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suara le journal de l’église en mission Trimestriel » 18ème année n°72 » juin / juillet / août 2018

La sainteté dans tous ses états

© IMAGEFLOW / SHUTTERSTOCK


éditorial

Oh when the saints... Eh oui bien sûr, j’aimerais bien être du nombre ! Vous aussi sans doute. Mais j’ai quant à moi l’impression d’être loin du compte. Et pourtant, si l’on en croit le Pape François, ça n’est pas si compliqué : « mettre en œuvre, chacun à sa manière, ce que Jésus déclare dans le sermon des Béatitudes » (Gaudete et Exsultate, §34).

Offrez une longue vie à votre solidarité

Vous souhaitez faire durer votre solidarité ? C’est possible, grâce à un legs mentionné dans votre testament. Vous pourrez ainsi continuer à aider les communautés locales qui, en Afrique, en Asie et en Amérique Latine annoncent l’Évangile. Ce testament peut être manuscrit (écrit de votre propre main, daté et signé par vous) ou fait devant notaire.

Renseignez-vous auprès de votre notaire ou contactez le directeur de Missio Belgique, le Père Michel Coppin : legs@missio.be ou 02 679 06 30.

Plus facile à dire qu’à faire, me direz-vous. Pour essayer de comprendre comment chacun de nous peut vivre la sainteté au quotidien, nous vous proposons un tour du monde. Des saints, qu’ils soient ou non reconnus par l’Église, il y en a sur tous les continents. Et certains de nos contemporains semblent plus que d’autres emprunter le chemin de la sainteté, tant il est évident qu’ils mettent les Béatitudes en pratique. Voilà pourquoi nous vous présentons dans ce magazine des saints de tous horizons, mais aussi des chrétiens ordinaires qui vivent du mieux qu’ils peuvent les vertus évangéliques, tout en ayant conscience de leurs insuffisances. Car « être saint ne signifie pas avoir le regard figé dans une prétendue extase » (Gaudete et Exsultate, §96). Que la vie de ces femmes et de ces hommes nous inspire et nous aide à « accepter chaque jour le chemin de l’Évangile même s’il nous crée des problèmes » (Gaudete et Exsultate, §94). En sachant que la joie et l’humour sont vivement recommandés depuis la nuit des temps à ceux qui aspirent à faire la volonté de Dieu. « Ne vous affligez point, la joie du Seigneur est votre forteresse! » (Néhémie, 8, 10).

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Besoin de recharger vos batteries ? Rejoignez Missio au pèlerinage missionnaire de Banneux ! Mercredi 22 août 2018

Bienvenue à tous Bel été et bonnes vacances!


Tour du monde de la sainteté La sainteté est la chose la mieux partagée au monde. Aujourd’hui comme hier ; des femmes et des hommes suivent les pas de Jésus-Christ, parfois même sans le savoir. Ils nous montrent que la sainteté n’est pas inaccessible car, en somme, les saints ne sont pas des anges ! Ce sont des êtres humains avec leurs qualités et leurs défauts, qui savent aller au-delà de leurs échecs pour suivre un chemin où la meilleure boussole est l’amour du prochain.

Amérique Latine St Pierre Claver, l’esclave des Noirs Le saint patron de la Colombie, St Pierre Claver, était Espagnol, mais il a conquis le cœur des Colombiens. En 1610 Pierre Claver arrive en Nouvelle Grenade, un territoire espagnol englobant les actuels pays que sont la Colombie, le Pérou, l’Équateur et le Panama. Il s’installe à Carthagène, en Colombie aujourd’hui. Un lieu qui jouera par la suite un rôle déterminant pour sa vie et sa mission. Le port de Carthagène est en effet une plaque tournante du commerce des esclaves au XVIIe siècle. Bien que l’Église ait interdit l’esclavage dès le XVIe siècle, les Espagnols ont poursuivi cette activité inhumaine.

