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Suara 87: Sortons semer

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87 le journal de l’Église en mission Trimestriel » 22e année n°87 » mars - avril - mai 2022

© Sychov Serhii

Entretien avec Henri Derroitte

Soutenir la formation des prêtres

Sortons semer Bureau de dépôt: MassPost, Hypercentrum Turnhout | P 508033

L’abbé Gildas Cambia témoigne


éditorial

sommaire

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à lire

Sortons semer EMMANUEL BABISSAGANA

Y a-t-il contexte aussi peu motivant pour sortir semer la Parole de Dieu, que celui que nous avons vécu pendant plus de deux ans ? Les cœurs sont-ils prêts à la recevoir aujourd’hui plus qu’hier, au regard des traumatismes engendrés par la crise sanitaire? Ne risque-t-elle pas davantage de tomber au bord du chemin, sur des sols pierreux ou encore dans des ronces, plutôt que sur la bonne terre qu’évoque la parabole du semeur (Mc,4)? L’Ecclésiaste nous enseigne en effet qu’il y a un temps pour tout ... L’apôtre Paul semble toutefois apporter une exception majeure à cette sagesse, en recommandant à Timothée de prêcher la Parole à temps et à contre-temps (2 Tim, 4). Loin de promouvoir l’absence de discernement, Paul invite plutôt Timothée et chacun.e de nous à ne pas retenir la Bonne Nouvelle captive des opinions dominantes et de l’air ou de l’esprit du temps.

Peut-être vivons-nous un temps prophétique, propice à stimuler « l’effet saumon » de notre foi. Peut-être la succession de crises que nous vivons a-t-elle au contraire préparé les esprits à s’ouvrir à de nouveaux chemins, à envisager de nouveaux cheminements. Et peut-être vivons-nous ainsi un temps particulièrement prophétique, propice à stimuler « l’effet saumon » de notre foi, à nous faire ramer à contre-courant, comme ce poisson. Un temps qui nous invite donc à un nouveau printemps missionnaire, à sortir semer la joie de l’Évangile, contre vents, virus et marées, de manière à contribuer à l’avènement de cette Église en sortie qu’appelle de ses vœux le pape François (Evangelii Gaudium). 

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Je pense que prier c’est construire une connexion avec Dieu. C’est ce lien que je ressens le plus dans les situations où je peux utiliser pleinement les talents qu’Il m’a donnés.

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Faire percevoir à chaque Église locale que nous sommes une famille universelle partageant une communauté de destin, de besoins, de missions, une famille appelée à s’enrichir mutuellement … Voilà ce qu’apporte Missio à notre Église.

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Je n’ai toutefois pas échappé au choc culturel, par exemple au fait de ne pas recevoir de réponse quand je salue des gens dans la rue.

également dans ce numéro Projet | Soutenons le Séminaire Sacré-Cœur de Chennai L’Œuvre de Saint-Pierre Apôtre Le mot du directeur

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Joyeuse fête de Pâques

Faisons rayonner la lumière de Pâques au cœur du monde, et laissons le cantique de la Vie Nouvelle raviver notre Espérance.

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montre-moi ta foi

Du dialogue à la foi La foi ne laisse pas indifférent. Elle a une force, suscite de la confiance, de l’espoir, entre autres. J’ai eu le privilège de le ressentir à plusieurs moments de ma vie. Je voudrais vous emmener en voyage, et vous parler de certains de ces évènements et de ce que j’en ai tiré. ROBERT SWANENBERG

Heure et lieu: Eindhoven, 1er septembre 2016. J’étais assis dans un petit hall à une table de pique-nique avec quatre autres étudiants. Je venais juste de les rencontrer. Alors que je sortais une bouteille de mon sac, un des quatre étudiants m’a demandé : «Es-tu croyant ?». J’ai hésité un moment.

