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suara le journal de l’Église en mission Trimestriel » 21e année n°84 » juin - juillet - août 2021
© wavebreakmedia
Un cœur ouvert (en temps de pandémie)
Interview avec le père Raphaël Aoun
De l’espoir et de la lumière grâce à de petits projets
Heureux les cœurs déconfinés Bureau de dépôt : MassPost, Hypercentrum Turnhout | P 508033
éditorial
sommaire
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à lire
Dé-confiner les cœurs EMMANUEL BABISSAGANA
L’arrivée de l’été, combinée à la perspective d’un retour complet à «la vie normale», ont enfin de quoi redonner du sourire et de l’espoir. Espoir de pouvoir de nouveau se déplacer, voir ses proches, voyager le cœur léger, ou tout au moins allégé de nos souffrances et angoisses multiples. Occasion aussi de partager à nouveau ensemble la joie de l’Évangile, de reprendre chacun(e) son bâton de pèlerin et ses fonctions d’ambassadeur(drice) du Christ (2 Cor 5:20, Ep 6:20), pour rendre visibles et désirables la foi et les valeurs chrétiennes.
Le dé-confinement des corps va de pair avec celui des cœurs, plus que jamais appelés à s’ouvrir. Ce «dé-confinement des corps» va de pair avec celui des cœurs, appelés à s’ouvrir plus que jamais au prochain, en ces temps difficiles pour tant d’êtres humains à travers le monde. «Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir» (Act. 20:35), nous dit à ce propos le Seigneur. C’est pourquoi tout au long de la campagne qui s’achève, nous vous avons invités à ouvrir vos cœurs notamment aux orphelins du Liberia, afin que leur vie ne demeure confinée dans la misère et le désespoir. En vous remerciant pour votre fidèle générosité, nous vous souhaitons un été ensoleillé et réconfortant. Puisse l’Esprit Saint affermir le dé-confinement de nos cœurs, et nous faire davantage entrer dans la joie du Ressuscité.
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Lorsque l’attitude missionnaire est profondément enracinée en nous, alors elle transparaît dans tout ce que nous faisons. C’est par nos actes, nos manières de vivre notre foi que nous montrons l’exemple, que nous sommes missionnaires.
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En effet, grâce à Missio Belgique et à ses donateurs, notre séminaire peut enfin avoir accès au monde, après 29 ans d’isolation, depuis sa création.
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Nous devons trouver de nouvelles façons d’exprimer en paroles et surtout en actes notre foi, de manière à ce qu’elle parle à nouveau au monde et suscite davantage l’adhésion des non-croyants.
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également dans ce numéro Projet | Soutenez aujourd’hui les prêtres de demain Merci | Des ordinateurs pour les maisons de formation en Afrique Solidarité | Un appel extraordinaire à la solidarité avec l’Église de l’Inde Engagement | Le volontariat au service d’un rêve
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Nous vous souhaitons un été chaleureux Quelle double bonne nouvelle de voir l’arrivée de l’été coïncider avec le recouvrement de nos libertés habituelles! Moment de joie, de retrouvailles familiales et amicales, moment de vacances aussi pour ceux qui le pourront. Nous vous souhaitons de profiter chaleureusement de ces moments, tout en restant en communion avec les millions d’autres chrétiens qui, à travers le monde, ont besoin de notre solidarité. Nous restons toujours disponibles pour toute question ou suggestion quant à la manière de manifester votre solidarité.
un cœur ouvert
Des cœurs ouverts en temps de pandémie à Mwene-Ditu (RDC) Les temps de crise sont propices à l’apprentissage collectif.
