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Vie en montagne - Summer 2026

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VIE EN MONTAGNE

L’ÉTÉ DE TOUTES LES TRANSITIONS

PARC TOMBSTONE

LES 1000 SURPRISES DE LA PATAGONIE DU NORD

DÉFIER LA GRAVITÉ AU MONT-SAINTE-ANNE

LE SOLEIL EST PERSÉVÉRANT. VOUS AUSSI.

Jonathan Siegrist Payahuunadü Pine Creek Canyon, Californie
Photos : Taylor Shaffer

Un savoir-faire de qualité

« Il arrive tranchant comme un rasoir, prêt à s’attaquer à n’importe quelle tâche. »

- Justin S., Acheteur vérifié

TABLE des MATIÈRES

À L’AVANT-PLAN

p.11 Édito : En transition

p.12 Dans les coulisses

p.14 Elle grimpe aussi bien que lui

p.16 Un beau projet de retraite

p.19 Espresso Sports

EN LIGNE DE MIRE

p.22 L'essor de la course en montée

p.34 Au coeur de la broussaille yukonaise

RUBRIQUES

p.28 Pensée

p.30 Mode de vie

p.40 Galerie photos

p.48 Le fin mot

Thomas Barry et Sandy Gray-Roberge concluent le mythique sentier Slab City, aux Sentiers du Moulin. JEAN-SEBASTIEN CHARTIER-PLANTE
profite
derniers rayons de soleil de la journée au sommet du mont Owl’s Head, dans les Cantons-de-l’Est. LAURENCE GAUDY

Le temps est aux Blundstone.

VIE EN MONTAGNE

VENTES

Ludovic Légaré ludovic@mountainlifemedia.ca

Jon Burak jon@mountainlifemedia.ca

Todd Lawson todd@mountainlifemedia.ca

Le légendaire confort Blundstone.
Du matin jusqu'au soir. Beau temps, mauvais temps.

Glen Harris glen@mountainlifemedia.ca

ÉDITEUR

Ludovic Légaré ludovic@mountainlifemedia.ca

RÉDACTEUR EN CHEF

Maxime Bilodeau maxime@mountainlifemedia.ca

DIRECTRICE DE CRÉATION ET DE PRODUCTION, DESIGNER

Amélie Légaré-Laganière amelie@mountainlifemedia.ca

DIRECTEUR DE LA PHOTOGRAPHIE

Alain Denis alain@mountainlifemedia.ca

DIRECTRICE DU MARKETING & DIGITAL

Noémie-Capucine Quessy noemie@mountainlifemedia.ca

ÉDITEUR WEB

Ned Morgan ned@mountainlifemedia.ca

CONTRÔLEUR FINANCIER

Krista Currie krista@mountainlifemedia.ca

DIRECTEUR DE LA DISTRIBUTION

Ludovic Légaré ludovic@mountainlifemedia.ca

COLLABORATEURS

Anne Marie Brassard, Jean-Sébastien Chartier-Plante, Laurence Gaudy, Diane Grégoire, Yan Kaczynski, Christophe Lemay, Yanick Nolet, Louise Philipovitch, Ian Roberge, Frédérique Sauvée, David Savoie, Taylor Shaffer, Nick Spooner-Rodie, Véronique Tanguay.

ÉCRITURE INCLUSIVE

Par souci de facilité et de fluidité de lecture des articles, l'équipe éditoriale de Vie en montagne a choisi de ne pas utiliser le style d'écriture inclusive dans cette édition du magazine. La neutralité des genres a toutefois été privilégiée autant que possible.

Publié par Mountain Life Publishing Inc, Copyright ©2026. Tous droits réservés. Toute reproduction sans autorisation est interdite. Numéro de convention de la Poste-publications 40026703. Retourner les adresses canadiennes non livrables à : Mountain Life Magazine, CP 586, Thornbury, ON, N0H 2P0 Toute reproduction en tout ou en partie est strictement interdite. Les opinions exprimées ici sont celles de l'auteur exclusivement. Pour en savoir plus sur Mountain Life, visitez mountainlifemedia.ca. Pour distribuer Vie en montagne dans votre magasin, veuillez composer le 450-524-0135.

Financé par le gouvernement du Canada

NOTRE ENGAGEMENT ENVERS L’ENVIRONNEMENT

Vie en montagne est imprimé sur du papier composé de matériaux issus de forêts bien gérées certifiées FSC® et d’autres sources contrôlées.

2056
Tout-Terrain Brun rustique

BIENVENUE AU

L’été réinventé à

Québec Charlevoix

TRANSITION

Les transitions se font rarement en douceur, car pour les mener à bien, il faut savoir trouver la délicate voie de passage entre ce qui était et ce qui sera. Bonne chance ! Même le plus invétéré des triathlètes le dira : l’enchaînement de la natation au vélo, puis du vélo à la course à pied est pavé de mille périls. Un seul faux pas peut suffire à briser le charme subtil de l’expérience optimale, où l’on est dans la proverbiale zone.

Les exemples de transitions chaotiques abondent. À vélo de montagne, c’est l’instant d’hésitation de trop qui transforme un saut en chute libre. Sur une planche de surf, c’est l’incapacité à se redresser assez vite pour prendre la vague. En dehors du sport et du plein air, pensons à la transition de la société vers des modèles plus soutenables pour les générations futures. À l’heure des reculs en matière d’environnement, celle-ci reste encore largement théorique, hélas.

Il est question de transitions en tous genres dans cette édition de Vie en montagne. Notre rédacteur en chef Maxime Bilodeau s’intéresse par exemple à la montée en popularité d’une épreuve de course en sentier dans un format de courte distance à la verticale (page 22) – un beau pied de nez à la mode des ultramarathons en sentier. Notre collaborateur David Savoie explique quant à lui pourquoi et comment les grimpeuses arrivent à jouer à armes égales avec leurs vis-à-vis masculins (page 14). La science le confirme : le fossé entre elles et eux tend à se combler dans cette discipline.

