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Suara 66 Fr - 12-2016 - 01/02-2017

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suara le journal de l’église en mission Trimestriel » 17ème année n°66 » décembre 2016 / janvier / février 2017

Lumière du monde » LAÏQUE ET MISSIONNAIRE » L’ÉGLISE, UNE LUMIÈRE À BRUXELLES » LUEURS D’ESPOIR AU NIGÉRIA

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© ROLAND DEGLAIN


éditorial

Êtres de Lumière Chacun de nous connaît ou a connu dans sa vie des personnes lumineuses. Tel ami, tel parent, tel enseignant… Nous nous sentons parfois tellement opaques que nous en serions presque jaloux. Ce sont pourtant des personnes comme les autres avec leurs atouts et leurs faiblesses. Quel est donc leur secret? Une phrase de l’artiste et écrivain d’origine hongroise, Gitta Mallasz, nous donne peut-être la clé de ce mystère : « Ne participe pas aux ténèbres, mais rayonne la lumière, toujours et partout! Alors, les ténèbres s’enfuiront. » Tout au long de ce magazine, nous avons voulu montrer comment les ténèbres, qui nous entourent ou nous encombrent, peuvent s’effacer devant le parti pris de voir d’abord ce qui est bon, ce qui est beau et de le cultiver.

sommaire suara 66 « L’engagement missionnaire crée une solidarité durable. » » Lire en page 5. « Nous, chrétiens, avons la responsabilité d’agir en enfants de lumière. » » Lire en page 6. « Jésus nous dit que la vue, c’est la vie. » » Lire en page 10.

DANS CE NUMÉRO Un sentier de Lumière Un bon départ dans la vie Garder l’espoir au cœur de la tourmente Sel de la terre, lumière du monde Être source de lumière et d’espérance Lueur d’espoir au Nigéria Une lumière sur nos chemins d’humanité Missio, un nom des personnes Le billet du P. Michel Coppin

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C’est ce que font ceux qui se consacrent avec joie aux plus faibles, ceux qui jettent des ponts entre les communautés, ceux qui espèrent envers et contre tout, ceux qui savent qu’on ne peut répondre à un sourire que par un sourire. En cette fin d’année, nous vous souhaitons de trouver et de transmettre autour de vous la lumière que nous apporte, avec Jésus, Dieu venu partager notre chemin d’humanité.

© _IBANE_


5Ouvrir des perspectives grâce à la formation aux métiers.

© MÉCHAC NZIRAYUKURI

chrétiens dans le monde

Un sentier de lumière Un dimanche de février 1994 … dans l’église de mon petit village wallon. L’évangile relate l’appel des Apôtres. La réponse des disciples résonne en moi: aussitôt, ils suivent Jésus, sans « oui, mais … ». Je les admire de savoir tout quitter. Et je me dis : « Oui, mais si on m’appelait, serais-je capable de répondre, comme eux ? ». Témoignage d’une missionnaire laïque.

cueil pour orphelins et enfants de la rue est une vraie famille avec des enfants et des jeunes qui ne demandent qu’à être aimés, à la manière de Don Bosco et de maman Marguerite ! Cours de « français parlé », gestion de la bibliothèque, accompagnement des groupes culturels, mise en route des « Salésiens Coopérateurs, des « Petits chanteurs à l’étoile » , suivi des projets : je n’ai pas vu le temps passer…

»» THÉRÈSE WATRIPONT

En 2002, naît le projet « Don Bosco Muhazi » avec la résurrection d’une propriété salésienne abandonnée dans les années 90, pour raison d’insécurité. Le développement de cette œuvre permettra à de nombreux jeunes, pauvres et démunis, de s’ouvrir à d’autres perspectives d’avenir, grâce à l’alphabétisation et à la formation aux métiers.

Un appel

A peine rentrée, le téléphone sonne. C’est Père Victor, conseiller pour la « petite école » que je dirige. Il me demande si je suis à la maison, car il passera dans l’après-midi et, dit-il, il a quelque chose à me demander… Et voilà comment je suis, ce même dimanche, invitée à me joindre aux jeunes du Centre Don Bosco d’Hornu, pour leur quatrième chantier au Rwanda. La réponse ne tarde pas : c’est oui ! Mais les événements tragiques d’avril 94 vont postposer ce départ! Sur les écrans de télévision déferlent les images de l’horreur … sentiment d’impuissance ! Que faire, sinon prier ?

