83
suara le journal de l’Église en mission Trimestriel » 21e année n°83 » mars - avril - mai 2021
© Sukjai Photo
Pâques, l’espérance pour aujourd’hui
Bernard Keutgen, en mission à Alep
Les Bénédictines de Maredret
Invités à l’espérance Bureau de dépôt : MassPost, Hypercentrum Turnhout | P 508033
éditorial
sommaire
suara 83
dans ce numéro
Espérez, la vie en vaut la peine
Un cœur ouvert | Pâques, espérance aujourd’hui Projet | Enseignement en Inde du Sud Une vie, une mission | Bernard Keutgens Merci | Adduction d'eau au Tchad Belgique, terre de mission | Les Bénédictines de Maredret Chanteurs à l'Étoile '21
» 3-4 » 5 » 6-7 » 8-9 » 10 » 11
ARMELLE GRIFFON
Soutenir la mission de l’Église
Voici maintenant six ans je vous retrouve avec joie tous les trimestres dans cette colonne éditoriale. Le temps est venu pour moi de passer du côté des lecteurs, mais ma mission n’est pas terminée pour autant. Pour ce dernier rendez-vous, je voudrais vous laisser un message d’espérance. Depuis mon poste d’observation de Missio, j’ai acquis la certitude que nous avons des multiples raisons d’espérer. J’ai vu comment les communautés chrétiennes locales parviennent à annoncer l’Évangile de multiples manières avec des moyens limités.
J’ai vu communautés chrétiennes annoncer l’Évangile de multiples manières. J’ai vu votre générosité à l’œuvre pour les soutenir dans leur mission. J’ai vu en Belgique les fidèles se mobiliser pour aider les réfugiés venus du MoyenOrient ou d’ailleurs. J’ai vu et je vois encore mon Église suivre un chemin de conversion en prenant conscience de ses graves manquements. Alors, bien sûr, tout n’est pas parfait. Mais, nous le croyons, notre foi en Jésus-Christ peut nous aider à transporter des montagnes. Car j’ai vu, et vous verrez dans ce numéro, des personnes qui s’engagent au nom de leur foi pour rendre le monde meilleur. L’espérance que nous offre en ce temps pascal la victoire de Jésus sur la mort et sur le mal, est le moteur de tout ces engagements. Ne baissons jamais les bras, ne disons jamais « à quoi bon », car c’est la somme de nos petites initiatives qui changera le monde. Belle et sainte fête de Pâques à tous et à toutes.
2
suara
83
Pourquoi-pas un legs ?
© Pixabay-roeuny
En inscrivant dans votre testament un legs au profit de Missio, vous continuerez à soutenir l’action des communautés catholiques dans le monde. Ce testament peut être manuscrit (écrit de votre propre main, daté et signé par vous) ou fait devant notaire.
Comment procéder ? Que puis-je léguer ? Nous sommes à votre disposition sur toute question que vous pourriez vous poser à ce sujet.
Renseignez-vous-vous auprès de votre notaire ou contactez- nous : legs@missio.be ou 02 679 06 37
Joyeuses Pâques ! « Forte du pouvoir du Ressuscité, l’Église veut enfanter un monde nouveau où nous serons tous frères. » (Encycl. Fratelli tutti, 278)
Joyeuses fêtes de Pâques ! Que le Christ fasse de nous les moteurs d’une vie nouvelle et fraternelle.
© Thoom
un cœur ouvert
Pâques, espérance pour aujourd’hui La résurrection, une ère nouvelle pour les chrétiens et l’humanité.