Dans son reportage, Louise Philipovitch nous raconte une randonnée de trois jours hors des sentiers battus au cœur du parc territorial Tombstone, au Yukon (page 34). Son récit est d’autant plus savoureux qu’il constitue une parenthèse improvisée dans le cadre d’un voyage de vélo au long cours. Voilà un bel exemple de transition réussie, où la décision consciente d’habiter le moment présent ouvre comme par magie la porte aux hasards de la vie. C’est toute la joie que l’équipe de Vie en montagne vous souhaite durant la belle saison.

Alexandre Turcotte Giroux en plein action sur les sentiers d’Énergie CMB, à Trois-Rivières. YANICK NOLET

SOLEIL DE SANG

photo :: Nick Spooner-Rodie lieu :: Sainte-Lucie-des-Laurentides kayakistes :: Nick Spooner-Rodie et son père mots :: Maxime Bilodeau

C’est de l’ordre de la tradition : durant la belle saison, le photographe Nick Spooner-Rodie et son père sillonnent des cours d’eau souvent confidentiels préalablement identifiés sur des outils de cartographie en ligne. « Nous recherchons des tracés intéressants, puis nous vérifions sur le terrain s’ils s’avèrent navigables », raconte le collaborateur de Vie en montagne. Ce matin-là, leurs explorations les ont amenés sur une petite rivière alimentée par le lac Dufresne, non loin du mont Kaaikop, à la frontière des Laurentides et de Lanaudière. Sur la photo, les deux hommes pagaient alors que le soleil levant au teint rougeâtre déchire un voile de fumée qui provient des feux de forêt ayant sévi dans l’ouest du pays durant l’été 2025. « Cette fumée a créé une atmosphère inhabituelle et une lumière très douce, donnant au paysage un aspect presque irréel », se souvient-il.

Elle grimpe aussi bien que lui

Sur les parois, les grimpeurs se font souffler dans le cou par leurs vis-à-vis féminines. De quoi susciter bien des discussions, même dans les sphères scientifiques.

mots ::

Une mince fissure traverse de larges pans de roche qui ressemblent à un grand livre ouvert – si, bien sûr, ses pages étaient imprimées sur du granit pâle. Nous sommes près de Squamish, en Colombie-Britannique, et la voie en question, surnommée The Shadow et cotée 5.13a, a vu de grands noms de l’escalade tutoyer ses parois. Plusieurs, comme Alex Honnold, Will Stanhope, Sonnie Trotter, ont même tenté de la grimper à vue, c’est-à-dire sans renseignements préalables sur les passages difficiles ou l’équipement nécessaire à emporter. Sans succès.

Originaire de Repentigny, la Québécoise Émilie Pellerin, elle, a réussi l’exploit en 2018. « Je suppose que j’ai été chanceuse », a supposé la grimpeuse à l’époque. Mais c’était plus que de la chance : Émilie est probablement l’une des grimpeuses les plus fortes du Canada, surtout quand elle grimpe dans ce style. Ce n’est qu’un exemple de performances féminines qui, en escalade, se rapprochent de celles que les hommes parviennent à réaliser. L’Étasunienne Lynn Hill avait par exemple posé les jalons en grimpant pour la première fois, en 1994, The Nose, à El Capitan dans la vallée de Yosemite, en style libre, donc sans tomber et sans tirer sur des protections. Après quoi elle avait déclaré : « Ça passe, les gars. » Les exemples se sont depuis multipliés, surtout au cours des dernières années : la Franco-Américaine Brooke Raboutou a grimpé une voie cotée 5.15c [NDLR : le maximum est pour le moment 5.15d], la Slovène Janja Garnbret domine le circuit de compétition féminin, et ainsi de suite.

De quoi inspirer des grimpeuses comme Léonie Marche, une Québécoise expatriée en ColombieBritannique qui s’est fait les dents sur des voies très difficiles. « Quand je pense à plein d’autres sports, il y en a peu où les hommes et les femmes sont sur un pied d’égalité », note-t-elle. La grimpeuse estime que « c’est cool » de voir que les performances se comparent. « C’est super motivant de constater qu’on peut se rendre à ce niveau en escalade », explique Léonie Marche en référence aux exploits féminins des dernières années.

« Ça envoie le message qu’on est capable de faire mieux ! »

LA SCIENCE S’Y INTÉRESSE

Les scientifiques confirment ce que les grimpeuses savent déjà : le fossé entre elles et eux tend à se combler dans cette discipline. Cela se justifie notamment par le fait que les femmes jouissent d’une endurance légèrement supérieure à celle des hommes, et qu’elles sont en mesure de faire usage d’une grande force musculaire par rapport à leur poids, résume Jonathan Tremblay, professeur à l’École de kinésiologie et des sciences de l’activité physique de l’Université de Montréal.

Les habiletés motrices diffèrent aussi sensiblement entre les sexes. Lorsqu’elle observe des débutantes grimper, Émilie Pellerin remarque qu’elles cherchent à pousser davantage avec leurs jambes, tandis que les débutants ont tendance à utiliser leurs membres supérieurs. « Elles apprennent donc très tôt une technique qui va leur servir durant toute leur vie de grimpeuse », indique-t-elle.

Autre piste d’explication importante : les femmes ont davantage eu accès aux sports durant les dernières décennies, ce qui leur a permis de développer leurs capacités athlétiques. « Historiquement, les sports sont une chasse gardée masculine », rappelle Jonathan Tremblay. Justement, ajoute Émilie Pellerin, bon nombre de voies sont équipées, ouvertes et cotées par des hommes, qui sont souvent de plus grande taille. De quoi nuancer la façon d’évaluer la difficulté, selon elle.

