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suara le journal de l’église en mission Trimestriel » 18ème année n°69 » septembre/ octobre/novembre 2017

L’urgence de la mission » À VOS MARQUES ! » L’URGENCE DU TÉMOIGNAGE » VOUS SEREZ COMME DES DIEUX

© RAWPIXEL

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éditorial

sommaire suara 69

Debout !

“ Réunis à Banneux le 23 août, les missionnaires prient pour que la mission continue de fleurir aujourd’hui. “

Combien de temps encore allons-nous assister en nous désolant au lent rétrécissement de nos communautés chrétiennes, comme s’il était inéluctable ? Si les premiers disciples avaient été aussi défaitistes que nous, voilà belle lurette qu’ils seraient passés aux oubliettes de l’Histoire !

“ Il est urgent pour le prêtre et tout baptisé d’être le témoin de l’Évangile par les actes et non pas les discours ”

Il est urgent de nous secouer et de faire revivre l’esprit missionnaire qui a fait le succès du groupe de pouilleux qui suivaient le Nazaréen. Nous chrétiens, nous avons le pouvoir de changer le monde. Nous avons la capacité de proposer des solutions à l’individualisme, à l’indifférence, à l’exploitation irréfléchie des ressources naturelles, à l’accumulation compulsive des richesses matérielles. L’Église catholique a la chance d’avoir un Pape dont la voix est entendue et qui rappelle sans cesse aux dirigeants, comme aux chrétiens de base, leurs responsabilités dans la construction d’un monde plus humain. Alors réveillons-nous ! Sortons de nos églises ! Soyons missionnaires à contretemps. N’oublions pas que chacun de nos actes de bienveillance, de solidarité, de fraternité, font grandir le Royaume de Dieu. C’est là notre mission. Mais sachons aussi prendre le temps de recul nécessaire pour ne pas tomber dans l’activisme. Sans des moments de prière individuelle et collective, sans la lecture et la méditation de la Parole de Dieu, nous risquons fort de nous essouffler.

» Lire en page 5 .”

» Lire en page 7&8 .

“ L’Évangile nous le montre, avec Jésus, les obstacles peuvent être vaincus ” » Lire en page 10 .

DANS CE NUMÉRO À vos marques » Projet – Kananga mis à sac » 24e pèlerinage missionnaire de Banneux » Vous serez comme des dieux » Témoigner, une exigence de la mission » Tendre la main à la RDC » La mission, une question de confiance » Missio, un nom, des personnes » Billet »

À voir

Nouveau site web Notre site Internet a fait peau neuve. Rendez-vous sur www.missio.be.

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La mission aujourd’hui

À vos marques Avec sa nouvelle campagne missionnaire d’octobre, Missio s’interroge sur la façon dont l’esprit missionnaire peut être vécu aujourd’hui en Église. Nous voulons ici amorcer avec vous un dialogue, pour porter un autre regard sur notre mission de disciples du Christ. Individuellement, comme croyant, ou en communauté, des gestes ou des initiatives très simples peuvent changer notre vie et celle des autres. Nous vous livrons ici quelques suggestions, mais vous en aurez sûrement bien d’autres. Tenez-vous prêts à partager votre inspiration ! »» ARMELLE GRIFFON

ICI | Témoignage dans la vie quotidienne

Respect • Probité • Fiabilité • En famille, au travail, à l’école Suggestion : pratiquer la bienveillance

ICI | Attention aux autres

Malades • Personnes seules • Personnes dans le besoin Suggestion : apporter l’Eucharistie à un voisin malade

DANS LE MONDE | Curiosité et ouverture

S’informer sur ce qui se passe dans le monde • Découvrir d’autres façons de vivre • Agir contre l’injustice Suggestion : se laisser inspirer par la vie des autres chrétiens dans le monde

DANS LE MONDE | Solidarité

Communiquer avec d’autres chrétiens dans le monde Être solidaire des autres communautés chrétiennes dans le monde Suggestion : correspondre avec un séminariste d’Asie ou d’Afrique parrainé par votre communauté

ICI | Des communautés accueillantes

Célébrations adaptées aux enfants • Faire une place aux différentes cultures Accueil de tous • Ouverture des églises Suggestion : être attentif aux étrangers dans notre communauté

