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suara le journal de l’Église en mission Trimestriel » 21e année n°82 » décembre 2020 - janvier - février 2021
© Alinute Silzeviciute
Noël solidaire au Liberia
Nativitas
Interview de Mgr jan Dumon
Désir de paix Bureau de dépôt : MassPost, Hypercentrum Turnhout | P 508033
éditorial
sommaire
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dans ce numéro
Jours de paix ARMELLE GRIFFON
Un cœur ouvert | Paix sur la terre - Noël solidaire Projet | Éducation précoce au Liberia Une vie, une mission | Monica Nève Merci | Faire advenir Royaume de Dieu Belgique, terre de mission | Rencontre fraternelle à Bruxelles Flashback sur 2020, en route pour 2021
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En ces temps troublés par la recrudescence de la pandémie et le retour au confinement, ainsi que par une actualité dramatique, nous aspirons tous à retrouver pour Noël un temps de paix. Les retrouvailles familiales et amicales que nous espérons n’auront peut-être pas lieu comme nous le souhaiterions et il nous faudra alors trouver d’autres voies pour dire à nos proches que nous les aimons.
Nous ne pourrons oublier toutes ces vies trop tôt interrompues, ces famille endeuillées. Et nous penserons aussi à tous ceux qui se sont dévoués pour les autres alors que la vie tournait au ralenti : les soignants, certains commerçants, les enseignants, les bénévoles engagés dans les associations caritatives. Plus que les autres, ils auront besoin d’un temps de répit. Comme chrétiens, nous avons la chance de savoir qu’au milieu de toutes ces difficultés et ces souffrances, Dieu se rend présent chaque jour. Il souffre avec nous et nous permet de sortir plus forts de ces épreuves parce qu’en Jésus, Il les a lui-même traversées. Puissions-nous, armés de cette intime conviction, savoir reconnaître les signes d’espérance et qui ont surgi au cœur de cette année de turbulences : gestes d’attention et de solidarité, gestes de gratitude, gestes de fraternité.
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© S. Hermann & F. Richter
Soutenir la mission de l’Église Pourquoi-pas un legs ? En inscrivant dans votre testament un legs au profit de Missio, vous continuerez à soutenir l’action des communautés catholiques dans le monde. Ce testament peut être manuscrit (écrit de votre propre main, daté et signé par vous) ou fait devant notaire. Comment procéder ? Que puis-je léguer ? Nous sommes à votre disposition sur toute question que vous pourriez vous poser à ce sujet. Renseignez-vous-vous auprès de votre notaire ou contactez-nous : legs@missio.be ou 02 679 06 37.
Joyeux Noël En Jésus, Dieu s’est fait petit et pauvre pour vaincre notre faiblesse et notre misère et faire de nous des artisans de paix et de justice.
© ChiccoDodiFC
Sachons reconnaître le signes d’espérance qui ont surgi au cœur de cette année troublée.
un cœur ouvert
Paix sur la terre Le message de paix est omniprésent dans l’Évangile.
© Aedonis
Omniprésent dans la Bible, le mot « paix » apparaît près de 200 fois dans le Premier Testament et 90 fois dans le Nouveau. Dès le récit de la naissance de Jésus, le thème de la paix va s’avérer central dans l’annonce de la Bonne Nouvelle. Quelles en sont les implications pour nous, aujourd’hui, dans notre mission de disciples du Christ ? ARMELLE GRIFFON
Le sens qu’on accorde au mot « paix » varie notablement en intensité selon le contexte : un moment de tranquillité, un état intérieur de sérénité et, dans un sens le plus courant, l’absence de tensions ou de conflits. Or même quand les armes se taisent, les esprits et les relations humaines et sociales n’en sont pas toujours pour autant pacifiés. Comment le seraient-ils quand une partie de la prospérité des États dits « en paix » est alimentée par le commerce des armes ? Pour nous chrétiens enfin, la paix prend une tonalité particulière car nous avons la certitude qu’elle nous vient de Jésus lui-même .
La paix du Christ Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime, chantaient les anges à Bethléem après avoir annoncé aux
Que faisons-nous de ce cadeau que Jésus nous a légué ? bergers la naissance du Messie. (Lc, 2). Environ 33 ans plus tard, le Ressuscité saluait ses disciples par la formule hébraïque traditionnelle : Shalom, la paix soit avec vous, lui accordant un sens bien plus profond qu’un simple bonjour. Aujourd’hui, à chaque Eucharistie, nous nous tournons vers nos voisins pour leur offrir la paix du Christ. Que faisons-nous de ce cadeau inestimable qu’Il nous a légué ?
