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suara le journal de l’église en mission Trimestriel » 18ème année n°71 » mars / avril / mai 2018

Marie avec nous

© MARINO BOCELLI

» AVEC MARIE, AU SERVICE DES PAUVRES » MARIE, UN MIROIR POUR NOTRE TEMPS » LA RÉSURRECTION, UNE BONNE NOUVELLE


éditorial

Ensemble avec Marie Catholiques et orthodoxes se tournent souvent vers Marie quand ils ont l’impression de ne pas s’en sortir. Quant aux protestants, même s’ils ne lui vouent pas un culte, ils reconnaissent en Marie la Mère de leur Seigneur. Parfois, les musulmans s’associent à notre prière. Et on peut voir en Inde des hindous participer à un pèlerinage marial. Chacun sent intuitivement qu’il peut compter sur sa tendresse de mère pour accueillir ses préoccupations. Nous croyons qu’elle les porte dans son cœur, comme elle a porté durant sa vie les interrogations, les doutes et les peines que sa disponibilité à accueillir le Fils de Dieu dans sa chair a fait naître en elle. Parfois nous voudrions voir nos souhaits exaucés par le simple fait d’avoir déposé nos fardeaux auprès d’elle. Mais nous savons bien au fond que la prière n’agit pas comme un distributeur automatique. Et s’il nous arrive de percevoir dans nos vies des signes de la sollicitude de Marie pour nous, n’oublions pas qu’ils sont portés par la mystérieuse solidarité dans la prière qui transcende nos demandes personnelles. C’est cette solidarité priante qui nous fait grandir et agir pour que le monde change. Aussi nous faut-il retenir d’abord que Marie est celle qui a dit ‘oui’ de tout son être. Et tâcher à notre tour de dire ‘oui’, chaque fois que nous le pouvons. Au fil de ces pages nous découvrons comment, partout dans le monde, les personnes de tous âges se confient à Marie et trouvent dans cet abandon la force d’aimer, de pardonner, d’avancer. Avec tous ceux qui la prient dans le monde, demandons à Marie de nous rendre toujours plus disponibles à l’appel de Dieu et solidaires de nos frères et sœurs du monde entier.

sommaire suara 71 « L’aide de Missio est indispensable pour former les futurs prêtres au Myanmar. » » Lire en page 4. « Les témoignages directs sur Marie peuvent toucher les jeunes. » » Lire en page 5. « Marie donne aux chrétiens le courage de se lever contre l’injustice. » » Lire en page 9.

DANS CE NUMÉRO Sur les pas de Marie Former futurs prêtres au Myanmar Un nouveau venu à Missio Les jeunes avec Marie Marie, miroir pour notre temps Marie, soutien des opprimés en Inde La Résurrection, une Bonne Nouvelle Missio, un nom, des personnes Le billet du P. Michel Coppin

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La solidarité en héritage Vous souhaitez faire durer votre solidarité avec l’Église universelle ? C’est possible, grâce à un legs mentionné dans votre testament. Vous pourrez ainsi continuer à aider les communautés locales qui, en Afrique, en Asie et en Amérique Latine annoncent l’Évangile. Ce testament peut être manuscrit (écrit de votre propre main, daté et signé par vous) ou fait devant notaire.

Renseignez-vous auprès de votre notaire ou contactez le directeur de Missio Belgique, le Père Michel Coppin : legs@missio.be ou 02 679 06 30.

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la mission aujourd’hui

Avec Marie, au service des pauvres Les Franciscaines Missionnaires de Marie (FMM) sont des chercheuses de Dieu. Elles poursuivent leur quête dans l’esprit de St François d’Assise et de Ste Claire. Sr Hilde Vantomme, FMM de la communauté de Bruxelles, livre ici son témoignage.

Être Franciscaine Missionnaire de Marie, c’est s’engager dans une aventure extraordinaire qui passionne ; c’est se laisser conduire par le Dieu d’Amour qui nous consacre et nous appelle à Le connaître, à L’aimer et à Le servir. C’est se sentir envoyée et aller à la rencontre des peuples pour partager leurs vies et découvrir le mystère qu’est chaque être humain.