ICI | L’Église, lieu de rencontre

Ouvert à tous • Activités visant un public large • Accueil de tous Aller à la rencontre des personnes seules, malades… Suggestion : informer les habitants du quartier des activités culturelles qui ont lieu à l’église

DANS LE MONDE | Avoir une vision universelle

Voir plus loin que son église, son diocèse • Jumelage de paroisses Union de prière avec les autres communautés Suggestion : organiser un moment de prière pour les Chrétiens persécutés

DANS LE MONDE | Une communauté en service

Comme Jésus, se mettre au service et se laisser évangéliser par les pauvres Aider les autres communautés chrétiennes : soutien des actions de Missio, Chanteurs à l’étoile Suggestion : répondre généreusement aux appels à la solidarité avec les autres communautés chrétiennes

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Projet

Le séminaire de Kananga vandalisé La situation en République démocratique du Congo, en général, et dans la région du Kasaï en particulier, est particulièrement inquiétante. Les media parlent d’une catastrophe humanitaire. Mais, sur le terrain de Missio également, les besoins sont importants. Le grand séminaire de Kananga a besoin de votre aide . »» ROBERT VASTMANS

Le 18 février 2017, les militaires ont tenté de chasser les ‘rebelles’ qui avaient envahi les locaux du Grand Séminaire de Kananga et les utilisaient comme base de leurs expéditions de pillage. Les rebelles ont alors saccagé toute l’infrastructure du séminaire.

Mise à sac

Le recteur du séminaire a dû fuir. Il est venu chez nous, et nous a exposé la situation de son séminaire. Dans les locaux, tout a été détruit : les lits et les matelas brûlés, les ordinateurs jetés dans la cour intérieure et détruits, le carburant des motos versé à terre…Les photos que le recteur nous a procurées ne sont pas très nettes. Vu les conditions dans lesquelles elles ont été prises, cela n’est guère étonnant . Missio Belgique aidera le séminaire à partir de deux de ses fonds de projets : l’action ICT et l’action véhicules.

Ordinateurs

C’est précisément ce séminaire de Kananga qui fut le premier projet vers lequel Missio Belgique envoya jadis un lot d’ordinateurs de seconde main révisés. Nous comptons sur votre appui en vue de pouvoir en fournir de nouveaux. C’est un investissement de 600 € par pièce, y compris les frais de transport .

Motos

Les motos que possédaient le séminaire sont irréparables. Leur remplacement tournera autour des 7.500 €. Deux d’entre elles peuvent encore être réparées, pour un montant de 620 €. D’où notre appel destiné à renforcer nos fonds « véhicules pour la mission ».

Robert Vastmans est coordinateur des projets à Missio-Belgique. 5Les dégâts au séminaire de Kananga

SOUTENEZ LE SÉMINAIRE DE KANANGA Aidez le séminaire du Katanga à se reconstruire. Vous pouvez verser votre contribution sur le compte de Missio asbl:

IBAN BE19 0000 0421 1012 • BIC BPOTBEB1 Avec la communication ‘Séminaire Kananga’. Ou en ligne sur www.missio.be.

Les projets pastoraux ne peuvent légalement pas bénéficier de l’attestation fiscale.

Offrez une longue vie à votre solidarité Vous souhaitez faire durer votre solidarité ? C’est possible, grâce à un legs mentionné dans votre testament. Vous pourrez ainsi continuer à aider les communautés locales qui, en Afrique, en Asie et en Amérique Latine annoncent l’Évangile. Ce testament peut être manuscrit (écrit de votre propre main, daté et signé par vous) ou fait devant notaire. Renseignez-vous auprès de votre notaire ou contactez le directeur de Missio Belgique, le Père Michel Coppin : legs@missio.be ou 02 679 06 30.

