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suara le journal de l’église en mission Trimestriel » 16ème année n°64 » juin / juillet / août 2016
Chrétiens en mission » RENAISSANCE POUR LE MYANMAR » JEUNES EN MISSION » UN NIGÉRIAN EN MISSION CHEZ NOUS
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PHOTO: MASSON
éditorial
Mission tous azimuts De l’Asie à l’Océanie, en passant par l’Afrique, l’Amérique et l’Europe, l’Église est en mission. Si celle-ci exige toujours ouverture, adaptabilité, capacité à se mettre en route, les codes ont changé. D’abord parce que chacun est investi de la mission sur son propre terrain. Et dans l’Occident déchristianisé on sait bien que le travail d’évangélisation est à faire autour de soi. Mais aussi parce que dans les pays que l’on appelait autrefois les terres de mission l’Église locale est aujourd’hui vivante, dynamique, porteuse de vocations. Et cela même dans des pays, comme le Myanmar, où les chrétiens sont très minoritaires. Elle n’hésite pas à s’engager pour la justice. Elle est aux côté des plus pauvres. Alors, bien sûr, ces Églises ont besoin de notre prière et de notre aide. Car leur richesse humaine n’est pas toujours soutenue par des moyens financiers. Mais nous avons aussi besoin d’elles. Dans leur vitalité, elles peuvent être des exemples pour nous. Elles nous encouragent à ranimer chez nous le feu de la Pentecôte, à l’entretenir par la prière. Elles nous rappellent que tout engagement social, politique, humanitaire, doit pour les chrétiens être relié à sa source première : l’Évangile.
Sommaire
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« Au Myanmar, le pays apprivoise la démocratie et la liberté religieuse » » Lire en page 3. « La mission, ça commence chez nous! » » Lire en page 6. « Être missionnaire, c’est accepter de sortir des sentiers battus » » Lire en page 10.
DANS CE NUMÉRO Une renaissance pour le Myanmar Ça roule pour l’Évangile Rencontre avec les prêtres-étudiants Ensemble en Église Jeunes en mission Un Nigérian en mission chez nous Tous envoyés Missio, un nom, des personnes Billet
» 3 » 4 » 5 » 6 » 7-8 » 9 » 10 » 11 » 11
Enfin, ne l’oublions pas, ces Églises en croissance nous envoient des prêtres missionnaires qui viennent dans le seul but d’assumer ici des charges pastorales. Qu’ils viennent du Nigéria, de Colombie ou d’ailleurs, ils se réjouissent de pouvoir à leur tour nous apporter quelque chose. Grâces leur soit rendues. Aider la mission aujourd’hui, c’est soutenir cette « Internationale de l’Évangile ».
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PHOTO: THOMAS EDER
PHOTO: GLOBAL FINLAND
chrétiens dans le monde
Une renaissance pour le Myanmar Après 50 ans de souffrances inhumaines pour le peuple, le Myanmar apprivoise depuis 6 ans la démocratie. Les profondes blessures infligées par la junte militaire aux habitants mettront des dizaines d’années à cicatriser. 60% des Birmans sont pauvres et 30% en situation de grande pauvreté. Près de 3 millions de personnes se sont réfugiées dans les pays voisins. Plus de 300.000 personnes ont été déplacées du fait des persécutions religieuses. Le Myanmar est vraiment une nation crucifiée qui a connu son matin de Pâques. »» CHARLES MAUNG BO
Qu’est-ce qui a changé au Myanmar ? Mgr Charles Maung Bo : Plus de liberté pour les medias, la libération des prisonniers politiques, l’émergence d’une société civile dynamique, le fonctionnement du parlement, l’ouverture du système financier, la capacité à admettre les critiques. Ce sont des signes évidents pour ceux qui ont lutté pour y arriver. La liberté religieuse est cependant menacée par l’émergence d’un groupe néo-fasciste. Quelle est sa visibilité de l’Église au Myanmar ? Mgr Bo : Isolée pendant 25 ans à cause des persécutions, l’Église est restée présente auprès des pauvres. Depuis cinq ans nous avons publié des déclarations
ainsi que des lettres pastorales. Deux séminaires de réflexion ont eu lieu et leurs conclusions ont été transmises au gouvernement. Je fais en sorte que toutes mes déclarations soient répercutées par les instances internationales de l’Église et les medias. Quelle est la situation de l’Église ? Mgr Bo : Sous la dictature, l’Église catholique est passée de 3 à 16 diocèses et de 200.000 à 700.000 fidèles. Nous avons aujourd’hui 2.200 religieux et 700 prêtres. Depuis, matériellement, il y a eu peu de changements : les écoles nationalisées ne nous ont pas été rendues ; la plupart des biens confisqués aux chrétiens non plus. Ce qui a progressé c’est la
