Le
JOURNAL des deux rives
Oct-novembre 2013
3€
JOURNAL INDÉPENDANT
Numéro 113
BHL : «Il faut frapper juste et fort...!» Devant 450 personnes réunies le 6 octobre dans le cadre du pèlerinage de Médan, Bernard-Henri Lévy (BHL) a encore une fois de plus époustouflé son auditoire avec un discours serein mais convaincant pour commémorer le 111e anniversaire de la mort d’Emile Zola. La visite de l’écrivain-philosophe et son discours témoignent du haut niveau du débat ici dans les 2 Rives. (pages 20 et 21) (Photo J2R)
Vernouillet
orgeval
ZAC Centralité
Commissariat,
guerre fratricide à droite
ZAC Centralité, qui perd gagne !
Le 28 septembre a eu lieu la pose de la première pierre du Commissariat de secteur du Canton de Triel-surSeine. Cet événement a permis à certains élus de s’afficher ensemble pour un projet d’intérêt général. page 13
Frank Boehly, adjoint à l’urbanisme est candidat à la mairie. Il vient de s’affranchir de son ami de 12 ans, le maire sortant UMP, Yannick Tasset. Que fera celui-ci, actuellement en proie à des difficultés judiciaires ? page 15
Le contentieux juridico-politique se durcit entre les acteurs de l’aménagement de la Centralité et le propriétaire du Leclerc à Carrières-sousPoissy. Les pouvoirs publics et l’EPAMSA, le bras armé de la Centralité, tentent de rassurer. pages 24 et 25
pose de la première pierre
www.restaurantsaintmartin.com
Formules & menus nouveaux
Midi-express* : à partir de 13,50€ (plat du jour et café), 18 € (entrée, plat ou plat, dessert), 24 € (entrée, plat et dessert) et 28 € (entrée, plat, dessert, 1/2 bouteille d’eau et café).
*(sauf samedi et jours fériés)
Cuisine de saison produits frais
Soir : Deux formules à 31,50 € et 38,50 €
Réserver au 01 39 70 32 00 2/4 rue Galande - TRIEL
LE JOURNAL DES
éditorial
oct - novembre 2013
L’irrationnel et la médiation
L
’automne est là. Les jours raccourcissent, les températures baissent, la saison est propice à l’introspection. Les élections municipales et européennes, à venir, nos propres déboires (voir page 35) et l’actualité nous poussent à définir, encore et toujours, notre rôle. Pourquoi poursuivons-nous notre aventure journalistique? Pourquoi - alors que les citoyens de la Communauté d’agglomération des 2 Rives de Seine (CA2RS) peuvent s’informer par divers supports – pensonsnous que le Journal des Deux Rives est utile ? Notre rédaction est composée d’un collège de rédacteurs-citoyens. Tous, nous sommes engagés au sein du tissu associatif, sportif ou politique de la Communauté d’agglomérations des Deux Rives de Seine. En tant que citoyens, nous avons donc nos combats, mais aussi nos avis, nos opinions. Pourtant, si l’on s’en tient à sa définition, une opinion est un jugement personnel qui ne relève pas de la connaissance rationnelle. Il semble donc primordial, lorsque l’on a la volonté d’informer, de se départir de tout irrationnel. Le problème s’amplifie d’autant plus en ces années 2010, alors que le web 2.O permet la publication du témoignage et de l’opinion de chacun. Dans un monde où les réseaux sociaux multiplient la résonance des moindres avis, quel peut être l’intérêt d’ouvrir un « journal d’opinion » ? On a constaté récemment, lors de l’affaire du bijoutier de Nice, le hiatus entre l’opinion du journaliste que nous qualifierons d’ « institutionnel » et celle des millions de « likers » de la page Facebook de soutien au bijoutier. En tant que personne généralement « supérieurement éduquée » et bien insérée dans la société, le journaliste a eu le réflexe de défendre l’institution judiciaire, mettant sur le compte d’une manipulation de l’extrême droite les sympathies revendiquées pour le bijoutier. Admettre qu’un million de Français ose remettre en cause l’équilibre judiciaire relevait de l’impensable. Mais, la réalité a rapidement secoué le monde médiatique dans ses
certitudes : les soutiens étaient bel et bien réels. Si cela pose évidemment le problème de l’indépendance de certains grands médias, cela nous ramène aussi à la question de l’irrationnel dans l’émission d’une information et sa réception. L’émotion, de part et d’autre (médias et opinion publique), a pris le pas sur la réflexion ! Dans ce cas précis, le journaliste aurait pu, et dû, intervenir comme un médiateur entre la réalité juridique (y-avait-il ou non légitime défense ?) et la volatilité de l’opinion publique 2.0. La médiation doit être le rôle politique exclusif du journaliste dans notre monde si complexe et surinformé. Il se doit de trier, d’analyser, de rendre intelligibles les événements. Il lui faut apporter le matériel intellectuel suffisant au lecteur pour qu’il se forge sa propre opinion. Car la démocratie n’est pas une affaire de suiveurs, de « followers » ou de « likers ». On ne vote plus au XXIe siècle comme on le faisait au XIXe siècle, pris par la main par le notable du village ; communication et publicité ne doivent pas être les rails confortables qui mènent au vote et à l’acceptation des décisions. La démocratie est affaire de convictions, d’engagement et de transparence. Comme l’a écrit le philosophe Alain, l’essence de la démocratie est d’être « le contrôle continu et efficace des gouvernés sur les gouvernants », les citoyens endossant donc le rôle de « Contrôleurs ». Puisque les données permettant ce contrôle peuvent être complexes ou fastidieuses à rechercher, la vitalité démocratique ne peut s’exercer sans le travail des journalistes. A notre échelle, c’est la mission que nous nous sommes fixé depuis nos débuts : donner droit de cité à tous les opinions et courants de pensée, canaliser les différents émetteurs de discours pour que le débat public soit exhaustif, mettre en lumière et analyser les événements politiques, sociaux, économiques,…, qui agitent la CA2RS. Journaliste et citoyen, le J2R continue d’essayer d’apporter sa pierre à une vie démocratique toujours plus participative !
La médiation doit être le rôle politique exclusif du journaliste...
Brocante à Orgeval
J2R et BHL
C.C. Val-de-Seine
LA Rédaction
Nouveaux commerçants
www.journal-deux-rives.com
Nouvelle crèche
Ismaël Hooder 3
3
LE JOURNAL DES
SOmmaire
oct - novembre 2013
Le Journal des 2 Rrives
ÉDITORIAL L’irrationnel et la médiation
page
3
actualité locale
Andrésy
Carrières Chanteloup
Triel Verneuil Vernouillet Orgeval Villennes Villennes-Médan
Le divorce est consommé
page
5
Une liste de gauche pour 2014
page
6
La visite des étudiants américains
page
7
page
8
«On tient à ce bureau de Poste !»
page
9
Décès de Gérard Sevault
page
9
Baby-Loup bientôt remplacé par une crèche municipale
Le premier rallye pédestre des 2 Rives de Seine
pages
10-11
La biographe de Guy de Maupassant
page
11
Une médiathèque en Platinium
page
12
Commissariat, pose de la première pierre
page
13
Lopez Jollivet,chevalier de l’ordre du mérite agricole
page
14
UMP-UDI, une campagne compliquée ?
page
14
Franck Boehly en route pour 2014
page
15
Yannick Tasset au crible des procédures judiciaires
page
15
L’heure de vérité... a sonné
page
16
Le hameau de Breteuil était en fête
page
17
Dossiers
Pèlerinage éco-port des 2 Rives Projets d'améngement
Presse
La confrérie intellectuelle de Zola
pages
20-21
Deux coups marqués contre le Port
pages
22-23
ZAC Centralité, qui perd gagne !
pages
24-25
Le J2R encore pillé
page
25
Caillot a dominé la Vernolitaine
page
26
Junca à Chapet et Savoyen à Orgeval
page
27
L’USHB2V se consolide
page
28
SPORTs
Course à pied Cross Handball dans les 2 rives
CULTURE
Un jour un livre Bloc-notes de l'Histoire Philosophie Expos et spectacles
Associations
Biographie définitive !
pages
29-30
Renefer, dessine-moi un Poilu
page
31
Mais qu’est-ce qu’un « Café philo » ?
page
32
Oxplosion » par Sébastien Patron Dix bougies pour Jacky Weber
page
33
Exposition-vente de l’association Bethel
page
34
page
35
Dernières nouvelles
Journal indépendant, fondé en 2001. Directeur-fondateur : Rodrigo Acosta. Commission paritaire : 0117 I 79525. ISSN : 2263-0880 Editeur délégué : ABC éditeurs R.C.S. Versailles 535 004 063 Siret 535 004 063 00017 APE 7010Z TVA intercommunautaire : FR 52 535 004 063 Publicité et rédaction : 22 rue Charles Dupuis 78510 Triel-sur-Seine Fax : 09 53 17 19 28 Tél. 06 79 69 51 50 trielnews@free.fr Le journal des Deux Rives est une publication à vocation citoyenne. Son objectif est double : traiter des questions locales touchant le territoire de la Communauté d'Agglomération des Deux Rives de Seine et au-delà, ouvrir le débat sur les questions nationales et internationales. Farouchement attachés à la liberté d’expression et à la participation démocratique, nous souhaitons que notre journal soit un lieu de discussions vivant, sans sectarisme, dogmatisme ni esprit de polémique stérile. Le J2R est ouvert à l’expression de toutes les opinions, dans le respect de quelques grands principes : démocratie, laïcité, égalité, non-discrimination, absence d’atteinte à la dignité humaine. En conséquence, le journal ne soutiendra ni de près ni de loin de candidat à des élections locales sur son territoire de diffusion. La ligne éditoriale est décidée et mise en œuvre par la rédaction, en toute collégialité. Rédaction : Rodrigo Acosta, Claude Barouh, J-P Baudin, François Darcq Guillaume Capoen, Damien Delerin, Mustapha Kleiche, Michel Kohn, Annie Laporte, Etienne Linquercq, Jeanine Provost et Michel Stotzenbach. Ont participé à ce numéro : Anthony Effroy, Samuel Lair, Bruno Magret et Christophe Mikolajczyk. Les articles, photos, dessins et infographies publiés - dans la version papier comme sur le site internet du journal - ne peuvent en aucun cas être reproduits sans l’autorisation expresse et écrite de la rédaction. Maquettage : ABC Ed.
www.journal-deux-rives.com
Abonnement/1 an : 25 € Le J2R couvre les communes de la Communauté d’agglomération des 2 Rives de Seine (CA2RS) Paiement par Paypal sur le site du journal par une typologie simple : Prix unitaire : 3,00 €. Pole rive droite Sud : Andrésy et Carrières-sous-Poissy; Joignez-nous sur notre compte Facebook afin de se tenir au courant des avis et remarques de Pole rive droite Nord : Chanteloup-les-Vignes et Triel-sur-Seine; l'ensemble des lecteurs-acteurs du J2R. Enfin, Pole rive gauche Ouest : Chapet, Médan, Verneuil-sur-Seine et Vernouillet; incitez vous amis à s'abonner ainsi vous pouvez Pole rive gauche Sud : Alluets-le-Roi, Morainvilliers, Orgeval et Villennes-sur-Seine bénéficier de toute réclame de nos annonceurs. 4
www. journal-deux-rives.com
LE JOURNAL DES
OCT-NOVEMBRE 2013
ACtualité locale
Andrésy
Le divorce est consommé Toutes les histoires « idéalisées » finissent mal. Voilà ce que l’on pourrait dire sur ce divorce annoncé et consommé par les deux protagonistes de la droite andrésienne : Hugues Ribault, le maire sortant, et Virginie Muneret, la toujours adjointe à l’urbanisme. Tous deux ont brigué l’investiture UMP devant la commission ad hoc du 14 octobre, un premier sésame pour l’échéance de mars 2014. Et la situation s’empire de jour en jour. Depuis juin 2013, la campagne municipale à Andrésy bat son plein : Ribault jette l’éponge(1), Ribault n’a pas dit son dernier mot(2), Muneret se lance et dynamite la droite andrésienne(3)... Voilà les premiers échos de ce feuilleton politique qui s’éternise, et pour cause. Le J2R a rencontré les deux protagonistes. En premier lieu, les deux protagonistes, Hugues Ribault et Virgine Muneret, ne veulent pas d’attaques personnelles contre l’un ou l’autre. Les deux s’accordent aussi à dire que leur bilan est « globalement bon », malgré la défaite du référendum de juin 2010. De plus, les deux « oeuvrent pour l’intérêt général » des Andrésiens. Il aurait été difficilement crédible de penser autrement pour deux candidats rôdés à l’exercice démocratique d’une campagne municipale. Un bilan globalement positif Comme dans une idylle, la politique a ses couples « idéalisés » : Hugues Ribault, « l’austère » et Virgine Ribault, la « techno », avaient mené une série de mesures dans la cadre d’une gestion publique classique : le PLU a été modifié en 2006 et le sera en 2013 ; le logement a enregistré une augmentation importante faisant d’Andrésy un des bons élèves de la CA2RS en la matière ; le complexe Diagana est un des bijoux de l’ère Ribault ; le péri-scolaire, la jeunesse, la culture, sans oublier le social, ont été abordés « globalement » selon le maire. Pour lui et son adjoint à l’urbanisme, des équipements ont été construits sans que cela coûte aux Andrésiens. Oui, mais c’est le contribuable fançais qui a payé ! La seule épine de son mandat reste le
Hugues Ribault, le maire sortant fait face à son adjointe à l’urbanisme, Virginie Muneret. (J2R)
référendum de 2010 sur l’urbanisation des coteaux de l’Hautil où le maire sortant a, d’après lui, « mal expliqué » le dossier aux Andrésiens. Pour Virginie Muneret : « C’est le maire qui porte entièrement la responsabilité, ainsi que Denis Faist [adjoint aux finances] qui avait proposé ce référendum... » Certes, M. Ribault ne se dédouane pas : « J’assume les points positifs et les points négatifs... mais elle [Mme Muneret] avait aussi voté en conseil municipal pour le lancement du référendum... » De toute façon, c’était un exercice périlleux où l’opposition andrésienne a amplifié les enjeux de la question posée. M. Ribault assume également la défaite aux cantonales de 2011, au cours de laquelle il a perdu la main politiquement parlant, et où même ses amis politiques (dont Pierre Cardo) se sont réjouis de cette déconvenue. Mais le maire sortant attend son heure avec la fin des travaux du centre-ville et les élections de 2014. « J’arriverai en tête », s’exclame-t-il car Mme Muneret est selon lui trop « cassante et clivante ». D’après ses dires, elle n’a pas su fédérer ses troupes au début du printemps 2013, malgré le champ libre laissé suite à « sa tentation de Venise », période de flottement qui a failli voir Ribault abandonner la politique. Son retour est le résultat d’une demande collective de ses amis et de la liste des vingtdeux membres du conseil municipal qui ont refusé de travailler avec « Lady Muneret ». Au contraire, c’est la conviction qui pousse Mme Muneret sur le devant de la scène, elle qui se dit être une personne fidèle et entière face à ses convictions. Cependant, la vérité peut être située www.journal-deux-rives.com
d’une manière équidistante entre la position de Ribault et celle de Mme Muneret : selon elle, Ribault a tout précipité et a manqué à sa propre parole, qui consistait à se retirer « de la politique après la défaite des Cantonales. Hugues Ribault, souligne-t-elle, avait décidé d’arrêter la politique et il avait confirmé que le chemin était libre »… Libre pour « Lady Muneret » donc. Qui dit la vérité ? Les Andrésiens trancheront ! Scission ou dissension ? En écoutant les deux protagonistes, il ressort que la scission – non pas doctrinaire mais personnelle – s’est opérée. Même si le terme « dissidence » est plus utilisé par Hugues Ribault, Lady Muneret ne lâchera pas devant un homme politique d’un autre âge : « Cumulard qui a accaparé les rôles à l’AUDAS, à la Confluence, à l’interco’... » et à divers organismes du Conseil général lorsqu’il était conseiller général. Ribault se veut conciliant pour un deuxième tour qui s’annonce explosif ! Au contraire, Lady Muneret continuera le travail pour expliquer sa démarche et ses ambitions pour les Andrésiens. Elle fulmine : « Un désistement mutuel n’est pas à l’ordre du jour ! » On pourrait donc conclure que le divorce est consommé entre ces deux figures de la droite andrésienne. Cela conduirait à une possible perte de la mairie si l’UMP n’accorde pas ses violons d’ici à mars 2014. r (1)www.journal-deux-rives.com/ actu/03309-hugues-ribault-jette-eponge (2) Journal des 2 Rives, n°112, septembre 2013, page 6 (3) www.journal-deux-rives.com/node/3429
5
LE JOURNAL DES
oct - novembre 2013
ACtualité locale
Andrésy
Une liste de gauche pour 2014 L’association « Construisons Ensemble un Andrésy Solidaire » (CEAS) a enfin annoncé la tête de liste de la prochaine liste « citoyenne et solidaire » à Andrésy : il s’agit de Philippe Laville. Depuis quelques mois déjà annoncée dans des tracts distribués aux Andrésiens, la gauche sera bel et bien présente « aux élections municipales de 2014 ». Dans un entretien accordé au J2R le 10 octobre dernier, quatre membres de CEAS(1), dont Philippe Laville, ont répondu aux premières questionsinterrogations de la rédaction : pourquoi présenter un illustre inconnu à une bataille municipale ? Quid du rapport de force avec la liste EE-LV/Modem ? S’inspirant de la démocratie athénienne, CEAS travaille depuis quelques mois à une réflexion en vue de monter un projet pour les échéances municipales de mars 2014. L’association est présidée par Patricia Gomis ; elle regroupe les militants socialistes et du Front de gauche de la ville autour de Bernard Champagne, Michèle Château (la candidate de 2008) et de l’ancien maire Jean-François Thil. Cela dit, ils ont travaillé avec une logique « collective » et non pas individuelle, comme c’est le cas ailleurs. Pour eux, l’important c’est le projet et pour cela CEAS incite les gens à les rejoindre pour « un audit des finances de la ville ». Leurs priorités : « La jeunesse, la solidarité et une gouver-
6
nance démocratique ». Dotés d’une structure associative et d’un site, les militants annoncent aussi une « liste de gauche pour 2014 ». Auparavant, les militants n’informaient pas du nom de la tête de liste, c’est maintenant chose faite. Pour Philippe Laville, expert dans la concertation urbaine et membre d’un réseau mutualiste, il s’agit d’un « laboratoire local où le citoyen s’engage » dans l’écriture du projet pour demain. Idéalement, ce projet serait « l’aboutissement d’une réflexion collective », avant de mettre en avant l’exécutif, c’est-à-dire la tête de liste et ses adjoints. Belle manière de revenir aux sources de la démocratie ! Cette méthode se veut « constructive et c’est la seule manière de sauver la démocratie représentative ! » déclare Ph. Laville. On pourrait applaudir ce geste si tous les autres candidats jouaient le jeu ; mais il est cependant vraisemblable que la démarche soit « utopique ». Certes, cet exercice différencie la gauche des autres listes, qui ont tout suite mis en avant leurs futures têtes de liste. La liste CEAS prône la « diversité de pensée sur des valeurs de gauche », en mettant en avant la solidarité et le vivre ensemble. Ainsi, à Andrésy, il y a maintenant quatre listes. Deux de droite : celles de Mme Muneret et M. Ribault. Deux de gauche : celles de M. Wastl et donc de CEAS. Le premier tour risque ainsi de tourner à un règlement de comptes à droite et à gauche : sorte de double primaire risquée pour les deux camps. Quant aux alliances de deuxième tour, est-il trop tôt pour en parler ? Oui, répond le quartet de l’équipe CEAS. Il faut d’abord
www.journal-deux-rives.com
évoquer les priorités politiques du projet municipal, l’audit citoyen et les moyens d’y parvenir. D’ailleurs, leur conférence de presse, le 18 octobre, a corroboré cette analyse : les deux listes de gauche se jaugent, mais la cuisine politique sera peut-être abordée plus tard... La prépondérance du PS ? La « chance historique » d’une droite en crise à Andrésy risque de disparaître pour la gauche, incapable de s’entendre. Depuis les Cantonales de 2011, une « guéguerre » existe entre les socialistes historiques de la ville et la jeune pousse EELV, encouragée par la victoire de l’écolo Joël Tissier aux Cantonales. Le chef de file socialiste, M. Thil, a été ferme envers ses militants : « Il faut affirmer le rôle prépondérant du PS dans les Municipales, qui doit être l’interlocuteur des discussions politiques avec les partenaires de gauche que sont le FG, le PG, voire EELV » a-t-il écrit dans un courriel consulté par la rédaction. Suite à la parution d’une première version de cet article sur le site du J2R, JeanFrançois Thil nous a fait parvenir une précision qui modifie légèrement notre analyse : le courriel existe bel et bien mais il se réfère à l’élection par les socialistes d’Andrésy du « premier des socialistes » qui sera dans bien des cas, mais pas à Andrésy, tête de liste. Selon M. Thil, le J2R « omet » de s’y référer. Pour conclure cette mini-polémique, il y avait à Andrésy, « peu d’enthousiasme pour cette procédure interne ». D’où le choix unanime pour la candidature de Philippe Laville. r (1) Ph. Laville, A. Barbier, S. Haton et B. Champagne.
