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suara le journal de l’Église en mission Trimestriel » 21e année n°81 » septembre - octobre - novembre 2020
© Cameron Zohoori
vers un Liberia réconcilié
interview du Dr Réginald Moreels
le Fonds Pontifical d’Urgence COVID-19
Un cœur ouvert ! Bureau de dépôt : MassPost, Hypercentrum Turnhout | P 508033
éditorial
sommaire
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dans ce numéro
Continuer à s’entraider
Un cœur ouvert | Un long chemin de réconciliation Projet | Un foyer pour les orphelins au Liberia Une vie, une Mission | Dr Réginald Moreels Merci | Le Fonds Pontifical d’Urgence COVID-19 Belgique, terre de mission | De Riga à Bruxelles Billet
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ARMELLE GRIFFON
Il y a trois mois, nous avons accueilli avec soulagement la nouvelle d’une régression de l’épidémie de COVID19, et l’allègement des mesures de prévention qui l’a suivie. Mais dès le milieu de l’été, les signes d’une recrudescence de la maladie en Europe sont venus nous rappeler que rien n’était gagné. Nous avons la chance de vivre dans un pays au système sanitaire performant. Si donc ces nouveaux développements ont un peu assombri les vacances d’été de ceux qui ont pu en prendre, notre situation est moins dramatique que celle des habitants des pays le plus pauvres d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique Latine.
Notre situation est moins dramatique que celle des pays les plus pauvres. Au fil de ce magazine, les articles nous rappellent que dans plusieurs régions du monde, la grande pauvreté a progressé. En l’absence d’aides publiques, l’Église est alors en première ligne pour venir en aide aux personnes touchées par la crise économique et sociale découlant de la crise sanitaire mondiale. Nous n’avons pas le droit de nous y habituer ou de détourner le regard. C’est pourquoi la campagne missionnaire d’octobre 2020 nous invite à ouvrir nos cœurs.
Prendre soin des autres, c’est aussi penser à faire plaisir. En offrant des pralines Missio, vous ferez plaisir à vos proches et vous aiderez à soutenir les projets de Missio au Liberia.
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Soutenir la mission de l’Église Pourquoi-pas un legs ? En inscrivant dans votre testament un legs au profit de Missio, vous continuerez à soutenir l’action des communautés catholiques dans le monde. Ce testament peut être manuscrit (écrit de votre propre main, daté et signé par vous) ou fait devant notaire. Comment procéder ? Que puis-je léguer ? Nous sommes à votre disposition sur toute question que vous pourriez vous poser à ce sujet. Renseignez-vous-vous auprès de votre notaire ou contactez-nous : legs@missio.be ou 02 679 06 37.
Portons dans notre prière toutes ces personnes qui vivaient déjà dans des conditions difficiles et affrontent des difficultés encore plus grandes. Et soyons conscients que sans notre solidarité matérielle, les communautés ecclésiales ne pourront pas soulager les populations malmenées. C’est dans cet esprit que le Pape François a créé le ‘Fonds d’urgence COVID-19’ et que Missio fait appel à votre générosité. © S. Hermann & F. Richter
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un cœur ouvert
Le long chemin de réconciliation du Liberia Des milliers de jeunes ont été endoctrinés par une culture de violence. Comment l’éradiquer ?
© Cameron Zohoori
La campagne missionnaire 2019, a mis l’accent sur le fait que, comme baptisés, nous sommes envoyés dans le monde, vers les autres, proches et lointains. À nous de mettre quotidiennement cette exigence en pratique en semant autour de nous des graines d’attention aux plus fragiles, de pardon, d’espoir ... Mais l’Église, en tant qu’institution, se doit aussi de la mettre en œuvre, dans tous les pays du monde. C’est notamment ce qu’elle fait au Liberia, pays-phare de la campagne Missio 2020. De 1989 à 2003, une terrible guerre civile a ravagé ce pays. DENNIS CEPHAS NIMENE
Le 5 août 2003, il y a tout juste dix-sept ans, un détachement d’avant-garde de 200 “gardiens de la paix” nigérians accostait à Monrovia, la capitale du Liberia, marquant la fin de quatorze années d’une sanglante guerre civile. Les rues de Monrovia et de nombreux endroits dans le pays étaient jonchés de douilles de balles vides et de cadavres putréfiés dégageant une odeur âcre. Des immeubles vandalisés et pillés, étalant au grand jour les blessures des bombardements, fixaient les passants.