Une foi vivante Je n’avais pas vu venir une telle question d’un quasi-inconnu dans un pays sécularisé comme la Hollande. Un peu plus tard, j’ai réalisé que j’avais deux bandelettes jaunes autour de mon poignet. Je les avais reçues un mois plus tôt lors des Journées Mondiales de la Jeunesse à Cracovie (Pologne). Sur l’une était écrit «Jésus, j’ai confiance en toi»,

Une conversation ouverte peut faire réfléchir vos interlocuteurs. La foi se révèle dans le dialogue © Lightspring

et sur l’autre «Meeting is the most important» (La rencontre est la chose la plus importante ». Alors sans plus trop tarder j’ai répondu : «Oui, sans ma foi, je n’aurais probablement pas été avec toi en ce moment.»

La Force Le jeune homme qui a posé la question, Niek, ne s’attendait visiblement pas à une réponse aussi « curieuse » et convaincue de ma part. Quelques jours plus tard, il m’a dit qu’il avait eu une enfance difficile. On a commencé à parler. Il était curieux de savoir

comment je vivais ma foi et il m’a demandé si j’allais à l’église tous les dimanches. Après ma réponse affirmative, il a répondu : «Personnellement, je n’ai pas grand-chose à voir avec la foi, mais je trouve quand-même qu’il est bon que ça te donne tant de force». Cet événement illustre à mes yeux qu’il faut parfois très peu pour établir un lien solide.

Partager Lorsque je reviens des années plus tard sur cette «rencontre à la table de pique-nique», je comprends pourquoi ma confession a provoqué une réaction aussi vigoureuse. Avec ma «réponse inhabituelle», j’ai touché Niek, et j’ai vraiment commencé à réfléchir. C’était le début d’une longue amitié. 4


montre-moi ta foi Je voudrais partager mon histoire avec plusieurs personnes. Mais la vie apprend que la plupart des gens que vous rencontrez dans la vie de tous les jours n’ont pas besoin d’un long récit émotionnel. C’est pourquoi j’essaie surtout de propager l’Évangile en faisant en sorte que les autres découvrent d’abord avec qui je suis et qu’ils comprennent ainsi le rôle que la foi joue dans ma vie.

Un seul ami Au fil des ans, j’ai eu l’occasion de me poser des questions sur ma «vie de patient cardiaque». J’admets que ça n’a pas toujours été une expérience agréable, surtout quand on était enfant. De nombreuses visites à l’hôpital tous les mois, assis à la pause de midi sur un banc à ne pouvoir jouer au football comme les autres: j’ai tout vu. Mais dans tous ces moments de frustration, j’ai toujours éprouvé un sentiment d’acceptation caché. Après tout, j’ai grandi en pensant que finalement tout dans la vie avait une signification plus profonde. Que même quand je me sens seul, j’ai au moins un ami : Jésus.

Je pense que prier c’est construire une connexion avec Dieu. Je me souviens comme si c’était hier qu’à l’âge de 11 ans, un médecin m’a dit que j’allais subir une intervention chirurgicale. À la surprise de mes médecins, j’ai réagi de façon très sereine. Ils ont trouvé étrange que ce petit enfant soit plein de foi et d’espoir. Ce qu’ils n’avaient pas compris, c’est que j’étais profondément convaincu, au fond de moimême, que les choses allaient s’arranger. Je trouve cette idée non seulement réconfortante, mais aussi très libératrice. Je pense que c’est exactement cet espoir que Niek avait vu quand il m’a demandé si j’étais croyant. Tout le monde est confronté à des échecs, qui parfois suscitent l’envie d’abandonner. Mais ce n’est que plus tard dans la vie que nous comprenons que même les expériences malheureuses peuvent mener à de belles choses.

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En 2018, j’ai une troisième fois essayé de reprendre des études. Moins de deux mois plus tard, j’étais assis devant mon mentor, mais incapable de suivre. Il a regretté que pour la troisième fois, ma santé m’empêche d’étudier, d’autant plus que pour lui, mes expériences de vie m’ont conféré tant de compétences supplémentaires. Il a dit à la fin de la conversation : «Robert, de ton vivant, tu es déjà une source d’inspiration.» Il y a eu un silence. J’ai su, dès cet instant, que ces paroles resteraient gravées dans ma mémoire pour longtemps.

En effet, cela me permet d’établir un lien étroit avec des copains. Il y a toujours quelqu’un pour partager mes expériences, mes rêves, mais aussi les frustrations ou les revers éventuels. De cette façon, je ressens la présence de Dieu dans ma vie : Il vit dans les personnes qui m’entourent.

