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Bienvenue dans ce numéro qui marque l'entrée dans les beaux jours et que vous pourrez conserver jusqu'à la prochaine édition en septembre. Parce que comme l'été, Premium sait se faire attendre. En couverture, Anthony Joshua incarne cette idée avec une évidence brute. Le boxeur, champion autant dans le ring que dans la discipline qu’il impose à sa vie, parle ici de trajectoires, de doutes et de reconstructions. Une conversation où la puissance physique cède parfois la place à une lucidité plus rare : celle de l’homme derrière la performance. Ce numéro explore aussi les succès de nos compatriotes, à travers des parcours singuliers. Celui de Rolf Sorg, à la tête de PM-International, est édifiant. Depuis le Luxembourg, il est parvenu à bâtir une entreprise devenue internationale, leader dans la distribution et la vente au détail dans les domaines de la santé, du fitness et de la beauté, preuve qu'à l’impossible, nul n’est tenu.
Dans un autre domaine, l’histoire de Pagani rappelle que certaines marques automobiles ne fabriquent pas seulement des voitures, mais des objets de désir total. Entre artisanat extrême et obsession du détail, la maison italienne continue de repousser les limites de ce que l’ingénierie peut aussi exprimer : de la beauté.
En avril, le monde de l’horlogerie s’est donné rendez-vous à Genève pour Watches and Wonders. Plus qu’un salon, un thermomètre de l’excellence où nous avons sélectionné ses nouveautés les plus marquantes. Pour faire écho à cet événement, nous vous présentons une rétrospective des montres iconiques qui ont façonné leur époque — celles qui ne suivent pas le temps, mais le définissent.
Enfin, le cahier design et habitat en milieu de ce magazine, présente la sortie d’un ouvrage consacré à Norman Foster, figure majeure de l’architecture contemporaine, ainsi qu'un autre retraçant un siècle d’innovations en design, c’est toute une réflexion sur la manière dont nous habitons le monde qui s’impose. Entre lignes, volumes et idées, l’esthétique redevient une forme d’intelligence.
Bonne lecture.
Mister

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p. 8 Edito
14 LIFESTYLE
p. 14 AJ : Star du boxe office
22 ÉVASION
p. 22 À bord du plus bel hôtel du monde
24 SAVEURS
p. 24 Une dégustation au sommet
28 CAPITAL
p. 28 Walk the line
32 CULTURE
p. 32 La bombe des séries
36 TAKE CARE
p. 36 Des odeurs de nouveautés
38 FASHION
p. 38 L'homme aux poignets d'or p. 40 Out of office p. 42 Écrins solaires p. 46 Au pic de la mode
48 HIGH TECH p. 48 Jeu de trône
50 POWER
p. 50 De le route vers le ciel p. 53 L'orfèvre de l'automobile p. 56 The french revolution
58 CULT p. 58 Le fruit du succès
60 WATCHES
p. 60 Watches & Wonders
p. 62 Des modèles qui ont marqué leur temps
66 LUXGEARS
p. 66 Le charme italien p. 69 Game changer
70 DOSSIER
p. 70 Café court
p. 72 The art of noise
p. 74 Norman Foster
p. 78 The Central Intelligence Agency p. 80 Design, the impossible collection

Emblème de l’esthétique pure et racée de la collection Alpine Eagle, ce modèle de 44 mm de diamètre est façonné en Lucent Steel™, un acier de haute qualité, exclusif à Chopard. Les caractéristiques innovantes de son mouvement chronographe certifié chronomètre Chopard 03.05-C, équipé d’une fonction retour en vol, sont protégées par trois brevets. Fièrement conçu et fabriqué par nos Artisans, ce garde-temps d’exception témoigne du meilleur de l’expertise et de l’innovation de notre Manufacture.

Joshua
Dans le ring avec le champion poids-lourds britannique

La nouvelle Audi RS 5 Avant*. Le premier modèle RS équipé de la technologie hybride rechargeable.

Audi Vorsprung durch Technik
Parmi les boxeurs de sa génération, Anthony Joshua s’impose comme une icône, autant par ses victoires que par sa capacité à se relever après chaque échec.
Texte David Bail


