Le magazine
du bien-être et du développement durable
06/2014
Comment les abeilles résistentelles au froid? Pourquoi le trampoline est-il davantage qu’un divertissement? De quelles armes dispose-t-on pour mieux vieillir?
Notre pays Ce lieu auquel nous sommes liés
Au rythme de la nature.
Une partie de
Les experts de ce numéro Dr David Fäh
Physiologiste nutritionniste, il est chercheur et enseignant à l’Institut de médecine sociale et préventive de l’Université de Zurich. Il nous apporte son expertise pour les sujets ayant trait à la nutrition. Christina Daeniker Roth
Spécialiste de l’alimentation et de la santé à la Fédération des coopératives Migros, Christina Daeniker possède de vastes connaissances dans le domaine de la nutrition et connaît bien les préoccupations des consommateurs. Elle nous conseille dans la rédaction des articles portant sur ces thèmes et en rapport avec des produits Migros.
Photo de couverture: Walter Pfeiffer © Roland Tännler, Joschi Herczeg, Marion Nitsch, Shutterstock
Marianne Botta Diener
Enseignante à l’EPF, cette ingénieure en technologie alimentaire est mère de huit enfants. Elle nous livre cette fois-ci ses astuces pour cuisiner sain en un tournemain. Atlant Bieri
Scientifique spécialiste des questions environnementales, il sait à merveille traduire des sujets complexes en termes simples. Dans ce numéro de Vivai, il nous fait découvrir le monde fascinant des abeilles en hiver.
Chère lectrice, cher lecteur, Pas de paysage époustouflant, juste de vastes étendues vertes. Pas d’architecture grandiose, mais un magasin d’ameublement géant. Aucun grand penseur natif de ce village. Mais moi, qui viens de là. Et tous les autres qui se sont aussi écorché les genoux dans la Grand-Rue, ont fumé des lianes dans la forêt et bûché leur allemand, le bon, à l’école primaire fleurant l’encaustique. Mon pays – ces mots évoquent pour moi un endroit unique, auquel se rattachent quantité de sentiments, qui m’ont submergée un jour dans un aéroport des Caraïbes. Une infection intestinale m’avait tourmentée durant deux semaines, sans qu’aucun médicament ne puisse me soulager. Mais dès que je me suis retrouvée à bord de l’avion marqué d’une croix blanche sur fond rouge, un sentiment de sécurité m’a enveloppée tout entière. Comme quoi une overdose de sentimentalité peut être salutaire. Et lorsque, il y a peu, je lisais un texte de Martin Walser sur le lac de Constance, les larmes me sont montées aux yeux. Moi qui ne suis même pas du coin. Ce qui m’a émue dans ce récit, c’est la relation intime avec quelque chose qui a toujours été là, et qui le restera. Le pays, c’est comme un pull qui peut réchauffer ou gratter. Parfois, l’on souhaiterait un vêtement plus affriolant. Puis, le monde s’ouvre. Lors de mes voyages, j’ai souvent constaté que plus je m’éloignais, plus la notion de patrie prenait de l’ampleur. Suis-je en Amérique, chez moi, c’est l’Europe. Et si j’étais sur Mars, je regarderais la Terre en soupirant et devrais supplier les petits hommes verts de me donner un télescope pour tenter d’apercevoir le M orange. Bonne lecture!
Rédactrice en chef Avant, je considérais les petits trampolines comme des jeux pour adultes. Maintenant, je sais qu’ils permettent de s’entraîner efficacement chez soi. Plus sur ce sujet page 44. Vivai 6/14
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La conscience tranquille, l’esprit lÊger.
Une partie de
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12 Lieu d’origine ou d’adoption, on s’y sent chez soi 14 L’écrivain Alex Capus examine la notion de patrie à la lumière de la mondialisation 18 De la région. Les aliments produits localement ont des arguments pour séduire 22 Autochtones ou immigrées, menacées ou en voie d’extinction, quelles espèces vivent en Suisse? 24 Avec les produits de saison et de la région, le terroir s’invite à notre table 26 Garantes de la biodiversité, les abeilles rusent pour survivre à l’hiver 40 Manger sain en limitant au maximum le temps passé en cuisine, c’est possible 44 Comment cultiver sa forme en ménageant ses articulations? Grâce au minitrampoline
© Le Gros Pain (photographie sous plexiglas, 130 × 97 cm, 2010), National Geographic Creative, Getty Images
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48 Un point sur les méthodes qui permettent d’apprivoiser le temps qui passe
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Ça fait plaisir On aime Caddie sous la loupe Produit culte: le cottage cheese Sain et léger Jeu-concours Vivai Chronique
I MPRESSUM Editeur: Fédération des coopératives Migros Directeur des médias Migros: Lorenz Bruegger Directeur des éditions: Rolf Hauser
Adresse de la rédaction: Magazine Vivai, case postale 1766, 8031 Zurich, vivai@mediasmigros.ch www.migros.ch/fr/vivai
Directrice des publications: Monica Glisenti Rédactrice en chef: Susanna Heim Adjointe: Christine Kunovits Coordination: Dagmar Madelung Edition allemande: Lukas Hadorn Edition française: Sylvie Castagné Edition italienne: Alda Viviani Directrice artistique: Dora Siegenthaler Rédactrice photo: Cornelia Thalmann Traitement d’images: Reto Mainetti Révision (F): Martine Rivier
Imprimerie: Vogt-Schild Druck AG, CH-4552 Derendingen Papier: sans bois, FSC-Mix Emissions de CO2 compensées par un projet au Brésil ISSN: 1663-716X Tirage total de Vivai: 250 000 D: 173 000, F: 60 000, I: 17 000 exemplaires
Commandez gratuitement Vivai par e-mail à: abonnements.vivai@ mediasmigros.ch ou par téléphone au: 0800 180 180 Vivai 6/14
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La nature est dans le prĂŠ.
Une partie de
Vivai a 5 ans
Joyeux anniversaire Vivai Vivai a 5 ans Le clou du programme des festivités organisées à l’occasion du 5e anniversaire de Vivai était la manifestation «Vital avec Vivai» qui s’est déroulée à l’hôtel Blume, à Baden (AG). Quelque 80 lectrices et lecteurs (soit le nombre maximal de participants) s’étaient inscrits à cet événement, dont l’organisation avait exigé l’engagement de plusieurs collaborateurs de la rédaction et du service édition au cours des mois précédents. Au programme: un brunch copieux et de passionnants exposés du Dr David Fäh, de Marianne Botta Diener et de Petra Orzech, des experts collaborant à Vivai. D’autres manifestations de ce type devraient avoir lieu les prochaines années.
Susanna Heim, rédactrice en chef de Vivai (à g.), présente les intervenants Petra Orzech (au centre) et le Dr David Fäh (à dr.).
Et voici la liste des gagnants de notre jeu-concours anniversaire:
Monika Klingler, Aeschlen (Intercity Card) Philipp Bosshard, Möhlin (e-bike) Rosemarie Liechti, Riehen
(week-end wellness)
Pier Luigi Ballabio, Chiasso (set multimedia) Verena Wasem, Morat (week-end romantique) Annemarie Schnider, Walterswil
(réunion de rédaction)
Les participants écoutent avec attention les explications des experts, avant de les inonder de questions.
Eva Kunz, Davos-Wolfgang (déjeuner Vivai) Ulrich Schweizer, Oberdorf
(coaching alimentaire)
Bernardo Schneeberger, Melano
(choix de sujet)
Dominique Georges, Attalens
© Aurelia Schmid, Lukas Hadorn, Martin Hemmi
(analyse du contenu du caddie)
Des collaborateurs de la rédaction et du service édition ont prêté leur concours pour préparer la distribution du numéro anniversaire.
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Fatigué, fatigué, fatigué, fatigué...
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Une aide d’urgence aux Balkans
Les pluies diluviennes qui se sont abattues en mai dernier sur l’Europe du Sud-Est ont plongé les Balkans dans la désolation, particulièrement la Bosnie et la Serbie. La Croix-Rouge suisse a dressé un bilan intermédiaire de l’aide d’urgence déployée au lendemain de la catastrophe. Plus de 13000 personnes ont ainsi bénéficié d’un approvisionnement en eau potable, en vivres et en matériel de secours, tandis que quelque 8000 sinistrés ont pu être épaulés dans les travaux de déblaiement, de nettoyage et de remise en état de leur logement. Ce projet d’aide, soutenu par Migros à hauteur de 500 000 francs, se poursuivra jusqu’en juillet 2015.
s eille s a b i ve r e l e n t l e s l ’h n e r ? i l mm C o sent-e à but uiv. s pas s fleur 26 et s s a n page Lire
De faible coût et polyvalente, l’huile de palme est une matière première très prisée dans l’industrie, et la demande est en constante augmentation sur le marché mondial. Les palmiers à huile offrant un rendement supérieur à celui d’autres oléagineux sur une surface moindre, leur culture entraîne malheureusement souvent la destruction de forêts tropicales et de tourbières, tandis que de petits agriculteurs locaux se voient dépossédés de leurs terres et de leurs droits. Migros œuvre depuis plus de dix ans en faveur d’une production d’huile de palme éthique et durable. Dans le cadre de Génération M, le distributeur s’est engagé à utiliser exclusivement, d’ici à fin 2015, de l’huile produite en conformité avec les directives de la Table ronde pour une huile de palme durable. A mi-2014, 82 % de l’huile de palme destinée au secteur alimentaire de l’industrie Migros se composaient d’huile de palme physique durable.
© iStockphoto, Eberhard J. Schorr, Monika Flückiger
Des œufs sans secret
Vous souhaitez savoir si vos œufs bio sont vraiment bio? Ou dans quelle ferme picore la poule qui les a pondus? A qui elle appartient et à quoi ressemble son poulailler? Rien de plus simple! Sur la coquille de tous les œufs suisses figure un code d’identification qui permet de retracer précisément leur parcours, de l’exploitation dont ils proviennent au point de vente Migros. Pour des raisons techniques, ce code n’apparaît toutefois pas sur les œufs durs et teints, bien que leur traçabilité jusqu’au producteur soit également garantie. Rendez-vous sur le site www.migros.ch / Services / Provenance / Les œufs Migros
De l’huile de palme durable
Du miel des villes
En tant que premiers pollinisateurs des cultures de fruits et de baies ainsi que des plantes sauvages en Suisse, les abeilles sont des acteurs essentiels de la biodiversité. Le présent numéro rend hommage à ces industrieuses butineuses. A partir de la page 26, vous découvrirez notamment leur stratégie pour survivre à l’hiver, ainsi que l’engagement de Migros en leur faveur. Saviez-vous, par exemple, que des ruches ont été installées sur les toits de plusieurs magasins Migros, un peu partout en Suisse? Notamment à Marin Centre, dans le canton de Neuchâtel, ou sur le toit du MParc La Praille, en plein Genève? Quant au toit de la centrale d’exploitation de la coopérative Migros Suisse orientale, il accueille pas moins d’une douzaine de colonies. Une collaboratrice formée à l’apiculture récolte chaque année quelque 100 kilos de miel, qui sont proposés à la vente dans le magasin du personnel. Vivai 6/14
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Temps pour se relaxer Se renforcer, se ressourcer et s’évader du quotidien. Laissez-vous gâter dans un de nos hôtels à Arosa, Davos ou Grindelwald savourez la détente avec une vue inoubliable.