Inculquer aux jeunes le respect de la vie et de la dignité des êtres humains. Semences de haine Mais les gens étaient heureux car, pour la première fois depuis longtemps, les “tambours de la guerre” s’étaient tus.
Ils pouvaient vaquer à leurs occupations habituelles, se procurer de la nourriture et des produits de première nécessité, sans être dérangés ni molestés. Cependant, le pays était déjà envahi par les semences de haine répandues le long des lignes de faille ethniques, tribales et politiques. Des milliers de jeunes gens avaient déjà été endoctrinés par une culture de violence bafouant le respect de la vie et la dignité humaine. Même après le désarmement des belligérants, les cœurs de ces derniers restaient encore endurcis et habitués à la violence.
Guérir les cœurs brisés Les victimes, des personnes dont les proches ont perdu la vie, dont les biens ont été massivement pillés et détruits, ont été rappelées chez elles pour vivre dans le Liberia d’après-guerre, avec ceux-là mêmes qui avaient commis ces atrocités à leur encontre. « Je lui pardonne, mais je n’oublierai jamais ce qu’il a fait à ma famille », a déclaré M. Fatu lors d’une interview. 4
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un cœur ouvert C’est précisément là que réside la mission de l’Église, guérir les cœurs brisés. L’Église elle-même a été victime de ces de 14 années conflit : églises, presbytères, séminaires, couvents, etc. vandalisés pillés et détruits sans raison. Des prêtres et religieuses ont même été tués.
Nous ne sommes pas au bout du chemin vers la réconciliation. Un long chemin de réconciliation Nous sommes loin d’être au bout du chemin de la guérison et de réconciliation. D’un côté, on réclame la constitution d’un tribunal pour juger les crimes de guerre et
Le P. Dennis Cephas Nimene est directeur de Missio au Libéria et secrétaire de la Conférence épiscopale libérienne. Vous pouvez lire d’autres aspects de son témoignage dans notre magazine de campagne et sur www.missio.be.
économiques, ce qui exige que les auteurs soient mis en examen et traduits en justice. De l’autre, on observe un silence apparent qui semble oublier le passé récent, comme s’il n’était rien arrivé.
Moi non plus, je ne te condamne pas L’Église locale essaie de naviguer entre ces deux extrêmes. Elle continue à s’efforcer de désarmer les cœurs des auteurs des crimes et à panser les blessures des cœurs brisés des victimes. Dans un message pastoral récent, intitulé « Moi non-plus, je ne te condamne pas, va et ne pèche plus », les évêques du Liberia, après avoir prié et discuté avec les prêtres, religieux et laïcs, ont invité le peuple de Dieu et tous les
hommes et femmes de bonne volonté, à user de ce paradigme comme un chemin possible vers la réconciliation.
Panser les plaies En disant « moi non-plus, je ne te condamne pas », Jésus ne cautionnait pas l’acte de la femme convaincue d’adultère mais l’invitait à une introspection empreinte de repentir, et conduisant à une attitude de conversion du cœur (metanioa). Ce faisant, la femme serait réintégrée dans la communauté. C’était en même temps une invitation, pour ceux qui se scandalisaient de la transgression de la loi commise par la femme, à lui tendre une main miséricordieuse et à lui offrir l’opportunité d’un nouveau départ.
La mission de l’Église : guérir les cœurs brisés. Tel est l’appel lancé par l’Église locale pour panser les plaies de notre société meurtrie. Dans ce processus, l’accent est mis sur le dialogue et la réconciliation.