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Dans les coulisses de Missio

À Banneux, les missionnaires se retrouvent Un parcours alternatif

Le traditionnel pèlerinage missionnaire de Banneux a eu lieu pour la 24ème année consécutive le mercredi 23 août. Comme d’habitude, il rassemblait des missionnaires en activité ou retraités. Tous étaient heureux de se retrouver et de prier pour que la mission continue de fleurir aujourd’hui. Cette année, il a été marqué par une nouvelle initiative (voir encadré). »» ARMELLE GRIFFON

Venus de partout

Missionnaires belges en congé, prêtres et religieuses étrangers en mission chez nous, anciens missionnaires à la retraite ou reconvertis dans la pastorale locale, formaient une assemblée bigarrée à laquelle s’étaient joints quelques laïcs. Si les têtes blanches ou grises étaient nombreuses, les costumes africains de certaines participantes mettaient de la couleur dans l’assistance.

danse à contretemps du tempo imposé par nos sociétés consuméristes et individualistes, la flamme de la mission n’est pas près de s’éteindre. En Corée du Sud en effet, l’Église est résolument missionnaire malgré le développement technologique du pays et l’esprit de compétition qui y règne.

sont accueillis. Le P. Michel Roncin des Missions étrangères de Paris côté francophone, et Mgr van Looy côté néerlandophone, ont partagé leur longue expérience de pasteurs au Pays du Matin Clair. Pendant ce temps, un dizaine de pèlerins empruntaient un autre parcours.

Près de 1000 missionnaires coréens sillonnent le globe pour semer des graines d’Évangile partout où ils

Armelle Griffon est responsable de la communication francophone à Missio.

Elly Mattheus et Catherine De Ryck, collaboratrices néerlandophones de Missio, ont organisé cette année un programme alternatif pour les personnes désireuses de participer à une marche plus longue à travers la campagne et les villages environnants. Au cours de leur parcours, les pèlerins ce sont arrêtés pour réfléchir au sens de leur mission de chrétien. À partir de situations de leur vie quotidienne, ils ont exploré des pistes simples et concrètes pour être à leur niveau, près de chez eux, des disciples missionnaires. Donner du temps aux autres, être attentifs à leurs difficultés, penser à les porter dans la prière, apporter de la joie autour de soi, sont autant de moyens qui rendront le message de l’Évangile attractif.

“La flamme de la mission n’est pas près de s’éteindre.”

La ferveur et la joie étaient au rendez-vous, aussi bien au cours du parcours de prière du matin que de l’eucharistie concélébrée et présidée par Mgr van Looy, évêque de Gand.

Redynamiser la mission

Au cours de la matinée, les participants ont pu participer à une conférence sur la Corée, pays-phare de la campagne Missio de 2017. Une occasion de découvrir que si, aujourd’hui, dans les sociétés occidentales, le missionnaire

© MISSIO

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POUR ALLER PLUS LOIN

« Vous serez comme des dieux… » À une époque où tout va très vite et où l’homme semble acquérir un pouvoir proprement surhumain, l’urgence de poursuivre la mission confiée par le Christ s’impose à nous. Il n’y a pas de temps à perdre pour rappeler à nos contemporains, que le progrès, sans la justice, l’amour d’autrui et le respect de la nature, peut détruire ce monde que Dieu nous confie. »» P. MICHEL RONCIN

On n’arrête pas le progrès

Depuis quelques décennies l’Histoire humaine semble s’emballer. En quelques décennies les moyens de transports se sont multipliés et démocratisés de façon extraordinaire. La recherche scientifique a fait des progrès considérables. La santé publique

a été grandement améliorée et l’espérance de vie a beaucoup augmenté. En ce début de XXIème siècle, les nouvelles technologies de l’informatique sont en train de révolutionner les communications, les transports, la santé, la biologie et les diverses sciences, et pourraient nous faire espérer un monde paradisiaque…

Pas si idyllique

Mais est-ce bien si sûr ? Hélas, de nombreux nuages s’accumulent et assombrissent notre horizon. Le changement climatique, la destruction de la faune terrestre et marine, la dégradation des sols et de la biodiversité, la pollution de la terre et des océans nous prouvent à l’évidence que nous faisons un mauvais usage des ressources de la planète. Nous

le voyons bien aussi avec l’augmentation de la violence, avec l’accroissement du fossé entre riches et pauvres, avec l’accumulation des richesses entre quelques mains au détriment de la grande majorité de la population mondiale. Les nouvelles technologies peuvent être au service du bien comme au service du mal : tout dépend de l’usage que nous en faisons. Et finalement, tout dépend du cœur de l’homme.

