85 suara le journal de l’Église en mission Trimestriel » 21e année n°85 » septembre - octobre - novembre 2021
© Gustavo Frazao
Redécouvrir l'essentiel de la foi
Entretien avec le nouveau directeur de Missio Belgique
Montre-moi ta foi Bureau de dépôt : MassPost, Hypercentrum Turnhout | P 508033
Missio en perspective
éditorial
sommaire
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à lire
Portons l'Espérance
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Dieu n’est jamais confiné et personne ne peut mettre la main sur Lui. Le lieu de la présence de Dieu n’est-il pas d’abord et avant tout le cœur de chaque être humain?
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Il ne s’agit pas d’inventer ou réinventer mais plutôt de réveiller la conscience missionnaire qui anime l’Église depuis ses débuts.
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EMMANUEL BABISSAGANA
Alors que nous espérions un été de « délivrance », la Covid-19 a malheureusement continué à faire de la résistance, notamment à travers ses variants. Et comme si cela ne suffisait pas, notre pays a subi les pires inondations depuis plus d’un demi-siècle, avec un lourd bilan humain et matériel qui appelle compassion, solidarité et prières de tous au profit des victimes.
Puissions-nous, malgré et au travers des épreuves actuelles, continuer à partager la joie de l’Évangile.
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L’attention de la société et de l’Église s’est souvent portée davantage vers l’aide au développement plus que vers l’action missionnaire.
également dans ce numéro Le défi de l’éducation à Srikakulam » Les Servantes du Fils de Dieu de Mwene-Ditu vous disent MERCI! » L’Œuvre Pontificale de la Sainte Enfance »
Ces épreuves constituent toutefois une occasion de nous rapprocher davantage de Celui qui, mieux que quiconque, nous décharge du fardeau de nos souffrances ou nous aide à les surmonter dans la foi et l’Espérance: « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. » (Mt 11 :28) Notre vocation spécifique est en effet de vivre les épreuves non dans le désespoir, mais plutôt dans l’Espérance, une Espérance enracinée dans la foi qu’en Christ nous sortirons toujours vainqueurs, y compris de l’épreuve ultime qu’est la mort: « Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde. » (Jn 16 :33) Puissions-nous, malgré et au travers des épreuves actuelles, continuer à partager la joie de l’Évangile, et demeurer porteurs de l’Espérance qui donne sens à notre pèlerinage terrestre.
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montre-moi ta foi
Le confinement a affermi ma foi! À travers la prière, nous créons des liens par-delà les frontières, et formons une communauté universelle.
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Mars 2020… En un instant, du jour au lendemain, tout s’est arrêté... sans que personne ne porte plainte ni ne manifeste, ou si peu… Même si on en connaît la raison, on n’a pas cessé de s’interroger sur l’opportunité ou non des mesures sanitaires qui ont été prises. En un instant, tout s’est arrêté, et cela même dans nos églises. Et beaucoup ont eu du mal avec cela, certains regrettant que les responsables de l’Église ne défendent pas suffisamment la liberté de se rassembler pour célébrer le Seigneur. Ce qui est sûr, c’est que des chrétiens ont vécu un éloignement de Dieu et des remises en question de leur foi: Où est Dieu? Que fait-il? Nous aurait-il abandonné? ALBERT-MARIE DEMOITIÉ / CURÉ-DOYEN DE NIVELLES
Mon propos ici n’est pas d’entrer dans toutes ces questions mais de partager tout simplement comment les périodes de confinement ont, au contraire, affermi ma foi en Jésus Christ, de partager comment cette période compliquée due à la pandémie a purifié ma foi pour en retrouver l’essence: l’amour de Dieu et l’amour des Hommes.
De l’inquiétude à la confiance Lors du premier confinement, lorsqu’aucune célébration n’était permise dans les églises, deux faits m’ont particulièrement marqué. Le premier, c’est lorsque je me suis rendu à la Collégiale au début de la première période de confinement. Voyant ce grand édifice complètement vide, je me suis senti… inutile ! Qu’avais-je encore à faire dans ce lieu puisque personne ne pouvait plus s’y rassembler ? Le rôle d’un pasteur n’est-il pas précisément de rassembler les fidèles ?