« Avant, le sport était dominé par les hommes, parce que les hommes étaient les seuls à le pratiquer, soulève Jonathan Tremblay. Donc, plus il y aura de pratiquantes sur la planète, plus la probabilité qu’une athlète phénoménale émerge et se démarque est élevée. » Il donne pour exemple le Canada, qui se défend bien au soccer et au rugby, parce que les femmes peuvent participer à ces sports dès leur jeune âge, ce qui n’est pas le cas partout sur la planète, hélas.

Verra-t-on des femmes établir des performances plus impressionnantes que les hommes dans un avenir pas si lointain ? Émilie Pellerin en est convaincue. « Notre pic de performance est encore à atteindre », pense-telle. « L’escalade, comme d’autres sports, est pratiquée par de nombreuses femmes depuis peu de temps, enchaîne-t-elle, donc ça fait une grosse différence dans la progression des performances en ce moment. »

Émilie Pellerin et Vikki Weldon explorent la paroi de granite Spawning Ground, près de Squamish, en Colombie-Britannique. JIMMY MARTINELLO

UN BEAU PROJET DE RETRAITE

Stéphane Hénault a pédalé le Canada par ses chemins les moins fréquentés, revisitant ainsi un classique de longue date.

mots :: Maxime Bilodeau

traversée en chiffres

NOMBRE DE JOURS

passés sur la route, en 2024 et 2025.

79 KM

Moyenne de kilomètres parcourus quotidiennement, ce qui signifie environ 5 heures en selle chaque jour.

La traversée du Canada à vélo, ça va, on connaît ! Si pédaler d’un océan à l’autre, d’ouest en est, constitue bel et bien un exploit, force est de constater qu’il a été relevé maintes et maintes fois. Preuve de sa (relative) popularité dans les cercles cyclistes, il arrive même que des agences de vélo forfaitisent la formule. Itinéraires, hébergement, soutien sur la route : tout est planifié. Il ne reste en somme qu’à rouler 7500 bornes. La place pour l’imprévu est, disons, limitée.

MORCEAUX CHOISIS

Il faut dire que la GNBR est une invention récente. Le circuit a été officiellement lancé en 2023 par un Ontarien de Waterloo, Matt Kadey, qui a consacré d’innombrables heures à le concocter en mettant bout à bout des parcours préexistants. Résultat : 11 segments différents, soit un pour chacune des 10 provinces franchies et un autre pour la portion étasunienne, qui traverse le Minnesota, le Wisconsin et le Michigan. On les trouve en ligne sur le site de la GNBR.

25 KG

Poids approximatif de ses bagages à vélo, soit près de 60 lb.

C’est pourquoi le fait d’armes réussi par Stéphane Hénault mérite le respect. Le Rouynorandien serait en effet le premier Québécois à avoir complété l’entièreté de la Great Northern Bikepacking Route (GNBR), un itinéraire transcanadien qui serpente sur près de 14 000 km et comporte environ 123 000 m de dénivelé positif. Sa particularité ? Il est taillé sur mesure pour un vélo de gravelle, puisqu’il fait la part belle aux chemins, sentiers et autres routes terreuses plutôt qu’à l’asphalte et aux pistes cyclables. À l’autre bout du fil, le quinquagénaire prend soin de tempérer l’enthousiasme du journaliste. « Oui, ce fut une sacrée aventure, mais j’avais tout mon temps pour la réaliser ! » lance le jeune retraité. De fait, Stéphane Hénault a d’abord avalé le segment entre Victoria et Montréal à l’été 2024, avant de pousser jusqu’au cap Spear, sur l’île de Terre-Neuve, l’année suivante. Durée totale du voyage : 210 jours. « J’y suis allé à mon rythme, en m’accordant des journées de repos quand dame Nature ne coopérait pas. »

Stéphane Hénault peut le confirmer : un vélo de garnotte chaussé de pneus de 50 mm passe sur l’intégralité du trajet, moyennant quelques portages ici et là. De plus, il faut savoir faire preuve d’une grande autonomie, car il s’agit d’une expérience d’immersion prolongée dans une nature parfois assez éloignée. Le camping sauvage est souvent de rigueur. « Malgré tout, j’ai reçu plusieurs invitations spontanées pour tantôt casser la croûte, tantôt dormir au chaud sous un toit », témoigne-t-il.

Sans surprise, Stéphane Hénault désigne les montagnes Rocheuses comme son coup de cœur, « notamment lorsqu’on traverse la ligne continentale de partage des eaux », entre la Colombie-Britannique et l’Alberta. Il garde néanmoins un souvenir profond de la verdoyante vallée de la rivière Qu’Appelle, en Saskatchewan, qui est venue briser la monotonie du passage des Prairies, ainsi que des rangs de gravier de l’est de l’Ontario, « les plus beaux au pays », selon lui. On le croit sur parole.

La
DÉCOUVRIR

Passionnés depuis 1996

Les copropriétaires d’Espresso Sports célèbrent en grand les 30 ans de la désormais célèbre boutique spécialisée des Laurentides.

Les copropriétaires d’Espresso Sports célèbrent en grand les 30 ans de la désormais célèbre boutique spécialisée des Laurentides.

Qui ne rêve pas d’accueillir des dizaines d’invités à sa fête d’anniversaire ? C’est le tour de force qu’ont réalisé les associés d’Espresso Sports, Luc Baril, Matthieu Barré et Jean-Sébastien Thibault, pour souligner les 30 ans de l’entreprise à la fin mai. Pour l’occasion, les amis, ambassadeurs et inconditionnels de la boutique spécialisée des Laurentides ont sorti leur vélo de gravelle ou de montagne pour une virée autour de leur quartier général de Sainte-Adèle.

« Nous avons marqué le coup avec un événement à notre image, raconte JeanSébastien Thibault. Nos 30 bougies, c’est avec notre famille que nous voulons les souffler. » De fait, quelques rassemblements ouverts à tous et toutes sont prévus d’ici les prochains

mois. « Comme cela prendra la forme d’événements conviviaux à la fois collés aux saisons et fidèles à notre identité de bâtisseurs de communauté », indique Matthieu Barré.