Carthagène, en Colombie. La ville a été jadis une plaque tournante du commerce des esclaves.

L’esclave des Noirs « Pierre Claver inspire encore tous ceux qui s’opposent à l’injustice et à l’esclavage. »

Mais c’était sans compter sur le bon cœur de Pierre Claver : il s’émeut du sort des esclaves et dit vouloir être « un esclave des Noirs ». Il leur procure des vêtements et de la nourriture. Il fournit les soins médicaux nécessaires aux esclaves malades. Il leur rend visite et les aide à reconstruire une vie digne. Grâce à lui, environ 300 000 esclaves deviennent chrétiens. Immédiatement après sa mort, il sera vénéré comme « l’esclave des esclaves » et « l’apôtre de Carthagène ».

© MIKEPSCOTT

Pierre Claver a joué un rôle important dans la vie de milliers d’esclaves, même si cela n’était pas apprécié par ceux qui tiraient profit du trafic des êtres humains. Aujourd’hui encore Pierre Claver est un exemple pour de nombreuses personnes. Son engagement envers les esclaves est une source d’inspiration pour quiconque s’oppose à l’injustice et à l’esclavage déguisé. Sa pratique de la miséricorde en paroles et en actes est un modèle pour les missionnaires contemporains, que nous sommes tous. •

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© MISSIO

Ana Mabel, femme humble au grand cœur Point n’est besoin d’être grand ou important pour être saint. La plupart d’entre eux sont humbles, mais font de grandes choses aux yeux de Dieu et aux yeux des hommes. Comme Ana Mabel. J’ai rencontré Ana Mabel lorsque j’étais en mission au Salvador. C’était ma voisine à Bajo Lempa, une pauvre région agricole de l’océan Pacifique. Ana Mabel vivait avec ses sept enfants. Sans homme, car le père les avait abandonnés. Les premiers contacts avec Ana Mabel n’ont pas été simples. Étant d’origine maya, elle osait à peine me regarder ou s’adresser à moi, prêtre blanc.

Sans doute à cause des nombreuses humiliations qu’elle avait dû subir dans sa vie. Mais lentement, nous avons appris à mieux nous connaître. Et Ana Mabel et ses enfants ont fini par me considérer comme un homme ordinaire, de chair et de sang, capable de s’adapter à son environnement.

C’est ainsi que je découvris la sainteté d’Ana Mabel. En la trouvant devant ma porte avec une assiette de bananes cuites pour moi, alors qu’elle ne possédait presque rien. Grâce à elle j’ai compris que le quartier était habité par des personnes âgées très pauvres, isolées et malades. Ils avaient à peine de quoi manger. Ana Mabel partageait aussi le peu qu’elle avait avec eux. J’ai pu voir son souci permanent et son amour pour les malades et les mourants.

La liberté de l’Évangile

La communauté ecclésiale enseignait aux gens à lire et à écrire. Ana Mabel a suivi ces cours. Elle s’est ainsi impliquée de plus en plus dans la communauté ecclésiale de base. Elle découvrit le message libérateur de l’Évangile, qui lie les paroles et les actes. Suivant l’exemple d’Oscar Romero, elle se sentit encouragée dans son désir de lutter contre l’injustice. Je remercie le Dieu de la vie qui libère, de nous avoir donné Ana Mabel, une sainte de notre temps. • Vieil homme de Bajo Lempa, El Salvador.

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© GUAYO FUENTES / SHUTTERSTOCK

Dominique Ballegeer


Europe Saint Jan Berchmans, patron des étudiants De nombreuses écoles secondaires portent son nom : Jan Berchmans. Mais qui était ce grand jésuite belge ? Et que représente-t-il aujourd’hui ? Jan Berchmans est né à Diest en 1599. Avant sa naissance, il fait déjà parler de lui car il a été conçu hors mariage. En outre, les familles de ses parents ne s’entendent pas : son père est d’origine modeste et cela ne plaît pas à la famille de sa mère. Au cours de sa vie, Jan Berchmans rencontrera bien d’autres difficultés. Le XVIIe siècle connaît, entre autres, des guerres de religions et des épidémies comme la peste.