Quelle était dès lors encore ma place si ce rôle ne pouvait plus s’exercer ? Puis je me suis assis devant le Saint-Sacrement et j’ai conversé avec le Seigneur : que se passe-t-il Seigneur ? Je sais que Tu es là et que tu ne nous abandonneras pas. N’as-tu pas promis d’être avec nous tous les jours jusqu’à la fin du monde (Mt 28,20) ? Je pensais au peuple d’Israël et sa traversée du désert où, plus d’une fois, sa foi a été éprouvée. Le Seigneur n’a cependant pas abandonné son peuple, mais il l’a fait marcher à travers le désert pour l’éprouver et savoir ce qu’il a sur le cœur (Dt 8,2). Oui, n’est-ce pas cela, Seigneur, ce que tu veux faire avec nous à travers cette pandémie : voir où nous mettons vraiment le trésor
de notre cœur (cf. Mt 6,21) !? Puis bien vite j’ai arrêté d’embêter le Seigneur avec mes questions pour me plonger dans un silence contemplatif qui me donna beaucoup de joie et de paix intérieures. Le Seigneur était là avec moi et il me rassurait…
La mission du prêtre À partir de là, chaque jour du confinement, je passais un moment à l’église partageant au Seigneur ce que j’avais sur le cœur et prenant un moment plus ou moins long avec Lui dans le silence. Dieu était autant présent dans ma vie - et même peut-être davantage - dans la période de confinement qu’en dehors de cette période… 4
Dieu n’est jamais confiné et personne ne peut mettre la main sur Lui. Le lieu de la présence de Dieu n’est-il pas d’abord et avant tout le cœur de chaque être humain ? 3
montre-moi ta foi Au fil des jours, au cœur de ma prière deux vérités se sont rappelées à moi. La première, c’est que le prêtre n’a pas seulement la mission de ‘rassembler’, il a aussi celle d’‘intercéder’. Je prenais conscience que je me devais de prier pour ceux et celles que je ne pouvais plus rassembler. Le prêtre a reçu cette belle mission d’intercéder pour TOUS, qu’ils viennent ou non à l’église, qu’ils soient vivants sur cette terre ou déjà passés sur l’autre versant de la Vie. Cette communion que permet la prière, aussi bien avec les vivants qu’avec les morts, est devenue très forte en moi.
Dieu est en nous La deuxième vérité qui s’est rappelée à moi est de relativiser le rôle de nos églises. Le Seigneur ne s’y laisse pas enfermer, même dans les tabernacles. Dieu n’est jamais confiné et personne ne peut mettre la main sur Lui. Le lieu de la présence de Dieu n’est-il pas d’abord et avant tout le cœur de chaque être humain ? Mais croyonsnous vraiment à cette présence de Dieu en nous ? Ne cherchons-nous pas souvent Dieu à l’extérieur de nous ? Ces deux vérités mises ensemble m’ont fait passer d’un sentiment d’inutilité à une communion avec tous ceux qui ne venaient plus à la l’église, une communion avec tous ceux et celles qui priaient chez eux, dans la « cellule » de leur maison, seul ou en famille.
Le Seigneur n’a cependant pas abandonné son peuple, mais il l’a fait marcher à travers le désert pour l’éprouver et savoir ce qu’il a sur le cœur (Dt 8,2). L’importance de l’accompagnement Si Dieu n’est pas enfermé dans nos églises, il faut donc aussi le chercher au-dehors. Le deuxième fait qui m’a marqué pendant le confinement m’en a donné l’occasion. Il s’agit de l’accompagnement des personnes décédées et de leurs proches. Cet accompagnement était réduit à peu de choses : un contact téléphonique avec un proche du défunt et une courte célébration au funérarium ou au cimetière avec un nombre très limité de personnes. Le plus pénible était de devoir garder ses distances et d’appliquer les gestes barrières : pas facile de s’abstenir de serrer la main, de porter un masque et de rester à distance pour s’entretenir avec une personne dans le deuil… et qui n’aspire qu’à vous voir proche d’elle. Le désarroi de ces personnes m’a touché et j’avoue avoir quelques fois transgressé les règles sanitaires.