Miser sur l’éducation L’éducation est fondamentale dans ce processus : éducation aux valeurs bafouées, ignorées ou méprisées. L’Église poursuit cette mission à travers ses écoles et ses programmes de catéchèse, inculquant aux jeunes les valeurs oubliées, telles le respect de la vie humaine, la dignité des êtres humains, l’honnêteté et l’intégrité.
C’est par l’éducation aux valeurs bafouées, ignorées ou méprisées que le pays pourra se réconcilier. © Brittany Danisch
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C’est certes un long chemin, mais comme le dit un vieux proverbe, un parcours de mille miles commence par un pas. Notre vœu le plus cher est qu’un jour notre pays soit réconcilié.
projet
Un foyer chaleureux pour les orphelins L’Église veut répondre aux besoins fondamentaux des orphelins. © UN Photo / Staton Winter
En pages 3 et 4, vous avez découvert les enjeux auxquels est confrontée l’Église au Libéria, le pays de notre campagne. Les défis sont grands, aussi l’Église et la population du Liberia méritent-elles notre soutien. Nous vous présentons ici un projet du diocèse de Gbarnga, dans le centre du pays, qui accorde une attention particulière aux enfants, car c’est la génération la plus vulnérable et la plus prometteuse du pays. CATHERINE DE RYCK
Les enfants libériens sont confrontés à de nombreux défis. Le faible niveau d’éducation reste notamment un problème, en particulier pour les filles. Environ 77 % des femmes pauvres du pays n’ont pas achevé leurs études primaires. En zone rurale, seules 13 % suivent un cursus scolaire complet.
personnel médical. De nombreux médecins ont effet fui le pays à cause des conflits armés. Aujourd’hui, il y a moins de 300 médecins libériens. Des conditions de vie précaires, dans des espaces généralement réduits et de surcroît sans eau potable ni électricité, augmentent encore les risques de transmission du virus.
Orphelins
Accueil
Les nombreux orphelins forment un groupe particulièrement vulnérable. Beaucoup d’enfants ont perdu leurs parents et leurs proches. Les uns au cours de la longue guerre civile (1989-2003), les autres lors de diverses crises sanitaires, notamment celle liée au virus Ebola (20042005). Aujourd’hui, c’est la crise du COVID-19 coûte la vie à de nombreuses personnes.
Dans le diocèse de Gbarnga, le virus Ebola a décimé une grande partie de la population. Beaucoup d’enfants ont été laissés abandonnés à eux-mêmes. Les orphelinats sont en première ligne pour prendre soin d’eux, malgré leurs modestes ressources. En effet, ils ne peuvent pas attendre beaucoup d’aide de l’État. Les habitants soutiennent ces orphelinats, mais du fait de la crise économique dont ils souffrent, ce soutien est largement insuffisant. La crise du COVID-19 a affecté le marché du travail, particulièrement pour les agriculteurs et les commerçants qui ont vu leurs revenus diminuer.
Santé Une réalité à laquelle on pouvait s’attendre. Les soins de santé au Libéria sont peu développés, comme dans la plupart des pays africains. Il y a trop peu d’hôpitaux, mais aussi trop peu de
AIDEZ-NOUS À PROCURER UN FOYER AUX ORPHELINS DE GBARNGA. Avec 85 euros, vous aiderez un enfant pendant un an. BE19 0000 0421 1012 – Orphelins du Libéria
Vue d’ensemble L’Église de Gbarnga se démène pour que les orphelinats puissent répondre aux besoins fondamentaux des orphelins : vêtements, nourriture, soins médicaux, éducation... Mais comme elle a une approche globale de la situation, elle offre aussi aux enfants un soutien psychosocial. C’est absolument nécessaire. En l’absence de famille, les enfants ont souvent l’impression qu’ils n’ont nulle part où aller et n’ont pas de véritable avenir. L’Église veut contribuer à renverser cette tendance, avec vous.
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une vie, une mission
La mission de vie du Dr Réginald Moreels Le Dr Moreels, médecin de renommée internationale, intervient à Beni, au nord est de la RDC.
