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suara le journal de l’église en mission Trimestriel » 17ème année n°65 » septembre / octobre / novembre 2016
Embrasser les différences
» JOURNÉES MONDIALES DE LA JEUNESSE » QUAND LA RELIGION DIVISE ET RASSEMBLE » DE QUI SUIS-JE LE PROCHAIN ? .be
© MARK FISCHER
éditorial
Sommaire suara 65
Chacun d’entre nous reconnaîtra volontiers que le monde serait d’un ennui mortel si nous étions tous semblables. Cela ne nous empêche pourtant pas d’entretenir, à des degrés divers, une certaine méfiance à l’égard de ceux qui sont différents de nous par les origines, la culture, la religion, le statut social…
« Nos différences sont une richesse. Nous avons en commun de vouloir prier ensemble et de porter les vaeleurs de l’Évangile. »
Que faire alors de ces différences qui nous intriguent, nous attirent ou nous rebutent ? De l’Évangile, où Jésus nous invite à nous faire le prochain de l’autre, aux questions que soulèvent les situations que nous vivons aujourd’hui, les thèmes de la différence, de l’accueil, de l’hospitalité, de la compassion et de la protection de sa propre identité ne cessent de nous interpeller. Faut-il craindre la différence ou la prendre comme une chance d’élargir son horizon ? Notre commune humanité n’a-t-elle pas plus de poids que la diversité de nos langues, cultures et religions ? Qu’avons-nous à perdre dans le brassage créé par les mouvements de populations que nous connaissons aujourd’hui ? Qu’avons-nous à y gagner ?
» Lire en page 3. « Les réfugiés sont avant tout en quête de sécurité pour eux-mêmes et leurs familles. » » Lire en page 6. « Deux éléments sont essentiels pour les réfugiés ; être occupés et devenir autonomes. » » Lire en page 9.
DANS CE NUMÉRO Projet Solidarité en Église Églises au Nigéria Bible | de qui suis-je le prochain ? Missio, un nom des personnes Billet
» 4 » 5 » 7 » 10 » 11 » 11
Les témoignages et réflexions de ce numéro de Suara nous montrent ce que chacun gagne à vaincre ses réticences. Tout n’est peut-être pas possible mais aborder l’autre dans un esprit d’ouverture aplanit bien des difficultés.
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© NATALIA SHEINKIN
chrétiens dans le monde
© KOEN VAN DEN BOSSCHE
JMJ Cracovie : les jeunes unis dans la diversité Séverine FREY a 22 ans et elle vient de terminer ses études d’infirmière. Cet été, elle a participé pour la troisième fois aux Journées Mondiales de la Jeunesse avec la communauté de l’Emmanuel. Chaque expérience est différente car, dit Séverine, « ma foi fluctue d’année en année. C’est bon de se replonger avec d’autres jeunes dans cette recherche de Dieu. » »» ARMELLE GRIFFON AVEC SÉVERINE FREY
Qu’est-ce qui t’attire dans les JMJ ? J’ai eu envie de refaire les JMJ car étant fort prise par mes études ces dernières années, j’ai eu moins de temps à consacrer à ma foi. Cela me manquait et je voulais rallumer la flamme dans mon cœur. Qu’est-ce qui vous unit ? Ce qui nous unit c’est la foi en un même Dieu, un Dieu qui nous aime, un Dieu qui nous laisse libre, un Dieu qui veut notre bonheur. Qu’est-ce qui vous sépare ? Ce qui nous sépare, c’est très peu de choses pour moi. Parfois, c’est la langue mais pour ma part je
me suis toujours débrouillée à me faire comprendre. Parfois aussi le manque de sommeil qui nous rend plus facilement irrités. L’essentiel est dans la sincérité de la démarche de chacun. Qu’est-ce qui à tes yeux, pourrait être négatif ? La présence de jeunes qui viennent juste pour passer de bonnes
« malgré nos différences, nous sommes animés par un même souffle. »