grande liberté de culte et le travail social avec les autres religions. L’Église est vraiment devenue un acteur majeur de la société civile sur le plan social et au sein du mouvement des religions pour la paix. Comment le peuple birman a-t-il accueilli les premières élections libres depuis 25 ans ? Mgr Bo : Daw Aung Sang Suu Kyi, portée au pouvoir en novembre 2015 par près de 80% de la population, était pour eux l’icône de la démocratie. Perçues comme libres et justes, ces élections ont été supervisées par des observateurs internationaux. La transition a été pacifique. Pour la première fois, le vice-président est un chrétien. La corruption ne sera plus tolérée et on tient compte des aspirations du peuple. Quel est votre rêve pour le Myanmar, son peuple et son Église ? Mgr Bo : Une nation éduquée, sans carences, la liberté pour tous, en particulier pour les personnes marginalisées. Le Myanmar a assez de ressources. La justice fera de nous une grande nation. Quel est votre message pour les chrétiens de Belgique ? Mgr Bo : La Belgique vient d’être confrontée à un grand défi. Nous présentons nos condoléances à tous ceux qui ont perdu des êtres chers. La vigilance permanente est le prix de la liberté. Le peuple belge a réagi avec beaucoup de maturité et de compassion. Le défi est maintenant d’éviter la tentation de chercher des boucs émissaires, de tomber dans les stéréotypes hâtifs. La haine n’a pas de place dans la société européenne et elle ne devrait pas y entrer à cause de l’action de quelques hommes pervertis. La Belgique a une grande capacité de résilience et trouvera les moyens pacifiques de se relever. •
Le Cardinal Charles Maung Bo, salésien de Don Bosco, est l’archevêque du Myanmar.
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projet
Ça roule pour l’Évangile ! Baruipur est une ville indienne de l’ouest du Bengale, dans les faubourgs de Calcutta. Sur une superficie de 110.00 km2, le diocèse compte 23 paroisses pour 62.000 catholiques. Ceci pour une population totale d’environ 10 millions d’habitants dont 69% d’hindous et 30% de musulmans. Le diocèse de Baruipur a bénéficié il y a plus de dix ans de l’action « moyens de transport » de Missio. Pour Mgr Salvador Lobo, évêque du lieu, Missio-Belgique apporte ainsi une aide précieuse aux communautés chrétiennes d’Asie et d’Afrique. »» ARMELLE GRIFFON
Dans quel but avez-vous fait appel à l’action Moyens de Transport de Missio, pour le financement d’une moto? Mgr Lobo : Les prêtres de mon diocèse se déplacent à moto. Il n’y a pas de transports publics. Les paroisses sont disséminées dans des villages. Une paroisse regroupe parfois 10 ou 11 villages. Avec les motos, ils peuvent aller partout. On peut même mettre une moto sur un bateau. De plus leur entretien ne coûte pas cher. Et pour vous, en tant qu’évêque, en quoi une moto vous est-elle utile? Mgr Lobo : Personnellement, j’utilise une des motos du diocèse depuis 14 ans. C’est justement celle que Missio nous a donnée. Cela me permet d’aller visiter des paroisses qui, sans cela, ne recevraient jamais
leur évêque. Pour des confirmations par exemple, je n’y arriverais pas sans ma moto. Cette action véhicule est-elle vraiment une initiative positive pour la mission de l’Église? Mgr Lobo : Certainement. Avec une moto, nous pouvons nous arrêter en route pour parler avec les gens. Ce que je ne ferais peut-être pas aussi spontanément avec une voiture. Cela me rend proche des gens. Ils sont heureux de parler de leurs valeurs, de leur vie de chrétiens, de l’éducation des enfants avec un prêtre ou un évêque. C’est vraiment une aide à l’évangélisation car cela nous rend simples et, comme le Christ, plus accessibles aux personnes. C’est vraiment un « plus » offert par MissioBelgique qui a été un précurseur pour ce type d’aide. •
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Armelle Griffon est responsable de la communication francophone à Missio Belgique.
