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suara le journal de l’Église en mission Trimestriel » 20ème année n°77 » septembre - octobre - novembre 2019
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L'Église en marche un avenir pour l’Église » pleins feux sur l’Église au Mexique » missionnaire à Malmédy
éditorial
sommaire
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dans ce numéro
Quoi de neuf ? ARMELLE GRIFFON
Une question que vous entendrez sans doute souvent en ce mois de rentrée. Mois de bonnes résolutions, de nouvelles rencontres, de nouvelles orientations professionnelles, scolaires, personnelles. Et du côté de ma foi, quoi de neuf ? La nouveauté de ce mois de septembre pourrait être de prendre au sérieux notre mission de baptisé. Le mois missionnaire extraordinaire d’octobre voulu par le Pape François nous en offre une excellente opportunité. Dans le message qu’il adresse à cette occasion aux chrétiens du monde entier*, le Pape François nous le rappelle, « la vie divine n’est pas un produit à vendre – nous ne faisons pas de prosélytisme – mais il s’agit d’une richesse à donner, à communiquer, à annoncer : voilà le sens de la mission. Nous avons reçu gratuitement ce don et nous le partageons gratuitement (cf. Mt 10, 8), sans exclure personne. »
« La nouveauté de ce mois de septembre : prendre au sérieux notre mission de baptisé. » C’est une invitation à aller de l’avant, à bousculer nos habitudes et à quitter notre zone de confort. Non pas à renier tout ce que nous vivons, en communauté et personnellement, dans notre vie de chrétiens mais de le vivre avec un nouvel élan. Faisons confiance au souffle de l’Esprit qui a mis en route les disciples du Christ pour partager ce qu’ils avaient reçu. * Ce message est disponible sur www.missio.be
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Se connecter à la source Projet | Enfants des rues au Venezuela Pleins feux sur l’Église au Mexique Merci | Une église pour la paroisse de Yalgo Belgique, terre de mission Billet Missions et missionnaires
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Pensez au legs ! En inscrivant dans votre testament un legs au profit de Missio, vous aiderez les communautés chrétiennes à annoncer l’Évangile dans le monde de multiples manières et à se mettre au service des plus pauvres et des plus fragiles. Renseignez-vous auprès de votre notaire ou contactez le père Michel Coppin, directeur de Missio-Belgique, au 02 679 06 37 ou par email legs@missio.be
Focus
octobre 2019
Mois Missionnaire extraordinaire Avec l’Église du monde entier, redécouvrez en octobre le sens profond de votre mission de baptisé. Où que nous soyons, le Christ nous envoie aujourd’hui annoncer sa Bonne Nouvelle à toutes les femmes et à tous les hommes. Le dimanche 20 octobre, vivez en communion spirituelle et matérielle avec toutes les communautés ecclésiales de la planète.
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Prenons-nous le temps de rencontrer Dieu ?
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Un avenir pour l’Église Notre Église fait face aujourd’hui à de nombreux défis. Près de chez vous, mais aussi partout dans le monde. Or, qui dit défis, dit aussi opportunités. Si du moins nous sommes prêts à les saisir. Le mois missionnaire extraordinaire d’octobre 2019 est le moment idéal pour le faire. Parce que ce mois est pour nous un point de départ et non un point d’arrivée, nous cheminerons avec vous au long des quatre numéros de Suara. RUBEN BOON & CATHERINE DE RYCK
Dans notre pays, il est clair que l’Église a perdu sa position privilégiée. Elle ne joue plus un rôle dominant dans la société. Au contraire, elle doit trouver sa place et chercher un nouvel élan. Là où l’évidence disparaît, il y a de l’espace pour la critique et les questions. Mais aussi, pensons-nous, pour l’innovation. PRÉSERVER
Un renouveau au sein de l’Église est certes possible, mais cela ne va pas de soi. Il lui faut trouver un équilibre entre « préserver » et « renouveler », afin de ne pas jeter le bébé
« Comment former une communauté vraiment fraternelle et attirer de nouvelles personnes ? » avec l’eau du bain. Tout comme Jésus, nous devons avoir le courage de chercher de nouvelles façons de parler de Dieu, de la foi et de la société. Si nous voulons être témoins de Jésus et de sa Bonne Nouvelle, n’ayons pas peur de suivre ses traces, de sortir des sentiers battus et de prendre de nouveaux chemins.