En juillet 1995, nous pouvons enfin partir. Le courage de ces personnes qui, après une année, se relevaient de leurs souffrances et nous offraient leur accueil, leur sourire, était interpellant pour chacun de nous. On ne rentre pas indemne d’un pareil séjour ! Ainsi, d’étapes en étapes, ce projet de vie naît, mûrit lentement.

Missionnaire laïque

13 janvier 2001 … Me voici Salésienne Coopératrice avec un statut officiel de « Missionnaire laïque ». Je servirai jusqu’en 2011 dans le Centre de Jeunes de Gatenga, à la périphérie de Kigali. Ce Foyer d’ac-

Lumière pour l’avenir

De quoi nous rappeler, jour après jour, l’envoi de chacun à sa mission de témoin de la bienveillance de Dieu pour tous les hommes! •

Thérèse Watripont est missionnaire laïque , Salésienne coopératrice de Don Bosco

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projets

Un bon départ dans la vie

À l’heure où, dans notre pays, des jeunes femmes peuvent se permettre d’accoucher en toute sécurité à domicile, au Nigéria la situation est bien différente.

Sécuriser les naissances

Au Sud-est du Nigéria, les hôpitaux sont rares et les maternités encore plus. Les femmes de la campagne ont recours aux accoucheuses traditionnelles, dans des conditions d’hygiène souvent douteuses. Nombreuses sont les complications aux conséquences désastreuses pour les mères et les nouveau-nés.

Des déplacements difficiles

Dans la région d’Aagba, à l’hôpital St Antoine, les médecins ont constaté que les femmes ne se décident à venir que s’il y a une complication. Faire des kilomètres sur une piste en mauvais état n’est sûrement pas le meilleur moyen d’intervenir à temps pour sauver une maman et/ou un bébé en danger.

À Noël, nous fêtons un Dieu qui a choisi de naître parmi les pauvres. Jésus est venu partager le sort de tous ceux qui, hier comme aujourd’hui, naissent dans des conditions de précarité qui compromettent leur avenir. L’hôpital St Anthony d’Aagba, au Nigéria veut créer une antenne de sa maternité en zone rurale. Une maternité rurale de proximité Une façon d’offrir un bon départ aux enfants, adultes de demain.

Voilà pourquoi l’hôpital d’Aagba, soutenu par la communauté chrétienne locale, souhaite ouvrir une antenne rurale de sa maternité afin de persuader les femmes de se faire suivre pendant la grossesse et d’accoucher dans de bonnes conditions. Elles recevront aussi des conseils pour nourrir et soigner leur enfant, tout cela pour 41,00 €.

Appel à la solidarité

Mais les moyens des catholiques nigérians sont limités et l’aide de nos communautés ecclésiales sera bienvenue. •

5Il faut souvent rouler des heures sur des pistes en mauvais état pour arriver à l’hôpital.

© MICHEL COPPIN

Armelle Griffon est responsable de la communication francophone à Missio– Belgique.

OFFREZ UN BON DÉPART À UN BÉBÉ NIGÉRIAN Par un don de 41 € vous permettrez à une maman de donner la vie en toute sécurité

COMPTE DE MISSIO ASBL IBAN BE19 0000 0421 1012 • BIC BPOTBEB1 (Avec la communication ‘201 maternité’) Ou rendez-vous sur www.missio.be Les projets pastoraux ne peuvent légalement pas bénéficier de l’attestation fiscale.

Offrez une longue vie à votre générosité, pensez au legs! Vous souhaitez faire durer votre solidarité ? C’est possible, grâce à un legs mentionné dans votre testament. Vous pourrez ainsi continuer à aider les communautés locales qui, en Afrique ou ailleurs, se mettent au service de leurs frères. Ce testament peut être manuscrit (écrit de votre propre main, daté et signé par vous) ou fait devant notaire. Renseignez-vous auprès de votre notaire ou contactez le directeur de Missio Belgique, le P. Michel Coppin : legs@missio.be ou 02 679 06 30. 4»

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dans les coulisses de missio

Garder l’espoir au cœur de la tourmente Frère Roger est l’une des figures clés de Missio. Tous les jours à pied d’œuvre, il prépare notamment le feuillet « Missio-prière ». Il garde en permanence un œil vigilant sur nos locaux comme sur l’école proche des frères Maristes, « son » école. »» PROPOS RECUEILLIS PAR ROBERT VASTMANS

Ce lien avec les frères existe depuis 80 ans. En 1936, ses parents l’ont inscrit à l’école maternelle des frères à Wervicq. Il a poursuivi tout son cursus scolaire sous l’égide des frères Maristes. En 1945, il décidait de les rejoindre. Le 5 septembre 1957, il décollait de Melsbroek pour enseigner au Congo. C’était le début d’une vie mouvementée de missionnaire. À partir de 1960 en effet, trois révolutions se sont succédé.