FINANCER UN VÉHICULE POUR FAIRE GRANDIR L’ÉGLISE Pour mener leur mission les prêtres et agents pastoraux doivent aller à la rencontre des communautés. Aidez-les par un don sur le compte de Missio asbl :
IBAN BE19 0000 0421 1012 • BIC BPOTBEB1 (Avec la communication ‘Suara Véhicules’) ou rendez-vous sur www.missio.be Les projets pastoraux ne peuvent légalement pas bénéficier de l’attestion fiscale.
Offrez une longue vie à votre générosité, pensez au legs! Vous souhaitez faire durer votre solidarité ? C’est possible, grâce à un legs mentionné dans votre testament. Vous pourrez ainsi continuer à aider les communautés locales qui, en Afrique, en Asie et en Amérique Latine annoncent l’Évangile. Ce testament peut être manuscrit (écrit de votre propre main, daté et signé par vous) ou fait devant notaire. Renseignez-vous auprès de votre notaire ou contactez le directeur de Missio Belgique, le Père Michel Coppin : legs@missio.be ou 02 679 06 30. 4»
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dans les coulisses de missio
Rencontre avec les prêtres-étudiants étrangers Missio aide financièrement les prêtres étrangers qui viennent étudier en Belgique. Mais nous voulons aussi les rencontrer personnellement et de leur donner une occasion de se connaître entre eux. Voilà pourquoi, depuis 2012, nous organisons régulièrement des rencontres avec ces prêtres-étudiants venus des quatre coins du monde. Cette année, ils se sont retrouvés à Louvain-La-Neuve. »» ELLY MATTHEUS ET ANNE DUPONT
Eucharistie et convivialité
Plusieurs d’entre eux étaient en terre inconnue et il était important qu’ils soient à l’aise. Aussi avionsnous prévu une eucharistie, suivie d’un moment de convivialité autour de quelques boissons et plateaux de sandwichs. Rien de tel pour délier les langues. L’église St François nous a donc ouvert ses portes le temps de la célébration présidée par notre directeur, le Père Michel Coppin. Elle était concélébré par Promildon Lobo, prêtre originaire de l’Inde du Sud qui nous aide bénévolement à Missio pour tous les projets en Asie. 6 Célébration en l’église St François. PHOTO: MISSIO
Apprendre à se connaître
Ce moment de prière en commun nous a rappelé que, d’où que nous venions, c’est le même JésusChrist qui nous rassemble et qui nous envoie porter son message. Et c’est un vrai bonheur de pourvoir professer une foi partagée tout en respectant les particularités culturelles de chacun. Chacun est reparti heureux d’avoir eu cette occasion d’échange et de partage d’expérience, comme en témoignent les réflexions de plusieurs participants. Propos recueillis par Anne Dupont. • Elly Mattheus est responsable néerlandophone de la formation à Missio-Belgique.
Paul (de Chine, étudiant à Lumen Vitae) :
Cette rencontre est une belle occasion de mieux comprendre Missio, le fonctionnement de ce réseau. Cela peut aider notre mission en Chine et donner des pistes sur la façon de mener un travail d’évangélisation d’un public non-chrétien. En plus, une soirée comme ceci donne la possibilité de parler avec d’autres et de comprendre leur situation.
Jean-Berchmans (du Congo, étudiant à Lumen Vitae) :
Être ici me permet d’avoir des échanges, notamment sur le défi de revenir à un modèle d’Église domestique, où toute la famille est acteur de la transmission et du vécu de la foi.
Salvator (du Burundi, étudiant à Lumen Vitae) :
C’est une très bonne initiative, qui nous montre une image de l’Église, au concret, la mission à laquelle elle est appelée, avec l’Eucharistie au centre et dans une dynamique d’envoi. Anne Dupont est responsable francophone de la formation à Missio-Belgique.
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pour aller plus loin
Ensemble, en Église Plus que quiconque le pape François insiste sur la dimension missionnaire de notre foi et de notre Église. Dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium il nous appelle à quitter notre cercle confortable et à proclamer la bonne nouvelle à d’autres. C’est une vocation pour tout chrétien, et non pas seulement pour une poignée de missionnaires. Mais comment vivre en missionnaire de l’Évangile ? »» WARD CEYSSENS
mutuellement... Nous formons une seule et même famille avec les chrétiens riches ou pauvres, proches et lointains. C’est cela, vivre vraiment l’Évangile !
