d’être inaugurée officiellement. Bilan mitigé Le bilan de l’agriculture biologique en Îlede-France est mitigé (fin 2015) : 221 fermes bio (soit 4,5 % des fermes franciliennes) et 11 074 ha (soit 1,9 % de la surface agricole francilienne), plutôt dans les mauvais élèves de la classe par rapport à l’ensemble du territoire français. Près de 50 % des fermes bio pratiquent le maraîchage diversifié en circuits courts pour 5 % de la surface cultivée en bio. 30 % sont des fermes céréalières pour près de 60 % de la surface. Certaines zones de la région francilienne, dans le Mantois, dans des zones de maraîchages dans l’Essonne ou le PNR de Chevreuse, offrent une place privilégiée à l’agriculture bio. Lorsque l’on fait un « zoom » sur le territoire de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O), on y trouve douze fermes bio (grandes cultures, élevage, champignons, maraîchage...), mais, l'agriculture bio recherche un nouveau souffle depuis 2015, année du changement politique à la tête de la Région Île-de-France. r
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Vernouillet
Le contournement de la RD 154 verra-t-il le jour ? Voilà la question qui se pose lorsqu'on constate l'ardeur du militantisme de l'ADIVEnvironnement. Le 4 mars, une série d'actions contre cette déviation a été présentée à la presse locale. Les adhérents de l'ADIV-Environnement ne baissent jamais les bras : le bureau de cette association a présenté une série d'actions militantes mais joyeuses afin de combattre cette infrastructure routière qui n'a plus de sens dans un monde plus sobre et plus écologique. Outre le coût exorbitant (40 M€) dans un contexte d'austérité budgétaire, le bureau de l'ADIV revient sans cesse sur son leitmotiv, la défense des bois de Verneuil-surSeine et du cadre de vie à Vernouillet. JeanFrançois Reynal, vice-président du Conseil départemental en charge du dossier, avait affirmé à des confrères de la presse locale que « le coup d'envoi [de la déviation] ne devrait pas avoir lieu en 2017 » Une petite victoire, mais néanmoins une victoire ! Farouche défenseur de la nature « La défense du Bois de Verneuil, havre de biodiversité dans une zone soumise à une forte pression urbaine, est une action importante », soutient l’ADIV-Environnement. Créée en 1991, nommée au départ A.D.I.V. (Association de Défense des Intérêts des Vernoliens), l’appellation de l’association a été modifiée en 2010 pour devenir ADIV-Environnement, conformément à ses nouvelles ambitions : ADIV-Environnement a pour objet la protection, la conservation et la restauration des espaces, ressources, milieux et habitats naturels, des espèces animales et végétales. Depuis l’obtention de son agrément départemental, l’association peut intervenir au niveau du département des Yvelines. L’association exerce préférentiellement son action sur une zone centrée sur VerneuilVernouillet-Triel mais qui s’étend de Flins à Achères et de Meulan à Poissy. Farouche défenseur de la nature et du cadre de vie de la rive gauche de la Seine, l'ADIV-Environnement a mené carrément
Le bureau d'ADIV-Environnement a convié la presse locale à La Cabriole.
une guérilla juridique contre les pouvoirs publics de contentieux en contentieux : devant les tribunaux administratif, d'appel, le Conseil d'Etat et même les instances européennes. Certes, elle a perdu les deux dernières manches mais elle a réussi à généraliser une double prise de conscience : - celle de l'obsolescence de l'infrastructure dite « déviation de la RD 154 » ; - celle de la démonstration du «bétonnage global» qui se dessine dans les années à venir si l'on laisse les autorités compétentes agir sans contre-pouvoir. « L'ADIV-Environnement est comme un coureur de fond » dans une compétition d'endurance qui n'a pas de vainqueur ! L'usure est le meilleure arme contre les « bétonneurs » et les élus qui restent « autistes » vis-à-vis des Vernolitains et Vernoliens. Printemps d'actions L'histoire va-t-elle se répéter ? « Nous voulons profiter du printemps 2017 pour montrer que nous n’avons nullement baissé les bras dans notre combat contre la déviation et que nous inscrivons ce combat dans la continuité », a expliqué le président de l'ADIV-Environnement, Bernard Destombes. Il y a quarante ans, les habitants avaient campé dans le bois pour empêcher des travaux, dont le but était de construire un lotissement classique des années 1970. C’est en s’appuyant sur cette expérience www.journal-deux-rives.com
(J2R)
que l'ADIV-Environnement a lancé cette nouvelle action : « Un printemps contre la déviation ». Il s’agit d’une série d’actions visant à faire connaître les richesses des bois de Verneuil avant de mener des actions mobilisant les citoyens hostiles à la construction d’une déviation dont l’inutilité a toujours été démontrée. Ces actions organisées par l'ADIV-Environnement : ● 19 mars (9 h 30) : randonnée pédestre pour découvrir le tracé de la déviation ; ● 26 mars (9 h 30) : les oiseaux du Bois de Verneuil ; ● 14 mai : les spécificités du Bois de Verneuil ; ● 20 mai (soirée) : Nuit du papillon, organisée dans le cadre de la Fête de la nature ; ● Juin : vente de produits de la ferme ; ● 8 juin (soirée) : réunion publique avec les candidats aux élections législatives ; ● 25 juin : manifestation contre la déviation de la RD 154. Toujours combative, l'ADIV-Environnement reste persuadée que cette déviation est un « projet dépassé, inadapté aux nouvelles mobilités et qui porterait gravement atteinte au Bois de Verneuil, c’est pourquoi [elle continue] à le combattre ». r 19
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Villennes-sur-Seine
Laisse béton, la vilaine Ce n'est pas la suite du film sorti en 2008, mais un mauvais « film » que l'on vit depuis quelques mois dans la commune cossue de Villennessur-Seine. Le promoteur de référence « Nexity » était dans le coup pour asseoir sa capacité de production immobilière en Île-de-France. Dans les Yvelines, les bétonneurs se sont déjà montrés « efficaces » pour convertir des terres agricoles en mètres carrés bétonnés. Le béton fait consensus, sauf pour les habitants
On bétonne à fond, pour une double raison : il manque du logement tout court et, en particulier, du logement social. Au niveau national, on a construit 376 500 logements en 2016, soit une progression de 10,4 % par rapport à 2015. Alexandre François-Cuxac, présidente de la Fédération promoteurs immobiliers, a souligné, le 21 février, la bonne tenue de la conjoncture et a demandé aux pouvoirs publics de poursuivre dans cette voie entamée depuis 2014. Au niveau régional, les pouvoirs publics visent l'objectif de 80 000 logements par an, ce qui fait consensus au niveau politique. Les maires bétonneurs se sont mis à la botte des promoteurs ; ils sont encouragés, d'une part, par Mme Valérie Pécresse, présidente de la région depuis 2016, et, d'autre part, par l'action de l'établissement public foncier de la Région Île-de-France. Denis Courtot, directeur de l'aménagement à l'Établissement public d'aménagement de la Seine Amont (Epamsa) a annoncé deux impératifs, le 24 février, à un groupe de journalistes spécialisés dans l'immobilier : il faut au moins 1500 logements neufs par an et pour l'ensemble du périmètre d'action de cet établissement qui couvre 73 communes, dont Villennes, pour répondre à la demande intrinsèque (à population constante). Le même expert parle d'un besoin de 2500 logements par an sur le même périmètre afin de pouvoir répondre aux nouveaux défis en matière d'économie, d'habitat et de transport. Sans oublier la croissance démographique. Par voie de conséquence, les lieux privilégiés de la rive gauche de la Seine sont recherchés par les promoteurs qui vantent les 20