La création d’Espresso Sports (et de son voisin de toujours, le Café de la Gare) en 1996 suit l’inauguration du P’tit Train du Nord cette même année-là. C’est en effet pour donner un coup de pouce aux cyclistes défilant sur le parc linéaire que la boutique, située dans une ancienne gare ferroviaire, ouvre d’abord ses portes. « Au départ, nous ne proposions que des services de location et de mécanique aux passants », se souvient Jean-Sébastien Thibault. Aujourd’hui, Espresso Sports vend plus de 35 marques de produits spécialisés.

C’est une constante : le développement de la notoriété de l’entreprise dans les décennies suivantes accompagne l’émergence

de plusieurs tendances de fond. Il suffit de penser au gravel bike ; si rouler sur les chemins les moins empruntés semble aujourd’hui aller de soi, cela n’a pas toujours été le cas. « Sans l’apport de figures comme notre ancien associé Benoît Simard, il y a fort à parier que la réputation des Laurentides en la matière serait bien moindre », indique Matthieu Barré. Malgré son statut d’incontournable, Espresso Sports demeure à l’écoute de sa clientèle, qui le lui rend bien. « Imaginez : on nous appelle tous les jours d’hiver pour savoir quel fart appliquer ! » s’exclame ce dernier. « Nous connaissons nos clients par leur prénom, et cela va rester ainsi », affirme pour sa part Jean-Sébastien Thibault. Envie de rejoindre la gang ? Suivez les comptes Facebook et Instagram d’Espresso Sports pour en apprendre davantage sur les célébrations entourant ses 30 ans.

À GAUCHE Les copropriétaires et associés d’Espresso Sports. RÉJEAN LUSSIER. à droite Rassemblement à la succursale de Sainte-Adèle, le 30 mai dernier. COURTOISIE ESPRESSO SPORTS
mots :: Maxime Bilodeau

L’essor de la course en montée

Courir un kilomètre ?

Il n’y a rien là ! Courir un kilomètre vertical ?

De plus en plus de coureurs du Québec se lancent un tel défi.

mots :: Maxime Bilodeau

Si l’adepte de course en montée était un animal, il serait assurément une chèvre de montagne. D’abord, parce que l’un et l’autre raffolent des hauts sommets escarpés, qu’ils grimpent avec une facilité déconcertante. Ensuite, car tous deux multiplient les reniflements et gémissements aigus lorsqu’ils réalisent leurs prouesses athlétiques. Or, vous avez peu de chances de croiser ces spécimens dans l’est du pays, faute de chaînes de montagnes suffisamment élevées. Il existe néanmoins une heureuse exception du côté de Mont-Sainte-Anne, près de Québec, où se tiennent depuis 2024 les Championnats canadiens de course en montagne.

La populaire station quatre saisons accueillera même, en octobre prochain, la finale de la Coupe du monde, chapeautée par l’Association mondiale de course en montagne. C’est donc dire que la crème de la crème de la discipline bataillera ferme sur les pentes du modeste sommet de 800 m d’altitude. C’est la première fois en 27 ans d’existence de ce circuit de compétitions qu’une finale est organisée à l’extérieur de l’Europe », exulte Julien Lacasse, membre de l’organisation du Défi des couleurs, l’événement dans le cadre duquel l’épreuve sera présentée. « Ça va assurément être spectaculaire. »

Si l’on se fie à l’édition précédente du MSA Uphill, l’unifolié sera bien représenté pour l’occasion. Le coureur en sentier professionnel Meikael Beaudoin-Rousseau a par exemple survolé les 4,6 km et 740 m de dénivelé positif du parcours en un temps de 28 min et 6 s, une performance bonne pour la première place. Dans des pentes qui dépassent parfois les 30 %, ça vous donne une idée du rythme infernal. « Rien ne fait plus mal qu’une course en montée, affirme le principal intéressé, qui est pourtant un habitué des ultramarathons en sentiers. En même temps, c’est très motivant : tu pars à la

Même son de cloche du côté de la gagnante, Élisa Morin, arrivée un peu moins de six minutes plus tard. « C’est difficile du début à la fin, comme dans un 5 km sur la route. Disons que le plaisir est une notion relative », témoigne la coureuse professionnelle. Malgré tout, près de 125 personnes se sont alignées sur la ligne de départ l’automne dernier. « Il y avait des passionnés de vélo de montagne, de ski de fond, de ski-alpinisme », énumère Julien Lacasse, qui y voit un signe de maturité de la course en sentier. Comme si, après des années d’engouement pour la très longue distance au Québec, on passait enfin à autre chose.

FAIRE EXPLOSER SES QUADRICEPS

Il est surprenant de constater que la course en montée ait autant tardé à s’implanter dans la province. Des compétitions sont organisées en Europe depuis plus de trois décennies, ce qui en fait le berceau de la discipline. « Les Italiens se démarquent tout particulièrement dans ce format », indique d’ailleurs à ce propos Rémi Leroux, un habitué de la scène internationale qui a terminé deuxième au MSA Uphill en 2025. Encore aujourd’hui, les courses les plus prestigieuses se déroulent sur le Vieux Continent. C’est notamment le cas du Kilomètre vertical de Fully, en Suisse, où des records du monde sont régulièrement établis.

Avec ses vieilles montagnes érodées et arrondies, l’est de l’Amérique du Nord offre bien sûr un terrain de jeu moins propice à l’accumulation rapide de dénivelé positif sur une courte distance. De fait, malgré ses presque 800 m de dénivelé positif, le MSA Uphill ne se qualifie pas officiellement comme un kilomètre vertical. « Pour porter ce titre, il faut un parcours de 1000 m de dénivelé positif répartis sur moins de 5 km [soit une pente à 20 % en moyenne], précise Julien Lacasse. On n’a pas ça ici ! » Même l’ascension de la face nord du mont Albert (5,5 km et 850 m de dénivelé positif), dans le parc national de la Gaspésie, est exclue d’emblée.