© Jacob_09
Depuis deux millénaires, le carême est pour les chrétiens du monde entier une occasion de méditation et de conversion en vue d’accueillir la nouveauté inaltérable du mystère pascal. Aujourd’hui, plus de deux milliards de chrétiens de par le monde vivent ce temps de préparation, chacun selon sa culture. Ils prennent conscience de leur fragilité devant les tentations quotidiennes et de leurs difficultés à répondre à l’amour de Dieu, offert à tous les hommes par la mort et la résurrection de Jésus, son fils et notre frère en humanité. L’abbé Mathieu Nana nous livre ici une réflexion sur la profondeur de cet événement fondateur. ABBÉ MATHIEU NANA / PÈRE SPIRITUEL AU GRAND SÉMINAIRE ST PAUL VI DE BAFOUSSAM (CAMEROUN)
« Pourquoi cherchez- vous le vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, Il est ressuscité » (Lc 24, 5-6). La passion, la mort et la résurrection du Christ qu’on appelle mystère pascal est le fondement de la foi chrétienne. Cet événement unique et singulier marque le début d’une nouvelle ère pour les Chrétiens et pour l’humanité. Si le Christ n’est pas ressuscité, dit saint Paul, vaine alors est notre foi (1 Cor 15,14). Pâques cristallise l’amour sans mesure d’un Dieu qui s’est engagé pour l’homme jusqu’à la mort, et la mort sur la croix, portant ainsi la nature humaine à la gloire divine.
Pâques, c’est l’amour sans mesure d’un Dieu engagé pour l’homme. Pâques, victoire de l’amour Pâques signifie la victoire de la vie sur la mort, de la vérité sur le mensonge, de la lumière sur les ténèbres, et surtout de l’amour sur la haine et l’indifférence. Pâques est donc la fête de l’amour dans ses deux dimensions : l’amour de Dieu et l’amour du prochain. L’amour du
Christ qui m’a racheté et qui a racheté mon frère/ma sœur me pousse à prendre soin de lui/d’elle. Prendre soin, ouvrir son cœur, c’est la racine du mot charité. La résurrection du Christ est ainsi la source, le centre et le sommet de la charité chrétienne. C’est dans le don total du Christ à son père et aux hommes, que couronne la résurrection, que nous pouvons mieux comprendre les paraboles du bon Samaritain et du jugement dernier, car l’amour est don. Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus n’avaitelle pas souligné qu’aimer c’est tout donner et se donner soi-même ? 4
3
un cœur ouvert Qu’as-tu fait de ton frère ?
Prendre soin des autres
Dans la parabole du jugement dernier (Mt 25), il est demandé à chaque chrétien de prendre soin de son prochain, de lui ouvrir son cœur. Devant la mondialisation de l’indifférence et de la culture du déchet, selon les propres termes du Pape François, la voix du Christ résonne encore pour nous interpeller en cette période de la pandémie de Covid-19 « Qu’as-tu fait de ton frère ? ». Car chaque fois que vous l’avez fait (entendez chaque fois que vous avez ouvert votre cœur) à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25,40).
Auparavant à la Cène, le Christ lui-même a montré l’exemple : « ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’au bout » (Jn 13, 1-15). Le geste du lavement des pieds nous invite à dépasser la « culture du déchet » pour une civilisation de l’amour où chaque chrétien, chaque Homme est appelé à prendre soin de son frère. Nous devenons plus dignes, plus humains, plus chrétiens donc divins chaque fois que nous ouvrons largement notre cœur à l’humanité blessée par tant de maux. Le cœur représente le siège de la personnalité, le centre des affects et des émotions ; le cœur c’est l’être de la personne tout entière d’où l’expression courante : Il a un bon cœur.
Le Christ nous presse de le suivre pour inventer de nouvelles solidarités.