Sur ce terrain exploité par l'agriculteur M. Caffin, les promoteurs envisagent de construire 360 logements. (J2R)
mérites de la nature. D'où la nécessité de prospecter des emplacements insolites et « rares », comme c'est le cas des zones à caractère agricole mais constructibles. Le PLU de Villennes-sur-Seine, en date de 2008, permet une constructabilité d'une zone de Breteuil. Les habitants de cet ancien hameau agricole s'interrogent et certains crient fort avant d'avoir mal. Les « vilaines » plus-values du foncier Le collectif « Sauvons Breteuil » a une cause à défendre et un chef de file : Jean-Marc Brehant. Il a diffusé un tract qui explicite un projet vieux de quatre ans, qu'il a présenté comme celui de Nexity. C'était un projet de construction de 360 logements, soit l'équivalent de mille personnes à accueillir dans la ville (voir l'encadré ci-dessous). La commune est-elle préparée pour accueillir tout ce monde et équipée en matière d'équipements publics ? Quel serait l'impact en matière de circulation ? Voilà deux questions intéressantes ? Toutefois, le projet n'ayant pas été accepté par la municipalité, elle n'a pas, actuellement, à instruire un permis de construire d'un tel projet classique de bétonnage de six hectares, actuellement exploité par l'agriculteur de la ferme de Marolles, M. Caffin. Certes, certains propriétaires fonciers pourraient se réjouir car ils pourraient toucher le pactole : an lieu de vendre leurs terres à 5 euros/m2, ils pourraient être indemnisés aux alentours de 40, voire 50 euros le m2. Quels vilains bénéfices ! Quant à la cause, M. Brehant a fait du www.journal-deux-rives.com
Trois îlots - Îlot 1 «rue de Breteuil/Les Sables» : 22041 m2 avec 167 logements (dont 80 logements considérés comme du secteur privé) ; - Îlot 2 Partie centrale «Graviers/rue de Médan»: 23 008 m2 avec 65 logements (dont 39 du secteur privé) ; - Îlot 3 «Chemin du Raidillon» : 21 177 m2 avec 104 logements (dont 66 du secteur privé). r
porte à porte pour demander aux riverains de participer pour organiser une sorte de riposte graduelle : d'abord, s'interroger, puis réagir en proposant une alternative à ce projet « pharaonique » de bétonnage. « Oui, il faut construire, mais pas n'importe où », voilà le message essentiel à retenir. Certes, il faut remplir les obligations du logement social (loi ALUR) qui imposent à la municipalité villennoise de construire 400 logements sociaux d'ici à 2025. La commune de Villennes doit et peut remplir son quota de logements, mais nous devons nous interroger sur la pertinence de ce site, où l'agriculture a toujours une place prépondérante dans un milieu économique extrêmement formaté pour « internaliser les biens naturels en les privatisant » et en externaliser des coûts inhérents à ce processus. Au final, c'est à la collectivité (locale, régionale ou nationale) de prendre en charge l'impact global de ces agissements, dans le cas de bétonnage de ces terres agricoles. En somme, peut-on envisager de sanctuariser cette zone à caractère agricole, afin de bien y respirer dans la nature, en laissant cette partie de la ville à la campagne ?
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mars-avril 2017
Villennes-sur-Seine D'une manière paradoxale, on cherche à réduire le coût du foncier (terre nue en plus des équipements, VRD...), quel que soit le prix. Malgré tous ces efforts, le «logement abordable» est un véritable défi en France. Selon une étude de l'OCDE, le budget logement pèse de plus en plus lourd et la dépense pour l'immobilier dans le budget des ménages s'est accrue entre 2000 et 2013 : en France, elle passée de 23,2 % à 26,7 %, soit une progression de presque quatre points dans un contexte d'inflation maîtrisée. Le Portugal et l'Espagne sont dans une pire situation : l'augmentation y est de presque neuf points. Qu'en est-il de la « vilaine » concertation ? Si l'on laisse le béton faire, on va inexorablement détruire la nature. On consomme la bonne terre agricole et, après, on se lamente que les pics de pollution altèrent l'air de tout le département des Yvelines. Pour Michel Pons, maire de Villennes-sur-Seine, qui s'est exprimé dans les colonnes de nos confrères de la presse locale, ce projet Nexity n'est pas acté. Ce n'est qu'un projet. Il n'y a pas de permis de construire. Une longue explication a été donnée, le 2 mars dernier, par Dominique Crinon, adjointe
à l'urbanisme et Michel Pons, maire de Villennes, qui ont répondu aux diverses questions de l’assistance, dans la dernière partie de la réunion du quartier des Hameaux. Les opposants du collectif « Sauvons Breteuil » se sont exprimés, néanmoins sans virulence : il n’y pas lieu de parler de projet Nexity. Ce promoteur, sollicité par Yvelines Aménagement devenu Citallios, partenaire de la municipalité pour l’étude de cette opération immobilière, a effectivement proposé un projet ; celui-ci n’a pas été accepté par la municipalité car il ne correspondait pas aux critères qu’elle avait établis. Le maire ne se place pas parmi les bétonneurs lorsqu’il déclare qu’il est peu pressé de réaliser ce projet et d’autres mais qu’il veut définir des plans d’aménagement, qui pourront être repris dans le futur PLU intercommunautaire. Pour répondre aux exigences de l’Etat en matière de logements, notamment de logements sociaux, dont les objectifs chiffrés n’ont pas encore été communiqués pour la période triennale 2017-2019, il faut, néanmoins, de nouveaux programmes immobiliers. Il y a très peu d’emplacements disponibles dans le centre. Ainsi, pour la municipalité, il convient donc d’utiliser des parcelles constructibles du plateau. En ce qui concerne le projet envisagé, si les propriétaires des différents terrains
les vendent à diverses personnes, il n’y aura pas de cohérence des nouvelles constructions ni de nouveaux équipements publics. Il est prévu d’agrandir les deux écoles du quartier : celle du Pré Seigneur et celle des Sables. Quant à l’accroissement de la circulation automobile, l’effort porte sur la réduction de la circulation de transit, tout en espérant que les aménagements des routes départementales limitrophes y contribueront. Malheureusement, pour la D 113, il faut attendre le réaménagement de la zone commerciale des 40 sous. M. Pons et son équipe municipale ont donné des gages pour une véritable concertation avec les riverains et avec les acteurs associatifs afin de ne pas arriver à un contentieux administratif, qui risquerait de faire couler beaucoup d'encre. Ce risque coûterait cher à la fois à la commune, aux détracteurs éventuels de ce projet et au promoteur (Nexity ou un autre). Une procédure exemplaire de concertation permettrait de continuer à déminer le terrain afin de ne pas faire croire que le maire et les autres élus en place tentent de « transformer à terme [ce] village, si précieusement conservé par nos anciens maires, en ville de banlieue bétonnée et insipide ».(1) r 1. Extrait de la réaction de l'association villennoise ADEMAR, publiée sur sa page Facebook.
