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n° 136 Pourquoi ont-ils voulu être élus ?

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Janvier 2018

JOURNAL INDÉPENDANT

Numéro 136

Andrésy

Projet immobilier de la Gare : 290 logements dans quatre ans. Financer les équipements publics est un défi politique. Page 10

Carrières-sous-Poissy

Pourquoi ont-ils voulu être élus ?

Port industriel : un gâchis intercommunal qui ne rime à rien ! Cet Écoport devait être ouvert en 2017. Bilan négatif ! Pages 12 à 14

Orgeval

L’intérêt général n’est pas la somme des intérêts particuliers, dit-on. Après la démission de Yannick Tasset, le conseil municipal a élu maire M. Jean-Pierre Juillet. Il cherche l’apaisement. Page 18

Vexin - Les Mureaux

ActivitY’ lance le club Busin’ESS dans les Yvelines. La ville des Mureaux est au cœur d’initiatives économiques inédites. Page 27

(De g. à droite et de haut en bas) MM. Michel Pons, maire de Villennes-sur-Seine, Raphaël Cognet, maire de Mantes-la-Jolie, Christophe Delrieu, maire de Carrièressous-Poissy et Philippe Tautou, maire de Verneuil-sur-Seine sont confrontés au défi de l’intercommunalité (Grand Paris Seine & Oise). Articuler des enjeux locaux avec l’intérêt communautaire, ou intérêt général à l’échelle de GPS&O, n’est pas aisé. Ils sont tiraillés entre la proximité et la stratosphère économique et politique. Pages 5-9

Pointe de Verneuil : pourquoi bétonner ?

« Pour satisfaire le besoin de logements !» a affirmé Philippe Tautou, maire de Verneuil. Page 25


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ÉDITORIAL

LE JOURNAL DES DEUX RIVES - JANVIER 2018

Combat en terrain miné

P

our ou contre le plaisir de l’habitude ? Pour ou contre l’A104 ? Pour ou contre Linky ? Pour ou contre la déviation de la RD154 ? Pour ou contre le nucléaire ? Pour ou contre A, B ou C… Mais, déplaçons le débat : est-il possible ou non d’évoluer du conflit vers le consensus ? Qui perd gagne

Que le projet A, B ou C ou un autre se concrétise ou qu’il ne se fasse pas, il est évident que les conséquences seront différentes ; ceci n’empêche pas de généraliser, d’élargir la problématique au vrai problème : celui du changement… S’il y a toujours eu les pour et les contre, le changement voulu, refusé ou subi amène le mieux, le moins bien ou le pire qui s’expriment souvent par un antagonisme vieux comme l’espèce humaine : la position des anciens (arqueboutés sur un passé nostalgique) face aux modernes, pétris des certitudes que, demain, ce sera meilleur avec une dose d’incertitude comme l’ont démontré Huxley et Orwell. Une hypothèque salutaire mais risquée. Pour garder la métaphore, disons que l’équipage, hétéroclite, poursuit souvent des buts différents, pour ne pas dire contradictoires, et que les membres s’allient ou s’opposent selon leurs intérêts et les circonstances du moment. En vérité chacun défend son pré carré dans un match truqué où l’on se positionne suivant que le projet l’impacte ou non le cadre de vie de chacun. Un match à plusieurs (cinq ?) joueurs avec des (vrais-faux) jetons sortis ou planqués suivant les calculs, les opportunités et la stratégie variable. D’abord ceux qui ont tout à gagner : les bétonneurs qui ont horreur de l’espace vide et ne cherchent qu’à le remplir, ainsi que leur carnet de commandes. Eux, ils gagnent à tous les coups : le projet se fait, par ici, les profits (avec des surcoûts, bien sûr). Il ne se fait pas : alors pas de problème, par ici, les gros dédommagements ou d’autres (pires) projets à venir etc. L’État : les pouvoirs publics représentés par des girouettes à pas variables, souvent incompétentes parfois visionnaire, seront éjectés par le devoir d’alternance, donc irresponsables bien que décisionnaires. Celui-ci choisit son camp avant d’agir puisque gouverner c’est prévoir ; toutefois, le Sys-

Réfugiés à Triel : immersion culturelle

Daniel Louvet : l’élu qui a fait tomber Tasset

tème est cornaqué par l’idéologie dominante, influencé par les lobbies et géré par les technocrates ! Des décideurs toujours attentifs à prendre des décisions réversibles. Cependant, le calendrier électoral peut modifier des décisions suivant la période avant ou après. Le sens du vent dirige la girouette. Oppositions durables

Les élus locaux : laissons-leur le bénéfice de la sincérité mais rappelons-nous les déclarations non suivies d’effets, les revirements, les hésitations, les choix : bons, si on est d’accord, mauvais si on ne l’est pas ! Encore une autre variable apparaît : la précarité de la fonction, malgré les lourdes responsabilités qu’ils se sont engagés à assumer vis à vis de leurs électeurs et des habitants (anciens et nouveaux). L’avis de ces derniers n’est pas généralement pris en compte, s’il diffère de ce que les élus pensent, eux-mêmes, être bien pour l’avenir du territoire. A quand les référendums locaux sur les grandes décisions ? Les habitants : ceux-ci seront réellement impactés directement et durablement par les choix définitifs ; reconnaissons que les enquêtes préalables (avec avis consultatif) leur sont ouvertes. En prennent-ils conscience au bon moment et ont-ils les moyens d’agir ? Souvent informés trop tard, ou agissant en ordre dispersé pour ne pas dire contradictoire, peuvent-ils faire poids dans les décisions des élus ? La voix du vrai peuple reste ainsi souvent la grande muette et c’est là qu’interviennent les regroupements. Des associations, des collectifs ou d’informelles manifestations plus ou moins spectaculaires se constituent en contre-pouvoirs. L’union faisant la force, il en pousse partout et il serait souhaitable, mais laborieux de les énumérer. C’est simple : en face de chaque projet il y a une opposition, plus ou moins durable et étoffée. Il faut faire nombre, mais ce qui devrait augmenter la force de ces moyens représentatifs de pression c’est, d’une part, la pertinence de leurs points de vue, la qualité des contre-propositions affichées (quand il y en a) et, d’autre part, la permanence dans le temps de leurs objectifs. Changer est difficile. r La rédaction

Philippe Tautou, indéboulonnable et imperturbable...

Karine Kauffmann, la joie d’être maire de Médan

Les marchés de Noël sont des souvenirs lointains

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SOMMAIRE Journal des 2 Rives - Nord des Yvelines Journal indépendant, fondé en 2001. Directeur-fondateur : Rodrigo ACOSTA. Commission paritaire : 0322 I 79525. ISSN : 2263-0880 Editeur : ABC éditeurs R.C.S. Versailles 535 004 063 Siret 535 004 063 00017 APE 7010Z TVA intercommunautaire : FR 52 535 004 063 RÉDACTION ET PUBLICITÉ : 50 rue des Créneaux 78510 Triel-sur-Seine Tél.-Fax : 01 3974 3563 06 7969 5150 ou courriel : trielnews@gmail.com site Internet : www.journal-deux-rives.com LE JOURNAL DES DEUX RIVES est une publication à vocation citoyenne. Son objectif est double : traiter des questions locales touchant le territoire des communes du Val de Seine au nord des Yvelines et au-delà, ouvrir le débat sur les questions nationales et internationales. Farouchement attachés à la liberté d’expression et à la participation démocratique, nous souhaitons que notre journal soit un lieu de discussions vivant, sans sectarisme, dogmatisme ni esprit de polémique stérile. Le J2R est ouvert à l’expression de toutes les opinions, dans le respect de quelques grands principes : démocratie, laïcité, égalité, nondiscrimination, absence d’atteinte à la dignité humaine. En conséquence, le journal ne soutiendra ni de près ni de loin de candidat à des élections locales sur son territoire de diffusion. La ligne éditoriale est décidée et mise en œuvre par la rédaction, en toute collégialité. RÉDACTION : Rodrigo Acosta, J-P Baudin, Malick Daho, François Darcq Thierry Dornberger, Damien Delerin, Jean-François Favre-Marinet, Marie-Thérèse Etien-Lefort, Michel Kohn, Annie Laporte, Chantal Lorio, Susanne Nally, François Nugues, Jeanine Provost, Ph. Ragot et Hervé Roux. Ont participé à ce numéro : Claude Barouh, Augustin Blin, Mac Guffin et Pierre Michel. DROIT ET ACCÈS À L’INFORMATION PERSONNELLE N° de déclaration CNIL 712758 D’une façon générale, vous pouvez visiter ce site sans avoir à décliner votre identité et à fournir des informations personnelles vous concernant. Toutefois, à l’occasion de certains services qu’offre ce site, vous pouvez être amené à donner des informations. Ces informations ne feront l’objet d’aucun commerce et ne seront pas conservées plus que nécessaire? Conformément à la loi Informatique et Libertés du 6 Janvier 1978, vous disposez d’un droit d’accès, de rectification, de modification et de suppression des données personnelles que vous avez communiquées. Vous pouvez exercer ce droit en me contactant par le biais du formulaire de contact. Les articles, photos, dessins et infographies publiés - dans la version papier comme sur le site Internet du journal - ne peuvent en aucun cas être reproduits sans l’autorisation expresse et écrite de la rédaction. Maquettage : ABC Ed. Avis aux associations : avec votre abonnement DUO (30 €) vous pouvez faire paraître vos infos.

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LE JOURNAL DES DEUX RIVES - JANVIER 2018 ÉDITORIAL Combat en terrain miné

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INTERCOMMUNALITÉ : Réforme territoriale

Démocratie i

ntercomunautaire

Grand Paris Seine & Oise ou Grand Mantois ?

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Elaboration du PLUi : les citoyens seront-ils entendus ?

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ACTUALITÉ LOCALE Andrésy

Projet immobilier de la gare

Andrésy

Denis Faist se dévoile pour 2020

Carrières s/ Poissy Carrières s/ Poissy Carrières s/ Poissy

Eco-port industriel :

un gâchis intercommunal qui ne rime à rien

!

Centralité : premières constructions, premier bilan

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Hommage à Clarissa Jean-Philippe

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Chanteloup

Le Centre de promotion par la formation de Chanteloup ferme ses portes

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Orgeval

Orgeval dans la continuité avec Jean-Pierre Juillet

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Poissy

Les socialistes des Yvelines s’interrogent : « Quelles pistes pour le futur ? »

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Triel

Parc solaire : le soleil n’éclairera pas Triel

Triel

Le maire de Triel fixe ses priorités en matière d’urbanisme

Triel

Hommage à la Résistance : Roger Bourdy,

Verneuil

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Les pavés de la discorde !

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Verneuil

Pointe de Verneuil : pourquoi bétonner ?

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Villennes

Coup d’éclat politique : Michel Pons pourrait-il tenir ?

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un gars très courageux

DÉBATS - DOSSIERS - SEINE VEXIN Économie

ActivitY’ lance le club Busin’ESS dans les Yvelines

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Politique

Bruno Millienne à la rencontre des citoyens aux Mureaux

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Solidarité

« Aptimots » : librairie, retraitement et insertion

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Solidarité

Les Tibétains sont-ils quantité négligeable ?

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Infrastructures

L’A104 : le serpent de mer !

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Course

Le Choco Trail du record avec plus de 3 000 participants

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Course

Les 20 bornes d’Andrésy : A. Rondot, impérial, et S. Baris, triomphante

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Litérature

Anny Duperey à l’honneur au 3e Salon des auteurs de Triel

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Peinture

Stéphane Friedling a exposé

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Théâtre

Octave Mirbeau : il n’a jamais été aussi vivant !

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Livre

Deuxième partie du roman Scooper

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Histoire

Accident de voiture de la châtelaine d’Hardricourt, actrice d’un théâtre parisien

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SPORTS

CULTURE

les contradictions humaines

de

Favre-Marinet


LE JOURNAL DES DEUX RIVES - JANVIER 2018

Intercommunalité

Grand Paris Seine & Oise ou Grand Mantois ? RÉFORME TERRITORIALE

L’actuelle répartition des communes de GPS&O entre les arrondissements de Mantes-la-Jolie et ceux de Saint-Germain-enLaye (DR)

Les habitants de Poissy et de ses environs devront-ils se rendre à la sous-préfecture de Mantes-la-Jolie pour effectuer leur démarches nécessitant un déplacement ? Les réflexions en cours, dans ce sens, reposent la question de l’harmonisation cohérente des différentes divisions territoriales. Au lieu de vouloir réorganiser les arrondissements des Yvelines en fonction des intercommunalités, n’aurait-il pas fallu faire l’inverse ? La conférence territoriale du Grand Paris, prévue en octobre 2017, a été reportée mais diverses réflexions sont en cours pour préparer la réforme des territoires. Certaines concernent la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O) qui, malgré son nom, ne fait pas partie de la Métropole du Grand Paris.

L’éventuelle concrétisation d’un rêve grand-parisien Dans son édition du 7 décembre 2017, le journal Le Courrier des Yvelines nous a informés du projet de faire dépendre toutes les 73 communes de notre communauté ur-

baine de la sous-préfecture de Mantes-la-Jolie : « La question serait à l’étude au niveau des services de l’État, dans le cadre du plan préfecture nouvelle génération. "Depuis bien avant janvier 2017, le préfet mène une réflexion avec les élus sur la refonte des arrondissements des sous-préfectures par rapport aux nouvelles intercommunalités", fait-on savoir du côté de la préfecture des Yvelines. » Le même jour, Le Courrier de Mantes relatait, sous le titre La sous-préfecture de Mantes va-t-elle élargir son périmètre ?, la récente réunion du conseil municipal de Mantes-la Jolie, au cours de laquelle a été votée une délibération portant sur le réaménagement du centre-ville. A propos du placement de la ville, par celle-ci, au centre d’une agglomération de 400 000 habitants : « Pierre Bédier (LR) a pris la parole pour préciser que cette mention n’était pas "un trait d’humour", affirmant qu’il était question que la sous-préfecture de Mantes-la-Jolie devienne la sous-préfecture de la communauté urbaine ». Etendre le Mantois jusqu’à Poissy n’étaitce pas le désir qu’avait le président du Conseil départemental des Yvelines lorsqu’il a agi pour regrouper les communes du nord des Yvelines dans une même méga-intercommunalité ? La Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise est la communauté urbaine la plus peuplée de France, la seule intercommunalité de la grande couronne de plus de 400 000 habitants ; de plus, elle présente la caractéritique unique de ne pas avoir de

ville-centre. De nombreux acteurs locaux et observateurs constatent, comme ils l’avaient prévu, qu’après la phase de mise en place de GPS&O celle-ci ne fonctionne toujours pas correctement. L’intégration de six intercommunalités différentes a, notamment, engendré de graves difficultés pour l’harmonisation des fiscalités locales. Les problèmes de la gestion centralisée de la vie des communes sont, particulièrement, très sensibles dans le domaine de la voirie. L’harmonisation cohérente des différentes structures administratives est un objectif très louable, que le J2R a plusieurs fois souhaité dans des articles précédents sur la réforme territoriale. Toutefois, il ne faut pas oublier que la proximité des administrations départementales est nécessaire pour la vie des habitants ainsi que pour les tâches des élus.

Un peu de géographie administrative

Le département des Yvelines comprend quatre arrondissements, dont les chefs-lieux sont les sous-préfectures : Mantes-la-Jolie, Rambouillet, Saint-Germain-en-Laye, Versailles. Parmi les 45 communes formant l’arrondissement de Saint-Germain-en-Laye, celles situées à sa limite occidentale sont Trielsur-Seine, Verneuil-sur-Seine, Vernouillet, Morainvilliers, Les Alluets-le-Roi tandis que les communes limitrophes font partie des 110 www.journal-deux-rives.com

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Intercommunalité

LE JOURNAL DES DEUX RIVES - JANVIER 2018

RÉFORME TERRITORIALE : GRAND PARIS SEINE & OISE OU GRAND MANTOIS ? constituant l’arrondissement de Mantes-laJolie : Vaux-sur-Seine, Les Mureaux, Chapet, Ecquevilly (source : INSEE). Remarquons que les 14 communes de GPS&O, faisant partie de l’arrondissement de Saint-Germain-en-Laye, représentées en brun sur notre première carte, sont celles de deux anciennes communautés d’agglomération : 2 Rives de Seine (CA2RS) et Poissy-AchèresConflans (PAC). Seule la commune de Chapet, qui faisait partie de la CA2RS, est rattachée à la sous-préfecture de Mantes. Si ces

Chanteloup-les-Vignes, Carrières-sous-Poissy et Andrésy, les boucles du fleuve, en amont, ont donné leur nom à l’intercommunalité voisine : la Communauté d’agglomération Saint Germain Boucles de Seine (CASGBS). Ayant mis le mot « boucle » au pluriel, alors que seule la moitié d’une seconde boucle y soit intégrée, aurait-elle anticipé un rapprochement avec la suivante, en aval ? Le territoire de GPS&O est partagé entre 5 circonscriptions législatives, les divisions du territoire dans lesquelles sont élus les dé-

Répartition et rôles des sous-préfectures L’arrondissement est une circonscription administrative de l’État, dont le chef-lieu est la sous-préfecture. Les sous-préfectures d’arrondissement ont été créées, en 1800, par une loi sur la division du territoire français et l’administration de Napoléon Ier. En 1926, un décret-loi, nommé « réforme Poincaré-Sarraut », réduisit fortement leur nombre ; il y a, actuellement, 329 arrondissements départementaux en métropole. La Cour des Comptes mit en évidence, en 2012, que la répartition des sous-préfectures ne correspondait pas aux bassins de populations. Selon la charte de la déconcentration de 1992, modifiée en 2015, l’arrondissement est le cadre territorial de l’animation du développement local, de l’action administrative de proximité et le niveau privilégié de la concertation avec des élus locaux. Si les missions des sous-préfectures s’apparentent à celles des préfectures, missions régaliennes et interministérielles, l’arrondissement reste l’échelon le plus proche de l’organisation territoriale, celui du contact personnalisé avec l’élu ou l’usager, où la fonction de conseil, d’arbitrage et de régulation des tensions est essentielle.

putés de l’Assemblée nationale. Trois de ses communes (Carrières-sous-Poissy, Villennes et Médan) font partie de la sixième circonscription des Yvelines qui comprend Saint-Germain-en-Laye, Le Pecq, Achères, Fourqueux, Mareil-Marly, Chambourcy et Aigremont. A part Achères, celles-ci font, toutes, partie des 20 communes de la communauté d’agglomération CASGBS. Les liens entre les villes de Poissy et de Saint-Germain, séparées par la forêt, sont encore plus forts ; ils se sont accrus depuis les élections de leurs maires actuels, Karl Olive puis Arnaud Péricard, qui maintiennent leurs relations amicales et mènent des actions politiques communes. Les hôpitaux des deux villes ont été intégrés dans une même structure (CHIPS). Poissy accueillera, en 2020, le centre d’entraînement du club de football Paris Saint-Germain. Même si certains maires de la partie orientale de GPS&O auraient préféré faire partie de CASGBS et le souhaitent toujours, une telle réorganisation n’est pas d’actualité. Elle aurait l’inconvénient d’alourdir cette intercommunalité qui compte 332 672 habitants ; sa population dépasserait celle de GPS&O. Toutefois, sa superficie actuelle (139 km2), bien inférieure à celle de GPS&O (près de 500 km2), en fait un territoire beaucoup facile à gérer. r

Le sous-préfet relaie le préfet en assurant le contrôle administratif des communes de son arrondissement. Depuis le redécoupage cantonal de 2015, l’arrondissement n’est plus un regroupement de cantons mais de communes.

villes ne représentent, en nombre, que 19 % de la totalité de la communauté urbaine, leur population correspond à environ la moitié de celle du territoire, comme l’a noté, très justement, Le Courrier de Mantes : « Entre 190 000 et 200 000 habitants, soit quasiment la moitié de GPS&O estimée à 400 000. Cela reviendrait presque à doubler le nombre d’administrés dépendant de Mantes. Actuellement, ils sont environ 280 000 (chiffres de 2011). En y ajoutant le secteur de Poissy, on arriverait à 470 000 administrés. »

D’autres boucles de la Seine Si notre territoire comprend un méandre de la Seine, à l’intérieur duquel se trouvent Triel, www.journal-deux-rives.com

Les circonscriptions du département des Yvelines.