Paradoxalement, le parcours au profil plutôt atypique du MSA Uphill compense largement sa relative horizontalité. L’épreuve débute en effet à proximité des chutes Jean-Larose, situées au pied de la montagne, où un escalier de 350 marches attend les participants. Dès le départ, ces derniers se brisent donc les quadriceps pour atteindre la base plutôt plate, donc assez roulante, de la station Mont-SainteAnne. Ce n’est qu’alors que commence la « vraie » montée de 3,2 km de l’éminence, avec des passages asphyxiants à plus ou moins 30 % d’inclinaison. Bref, il faut être un athlète polyvalent pour espérer tirer son épingle du jeu.

« Comme les sentiers empruntés sont peu techniques, tout l’enjeu est de savoir gérer son effort », fait valoir Julien Lacasse. Ainsi, si les plus affûtés courent tout du long, même dans les faces de singe,

L’épreuve débute à proximité des chutes Jean-Larose, situées au pied du Mont-Sainte-Anne. FRANCOIS OZAN

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LOUIS-CHARLES MÉNARD

Courtier immobilier agréé D.A. 514.773.1510

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65 rue de la Gare Saint-Sauveur QC. 0R 1R0

les autres plient l’échine face à la gravité et se résolvent à pousser vigoureusement sur leurs cuisses avec leurs mains. Le but de cette technique dite de power hiking : économiser de l’énergie et maintenir une allure d’une efficacité redoutable. « Dans une même section, un coureur qui marche de manière active peut progresser à la même vitesse qu’un autre qui enchaîne les foulées, témoigne le coureur professionnel Rémi Leroux. Tout est une question de lecture du terrain et d’expérience. »

TOUT UN DÉFI !

Il y a également le débat autour de l’utilisation des bâtons de course, souvent en fibres de carbone. Ceux-ci permettent de gagner de la puissance en montée, comme si on se greffait deux petits moteurs supplémentaires. La seule condition, encore une fois : savoir bien les utiliser. Hélas, ils sont aussi considérés comme encombrants et quelque peu ringards, surtout en Amérique du Nord, où on les voit assez peu en course en sentier. « Pour le MSA Uphill, les bâtons sont de toute façon inutiles dans les escaliers aux chutes Jean-Larose, et interdits pour les classements de championnat », spécifie Julien Lacasse.

«« Rien ne fait plus mal qu’une course en montée. En même temps, c’est très motivant : tu pars à la conquête d’un pic. – Meikael Beaudoin-Rousseau »

N’empêche, Sarah Baribeau se promet d’y avoir recours en vue de sa troisième participation en autant d’éditions au MSA Uphill. « Je qualifierais mon approche d’intuitive ! lance en riant la mère et entrepreneure. Je teste différentes approches, en espérant m’améliorer. » Comme plusieurs participants anonymes, c’est le défi personnel qui la pousse à s’inscrire année après année. « On atteint le sommet comme on atteint le nirvana », glisse celle qui en profitera en outre pour participer à la MSA Classic Up & Down, le lendemain. Le concept ? La montée de la face sud du mont Sainte-Anne, suivie de la descente de sa face nord, et vice-versa, pour un total de 960 m de dénivelé positif et négatif. Courbatures garanties, même pour les chèvres de montagne.

HAUT Le power hiking est quasi incontournable à certains moments. IAN ROBERGE BAS Le vainqueur de l’édition 2025 du MSA Uphill, Meikael Beaudoin-Rousseau. KEITH CHIASSON

Ceci est le voyage dont vous parlerez toute votre vie.

Le Népal vous appelle. Octobre 2026. Seulement 10 places.

Guidés par notre équipe, vous partirez à la découverte du monde avec une communauté qui partage votre passion pour la vie en montagne.

Suivez le doigt

ÇA COULE DE SOURCE

mots :: Anne Marie Brassard

Écrire une « pensée » sur l’eau, c’est une idée… assez vague. Devrais-je écrire sur les eaux indomptées de la chute Vauréal qui sublime Anticosti à coups de patrimoine mondial ? Ou sur celle qui nous coule sur le front après avoir sous-estimé le dénivelé de l’Acropole des draveurs ? Peut-être pourrais-je écrire sur l’eau qui coule dans nos érables, sur celle qu’on oublie toujours d’emporter, sur celle dont on ne voudra jamais manquer ?

Le Québec est tellement gorgé d’eau qu’il en déborde de fierté. De l’or bleu, comme notre fleur de lys, profond comme nos racines. Parce qu’ici, comme dirait Robin Aubert, « qu’on s’appelle Suzanna, Marc, Diego, Sergei, Suzie… on r’garde du même bord du quai quand l’soleil se couche ». Et des quais, on en a des milliers, bercés par les vagues des lacs dans une ambiance de vacances – la belle vie.

Et s’il était question de l’eau-delà ? L’au-delà de la peur. Quand on se décide enfin à se lever de nos divans pour aller à contre-courant. Aller à la découverte des golfes, détroits et péninsules de notre coin de pays. Ces mots qui font rêver d’ailleurs et d’horizons.

De l’eau, vive, comme notre allure quand nos

pagaies pointent toutes dans la même direction. Filante, comme les étoiles dans les yeux de ceux et celles qui rencontrent le fleuve Saint-Laurent pour la toute première fois. Peut-être même chaque fois. L’eau, comme un aimant qui déplace les foules et les montagnes. Qui prend son temps.

De l’eau dans son vin, qu’on partage au bord du feu. Celle qu’on traverse par amour, qu’on chante et qu’on célèbre. Celle qui tombe trop souvent à notre goût en plein mois de juillet. Celle qu’on peut sentir, plus salée, avant même de voir la mer, pleine de promesses et de souvenirs de quand on était petits culs. Ce serait d’ailleurs la seule chose qu’on devrait embouteiller : les souvenirs.