deC : à la recherche du point d'équilibre Du samedi 21 janvier au 31 janvier, l'artiste deC a exposé, à Villennes, ses œuvres dans une thématique « Reflets et perspectives » Le vernissage de l'exposition du designerplasticien deC, qui a eu lieu le 21 janvier à l'Espace des Arts de Villennes-sur-Seine, a été l'occasion d'une rencontre inédite avec l'artiste Christophe Julien, deC. Cette exposition a duré jusqu'au 31 janvier. L'œuvre de l'artiste plasticien se caractérise par une approche inoclaste : des objets miniaturisés, des tableaux de peinture à l'huile, des sculptures et des œuvres géométriques qui donnent l'impression d'être en constant déséquilibre. Or, pour l'artiste, c'est l'inverse : « Je cherche toujours le point d'équlibre » entre différentes formes et dans des espaces variés. L'exposition de Villennes en a été la preuve. Michel Pons, maire de Villennes, et Anne-Marie François, adjoin-
te au maire en charge de la culture et de la communication, ont accueilli l'artiste comme il se doit avec chaleur et enthousiasme. Au vernissage, autour des œuvres de deC, un happening chorégraphique par Sarah Lamy et Iola Degasne de la Vilaine Compagnie a pimenté l'événement. Les deux danseurs ont su captiver l’œil du public présent par leur approche sublime et poétique de leur danse (voir photo). Michel Pons et Mme Anne-Marie François ont remercié les artistes, suite à cette chorégraphie. r
Le vernissage a été aussi l'occasion d'assister à un « happening choréographique de La Vilaine Compagnie ». (J2R)
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Pour un «Demain» meilleur
Lancement de la monnaie Le Louis Le 18 février à Carrieressous-Poissy a eu lieu le lancement officiel de la monnaie complémentaire, le Louis. Depuis janvier Yannick Darguesse, initiateur par ailleurs de la journée de la Monnaie à Carrières-sous-Poissy, s’est agité pour le lancement de la monnaie locale Le Louis. Le 10 janvier, il a solennellement présenté les membres fondateurs du territoire comprenant les départements des Yvelines et du Val d'Oise ainsi que les objectifs du Coopek (monnaie nationale complémentaire numérique lancée en 2016) et du Louis, monnaie complémentaire qui permettra de tisser des liens locaux pour bâtir une économie circulaire et de proximité. En 2011, à Carrières-sous-Poissy, plusieurs habitants s'étaient intéressés au thème des monnaies locales complémentaires pour dépasser l'idée qu’un échange est basé uniquement sur le profit et l'intérêt. Certes, les manuels d’économie nous apprennent que la monnaie est un instrument d'échange, de mesure des valeurs et un instrument de réserve. Néanmoins, « il est temps de changer de mode de vie et d’économie », disaient certains militants de la monnaie Le Louis. En 2014, un Système d'Echange Local via l'association « Les gens du partage » avait également été initié par Gabrielle Moles, habitante de Carrières-sous-Poissy. Il y avait ce désir de se relier à d'autres personnes qui souhaitaient échanger sur les thèmes de la transition écologique, encourager les espaces de dialogue, de convivialité, relier les acteurs, favoriser le réemploi des objets, avec les échanges de savoirs, de biens et de compétences... Comme l’a si bien analysé, Gabrielle Moles, ce processus « est difficile [à mettre en oeuvre] sur un territoire très contrasté, où se mêlent de grandes artères routières, la forêt, les projets industriels, où se côtoient les classes les plus aisées, les plus pauvres et des classes moyennes occupées à tenir l'ardu RER-boulot-dodo. » Les valeurs de l'économie sociale et solidaire
Pourquoi une nouvelle monnaie complémentaire ? « 98 % de la monnaie existante dans le monde servent aux échanges boursiers ou financiers. Donc, seulement 2 % serviraient à l’économie réelle, celle des flux de produits et de services ! La raison voudrait que tout cela s’arrête. Une raison plus grande encore consiste à imaginer des solutions alternatives et complémentaires.»(1) La monnaie locale pourrait couvrir les différen22
tes régions de France avec un déploiement qui va s'étendre géographiquement et progressivement. Un réseau national, connu comme le Coopek, semble être le point d’ancrage avec les particuliers et les professionnels usagers. Tout en étant une monnaie nationale, cet outil vise à favoriser les échanges et, plus encore, les investissements locaux. Cela contribuera à développer et à maintenir le tissu socio-économique local afin d'éviter la délocalisation des entreprises. C'est une monnaie complémentaire au système actuel. 1 Coopek = 1 euro. La monnaie Coopek n'a pas vocation à remplacer la monnaie existante, mais bien à apporter une solution complémentaire aux plus engagés pour un développement plus durable et une société plus équitable. Créer une monnaie au service de l'économie réelle est une réalité au Pays basque (l'Eusko), en Bretagne (le Galléco), à Strasbourg (le Stück), à Tours et à Nantes. En outre, c'est aussi la monnaie des quatre transitions : énergétique, carbone, alimentaire et sociale. Les crédits Coopek inter-entreprises accordés seront orientés vers des investissements durables. Solidaires, 5 % des échanges offerts par la monnaie Coopek permettent de soutenir, via un fond de dotation, des associations à but non lucratif. Chaque citoyen est acteur du changement, en choisissant le projet associatif qu'il souhaite financer. Yvelines, terre de conquête ou de mission ? Les Yvelines font partie des départements « pilotes », et la première enseigne partenaire acceptant la monnaie Coopek et ayant le rôle d’aKtiveur (promoteur du Coopek) est le Biocoop Pleinchamp dans la ville de Montigny-le-Bretonneux. En outre, Yannick Darguesse, animateur de l'économie sociale et solidaire et membre fondateur de la monnaie Le Louis, a corroboré les besoins de cette démarche afin de changer le monde progressivement ; un des leviers de ce changement est l'échange, qui est par définition une des trois fonctions de la monnaie. Yannick Darguesse avait été « choqué et physiquement malade d'apprendre comment fonctionne le système monétaire actuel » : très spéculatif et imparfait pour l'économie locale. Dans une impasse, pour lui, l'humanité courait à sa perte. Puis il a « découvert l'espoir » dans les monnaies complémentaires et les systèmes d'échanges complémentaires comme les www.journal-deux-rives.com
Après le 18 février, le défi est énorme pour les pionniers du Louis. (J2R)
SEL, le troc et le don. Selon son analyse, les « citoyens sont prêts pour changer leur rapport à la finance et à l'argent. Il faut juste leur expliquer » et faire du militantisme. Le 18 février à l’Espace Louis-Armand, le Louis a vu le jour grâce à la ténacité de Y. Darguesse et l'appui de la municipalité. Il a créé, en lien avec des acteurs locaux, une journée de la Monnaie pour inaugurer la création de la monnaie complémentaire locale Le Louis. Environ 300 personnes se sont rendues à cette journée pour échanger, s’informer et adhérer à ce nouveau mode de penser la monnaie, voire l'économie. L’émotion était palpable pour les pionniers du Louis. Une des participants, Gabrielle Moles, l’a souligné : « J’ai eu beaucoup de plaisir et d'émotion à rencontrer ces hommes et ces femmes : des citoyen(ne)s, des bénévoles associatifs, un spécialiste de la monnaie Gérard Foucher, une élue politique Ghislaine Senée, un initiateur d'un supermarché coopératif Valentin Guillaume, un soutien de Charlotte Marchandise, des comédiens avec la Cie La Tribouille, des journalistes locaux Thierry Dornberger de l'ASAEEC, et pleins d'autres... » Mme Moles a ajouté qu'« ils et elles soufflent sur d'encore faibles lueurs, mais ce sont ces lueurs qui donnent forme peu à peu à ce rêve que j'avais enfant, celui d’une société plus humaine et plus juste». Enfin, quelques enseignements sont à noter de cette aventure collective : de la patience (il faut du temps pour bâtir), de la ténacité (dans l’épreuve), de la remise en question (dans la rencontre des limites), du courage de rencontrer et d’écouter la différence (pour s’enrichir et grandir) et puis sûrement d’autres choses… A moins que les fondations de l’édifice, qui sont constituées par LA confiance, ne tiennent pas durablement à moyen et à long terme. r 1. Propos de Gérard Poujade, cofondateur de la monnaie Coopek et DG de la SCIC SA COOPEK.
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Le Louis tout neuf régnera-t-il dans le 78 ? Le J2R, comme les autres journaux locaux, a annoncé et relaté, avec enthousiasme, le lancement d’une nouvelle monnaie locale complémentaire. Mettant beaucoup d’espoirs dans cette initiative mais respectant la diversité des opinions de nos rédacteurs, nous publions un autre point de vue. Après un rappel historique et une sérieuse analyse géopolitique, les propos de notre chroniqueur humoriste ont, toutefois, un peu dérapé. Est-ce l’effet de quelques « pintes félines » qu’il a éclusées pour liquider les Louis qu’il avait acquis ? Rendez-vous dans six mois pour faire le point après les adhésions attendues de nombreux acteurs économiques.