Vivre dans l’angoisse

Quelles étaient les difficultés sur place? « À Nyangezi, il était difficile d’enseigner dans une école remplie d’élèves qui fuyaient la violence. On voyait presque continuellement des soldats autour de l’école et dans l’école-même. Souvent, ils arrivaient de nuit en jeep, tous

« dans ces situations extrêmes, j’ai fait l’expérience d’une grand solidarité. »

phares éteints. Régulièrement, un frère devait partir accompagné d’une dizaine d’élèves pour prospecter les environs à la recherche de soldats ou de policiers morts. La confrontation avec l’angoisse et la mort de mes semblables a fait de cette période de ma vie l’une des plus sombres . Cela ne s’est pas amélioré

lorsqu’en 1970 je suis parti au Rwanda, également pour y enseigner dans une école des frères Maristes. C’était peu avant le coup d’état militaire du général Habyarimana. J’ai été témoin des massacres qui ont suivi. »

Solidaires dans l’épreuve

De telles expériences marquent assurément une vie. Comment avez-vous pu rester optimiste et passionné? « C’est précisément dans ces situations extrêmes que j’ai fait l’expérience d’une puissante solidarité entre les frères et la population locale en souffrance. Des deux côtés, nous nous aidions à survivre. Cette grande solidarité a préservé notre foi et nous a apporté de

l’espoir et de la lumière au cours des heures sombres que nous traversions. » Avez-vous gardé des contacts avec vos anciens élèves? « En 2005, une centaine de de personnes des alentours de Nyangare et d’élèves venus de partout se réunissait à la chapelle d’Auderghem pour une cérémonie d’hommage à un frère défunt au Rwanda. C’était témoignage émouvant de gratitude vis-à-vis de l’action des frères dont les écoles sont aujourd’hui intégrées dans des universités. Certains de mes élèves qui vivent en Belgique passent encore me voir de temps en temps. Je regarde aujourd’hui avec reconnaissance mon expérience mouvementée au Congo et au Rwanda. » •

BESOIN D’UNE IDÉE POUR ANIMER UN GROUPE D’ENFANTS ? Montez une activité chanteurs à l’étoile ! Plus d’infos sur www.missio.be 5Frère Roger avec des enfants musulmans réfugiés d’Ouganda au Rwanda – années 1980.

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point de vue

Sel de la terre, lumière du monde Dans le contexte actuel de violence religieuse qui sévit dans le Nord du pays, Mgr Felix Ajakaye, évêque d’Ekiti, en appelle à des relations conviviales et respectueuses entre chrétiens et musulmans. Il invite les catholiques à être lumière dans les ténèbres du terrorisme, à jeter de ponts plutôt que d’attiser la haine et la vengeance. »» MGR FELIX FEMI AJAKAYE

Jésus appelait ses disciples à être le sel de la terre et la lumière du monde. Cela signifie pour nous aujourd’hui être de ceux qui, au sein de la société, rendent le monde meilleur et apportent de l’espoir.

Mieux se connaître

Tout individu, quel qu’il soit, est précieux aux yeux de Dieu, Père et Créateur, qui offre son amour inconditionnel et son salut à tous. Être le sel de la terre, selon le vœu de Jésus, c’est pour les chrétiens aller vers tous les autres, y compris les musulmans. Cela nous permet de nous connaître mutuellement et de mieux comprendre la religion de l’autre et ainsi, de faire reculer le soupçon, les tensions et la peur.

Célébrer ensemble

5La venue de Dieu en Jésus-Christ est lumière pour le monde.

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© LUZ ADRIANA VILLA

Dans plusieurs régions du Nigéria, notamment dans le Sud-Ouest, les relations entre chrétiens et musulmans sont bonnes. On assiste facilement à des cérémonies religieuses avec des personnes d’une autre confession : des mariages, funérailles ou grandes fêtes. C’est là un signe d’amitié. Cela m’est arrivé aussi en tant qu’évêque et co-président du Conseil Interreligieux Nigérian. Lorsque que je remarque des musulmans à l’église, je veille à les en remercier. Je pourrais dire que je ne suis pas seulement évêque des catholiques du diocèse mais l’évêque

de tous. Mes relations avec les musulmans élargissent mon horizon.