La paix, une grâce Des Béatitudes aux dernières paroles du Ressuscité, le thème de la paix parcourt l‘Évangile :
« Heureux les artisans paix, car ils seront appelés fils de Dieu ! » Mt 5, 9 « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. Je ne vous la donne pas comme le monde la donne. Que votre cœur ne se trouble point, et ne s'alarme point. » Jn 14, 27. Mais la paix selon Jésus est parfois déroutante : « Je ne suis pas venu apporter la paix mais le glaive » Mt 10, 34.
Un combat et un engagement Jésus voulait mettre ses disciples en garde : la conquête de la paix est exigeante. Elle requiert de l’écoute, de la patience et la capacité de faire des compromis ; mais elle demande aussi de la fermeté et de la détermination. Toutes les grandes figures connues pour leur action en faveur de la paix ont lutté pour obtenir ce bien qui se heurte à des intérêts multiples. La préservation de la paix est un combat quotidien contre les ennemis de la paix. Avec Missio, votre solidarité avec les opprimés du Liberia, aidera à semer durablement des germes de paix dans une société qui peine à panser ses blessures. C’est à ce type d’engagement quotidien que nous appelle le Pape François dans son encyclique Fratelli Tutti.
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un cœur ouvert
Un Noël solidaire au Liberia Solidarité Le Libéria se remet encore des blessures laissées par les crises des 30 dernières années : guerre civile (1989-2003) et épidémie Ebola (2014-2015). Dans un tel contexte, il est encore plus important de se réunir en famille et entre amis. Pendant l’Avent et la période de Noël, en guise de salutation, on dit : « Noël est sur vous », ce qui signifie « je ne célèbrerai Noël que si vous pouvez aussi le faire. » Le lien social et la solidarité sont plus importants que jamais. Chacun partage ce qu’il a, pour que tous puissent se rassembler le jour de Noël autour d’un bon repas.
Tous doivent pouvoir célébrer Noël dans la joie. Au Liberia, la fête de Noël est une occasion de manifester sa solidarité. Le « vieux mendiant » y veille.( voir ci-dessus). © John W. Poole / NPR
Au Libéria comme ailleurs dans le monde, les chrétiens fêtent Noël. La période des Fêtes est aussi le moment idéal pour se réunir en famille et entre amis et favoriser des relations sociales plus fraternelles. TOM LUYPAERTS
Versets bibliques Chacun est responsable de la fête de Noël et doit permettre à tous de la célébrer dans la joie. Si la communauté estime que quelqu’un n’y a pas assez contribué, le Vieux Mendiant frappe à sa porte. Il n’apporte pas de cadeaux, mais récite des versets de la Bible pour souligner la responsabilité solidaire de chaque personne.
Souvenirs Au mois de décembre, les Libériens préparent leur cœur autant que leur environnement à fêter la Nativité. Dans ce pays fondé par des esclaves affranchis revenus des États-Unis d’Amérique, plus de 60 % des habitants sont en effet chrétiens.
Rues en fête Pendant la période de l’Avent, les Libériens apprêtent leurs maisons pour Noël. Le gou-
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vernement demande à la population de peindre les maisons d’une nouvelle couleur et chacun décore l’extérieur de sa maison, pour créer une ambiance festive. Pas question d’un Noël blanc ! Le vent d’Harmattan, qui souffle du Sahara, recouvre le pays d’une fine couche de poussière. A l’intérieur de la maison, on s’active autour de l’arbre, pas un sapin bien sûr, mais une belle branche de palmier décorée de guirlandes et de breloques.
Traditionnellement, les Libériens célèbrent Noël dans la famille du mari. La maîtresse de maison prépare un torbogee, une spécialité libérienne épicée servie avec du riz. Après le repas, vient le moment de chanter ensemble, danser et célébrer, mais le temps du souvenir est tout aussi important. Souvenir de bons moments, et surtout évocation de tous ceux qui, pour une raison ou une autre, ne sont pas là pour participer la fête.
projet
Une éducation précoce pour un avenir meilleur En Belgique, les enfants bénéficient d’un enseignement de qualité. Or nous savons qu’une bonne éducation leur donne la possibilité de s’épanouir et d’envisager l’avenir avec confiance. Malheureusement, tous les enfants du monde n’ont pas cette chance. C’est notamment le cas au Liberia, pays que nous mettons en lumière cette année. CATHERINE DE RYCK
L’éducation au Liberia est confrontée à un double défi. D’une part, le manque d’un enseignement de qualité, d’autre part, le fait que les parents n’ont pas les ressources suffisantes pour envoyer leurs enfants à l’école. L’Église locale s’efforce d’y remédier, notamment à Monrovia, la capitale.