Cette fameuse première vague sur la planche de surf. Les partys de piscine avec les matantes en onepiece. Pogner la chienne en voilier ou en sautant d’une falaise bien trop haute. Vouloir recommencer encore et encore. Comme un cycle sans fin. Il faudrait bien en garder pour nos flo(t)s, des souvenirs, de l’eau aussi. Pour ceux et celles qui suivront le courant, qui répondront à l’appel du grand large, qui auront les pieds pendants au bout du quai.

Finalement, écrire une « pensée » sur l’eau, ça coule de source.

Une van nommée désir

Ce qu’aime faire Dominic Faucher dans la vie, c’est convertir des véhicules en maisons sur quatre roues. Il en a déjà 24 à son actif et son dernier en date est un petit bijou de compacité qui fait tourner les têtes des amateurs de vanlife. Visite de ce logis… de deux mètres carrés !

mots :: Frédérique Sauvée

« Mon but avec ce minivéhicule, c’est de le pousser le plus possible », s’amuse Dominic Faucher, alias Dom, dont le rire a autant de panache que sa chevelure. « Avec un moteur de 32 chevaux, il va m’emmener jusqu’au Labrador cet été. Je veux aller voir les icebergs ! En combien de temps vais-je y arriver ? On verra, ça dépendra des réparations éventuelles à faire en route.

Mais je sais qu’il en a sous le capot, ce bolide ! », dit-il avec fierté.

Mais qu’est-ce qui se cache donc dans le ventre de ce kei truck ? Il s’agit d’une camionnette japonaise

Honda Acty 1991, mesurant six pieds de long sur quatre pieds de large. Son moteur trois cylindres est « petit, mais ultra fiable », selon Dom. « C’est un hybride entre une voiturette de golf et un camion. On en trouve beaucoup dans les pays du sud-est de l’Asie. C’est

d’ailleurs lors d’un voyage aux Philippines que j’ai eu l’idée d’en convertir un. Un beau défi ! »

Ce défi, il l’a réalisé avec son père, Sylvain, retraité de l’armée de l’air canadienne. Ensemble, ils forment une équipe de choc et ont transformé une flotte de plus

« C’est évident que le véhicule va faire tourner bien des têtes. – Dominic Arpin »

d’une vingtaine de véhicules récréatifs, qu’ils revendent ensuite à des amateurs de vanlife. Dominic s’occupe du design de l’intérieur de l’habitacle, tandis que son père joue le rôle de l’ébéniste qui construit le mobilier.

« On était habitués à convertir des véhicules de 23 pieds. Dans ce cas-ci, on a dû faire face à trois principaux défis. Le premier, c’est que le moteur se trouve sous le plancher du véhicule. Alors, on a dû imaginer des meubles non fixes, dont la configuration peut évoluer comme des pièces de Lego. Ensuite, il y avait une grosse contrainte sur la contenance de ce minicamion par rapport au poids maximal qu’il peut supporter, soit un maximum de 700 livres à l’intérieur. Donc, on a imaginé des meubles avec des arêtes de bois au lieu de parois pleines. On a réussi à économiser une centaine de livres au total. »

Finalement, le dernier défi était celui de la place. Comment faire rentrer tout le matériel de camping nécessaire à un séjour sur la route dans un si

Qu’en penseraient d’autres experts de la vanlife ? Nous avons demandé l’avis de l’animateur et « vanlifeur » Dominic Arpin, qui voyage lui aussi sur quatre roues. « Je suis fasciné par le côté artistique des projets de Dominic et de son père. En plus d’être fonctionnelle et ultra bien pensée, sa van a l’air tout droit sortie d’un épisode des Sentinelles de l’air ! On dirait un jouet grandeur nature dans lequel on peut vivre et dormir ! J’aime ce côté ludique. C’est évident que le véhicule va faire tourner bien des têtes. Étant moi-même un adepte de photos et de vidéos, j’adore le rangement qui a été prévu pour le matériel électronique. »

petit espace ?

« J’ai d’abord défini mes besoins primaires – dormir et manger –, et j’ai donc donné la priorité au lit et à la cuisine. » Puis, comme Dominic Faucher est un créateur de contenu nomade, il lui a fallu aménager la cabine de pilotage de manière assez confortable pour pouvoir travailler sur son ordinateur portable et créer des vidéos.

Son seul bémol : la hauteur. « Contrairement à un Westfalia, qui vient souvent avec un toit télescopique, ce modèle-ci oblige son occupant à être courbé en permanence à l’intérieur », regrette Dominic Arpin. Pour un grand gars de 1,85 mètre comme Dom, ça s’est révélé en effet un bel exercice de microaménagement. Son inspiration est venue d’Europe, surtout d’Angleterre. « Làbas, ce sont les rois du minimalisme et du design conçu pour les mini-espaces », commente Dominic Faucher.

Bref, il en résulte une van née au Japon, approuvée par les Anglais et pensée pour se sentir chez soi jusqu’au Labrador… tant que ça tient dans moins de deux mètres carrés.

Le duo a relevé plusieurs défis pour maximiser l’espace à l’intérieur de la camionnette. DOMINIC FAUCHER
Lieu de bivouac spectaculaire pour passer la nuit.

Harde de caribous, arc-en-ciel irréel après une tempête et voiture de police salvatrice sur une route déserte : le Grand Nord canadien réserve bien des surprises.

Plongée dans un océan minéral.

Au moment où je me résous à passer la nuit avec l’estomac complètement vide, la sirène de ce qui semble être une voiture de police résonne au loin. Ici, dans un endroit aussi reculé, et aussi tard le soir ? Impossible. J’ai faim et je suis fatiguée, mais pas au point d’halluciner… Je tends l’oreille, et je dois me rendre à l’évidence : c’est bien un véhicule de police qui approche, déchirant le silence qui nous enveloppait jusque-là, mon compagnon d’aventure Justin et moi. Je m’avance sur la route et je le vois arriver à toute allure.