C’est grâce à la nouveauté incarnée par son discours et sa manière d’être que Jésus a rassemblé les gens autour de lui. Par son audace et sa proximité avec les préoccupations des personnes rencontrées, il a réussi à former une communauté et à l’étendre au monde entier. Tel est peut-être en effet le plus grand défi auquel est confrontée notre Église aujourd’hui : comment former une communauté vraiment fraternelle et attirer de nouvelles personnes ? PROXIMITÉ
Cette question se pose tant au niveau local qu’international. Localement, nous pouvons simplement voir qu’il y a moins de gens à l’église, que la foi est devenue moins accessible et moins évidente. Mais voyons-nous aussi les autres initiatives, leur donnons-nous une chance ? Reconnaissonsnous explicitement la foi qui peut inspirer l’engagement social en faveur de la justice ? Osons-nous le formuler pour nous-mêmes ? Osons-nous le faire pour les autres ou nous limitons-nous à notre propre cercle ? →
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se connecter à la source « Dans notre diversité, il y a assez de place pour travailler ensemble sur des projets communs. » Notre Église est l’une des plus grandes communautés internationales au monde. C’est le même Dieu qui nous envoie. Mais il semble que nous l’oublions souvent. Certaines personnes s’étonnent que l’on puisse encore pratiquer une religion aujourd’hui. D’autres voudraient en savoir plus. Leur disons-nous explicitement que tous les catholiques du monde partagent la même foi, lisent les mêmes textes bibliques chaque dimanche, voire chaque jour pour certains, ont les mêmes coutumes ? Cette prise de conscience offre un grand sentiment d’appartenance à une communauté : nous ne sommes pas seuls, nous sommes ensemble. Et cette communauté internationale peut nous inspirer à l’infini. La diversité est une grande source de richesse. OUVERTURE
Espérons que notre identité commune puisse aussi nous encourager à être plus ouverts aux autres. Une rencontre cha-
De belles choses peuvent surgir d’undialogue ouvert avec d’autres communautés. © Lightspring / Shutterstock
leureuse et un dialogue plein d’espérance avec d’autres communautés, cultures et religions chrétiennes peuvent conduire à de belles choses. Nous ne parlons pas ici de conversion forcée, mais nous voulons vous inviter ou vous inspirer sans aucune contrainte. Dans notre diversité, il y a assez de place pour travailler ensemble sur des projets communs. TRADITION
Notre tradition, que nous souhaitons préserver, est aussi une source d’inspiration. Cette tradition, nous la partageons avec les chrétiens du monde entier. C’est elle qui, par définition, rassemble une communauté. Le Pape François nous invite à la redécouvrir. Non seulement à travers la vie et les paroles de Jésus, mais aussi en regardant ses disciples et tant d’autres qui ont suivi ses traces. L’histoire de notre Église est riche de nombreux saints, missionnaires, martyrs... qui ont constamment témoigné de Jésus et de sa Bonne Nouvelle. Qu’ontils à nous dire aujourd’hui ? Comment peuvent-ils nous servir d’exemples ? Et comment agiraient-ils aujourd’hui ?
Ces grands témoins de la foi, s’ils vivaient en 2019, utiliseraient-ils les moyens modernes dont nous disposons ? Pensez simplement à l’internet ou aux réseaux sociaux. S’en serviraient-ils dans leur travail de prédication pour témoigner de l’Évangile et répandre la Parole ? Nous-mêmes n’avons-nous pas souvent tendance à éviter ces médias quand il s’agit de foi ou d’Église ? Avons-nous de bonnes raisons de le faire ? N’est-ce pas au contraire une occasion à saisir ?
« L’Évangile que nous voulons faire connaître au monde est révolutionnaire. » Voyez-vous, il y a beaucoup de questions en jeu dans le rêve d’une Église ouverte, hospitalière, chaleureuse, offrant une perspective d’avenir. Cela n’a rien d’étonnant si l’on mesure à quel point l’Évangile que nous voulons faire connaître au monde est révolutionnaire. Heureusement, beaucoup d’initiatives au sein de notre Église et de la société travaillent en ce sens. Nous aimerions vous en présenter quelques-unes dans les prochains numéros de Suara.