© RR
Dans cette nouvelle rubrique, nous allons explorer le sens que donnent au mot « mission » des personnes d’horizons divers. Pour la première édition, nous avons rencontré le Dr Réginald Moreels. Il est connu à la fois comme fondateur du département belge de Médecins Sans Frontières, comme politicien, en comme un professeur de médecine de renommée internationale. TOM LUYPAERTS
Aujourd’hui, le Dr Moreels travaille principalement en République démocratique du Congo. Il nous livre ses principales motivations dans cet engagement et dans sa mission particulière.
Que vous évoque spontanément le mot « mission » ? Je pense d’abord et avant tout aux missionnaires classiques, je ne peux m’en empêcher. Je vois un prêtre en face de moi, habituellement avec une barbe, qui revient d’un pays lointain et qui, au cours de la messe dominicale, témoigne de son travail. J’ai toujours beaucoup admiré ce genre de témoignage, et c’était aussi étrange de voir qu’un tel homme était parmi nous pendant un certain temps,
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mais serait bientôt reparti au loin, et toujours connecté. Cela a donné à mes yeux au « travail missionnaire » une aura contagieuse et mystérieuse, tout en excitant ma curiosité.
Diriez que vous avez vous-même une mission ? Oui ! J’ai donné au mot une interprétation différente de celle de ces prêtres-missionnaires, mais il y a aussi
À mes yeux le ‘travail missionnaire’ avait une aura mystérieuse.
beaucoup de similitudes. Comme eux, par mon engagement politique et humanitaire, je m’efforce aussi de rendre le monde plus juste. À notre manière, nous prenons des mesures concrètes pour y parvenir. Cela enrichit non seulement le monde, mais aussi nous-mêmes.
Que voulez-vous dire? Au cours de ma mission concrète et de mon engagement, j’ai découvert une mission plus personnelle. Mon « travail missionnaire » a développé au fil des ans une dimension plus profonde qui est restée longtemps cachée en moi. Maintenant, j’appelle cette dimension plus intime ma « mission de vie personnelle ».
En quoi consiste votre mission de vie ? Je veux transmettre le cœur de mon engagement aux prochaines générations. Tout d’abord, à mes propres enfants. Je leur donne mes idées et ils se mettent au travail. Je leur laisserai une part de moi-même. Il s’agit en quelque sorte d’un « héritage d’engagement ».
Et vis-à-vis des autres personnes ? Bien sûr, je transmets mon engagement le plus largement possible. Tout d’abord, vous regardez votre entourage, puis vos voisins immédiats, mais il y a d’autres personnes. Vous rencontrez des gens tout le temps et entrez en relation avec eux. Cela comporte des responsabilités. Mais c’est aussi un lieu d’échange enrichissant, où l’on peut laisser derrière soi des étincelles d’engagement. C’est ce sur quoi je travaille à ce stade de ma vie.
Mon ‘travail missionnaire’ a connu au fil des ans une dimension plus profonde.
J’espère que mon engagement contribuera à faire réfléchir les gens.
devons avoir plus de respect pour la nature : la faune, la flore et l’humain. D’un autre côté, nous devons échanger différemment les uns avec les autres. Nous devons renoncer à notre appétit insatiable pour le profit économique.
Pouvez-vous en donner un exemple? facile. C’est pourquoi il est si important pour moi de transmettre mon engagement aux autres. Il faut qu’après moi, les gens continuent à s’impliquer et à s’engager. C’est la seule façon de surmonter l’adversité ensemble. Mon propre fils est à Beni en ce moment. Il pensait qu’on avait plus besoin de lui là-bas qu’ici.