ARoSA Arrivée Dimanche à Vendredi
DAvoS 5 nuits: Arrivée Dimanche 7 nuits: Arrivée Vendredi, Samedi, Dimanche
GRinDeLwALD Arrivée Dimanche, Lundi
Prestations incluses 3 nuitées en chambre double/simple Confort Menu à 5 plats au choix le soir Forfait de ski ou de randonnée Arosa-Lenzerheide Ecole de ski pour des enfants jusqu’à l’année de naissance 1997 Un traitement de bien-être au choix à 50 et à 25 minutes Un jacuzzi à 25 minutes
Prestations incluses 5 ou 7 nuitées en chambre double Confort Menu à 5 plats au choix le soir Utilisation du centre de bien-être avec piscine, sauna, bain de vapeur, thermes et centre de fitness
Prestations incluses 4 nuitées en chambre double/simple Economy Menu à 5 plats au choix le soir Utilisation du centre de bien-être avec piscine, sauna, bain de vapeur, thermes et centre de fitness 1x massage de corps à 50 min. 1x massage de visage à 25 min. 1x peeling de corps ou un massage de brosse à 15 min. 1x traitement de l’huile d’onagre à 25 min.
Prix | par personne/séjour
Prix | par personne/séjour
Prix | par personne/séjour
3 nuitées
4 nuits
5 ou 7 nuitées
04.01. – 23.01.2015 08.03. – 06.04.2015
CHF 798.–
23.01. – 08.03.2015
CHF 918.–
04.01. – 31.01.2015 07.03. – 06.04.2015
5 nuits CHF
890.–
7 nuits CHF 1ʼ246.–
Réservation | Tél. +41 (0)61 925 70 70 reservation@sunstar.ch www.sunstar.ch/fr
04.01. – 08.02.2015 05.03. – 05.04.2015
CHF 828.–
08.02. – 05.03.2015
CHF 928.–
05.04. – 30.04.2015
CHF 668.–
Le savoir en vidéo
© James Duncan Davidson, Vera Markus, Editions FONA, Raphael Perret
A l’ère des algorithmes de recherche, des usurpations d’identité et du «Big Data» (masse de données), il n’est guère étonnant que nombre de gens voient Internet comme une menace plutôt que comme une source d’enrichissement pour leur vie. Si cette méfiance est justifiée, le cyberspace n’en recèle pas moins de véritables pépites, par exemple les TED Talks. Dans ces vidéos d’une vingtaine de minutes, des experts abordent des notions complexes de façon simple et divertissante, rendant ainsi divers sujets scientifiques accessibles au commun des mortels. Parmi les favoris de la rédaction figure l’exposé sur le sommeil du neuroscientifique Russell Foster. «Si vous vivez jusqu’à 90 ans, vous aurez dormi en moyenne 32 ans», assène-t-il en guise d’introduction. Avant de démonter quelques idées reçues sur le sommeil.
L’originalité au menu
Une architecte japonaise cultivant son riz sur les berges de la Limmat, dans une petite rizière aménagée dans un jardin ouvrier. Un peintre friand de bolets récoltés dans un cimetière. Ou encore une exMiss, adepte de six repas quotidiens. Les personnes réunies dans le livre So isst Zürich (Ainsi mange Zurich) proviennent d’horizons les plus variés, et la nourriture constitue le seul lien qui les relie. Toutefois, s’il semble évident que tout le monde doit manger pour vivre, chacun le fait à
www.ted.com L’accès à ces vidéos est gratuit. Pour les internautes strictement francophones, au moment de la mise sous presse, près de 1800 de ces conférences étaient déjà dotées de sous-titres français.
L’épeautre en gâteaux
La période de l’Avent approchant à grands pas, il sera bientôt temps de ressortir emporte-pièces et rouleau à pâtisserie pour s’adonner à la confection de biscuits. Le nouveau livre de recettes UrDinkel Guetzli de Judith Gmür-Stalder fera le bonheur des adeptes des variétés anciennes d’épeautre, c’est-à-dire non croisées avec le blé. Digeste et riche en précieux nutriments, la farine d’épeautre permet en effet de réaliser de succulentes pâtisseries. Des recettes en français sont compilées sur le site urdinkel.ch / Rezepte (sélectionner «fr»). UrDinkel Guetzli, Ed. FONA. Disponible sur: www.urdinkel.ch
sa manière. Né sous la plume d’Yvonne Eckert et superbement illustré par les photographies de Vera Markus, cet ouvrage brosse le portrait de 14 personnes établies à Zurich ou dans ses proches environs, mais qui pourraient tout aussi bien vivre à Coire, à Delémont ou à Lugano. En révélant ses habitudes alimentaires, chacune dévoile un pan de sa vie, de son histoire personnelle et de sa culture. So isst Zürich (pour l’heure en allemand uniquement) est publié par edition 8. www.edition8.ch
Le recyclage fait art
L’artiste suisse Raphael Perret a choisi une approche inédite pour mettre en lumière le thème du recyclage. A partir de déchets électriques, il crée des yantras, soit des supports graphiques de méditation issus de la tradition hindoue. A travers cette œuvre silencieuse, Raphael Perret invite à la réflexion afin de nous inciter à ménager des ressources qui s’amenuisent. Intitulé Recycling Yantra, son travail a bénéficié en 2014 d’une contribution de soutien à la culture numérique du Pourcent culturel Migros. raphaelperret.ch. Exposition Recycling Mantra, à découvrir du 5 décembre au 25 janvier au Helmhaus de Zurich.
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Mon pays
CHEZ NOUS. Plus le monde nous semble vaste, plus nous nous languissons de notre pays. Parce que chez nous, certaines choses ne changent jamais. Parce que notre pays nous donne le sentiment de faire partie d‚un tout, le sentiment d‚appartenir à une communauté dont nous connaissons et comprenons les valeurs et les traditions. Cet art moderne du retour à ses origines ne par rapport à l‚étranger, mais par l‚estime de ce qui nous est familier, de ce que nous connaissons et avons vécu.
Les illustrations de ce dossier sont signées Chantal Michel, une artiste bernoise maintes fois récompensée pour ses photos, vidéos et performances. Elle jouit d’une réputation internationale grâce à ses mises en scène orchestrées dans des lieux d’exception. Plus d’informations sur www.chantalmichel.ch
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© Les Filles de l’Aschenried (photographie sous plexiglas, 130 x 97 cm, 2010), iStockphoto
se définit pas par une démarcation
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Mon pays
notre pays ? Est-ce notre lieu d‚origine ? Ou l‚endroit où nous nous sentons le mieux ? Nous avons demandé à l‚écrivain Alex Capus de nous faire part de ses réflexions sur ce concept de pays ou de patrie, si délicat à définir, que les germanophones nomment ”Heimat”.
Qu’est-ce que le «Heimat»?
Le Heimat, ce mot qui n’a pas d’équivalent en français, est, pourrait-on dire, le lieu où l’on se sent chez soi. Et où se sent-on chez soi?
Là, pourrait-on dire, où l’on a passé la plus longue partie de sa vie.
Mais que faisons-nous de notre vie?
Le matin, nous nous réveillons dans un lit provenant d’un magasin de meubles suédois, tout le jour, nous travaillons avec un ordinateur assemblé en Chine, au Mexique ou en Irlande. Le reste du temps, nous fixons des écrans de télévision coréens, roulons dans des voitures d’origine allemande, japonaise ou française. Nos inséparables compagnons sont des smartphones de marque californienne et des vêtements en coton indien. Quant aux aliments que nous consommons, ils ont été transportés des quatre coins de la Terre à bord de containers. Il y a de quoi perdre son Heimat au milieu de ces flux de marchandises planétaires. Où que nous soyons, nous sommes clients de Starbucks, de Hyundai ou de Microsoft. Cela fait-il de nous des citoyens mondialisés? Sommes-nous partout chez nous? Vivre ici ou ailleurs, est-ce pareil? Bien sûr que non.
On peut affirmer que vivre à Winterthour est tout autre chose que vivre à Vladivostok ou à Nairobi. Les paysages sont différents, l’eau est différente, l’air est différent. On n’y mange pas les mêmes choses. On n’y raconte pas les mêmes histoires, on n’y chante pas les mêmes chansons. Les images que l’on y voit ne
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«Sincèrement, j’apprécierais une petite Migros au coin de la rue. La lenteur et le sérieux suisses me manquent aussi parfois.»
«Les cérémonies indiennes me manquent. Diwali, la fête des lumières, et Holi, celle des couleurs ainsi que nos mariages. Les fêtes indiennes célèbrent magnifiquement la vie.»
Thomas Eugster travaille comme photographe à Berlin depuis plus de 15 ans.
Priya Pandey-Wig a quitté son pays, l’Inde, il y a 13 ans. Après avoir vécu à New York et à Londres, elle habite aujourd’hui près de Zurich.
«Parler peu mais savoir écouter attentivement, voilà une caractéristique suisse qu’il faudrait exporter.» Sebastian Alder a déménagé pour Malmö, en Suède, l’été dernier. Auparavant, il a longtemps vécu à Barcelone.
© La Bulle de Savon (photographie sous plexiglas, 130 x 97 cm, 2010), iStockphoto
CHEZ NOUS. Quel est
sont pas les mêmes non plus. Nous nous sentons chez nous là où nous sommes capables de dire d’où vient le vent rien qu’à la couleur des nuages. Là où nous connaissons les paroles des chansons et pouvons les chanter. Où nous comprenons les blagues, reconnaissons les images. Et, avant tout, nous nous sentons chez nous là où les gens connaissent notre nom. Et où il se trouve une personne qui sait comment nous préférons les œufs brouillés. Car cela n’a pas changé depuis notre enfance. C’est précisément parce que souffle le vent âpre de la mondialisation que le besoin de Heimat et d’affirmation culturelle croît. En Suisse alémanique, la musique rock et la littérature en dialecte ont le vent en poupe. En ville, les jeunes plantent des concombres et des tomates sur les toits et dans les arrière-cours, les petites brasseries poussent comme des champignons. Chaque village écrit son histoire, les familles recherchent les biographies de leurs aïeux. Tout cela est bien. Souvent teinté d’un charme nostalgique, avec parfois un petit goût réactionnaire. Car une chose est claire: à lui tout seul, un concept de Heimat rétrograde, hérité de Gotthelf, n’a pas d’avenir à long terme. Les brasseries locales et les groupes folkloriques n’inverseront pas le sens de rotation de la roue de l’histoire. Notre vie et le monde dans lequel nous vivons sont marqués par l’économie mondiale – laquelle demeurera, tant qu’elle sera alimentée par des énergies beaucoup
«Ce serait bien qu’il y ait ici des transports publics comme en Suisse, qui m’amèneraient au travail à l’heure et sans stress. L’efficacité et la fiabilité des Suisses font également défaut ici.» Le musicien suisse Daniel Schwarz vit à Los Angeles depuis huit mois.
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trop bon marché, une économie de consommation et de flux de marchandises planétaires. C’est peut-être bien ainsi. Car il y a deux bénéfices que l’on doit reconnaître à la mondialisation. Le premier: elle a libéré les gens de l’étroitesse claustrophobe des communautés paysannes locales. Et personne parmi nous ne souhaite y retourner. Ceux qui prétendent le contraire ignorent de quoi ils parlent. Le deuxième, c’est la prospérité que la mondialisation a apportée à de vastes groupes de population. Une prospérité à laquelle personne n’aurait osé rêver il y a quelques décennies. J’ai cinq enfants et j’espère avoir de nombreux petits-enfants. Je suis content que l’on puisse acheter des fruits et des légumes toute l’année, de ne pas avoir que de la bouillie d’avoine à partager avec eux. Et je trouve qu’il est bien également que le marché mondial nous fournisse tout un arsenal technique, qui nous paraît indispensable aujourd’hui. Afin que la situation demeure confortable jusqu’à ce que mes petitsenfants aient atteint l’âge adulte et qu’ils aient eux-mêmes des enfants à élever, il faudra bien qu’il y ait des changements. Les vérités élémentaires suivantes sont incontestables et bien connues: nous devrions cesser d’exploiter les ressources de la planète de façon aussi abusive, faute de quoi le système, c’est mathématique, finira par lâcher. Et avant tout, nous devrions permettre à la manne qu’engendrent les échanges de marchan-
dises à l’échelle mondiale de profiter, dans la mesure du possible, au plus grand nombre d’habitants de la planète, et non pas uniquement à nous autres privilégiés. Sinon les damnés de la Terre finiront par nous sauter à la gorge. Ne serait-ce que par perspicacité égoïste, nous devrions dès maintenant, de nous-mêmes, renoncer à profiter partiellement de ces flots de marchandises, avant de nous voir contraints de le faire. Avec notre richesse, nous devrions nous offrir davantage de qualité et moins de quantité. Mieux vaut manger de la viande de bœuf premier choix deux fois par semaine que du poulet de batterie tous les jours. Et puis, nous pourrions rester simplement assis parfois, au lieu de courir dans tous les sens. Nous pourrions recommencer à observer les cumulus poussés par le vent d’ouest, balayant le ciel au-dessus du Plateau, la colline derrière laquelle le soleil se lève selon la saison. Nous pourrions marcher jusqu’à la ferme et y acheter six œufs. Puis aller au bistrot. Nous pourrions y écouter six histoires. Et en raconter une. Nous aurions à nouveau le loisir d’acquérir des compétences qui nous mettent en joie, nous et d’autres aussi. Par exemple, en plantant des tomates derrière la maison ou en brassant de la bière. Ainsi pourrions-nous savoir intimement ce que signifie «être chez soi», «à la maison». Ce qu’est le Heimat. Soit bien autre chose qu’une frontière qui nous sépare de l’étranger. ●
«La qualité de service suisse me manque à Paris. Cette capacité à être attentif aux clients. Et puis, la nature du Valais, mon canton d’origine, me manque aussi.»