La foi est presence à Dieu et aux autres Cette expérience de funérailles (qui n’en étaient pas vraiment), me rappelait que « l’homme ne vit pas seulement de pain... (Mt 4,4) » mais qu’il
a aussi besoin de se « nourrir » de relations et de liens sociaux, d’amitié et de fraternité. Et cette nourriture-là est loin d’être satisfaite par les réseaux sociaux et les moyens de communication que nous connaissons aujourd’hui. L’être humain est venu au monde avec un corps et celui-ci est le premier lieu de sa relation aux autres. Si les techniques actuelles permettent beaucoup de choses, elles ne remplacent pas tout ce qui peut être vécu et échangé lorsqu’on est en « présence réelle », en particulier le fait de pouvoir se toucher. Souvent Jésus touche ceux qu’il guérit ; il n’a pas eu peur, par exemple, de toucher des lépreux (cfr Mc 1,41). Prendre la main d’une personne en fin de vie est un geste de proximité irremplaçable. La foi n’est pas seulement une présence à Dieu ; elle est aussi une présence aux autres. Plusieurs m’ont dit le réconfort et la paix que leur avait apporté, pendant cette période compliquée, la présence d’un prêtre lorsque celui-ci a pu donner l’Onction des malades ou lors des brèves cérémonies de funérailles.
Retour à l’essentiel: Aimer Dieu et aimer son prochain
La cathédrale Sainte Gertrude de Nivelles, longtemps restée vide en raison de la crise sanitaire.
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© Jean-Pol Grandmont
S’il est vrai que ma fonction est occupée par bon nombre de tâches d’organisation, d’animation et de gestion, la période de confinement m’a rappelé, non seulement l’importance, mais surtout la priorité de l’attention aux autres, en particulier de ceux qui sont les plus faibles et les plus fragiles, l’attention à ceux qui vivent des difficultés et des épreuves… La foi, si elle est une confiance en Jésus qui sauve, doit s’exprimer par la charité (cf. Ga 5,6). La foi doit se montrer par l’amour que nous portons à ceux qui nous sont proches et à ceux que nous rencontrons. Les expériences vécues lors de ces périodes de confinement m’ont remis au centre de ma foi : aimer Jésus de tout mon cœur et aimer mon prochain en étant attentif à ce qu’il vit. La prière et la fraternité sont les plus belles expressions de ce double amour.
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Le défi de l’éducation à Srikakulam Cette année nous avons choisi de mettre en lumière l’engagement missionnaire de l’Église en Inde. Comme toutes les Églises, celle de l’Inde entend perpétuer l’idéal des premières communautés chrétiennes, unies et animées par la charité fraternelle. Elle s’efforce ainsi de venir en aide aux plus démunis, et notamment aux enfants. Travailler à leur accorder un avenir, c’est contribuer à un meilleur avenir pour tout le pays. CATHERINE DE RYCK
Effectifs plétoriques Le territoire de Srikakulan se trouve à 97% en zone rurale, où vivent 84% de la population locale. Les bonnes écoles, situées en ville, sont par conséquent assez éloignées pour les enfants, qui doivent souvent en outre effectuer de nombreuses tâches domestiques à leur retour de l’école ou avant d’y aller. Il en résulte des effectifs plétoriques dans la seule école du village, et des conditions inadéquates pour une éducation de qualité.
Sous-éducation La qualité de l’enseignement est donc insuffisante. Parmi les jeunes de 14-18 ans, 59 % seulement peuvent effectuer des calculs basiques, 75 % comprennent des phrases simples en anglais. À peine 64 % d’entre eux connaissent la capitale de leur pays, et 65 % peuvent indiquer leur province sur une carte du pays. Il y a donc encore beaucoup à faire!
