Sept-octobre 2018
JOURNAL INDÉPENDANT
Numéro 140
Andrésy-Maurecourt
Promoteurs « vautours » : Une vraie offensive des prospecteurs fonciers se déroule à Andrésy. Le maire réagit et met en garde les propriétaires. Page 10
Carrières-sous-Poissy
World CleanUp Day : La première édition de cet événement mondial a été relayée sur le terrain par le collectif « Dé Page 12 chargeons la Plaine ».
Triel-sur-Seine
Votre eau : A quand la même eau pour tous ? Services publics : l’eau potable adoucie, mais pas pour tous !
Projets immobiliers : La grogne monte contre les projets en cours ; le maire temporise mais la population s’organise et se mobilise. Pages 16-17
Conflans-Sainte-Honorine
Tibétains : De Conflans à Achères, le bidonville de Tibétains est une bombe à retardement. L’État ne répond pas, malgré l’urgence. Page 14
Depuis la mise en service de l’unité d’adoucissement collectif de l’eau potable de l’usine Suez de Flins-Aubergenville, de nombreux habitants de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O) sont satisfaits de pouvoir profiter d’une eau débarrassée de son calcaire. Toutefois, de fortes disparités existent toujours, pour la qualité et le prix de l’eau, entre les 73 communes. Cette innovation de l’un quatre exploitants de la distribution de DOSSIER l’eau est l’occasion de faire un état des lieux de ce service public essentiel.
Verneuil : conflit d’usage à l’Etang de la Grosse Pierre
La BNO risque de disparaître suite à l’apparition d’un nouvel acteur à l’Étang de la Grosse Page 20 Pierre : le Cercle nautique de l’Étang de la Grosse Pierre.
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ÉDITORIAL
LE JOURNAL DES DEUX RIVES - SEPT-OCT. 2018
L
Interview de Jean-Luc Santini*
e 11 septembre, Jean-Luc Santini, viceprésident délégué à l’eau et l’assainissement de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise, nous a expliqué l’état des lieux de la fourniture, du traitement et de la distribution de l’eau dans les 73 communes. Journal des 2 Rives : Quelles sont les transformations dans la gestion de l’eau depuis le passage à la communauté urbaine ? Jean-Luc Santini : La gestion de l’eau a été progressivement transférée à la communauté urbaine. L’ensemble des contrats de délégation de service public (DSP) a été juridiquement transféré. On essaie de rationaliser les contrats [de production, de traitement et de distribution] des 73 communes. Ce n’est pas simple de faire cette convergence ; au fur et à mesure, on mettra en place des nouveaux services tel l’eau décarbonatée, que l’on trouve dans la partie orientale de la communauté urbaine. J2R : Quel est l’horizon pour atteindre cette convergence et comment procédez-vous ? J-L. S. : Cette convergence, contractuelle, tarifaire et technique, prendra environ quinze ans avant que l’on arrive à une harmonisation du prix de l’eau. La durée dépendra à la fois du périmètre définitif de la DSP et de l’évolution du cadre juridique. Si des lois sont adoptées qui modifieront la gestion de l’eau, elles auront un impact sur ce processus de convergence. J2R : Affermage, DSP, régie directe... Comment gérer l’eau dans ce maquis ? J-L S. : Nous avons l’historique et une richesse de cas. La régie de la commune de Limay est un cas intéressant car elle nous permet d’avoir un vrai étalon pour pouvoir discuter avec les entreprises délégataires du service public afin de comparer
Parc municipal à Triel : un échec total
Calcia : vote défavorable au sein de GPS&O
Jean-Luc Santini : « On essaie de rationaliser les contrats de fourniture d’eau ». (J2R)
les pratiques, échanger sur le savoir-faire et sur les modalités de production, de traitement et de distribution de l’eau. C’est bien pratique d’avoir un étalon afin de dire aux délégataires « Nous avons un savoir-faire aussi ». Ainsi, nous garderons tous les types de contrats en essayant de mettre en place un zonage plus harmonieux et cohérent. J2R : Comment mettre en œuvre la notion de la solidarité dans la gestion de l’eau ? J-L. S. : Pour tendre vers un prix unique en fournissant un même service, il faut que les zones urbaines paient davantage. On a tous besoin des uns et des autres : l’urbain a besoin du rural comme ce dernier a, de temps en temps, besoin de l’urbain. La solidarité se jouera dans l’investissement en faisant partager le fardeau financier par l’ensemble de communes de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise. r La rédaction * Vice-président délégué à l’eau et l’assainissement de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise. Webtélé 2R : https://youtu.be/QvKaVzg3uko
Forum aux Mureaux : une touche bien classique
Forum à Verneuil : l’école d’arts martiaux Dragon Bleu
Forum à Triel : l’école des Beaux arts fait sa rentrée
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SOMMAIRE Les 2 Rives - Nord des Yvelines Journal indépendant, fondé en 2001. Directeur-fondateur : Rodrigo ACOSTA. Commission paritaire : 0322 I 79525. ISSN : 2263-0880 Editeur : ABC éditeurs R.C.S. Versailles 535 004 063 Siret 535 004 063 00017 APE 7010Z TVA CEE : FR 52 535 004 063 RÉDACTION ET PUBLICITÉ : 50 rue des Créneaux 78510 Triel-sur-Seine Tél.-Fax : 01 3974 3563 06 7969 5150 ou courriel : trielnews@gmail.com site Internet : www.journal-deux-rives.com
LE JOURNAL DES DEUX RIVES - SEPT-OCT. 2018 ÉDITORIAL Interview de Jean-Luc Santini
services publics
Andrésy
www.journal-deux-rives.com
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pages pages
Quel gâchis d’eau pendant un mois ! Une nouvelle offensive foncière
des promoteurs à des fins spéculatives
RÉDACTION : Rodrigo Acosta, Pierre-Arthur Blanchet, Alban Bernard, Augustin Blin, Malick Daho, François Darcq Thierry Dornberger, Damien Delerin, Jean-François Favre-Marinet, Marie-Thérèse Etien-Lefort, Michel Kohn, Annie Laporte, Chantal Lorio, Bruno Piva, Jeanine Provost, Philippe Ragot et Hervé Roux. Ont participé à ce numéro : Claude Barouh et Mac Guffin. DROIT ET ACCÈS À L’INFORMATION PERSONNELLE N° de déclaration CNIL 712758 D’une façon générale, vous pouvez visiter ce site sans avoir à décliner votre identité et à fournir des informations personnelles vous concernant. Toutefois, à l’occasion de certains services qu’offre ce site, vous pouvez être amené à donner des informations. Ces informations ne feront l’objet d’aucun commerce et ne seront pas conservées plus que nécessaire? Conformément à la loi Informatique et Libertés du 6 Janvier 1978, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, de modification et de suppression des données personnelles que vous avez communiquées. Vous pouvez exercer ce droit en me contactant par le biais du formulaire de contact. Les articles, photos, dessins et infographies publiés - dans la version papier comme sur le site Internet du journal - ne peuvent en aucun cas être reproduits sans l’autorisation expresse et écrite de la rédaction. Maquettage : ABC Ed. Avis aux associations : avec votre abonnement DUO (30 €) vous pouvez faire paraître vos infos.
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Votre eau : A quand la même eau pour tous ? (Dossier)
ACTUALITÉ LOCALE
Carrières s/ Poissy
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INTERCOMMUNALITÉ :
LE JOURNAL DES DEUX RIVES est une publication à vocation citoyenne. Son objectif est double : traiter des questions locales touchant le territoire des communes du Val de Seine au nord des Yvelines et au-delà, ouvrir le débat sur les questions nationales et internationales. Farouchement attachés à la liberté d’expression et à la participation démocratique, nous souhaitons que notre journal soit un lieu de discussions vivant, sans sectarisme, dogmatisme ni esprit de polémique stérile. Le J2R est ouvert à l’expression de toutes les opinions, dans le respect de quelques grands principes : démocratie, laïcité, égalité, nondiscrimination, absence d’atteinte à la dignité humaine. En conséquence, le journal ne soutiendra ni de près ni de loin de candidat à des élections locales sur son territoire de diffusion. La ligne éditoriale est décidée et mise en œuvre par la rédaction, en toute collégialité.
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Premier World CleanUp Day avec « Déchargeons la plaine »
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Chanteloup
Pierre Bédier veut relancer
Confluence
Le bidonville de Tibétains est une bombe à retardement
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Triel
Des invités d’honneur aux Journées du Patrimoine à Triel
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Guy de Maupassant et l’ambiance guinguette
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la rénovation urbaine et le fait savoir
La grogne monte contre les projets immobiliers Et la tragédie se transforme en peur trielloise
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«Les Tilleuls» : la seconde mort d’un lieu de Triel, chargé d’histoire
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Les saisons de Guy Huet
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Verneuil-sur-Seine
Conflit d’usage à l’Etang de la Grosse Pierre
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Vernouillet
- Les écoles se mettent au numérique - Un double hommage à Bosco
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Fête de l’Air 2018 : la Patrouille de France fait son retour en fanfare
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- « Fleurs en Seine » : exquises succulentes - ISA : Rentrée scolaire et solidaire
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Retour de l’enfant prodige et victoire de Jordan Jeanne
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Monde animal
Nous et les animaux
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Souscription
La dynastrie capétienne
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DÉBATS - DOSSIERS - SEINE VEXIN Les Mureaux
SPORTS Foulée trielloise
CULTURE
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LE JOURNAL DES DEUX RIVES - SEPT-OCT. 2018
Intercommunalité
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Votre eau : A quand la même eau pour tous ? SERVICES PUBLICS
Depuis la mise en service, début juillet, de l’unité d’adoucissement collectif de l’eau potable de l’usine Suez de Flins-Aubergenville, de nombreux habitants de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise sont satisfaits de pouvoir profiter d’une eau débarrassée de son calcaire. Toutefois, de fortes disparités existent toujours, pour la qualité et le prix de l’eau, entre les 73 communes. Cette innovation de l’un des quatre exploitants de la distribution de l’eau, actifs dans notre territoire, est l’occasion de faire le point sur l’évolution de ce service public essentiel, après que la compétence « eau » ait été déléguée à la communauté urbaine. Bien que le coût de l’assainissement intervienne dans le prix de l’eau, nous réservons ce sujet pour le traiter ultérieurement. L’été 2018 a été marqué par des dérèglements du cycle de l’eau : la sécheresse caniculaire, qui a sévi dans la plupart des régions françaises, a été suivie, dans plusieurs départements, par de violents épisodes pluvieux et orageux. Une lecture estivale, celle d’un livre intéressant d’Erik Orsenna, L’avenir de l’eau. Petit précis de mondialisation n°2, paru en 2008, nous a montré qu’il est toujours d’actualité : les problèmes d’approvisionnement en eau et de protection contre ses débordements restent planétaires ; toutefois, leur acuité et les solutions apportées varient selon les pays concernés. En effet, l’eau est très inégalement répartie, souvent mal gérée et, parfois, inutilisable.
Une enquête à l’échelle de notre territoire
Le directeur du Journal des deux rives ne nous a pas demandé d’aller étudier la situation, dans chacun des continents, afin de mettre à jour l’ouvrage de l’académicien vulgarisateur, qui avait pu y consacrer deux années. Notre mission a été limitée au territoire de notre communauté urbaine, plus particulièrement à sa partie orientale, couverte par le J2R. Heureusement, il n’y a pas de guerre de l’eau entre nos communes qui possèdent des aires de captage et celles, plus ou moins lointaines, qui utilisent l’eau en provenant ! Ce livre d’un écrivain a, toutefois, été critiqué par des scientifiques qui auraient préféré une
L’inauguration de l’unité de décarbonatation de l’usine Suez de Flins-Aubergenville. (© GPS&O)
approche pluridisciplinaire, évitant une trop grande simplification ; de plus, ils reprochent l’influence des industriels français de l’eau, ayant participé à l’organisation des rencontres avec les exploitants locaux des pays visités. Nous trouverons deux de ces sociétés multinationales à notre niveau territorial. La création de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O), au début de l’année 2016, a changé profondément plusieurs responsabilités de 73 maires et de leur conseil municipal. La plupart avaient délégué le service public de la distribution de l’eau et de l’assainissement, soit directement soit par l’intermédiaire d’un syndicat intercommunal, à une société exploitante. Qu’en est-il de l’harmonisation et de la mutualisation des moyens, deux ans et demi après le transfert de cette compétence à la communauté urbaine ? Allons-nous, dans l’ensemble du territoire, vers un prix unique qu’impose la loi d’août 2015 portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe) ? Ce sont des questions que nous avons posées à M. Jean-Luc Santini, vice-président de GPS&O, délégué à l’Eau et l’Assainissement. Nous le remercions d’avoir bien voulu nous recevoir autour de verres d’eau fraîche, bien appréciée en cette chaude fin d’été, mais l’eau proposée par la mairie de Mantes-la-Jolie, dont il est adjoint au maire, n’est pas issue de notre terroir. Une journée organisée, en mars 2017, par
l’Assemblée des communautés de France et la société Suez sur cette loi NOTRe et sur le transfert des compétences «eau» et «assainissement» a mis en évidence les freins et les leviers de cette profonde réorganisation de la gestion locale de l’eau. Les 35 160 services d’eau et d’assainissement, gérés par 24 162 collectivités françaises, ne devraient plus être que 1500 à 3500, début 2020. Limitant notre étude à 21 communes de l’est de GPS&O, nous avons recensé trois exploitants différents : deux filiales de groupes multinationaux et une société plus locale ; il est peu vraisemblable que, dans prochaines années, nous soyons passés à un seul délégataire de service public, la communauté urbaine ne le souhaitant pas, ou à une régie, comme le suggère une association constituée dans ce but. La détermination du délai pour la convergence des prix de l’eau potable et de l’assainissement est laissée à l’appréciation des intercommunalités. M. Santini estime qu’il faudra encore 10 à 15 ans pour notre intercommunalité.
L’origine et l’élimination du calcaire de l’eau La réduction de la quantité du calcaire contenu dans l’eau constitue un progrès très apprécié par les consommateurs. Les effets, très visibles, du calcaire dépendent de la dureté de l’eau. La carte n°1 (voir page suivante) est issue d’une cartographie établie en 2016 par l’Agence régionale de santé (ARS) rela-
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Intercommunalité
LE JOURNAL DES DEUX RIVES - SEPT-OCT. 2018
VOTRE EAU : A QUAND LA MÊME EAU POUR TOUS ? tive à la dureté de l’eau dans les différentes communes d’Île-de-France(1). Toutes les communes de notre territoire étaient alimentées par une eau «très calcaire», à part trois de l’est de la rive droite où l’eau n’était que «calcaire» (Conflans-Sainte-Honorine, Andrésy et Chanteloup-les-Vignes, le niveau de dureté n’étant pas indiqué pour Triel-sur-Seine).
La décarbonatation réservée, à la rive gauche de la Seine Lors de l’inauguration de la nouvelle unité de décarbonatation de Flins-Aubergenville, des nombres divers de bénéficiaires ont été annoncés. Le communiqué départemental(2) a anticipé la couverture complète de notre communauté urbaine, avec cette affirmation : « 400 000 habitants de la communauté urbaine GPS&O seront concernés ». En fait, l’usine dessert 500 000 habitants des Yvelines et des Hauts-de-Seine, dont 270 000 dans notre département et seulement un peu plus de 100 000 dans notre intercommunalité. L’héritage du passé intercommunal Si des villes proches de Paris reçoivent l’eau du champ captant de Flins-Aubergenville, ce n’est pas le cas de 10 communes parmi les 21 de l’est de GPS&O que nous avons étudiées. En effet, celles-ci n’ont pas délégué le service public de distribution d’eau potable à Suez mais à deux autres sociétés. La raison est historique, la plupart des communes ayant constitué avec des voisines un syndicat intercommunal qui a choisi son délégataire. Depuis sa création, la communauté urbaine s’est substituée à ces syndicats et aux communes gérant directement la distribution de l’eau, dont elle a repris les engagements contractuels. Les anciens regroupements de communes pour la gestion de l’eau La carte n°2 représente l’ancienne répartition de notre territoire entre cinq syndicats intercommunaux et sept communes indépendantes. Ces regroupements de communes étaient les suivants : - Syndicat Intercommunal de distribution d’eau du Confluent (SIDEC) : créé fin 1968 entre les communes d’Andrésy, de Chanteloup-les-Vignes et de ConflansSainte-Honorine (ainsi que de Maurecourt et de Neuville-sur-Oise), il avait été rejoint par Triel-sur-Seine ; il avait délégué le service à la Société des eaux de Fin d’Oise (SEFO). - Deux syndicats intercommunaux d’adduction d’eau potable de la rive droite de la Seine (SIAEP Vaux-Evecquemont et SIAEP Mézy-Juziers-Hardricourt) : ces deux syndicats ont délégué le service de l’eau, respectivement, à SEFO et à Veolia Eau. - Syndicat intercommunal d’eau et d’assainissement Verneuil Vernouillet (SIEAVV) : créé en 1957 pour la construction d’une station d’épuration et des émissaires d’arrivée des effluents eaux usées, il exerçait les activités de production, de traitement, de transport et de distribution d’eau potable depuis 1999 ; un contrat de délégation de service public sous www.journal-deux-rives.com
Carte n°1 : dureté de l’eau (moyenne annuelle en 2016).