«Les Les seules choses qui me manquent sont le rôti du dimanche au pub et l’énergie de la scène musicale britannique.»
Jacqueline Sablayrolles-Pouget, conseillère en mode et bloggeuse, vit à Paris avec sa famille depuis plus de 25 ans.
L’Anglais Andy Brownrigg est arrivé en Suisse en 2010. Il tient l’auberge de montagne Pirigen à Langwies (GR) depuis trois ans.
© Jeune Garçon à la Poule (photographie sous plexiglas, 130 x 97 cm, 2010), iStockphoto
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CHEZ NOUS. Un petit goût de Suisse. Légumes cueillis au jardin ou viande de chez le paysan du coin, notre besoin de régionalité se reflète dans notre assiette.
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es analystes de tendances de l’Institut Gottlieb Duttweiler (GDI), situé à Rüschlikon, sur les rives du lac de Zurich, ont exploré nos futurs modes de consommation. Le trio d’experts, composé de Bettina Höchli, Mirjam Hauser et David Bosshart, résume ainsi le fruit de ses recherches: «Une vision globale, une action régionale et une vie locale». Comment cela se traduit-il en termes d’alimentation? Il y a un moyen simple d’agir localement qui consiste à privilégier les produits de la région. Et cela présente plusieurs avantages: les circuits courts préservent l’environnement, permettent d’acquérir des produits plus frais et de soutenir l’économie locale. «Consommer des produits locaux relève donc également du patriotisme de consommation», notent les analystes du GDI. Ce regain de patriotisme alimentaire a eu des retombées positives pour Migros: un programme régional lancé en
«Nous autres, Japonais, nous aimons les fleurs de cerisier. Quand je vois, dans mon quartier, que l’on coupe des branches de cerisier, cela me fait presque aussi mal que si l’on me coupait un bras.» Mamiko Burkhard vit à Greifensee depuis cinq ans.
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1999 par la coopérative lucernoise a pris aujourd’hui une ampleur nationale sous le label De la région. Entre-temps, plus de 8000 produits arborent le logo De la région, tandis que les programmes régionaux ont permis à Migros de réaliser un chiffre d’affaires de 827 millions de francs en 2013. Soit un bond de près de 5 % par rapport à l’année précédente. Les exigences de ces programmes sont élevées. Outre les produits estampillés De la région, le label Terra Suisse met aussi fortement l’accent sur la provenance régionale des produits, tout en incarnant une agriculture respectueuse de la nature et des animaux. Plus de 11 000 agriculteurs appliquent les directives de la production intégrée (IP), qui accordent une place importante à la biodiversité. Migros propose également le label Heidi, exclusivement décerné à des produits fabriqués en Suisse à partir de matières premières provenant de
«Nos amis hawaïens ainsi que la proximité de l’océan et de la forêt tropicale me manquent.» Bill Harby a quitté Hawaï pour Neuchâtel, la ville dont sa femme MarieFrance est originaire, en 2010.
régions de montagne. Quant au Tessin, il conduit son propre programme sous le label I Nostrani del Ticino. Le distributeur entend mettre davantage en avant sa «suissitude», des enquêtes ayant révélé que seul un tiers des clients savait que Migros fabriquait la plupart des produits qu’elle vend. Par exemple l’Ice Tea, une boisson qui totalise pourtant 130 000 fans sur Facebook. A l’avenir, les consommateurs se soucieront de plus en plus de savoir qui produit quoi. Selon les experts du GDI, le producteur doit répondre de ses produits et montrer aux clients de façon aisément compréhensible ce qu’ils sont en droit d’attendre. Or, plus il y a d’étapes de transformation entre la ferme et la table, plus la tâche est ardue. Migros est le seul détaillant au monde qui fabrique lui-même la plus grande partie de son assortiment, soit quelque 10 000 articles. Plus d’un quart de la
Dormir la fenêtre ouverte et sentir les différentes odeurs selon les saisons, c’est impossible pour moi ici, à Shanghai.» La Suissesse Linda Borer vit et travaille en Chine depuis deux ans.
© Le Gros Pain (photographie sous plexiglas, 130 x 97 cm, 2010), iStockphoto
Texte: Bernhard Raos
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Label De la région, quelles promesses?
Une ferme sur un toit à Bâle.
cesse de gagner du terrain. Les citadins sont de plus en plus nombreux à faire pousser des herbes aromatiques, des légumes et des petits fruits sur leurs balcons et rebords de fenêtres, voire dans leur appartement. Une ferme urbaine a ainsi vu le jour sur le toit d’un dépôt de locomotives à Bâle. Initialement prévue pour trois mois, cette entreprise entre dans sa deuxième année. Elle produit aujourd’hui cinq tonnes de légumes et 800 kg de poissons par an grâce à un cycle naturel des éléments nutritifs qui ne génère aucun déchet. L’eau du bassin où sont élevés les poissons circule en permanence dans les serres. Les déjections des poissons fertilisent les végétaux, qui purifient naturellement l’eau refoulée dans les bassins. Les produits sont vendus aux restaurants des environs et à la Migros du centre Dreispitz. Une collaboration entre producteurs urbains et détaillants porteuse d’avenir selon le GDI: «Le commerce se transforme en curateur créatif, tout en accroissant la transparence.» ●
Les produits labellisés De la région répondent à des exigences élevées: ● Les produits non composés (p. ex. lait, légumes, viande) doivent être issus à 100 % de la région de provenance définie pour la coopérative Migros concernée. ● Dans le cas de produits composés (p. ex. yogourts aux fruits, saucisses), les ingrédients agricoles, ou à défaut l’intégralité du composant principal et 75 % des autres ingrédients agricoles, doivent provenir de la région concernée. Si ces ingrédients ne sont pas disponibles en quantité suffisante ou dans une qualité conforme, des ingrédients d’autres régions de Suisse ou de l’étranger sont autorisés. ● La valeur ajoutée du produit doit être générée pour au moins deux tiers dans la région concernée. Toute étape de transformation effectuée hors région requiert l’autorisation préalable du détenteur régional indépendant de la marque. ● Les ingrédients agricoles doivent provenir à plus de 90 % d’exploitations qui remplissent au moins l’une des conditions suivantes: inscription au registre des prestations écologiques, respect de l’ordonnance Bio et/ou de l’Assurance Qualité Viande Suisse. Les organismes génétiquement modifiés et leurs produits dérivés ne sont pas autorisés.
«Chez moi, c’est là où se trouve ma famille et mes amis, mais également là où l’air est pur et où les sommets des montagnes sont enneigés. Là où il y a des bistrots typiques, avec une table pour les habitués et des tapis de jass. Et bien sûr, des yogourts moka à Migros. Quand j’ai des visiteurs de Suisse, je leur demande toujours de m’en apporter.»
«Je me souviens de ce soir d’été où je rentrais d’un week-end par la route qui longe la côte jusqu’à Séville. J’ai aperçu la Giralda illuminée au loin. Tout à coup, ça m’a fait tout drôle dans le ventre. J’avais déjà eu cette même sensation auparavant, lorsque je revenais à Lucerne après un long voyage et que je voyais le lac, les montagnes et la vieille ville. Ce soir-là, j’ai su que Séville était ma ville d’adoption.»
Thierry Juilland, 35 ans, vit et travaille à Dubaï depuis trois ans et demi.
Christoph Gyger, 36 ans, vit à Séville depuis cinq ans.
© Rafisee, iStockphoto
production agricole helvétique est ainsi transformé par les entreprises de l’industrie Migros. Employant plus de 11 000 collaborateurs, celles-ci ont généré un chiffre d’affaires de 5,8 milliards de francs en 2013. Soit une croissance de 6,3 %. Et chaque année, quelque 200 millions de francs sont investis dans de nouvelles installations et technologies. Une étude sur l’évolution de nos comportements alimentaires menée par KPMG et le GDI conclut que la tendance patriotique remet aussi les commerces de proximité au goût du jour. Les échanges sociaux favorisés par la vie de quartier et une mobilité toujours plus coûteuse confèrent un nouvel attrait aux petits commerces. Les grosses courses hebdomadaires et les plans de menus préétablis semblent par ailleurs en perte de vitesse, les consommateurs privilégiant désormais les achats spontanés. Migros a de tout temps adapté ses concepts de magasins aux besoins des clients. Ainsi, les grands centres Migros, faciles d’accès en transports en commun ou en voiture, proposent-ils l’assortiment complet, alors qu’une sélection de produits est offerte dans des points de vente plus modestes (Migros, M-Express, Migrolino et Voi) implantés dans les quartiers résidentiels et villages. Spécialisée dans les produits dits «convenience», M-Express est une nouvelle enseigne de la coopérative zurichoise. Mais, pour certains consommateurs, cela n’est pas suffisant. Pour preuve, la mode de l’agriculture urbaine qui ne
Š 2014 The Coca-Cola Company. Coca-Cola, the Contour Bottle and the Dynamic Ribbon Device are registered trademarks of The Coca-Cola Company.
Le bonheur de partager.
en bouteille de 1 litre
Mon pays
CHEZ NOUS. La biodiversité en Suisse. Quelques faits et chiffres éloquents. Recherche: Atlant Bieri Infographie: Martin Burgdorff
19
espèces de reptiles
20
d’amphibiens
73
64 000 espèces vivantes environ vivent en Suisse, selon les estimations des chercheurs. Mais seules 45 893 sont connues. Elles se répartissent ainsi:
199
d’oiseaux
8272
86
m de meas m i fè r
de poissons
de champignons et de lichens
5275
31 949
de plantes
d’invertébrés (insectes, araignées, vers, mollus ques et crustacés)
Une situation critique
Au cours des cent dernières années, la Suisse est devenue un habitat un peu trop hostile pour plusieurs espèces. Les experts ont recensé…
284
1053 espèces potentiellement menacées
1144 espèces en danger
22
Vivai Vivai6/12 6/14
1788 espèces vulnérables
255 espèces éteintes en Suisse
554 espèces au bord de l’extinction
types d’habitats ont été répertoriés en Suisse, du milieu aquatique calme à la hêtraie, en passant par le bas marais, le gazon et la prairie artificiels ainsi que la lande acidophile.
Cruel dilemme
Les oiseaux migrateurs sont déchirés entre leur désir de rester dans leur milieu, en Suisse, et celui de découvrir de lointains horizons.
Grand voyageur
Franchement casanier
Le martinet noir parcourt la plus longue distance, soit 8000 kilomètres au départ de la Suisse, pour gagner ses quartiers d’hiver dans le sud de l’Afrique.