Réseau scolaire catholique L’archidiocèse de Monrovia s’étend sur une vaste superficie de près de 16 000 km², soit environ la moitié de la Belgique. Responsable de 27 écoles primaires et secondaires, la communauté ecclésiale locale offre aux élèves une scolarité de bon niveau. Parmi cellesci, 23 implantations disposent également de classes maternelles où 756 enfants découvrent cette année des activités d’éveil adaptées à leur âge.
Les jeunes enfants doivent pouvoir fréquenter l’école maternelle.
Les familles doivent choisir entre la nourriture et l’école. Absentéisme Les responsables de l’Église locale ont remarqué que de nombreux enfants ont quitté l’école au début des dernières années. Par ailleurs, ils constatent que beaucoup ne fréquentent même pas l’école. La raison en est la crise économique qui s’est emparée du pays depuis le début de l’année 2019.
Alors que sa situation était déjà difficile, la population libérienne subit de plein fouet une grave crise économique, depuis près de deux ans. La crise du Covid-19 et les mesures restrictives ont encore aggravé la pauvreté. De nombreuses personnes ont perdu leur emploi et le commerce en a également été affecté. En conséquence, les frais scolaires sont devenus inabordables pour beaucoup. Les familles doivent choisir entre la nourriture et l’école et, de plus, elles mettent les enfants au travail pour pour pouvoir joindre les deux bouts.
Un plan de solidarité L’archidiocèse de Monrovia vous demande votre aide. En premier lieu parce que l’Église veut continuer à payer un salaire correct aux enseignants. Ensuite parce qu’elle veut offrir à au moins 300 enfants la possibilité de fréquenter l’école maternelle. Avec une somme de 39 euros par enfant, les responsables de l’enseignement catholique estiment pouvoir leur donner, dès le départ, des meilleures chances dans la vie.
OFFREZ UN AVENIR À UN ENFANT DU LIBERIA Avec 39 euros, vous pouvez financer la scolarité d’un enfant pendant un an. Merci de votre générosité BE19 0000 0421 1012 - maternelles Liberia
© GPE / Kelley Lynch
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une vie, une mission
À Nativitas, c’est Noël tous les jours Je voulais vivre personnellement le message de l’Évangile / Monica Nève.
© Nativitas
Bien avant les exhortations du Pape François, Monica Nève a eu l’intuition d’aller « vers les périphéries », qui se trouvaient paradoxalement en plein centre de Bruxelles. C’est ainsi qu’est né Nativitas, un réseau bénévole de service social à destination des personnes les plus démunies, visant à recréer les liens brisés par la marginalisation. En 2008, Monica a été reçue Docteur Honoris Causa à l’UCL. PROPOS RECUEILLIS PAR ARMELLE GRIFFON
Que mettez-vous derrière le mot « mission » ? Pour moi la mission, c’est l’enthousiasme, la joie de passer un message merveilleux. Dans la mission c’est Jésus qui « éclate ». Lorsque j’étais jeune, je voulais être missionnaire. Un jour, à la messe, l’homélie du prêtre m’a bouleversée. Je suis allée lui faire part de mon désir et il m’a encouragée à être une laïque engagée.
Quelle est votre mission ? Ma mission c’est de témoigner parce que je ne peux pas me taire. Témoigner partout dans les familles, les homes, les prisons. J’ai beaucoup de défauts mais je suis fidèle. Ma vocation vient d’abord de mes parents. Tous les soirs nous priions en famille.
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Ma mission c’est de témoigner, parce que je ne peux pas me taire. Mes parents ont prêché par l’exemple. Ils étaient ancrés dans Jésus et dans la Trinité. J’ai reçu beaucoup de signes, en particulier à Noël. Bébé, j’ai failli mourir et j’en garde un souvenir de « monter et de descendre », comme si je devais rester sur terre pour accomplir quelque chose, comme si j’avais une mission. A six ans, j’entre à l’école de la Vierge Fidèle où l’on m’a proposé de faire
ma première communion avec mes camarades – j’ai refusé car je voulais faire une communion privée en famille, à Noël. Mon mari, Emmanuel (que l’on appelait Noël) est né un 24 décembre et nous nous sommes mariés le jour de l’Épiphanie. Adolescente, j’ai organisé un cortège de Noël avec mes frères et sœurs ; cela a inspiré les cortèges que j’ai organisés par la suite, notamment avec les prêtres responsables de communautés d’origine étrangère de Bruxelles. C’était vraiment une action missionnaire associant toute personne dans le milieu où il était. Il s’agissait pour moi de vivre personnellement le message évangélique, de restaurer l’esprit de Noël avec ses dimensions de beau, de vrai, de bien, de joie.
