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suara le journal de l’église en mission Trimestriel » 19ème année n°74 » décembre 2018 - janvier 2019 - février
Paix sur la terre Construire la paix » L’enjeu de l’éducation en Inde du sud » L’Église du Venezuela lutte pour la démocratie © Photo: Shutterstock / GOLFX
éditorial
sommaire
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dans ce numéro
Oser la vulnérabilité ARMELLE GRIFFON
Quand des institutions catholiques d’enseignement universitaire se mettent ensemble pour réfléchir au rôle des religions dans la construction de la paix, on sent déjà l’Esprit de Noël souffler dans le cœur des participants. C’est ce qui s’est passé du 12 au 14 novembre lors du Colloque Omnes Gentes, organisé par la KULeuven, l’UCLouvain, Lumen Vitae et Missio. Les différents intervenants ont su montrer comment, sur tous les continents, les femmes et les hommes de bonne volonté peuvent faire évoluer le monde vers plus d’humanité.
« Ayons l’audace de risquer la vulnérabilité. » Lorsque la violence militaire ou sociale nous laisse sans voix – au Chili ou en Colombie, en Afrique du Sud ou en Afrique Centrale, en Inde ou aux Philippines, en Occident de manière plus feutrée et même dans l’Église – il ne nous reste plus que notre vulnérabilité pour nous battre. Certains risquent leur vie, osant la folie du pari de Dieu : se rendre vulnérable pour que l’Humain laisse croître en lui l’Esprit d’amour et de réconciliation sans lequel aucune vie digne n’est possible.
Construire la paix Témoignage : l’Église ivoirienne et les jeunes La mois de la mission : album photo Un projet à soutenir - filles-mères en Côte d’Ivoire Pleins feux sur : l’Église au Venezuela Merci - Un projet financé en Inde du Sud Congrégations missionnaires - Les CICM Missio, un nom, des personnes Billet
à noter
Dimanche 6 janvier 2019 Journée de solidarité mondiale avec l’Église d’Afrique Les catholiques de Belgique seront invités à prier pour les communautés ecclésiales de l’Afrique des Grands Lacs. Les dons récoltés dans les églises de Belgique lors de la collecte de la Journée de l’Afrique sont versés aux conférences épiscopales du Burundi, de République Démocratique du Congo et du Rwanda. Ils contribuent au soutien des projets pastoraux des communautés ecclésiales de ces pays. Celles-ci ont à cœur de soutenir les populations dans des contextes parfois très durs à vivre, moralement et matériellement.
Que ta promesse soit notre force, pour que nous portions au monde l’éclat de ton amour et la lumière de ta paix.
En revivant dans quelques jours l’événement inouï de la naissance de Dieu au milieu des pauvres et des exclus, ayons l’audace de risquer la vulnérabilité, là où nous sommes, pour faire grandir la paix autour de nous. Que la paix et la joie de Noël vous accompagnent durant toute l’année 2019.
Joyeux Noël Sainte et heureuse année
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dossier construire la paix
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Ouvriers de paix La mission de l’Église universelle, c’est aussi de répandre la paix. C’est d’ailleurs une des attentes exprimées par les jeunes vis-à-vis de l’Église lors de la préparation du mois de la mission. À l’approche de Noël, chacun de nous peut se poser la question : qu’est-ce que je fais, moi, chrétien baptisé, pour que le règne de paix que j’invoque dans le Notre-Père devienne une réalité ? ARMELLE GRIFFON © Shutterstock / Pixelheadphoto digitalskillet
BIENVEILLANCE VERSUS MÉDISANCE
C’est peut-être le premier pas vers la paix dans les relations humaines. La médisance n’est au fond que l’expression de nos propres faiblesses. Que gagnons-nous à souligner les insuffisances et les erreurs des autres derrière leur dos ? Et que dire alors des affirmations non vérifiées sur autrui ? La bienveillance, contrairement à la médisance qui laisse des traces, ne nuit pas et n’implique pas nécessairement un aveuglement sur les défauts d’autrui. Alors c’est décidé, j’arrête de médire ! AGIR DE FAÇON JUSTE
Action la plus éthique et adaptée, équitable et respectueuse d’autrui, guidée par la conscience et accomplie sans but de reconnaissance ou de récom-
pense. Telle est la définition donnée de l’action juste par l’association Graines de Paix. C’est le type d’action que certains ont le courage de poser pour mettre fin à un conflit. Parfois, d’autres ont intérêt à ce que le conflit perdure. Dans nos relations personnelles aussi, nous avons parfois ‘intérêt’ à entretenir des conflits, car cela nous évite de nous poser des questions sur nous-mêmes.