vacances entre copains alors qu’il y a tellement de riches animations qui nous aident à faire grandir notre foi. Comment vis-tu ce brassage des cultures avec un objectif commun ? Cela me fait du bien de voir tous ces jeunes qui croient au même Dieu que moi. Malgré nos différences de cultures, nos façons variées d’exprimer notre foi, nous sommes animés par un même souffle. De plus, durant ce temps, tout le monde est souvent de bonne humeur et dans la joie, ce qui est vraiment beau à voir et à vivre. •
Vivre positivement la différence : de jeunes témoignent. Jonathan animateur d’un groupe de Gitans : En tant que voyageur, regarder l’autre pour ce qu’il est et non pour l’image qu’il véhicule. Ne pas avoir peur mais apprendre à se connaître, « la liberté commence là où l’ignorance finit ». Eva volontaire du comité d’organisation des JMJ : Toutes ces différences entre nous que j’ai pu voir, je pense que c’est une grande richesse. Chaque volontaire a son histoire. Nous avons en commun de vouloir prier ensemble, de porter les valeurs de l’Évangile. Rafeed, jeune chrétien d’Irak : Être miséricordieux dans un pays où les tensions avec les musulmans sont fortes, c’est aussi apprendre à les regarder comme d’autres enfants de Dieu.
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projet
À l’école de Kota Ekiti Au Nigéria, comme partout l’enseignement est un enjeu fondamental. Les communautés ecclésiales locales ont bien compris que, pratiquer la miséricorde, c’est aussi offrir à la jeunesse une chance pour l’avenir. Malgré la volonté des pouvoirs publics, l’enseignement d’état ne remplit pas vraiment cette mission. C’est pourquoi l’Église catholique développe de nombreux projets scolaires.
culteurs ou des petits commerçants qui vivent difficilement. Les enseignants des écoles d’État ne sont pas toujours bien formés. L’école St Michel Archange offre, pour une somme modique, un enseignement solide et une formation humaine. Elle accueille des enfants de toutes religions et ils y font l’apprentissage de la vie en société et de la tolérance.
»» ARMELLE GRIFFON
Pour agrandir l’école, les Sœurs ont besoin de notre soutien financier. En les aidant, vous donnez à des centaines d’enfants la possibilité de voir leur droit fondamental à l’éducation pris en compte. •
Ndeye vient de quitter l’école primaire St Michel Archange. Son diplôme en poche, elle peut envisager de poursuivre sa scolarité dans un établissement secondaire. Cela n’aurait pas été possible sans le dévouement des religieuses qui ont décidé d’ouvrir l’école en 2006.
Une école en expansion
En dix ans, la fréquentation de l’établissement n’a cessé d’augmenter pour atteindre aujourd’hui 300 élèves. De nombreuses demandes doivent être refusées, faute de locaux.
Missio s’est rendu sur place
L’école pour tous
Armelle Griffon est responsable de la communication francophone à Missio Belgique.
Le P. Michel Coppin, notre directeur, a visité ce projet lors d’un voyage en Afrique, au printemps dernier. Il a eu l’occasion de visiter l’école et de rencontrer sa directrice, sœur Veronica, qui sera notre invitée en Belgique du 19 septembre au 2 octobre.
Offrir un enseignement de qualité
Il a pu constater combien le travail éducatif accompli par les religieuses était important pour la population locale. Dans cette partie du diocèse d’Ekiti, dans le sud-ouest du pays, les habitants sont des petits agri-
© MICHEL COPPIN
POUR LES ENFANTS KOTA OMUO EKITI, UN ENSEIGNEMENT DE QUALITÉ EST UNE CHANCE À SAISIR. Offrez-leur cette chance, faites un don sur le compte de Missio asbl
IBAN BE19 0000 0421 1012 • BIC BPOTBEB1 (Avec la communication ‘204065 DON’). Ou rendez-vous sur www.missio.be. Les projets pastoraux ne peuvent légalement pas bénéficier de l’attestation fiscale.