Solidarité
Dialogue et rencontre créent une solidarité réelle. Parfois matérielle, parce qu’il faut bien reconnaître que nos communautés ecclésiales ont des moyens plus importants que celles du Sud. Jésus nous appelle non seulement à respecter les commandements moraux, mais aussi à partager avec les pauvres (Matthieu 9,16-30). Une seconde forme de solidarité que nous pratiquons moins, c’est un engagement social et politique pour la Justice, la Paix. Le pape François le fait dans son encyclique Laudato Si, qui, pour moi, est dans la droite ligne de Rerum Novarum.
« L’engagement pour la Justice et la Paix est une autre forme de solidarité. »
Enthousiasme 5 Le dialogue, premier pas sur la route de la mission. Les trois mots-clés de Missio – dialogue, rencontre et solidarité – nous aident à être une communauté de foi missionnaire.
Dialogue
Les « jeunes églises » sont aujourd’hui adultes et volent de leurs propres ailes. Cette situation nous donne enfin la chance d’engager le dialogue, avec un esprit ouvert : apprendre à connaître et apprécier l’autre communauté de foi 6»
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PHOTO: ELYSE PATTEN
« Ne sommes-nous pas le peuple de Dieu en marche? »
dans son altérité, écouter et découvrir ce que nous pouvons nous apporter
mutuellement. Et c’est possible à petite échelle. Nous pouvons être le frère de l’autre, même si nous vivons à l’autre bout du monde. Ne sommes-nous pas le peuple de Dieu en marche ?
Rencontre
L’intérêt et l’amitié naissent dans le dialogue avec ceux qui partagent la même foi. Une amitié qui nous permet de prier ensemble et de partager notre foi, de nous encourager et de nous enseigner
Dialogue, rencontre et solidarité nous aident à approfondir notre propre identité et à vivre avec enthousiasme notre appartenance à l’Église universelle. Cette nouvelle conception de la mission ne nous stimule-t-elle pas à être plus chrétiens ? Notre enthousiasme ne peut-il pas piquer la curiosité des non-croyants s’ils constatent l’énergie que nous donne la foi pour agir au nom du Seigneur? •
Ward Ceyssens est diacre dans l’évêché d’Hasselt et bénévole à Missio-Belgique.
jeunes en mission
Au Congo, au service des plus petits Il y a quelques années, Nathalia Gilliard a vécu 8 mois à Lubumbashi (RD Congo) dans le cadre du programme Vidès des Salésiennes de Don Bosco. Qu’est-ce qui l’a poussée à cet engagement ? Qu’en a-t-elle retiré ? Comment a-t-elle vécu cette mission particulière ? Nathalia raconte. »» ARMELLE GRIFFON
À quelle époque avez-vous séjourné à Lubumbashi et qu’est-ce qui vous a motivée à cet engagement ? N.G. : Durant mes études d’institutrice primaire à Louvain-la-Neuve, j’ai logé un an au Don Boskot, kot à projet des Sœurs Salésiennes de Don Bosco dont le projet est l’école des devoirs. Cette vie entre étudiants qui partageaient les mêmes valeurs tels que l’engagement, la prière, l’ouverture aux autres, a fait naître en moi l’envie de donner ma première année de travail. J’avais toujours tout reçu en abondance : amour et soutien financier de mes parents, amitiés, et j’avais fait l’expérience que Dieu pouvait me combler entièrement. Avant de travailler et de recevoir mon
premier salaire, je désirais donner une année de ma vie à ceux qui en avaient le plus besoin. « Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. » (Mt 10, 6).