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Intercommunalité

DÉMOCRATIE INTERCOMMUNAUTAIRE Élaboration du PLUi :

les citoyens seront-ils entendus ?

Nos avis, nos envies intéressent GPS&O ! (J2R)

Huit ateliers citoyens ont été organisés par la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise, entre le 3 octobre et le 30 novembre. Un compte rendu du dernier peut donner une idée de l’ambiance et des résultats des précédents, qui se sont déroulés selon le même principe. Les nombreuses propositions des participants sont intéressantes. Seront-elles prises en compte par les élus communautaires, tout particulièrement par Mme Suzanne Jaunet, vice-présidente de la communauté urbaine déléguée à l’urbanisme qui les a commentées, en les résumant ? Les ateliers citoyens, que les élus et les services de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O) destinaient à établir une concertation pour l’élaboration du Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) sont terminés. La phase précédente, constituée de six réunions publiques, en octobre et en novembre 2016, pour réfléchir à l’avenir du nouveau territoire, et d’une séance de restitution en mars dernier, a été perçue par de nombreux participants comme une opération de communication. En sera-t-il de même de ces ateliers citoyens ou bien leurs

propositions seront-elles réellement prises en compte dans l’élaboration du PLUi ?

Une méthodologie déjà rodée Après les ateliers citoyens de Magnanville, de Lainville-en-Vexin, d’Aubergenville et de Meulan-en-Yvelines, les deux derniers ont eu lieu dans la Maison des insectes du Parc du Peuple de l’herbe à Carrières-sous-Poissy, le 28 et le 30 novembre. Les participants (acteurs locaux, dirigeants d’associations, élus et habitants motivés…) y étaient accueillis dans une salle entourée des panneaux de l’exposition « Îles de la Seine ». Ce cadre se prêtait bien à des réflexions pour « construire ensemble GPS&O », le fleuve constituant l’axe autour duquel notre territoire s‘organise. Environ quarante participants ont travaillé une grande partie de la soirée, sans être dérangés par des insectes. Nous ne pouvions même pas entendre une mouche voler car les discussions étaient animées autour de six tables, sous l’impulsion des rapporteurs qui devaient noter dans un livret, en un temps limité, les idées émises. Ce travail en groupes a suivi une introduction générale sur le projet, l’objectif étant que « chaque participant exprime sa vision et son usage du territoire »; il était, également, demandé de définir des règles à mettre en œuvre pour respecter les objectifs écrits dans le Projet d’Aménagement et de Développement Durables (PADD), en matière de

paysage, d’attractivité et de développement urbain autour des lieux de mobilité. Les principales questions posées étaient les suivantes : - Comment penser les liaisons entre espaces urbains et espaces naturels ? - Quels espaces publics remarquables sont à préserver et à valoriser ? - Comment aménager les zones d’activités, le commerce de proximité, les grands pôles commerciaux ? - Comment organiser l’urbanisation autour des grands pôles de mobilité et limiter la consommation d’espaces ruraux et naturels ?

Un jeu en équipes Une personne qui serait arrivée au milieu de la soirée aurait pu se demander s’il s’agissait d’une nouvelle émission de téléréalité, en voyant un participant lever les bras, comme dans de célèbres concours télévisés de cuisine ou de pâtisserie, à la fin du temps réglementaire. Etait-ce un jeu de société, un jeu de stratégie tel que SimCity mais à l’ancienne, autour d’une carte de la partie orientale de notre territoire ? La carte de chaque table devait être transmise à la suivante, après avoir été surchargée par des gommettes et des traits de différentes couleurs. L’une des participantes a fait bénéficier ses coéquipiers de son habitude des gommettes et des feutres de couleurs, exwww.journal-deux-rives.com

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Intercommunalité

LE JOURNAL DES DEUX RIVES - JANVIER 2018

DÉMOCRATIE INTERCOMMUNAUTAIRE : ÉLABORATION DU PLUI : LES CITOYENS SERONT-ILS ENTENDUS ?

Une partie des six tables des citoyens participant à l’atelier. (J2R)

pliquant qu’elle s’occupe de jeunes enfants. Sans entendre les propos sérieux échangés mais en apercevant l’animateur passer de table en table pour vérifier que tout se passait bien et donner quelques conseils, il était possible d’y voir les élèves d’une classe d’école maternelle. En fait, les trois tables de chaque côté de la salle n’étaient pas concurrentes ; elles devaient même se relayer, chacune traitant successivement les trois mêmes thématiques, mais en complétant ce qui avait été écrit par l’équipe précédente ou les deux précédentes. Une difficulté avait été introduite : le temps imparti diminuait pour le deuxième sujet et, encore plus, pour le troisième. A la fin, il n’y a pas eu de gagnants. Les rapporteurs des six tables, celles de gauche et celles de droite, ont lu, sur le dernier livret empli, les idées formulées, déchiffrant parfois difficilement celles écrites par d’autres.

De sages propositions de bon sens

Ce travail en groupe, dans un contexte ludique, permettait-il de faire émerger des idées nouvelles et intéressantes sur les trois thématiques : paysage, attractivité, mobilité et urbanité. Etonnamment, les sujets abordés, malgré leur restriction et le caractère fermé des questions, ont généré un foisonnement d’idées. Certes, elles avaient presque toutes été déjà entendues mais elles ont montré le bon sens des participants et leur envie de maintenir un territoire où la vie soit agréable, en éliminant www.journal-deux-rives.com

les difficultés connues et en empêchant de nouvelles nuisances. Mme Suzanne Jaunet, vice-présidente de GPS&O déléguée à l’urbanisme, qui avait pris des notes au cours des restitutions de chaque groupe, les a résumées en les classant et en donnant son avis. Paysage - Maintien des parcs publics : contestation d’un Orgevalais relative à l’urbanisation du Parc de la Brunetterie et d’un Triellois à propos de la vente du Parc municipal, souhait de redonner vie à la piscine de Villennes (NDLR : La Plage de Villennes, dans la partie médanaise de l’île de Platais, dont des photos anciennes étaient visibles par tous sur un panneau) ; - Préservation du bâtiment du Ciné.Ville de Conflans-Sainte-Honorine ; - Dépollution des zones industrielles : certaines en zone PPRI peuvent devenir des zones naturelles, mais sur les propositions des maires ; - Berges et îles de la Seine : préserver les îles naturelles et les rendre accessibles ; - Refus du port industriel à Triel : il ne dépend pas entièrement de la communauté urbaine ; - Arbres remarquables : demande de Mme Jaunet à chacun de compléter les informations communiquées par les communes pour inscrire les arbres remarquables, même ceux situés dans des propriétés privées ; - Bâtiments industriels historiques : cas réussi de logements réalisés dans un ancien bâtiment de la société Cacao Barry à Har-

dricourt, projet intéressant à Aubergenville, bâtiment superbe d’une ancienne biscuiterie industrielle à Mantes-la-Ville ; - Voies vertes tout le long de la Seine : ce sujet intéresse tout le monde ; pour la communauté urbaine, les liaisons douces de loisirs doivent aussi être des voies vélo pour les déplacements quotidiens vers les gares et les centres-ville; - Refus de constructions sur les espaces agricoles : la loi les interdit, complètement ou de manière limitée pour usage agricole ; - Pôles gares : la densification et la hauteur des bâtiments dépendront des villes (exemple d’un bâtiment plus haut, un « signal », à Epône-Mézières) ; - Mutualisation des logements sociaux : la loi ne la permet pas, même entre deux communes ; il faut redemander aux parlementaires d’amender la loi ; - Réhabiliter les cités avec de petits immeubles : il faut reloger les habitants, le turnover n’étant pas très important. Mobilités - Parkings : il est envisagé par la région que l’usage des parkings soit intégré dans le forfait Navigo ; - Augmentation de la fréquence des trains : il faut attendre Eole, dont le chantier n’a pas de retard ; - Augmentation du nombre de passerelles : celle de Carrières-sous-Poissy était l’une des conditions pour la construction du quartier de la Centralité ; l’autre condition était la réalisation du pont d’Achères ; - Garages de vélos sécurisés : ils favorisent


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Intercommunalité

DÉMOCRATIE INTERCOMMUNAUTAIRE : ÉLABORATION DU PLUI : LES CITOYENS SERONT-ILS ENTENDUS ? l’usage des vélos ; un plan vélo est mis en place par GPS&O ; - Déplacements sur la rive droite : Mme Jaunet partage l’avis qu’il ne faut pas oublier ce côté de la Seine, alors qu’Eole sera sur la rive gauche ; - Navettes fluviales : une expérimentation sera organisée ; - Téléphériques : celui prévu entre Les Mureaux et Meulan est à l’étude, depuis longtemps ; - Covoiturage : il a été mis en place dans le Parc naturel du Vexin, avec un succès mitigé ; sur le plateau sud, Blablacar a pris la main mais occupant les places de stationnement devant les quelques commerces ; - Vidéosurveillance : l’initiative reste dans les communes.

pas facile ; - Commerces : l’équilibre entre ceux des centres-ville et les centres commerciaux n’est pas simple ; problèmes de stationnement ; GPS&O essaie d’apporter une aide pour maintenir des commerces alimentaires de proximité.

Nos

élus reviendront-ils en phase avec les citoyens, leurs électeurs ?

Par ses réponses, Mme Suzanne Jaunet a montré qu’elle connait bien les dossiers et qu’elle a des convictions mais sans dogmatisme, en particulier sur la nécessité d’infrastructures. En tant qu’élue d’Achères, elle est favorable au projet du pont devant relier sa ville à la rive droite de la Seine mais elle admet qu’il pourrait être établi à un autre emplaceAttractivité du territoire ment que sur l’île de la Dérivation. Elle a fait - Zones d’activités : elles ont toutes besoin preuve d’un franc-parler, fustigeant les entred’un lifting, pour les requalifier, notamment prises et les organismes publics de transport : remplacer la signalétique ; conserver les zones elle avait participé, le matin, à une réunion de libérées suite au « compactage » des entreprises, travail avec la SNCF qu’elle juge avancer à sa pour maintenir des zones d’emploi, utili- - propre vitesse (NDLR : LE JOURNAL DES DEUXen RIVES NOVEMBRE 2017 celle-ci ne peut pas sant de petites surfaces pour des logements ; être appelée TGV) ; elle estime que le STIF essayer d’avoir des zones tampons entre les (NDLR : récemment renommé Île-de-France zones d’activités et l’habitat ; Mobilités) n’est pas facile à « manipuler », - Permaculture : un chantier sur 3 ha est en même pour déplacer un abribus. Elle pointe cours à Achères, où des paniers de légumes les contradictions de l’Etat, qui demande à pourront bientôt être achetés ; l’intercommunalité de construire 2800 loge- Manque de transports dans les zones d’ac- ments par an et pénalise les communes qui tivités : les transports publics ne dépendent n’ont pas la possibilité de respecter la loi SRU pas que de GPS&O mais aussi du STIF ; pour la construction de logement sociaux. - Nécessité de restauration et de services Un compte rendu plus complet de la dans les zones d’activités : c’est évident mais soirée peut être consulté sur le site Interla création de restaurants d’entreprises n’est net « Construire ensemble Grand Paris Seine &

Oise » (1), qui restitue l’ensemble des propositions des huit ateliers citoyens ! La parole a, ensuite, été donnée aux participants, pour une question par table ; les sujets abordés ont été les suivants : - Les espaces boisés remarquables, au-delà des arbres remarquables isolés, avec, en particulier, la menace sur le Bois de Verneuil ; - Nécessité du développement de cultures bio pour des circuits courts ; - Demande d’accès aux parkings communautaires sans carte Navigo, notamment pour les retraités ; - Règlementation du commerce local pour qu’il n’y ait pas que des banques, des agences immobilières et des coiffeurs ; - Règlement intercommunal de publicité. La meilleure conclusion a été apportée par Thierry Dornberger, président de l’association ASAEECC « Votre vie à Carrières ». Il a fait remarquer que tous les participants étaient d’accord sur chaque sujet mais que les résultats de l’exercice ne sont pas en adéquation avec les projets en cours, souvent soutenus par GPS&O, notamment par son président. Il pense que la qualité de vie devrait être mise au centre de tous les projets. Selon ce responsable associatif très impliqué dans la vie locale, les propositions de l’atelier citoyen reviennent, à demander à toutes les collectivités territoriales (communauté urbaine, département, région) et à l’Etat d’avoir du bon sens. r 1. https://construireensemble.gpseo.fr

Carte et gommettes. (J2R) www.journal-deux-rives.com

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Actualité locale

ANDRÉSY

Projet immobilier de la gare

Lors de la réunion du conseil municipal du 1er juin 2017, le maire d’Andrésy et son adjoint à l’Urbanisme, Jean-Claude Anne, ont présenté les grandes lignes du projet immobilier Gare, porté par l’aménageur du département, Citallios, présidé par Pierre Bédier, également président du département. Le projet d’urbanisation concerne toute la zone verte autour des voies SNCF au niveau de la gare d’Andrésy. La partie principale du projet se situe côté quai Paris, longeant la rue J.P. Rameau. Elle est complétée par l’urbanisation du pâté de maisons situé entre la gare, la rue Maurice-Berteaux et la rue des Valences. D’une superficie d’environ deux hectares, le projet prévoit entre 260 et 290 logements, avec 35 % de logements sociaux.

Du pavillon aux immeubles trois étages L’urbanisation respectera une certaine progressivité depuis la Closerie des Valences jusqu’à l’actuelle gare. Seront construits le long des voies, rue J.P. Rameau, des pavillons, puis, en allant vers le carrefour de la rue de Triel, des immeubles de deux étages, puis de trois étages au niveau de la place de la Gare (côté quai Paris). Cette progressivité reste cependant liée à la capacité de l’aménageur à acquérir les terrains appartenant à la closerie des Valences, ce qui, aujourd’hui, semble loin d’être fait. Côté quai de Mantes, la place actuelle sera restaurée, la boulangerie et le bar-tabac ne sont (pour l’instant) pas inclus dans le projet. Une voie de circulation douce va être créée le long de la voie SNCF qui reliera directement la place et la rue des Valences. C’est un atout pour les amateurs du vélo. Un projet loin des critères « quartiers innovants » Le maire a laissé entendre, le 1er juin 2017, au conseil municipal, qu’il espérait que le projet immobilier Gare pourrait être labellisé « Quartiers innovants » par la Région Îlede-France. Pour cela, le projet devrait répondre aux critères suivants : • un quartier qui contribue à l’effort régional de logement, en respectant tout particulièrement la délibération dite « dispositif anti-ghettos »; • un quartier vivant, mixant logements, emplois et services de proximité, sûr et agréable; • un quartier exemplaire en matière de transition écologique et énergétique; • un quartier qui favorise les mobilités durables; • un quartier pensé dans sa globalité et ancré dans son territoire. Chaque quartier innovant et écologique www.journal-deux-rives.com

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doit s’inscrire dans ses cinq objectifs et faire preuve d’innovation sur l’un au moins de ces items. Selon l’opposition de gauche, aucun des critères ne fait preuve d’innovation, en particulier les points 3 et 4 qui ne sont en rien exemplaires et plutôt moins disant.

L’illégalité du PLU en matière

de places de parking déjà soulevé par le commissaire-enquêteur

Le maire d’Andrésy, fidèle à sa ligne, exige 1,1 parking par logement, soit une place de stationnement par 50 m². Ceci est au-delà de ce que peut exiger un PLU, et très au-delà de ce que doit contruire un bailleur social aux abords d’une gare. Une place de parking souterrain coûte, au constructeur, 15 000 € en moyenne. Le loyer ou le prix d’achat du logement en sera d’autant plus élevé. Lors de l’enquête publique, le commissaire enquêteur avait déjà souligné l’irrégularité des obligations inscrites par la municipalité en la matière. Ainsi, les plus grands logements pourraient avoir jusqu’à trois places de parking ! Voilà une niche de contentieux possible entre un maire qui ne veut aucunement réduire la place des voitures aux abords des gares, comme la loi l’oblige, et ceux qui souhaitent qu’Andrésy fasse un effort de décarbonisation !

Une nouvelle place avec commerces et crèche privée : le nouveau centreville d’Andrésy Une place sera créée au niveau de la gare, côté rue de Triel : « une place à vivre avec des commerces et des services », a rappelé le maire-adjoint à l’Urbanisme. Il ne devrait y avoir pourtant que 1000 m² de commerces sur les 2000 pourtant exigés au cahier des charges de la mairie. Les aménageurs pourraient proposer à la boulangerie de la Gare de se déplacer de l’autre côté des voies ferrées, sur la nouvelle place. Il est prévu l’installation d’une crèche privée. Le maire espère aussi la création d’un pôle médical qui serait porté par un laboratoire, mais il n’a pas réagi lorsque les élus d’opposition de gauche (AER) se sont inquiétés de savoir s’il s’agissait d’un nouveau laboratoire qui pourrait venir faire une forte concurrence au laboratoire déjà présent en centre-ville. Côté architectural, on pourra s’interroger sur l’esthétique des grandes fenêtres verticales des bâtiments donnant sur la place. En face de la rue des Coutayes, une place et un espace vert sont prévus. La passerelle créée est totalement hypothétique : il faudrait l’accord de la SNCF. Le pont n’est pas agrandi pour les voitures : un encorbellement pour les piétons est prévu, mais là encore, il faut l’accord de la SNCF. Cette grande place, entre la gare et des immeubles, enrichie de commerces et de services (avec, en option, le déménagement

La gare deviendra un des pôles principaux de la ville. (DR)

de la police municipale à cet endroit) deviendrait le nouveau centre de vie d’Andrésy. Se dessinerait progressivement une ville polycentrique, avec deux cœurs urbains - l’un à la gare, l’autre à Fin d’Oise. Le centre-ville ancien deviendrait un lieu culturel et de promenade, avec tous les risques pesant sur la périclitation du commerce local dans de tels centres historiques. Le déclin a, hélas, déjà commencé !