Comme des dieux

Dans le chapitre 3 de la Genèse, aux versets 4 et 5, dans le dialogue entre la femme et le serpent à propos de l’arbre dont Dieu a interdit de manger le fruit sous peine de mort, l’auteur fait dire au serpent: « Non, vous ne mourrez pas, mais Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux possédant la connaissance du bonheur et du malheur. » Et, malicieusement, l’auteur ajoute peu après au verset 7, que, lorsque Adam et Ève eurent mangé du fruit de cet arbre: « leurs yeux s’ouvrirent et ils surent qu’ils étaient nus. »

Une dangereuse illusion

Ce texte de la Genèse est d’une actualité brûlante. Il nous rappelle que l’homme fait fausse route quand il veut se passer de Dieu, quand il prétend construire un monde sans Dieu. Dieu est notre référent. Et prétendre construire un monde sans Dieu est une dangereuse illusion.

LES NOUVELLES TECHNOLOGIES PEUVENT ÊTRE AU SERVICE DU BIEN COMMUN

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Le P. Michel Roncin, des Missions étrangères de Paris (MEP), est actuellement secrétaire général des MEP


Église en Belgique

Témoigner, une exigence de la mission L’abbé Anastas Sabwe, curé dans le diocèse de Namur, nous livre ici son expérience de pasteur dans les paroisses de Wallonie. Ce prêtre venu d’Afrique doit s’adapter à la différence culturelle et tenir compte des bouleversements nés de la sécularisation et de la mondialisation. Ce défi posé à l’accomplissement de sa mission de prêtre et de chrétien est pour lui un des enjeux principaux de son ministère. »» ABBÉ ANASTAS SABWE

Dans son encyclique « LUMEN FIDEI ou La Lumière de la foi » de 2013, le pape François souligne au numéro 38 ce qui suit : « La transmission de la foi, qui brille pour tous les hommes et en tout lieu, traverse aussi l’axe du temps, de génération en génération. Puisque la foi nait d’une rencontre qui se produit dans l’histoire et éclaire notre cheminement dans le temps, elle doit se transmettre au long des siècles. C’est à travers une chaîne ininterrompue de témoignages que le visage de Jésus parvient jusqu’à nous… » Pour parler de l’urgence de la mission en Belgique, en tant que prêtre

© EMMANUEL VAN LIERDE

diocésain sur le terrain, je compte modestement parler de mon expérience pastorale dans le diocèse de Namur où je suis incardiné. Mon témoignage sera construit autour de trois tableaux.

“J’accorde une attention particulière aux jeunes.”

S’inculturer

Le premier tableau est le travail de l’inculturation personnelle. Provenant d’une culture non occidentale, exercer

mon ministère pastoral dans une culture différente de la mienne, reste un défi à relever. Face aux phénomènes de la mondialisation, à la sécularisation, à l’indifférence et à l’ignorance religieuse, je suis confronté à une nouvelle dynamique culturelle. Comment exercer mon ministère pastoral dans ce contexte pluriel ? Répondre à cette question, exige de ma part un effort permanent d’inculturation et d’ouverture à l’autre, pour m’insérer dans les réalités locales, connaître l’histoire de mes paroisses, du pays. Comme le dit la parabole du grain qui pousse tout seul (Marc 4,26-29), germination et croissance demandent du temps. L’inculturation serait ainsi entendue comme ce lent processus au cours duquel émergerait une culture nouvelle ; avec comme défi le rapport à l’altérité.

Répondre aux besoins pastoraux

Ayant déjà fait un pas de plus dans ce processus de l’inculturation en Belgique, mon deuxième tableau va mettre en évidence les points clés de mon ministère. Je reste très attentif à la catéchèse (préparer les jeunes à la première communion, à la confirmation) ; là les « jeunes » m’apprennent aussi beaucoup de

“Inculturation et ouverture à l’autre sont les clés de mon ministère.”

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Église en Belgique leurs cultures. C’est toujours un plaisir et une joie chaque fois que je partage avec eux la vie et les actes de Jésus que nous sommes appelés à imiter aujourd’hui.