AIDEZ-LES ! Lors de la collecte du dimanche de la mission, ce 20 octobre, Pensez à préparer votre offrande ou faites un don à Missio asbl: BE19 0000 0421 1012 Communication : 207 Enfants des rues Venezuela Les enfants des rues doivent souvent (re)découvrir la paix, la dignité et le respect. Pour eux-mêmes et pour les autres. © Xavier Donat
projet
Enfants des rues à Caracas Nous avons tous entendu parler de la situation catastrophique du Venezuela en proie à une crise économique et politique sans précédent. La dégradation des conditions de vie de la population a pour corollaire un accroissement du nombre d’enfants des rues, en particulier dans certains quartiers de la capitale, Caracas. ARMELLE GRIFFON
C’est le pays que Missio a choisi de mettre en lumière pour la campagne missionnaire du mois d’octobre « Baptisés et Envoyés ». LA VIOLENCE DE LA RUE
On dit de Caracas qu’elle est la capitale la plus dangereuse du monde. La pauvreté engendrée par la crise ne fait qu’augmenter l’insécurité. Les gens sont prêts à tout pour survivre. Dans ce contexte, les enfants des familles pauvres des quartiers périphériques finissent souvent à la rue. Ils fuient leur famille qui ne parvient plus à assurer leur subsistance et où la violence est monnaie courante. Mais la rue n’est évidemment pas plus sûre, dominée par des gangs de trafiquants de drogue qui ont tôt fait d’utiliser les enfants pour poursuivre leurs activités mafieuses en toute impunité.
« Le programme Art et Culture vise à donner confiance aux jeunes. » Alertés par cette situation, la congrégation des Salvatoriens, présente dans les bidonvilles de Caracas, fait tout ce qu’elle peut pour leur venir en aide. Elle a déjà ouvert deux foyers d’accueil pour les garçons : El Encuentro (la rencontre) pour les 4-14 ans, El Timón (la barre) pour les 15-21 ans. Ils y sont accueillis pour pouvoir étudier et grandir dans un environnement sécurisé.
UN CHEMIN VERS L’ESTIME DE SOI
Cependant, les Salvatoriens constatent qu’une motivation manque à ces jeunes pour prendre confiance en l’avenir. D’où l’idée de créer - dans les locaux de l’église Santo Cristo de Catia - des ateliers « Art et Culture » où ces garçons et filles marginalisés pourraient développer des talents personnels et renforcer leur potentiel. Danse, musique, dessin, théâtre, football, volleyball, seront au programme de ces ateliers qui tiendront les enfants éloignés de la rue et les aideront à découvrir leur capacité à mener jusqu’au bout un projet qui les intéresse. VOUS POUVEZ LES AIDER
Soutenir ce projet, c’est aider des enfants et des jeunes à échapper à la fatalité d’une vie où la seule alternative à la misère est la violence de la rue. Il faut être conscient que l’Église est l’une de seules institutions capables d’agir pour remédier aux effets dévastateurs de la crise économique, sociale et politique dans laquelle le pays s’enfonce.
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pleins feux sur
L’Église au Mexique On aurait tort de voir l’Amérique latine comme une seule entité. Malgré une histoire partagée aux alentours du XVIe siècle, chaque pays a sa propre individualité. Comme ailleurs dans le monde. Aujourd’hui, nous vous emmenons en Amérique centrale, au Mexique. ERIK DE MAEYER
comme le Dominicain Bartolomé de las Casas ont adopté une approche différente. Ils ont défendu les peuples autochtones. Sa foi l’a conduit à défendre les droits de l’Homme, et non à convertir de force. En réalité le catholicisme a été introduit dans de nombreux endroits en quelques décennies seulement. Seules les régions très éloignées et trop attachées à leur propre foi ont résisté.
« Du fait du manque de prêtres, les diacres et les femmes jouent un grand rôle dans les communautés. »
Les catholiques du Mexique ont une grande vénération pour Marie et les saints.
