Page 1

586

Nov. / Déc. 2011 ISSN 0184-4067 6€

Villes durables

P. 2 - Thème Entretien avec Denis Baupin, Adjoint au Maire de Paris P. 18 - Magazine Technoscopie P. 22 - Carrières Un projet professionnel ? À quoi bon ? P. 31 - Vie de l’École Un nouveau Directeur pour l’ECL


Thème Paris met en place une démarche prospective et opérationnelle pour co-construire la ville durable Denis Baupin ...................................................2 Penser la ville de demain Olivier Pol (02)................................................5

Édito Assurément, la ville durable est à la mode. Espace d’intégration de nombreux défis urbanistiques, architecturaux, économiques, sociaux et environnementaux, la ville est appelée à se transformer très vite et en profondeur pour répondre aux défis actuels et futurs. De nombreuses réalisations se revendiquent de la ville durable. Le mot est devenu un slogan. On ne compte plus les immeubles de bureau, les logiciels ou les infrastructures qui se revendiquent de la ville durable. Pourtant, le chemin vers la durabilité est long, la direction n’est pas tracée à l’avance, et de nombreuses difficultés administratives, financières, organisationnelles et techniques en rendent la réalisation difficile.

À nouvelles mobilités, nouvelle organisation des réseaux et modes de transport Ludovic Buc et Gaël Soreau ...........................8 Villes lentes et connectées, villes désirables ? Isabelle Delannoy..........................................10 Aménagement durable des territoires, une approche systémique Thierry Marneffe (ECP 81) .............................13 La mise en œuvre de la ville durable : retours d’expériences internationales Cédric Vatier (ECP 99) .......................................15

Transformer la ville : les solutions sont locales et diversifiées Nicolas Imbert (99).......................................16

Penser la durabilité urbaine est un défi pour l’ingénieur. La technique y est omniprésente, et l’innovation reste en grande partie à construire et à intégrer, dans des modèles économiques eux-mêmes en émergence. Il s’agit donc de convaincre et de co-construire des projets fortement intégrés à un territoire, à un contexte et à une histoire, et ce avec des sensibilités très diversifiées, de l’artiste au sociologue, de l’urbaniste au financier, de l’agriculteur à l’épicier.

Magazine

Nous vous présentons ici différentes facettes et points de vue sur la ville durable, en cherchant à aller au-delà des slogans pour en identifier les enjeux. Pari difficile, qui tend à montrer et à faire partager les enjeux, retours d’expériences et approches spécifiques de co-construction d’un futur immédiat. Mais pari ouvert, qui cherche à présenter différentes pistes d’actions, diverses et originales, qui permettent à chacun d’entre nous de se forger une idée sur les composantes de la ville durable et d’en intégrer les éléments propres à son métier, à sa stratégie et à son angle de vue.

Carrières

Le gigantisme ne semble plus être une solution… les mégapoles sont confrontées à des limites endémiques à la croissance, qu’il s’agisse de leurs réseaux de transport, de pollution ou d’attractivité, les tours montrent leurs limites technologiques et ne résolvent ni les enjeux de densité urbaine, ni les défis énergétiques et environnementaux. Longtemps délaissées car trop peu technologiques, l’agriculture urbaine ou la promotion des réseaux urbains verts facilitant les circulations douces et la mixité culturelle et sociale deviennent des contributions essentielles à la ville durable, et sont de nouveau sources d’innovation et d’entrepreneuriat technologique. C’est cette réalité, cette diversité de la ville durable que nous tentons ici d’esquisser avec vous, en en partageant les ambitions, les enjeux et les réalisations comme les difficultés de mise en œuvre. La mode est récente, la ville millénaire, et les projets ne couvrent qu’une part embryonnaire du travail qui reste à accomplir… et auquel les Centraliens ont de nombreuses contributions à apporter. Nicolas Imbert (99)

Technoscopie ..................................................18 L’ingénieur et la Propriété Intellectuelle • Actualité de la Propriété Intellectuelle : Changement de la loi sur les brevets aux États-Unis ..............................................20

Réseau • Un projet professionnel ? À quoi bon ? ....22

Centraliens Centraliens du bout du monde • Retour au pays… .......................................24 Vie de l’Association • Toute la Belgique n’est pas divisée… .......28 Vie de l’École • Rentrée 2011 : des effectifs en hausse, un recrutement diversifié, des échanges dynamisés ...............................29

• Le Master NanoScale Engineering fête ses premiers diplômés...................................30

• Un nouveau Directeur pour l’ECL : Frank Debouck (78) ........................................31