Aller plus loin

Il faut que l’interaction entre chrétiens et musulmans aille au-delà du fait d’assister par courtoisie à des cérémonies. Des séminaires, des ateliers et des activités sportives en commun ne peuvent que renforcer les liens et le respect mutuel et contribuer à jeter des ponts entre les communautés. Il est essentiel d’associer les jeunes des deux confessions à ces projets de façon à ce qu’ils grandissent dans le respect et la compréhension mutuels.

La responsabilité des chrétiens

Fondamentalement, les religions sont pacifiques. Voilà pourquoi tout extrémisme religieux conduisant à la violence doit être condamné par les religions elles-mêmes. On ne peut adhérer à une religion que par conviction et non par force. Nous chrétiens avons une responsabilité devant Dieu et devant la société de notre pays : celle de parler, prier et agir en enfants de lumière, pour éloigner le spectre de l’inimitié, de la guerre et de la destruction. Car la foi sans les œuvres est vaine. •

Mgr Felix Femi Ajakaye est évêque du diocèse d’Ekiti, au Nigéria.

8 janvier 2017 Journée de l’Afrique Avec l’Église universelle, partagez un moment de prière et de solidarité avec l’Afrique


église à bruxelles

Être source de lumière et d’espérance Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire de Bruxelles, est confronté aux défis que le cosmopolitisme et la diversité de notre capitale impose à tous les acteurs de la vie publique. Une diversité que, quoiqu’on en pense, l’Église catholique bruxelloise vit quotidiennement en son sein autant que dans ses rapports avec la société. L’évêque pointe ici les signes qui sont pour lui des lueurs d’espérance dans notre ville aux multiples visages. »» MGR JEAN KOCKEROLS

Comment voyez-vous l’avenir de l’Église de Belgique : sombre ou lumineux ? Il n’y a pas de réponse toute faite. Globalement, on peut avoir une attitude confiante. L’Église a les pieds sur terre et le regard porté vers le haut, le lointain, le ciel comme on dit. Elle est réaliste sur la situation qui est la sienne aujourd’hui mais elle est portée par l’espérance. Il y a certes des découragements, de grandes questions, des doutes qui rendent parfois les choses un peu lourdes. Mais je vois de nombreux signes d’espérance liés à l’engagement de nombreuses personnes.

« Il faut tout faire pour éviter d’encourager les Ghettos. » 5Les communautés chrétiennes ne peuvent négliger le service.

Construire des ponts

Bruxelles, ville cosmopolite, est marquée par une grande diversité qui ne va pas sans tensions. Comment l’Église est-elle porteuse de communion et de lumière dans ce contexte ? Au sein même de l’Église il y a déjà une double diversité, linguistique et culturelle d’une part, rituelle d’autre part avec des manières de célébrer et des sensibilités spirituelles différentes. Nous sommes

attentifs à offrir et à respecter cette diversité. Mais en même temps nous cherchons à construire des ponts et à ne pas encourager les ghettos. C’est une des missions des responsables de communautés. Il faut passer de Babel à la Pentecôte. Il est important que les pasteurs prient et fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour que l’Église de Bruxelles soit une Église de Pentecôte. Je considère que cette diversité est a priori une bénédiction et non un problème ; car cela nous demande un effort de rencontre avec celui

© CENTRE PASTORAL DE BRUXELLES

qui est différent et donc un effort de catholicité, au sens premier du terme. Nous avons cette chance de ne pas pouvoir nous permettre d’entretenir la peur de l’autre, de l’étranger. Il y a une quarantaine de communautés d’origine étrangère (COE) à Bruxelles ; elles s’expriment et célèbrent dans une vingtaine de langues différentes. Ces communautés sont bien vues et encouragées. On leur donne des moyens de vivre cette différence mais on essaie de les intégrer pour qu’elles se sentent partie prenante. 4

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église à bruxelles Une Église citoyenne

Il y a par ailleurs à Bruxelles une diversité religieuse au sens large, c’est un très grand défi et une question de rencontre, plus que de dialogue. Il y a des lieux et initiatives qui peuvent nous apprendre à nous connaître, nous aimer et nous respecter. Je connais bien un animateur d’une mosquée de Molenbeek, et j’ai des liens avec le président de l’exécutif musulman. Mais cela reste insuffisant. Les églises, en tant que bâtiments, sont des lieux ouverts à la rencontre de tous, notamment au plan culturel (musical par exemple). Quand c’est bien réfléchi, ça peut être des occasions de rencontre avec tous les milieux et tous les courants de pensée et de croyance. Globalement, pour se situer au sein de la diversité et du cosmopolitisme Bruxellois, on pourrait reprendre un ancien slogan : mitoyen ou citoyen ? L’Église doit contribuer à la citoyenneté dans la vie civile, et non se contenter de vivre une mitoyenneté, quand bien même elle serait bienveillante ou pacifique.