© Jos Verhoogen
Il y a deux ans seulement que la terreur de la rébellion Kamwena Nsapu a cessé d’endeuiller la région de Mwene-Ditu, en RDC. Alors que les populations essayaient encore de panser les nombreuses plaies sociales et personnelles (orphelins, pauvreté, exode rural, etc.) laissées par cette rébellion, la pandémie de Covid-19 est apparue, ajoutant son lot de souffrances à celles déjà existantes. VIRGINIE TSHIBANGU / SERVANTE DU FILS DE DIEU, DIOCÈSE DE LUIZA EN RD CONGO
Hospitalité et solidarité alimentaire De nombreuses familles ont dû subir un énième exode, pour se retrancher dans des zones plus reculées en milieu rural, afin d’éviter au maximum tout contact avec les personnes venant des centres urbains, celles-ci étant réputées être des agents de propagation du coronavirus. Cet exode forcé n’a toutefois été possible que grâce à la solidarité des villageois riverains, qui ont prêté des portions de terre aux populations déplacées, pour le logement et l’agriculture vivrière. Cette solidarité a permis d’atténuer les effets néfastes du confinement, notamment la hausse des prix des produits
d’importation ou en provenance d’autres contrées, devenus rares du fait de l’interdiction des déplacements. Cette solidarité forte par temps de pandémie a même conduit à une hausse de la production locale, et en conséquence à la baisse du prix du maïs, l’un des deux aliments de base dans la région avec le manioc, dont la tonne a connu une chute historique depuis 10 ans, passant de
1 à 0,7 dollars. Cette baisse des prix a permis de diminuer de manière significative le nombre de malnutris dans la région.
Solidarité sanitaire Les populations doivent toutefois surmonter d’autres défis, notamment le problème sanitaire aggravé par la pandémie de Covid-19. La prévention et la prise en charge des maladies demeurent en effet un souci majeur. Dans toutes les structures de santé de notre diocèse, il n’existe aucun moyen de dépistage du coronavirus. Le manque de médicaments est criant, tandis que l’accès aux soins demeure un rêve pour beaucoup de personnes. Pour se «protéger» de ce terrible virus, la pratique d’une grande solidarité et le partage des recettes de grands-mères connaissent un énorme succès: chaque personne se soucie de la santé de son prochain. 4
Cet exode forcé n’a toutefois été possible que grâce à la solidarité des villageois riverains, qui ont prêté des portions de terre aux populations déplacées… 3
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rapidement de bouche-à-oreille, à tel point que la famille d’accueil du nouveau venu était tout aussi marginalisée.
Cette chaleur légendaire des Africain(e)s a pris un coup avec les mesures barrières, mais elle continue d’animer les cœurs. © UN Women
La grande solidarité et l’ouverture de cœur dont nous avons fait preuve en cette période de pandémie doivent être maintenues et mieux organisées, surtout en ce qui concerne la prise en charge des jeunes. Solidarité spirituelle Du point de vue spirituel, la panique ambiante n’a pas empêché les prêtres de la région de s’organiser pour que nous ayons la messe quotidienne dans les couvents des religieuses, malgré les interdictions en vigueur. Nous avons également vécu des moments d’intenses rencontres, de compassion et de proximité par la prière avec les souffrants et les familles des victimes de la pandémie, autant en RDC que dans le monde. Nous nous sommes senties très proches de l’Europe, car nous recevions régulièrement des nouvelles alarmantes qui suscitaient prière et compassion. C’est dans cet esprit de compassion et de charité que l’hostie était portée à certaines personnes chez elles, que les paroisses organisaient
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également la distribution de vivres pour les plus démunis, et que les propriétaires renoncèrent à expulser les locataires, sur toute l’étendue du territoire congolais. L’accompagnement des personnes éprouvées par la perte d’un proche s’est aussi accentuée, conformément à la culture locale, rendant très souvent difficile le respect des mesures barrières.
Solidaires mais prudents Cet élan de solidarité multiforme s’accompagnait toutefois d’une grande prudence. C’est ainsi que nos villageois ne pouvaient tolérer la présence d’une nouvelle personne dans leur communauté de vie de peur d’être contaminés. Lorsqu’un nouveau visage apparaissait dans une famille, la nouvelle allait
Par souci de prudence, les parents durent également accepter la fermeture des écoles, et s’organiser tant bien que mal pour occuper leurs enfants. C’était assez pénible de voir ces enfants demander à passer juste devant leurs écoles, pour les revoir. Les grands enfants quant à eux ont, pour la plupart, aidé leurs parents à s’occuper de leurs jeunes frères, ainsi que pour les travaux champêtres.