À la suite de Marie

MARIE – première disciple de Jésus, émerveillée du don gratuit de Dieu, attentive à écouter et garder la Parole, accueillante aux besoins de l’autre – nous précède sur le chemin de la mission et inspire notre vie. Pour chaque FMM, Marie est un témoin vivant qui va

de l’avant ; un style de vie ; un modèle de simplicité, d’humilité et de disponibilité à l’Esprit et à l’imprévu de Dieu.

Femmes, comme Marie

En tant que femmes, nous sommes appelées, comme Marie, à offrir tout notre être pour la vie du monde, en disponibilité totale et joyeuse, en disant chaque jour notre « Oui » et « Me voici » en union à l’offrande de Jésus.

30% 44%

5Répartition des fonds versés par Missio-Belgique

 Projets enfants  Fromation des prêtres et agents pastoraux  Evangélisation

»» SR HILDE VANTOMME FMM

Une aventure

26%

Auprès des plus pauvres

Les FMM vivent leur mission en communauté, dans la prière, le témoignage de vie, les engagements pastoraux et professionnels. En priorité parmi les plus pauvres et ceux qui ne connaissent pas le Christ.Cette disponibilité pour la mission, je l’ai vécue dans différents points au Sénégal durant 13 ans et à mon retour en Belgique (Bruxelles) depuis 2001. Un parcours de 34 ans de vie FMM en m’efforçant de garder « un cœur humble, prête à apprendre et à recevoir autant qu’à donner », dans une attitude d’ouverture et de service. •

Sr Hilde Vantomme est responsable de l’intendance chez les FMM de Bruxelles.

Merci pour votre générosité! Grâce à vous, Missio-Belgique a pu verser en 2017 2,5 millions d’euros pour l’Église universelle ! En 2017, vous vous êtes surpassés en vous montrant très généreux. L’Église de Belgique est une Église de disciples missionnaires. Grâce à vous, des centaines de projets d’évangélisation, de formation, d’enseignement, d’éducation à la santé ont pu être réalisés en 2017. Vous avez compris que la mission va de pair avec la solidarité avec l’Église universelle. À travers le monde, comme vous, de millions de catholiques ont contribué à faire vivre l’Évangile. •

Bravo et Merci! Marie nous précède sur le chemin de la mission. © FMM / SUARA

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projet

Former les prêtres de demain au Myanmar Ancien directeur de Missio Myanmar, le père Callistus est aujourd’hui recteur du Grand séminaire St Michael, à Taunggyi dans l’Etat de Shan. Il nous affirme que l’aide de Missio est indispensable à la vie de cette institution. »» P. CALLISTUS EH MWEE

Le grand séminaire St Michael a été créé en juin 2000 à l’initiative de la conférence épiscopale du Myanmar. Situé dans le diocèse Taunggyi, à l’est du pays, il accueille 59 séminaristes. Il assure la

formation terminale des futurs prêtres. Trois prêtres locaux y enseignent à plein temps et 10 missionnaires PIME (Institut pontifical de missions étrangères) sont professeurs à temps partiel.

Encouragés par le Pape François

La visite du Pape François au Myanmar en janvier 2018 a été salutaire pour le pays. Elle était à la fois pastorale et missionnaire, encourageant et revitalisant notre foi. François a célébré une messe avec les jeunes puis les a rencontrés. Cela a donné aux jeunes la volonté de vivre leur foi de façon plus profonde et incitera certains à suivre les pas du Christ en embrassant le sacerdoce ou la vie religieuse.

Une aide indispensable

Nos séminaristes sont des enfants de fermiers et d’agriculteurs. Ils ne peuvent donc pas participer de façon significative au financement de leurs études. Nous avons besoin de Missio et de l’Œuvre de St Pierre Apôtre* pour subvenir aux dépenses courantes que doit assumer le séminaire chaque année : frais de fonctionnement, achat de livres, dépenses d’hébergement et de nourriture. L’aide apportée par Missio Belgique est précieuse pour nous. •

P. Callistus Eh Mwee est recteur du Grand séminaire St Michael.

Le séminaire St Michael accueille 59 futurs prêtres en formation terminale.