Décrispation

En tant que pasteur, quels conseils donnez-vous aux chrétiens de Bruxelles pour manifester la lumière du Christ dans ce contexte ? Je retiendrai trois éléments qui me semblent fondamentaux pour bien vivre ensemble :

« Gardez l’espérance et nourrissez-la, comme le prophète Siméon. »

• L’attention aux autres qui implique une décrispation ; la plupart des conflits partent des craintes que chacun peut avoir au sujet de ses droits, ses habitudes, ses coutumes ; beaucoup de ces crispations se fixent sur des points de détail. • La douceur dans un contexte souvent violent et agressif. • La joie.

Regagner en crédibilité

Y a-t-il à vos yeux des faits qui, aujourd’hui, la rendent obscure aux yeux du monde ? Comment y remédier ? L’Église est méconnue par beaucoup ; elle est appréhendée par des a priori, des « on dit » ; dont elle est parfois elle-même en partie responsable à cause de la

façon dont elle communique. Il y a aussi la question de la perte de crédibilité : ainsi la crise des abus sexuels a créé une sorte de méfiance viscérale, un désintérêt. L’Église doit regagner en crédibilité dans divers domaines : • La célébration : elle doit être belle, ce qui est dit doit être nourrissant. • L’annonce : il y a un effort à faire pour annoncer la foi aux adultes, en particulier quand ils s’adressent à l’église pour demander un sacrement pour leurs enfants. La catéchèse des parents doit être une priorité. • Le service : les communautés chrétiennes ne peuvent pas négliger le service, l’engagement pour les pauvres ; c’est dans cet esprit qu’au terme de l’année de la miséricorde j’ai nommé une personne (Marie-Françoise Boveroulle, déjà chargée du projet Bethléem) responsable des solidarités.

Une lumière révélée aux nations

Nous sommes à quelques semaines de Noël. Quel message fort pouvez-vous adresser aux Bruxellois à cette occasion ? Gardez l’espérance et nourrissez-la, comme le prophète Siméon qui accueillit Jésus et ses parents lors de présentation au Temple. (Luc 2, 29-32). Le cantique de Siméon, que la liturgie catholique invite à chanter à complies (le dernier office de la journée), reflète trois attitudes fondamentales :

© CENTRE PASTORAL DE BRUXELLES

• La patience et la persévérance dont naît l’espérance. L’Évangile souligne que Siméon était « un homme juste et religieux, qui attendait la consolation d’Israël », et que l’Esprit Saint, qui « était sur lui », lui avait annoncé « qu’il ne verrait pas la mort avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur ». • La foi : sachons voir avec les yeux de la foi (Car mes yeux ont vu le salut, que tu préparais à la face des peuples : Lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton peuple Israël). • La confiance : c’est l’attitude d’offrande et d’abandon en Dieu (Tu peux laisser s’en aller ton serviteur, en paix selon ta parole). • Mgr Kockerols est évêque-auxiliaire de Bruxelles dans l’archidiocèse de Malines-Bruxelles.

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cide dont ont notamment été victimes le bureau d l’ONU et le quartier général de la police nationale.

Violence aveugle

On sait que les militants extrémistes ont tué plus de 4000 civils, détruit des lieux de culte, principalement des églises chrétiennes mais aussi des mosquées. Environ 2 millions de personnes ont fui leur maison et leur région pour échapper aux massacres. Le monde entier a entendu parler des 250 lycéennes de l’école secondaire publique de Chibok kidnappées par Boko Haram, souvent mariées de forces et parfois gagnées à la cause du mouvement et transformées en bombes humaines. 5Personnes déplacées au Nigéria.

© EC/ECHO/ANOUK DELAFORTRIE

pour aller plus loin

Lueur d’espoir au Nigéria Depuis 2002, le Nord-Est du Nigéria, notre pays-phare, est en proie à un conflit interne sans précédent initié par le groupe islamiste extrémiste Boko Haram. Les dissensions à caractère religieux, plus ou moins intenses, font pour ainsi dire partie de l’histoire du Nigéria qui se veut un état séculier et neutre. Comment dans un contexte si sombre faire émerger l’espoir ? »» FATHER GEORGE ARUNA

On peut faire remonter à 1953 la situation actuelle au Nord du pays où l’islam a toujours été majoritaire et où des échauffourées plus ou moins graves se sont succédé.