De tous les oiseaux migra teurs, l’étourneau semble le plus attaché à son pays. Il quitte la Suisse en octobre ou en novembre seulement, pour y revenir souvent dès la mifévrier.
57, 2m
e st p lu l a h a Do s gra uteu r amuglasnd sa du R ig ( K pin i , S üs s de z ) nac ht
53
Le roselin cramoisi séjourne le moins longtemps en Suisse. Il met le cap sur l’Inde dès juillet et ne revient pas avant le mois de mai suivant.
,6
m e st l a p lu h a (fo s gra uteu r Emrêt dend ép du me D ic é nt a ü r s a l ) r ü ti , 37, 1m
Nouveaux venus
e st plu la ha ( Pl s gra uteu r giuaun dnd m du s a , e l élè GR a Ra ze ) b
De nombreuses espèces originaires d’Asie, d’Amérique et d’Afrique ont élu domicile en Suisse. A ce jour, on en a répertorié jusqu’à 800.
814
Les arbres les plus hauts de Suisse
34
Féru d’Asie
ans, tel est l’âge d’un mélèze de Prarion (VS). Il existait donc avant même que la Confédération helvétique ne voie le jour.
m
e st p lu l a h a ( M s hauuteu ar t t c r d ha l hê u en ne ,Z H)
la perdrix (2008)
De retour parmi nous
Des espèces qui avaient disparu de Suisse ont été réintroduites à grand frais. Par exemple:
le lynx (1971)
le castor (1965) le gypaète (1991) Vivai Vivai6/14 6/12
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Mon pays
CHEZ NOUS. Nous devrions consommer plus de produits du pays. De la région et de saison, ils sont bénéfiques pour la santé, l‚environnement et le porte-monnaie. Texte: Marianne Botta Diener
i
l n’est pas nécessaire d’acheter des mangues et des poivrons d’importation pour satisfaire ses besoins en vitamines en hiver. Après tout, nos grandsparents et arrière-grands-parents survivaient parfaitement à la saison froide, car ils savaient quels aliments locaux préservaient leur santé tout au long de l’année. Ils consommaient notamment du bircher à base de fruits de garde, de flocons d’avoine et de produits laitiers. Un mélange qui tient bien au corps. Ils augmentaient aussi l’assimilation des vitamines liposolubles en ajoutant aux carottes cuites une généreuse noisette de beurre. Aujourd’hui encore, les produits locaux frais ne présentent que des avantages. «Comme les substances bioactives ne se développent qu’en fin de maturation, les fruits et les légumes qui mûrissent naturellement contiennent davantage de vitamines», précise le nutritionniste David Fäh. Et puisque ces substances souvent protectrices pour les cellules comptent de nombreux arômes, les aliments mûrs sont aussi plus savoureux. Les légumes régionaux d’automne et d’hiver, la cheffe et auteure tessinoise Meret Bissegger en a fait son affaire. Elle vient de publier un livre sur ce sujet. Si les champs fournissent peu de salades et de légumes en hiver, hormis la doucette, le poireau, le chou frisé et le chou de Bruxelles, les légumes de garde nous offrent un bel éventail de produits du cru riches en vitamines et minéraux. Courges, pommes de terre, betteraves rouges, 24
Vivai 6/14
Du local qui nous fait du bien Alpes contient jusqu’à deux fois plus d’ALC que celui de basse altitude. Une vertu imputable à la plus grande diversité végétale dans les régions montagneuses. La betterave rouge
Elle est riche en vitamines et minéraux. Son pigment, la bétanine, aurait un effet préventif sur le cancer. Des études montrent que son jus contri bue à améliorer l’endurance et à diminuer la tension artérielle.
Les noix
Les noix contiennent des oméga 3 et des vitamines B, de la lécithine et du phosphore. Elles font baisser le taux de cholestérol et présentent des pro priétés antiinflammatoires.
Les pommes
Les substances présentes dans les pommes – notamment la quercétine antioxydante – calment les inflamma tions et neutralisent les radicaux libres. Ses pectines sont lypolipé miantes, c’estàdire qu’elles font baisser le taux de cholestérol. Dans l’intestin, les acides de fruit ralen tissent la prolifération des bactéries saprophytes tandis que l’acide tan nique a un effet antiinflammatoire.
La choucroute
Le fromage des Alpes
L’acide linoléique conjugué ou ALC semble inhiber le développement des cellules cancéreuses. Or, le lait des
Une portion fournit la moitié des besoins quotidiens en vitamine C pour seulement 30 calories. Elle est en outre riche en bactéries lactiques qui favorisent le transit intestinal.
© Jambon et Vin rouge (photographie sous plexiglas, 150 x 112 cm), iStockphoto
carottes, choux et céleris gardent leur fraîcheur jusqu’à l’arrivée des légumes de printemps. La choucroute aussi se conserve longtemps et aide à couvrir les besoins en vitamine C. Dès le retour des beaux jours, l’offre foisonne à nouveau. Salades, radis roses et colraves peuvent être cultivés sous tunnels et serres non chauffées et récoltés au printemps, bien avant les légumes de plein champ. Les herbes sauvages telles que l’ail des ours ou le pissenlit sont excellentes pour combler les besoins en minéraux et vitamines. «Beaucoup de personnes ne savent hélas plus cuisiner les légumes», regrette Meret Bissegger. Elle conseille de les travailler comme la viande, en les saisissant à feu vif pour qu’ils libèrent des arômes grillés voire caramélisés. De les essayer également déglacés au vin ou encore de les déguster crus ou mi-cuits. Et puis, une alimentation de saison aide à s’orienter au fil de l’année. La cueillette d’ail des ours se fait au printemps. Les premières fraises annoncent l’été. L’automne se profile avec les pommes et les poires. Les marrons, eux, marquent l’arrivée de l’hiver. Acheter des produits régionaux et de saison, c’est aussi protéger l’environnement. «Il faut renoncer aux fruits et légumes acheminés par avion. Les produits qui ne sont pas de saison subissent un transport très long ou sont cultivés sous des serres chauffées», souligne Corina Gyssler, chargée de communication du WWF Suisse. Mettre dans son panier un kilo d’asperges importées
«Le rituel du maté qui passait de main en main et que nous partagions en famille et entre amis me manque. Quand j’y pense, je ressens mon pays.» Mariana Patria a quitté Buenos Aires il y a deux ans pour rejoindre son ami à Lenzbourg.
de Californie en février, c’est acheter l’équivalent de 5 litres de pétrole. Tandis que des asperges suisses récoltées en mai ne nécessitent que 0,3 litre au kilo. La production sous serre chauffée nécessite près de dix fois plus d’énergie que la culture en plein champ. Et plus la distance entre le champ et le magasin est courte, moins il faut d’emballage. Sans compter le prix plus avantageux des produits de saison et une moindre dépendance de la Suisse vis-à-vis de l’étranger. Mais comment et où trouver des aliments régionaux de saison? Directement chez les paysans ou sur les marchés, par exemple. Un calendrier des saisons sur papier ou en appli pour mobile (p. ex. Guide WWF) peut être utile. Quant au label De la région, il désigne les produits
Migros produits localement et vendus dans leur région d’origine. Dans de nombreux cantons, l’appellation Les Délices de la Région distingue également des spécialités de qualité. Les acheter permet de soutenir l’agriculture locale. D’ailleurs, chaque région suisse a sa spécialité. La vallée de la Gürbe est le pays du chou suisse, le canton d’Argovie, celui des carottes, la Thurgovie est surnommée «l’Inde du moût» pour ses pommes, et les marrons viennent traditionnellement du Tessin. «Il serait bon que les gens redécouvrent leur région, résume Meret Bissegger, qu’ils réapprennent à identifier un céleri ou une betterave. Et qu’ils soient capables de voir lorsque les légumes sont arrivés à maturité. Ensuite, place au plaisir de cuisiner. ●
«Les brins de causette ne sont pas monnaie courante quand on fait ses courses ici. Pour moi, ils sont synonymes de joie de vivre. Et la bonne bière américaine fait aussi défaut.»
«Ce qui me manque le plus, ce sont les belles montagnes suisses, les lacs, les forêts et les balades à vélo. En Zambie, on ne se déplace qu’en voiture, car les routes sont trop dangereuses pour les cyclistes.»
L’Américain Stephen Ferrari vit depuis neuf ans à Meilen.
Erika Kradolfer vit en Afrique depuis trois ans. Elle y travaille pour Flying Mission Zambia. Vivai 6/14
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Réunies en grappe, les abeilles réussissent à résister à l’hiver. Et pourtant, seule la fine paroi en bois de la ruche les sépare de la neige.
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Vivai 6/14
Stratégie hivernale
L‚hiver à la ruche Survivre au froid exige des abeilles mellifères une incroyable dépense d’énergie et des trésors d’ingéniosité. Mais elles sont dans les starting-blocks dès que le printemps revient. Texte: Atlant Bieri
© National Geographic Creative, iStockphoto
d
urant les mois les plus froids de l’année, les abeilles mellifères sont privées de leur nourriture de base: le nectar. Leur vie ne s’arrête toutefois pas dès que baisse le mercure. Bien au contraire. Elles ont quantité de ressources qui permettent à l’ensemble de la colonie de passer l’hiver sans dommage. Ce faisant, elles réalisent une prouesse qu’aucune autre espèce d’insectes volants ne réussit à faire. «Le printemps venu, les abeilles sont donc les premières à butiner les fleurs, profitant d’une absence totale de concurrence», fait remarquer Jürgen Tautz, spécialiste des abeilles de l’université allemande de Würzburg. Par contre, les populations de bourdons périssent à Vivai 6/14
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Le respect d’abord. Le plaisir des papilles en plus.
Une partie de
Stratégie hivernale
© Shutterstock, iStockphoto
En faisant vibrer leurs muscles, les abeilles parviennent à faire grimper la température à l’intérieur de la ruche jusqu’à 30 °C.
l’automne. Seules survivent les jeunes reines, qui passent l’hiver dans un endroit protégé. A l’arrivée des beaux jours, elles partent de zéro pour constituer une colonie entière. Les abeilles n’ont pas à subir de telles tribulations, car elles engrangent laborieusement du nectar tout au long du printemps et de l’été, pour en faire du miel. Parce qu’il est composé de plus de 80 % de sucre, le miel est un formidable pourvoyeur d’énergie. Un gramme représente 3 kcal. Avant que ne survienne la mauvaise saison, une colonie d’abeilles peut stocker jusqu’à 10 kilos de miel dans ses rayons. Des réserves dont elle se nourrira jusqu’à l’éclosion des premières fleurs au printemps, qui leur offrent du nectar tout frais à butiner. Bien armées en toutes circonstances Le miel est un carburant problématique, car il durcit dès que la température au sein de la ruche n’excède pas quelques degrés
La santé des abeilles Migros s’en soucie aussi Le fonds de soutien Engagement Migros, dont la mission est de venir
en aide à des projets pionniers, notamment dans le domaine du développement durable, s’intéresse au sort des abeilles en Suisse. Il collabore avec l’Association des amis des abeilles de Suisse alémanique et rhéto-romanche (VDRB) à l’élaboration d’un cursus d’apprentissage d’apiculteur avec brevet fédéral, répondant ainsi à un besoin urgent de la profession. Le fonds de soutien du groupe Migros permet aussi la mise en œuvre d’un projet de documentation qui a pour but de compiler les connaissances pratiques ayant trait à la santé des abeilles et de les rendre accessibles à toutes les personnes susceptibles d’influencer leur habitat. Plus d’infos sur: www.engagement-migros.ch
au-dessus de zéro. Etant dotées d’une langue mais dépourvues de dents, les abeilles ne peuvent alors plus le consommer. Elles ne sont pas pour autant prises au dépourvu. «Elles chauffent la ruche régulièrement», précise Jürgen Tautz. Pour cela, elles font frémir les muscles de leurs ailes. Et afin de ne pas s’envoler, elles déconnectent la musculature des ailes elles-mêmes. Un peu comme une voiture qui accélère au point mort. Elles font ça une demi-heure. Après, elles n’en peuvent plus. Chacune d’elles a dépensé 0,03 kcal en faisant office de chauffage. Si l’on fait le calcul, cela fait environ 600 kcal pour 20 000 abeilles. Soit à peu près le nombre de calories que brûle une personne en joggant une heure. Comme courir, faire vibrer ses muscles, ça réchauffe. Le corps des abeilles devient brûlant au-delà de 40 °C. La température au sein de la colonie monte toutefois à 30 °C. Le miel se liquéfie alors, et les abeilles trempent leur langue dans Vivai 6/14
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Quelle
taille fait votre
empreinte écologique? Découvrez-le sur wwf.ch/footprint Scannez le code QR et installez gratuitement l’application Guide du WWF.
