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suara le journal de l’église en mission Trimestriel » 19ème année n°76 » juin - juillet - août 2019

Porter l’espérance communautés chrétiennes sous pression » former les responsables ecclésiaux » missionnaires d’aujourd’hui © Shutterstock / Andrew Angelov


éditorial

sommaire

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dans ce numéro

Ce n’est qu’un au revoir ARMELLE GRIFFON

Il y a quelques mois, l’heure de la retraite approchant, j’imaginais que j’écrirais aujourd’hui mon dernier éditorial pour Missio. Je rêvais à une disponibilité plus grande pour mes proches et pour d’autres. Et puis la nouvelle est tombée : en Belgique, Missio reçoit de moins en moins de dons ; dans ces conditions, il sera difficile de recruter quelqu’un pour la communication francophone. J’ai donc accepté de continuer à assumer une partie du travail de communication, à des conditions moins onéreuses pour Missio et plus souples pour moi, en attendant qu’une solution définitive soit trouvée. Si je vous livre ces considérations aujourd’hui, c’est pour exprimer une préoccupation et vous faire part d’une conviction. Il est préoccupant de voir que les catholiques de Belgique ne perçoivent plus bien la nécessité de soutenir l’Église dans d’autres pays. Comme si le soutien à l’évangélisation du monde devait s’arrêter avec la diminution du nombre missionnaires belges à l’étranger. Or nous formons un seul et même corps, celui du Christ. Et les Églises locales assument courageusement leur mission, dans des situations parfois très hostiles (voir pages 6 & 7). Dans de nombreux pays, elles disposent de moyens très limités et ont besoin de notre prière et de notre aide. Et pourtant elles contribuent à l’annonce de l’Évangile chez nous en nous envoyant des prêtres. Alors oui, j’en suis convaincue, le travail du réseau mondial des Œuvres Pontificales Missionnaire auquel Missio appartient est indispensable pour que l’Évangile soit annoncé jusqu’aux extrémités de la terre. Missio-Belgique compte sur vous et vous remercie de votre soutien. 

Missionnaires d’aujourd’hui Projet | camps chrétiens en Côte d’Ivoire Communautés chrétiennes sous pression Formation des responsables ecclésiaux Les Missionnaires de la Charité Billet Missio un nom, des personnes

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à noter Le pèlerinage missionnaire annuel de Banneux aura lieu : → Le mercredi 28 août 2019, de 9h30 à 16.00 h. → Rue de l’Esplanade 57, 4141 Banneux Plus d’informations : www.missio.be & www.banneux-nd.be

© Missio

« Vous constituez le réseau mondial de prière et de charité missionnaire du Successeur de Pierre. Continuez votre fervente activité, qui réalise l’indispensable devoir universel de l’Eglise consistant à annoncer à tous Jésus-Christ et à Lui rendre témoignage, avec ardeur apostolique, jusqu’aux extrémités de la terre. » (Message du pape François aux personnes travaillant pour les OPM - juin 2019)

Prêts pour le mois missionnaire extraordinaire ? Dans le monde entier les communautés catholiques s’apprêtent à célébrer, en octobre, le Mois Missionnaire Extraordinaire voulu par le pape François. Il n’est pas trop tard pour vous y préparer. Laissez libre cours à votre créativité pour raviver dans votre communauté la conscience missionnaire des baptisés. Vous trouverez des idées dès le mois d’août dans le magazine de campagne 2019 de Missio.


missionnaires d’aujourd’hui

Inde : l’autre face de la mission L’Église en Inde est fondamentalement missionnaire. Si l’annonce de l’Évangile se fait d’abord par la proximité avec les personnes les plus défavorisées d’une société très cloisonnée, les « intouchables » et les femmes, cela n’exclut pas une annonce explicite. Mgr Nazarene Soosai, évêque de Kottar, un diocèse de l’extrême Sud de l’Inde, témoigne. ARMELLE GRIFFON

