Issuu on Google+

BERYL KOLTZ

Je me vois comme un champ où Je sème les graines AUTOMNE 2011


ÉDiTo

pour un nouvel enchantement

CEO: Mike Koedinger

COO: Rudy Lafontaine

DRH: Thierry van Ingelgom

ÉDITEUR MaIsOn MODERnE PUBLIsHIng TÉLÉPHOnE: (+352) 29 66 18 - 1

E-MaIL: publishing@maisonmoderne.lu sITE: www.maisonmoderne.lu

DIRECTEUR DE La PUBLICaTIOn: Mike Koedinger DIRECTEUR DEs RÉDaCTIOns: Marc Gerges

RÉDaCTIOn JOURnaLIsTE: Céline Coubray COLLaBORaTEURs: Catherine Callico, France Clarinval, Marie Narjani COORDInaTIOn: Deborah Lambolez PHOTOgRaPHEs: Julien Becker, Éric Chenal, David Laurent/Wide, Andrés Lejona, Olivier Minaire CORRECTIOn: Cynthia Schreiber, Cathy Weber ILLUsTRaTIOn: Stina Fisch DEsIgn MaIsOn MODERnE DEsIgn TÉLÉPHOnE: (+352) 27 62 12 62

E-MaIL: design@maisonmoderne.lu sITE: www.maisonmoderne.lu DIRECTEUR: Guido Kröger

DIRECTIOn aRTIsTIqUE: Pau Casals COORDInaTIOn: Tae Eun Kim

RÉgIE PUBLICITaIRE MaIsOn MODERnE MEDIa saLEs TÉLÉPHOnE: (+352) 27 17 27 27 - 1

E-MaIL: mediasales@maisonmoderne.lu sITE: www.maisonmoderne.lu

DIRECTEUR COMMERCIaL: Francis Gasparotto DIRECTEUR DE CLIEnTèLE: Aurélio Angius CHaRgÉE DE CLIEnTèLE: Audrey Gollette

En COUvERTURE:

Extrait du film Hot Hot Hot de Beryl Koltz © Patrick Müller Pour joindre les collaborateurs par e-mail, suivez le modèle: prenom.nom@maisonmoderne.lu

Please Recycle

Vous avez fini de lire ce magazine? Archivez-le, transmettre-le ou bien faites-le récycler!

© Éric Chenal

Numéro ISSN: 1992-4003

Conformément à l’article 66 de la loi de 08.06.2004 sur la liberté d’expression dans les médias: La société éditrice de Désirs est détenue indirectement, par une participation excédant 25%, par Mike Koedinger, éditeur indépendant domicilié au Luxembourg. La gestion quotidienne est confiée à Mike Koedinger. Maison Moderne ™ is a trademark used under licence by MM Publishing SA, MM Editorial Design SA and MM Media Sales SA. © MM Publishing SA (Luxembourg) Tous droits réservés. Toute reproduction, ou traduction, intégrale ou partielle, est strictement interdite sans l’autorisation écrite délivrée au préalable par l’éditeur.

Vous l’aurez remarqué: entre vos mains, vous tenez un nouveau Désirs! Initialement conçu comme un supplément «luxe» de paperJam, Désirs s’émancipe pour sa septième saison, avec une nouvelle ligne éditoriale, un nouveau format et une nouvelle maquette. La couverture souligne volontairement ce nouvel axe qui se définit aussi par un graphisme et une iconographie recherchés. La ligne éditoriale s’affine encore pour être totalement dédiée à la création, à la qualité et à l’actualité, principalement du Luxembourg mais pas exclusivement. Au fil des pages: des portraits de personnes qui font bouger le pays, de grandes interviews (la cinéaste Beryl Koltz, le designer Charles Kaisin, le styliste Walter Van Beirendonck), des portfolios de photographes (Éric Chenal nous fait partager sa vision de la Biennale de Venise), des pages d’actualité (interview avec les principaux candidats aux élections municipales à Luxembourg), d’autres dédiées à la mode, ainsi que des rendez-vous réguliers, comme «Mon Désir», la «Playlist», les 10 «Love/ Hate», la page «I had a dream», qui font découvrir une personnalité sous un angle atypique. La vie urbaine a toujours sa place dans notre magazine, avec des pages consacrées à l’actualité des commerces, les spectacles à ne pas rater, nos coups de cœur «produits»… Autant d’occasions de rester curieux, d’avoir envie de découvrir et de partager les bonnes initiatives et la qualité créative. PaR CÉLInE COUBRaY


4 invitÉ

Mon désir... ... serait de faire une retraite dans un monastère Shaolin, car cela me permettrait d’associer spiritualité, méditation et entraînement physique. Mon but est, bien que cela ne transparaisse pas dans mes spectacles, de pouvoir concilier force physique et harmonie spirituelle. Georges Christen illustré par Stina Fisch

Georges Christen (1962) est l’homme fort du Luxembourg. Depuis ses 19 ans, il a réalisé 22 records officiellement inscrits dans le Livre Guinness des Records, dont les plus connus sont la traction, avec les dents, d’un wagon de chemin de fer, l’empêchement simultané du décollage de trois avions, la traction d’un bus ou d’un bateau par la force de la mâchoire, le pliage de 368 clous en une heure, le déchirement d’annuaires téléphoniques… www.georges-christen.com

Désirs automne 2011


5 invitÉ

Désirs automne 2011


BMW Série 6 Coupé

www.bmw.lu

Le plaisir de conduire

TROP BELLE POUR LES AUTRES. Que vous soyez au volant ou que vous l’admiriez de l’extérieur, l’aura de la nouvelle BMW Série 6 Coupé s’impose avec un souverain naturel. Trop belle, tout simplement, pour ne pas faire battre les cœurs. Si belle que vous voudrez être le seul à vivre avec elle une relation passionnée. Une expérience renforcée encore par les solutions technologiques avancées qu’elle propose, les phares adaptatifs à LED ou le Head-Up Display. Fermez les yeux. Elle est à vous. Pour toujours. www.bmw.lu/6

NOUVELLE BMW SÉRIE 6 COUPÉ. BMW EfficientDynamics

Moins d’émissions. Plus de plaisir. Arnold Kontz 184, Route de Thionville L-2610 Luxembourg Tél. 49 19 41-1 bmw@arnoldkontz.lu www.arnoldkontz.bmw.lu

Bernard Muzzolini 2, Rue Jos Kieffer L-4176 Esch-sur-Alzette Tél. 57 26 26-1 info@muzzolini.net.bmw.lu www.muzzolini.bmw.lu

Schmitz s.à r.l. 21, Rue de la Gare L-7535 Mersch Tél. 32 91 11 info@schmitz.net.bmw.lu www.schmitz.bmw.lu

Jeannot Schweig 6, Rue Principale L-9806 Hosingen Tél. 92 13 76 info@schweig.net.bmw.lu www.schweig.bmw.lu

Avec les contrats d’entretien avantageux BMW Serenity, votre BMW est maintenue en pleine forme. Votre BMW bénéficie durant 5 ans des services de mobilité BMW Mobile Care. Informations environnementales : www.bmw.lu

BMW12415_Serie 6 Coupe_280x230_LU.indd 1

5,4-11,3 L/100 KM • 143-263 G/KM CO2

27/09/11 15:32


porTraiTs 10. Max Heldenstein 12. Raoul Albonetti 14. Thierry Duhr 16. Eugénie Anselin 18. Bruno Méril 20. Andrea Rumpf 22. Alain Kohl 24. Daniel Rameau 26. Tullio Forgiarini 28. Jo Kox 30. The Plug 32. Eva Ferranti 34. Jean-Christophe Massinon

inTerviews 48–52

Patrick gillen

ÉlecTions

À l’occasion des 50 ans du Fonds d’Urbanisation et d’Aménagement du Plateau de Kirchberg, son président répond à nos questions sur cette zone en perpétuel développement.

74–85

Luxembourg-ville vue par…

54–60

Walter van Beirendonck L’outsider de la mode anversoise nous reçoit dans sa ville à l’occasion de la rétrospective que lui consacre le Modemuseum. Flash-back sur trois décennies de créativité. 94–98

Charles Kaisin Le designer belge, auteur du K-bench qui est dans la collection du Mudam, revient sur sa carrière et ses créations. 124–126

Blanche Weber La présidente du Mouvement Écologique nous présente le label «Couvert» créé pour valoriser les restaurants qui laissent une place aux aliments biologiques, végétariens, locaux et de saison.

40–46

Décalage immédiat Beryl Koltz, jeune cinéaste franco-luxembourgeoise, vient de réaliser son premier long métrage, Hot Hot Hot. L’occasion d’avoir une discussion avec elle sur sa carrière, sa vision du cinéma et ce nouveau film. Désirs Automne 2011

À quelques jours des élections communales, les principaux candidats dans la capitale ont rempli notre questionnaire urbain. 76. Paul Helminger 80. Marc Angel 82. François Bausch 84. Martine Mergen

cuisine 112–123

Chefs d’un jour Pour saluer la sortie du livre La cuisine du monde à votre table avec 50 chefs du Luxembourg, nous avons invité cinq gourmands à réaliser une des recettes.


S01006BFF Abarth Desir Lux280x230.indd 1

27/09/11 11:46


128–135

The last living rose La mode dans la nature vue par la photographe Rebecca Miller

fashion 62–72

style watch 86–91

Yellow youth by Matilde Travassos

ciTy news

renDez-vous

136–144

04

quoi de neuf?

Georges Christen

Les nouvelles qui font l’actualité commerciale et culturelle dans la capitale et dans tout le pays.

Mon désir 37–38

I love/I hate

viTrines

Miriam Rosner 158

Talents

146–155

guide urbain

Christian Wilmes

Petite séance de lèche-vitrines pour découvrir les boutiques, restaurants et lieux de bien-être à Luxembourg.

160

Playlist Enrico Lunghi 162

I had a dream Sarah Cattani

porTfolio 100–111

Biennale de venise Éric Chenal livre ses impressions subjectives d’une des plus grandes manifestations d’art contemporain.

Désirs Automne 2011


10 portraits

Max Heldenstein a été interviewé par France Clarinval et photographié par David Laurent/wide dans sa galerie. Désirs automne 2011


11 Portraits

«Le marché du vintage est en pleine croissance» Max Heldenstein

C’est à Copenhague que Max Heldenstein a forgé l’idée d’ouvrir un show-room dédié aux meubles vintage. Møbler regorge de trouvailles des années 50 et 60. Les Scandinaves ont une culture du design très différente des pays du sud. Ils vivent dedans, connaissent et reconnaissent les créateurs, considèrent leurs pièces comme faisant partie intégrante de leur environnement. C’est ce qu’a pu constater Max Heldenstein lors d’un séjour à Copenhague. «J’étais avec un ami qui travaille dans l’immobilier et nous nous sommes promenés dans Bredgade Street qui regorge de galeries et magasins de meubles et de design.» Impressionnés par l’abondance de meubles anciens et par la qualité de ceux-ci, ils décident d’importer le concept à Luxembourg. Le vintage a le vent en poupe et ce type de magasin n’existe pas encore chez nous, alors que Bruxelles, Paris, Zurich, Francfort ou Berlin en sont friandes. «Nous sommes convaincus qu’il y a un marché ici, notamment par les communautés scandinaves qui vivent ici.» Plus largement, les amateurs de jolies pièces, les connaisseurs en design trouveront chez Møbler (qui veut simplement dire mobilier en danois) des meubles et des accessoires originaux et en bon état. Max Heldenstein peut identifier les restaurations et n’admet que celles réalisées avec des tissus ou des cuirs provenant des manufactures locales. «Certaines usines de l’époque produisent encore les mêmes étoffes.» Dénichés dans les galeries danoises, chez des particuliers sur Internet et dans des foires internationales, canapés, chaises, tables, bureaux ou luminaires datent de 1920 à 1980, mais surtout de la période dorée des

années 50 et 60, époque où l’industrie du meuble était en plein boom et dont il nous parvient encore de bonnes pièces. Dans ce rez-de-chaussée situé au Grund, dont les poutres apparentes et la simplicité de la rénovation siéent parfaitement à l’épure du mobilier scandinave, ce sont les œuvres de designers connus et moins connus que l’on pourra découvrir: Arne Jacobsen, Verner Panton ou Jacob Kjaer, mais aussi Severin Hansen, Arne Norell. Et pour ne pas faire de jaloux, la sélection, qui change régulièrement, s’ouvre à d’autres pays avec des fauteuils des Eames, des luminaires de George Nelson ou la Elda Chair de Joe Colombo. Le tout à des prix sensiblement inférieurs au mobilier neuf, mais qui suivent cependant l’évolution du marché: «Les arts appliqués se rapprochent de plus en plus du marché de l’art.»

Sur rendez-vous au 6, rue Münster Luxembourg (Grund) T: +352 26 68 43 43 www.mobler.lu

Désirs automne 2011


12 portraits

Il est loin d’avoir l’âge du personnage qu’il double, mais travestir sa voix fait partie des plaisirs de Raoul Albonetti, qui prête la sienne à M. Burns, le patron de la centrale nucléaire de Springfield. Le phénomène Simpson a débarqué, en version luxembourgeoise, il y a peu sur les écrans de RTL Télé, ravissant les jeunes et moins jeunes avides de l’humour irrévérencieux de cette série animée. Les frasques de la famille Simpson et des habitants de Springfield, caricatures de l’Amérique ouvrière, ont déjà été adaptées dans près de 30 langues. Le luxembourgeois semblait incontournable à Jang Linster qui s’est lancé dans l’enregistrement du doublage. Un appel a été lancé pour trouver les voix, un casting a été organisé et une dizaine d’amateurs se retrouvent régulièrement derrière le micro pour jouer les dialogues.

Après avoir fait du théâtre au lycée, puis travaillé comme présentateur pour Tango TV, Raoul Albonetti garde la fibre de la comédie et adore changer sa voix et faire rire son public. Il a donc postulé pour deux rôles, M. Burns, le patron de la centrale nucléaire et Apu, l’épicier indien. «Deux personnages qui sont marrants à caricaturer, avec des voix qu’on peut bien transformer.» Malgré ses 31 ans, c’est pour le personnage de l’affreux vieux patron qu’il a été choisi. «C’est génial de jouer un salopard, bien plus drôle qu’un gentil.» Si ce jeu l’amuse, il se rend compte que c’est un vrai exercice, avec ses règles et ses difficultés. L’apprentissage de la lecture sur l’écran ne lui a pas posé de problème, mais le travail de l’intonation, de l’expression, pour rendre compte des états d’âme du personnage, lui demande plus d’entraînement.

«J’aime l’humour piquant des personnages des Simpson» Raoul Albonetti

Raoul Albonetti a été interviewé par France Clarinval

et photographié par David Laurent/wide.

Désirs automne 2011


cropmark.lu

WORKANDProgress

Reedandsimon

interior design

campagne_rands_DESIR_230x280_DEF.indd 1

7A rue de Bitbourg

ZI Hamm 

selected furniture on picture artifort, montana, louis poulsen, foscarini-diesel

21/09/11 15:31


14 portraits

Thierry Duhr a été interviewé par France Clarinval et photographié par David Laurent/wide dans son ancien restaurant.


15 Portraits

«Quand le produit est bon, pas besoin de le trafiquer sous des sauces ou des épices» Thierry duhr

Une étoile et un «Bib Gourmand» ne suffisaient pas à Thierry Duhr. Le chef ouvre une troisième adresse où il continuera à mettre en œuvre une cuisine basée sur le respect des produits. Tout le monde appelle l’endroit «D’ Schéiss», à cause des Arquebusiers voisins dont il a longtemps servi comme clubhouse et vestiaires. À l’avenir, ce ne seront plus ni des flèches ni des balles de tennis qui seront envoyées, mais des plats. Le restaurant éponyme vient d’ouvrir dans ce bâtiment du 19e siècle entièrement restauré. C’est la Ville de Luxembourg qui a voulu donner de la vie à cette énorme bâtisse et a, après soumission, choisi Thierry Duhr pour occuper les lieux. Il faut reconnaître qu’à 50 ans passés, le chef étoilé a une belle expérience de la restauration, ce qui lui a valu d’être le favori. Originaire de Metz où il a suivi sa formation initiale à l’école hôtelière, il découvre le Luxembourg par le biais de son premier emploi à Echternach. Il voyagera dans toute l’Europe, se forgera une expérience aussi bien en France qu’en Allemagne et à Londres avant de revenir un temps travailler aux côtés de Léa Linster, puis d’ouvrir son propre restaurant à Moutfort en 1992. Son travail est salué par une étoile au Guide Michelin dès 1996 et c’est au tournant du siècle qu’il déménage à Luxembourg-ville où le Bouquet Garni s’installe dans l’îlot gastronomique. Il y livre une cuisine de haut vol qui jongle entre classicisme et créativité, où le turbot sauvage s’orne de légumes nouveaux cuisinés à la grecque et l’agneau de pré-salé tutoie la tomate confite, le chutney de pignon de pin et le gâteau de carottes fondantes… Quand, en 2008, Thierry Duhr a la possibilité de reprendre Les Caves Gourmandes, juste en dessous de son établissement, il en fait un des meilleurs rapports qualité-prix de la capitale avec des classiques du bistro revisités, comme la mijotée de cuisse de lapin et tomate Roma au four, pesto basilic ou la panacotta parfumée au romarin, compotée d’abricot, cake aux abricots. Pas étonnant dès lors que son ambition pour La Schéiss

soit de s’insérer dans la lignée des deux autres établissements avec une «bistronomie» de haut niveau. Pour Thierry Duhr, rien ne compte plus que le produit. «Quand le produit est bon, pas besoin de le trafiquer sous des sauces ou des épices.» Il passe son temps à dénicher les marchés et les producteurs qui pourront lui fournir ce que le terroir fait de mieux. L’assemblage des produits et l’association des goûts se feront d’autant mieux que la base est délicate, goûteuse et raffinée. C’est avec sa mémoire que le chef travaille: «On retrouve une saveur, un goût qui nous vient d’un voyage ou d’un souvenir d’enfance, puis on le marie avec un autre et c’est l’équilibre et le plaisir.» Sa nouvelle adresse ne fera donc pas exception: il ne travaillera que les meilleurs produits. Pas forcément les plus chers ou les plus exclusifs. «En associant des produits simples à d’autres, plus raffinés, on apporte du nouveau: un poireau vinaigrette peut acquérir de la noblesse avec quelques copeaux de truffe.» Il nous promet ainsi une raviole de lapin à la vinaigrette tiède de jus de viande ou un tronçon de sole normande. Comme il ne peut pas être au four et au moulin, le chef a engagé Stéphane de Vrée qui est passé par Le Gastronome, étoilé en Belgique et par Um Plateau à Luxembourg pour qu’il prenne les commandes du nouveau piano. La longue et lumineuse salle du restaurant où la pierre se reflète dans la baie vitrée contemporaine et l’impressionnante salle des fêtes qui peut accueillir quelque 150 convives voient ces jours-ci arriver les premiers clients qui pourront juger de la bonne cuisine que Thierry Duhr a su insuffler.

Schéiss

142, Val Ste-Croix Luxembourg (Belair) T+352 24 61 82 www.scheiss.lu

Désirs automne 2011


Pendant tout l’été, la jeune comédienne Eugénie Anselin a tourné Weemseesdet, la première sitcom luxembourgeoise. Elle a déjà un beau parcours sur scène alors qu’elle va commencer ses études théâtrales à Zurich. Dans la famille Wampach, je demande la fille, Charlotte. Un rôle que Claude Lahr et Marc Limpach ont écrit sur mesure pour Eugénie Anselin et qui fera entrer la jeune comédienne dans les foyers luxembourgeois dès la rentrée. C’est en effet elle qui incarne la fille de la famille au cœur de la sitcom Weemseesdet (À qui le dis-tu). Sur un ton amusant et divertissant, la série de 24 épisodes est une parodie de la société luxembourgeoise dont la famille typique – de classe moyenne et vivant dans une société multiculturelle – constitue le point de départ. Autour d’Eugénie, Germain Wagner et Nicole Max, les parents et Luc Lamesch, le frère, ainsi qu’une galerie de personnages secondaires (la femme de ménage portugaise, le grand-père, la voisine, les amis des enfants…) devraient permettre à cette série produite par Désirée Nosbusch et Alexandra Hoesdorff-­Rosen de devenir incontournable. Une future célébrité qui ne fait pas peur à Eugénie Anselin: «Je serai à Zurich pour mes études quand la série sera diffusée: il y a peu de risques qu’on m’appelle Charlotte dans les rues.» En effet, son bac en poche (avec mention très bien s’il vous plaît), la jeune femme n’allait pas s’arrêter là. Elle a auditionné dans diverses écoles supérieures en Europe et a obtenu son billet d’entrée pour la Zürcher Hochschule der Künste. La capacité de jouer aussi bien en français qu’en allemand et en luxembourgeois lui donnait le choix entre plusieurs formations. Elle s’est tournée vers Zurich, suivant ainsi ses (jeunes) aînées Vicky Krieps ou Jeanne Werner, attirée par un programme complet qui comprend de la danse et de la comédie musicale en plus des cours de théâtre. Elle constate aussi que les germanophones travaillent «plus avec le corps», ce qui lui convient parfaitement comme approche. Une formation de trois ans qui l’oblige à mettre quelque peu ses projets de scène comme de cinéma entre parenthèses. Ce qui justifie un été particulièrement dense: outre le tournage de la sitcom, avec un planning serré, et une présence dans tous les épisodes, elle a tourné dans Mobil Home, le premier long métrage de François Pirot, produit par Tarantula. Elle y joue Maya, la petite amie d’un des principaux protagonistes. «Pas un grand rôle, mais un personnage clé dans l’évolution de l’histoire», souligne-t-elle. Encore une occasion de progresser et de rencontrer des professionnels. «Les deux comédiens principaux (Arthur Dupont et Guillaume Gouix, ndlr.) sont très justes et super gentils, j’apprends beaucoup avec eux.» Un beau rôle à mettre à son actif sur un CV plutôt étoffé. À tout juste 20 ans, Eugénie a déjà derrière elle plusieurs pièces de théâtre (dans Pink-Slip-Party de Nico Helminger, Die Kassette de Carl Sternheim ou Bash: Latter-Day Plays de Neil LaBute) et plusieurs films (Mauvaises herbes de Safy Nebbou ou Verso de Xavier Ruiz). Comme si ce n’était pas assez, cette boulimique de travail a aussi écrit une pièce à sketches sur l’adolescence – Attention chantier en cours!, créé en 2010 dans une mise en scène de Fabienne Zimmer –, travail qu’elle continue à mener en écrivant ce qui lui arrive aujourd’hui. On lui doit aussi le scénario d’un des épisodes de Weemseesdet où Charlotte fête son anniversaire. Elle ne veut préjuger de rien et va désormais se concentrer sur sa formation: «Je veux apprendre et m’amuser, je ne sais pas où et comment je travaillerai ensuite», conclut-elle.


17 portraits

«Je serai à Zurich pour mes études quand la série sera diffusée: il y a peu de risques qu’on m’appelle Charlotte dans les rues» Eugénie Anselin

Eugénie Anselin a été interviewée par France Clarinval et photographiée par David Laurent/Wide au Théâtre National du Luxembourg.