• Renaud Vaillant (01) parrain de la Promo 2014...........................................32

• La création d’un centre d’innovation pédagogique YIN YANG (learning lab) ........33

Vie des Élèves • Accueil des étudiants étrangers : mission réussie ! ..........................................34 • Les Centraliens de Lyon sur l’eau ! ................35

N° 586 Novembre / Décembre 2011

• Gala de l’École Centrale de Lyon .................36 Le thème Villes durables a été coordonné par Nicolas Imbert (99)


Centraliens

C ENTRALIENS

DU BOUT DU MONDE

Retour au pays Après huit ans d’études en France, il a préféré rentrer au pays, où il est actuellement perçu comme le spécialiste des Khaled Ben Driss (91)

technologies J2EE et des architectures SOA. Il compte à son palmarès, la conception et la réalisation des premiers CD-Rom

• 1991 : Diplôme d’Etudes Approfondies en génie électrique (ECL – INPG) • 1991-1994 : Ingénieur à Electricité de France: Direction des Etudes et Recherche (EDF - DER, Clamart) • 1994 : Doctorat de l’Université Paris VI, “Application de la théorie des bifurcations à la prédiction des résonances non linéaires à l’enclenchement de transformateurs à vide”. Mention très honorable avec les félicitations du jury • 1994-1995 : Responsable outils de formation multimédia au Centre National de Formation des Formateurs et d’Ingénierie de Formation (CENAFFIF) • 1995-1999 : Maître-Assistant Ecole Polytechnique de Tunisie • 1999-2000 : Expert an 2000 auprès du Secrétariat d'Etat à l'Informatique • 2000-2002 : VP et Directeur Technique chez Vermeg • 2003-2007 : Architecte Système d’Information à NetProgress (Fondateur) • 2007-2010 : Directeur Technique à OXIA • 2010 à ce jour : Directeur BU ingénierie Logicielle à OXIA

multimédia en Tunisie (1994-95), et les premiers sites web dynamiques (1997-99) ; il a contribué à la vulgarisation de concepts d’architecture de Systèmes d’information (SI) dès l’année 2000, et continue à soutenir des choix technologiques innovants ainsi qu’une communauté open source très active. 20 ans après sa sortie de l’ECL en 1991, nous lui avons posé quelques questions afin de nous éclairer sur son parcours professionnel, durant lequel il avoue n’avoir jamais eu à rédiger une demande d’emploi. Tu as un parcours atypique, quel a été ton leitmotiv durant ces 20 ans de travail : Difficile de répondre à cette question, par un seul mot, mais je dirais que tout ce que j’ai entrepris et réalisé durant ces deux décennies, a été guidé par la « passion » La passion de l’innovation : toute mon activité et la diversité des missions ont en commun cette passion pour la mise en œuvre de la technologie et l’industrialisation des processus, d’autant plus que je suis resté constamment à l’écoute des signaux faibles qui annoncent des changements de tendances dans le secteur que j’ai choisi, sans l’avoir vraiment étudié au cours de mes études, les TI (Technologies de l’information) ; tout en restant généraliste - touche à tout -, je suis capable de plonger dans les détails quand c’est nécessaire, ça a été cyclique à l’image du secteur, du client/serveur au web, en passant par les architectures orientées services et le cloud computing, la passion m’a permis de me surpasser. La passion de l’entrepreneuriat : dès le début, je ne voulais pas avoir à

assumer une carrière professionnelle non délibérément choisie ; ne trouvant pas le « poste adéquat », j'ai fait un choix personnel de lancer ma propre entreprise NetProgress, spécialisée dans les architectures des systèmes d’information. En 2007, à travers une opération de fusion-acquisition, j’ai intégré le groupe OXIA, un leader du Nearshore au Maghreb, où j’ai rejoint une équipe d’entrepreneurs partageant ma vision et mes valeurs. Dans cette équipe, dont la majorité est issue des grandes écoles françaises, figurent deux ECL : Samir ZGHAL (91) et Hatem CHEBEANE (95). La passion de l’engagement : il n’a jamais été question de rester en France après mes études, situation que je qualifiais de solution de facilité pour ma carrière. Mon retour en Tunisie a été guidé par un attachement à mon pays et ma volonté de contribuer à son développement. Mon pays a investi sur moi et je lui dois un retour. D’où le choix de l’enseignement supérieur et de la recherche au début de ma carrière. La passion de la transmission du savoir : bien que j’aie quitté l’enseignement

24

N° 584 586 - Juillet/Août Nov. / Déc. 2011


supérieur depuis 12 ans, je continue à animer des séminaires et des conférences et à réaliser des actions de coaching d’équipe, que ce soit sur des thèmes en relation avec mon activité professionnelle ou bien avec l’IEEE où je suis Membre du comité exécutif de la section Tunisie.