Le diocèse de Srikakulam voudrait par conséquent offrir un enseignement de qualité à quelque 1 000 à 1 500 enfants âgés de 6 à 14 ans. Il a pour ce faire un plan en quatre étapes. Premièrement, construire des bâtiments scolaires de bonne qualité, puis accorder un soutien financier aux familles pauvres. Cela devrait diminuer les sollicitations des enfants pour les tâches extrascolaires, et leur permettre de se concentrer sur leurs études. Troisièmement, améliorer la qualité de l’éducation. D’une part, en recrutant de bons enseignants pour un salaire équitable, et d’autre part, en examinant les capacités individuelles de chaque enfant, et en apportant un soutien supplémentaire à ceux qui en ont besoin. Quatrièmement enfin, aller au-delà de l’instruction et accorder aux enfants une formation intégrale, qui favorise le développement humain. Tout ce qui peut contribuer au bienêtre intégral des enfants doit donc être pris en compte, autant que possible.
AIDEZ L’ÉGLISE DE L’INDE À ACCORDER UNE ÉDUCATION CONVENABLE AUX ENFANTS Soutez-la en faisant un don: BE19 0000 0421 1012, avec la communication “Éducation Inde”
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© Christina Stoppa
Le diocèse de Srikakulam, dans le sud-est de l’Inde, nous donne un aperçu des enjeux de l’éducation des enfants dans ce pays. Très peu vont en effet à l’école, et ceux qui y vont n’apprennent pas grand-chose.
une vie, une mission
© IPID-SIPI
Le nouveau directeur de Missio Belgique Depuis le 8 juin dernier, l’abbé THEOGENE HAVUGIMANA est officiellement le nouveau directeur de Missio Belgique. Il a choisi notre Trimestriel Suara pour accorder sa première interview, et partager avec nous ses sentiments, sa vision de Missio, le nouvel élan qu’il entend lui donner, les défis y afférents et la manière dont il entend les surmonter. Nous l’en remercions vivement. EMMANUEL BABISSAGANA
Comment allez-vous et quels sont vos premiers mots en tant que nouveau directeur de Missio Belgique? Je vais bien, merci. Mes premiers mots vont à l’endroit de la Conférence épiscopale belge et du président des Œuvres Pontificales Missionnaires (OPM), qui m’ont choisi pour accomplir cette mission. Je les remercie pour cette marque de confiance, tout comme ceux et celles qui m’ont manifesté leur sympathie et leur soutien, en particulier Mgr Koen Vanhoutte, évêque référendaire des Œuvres Pontificales Missionnaires au sein de la Conférence épiscopale.
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Connaissiez-vous Missio avant votre arrivée en Belgique ? Si oui comment ? Oui, j’ai connu les OPM pendant mes années de formation au Séminaire. Leur soutien financier à la formation de futurs prêtres est très important. Missio Belgique en particulier intervenait dans plusieurs petits projets de formation des séminaristes.
En deux mots dites-nous qui vous êtes et d’où vous venez.
Selon la Conférence épiscopale, vous avez été nommé pour donner un nouvel élan à Missio. Comment comptez-vous y parvenir? Quelles sont vos priorités?
Originaire du Rwanda, je suis prêtre depuis 15 ans. Actuellement j’exerce mon ministère pastoral dans l’Archidiocèse de Malines-Bruxelles, unité pastorale De Goede Herder Haacht.
Je comprends ce « nouvel élan » comme un nouveau dynamisme missionnaire. Il ne s’agit pas d’inventer ou réinventer mais plutôt de réveiller la conscience missionnaire qui anime
Ce thème nous invite à rendre notre foi vivante et vivifiante, de manière à nous soutenir mutuellement, comme les membres d’un même Corps, Celui du Christ.
l’Église depuis ses débuts. Pour y parvenir et redonner ainsi un nouvel élan à Missio, il nous faudra suivre la pédagogie du Christ Lui-même, oser nous mettre en route vers les gens, sans peur, marcher avec eux, les écouter, leur communiquer la Bonne Nouvelle dans un langage accessible. Il nous faudra ensuite former des groupes de Missionnaires capables de porter l’Évangile dans leurs milieux respectifs et de rendre visible la solidarité missionnaire. C’est pourquoi la priorité de la nouvelle équipe sera de développer cette proximité missionnaire, qui fera sans doute grandir la solidarité entre baptisés, par-delà les appartenances communautaires. La réorganisation récente de Missio, et le renforcement de son insertion au sein des services diocésain et interdiocésain de l’Annonce va dans ce sens et souligne cette volonté pastorale de rendre Missio davantage proche du peuple de Dieu. Il s’agit d’une approche ascendante se proposant de renforcer la mission ad intra avant de s’engager dans la mission ad extra.