« Reconnaître sa propre violence, c’est faire un premier pas vers la paix. »
SE MET TRE À LA PLACE DE L’AUTRE
Conséquence logique de l’attitude bienveillante, celle-ci consiste à se demander comment on réagirait si on était dans la situation d’autrui. Un exemple très actuel : l’afflux de réfugiés nous inquiète ? N’avons-nous pas des ancêtres qui ont immigré dans l’espoir d’une vie meilleure ?
RECONNAÎTRE SA PROPRE VIOLENCE
Nous avons tous en nous une part de violence. Le reconnaître c’est faire un premier pas vers la paix. Pour déceler ce qui la provoque, comprendre comment la désamorcer et donc mieux réagir face à la violence de l’autre.
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témoins de côte d’ivoire
L’Église ivoirienne et les jeunes Durant le mois de la mission, le Père Alphonse N’Guessan, directeur de Missio Côte d’Ivoire, a présenté dans plusieurs paroisses de Belgique l’Église de son pays, ses atouts et ses difficultés. Son témoignage nous a permis de comprendre ce que les catholiques de Côte d’Ivoire et de Belgique peuvent mutuellement s’apporter. ARMELLE GRIFFON & CATHERINE DE RYCK
aux religions tribales traditionnelles, les jeunes sont séduits par l’ouverture sur le monde, les rassemblements chaleureux, la communauté. C’est en les impliquant dans la préparation des célébrations, en leur offrant des occasions de rencontres, en utilisant leurs moyens de communication que l’Église de Côte d’Ivoire parvient à les fidéliser. Elle les rejoint aussi dans leurs difficultés spécifiques : besoin de formation, recherche d’emploi, relations parents-enfants, problèmes de délinquance et drogue. Elle leur offre des alternatives par le biais d’activités : groupes de réflexion ou de prière, camps de jeunes, action caritative.
« Les jeunes sont séduits par l’aspect communautaire de l’eglise. »
L’eglise propose de groupes de prière, de réflexion, des campas de jeunes.
Si l’Église de Côte d’Ivoire est ce qu’il est convenu d’appeler une jeune Église, ce n’est pas seulement parce qu’elle n’a que 120 ans d’âge, une bagatelle au regard des 2000 ans de christianisme. Certes, le premier prêtre Ivoirien n’a été ordonné qu’en 1934. Mais ce qui frappe c’est qu’aujourd’hui, les jeunes occupent une place de choix dans l’Église de Côte d’Ivoire. Le P. Alphonse, fort de son expérience pasto-
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rale, nous a montré comment les responsables ecclésiaux ivoiriens, prêtres, religieux ou laïcs, ont su rejoindre la jeunesse, cette force vive du pays (70% des ivoiriens ont moins de 25 ans). OFFRIR DES PERSPECTIVES
Les jeunes, a-t-il expliqué, sont un peu une terre vierge. Alors que les personnes plus âgées, notamment en zone rurale, sont encore attachées
Un des points fort de l’accompagnement des jeunes par l’Église est l’attention accordée aux jeunes filles ivoiriennes. Entre société traditonnelle et monde en mutation, les filles sont, encore plus que les autres jeunes, à la recherche d’une identité et d’une reconnaissance. Les responsables de l’Église font tout ce qu’ils peuvent pour les convaincre de leur valeur et de leur capacité à prendre leur destin en main. Ils les invitent à combattre l’idée que seul le statut de mère leur donnera une place dans la société. C’est dans cet esprit que certaines paroisses veulent aider les jeunes mamans célibataires à poursuivre leur scolarité (voir l’article p. 9). INSPIRATION
La prise de conscience de l’autonomie acquise par les femmes dans notre pays peut certainement aider les jeunes Ivoiriennes et leurs accompagnateurs. Tandis que la capacité des responsables Ivoiriens à faire des propositions aux jeunes peut inspirer ceux qui, en Belgique, travaillent dans la pastorale de la jeunesse.