« Les mots sont la menue monnaie de la pensée. Il y a des bavards qui nous paient en pièce de dix sous. D'autres, au contraire, ne donnent que des louis d'or. » Espérons que cet article classera son auteur dans la deuxième catégorie définie par Jules Renard dans son Journal, en 1889. Une monnaie sonnante et trébuchante
Nos nouveaux Louis ne sont pas en or ; leur nom semble vouloir faire référence au saint roi qui est né dans la cité pisciacaise, près de laquelle a eu lieu le lancement de cette monnaie, le samedi 18 février dernier. Nous devons, toutefois, nous rappeler que la monnaie de Louis IX était, depuis 1263, l’écu, une pièce en or,
valant trois livres tournois (il est à noter que seulement, de nouvelles pièces de 3 Louis, valant 3 euros, sont disponibles). C’est Louis XIII qui fut, en 1640, le premier roi de France à faire frapper le louis ; avec cette monnaie en or, il a institué un nouveau système monétaire, qui dura jusqu’à la Révolution. Le demi-louis équivalait à l’ancien écu. Le nom ECU aurait pu être choisi pour cette nouvelle monnaie, car il est disponible depuis que le nom « euro » lui a été préféré pour la monnaie européenne. Valéry Giscard d’Estaing lui avait, pourtant, donné une signification acceptable par les autres pays : European Currency Unit (unité monétaire européenne). Le nom ECU avait, toutefois, été explicitement indiqué dans le traité de Maastricht comme celui de la future monnaie unique européenne. Cette devise internationale n’aura été, pendant 20 ans à partir de 1979, que le moyen de donner une stabilité monétaire aux pays membres de la CEE, en limitant les fluctuations des taux de change. Ce n’était pas une monnaie de singe mais un ECU évoquait, pour les Allemands, une vache (eine Kühe) ou une bière locale (Eku). La disparition de l’argent liquide Dans certains pays, notamment en Allemagne, il est encore habituel de payer de fortes sommes en billets. En France, depuis le 1er septembre 2015, le paiement en liquide est interdit pour un montant supérieur à 1000 euros. Dans notre pays, où la carte à mémoire a été inventée, les espèces sont de moins en moins utilisées. Les cartes bancaires sont maintenant acceptées dans de nombreux commerces pour payer de petits achats. Le paiement sans contact rend leur utilisation encore plus simple et rapide. Par contre, les chèques, qui sont l’objet de nombreuses fraudes, sont de plus en plus refusés. Dans certains pays, tels la Norvège où les espèces n’étaient plus utilisées, en 2015, que dans 5 % des transactions, la disparition totale de l’argent liquide est envisagée dans les prochaines années(1). Chez nous, le pourcentage était trois fois supérieur, mais les pièces jaunes sont, souvent, conservées en vue de l’opération caritative annuelle, portant leur nom. La disparition des espèces semble planifiée par les banques, afin de supprimer les frais d’installation de coûwww.journal-deux-rives.com
Monnaie et bière locales.
(DR)
teux automates bancaires et de la traque de la fausse monnaie(2). De plus, elle permettrait de limiter les transactions illicites, le travail au noir et l’évasion fiscale. Alors pourquoi vouloir lancer une nouvelle monnaie, sous forme de pièces encombrant nos porte-monnaie ? Après l’ouverture, un repli sur soi ? La zone euro, créée en 1999 par onze pays, comprend aujourd’hui 19 des 28 États membres de l'Union européenne. L’adoption de l’euro a été combattue par les nationalistes de gauche et de droite et divers souverainistes. La sortie de la zone euro est en bonne place dans le programme de plusieurs candidats à la prochaine élection présidentielle. L’introduction d’un article récent à propos d’une enquête IPSOS, résume bien la situation : « Le Brexit au Royaume-Uni, l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, la popularité de Marine Le Pen en France. Ces trois phénomènes reflètent des inquiétudes profondes des citoyens qu'une enquête menée par Ipsos dans 22 pays a décortiquées. Ses résultats, que Le Figaro dévoile en exclusivité, montrent que les Français, déjà réputés pour être parmi les plus pessimistes au monde, craignent davantage la mondialisation que d'autres peuples. » (3) La multiplication des monnaies locales ne serait-elle pas l’un des signes de ce repli sur soi ? Réminiscences de vacances lointaines d’antan Ces Louis qui cohabitent dans mon portemonnaie avec des euros et leurs centimes me remettent en mémoire une époque que n’ont pas connue beaucoup de nos lecteurs. Alors que je n’avais que deux dizaines d’années, j’ai fait plusieurs voyages en voiture en Europe, notamment jusqu’en Scandinavie et en Roumanie. Au retour, j'ai pu échanger contre des francs les billets accumulés dans les divers pays traversés. Ce n’était pas possible pour les pièces que j'ai alors collectionnées, dans l’attente de nouveaux voyages. Si je visite, aujourd’hui, la ville de Montreuil, où ne sont plus cultivées les 23
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Pour un «Demain» meilleur pêches que rappelle sa monnaie locale, que ferais-je des pièces restant de celles que j’y aurais acquises, ne pouvant pas les convertir en Louis sans passer par des euros ? Lorsque des vacances itinérantes en famille ne furent plus possibles, à l'adolescence de nos enfants, c'étaient des portions de colliers de boules qui me restaient de nos séjours au Club Med. Cette entreprise a, en effet, été une pionnière de la monnaie locale, mais internationale. Les monnaies nationales n’étaient pas acceptées dans ses villages ; les célèbres boules de plastique, assemblables en colliers, qui les remplaçaient, constituaient en fait une monnaie « pour boire », car elles étaient utilisées pour l’achat de consommations au bar. Déjà, la mise en bière du Louis ? Lors de son lancement à Carrières-sousPoissy, le Louis était, réellement, de l’argent liquide qui, de plus, se faisait mousser. En effet, la seule utilisation possible de la monnaie pressée ce jour était l’achat d’excellentes bières CAT. Comme la nouvelle monnaie, cette production locale a vocation à élargir sa diffusion, comme la bière allemande Eku évoquée ci-avant. Gérard Fourcher, spécialiste de la création monétaire, explique le contexte de l’économie circulaire dans lequel s’inscrivent les monnaies locales : « Le cercle vertueux que permet
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aussi de construire la monnaie locale, c'est que cette monnaie locale ne peut fonctionner qu'en circuit fermé, à l'intérieur. Donc cherchons des fournisseurs, essayons de rapprocher les fabrications dont nous avons besoin, essayons de fermer les boucles, c'est un premier pas. » (4) Que peut faire le brasseur carriérois des Louis récoltés, ses fournisseurs de matières premières (malt, orge...) ne se trouvant pas, à notre connaissance, dans notre territoire. Comme nous, s’il ne peut pas recycler ses Louis , il devra les donner. Un mendiant préférerait peutêtre s’en servir pour acheter un litre de vin rouge plutôt qu’une canette de bière. Les serveurs des brasseries et des bars de Poissy et des villes voisines ne pourraient les utiliser, de la même manière, que pour boire à leur tour. Comme les ouvreuses du théâtre de Poissy, auxquelles vous pourriez donner un Louis, ils seraient heureux de recevoir une pièce valant trois euros, alors que leur pourboire n’est, le plus souvent, que d’un ou deux euros.