Inventer de nouvelles solidarités Irradié de la lumière de la résurrection, ouvrir son cœur, prendre soin de son prochain n’est plus un acte facultatif, aléatoire ; c’est un
mandat du Christ Lui-même. Il nous presse de Le suivre pour vaincre l’égoïsme, pour dompter la fermeture sur soi, pour abattre la mort en inventant de nouvelles solidarités. À voir la grande misère du monde avec son lot innombrable de problèmes, on pourrait se décourager en disant : « ma participation est une goutte d’eau dans la mer, elle ne vaut pas grand-chose ». Mais Mère Teresa nous assurait que sans cette goutte d’eau, la mer ne serait pas la mer. Le chrétien transfiguré par la résurrection « ne se laisse pas porter passivement par sa fatigue, par les éléments du monde, par les forces de la nature, mais au contraire introduit dans tout cela les énergies de l’Esprit Saint afin que son être tout entier respire de la présence du Christ et la communique aux autres »[1]
[1] Zundel M. , Pour toi, qui suis-je ? Paris, Le Sarment, 2003, p. 293.
Semaine sainte au Kerala Le Kerala, à la pointe sud-est de l’Inde, est une terre d’ancienne tradition chrétienne. On raconte que l’apôtre Thomas en personne est venu y proclamer l’Évangile. L’Église catholique de rite syromalabar témoigne, dans les célébrations de la Passion et la Résurrection, de l’attachement à cette foi profondément enracinée dans la culture locale et imprégnée de tradition judéo-chrétienne. Le dimanche des Rameaux : les fidèles se rendent en pèlerinage à l’église Marth-Mariam de Kuravilangad où aurait eu lieu la première apparition de la vierge Marie après l’Assomption. Le Jeudi Saint : dans le familles et les quartiers on partage avec la famille et les voisins le pesaha* appam, un pain azyme à base de farine de riz, et l’on participe à l’Eucharistie commémorant la dernière Cène, au cours de laquelle on lave les pieds des fidèles. Le Vendredi Saint : au cours de ce jour de jeûne, consacré à la prière et à la méditation, on se contente d’un unique repas fait d’un concombre amer et d’une boisson vinaigrée rappelant celle donnée au christ en croix. Le Samedi Daint : chacun reste chez soi et nettoie sa maison de fond encomble pour montrer qu’on est prêt à y accueillir Jésus lui-même. Pâques : les célébrations commencent à 22 heures et se succèdent jusqu’au 1er dimanche de Pâques, fête de St Thomas. Dans les quartiers on fait a fête avec la famille, les amis, les voisins. L’église Marth-Mariam de Kuravilangad. © Joachim Specht
4
suara
83
* On retrouve-là le mot Hébreu Pessah, signifiant, passage, qui désigne le Pâque
projet
Un partenariat Missio- Fondation Roi Baudoin
MISEZ SUR L’AVENIR DES ENFANTS DE GUNTÛR BE19 0000 0421 1012 Communication : Projets-enfants FRB Merci de votre générosité Jeunes de l’internat de Bapatla.
© Missio
Des petites mains pour aider à la construction d’une salle de classe.
Pour annoncer l’Évangile au monde l’Église se doit de promouvoir la solidarité entre les peuples. Voilà Pourquoi Missio-Belgique soutient dans le monde entier des projets favorisant l’égalité des chances, notamment à travers l’enseignement. Car une bonne éducation est un investissement pour l’avenir des jeunes.
Bâtiments scolaires Deux projets concernent des travaux de construction : trois salles de classe pour une école dans l’un des bidonvilles autour
Accueil des enfants
Bancs d’école
Les quatre autres projets ont été soumis par des internats et des refuges dans l’est du diocèse de Guntur. Le Fonds Robert Van Compernolle-Denise Porteman leur alloue une somme totale de 10.000 € .Les enfants des familles pauvres et des orphelins y sont hébergés et nourris et reçoivent également un soutien scolaire. Les besoins dans ce domaine ont considérablement augmenté en raison de la crise de la COVID-19. Les pêcheurs de cette région côtière ne pouvaient plus exercer leur activité et les marchés étaient fermés.
Un troisième projet consiste en l’achat de 60 bancs pour une école primaire de la paroisse de Gundlapalem, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Guntûr, accueillant environ 200 enfants, des dalits pour la plupart. La Fondation Roi Baudouin a mis à notre disposition 5.800 € du Fonds Robert Van Compernolle-Denise Porteman, pour financer l’achat de ces bancs.