ÉGLISE ANCIENNE

L’Église de Kottar doit en partie son dynamisme à l’ancienneté de son implantation. C’est St François Xavier, compagnon d’Ignace de Loyola et St Patron du diocèse, qui y créa la première communauté chrétienne catholique en 1442. C’est l’un de ceux où la proportion de catholiques est la plus importante en Inde : il compte 257.000 fidèles sur une population totale de plus de 1.800.00 habitants. Soit environ 20% de la population contre 6% dans l’État du Tamil Nadu et 2,3% dans l’ensemble du pays. Il est le premier en Inde à avoir développé les communautés chrétiennes de base. ÉGLISE DYNAMIQUE

Si les missionnaires venus d’Occident ont contribué à la diffusion du christianisme dans la région, on doit constater que la « mayonnaise » a bien pris. Trois prêtres belges ont passé de longues années dans le diocèse. Ils ont notamment travaillé auprès des populations de pêcheurs pauvres des villages côtiers, les incitant à se grouper en coopératives pour arriver à vivre dignement. Cette façon de travailler, s’inspirant des principes du Cardinal Cardijn - voir, juger, agir s’est ancrée dans la pratique ecclésiale locale.

cet établissement. Désormais, l’Église de Kottar donne à son tour ce qu’elle a reçu en envoyant des prêtres dans des régions de l’Inde où le catholicisme est très minoritaire.

Le diocèse possède un centre de formation missionnaire, le Xavier Mission Home. Fondé par un belge, le Père Melard, il a formé depuis 1972 plus de 300 missionnaires envoyés ensuite dans d’autres régions de l’Inde, surtout le Nord et le Nord-Est. Deux évêques sont passés par

N’allons pas nous imaginer qu’il est plus facile de s’affirmer chrétien en Inde qu’ici. C’est vrai, l’Inde est un pays religieux. Mais, comme on l’a vu, le catholicisme y est minoritaire. Mgr Soosai a lui-même été étudiant à la KULeuven, avant de poursuivre ses études à Rome. Tout en obser-

ÉGLISE MISSIONNAIRE

Mgr Nazzarene Soosai, en visite à Missio.

© Missio

AFFIRMER SA FOI

vant une foi vivante chez les prêtres et les fidèles de Belgique, il a noté une tendance à garder la religion dans la sphère privée. C’est pourquoi il nous dit : osez affirmer votre foi, même en public. Le diocèse de Kottar a d’ailleurs un projet qui va dans le sens de cette volonté de visibilité. Mgr Kottar souhaite en effet ouvrir un centre de communication dont la fonction sera de répandre la Bonne Nouvelle grâce à des studios d’enregistrement radio et de développer des spectacles d’inspiration biblique. 

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missionnaires d’aujourd’hui

Au Tamil Nadu, l’Église proche des exclus Si officiellement la constitution indienne a aboli les castes, cette structure de la société perdure, hiérarchisant à l’extrême les rapports humains et excluant les « dalits », c’est à dire les sans caste. Dans le diocèse de Tiruchirapalli, au sud de l’Inde, on les accompagne dans la conquête de leur dignité. ARMELLE GRIFFON

Au plus bas de l’échelle sociale, les dalits peinent à mener une vie décente. Alarmés par les difficultés rencontrées par leurs enfants à s’adapter au système éducatif officiel, des religieuses et un prêtre du district de Tiruchirapalli, au sud de l’Inde, dans l’État du Tamil Nadu, ont imaginé pour eux une forme d’enseignement plus adaptée. Ils ont fondé une petite communauté à Vidiyal et ouvert leur propre école. Nous les avons rencontrés à Missio.

« L’avenir des enfants dalits dépend de leur niveau d’éducation. » PÉDAGOGIE ACTIVE

À l’école Chirumalar, Sr Selvi, Sr Lilly et leurs consœurs ont voulu mettre l’enfant au centre du système d’apprentissage. Gérant un orphelinat, elles envoyaient les enfants à l’école

EXCELLENCE

Apprendre par soi-même, la clé du succès des élèves de Chirumalar. © Missio

publique où les méthodes sont essentiellement fondées sur l’apprentissage par cœur, la répétition et les examens. Les résultats de leurs élèves étaient catastrophiques. Or, les connaissant bien, elles mesuraient leur intelligence et leur débrouillardise et étaient persuadées qu’ils étaient capables de progresser. D’où cette idée d’ouvrir leur propre école, aux méthodes pédagogiques innovantes : Chirumalar.