Depuis près de deux décennies, Anthony Joshua s’impose comme l’une des figures marquantes de la boxe anglaise — un champion poids lourd dont l’aura dépasse largement les cordes du ring. Médaillé d’or olympique, champion du monde unifié, marque mondiale et figure culturelle, AJ a su allier une puissance de knockout à une personnalité réfléchie, posée et parfois étonnamment philosophique.
Pourtant, ces dernières années ont mis un coup d'arrêt à ce parcours exemplaire. Ses défaites face à Andy Ruiz Jr. et Oleksandr Usyk ont remis en question non seulement sa place dans la catégorie, mais aussi le mythe qui l’entourait. Dans leur sillage, Joshua a opéré une véritable remise à zéro — technique, mentale et personnelle.
« Le sport, c’est gagner, mais c’est aussi apprendre de la défaite... des revers. Chaque résultat est un parcours, et un parcours précieux. »
Aujourd’hui, après avoir retrouvé sa concentration, de nouvelles influences à l’entraînement, et une catégorie des poids lourds qui compte de supercombats avec Tyson Fury et Deontay Wilder, Joshua — à seulement 36 ans — entame une nouvelle phase de sa carrière, non plus comme le champion invincible d’autrefois, mais comme quelque chose de sans doute plus captivant : un combattant façonné par l’adversité.
Ici, il revient sur la défaite, la discipline, l’héritage, la culture moderne de la boxe, et l’identité en évolution d’un homme qui a compris que la force ne se mesure pas seulement à la puissance, mais aussi à la perspective.
: Il y a toujours eu un contraste chez vous — entre une personnalité calme et réfléchie et la violence du sport. Comment conciliez-vous ces deux aspects aujourd’hui ?
A. J. : Je pense que les gens s’attendent à ce que les combattants fonctionnent sur un seul mode, comme si on l’activait et qu’il ne s’arrêtait jamais. Mais pour moi, la boxe a toujours été quelque chose dans lequel j’entre, pas quelque chose que je porte toute la journée.
La discipline, la concentration et l’état d’esprit — ça, c’est réel, c’est moi. Mais l’agressivité est contrôlée, dirigée.
Quand j’étais plus jeune, je ne comprenais probablement pas aussi bien cet équilibre. On pense qu’il faut être « activé » en permanence.
Aujourd’hui, je sais que la vraie force, c’est de pouvoir passer d’un état à l’autre.
Je peux être assis ici à parler calmement de la vie, du business, de la famille, puis, quand il est temps de combattre, je deviens quelqu’un de totalement différent. C’est ça, le métier.
Vous parlez de votre jeunesse — à quel point votre état d’esprit a-t-il changé depuis le début de votre carrière ?
Énormément. Au début, tout tourne autour de la preuve de soi. On poursuit les titres, la reconnaissance, la validation. On combat pour montrer au monde qui on est.
Aujourd’hui, c’est plus intérieur. Je ne combats plus pour obtenir l’approbation des autres, car la seule vraie validation vient de soi-même et de sa famille.
Mon parcours aujourd’hui signifie que je combats parce que je comprends ce que je représente — la discipline, la résilience, la constance — et il est important de maintenir cela, car lorsque les gens cherchent de l’inspiration chez vous, vous devez rester à la hauteur.
Mais la quête reste celle de devenir champion, non ?
Bien sûr. Quand on perd cette soif, il faut quitter le ring, car si vous n’êtes pas totalement engagé, cela devient un endroit très dangereux.
Cela dit, quand vous avez été au sommet puis connu des revers, votre perspective change. Vous cessez de craindre l’échec parce que vous l’avez déjà vécu.
Parlons de cela — votre première défaite contre Andy Ruiz Jr. en 2019. Comment voyezvous ce moment aujourd’hui ?
Sur le moment, j’ai eu l’impression que tout s’arrêtait. On passe de champion invaincu et unifié à quelqu’un qui doit se poser des questions du jour au lendemain.
Mais avec le recul, c’est l’une des meilleures choses qui me soit arrivée.
Cela m’a forcé à tout réévaluer — ma préparation, mon mental, même mon environnement. Je suis arrivé au match revanche différemment : plus léger, plus concentré, plus discipliné.
Ce n’était pas seulement pour récupérer mes ceintures, mais pour me prouver que je pouvais m’adapter.
Beaucoup de boxeurs n’ont pas cette chance. Ils perdent une fois et tout s’effondre. Pour moi, c’est devenu une leçon qui me suit encore aujourd’hui.
Et ensuite les combats contre Oleksandr Usyk, très différents stylistiquement. Qu’avez-vous appris ?
Usyk est l’un des boxeurs les plus techniquement doués de sa génération. Il n’est pas seulement fort physiquement — il est très intelligent, toujours en train de réfléchir, de s’ajuster.
Le combattre m’a montré les différents niveaux dans ce sport.
Ces combats ont été difficiles, mais ils m’ont appris la patience, l’humilité, et m’ont rappelé qu’on ne peut pas compter sur une seule dimension en boxe. La puissance seule ne suffit pas. Il faut évoluer. Certains ont vu ces défaites comme des échecs, moi je les vois comme faisant partie du processus. On apprend ou on disparaît.
Vous avez travaillé avec plusieurs entraîneurs. À quel point cette évolution est-elle importante ?
Elle est cruciale. On ne peut pas rester statique dans ce sport. J’ai travaillé avec de grands esprits comme Robert Garcia, Derrick James, ainsi qu’avec plusieurs coachs mentaux.
Chacun apporte une perspective différente. Pour moi, il s’agit de prendre des éléments de chaque expérience et de construire quelque chose qui fonctionne pour moi. Il n’y a pas de formule parfaite.
« Le sport, c’est gagner, mais c’est aussi apprendre de la défaite... des revers. Chaque résultat est un parcours, et un parcours précieux »
La catégorie des poids lourds tourne autour des grands combats. Pensez-vous que celui contre Tyson Fury aura lieu ?
C’est le combat que les gens veulent, et je comprends pourquoi. Deux poids lourds britanniques, styles et personnalités différents — c’est énorme. Mais ce combat n’a jamais été simple à organiser. Il y a les promoteurs, les diffuseurs, les challengers obligatoires — c’est autant du business que du sport.
Moi, je contrôle seulement le fait d’être prêt.
Comment évaluez-vous Tyson Fury ? Il est très intelligent sur le ring. Les gens parlent de sa taille, mais c’est surtout son mouvement, son adaptabilité et sa gestion de la distance qui le rendent dangereux.
J’ai toujours pensé que lorsque deux grands combattants s’affrontent, tout se joue sur celui qui exécute le mieux le soir du combat, et parfois il se produit des choses inattendues qu’on ne peut pas prévoir.
Vous avez mentionné Wilder — un autre grand nom de la catégorie. Quel est votre regard sur lui ?
Wilder a une puissance de frappe capable de tout changer en un instant. Vous pouvez dominer pendant 10 rounds, puis un seul coup renverse tout.
C’est ce qui le rend spectaculaire... et dangereux. En tant que boxeur, vous devez respecter cela. Vous ne pouvez pas vous relâcher une seule seconde. Ce que j’apprécie aussi chez Wilder, c’est qu’il est le plus dangereux lorsqu’il est touché. C’est l’essence d’un véritable champion : quelqu’un capable de se relever du sol, au sens figuré comme au sens propre.
La boxe a changé ces dernières années, notamment avec l’essor des combats d’influenceurs et des affrontements “crossover” impliquant des figures comme Jake Paul. Quel est votre point de vue làdessus ?
Cela attire un nouveau public, ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose. Mais il y a une différence entre divertissement et compétition de haut niveau.
Cela reste un sport très sérieux. Il faut des années de discipline, de sacrifices et d’engagement pour atteindre le sommet. Ce n’est pas quelque chose avec lequel on doit jouer pour le plaisir, mais on peut l’amener dans un environnement où il devient plus accessible.
Si les combats crossover apportent davantage d’attention à la boxe, très bien... mais les fondations du sport doivent rester solides.
Vous êtes aussi devenu une marque mondiale. Comment gérez-vous cet aspect ?
Je le prends au sérieux. La boxe ne dure pas éternellement, donc il faut penser à l’après. J’ai été impliqué dans différents projets — performance sportive, médias, partenariats — mais je reste sélectif.
Je ne veux pas associer mon nom à quelque chose qui ne correspond pas à ce que je suis. Il s’agit de construire quelque chose de durable, et qui ait une valeur au-delà du ring.
Pourrait-on vous voir vous tourner vers d’autres domaines... comme le cinéma, les médias ou même la propriété dans le sport ?
Potentiellement. Je suis ouvert à explorer différentes choses, mais cela doit rester naturel. J’ai eu des discussions autour des médias, du storytelling et de l’investissement dans le sport à différents niveaux.
Pour l’instant, mon attention reste tournée vers la boxe et je pense que cela sera encore le cas pendant un certain temps.
Vous avez toujours géré la célébrité de manière très mesurée. Est-ce devenu plus facile avec le temps ?
On apprend à la gérer. Au début, cela peut être écrasant. Tout le monde a une opinion, tout le monde a des attentes, et pour les jeunes dans le sport ou le divertissement, ou ailleurs, il est très facile de se laisser enfermer dans une certaine image.
Aujourd’hui, je comprends qu’on ne peut pas contrôler la perception, mais on peut contrôler ses actions. Je garde un cercle proche, je me concentre sur l’essentiel et j’essaie de rester ancré.
En dehors de la boxe, qu’est-ce qui vous permet de garder les pieds sur terre ?
La routine. L’entraînement, la famille, les choses simples. Les gens peuvent s’attendre à un certain style de vie, mais je suis quelqu’un de très structuré.
J’aime savoir ce que je fais et quand je le fais. Je prends aussi du temps pour réfléchir. Que ce soit en lisant, en voyageant ou simplement en prenant du recul par rapport à tout. Il faut cet équilibre.
Vous êtes devenu une véritable figure de style ces dernières années. À quel point êtes-vous conscient de votre image en dehors du ring ?
Ce n’est pas une question d’essayer d’être à la mode pour être à la mode. C’est une question de respect... pour soi-même, pour les personnes que l’on rencontre, pour l’environnement dans lequel on se trouve.
Que j’entre dans une conférence de presse ou que j’assiste à un événement, je veux donner l’impression d’avoir pris le temps de me préparer. À bien des égards, cet état d’esprit n’est pas différent de celui que j’adopte avant un combat.
Y a-t-il des marques ou des designers vers lesquels vous vous êtes davantage tourné ?
J’ai porté un mélange de choses au fil des années. Hugo Boss est une relation de longue date, et je respecte leur approche sobre et structurée. J’ai aussi eu des pièces de Tom Ford, qui donnent toujours une impression de style net et de confiance. Cependant, je ne suis pas quelqu’un qui est attaché à une seule marque. Pour moi, c’est davantage une question de coupe et de ressenti que du nom sur l’étiquette. Si ça fonctionne, ça fonctionne.
Votre physique rend-il la mode plus difficile ou plus intéressante ?
Les deux [rire]. Ça rend clairement les choses plus spécifiques. Vous avez de larges épaules, de longs bras, une certaine carrure, donc les proportions comptent énormément. On ne peut pas se cacher derrière des vêtements amples, parce que ça paraît juste trop grand plutôt que volontaire.
Un costume bien taillé sur une grande carrure peut avoir un rendu très puissant, très propre. Il s’agit de comprendre son corps et de travailler avec lui plutôt que contre lui.
Comment décririez-vous votre style personnel en dehors des entraînements ?
Plutôt décontracté. Je ne me promène pas en costume tous les jours. C’est davantage une question de confort — des basiques de bonne qualité, des baskets propres, des superpositions simples. J’aime les choses faciles, mais qui restent réfléchies.
Il y a un croisement de plus en plus important entre le sport et la mode. Aimez-vous faire partie de cet univers ?
Je trouve ça intéressant. Aujourd’hui, les athlètes sont censés évoluer dans différents domaines — le sport, le business, les médias, la mode. Ce n’est plus comme avant, où l’on s’entraînait et on combattait uniquement.
Je suis ouvert à cela, mais encore une fois, il faut que cela reste authentique. Je n’essaie pas d’être quelqu’un que je ne suis pas. S’il existe une connexion naturelle — comme la performance, la discipline, le souci du détail — alors cela a du sens.
Pour finir, qu’est-ce qui fait, selon vous, qu’une personne est bien habillée ?
La confiance et la simplicité. Vous pouvez avoir les meilleurs vêtements du monde, mais si vous n’êtes pas à l’aise dedans, ça se voit.
Pour moi, il s’agit de lignes épurées, d’une bonne coupe, et de ne pas compliquer les choses. Si vous vous sentez bien dans ce que vous portez, c’est cela que les gens remarquent en premier — pas la marque.
Quand vous regardez votre carrière jusqu’ici, qu’est-ce qui vous marque le plus ?
Le parcours. De la médaille d’or aux Jeux olympiques de Londres en 2012 jusqu’au titre de champion du monde — c’est une progression. Je ne veux pas arriver à la fin de tout ça, parce que comme on dit, c’est vraiment le voyage qui compte, pas la destination.
Enfin, qu’est-ce qui vous motive aujourd’hui ?
La progression. Je ne poursuis pas ce que j’ai déjà accompli, mais ce que je peux encore devenir. Et le jour où je prendrai ma retraite, je veux savoir que j’ai tout donné... pas seulement pour gagner des combats, mais pour évoluer en tant qu’homme. C’est ça qui compte le plus.