Que vous inspire le thème de la campagne missionnaire 2021: «Montre-moi ta foi»? Extrait de la lettre de Jacques, ce thème est très explicite quant à la nature de la foi missionnaire qui nécessite que nous posions des actes concrets qui montrent, comme le souligne le Pape François, que nous sommes tous des frères et sœurs dans la foi (Fratelli Tutti). Ce thème nous invite à rendre notre foi vivante et
vivifiante, de manière à nous soutenir mutuellement, comme les membres d’un même Corps, Celui du Christ. Le pape Jean Paul II n’a-t-il pas souligné que « la foi s’affermit lorsqu’on la donne» (Redemptoris Missio 64) ? Sans ce don de la foi, l’Église n’aurait jamais survécu au cours des siècles passés.
Le pape nous demande d’être autant sensible à l’universalité de notre Église qu’à la vocation missionnaire de chaque baptisé. Pouvez-vous suggérer des pistes pour mettre concrètement en œuvre cet appel? Lorsqu’en 2019 le pape François proclame octobre «mois missionnaire extraordinaire », il rappelle les premiers paragraphes du Décret Ad Gentes qui soulignent que l’Église est essentiellement missionnaire. Ainsi invite-t-il tous les baptisés à redynamiser leur conscience missionnaire, car on est baptisé pour être envoyé : « On n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais on la met sur le chandelier, pour qu’elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison » (Mt 5,15). Il en résulte que la clé pour répondre à l’appel du pape est de renoncer à cette vision traditionnelle qui veut que le missionnaire soit uniquement celui qui quitte son pays pour des contrées lointaines. Être missionnaire, c’est être témoin de Jésus, où qu’on se trouve. C’est pourquoi chaque baptisé est appelé, partout où il est, à coopérer spirituellement et matériellement à l’expansion et au développement de l’Église.
Y a-t-il à votre avis des différences entre les Églises belge et rwandaise quant à la perception de la mission et à l’universalité de l’Église? Fondamentalement il n’y en a pas. Nous sommes tous baptisés chrétiens, animés d’une foi missionnaire. Mais les façons dont nous répondons concrètement à cet appel diffèrent selon les cultures et contextes historiques.
Comment envisagez-vous, aujourd’hui et demain, le rôle de Missio ou des Œuvres Pontificales Missionnaires au sein de l’Église universelle? Le rôle des OPM est de faciliter la transmission de la Bonne Nouvelle en stimulant la solidarité spirituelle et financière entre les différentes Églises, car aucune communauté chrétienne ne se suffit à elle-même. Pour bien accomplir cette tâche Missio devra régulièrement veiller à rester au service de l’Évangélisation, à constamment rappeler aux fidèles la dimension missionnaire de leur foi.
Un dernier mot à l’endroit de nos lecteurs? À tous nos lectrices et lecteurs, je voudrais dire un grand MERCI. Que le Seigneur fortifie en vous cette foi missionnaire et bénisse votre engagement au service de l’Annonce de la Bonne Nouvelle dans le monde entier.
Il ne s’agit pas d’inventer ou réinventer mais plutôt de réveiller la conscience missionnaire qui anime l’Église depuis ses débuts.
Notre Église est faite de sœurs et de frères, qui se doivent un soutien mutuel, comme les membres d’un seul corps.