LE JOURNAL DES
ACtualité locale
oct - novembre 2013
Carrières-sous-Poissy
La visite des étudiants américains Vingt-deux étudiants architectes ont rendu visite le 24 septembre aux projets de la Centralité et du Parc du Peuple de l’Herbe. Dans le cadre de leurs études, ces élèves arpentent le monde pour prendre la mesure des programmes urbains contemporains. L’EPAMSA les a conduits jusqu’à Carrièressous-Poissy. Le Parc du Peuple de l’Herbe et la Centralité ont retenu l’attention de la prestigieuse université Cornell, située dans l’Etat de New York ; et 41 lauréats du prix Nobel lui sont affiliés, étudiants ou professeurs. Accompagnés de deux professeurs, les étudiants sont venus sur le terrain pour appréhender ces deux projets. Le Parc du Peuple de l’Herbe Cette visite guidée était à l’initiative de
l’agence de reconfiguration territoriale AWP, en charge de la mise en oeuvre des premières phases du Parc du Peuple de l’Herbe, ce qui a permis au Conseil général des Yvelines de présenter les premiers aménagements de ce parc. Cette « préfiguration », parc avant le parc, offre une vision de ce que sera le plus grand parc départemental : jardins familiaux, aires de pique-nique, sentiers, piste cyclable… Les étudiants ont pu constater les choix audacieux d’aménagement : mobilier brut et recyclé, exposition de sacs géants (big bags) et respect de l’espace naturel sensible. « Les travaux de préfiguration donnent dès à présent une visibilité au processus de fabrication du Parc. La mise en valeur de la richesse faunistique et floristique de cet espace naturel sensible de 113 hectares vise à [en] faire un lieu ouvert sur la Ville et sur la Seine. Il s’agit de renouer avec le fleuve auquel la Ville a trop longtemps tourné le dos » a expliqué Eddie Aït, maire de Carrières et conseiller régional d’Ile-de-France. La ZAC Centralité En présence de Philippe Tautou, président de la Communauté d’agglomération des 2 Rives de Seine (CA2RS), les étudiants
ont ensuite été reçus dans la maison du projet, le Village de la Centralité. Autour de la maquette, Philippe Tautou a souligné que : « Le projet de ZAC Centralité constitue le plus grand projet urbain de France dans les dix années à venir. En quelques chiffres, la Centralité ce sont 47,4 hectares de superficie, 2800 logements à horizon 2023, plus de 27 000 m² de commerces, 38 000 m² d’activités, de services et d’équipements privés et 19 000 m² dédiés aux équipements publics (trois nouveaux groupes scolaires, une crèche d’une quarantaine de berceaux, une halte garderie, deux à trois accueils de loisirs, ... » Les visiteurs américains se sont également rendus à La Fabrique 21 afin de découvrir la filière de l’éco-construction, spécialité de ce parc d’activités situé à Carrières et porté par la CA2RS. Ce type de visite permet aux élèves de se rendre compte de la complexité et de l’avancement (ou non) des projets. Dommage que les Américains n’aient aucune connaissance du droit de l’urbanisme français, afin de donner aux maîtres d’ouvrage des pistes pour débloquer l’opération ZAC Centralité. (Voir notre dossier à la page 24) r
2 AGENCES A VOTRE SERVICE VERNOUILLET 01 39 28 15 65
CONFLANS01 34 90 00 00
L’immobilier est un secteur d’activité qui offre la possibilité de réaliser des carrières passionnantes. Notre agence recrute de nouveaux talents ! Si la perspective de rejoindre nos équipes vous intéresse, nous vous invitons à nous téléphoner, ou à nous faire parvenir votre CV et lettre de motivation à l’agence ou à déposer votre candidature par mail à l’adresse suivante : lesdeuxrives@century21france.fr Nous recherchons de nouveaux biens à vendre ou à louer pour répondre à la demande de nos acquéreurs. Si vous avez un projet VENTE ou ACQUISITION N’hésitez pas à nous contacter. www.journal-deux-rives.com
7
LE JOURNAL DES
ACtualité locale
oct - novembre 2013
Chanteloup-les-vignes Chanteloup-LES-Vignes
Baby-Loup bientôt remplacé par une crèche municipale Catherine Arenou, maire de Chanteloup-les-Vignes, a annoncé fin septembre l’ouverture d’une nouvelle crèche municipale en janvier 2014 dans le quartier de La Noé. La structure utilisera les locaux laissés vacants par Baby-Loup, mais n’offrira pas les mêmes facilités aux parents. Après les remous causés par l’affaire de l’employée voilée au sein de Baby-Loup, qui participe du déménagement de la structure vers Conflans-Sainte-Honorine à la fin de l’année, la municipalité chantelouvaise délaisse l’associatif et renforce sa gestion de l’accueil de la petite enfance au sein de la ville. La nouvelle crèche devrait ouvrir ses portes à la Noé en janvier 2014. Des besoins à combler Bien que Mme Arenou reconnaisse que la mise en place de cette nouvelle crèche se fait « un peu à marche forcée », l’édile UMP consent que la perte de Baby-Loup entraîne la nécessité d’une réponse rapide aux besoins de garde des parents. Le service municipal existant étant déjà plein, la municipalité se voit dans l’obligation de louer les locaux de la trop célèbre crèche et d’y installer une vingtaine de berceaux. Voilà le maximum que puisse faire la ville pour l’instant, bien que les besoins semblent deux à trois fois supérieurs. Un contexte apaisé ? La nouvelle crèche conservera une vaste amplitude horaire (6h-22h), mais n’assurera pas l’accueil la nuit et les week-ends comme son prédecesseur. Catherine Arenou affirme néanmoins à nos confrères du Courrier des Yvelines que la municipalité passera une convention avec Baby-Loup pour répondre aux besoins spécifiques. Il restera néanmoins aux parents concernés à assurer le transport de leurs bambins jusqu’à Conflans-SainteHonorine. La municipalité prévoit l’ouverture d’une 8
Mme Arenou, maire de Chanteloup-les-Vignes s’explique. (Photo J2R)
douzaine de postes pour ce projet subventionné par la Caisse d’allocations familiales, CAF, et le département. Dans le même temps, on apprend par le maire de Conflans, M. Philippe Esnol, cité par le Courrier des Yvelines, que la nouvelle implantation de BabyLoup dans sa ville ne recevra pas de subventions de la part de la région Ile-de-France. La structure a beau déménager, l’agitation médiatico-judiciaire semble avoir rendu certains acteurs frileux.
Ce qui est assuré, c’est que la question juridique épineuse posée par « l’affaire BabyLoup » n’aura plus de raison d’être au sein de la nouvelle crèche : puisqu’elle sera municipale, la loi interdisant le port de signes religieux ostentatoires s’y appliquera, comme dans tout service public. Un point qui rassure certainement nos élus, mais n’aide pas les travailleurs chantelouvais aux horaires décalés à se figurer les futures modalités de garde de leurs enfants. r
L’affaire continue... Selon le site Figaro.fr, un article publié le 15 octobre fait état des conclusions du procureur général de la cour d’appel de Paris, François Falleti, qui contredirait l’arrêté de la cour de Cassation de mars dernier, qui avait annulé le licenciement de Mme Afif,la salariée voilée de la crèche BabyLoup. Selon le magistrat François Falleti, «il est essentiel de souligner que la liberté de conscience et de religion ne protège pas n’importe quel comportement, pour peu qu’il soit motivé par des considérations d’ordre religieux ou philosophique (…). S’agissant du port du voile, il convient en effet de rappeler ici que les théologiens de l’islam sont divisés sur la question de savoir s’il s’agit d’une prescription religieuse ou d’une pratique individuelle laissée à la libre appréciation des croyants. En cette matière, il n’est donc pas de consensus». François Falleti invoque aussi le problème de la montée des communautarismes pour justifier sa prise de décision. Et le procureur va plus loin : «Il apparaît que l’interdiction du port du voile islamique faite à ses salariées par l’association Baby Loup est justifiée par la nature de son activité et du public pris en charge». Décision le 25 novembre 2013 pour trancher entre les tenants d’une laïcité «fermée» et ceux ayant une «vision différentialiste, communautariste» de la société.
www.journal-deux-rives.com
LE JOURNAL DES
oct - novembre 2013
ACtualité locale
Chanteloup-les-Vignes
«On tient à ce bureau de Poste !» Le 8 octobre, le nouveau bureau de Poste de Chanteloup-les-Vignes a été inauguré par des personnalités politiques locales, dont le sous-préfet des Yvelines, M. Philippe Court. Devant une cinquantaine d’invités, Pascale Audry, directeur de l’Enseigne La Poste des Yvelines, a lancé la « Ola » pour cet événement festif et symbolique : l’inauguration d’un service public de proximité. Mme Audry a évoqué le terme « clients » pour désigner des usagers ; Mme Catherine Arenou, maire UMP de Chanteloup, a souligné la nécessité de cet équipement public pour le « vivre ensemble de la commune ». En effet, cette inauguration fut un moment inoubliable pour deux raisons. D’abord, l’ambiance était conviviale et cela s’est ressenti à chaque moment : les riverains invités à la Poste étaient ravis de se sentir chez eux. En effet, on voyait bien que cet équipement était attendu depuis sept ans. Mme Arenou a déclaré : « C’est l’aboutissement d’un rêve, qui parfois dure trop avant qu’il ne se réalise ! ». Parlant au nom de l’État, Philippe Court a souligné l’héritage de ce service postal dans un mon-
L’équipe du bureau de Poste de Chanteloup est prête à vous accueillir. (Photo J2R)
de de complexité et de concurrence. Ici, on peut « faire confiance à une Banque Postale » qui ne se refuse rien pour ses « clients-usagers ». Avec une touche artistique Cette inauguration a ensuite fait l’objet d’une collaboration avec l’artiste chantelouvais Ismaël Hooder, qui a imaginé et produit une pièce artistique unique, « Bernadette », huile sur panneau d’une dimension de 140 X100 cm. On y voit sur une surface assez austère le logo de la Poste composé de pièces jaunes, d’où le nom de l’œuvre. Celle-ci, spécialement conçue pour le bureau de la Poste à Chanteloup, est située sur un mur
juste en face de l’entrée et à côté du guichet « personnalisé » et SAV... On reviendra sur l’œuvre d’Ismaël Hooder ; cependant, l’œil attentif ne pouvait que se plaire à l’idée de regarder cette réalisation qui « tend à toucher le plus de monde possible avec le souci du détail. » Selon Hugues Ribault, le maillage de la Poste est solide et, suite à une politique volontariste de réhabilitation – qui a tardé quand même ! – les résultats sont désormais tangibles. Par l’investissement (400 000 euros) et pour l’intérêt de tous, « on tient à ce service postal de proximité... », a conclu M. Hugues Ribault. r
Décès de Gérard Sevault Disponibilité et passion sont deux traits qui ont caractérisé le travail de Gérard Sevault, maire adjoint de Chanteloup-les-Vignes. L’ensemble du Conseil municipal et les élus de l’équipe municipale de Chantelouples-Vignes ont l’immense tristesse de nous faire part du décès de M. Gérard Sevault, 3e maire-adjoint, survenu vendredi 4 octobre, à l’âge de 64 ans, suite à une longue maladie. Né à Saint-Aubin-Le-Dépeint le 18 mars 1949, Gérard Sevault, père de deux enfants, était chantelouvais depuis plus de 30 ans. Après une carrière comme professeur d’école technique chez Chrysler et comme responsable des véhicules de transports à PSA, il s’est consacré à sa commune. Dès 2008, il a siégé au conseil municipal, délégué aux transports. Depuis 2010 il était maireadjoint chargé des travaux et des transports.
Gérard Sevault est décédé le 4 octobre. (Photo DR)
Impliqué, intègre et toujours disponible, il a mené avec enthousiasme et succès de www.journal-deux-rives.com
multiples délégations : travaux, transports. Ses nombreuses actions ont marqué au quotidien les chantelouvais, comme sa participation active dans l’évolution des transports ou son implication dans la politique auprès des seniors. La cérémonie des obsèques a eu lieu le 9 octobre à 11 heures à l’Eglise Saint-Roch de Chanteloup-les-Vignes pour un dernier hommage à Gérard Sevault. Pour Philippe Tautou, le président de la Communauté d’agglomération des 2 Rives de Seine, c’était « une très belle cérémonie d’adieu, digne et solennelle. » En évoquant M. Sevault, Catherine Arenou, maire de Chanteloup, soulignait son travail pour la ville et le fait que « Gérard a pensé à Chanteloup jusqu’à son dernier souffle. » r 9
LE JOURNAL DES
oct - novembre 2013
ACtualité locale
triel-sur-seine
Le premier rallye pédestre des 2 Rives de Seine Pour la première fois, l’interco’ des 2 Rives est investie par les habitants d’une manière ludique. Le 29 septembre, ce premier rallye annonce d’autres expériences similaires d’ici à 2014.
Pissefontaine, quartier très tranquille de Triel-sur-Seine issu d’une ancienne seigneurie royale, commune libre jusqu’en 1793, n’avait jamais connu une telle affluence un samedi après-midi de fin septembre. Près de 80 personnes l’ont traversé par petits groupes, certaines s’asseyant sur la place, d’autres allant et venant, interrogeant une voisine du bar avant d’y entrer. Ce n’était pas l’origine du nom évocateur de ce lieu qu’elles recherchaient mais comment cette place s’appelait autrefois et qui étaient les Dames dont une rue garde le souvenir. Quelques-uns de ces promeneurs sont passés, sans voir leurs enseignes, à côté de l’ancien café et du magasin d’alimentation contigu, qui disparaîtront peut-être bientôt. Découvrir des quartiers pittoresques
Le bar, où le rugby triellois est à l’honneur, constituait la fin de la première étape du premier Rallye pédestre des 2 Rives de Seine ; les participants devaient remettre leurs réponses aux questions que leur avait concoctées l’association Triel, Mémoire
Les participants du rallye devant l’église Saint-Martin de Triel-sur-Seine. (Photo DR)
& Histoire (TMH). Le questionnaire et des photos-indices leur avaient permis de déterminer l’itinéraire. Parmi eux, de nombreux habitants de Triel, comme ceux venant de villes voisines, découvraient ce quartier pittoresque, où se trouvaient autrefois l’hôtel seigneurial, devenu une maison des religieuses de Poissy, et l’auditoire royal où la justice était rendue. Ils ont dû, ensuite, trouver que le poète qui avait célébré le vin de Triel était Paul Fort qui, habitant à Pissefontaine, avait écrit une ode en son honneur. Dans leur parcours du coteau, ils ont croisé des sentes aux noms
Jérémy Dujardin
Près de la mairie et de l’Eglise.