5 J’ai tellement reçu!
5 Travail en classe.
PHOTO : NATHALIA GILLIARD
Vous êtes partie avec Vidès. De quoi s’agit-il? N.G. : Vidès est une O.N.G des Sœurs Salésiennes de Don Bosco. Cette organisation internationale de volontariat pour le développement et l’éducation d’enfants et de jeunes défavorisés s’inscrit dans l’orientation pédagogique de Don Bosco. Pour une institutrice comme moi, c’était le must ! La première étape s’est passée à l’internat Don Bosco de Ganshoren où j’ai reçu pendant plus de deux mois une formation
théorique et pratique, entre autres à la pédagogie de Saint Jean Bosco. J’ai compris que, sans le savoir, j’avais bénéficié de cette pédagogie et je l’ai adoptée : un système préventif basé sur la raison, la religion et l’affection, une relation amicale entre l’éducateur et l’éduqué… et de la joie, beaucoup de joie ! Quelle était votre mission ? N.G. : Je suis ensuite partie pour Lubumbashi, en République Démocratique du Congo pendant huit mois. Logée et nourrie par les sœurs salésiennes, je donnais cours de français à 14 filles de 4ème année primaire. Arrivées jusqu’en 4ème sans savoir ni lire ni écrire, elles étaient en échec. À la rentrée de janvier, elles se sont réunies pour approfondir le français : ma classe était créée. Les causes de leurs difficultés étaient variées : changement d’école (souvent pour ne pas devoir payer la dette de frais scolaires), décès d’un des parents mais aussi déficit intellectuel, grande difficulté de concentration... La directrice de l’école m’avait fait confiance quant aux moyens à utiliser, le but étant qu’elles sachent lire et écrire. À la fin de mon volontariat, le défi était relevé et ça faisait chaud au cœur de voir comme elles lisaient bien ! 4
PHOTO : NATHALIA GILLIARD
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jeunes en mission Cette expérience a-t-elle changé votre façon de vivre à votre retour et en quoi ? N.G. : J’étais partie dans le but de donner ma première année de travail aux plus petits et j’ai tellement reçu d’eux, j’ai tellement appris d’eux ! Ce qui a fort changé dans ma vie, c’est de pouvoir m’adapter. Une coupure d’électricité ou d’eau ? Là-bas, il fallait pouvoir changer de programme au dernier moment ! J’ai appris à relativiser et à garder le sourire ! En revenant de cette riche expérience, j’ai choisi de mettre l’humain au centre : la relation avant tout. 4 Forte de cette expérience, comment définiriez-vous la mission universelle de l’Église aujourd’hui ? N.G. : Qui suis-je pour définir la mission universelle de l’Église ? En tant que baptisée, j’essaie d’être au service des plus petits, en Belgique, dans mes activités quotidiennes, comme je l’ai fait au Congo. C’est peut-être moins spectaculaire que de partir dans une contrée loin-
5 Les élèves fêtes mon anniversaire!
PHOTO : NATHALIA GILLIARD
taine mais les gestes d’amour au quotidien sont aussi importants. Jésus ne nous a-t-il pas dit : « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de mes frères, les plus humbles, c’est à moi-même que vous l’avez fait » (Mt 25,40). •
Armelle Griffon est responsable de la communication francophone à Missio Belgique.
La mission commence, chez nous! Aujourd’hui, nous percevons un grand désir qui habite le cœur des jeunes : s’engager dans le monde au nom de leur foi. Un véritable appel à partager la joie de la foi par des actes, une présence, un engagement ! »» PÈRE EMMANUEL DE RUYVER
Cette vocation « missionnaire » ne nous appelle pas uniquement à traverser les océans pour rejoindre l’autre bout du monde… si ce n’est les océans de l’indifférence ou du confort personnel. Les jeunes ont bien compris que la mission commence déjà chez nous, tout en nous invitant à dépasser les frontières.
Disciples missionnaires
L’exhortation Evangelii gaudium du pape François fait écho à cet « impératif missionnaire », partie intégrante de notre foi : « En vertu du Baptême, chaque 8»
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membre du Peuple de Dieu est devenu disciple missionnaire. Chaque baptisé, quelle que soit sa fonction dans l’Église et le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation.» (120). La mission chrétienne n’est pas prosélytisme ou diffusion de message religieux, mais consiste à entrer dans la manière d’être, de vivre et de rencontrer qui est celle du Christ. L’Esprit de Pentecôte nous pousse à offrir notre vie pour les autres, comme le Christ l’a fait pour nous. L’expérience des Journées mondiales de la jeunesse est l’occasion de découvrir l’Église universelle et la richesse de sa diversité. Avant de rejoindre la ville
des JMJ, il y a des « journées missionnaires » durant lesquelles les jeunes répondent avec générosité à cet appel à être signes réels de la présence et de la miséricorde de Dieu. Nous avons ainsi eu l’occasion de vivre au cœur de réalités sociales et humaines difficiles. La mission n’était pas dans l’apport matériel ou dans le faire, mais bien au contraire dans l’« être avec », dans cette espérance et cette proximité de Dieu dont les jeunes étaient les signes.