Désirs automne 2011


18 Portraits

Bruno Méril du restaurant Chiggeri a été nommé le 16 mai dernier Meilleur Ouvrier de France, un titre très honorifique, acquis à vie et gage d’excellence. Le concours de Meilleur Ouvrier de France a lieu tous les quatre ans et récompense les meilleurs artisans dans différentes catégories, dont celle de sommelier dans laquelle Bruno Méril concourait. Il est actuellement le seul «MOF» en sommellerie à exercer en dehors des frontières françaises et le seul pour la sommellerie au Luxembourg. À l’issue de la finale marathon (dix heures d’épreuves tout de même) qui s’est déroulée au Pré Catelan le 16 mai dernier, il a été décidé par le jury présidé par Philippe Faure-Brac, Meilleur sommelier du monde en 1992, que quatre sommeliers sur 12 méritaient cette année le titre de Meilleur Ouvrier de France: aux côtés de Bruno Méril, on trouve Antoine Petrus (Lasserre, Paris), Manuel Peyrondet (Royal Monceau, Paris) et Benjamin Roffet (Trianon Palace, Versailles). Il s’agit en fait d’un diplôme d’État délivré par le ministère de l’Éducation nationale et remis en mains propres par le président de la République lors d’une cérémonie officielle qui se déroulera en octobre à l’Élysée. Bien que celui-ci soit certainement le plus prestigieux, ce n’est pas le premier que Bruno Méril remporte: Meilleur étudiant sommelier de France en 1993, vice-champion de France en 1998, Meilleur sommelier du Luxembourg en 2011, demi-finaliste au Championnat du monde en 2004. Le parcours de Bruno Méril est déjà jalonné de récompenses. «Pour moi, ce titre est la récompense de 20 années d’expérience et de travail, la consécration de ma passion et de mon métier. Je pense que cela va apporter encore un peu plus de valorisation au travail que nous effectuons au sein du Chiggeri depuis dix ans et une caution supplémentaire à la qualité de nos prestations», confie-t-il.

«Pour moi, ce titre est la récompense de 20 années d’expérience et de travail, la consécration de ma passion et de mon métier» Bruno Méril

195x195mm

Bruno Méril a été interviewé par Céline Coubray et photographié par David Laurent/Wide au restaurant Chiggeri.

Désirs automne 2011


A tribute to light

artemide.com

Elliott Erwitt, 2011

Michele De Lucchi - Alberto Nason: Led Net

EXCLUSIVE OFFER: PIRCE GREY & TOLOMEO MEGA WHITE in a limited and exclusive edition till the end of 2011! More info and retailer list at www.artemide.lu.

artemis.indd 1

28.09.2011 17:03:37 Uhr


Andrea Rumpf a été interviewée par France Clarinval et photographiée par David laurent/Wide

à la Fondation de l’Architecture et de l’Ingénierie. Désirs automne 2011


21 Portraits

«Le Prix donne une belle idée du paysage architectural luxembourgeois en offrant un regard critique et distancé sur les récentes créations» andrea rumpf

Le Prix Luxembourgeois d’Architecture sera décerné pour la sixième fois, le 10 novembre prochain. L’occasion de saluer toutes les professions et intervenants qui œuvrent à la qualité de l’environnement bâti. Après quatre ans d’absence, le Prix Luxembourgeois d’Architecture revient sur le devant de la scène avec un nouveau rythme et de nouvelles catégories. Auparavant, le Prix était remis tous les trois ans, mais vu la quantité de projets et pour éviter d’être en concurrence avec les Bauhärepräis de l’OAI ou la Biennale d’architecture de Venise, la Fondation de l’Architecture et de l’Ingénierie a choisi de remettre ce prix tous les deux ans, les années impaires. Ce concours ne récompense pas seulement des architectes, mais plus généralement des projets et l’ensemble des protagonistes qui œuvent à la qualité et la vitalité de l’environnement bâti (maîtres d’ouvrage privés ou publics, ingénieurs, constructeurs, architectes d’intérieur). Aussi, c’est pour mieux prendre en compte la diversité de la création contemporaine au Luxembourg que, depuis cette année, le concours s’ouvre également aux domaines de l’architecture d’intérieur, des ouvrages d’art et structures ainsi qu’au domaine de la création d’espaces verts. Une diversité que reflétait aussi le jury international, présidé par le Danois KaiUwe Bergmann, et qui comptait en ses rangs un paysagiste (Pierre-Alexandre Marchevet, Pays-Bas), un ingénieur (Jean-François Blassel, France), un architecte d’intérieur (Florent Cenni, Belgique), un théoricien (Bart Lootsma, professeur à Innsbruck et à Luxembourg) aux cotés de GG Kirchner et Ursula Witry (architectes luxembourgeois). Ce ne sont pas moins de 155 projets qui ont été remis (dont 110 en architecture) et sur lesquels le jury a planché. Après des discussions «intenses, passionnantes, dans le respect

des opinions de chacun», comme le souligne Andrea Rumpf, directrice de la Fondation de l’Architecture et de l’Ingénierie, le jury a sélectionné cinq nominés dans chaque catégorie, dont un seul se verra attribué un prix. «Lors de la précédente édition, nous avions trop de prix, trop peu de lisibilité. Aussi cette année, il n’y a que quatre Prix pour les projets, un Prix Spécial du jury, le Prix du Public et un Prix du Mérite, sélectionné par la Fondation pour récompenser l’ensemble d’une carrière», détaille Andrea Rumpf qui regrettait l’effet «tout le monde a gagné» tout en saluant l’ambiance festive et de congratulation de l’édition 2007: «c’est l’occasion de remercier tout ceux qui travaillent dans ce domaine en mettant en évidence l’importance de ces métiers.» Pour le Prix du Public, qui avait remporté un franc succès en 2007, un dépliant reprenant les 20 nominés et un site Internet spécifique présenteront les candidats pour que le public puisse voter. Une exposition et un catalogue présenteront également l’ensemble des projets, assurant aux prix une belle visibilité et jouant ainsi un rôle pédagogique pour sensibiliser à la qualité de l’environnement bâti et familiariser avec les réalisations qui concourent à l’amélioration de notre cadre de vie. «Le Prix donne une belle idée du paysage architectural luxembourgeois en offrant un regard critique et distancé sur les récentes créations.» Alors, 2011, un bon cru? À en croire la directrice de la Fondation, qui a assisté aux délibérations du jury, le niveau est plutôt bon. «Les jurés étrangers étaient étonnés de la qualité des projets soumis mais aussi de leur densité dans le paysage luxembourgeois.»

Pour voter pour le Prix du Public à partir du 10 octobre: www.architectes.rtl.lu

Désirs automne 2011


22 portraits

Alain Kohl est plongeur de l’extrême. Cette discipline, aussi appelée Cliff Diving, est semblable au plongeon traditionnel en piscine, à la seule différence que celui-ci s’effectue dans un environnement naturel, sur des falaises, et à une hauteur de 27 mètres! Un des rares au Grand-Duché – il est même le seul –, et en seulement quelques années (il exerce cette discipline depuis 2005), il a réussi à se hisser à un niveau international et professionnel: en 2012, Alain Kohl participera au Red Bull Cliff Diving World Series. Une belle prouesse pour ce Luxembourgeois de 29 ans à la discipline de fer. Comme il n’existe pas de possibilité au Luxembourg de faire des sauts de 27 m, l’entraînement se fait en piscine. Les sauts sont alors décomposés en plusieurs étapes

répétées jusqu’à la perfection. «Cela est très éprouvant physiquement de faire des sauts à de si grandes hauteurs. Par contre, pour des sauts en piscine, on peut faire jusqu’à 50 sauts par session», précise le champion. Lors des compétitions, les plongeurs sont jugés sur deux sauts limités dans leur difficulté, suivis de deux sauts libres, pour lesquels les plongeurs doivent effectuer le plus de saltos et de vrilles possibles. Lorsqu’on lui demande quelles sont les qualités nécessaires pour exercer ce sport de l’extrême, Alain Kohl répond: «Une bonne expérience en plongeon traditionnel, un peu de courage, être très réaliste face à ses capacités et toujours respectueux du vide.» Une leçon d’humilité.

«J’ai déjà eu l’occasion de sauter dans des paysages magnifiques comme sur l’île de Pâques» Alain Kohl

156x222mm

Alain Kohl a été interviewé par Céline Coubray et photographié dans la salle de préparation des athlètes par Dean Treml.

Désirs automne 2011


IL S‘EN PASSE DES

CHOSES DANS LES LITS

SUISSES...

Nos lits Swissflex® vous offrent en exclusivité l‘innovation Synchro-Précision® - pour une adaptation parfaite à votre anatomie et un soutien idéal du corps.

1SW1IS0SF% LEX

RE

EN OFF

PLUS! Du 1er octobre au 15 novembre 2011.

Swissflex®. Parce que le sommeil sain est important pour moi. www.swissflex.com

Anz-FAQ-230x280-Desirs-Bfr-M1b.indd 1

09.09.11 14:32


24 portraits

Dans son restaurant, comme avec les Euro-Toques, Daniel Rameau défend une cuisine de saison et de terroir. Pour celui qui a commencé à 16 ans dans un «routier», la cuisine est d’abord une affaire de passion. Daniel Rameau est un amoureux du «bien manger» et le prouve à ses clients depuis 25 ans: La Rameaudière à Ellange, où la gastronomie rime avec la convivialité, connaît un succès non démenti. Parallèlement, cela fait une bonne dizaine d’années que Daniel Rameau est à la tête de l’association Euro-Toques Luxembourg, aujourd’hui forte de 125 membres, un record vu la taille du pays. Le but principal de ce groupement de restaurateurs consiste à défendre et à promouvoir les produits du terroir et le respect des saisons. «C’est facile de valoriser les produits luxembourgeois: ils sont magnifiques», s’enthousiasme-t-il, non sans noter que

les producteurs ont fait beaucoup d’efforts dans ce sens. Une évolution qui suit l’exigence croissante des consommateurs. «Quand, il y a cinq ans, on commençait à militer pour des transports courts de la viande, ou qu’on faisait goûter le bœuf luxembourgeois, on n’avait pas le même écho qu’aujourd’hui.» Soutenus par des partenaires privés, consultés par le ministère de l’Agriculture, écoutés par les députés, les Euro-Toques ont le vent en poupe. Au niveau européen, où Daniel Rameau préside EuroToques International qui fédère 4 000 cuisiniers, l’association défend les mêmes objectifs. Un lobby qui se bat contre les OGM, la surpêche, pour le respect des calendriers des saisons, l’interdiction des hormones et des farines animales… et qui défend un «patrimoine culinaire européen».

«C’est facile de défendre les produits luxembourgeois: ils sont magnifiques» Daniel Rameau

156x222mm

Daniel Rameau a été interviewé par France Clarinval et photographié par David Laurent/wide au restaurant La Rameaudière.

Désirs Automne 2011


Verne/Gallery Traan

Bulo Luxembourg Concept Store is now called inside. In our new spacious showroom we offer a variety of high end office and home furniture from a vast number of quality brands.

Bulo, Overdose by Bram Boo

www.my-inside.lu 30, Rangwee, Luxembourg T (+352) 26 18 80


26 portraits

«Tous mes romans partent de faits et d’observations du réel» tullio forgiarini

Le premier roman en luxembourgeois de Tullio Forgiarini est toujours aussi noir. Amok s’intéresse à ces jeunes qui vivent dans une misère sociale et affective. L’atterrissage risque de faire mal. Y aurait-il quelque chose de pourri au Grand-Duché de Luxembourg? À en croire le dernier livre de Tullio Forgiarini, ici, comme ailleurs, il y a des tas de gens qui vont mal et notamment des jeunes. Il faut dire que ce professeur d’histoire sait de quoi il parle. Cela fait sept ans qu’il enseigne dans des classes «mosaïques», destinées à des enfants en décrochage scolaire, et des cas difficiles, il en a vu passer. C’est d’ailleurs cette expérience qui lui a donné envie d’écrire ce livre. «Tous mes romans partent de faits et d’observations du réel. Des choses qui m’exaspèrent, qui ne tournent pas rond. Écrire est une libération.» Ainsi donc, après plusieurs romans en français, c’est en luxembourgeois que l’auteur a écrit Amok, pour rester proche de la langue utilisée par les jeunes qu’il côtoie. Un langage rude, vulgaire, voire ordurier au risque de choquer certains lecteurs, mais indispensable pour coller à la réalité d’une société qui s’est déjà bien cassé la gueule. Si les précédents ouvrages étaient surtout des romans policiers, avec notamment le personnage insolite et attachant de l’inspecteur Martine Martin – ou au moins des romans noirs, avec des antihéros que l’on aime détester – ici, on est d’abord dans une histoire d’amour. Shirley et le narrateur se rencontrent à l’internat où leur parcours respectif les a amenés. Misère sociale et affective, parents absents, démissionnaires ou autoritaires, alcoolisme atavique…

rapprochent ces deux jeunes à peine sortis de l’enfance. Entre eux, l’amour et la haine sont d’autant plus mélangés que nos deux protagonistes n’ont pas appris à exprimer leurs sentiments. Et ceux qui sont censés les aider sont généralement démunis. «On ne les sauve pas tous, mais ça vaut la peine d’essayer», assure le professeur. Déjà dans son premier roman, Miss Mona, paru en 2000 aux éditions (françaises!) de la Baleine, Tullio Forgiarini donnait à voir le revers le moins plaisant de la société luxembourgeoise. Carcasses en 2004 et La énième mort d’Ernesto Guevara de la Serna, dit le Che en 2007 continuaient à gratter le vernis pour atteindre cette noirceur qui donne froid dans le dos. Avec Amok, il ose aller encore plus loin: «J’ai des collègues qui me disent qu’ils ne peuvent pas finir le livre, car ils ont déjà assez de ces cas dans la réalité.» Et s’il laisse la fin ouverte, on sent bien que ça ne peut que mal tourner. Une lecture à recommander à ceux qui veulent faire de l’éducation leur métier «pour qu’ils sachent ce qui les attendra dans les 40 ans à venir», conclut l’auteur qui ne sait pas encore de quoi sera fait son prochain projet. Il parle de scénario de film et de bande dessinée, il prend des notes ou élabore des histoires au fil de longues promenades. «Écrire est une nécessité, pas un passe-temps et on n’écrit bien que sur ce que l’on connaît.»

Amok est paru aux éditions Guy Binsfeld 
 ISBN 978-2-87954-245-4

Désirs Automne 2011


Tullio Forgiarini a été interviewé par France Clarinval et photographié par David Laurent / WIDE à Hollerich.


28 portraits

Pour la 11e édition de la Nuit des Musées, Jo Kox et l’équipe des d’stater muséeën ont concocté un programme thématique autour de la médiation culturelle. Pour faire venir du monde au musée, rien de tel que de proposer des événements exceptionnels. C’est, partant de ce principe, que la Nuit des Musées a été lancée à Berlin en 1997. Toute l’Europe s’y est progressivement mise et Luxembourg a eu sa première Nuit en 2000. Cette manifestation festive représente une occasion unique pour «chaque musée de s’affirmer comme un espace de découverte, d’échange et de création», comme l’explique Jo Kox, coordinateur et cheville ouvrière de cet événement. Depuis, le deuxième samedi d’octobre, le 8 cette année, est un rendez-vous incontournable qui donne à tout le monde la possibilité de «visiter librement les différentes collections et expositions et surtout d’assister à un programme d’animations spécifique de visites guidées, musique, performances, défilés, projections de films…»

Pour orienter la programmation, le groupement d’stater muséeën a décidé de choisir un thème fédérateur. C’est le motif de la médiation culturelle qui sera le fil rouge de cette édition. Les médiateurs de musées, de plus en plus indispensables et de mieux en mieux mis en avant, font le lien entre le public et les œuvres d’art. Aussi, des artistes confirmés et de jeunes talents vont créer des interventions en relation directe avec les œuvres exposées. On pourra donc suivre Art Critics Orchestra, David Ascani, Emmanuel Lambion, Stephany Ortega, Luc Spada, Raimar Stange ou encore Y.E.R.M.O. qui se prêteront au jeu du médiateur d’un soir. Le moment le plus original de la soirée sera sans doute le coup de minuit, où chaque directeur de musée ira à la rencontre du public et partagera son coup de cœur de sa collection.

www.nuit-des-musees.lu

«les musées s’affirment comme un espace de découverte, d’échange et de création» jo kox

Jo Kox a été interviewé par France Clarinval et photographié par David Laurent/Wide au Centre Aldringen.

Désirs Automne 2011


09:35

www.dior.com - Dior OnLine 02/620.00.00

J8060 J’adore Désirs SP FR 22/09/2011

Entercom Service Center


30 Portraits

The Plug est un jeune homme actif! C’est le moins que l’on puisse dire, avec ses nombreuses participations à des expositions, dont certaines monographiques dans les mois à venir. À Luxembourg, on le retrouve sur le plateau de Kirchberg dans l’exposition Plateaux, avec le portail La Déception, et dans Realfictions à la Dexia, avec l’œuvre I love you but I’ve chosen darkness (Golden Shoot). Son travail prendra ensuite la route d’abord vers Salzbourg en Autriche, puis à Paris au Palais d’Iéna et à Sélestat pour Sélest’art. En 2012, il sera aussi à Liège au Palais Curtius pour une exposition monographique, et bénéficiera d’un solo show à la galerie Nosbaum & Reding. Que lui vaut un tel succès? Le talent! Et un travail qui interpelle, à la fois dans sa noirceur et dans l’humanité qu’il dégage. Cet ancien street artist n’hésite pas à se frotter aux personnes en marge de notre société, à ceux sur qui on ne porte pas systématiquement un regard bienveillant: toxicomanes, squatteurs, punks… Autant de tribus urbaines dont il se réapproprie les codes, la rugosité voire la violence, pour en dégager une poésie subtile, jouant des contrastes et des juxtapositions esthétiques. Il en souligne les valeurs et les différentes facettes, les démystifie pour mieux les re-présenter. Par des effets de plongée/contre-plongée, il observe ce qui fait qu’un jour, ces personnes se retrouvent, parfois malgré elles, sur les bords de la société. Loin de l’image lissée de Luxembourg, son travail sur les lignes de destinée des toxicomanes de la Fixerstuff interroge leur parcours, confère un degré d’abstraction à une réalité qui ne l’est pas, interroge la fatalité comme une nécessité.

«Je vais là où les gens ont peur d’aller» The Plug

www.the-plug.be

THE PLUG a été interviewé par CÉLINE COUBRAY et photographié chez lui par DAVID LAURENT/WIDE.

Désirs Automne 2011


www.frey-wille.com vienna, austria

Desirs_230x280_011011.indd 1

LUXEMBOURG: 83, Grand-Rue, Tél. +352-27 47 80 24 BRUXELLES: 6, Place Louise, Tél. +32 2-537 09 19 | 45, Place du Grand Sablon, Tél. +32 2-502 35 20

26.09.11 14:48


32 portraits

D’abord, il y a eu Adamo & Eva, une jolie boutique dans le Grund où les cadres supérieurs venaient choisir leurs tissus et se faire prendre leurs mesures pour des costumes. Puis Eva Ferranti a lancé sa propre ligne de production (Eva Ferranti hand-made Italian Fashion) et déménagé sa boutique en ville haute. Une ascension qui se poursuit aujourd’hui avec l’ouverture de sa première boutique à l’international, à Genève. Aussi bien styliste que patronnière et tailleur, Eva Ferranti propose à ses clients, hommes et femmes, des costumes sur mesure et demimesure. Les coupes sont à l’image du Luxembourg, un mélange culturel: de l’Italie, elle a gardé la ligne napolitaine, les fils tirés et la production faite main; du style anglais, elle conserve le dandysme et les couleurs vives. Mais elle n’oublie jamais de s’adapter à la demande de sa clientèle. «En vitrine, les modèles sont assez colo­ rés, avec des coupes pointues. Mais les demandes en boutique sont parfois plus classiques, plus sages.» À Genève, ville qu’elle a choisie pour y avoir déjà de fidèles clients, elle introduira sa ligne petit à petit, en essayant de faire découvrir avec douceur son style, dans cet univers vestimentaire helvétique «assez carré, avec beaucoup de bleu et de gris». La nouvelle boutique, située dans une maison du 18e siècle du centre-ville historique, sera tenue par une partie de son équipe luxembourgeoise, renforcée par deux nouveaux emplois. Elle devrait permettre de maintenir le niveau de production, malgré la crise, tout en visant un développement d’activité.

«On ne cesse jamais de s’améliorer» Eva Ferranti

233x286mm

13, place du Grand-Mézel à Genève

Eva Ferranti a été interviewée par Céline Coubray et photographiée en studio par David Laurent/Wide.

Désirs automne 2011


VINCENT CASSEL

Available on the

Lancia.lu

NOUVELLE LANCIA YPSILON 5 PORTES. LE LUXE EST UN DROIT.

FULL ÉQUIPÉE À

12.820€*

À découvrir lors des JOURNÉES DU LUXE jusqu’au 1er octobre 2011. La nouvelle Lancia Ypsilon 5 portes. Une voiture compacte, profilée comme une trois portes et offrant le confort d’une 5 portes. Luxueusement équipée d’origine, le pack VYP Style d’une valeur de 1332€ vous est exceptionnellement offert jusqu’au 1er octobre 2011. Le pack comprend la climatisation automatique DualZone, les jantes en alliage 15’’, les commandes radio au volant, les vitres électriques à l’arrière et les phares antibrouillard avant.

Cons. mixte: 3,8 à 4,9 l/100 km. CO2: 97 à 115 g/km. GARAGE CHLECQ, SARL. - RUE JOS KIEFFER, 44-46 - L-4176 ESCH SUR ALZETTE - TÉL: 57 07 70 AUTOPOLIS - ZONE D’ACTIVITÉS BOURMICHT - L-8070 BERTRANGE - TÉL: 43 96 96 2600 *Prix net TVAC 12.820€ New Ypsilon 1.2 8v Fire Evo II 69 ch Start & Stop Gold + pack VYP Style = 14.152€ (prix normal pack VYP Style inclus) – 1.332€ (remise pack VYP Style). Offre réservée aux particuliers et valables au Grand-Duché de Luxembourg jusqu’au 01/10/2011.

LANC0962 Ann PM NewY_280x230_LUX.indd 1

22/09/11 10:37


35 hommage

Au revoir Jean-Christophe Depuis la B-Rich Bank créée dans la préfiguration du Mudam jusqu’à son barbecue Love Burns pour les cinq ans du musée, les œuvres de Jean-Christophe Massinon ont émaillé la scène culturelle luxembourgeoise qui l’avait adopté comme l’un des siens. L’artiste lorrain avait su, par sa générosité, son acuité et son intégrité, offrir une œuvre prolifique immédiatement reconnaissable. Son travail de peinture, sculpture et installation propose un langage ludique et convivial, tout en refusant les idées reçues et la facilité. Créateur inspiré, passeur à l’écoute de la collectivité, pourfendeur du conformisme, JeanChristophe Massinon est décédé le 18 septembre, à l’âge de 48 ans. Désirs et Maison Moderne souhaitaient rendre hommage à l’artiste, à l’homme, à l’ami. Jean-Christophe Massinon photographié par Christian Aschman au Mudam en 2006

Désirs automne 2011


L’art culinaire dans les restaurants et cafétérias des musées ! Green Art Café, Musée national d’histoire et d’art Marché-aux-Poissons, L – 2345 Luxembourg, T (+352) 27 47 88 77 Ouvert du mardi à dimanche de 10 h 00 à 18 h 00, nocturne le jeudi. Fermé le lundi. Mudam Café, Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean (Mudam) 3, Park Dräi Eechelen, L – 1499 Luxembourg, T (+ 352) 45 37 85-970 Ouvert du mercredi au vendredi de 11 h 00 à 20 h 00, de samedi à lundi de 11 h 00 à 18 h 00. Fermé le mardi. Brasserie am Musée, Musée d’Histoire de la Ville de Luxembourg 14, rue du Saint Esprit, L – 1475 Luxembourg, T (+352) 26 20 25 95 Ouvert de 10 h 00 à 18 h 00, le jeudi de 10 h 00 à 20 h 00. Fermé le lundi. Cafétéria, Musée national d’histoire naturelle – ‘natur musée’ 25, rue Münster, L – 2160 Luxembourg, T (+352) 46 22 40-303 Ouvert du mardi à dimanche de 10 h 00 à 18 h 00. Fermé le lundi. Wäikeller & Soupebar, Casino Luxembourg – Forum d’art contemporain * 41, rue Notre-Dame, L – 2240 Luxembourg, T (+352) 22 50 45 Wäistand, Villa Vauban – Musée d’Art de la Ville de Luxembourg * 18, rue Emile Reuter, L – 2090 Luxembourg, T (+352) 4796-4901

* uniquement ouvert pendant la Nuit des Musées


Miriam Rosner, directrice artistique chez Binsfeld, s’est prêtée au jeu du «j’aime/j’aime pas» et nous fait part de ses 10 coups de cœur o gi ag Pi © et 10 coups de gueule.

love 10

01.

02.

10.

09.

©

05.