For almost two decades now, Anthony Joshua has existed as one of the defining figures of modern sport - a heavyweight champion whose appeal stretches far beyond the ropes. Olympic gold medallist, unified world champion, global brand and cultural figure, Joshua has balanced knockout power with a persona that is thoughtful, composed and, at times, unexpectedly philosophical. Yet the past few years have reshaped that narrative. Defeats to Andy Ruiz Jr. and Oleksandr Usyk challenged not just his standing in the division, but the mythology that surrounded him. In their aftermath, Joshua has undergone a recalibration - technical, mental and personal. “Sport is about winning, but as well you need to learn from losing... from setbacks. Every result is a journey, and a valuable one.”
Now, with renewed focus, new training influences, and a heavyweight landscape still circling superfights with Tyson Fury and Deontay Wilder, Joshua – still only 36 – enters the next phase of his career not as the invincible champion of old, but as something arguably more compelling: a fighter shaped by adversity.
Here, he reflects on defeat, discipline, legacy, modern boxing culture, and the evolving identity of a man who has learned that strength is not just measured in power, but perspective too.
: There’s always been a sense of contrast with you - the composed, thoughtful personality versus the violence of the sport. How do you reconcile those two sides today?
A. J. : I think people expect fighters to live in one gear, like you switch it on and it never comes off. But for me, boxing has always been something I step into, not something I carry all day. The discipline, the focus and the mindset - that’s real and that’s me, but the aggression is controlled, it’s directed.
When I was younger, I probably didn’t understand that balance as well. You think you have to be ‘on’ all the time. Now I know that the real strength is being able to switch between those states. I can sit here and talk calmly about life, about business, about family, and then when it’s time to fight, I become something else entirely. That’s the craft.
You mentioned being younger, so how much has your mindset changed since the early days of your career?
Massively. Early on, everything is about proving yourself. You’re chasing titles, recognition, validation. You’re fighting to show the world who you are.
Now it’s more internal. I’m not fighting for approval anymore, because the real approval only ever comes from yourself, your family. My journey now means I’m fighting because I understand what I represent - discipline, resilience, consistency, and it’s important I keep that on, because when people look to you for inspiration and answers, you have to maintain a presence.

