Bureau de dépôt : MassPost Hypercentrum Antwerpen X P 508033
63
suara le journal de l’église en mission Trimestriel » 16ème année n°63 » mars / avril / mai 2016
L’Afrique qui bouge
WWW.
» COMMUNAUTÉS MISSIONNAIRES » TECHNOLOGIE POUR L’AFRIQUE » EN ROUTE VERS L’AUTONOMIE
.be
FOTO: STEPHEN COBURN
éditorial
Alors, on se bouge ? Même si les clichés ont la vie dure, les regards sur l’Afrique se modifient tandis que, partout, des Africains se mobilisent pour améliorer leur vie et celle des autres. Au fil du temps l’Église catholique a, parfois contrainte et forcée, changé d’optique. Sa conception de la mission a en effet évolué avec le paysage ecclésial. Elle est désormais convaincue qu’il est vital de faire confiance aux jeunes églises pour les laisser être missionnaires sur leur propre terrain, et parfois sur le nôtre. Aujourd’hui dans tous les pays d’Afrique, les communautés chrétiennes se prennent en main et trouvent des solutions pour combler les carences de structures publiques souvent dépassées ou déficientes. L’esprit d’entreprise et la solidarité ne sont certes pas l’apanage des communautés chrétiennes. Dans tous les milieux, des personnes se démènent pour lutter contre la pauvreté, améliorer l’accès à l’éducation et aux soins de santé et faire en sorte que la croissance économique qu’ont connue plusieurs pays d’Afrique ces dix dernières années ne profite pas qu’aux élites… ou aux étrangers. Restant dans notre domaine d’action, nous vous montrerons dans ce numéro comment les communautés ecclésiales africaines se mobilisent, pour que les choses bougent.
sommaire suara 63 « L’esprit missionnaire est encore bien vivant. » » Lire en page 3. « L’Église ne saurait évangéliser sans se préoccuper des besoins physiques et humains des personnes. » » Lire en page 8. « Jésus invite l’Africain Chrétien à être responsable et premier acteur du changement de sa situation. » » Lire en page 10.
DANS CE NUMÉRO Des communautés missionnaires Les séminaristes retroussent leurs manches Les Chanteurs à l’Etoile au patrimoine immatériel de l’humanité de l’UNESCO La technologie au service des Africains Un diocèse producteur de café Aux Comores un hôtel paroissial Donnez-leur vous-mêmes à manger Billet
» »
3 4
» 5 » 6 » 7-8 » 9 » 10 » 11
Il suffit parfois d’un petit coup de pouce de notre part pour constituer la mise de fond qui permettra au destin de dizaines d’Africains de changer. N’est-ce pas aussi une façon d’annoncer la Bonne Nouvelle ? N’ayons pas peur de nous bouger pour l’Afrique qui bouge!
PHOTO: PILART
chrétiens dans le monde
Des communautés missionnaires L’année dernière, Missio a créé un label Communauté missionnaire. Ces communautés qui s’investissent en faveur de l’Église universelle mondiale méritent notre reconnaissance. Quatre d’entre elles ont déjà reçu ce label : un cercle missionnaire de Bruges, une maison de repos et de soins, une paroisse du diocèse de Gand ainsi qu’une paroisse du Brabant-Flamand, dans le diocèse de Malines-Bruxelles.
La remise du label se fait en présence d’une délégation de Missio. La plaque est signée par l’évêque du lieu ou le directeur de Missio. Plusieurs communautés on marqué leur intérêt, ce qui prouve que l’esprit missionnaire est encore bien vivant. Nous avons recueilli les impressions des certains de ces missionnaires d’aujourd’hui. •
Elly Mattheus est responsable néerlandophone de la formation à Missio-Belgique.