Être à l’écoute

La préparation au mariage, les baptêmes, les visites dans les écoles, les fêtes locales, les bénédictions des maisons restent aussi des moments

intenses dans mon ministère, où je rencontre et échange avec les paroissiens. Sans oublier la visite des personnes âgées. Le moment très délicat et où je rencontre presque toutes les convictions, ce sont les funérailles. Là il faut être très prudent, très attentif. Savoir très bien soigner ces célébrations : avant avec la famille, pendant la célébration et après. Essayer de trouver les mots justes pour accompagner les familles.

Prendre du recul “Après toutes ces rencontres, il faut prendre un temps pour soi.”

Après toutes ces rencontres, il faut toujours prendre un temps pour soi, un recul ; c’est le troisième tableau. A l’exemple de Jésus qui se retirait régulièrement après sa pastorale, et a recommandé à ses disciples d’en faire autant : « venez à l’écart et

reposez-vous un peu » (Marc 6, 31). C’est très important dans la vie d’un prêtre : temps de prière, lecture, méditation. Parvenir à concilier l’action et la contemplation.

“Notre mission est belle, mais délicate et exigeante.”

Marie nous accompagne sur ce chemin…

L’urgence du témoignage

Face à la mondialisation sous toutes ses formes, à la sécularisation et là l’ignorance religieuse, il est urgent pour le prêtre et tout baptisé d’être le témoin de l’Évangile par les actes et non pas seulement par les discours. Parcourant attentivement les évangiles nous voyons combien les actes de Jésus parlaient plus que des mots.

S’abandonner au Père La vie quotidienne du prêtre est aussi rythmée des mystères joyeux, glorieux, douloureux et lumineux. Que la Vierge

Je pense à un maître spirituel que j’aime beaucoup. Il s’agit de Charles de Foucauld. Cet homme, après une vie dissolue, a rencontré le Seigneur à travers le sacrement de pardon. Après sa conversion ce jeune français a proclamé l’évangile par son action auprès des Touaregs en Algérie. Après un séjour riche de prières et la découverte du visage de Jésus humble et pauvre à Nazareth, ce mystique à tout quitté pour cheminer avec les pauvres. Sa prière, Mon Père je m’abandonne à toi, est presque la synthèse de sa vie. Nous aussi, nous pouvons être des témoins...

Une mission exigeante

La mission est belle mais délicate et exigeante. Prenons Jésus pour modèle. Que l’adaptation de notre action aux réalités culturelles, les activités pastorales sous toutes leurs formes, les temps de ressourcement, soient pour chacun de nous une occasion d’être témoin du pardon, de l’amour, de la paix. Confions cette urgence missionnaire à notre dame de Beauraing, la Vierge au cœur d’or.

Abbé Anastas SABWE , Curé modérateur du secteur pastoral YvoirMont Godinne

SOYONS DES TÉMOINS DU PARDON, DE L’AMOUR ET DE LA PAIX. © RACHEL HARTLAND

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POUR ALLER PLUS LOIN

Tendre la main au peuple de la RDC Après 57 ans d’une histoire tumultueuse, la République Démocratique du Congo, traverse actuellement une crise multiforme qui affecte tous les secteurs de la vie nationale. Des générations entières ont été sacrifiées et utilisées comme marchepieds par des politiciens sans scrupules et le pays n’arrive pas à s’en remettre. »» YAFUSTAN ATIDO

Malgré le message lancé le 23 juin 2017 par la Conférence épiscopale de la RDC et intitulé « Le pays va très mal. Debout, congolais ! Décembre 2017 approche », rien ne change. L’Eglise elle-même a fait l’objet d’une campagne de dénigrement et de calomnies et des lieux de cultes ont été profanés.

Une situation humanitaire dramatique

Un rôle possible de l’Église catholique

Pour aider le peuple congolais à sortir de cette situation, l’Église catholique pourrait adopter une démarche en plusieurs temps. 1. Développer un plan pastoral pour faire prendre conscience

aux fidèles de leurs responsabilités et peser sur les leaders d’opinion pour faire échec à la violence. 2. Regrouper de leaders connaissant les sacrifices qu’exige ce combat. Ils devront pacifiquement poser des actes de revendication citoyenne et peut-être les défendre au péril de leur vie. À eux d’éduquer et convaincre le peuple de prendre son destin en main. 3. Identifier dans ce groupe, une personne capable d’incarner la lutte, qui, tel Gandhi, aurait une vision claire de l’avenir de la Nation. Il incombe à l’Église de soutenir et d’accompagner ce leader tout au long de sa mission.