mois de la mission 2018 : album photo Tout au long du mois d’octobre notre témoin, le P. Alphonse N’Guessan, directeur de Missio Côte d’Ivoire, souvent accompagné du Père Philip Balikudembe, ancien directeur de Missio Ouganda, sont passés dans nos paroisses.
Bierges 30-03-2018 À Bierges, le 30 septembre, le P. Alphonse N’Guessan parlait de l’Église en Côte d’Ivoire de ses atouts et de ses défis.
Beauraing 07-10-2018
À Beauraing, le 7 octobre, le Père Alphonse a témoigné lors d’une messe concélébrée avec les PP. Bastin recteur des sanctuaires, Coppin directeur de Missio Belgique et Balikuddembe .
Le P. Alphonse retrouve des compatriotes à Beauraing !
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Eupen 08-10-2018 Eucharistie concélébrée à Eupen, avec le P. Alponse et le P. Philip
Après la messe, le Père Alphonse a présenté la Côte d’Ivoire et son Église
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Journée Transmission à Rebecq 13-09-2018 C’est toujours avec plaisir que Missio participe à l’animation de la Journée Transmission qui signe la reprise de l’année de catéchèse pour les enfants se préparant à la confirmation. Cette année, le Père Alphonse N’Guessan a pu animer un atelier autour de la Côte d’Ivoire.
Les habitants de Rebecq ont accueilli avec chaleur les ateliers de la journée Transmission.
Michel Coppin et Erik De Maeyer, de Missio avec les organisateurs de Transmission.
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Nivelles - collégiale 14-09-2018 Les PP. Alphonse, Michel et Philip étaient invités à la collégiale de de Nivelles.
La messe était enregistrée à la radio
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un projet à soutenir en côte d’ivoire
Permettre aux filles-mères de poursuivre leur scolarité C’est une situation fréquente en Afrique de l’Ouest : de très jeunes fille en âge scolaire sont enceintes et quittent définitivement l’école. Leur avenir, comme ceux de leur enfants, se trouve ainsi bien compromis. P. MICHEL ZOH ANGENOR & ARMELLE GRIFFON
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : au cours de l’année scolaire 2016-2017, plus de 1100 filles ivoiriennes de 9 à 14 ans ont quitté l’école parce qu’elles attendaient un enfant. Presque à chaque fois, le père, lui aussi très jeune, disparaît sans laisser d’adresse. REFUSER LA FATALITÉ
C’est parce que Père Michel Zoh, curé de la paroisse ND de Lourdes à Sangouiné, refuse cette
fatalité qu’il a décidé de faire quelque chose. Son projet : ramener les jeunes filles à l’école. Car seul un bagage scolaire suffisant leur permettra plus tard d’assurer leur avenir et celui de leur enfant.
doivent louer et où elles sont livrées à ellesmêmes. Par désir de paraître et par ignorance, elles engagent des relations et se retrouvent enceintes. » En général, les parents sont très pauvres et peuvent difficilement aider leurs filles. Parfois il les abandonnent.
« Il faut compter 110 à 220 €/an pour les frais de scolarité. »
LA PAUVRETÉ EN CAUSE
« La majorité des filles, explique le P. Zoh, viennent des villages environnants et, faute d’internat, logent soit chez un tuteur (souvent un paysan), soit dans une maisonnette qu’elles
Le P. Michel Zoh veut financer les études de ces jeunes filles pour qu’elles ne tombent pas dans la précarité. Il prévoit la prise en charge des frais scolaires pour 25 filles ainsi que des frais alimentaires des enfants. Il voudrait aussi monter une garderie qui serait assurée par des paroissiennes. Ce projet, nous dit-il, « permettra à ma modeste paroisse rurale de contribuer à l’aide aux nécessiteux » Il faut compter 110 à 220 €/an pour les frais de scolarité et 40€/an pour les frais alimentaires. Les jeunes mamans célibataires de Sangouiné vous remercient pour votre aide. Le P. Michel Zoh Angenor est curé de la paroisse ND de Lourdes à Sangouiné, dans les diocèse de Man, en Côte d’Ivoire.