But the chase is still to be a champion, right? Of course. When you lose that thirst you need to stay out of the ring because unless you’re wholly committed to what you do, it can be a very dangerous place.
That said, when you’ve been at the top and then had setbacks, your perspective shifts. You stop fearing failure because you’ve already lived it.
Let’s talk about that - your first loss to Andy Ruiz Jr. in 2019. How do you view that moment now?
At the time, it felt like everything stopped. You go from being undefeated, unified champion, to asking yourself serious questions overnight. But looking back, it was one of the best things that could have happened to me.
It forced me to reassess everything - my preparation, my mindset, even my environment. I came into the rematch differently. Lighter, more focused, more disciplined. That wasn’t just about winning the belts back; it was about proving to myself that I could adapt.
A lot of fighters don’t get that chance. They lose once and it spirals. For me, it became a lesson that still carries through now.
And then the fights with Oleksandr Usyk. They were very different challenges stylistically. What did those experiences teach you?
Usyk is one of the most technically gifted fighters of this generation. He’s not just physically skilled - he’s mentally sharp, always thinking, always adjusting. Fighting him showed me the levels within the sport. They were hard fights but they taught me patience, humility, and reminded me that you can’t rely on one dimension in boxing. Power alone isn’t enough. You have to evolve. I think people saw those losses as setbacks, but I see them as part of the process. You either learn or you get left behind.
You’ve worked with different trainers over the years. How important has that evolution been?
It’s crucial. You can’t stay static in this sport. I’ve worked with some great minds like Robert Garcia, Derrick James, plus a number of mental coaches who have shaped the way I approach what I do. Each and every person brings a different perspective.
For me, it’s about taking pieces from each experience and building something that works for me. There’s no perfect formula. You have to understand your own strengths, your own weaknesses, and be honest about where you need to improve.
The heavyweight division is always about the big fights. Do you still believe the fight with Tyson Fury will happen?
It’s the fight people want, and I understand why. Two British heavyweights, different styles, different personalities - it’s a massive event. This fight has never been straightforward. There are promoters, broadcasters, mandatory challengers - it’s a business as much as it is a sport. What I can control is staying ready. If that fight happens, I’ll be prepared. If it doesn’t, I’ll still be focused on becoming the best version of myself.
How do you assess Tyson Fury as a fighter?
He’s very intelligent in the ring. People focus on his size, but it’s his movement, his adaptability, his understanding of distance that makes him dangerous. He’s proven himself at the highest level, especially against someone like Deontay Wilder.
I’ve always believed that when two top fighters meet, it’s about who executes better on the night, and sometimes strange things happen that you can’t predict.

You mentioned Wilder—another huge name in the division. What’s your view on him? Wilder has that one-punch power that changes everything. You can be winning a fight for 10 rounds, and then one shot changes the outcome. That’s what makes him exciting, but also dangerous. As a fighter, you have to respect that. You can’t switch off for a second.
What I like about Wilder as well is that he’s at his most dangerous when he’s hurt. That’s the sense of a true champion – the man who can drag themselves up off the floor, metaphorically and literally.
Boxing has changed in recent years, particularly with the rise of influencer and crossover fights involving figures like Jake Paul. What’s your take on that?
I think it’s brought new eyes to the sport, which isn’t necessarily a bad thing. Boxing has always evolved. There’s always been entertainment elements to it.
But there’s also a difference between entertainment and elite competition.
At the highest level, this is still a very serious sport. It takes years of discipline, sacrifice, and dedication to reach the top. It shouldn’t be played about with for fun, but we can bring it into an environment whereby it’s made more accessible. If crossover fights bring more attention to boxing, then fine... but the foundation of the sport has to remain strong.
You’ve become a global brand as much as an athlete. How do you approach the business side of your career?
I take it seriously. Boxing doesn’t last forever, so you have to think about what comes next. I’ve been involved in different ventures – sports performance, media, partnerships – but I’m selective.
I don’t want to attach my name to something unless it aligns with who I am. It’s about building something sustainable, and something that has value beyond the ring.
Could we see you move into other areas... perhaps film, broadcasting, even ownership within sport?
Potentially. I’m open to exploring different things, but it has to feel natural. I’ve had conversations about media, about storytelling, about investing in sport at different levels.
Right now, my focus is still on boxing and I think it will be for some time yet.
You’ve always carried fame in a very measured way. Has that become You learn how to manage it. Early on, it can be overwhelming. Everyone has an opinion, everyone has expectations and for young people in sport or entertainment, or whatever, it’s very easy to get railroaded into being a certain thing.
Now I understand that you can’t control perception, but you can control your actions. I keep my circle tight, I focus on what matters, and I try to stay grounded.
Outside of boxing, what keeps you grounded? Routine. Training, family, simple things. People might expect a certain lifestyle, but I’m quite structured. I like knowing what I’m doing, when I’m doing it.
I also spend time reflecting. Whether that’s reading, travelling, or just stepping back from everything. You need that balance.
You’ve become something of a style figure in recent years. How conscious are you of your image outside the ring?
It’s not about trying to be fashionable for the sake of it. It’s about respect... for yourself, for the people you’re meeting, for the environment you’re in. Whether I’m walking into a press conference or attending an event, I want to look like I’ve taken the time to prepare. In many ways the mindset is no different to how I approach a fight.
Are there particular brands or designers you’ve gravitated towards?
I’ve worn a mix over the years. Hugo Boss has been a long-standing relationship, and I respect the clean, structured look they go for. I’ve also had pieces from Tom Ford, which always feels sharp and confident.
However I’m not someone who’s locked into one label. For me, it’s more about how something fits and feels rather than the name on it. If it works, it works.
Does your physique make fashion more challenging or more interesting?
Both [aughs]. It definitely makes things more specific. You’ve got broad shoulders, long arms, a certain frame, so proportions matter a lot. You can’t hide behind loose fits because it just looks oversized rather than intentional.
A well-cut suit on a big frame can look very
powerful, very clean. It’s about understanding your body and working with it rather than against it.
How would you describe your personal style when you’re off-duty?
Pretty relaxed. I’m not walking around in suits every day. It’s more about comfort - good quality basics, clean trainers, simple layers. I like things that are easy but still considered.
There’s a growing crossover between sport and fashion. Do you enjoy being part of that world?
I think it’s interesting. Athletes today are expected to operate in different spaces—sport, business, media, fashion. It’s not like before where you just trained and fought.
I’m open to it, but again, it has to feel authentic. I’m not trying to be something I’m not. If there’s a natural connection—like performance, discipline, attention to detail—then it makes sense.
Finally, what makes someone well-dressed in your eyes?
Confidence and simplicity. You can have the best clothes in the world, but if you’re not comfortable in them, it shows.
For me, it’s about clean lines, good fit, and not overcomplicating things. If you feel right in what you’re wearing, that’s what people notice first— not the label.
When you look back at your career so far, what stands out most?
The journey. From winning gold at the 2012 London Olympics to becoming world champion - it’s been a progression. I don’t want to get to the end of that because, as the saying goes, it really is about the journey, not the destination.
Finally, what drives you now? What keeps you going at this stage?
Growth. That’s the simplest way to put it. I’m not chasing what I’ve already done - I’m chasing what I can still become.
And when the time comes to step away, I want to know that I gave everything... not just to winning fights, but to evolving as a person. That’s what matters most.