Entre 1519 et 1521, Hernán Cortés a conquis une grande partie de ce que nous appelons aujourd’hui le Mexique. Il rencontra principalement des Mayas dans le sud et des Aztèques dans le nord. Comme tant d’autres pays, le Mexique a connu la foi catholique à travers les conquérants espagnols. Les religieux qui accompagnaient les conquistadors rêvaient d’introduire la foi catholique dans «le Nouveau Monde». Pour le Mexique, il s’agissait principalement de
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Franciscains. Parmi eux quelques Belges comme, par exemple, le Père Pierre de Gand (né Peeter van de Moere et surtout connu sous son nom espagnol Pedro de Gante) CONVERSIONS
Malheureusement, nous savons tous qu’il y a eu beaucoup de conversions forcées. Là où l’on voulait le faire de façon moins contraignante, on recherchait souvent des liens entre le christianisme et la foi traditionnelle de la population locale. Des Espagnols
L’Église du Mexique est restée longtemps liée à l’Espagne et à l’Europe en général. Même après l’indépendance en 1855, quand une séparation absolue de l’Église et de l’État a été théoriquement instaurée. Le Mexique paraît sur ce plan moins autonome que les autres pays d’Amérique Latine. Il garde des liens forts avec l’Espagne et les Etats-Unis. C’est pourquoi les évêques mexicains ne travaillent pas particulièrement étroitement avec leurs collègues latino-américains. La théologie de la libération, bien que prise en compte, a eu moins d’influence au Mexique qu’ailleurs. INFLUENCE DES RELIGIONS AMÉRINDIENNES
Beaucoup de gens pensent que le catholicisme mexicain est influencé par
timé. Ainsi, elle prend peu position sur des questions de société. Prenons, par exemple, le groupe le plus vulnérable au Mexique : les réfugiés. Ce sont souvent des gens du Honduras, du Guatemala ou des Mexicains qui espèrent arriver aux États-Unis d’Amérique dans un train de marchandises. Ces personnes sont souvent victimes de trafiquants d’êtres humains ou de gros barons de la drogue qui les tuent et les jettent dans une fosse commune. Or ce sont les catholiques de base, et non l’Église officielle, qui se soucient du sort de ces gens. L’Église vivante et les communautés de base offrent leur aide là où elles le peuvent. Au Mexique, les réfugiés sont les plus vulnérables.
la religion traditionnelle des Aztèques. D’autant plus que les premiers missionnaires ont essayé de relier les différents éléments les uns aux autres. Cependant, ce n’est pas du tout le cas du catholicisme dominant au Mexique, sauf peutêtre pour quelques peuples autochtones. UNE RELIGION POPULAIRE
Au Mexique, comme dans beaucoup d’autres pays, il y a une grande différence entre l’Église institutionnelle et « l’Église de la base ». En tant qu’institution, elle n’est pas aussi puissante qu’on pourrait le penser. La présence d’évêques européens en très grand nombre et une grande pénurie de prêtres locaux jouent un rôle à cet égard. Dans les villages, l’Église, reposant sur une communauté soudée, a une place centrale. Le catholicisme populaire est marqué par une grande dévotion mariale, comme dans le reste de l’Amérique latine. Notre-Dame de Guadalupe, patronne du Mexique, en est un bon exemple. D’une manière générale, les Mexicains vénèrent beaucoup les saints, chaque paroisse mettant en lumière ses saints patrons.
© Vic Hinterlang / Shutterstock
INSPIRATION RÉCIPROQUE
« Ce sont les catholiques de base qui se soucient du sort des réfugiés. » par l’Église institutionnelle. Et pourtant, sans ces femmes, il n’y aurait pas de communautés de base aussi vivantes ! RÉFUGIÉS
Le rôle de l’Église catholique dans la société mexicaine ne doit pas être sures-
Les Belges peuvent apprendre des Mexicains ce que signifie réellement former une communauté. Au Mexique, les gens sont prêts à s’entraider et à faire quelque chose pour prendre leur avenir en mains. Cela n’est possible que si vous unissez vos forces, que vous en tirez le meilleur parti ensemble et que vous n’attendez pas d’aide de l’extérieur. Même si cela suppose de se débarrasser des structures anciennes, voire obsolètes, c’est possible. D’un autre côté, les Mexicains peuvent apprendre un peu plus des Belges. Au Mexique, les émotions sont vives et jouent aussi un rôle majeur dans l’Église, dans les décisions et dans la société.