Tensions

On peut donc attribuer l’influence croissante du groupe Boko Haram dans le Nord-Est (en particulier dans l’Etat de Borno) à l’importante concentration de

musulmans dans la région. Le groupe a su mobiliser des fidèles musulmans, notamment des jeunes sans formation et sans emploi, en les regroupant autour d’une cause prétendument religieuse. Les responsables soumettent leurs adeptes à un véritable lavage de cerveau les persuadant qu’ils combattent au nom d’Allah et du prophète Mohammed pour une juste cause.

Manipulation

De 2011 à 2015 le groupe Boko Haram, disposant d’armes performantes, a conquis plusieurs zones dans la région, instaurant un État Islamique de la Province d’Afrique de l’Ouest. Il commença à commettre des exactions dans les états voisins, et même dans la capitale nigériane, Abuja. Le mode opératoire étant celui d’attentats sui-

Si le gouvernement Nigérian a longtemps semblé dépassé par cette violence et incapable d’y faire face, à cause notamment de l’importante corruption qui régnait au sein de l’administration, la nouvelle équipe au pouvoir, aidée par d’autres pays d’Afrique et d’Occident, a commencé à marquer des points et à regagner des territoires conquis par les rebelles. Une cinquantaine de jeunes filles ont pu s’évader et le gouvernement a récemment réussi à en faire libérer encore 21.

Solidarité fraternelle

Dans cette situation chaotique, le soutien aux personnes déplacées est une urgence absolue. La solidarité se manifeste de toute part : soutien financier, aide matérielle, camps d’hébergement. Elle est venue de tous côtés : Églises chrétiennes, ONG, firmes privées et simples citoyens. Le Pape François a fait un don de 100.000 $, l’aide de la conférence épiscopale nigériane passait par Caritas-Nigéria. La Cathédrale de l’état de Borno de même que plusieurs églises ont été consacrées à l’hébergement et à la réhabilitation de personnes déplacées. Des organisations chrétiennes et musulmanes ont secouru fraternellement les victimes des insurgés, en collaboration avec les services gouvernementaux. •

Le P. George Aruna est directeur Missio-Nigéria.

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bible

Une lumière sur nos chemins d’humanité ! « Je suis la lumière du monde » (Jean 8, 12 et 9, 4). Cette Parole de Jésus est au cœur de l’Évangile. Elle rejoint la Parole créatrice de la Genèse du monde où, nous dit le récit biblique, Dieu fit advenir la lumière pour que la terre ne reste pas dans les ténèbres. Non seulement Dieu dit (en Jésus): « Je suis la lumière du monde » mais, plus encore pourrait-on dire, Il en est la source. »» ABBÉ PHILIPPE MAWET

Sel et lumière

Quelle proximité entre ces récits bibliques et notre vie ! « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. » (Isaïe 9, 1 à 6). Au cœur des ténèbres d’un monde marqué par beaucoup de violences, la Bible nous invite à laisser la lumière de Dieu nous rejoindre et nous habiter. C’est son Amour qui éclaire nos chemins d’humanité.

Vers des chemins d’éternité

Et sa lumière, alors, nous révèle - dans la douceur de sa tendresse - ce qu’il y a de meilleur dans le cœur humain. Ne serait-ce pas là l’Espérance vers laquelle nous marchons, guidés par la Nuée (autre symbole biblique de la présence de Dieu), car si la lumière n’est pas encore totale, elle est suffisamment forte pour indiquer les chemins de notre destinée humaine... et ce sont toujours des chemins d’éternité. • L’abbé Philippe Mawet, prêtre du diocèse de MalinesBruxelles, est responsable de l’Unité Pastorale Stockel-auBois à Woluwe-St-Pierre.

Une nouvelle dignité

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Il y a aussi, dans l’Évangile selon Saint Marc (10, 46-52), la guérison d’un autre aveugle, Bartimée: « ta foi t’a sauvé », lui dira Jésus... sans oublier tous ces récits (voir Luc, 4, 18) où la guérison des aveugles est vraiment comprise comme un signe messianique. Le Royaume de Dieu se reconnaît lorsque la lumière l’emporte sur les ténèbres.

