Rapport de stage Nathalie Dolhen CFPI Session 09
Titre de l’atelier
Voyage au Fil d’Ariane, une hétérotopie poétique
Référent Fil d’Ariane : Sonia Weber, psychologue Référent Cfpi : Pierre Litzler & Ilana Isaheyec
CFPI Centre de Formation des Plasticiens intervenants Année 2008-2009 site de Strasbourg
« Ces lieux, parce qu’ils sont absolument autres que tous les emplacements qu’ils reflètent et dont ils parlent, je les appellerai, par oposition aux utopies, hétérotopies» Michel Foucault.
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Le Lieu :
Atelier réalisé au Fil d’Ariane, Nouvel Hôpital de Strasbourg. Structure de jour accueillant des patients en cure de désintoxication. Du 4 janvier eu 4 mars 2009 sur huit séances hebdomadaires.
Le Projet :
Travailler sur les imaginaires du monde et les représentations mentales que cela engendre n’est pas donné d’avance. C’est une notion dont il faut tenir compte, surtout si l’on s’engage dans un atelier avec un public en perte de repères spatio-temporels, notamment, et pour qui le concret lorsqu’il y a accès rassure.
Mon interrogation fut la suivante : comment mener à la projection et rendre cela visible ? Comment introduire le Poétique ? Comment envisager ces liens ? C’est dans cette optique délicate, pouvant toucher l’émotion, provoquer un repli et donc une absence que j’ai pensé cet atelier. Il s’est construit au fur et à mesure en tenant compte des va et vient possibles de chacun. Pour ce faire, dès le départ, il m’apparut important que plusieurs supports soient présents, afin que chacun puisse les utiliser ou non, selon le moment, créant ainsi un relai entre l’espace extérieur et l’espace intérieur.
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journal de l’intervenant
Les Outils :
Appareil Photo pour capter (on peut aussi envisager la captation sonore). Cahier de voyage ou de bord pour saisir, décrire, nommer, raconter. Support mural noir, outils craies, pastels et feutre blanc pour exprimer et transcrire.
La Matière :
Tout en ayant conscience de la difficulté de réalisation, je ne souhaitais pas arriver avec un thème ou un sujet prédéfini, estimant que cette construction invisible, cette émergence était personnelle à chacun. Le prétexte formel fut donc énoncé comme étant la réalisation d’une cartographie (mentale) sur support mural au Fil d’ariane et qui s’appuierait dans sa translation sur les photos et les textes produits à l’extérieur.
L’idée de l’atelier résidait en lieu même et place d’une construction et de son émergence ; nous serions des arpenteurs, des voyageurs, des menuisiers : des artisans glaneurs.
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La Réalisation :
Pendant les séances j’alimentais notre progression, de textes, de sons et d’images. J’entourais plutôt que de cadrer. L’espace du Fil d’arianne fut réservé à une approche pas à pas de la future mini fresque sur support noir. Ce temps de rencontre permettait de récolter aussi les images et mots de chacun comme un flux direct, objet de mémoire.
Le support prévu étant assez grand, nous réalisions d’abord des dessins en A4 puis nous les avons réunis sur une feuille plus grande avant d’en concrétiser la geste cartographique sur le support final lors des deux dernières séances.Une seule contrainte fut énoncée de ma part : nous garderions toutes les images et les dessins. Il fallait donc trouver des moyens de cacher tout en montrant.
Certains dessins resteront énigmatiques : certaines images seront voilées ou marquées d’un carré noir. Droit de ne pas tout expliquer ou traduire. Droit à l’intimité. Discrétion. Force évocatrice de l’imaginaire et du poétique.
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dessin préalable de George alphabet géorgien
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Réalité Concrète du Projet :
Enoncer que l’atelier est un champs d’expérience et d’expérimentation, c’est pauser qu’il est en permanence un outil évolutif et que sa force doit être dans l’adaptation consciente au public rencontré : l’humain. L’intervenant tout en étant sûr de son projet doit pouvoir s’adapter et voir les limites de ce qu’il propose loin de toute rigidité. C’est la force même de la rencontre qui s’opère au coeur de l’atelier.
dans une même séance présence et absence, rythme de chacun : croquis ...
Cette expérience au Fil d’Ariane en compagnie de Sonia Weber, psychologue, m’a permis de percevoir les limites de ce que j’avais prévu de faire sur huit séances de stage et par sa mise en pratique d’en envisager les possibilités pour des ateliers futurs. Les patients toxicomanes sont un public dont la concentration et la présence sont en permanence remise en cause. Il faut donc aborder La captation d’un tel public avec l’idée que l’imprévisible peut surgir à tout moment. Travailler avec eux sur et autour de l’imaginaire, ou d’une projection mentale, demande une progression lente avec des étapes concrètes de réalisations. Il ne s’agit pas de les “ lacher ” directement dans l’abstraction et la projection, ce type d’atelier demande un accompagnement.
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... ou réalisation du grand panneau
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le flux photographique de Marco
les sons de Marco liés au lieu de prise de vue
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le flux photographique de Sonia
merci à Marco Nico George Sonia Manu F Manu G Chris et tous ceux qui ont été de passage 11