© Hartmunt Schwarzbach
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merci Au mois de mai 2020, la Sœur Virginie TSHIBANGU, Supérieure des Servantes du Fils de Dieu de Mwene-Ditu en RDC, sollicitait Missio pour obtenir du matériel informatique en vue d’améliorer la formation des religieuses. Grâce à votre générosité, sa demande a pu être satisfaite. Nous laissons la Sœur Virginie vous exprimer, en ses propres mots, sa profonde gratitude. EMMANUEL BABISSAGANA
© Virginie Tshibangu
© Virginie Tshibangu
© Virginie Tshibangu
L’Œuvre Pontificale de la Sainte Enfance L’Œuvre Pontificale de la Sainte Enfance est l’une des quatre Œuvres Pontificales Missionnaires. Elle est fondée en 1843 par Monseigneur Auguste de Forbin-Janson, évêque de Nancy. Son intention est d’inviter les enfants à s’intéresser à la mission auprès des enfants du monde, et à apporter leur contribution à la mission par la prière et le partage. Aujourd’hui, l’Enfance Missionnaire est présente dans 180 pays. EMMANUEL BABISSAGANA
Les objectifs Les objectifs de l’Enfance missionnaire sont multiples : • Eveiller un esprit missionnaire chez les enfants • Dénoncer les causes des multiples violences subies par les enfants dans le monde • Associer l’action des enfants à celles des Églises locales et en harmonie avec les familles, les paroisses et les écoles, etc.
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• Susciter un mouvement d’enfants chrétiens se consacrant à l’aide spirituelle et matérielle d’autres enfants moins fortunés
projets L’Enfance missionnaire soutient chaque année des centaines de projets variés pour les enfants démunis à travers le monde. Nous vous en donnons ici deux exemples.
Au Bénin, dans le diocèse de Lokossa, l’Enfance missionnaire a accordé cette année un subside de 5000 EUR aux Oblates Catéchistes Petites Servantes des Pauvres. Sous la direction de Sœur Damienne Agueh, cette communauté religieuse accueille 47 enfants orphelins, abandonnés ou avec des handicaps physiques. Elle s’occupe de leur éducation et de leur réinsertion sociale, leur accordant fournitures scolaires, soins médicaux, alimentation, etc.
Les Servantes du Fils de Dieu de Mwene-Ditu vous disent MERCI ! L’acquisition de ce matériel nous permet de nous adapter aux conditions de travail dans notre monde en pleine mutation. Car les réalités de la modernité et de la mondialisation nous obligent tous à nous mettre à jour. La culture technologique et les notions d’informatique sont devenues extrêmement importantes dans notre pastorale, surtout envers les jeunes.
Entrée dans la modernité L’apprentissage avec ce matériel informatique contribuera au désenclavement mental et intellectuel de nos jeunes qui n’ont pas eu la chance d’utiliser un ordinateur dans leur parcours scolaire. C’est le cas de quelques-unes de nos jeunes filles en formation. Ces ordinateurs de Missio leur font faire un bon dans la modernité.
Une aide pour d’autres congrégations religieuses
APPEL
Les Servantes du Fils de Dieu de MweneDitu ne gardent cependant pas ce précieux don pour elles. Elles permettent également aux novices des autres Congrégations de la région de venir suivre une formation informatique en vue d’une meilleure insertion pastorale. Un plus grand nombre de nos jeunes religieuses seront ainsi désenclavées intellectuellement et pourront réaliser des travaux pratiques sur l’ordinateur qui est devenu un outil de travail indispensable.
Nous joignons nos remerciements à ceux de la sœur Virginie et lançons en même temps un appel insistant à soutenir cette action d’équipement des maisons de formation en matériel informatique. Elle est suspendue depuis 2021 pour insuffisance de ressources.
Un GRAND MERCI aux donateurs de Missio Au nom de toutes les jeunes de la maison de formation et en mon nom personnel, nous disons un GRAND MERCI à Missio Belgique de nous avoir permis d’acquérir ce bon matériel: 10 ordinateurs de bureau, 2 stabilisateurs, une imprimante et des cartouches d’encre.
Votre don est le bienvenu avec la communication « ordinateurs » : BE19 0000 0421 1012 D’avance Merci pour votre soutien. Via le lien ci-après, découvrez l’expression joyeuse de la gratitude des sœurs: www.missio.be/fr/ notre-action/action-ict
Force est malheureusement de constater que chaque année, 1/3 des projets destinés aux enfants démunis ne reçoivent pas de financements, faute de moyens. C’est pourquoi nous vous lançons une fois de plus un appel à soutenir davantage l’Enfance Missionnaire : BE19 0000 0421 1012, avec la communication : 299/001.