Un projet sans aucune plus-value écologique Le critère environnemental, dans l’appel à projet, ne comptait que pour 10 %. Il ne fallait donc rien espérer. Et c’est le cas : parmi les immeubles qui vont pousser au pied de la gare, aucun investissement en termes d’éco-urbanisme ne sera réalisé. Pas de bâtiment passif ou étiqueté « BBC » (basse consommation), encore moins de labellisation « éco-quartiers ». Les nouveaux projets d’éco-urbanisme proposés, çà et là en Île-de-France, intègrent aussi une réflexion autour d’une gestion alternative de l’eau et le développement de la production d’énergies renouvelables. Il ne sera rien de tout cela à Andrésy, avec M. Ribault. En matière d’éco-mobilité, tout juste le maire a-t-il annoncé un parking pour vélos - qu’on espère abrité et sécurisé - et qui sera probablement installé par la SNCF comme dans toutes les autres gares. Quant à l’idée d’un auto-partage, le maire a déclaré au conseil municipal qu’il restait « extrêmement prudent »... Pas de concertation avec la population

Enfin, le fait que le maire d’Andrésy et sa majorité présentent, officiellement, un tel projet immobilier au cours d’une réunion du conseil municipal est la preuve qu’il n’y aura pas de concertation. Le cahier des charges a été monté par le maire, l’aménageur a été choisi sur des critères politiques et la majorité municipale a voté... A partir de 2018, le maire d’Andrésy organisera quelques réunions publiques. La population, notamment les riverains, ne pourront obtenir que des miettes : le projet est ficelé et il est très loin des critères d’éco-exemplarité et de construction participative ! r


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Actualité locale

Denis Faist se dévoile pour 2020

ANDRÉSY

Denis Faist, le premier adjoint de la ville d’Andrésy, a envoyé une missive aux associations andrésiennes pour leur annoncer sa volonté de se présenter en tant maire de la ville en 2020. En attendant les réactions politiques de certains de ses concurrents politiques, plusieurs questions s’imposent : Cette annonce Hugues Ribault, maire d’Andrésy. (Arest-elle prématurée ? Est- chives J2R) il le digne héritier d’Hu- d’Andrésy actuel, il a l’expérience financière gues Ribault ? dans un monde complexe, connaissant « les Contacté par la rédaction du J2R, M. Denis Faist persiste et signe : il est disponible et il est l’homme de la situation ! M. Denis Faist a commencé sa lettre aux membres des associations par un simple message : « Je tenais à vous informer personnellement de ma décision de conduire l’équipe qui devra prendre le relais lors des élections municipales de 2020. » Il se donne deux ans pour construire un projet pour la ville et pour les associations, « projet qui devra avant tout permettre de maintenir les spécificités de notre belle commune au sein d’un environnement désormais élargi à 73 communes. » Selon l’argumentaire du futur Denis Faist a toujours été un des fidèles du maire candidat, il est le digne héritier actuel, Hugues Ribault. (Archives J2R) de M. Hugues Ribault, le maire

contraintes d’une gestion rigoureuse de la commune » ; enfin, il sera aussi un jeune retraité disponible pour Andrésy. Comme c’est l’habitude, il promet un renouvellement, préparant une liste avec de plus jeunes candidats. Toutefois, pour cela il faut trouver un gisement ; il l’espère dans le tissu associatif andrésien. Ainsi, M. Faist a demandé des rencontres « individualisées » avec chacun(e) des personnes intéressées par l’élaboration d’un projet co-construit et partagé. Espérons que M. Faist n’aura pas de mal à constituer une liste car la concurrence va être aiguisée : d’une part, avec les autres prétendants historiques de la liste de M. Ribault, d’autre part, avec Mme Virginie Menuret, cheffe de file de la liste Andrésy Dynamique, enfin avec les écolo-gaucho-centristes de la liste de M. Lionel Wastl. La légitimité politique se joue désormais entre eux. En conclusion, n’oublions pas que ce fief de la droite (LR) n’est qu’une citadelle fissurée partout ! Un chevalier blanc pourrait arriver de loin pour mettra la ville en état de marche.r

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CARRIÈRES/POISSY Éco-port industriel :

un gâchis intercommunal qui ne rime à rien !

En janvier 2011 le J2R avait abordé le dossier de l’Éco-port. Six ans plus tard, rien n’avait bougé, sauf la justice qui commençait à perdre patience. (Archives J2R)

Le 11 janvier, les juges du Tribunal administratif de Versailles ont confirmé ce qui avait été présenté le 7 décembre 2017 : l’Éco-port de Triel ne se fera pas ! Ce projet est l’illustration même d’un gâchis à quatre niveaux : politico-institutionnel, économique, humain et environnemental. Pourrons-nous, un jour, tirer un bilan de ce fiasco d’aménagement ? Le jeudi 7 décembre 2017, s’est jouée une des dernières scènes de ce feuilleton intercommunal. Après un avis défavorable du commissaire-enquêteur, fin 2013, après l’enquête publique, le projet de création d’un port de déchets à Carrières-sous-Poissy et Triel semblait aller vers un nouvel échec, fin 2017 : le rapporteur public auprès du Tribunal administratif de Versailles avait préconisé, pendant l’audience du 7 décembre, l’annulation pure et simple de la délibération de Ports de Paris (5 février 2014), relative www.journal-deux-rives.com

à la création d’une infrastructure portuaire publique, dénommée Eco-port, sur les territoires des communes de Triel-sur-Seine et de Carrières-sous-Poissy, et, d’autre part, l’annulation de l’arrêté préfectoral autorisant cet aménagement portuaire en date du 31 juillet 2013

Non-respect de la loi sur l’eau et oubli de la marina

Sur le fond, c’était un véritable camouflet pour les initiateurs de ce projet : les élus de l’ancienne CA2RS, notamment MM. Pierre Cardo, Philippe Tautou et Eddie Aït, ancien maire de Carrières-sous-Poissy, sans oublier le maire actuel, M. Christophe Delrieu. Lors de cette audience, le rapporteur public a présenté et expliqué les huit moyens juridiques qui conduisent à demander « l’abandon définitif de ce projet inutile, coûteux et dangereux »(1). Mises à part les irrégularités par rapport à la loi sur l’eau, le rapporteur public a estimé que l’étude d’impact a été lacunaire : Ports de Paris a nié la réalité sur le site de 34 ha, dont la darse de 10 ha, de la marina de M. Michel Gatta qui continue à exister malgré les omissions juridiques de l’avocat de Ports de Paris. « On a voulu effacer toutes les traces de M. Gatta », a-t-on plaidé du

côté des défenseurs de cette marina de plaisance. Le représentant de la préfecture des Yvelines, visé aussi par la dureté des charges, avait réagi en expliquant, après l’audience, que cette affaire ne restera pas là : en faisant fi de l’avis du rapporteur public, il avait promis une procédure en appel car « on ne laissera pas faire ». Par ces termes, le représentant de l’Etat avait avoué l’échec de ce projet. Il est revenu aux magistrats du Tribunal administratif de trancher sur ce contentieux et de dire si, oui ou non, ce port industriel de retraitement de déchets avait sa place à environ 200 mètres des habitations et dans la continuité du parc paysager et récréatif du Peuple de l’herbe.

Gâchis institutionnel Par le refus du tribunal administratif de Versailles, ce projet est l’illustration même d’un gâchis institutionnel. Promis pour une ouverture hypothétique en 2017, lors de la séance de « concertation » en 2011, Pierre Cardo, à l’époque président de la structure intercommunale(2), face aux réactions nombreuses contre le projet, avait prédit que le combat serait « politique » : « Vous [le public présent à Triel en 2011] n’êtes plus dans la concertation, vous êtes dans la combat public ! » Pour


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CARRIÈRES/POISSY : ÉCO-PORT INDUSTRIEL : UN GÂCHIS INTERCOMMUNAL QUI NE RIME À RIEN ! lui, il était vital de diversifier l’économie du secteur car la filière automobile allait disparaître... Le Mantois aurait le mécatronique, les Mureaux l’aérospatial et la plaine l’écoconstruction. Malgré l’assurance de M. Eric Fuchs de Ports de Paris, en décembre 2010, le projet n’avait convaincu ni la population, ni le commissaire-enquêteur (en 2013). Cette même année, deux manifestations importantes avaient sensibilisé non seulement les élus régionaux, mais aussi le député Pierre Morange. Même Christophe Delrieu, futur maire de Carrières-sous-Poissy, avait participé à la manifestation du 15 juin 2013, organisée par M. Anthony Effroy, l’homme qui effrayait les initiateurs de ce projet. Depuis 2010, ce projet du port industriel de la CA2RS avait envenimé le débat public : les habitants et un certain nombre de personnalités politiques, dont le député UMP Pierre Morange et les conseilleurs régionaux EE-LV Mme Senée et M. Satouri et le conseiller EE-LV Joël Tissier, avaient - NOVEMBRE 2017 LEgénéral JOURNAL DES DEUX RIVES toujours expliqué que ce port était aberrant pour des raisons économiques et écologiques. Un nombre croissant d’habitants des deux Rives (Villennes, Carrières, Triel et Andrésy...) s’étaient rendu compte que ce projet n’était pas légitime sous l’angle de l’intérêt général. D’ailleurs, le commissaire enquêteur avait été surpris, en 2013, par le nombre de remarques, de contre-arguments et surtout par la prise de position du conseil municipal de Villennes qui avait dit NON haut et fort. Après les élections municipales de 2014 et les régionales de 2015, aucun élu, sauf le L’avis défavorable du commissaire enquêteur avait requinqué, en 2013, Minouveau président de la CA2RS (fusionnée chel Gatta, le symbole du NON au port industriel. (J2R) avec 5 autres intercommunalités pour devenir Grand Paris Seine & Oise, GPS&O), M. Philippe Tautou, ne s’est mis en première jusqu’aux traditionnelles activités de BTP cas contraire, le port aurait été d’un « intéligne pour défendre ce projet. Même Mme (pas toutes liées aux éco-matériaux). Le ton- rêt socio-économique limité. » D’autre part, Valérie Pécresse laissait entendre que la ré- nage attendu par la commercialisation qu’au- « au regard de l’importance de l’investissement et du gion, sous sa présidence, ne « pousserait pas » rait offert le port oscillait entre 200 000 et faible taux de rentabilité pour l’Etablissement », le projet. Dans la transition vers l’intercom- 250 000 tonnes. Les estimations étaient basées, il y avait un « risque financier pour le maître munalité GPS&O, ce projet a perdu non seu- néanmoins, sur un chiffre considéré par Ports d’ouvrage », d’où la nécessaire « sollicitation lement une cohérence politique car les élus de Paris « d’ambitieux » d’un trafic fluvial du financière des collectivités bénéficiaires ». Or, jusdu Mantois n’allaient pas défendre un projet « futur éco-pôle de la boucle de Chanteloup de 50 000 tement, pendant l’audience du 7 janvier, les quasiment avorté : après cinq réunions de tonnes/an pour 2024 ». Des scénarios hauts et avocats du projet n’ont pas insisté sur ce fait « concertation », deux manifestations et trois bas étaient développés, mais le taux de ren- lorsque la question de la finalité du port a années de recours, le projet allait connaître dement interne du projet restait, aux yeux du été évoquée par les juges. Pour conclure sur une mort lente sur le plan institutionnel. maître d’ouvrage, « positif », variant de 4,8 % ce point, la commercialisation tous azimuts à 9,6 % (moyenne : 6,3 %). Des effets écono- du reste de la ZAC Ecopôle risque, égaleGâchis économique miques directs et induits positifs étaient atten- ment, d’être un gâchis économique suite à la dus. Il était intéressant de noter que Ports de décision du 11 janvier 2018. Après sept ans d’incertitudes et de gas- Paris prévoyait, bien évidemment, des créapillage en ressources humaines du côté des tions d’emplois (construction et exploitation), Gâchis humain défenseurs du projet comme du côté de ceux mais n’avançait aucune fourchette de leur qui le contestaient, le projet aussi a révélé nombre, contrairement aux affirmations verl’incapacité à montrer sa pertinence écono- bales et écrites de M. Pierre Cardo qui parlait Les opérations d’acquisition des terrains mique. A l’époque le J2R avait décortiqué le d’une création d’emplois équivalent à 40 % étaient bien parties en 2010. Le conseil d’advolet économique du projet : les trois pages des emplois dans l’ancienne CA2RS ! L’éva- ministration de Ports de Paris avait autorisé, de synthèse de l’évaluation socio-économique luation insistait sur les « externalités positives le 24 novembre 2010, la signature des produ projet donnaient quelques informations dues au report modal, avec une baisse de la pollution messes de ventes avec les divers propriéintéressantes. Le projet était évalué à 26 mil- atmosphérique, une réduction de l’insécurité routière taires. Ports de Paris s’était réjoui des « condilions d’euros. Selon l’étude, les filières écono- et des congestions ». Pour Ports de Paris, le pro- tions de libération des terrains » de Lafarge et miques concernées par son activité devaient jet était donc « viable » et il n’y avait pas de de LGSM. En effet, LGSM s’était engagé être diverses, allant des « éco-activités curatives » plan B. Toutefois, il y avait deux conditions. « fermement sur la libération de la totalité des (traitement des déchets, recyclage) aux granu- D’une part, « le port et la ZAC au long de la RD terrains (7 hectares) » en contrepartie d’une lats (avec GSM), à la logistique (distribution) 190 devraient être menés conjointement ». Dans le jouissance totale. Les négociations avaient www.journal-deux-rives.com

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CARRIÈRES/POISSY : ÉCO-PORT INDUSTRIEL : UN GÂCHIS INTERCOMMUNAL QUI NE RIME À RIEN !

Le projet Écopole est dépendant du projet du port. (DR)

permis un accord de principe en laissant de côté les intérêts du gérant de la Marina Saint-Louis, M. Michel Gatta. Cependant, il restait à règler leur éviction ! Michel Gatta avait, effectivement, été débouté dans un litige au civil pour la régularité de son bail, procès intenté et gagné par le propriétaire LGSM (poussé par la pression politique des élus de l’époque). Il avait perdu en cassation et suite à cela la marina pouvait être évacuée par la décision simple du propritaire foncier, LGSM, qui s’était dit en attente de la suite des événements juridiques après le 21 décembre 2017. Sans vouloir revenir sur le fond du litige relatif au bail précaire avec LGSM, cette affaire du port a gâché la vie d’une petite entreprise d’environ six personnes. Désormais, elle peine à vivre car l’incertitude juridique a eu des effets économiques. Qui voudrait investir dans une marina de plaisance sans bail ? Stoïque, M. Gatta a encaissé des coups juridiques et n’a pas répliqué. Si l’on suit la théorie économique de Joseph Schumpeter, il faut détruire pour construire la richesse économique. Mais à quel coût pour la société et pour les hommes ? C’est incontestablement un gâchis humain ! Gâchis environnemental Le projet de construction de l’Éco-port a rencontré de très fortes résistances. Certes, il est apparu légitime que les riverains interpellent les acteurs du projet sur d’évenwww.journal-deux-rives.com

tuelles nuisances : olfatives, sonores... Mais d’autres interrogations demeuraient en attendant le verdict du 21 décembre 2017. La demande d’annulation pure et simple de la délibération du Ports de Paris (5 février 2014) relative à la création de l’Eco-port, et, d’autre part, l’annulation de l’arrêté préfectoral autorisant cet aménagement portuaire en date du 31 juillet 2013 sont une bombe à retardement. La loi sur l’eau n’a pas visiblement été respectée et cela rend ce projet d’une insécurité juridique de grande ampleur. En effet, on voulait construire un port destiné au déchargement de matériaux pour l’éco-construction. On ne peut que louer cette intention : le transport fluvial de marchandises est très en retard en France et son développement rejoint les objectifs de limitation de l’utilisation de la route et de réduction de l’émission de CO2. Ports de Paris, l’aménageur, nous avait dit qu’il s’agit d’un port pour « la desserte locale de l’ensemble de l’agglomération pour les activités d’éco-industries et de BTP déjà existantes dans l’agglomération. » On conviendra que, pour des marchandises de tous types, la voie terrestre est plus intéressante pour toutes sortes de raisons : souplesse, gestion des petits approvisionnements, etc. Ces trois observations rappellent que l’éco-construction relève du domaine du bâtiment avec ses logiques et ses us et coutumes. L’ignorer et faire de l’éco-construction en chambre aurait conduit ce projet de

port à l’échec. A moins que l’on ait su que ce port aurait eu, à terme, une toute autre activité que celle annoncée : un port de déchets pour le Grand Paris. Si c’est le cas, cela aurait été une usurpation de parler d’un projet à caractère écologique, voire protecteur de l’environnement. On est loin de la « valorisation du territoire » tant voulue par Philippe Tautou en faisant de la plaine un éco-quartier.(3) En conclusion, ce projet de port ne se fera pas à moins que les pouvoirs publics tentent un coup de force inhabituel et non conforme à un état de droit. Ainsi, un cinquième gâchis apparaîtrait dans cette saga juridique.r

1. Le projet avait été évalué, en 2011, à 26 millions d’euros. L’étude socio-économique de 2010 avait confirmé que la dénomination « éco-port » présente dans tous les supports de communication de la CA2RS était quelque peu abusive : les filières économiques concernées par son activité auraient été diverses, allant des « éco-activités curatives » (traitement des déchets, recyclage) aux granulats (avec GSM), à la logistique (distribution) jusqu’aux traditionnelles activités de BTP (pas toutes liées aux éco-matériaux). Le tonnage attendu par la commercialisation qu’offrirait le port oscillerait entre 200 000 et 250 000 tonnes. Les estimations se fondaient néanmoins sur un chiffre considéré par Ports de Paris « ambitieux » d’un trafic fluvial du « futur éco-pôle de la boucle de Chanteloup de 50 000 tonnes/an pour 2024 » 2. Commnauté de communes des 2 Rives de Seine, avant qu’elle devienne Communauté d’agglomération 2 Rives de Seine (CA2RS). 3. Propos tenus à la première séance d’information/concertation au mois de décembre 2010.


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Centralité : premières constructions, premier bilan

CARRIÈRES/POISSY

Le samedi 2 décembre, malgré le froid, Dalkia réunissait un aréopage composés d’élus de Carrières-sous-Poissy (Christophe Delrieu et son prédécesseur Eddie Aït), de membres de l’EPAMSA, de l’ADEM, d’architectes, etc. pour inaugurer son installation de chauffage biomasse chargée d’alimenter les premiers immeubles de la Centralité : le quartier de Beauregard. Quelques nouveaux occupants s’étaient joints au groupe. C’était l’occasion de parcourir les rues de l’ensemble et d’écouter les architectes parler du produit fini.

LE JOURNAL DES DEUX RIVES - NOVEMBRE 2017

Remarquons au préalable l’intitulé de l’invitation : « Dalkia inaugure la chaufferie bois de l’écoquartier Carrières centralité ». Accueillis dans une nouvelle école qui fait davantage penser à une usine et, impatients de découvrir le fameux écoquartier, nous avons suivi les explications données. Un des nouveaux arrivants fit d’emblée remarquer l’absence de bornes électriques. Un autre, au moment de la coupure du ruban par le maire, prit la parole : « Le chauffage ne marche pas, j’ai froid ! J’applaudirai (sous entendu : pas comme les autres) quand il marchera ! » Le représentant de Dalkia botta en touche : son service se limite à l’acheminement et à la centrale de chauffage, pas à la distribution.

Un

écoquartier pas plus les autres, plutôt de ment urbain

éco que l’empile-

Toutefois l’objectif quantitatif est atteint : 700 logements sont livrés. La densité voulue par la loi portée par Madame Duflot pour éviter l’étalement urbain est bien là ! De fait, le confort de l’espace n’est pas pour les petites classes moyennes priées de se loger dans des cages à lapins ! Certains pourront toujours aller soigner leurs névroses favorisées par la vie dans cet empilement urbain, en joggant dans le Parc du Peuple de l’herbe ou en en fumant ! Ou en trouvant du réconfort dans un lieu de prières qui leur rappellera que le paradis n’est décidément pas pour ici-bas ! Ou encore en remplissant avec compulsion leur logement exigu d’objets inutiles qui finiront vite sur le trottoir ! Mais heureusement, il y a « la biomasse et une centrale de chauffage unique » et des fumées de rejet filtrées jusqu’à 10 ppp, se félicite l’élu carriérois ! La biomasse étant associée au gaz naturel, c’est, en quelque sorte, un chauffage hybride. À part cela, de nombreux problèmes sont à venir, liés à la densité partout, dedans et dehors (les rues sont étroites, nous découvrons des sortes de corridors),

Beauregard à Carrières-sous-Poissy, un écoquartier Potemkine ! (J2R) et au manque de places de parking (0,5 par appartement). Les surfaces intérieures sont souvent faibles : le minimum syndical pour les cuisines. Force est de constater que les promoteurs de cette opération (bâtisseurs, élus, EPAMSA, etc.) n’ont aucune ambition réelle, juste une ambition affichée. On ressent une régression : le bien-être des habitants est le dernier des soucis de nos édiles. Les mots et déclarations qui avaient présidé, en 2010 lors du lancement du projet, s’apparentent aujourd’hui à une sorte de propagande. Construire à tout prix est l’unique objectif sans aucune autre considération ! Lointaines sont les utopies d’après-guerre et les cités radieuses ! Le paradoxe est que les appartements du quartier Les Fleurs à proximité, bien qu’anciens et méritant une rénovation, offrent un meilleur standing, dixit le maire de Carrières-sous-Poissy lui-même ! Dans cette opération, le rôle de l’architecte est réduit à la portion congrue, la promotion se réservant la plus grande part. L’appropriation de la valeur est partout ! La balade architecturale, c’est ainsi que l’on a nommé la visite inaugurale, n’est qu’une jolie formule : l’architecte n’a qu’un rôle résiduel limité à la CAO (son intervention représente 3,5 % du coût de construction au lieu de 7 % en moyenne). Il sert davantage de caution. Même si Dalkia met en avant la diminution de l’empreinte carbone (qui ne concerne pas le chantier de construction proprement dit), la rotation hebdomadaire annoncée de camions pour livrer les granulés est-elle comprise dans le calcul ? Un Carriérois fait remarquer qu’Azalys - la déchèterie intercommunale de Carrières-sous-Poissy - pouvait fournir la chaleur et ainsi diminuer sa facture, fruit des emprunts toxiques. Au cours de la visite, on aperçoit un joli habil-

lage en bois souhaité par les élus, qui va très vite se dégrader ; de l’aluminium façon bois, beaucoup plus durable, aurait parfaitement fait l’affaire. Des premiers arrivants sont très mécontents du chauffage; Dalkia plaide non coupable : c’est un problème de distribution dans l’immeuble. Pas de borne électrique, pourquoi ? Les problèmes que vont produire la densité sont devant nous. Pas assez de parkings : veut-on plus ou moins de voitures ? C’est encore ça de gagné avec un coût en moins dans le bilan de promotion !