la monnaie est devenue un frein à l’accessibilité sinon à la circulation des biens et des services. »(4) Yannick Darguesse, l’initiateur du Louis, a un avis contraire ; il a défini ainsi son objectif « On a 97 % de la monnaie euro qui sert à la spéculation. Donc il ne reste que 3 % pour l'économie réelle. Nous, on invite les gens à convertir leurs euros en monnaie qui sert à 100 % l'économie réelle. » Après avoir tenté de trouver des partenaires, dans les Yvelines et le Val d’Oise, pour créer une monnaie locale, il a décidé de prendre le taureau par les cornes en la lançant lui-même. Mettant la charrue avant les bœufs, n’a-t-il pas été trop pressé de remettre en service la presse ? Le seul bureau de change de la nouvelle monnaie locale se trouve au siège triellois du Journal des deux rives, très impliqué dans cette opération. Si vous souhaitez y convertir vos Louis en euros, réservez 9 ou 13 pièces pour vous abonner ! La monnaie de vos pièces vous sera rendue. r
Cassez votre tirelire ! Un militant associatif spécialiste de la monnaie, Jean-Patrick Abelsohn, propose une civilisation sans argent : « Nous faisons l’hypothèse que la suppression partielle ou totale de la monnaie doit être réalisée pour les motifs mêmes qui ont prévalu à son invention : le besoin de facilitation, si ce n’est d’accroissement des échanges, puisque
1. https://group.bnpparibas/actualite/monnaie-espece-disparition 2. http://www.lemonde.fr/idees/article/2016/03/02/ vers-la-disparition-de-l-argent-liquide_4875004_3232.html 3. http://www.lefigaro.fr/ conjoncture/2017/02/05/20002-20170205ARTFIG00160-les-francais-champions-du-monde-del-inquietude-et-du-repli-sur-soi.php 4. https://www.cairn.info/revue-des-sciences-degestion-2011-3-page-71.htm
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économie
PCAS à Porcheville, l'ambition industrielle passe par la R & D Le groupe industriel PCAS est un fleuron de la chimie fine française à Porcheville. Le 22 février, les autorités publiques et la direction ont inauguré, en grande pompe, les nouveaux locaux dédiés à la recherche et développement (R&D). Ceux-ci ont, aussi, la vocation de servir comme incubateur de start-up dans la biotechnologie, comme GenEvolutioN. Une centaine de personnes, invités et salariés, était présentes lors de l'inauguration officielle du centre de recherche du groupe PCAS (Produits chimiques et auxiliaires de synthèse), à Porcheville. Avec un CA de 100 M€ par an, PCAS est un groupe industriel de chimie fine et des spécialités, producteur de molécules complexes, à forte valeur ajoutée, commercialisés dans le monde entier et faisant appel à des technologies de pointe. Les clients de PCAS sont principalement des groupes internationaux, leaders sur leurs marchés, avec lesquels PCAS « partage une ambition d'excellence ». Christian Moretti, président du conseil d'administration, a donné des perspectives pour les années à venir : « Notre ambition est de rester le leader mondial [dans le secteur] et de devenir le Valeo de l'industrie de la chimie fine », a-t-il conclu ; il s'adressait, notamment, à Frédéric Viseur, sous-préfet des Yvelines, à Pierre Bédier, président du Conseil départemental des Yvelines, à Sophie Primas, sénatrice des Yvelines, à Philippe Tautou, président de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O), à MM. Paul Le Bihan et Eric Roulot, respectivement maires de Porcheville et de Limay. Le site de 10 000 m2 de Porcheville était la propriété de Sanofi, puis du groupe américain Covance. Ayant subi une restructuration, il a été cédé au groupe PCAS avec l'aide de toutes les autorités publiques afin que le maximum de salariés et du savoir-faire soient préservés. Dans la foulée, les deux sites jumeaux de Porcheville (120 salariés) et de Limay (200 salariés) ont fait l'objet d'une
L'inauguration officielle a été un moment de convivialité et de consensus entre les élus GPS&O et les représentants de l'Etat. (J2R)
prise en charge par les pouvoirs publics, sous l'égide de l'ancien préfet Portales. Ce site servira à la recherche et développement pour des traitements de diverses maladies, telles le diabète et le sida. PCAS conçoit et fournit les «meilleures réponses industrielles» à des attentes spécifiques des groupes pharmaceutiques japonais, canadiens, américains et européens. En somme, ces attentes diversifiées ont en commun une exigence de sécurité, de qualité et de compétitivité. De plus, la R & D est le levier principal pour rester innovant et durable dans un monde hyperconcurrentiel. M. Moretti a indiqué que « PCAS investit 7 % de son CA dans la R & D tous les ans » afin de rester dans le groupe de tête, voire être un leader de ce secteur où des molécules font l'objet de modifications constantes. En outre, ce site a la vocation de devenir un incubateur de start-up afin d'établir une synergie entre l'activité de PCAS et celles de jeunes entreprises qui se lancent depuis 2017. Enfin, ce site de Porcheville a la capacité de devenir le socle de la future « Chimical Valley », autrement dit le lieu de création de start-up dans le secteur de la chimie fine et de la biologie industrielles. Tout dépendra aussi des infrastructures (écoles, crèches, équipement routier, transports publics) pour le www.journal-deux-rives.com
personnel venu des quatre coins de monde. Espérons que les pouvoirs publics puissent entendre cet appel, concernant un impératif dans la démarche de ré-industrialisation de la France et, a fortiori, de l'Europe. r
GenEvolutioN rejoint l'incubateur de Porcheville
Francis Finot et Isabelle Mouche, deux anciens de Sanofi et de Covance, ont décidé de franchir le Rubicon et de se lancer dans une aventure palpitante sur les berges de la Seine. Avec une quinzaine de leurs collègues, ils ont créé en février 2017 la société GenEvolutioN, qui sera une des premières sociétés accueillies par l'incubateur du PCAS de Porcheville. Armés d'un savoir-faire de haut niveau et ayant accès à une infrastructure solide (bâtiment de toxicologie et équipement de R & D de Porcheville), Francis Finot et Isabelle Mouche sont persuadés que « le secteur de l'autocréation de cellules souches à partir des expérimentations en cours dans les labos de la CEA, de l'INSERM... » est prometteur. Ils ont la matière grise, des clients (notamment Covance et certains hôpitaux de Paris) et, désormais, ils ont un lieu pour travailler à l'aise. GénEvolutioN est une société de biotechnologie qui viendra conforter, voire compléter la place de haute innovation que se sont fixée les leaders de PCAS. r 25
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débats
Présidentielle et aventure spatiale
Emmanuel Macron en visite aux Mureaux Mardi 7 mars, la commune des Mureaux a reçu la visite d’Emmanuel Macron qui est venu, cette fois-ci, en candidat pour la présidentielle afin de rencontrer des habitants, de les écouter et de discuter avec eux.. Lors de sa première visite aux Mureaux, Emmanuel Macron était ministre de l’Economie du Président François Hollande. Il s’était rendu dans la zone d’activité des Garennes, plus exactement dans l’entreprise 3D Prodways, le leader français de l’impression en France et troisième dans le monde. Aujourd’hui, il est venu en tant que candidat du mouvement En Marche !, se présentant comme une alternative à la droite et à la gauche, puisqu’il n’est ni d'un bord ni de l’autre. Cette position centriste semble attirer quelques élus locaux. Pourquoi venir dans une ville acquise à la gauche ? D’après ses propres déclarations, Macron n'est ni de droite ni de gauche et encore moins socialiste ; il a, pourtant, appelé récemment les déçus de François Fillon. Plusieurs élus de droite et du centre, dont François Bayrou
et le Modem, ayant sauté le Rubicon pour le rejoindre, pourquoi a-t-il souhaité venir dans une ville acquise à la gauche ? Serait-ce parce que sa démarche attire les élus locaux ? Effectivement, la commune des Mureaux est depuis fort longtemps un bastion de la gauche, où MM. François Hollande et Manuel Valls sont venus souvent. On se souvient que le maire des Mureaux, François Garay, avait déclaré que si Manuel Valls perdait la primaire, il rejoindrait Emmanuel Macron. Est-ce fait ? Comment Macron essaie-t-il de lancer son mouvement central dans une commune de gauche ? D'abord, Emmanuel Macron s’est rendu au Pôle Molière, où de nombreux journalistes l’attendaient, pour commencer sa visite. Au bar Le Celtique, Bernard Durupt, premier maire-adjoint aux Mureaux, était présent pour accueillir M. Macron avant le démarrage de la table ronde. En fait, M. Durupt fait partie de son comité de soutien. Renouveau ? M. Macron a discuté et échangé avec des Muriautins. Cependant, ceux-ci n’étaient pas tous acquis à son projet pour la France, d'après la personne en charge de le présenter à cette table, mais ils souhaitaient débattre et mieux comprendre sa démarche destinée à mieux vivre ensemble. Lors de sa visite, très tournée vers les quartiers,
Emmanuel Macron (2e à partir de la dr.) a tenté de séduire des jeunes. (J2R)
le candidat a assuré totalement vouloir pratiquer une politique de discrimination positive tout en parlant de réussite au mérite dans ses tweets. Un jeune Muriuatin, présent au Celtique mais pas à la table ronde, voyait Emmanuel Macron, en tant que jeune, comme un renouveau. Il est vrai que la situation politique est assez négative, des hommes et des femmes politiques étant dans l’incapacité de montrer des modèles vertueux. La jeunesse attend, peut-être, qu’une nouvelle génération change cette vision. M. Macron peut-il incarner un renouveau aux yeux des jeunes ? Sa position d’équilibriste entre la droite et la gauche, qui peut être une façon de créer un rassemblement large autour de ses idées, et le bilan de sa politique économique au sein du gouvernement Hollande pourraient-ils attirer les habitants d'une ville acquise plutôt à Benoît Hamon ? r
« Ciel en Seine » avec les frères Bogdanoff Le 6 mars, la première édition du Festival « Ciel en Seine », premier festival de l’espace en Île-de-France, s’est ouvert à l’Espace des Habitants des Mureaux avec une conférence animée par les frères Bogdanoff.