Accueillir la lumière de Dieu

Et pour ne pas garder jalousement pour Lui cette source lumineuse capable de déchirer nos ténèbres les plus épaisses, Jésus ajoute - au début (chapitre 5) de l’Évangile selon Saint Matthieu - « vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde ». Nous voici donc invités à participer à cette vocation d’être « la lumière du monde ». Nous ne sommes évidemment pas la source de cette lumière. Ce n’est pas pour rien, en effet, que Jésus précise que, lorsque le gens verront le bien que nous faisons, il ne rendront pas gloire à nous-mêmes... mais à Dieu ! La lumière est au cœur de la Bible et, plus encore, des Évangiles. Je repense notamment à cet épisode de l’Évangile selon Saint Jean (chapitre 9) où Jésus guérit un aveugle de naissance. Enfermé dans les ténèbres de sa cécité, les contemporains de Jésus imaginent que c’est à cause de son péché (ou celui de ses parents!) qu’il est aveugle. Mais Jésus vient fermement contredire cette accusation en lui rendant une nouvelle dignité. En quelque sorte, Jésus nous dit que la vue, c’est la vie, en comprenant que certains aveugles sont plus lucides que certains voyants !

Guérir nos cécités

5La lumière de Dieu nous indique le chemin.

© ROLAND DEGLAIN


MISSIO, UN NOM, DES PERSONNES

Rétrospective Avec nos témoins du Nigéria, nous avons notamment été accueillis à :

Gedinne

Bruxelles

Arlon

Banneux

© PHOTOS: MISSIO

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MISSIO, UN NOM, DES PERSONNES Journée Transmission à Limelette Le samedi 8 octobre 2016, le quartier du Petit-Ry à Limelette (Brabant Wallon) a vécu, le temps d’une journée au rythme de la Mission et de la miséricorde! Quelques 300 enfants se préparant à la profession de foi au Brabant wallon ont rencontré des témoins de la foi d’ici ou d’ailleurs lors des ateliers de la matinée. Il y en avait pour tous les goûts: poterie, chants, jeux ou témoignages. Dans quatre ateliers Missio, les enfants ont pu découvrir le pays phare de notre campagne, le Nigéria, et les projets que les catholiques de Belgique étaient appelés à soutenir en octobre. Certains ont eu la chance de rencontrer les religieuses nigérianes qui pilotent ces projets : Sr Veronica et Sr Elizabeth. •

Une des 32 maisons d’accueil pour les ateliers. Un Grand Merci à Mr et Mme Jaumotte (photo) et aux autres familles d’accueil.

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5L’évêque du Brabant-Wallon accueille l’équipe de Missio à Ottignies: (de g. à dr.) Sr. Charlotte (Missio), Sr. Veronica (Nigeria), Emmanuel (Missio), Mgr. Hudsyn , Sr. Elizabeth (Nigeria), Michel Coppin (directeur Missio Belgique).

La Journée Transmission s’est terminée en chants et musique. La célébration a rassemblé et réjoui le nombreux participants.

© PHOTOS: MISSIO

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MISSIO, UN NOM, DES PERSONNES Premier label ‘Communauté Missionnaire’ en Wallonie L’unité pastorale de Welkenraedt, dans le diocèse de Liège, regroupe les communautés de Baelen, Forges (Baelen), Henri-Chapelle, Membach, Welkenraedt. Depuis des années, elle organise tous les ans un groupe de Chanteurs à l’étoile qui vont sonner aux portes des maisons, au moment de l’Épiphanie. Ce projet a conduit l’UP à devenir une Communauté missionnaire à part entière.

paroisse de Membach Les chanteurs à l’étoile de la vulgarisation du label la à n utio apportent leur contrib Missio. par missionnaire promu

Pour faire du mois de la mission un vrai moment de solidarité missionnaire, l’UP Welkenraedt a en outre accueilli, le 2 octobre, les témoins de Missio venus du Nigéria, Mgr Felix Ajayake, Sr Veronica et Sr Elizabeth. Ce fut assurément un beau moment d’échange avec les paroissiens et avec les enfants de la catéchèse. Toutes les conditions étaient dès lors remplies pour que Missio décerne à cette Unité Pastorale le label Communauté Missionnaire. Depuis 2015, ce label est attribué aux communautés qui portent une attention particulière à la mission universelle de l’Église et le manifestent par une solidarité spirituelle et matérielle. C’est en présence de l’évêque de Liège, Mgr Jean-Pierre Delville, que ce premier label a été remis le 8 octobre 2016. •

Mgr Delville, év heureux de êque de Liège, était pa décerner le rticulièremen premie t approuvé pa r la Pape Fr r label missionnaire, ançois en pe rsonne.

Missio a accueilli à Membach ses témoins nigérians : Mgr Ajakaye et deux religieuses. Ils ont présenté leurs activités missionnaires. Merci à cette paroisse dynamique pour la solidarité dont elle a fait preuve.