D’avance merci pour votre soutien.
Au Burkina Faso, dans le diocèse de Dédougou, l’Enfance Missionnaire a cette année accordé un subside de 3000 EUR à l’École Maternelle Mère Térésa. Ce subside est destiné à l’achat et l’installation de 100 chaises et tables pour enfants, 6 tables à langer, 9 tables de jeux, 6 armoires, 10 nattes, 3 tableaux pour les 3 sections de maternelle. Cette école qui accueille 60 enfants a dû fermer par manque de mobilier essentiel. Dans d’autres écoles, les enfants doivent suivre les cours pratiquement assis par terre.
Aux quatre coins du monde, des enfants se mobilisent au bénéfice d’autres enfants plus démunis, comme ici à Honkong. © Sophia Rani
MERCI Ces subsides sont le fruit de vos contributions. Au cours de l’année 2020, vous dons à l’Enfance missionnaire se sont
élevés à 248.761, 89 EUR. Au nom des milliers d’enfants qui en ont bénéficié à travers le monde, Missio vous dit UN GRAND MERCI !
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actualité
Missio en Perspective D’autres communautés chrétiennes nous aident à redécouvrir la joie de l’Évangile.
© Friedrich Stark
La place de l’Eglise dans notre société est en constante évolution. Dans un contexte marqué par la sécularisation, celle-ci se rétrécit. Ceci nécessite une adaptation de son fonctionnement et de ses structures. Cela se traduit concrètement dans ses relations avec les autres Eglises sœurs à travers le monde.
nous aident à développer une pastorale plus missionnaire ici. Elles nous envoient des missionnaires et de nombreux chrétiens venant du Sud s’installent dans notre pays. Ceci crée de multiples occasions de renforcer les liens familiaux avec ces Eglises sœurs.
MONSEIGNEUR KOEN VANHOUTTE / EVÊQUE-RÉFÉRENDAIRE DE MISSIO
Intégration de Missio dans la pastorale diocésaine
L’époque où de nombreux missionnaires partaient d’ici pour être au service d’autres continents est révolue. L’attention de la société et de l’Eglise s’est souvent portée davantage vers l’aide au développement plus que vers l’action missionnaire. Nous assistons parfois à une diminution de notre champ de vision qui a comme conséquence que les soucis de notre propre vie ecclésiale nous rendent un peu aveugles aux joies et problèmes de la grande Eglise universelle.
Missio-Belgique (Œuvres Pontificales Missionnaires) traverse pour le moment une profonde adaptation. En concertation avec les évêques de Belgique, le choix s’est porté sur une plus forte intégration de Missio dans la pastorale globale des diocèses. La fraternité avec les Eglises sœurs d’autres continents est en effet essentielle pour la vie de l’Eglise ici. Les soins mutuels, les échanges et la coopération dans le cadre de notre mission d’évangélisation enrichissent le développement des Eglises dans tous les pays. Les responsables diocésains de l’évangélisation, de la catéchèse et de l’annonce prendront désormais soin du développement des relations internationales avec ces Eglises sœurs. Et ceci dans l’esprit de
Un nouvel élan Des temps nouveaux nécessitent une nouvelle approche. Il n’est plus possible pour Missio de continuer à fonctionner comme
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elle l’a fait durant les dernières décennies. Le choix s’est porté sur une réorientation qui donnera un nouvel élan à Missio. La situation actuelle de l’Eglise nous fait rechercher de nouvelles voies d’évangélisation et nous espérons développer ainsi des liens plus forts avec les jeunes Eglises. Très souvent, elles nous apprennent la joie de l’évangile et
Le choix s’est porté sur une réorientation qui donnera un nouvel élan à Missio.
solidarité propre à Missio. La prière, l’échange et la solidarité occuperont ici une place centrale. Au niveau diocésain, ces responsables se rencontreront en même temps que la direction nationale de Missio au sein de l’Interdiocesane Commissie voor Catechese (ICC) et de la Commission interdiocésaine de la Catéchèse et du Catéchuménat (CICC).