Carte n°2 : Avant GPS&O, la gestion de l’eau, déjà intercommunale en partie.
forme d’affermage a été établi en 2005, pour une durée de 20 ans, avec la Société Lyonnaise des Eaux France (devenue la partie française de Suez Eau). - Syndicat intercommunal d’adduction d’eau potable de la région de Feucherolles (SIAEP-RF) : composé de communes du centre-nord des Yvelines du côté gauche de la Seine, comprenant Les Alluetsle-Roi, Médan, Morainvilliers, Orgeval, Villennes-sur-Seine et six autres ne faisant pas partie de GPS&O, il a délégué le service de l’eau à Suez Eau. Ce dernier syndicat est devenu, en 2017, un syndicat mixte fermé, composé des six
communes, appartenant à deux autres intercommunalités (Communauté d’agglomération Saint Germain Boucles de Seine et Communauté de communes Gally Mauldre) et de GPS&O, remplaçant les cinq communes qui en faisaient partie. Le SIDEC, le SIEAVV et le SIAEP ont été dissous au deuxième semestre 2016 et le SIAEP Vaux-Evecquemont en octobre 2017, avec transfert de leurs compétences à GPS&O, qui a repris les contrats qui les liaient à l’une des sociétés exploitantes, toujours en vigueur. Le contrat d’affermage entre la ville de Poissy et Suez, établi en 1985 et plusieurs fois renouvelé, a été transféré à GPS&O de même que les contrats des six ../…
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Intercommunalité
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VOTRE EAU : A QUAND LA MÊME EAU POUR TOUS ? autres communes ayant directement délégué le service public de distribution d’eau. Le transfert de la compétence « eau » à la communauté urbaine a été facilitée par l’expérience de l’intercommunalité mantaise, où il n’y avait pas de tels syndicats intercommunaux. Le district de Mantes (de 8 à 12 communes) puis la Communauté d’agglomération de Mantes-en-Yvelines (CAMY, comprenant une trentaine de communes) avaient assuré ce rôle depuis 1995, en développant une vision communautaire pour la gestion des contrats avec les sociétés délégataires.
Local ou mondial, du confluent de l’Oise au canal de Suez La société Suez Eau France, issue de la Société Lyonnaise des Eaux de l’Eclairage fondée en 1880, est la mieux implantée dans notre territoire. La carte n°3 montre qu’elle assure le service de l’eau dans 11 des 21 communes considérées (rive gauche, sauf Ecquevilly mais, aux Mureaux, uniquement pour la distribution de l’eau et non pas sa production, plus Carrières-sous-Poissy). La Compagnie générale des eaux, encore plus ancienne, ayant été créée en 1853, se retrouve aujourd’hui dans la société Veolia Eau, également présente mais seulement dans trois communes. Les sociétés Veolia et Suez ont une forte activité à l’international : la première réalise 78 % de ses ventes hors de France et 44 % hors d’Europe, la seconde 67 % et 32,5 %. La Société des eaux de fin d’Oise (SEFO) est issue d’une société presque aussi ancienne que les précédentes : en 1894, la commune d’Andrésy avait concédé à l’industriel Paul Mallet le droit d’implanter une usine de pompage des eaux de l’Oise et le réseau de distribution d’eau potable de la ville puis en 1896 l’éclairage de la ville, alimenté par le gaz. Il n’y a pas eu de l’eau dans le gaz mais l’usine de traitement de l’eau de SEFO a remplacé l’ancienne usine à gaz d’Andrésy. Assurant le service de l’eau dans sept autres communes de notre échantillon, SEFO exploite un champ captant de la rive droite de la Seine. Société plus petite que les deux autres exploitants, elle fait partie du Groupe SPI Environnement, qui se définit comme « un groupe familial, totalement indépendant des grands groupes industriels et financiers ». Spécialiste de la gestion de l’eau et de l’assainissement, elle se limite aux collectivités moyennes jusqu’à 100 000 habitants, soit environ le quart de GPS&O. A l’ouest de GPS&O, nous trouvons, également, les deux sociétés multinationales, Suez et Veolia, ainsi que SEFO pour une petite partie ; toutefois, Veolia y a une part prépondérante. La troisième société française de ce domaine, la SAUR, est également présente, mais son implantattion a régressé suite aux difficultés qu’elle a rencontrées avec l’installation de compteurs télérelevables : elle était pionnière pour cette solution d’avenir mais la technologie utilisée n’était pas encore parvenue à maturité. La Société d’Aménagement Urbain et Rural (SAUR) a été partenaire des collectivités locales depuis 1933. Après avoir appartenu, de 1984 à
Carte n°3 : implantation des trois sociétés délégataires du service public de l’eau.
D’où provient l’eau de nos robinets ? L’eau que nous buvons a une origine souterraine. Sur la rive droite de la Seine, les deux principaux champs captants se trouvent à Andrésy et à Meulan : - A Andrésy, l’eau traitée par l’usine de la Société des eaux de fin d’Oise a deux origines : la nappe alluviale de l’Oise (500 m³/h avec 8 pompes) et celle de l’albien (débit exploité de 100 m³/h à partir d’un seul forage). La production journalière maximum autorisée est de 12 000 m3 provenant de la nappe alluviale et 3000 m3 issus de l’albien. De plus, Andrésy reçoit, quotidiennement, 7000 m3 d’eau de l’usine de Méry-sur-Oise (SEDIF). - A Meulan, l’usine appartenant à Veolia Eau Buchelay (anciennement Compagnie générale des eaux-SFDE, depuis 1928) est alimentée par une nappe de la craie, en aval de la vallée de la Montcient, affluent de l’Aubette ; ce champ captant comprend 4 forages, à une profondeur variant entre 40 et 62 m (deux situés au nord de Meulan, un à Gaillon et un autre à Hardricourt, le long de la RD 913 et de la rue des Aulnes à Meulan, sur environ 500 m). Le débit d’exploitation, de 85 à 178 m3/h, permet d’atteindre 12 000 m3 par jour pour alimenter plus de 50 000 habitants. Sur la rive gauche, deux champs captants sont exploités, le deuxième étant le plus important de tous : - A Vernouillet, l’usine de Suez Eau dessert la ville et celle de Verneuil, sauf ponctuellement et pour un quartier de Vernouillet alimenté par l’usine de Flins. Les 10 forages de Vernouillet dans la nappe de la Seine, alimentée par les coteaux, l’étang du Gallardon et la Seine, fournissent environ 1,6 million de m3 par an. - A Flins, l’usine, appartenant à Suez Eau, exploite la nappe aquifère de la craie, en connexion avec celle des alluvions de Seine. Quarante forages produisent, chaque année, 25 millions de m3 alimentant 500 000 habitants des Yvelines et des Hauts-de-Seine. A Poissy, le captage de Migneaux, toujours opérationnel, n’est plus utilisé depuis 2015. Dans la partie occidentale de GPS&O, les plus importantes usines de traitement de l’eau sont celles de Veolia, situées à Buchelay, à Saint-Martin-la-Garenne et à Follainville-Dennemont. Les captages appartiennent, toutefois, à la communauté urbaine. Il y a, également, quelques petits forages, tels que celui de la Vaucouleurs, qui alimente Mantes-la-Ville. r
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Intercommunalité
LE JOURNAL DES DEUX RIVES - SEPT-OCT. 2018
VOTRE EAU : A QUAND LA MÊME EAU POUR TOUS ? 1997, à la famille Bouygues et, après 2007, à un consortium comprenant la Caisse des Dépôts et Consignations, le groupe SAUR compte les banques BNP et BPCE (Banque Populaire et Caisse d’Epargne) parmi ses actionnaires. Il est actif à l’étranger, notamment en Arabie Saoudite et en Chine. Les quatre sociétés Veolia, Suez, SAUR et SEFO sont parmi les sept membres de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E). Depuis 2012, les gestionnaires publics de l’eau ont également leur organe de représentation : France eau publique (FEP) regroupe des collectivités et des opérateurs publics adhérents à la Fédération nationale des collectivité concédantes et régies (FNCCR). Pour la FEP, dont les 69 membres desservent plus de 11 millions d’habitants en eau potable, « L’eau ne se résume pas à des tuyaux ni à des usines et des enjeux de chiffres d’affaires. Elle mérite une vision globale, porteuse d’intérêt général et de solidarité. ».
La politique nationale de l’eau
Les décisions gouvernementales des dernières années sont issues des recommandations du rapport d’une étude qui avait été demandée, début 2015, par la ministre de l’Ecologie, Ségolène Royal, et le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve : une expertise sur la formation du prix de l’eau et l’utilisation des marges des délégataires. Dans leur lettre de mission au Conseil général de l’environnement et du développement durable et à l’Inspection générale de l’administration, ils avaient notamment écrit : « La loi sur l’eau et les milieux aquatiques de 2006 a posé le principe selon lequel "chaque personne physique, pour son alimentation et son hygiène, a le droit d’accéder à l’eau potable dans des conditions économiques acceptables par tous." Pourtant, le prix de l’eau augmente régulièrement en France depuis plusieurs années, et chaque année, des milliers de foyers se retrouvent confrontés à des difficultés pour payer leur facture d’eau. […] Les configurations des services d’eau et d’assainissement sont très diverses selon les territoires (accès à la ressource, qualité de la ressource brute, densité de la population desservie, capacité de l’exutoire de la station de traitement des eaux usées, etc.). Cette diversité ne permet pas l’application d’un modèle de gestion unique et explique la forte variabilité des prix de l’eau entre les services. » Cette mission a produit un rapport intitulé Eau potable et assainissement : à quel prix ?(3). Les 561 pages de ce document et de ses annexes, rédigées par divers experts, ne se lisent pas comme un roman, contrairement au livre d’Erik Orsenna. Nous ne doutons pas que, contenant des informations très utiles, il ait été lu avec grande attention par Jean-Luc Santini et par les responsables de la Direction du cycle de l’eau de la communauté urbaine, chargée de la mise en œuvre de sa compétence « eau » (production, traitement, transport, stockage et distribution d’eau potable). Le gouvernement actuel a pris l’initiative d’organiser les Assises de l’eau avec l’objectif de moderniser les réseaux. Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, a précisé : « La gestion de l’eau et de l’assainissement est une compétence du bloc communal. Loin de se substituer à eux, www.journal-deux-rives.com
Carte n° 4 : le prix de l’eau dans les différentes communes (en 2018). le gouvernement a décidé d’accompagner les élus pour qu’ils puissent faire face eux-mêmes à leurs difficultés et réaliser les investissements nécessaires à l’entretien, au renouvellement et à la modernisation des installations, en priorité dans les territoires ruraux ». Au cours de la première phase, de fin avril à fin août 2018, une consultation auprès de 2500 maires et présidents de syndicats a établi un diagnostic des réseaux d’eau et d’assainissement. Ils ont fait part de leurs besoins d’accompagnement et de soutien face à la complexité juridique, technique et financière de la gestion de ces domaines. Lors du discours de clôture de la première séquence de ces Assises, le 29 août, le Premier ministre a énoncé quatre priorités : - Renforcer la connaissance des réseaux d’eau et d’assainissement ; - Améliorer les conditions d’emprunt des collectivités ; - Développer la solidarité territoriale ; - Accompagner l’aide à l’ingénierie. La deuxième phase des Assises de l’eau, qui se déroulera à partir du mois d’octobre, portera sur la question des ressources en eau. Son objectif est de « permettre aux territoires et à l’ensemble des acteurs de s’adapter aux conséquences du changement climatique sur l’eau ».
Des factures peu adoucies mais très diverses
L’eau n’a pas de prix ; ce sont les services pour la capter, la traiter, la distribuer puis l’assainir qui sont facturés. Le prix des services Les six agences de l’eau constituent d’autres acteurs publics importants, participant à l’élaboration des programmes d’aménagement et de financement de l’eau. L’Agence de l’eau Seine Normandie, qui intervient dans notre territoire, a publié un dossier « Le prix de l’eau »
dans l’édition de juin 2016 de son magazine Confluence(4). Il commence ainsi : « Depuis 2010, les Nations unies reconnaissent le droit de l’accès à l’eau comme un droit de l’homme. En France, où l’eau coule gratuitement dans de multiples fontaines publiques, la quasi-totalité de la population est raccordée au réseau d’eau potable et la majorité bénéficie de l’assainissement collectif. Il n’en a pas toujours été ainsi : en 1930, seulement 23 % des communes disposaient d’un réseau de distribution d’eau potable à domicile. L’eau courante à tous les étages représente une prouesse technique qui est loin de couler de source… Capter l’eau, l’analyser, la traiter, la contrôler, l’acheminer, la recueillir après usage, la dépolluer… autant de services indispensables pour garantir le droit à l’eau pour tous. Or, si l’eau patrimoine commun de la nation est gratuite, ces services, eux, ont un prix. » La FP2E a exprimé son opinion sur les enquêtes relatives au prix de l’eau : « Suite à la publication par l’UFC-Que Choisir ?, d’une étude comparant les prix des services d’eau et d’assainissement en France, la FP2E appelle à des comparaisons impartiales et affirme qu’en régie comme en délégation de service public, un prix bas n’est pas nécessairement le signe d’une bonne gestion, et encore moins un gage de qualité et de durabilité. Les consommateurs méritent mieux qu’une grille de lecture biaisée par une doctrine systématiquement orientée à l’encontre des entreprises. » UFC-Que choisir a publié, en mai 2018, les résultats de son enquête nationale(5), réalisée à partir d’un millier de factures de collectivités et de communes de toutes tailles et d’environnements différents, avec le commentaire suivant : « Des régies bien plus compétitives que Veolia, Suez, Saur et consorts, ou parfois l’inverse… Notre enquête sur le prix de l’eau démontre qu’il existe des services de l’eau exemplaires, tout autant que des dérives objectivement injustifiables. En fonction de la commune, il y a de quoi féliciter les élus locaux ou, au contraire, leur demander des comptes, que l’eau soit gérée en régie municipale ou par une société privée en délégation de service public (DSP). » Le portail Internet eaufrance de l’Agence française pour la biodiversité, qui constitue ../…
LE JOURNAL DES DEUX RIVES - SEPT-OCT. 2018
Intercommunalité
VOTRE EAU : A QUAND LA MÊME EAU POUR TOUS ? le service public d’informations sur l’eau, ne donne pas accès à des données récentes relatives à notre territoire. Nous remercions M. Santini de nous avoir communiqué les informations les plus récentes sur les prix de l’eau dans les 73 communes de la communauté urbaine. La carte n°4 les résume pour nos 21 communes, classées en quatre catégories (du bleu le plus clair pour les prix les moins élevés au plus foncé). Il est à noter que le prix de l’assainissement est lègèrement inférieur dans la partie est d’Orgeval que dans la partie ouest, seule prise en compte dans cette carte. Le prix TTC du m3 d’eau potable varie de 1,775 € (à Evecquemont et à Vaux-sur-Seine) à 2,293 € (à Achères) ; le prix de l’assainissement, compensant parfois le prix de l’eau lorsque celui-ci est élevé, est dans une fourchette de 1,631 € (à Verneuil-sur-Seine) à 2,647 € (à Chapet). Au total, le tarif de l’eau varie de 3,729 € (à Evecquemont) à 5,181 € (à Triel-sur-Seine). La commune de Triel, dont les efforts des dernières années, décrits ci-après, ne se reflètent pas dans les factures actuelles de l’eau et de l’assainissement collectif, en présente, néanmoins, bien les différentes lignes. En 2018, le prix du m3 d’eau y est 1,6749 € HT (pour 120 m3 par an) ; en ajoutant, l’abonnement, le prix de l’assainissement collectif, diverses redevances et la TVA, ce prix est porté à 5,02 € TTC (pour GPS&O, le tarif est 2,674 € pour l’eau potable et 5,181 € en incluant l’assainissement, dont le coût est l’un des plus élevés).
Le coût de la décarbonatation GPS&O a annoncé que l’adoucissement coûtera environ 30 € par an et par foyer. Toutefois, l’argument des économies qu’il permettrait n’est valable que pour les consommateurs qui ont investi pour éliminer, eux-mêmes, le calcaire : ceux-ci pourraient espérer une économie de l’ordre de 120 € par an.
Pour une limpidité et une transparence meilleures de la gestion de l’eau Diverses solutions pour obtenir un meilleur service à un prix plus acceptable ont été tentées par des municipalités ou sont proposées par des associations citoyennes.