© PHOTOS: MISSIO

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MISSIO, UN NOM, DES PERSONNES

Rétrospective Avec nos témoins du Nigéria, nous avons aussi été accueillis à :

Membach

Barvaux

© PHOTOS: MISSIO

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MISSIO, UN NOM, DES PERSONNES © CEN

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À la rentrée pastorale de l’Église de Brux elles, le 17 septembre, la diversité du paysage ecclésial de la capitale sautait aux yeux. Missio était là. AN T WA LL ON OR AL DU BR AB © CE NT RE PA ST

géria, ue d’Ekiti, au Ni Ajakaye, évêq e au 5 octobre, a eu i m Fe lix Fe Mgr ptembr issio du 17 se chevêque, Mgr De Kesel. et invité de M e ar tr no er tr ncon l’occasion de re © MI SS IO / CE

LL ON DU BR AB AN T WA NT RE PA ST OR AL

billet Une enquête révélait récemment que de nombreux Belges partagent un sentiment de crainte et une vision pessimiste de notre époque. Les médias nous apportent leur lot de mauvaises nouvelles. Certes, nous apprenons que des personnes s’engagent de manière désintéressée en faveur d’autres, mais il y a tant d’autres actualités, beaucoup plus sombres. La violence proche et lointaine, la situation insoutenable des réfugiés à Calais et ailleurs, les catastrophes naturelles, le vieillissement de notre société et la vulnérabilité des seniors… En outre, avec l’automne et l’hiver presque à nos portes, La nature est plus silencieuse et sombre. Tous ces éléments pèsent sur l’humeur de certaines personnes. Comment le croyant que vous êtes vit-il cette triste réalité ? Je dirais : comme une personne réaliste qui ne fuit pas devant ce qui rend la vie parfois si sombre. Il y a la souffrance et la pauvreté, il y a des conflits et des personnes atteintes d’une maladie incurable, et nous pouvons lutter contre ces fléaux. Ne baissons pas les bras ! Au lieu de cela, laissons-nous inviter à répandre la lumière dans notre société. Les chrétiens trouvent pour ce faire de l’inspiration dans la source de lumière de Jésus et de Dieu le Père. Jésus de Nazareth nous a apporté son témoignage en paroles et en actes. Il a répandu la lumière sur ses premiers apôtres et continue de le faire sur ceux qui le suivent. Dans la liturgie Noël, nous célébrerons bientôt Dieu né parmi nous pour être la lumière qui baigne notre monde. Noël est la fête de la lumière pour les chrétiens et pour les autres. À nous de faire rayonner cette lumière dans notre vie et autour de nous. Comme une lueur d’espoir dans cette triste époque. Car, à l’origine, la liturgie de Noël était partie intégrante de la liturgie de Pâques, la fête de l’espoir par excellence. La petite flamme de Noël allume déjà le grand feu de Pâques ! Directeur de Missio-Belgique

Missio était aussi présent à la traditionnelle journé e Transmission qui marque le lancement de l’année de catéchèse dans le Brabant Wallon. Plus d’infos page 12.

Avec les mages, venus reconnaître en Jésus celui qui apporte lumière et salut au monde entier, toute l’équipe de Missio vous souhaite un Joyeux Noël et une heureuse année 2017.

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suara

Rédacteur en chef : Kenny Frederickx Rédaction finale : Armelle Griffon Ont collaboré : Mgr Felix Femi Ajakaye, Fr George Aruna, P. Michel Coppin, Catherine De Ryck, Armelle Griffon, Mgr Jean Kockerols, Roger Malfait, Abbé Philippe Mawet, Robert Vastmans, Thérèse Watripont. Photos : GPE/Sarah Beeching, Centre Pastoral du Brabant Wallon, Centre Pastoral de Bruxelles, Michel Coppin, EC/ECHO/ Anouk Delafortrie, Roland Deglain, Anne Lombeau, Méchac Nzirayukuri ,Luz Adriana Villa. Mise en page et impression : Halewijn nv

Editeur responsable Michel Coppin Bd du Souverain 199 1160 Bruxelles Info et contact Bd du Souverain 199, 1160 Bruxelles 02 679 06 30 info@missio.be www.missio.be

Abonnements et changement d’adresse suarafr@missio.be Réactions et suggestions communication@missio.be Missio Wallonie-Bruxelles Boulevard du Souverain 199 1160 Bruxelles Tél.: 02 679 06 47 wallonie@missio.be

Suara est un mot indonésien qui signifie voix. Suara veut être la voix des sans voix, le porte-parole des catholiques à travers le monde. Suara vous informe sur la vie des Eglises locales et de leurs communautés qui s’efforcent de vivre à la lumière de l’Evangile. Suara vous relie à l’Eglise Universelle. www. .be WWW. .be


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