07.

om e.c ob rdr a y-w .m ww ©w

06.

08.

© thonet

any mp d Co n an w o r le, B Litt

04.

© mich ael Fle tcher P hotogra phy

03.

1. Les photos d’Andreas Gursky 2. Pat Metheny sur mon iPod 3. Les collections de Dries Van Noten 4. Le Pastrami 5. Les livres de Jonathan Safran Foer 6. L’Afrique 7. Les motifs à pois 8. Le modernisme 9. Les chorégraphies d’Akram Khan 10. Conduire mon Wasp (Vespa)


a

Miriam Rosner, directrice artistique chez Binsfeld, s’est prêtée au jeu du «j’aime/j’aime pas» et nous fait part de ses 10 coups de cœur et 10 coups de gueule.

10

01.

10.

09.

02.

08.

:-(

1. Les centres commerciaux et les magasins de bricolage 2. Lady Gaga 3. Facebook 4. Les émissions de cuisine à la télé 5. La French Manicure 6. Les tomates sans goût pendant l’hiver 7. Les emoticons 8. Les jeans taille basse 9. La vulgarité 10. La police Arial

07.

03.

04. 06.

05.


Joaillerie

TM

Bague « Cœur d’Amour »

www.fabiennebelnou.com

1_desirs.indd 1

28.09.2011 17:52:42 Uhr


BERYL KOLTZ a été interviewée par Céline Coubray et photographiée par ANDRÉS LEJONA dans un sauna.


41 interviews

2011, long métrage, 93 min

Décalage immédiat Beryl Koltz Beryl Koltz, jeune cinéaste franco-luxembourgeoise, s’est fait connaître grâce à ses courts métrages, dont le multi-primé Starfly. Elle vient de réaliser son premier long métrage, Hot Hot Hot, qui sort sur les écrans le 21 octobre. L’occasion d’avoir une discussion informelle avecelle sur sa carrière, sa vision du cinéma et ce nouveau film. Beryl Koltz, comment vous est venu le goût du cinéma? Je pense que l’envie de cinéma est liée à mon enfance, aux nombreux livres que j’ai lus pendant cette période et cette envie s’est affirmée au cours de mon adolescence. Je m’intéressais également à d’autres modes d’expression, mais j’ai trouvé dans le cinéma un moyen de combiner tous mes centres d’intérêt. Il y a à la fois le travail d’écriture, le rapport à l’image et une sensibilité pour le rythme à travers le montage. Pour moi, le cinéma est un art complet. Vous avez donc décidé de suivre des études de cinéma... Oui, à Paris I – La Sorbonne et à l’INSAS à Bruxelles dont je me suis d’ailleurs fait exclure car je n’étais pas d’accord avec les idées du principal… Le mode d’enseignement à la faculté me convenait beaucoup mieux, même s’il n’y avait pas de moyens, pas de matériel. Mais cela était un peu à l’image de ce qui allait m’attendre par après. Ce que j’aimais pardessus tout, c’était de pouvoir être libre. Comment décririez-vous votre univers cinématographique? Il est parfois qualifié de surréaliste. Ce n’est pas une copie de la réalité, mais une transposition de celle-ci dans un monde légèrement décalé. J’aime les personnages un peu en marge, sensiblement différents. Je m’attache beaucoup au résultat visuel. Pour Starfly, par exemple, on m’a parlé de Jaco Van Dormael et de son film Toto le Héros. Je n’y avais jamais pensé, mais j’accepte cette mise en parallèle. Les films que j’aime vont de Woody Allen à Stanley Kubrick en passant par les frères Cohen. J’aime aussi le cinéma asiatique. Finalement, le seul cinéma dont je ne me sente

pas proche, alors que c’est ma langue maternelle, c’est le cinéma français, car c’est un cinéma de dialogue, ce qui me correspond moins. Je n’aime pas le cinéma trop lent ou les films de genre. J’apprécie les touches d’humour et lorsque que ça bascule très vite de l’émotion à l’humour, avec un côté un peu imprévisible. Pensez-vous que le milieu du cinéma a beaucoup évolué ces dernières années au Luxembourg? Lorsque je suis revenue de mes études en 2001, nous étions encore assez peu de cinéastes. Il y avait Christophe Wagner, Dan Wiroth qui faisait des films d’animation, et ceux de la génération juste avant moi comme Geneviève Mersch, Paul Cruchten, Andy Bausch, Bady Minck. Il y a une dizaine d’années, je pense que les producteurs étaient très attentifs à nos projets, car nous n’étions finalement que peu de réalisateurs. J’ai eu la chance de rentrer au bon moment, car il me semble qu’aujourd’hui c’est un peu plus difficile de mettre le pied à l’étrier et de pouvoir réaliser son premier court métrage. Comme il y a plus de projets, le marché est devenu plus sélectif. En contrepartie, il existe une dynamique qui fait que les producteurs aiment avoir dans leur écurie des réalisateurs nationaux, en dehors des coproductions, et les accompagner dans leur développement professionnel. Est-ce que le milieu s’est aussi professionnalisé? Oui, mais cette professionnalisation était déjà là quand j’ai commencé. Je pense que ce sont plutôt les réalisateurs de la génération précédente qui ont dû faire face au manque de structures, de techniciens. Pour mon premier court métrage, tous les intervenants étaient payés par exemple,

Désirs automne 2011


42 interviews

Une des scènes de sauna de Hot Hot Hot

ce qui n’est souvent pas le cas pour un premier film court, et j’ai pu profiter de l’expérience de techniciens déjà aguerris, de chefs de poste qui avaient déjà travaillé sur des longs métrages. Cela contribue à donner une certaine qualité au film, et donc un cachet au court métrage luxembourgeois, bien que cela ne suffise évidemment pas pour faire un bon film. Il faut également un bon scénario et des émotions. Sans cela, les films ne tiennent pas debout. Est-ce qu’il y a plus d’aide au Luxembourg que dans d’autres pays? Pour le court métrage, les aides sont plus conséquentes, même si cela a été un peu revu à la baisse ces dernières années. Ce qui est tout à fait remarquable au Luxembourg, c’est le fait d’être vite propulsé sur le devant de la scène, d’avoir rapidement une forme de visibilité. Certes, à petite échelle, mais le Luxembourg présente l’énorme avantage d’être un microcosme qui se retrouve en position de macrocosme puisqu’il existe à parts égales par rapport aux autres pays de l’Europe.

Le choix du format court métrage, était-ce par contrainte budgétaire ou par choix esthétique? Le court métrage n’est pas un format dont un réalisateur peut vivre. Je le vois plus comme une étape dans un parcours, une carte de visite. Le long métrage est alors une forme d’aboutissement de ce travail d’investissement pur. Mais ce format est une autre histoire, et ce n’est pas facile non plus de pouvoir en vivre. Encore aujourd’hui, 10 ans après avoir commencé ma carrière et après avoir réalisé mon premier long métrage, je me sens dans l’incertitude. J’ai encore du mal à me dire que je suis réalisatrice. Je trouve que l’on passe tellement peu de temps à réellement tourner par rapport à l’ensemble du processus… Quand vous dites que les courts métrages sont une carte de visite, cela s’est avéré juste pour vous, car vous avez décroché de belles reconnaissances pour certains d’entre eux, notamment pour Starfly qui a été récompensé du Prix Canal + au Festival international de Clermont-

Désirs automne 2011


43

© Patrick Müller – Samsa Film – Artémis Productions – Amour Fou Filmproduktion

interviews

Ferrand en 2006, du Méliès d’Or du meilleur court métrage fantastique européen, du Grand Prix au Festival international de Rio de Janeiro en 2006 et du Grand Prix et Prix de la créativité au Festival européen du court métrage de Bordeaux en 2006. Oui, c’est vrai et même si ce n’est pas la raison pour laquelle on crée des films, cela fait du bien de récolter les fruits de ce que l’on a semé. Cela permet de se forger un nom et une crédibilité en vue de la réalisation d’un long métrage. Cela aide. Est-ce que cela vous a permis d’avoir des contacts avec des personnes avec qui vous n’auriez jamais travaillé sans cela? Ces récompenses vous ont-elles ouvert de nouvelles portes? Oui, il y a des personnes qui ont voulu me rencontrer suite à ces distinctions. Mais j’étais déjà engagée avec mes producteurs, Samsa Film, et je suis quelqu’un d’assez fidèle, donc j’avais envie de poursuivre avec eux. J’avais envie de grandir avec les gens qui m’ont fait confiance dès

mes débuts. La réalisation de ce premier long métrage avec eux est à la fois une forme de remerciement et, de manière plus égoïste, cela me rassurait aussi de travailler avec une équipe que je connaissais déjà et qui est devenue au fil des années des amis. Ce qui veut dire que vos équipes restent les mêmes de film en film? Oui, pour mes fictions en tout cas. Pour les documentaires, j’aime bien expérimenter et donc aussi travailler avec d’autres personnes. Ces expériences me permettent de trouver de nouveaux collaborateurs, d’élargir le cercle, de trouver de nouveaux talents. Vous sortez au mois d’octobre votre premier long métrage Hot Hot Hot, qui se déroule dans l’univers très singulier des saunas. Pourriezvous nous en dire un peu plus? Hot Hot Hot est l’histoire d’une libération, celle d’un personnage très inhibé, Ferdinand, employé depuis toujours chez Fish Land, un centre aquatique du complexe de loisirs globalisé «Worlds Apart» où il se consacre à sa passion des poissons. C’est un personnage anxieux et solitaire, mais qui va s’ouvrir au monde lorsqu’il va se retrouver contraint de travailler dans un sauna, suite à une mutation dans un autre centre de loisirs du groupe: le «Finnish-Turkish Delight». Il se retrouve alors confronté à la nudité, un vrai cauchemar pour ce vieux garçon de 45 ans qui est encore puceau… Cette confrontation, empreinte de sensualité et de lâcher-prise, va lui offrir la possibilité de s’ouvrir à la vie et à ses réalités, comme un itinéraire initiatique tardif. C’est un film sur la nudité, le corps, l’amour et l’acceptation de sa différence. Comment vous est venue l’idée de ce film? J’ai arrêté de fumer et j’avais lu dans le livre d’Allen Carr (La méthode simple pour en finir avec la cigarette, ndlr) que la cigarette est un produit qui produit un effet paradoxal unique: il permet à la fois d’aiguiser l’esprit tout en procurant un effet relaxant sur les muscles. Pour éviter l’effet de manque, je me suis dit qu’il faudrait que je fragmente la compensation puisqu’aucun autre produit ne peut produire un tel double effet paradoxal. J’ai alors commencé à boire beaucoup de thé et je suis allée au sauna. C’est comme cela que j’ai découvert ce monde un peu à part. Lorsque j’étais dans ces endroits, je me sentais détendue, disponible à ce qui m’entourait. J’ai alors commencé à cesser de penser à moi et j’ai observé mon environnement. J’ai vite été fascinée par la diversité des corps, puisque les saunas au Luxembourg sont sur le mode scandinave et germanique, c’està-dire qu’on y va nu. J’ai alors pris conscience qu’il y avait finalement très peu d’endroits où il est possible de côtoyer d’autres personnes nues. J’étais fascinée par la diversité des formes de corps, les différentes couleurs et textures de peau, les poilus, les différentes formes de fesses, les rondes, les pendantes, les charnues… Je me sentais bien, j’aimais cet univers. En hiver, j’y retrouvais un esprit presque tribal, d’un groupe nu autour d’un feu alors qu’il neige dehors. Il y a un côté archaïque que je trouvais très stimulant. Et en même temps, j’avais très envie de tourner à nouveau avec mon comédien fétiche, Rob Stanley. Toutes ces impressions se sont mélangées avec ce que je vivais à ce moment-là, car même si dans mes films la réalité est transformée au point qu’elle en devient méconnaissable, il y a toujours une partie autobiographique. Tous ces éléments se mélangent, forment une sorte de puzzle, s’imbriquent les uns dans les autres, pour aboutir à la création d’un nouveau scénario et au tournage d’un nouveau film. Comment écrivez-vous vos films? Je me vois comme un champ, où je sème les graines: il y a la période de la récolte et la période de la jachère qui est un moment primordial dans le processus. J’ai besoin de moments pendant lesquels je ne fais rien, je ne suis pas productive. Après une période intense de réalisation de film, je ressens le besoin de faire à nouveau le vide dans ma tête, d’être à nouveau disponible à ce qui m’entoure, à de nouvelles découvertes. J’en profite alors

Désirs automne 2011


44 interviews

pour me nourrir de ce que font les autres, je redeviens spectatrice, une «consommatrice culturelle». Pendant cette période, le travail se construit en moi de manière inconsciente. Petit à petit un thème se dégage, puis une trame, puis l’arc dramaturgique. Je vois un peu plus clair en ce qui concerne ce par quoi je souhaiterais commencer et vers quoi je voudrais aller. Comment procédez-vous? Est-ce que vous prenez des notes, dessinez des scènes, filmez des impressions, prenez des photos? Je ne filme pas du tout à ce stade-là. C’est uniquement littéraire, par les mots. Je dissèque, je décortique des idées, des impressions pour rentrer de plus en plus dans le détail. J’essaie de mettre en place une structure, un squelette. Mais ce n’est pas un processus facile. Je ne suis pas disciplinée, même si j’essaie de l’être… Je me mets tous les jours à mon bureau, mais il y a des jours où je n’écris rien. D’autres fois, je suis capable de me réveiller en plein milieu de la nuit et de passer tout le reste de la nuit à écrire. Ce n’est alors pas facile de vivre avec moi à cette période-là! C’est douloureux. Je recherche toujours quelqu’un avec qui j’arriverai à écrire car je trouve que c’est la phase la plus difficile, mais je ne l’ai pas encore trouvé. Combien de temps avez-vous pris pour mettre sur pied Hot Hot Hot? Quatre ans, pour aller de la première ligne à la copie finale. Est-ce que la sortie du film vous angoisse? C’est sûr qu’il y a des moments plus agréables… C’est un peu le moment de vérité. Il y a cependant un décalage qui fait que lorsque le film sort enfin sur les écrans, les réalisateurs travaillent souvent déjà sur d’autres projets, sont motivés par de nouvelles ambitions. Par contre, au moment où on aurait le plus besoin de soutien et d’encouragement extérieur, c’est-à-dire en fin de post-production, on est souvent tout seul. Quels ont été les nouveaux challenges rencontrés lors de la réalisation de ce premier long métrage? Ils ont été nombreux. Le plus gros challenge pour moi a été de gérer l’énergie sur la durée, car qui dit long métrage dit plus de jours d’écriture, de préparation, de tournage, de post-production. Il faut bien doser son sommeil et son énergie. On se prépare alors un peu comme un athlète ou quelqu’un qui doit rentrer dans un tunnel et tenir. Car chaque jour et chaque heure valent de l’argent. On ne peut pas se permettre d’avoir un moment de faiblesse. Il faut par exemple impérativement tenir le planning des décors. Ce n’est qu’une fois en phase de post-production qu’on peut se permettre de relâcher un peu cette pression, qu’on peut éventuellement se permettre de revenir sur une idée. Un autre défi pour moi a été de gérer un timing encore plus serré que sur les courts métrages, chose à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Les conditions de travail ont été en fait encore plus difficiles que sur mes précédents courts métrages. J’avais prévu beaucoup de plans et j’avais du mal à me rendre compte de ce que représentaient 37 jours de tournage. En plus, c’était un projet

assez ambitieux, avec beaucoup de personnages, de décors, et finalement relativement peu de moyens. Maintenant, avec cette première expérience, je pense que je me rendrai mieux compte de ce que cela représente, de ce qu’on peut faire avec cette somme d’argent. Avez-vous tourné à Luxembourg? Oui, et aussi un peu en France, à la frontière, et à Verviers en Belgique pour les extérieurs. Est-ce que le montage financier a été difficile? Non pas trop, car mon court métrage précédent a permis d’apporter une bonne crédibilité et a aidé mon producteur à trouver les fonds. Mais mon univers basé sur l’imaginaire nécessite beaucoup de décors et de costumes, ce qui rend mes films très onéreux. Par conséquent, ce qui aurait pu être un bon budget pour un autre réalisateur, a été un petit budget pour moi.

Un de vos derniers documentaires, Strangers in the Night, a été diffusé à la fois au Casino Luxembourg – Forum d’art contemporain et à l’Utopolis, qui sont deux lieux de projection très différents. Pensez-vous que le spectateur perçoit de la même manière votre film dans ces deux salles? Non, c’est sûr que cela change et je trouve cela intéressant. C’est d’ailleurs assez fascinant qu’en fonction du médium, la perception puisse changer. C’est ce que McLuhan expliquait dans un de ses ouvrages. Au Casino, l’ambiance était intime, conviviale, sensible. Dans un cinéma, le spectateur regarde certainement le film de façon plus détachée. J’aime cette idée de pouvoir faire des films qui puissent être montrés aussi bien dans un centre d’art que dans un cinéma. Strangers in the Night est un film très personnel, pour lequel je me suis aussi beaucoup impliquée, y compris dans l’histoire même du film. J’en ai également fait la musique, une première expérience pour moi, même si j’ai déjà eu de nombreux contacts avec le monde de la musique. Puisque vous faites partie du groupe Abigail Shark... Oui, j’ai toujours été attirée par la musique, mais je n’ai aucune formation dans ce domaine. J’ai aussi participé au groupe TraumKapitän. Ces expériences musi-

Désirs automne 2011

Lors d’un concert d’Abigail Shark en 2009


© Patrick Müller – Samsa Film – Artémis Productions – Amour Fou Filmproduktion

Extrait du film Hot Hot Hot qui sort en octobre 2011

Filmographie (sélection)

2011, docufiction, 52 min

2005, court métrage, 35 min

2001, court métrage, 35 min

cales m’apportent énormément, notamment lorsque je suis en phase d’écriture qui est une attitude beaucoup plus introvertie, où je me retrouve face à moi-même. Grâce à la musique, j’ai pu totalement contrebalancer cette attitude solitaire, et être au contraire dans une démarche spontanée, extravertie qui offre aussi la possibilité d’un retour immédiat sur ce qui vient de se passer. Avec la musique, je suis dans l’émotionnel exacerbé, je chante avec mes tripes, alors que l’émotion liée à l’écriture est plus intellectuelle, plus retenue. Les moments sur scène étaient donc libérateurs, me permettaient de crier, de m’exprimer sans retenue. Vous avez aussi réalisé des clips... Oui, pour Pauline Croze ou pour Traumkapitän, mais avec des moyens très différents. Pensez-vous qu’Internet a changé notre rapport au cinéma? Cela a changé l’esthétique des films, privilégiant une esthétique «faite maison», avec une minimalisation des moyens, des décors. Au fond, je me demande si ce ne sont pas les jeux vidéo et l’interactivité qui vont surtout changer notre rapport au cinéma. Cela me plairait d’ailleurs beaucoup de réaliser un jeu vidéo «d’auteur»! Et l’art contemporain, vous sentez-vous proche de ce domaine? C’est un milieu qui m’intéresse beaucoup, j’ai des amis artistes. Quelques-uns de mes films ont en effet été montrés dans des musées ou des centres d’art. C’est un milieu dans lequel il est possible d’expérimenter, de chercher. Ces expérimentations se retrouvent d’ailleurs souvent quelques années plus tard, sous une autre forme, dans le milieu de la mode, de la publicité, du cinéma ou autre. Désirs automne 2011

Réalisatrice, c’est un terme qui vous convient? Il y a en fait plusieurs termes pour définir le même métier. Il y a réalisatrice, cinéaste, vidéaste, film maker, director. Je crois que celui que je préfère, c’est film maker, car il sous-entend un côté artisanal et ne catégorise pas selon un type de film. Lorsqu’on est film maker, on peut aussi bien réaliser des films pour le cinéma que pour un musée ou la publicité… Réaliser une publicité, c’est quelque chose qui vous tenterait? Pour le moment, non pas du tout, mais peut-être que je reviendrai sur ma décision. Je ne suis pas du tout séduite par l’idée de faire de la publicité pour une marque. Je n’aime pas moi-même porter ostensiblement des marques. Pour moi, ce sont les marques qui devraient nous payer pour afficher leur nom sur leurs vêtements, et non l’inverse. C’est un symbole qui rassure les gens, mais je trouve que c’est surtout un appauvrissement spirituel. C’est un raccourci de satisfaction qui convient à certains, mais qui ne me correspond pas du tout. Et le star system, qu’en pensez-vous? Le cinéma grand public est très friand de cela, mais ce n’est pas du tout ce que je recherche. J’ai d’ailleurs toujours travaillé avec des acteurs peu connus. Quand je fais les castings, je me rends compte qu’il y a beaucoup de bons acteurs, et que seuls 10% d’entre eux sont connus. Les autres 90% sont inconnus et ne demandent qu’à travailler. Ce choix de travailler avec des acteurs qui ne sont pas sur le devant de la scène est aussi peut-être une manière de préserver mon univers, car si je travaillais avec des grosses têtes d’affiche, ils essaieraient plus d’imposer leurs choix, de m’influencer. Il faut savoir qu’il y a beaucoup d’acteurs qui veulent voir les rushes, avoir leur mot à dire. Certains, s’ils trouvent qu’ils ne sont pas à


46

leur avantage, exigent même d’être retouchés. Je trouve cette attitude contre-productive et ce comportement ne m’attire pas du tout. Le film a été tourné en anglais. Pouvez-vous nous expliquer ce choix? Ce long métrage a été tourné en anglais, tout comme mes deux cou r t s mét rages précédent s d’ailleurs. Ce choix s’explique d’abord parce que mes personnages sont assez atypiques et j’ai plus de facilité à trouver des acteurs à l’international pour les interpréter. Cela permet aussi une diffusion internationale plus aisée. Vous aimez diriger les acteurs? La direction d’acteurs n’est pas mon point fort. Je serais par exemple incapable de tourner avec des amateurs. Je suis plus dans le visuel. Je trouve qu’il y a déjà tellement de paramètres à gérer pour la réalisation d’un film, que je vais vers la facilité pour la direction d’acteurs. J’ai donc tendance à choisir un acteur parce qu’il ressemble naturellement à mon personnage. Les acteurs de Hot Hot Hot l ’ont d’ailleurs remarqué et en ont plaisanté sur le tournage. Cela n’empêche pas pour autant la composition et le jeu d’acteur. Comment se positionne ce nouveau film dans le reste de votre filmographie? Je pense que c’est l’aboutissement logique de mes deux courts métrages, Your Chicken Died of Hunger et Starfly. Pour ceux qui connaissent mon style, ils retrouveront dans ce nouveau film une certaine continuité. Peut-être que cela aura été une trilogie et que je vais évoluer vers un nouvel univers. Je ne sais pas encore. Je suis toujours en train de me poser plein de questions, je me demande toujours si j’ai fait les bons choix. J’aime l’idée d’avoir plusieurs vies dans une vie et je suis toujours en train de tout remettre en question.