Stratégie hivernale
© animal.press, iStockphoto
Pour lutter contre le froid, les abeilles sucent leur réserve de miel qu’elles transforment en chaleur.
le jus sucré, qu’elles absorbent sans modération. Le miel contient suffisamment d’humidité pour également hydrater les abeilles. Grâce au miel, les abeilles sont des insectes à sang chaud, que les températures les plus basses n’effraient pas. Lorsque des dizaines de milliers d’individus se retrouvent rassemblés en grappe, il se pose forcément un problème d’hygiène. Pas chez les abeilles. «Elles ne vont pas aux toilettes pendant plusieurs mois en hiver. Comme ça, le nid reste propre», explique Jürgen Tautz. La température pouvant parfois être assez élevée au sein de la colonie, le développement de maladies bactériennes est favorisé. Agissant de façon prophylactique, les abeilles tapissent la ruche d’un film antibiotique. Appelé «propolis» dans le jargon des apiculteurs, ce film est composé de plusieurs résines végétales qui éliminent même les champignons et les virus. Mais cela ne suffit pas. Les abeilles doivent adapter leur corps afin qu’il
Fenêtre sur ruche Les abeilles en live Pour voir, en direct, ce qui se passe à l’intérieur d’une ruche, rendez-vous sur: www.hobos.de. Grâce à des caméras endoscopiques et à des microphones, on peut suivre au plus près l’activité au milieu des rayons à miel, en hiver aussi.
résiste le mieux possible aux microbes. C’est pourquoi leur système immunitaire se renforce durant la mauvaise saison. Leur sang est ainsi conditionné pour lutter contre les éventuelles maladies. Réglées comme du papier à musique L’oubli menace également la colonie qui reste regroupée en grappe durant de longs
mois. L’été, les abeilles qui prennent de l’âge ont de plus en plus de mal à se souvenir des endroits où se trouvent les prairies couvertes de fleurs riches en nectar. Les abeilles d’hiver par contre sont immunisées contre la dégradation de leurs capacités intellectuelles. Elles conservent en mémoire la situation des endroits fleuris jusqu’au printemps. Afin de garder ces précieuses connaissances, les abeilles d’hiver vivent jusqu’à neuf mois, contre six semaines pour les abeilles estivales. Cet allongement de la durée de vie est également nécessaire, car la reine ne pond pas lorsqu’il neige ou qu’il gèle. Les températures trop basses seraient fatales à sa progéniture. Elle se remet à pondre quand le temps est opportun, au mois de février. «C’est le lancement de la saison, en début d’année», précise Jürgen Tautz. Les nouvelles ouvrières sortent de l’œuf juste à l’arrivée du printemps. A ce moment-là, un seul mot d’ordre: «Sus aux calices!» ● Vivai 6/14
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L’analyse du psy
Plaisir et santé Chocolat et lardons d’un côté, Blévita et séré maigre de l’autre… Notre psychologue de la nutrition penche pour un couple, mais semble moins catégorique que lors de précédentes analyses. Et vous, qu’en pensez-vous? Photos: Nik Hunger
a
près une pause estivale créative et fort des enseignements tirés de l’analyse de mes achats par ma collègue nutritionniste, je me penche avec curiosité sur le contenu de ce nouveau caddie. Un vaste choix de produits alimentaires s’étale sous mes yeux. Je note la prédominance des labels bio. En y regardant de plus près, j’aperçois toutefois un brie M-Budget, une tarte flambée Anna’s Best et des lardons Terra 34
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Suisse. Bien qu’aucun article ne semble avoir atterri par hasard sur le tapis de caisse, ces achats ne se laissent pas réduire aux seuls critères goût et santé. Il existe entre les deux une multitude de nuances et contrepoints qui, je l’espère, me conduiront à la solution. Ce caddie me semble de prime abord bien équilibré, les proportions de la pyramide alimentaire étant même fort bien respectées, à l’exception des légumes,
dont l’absence est toutefois compensée en partie par les fruits exotiques. On peut évidemment se demander pourquoi notre acheteur mystère a privilégié ces derniers au détriment des pommes et poires des vergers suisses, mais peut-être en avait-il encore en réserve, voire dans son jardin? Et qui sait si cette personne ne dispose pas aussi d’un potager? Quoi qu’il en soit, les produits bio attestent de la volonté de privilégier une alimentation saine et
Un couple? Une coloc’ peut-être? Seule certitude: ces achats ont été faits à Bremgarten (AG).
respectueuse de l’environnement. Comme le chocolat et les glaces témoignent d’une légère propension à la gourmandise. Certes, j’ignore quelle est la demi-vie du chocolat (le temps nécessaire pour que la concentration dans l’organisme diminue de moitié), mais les miniglaces me permettent en revanche de déduire que leur acheteur semble partisan de la consommation avec modération. L’emballage de la viande me prive de tout indice sur la quantité et la nature du contenu. Dommage, car il s’agit en général d’un produit qui me fournit des indications assez précises sur la composition d’un foyer. Je cherche une autre piste, que me livre la tarte flambée. Avec la salade, elle constitue un repas vite préparé et suffisant pour deux personnes. Ce qui n’exclut pas les menus plus élaborés, comme un rôti accompagné de pâtes au blé complet et d’une sauce forestière.
„Cinq tablettes de
chocolat? J’ignore toutefois quelle est la demi-vie du chocolat.
„
Le psychologue de la nutrition Le Dr Robert Sempach est responsable du projet Santé pour le Pour-cent culturel Migros. Son projet Tavolata a pour but de réunir des personnes âgées autour d’une table. Infos sur: www.tavolata.net.
Ne trouvant aucun élément solide réfutant mon hypothèse d’un ménage de deux personnes, je vais m’intéresser aux préférences culinaires des consommateurs potentiels. L’un semble ainsi aimer le lait entier et l’autre, le lait écrémé. Ou s’agit-il de produits destinés à des usages distincts? Je me demande aussi si le séré maigre, les Blévita et les fruits sont destinés à la même personne, tandis que l’autre apprécie les lardons et avale volontiers une grosse part de tarte flambée. Si tel était le cas, ces achats pourraient être ceux d’un couple actif, ou alors d’hommes en colocation soucieux de s’alimenter sainement. Je mise sur des personnes sportives, âgées entre 25 et 35 ans, exerçant des professions exigeantes. Qui peut-être s’amuseront des errements de mon analyse à l’occasion d’un bon repas! Qui se cache derrière ce caddie? Vivai 6/14
35
La solution
Rien à voir avec une colocation masculine. Ces achats ont été réalisés par Yvonne Jaggy, 30 ans, enseignante à temps partiel. La jeune femme vit en Argovie avec son mari Marcel, 34 ans, développeur de logiciels, et leur fille Lisa, 14 mois.
36
Vivai 6/14
l
e fait que Monsieur Sempach ait misé sur une colocation ou un couple plutôt que sur une famille est compréhensible. En effet, nous n’achetons pratiquement aucun aliment pour bébé, car Lisa mange la même chose que nous. Nous sommes tous trois de vrais carnivores. L’emballage de viande dissimulait des cordons bleus qui auraient peut-être pu fournir un indice sur la présence d’un enfant dans notre ménage. Pour le reste, Monsieur Sempach a bien analysé nos habitudes alimentaires. Depuis la naissance de notre fille, je n’ai plus beaucoup de temps à consacrer au sport et je dois surveiller un peu ma ligne. Les fruits et les Blévita étaient donc pour moi, ainsi que le séré maigre que j’étale le matin sur mes tartines avec de la confiture pour remplacer le beurre. Marcel, lui, ne se soucie pas des calories. La tarte flambée et les cinq tablettes de chocolat, englouties en général en l’espace de deux semaines, sont pour lui. Sans doute étaitil préférable que Monsieur Sempach ignore ce détail qui aurait pu l’induire à miser sur une famille nombreuse. Le plaisir constitue certainement un aspect essentiel de notre alimentation. Par souci de l’environnement, nous privilégions les produits biologiques ou de saison issus de la région. Mais le plaisir gustatif n’est jamais en reste, raison pour laquelle j’ai également acheté des lardons, du brie et des glaces. Quant à l’absence de fruits ou de légumes suisses, la raison en est simple. Nous nous fournissons en pommes, poires, carottes, pommes de terre et œufs dans une ferme proche de chez nous. Si mes achats font la part belle au bio, j’attache pourtant davantage d’importance à la provenance locale des produits. Entre une salade non bio cultivée par un producteur local et une salade bio importée d’Espagne, je choisis la première sans hésiter. ● Propos recueillis par Lukas Hadorn
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Le cottage cheese M-Classic
Le fromage des chaumières S’il a vu le jour dans la campagne anglaise, le cottage cheese a su conquérir le monde entier. Parmi ses adeptes, il n’y a pas uniquement des personnes des plus avenantes. Texte: Lukas Hadorn Photos: Yves Roth
v
ous avez sûrement déjà rencontré ce genre de femmes qui, un sac à main riquiqui coincé au creux du bras, tiennent négligemment leur portable. Leurs énormes lunettes leur font des yeux de mouche. Elles s’habillent en taille 34 et sont en permanence préoccupées par leur apparence, même à 7 heures du matin, à l’arrêt de tram d’une banlieue sans charme, devant une douzaine de spectateurs moyennement intéressés. En suisse allemand, nous appelons ces femmes des Hüttenkäsefrauen, des «femmes cottage cheese». Qu’elles exhibent un sac Michael Kors ou Fendi, un téléphone Samsung ou Apple, elles ont en commun d’attraper systématiquement un pot de fromage frais grumeleux en faisant leurs achats quotidiens. Ou c’est ce que l’on imagine. Ces délicates créatures pourraient également être appelées «femmes galettes de riz» ou «femmes tomates cerise». Mais non, cela ne se fait pas. Aucun stigmate n’adhère aussi bien aux bassins étroits que celui du cottage cheese, cette masse consommable pauvre en calories, au goût neutre, pour petits popotins et grands rêves. La logique est simple: on n’en achète que lorsque l’on veut perdre du poids ou éviter de grossir. Pour quelle autre raison sinon? Je vous l’avoue et fais ici mon outing en tant qu’«homme cottage cheese». Même si je m’expose à être suspecté appartenir à la catégorie de ceux qui se rasent la poitrine, boivent leur bière dans un verre ou mangent seulement les légumes. Soit à ne pas être un vrai mâle. A être le genre d’homme à boire sa tasse de maté 38
Vivai 6/14
Un aliment polyvalent Bon à toutes les sauces Non seulement le cottage cheese est un fournisseur de protéines et de calcium facile à digérer et bénéfique pour la santé, mais c’est aussi un multitalent. Quelques idées pour l’accommoder: Le matin
Une pomme râpée, un peu de miel et une pincée de cannelle mélangés avec du cottage cheese constituent un petit-déjeuner rassasiant et vite préparé. A midi
En salade: mélanger du maïs, des haricots rouges, du thon et du cottage cheese avec de la roquette. Un plat vite fait et énergisant. En en-cas
Avec des bâtonnets de carotte ou des rondelles de concombre, que l’on plonge dans le pot de cottage cheese. Parfait pour combler un petit creux au bureau. Le soir
Le cottage cheese accompagne avantageusement la viande séchée salée ou le poisson fumé. Un peu de salade verte avec ça, et l’on a un repas du soir léger et riche en protéines.