Un peu de contexte s’impose : nous sommes à l’été 2025, au cœur du territoire du Yukon, sur une étendue sauvage de 2200 km2 où nous nous aventurons pour une randonnée de trois jours hors des sentiers battus.

Quelques jours plus tôt, nous étions encore en train de pédaler : partis pour trois mois, nous avions pour objectif d’explorer les régions les plus isolées de l’ouest du pays. Nous nous trouvions à ce moment au Yukon pour remonter la route Dempster, un célèbre chemin de gravelle qui relie Dawson City à Inuvik, dans les Territoires du NordOuest. Les rares automobiles qui la parcourent ont souvent deux ambitions : se rendre au parc territorial Tombstone, que la Dempster sectionne en deux, pour ensuite pousser jusqu’à l’océan Arctique, quelques centaines de kilomètres plus loin. Le trafic y est sporadique, et parfois plusieurs heures s’écoulent sans croiser personne.

La première destination nous fascine avec ses monolithes de granite aux falaises vertigineuses, qui lui vaut d’ailleurs le surnom de Patagonie du Nord. Des gens du coin rencontrés à Dawson City nous avaient parlé du « pays de montagnes déchiquetées », comme l’appellent les représentants de la Première Nation des Tr’ondëk Hwëch’in. Après plusieurs mois passés à pédaler, la perspective de parcourir ces paysages de toundra subarctique au rythme de nos pas nous semblait tout à fait séduisante.

LA THÉORIE ET LA PRATIQUE

Nous voilà donc au centre d’interprétation à évaluer nos options. Constat : il n’y a en réalité qu’un seul sentier balisé et tracé. Ivres de la délicieuse liberté à laquelle nous goûtons depuis quelques mois sur deux roues, nous décidons de nous éloigner des circuits balisés avec ce qu’il faut pour subvenir à nos besoins pendant 72 heures et d’explorer une zone que même les gardes-parc nous disent méconnaître.

Tracer un itinéraire hors sentiers sur une carte est d’une simplicité trompeuse. La réalité nous rappelle que différents types de terrains rythmeront notre aventure. À commencer par la broussaille qui nous engloutit dès les premiers kilomètres. La progression au travers des buissons épineux, des tourbières profondes et des racines piégeuses est lente, éprouvante, presque absurde. Pendant que des moustiques forment un nuage grouillant autour de nous, nous avançons à l’aveugle, guidés par un sommet dont nous devinons la présence au loin.

Puis, imperceptiblement, le terrain s’ouvre. Nous prenons de l’altitude, la végétation se dégage, et marcher sans tracé devient un jeu subtil : choisir une ligne, fixer un point et s’y tenir. Cette absence de cadre est enivrante et donne l’impression que nous pouvons crapahuter partout où nous le désirons.

Mais cet élan est rapidement freiné lorsque nous franchissons un premier pierrier. Les roches, immenses, parfois en équilibre précaire, branlent sous nos pieds. Justin et moi avançons lentement, attentifs au moindre signe du sol qui pourrait se dérober. Chaque pas est donc pesé, réfléchi.

Plus loin, le terrain se montre plus favorable et permet de lever les yeux en marchant. Juste à temps pour apercevoir un petit groupe de caribous se déplacer en trottant légèrement, à quelques dizaines de mètres de nous seulement. C’est la première fois que j’en vois. Je m’assois pour les observer et savourer l’incroyable beauté de ce moment.

ENVIRONNEMENT HOSTILE

Alors que la harde se retire, me laissant avec un sourire béat, le Grand Nord se rappelle soudainement à nous en nous imposant sa météo changeante. Le soleil disparaît pour faire place à une violente tempête. Pluie et vents se déchaînent, et nous n’avons aucun abri en vue. Mon corps grelotte, l’eau s’infiltre partout, la température chute, probablement en deçà de 10 °C. Puis, tout à coup, une trouée dans les nuages laisse le soleil apparaître, créant un arc-en-ciel grandiose, composé de couleurs saturées et vibrantes, irréelles. Nous dansons sous la pluie, criant notre joie, minuscules devant une si lumineuse leçon : tout bouge, tout change, rien n’est immuable. L’inconfort et le sentiment de vulnérabilité ressentis sont bien vite remplacés par un immense sentiment de ravissement et de plénitude.

Le troisième jour est dans la même veine. L’itinéraire emprunté est parsemé de roches tranchantes et friables, entrecoupé de pierriers périlleux qui exigent de s’assurer avec les mains. Après une journée de 33 km sur un terrain technique, le retour est long, éreintant. Si bien que notre objectif, qui était d’atteindre la route Dempster pour faire du stop, et d’ainsi regagner le centre d’interprétation où nous attendent nos vélos, et surtout l’essentiel de nos vivres, est désormais hors d’atteinte. En effet, il devient de moins en moins probable que nous tombions sur un quelconque véhicule une fois rendus à la route, vers 21 h 30.

C’est à ce moment que la voiture de police surgit de nulle part. Elle effectue alors un dérapage digne d’un film d’action, s’arrête dans un nuage de poussière. Un jeune agent passe la tête par la fenêtre et nous intime l’ordre d’embarquer. Le tout ne dure que quelques secondes ; nous avons à peine le temps de prononcer « going to the visitor centre » que le policier repart en trombe, la vitesse nous plaquant sur la banquette.

Mon regard croise celui de Justin, et je réprime une envie de rire devant l’incongruité de la situation : nous roulons à folle allure sur la route Dempster, dans un VUS muni d’une vitre pareballes qui protège le policier et nous empêche de discuter avec lui pour lui demander quelle urgence peut bien l’amener à cette heure-ci sur cette route si isolée.

Quelques instants plus tard, dans un crissement de pneus, le policier nous dépose devant le centre d’interprétation en nous lançant un simple « take care », avant de reprendre sa course effrénée.