Offrez une longue vie à votre générosité, pensez au legs! Vous souhaitez faire durer votre solidarité ? C’est possible, grâce à un legs mentionné dans votre testament. Vous pourrez ainsi continuer à aider les communautés locales qui, en Afrique ou ailleurs, se mettent au service de leurs frères. Ce testament peut être manuscrit (écrit de votre propre main, daté et signé par vous) ou fait devant notaire. Renseignez-vous auprès de votre notaire ou contactez le directeur de Missio Belgique, le P. Michel Coppin : legs@missio.be ou 02 679 06 30. 4»
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dans les coulisses de missio
Invitation au Colloque Omnes Gentes Du 14 au 16 novembre se déroulera à Louvain (Leuven) le colloque Omnes Gentes. Ce séminaire sera organisé par les facultés de théologie de la KUL et de l’UCL, Lumen Vitae, le réseau Justice et Paix et Missio. Il sera consacré cette année à l’encyclique du Pape Paul VI, Populorum Progessio, dont nous célébrons le cinquantième anniversaire. Il y a 50 ans, Populorum Progressio a fait progresser de façon significative la notion de développement jusquelà souvent réduite au concept de progrès économique. Ce document a notamment mis l’accent sur le développement intégral, compris comme le développement de toutes les personnes humaines et de la personne entière.
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Variété des approches
Colloque interdisciplinaire et international, Omnes Gentes invite des orateurs de Belgique ou des Pays-Bas, mais aussi des Philippines, de Colombie, de Bolivie, des États-Unis… Le programme mêle des conférences et des ateliers, avec la participation active d’universitaires et d’experts en développement. Les intervenants s’exprimeront en anglais et en français. •
Le colloque abordera ce document sous quatre angles différents • Le point de vue économique. • L’impact du changement climatique sur le développement.
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La question du genre : dans quelle mesure joue-t-il un rôle dans le développement de chaque être humain? La question du rôle de la religion, tant du point de vue du développement que de celui de la libération de la personne humaine.
Perspective internationale
Le programme complet est disponible sur www.missio.be où vous pouvez également vous inscrire au colloque. Pour toute question n’hésitez pas à nous contacter : omnesgentes@missio.be ou 02 679 06 30
Solidarité en Église Il y a plusieurs façons de soutenir les projets de l’Église au Nigéria. Voici quelques idées supplémentaires pour nous aider à promouvoir les projets de l’Église au Nigéria et partout dans le monde. Ces articles peuvent aussi être commandés sur la plateforme Koalect : http://missio.koalect.com
Gardez vos lampes allumées
Goûtez la différence
Croix de Bethléem
Pour éclairer l’autel lors du dimanche de la mission universelle (23 octobre) ou tout au long de l’année, les grandes bougies (20 cm) sont parfaites. Les petites bougies (10 cm) accompagneront longtemps à l’église, à la maison, dans un groupe de catéchèse ou de prière. Elles sont fabriquées dans un atelier d’aide à la réinsertion des personnes sans emploi.
Les pralines de Missio ne sont plus à présenter. Ces dix chocolats assortis sont fabriqués avec des ingrédients certifiés biologiques et issus du commerce équitable, par une entreprise belge qui collabore avec un atelier protégé. Autant de bonnes raisons d’en acheter, pour vous-mêmes ou pour organiser une vente au profit de Missio.
9,00 € la grande bougie 4,00 € la petite bougie
5,00 € la boite
Un souvenir unique pour les communiants ou les confirmands! Cette belle croix en bois d’olivier est fabriquée par des artisans de Bethléem, au couvent des Bénédictines. Elles sont acheminées jusqu’en Belgique dans les bagages des pèlerins qui passent par le monastère. En solidarité avec les chrétiens qui vivent au Moyen-Orient.