RÔLE DES DIACRES ET DES FEMMES
Il y a beaucoup de diacres ordonnés qui assurent une partie de la pastorale. A tel point que Rome n’est pas disposée à en consacrer d’autres. On craint que le groupe des diacres n’obtienne trop de pouvoir, parce qu’il y a peu de prêtres. Les prêtres comptent donc sur l’engagement des diacres, mais aussi des religieuses et des laïques. Cependant, cet engagement féminin n’est pas officiellement reconnu
L’importance de l’engagement des femmes dans les communautés de base n’est pas assez reconnu par les autorités de l’Église du Mexique. © Leon Rafael / Shutterstock
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merci
Une nouvelle église pour Yalgo La commune de Yalgo, au Burkina Faso, se trouve au Nord-Est du pays, non loin des frontières du Niger et du Mali. Elle est située à la limite de la zone sahélienne du Burkina. En 2014, Missio y a soutenu la construction d’une église paroissiale. Le Père Sylvère NABALOUM, curé de la paroisse, nous retrace la genèse de la communauté. ABBÉ SYLVÈRE NABALOUM | CURÉ DE YALGO, BURKINA FASO
La communauté chrétienne de Yalgo existe depuis longtemps. Rattachée à la paroisse de Tougouri érigée en 1967, elle a toujours été la plus dynamique. C’est à cette époque qu’on construisit une chapelle accueillant ce petit groupe de chrétiens. UNE ÉGLISE EN CHANTIER
La paroisse de Yalgo n’a été créée qu’en 2012. Elle est donc encore en chantier. La construction d’une église paroissiale était une priorité, la chapelle étant devenue trop petite pour accueillir le nombre croissant de fidèles. La moitié de l’Assemblée se retrouvait dehors à chaque célébration dominicale et aux grandes fêtes. Grâce à l’aide de Missio, la construction de notre église a commencé en mars 2018. Il a cependant fallu attendre un cofinancement de plusieurs partenaires pour poursuivre les travaux. A mon arrivée à
Yalgo, le 13 août 2018, j’ai trouvé une église à moitié construite. J’ai alors contacté l’économat diocésain chargé de la conduite des travaux pour accélérer le travail, espérant y célébrer à Noël. Et bien que, par manque de fonds, les travaux soient suspendus depuis décembre 2018, nous y célébrons depuis le 30 décembre dernier en espérant qu’un jour tout sera en ordre. Il y a encore beaucoup à faire : la peinture, la tyrolienne, la construction du chœur, l’électricité et l’eau, l’équipement en sonorisation, en bancs…
composée de jeunes. Dans cette région essentiellement musulmane, les chrétiens sont minoritaires. Il y a 15% de catholiques. Les habitants vivent principalement de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et du petit commerce. Beaucoup de nos jeunes sont engagés dans l’exploitation minière, employés dans deux mines industrielles. Mais la plupart pratiquent l’orpaillage, avec des risques considérables pour leur vie, sans pour autant beaucoup gagner.