« Un jeune homme plein de rêves et d’idéaux, persévérant malgré les difficultés. »

Jan Berchmans est le saint patron des servants de messe et, surtout, des étudiants qui sont nombreux à demander son soutien. Pendant les examens, de nombreuses personnes viennent allumer des bougies dans sa maison natale à Diest.

Un saint toujours vénéré

Mais, même en dehors de cette période, les gens s’arrêtent pour visiter sa maison. C’est à la fois une halte et un point de rencontre pour les personnes en recherche. Sans doute parce que Jan Berchmans est très accessible : un jeune homme passionné, plein de rêves et d’idéaux, plein de persévérance obstinée malgré les difficultés. •

© MISSIO

Felix Van Meerbergen

Jan a un rêve : devenir prêtre. Mais que d’embûches pour y parvenir ! En effet, sa famille s’attend à ce qu’il travaille pour gagner sa vie. Son père oppose beaucoup de résistance. Ironiquement, après la mort de sa femme, il deviendra lui-même diacre puis prêtre. Tous ces obstacles influent certainement sur la spiritualité de Jan Berchmans, encore considérée aujourd’hui comme une référence. Une de ses devises était « jamais les montagnes ne sont trop hautes ni les rivières trop larges ».

Attentif aux pauvres

Jan Berchmans manifestait une capacité d’engagement illimitée, un enthousiasme inentamable et une grande foi en Dieu. Aujourd’hui, beaucoup de gens se réclament de lui. Ses plus grandes passions étaient la foi et l’attention aux plus vulnérables. Non seulement à Diest, mais aussi dans d'autres milieux. Il rêvait de devenir missionnaire à l’étranger. Au lieu de cela il est parti pour Rome, où il s’est rendu à pied en dispensant la catéchèse aux enfants. C’est là qu’il est mort alors qu’il avait à peine 22 ans.

© ERIC ALLIX ROGERS

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Afrique Les Chanteurs à l’étoile de la Sainte-Famille de Rumst. © BERT HELLEBAUT

Les Chanteurs à l’étoile, en route pour la sainteté On les rencontre partout dans le monde, les Chanteurs à l’étoile. Ce sont des enfants qui, tels les Mages, annoncent la Bonne Nouvelle de la naissance de Jésus et répandent son amour et sa bénédiction : n’est-ce pas ce que font les saints ? En outre, ils récoltent de l’argent pour les projets de Missio en faveur des enfants : aider son prochain, c’est aussi un pas vers la sainteté.

Connectés au monde entier

Cette dimension universelle des Chanteurs à l’étoile est essentielle. Pour eux-mêmes et pour leur sainteté. Les chanteurs de la paroisse de Saint-Amand en sont bien conscients : « Quand nous parlons de l’Église, nous devons oser regarder au-delà de notre propre communauté ». Faire partie de l’Église, c’est être intégré dans un plus grand ensemble, nous sommes connectés à des chrétiens dans le monde entier. « Allez et proclamez », soyez une « Église en mission », nous dit le Père Ludwig Dubaere.

Agir pour un monde meilleur

Celui qui est saint, se préoccupe du sort des autres. C’est aussi ce que font les Chanteurs à l’étoile. Ils se laissent toucher et s’engagent pour plus de justice dans le monde. « Cette action donne aux enfants la chance d’agir pour un monde meilleur. Elle attise leur sens des responsabilités », témoigne Maria Huyghe. En tant que catéchiste elle est engagée, avec la paroisse St Pierre de Bazel (Kruibeke), dans l’action des Chanteurs à l’étoile. « Les Chanteurs à l’étoile sont une occasion extraordinaire de faire quelque chose de très ordinaire, comme il sied à un saint », ajoute-t-elle. •

Joséphine Bakhita ou la grâce du pardon J’avais neuf ans quand un matin dans les champs ont surgi deux étrangers. L’un d’eux m’a attrapée d’une main tandis que de l’autre, il tirait un couteau de sa ceinture en disant : Si tu cries, tu mourras ! Ainsi commence le calvaire de Bakhita, la jeune esclave soudanaise déclarée sainte par le pape Jean-Paul II le 1er octobre 2000.