Rotisserie Fromagerie Produits de terroir «Manguez moins, mais mangez bien !»
Boucherie CLV : 56 rue du Général Leclerc 78570 Chanteloup-les-Vignes - Tél : 09.81.76.57.81 10
www.journal-deux-rives.com
bizarres ou particulièrement longs ; des villas et des maisons leur ont remis en mémoire d’autres célébrités de Triel, anciennes telles qu’Octave Mirbeau et Jeanne Rozerot, la mère des enfants d’Emile Zola, ou plus récentes comme Denise Grey. En revanche, l’histoire d’une belle femme dont le buste domine la tombe au cimetière n’est pas connue. Les 18 équipes ont visité longuement l’église Saint-Martin avant de rendre leurs réponses de la deuxième étape : ils devaient notamment trouver, sur un vitrail, que l’ani-
LE JOURNAL DES
oct - novembre 2013
ACtualité locale
Triel-sur-seine Orgeval mal domestique qui avait sauvé un jeune pèlerin d’une mort certaine, dans la légende du Pendu-Dépendu de Saint-Jacques de Compostelle, était un coq. Des époques défilent En passant par la Poste, construite à l’emplacement de l’ancienne auberge de l’image Saint-Martin, et le théâtre Octave-Mirbeau, la troisième étape conduisait les participants au bord de la Seine ; des questions leur ont fait découvrir les vestiges de l’ancien pont, puis la belle villa de M. Eugène Senet, maire du début du vingtième siècle, et son parc, devenus propriétés communales. Plus loin, ils se sont intéressés à l’industriel André Grelbin, qui fabriquait des matériels pour les usines à plâtre, avant de retourner à la salle municipale qui porte son nom. Au cours de la copieuse collation qui leur a été proposée avant l’annonce des résultats, les nombreux participants montraient plus de satisfaction que de fatigue : en se baladant et en s’amusant, ils avaient découvert divers aspects de l’histoire et du patrimoine de Triel. Après la présentation des réponses par Madame Danièle Houllemare, présidente de TMH, chaque équipe a reçu un prix qui récompensait ses efforts. Les deux premières ont gagné un repas dans un restaurant ou des places de théâtre. Le dernier vigneron de Triel a donné une bouteille de son vin pour chacune des cinq meilleures équipes. Michel Kohn, président de l’association ACV, la mémoire de Villennes (1) qui, après cinq rallyes pédestres dans sa commune, a proposé d’en élargir le concept aux autres villes de la Communauté d’Agglomération des 2 Rives de Seine, a félicité les animateurs de Triel, Mémoire & Histoire pour leur excellente organisation. Il a invité tous les participants de ce premier rallye pédestre des 2 Rives de Seine au deuxième rallye qui aura lieu l’an prochain dans une ville de la rive gauche. Il espère que de nombreux Triellois traverseront la Seine à cette occasion et que des habitants des autres communes de la CA2RS constitueront également une équipe. Le but de ces animations est en effet de faire connaître le patrimoine de leurs voisins aux habitants des douze villes de l’intercommunalité et de créer des liens entre eux, comme entre les associations d’histoire locale, d’un côté à l’autre du fleuve.r (1) Association culturelle de Villennes - la mémoire de Villennes.
La biographe de Guy de Maupassant
Mme Marlo Johnston, biographe de Maupassant à Triel-sur-Seine. (Photo J2R)
Marlo Johnston, biographe du grand écrivain français Guy de Maupassant, est venue le 5 octobre à Triel dans le cadre de la « causerie de Triel », organisée par Triel Mémoire et Histoire. Le J2R est allé à sa rencontre... Devant environ soixante personnes, Mme Johnston, biographe de référence de Guy de Maupassant, a littéralement subjugué son public en évoquant « son Guy », ici, dans les chemins triellois. La grande spécialiste de la littérature du XIXe siècle a expliqué et analysé les liens entre Triel et Guy de Maupassant, ainsi que son influence sur la littérature anglaise, et a fortiori universelle. Les auteurs anglais Dickens, Conrad, James, ont tous été des lecteurs de Guy de Maupassant. Dans un français impeccable, Marlo Johnston a égrené les rapports de Maupassant avec Émile Zola et Octave Mirbeau. Interrogée par la rédaction, elle a évoqué les séances de débats et échanges sur tout sujet de société à Médan, autour du cercle réuni par Emile Zola. Marlo Johnston a auswww.journal-deux-rives.com
si souligné les conflits (de génération ?) entre Octave Mirbeau et Guy de Maupassant : une polémique nationale avait éclaté sur une question d’usurpation d’identité et Mirbeau fit grief à Guy de Maupassant pour n’avoir pas pris de position sur cette affaire. Pour Johnston, « c’était de la jalousie ! » Mais comment faut-il aborder ce grand monument de la littérature française ? Selon Mme Johnston, avec son approche victorienne et issue de l’université de Buckingham, « Maupassant est un écrivain qui est mal compris... » ; et de ce fait, elle avait entrepris il y a dix ans une biographie monumentale, éditée en 2013 chez Fayard, qui a été accueillie favorablement aux « Cahiers d’Octave-Mirbeau ». (Voir page 29 et ss) Cependant, selon un compte-rendu de l’Express, le travail de Marlo Johnston a été jugé trop long et fastidieux. En réalité, les mille pages se lisent rapidement et sans aucun problème d’érudition. Malgré les quelques fautes de frappe, cette œuvre a marqué les esprits chez les inconditionnels du grand Guy. En attendant son travail sur « Les correspondances de Guy de Maupassant », Marlo Johnston a fait un énorme plaisir aux amateurs de la littérature et aux défenseurs du patrimoine local ici, à Triel-sur-Seine. r 11
LE JOURNAL DES
ACtualité locale
oct - novembre 2013
verneuil-sur-seine
Une médiathèque en Platinium Depuis septembre, la médiathèque de Verneuil-sur-Seine fait l’objet d’une campagne de communication bien rôdée, dont le point d’orgue fut l’inauguration classique du 16 octobre. Après avoir accueilli près de 200 professionnels du bâtiment dans le cadre de la « World Green Building Week » le mercredi 18 septembre, la médiathèque de 449 m2 a ouvert ses portes au public le mercredi 16 octobre dans le cadre d’une inauguration classique, spécialement en fin de journée. Philippe Tautou, maire de Verneuil-surSeine, a démontré une certaine jouissance de voir tant d’invités dans ce « beau bâtiment ». Cette ancienne grange du château était passée par tous les stades : abandon, ateliers municipaux et enfin une réhabilitation complète depuis deux ans. Ce bâtiment, qui fait partie du patrimoine local, a fait l’objet d’une rénovation introduisant de la modernité par le biais d’une certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design). Les ressources sont rares et il convient de les économiser. Une verrière photovoltaïque et la géothermie vont permettre de ne pas gaspiller les ressources naturelles. Philippe Tautou a ajouté que la surproduction électrique serait vendue à l’ERDF. Justement, l’architecte Pascal BrunelOrain avait convaincu Philippe Tautou de l’importance et la pertinence de mettre en œuvre une « médiathèque exemplaire », porteuse d’un héritage et d’une efficacité en termes d’économie d’eau et d’énergie (voir encadré). Lors de l’inauguration, l’élu a exhorté ses pairs et les personnes présentes à investir le lieu et à se l’approprier. « Ce bâtiment doit désormais vivre » a-t-il déclaré, avec des ateliers d’écriture, des heures de conte et des invitations artistiques. Par exemple, Francesco Candido, sculpteur-peintre à Poissy, a fourni des œuvres murales pour le bonheur des invités présents lors de l’inauguration. Ainsi, le 16 octobre fut un grand jour pour les usagers de la médiathèque de Verneuil. Toute une série d’animations culturelles ont ponctué cette journée, où le per12
sonnel comme la population ont pris possession de leur médiathèque. À 10h et 17h, le spectacle Le rêve de Sacha a réjoui les tout petits en explorant les univers sonores de notre quotidien. Les spectateurs ont été immergés dans un univers peuPhilippe Tautou, maire de Verneuil (à.g.), cherche à valoriser la certification plé des bruits «Platinium» délivrée par un organisme américain, US Green Building Council. (Photo J2R) de la ville, de la nuit, d’insectes, de bébés et autres. tional. Pour sa part, Ph. Tautou a conclu Un édile de Verneuil a même incité les avec philosophie : « L’exemple, ce n’est pas habitants des autres communes à y venir, le meilleur moyen de convaincre ; mais c’est le au moins pour « admirer » cette victoire seul ! » r environnementale reconnue à l’interna-
Un architecte en OR
Chez les Américains, tout est matière à superlatifs. Golden, best, magnifique... Ce sont des adjectifs qui reviennent souvent dans la communication quotidienne, d’où l’importance des relations publiques.
La certification Leadership in energy and environmental design (Leed®) est un système américain de standardisation de bâtiments à haute qualité environnementale, créé par le US Green Building Council en 1998, semblable à la « Haute performance énergétique » en France. Les 110 critères d’évaluation incluent : l’efficacité énergétique, l’efficacité de la consommation d’eau, l’efficacité du chauffage, l’utilisation de matériaux de provenance locale et la réutilisation de leur surplus. Cette exemplarité environnementale est le fruit de l’installation d’équipements de qualité, alternant les bonnes pratiques énergétiques. Une verrière solaire photovoltaïque, par exemple, couvre environ un quart des besoins du bâtiment. Cette technique sera complétée par l’utilisation de la géothermie réversible sur nappe, puisée à 45 m de profondeur. Les eaux pluviales sont récupérées grâce à deux cuves et l’installation systématique de robinets économes favorisera l’économie d’eau. La médiathèque de Verneuil fait référence au niveau mondial : 82 points spécifiques sur 110 ont placé l’ouvrage dans la catégorie « Platinium ». Avec cette carte de visite, l’architecte en or, Pascal Brunel-Orain (photo ci-dessus), pourrait voir sa cotation monter à la Défense (92), où il installe son pôle environnement. L’architecte Pascal Brunel-Orain du PBO architecture ainsi que les fabricants des produits utilisés sur cette opération (Terreal, Technal, Jetly, Artemide …), sont désormais influencés par cette vague (ou trend pour faire moderne). C’est le sens de l’Histoire, n’est-ce pas ! En conclusion, il est souhaitable que le savoir-faire français s’exporte avec ce véritable passeport américain de certification. r www.journal-deux-rives.com
LE JOURNAL DES
oct - novembre 2013
ACtualité locale
vernouillet
Commissariat, pose de la première pierre Le 28 septembre a eu lieu la pose de la première pierre du Commissariat de secteur du Canton de Triel-surSeine. Cet événement politique par excellence a permis à certains élus de s’afficher ensemble pour un projet qui avait connu dans le passé des différences d’approche et des vicissitudes budgétaires. Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional d’Île-de-France, a réussi à mettre ensemble, malgré les divergences locales, les élus du Canton de Triel. Le résultat palpable est la pose de cette première pierre pour la construction de ce Commissariat tant attendu par les habitants des Deux Rives. Les élus membres du syndicat intercommunal à vocation unique du commissariat de police du canton de Triel (SIVUCOP) réunissant les communes de Triel-sur-Seine (Joël Mancel, Président du SIVUCOP), Verneuil-sur-Seine (Philippe Tautou) et Vernouillet (MarieHélène Lopez Jollivet) ont affiché aussi leur satisfaction de voir ce projet sortir concrètement de terre. Présence policière assurée Après plus de dix ans de démarches des élus locaux auprès de l’État afin de parvenir à un accord sur la construction de ce nouvel équipement, le nouveau commissariat de police du Canton de Triel-sur-Seine va prochainement voir le jour grâce au soutien
Jean-Paul Huchon, le président de la Région entouré par les maires de Vernouillet et de Carrières et par le sous-préfet, Philippe Court. (Photo Ciro Prota)
financier de la Région Île-de-France. Ce commissariat de secteur, dont la livraison est prévue pour début 2014, sera construit à Vernouillet, sur le terrain situé rue Arnoult-Laroche, entre les rues Berthe et du docteur Schweitzer. Il garantira le maintien de la présence policière sur le canton et permettra d’accueillir les usagers dans des conditions adaptées. L’effectif de l’actuel poste de police sera en effet conservé (22 policiers), conformément aux engagements de l’État, et transféré dans ce nouveau bâtiment labellisé Bâtiment basse consommation (BBC). Conçu par l’agence d’architecture PBO, spécialisée sur les questions d’éco-construction, ce nouveau bâtiment s’inscrit pleinement dans le cadre de l’effort de construction durable des communes.
www.journal-deux-rives.com
Les travaux, d’un montant global de 1,62 millions d’euros HT, sont subventionnés à hauteur de 60% par le Conseil régional d’Îlede-France (972 000 €). La part restante est, quant à elle, prise en charge par le SIVUCOP, soit presque 2 millions d’euros HT. Il s’agit d’un Bâtiment basse consommation (BBC) conforme à la réglementation thermique (RT 2012) avec un gain de près de 9% par rapport au minimum requis pour ce type de bâtiment (classement B avec une consommation évaluée à 77 kWhep/m² dont 38W/m² sont dédiés au chauffage) Enfin, ce bâtiment disposera d’un système constructif préfabriqué isolé afin de réduire l’impact du bilan carbone de l’opération (6kgéqC02/m²/an – classé B), ainsi que la durée et les nuisances du chantier. r
13
LE JOURNAL DES
oct - novembre 2013
ACtualité locale
vernouillet
Marie-Hélène Lopez Jollivet, chevalier de l’ordre du mérite agricole Le 9 octobre dernier, Marie-Hélène Lopez Jollivet, maire de Vernouillet et présidente de l’Association pour un développement agricole durable en Seine-Aval et du GAL Seine-Aval (Groupe d’action locale), a été nommée chevalier de l’ordre du mérite agricole par Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt pour les services qu’elle a rendus à l’agriculture. Depuis le 11 octobre, la page Facebook de Marie-Hélène Lopez-Jollivet l’annonce. C’est une reconnaissance officielle qui consacre vingt ans d’engagement en faveur d’une agriculture périurbaine. Depuis 1993, Marie-Hélène Lopez-Jollivet participe - en luttant contre un projet d’inciné-
rateur - à la défense du caractère semi-rural de la commune de Vernouillet, du maintien de son agriculture et de la préservation de son environnement. En tant que maire, elle soutient la signature de la charte du développement agricole qui est l’aboutissement d’un partenariat mené entre l’Etat, la Région (Agence des espaces verts), le Département, la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) et les acteurs du territoire de la commune, dont les agriculteurs. En 2001, elle accompagne la création de l’Association pour le développement de l’agriculture périurbaine à Vernouillet et ses environs (Adapave) chargée de la mise en œuvre de la charte du développement agricole. L’Adapave permet la reconquête de 70 hectares de friches. Entre 2000 et 2008, 90 hectares de terres supplémentaires seront par la suite rendus à l’activité agricole. Elue maire de Vernouillet, elle met en œuvre en 2008 la première zone agricole protégée d’Ile-de-France (Zap). D’une surface de 240 hectares, cette zone couvre plus de la moitié du territoire de Vernouillet. La Zap constitue un engagement fort pour la préservation durable de l’activité agricole sur le territoire et la lutte
Marie-Hélène Lopez-Jollivet. (Photo DR)
contre la spéculation foncière. Grâce à son engagement, aux côtés d’une assemblée dynamique composée des acteurs clés du secteur (agriculteurs, élus, associatifs et entreprises), de nombreuses initiatives de développement agricole ont ainsi pu voir le jour et être accompagnées : magasin de vente des produits locaux, légumes biologiques pour les cantines scolaires, création d’espaces de rencontre entre urbains et agriculteurs, développement de l’emploi agricole… r
UMP-UDI, une campagne compliquée ? A Vernouillet, la droite et le centre-droit ne savent pas comment sortir de l’impasse politique en vue de la campagne de 2014. Pascal Collado, le candidat UMP-UDI, nous explique dans un entretien du 5 octobre que « la campagne bat son plein » pour lui, avec des réunions d’appartement, des tractages et sa présence sur les réseaux sociaux. Son plan comm’ est prêt et son programme « se bâtit avec les Vernolitains ». M. Pascal Collado est « pragmatique » : pour avancer, il « est prêt à tendre la main » à Claude Ney, l’autre candidat de la droite, afin de ne pas exacerber les difficultés qui s’accumulent sur leur route vers 2014. Depuis l’été 2013, il n’y a plus de contact 14
avec le candidat Claude Ney ou des membres de ce groupe. Pour M. Collado, il est urgent de ne pas continuer dans la scission car « la division fait le lit de la gauche ». Sur ce point, Pascal Collado souhaiterait que M. Ney et lui travaillent ensemble dans un rassemblement large pour battre la sortante, Marie-Hélène Lopez-Jollivet. Le candidat UDI-UMP, se comporte naturellement comme un adversaire de taille : Mme Lopez-Jollivet « a fait des choix hasardeux pour Vernouillet : les exemples se multiplient avec l’école de huit classes au centre-ville ; l’abandon du quartier du Parc ; et le transfert du centre commercial Val-de-Seine sur le site Eternit. Sur ce dernier point, comme pour les autres, il est indispensable de trouver une solution... pour redonner un autre élan à la ville. » Cependant, Pascal Collado n’est pas sorti d’affaire car Claude Ney est plus que déterwww.journal-deux-rives.com
miné, envers et contre tous ; de plus, M. Collado doit faire face à l’inextricable situation de l’UMP local : presque tous les adhérents sont partis de l’UMP pour faire campagne avec Claude Ney. Plus complexe, la nouvelle tête pensant de l’UMP de Vernouillet n’est autre que Hélène Brioix-Feuchet, l’autre membre du cabinet du député UDI Arnaud Richard. Pour mémoire, Claude Ney reste toujours membre du cabinet de M. Richard même s’il n’a presque plus de tâches à accomplir. Faut-il le licencier pour « faute grave » car Claude Ney « semble agir » contre les intérêts du parti UDI et donc du député Richard. C’est vraiment un casse-tête ! Cerise sur le gâteau : on vient d’apprendre que Claude Ney dirigera la campagne de Catherine Arenou, maire UMP de Chanteloup. Quel bazar ! r
LE JOURNAL DES
ACtualité locale
oct - novembre 2013
ORGEVAL
Franck Boehly en route pour 2014 Frank Boehly, adjoint à l’urbanisme de la bonne ville d’Orgeval, vient de franchir un pas vers la conquête de la mairie pour 2014. Que fera son ami de 12 ans, le maire sortant UMP Yannick Tasset ? « Quelque chose ne tourne pas rond dans le royaume d’Orgeval ? » Voilà la première réaction en écoutant le récit rapide de Franck Boehly, maire adjoint de Yannick Tasset, le 9 octobre. L’adjoint au maire a voulu « rendre publique » sa démission en tant que délégué à l’urbanisme et de ce fait démissionner de la garde rapprochée du maire sortant. Depuis juin 2013, le maire Yannick Tasset a été informé des intentions et des ambitions de Franck Boehly, qui voudrait être « un maire de terrain et en contact avec la population ! »
Franck Boehly vient de lancer un autre blog local «Agir pour Orgeval» en lieu et place du blog «Ensemble pour Orgeval».