»» ELLY MATTHEUS
Maison de repos et de soins Sint-Jozef, Gand
D’où vient votre intérêt pour l’église universelle ? « Peu de temps après mon ordination, je suis parti travailler en Afrique du Sud. J’ai de magnifiques souvenirs de cette période. Les contacts que j’y ai eus avec des missionnaires originaires de différents pays m’ont davantage ouvert à l’Église universelle. » Que signifie le mot ‘mission’ aujourd’hui ? « Diffuser la Bonne Nouvelle en paroles et en actes. C’est la mission que le Christ a confiée à ses disciples et qui est encore celle des croyants. » Comment se vit cette mission au sein de votre communauté ? « Dans la maison de repos, nous entretenons des contacts avec des missionnaires du monde entier. Nous échangeons avec des fidèles
PHOTO: MISSIO
du Guatemala, de la République démocratique du Congo, de Palestine, d’Israël… » Comment voyez-vous la poursuite de votre mission ? « L’engagement missionnaire anime la résidence. C’était évident lors de la fête organisée à l’occasion de la remise du label. Tout le monde était présent : les pensionnaires avec leurs familles et amis, le personnel, la direction… Les résidents ont ensuite reçu une jolie carte contenant de plus amples explications sur cette distinction. Mais notre mission est loin d’être achevée. » •
Paroisse Sint-Pieter, Puurs Leo Pelgrims, est animateur pas-
la dimension spirituelle de la foi ne tient pas sans un engagement concret. »
Où puisez-vous l’inspiration pour votre engagement au service de l’Église universelle ? « La Bible nous encourage : ‘Allez dans le monde entier, et prêchez la Bonne Nouvelle à toute la création’ (Marc, chapitre 16, verset 15). Nous ne pouvons garder pour nous le trésor de la Parole de Dieu. En outre, nous trouvons l’inspiration lors de nos rencontres avec d’autres missionnaires et lorsque nous visitons des projets en Inde et en Bolivie. »
Quel est l’impact de votre engagement missionnaire ? « La solidarité est un excellent antidote à la violence et brise le mythe selon lequel le gagnant est toujours le plus fort. Un message ancestral mais aussi tellement actuel… »
toral, et Paul Van Assche, diacre et responsable de l’évangélisation
PHOTO: MISSIO
Jozef Ghijs, l’aumônier, anime l’équipe pastorale avec Sr Nelly Grillaert. Il a à cœur de développer la dimension missionnaire de la foi chrétienne.
C’est donc Jésus qui vous guide ? « Jésus est notre exemple par excellence ! Il nous apprend que
Comment voyez-vous la poursuite de votre mission ? « La reconnaissance que nous a value le label a fait l’objet d’un article élogieux dans l’hebdomadaire Kerk & Leven, ce qui a galvanisé plusieurs paroisses avoisinantes. Vous le voyez, nous faisons passer le message ! » •
»3
projets
Les séminaristes retroussent leurs manches Missio Belgique soutient la formation des prêtres, religieux et agents pastoraux dans une vingtaine de pays. Nos subventions vont principalement aux séminaires et aux séminaristes, mais l’argent ne tombe pas du ciel. »» MICHEL COPPIN
Pendant une dizaine d’années j’ai eu l’occasion de contribuer à la formation de prêtres. Comme j’étais, entre autres, chargé de la gestion financière, les coûts
5 Séminaristes au travail sur une exploitation laitière.
de gestion d’un séminaire et de formation des séminaristes n’ont plus de secret pour moi. Il faut penser aux moyens de subsistance des séminaristes, à l’entretien des bâtiments dans lesquels ils séjournent et suivent les cours, aux équipements de la bibliothèque
et de la salle informatique, à la rémunération du personnel enseignant qualifié, et ainsi de suite. La formation d’un prêtre coûte effectivement beaucoup d’argent. De l’argent dont les séminaires locaux ne disposent pas toujours, de sorte qu’ils ne peuvent accueillir qu’un nombre limité de séminaristes.
Ingéniosité
Les séminaires ne manquent pas d’idées pour trouver des ressources et subvenir à leurs besoins de base. Ainsi, de nombreux séminaristes cultivent leurs propres fruits et légumes. En Afrique, beaucoup de séminaires élèvent des poules, des chèvres et des cochons ; en Amérique latine, on y trouve plus souvent des vaches laitières et des lapins ; tandis qu’en Inde, il n’est pas rare d’y rencontrer un élevage de buffles. Au Congo, un séminaire a même aménagé des viviers. Une partie des poissons est utilisée en cuisine, l’autre est vendue au marché local, ce qui permet d’engranger des revenus supplémentaires. Par ailleurs, les futurs prêtres apprennent ainsi à se prende en charge. •
PHOTO: MISSIO
Michel Coppin est prêtre salvatorien et directeur de Missio-Belgique.