Découvrez le monde en première classe par la mer avec la formule Yacht Club de
Si vous trouvez les croisières trop populaires, la compagnie MSC propose une formule MSC Yacht Club qui offre un bon compromis. Niché au cœur de ses navires, cet espace privatif supprime tous les inconvénients d'une croisière classique. Explications avec Frank Van den Steen, directeur général Benelux de MSC Cruises.
En quoi le Yacht Club redéfinit-il l’idée même de la croisière ?
Dans l’univers des croisières, il y a actuellement deux grandes tendances : la première, c’est que les navires deviennent plus grands pour réduire le coût par passager ; la seconde, c’est d’offrir plus de luxe.
Depuis une douzaine d’années, nous avons imaginé le concept du Yacht Club, grâce auquel on combine un espace exclusif avec les avantages d’un grand navire — le bateau est plus calme et plus stable — et l’on dispose par exemple d’un casino, d’une salle de spectacle... toutes les activités qu’il est difficile de trouver sur un petit navire.
Le Yacht Club dispose de son propre restaurant, avec des repas d’une qualité supérieure, de sa propre piscine et d’un concierge disponible 24 h/24.
Quelle place occupe la gastronomie dans l’expérience du Yacht Club ?
En général, chez MSC, la qualité de la nourriture est toujours très élevée ; c’est lié au fait que MSC est une société familiale italienne. Par exemple, les pâtes, la mozzarella ou les glaces sont fraîches et produites à bord.
Le Yacht Club dispose de sa propre cuisine, où la qualité est encore plus élevée ; parfois, nous avons même de grands chefs à bord.
Êtes-vous parvenus à attirer une nouvelle clientèle grâce à cette offre ?
Nous avons remarqué que le profil de nos passagers s’était diversifié. En général, nous avons des retraités, des familles avec des enfants, des jeunes couples ou des groupes d’amis. En revanche, dans le Yacht Club, nous avons surtout des couples de tous les âges.
L’âge moyen de nos passagers est de 46 ans ; il rajeunit depuis une dizaine d’années.
Quelles destinations sont prisées par la clientèle luxembourgeoise ?
La Norvège et ses fjords, ainsi que les Caraïbes et les Antilles. L’Alaska, que nous venons d’introduire pour cet été, les Émirats et les îles Canaries.
On voit que les croisières ont le vent en poupe, mais qu’en est-il de l’impact environnemental ? Chacun de nos navires qui fonctionne au gaz naturel liquéfié, réduit de 20 % son impact sur le CO2, de près de 85 % les émissions d’azote et de 99 % celles d’oxyde de soufre. À l’avenir, l’objectif est de ne plus utiliser de carburants fossiles d’ici 2050.
Quant à la consommation d’eau à bord — que ce soit pour les piscines, le lavage ou la consommation — il s’agit d’eau de mer désalinisée grâce à une centrale embarquée. Enfin, les déchets sont triés et recyclés selon des normes très strictes.
Quelle est la différence entre le Yacht Club et votre nouvelle formule Explora Journeys ? Nous avons deux navires qui offrent cette nouvelle formule, bientôt trois, et au total six navires dans trois ans. Il y a davantage de services dans Explora Journeys — des suites, une cuisine gastronomique, un spa thermal — ainsi que des destinations exclusives.
What role does gastronomy play in the Yacht Club experience?
At MSC, the quality of food is consistently very high, which is closely tied to our identity as an Italian family-owned company. For example, pasta, mozzarella, and ice cream are all freshly made on board.
Within the Yacht Club, there is a dedicated kitchen where the quality is taken even further; we sometimes even host renowned chefs on board.
Have you managed to attract a new clientele with this offering?
We have observed that our passenger profile has diversified. Generally, we welcome retirees, families with children, young couples, and groups of friends. However, within the Yacht Club, we mainly see couples of all ages.
The average age of our passengers is 46, and it has been decreasing over the past decade.
Which destinations are particularly popular with Luxembourgish clients?
Norway and its fjords, as well as the Caribbean and the Antilles. Alaska, which we have just introduced for this summer, along with the Emirates and the Canary Islands.
If you find cruises too crowded, MSC offers an alternative with its MSC Yacht Club concept, a refined compromise. Nestled within the heart of its ships, this private enclave removes many of the drawbacks of a traditional cruise. Insights from Frank Van den Steen, Managing Director Benelux at MSC Cruises.
How does the Yacht Club redefine the very idea of cruising?
In the world of cruising, there are currently two major trends: the first is that ships are getting larger to reduce the cost per passenger; the second is to offer more luxury.
For about twelve years now, we have developed the Yacht Club concept, which combines an exclusive, private space with the advantages of a large ship — greater stability and comfort — while still offering amenities such as a casino, a theater, and all the activities that are difficult to find on smaller vessels.
The Yacht Club features its own restaurant, serving higher-quality cuisine, a private pool, and a 24-hour concierge service.
Cruises are clearly booming, but what about their environmental impact?
Each of our ships powered by liquefied natural gas reduces CO2 emissions by 20%, nitrogen emissions by nearly 85%, and sulfur oxide emissions by 99%. Looking ahead, our goal is to eliminate fossil fuels entirely by 2050.
As for water consumption on board — whether for pools, cleaning, or drinking — it is seawater that is desalinated using onboard systems. Finally, waste is sorted and recycled according to very strict standards.
What is the difference between the Yacht Club and your new Explora Journeys concept?
We currently have two ships offering this new concept, soon to be three, and a total of six ships within the next three years. Explora Journeys offers an even higher level of service — including suites, gourmet cuisine, thermal spa facilities — as well as more exclusive destinations.

