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CULTURE

mercredi 11 mai 2011

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Un bon cru divertissant Le roman Sans laisser d'adresse plonge le lecteur dans une enquête haletante qui ne déroge pas au mérite connu et reconnu d'un maître du polar américain, Harlan Coben.

Rue bric-à-brac

Hommage à trois plumes féroces Le théâtre des Casemates programme une soirée théâtrale en hommage à Max Frisch, Thomas Bernhard et Roger Manderscheid. Il s'agit d'une soirée lecture portant sur l'identité d'un auteur et intitulée Ein Heimatabend füt Nestbeschmutzer in kleinen – und noch kleineren – Ländern. Lecture par Germain Wagner et Marc Limpach. Accompagnement musical par Nataša Gehl et Annabelle Saffran. Le mercredi 18 mai et le jeudi 19 mai à 20 heures au théâtre des Casemates. Billets au 661 255 919, info@kasemattentheater.lu.

■ Publié en format poche chez Pocket, le neuvième volet des aventures de Myron Bolitar, protagoniste fétiche de Harlan Coben, promène le lecteur entre Paris, New York et Londres sur les traces d'un mystère aux enjeux plus importants que prévu. L'aventure commence lorsque Terese, une ancienne maîtresse de Myron Bolitar, l'appelle pour lui demander de la rejoindre à Paris et l'aider à retrouver son ex-mari disparu après un coup de fil inquiétant. Celui-ci est bientôt retrouvé assassiné. Mais la scène du crime présente aussi du sang qui appartient à la fille du couple. Cette dernière n'ayant pas survécu à un accident de voiture des années auparavant, les questions ressuscitent non seulement de douloureux souvenirs, mais mettent aussi en doute certaines données. S'ensuit une course poursuite qui conduira notre héros et ses amis sur des terrains insoupçonnés auxquels se retrouvent mêlés rien de moins que le Mossad, la CIA, Interpol, et quelques sommités de

Des apparences trompeuses • Les boucliers de Mars. Rome, Ier siècle: après des siècles de conquêtes, l'empereur Trajan aspire à la paix et souhaite entretenir de bonnes relations avec ses voisins. Parmi eux, à l'Orient, se trouvent les puissants Parthes. Lors d'une cérémonie en leur présence, l'un des boucliers de Mars s'ébranle, symbolisant d'après la légende une menace pour l'Empire. Les Parthes sont alors les premiers suspectés. Le préfet Charax est chargé d'enquêter sur cette affaire. Rivalités, conflit, trahison et sombre prophétie... tous les ingrédients d'un bon péplum sont réunis dans cette nouvelle épopée de Gilles Chaillet. Ce premier tome d'exposition met en place des personnages forts, protagonistes d'une guerre annoncée. L'auteur y ajoute une habile conspiration cherchant à déstabiliser l'Empire au moyen de la légende du bouclier de Mars. Au dessin, Gine assure un trait classique conforme au style de ce récit historique. • Carthago Adventures. Feiersinger, un richissime collectionneur, est persuadé qu'une colonie d'hommes des bois, les fameux Bigfoot, vivent dans les montagnes de Californie du Nord, dans la vallée de Bluff Creek. Toujours en quête d'explications sur les grandes légendes et mystères de la nature, il veut absolument mettre la main sur un spécimen de cette créature mythique. Il engage alors un aventurier du nom de Donovan et organise une expédition dans les monta-

gnes californiennes. L'action de Carthago Adventures se situe plusieurs années avant la série mère Carthago et permet de découvrir une histoire complète réalisée par un dessinateur différent. Pour ce premier tome, Bec puise dans les documentaires sur le célèbre Bigfoot, appelé aussi Sasquatch par les Indiens, pour construire une course-poursuite dans les montagnes californiennes pleine de rebondissements et de découvertes fantastiques. Personnages et immensités naturelles sont sublimés par le dessin réaliste et très détaillé de Salaün qui livre un travail sans faute. ■ Jean-Luc Delorme • Casus belli, tome 1 de la série Les boucliers de Mars, par Chaillet et Gine aux éditions Glénat; • Bluff Creek, tome 1 de la série Carthago Adventures, par Bec et Salaün aux éditions Les Humanoïdes Associés.

la médecine génétique. L'auteur américain, lauréat des trois prix majeurs de la littérature à suspense aux Etats-Unis, a le don d'écrire des histoires à rebondissements qui tiennent en haleine jusqu'à la dernière phrase. Les scènes d'action qui jalonnent la narration du récit Sans laisser d'adresse sont très visuelles et se prêtent tellement bien à une adaptation cinématographique que le septième art ne s'est pas fait

attendre pour en acheter les droits en vue d'un prochain film. On se souvient qu'en 2006 le roman Ne le dis à personne de Harlan Coben avait déjà été porté au cinéma par Guillaume Canet. Ce n'est donc pas par hasard, mais plutôt en hommage à ce film qui avait remporté beaucoup de succès, ainsi qu'à ses comédiens, que Harlan Coben a nommé ici le commissaire parisien Berléand. Il faut bien reconnaître que la description de ce dernier correspond aux caractères qu'incarne généralement à l'écran l'acteur français du même nom. De façon générale, avouons que le charme du roman Sans laisser d'adresse tient en grande partie de ses personnages à la fois improbables et attachants qui apportent une touche cocasse au récit. Parmi ceux-ci, on retrouve Win, le richissime ami de Myron, arrogant et misogyne, qui adore jouer avec ses poings et avec les armes à feu,