Après tout, j’ai grandi en pensant que finalement tout dans la vie avait une signification plus profonde. Que même quand je me sens seul, j’ai au moins un ami : Jésus.

Mon entourage C’est ainsi que je réalise à chaque fois combien le dialogue est crucial dans la vie. Non seulement avec Dieu, mais aussi avec l’entourage. On ne sait jamais ce que l’on peut apporter à autrui ni ce que l’autre peut vous inspirer. C’est pourquoi je suis heureux de résider au sein d’une communauté chrétienne à Bruxelles. Tous les mercredis soir, nous nous réunissons pour lire l’Évangile, prier, et manger ensuite ensemble. C’est une expérience unique qui enrichit ma vie d’étudiant.

Prière Pour moi, prier c’est plus qu’assister à la messe tous les dimanches, y chanter, ou encore méditer. Je pense que prier c’est construire une connexion avec Dieu. C’est ce lien que je ressens le plus dans les situations où je peux utiliser pleinement les talents qu’Il m’a donnés. Pour moi, il n’y a rien de plus beau que de percevoir les effets de la Bonne Nouvelle dans les yeux de quelqu’un qui m’écoute attentivement. C’est peut-être pour cette raison que je n’ai pas retiré une seule fois ces deux bandelettes jaunes de mon poignet gauche depuis 2016. Enfin, ces bracelets résument ma vie : JésusChrist inspire une foi profonde et un grand désir d’apprendre à connaître de nouvelles personnes et de découvrir le monde. 

Ces bracelets conduisent à de belles rencontres et donnent sens à ma vie. © Robert Swanenberg


projet

Soutenons le Séminaire Sacré-Cœur de Chennai Les futurs prêtres en formation au Séminaire Sacré-Cœur de Chennai comptent sur vous pour aller au bout de leur parcours.

© Joe Andrew

Grâce à vos contributions, Missio Belgique soutient des centaines de séminaires à travers le monde, et a des contacts directs avec une vingtaine d’entre eux, dont le Séminaire Sacré-Cœur de Chennai, en Inde. Le recteur de ce séminaire, l’abbé Andrew, nous présente ici brièvement l’institution qu’il dirige et ses attentes. Le séminaire Sacré-Cœur de Chennai appartient à l’archidiocèse de Madras-Mylapore, dans la région du Tamil Nadu, en Inde.

Un séminaire fécond

Les familles de la région qui soutenaient modestement leurs enfants au séminaire ont été davantage précarisées par la crise sanitaire.

Il existe depuis 80 ans et a donné à notre Église plus de 2000 prêtres et 22 évêques, qui exercent leurs ministères respectifs en Inde et à travers le monde. Cette année académique, nous accueillons 179 séminaristes originaires de 13 diocèses et 10 congrégations religieuses. La formation au séminaire s’étale sur 6 années, dont 2 en philosophie et 4 en théologie.

généralement la première semaine de juin et se termine fin mars).

L’effet Covid-19

L’alternative numérique

L’année dernière a cependant été particulièrement difficile, en raison de la crise de la Covid-19 qui a durement affecté notre région, mettant à mal de nombreuses familles et séminaristes dont les parents ont perdu leur travail. Presque toutes les activités ont été ralenties ou arrêtées. Le séminaire n’y a pas échappé. Nous avons dû renvoyer les séminaristes chez eux pour le dernier trimestre de l’année (en Inde, l’année scolaire commence

Heureusement, les cours en ligne nous ont aidés à maintenir autant que possible la formation des séminaristes. Mais organiser ces cours en ligne n’était pas facile, car chaque séminariste devait avoir un téléphone portable ou un ordinateur et une connexion Internet pour y prendre part. Les séminaristes qui n’avaient pas accès à l’Internet et au téléphone portables ont été encouragés à rester dans leurs petits séminaires

respectifs et leurs maisons paroissiales. Les cours en ligne étaient interrompus quand la connexion internet devenait faible. Nous avons néanmoins pu organiser les séminaires et conférences par webinaire.