En inscrivant dans votre testament un legs au profit de Missio, vous continuerez à soutenir l’action des communautés catholiques qui, comme à Vidayal, annoncent l’Évangile aux plus pauvres et aux plus fragiles. Ce testament peut être manuscrit (écrit de votre propre main, daté et signé par vous) ou fait devant notaire. Renseignez-vous auprès de votre notaire ou contactez le directeur de Missio Belgique, le Père Michel Coppin : legs@missio.be ou 02 679 06 30.

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Aujourd’hui Chirumalar accueille enfants de toute la région. Les élèves remportent régulièrement des compétitions scolaires organisés par l’État. Les religieuses et le P. Leonard, qui gèrent l’établissement, veulent ouvrir des classes de secondaire supérieur pour prolonger la scolarité des jeunes au-delà de 14 ans. Ils convainquent les familles dans les villages de les laisser poursuivre leurs études. D’AUTRES PROJETS

Pensez au legs !

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Le succès ne s’est pas fait attendre. En mettant les enfants en situation d’apprendre par eux-mêmes en fonction de leurs centres d’intérêt, elles ont réussi à enclencher chez eux les mécanismes d’apprentissage. L’école s’est rapidement ouverte à des élèves venus des familles pauvres des villages environnants. Les populations rurales, qui avaient tendance à limiter le parcours scolaire des enfants au strict minimum, ont compris que leur avenir dépendait de leur niveau d’éducation.

La communauté de Vidiyal a également le souci des familles. C’est pourquoi elle a ouvert un dispensaire avec un programme de dépistage du sida et de formation aux règles d’hygiène élémentaires. Elle voudrait créer un hôpital et développer des formations pour que ce type d’expérience puisse s’étendre à d’autres districts. Ainsi à Vidiyal, la mission est-elle d’abord réponse aux besoins des plus démunis, et donc déjà témoignage. 


un projet à soutenir

Des camps d’été chrétiens en Côte d’Ivoire Le succès des camps d’été auprès des jeunes ne se dément pas chez nous. Dans le cadre d’un mouvement de jeunesse, d’une activité sportive ou culturelle, nos jeunes sont heureux de s’y retrouver pour le plaisir de la découverte et la chaleur de l’amitié dans le groupe. Ils construisent ainsi leur avenir de femmes et d’hommes ouverts au monde, et la dimension spirituelle de certains camps est encore appréciée. En Côte d’Ivoire, de tels camps sont également organisés et suscitent beaucoup d’intérêt. CATHERINE DE RYCK

Dans un camp chrétien, les jeunes rencontrent des personnes partageant les mêmes idées. Ils ont l’occasion de parler de leur foi et de l’approfondir. Une opportunité assez rare dans notre société sécularisée. NOUVELLES RENCONTRES

Même en Côte d’Ivoire, où il est plus naturel de parler de religion, ces camps jouent un rôle important pour les jeunes. Ils permettent de faire de nouvelles connaissances, de travailler à la solidarité entre les villes et les villages. C’est pourquoi le diocèse d’Agboville, au sud-est de

la Côte d’Ivoire, organise un grand camp annuel pour les jeunes de tout le diocèse. Les participants viennent de tous les coins de la région. L’OBSTACLE DE LA PAUVRETÉ

Dans un diocèse grand comme la moitié de la Belgique certains participants doivent parcourir une grande distance. Or les routes sont mauvaises et les transports en commun peu développés. En outre la population rurale de la région d’Agboville a peu de moyens pour financer le voyage. Beaucoup de jeunes qui voudraient bien participer au camp n’en ont pas la possibilité.