*L’Œuvre de St Pierre apôtre est une branche de Missio dont le but est de promouvoir la formation des futurs prêtres dans les pays où l’Eglise manque de moyens financiers. Missio soutient ainsi des séminaires dans de nombreux pays. © MISSIO

AU MYANMAR, LES FUTURS PRÊTRES ONT BESOIN DE VOUS Pour assurer une bonne formation aux prêtres de demain, l’Église du Myanmar ne ménage pas ses efforts. Mais elle a peu de moyens. Pour soutenir le séminaire St Michael faire un don à Missio asbl :

IBAN BE19 0000 0421 1012 • BIC BPOTBEB1 Avec la communication ‘108 Séminaires’ Ou rendez-vous sur www.missio.be Les projets pastoraux ne peuvent légalement pas bénéficier de l’attestation fiscale.

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dans les coulisses de missio

Erik De Maeyer, un nouveau venu à Missio En 2017 notre collègue Anne Dupont, chargée des contacts avec les diocèses francophones, a décidé de nous quitter pour des raisons familiales après son congé de maternité. Nous la regrettons mais comprenons qu’il faut parfois faire des choix. Nous la remercions pour le travail accompli avec enthousiasme au service de la mission de l’Église durant près de dix ans. En 2018, l’équipe de Missio accueille Erik De Maeyer qui sera chargé du diocèse de Liège.

L’esprit missionnaire

»» ERIK DE MAEYER

Envie d’en faire plus

J’ai un parcours professionnel assez diversifié, qui me laissait cependant un « goût de trop peu ». Je me disais que je pourrais en faire un peu plus pour les autres. À titre personnel, j’ai toujours eu un intérêt pour les pays du Sud. Voilà pourquoi j’ai conçu, sur mon temps libre, un système de culture et d’irrigation utilisable dans les pays chauds parce qu’il minimise l’impact négatif du rayonnement solaire sur la végétation. Cela augmente la productivité des cultures tout en diminuant l’apport en eau. Le domaine d’activité de Missio est bien sûr différent. Mais l’esprit de solidarité avec les Églises des pays moins favorisés rejoint mes préoccupations.

« La solidarité missionnaire devrait animer tout chrétien. »

un coup de main ailleurs à l’occasion. Et puis il y a l’aspect relationnel : quels liens créer ? Mon intention est de contacter les doyennés du diocèse pour établir un lien avec les unités pastorales. Il faudra avancer pas à pas, en jetant des ponts entre Missio et les communautés disposées à accueillir favorablement son message et à collaborer. Ensuite on peut espérer que quelques initiatives, si elles sont fructueuses, feront tache d’huile.

Mon objectif, à moyen terme, est de sensibiliser les communautés d’ici à la nécessité d’aider les autres communautés chrétiennes dans le monde dans leur travail d’évangélisation. Et de faire comprendre que cette solidarité, aussi bien spirituelle que matérielle, est à la base de l’esprit missionnaire qui devrait animer tout chrétien. • Erik De Maeyer est responsable formation & animation pour Missio dans le diocèse de Liège.

02 679 06 47

wallonie@missio.be

Enjeux et défis

J’ai bien conscience que l’Église traverse une forme de crise en Occident. Est-ce à cause du confort matériel et de l’individualisme ambiant que les propositions spirituelles de l’Église ne sont plus entendues ? De ce fait, Il peut être difficile de faire comprendre le message de Missio. Je crois qu’un des premiers défis est celui de la communication, car la façon dont notre travail est perçu en dépend. Comment faire comprendre aux gens que la solidarité en Église permet de faire progresser l’humanité en diffusant l’Évangile ?