Pourquoi ne pas avoir mis en œuvre des innovations comme la construction en ossature bois ? Promogim, comme les autres promoteurs, a très peu innové. Du reste, pourquoi le ferait-il puisque les élus se sont, de fait, très peu investis dans le projet final ou seulement de façon cosmétique, en ont-ils d’ailleurs la volonté ? Entre Christophe Delrieu et Eddy Aït, la différence d’appréciation a porté, aux dires du second, sur la couleur des bâtiments en façade sur la grande rue. Faisons crédit à Christophe Delrieu d’être arrivé en cours : en conséquence, il doit assurer le service après-vente. L’habillage écologique (la biomasse, les parements bois et quelques jolis jardinets) est l’arbre qui cache la forêt. Décidément le béton reste l’alpha et l’oméga du secteur de la construction, fruit des habitudes comme des intérêts des professionnels de la filière. Avec ses cimentiers (nous vous alertions récemment sur le fait que Calcia projette d’ouvrir une immense carrière de calcaire très prochainement à Brueil-en-Vexin au grand dam des habitants et du paysage), ses centrales à béton et le manège incessant de toupies, le béton www.journal-deux-rives.com

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CARRIÈRES/POISSY : CENTRALITÉ : PREMIÈRES CONSTRUCTIONS, PREMIER BILAN est une filière très gourmande en pétrole et en dégradations. Dans la plaine de Trielsur-Seine, c’est un continuel trafic de poids lourds qui transportent le sable extrait, nécessaire au BTP, et qui sera remplacé par les débris concassés des anciens chantiers ; les études montrent que le cours du brut conditionne pour une large part l’évolution de l’indice du coût de la construction ! Le but des promoteurs étant évidemment de gagner de l’argent, ils n’ont que faire du confort des habitants et des techniques innovantes de construction. Ensuite, il y a la kyrielle de sous-traitants que l’on aperçoit surtout à la fin du chantier, pratiques pour serrer les coûts, quitte à ce qu’ils soient contraints d’employer des salariés détachés. Forcés de faire des économies, ils iront souvent verser leurs déchets n’importe où, comme en témoignent les dépôts sauvages. La puissance publique, pourtant initiatrice de ces opérations, en position de cliente, ne fait rien pour orienter cette industrie, par exemple vers le bâti en ossature bois (empreinte carbone plus faible et gain de surface) et des pratiques plus saines. La valeur est comme toujours confisquée pourvu que cela ne se voit pas trop ! L’objectif est de masquer, autant que possible, la densité en variant habilement les formes, les couleurs, les volumes

et orientations, en habillant les balcons devenus les débarras d’habitats exigus. Alors posons leur la question : de qui sont-ils les élus, des promoteurs ou des citoyens ? Solution de facilité, manque de courage et d’ambition ? Pourtant « il n’y a aucun blocage réglementaire dans la construction d’un immeuble en ossature bois », affirmait Serge Le Nevé dans un article du Moniteur datant déjà de 2012. Des logements sociaux de huit étages ont récemment été construits dans les Vosges. L’adjoint à la direction du pôle Industrie Bois Construction de l’Institut Technologique FCBA considère qu’ « il manque juste de l’ingénierie sur le développement de solutions types ». promotion immobilière et decideurs peuvent mieux faire !

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L’ambition affichée masque mal la faible innovation de ces programmes. Cette opération, comme tant d’autres, révèle l’inertie des promoteurs immobililers et des aménageurs publics (EPAMSA en l’occurrence) : tout ce monde est empêtré dans ses habitudes et des schémas de pensée du XXe siècle. « Ceci ne pourra pas se faire sans un soutien fort et adapté des pouvoirs publics », le même article citait une étude qui propose de promouvoir la recherche et développement, de renforcer

la formation initiale et continue, d’optimiser la gestion et la mobilisation des ressources, d’animer et de promouvoir la communication, de mettre en place une vision stratégique nationale et, enfin, d’agir sur le bois construction, principal marché à court terme. A quoi donc a servi jusque-là la Fabrique 21, vendue comme un pôle de l’écoconstruction et, pourtant, construite sur le territoire même de Carrières-sous-Poissy ? Juste un programme d’immobilier d’entreprise à connotation écolo ? Ce que l’on ne comprend pas non plus, c’est pourquoi l’OIN puis l’EPAMSA, qui sont des organismes d’État, ne portent pas des politiques réellement ambitieuses en amont. Tout reste à faire ! Récemment, le maire de Carrières concédait que l’on pourra faire mieux pour la suite de l’opération en tirant les leçons de l’expérience ; cela ne fait aucun doute, il y a de la marge de progression ! Mais de la marge au profit de qui ? Les rapports de force, une politique vraiment volontariste et imaginative de la part des acteurs publics, voilà le cœur du sujet ! Alors à l’avenir du courage messieurs les décideurs, la centralité est loin d’être terminée ! r

Hommage à Clarissa Jean-Philippe Dans une ambiance glaciale et hivernale, le 8 janvier 2018, trois ans après son assassinat à Montrouge, la ville de Carrières-sous-Poissy a rendu un hommage solennel à la jeune policière municipale Clarissa Jean-Philippe. En présence d’environ 100 personnes, dont des membres de la famille de Clarissa, du sous-préfet de Saint-Germain-en-Laye, de policiers nationaux et municipaux, d’anciens combattants et d’écoliers, le maire, Christophe Delrieu, a tenu à souligner le courage et l’abnégation de la jeune femme. Il a également ajouté que la cérémonie était un acte fondamental « témoignant de notre solidarité, de notre volonté à faire vivre Clarissa dans nos cœurs, dans nos pensées et dans nos prières ». Trois ans, jour pour jour, après la mort de Clarissa Jean-Philippe, la ville de Carrières-sous-Poissy a salué la mémoire de la Carriéroise de 26 ans, tombée sous les balles du terroriste Amedy Coulibaly, le 8 janvier 2015 à Montrouge (Hauts-de-Seine). Un juste hommage, sobre et solennel, a eu lieu le matin, non loin de son lieu d’habitation, au square qui porte désormais son nom. Habitants, élus, autorités locales et écoliers s’y sont recueillis quelques instants et des gerbes de fleurs ont été déposées. Tuée dans l’exercice de ses fonctions, la www.journal-deux-rives.com

La plaque à la mémoire de la brigadière tuée à Montrouge. (J2R)

policière municipale a empêché l’attaque d’une école juive que le criminel visait probablement. Appelée sur les lieux pour un simple accident de la circulation au petit matin, elle fut lâchement assassinée de deux balles dans le dos, parce que, portant un uniforme, elle représentait de l’autorité de son pays. Jusqu’à son dernier souffle, elle honora le serment de dévouement et de protection

qu’elle prêta aux Français lors de sa prise de fonction. Justine, la tante de Clarissa, a déclaré à la fin de la cérémonie : « Avec tant de monde ici, je suis contente. Cela m’a fait plaisir que les gens n’ont pas oublié Clarissa. Cela m’a fait chaud au cœur. Des enfants ont chanté pour Clarissa. Merci à tous et à la ville de Carrières-sous-Poissy. » r


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Le Centre de promotion par la formation de Chanteloup ferme ses portes

CHANTELOUP

En 2014, malgré la crise économique le personnel dont la présidente Mme Annick Delouze Wolff (à droite) a tenu un front commun. (Archives J2R)

Depuis 1981, le Centre de promotion par la formation (CPF) agit pour la réinsertion professionnelle. Avec l’austérité budgétaire du haut vers le bas, les problèmes récurrents de trésorerie ont eu le dernier mot de ce centre innovant sur le plan social, non seulement à Chanteloup-les-Vignes mais audelà des frontières des trois villes proches, Andrésy, Carrières-sousPoissy et Triel-sur-Seine. Cinq salariés vont être remerciés et quatorze stagiaires/apprentis vont se trouver dans de grandes difficultés. Qui est responsable de cette situation ? Le CPF avait ses habitués : de nombreux artisans venaient déjeuner avec l’envie de tester les repas préparés par des jeunes qui voulaient apprendre un métier dans la restauration et la gastronomie. Une grande figure de l’histoire locale récente, Eric Gloriant, conseiller municipal de Verneuil, ancien chef cuisinier, décédé en décembre 2016, avait également un rôle dans la gestion et la promotion de ce centre. Le J2R considérait le CPF comme sa cantine : ses responsables y prenaient des repas avec délectation. La dernière fois, le 14 novembre, nous avons degusté un bon poulet et une crème délicieuse, comme le reste du menu.

Quel fut le choc d’apprendre, par le biais services de Mme Valérie Pécresse, présidente de la newsletter, la fermeture prochaine de de la région Île-de-France depuis 2015, n’ont ce CFP ! En une phrase, la directrice, Annick pas été à l’hauteur des attentes du CPF. La Wolff, a tout dit : « Triste nouvelle, qui fait mal technocratie gagne du terrain, petit à petit ! au cœur, de vous annoncer la fermeture de [la] strucEn conclusion, la fermeture du CPF signiture du fait des problèmes récurrents de trésorerie fie la fin d’environ 95 000 heures de formadus aux paiements tardifs des financeurs publics ! ». tion en centre de perfectionnement et enviPour finir, les banques, qui ne sont pas des ron 16 000 heures en entreprise. La fin d’une philantrophes, n’ont pas voulu tenir à flots époque à moins que l’ancien député-maire de cette structure atypique dans un monde de Chanteloup-les-Vignes reprenne le flambeau plus en plus concurrent et déloyal en termes et fasse un miracle ! r économiques. Pour la directrice depuis 2014, Mme Annick Wolff, « cela faisait un certain nombre d’années que l’équilibre économique n’était pas possible Tristesse et résilience en raison des paiments tardifs des organismes et institutions responCatherine Arenou, maire de Chanteloup-lessables de ce type de structures. » Vignes, a réagi à notre sollicitation sur ce dosPour elle, il s’agissait aussi sier : « Je suis triste de constater cette fermed’un problème d’échelle car ture... La qualité du CPF n’est pas en cause car il le CPF était trop petit pour a formé beaucoup de jeunes au métier de la resfaire plus et il a été obligé de s’allier avec de plus grandes tauration qui reste une activité en tension dans structures, tel le GRETAM notre secteur. Il faudra relancer un équipement 92 (qui lui-même résultait de ou une école de formation dans notre territoire. la fusion des deux structures Quant aux finances, ce n’a pas été toujours fasimilaires dans les déparcile et des retards de paiements des institutiontements 92 et 93). De plus, nels ont affecté le niveau de la trésorerie. » Plus avec l’austérité budgétaire prônée par les technocrates prosaïquement, le lundi 20 novembre est tombé de Bercy et de Bruxelles, les le couperet : la liquidation judicaire a été propetites structures comme le noncée par les responsables et un mandataire CPF sont vouées à la ferliquidateur a été nommé. Cinq salariés vont être meture. Même si les responlicenciés et une quinzaine d’apprentis devraient sables du CPF avaient tout trouver un nouvel établissement pour parfaire fait pour s’en sortir, il arrive leurs techniques. Que de malheurs ! r un moment où l’on abandonne le combat. Même les www.journal-deux-rives.com

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Orgeval dans la continuité avec Jean-Pierre Juillet

ORGEVAL

Le 9 janvier 2018, à Orgeval, le conseil municipal a acté le changement dans la continuité : après la démission de Yannick Tasset en décembre dernier, le conseil municipal a élu M. Jean-Pierre Juillet maire. Ce dernier a promis d’être un « maire sans étiquette » et de travailler « dans l’apaisement notamment avec l’opposition ». Elle est belle la démocratie locale dans notre pays. Le passage de témoin entre l’ancien maire Yannick Tasset, pour des raisons « médicales », et le nouveau maire Jean-Pierre Juillet démontre bien que notre système démocratique fonctionne à merveille. D’abord, la procédure est huilée : le formalisme de la préfecture qui est nécessaire dans un état de droit a été suivi au pied de la lettre par le président de la séance, Pierre Lemahieu. Même si c’était fastidieux, il a fallu passer par là pour des raisons de contrôle de légalité. La réunion du conseil municipal s’est passée d’une manière fort démocratique, à bulletins secrets : l’équipe de M. Juillet, « Orgeval avec vous », a suivi la consigne et a dominé le scrutin. L’équipe d’une des listes adverses, « Orgeval pour tous », a fait le minimum syndical. Par ailleurs, il était curieux de constater que la troisième liste n’a pas présenté de candidats pour le poste de premier magistrat ni pour des postes d’adjoints. JeanPierre Juillet a remporté le vote avec 20 voix,

Yannick Tasset (à dr.) a donné les clefs de la mairie d’Orgeval à son ancien adjoint Jean-Pierre Juillet. (J2R) contre 4 voix pour M. Daniel Louvet de la liste « Orgeval pour tous ». Cinq élus municipaux se sont exprimés avec un bulletin blanc. Tout a été réglé en cinq minutes. Ensuite, huit élus de la liste « Orgeval avec vous » sont devenus adjoints au maire JeanPierre Juillet. C’était comme une lettre à la poste : il y a même eu un moment sympa-

Le nouveau maire Jean-Pierre Juillet a fait Michel Bardot maire adjoint. (J2R) www.journal-deux-rives.com

thique avec la déclaration du nouvel adjoint Michel Bardot, qui s’est posé comme un candidat et élu « compétent » et efficace. Les nouveaux défis du maire sont multiples mais il a semblé prêt à les affronter. D’abord, la fusion avec Morainvilliers ; ensuite, les rapports avec la communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O) avec les dossiers de la VRD et l’aménagement de la route de 40 sous (et les commerces dans le déclin) ; la taxe des ordures ménagères et, en général, la fiscalité vont peser lourd dans les négociations à venir avec GPS&O. En particulier le contentieux administratif autour du pacte fiscal est au centre de préoccupations du nouveau maire. « Il faut trouver un compromis pour sortir par le haut », a-t-il annoncé. Cette démarche est raisonnable, Jean-Pierre Juillet n’ouvrant pas, envers l’équipe dirigeante de GPS&O, des hostilités qui auraient pu provoquer des « dommages irréversibles ». En conclusion, il a laissé comprendre à tous que la mandature qui s’annonce sera « ouverte ». « Je serai le maire sans étiquette ; ma porte sera ouverte à tous les Orgevalais ». Y compris les opposants ! Justement, l’apaisement est le maître mot de la démarche de M. Juillet ; l’initiale de son nom pourrait correspondre au J de jovial. La condition est, comme l’a indiqué Daniel Louvet dans une des interventions de cette réunion du conseil municipal du 9 janvier, que « la moralisation de la vie publique ait lieu » dans la belle ville d’Orgeval. r


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Les socialistes des Yvelines s’interrogent : « Quelles pistes pour le futur ? »

POISSY

A la salle Robespierre, à Poissy, environ soixante-dix personnes s’étaient donné rendez-vous pour échanger et débattre sur l’avenir du « travail ». En outre, une autre question planait pendant les échanges, alors que le débat avait été organisé par le mouvement Génération.s, fondé par Benoît Hamon : « Quel avenir pour la gauche et le Parti socialiste ? ». Dans une ambiance studieuse, le 19 décembre 2017, environ 70 personnes ont d’abord écouté les deux intervenants de la soirée : Barbara Romagnan,DES ancienne députée du - NOVEMBRE LE JOURNAL DEUX RIVES (De g. à dr.) 2017 Barbara Roagnan, ancienne députée du Doubs et Guillaume Doubs et membre de la direction provisoire Duval, rédacteur en chef d’Alternatives économiques. (J2R) du mouvement hamoniste, Génération.s, Guillaume Duval, rédacteur en chef de la revue Alternatives économiques. a été avancé et décortiqué : le revenu univer- tées au plus grand nombre ». Effectivement, qui Loin d’être un meeting de campagne, cette sel, qui avait été au cœur de la plateforme du est susceptible d’être attiré par le revenu uniréunion a abordé le concept économique du candidat malheureux à la présidentielle de versel ? Les jeunes de « Génération.s », qui se travail et son avenir dans un monde de plus 2017, M. Benoît Hamon. Rapidement, la per- sont déplacés à Poissy, ont répondu à l’appel en plus complexe et mondialisé. Selon l’étude tinence de cette proposition n’a pas fait l’objet et semblaient être enthousiasmés par cette McKinsey de novembre 2017, qui a fait l’ob- d’une controverse, mais se posait le problème nouvelle méthode des socialistes au sein du jet d’un dossier dans la revue de M. Duval, du financement. Faudra-t-il une taxation pro- mouvement de M. Hamon.r 800 millions d’emplois disparaîtront, dans le gressive (auprès des entreprises et/ou des monde, dans les dix prochaines années. Que personnes morales ayant des revenus imporfaire et comment se préparer pour ce futur tants ?) ou faudra-t-il faire des ajustements au incertain ? fur et à mesure de la mise en Pour Barbara Romagnan, il est certain que place de cet outil innovant. tout est à reconstruire, notamment les rap- Certains pays nordiques ont ports travail/capital. On ne peut pas conti- fait déjà le pas, notamment nuer à « résumer le progrès humain à la croissance avec leurs jeunes. du Produit intérieur brut (PIB) et creuser les inégaJustement, les voies et lités en faisant des cadeaux aux plus riches tels que moyens du financement font la suppression de l’ISF ». La mondialisation a débat. L’état de la dette ne permis un flux de capitaux sans précédent permet pas de mettre en place dans l’histoire de l’humanité, mais une partie un tel outil. On s’interroge importante des terriens sont exclus de cette sur la finalité de cette poli« mondialisation heureuse ». Sans vouloir évoquer tique publique : Guillaume toutes les conséquences géopolitiques qui dé- Duval a carrément démonté, coulent, il faudra que la contrainte climatique un par un, les arguments de sa ne soit plus subordonnée aux enjeux capita- voisine, Barbara Romagnan. listes. Ainsi, pour l’intervenante Romagnan, il « C’est caricatural de procéder ainsi », faudra également refuser de voir les mutations a rétorqué Mme Romagnan. du travail et d’affaiblir les protections des sala- Toutefois, elle a admis que le riés sans créer aucun emploi durable et viable. chemin était long et que ces Une salle presque remplie par les derniers moPar voie de conséquence, un des « remèdes » idées innovatrices « seront por- hicans du PS. (J2R) Quel est l’avenir du PS dans les Yvelines ? Bien que cette question ne figurait pas dans les sujets à débattre, elle a prédominé les à-côtés. On voyait des rapprochements inédits : les amis du PRG yvelinois étaient bien représentés avec les socialistes pisciacais et des Andrésiens. Mme Anne-Marie Vinay avait, à la rentrée de septembre 2017, déclaré qu’elle ne souhaitait pas rester à la tête de la section du PS à Poissy. Elle va officiellement démissionner avant avril 2018. Le seul point positif de ce côté était la présence importante de jeunes (18-25 ans) qui voulaient construire « une société plus juste, plus écologique, plus démocratique » afin de « ne pas laisser le vieux monde décider du futur de nos propres enfants ».