DONNEZ-LEUR UN COUP DE POUCE Pour mener leur projet à bien les séminaristes ont besoin d’une mise de fonds. Aidez-les par un don sur le compte de Missio asbl :
IBAN BE19 0000 0421 1012 • BIC BPOTBEB1 (avec la communication ‘108 Séminaires ’) ou rendez-vous sur www.missio.be Les projets pastoraux ne peuvent légalement pas bénéficier de l’attestion fiscale.
Offrez une longue vie à votre générosité ! Vous souhaitez faire durer votre solidarité ? C’est possible, grâce à un legs mentionné dans votre testament. Vous pourrez ainsi continuer à aider les communautés locales qui, en Afrique, en Asie et en Amérique Latine annoncent l’Évangile. Ce testament peut être manuscrit (écrit de votre propre main, daté et signé par vous) ou fait devant notaire. Renseignez-vous auprès de votre notaire ou contactez le directeur de Missio-Belgique, le Père Michel Coppin : legs@missio.be ou 02 679 06 30. 4»
suara 63
dans les coulisses de missio
Les chanteurs à l’Etoile : un patrimoine pour l’humanité Les Chanteurs à l’Etoile, ces groupes d’enfants qui, aux alentours de l’Épiphanie, vont de maison en maison pour leur apporter la bénédiction et la Bonne Nouvelle d’un amour de Dieu destiné à tous les peuples de la terre, seraient-ils en passe de devenir des stars ?
N’hésitez pas à vous informer en auprès d’Anne Dupont, responsable formation pour Missio Wallonie-Bruxelles 02 679 06 47 ou wallonie@missio.be
»» ARMELLE GRIFFON
Cette tradition venue d’Allemagne et répandue aussi en Suisse, en Autriche et même chez nous – surtout dans les Cantons de l’Est et en Flandre – est en effet inscrite depuis le 4 décembre au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture).
l’Etoile est devenue la plus grande initiative de solidarité du monde entier, impliquant des enfants qui s’engagent pour d’autres enfants. En effet, répondant au slogan de Missio-Enfants, « les enfants aident les enfants », les petits chanteurs proposent aux habitants visités de faire un don pour les projets soutenus par Missio en faveur des enfants de nombreux pays.
Une belle reconnaissance « Un encouragement à déployer une tradition qui ne demande qu’à s’étendre. »
Alors, voir les Chanteurs à l’Etoile entrer au patrimoine culturel immatériel de l’humanité reconnu par l’Unesco, est un encouragement magnifique à déployer davantage encore une tradition qui ne demande qu’à s’étendre ! •
Le programme Altemus : Un projet-jeunes pour les vacances Du 22/08 au 04/09 2016, l’association Altemus organise, pour les jeunes de 20 à 29 ans, une session « Leadership & pèlerinage » (sur les chemins de St Jacques de Compostelle). Se déroulant au Portugal et en Espagne, la session a pour but de les aider à mieux se connaître pour mieux choisir leur voie.
Armelle Griffon est responsable de la communication francophone à Missio-Belgique.
INSCRIPTIONS SUR WWW.ALTEMUS.ORG
Selon la définition de l’Unesco, on appelle ainsi un ensemble de pratiques culturelles et sociales, contemporaines ou issues de la tradition, contribuant à la cohésion sociale, stimulant un sentiment d’identité et de responsabilité qui aide les individus à se sentir partie d’une ou plusieurs communautés et de la société au sens large. Or y a-t-il une communauté plus large que celle de l’humanité ? C’est en effet de l’humanité entière qu’il s’agit à l’Épiphanie, fête de la reconnaissance du Messie par les mages venus d’Orient et manifestation de Dieu à tous les peuples de la terre. Lors de cette activité organisée sous l’égide de Missio, les enfants ne sont pas seulement porteurs d’une bénédiction, ils sont aussi engagés dans un processus de partage au bénéfice d’autres enfants moins favorisés. En Allemagne, la collecte des Chanteurs à
PHOTO: HEILING
Des enfants missionnaires
5 Chanteurs à l’Etoile du diocèse d’Eisenstadt, en Autriche.
»5
pour aller plus loin
La technologie au service des Africains
Aujourd’hui, la technologie est partout mais tout le monde, en Afrique, n’en bénéficie pas forcément. De plus en plus, les medias s’intéressent à l’Afrique, sans doute dans l’espoir d’y développer des marchés. Mais des jeunes entrepreneurs s’efforcent aussi de mettre les outils à la disposition de personnes et de régions moins favorisées. »» ARMELLE GRIFFON est responsable de la communication francophone à Missio-Belgique.