Comment voyez-vous le monde ? J’ai l’impression que ces dernières années, je suis devenu de plus en plus insatisfait de notre monde et de notre société. J’ai l’impression de me rebeller de plus en plus, parce que je vois de plus en plus d’injustice autour de moi. C’est pourquoi je voudrais prôner « l’écopersonnalisme ». Pour moi, « éco- » fait référence à la fois à l’écologie et à l’économie, parce que nous devons de toute urgence changer l’approche des deux. D’une part, nous
Pour moi, l’organisation actuelle de la chaîne alimentaire en est un exemple dramatique. C’est surtout l’industrie de la viande qui me met en colère. C’est pourquoi je suis moimême devenu végétarien. Je ne supportais pas la façon dont les animaux sont traités. De plus, la pandémie de COVID-19 a amené beaucoup de gens à se demander à haute voix si l’élevage d’animaux sur une surface réduite n’ouvre pas la porte aux pandémies. D’autres secteurs s’attaquent constamment à la nature, mais aussi à l’homme. Nous voulons négocier avec des marges bénéficiaires qui ne profitent qu’à quelques heureux et, ce faisant, marchons sur les plates-bandes des autres. Ce n’est plus durable pour l’homme et notre planète. J’espère que mon engagement contribuera à faire réfléchir les gens. Ensuite, nous trouverons une solution ensemble.
Comment vous y prenez-vous ? À l’heure actuelle, cela se reflète principalement dans mon travail en République démocratique du Congo. Surtout à l’hôpital de Beni, dans le nord-est du pays. La région est riche en cobalt, mais la paix est souvent loin d’être acquise. Les soins médicaux de qualité aussi. Il y a surtout un grand besoin de conseils professionnels en matière de chirurgie et d›obstétrique. De nombreuses femmes et enfants meurent parce que les futures mères ne sont pas opérées à temps ou parce que des complications surviennent lors de l’accouchement. C’est pourquoi il est important de bien former les chirurgiens et les sages-femmes et de disposer d’un hôpital décent où les gens peuvent se rendre.
Pour en savoir plus sur le travail du Dr Réginald Moreels à Beni : www.unichir.africa
Cela semble être un travail à long terme. En effet. Il y a tellement d’obstacles tout le temps : l’insécurité persistante dans la région, la récente nouvelle flambée du virus Ebola, la crise du COVID-19... Ce n’est pas une mission
À Beni, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, il est importat de former des médecins et des sages-femmes. © World Bank / Vincent Tremeau
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merci
Le Fonds Pontifical d’Urgence COVID-19 La crise du COVID-19 présente au monde et à l’Église des défis sans précédent. Nos vies et notre travail ont beaucoup changé dans le monde entier. Beaucoup de choses sont devenues plus difficiles, les besoins ont augmenté et les ressources se sont raréfiées. Heureusement, cela a également eu du bon : de nombreuses actions de solidarité sont nées, à petite et grande échelle. Parmi les initiatives à échelle mondiale, le fonds d’urgence pour les communautés ecclésiales touchées par la crise sanitaire, créé par le pape François. CATHERINE DE RYCK
Partout dans le monde, les communautés religieuses se soucient des plus vulnérables : les malades, les enfants, les personnes en situation de précarité... La pandémie de COVID-19 a rendu leur travail d’autant plus nécessaire, et elles ont donc besoin d’encore plus de ressources que d’habitude.
Aide pontificale Le pape François s’est rendu compte que ces communautés ecclésiales ne
pouvaient plus remplir leur engagement évangélique auprès des plus fragiles, faute de ressources financières. Début avril 2020, il a donc créé un fonds spécial d’urgence. Le secrétariat international de Missio y a immédiatement déposé 750 000 US$. Les secrétariats nationaux de Missio ont également recueilli des fonds dans le monde entier. Depuis la Belgique, nous avons pu jusqu’à présent, grâce à vous, verser 12.712,01 €.
Aides diverses En mai 2020, Rome a effectué les premiers virements à partir de ce fonds d’urgence et cela continue encore aujourd’hui. L’aide va toujours à un diocèse qui a présenté une demande concrète. Dans une trentaine de pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, un ou plusieurs diocèses ont déjà reçu le soutien du fonds d’urgence COVID-19. L’aide est versée à diverses actions . Mais toutes ont pour objectif de permettre à l’Église de surmonter
Dans le monde entier, communautés religieuses et bénévoles assurent des distributions de nourriture, comme ici à Jaipur, au Rajasthan, en Inde.
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© Mukesh Kumar Jwala
Pour en savoir plus sur l’aide versée par pays et diocèse, rendez-vous sur www.missio.be. Les informations en ligne sont régulièrement mises à jour.
cette crise et de répondre aux exigences de son option préférentielle pour les pauvres.