Comment a démarré votre mission ?
Aujourd’hui, Nativitas c’est plus que La Bicoque…
Ma première mission a été de m’occuper de mes 5 enfants. J’ai attendu vingt ans pour lancer Nativitas dans la maison du sacristain de ND de la Chapelle. Dans ce quartier des Marolles où j’avais été catéchiste à l’âge de 18 ans, j’avais découvert la vie des sans-abris et des personnes isolées. Mon mariage a mis en « standby » les projets qui ont alors germé dans mon cœur. Dès que j’ai été plus disponible, je suis revenue vers ND de la Chapelle. La paroisse à mis à ma disposition la maison du sacristain que j’ai retapée avec l’aide des jeunes et des enfants du quartier pour en faire une maison d’accueil. « La Bicoque » a ouvert ses portes en 1975, offrant aux démunis et marginaux un lieu de rencontre convivial autour d’un café, d’une tarte, et d’un piano électronique. J’ai aussi mis en place « des repas sur roues » avec les Petites Sœurs des Pauvres. Pour financer tout cela, j’organisais des concerts quasi professionnels, des messes chantées. Je voulais que la musique soit au cœur de la vie des habitués de la Bicoque. D’où l’idée d’organiser un cortège de Noël international ainsi qu’une chorale de musique populaire où chacun serait bienvenu. Nous associons le spirituel, le social, la culture et l’art (musique).
Je n’ai pas tardé à prendre la mesure des immenses attentes et besoins de nos visiteurs, et en premier lieu celui de retrouver leur dignité et de se sentir utiles. Voilà pourquoi l’équipe a mis sur pied des permanences d’accueil et d’action sociale, un vestiaire, un restaurant social, des colis alimentaires, des services de douche et de coiffure, ainsi qu’un accompagnement à la formation. Aujourd’hui nous avons un logement de transit d’une vingtaine de places. Les personnes hébergées peuvent y rester 4 mois ; 80% trouvent un travail.
Le courage et la persévérance suffisent-ils pour mener un tel projet à bien ? Nous ne pourrions pas assurer ce service sans la centaine de bénévoles qui y consacrent une part de leur temps. Certains, croyants ou non, ont déjà la vocation de se tourner vers les autres. Ici dans l’équipe, nous avons des gens de toutes opinions et croyances, bien que la base de l’action reste chrétienne et clairement reliée à l’Église. Nous avons la vocation de transmettre la joie, cette grâce qui agit dans le cœur de chacun et que nous ne pouvons garder. Je me réfère sans cesse à l’Évangile : « Va et, toi aussi, fais de même ». Un texte d’Évangile qui m’inspire ? Le Bon Samaritain. Il n’est pas nécessaire d’avoir un talent extraordinaire pour aider son prochain.
POUR EN SAVOIR PLUS « L ’étoile de Nativitas », aux éditions Fidélité, raconte l’aventure de Nativitas. Le livre est accompagné d’un CD de chants de Noël de tous les pays interprétés par l’ensemble vocal et instrumental Nativitas. Disponible auprès de : nativitas.asbl@gmail.com Ou des Éditions Jésuites : www.editionsjesuites.com
L’épidémie du Covid-19 a sûrement affecté votre action et vos habitués… Nous distribuons tous les jours une centaine de repas gratuits, sauf le week-end (contrairement au resto social quand il fonctionne). Une centaine de repas sont ainsi distribués tous les jours. Nous avons du suspendre diverses activités : cours de langues, de cuisine, tous les vendredis partage de l’Évangile et eucharistie. Mais nos avons maintenu la distributin de colis alimentaires et vestimentaires.
Y aura-t-il une relève ? J’ai l’âge que j’ai – 89 ans – et je vais passer le relais. Nativitas peut déjà compter sur deux permanentes : Véronique qui s’occupe du restaurant social et Xuan, chargée du service social et des animations. Nous projetons d’engager une 3e personne à temps plein.
Quel message voulez-vous adresser aux générations futures ?
Nativitas offre aux démunis et aux marginaux un lieu de rencontre convivial.
© Annie Nève
Chez nous, c’est Noël toute l’année. C’est donc un message d’espérance : croyez dans la joie qui vient de l’amour. Chaque être humain est unique aux yeux de Dieu et peut apporter quelque chose ; il faut creuser en soi pour savoir ce qu’on peut donner.