L’Église en Inde a bien d’autres chantiers urgents. C’est pourquoi nous continuons de compter sur votre soutien pour lui permettre de soutenir les personnes les plus démunies, et particulièrement les enfants qui représentent l’avenir du pays.
ROBERT VASTMANS
Pour soutenir de tels projets, nous ne pouvons compter que sur les dons et legs de nos bienfaiteurs. Fort heureusement, nous avons aussi reçu l’aide de la Fondation Roi Baudouin qui a soutenu en 2019 cinq projets au Tchad, grâce au Fonds Robert Van CompernolleDenise Porteman. En 2020, elle a également attribué à Missio une somme de 30.000 € pour le soutien de sept projets du diocèse de Guntûr, sur la côte est de l’Inde.
© Missio
de la ville de Guntûr (7.500 €) et un bloc sanitaire avec vingt toilettes pour un internat (6.700 €) situé sur le territoire de la paroisse Vijayapuri-sud, à l’ouest de Guntûr, non loin du barrage de Nagarjuma Sarar.
5
une vie, une mission
Bernard Keutgens, en mission à Alep, en Syrie B. Keutgens avec des jeunes, à Alep. Pour lui, sa mission est de transmettre l’amour de Dieu.
© Bernard Keutgens
Bernard Keutgens est originaire des Cantons de l’Est (Eupen). Il est en mission à Alep depuis trois ans. Dans sa jeunesse, il a été touché par les idéaux de fraternité, d’unité et de paix dans le monde. Il travaille aujourd’hui dans le domaine des soins de santé mentale. En Belgique et au Luxembourg, il s’est consacré à la prise en charge des personnes handicapées tout en étant responsable du mouvement des Focolari. Cela lui a donné l’occasion de visiter le Moyen-Orient. PROPOS RECUEILLIS PAR TOM LUYPAERTS
Curieux de découvrir la terre natale de Jésus, Bernard s’est rendu en Jordanie en 2015 et, lors d’une autre visite en 2017, il a parcouru la Syrie. Un voyage qu’il décrit comme fondamental. De ses propres yeux, il a vu ce que la guerre provoque. Cela l’a forcé à agir et à proposer au mouvement des Focolari de lancer un projet d’assistance psychologique à Alep. En 2018, il s’installe en Syrie. Bernard Keutgens étant de passage dans notre pays, Missio en a profité pour lui poser quelques questions.
6
suara
83
Nous appartenons à une grande famille qui doit s’entraider. Que signifie pour vous le mot mission ? Le mot mission doit être compris dans un contexte particulier : celui de la grande famille humaine où on doit s’entraider davantage. Pour moi, l’être humain a pour mission d’exprimer l’amour de Dieu, ce qui signifie que ma propre personne n’a pas à
être ma première préoccupation. Mon ego ne doit pas prendre le pas sur l’autre, ou sur quelque chose de plus grand que moi-même. Nous devons essayer de transcender notre petite dimension humaine. Nous sommes tous missionnaires. Notre mission est d’apprécier les autres dans leur plénitude, et c’est ce que j’essaie d’apporter et de transmettre dans toutes les relations.
Quelles sont les valeurs principales de cette mission ? Ces valeurs sont toutes au service de la paix dans le monde et du bien commun, qui peut se faire à différents niveaux. Cela peut être, par exemple, dans le domaine de l’écologie, des soins de santé, de l’éducation, ... Pour moi, cet aspect fait également partie du mot mission. Si chacun prend part à une mission qui le transcende pour servir les autres, alors nous agissons pour le bien commun et nous donnons la priorité à la paix dans le monde. Cet aspect de la mission est le contraire du souci permanent de l’épanouissement personnel, qui est purement axé sur soi.
Nous devons abandonner l’attitude du « moi d’abord » et faire passer le bien commun, et les autres, avant toute chose. C’est pour moi essentiel dans la mission de tout chrétien.