3,00 € »5
point de vue
Au terme de l’exode s’ouvre un avenir Fin 2014 le HCR, Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, estimait à 59,5 millions le nombre de réfugiés dans le monde. Les deux tiers d’entre eux étaient en fuite dans leur propre pays. Conséquence des nombreux conflits qui ravagent notre planète, c’est la plus grave crise humanitaire qu’elle ait connue depuis la seconde guerre mondiale. Comment en percevons-nous les effets en Belgique? »» DOMINIQUE BALLEGEER
Au cours de l’été dernier, chaque jour a apporté son lot d’histoires sur les réfugiés, leur accueil en Belgique et ailleurs en Europe, ou sur leurs possibilités d’intégration (future) et leurs droits dans notre société. Nombreux sont les récits, souvent poignants et les messages traduisant l’indignation contre l’injustice mais aussi la peur de l’inconnu.
Méfiance
Certains faits font la une des médias populaires. On peut lire toutes sortes
« Les réfugiés tentent de trouver une place. »
d’affirmations sur des incidents dans les jardins voisins de centre d’asile, ou à la piscine. Cette impression est souvent renforcée par les messages des respon-
sables locaux : les maires qui craignent pour les revenus du tourisme dans leur commune, un gouverneur qui souligne les dangers d’un deuxième Calais…
En quête de sécurité
Mais on nous parle beaucoup moins de ces réfugiés qui, à coup d’essais et d’erreurs, tentent de trouver une place dans notre société. Ce qu’ils recherchent, c’est avant tout la sécurité pour eux-mêmes et leur famille : un bon enseignement pour les enfants, un bon travail, un loge-
ment décent, l’accès aux services médicaux. Pour cela, ils doivent se battre. Une fois leur demande d’asile acceptée, ils vivent souvent misérablement, ne sachant pas où trouver l’aide nécessaire.
Des mains tendues
Fort heureusement, de nombreuses organisations et groupes de bénévoles sont prêts à aider ces personnes éprouvées par l’exil forcé, et à leur montrer que nous pouvons nous montrer solidaires et accueillants envers les autres cultures. Lorsque leur voyage s’achèvera chez nous, j’espère que l’avenir des réfugiés pourra désormais s’ouvrir. •
Dominique Ballegeer est prêtre, président de l’asbl Jakoeboe (groupe d’accueil et d’accompagnement des réfugiés) et le membre de Pro Migrantibus dans le diocèse de Bruges.
Votre avis nous intéresse Au cours de cette dix-septième année de publication de Suara, nous publierons dans chaque numéro une opinion sur un thème d’actualité. Une idée ? Envie d’aborder un thème particulier ? Une réaction à une opinion publiée ? Prenez contact avec nous : Missio asbl, Suara - Opinion, Bd du Souverain 199 1160 Bruxelles suarafr@missio.be © VERVERIDIS VASILIS / SHUT TERSTOCK.COM
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© HEINRICH BÖLL STIFTUNG
églises au nigéria
Quand la religion divise et rassemble Comment vivre ensemble dans un pays multiethnique, aux identités religieuses multiples et où les inégalités forment la trame de la structure sociale ? Tel est le défi auquel est confronté le Nigéria, pays émergent de 182 millions d’habitants à la démographie galopante. Augustine Nwaekwe, prêtre Anglican Nigérian responsable de la chapelle anglicane Sint-Pieterskapel à Bruges, nous donne quelques clés pour répondre à cette question. »» ELLY MATTHEUS ET CATHERINE DE RYCK
Augustine Nwaekwe : « Bien que le Nigéria soit un état séculier, le conflit qui sévit dans le Nord du pays a une base essentiellement religieuse. Il s’est déclaré lorsque des musulmans ont voulu imposer la sharia dans les régions du nord. Or ces règles ne sont
compatibles ni avec la loi civile et laïque du Nigéria, ni avec la conception chrétienne de la vie en société. Le groupe extrémiste Boko Haram jette de l’huile sur le feu en préconisant un califat islamique. Cependant, l’évolution du conflit reflète aussi les ten-
sions socio-économiques ou politiques. Certains politiciens n’observent pas le devoir de neutralité lié à leur fonction et représentent davantage leur groupe religieux ou ethnique que leur parti. Néanmoins le Nigéria est et reste un État laïque et le gouvernement est neutre à l’égard des autorités religieuses. » Qu’est-ce qui, selon vous, permettrait de réduire les tensions? A. Nwaekwe : « Le gouvernement comme les organisations non-gouvernementales doivent mettre en œuvre des projets capables de jeter des ponts entre les religions en faisant collaborer des représentants des différentes confessions. Il est nécessaire de pratiquer le dialogue et la collaboration interconfessionnels pour apprécier les valeurs et croyances des autres. Quelle que soit leur religion, les Nigérians doivent combattre ensemble l’extrémisme religieux, la haine raciale, l’intolérance, la division et la discrimination. 4