Des leçons pour l’avenir Nous avons beaucoup appris de cette pandémie, tant sur le plan personnel que collectif: l’objectivité, la solidarité, l’attention aux plus vulnérables, la prudence, la productivité, etc. Mais surtout, nous avons appris ou réappris, de manière très concrète, une grande leçon de vie, une sagesse à transmettre: l’avenir ne nous appartient pas, d’un jour à l’autre, tout peut basculer, d’où l’importance, pour nous les croyants, de nous en remettre quotidiennement à Dieu. D’autre part, la fermeture des écoles a entraîné l’oisiveté et le dévoiement d’un nombre important de jeunes garçons et filles. L’on a ainsi enregistré une augmentation des mariages précoces pour ces dernières, tandis que nombre de jeunes garçons ont cédé au plaisir de gagner un peu d’argent dans de petits boulots ou commerces, et ont ainsi renoncé à l’école. C’est pourquoi la grande solidarité et l’ouverture de cœur dont nous avons fait preuve en cette période de pandémie doivent être maintenues et mieux organisées, surtout en ce qui concerne la prise en charge des jeunes.
projet
Soutenez aujourd’hui les prêtres de demain Grâce à vos contributions, Missio essaie chaque année d’accorder un subside de 500 EUR pour chaque séminariste en formation dans les pays ayant des difficultés économiques, notamment en Afrique et en Asie. Nous vous en remercions vivement. Malheureusement, la diminution des dons ne nous permet plus d’apporter ce soutien à tous les séminaristes, alors même que la demande est de plus en plus forte. En témoignent les propos du séminariste tanzanien Innocent que nous avons choisi de vous présenter. Comme des milliers d’autres, il sollicite votre accompagnement spirituel et matériel, que nous pouvons organiser sous la forme d’un parrainage, si vous le souhaitez. EMMANUEL BABISSAGANA
L’Église de demain se construit aujourd’hui. Merci de soutenir la formation de ceux qui se préparent à lui consacrer toute leur vie. Faites un don à Missio: BE19 0000 0421 1012, avec en communication (Formations – Suara). Vous pourrez également entretenir une correspondance avec le ou les séminaristes que vous soutiendrez. D’avance Merci pour votre soutien.
Je m’appelle Alpha Omega Innocent, et suis le dernier né d’une famille de sept enfa nts, dont quatre garçon s et trois filles. M es parents, Nicodem Innocent et Innoce nsia Luogha, sont des paysans. C’est av ec leurs modestes revenus qu’ils essaient d’as surer l’éducation de leurs enfants. Après avoir ache vé mes études se condaires en 20 enchaîner des pe 10, j’a i dû tits boulots, afin de gagner un peu d’ été employé au S argent. J’ai ains t. Mary’s Internat i ional College (Col Ste. Marie) jusqu’ lège internationa en 2016. C’est l au cours de cette ressenti l’appel du année que j’a i Seigneur à deveni r prêtre. Après de prière, j’a i décidé s mois de de frapper à la po rte du séminaire, en 2017. J’ai ai où j’a i été admis nsi été envoyé au St. Anthony of P Major Sem inary adua Ntungamo (Grand Sém inaire St. Antoine de P pour y suivre de ad s études de spiri oue à Ntungamo) tualité et de philo 2020. C’est au sophie, jusqu’en terme de cette fo rmation que j’a i Senior Sem inar rejoint le St Pau y Kipalapala – Ta l’s bora (Séminaire de Kipalapala, da majeur Saint Pau ns le diocèse de l Tabora), où je su seconde partie de is actuellement la ma formation, en théologie. Avec la grâce de Dieu, c’est en 2 025 que je devr formation. Je vo ais y achever ce udra is vraiment de tte venir un prêtre au de son peuple. C service de Dieu ’est pourquoi je so et llicite très sincèr matériel et spiritu ement votre sout el tout au long de ie n mon parcours. C surmonter des di ar j’aurai certes fficultés financièr à es au regard du disposent mes pa peu de moyens do rents et mon dioc nt èse; mais il y au aussi des épreuv ra certainement es spirituelles. Je vous remercie vraiment d’avance pour votre soutie et vous assure de n mes prières quot idiennes. Le Sém inariste A lpha Omega Inno cent 5
une vie, une mission
Entretien avec le père Raphaël Aoun L’église maronite Notre-Dame du Liban, avec en toile de fond la capitale Beyrouth.