ou encore Esperanza, l'ancienne joueuse de catch professionnel reconvertie dans les études de droit et la maternité, mais toujours présente pour apporter son aide. Leurs propos assez cinglants font sourire et pour peu oublier les bains de sang qui engluent l'enquête. Dans ce décor de série télévisée où règnent des amitiés truculentes et de jolies femmes, Harlan Coben aborde des sujets d'actualité comme l'extrémisme islamique ou les déviances de la médecine génétique. Cette combinaison d'ingrédients à la fois sérieux et drôles, agrémentée d'un suspense à la sauce Coben se lit toujours avec plaisir. ■ Nathalie Cailteux Sans laisser d'adresse, de Harlan Coben, paru aux éditions Pocket, traduit de l'américain par Roxane Azimi (ISBN 978-2-266-21082-9, 401 pages)

Participez à notre jeu-concours, organisé en partenariat avec LIBO, qui chaque mercredi met deux exemplaires du livre de poche sélectionné en jeu. Ce livre est par ailleurs mis en évidence au rayon littérature de la librairie. Pour tenter d'empocher le poche de la semaine, envoyez un SMS au 644 47 avec le code: Voix (espace) Nom (espace) Prénom (espace) Coben. Les gagnants tirés au sort seront prévenus par retour de SMS et pourront retirer leur exemplaire à la librairie LIBO au 11, rue du Fort Bourbon à Luxembourg. www.libo.lu

Bonheur et fantaisie • Comment la mer devint salée. Minh Tran Huy nous conte une belle histoire traditionnelle qui débute dans un petit village de pêcheurs, il y a bien longtemps. Deux frères, que rien ne rapproche, vivaient dans ce village où seule la pêche leur permettait de survivre. En ce temps-là la mer était douce mais le travail laborieux. A la mort de leur père, seul Tâm eut le cœur brisé et l'aîné Seo abusa de sa confiance en s'emparant des quelques biens de la famille, lui laissant une vieille jonque et un filet usé. C'est alors qu'une nuit un génie apparut à Tâm, lui confiant une corbeille qui le rendra heureux... En effet, le bon jeune homme partagea sa fortune et rendit fou de jalousie son aîné qui dérobera la fameuse corbeille pour son plus grand malheur... Sans en dévoiler davantage, ce conte nous plonge dans une histoire douce-amère sur les relations tumultueuses entre frères, sur la bonté et la mesquinerie. Les très belles illustrations de Vanessa Hié apportent une touche sensible à ce conte venu du Vietnam. • Le bonheur prisonnier. Dans la demeure de Liao, accrochée au plafond de la cuisine pend une petite cage d'or. Dans cette cage est enfermé un grillon garant du bonheur de la maisonnée. Un jour, ce grillon implore le petit garçon de le laisser s'enfuir.

Mais aussitôt une multitude de malheurs s'abat sur eux: le feu gagne le temple des ancêtres, Liao attrape les oreillons, des incidents domestiques rythment leurs journées. Liao se sent très coupable d'avoir rendu la liberté au grillon. Il parviendra finalement à le faire revenir: il veillera désormais sur la maison mais loin de sa cage. On ne garde pas le bonheur prisonnier! Dans ce conte les illustrations de David Sala dominent par leur beauté. D'un trait résolument asiatique, elles agrémentent et enrichissent un texte poétique, rempli de sagesse. Magnifique! • La maison des secrets/ les lunettes magiques. La famille Dunwoody vient d'emménager dans une vieille maison isolée aux allures étranges. La jeune fille Olive qui a 11 ans et un tempérament curieux se régale en explorant les recoins de cette demeure

très spéciale: impossible de décrocher les tableaux des murs et de pénétrer dans le grenier. En fouillant dans un tiroir, elle découvre une paire de lunettes qu'elle s'empresse de mettre sur le bout de son nez: l'aventure fantastique peut alors commencer. Olive peut rentrer dans les tableaux, mais y rester trop longtemps peut s'avérer dangereux... Premier tome d'une série tout droit venue d'un univers étrange, légèrement décalée mais bien rythmée et réussie. ■ Marie Lempicki • Minh Tran Huy, Vanessa Hié, Comment la mer devint salée, Acte sud junior, 5 ans, 32 pages, 14 euros; • Jean-François Chabas, David Sala, Le bonheur prisonnier, 5 ans, 32 pages, 14,95 euros; • Jacqueline West, La maison des secrets / les lunettes magiques, Seuil, 11 ans, 240 pages, 12,90 euros.

20110511 Harlan Coben  

Le théâtre des Casemates pro- gramme une soirée théâtrale en hommage à Max Frisch, Thomas Bernhard et Roger Mander- scheid. Il s'agit d'une...

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