Quelle est votre mission de vie ? Je suis en chemin. Aujourd’hui, cette route m’a conduit à Alep. Où que je sois ou que j’aille, j’essaie de servir l’autre ; pour le moment, c’est à Alep. Où cette route me mènera-t-elle ? Il me faut d’abord vivre ce que j’ai à vivre en Syrie, ce qui n’est pas toujours évident. Je suis sûr queDieu a certainement un plan pour moi, mais faire des plans pour moi-même... il serait trop égocentrique de ne me préoccuper aujourd’hui que de mon avenir personnel. Nous lions parfois nos vies à des projets, mais ces projets ne nous appartiennent pas. L’essentiel est l’attitude avec laquelle nous nous y engageaons.
Je suis en chemin, où que je sois, j’essaie de servir les autres.
À quoi ressemble vos journées ? Je me lève vers six heures du matin, puis je médite pendant une demi-heure pour me préparer à cette journée qui commence vers neuf heures. Je vais en ville à pied pour visiter les personnes que j’accompagne. Au cours de ces visites, je vois beaucoup de gens dans des situations pénibles, surtout en cette période hivernale. Avant la guerre, par exemple, on ne voyait jamais des gens chercher de la nourriture dans des poubelles, mais en ce moment, c’est une réalité pour beaucoup de gens. C’est l’impression que j’ai le matin quand je termine mes visites aux personnes que je soutiens. Dans l’après-midi, je supervise un certain nombre de séances de groupe avec les familles en tant que thérapeute systémique. Et en attendant, j’essaie de trouver du temps pour me perfectionner en langue arabe. Parce que pour l’instant, je dois faire appel à un interprète pour mes visites et sessions. De plus, je m’engage à participer à un certain nombre de projets pour les jeunes ici dans la ville. Depuis quelque temps, nous n’avons que deux à trois heures d’électricité par jour. Ajoutez à cela le froid hivernal, en hiver il gèle à Alep, et le lecteur peut alors imaginer les conditions de vie de la population.
Depuis le début dela guerre en Syrie, la vile d’Alep a terriblement souffert.
Malgré tous les défis, je puise l’espoir dans ma foi. Comment garder l’espoir ? Dans la situation dramatique actuelle il est difficile pour les gens de garder l’espoir, et je dois admettre qu’il n’est pas facile pour moi non plus de leur en donner. Quand vous traversez le Liban en voiture, vous ne rencontrez que des ruines. Il est difficile de croire qu’il y avait quelque chose ici avant : tout a été détruit, mais vraiment tout. C’est la vraie mort. Ce n’est pas un film, c’est la réalité de ces dernières années. Et malgré tous ces défis, je puise l’espoir dans ma foi pour poursuivre ma mission. Je dis aux gens que Jésus pleure avec eux mais qu’il est aussi présent avec son amour ici, à Alep, dans ce lieu de ruines, dans la souffrance. Peut-être son amour est-il encore plus grand pour la souffrance du monde, parce qu’Il veut que nous reconstruisions le monde avec amour. Et Il l’a prise sur lui, mais c’est à nous de réaliser concrètement sa reconstruction.
© Willi Filz
7
merci
Adduction d’eau et pastorale au Tchad À la fin de 2019, la Fondation Roi Baudouin(FRB) a mis un budget de 30.000 €, issus du Fonds Robert Van Compernolle-Denise Porteman, à la disposition de Missio. Grâce à cette somme, Missio a pu soutenir cinq projets situés au Tchad, en Afrique subsaharienne, dans le diocèse de Sarh. ROBERT VASTMANS
Le diocèse de Sarh est situé au sud de la région du Sahel. L’une des principales préoccupations est de pouvoir mettre de l’eau à la disposition des écoliers. Grâce à une contribution de 18.000 €, des adductions d’eau potable ont été réalisées en 2020 dans dix écoles paroissiales et dans un centre de formation pastorale.