© Samsa Film

interviews

Extrait du court métrage Starfly sorti en 2005

Sans changer de vie, avez-vous besoin de changer de ville? J’ai toujours fait des allers-retours entre Paris et Luxembourg. Je suis née à Paris puis suis arrivée enfant à Luxembourg. Ma deuxième ville est Paris. Mais je suis aussi attirée par Londres. J’adore y aller pour faire mes castings. J’aime aussi beaucoup Bruxelles. J’aime voyager d’une manière générale. J’ai fait beaucoup de voyages en sac à dos: je suis allée en Inde, Chine, Mongolie, Cambodge, Vietman, Laos. J’ai des origines orientales: ma famille maternelle est d’origine libano-égyptienne et mon arrièregrand-mère était syrienne. Je suis d’ailleurs de plus en plus attirée par l’Orient, j’ai envie d’un retour aux sources. Je suis déjà allée plusieurs

fois en Egypte, au Liban, en Syrie. J’ai aussi envie d’apprendre l’arabe. Parfois je m’imagine même vieille dame habitant au bord du Nil. Vous êtes issue d’une famille avec de fortes personnalités. Cela vous a-t-il influencée dans votre évolution? Mes deux grands-mères sont écrivains et c’est comme cela que mes parents se sont rencontrés, parce que leurs mères étaient amies grâce à la littérature. Mon père était conservateur au Musée National d’Histoire et d’Art, ma mère est peintre. Mon oncle maternel, Louis Chedid, a aussi commencé dans le cinéma avant de devenir chanteur. Mon cousin est chanteur (Mathieu Chedid, ndlr) et ma cousine (Émilie Chedid, ndlr), qui est aussi une de mes meilleures

Désirs automne 2011

amies, est réalisatrice. Il y a donc en effet de fortes personnalités dans la famille! Mais cela ne m’a pas du tout gênée. C’est au contraire très enrichissant de pouvoir échanger sur des sujets et des passions que nous partageons, de pouvoir s’encourager mutuellement. Cela crée des liens familiaux plus forts. Est-ce que vous avez eu l’impression de devoir beaucoup vous battre pour imposer vos idées, votre univers? Je pense que dans tous rapports humains, il y a un rapport de force. Lorsqu’on souhaite réaliser un film, le réalisateur se trouve en prise à des tensions, avec une idée qu’il essaie de faire passer. Cela peut être difficile. Je suis quelqu’un qui n’aime pas la confrontation. Je cherche plutôt à travailler dans une bonne ambiance. Mais il faut quand même réussir à imposer ses idées, à les expliquer, et cela nécessite parfois beaucoup de psychologie et de communication. Cela peut aussi me demander beaucoup d’énergie et j’essaie de ne pas perdre patience. C’est un métier dans lequel je vois beaucoup d’abus de pouvoir. Sur un tournage, les rapports humains sont très hiérarchisés et le réalisateur est en haut de la pyramide. Je pense que nous avons donc une certaine forme de responsabilité de ne pas abuser de cette place. Il faut faire attention à la fois dans la gestion de son film, mais aussi dans la gestion des personnes impliquées dans le projet pour ne pas se laisser aller dans la facilité. J’essaie aussi de toujours croire en moi sans me prendre au sérieux, d’arriver à trouver cet équilibre entre mes doutes et mes certitudes. Je suis comme une funambule sur un fil tiré entre mes doutes et ma fantaisie.

Hot Hot Hot de Beryl Koltz sort au Luxembourg le 21 octobre. www.berylkoltz.com


Mah-Jong. Canapé Mah-Jong. composable Canapé composable / Design Hans / Design HopferHans / Tissus Hopfer Missoni / Tissus Home Missoni Home

BERTRANGE 126A, rue de Mamer Luxembourg Tél. : 31 95 57-1 info@roche-bobois.lu

Conçu pour Conçu vouspour vous w w w . r o cw h ew-w b .orbooc ihse. l-ub o b o i s . l u


Patrick Gillen a été interviewé par France Clarinval et photographié par Olivier Minaire,

devant la Cour de justice européenne.


49 iNTErviEws

© Photothèque de la Ville de Luxembourg

La vue du quartier européen en 1970 montre bien un urbanisme au maillage lâche où les bâtiments sont construits en milieu de parcelle et où l’automobile est reine.

un plateau toujours en développement patrick gillen Les 365 hectares du Plateau de Kirchberg ont connu un développement spectaculaire pendant les 50 années que célèbre le Fonds d’aménagement. Des années pendant lesquelles ses responsables ont dû faire face à de nombreux défis urbanistiques et architecturaux. Le président nous en dit plus.

365 ha C’est la superficie totale du Plateau de Kirchberg. 65 ha sont des espaces verts. 935 000 m2 C’est la surface de bureaux construite (150 000 m2 sont en construction, 275 000 m2 le seront à moyen terme). 2 100 C’est le nombre actuel d’habitants. À l’horizon 2020, 10 000 personnes pourraient vivre sur le plateau, dont 5 000 en âge de scolarité. 8 C’est le nombre d’arrêts de tram prévus entre le Pont rouge et la gare de Luxexpo, soit environ un tous les 500 m.

La naissance du Kirchberg en tant qu’entité urbanistique coïncide avec la croissance des institutions européennes. Comment et pourquoi cette décision a-t-elle été prise à l’époque? Pendant les années 50, plusieurs institutions européennes se sont installées dans différents bâtiments de Luxembourg. Mais ces immeubles se sont vité avérés trop petits et trop disséminés. L’idée a donc été de rassembler les institutions européennes en une seule zone et le Plateau de Kirchberg a semblé le site idéal. Pressentant le risque que représentait la spéculation immobilière et pariant sur le développement de l’Europe et de ses institutions, le pouvoir de l’époque a défini un périmètre très large (365 ha) décrété d’utilité publique. Le Fonds a été créé par la loi du 7 août 1961 pour acheter les terrains et veiller à la construction et au développement du plateau. Désirs Automne 2011

L’ensemble des terrains a donc été acheté, parfois après expropriation, mais souvent de gré à gré. Le premier geste fort a été la construction du Pont Grande-Duchesse Charlotte... Pour pouvoir développer le plateau, il fallait le relier à la ville, d’une part, et à l’autoroute, ou du moins à l’aéroport, d’autre part. Le pont a ainsi été construit en 1963 et les bâtiments ont suivi, avec d’abord le Bâtiment Alcide de Gasperi (communément appelé Héichhaus) en 1966, puis les autres institutions et l’école européennes. Y avait-il une réflexion urbanistique? Certes, il y avait un masterplan. Du point de vue urbanistique, on était à l’époque dans une logique du «tout automobile», les bâtiments étaient espacés, construits indépendamment les uns des autres, en milieu de parcelle. La voie rapide qui traverse le plateau


50

pour aller vers l’aéroport et l’Allemagne ressemblait à une autoroute avec des échangeurs… L’arrivée et le développement d’institutions financières et des services qui vont de pair (avocats, assurances, consultance…) ont relancé l’urbanisation du plateau... Le même processus a lieu dans le secteur bancaire. Un grand nombre de banques ont installé leur siège à Luxembourg et la demande de foncier a explosé. Le centre-ville ne suffisait plus et c’est vers le Kirchberg que se sont tournées les banques dans les années 80 et 90. La partie centrale du plateau, au nord de l’avenue J. F. Kennedy, puis le quartier du Kiem et ensuite celui du Grünewald voient se construire d’imposants bâtiments plus ou moins remarquables du point de vue architectural. Là encore, les espaces sont généreux; la place de l’automobile, dominante. Comment s’est fait le revirement de la réflexion urbanistique pour arriver à ce que l’on connaît actuellement? Quels étaient les enjeux? À la fin des années 80, on a voulu contrecarrer l’évolution tertiaire monofonctionnelle du Kirchberg. Pour favoriser la mixité urbaine, il fallait diversifier l’architecture plutôt que de continuer à construire des bâtiments disposés en solitaires. Le Fonds a imposé une autre façon de construire, en front de rue. On a implanté des institutions culturelles, de loisir et des commerces. Et pour endiguer le moyen de transport individuel favorisé par la voie rapide, on a remplacé les échangeurs par des carrefours avec des feux, on a ajouté des trottoirs et prévu la circulation des transports en commun, y compris le futur tram. Ces transformations sont encore en partie en cours. Peut-on imaginer le Kirchberg sans grue? À quel horizon? Il y aura toujours des chantiers, des constructions ou des rénovations de bâtiments. Certains sont là depuis 30 ans, ils seront sûrement remplacés. Mais on peut penser qu’un jour, on aura en effet cédé tous les terrains et que tous les travaux d’infrastructure seront réalisés. Le Fonds n’aura plus de raison d’être, la gestion quotidienne ira aux services de la Ville et des Ponts et Chaussées. Mais je pense que ce ne sera pas avant une quinzaine d’années. Quel est le réel pouvoir du Fonds face aux promoteurs, notamment en termes de choix architecturaux et environnementaux? Depuis 2004, nous imposons des règles strictes au moment de la vente des terrains. Que ce soit pour de la construction de bureaux ou de logements, les investisseurs doivent se soumettre à un concours d’architecture et proposer un prix. Un jury se penche sur la qualité architecturale, l’intégration dans le paysage urbain, les aménagements alentours, la qualité environnementale (nos exigences vont au-delà de la réglementation) et bien sûr le respect de la STHO (surface totale hors œuvre). Des points sont attribués pour tous ces critères pondérés par le prix d’achat proposé. Il est intéressant de voir que c’est généralement le

© Rol Schleich

interviews

Vue aérienne du site du concours pour le nouvel urbanisme du front sud de l’avenue Kennedy

«il faut densifier et faire en sorte que l’on puisse circuler à pied et bien sûr amener des habitants» Patrick Gillen

meilleur projet architectural qui l’emporte, pas seulement celui qui propose le meilleur prix. Les promoteurs se donnent donc du mal pour réaliser de bons projets. Il faut aussi dire que nous contrôlons également l’exécution du projet. Pas question, par exemple, d’ajouter des mètres carrés de bureaux là où il était prévu un atrium, de changer d’architecte ou de matériaux. C’est aussi le cas pour les bâtiments publics? Oui, il va de soi que nous imposons à l’État luxembourgeois ou aux institutions européennes les mêmes règles qu’aux investisseurs privés. Nous veillons ainsi à l’harmonie architecturale, la densité urbanistique, le respect des normes environnementales, le tout toujours via des concours d’architecture internationaux. Par exemple, le projet du nouveau complexe de la Commission européenne, remporté par JSWD Architekten, en lieu et place du bâtiment Jean Monnet, s’intégrera au nouvel urbanisme du Quartier Européen Nord avec un maillage plus dense, des rues intérieures où les piétons ont leur place, avec des commerces et de la restauration, du logement… Désirs Automne 2011


51

© Fonds du Kirchberg

interviews

Le Parc central, comme les 65 ha d’espaces verts, est aussi un lieu de vie pour les usagers du Kirchberg. Dans le cadre des 50 ans du Fonds, l’exposition Plateaux joue de l’interactivité avec le public. Ici Déception, l’œuvre que The Plug a conçue pour l’occasion.

Pour fêter les 50 ans Plusieurs aménagements et manifestations sont prévus dans le cadre du 50 e anniversaire du Fonds. · Une piste de course à pied recouverte d’écorces de bois, un matériau moins dur que le macadam, a été inaugurée avant l’été au Parc Reimerwée. Sa longueur de 920 mètres est conforme aux normes sportives et permet notamment d’évaluer son meilleur temps en vue de l’amélioration des performances pour le prochain marathon de Luxembourg… · L’arbre à rêves, réalisé par Paul Majerus, a été installé dans le Parc du Klosegroendchen,

Désirs Automne 2011

où il pourra servir de point de rassemblement et d’abri pour les visites botaniques organisées en partenariat avec le MNHN. La branche sert de point de vue à 180° sur le Parc central et le Quartier Européen Nord depuis le Klenge Kirchbierg dans le Parc central. · Enfin, jusqu’au 12 novembre, l’art contemporain investit le Parc central avec l’exposition Plateaux
 qui présente des œuvres de sept artistes internationaux (Pedro Barateiro, Hugo Canoilas, Marco Godinho, Leni Hoffmann, Sophie Krier, Claude Lévêque, The Plug) invités par Didier Damiani, commissaire de cette exposition.


© AllesWirdGut

La Société nationale des habitations à bon marché s’est vu attribuer plusieurs parcelles dans le quartier Grünewald qui sera un des futurs pôles d’habitation.

La diversification des activités progresse, notamment dans la partie Est où l’on a vu se développer un pôle de santé, des commerces et restaurants, des logements. Dans les nouveaux bâtiments, nous imposons que 70% des rez-de-chaussée soient dédiés à des commerces ou de la restauration. Ce n’est pas toujours facile, mais cela se développe. Pour créer de nouvelles activités, il faut densifier et faire en sorte que l’on puisse circuler à pied et bien sûr amener des habitants. Justement, un des principaux problèmes du Kirchberg est son manque d’habitants... Il y a beaucoup de projets d’immeubles d’habitation déjà en construction, par exemple dans le quartier Grünewald, ou en projet, comme au Kiem où le plan d’aménagement particulier a été adopté et où 900 logements sont prévus. Nous allons aussi prochainement lancer un concours d’urbanisme pour aménager la lentille sud du plateau vers Weimershof (depuis la place de l’Europe jusqu’au Bricherhaff) avec notamment des logements. Il y a dans ce domaine aussi de la spéculation, des investisseurs qui achètent pour louer à des prix élevés… Comment apporter de la mixité sociale au Kirchberg? Le Fonds collabore avec la Société nationale des habitations à bon marché qui s’est vu attribuer plusieurs parcelles (c’est le cas au Grünewald et au Kiem, notamment). Ils suivent les mêmes critères architecturaux et ont des règles d’attribution strictes: les appartements sont vendus à des personnes qui ne sont pas encore Désirs Automne 2011

propriétaires, qui sont obligées d’y habiter et ne peuvent pas revendre avant plusieurs années. On s’attend donc à une population plus jeune, plus modeste, des familles… Ce qui suscitera de nouveaux besoins, comme des crèches ou des commerces de proximité. Il semble que le Kirchberg soit étonnamment absent des débats électoraux, aucune personnalité n’incarne cet endroit… Comment l’expliquez-vous? Nous avons une bonne collaboration avec les services de la Ville et avec les syndicats d’intérêts locaux de nos «voisins» de Weimerskirch ou de Weimershof. C’est vrai que peu de partis politiques se préoccupent de ce qui se passe ici. Certains nous posent des questions. Nous sommes toujours preneurs d’avis, d’idées, de suggestions. Probablement qu’avec l’arrivée de nouveaux habitants, des problèmes vont apparaître lors de constructions d’infrastructures ou de bâtiments ou qu’il y aura des revendications pour la création d’une école, par exemple. Nous verrons.


BlackBerry

Bold Touch

Ecran tactile WiFi BlackBerry OS 7.0

Emails Stockage 8GB

Clavier complet DĂŠcouvrez nos tarifs sur mesure sur www.luxgsm.lu/blackberry_tariffs

by


Walter Van Beirendonck – Photo: Jean-Baptiste Mondino


55 Interviews

Walterman Design: Paul Boudens

L’univers enchanté de Walter Interview: Catherine Callico

Walter Van Beirendonck Trois décennies de production et des centaines de pièces qui ne cessent de se réinventer. L’outsider de la mode anversoise, Walter Van Beirendonck, n’a pas dit son dernier mot, comme l’a prouvé sa collection automne-hiver 11/12 présentée à Paris. Il nous invite cette fois dans sa ville, où le Modemuseum (MoMu) lui dédie une vaste rétrospective. Il y est question de silhouettes, originales et mixées, de contes de fées, de chamanisme, de rituels, de nature, d’art ou de technologie. Le MoMu vous a invité à monter une rétrospective, quel en sera principalement le contenu? Sur invitation du MoMu (Modemuseum d’Anvers), il s’agit d’une sélection de pièces qui débute depuis ma sortie de l’Académie dans les années 80 et qui regroupe une centaine de silhouettes très variées jusqu’à aujourd’hui. Certaines collections présentent plus de pièces que d’autres. Certaines collections vous ont-elles particulièrement marqué? On me pose souvent cette question, mais il m’est difficile d’y répondre, car c’est souvent lié à des souvenirs, lors de la présentation, des défilés... Et dans une collection, je peux aimer une silhouette en particulier ou le styling, voire le lieu.

Comment vos silhouettes ont-elles évolué au fil des trois décennies? Quand on regarde les silhouettes en studio, on sent une identité très forte. Il y a sûrement une évolution au fil des ans, mais la manière de travailler autour du corps reste la même. Dans les années 80, l’accent était peut-être plus porté sur la recherche dans les matériaux et tissus, l’approche était plus expérimentale. Aujourd’hui, j’explore des matériaux plus artisanaux, naturels, spirituels... Depuis le début, le spiritualisme, le surnaturel, la science-fiction sont des thèmes récurrents dans vos créations... Je crois en certaines choses, car je suis certain que d’autres choses se passent à côté de nous. J’ai effectué beaucoup de recherches sur le chamanisme et tout ce qui est spirituel, et cela me fascine. Je lis le plus

Désirs Automne 2011


56 Interviews

Dazed & Confused, August 2010 ‘The Joy of Six’ Photo: Scott Trindle, Styling: Robbie Spencer

possible sur ces sujets, je me rends à des expos, etc. C’est comme pour les extraterrestres: je crois en d’autres vies, d’autres dimensions. L’exposition présente six thématiques, en fonction de vos centres d’intérêt, lesquels? Il y est question de contes de fées, de spiritualisme, de tissus technologiques en opposition au travail de l’artisanat, de mutations sur le corps, de rituels – dans la nature, le SM, dans des tribus, etc. –, d’actions-réactions à partir de sujets comme la burqa, la censure, le monde en général... Vous faites également régulièrement référence à la nature dans votre travail... Depuis un moment, oui. Mais pas parce que les questions environnementales sont à la mode et exploitées dans le monde artistique. J’aime les animaux, les végétaux, la beauté des insectes... Je sais que je ne peux pas changer le monde,

Dazed & Confused, August 2010 ‘The Joy of Six’ Photo: Scott Trindle, Styling: Robbie Spencer

surtout en travaillant à petite échelle. Il est difficile de travailler avec des produits durables mais là encore, j’essaie de transmettre des manières de penser, comme le respect de la nature. L’engagement est-il une de vos marques de fabrique? Oui, il est important de raconter chaque fois une histoire, communiquer un message. Il est presque normal que quelqu’un qui a une certaine créativité fasse passer des idées. La rétrospective présentera différents aspects de votre univers. Ainsi, vous collaborez régulièrement avec le monde de la musique: Bono, Mika, Beth Ditto... Ils connaissaient tous mon travail et sont venus me trouver. J’ai conçu les costumes de scène du PopMart Tour de U2 en 1997, ils seront d’ailleurs exposés au MoMu. Mika est aussi un grand fan

Désirs Automne 2011

depuis toujours, il m’a contacté et est venu choisir dans mes vêtements. Pour Beth, on a envoyé des vêtements via son attachée de presse. Dans le cadre de la rétrospective, vous avez également mis sur pied un nouveau projet de photo et de vidéo, en collaboration avec le photographe de mode Nick Knight, le styliste Simon Foxton et le magazine GQ Style UK... Je connaissais le travail de Nick Knight depuis longtemps, mais nous n’avions jamais travaillé ensemble. Je lui ai demandé de se pencher sur toute ma carrière et de sélectionner des silhouettes de toutes les époques. Il m’a alors proposé de collaborer avec Simon Foxton, pour qui j’ai également beaucoup de respect. Simon a choisi entre 200 et 300 pièces dans mes archives, puis il a mixé les looks de toutes les années. De son côté, le photographe a shooté 100 modèles avec


Walter Van Beirendonck A/W 2001-02, Revolution! – Photo: Elisabeth Broekaert

Interviews

57

Désirs Automne 2011


58 Interviews

Walter Van Beirendonck A/W 2011-12, Hand on Heart – Photo: Ronald Stoops

Désirs Automne 2011


59 Interviews

Désirs Automne 2011


W.&L.T. S/S 1996, Killer/Astral Travel/4D-Hi-D – Photo: Ronald Stoops

ces différents looks, que l’on peut voir sur vidéo, dans le catalogue de l’expo ou dans GQ Style. Avec le temps, comment arrivez-vous à renouveler votre production? De façon assez spontanée, car j’essaie de rester très curieux, de lire beaucoup, de voir des expositions, etc. qui peuvent m’inspirer. J’aime voyager, mais je n’en ai pas le temps. Je préfère me rendre à New York pour voir des galeries que découvrir une ville d’Afrique. Je voyage surtout à travers mes recherches littéraires, visuelles, sur Internet... De quels artistes ou courants artistiques vous inspirez-vous? Des gens comme Mike Kelley ou Paul McCarthy, deux artistes américains avec une approche très personnelle de l’art et une sensibilité enfantine, m’ont inspiré dès le début de ma carrière, ils m’ont ouvert les yeux pour travailler avec l’art et les objets. Je m’intéresse également aux nouveaux artistes, je me rends à la Biennale de Venise pour découvrir la scène contemporaine. Vous êtes régulièrement invité à exposer ou à performer dans des musées ou galeries d’art, comme récemment lors de l’exposition collective Anti

Depressiva à Vienne ou aux côtés d’Erwin Wurm au Middelheimmuseum à Anvers... Cela a commencé il y a quelques années, lorsque la galerie parisienne Polaris m’a invité et donné carte blanche. L’idée de départ était que je montre des pièces de mes collections qui sont des pièces d’art, mais je n’étais pas intéressé car je fais de la mode. J’ai donc conçu des pièces d’art en relation avec ma vie et ma mort. Depuis lors, j’ai eu d’autres propositions de ce type, comme lors d’Art Brussels, en 2010, j’ai dessiné les sacs de l’événement, et je suis entré comme cela dans le monde de l’art. Via Erwin Wurm également, que je connais depuis plus de 15 ans et dont le travail et la manière de percevoir le corps m’ont depuis lors beaucoup influencé. J’ai beaucoup aimé participer à ses sculptures vivantes au Middelheim cet été, qui m’ont permis d’approcher le public autrement. Le vêtement reste votre moteur, qu’est-ce qui vous plaît dans la mode? Le monde de l’art, les galeries, les performances... L’esprit est différent. J’aime beaucoup la mode car l’approche de la réalité est plus rapide, on est plus dans le mouvement que dans l’art. En marge de vos collections propres, vous étiez jusqu’il y a peu directeur artistique pour Scapa Sports et vous dessinez la collection enfants de JBC. Cela vous permet de respirer? J’ai toujours réalisé des collections commerciales, et j’aime cela. Après cinq ans, j’ai arrêté de travailler pour Scapa. Je collabore toujours avec JBC. J’adore imaginer des collections pour enfants, très narratives et colorées, avec des personnages. Cela me plaît beaucoup de raconter des histoires de cette manière et me permet de garder une certaine naïveté. C’est important pour quelqu’un qui crée. Ce travail me procure plus d’argent aussi, et donc plus de liberté pour mes projets personnels. Entre la présentation de votre dernière collection à Paris – qui a créé la surprise médiatique – et la rétrospective qui vous est dédiée, vous avez d’autres projets? Ces derniers mois ont été très chargés et après les défilés de Paris, j’espère prendre un peu de temps pour moi. Ma collection automne-hiver 11/12, baptisée Hand on Heart, a été une surprise pour la presse car elle s’articule autour de nombreux costumes, cravates, nœuds... J’avais envie de créer, au sein du défilé, une ligne stricte et nette, contrecarrée par des sweats amples en forme de ponchos, qui font allusion au chamanisme et à l’ouverture du cœur...

Exposition MOMU – MUSÉE DE LA MODE D’ANVERS jusqu’au 19 février 2012 Nationalestraat 28, 2000 Antwerpen T+32 3 470 27 70 www.momu.be www.waltervanbeirendonck.com

Désirs Automne 2011


Entreprise indépendante membre du réseau DESSANGE

DESSANGE.COM

SMOKING RETRO

1er étage galerie City Concorde – Bertrange Tél. : ( +352 ) 26259186

1_desirs.indd 1

1er étage galerie Auchan Kirchberg Tél. : ( +352) 438444

26 av de le Liberté Luxembourg gare Tél. : ( +352 ) 488032

38 rue du Curé Luxembourg Ville Tél. : ( +352 ) 226826

41 rue de la Libération 18 rue de docteur Herr L-4210 Esch 9048 Ettelbruck sur Alzette Tel : ( +352 ) 26810525 Tél. : ( +352 ) 545357

26.09.2011 11:59:53 Uhr


62 FAshiON

sTyle waTch Photographe DavID LaUREnT/WIDE

Désirs Automne 2011


63 Fashion

cocorico À l’occasion de la clôture de la 3e saison du paperJam Business Club, le 14 juillet dernier, au Cat Club, Désirs s’est glissé parmi les invités pour sélectionner quelques looks de cette soirée aux couleurs de la fête nationale française.

Désirs Automne 2011


64 Fashion

Désirs Automne 2011


65 Fashion

Désirs Automne 2011


66 Fashion

Désirs Automne 2011


67 Fashion

Désirs Automne 2011


68 Fashion

Old & New Un coup d’œil dans le viseur de la mode à l’occasion du vernissage du Vintage Design Show, le 16 septembre, événement pendant lequel la nouvelle maquette de Désirs a été présentée.