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églises au nigéria Un programme d’échange entre étudiants de différentes ethnies et religions avait ainsi été mis en place pour favoriser les contacts et l’émergence d’un sentiment national par une meilleure connaissance réciproque. » Quelles initiatives attendez-vous du gouvernement nigérian ? A. Nwaekwe : « Le gouvernement a encore fort à faire pour promouvoir la protection des droits de l’homme et la liberté religieuse. Il est aussi essentiel qu’il nomme des organismes compétents et indépendants pour surveiller le choix et la formation des leaders religieux et ainsi que l’ouverture de lieux de culte (églises, mosquées). De même, il serait souhaitable qu’un président élu soit tenu de nommer un colistier d’une autre religion. » Quelles sont les relations entre les différentes confessions chrétiennes présentes au Nigéria ? A. Nwaekwe : « Elles sont regroupées au sein de la Christian Association of Nigeria. Mais les responsables ont parfois du mal à parler d’une seule voix. Ces derniers temps, l’association s’est davantage occupée de questions politiques que de créer des liens fraternels entre les différentes communautés. » Au-delà des tensions, qu’est-ce qui unit lesNigérians ? A. Nwaekwe : « Curieusement, ce qui divise le plus les Nigérians c’est ce qui devrait théoriquement
les unir : la religion. Le peuple nigérian est un peuple très religieux. Les chrétiens et les musulmans croient en Dieu, en Allah et ce devrait être une raison pour eux d’unir leurs forces en vue du bien commun plutôt que de s’opposer. Heureusement, il existe d’autres domaines qui favorisent l’entente entre les gens. Le football joue à cet égard un rôle non négligeable. L’équipe nationale nigériane a des joueurs de différentes ethnies et religions. Le gouvernement et d’autres organisations doivent miser davantage sur la capacité du sport à rassembler les personnes. » Quel est votre rêve pour le Nigéria ? A. Nwaekwe : « Il est heureux que les Nigérians soient un peuple religieux. Mais il y a danger quand la fierté religieuse ou ethnique nuit à l’unité nationale. La foi ne peut s’exprimer que dans un contexte de cohabitation pacifique entre les différentes religions. Tant qu’il y aura des conflits entre les groupes religieux, on ne pourra pas vraiment pratiquer sereinement sa religion. »
« la collaboration interconfessionnelle fait apprécier les valeurs et croyances des autres. »
« il y a danger quand la fierté religieuse ou ethnique nuit à l’unité nationale. »
Vous vivez et travaillez en Belgique depuis assez longtemps. Qu’avez-vous appris des Belges ? A. Nwaekwe : « La Belgique compte également beaucoup groupes et communautés différents. La frontière linguistique partage le pays en deux. Et pourtant il n’y a pas d’affrontements violents. Les Belges essayent de collaborer, malgré les différences linguistiques ou politiques. Beaucoup de pays, dont le Nigéria, pourraient tirer des leçons de l’art du « compromis à la belge » qui permet de conserver son identité propre tout en travaillant à l’unité. » Qu’est-ce que la Belgique peut apprendre du Nigéria ? A. Nwaekwe : « La Belgique est un pays de tradition chrétienne, même si de ne nombreux Belges ne sont pas croyants ou se sont éloignés de la foi. Par ailleurs, la communauté chrétienne de Belgique a un esprit très œcuménique. J’aimerais qu’elle transmette la foi et les valeurs chrétiennes aux générations futures. Au Nigéria, les églises sont remplies et les communautés sont très vivantes ; les chrétiens d’ici pourraient s’en inspirer pour dynamiser leurs propres communautés. » •
Pour les enfants
Le premier numéro des revues d’éveil religieux Averbode, Naomi, Simon de Samuel, vous présente également la campagne Missio 2016. Commandezle séparément à Missio pour 2,5 €. © IFPRI
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• d’une part être occupé (école pour les enfants, formation/ bénévolat/travail pour les plus grands, ….). • d’autre part devenir autonome (apprentissage de la langue, savoir se déplacer, utilisation de l’internet….). En effet, à partir de là on va éviter l’isolement, l’inactivité, le désespoir,….