Mise en concurrence et changement de délégataire du service public La ville de Triel-sur-Seine affiche clairement, sur son site Internet, les raisons de sa décision de changer d’opérateur, en adhérant en 2013 au Syndicat de distribution d’Eau du Confluent (SIDEC) : « 1. Un réseau mal entretenu par Veolia dont le rendement est seulement de 75 %, soit une perte de 188 000 m3 qui impacte indirectement le prix de l’eau. 2. Des grosses réparations toujours retardées et sans apport de fonds propres de Veolia et donc intégralement reportées sur le prix de l’eau. » Le résultat a été une baisse immédiate du prix du m3 d’eau de 1,7248 € à 1,3810 €. Ainsi, les factures de 3 442 abonnés, parmi les 3 935 abonnés triellois, ont alors été réduites de 19,4 %. De plus le SIDEC s’était engagé à prendre en charge la totalité des travaux de changement des branchements en plomb ainsi que le rem-
placement progressif des canalisations usagées, sans impacter lourdement la facture d’eau. Le changement d’exploitant n’est pas la voie qui a été choisie par le conseil municipal de Poissy lors du renouvellement, en 2015, de son contrat avec Suez, délégataire du service de la distribution et de l’entretien des réseaux depuis 1941. Il n’a pas suivi l’argumentation des élus de la liste « Vivons notre ville », basée sur un audit ayant constaté, en 2013, que le contrat signé en 1985 avait été très favorable au concessionnaire, en particulier en ce qui concerne ses faibles obligations en matière d’entretien. En 30 ans, à peine 15 % du réseau avait été La facture d’eau à Triel-sur-Seine. (DR) changé, alors qu’environ deux tiers des canalisations d’eau potable avaient plus du Syndicat des eaux d’Île-de-France (SEDIF) de 45 ans et que les fuites représentaient 17 % qui, gérant l’eau potable de 150 communes de la de l’eau transportée, soit plus de 400 000 m3 région, a délégué le service de distribution d’eau chaque année. Ces élus demandaient une ges- à Veolia depuis un siècle, jusqu’en 2022. Après tion publique de l’eau et une réappropriation de deux ans d’études, elles choisiront, éventuellela production locale d’eau potable. Le contrat ment, de mettre en place une régie publique. avec Suez a été renouvelé mais la négociation a L’Association pour le retour de l’eau en régie permis une baisse du prix total du m3 de l’eau publique dans la Vallée de la Seine (AREP-Val de 8,7 % : de 3,88 € TTC en 2015 à 3,57 € TTC, de Seine) agit, dans notre territoire, pour mettre l’année suivante. La ville de Poissy n’a pas mis en pratique cette idée. Elle résulte, après la créaà jour les informations qu’elle a publiées sur les tion de la Communauté urbaine Grand Paris factures d’eau des abonnés pisciacais et n’a pas Seine & Oise, de la fusion de trois associations mis en ligne les rapports annuels depuis 2015. ayant les mêmes objectifs : Eau Val de Seine à Poissy, Les Mur’Eau aux Mureaux, AREP-CASéparation de la production de l’eau MY à Mantes. Affiliée à la Coordination Eau île et de sa distribution de France et à la Coordination nationale Eau La ville des Mureaux est la seule de notre ter- Bien Commun-France, l’association affirme ritoire à avoir mis en œuvre, avec succès, cette avoir déjà obtenu « des résultats importants pour la solution de ne pas déléguer la totalité du service préservation de la ressource, la protection des consommaà un seul opérateur, en 2015. Elle a conservé teurs et la baisse des tarifs, même si l’objectif d’obtenir l’achat de l’eau à Veolia, tout en confiant la un retour de la distribution de l’eau potable et de l’assaidistribution à Suez. La ville d’Aubergenville nissement en régie publique n’a pas encore été atteint ». constitue un cas identique, les rôles des deux La vidéo de l’entretien filmé, début octobre, délégataires étant, toutefois, inversés. de la Webtélé 2R avec son président, Daniel Vitter, peut être vue sur le site Internet du Gestion publique en régie J2R(6). L’association continue à demander la La gestion directe du service de l’eau par les constitution d’un comité des usagers et est prémunicipalités ou les intercommunalités est une occupée par le projet d’extension des carrières tendance qui s’observe à l’échelle mondiale. de calcaire de Brueil-en-Vexin, qui pourrait Ceux qui plaident pour cette forme de service dégrader la qualité de l’eau alimentant Meulan. en décrivent les avantages, comme l’association Ses premières actions ont concerné les compisciacaise Vivons notre ville : « En France, une munes, où l’eau était la plus chère, notamment centaine de collectivités territoriales (Grenoble, Paris, Chapet et Bouafle. Rouen, Castres, Saint-Malo, Cherbourg, Montbéliard, Annonay, Digne, Nice, Vernon, communauté d’agglo- 1. https://www.iledefrance.ars.sante.fr/ mération des Lacs de l’Essonne, Evry…) ont rétabli des system/files/2017-12/Durete_Carte%20 régies publiques c’est-à-dire la prise en charge directe par regionale.pdf les collectivités de la gestion de l’eau. Dans ces villes, le 2. https://www.yvelines-infos.fr/eau-adouprix de l’eau potable a baissé de 10 à 40 %. Certaines cie-nouvelle-usine-de-flinsaubergenville/ d’entre elles ont supprimé l’abonnement. Les réseaux y 3. https://www.actu-environnement.com/ sont mieux entretenus et la chasse aux fuites plus rigou- media/pdf/news-26815-eau-potable-assaireuse. Au-delà des questions économiques et de mainte- nissement-quel-prix.pdf nance, la municipalisation permet plus de transparence 4. http://www.eau-seine-normandie.fr/ dans la gestion de l’eau et la participation effective des sites/public_file/docutheque/2017-03/ citoyens. L’eau n’est pas une marchandise et sa distribu- Confluence_61.pdf 5. https://www.quechoisir.org/actualitetion ne doit pas être source de profits. » En Île-de-France, depuis décembre 2017, prix-de-l-eau-des-ecarts-faramineux-d-uneune vingtaine de municipalités de trois établis- commune-a-l-autre-n55337/ sements publics territoriaux de Seine-Saint- 6. https://www.journal-deux-rives.com/ Denis et du Val-de-Marne contestent la délé- actu/08565-linvite-2r-daniel-vitter-presgation de la gestion de l’eau au secteur privé. ident-larep-val-seine Elles ont décidé de se retirer progressivement (La suite à la page 24) ../… www.journal-deux-rives.com
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Quel gâchis d’eau pendant un mois !
ANDRÉSY
Cinq ans de consommation d’eau gâchés en un mois ! Voilà ce qui vient de se passer à Andrésy. Récit d’un petit scandale local dans une ville qui semble avoir tourné le dos à toute considération écologique. Les chiffres donnent le tournis : 26 000 m3 d’eau se sont écoulés depuis un mois, ce qui équivaut à la consommation d’un Andrésien pendant cinq ans. Alors que les Andrésiens paient déjà plus cher l’eau que les communes environnantes, les élus ne font rien pour trouver une solution, se limitant à rappeler que c’est à la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise de le faire. Entre le 24 et le 26 juillet 2018, les riverains de l’avenue des Robaresses ont vu apparaître un tuyau sortant du sol, duquel coulait de l’eau en continu. Cela a presque duré un mois. Plusieurs riverains ayant pris contact avec la SEFO (Société des Eaux de Fin d’Oise) ont appris qu’il s’agissait d’une purge. Le 21 août, une photo a été postée sur la page Facebook « Andrésy Notre Ville :) » (1), demandant aussi des explications.
Retour sur un gâchis d’eau En juillet 2018, les habitants du 24 avenue des Robaresses avaient signalé à la SEFO que l’eau avait une forte odeur et qu’elle était imbuvable. Après analyses, a été détectée la présence de bactéries dues au manque d’oxygénation de l’eau à cette extrémité de la canalisation. La solution temporaire mise en œuvre par la SEFO et GPS&O (notre communauté urbaine étant responsable de la canalisation) pour éviter l’odeur et maintenir l’eau potable, a été d’empêcher la stagnation par la mise en place d’une « purge ». L’objectif n’est donc pas de vider la canalisation mais seulement de maintenir un flot contenu qui permet l’oxygénation, jusqu’à la réparation de la canalisation par GPS&O. Selon M. Denis Faist, premier adjoint au maire, cette purge est nécessaire : « Afin d’éviter ces dépôts et dans l’attente de la réalisation d’une jonction avec d’autres canalisations, c’est le seul moyen (temporaire) pour lui rendre la qualité de service attendue. C’est donc une situation qui risque de durer plusieurs mois (validation de la solution, devis, bon de commande de la communauté urbaine, réalisation...). Voilà les informations que nous avons à ce jour. » Quand cette réparation aura-t-elle lieu ? C’est la question car, avec notre interco géante et les problèmes de 73 communes à gérer, les délais peuvent être très longs : tous les Andrésiens ont pu le constater dans le passé s’agissant des nids de poule à reboucher ! La communauté urbaine ne s’est pas encore www.journal-deux-rives.com
En attendant, l’eau coule... et pas qu’un peu… (DR)
penchée sur le sujet et l’origine du problème ne semble, pour l’heure, pas déterminée avec certitude. On l’aura compris : cela risque de durer, d’autant plus qu’il faudra, peut-être, remplacer une partie de la canalisation ! Un investissement lourd par définition. Dans une de ses réponses au message Facebook(2), M. Faist, maire adjoint aux Finances, explique que l’on a monté une polémique pour rien car la gestion de l’eau est particulièrement complexe.
Un
gaspillage par mois !
de
260 000
litres
En attendant l’eau coule... et pas qu’un peu. Si M. Faist annonce qu’il s’agit là « de la mise en place d’une purge à faible débit », certains riverains ont établi, par ailleurs, un constat précis en allant mesurer le débit : une bouteille d’un litre se remplit en 10 secondes. Cela donne 6 litres à la minute, 360 l/heure, 8640 l/jour, 259 200 l/mois soit 260 m³ par mois. Lorsque l’on sait qu’une personne consomme en moyenne 52 m³ par an, on constate que la mairie d’Andrésy et GPS&O ont déjà mis au caniveau la consommation annuelle d’une famille de cinq personnes ou bien la consommation d’une personne pendant plus de cinq ans. Lorsque M. Faist nous dit que cela risque de durer des mois, on s’étonne que les élus andrésiens se limitent aux constats et ne réagissent pas plus. Lors de notre échange avec M. JeanLuc Santini, celui-ci nous a assuré de ne pas être au courant de cet incident malheureux, mais qui s’explique par la nécessité de rendre une qualité de l’eau à la hauteur des attentes de riverains. Si l’on n’anticipe pas, des risques sanitaires
peuvent survenir dans les foyers qui sont desservis par la SEFO. Du côté de l’opposition au maire d’Andrésy, des interrogations subsistent : « On reste aussi pantois devant l’inaction de l’intercommunalité face au volume d’eau perdue, qu’elle aura à payer avec nos deniers. » Et de poursuivre : « Un volume d’eau équivalent à la consommation d’une personne pendant cinq années ne peut être considéré comme négligeable. Ce serait faire injure aux citoyens à qui on tente d’enseigner le bon usage des ressources naturelles (surtout l’eau en période de canicule) et à certains peuples du monde qui ont des kilomètres à faire pour pouvoir, difficilement, s’approvisionner en eau potable, de plus en plus rare. Gâcher, en toute connaissance de cause, de l’eau potable est une honte.» r
1209 € gâchés chaque mois Andrésy est une des villes de l’interco qui paye le plus cher le litre d’eau (4,65 €). Les 260 m3 écoulés dans le caniveau durant le mois observé aurait généré une facture de 1209 € pour un ménage andrésien ! r
1. facebook.com/groups/593980410625636 2. Idem
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Une nouvelle offensive foncière des promoteurs à des fins spéculatives
ANDRÉSY
Depuis la rentrée, la prospection foncière s’accélère dans des communes comme Andrésy. Le Consortium Français de l’Habitation (CFH) a envoyé une lettre à tous les propriétaires à Andrésy. La municipalité a réagi en mettant en garde les habitants quant à ces pratiques spéculatives. En septembre 2018, CFH(1), un promoteur de province, a lancé une nouvelle offensive dans plusieurs parties de la ville d’Andrésy. D’une manière méthodique, après avoir consulté les possibilités de construction résultant des modifications du Plan local d’urbanisme (PLU), ce promoteur promet de «valoriser» les biens dans un contexte d’opérations de promotion immobilière. D’emblée, il annonce sa volonté de « réaliser des opérations de logements collectifs » afin de saisir l’opportunité, proposant d’acheter les biens des propriétaire actuels « à un prix supérieur à [leur] valeur sur le marché de l’immobilier entre particuliers ». Suite à cet exposé de motifs, le promoteur demande un rendez-vous « sans que cela ne vous engage » afin « d’étudier ensemble les meilleurs opportunités... pour l’acquisition de votre terrain. » Comme d’habitude, les propriétaires sont appâtés par des perspectives spéculatives, après avoir été mis en confiance par les arguments vantant le professionnalisme et la solidité financière « d’une entreprise d’envergure nationale et internationale ». La municipalité a vivement réagi en informant la population qu’elle n’est pour rien dans cette offensive foncière et qu’elle reste opposée formellement à cette démarche (un prospectus a été distribué dans les boites aux lettres à ce sujet). En outre, la commune rappelle un certain nombre de faits ; notamment, des promoteurs sans
Déjà, en 2017, un projet de construction avait été tenté par Bouygues. (Archives J2R)
scrupules promettent tout, sans mention de la réalité du mécanisme de construction : des situations juridiques complexes peuvent conduire à « des offres finales très inférieures au prix initialement proposé ». Il faut savoir que ce type d’engagement vous contraint à « geler votre bien » durant des mois, voire des années. De toute façon, la ville s’opposera « par tous les moyens légaux possibles aux projets immobiliers qui ne respecteraient pas cette vision d’un urbanisme maîtrisé et qui dégraderaient » le cadre de vie andrésien. Ainsi, l’offensive de ce promoteur démontre d’une manière claire que le plan local d’urbanisme est tellement permissif qu’il continue d’aiguiser les appétits des promoteurs, ce qui pourrait « densifier et défigurer la ville » à terme. Le maire, Hugues Ribault, est conscient désormais que les promoteurs « vautours » sont de retour à Andrésy et dans les communes voisines. r
Projets
« déraisonnables » Virginie Muneret, élue minoritaire, avait été présente à la réunion du 23 mars 2017, à propos du projet immobilier de la rue de la Fontaine. Mme Virginie Muneret avait exhorté les habitants à s’organiser pour constituer une veille des projets « déraisonnables ». Depuis, une pétition contre le bétonnage a été initiée par Mme Muneret, ancienne adjointe à l’urbanisme au cours de la deuxième mandature de M. Ribault. r
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CARRIÈRES/POISSY Premier World CleanUp Day
avec « Déchargeons la plaine »
Tous ensemble pour nettoyer la plaine : des bénévoles devant la Fabrique 21 (premier plan) et à Triel (en médaillon). (J2R)
Le 15 septembre, dans la plaine, a eu lieu l’un des nettoyages citoyens de l’événement écologique World CleanUp Day. M. Jérôme Caen, délégué régional de l’association nationale qui est à l’iniative de cet événement mondial, a tiré un bilan positif. Quoi de plus beau que de nettoyer, le weekend de la Journée du patrimoine, la plaine ! La plaine de Carrières-sous-Poissy, comme tous les lieux sacrifiés par des déchets ou des décharges sauvages, fait partie de notre patrimoine ; c’est une bonne raison pour les protéger. Alban Bernard, initiateur de « Déchargeons la plaine », a demandé dans un premier temps à la ville de Carrières-sous-Poissy l’autorisation de nettoyer une zone à proximité de la mer de déchets. Une réponse négative lui a été transmise, principalement pour des raisons de sécurité des bénévoles, mais avec la possibilité d’aller nettoyer la plaine en face de la Fabrique 21. Le 15 septembre 2018, le mouvement du World CleanUp Day a donc été lancé à Carrièressous-Poissy : plus de 70 bénévoles du collectif « Déchargeons la plaine », de l’ASAEECC(1) et d’autres associations comme la Fiesta Night et le Lions Club de Conflans-Montjoie, ont nettoyé la plaine. N’oublions pas le président et plusieurs www.journal-deux-rives.com
membres de l’association World CleanUp Day qui ont retroussé leurs manches à leurs côtés ! Malheureusement, l’association Rives de Seine Nature et Environnement (RSNE), présidée par Anthony Effroy, n’a pas eu la même démarche que « Déchargeons la plaine » et n’est pas venue lui prêter main forte ! Son action de nettoyage était destinée à l’échec car elle n’était pas autorisée (certes, l’arrêté a été publié et affiché seulement la veille). L’ASAEECC estime que les nettoyages citoyens doivent se dérouler comme les cérémonies commémoratives, sans rivalité politique mais dans l’union. Il reste à remercier tous les bénévoles, notamment Alban Bernard et Bruno Piva pour leur ténacité à veiller sur cette plaine encore bien meurtrie par la bêtise humaine. Le tonnage de déchets récoltés sera rendu public ultérieurement mais les photos montrent le grand travail réalisé. Il serait souhaitable que le maire, Christophe Delrieu, présent et actif lors de ce nettoyage, continue à encourager les bénévoles pour nettoyer cette partie de la plaine et qu’ils soient, encore plus nombreux, au rendez-vous dans les prochaines années. Alors, à l’année prochaine sur une autre partie de la plaine ! r 1. Association de soutien des activités économiques, des artisans, des associations et de la qualité de vie à Carrières-sous-Poissy. (ASAEEC Votre vie à Carrières).