Rencontrer l’Autre
C’est dans la mesure où nous aurons fait une rencontre forte avec le Christ
vivant que nous comprendrons l’essence de notre être missionnaire. Que d’initiatives naissent au terme des JMJ, d’une semaine à Lourdes, d’un camp spirituel,… Dieu a toujours l’initiative d’aller à la rencontre de tous les hommes. Emboîtons-lui le pas ... chaque jour un peu mieux ! Venez découvrir un beau fruit de ce sens missionnaire des jeunes avec le projet : www.sessionlead.be. •
Emmanuel de Ruyver est prêtre et responsable de la pastorale des jeunes au Brabant Wallon.
pour aller plus loin
Un Nigérian en mission chez nous Être missionnaire, c’est accepter de sortir des sentiers battus. C’est ainsi qu’ayant été ordonné en 2009, au Nigéria, après cinq ans de ministère dans mon pays, j’ai été envoyé en mission en Belgique. J’habite Malines depuis le début de cette année. »» FATHER MARCEL DIM
Dès l’âge de 9 ans, j’ai commencé à penser à devenir prêtre. Cet intérêt s’est confirmé quand je suis devenu acolyte. J’ai toujours participé activement aux programmes proposés par l’Église aux jeunes de mon âge. Le prêtre responsable était très dévoué et tout le monde l’admirait pour son style de vie. Dieu m’a aujourd’hui fait la grâce d’accéder au sacerdoce. En grandissant, je me suis senti de plus en plus attiré par un apostolat missionnaire, au point de vouloir devenir missionnaire moi-même. J’ai donc rejoint la congrégation des Fils de Marie, Mère de la Miséricorde. La congrégation, qui conduit son apos-
tolat missionnaire selon son charisme et ses objectifs propres, a décidé de m’envoyer en mission en Belgique.
Adaptation
Je suis donc arrivé en Belgique le 10 janvier 2016. Au début, c’était un peu difficile. Mais, comme missionnaires, nous sommes habitués à relever les défis. Depuis lors, j’ai suivi des cours de langues qui sont le passage obligé pour exercer un ministère ici. En même temps, j’essaie de m’initier à la culture, à le mentalité, au style de vie des Belges. Je fais de mon mieux pour m’intégrer dans la société où je vais désormais servir. Le succès de ma mission en dépend.
Différences
J’ai tout de suite perçu la différence entre l’Église flamande où je suis affecté et celle du Nigéria oriental dont je suis originaire. Une des principales différences est l’âge des personnes actives dans l’Église et la vitalité de celle-ci. Ici, la plupart des jeunes ne viennent pas aux célébrations, excepté pour les grandes fêtes ou pour des événements importants de la vie. Les gens que je rencontre habituellement à l’église sont surtout des personnes âgées. Au Nigéria, l’Église me semble plus vivante et plus visible, par l’importance et la fréquentation des célébrations, la participation aux
Le Nigéria sera le pays phare de notre campagne 2016-17. Plus d’infos prochainement sur notre site internet www.missio.be divers mouvements catholiques pour les personnes de tous âges, l’engagement dans la vie de prière, le nombre des vocations religieuses.
Une Église discrète
Ici en, Belgique, cela est beaucoup moins visible. L’Église est plus ou moins silencieuse, ou en tout cas discrète. J’y vois un véritable défi pastoral à relever avec l’aide de Dieu. Je vois un pays où un travail d’évangélisation de base est nécessaire pour que les gens retrouvent l’espérance, la foi et la confiance en Dieu. L’Église n’est-elle pas une, sainte, catholique et apostolique? Tels sont en effet les signes distinctifs de l’Église chrétienne. La communauté chrétienne de Belgique doit garder cela présent à l’esprit.
Oser sortir de son cercle
Chaque chrétien ici devrait donc contribuer à rendre possible une nouvelle croissance de l’Église aujourd’hui affaiblie. On ne peut y arriver sans une vie de prière intense, ni en restant chacun dans son coin. Il nous faut sortir et montrer que nous sommes une communauté vivante, comme l’ont fait les disciples.