Le restaurant SixSeven a récemment accueilli une masterclass dédiée aux vins de Mouton Rothschild — une immersion dans l’histoire d’un château devenu l’un des symboles les plus emblématiques de Bordeaux.
Tout commence à Francfort, à la fin du XVIIIe siècle, lorsque Amschel Mayer Rothschild, marchand devenu financier, pose les bases d’un empire familial en déployant ses cinq fils à travers les grandes capitales européennes. De la branche londonienne naît Nathaniel de Rothschild, qui s’installe à Paris et acquiert en 1853 le domaine de Brane-Mouton. À l’époque, la propriété n’est qu’un vignoble parmi d’autres, exploité à distance, destiné avant tout à alimenter une table familiale réputée dans toute l’Europe.
Le destin du château bascule avec son arrièrepetit-fils, le baron Philippe de Rothschild. Au début des années 1920, alors âgé d’à peine 20 ans, il reprend en main un domaine encore rudimentaire et décide d’en faire une œuvre à part entière. Visionnaire, il impose en 1924 la mise en bouteille intégrale au château — une révolution à Bordeaux —, fait construire un chai d’envergure et crée en 1930 Mouton Cadet. Son engagement pour la qualité et la reconnaissance du cru aboutit en 1973, lorsque Mouton Rothschild accède au rang de Premier Grand Cru Classé, unique révision du classement de 1855, scellée par une étiquette illustrée par Pablo Picasso.
Quatre vins, un territoire
C’est dans cet héritage que s’inscrit la dégustation présentée au SixSeven, guidée par Jean-Emmanuel Danjoy, qui supervise aujourd’hui la production des propriétés. La soirée s’ouvre avec Château d’Armailhac, acquis en 1933, dont les graves légères — ces sols drainants issus de dépôts anciens — donnent naissance à des vins d’une grande finesse aromatique. Le millésime 2020 séduit par son élégance et sa précision, tandis que le 2018, plus solaire, exprime une concentration remarquable. On poursuit avec Château Clerc Milon, au terroir plus argileux, offrant des vins profonds et structurés, puis avec Le Petit Mouton, second vin d’une grande rigueur. Enfin, Mouton Rothschild s’impose comme une synthèse magistrale : un Cabernet Sauvignon tendu, alliant ampleur, précision et équilibre.
Vivre la vigne
Entre deux verres, Danjoy rappelle le credo du Baron Philippe : « Vivre la vigne, la servir par la technique et l'honorer par l'art. » S’il se définit volontiers comme le chef d’orchestre de 115 permanents (et 500 lors des vendanges), sa vérité est ailleurs. Elle réside dans ce besoin viscéral de se confronter au terrain : « Ma période préférée, c'est quand je ferme l'ordinateur pour aller goûter les raisins. Là, personne n'a le droit de m'embêter. »
Au SixSeven, on a compris que le secret de Mouton Rothschild résidait peut-être dans ce va-et-vient perpétuel : entre le tumulte de la Grande Histoire et le silence sacré des vignes.


It all begins in Frankfurt at the end of the 18th century, when Amschel Mayer Rothschild, a merchant turned financier, laid the foundations of a family empire by dispatching his five sons across Europe’s major capitals. From the London branch came Nathaniel de Rothschild, who settled in Paris and acquired the Brane-Mouton estate in 1853. At the time, the property was simply one vineyard among many, managed from afar and primarily intended to supply a family table renowned throughout Europe.
The château’s destiny shifted with his greatgrandson, Baron Philippe de Rothschild. In the early 1920s, at just 20 years old, he took over a still rudimentary estate and resolved to turn it into a true life’s work. A visionary, he introduced complete estate bottling in 1924—a revolution in Bordeaux—built an impressive winery, and created Mouton Cadet in 1930. His relentless pursuit of quality and recognition culminated in 1973, when Mouton Rothschild was elevated to Premier Grand Cru Classé—the only revision to the 1855 classification—celebrated with a label illustrated by Pablo Picasso.
Four wines, one terroir
It is within this legacy that the tasting presented at SixSeven unfolds, led by Jean-Emmanuel Danjoy, who now oversees production across the estates.
The evening opens with Château d’Armailhac, acquired in 1933, whose light gravel soils— free-draining deposits formed over centuries— produce wines of remarkable aromatic finesse.
The 2020 vintage charms with its elegance and precision, while the sunnier 2018 expresses notable concentration.
The journey continues with Château Clerc Milon, whose more clay-rich terroir yields deeper, more structured wines, followed by Le Petit Mouton, a second wine of striking precision. Finally, Mouton Rothschild emerges as a masterful synthesis: a finely tuned Cabernet Sauvignon combining breadth, precision, and balance.
Living the vine
Between tastings, Danjoy recalls Baron Philippe’s credo: “To live the vine, to serve it through technique, and to honor it through art.” While he readily describes himself as the conductor of a team of 115 permanent staff (and up to 500 during harvest), his truth lies elsewhere—in a visceral connection to the land: “My favorite moment is when I close the computer and go out to taste the grapes. That’s when no one is allowed to bother me.”
At SixSeven, one thing becomes clear: the secret of Mouton Rothschild may well lie in this constant movement—between the turbulence of great history and the sacred silence of the vines.
SAVEURS | VODKA
Faites l'expérience surprenante d'un dîner gastronomique associé à une vodka au caviar.