Un engagement fort En effet, suivant l’exemple de Jésus, l’Église accorde une attention particulière à ceux qui sont en marge de la société et/ou qui souffrent. C’était, bien sûr, déjà le cas avant la crise du COVID-19. Aujourd’hui, il est important de continuer à faire de cette option une véritable ligne de conduite, pendant la crise et au-delà. C’est pourquoi le soutien est allé aux hôpitaux, aux refuges pour enfants (des rues), aux maisons de repos et de soins... Les écoles ont également reçu un coup de pouce. D’une part, pour garantir l’enseignement là où les écoles sont encore ouvertes, et d’autre part pour fournir aux enseignants un revenu de base lorsque les écoles sont forcées de fermer leurs portes.
Nutrition En outre, les pénuries alimentaires et la faim ont aussi rapidement augmenté dans le monde. La pauvreté croissante causée par la crise du COVID-19 en est l’une des causes. Beaucoup de gens ont perdu leur emploi. Parfois parce qu’ils ne sont plus autorisés à travailler, comme les employés de maison ou divers travailleurs migrants. Ou bien parce que la poursuite de leur activité n’était plus tenable, comme certains commerçants. Les agriculteurs sont également en difficulté dans de nombreuses régions. Non seulement parce que leur marché a été réduit en raison de la baisse des exportations, mais aussi parce que souvent la récolte n’a pu être faite. Tout cela s’ajoute, dans certains pays, à la sécheresse, aux typhons, aux inondations... L’Église organise donc des distributions de nourriture dans de nombreux endroits, soutenues par le fonds pontifical COVID-19, pour faire face à la période la plus difficile.
Les communautés chrétiennes organisent des actions d’information et de prévention.
Proximité Outre un engagement très concret, la proximité avec les personnes est importante pour une communauté religieuse chaleureuse. Presque partout dans le monde, les célébrations eucharistiques ont été (temporairement) suspendues, éliminant ainsi les formes les plus évidentes de rencontre et de vie communautaire. Mais si les gens ne peuvent pas venir à l’église, l’Église peut encore aller vers eux. Seulement, cela aussi nécessite des ressources, par exemple pour payer le transport. Le matériel d’hygiène, masques de bouche et le gel désinfectant pour les mains, est également très important. Ainsi, le personnel de l’Église et les personnes avec lesquelles il est en contact sont mieux protégés contre le nouveau coronavirus. Plusieurs diocèses ont utilisé une partie de l’aide d’urgence versée pour l’achat de ces matériaux.
Des prêtres et religieux sont privés du minimum vital. Informations Dans de nombreux pays, le COVID-19 s’est développé, parce que la population n’était pas suffisamment informée sur la propagation du virus et les mesures à prendre pour le contenir. Cela reste un problème majeur, en particulier
© Kadiri Endurance
dans les zones défavorisées, souvent des régions rurales éloignées. La population de ces régions est en général pauvre et peu éduquée. Lorsque la communication gouvernementale y parvient, elle est cependant souvent incompréhensible. Les diocèses s’engagent donc à assurer une meilleure communication. Les stations de radio diocésaines sont très efficaces, mais elles ont fait des heures supplémentaires et ont besoin du soutien du fonds d’urgence. Ces canaux ont aussi permis aux Églises locales de rester connectées aux croyants et, de loin, de célébrer et de prier ensemble.
Prêtres et religieux Le fond d’aide d’urgence est également destiné aux prêtres et aux religieux de différents régions du monde. Dans de nombreux pays, ils ne vivent que des collectes et des dons, ou de la nourriture qu’ils reçoivent des paroissiens. En raison de la fermeture forcée des églises et de la distance sociale nécessaire, dans beaucoup d’endroits, ce système n’a pu se poursuivre et les prêtres se sont retrouvés privés du minimum vital. Il en va de même pour les différentes communautés religieuses. En outre, celles-ci vivent souvent de la vente de nourriture, d’hosties ou d’articles faits à la main. La perte de ces activités les a également privées d’une importante source de revenus. Toutes ces communautés ecclésiales vous remercient pour votre générosité qui les aide à traverser cette passe difficile.