OFFREZ UN AVENIR À CES JEUNES MAMANS ET À LEURS ENFANTS BE19 0000 0421 1012 BPOTBEB 1 Communication : ‘207– projet Sangouiné’ Par virement bancaire ou en ligne sur www.missio.be Merci ! Le P. Michel Zoh veut éviter que ces jeunes filles ne tombent dans la précarité.
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pleins feux sur
L’Église au Venezuela Le Venezuela connaît une crise politique et économique qui affecte durement la population. Le Cardinal Baltazar Porras, archevêque de Mérida au Venezuela, était en visite à Missio en mai dernier. À la veille des élections, il nous faisait part de ses inquiétudes pour son pays et nous rappelait l’engagement de l’Eglise en faveur de la démocratie et son action pour les victimes de la crise. CARD. BALTASAR PORRAS & ARMINDO GONZALEZ
Quel est le rôle de l’Église dans le contexte actuel? Au Venezuela, l’Église catholique est la seule institution capable de résister au pouvoir. Les gens lui font confiance. Son caractère universel lui permet aussi de garder le contact avec l’extérieur du pays, ce qui est important compte tenu de la pression exercée par le régime. Grâce aux réseaux ecclésiaux elle a le soutien des Églises des pays voisins et du Vatican. La situation sanitaire des personnes vivant au Venezuela est catastrophique. Caritas, une des seules orga-
nisations qui peut encore travailler sur place, développe un plan de lutte contre la malnutrition. Elle s’appuie sur un réseau de bénévoles dans les paroisses, notamment pour avoir une vision claire de l’état sanitaire dans le pays.
« L’Église est la seule institution capable de résister au pouvoir. »
Que peut l’Église pour les réfugiés? L’Église vénézuélienne a lancé un plan pastoral intégré pour aider les migrants vénézuéliens en Amérique du Sud. C’est le plan ‘Ponts de solidarité’, préparé par huit Conférences épiscopales d’Amérique du Sud en collaboration avec la Section Migrants et réfugiés du Dicastère pour le Service du Développement humain intégral au Vatican. Il a pour objectif d’accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les vénézuéliens qui sont contraints à émigrer, de les accompagner dans toutes les phases de leur voyage, du départ à l’arrivée ainsi que dans leur possible retour chez eux. Il faut également prendre en compte les besoins de chacun de ces pays parce que cet exil des vénézuéliens ne concerne pas un groupe qui quitte le pays mais plutôt une avalanche qui constitue un problème pour chacun des pays qui doit l’affronter. En ce moment, il s’agit de l’Amérique du Sud, au sein de laquelle l’accueil est le plus important. L’Église du Venezuela est-elle un ‘lanceur d’alerte’? Le pouvoir en place est dans une logique d’autoritarisme et d’abus de pouvoir. Il reste sourd aux voix qui s’élèvent dans le pays pour le dénoncer. En revanche les alertes lancées par l’Église du Venezuela ont un double impact :
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à l’intérieur du pays car la population se sent soutenue par l’Église ; à l’extérieur en tenant les autres pays informés de ce qui se passe et en leur permettant de faire pression sur le pouvoir en place.
Noël est le mois le plus gai au Venezuela, avec les crèches et les feux d’artifice.
Pour les Vénézuéliens il est indispensable que soit mis fin à un régime politique despotique et corrompu qui cause la ruine du pays. Il faut absolument que cesse cet exode massif qui a causé la fuite de nombreux cadres et intellectuels. C’est vrai aussi dans l’Église dont la plupart des cadres laïcs ont quitté le pays. À l’heure actuelle, les Vénézuéliens restés sur place survivent grâce à l’aide que leur apportent ceux qui se sont expatriés.