(DR)
Ce sont les élections municipales qui font bouger les lignes à Orgeval. Selon Franck Boehly, « trois adjoints sur huit viennent avec [lui] ». Il a en plus été rejoint par un des membres de l’opposition actuelle, « Orgeval pour tous ». Membre
Yannick Tasset au crible des procédures judiciaires Trois affaires judiciaires enveniment la vie paisible du maire sortant UMP, Yannick Tasset. Lui, il reste zen(1).
Convoqué début septembre au tribunal correctionnel de Versailles pour une « erreur » dans le système d’indemnisation de 2008 des élus sans délégation, Yannick Tasset, le maire sortant, se défend en expliquant que cet incident n’est plus de mise car un arrêté municipal a été voté depuis. Il attend sereinement la suite de cette convocation avec la volonté de défendre son « honneur » en plaidant sa bonne foi ! Plus récemment, Le Parisien du 22 octobre 2013 (page III, section Yvelines) fait état d’une autre « erreur » dans l’aménagement d’un rond-point entre 2009 et 2010, qui avait conduit à la modification « illégale » du PLU, rendant constructibles certains terrains agricoles. La justice lui reproche aussi l’inutilité
de cet aménagement. Par ailleurs, Le Parisien évoque surtout un « détournement de fonds de 700 € » en faveur d’une famille de propriétaires fonciers. Mais Yannick Tasset clame haut et fort son innocence et sa méconnaissance de la filiation entre les propriétaires fonciers et la famille d’un des élus au conseil municipal. « Cette famille a des terrains partout ! », s’excuse-t-il. En troisième lieu, un déféré préfectoral du 26 septembre demande au tribunal administratif de Versailles de faire annuler un permis de construire (n°078 466 13 G 0237) de douze logements, sis rue de la Gare, suite au refus du maire d’Orgeval en date du 25 juillet 2013 de retirer ledit permis. Dans le cadre du contrôle de la légalité, les services de la préfecture ont décelé un certain nombre d’anomalies (construction de loggies...), dont une différence de hauteur du bâtiment. Le maire explique que le PLU « permet tout ce qui n’est pas interdit ». Quant à la différence de hauteur de l’immeuble, « tout le monde s’est www.journal-deux-rives.com
de la majorité, « Ensemble pour Orgeval », Franck Boehly a toujours été un fervent support du maire actuel. Ce dernier ne semblait pas avoir « envie » de se représenter après deux mandatures bien remplies. M. Boehly, en bon soldat, a tenu à rappeler les « engagements » du maire à son égard et a mûri son dessein depuis : ainsi, M. Boehly a « pris le chemin de la mairie » après avoir fait le maximum pour que le PLU d’Orgeval et sa révision soient sur la bonne voie. Quant à l’investiture UMP, Franck Boehly est conscient que le maire sortant pourrait avoir « un certain avantage », mais M. Boehly souhaite « être le candidat de droite sans étiquette ayant pour objectif un grand rassemblement » pour les Orgevalais. Franck Boehly, qui reste membre du conseil municipal, semble déterminé et de ce fait il a également mis fin à ses fonctions professionnelles afin d’être disponible et être à 100% en route pour 2014. Après cela, il s’attaquerait aux sujets « sérieux » de la Communauté d’agglomération des Deux Rives. Voilà un candidat qui voit déjà très loin... r
laissé abuser par l’erreur ! » Les interprétations divergent entre les services de la préfecture Y. Tasset, le maire d’Orgeval. (DR) et ceux de la mairie d’Orgeval : la pente était-elle de 32, 34 ou 35 % ? «Et même si l’erreur est manifeste, cela ne justifie pas, selon le maire, la destruction d’un bâtiment déjà habité ». Le maire persiste et signe : « Ce n’est pas la première fois que les tribunaux tentent de faire annuler un permis de construire... Les services de l’État ont aussi commis des erreurs et je vais le prouver ». Ainsi, Yannick Tasset balaie tous ces « faux procès d’intention à [son] égard » car, selon lui, « ce sont des attaques purement électoralistes » pour rendre les choses plus difficiles en 2014 à ce maire qui attend la suite avec sérénité. r (1) Nous avons téléphoné à M. Tasset le 11 octobre.
15
LE JOURNAL DES
oct - novembre 2013
ACtualité locale
Villennes
L’heure de vérité... a sonné Les opposants au projet de Port industriel de Triel se sont montrés actifs le 28 septembre et notamment pendant les horaires d’accueil du commisssaire-enquêteur à Triel-sur-Seine. C’est le moment de vérité pour ceux qui sont restés dans l’ombre... et l’artillerie lourde a été utilisée. De manière classique, les opposants villennois au projet de port industriel ont fait un coup d’éclat : le 28 septembre 2013, les membres de l’association Advenir se sont rendus en mairie de Triel-sur-Seine pour rencontrer le commissaire-enquêteur et exprimer leur « ferme opposition au projet de port industriel qui doit voir le jour en lieu et en place de la marina Saint-Louis ». Son président, Pierre-François Degand, a souligné la non pertinence de ce projet d’un autre âge : « En l’état, ce projet est inacceptable. Un port industriel en lieu et place de l’actuel port de plaisance est une aberration économique et écologique. Il doit permettre d’acheminer davantage de déchets pour leur traitement dans la boucle de la Seine, à moins de 150 mètres des habitations de Villennes. Comment ne pas craindre pour notre santé, celle de nos enfants et notre environnement ? » Plus de 1 000 contributions Par ailleurs, et selon le comité de soutien au maintien du port Saint-Louis, l’opposition
16
rable avec réserves ou pas du tout favorable. Le temps dira ce que le commissaire-enquêteur écrira dans son rapport. Cela dit, trois écueils semblent se profiler face aux maîtres d’ouvrage de ce projet qui date des années 1980. D’abord, l’association de riverains APTERS(1) va maintenant « entrer véritablement en action en attaquant au Tribunal Administratif l’enquête publique du Port de TRIEL, et plus particulièrement le futur arrêté du Préfet – dans un délai L’association Advenir devant la mairie de Triel. (DR) maximal imposé de 2 mois à compà ce port sort l’artillerie lourde (voir pages 22 ter de la promulgation de cet arrêté ». et 23). L’enquête publique s’est terminée le Cette action, menée par un avocat de renom, 4 octobre à 17 heures. Plus de 1 000 contri- est susceptible de faire capoter le projet, en le butions ont été déposées dans les registres retardant de plusieurs années. d’enquête, dont la grande majorité étaient Deuxièment, le conseil municipal de Villendéfavorables à ce projet. nes vient d’opposer un « NON » catégorique à ce projet (pages 22 et 23). Ainsi, le commissiaTrois écueils... à venir re-enquêteur aurait du mal à ne pas entendre Les conclusions du commissaire-enquê- les revendications des élus locaux d’une ville teur seront connues le 4 novembre 2013. Pour largement impactée par ce projet de port. le moment, le collectif souhaite rester « discret Enfin, un rapport sur l’état du fleuve jusqu’à cette prochaine échéance », mais il restera de la Seine et ses affluents, publié en 2012, « fortement mobilisé » sur les réseaux sociaux. pourrait venir contrecarrer les ambitions Plus de trois cahiers ont été remplis depuis des défenseurs de ce port industriel. Ce raple début de cette enquête publique. Le com- port indique en toutes lettres que le niveau missaire-enquêteur a été surpris par l’ampleur de l’eau de la Seine baissera constamment de la contestation et semble surtout mieux d’ici à 2050 : une baisse entre 16 et 25% du comprendre les vrais enjeux de ce projet : au- niveau actuel pourrait rendre inutilisable la delà de la création d’une poignée d’emplois Seine pour l’usage du transport fluvial. r (50 selon les opposants), le bilan comparatif « avantage-incovénients » n’est pas aisé à faire et (1) Association pour la Protection et la Tranquillité des Rives de Seine : www.apters.fr semble pencher pour un avis mitigé : favo-
www.journal-deux-rives.com
LE JOURNAL DES
oct - novembre 2013
ACtualité locale
Villennes-médan
Le hameau de Breteuil était en fête Après le centenaire de la gare de Villennes en 2011 et l’après-midi à Physiopolis l’année dernière, l’association culturelle de Villennes, ACV-la mémoire de Villennes, a voulu rappeler le passé agricole de sa commune, en organisant deux animations dans le hameau de Breteuil ; celuici étant partagé entre Villennes et Médan, les deux municipalités ont apporté leur partenariat. Samedi 21 septembre, la pluie ne s’était, malheureusement, pas interrompue comme prévu à la tombée de la nuit. Elle n’a pas découragé les 45 personnes qui se sont retrouvées à l’ancienne école pour une visite insolite
et musicale de Breteuil. Des parapluies les ont abritées, ainsi que les lampions dont elles et leurs guides avaient été munies pendant les deux heures de cette promenade dans le passé. Balade aux flambeaux À chacune des 12 étapes, deux excellents musiciens-chanteurs, Jean-Luc Houbron à la guitare et Pierre Loncle à l’accordéon, évoquaient musicalement le thème Un concert fut aussi organisé lors des Journées du Patrimoine. (DR) du lieu ; ensuite, Michel Kohn, président de l’ACV, résumait l’activité qui y teuil avaient exigé, après les lois de Jules avait été exercée, multipliant les anecdotes Ferry, que leur école soit construite en même trouvées dans les archives ; celles-ci étaient temps que celle du centre du village. L’instidéveloppées par les lectures de deux comé- tuteur avait particulièrement bien décrit les diens de la troupe Issus de ce cours, Cécile Cu- activités économiques du hameau, qui furent riel et Christophe Bouillette, qui en sont les évoquées ultérieurement : l’agriculture, la production de fruits et la tuilerie. animateurs. Dans le jardin d’une belle chaumière, la Les propriétaires de quatre maisons chanson Chez Laurette, chantée également par avaient ouvert leur jardin ou leur cour : - à l’ancienne école, la monographie de les participants, les a reportés dans les années l’instituteur de 1899 a permis de décrire pendant lesquelles Michel Delpech en était l’école à son époque. Les habitants de Bre- propriétaire. Un moment d’intense émotion (Suite à la page 19)
www.journal-deux-rives.com
17
15 0 b o u t i q u e s 3fontaines.com 18
www.journal-deux-rives.com
LE JOURNAL DES
ACtualité locale
oct - novembre 2013
Villennes-médan agriculteur, qui lui succéda pour diriger la commune, venaient de leurs idées politiques opposées, l’un républicain, l’autre clérical et réactionnaire, qualifié de bonapartiste militant. Passant insensiblement de Villennes à Médan, la procession aux lampions s’arrêta devant un lotissement aux grands arbres magnifiques, à l’emplacement de l’ancienne pépiQui prendra le relais de l’ACV pour organiser la fête en 2014 ? (DR) nière Derain. La balade se a succédé, au Mas de Breteuil, lorsque les termina, en musique, au Pré de la Fête, où se musiciens et chanteurs ont magistralement perpétuait chaque premier dimanche du mois interprété le Chant des Partisans ; il fut suivi de d’août, jusque vers 1970, la fête du hameau, à la lecture du rapport de l’affaire des quatre l’occasion de la Saint Moreau. Elle était aniCartespostaleVM3.qxd:Mise pageoù 1 par la fanfare de Villennes duentemps otages enfermés dans la cave de cette mai- mée son, où les occupants allemands jetèrent des elle existait encore. grenades ; deux furent lâchement assassinés, La fête au Pré de la Fête quelques heures avant l’arrivée des libéraLe soleil était revenu le dimanche 22 septeurs américains. Dans la cour d’une belle maison, qui aurait tembre pour reconstituer la fête traditionnelle pu être celle de vignerons, fut raconté un re- de Breteuil. Les habitants du hameau avaient pas de noces qui s’était mal terminé en 1774 ; accepté de repousser de deux semaines leur l’interrogatoire du prévenu et des témoins repas de quartier annuel. Diverses autres maprouvèrent que le vin de Villennes avait été à nifestations, en particulier la brocante de Mél’origine des violences d’un frère du marié en- dan, n’ont pas permis de donner au piquevers sa famille. Plus loin, une chanson à boire nique l’ampleur souhaitée mais les personnes fut interprétée devant la maison où se trou- présentes ont partagé leurs repas ; ils ont pu vait l’un des 5 bistrots de ce petit hameau. les compléter par les boissons fraîches et des Dans la propriété de l’arrière-petit-fils frites, proposées par le « Café de la Gare », par d’un agriculteur, maire de Villennes, où se les gâteaux, les crêpes et les gaufres confectrouve l’ancien lavoir, furent lus d’intéres- tionnés par des animatrices de la Caisse des sants témoignages, lors d’un procès oppo- Écoles de Villennes. sant le propriétaire de la tuilerie voisine et la Pendant le repas, puis tout l’après-midi, un commune, en 1882. La lecture d’un article du carrousel a mis en joie les enfants… et quel« Journal de Versailles » révéla que les conflits ques adultes, qui ont enfourché les animaux de voisinage entre l’ancien maire et un autre de bois qui tournaient sans cesse. Les jeunes et
leurs parents ont pu exercer leur adresse avec une quinzaine de jeux traditionnels en bois et un jeu de chamboule-tout, qui étaient mis gratuitement à leur disposition. Un autre jeu a été organisé, sur le terrain de boules, entre les animations musicales : originaire du Nord, non pas de la France mais de l’Europe, le Mölkky est un amusant jeu de quilles finlandais que beaucoup ont découvert à cette occasion. Avant la première partie du concert, qui a attiré un public de plus en plus nombreux, le maire de Villennes, François Gourdon, et son premier adjoint, Michel Pons, se sont félicités que le hameau de Breteuil fût mis à l’honneur à l’occasion des Journées du Patrimoine. Michel Kohn a remercié, pour leur contribution financière à cet évènement, la municipalité de Médan et celle de Villennes, qui a prêté et installé tous les matériels néces8/08/12 Page 1 été reconnaissant saires. Il a 16:10 particulièrement envers Michel Pons et Mireille Vasselin, élus de Villennes, ainsi que Karine Kauffmann, élue de Médan, avec lesquels il a monté ce projet. Un groupe de trois trentenaires parisiens, Trois pour une guinguette, a reçu de vifs applaudissements pour les chansons françaises des années 1920 à 1950 qu’ils ont interprétées en les mettant au goût de notre époque. Le contrebassiste et le pianiste, musiciens confirmés, ont accompagné, également vocalement, la chanteuse, excellente bien que non professionnelle. L’ACV a choisi une fanfare beaux-arts pour terminer ces deux jours de fête. Par cet événement sur deux jours, les habitants du hameau de Breteuil ont renoué avec leur patrimoine. Espérons que cette belle initiative pourra se renouveler l'année prochaine et que les bénévoles seront nombreux. r
CasaVesta, destination plaisir ...