Désirs Automne 2011


69 Fashion

Désirs Automne 2011


70 Fashion

Désirs Automne 2011


71 Fashion

Désirs Automne 2011


72 Fashion

Désirs Automne 2011


tomcat.indd 1

29.09.2011 11:15:25 Uhr


luxembourg-ville vue par...

Élections À l’occasion des élections municipales, nous avons demandé aux quatre têtes de liste des principaux partis politiques se présentant à Luxembourg-ville de répondre à notre questionnaire.


Photographe David Laurent/Wide


76 Story

Paul Helminger photographié dans une boucherie du centre-ville par Éric Chenal. Désirs xxx 2011


77 Élections

Paul Helminger Demokratesch Partei (DP) Âge Quartier d’habitation Lieu de naissance Type de logement Surface du logement Nombre de personnes dans le foyer Moyen de locomotion en ville

Quel est votre endroit préféré à Luxembourg? Et qu’aimez-vous y faire? Mon endroit préféré est la vieille ville. J’aime son charme historique, son animation cosmopolite, ses espaces publics conviviaux. C’est au cœur de la vieille ville que je travaille, que je fais l’essentiel de mes achats et que je sors avec la famille ou avec les amis. Quelles sont les trois principales réalisations que vous jugez positives du mandat qui vient de s’écouler? 1. D’avoir mis en route une politique plus équilibrée et plus durable du développement de la ville: - développement des quartiers périphériques bien reliés aux transports en commun pour les activités économiques - développement du logement en coopération avec les promoteurs publics et privés en mettant l’accent sur le logement à coût aborda ble (Baulücken) - revalorisation urbaine des quartiers centraux, centre-ville (projet Hamilius) et gare (projet Luxembourg Central et nombreux projets privés), ainsi que de certains centres de quartier (Limpertsberg, Belair, Bonnevoie) 2. D’avoir mis en œuvre une politique plus durable de mobilité en ville: - un maximum de déplacements liés à l’emploi par les transports en com mun (nouveau plan de desserte des Autobus de la Ville de Luxembourg, système d’information en ligne, plus de 30 millions de passagers par an) - un retour à la mobilité douce pour les déplacements de courte distance en ville (Vel’oh, voies cyclables, sécurité des chemins vers l’école) - la sensibilisation pour un usage responsable de la voiture individuelle (zone 30 dans les quartiers résidentiels, stationnement résidentiel, adap tation de l’offre de stationnement tant public que résidentiel dans les parkings - Limpertsberg, Centre, Belair, Bonnevoie, Gare) 3. D’avoir réussi à maintenir un très haut niveau de convivialité dans une société de plus en plus diversifiée et de plus en plus mobile (espaces publics, places de jeux, centres de rencontre, offre culturelle et de loisirs).

70 ans Gare Esch-sur-Alzette Maison unifamiliale ± 350 m2 4 À pied, à vélo et en voiture

Quels sont, d’après vous, les trois manquements que vous retiendrez du mandat qui vient de s’écouler? 1. L’échec du projet de loi sur l’élargissement des compétences des agents municipaux et l’impuissance de l’autorité locale à réagir contre l’augmentation inquiétante des incivilités dans certains espaces publics (Kinnekswiss, gare centrale et alentours) 2. La lenteur voire l’absence de progrès dans certains dossiers de développement urbain comme la place de l’Étoile (question de propriété privée) ou encore le projet Luxembourg Central (manque d’intérêt ou du moins de priorité pour le gouvernement et pour les CFL) 3. Les commissions consultatives de quartier qui n’ont pas été mises en place comme promis, tant leur insertion entre un conseil communal, largement représentatif lui-même des quartiers, et les syndicats d’intérêts locaux s’est révélée délicate. Luxembourg, une ville d’immigrés? Oui, certes, mais c’est une richesse et c’est surtout une réalité bien vécue tant par les Luxembourgeois que par les non-Luxembourgeois (enquête Foreg sur la vie en société en ville). Ceci dit, je regrette que les non-Luxembourgeois ne participent pas plus massivement au processus politique. Le multilinguisme, un défi pour le système scolaire? Très certainement: les statistiques montrent hélas qu’un nombre croissant d’enfants ne fréquentent plus l’école publique luxembourgeoise pourtant l’outil par excellence de l’intégration. L’alphabétisation en allemand pénalise en effet lourdement la plupart des enfants non-luxembourgeois. La Ville soutiendrait volontiers un projet d’école bilingue. Luxembourg, bientôt 100 000 habitants, mais beaucoup plus les jours ouvrables avec les frontaliers… La ville de Luxembourg compte heureusement parmi les villes européennes les plus dynamiques en terme de développement, tant démographique qu’économique. Le défi est bien de gérer ce développement dans le sens de la durabilité. Ainsi, les grands chantiers resteront le logement, la mobilité et l’intégration.

Désirs automne 2011


78 Élections

Pour ou contre le projet du tram? Le tram n’est pas une fin en soi. Il ne fait de sens que dans le contexte d’un concept d’ensemble de mobilité au niveau national, fondé sur un réseau performant de liaisons ferroviaires assurant l’accessibilité de la ville via les nouvelles gares périphériques. Dans ce contexte, je suis pour le tram pour une double raison: - en termes de mobilité, le tram apportera, à bien moindre coût que d’autres alternatives, la capacité et le confort nécessaires pour garantir l’offre accrue de transports en commun dont la ville aura besoin si nous voulons éviter l’asphyxie - en termes de développement urbain, le tram consti tuera l’échine dorsale qui assurera la cohésion d’une ville de plus en plus polycentrique et qui évitera que le centre-ville ne devienne un îlot isolé des grands centres de développement que sont le Kirchberg, le Ban de Gasperich et les Portes de Hollerich. Quels sont les jalons pour mener à terme ce projet? Quelle échéance pour sa réalisation? Le GIE Luxtram (État/Ville) doit finaliser ses études préliminaires d’ici la fin de l’année, ce qui devrait permettre aux deux partenaires de prendre une décision définitive en début 2012 et d’engager ensuite devant la Chambre des députés et devant le conseil communal les procédures d’autorisation requises par la loi. Le gouvernement a indiqué que le chantier pourrait débuter en 2014 pour être terminé en 2017. Pour les jeunes, il devient presque impossible d’habiter en ville: loyers trop chers, propriété inaccessible. Quel est votre commentaire? Le coût abordable du logement est en fin de compte une notion très subjective. Je constate tout d’abord que les milliers de nouveaux habitants qui ont choisi de venir vivre en ville, dont de nombreuses jeunes familles avec enfants, ont bien su trouver un logement, non seulement sur le marché privé, mais aussi dans les nombreux logements construits par la ville et par les sociétés de droit public (Fonds du Logement et SNHBM). Plus de 9 000 logements ont ainsi été autorisés au cours des 10 dernières années, près de 4 000 sont en cours d’autorisation dans une dizaine de PAP répartis sur l’ensemble du territoire de la ville. Le projet «Baulücken» s’adresse avec grand succès à une clientèle de jeunes familles. Le DP propose aux autorités nationales et communales une extension de ce projet à l’ensemble du pays. Il propose encore une hausse modulée des intérêts déductibles fiscalement sur les prêts au logement, ainsi que l’introduction d’un système plus généreux et plus ciblé d’aide au logement. Quelle est votre table préférée? La Brasserie Guillaume avec ses huîtres et son steak tartare. Où emmenez-vous vos amis qui ne connaissent pas encore Luxembourg-ville pour leur faire découvrir la ville? Au «Huelen Zant» sur le rocher du Bock: 1 000 ans d’histoire d’un seul coup d’œil! La forteresse au cours

des siècles, la modernité avec les viaducs du chemin de fer, l’Europe avec la maison natale de Robert Schuman et finalement, au Kirchberg, l’apothéose avec les musées de la forteresse et d’art moderne, la Philharmonie et les tours des Institutions européennes, imposante synthèse de la «Multiplicity» que nous sommes aujourd’hui. Quel est votre bâtiment préféré à Luxembourg? L’immeuble de la Banque de Luxembourg au boulevard Royal dans son élégante sobriété... en attendant le projet Hamilius. Quelle sera la première action concernant la culture que vous mettrez en place si vous êtes élu? Assurer la réalisation rapide de l’extension du Conservatoire et soutenir la nouvelle direction dans sa volonté de renouer avec l’ambition d’excellence qui doit et peut être celle de cette importante institution. Pour vous, quels sont les points forts de la qualité de vie à Luxembourg? Une urbanité étonnamment dynamique et cosmopolite, mais à échelle finalement humaine, servie par des services performants dans un environnement naturel omniprésent et facilement accessible.

Désirs automne 2011


Besuchen Sie uns auf der Herbstmesse Luxembourg vom 15. bis 23. Oktober 2011

Stand 7A72

individueller und kreativer Innenausbau exklusiv bei Unikat: Heimkinos & High-End Audio-Lรถsungen in Kooperation mit unseren Partnern. 10, rue des Gaulois L-1618 Luxembourg T +352 26 48 33 04 www.unikat-interior.lu info@unikat-interior.lu


80 Story

Marc Angel photographié dans un café à Belair par éric Chenal. Désirs xxx 2011


81 Élections

Marc Angel LSAP STATER SOZIALISTEN Âge Quartier d’habitation Lieu de naissance Type de logement Nombre de personnes dans le foyer Moyen de locomotion en ville

Quel est votre endroit préféré à Luxembourg? Et qu’aimez-vous y faire? Le rocher du Bock, d’où je peux admirer simultanément les vues du Luxembourg moderne et ancien. Quelles sont les trois principales réalisations que vous jugez positives du mandat qui vient de s’écouler? - La nouvelle bibliothèque municipale au Cité - La promotion de la mobilité douce, malgré les efforts insuffisants pour les piétons Quels sont, d’après vous, les trois manquements que vous retiendrez du mandat qui vient de s’écouler? - Le manque d’une véritable politique sociale - La ville n’a pas réalisé de grand projet de logements à prix abordables - Le manque de sensibilité pour la protection du patrimoine et le manque de courage en ce qui concerne l’architecture contemporaine Je pourrais également ajouter que nous regrettons que la majorité au pouvoir ait privatisé les réseaux d’énergie (gaz et électricité). Luxembourg, une ville d’immigrés? Oui, l’immigration aide à combler le déficit démographique et les besoins du marché du travail et rend notre petite ville très cosmopolite. Le multilinguisme, un défi pour le système scolaire? Certainement un défi, mais aussi une chance! Les récentes réformes en tiennent parfaitement compte. Luxembourg, bientôt 100 000 habitants, mais beaucoup plus les jours ouvrables avec les frontaliers… C’est une bonne chose pour notre ville, nos employeurs et nos commerces. Il reste toutefois un aspect essentiel: résoudre les problèmes de mobilité que cela entraîne! Pour ou contre le projet du tram? Un grand OUI… par conviction. Le tram est un maillon très important dans le concept national de mobilité «mobil 2020».

48 ans Belair Luxembourg Maison mitoyenne 2 À pied, en Vespa, à vélo, en bus, en voiture

Quels sont les jalons pour mener à terme ce projet? Il faut maintenir le consensus entre les quatre partis politiques (CSV, LSAP, DP, déi gréng), entamer la rénovation du Pont Adolphe et enfin faire voter un projet de loi sur le tram. Pour les jeunes, il devient presque impossible d’habiter en ville: loyers trop chers, propriété inaccessible. Quel est votre commentaire? Ce ne sont pas que les jeunes qui souffrent de cette situation! Le développement urbain est décidé par les promoteurs, qui préfèrent construire des immeubles pour des bureaux. De plus, beaucoup de logements existants sont vides ou transformés en bureaux avec l’accord tacite des responsables de la Ville. Quelle est votre table préférée? Chez ma maman! Où emmenez-vous vos amis qui ne connaissent pas encore Luxembourg-ville pour leur faire découvrir la ville? Le circuit Vauban, qui passe par les faubourgs et prend fin au trois glands derrière le Mudam (ce qui permet également de visiter ce dernier!). Quel est votre bâtiment préféré à Luxembourg? La Philharmonie. Quelle sera la première action concernant la culture que vous mettrez en place si vous êtes élu? Mettre davantage d’espaces de création à disposition des artistes (ateliers, salles de répétition, etc.) Pour vous, quels sont les points forts de la qualité de vie à Luxembourg? - La population cosmopolite et multilingue - Les nombreux espaces verts - Les courtes distances - L’offre culturelle diversifiée

Désirs automne 2011


82 Story

François Bausch photographié devant l’Hôtel de Ville par éric Chenal. Désirs xxx 2011


83 Élections

François Bausch déi gréng

Âge Quartier d’habitation Lieu de naissance Type de logement Surface du logement Nombre de personnes dans le foyer Moyen de locomotion en ville

Quel est votre endroit préféré à Luxembourg? Et qu’aimez-vous y faire? La vallée de la Pétrusse et la piste cyclable de l’Alzette pour faire du jogging, le centre-ville pour faire du shopping et mon quartier Belair étant donné que j’y habite. Quelles sont les trois principales réalisations que vous jugez positives du mandat qui vient de s’écouler? Je dirais le choix du projet Royal Hamilius et du projet vivre sans voiture, les innombrables mesures en faveur du vélo et des transports en commun et les investissements substantiels dans la qualité de la garde des enfants. Quels sont, d’après vous, les trois manquements que vous retiendrez du mandat qui vient de s’écouler? La non-réalisation de notre concept pour piétons, le retard dans la mise en place du nouveau PAG et la non-réalisation d’infrastructures adéquates pour toxicomanes. Luxembourg, une ville d’immigrés? Luxembourg est une ville cosmopolite qui reflète exactement la tendance générale de notre pays: le recours nécessaire de main-d’œuvre étrangère pour satisfaire à notre modèle de croissance économique largement supérieur à la moyenne européenne. Le multilinguisme, un défi pour le système scolaire? Le multilinguisme est un défi énorme pour notre système scolaire. Il est primordial de réformer profondément notre système scolaire pour rétablir l’égalité des chances pour tous nos citoyens, qu’ils soient Luxembourgeois ou ressortissants étrangers. Luxembourg, bientôt 100 000 habitants, mais beaucoup plus les jours ouvrables avec les frontaliers… On aura plus de 100 000 habitants à partir de 2013/2014. Il conviendra d’en tenir compte dans notre révision du PAG. Pour ou contre le projet du tram? Je suis pour le tram, car combiné avec les gares périphériques et un système d’autobus performant, il nous donnera enfin les capacités et la qualité nécessaire pour que les transports en commun puissent représenter une vraie alternative au transport individuel. Quels sont les jalons pour mener à terme ce projet? Quelle échéance pour sa réalisation? Il faut continuer avec le ministre du Développement durable, Monsieur Claude Wiseler, les travaux et les planifications positives menés jusqu’à ce

54 ans Belair Luxembourg-ville, quartier Weimerskirch Maison unifamiliale ± 250 m2 3 Vélo 65%, bus 10%, à pied 15%, voiture 10%

jour. Le premier tram roulera alors en 2017. Toutes les autres «alternatives» ont tellement été étudiées que l’armoire de mon bureau risque de craquer sous le poids des dossiers. On a assez étudié, il faut enfin agir! Pour les jeunes, il devient presque impossible d’habiter en ville: loyers trop chers, propriété inaccessible. Quel est votre commentaire? Il faut que la Ville continue dans la direction entamée les six dernières années en créant encore plus de logements à bail emphytéotique (ces logements coûtent entre 30 et 40% moins cher). Il faudra aussi créer plus de logements locatifs à des prix raisonnables. La Ville doit se donner les moyens pour briser la spéculation de terrain. Ce n’est pas la construction qui coûte cher, mais l’acquisition du terrain. Pour cela, il nous faudra une législation nationale plus simple et plus efficace en matière de taxation de spéculation. Quelle est votre table préférée? J’en ai plusieurs: L’Annexe, Casa Fabiana (restaurant bio), Mesa Verde, La Mirabelle et Le Sud. Où emmenez-vous vos amis qui ne connaissent pas encore Luxembourg-ville pour leur faire découvrir la ville? Une promenade au centre-ville et puis à travers le Grund, Clausen et Pfaffenthal. Une des randonnées à vélo pour découvrir la ville décrites dans une des brochures du Luxembourg City Tourist Office. Quel est votre bâtiment préféré à Luxembourg? L’Abbaye de Neumünster. Quelle sera la première action concernant la culture que vous mettrez en place si vous êtes élu? Entamer enfin un projet de création et de rencontre culturelle de musique spécifique pour les jeunes. Pour vous, quels sont les points forts de la qualité de vie à Luxembourg? La ville de Luxembourg dispose de tous les avantages d’une grande métropole (culture, parcs, sport, restauration, etc.) sans avoir leurs désavantages (sécurité, longs trajets, etc.).

Désirs automne 2011


84 Story

Martine Mergen photographiée dans une boutique du centre-ville par éric Chenal. Désirs xxx 2011


85 Élections

Martine Mergen Chrëschtlech Sozial Vollekspartei (CSV) Âge Quartier d’habitation Lieu de naissance Type de logement Surface du logement Nombre de personnes dans le foyer Moyen de locomotion en ville

Quel est votre endroit préféré à Luxembourg? Et qu’aimez-vous y faire? Le centre-ville. J’aime y renconter des amis, travailler, faire des courses, surtout les jours de marché. Quelles sont les trois principales réalisations que vous jugez positives du mandat qui vient de s’écouler? Je retiendrais les Vel’oh, la réalisation de projets que nous avions mis en route, et l’amélioration des lignes de bus. Quels sont, d’après vous, les trois manquements que vous retiendrez du mandat qui vient de s’écouler? On peut citer, entre autres, les logements, la construction de bâtiments scolaires et apparentés, une meilleure utilisation de l’énergie et le conseil des habitants à ce sujet, la protection du patrimoine. Luxembourg, une ville d’immigrés? Aussi, pourquoi pas, une ville moderne et ouverte. Le multilinguisme, un défi pour le système scolaire? Ce n’est pas un problème qui se limite à la ville, mais pour tout le pays. La Ville devrait utiliser tous ses moyens pour mieux intégrer et encadrer les élèves. Luxembourg, bientôt 100 000 habitants, mais beaucoup plus les jours ouvrables avec les frontaliers… Oui, cela engendre des problèmes de transport, mais les frontaliers font partie de notre vie urbaine et l’économie en a besoin. Pour ou contre le projet du tram? Ce n’est pas la question correcte. Il faudra voir en 2014 où en sont les moyens financiers et le besoin réel du tram, avec la réalisation de la

54 ans Limpertsberg Limpertsberg Maison unifamiliale ± 200 m2 4 À pied, en voiture, bus ou vélo (s’il fait beau)

gare de Pfaffenthal, qui pourrait en bonne partie reprendre le rôle qu’aurait joué un tunnel. Pour les jeunes, il devient presque impossible d’habiter en ville: loyers trop chers, propriété inaccessible. Quel est votre commentaire? La ville devrait s’investir plus dans la construction de logements au lieu de réaliser des mégaprojets qui n’ont pas d’intérêt réel pour la population. Quelle est votre table préférée? J’en ai plusieurs… Où emmenez-vous vos amis qui ne connaissent pas encore Luxembourg-ville pour leur faire découvrir la ville? Au Centre, dans la vieille ville et les faubourgs (j’étais guide touristique quand je faisais mes études). Quel est votre bâtiment préféré à Luxembourg? Ma maison. Quelle sera la première action concernant la culture que vous mettrez en place si vous êtes élue? Pousser l’animation dans les quartiers et donner des chances aux jeunes artistes locaux. Pour vous, quels sont les points forts de la qualité de vie à Luxembourg? Le mélange d’intimité d’une petite ville avec les attraits d’une capitale.

Désirs automne 2011


86 fashion

Yellow Youth Photographer: Matilde Travassos Hair and make up: Tina Pachta Stylist: Sarah Michelle Model: Katiusha at Premier

DÊsirs automne 2011


Top and trousers Tata Naka, shoes Camilla Skovgaard, ring Momocreatura

fashion

87

DÊsirs automne 2011


88 fashion

Dress Krystof Strozyna

Désirs automne 2011


Skirt and jacket Aminaka Wilmont, gloves Sara Bro Jørgensen

fashion

89

Désirs automne 2011


Coat Krystof  Strozyna, ring Momocreatura, bag Sophie Hulme, hat Won Hundred


T-shirt stylist’s own, dress Maria Francesca Pepe

fashion

91

Désirs automne 2011


92 MONTrEs

les JournÉes De la passion voTez pour le chronographe De l’annÉe LEs 18, 19 ET 2O nOvEMBRE, sE DÉROULERa aU CERCLE CITÉ À LUxEMBOURg L’ExPOsITIOn «LEs JOURnÉEs DE La PassIOn». PEnDanT TROIs JOURs, LEs PRInCIPaUx JOaILLIERs-HORLOgERs DU gRanD-DUCHÉ PRÉsEnTEROnT LEs nOUvELLEs COLLECTIOns DEs PLUs gRanDEs MaRqUEs HORLOgèREs. UnE ExPOsITIOn THÉMaTIqUE RETRaCERa ÉgaLEMEnT L’ÉTOnnanTE ÉPOPÉE DU CHROnOgRaPHE, qUI PERMET DE MEsURER LE TEMPs DEPUIs PREsqUE DEUx sIèCLEs.

noTre Jeu-concours Parmi les nouveautés sorties cette année et présentées ci-contre, choisissez les 5 chronographes que vous préférez en les classant de 1 à 5, avec leur numéro, par ordre de préférence. Envoyez votre réponse par e-mail avant le 15 novembre, à l’adresse passion@maisonmoderne.lu Parmi ceux de nos lecteurs qui auront classé, dans le bon ordre, les 5 chronographes préférés par l’ensemble des participants, un tirage au sort permettra d’élire l’heureux gagnant de

ceTTe monTre schroeDer D’une valeur De 5 000 euros. Elle lui sera remise le vendredi 18 novembre, dans le cadre de l’exposition.

Désirs Automne 2011


93 MONTrEs

01. Blancpain, Flyback Super Trofeo 02. Bell & Ross, Vintage Original Carbon 03. Union glashütte, Belisar 04. IWC, Portofino 01

02

05

06

03

04

05. Piaget, Polo 45 Second Time Zone 06. Eberhard, 4 géant 07. Custos, Cinquième Anniversaire 08. Zenith, Chronomaster Open El Primero 09. Jaeger LeCoultre, Master Compresor Ceramic

07

08

09

10. Ebel, Classic Sport Chrono 11. Rolex, Cosmograph Daytona 12. Omega, Speed Master Co-Axial 13. schroeder, chronomètre Etrier 14. Longines, Record Column Wheel

10

11

12

13

14

15. audemars, Tourbillon Chronographe Automatic Royal Oak Offshore 16. Tag Heuer, Heuer Carrera Micrograph 17. Breitling, Chronomat GMT 18. Louis Erard, Excellence

16

15

18

17

19. Chopard, Grand Tourismo XL 20. graham, Mercedes GP Silverstone 21. Breguet, Type XXI 22. Hublot, Classic Fusion 23. Franck Muller, Mariner

19

20

Désirs Automne 2011

21

22

23


Charles Kaisin a été interviewé par Céline Coubray et photographié par David Laurent/Wide chez Smets.


95 iNTErviEws

© Delvaux ©Delvaux

Basket est un sac en cuir réversible produit par Delvaux. Il illustre l’idée du mouvement par l’extension et prend sa forme avec les objets qui le remplissent.

faire l’expérience de l’expérimentation charles Kaisin Nous avons rencontré Charles Kaisin, le designer belge connu notamment pour son ban extensif K-bench produit par Vange.

êTes-vous pluTôT brouillon ou mÉThoDique? Cela dépend vraiment. J’essaie de plus en plus d’être méthodique, parce que cela libère l’esprit. Mais je peux être aussi très brouillon. C’est la rencontre des deux. êTes-vous pluTôT ville ou campagne? Je suis rat des villes et rat des champs. J’aime la campagne pour prendre l’air et la ville pour ses activités et les sorties. êTes-vous pluTôT social ou soliTaire? J’ai la chance d’avoir des amis agréables et je reçois beaucoup à la maison autour d’une grande table. Pour moi l’art de la table est le premier de tous les arts. Je n’ai pas de télévision et je préfère partager du temps avec les personnes qui me tiennent à cœur.