« L’espoir est une donnée essentielle du tempérament des Vénézuéliens. » Les Vénézuéliens sont-ils très croyants? Le catholicisme est entré au Venezuela avec la colonisation. Si le peuple vénézuélien a adopté la religion du colonisateur, il est aussi resté attaché à ses croyances ancestrales. Il y a donc une série de dévotions proprement vénézuéliennes où le rite s’est mêlé aux coutumes traditionnelles. L’espoir est une donnée essentielle du tempérament des Vénézuéliens qui sont ouverts à la transcendance – et donc à Dieu – et aux autres. Ce binôme foi-espoir est source de force et de résistance pour faire face aux multiples problèmes de la vie et de la société, grâce aux valeurs d’entraide et de solidarité qui le soustendent. Cependant le catholicisme affiché de certains ne semble pas leur paraître pas contradictoire avec des pratiques de corruption qui sont une des plaies de la société.
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Comment se traduit l’engagement des catholiques? Il y a toujours eu au Venezuela des croyants engagés au service de leur peuple. Par exemple : → Juan German Roscio, né en 1769 à Guárico ( Venezuela) a écrit un livre « El triomfo de la Libertad sobre el despotismo* » dans lequel il y a essayé de démanteler la Théologie dominante de l’époque consistant à légitimer à travers le catéchisme l’idée que celui qui est contre la « Monarchie Espagnole » est contre Dieu. C’est le premier combat et la première contribution d’un laïc pour conquérir l’indépendance du Venezuela. → Le docteur José Gregorio Hernandez, un laïc, que le pape Jean Paul II a considéré comme candidat à la Canonisation pour sa vie dévouée aux pauvres. Aujourd’hui, des laïcs vénézuéliens sont engagés dans différents mouvements associatifs, comme Fé y Alegria, (foi et joie), sur le terrain de l’éducation, dans les associations communales, dans les moyens de communication ( Radios communautaires). Ils travaillent aussi dans des associations de réfugiés. On peut dire qu’ils ont pris en mains le projet de Jésus en étant des porteurs de bonnes nouvelles et d’espoir pour tous ! Nous approchons de Noël. De quelle façon vit-on cette fête au Venezuela? Décembre est le mois de plus gai au Venezuela et les vénézuéliens vivent intensément cette
période. Les célébrations de Noël au Venezuela commencent officiellement le 16 Décembre avec les vacances scolaires et le début des Messes de Noël : une messe, très tôt chaque matin, jusqu’au 24 Décembre. Ce jour-là la messe de minuit ou messe du Coq est un must. Famille et amis se réunissent à l’église et chantent les Aguilnados (chants traditionnels de Noël). Il y a aussi la crèche et des feux d’artifice. L’église est décorée de lumières. Les fêtes de Noël se terminent officiellement le 2 Février à la Chandeleur.
« Il y a toujours eu au Venezuela des croyants engagés au service de leur peuple. » Quel message les Vénézuéliens peuvent-ils adresser aux catholiques de Belgique? S’il y une chose qu’on ne peut enlever aux Vénézuéliens, c’est l’espoir. Alors, nous pouvons vous dire : gardez l’espoir, quelles que soient les difficultés que vous rencontrez. Le Cardinal Baltasar Porras est archevêque de Mérida, au Venezuela. *Le triomphe de la liberté sur le despotisme
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Le nouveau Collège St Joseph ouvre
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Kadakulam est un village reculé du district de Tuticorin, dans le Tamil Nadu, à l’extrême Sud de l’Inde. Il compte 4000 habitants, en majorité catholiques (90%). Les villageois vivent essentiellement de l’exploitation des palmiers, notamment pour la production de sucre de coco, et de l’agriculture vivrière. Mais cela ne leur procure pas de revenus suffisants pour vivre. MGR YVON AMBROISE
Cette pauvreté a entraîné un phénomène d’exode rural vers les grandes villes comme Chennai ou Bombay. Sans instruction, ces migrants de l’intérieur ne trouvent à s’employer que comme ouvriers non qualifiés. Voilà pourquoi l’éducation est un des objectifs principaux du diocèse qui a demandé l’aide de Missio pour agrandir les bâtiments de façon à transformer la petite école primaire St Joseph en un collège menant les enfants jusqu’aux premières années de l’enseignement secondaire. Pour cela, il a fallu agrandir les bâtiments existants. L’ÉDUCATION, ENJEU MAJEUR