Tu as réalisé plusieurs projets avec des grands comptes au Maghreb et en Europe, quel est le projet que tu affectionnes le plus ? Plusieurs projets peuvent être cités dans ce registre, la réalisation des premiers CD-ROM multimédia en Tunisie, la définition et la réalisation de Framework techniques pour des éditeurs français, mais un projet, en particulier m’est resté en mémoire depuis 2005, tant par son originalité que par sa complexité. Il s'agissait de la migration automatique d’une dizaine d’applications écrites dans les années 80 en Cobol vers un environnement ouvert. J'ai proposé et réalisé une migration automatique vers J2EE en mode web. L’idée était de transformer automatiquement 20 ans de code source écrit en Cobol (Link II de Unisys) vers un environnement web Java sous un serveur d’application J2EE. Le challenge a été relevé sur le volet conceptuel et notamment par l’émulation du comportement du « goto » du Cobol non présent dans le langage Java.

Que t’a apporté l’ECL, qui te soit encore utile ? De mon passage à l’ECL, j’ai conservé la faculté de travailler en groupe ainsi que la capacité de partir d’une feuille blanche, sur des nouveaux sujets, et d’aller au fond des choses. Par ailleurs, le passage par la junior entreprise et la

N° 586 - Nov. / Déc. 2011

25

présence de plusieurs entreprises implantées sur le campus de l’Ecole, ont développé, en moi, le gène de l’entreprenariat.

Quelle est ta mission au sein de OXIA ? Implantée à Tunis, Alger et Paris, OXIA est une SSII, de plus de 240 personnes, spécialisée dans le Nearshore (infogérance et ingénierie logicielle). Dans un premier temps, j’ai développé une offre de conseil en technologie à très forte valeur ajoutée, puis en septembre 2010, j’ai pris en charge la direction de la Business Unit ingénierie logicielle où j’ai pour mission de développer encore plus l’offre Nearshore au sein du groupe, et de réaliser une croissance à plusieurs chiffres.

Quels sont vos projets en cours ? Nous développons, dans le cadre de l’innovation, une nouvelle offre de service autour du cloud computing qui consiste à industrialiser le processus de migration des applications existantes vers des plateformes PaaS telle que celle de Google (App Engine) ou de Microsoft (Azure). Côté offre commerciale, nous travaillons sur la mise au point d’un modèle de centre de service TRA (Tierce Recette Applicatif) en Nearshore, avec un équilibre entre un processus d’homologation industrialisé, la maîtrise de la technologie et le savoir-faire métier.

Quels avantages trouves-tu à travailler en Tunisie ? La Tunisie est un pays où il est agréable de vivre ; bénéficier de plus de 300 jours ensoleillés dans l’année ne fait que booster le moral. Je bénéficie

d’un environnement professionnel épanouissant dans une réelle proximité avec l’Europe, si bien que je travaille en Tunisie selon les normes et les standards européens. Après la révolution du 14 janvier 2011, la Tunisie offre un excellent climat des affaires, les coûts sont parmi les plus compétitifs de la région Euromed. Il faut y ajouter 60 000 diplômés d’un niveau équivalent aux standards européens ainsi que l’offshoring qui présente un excellent palmarès et s’inscrit dans le registre du best cost.

Quelle sera ta contribution à la Tunisie nouvelle ? Je fais partie du Bureau de deux nouvelles associations, créées après le 14 janvier 2011. La première est ADS (Action et Développement Solidaire) qui est une association agissant pour la conception d'un programme de gouvernance crédible et ambitieux basé sur un développement solidaire tant au niveau régional que social ou trans-générationnel. La seconde est AIDUCA, dont l’objectif est de contribuer à l'amélioration de la qualité de l'Education et des Systèmes de Formation, pour une meilleure insertion des jeunes dans la société civile, en tant que citoyens, et dans le monde professionnel, en tant que travailleurs. Dans les deux cas, mon action a été influencée par ma situation de père de 4 enfants, une fille et 3 garçons, et par le fait que je pense que participer, à travers le champ associatif, à apporter des solutions aux vrais problèmes de la société et à la mise à niveau économique du pays, pour le bien des générations à venir, est une aventure passionnante.

Article Technica déc 2011  

Khaled BEN DRISS Article Technica ECL nov dec 2011

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you