© Em Campos
En tant que famille universelle, l’Église catholique est composée de membres vivant aux quatre coins du monde. L’Église catholique romaine regroupe certes la plus grande partie de ces membres, mais elle vit sa foi en communion avec d’autres communautés catholiques à travers le monde. Le père Raphaël Aoun, originaire du Liban et aujourd’hui prêtre à Mont-Saint-Guibert dans le Brabant wallon, en est une illustration vivante. Nous le remercions d’avoir accepté d’en parler avec Missio. TOM LUYPAERTS
Le père Aoun appartient à l’Église maronite qui a ses origines en Syrie. Comment l’Église maronite est-elle née? L’Église maronite remonte à un groupe de laïcs et de moines de la vallée de l’Oronte, près d’Apamée en Syrie. Ils ont suivi Saint-Maron de Beit, un moine chrétien du IVe-Ve siècle après J.-C. Saint-Maron a en effet joué un rôle important dans la christianisation de la Syrie et du Liban, mon pays natal. Plus tard, il s’est retiré dans les monts Taurus près d’Antioche; mais de là aussi, il a continué à inspirer beaucoup de fidèles. Les discussions sur la nature
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Je laisse l’Évangile me guider dans ce que je dis et ce que je fais. C’est la mission de chaque chrétien. du Christ nous ont jadis éloignés de l’Église catholique romaine. Mais depuis le XIIe siècle, nos Églises sont officiellement réunies. Et aujourd’hui, c’est le cardinal Béchara Boutros Raï, patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, qui dirige notre communauté.
Au sein de l’Église maronite, vous êtes de l’Ordre Antonin. Pouvez-vous nous en dire plus? Notre Ordre est né au début du XVIIIe siècle, grâce à Mgr. Gabriel de Blaouza alors évêque d’Alep, qui a fondé une communauté monastique autour de l’héritage d’Antonin en Égypte. Antonin avait en effet décidé de laisser tomber toutes ses richesses pour se retirer au désert. Il est le premier moine à avoir été suivi par de nombreux adeptes; à ce titre, il est considéré comme le père de la vie monastique. Plusieurs ordres religieux du Moyen-Orient se fondent sur ses règles de vie. D’autre part, l’Ordre Antonin-maronite est très proche de Jésus lui-même. En effet, à travers l’araméen, notre langue, qui était aussi celle de Jésus, on se sent particulièrement et directement proche de Lui. Même des personnes qui ne connaissent pas cette langue sont également touchées quand elles m’entendent prier en araméen. C’est pourquoi dans ma paroisse, on me demande régulièrement de prier ou de chanter en araméen pendant les célébrations eucharistiques.
Amener de nouveaux disciples à Jésus, c’est une mission? «Mission» est un mot lourd de significations. Quoi qu’il en soit, toute ma vie est placée sous le signe de l’Évangile. Je laisse l’Évangile me guider dans ce que je dis et ce que je fais. C’est la mission de chaque chrétien. C’est pourquoi je me réjouis du changement récemment apporté au sens de la mission. Dans le passé, on a mis l’accent de manière quasiment exclusive sur le fait d’aller dans des contrées lointaines annoncer la Bonne Nouvelle. Du coup très peu de croyant.e.s se sentaient concerné.e.s par la mission. En outre, la mission s’apparentait à un projet concret, alors qu’il s’agit selon moi davantage d’une attitude fondamentale, d’une manière de vivre sa foi au quotidien.