Créer des liens sur le terrain

Il y a d’abord un aspect territorial. Je serai actif dans tout le diocèse de Liège, y compris les cantons germanophones. Et il n’est pas exclu que je donne

Erik De Maeyer, au centre, en compagnie de Mgr Delville évêque de Liège et de notre Directeur, le P. Michel Coppin à Eupen. © MISSIO

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pour aller plus loin

Les jeunes avec Marie Les trois prochaines JMJ auront pour thème la figure de Marie. En janvier 2019, à Panama, les jeunes seront appelés à méditer la phrase de Marie lors de l’annonciation : Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’advienne selon ta parole. Les jeunes chrétiens se sentent-ils concernés par la dévotion mariale ? Et sans même parler de dévotion, Marie est-elle pour eux une figure de référence ? Enquête au service de la Pastorale des Jeunes de Bruxelles. »» BÉNÉDICTE MALFAIT ET OLIVIER DE KOSTER

Qui est Marie pour les jeunes ? Pour certains la figure de Marie est floue ou inconnue, pour d’autres elle a une place importante. Tout dépend de leur formation initiale, voire de leur culture familiale En général, c’est surtout la figure maternelle de Marie qui parle aux jeunes, soit qu’ils l’identifient à une mère aimante comme la leur, soit qu’elle comble pour eux un manque. Ils privilégient une relation personnelle avec Marie. Les jeunes francophones peuvent découvrir la foi par les communautés nouvelles comme Marie Jeunesse, Tibériade, l’Emmanuel, où ce sont des jeunes qui leur parlent. Cela dépoussière l’idée qu’ils se font des chrétiens

Rassemblés par Marie à Lourdes

La pastorale des jeunes participe au pèlerinage diocésain pour y donner une place aux jeunes. Le côté actif de Lourdes peut les attirer. Au départ, ils ne viennent pas nécessairement pour Marie mais pour le rassemblement lui-même , avec des jeunes du même âge. Et pourtant, le fait de prier Marie peut avoir un rôle fédérateur : tout le monde connaît plus ou moins le ‘Je vous salue Marie’ quelle que soit la culture d’origine.

Touchés par Marie

Au JMJ ou à Lourdes, certains jeunes sont touchés par les témoignages directs, authentiques, qui peuvent, par ricochet, les rendre sensibles à la prière à Marie

« Pour les jeunes, prier Marie peut avoir un rôle fédérateur. »

vue comme une figure maternelle. À Lourdes, ils ont quelque chose à faire pour les personnes invalides. Ils se rendent compte qu’on a besoin d’eux et que ce service fait du bien aux autres.

L’importance des temps forts

La rencontre, vécue dans un temps fort est importante pour les jeunes. Elle fait percevoir l’aspect universel de l’Église. Certains jeunes reviennent tous les ans au pèlerinage à Lourdes et ont le sentiment de faire partie d’une grande famille.

Solidaires de l’Église universelle

Missio, Partenaire des JMJ de e Panamá Les prochaines Journées Mondiales de la jeunesse (JMJ), qui rassemblent des jeunes venus du monde entier dans un pays différent, auront lieu en janvier 2019 au Panama. À cette occasion, Missio développe un partenariat avec les services de la pastorale des jeunes de l’Église de Belgique. Découvrez en page 11 les détails de cette collaboration.

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Aux JMJ, le temps de pré-MJ est intéressant pour les jeunes. Ils découvrent les réalités locales par l’engagement et la rencontre associés à des moments plus spirituels. Cela touche beaucoup les jeunes de voir le lien entre la spiritualité et l’action. Ils se rendent compte qu’eux aussi peuvent s’engager, comme d’autres jeunes dans le monde, et les soutenir dans leur action. Il y aura un événement en parallèle en Belgique qui sera aussi axé sur la solidarité. •

Bénédicte Malfait et Olivier Dekoster sont permanents au service de la pastorale des jeunes du vicariat de Bruxelles.


l’église dans le monde

Marie, miroir pour notre temps À voir la société actuelle se battre pour éliminer Dieu du champ de ses réflexions et activités, on comprend le désarroi spirituel du monde d’aujourd’hui. Les chrétiens fervents d’hier semblent avoir perdu leurs repères. Comment, dès lors, susciter une nouvelle adhésion à la spiritualité chrétienne ? Et si l’homme cherchait trop loin ce qui se trouve devant lui ? Le parcours de la Mère du Seigneur, de la Nativité à la Résurrection de Jésus, peut nous inspirer »» P. CHRISTIAN ATEBA OBAME

Point de départ de l’Incarnation, l’Annonciation met en scène une jeune fille de Nazareth, Marie, que Dieu interpelle par l’intermédiaire de l’Ange Gabriel (Lc 1, 28-32). Notons le contraste éblouissant entre la grandeur de Dieu et la petitesse de Marie (A. Valentini). Dieu vient jusqu’à elle pour lui confier une mission universelle, d’où sa Maternité Divine. Fait majeur dont dépendront tous les honneurs à elle réservés. Une grâce exceptionnelle dont bénéficie Marie. Son « fiat » est déterminant, point culminant de sa foi (Redemptoris Mater 14).