UNE COMMUNAUTÉ RURALE
Notre paroisse, à l’instar de toute l’Église du Burkina et d’Afrique est engagée dans la dynamique de l’Église Famille de Dieu. Elle fonctionne sur le principe des CCB (Communautés Chrétiennes de Base) couvrant les quartiers ou les secteurs communaux. Elles sont subdivisées en PCE (Petites
La communauté chrétienne paroissiale de Yalgo est formée essentiellement d’une population de plusieurs ethnies : les Mossis, les Gourmantchés et d’autres ethnies minoritaires. A l’image de la population burkinabé, notre famille ecclésiale est surtout
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ÉGLISE - FAMILLE
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Yalgo
AIDEZ LES CHRÉTIENS DE YALGO A TERMINER LA CONSTRUCTION DE LEUR ÉGLISE
Burkina Faso
Faites un don sur le compte de Missio asbl: BE19 0000 0421 1012 Communication 207 église Yalgo Yalgo est une ville au Nord-Est du Burkina Faso, proche des frontières du Niger et du Mali. © Google Maps
Communautés Ecclésiales). Chaque PCE est constituée de douze familles, référence aux douze tribus d’Israël et aux douze Apôtres. Plusieurs PCE forment une CCB et plusieurs CCB forment un secteur pastoral et les secteurs pastoraux forment la paroisse. A la tête de chaque structure, des responsables travaillent avec les catéchistes, proches collaborateurs des prêtres. Les différents mouvements d’action catholique et les groupes de spiritualité donnent son dynamisme à toute la paroisse. PRIORITÉ À L’ÉDUCATION
Avec l’aide de plusieurs partenaires, notre paroisse a pu ouvrir une école maternelle, une école primaire et un collège, ainsi qu’un centre médical qui fait référence dans la région. Malgré les difficultés de fonctionnement des écoles, celles-ci contribuent par leur qualité exceptionnelle à l’éducation des enfants. Depuis un an, j’observe avec joie l’accroissement de la communauté, signe de l’œuvre de Dieu dans les cœurs. Il y a de plus en plus de participants aux célébrations quotidiennes et dominicales, de demandes de sacrements (80 cette année) et de mariages
religieux. Les inscriptions à la catéchèse sont aussi en nette augmentation. VIOLENCE TERRORISTE
Le 12 mai 2019, l’attaque d’une paroisse de notre diocèse a plongé notre communauté dans le désarroi et provoqué un sentiment de compassion et de solidarité avec nos frères de Dablo. Les chrétiens de Yalgo sont en communion avec les victimes de ces attaques et solidaires des personnes déplacées mais ils ressentent aussi une peur légitime, source d’une certaine psychose. En mai et juin, certains avaient déserté les prières communautaires par peur des attaques. Aussi avonsnous changé nos horaires. Mais ces événements ont aussi renforcé notre foi. CONVIVIALITÉ ET SOLIDARITÉ
En dépit de ces circonstances les relations de notre Église avec la communauté musulmane sont très fraternelles. Nous nous visitons mutuellement lors des fêtes musulmanes et chrétiennes et nous concertons sur des questions liées au vivre ensemble, etc. Chrétiens, musulmans et membres des religions traditionnelles africaines vivent en bonne intelli-
gence. Ils cohabitent au sein de nombreuses familles. Ils vivent et travaillent ensemble. Cette crise terroriste nous a rendus plus proches et plus solidaires contre l’absurdité de la violence terroriste qui est notre ennemi commun. Dans cette épreuve, nous avons senti une solidarité de nos Églises sœurs d’Afrique, d’Europe et du monde entier. Nous avons ainsi vécu l’universalité et la catholicité de notre Église. Les prières des croyants nous aident à tenir et à persévérer dans la foi et continuer à aimer malgré tout. Concrètement l’aide apportée à l’Église du Burkina nous rassure et nous réconforte dans cette épreuve. MERCI
En dépit de l’essoufflement spirituel et de la perte de son identité chrétienne dont l’Europe semble parfois atteinte, nous remercions de tout cœur les catholiques de Belgique qui nous soutiennent avec foi et générosité. Votre aide nous sera précieuse pour achever la construction de notre église paroissiale. Évangélisés par des missionnaires venus de vos pays, nous vous considérons comme nos pères dans la foi. Continuez à être la source d’inspiration et de motivation pour l’Église d’Afrique.
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Première célébration dans la nouvelle église de Yalgo, le 30 décembre 2018.
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L’église vue de l’extérieur.
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L’intérieur de l’église. Les paroissiens vous remercient de votre aide et comptent sur vous pour achever les finitions de la construction.