Vendue

Les hommes m’ont traînée pendant des heures et m’ont enfermée dans une case sans lumière. Je ne savais plus où j’étais, ni même qui j’étais. Un jour, d’autres hommes sont venus et j’ai été vendue. De nouveau, j’ai marché pendant des jours pour retrouver d’autres personnes, capturées elles aussi pour être vendues comme esclaves. Comme je ne me souvenais pas de mon nom, on m’a appelée Bakhita, ce qui veut dire « la chanceuse ».

En esclavage

Au marché des esclaves, un homme riche m’a achetée pour tenir compagnie à ses deux filles. Elles étaient gentilles avec moi jusqu’au jour où, par maladresse, saint josephine bakhita:

« Voyant le soleil, la lune et les étoiles, je me disais en moi-même : Qui est donc le Maître de ces belles choses ? Et j'éprouvais une grande envie de le voir, de le connaître et de lui rendre mes hommages »

Avec tous nos remerciements à Ludwig Dubaere et Maria Huyghe

© MAZ UR-CATHO LICN EWS

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j’ai cassé un vase précieux. On m’a fouettée jusqu’au sang puis mise au cachot, avant de me revendre à un général turc. Impossible de décrire l’horreur de cette période : brimades, tortures, coups.

Espoir

Mais au fond de moi, je me sentais protégée par une grande bonté indéfinissable et invisible, et le souvenir de l’amour de ma mère m’aidait à tenir. Mon maître ayant dû fuir le Soudan, un homme bon, le consul d’Italie, qui s’efforçait d’arracher le plus de personnes possibles à l’esclavage, m’a rachetée. Chez le consul Legnani, finis les coups de fouets et les brimades. On me regardait enfin comme un être humain. Aussi, quand il a dû retourner en Italie, l’ai-je supplié de m’emmener. 4


© BUTCH DURIAS

Arrivée là-bas, il m’a laissée au service d’une famille d’amis pour m’occuper de leur petite fille, Mimmina. Mes maîtres devant s’absenter, ils nous confièrent toutes les deux à la garde des religieuses canossiennes à Venise. C’est là que j’ai appris à connaître ce Dieu que depuis mon enfance je sentais dans mon cœur sans savoir qui Il était. Au retour de mes maîtres j’ai demandé à rester auprès des religieuses. Le 9 janvier 1890 j’ai reçu le baptême sous le nom de Giuseppina.

« Je me sentais protégée par une grande bonté indéfinissable et invisible. »

Rosemary Nyirumbe, témoin de la miséricorde Connue dans le monde entier, Sr Rosemary Nyirumbe est un témoin de l’amour du Christ pour ceux qui souffrent. Elle a reçu de nombreux prix et distinctions. Elle a notamment été désignée « héroïne de l’année 2017 » par la chaîne d’informations américaine CNN. Au mois de février, elle a reçu à la KU Leuven le titre de Docteur honoris causa pour son action tournée vers les autres et sa capacité à rendre l’espoir aux enfants meurtris par la violence.

Contre la violence

Sœur Rosemary a en effet donné un avenir à plus de deux mille femmes, victimes des abus et de la violence de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), en Ouganda.

reur de la guerre. Rosemary a su leur donner beaucoup d’amour et un avenir : en leur redonnant goût à la vie et en assurant leur formation professionnelle. Depuis elle parcourt le monde à la recherche de soutien pour de nouveaux projets.