5 Une famille de réfugiés avec ses accompagnateurs.
© PIERRE MAIRESSE
pour aller plus loin
Accompagner les réfugiés En collaboration avec l’ASBL Convivial, spécialisée dans l’insertion des réfugiés, plusieurs paroisses de Bruxelles et de sa périphérie se sont mobilisées pour répondre à l’appel du pape d’accueillir des familles de réfugiés du Moyen-Orient. Après avoir elle-même été réfugiée Diane a accompagné à son tour des familles. »» ARMELLE GRIFFON AVEC DIANE INGABIRE
À quel âge et dans quelles circonstances êtes-vous arrivée en Belgique ? Je suis arrivée en Belgique en 1999 à l’âge de 18 ans. C’était après 4 ans de vie en fuyant d’une région à une autre suite aux génocides et aux guerres au Rwanda et dans le Kivu (sud de la république du Congo). Comment avez-vous été accueillie ? Nous (moi et ma famille) sommes arrivés en 1999 durant la crise des
Balkans. C’était une période pendant laquelle l’affluence des réfugiés a battu tous les records. Tous les centres d’accueils étaient complètements full. Heureusement, qu’on a trouvé un hébergement chez un membre de la famille, où nous sommes restés pendant quelques semaines à une dizaine dans un petit appartement. Par la suite, nous avons bénéficié de l’aide du CPAS, ce qui nous a permis de louer un logement. Nous avons également bénéficié de l’aide de plusieurs associations dont Convivial pour notre installation (lits,
chaises, vaisselle, vivres, habits, …) Et à partir de ces aides, nous avons pu commencer le lent travail de reconstruction d’une nouvelle vie qui a commencé pour moi par le retour à l’école. A posteriori, voyez-vous des points d’attention pour l’accueil des réfugiés sur lesquels il faudrait être particulièrement vigilant ? Il y en a tellement en fonction de la situation de chaque réfugié que je ne sais pas lesquels citer et lesquels laisser. Mais les premiers qui me viennent à l’esprit c’est :
Aujourd’hui, vous avez à votre tour participé à l’accompagnement des réfugiés venus du Moyen Orient. Qu’est-ce qui vous frappe chez ces personnes ? Je retrouve chez eux les mêmes sentiments que j’avais : d’abord ce sentiment de soulagement d’être enfin en sécurité, pouvoir se poser et souffler. Ensuite vient ce sentiment de questions: comment je vais réussir à vivre ici? Que dois-je faire pour que ça se passe bien? Vers qui me diriger? Comment respecter la sensibilité des nouveaux arrivants tout en leur permettant de s’adapter ? Je pense que ça passe par l’écoute et la confiance. Même si au départ, ils ignorent pas mal de choses par rapport à la vie d’ici… il faut éviter de décider pour eux ou de les surprotéger. Par rapport à tout ce qu’ils ont traversé, ils ont beaucoup de ressources en eux. Laisser le temps au temps