Comment vous est venu le goût du design? Je suis né à la campagne, en Wallonie, et j’ai eu assez vite le goût de la matière et du touché. J’avais d’une part cet environnement de nature, la terre autour de moi et, en même temps, un père qui bricolait beaucoup. Mes parents m’ont toujours permis de faire ce qui me plaisait, mais avec une obligation de résultat. Déjà tout petit, j’ai aimé essayer de nouvelles choses, expérimenter. Je me souviens avoir demandé un jour à mon père, alors que j’étais encore très jeune, vers 3 ou 4 ans, de me confectionner un moule à gâteaux qui ne soit pas rond. Mon père a eu la gentillesse de m’en fabriquer un, en tôle, qu’il avait soudé dans la ferme voisine. Le résultat bien sûr n’était pas très probant et tout est parti à la poubelle… Mais j’étais content, car j’avais pu essayer, expérimenter. Avez-vous par la suite décidé de faire des études de design? J’ai d’abord fait des études d’architecture à SaintLuc, discipline que je considère comme une colonne vertébrale, un axe sur lequel viennent se brancher Désirs Automne 2011

d’autres domaines comme la mode, le design, l’urbanisme, la sculpture, le paysagisme. Et j’ai eu la chance de rencontrer des personnes qui m’ont aidé, soutenu, fait progresser intellectuellement comme Pierre Sterckx qui est critique d’art. Je suis fasciné par cette image de l’atelier telle qu’elle existait au 19e siècle, qui a perdurée au 20e siècle et encore un peu aujourd’hui. J’ai donc recherché à faire des stages auprès de personnes qui perpétuent cet esprit d’atelier et j’ai intégré le bureau de Jean Nouvel. Je suis ensuite allé chez Tony Cragg en Allemagne, avant de partir à Londres au Royal College of Art où j’ai suivi des cours de design industriel. J’y ai rencontré Ron Arad et j’ai travaillé passionnément avec lui. Pour moi, cela a été un des plus beaux ateliers qu’il m’a été donné de fréquenter, pour l’échange, l’interaction, l’émulation qui se passaient entre tous ces étudiants qui venaient du monde entier. De plus, au Royal College of Art, nous avions la chance d’avoir accès à tous les ateliers: bois, métal, fer, plastique, textile, imprimerie, lithographie, carrosserie de voiture… C’était vraiment extraordinaire!


96 interviews

Cela vous a-t-il offert une ouverture d’esprit, de nombreuses possibilités d’expérimentations sur différents matériaux, différents savoirs? Oui, car c’était comme dans un laboratoire! Grâce à Tony Cragg, j’avais pu déjà avoir un peu accès à cette diversité, car il n’est pas de ces sculpteurs qui se contentent d’un seul matériau, d’une seule approche. Il expérimente différentes matières, travaille le bois, le fer, le kevlar, le carbone, le bronze, le plâtre. Et après vos études, vous êtes-vous lancé tout de suite dans votre vie professionnelle? En fait, alors que j’étais encore étudiant, certains de mes projets scolaires ont déjà été l’objet de concours. Comme je devais financer moi-même mes études, tout ce que j’apprenais en cours, je le valorisais dans mes travaux pour gagner de l’argent. C’est ainsi que j’ai fait le sac Basket et qu’il a été produit par Delvaux. Vous vous êtes donc confronté très tôt aux réalités du marché, au monde de l’édition et vous ne vous êtes pas contenté de faire de la recherche. Grâce à Ron Arad, j’ai appris qu’il était possible aussi bien de faire de l’édition en nombre que des pièces uniques pour le marché des galeries. Cette démarche m’a appris à me sentir très libre par rapport à cette question et j’ai ainsi pu, d’un côté, faire de la recherche très poussée et complexe qui aboutit à une pièce unique et, de l’autre, des éditions adaptées de cette recherche. C’est exactement ce qui s’est passé avec le K-Bench. J’ai d’abord fait des recherches sur le papier qui ont abouties à un prototype, puis nous avons réalisé cet objet en série. Justement, pourriez-vous nous en dire un peu plus sur la genèse de ce K-Bench? Cet objet est la pièce d’épreuve de ma seconde année d’études à Londres. Pendant six mois, j’ai consacré toutes mes matinées, même à me lever plus tôt, dans l’atelier de Ron Arad à plier des feuilles de papier. J’avais remarqué qu’en pliant une feuille cela lui donne une résistance plus forte à la charge. J’ai donc fait des recherches, expérimenter, tâtonner pour finalement obtenir un objet qui me satisfaisait. Quand j’ai montré le résultat à Ron Arad, il n’a d’abord rien dit. Il m’a simplement observé fermer et ouvrir le banc comme un accordéon, m’asseoir dessus, puis il a levé le pouce en l’air et a applaudi… Et comment ce projet, qui n’existait donc que sous forme de prototype papier est-il arrivé chez Vange? J’ai fait la rencontre de Michel Van Genechten, un des fondateurs de Vange, au moment où il voulait créer une société d’édition de design. Il recherchait alors ses premiers projets et souhaitait éditer du petit mobilier, modulable et interactif. Mon banc correspondait parfaitement à cet esprit et l’a séduit. Il fallait toutefois trouver un matériau qui permette une production à plus grande échelle. De nouvelles recherches ont alors été faites, en collaboration avec Vange et un ingénieur, qui n’est autre que l’ingénieur qui a travaillé avec Wim Delvoye sur ses Cloaca. Nous nous sommes décidés pour le polypropylène dont les feuilles étaient

collées entre elles dans un premier temps. Mais comme nous voulions aussi que le banc puisse être utilisé en extérieur, la colle ne correspondait pas. Nous avons trouvé par la suite la solution de souder les feuilles par ultra-sons. Une machine spécifique a été créée pour répondre à nos besoins et permettre la production du K-Bench qui a été vendu à ce jour à plus de 10 000 exemplaires depuis 2005. C’est un tel succès que le K-Bench existe en plusieurs déclinaisons. Le tout premier modèle était blanc, puis gris, orange, et depuis cette année en rouge. J’ai aussi eu une commande spéciale pour le Mudam pour qui nous l’avons produit en bleu, un bleu qui correspond à la couleur du ciel le jour où je suis venu à Luxembourg. C’est un bleu opalescent, ni translucide ni opaque, avec une variation de couleur en fonction de la lumière qui le traverse. Il existe aussi le K-Baby qui reprend exactement le même principe que le K-Bench, mais en plus petit pour un usage de siège ou de table basse. Dans la même veine que cette idée de déploiement et d’extension qui est traitée dans le K-Bench, on trouve également le sac Basket que vous avez réalisé avec Delvaux. Le mouvement est un thème que j’affectionne. Il peut prendre différentes formes: la réversibilité, comme pour la série de plats que j’ai réalisée pour la manufacture belge Royal Boch, l’interactivité et l’extension que l’on retrouve dans le K-Bench ou le sac Basket de Delvaux, la déformation et la perception comme pour l’auditorium du Grand Hornu ou la K-Box qui prend la forme d’un cube déformé, en mouvement. L’appropriation est-elle une notion importante pour vous? Oui, tout à fait. En fait, on peut classer tous les objets de notre quotidien en trois catégories: les objets fonctionnels et utilitaires, les objets de la distinction - ce sont par exemple ceux qui affichent ostensiblement une marque ou un luxe non utilitaire comme un verre en cristal -, et les objets d’identification, choisis pour une raison affective, personnelle. Le travail que j’ai fait, à travers les prototypes et les pièces uniques, entre

Les lapins pour Marcolini Rassemblant deux icônes de Pâques, Charles Kaisin fait se rencontrer le lapin et l’œuf dans une même création pour Pierre Marcolini.

«Je suis fasciné par cette image de l’atelier telle qu’elle existait au 19e siècle» Charles Kaisin

Désirs automne 2011


97

© Grand Hornu

interviews

La proposition pour l’auditorium du Grand Hornu (Belgique) est fondée sur l’espace, la lumière et les réverbérations, floutant les limites entre intérieur et extérieur, s’approchant des recherches de l’art cinétique.

Désirs automne 2011


dans cette dernière catégorie. L’appropriation est un thème sur lequel j’ai fait beaucoup de recherches et que je développe souvent dans mes objets. J’aime créer des objets qui font référence à cet aspect d’identification. C’est une partie de mon travail que les gens connaissent peut-être moins, car elle apparaît plus dans des commandes privées. Un livre est justement en préparation sur ce sujet. Un autre thème récurrent dans votre travail est celui du détournement et du recyclage. Absolument. En plus du mouvement et de l’identification, c’est un autre pilier dans ma démarche. Le fait de réutiliser des objets laissés de côté est à la fois une façon de transcender le banal, mais aussi d’éveiller les consciences sur le cycle des choses. Et il y a aussi un côté philosophique, antimort, qui me plait. C’est dans cet esprit que j’ai réalisé des verres à partir de culs de bouteilles sablés ou des saladiers obtenus à partir d’un hublot de machine à laver. Le prototype du K-Bench, qui est en feuilles de papier journal, entre aussi dans cette démarche. Vous avez également plusieurs projets d’architecture intérieure. C’est une partie moins connue de mon travail. Nous avons fait Le Pixel à Bruxelles, un bar à vins pour lequel nous avons réalisé, avec l’aide de mon équipe qui compte environ 10 personnes, 7 000 carrés de laine sur du bois traité et de la mousse acoustique, qui, une fois assemblés, représentent un champ de coquelicots. Le projet de l’auditorium au Grand Hornu quant à lui est basé sur la notion de mouvement avec des cubes recouverts d’un film dichroïque qui permet une réverbération de la lumière et qui varie en fonction de l’intensité de la lumière et de l’inclinaison du mur. Nous sommes aussi en train de faire la galerie de Patrick et Ondine Mestdagh à Bruxelles, galerie spécialisée dans les arts premiers. Il y a un projet en cours d’hôtel à Marrakech et des maisons pour des particuliers. Nous dessinons d’autre part du mobilier pour Hermès, pour la ligne petit h. On retrouve donc cette idée d’atelier dont vous parliez tout à l’heure, avec une démarche globale, presque proche du Bauhaus, dans une vision transversale. Complètement. Mon envie est de pouvoir travailler avec des corps de métiers spécialisés et j’aime beaucoup l’artisanat. Lorsque j’ai travaillé l’année dernière pour la cristallerie Val Saint-Lambert, j’étais dans ce même esprit. C’était une expérience extraordinaire, tout comme ma collaboration dans le domaine de la maroquinerie avec Delvaux. J’aime beaucoup le fait de valoriser les savoir-faire de l’artisanat avec toute l’ampleur et le champ d’extension que représentent les arts et métiers. Je trouve cela fascinant. Pourriez-vous aussi nous parler de votre collaboration avec le chocolatier Pierre Marcolini? C’est une tout autre aventure! J’ai dessiné plusieurs chocolats pour lui, à chaque fois avec beaucoup de plaisir. C’est un chocolatier passionné, qui a le goût de l’expérimentation, du luxe et du plaisir des choses.

Il est aussi très exigeant. J’ai dessiné pour lui des chocolats pour les 30 ans du Centre Pompidou, pour les collections de Pâques - un œuf avec des oreilles de lapin -, Noël - la sphère Noël -, une boule rouge avec les pieds du Père Noël ou encore «A star is Born», un dégradé de chocolats dont la couleur varie en fonction de l’intensité du chocolat. Vous êtes aussi président d’une association caritative qui s’appelle Africa Kids. Est-ce que vous êtes engagé dans une démarche de création de design humanitaire? Non, pas encore, car nous essayons déjà de répondre aux besoins premiers qui sont l’hygiène et l’instruction. Mais il y a une autre démarche qui me tient à cœur: je travaille aussi dans une prison en Belgique avec des détenus que j’implique dans la fabrication de certains de mes projets. Pourquoi est-ce que cela n’est pas annoncé pour les produits faits par les détenus? Simplement parce que je n’aime pas l’idée d’utiliser la main-d’œuvre comme un objet de marketing. Vous avez souvent évoqué lors de notre entretien des artistes d’art contemporain. Est-ce votre seconde passion? En fait, je connais mieux l’art contemporain que le design! Je fais beaucoup de foires: Art Basel, la Fiac, Frieze, ArtBasel Miami Beach. Je vais visiter les expositions, j’ai des amis collectionneurs, critiques d’art. Je suis un vrai mordu!

Entretien réalisé dans le cadre d’une conférence donnée sur invitation de Smets.

Désirs automne 2011

Le Mudam possède une édition du K-Bench dont la couleur a été choisie spécialement et exclusivement pour le musée.


ACERBIS BELL ATO desalto

fle xform FLOU fSM

POLIFORM POLTRONA FRAU porada

RIMADESIO WIT TMANN z anotta

L’harmonie intérieure selon Casa Nova Au cœur de notre espace de présentation, venez découvrir les dernières tendances et collections de mobilier contemporain. Dans une ambiance empreinte de sérénité, composez le décor qui reflétera fidèlement votre personnalité: un environnement en parfaite harmonie avec vos goûts et votre style de vie.

⎢ ⎢

Mobilier, décoration et luminaires 26, avenue de la Porte-Neuve L - 2227 Luxembourg Tél. 22 26 27 info @casanova.lu www.casanova.lu


100 portfolio

entrata

Venise 2011 Dans le cadre de son projet Hyphens, qui rassemble des images saisies lors d’événements culturels et dégageant un fort potentiel narratif, Éric Chenal pose son regard singulier sur l’une des plus grandes manifestations d’art contemporain, la 54e Biennale de Venise.

Désirs automne 2011


101 portfolio

Désirs automne 2011


102 portfolio

silenzio nel tempo


103 portfolio

Désirs automne 2011


104 portfolio

spazio bianco


105 portfolio


106 portfolio

una pausa, virgola


107 portfolio


108 portfolio

nella Biennale


109 portfolio

Désirs automne 2011


110 portfolio

uscita

Désirs automne 2011


111 portfolio

Désirs automne 2011


112 cUisiNE

chefs D’un Jour

À l’occasion de la sortie du livre La cuisine du monde à votre table avec 50 chefs du Luxembourg, pour lequel 50 chefs luxembourgeois proposent une recette, nous avons invité cinq gourmands à réaliser la recette de leur choix. La cuisine du monde à votre table avec 50 chefs du Luxembourg, publié par Maison Moderne, est disponible en librairie. Photographe OLIvIER MInaIRE

Désirs Automne 2011


113 Cuisine

TAGLIATA DE VEAU AUX AGRUMES DE SICILE proposé par

giuseppe massa réalisé par

anouk agnÈs CARPACCIO DE BETTERAVES, SAINT-JACQUES POÊLÉES, ÉCUME DE RAIFORT proposé par

gilbert welter réalisé par

claude bertemes POULET SHAHI KORMA proposé par

budhi singh réalisé par

anouk wies

MOUSSAKA proposé par

voula tzana réalisé par

Richard schmid GAMBAS GRILLÉES, SALADE DE RIZ AUX POiVRONS CONFITS proposé par

morris clip réalisé par

thorunn egilsdottir

Désirs Automne 2011


114 cuisine

Désirs Automne 2011


115 Cuisine

4 personnes 45 mn cuisine Méditerranéenne

Tagliata de veau aux agrumes de Sicile proposé par

giuseppe massa

réalisé par

anouk agnÈs

3 oranges 1 c. à c. de sucre 1 c. à c. de moutarde 800 g de filet de veau pistaches concassées vinaigre blanc sel, poivre beurre

1. Dans une casserole, caraméliser le sucre avec une noix de beurre. Ajouter le jus d’une orange, la cuillère de moutarde, un trait de vinaigre blanc et laisser réduire. Réserver. 2. Saisir la viande de tous côtés et continuer rapidement la cuisson afin qu’elle reste rose. 3. Couper la viande en tranches assez fines, les dresser sur un plat bien chaud et napper avec la sauce aux agrumes. 4. Terminer en parsemant de pistaches concassées et décorer avec des tranches d’orange.

Le commentaire de l’invitée:

Giuseppe Massa est le chef du restaurant Il Riccio

à Luxembourg.

«Il s’agit d’une recette facile et rapide - à condition de réussir la cuisson de la tagliata. Moi, je l’avais malheureusement ratée et j’ai finalement servi un rôti de veau plutôt qu’une tagliata (eh oui, je ne suis pas un cordon bleu!). Pourtant, la sauce aux agrumes a tout sauvé. Son goût est surprenant, doux et amer à la fois. Une recette qui se prête bien aux petits dîners entre amis.»

«Une recette qui se prête bien aux petits dîners entre amis» Anouk Agnès

Désirs Automne 2011


116 Cuisine

Désirs Automne 2011


117 Cuisine

4 personnes 40 mn cuisine fusion

Carpaccio de betteraves, Saint-Jacques poêlées, écume de raifort proposé par

gilbert welter

réalisé par

12 noix de Saint-Jacques 4 tranches de lard 200 g de betteraves rouges cuites 100 g de raifort frais râpé 50 cl de lait huile d’olive ciboulette

claude bertemes 1. À l’aide d’une mandoline ou d’un couteau bien aiguisé, découper les betteraves en fines tranches. Les badigeonner d’huile d’olive. Saler, poivrer, ajouter la ciboulette finement hachée et réserver au frais. 2. Dans une poêle très chaude, faire dorer, sur les deux faces, les noix de Saint-Jacques dans un peu d’huile d’olive. Terminer la cuisson au four préchauffé à 180° C et réserver au chaud. 3. Chauffer le lait dans une casserole et y ajouter le raifort râpé. Laisser infuser 5’ et passer au chinois. Réserver. 4. À feu vif, faire bien dorer le lard dans une poêle. 5. Dresser sur assiette froide les tranches de betterave, le lard, les noix de Saint-Jacques et terminer avec la mousse de raifort. Le commentaire de l’invité:

Gilbert Welter est le chef du restaurant Melusina à Luxembourg.

«J’adore les légumes démodés, voire méprisés»

«J’adore les légumes démodés, voire méprisés. Les betteraves rouges en salade, flasques et au goût mi-sucré, mi-vinaigré, ont été le cauchemar de générations d’enfants. Voici une réinterprétation souverainement adulte. Les Saint-Jacques et surtout l’écume de raifort sont des antidotes puissants à toute niaiserie sucrée. Pas facile pourtant de trouver, un lundi en fin d’après-midi, du raifort frais. Comme ersatz, j’ai eu recours à un radis blanc, déniché en catastrophe dans une supérette asiatique. C’est japonais, c’est cool... et ça fait encore plus fusion!»

Claude Bertemes

Désirs Automne 2011


118 Cuisine

Désirs Automne 2011


119 CUisine

2 personnes 45 mn cuisine Indienne

POULET SHAHI KORMA proposé par

2 blancs de poulet 3 oignons finement ciselés 1 c. à thé de curcuma 1 c. à thé de poudre de coriandre 1 c. à thé de chili rouge 1 c. à thé de garam masala 1 c. à thé de racine de gingembre très finement hachée 8 gousses d’ail 1 tasse de yaourt naturel 1 grosse noix de beurre 1 œuf dur en tranches 50 g de poudre d’amande 15 cl de crème fraîche persil

budhi singh

réalisé par

anouk wies

1. Découper les blancs en morceaux réguliers et les mélanger au yaourt battu. Saler et ajouter le curcuma. Bien mélanger et réserver 30’. 2. Pendant ce temps, faites revenir et brunir les oignons, le gingembre et l’ail dans le beurre. 3. Ajouter le chili rouge, la poudre de coriandre, et porter à ébullition quelques minutes. 4. Ajouter le mélange avec le poulet et continuer la cuisson 5’. 5. Mouiller avec deux tasses d’eau et bien remuer. 6. Couvrir et continuer la cuisson jusqu’à ce que les morceaux de poulet soient tendres. 7. Ajouter le garam masala et le sel, puis la poudre d’amande et la crème fraîche en mélangeant bien. 8. Décorer avec l’œuf dur en tranches et le persil. Servir chaud accompagné de riz basmati.

Budhi Singh est le chef du restaurant Star of Asia à Luxembourg.

Le commentaire de l’invitée:

«La recette m’a permis de découvrir le mélange d’herbes Garam masala que je n’aurais pas choisi toute seule»

«Cette recette est facile et pratique quand on invite des amis. La préparation est un peu plus longue, mais une fois tous les ingrédients prêts, la recette se fait vite. J’ai été surprise par les quantités d’oignons et d’ail à mettre, sans que leur goût ne soit trop prononcé dans le met. La marinade du poulet dans le yaourt fonctionne très bien et garde la viande tendre sans que le plat ne soit gras. La recette m’a permis de découvrir le mélange d’herbes garam masala que je n’aurais pas choisi toute seule.»

anouk wies

Désirs Automne 2011


120 Cuisine

Désirs Automne 2011


121 Cuisine

6 personnes 70 mn cuisine Grecque

Moussaka proposé par

1 aubergine 3 pommes de terre ½ oignon 1 poivron vert 100 g de graviera râpé 300 g de féta 1 kg d’épaule d’agneau hachée béchamel huile d’olive origan muscade râpée sel, poivre

voula tzana

réalisé par

Richard schmid

1. Assaisonner la viande avec l’origan finement haché, la muscade, le sel et le poivre. Y ajouter l’oignon et le poivron coupé en petits dés. 2. Découper l’aubergine sans la peler et les pommes de terre pelées en tranches régulières et les poêler dans de l’huile d’olive pendant 5 à 6’. Les sécher sur du papier absorbant. Réserver. 3. Dans un grand plat à four, disposer dans l’ordre une couche de béchamel, des tranches de pommes de terre, une couche de viande hachée, une couche de tranches d’aubergine. Terminer avec la béchamel et le graviera râpé. 4. Mettre au four préchauffé à 210° C pendant 45’ en surveillant la cuisson. 5. Pour garder de la consistance, il faut laisser refroidir avant de couper les portions et réchauffer avant de servir. 6. Décorer d’une tranche de féta.

Voula Tzana est le chef du restaurant Athena à Luxembourg.

Le commentaire de l’invité:

«J’ai choisi cette recette parce qu’elle me rappelle des vacances en Grèce»

«J’ai choisi cette recette parce qu’elle me rappelle des vacances en Grèce, lors d’un Island Hopping dans les Cyclades. Dans un endroit reculé de l’île de Paros, j’avais découvert la moussaka et le pastizio dans une auberge isolée à deux pas de la mer. J’avais 17 ans.»

Richard Schmid

Désirs Automne 2011


122 Cuisine

Désirs Automne 2011


123 Cuisine

4 personnes 25 mn Cuisine française, luxembourgeoise

Gambas grillées, salade de riz aux poivrons confits proposé par

morris clip

réalisé par

thorunn egilsdottir

12 gambas calibre 8/12 2 poivrons rouges confits 1 botte de basilic 200 g de pied de fenouil 20 cl de riz blanc 10 cl d’huile d’olive 30 cl de vinaigre balsamique blanc 10 cl de crème jus de citron vert sel, poivre du moulin

1. Faire cuire le riz dans l’eau bouillante salée puis laisser refroidir et réserver au frais. 2. Peler et épépiner les poivrons, les couper en brunoise puis les poêler à l’huile d’olive. 3. Hacher le basilic et le mélanger au riz avec la brunoise de poivrons, l’huile d’olive, le vinaigre et assaisonner. 4. Battre la crème à ¾, y ajouter le citron vert et assaisonner. 5. Sur chaque assiette froide, mouler la salade de riz dans un emporte-pièce, puis le retirer délicatement. 6. Griller les gambas et les disposer sur le riz. Râper par dessus le fenouil, à la mandoline, ajouter un peu de vinaigrette et une quenelle de crème au citron vert. 7. Terminer par un tour de moulin à poivre.

Morris Clip est le chef du restaurant Brasserie Schuman

Le commentaire de l’invitée:

à Luxembourg.

«J’ai choisi cette recette pour les gambas!»

«J’ai choisi cette recette pour les gambas! J’adore ce produit et il me rappelle ma période d’études dans le sud de la France ou encore les plats que je savoure dans les différents restaurants à travers le monde lorsque je voyage.»