Votre soutien Voilà en résumé comment nous essayons de cheminer ici au séminaire depuis l’année dernière, comptant sur la providence divine et la solidarité de l’Église universelle. Les familles de la région qui soutenaient modestement leurs enfants au séminaire ont été davantage précarisées par la crise sanitaire. Nous comptons vivement sur le soutien de Missio Belgique pour nous aider à surmonter cette période difficile. Soyez assurés, chers donateurs de Missio Belgique, de nos prières quotidiennes. 

SOUTENEZ LA FORMATION DES PRÊTRES, RELIGIEUX ET RELIGIEUSES BE19 0000 0421 1012 Communication “Suara formations” Merci


une vie, une mission

Interview du Professeur Henri Le professeur Henri Derroitte enseigne la théologie pastorale et la missiologie à l’Université catholique de Louvain-la-Neuve. Il est par ailleurs directeur de la Commission interdiocésaine pour la catéchèse et le catéchuménat (CICC), entre autres. Ses fonctions et nombreuses publications en font une référence dans notre Église. Nous le remercions par conséquent d’avoir accepté de partager avec nous ses convictions, ses missions, sa vision de l’Église et de Missio. Comment concevez-vous la mission que les évêques belges vous ont confiée à la tête de la CICC ? Je conçois cette mission dans l’optique d’accompagner les mutations que l’Église belge est en train de vivre, afin qu’elle essaie toujours, avec les moyens qui sont les siens, et grâce à la prière, de proposer à des enfants, à des jeunes et à des adultes de découvrir la foi chrétienne et de vivre une relation nourrissante avec Jésus-Christ. C’est ce qu’on appelle la catéchèse et le

Faire percevoir à chaque Église locale que nous sommes une famille universelle partageant une communauté de destin, de besoins, de missions, … Voilà ce qu’apporte Missio à notre Église. catéchuménat. Ma responsabilité consiste donc à veiller à ce que cela se fasse le mieux possible, afin que notre Église offre le maximum de qualité et de disponibilité

pour accompagner dans la foi ceux qui le souhaitent. C’est dans cet esprit que je fais un lien direct avec la responsabilité missionnaire lointaine, au plan universel.

Jésus vient s’intéresser à nos conversations, ne les interrompt pas brutalement, au contraire, il s’y insère, partage nos peines, nous accompagne, et au moment opportun, à travers un signe, une parole, nous ouvre une espérance. © Denise Krebs

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Derroitte Justement quel lien faites-vous entre la CICC et la mission universelle ? Le souci d’être une Église qui fait signe, interpelle, propose, soutient, se révolte quand il y a des injustices vaut partout. La mission universelle, le catéchuménat et la catéchèse ont donc une base et un objectif communs : rendre le message de Jésus proche et bienfaisant pour tous les êtres humains. L’idée d’une Église compartimentée, avec des « chasses gardées », ne correspond par conséquent pas aux besoins missionnaires d’aujourd’hui. L’Église est faite pour être une fraternité avec toutes et tous dans le monde entier.

La relation entre Missio et la CICC vous semble donc aussi « naturelle » qu’indispensable ? Si l’on s’accorde sur le fait que l’Église est à la fois une réalité et un projet de fraternité universelle, alors on comprend que la réussite de ce projet est de la responsabilité de toutes et tous, qu’elle requiert, outre la prière et l’engagement social, la collaboration ou l’union des forces de tous les baptisés et de toutes les institutions de l’Église, par-delà leurs spécificités respectives. C’est pourquoi je pense que la CICC et Missio sont plus que jamais comme deux manières complémentaires de porter une même préoccupation, celle d’être et de faire signe, d’aider les gens à être reçus, écoutés, soutenus. Missio et la CICC se nourrissent et s’aident mutuellement en prenant l’habitude de porter ces préoccupations d’abord en commun.