Avez-vous encore une mission personnelle à accomplir dans la vie? Ma plus grande mission c’est de témoigner de l’Évangile. Dieu seul sait où cette mission me conduira après Rome, le Vatican, la France, le Liban et maintenant la Belgique. À travers ces expériences missionnaires, Dieu me donne l’occasion de rencontrer des personnes passionnantes, d’apprendre à tout moment, de vivre l’Évangile et de l’annoncer. C’est le fil rouge de ma vie, annoncer l’Évangile, en paroles et à travers ma manière de vivre ma foi. Cette mission me conduit parfois à mettre en œuvre des projets concrets comme des pèlerinages au Liban, ce qui favorise également de nouvelles rencontres, de nouveaux apprentissages et de nouvelles occasions de témoigner de sa foi.
Vous avez donc une bonne expérience des pèlerinages? Pas énormément, mais en 2016 déjà, mon témoignage personnel a pu convaincre un certain nombre de paroissien.ne.s d’entreprendre avec moi un pèlerinage au Liban. Leur satisfaction a été si grande qu’en 2019, nous y sommes retournés avec un groupe de 40 personnes. J’espère vraiment qu’après la victoire contre le coronavirus, nous pourrons une fois de plus renouveler l’expérience. Comme vous le constatez, je ne suis pas seulement ambassadeur de Jésus, mais aussi parfois ambassadeur du Liban. J’invite tout le monde à découvrir ce beau pays, à proximité de l’épicentre des lieux où Jésus a vécu.
Pouvez-vous expliquer davantage? Lorsque l’attitude missionnaire est profondément enracinée en nous, alors elle transparaît dans tout ce que nous faisons. C’est par nos actes, nos manières de vivre notre foi que nous montrons l’exemple, que nous sommes missionnaires. Je constate que les jeunes en particulier ont besoin de tels exemples. C’est pourquoi j’essaie d’attirer leur attention sur le type de relations à avoir, et de modèles à suivre tout au long de leur vie. Nous avons naturellement des relations avec nous-même et avec d’autres, mais la relation avec Dieu mérite aussi toute notre attention. Plus largement, j’ajouterai aussi la relation avec la nature, avec la création, car elle s’inscrit dans le cadre de notre relation avec Dieu. Comment pouvez-vous en effet témoigner de l’amour de Dieu quand vous ne prenez pas soin de sa création, quand vous la négligez? Vous souhaitez visiblement inviter les gens à réfléchir... Il est effectivement important d’encourager les gens à réfléchir. Ce n’est qu’ainsi qu’ils pourront découvrir et nourrir leur être profond. Nous ne devons pas tout considérer comme acquis ou allant de soi. C’est pourquoi je suis si fan de puzzles et de jeux de mots. Ce sont des défis qui permettent aux gens d’approfondir leur réflexion et de se dépasser. En outre, lorsque vous insérez des jeux de mots dans vos propos ou discours, vous captivez encore plus l’attention de vos auditeurs ou interlocuteurs.
Saint-Maron de Beit, représenté ici sur une sculpture russe.
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Des ordinateurs pour les maisons de formation en Afrique Depuis 2008, en collaboration avec notre Secrétariat international à Rome, Missio Belgique a entrepris d’équiper en matériel informatique les maisons de formation en Afrique. Des milliers d’ordinateurs ont été envoyés depuis lors à différents séminaires, afin qu’ils soient également connectés à l’Église universelle et améliorent la formation des futurs serviteurs et missionnaires de notre Église. Ce programme est malheureusement suspendu depuis cette année, faute de moyens. Nous comptons vraiment sur votre générosité pour le relancer dès que possible, car son importance n’est plus à démontrer, comme le relève ici l’abbé José FERA MASIYA, recteur du Séminaire Propédeutique d’Idiofa. EMMANUEL BABISSAGANA
Quelle joie pour le Séminaire Propédeutique St MUKASA/MWILAMBONGO du Diocèse d’Idiofa en République Démocratique du Congo, d’accuser réception d’un kit de matériel informatique pouvant nous permettre de nous ouvrir au monde!