Une petite équipe dynamique au niveau national La nouvelle approche et les rentrées financières en baisse nous font opter pour une équipe nationale restreinte à Missio. Le directeur, l’abbé Théogène Havugimana, deux collaborateurs (Catherine De Ryck et Emmanuel Babissagana) et le comptable (Willy Canneyt) assureront, en plus de la collaboration au sein de l’ICC et la CICC, la collecte des fonds et les contacts avec les Œuvres Pontificales Missionnaires à Rome. Nous souhaitons un heureux départ à cette nouvelle équipe, en collaboration croissante avec l’Interdiocesane Commissie voor Catechese (ICC) et la Commission Interdiocésaine de le Catéchèse et du Catéchuménat (CICC). Nous remercions de tout cœur les collaborateurs de Missio dont nous avons dû nous séparer. Nous leur exprimons ici notre profonde reconnaissance pour leur engagement pendant la période écoulée.
Nous prions pour que chaque chrétien.ne puisse grandir en tant qu’élève-missionnaire. Missionnaires du monde entier. Dans ce message, le pape met l’accent explicitement sur quatre caractéristiques des OPM. Tout d’abord, il leur demande de rester fidèles à leurs choix originels pour une union priante et solidaire entre toutes les Eglises particulières à l’intérieur de l’Eglise universelle. Il souligne que les OPM sont un instrument qui l’aide, en tant qu’évêque de Rome, dans son ministère au service de l’Eglise universelle. Le pape exprime également l’espoir que le travail des OPM soit fortement intégré dans la vie quotidienne de l’Eglise de chaque dio-
cèse, paroisse, mouvement et association. Enfin, François souligne à quel point les OPM peuvent contribuer à une plus grande prise de conscience de l’universalité de l’Eglise dans laquelle la diversité est reconnue au sein de l’unité que l’Esprit-Saint crée. Nous espérons fermement que le nouvel élan de Missio-Belgique servira l’Eglise, ici et ailleurs. Nous prions pour que chaque chrétien. ne puisse grandir en tant qu’élève-missionnaire. Pour cela nous mettons notre confiance en la force puissante de l’Esprit Saint.
Déménagement D’ici la fin de l’année, la nouvelle équipe de Missio déménagera du boulevard du Souverain à Auderghem pour Leuven où elle aura son siège dans le bâtiment du collège latino-américain, bâtiment qui abrite actuellement aussi les services destinés au suivi administratif de nos prêtres diocésains en mission (Fidei-donum). Les locaux disponibles sont bien adaptés aux besoins de la nouvelle équipe et ainsi le bâtiment du boulevard du Souverain recevra une autre affectation. En outre, la présence à Leuven renforcera les contacts de Missio avec le monde universitaire (KU Leuven et UC Louvain) et stimulera le développement d’un réseau international.
Dans le sillage du pape François Par la réorientation esquissée, MissioBelgique espère répondre à l’appel lancé par le pape François lors de l’Ascension en 2020 aux responsables des Œuvres Pontificales
Missio travaille à la création de chaînes de solidarité entre toutes les communautés chrétiennes à travers le monde. © Luz Adriana Villa
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colophon Rédaction Emmanuel Babissagana Ont collaboré Albert-Marie Demoitié, Catherine De Ryck, Théogène Havugimana, Virginie Tshibangu, Mgr. Koen Vanhoutte Photos Gustavo Frazao, Jean-Pol Grandmont, S. Hermann & F. Richter, IPID-SIPI, Sophia Rani, Hartmunt Schwarzbach, Friedrich Stark, StockSnap, Christina Stoppa, Virginie Tshibangu, Luz Adriana Villa Lay-out et impression Halewijn S.A. Éditeur responsable Théogène Havugimana, Bd du Souverain 199, 1160 Bruxelles Contact Bd du Souverain 199, 1160 Bruxelles, 02 679 06 30 info@missio.be, www.missio.be, www.facebook.com/MissioBelgique Numéro d’entreprise : 0410647718 Abonnements et changements d’adresse suarafr@missio.be Réactions et suggestions info@missio.be
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