Des jeunes de différents villes et villages se rencontrent et parlent de leur foi. © EC ECHO / Anouk Delafortrie

OFFREZ UN POULET ! BE19 0000 0421 1012 Communication : 207 élevage de poulets

ÉLEVAGE DE POULETS

Le diocèse a donc cherché un moyen d’aider ces familles pauvres. Non seulement dans leurs besoins quotidiens, mais aussi pour permettre aux jeunes de venir au camp d’été. Et il a en bel et bien trouvé un, assez spécial : démarrer un élevage de poulets pour générer des ressources. À N’DOUCI AUSSI

Dans la paroisse du Sacré-Cœur de N’douci, un tel projet a déjà été mené avec succès. La paroisse Saint Charles d’Adzopé demande maintenant de l’aide pour suivre cet exemple. Grâce aux fonds collectés précédemment, notamment vos dons du mois d’octobre 2018, ils pourront bientôt louer un bâtiment. UN DERNIER COUP DE POUCE

Une aide est maintenant nécessaire pour acheter les premiers poulets afin que l’exploitation puisse démarrer. Grâce à ce coup de pouce supplémentaire, vous permettrez à la paroisse d’être bientôt autonome et d’aider ainsi les familles les plus pauvres en offrant aux jeunes un camp d’été inoubliable. 

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pleins feux sur

Les communauté chrétiennes En Occident, les catholiques se plaignent de la déchristianisation mais ont parfois du mal à remettre en question leur façon de faire. Quand le pape invite tous les baptisés à être des disciples missionnaires, nous devons être conscients que, sous d’autres cieux, certains le payent de leur vie. ARMELLE GRIFFON & CATHERINE DE RYCK

S’il n’est pas toujours évident de parler de la foi dans notre pays, les railleries ou l’agressivité de certains ne mettent pas notre vie en danger. Ailleurs dans le monde, en revanche, on constate une augmentation de la violence religieuse envers diverses confessions. Ces derniers mois on note notamment une recrudescence des actes de violence contre les chrétiens. Souvent pendant l’Eucharistie. Pourquoi une telle haine envers les chrétiens ? C’est la question qu’on se pose en découvrant les attentats qui ont ensanglanté durant la période pascale des communautés chrétiennes protestantes et catholiques au Sri Lanka d’abord puis au Burkina.

Au Sri Lanka VENDREDI SAINT À PÂQUES

Souvenons-nous du 21 avril 2019, jour de Pâques. Huit attentats à la bombe ont frappé le Sri Lanka. Des hôtels, une maison d’hôtes, un complexe résidentiel et des églises catholiques étaient les cibles. Le nombre de morts a été évalué à 253 et on compte plus de 500 blessés. Parmi eux, des enfants. Ainsi, au moment même où les

« Nous croyons que l’amour gagne et que chacun peut témoigner de l’amour de Dieu. » 6

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De nombreuses voix au Sri Lanka condamnent les attaques du dimanche de Pâques. Même au sein de la communauté musulmane, qui ne veut pas être assimilée au terrorisme aveugle. © Belga / AFP

chrétiens célébraient, dans la Résurrection du Christ, la victoire ultime de l’amour, sur la haine et la violence, ils entraient dans la vie de Dieu. Pâques, s’est soudain transformé en Vendredi Saint. Et pourtant, l’Église locale a immédiatement lancé un appel pour que l’amour l’emporte malgré la désolation. Comme l’a confirmé Mgr Joseph Ponniah, évêque de Batticaloa, l’Église travaille chaque jour pour la paix, la réconciliation et le dialogue. Elle entretient en permanence le contact avec les autres croyants.

Très vite dans la communauté musulmane, des mains secourables se sont tendues et des voix se sont levées. La majorité des musulmans au Sri Lanka et au-delà désapprouve ces attaques. Des mosquées ont été mises à la disposition des communautés catholiques touchées pour qu’elles puissent se rencontrer et prier. Grâce à cette ouverture pleine d’espoir, un dialogue peut avoir lieu. Nous continuons à croire que l’amour gagne et que chacun peut témoigner de l’amour de Dieu, dans le respect mutuel.


sous pression Burkina Faso LES CHRÉTIENS SOUS LE CHOC

Le dimanche 28 avril, des terroristes sont entrés dans une église protestante à Silgadji, dans la province de Soum au nord du pays, tuant son pasteur, deux de ses fils et trois fidèles. Deux semaines plus tard, dimanche 12 mai, Le P. Siméon Yampa, vicaire de la paroisse de Dablo (diocèse de Kaya) et cinq fidèles ont été tués par des terroristes dans l’église, toujours dans le nord du pays.