3 nouvelles langues africaines pour Google Translate Il s’agit de l’Amharique, une langue sémitique parlée en Éthiopie, du Xhosa, deuxième langue locale d’Afrique du Sud et du Shona, langue du Zimbabwe. Cet ajout porte à 13 le nombre de langues africaines intégrées dans l’outil de traduction en ligne de Google. Les 10 autres langues déjà disponibles sont le Swahili, l’Haoussa, le Yoruba, le Zulu, l’Igbo, le Malgache,
l’Afrikaans, le Chichewa, le Sésotho et le Somali. 120 millions de personnes dans le monde sont susceptibles d’être intéressées par cette extension. À titre de comparaison, notons que la langue Gaélique, et la langue Corse, également intégrées dans les langues de Google Translate, ne sont respectivement parlées que par 57.000 et 165.000 personnes. •
Quand Afrique rime avec entreprise
Le numérique change la vie Les jeunes Africains ont des idées, pour entreprendre mais aussi pour améliorer la vie de leurs concitoyens. C’est ainsi que depuis quelques années se sont développées des innovations technologiques astucieuses :
M-Pesa un porte-monnaie électronique chargeable sur un GSM • Winsenga un système d’enregistrement du rythme cardiaque •
du fœtus in utero, branché sur le micro d’un téléphone portable
•
Wafate 3D une imprimante 3D à moins de 90 €, fabriquée à partir d’appareils recyclés
•
L’entreprise M-Kopa installe des capteurs solaires et vend, pour
le prix d’une bougie, l’électricité nécessaire pendant une soirée, pour s’éclairer, charger son GSM, faire fonctionner un appareil électrique…
De plus en plus en Afrique apparaissent ce que l’on appelle des « incubateurs ». Non, ce ne sont pas des machines pour faire éclore les œufs de poule, mais des structures d’accompagnement pour la création de startups, c’est-à-dire d’entreprises débutantes. Ils mettent en lien les futurs entrepreneurs avec des entrepreneurs confirmés et des investisseurs potentiels. Ces startups ont souvent des objectifs très pratiques : paiement sécurisé, accès à l’électricité, accès gratuit à internet. Elles sont plus nombreuses en Afrique de l’Est mais commencent à se développer dans l’Ouest du continent. •
Depuis le début de cette année, les téléspectateurs africains peuvent s’informer sur la jeune chaîne Africanews qui, à l’image de la chaîne européenne Euronews, fournit en continu de l’information sur l’actualité du continent sub-saharien.Accessible dans un premier temps sur 6»
suara 62
le web et les réseaux sociaux, ce nouveau media a son siège à Pointe-Noire, la capitale du Congo-Brazzaville. Il emploie 85 professionnels de l’information venus de 15 pays d’Afrique subsaharienne et est en lien avec des correspondants sur l’ensemble du continent africain. •
PHOTO: BEYOND ACCESS
Africanews, la sœur africaine d’Euronews
église au malawi
PHOTO: TWIN AND TWIN TRADING
Un diocèse producteur de café Afin de renforcer ses sources d’autofinancement, le diocèse catholique de Karonga, au Malawi, s’est lancé dans un projet de production de café dans la région montagneuse de Misuku (district de Chitipa). Un défi à relever et une aventure à suivre.
»» VINCENT B. WITMOS ET EPHRAIM NYIRENDA
Utiliser les ressources locales
Démarré depuis trois ans, ce projet, géré en s’appuyant sur ressources locales a été mis au point par l’évêque du diocèse, Mgr Martin Anwel Mtumbuka. C’est un des projets-phares du diocèse, présentant un réel potentiel pour le financement de certaines activités pastorales.
9661 plants de café
Lors de sa visite de terrain en février dernier, Madame Treeza Iman, secrétaire de Caritas, a déclaré que le projet couvrait
actuellement deux hectares plantés de 9661 caféiers, notamment de l’espèce Geisha, une variété appréciée pour son goût et son arôme et très demandée sur le marché local et international.