Polémique Même les déchets sont politisés à Carrières-sous-Poissy ! Comment une action en faveur de l’environnement peut-elle être à ce point détournée de ce qui devrait être son seul but : nettoyer la plaine ? Il fallait convaincre le président de l’association RSNE, Anthony Effroy pour lui dire qu’à sa place, face au refus d’accès au site qu’il avait choisi, il aurait dû aller sur l’autre emplacement avec les moyens humains et matériels qu’il avait réunis. Il y avait, face à la Fabrique 21, bien assez de déchets pour occuper tous les bénévoles et une aide supplémentaire aurait été bienvenue. Pourquoi tant de polémique ? L’emplacement qu’il avait choisi était à ses yeux plus important par la symbolique qu’il représentait. On parle donc bien ici de médiatisation ! En face de la Fabrique 21, on a vu des personnes qui ont pris plaisir à participer à ce nettoyage. Un avantage du choix de ce lieu était qu’avant de repartir les bénévoles ont pu constater visuellement la différence avant et après leur passage ce qui n’aurait pas été le cas sur la « mer de déchets », tant l’ampleur des dégâts est importante. r
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Pierre Bédier veut relancer la rénovation urbaine et le fait savoir
CHANTELOUP
Rappel de l’épisode précédent : nous avions laissé Pierre Bédier, président du conseil départemental, le 8 juin à l’inauguration du nouveau centre des arts circassiens de Chanteloup, encore dans sa sciure. D’un ton moqueur, il nous avait fait savoir son irritation, de conserve avec la cheffe chantelouvaise, stigmatisant la politique en mode serrage de vis du chef de l’État, plus technocratiquement intitulée : « Construire une action collective pour les habitants des quartiers ». Sous le masque de la belle formule, il y a une réalité : pour l’instant, plus rien du tout pour les banlieues ou presque ! Le Département des Yvelines se mobilise donc pour soutenir ses chers élus de banlieue. A cette fin, il a mis les petits plats dans les grands avec un lancement en grande pompe, le 5 juillet, à l’Arche de Chanteloup. On ne comptait plus les chargés de mission et communicant(e)s déplacé(e)s pour l’occasion pour bien appuyer l’événement et presque aussi nombreux que les élus, avec sono, deux grands écrans et une estrade aménagée à la façon d’un podium au salon de l’automobile. Beaucoup de journalistes sont venus, notamment ceux de Le Monde, France Inter, Libération et des gazettes locales. Les maires de quatre villes emblématiques de l’engagement départemental ont été chargés d’exposer leurs chantiers de rénovation respectif : Catherine Arenou pour Chanteloup, François Garay pour Les Mureaux, Raphaël Cognet pour Mantes-la-Jolie et Karl Olive pour Poissy. Borloo comme un Totem Dans ce contexte de restrictions budgétaires qui a commencé avant l’ère macronienne(1), le département lance en effet un « plan d’amorce » de rénovation urbaine qui concernera 22 opérations (voies publiques, équipements publics et réhabilitation de l’habitat social). Nos élus insistent lourdement : ils sont maintenant bien seuls depuis le désengagement de l’État et l’incompréhension des technocrates nationaux peu au fait des réalités locales. Emmanuel Macron est devenu pour eux l’incarnation de cet autisme insensible ! Borloo, en guest-star tout spécialement revenue de villégiature pour soutenir sa copine Catherine, reprend la critique, soulignant qu’il n’aurait jamais été si proche de ces élus et de leurs préoccupations sans sa grande expérience valenciennoise. En faisant écho à l’initiative du Sénat (voir l’encadré ci-contre), Pierre Bédier a voulu lancer une offensive afin de faire changer la donne politique actuelle qui semble « abandonner des territoires ». Au contraire, il se veut
Signature du plan d’amorce par les élus. (J2R) le parrain de la « reconquête républicaine ». (sic)
L’expertise est en bas, l’arrogance est en haut ! Et nous ferons le boulot malgré tout ! Voilà le message politique que nous devions comprendre lors de cette conférence de presse organisée à l’orée des grandes vacances ! Tout cela devrait nous faire oublier tous les cadavres dans les Yvelines. Voilà un dérivatif bien utile qui permet de laisser de côté, temporairement, d’autres sujets : ainsi on ne
parle plus d’un GPS&O en mal d’organisation, de la mer de déchets dans la plaine de Carrières-sous-Poissy, des tous petits élus ruraux traités comme quantité négligeable sur le projet Calcia auquel ils s’opposent (l’arrogance est partout !), de la bétonnite de Monsieur Tautou, etc (nous vous laissons le soin de complèter la liste). Merci Macron ! r
1. Débuté en 2003, le financement de l’ANRU est en panne depuis 2014. Son deuxième volet prévu pour 450 quartiers entre 2014 et 2024 est à l’arrêt.
Electrochoc républicain ! Au Sénat, le 19 juillet a eu lieu une série de tables rondes pour « un électrochoc républicain » afin de relancer les politiques publiques dans ces zones déshéritées de la République. Ces tables rondes étaient organisées par le Sénat, sous l’égide de M. Gérard Larcher, président du Sénat, avec la participation de MM. Philippe Dallier, sénateur de la Seine-Saint-Denis, vice-président du Sénat et Patrick Kanner, sénateur du Nord, président du grupe socialiste et républicain du Sénat, ancien ministre de la ville, de la jeunesse et des sports. La finalité était la même : forcer le gouvernement à relancer la politique dans les quartiers dits défavorisés ou les banlieues. Comme Pierre Bédier, les trois sénateurs ont acté la décision du gouvernement, qui consiste à faire une politique globale axée sur un arsenal de réformes plutôt que des mesures sectorielles. r
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Le bidonville de Tibétains est une bombe à retardement CONFLUENCE
Le 12 septembre, le J2R s’est déplacé pour constater la tragédie à nos portes : 300 Tibétains se trouvent sur une ancienne carrière, près d’une décharge de la ville d’Achères. Henriette, Serge et Dominique sont des bénévoles attachés à la culture tibétaine, qui font preuve d’une solidarité inépuisable. Cependant, le bénévolat ne suffit plus car l’arrivée continuelle (15 Tibétains arrivant, chaque jour) fera exploser la demande d’un relogement d’urgence. Qu’attend l’État pour agir ? Nous pensions que le problème des Tibétains dans la Confluence avait été réglé fin 2017, avec la convention signée entre l’Etat et l’association La Pierre Blanche (bateau «Je Sers»). Depuis quatre mois, Henriette et ses amis ont dû se mettre à l’œuvre avec le lancement d’un groupe de soutien aux réfugiés Tibétains de Conflans-Sainte-Honorine. Elle et Dominique donnent également des cours de français aux Tibétains. Serge, le dernier du trio, est venu les aider depuis trois semaines, suite à un appel à l’aide lancé par Henriette. Le mercredi 12 septembre, au Pontil de Conflans, nous avons trouvé ce groupe de bénévoles en train de faire les poubelles d’un supermarché pour dénicher des produits et des légumes toujours consommables(1). Après, les produits récupérés sont transportés au campement des Tibétains à une dizaine de minutes en voiture. Il faut passer de l’autre côté de la Seine dans la ville www.journal-deux-rives.com
Des bénévoles assistent les Tibétains dans le quotidien, même si la situation est catastrophique. (J2R)
d’Achères. Juste à l’entrée, à gauche, derrière le bâtiment de SEFO, un mini-campement est visible où l’on trouve une trentaine de tentes. Le vrai campement, un bidonville, se situe à 500 mètres de l’entrée du chemin des Hautes plaines, à côté de la déchetterie Pichetta. C’est une zone industrielle classique. On doit se garer à mi-chemin et franchir une barrière qui vous indique que le site est « dangereux » car l’exploitation de carrières continue et « la baignade est interdite ». Paradoxalement, le lieu est calme et des réfugiés tibétains sont progressivement sortis de leurs tentes pour accueillir Henriette et ses amis afin de recevoir la nourriture apportée. Hommes et femmes affichent un sourire, caractéristique de la culture tibétaine. Quelle que soit la situation calamiteuse, ce peuple a un niveau d’endurance qui surprend. Henriette, qui pourrait être la « marraine » de ce groupe de réfugiés, s’occupe de tout : de la conduite des malades au service des urgences d’un hôpital, des leçons de français, de la fourniture de couvertures et de la logistique pour faire face à cette bombe à retardement. Henriette s’adresse souvent aux autorités compétentes pour les tenir au courant de la situation : « Je fais [souvent] le point avec la préfecture ; les autorités examinent la situation et cherchent des solutions... » Pour elle, le gouvernement va trouver des solutions progressivement et certains vont partir vers des foyers d’urgence, mais le flux de réfugiés tibétains pourrait augmenter, en
fonction de la situation géopolitique. « Les Tibétains sont malins et ils sont organisés par affinité régionale », a expliqué Henriette qui a voyagé, dans le passé, au Tibet. Elle a lancé le groupe de soutien aux réfugiés Tibétains de Conflans-Sainte-Honorine et une cagnotte solidaire pour les Tibétains, qui a déjà récolté 2400 euros(2) en deux semaines ! Henriette est « l’assistante bénévole qui essaie de subvenir à leur besoin dans la mesure des priorités et des urgences.» Heureusement, la solidarité à la française est toujours forte, malgré les débats entre des éditorialistes parisiens qui opposent les Français aux migrants, quel que soit leur statut juridique. Toutefois, cette solidarité ne peut pallier la défaillance de l’État. Le candidat Macron avait promis qu’il n’y aurait plus de bidonvilles en France. Le dernier plan « pauvreté » cible effectivement des oubliés de la mondialisation et de l’accélération d’un monde financiarisé mais ce projet n’a pas prévu une augmentation du financement des hébergements d’urgence. Il y a urgence non seulement pour les 300 Tibétains de la plaine d’Achères, mais aussi pour les autres réfugiés à Conflans et à Triel. La pénurie est structurelle. Le bidonville d’Achères est une véritable bombe à retardement ! r 1. La réglementation oblige la grande distribution à jeter les produits quelques jours avant la date de péremption. Cela laisse deux ou trois jours, pendant lesquels ils pourraient encore être consommés. 2. La cagnotte a été commencée le 30 août 2018. Le montant collecté était de 2373 €, le 14 septembre.
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Des invités d’honneur aux Journées du Patrimoine à Triel
TRIEL-SUR-SEINE
(De g. à dr.) Mme Nicole Jusserand, présidente d’Amitié Européenne de Triel, M. Joël Mancel, maire de Triel, Manuela Marie, adjointe à la culture, et M. Daniell Bastian, maire de Seligenstadt, ont inauguré le banc de l’amitié franco-allemande. (@Triel)
La culture, l’histoire et le partage ont été mis à l’honneur samedi 15 septembre 2018 car Triel et Seligenstadt ont fêté le 50e anniversaire du jumelage entre les deux villes en associant cet événement d’une part aux Journées Européennes du Patrimoine, d’autre part à l’histoire littéraire avec un invité de marque : Guy de Maupassant. Triel et sa ville jumelle allemande, Seligenstadt, ont célèbré le 50 e anniversaire du jumelage entre les deux villes (1968-2018) dans le cadre des Journées Européennes du Patrimoine. A cette occasion, une délégation allemande de plus d’une centaine de personnes a été reçue à Triel. Dans un COSEC archi-plein, le maire Joël Mancel a délivré un discours retraçant la réussite de ce jumelage grâce à la détermination de Mme Nicole Jusserand, germanophile et fervente partisane de rapprochement entre les deux peuples qui s’étaient disputés durant les XIX e et XX e siècles. En réponse, Daniell Bastian, maire de Seligenstad, a aussi mis l’accent sur ce jubilé magnifique : tous ces échanges ont démontré et démontrent que « le jumelage est plus vivant que jamais et captive encore et toujours les habitants des deux villes. » En plus de la cérémonie officielle, quatre
villages événementiels étaient animés par les associations et les clubs sportifs de la ville. Ces villages ont été reliés entre eux par un train touristique, bien apprécié par les participants. Découvrir Triel sous un autre jour avec, en plus, une visite commentée voilà une occasion de parcourir la ville et d’en apprécier la richesse en lieux historiques.
Les quatre villages Côté rive droite, on a constaté deux pôles : le premier était le village « Saveurs et Artisanat » au Parc Senet, quai Auguste Roy. Il y avait de la restauration, des expositions de créateurs et artistes, des animations musicales. L’autre pôle « Culture et Patrimoine » était situé au 10 rue de l’Hautil. Des exposition d’associations culturelles trielloises ont accompagné le jumelage. Côté sportif, le COSEC, 61 rue de Chanteloup était le lieu des rencontres et initiations sportives. Côté rive gauche, un pôle concernait « l’Histoire et les Paysages » au quai Aristide-Briand. Ici des expositions de voitures d’exception avec Triel Auto Rétro ont eu lieu l’après midi. Le Yacht Club de Triel a ouvert ses portes. Par ailleurs, une animation autour de Guy de Maupassant a été présentée par les associations Triel Mémoire & Histoire et Sequana (Chatou) une exposition des animations sur l’histoire de Triel et trois films évoquant Guy de Maupassant et le canotage. r
Guy de Maupassant et l’ambiance guinguette Mais que vient faire Maupassant à Triel ? Explications : en 1889, Paris est devenu une fourmilière. L’exposition universelle qui voit « l’érection de la tour Eiffel en plein cœur de la capitale » attire un nombre considérable de visiteurs. Guy de Maupassant ne supporte plus cette atmosphère. Il étouffe. Il a besoin de calme pour travailler. Il recherche une villa pour l’été mais pas trop éloignée de ses diverses obligations parisiennes. Il trouve à Triel, « une maison, qui est un rêve de maison », la villa Stieldorf, en bord de Seine. Deux plaisirs s’offrent à lui : Guy de Maupassant va pouvoir y travailler et s’adonner à sa passion, le canotage. Il amarre, devant la demeure, sa barque « Madame » dont une réplique à l’identique a été mise à l’eau. C’est l’association Sequana qui a restauré la barque « Madame ». Le J2R était époustouflé par la qualité de la reproduction. r
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La grogne monte contre les projets immobiliers TRIEL-SUR-SEINE
Des malfaçons dans un ensemble immobilier à la sortie de Triel, l’abandon du projet de l’ancien parc municipal et des projets immobiliers dévoilés récemment révèlent la crise entre les édiles et la population due à la vague massive de contructions à Triel. De ce fait, la grogne monte, malgré la main tendue de la mairie pour plus de concertation. L’ancien parc municipal (160 loge-
ments), Sobeau (90 logements), Galieni (84 logements) et désormais le projet de la rue Charles-Dupuis symbolisent l’accélération du bétonnage à Triel-sur-Seine (environ 12 300 habitants). Prenons le cas du projet de la rue Charles-Dupuis, affiché, sur place le 1er août, par l’ADIM Île-de-France, filiale de Vinci Construction : il s’agit de construire 80 logements sur un terrain de 2830 m2 engendrant la construction de 4486 m2 de surface utile(1). S’ajoutent à cela quarante places de parkings.