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Avec Missio, faire advenir Je suis retraité mais je continue à vivre mon engagement missionnaire avec la même détermination. © Luc Gordts
Après avoir servi l’Église à travers le monde notamment comme directeur de Missio-Belgique et au Vatican, comme ancien secrétaire général de l’Œuvre de Saint-Pierre Apôtre (Ospa), Mgr Jan Dumon a accepté de répondre aux questions de Suara, pour éclairer nos lecteurs tant sur la destination et la spiritualité de leurs dons, que sur la spécificité et à l’avenir de Missio. Nous l’en remercions vivement PROPOS RECUEILLIS PAR EMMANUEL BABISSAGANA
Comment continuez-vous le bon combat de la foi, au cœur d’une retraite bien méritée ? Être chrétien c’est une manière d’être et de vivre qui n’est pas nécessairement liée ou limitée à des fonctions qu’on occupe. Je continue donc à vivre mon engagement missionnaire avec la même détermination, mais sous le mode d’un retraité de 78 ans qui peut désormais consacrer plus de temps à la lecture, aux proches et à la prière notamment.
Quels souvenirs gardez-vous de Suara dont vous êtes l’initiateur ? Quand je suis arrivé à Missio il existait un bulletin de contact avec les donateurs. Il était certes bien fait, mais nous avons pensé à l’époque que le moment était venu de basculer vers une approche plus journalistique et davantage centrée sur le contenu de ce que Missio est et propose. Le contexte de chrétienté évidente, avec comme piliers la mission et le souci de l’Église universelle, était révolu ou résiduel ; il fallait donc revisiter les racines bibliques de notre engagement missionnaire et le réorienter, de manière plus ouverte et moins traditionnelle. Cette approche était nourrie par la conviction que la spécificité de Missio ne réside pas dans
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le Royaume de Dieu le soutien à des projets particuliers (ce que j’appelle la « projectologie »), mais dans sa capacité à approfondir et diffuser le contenu des « trésors bibliques » dans la société. Missio a pour finalité de contribuer à faire advenir le règne de Dieu dans le monde. Comme missionnaires, nous devons donc travailler à ce que la foi s’incarne dans la société au point d’en devenir la culture dominante. C’est la mission que nous avions assignée à Suara.
De manière concrète, comment Suara peut-il contribuer à redynamiser la solidarité des Belges avec l’Église universelle ? Il est important de se concentrer sur le contenu, les projets et les pays-phares devant servir d’illustrations, sans plus. Missio s’est malheureusement laissée entraîner dans la logique des ONG qui s’appuie sur les projets qu’elles soutiennent. Il faut sortir de cette « projectologie ». Le problème de la pauvreté est global et systémique, il appelle donc une réponse de même nature, et non un soutien à des projets particuliers. C’est cette conviction qui est à la base du Fonds de solidarité universel de l’Église lancé par Missio (les Œuvres Pontificales Missionnaires). À travers ses publications, Missio doit expliquer suffisamment aux donateurs le sens de cette solidarité universelle en repartant une fois de plus des sources bibliques. L’expérience des premières communautés chrétiennes, qui mettaient tout en commun afin que chacun ait selon ses besoins, nous indique le modèle de la solidarité chrétienne. Tous les fidèles venaient déposer leurs dons aux pieds des apôtres (Actes 4,35), et la redistribution n’était plus leur affaire. C’est ce que veut Jésus, que notre don passe par cette phase d’anonymat où la main gauche ne sait ni à qui, ni ce que donne la main droite. C’est une spiritualité tout autre que celle qui cherche à contrôler la gestion de son don.
Missio a pour finalité de contribuer à faire advenir le règne de Dieu dans le monde. Y a-t-il des projets particuliers pour lesquels vous souhaitez remercier les chrétien(ne)s belges ? Encore une fois, l’essentiel pour mon équipe et moi n’était pas le projet, mais la sensibilisation des chrétien(ne)s aux défis missionnaires de l’Église, et à la nécessité de contribuer à son Fonds universel de solidarité pour les relever. Je saisis la tribune que vous m’offrez pour remercier du fond du cœur les chrétien(nes) belges dont la générosité, de mon temps, a fait de Missio Belgique le cinquième contributeur mondial à ce Fonds de solidarité, notamment pour l’Ospa.