3 Photos © Sylvère Nabaloum
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la Belgique, terre de mission
Missionnaire à Malmédy L’abbé Vital Nlandu, natif de la République Démocratique du Congo, est arrivé en Belgique en 1995. Voilà donc près de 25 ans qu’il vit chez nous. Il nous livre ici ses impressions de missionnaire d’un genre nouveau. ABBÉ VITAL NLANDU | DOYEN DE L’UNITÉ PASTORALE DE MALMÉDY
Formé en RDC chez les pères scheutistes, je voyais la Belgique comme une terre de chrétienté. Or en 1995, le mouvement de sécularisation de la société belge était déjà bien amorcé : l’Europe qui nous avait envoyé des missionnaires devenait démissionnaire ! SÉCULARISATION ET SYNODALITÉ
Cette évolution a profondément influencé le paysage pastoral dans le sens d’une Église synodale impliquant le travail en équipe, un esprit de concertation, la mutation de l’omnipotence du curé à la proposition argumentée. Les prêtres en Belgique s’appuient sur les laïcs pour une multitude de tâches et la femme est une plaque tournante dans la vie des communautés : le jour où ces dames feront grève dans nos communautés chrétiennes, comme dernièrement à Berlin, toute la pastorale en prendra un coup ! Ce qui me frappe égale-
« Le jour où ces dames feront grève, la pastorale en prendra un coup. » ment c’est la capacité de nombreuses personnes rencontrées à se mettre gratuitement au service des autres. DEUX OPTIQUES
Arriver d’Afrique, cela suppose de s’adapter à une différence fondamentale d’optique. Alors que les Européens ont tendance à être toujours pressés et stressés, les Africains sont plus détendus, spontanés. Nous, Africains, avons un rapport mystique, émotionnel avec la nature tandis que vous, Européens, avez une approche plus pragmatique, intellectualiste de l’environnement. LA PLACE DE LA FOI
Au fil du temps, j’ai constaté en Belgique l’accroissement de l’indifférence religieuse, y compris en milieu chrétien. Dans les mouvements de jeunesse, on souhaiterait que l’aumônier s’abstienne de parler de Jésus pour ne pas faire de la récupération, la simple présence sacerdotale étant déjà un témoignage ! En Afrique en revanche,
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la foi est omniprésente mais, remarque le cardinal Laurent Monsengwo, on se demande en quel Dieu les gens croient. LE RÔLE DE MISSIO
À Boma, mon diocèse d'origine, j'ai fait l'expérience du soutien de Missio dans le financement des projets pastoraux et d'évangélisation : formation des agents pastoraux, des catéchistes, mobilité des prêtres (motos), autosubsistance des prêtres à travers de petites initiatives économiques locales : pisciculture, poulaillers, élevage. NOUVEL OBJECTIF
Cependant, avec l’évolution actuelle de l’Église ici, ne faudrait-il pas aussi envisager une reconversion des objectifs de Missio vis-à-vis d’une Europe devenue sans conteste une terre de mission ?
Billet invite aujourd’hui à parcourir ensemble l’Évangile selon St Luc.
MICHEL COPPIN DIRECTEUR DE MISSIO-BELGIQUE
Pour beaucoup de catholiques, la messe est l’occasion d’écouter un passage de l'Évangile. En effet, Lors des eucharisties dominicales, le Christ nous partage sa Bonne Nouvelle. Mais nous n’en découvrons qu’un aspect chaque dimanche. Il est cependant très éclairant de faire la lecture suivie d’un évangile entier, afin de découvrir la dynamique de l’ensemble. Le Pape François nous appelle à le faire durant le mois missionnaire extraordinaire d’octobre 2019. Voilà pourquoi je vous
Très vite, Luc nous dévoile la mission de Jésus. Dès le quatrième chapitre, il s’attache à nous faire découvrir l’amour de Dieu en le rendant tangible. Au chapitre suivant, Jésus choisit ses disciples, de simples pêcheurs qui deviendront des pêcheurs d’hommes. Avec sa pédagogie propre, on parlerait aujourd’hui de catéchèse, il leur enseigne la miséricorde envers ceux qui sont rejetés. Dans le neuvième chapitre Luc raconte comment Jésus, peu après avoir choisi les Douze, les envoie déjà en mission. Ils en reviennent tout joyeux. Un peu plus tard, Jésus élargit le groupe des disciples missionnaires : il choisit 72 personnes. Il les envoie annoncer la Bonne Nouvelle à tous, juifs et païens. Et eux aussi sont remplis de joie.