un Noël à prix très doux ! Du 15 au 30 novembre, bénéficiez de - 20% sur votre 2ème achat*. Une vingtaine de grandes marques des arts de la table et de la décoration vous attendent pour ensoleiller vos Fêtes de fin d’année. Casavesta, le cadeau malin. Val de Seine à Vernouillet (galerie du Carrefour Market) Ouvert du lundi au samedi de 9h30 à 19h30 Tél. : 01 39 65 81 98 www.journal-deux-rives.com
19
LE JOURNAL DES
oct - novembre 2013
Dossiers
Pèlerinage littéraire de médan
La confrérie intellectuelle de Zola
Bernard-Henri Lévy et Pierre Bergé nous ouvrent les portes de la maison et de l’esprit d’Émile Zola. (Photo J2R)
Bernard-Henri Lévy, écrivain-philosophe, et Karl Zieger, professeur de littérature comparée, ont été à la hauteur des attentes des organisateurs du pèlerinage littéraire de Médan, commune de la rive gauche de la Communauté d’agglomération des 2 Rives. Devant 450 personnes, Bernard-Henri Lévy (BHL) a encore une fois de plus époustouflé son auditoire avec un discours serein mais convaincant pour commémorer le 111e anniversaire de la mort d’Émile Zola. 20
Comme son illustre prédécesseur, BHL est un intellectuel engagé. à Médan, il a su expliquer en quoi il peut être considéré comme le digne héritier d’Émile Zola, le message de l’écrivain étant toujours pertinent et d’actualité dans ce monde complexe dans lequel nous vivons. Pour l’agrégé de philosophie Lévy, Émile Zola incarne la « conscience humaine ». L’auteur du «Bonheur des dames», l’immigré de parents italiens apprend, comprend et reprend une à une les valeurs de la France, celles pour qui les gens sont prêts à se battre ici, ailleurs et partout : la liberté, l’égalité et la fraternité. L’héritage de Zola Au-delà du Zola romancier, BHL a souligné la force du Zola poète, dramaturge, philosophe. En réalité, Émile Zola avait été un avant-gardiste, comme on disait jadis. Autrement dit, un visionnaire qui, par l’écrit et par ses prises de position politiques, notamment sur l’affaire Dreyfus, a donné le hola à une www.journal-deux-rives.com
société en grande mutation. Et cela se justifie jusqu’à ce jour : « Le romancier doit être un avant-gardiste de la société ; c’est une question de pouvoir ! » Voilà comment BHL a peint la toile de fond du pèlerinage littéraire de 2013. Juste avant, Pierre Bergé, le mécène de la maison-musée Zola, a inauguré le pèlerinage en accueillant BHL comme un intellectuel engagé « qui est et sera dans tous les grands combats de la société contemporaine... » Plus d’un siècle sépare BHL de Zola, mais la flamme est toujours ardente : « Il faut frapper juste et fort pour pouvoir gagner » les batailles et les causes pour lesquelles on s’engage. En paraphrasant Zola, BHL indique la voie à suivre : « Il faut cogner ses adversaires avec la plume et avec le verbe ». À la question de savoir pour quelles causes il faut s’engager, le professeur Karl Zieger avait préalablement répondu lors de son allocution : chaque période produit des injustices et des débats émergent pour telle ou telle cause ou personnalité. D’une manière romanesque, Zola
LE JOURNAL DES
Dossiers
oct - novembre 2013
Pèlerinage littéraire de médan dans son œuvre avait choisi de symboliser la résistance à ces injustices. Par exemple, le texte « J’accuse » était un choix « symbolique » de défendre un homme, le Capitaine Dreyfus. Émile Zola s’était donc battu contre une injustice et contre un rouleau compresseur, l’Armée.
ILS ONT dit
Le 6 octobre à Médan, nous avons interrogé certains acteurs clé du pèlerinage littéraire de Médan : voici les déclarations de Pierre Bergé, mécène, Karl Zieger, professeur de littérature comparée, Martine Le Blond-Zola, vice-président de la maison Zola-musée Dreyfus. Enfin, on termine avec l’avis d’un groupe de médanais qui assistent au pélerinage depuis des années.
(1)
Pierre Bergé (photo 1): «Le binôme Zola-Dreyfus est un signe de l’antisémitisme. BHL est juif; par conséquent, il me semble avoir toute sa place pour venir parler d’Émile Zola et évidement de Dreyfus... Nous faisons cela depuis des années pour combattre les extrêmistes de tout genre. Zola représente une exigence morale de la part des grands intellectuels. Le combat de Zola est aussi celui d’aujourd’hui contre le Front national et contre le racisme.»
(2)
Karl Zieger (2) : «Émile Zola, ayant des origines vénitiennes, a symbolisé le romanesque au niveau littéraire. Cela dit, BHL dévoile une autre facette de Zola : Zola l’engagé pour des causes justes... Zola, de par son oeuvre et de par ses combats journalistiques, est un provocateur, un éveilleur autant qu’un défenseur de la vérité. C’est une de ses marques de notoriété internationale et de sa dimension européenne avant la Grande guerre de 1914.»
Zola et sa confrérie
«Néant» Pour reprendre la démonstration de BHL, Zola faisait partie des intellectuels, des gens de lettres qui s’ingèrent dans des « combats bons et justes ». Émile Zola était « un lutteur de la conscience humaine ». Sur le plan philosophique, Zola pose la question de la modernité : y en a-t-il une de gauche et une de droite ? Quant à cette vaste problématique, Émile Zola a fait des découvertes essentielles : la sexualité, le libertarisme, le sens de la modernité, la fêlure dans la littérature, « le trou d’être », le néant comme aurait dit Sartre. D’autres intellectuels tels Georges Bataille, Mallarmé, James Joyce... et Camus(1), ont repris ces thèmes découverts par Zola. Au final, il y a l’émergence d’une « confrérie de Médan » : Bataille, Mallarmé, Joyce, Celine et le petit frère Marcel Proust. Ce qui les lie est la recherche de ce « trou d’être » et son explication philosophique et littéraire. Le « Néant » avait été mis en avant par presque tous les membres de la confrérie : Louis-Ferdinand Celine avait souligné « l’impasse de la Nature humaine » ici même, à Médan, lorsqu’il fut invité à produire son discours à la gloire d’Émile Zola : « La route de l’humanité est un chemin d’un seul sens... vers l’horreur ! » Sur un autre registre, Marcel Proust, lors de ses premiers pas pour devenir écrivain, avait tenu à assister à l’autopsie du « grand écrivain » Zola. Pourquoi ? BHL ne le dit pas mais on le devine : pour voir quelqu’un ayant rencontré le « Néant ». En conclusion, le pessimisme n’est pas de mise dans la confrérie de Médan car, pour le contrecarrer, il faut « continuer à se battre pour l’espoir » de l’Humanité. Ainsi, la boucle est bouclée. Le « Néant » nous enténèbre mais il faut s’en sortir en « frappant juste et fort » pour l’avenir de la conscience humaine. C’est un des messages que souhaite propager la confrérie de Zola, et d’une certaine manière l’écrivain-philosophe Bernard-Henri Lévy. r Rodrigo ACOSTA pour lutter contre le
(3)
(1) Même si BHL n’a pas cité son nom pendant son
(4)
discours de Médan.
www.journal-deux-rives.com
Martine Le Blond-Zola (3), l’arrière petite fille du célèbre écrivain : «Cela fait quatre ans que le chantier [réhabilitation de la maison de Zola] a demarré... C’était indispensable pour attirer encore plus de visiteurs dans ce lieu qui m’est cher ! Il faut remercier les mécènes et en particulier Pierre Bergé. Sans la généroristé de Monsieur Bergé et les subventions du conseil régional d’Ilede-France et du conseil général des Yvelines, il n’aurait pas été possible de mener à bien un tel projet.» Marie-Thérèse Dutartre (à.g.), et un groupe de médanais (4) qui ont aimé le pèlerinage : «BHL est vraiment sensationnel par son élocution facile... Dans son message, BHL tient à souligner comment Zola a marqué Médan. De par son positionnement politique dans l’affaire Dreyfus, Zola a pris le risque de défendre les plus faibles et une cause juste ! J’assiste à tous les pèlerinages depuis des années et j’y viens accompagnée de mes pairs du conseil municipal de Médan.»r 21
LE JOURNAL DES
oct - novembre 2013
Dossiers
éco-port des 2 Rives
Deux coups marqués contre le Port Un débat a été organisé à Triel le 12 septembre sur ce projet qui fait couler beaucoup d’encre depuis 2010. Le conseil municipal de Villennes a ensuite adopté une délibération qui trouble le processus de concertation. En attendant l’avis du commissaire-enquêteur, le projet semble affaibli. Malgré tout ce que l’on peut dire sur Triel, cette dernière a une capacité démocratique insoupçonnable : Arnaud Richard, le député UDI, le conseiller général EE-LV Joël Tissier, Joël Mancel, le maire UMP et Jean-Pierre Houllemare, son prédécesseur, étaient présents le 12 septembre pour échanger, discuter sur un des enjeux majeurs de la Communauté d’agglomération des 2 Rives : le projet du Port industriel des 2 Rives. Environ 60 personnes ont écouté et participé à un débat démocratique, où l’on a tenté de mieux comprendre les avantages et les inconvénients de ce projet entre Triel et Carrières-sous-Poissy. C’est le 3e débat à Triel sur ce sujet !
Succès du débat triellois C’est l’Association pour la proximité et pour le commerce territorial (APPCT), qui a su organiser cette rencontre ayant une forte connotation économique. Il y a ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Justement, l’objectif de ce débat était de mieux cerner les arguments des uns et des autres. Le député de la 7e circonscription, Arnaud Richard, l’a bien souligné en introduction en citant Voltaire, sur la nécessité que tous les points de vue soient mis sur la table. Dommage que les défenseurs du port – conviés par les organisateurs – n’aient pas daigné venir et se frotter à un auditoire gourmand en informations. Nous avons remarqué l’absence de Ports de Paris, établissement public, qui était pourtant invité à cette réunion. Cela dit, les organisateurs – les commerçants et acteurs économiques de la Communauté d’agglomération des 2 Rives - sous 22
Vue aérienne de l’emplacement hypothétique du Port industriel. (Photo DR)
l’égide de l’Association pour la proximité et pour le commerce territorial, (APPCT) – ont collecté beaucoup de renseignements, afin de les partager avec le public présent. Cette méthode a connu un tel succès que certains participants ont été contraints de suivre les débats debout, malgré la bonne capacité d’accueil de la salle Grelbin. Arnaud Richard, député de la 7e circonscription des Yvelines, a ouvert la séance en se félicitant de cette initiative qu’il a qualifiée « d’utile et de pédagogique ». De plus, il a laissé entendre que le fleuve de la Seine permettait des déviations de son cours de temps à autre. Donc profitons....
Les habitants s’informent ! Étaient également présents le maire de Triel, Joël Mancel, son prédécesseur JeanPierre Houllemare, et le conseiller général, Joël Tissier ; les autres élus locaux n’ont, semble-t-il, pas pu se libérer. Certes, François Gourdon, le maire de Villennes, avait déjà organisé à Villennes le 5 septembre une réunion publique, qui avait dévié sur ce port industriel. À cette occasion, des voix s’étaient élevées contre le projet de port industriel, amenant M. Gourdon à se prononcer publiquement contre celui-ci, et ce devant le président de la CA2RS, Philippe Tautou, porteur et défenseur de ce projet. Côté avantages, Rodrigo Acosta, président de l’APPCT et par ailleurs directeur de publication du Journal des Deux Rives, a martelé le besoin de développement économiwww.journal-deux-rives.com
que, créateur d’emplois et de richesses (500, 300 ou 40 emplois probables ?). Le transport par voie fluviale est aussi économe en énergie et représente l’un des moyens durables de transporter. Ports de Paris a suivi la commande publique de la part de l’ancien président de la Communauté d’agglomération des 2 Rives de Seine, Pierre Cardo. Mais les opposants argumentent aussi solidement : une fois n’est pas coutume, ce sujet tant controversé, dénommé « éco-port » par les élus, a été le soir du 12 septembre le centre des préoccupations des participants, après qu’Anthony Effroy, acteur associatif, ait présenté le projet dans son ensemble. Celui-ci s’est appuyé sur les documents disponibles à l’enquête publique. Un powerpoint de soixante-dix planches a agrémenté la démonstration. Pour lui, ce port n’est ni fait, ni a faire. Il est « inutile et ne convainc pas » du tout. Celui-ci déclare : « Compte tenu du volumineux dossier soumis à l’enquête publique et de sa relative complexité, il nous semblait important de communiquer les informations utiles à la compréhension de ce vieux projet datant des années 1990 et de l’impact déplorable qu’il aura pour notre territoire s’il venait à se réaliser. D’après les documents, la filière de l’éco-construction bois, tant vantée par nos élus, semble abandonnée et, comme nous l’avons lu dans le cahier des charges d’exploitation de Ports de Paris, des installations classées verront le jour parmi lesquelles les activités éco-curatives comme le recyclage des métaux et le traitement de déchets ! » Et de poursuivre : « L’enquête publique [était] l’occasion pour les habitants de faire entendre
LE JOURNAL DES
oct - novembre 2013
Dossiers
éco-port des 2 Rives leur voix en donnant leur avis sur ce projet. » L’objectif affiché d’Anthony Effroy était clair : offrir aux personnes présentes toutes les informations nécessaires à la rédaction de leurs contributions à l’enquête publique qui s’est déroulée jusqu’au 4 octobre inclus. Pendant près de deux heures et devant une salle captivée, où de nombreuses associations environnementales étaient présentes, la plupart des arguments avancés pour justifier la création du port industriel ont été décortiqués et mis à mal, démontrant l’impact négatif que pourrait avoir ce projet pour les riverains et leur environnement. Le «non catégorique » Dans la prolongation du débat de Triel, le 11 octobre, le conseil municipal de Villennes-sur-Seine a adopté une délibération fermement défavorable à l’implantation du port industriel dans la Communauté d’agglomération des Deux Rives. C’est un coup de tonnerre politique et économique car le commissaire-enquêteur attendait avec impatience le vote de ce conseil municipal. Le public fort nombreux (50 personnes) attendait avec impatience le déroulé de l’ordre du jour du conseil municipal de Villennes-sur-Seine du 11 octobre : urbanisme, petite enfance, avant d’arriver au point sept, c’est-à-dire le projet du port industriel. François Gourdon s’est montré déterminé : « Comme Ports de Paris ne veut pas de mixité... Je vous invite [NDLR les membres du conseil municipal] à [vous] prononcer fermement contre le projet de port ! » Et il a fait de la surenchère : « C’est niet et c’est une manière de montrer notre liberté pour montrer notre désaccord depuis le début de cette affaire [NDLR : en 2010] ». Ce fut un vote à l’unanimité qui a, de surcroît, galvanisé les élus (de la majorité
comme ceux de la minorité) de la jolie ville de Villennes-sur-Seine. Juste avant cette délibération, le maire avait dressé un bilan de la position « modérée » de la municipalité. Ensuite François Gourdon a déclaré haut et fort : « On est contre le projet du Port de Triel et l’on assume ! ». Certes, au départ il devait y avoir juste une motion qui indiquait les contraintes écologiques et acoustiques si le Port devait se faire. Mais comme Ports de Paris avaient annoncé par voie interposée de la CA2RS que la mixité – entre le Port industriel et le Port de plaisance actuel, infaisable techniquement – n’était pas de mise, le maire François Gourdon a demandé au conseil municipal de le suivre dans la démarche de s’opposer au maître d’ouvrage, aux Ports de Paris et à la CA2RS. « Ce projet apporte une nuisance considérable et n’accepte pas une mixité entre la Plaisance et le Port industriel » et de ce fait, « il a le regret de pouvoir maintenir son avis défavorable.... » La question se pose de savoir s’il faut une motion ou une délibération (politiquement plus contraignante). Après discussion avec son bureau politique et après consultation de sa base politique, François Gourdon a soumis une délibération - qui chagrine non seulement Philippe Court, le sous-préfet de Saint-Germain, mais aussi le président de la CA2RS - qui va à l’encontre de la mise en œuvre de ce Port industriel en face des riverains de l’Île-de-Villennes. Ces deux coups sévères vont produire des effets sur le déroulé du projet. Quelles seraient les conséquences sur l’avis du commissaire-enquêteur ou sur la gouvernance de la CA2RS ? Est-ce que ce projet a une pertinence quelconque à ce jour ? Voilà deux questions qui se posent pour
Deux batailles gagnées mais pas encore la guerre ! Anthony Effroy, porte-parole du comité de soutien de la Marina :« Le
comité de soutien pour le maintien de l’activité de plaisance, qui représente neuf associations du secteur, se félicite de la forte mobilisation à l’enquête publique relative au projet de port industriel et remercie l’ensemble des participants. La commune de Triel-sur-Seine a émis le 3 octobre de nombreuses réserves et recommandations et a indiqué qu’elle émettait un avis favorable si l’ensemble des conditions exposées dans sa délibération étaient respectées. Nous relevons que les élus de Triel ont demandé entre autres à ce que toutes activités ICPE ne soient pas accueillies sur le site. La commune de Villennes-sur-Seine a, quant à elle, voté à l’unanimité une délibération fermement défavorable à la création de ce port de traitement de déchets. Sur les trois communes concernées directement par ce projet, seul le conseil municipal de Carrièressous-Poissy, dont les habitants seront eux aussi considérablement touchés par les nuisances (odeurs, poussières, circulations, bruit), n’a pas souhaité se prononcer au travers d’une délibération exprimant de façon démocratique la position de la commune. Alors que les maires de Villennes et Triel ont voulu protéger leurs habitants des futures nuisances générées par ce projet, seul le maire de Carrières-sous-Poissy, Eddie Aït, semble ne pas avoir jugé utile de prendre des dispositions pour préserver la qualité de vie de ses citoyens. La prudence reste de mise jusqu’à la communication des conclusions du commissaireenquêteur qui devraient être connues dans la première quinzaine de novembre.»
les défenseurs de ce projet qui fait débat depuis quatre ans. r SÉRIEUX
Tél. : 01 39 65 48 47 01 39 71 04 73
www.journal-deux-rives.com
23
LE JOURNAL DES
Dossiers
oct - novembre 2013
projets d’aménagement urbain
ZAC Centralité, qui perd gagne ! Depuis juillet 2013, le contentieux juridico-politique se durcit entre les acteurs de l’aménagement de la Centralité et le propriétaire du Centre commercial Leclerc dans le quartier Saint-Louis de Carrières-sous-Poissy. Une victime collatérale : un des trois promoteurs a plié bagages en laissant un vide dans le village de commercialisation du projet... Cela dit, les pouvoirs publics et l’EPAMSA, le bras armé de la Centralité, tentent de rassurer. Depuis notre première analyse en septembre 2012, sur le contentieux juridique entre le propriétaire du CC Leclerc et les pouvoirs publics et, par ricochet, les promoteurs, le feuilleton juridico-politique prend de l’ampleur. Fin 2012, le recours du CC Leclerc avait été débouté après six mois d’attente. Mais on a constaté que le requérant prenait à nouveau le chemin du conflit en faisant appel de ce premier jugement du Tribunal Administratif. Une manche de plus s’annonce entre les deux parties adverses qui s’installent dans une sorte de camp retranché de chaque côté.