« par son ‘oui’, Marie a collaboré au salut du monde. »

La Visitation qui s’ensuit atteste le caractère surnaturel de sa Maternité : Elisabeth est enceinte dans sa vieillesse, car rien n’est impossible à Dieu. Et Marie entonne son célèbre cantique d’action de grâce : le Magnificat. Ces épisodes nous montrent que, par son « oui », Marie a collaboré au salut du monde. Sa foi est un bel exemple pour nous, car elle a cru. Et c’est ce qui manque le plus aux hommes de notre temps. 4

Gerrit van Honthorst—L’adoration des Bergers.

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l’église dans le monde Aujourd’hui, nous voyons les portes se fermer au nez des migrants, les ponts se briser entre les nations, les barrières s’ériger entre les peuples et races, tandis que tous les regards se figent sur les appareils électroniques (smartphones, tablettes…), rendant ainsi les relations humaines virtuelles et donc presqu’inexistantes. La Visitation de Marie vient nous rappeler l’importance et l’urgence de la présence d’autrui comme source d’épanouissement de la personne humaine. La solidarité et la charité qui s’en dégagent ne sont que des expressions de l’amour. La tendance actuelle à s’enfermer dans une solitude égoïste interroge l’homme de notre temps. SMS et appels vidéo semblent avoir pris le pas sur la chaleur humaine. Pourtant les plaintes contre la solitude ne tarissent pas. Que reste-t-il de notre humanité ? La Visitation de Marie nous interpelle, dans un contexte relationnel fondé sur les intérêts individuels.

« La Visitation nous rappelle l’importance de la présence d’autrui dans nos vies. »

Marie, co-opératrice du salut

La Nativité, collaboration déterminante de Marie à l’œuvre du Salut, est une étape majeure de l’itinéraire missionnaire de Marie. Accouchement, allaitement, présentation au temple, et souffrance au pied de la croix constituent les modes de collaboration de la Vierge (Lumen Gentium). Tout est lié à cet enfantement venu tirer le monde de l’abîme du péché. Tout est donc venu par Marie (Saint Bernard). N’est-ce pas une manière de donner de nouveau toute son importance à l’enfantement ? La tendance aujourd’hui semble porter à la banalisation de la procréation. Pourtant 8»

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« à la Pentecôte, Marie devient l’apôtre d’une nouvelle mission. »

Fils. Elle se présente comme guide, véritable trait-d’union entre l’hommeDieu et les hommes : tel est le sens de la médiation mariale. Inséparable d’avec son Fils, Marie l’a accompagné de la Conception jusqu’au Calvaire portant ses douleurs stoïquement dans son cœur : persévérance, endurance dans l’épreuve, fidélité. Autant de qualités de la Mère de Dieu à adopter, à une époque où le mot fidélité s’est vidé de son sens.

Marie apôtre

Marie fait partie du groupe des apôtres.

donner la vie est sacré. La vie ellemême est précieuse et inviolable, et comme telle, elle doit être défendue et soignée (Pape François). Voilà qui remet au goût du jour l’importance de la femme dans notre société et surtout son rôle dans l’Église. Que de leçons à recevoir de la nouvelle Ève ! S’inscrivant dans un tissu social, les parents de Jésus, en le présentant au temple, accomplissent la loi juive. Ils invitent ainsi les parents d’aujourd’hui à assumer leurs responsabilités ecclésiales en demandant le baptême pour leurs enfants. Pourquoi, en effet, laisser les enfants décider eux-mêmes?