Concrètement, qu’apporte chacune des deux institutions à l’autre ? Missio c’est pour moi dans chaque Église locale le rappel incessant que l’Église ne se limite pas aux frontières d’un diocèse, d’une région ou même d’un pays, mais qu’elle a dans sa catholicité une dimension très internationale, très

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Ma responsabilité consiste à veiller à ce que notre Église offre le maximum de qualité et de disponibilité pour accompagner dans la foi ceux qui le souhaitent universelle. Missio c’est donc d’abord ce grand poumon d’ouverture de l’Église locale, dans le respect de l’autonomie et des particularités de chaque communauté. Faire percevoir à chaque Église locale que nous sommes une famille universelle partageant une communauté de destin, de besoins, de missions, une famille appelée à s’enrichir mutuellement à travers le partage des expériences et des expertises, la solidarité spirituelle, matérielle, pastorale, etc. Voilà ce qu’apporte Missio à notre Église. D’autre part, Missio a besoin d’être en contact avec l’Église belge de manière très intime et permanente, pour éviter qu’elle ne vive dans un no man’s land, un îlot qui ne serait pas articulé aux questions que les gens de chez nous se posent, ou aux enjeux qui sont ceux de nos paroisses, de nos communautés chrétiennes, monastiques, etc. Cet ancrage local de Missio est d’autant plus nécessaire aujourd’hui que la mondialisation nous ouvre bon gré mal gré les uns aux autres, rendant plus que jamais vital un dialogue entre des témoignages venus d’horizons différents, en vue de construire cette Église métisse et multiculturelle dont nous faisons déjà l’expérience, notamment dans nos grandes villes.

Cet avenir métissé de l’Église invite également à une mise à jour du discours missionnaire. Comment l’envisagez-vous ? Notre Église est en ce moment occupée à réfléchir sur la synodalité, qui met en exergue l’égalité entre baptisés et l’importance de la contribution de chacun à l’édification de l’Église. La synodalité nous dit donc quelque chose de la mission ; et c’est pourquoi il me semble qu’une des manières de dire le renouveau de la mission aujourd’hui, c’est de faire appel à la responsabilité de chaque baptisé.e pour réaliser ce projet de fraternité universelle, de liberté et de paix entre toutes et tous. C’est en ce sens que la mission est à la fois un projet théologique et social.

Avez-vous un passage biblique qui vous inspire au quotidien? Oui, c’est la question de Jésus aux disciples d’Emmaüs : « De quoi vous entretenez-vous en marchant, pour que vous soyez tout tristes ? » (Luc 24, 17). Jésus vient ainsi s’intéresser à nos conversations, ne les interrompt pas brutalement, au contraire, il s’y insère, partage nos peines, nous accompagne, et au moment opportun, à travers un signe, une parole, nous ouvre une espérance. Je pense que c’est une bonne façon de montrer ce qu’est la mission aujourd’hui : une pastorale de la proximité et de la disponibilité pour faire fraternité. Ce passage me parle beaucoup.

Un dernier mot à l’endroit de nos lecteurs ? Je les remercie pour leur fidélité à Missio et les invite à être chaque jour davantage, à travers leurs manières d’être et de faire, leurs gestes de solidarité, les témoins de cette fraternité universelle à laquelle le Christ nous appelle. 

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merci

L’Œuvre de Saint Pierre Apôtre (OSPA) Chaque année, grâce à vos contributions, l’Ospa apporte un soutien financier à la formation de quelque 80 000 séminaristes et 120 000 prêtres, religieux et religieuses.

© Missio

Cette Œuvre Pontificale a pour fondatrice une jeune Lyonnaise, Jeanne Bigard, née le 2 décembre 1859. Après la mort subite de son père en 1879, la jeune Jeanne et sa mère Stéphanie commencent à travailler pour les missions. Naissance de l’Œuvre Une conviction anime Jeanne et Stéphanie : la nécessité d’un clergé autochtone. C’est pourquoi, lorsque le 1er juin 1889, le Vicaire Apostolique de Nagasaki, Mgr Cousin, leur écrit pour l’aider à construire un séminaire, elles se mobilisent spontanément pour récolter des fonds : ainsi naît l’OSPA, à Caen (France) en 1889. Jeanne et Stéphanie Bigard donnent elles-mêmes tous leurs biens pour les besoins des séminaires dans les pays dits de mission. Elles sollicitent en outre d’autres personnes pour offrir leurs prières et leur contribution financière. Jeanne Bigard meurt à son tour le 28 avril 1934, mais dès 1922, le Pape Pie XI déclare « pontificale » l’Œuvre de Saint Pierre Apôtre.