le soir en lisant un roman de Rosamunde Pilcher, recroquevillé sur le canapé. Encore pire: on pourrait me prendre pour un défenseur de ces fêlés qui avouent ouvertement consommer du cottage cheese. Comme Tim Wiese, gardien de but d’une équipe de foot allemande qui pesait, il y a peu, 86 kilos. Après une fin de carrière abrupte, il avait disparu quelques mois dans un «club à faire du muscle». Quand il en est ressorti, il faisait 122 kilos. Il est allé confier son secret à un journal à sensations: il s’était nourri de cottage cheese avec du Tabasco. Ou le président russe Vladimir Poutine qui dormirait jusqu’à 11h, avant de prendre un petit-déjeuner composé d’une omelette au cottage cheese. Sans oublier le pape français du régime, Pierre Dukan. Par quoi compense-t-il les indésirables glucides? Je vous laisse deviner… Par du cottage cheese, exactement! Quoi qu’il en soit, j’aime le cottage cheese. J’aime sa nature tranquille, sa servilité. Où qu’on le rencontre – dans la salade, avec de la viande ou du poisson –, il ne cherche jamais à occuper le devant de la scène. Il apporte de la substance, mais de façon subtile, avec légèreté et une touche de fraîcheur acidulée. S’il était un vêtement, il serait un gilet gris. S’il était un artiste de variété, ce serait Elvis Costello; un pays, la Suisse. Ce qu’il ne serait pas? Un ex-gardien de but aux allures de prolo. Ou un chef d’Etat prompt à dégainer. Soit dit en passant, le cottage cheese contredit ainsi également la thèse selon laquelle «on est ce que l’on mange». Il est vraiment doué pour tout. ●
”Si c’était un pays, ce serait la Suisse pour sa neutralité. „
Good fast-food Ne pas avoir le temps de cuisiner n’est pas une excuse pour mal manger. Il suffit, par exemple, de suivre les conseils de notre experte en nutrition. Texte: Marianne Botta Diener Illustrations: Grobi White
Planifiez vos menus Une fois par semaine, prenez le temps d’élaborer des menus. Vous économiserez du temps et de l’argent. Vous éviterez les fringales devant un réfrigérateur vide et les poubelles pleines de denrées périmées par manque d’organisation. Notez ce qu’il faut acheter, mais aussi ce que vous avez en réserve. Conservez le pain en tranches au congélateur, ainsi que des portions de beurre et du fromage râpé. Faites preuve de créativité pour revaloriser les restes. Faites sauter les pommes de terre en robe des champs de la veille et préparez une délicieuse salade avec vos restes de pâtes. Déléguez les courses Moins vous êtes nombreux pour faire les courses, plus vite vous serez de retour. Dressez une liste, sur votre portable si vous préférez. Ou mieux: achetez en quel ques clics sur LeShop. La ponctualité est garantie, et il n’y a pas de sacs à porter. Jouez du mixeur Les smoothies verts sont tendance – et sont prêts en dix minutes. Il suffit d’un mixeur, de salade, de légumes et de fruits. 40
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Optez pour un mélange mifruits/ milégumes, par exemple des bananes et des framboises surgelées avec de l’avocat, des épinards en branches ou des feuilles de salade en sachet. Réduisez le tout en morceaux et versez dans le mixeur avec 2 dl d’eau. Commencez lentement puis terminez à pleine vitesse. Diluez avec de l’eau jusqu’à obtention d’une consistance agréable en bouche. Servez bien frais. Les fraises ou les bananes mixées avec du yogourt ou du babeurre sont tout aussi délicieuses. Vous surprendrez vos invités en proposant des smoothies à l’apéritif. Pensez aux spécialités asiatiques Les plats asiatiques, à l’emporter aussi, sont en principe plutôt sains. Notamment le curry ou les nouilles soba à base de sarrasin. Bonne source de magnésium, le sarrasin est constitué de 25 % de pro téines et augmente peu le taux de glycé mie. Les sushis sont une bonne option quand on manque de temps pour cuisiner. Ayez toujours des œufs en réserve A la coque, au plat, en omelette ou brouil lés, il n’y a rien de plus rapide et de plus
simple à cuisiner que les œufs. Servezles avec du pain de seigle au levain et une salade. De tous les aliments, l’œuf est celui qui présente la meilleure composi tion en acides aminés; il couvre ainsi les besoins en protéines de façon optimale. Oubliez la légende du mauvais cholesté rol dans les œufs! Ce lipide présent dans la nourriture influence bien moins notre hémogramme que nous ne le pensions. Improvisez un minestrone Pratiques, les légumes surgelés sont prêts en un rien de temps. Récoltés à maturité, ils sont immédiatement congelés. (C’est le cas des mélanges Farmer’s Best de Migros). Ils conservent ainsi leur couleur appétissante, leurs arômes caractéristi ques et leurs précieuses vitamines. Faites bouillir de l’eau, ajoutez un peu de bouil lon en cube ou en pâte, puis les légumes. Faitesles cuire jusqu’à tendreté. Accom pagnez de pain et de fromage. Ouvrez des boîtes Les salades de thon, de lentilles ou de pois chiches sont très rapides à préparer grâce aux produits en conserve. La mauvaise
Cuisine rapide
réputation des légumes, fruits et poissons en boîte est exagérée. Sans conservateurs, les conserves doivent leur longévité au seul fait d’avoir été chauffées. La stérilisation détruit certes une partie des vitamines, mais préserve de nombreuses autres substances. Aucune dégradation des vitamines n’étant à déplorer au fil des années, les conserves se prêtent idéalement au stockage. Haricots et pois chiches s’accommodent de multiples façons. Quant à la choucroute en boîte, c’est une excellente pourvoyeuse de vitamine C. Confectionnez une assiette fitness Si vous ne suivez pas de régime végétarien, vous pouvez stocker des émincés de poulet, des crevettes et des filets de poisson dans votre congélateur. Il vous suffira de les décongeler et de les saisir brièvement le moment venu. Si, au contraire, vous ne mangez pas de viande, vous pouvez satisfaire vos besoins en protéines avec un œuf dur, des pois chiches ou des lentilles en conserve, de la feta ou de la mozzarella. Essayez les dés de tofu, préalablement marinés à la sauce soja, dorés à la poêle. C’est délicieux. De la
salade en sachet en accompagnement, et le tour est joué! Le chou chinois, l’endive et la chicorée pain de sucre sont particulièrement rapides à préparer. Pour ce qui est de la vinaigrette, si vous l’achetez toute prête, préférez une sauce à base d’huile d’olive ou de colza. Et notez qu’une préparation maison se conserve une semaine au réfrigérateur. Quant aux herbes et à l’oignon, ajoutez-les juste avant de servir. Parsemez aussi votre salade de graines riches en minéraux. Au choix: graines de tournesol, de courge, de chia, de pavot, de sésame ou de lin. Surgelez vos plats cuisinés maison Vous aimez cuisiner mais n’en avez le temps que le week-end? Nombre de plats se conservent bien au congélateur. Préparez deux à quatre fois la quantité, conditionnez vos plats en portions et mettez-les au congélateur, où ils pourront être stockés environ trois mois. Idéal pour les sauces tomate et bolognaise, les lasagnes, les plats de viande hachée, la purée, les quiches et les tartes, les nouilles sautées et autres spécialités asiatiques, les spätzli, les soupes et gratins.
Préparez le petit-déjeuner la veille Et profitez-en pour dormir un quart d’heure de plus. Mettez le bol de bircher sur la table la veille au soir ou laissez les flocons ramollir dans le lait une nuit au réfrigérateur. Accompagnez d’un fruit frais. Un petit pain de seigle complet avec du fromage constitue aussi un bon petitdéjeuner express, car il n’augmente que lentement le taux de glycémie et rassasie durablement. Laissez mijoter Certains plats cuisent (presque) tout seuls et sont encore meilleurs réchauffés. Pendant que vous faites le ménage, lisez le courrier ou un livre, des plats tels que le goulache, la sauce bolognaise ou le sugo, la carbonade, le ragoût de bœuf, les plats en cocotte ou les rôtis de bœuf ou de porc cuisent sans surveillance. Veillez juste à ce qu’il y ait assez de liquide et baissez à petit feu dès que la préparation commence à bouillir. La cuisson est parfaite quand la viande se détache à la fourchette. Pensez également à utiliser un autocuiseur, qui permet de raccourcir le temps de cuisson. l Vivai 6/14
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Sain et léger
Chou blanc
Légume roi de l’hiver, car pauvre en calories, il regorge de vitamines, de minéraux et de substances végétales secondaires protectrices des cellules. Carotte
Bonne pour les yeux et, grâce au bêta-carotène, pour la peau, elle se conserve bien et on en trouve toute l’année. Yogourt nature
Très digeste, il est riche en calcium et en protéines et bon pour la ligne.
L‚ hiver à la légère Le coleslaw ne doit pas baigner dans la mayonnaise, comme c’est souvent le cas outre-Atlantique. Voici une version light et saine de ce classique.
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ites-moi, je vous prie, ce que le coleslaw a de «léger» et de «bon pour la santé»? Bonne question. Merci de l’avoir posée. Il est un fait que, pour la majorité d’entre nous, le coleslaw est une garniture que l’on trouve surtout dans les pays anglo-saxons et, la plupart du temps, assaisonnée de mayonnaise ou de crème avec de l’œuf. Quelle ironie. Soit, il se présente sous une forme vaguement évocatrice d’un aliment sain, servant ainsi d’alibi au poulet frit, aux hamburgers ou aux hot dogs. En Suède, le coleslaw prend même le nom de la spécialité de fast-food qu’il accompagne généralement: Pizzasallad. Il n’est pourtant pas compliqué de préparer un plat 42
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Photo: Pia Grimbühler
d’hiver léger et vite fait avec les ingrédients de base de cette bouillie au chou calorique. Il faut commencer par remplacer la mayonnaise par du yogourt nature, puis ajouter une pomme râpée et des herbes aromatiques fraîches. Par exemple de l’aneth, lorsque ce coleslaw en version light accompagne du poisson fumé ou doré à la poêle. Bien entendu, il se marie aussi avantageusement avec une saucisse de porc, des chicken nuggets ou du poisson pané. (Mais ces conseils ne viennent pas de nous, ok?) Ingrédients et préparation (4 pers.)