Marie trait-d’union

À Cana, Jésus et sa Mère semblent être les acteurs principaux d’une scène qui pourtant décrit les événements d’un

mariage. Ils ont ravi la vedette aux mariés. Il s’en dégage un message fort. Marie constate la misère et la pauvreté des hommes. Prise de compassion, elle appelle son Fils à manifester sa Divinité. S’ensuivra une recommandation adressée à tous, nous y compris : « faites ce qu’il vous dira ». Il y a d’abord l’intercession mariale par excellence ; puis, l’appel lancé aux croyants à marcher à la suite de son

« Le rôle irremplaçable de Marie conforte celui de la femme dans l’Église. »

Enfin Marie fait partie du groupe des Apôtres. Remplie de l’Esprit-Saint avec eux à la chambre haute, Marie est envoyée, cette fois avec les Apôtres, pour une nouvelle mission : prêcher la Bonne Nouvelle partout dans le monde. Elle est donc avec le peuple de Dieu depuis que Jésus nous l’a confiée en mourant sur la Croix. Elle ne nous a plus quittés ; ce qui pourrait d’ailleurs expliquer ses apparitions qui sont en fait une aide pour notre foi. Marie est pour nous une étoile, comme celle qui a conduit les mages à Jésus. C’est ainsi qu’elle conduit aujourd’hui à son Fils les croyants, toutes obédiences confondues. Les lieux d’apparition en sont une preuve vivante. •

Le P. Christian Ateba Obame est un prêtre du diocèse de Sangmelima, au Cameroun. Il étudie la dogmatique à Rome et se spécialise en mariologie.


pour aller plus loin

Marie, soutien des opprimés en Inde L’Inde possède un riche héritage culturel et religieux. La dévotion populaire y est présente dans toutes les religions. Pour les catholiques, les fêtes mariales ont une grande importance et la figure de Marie est vénérée. Divers groupes mariaux sont actifs, parmi lesquels la Légion de Marie occupe une place privilégiée. »» FR. NEPO JAMES

La légion de Marie, organise la récitation du chapelet avant l’Eucharistie et aide lors des célébrations. Ses membres viennent aussi prier dans les familles, partageant leurs joies et leurs peines. Marie est l’image parfaite du disciple et la mère des croyants. Elle conduit ces derniers vers son fils et les encourage à suivre son commandement fondamental : aimer Dieu et aimer son prochain comme soi-même.

« Marie donne le courage de se lever contre l’injustice. »

Marie n’est pas une déesse

Marie n’est pas une déesse, souligne le théologien jésuite Francis-X Clooney. Et il est clair, dans le contexte culturel indien, qu’elle n’occupe pas la place de Dieu. La culture indienne est sensible à la part de mystère inhérente à la religion. Traditionnellement, les familles indiennes honorent leurs ancêtres et

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leur demandent assistance et protection sans pour autant les assimiler aux dieux. Il est donc naturel pour les Indiens catholiques de prier Marie dans l’épreuve. Dieu l’envoie auprès des hommes pour les accompagner dans leur pèlerinage de foi ; elle est leur recours le plus accessible et le plus sûr. Que nous soyons pécheurs ou indignes, elle intercède pour nous. Pleinement humaine, elle est comme un membre de notre famille, notre mère, alors que Jésus est notre Seigneur et notre Dieu.

Des liens familiaux plus forts

Malgré les progrès de la sécularisation, le respect des parents, du mari, demeurent une valeur essentielle de la vie familiale en Inde. Et Marie est devenue un membre de la famille qui le manifeste par la pratique du chapelet. La dévotion mariale resserre ainsi les liens familiaux.