Un exemple

Sr Rosemary nous montre que la sainteté est quelque chose à vivre au quotidien, non pas en étant parfait mais en ouvrant son cœur à la souffrance des autres. •

Réparer les âmes blessées Le 8 décembre 1892, je suis devenue religieuse à mon tour. J’ai vécu auprès d’elles, servant Dieu de tout mon cœur. Et en priant le Seigneur d’accorder son pardon à mes ravisseurs et à mes bourreaux. Moi, je leur avais déjà pardonné. Aujourd’hui, je suis âgée et malade. Deux guerres meurtrières ont ravagé l’Italie. Et je vais bientôt rejoindre Notre Dame, la mère de Jésus. Je la vois déjà qui me tend les bras. •

Schio, Italie, le 8 février 1947

En 2002, cette religieuse des Sœurs du Sacré-Cœur de Jésus est nommée directrice d’une école dans le nord de l’Ouganda. Elle se rendit compte que parmi les élèves certaines avaient été réduites en esclavage par la LRA. Elles avaient subi des violences et on les avait forcées à tuer des membres de leur propre famille. Leur vie était ruinée.

Accueillir

Comprenant qu’il y avait urgence, Sœur Rosemary a ouvert les portes de son couvent à toutes les femmes qui frappaient à sa porte : certaines étaient enceintes, ayant été violées, d’autres étaient des enfants-soldats qui cherchaient à échapper à l’hor-

© ROB STEVENS

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Asie Les martyrs de Corée, engagés jusqu’au bout Partout dans le monde, des gens sont morts au nom de leur foi. C’est arrivé par le passé et cela arrive encore aujourd’hui. Il y a aussi eu beaucoup de martyrs dans l’Église coréenne. Parmi eux, 103 ont été canonisés et 124 béatifiés. Qu’est-ce qui les a inspirés ? Pourquoi ont-ils préféré mourir plutôt que de renoncer à leur foi ? L’histoire de l’Église coréenne peut nous en fournir l’explication, de même que le caractère propre du peuple coréen. L’Église coréenne a été créée par des laïcs qui ont découvert la foi chrétienne en Chine.

© TORGADO / SHUTTERSTOCK

Ils en ont apporté des livres de prières et des missels. Ils étaient tellement enthousiastes qu’ils ont spontanément proclamé et célébré la foi. Ces laïcs ont une foi vivante, profondément enracinée. C’est ce qui la rend si précieuse.

« Dieu et la corée sont inséparables. »

Et cela correspond au tempérament des Coréens : ils tiennent fermement à ce qui est « à eux », à ce qui les rattache à leur communauté. De même, les missionnaires français qui ont donné leur vie pour l’Église de Corée sont devenus des membres à part entière de la communauté chrétienne coréenne. Dieu et la Corée sont inséparables. La vie des martyrs coréens peut encore nous inspirer aujourd’hui. Il sont un exemple pour les personnes qui vivent à fond leurs engagements. • Mgr Luc Van Looy La pierre des martyrs, à Séoul en Corée du Sud. © EMMANUEL VAN LIERDE


Océanie Prêtres et frères salésiens à Séoul, en Corée du Sud L’Église de Corée n’a pas seulement suscité des saints dans le passé. Aujourd’hui encore, de nombreux catholiques sont en marche vers la sainteté, par ce qu’ils sont et ce qu’ils font. Prenons l’exemple des pères et des frères salésiens qui travaillent dans une banlieue de Séoul. Chaque jour, ils accueillent des jeunes. Ces jeunes gens sont dans une situation difficile. Beaucoup d’entre eux quittent l’école et cèdent à la tentation de la drogue ou rejoignent des gangs. Ce comportement problématique est souvent l’expression d’un problème sous-jacent : par exemple une situation familiale difficile telle que la séparation douloureuse des parents. Dans de telles situations les jeunes sont déboussolés et perdent le contrôle de leur vie. Et dans une grande ville comme Séoul, on a vite fait de devenir « un oiseau pour le chat ».