et les laisser venir à vous. Par là je veux dire par exemple ne pas trop poser de questions sur leur passé, leur parcours…. Comment favoriser l’acclimatation d’une famille qui a fui son pays ? Ma réponse rejoint les points d’attention cités ci-dessous. À savoir, dans un premier temps trouver une occupation et retrouver l’autonomie. Par exemple trouver une activité (dans une association, un club de sport, bénévolat) a été très bénéfique pour moi et mes parents dans les premiers mois/années en Belgique. Et dans un 2ème temps, trouver un travail pour retrouver l’indépendance/fierté et pour les plus jeunes étudier pour pouvoir avoir des rêves d’une vie meilleure. •
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bible
Saurai-je me faire proche ? La diversité n’exclut pas la proximité, comme le rappelle la bible à maintes reprises dans une invitation répétée à aimer le prochain comme soi-même. Mais Jésus nous engage un peu plus loin sur ce chemin en en renversant la perspective. C’est en effet chacun de nous qu’il invite à se laisser transformer par la miséricorde de Dieu, au point d’en faire le moteur de nos relations humaines. »» BENOÎT BOURGINE
Bienveillance active
Que faut-il entendre par « prochain » ? Le terme n’est employé que parcimonieusement par le Nouveau Testament et c’est le plus souvent en se référant à un verset de la Loi de sainteté dans l’Ancien Testament : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lev 19,18), où il est question d’une bienveillance active
« le prochain n’est plus celui qu’il faut aimer , mais celui qui est mû par des sentiments de miséricorde. »
à pratiquer en faveur d’un semblable ou d’un immigré, étranger résident au milieu du peuple d’Israël.
Le noyau de la foi chrétienne
Pourtant la notion même de prochain renvoie au noyau de la foi chrétienne tant il est vrai que parler de prochain pour le Nouveau Testament relève de
l’agapè, c’est-à-dire de l’amour dont Dieu aime et dont il donne de nous aimer mutuellement, à savoir la réalité qui singularise au mieux la bonne nouvelle du salut en Jésus Christ parmi toutes les religions et les sagesses du monde.
Un amour concret
C’est en particulier le cas au chapitre 5 de l’épître aux Galates : « Par l’agapè mettez-vous au service les uns des autres. Car une seule formule contient toute la Loi en sa plénitude : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’ » (Ga 5,1314). C’est l’Esprit, l’amour répandu dans nos cœurs, qui inspire l’agapè et donne la force de poser les gestes concrets qui font du chrétien le prochain de son semblable. Le prochain n’est donc pas l’exact synonyme d’autrui, ni l’agapè simplement de l’altruisme (ce dernier mot remontant à Auguste Comte, en 1830).