Aller vers les périphéries
Il nous faut aller visiter les malades, les prisonniers, les personnes âgées, les sans-abri ; et leur tendre une main secourable. Nous devons voir dans le prochain un frère, un autre nous-même. Nous devons combattre en nous la tendance à l’exclusion. Si nous y veillons, nos communautés chrétiennes deviendront alors plus actives et reflèteront la joie des enfants de Dieu. •
Le Père Marcel Dim est un prêtre de la congrégation nigériane des Fils de Marie, Mère de la Miséricorde. 5 Au Nigéria, l’Église est plus visible.
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Tous envoyés Bien des images nous viennent à l’esprit quand on parle de mission. Le mot vient du latin “missio” qui signifie “envoi”. Plusieurs approches sont possibles. La mission peut être une tâche particulière, confiée à quelqu’un ou à un groupe de personnes envoyées dans un pays étranger pour mener des négociations, établir des relations, fournir une assistance. La mission n’a donc de sens que si elle est liée à un objectif. La mission de L’Église, elle, trouve sa source dans la Bible. »» FATHER MARCEL DIM
Envoyés par le Père
Dans le contexte ecclésial, le mot « mission » a davantage de poids. Car il englobe celui qui envoie et celui qui est envoyé, comme l’expriment déjà les paroles de Jésus : « Je ne suis pas venu faire ma volonté mais la volonté de Celui qui m’a envoyé. » (Jn 6, 38). Le Christ dit encore à ses disciples : « La paix soit avec vous. Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. »
« Être missionnaire, c’est s’adapter et être disponible. »
(Jn, 20, 21). Rappelons également que l’un des plus grands missionnaires de l’époque, St Paul, soulignait : « Comment quelqu’un peut-il proclamer [que Jésus est Seigneur] s’il n’a pas été envoyé ? Car il est écrit : Qu’ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent de bonnes nouvelles! » (Rm 10, 15)
L’Église, missionnaire par nature
La nature missionnaire de l’Église s’inscrit donc dans la droite ligne de ces paroles du Nouveau Testament. Ainsi « De sa nature, l’Église, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire, puisqu’elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint-Esprit, selon le dessein de Dieu le Père. » (Décret Ad Gentes 2)
Sortir de ses frontières
Tout comme « le Fils de l’Homme [qui] n’a pas où reposer la tête » (Mt, 8, 20), le missionnaire se consacre entièrement à l’annonce de la Bonne
Un CD pour l’Équateur
Le mercredi 7 septembre 2016 aura lieu à Banneux le pèlerinage missionnaire national annuel. Comment y participer? Consultez notre site : www.missio.be. Nouvelle du Christ, sans se limiter à son environnement immédiat et, souvent, franchit les frontières pour aller vers les autres. Il ou elle agit dans le but de répandre la Bonne Nouvelle, que les conditions lui soient favorables ou défavorables. Il ou elle pourvoit aux besoins spirituels, physiques et matériels des personnes rencontrées. Son dévouement doit être total car c’est dans cet esprit qu’il est envoyé. Le ou la missionnaire ne cherche pas à se valoriser ou à servir ses propres intérêts.
Être disponible
Être missionnaire c’est s’adapter à l’environnement dans lequel on se trouve, adopter le mode de vie des personnes en dépit des difficultés. C’est être disponible en permanence, être à l’écoute des problèmes et attentif à trouver des solutions. C’est plus encore se soucier de tous, des riches comme des pauvres, qui peuvent les uns et les autres souffrir d’une forme d’indigence. Voilà pourquoi le Pape François, dans son homélie du 10 mai 2016, a qualifié les missionnaires de “héros de l’évangélisation de notre temps”. Il nous a recommandé de toujours prier l’Esprit Saint afin qu’il aide les missionnaires à se consacrer entièrement au service de l’Évangile. Car leur joie, c’est d’annoncer La Bonne Nouvelle. •
Le Père Marcel Dim est un prêtre de la congrégation nigériane des Fils de Marie, Mère de la Miséricorde.
Théo Mertens, bien connu de Missio, a voulu venir en aide aux victimes du tremblement de terre du 16 avril dernier en équateur. Son CD solidaridad con el Ecuador peut être commandé aux éditions du Renard Bleu : www.erb.be PHOTO : PAUL MATTHEW
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Le 7 mai 2016, Missio était présent au pèlerinage Bruxelles Halle organisé par l’Église de Bruxelles dans les cadre du jubilé de la miséricorde.