La nécessité de s’auto-financer
« Le diocèse de Karonga a démarré son projet-café de Chitipa en 2012, après avoir pris conscience de la nécessité pour l’Église d’être autonome financièrement et fiable. Elle doit se prendre en charge, tout comme
nos amis du diocèse de Njombe, en Tanzanie, dont la situation s’est améliorée grâce à un projet similaire. »
plantés devraient rapporter environ 8 millions Malawi Kwacha (ou MK, unité monétaire du pays) par récolte.
Un produit très demandé
Les bénéfices escomptés
« Pourquoi un projet-café ? Parce que le produit est très négociable, qu’il a une longue durée de vie et que nous avons l’expertise de Mzuzu coffee Trust qui nous aide à le mettre en œuvre le projet », a dit Treeza Iman. Par ailleurs, a-t-elle ajouté, au bout six ans, c’est-à-dire dès 2018, les 9661 arbres
« Au cours des trois premières années, le projet a coûté plus de 4 millions de Malawi Kwacha et nous espérons qu’après six ans, le diocèse sera capable de récolter plus de 33 tonnes de café par an, avec un bénéfice annuel de 8 millions qui lui permettra de dégager des bénéfices. » 4
»7
église au malawi Appel aux donateurs
Le Père Thomas Gondwe, responsable de l’exploitation et curé de la paroisse Mathias Mulumba à Chitipa, a fait remarquer la nécessité d’accroître les investissements, expliquant que le projet nécessitait des ressources plus importantes. Aussi a-t-il lancé un appel aux donateurs locaux et internationaux pour aider le diocèse à mettre efficacement ce projet en œuvre. « Après la mise en place de l’équipe technique de Mzuzu Coffee Trust, nous avons observé que la moyenne des coûts annuels d’investissement avoisine 1.925.460,17 MK et que, depuis six ans, le coût pour un hectare est d’environ 909.000,00 MK. Cela nous permet de prévoir une dépense annuelle moyenne de 151.500,00 MK par hectare, un montant que, comme diocèse, nous aurons beaucoup de mal à réunir par nous –mêmes si nous voulons augmenter la production »
Un projet générateur d’emplois
PHOTO: TWIN AND TWIN TRADING
Outre les bénéfices pour le diocèse, le projet a également le mérite de fournir de l’emploi à la population locale, surtout aux jeunes. « Pour l’instant, nous avons peu d’employés sur l’exploitation. Mais nous espérons qu’après l’avoir agrandie, nous pourrons recruter davantage d’habitants de la communauté de Misuku, notamment pour
« Nous espérons pouvoir recruter davantage et améliorer le niveau de vie des habitants. »
Un plan stratégique pour le diocèse »» TREEZA IMAN
les emplois ponctuels et saisonniers, et que nous leur permettrons ainsi d’améliorer leur niveau de vie. »
S’agrandir pour être rentable
« Il est prévu d’étendre l’exploitation sur 5 hectares supplémentaires dans les cinq ans à venir, ce qui signifie que le diocèse devra planter 1 hectare de plus tous les ans », a ajouté le Père Gondwe. D’après les experts, un caféier a une durée de vie d’environ 70 ans et peut, s’il est très bien entretenu, produire jusqu’à 15 kilos de café par an. Mais en moyenne, les plants de Misuku en produisent environ 6 kilos par an. •
Vincent Bishop Witmos est journaliste à l’agence de presse étatique Malawi News Agency online. Ephraim Nyirenda est producteur à la station de radio diocésaine Tuntufye FM.