De l’eau potable pour les enfants Les 9 869 élèves et enseignants des dix écoles ont ainsi accès gratuitement à l’eau grâce aux puits et aux fontaines d’eau potable, ce qui est déjà merveilleux pour eux. Comme cette eau est propre, le risque de voir les élèves contracter des maladies a nettement diminué par rapport à l’époque où
Désormais, les élèves de l’école bénéficient d’une eau potable.
8
suara
83
© Missio
beaucoup buvaient encore de l’eau contaminée. La présence de cette eau potable fraîchement drainée motive également les parents à envoyer leurs enfants à l’école pour y suivre les cours. En outre, le diocèse a utilisé 4.000 € pour rénover trois salles de classe d’une école maternelle. L’école avait été partiellement endommagée par le déchaîne-
SOUTENEZ D’AUTRES PROJETS AU TCHAD BE19 0000 0421 1012 Communication : Projets-enfants Tchad Ou faites un legs à leur profit
ment des éléments naturels : vent, pluie et arbres tombés. Aujourd’hui, les 199 enfants d’âge préscolaire peuvent être confiés en toute sécurité aux enseignants qui les éveillent au monde et aux apprentissages
De l’eau pour le centre pastoral Un château d’eau a été construit près d’un centre de formation pastorale et de nouvelles fontaines y ont été ajoutées. Le centre est à la disposition de divers mouvements de jeunesse, tels que les scouts, ou la chorale de jeunes. Chaque année, quelque 5.000 jeunes participent aux activités du centre. Les jeunes se sont aussi engagés à apporter de l’eau à d’autres personnes qui en ont besoin et qui ont du mal à se déplacer : malades, personnes âgées. L’eau qui reste sert à l’irrigation des arbres que les jeunes ont plantés autour du centre. Plus tard d’autres enfants pourront s’abriter sous leur ombre. Une dynamique vertueuse s’est donc également créée chez les jeunes , développant un esprit de solidarité envers les personnes vulnérables et le souci pour la nature et leur milieu de vie.
Les jeunes ont été sensibilisés au souci pour leur milieu de vie. Enfin, 8.000 € ont été utilisés pour faciliter les rencontres de grands groupes d’enfants et de jeunes. Les responsables ont fait l’ac-
Les jeunes du centre pastorale ont reçu des bibles en français courant et en langue locale.
quisition de boîtes, de micros, d’un amplificateur, d’une table de mixage, d’un PC, d’un projecteur de, d’un écran et d’un piano. Cela permet à l’équipe pastorale des jeunes d’organiser des rencontres plus animées. Chaque année, cette équipe rassemble plus de 9.000 enfants et jeunes du diocèse. Une partie du budget a également été utilisée pour acheter 136 Bibles pour enfants en français courant et 50 exemplaires dans la langue locale. Cela augmente l’impact du projet d’alphabétisation au sein de la paroisse Sainte Marie de l’Annonciation de Goundi.
Les aléas de la crise sanitaire En raison de la pandémie, les travaux n’ont été achevés qu’en septembre 2020. Dans son rapport de septembre 2020, l’évêque local, Mgr Miguel Ángel Sebastián Martínez, s’est excusé pour l’absence de témoignages des enfants et des jeunes qui en sont les pemiers bénéficiaires. En effet, ils n’avaient pas pu venir à l’école depuis mars en raison des mesures de confinement qui ont également été prises au Tchad.
© Missio
Les élèves ont de l’eau potable grâce à l’aide de la Fondation Roi Baudoin. Merci ! L’évêque a tenu à remercier personnellement les personnes qui ont pris l’initiative de mettre en place un Fonds axé sur une telle solidarité avec les populations les plus faibles. Comme nous l’avons indiqué plus haut, ces cinq projets du diocèse de Sarh ont été réalisés avec le soutien du « Fonds Robert Van CompernolleDenise Porteman », géré par la Fondation Roi Baudouin. Le diocèse de Sarh les remercie de tout cœur. Toutefois, l’évêque a souligné que le Tchad a bien d’autres besoins que ceux que son diocèse a pu combler en 2020 grâce à cette contribution financière de 30.000 €. Il nous a donc encouragés à poursuivre notre action de solidarité envers des projets similaires en Afrique et au Tchad en particulier.