Ouvrir des perspectives

Peter To Rot, un laïc témoin du Christ Au début du XXe siècle, alors que la religion catholique s’implantait en Papouasie-Nouvelle Guinée, Peter To Rot naquit au foyer du chef du village de Rakunai, converti au catholicisme. La détermination de ce laïc à rester fidèle à l’Évangile a conduit le pape Jean-Paul II à le béatifier en 1995. On le fête le 7 juillet.

Un garçon prometteur

À l’école de la mission, le jeune Peter s’avéra un élève turbulent mais studieux, aimé de tous pour sa serviabilité. Il manifestait déjà un réel intérêt pour la religion, si bien que le curé de la paroisse voyait en lui un futur prêtre. Mais le père de Peter refusa,

« Parce qu’il refusait de renoncer à sa mission de chrétien, peter fut empoisonné. »

Les salésiens leur offrent une nouvelle perspective. Ils procurent aux jeunes un lit, des repas, un toit. Mais surtout le soutien moral et affectif nécessaire pour se reprendre et se remettre en selle. Comment ? En premier lieu en leur montrant qu’on les aime, ce dont les jeunes sont rarement convaincus.

préférant qu’il étudie à l’école des catéchistes de Taliligap. Les missionnaires étant peu nombreux en Océanie, il fallait former des catéchistes pour seconder les prêtres. On avait donc créé cette formation au collège St Paul. 4

Aimer

Un manque d’estime de soi est une catastrophe pour ces jeunes. Dans le centre d’accueil, on peut lire en plusieurs endroits « tu es aimé » : de nous, de ta famille et de Dieu. Les salésiens font participer les jeunes à leur vie communautaire. En outre, ils structurent la vie des jeunes en leur offrant une formation sur mesure : théorique pour les uns, technique pour les autres. Comme beaucoup de saints avant eux, les religieux veulent donner aux personnes une nouvelle chance. Et répandre l’amour de Dieu. •

Église catholique à Maprik, en Papouasie-Nouvelle Guinée.

© RITA WILLAERT / BIT.DO/WILLAERT

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Un catéchiste enthousiaste

En 1934, ses études achevées, Peter retourna dans son village pour assister le curé. Il enseignait le catéchisme aux enfants de Rakunai, suivait les catéchumènes adultes et animait des réunions de prière. Son ministère l’amenait à combattre la sorcellerie encore très vivace à l’époque, y compris dans des familles chrétiennes. En 1936, Peter épouse Paula Varpit avec qui il aura trois enfants.

Un chrétien responsable

1942 : les Japonais envahissent la Nouvelle Guinée et internent tous les prêtres et religieux dans des camps de concentration. Comme laïc, Peter reste à Rakunai où il prend la responsabilité de la communauté, maintenant une vie de prière, baptisant les nouveau-nés et se procurant l’eucharistie auprès d’un missionnaire qui avait échappé à la rafle et se cachait dans la forêt.

Emprisonné pour sa foi

Pour semer la discorde dans la population, les Japonais réintroduisirent la polygamie. Peter combattit évidemment cette pratique, allant jusqu’à s’opposer à ses propres frères. Un policier catholique travaillant pour l’occupant et convoitant lui-même une deuxième femme déjà mariée, eut maille à partir avec le catéchiste qui mit la jeune femme hors d’atteinte. L’homme dénonça Peter aux autorités japonaises et celui-ci fut arrêté en 1945.