500 g de chou blanc, 2 cc de sel, 400 g de carottes, 1 pomme, 2 cs d’huile citronnée,
3 cs de vinaigre balsamique blanc, 180 g de yogourt nature, 1 cs de miel liquide, ½ bouquet d’herbes aromatiques, p. ex. persil plat ou aneth, du poivre du moulin. Couper le chou en quatre. Oter le trognon. Détailler le chou en fines lanières. Puis, ajouter le sel et bien mélanger à la main. Laisser reposer env. 10 min. Avec une râpe à röstis, y râper les carottes et la pomme lavée mais non pelée. Pour la sauce: mélanger l’huile, le vinaigre, le yogourt et le miel. Hacher les herbes et les ajouter. Poivrer. Mélanger la sauce avec la salade et servir. Préparation: env. 25 min. Par personne, env. 7 g de lipides, 4 g de protéines et 21 g de glucides (170 kcal). ●
© iStockphoto (montage photo: Vivai)
Texte: Lukas Hadorn Recette: Daniel Tinembart
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Le minitrampoline
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l t r ? o ê s e d c r à é l P Destination la forme
Le saut au trampoline – pardon, le «rebounding» – est davantage qu’une activité ludique pour adultes immatures. On peut entraîner tout le corps en rebondissant chez soi sur un minitrampoline. Texte: Petra Koci
© GettyImages
s
i, à l’école, nous parlions de trampo line, certains studios de fitness ont aujourd’hui adopté le terme anglais rebounder. Même l’équipe nationale de football allemande pratique de temps à autre cette discipline de haut vol pour cultiver sa forme olympique. Affirmer que cet entraînement leur a permis de rempor ter la Coupe du Monde 2014 serait sans doute excessif, mais qui sait s’il n’y a pas contribué? Quoi qu’il en soit, experts et novices s’accordent pour louer les effets bienfaisants que procurent les rebonds sur la surface élastique! «Le trampoline me fait du bien. Il est merveilleux en particulier pour mon dos, mes bras et mes jambes. J’ai aussi l’im pression que ma silhouette s’est remode lée», témoigne Nicole Thalmann. Cette responsable médias s’entraîne souvent dans son séjour: «Mon entraînement se limite parfois à cinq minutes le matin ou dix minutes le soir. Et une à deux fois par semaine, j’ajoute une heure de cours en ligne, qui me fait suer à grosses gouttes!» Christoph Engel s’entraîne quant à lui tous les jours depuis maintenant quatre ans. Il en ressent les impacts posi tifs tant au niveau cardiovasculaire que musculaire. «Le trampoline m’a aussi
permis d’améliorer notablement mon équilibre», estime ce physiothérapeute. «Il est vrai que l’équilibre, la coor dination et la stabilité jouent un rôle prépondérant», confirme Tanja Hetling, médecin à la Haute école fédérale de sport de Macolin. «Les sauts coordonnés contribuent au renforcement musculaire, tandis que des exercices intensifs per mettent de travailler l’endurance. Le trampoline assure ainsi un entraînement complet du corps, tout en ménageant les articulations». Les effets du trampoline reposent sur l’alternance du relâchement de l’ensemble de la structure cellulaire du corps lors des phases aériennes et de la tension des mus cles lors des phases de contact avec la toile de saut. La vitesse du corps augmen tant à la descente, le poids d’un trampoli niste a plus que doublé à l’atterrissage, et cette force de gravité agit sur tout le corps. Toutes les cellules nerveuses et musculaires sont mobilisées au freinage pour stabiliser le corps. L’intensité de l’entraînement repose donc surtout sur cette phase de ralentissement, qui im plique un effort comparable à celui four ni lors de la descente d’une pente raide en montagne. Pour permettre au corps de
rebondir sur la toile de saut, l’ensemble de sa musculature doit se contracter pour vaincre la force de gravité. Celleci s’an nule lors de la phase ascensionnelle, le corps devient léger et semble comme en apesanteur, tandis que toutes ses cellules se relâchent. Exit les ressorts métalliques «L’apesanteur et la force de gravité en traînent tout le corps. Aucune cellule ne peut se soustraire à ces changements rythmiques, les forces agissent sur les muscles, les os, les tissus conjonctifs et les organes internes», souligne Tanja Hetling. Le trampoline a été développé en 1936 par le gymnaste américain George Nissen et doit son nom au vocable espa gnol qui signifie «tremplin» dans la langue de Cervantès. Les modèles utili sés dans les clubs de fitness ont pris par la suite le nom de minitrampolines ou de rebounders. Sur les appareils de la nou velle génération, des anneaux élastiques remplacent les ressorts métalliques. Ils absorbent les chocs et permettent de rebondir beaucoup plus doucement que sur un trampoline classique. «Les mo dèles à anneaux en caoutchouc offrent une élasticité bien supérieure, et la dis Vivai 6/14
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Le minitrampoline
tance de freinage est beaucoup plus longue. Lorsque l’on s’enfonce dans le tapis de saut, la tension et les forces augmentent progressivement. Le corps a ainsi le temps de s’adapter», relève le physiothérapeute Christoph Engel. Il est aussi possible de moduler la tension des élastiques en fonction de son poids et de l’intensité de l’entraînement désirée. Plus efficace que le jogging
Dès 1980, la NASA s’était déjà penchée sur les effets bénéfiques du trampoline. Son étude a ainsi révélé que sa pratique permettait d’obtenir de meilleurs résultats que la course en termes d’amélioration de l’endurance et de renforcement musculaire en brûlant 68 % de calories en plus. En d’autres termes, dix minutes de rebonds sur un trampoline apportent le même bénéfice que 30 minutes de course à pied. A condition, bien sûr, de s’astreindre à un minimum d’efforts en sautant, courant, voire en pimentant l’exercice avec des haltères. «L’efficacité tend toutefois à diminuer chez les personnes très entraînées», précise la spécialiste de la médecine du sport. Elle confirme néanmoins les bienfaits du
”Après dix minutes, je suis d ‚ humeur joyeuse. „
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trampoline pour la santé: «Les contractions rythmiques améliorent l’irrigation des organes internes comme le cœur et stimulent le métabolisme – celui des os également. A l’instar des sports à faible impact, le trampoline contribue à prévenir l’ostéoporose. Enfin, en stimulant le drainage lymphatique, il favorise l’élimination des toxines.» Et si, comme toute activité physique, le trampoline améliore la concentration et aide à évacuer le stress, il procure en plus des sensations uniques: «L’envol dans les airs, l’impression durant un dixième de seconde de se trouver en apesanteur, procurent un sentiment merveilleux. Après une journée de travail, un simple entraînement de dix minutes me permet de me libérer de mes tensions, de faire le vide dans mon esprit et de retrouver une humeur joyeuse!», témoigne Nicole Thalmann avec enthousiasme.l
Le bon équipement Les deux types de trampolines 1. Les trampolines classiques à ressorts métalliques conviennent aux personnes qui n’ont pas de problèmes de dos, de nuque ou d’articulations et qui, en sautant, courant ou pratiquant des exercices d’aérobic, souhaitent effectuer un travail cardiovasculaire. 2. Les modèles à anneaux élastiques permettent une oscillation en douceur et absorbent mieux les chocs. S’ils s’avèrent donc particulièrement indi-
qués pour les débutants et les seniors, ils se prêtent néanmoins tout aussi bien aux entraînements intensifs. La règle à retenir: plus le poids du corps est important, plus la toile de saut doit être élastique. Le physiothérapeute Christoph Engel conseille aux novices de commencer par dix minutes d’entraînement doux par jour et d’attendre que le corps ait trouvé son équilibre pour allonger la durée des séances et augmenter les efforts.
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Vieillir en beauté
Capital jeunesse
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roncer les sourcils devant un concept aussi controversé que l‚anti-âge ne sert à rien. Vous n‚en récolterez que des rides. Adoptez plutôt la zen
attitude et considérez le vieillissement comme un
processus évolutif – comme une vague que l‚on chevauche sans se laisser engloutir. Car l‚on n‚est pas sans armes face aux années qui passent. Une étude de l‚Université de Cleveland menée avec des jumeaux monozygotes le démontre : fumer, trop de soleil et de stress émotionnel accélèrent le processus de vieillissement de manière visible. Investissez plutôt dans de bonnes relations, allongez-vous à l‚ombre et sirotez un lait de noix de coco au lieu d‚allumer une cigarette. Et si cela ne suffit pas, l‚industrie de l‚antiâge déploie un bel éventail de réponses pour préserver la jeunesse de la peau. Voici quatre piliers permettant Texte: Gisela Femppel et Susanna Heim
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de mieux contrer l‚emprise du temps.
Pour être belle, la peau a besoin de soins et de protection. C’est la que les crèmes interviennent. L’éclat vient aussi avec l’expérience.
Tête haute, poitrine bombée! La bonne attitude, dans tous les sens du terme, vaut tous les wellness du monde.
Hé, oui... la graisse s’installe plus vite avec l’âge. Rentrer le ventre n’est pas la solution, mais le sport, oui!
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1. Alimentation: trouver le bon équilibre
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a modération est le principe fondamental d’une alimentation saine quel que soit notre âge. A la clé: le bien-être. Inutile de s’imposer des interdits alimentaires, il s’agit bien plus de choisir consciemment ce que l’on mange et de se faire plaisir. Même en grignotant des chips, si celles-ci sont bien entendu l’exception et non la règle. Sur la liste des aliments à consommer avec modération figurent les denrées riches en acides gras insaturés (mets frits, soupes instantanées, fast food, margarine, etc.) ainsi que celles révélant une forte teneur en glucides comme les produits à base de farine blanche ou contenant du sucre. En bref: pâtisseries, friandises et pain blanc ne vont pas uniquement se loger sur les hanches, mais aussi stimuler la formation de rides.
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ous les enfants le savent, les fruits et les légumes sont bons pour la santé. Ce n’est que plus tard que l’on associe l’alimentation à la beauté. Si la quantité et le choix des denrées sont en cela significatifs, la composition et la qualité des repas jouent un rôle prépondérant. Il convient de maintenir un rapport équilibré entre macronutriments (glucides, protéines, lipides) et micronutriments (vitamines, sels minéraux et 50
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oligoéléments). Que cela signifie-t-il concrètement? Selon le nutritionniste David Fäh, manger «méditerranéen», c’est mettre la composition idéale d’aliments au menu: fruits, légumes, poisson, huile d’olive, noix, davantage de graisses végétales qu’animales, et aussi des produits laitiers, tels que des yogourts ou du fromage, et de la viande, de préférence en qualité bio car sa composition en acides gras est meilleure. Une huile riche en oméga 3 (p. ex. huile de lin ou d’olive) devrait se trouver dans chaque cuisine. Une alternative: consommer du saumon, de la truite ou du maquereau.
l
es substances bioactives sont de véritables bienfaiteurs pour la peau et les tissus. Ces substances végétales secondaires sont présentes entre autres dans les fruits, les légumes, les pommes de terre, les noix et les produits complets. Le tissu conjonctif, les cheveux et les ongles ont besoin de calcium et de protéines. Boire beaucoup d’eau, le secret d’une jolie peau? Oui, ce conseil beauté encensé par les égéries de la mode n’a pas pris une ride. Mais comme les moines le préconisent, le vin rouge a lui aussi ses vertus: il favorise le bien-être, et le resvératrol qu’il contient active la régénération cellulaire de l’épiderme.
2. Les compléments alimentaires : un petit «plus»
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a beauté et le bien-être se vendent également en rayon. Cela fait déjà longtemps que l’industrie alimentaire propose des nutriments enrichis en vitamines, en calcium et autres substances. Bien que sujets à controverse, ces aliments dits «fonctionnels», aussi connus sous le nom de fonctionnal food ou nutricosmetics, fournissent un supplément de nutriments censés exercer une influence positive sur la santé. Un exemple, dont l’efficacité est reconnue par les nutritionnistes, est l’ajout d’iode au sel de cuisine. L’adjonction d’acide folique aux denrées est aussi considérée comme bénéfique pour certains groupes de population. Les experts ne sont toutefois pas unanimes quant à leur efficacité.
l
’industrie pharmaceutique apporte aussi ses solutions et vante les mérites des compléments alimentaires, décrits comme des armes miracles dans la lutte contre la perte de vitalité et autres désagréments liés à l’âge. Ils contiennent des nutriments essentiels comme des sels minéraux, des vitamines et des substances végétales secondaires. Les multivitamines connaissent un vif succès,
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Vieillir en beauté
suivies de près par les préparations favorisant la mobilité des articulations ou la croissance des cheveux et des ongles, essentiellement composées de vitamines C, E et A, de magnésium, de calcium et d’acides gras oméga 3. Pour préserver son capital jeunesse, on mise sur les antioxydants (astaxanthine, lycopène ou acide alpha-lipoïque), susceptibles d’enrayer l’action des radicaux libres à l’origine du vieillissement prématuré.
Les pilules ne sont pas une panacée. Et ne sont en aucun cas un substitut à une alimentation saine.
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récision: l’efficacité des compléments alimentaires est elle aussi controversée. Les spécialistes dénoncent le fait que, dans de nombreux cas, les études appropriées font défaut ou ne fournissent aucune preuve des vertus louées. En règle générale, selon le médecin et nutritionniste David Fäh, il ne faut recourir aux compléments alimentaires qu’en cas de carence décelée lors d’une visite médicale ou de risque Vivai 6/14
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de carence, comme chez les adeptes d’une alimentation strictement végétalienne.