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TRIEL-SUR-SEINE Parc solaire : le soleil n’éclairera pas Triel Dans un communiqué du 21 décembre 2017, Joël Mancel, maire de Triel, a protesté contre l’abandon du projet «Parc photovoltaïque» dans la plaine entre Carrières-sousPoissy et Triel. Suite à l’annonce par Le Parisien, le 15 décembre, M. Philippe Tautou, président de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise (GPS&O), a officialisé un abandon de plus, celui d’un projet innovant de l’ancienne Communauté d’agglomération 2 Rives de Seine. Un retour sur ce dossier emblématique ! C’est l’épilogue d’un projet ambitieux, lancé en 2009 en grande pompe à Triel-sur-Seine(1). . Production d’électricité dans la plaine, après l’agriculture et les déchets

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Les besoins en énergie, en augmentation constante, et la contrainte écologique imposent le passage à un autre modèle d’énergie. Les produits d’origine fossile (pétrole, gaz, charbon…) ne sont pas inépuisables et l’urgence est d’agir pour limiter le réchauffement climatique, sans oublier l’aspect économique. L’usage de l’énergie nucléaire soulevant, entre autres, le problème des déchets, il était expliqué, en février 2010, qu’il serait nécessaire d’utiliser toutes les sources existantes. Solaire, éolien et géothermique semblent une réponse durable car ce sont des énergies renouvelables qui offrent des perspectives de développement industriel à moyen et long termes. Le conseil municipal triellois, au cours de sa réunion du 17 décembre 2009, avait pris une délibération pour lancer un projet de parc solaire. En amont, la Communauté d’agglomération 2 Rives de Seine (CA2RS) avait organisé un débat public, le 10 décembre 2009 à l’Espace Senet. La commune de Triel « dispose », dans la plaine, d’immenses étendues incultes et polluées qui eurent jadis une activité économique certaine avant de devenir, pendant des décennies, une « zone de stockage de déchets ménagers à ciel ouvert » de triste mémoire. En 2009, l’opportunité d’en utiliser une partie s’était présentée sous la forme du projet d’installation sur 15 ha (pour commencer) de 15 000 panneaux voltaïques (5 megawatts/ heure, soit l’équivalent de l’alimentation énergétique de 2400 logements) ; l’électricité produite aurait été fournie au réseau de distribution public par un raccordement au poste relais voisin.


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TRIEL-SUR-SEINE : PARC SOLAIRE : LE SOLEIL N’ÉCLAIRERA PAS TRIEL Pourquoi un tel projet en 2009 ? La CA2RS, qui avait piloté l’opération, avait décidé de concourir à un appel à projets d’implantation de parcs solaires dans les régions françaises, lancé par le ministère de l’Ecologie et de la transition écologique (à l’époque, ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer, MEEDDM). Le projet de la plaine avait été en concurrence avec plusieurs projets similaires dans l’Essonne et ailleurs. L’idée principale était de faire entrer notre territoire dans une dynamique d’économie verte. C’est une société française, Alterrya, financée par le groupe allemand JUWI, qui était en charge ce projet ; celui-ci était porteur d’une image positive pour Triel et la CA2RS, en cohérence avec les activités d’éco-construction prévue dans la Boucle de Chanteloup. En effet, même s’il revêtait un caractère d’intérêt général, il n’était pas créateur d’emplois directs et sa réalisation aurait pû léser les actuels propriétaires des terrains. A l’issue des débats entre la CA2RS et la population, notamment avec les propriétaires fonciers, le montant de l’indemnité pour les terrains avait fait l’objet d’un désaccord : à la proposition faite par le président de la CA2RS, Pierre Cardo (0,50 centimes/m2), les propriétaires, s’étaient sentis lésés, selon l’ancien président fondateur de l’association des propriétaires fonciers à Triel : « Dans le cadre du projet du centre commercial de Triel, abandonné en 2008, on avait eu comme proposition un prix de 17 euros/m2 et puis les références des Domaines (organisme d’Etat) en 2008 se situaient aux alentours de 5 euros/m2. » Pour lui, l’approche de Pierre Cardo, était démagogique. Celui-ci avait mis en garde les propriétaires : « Vous avez profité déjà du sol, en tant qu’agriculteur, en tant que bailleur (pour une décharge publique) et maintenant… vous voulez contrecarrer un projet d’intérêt général ». C’était un dialogue des sourds. Sans pour autant tomber dans la caricature, on avait constaté qu’un débat s’était instauré entre les défenseurs du sacro-saint « droit de propriété » et ceux qui prônaient un ré-invention et reconversion de la plaine de Triel. Il restait à réaliser une vraie concertation (avec enquête publique et une DUP à l’arrivée) pour arriver à une solution d’intérêt général, sans spolier les propriétaires fonciers. Depuis, beaucoup de temps est passé et on a failli oublier l’existence de ce projet jusqu’à la déclaration de M. Philippe Tautou à sa presse favorite.

Protestation officielle de Triel Le maire de Triel, Joël Mancel, a protesté vivement contre l’abandon du projet de ferme photovoltaïque dans la plaine de Triel. Il a adressé un courrier ferme à Philippe Tautou, président de GPS&O, demandant au préfet des Yvelines l’arrêt immédiat des opérations de remblaiement, initialement acceptées pour permettre l’installation de la ferme solaire.

En février 2009, le parc solaire a fait l’objet d’une présentation technique. (Archives J2R)

C’était l’accord afin de procéder à l’autorisation de remblaiement de la plaine. Selon le maire de Triel-sur-Seine, « S’il n’y a plus de projet de ferme solaire, il n’est plus nécessaire de continuer le remblaiement de la plaine de Triel ! » « Certes, en 2009, le projet porté par la société ALTERRYA avait mis en évidence un manque de portance sur le site, qu’il fallait combler par un apport de remblais », rappelle Joël Mancel. Participant aux décisions préfectorales à travers le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CoDERST) sur la quantité des matériaux, le maire de Triel a aussi demandé « la réduction de moitié la hauteur des remblais, passant de 4m à 2m sur les 70 ha, en diminuant ainsi le volume. » Le maire de Triel, très remonté, a également interpellé la commission sur la qualité des matériaux de remblaiement et a exigé un contrôle périodique par des membres de la société civile : « Hélas cette commission de suivi ne s’est réunie que deux fois en cinq ans. A l’époque, une entreprise allemande était également intéressée par ce projet et nous avons visité une ferme solaire près de Kaiserslautern. Finalement, le projet de ferme solaire a été réduit de moitié, passant de 55 ha à 25 ha, en raison des performances et du rendement des dernières générations de panneaux solaires. » Le manque de concertation entre élus qui se connaissent depuis vingt ans est flagrant. Joël Mancel, maire de Triel, a récusé la décision de Philippe Tautou : « Je n’ai eu aucun échange à ce sujet avec le président Tautou », déplore le maire de Triel. « Aussi je m’étonne de cette annonce faite par voie de presse. C’est un sujet que je connais particulièrement bien pour l’avoir travaillé pendant de nombreuses années, en tant que maire de Triel et vice-président de la CA2RS. Je réfute les propos tenus dans cet article,

relatant "une vague de contestation lors de la présentation du projet" ». Les protestations portaient sur le volume et la qualité des remblais et non sur l’implantation d’une ferme photovoltaïque, projet que je défends depuis toujours. » En outre, le maire de Triel a réagi contre un autre argument de l’article du Parisien du 15 décembre 2017, mettant en avant « un manque de stabilité du sol » pour expliquer le report du projet. « Or, s’il n’y a plus de projet de ferme solaire, il n’est donc plus nécessaire de continuer le remblaiement », a déclaré Joël Mancel. Dès lors, le maire de Triel va demander dans les jours prochains au préfet des Yvelines de procéder à l’arrêt immédiat des apports de matériaux sur le site. Le maire de Triel a demandé un rendezvous officiel avec Philippe Tautou pour évoquer l’avenir de la plaine. Quels sont les intentions du président de GPS&O et comment compte-t-il la valoriser ? Selon le maire de Triel, si M. Philippe Tautou est sensible à la mobilisation et aux éventuelles protestations des citoyens contre des projets d’aménagement, il faudrait aussi envisager d’abandonner le projet de Éco-port industriel en raison de l’ampleur de la contestation citoyenne depuis six ans. Paradoxalement, le maire de Triel a appris que le projet solaire allait peut-être revoir le jour avec un nouveau prestataire asiatique. Il confirmait alors qu’il était toujours favorable à l’implantation d’une ferme photovoltaïque à cet endroit. r 1. Les Nouvelles des Deux Rives, numéro 91, édition de mars 2010, page 11

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TRIEL-SUR-SEINE Le maire de Triel fixe ses priorités

en matière d’urbanisme

Suite à la réunion avec les sept associations trielloises le 14 novembre, le maire de Triel-sur-Seine, Joël Mancel a voulu faire le point avec le J2R sur la question de l’urbanisme dans la commune. Son adjoint à l’urbanisme, Michel Poirot, a souligné que la trajectoire urbanistique de l’équipe municipale continuera malgré les réticences de certaines associations environnementales. Depuis la fête du Flan le 7 octobre, certains ont relancé la polémique sur le bétonnage à outrance dans la bonne ville de Trielsur-Seine. En tentant de mieux comprendre les voix divergentes de sept associations trielloises(1), MM. Joël Mancel et Michel Poirot ont reçu ces associations afin de clarifier le débat et d’expliquer le sens de la politique urbaine de l’équipe en place.

Cessons de tourner en rond ! D’abord, il reste du travail à accomplir pour la construction de logements sociaux. Pour M. Mancel, Triel est passé de 8 % à presque 10 % entre 2008 et 2017. « La ville de Triel, a-t-il assuré, est toujours sous infraction et carencée » quant aux obligations de construction pour le secteur social. Pour M. Mancel, les sept associations ont publié des « contrevérités » afin d’avoir l’air d’un front commun. Par exemple, le projet du 246 rue Paul-Doumer a été établi selon une méthodologie classique de concertation et de dialogue : deux études de diagnostic(2) et de programmation ont été lancées avant d’aboutir à ce choix. Selon le maire, les détracteurs sont des nimbystes(3) classiques qui « tournent en rond », sans être en mesure de faire des contre-propositions. D’ailleurs, « ont-il la capacité de gérer la ville ? », s’est-il interrogé. Le PLU de 2013 a fait l’objet de deux enquêtes publiques avec des contentieux à la pelle ! Pour M. Poirot, la concertation a été un point fort de la mandature actuelle. Elle s’est poursuivie tant par la présentation des projets aux riverains (voir les adaptations des deux projets rue de Sablonville et rue Pasteur) qu’en amont avec la présentation, lors de réunions publiques, des deux projets à venir, celui de Gallieni et celui du quartier du théâtre Octave-Mirbeau. La cohérence municipale tient à son programme publié et débattu en 2008 : densifier la ville, préserver les zones naturelles et agricoles, préserver l’Hautil et ses coteaux, permettre un parcours résidentiel et, enfin, redynamiser le centre-ville. « Il y a eu écoute et concertation, » a plaidé Michel Poirot. www.journal-deux-rives.com

Ainsi, le PLU de 2013 est la traduction de cet important programme. Alors, la construction de mille logements en densité et la construction d’encore mille logements dans les autres parties de la ville montrent que la ville a tenu ses engagements. En outre, sortir de l’illégalité en matière de construction de logements sociaux est une preuve d’un certain courage politique, assumé par le maire de Triel. De plus, il ne faut Accompagné de son adjoint à l’urbanisme, Michel Poirot, Joël pas négliger le coût Mancel a défini et défendu les axes de son action future en financier de 183 000 € matière d’urbanisme. (J2R) par an, si l’on ne suivait pas la trajectoire pour sortir de cette impasse politique. ville paisible » et en phase avec la loi. Les deux Joël Mancel et Michel Poirot veulent, tou- élus ont affiché deux priorités : produire des tefois, garder 60 hectares de terres agricoles logements en fonction de la capacité finandans la zone dite Feucherolles. Pour ce faire, cière des habitants de Triel et de la région tous deux vont plaider cette cause auprès et respecter les obligations de la loi SRU des autorités de la Communauté urbaine (complétée par la loi ALUR). Michel Poirot a Grand Paris Seine & Oise (GPS&O). Mme conclu en soulignant que la politique urbaine Suzanne Jaunet, qui est chargée de l’élabora- va offrir « des logements à tous les Triellois, quels tion du Plan local d’urbanisme intercommu- que soient leur âge et leur revenu, afin de se loger nal (PLUi), semble sensible aux arguments convenablement dans un logement locatif, dans une triellois de ne pas faire du mitage foncier propriété en accession dans le cadre d’une construcet de densifier la ville là où il y a déjà des tion individuelle ou dans un ensemble collectif. » r constructions.

Le processus de construction continuera

Quant aux projets à venir, le processus va continuer avec les associations qui veulent être «constructives» et non pas dans la critique constante. Que proposent-elles dans le transport de demain, sans pour autant dépendre de la voiture individuelle ? Comment réduire l’empreinte carbone en faisant des gestes citoyens ? Comment faire pour diffuser de bonnes pratiques aux nouveaux arrivants ? Voilà une série de défis pour les sept associations environnementales. Passer de nimbyste(3) à yimbyste(4) est-il possible ? En parallèle, pour la municipalité, voire pour toutes les communes de France, le coût des équipements et des services à la population à prévoir pose problème : qui va payer et comment, alors que la fiscalité locale connaît des incertitudes ? Aucun de deux élus, M. Mancel et M. Poirot, n’a de réponse à cette question qui nécessite une vraie reflexion avant la construction massive dans la ville. Les trois projets phares (246 rue PaulDoumer, Gallieni-la Gare et le théâtre) vont suivre le même chemin programmatique et tous sont les bienvenus afin de « construire une

1. TRIEL ENVIRONNEMENT urbanisme@trielenvironnement.com BIEN VIVRE A TRIEL president@bienvivreatriel.fr LES AMIS DE TRIEL philippe@philippe.fr BIEN VIVRE A L’HAUTIL bvh@hautil.org AEVS aevs78gmail.com PRESERVONS PISSEFONTAINE preservonspissefontaine@gmail.com COMITE SOBAUX comite.sobaux@gmail.com 2. Etudes réalisées par les cabinets Menghetti et Citadia en février 2009. Le cabinet Coteba, associé à une équipe de Sciences Po, a rendu une étude de programmation urbaine au courant du 2e trimestre 2011. 3. Not in my backyard (Nimby), autrement dit « ne pas construire chez moi » est le terme utilisé par les urbanistes pour qualifier les habitants ou les associations qui contestent le choix urbanistique des élus ou des autorités compétentes. Cependant, les sept associations devraient passer effectivement à la phase des propositions : - Dans les lieux où des constructions ont été faites en dépit de la raison, comme avenue Paul Doumer (Cœur de ville), obtenons a minima un bon aménagement des environnements pour la bonne circulation des piétons, de vélos et des bus : le trottoir rue Paul-Doumer devant ces immeubles est, à nouveau, occupé par les voitures, alors qu’il faudrait désormais supprimer tout stationnement à cet endroit. - Puisque la population va augmenter, notamment rue Paul-Doumer, demandons l’augmentation des cadences de la ligne de bus n° 3, dont plus de directs jusqu’à Saint-Germain-en-Laye. - Revenons sur la création d’une piste cyclable rue Paul-Doumer pour accéder à celle qui traverse la plaine jusqu’à Carrières. 4. Yes in my backyard (Yimby) est le composant positif qui se veut participatif à l’effort de construction.


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Actualité locale

Hommage à la Résistance : Roger Bourdy, un gars très courageux

TRIEL-SUR-SEINE

Depuis le 25 novembre, le ré- français ». Deux beaux hymnes, Le Chant complété la cérémonie d’hommage à Roger sistant, lieutenant-colonel FFI, des Partisans et La Marseillaise, à la dignité, Bourdy.r Georges Roger Bourdy vous sou- à l’honneur et à la liberté ont également haite la bienvenue lorsque vous arrivez à Triel, par le rond-point, de Carrières-sous-Poissy ou quand vouss y allez. Dans cette plaine, synonyme de malheur foncier et écologique, c’était la première fois que l’on se réunissait pour lui rendre un hommage solennel. Malgré le froid sibérien, l’ambiance a été touchante et chaleureuse pour rendre hommage à un gars de Triel-sur-Seine. Joël Mancel, maire de Triel-sur-Seine, Jean Rafton, président de l’UNC Triel et conseiller municipal, et Albert Poitier, président de la FNACA Verneuil-Triel, ont été rejoints par une centaine de personnes pour rendre un hommage à Roger Bourdy, un résistant triellois. Jean Rafton a été le premier à lire « un morceau de la vie d’un homme courageux » : fils d’artisan, Georges Roger Bourdy ne chercha pas la gloire. Ce sont le malheur et l’histoire qui ont façonné son caractère et sa détermination à faire ce qu’il fallait faire. A l’époque, seulement une poignée d’hommes et de femmes, dans chaque département, se sont engagés pour la liberté et pour la dignité de notre pays, juste après le débâcle de 1940. Jean Rafton l’a dit mieux que quiconque : « Refusant la défaite, il s’évade et entre dans la Résistance dès le mois d’août 1940. Son destin est alors scellé. Homme de caractère, meneur d’hommes, intelligent, rigoureux et fier, il sait qu’il ira jusqu’au bout de son engagement, quoi qu’il en coûte. Il crée alors à l’échelon départemental, l’Organisation Clandestine des A.V.S qui s’occupe spécialement de la fabrication des faux-papiers, de cartes d’identité, de tracts subversifs anti-allemands et de journaux clandestins, dont il assure la distribution massive. » Entre septembre 1941 et septembre 1943, Roger Bourdy avait presque tout fait : sabotage, intelligence, passeur, chef de file, « curé » et surtout il avait rencontré le Colonel Fabien, de son vrai nom Pierre Georges, une autre grande figure de la Résistance. Roger Bourdy était notre Pierre Georges à nous ! Par son parcours, ses actes et surtout son sacrifice, nous pouvons user, abuser de cet état de fait qui est la démocratie. En évoquant la mémoire de Bourdy, Joël Mancel s’est associé à cet hommage. Celui-ci a fait « rendre heureux» le maire de Triel dans un contexte où « vous savez qu’il est difficile d’être maire... » Le sous-préfet, Stéphane Grauvogel, a souligné aussi l’importance d’êtres humbles et courageux, tels que Roger Bourdy. A écouter son message, on pourrait dire que Roger Bourdy était un homme courageux et qu’il doit « servir comme exemple pour tous les citoyens

Après Le Chant des Partisans, on a dévoilé la plaque à la mémoire de ce résistant mort pour la France. (J2R)

La famille de Georges Roger Bourdy était touchée par cet hommage triellois. (J2R)

Un public fort imprégné par l’histoire de la Résistance. (J2R)

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VERNEUIL

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Les pavés de la discorde !