Nous avons donc pu récupérer nos vélos, nous remplir la panse, et poursuivre notre périple sur deux roues dès le lendemain. À ce jour, le mystère de cette improbable opération de sauvetage demeure entier. HAUT

Yoann Barelli dompte La Légende, un sentier signature de la Vallée Bras-du-Nord, dans Portneuf. JEAN-SEBASTIEN CHARTIER-PLANTE
Quelque part sur le sentier des monts du Lac-à-l'Empêche et Du Four, dans Charlevoix. VÉRONIQUE TANGUAY
YAN KACZYNSKI

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Photo: Blake Jorgenson

1. Le MANTEAU VALLEY VIEW POUR HOMME DE THE NORTH FACE est conçu pour la randonnée pédestre. Avec ses poignets réglables, ses aérations zippées sous les aisselles et ses fermetures éclair résistantes à l’eau, cette veste déperlante offre toutes les fonctionnalités d’un vêtement conçu pour protéger des intempéries. thenorthface.com // 2. Le HARNAIS LITHOS SL D’ARC'TERYX donne l’impression d’être presque en apesanteur sur la paroi. Léger, il offre un équilibre idéal entre maintien, confort et résistance. Son système de réglage innovant permet aux grimpeurs d’ajuster le rapport entre la ceinture et les cuissardes pour un ajustement précis et confortable tout au long de la journée d’escalade. arcteryx.com // 3. Le SAC À DOS DE RANDONNÉE YETI SKALA facilite les ascensions vers les sommets. Un cadre léger assure le maintien structurel, des sangles de répartition de charge et un harnais réglable garantissent un ajustement parfait, tandis qu’un panneau dorsal en maille assure une aération adéquate. Résiste aux intempéries et protège du vent ainsi que de la pluie. YETI.ca // 4. Le VÉLO DE GRAVELLE DARK MATTER D’ARGON 18 allie confort et performance sur les chemins les moins fréquentés. Il est doté de plusieurs caractéristiques, comme d’un compartiment de rangement à l’intérieur du cadre, d’une géométrie adaptée aux longues heures de selle ainsi que d’un dégagement pour les pneus allant jusqu’à 50 mm, qui en font une machine apte à affronter tous les types de terrain. argon18.com // 5. Le COUTEAU BENCHMADE STATION est un outil minimaliste et robuste, pensé pour la cuisine au feu de bois et la préparation quotidienne des repas. La lame bénéficie d’une technologie exclusive garantissant des performances de coupe exceptionnelles, tandis que le manche résistant se pare d’une patine unique au fil du temps. Un étui moulé est fourni pour un rangement sûr et un transport facile. benchmade.com // 6. La STATION DE CUISINE DISCO D’IKAMPER fait figure d’incontournable pour le nomadisme automobile. À mi-chemin entre le réchaud de camping et la cuisine extérieure complète, ce système modulaire trouve sa place partout : sur une table, sur son trépied ou au-dessus d’un feu de camp. Robuste et compacte, elle remplace facilement plusieurs équipements tout en occupant peu d’espace. ikamper.ca

Le Club Med Québec-Charlevoix réinvente l’été

D’une foulée à l’autre, la station de montagne confirme son statut de destination estivale incontournable.

Perché entre le cœur du Massif de Charlevoix et le fleuve Saint-Laurent, le Club Med Québec-Charlevoix semble avoir été conçu pour ceux qui refusent de choisir entre l’aventure et l’émerveillement. Seule destination de la célèbre entreprise française au Canada, l’établissement s’impose aujourd’hui comme un véritable camp de base quatre saisons.

L’été révèle toutefois l’une de ses plus belles facettes. Les forêts s’animent, les sommets se découvrent et les vastes paysages de Charlevoix, une région reconnue par l’UNESCO depuis 1988, déploient toute leur superbe. Ici, de juin à octobre, le sport devient un prétexte pour explorer, ralentir et renouer avec une nature exceptionnelle qui se vit au rythme des aventures, des rencontres et du grand air.

Au centre de l’expérience, la course en sentiers occupe une place de choix. Nos cliniques

de course en sentiers mettent en valeur les pistes exceptionnelles situées à proximité du Village, soulignant au passage l’ancrage de ce sport dans notre identité et notre statut de lieu privilégié pour le pratiquer.

En partenariat avec des athlètes liés à l’UTHC, dont nous sommes fiers de parrainer l’événement phare, nous proposons des stages perfectionnement conçus pour tous et toutes. Ces derniers bénéficient d’un encadrement d’experts tout en découvrant des sentiers de classe mondiale et la beauté naturelle qui font la singularité de Charlevoix.

Mais, l’expérience estivale ne se limite pas à la course en sentiers. De juin à octobre, une programmation foisonnante invite les estivants à explorer les multiples visages de la région. Randonnée pédestre, vélo de montagne, kayak, ateliers de survie en plein air et excursions d’une journée figurent parmi les activités qui consacrent le lien privilégié entre l’humain et la nature.

C’est bien connu : l’aventure stimule l’imagination et la créativité. Des rencontres avec des artisans locaux, des ateliers de peinture, des expositions d’art et même des expériences immersives d’astronomie permettent justement de porter un regard différent sur le territoire. Une façon de ralentir, d’observer et de s’inspirer.

Le bien-être constitue l’autre pilier de cette offre estivale. Séances de yoga en plein air, conférences sur la nutrition, activités de remise en forme et approches holistiques ponctuent le séjour, rappelant que la performance sportive trouve souvent son équilibre dans le repos et la reconnexion à soi.

Puis viennent les moments de partage : concerts, repas conviviaux, feux de camp et soirées festives prolongent les journées. À Charlevoix, l’été se vit ainsi dans toute sa richesse. Entre dépassement de soi, nature, bien-être et rencontres, la région réinvente l’expérience de la montagne.

« Le changement arrive, que cela vous plaise ou non. »
- Greta Thunberg
Aurore boréale sur le fleuve Saint-Laurent dans le secteur de Saint-Fabien-sur-Mer, dans le Bas-Saint-Laurent JEAN-CHRISTOPHE

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