Bras de fer En somme, le conflit se résume à un bras de fer entre le tenant de la propriété privée contre la puissance publique, incarnée surtout par le maire de Carrières-sousPoissy, qui avait signé jadis l’arrêt de la ZAC amorçant le grand projet de la Centralité. En effet, Eddie Aït défend le projet de la Centralité qui modifierait à moyen terme la morphologie urbaine de Carrières : 2 800 logements, des équipements, une agora et un ensemble d’équipements publics nécessaires à la construction de logements. En revanche, le propriétaire du Leclerc a plaidé 24
Un des promoteurs du village commercial de la ZAC Centralité a plié bagage.
(et continue de le faire) une sorte d’expropriation du fait de son immense terrain du parking. Il voulait un parking visible de la RD 190 et les « visionnaires » de la Centralité n’auraient pas assez tenu compte de cette demande. C’est un enjeu foncier classique, qui dépasse tous les calculs et estimations de ceux qui avaient lancé la ZAC de la Centralité dans le cadre d’une inauguration en fanfare en juin 2012. Les quatre promoteurs choisis avaient été ravis et se sont vite installés sur leurs points de vente, commercialisation oblige. Nexity, Arc promotion, SEMIIC et Promogin avaient allègrement encaissé des chèques dans le cadre des réservations pour des logements en VEFA (Vente en état de futur achèvement). Mais le chaos s’était aussi installé avec le premier coup d’arrêt juridique suite à la plainte du propriétaire de la grande surface Leclerc. Un an et deux mois plus tard, les quatre promoteurs s’interrogent. Que faire ? Comment interpréter ces allers/retours juridiques ? En fait, les quatre malheureux vivent désormais « au rythme de la justice administrative », en plus des aléas de la conjoncture immobilière qui, actuellement, n’est pas rose. Ainsi, mi-septembre, Arc promotion a levé le camp, laissant un vide dans le « village de la Centralité » qui réunit les quatre points de vente des promoteurs et un point d’information du projet Centralité. Un connaisseur du dossier interrogé par le J2R explique : « Partir, c’est se soumettre à la sagesse de la Justice ! Ce recours abusif est néfaste www.journal-deux-rives.com
(Photo J2R)
pour l’économie en général et pour l’emploi dans le bâtiment ici car environ 500 emplois ne pourront pas être créés, sans parler des retombées positives escomptées... » Plus tard, la Justice tranchera entre les deux positions – celle du propriétaire et celle de la Puissance Publique – mais à ce jour, il est encore trop tôt pour dire qui l’emportera....
Bataille médiatique En revanche, la bataille médiatique montre que la puissance publique veut gagner la bataille de l’opinion publique. De ce fait, il se produit une recrudescence d’actions de la part du maire de Carrières : toutes les semaines, ce dernier communique sur ses « projets » qui se lancent ou s’inaugurent... La dernière en date concernait le Parc du Peuple de l’Herbe. Dans un article chez nos confrères du Parisien du mois de juillet dernier, l’édile carrièrois a expliqué que c’était la fin de la récréation pour l’opposant à la Centralité. Le maire avait alors égrené les raisons pour que le projet de la Centralité prime sur « l’intérêt privé » du propriétaire foncier du CC Leclerc. L’intérêt général... la construction de 2 800 logements dans une banlieue où la pénurie s’aggrave de jour en jour... la fourniture de nouveaux équipements publics... En fait, il fallait « métamorphoser » la ville de Carrières en la dotant d’une vraie centralité. Bravo pour ce coup de communication classique, qui est aussi destiné à impression-
LE JOURNAL DES
oct - novembre 2013
Dossiers
projets d’aménagement urbain ner l’adversaire du moment. La non réponse de la partie adverse est troublante mais compréhensible car, à terme, la communication peut être à double tranchant. Et en définitive, pour le moment, cela ne change rien au fait que le temps passe et que les incertitudes s’accroissent. Ainsi, les quatre promoteurs réfléchissent sur les alternatives et se font du souci car il est impossible de prévoir ou d’anticiper. Dans le cas d’un montage d’un projet immobilier, cela s’appelle l’insécurité juridique inhérente à un lourd contentieux ; et de ce fait, les affaires ne peuvent réussir comme prévues. Donc le choix se résume à une alternative : abandonner ou faire une pause. À quel coût ?
Abandon ou pause ? Selon l’EPAMSA, il ne s’agit pas d’un abandon mais d’une pause dans la commer-
cialisation des logements. De toute façon, la demande de logements dépasserait les prévisions des défenseurs de la Centralité. Les promoteurs, les élus, les managers et chefs de directions et de développement seraient suspendus à la décision de justice (en appel) ; les victimes collatérales du recours du propriétaire foncier se révèlent être les quatre promoteurs de l’opération immobilière liée au grand projet de la Centralité. Une mise au point entre les quatre promoteurs et les ardents défenseurs de la Centralité est intervenue le 9 octobre dernier pour tenter de fixer une stratégie commune... vis-à-vis de l’opinion publique. Ainsi, le Courrier des Yvelines du 16 octobre titrait qu’il n’y aurait pas de marche en arrière, en relatant la signature d’un avenant à la convention de commercialisation entre les promoteurs et l’EPAMSA. Cet avenant prolonge dans la durée les engagements de chacune des par-
ties en attendant le déblocage de cette opération d’envergure. En clair le rythme lent de la justice est un enjeu : on peut avancer l’idée qu’aucune stratégie ne peut être efficace face à cet arsenal juridique mis en place par le propriétaire foncier du CC Leclerc. Certains promoteurs sont même contents de pouvoir sortir de cette affaire avant que l’on parle des indemnités pour ceci ou pour cela. Il vaut mieux attendre que la Justice tranche pour que le chaos juridico-politique se dissipe à Carrières-sous-Poissy. Enfin, la fin de la récréation a sonné, non pas pour le propriétaire foncier, mais pour les quatre promoteurs qui sont devenus les victimes d’une affaire qui dépasse l’entendement pour le simple observateur de la vie locale. Ainsi, dans les Deux Rives, la maxime : « Qui perd gagne ! » est d’actualité. r
Le J2R encore pillé Depuis huit mois, un nouvel acteur de l’information locale est apparu dans les Deux Rives. A priori, la concurrence – loyale – nous convient et fait partie des principes de l’économie libérale. Ceci dit, il est normal de s’insurger contre des pratiques déloyales, et surtout illégales, de la part du nouveau venu, la Gazette du Mantois & des Deux Rives. La Gazette du Mantois & Des Deux Rives (c’est son nom) couvre un vaste territoire allant du Mantois jusqu’à Poissy (voir photo). C’est un gratuit avec un prétendu tirage de 5 000 exemplaires par semaine. Selon le directeur Lahbib Eddaouidi, un des fondateurs de la radio LFM, ce support « va combler le vide sidéral avec une information fiable et de proximité ». Voilà une belle ambition journalistique que nous respectons. En revanche, le J2R combat les pratiques illicites. Nous avons découvert avec consternation le plagiat d’un article et d’une photo parus sur le site internet du Journal des 2 Ri-
ves.(1). Il est facile de constater le pillage et le plagiat de notre information (car nous étions les seuls à couvrir cet événement et à interviewer les commerçants d’Andrésy). L’hebdomadaire du Mantois a, sans aucun sens déontologique, reproduit l’un de nos articles dans son édition du 28 août 2013 à la page 5, titrant : « Andrésy : les commerçants demandent des indemnités à la mairie ». Ce n’est pas la première fois que la Gazette « s’inspire » de notre travail, mais le J2R estime que le dernier plagiat a fait déborder le vase de notre patience. En lisant la version de l’article sur l’hebdomadaire du Mantois, nous avons vite repéré la copie. Ce dernier cite même un commerçant : « On aurait pu maintenir le double sens de circulation tout l’été ». Or, le J2R est le seul journal qui ait mené l’enquête sur cette affaire depuis la rentrée. Le (ou la) journaliste en question a écrit son article à partir de l’original que nous avons publié. D’ailleurs, sur la ville d’Andrésy, les rédacteurs du Mantois s’étaient déjà inspirés, dans une édition précédente, d’un article du site du J2R sur la candidature de M. Hugues Ribault, l’actuel maire. Clairement, les journalistes du Mantois ont pillé notre matière grise. Depuis fin août, ils n’ont pas daigné répondre à nos demandes d’explications (lettres en recommandés avec AR). Jusqu’à preuve du contraire, la direction du www.journal-deux-rives.com
Un gratuit qui occupe le terrain. (Photo J2R)
J2R n’a jamais donné une autorisation quelconque pour la publication de cette photo sur ce support gratuit. À ce titre, la Gazette du Mantois – à ne pas confondre avec le Courrier du Mantois – a commis un véritable acte de pillage. Ce type de pratique est souvent qualifié par les tribunaux comme un délit de contrefaçon et n’est pas en règle avec les lois de copyright et de propriété intellectuelle. De fait, le directeur de publication et le journaliste ont enfreint la réglementation. Le J2R agira dans le cadre de cette loi et mènera une action juridique sans concession vis-à-vis de ce support, afin de faire valoir nos droits. Comme en 2009 et en 2012, le J2R ne se laissera pas faire ! r -.R.A. (1)www.journal-deux-rives.com/node/3422 25
LE JOURNAL DES
sports
oct - novembre 2013
Course à pied
Caillot a dominé la Vernolitaine Sous un ciel couvert, Yannick Caillot - avec un chrono de 34’ 30’’- a dominé le 29 septembre la 2e course du Challenge des Deux Rives. La Vernolitaine a attiré moins de monde, soit 240 participants, mais l’esprit et la convivialité étaient présents. Côté femmes, Catia Chapevaz (44’ 14’’) a remporté cette compétition matinale de septembre. La Vernolitaine a subi quelques modifications : un tracé nouveau et un point de départ différent ont fait croire que la course n’était pas la même pour les participants. « C’était moins dur que l’année précédente », nous a indiqué un compétiteur de l’année dernière. Cela dit, la convivialité était présente, notamment aux courses des 1 km et des 2,5 km. Le club organisateur Vernouillet Athlé sait organiser ce type de compétition et les professionnels du chronométrage, Topchrono, ont fait le reste. Justement, la course phare du 10 km est partie à toute allure et les 108 compétiteurs se sont lancés dans la joie et la bonne humeur. Il est à noter la participation du club Andrésy Athlétisme, du Verneuil Athlétic Club (VAC) et du FLEP de Carrières-sous-Poissy, qui entend défendre le titre de champion du Challenge des Deux Rives dans la catégorie équipes.
26
Yannick Caillot (dossard 141) a vite fait le ménage. MM Thiol (150) et Paqui (249) ont animé la 2e course du Challenge des 2 Rives. (Photo J2R)
Passons au déroulement des 10 km, véritable moment de compétition de la journée. Yannick Caillot (ASCA Peugeot Poissy) était le patron de la course. Tout de suite, il a attaqué et a mesuré l’état d’esprit des compétiteurs présents. Seul, Kevin Paqui, l’Andrésien, a répondu présent pendant les premiers 2,5 km de la course (c’est-à-dire une boucle sur 4). Dans un jeu classique, Caillot a accéléré et a voulu démoraliser son concurrent de la journée. Et le jeune Kevin Paqui a tenu bon jusqu’au 3e kilomètre. Puis, Yannick Caillot a creusé l’écart de presqu’une minute après le troisième tour (7,5 km). Seuls Kevin Paqui et Hervé Thiol ont tenté de garder un contact avec le futur vainqueur de la Vernolitaine, édition 2013. Le peloton était à quatre minutes du futur vainqueur.
www.journal-deux-rives.com
Côté femmes, Catia Chapevaz, avec un chrono de 44’ 05’’, a couru allègrement la course à sa façon et a mené du début à la fin. Elle n’a pas été contrariée par ses adversaires de la journée, pas même par Stéphanie Toussaint (45’54’’) du VAC. Sur cette course, Émilie Demoly de Villennes-sur-Seine a créé la surprise en arrivant deuxième avec un chrono de 45’ 27’’. La pluie a failli gâter la cérémonie de remise de prix, mais les organisateurs avaient anticipé et les prix ont pu être décernés, malgré quelques absences ici et là. C’est ainsi que la Vernolitaine s’est terminée avec son lot de prix et de joie. Espérons que l’année prochaine le tracé et la météo seront un peu plus adaptés aux attentes des participants. r-R.A.
LE JOURNAL DES
Sports
oct - novembre 2013
Les cross de chapet et d’orgeval
Junca à Chapet et Savoyen à Orgeval Les deux cross - à Chapet le 6 octobre et à Orgeval le 13 octobre- ont laissé la possibilité aux anciens et nouveaux talents de s’exprimer : Fabrice Junca du VAC et Romain Savoyen du Saint-Quentin-en-Yvelines.
La 31e édition du cross de Chapet a été décevante... car il n’y a pas eu beaucoup de participants. Seulement 92 coureurs, petits et grands, se sont déplacés le 6 octobre pour une des courses comptant pour le challenge des Deux Rives. Le vainqueur, Fabrice Junca (dossard 126, photo ci-contre), a survolé l’épreuve de 10 km avec un chrono de 35’ 03’’. Ce dernier avait déjà gagné l’épreuve en 2001 avec un meilleur chrono (33’18’’). Dans une ambiance morose – due à la concurrence sportive causée par la Foulée olympique qui s’est déroulée en même temps à la Base de loisirs de Verneuil– le cross de Chapet a réuni moins du monde par rapport à l’année 2012. Par exemple, l’équipe FLEP de Carrières s’est partagée en deux, quatre de ses membres sont allés participer au cross de Chapet, tandis que les autres sont allés courir la Foulée olympique. Cependant, les bénévoles du comité de fêtes ont affiché une belle image pour préserver la traditionnelle course de Chapet. Le départ était fixé à dix heures et le favori, Fabrice Junca (dossard n°126, sociétaire du Verneuil Athétic Club, VAC), a rapidement pris le
Dans une ambiance conviviale, le cross d’Orgeval s’est tenu le 13 octobre dans des conditions exceptionnelles : frais mais pas trop froid. Les 250 participants ont apprécié le parcours et l’accueil de tous les bénévoles de la course. Le club du VO2 Rives s’est montré conquérant durant la journée de compétition (courses de 1,2 km et 2,4 km et 4,5 km). Sur cette dernière, par exemple, Erwan Le Gal et Adrien Jamet ont pris les deux premières places des 4,5 km. Caillot cède
Savoyen Quant à la course de 9 km, le cross d’Orgeval a enregistré un mano à mano entre Yannick Caillot (à.g. sur la photo ci-dessous et un chrono de 31’ 15’’) et Romain Savoyen (chrono de 31’ 03’’) pendant les deux grands tours du cross des As. En troisième place, le jeune « apprenti » Reda Attaoui (31’ 26’’) a surpris Caillot et Savoyen au 9 km d’Orgeval. (J2R) Erwan Villemain (31’ 46’’) en arrivant avant le vieux routier des courses dans les Deux Rives. Côté femmes, la cadette Faustine Pujol d’Aubergenville (40’ 56’’) a devancé Pascale Antonus (41’ 31’’ de Saint-Germain). Stanislava Halberstadt a fermé le podium femmes avec un chrono de 45’ 37’’. Vous pouvez voir les photos et consulter tous les résultats de ces deux cross sur le site du J2R. r -R.A. à la pression de
Fabrice Junca (35’03’’) a facilement gagné le cross de 10 km à Chapet. (J2R)
contrôlé de la course. Avec un chrono de 35’ 03’’, il a survolé la course : « Il n’y avait pas de concurrence, a souligné Fabrice, car Caillot était blessé et les autres étaient partis ailleurs... » En tout cas, le VAC était présent en enregistrant une belle deuxième place pour Abdel Kharbichi avec un chrono de 38’ 14’’. La troisième place a été conquise par Christian Dumont avec un chrono du 39’ 07’’. Côté femmes, Stéphanie Toussaint du VAC s’est imposée facilement avec un chrono de 46’ 55’’. Elle a aussi contrôlé la course du bout en bout, suivie de Marie-Noëlle Dieudonné avec un chrono de 48’ 05’’. En troisième place, Isabelle Chuimert du VAC, avec un chrono 48’ 56’’, a montré la puissance « des flèches rouges » pour cette 31e édition du cross de Chapet. Bravo au comité des fêtes, qui tente tous les ans d’animer cette belle commune rurale.
POISSY : mardi, vendredi & dimanche MANTES : mercredi & samedi VERNEUIL : mercredi & dimanche www.journal-deux-rives.com
27
LE JOURNAL DES
oct - novembre 2013
SPORTS
Handball dans les 2 rives
L’USHB2V se consolide À l’occasion de la saison 2013-2014, le club de hand ball de Vernouillet s’allie à la ville de Verneuil-surSeine.