La nouvelle école accueille désormais 160 enfants de 6 à 13 ans, encadrés par 7 ensei-
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gnants. Les nouveaux locaux ont un toit en béton leur permettant de résister aux intempéries. Les jeunes bénéficient ainsi d’un cadre d’étude agréable et adéquat. Certains élèves viennent du village-même et d’autres des villages environnants. Si les pouvoirs publics paient le salaire des professeurs, tous les autres
« Cette politique éducative a permis d’élever le niveau d’alphabétisation à 86%. »
frais sont à la charge du diocèse. L’enseignement est dispensé en Tamoul, la langue de la région. L’Église juge en effet important d’assurer une éducation de base, en harmonie avec le milieu très traditionnel de la population. Cette politique éducative a permis d’élever le niveau d’alphabétisation à 86%, alors qu’il n’est que de 74% dans l’ensemble du pays. Au total, le diocèse de Tuticorin gère 227 écoles. Il a fait le choix de continuer à subvenir aux importants frais de maintenance des bâtiments scolaires pour offrir aux familles pauvres une opportunité d’ascension sociale. LE DÉVELOPPEMENT DES VALEURS
La fréquentation de l’école a pour effet de développer, chez les enfants comme chez les parents, la ponctualité, l’assiduité au travail, l’honnêteté, la propreté et l’hygiène. Des valeurs essentielles pour espérer progresser dans le monde actuel. Ils acquièrent ainsi la certitude qu’une vie meilleure est possible. L’accent est notamment mis sur l’hygiène personnelle et le souci d’un environnement propre qui améliorent la qualité de vie des villageois.
ses portes à Kadakulam Ceux-ci se rendent compte qu’en investissant dans l’éducation de leurs enfants, ils amélioreront leur statut social. Cela élargit leurs horizons et leur ouvre d’autres perspectives que les activités traditionnelles des palmeraies et de l’agriculture de subsistance. ÉCHEC AU FATALISME
Avec l’élévation du niveau d’instruction, on observe aussi une régression des superstitions très présentes dans les milieux incultes. Il y a dans la mentalité indienne une forme de fatalisme qui pousse les gens à accepter leur sort, sans remettre en question un ordre social injuste. La prise de conscience qu’un changement est possible les libère de cet immobilisme et leur donne confiance en leur propre capacité d’évoluer. Grâce aux associations de parents et d’enseignants, une vision commune de l’éducation des enfants s’élabore, qui donne à tous foi en l’avenir. Et l’on sent de plus en plus la conviction que tous les enfants doivent être éduqués.
important pour le diocèse de Tuticorin. Et cela a été possible grâce à l’aide de Missio qui lui a accordé un subside d’environ 15.000 €. Mgr Yvon Ambroise et toute la population de Kadakakulam en sont très reconnaissants. En aidant les communautés ecclésiales du Tamil Nadu à maintenir une éducation de qualité, vous offrez à des centaines de familles l’espoir de voir leurs enfants sortir de l’ornière de la pauvreté. Déjà assurés d’une solide instruction de base en quittant le collège, certains pourront poursuivre leurs études au lycée. Ceux qui quittent l’école à ce stade ont d’ores et déjà l’assurance de pouvoir acquérir rapidement une formation professionnelle qualifiante qui leur procurera un bon métier. C’est, nous dit Mgr Ambroise, une bénédiction pour Kadakulam et les villages environnants. Missio-
« Cette école est une bénédiction pour Kadakulam et les environs. »
Enfants, permet ainsi chaque année à des milliers d’enfants défavorisés du monde entier d’accéder à un enseignement de qualité et d’espérer une vie meilleure que celle de leurs parents. C’est grâce à votre générosité que tout cela est possible. Mgr Yvon Ambroise est évêque de Tuticorin, un district situé au Sud du Tamil Nadu
« Avec l’élévation du niveau d’instruction on observe la régression des superstitions. » UNE VIE PLUS SAINE
Le gouvernement développe un programme alimentaire assurant aux enfants des écoles un repas de midi équilibré. Par ailleurs, l’école favorise les activités physiques. L’Église met notamment à leur disposition des terrains de sport encourageant ainsi aussi bien l’épanouissement des aptitudes physiques que des relations sociales. MGR AMBROISE REMERCIE MISSIO
On comprend mieux ainsi que le projet de transformation de l’école primaire de village en un collège de plus grande ampleur était un défi
Des élèves de St Joseph’s Middle School.