4. Utiliser les canaux de la presse écrite et audiovisuelle pour faire pression sur les gouvernants afin qu’ils respectent les droits fondamentaux des citoyens. 5. Intensifier le lobbying en faveur de la paix et du développement de la RDC, d’où le rôle incontournable du Vatican, dans la mesure où bon nombre d’officiels congolais sont catholiques. De par son influence, l’Église semble être le dernier recours d’un pays au bord du gouffre.

Yafustan U.W. Atido est membre d’un mouvement de laïcs chrétiens à Kinshasha.

Dans cette situation, l’Église catholique reste cependant la seule Institution de la Société civile congolaise disposant d’une organisation et d’une architecture capable de mobiliser les citoyens jusque dans les coins les plus reculés de la République. En effet, grâce à ses nombreux canaux de communication, ses groupes de vie et ses Commissions paroissiales, elle est présente partout. Son leadership reste en outre incontesté. Les évêques de RDC ont affirmé en juin dernier : « il ne faut céder ni à la peur ni au fatalisme » … « Nous devons prendre en main notre destin commun ». L’Église doit agir pour permettre aux chrétiens d’assumer ce rôle. © STEVE EVANS

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Bible

La mission, une question de confiance Selon les évangiles synoptiques, Jésus a passé les trois derniers jours de sa mission à parcourir la campagne autour du lac de Galilée. Il le savait, le sort qui l’attendait serait un échec aux yeux des hommes. Et pourtant, aujourd’hui, l’histoire du Galiléen continue à nous faire signe. »» AUGUSTINE THASANU HATTHAKARNKUL & ARMELLE GRIFFON

Jésus n’a jamais promis qu’il serait facile de le suivre et ses disciples eux-mêmes ont fait l’expérience, au cours de ces trois jours, des difficultés qui les attendraient. Cela ne les a pas empêchés de poursuivre leur mission.

La mer qui nourrit

La ‘mer’ de Galilée est désignée sous différents noms dans le Nouveau Testament : lac de Génésareth (Luc 5, 1), lac de Tibériade (Jean 6, 1), mer de Kineroth (Jos 12, 3). L’eau fraîche de ce lac nourrit les populations qui vivent à proximité, en Israël et en Jordanie. Notamment grâce aux pêcheurs locaux. Jésus a appelé Pierre, André, Jacques et Jean à le suivre alors qu’ils pêchaient dans ce lac (Mr 4, 18-22). Levi (Matthieu) se trouvait dans le bureau des impôts au bord du lac lorsque le Seigneur l’appela (Mc 2, 13-14). Après avoir parlé à la foule et attiré de nombreuses personnes au bord du lac, Jésus se retira sur la montagne où il choisit ses douze disciples (Mc 3, 13-19).

Le lieu de tous les dangers

À plusieurs reprises, Jésus et ses disciples se retrouveront sur la mer de 10 »

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Galilée ou à proximité. C’est ainsi qu’un jour, après avoir nourri 5000 hommes, Jésus envoya ses disciples de l’autre côté de la mer tandis qu’il renvoyait la foule. Quand vint le soir, la barque fut prise dans une tempête au milieu du lac. Jésus vint sur eux en marchant sur l’eau. Pierre voulut le rejoindre mais, effrayé par le vent violent, commença à

se noyer. Jésus le sauva. Lorsqu’il entra avec Pierre dans la barque, le vent se calma et ils se retrouvèrent sur l’autre rive (Mt 14, 22-34).

Surmonter la tempête

À une autre occasion, Marc évoque les violentes tempêtes du lac de Galilée : lorsque, traversant le lac avec ses disciples, Jésus s’endort dans le bateau et que les apôtres, paniqués, le réveillent. Aussitôt, Jésus commande aux éléments de se calmer et la tempête s’apaise, suscitant chez ses amis un questionnement sur sa personne : Qui est-il donc pour que même le vent et la mer lui obéissent ? (Mc 4, 35-41).