à travers le monde, afin de stimuler l’Annonce de la Bonne Nouvelle et l’autonomie des Églises locales.

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Pour ce faire, elle dispose d’un Fonds universel de solidarité alimenté par les collectes et dons des chrétiens du monde entier. Grâce à ce fonds, l’Ospa finance la réalisation de ses objectifs, notamment : • •

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Objectifs et fonctionnement Présente aujourd’hui dans quelque 148 pays, l’Ospa reste fidèle à sa mission originelle : soutenir financièrement et spirituellement la formation des prêtres

Ce que fait Missio Belgique pour l’Ospa

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l’octroi de subsides annuels extraordinaires à 8000 séminaires de par le monde, pour la construction, l’agrandissement, l’entretien ou encore les réparations des bâtiments nécessaires à la formation des prêtres. l’octroi d’un subside annuel ordinaire de 500 EUR pour la formation de quelque 80.000 séminaristes (futurs prêtres). l’octroi de bourses d’études pour la formation de près de 120.000 prêtres, religieux et religieuses aux quatre coins du monde.

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Appels à contributions (dons, legs) pour alimenter le fonds de solidarité de l’Ospa Equipements de séminaires en matériel informatique (quelque 5000 depuis 2008). Ce programme est toutefois momentanément suspendu, faute de moyens suffisants. Merci de nous aider à le relancer. Organisation des Parrainages de séminaristes en Afrique et en Asie, à la demande. Visite de Séminaires quand cela est possible Prière et sensibilisation aux enjeux de la formation des prêtres, via nos publications.

Ce que vous pouvez faire pour l’Ospa •

Organiser des groupes de prière pour les vocations et de soutien à la formation des prêtres


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Sensibiliser en paroisse et autour de vous aux enjeux de la mission des prêtres Demander à parrainer un séminariste. (Avec 12,50 EUR/mois, vous financez les frais d’inscription d’un séminariste (150 EUR); avec 500 EUR, vous lui offrez une bourse d’études pour un an) Un don, un legs sur le compte de Missio asbl : IBAN : BE19 0000 0421 1012, avec la communication « OSPA ».

Merci ! Au nom des milliers de séminaristes et autres religieux et religieuses qui bénéficient de votre soutien à travers le monde, Missio vous dit UN GRAND MERCI ! Les trois extraits de remerciement ci-dessous que nous partageons avec vous, indiquent à quel point votre soutien est précieux. « Cher directeur de Missio Belgique, Veuillez recevoir les chaleureuses salutations du Sacred Heart Seminary en Inde. Nous vous exprimons notre sincère gratitude pour tout le soutien et les encouragements dont bénéficie la communauté de notre Grand Séminaire, pour assurer une bonne formation sacerdotale. Nous vous remercions de comprendre notre situation ; nous prions chaque jour pour vous et pour les donateurs de Missio Belgique grâce auxquels vous nous soutenez.» Abbé Joseph Felix Michael, Recteur honoraire

Ces jeunes sont devenus prêtres grâce à votre soutien matériel et spirituel. © Missio

« Les séminaristes et les prêtres formateurs du séminaire se joignent à moi pour vous dire un grand merci ainsi qu’aux donateurs de Missio Belgique pour tout ce que vous faites au profit de la formation des futurs prêtres de l’Église. Nous vous assurons de nos prières. En vous souhaitant une bonne réception de ce message, nous vous prions de croire, Révérend Père, à l’expression de notre profonde gratitude. » Père Hippolyte Gbadja MEL, Recteur du Grand Séminaire Saint Cœur de Marie d’Anyama Côte d’Ivoire « Je viens par la présente vous informer que le Séminaire Propédeutique Saint François d’Assise de Nden dans le Diocèse de Sangmélima au Cameroun est bien entré en possession d’un don de 18 ordinateurs et de 4 imprimantes. Ce don vient en réponse à la demande adressée au secrétaire Général de l’OSPA le 18 octobre 2019, demande qui a été transférée aux soins de vos services. Nous vous exprimons toute notre reconnaissance et toute notre gratitude ainsi que celle de toute la communauté du Séminaire. Veuillez croire, Monsieur l’abbé, à l’assurance de nos distingués sentiments dans le Christ. » Mr l’abbé Alphonse Daniel Esseyi, recteur

SOUTENEZ LA FORMATION DES PRÊTRES, RELIGIEUX ET RELIGIEUSES BE19 0000 0421 1012. Communication “Suara formations”. Merci!