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congrégations missionnaires
Les scheutistes ou cicm Prêtre diocésain de l’archidiocèse de Malines au milieu du XIXe siècle, Théophile Verbist avait un rêve : ériger un orphelinat en Chine. L’idée était très simple : partir avec quelques prêtres belges en Chine, s’y faire accueillir comme des prêtres appartenant à un vicariat (précurseur d’un diocèse) et prendre en charge des orphelins pauvres.
DANS LE MONDE ENTIER
P. ERIC MANHAEGHE (CICM)
Si pendant les premières décennies de l’aprèsguerre, les vocations se multiplient chez les Scheutistes au point de dépasser le nombre de 2000 membres, elles diminueront ensuite progressivement. À côté de quelques membres chinois, la congrégation compte aujourd’hui des Congolais, Philippins et Américains.
Un projet d’envergure qui conduisit à la reconnaissance officielle en 1862 d’une nouvelle congrégation religieuse par Mgr Sterckx, l’archevêque de Malines : la Congregatio Immaculati Cordis Mariae (cicm), connue comme Pères de Scheut (nom du quartier où les premiers membres résidaient, à Anderlecht) ; en Chine, on parlait de la Mission belge.
La cicm ouvre des maisons aux États-Unis, au Japon, en Haïti, au Chili, à Hong Kong, à Taïwan, au Guatemala, en République Dominicaine, au Brésil et au Cameroun. La mission consiste à fonder ou accompagner de jeunes Églises. Cependant, la congrégation doit faire face successivement à l’expulsion de tous ses membres de la Chine Populaire, à la décolonisation du Congo et à la mutation de société occidentale.
ARDEUR MISSIONNAIRE
Dirigée par le fondateur et premier supérieur général, Théophile Verbist, la première caravane de cinq scheutistes partit en Chine en 1865. Destination : la Mongolie chinoise. En 1900, la congrégation compte déjà environ 400 membres. Il y a des maisons en Belgique et aux Pays-Bas et deux pays de mission : la Chine et
« L’accent est mis sur notre présence aux marges de la société. »
le Congo. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, on compte 1 400 scheutistes ! La cicm est désormais présente aux Philippines (Mountain Province) et en Indonésie (Makassar). Dans un monde dominé par l’Europe il s’agit d’apporter le progrès et donc la « civilisation » outre mer. Dans l’Église catholique, la mission consiste essentiellement à convertir les « infidèles ».