Le talon d’Achille Depuis décembre 2017, des sondages de sol et des vérifications de limites de propriété ont été effectués afin de procéder à la constitution de ce dossier pour le compte de Vinci Construction. Fin juillet, ce projet envisageait le remplacement de l’ancien EHPAD « Maison de retraite-Les Oiseaux », actuellement utilisé comme Centre d’Hébergement d’urgence. Une partie importante des logements sera utilisé par la structure Handi Seine (Yvelines) pour accueillir une trentaine d’adultes handicapés. Selon le permis de construire consulté au service de l’urbanisme de la ville, les trois bâtiments dont l’un date de la fin du XIXe siècle et une aile relativement récente des années 1990 seront détruits. La chapelle Sainte-Anne sera a priori préservée. Environ 30 voisins se sont réunis, en mai 2018, pour échanger et préparer un plan
Environ 50 personnes sont venues à la réunion du conseil municipal du 20 septembre pour exprimer leur mécontentement. (DR)
d’action. D’abord, ils ont examiné les points « fragiles » du projet. Effectivement, le soussol est le talon d’Achille de ce projet. Certains ont rappelé qu’au moment de la construction de l’actuel parking rue Charles-Dupuis, des effondrements s’étaient produits à son emplacement et sur la voie d’accès à l’ancienne maison de retraite. Par la suite, des immeubles situés rue Paul-Doumer s’étaient également fissurés suite aux travaux et à la modification des écoulements naturels d’eau en sous-sol. Pour les voisins, des conséquences sont à craindre sur la stabilité des voiries et des habitations du fait de la modification du sous-sol à moyen et à long termes. D’ailleurs, l’absence de l’étude « géo-technique de conception G2 PRO » dans le dossier accompagnant le permis de construire est de nature à amplifier ces réserves(2). Selon nos sources, il est probable que le coût des fondations soit prohibitif en raison de cette fragilité : environ 1,2 million d’euros de plus pourrait entrer dans le bilan de l’opération. Qui va payer ce surcoût ? Des tracta-
Autre des projets phares, on a constaté une prolifération de permis de construire. (J2R) www.journal-deux-rives.com
tions sont en cours. Seraient-elles la source d’un abandon du projet ? Le temps le dira. Entre-temps, la densité a conduit à faire monter les bâtiments à 14 mètres de hauteur et cela est un élément de contestation des voisins présents à la réunion de mai. Cette hauteur semble équivalente à celle des nouveaux immeubles du 87-89 rue Paul-Doumer. Pour les voisins, cela ne s’insérerait pas dans le tissu urbain classique de Triel, en étant significativement plus haut que les constructions existantes. D’autre part, il faudra s’interroger sur la circulation et le stationnement des voitures. Dans un contexte de saturation, le quartier souffre d’un manque criant de places de parking et surtout la circulation devient difficile, voire impossible à certaines heures. En termes de circulation, les nouveaux bâtiments seraient dans une impasse ; la sortie n’est possible actuellement que par la rue Charles-Dupuis, ce qui ne permet pas de se croiser et réduit la visibilité sur la rue principale, la rue Paul-Doumer. A cela s’ajoute l’état de saturation de la rue des Créneaux (au-dessus de de l’ancien EHPAD) ; quel sera l’impact probable sur cette rue, alors que des trottoirs sont inexistants ici ? Quant au stationnement, c’est un problème récurrent qui s’aggrave avec les nouvelles constructions. Le promoteur Vinci ne construirait qu’une demi-place de parking par logement en raison des dérogations de la loi ALUR (ou loi Duflot) : lorsque le projet se trouve à moins de 500 mètres d’une gare, la contrainte de construire des parkings est assouplie. Or, les parkings actuels sont déjà à un niveau tel de saturation qu’ils créent des désagréments pour tous et des querelles entre voisins. Que feront les nouveaux habitants de leur(s) voiture(s) ? Cette question mérite bien une réponse car,
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LA GROGNE MONTE CONTRE LES PROJETS IMMOBILIERS
pour le moment, aucune alternative à des déplacements par et pour la voiture n’est annoncée par les autorités compétentes.
Actions
probables et enjeu de 2020
à
court
terme
Par conséquent, une série d’actions est prévisible de la part des voisins. Des recours gracieux ont été effectués en septembre ; des contacts avec des avocats-conseils sont également entrepris. Une réunion publique élargie est demandée auprès de la mairie et surtout les membres du collectif se sont mis à travailler ensemble pour tenir un front uni en ayant trois objectifs : partager l’information sur le projet Vinci ; lister et approfondir les interrogations et les « points fragiles » du projet et, enfin, conduire les actions d’une manière coordonnée et cohérente. Le chemin de ce projet est semé d’obstacles juridiques et d’une farouche volonté de résister à la marque Vinci. Cette montée en puissance résulte aussi d’un mouvement de fond qui a commencé en 2017 avec le collectif « Construire à Triel, mais pas n’importe comment ! » dans lequel huit associations et collectifs coopèrent pour résister au bétonnage de la ville. Ainsi, le contexte a changé et l’on constate une forte contestation qui sera de plus en plus visible en raison du ras-le-bol généralisé. Les édiles en place sont conspués sur les réseaux sociaux et la tentative de rattrapage, suite à l’abandon du projet de l’ancien parc municipal, n’a pas calmé la véhémence. En réaction, et s’exposant sur les réseaux sociaux, le 7 septembre, Michel Poirot, adjoint à l’urbanisme a relativisé l’état d’avancement du « projet Tilleuls » : un accord entre les acteurs reste à « convenir ». La grogne anti-béton se traduit par des réunions, des tractages et désormais par des manifestations sur la place publique. Ce dossier deviendra explosif(3) et constituera un des enjeux de la campagne municipale de 2020. Enfin, le maire a souhaité « faire participer tous les Triellois, dès cet automne à l’occasion d’une consultation citoyenne » sur les projets en cours ; le 20 septembre, le maire n’a malheureusement pas donné de date ni de modalités de cette consultation. Peut-être en 2019 ? Espérons que ce moment de consultation démocratique ne se transformera pas en pugilat entre les tenants et les opposants de la densité au centre-ville. Si cela se produit, ce serait la continuité de la tragédie urbaine trielloise qui dure depuis trente ans. Vivement 2020 !r
1. Surface utile répartie en 30 logements d’une pièce (1P), 20 logements 2P, 14 logements 3P, 13 logements 4P et 3 logements 5P. 2. Dans le dossier, on trouve uniquement une attestation de l’architecte en date du 6 juillet 2018 soulignant que l’étude a été réalisée par Soler Conseil et que l’architecte l’a prise en compte. 3. Un projet dans les cartons, évoqué ici et là, permettrait de sortir 102 logements à l’angle des rues Pavillon et Sablière. Incroyable !
Une manifestation « anti-béton » a eu lieu le samedi 1er septembre devant Auchan market. L’affaire se politise davantage. (J2R) Et la tragédie se transforme en peur trielloise Le 20 septembre, environ 50 personnes se sont déplacées pour constater la vacuité des débats du conseil municipal de Triel. L’équipe en place a montré un tel niveau d’incompétence et d’incompréhension que les (nouveaux) habitants commencent à se préparer pour les échéances de 2020. D’une manière classique, l’opportunisme, tinté de courage, a conduit Cedric Aoun à devenir le porte-parole pour exprimer la peur d’être dans une ville avec un sous-sol dangereux. Il a réclamé une mise à jour des plans de prévention des risques à la fois à la mairie et à la préfecture des Yvelines. Il a été voir la députée Michèle de Vaucouleurs pour évoquer cette affaire. Il a, en outre, signalé un certain nombre de cavités qui se sont produites à Triel depuis quelques mois : rue des Fontenelles, rue Paul-Doumer, etc. Suite à la proposition du maire, Joël Mancel, de prendre un rendez-vous, il a placé la barre haut : « Il faudra plus d’un rendezvous pour faire comprendre que ce projet (sur le site de la Maison les Tilleuls) met en danger les personnes et les biens. » Avec méthode, une dizaine de Triellois, dans le cadre d’un collectif nouveau « Mieux Vivre à Triel », a commencé à instiller la peur avec une cartographie selon laquelle on laisse croire que le risque d’effondrement est partout : « Le PPR n’est pas à jour et il ne tient pas compte des récents effondrements et fontis qui doivent être compris dans les PPRM (Plan de prévention des risques miniers). » En faisant appel à une vidéo qui circule sur Internet, montrant un certain nombre d’énormes cavités de l’Hautil, M. Aoun sème le trouble et la peur parmi les propriétaires : « Pourquoi le prix de l’immobilier baisse-t-il? », a interrogé un Triellois sur la page FB connue par environ quatre mille foyers de Triel. Un des éléments pour la formation du prix est la confiance et cette dernière s’érode progressivement lorsque ce type d’information (rumeur ?) est répandue sans aucun développement scientifique. Il est indispensable que la commune de Triel, dans le cadre intercommunal, éclaircisse cette affaire. D’autres villes sont aussi affectées, ce qui justifie une assistance technique avec une équipe de topographes et géologues. Sinon la peur risque de s’installer définitivement avec des conséquences néfastes. r
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TRIEL-SUR-SEINE «Les Tilleuls» : la seconde
mort d’un lieu de Triel, chargé d’histoire
Avec la signature par l’adjoint à l’urbanisme de Triel-sur-Seine du permis de démolir les bâtiments existants et de construire un ensemble de 80 logements en lieu et place de l’ancienne maison de retraite de Triel, c’est encore une fois un lieu historique qu’il est envisagé de sacrifier à la volonté constructive et désordonnée de continuer une urbanisation irresponsable dont les habitants ne veulent pas.
Cette décision n’est pas irréversible, c’est pourquoi un recours gracieux a été envoyé par des riverains à M. Joël Mancel, maire de Triel. Il n’est pas trop tard pour qu’il applique à ce projet son idée de « faire participer tous les Triellois » à une « consultation citoyenne » (voir Triel Info n°150, page 10).
Un lieu historique depuis des siècles ! Fondé en 1674, l’hôpital-hospice, situé alors rue de Seine, fut en 1712 transféré dans les locaux d’un prieuré à l’emplacement actuel (rue Charles Dupuis). En 1901, un bâtiment est construit à proximité alors que l’ancien subira deux siècles plus tard (en 1923) « quelques améliorations » puis « en 1970 on construira une aile à gauche du bâtiment augmentant la capacité de logement de 55 lits. L’Hospice devient Maison de retraite.» La propriété de l’établissement passe de la commune au département vers les années 19701980. En 1993, première destruction : le bâtiment du XVIIe siècle est remplacé par un bâtiment neuf, l’établissement porte dorénavant le nom « Les Tilleuls ». Puis en 2018, signature du permis de démolir les bâtiments existants et de construire, dans ce lieu enclavé au fond d’une impasse 80 logements d’une hauteur de 14 mètres. Deuxième destruction ! Un processus incertain Peut-on imaginer qu’avec un peu de courage la municipalité aurait pu éviter ce massacre ?
Extrait du permis de construire de l’opération ADIM Île-de-France. Photo de l’ancienne maison de retraite Les Tilleuls (en médaillon). (DR) Certaines idées forcément polémiques méritent d’être évoquées. Est-il convenable, quand on dirige une ville accueillante et agréable à vivre, de la défigurer définitivement ? Est-il indispensable de continuer à détériorer la vie de ses habitants ? Est-il honnête de ne pas appliquer les directives que l’on a prescrites et votées alors même qu’elles sont imposées à tous ? Est-il nécessaire de se soumettre apparemment au bon vouloir des promoteurs ? Est-il légitime qu’on prenne des décisions impliquant nuisances et perturbations sans ouvrir une consultation citoyenne alors qu’on est élu démocratiquement ?
Des comptes à rendre à l’avenir de la commune Pourquoi laisser, après son passage « aux affaires », un bilan urbanistique lamentable et
des lieux détériorés définitivement ? Les habitants eux seront toujours là. « Après moi le déluge » semble être le sens de la politique au jour le jour de ceux qui n’appliquent, uniquement lorsque cela les arrange, le principe de précaution vis à vis de l’aménagement d’une ville dont ils ont en charge (provisoirement) la gestion. Alors pour quelle raison persister à prendre des décisions qui provoquent la détérioration définitive du cadre de vie que leur a laissé leurs prédécesseurs ? Vous connaissez l’histoire de Gribouille ? C’est lui qui saute dans l’eau par crainte de la pluie... Cette expression s’applique encore aujourd’hui à ceux qui se jettent dans des maux pires que ceux qu’ils veulent éviter. r
Le collectif se transforme
Le collectif précité à la page 17 devient « Construire ensemble à Triel, mais pas n'importe comment et pas à n'importe quel prix ! » Plus qu’un ajout sémantique, il s'agit d'une véritable force regroupant 8 collectifs et d’autres riverains. Dans un dernier tract distribué à la Fête du Flan, le 28 septembre, le collectif présente l’état des lieux, des revendications précises et sans démagogie pour une politique de construction plus raisonnée et raisonable : « Nos élus poursuivent préemptions et programmation de constructions. Nous sommes passés de 720 à plus de 800 nouveaux logements. Certes, il existe des contraintes légales et le déficit en Logements Locatifs Sociaux (LLS) de la commune doit être comblé. Mais rien n’impose le choix du tout construire, la très insuffisante concertation et cette vision effaçant les spécificités de notre ville au risque de l’asphyxier. » Et le tract de publier quelques témoignages des Triellois qui s’interrogent, voire qui sont révoltés : « Permettez-moi de vous dire que je n’accepte aucunement la destruction de Triel telle qu’elle se profile. Vous souhaitez vendre un bien et systématiquement celui-ci est préempté. Ces maisons qui sont en parfait état seront détruites purement et simplement pour laisser place à des immeubles. Les promoteurs sont aux anges. Venez donc à Triel...Il y a de la place....Un petit terrain par ci, un petit terrain par là... Place au BETON... » « Ma maison est préemptée, mon mari et moi avons ordre de déménager d’ici le mois de décembre. Cela fait 27 ans que nous y habitons. » « Je suis locataire depuis moins d’un an et les toits du bâtiment ne sont pas étanches, il y a des infiltrations dans ma cuisine, des fissures au plafond de ma salle de bains. Je me sens abandonnée comme les autres locataires » « Je reçois des courriers de promoteurs quasiment toutes les semaines, cette pression est invivable. Je veux rester vivre à Triel. » « J’ai acheté ma maison il y a 7 ans notamment pour la vue sur l’église. Des immeubles vont boucher cette vue, les jardins, les arbres et les maisons anciennes vont disparaître » « Je n’étais pas contre de nouvelles constructions, la mairie m’avait garanti que je conserverai ma vue sur la vallée. Je suis doublement déçu : l’engagement n’est pas respecté et des immeubles vont entraver ma vue vers la vallée » r
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Les saisons de Guy Huet
Le 6 septembre 2018 a eu lieu la messe d’enterrement de Monsieur Guy Huet à l’église Saint-Martin de Triel. Né en 1934, Guy laissera le souvenir d’un homme simple, d’humeur constante, toujours en sympathie avec ses semblables. Il appartient à une génération encore marquée par la guerre et les bouleversements politiques et économiques de la deuxième moitié du vingtième siècle. Fin août 44 à Triel, les occupants étaient encore là, Paris se libérait. Différents abris existaient dont la cave des Huet au 57 rue des Créneaux. Son copain Gérard, de deux ans son cadet, se souvient s’y être réfugié le jour de ses huit ans car « ça pétarderait fort ! et puis après on est monté dans les carrières à champignons. » Guy fait des études jusqu’à l’âge de quatorze ans. Certificat d’étude en poche, il travaille avec ses parents poursuivant le métier de ses ancêtres. « Mon ancêtre, sur le tableau, vers 1789, c’est Jean Claude Huet, c’est mon arrièrearrière-arrière-grand-père. La famille est là depuis au moins 1643. » Guy fut parmi les derniers approvisionneurs triellois, qui se rendaient aux Halles, « le Ventre de Paris » pour vendre les productions locales. A l’époque, il y avait Faye, Touillet, Ghiome et ... Huet.
Un passionné de travail Durant les années 1950, comme la plupart des jeunes Français des classes 34 et suivantes, il fit un séjour en Algérie. Il avait vingt ans quand le 1er novembre 1954, l’insurrection dans les Aurès marqua le point de départ des « événements » en Algérie. La guerre - son affectation le préserva des horreurs - s’acheva en 1962. Cette période, parenthèse subie, perturba la vie d’une génération de Français qui firent bon gré mal gré leur devoir. La conscription pouvait durer jusqu’à trente mois. En rentrant de l’armée, Guy se marie le 17 mai 1958 avec Paulette, une fille venue
Guy Huet à différents moments forts de sa vie : bénévole à Triel Mémoire et Histoire (TMH) et au service militaire en 1956. (DR) d’Alsace qui lui donne deux fils : Patrice et Gilles. Avec son épouse, il reprend l’activité des parents. Paulette se rend alors très souvent à Paris pour vendre aux Halles les fruits et légumes qu’acheminent les transporteurs de la maison Sandron établie à Chanteloup. Guy se passionne pour son travail et aime particulièrement la culture des pommes, des poires et des quetsches mais aussi « l’abricotier royal (qui) était cultivé en allant sur Vaux, sur les coteaux. Il était énorme et très juteux mais peu productif. » Au cours des «Trente Glorieuses», l’agriculture française et les filières d’approvisionnement vont être bouleversées. Remembrement, exode rural, productivisme, les producteurs triellois vont être dépassés. En 1969, les Halles de Paris sont remplacées par Rungis, c’est la fin d’une époque. Triel-sur-Seine est encore une ville très commerçante. Guy et Paulette ouvrent au 57 rue des Créneaux une boutique de vente de fruits et légumes mais, comme cette activité ne suffit plus et que son épouse, véritable pilier de l’entreprise familiale décéde prématurément, il doit se résoudre à cesser cette activité et tient un kiosque à journaux pendant quelques années pour compléter sa retraite..