Le 3 janvier 2018, le Journal des 2 Rives a interviewé un des habitants du centre de Verneuil-sur-Seine excédés par le niveau du bruit de la circulation. Albert Potier est en croisade contre ces nuisances sonores. Journal des 2 Rives : Quel est le motif de votre croisade contre l’inaction de la mairie de Verneuil-sur-Seine ? Albert Potier : Le problème se résume à l’augmentation des nuisances sonores, qui sont devenues insupportables pour les riverains du croisement de la Grande rue et de la rue de l’Abbé Masure à Verneuil-sur-Seine. C’est tellement fort que l’on ne peut ouvrir des fenêtres de la résidence. Depuis la réfection de la chaussée devant l’école NotreDame, des riverains se sont rendu compte de l’augmentation du bruit provenant du roulement des voitures sur le pavé devant l’école Notre-Dame. Ces nuisances sonores excédent les riverains depuis la rénovation de cette voirie. Certes, il y a aussi l’excès de vitesse des conducteurs locaux. Depuis l’éclatement de cette affaire, la municipalité reste sourde aux griefs des riverains, notamment pour que le niveau de nuisances sonores soit réduit ou que cela cesse carrément. J2R : Parlez-vous en votre nom ou faitesvous partie d’un collectif ou du syndicat qui gère les habitations en face de Notre-Dame ? A.P. : Je suis à l’origine de la fronde contre cette inaction de la municipalité, mais j’ai, progressivement, entraîné plusieurs riverains avec moi en raison du nombre important de personnes gênées par cette nuisance sonore. En outre, le conseil syndical de la copropriété a pris conscience de l’ampleur du problème et le président, lui-même, a pris position avec nous. Par conséquent, nous sommes soutenus par le conseil syndical et on a décidé de

Interview d’Albert Potier qui est parti en croisade contre les nuisances sonores à Verneuil-sur-Seine. (J2R)

mandater le syndic gérant pour s’occuper de cette affaire. J2R : Vous avez écrit sept fois au maire. Avez-vous eu des réponses qui vont dans votre sens ? A.P. : J’ai envoyé sept correspondances au maire de la ville de Verneuil (NDLR : Philippe Tautou) pour lesquelles je n’ai jamais eu le moindre réponse. On a atteint la limite et on est excédé par cette inaction. Je vous rappelle que nous avons joué la conciliation : on a attendu la fin des travaux, on a patienté et on a même proposé des solutions crédibles et faisables. Mais, rien n’a été fait et le problème dépasse l’entendement : c’est devenu l’enfer pour tous les riverains. J2R : Qu’allez-vous faire par la suite ? A.P. : Nous avons de vagues promesses. Si dans un délai raisonnable, on n’a pas de solution satisfaisante, on va constituer un dossier

(d’ailleurs il est déjà prêt !) pour l’envoyer directement à la préfecture des Yvelines pour non-respect de la loi. On est tout à fait déterminé à continuer notre lutte ; et le cas échéant, on est prêt à ester en justice. J2R : Avez-vous des conseils à donner à ceux et à celles qui ont le même problème de nuisances sonores ? A.P. : La lutte contre le bruit est devenue une affaire nationale. Si on est confronté à ce problème, il faut consulter des organismes spécialisés à Paris qui vont vous guider afin de faire valoir vos droits. A Paris, il y a eu des actions entreprises, suite à la pression des riverains, mais le maire de Verneuil-sur-Seine ne veut pas adopter ces mesures pour des raisons esthétiques : M. Tautou veut conserver le caractère village de notre centre-ville. Ainsi, il ne veut absolument pas que l’on retire les pavés de ce carrefour. C’est une impasse.r

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Actualité locale

Pointe de Verneuil : pourquoi bétonner ?

VERNEUIL

Présenté le 14 novembre auprès des investisseurs/professionnels de l’aménagement opérationnel, le projet « La Pointe de Verneuilsur-Seine » fera débat(1). Après quelques aventures politico-financières, le projet d’urbanisation était un peu tombé dans l’oubli mais une demande de modification du PLU de Verneuil-sur-Seine vient d’être faite pour déclasser une zone naturelle, au centre de la base de loisirs, afin d’y construire 450 logements. Deux des 58 projets présentés le 14 novembre 2017 au forum « projets urbains », organisé par Innovpresse au Palais des Congrès de Paris, font partie de notre territoire (Poissy et Verneuil-sur-Seine). Considérons, en particulier, le projet « La pointe de Verneuil » qui était présenté par trois personnalités de haut rang : - Philippe Tautou, maire de Verneuil, président de la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise ; - Alexandre Bouton, architecte-urbanistepaysagiste, Urban Act ; - Amélie Bonnet, directrice du projet, Bouygues Immobilier - Urbanera. Le terrain appelé la Pointe de Verneuil se situe au cœur de l’Ile de Loisirs du Val de Seine : il s’agit plutôt d’un rectangle situé le long de la Seine entre l’étang de la Grosse Pierre et l’étang du Gallardon ; ce terrain d’une dizaine d’hectares est complètement entouré d’espaces naturels abritant des espèces remarquables. Une partie de ce terrain est classé en ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Faunistique et Floristique) et en zone N au niveau du Plan Local d’Urbanisme (PLU),

La pointe de Verneuil est un site convoité par les promoteurs de tous bords. (DR)

c’est-à-dire en zone où il n’est pas possible de construire. Suite à la demande de modification du PLU, la Mission Régionale d’Autorité environnementale (MRAE) a bien entendu exigé dans son avis qu’une évaluation environnementale soit menée. Cet avis nous permet de mieux connaître le projet : il s’agit de construire un port de plaisance de 200 emplacements, entouré de 450 logements (avec des immeubles de quatre étages) et 115 places de parking. L’ambition de l’aménageur (Bouygues Immobilier) est de créer une marina avec restaurants autour du port, ambiance moules frites garantie. Cet aménagement conduirait à augmenter fortement la population de Verneuilsur-Seine de plus 1000 personnes alors que,

déjà, les habitants se plaignent beaucoup de l’urbanisation des moindres espaces restés libres dans la ville bien que ceux-ci soient constructibles selon le PLU ; pourquoi donc, en plus, construire dans une zone naturelle au milieu de l’île de loisirs ? La municipalité de Verneuil vante constamment les attraits naturels de cette ville que sont le Bois de Verneuil et l’île de loisirs : il est affligeant que le maire de Verneuil s’acharne depuis de longues années à vouloir défigurer ces deux espaces, l’un par la déviation de la RD154, l’autre par la construction de cette marina.r 1. Article repris du site ADIV Environnement avec des mises à jour de la part de la rédaction du J2R.

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Coup d’éclat politique : Michel Pons pourrait-il tenir ?

VILLENNES

Le 21 décembre 2017 marquera l’histoire politique locale à Villennes-sur-Seine. Michel Pons, maire DVD, a été mis en difficulté au conseil municipal, notamment par le refus du vote de treize délibérations, provoquant un blocage politique. Le J2R analyse cette situation. Depuis un an, les élus municipaux de Villennes vivent des moments intenses : en décembre 2016, Olivier Hardouin avait été démis de ses fonctions de premier adjoint par Michel Pons, provoquant une scission, au moins dans l’esprit de certains, au sein de l’équipe majoritaire.

Une révolte municipale Michel Pons, maire de Villennes depuis 2014 après avoir été conseiller municipal depuis le premier mandat de François Gourdon en 1989, a essuyé une sorte de fronde du conseil municipal, le 21 décembre 2017 : une majorité d’élus a refusé de voter les treize délibérations qu’il proposait. Il a, lui-même, du mal à digérer ce camouflet : « Je me sens trahi ! », a-t-il confié au J2R. Cependant, le maire de Villennes estime que « cette intrigue du palais » résulte du fait que la fusion de listes, en 2014, pour remporter le deuxième tour des élections municipales n’a pas été effective. Désormais, environ vingt conseillers municipaux se sont donné la consigne avec le concours de l’opposition officielle « Avenir Villennes » : aucun vote pour le reste de la mandature si Michel Pons ne modifie pas sa manière de gérer la ville. Le blocage, d’ordre politique, a des conséquences pratiques dans la vie quotidienne des Villennois. La situation aurait pu évoluer vers une prise en main par la préfecture.

Gouvernance critiquée Pierre-François Degand (LREM), chef de l’opposition et de ce « coup d’état », jubile, mais il camoufle ce sentiment avec un argument très politiquement correct : « C’est trois ans d’une gouvernance qui a montré ses limites et ses défauts : projets immobiliers qui ne devaient pas être ; gestion technocratique de la ville sans faire appel aux commissions ad hoc qui ne se réunissent peu ou pas ; un projet d’antenne Free qui a mis le feu aux poudres chez certains riverains ». « Un maire devrait, explique-t-il, proposer et le conseil municipal disposer ! » Pierre-François Degand, comme les autres détracteurs, précise que le maire manque de transparence et ne pratique pas la concertation : « M. Pons nous a écoutés, mais pas entendus », a regretté l’élu LREM. En outre, ces mêmes opposants estiment que M. Pons n’est pas un www.journal-deux-rives.com

« leader confirmé ». C’est un peu facile car M. Pons semble être un élu efficace qui s’est battu pour les intérêts de ses administrés (contentieux fiscal avec la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise) et a tenté de sortir la ville du piège de la loi SRU (quota de logements sociaux), laissé par son prédécesseur. Justement, M. Pons défend son bilan et gère la ville dans un contexte de (De g. à dr.) Michel Pons, maire DVD, et Pierre-François Debaisse des subventions gand, conseiller d’opposition à Villennes-sur-Seine. (J2R) et des dotations, tout en étant contraint de construire davantage société ; pas de clivages politiques ! », a avancé le de logements à caractère social. Sur ce sujet, probable candidat Degand. il va communiquer auprès des habitants pour expliquer « la perte probable de 1,6 millions d’euros La situation politique à Villennes pourrait en subventions »(1), due à ce blocage du conseil se caractériser par une guerre de position : pas municipal. de démission collective mais un état de siège permanent ! Le maire Michel Pons se prépare Rebondira-t-il ou non ? avec « sa garde rapprochée » à des attaques incessantes des « comploteurs » et notamment de la Michel Pons est, véritablement, dans une part du chef de file, Pierre-François Degand. situation délicate. Il devrait envoyer un mes- Ce dernier s’est montré optimiste, mais poursage clair à ses troupes et à la population. Le rait-il faire mieux que M. Pons ? En matière blocage du 21 décembre 2017 « était un aver- d’urbanisme, notamment en ce qui concerne tissement, une sorte de dernière chance. » M. Pons les logements à caractère social, M. Degand pourrait-il rebondir ? C’est la question du mo- envisage de « limiter la construction » car cela ment, qui ne manquera d’être dans les têtes « engendre des problèmes de transports, de stationnedes citoyens de la belle ville de Villennes. En ment et de nuisances », sans oublier le manque tout cas, M. Pons a déclaré au J2R sa volonté d’équipements publics nécessaires à cette de « continuer son mandat » et, par conséquent, densification massive de la ville. Qu’en seraitde ne pas démissionner. Avec ironie, M. De- il du financement, par exemple, des équipegand espère que « le maire ait la capacité de rebon- ments publics ? Pour lui, qui n’a pas voté pour dir » ; pour cela, il faut des mesures concrètes : la demande de subventions, le 21 décembre, il peut-être l’abandon du projet d’antenne-re- est temps de « faire participer le secteur privé dans lais Free ? Pourquoi ne pas réunir d’urgence une sorte de partenariat public/privé. » Il souhaite le Conseil des Sages pour avoir un avis sur instaurer un cercle vertueux : attirer les gens l’avenir des projets immobiliers ? Cependant, dans un village avec un cadre de vie agréable, le temps presse et l’opposition, renforcée installer des commerces pour ces habitants par la nouvelle donne politique, a pris un pas et, en même temps, créer de l’emploi… Que d’avance. M. Degand, suppléant de la députée pense-t-il du social et de la culture ? « Tout ce LREM Natalia Pouzyreff, a un avantage pour qui marche bien on garde, le reste on verra ! », a-t-il rapidement constituer une liste « Macron-com- conclu. patible ». Un sentiment mêlé de gâchis, de trahison et d’amertume ressort de cette guerre de Personne ne sortira indemne tranchées entre le maire, Michel Pons, et ses opposants. Est-ce un siège pour la conquête Des élections complémentaires auront-elles de la « citadelle de Villennes » ? Ses défenseurs lieu, dans l’hypothèse d’une démission géné- tiendront-ils ? Personne ne sortira indemne rale ? En observant le terrain, on a constaté, de cette séquence politique, qui pourrait avoir le 30 décembre, que certains élus et des candi- des conséquences sur la recomposition de la dats potentiels se sont montrés dans l’espace droite yvelinoise ou la suite de sa décomposipublic pour « monter une équipe gagnante ». Inter- tion. r rogé par le J2R, Pierre-François Degand n’a ni confirmé ni infirmé que sa liste était prête, mais l’agilité du « Major Degand » lui a, peutêtre, déjà permis de rallier une vingtaine de 1. De de la région Île-de-France et fidèles à sa cause. « On est à l’image de notre du département des Yvelines.


Dossiers

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ActivitY’ lance le club Busin’ESS dans les Yvelines

ÉCONOMIE

Le jeudi 30 novembre 2017, le club des entreprises de l’économie sociale et solidaire, appelé Busin’ESS, a été lancé dans les Yvelines par ActivitY’ en partenariat avec la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi des Yvelines, la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire d’Île-de-France et les acteurs yvelinois de l’insertion par l’activité économique. Ce lancement s’est déroulé au Campus, Cité de l’innovation et des métiers de demain, aux Mureaux. Busin’ESS a été lancé, conjointement, par Pierre Bédier, président du Conseil départemental des Yvelines et du groupement d’intérêt public ActivitY’, et par Serge Morvan, préfet des Yvelines. Mais qu’est Busin’ESS ?

Une nouvelle politique du département des Yvelines

Le logo de ce nouveau club de l’économie sociale et solidaire en présence de plusieurs intervenants. (Photo DD)

La création de Busin’ESS participe de la nouvelle politique du département des Yvelines pour lutter contre la crise de l’emploi, pilotée par le groupement d’intérêt public ActivitY’. L’agence ActivitY’ s’est fixé pour objectif « de remettre 5000 bénéficiaires du RSA en emploi ou en formation qualifiante d’ici fin 2018, en s’appuyant sur une meilleure coordination et un renforcement des partenariats et sur la mobilisation de l’ensemble du potentiel économique territorial », selon le communiqué du lancement du club. Le club répond selon ses fondateurs lors de la cérémonie officielle de lancement : « A

une ambition forte : faire des structures de l’économie sociale et solidaire les partenaires privilégiés des entreprises de l’économie classique notamment dans le cadre de leur démarche de responsabilité sociale (RSE) ». Busin’ESS va proposer des outils ayant pour objectif de « dynamiser leur réseau et promouvoir leur offre de services destinés aux entreprises ».

Un lancement

avec table ronde et ateliers

C’est à partir de 15 h 30 que les participants à cette cérémonie se sont retrouvés au

Campus, Cité de l’innovation et des métiers de demain, aux Mureaux, en présence de François Garay, maire des Mureaux, et de Sophie Primas, sénatrice des Yvelines. Pour présenter Busin’ESS, Philippe Pascal, directeur de l’agence départementale d’insertion ActivitY’, et Valérie Leccia, chef de projet économie sociale et solidaire ActivitY’, sont intervenus après le dévoilement du logo de Busin’ESS. Cependant, pour ouvrir cette cérémonie et définir les raisons et les objectifs, la parole a été tout d’abord laissée aux élus porteurs de cette démarche. Sont montés sur scène Arnaud Richard, conseiller régional d’Île-de-France à l’économie sociale et solidaire, Eric Forti, président de la Chambre régionale à l’économie sociale et solidaire (CRESS), Catherine Arenou, maire de Chanteloup-les-Vignes, MarieHélène Aubert, vice-présidente du Conseil départemental, déléguée à l’autonomie, et Nadine Desplebin, directrice adjointe au pôle 2EI, représentant l’État. Après leurs présentations, une table ronde et plusieurs ateliers pratiques autour de ce nouveau club économique, faisant participer les signataires de la charte d’adhésion à Busin’ESS, se sont déroulés. Ce lancement s’est terminé, à 17 h 45, avec un discours de Pierre Bédier, avant un petit cocktail de clôture. r

Une table ronde et divers ateliers étaient organisés. (Photo DD)

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Dossiers

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Bruno Millienne à la rencontre des citoyens aux Mureaux

POLITIQUE

Le lundi 18 décembre 2017, le député de la 9e circonscription des Yvelines, Bruno Millienne, est venu à la rencontre des citoyens aux Mureaux lors d’une réunion publique ; il a présenté son action et celle du gouvernement puisqu’il fait partie de la majorité parlementaire. Comme promis lors de l’inauguration de sa permanence de député MoDem de la 9e circonscription des Yvelines, Bruno Millienne a organisé la première de ses réunions publiques, afin de présenter les actions parlementaires qu’il a menées.

Rencontre avec les électeurs Son but est d’aller à la rencontre des citoyens de sa circonscription et de leur rendre des comptes. C’est au Pôle Molière aux Mureaux, dans la Salle Lumières à 19 h 15, que M. le député a animé cette rencontre citoyenne. Elle était ouverte à toutes et tous, surtout aux habitants de la circonscription. Effectivement, toutes les 35 personnes présentes ne venaient pas des Mureaux.

François Garay, maire des Mureaux, faisait partie des personnes venues assister à cette réunion. Le but du député de la majorité présidentielle était de rendre compte de son action à l’Assemblée nationale et dans sa circonscription.

« La France a retrouvé

une position internationale…

»

Pendant une trentaine de minutes, Bruno Millienne a fait le point sur l’action gouvernementale en présentant Emmanuel Macron comme un président de la République qui « fait ce qu’il a dit qu’il fera ! ». Cette réunion a, donc, été l’occasion commenter l’actualité politique locale, nationale (lois Travail et moralisation de la vie politique) et internationale. La France, d’après M. le député, a pris, par l’action d’Emmanuel Macron, un leadership en Europe, sur l’environnement (revenant sur « One Planet Summit » du 12 décembre 2017) et en diplomatie. « La France a retrouvé une position internationale qu’elle n’avait plus depuis au moins deux quinquennats », a précisé Bruno Millienne avant de revenir sur l’action menée au Liban et en Syrie, ainsi que sur le positionnement d’Emmanuel Macron vis-à-vis de Bachar elAssad.

Il a également présenté le projet présidentiel comme une maison commune dans laquelle chacun peut, quelle que soit sa sensibilité politique, s’y retrouver et l’aider. Il a comparé le mode de fonctionnement du gouvernement à celui d’une entreprise où toutes les composantes sont consultées. Selon lui, l’intégration des « néo-députés » du MoDem et de La République En Marche (LREM) est ainsi facilitée. Il a pointé du doigt, également, des modes de fonctionnement qui lui ont paru aberrants, dessinant les contours d’un possible projet de modernisation de la vie politique française.

Localement à votre service Évidemment, il a présenté son action locale, surtout à travers les échanges avec le public. Des sujets comme les transports, EOLE, la santé, les maisons de santé ; il a notamment, évoqué, celle des Mureaux qui a ouvert ses portes depuis deux semaines mais dont l’inauguration ne se fera qu’en février 2018, ainsi que les fermetures de nombreux services du Centre Hospitalier Intercommunal de Meulan-Les Mureaux (CHIMM). D’autres réunions basées sur le même principe « bilan/échange » seront organisées à l’avenir. r

SOLIDARITÉ « Aptimots » : librairie, retraitement

et insertion

Le samedi 2 décembre 2017, grâce à l’action d’une antenne de l’association d’insertion Aptima, la librairie « Aptimots » a ouvert ses portes dans le centre-ville des Mureaux. La dernière librairie de la commune avait fermé ses portes il y a quatre ans. Baptisée « Aptimots », cette librairie va vendre des livres d’occasion et neufs récupérés suite à des dons, tout en faisant de l’insertion par le travail. Saloua Bouvy, responsable de l’antenne locale de l’association Aptima, présente Aptimots comme un lieu d’insertion professionnelle, de recyclage d’ouvrages et de partage culturel (ateliers littéraires à venir), en plus d’être une librairie solidaire.

Qu’est Aptima ? Aptima est une association installée à Mantes-la-Jolie depuis une quarantaine d’années. son objectif est la promotion par le travail pour l’insertion par des méthodes adaptées, avec en toile de fond l’environnement et le retraitement des déchets. Dans le Mantois, Aptima possède une ressourcewww.journal-deux-rives.com

rie (Aptit’prix : 4 Rue de l’Ardèche, 78200 Buchelay) et une librairie fonctionnant sur le même principe que celle qu’elle vient d’ouvrir aux Mureaux.