LES DÉFIS DE LA MONDIALISATION
À partir de 1970 la mutation de société s’intensifie et conduit à une diminution des entrées dans la cicm, à laquelle s’ajoute le décès de nombreux scheutistes (- 27 membres par an) : on passe de 1 900 à 800 en 2018… À partir des années quatre-vingt, les maisons de formation se remplissent de nouveau, mais cette fois au Congo, au Cameroun, aux Philippines, en Indonésie et en Haïti, ce qui conduit à une cicm réellement intercontinentale. Devenue multiculturelle et œuvrant dans un monde pluriel, la cicm doit reformuler son identité. L’accent est mis sur la présence en marge de la société dans l’espoir que le Royaume de Dieu y sera accueilli, même par les gens qui n’ont pas l’intention de changer de religion. Un projet toujours en chantier ! FRATERNITÉ UNIVERSELLE
Missionnaires religieux de différentes races et cultures, les cicm veulent témoigner de la fraternité universelle dans le Christ voulue par le Père. « Nous voulons être signe de la solidarité des Eglises particulières dans leur mission universelle. » (Règle des cicm - Art. 2)
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MICHEL COPPIN - DIRECTEUR MISSIO-BELGIQUE
Le 11 novembre, nous commémorions la fin de la Grande Guerre. Des querelles impériales signèrent l’arrêt de mort de milliers de soldats et de civils. Les villages et les villes ont été totalement détruits, y compris dans notre pays. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, nous jouissons d’une paix durable… En Occident, mais pas partout. En Afrique, on se bat pour des matières
« L’Église peut aider à trouver des solutions aux conflits. »
premières ; en Iraq, en Syrie et au Yémen pour le pétrole ; en Colombie pour le pouvoir politique ; au Myanmar, une opération de nettoyage ethnique est imminente. Dans le monde entier, il y a tant de foyers de haine et de terreur. Le simple citoyen en est souvent la plus grande victime, tout comme pendant la première guerre mondiale dans nos régions. L’histoire se répète-t-elle? Qui peut mettre fin à ce carnage? Les Nations-Unies elles-mêmes ne semblent pas être en mesure de répondre adéquatement à ces nouvelles formes de guerre. Quel rôle peut jouer notre Église? Missio y a réfléchi au cours du colloque Omnes Gentes, en collaboration avec Lumen vitae et les facultés théologiques de l’UCL de KU Leuven. Pendant trois jours, des orateurs internationaux se sont penchés ensemble sur la question de la violence, de la religion et de la consolidation de la paix. Dans le public, plus de
37 pays étaient représentés. Dans certains de ces pays une chance est donnée à la consolidation de la paix. Mais dans d’autres la violence prend le dessus. L’Église s’investit à divers niveaux pour la paix, auprès des jeunes comme des adultes. Dans la catéchèse, l’attention est portée aux causes de la violence chez les enfants et les jeunes, afin de les empêcher de devenir une source de violence à leur tour. Aux exclus, elle offre une autre place dans la société. Il revient à Église de montrer que la poursuite de la richesse personnelle, des honneurs et du pouvoir nourrissent les conflits et d’offrir une alternative d’espoir. Nous espérons prévenir les guerres en aidant à trouver la solution aux conflits. Suivant ainsi les pas de Jésus, continuons à proclamer son message. Un message de paix pour mieux vivre ensemble.
missio, un nom, des personnes Du 12 au 14 novembre, le colloque Omnes Gentes a donné l’occasion à des théologiens de divers continents de montrer comment l’Église peut être acteur de paix dans le monde
P. Vincent Kundukulangara - Inde.
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Mary Lilian Akhere Ehidiamhen – Nigéria.
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La solidarité en héritage Vous souhaitez faire durer votre solidarité ? C’est possible, grâce à un legs mentionné dans votre testament. Vous pourrez ainsi continuer à aider les communautés locales qui, en Afrique, en Asie et en Amérique Latine annoncent l’Évangile. Ce testament peut être manuscrit (écrit de votre propre main, daté et signé par vous) ou fait devant notaire.
Renseignez-vous auprès de votre notaire ou contactez le directeur de Missio Belgique, le Père Michel Coppin : legs@missio.be ou 02 679 06 30.
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suara Rédacteur en chef Michel Coppin Rédaction finale Armelle Griffon Ont collaboré Mgr Yvon Ambroise, Michel Coppin, Catherine De Ryck, Armindo Gonzalez, Armelle Griffon, P. Eric Manhaeghe, Card. Baltasar Porras, P. Michel Zoh Angenor Photos Missio, Shutterstock / GOLFX, Shutterstock / pixelheadphoto digitalskillet, Shutterstock / Yakobchuk Viacheslav, Shutterstock / CatherineL-Prod, Shutterstock / Paolo Costa, Shutterstock / Sebastorg, Pixabay Mise en page et impression Halewijn nv Éditeur responsable Michel Coppin, Bld du Souverain 199, 1160 Bruxelles Info et contact Bld du Souverain 199, 1160 Bruxelles, 02 679 06 30 info@missio.be, www.missio.be Abonnements et changements d’adresse suarafr@missio.be Réactions et suggestions communication@missio.be Missio Wallonie-Bruxelles Bld du Souverain 199, 1160 Bruxelles Tél.: 02 679 06 47, wallonie@missio
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