Comment voyez-vous l’avenir de Missio-Belgique ? Le contexte de chrétienté évidente étant révolu, il importe pour Missio de revenir aux sources afin de mieux cerner et retrouver sa place de choix dans la vie de l’Église belge. Ce retour aux sources passe par un ensemble de ruptures, de repositionnements et de clarifications essentielles : • Rompre avec la « projectologie » qui éclipse la spécificité de Missio, et revenir aux sources bibliques de la solidarité : Paul et les autres apôtres n’ont jamais fait de « projectologie », ils ont développé une spiritualité du partage fraternel qui est l’ADN du chrétien, naturellement accompagnée d’une gestion rigoureuse et exemplaire des dons reçus. • Assumer clairement son identité d’organisation dédiée à la solidarité intraecclésiale, et ne pas tenter de la masquer à travers des projets humanitaires. • Cette rupture et ce repositionnement clairs pourront à mon avis redynamiser la flamme missionnaire des chrétien(ne)s belges ainsi que leur élan de solidarité avec l’Église universelle.
Quel est à vos yeux l’avenir de la mission dans le monde ? JD : Plus on est effectivement missionnaire, moins on a besoin de thématiser ce qu’est la mission, et inversement. L’avenir de la mission, plus encore dans des sociétés fortement sécularisées, passe donc par son incarnation, sa traduction en manières d’être et de faire contagieuses, qui irradient culturellement et spirituellement nos sociétés. Tel est le défi missionnaire de l’Église hier, aujourd’hui et demain!
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Belgique, terre de mission
Flashback
Rencontre fraternelle à Bruxelles Sr Flora Acedos est religieuse de la congrégation Verbum Dei. Native de Valladolid, en Espagne, elle est au service de l’Église de Bruxelles depuis plus de vingt ans. SR MARIA FLORA ACEDOS CALVO
Religieuse depuis 44 ans, j’ai été envoyée au Congo, en France et depuis 1996 en Belgique. Tous ces lieux m’ont ouvert le cœur et l’esprit, car rencontrer d’autres manières de vivre permet de ne pas s’endormir dans des certitudes acquises qui nous empêchent de reconnaître que les autres peuvent nous apporter beaucoup dans le dialogue et la rencontre fraternelle. Ma foi missionnaire a évolué et s’est approfondie au contact de ces réalités et j’ai appris à vivre la même foi en Jésus Christ dans une même Église.
Aujourd’hui hui je suis assistante paroissiale dans l’Unité pastorale Les Coteaux, dans le vicariat de Bruxelles. Pouvoir être au service de l’Église de Bruxelles est une joie et je suis heureuse de la confiance que l’évêque m’a faite en me confiant cette mission. Cela m’a permis de rencontrer les animatrices et animateurs de différentes unités pastorales, des prêtres, des laïcs, tous engagés pour que l’Évangile soit présent et annoncé dans cette ville si cosmopolite et multiculturelle. C’est un grand défi qu’ils portent avec créativité et profondeur, courage et confiance dans l’avenir de cette Église qui se transforme et qui nous invite à sortir dans les périphéries, comme nous le dit si intensément le Pape François.
La foi et l’espérance
Une célébration multiculturelle à l’UP des Coteaux. © Unité Pastorale des Coteaux
À 20 ans, j’ai fait une expérience de Jésus dans la prière. J’ai alors cherché où et comment vivre la joie récemment découverte. C’est dans la Fraternité Missionnaire Verbum Dei que j’ai trouvé le lieu où je pourrais le mieux continuer à connaître ce Dieu que je venais de rencontrer. C’est une communauté missionnaire qui a rejoint un appel de mon enfance. Je me souviens qu’à l’école, je vivais avec joie la journée des missions, avec ces missionnaires qui venaient nous parler de pays si lointains. Cela avait réveillé en moi le désir d’aller un jour moi aussi, comme ces missionnaires, annoncer l’Évangile. En fait, je me suis peu à peu rendu compte de tout ce que j’avais reçu et du fait que j’étais aussi évangélisée par toute ces personnes rencontrées tout au long de ces années.
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Pour moi le plus important c’est d’être présente à toute personne qui vient frapper à la porte, l’accueil et l’écoute sont essentiels. Je suis émerveillée de la foi et de l’espérance que je trouve dans les personnes que je visite en portant la communion, dans ceux et celles qui viennent prier et allumer une bougie. Cela me rappelle combien notre Dieu est proche des pauvres et des petits.
Tous terre de mission À mon arrivée à Bruxelles, quelqu’un m’a demandé tout étonné : « Tu viens en Belgique comme missionnaire ? ». Nous sommes tous terre de mission, car on ne finit jamais de se convertir à la vie que Jésus nous propose dans l’Évangile. Nous sommes en chemin de devenir, se croire déjà arrivé c’est ne pas reconnaître Jésus ressuscité, sa parole et sa présence agissante aujourd’hui. Le Pape François nous invite à aller ou delà de nos certitudes pour nous laisser interpeller par la réalité de nos frères et sœurs.