Thorunn Egilsdottir

Désirs Automne 2011


Blanche Weber a été interviewée par France Clarinval et photographiée par JULIEN BECKER à la Casa Fabiana.


125 iNTErviEws

le mÉco met le couvert blanche weber Le Mouvement écologique et l’OekoZenter ont lancé le label «Couvert». La présidente du MÉco veut saluer et encourager les restaurateurs qui proposent une cuisine biologique, végétarienne, régionale et saisonnière. Comment est née l’idée de «Couvert»? Quel en est le but? Le Mouvement écologique (MÉco) comme l’OekoZenter sont depuis longtemps engagés dans la promotion de la cuisine végétarienne et des produits biologiques. Nous avons édité un livre de recettes, donné des cours… Avec un certain succès. On constate que de plus en plus de gens sont sensibles à la question du bio, du respect des saisons et des régions ou du végétarisme. Cependant, s’il est devenu aisé de trouver ces produits pour cuisiner chez soi, une fois au restaurant, force est de constater que le choix est plus restreint. Or, la demande existe? Oui, il est faux de croire que seuls les végétariens veulent manger végétarien. Beaucoup de gens sont ravis de pouvoir choisir un menu sans viande, d’avoir le choix entre plusieurs plats et pas seulement des pâtes aux tomates ou une omelette aux épinards. Par exemple, le restaurant Aeppel a Biren à Diekirch propose depuis peu un menu du jour végétarien et les responsables sont les premiers surpris de son succès, ils ont

dû en augmenter le nombre. Quand il y a de la créativité, les clients suivent. Mais ces restaurants sont encore rares. D’où votre initiative. En effet, la finalité est double. Il s’agit d’une part de saluer les restaurateurs qui sont déjà investis dans cette démarche et d’en informer les clients. Mais, d’autre part, nous voulons surtout inciter les restaurateurs à aller dans ce sens. Le label Couvert ne s’adresse donc pas seulement aux restaurants spécialisés en cuisine végétarienne et biologique, mais surtout aux restaurants conventionnels soucieux de l’environnement et souhaitant s’engager dans une démarche de gastronomie durable. Le but est donc d’élargir l’offre de produits biologiques et de plats végétariens dans les restaurants luxembourgeois et de promouvoir une cuisine régionale et saisonnière. Quels sont les critères à remplir pour obtenir ce label? Nous avons établi une charte, en collaboration avec certains restaurateurs motivés. Elle énonce différents principes de base, des règles à suivre. Par exemple,

Désirs Automne 2011


126 iNTErviEws

nous exigeons qu’il y ait au moins deux entrées et deux plats végétariens à la carte et un menu de jour végétarien. L’offre en produits biologiques est aussi précisée et réglementée avec au moins trois ingrédients principaux provenant de l’agriculture biologique, en plus de l’offre de boissons (vins et jus bios, thés locaux, café Fairtrade). L’information aux clients (présence de la chartre, et liste des producteurs régionaux, marquages explicites des plats et ingrédients biologiques sur la carte) est indispensable. Et bien sûr les restaurateurs travaillent dans la transparence et acceptent les contrôles. Comment se passent ces contrôles? Une très bonne source de contrôle vient des clients eux-mêmes et notamment nos membres. Le restaurateur s’engage d’ailleurs à permettre aux clients de donner un feedback. Pour ce qui est du bio, nous contraignons le label à la réglementation européenne (qui n’est pas encore d’application dans le droit luxembourgeois) et donc le contrôle par un organisme de certification reconnu. Pour l’instant il n’y en a pas au Luxembourg, mais nous mettons une liste de certificateurs étrangers à disposition des restaurateurs. Mais ces contrôles sont chers! En effet, cela coûte entre 400 et 800 euros parce que c’est très approfondi et concerne le stockage, la traçabilité, la préparation, le marquage… Nous avons obtenu du ministère de l’Agriculture qu’il finance pour moitié les contrôles des premiers labellisés. Il peut y avoir de la viande bio et du végétarien pas bio du tout. De plus, on fait face à une inflation de label. N’y a-t-il pas une confusion, un amalgame entre le bio, le végétarien, l’équitable, le régional? Cela a fait l’objet de nombreuses discussions dans l’élaboration de la charte. Les règles sont déjà strictes. Il fallait trouver un juste milieu entre l’idéal et le faisable: on ne peut pas exiger que tout soit bio ou Fairtrade, ni qu’il y ait systématiquement une offre végétalienne. L’information précise et détaillée aux clients est donc essentielle. Pour ce qui est des labels, le bio est assez clair et sûr au niveau européen. Mais, je suis d’accord avec vous, il y a un manque de lisibilité des labels luxembourgeois (Marque nationale, Lëtzebuerger Rëndfleesch, Made in Luxembourg…) qu’il faudrait dépoussiérer pour mieux valoriser le caractère régional, la typicité du terroir… Quelles sont vos attentes? Combien de restaurants sont déjà mobilisés? Pour l’instant, il y a une douzaine de restaurants en passe de recevoir le label, après les contrôles de rigueur. Il y en a dans différentes régions, de différentes gammes de prix. Par exemple, le Manoir de Kasselslay, qui affiche une étoile, est présent au même titre que Gourmandises Permises, avec un plat du jour à moins de 15 euros. On travaille aussi avec Aeppel a Bieren à Diekirch, Beim Alen Tuurm à Mersch, Speltz et Casa Fabiana en ville, La Rameaudière à Ellange ou Le Pavillon à Esch.

Et l’avenir? Nous espérons mobiliser environ 25 restaurants d’ici la fin de l’année et arriver finalement entre 50 et 100. Quelles sont les actions que vous menez pour sensibiliser les restaurateurs? Nous avons présenté le label à l’Oekofoire, ce qui donne une bonne visibilité. Ensuite, nous faisons un mailing à tous les restaurateurs pour leur présenter le projet. Nous sommes en relation avec Eurotoques et Horesca qui peuvent aider à mobiliser leurs membres. Vous annoncez aux restaurateurs des actions de promotions, quelles sont-elles? En effet, un label n’a pas d’intérêt s’il n’est pas connu. Nous allons donc faire une campagne de presse et de publicité avec les premiers restaurateurs. Il y a aussi un site Internet avec le listing et la description des restaurants. Nous avons un partenariat avec Explorator qui indiquera les restaurants labellisés dans l’édition 2012 et sur son site Internet.

La Ramaudière et son cuissot de porcelet luxembourgeois au miel, joue parfaitement le jeu de Couvert avec notamment des produits régionaux et de saison.

«il esT faux De croire que seuls les vÉgÉTariens veulenT manger vÉgÉTarien. beaucoup De gens sonT ravis De pouvoir choisir un menu sans vianDe» BLanCHE WEBER

Est-ce que le label est payant? Nous demandons 250 euros par an. C’est une participation aux frais parce que cela suppose beaucoup de travail de notre part. Outre la visibilité et la promotion, nous offrons aussi des conseils, des formations, des listes de fournisseurs… aux restaurateurs. Cela ne semble pas exorbitant à ceux avec qui on a parlé.

www.couvert.lu

Désirs Automne 2011


Metropolitan Opera • National Theatre • Bolchoï Les plus belles saisons classiques dans vos cinémas Utopolis et Ciné Utopia

Programmation donnée sous réser ve de modifications

The MET *

NT Live **

OCT 15

aNNa BOleNa G. Donizetti

OCT 6

The KiTcheN A. Wesker

OCT 29

dON giOvaNNi W. A. Mozart

DéC 1

cOllaBOraTOrS J. Hodge

NOv 5

Siegfried R. Wagner

MAR 1

The cOMedy Of errOrS W. Shakespeare

NOv 19

SaTyagraha P. Glass

DéC 3

rOdeliNda G. F. Händel

Bolchoï **

DéC 10

fauST C. Gounod

OCT 9

eSMéralda C. Pugni

JAN 21

The eNchaNTed iSlaNd Vivaldi, Händel...

OCT 28

gala de réOuverTure du ThéâTre BOlchOï

Fév 11

göTTerdäMMeruNg R. Wagner

NOv 20

la Belle au BOiS dOrMaNT P. Tchaikovsky

Fév 25

erNaNi G. Verdi

DéC 18

caSSe-NOiSeTTe*** P. Tchaikovsky

AvR 7

MaNON J. Massenet

MAR 11

le cOrSaire A. Adam

AvR 14

la TraviaTa G. Verdi

AvR 29

le clair ruiSSeau D. Chostakovich

JUIN 24

rayMONda A. Glazounov

Retransmissions en direct et en HD. Retrouvez toute la programmation et plus d’infos sur www.utopolis.lu

QR Code *

La saison 2011-12 de la MET sera retransmise à Utopolis, Ciné Utopia, Utopolis Longwy (FR) et CNA. ** Uniquement au Ciné Utopia *** Enregistré

20110920_MET_Desirs.indd 1

www.utopolis.lu

www.utopolis.lu

9/21/11 8:36 AM


128 FAshiON

The lasT living rose Photographer: Rebecca Miller Stylist: alex Reid Make up and hair: Marco antonio @ DWM using YSL Fall/Winter 2011 and Kerastase hair products. Photography assistance: andre Laing Model: Kiera gormley at storm

DĂŠsirs Automne 2011


129 FAshiON


Black dress from Jasper Conran, stockist www.jasperconran.com Scarf from Basia Zarzycka, stockist www.basia-zarzycka.com

fashion

130

Désirs automne 2011


131 fashion

Spotty dress from Jasper Conran, stockist www.jasperconran.com White flower corsage from Basia Zarzycka, stockist www.basia-zarzycka.com

DÊsirs automne 2011


Atsuko Kudo, stockist www.atsukokudo.com


Black long dress from Topshop, stockist www.topshop.com Black knickers from Lascivious, stockist www.lascivious.co.uk Silver wedges from Terry de Havilland, stockist www.tdhcouture.com

fashion

133

Désirs automne 2011


Black Alejandra latex dress with matching head dress from Atsuko Kudo, stockist www.atsukokudo.com Burgandy suede wedges from Sophie Gittins, stockist www.sophiegittins.com


135 fashion

Lilac babydoll and socks from Atsuko Kudo, stockist www.atsukokudo.com Black knickers from Lascivious, stockist www.lascivious.co.uk Flower corsage’s worn in the hair all from Basia Zarzycka, stockist www.basia-zarzycka.com

Désirs automne 2011


136

ciTy news

lUxEMbOUrg, rg, villE vill MODèl MODèlE? èlE?

ciNéMA ciNé éMA D’AillEUrs Deux festivals permettront de découvrir une cinématographie exotique qui a trop rarement sa place dans la programmation habituelle. Le 4e Festival du Film d’Europe centrale CinEast se déroulera du 5 au 23 octobre dans différents lieux (Cinémathèque, Ciné Utopia, CCRN…). La thématique «En marge de la société» a été choisie cette année, avec la Bulgarie comme invitée d’honneur et une soixantaine de films en projection. Plusieurs manifestations, concerts et expositions ont lieu en parallèle, avec notamment Tomasz Stanko à la Philharmonie. Juste après, ce sera le Brazil Film Festival qui se tiendra au Ciné Utopia du 24 au 27 octobre, avec une sélection de films récents qui permettront de découvrir différents aspects de la culture brésilienne. Documentaires (sur la déforestation de l’Amazonie, sur une troupe de danse gay), courts (5 x Favelas) et longs métrages (Lula, Le Fils du Brésil) donneront un bel aperçu de la production brésilienne.

Dans la perspective des élections communales, le CarréRotondes a voulu mettre son grain de sel dans les débats sur le devenir de la ville. L’évolution urbanistique de la capitale, ainsi que ses projets pour l’avenir, sont présentés à travers des dizaines de maquettes, des plans, des esquisses et des photos. Le visiteur suit un parcours à travers la ville depuis l’aéroport du Findel jusqu’au Ban de Gasperich, imitant ainsi le trajet du futur tram. Entre les projets réalisés (Cour de justice européenne, Mudam, Philharmonie, Cité judiciaire…), les projets abandonnés (le Kueb, la Bibliothèque nationale, la cité policière…), ceux en cours (ascenseur du Pfaffenthal, Centre Guillaume II, Porte de l’Europe…), ceux suspendus dans l’attente de jours meilleurs (Porte de Hollerich, Rotondes, gare…) et ceux qui attendent le premier coup de pelle (place de l’Étoile, Royal Hamilius, Luxexpo), le panorama est très large et essentiel à la compréhension de la ville. Jusqu’au 30 octobre au CarréRotondes, Luxembourg (Hollerich)

www.cineast.lu www. brazilfilmfestival.net

F FADO T TAN TANgO gO Cristina Branco et ses musiciens nous entraînent dans un voyage sentimental à travers l’Atlantique. Qu’elle chante en portugais ou en espagnol, la chanteuse portugaise ne se «considère pas comme une fadista typique, plutôt comme une interprète qui chante aussi des fados». En associant le fado lisboète à la culture argentine du tango, elle conjugue «deux styles qui ont beaucoup en commun», notamment la caractéristique d’être «une musique urbaine, qui parle du peuple». Le 23 octobre à 20h à la Philharmonie, Luxembourg (Kirchberg) www.philharmonie.lu

Désirs Automne 2011


137

chAUssUrE à sON s piED Le duo français du moment qui séduit les Anglais, c’est The shoes. Guillaume Brière et Benjamin Lebeau se connaissent depuis leur collège à Reims. Leur électro mâtinée de pop a des sonorités 80 qui collent parfaitement à l’air du temps, avec un clavier et des percussions plus que convaincants. Pas étonnant qu’ils aient plu à des pointures comme Daho et Roussel avant de s’emparer de la planète avec leur ‘Bored’ qui est utilisé dans la série Gossip Girl. Le 27 octobre à 20h30 au Club de la Rockhal, Esch Belval www.rockhal.lu

MAchiNE à DANsEr En plein dans l’actuelle tendance à pimenter la pop de saveurs tropicales, Fool’s gold a été créé en 2007 par Luke Top (voix, basse) et Lewis Pesacov (guitare), deux amoureux de sons polyphoniques du Congo et de musique classique. Rejoints par d’autres pour former un collectif à dimensions variables, la bande compte deux albums à son compteur dont le dernier, Leave No Trace, flirte avec la dance music sans laisser tomber la soul éthiopienne, le blues touareg, le funk congolais et l’afro-beat, le tout chanté en hébreux. Ludique plus que culturel, l’approche est résolument dansante, décomplexée et légère. Le 27 octobre à 21h à l’Exit07, Luxembourg (Hollerich)

blANcA FAiT DEs siENNEs La chorégraphe Blanca Li est depuis longtemps considérée comme l’enfant terrible de la danse par la fusion qu’elle impose entre différentes expressions du flamenco au hip-hop en passant par la danse classique ou baroque. Pour sa première visite au Luxembourg, elle présente deux spectacles. Le Jardin des Délices s’inspire du tableau de Jérôme Bosch et transforme le plateau en un lieu où s’incarnent folie, liberté, désirs, fantasmes, où se nouent et se dénouent les contradictions de notre temps. Dans Elektro Kif, Kif elle poursuit sa mise en scène de la street culture et convie un groupe de huit danseurs électro. Cette danse, proche du hip-hop, conjugue jeu de jambes et jeu de bras (Jumpstyle, «moulin») avec des mouvements issus de la techno. Le Jardin des Délices, le 11 octobre, et Elektro Kif, les 13 et 14 octobre, à 20h au grand Théâtre, Luxembourg (Limpertsberg) www.theatres.lu

Désirs Automne 2011


138

FEsTivAl FEsTivA iv l DE viDé ivA viDéOs éOs Depuis plusieurs années, D’Konschtkëscht promeut l’art vidéo et les vidéastes en Grande Région. En plus de ces onze «boîtes à image» permettant la diffusion des films dans des lieux publics, un festival d’art vidéo est lancé cette année. Après un appel à participation, 75 vidéos (animations, fictions et films sociaux n’excédant pas dix minutes) sont parvenues de toute la Grande Région. Une sélection des 15 meilleurs films sera présentée lors d’une soirée au CNA et un jury récompensera un seul lauréat. Le 11 octobre à 19h au Centre national de l’audiovisuel, Dudelange

bUDDy NE cOMpTE pA p pAs s pOUr pEANUTs Le jeune Buddy, avatar de Charlie Brown, doit garder un appartement de luxe durant l’absence des propriétaires. Malgré ses protestations, le jeune homme se fait rapidement envahir par une dizaine de ses potes, tous inspirés des personnages des Peanuts, célèbre bande dessinée de Charles M. Schulz. Dix ans plus tard, nous retrouvons ces mêmes personnages dans un commissariat. Les uns sont policiers; les autres, prisonniers… La pièce Peanuts de Fausto Paravidino est mise en scène par Jill Christophe (photo) et promet de secouer le public. Du 4 au 11 octobre à 20h aux ateliers a du Théâtre national du Luxembourg, Luxembourg (Belair) www.tnl.lu

ENTrE TrADUcTiON ET TrANslATiON Le Casino Luxembourg – Forum d’art contemporain vient d’inaugurer une nouvelle exposition collective sous le titre Found in translation, Chapter L, en référence à l’expression anglaise «lost in translation». L’ambiguïté entre les termes «traduction» et «translation» est illustrée ici par le passage d’une discipline à l’autre. En questionnant les normes, les codes, les outils de recherche et de perception, les artistes invités jouent sur les glissements de sens et les variations de compréhension. Le curateur, Emmanuel Lambion, présente les œuvres d’une trentaine d’artistes, les mettant en relation directe ou indirecte. Si la traduction d’une phrase peut induire une perte de sens de ses éléments, les œuvres proposées et leur confrontation au sein de cette exposition proposent de faire naître de nouvelles interprétations conceptuelles et formelles. Jusqu’au 8 janvier 2012 au Casino Luxembourg, Luxembourg (centre)

Désirs Automne 2011


VdD-DESIR_230x280...pdf

1

07/09/11

13:52

Des concerts de jazz, musique du monde, classique, rock au centre culturel régional « opderschmelz » /// Des festivals sous chapiteau et open air de renom comme le Zeltik - le Summer Stage - le festival d’orgue - la fête de la musique - la fête des cultures /// Des expositions d’art contemporain aux centres d’art Nei Liicht et Dominique Lang /// Le Centre National de l’Audiovisuel, sa médiathèque, ses salles de cinéma - le musée d’histoire locale - le centre de documentation sur les migrations humaines /// Sans oublier la gastronomie multiculturelle en toute convivialité dans un environnement vert et soigné. .

.

Tél. +352 516121-1 /// www.dudelange.lu /// www.opderschmelz.lu /// www.centredart-dudelange.lu


140

viTriNEs

La collection hiver 2012 des «miniatures couture» d’anne-Marie Herckes vient d’être présentée au salon The Box à Paris. Broches, pendentifs, bracelets et porte-clés se déclinent en camaïeux de gris et marron avec du vison et du lapin (vintage, bien sûr). La thématique chaleureuse autour du corbeau et du renard donne envie de voir les premiers flocons. En vente chez Muse by… et à la Mudam Boutique

Les boutiques smets connaissent actuellement une cure de jouvence grâce à l’arrivée de Gabriel Vazquez qui a pris en main la direction artistique de l’ensemble des points de vente. Il en résulte une nouvelle façon, très réussie, de présenter les produits, notamment en vitrine: introduction de vidéos, d’installations, d’interventions éphémères… Un grand vent d’air frais qui fait du bien, quand on observe tout le travail qui reste encore à faire à certains commerçants pour présenter des vitrines dignes de ce nom!

www.anne-marieherckes.com

www.smets.lu

bijOUx chAUDs

MUDAM DEsigN cOrNEr Chaque trimestre, la Mudam Boutique présente de nouvelles créations de jeunes designers. Le coup de cœur du moment est le travail de l’Allemande sarah Böttger qui présente une desserte (Bol) et une lampe (Pas Pas de deux deux). Son approche du design se base sur les expériences quotidiennes et les habitudes de gens qui laissent leurs marques sur ses créations. Elle ne s’arrête pas aux modes divertissantes, mais ambitionne de développer des objets fonctionnels susceptibles de vous accompagner sur le long terme. Afin d’obtenir une identité et un rendu uniques, chaque détail doit être pensé minutieusement, sans que cet effort ne soit apparent dans le produit final. Elle préfère que ses créations paraissent simples à utiliser tout en racontant une histoire. À la Mudam Boutique

NOUvEllE vA v vAgUE gUE Extrabold a profité des congés d’été pour revoir l’organisation de son magasin. Le départ de Sumo et l’arrivée de Caroline dans l’équipe ont insufflé une nouvelle orientation au shop: la galerie laisse la place à un corner dédié aux vêtements et accessoires vintage présentés dans une décoration tendrement vieillotte. La partie librairie est recentrée sur le street art, ce qui laisse de la place pour une plus large sélection de jeans (Cheap Monday, Nudie Jeans, Dr Denim). L’avant du magasin est occupé par les vêtements à logo (Adidas, Nike, Wesc) et les sneakers, alors que le fond sera dédié aux collections plus habillées pour hommes et femmes avec beaucoup de marques scandinaves (Modström, Rules by Mary, One Teaspoon, Vagabonde). 24, avenue de la Liberté, Luxembourg (gare) www.extrabold.eu

Désirs Automne 2011


Floral Experts Surprise your business partners with a flowered message! Just call, we take care of the details. Corporate Services and Subscriptions. Floral Concepts for Events Floral Arrangements • Cut Flowers • Bouquets • Foliage and Flowered Plants

•••

National and International Delivery

Monday to Saturday 8 am to 7 pm • Sunday & Bank Holidays 9 am to 1 pm

104, rue de Hollerich Luxembourg • 83, avenue du X Septembre Luxembourg


142

NOUvEl l hôTEl hô l à lA l gArE

jEUNEs vigNErONs Déjà l’année dernière, la sélection des Jeunes vignerons avait connu un grand succès. Aussi, les Domaines Vinsmoselle remettent-ils le couvert cette année avec quatre vins qui portent une étiquette spécifique, au graphisme novateur qui mentionne le cépage et le numéro du fût sélectionné: un auxerrois (AUX357), un pinot blanc (PB366), un riesling (RI304) et un pinot gris (PG410). Les Jeunes Vignerons des Domaines Vinsmoselle existent depuis presque 25 ans et ont pour objectif de donner de nouvelles impulsions aux jeunes, de suivre des formations complémentaires, bref de faire bouger les lignes du groupement de producteurs. À partir de 8,50 euros dans les quatre Escales des Domaines vinsmoselle

Un nouvel établissement hôtelier 3* supérieur vient de s’installer dans le quartier de la gare. Le Park Inn by Radisson Luxembourg City dispose de 99 chambres spacieuses, bien insonorisées, correspondant à une clientèle orientée business. Elles sont équipées d’écran-plat, coffre-fort, douche à l’italienne, bouilloire, Wi-Fi gratuit. On y trouve aussi trois salles de réunion (12 et 70 personnes) avec un équipement audiovisuel, une petite salle de sport ouverte 24/24h et un espace bar et restauration. Les clients ont également un parking à leur disposition. Park Inn Luxembourg City, 45-47, avenue de la gare, Luxembourg (gare) www.parkinn.com/hotel-luxembourg

www.vinsmoselle.lu

sUpErDry gOEs bElvA bElvAl lv l lvA Non content d’avoir déjà un grand nombre d’enseignes dans la capitale, le groupe Smets ouvrira prochainement plusieurs enseignes au Belval Plaza II. La première, déjà ouverte en juillet, est superdry, la marque bien connue pour son mélange de vintage, de basiques américains et de graphisme japonais. Sweats zippés, blazers preppy, blousons en cuir et autres figures intemporelles séduisent aussi bien les ados que les jeunes urbains.