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Belgique, terre de mission
De Riga à Bruxelles Religieux Assomptionniste, le P. Viktors exerce son ministère en Belgique depuis 2017. Né dans une famille catholique, il a grandi en Lettonie, un pays qui redécouvrait son âme spirituelle après la chute de l’Union Soviétique dans les années ’90. Un parcours à découvrir, de Riga à Bruxelles, en passant par New-York, Moscou et la France. P. VIKTOR JERMAKOVICS
vie et leur travail communs cherchent ensemble Celui qui les a appelés, « ayant un seul cœur et une seule âme, tournés vers Dieu » (Règle de Saint Augustin, 1). Par toutes leurs œuvres – pèlerinages, médias*, travail pour l’unité des chrétiens, travail pastoral en paroisses et dans les aumôneries, service auprès des plus pauvres – les Assomptionnistes sont au service de l’avènement du Règne de Dieu.
De nombreuses personnes cherchent quelque chose de plus grand qu'eux.
St Augustin invitait à chercher Dieu « avec un seul cœur et une seule âme ».
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J’ai été initié à la vie sacramentelle en fréquentant l’école catholique de Riga, nouvellement ouverte. Une vie de foi ponctuée par des pèlerinage à pied en Lettonie, des rencontres de jeunes, telles que les rencontres européennes de Taizé. Cependant, je ne me sentais pas appelé au sacerdoce. Muni d’un diplôme en économie et commerce, je suis parti aux Etats-Unis pour un stage d’un an et demi. New York faisait rêver. Je pensais y faire ma vie…
appris à prier avec la Parole de Dieu, à pratiquer la prière méditative, à rencontrer le Seigneur dans le silence. J’ai été inspiré par la vie et les écrits de saint François d’Assise, sainte Thérèse d’Avila, et en particulier de saint Augustin. Un désir plus fort que moi a mûri un moi : mettre ma vie au service du Christ et de son Église. J’ai rencontré les Assomptionnistes (Augustins de l’Assomption) après mon retour au pays, lors d’un voyage à Moscou.
Un désir plus fort que moi
Un désir de vie fraternelle
Dieu avait d’autres projets pour moi. Au contact de jeunes chrétiens évangéliques j’ai
J’ai été attiré par l’esprit augustinien, cette vie fraternelle où les frères, par leur
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Après une formation théologique en France où j’ai été ordonné en 2017, j’ai été nommé à Bruxelles. Ici j’ai la responsabilité de l’église Sainte-Marie-Madeleine (Bruxelles-Centre) et je suis engagé dans l’aumônerie de l’hôpital Saint-Luc. J’ai découvert la Belgique, où la pratique continue à diminuer depuis de nombreuses années. Un choc pour une Église habituée à être omniprésente ! Les chrétiens doivent trouver leur place dans ce nouveau monde.
Des signes d’espérance Mais de nombreuses personnes continuent à chercher quelque-chose de plus grand qu’eux, en quête de sens, de réponses, de pardon, et elles ont soif d’eau vive. Il appartient à l’Église de trouver le langage, les paroles et les gestes qui puissent les rejoindre. * Les Assomptionnistes sont à l’origine de groupe français Bayard-Presse qui édite le journal La Croix, différentes revues et ouvrages de spiritualité, ainsi des magazines et livres pour enfants et adolescents.