La fin de l’isolement En effet, grâce à Missio Belgique et à ses donateurs, notre séminaire peut enfin avoir accès au monde, après 29 ans d’isolement, depuis sa création. Désormais le cours d’informatique, qui n’était que théorique, peut
aujourd’hui trouver une assise pratique grâce à ce kit dont nous avons été bénéficiaires. Inutile de rappeler qu’en ce siècle où l’informatique joue un rôle de grande importance dans les recherches scientifiques, l’administration et la communication, ces outils servi-
De l’espoir et de la lumière grâce à
Merci pour votre fidèle soutien! Votre solidarité est indispensable. Vous pouvez faire votre don sur le compte de Missio: BE19 0000 0421 1012 ou en ligne: www.missio.be 8 84
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Votre soutien est précieux et vital pour de nombreuses communautés chrétiennes à travers le monde. Il permet de les soutenir quelques fois pour de grands projets tels que la construction des églises ou des écoles. Mais plus souvent, c’est à travers le financement de petits projets que votre soutien fait la différence, apporte de la lumière et de l’espoir à ces communautés, et rend ainsi concret et visible l’amour de Dieu. CATHERINE DE RYCK © Charbel Daoud
ront à améliorer substantiellement la formation des futurs prêtres.
Pour un meilleur apprentissage Loin de nous l’idée de minimiser l’acquis déjà réceptionné, par rapport au nombre des séminaristes, nous aurions cependant bien voulu que chaque séminariste, sur les 25 présents, ait en face de lui, un ordinateur afin de favoriser un apprentissage rapide et plus efficace. D’autre part, pour mettre en marche la salle informatique, certains outils demeurent encore de grande importance. Il s’agit notamment des panneaux solaires, des batteries, des fils conducteurs, convertisseurs, des ampoules, etc.
Remerciements C’est avec ovations et acclamations que les séminaristes ont accueilli cette offre inattendue. Que nos bienfaitrices et bienfaiteurs qui nous lisent à travers ce trimestriel Suara soient honorablement remercié.e.s et assuré.e.s de nos prières quotidiennes.
© EIFL
Notre programme d’équipement des séminaires africains en matériel informatique a dû être suspendu cette année, faute de moyens. Nous comptons sur votre solidarité pour le relancer dès que possible. Merci de faire votre don à cet effet: BE19 0000 0421 1012 (avec en communication ICT-Suara)
de petits projets À travers le monde, de nombreux religieux et religieuses, ainsi que des laïcs engagés travaillent à rendre toujours plus visible cet amour de Dieu. Leur mission est d'être proche des gens, même dans les circonstances les plus difficiles.
Joie et espoir Jadis relativement prospère et modèle de cohabitation pacifique entre différents groupes humains et religieux, le Liban est depuis quelques années le théâtre de crises économiques et sociales à répétition. La vie des communautés chrétiennes en pâtit également. C’est notamment le cas de la paroisse Saint-Joseph de Beyrouth, qui n’a pu acquérir des instruments de musique pour la chorale que grâce à votre soutien. Les jeunes de la paroisse peuvent ainsi désormais célé-
brer leur foi dans la joie et porter autour d’eux l’espoir de lendemains meilleurs.
Lire et écrire En République Démocratique du Congo, la situation des personnes les plus vulnérables demeure préoccupante, surtout à Mikondo, un quartier pauvre de la capitale Kinshasa. La sœur Véronique Hernandez et ses compagnons se mobilisent quotidiennement en faveur de ces personnes, en particulier les orphelins. Ils les accueillent, leur fournissent de quoi se nourrir, et leur apprennent également à lire et à écrire. En raison de la crise liée au coronavirus, les sœurs n’ont pu financer ces soins par leurs propres moyens. Une fois de plus, votre solidarité a été salutaire, grâce à un financement de 3000 EUR qui leur a été accordé.