Aptima a répondu à l’appel de la mairie des Mureaux Dans l’idée d’installer une librairie solidaire comme à Trappes, la mairie des Mureaux a lancé un appel pour trouver une association susceptible de relever le défi. Aptima a répondu à l’appel, fin 2016. Il a fallu un peu de temps pour mettre en place son antenne des Mureaux, faire des travaux pour adapter le local (précédemment celui d’une agence immobilière) et constituer, par des dons, un stock d’ouvrages. Celui-ci contient 40 000 livres, qui ont été offerts par la bibliothèque départementale des Yvelines, fermée depuis le 1e juin 2016. Créer de l’emploi et un accès à la culture

Saloua Bouvy et ses deux collaborateurs (Pierre Alain et Solenne) ont été, alors, engagés pour diriger l’antenne. En réalité, ils sont une douzaine à travailler à Aptimots avec des contrats de deux ans. C’est l’un des objectifs d’Aptima : l’insertion par le travail. Et le travail ne manque pas. Derrière la lbrairie, il y a

le traitement des ouvrages offerts, le classement et le recyclage. Ces ouvrages d’occasion sont mis en vente entre 50 centimes et 5 €. D’autres livres sont, également, proposés. « Nous voulons une offre large pour que les gens trouvent ce qu’ils veulent », explique Saloua Bouvy. Effectivement, la librairie offre plusieurs espaces thématiques : jeunesse, roman, polar, science-fiction, BD, théâtre, poésie, livres d’art… Il n’y a pas que de l’occasion : en partenariat avec la librairie de Meulan-en-Yvelines, Aptimots propose également des livres neufs répondant à la demande du moment. Elle va également faire du dépôt-vente. Pour le moment l’antenne d’Aptima prend ses marques aux Mureaux pour mieux se développer par la suite et offrir des actions adaptées afin d’ouvrir aux habitants de nouveaux accès à la culture, tout en gardant à l’esprit ses deux grands thèmes : retraitement et insertion. r Informations complémentaires : Aptimots, 81/83 rue Paul-Doumer 78130 Les Mureaux Horaires : le mercredi et le vendredi aprèsmidi de 15 h à 19 h, le jeudi et le samedi de 10 h à 13 h et de 15 h à 19 h.

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Dossiers

Les Tibétains sont-ils quantité négligeable ?

SOLIDARITÉ

Depuis le 15 décembre, on évoquait le départ imminent des Tibétains de Conflans-Sainte-Honorine. Face à ce problème complexe et inextricable, des élus et des habitants agissent différemment. Peuton négliger ce problème humain et politique sans s’interroger sur nous-mêmes ? Maurecourt, ville paisible de la Confluence, a su se montrer solidaire et humaniste. Dans un communiqué du 16 décembre 2017, la ville de Maurecourt a fait savoir que, depuis quelques jours, Stéphane Grauvogel, sous-préfet des Yvelines, avait demandé à cette commune des Yvelines de mettre à disposition un hébergement d’urgence ; celui-ci est destiné à des réfugiés Tibétains qui vivaient dehors au Pointil de la Confluence à Conflans-Sainte-Honorine.

Six destinations, dont Maurecourt et Triel L’opération de démantèlement du site et de déménagement de ces trois cents réfugiés aurait dû avoir lieu le 15 décembre, mais des circonstances imprévisibles, notamment le manque de coopération de la part de la ville de Conflans-Sainte-Honorine(1), ont conduit à un report de l’opération au 19 décembre 2017. Selon le sous-préfet, huit bus allaient transporter ces réfugiés vers des destinations différentes : à Mantes-la-Jolie, à Saint-Germain-en-Laye, à Cergy-Pontoise (l’ancienne patinoire), à Paris (centre d’orientation du Bd Ney), à Triel (le CHU Les Tilleuls) et à Maurecourt (COSEC Yannick-Noah). Après un travail de préparation de la part de l’association Pierre-Blanche, les Tibétains devaient être pris en charge par des associations ad hoc qui « encadreront les réfugiés 24 heures sur 24 ». Si l’on prend le cas des 80 qui sont allés à Maurecourt, ces malheureux « sont en majorité des réfugiés reconnus par l’Etat » et par voie de conséquence, l’Etat est responsable de leur sécurité pendant cette période d’hiver. Selon une première typologie, établie avant le démantèlement, trois catégories existent : demandeur d’asile auprès de l’OFPRA, réfugié avec tous les droits et devoirs et primo-accédant en France. Certains Tibétains sont passés par la Suisse ou par la Belgique.

Réactions en rafale La plupart viennent directement du Tibet car le bateau « Je sers » est connu par la communauté tibétaine dans le monde. Le souspréfet a fait savoir que le COSEC YannickNoah sera libéré pour la rentrée scolaire. Suite à l’annonce de cette nouvelle sur

Qui sommes-nous pour juger l’autre et son altérité ? (J2R)

le réseau FB, notamment sur la page « Maurecourt, notre ville ! », un déferlement d’inquiétude, voire de mépris, a eu lieu sur l’arrivée probable des Tibétains dans cette commune. Jean-Pierre Cornet, militant de la droite pure, a souligné que « l’on nous prend tous encore pour des jambons ! ». Une internaute, Béatrice Lebeau, a posé une question légitime : « Je suis d’Andrésy et l’on nous avait promis une prise en charge des réfugiés devant chez moi depuis des mois. Ils sont installés depuis cet été quand même et au mois de décembre on cherche une solution d’urgence pour 15 jours ? Quelle solution propose l’Etat pour la rentrée scolaire ? » Même l’administrateur du groupe « Maurecourt, notre ville ! » Xavier Mallet a réagi d’une manière étonnante : « Arrêtons de croire au Père Noël ! Il n’y aura aucune solution ! Et même la situation va se compliquer car de nouveaux réfugiés arrivent tous les jours ! Stoppons déjà l’hémorragie ! Et en attendant, bonnes fêtes ! » Aucune empathie ! De plus, c’est quasiment irresponsable de la part de celui-ci, un leader d’opinion, de jeter en pâture ces malheureux Tibétains. Qu’en est-il de la non-assistance aux personnes en danger ? La question de l’après-démantèlement est juste et nécessaire mais certains de nos compatriotes ont négligé l’autre, l’altérité ; c’est comme s’ils n’avaient jamais appris le terme empathie, de leur long parcours de la vie.

Geste humanitaire qui fait honneur à la république

Quant au président Emmanuel Macron, il avait précisé, avant son élection, sa volonté de « ne pas vouloir voir plus personnes dans la rue à la fin de l’année ». C’est contraire à ce qui se passe actuellement dans toutes les préfectures ; selon Jacques Toubon, le défenseur des droits, « les dispositions ne sont pas prises, les préfectures mettent des semaines pour remettre le récépissé et pendant ce temps, les gens sont à la rue ». En outre, il s’avère aussi que cette opération relève, selon Jacques Toubon(2), de « l’article L345.2.2, de l’aide sociale et des familles »

qui évoque « ce qu’on appelle l’accueil inconditionnel » ; Jacques Toubon a aussi cité cet article « puisqu’en dehors de (la cordée solidaire), nous avons une situation difficile créée par une circulaire (NDLR : 12 décembre 2017) ; elle demande, en gros, qu’on puisse trouver les moyens de faire sortir des hébergements d’urgence les personnes en situation irrégulière ». Gérald Rutaul, maire de Maurecourt, a été clair sur cet accueil des Tibétains : « Il s’agit d’un geste humanitaire qui fait honneur à nos principes républicains ; le gymnase Yannick-Noah a été réquisitionné dans le cadre d’une démarche classique et républicaine. » Toute l’équipe municipale est solidaire de ces Tibétains et le dit haut et fort. Quant aux autres réactions (plus positives), Adrien Chargy a exhorté les habitants de la Confluence à être accueillants : « On se doit de les accueillir, mais aussi de s’occuper de nos pauvres et des personnes dans le besoin, l’un ne va pas sans l’autre, c’est l’un avec l’autre ! ». « Qui ne veut pas de cet accueil des étrangers ? Qui veut se rendre complice de leur mort et de tout ce qui leur arrive dans leur pays à vouloir les reconduire dans un pays ou l’on ne peut même pas dire qu’ils sont chez eux ? Personne... et pourtant il y en a tellement qui nous font bien peur en ce moment. » Ainsi, cette interpellation conforte le groupe de soutien aux réfugiés tibétains de Conflans-Sainte-Honorine à continuer le combat pour et avec « Tsering, Dolma, Lobsang, Syona, Dekyong… Ils ne sont pas non plus, comme tant d’autres migrants sans-abri encore en souffrance, en plein Paris sous le joug de la police et le projecteur des médias … Non. Ils sont là, près de 300 personnes tibétaines, dans une petite ville plutôt jolie, calme et tranquille de la banlieue parisienne… » [message de novembre 2016, publié sur la page FB de Emma Gatti. C’est Maurecourt, ville ouverte et solidaire qui honore la France et la République.r 1. Nous avons contacté le cabinet du maire, Laurent Brosse, le 18 décembre 2017, pour avoir une position publique sur ce point. Nous attendons toujours la réponse du maire de Conflans-Sainte-Honorine. 2. Jacques Toubon, défenseur des Droits à l’émission de France Inter du 18 décembre à 8 heures 15.

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Dossiers

INFRASTRUCTURES

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L’A104 : le serpent de mer !

Orgeval a accueilli, le 24 novembre, l’assemblée générale du CO.P.R.A. 184 qui milite depuis 26 ans contre la construction d’une autoroute urbaine entre le Val d’Oise et les Yvelines. Nous connaissons par cœur les arguments des nonistes à l’A104, notamment le tracé vert choisi par l’Etat en 2006 : projet vieux de plus de 60 ans, anti-environnentental, polluant et anti-économique avec un coût estimé à 3,2 milliards d’euros pour 22 km. En somme, même à ce coût, les habitants et les usagers ne seraient ni réellement ni efficacement protégés car une grand partie de ce projet serait réalisé en « aérien » et non en « souterrain », impactant les populations de plein fouet, avec ces 120 000 véhicules par jour, flux de circulation qui n’existe pas actuellement, dans notre territoire.

Ne pas laisser faire Justement, ce projet ne se fera pas, mais la question de la mobilité actuelle et future de concitoyens pose problème. Au lieu de tourner la page de l’A104, certains politiques, notamment Karl Olive, ont relancé la vieille chimère de l’A104. Cependant, le CO.P.R.A. 184 veille au grain et ne laissera pas faire. Pourquoi tant de hargne de la part de Karl Olive : « Je ne fais pas de l’A104 un combat dogmatique qui repose sur des postures idéologiques depuis des dizaines d’années ». C’est bien un combat idéologique qu’il fait car il voit toujours dans la voiture individuelle une solution pour tous les déplacements d’ici à 2030. Même s’il appelle de ses vœux une concertation entre élus, l’A104 ne se fera pas au détriment de la population qui vit et qui vivra non seulement à Poissy, mais aussi dans les autres villes impactées. Parmi elles, il y a la ville de ConflansSainte-Honorine. M. Laurent Brosse, son

Devant 80 personnes, les piliers, dont Victor Blot du CO.P.R.A. 184 ont animé une AG assez combative. (J2R)

maire (LR), ne se laissera pas non plus faire : « L’ouverture de l’autoroute urbaine A 104 serait l’assurance de la création du Port Seine Métropole Est, avec une plate-forme multimodale dans la plaine d’Achères, auquel nous sommes catégoriquement opposés [depuis le vœu du conseil municipal du 15 décembre 2014]. » Selon M. Brosse, il faut dépenser ces 3,2 milliards d’euros dans les transports collectifs et dans la prolongation du Tram 13 Express (TGO) d’Achères vers Cergy en passant par Conflans.

En réalité, les bétonneurs se sont pris dans leur propre piège : plus on urbanise dans un milieu naturel (ou apparenté), plus on fait émerger des opposants à l’autoroute Les Assises de la Mobilité, dans le cadre A104, notamment les habitants qui vont de la Loi d’Orientation des mobilités, seront mettre la pression sur les élus. Si l’on suit présentées au premier trimestre 2018, par l’analyse du CO.P.R.A. 184, « quand la ville de le Gouvernement. Par voie de conséquence, Poissy urbanise à outrance son territoire par des ce moment sera celui de la vérité pour tous milliers de logements (sans doute nécessaires, mais les élus. Quelle tendance gagnera la partie, pourquoi non répartis sur l’ensemble du secteur ?) celle de Karl Olive ou celle de sur une voirie non calibrée pour cela, il faut avoir Laurent Brosse ? Ce dernier, une sacrée audace pour constater que cela va dégénélors de son intervention du 24 rer et qu’il faudra trouver, a posteriori, une solution novembre, a demandé au Gou- sur le territoire des communes voisines ». Déplacer vernement « le retrait pur et simple le problème sur ces communes est tout à fait de ce projet autoroutier qui met en « inadmissible », selon Mme Christiane Paravay, péril la qualité de vie des Confla- présidente du CO.P.R.A. 184. « Au lieu de créer nais. » des voies inutiles, a-t-elle poursuivi, il faudra mieux sécuriser des routes existantes et proposer de faire des Pris dans le piège du béton infrastructures nouvelles de type tram-train. »

Entre temps, il faut compter les bataillons et les têtes d’affiche par ville dans des points stratégiques. Pour Orgeval, le maire Yannick Tasset a été toujours « opposé à cette autoroute urbaine. » Pour Andrésy, Hugues Ribault, maire LR, a demandé un nouLaurent Brosse, maire de Conflans-Sainte-Hono- veau cycle de « concertation entre rine, a marqué des points contre son collègue de élus, habitants, autorités compétentes... et l’Etat ». Carrières-sous-Poissy Poissy, Karl Olive. (J2R) www.journal-deux-rives.com

est prête, mais avec l’association « Non au Pont d’Achères ». Celle-ci se bat comme un bon diable contre l’administration dans un cadre contentieux ! Triel, Verneuil-sur-Seine, Vernouillet, Chanteloup et Maurecourt semblent suivre les nonistes. Mais contre qui ? Karl Olive n’est pas (encore) premier ministre !

Victor Blot, fondateur du CO.P.R.A. 184, a conclu la séance d’une manière combative en invitant chacun à se positionner clairement, comme c’était le cas pour le coming-out de M. Laurent Brosse. « On est tous dans le même bateau pour défendre notre territoire » et la mobilisation continuera à condition de trouver une nouvelle « tête de turc ». Il faut aussi de jeunes adhérents car les anciens du CO.P.R.A. 184 prennent de l’âge ! r


Sport

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Le Choco Trail du record avec plus de 3000 participants COURSE-TRAIL

Dimanche 10 décembre 2017, s’est tenue la 4e édition du Choco Trail d’Hardricourt organisé avec le Trinosaure des Mureaux. Cette édition était exceptionnelle, avec plus de 3000 participants dont de nombreux élus de la communauté urbaine GPS&O.

Pour les bénévoles de l’édition 2017 du Choco Trail, cet événement avait commencé le vendredi soir avec tous les préparatifs et les inscriptions. C’était une édition record en terme d’inscriptions, plus de 3250 coureurs s’étant inscrits pour les différentes courses. Pour les participants, cela a commencé à 9 h 30 sur les bords de Seine entre Meulanen-Yvelines et Hardricourt. Le départ se trouvait au niveau de la Promenade du Bac d’Hardricourt.

Dans la pluie et la boue Effectivement, les coureurs du trail de 34 km se sont alors élancés, lorsque Sophie Primas, sénatrice des Yvelines, a donné le départ, dans la pluie et le froid, toutefois moins vigoureux que l‘an dernier. Par contre, la

pluie a fait des dégâts ; la boue s’est installée sur le parcours. A 9 h 45, la course nature de 13 km a été lancée par Michèle de Vaucouleurs, députée de la 7e circonscription des Yvelines. Parmi les coureurs, il y avait Karl Olive, maire de Poissy. Ce dernier ne fut pas le seul élu à s’élancer dans ce Choco Trail. A 10 h, la course populaire des 8 km est partie avec Yann Scotte, maire d’Hardricourt et conseiller départemental des Yvelines, et François Garay, maire des Mureaux. D’autres élus ont également participé aux différentes courses, sauf aux deux réservées aux enfants de 6 à 15 ans, qui étaient bien plus courtes (1,5 et 3 km). C’est Cécile Zammit-Popescu, maire de Meulan-en-Yvelines et conseillère départementale des Yvelines, qui donna le départ des huit km.

Départ des 8 km du Choco Trail 2017. (Photo DD)

départs. Le conseil départemental des Yvelines et la Communauté urbaine Grand Paris Seine & Oise étaient également partenaires de l’évènement.

Un classement et une remise de prix

Médailles en chocolat A la fin, tout le monde a gagné sa médaille en chocolat offerte par l’entreprise Barry Callebaut, l’un des partenaires de l’événement comme le Trinosaure des Mureaux, le club de triathlon de la région, qui organise le Choco Trail avec celle d’Hardricourt. C’est d’ailleurs Guillaume Freulon, le président du Trinosaure, qui donnait les dernières consignes aux coureurs avant leurs différents

À l’arrivée au stade d’Hardricourt, les 2313 coureurs, ayant passé la ligne d’arrivée, ont pu se rendre dans le gymnase afin de se reposer et de se restaurer. Ils étaient également attendus par des kinés, des chocolats et d’autres boissons chaudes. Yann Scotte a exprimé sa joie que cette édition fut une réussite en terme de participation et qu’il ait pu courir avec sa femme. Ils sont d’ailleurs arrivés ensemble au bout de la course des huit km. r

d’être près de l’action, c’est-à-dire sur la côte de Verdun (+15 %). Dès le départ du 21 km, les coureurs ont été affectés par le froid et le peloton courait lentement. En constatant cette situation, à environ 500 mètres de là, Antoine Rondot, sociétaire des Foulées de Saint-Germain, a pris rapidement le contrôle de la course en menant une attaque, laissant tous les autres concurrents tétanisés. Aux bords de Seine, l’écart s’est creusé et personne n’a cherché à rejoindre Rondot. En définitive, on a vu les deux coureurs suivants se concurrencer pour gagner une deuxième place sur le podium. Ainsi, Rondot a monté la côte de Verdun sans gêne et sans concurrence. Aux premiers pointages, avenue des Robaresses, Antoine Rondot (dossard 578) a pris le large en laissant des miettes aux autres ; son commentaire à la fin de la course a été : « Je suis parti et je me suis concentré sur ma course en sachant bien que mon allure était bien réglée pour arriver premier ». Avec une foulée impériale, il a grignoté des kilomètres pour arriver premier, avec un écart impressionnant de presque quatre minutes sur son poursuivant, Christophe Egasse (dossard 276, 1 h 15 mn 54). En troisième place, Jean-Baptiste Michaux (dossard 208, 1 h 16 mn 17), un VTTiste au sein du club les Sangliers du Vexin, a cédé du terrain à la fin de la course, à l’avantage de Christophe Egasse.