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es sels de Schüssler font déjà partie des classiques. Nombre de femmes ne jurent que par les sels de beauté n° 1, 8 et 11 jugés bons pour la peau, les cheveux et les os. Les sels de Schüssler sont à la fois des nutricosmétiques et des compléments alimentaires. Ils ont été développés par le médecin homéopathe Wilhelm Heinrich Schüssler pour qui les maladies étaient l’expression d’une carence en certains sels minéraux indispensables. Il suffisait, selon lui, de rétablir l’équilibre par l’administration homéopathique des mêmes sels minéraux. On compte aujourd’hui 24 sels de Schüssler, également appelés sels fonctionnels, avec chacun un spectre d’action bien défini. Ces sels biochimiques favoriseraient la guérison d’une vaste gamme de troubles, allant de la simple infection aux problèmes de digestion en passant par la nervosité et les défaillances de la mémoire. Ils sont aussi utilisés, comme mentionné plus haut, dans le domaine de la beauté. Les sels n° 1 (calcium fluoratum), 11 (silicea) et 8 (natrium chloratum) enrichissent de nombreuses crèmes de soin. Mais les opinions sur l’efficacité de ces sels divergent. Nombreux sont les experts à évoquer l’effet placebo, d’autres leur reconnaissent certaines vertus. Y croire ne peut toutefois nullement nuire.
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3.
Beauté en pot :
quand la crème pour bébé ne suffit plus
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vec les années, la peau perd son grain lisse et régulier. C’est pour cela, ou plutôt contre cela, que crèmes et sérums sont développés. L’industrie cosmétique investit des sommes considérables dans la recherche de nouvelles substances actives afin d’alimenter chaque année le marché en produits et traitements inédits. Nul besoin d’aller jusqu’à faire couler le sang comme le «vampire lift», l’une des dernières techniques de rajeunissement. On peut tout aussi bien préserver la fraîcheur et la jeunesse d’une peau avec des soins doux. Le style de vie y contribue aussi. Sans vouloir jouer les rabat-joie, plus une peau est mature, moins elle pardonnera les nuits courtes, les excès d’alcool, la malbouffe et l’immobilisme. Il s’agit par ailleurs de bien protéger sa peau, en premier lieu contre les UVA qui contribuent fortement au vieillissement cutané. L’épiderme doit être généreusement hydraté, aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur. Car si une belle peau est le reflet d’une alimentation saine, elle dénote également l’utilisation d’un produit de soin performant. Une crème pour bébé ne fournit plus les principes actifs
indispensables à une peau mature, qui a besoin d’un soin ciblé à même de préserver, aussi longtemps que possible, sa vitalité et sa capacité de régénération.
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es crèmes et sérums contiennent des substances actives ayant la propriété d’atténuer les effets du vieillissement, notamment des antioxydants comme la vitamine A, aussi appelée rétinol, les vitamines C, E et K, la coenzyme Q10 ou encore la béta-carotène. L’un des hydratants phare est l’acide hyaluronique. Mais la concurrence s’organise, car les laboratoires mènent des recherches assidues. Mibelle Biochemistry, une filiale de Migros, figure parmi les entreprises
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4.
Mouvements : bouger, c‚est la santé
à
leaders en matière d’innovation cosmétique. Elle nourrit de fortes attentes à l’égard de son Snow Algae Powder, un nouvel actif obtenu à partir d’une algue capable de survivre sur les glaciers et les neiges éternelles et de stimuler un gène de longévité. Cette substance anti-âge patentée a reçu récemment un prix d’innovation. Les chercheurs de Mibelle Biochemistry ont par ailleurs mis au point le détoxophane, une autre substance active issue, quant à elle, des germes de cresson, qui contiennent de précieux antioxydants. Aujourd’hui, la recherche dirige son attention vers les cellules souches végétales. Les substances actives qu’elles libèrent seraient une fontaine de jouvence pour la peau.
© GettyImages, iStockphoto
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’industrie cosmétique poursuit néanmoins d’autres stratégies. Elle mise sur les substances végétales secondaires et se penche sur les possibilités des oligopeptides et de la thérapie génique. Non, la crème de l’éternelle jeunesse n’a pas encore vu le jour. C’est pourquoi certains optent pour une gymnastique facile à mettre en œuvre pour se dérider: le rire!
trop squatter son fauteuil, on meurt plus tôt ou, moins crûment, on grossit et on vieillit plus vite. Propos provocateurs? Oui, avouons-le, mais ils contiennent une part de vérité. Pour la recherche, le manque de mouvement est à l’origine de nombreuses maladies de civilisation telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète et l’obésité. Il ne s’agit pas de se transformer en coureur de marathon à 55 ans, non. Pratiquer une demi-heure de marche rapide chaque jour est déjà un pas dans la bonne direction. Parmi les aspects les moins réjouissants liés à
l’âge figure le fait que la masse graisseuse augmente sous l’action des hormones, alors que la masse musculaire, elle, diminue. Se rendre régulièrement au studio de fitness aide à atténuer ces effets. Un entraînement musculaire ciblé permet de sculpter son corps, mais aussi de le «soutenir», surtout la musculature du tronc. Les séances de pilates ont un effet semblable. Les adeptes du yoga vantent quant à eux le pouvoir rajeunissant des différentes postures, les asanas. Les positions de renversement (poirier, pont, épaules au sol, etc.) auraient un impact très positif car elles stimuleraient l’irrigation sanguine. Aucune preuve scientifique ne vient cependant confirmer ces allégations. Mais il est toutefois indéniable que le yoga, comme le qi gong et le taï chi, sont des méthodes d’entraînement globales cultivant aussi bien le corps que l’esprit.
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assé un certain âge, après des années à s’éreinter et à se démener, il est vrai que la tentation de se laisser aller est séduisante. La solution: garder la bonne attitude. Et ce dans tous les sens du terme. Prenez pour modèle une danseuse étoile: portez la tête haute. Pourquoi ne pas pratiquer de la gymnas-
Restez actif et bougez. C’est bon pour le corps comme pour la tête!
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Le bon cadeau pour les quadras tique du dos ou suivre un cours de danse? On y apprend par l’effort ce qui fait aussi la force mentale: le sentiment de progresser – celui qui ressent cela sait différencier entre ce qui est bon pour lui, et ce qui ne l’est pas.
ps:
nous avons gardé la bonne nouvelle pour la fin. L’étude de l’Université de Cleveland citée plus haut a aussi démontré qu’une importante perte de poids après 40 ans fait paraître plus que son âge. Alors qu’avant la quarantaine, le processus est inversé. Les quadras devraient donc éviter les régimes drastiques et s’accommoder de quelques petites rondeurs pour ne pas prendre un coup de vieux. l
Un livre très utile Spécialiste reconnu en diététique, en hygiène alimentaire et en cardiologie, le Dr Saldmann a publié plusieurs ouvrages à visée pratique, dont un best-seller sur les risques alimentaires qui avait défrayé la chronique. Dans La vie et le temps: les nouveaux boucliers antiâge, il livre des conseils simples à appliquer pour profiter des avancées scientifiques et gagner de précieuses années. Sachant notamment qu’un check-up microbien permet d’éliminer les germes qui accélèrent le vieillissement et que certains aliments jouent le rôle de boucliers anti-âge, il suggère les réflexes à adopter pour vieillir en meilleure santé. Ecrit dans un langage accessible, ce livre constitue une excellente source d’informations. (Ed. J’ai Lu.)
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Comment participer Par téléphone: composez le 0901 560 002
(Fr. 1.–/appel, tarif réseau fixe). Indiquez le mot mystère sur le répondeur ainsi que vos nom et adresse. Par SMS: envoyez un message contenant VIVAI F, le mot mystère, vos nom et adresse, au numéro 920 (Fr. 1.–/SMS).
Par carte postale (courrier A): Editions Vivai,
concours 6/14, case postale, 8074 Zürich Date limite de participation: le 21 décembre 2014 Solution du précédent numéro: Visions Nom de la gagnante: Erika Bee-Casutt, Oberdiessbach
Les gagnants seront tirés au sort parmi les bonnes réponses des éditions de Vivai dans les trois langues et avisés par écrit. Les prix ne peuvent pas être convertis en espèces. La voie juridique est exclue. Aucune correspondance ne sera échangée au sujet du concours. Les gains n’ayant pas été retirés dans les trois mois suivant le tirage au sort sont considérés comme caducs. Ils ne donnent lieu à aucune contrepartie. Les collaborateurs de la Fédération des coopératives Migros ne sont pas autorisés à participer au concours. Le mot mystère ainsi que le nom du gagnant ou de la gagnante seront publiés dans le numéro 01/15 de Vivai.
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Corinne Bloch
s Corinne Bloch est journaliste free-lance. Elle n’a pas appris
l’allemand à l’école, mais en Suisse alémanique.
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ortez les tanks et les FA 18, «la guerre est déclarée!», annonce L’Hebdo. Non, non, le magazine ne parle pas de l’expansion dramatique du nouvel «Etat» islamique en Irak et en Syrie, ni même de la situation tragique en Ukraine, mais de l’initiative lancée cet été par les cantons de Nidwald et de Turgovie visant à n’enseigner plus qu’une seule langue étrangère à l’école primaire, à savoir… l’anglais. Depuis, la Suisse romande est sur le pied de guerre. La presse dénonce «des attaques contre le français», la classe politique y va de son petit refrain catastrophe sur le thème «bye-bye la cohésion nationale». Quant à l’émission Infrarouge de la RTS sur le thème «Tschüss Switzerland», elle ressemblait aux jeux du cirque romain avec, seul au centre de l’arène, face à une horde de Romands armés jusqu’aux dents d’arguments hystériques, le traître. En l’occurrence, Res Schmid, président du Conseil d’Etat de Nidwald. Un traître qui, soit dit en passant, parlait drôlement bien le français Mein Gott! A croire que c’est à l’école qu’on apprend les langues. Et que les Romands sont les premiers de classe de la solidarité confédérale. Quel Witz! Pour ma part, je n’ai même pas réussi à décrire le menu du cancrelat dans La Métamorphose de Kafka lors de l’examen oral d’allemand au bac. Le pauvre ne mangeait pourtant que du pain et du lait. Il faut dire que Siegfried et les Nibelungen, ce n’était pas ce qu’il y avait de plus enthousiasmant pour apprendre une langue.
La génération suivante a eu plus de chance. Grâce aux aventures de Hans et de Liselotte, tous les trentenaires romands savent que la réponse à la question «Was gibt es zum essen?» est «Schnitzel», le plat préféré de Hans Schaudi. Et de s’écrier en chœur: «Prima!». Pas de quoi faire carrière outre-Sarine pour autant. Quant aux plus jeunes: je ne connais aucun apprenti de commerce romand qui puisse répondre aux appels téléphoniques en allemand. Et je ne parle même pas du suisse allemand. Alors si la cohésion nationale dépendait de notre capacité à communiquer avec nos concitoyens alémaniques, ça fait longtemps qu’on l’aurait remarqué. Et pourquoi pas l’apprentissage de l’italien et du romanche dès l’école enfantine tant qu’à faire? Expérience faite, l’immersion est le meilleur moyen d’apprendre une langue et de rencontrer une culture. D’ailleurs, je doute que mon grand-père maternel, bernois, ait eu la moindre notion de français en débarquant comme domestique de ferme dans le canton de Vaud; ça ne l’a pas empêché d’y faire sa vie. Idem pour ma grand-mère paternelle. Ce qui est inquiétant, en revanche, c’est qu’il est probable que la cohésion de notre pays repose sur la capacité des Suisses allemands à communiquer avec nous. C’est peut-être bien là ce qui nous chagrine le plus: nous allons vraiment devoir apprendre l’allemand. Scheisse! ●
© Nicolas Righetti/REZO
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