On compte en tout 400 morts depuis cette période. De l’avis de Mgr Paul Yemboaro, président de la conférence épiscopale : les « terroristes visent à obtenir une société déstabilisée sans cohésion sociale où, en définitive, le vivre-ensemble deviendrait impossible. » VIVRE ENSEMBLE

Comme le P. Basil Rohan Fernando, directeur de Missio au Sri Lanka et Mgr Yemboaro du Burkina Faso, Missio invite à ne pas céder à ce langage de terreur. Nous plaidons pour la rencontre entre les différents groupes et un dialogue ouvert.

TERREUR À DABLO

Le père Olivier Lompo, curé de la paroisse de Dablo, avec qui nous sommes régulièrement en contact écrit : « Les assaillants ont intimé aux fidèles qui étaient confinés à l’intérieur de l’église de renoncer à leur foi chrétienne et de se convertir à l’Islam, sous peine de recevoir la mort à leur prochain passage. » Il précise que le Père Siméon est mort après avoir protégé les acolytes.

« Nous ne devons pas céder au langage de la terreur. »

C’est pour cela que nous soutenons la formation des responsables ecclésiaux (voir en page 8), afin qu’ils puissent prévenir le radicalisme dans leurs propres communautés et soient à même de chercher des solutions pacifiques à d’éventuels conflits. Voilà pourquoi Missio soutient des projets qui œuvrent pour la réconciliation et la construction de la paix dans le monde entier. ET NOUS ?

Que pouvons-nous faire face à l’intolérance religieuse croissante dans le monde ? Tout d’abord, nous référer à l’Évangile. C’est là que nous trouverons des pistes pour entretenir des relations respectueuses et pacifiques avec les autres confessions, sans renier nos propre valeurs spirituelles et morales. Et aussi prier afin que cette attitude et se répande parmi les hommes. Prions pour tous nos frères et sœurs victimes de cette violence et pour que l’amour triomphe de la haine. 

DÉCHAÎNEMENT DE VIOLENCE

Lundi 13 mai, tandis que se déroulaient les obsèques du prêtre et des cinq fidèles assassinés la veille, quatre autres fidèles ont été massacrés lors de la procession mariale de la paroisse Notre-Dame du Lac dans le diocèse voisin de Ouahigouya, dans la province de Bam. Le dimanche 26 mai, des individus « lourdement armés » sont entrés dans l’église catholique de Toulfé, dans la province du Loroum, également dans le Nord du Burkina. Le bilan est de quatre morts et plusieurs blessés. DIVISER LA SOCIÉTÉ

En 2013, lors d’une campagne missionnaire consacrée à ce pays, le directeur des OPM du Burkina-Niger nous avait parlé des bonnes relations entretenues entre chrétiens et musulmans, qui souvent se côtoient dans une même famille. Or, depuis 2015, les incidents se sont multipliés, les attaques djihadistes visant même parfois des imams musulmans.

L’église de Dablo, saccagée par les terroristes.

© Olivier Lompo

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merci

Former les responsables de l’Église aujourd’hui Il est normal que les prêtres, les religieux et les laïcs ayant une responsabilité l’Église reçoivent une formation adéquate. Leur rôle dans la communauté ecclésiale comme au sein de la société est en effet important. Malheureusement, de nombreux diocèses d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine ont du mal à financer cette formation. Ils peuvent cependant compter sur l’aide de Missio, rendue possible grâce à votre générosité. Merci!

J’AIME L’ÉGLISE Je soutiens la formation des prêtres et des laïcs Je fais un don sur les compte de Missio asbl : BE19 0000 0421 1012 Communication ‘110 Formations’

CATHERINE DE RYCK

En tant que Belge, on est parfois surpris de découvrir combien de tâches les responsables ecclésiaux assument en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Cela ne se limite pas à la catéchèse, aux sacrements ou à la liturgie. PROXIMITÉ

Les croyants, c’est naturel, comptent ici comme ailleurs sur le soutien de l’Église. Dans d’autres

parties du monde, l’attente spirituelle se double d’une nécessité matérielle. Plus les conditions de vie concrètes sont difficiles, plus les problèmes de tous ordres sont importants. L’Église est alors là pour aider et guider. Comment vivre la Bonne Nouvelle quand on connaît la misère ? Souvent les distances sont grandes. Les prêtres, pour rencontrer les communautés, doivent aller dans des villages reculés.