Appel Ces remerciements ne doivent toutefois pas nous faire perdre de vue le fait que malheureusement, chaque année, 1/3 des projets destinés à la formation des prêtres ne sont pas financés, faute de moyens suffisants. Du coup, de nombreux évêques sont obligés de refuser des candidats prêtres faute de pouvoir financer leur formation qui dure en moyenne 7 à 9 ans. C’est pourquoi nous vous lançons une fois de plus un appel à soutenir davantage la formation des futurs prêtres, en faisant un don ou un legs sur le compte de Missio ci-dessous, afin que certaines de nos communautés ne deviennent pas, dans un avenir proche, comme des brebis sans berger. D’avance merci pour votre soutien. 


Belgique, terre de mission

Entretien avec l’abbé Gildas Cambia En tant que prêtre de l’Église universelle, j’essaie de suivre les voies insondables de Dieu. À cet égard, je pense qu’il est important de vivre en solidarité et en connexion avec les autres. Je suis profondément missionnaire, envoyé vers les gens sans discrimination. Et aujourd’hui, je mets cette vocation en pratique dans l’Unité Pastorale Saint-Paul de Waregem. GILDAS CAMBIA

Je suis originaire du Bénin, en Afrique de l’ouest. Mes parents étaient catéchistes, et pendant la période missionnaire des Pères blancs, mon père traduisait les sermons à l’église.

Être utile L’engagement de mes parents, y compris dans leurs métiers respectifs d’infirmier et d’assistante sociale, a été stimulant pour moi. J’ai appris à quel point il était important d’apprécier son prochain et de lui rendre service. C’est pour ça que j’ai souhaité être prêtre. Je voulais faire quelque chose pour les gens.

notamment en raison de la langue. Malgré cela, les six années au Grand séminaire de Bruges m’ont beaucoup appris sur les plans spirituel, intellectuel et humain. J’ai en outre été fort marqué par une proximité entre étudiants et formateurs que je n’avais pas encore connue dans mon parcours.

Égalité Cette vocation, je l’ai ressentie très jeune. À 14 ans en effet, j’ai commencé à me préparer au petit séminaire. J’ai continué le parcours au lycée et en 2007, au sud du Bénin, j’ai commencé la formation de prêtre proprement dite avec philosophie, puis la théologie et le stage. C’est à ce moment-là que j’ai éprouvé le désir de rejoindre les Augustiniens à Gand, et que Dieu m’a permis d’arriver en Belgique. Plus tard, j’ai rejoint le diocèse de Bruges.

Bruges C’est à Bruges que j’ai poursuivi mes études ; ou plutôt, que je les ai recommencées,

Cette proximité avec les gens, indépendamment de leurs statuts, je l’expérimente également dans mon ministère, où je suis au même niveau que les paroissien.ne.s, nous travaillons vraiment ensemble. C’est comme ça qu’on peut établir des liens avec les gens. Je n’ai toutefois pas échappé au choc culturel, par exemple au fait de ne pas recevoir de réponse quand je salue des gens dans la rue. Heureusement, j’ai appris par la suite l’expression «l’inconnu est mal aimé», et j’ai remarqué que de nombreux murs tombaient une fois le contact établi.

Ouverture Je le vis également dans notre communauté chrétienne. C’est pourquoi j’essaie d’attirer les jeunes en menant une vie conforme à ma vocation et en rendant les célébrations attrayantes, notamment par la musique. Et j’aide notre paroisse à regarder au-delà des frontières. En raison de mes origines, j’accorde une attention particulière à l’universalité de notre Église et à la solidarité entre ses différentes communautés à travers le monde. 