9
Belgique, terre de mission
Communauté religieuse multiculturelle à Maredret À quelques centaines de mètres de l’abbaye de Maredsous, l’abbaye bénédictine de Maredret abrite une communauté multinationale. Par sa présence priante au cœur de la province de Namur, l’abbaye est non seulement un lieu de ressourcement mais aussi un lieu d’évangélisation.
POUR PLUS D’INFOS SUR L’ABBAYE DE MAREDRET www.accueil-abbaye-maredret.info
ERIK DE MAEYER & ARMELLE GRIFFON
Dix-neuf bénédictines de 6 nationalités différentes vivent à Maredret. Elles viennent du Congo, de Corée, de France, de Madagascar, du Rwanda et aussi, bien sûr, de Belgique. On imagine volontiers que les moniales mènent une vie retirée loin du monde, se consacrant à la prière et au travail, selon la règle de Saint Benoît. C’est oublier que les abbayes ont dès le Moyen-Âge eu vocation à rayonner.
Prière et ouverture au monde Un petit tour sur le site internet de Maredret suffit à montrer que les sœurs sont en prise avec leurs contemporains. « Il y a d’abord, nous dit Sœur Gertrude, l’hôtellerie et
l’accueil monastique. Nous organisons des journées de prières, des retraites et accueillons des communautés. Ce sont les gens qui viennent à nous. » Mais parfois, les bénédictines sortent aussi de leur couvent ; ainsi, elles organisent tous les ans au 1er mai un pèlerinage à vélo vers Beauraing ; y participe qui veut. Les sœurs qui ne peuvent pas se joindre à l’escapade cycliste retrouvent les autres pèlerins au sanctuaire.
Des activités variées Dès sa fondation l’abbaye a eu pour mission d’embellir les textes sacrés par la calligraphie et l’enluminure. Elle a été mondialement
reconnue pour ces enluminures, qu’on trouve notamment dans plusieurs bibliothèques et musées. Quelle belle mission évangélique ! Grâce à toutes les activités qu’elle propose, l’abbaye n’attire pas seulement des croyants convaincus. Les stages de chant grégorien s’adressent bien sûr aux personnes intéressées par la liturgie mais aussi à d’autres qui y cherchent une forme d’apaisement. Les journées Hildegarde von Bingen, les ateliers d’enluminure tous les premiers mardis du mois, les week-ends de « Halte pour faire expérience de Dieu », les stages d’huiles essentielles et de jardinage, sont ouverts à tous. D’autres ateliers, céramique et tissage, se déroulent en clôture pour les moniales. Tout cela fait vivre l’abbaye, de même que le verger - dont les pommes sont pressées pour en vendre le jus - la confiture, le potager ou le jardin des plantes médicinales, la ferme.
Missionnaires sans en avoir l’air
La communauté des bénédictines de Maredret.
10
suara
83
© Missio
Tous ces échanges donnent du souffle à la communauté. Pour sœur Agnès, prier pour le monde entier est déjà une mission évangélique. Les personnes qui séjournent à l’abbaye demandent parfois des éclaircissements sur la bible et il leur est proposé de participer à un partage d’évangile. Ainsi la communauté de Maredret poursuit une mission d’évangélisation tout en restant sur place. À l’image de Ste Thérèse de Lisieux, patronne des missionnaires.
flashback
Les Chanteurs à l’Étoile du monde entier ont fait preuve de créativité.