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billet Je voudrais réfléchir avec vous à la « mission aujourd’hui ». Spontanément, nous pensons aux pauvres des pays du Sud et aux missionnaires de l’Occident. Et c’est parfois encore la réalité. Il est bon de continuer à soutenir nos derniers missionnaires. Mais le monde a changé. L’Église occidentale semble parfois s’essouffler face au dynamisme de nombreuses collectivités ecclésiales du sud de la planète dont sont issus de plus en plus de prêtres de nos paroisses. Nous sommes maintenant invités à aider financièrement les communautés chrétiennes locales à remplir leur mission. Soutenir les Églises locales moins riches n’est pas une option mais un devoir pour les chrétiens du monde entier. Dans tous les pays où les chrétiens sont présents, Missio agit. Des fonds sont collectés au Congo ou au Lesotho. Nous sommes présents en Corée ou à Singapour. Vous nous trouverez en Turquie, en Iran et même aux îles Fidji. Nous nous engageons tous à accomplir la Mission confiée par le Christ, dans la droite ligne des récits des Actes des Apôtres. Il ne s’agit pas de gagner des âmes ou d’adhérer à un club fermé. C’est quelque chose de beaucoup plus profond et plus riche. Malheureusement, il y a une telle confusion dans notre culture que nous ne sommes plus capables de le découvrir. Il s’agit de quelque chose d’invisible. Mais quand nous sondons le fond de nos cœurs, nous y découvrons une force puissante qui peut déplacer des montagnes. C’est ce que nous appelons la grâce : nous n’avons rien fait pour la mériter et elle nous vient par surcroît. Nous ne pouvons qu’être reconnaissants de recevoir, comme un cadeau, cette force que nous ne pouvons et ne devons pas garder pour nous-mêmes. Appelons-cela « l’Esprit de Dieu ». Il nous donne, malgré la douleur et la souffrance, le dynamisme nécessaire pour insuffler de la vie et de la joie au cœur des autres. Ce ne sont pas là de pieuses réflexions, mais l’expression de ma propre expérience de 40 ans de vie religieuse et de de 25 ans de sacerdoce. Les années passées auprès des chrétiens pauvres d’Amérique Latine m’ont fait toucher du doigt la Bonne Nouvelle de Jésus. Elles m’ont fait découvrir que Dieu me regarde avec amour et me demande de traiter avec amour les personnes vers qui Il m’envoie. Ce cadeau je dois le faire fructifier pour en nourrir les autres. L’avenir de notre Église est la conscience qu’auront les chrétiens de cet amour qu’ils reçoivent et sont appelés à transmettre. Telle est, me semblet-il la dynamique de l’histoire contemporaine de la mission. La mission a donc plus que jamais un grand avenir.
Le Cardinal Charles Bo, (le 3ème à partir de la gauche) archevêque du Myanmar, en visite en Europ e, a été reçu par Missio, en présence de l’ambassadeu r du Myanmar à Bruxelles (1er à gauche). A droite, notre directeur, Michel Coppin.
Directeur de Missio-Belgique
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Rédacteur en chef : Kenny Frederickx Rédaction finale : Armelle Griffon Ont collaboré : Cardinal Charles Bo, Ward Ceyssens, P. Michel Coppin, Fr Marcel Dim, Anne Dupont, Catherine De Ryck, Nathalia Gilliard, Armelle Griffon, Elly Mattheus, P. Emmanuel de Ruyver Photos : Église Catholique à Bruxelles, Nathalia Gilliard, Gustavo Marin, Masson, Paul Matthew, Missio, Elyse Patten Mise en page et impression : Halewijn nv
Editeur responsable Michel Coppin, Bd du Souverain 199, 1160 Bruxelles Info et contact Bd du Souverain199, 1160 Bruxelles 02 679 06 30 info@missio.be www.missio.be
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Suara est un mot indonésien qui signifie voix. Suara veut être la voix des sans voix, le porte-parole des catholiques à travers le monde. Suara vous informe sur la vie des Eglises locales et de leurs communautés qui s’efforcent de vivre à la lumière de l’Evangile. Suara vous relie à l’Eglise Universelle.
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