La fin de l’activité, au début des années 1990, ne marque pas pour autant un retrait de la vie. Guy Huet reste dans le souvenir de sa famille comme un fameux grand-père souvent en déplacement pour aller voir ses petits-enfants, un paroissien très actif et le bon copain des Triellois de sa génération.
Un transmetteur du temps jadis Pour les souvenirs, Dominique Aerts de Triel Mémoire & Histoire réalisa un enregistrement audio de sa vie et il participa même à une conférence inoubliable à propos des commerçants triellois du temps jadis. Guy a connu la vie des anciens : l’école et la méthode Boscher, la messe du dimanche, la communion des fidèles, le défilé républicain du 14 juillet, les fêtes du village et une vie de labeur sans beaucoup de distraction. Les dernières années, Guy entretenait la maison familiale avec soin et les passants s’arrêtaient pour la regarder. On peut observer dans sa cour une belle vigne d’ornement plantée par son aïeul en 1904 après la crise du phylloxera. Cette année, elle a beaucoup donné. r
Guy symbole de la bonté Environ 300 personnes se rendues aux obséques de Guy Huet le 6 septembre à l’église Saint-Martin de Triel-sur-Seine. Quelques semaines auparavant une prémonition avait frappé Guy Huet : « Je prie pour les malheureux ! », avait-il lancé à son meilleur ami d’enfance lorsque celui-ci avait été lui rendre visite à la maison de retraite de Verneuil-sur-Seine. Le jour de l’homélie, le père Matthieu Berger a lu un passage de la Bible (« Que notre cœur ne soit pas bouleversé », lettre à Saint-Jean) où «le Seigneur nous demande d’aimer car on passe de la vie à la mort et Guy a aimé et ce dernier a donné du sens à sa présence dans ce monde... Notre Guy ne s’arrête pas même après sa mort.» Quel que soit son interlocuteur, Guy était prêt à vous écouter, à vous aider et à transmettre un humanisme rare dans ce monde complexe et brutal dans lequel nous vivons. Merci Guy pour votre bonté ! r
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Conflit d’usage à l’Etang de la Grosse Pierre
VERNEUIL-SUR-SEINE
La Base Nautique de l’Ouest (BNO) est une institution depuis 50 ans, mais les autorités compétentes, représentées au sein du syndicat mixte SMEAG, semblent vouloir l’étouffer sans prendre en compte le savoir-faire accumulé et sans se soucier du personnel. Un conflit et un gâchis s’annoncent à l’Etang de la Grosse Pierre. Raison implicite : l’apparition d’un nouveau utilisateur de l’étang, le Cercle nautique de l’Etang de la Grosse Pierre à Verneuil. Nos confrères du Parisien, dans son édition du 7 août 2018, avaient ouvert ce dossier épineux : la Base Nautique de l’Ouest, lancée en 1967, ne veut pas couler. « C’est une polémique », a répondu l’infatigable Jean-François Raynal, le premier vice-président du SMEAG(1) : « L’association est de mauvaise foi, elle est au courant de la démarche du syndicat. Comme elle est dans une impasse, elle déclenche une polémique.» Le SMEAG a décidé, en septembre 2018, d’exploiter l’étang en régie directe en utilisant deux nouveaux bâtiments en bois dans ce que l’on connaît désormais comme le Cercle nautique de l’Etang de la Grosse Pierre. Visiblement, il y conflit d’usage d’un même plan d’eau. Certes, ce dossier est inextricable et les torts semblent partagés : dans la convention signée entre les deux parties, il y a le préfixe con (« avec » en latin). Cette affaire les concerne équitablement et les termes de la convention laissent peu de place à la polémique : la BNO a le droit exclusif d’exploitation pour les activités nautiques sur ce plan d’eau de l’Étang de la Grosse Pierre. Elle s’est acquittée de ses obligations fiscales (taxe foncière) et a payé l’eau et l’électricité depuis plus de trente ans. Elle a travaillé pour les communes adhérentes de l’Île de loisirs et, depuis l’élargissement à la CA2RS, pour d’autres communes telles Andrésy et Villennes. Arlette Bellanger, présidente de la BNO, n’a cessé de se réunir avec des élus de la SMEAG, de les relancer par téléphone, de demander des précisions et des clarifications sur la suite à ce qui devait être un « simple » retour aux bâtiments en bois proches des constructions modulaires utilisées depuis quatre ans.
Mission de service public ? Selon nos sources, aucun compte rendu n’a été fait ; pas de retour aux bâtiments livrés en novembre 2017. Avec une déception visible, la rupture s’est consommée après cinq réunions pour « négocier la reprise l’actif » de la BNO, car la SMEAG ne voulait pas de « passif », autrement dit les trois salariés de la BNO. Un point essentiel à retenir, qui est déwww.journal-deux-rives.com
favorable à la BNO, est le fait que la convention ne stipule pas clairement la notion de service public. Ainsi, les deux appels d’offres (infructueux !) et la décision de prendre l’exploitation du plan d’eau en régie directe en 2017 joueraient un rôle prédominant dans l’interprétation des juges si cette affaire était portée devant les tribunaux. La BNO étaitelle investie d’une mission de service public ? Voilà une question pour les spécialistes du droit administratif. Le président du SMEAG, Pascal Collado, a boudé Mme Bellanger depuis juin 2018. Le J2R a tenté, en vain, de contacter MM. Pascal Collado et J-Y Roux, directeur de l’Île de loisirs du Val de Seine, qui joue un rôle important dans la mise en place du Cercle nautique de l’Etang de la Grosse Pierre. Toutefois, le 12 septembre, le maire de Vernouillet a renoué le contact avec la BNO.
Sortir par le haut ou
la déflagration politique
Du côté de la mairie de Verneuil-surSeine, un des élus de la majorité a minimisé le rôle de la BNO : les écoliers de Verneuil ne vont plus là-bas et, en plus, on n’a pas toute l’information sur les agissements de la BNO. En somme, c’est un problème entre la BNO et le SMEAG. Philippe Tautou, maire de Verneuil et président de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise, a renvoyé toute la responsabilité au président de la SMEAG. Certains ont même poussé le bouchon pour dire que la BNO « aurait perdu l’agrément auprès l’inspection de l’Éducation à Ver-
sailles ». C’est une pure invention des détracteurs de la BNO. Pour la présidente, Mme Bellanger, des actes d’intimidation et d’abus de pouvoir de la puissance publique, quelle que soit son échelle, ne peuvent pas entamer la volonté et la détermination des adhérents, des utilisateurs et du personnel de la BNO. Celle-ci ne peut « accepter cette forme d’appropriation de ses activités » à moins de négocier sur trois hypothèses : - une reprise des trois salariés qui ont acquis un savoir-faire incontestable ; - un dédommagement des pertes d’activités et d’exploitation du plan d’eau : elle le chiffre à 250 000 euros ; - ou bien une reprise par la BNO des deux bâtiments en bois et poursuite de l’exploitation de l’activité d’une manière pérenne. En conclusion, si l’on n’arrive pas à négocier et sortir par le haut, la situation va s’envenimer et le conflit d’usage actuel (avec l’arrivée des premiers bateaux du Cercle nautique de l’Etang de la Grosse Pierre) deviendrait un contentieux juridique avec une possible déflagration politique au niveau local. Dans ce jeu-là, les élus en place pourraient être largement perdants à l’horizon 2020. La présidente Bellanger n’exclut aucune hypothèse et pourrait « politiser la soi disant polémique ».r 1. Syndicat mixte d’études, d’aménagement et de gestion de l’Île de loisirs du Val de Seine. Voir aussi la BNO et son acrage local : http://journaldeux-rives.com/actu/08545-verneuil-conflit-dusageletang-grosse-pierre
De g. à dr : François Marchal, moniteur de la BNO, et Arlette Bellanger, présidente de la Base Nautique de l’Ouest. (J2R)
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VERNOUILLET
Actualité locale
Les écoles se mettent au numérique
Le 17 septembre, Pascal Collado, maire de Vernouillet, s’est rendu dans les écoles pour inaugurer officiellement la mise à disposition par la Ville de tablettes numériques. Trois autres écoles ont été concernées dès la semaine suivante. Ce projet mûrement réfléchi et entièrement financé par la Ville entre dans la démarche « plan numérique » voulue par l’Education nationale. Ce déploiement permet de favoriser de nouvelles pratiques pédagogiques pour les petits Vernolitains. Chaque école élémentaire ou maternelle a reçu une mallette contenant 10 tablettes pour les maternelles, 15 pour les classes élémentaires, une pour les enseignants ainsi qu’un vidéoprojecteur leur permettant des projections. Selon la programmation de la mairie, la mise en place de ces tablettes a commencé la semaine du 17 septembre : - lundi 17 septembre : Ecole élémentaire du Clos des Vignes, Ecole maternelle des Terres rouges, Ecoles maternelle et primaire de Marsinval ; - lundi 24 septembre : Ecole maternelle Tom Pouce, Ecole élémentaire Fratellini, Ecole maternelle des Tilleuls.
L’ère numérique dans les écoles Au total, ce sont 93 tablettes qui ont été distribuées dans les écoles de la ville. Vernouillet a entièrement financé l’opération pour un montant
VERNOUILLET
Le maire Pascal Collado a inauguré l’ère numérique dans les écoles primaires de Vernouillet. (Crédit photo Ville de Vernouillet)
total de 100 000 euros d’achat de matériel, auxquels se sont ajoutés des coûts non négligeables d’installation informatique, notamment pour pourvoir chaque école d’un accès Wi-Fi sécurisé et limité ; c’est un déploiement technique très important qui a mobilisé les services de la ville, tout au long du premier semestre 2018. Un travail mené au cours de l’année scolaire passée avec le conseiller technique de l’Education nationale, M. Iacono, a permis de monter le projet d’un point de vue pédagogique en installant notamment les premières applications à vocation pédagogique telles que Documents6, Imovie, Keynote ou encore Scratch Junior. Dans chaque école, en concertation avec l’équipe pédagogique, la ville a identifié un « référent tablette », chargé en priorité d’animer la
démarche au sein de l’école et d’être l’interlocuteur privilégié des services de la mairie. Une formation technique et pédagogique est prévue par l’Education nationale, début octobre, pour une utilisation optimisée de l’acquisition des compétences scolaires via ce nouveau support. « A l’ère du numérique, les tablettes ont toute leur place dans les écoles », a affirmé Pascal Collado, le maire de Vernouillet. « La Ville se devait de proposer des outils modernes pour un apprentissage interactif et intuitif ; une belle opportunité pour rendre l’apprentissage plus ludique ! » Il reste à savoir comment les écoliers et les enseignants vont agir dans le processus pour apprendre à maîtriser les outils numériques et à se maîtriser pour ne pas tomber dans l’excès de cette tendance de la nation start-up, la France. r
Un double hommage à Bosco
Pierre Bosco, un artiste d’origine italienne, a vécu à Vernouillet ; la ville lui a rendu un double hommage : d’abord l’organisation d’une « exposition Bosco » à l’Ecole de Musique et des Arts de Vernouillet (EDMA) et l’inauguration de la rue Pierre-Bosco près de l’EDMA. Né le 29 janvier 1909 à Visco dans la province italienne d’Udine, Pierre Bosco est mort le 3 mars 1993 à Vernouillet. Ses spécialités étaient la peinture du sport et des courses de chevaux. Vendredi 28 septembre s’est tenu le vernissage de l’exposition Bosco à l’EDMA, l’Ecole de Musique et des Arts de Vernouillet. À cette occasion, Pascal Collado, maire, et les élus ont inauguré la rue Pierre Bosco, adjacente à l’EDMA pour rendre hommage au peintre vernolitain. Pendant les trente glorieuses, Bosco a su imprimer son temps avec une peinture abstraite et pure : son coup de
pinceau déconcerte même aujourd’hui. En 1963 c’était la consécration : plusieurs articles élogieux dénotaient « l’expression pure de l’artiste et sa rudesse ». Dans Les Lettres Françaises du 6 juin 1963, l’artiste est catalogué comme un représentant d’un art farouche : « Les toiles de Bosco sont remplies d’une atmosphère mysté- Michèle de Vaucouleurs (à g.) a été présente à l’inauguration de rieuse, d’un expres- la rue Pierre-Bosco, organisé par le maire, Pascal Collado. (J2R) sionnisme tragique. » Il exposa à New-York, à Genève, à Paris et à La ville de Vernouillet a jugé digne de donSaint-Germain-en-Laye et cotoya toute la jet ner le nom de l’artiste à une rue, de manière à society pendant des années. Certains estiment ancrer l’action de Pierre Bosco à la vie locale. que Pierre Bosco avait peint plus de 6000 Après la cérémonie, un cocktail a clôturé tableaux. Il avait des thèmes de prédilection la soirée d’hommage à Pierre Bosco. L’expocomme les combats de coqs, les Arlequins, les sition est restée ouverte au public jusqu’au 6 courses hippiques, les joueurs de rugby et les octobre à l’EDMA. r cyclistes. www.journal-deux-rives.com
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Seine Vexin
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LES MUREAUX Fête de l’Air 2018 : la Patrouille
de France fait son retour en fanfare
Samedi 8 septembre, pour l’édition Une affluence énorme a caractérisé la Fête de l’air sur l’Aérodrome des Mureaux-Verneuil2018 de la Fête de l’air sur l’Aéro- sur-Seine. Les amateurs de l’aviation se sont régalés avec la Patrouille de France. (DD) drome des Mureaux-Verneuil-sur- la plus grande partie des visiteurs de la fête pas pleins. Ce flux de visiteurs montre égaleSeine, la Patrouille de France était sont arrivés entre 13 h 30 et 14 h ? Effec- ment à quel point cette fête est attractive. A tivement, une foule importante stagnait de- la magnifique démonstration de la Patrouille époustouflante. C’est la seconde fois que la Patrouille de France honore de sa présence aérienne la Fête de l’air, qui a eu lieu sur l’Aérodrome des Mureaux-Verneuil-sur-Seine. Cette démonstration aérienne de toute beauté, sous un magnifique soleil et un ciel bleu zébré de fumées bleues, blanches et rouges en fin de show, a commencé vers 13 heures, soit une bonne heure avant les autres démonstrations de voltiges aériennes prévues dans le programme. A en croire certains visiteurs, croisés sur l’événement, beaucoup d’entres eux ont cru que toutes les démonstrations commençaient à 14 heures. Est-ce la raison pour laquelle
vant les portiques de sécurité situés à l’entrée de l’aérodrome pendant que la Patrouille de France faisait son show. Cela explique le fait également qu’il n’y avait pas une foule aussi importante que d’habitude, sur le site même de la fête, accolée aux barrières de sécurité pour regarder la Patrouille de France. Cette arrivée massive a créé de nombreuses perturbations de circulation de l’entrée de l’Île des loisirs du Val de Seine, située à côté de l’aérodrome, aux entrées des villes des Mureaux et de Verneuil-surSeine. Mais la sécurité a veillé à ce que tout se passe bien malgré certaines voitures qui se sont stationnées le long de la RD154 alors que les parkings gratuits de la fête n’étaient
de France, s’ajoutaient la présence de nombreuses autres attractions liées à l’aviation. Il y avait des simulateurs de vol, des ateliers pour les jeunes, des expositions, des avions, des planeurs, un camp militaire de la Seconde Guerre mondiale, un hélicoptère de l’Armée de terre, des maquettes, du modélisme et de nombreux shows aériens qui se sont enchainés tout l’après-midi, avec des championnes comme Pascale Alajouanine et Dorine Bourneton. Cette édition 2018 a été encore une fois une réussite totale qui a émerveillé les amateurs de voltiges et d’aéronautique, jeunes et moins jeunes. r
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Seine Vexin
LES MUREAUX « Fleurs en Seine » : exquises succulentes Du 15 au 16 septembre 2018 s’est déroulée la 15e édition du festival floral « Fleurs en Seine » dans le Parc de l’Oseraie, situé dans la commune des Mureaux, sur les bords de la Seine. Cette édition était sous-titrée « Exquises Succulentes ».