NEws ExprEss

OsEz sOUrirE

Le centre de bien-être Relax Max, spécialisé dans l’univers de la relaxation au travail, s’installe à l’Hôtel-Restaurant Albert Premier à Luxembourg Belair. Son équipe propose des services de relaxation et d’esthétique, dans un cadre raffiné, calme et relaxant. gaastra s’installe à Luxembourg avec une boutique pour femmes et hommes dans la galerie Neuberg au 30, Grand-Rue (Luxembourg, centre). La boutique propose une mode alliée au style de vie nautique et sportif, des sacs et des chaussures. L’enseigne multimarque Chaussures Léon vient d’ouvrir un deuxième magasin. Corinne Cahen et Robi Sinner ont confié l’agencement à EGB-Hornung qui a créé un espace feutré, très différent des autres magasins de chaussures. Au Centre Espace, 233-241, rue de Beggen (Luxembourg, Beggen).

Parce que le concept fait fureur chez nos voisins, Céline Tarraube, qui est à la tête de la parapharmacie Terra Alba, vient d’ouvrir un Bar à sourire, c’est-à-dire un espace de blanchiment des dents. Ce procédé sans douleur et surtout sans peroxyde n’utilise que des produits aux normes CE et fabriqués en France. Après un brossage des dents, on applique un accélérateur moussant puis un gel blanchissant avant de passer sous une lampe bleue. En une séance, on peut gagner de 2 à 9 teintes de blanc selon la qualité et la réaction des dents. La séance, avec ou sans rendez-vous, dure une demi-heure et coûte 79 euros. Terra alba-Magic smile: 8, rue notre-Dame, Luxembourg (Centre). T: 27 47 88 74

Désirs Automne 2011


143

ANNivErsAirEs TENDANcEs Depuis 15 ans, le magasin abitare n’a cessé de se renouveler pour coller au plus près des tendances dans le meuble et la décoration. Depuis 30 ans, la marque Kare invente des intérieurs et des univers qui allient confort et design. Pour célébrer ces anniversaires, une grande soirée est organisée le 13 octobre au magasin Abitare de Luxembourg Dommeldange avec la présentation de nouvelles collections, des offres spéciales, du relooking et maquillage. Uniquement sur invitation, s’inscrire sur www.abitare.lu

sErvicEs D’ExcEpTiON Parce que concilier une vie professionnelle très prenante et une vie privée exigeante est un défi pour beaucoup de cadres au Luxembourg, La Conciergerie du Luxembourg propose ses services aux entreprises et aux particuliers. Un concierge prend en charge certaines tâches pour permettre aux clients de se concentrer sur l’essentiel. Christelle Vanden Broeck et Tony Laenen, les associés, et Dimitri Gilson, le directeur, promettent des services d’exception taillés sur mesure. www.laconciergerie.lu

DU biO à lA l MAisON

Or vErT La Méditerranée et tous ses bienfaits sont rassemblés dans une nouvelle boutique au centre-ville, à deux pas du Palais grand-ducal. Oliviers & Co arrive à Luxembourg. Les amateurs d’huile d’olive et de ses produits dérivés trouveront leur bonheur dans cet espace dédié aux saveurs du sud. L’enseigne française, créée en 1996, est déjà présente dans de nombreux pays européens et sur les continents américain, australien et asiatique, et ouvrira une nouvelle boutique au 15, rue du Marché-aux-Herbes dès le mois d’octobre 2011.

Depuis quelque temps, Oikopolis et naturata ont développé un service de livraison à domicile de produits bio. Le site www.bio-at-home.lu référence pas moins de 1500 1 500 produits dans tous les domaines, que ce soient l’alimentation (fruits et légumes, viandes, produits laitiers, épicerie, pains, boissons), les cosmétiques ou les produits d’entretien, et ce, aux mêmes prix que dans les magasins. Les commandes passées en ligne avant 16h sont livrées le lendemain par camion réfrigéré. Le paiement se fait lors de la livraison qui est facturée 10 euros (pour une commande entre 30 et 50 euros), 6 euros (entre 50 et 100 euros) ou gratuitement (au-dessus de 100 euros).

www.oliviers-co.com

NOUvEAU chEF à MONDOrF M C’est Gilles Goess qui vient d’être choisi pour diriger les cuisines du Domaine thermal de Mondorf. L’ancien chef à La Briqueterie à Vinay (Epernay, France), où il a obtenu une première étoile au Guide Michelin en 2007, vient de rejoindre l’équipe en place au Jangeli. Fort d’une riche expérience acquise entre autres auprès de Guy Legay au Ritz à Paris, Gilles Goess a été captivé par le challenge mais également par la motivation de la brigade, menée depuis quelques mois par le second de cuisine Stéphane Ruedin.

Désirs Automne 2011


144

Explorator

Ehlisa

Le 3 de chaque mois, le TROIs C-L invite à une soirée surprise où le public est convié à découvrir des propositions artistiques pluridisciplinaires. Pas d’entrée payante mais une valeur laissée à l’appréciation à la sortie sous forme de trois questions pour évaluer le travail et lancer le débat sur la valeur de la danse au Luxembourg. À la Banannefabrik (Luxembourg-Bonnevoie)

La 17e édition du guide Explorator vient de sortir. Référence incontournable pour tout ce qui concerne les restaurants du Luxembourg, avec plus de 350 adresses commentées. Cette édition se dote en plus d’une large section pour tout savoir sur «recevoir chez soi». 10 euros dans les librairies et kiosques

Avec une variété de services personnalisés et un cadre design, l’institut Ehlisa s’occupe de la beauté des pieds à la tête. Après l’adresse de Belair et l’onglerie du quartier de la gare, c’est à Bonnevoie que l’enseigne a ouvert un nouvel institut (77, rue de Bonnevoie).

© Luc Deflorenne

Le 3 du Trois

bièrEs bièr ièrEs & cO

© David Laurent / Wide

Voici le lieu idéal pour fêter l’OktoberFest: l’ancienne salle des machines de la brasserie Mousel située à Clausen a été transformée en restaurant thématique. À la carte, des spécialités bavaroises: rollmops marinés au riesling, ardoise de cochonnailles, escalope viennoise, rognons de veau à l’ancienne, spécialités à la broche comme cochon de lait, demi-poulet fermier, jarret de porc ou encore des choucroutes. Pour arroser le tout, quelques chopes de bière tirée bien sûr directement des cuves de la brasserie, qui peut également se visiter. www.bigbeercompany.lu

AssiETTE bElgE Le nouveau restaurant À 1/2 mesure du centre-ville met à l’honneur la cuisine belge: carbonnades flamandes, croquettes de crevettes, fondant au chocolat belge et autres spécialités du plat pays sont inscrits à la craie sur le tableau des suggestions. La décoration est conçue par Below (Mauro Doro) dans un esprit métropolitain, avec une dominante de noir et blanc, des lampes d’architecte détournées en appliques, de hauts plafonds, un bel escalier ancien, des chaises de bistrot, des peintures en trompe-l’œil (réalisées en collaboration avec Sumo) comme un clin d’œil à la BD… Sympathique sélection de bières en bouteille pour accompagner prochainement des assiettes composées à l’heure de l’apéritif. 9, rue des Bains, Luxembourg (Centre)

Désirs Automne 2011

hAbillés billés pOUr p l’hivEr C’est devenu une tradition bien agréable et bien utile, le Mantelsonnden ou «dimanche des manteaux» permet de compléter sa garderobe hivernale dans les boutiques exceptionnellement ouvertes un dimanche. Cette année, c’est le 23 octobre, dans toute la capitale. www.cityshopping.lu


ING & COMMU ET N RK

ION AT IC

MA

Le partenaire créatif au service de vos événements !

LUX

UR

10

EM

BO

G AWA R D S

2009 &

20

2010

Qu’attendez-vous d’un événement, sinon qu’il soit unique et exceptionnel ? Offrir à vos clients et convives des prestations gastronomiques variées, un service exemplaire et une organisation sans faille nécessite un partenaire de choix. Steffen Traiteur est celui-là ; créatif, dévoué et généreux, pour des prestations 100 % plaisir. Tout notre art consiste à faire de chaque événement un moment inoubliable. Laissez-vous surprendre, en toute confiance.

8 route d’Arlon L - 8410 Steinfort I tél : 399 650 300 I fax : 399 650 605 I traiteur@steffen.lu I www.steffentraiteur.lu

Ann_Steffen_Fouet_DESIRS_230x280_PROD + TAG.indd 1

22/09/11 12:45


146

09 Vitrines

Désirs vous invite, dans ce cahier, à une séance de lèche-vitrine. Fonctionnant comme un guide urbain des boutiques, restaurants et lieux de bien-être, ces pages permettent aux commerces de se présenter dans une mise en page agrémentée de photos choisies et de textes descriptifs. Une carte détaillée permet au lecteur de visualiser l’emplacement des commerces participants.

Désirs automne 2011


147 Shopping

A. 44, Grand-Rue Luxembourg (Centre) T. 22 73 27 F. 47 37 72 W. www.tapishertz.lu H. Lundi de 12h à 18h30 Du mardi au vendredi de 9h à 18h30 Samedi de 9h15 à 18h

Pour égayer votre univers, venez chercher l’inspiration chez nous. Nous partageons la même passion pour ces objets de décoration qui font la beauté intérieure de votre maison. Importateur de tendances depuis plus de 60 ans, nous parcourons le monde du tapis à la recherche des matières, des techniques, des formes et des couleurs s’harmonisant avec votre style de vie.Tapis artisanaux, noués ou tissés à la main, sélectionnés par nos soins et importés directement d’Iran, d’Inde, du Népal, du Pakistan et d’Afghanistan. Tapis nomades, une collection exclusive nouée en Iran du Sud.

Tapis contemporains, aux matières, coloris et motifs aussi originaux que variés, tous pouvant être livrés sur mesure. Pour habiller vos fenêtres avec style nous vous aidons à apprivoiser la lumière et vous guidons dans vos choix. Nous vous suggérons de colorer la grisaille du ciel avec nos tissus exclusifs et de confectionner sur mesure vos rideaux, tentures ou stores bateau.Les amateurs d’ambiances résolument design se laisseront séduire par nos stores plissés, nos jalousies en métal ou en bois. Ainsi, quels que soient vos goûts et votre budget, vous trouverez votre bonheur.

Tapis Hertz

Désirs automne 2011


148 Shopping

Abitare L’esprit Abitare c’est: Des couleurs, de la qualité, du design et une écoute attentive aux tendances. Abitare Dommeldange vous offre depuis 15 ans, sur 5 500 m2 toute une gamme de mobilier et d’accessoires originaux avec ses formules Kare, H&H, Fermob, Abitare Kids (2 500 m2 pour l’enfant à Junglinster), Flexa et d’autres encore. Notre équipe multiculturelle est composée d’architectes d’intérieur, de décorateurs, de designers et de graphistes et est à votre disposition pour vous accompagner et vous conseiller dans vos choix: travail sur plans, modélisations en 3D, conseils en aménagement, etc.

A. 1, rue Nennig Luxembourg (Dommeldange) T. 42 27 25 1 F. 42 27 25 39 E. vente@abitare.lu W. www.abitare.lu H. Du lundi au vendredi de 10h à 18h30 Samedi de 10h à 18h Dimanche de 10h à 13h Désirs automne 2011


149 Shopping

CAPSULE «The beauty is the mix!», tel pourrait être le mot d’ordre de cette nouvelle enseigne, qui a ouvert ses portes, il y a six mois rue Philippe II. Capsule s’adresse à tous les amoureux de la mode quel que soit leur budget. Dans un cadre industriel et authentique, les codes sont mélangés, pour donner un regard nouveau sur la mode. Le lieu se veut une vitrine, comme une palette de couleurs, évoluant de saison en saison, comme un magazine qu’on consulte. Capsule n’est pas un nom anodin. C’est un terme utilisé de plus en plus fréquemment dans la mode pour désigner une collection produite en petite quantité, souvent dans le cadre de collaborations entre designers.

A. 31, rue Philippe II Luxembourg (Centre) T. 27 85 85 84 E. capsule@pt.lu H. Du lundi au samedi de 10h à 18h30 Désirs automne 2011


150

odette tonnaer

Amphawan Likhukhat Séverine Cailloux

Wellness

Yoaké a. 98, boulevard de la Pétrusse Luxembourg (Gare) T. 26 12 13 E. info@yoake.lu W. www.yoake.lu H. Mardi de 9h à 18h Mercredi de 12h à 20h Jeudi de12h à 20h vendredi de 9h à18h samedi de 9h30 à 14h

Vous entrez dans un monde entièrement conçu suivant les préceptes du Feng Shui où musique, couleurs apaisantes et meubles choisis créent une atmosphère calme et précieuse. Installez-vous dans un grand espace privé et laissez-vous envahir par la tranquillité et la beauté de l’environnement afin de retrouver l’équilibre du corps et de l’esprit. Chaque soin est

comme une prise en charge complète et personnelle avec un service qualifié, attentif et individualisé. Ce concept holistique de longévité agit à la fois sur la peau, l’âme et l’ensemble du corps. L’objectif est de ralentir les effets du temps. Yoaké propose ainsi le must de la relaxation et du bien-être avec des massages et soins visage aux effets revitalisants, relaxants et

Désirs Automne 2011

rajeunissants. nous utilisons les techniques de soins les plus élaborées de partout dans le monde, tout en vous offrant la possibilité de prolonger leurs bienfaits à la maison. une expérience unique avec des résultats bénéfiques, efficaces et visibles dès la première visite. Faire une visite chez Yoaké c’est s’offrir une véritable parenthèse enchantée.


151 Shopping

Part of Art with Style by Eva Ferranti

Imbedded in the long tradition of Italian tailoring and fashion, Eva Ferranti stands for innovative tradition. Timeless elegance combined with the attention to detail and modern design, creates a unique style of distinguished taste that stands out from the crowd. Eva Ferranti offers Italian style luxury suits created from materials that have been carefully selected.

DÊsirs automne 2011

A. 4-6, rue de la Boucherie Luxembourg (Vieille ville) T. 44 87 93 E. info@evaferranti.lu W. www.evaferranti.lu H. From Tuesday to Saturday 10.00 to 13.00 and from 14.00 to 19.00


152 Shopping

VIP Shoes «Nous souhaitons que nos clients se sentent VIP» Ce sont les chaussures qui témoignent en premier de votre personnalité, c’est la fondation sur laquelle elle se construit. Suivant cette philosophie, VIP Shoes a inauguré récemment son superbe point de vente à Pétange, face à la mairie. VIP Shoes s’adresse aux femmes et aux hommes actifs, qui soignent leur image et qui cherchent cette touche d’exclusivité, sans faire de compromis en matière de qualité. Tel un éclaireur, VIP Shoes explore les tendances et sélectionne les modèles qui feront sortir leurs porteurs du lot. VIP Shoes se distingue clairement par une sélection exclusive de chaussures cousues à la main, des plus prestigieuses marques italiennes (AGL, Fratelli Rosetti, et maroquinerie Braccialini). Des essayages en dehors de ces heures sont possibles sur simple rendez-vous au 26 65 01 50.

A. 11, route de Luxembourg Pétange T. 26 65 01 50 E. vip.petange@gmail.com

H. Lundi de 14h à 18h30 Mardi de 9h à 18h Mercredi de 9h à 18h30 Jeudi de 9h à 18h30 Vendredi de 9h à 18h30 Samedi de 9h à 15h Désirs automne 2011


153 Shopping

Soon

Ces deux magasins vous proposent un univers rempli des dernières tendances du luxe. Une corne d’abondance vous invitant à découvrir une gamme de plus de quarante marques de montres et de bijoux tels que: Pandora, Ti Sento, Calvin Klein, Kenzo, Michael Kors, Armani, Reminiscence, Nomination, Diesel, Clio Blue, Swatch, Storm, Lovepods, Doriane, Fossil, The One, Taratata, Dkny, Flik-flak, Cobra, Disney, Xc 38, Hanna Wallmark, Ice Watch, L’avare, Lip, Paul & Joe... SOON saura donc satisfaire vos moindres envies et vous offrira un choix capable de correspondre aux plus exigeants. Que vous soyez avant-gardiste ou plutôt classique, que vous soyez d’un esprit jeune ou plutôt conventionnel, ces deux magasins sauront vous apporter un style qui vous correspond à la perfection.

SOON Gare A. 63, avenue de la Gare Luxembourg (Gare) T. 26 18 891 W. www.soon.lu E. gare@soon.lu H. Du lundi au samedi de 10h à 18h

SOON Centre A. Galerie Beaumont - 56, Grand-Rue Luxembourg (Centre) T. 26 20 00 22 W. www.soon.lu E. grandrue@soon.lu H. Du lundi au samedi de 10h à 18h Désirs automne 2011


154

Restaurant

Um Plateau Saveurs, Simplicité et Convivialité Nouveau chef Richard Brilliet aux côtés de Stéphanie Jauquet Soirée cigares en collaboration avec Jeff and Co, le 10 novembre 2011 Menu 3 services + cigares + digestifs au prix de 60 euros Devis personnalisé pour vos différents événements de 10 à 120 personnes Service voiturier Désirs automne 2011

A. 6, plateau Altmünster Luxembourg (Clausen) T. 26 47 84 26 F. 26 47 84 36 W. www.umplateau.lu E. info@umplateau.lu H. Du lundi au samedi de 12h à 14h30 et de 19h à 01h Fermé le dimanche


155

Shopping

In Vino Gildas, vinothèque et événements Vins luxembourgeois, français, italiens, espagnols, suisses, argentins, allemands et autrichiens Champagnes Événements pour entreprises avec prestation dégustation, organisation de soirées privées personnalisées Espace dégustation de 15 à 40 personnes Étude des vignobles avec les producteurs Désirs automne 2011

A. 105, avenue du X septembre Luxembourg (Belair) T. 44 19 72 F. 44 17 68 W. www.invinogildas.com E. info@invinogildas.com H. Du mardi au vendredi de 13h à 19h Samedi de 11h à 18h


156

4

7

3

1

Map designed by MONOPOLKA

2

6

Cartes des vitrines Restaurant

nightlife

shopping

culture

DÊsirs Automne 2011

Wellness

hors carte


157

5

Map designed by MONOPOLKA

4

1

Eva Ferranti

4

4-6, rue de la Boucherie

2

CAPSULE

Tapis Hertz 44, Grand-Rue

7

5

Yoaké

8

98, boulevard de la Pétrusse

6

In Vino Gildas 105, avenue du X Septembre

Désirs Automne 2011

Um Plateau 6, plateau Altmünster

63, avenue de la Gare 56, Grand-Rue (Galerie Beaumont)

31, rue Philippe II

3

Soon

Abitare Dommeldange 1, rue Nennig à Dommeldange

9

VIP SHOES 11, route de Luxembourg à Pétange


158 Talents

CHRISTIAN WILMES

SADNESS BEAUTY (2011)

Désirs automne 2011


159 Talents

Ces deux photographies, issues d’une série composée de douze triptyques, plongent le spectateur dans des regards défaits. Ces portraits intimistes tentent de frôler la démarcation des codes. Ainsi, une confrontation entre beauté naturelle et beauté plastique, entre intimité et exhibition, entre angoisse et romantisme est mise en place. Ceci sur des arrière-plans singuliers correspondant à un état d’esprit, une sensation négative voire une préoccupation continuelle ou instantanée du personnage. Né à Luxembourg en 1981, Christian Wilmes est un créateur visuel touche-à-tout, qui s’inspire du monde de la mode et du cinéma et exploite les médias numériques.  www.christianwilmes.com

Désirs automne 2011


160

Playlist (4)

J’imagine terminer une soirée tranquille entre amis en savourant un Bas-Armagnac de 16 ans d’âge, avec une série de morceaux de mes guitaristes préférés, et conclure en apothéose avec un trio d’anthologie. Enrico Lunghi, directeur général du Mudam Luxembourg, est photographié par Andrés Lejona

PLAYLIST pour... ... une fin de soirée entre amis.

Joe Pass & John Pisano «Satie» (Duets, 1991)

Joe Pass «Five Hundred Miles High» (Virtuoso #2, 1976)

Pat Metheny «Long Ago Child/ Fallen Star» (New Chautauqua, 1979)

Philip Catherine «Janet» (End of August, 1982)

Paco de Lucía «Entre Dos Aguas» (Fuente Y Caudal, 1973)

Paco de Lucía «Sólo Quiero Caminar» (Sólo Quiero Caminar, 1983)

Pat Metheny Group «The Roots of Coincidence» (Imaginary Day, 1997)

Philip Catherine «Tiger Groove» (Summer Night, 2002)

John McLaughlin, Al di Meola & Paco de Lucía «Mediterranean Sundance» (Friday Night in San Francisco, 1981)

Désirs automne 2011


18, 19 et 20 Novembre 2011 Cercle Municipal - Place d’Armes - Luxembourg

Les merveilles horlogères et joaillières, Les meilleurs artisans d’Art du Haut Commerce de Luxe Luxembourgeois réunis dans le superbe écrin du Cercle Municipal

Les nouveautés de plus de 30 grandes marques horlogères : Audemars Piguet, Backes & Srauss, Baume & Mercier, Bell & Ross, Blancpain , Breguet, Breitling, Chopard, Custos, Ebel, Eberhard & Co, Franck Muller, Glashutte Original , Graham, Hublot, IWC, Jaeger LeCoultre, Jaquet Droz, Longines, Louis Erard, Mano Metro, Omega , Pas De Deux , Pequignet , Piaget, Rolex, Porsche Design , Schoeder Timepieces, Vacheron Constantin , Zeitwinkel, Zenith

Une exposition thématique raconte les 100 ans du chronographe

Entrée libre le samedi 19 de 11.00 h à 18 h et le dimanche 20 de 13.30 h à 17.30 h

Excellux_annoncePub.indd 1

26/09/11 20:22:18


162

Sarah Cattani a été interviewée par Marie Narjani et photographiée par David Laurent/Wide dans son lit.

I had a dream Rêves et désirs sont étroitement liés. Certains rêves peuvent nous guider et prendre tout leur sens dans la vie réelle, il suffit de leur prêter un peu plus d’attention. Chaque mois, un invité nous fait partager ses rêves.

qui êtes-vous? Sarah Cattani, 29 ans, journaliste. òu vivez-vous? Dans un appartement en ville. comment vous endormez-vous? Une fois que mon ordinateur est éteint, je m’endors... couche-tôt ou tard? Couche-tard et lève-tard. combien d’heures dormez-vous? Entre 8 et 9 heures et même plus si le réveil ne sonne pas. comment dormez-vous? Je dors comme une pierre sans trop bouger et le plus souvent sur le côté gauche.

Que ce soient des rêves étranges, troublants ou plutôt réalistes, pour Sarah Cattani, rêver fait partie intégrante de la vie. Elle rêve de façon très lucide et les rêves lui permettent de réfléchir plus clairement, voire de mettre de l’ordre dans ses pensées. Des idées lui viennent la nuit, qu’elle note le matin au réveil. «Quasi tous les matins, quand le réveil sonne, je suis en plein milieu d’un rêve. Souvent je me rendors pour pouvoir finir l’histoire et pour rester encore quelques minutes dans le monde des rêves. Il m’arrive d’explorer des endroits inconnus qui s’imprègnent dans ma mémoire ou d’avoir des discussions avec des personnes, dont les propos vont me revenir le lendemain et prendre sens durant la journée.» Par ailleurs, il arrive à Sarah de rêver de choses hors du commun, comme le fait de savoir faire des bonds de trois mètres, de trouver une chambre secrète dans son appartement ou d’avoir des baleines miniatures dans son lavabo… «Qu’est-ce qu’elles étaient mignonnes!» Les rêves plus émotionnels sont les plus marquants. Certains ne la lâchent plus… «Une nuit, j’ai rêvé que je rencontrais un ami d’enfance qui est décédé il y a bien 12 ans. Il m’a dit qu’il allait bien où il était. Ça m’a fait très bizarre mais je l’ai cru. Une autre fois, j’ai rêvé que le monde comme nous le connaissons n’existait plus… un rêve assez alarmant…» Désirs Automne 2011


203, route d’Esch - L-1471 Luxembourg-Gasperich - Tél.: 27 12 56 36 Du lundi au vendredi de 10h à 19h - Samedi 10h à 18h ou sur rendez-vous WWW.FLAMANT.LU WWW.FLAMANT.COM

pub_porsche_flamant_08-2011.indd 1 1_desirs.indd 1

20/09/2011 9:38:36 21.09.2011 15:34:01 Uhr


citroen.indd 1

27.09.2011 12:01:41 Uhr


Désirs automne 2011