Pas de mission sans confiance

Ainsi donc la mission que Jésus confie à ses apôtres apparaît-elle comme périlleuse. Il n’est pas facile de dominer son angoisse face aux difficultés que l’on rencontre sur le chemin de la foi. Embûches symbolisées par les tempêtes sur la mer de Galilée, terre des Gentils. Et pourtant, l’Évangile nous le montre, avec Jésus les obstacles peuvent être vaincus. À nous, ses disciples d’aujourd’hui, de lui faire confiance.

Augustine Thasanu Hatthakarnkul, prêtre de Bangkok, en Thaïlande, étudie actuellement à Rome.


MISSIO, UN NOM, DES PERSONNES

5Le 29 juin dernier, les bénévoles de Missio se sont retrouvés à notre siège pour une présentation de la nouvelle campagne d’octobre. © MISSIO

billet Aujourd’hui plus que jamais, les jeunes chrétiens doivent se demander ce que « la mission » peut bien signifier pour eux. De nouvelles initiatives fleurissent. Si elles se manifestent moins chez nous, je les vois cependant prendre forme, petit à petit, dans les pays voisins, avec un certain contenu. J’ai pu participer en Croatie à des rencontres hebdomadaires de centaines de jeunes universitaires qui se réunissent pour se former et prier ensemble. En Autriche, dans le Vorarlberg, j’ai pris part à Dornbirn à l’une de leurs « Nuits de la Miséricorde ». En quatre endroits de ce petit diocèse, des dizaines de jeunes se rassemblent tous les mois pour prier, chanter, et recevoir une petite formation. Cette initiative venue des jeunes eux-mêmes occupe toute une soirée, de 19 à 22h. Elle s’accompagne de chants de qualité et se termine par une eucharistie, suivie d’un temps d’adoration, et d’une confession pour ceux qui le désirent. Les jeunes entrent dans l’église ou la quittent librement. Certains vont à l’extérieur distribuer des dépliants aux jeunes qui passent. Ils peuvent revenir encore un peu à l’église pour un temps de prière. Certains viennent seulement voir. D’autres y trouvent quelque chose, et y restent. Après la célébration, les amis terminent souvent la soirée en ville. Ce phénomène assez nouveau semble avoir le vent en poupe. Dans notre couvent de Dornbirn également, un groupe de jeunes vient maintenant chaque semaine pour prier et chanter. Remarquons qu’il s’agit d’une initiative des jeunes pour les jeunes. On y voit rarement des prêtres, mais l’évêque, Mgr Benno Belps, se mêle souvent aux jeunes. Tous ceux qui le souhaitent peuvent lui parler. Ces jeunes qui prient lui donnent un nouveau souffle !

5Le 23 août 2017, le 24ème pèlerinage missionnaire national de ND de

Banneux a rassemblé des missionnaires belges et étrangers autour du thème de la campagne Missio 2017 : Missionnaire à contretemps. © MISSIO

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On peut dire et écrire beaucoup de choses sur la mission, mais des exemples concrets comme ceux-ci servent d’invitation. Si des jeunes pleins d’enthousiasme prennent de pareilles initiatives, après un début difficile ils recueilleront certainement des fruits. À eux de les lancer et à nous, les aînés, de soutenir par nos prières et nos encouragements leur manière d’être croyants .

Directeur de Missio-Belgique

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Rédacteur en chef : P. Michel Coppin Rédaction finale : Armelle Griffon Ont collaboré : Juliette Binyungu, P. Michel Coppin, Armelle Griffon, Augustine Thasanu Hatthakarnkul, Elly Mattheus, P. Michel Roncin, P. Anastas Sabwe, Robert Vastmans Photos : Rachel Hartland, Missio, Rawpixel, Emmanuel Van Lierde Mise en page et impression : Halewijn nv

Editeur responsable Michel Coppin Bd du Souverain 199 1160 Bruxelles Info et contact Bd du Souverain 199 1160 Bruxelles 02 679 06 30 info@missio.be www.missio.be

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Suara est un mot indonésien qui signifie voix. Suara veut être la voix des sans voix, le porte-parole des catholiques à travers le monde. Suara vous informe sur la vie des Eglises locales et de leurs communautés qui s’efforcent de vivre à la lumière de l’Evangile. Suara vous relie à l’Eglise Universelle. www. .be .be

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