En 2018, la ville des Mureaux va de nouveau être le présidente des villes d’Ariane, c’està-dire des villes où se trouve une usine participant à la construction de la belle fusée Ariane. Dans cette perspective et pour rappeler que Les Mureaux est le berceau historique du lanceur Ariane et de l’aviation, le festival « Ciel en Seine » s'est déroulé du 6 mars au 12 mars. 26
Pour ouvrir la semaine consacrée à l’air et à l’espace à travers ce premier festival d’Île-deFrance, quoi de mieux que les deux plus célèbres présentateurs et vulgarisateurs de la cosmologie et des sciences spatiales que sont Igor et Grichka Bogdanoff. Ces derniers sont venus présenter une conférence sur le tourisme spatial devant une salle comble. 250 personnes avaient réservé leur place et leur soirée pour écouter les frères Bogdanoff, les présentateurs de la célèbre émission « Temps X » et de nombreuses autres. Ce festival rappelle le lien unissant la commune des Mureaux et l’espace sous les yeux de Hugues Emont, directeur du site d’Airbus Defence and Space des Mureaux. Les frères Bogdanoff ont donné un aperçu des distances dans l’espace, de l’origine de l’univers, de la cosmologie et des possibles techniques de tourisme spatial. Ils ont été à la fois très précis, comme lorsque Grichka a donné les formules mathémawww.journal-deux-rives.com
tiques liées aux constantes et aux lois de l’univers, mais aussi assez vulgarisateurs pour faire entrer le public dans l’aventure qu’ils ont narrée. Pour comprendre leurs capacités à détendre le public, il faut simplement revenir sur la première question qu'a posée Grichka : « Qui est qui ? Ou plus exactement comment distinguer Grichka d’Igor ? » Les Bogdanoff ont ce don de faire comprendre des choses complexes simplement et avec humour. En plus, une bonne partie de la salle était emplie par des personnes travaillant à Airbus, donc susceptibles d’avoir de bonnes bases. Et cela s’est vu durant la seconde partie de la soirée, plus courte que la première, où Igor et Grichka ont échangé avec le public, répondant à ses questions assez pointues. D’ailleurs, les Bogdanoff n'ont cessé, durant toute la conférence, de faire les louanges de la fusée Ariane et donc du savoir-faire des Muriautins. r
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SPORTS
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Gymnastique
Avenir de Triel en apothéose Vendredi 3 mars, neuf gymnastes masculins de l’Avenir de Triel ont été reçus au Salon d’honneur de l’Hôtel de ville de Versailles Le vendredi 3 mars s'est tenue à l'Hôtel de ville de Versailles la 12e édition de la « Soirée olympique » organisée par le Comité départemental olympique et sportif des Yvelines (CDOS 78). Cette manifestation était placée sous le signe des Jeux olympiques et parrainée par Thomas Baroukh, médaillé de bronze à Rio en 4 sans barreur poids légers. Le CDOS a, en effet, invité les Pupilles d'Avenir de Triel (catégorie des 10-15 ans) à la traditionnelle soirée olympique. Après les allocutions protocolaires, Jean-Claude Redon, président du CDOS 78, et Jean-Claude Séguier, président d'honneur du CDSOS 78, ont proclamé les résultats des Prix du fair-play et des Palmes du bénévolat. M. Redon a ensuite appelé les récipiendaires dans les différentes catégories récompensées, pour le département, par des Eclats olympiques : sportifs, équipes, dirigeants, éducateurs et juges-arbitres. Trophée spécial Un trophée spécial, dénommé pour l'occasion « Héritage 2024 », conçu et réalisé par la société « La Recyclerie Sportive », a été remis aux sportifs yvelinois del'équipe de France olympique de Rio qui avaient pu se rendre disponibles pour cette soi-
La remise des Eclats olympiques a honoré les gymnastes d'Avenir de Triel à l'hôtel de ville de Versailles. (DD)
rée, notamment Thomas Baroukh, Eli Konki (boxe moins de 51 kg), Sabrina Delannoy (football féminin) et Haby Niaré (taekwondo moins de 67 kg). Cette soirée récompense, chaque année, celles et ceux qui ont marqué le sport dans le département par leurs résultats ou leur implication (sportifs, éducateurs, bénévoles, dirigeants, ainsi que juges et arbitres). Les
triellois félicités
pour leurs exploits sportifs
Cette soirée a été d’autant plus passionnante qu'étaient présents des athlètes ayant participé aux derniers Jeux olympiques de
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Rio l’été dernier ; de plus, elle a été ponctuée par diverses animations : deux démonstrations du club de danse « Country Dream Feathers » et du club de danse acrobatique « Vincennes Rock Club ». Dans ce contexte, les gymnastes triellois ont été félicités pour leur place de vice-champions nationaux 2015, et champions nationaux 2016, et aussi pour leur innovation dans le sport au sein du département, grâce à la réalisation de stages de perfectionnement à l’étranger (au Portugal en 2015, et en Espagne prochainement). A cette occasion, le CDOS leur a remis la médaille d’argent des Eclats olympiques. r
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cULTURE
théâtre : année mirbeau
Avec Farces et Moralités, Octave rend visite à Mirbeau Les Comédiens de la Tour jouent quatre courtes pièces tirées de Farces et moralités ; c’est un nouvel hommage à l’auteur dramatique dont le nom figure en bonne place dans leur répertoire : Octave Mirbeau.
saïque de textes choisis pour retranscrire l’univers hétéroclite de leur « hôte », voici maintenant, extraites des Farces et Moralités, quatre courtes pièces : Les amants, L’épidémie, Vieux ménage et Scrupules.