Queen’s Caviar est une vodka haut de gamme unique en son genre, au goût pur et véritablement agréable à déguster. Née de la rencontre entre l’Orient et l’Occident, elle associe deux délices emblématiques — le caviar et la vodka — dont les saveurs luxueuses et complémentaires donnent naissance à une boisson d’une élégance rare et d’une finesse remarquable.
Portée aujourd’hui par la vision de Sacha Olinger, repreneur de la marque en 2025, Queen’s Caviar s’inscrit dans une dynamique de renouveau et d’excellence, mêlant tradition artisanale et ambition contemporaine. Il aura fallu près de deux années d’expérimentation pour atteindre un équilibre parfait : de nombreuses variétés de caviar et différents alcools ont été testés avant de sélectionner l’association idéale.
Le choix s’est finalement porté sur le prestigieux caviar Ossetra, réputé pour ses notes délicates de noisette et de sel marin, associé à un alcool de céréales certifié biologique. Le résultat est une vodka aux arômes subtilement équilibrés, à la fois douce et raffinée, qui se déguste aussi bien pure qu’en cocktail. Son processus de fabrication innovant, perfectionné au fil des mois, explique en grande partie sa réputation internationale croissante. Il permet d’imprégner la vodka de la signature aromatique du caviar haut de gamme, tout en conservant une texture harmonieuse où la richesse du caviar vient adoucir la puissance de l’alcool.
Dans cette recherche constante d’excellence et de créativité, Queen’s Caviar s’associe au restaurant étoilé La Villa de Camille et Julien pour proposer une expérience gastronomique inédite.
Le chef étoilé Julien Lucas incarne à Luxembourg l'excellence gastronomique à travers une approche novatrice de la cuisine. Dans son dernier chef-d'œuvre culinaire, il réussit à orchestrer un véritable ballet de textures et de saveurs, où chaque élément se répond avec une harmonie surprenante et parfaitement maîtrisée.
Cette collaboration met en lumière un plat signature audacieux : une glace aux morilles, accompagnée d’un espuma d’ail des ours et d’asperges de saison. Ce jeu de textures et de saveurs, à la fois surprenant et parfaitement maîtrisé, fait écho à l’univers sensoriel de la vodka, en soulignant ses notes subtiles et sa complexité aromatique.
Julien Lucas nous rappelle ainsi que la gastronomie est tout autant une expérience sensorielle qu'un art, où la créativité et la technique s'allient pour offrir un moment d'exception. Dans un cadre élégant et sophistiqué, ses plats se présentent comme de véritables œuvres d'art, captivant les convives bien au-delà du simple plaisir gustatif.
Ainsi La Queen’s Caviar s’impose comme une signature audacieuse dans l’univers des spiritueux d’exception, séduisant les amateurs en quête de nouvelles expériences sensorielles. Elle redonne également à la vodka ses lettres de noblesse, en la repositionnant comme un alcool de dégustation à part entière. Polyvalente, elle se savoure en digestif, en apéritif ou en cocktail, offrant à chaque instant une expérience unique.
Cette création ne se contente pas de ravir les papilles elle dialogue avec l’univers sensoriel de la vodka, mettant en lumière ses notes subtiles et sa complexité aromatique. Chaque gorgée devient une exploration, une invitation à découvrir les nuances délicates qui se cachent derrière cette spiritueuse raffinée.
C’est le choix idéal pour un cadeau d’exception ou pour célébrer des moments précieux. Et peut-être, tout simplement, l’occasion de s’offrir une expérience inoubliable.
Laissez-vous séduire par cette alchimie audacieuse, où la vodka ne se contente pas d’accompagner, mais devient le fil conducteur d’une expérience culinaire inoubliable.
Pour découvrir cette alliance exquise de saveurs, notamment La vodka Queens Caviar, nous vous convions à réserver votre table au Restaurant Gastronomique Camille et Julien (www.lavilla.lu). Ce sanctuaire culinaire, empreint d'élégance, est l’endroit parfait pour apprécier le talent du chef étoilé Julien Lucas.
Pour toute commande ou réservation, veuillez vous rendre à l'adresse suivante : www.queenscaviar.lu
Ne manquez pas cette occasion de vivre une expérience gastronomique inégalée, où chaque bouchée est une ode à la sophistication et au raffinement.
Queen’s Caviar is a unique high-end vodka, distinguished by its pure taste and truly enjoyable drinking experience. Born from the meeting of East and West, it brings together two iconic delicacies—caviar and vodka—whose luxurious and complementary flavors give rise to a drink of rare elegance and remarkable finesse.
Now driven by the vision of Sacha Olinger, who took over the brand in 2025, Queen’s Caviar is part of a dynamic of renewal and excellence, blending artisanal tradition with contemporary ambition. It took nearly two years of experimentation to achieve the perfect balance: numerous caviar varieties and different alcohol bases were tested before selecting the ideal combination.
The final choice fell on the prestigious Ossetra caviar, renowned for its delicate notes of hazelnut and sea salt, paired with a certified organic grain alcohol.
The result is a vodka with subtly balanced aromas, both smooth and refined, equally enjoyable neat or in cocktails. Its innovative production process, perfected over months, largely explains its growing international reputation. It allows the vodka to be infused with the aromatic signature of premium caviar while preserving a harmonious texture, where the richness of the caviar gently softens the strength of the alcohol.
In this constant pursuit of excellence and creativity, Queen’s Caviar has partnered with the Michelin-starred restaurant La Villa de Camille et Julien to offer a unique gastronomic experience.
Michelin-starred chef Julien Lucas embodies gastronomic excellence in Luxembourg through an innovative approach to cuisine. In his latest culinary masterpiece, he orchestrates a true ballet of textures and flavors, where each element interacts in a surprising yet perfectly controlled harmony.
This collaboration highlights a bold signature dish: a morel ice cream, accompanied by a wild garlic espuma and seasonal asparagus. This interplay of textures and flavors, both surprising and perfectly mastered, echoes the sensory universe of the vodka, emphasizing its subtle notes and aromatic complexity.
Julien Lucas thus reminds us that gastronomy is as much a sensory experience as it is an art form, where creativity and technique combine to deliver an exceptional moment. In an elegant and sophisticated setting, his dishes are presented as true works of art, captivating guests far beyond simple taste.
In this way, Queen’s Caviar establishes itself as a bold signature in the world of exceptional spirits, appealing to enthusiasts seeking new sensory experiences. It also restores vodka to its former prestige, repositioning it as a true sipping spirit. Versatile, it can be enjoyed as a digestif, an aperitif, or in cocktails, offering a unique experience at every moment.
This creation does more than delight the palate—it engages in a dialogue with the sensory universe of vodka, highlighting its subtle notes and aromatic complexity. Each sip becomes an exploration, an invitation to discover the delicate nuances hidden within this refined spirit.
It is the ideal choice for an exceptional gift or to celebrate precious moments— or simply an opportunity to treat yourself to an unforgettable experience. Let yourself be seduced by this bold alchemy, where vodka does not merely accompany but becomes the guiding thread of an unforgettable culinary experience.
To discover this exquisite alliance of flavors, including Queen’s Caviar vodka, we invite you to reserve a table at the gastronomic restaurant Camille et Julien (www.lavilla.lu). This elegant culinary haven is the perfect place to appreciate the talent of Michelin-starred chef Julien Lucas.
For any orders or reservations, please visit: www.queenscaviar.lu
Don’t miss this opportunity to enjoy an unparalleled gastronomic experience, where every bite is an ode to sophistication and refinement.
queenscaviar.lu


The man who built a global wellness powerhouse from Luxembourg.