Institué en juillet 2010, le diocèse de Karonga s’étend sur plusieurs districts administratifs. Dépendant auparavant du diocèse de Mzuzu, ce sont des régions du Malawi difficiles d’accès, bordées par le lac Malawi à l’est et les hauts plateaux à l’ouest. En 2010 la population du diocèse s’élevait à 590.000 personnes dont 60.000 catholiques. Aux côtés de l’évêque, Mgr Mtumbuka, trois grandes directions assurent la gestion du diocèse : une direction pastorale, la Caritas pour les questions relatives au développement économique et social et une direction financière et administrative. Car l’Église ne saurait évangéliser sans se préoccuper des besoins physiques et humains des personnes. D’où la création de la Commission Caritas divisée quatre branches : Éducation, Santé, Moyens de subsistance (CADECOM) et Justice et Paix. Grâce à la Commission Caritas, le diocèse lève des fonds auprès de plusieurs donateurs en vue de soutenir de projets en matière d’éducation, accès aux soins de santé, lutte contre la faim et les effets des changements climatiques, extraction abusive de matière premières, gestion des conflits, entre autres. La commission pastorale assure quant à elle l’annonce de l’Évangile à environ 28.000 enfants par le biais de la catéchèse et à 10.000 jeunes, grâce au financement d’une famille de Mexico. Afin de relever les principaux défis auxquels sont confrontées les communautés locales, le diocèse s’est doté d’un plan stratégique sur cinq ans et fait appel aux personnes de bonne volonté pour lui permettre d’atteindre ses objectifs :
•
Augmenter l’efficacité des différentes directions diocésaines
•
Respecter les conditions de financement de ses
• •
Assurer la transparence des procédures.
en améliorant la mobilisation et la gestion des ressources. partenaires, notamment par une utilisation prudente, appropriée et efficace des ressources.
Accroître l’investissement et les financements locaux
en vue de réduire l’aide de l’étranger dans les années à venir. C’est dans cette perspective que le diocèse a investi dans la création d’une station-service (diesel et essence), d’un élevage et d’une plantation de café. •
Treeza Iman est secrétaire de la Commission Caritas du diocèse de Karonga
8»
suara 63
l’évêque, Mgr Charles Mahuza Yava, est issu ; une communauté salvatorienne de Belgique et un ami. La gestion de l’hôtel a été confiée à la Société KAMCHAM; la paroisse ayant un droit de regard.
Créer de l’emploi et du lien social
Il ne s’agit pas seulement pour la paroisse de faire des bénéfices. L’hôtel emploie 6 personnes. L’entretien de l’immeuble, le gardiennage, la réception … sont assurés par des mahorais (habitants de Mayotte). En outre l’annexe de l’hôtel, louée à l’AGEPAC, accueille les jeunes en échec scolaire pour des formations de réinsertion dans la vie professionnelle.
La Maison de la Paix, une référence 5 Hotel Maison de la Paix - La Colombe.
PHOTO: MAISON DE LA PAIX - LA COLOMBE
pour aller plus loin
Aux Comores, un hôtel « paroissial » L’archipel de Comores se trouve dans l’Océan Indien, entre Madagascar et le Mozambique. Lors de l’indépendance, une des îles, Mayotte, décida de rester rattachée à la France, devenant ainsi un département français. Dans la commune de Mamoudzou, la paroisse N-D de Fatima s’est lancée dans l’hôtellerie pour financer l’Église locale. »» GABIN TSHITANGENU
Un hôtel pas comme les autres se grandissante à Mayotte et, d’autre La paroisse possédait déjà un preLa Maison de la Paix– La Colombe n’est pas une salle paroissiale ou un centre d’accueil mais un hôtel, un vrai ! Mais comment une paroisse a-t-elle eu l’idée d’ouvrir un hôtel ?
Des besoins concordants
Le projet de construction de l’hôtel a vu le jour, d’une part pour répondre à une demande d’hébergement sans ces-
part, pour permettre au vicariat apostolique* de s’autofinancer et de participer entre autres aux besoins de gestions des paroisses des îles voisines (Moroni, Anjouan, Mohéli, …). En effet, depuis que Mayotte est devenue département français en 2009, il a fallu créer une structure administrative, envoyer des fonctionnaires. D’où la nécessité d’accroître la capacité hôtelière de l’île.
mier hôtel « La Maison de la Paix » qui avait une capacité d’accueil insuffisante face à la demande croissante. Aussi avait-elle besoin de l’agrandir. Mais les finances ne suivaient pas.
Les clients de l’hôtel sont essentiellement des professeurs mutés à Mayotte, des médecins et autres fonctionnaires en mission . Des touristes venus découvrir l’île viennent également à l’hôtel. Étant donnée la rareté de l’offre hôtelière à Mayotte et la proximité de l’église de la paroisse, le touriste ou le nouvel arrivant en quête d’hébergement est toujours orienté vers « La Colombe ». L’hôtel figure sur la liste publiée par l’office du tourisme de Mayotte.