Émancipation des femmes

Si elle peut être détournée pour servir une société patriarcale, la dévotion mariale est aussi souvent facteur d’émancipation des femmes. On oppose fréquemment le doute de Zacharie face à l’annonce de la grossesse d’Elisabeth, au « oui » confiant de Marie. Mais on

rappelle en revanche son questionnement légitime face à l’ange Gabriel, soulignant ainsi que Marie a le droit de savoir ce qui l’attend. Voilà qui lui donne un autre visage : celui de quelqu’un qui peut libérer les opprimés, consoler les souffrants, rendre l’espoir aux sans voix. Elle est un modèle pour les familles, elle donne le courage de se lever contre l’injustice. Elle est le cadeau que Dieu nous envoie, cheminant avec nous vers son Fils. •

Le P. Nepo James est un prêtre indien Montfortain, doctorant à la KULeuven. Statue de la Vierge, Kerala, Inde. © TANTRIK71


bible

La Résurrection, une Bonne Nouvelle La résurrection définit le chrétien : il est celui qui croit et confesse Jésus de Nazareth comme le Messie, mort et ressuscité. Ce fait est tellement inouï qu’on ne peut y accéder autrement que dans la foi. Et cette foi ne devient jamais solide sans la raison. Il faut donc beaucoup de foi et de raison pour aborder le fait de la résurrection de Jésus qui, bien qu’historique, va au-delà de l’histoire pure. »» P. PATRICK BADOU (PSS)

Un rapide parcours dans les Écritures peut nous aider à comprendre ce que représente la résurrection pour le chrétien et quels en sont les bénéfices pour notre foi chrétienne.

Un gage d’éternité

St Paul insiste sur le caractère fondamental de la résurrection : « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine serait notre foi. » (1Co 15, 14). Elle signifie pour nous la victoire sur l’ennemi le plus redoutable du genre humain, c’est-à-dire la mort.

Cet événement nous montre de manière éclatante l’accomplissement en Jésus-Christ de la fidélité de Dieu à son peuple. « Et nous, nous vous annonçons cette Bonne Nouvelle : la promesse faite à nos pères, Dieu l’a pleinement accomplie pour nous, leurs enfants, en ressuscitant Jésus, comme il est écrit au psaume 2 : Tu es mon fils ; moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. » (Ac 13, 32-33).

Une source d’espérance

Mais cette victoire sur la mort se prolonge aussi dans nos vies quotidiennes, jalonnées des petites morts que constituent nos faiblesses et nos manquement à l’amour. « En disant que cela lui fut accordé, l’Écriture ne s’intéresse pas seulement à lui, mais aussi à nous, car cela nous sera accordé puisque nous croyons en Celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus notre Seigneur, livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification. » (Rm 4, 23).

Cohéritiers du Christ

Grâce à sa résurrection, Jésus réalise leur adoption filiale par le Père en les justifiant par la grâce divine. Ainsi, les hommes quittent l’esclavage du péché et deviennent en même temps frères de Jésus et frères en Jésus (Ga 4, 7; Ep 1, 11) et donc ses cohéritiers. L’événement de la résurrection pénètre le cœur de l’histoire humaine ou se nouent et se dénouent les drames des destinées individuelles et collectives, trace des sentiers inattendus, imprévus dans les existences concrètes pour finalement révéler et offrir à l’homme de nouvelles dimensions de sa vocation: sa destinée d’éternité. C’est pourquoi oser parler de la résurrection de Jésus ne peut être, dans le fond, qu’une confession de foi car la résurrection n’est accessible qu’à la foi. En effet les apparitions aux disciples ne suffiront jamais pour croire. Pour cela il faut accepter de s’ouvrir à la liberté divine qu’on ne comprend mieux qu’en y croyant. • La résurrection trace des sentiers inattendus, imprévus dans les existences concrètes.

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Le P. Patrick Badou, Père du Saint Sacrement, est Professeur au Grand séminaire St Gall, au Bénin.


MISSIO, UN NOM, DES PERSONNES

Missio et les JMJ 2019 Grâce aux projets soutenus par Missio au Panama, les jeunes Belges participant aux prochaines JMJ auront l’occasion de rencontrer des Panaméens qui retroussent leurs manches pour vivre dignement. Ils découvriront la coopérative de production de café de Capira et le projet de formation à la lutte contre la malnutrition. Ils séjourneront au centre d’éco-tourisme du Lac Alajuela. Deux projets initiés par des prêtres belges « Fidei Donum » . Pour ceux qui ne peuvent pas partir, des JMJ locales seront organisées sous le nom de JMJ Duplex le weekend des 26-27 janvier 2019.