billet Campagne Missio 2020 Activités du mois de la mission en Belgique francophone Des incertitudes pèsent encore sur l’évolution de l’épidémie de COVID19 à l’heure où nous mettons sous presse. Nous ne pouvons pas encore vous communiquer, de calendrier des diverses activités et témoignages qui vous seront proposées en septembre et octobre. Nous vous tiendrons informés dès que possible par le biais de notre site-web. Pour plus d’informations, consultez : www.missio.be/fr/notre-action/activites/
GISELA VAN WINCKEL COORDINATRICE TEMPORAIREMENT DE MISSIO-BELGIQUE
Il y a quelque temps, Mgr Koen Vanhoutte m’a demandé si j’acceptais d’assumer - temporairement - la coordination de Missio-Belgique. J’ai failli tomber de ma chaise : j’avais pris ma retraite depuis moins d’un an et je cherchais de nouvelles façons de m’engager. Je n’aurais jamais pensé recommencer une mission comme celle-ci. Dieu m’invitait-il à ne pas m’installer « les doigts de pieds en éventail » ? De façon très inattendue, un nouveau flux d’énergie s’est réveillé en moi. Était-ce « la joie de l’Esprit » à laquelle la lettre aux Galates fait référence ? Quelques jours plus tard, après de nombreuses années, j’étais de retour dans les bureaux de Missio à Bruxelles. Le matériel de la campagne d’octobre 2020, sous le slogan « Ouvre-leur ton cœur ! », m’attendait. En tant que chrétiens, nous sommes tous appelés à ouvrir nos cœurs à Dieu et à nos proches, dans l’esprit de l’Église universelle que nous formons et construisons au quotidien. Nous sommes en effet envoyés pour sortir de notre zone de confort, pour être attentifs aux besoins des autres, ici et ailleurs, et pour apporter la guérison. Et tout cela sous l’inspiration que l’Esprit met en nos cœurs. Dans le magazine de la campagne, Catherine, responsable de la communication, pose beaucoup de questions. Je me les suis posées après l’interpellation de Mgr Vanhoutte. • Qui suis-je? Qu’est-ce que je fais ? • Qui veux-je être et que dois-je faire ? • Pour moi, pour le Christ et pour l’Église du monde ? Ouvre-leur ton cœur, un appel sincère qui nous est adressé, que nous soyons vieux ou jeunes, quel que soit notre mode de vie ... C’est ici et maintenant que « le Christ nous demande toujours de devenir une meilleure version de nous-mêmes, suivant son exemple et renforcé par sa présence.» ( Catherine De Ryck )
© Cameron Zohoori
Matériel de campagne 2020 Magazine de campagne, affiches A2, dépliantprière, signet-prière pour les enfants, Pralines. Ce matériel peut être commandé via notre site internet www.missio.be/fr/webshop/ Ainsi que par téléphone au 02 679 06 30, ou par courrier à notre Service-Commandes Bd du souverain 199, 1160 Bruxelles
J’espère sincèrement que le prochain mois de la mission pourra nous réveiller. Que nos cœurs fleuriront et que nous pourrons tous le vivre dans une communauté d’Église chaleureuse. Ici, entre nous, mais aussi connectés avec les autres, au-delà de nos frontières.
Connectés par la prière La prière n’est-elle pas le meilleur moyen de laisser l’Esprit de Dieu ouvrir nos cœurs aux à nos frères et sœurs, proches et lointains ? Pour vous y aider, Missio vous propose deux outils : le dépliant-prière avec le prière du mois de la mission le signet-prière pour les enfants
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suara Rédaction Armelle Griffon Ont collaboré Catherine De Ryck, P. Viktor Jermakovics, Tom Luypaerts, Réginald Moreels, P. Dennis Cephas Nimene, Emmanuel Babissagana Photos Brittany Danisch, S. Hermann & F. Richter, Mukesh Kumar Jwala, Kadiri Endurance, Lawrence OP, UN Photo / Staton Winter, World Bank / Vincent Trameau, Cameron Zohoori Mise en page et impression Halewijn nv Éditeur responsable Pierre Van den Bossche, Bd du Souverain 199, 1160 Bruxelles Info et contact Bd du Souverain 199, 1160 Bruxelles, 02 679 06 30, info@missio.be, www.missio.be www.facebook.com/MissioBelgique Numéro d’entreprise : 0410647718 Abonnements et changements d’adresse suarafr@missio.be Réactions et suggestions info@missio.be Missio Wallonie-Bruxelles Bd du Souverain 199, 1160 Bruxelles, tél.: 02 679 06 47 wallonie@missio, formations@missio.be
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