Le prochain, sujet de l’amour
À ce propos, la question d’un légiste : « Et qui est mon prochain ? » (Lc 10,29) donne lieu à un retournement instructif. Comme on le sait Jésus, au terme de son récit, pose une question qui renverse la perspective : non plus « Qui est mon prochain ? » mais « Qui s’est montré le prochain ? » À l’issue du dialogue, le prochain n’est plus celui qu’il faut aimer dans le cadre du commandement énoncé par le Lévitique, mais celui qui est mû par des sentiments de miséricorde ; non plus l’objet mais le sujet de l’amour. On peut se demander ce qui distingue le Bon Samaritain du lévite et du prêtre qui, eux, passent sans porter secours au blessé. Notons la séquence qui enclenche chez le bon Samaritain la démarche active de l’agapè : « il le vit et fut pris de pitié » (Lc 10,33) : on la retrouve appliquée à Jésus face à la veuve de Naïm (7,13) et au père du fils prodigue (15,20). Le Bon Samaritain aime de l’amour même dont aiment le Père et le Fils. •
Benoît Bourgine est professeur de théologie systématique à l’Université Catholique de Louvain. 3 Le Bon Samaritain. 10 »
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MISSIO, UN NOM, DES PERSONNES © M IS
S IO
Le 7 juillet dernier, nous avons présenté la nouvelle campagne d’octobre aux collaborateurs bénévoles et sympathisants de Missio. Une occasion de s’informer mais aussi de se retrouver. © MI SS IO
a fait une Tuticorin, nous munauté de ue êq év , oise Com Mgr Yvon Ambr . Il a découvert notre Label itiative. e in ptue tt ce om pr ns im da te nt si ea vi nous encourag Missionnaire, © MI SS IO
billet Inconsciemment, les humains ont tendance à se comparer les uns aux autres. J’ai pu le constater récemment lors d’un baptême. Les enfants présents ont commencé par s’observer mutuellement. Puis ils sont spontanément allés vers ceux du même âge. Je l’ai également remarqué lors d’un voyage en Afrique de l’Ouest en passant dans les villages de brousse où l’on n’avait jamais vu un blanc. Les enfants n’ont pas tardé à venir me toucher pour vérifier si ma peau blanche avait la même texture que leur peau sombre. Constater qu’une peau, quelle que soit sa couleur, est semblable à une autre leur a donné confiance. Les gens se comparent entre eux et constatent leurs différences. Parfois cellesci s’attirent et se complètent, comme on le voit dans certains couples. Mais parfois aussi elles engendrent la méfiance. Les États-Unis subissent ainsi depuis des décennies la tension née d’une méfiance réciproque entre la population d’origine africaine et la police. Une situation qui a déjà coûté trop cher en vies humaines. Notre société est multiculturelle et multiconfessionnelle. Les enfants, qui en font l’expérience à l’école, l’acceptent sans doute facilement car ils ne manquent pas d’occasions de jouer avec leurs camarades d’origine étrangère. C’est plus difficile pour les personnes âgées ou pour celles qui manquent de confiance en elles-mêmes. Elles ont du mal à s’adapter à la diversité et au changement. Nous devons les aider. Des contacts concrets avec des personnes ayant une autre culture et une autre religion peuvent vaincre beaucoup de résistances. La vie de Jésus Christ nous montre comment accepter la différence. Il a toujours accueilli les personnes perçues comme menaçantes parce que différentes : malades, handicapés, pécheurs étrangers, voire parfois les femmes et les enfants. Pour les chefs religieux juifs ils devaient être exclus et rejetés. Or c’est précisément à ces exclus que Jésus promettra d’abord le Royaume de Dieu, car ils sont les enfants de Dieu par excellence. Son attitude peut nous aider à faire confiance à tous les hommes de bonne volonté, malgré leur diversité.
Directeur de Missio-Belgique Le 27 août, collaborateurs et bénévoles se sont retrou vés pour inaugurer cette nouvelle année missionnaire. C’était aussi une occasion de fêter les 25 ans de sacerdoce du P. Michel Coppin, directeur de Missio.
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Rédacteur en chef : Kenny Frederickx Rédaction finale : Armelle Griffon Ont collaboré : Pr Benoît Bourgine, P. Dominique Ballegeer, P. Michel Coppin, Catherine De Ryck, Armelle Griffon, Séverine Frey, Diane Ingabire, Elly Mattheus, Fr. Augustine Mwaekwe. Photos : Heinrich Böll Stiftung, Mrk Fischer, Geinz, IFPRI, Pierre Mairesse, Missio, Natalia Sheinkin, Koen Van den Bossche / IJD vzw, Ververidis Vasilis / Shutterstock.com Mise en page et impression : Halewijn nv
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Suara est un mot indonésien qui signifie voix. Suara veut être la voix des sans voix, le porte-parole des catholiques à travers le monde. Suara vous informe sur la vie des Eglises locales et de leurs communautés qui s’efforcent de vivre à la lumière de l’Evangile. Suara vous relie à l’Eglise Universelle. www. .be WWW. .be