Faire rayonner la paroisse
Aujourd’hui, si la paroisse souhaite développer les recettes hôtelières, c’est pour faire de l’église paroissiale un vrai lieu de retrouvailles qui donne aux chrétiens venus de différents horizons, l’opportunité de partager en toute communion l’amour du Christ. Car les chrétiens à Mayotte se sentent parfois bien isolés. •
Le Père Gabin Tshitangenu est économe de la communauté des religieux Salvatoriens de Mayotte * Le Vicariat de l’archipel des Comores couvre Mayotte et les autres îles non rattachées à la France. Les Comoriens sont en majorité musulmans.
Cofinancement ecclésial
Sont alors venus à la rescousse : le vicariat apostolique ; un prêt du généralat de la congrégation des Salvatoriens dont
»9
bible
Donnez-leur vousmêmes à manger
« Donnez-leur vous-mêmes à manger », (Mt 14,16) dit Jésus à ses disciples alors qu’ils lui suggéraient de renvoyer vers les villages la foule qui l’avait suivi, pour acheter de la nourriture. Une invitation qu’il lance aujourd’hui aux chrétiens d’Afrique, comme à ceux du monde entier. »» SR CHARLOTTE SUMBAMANU
surtout du développement intégral qui, selon Mgr Djomo, consiste à améliorer les conditions de vie –sociales, économiques et politiques – et à garantir la paix et les libertés. Il s’agit de s’engager pour une Afrique juste et paisible. Un engagement que le Seigneur transforme en don pour la multitude du peuple. Les hommes et femmes Africains de bonne volonté voient alors l’espérance d’une vie plus digne jaillir au cœur de leur action.
PHOTO: OTO: LEWRENCE LEW
« C’est seulement dans le partage et le don que la vie portera ses plus beaux fruits. » L’Église, acteur incontournable
5 La multiplication des pains—vitrail de la de basilique de l’Immaculée Conception , Washington DC, États Unis. La réaction de Jésus face à la démission des siens a dû les surprendre. Ils étaient invités à prendre leurs responsabilités. Les ressources étaient maigres : cinq pains et deux poissons. Et contre toute attente, chacun mangea à sa faim. Entre les mains du Seigneur, les modestes provisions seront multipliées pour nourrir la foule. Avec le peu que nous offrons, Dieu peut transformer les situations désespérées : la sécheresse devient plénitude, l’échec victoire, le 10 »
suara 63
vide surabondance. Désaltérée par la Parole de Jésus, la foule est rassasiée par son pain. De l’individualisme, les apôtres passent à la communion. Jésus les invite ainsi à entrer dans une spiritualité incarnée et engagée.
Invitation aux chrétiens Africains
L’Afrique est aujourd’hui minée par la pauvreté et le maintien des peuples dans une misère inimaginable. Les
Africains sont étouffés par la maladie, les conflits armés, l’oppression, la corruption et toutes sortes de dérives. Comme dans l’Évangile, Jésus se tient au milieu d’eux et dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». C’est un impératif éthique que le Christ lance aux chrétiens Africains face aux drames que vivent leurs populations. Jésus leur confie une mission : sortir les peuples de cette misère. Pour l’Afrique, il ne s’agit pas seulement de la nourriture mais
L’Église est présente par les déclarations et recommandations des conférences épiscopales africaines, mais aussi et surtout par l’action des associations et mouvements chrétiens laïcs et des communautés ecclésiales de base. La parole de Jésus invite l’Africain Chrétien à être responsable et premier acteur du changement de sa situation. Pour le Pape François, le mot-clé de cette invitation est « solidarité », c’està-dire mettre à la disposition de Dieu ce dont les communautés chrétiennes disposent, leurs humbles capacités. Car c’est seulement dans le partage et le don, que la vie portera ses plus beaux fruits : paix, justice et liberté. •
Sr Charlotte Sumbamanu est bénévole à Missio-Belgique.
billet
MISSIO, UN NOM, DES PERSONNES PHOT
O : M IS
En janvier, j’ai visité quelques projets soutenus par Missio au Bénin, au Cameroun et au Nigéria. Des projets extrêmement diversifiés : paroisses, séminaires, écoles, un orphelinat ainsi qu’un centre de soins pour enfants. J’ai été très étonné de constater que les habitants des villages que j’ai visités n’avaient jamais vu un blanc. Des enfants ébahis me demandaient s’ils pouvaient toucher mes mains et mes cheveux. Voilà qui en dit long sur l’évolution des rapports entre le Nord et le Sud.