Plus d’infos sur jeunescathos.org

billet La figure de Marie, qui nous est présentée au fil de ces pages, est pour moi un modèle de l’action missionnaire aujourd’hui. Sa vie reflète en effet les trois éléments clés de l’idéal missionnaire : la recherche de l’essentiel, le renouvellement et l’engagement. Rechercher l‘essentiel - L‘existence entière de Marie est tournée vers la promotion et la croissance de la vie. Elle a une relation intime avec Dieu, qu’elle continue à découvrir dans les paroles et les actes de son Fils. Elle entretient avec le Seigneur une relation d’amitié vivante qu’elle traduit dans ses actes. Toute sa vie, Marie s’est mise à l‘écoute de la parole de Dieu et de ce que celle-ci pouvait lui apporter. Pour elle, communiquer avec le Père, c‘est en même temps communiquer avec l’autre. Elle se met au service de ceux qui en ont le plus besoin : les pauvres, les faibles. Se renouveler - Il y a là un véritable changement de perspective. Marie guide son peuple à travers les bouleversements de la société. Elle transmet son message en l’adaptant aux circonstances et au contexte dans lequel vivent les personnes. Elle ne ressasse pas des vieilles rengaines mais agit avec créativité et flexibilité. Elle opère les réajustements et les modifications nécessaires pour ajuster l’appel de Dieu aux besoins de l’époque. S’engager - Marie s’engage totalement dans la vie et au service de la cause qu’elle défend. Elle ne craint pas de transgresser certaines règles pour atteindre son objectif. Elle veut se dépasser, consciente que la faim de Dieu va de pair avec un engagement pour la dignité. Une foi sans engagement est insuffisante. L’irruption de Dieu dans la vie des hommes les engage sur un chemin d’audace et de courage évangélique. Marie veille à ce que tous trouvent leur nourriture.

© M IS SI O

Les Chanteurs à l’étoile de l’unité pastorale de Baelen-Membach ont cette année encore répondu ‘présent’ à l’invitation de Missio. Les habitants et commerçants leur ont fait bon accueil. Nous les remercions tous pour leur engagement et leur générosité. Avec l’ensemble des groupes de Chanteurs de Belgique, ils ont récolté au total 25.000 € qui permettront à de nombreux projets en faveur des enfants les plus démunis de voir le jour.

Elle nous donne l’exemple de l’engagement missionnaire contemporain. L’essence même de la foi en Dieu nous renvoie vers les plus démunis. C’est un appel à la conversion, à la créativité et à l’action. En fin de compte, cela nous conduit à nous engager concrètement auprès de ceux que le train de la société laisse sur le quai. Il nous faut donner un nouveau souffle à nos communautés ecclésiales. Pour cela il nous faut suivre l’exemple missionnaire de Marie. Nous n’avons pas d’autre choix.

Directeur de Missio-Belgique

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Rédacteur en chef : Michel Coppin Rédaction finale : Armelle Griffon Ont collaboré : P. Christian Ateba Obame, Emmanuel Babissagana, P. Patrick Badou, P. Michel Coppin, Olivier Dekoster, Erik De Maeyer, P. Callistus Eh Mwee, Armelle Griffon, Bénédicte Malfait, P. James Nepolean, Sr Hilde Vantomme Photos : Marino Bocelli, FMM, Missio, Tantrik71 Mise en page et impression : Halewijn nv

Éditeur responsable Michel Coppin Bd du Souverain 199 1160 Bruxelles Contact Bd du Souverain 199 1160 Bruxelles 02 679 06 30 info@missio.be www.missio.be

Abonnements et changement d’adresse suarafr@missio.be Réactions et suggestions communication@missio.be Missio Wallonie-Bruxelles Boulevard du Souverain 199 1160 Bruxelles Tél.: 02 679 06 47 wallonie@missio.be

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Suara est un mot indonésien qui signifie voix. Suara veut être la voix des sans voix, le porte-parole des catholiques à travers le monde. Suara vous informe sur la vie des Eglises locales et de leurs communautés qui s’efforcent de vivre à la lumière de l’Evangile. Suara vous relie à l’Eglise Universelle. www. .be


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