Octave Mirbeau, Philipe Prévost et Triel forment un improbable ménage à trois que n’aurait pas désavoué ce personnage inclassable (littérairement) qui aurait dû occuper une plus grande place dans le Panthéon littéraire français. Dérangeant, émancipateur d’idées dérangeantes mais aussi impossible à classer parmi les écrivains de son époque, ce qui explique peut-être son absence dans les manuels scolaires ! Mais combien actuelles sont ses idées, sa manière d’appréhender les problèmes du pauvre (qu’il défendait) et ceux du riche (qu’il critiquait), de l’Homme et de la Femme, du vrai et du faux. Ceci pour ses convictions et surtout la qualité de son jugement et des écrits qui nous sont parvenus. Philippe Prévost, le metteur en scène avec Sylvie Langlois, en plus d’être la réincarnation récurrente et théâtrale d’Isidore Lechat (Les affaires sont les affaires), est reconnu comme la référence mirbelo-trielloise et même plus. Quant à la ville de Triel c’est là que Mirbeau a fait construire cette superbe villa, encore visible aujourd‘hui, qu’entourait jadis un jardin magnifique dont la description rappelle que l’auteur des Farces et Moralités aimait les fleurs. Malheureusement, un siècle d’abandon rend cet endroit désolé, fantomatique parfois. Jusqu’à quand ? Cette maison mérite mieux et Triel aussi ! Les Comédiens de la Tour, entre deux invitations de troupes talentueuses et extérieures, affichent Les affaires sont les affaires et Le foyer ; jadis c'était Le journal d’une femme de chambre (adaptation théâtrale d'un roman qu'il faut aussi lire). Après Pauvres diables, spectacle conçu d’après les Contes cruels et Mirbeau fait des siennes, une mo-
Le spectacle ne manque pas de qualités tant par le jeu d'actrices et d'acteurs qui y croient vraiment que par la mise en scène sobre mais suffisante pour donner vie à l'ensemble, seconds rôles compris. L’esprit de Mirbeau, toujours présent, parfois subtilement suggéré, peut ne pas être perçu par cer1 - Vieux Ménage : Sabine Huttlinger (La femme) - Jeantains spectateurs, pour lesquels Baptiste Compiègne (Le mari). des explications auraient été 2 - Les Amants : Amandine de Almeida (La femme) Jean-Baptiste Compiègne (L'amant). bien nécessaires. Autres temps, 3 - Scrupules : Agnès Henry (La volée) - Olivier Bulteau autres références. Toutefois les (Le voleur). idées fusent, les dialogues jaillis4 - L'Epidémie : Michelle Nicolas (La secrétaire de mairie) - Hubert Pinel (Le maire) - Christian Haton (Le docsent, les personnages vivent teur Triceps) devant le président de la République de l’époque : Emile Loubet. (DR) devant nos yeux des situations presque caricaturales mais tout cela va trop vite et demande une atten- effort, c’est le regard de Mirbeau sur la tion soutenue pour recevoir plus qu’une nature humaine, son humanisme parfois simple représentation, une conviction, cruel qu'expriment les personnages par une psychologie ou simplement un sen- leurs va-et-vient contradictoires. timent exprimé mais pas assez ressenti. Malgré tout, le public apprécie le jeu des Description acteurs ; ceux-ci, y compris le désinvolte d’un «caprice extrahumain » voleur dans Scrupules, sentent le désarMirbeau n'est pas Molière, encore roi des uns, l’inconstance des autres, les moins Marivaux. Il joue de l’absurde des faux-semblants de tous. situations comme des dialogues. L’HomCes pièces auraient leur place pour me est le plus souvent la victime, consenl'ouverture d'un débat grand public sur tante malgré les apparences, et la femme le thème « L'Homme et la Femme selon un tyran qui joue, avec une extrême efOctave Mirbeau » ou « Haines, amours ficacité, sur tous les registres d'un genre et faux-semblants à la Belle Epoque » de psychologie ordinaire. Et cela mar(titres non déposés). che ! Les hommes de la fin du XIXe siècle Tous ces « ingrédients » exprimant na- étaient-ils plus vulnérables que ceux de turellement les idées de l'auteur sont là, notre XXIe ? On voudrait bien le croire. bien présents mais pas assez perceptibles Pour ce qui est de l'homme Mirbeau, à si l'on n'est pas « préparé » par un meneur la lecture de ses romans « autobiographide jeu qui aurait dans un ensemble cohé- ques », il semble qu’il ne devait pas en rent conclu le précédent tableau et intro- être éloigné. Encore faudrait-il deviner duit le suivant. Un lien existe pourtant, s'il était consentant et donc s'y complaisinon humain du moins perceptible sans sait ou résigné après une vie pendant
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Un théâtre qui engendre le débat
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théâtre : année mirbeau laquelle il a fréquenté des personnages féminins proches de ceux que l’on retrouve dans ses contes, ses romans et son théâtre. A-t-il inventé ou vécu les situations jouées comme dans la première pièce Les amants, une parodie caricaturale du langage amoureux dans laquelle les répliques s’entremêlent ou dans le conte tourbillonnant des contradictions qu’échangent « Clotilde et moi » ? Histoire d’un rendez-vous galant, secret et coûteux, pendant lequel « l’ivresse, enfin, et la sécurité tant souhaitée (de notre adultère !)» se terminent mal après plusieurs répliques insupportables, à la limite de l’absurde parce qu'elles succèdent à un dialogue affichant « tous les genres de supplices où peut vous mettre le caprice extrahumain d’une femme… » Vient la fin, la soumission sans appel ainsi exprimée : « Et la rage dans le cœur, maudissant toutes les femmes, je sortais. »
sentiments que l’auteur aurait sûrement appréciés. Les deux autres pièces présentées participent de la caricature sociale. Que dire du «Vieux ménage» sinon qu’il ressemble, en plus concentré, aux Lalaire (les patrons de Célestine) du Journal d’une femme de chambre, y compris la jalousie intériorisée. L’œil inquisiteur et indiscret de Célestine a encore fait des ravages car, si c’est à travers le regard de Mirbeau qu’on juge ce couple dont les rapports sont usés jusqu’à la trame, n’est-ce pas le reflet de sa propre existence qu’il décrit ? Au biographe de répondre. Mais peut-on être objectif à propos d'un « personnage à l'univers hétéroclite » tel que Mirbeau ? Pas de Journal pas de Mémoires, il reste la correspondance et les milliers de pages d'articles et de contes écrits souvent à la première personne. Etonnant ?
Mirbeau misogyne ? Je ne le pense pas. La pièce Scrupules (un voleur professionnel surpris par la riche volée), dans laquelle Philippe Prévost a astucieusement remplacé l’acteur masculin, le volé, montré un peu ridicule dans le texte d’origine, par une actrice (Agnès Henry). Cette comédienne parvient à nous faire apprécier le jeu - crédible - de la femme astucieuse, intelligente, à la limite de la séduction qui entortille le voleur sans souci pour l’argumentation qu'elle pratique habilement. Un concours de faux gagnant / gagnant à la fin duquel le voleur (l’homme bien sûr) a perdu la face. Notons l’humour inattendu des répliques bien soutenu par les échanges verbaux qui transmettent au spectateur des
Cela n’empêche pas que les innombrables commentaires construits sur des recherches approfondies mais qui n’apportent qu’un éclairage extérieur, alors c’est au lecteur de se faire sa propre idée sur le contenu d’une richesse inouïe de chaque conte ou de chaque article qu’il faut situer dans l’actualité de l’époque ; il faut, également, lire et relire les romans, parfois difficiles, afin d’apprécier la lucidité qu’ils révèlent. En effet, plus qu’une histoire profondément humaine, c’est toute une époque qui est décrite ; on y trouve les mêmes préoccupations, les mêmes tics que ceux qu’on ressent aujourd’hui et le constat sauvagement réel que les échecs et les turpitudes des anciens n’ont pas servi de leçon à ceux
Un caricaturiste social
Un verbe toujours actuel
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qui sont venus après. C’est pourquoi une pièce comme L’épidémie (première représentation au théâtre Antoine le 29 avril 1898) n’est ni une parodie ni une caricature mais la bien triste réalité du quotidien, telle que la perçoit le public, hier comme aujourd'hui, à travers les reportages, les débats et les entretiens. N'oublions pas que Mirbeau est aussi journaliste. Cette épidémie de fièvre typhoïde a réellement touché les garnisons à Beaune en 1894 ; résultat : pas d'enquête, pas de responsable ! Les médias s’emploient de leur mieux à approcher la réalité des faits qu’ils relatent. Ils ne sont pas à l’abri de manipulations (vous avez dit désinformation ?) ou de l’instrumentalisation (indépendance ou soumission à l’autorité ?) ou encore des dénigrements (vrais ? faux ? porteurs d’alertes orientées…). Décidément les mots que n’entendent que les oreilles qui veulent bien les comprendre n’ont de « perle » que le sens qu’on veut bien leur donner et les dialogues sévères écrits, il y a 100 ans, par Octave Mirbeau sonnent encore comme s'ils avaient été écrits aujourd’hui. r