S IO
J’ai également été surpris par le fait qu’en Afrique de l’Ouest les églises étaient toujours pleines à craquer. J’ai notamment participé à une célébration hebdomadaire en compagnie de plus de 2.500 enfants ! Dans le même temps, en Belgique, on parle de la réaffectation des lieux de culte non utilisés. De nombreuses paroisses ouest-africaines ont pu construire leurs églises grâce à l’aide de Missio. Aujourd’hui, la contribution locale est suffisante pour l’entretien et l’éventuelle extension des églises. Il arrive même qu’on construise un étage supplémentaire afin de pouvoir accueillir tous les fidèles.
Première remise du label Communauté s Missionnaires dans le diocèse de Bruges. En compagni e du groupe « mission » de Ooigem.
PH OT O: FR AN K
BA HN MÜ LL ER
De même, les séminaires au Bénin, au Cameroun et au Nigéria sont souvent trop petits pour accueillir les nombreuses vocations. Dans certains d’entre eux, on compte plus de mille séminaristes, ce qui coûte très cher aux diocèses. D’une part, ces jeunes peuvent heureusement compter sur l’aide de Missio. Une situation bénéfique pour tous car les prêtres nigérians sont également envoyés en Belgique afin d’y aider les pasteurs. D’autre part, les séminaires les encouragent à assurer eux-mêmes leur propre subsistance. Au Nigéria, par exemple, une source d’eau a été découverte sur le terrain d’un séminaire. Aujourd’hui, les séminaristes y gèrent une petite usine de mise en bouteille, de sorte qu’ils génèrent des revenus et créent de l’emploi. D’autres séminaires se tournent vers les secteurs de l’élevage ou de l’agriculture. Une façon de se prendre en charge tout en continuant à bénéficier pour le moment de notre chaleureux soutien qui reste nécessaire. Leur apporterez-vous aussi votre aide ?
ssomption tre Dame de l’A La paroisse No e première communauté notr nd. de De Klinge, diocèse de Ga missionnaire du
Chez nous aussi, des enfants jouent chaque année les Mages pour apporter la paix de Dieu dans les maisons et rappeler que Jésus est venu pour tous les hommes. Ils invitent à la solidarité avec les projets soutenus par Missio dans le monde entier. En Belgique francophone, les Chanteurs à l’Etoile de Membach sont toujours fidèles au rendez-vous.
PHOTO: BERT HELLEBAUT
Chanteurs à l’Etoile : merci aux chanteurs de Belgique !
5 Sur la photo : des Chanteurs de la paroisse de la Sainte Famille à Rumst.
Directeur de Missio Belgique
Toute l’équipe de Missio vous souhaite de Joyeuses Pâques. Que la lumière du Ressuscité illumine votre vie !
WWW.
.be
» 11
suara
Rédacteur en chef : Michel Coppin Rédaction finale : Armelle Griffon Ont collaboré : Michel Coppin, Catherine De Ryck, Treeza Iman, Elly Mattheus, Caroline Medats, Ephraim Nyirenda, Charlotte Sumbamanu, Gabin Tshitangenu, Vincent B. Witmos Photos : Frank Bahnmüller, Beyond Access, Stephen Coburn, Heiling, Bert Hellebaut, Lewrence Lew, Maison de la Paix— La Colombe, Missio, PILart, Twin and Twin Trading Mise en page et impression : Halewijn nv
Editeur responsable Michel Coppin, Boulevard du Souverain 199, 1160 Bruxelles Info et contact Secrétariat National de Missio Boulevard du Souverain 199, 1160 Bruxelles E-mail : reception@missio.be Site web : www.missio.be Tél. : 02 679 06 30
Abonnements et changement d’adresse suarafr@missio.be Réactions et suggestions communication@missio.be Missio Wallonie-Bruxelles Anne Dupont Tél. : 02/679 06 47 wallonie@missio.be
Suara est un mot indonésien qui signifie voix. Suara veut être la voix des sans voix, le porte-parole des catholiques à travers le monde. Suara vous informe sur la vie des Eglises locales et de leurs communautés qui s’efforcent de vivre à la lumière de l’Evangile. Suara vous relie à l’Eglise Universelle.
www. .be WWW. .be