La proximité avec les gens, indépendamment de leurs statuts, je l’expérimente également dans mon ministère, où je suis au même niveau que les paroissien.ne.s, nous travaillons vraiment ensemble. © Gildas Cambia


le mot du directeur

Missio : Former un réseau missionnaire mondial à travers la prière et la charité THÉOGÈNE HAVUGIMANA

Dans le contexte difficile du monde actuel, un monde qui devient chaque jour plus complexe, les institutions étatiques et religieuses sont tentées de se replier sur elles-mêmes pour se protéger. Le danger d’ «auto-référentialité » ou la tendance à faire référence à soi-même est imminent. Il s’agit, comme dit le pape François, d’une attitude consistant à « faire comme on l’a toujours fait » et ainsi de s’enfermer dans la logique du « même » ou la peur d’oser découvrir la nouvelle réalité (pape François, 16 novembre 2013). L’activité missionnaire de l’Église devrait être un remède contre cette attitude autoréférentielle. Missionnaire par nature, l’Église doit oser aller dans le monde ‘entier’, dialoguer avec lui et connecter ses quatre coins grâce à la prière et la charité. De par son objectif originel, Missio – Œuvres Pontificales Missionnaires – donne forme à ce réseau missionnaire initié par Pauline Jaricot (1799 –1862). Sa vie nous interpelle encore aujourd’hui. La conversion et l’engagement de cette femme laïque lyonnaise transforma l’Église de France, qui suite à la Révolution française faisait face à l’anticléricalisme suivi d’une déchristianisation massive. Pauline ne fut pas épargnée par l’esprit du moment. Cependant, à l’âge de 17ans elle fut touchée par la parole de Dieu qui la transforma. Elle découvrit le Christ et se mit à son service à travers le soin des malades, la visite aux prisonniers, etc. À part la prière, ses actes de charité concrétisaient sa rencontre avec le Christ. Elle écrit : « J’ai aimé Jésus-Christ plus que tout sur la terre, et pour l’amour de Lui, j’ai aimé plus que moi-

Grâce à la prière, à une solidarité engagée et concrète, Pauline Jaricot a donné un nouvel élan missionnaire à l’Église. © DR

même tous ceux qui étaient dans le travail ou la douleur » (Aleteia 16 octobre 2015). Petit à petit elle rassembla quelques personnes autour d’elle pour former un réseau de groupes missionnaires qu’elle appelait « les Réparatrices du cœur de Jésus, méconnu et méprisé » (Ibid). Leur charisme était de prier pour les personnes vulnérables et les soutenir matériellement. Pauline aimait prier pour les missions et les missionnaires. Quand elle apprit de son frère, alors séminariste, que les missionnaires en Chine avaient besoin d’une aide financière, elle sensibilisa ses groupes de prière, les invitant à prier pour eux et à les soutenir financièrement grâce à une collecte hebdomadaire. Elle sensibilisa également son entourage aux questions missionnaires

et rappela à chaque fidèle que l’activité missionnaire de l’Église lui appartenait. Pauline fut à l’origine de la fondation de l’Œuvre Pontificale de la Propagation de la Foi, d’où les Œuvres Pontificales Missionnaires (Missio) sont issues. Grâce à la prière et la charité, elle contribua à donner un nouvel élan missionnaire à l’Église. Elle sauva l’Église du danger de se replier sur elle-même. Elle lui permit de regarder plus loin et d’aller jusqu’aux extrémités du monde. À travers ses différentes initiatives Missio veut rester fidèle à ce charisme de départ : sensibiliser les chrétiens à former un réseau missionnaire mondial à travers la prière et la charité. 

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colophon Rédaction Emmanuel Babissagana Ont collaboré Joe Andrew, Gildas Cambia, Henri Derroitte, Catherine De Ryck, Alphonse Daniel Esseyi, Théogène Havugimana, Hippolyte Gbadja Mel, Joseph Felix Michael, Robert Swanenberg Photos Joe Andrew, Gildas Cambia, congerdesign, Denise Krebs, DR, Lightspring, Missio, Robert Swanenberg, Sychov Serhii Lay-out et impression Halewijn S.A. Éditeur responsable Théogène Havugimana, Bd du Souverain 199, 1160 Bruxelles Contact Bd du Souverain 199, 1160 Bruxelles, 02 679 06 30 info@missio.be, www.missio.be, www.facebook.com/MissioBelgique Numéro d’entreprise: 0410647718 Abonnements et changements d’adresse suarafr@missio.be Réactions et suggestions info@missio.be

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