Le festival « Fleurs en Seine » est devenu une référence pour les amoureux des arts floraux et du monde du jardin. On n’a jamais vu autant de monde que lors de cette édition ; tous se promenaient avec un sourire et un pot de plants pour égayer leur quotidien. C’est sous le thème « Exquises succulentes » que s’est ouverte et déroulée la 15e édition du festival au Parc de l’Oseraie des bords de Seine. En exposant des plantes craquantes et faciles à vivre, les organisateurs de Fleurs en Seine ont voulu fêter ces 15 années de convivialité végétale avec la flore de l’île de Madagascar, pays invité cette édition. Une exposition s’est d’ailleurs tenue dans le manoir du parc sur ce thème et cela ne fut pas la seule animation de ce weekend. Parmi les invités, était présent Christophe Rioux, écrivain, journaliste, universitaire originaire des Mureaux et parrain de cette 15e édition. Il est venu partager ses souvenirs de voyages d’exploration de l’île de Madagascar et a livré
Pour les 16 000 visiteurs c’était l’événement jardin de la rentrée. (J2R)
son témoignage lors d’une conférence intitulée « Eloge des plantes ». La section Cactées et Succulentes de la Société Nationale d’Horticulture de France (SNHF) a proposé une exposition de plantes caractéristiques et L’Arboretum de Versailles Chèvreloup a exposé une sélection de plantes de sa collection unique dans le monde. Des experts jardin reconnus, représentants de la SNHF, et l’équipe des espaces verts de la
ville des Mureaux ont proposé des ateliers et des conférences également. Les visiteurs, mais surtout les enfants, ont été sensibilisés au jardinage grâce à des animations ludiques et pédagogiques. Il ne faut pas oublier le prix d’art floral décerné chaque année par la SNHF. Avec des exposants de France et de Navarre, le festival a attiré plus de 16 000 visiteurs pendant le weekend, cela montre que l’attractivité de cet événement perdure. r
LES MUREAUX ISA : Rentrée scolaire et solidaire La 3e vente de fournitures scolaires organisée par l’ISA a été une réussite. Le 21 août 2018, en particulier, l’association Insertion Solidaire Autonomie (ISA) a aidé les familles en situation fragile pour la rentrée scolaire des jeunes muriautins en organisant une vente de fournitures scolaires à très bas prix.
Du 21 août au 13 septembre 2018, l’association Insertion Solidaire Autonomie (ISA) a organisé, à quelques jours de la rentrée 2018, sa troisième vente de fournitures scolaires dans ses locaux. L’association ISA a proposé des fournitures de marques à des prix 6 à 10 fois moins cher qu’en promotion en grande surface, ainsi que de l’occasion. Cartables, stylos, crayons, gommes, tip-ex, surligneurs, feutres, crayons de couleurs... Tous ces outils nécessaires aux écoliers des Mureaux étaient disponibles à l’achat, jusqu’à l’épuisement du stock, pour toutes les familles soutenues par l’association et bien au-delà.
Depuis juin 2018, l’association ISA a annoncé cette troisième vente de fournitures scolaires sur tous les canaux de communication, ainsi qu’à la Maison des familles des Mureaux, le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS), et au Conseil départemental des Yvelines, partenaires de l’association, qui ont diffusé également l’information. Au total, elles étaient plus de 300 familles qui ont été accueillies par les 6 ou 7 bénévoles de l’association encadrant ces ventes (ISA compte une vingtaine de membres), ainsi que par sa présidente, Mme Jacqueline Dagès, professeur de français retraitée du Lycée François-Villon situé aux Mureaux. C’est un peu avant 14 heures, d’après Madame Dagès, en raison de la file d’attente se formant devant l’entrée, que cette vente a commencé. De nombreuses familles ont pu, ainsi, commencer à se fournir en matériels scolaires pour la rentrée 2018 de leurs enfants.« Certaines familles repartent avec des paniers de 100 € », a expliqué Madame la présidente, « car elles se sont ravitaillées pour l’année ». Cette vente est organisée peu de temps après le versement de l’Allocation de Rentrée Scolaire (ARS). Ainsi, les familles, qui viennent ici,
ont les moyens de se ravitailler et d’assurer à leurs enfants le nécessaire pour l’ensemble de l’année scolaire.
D’où viennent les fournitures ? Pour organiser cette vente à des prix modiques, l’association ISA a été aidée par l’association « Dons Solidaires », qui collecte dans les entreprises des invendus non alimentaires et les redistribue aux personnes démunies via un réseau d’associations caritatives. L’association muriautine lui a acheté des « kits scolaires » à bas prix, qui ont constitué le stock de fournitures scolaires proposées à la vente. Cela permet à ISA de distribuer ces fournitures aux familles qui en ont le plus besoin pour des prix vraiment très bas. Quelques bénévoles de « Dons Solidaires » étaient présents en cette après-midi d’ouverture. Cette vente de fournitures scolaires à prix très réduit organisée dans les locaux de ISA, s’est terminée le 13 septembre. L’association ISA organise, le 13 octobre, une brocante solidaire dans ses locaux de la ville des Mureaux (151, rue Jean-Jaurès). r
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Dossiers
SERVICES PUBLICS (Suite de la page 9) ../…
L’hypothèse utopique d’une régie communautaire
Le débat se poursuit entre les partisans d’une régie et ceux qui restent favorables à une exploitation du service de l’eau par des sociétés privées. L’idée d’une régie, qui apparaît, d’emblée, très bonne, se heurte toutefois à de réelles difficultés de mise en œuvre à l’échelle de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise.
Limay, un exemple local L’AREPVal de Seine met avant l’expérience de la régie de Limay-Guitrancourt, qui permet la gratuité des premiers m3 d’eau. Sur son site Internet, la Ville de Limay annonce que « reconnue pour pratiquer des tarifs inférieurs à la moyenne constatée sur le bassin de vie, [elle] a instauré en début d’année 2015 le droit à l’eau pour tous ses habitants. » Une différenciation de facturation a été établie entre deux catégories d’abonnés : « domestiques » et « activités ». Les 3974 abonnés de la régie intercommunale bénéficient de la gratuité de 40 % des volumes consommés, correspondant au volume d’eau nécessaire à l’hygiène et à l’alimentation pour les abonnés domestiques. Afin d’éviter les surconsommations, une majoration de 20 % est appliquée sur les volumes consommés au-delà de 240 m3/an. En 2018, le prix TTC de l’eau a été fixé à 2,9806 €/m3 pour 120 m3 par an (selon GPS&O : 1,35 € pour l’eau potable, 2,89 € avec l’assainissement).
La compétence « eau » de GPS&O Dès 2016, GPS&O a exercé, directement, sa compétence dans 38 communes situées à l’ouest, qui appartenaient précédemment à la Communauté d’agglomération de Mantes-en-Yvelines (CAMY) et à la Communauté de communes des coteaux du Vexin (CCCV). Dans le reste du territoire, la communauté urbaine a repris les contrats de délégation de service, établis par des communes ou des syndicats intercommunaux. Environ 7 600 000 m3 d’eau potable sont facturés, chaque année, aux habitants de GPS&O ; les moyens techniques comprennent 805 km de canalisations, 16 forages et captages, 34 réservoirs et châteaux d’eau. La direction du cycle de l’eau comprend 35 personnes, dont 5 ou 6 ingénieurs, réparties en deux pôles situés à Magnanville et à Carrièressous-Poissy. r
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VOTRE EAU : A QUAND LA MÊME EAU POUR TOUS ? Ce résultat est remarquable mais deux questions se posent : - Cette structure est-elle véritablement une régie, alors qu’elle achète son eau à Veolia et qu’elle doit sous-traiter certaines interventions sur son réseau, notamment l’entretien et la réparation des grosses canalisations, ainsi que l’ensemble de l’assainissement ? - Dans le cas où une telle régie d’un petit groupe de communes exploiterait, directement, l’eau de ses propres captages, aurait-elle les capacités financières nécessaires pour adoucir l’eau qu’elle fournit, alors que le groupe Suez a investi 15 millions d’euros pour chacune des 4 unités de décarbonatation qu’elle a déjà installées ? Jean-Luc Santini considère, toutefois, que la régie de Limay, disposant de personnels et d’infrastructures, est la seule véritable régie pour le service de l’eau dans la communauté urbaine et que celle-ci la conservera comme étalon. Son savoir-faire peut, notamment, être utile lors des négociations avec les différentes sociétés délégataires du service public.
Paris, un éventuel modèle mais, également, un obstacle L’exemple que pourrait suivre GPS&O (plus de 400 000 habitants) est plutôt celui de la Ville de Paris. En 2010, la régie Eau de Paris est devenue l’opérateur municipal du service public de l’eau ; desservant trois millions d’usagers, dont 2,2 millions de Parisiens, elle compte 93 000 abonnés. Après avoir baissé le prix de l’eau, la régie a dû, cependant, les augmenter afin de répondre aux besoins de renouvellement de son réseau. Son programme d’investissements s’articule autour de trois axes stratégiques : optimisation et la performance des infrastructures, accompagnement de la transition écologique du territoire, garantie de la qualité de l’eau et du service aux usagers. Une régie communautaire pourrait acheter l’eau, comme GPS&O le fait actuellement, aux quatre exploitants actifs dans le territoire. Toutefois, l’appropriation de l’ensemble du cycle de l’eau serait la meilleure solution pour garantir un contrôle complet. Nous avons vu qu’un seul champ captant, celui de Flins-Aubergenville, pourrait satisfaire les besoins de tous les habitants de la communauté urbaine, si une grande partie de ses eaux n’était pas « exportée ». Deux obstacles s’opposent à cette solution : l’usine est la propriété du groupe Suez et l’intercommunalité ne pourrait pas devenir propriétaire des captages : certains appartiennent à la ville de Paris alors que ceux alimentant, actuellement, la capitale se situent dans les régions de Provins, Sens, Fontainebleau et Dreux.
Gestion publique ou privée : avantages et inconvénients
Aujourd’hui, la Ville de Paris n’est pas disposée à céder ces captages, même à une collectivité publique, qui pourrait ensuite les vendre à une société privée. Peut-être, se réserve-telle aussi d’éventuelles sources d’approvisionnement en cas de situation d’urgence.
L’histoire de l’exploitation du gisement aquifère de
Flins-Aubergenville
Les Parisiens des siècles derniers ont été prévoyants. Entre 1854 et 1860, le préfet de la Seine, Georges Eugène Haussmann, avait fait voter par le Conseil de Paris un vaste programme d’alimentation en eau de la capitale et d’évacuation des eaux usées. Après sa réalisation confiée à Eugène Belgrand, directeur du service de l’eau, une deuxième étape a eu lieu à partir de 1929. Achères et ses environs ont alors été choisis pour y acheminer les eaux usées des Parisiens. La Ville de Paris avait déjà acquis, en 1904, le Domaine de la Haye, dans les territoires de Flins et des Mureaux, pour la création d’un champ d’épandage. Les autorités de Paris et du département de la Seine allèrent chercher, assez loin, l’eau pour alimenter leur population. C’est en juin 1956 que la préfecture de la Seine a passé un marché d’études avec la Société lyonnaise des eaux et de l’éclairage en vue de la réalisation éventuelle dans la région d’Aubergenville, de Flins et d’Epone d’une opération d’adduction d’eau. Destinée à alimenter Paris et la banlieue ouest, elle avait pour objectif de fournir 100 000 m3 d’eau potable par jour. Le contrat pour la réalisation de cette opération, réalisée à frais communs entre la Ville de Paris et la SLEE, a été établi deux ans plus tard. La Ville de Paris a, alors, autorisé la construction de puits sur des terrains du Domaine de la Haye et sur d’autres parcelles qu’elle avait acquises. Le fonctionnement de l’adduction des « eaux d’Aubergenville » a commencé en juin 1961. Trente ans plus tard, à l’issue de la convention, alors que son service de l’eau avait été remunicipalisé, la Ville de Paris, n’utilisant plus le gisement de Flins-Aubergenville, a cédé à la SLEE sa part indivise dans l’usine de traitement des eaux ; elle y conserve, toutefois, un droit de regard et Suez continue, vraisemblablement, à lui verser des redevances pour l’eau de six puits que la ville avait forés seule. r Erik Orsenna a exprimé sa conviction, dans l’une des sept conclusions de son livre : « Étant donné sa double importance, réelle et symbolique, l’eau, source de vie, relève toujours d’une responsabilité politique. Que certaines autorités publiques (Etat, région, ville) confient à des entreprises privées la gestion de l’eau, c’est leur choix. Que ces procédures doivent beaucoup gagner en transparence, en honnêteté et en respect de la démocratie, c’est l’évidence. Quant à considérer la régie publique comme forcé../…
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SERVICES PUBLICS ment meilleure que la concession privée, c’est oublier les maladies propres à toutes les administrations du globe : la pléthore, l’absence de sanctions, la docilité aux interventions des élus, les préoccupations électoralistes... Quant à considérer qu’il faut d’urgence privatiser partout, c’est faire peu de cas des dérives propres aux entreprises qui ont pour moteur et obligation de dégager du profit : d’où une pression permanente à la hausse des prix. Sur la question des investissements, on pourrait accorder la préférence aux régies. Normalement, il est dans les attributions de la puissance publique de maîtriser les horloges, c’est-à-dire de décider pour le long terme. La réalité fournit beaucoup d’exemples de comportements contraires à cette logique. Lorsque l’entreprise privée est tenue par des obligations à trente ans, elle se doit d’entretenir les réseaux. Lorsqu’une équipe municipale voit approcher la fin de son mandat, grande est sa tentation d’adoucir les factures au détriment des installations. » Selon Jean-Luc Santini, la création d’une régie communautaire nécessiterait le recrutement de 50 personnes pour compléter les 35 actuelles de la Direction du cycle de l’eau de GPS&O. Il faudrait créer un nouveau réseau de distribution, les canalisations existantes, dont l’installation a demandé une quarantaine d’années, et les compteurs étant la propriété des sociétés exploitantes.
VOTRE EAU : A QUAND LA MÊME EAU POUR TOUS ? La chasse aux fuites d’eau L’eau perdue à Andrésy augmentera, pour son secteur, le taux de fuite que les professionnels mesurent par le rendement (rapport entre la somme des volumes d’eau comptabilisés par les compteurs des abonnés et le volume d’eau à l’entrée du réseau). L’eau détournée au moyen de branchements illégaux est, également, comptée dans les fuites. Chaque année, 20 % de l’eau potable transportée en France par les réseaux de distribution est perdue. Certaines villes, ayant mis en place des stratégies de lutte contre les fuites, affichent des rendements proches de 90 %. C’est le cas dans l’ensemble de la communauté urbaine, sauf à Carrières-sousPoissy où, en 2016, le rendement était inférieur à 85 %. GPS&O demande aux délégataires du service un effort particulier pour la détection des fuites car, en plus du coût supplémentaire, elles peuvent créer des cavités souterraines, entraînant des effondrements. Chaque société exploitante est équipée de camions spécifiques et de spécialistes qui détectent les pertes au moyen de techniques acoustiques. Travaillent-ils la nuit alors qu’il y a moins de bruits parasites et, surtout, tandis que le volume d’eau transitant dans le réseau correspond, principalement, à des fuites ? r
Vers une communauté de l’eau, à l’horizon 2030 La dimension de la communauté urbaine constitue un avantage pour représenter les communes, face aux sociétés délégataires lors des renouvellements et des modifications des contrats. Toutefois, son caractère administratif et centralisé est source de difficultés, dénoncées par de nombreuses communes, tout particulièrement en ce qui concerne l’entretien des voiries.
dèrent que la communauté urbaine devrait disposer de moyens et d’une organisation lui permettant de prendre, même au mois d’août, des décisions d’urgence, en coordination étroite avec elles, avec les fournisseurs de l’eau et avec la Direction de la voirie. Ce souhait sera-t-il exprimé dans une recommandation de la société d’études que la communauté urbaine a choisie pour l’accompagner ? Plusieurs tâches lui ont été confiées : - Prospective (personnel, budget et plan pluriannuel d’investissements) ; - Etude de l’état technique du réseau, notamment de celui des châteaux d’eau ; - Analyse des attentes réelles pour la décarbonatation ; - Projets de sécurisation des réseaux.