© Missio Suisse, OPM Burundi, Els Van Brantegem
Coup d’oeil sur les Chanteurs à l’ÉToile '21 Chaque année nous vous rendons compte de l’action des Chanteurs à l’Étoile par laquelle les enfants se font missionnaires en annonçant la bonne nouvelle de la venue de Dieu parmi les hommes et en invitant leurs auditeurs à contribuer à un projet de solidarité avec tous les enfants du monde. Avec la crise sanitaire, les organisateurs ont dû faire preuve d’imagination pour que l’activité ait lieu. À Rukago au Burundi
En Suisse romande
Après la fête de l’Épiphanie, nous avons continué à annoncer la naissance de Jésus à travers nos groupes très actifs de « Chanteurs à l’Étoile » qui rassemblent les jeunes de notre paroisse. Chaque secteur a son groupe de jeunes Chanteurs. Bien préparés et organisés, ils circulent partout dans les familles, annonçant que Jésus est né et est venu habiter parmi nous. Partout où ils passent les gens admirent cette belle initiative et se réjouissent en voyant les enfants qui annoncent aussi la Bonne Nouvelle du salut. Même les protestants n’hésitent pas à les inviter dans leurs familles. Nous remercions le Seigneur qui nous a donné des jeunes courageux pour travailler tous ensemble à sa vigne.
Cette année, la pandémie de Covid-19 a mis au défi la tradition que se promettent d’instaurer les petits Chanteurs à l’Étoile résidant en Suisse romande. Un petit guide intitulé « En chemin d’un pas sûr » a été mis à la disposition des responsables de groupes de chanteurs, pour garantir la sécurité sanitaire des enfants, des accompagnateurs et, bien sûr, celles des personnes à qui ils rendent visite. « C’était assez compliqué car nous n’avons pas le droit de chanter dans les maisons, il fallait donc trouver une nouvelle manière d’aller les visiter », explique Nadia Brügger, responsable des actions des chanteurs à l’Étoile en Suisse romande. Jusqu’à présent, les groupes ont fait preuve de créativité, « les enfants ont chanté depuis la cour avec des personnes aux fenêtres, des personnes ont
p. vénuste ntigurirwa, sdb Source : https://shrtm.nu/4khV
enregistré les enfants et diffusé les chants grâce à leur téléphone ». Pas question non plus de « laisser tomber les personnes âgées qui souffrent beaucoup de la pandémie » assure Nadia Brügger. « Une personne qui participait pour la première fois, est rentrée avec les larmes aux yeux ». Cette année, les Chanteurs de Suisse Romande collectaient des dons pour un orphelinat en Guinée. interview réalisée par marie duhamel pour radio vatican.
En Belgique aussi … La classe de 3ème primaire de l’école Ste Catherine à Steenhuize, sous la houlette de leur institutrice, Els Van Brantegem, ont chanté de porte à porte – de façon « corona-sûre » – pour récolter de l’argent au profit des projets de Missio destinés aux enfants !
11
Rédaction Armelle Griffon Ont collaboré Emmanuel Babissagana, Erik De Maeyer, Catherine De Rick, Sr Gertrude & les Bénédictines de Maredret, Armelle Griffon, Bernard Kuytgens, Tom Luypaerts, Abbé Mathieu NANA, Robert Vastmans Photos Jacob 09, Bernard Kuytgens, Missio-Belgique, Missio-Suisse, Pixabay-roeuny, OPM-Burundi, Sukjai Photo, Els Van Brantegem, Willi Fil Mise en page et impression Halewijn nv Éditeur responsable Pierre Van den Bossche, Bd du Souverain 199, 1160 Bruxelles Contact Bd du Souverain 199, 1160 Bruxelles, 02 679 06 30, info@missio.be, www.missio.be www.facebook.com/MissioBelgique Numéro d’entreprise : 0410647718 Abonnements et changements d’adresse suarafr@missio.be Réactions et suggestions info@missio.be Missio Wallonie-Bruxelles Bd du Souverain 199, 1160 Bruxelles, tél.: 02 679 06 47 wallonie@missio, formations@missio.be
BE19 0000 0421 1012
www.
.be