Quel regard portezvous sur l’année 2020 qui s’achève, à titre personnel et pour l’Église ?
Comment avezvous vécu le mois de la mission universelle cette année ? Qu’en retenezvous pour l’avenir ?
Avez-vous des suggestions pour dynamiser encore plus ce mois dans votre pays et dans le monde ?
Qu’espérez-vous de 2021, pour l’Église et pour vous-même ?
Comment envisagez-vous l’avenir de la mission, là où vous l’exercez et dans le monde ?
sur le mois de la mission 2020, en route pour 2021 La fin de l’année sonne l’heure des bilans mais aussi celle des souhaits et des projets . Des personnes d’horizons divers sont revenues sur le mois d’octobre 2020 et nous ont confié leurs espoirs pour la mission en 2021.
Gisela Van Winckel
Sr Madeleine Bikeli
Abbé Helmut Schmitz
Père Dennis Cephas Nimene
coordinatrice temporaire de Missio-Belgique
animatrice pastorale, diocèse de Namur
Doyen d’Eupen-Kelmis
directeur de Missio-Liberia
Une coopération plus étroite avec nos communautés ecclésiales locales et les services des diocèses peut raviver l’esprit missionnaire dans la vie de chaque chrétien. La mission n’est pas l’affaire de missionnaires lointains, mais la tâche de chaque croyant là où il vit.
C’est un regard de gratitude envers le Seigneur, qui m’a préservée de la pandémie qui sévit dans le monde. L’Église a pu continuer à accomplir sa mission, en innovant pour s’adapter aux mesures sanitaires en vigueur. Je rends également grâce à Dieu pour cela.
Depuis le mois de mars, la pandémie a fortement perturbé la vie de tout le monde et donc aussi celle de l’Église. Mais cette crise comporte aussi la chance d’une prise de conscience : nous ne sommes pas tout-puissants et nous sommes tous dans le même bateau, contraints à nous entendre, à prendre soin les uns des autres.
L’année 2020 restera dans nos mémoires. La crise du Covid-19 a bouleversé tous nos projets. Mais j’ai été frappé par les élans de solidarité qu’elle suscité, aussi bien au niveau local que national ou international . Cette solidarité est un reflet vivant de l’amour du Christ pour les hommes, qui se traduit dans les œuvres humaines de son Église.
J’ai trouvé le mois de la mission passionnant ! En tant que coordinatrice temporaire, il m’a été difficile d’évaluer à l’avance l’impact de la crise du coronavirus sur la campagne. Le deuxième confinement a peut-être été un peu tardif, mais cela a permis aux paroisses de célébrer le dimanche de la mission universelle.
J’ai concrétisé des résolutions personnelles : partager la Bonne Nouvelle avec des paroissien(ne)s et groupes de jeunes, venir en aide à une personne en difficulté, confier ma mission et celle de l’Église à la Vierge Marie, etc. J’entends poursuivre sur cette lancée à l’avenir.
Qu’en retenez-vous pour l’avenir ? Les témoins nous ont manqué pour parler des projets soutenus par Missio. Nous avons tout de même essayé d’aborder le thème de la mission à travers nos publications paroissiales et pu organiser une conférence avec Missio à la mi octobre.
Cette crise sanitaire a eu à la fois un impact négatif et positif sur le mois de la mission universelle au Liberia. Bien sûr, il y a eu beaucoup moins de monde dans les célébrations du dimanche de la mission. Mais, grâce aux réseaux sociaux, nous avons diffusé plus largement le message de la solidarité intra ecclésiale.
Une coopération plus étroite avec nos communautés ecclésiales locales et les services des diocèses peut raviver l’esprit missionnaire dans la vie de chaque chrétien. La mission n’est pas l’affaire de missionnaires lointains, mais la tâche de chaque croyant là où il vit.
Je suggère entre autres, qu’un responsable de la mission soit nommé dans chaque doyenné, que la campagne de sensibilisation à la mission universelle commence en septembre, que des grandes banderoles soient fabriquées pour une meilleure sensibilisation.
Notre société étant devenue interculturelle, il serait bon de favoriser des rencontres entre chrétiens de différentes dénominations, parmi lesquels certains pourraient sans doute témoigner des joies et des peines de leur Église d’origine. Il est bon d’essayer de faire de la mission l’affaire de tous.