Des attentes des élus municipaux : plus de réactivité et de proximité Voirie et service de l’eau sont très étroitement liés, les interventions sur les canalisations nécessitant des travaux dans les chemins, les rues et les routes. Un incident, qui s’est produit en août dernier à Andrésy, aura entraîné une perte d’environ 800 m3 en trois mois selon les élus de la liste Andrésy Energies Renouvelées(7) ; la manière dont il a été traité met en évidence que, pour fournir rapidement les services attendus, surtout en cas de problème dans le réseau, l’organisation actuelle devrait être améliorée. L’avarie, qui provenait, semble-t-il, de la remise en service d’une canalisation vétuste a nécessité une purge mais sans récupération de l’eau. Alors qu’en cet été caniculaire des efforts pour économiser l’eau étaient demandés aux habitants et aux services techniques de la ville, l’eau perdue, certes non potable et retournée dans la nappe phréatique, aurait pu être utilisée pour l’arrosage des espaces verts. Tandis que les communes n’ont plus la maîtrise du cycle de l’eau (adduction et distribution de l’eau puis son assainissement) ni de la voirie, nombreuses sont celles qui consi-
Les leviers des actions de GPS&O : économies d’échelle et solidarité communautaire Il n’est pas étonnant que les sociétés Suez et Veolia se soient inquiétées lorsque la compétence «eau» a été transférée des communes à la communauté urbaine, qui a pu comparer les tarifs appliqués par les différents opérateurs et étudier les disparités entre les 73 communes. Toutefois, le regroupement et la rationalisation des contrats avec les délégataires du service public leur apporte des économies, qu’une bonne négociation permet de répercuter dans le prix de l’eau. Ainsi, le regroupement de neuf contrats avec Suez pour l’achat d’eau traitée par l’usine de Flins a, déjà, permis de réduire le tarif, en contrepartie d’un engagement sur le volume d’eau acheté chaque année. GPS&O ne souhaite pas réduire le nombre de fournisseurs, inférieur à celui des sociétés de travaux publics, auxquelles sont confiées les interventions sur la voirie. Deux solutions complémentaires ont été mises en œuvre : homogénéisation des appels d’offres et regroupement de communes en zones cohérentes, desservies par un même exploitant. Ce dernier point ne concerne pas
la partie orientale du territoire, où l’un des principaux problèmes concerne la sécurisation de la canalisation du massif de l’Hautil. Le principe de solidarité que la communauté urbaine cherche à appliquer aux domaines de l’eau et de l’assainissement concerne les différences de coûts d’exploitation entre les villes et les zones rurales. Pour Jean-Luc Santini, les villes dont les habitants apprécient de pouvoir profiter des paysages des espaces agrestes doivent aider les communes, où ceux-ci sont situés. En effet, les fuites y sont plus importantes, en fonction de la plus grande longueur des canalisations. Cette entr’aide se matérialise par une légère réduction de la redevance communautaire dans les zones rurales, du moins pour les communes qui acceptent de reverser à l’intercommunalité l’éventuel excédent de leur budget annexe de gestion de l’eau. La commune de Chapet, où le prix de l’eau était très supérieur à celui des communes voisines, en a, notamment, bénéficié ; seules six communes de l’est de GPS&O reçoivent une eau potable plus chère mais, en incluant l’assainissement, le tarif reste le plus élevé après Triel-sur-Seine. L’intercommunalité devrait conduire, également, à une interconnexion des réseaux. Des solutions de secours ont déjà, été mises en œuvre pour assurer la continuité du service. L’objectif est de pouvoir, aisément, passer d’une source d’approvisionnement à une autre. Il faudra, toutefois, encore du temps avant que toute la population de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise soit approvisionnée en eau décarbonatée ! r
7. https://www.journal-deux-rives.com/ actu/06766-linvite-2r-daniel-vitter-questionleau-gpso 8. http://www.andresy-energies-renouvelees.com/a-andresy-5-ans-de-consommation-d-612.html www.journal-deux-rives.com
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Sport
LE JOURNAL DES DEUX RIVES - SEPT-OCT. 2018
Retour de l’enfant prodige et victoire de Jordan Jeanne FOULÉE TRIELLOISE
La 20e édition de la Foulée trielloise a été une double réussite : le nouveau parcours exigeant a unanimement été cautionné par la majorité des coureurs dans les deux courses (6 km et 12 km) ; de plus, nous avons assisté au retour d’un grand champion, Jordan Jeanne, vainqueur avec un chrono de 41’ 43’’.
La Foulée trielloise, la classique de la course à pied, a changé de format pour l’édition 2018. Joël Mancel, maire de Triel-sur-Seine, a donné le départ à 10 h 10 à la fois pour les concurrents des 6 kilomètres et ceux des 12 kilomètres. Le départ, à l’Ecole Camille Claudel, avenue des Fontenelles (près du cimetière), a été rapide. Après une première accélération, tous les trois cents participants ont pris le virage à gauche dans la rue des Bois ; un grand écrémage a eu lieu dans une montée de 400 mètres. Ils ont encore tourné à gauche vers la sente des Beauregards. Après cette première difficulté, ils sont arrivés à une sorte de plateau où ils ont repris leur souffle, certains regagnant des places perdues pendant la première montée difficile. Après environ 300 mètres de plat, les premiers, dont le trio Jeanne, Gence, Feurgard, se sont dirigés vers la forêt de l’Hautil. Sur environ 400 mètres, la parcours s’est transformé en un faux plat et c’était le moment de relancer la course, voire de dépasser quelques concurrents et voisins. Jordan Jeanne a pris les commandes de la course ; Gence et Feurgard se sont, alors, rendu compte que Jeanne était au-dessus du lot dans ce parcours fait pour lui. Yannick Caillot, un ancien vainqueur de la Foulée, a aussi cédé du terrain au kilomètre 3. Cette explication a eu lieu vers le Sentier du Trou d’enfer. Après les montées et
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les descentes, qui caractérisent ce nouveau parcours, les premiers de la course sont arrivés à l’avenue des Fontenelles. Avant de terminer la première boucle de 6 kilomètres, Jeanne a facilement passé le revitaillement et a amorcé la deuxième boucle. Dans la course de 6 km, Laure Bouteloup, catégorie féminine, a gagné avec un chrono de 29’ 21’’, suivie par Elodie Adam (29’ 56’’) et Gaëlle Parratte d’ASCA Peugeot Poissy (31’ 34’’). Dans la catégorie masculine, Illya Justin (21’ 05’’) a remporté la course de 6 km. Le podium a été complété par Gregory Fève d’US Mery AC (21’ 08’’) et Nicolas Pillard d’EA Cergy Pontoise Athlétisme (21’ 18’’). La course de 12 km s’est poursuivie avec les mêmes acteurs en tête : MM. Jeanne, Gence et Feurgard ont mené la course en tête, même si Yannick Caillot et Aymeric Dupoux les gardaient Le vainqueur de la 20e édition de la Foulée trielloise en ligne de mire. A ce moment, est un ancien du club Mureaux Val de Seine. (J2R) Jeanne, un ancien du club Muki a remporté la course avec un temps respecreaux Val de Seine (MVS), ayant une longue expérience des cross, a accéléré table de 56’ 25’’. Plus tard, avec plus d’une le rythme et a creusé l’écart avec ses poursui- minute, Lehna Mobuchon (57’ 46’’) et Justine vants (à environ une minute). Il y a quelques Gay (58’ 23’’) se sont contentées de faire parannées, Jordan Jeanne a déménagé en pro- tie du trio au podium. Dans la course de 6 km, Illya Justin a gavince, où il exerce son métier dans le secteur médical. Cependant, à l’occasion d’une visite gné, côté masculin, avec un chrono de 21’ 05’’ à ses parents dans le Vexin français, Jordan est et Laure Bouteloup a remporté, côté féminin, venu se frotter avec les meilleurs de la course avec un chrono de 29’ 21’’. La 20e édition de à pied pour cette rentrée 2018-2019. Le deu- la Foulée trielloise a confirmé que les organixième de la course, Bertrand Gence l’a bien sateurs et la municipalité avaient fait un bon souligné à l’arrivée : « Le jeune inconnu (sic) était choix pour ce nouveau parcours(1). r imbattable ! » Du côté des femmes, Julia Giegrzybolows- 1. Webtélé 2R : https://youtu.be/SbwFeMwIbCM
LE JOURNAL DES DEUX RIVES - SEPT-OCT. 2018
MONDE ANIMAL
Nous et les animaux
Culture
Durant sa jeunesse et jusqu’au soir de sa vie, le journaliste, écrivain, amateur d’art, Octave Mirbeau montra beaucoup de tendresse et d’intérêt pour tous les êtres de la création, sans exclusive. Au milieu du vingtième siècle, le paysan de Triel faisait encore la route en charrette attelée jusqu’aux Halles de Paris pour vendre sa production. Les anciens nous disent que l’animal de trait connaissait si bien le trajet qu’il s’arrêtait presque instinctivement là où son maître avait ses habitudes, le sortant de l’engourdissement alors qu’il finissait sa nuit.
Destin d’animaux chez les écrivains de la fin du xixe siècle
Alice et Octave, dans leur propriété qui se situait à l’emplacement de l’actuelle mairie de Carrières-sous-Poissy, avaient un poulailler magnifique. L’écrivain passait beaucoup de temps à observer ses animaux domestiques, mais aussi les insectes, les petits mammifères et les crapauds rencontrés au cours de ses promenades. Dingo, son dernier roman, a pour personnage principal et éponyme, non pas un de ces êtres supposés pensants et dotés de sentiments humains, mais son propre chien. En ces temps, Français et Allemands s’occupaient sur les champs de bataille et, les nombreux chevaux et vaches à viande sacrifiés à la machine guerrière, n’ont, semble-t-il, jamais reçu un vrai hommage de la Nation. Le Médanais Emile Zola, un voisin pour ainsi dire, consacra quelques paragraphes de Germinal au cheval Bataille, le doyen de la mine, un cheval blanc qui avait dix ans de fond : « Maintenant, l’âge venait, ses yeux de chat se voilaient parfois d’une mélancolie. Peut-être revoyait-il vaguement, au fond de ses rêvasseries obscures, le moulin où il était né, près de Marchiennes, un moulin planté sur les bords de la Scarpe, entouré de larges verdures, toujours éventé par le vent. » Enfin, Maupassant décrit souvent les rapports de ses contemporains avec les ani-
La basse-cour. (J2R)
maux dans ses Contes et Nouvelles : Toine est l’histoire d’un bon vivant frappé de paralysie. Devenu inutile aux yeux d’une épouse revêche, il est reconverti à son corps défendant en couveuse. Il finit par se prendre d’affection pour les poussins qui suivent la brouette - comme les oies de Konrad Lorenz - dans laquelle le promène ses copains … ou la nouvelle intitulée Coco, qui raconte le sort funeste d’un vieux cheval, victime du sadisme quotidien d’un stupide garçon de ferme nommé Zidore.
Production animale et humanité Depuis l’homme s’est éloigné des bêtes et leur sort a empiré. Certains parmi les plus jeunes ne se figurent un poisson que carré et recouvert de chapelure. La basse-cour évoque davantage l’école de Barbizon, la plupart des poules ayant une vie concentrationnaire. La simple évocation de l’élevage industriel des cochons et autres animaux destinés à l’abattoir soulève le cœur mais les soins et l’attention que nous prodiguons aux animaux de com-
Bruno PHILIPPE
PRODUCTEUR
pagnie confortent notre bonne conscience. Le philosophe Alain Finkielkraut, se moquer de lui est devenu une figure imposée dans les rédactions parisiennes, redoute la disparition de la relation de l’homme avec le ruminant : « Si le rapport de collaboration entre les vaches et les hommes est rompu, il n’y aura plus de vaches. On peut libérer les hommes d’une condition d’oppression ou d’asservissement mais plaquer ce schéma sur les animaux de rente, c’est préconiser en guise de libération la disparition de ces espèces qui ne subsisteront que dans quelques parcs à thème, dans des zoos pour les enfants ». La campagne, infestée par des pesticides, est devenue par endroits si inhospitalière pour les abeilles, les insectes et les oiseaux que des ruches sont aujourd’hui installées dans les villes ou sur les toits des bâtiments d’entreprise, comme le propose Alexandre Valgrès, apiculteur établi à Brueil-en-Vexin. Songeons que plus d’un tiers de notre alimentation est pourtant tributaire de la pollinisation et méditons sur l’existence de ces hommes plus attentifs aux animaux, comme était François d’Assise. r
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Thierry LE HÊTE propose en souscription jusqu'au 20 décembre 2018 au prix de 32 € au lieu de 39 € - parution novembre 2018
LA DYNASTIE CAPÉTIENNE - VIIIe-XXIe siècle Tome 1 - La descendance légitime
Livre de 335 pp. - Format 21x29,7cm à l'italienne
Les précédentes éditions sur ce sujet, publiées en 1987 et 1998, ayant rencontré un vif succès, conduisent aujourd'hui Thierry LE HÊTE à proposer ce nouvel opus dont le contenu, que ce soit les généalogies ou les textes, a été considérablement amélioré, permettant également d'apporter des éléménts inconnus à ce jour. Cette étude, illustrée d'une cinquantaine de blasons, propose dans sa première partie 114 pp. de textes sur l'histoire des différentes branches accompagnées de la généalogie descendante des Capétiens en 90 tableaux sur 46 générations. Dans la seconde partie est expliquée, sur 71 pp. de textes, la manière dont les Capétiens ont conquis, régné et pu perdre les États ou principautés, le tout accompagné de 26 tableaux généalogiques expliquant leurs dévolutions, ainsi que de 19 cartes historiques.
1ère partie : généalogie des différentes branches de la dynastie
Tableaux généalogiques I A & B : les Robertiens - II A à E : les Capétiens directs († 1328) - III A à C : les Valois, rois de France, ducs d'Orléans & d'Angoulême († 1589) - IV A : les ducs d'Anjou († 1482) - V A : les ducs de Bourgogne († 1477) - B : les ducs de Brabant († 1430) - C : les ctes de Nevers († 1491) - VI A & B : les ducs d'Alençon († 1525) - VII A & B : les ctes d'Évreux, rois de Navarre († 1425) - VIII A à C : les ducs de Bourbon & ctes de Montpensier († 1527) - IX A à C : les ctes de Vendôme & ducs de Montpensier († 1608) - X A : les Bourbons, rois de France († 1883) - XI A à D : les rois d'Espagne, la branche carliste († 1936) & les ducs d'Anjou XII A : Les ducs de Séville - B : MM. de Bourbon, les mquis de Balboa († 1952), les mquis de Squilache - C : les ducs de Santa Elena - XIII A à F : les rois des Deux-Siciles, les ducs de Castro & de Calabre - B à D & F : MM. de Bourbon-Siciles - E : les ctes de Roccaguglielma († 1968) - XIV A : les Bourbon-Bragance, ducs de Marchena († 1923), de Durcal († 1944) & d'Ansola († 1979) - XV A : Les ducs de Parme - B & C : les gds-ducs de Luxembourg, les pces de Nassau - D & E : MM. de Bourbon-Parme - XVI A à C : les ducs d'Orléans - XVII A & B : MM. d'Orléans-ragance - C à E : la famille impériale du Brésil - F : le rameau issu de Ferdinand, duc d'Alençon († 1970) G : Henri, duc d'Aumale & ses enfants († 1897) - H : les ducs de Galliera - XVIII A : les pces de Condé († 1830) - B : les pces de Conti († 1814) - XIX A & B : les sgrs de Carency († 1515) & de Duisans († 1530) - C : les sgrs de Préaux († 1429) - XX A : les ctes d'Artois & d'Eu († 1471) - XXI A & B : les rois de Naples, de Siciles, de Hongrie & de Pologne de la 1ère maison d'Anjou († 1382) - C : les pces de Tarente († 1374) - D : les ducs de Duras († 1414) - XXII A : les ctes de Dreux († 1345) - B : les sgrs de Bû († >1392) - C : les sgrs de Beaussart († 1540) - D : les sgrs de Morainville († 1590) - XXIII A : les ducs de Bretagne († 1488) - B & C : les sgrs de Machecoul & de Vieillevigne († 1434) - XXIV A : les Coutenay, emp. de Constantinople († 1283) - B : les sgrs de Champignelles († 1472) - C & D : les sgrs de Bléneau († 1655) - E : les sgrs de La Ferté-Loupière (2nde brche) († 1562) - F : les sgrs de Chevillon († 1733) G : les sgrs de Bontin († 1562) - H : les sgrs d'Arrabloy († <1534) - I : les sgrs de La Ferté-Loupière (1ère brche) grs tes († 1438) - J : les s de Tanlay († 1383) - XXV : les c de Vermandois († 1176) & les sgrs de Chaumont-en-Vexin († >1266) - XXVI A à C & G : les ducs de Bourgogne († 1361) - D : les sgrs de Sombernon († 1419), de Couches († 1470) & de Montoillot († >1410) - E & G : les sgrs de Montagu († 1349) - F : les dphins du Viennois († 1282) - XXVII A & B : les rois de Portugal († 1383). Arbres généalogiques I à X des actuels chefs des branches subsistantes.
2nde partie : les territoires sur lesquels les Capétiens ont régnés, prétendus, règnent ou prétendent
A : les dévolution et prétention aux couronnes de France, d'Espagne, de Navarre, d'Aragon, de Portugal, de Brésil, de Siciles, des Deux-Siciles, de Parme, de Luxembourg, de Constantinople, d'Achaïe, de Hongrie, de Pologne et autres états - B : les dévolution et prétention aux couronnes des comtés et duchés d'Alençon, d'Angoulême, d'Anjou, du Maine, d'Artois, de Bourbon, de Bourgogne, de Bretagne, dauphniné du Viennois, de Dreux, d'Eu, de Lorraine & de Bar, de la Marche, de Montpensier, de Nevers, d'Orléans, de Provence, de Vendôme & de Vermandois. ---
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