FAIRE ROUTE ENSEMBLE

Il est donc également important que chaque croyant soit formé. C’est la tâche des nombreux catéchistes. Non seulement ils initient les gens à la foi les préparent aux sacrements, mais ils les accompagnent tout au long de leur vie chrétienne. Ils leur permettent, par divers moyens, d’approfondir leur foi et de grandir en tant que chrétiens. Dans le monde entier, les équipes de catéchistes - hommes et femmes – assument ces tâches. Laïcs, prêtres, religieux animent des communautés de base, des groupes bibliques, des réunions de prière.

INDIA

PROGRAMME DE FORMATION EN INDE

Laïcs et religieuses animent la catéchèse dominicale en Inde. Ils s’efforcent rendre la catéchèse attrayante. © Missio / Friedrich Stark

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Dans le diocèse de Shimoga, dans le sudouest de l’Inde, on mesure bien l’importance des catéchistes. Les prêtres ne peuvent pas


atteindre tous les croyants, les catéchistes (laïcs) jouent donc un rôle essentiel. Ils forment les communautés ecclésiales et guident les gens dans leur cheminement de foi. En 2018, le diocèse, avec votre appui, a organisé un programme de formation pour les catéchistes qui accompagnent un groupe chaque semaine le dimanche. Pour préparer l’Eucharistie, ils approfondissent avec les croyants certains éléments de la foi ou un texte biblique. Toutes les paroisses du diocèse ont un tel programme. Beaucoup d’enfants et de jeunes s’y inscrivent. Ils unissent leurs forces pour travailler pour un monde meilleur, un avenir meilleur, forts de la foi et de l’Évangile. Leur envoi en mission à la fin de la célébration en a d’autant plus d’impact !

Grâce aux ordinateurs, les futurs prêtres disposent d’informations à jour.

catéchistes. Au cours d’une session de plusieurs jours, du temps a été consacré à la formation théorique et pratique, mais aussi faire connaissance et à échanger des informations. De cette façon, les catéchistes peuvent se remettre en question, s’inspirer et s’enrichir mutuellement. MISES À JOUR

Vous êtes désormais convaincus de l’importance de la formation et des rencontres. Mais avezvous pensé au fait qu’il est très difficile, surtout pour les diocèses africains, de mettre leur cours à jour ? Saviez-vous que les séminaires et les

© Missio

centres de formation ne disposent souvent que d’une bibliothèque obsolète ? Il va sans dire que beaucoup d’idées ou de nouveaux développements leur échappent. C’est un handicap majeur, surtout pour les prêtres étudiants qui font leur thèse. Mais tout autant pour les catéchistes, qui n’ont pas accès à des techniques nouvelles ou innovantes pour transmettre la foi.

MOZAMBIQUE CONGO

FRACTURE NUMÉRIQUE UNE ÉQUIPE SOUDÉE

Dans l’archidiocèse de Lubumbashi, dans le sud de la République Démocratique du Congo aussi, il y a un fort engagement pour la formation des catéchistes. Ainsi, en août 2018, le diocèse a réuni tous les catéchistes pour une formation de quatre jours. Cela a été possible grâce au soutien de Missio, c’est-à-dire votre soutien à la formation des responsables ecclésiaux. Cette formation était nécessaire parce que de nouveaux membres s’étaient joints à l’équipe des

Des catéchistes, en République démocratique du Congo, visitant les croyants dans les villages les plus reculés. © Missio / Hartmunt Schwarzbach

Avec votre aide, Missio réduit également la fracture numérique. Nous avons récemment mis à disposition de plusieurs séminaires du matériel informatique depuis la Belgique. Le séminaire Cristo Rei à Matola, dans le sud du Mozambique, en a notamment bénéficié. Désormais, les 96 séminaristes et les prêtres disposent de 15 ordinateurs. C’est un vrai plus pour leurs études. De plus, un ordinateur avec une connexion Internet permet de rester en contact avec leur famille, qui vit souvent loin du séminaire. 