Côté femmes, comme un bis repetita de la course des hommes, Sandrine Baris (dossard 282, 1 h 35 mn 38) a surpassé ses camarades de la compétition, notamment Catia Ientz-Michelet (dossard 300, 1 h 36 mn 32). Celle-ci ne pouvait revenir sur Sandrine Baris car elle semblait épuisée à la fin de la course. En troisième position, Brigitte Mariller-Lucas (dossard 675, 1 h 39 mn 33) a su garder sa place sur le podium, malgré les attaques incessantes de l’écossaise Sarah Knox (dossard 879, 1 h 39 mn 45). En somme, la course Les 20 Bornes d’Andrésy a réussi à rassembler environ trois mille personnes pour l’ensemble des courses. Il n’y a pas eu de records, en raison de l’absence notable, mais non compréhensible, de coureurs étrangers de premier rang. En tout cas, Antoine Rondot et Sandrine Baris méritent leur belle victoire car les deux coureurs ont montré leur excellent état d’esprit et leur parfaite condition physique. Enfin, notons la bonne prestation des clubs locaux (Andrésy Athlétic club, Verneuil Athlétic club et le FLEP de Carrières-sous-Poissy) ainsi que du club intercommunal VO2. Bravo à tous et un grand remerciements à toute l’équipe d’organiation et aux bénévoles qui réussissent toujours à être au meilleur niveau pour cette course mythique du nord des Yvelines.r

Les 20 bornes d’Andrésy : A. Rondot, impérial, et S. Baris, triomphante

COURSE

Sous un soleil magnifique, malgré la température de 3°C vers 9 h, environ 900 coureurs se sont lancés dans cette course mythique des Yvelines, les 20 Bornes d’Andrésy. Antoine Rondot (1 h 12 mn 3) a été le vainqueur de l’année 2017. Il a été suivi de Christophe Egasse (1 h 15 mn 54) et Jean-Baptiste Michaux (1 h 16 mn 17). Côté femmes, Sandrine Baris (1 h 35 mn 38) a distancé Catia Ientz-Michelet (1 h 36 mn 32) et Brigitte Mariller Luca (1 h 39 mn 33). Les classements pour toutes les catégories sont disponibles sur le site topchrono.bz, chronométreur officiel. Malgré le froid de novembre, le soleil tentait de rendre un peu de force aux coureurs de la course mythique Les 20 Bornes d’Andrésy. Tous se sont lancés du complexe sportif Diagana pour les différentes courses (21 km, 10 km, 5 km et 2 km). Le J2R, comme d’habitude, a suivi le semi-marathon en prenant soin

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Culture

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Anny Duperey à l’honneur au 3e Salon des auteurs de Triel

LITÉRATURE

Samedi 20 janvier 2018 à 10 h, le 3e Salon des auteurs de la bibliothèque de Triel-sur-Seine ouvrira ses portes à l’Espace Senet, salle Guy de Maupassant. Une belle occasion de rencontrer une vingtaine d’écrivains venus présenter leurs éditions et d’échanger avec ces auteurs qui ont la passion d’écrire et d’aller à la rencontre de leurs lecteurs. Julien Green affirme qu’ « Un livre est une fenêtre par laquelle on s’évade... » dans de multiples directions : fictions, aventures, histoires, sciences, poésies, BD... Voici une journée consacrée à la célébration de tous les genres, un salon qui vous propose de découvrir de nouvelles lectures agrémentées de rencontres inédites et de discussions sans fin avec les auteurs généreux d’auto-commentaires souvent passionnés concernant leurs créations. S’ils ont conçu, imaginé, façonné une œuvre avec passion c’est pour de multiples

raisons qu’on ne peut découvrir qu’en les lisant après les avoir rencontrés. En effet ils nous proposent ces romans, récits, poèmes, bandes dessinées, témoignages, fac-similés ou rééditions pour nous conduire avec eux vers des horizons inédits et souvent inattendus. Laissez-vous donc entrainer dans ces univers jaillis de leur imagination car, lorsque vous aurez lu ces livres qu’ils vous proposent accompagnés d’un petit mot de leur main qu’on appelle dédicace, ce sera un souvenir qui restera en plus. La définition ambiguë du mot «dédicace» proposée dans la célèbre encyclopédie dont le nom commence par W a de quoi surprendre : « Une dédicace est une épître ou une simple inscription placée par un auteur en tête d’un livre pour mettre son œuvre sous le patronage d’une personne illustre ou influente, ou pour témoigner de ses sentiments de gratitude ou d’amitié, ou enfin, à certaines époques, pour en tirer profit. » Heureusement Le Robert est plus heureux dans sa définition très explicite : pour lui, la dédicace est un « hommage qu’un auteur fait de son œuvre à quelqu’un... » Et si ce quelqu’un c’était vous ? r

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L’affiche du salon (DR)

Stéphane Friedling a exposé les contradictions humaines

PEINTURE

Les 11 et 12 novembre à la Maison des Arts de Maurecourt, l’artiste Stéphane Friedling a montré ses œuvres récentes, dont Alice au pays des merveilles.

et, plus récemment, dans l’Ardèche où Arcelor/Mital avait abandonné le territoire d’une manière brutale. L’artiste puise de l’inspiration Romantique, inspiré par les grands maîtres de cette tragédie terridu classicisme, Stéphane Friedling est, toriale. Travailler avec d’abord, un amateur d’art à la recherche de sa le métal, cela vous voie. Avec un appétit de bonheur, Stéphane donne une dureté, peint et innove avec des toiles inédites, telle mais aussi une beauté Alice au pays des merveilles et L’oeil du tigre. Sté- incarnée par ce terriphane Friedling, très amoureux de la période toire en crise et, pour industrielle, « éprouve la joie incommensurable de l’artiste, par la femme vous faire pénétrer dans son univers artistique et vous en général ! présente ses créations qui jaillissent de ses mains, emParfois cela peut portées dans le tumulte ardent, que seule apaise une poser des contradicnuit d’été sulfureuse ». tions entre les sujets Stéphane Friedling a expliqué le sens de son œuvre capitale, En regardant son exposition à la Maison traités... Cependant, Alice au pays des merveilles. (J2R) des Arts de Maurecourt, on s’est vite rendu pour Stéphane Friedcompte que Stéphane est un véritable artiste : ling, cela relève de la Alice au pays des merveilles est un aboutis- psychologie de chacun. On est à la fois « ombre à constituer un groupe de musique pour apsement d’inspiration classique mêlée d’une et lumière », tendresse et dureté, intelligence et profondir cette passion. Enfin, il rêve d’ocexpérimentation sociale... Fasciné par le côté débilité. On reprend l’antagonisme classique cuper de vastes friches industrielles pour les industriel d’une époque révolue, il adore se entre le docteur Jekyll et Mister Hyde. dédier à la culture et au social. Un vrai projet balader et chercher son inspiration dans les Iconoclaste, Stéphane se veut aussi guita- artistique !r anciennes friches industrielles de la Lorraine riste et batteur accompli. D’ailleurs, il cherche www.journal-deux-rives.com


Culture

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Octave Mirbeau : il n’a jamais été aussi vivant ! THÉÂTRE

Dans son message de vœux à tous les admirateurs d’Octave Mirbeau, le président de la Société OctaveMirbeau (SOM), Pierre Michel, a tiré aussi un bilan de l’année 2017, centenaire de la disparition de cet écrivain français du XIXe siècle. L’année Mirbeau vient de s’achever, en même temps que l’année civile, et la masse des réalisations et des événements qui l’ont marquée, à travers le monde, dépasse largement toutes nos espérances, malgré l’absence totale de soutien de la part du ministère de la Culture et le mutisme quasi-total de la presse nationale, hors Marianne, Mediapart, Diacritik et L’Humanité. Vous trouverez, sur les sites Internet de SOM, et aussi chez les fesseurs de boucs, la liste des événements commémoratifs dans notre calendrier, et celle des innombrables colloques et publications à travers le monde. Tout cela n’a été possible que grâce à l’implication des mirbeauphiles du monde entier, que je remercie de nouveau, bien sincèrement et bien vivement. Colloques, lectures, conférences, créations et reprises théâtrales, émissions radiophoniques, publications, en France et à l’étranger, et di-

verses expositions (à Grenade, à Guéret, à Poissy, à Carrières et, bien sûr, au Musée Rodin) ont rendu diversement hommage au grand romancier iconoclaste et irrécupérable, qui incarne la figure de l’intellectuel éthique. J’ai le grand plaisir de pouvoir ajouter encore que le peintre espagnol Pepe Madrid a fait don, à la Société Mirbeau, d’un Hommage à Mirbeau qui, exposé à Grenade lors de la quinzaine Mirbeau, sera inauguré à l’occasion de notre assemblée générale de Triel, le 5 mai prochain, dans le théâtre portant précisément le nom de l’auteur des Affaires. Par ailleurs, le peintre vénézuélien Damian Tirado a réalisé un très beau portrait de l’écrivain, également exposé à Grenade, et nous a très aimablement autorisés à le faire figurer sur la couverture du n° 25 des Cahiers Mirbeau (numéro copieux, qui comportera les actes des colloques du Sénat et d’Angers). J’ignore si cette toile a été vendue à Grenade ou au cours du mois de décembre, mais, au cas où un amateur serait intéressé, sachez que son prix est de 1300 €. Pour autant, la commémoration Mirbeau est loin d’être terminée. Elle se poursuivra tout naturellement en 2018, où paraîtront notamment les publications des actes des divers colloques Mirbeau, en livres papier, en revues ou en livres numériques, ainsi que le tome IV de La Correspondance générale et le volumineux Supplément.

Ces publications s’ajouteront donc à celles de 2017, qui comprennent le n° 24 des Cahiers Mirbeau, Octave Mirbeau, le gentleman-vitrioleur, d’Alain (Georges) Leduc, Aristide Maillol publié par Le Livre d’Histoire, les articles de Mirbeau à L’Humanité, recueillis par notre ami Gilles Candar, les sept romans publiés par la Société Mirbeau (et toujours disponibles, bien sûr), ainsi que Le Foyer et les Farces et moralités, réédités par le Libre Théâtre. À quoi il convient d’ajouter nombre de traductions : en italien (quatre), en hébreu (deux), en espagnol (deux), en polonais et en allemand. Manque pour l’instant à l’appel le volume de Gilles Durand, qui devait paraître à l’automne 2018. De nouvelles conférences et lectures pourront apporter la bonne parole à des régions et des villes pour l’heure peu ou pas du tout touchées et de nouvelles représentations théâtrales complèteront avantageusement le dispositif pour rendre hommage à Octave Mirbeau. Merci à tous ceux d’entre vous qui pourront apporter, de nouveau, leur contribution à « la cause » et organiser de nouveaux hommages ! Je souhaite à tous les amis d’Octave une année 2018 aussi fastueuse que celle à laquelle il a eu droit pour son centième anniversaire : il n’a jamais été aussi vivant ! Bien amicalement à tous. r Pierre MICHEL

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Culture

LIVRE

LE JOURNAL DES DEUX RIVES - JANVIER 2018

Deuxième extrait du roman Scooper

Jean-François Favre-Marinet s’est lancé dans une entreprise littéraire sans précédent à l’échelle locale : il a encore écrit un roman qui sera, à son tour, présenté périodiquement dans les colonnes du J2R(1). Voici le deuxième extrait du roman Scooper, qui présente comme toile de fond la région entre Triel, Verneuil-sur-Seine et Vernouillet. Après une heure à courir les ombres, je décidai d’achever ma détermination une bonne fois pour toute. Je me rendis à Verneuil, à pieds, afin d’essayer, tout de même, à vendre ne fut-ce qu’un exemplaire. Deux kilomètres plus loin, j’arrivai sur le parvis de l’église Saint-Martin, noir de monde ; c’étaient des obsèques. Je n’avais jamais vu autant de personnes se rassembler pour dire adieu à un macchabée. On se bousculait à l’extérieur pour assister à l’office du prêtre. Quant à l’intérieur, un esclandre en suivait un autre, des tumultes de rien, pour une place assise ou un cierge. Les enfants trop petits siégeaient sur les épaules de leurs parents, ce qui forçait les personnes derrière eux à s’élever sur la pointe des pieds avec la grâce d’une danseuse étoile obèse. C’était à se demander comment le prêtre pouvait garder son sérieux face à une pareille exhibition. La nef était si enflée de cette vermine que certains se prenaient même à monter sur les bancs afin de ne rien louper. Connaissaient-ils le défunt ? Quelle importance ? Ils voulaient voir, ils voulaient savourer le moment jusqu’à son apothéose, jusqu’à ce que la veuve hurle devant la stèle impassible et ravale larmes et sourires sous sa crêpe noire. Moi qui n’avais pas plus de scrupule que ces gens là, je m’avançai au devant de la foule et brandis un journal vers les cieux. Je me sentais tel un poissonnier sur le port, si bien que je n’eusse pas été surpris par mon propre ridicule de tenter un « Il est frais mon canard ! ». Mais non. Je me contentais d’avancer vers la foule, sans mot dire. On ne me remarqua pas tout de suite, à cause qu’un des fils du défunt s’était mis à pleurer pendant son discours et avait retenu toute l’attention de l’assemblée en jubilation. Comme je pénétrais dans la foule, on me vit, sans toutefois me laisser passer. – Qu’est-ce qu’il a celui là avec ses papelards ? Tu vois pas qu’on est occupés ? Regarde plutôt le spectacle ! – Il a raison. Aller, pose ces trucs et regarde ! Sinon, dégage ! – Dégage tout de suite, même, que je prenne ta place. Si t’es pas là pour le père Tousot, va-t-en ailleurs ! Le nom de Tousot percuta ma mémoire. C’était un ancien maire de la ville, un gauchiste gras et fat, un homme de rien www.journal-deux-rives.com

Jean-François Favre-Marinet lors du 7e Forum du livre à Triel-sur-Seine. (J2R)

qu’on avait élu pour changer. Heureusement pour l’agglomération, il n’avait été maire que le temps d’un mandat. Mais ces six années avaient suffit à son incompétence pour gangrener toute l’administration et décourager quiconque de s’installer à Verneuil. L’abandon était tel que le train ne faisait qu’y passer. Il éludait les deux gares et sautait de Villennes directement aux Mureaux. Je trouvais anéantissant le sentiment que la ville de mon enfance eût pu un jour ressembler à ce que Triel était aujourd’hui. Quelqu’un s’avança et me paya un exemplaire, mais à peine l’avaitil ouvert qu’il me l’envoyait à la figure.

impossible à vendre. Nombre de personnes la réclamaient, et je n’osais créer plus de vacarme qu’il y en avait déjà. Ils étaient près à se battre pour un bout de papier. Voyant cela, quelqu’un d’avisé grimpa les marches sous les ramures et déclama le début de l’article :

– Salaud ! C’est le numéro d’il y a deux semaines ! Rends-moi mon argent ! Très vite la situation s’envenima. La foule chercha à me bouter hors de son cercle et dépouiller mes poches des quelques deux euros trente qu’elles contenaient. Des poings me cinglèrent, et je sentis une chaussure estoquer mon tibia, quand quelqu’un intervint :

Il fit une courbette devant les applaudissements de la foule et descendit de son estrade improvisée. Les enfants s’encourageaient à cracher sur l’église pendant que leurs parents entamaient des chansons paillardes au déshonneur de Tousot. À ce moment, un homme sortit de l’édifice et se rua sur l’orateur. Il l’empoigna d’une main et le bastonna de l’autre avec la rage d’un boxeur fauve.

– Vous êtes fous ! Messieurs dames, arrêtez ! Vous êtes fous ! C’est dans ce numéro que l’on parle de la mort de ce chien de Tousot !

– C’était mon frère, salopard ! Le jour de son enterrement ! Tu oses l’insulter le jour de son enterrement ! Salaud ! Vaurien !

Les poings qui m’avaient saisi me relevèrent et on prit soin de moi plus qu’on le fait d’un prince. Tous me tendirent leur obole et m’arrachèrent des mains les dizaines de journaux que je portais. Ils payaient leur droit pour passer du monde profane de l’indigence à celui sacré de l’omniscience malsaine. Une dame alla jusqu’à m’en acheter deux. L’un pour son fils et l’autre pour l’encadrer. Elle hésitait encore entre le mettre sur le mur des toilettes ou celui de la cuisine. Deux vieillards se cotisèrent pour un même exemplaire. Celui qui avait encore une vue décente faisait la lecture à l’autre, et ils se gaussaient comme deux enfants qui ont fait une vilaine farce. La dernière copie fut

À chaque nouveau juron, il abattait son poing sur sa figure et préparait le coup à venir. La scène aurait duré des heures entières – car en ce qui est des injures, la langue française est une mine d’or intarissable – mais l’on finit par écarter les deux bagarreurs. Des jurons fusèrent de nouveau alors qu’on les éloignaient tout en domptant leur agitation. Le frère Tousot regagna l’église et on l’entendit vociférer jusqu’au dehors ; quelqu’un avait profité de la scène pour prendre sa place au rang d’honneur. r

Hier soir, le 23 mars 20**, Bertrand Henri Tousot s’est éteint à l’âge de 67 ans suite à une crise cardiaque. Il a été retrouvé inconscient au volant de son véhicule sur la Route de Bures. La ville de Verneuilsur-Seine pleure la disparition de son ancien maire et se réunira le 5 avril à l’église Saint-Martin pour lui adresser ses adieux.

1. Voir «Première partie du roman Scooper de Favre-Marinet», Journal des Deux Rives, n° 134, sept-octobre 2017, page 25


LE JOURNAL DES DEUX RIVES - JANVIER 2018

Culture

HISTOIRE Accident de voiture de la châtelaine

d’Hardricourt, actrice d’un théâtre parisien

Le château d’Hardricourt au XXe siècle. (J2R)

A la suite d’un fait divers, un accident de la route, en juillet 1863, la presse de l’époque nous fait connaître l’actrice d’un théâtre parisien qui possédait alors le château d’Hardricourt. Le propriétaire le plus connu du château d’Hardricourt, qui accueille aujourd’hui des séminaires et des réceptions, a été Jean-Bedel Bokassa, des années 1970 jusqu’en 2011. C’est grâce à un accident de la circulation, relaté dans La gazette des étrangers puis dans la revue La Comédie, en juillet 1863, que nous connaissons l’actrice, qui possédait alors le château : sa calèche s‘était renversée dans la descente d’Hardricourt alors qu’elle devait jouer le soir sur la scène du Théâtre du Boulevarddu-Temple. Des articles élogieux précisaient que, n’ayant que de légères contusions, elle put prendre le train à Meulan pour s’y faire applaudir, deux heures plus tard. « [...] Mlle Victorine de Courtais revenait, dans sa voiture, d’une propriété qui lui appartient à Hardricourt, auprès de Meulan, en compagnie aussi de deux messieurs, dont l’un M. S..., notaire en cette ville, était placé près d’elle, tandis que l’autre, M. Saint-Albin, assis sur le siège, tenait les rênes en main. Le cheval, dès

le départ, soit qu’il fût mal attelé, soit excès de repos et de nourriture, donnait des signes d’impatience, lançait à chaque instant des ruades et cherchait à gagner à la main de son conducteur. Arrivé à la descente d’Hardricourt, qui est très rapide, M. Saint-Albin cessa de pouvoir le contenir ; l’animal s’élançait par bonds furieux, et, saisi d’une sorte de vertige, imprimait à la voiture, dans sa course désordonnée, de terribles cahots. Une catastrophe était inévitable ; pour essayer de la prévenir, M. S... sauta rapidement hors de la voiture, espérant arriver à la tête du cheval pour le maîtriser. Renversé par le choc, il eut la chance de se relever sans blessure, mais déjà distancé par la voiture, il ne put que de loin assister à l’effroyable collision de l’animal contre le mur d’une ferme où la voiture se brisa avec fracas. M Saint-Albin fut lancé en l’air et retomba, par bonheur, sur le dos du cheval abattu, d’où il roula dans la poussière, sans autre mal. Quant à Mlle de Courtais, cramponnée à la voiture, elle n’avait pas un instant perdu la tète, et encourageait son compagnon à ne pas quitter le siège, ce qui probablement lui a sauvé la vie. Mais le chemin de fer n’attend personne, il fallait arriver à Meulan pour saisir le train qui se dirige sur Paris au passage, afin de ne pas faire manquer la représentation du soir. [...] » Un autre journal Le Tintamarre, qualifiant son concurrent de “journalicule théâtral”, mit en doute cette version des faits : « [...] Malgré la très vive émotion que lui avait causée cet affreux accident, la VAILLANTE ACTRICE est montée en

chemin de fer et est arrivée assez à temps encore pour entrer en scène. Oh ! là, là ! Il n’y a qu’un petit malheur dans tout ce récit, c’est que la VAILLANTE artiste n’a pas joué, et que le théâtre a fait relâche pour cause d’indisposition de mademoiselle de Courtais, qui a envoyé reprendre le même soir, par sa sœur, ses toilettes de théâtre. » Il est à noter que Mme de Moronval, dont Victorine de Courtais ne put pas, ce soir, jouer le rôle, est un personnage dont les souffrances sont imaginaires. Il ne semble, toutefois, pas que cet accident de la châtelaine-actrice n’aurait été que le résultat d’une mise en scène. Cette comédienne n’a laissé ni beaucoup de souvenirs ni son portrait. En juillet 1860, le journal Les coulisses - Gazette de Paris écrivait : « Mademoiselle Victorine de Courtais vient d’arriver à Paris après une saison passée aux théâtres de Madrid et de Barcelone, où elle a obtenu de très grands succès ». Elle a alors joué au Théâtre du Vaudeville. Un article du quotidien Le Figaro du 26/10/1865 à propos de la pièce La Louve de Florence, qu’elle interprétait au ThéâtreBeaumarchais, la présentait ainsi : « une de ces personnes distinguées dont les menuisiers du faubourg Saint-Antoine disent Voilà une bien grande dame ! [...] Mme Victorine de Courtais a parfois des élans vers la haute comédie. Dans les scènes de passion elle a un de ces gestes pleins de noblesse qui veulent dire Messieurs, fleurissez vos dames. » r www.journal-deux-rives.com

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n° 136 Pourquoi ont-ils voulu être élus ? by Journal des 2 Rives (Yvelines) - Issuu