Votre soutien nous aide également à rompre l’isolement de bon nombre de personnes. Un isolement endémique souvent dû aux difficiles conditions de mobilité, et relativement accentué par les mesures barrières. Notre action en faveur des moyens de transport contribue à y remédier. Dans le diocèse de Gikongoro au Rwanda par exemple, les prêtres de la paroisse de Masagara ont reçu une moto grâce au soutien de Missio Belgique. Aujourd’hui, les prêtres peuvent ainsi visiter et assister des paroissien.nes dans des villages reculés. Au Cameroun, une communauté de religieuses a également reçu une moto. Désormais, les sœurs peuvent se réunir avec des fidèles, visiter des malades, s’occuper de la catéchèse et défendre les droits des femmes dans les zones les plus reculées.
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appel extraordinaire
Solidarité par temps de pandémie La pandémie de la Covid-19 demeure un défi pour le monde. Certes quelques pays pour la plupart développés sont en train de la surmonter grâce à la vaccination tous azimuts. Mais pour la majeure partie des pays du monde, ces vaccins sont encore relativement inaccessibles, alors même que certains d’entre eux connaissent un dramatique regain de la pandémie avec l’apparition de variants locaux. CATHERINE DE RYCK
C’est notamment le cas de l’Inde, surtout dans ses régions septentrionales. La deuxième vague, entraînée par l’apparition d’un variant indien, est en effet terriblement mortelle, comparée à la première. Les populations sont aujourd’hui pour la plupart plongées dans le désarroi et le désespoir.
Des files d’attente Cette crise a de nombreux visages. Outre le caractère mortel du virus, s’ajoutent ou se révèlent d’autres problèmes qui aggravent la situation, notamment l’insuffisance ou l’absence d’infrastructures sanitaires et de matériel médical. Ainsi par exemple, le ratio
SOYONS LES BONS SAMARITAINS, LES UNS POUR LES AUTRES Porter assistance aux victimes de cette crise, suivant l’exemple du bon Samaritain, a un coût que l’Église ne peut assumer que grâce à vos contributions. Nous vous remercions par conséquent d’effectuer votre don à Missio: BE19 0000 0421 1012, avec en communication “INDE”, ou en ligne: www.missio.be. D’avance Merci.
L'Église locale aide autant que possible à limiter la propagation du virus et à soulager les personnes en difficulté. © Trinity Care Foundation
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aujourd’hui en Inde est de quatre patients en danger de mort pour un seul lit d’hôpital disponible, ce qui allonge dramatiquement les files d’attente. L’Inde compte sur notre solidarité pour y remédier.
Être proche des victimes Dans ces circonstances exceptionnellement difficiles, l’Église s’efforce plus que jamais d’accomplir sa mission: rendre l’amour de Dieu tangible. Les écoles catholiques sont ainsi transformées en centres de santé, ce qui permet de disposer de lits supplémentaires. Les communautés religieuses s’emploient également à distribuer des denrées
alimentaires aux familles les plus pauvres et offrent un toit aux personnes sans abri.
L’aide psychologique Mais les besoins ne sont pas que matériels. Il y a également un besoin important de proximité humaine et d’assistance psychologique, notamment pour les personnes mises à l’isolement par les autorités publiques, parce que potentiellement porteuses du virus. Privées de visites, de nourriture et même de médicaments, ces personnes peuvent compter sur l’Église pour satisfaire ces besoins fondamentaux, et se sentir ainsi aimées par leurs semblables.
De la dignité pour chacun(e) Les communautés chrétiennes locales s’organisent en outre pour apporter un soutien et un accompagnement aux familles des défunts, ainsi qu’au personnel hospitalier. Elles permettent également à chaque personne décédée d’avoir des funérailles dignes, quelle que soit sa religion ou sa caste. Le virus ne fait pas de distinction entre les êtres humains, la solidarité de l’Église non plus.
engagement
Le volontariat au service d’un rêve L’on estime à environ 20% le nombre de Belges de plus de 15 ans qui s’engagent comme bénévoles. Le travail quotidien de Missio ne serait en effet pas possible sans ces bénévoles qui contribuent à la sensibilisation missionnaire et nous soutiennent dans le travail administratif. La fidélité de certains d’entre eux traverse les âges. C’est notamment le cas de Pierre Van den Bossche, l’actuel Président de l’Organe d’Administration de Missio, qui a accepté de répondre à nos questions. CATHERINE DE RYCK
Comme jadis avec les disciples d’Emmaüs, Jésus éclaire pour nous les chemins de la foi et le sens des Écritures. © Leif Rogers
Quand et comment êtes-vous arrivé à Missio? Il y a déjà vingt ans que je me suis rendu pour la première fois au secrétariat national de Missio, à l’invitation d’une bonne connaissance. Elle sollicitait mes compétences de juriste pour assurer le bon suivi des dossiers de legs, par lesquels des personnes donnent une partie de leur héritage à Missio, par testament. C’était pour moi une opportunité de réaliser un rêve.