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congrégations missionnaires

Les Missionnaires de la Charité DANS LE MONDE ENTIER

La congrégation est aujourd’hui présente dans 132 pays : au total 5000 Sœurs réparties dans 400 centres sur les cinq continents. D’une manière générale, les communautés fonctionnent avec l’aide de bénévoles qui s’engagent ponctuellement ou dans la durée. Celles qui se sont implantées en Belgique ne font pas exception. À BRUXELLES AUSSI

Les Sœurs de Mère Teresa, installées à Bruxelles dans la commune de St Gilles, près de la gare du Midi, s’efforcent de servir tous les jours plus d’une soixantaine de repas répartis en deux services.

Des missionnaires des la charité distribuant des repas en Inde , à Calcutta.

© De Salvacampillo / Shutterstock

Une petite silhouette en sari blanc bordé de bleu ? C’est Mère Teresa de Calcutta bien sûr ! Le souvenir de cette femme entièrement donnée aux plus pauvres, et ce malgré les doutes qui l’ont assaillie sa vie durant, n’a pas fini d’habiter nos mémoires.

AU SERVICE DES PLUS PAUVRES

Les Missionnaires de la Charité, outre les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance, prononcent un quatrième vœu : celui de se vouer au service des plus pauvres d’entre les pauvres, de ceux qui ne peuvent les dédommager de leur peine, dont on n’attend rien en

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BÉNÉVOLAT

retour. Elles doivent également consacrer une heure par jour à l’adoration du Saint Sacrement et participer quotidiennement à l’Eucharistie.

Les bénévoles sont les bienvenus à Bruxelles tous les jours, sauf le jeudi qui est le jour de retraite des religieuses, et le dimanche où les repas sont distribués à partir de 16 heures, après la messe. La petite communauté accueille également provisoirement des personnes en difficulté, s’efforçant de leur apporter un peu de chaleur humaine.

PAUVRETÉ SANS FRONTIÈRE

TÉMOIGNAGES

Dans les années 1960, la congrégation essaime hors de l’Inde. D’abord en Amérique Latine, à la demande du pape Paul VI, puis en Haïti, aux Philippines, au Yémen, au Bangladesh. En Occident la première maison sera ouverte à Rome en 1968, une autre à New York en 1969, anisi qu’un noviciat à Londres. Mère Teresa découvre que la pauvreté n’est pas l’apanage des pays du Sud.

Une jeune partie comme volontaire en Inde décrit ses journées : « Nous ne sommes pas particulièrement utiles. Quoiqu’il arrive les sœurs continueront à faire ce qu’elles font et il y aura toujours des gens dans la rue. Après avoir réalisé cela, et la plupart des volontaires passent par cette phase, il faut se repositionner pour comprendre pourquoi on est là. » 

ANNETTE DUMOULIN

Aujourd’hui, les Missionnaires de la Charité, l’ordre fondé dès 1950 par Mère Teresa, poursuivent la tâche entreprise par leur fondatrice. Elles ont conservé le sari blanc et bleu qui fait qu’on les reconnaît au premier coup d’œil.

« Les Missionnaires de la Charité se vouent aux plus pauvres d’entre les pauvres. »


billet

P. MICHEL COPPIN (SDS) DIRECTEUR DE MISSIO-BELGIQUE

La solidarité est au cœur de l’action de Missio. Solidarité financière, mais aussi solidarité spirituelle, dans la prière. On le sait, la solidarité peut beaucoup. On le voit au Venezuela, le pays que nous allons mettre en vedette à partir d’octobre 2019. L’ancien président vénézuélien, Hugo Chavez, a redonné confiance aux couches les plus pauvres de la population, au grand dam des riches. Craignant de perdre leurs privilèges, ceux-ci se sont donc exilés en masse vers des pays plus riches. Une grande partie de l’industrie, c’est-à-dire l’emploi, a également disparu

avec eux. Après les mesures de rétorsion prises par le président américain Trump, le Venezuela a été confronté à une hyperinflation et à un effondrement de la société. La production de pétrole et l’approvisionnement en énergie ont également été affectés, en partie en raison d’un manque de pièces de rechange. D’où une nouvelle vague d’exil, surtout parmi les techniciens et les intellectuels. Telle est la situation aujourd’hui : une population vénézuélienne en souffrance, abandonnée par l’Occident riche. Le manque de solidarité provoque des tragédies humaines, dont les plus pauvres sont les principales victimes.