Claude BAROUH
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La mémoire de GPS&O
Le tacot de la rive gauche Après la traversée de notre communauté urbaine par la Seine puis par la route de Quarante Sous, intéressonsnous aux chemins de fer, plus particulièrement à une petite ligne qui a disparu. Ses trains n’avaient rien de commun avec les TGV, même avec ceux qui auraient dû circuler sur les lignes TER. Par contre, nous pourrions les comparer avec les rames de la future ligne Tram 13 Express (anciennement appelée Tangentielle Ouest) car leur voie quittait, de la même manière, ses « sites propres » pour traverser des villes en suivant des rues. Retrouvons son itinéraire et ses stations, en amont de notre territoire depuis Saint-Germain-en-Laye et, ensuite, de Poissy-La Maladrerie à Meulan. Le J2R a publié, en 2013, un article de Claude Barouh « L'ancien tramway de Pontoise à Poissy »(1), sur la base des résultats des recherches d’historiens amateurs de Carrièressous-Poissy et d’Andrésy(2), que desservait cette ligne. Nous évoquons ici la ligne qui longeait la route de Quarante Sous de SaintGermain-en-Laye jusqu’à Bouafle (16 km), avant de se diriger vers Chapet, Les Mureaux et Meulan (5 km). La courte histoire du tacot Ces deux petites lignes de chemin de fer avaient été établies, dans des buts identiques, par la même entreprise. Leur existence n’a pas atteint pas une quarantaine d’années. Les zones agricoles du département de Seine & Oise étant mal desservies par les chemins de fer des grandes compagnies nationales, un réseau secondaire fut mis en service, à partir de 1910. Exploité par la Compagnie des chemins de fer de grande banlieue (CGB), il était conçu, à l'origine, pour être relié aux Halles centrales de Paris. Afin de rejoindre le réseau des tramways, ces petits trains avaient le même gabarit étroit (2,05 m) alors que la largeur de la voie était normale (1,435 m). Le réseau de CGB a été acheté, en 1927, par le département qui en confia l'exploitation à la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP), ancêtre de la RATP. Celle-ci le céda à la Société générale des chemins de fer économiques (SE) en 1933. La ligne de Saint-Germain-en-Laye à 30
Le tacot de Saint-Germain-en-Laye à Meulan. (DR)
Meulan a fonctionné jusqu’en 1948. Après le déclassement de la section de Saint-Germain à Bouafle en mai 1950, les rails ont été enlevés en 1952. Les trains de cette ligne secondaire étaient, dans la terminologie officielle, des tramways. Comme ceux des villes, ils étaient construits pour circuler sur des routes nationales ou départementales, afin d’éviter des ouvrages d'art et des expropriations de terrains, en établissant la voie dans les conditions les plus économiques. Ces tramways à vapeur complétaient le réseau national, dont ils reliaient économiquement certaines de leurs gares. Notre ligne locale était empruntée par des voyageurs ; toutefois, contrairement à la ligne Paris-Rouen-Le Havre, dont des gares de notre territoire accueillaient les Parisiens y venant en villégiature au bord de la Seine, elle était principalement utilisée pour transporter vers Paris les productions agricoles d’Orgeval, Morainvilliers, Bouafle et Chapet ainsi que les fruits des vergers d’Orgeval et Chambourcy. Les trains comportaient, le plus souvent, une locomotive à vapeur, un wagon de marchandises et deux ou trois voitures pour les voyageurs. La vitesse variait entre 10 et 30 km/h selon les tronçons. Pour aller de Saint-Germain-en-Laye jusqu’à Meulan, il fallait une heure et demie. Ce « train des maraîchers » avait reçu plusieurs surnoms : - le tacot, ce nom désignant depuis 1905 une vieille voiture automobile qui n'avance pas ; il était employé, également, pour les autres lignes de Seine & www.journal-deux-rives.com
Oise et dans diverses régions ; - l’escarbille (titre d’un ouvrage de Michèle Caminade(3) sur ce sujet), en référence aux morceaux de braise s’échappant des foyers des locomotives avec la fumée ; - le Transcarottes (nom venant, selon Madeleine Arnold Tetard(4), de son usage pour le transport de produits maraîchers frais. Les villes traversées et leurs gares Tout en rassemblant des souvenirs de cette ligne de chemin de fer, nous avons retrouvé des vestiges. Trois types d’arrêts existaient, avec des bâtiments identiques sur tout le réseau de la compagnie : - stations avec halle à marchandises, salle d’attente et logement, comportant un étage pour les plus importantes ; - haltes avec abri, petit bureau et entrepôt de marchandises ; - arrêts pour voyageurs sans bagage, signalés par un poteau. A l’origine, notre tacot partait, à proximité de la gare de la ligne de Grande ceinture de Saint-Germain, de la rue Pereire ; la gare est devenue un logement au numéro 28. Un tronçon fut ajouté jusqu’à l’actuelle place André-Malraux (entre le château et le théâtre Alexandre-Dumas), qui était le point de départ des tramways pour Poissy, Rueil et Paris-Etoile ; il fut le premier à être fermé en 1937, comme le précise le site Internet Pixyrail(5). Le train suivait la route nationale 190, devenue la RN13, jusqu’à la première station, située à Chambourcy (route de Mantes). Il continuait, le long de la route de Quarante Sous, sur le territoire de Poissy,
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La mémoire de GPS&O pour passer à la station de la Maladrerie, qui n’existe plus. r Michel Kohn - ACV 1.http://www.journal-deux-rives.com/node/3395 2. Club Historique d’Andrésy : http://histoire.andresy.free.fr/tacot.htm et Carrières-sous-Poissy Histoire : http://philgene.free.fr/train/cgb_pontoise_poissy.html 3. L'escarbille, tramway de Seine-et-Oise de Michèle Caminade, Ecquevilly, 1996 4. Histoire du Mantois : http://storage.canalblog. com/71/62/620535/42397244.pdf 5. Pixyrail : http://pmeunier23.free.fr/1/CGB-SB.html 6. Association généalogique et historique des Yvelines nord : http://www.aghyn.com/categorie-1174-le_temps_ des_chemins_de_fer_se.html
LES ARRETS DANS L'ACTUEL TERRITOIRE DE GPS&O Orgeval : La halte de Tressancourt-La Chapelle, dont le nom est celui de deux hameaux d’Orgeval, situés en face sur la hauteur, a subsisté longtemps à proximité de l’actuel centre commercial Art de Vivre. Elle se trouvait en bordure de la route, devant son entrepôt de marchandises ; celui-ci est devenu une menuiserie, qui a été remplacée par un établissement d’un groupe international de restauration rapide (évoquant un clan écossais). Morainvilliers : Un peu plus loin, la ligne traversait la route nationale, pour continuer son parcours, parallèlement à celle-ci, à une distance de quelques centaines de mètres, jusqu’à la station de Morainvilliers. Elle abrite, aujourd’hui, le logement et l’atelier d’un menuisier, à proximité de la route nommée « rue de la Vallée Maria » et du chemin de la Bichaille. Ecquevilly : La ligne retraversait la route pour entrer dans Ecquevilly. La station, petit bâtiment à un seul niveau accolé à un hangar en bois reconnaissable (entrepôt de marchandises), se situe actuellement dans la cour de l’école élémentaire Victor Hugo, dans la rue portant le même nom ; elle est devenue l’Espace Jeunesse Loisirs de l’association Mosaïque. Bouafle : La station, qui existe toujours, transformée en logement (4 route des Mureaux), avait un rôle important : elle était l’extrémité d’une autre ligne la reliant à Versailles par Maule. Les Mureaux : Après la halte de Chapet, la ligne entrait dans Les Mureaux, pour desservir l'arrêt de la place de la Gare (voir la photo ci-dessus), permettant la correspondance avec le réseau de chemin de fer de l’Etat. Suivant la rue principale, elle se dirigeait vers l’arrêt du chemin de halage, d’où partait un embranchement desservant le port fluvial. Le tacot franchissait, ensuite, la Seine sur le pont routier. Meulan : Il traversait l’île du Fort pour en sortir par le petit pont (l’actuel pont aux Perches) et s’arrêtait, pour les voyageurs, sur le quai, à proximité de ce pont. La ligne se prolongeait jusqu’à la gare des marchandises, située sur la route de Tessancourt. Le site Internet de l’association AGHYN(6) précise que le passage de la voie ferrée à travers Meulan nécessita quelques adaptations de la voirie, la démolition de deux maisons de l’île du Fort et le percement d’une nouvelle voie, l’actuelle rue Albert Jozon. Une voie ferrée devenue une voie verte Un autre vestige de la ligne du tacot subsiste : le viaduc d’Ecquevilly, qui en était le seul ouvrage d’art. Construit en pierres meulières, il comprend 3 arches dont l’une enjambait le ru des fonds de Romainville, aujourd'hui asséché. La partie de la ligne qui le reliait à Orgeval est devenu un agréable chemin de randonnée, pédestre ou cycliste. www.journal-deux-rives.com
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