Comment se traduit cette vocation dans nos sociétés aujourd’hui? Dans le contexte contemporain où les chrétiens sont minoritaires, des adaptations sont inévitablement nécessaires pour réaliser notre vocation. La situation de minorité dans laquelle nous sommes ne saurait justifier l’inaction, bien au contraire. Nous devons trouver de nouvelles façons d’exprimer en paroles et surtout en actes notre foi, de manière à ce qu’elle parle à nouveau au monde et suscite davantage l’adhésion des non-croyants. L’archevêque De Kesel nous rappelle à ce propos que comme Église, “nous devons continuer à chanter, fût-ce à voix un peu moins forte”.
Quel est ce rêve? C’est de m’engager pour la construction du Royaume de Dieu. Plus qu’un rêve qui remonte à mon jeune âge, cet engagement est une vocation, celle de chaque baptisé(e). Nous sommes en effet tous appelés à être le sel de la terre et la lumière du monde; et chacun(e) réalise cette vocation selon ses compétences et ses charismes (Matthieu 25:15).
Cette perception est-elle partagée dans toute l’Église? Toute l’Église a une seule et même mission: proclamer l’Évangile, aimer Dieu et son prochain. Le rôle de Missio c’est précisément d’aider chaque communauté chrétienne à vivre et à bénéficier de cet amour. C’est la raison d’être de notre fonds de solidarité universelle, initié par une de nos fondatrices il y
Pierre souffle ses quatre-vingts bougies l’automne prochain. À peine sa vie professionnelle achevée, il s’est rapidement engagé dans le bénévolat, et notamment à Missio.
déjà deux siècles, la Française Pauline Jaricot. Toutefois, si nous partageons la même mission, il n’existe cependant pas de modèle missionnaire unique, chaque communauté ayant ses spécificités. L’évangéliste Luc dit à ce propos que les premiers chrétiens ont entendu la Bonne Nouvelle dans leurs langues respectives (Actes 2:6). Aussi devonsnous être ouverts au fait que la mission se décline en différentes langues et cultures. Envisagez-vous l’avenir avec confiance? Absolument! Je crois que Jésus est présent en nous et nous parle de différentes manières. Nous sommes en réalité comme les disciples d’Emmaüs (Luc 14:13-35). Souvent notre incrédulité nous fait tourner le dos à Jérusalem, au message du Seigneur. Mais très vite surgit le Ressuscité pour nous faire revenir dans le droit chemin. Un chemin que nous sommes appelés à parcourir non pas seuls, mais avec la communauté des croyants qui partagent nos fragilités, afin de nous soutenir mutuellement, avec la grâce du Saint-Esprit.
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colophon Rédaction Emmanuel Babissagana Ont collaboré Raphaël Aoun, Catherine De Ryck, Innocent Alpha Omega, Tom Luypaerts, José Fera Masiya, Virginie Tshibangu Photos Em Campos, Charbel Daoud, EIFL, Owantana, Leif Rogers, Trinity Care Foundation, UN Women, Jos Verhoogen, wavebreakmedia Lay-out et impression Halewijn S.A. Éditeur responsable Pierre Van den Bossche, Bd du Souverain 199, 1160 Bruxelles Contact Bd du Souverain 199, 1160 Bruxelles, 02 679 06 30 info@missio.be, www.missio.be, www.facebook.com/MissioBelgique Numéro d’entreprise : 0410647718 Abonnements et changements d’adresse suarafr@missio.be Réactions et suggestions info@missio.be
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