« Les pauvres nous montrent la puissance de la solidarité. »

Aujourd’hui, les pauvres nous montrent la puissance de la solidarité. Dans les zones rurales, les gens partagent le peu qu’ils ont. Dans les villes, des petites entreprises sont créées pour aider les gens à aller de l’avant. Les Vénézuéliens de la classe moyenne, qui ont trouvé une vie meilleure à l’étranger, envoient de l’argent aux membres de leur famille qui sont restés au pays. La division rend la vie plus difficile, mais la solidarité donne la vie ! C’est pourquoi Missio soutient partout dans le monde des initiatives qui renforcent la solidarité. Non seulement au Venezuela, mais aussi des projets de réconciliation au Rwanda ou au Burundi. Ou une initiative de formation au Sri Lanka, où les enfants apprennent à surmonter leur peur des autres. Et bien d’autres encore. Pour chacun de ces projets et pour la population affectée, nous vous demandons votre soutien et votre prière. Ils prient aussi pour nous. 

missio, un nom, des personnes

Bye-bye Promildon, et merci ! Le 4 juin, Le P. Promildon Lobo , bénévole à Missio depuis près de 9 ans, est retourné dans son pays natal, l’Inde, à la demande de son évêque.

Comme si la vie de doctorant ne lui suffisait pas, Promildon s’est engagé à Missio. Le 15 février 2011 il était à pied d’œuvre comme bénévole régulier pour « l’Asia Desk ». C’est-à-dire qu’il gérait toutes les demandes de projets en provenance d’Asie. Promildon les a traitées avec compétence et précision. Grâce à lui, nous avons pu soutenir de nombreux projets en toute sérénité.

TUSSENTITEL

Arrivé en Belgique le 23 septembre 2010 pour préparer une maîtrise en sciences de l’éducation, il a enchaîné comme doctorant. Promildon a fait des recherches sur l’enseignement de l’anglais comme seconde langue, généralisé en Inde où l’anglais est une des langues officielles. Il a combiné ses études en Belgique avec des recherches en Inde. En raison de la mort de deux de ses maîtres de thèse, il a dû par deux

TUSSENTITEL

fois réorienter ses recherches. Mais il s’agissait toujours de l’Inde.

Cet engagement supplémentaire ne lui suffisait pas non plus. En août 2014, Promildon s’est aussi impliqué dans la paroisse “Our Lady of Mercy” de Waterloo, la plus

ancienne paroisse anglophone de Belgique. Plus tard, il y fut officiellement nommé prêtre collaborateur. Aujourd’hui Promildon nous quitte. Son évêque le rappelle pour une mission pastorale dans le diocèse de Tuticorin, dans le sud de l’Inde. Promildon espère terminer son doctorat, à distance, à Louvain ou en Inde. Mais surtout, il espère rester au service des autres pour toujours. Nous exprimons toute notre gratitude à notre ami Promildon. Nous restons en contact avec lui avec l’idée de venir le visiter un jour... Nous lui souhaitons bonne chance !

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suara Rédacteur en chef Michel Coppin Rédaction finale Armelle Griffon Ont collaboré Michel Coppin, Catherine De Ryck, Armelle Griffon Photos Shutterstock/Andrew Angelov, BELGA / AFP, EC ECHO Anouk Delafortrie, De Salvacampillo /Shutterstock, Olivier Lompo, Missio, Missio / Friedrich Stark Mise en page et impression Halewijn nv Éditeur responsable Michel Coppin, Bld du Souverain 199, 1160 Bruxelles Info et contact Bld du Souverain 199, 1160 Bruxelles, 02 679 06 30 info@missio.be, www.missio.be Abonnements et changements d’adresse suarafr@missio.be Réactions et suggestions communication@missio.be Missio Wallonie-Bruxelles Bld du Souverain 199, 1160 Bruxelles Tél.: 02 679 06 47, wallonie@missio Tél.: 02 679 06 50, formations@missio.be

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