« Son ministère l'amenait à combattre la sorcellerie. »

Fidèle jusqu’à la mort

Refusant de renoncer à sa mission de catéchiste, Peter To Rot fut empoisonné par les Japonais. Il fut enterré au cimetière de Rakunai et sa tombe devint rapidement un lieu de pèlerinage. Au cours de la deuxième moitié du XXe siècle, une douzaine d’habitants devinrent prêtres ou religieux au sein de l’Église catholique. •

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© GEORGE GOODMAN

Emauta, avec les SDF en Polynésie Quand on parle de la Polynésie, on a en tête des images de carte postale, pas de personnes vivant dans la rue. À Papeete, en Polynésie Française, Manutea Gay, cadre dans un laboratoire d’analyses médicales, a créé en 1996 une association d’aide aux sans domicile fixe. Il était à l’époque responsable du Secours catholique pour tout le département, ce qui lui prenait déjà pas mal d’heures de loisirs.

Accueillir les sans-abri

L’association Emauta est née en décembre 1996 pour gérer le Bon Samaritain. Un lieu où sont reçus familles, femmes, hommes et enfants. Mais il était impossible de recevoir dans le même lieu autant de personnes aux situations si variées. Très rapidement l’association a pris la décision d’ouvrir pour les femmes, avec ou sans enfants, le foyer de La Samaritaine en 1998, puis la même année le foyer maternel Manini’a’ura pour les jeunes mères mineures et leurs nourrissons et enfin en 1999 le foyer de l’arche Te Arata qui accueille les familles (père, mère, enfants).

Accompagner

Avec Manutea Gay, c’est toute une série de personnes qui se sont engagées dans l’accompagnement des sans domicile fixe et la gestion des foyers. Ainsi Marie-Claude Taputu travaille depuis 18 ans pour le foyer La Samaritaine, à Papeete. Elle est salariée de l’association et c’est avec tout son cœur qu’elle accueille une trentaine de femmes et d’enfants pour trois mois, ou plus si nécessaire. Ainsi, Manutea, Marie-Claude et tous les autres bénévoles et salariés de l’association vivent-ils au quotidien la parole de Jésus dans Matthieu 25 : « j’avais faim et vous m’avez donné à manger ». •

Marie-Claude Taputu, au Foyer de la Samaritaine. © EMAUTA


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Soutenir l’Église universelle Par un ordre permanent Vous souhaitez aider régulièrement Missio à soutenir les projets d’Église partout dans le monde ? Faites-un ordre de virement permanent auprès de votre organisme bancaire. Vous choisissez le montant et la périodicité et vous pouvez à tout moment le modifier ou y mettre fin.

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Quelques exemples de projets soutenus par Missio

Prise en charge des frais scolaires en Colombie

Financement d’une pirogue hors-bord pour la Paroisse d’Irubu, en RD Congo

Les projets pastoraux ne peuvent légalement pas bénéficier de l’attestation fiscale.

Parrainage de séminaristes en Thaïlande

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Rédacteur en chef : Michel Coppin Rédaction finale : Armelle Griffon Ont collaboré : Emmanuel Babissagana, Dominique Ballegeer, Catherine De Ryck, Ludwig Dubaere, Armelle Griffon, Maria Huyghe, Elly Mattheus, Mgr Luc Van Looy, Felix Van Meerbergen Photos : Assoc. Emauta, Guayo Fuentes / Shutterstock, judgefloro, George Goodman, Bert Hellebaut, Christopher John SSF, MikePScott, Missio, Rob Stevens, Emmanuel Van Lierde Mise en page et impression : Halewijn nv

Éditeur responsable Michel Coppin Bd du Souverain 199 1160 Bruxelles Contact Bd du Souverain 199 1160 Bruxelles 02 679 06 30 info@missio.be www.missio.be facebook.com/MissioBelgique

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Suara est un mot indonésien qui signifie voix. Suara veut être la voix des sans voix, le porte-parole des catholiques à travers le monde. Suara vous informe sur la vie des Eglises locales et de leurs communautés qui s’efforcent de vivre à la lumière de l’Evangile. Suara vous relie à l’Eglise Universelle. www. .be


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