Nous voulons envoyer davantage de missionnaires bénévoles dans le pays. Beaucoup de jeunes sont prêts à contribuer à la diffusion de notre message. C’est à nous de les soutenir, y compris financièrement, avec votre aide. Leurs témoignages seront extrêmement porteurs.
Plutôt que de rêver, je m’efforce d’accueillir ce qui advient, et d’y répondre. À la lumière de la crise du CoVid-19, j’espère avant tout avoir l’endurance et le courage d’aborder la vie positivement, même si elle n’est pas toujours rose.
J’espère une redynamisation de la pastorale missionnaire à travers le monde. Que l’Église prêche plus par des témoignages de vie, comme le demande le pape, et que chaque chrétien(ne) relève encore plus les défis de la fraternité et de la charité entre les êtres humains.
Tout d’abord que, libérés de ce virus et que nous puissions reprendre une vie ecclésiale et communautaire plus intense, notamment auprès des personnes des homes et des hôpitaux. J’espère aussi que les chrétiens répondront aux appels du Pape pour l’écologie et de la fraternité universelle.
Mon vœu le plus cher est que soit trouvée une solution durable à la crise sanitaire. Je souhaite aussi de tout mon cœur voir émerger une Église plus dynamique et plus missionnaire, qui rejoigne tous les hommes, en particulier ceux qui sont en marge de la société.
J’espère que dans notre pays, nous prendrons davantage conscience du fait que l’annonce fait partie intégrante de la foi. Parce que nous sommes de moins en moins nombreux, le besoin de témoignages positifs augmente. Mais Dieu peut faire des miracles grâce à une seule personne qui L’accueille. Jésus nous l’a montré !
L’avenir de la mission, en Belgique comme dans le monde, passe par l’incarnation de l’Évangile dans nos vies. Nous devons témoigner de Jésus concrètement, et montrer que nous sommes unis et solidaires, c’est à ce prix que nous pourrons effectivement être le sel du monde, et rendre notre foi attrayante.
Je rêve que nous nous laissions inspirer par l’encyclique Fratelli tutti,. Nous prendrons ainsi conscience que nous sommes appelés et envoyés par un Dieu d’Amour qui veut la vie et le bonheur de chaque personne. Et nous laisserons moins les questions d’organisation, de structures occulter cette mission.
Je suis optimiste aussi bien pour le Liberia que pour le monde, car je crois dans le développement de l’esprit de solidarité. Au Liberia, je vois une Église réconciliée, capable d’une vision et d’une action commune, en accord avec notre engagement à soutenir la solidarité dans l’Église universelle.
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Rédaction finale Armelle Griffon Ont collaboré Sr Flora Acedos, Emmanuel Babissagana, Sr Madeleine Bikeli, Catherine De Rick, Mgr Jan Dumon, Armelle Griffon, Tom Luypaerts, Monica Nève, Dennis Cephas Nimene, Gisela Van Winckel Photos Aedonis, ChiccoDOdiFC, Lawrence OP, S Herman & F Richter, Luc Gordts, Kadiri, GPE / Kelley Lynch, Nativitas, Annie Nève, John W. Poole / NPR, Alinute Silzeviciute, UP des Coteaux Mise en page et impression Halewijn nv Éditeur responsable Pierre Van den Bossche, Bd du Souverain 199, 1160 Bruxelles Info et contact Bd du Souverain 199, 1160 Bruxelles, 02 679 06 30, info@missio.be, www.missio.be www.facebook.com/MissioBelgique Numéro d’entreprise : 0410647718 Abonnements et changements d’adresse suarafr@missio.be Réactions et suggestions info@missio.be Missio Wallonie-Bruxelles Bd du Souverain 199, 1160 Bruxelles, tél.: 02 679 06 47 wallonie@missio, formations@missio.be
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Chanteurs à l’étoile 2021 Aux alentours de l’Épiphanie, de nombreux enfants en Belgique chantent aux portes des maisons pour récolter des fonds destinés à soutenir le travail de l’Église auprès des enfants du monde entier : catéchèse, animations liturgiques, enseignement, activités diverses. Cette année hélas, la crise sanitaire impose des précautions et cette activité ne pourra pas se dérouler normalement. Mais la pandémie exige plus que jamais une solidarité avec les Églises locales plus démunies, pour leur permettre de maintenir leur présence et leur action auprès des enfants C’est pourquoi nous mettrons à votre disposition une proposition alternative qui vous permettra d’organiser autrement l’action des Chanteurs à l’étoile. À découvrir sur notre site internet www.missio.be.
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