Cette dynamique nous enseigne que personne ne reste insensible à la mission confiée par le Christ. Partager la Bonne Nouvelle et transmettre cette merveilleuse histoire aux autres est une source de joie. Peut-être qu’en Occident, nous pouvons en tirer des leçons. L’Évangile peut être une réponse à notre recherche de sens, pour faire face à la vie et même à la mort. Pour partager cette expérience il faut la vivre ouvertement en communauté, au lieu de concevoir la foi comme une affaire strictement privée. C’est de cela, à mon sens, que nous avons le plus besoin. Redécouvrons donc ensemble la joie de l’Évangile. Nous pourrons alors reconstruire des communautés vivantes et accueillantes, n’importe où dans le monde.
Missions et missionnaires
Kabwe, premier Carmel d’Afrique subsaharienne : le zèle missionnaire de Mère Charlotte On ne prête habituellement pas aux Ordres contemplatifs une vocation spécifiquement missionnaire, comme partir au loin pour évangéliser. Pourtant l’Encyclique du Pape Pie XI « Rerum Ecclesiae », publiée en 1926 invitait, déjà à cette époque, les contemplatives à s’établir en pays de mission. CARMÉLITES EN MISSION
L’histoire du Carmel de Kabwe, au Congo, nous prouve que la Règle des Carmélites ne se limite pas à la prière. Elle peut prendre la forme d’une implantation dans des terres lointaines car le Christ appelle à répandre son message dans le monde entier. Sœur Marie-Pia, décédée en 1998, ancienne Prieure du Carmel de Malolé, a voulu rendre hommage à Mère Charlotte du Cœur de Jésus fondatrice du Carmel de Kabwe, premier Carmel en Afrique Centrale. (Cet hommage nous a été transmis par Mme Monique
Wodon, petite-nièce de Mère Charlotte qui, enseignante à Luluabourg dans les années 1969 à 1971, avait pu rendre visite à plusieurs reprises au Carmel de Kabwe). PERSÉVÉRANCE
Même si certaines autorités ecclésiastiques n’étaient pas favorables à l’implantation d’un Carmel en Afrique, ce projet finit par être considéré avec succès. En mars 1934, Mgr De Clerq, Vicaire Apostolique du Haut Kasaï, reconnaissait la possibilité d’accueillir des Carmélites, et 7 mois après, en octobre 1934, six Carmélites de Belgique arrivèrent au Kasaï : Mère Charlotte du Cœur de Jésus, Sœur Thérèse de la Sainte-Face, Sœur Cécile du Bon Pasteur, Sœur Marie-Rose de Saint Joseph, Sœur Marie Julienne du Saint-Sacrement et Sœur Marguerite-Marie du Sacré Cœur. Grâce au dévouement infatigable de Mère Charlotte et de la complicité de son entou-
rage, le Carmel sortit de terre. Elle y consacra le reste de sa vie pour soutenir les vocations sacerdotales et favoriser l’éclosion de vocations monastiques chez les jeunes femmes africaines. NOUVELLES VOCATIONS
L’intuition et le travail de Mère Charlotte, soutenue par la Communauté et la grâce perpétuelle du Seigneur, portèrent leurs fruits : de nouvelles vocations pour le Carmel commencèrent à se manifester, ce qui était son plus ardent désir.
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suara Rédacteur en chef Michel Coppin Rédaction finale Armelle Griffon Ont collaboré Ruben Boon, Michel Coppin, Erik De Maeyer, Cathertine De Ryck, Armelle Griffon, Sylvère Nabaloum, Vital Nlandu Photos Xavier Donat, Jose Antonio Gelado, TanyaJoy / Shutterstock, Lightspring / Shutterstock, Sylvère Nabaloum, Leon Rafael / Shutterstock, Vasilyev Alexandr / Shutterstock Mise en page et impression Halewijn nv Éditeur responsable Michel Coppin, Bld du Souverain 199, 1160 Bruxelles Info et contact Bld du Souverain 199, 1160 Bruxelles, 02 679 06 30, info@missio.be, www.missio.be Abonnements et changements d’adresse suarafr@missio.be Réactions et suggestions communication@missio.be Missio Wallonie-Bruxelles Bld du Souverain 199, 1160 Bruxelles Tél.: 02 679 06 47, wallonie@missio Tél.: 02 679 06 50, formations@missio.be
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