Lors de l’assemblée générale de juillet 2013, l’Union Sportive de HandBall de Vernouillet (USHBV) a changé de dénomination sociale et est devenue « Union Sportive de HandBall de Vernouillet et Verneuil » (USHB2V). « Le changement s’explique par une entente effective entre l’association et la mairie de Verneuil-sur-Seine suite à une forte demande des Vernoliens pour pratiquer le handball en club », explique le nouveau président d’USHB2V, Thierry Mauraisin. L’alliance a été l’occasion d’instaurer une nouvelle dynamique et une nouvelle jeunesse pour l’association. Pour ce faire, un nouveau bureau, un nouveau logo et un nouveau site internet officiel(1) ont été mis en place. Partenariat local Le restaurant Le Jardin Breton et l’épicerie fine locale Éclats de Délices ont pris part
28
à l’aventure. Cette année, un nouvel allié de taille les rejoint : Décathlon Chambourcy. « Un partenariat unique a été établi pour la saison 2013-2014 avec l’entreprise qui est une grande référence en matière de ventes d’articles de sport. C’est une première pour le magasin qui nous fait confiance afin de promouvoir ses articles de handball », insiste Stéphane Carfantan, vice-président du Équipe régionale moins de 17 ans d’USHB2V - saison club. 2012/2013. (Crédit photo : Sylvie Mauraisin ) Grâce à la détermination et à l’ambition des membres d’US- très motivées. Lors de la saison précédente, les HB2V, l’union sportive espère porter moins de 15 ans, moins de 17 ans et moins de ses équipes jusqu’au plus haut niveau de 20 ans ont tenté le championnat régional en qualification comme dans les années 90. portant haut et fort les couleurs d’USHB2V. Cette décennie marque l’apogée des hand L’adhésion des Vernoliens, jeunes et moins balleurs vernolitains qui ont connu les jeunes, en cette nouvelle saison est donc très at16e de finale de Coupe de France contre tendue », termine Thierry Mauraisin. r Villeneuve d’Ascq en 1999. Le rêve na- Christophe Mikolajczyk tional au XXIe siècle est possible pour le club. « Nous avons des équipes qui sont (1) http://ushb-vernouillet.fr
www.journal-deux-rives.com
LE JOURNAL DES
CULTURE
oct - novembre 2013
Un jour un livre
Biographie définitive ! Les Cahiers OctaveMirbeau (n° 20, daté de 2013) ont analysé la biographie de Guy de Maupassant, écrite par Marlo Johnston (photo ci-contre). Le J2R la reproduit ci-dessous quelques extraits avec l’accord de l’auteur(1). Marlo Johnston, Guy de MaupasFayard, février 2012, 1336 pages ; 45 €. S’il est une biographie de Maupassant qui mérite le qualificatif de définitive, le voilà, sous la forme de cet imposant ouvrage que, sans conteste, chaque spécialiste de Maupassant voudrait avoir écrit. Paradoxe pour ce qui concerne Maupassant, c’est une femme qui épouse, sans parti pris d’empathie, les contours intellectuels, psychologiques, esthétiques, de son modèle, au point de nous le faire comprendre en sa profondeur et en sa surface. Force est en effet de reconnaître que les biographes masculins se taillaient jusqu’à présent la part du lion, à travers les noms de René Dumesnil, en 1933, Paul Morand, en 1942, Armand Lanoux, en 1979, Henri Troyat, en 1989, ou ceux des commentateurs de diverses spécialités, Louis Forestier, Gérard Delaisement, Pascal Pia, plus loin de nous, Georges Normandy. De surcroît, c’est une chercheuse britannique qui se penche sur un auteur reconnu comme le paradigme de l’écrivain français épris de clarté et d’équilibre ! En un style dépouillé, sec, quasi administratif – le choix de titres intérieurs épurés l’atteste, aussi bien que celui qui couronne l’ouvrage – qui tient à distance tout affect, Marlo Johnston semble s’être fixé pour objet premier de retranscrire, attester, témoigner, restituer. ../... Le parti pris de Marlo Johnston est éminemment clair : à la différence de René Dumesnil, par exemple, pour qui l’héritage intellectuel est avant tout le fruit d’un terroir, décliné en une forme de rêverie proustienne sur les noms de lieux sillonnant la Haute Normandie ou le pays de Caux, la situation de Guy de Maupassant est ici principalement intégrée à une lignée familiale, le plaçant sous la double influence des Maupassant et des Le Poittevin. Ce roman familial se monsant,
Marlo Johnston a écrit sur un des monuments de la langue française.
tre par conséquent très largement tributaire d’une innutrition historique. Significatif est, à cet égard, le faible intérêt porté à la branche lorraine paternelle de Maupassant, qui, à l’opposé, est au centre de l’étude généalogique de Dumesnil. Face à un tel souci du détail, le danger est la complexité, et un arbre généalogique schématique n’eût pas été de trop. L’autre danger consiste en une manière d’atermoiement dans l’exposition de données simultanées, que l’écrit, il est vrai, peut difficilement mettre sur une identique ligne. Ainsi de la première mention de Zola, dans les années 1875, irruption d’importance, dans la vie de Maupassant, dont la mention se fait ici de façon un peu biaisée. Si l’on doit évaluer ce qu’apporte de neuf l’ouvrage, il nous faut reconnaître que son efficacité tient à l’analyse pointilleuse des informations de second plan – ou prétendues telles – et à l’approfondissement des données d’un intérêt de rang inférieur. Grâce à un travail qui procède de façon concentrique, ce sont des pans entiers de notre connaissance de l’écrivain s’appuyant jusqu’à présent sur des bases sur lesquelles on se reposait un peu par pétition de principe, qui se trouvent mis en lumière. ../... En spécialiste de la littérature britannique, Marlo Johnston éclaire ici les liens subtils qui www.journal-deux-rives.com
(Photo J2R)
peuvent se tisser de la culture française à la décadence anglaise ; ainsi risque-t-elle, un peu plus loin, et avec bonheur, un rapprochement avec les essais littéraires de Joyce, ce qui est plutôt inédit. C’est donc dans le déploiement des éléments légèrement marginaux (rencontres, climat de pensée, fréquentations et liens familiaux, etc.), en amorçant un écart par rapport à la linéarité biographique souvent imposée artificiellement par les biographes de Maupassant, que se découvre tout l’intérêt de ce pas de côté. Une telle progression de biais correspond à une avancée véritable. Car les recherches historiques, généalogiques, littéraires, l’exploitation de fonds manuscrits inédits, finissent par converger en une image neuve et affinée de l’écrivain. Le sentiment du lecteur est celui d’une biographie qui ambitionne de redémarrer ex nihilo moyennant la tabula rasa des redites et des énièmes ressassements du sujet – et qui y parvient assez bien. L’humilité du projet sert ainsi son efficacité. ../... Pour les connaisseurs de Mirbeau, il convient de noter la nature de la première mention de ce dernier, fort indirecte, du temps où le Maître Flaubert confie au disciple Guy certaines missions. Parmi celles-ci, la moins surprenante n’est pas celle qui consiste à tâcher de convaincre la jeune comédienne Alice Regnault de prêter sa voix, et le reste, 29
LE JOURNAL DES
cULTURE
oct - novembre 2013
Un jour un livre à la mise en scène de la pièce de Flaubert, Le Sexe faible, été 1874, en vain, semble-t-il. Plus intéressant, car objet d’une analyse plus fine, est le traitement critique d’une certaine affaire qui préoccupa Maupassant, fin 1884, lorsque ce dernier rendit publique par voie de presse l’escroquerie dont un usurpateur lui faisait payer les frais, s’appropriant son nom et multipliant ainsi les dépenses muni de ce viatique. Contre toute attente, Mirbeau se dresse, dans « Réclame », paru dans les colonnes du Gaulois, contre ce qu’il interprète comme un nouvel effort de publicité venant de Maupassant. L’analyse qui est faite par Marlo Johnston renseigne, par la mise en perspective des attitudes et à la lumière de la façon dont à l’époque sont perçus les deux hommes. Il s’agit en effet pour les deux écrivains, d’une question d’image de soi, également de correspondance ou au contraire d’inadéquation, à la perception publique du statut de l’écrivain : Maupassant, qui s’en voit dépossédé par un tiers, Mirbeau, qui s’honore d’être à la hauteur de son rôle de polémiste. Le biographe s’en sort, non en renvoyant dos à dos les protagonistes (« Qu’est-ce qui te prend de m’engueuler ? », s’insurge Maupassant écrivant à Mirbeau), mais en reconnaissant combien deux caractères profondément différents surent s’entendre au-delà des résistances imposées par des philosophies divergentes, « car Maupassant n’était pas rancunier, et Mirbeau était capable de reconnaître ses torts ». La restitution par le menu (près de quatre pages) de l’affaire, qui vit en juillet 1886 Maupassant égratigner légèrement Loti, défendu en retour par Mirbeau, met à mal, à tort ou à raison, l’honnêteté morale de l’auteur du Calvaire, taxé de jalousie et d’inconséquence. Envie suscitée par la réussite de Maupassant à accéder aux chroniques les mieux rémunérées dans la grande presse ?
Incompatibilité de caractère entre Mirbeau et celui qu’il baptise « ce Bouddha sacré », « le Jeune Maître », « le roi de Chatou » ? Il est une hypothèse que Marlo Johnston eût pu formuler, celle qui réévalue l’attaque de Maupassant contre les « chanteurs de légendes et de paysages colorés » en matière de récit oriental, notamment quand il s’agit d’évoquer l’Inde, à l’aune de ce qu’il pouvait lire de Mirbeau en 1885. Le Baiser de Maïna de Robert de Bonnières vaudrait mieux que les œuvres de Loti. Comment ne pas émettre la possibilité que Maupassant ait eu connaissance des Lettres de l’Inde de Mirbeau, parues en 1885, et qu’il décoche dans son article du 6 juillet 1886 une flèche aussi enflammée qu’elle est tardive ? De même, en 1887, l’esprit accablé par les responsabilités familiales multiples, dont la moindre n’est pas la charge de placer définitivement son frère Hervé entre les mains des aliénistes, Guy livre-t-il à Octave cette impression de lecture de L’Abbé Jules, où il nous paraît qu’il faille voir aussi les résonances intimes avec cette situation de frère responsable, mais secrètement douloureux : « Il [l’abbé] m’a donné la notion précise de ce qu’est un damné. Ce vieux mot s’est éclairé pour moi à cette lecture. […] Il [ce livre] explique un de ces tempéraments mystérieux et exceptionnels, bien que fréquents, dont la rencontre nous étonne, et dont on dit légèrement “ C’est un fou ”, sans chercher à découvrir le mécanisme déréglé de ces êtres. » ../... C’est Maupassant l’homme qui intéresse l’auteur, qui déploie une attention privilégiée à la santé et à la progression du mal, et tâche d’envisager l’humanité de Maupassant, par exemple, en évaluant les implications de son état syphilitique sur son refus proclamé de se marier, notamment. Taine pensait, de la nouvelle « Le Champ d’oliviers », qu’elle attei-
gnait à la grandeur d’Eschyle. Il nous semble que c’est toute la fin d’existence de l’écrivain qui touche à l’intensité des tragédies du poète grec. C’est en effet toute la charge de fraternité et l’écho d’humanité pitoyable qui surgissent de cette étude, pourtant menée de manière fort neutre, mais telle que Maupassant suscite la compassion du lecteur, à travers le remarquable stoïcisme du malade, qui voit se désagréger sa santé, lui échapper irrémédiablement un corps jusqu’alors dispensateur d’orgueil et de joies, et un esprit s’agitant dorénavant hors de la sphère de sa pleine volonté : « Certains chiens qui hurlent expriment très bien mon état. C’est une plainte lamentable qui ne s’adresse à rien, qui ne va nulle part, qui ne dit rien et qui jette dans les nuits, le cri d’angoisse enchaînée que je voudrais pouvoir pousser… » Aveu douloureux de Lucien, vertigineuse victime perdue au centre de Dans le ciel, de Mirbeau ? Non pas, mais ultimes paroles d’effroi de celui qui sait qu’il va bientôt connaître vivant la solitude du tombeau, Guy de Maupassant. En fin de volume, on trouvera trois annexes qui font la part belle à la contextualisation historique des connaissances relatives aux aspects de la légende attachée à Maupassant, parmi lesquelles le déni de syphilis : où l’on retrouve le nom de Jean-Maurienne, fondateur de la première Société Mirbeau, comme colporteur, en 1947, d’allégations controuvées concernant la folie de Maupassant. Le puriste réclamera, afin d’atteindre à une manière de perfection déjà raisonnablement proche, que la prochaine édition soit radicalement expurgée de quelques rares – à peine une dizaine – et malheureuses coquilles. r Samuel Lair (1) Société Octave-Mirbeau 02 41 66 84 64 michel.mirbeau@free.fr
P’TITS BOULOTS Jardinage
Ménage - repassage Déduction d’impôts et service à la personne Tél. :
01 69 27 47 82
Port. : 06 32 12 57 08 Courriel : ptbj@orange.fr
Service de qualité
30
www.journal-deux-rives.com
C LE JOURNAL DES
cULTURE
oct - novembre 2013
Présenté
Bloc-notes de l'Histoire
Renefer, dessine-moi un Poilu L’association andrésienne Renefer est l’un de ces passeurs de la Grande guerre. Sa présidente, Gabrielle Thierry, présente Carnet de poilu. Leur vie racontée aux enfants par Renefer, publié aux éditions Albin Michel. Tout droit sorti des archives familiales, transmis à Gabrielle Thierry par le petit-fils de l’artiste andrésien Renefer, ce carnet de croquis est aujourd’hui réédité en fac-similé, au format poche. Réalisé pour sa fille Raymonde, née en 1907, par son père mobilisé, il est un témoignage moderne et touchant de la réalité de celle qui devait être la « Der des Ders ». Architecte de formation, Raymond Fontanet, dit Renefer (1879-1957), est mobilisé dès 1914 dans le 1er régiment de génie. Il vit la Première Guerre mondiale aux premières loges, du début du conflit –la bataille des Frontières sur le front Ouest- jusqu’à la démobilisationétalée de l’armistice au printemps 1920. L’artiste est donc témoin et acteur d’événements aujourd’hui gravés dans la mémoire nationale. Il prend notamment part à la bataille de Verdun et ses quelques 700 000 morts, et participe au recul allemand lors de la bataille de la Somme. Sa formation scientifique et son coup de crayon lui valent ensuite d’intégrer la section topographique de la 72e division d’infanterie (STDI 72). Cette affectation et le travail qu’il y produit lui valent d’être décoré de la croix de guerre pour « avoir exécuté maintes fois de périlleuses reconnaissances […], se portant spontanément aux points les plus exposés pour exécuter les travaux et croquis relatifs à son service ». Il termine la Grande Guerre comme lieutenant du 9e régiment des zouaves, régiment déco-
Leur vie rac
ré de la Légion d’honneur. Un soldat- artiste
Mais l’essentiel à retenir de la présence de Renefer dans la « Der des Ders » n’est pas son parcours militaire. Son regard, ses croquis sur le vif, en font un artiste-soldat incontournable, un passeur exceptionnel. Fac-similé du carnet ORIGINAL, Carnet de poche relié, 162 x 104 96 pages couleurs, sur papier de luxe munken 150g, 14 €. Il grave au front des dizaines de dessins commandés par l’éditeur d’art Gaston de l’image choc du combat et de la mort, mais dans Boutitie : « Je me souviens, que pour être tranquille, je le but de montrer que le fil ténu de la vie n’est pas travaillais dans les boyaux d’évacuation des tranchées » rompu.» Cette correspondance permet à l’endira Fontanet dans une interview en 1946. Il fant de comprendre où est son père, d’apillustre des portfolios retraçant Verdun et la préhender la situation sans être exposé à la Somme, la vie de campagne en Meuse et en traumatisante réalité. Ce que l’on reconnait, Alsace, puis réalise la première édition illustrée ce sont des silhouettes caractéristiques : le du Feu, Journal d’une escouade, roman autobio- poilu de base est flou, barbouillé, comme graphique d’Henri Barbusse qui obtient le Prix pour retranscrire sa condition ; les gradés Goncourt en 1916. Le critique d’art Gustave sont plus nets, élégants et propres. L’écriture, Geffroy écrit, à propos de ces soldats-artistes, qui fait face au dessin, est simple et tendre, témoins si précieux de la Grande Guerre : « Les tantôt drôle ou poignante. Artistes sont des soldats, ils sont à la guerre, devant la Précieux pour toute personne qui s’intéguerre, dans la guerre, et ils n’ont que le souci de fixer ce resse à ce sombre début de XXe siècle, le préqu’ils viennent de voir. » sent ouvrage l’est encore plus pour les jeunes « Je vais te raconter générations(1). Le carnet de Renefer se terce que je vois de drôle ici » mine par l’allusion aux milliers de morts et à Le carnet que Renefer réalise pour sa fille leur sacrifice : « Quand tu seras grande et que tous n’est pas un étalage cru des horreurs de la les ans on fêtera la gloire et la bravoure de nos soldats, guerre. Sans éluder les maux que subissent tu penseras à toutes ses petites croix éparses dans les ces millions de soldats, le père envoie à sa champs, elles sont le gage de ton bonheur à venir.... ». fille Raymonde, surnommée Belle Petite Monde, Une conclusion qui raisonne, cent ans après, un témoignage qui s’apparente presque à un comme une invitation à se souvenir. r conte, sensible et empreint de poésie. Ainsi Etienne Lincquercq que le souligne la présentation de l’ouvrage : Le Carnet de Renefer est à l’origine d’un concours national « La subtilité n’est pas dans l’affichage à tout prix (1) pour les classes de primaire autour de la guerre 1914-18.
Un ouvrage soutenu par : Le Ministère de l’Éducation Nationale, La DMPA et l’Office National des Anciens Combattants (ONAC).
Ouvrage support du concours national « Les petits artistes de la Mémoire » qui invitent les élèves de CM1 et de CM2 à partir à la recherche des traces laissées par un poilu, originaire de leur commune ou de leur département, puis de raconter sa vie à la manière de ce carnet de poilu.
OCTOBRE 2013 Fac-similé du carnet ORIGINAL Carnet de poche relié www.journal-deux-rives.com Format : 162 x 104
31
LE JOURNAL DES
oct - novembre 2013
cULTURE
philosophie
Mais qu’est-ce qu’un « Café philo » ? Une fois par mois, à la Maison des Arts de Maurecourt – qui propose aussi différents ateliers « artistiques », des conférences d’histoire de l’art, des conférences musicales, du ciné débat, des expositions – a lieu une séance de « Café philo ». Celle-ci est gratuite, le café aussi. Le 1er Café philo a été initié par Marc Sautet en 1992, au Café des Phares sur la place de la Bastille, à Paris. Cette habitude de se réunir dans un café, pour pratiquer la discussion philosophique, est apparue par hasard, Marc Sautet ayant souhaité, à l’époque, ouvrir un cabinet de consultation philosophique à Paris -une alternative à la psychothérapie-, à l’instar de Gerd Achenbach en Allemagne. Marc Sautet prenait l’habitude de réunir autour de lui tous les dimanches matins au Café des Phares des amis afin d’élaborer son projet. L’un de ses amis lui obtint un temps de parole dans une émission radio, au cours de laquelle il mentionna cette réunion hebdomadaire. Les auditeurs, dont je faisais partie, pensèrent qu’un nouveau lieu d’expression publique était né et se déplacèrent pour le rencontrer. Marc Sautet accepta, généreusement, d’animer ainsi chaque dimanche matin un débat philosophique au Café Des Phares. L’expression « Café philo » était née, puis le mouvement s’étendit dans toute la France et se mondialisa. À la suite de Marc Sautet, en 1993, j’ani-
32
mais mon premier Café philo au café Le Cluny, Boulevard Saint-Michel. Le succès du débat philosophique au Café des Phares était tel que le public débordait sur le trottoir. Pour désemplir ce lieu, je proposais à Marc Sautet de lancer un deuxième Café philo sur la place de La Bastille. Le concept du «Café philo» est né en France. (DR) Si le concept du Café philo est né en France, d’autres formes de pratiques philosophiques se sont prit et à la maîtrise de soi en acceptant la développées à travers le monde, tels que le parole et les idées des autres. Cette discipline cabinet de consultations philosophiques, est utilisée avec les enfants, afin qu’ils dévemais également la philosophie pour enfants, loppent, dès leur plus jeune âge, leurs capale « Ciné philo » et autres tentatives visant à cités à « vivre ensemble ». Le Café philo s’inspire des Lumières et de restituer cette discipline - originellement faite pour tous- aux citoyens, tout en la faisant la révolution française qui, depuis Condorcet, mettent l’accent sur l’éducation populaisortir de son cadre purement scolastique. La méthode d’animation d’un Café philo re et la formation permanente des citoyens varie selon les animateurs, mais la philoso- à penser par eux-mêmes, afin d’améliorer et phie étant originellement un mode de vie, de pérenniser la Démocratie. Le débat philosophique est une enquête un art de vivre, de réfléchir, une quête de la « sérénité » et de la « sagesse », les «Nouvel- sur une question proposée et votée par le les Pratiques Philosophiques » mettent l’accent groupe. L’animateur chemine avec les partisur l’aspect « pratique » de la discipline. C’est cipants, les aide à clarifier leur pensée et leur pourquoi dans un Café philo, le Philosophe- discours, recentre, questionne et synthépraticien est attentif, en premier lieu, non tise… tout en transmettant simplement et pas à une connaissance érudite de la philo- par petites touches la culture philosophique sophie, mais à la manière de raisonner et de à travers l’histoire de la pensée. Le « Philosophe-praticien » s’inspire de la dédébattre de chacun des participant(e)s. À l’origine, la philosophie se transmettait marche socratique qui consiste à faire accoupar les arts dialectiques. Cette culture du dia- cher les participants de leur propre pensée logue se perpétue à travers les Cafés philos, (maïeutique), pour une meilleure compréen formant les participant(e)s à une écoute hension entre les hommes. r Bruno Magret attentive, à une plus grande ouverture d’es-
www.journal-deux-rives.com
LE JOURNAL DES
CULTURE
oct - novembre 2013
Expos et spectacles
« Oxplosion » par Sébastien Patron Sébastien Patron a exposé à Carrières-sous-Poissy : un voyage initiatique entre l’art et les sciences... Explosif ! Sébastien Patron est un jeune artiste triellois qui a déjà accompli un vrai parcours artistique (initiatique diraient certains !) : École de Condé à Paris XVe et retour aux sources ici, dans les Deux Rives, pour exposer pour la première fois une œuvre pour le moins explosive ! La ville de Carrières-sous-Poissy a accueilli cet artiste dans le cadre d’une exposition intitulée « OXPLOSION » durant le mois d’octobre 2013. Mais laissons l’artiste, Sébastien Patron, décrire son art : « Je suis une sorte de chercheur curieux, photographe et artiste, dont le travail se déplace entre les champs de l’art et de la science. Ma mission est d’exploiter les formes élémentaires des phénomènes naturels et les capturer dans la manière la plus étonnante possible. Mon but est de présenter les aspects invisibles et poétique de notre monde naturel et de vous inviter à vous arrêter un moment et apprécier la magie qui nous entoure constamment. » Ce message dit tout ce que l’artiste tente de montrer avec « OXPLOSION », constituée d’une série de photos et d’œuvres qui
touchent le cœur du visiteur. Cette exposition est composée de neuf grandes photos et quarante plus petites qui vous « explosent » à la figure, qui vous parlent avec violence et parfois avec tendresse. C’est la complexité d’un monde en mouvement perpétuel. Pour Sébastien Patron, il s’agit de rendre visible « ce que l’œil voit mais ce que le cerveau n’imprime pas ! ». Beaucoup de monde est ainsi venu au vernissage de cet artiste qui a été accueilli le 2 octobre par Eddie Aït, maire, conseiller régional et vice-président de l’interco’ des Deux Rives. L’édile Hasard est une oeuvre explosive. (Crédit photo Sébastien Patron) carrièrois a salué la compétence et la fraîcheur de cet artiste triellois, artistiques. Bravo l’artiste et bonne continuaqui porte bien son nom ! Il va de soi que le tion. r -R.A. J2R encourage, quel que soit le domaine, les Voir quelques illustrations de cette exposition http:// nouveau talents, qui contribuent à rendre no- www.sebastienpatron.com/#!high-speed-photo-oxplotre interco’ vivante sur les plans culturels et sion/c1vc8
Dix bougies pour Jacky Weber Une centaine de choristes, une mise en scène astucieuse dans un COSEC peu adapté pour ce type d’événement, mais une détermination intacte, voilà les grands ingrédients de la soirée Gospel du 5 octobre pour fêter les dix ans de cette pratique à Triel. Une soirée pleine de « soul »(1) Pour les dix ans de pratique de la musique Gospel dans les Deux Rives, sous l’impulsion de Jacky Weber, ce concert a permis de réchauffer les cœurs et remplir les âmes. C’est dans un Cosec de Triel-sur-Seine bien rempli que les premières notes de guitare se sont faites entendre : Jacky a appelé un
par un tous ses « complices » et ses amis qui, durant dix ans, ont chanté avec lui, afin de former une grande chorale à l’occasion de ce grand soir. Etaient donc réunies les trois formations suivantes : Choeur Gospel ; Esprit Gospel et Gospel attitude. Dès les premiers chants, le public était déjà conquis, tapant dans les mains sur un rythme endiablé. Des retrouvailles et des remakes classiques, tel que Let my people go, ont continué d’animer l’audience. Les cent choristes ont ébloui le public présent, qui semblait parfois à bout de souffle ! Jacky Weber qui, entre chaque partition discutait non sans humour avec l’assistance, a dirigé cette troupe de talentueux choristes d’une main de maître ! Après un entracte qui a permis à tout le monde de reprendre ses esprits, chacun des choristes a sorti le grand jeu : c’était l’apothéose... et une chaude ambiance s’est inswww.journal-deux-rives.com
Jacky Weber (à.g.) a fêté les 10 ans de Gospel dans les 2 Rives. (DR)
tallée jusqu’au moment final du concert. À ce moment précis, Jacky a fait appel à deux autres chorales : la nouvelle chorale de Flipou et celle d’Aviva entreprise. Dans un véritable feu d’artifice, les voix se sont démultipliées pour offrir au public un moment magnifique, fait de chants et de danses inoubliables. On en redemande ! r -.R.A. (1) âme en anglais.
33
LE JOURNAL DES
oct - novembre 2013
cULTURE
Vie associative
Exposition-vente de l’association Bethel Chaque année, l’association Bethel organise cet événement pour financer un progamme d’insertion professionnelle et sociale. Retenez les 16 et 17 novembre. Lieu : Boissy l’Aillery, près de Cergy-Pontoise. L’association Béthel accueille en post-cure des toxicomanes et alcooliques majeurs, afin de les aider à se réconcilier avec eux-mêmes et leur permettre de se réinsérer dans la vie sociale et professionnelle. Deux fois par an, l’association ouvre ses portes lors de grandes expositionsventes présentant l’ensemble des meubles restaurés dans le cadre des formations délivrées aux stagiaires. L’événement attire tous les ans plusieurs milliers de personnes, frappées à chaque fois par la qualité et la diversité des meubles présentés et sensibles à l’œuvre de l’association.
34
La prochaine Exposition-Vente aura lieu les samedi 16 et dimanche 17 novembre 2013 de 10h00 à 19h00, dans les locaux de l’association. Fondée en 1976 par le Pasteur Alain Benoît pour répondre à la détresse des jeunes sous l’emprise de la drogue, l’association leur propose une prise en charge sociale et éducative, ainsi que des formations artistiques valorisantes, développant leurs capacités de création dans le champ de l’ébénisterie d’art et la restauration d’authentiExposition-vente aura lieu les 16 et 17 novembre. (DR) ques meubles anciens. L’association vit de cotiASSOCIATION BETHEL sations et de dons (déduction d’impôt de 75% 12 Bis rue Macaigne Fortier du don pour les particuliers dans les limites 95650 Boissy l’Aillery légales), de donations de mécénat, du produit de la taxe d’apprentissage (Catégorie A et B par près de Cergy-Pontoise cumul) ainsi que de celui des expositions-ven01 34 66 98 80 tes. r www.association-bethel.fr
www.journal-deux-rives.com
DERNIÈRES NOUVELLES...
Monument aux morts «Octuor-sur-Seine» Pierre par pierre, le Monument aux morts d’Andrésy a été déplacé mi-octobre. Pour Alain Mazagol, adjoint au maire chargé des travaux, il était temps car le chantier avance et la cérémonie du 11 novembre approche. Désormais, le Monument aux morts est situé à côté de la bibliothèque d’Andrésy. Dans le cadre des travaux du centre ville, ce déplacement fut un des points d’achoppement pour les détracteurs du maire actuel, Hugues Ribault. Dans la foulée, la mairie compte paver la place devant le Monument aux morts faisant un parking de 22 places au centre ville. Ce beau monument est mis en valeur par l’ouverture de cet espace urbain. Enfin, certains noms inscrits sur le Monument ont été refaits en raison de fautes d’ortographe. r
Une délégation japonaise
Ce jeudi 3 octobre, la ville de Carrières, en lien avec le Centre japonais des collectivités locales (CLAIR), a accueilli une délégation japonaise composée d’une vingtaine de citoyennes de la province d’Ibaraki (centreEst du Japon), travaillant sur la thématique de l’égalité femmes - hommes. Ces dames ont été accueillies notamment par Eddie Aït, maire et conseiller régional d’Île-de-France, et Laëtitia Durand de Gevigney, adjointe au maire en charge de la Petite Enfance. La rencontre portait sur la question de l’égalité femmes – hommes dans le domaine de la Petite Enfance. À travers la visite de plusieurs structures municipales dédiées à la Petite Enfance (crèche familiale « Les P’tits Lutins », Relais d’Assistants Maternels « Les Frimousses » et chantier de la future crèche dans le quartier des Bords de Seine), les membres de la délégation ont pu découvrir la politique municipale conduite dans ce domaine. r
Victoria Thomas expose Carrières-sous-Poissy
à
Victoria Thomas, artiste connue et reconnue ici dans les 2 Rives, a exposé au 3e Salon des arts de Carrières-sous-Poissy. Elle a inauguré son exposition le 27 octobre pour montrer ces dernieres productions icônographiques. C’est une belle initiative de Carrières-sousPoissy pour attirer les meilleurs artistes et peintres de la Vallée de la Seine. Victoria Thomas a su conquérir un public fidèle dans les 2 Rives. r
Un nouveau propriétaire au Tabac « Art de Vivre » Depuis le mois de juin 2013, Jean-Michel est le nouveau propriétaire du Tabac au Centre-commercial « Art de Vivre » à Orgeval. C’est un lieu où l’on peut trouver les journaux nationaux... et le J2R. Depuis la rentrée, Jean-Michel et Anne sont très pris par les nouveaux horaires et par la clientèle du centre commercial « Art de Vivre ». Ayant repris ce commerce le 1er juin 2013, Jean-Michel explique que la clientèle est sensible à la crise économique et, de ce fait, les affaires sont au ralenti... cependant, Jean-Michel ne désespère pas et compte sur la fin du 2e semestre 2013 pour caler son affaire par rapport aux attentes de la clientèle. : Tabac « Art de vivre » - CC art de Vivre 78630 Orgeval - Tél : 01 39 75 62 86 r Didier Boillon obtient une belle 5e place
Dans le cadre du concours de la meilleure baguette de tradition des Yvelines, Didier Boillon (à.d. sur la photo ci-dessus), le boulanger du centre-ville à Triel près de la Poste, a gagné une belle 5e place lors de la Foire de Mantes. Le concours a eu lieu le 15 septembre. Bravo et félicitations à Didier et son équipe trielloise : Ana Goncalves et Christophe Renard. Didier Boillon fait désormais partie du décor triellois : il participe à tous les événements festifs de Triel, et notamment la fête du Flan. Il se donne à 100% pour la réussite des kermesses trielloises avec des « galettes des rois géantes », pour la plus grande joie des enfants. Avec son physique imposant, ce très sympathique boulanger semble sorti d’un film de Marcel Pagnol. Pour revenir à ce concours à Mantes, Didier a voulu se frotter aux meilleurs boulangers des Yvelines. Parmis les 130 participants, la « tradi » de Didier a fait impression devant le jury présidé par Olivier Gérard, président des artisans boulangers-patissiers des Yvelines. Il fallait que la baguette fasse 50 cm de longueur et ait quatre coups de lame, dans la pure tradition française. Sa passion du pain lui a permis de réaliser un beau parcours en se hissant parmi www.journal-deux-rives.com
les meilleurs boulangers des Yvelines. Didier souligne que « ce prix lui donne de l’énergie et donne une nouvelle dynamique à sa boutique » et, par extension, à son équipe. L’entreprise familiale de Didier Boillon a repris une boutique qui vivotait dans le temps. Par l’excellence et par le travail acharné, Didier a su attirer une nouvelle clientèle et conforter ses acquis. r
Le J2r est un exemple On nous écrit : « C’est avec un grand plaisir que j’ai reçu, lu et relu le « Journal des Deux Rives » dans lequel vous consacrez une belle page à « Fleurs en Seine », et je vous remercie chaleureusement pour les lignes élogieuses qui me concernent. Et c’est aussi avec une très vive attention que j’ai pris connaissance de l’ensemble de ce n° 112, et vous félicite de tout coeur pour sa présentation, la diversité des sujets abordés et les illustrations qui les accompagnent. Ce journal, dont j’apprécie l’indépendance d’esprit est une réussite dont je ne peux que vous complimenter, est vraiment un exemple pour beaucoup de publications locales ou régionales. Je suis ravi que la Poésie y soit à l’honneur et vous serai reconnaissant de bien vouloir me faire parvenir un second exemplaire... Je suis heureux de vous offrir, dédicacé en souvenir de notre bon entretien du 14 septembre, un exemplaire de mon livre « 78 poèmes pour nos Yvelines » dans lequel Triel n’est pas oublié. » Jehan Despret, Secrétaire Perpétuel de l’Académie de Versailles et Membre Correspondant de l’Académie des Sciences, Arts. r
Le J2R attaqué en diffamation A la suite de la publication, sur notre site et dans le numéro 111 du J2R (daté juin-juillet 2013, pages 20 et 21), d’un article dénonçant des faits de « harcelement psychosociaux » commis au sein de la Police municipale de Triel-surSeine, le responsable de ce service a déposé une plainte en diffamation contre nous. Le Directeur de publication, M. Rodrigo Acosta, a donc été convoqué le 9 octobre dernier par un juge d’instruction du tribunal de Versailles qui, après avoir pris connaissance de la consistance de la plainte, sans se prononcer sur le fond, a renvoyé l’affaire au tribunal, qui statuera après examen du dossier. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés du déroulement de ce procès, qui devrait s’ouvrir dans le courant de l’année 2014. Nous sommes néanmoins sereins quant à l’issue de celui-ci, ayant toujours fait notre travail comme il doit l’être. r 35
West Marina
Votre Port de plaisance à l'Ouest de Paris 300 places à sec et à flot
1 avenue de paris, Chemin de la fontaine aux beigneux 78740 Vaux sur seine
Tél. : 01.30.99.01.01 Vente bateaux Neufs/Occasion Entretien Réparation
www.journal-deux-rives.com