Rolf Sorg is the kind of man who acts rather than talks. The global wellness powerhouse he has built is proof enough.
CEO&Founder of PM-International AG, headquartered in Schengen, the entrepreneur has, in just over three decades, created a group present on several continents. The company’s growth has been driven by a global community of independent entrepreneurs and its flagship brand FitLine. This success is anything but accidental. In his case, everything seems to stem from a carefully constructed vision: an obsession with product quality, a confident international strategy, and a very refined understanding of the entrepreneurial mindset.
When he founded his company in 1993, Rolf Sorg was only 29 years old. At the time, the dietary supplements industry had not yet reached the scale we know today, and the wellness sector remained a niche market. He already saw it as a land of opportunity. His intuition was simple: consumers would increasingly seek to take control of their own health, and they would demand effective products distributed through networks capable of building genuine trust.
Thirty years later, that intuition has turned into a remarkable success story. FitLine products are distributed in more than 100 countries, and PMInternational has established itself as one of the leading players in functional nutrition. Yet behind this international expansion stands a surprisingly discreet man. Not one to seek the spotlight, Rolf Sorg prefers to speak about his teams, his partners, and the corporate culture he has built.
As he likes to say: “We’re not just building a business — we’re building a legacy that improves people’s lives.”
Dressed in a dark suit, with a direct gaze and a confident handshake, he welcomes his guests with the ease of someone who has nothing left to prove.
The conversation begins, and very quickly one thing becomes clear: behind the economic success stands, above all, an entrepreneur driven by an almost instinctive understanding of business.
It is precisely this vision — and the journey that made it possible — that we wanted to explore with him.
: When you look back at the path you have taken, what moment truly marked the turning point toward success?
Over the last 33 years, there were quite a few turning points that defined success. However, it developed over time, slowly and steadily, through many small steps that built on each other. The important realization is: Success is a marathon, not a sprint.
One of the biggest turning points for me was 1997. We were right at the beginning of building up the company with more than 20 million in sales, yet I started to notice that there was no liquidity in our accounts. I had to bite the bullet and ask my father for help – and looking back, I am extremely glad that I did. He was a well-established entrepreneur with a successful business, and just retired at that time. He had one hard look and then told me that we had too many international sales that were invoiced, yet not being paid. This of course resulted in great numbers in our books, yet the money never ended up being in our accounts. My father then went on to establish a very dedicated financial controlling. You cannot believe, how difficult it was for me to jump over my own shadow and ask my father for help, but he was there for me.
This directly led to the second big turning point. Until then, I was mostly filling my day with the sales activities and meetings because it was most natural and fun for me. However, I noticed that this was just an excuse for me to stay in my comfort zone, and I wasn’t doing what’s necessary. I was too focused on sales and had to pivot my attention to the finance and operations of my company as well.
So I divided my day into two parts, half sales, half operations and finance – and it worked. Within just one year, my role as CEO was completely changed, as well as our financial structure. Since 1998 – and until this day – PM-International is a financially very healthy company, and I have to thank my father for that. He gave me the insight and the push I needed.
The journey included many more challenges, as every entrepreneurial path does. Each one needed reflection, changes, and a solutionoriented mindset. Over time, this perspective became second nature: “Problems” do not exist, it’s only in your head. Nothing is unsolvable, and the challenges we face are not barriers, they are opportunities to learn and improve.
At its core, success was never about numbers alone. It was always about people. About creating real opportunities and offering a way to improve quality of life with PM-International’s business opportunity and our FitLine products. Seeing hundreds of thousands of people take that opportunity remains the most meaningful achievement and continues to be the driving force until today.
Did you have the ambition from the very beginning to build an international company?
From the very beginning, the ambition extended far beyond building a small, local company. The vision was to create something sustainable, something meaningful, and something that could grow over generations. From the very first steps, until today, there is a vision statement on the walls of each of our offices with what we want to achieve since day 1: Worldwide market leadership in the development and distribution of of high quality products for health, fitness, and beauty. With PM-International, the focus always remained on people rather than short-term profit. The company developed with a strong sense of responsibility toward its partners, built on trust, stability, and long-term thinking. It was never about maximizing quick results, rather about creating a solid foundation that allows growth to happen naturally. At the same time, the vision itself was always global. That ambition shaped every early decision.
Thinking beyond local markets came naturally. Expansion into Asia (Malaysia) in 2003 marked an early step in this direction and showed that the model could work internationally. One thing proved crucial: With the opening of the International Headquarters in Schengen in 2015, we successfully implemented our strategic Headquarter-concept. Our organisation changed and since then is strategically led by our European (Speyer, Germany), Asia-Pacific (Singapore), and Americas (Sarasota, Florida) Headquarters. This change allowed us to go beyond individual market strategies and think “bigger picture”.
Today, with subsidiaries in almost 50 countries, international growth has become part of everyday business. Digital development and global connectivity have made it easier than ever to build strong, cross-border partnerships, creating a truly connected global community.
What was the most decisive obstacle you had to overcome at the start of your journey?
There were many, and one that stood out was right at the very beginning, on the first day of business. The office had just opened its doors, and shortly after, a competitor attempted to shut the company down through legal action. Two injunctions were delivered in person, creating a situation that was completely unexpected and unfamiliar to me. My first reaction was uncertainty, as anyone would experience in such a moment. Yet very quickly, my focus shifted toward finding a solution. Instead of reacting passively, I chose to take immediate action. A small detail made the difference: I noticed that both documents carried the signature of the same judge. That observation opened a path forward. I drove directly to the courthouse and asked for a short meeting with the judge... and he agreed. A few minutes turned into a longer conversation.
By calmly explaining the situation and clarifying the facts, the entire perspective changed. In the end, the judge understood it was completely

false claims, took the documents and tore them apart. He just said “Mr. Sorg, please continue the business with your company!”. Within a matter of hours, the company moved from being shut down to being fully operational again.
This experience created a mindset that I still have today. Courage, responsibility, and decisive actions are essential, especially in critical moments. It also reinforced the importance of stepping outside your comfort zone and actively shaping outcomes rather than waiting for them.
What were the three most important decisions that proved crucial to the success of your company?
Success is rarely the result of one single decision. It is a combination of daily choices and key moments that are important – sometimes you only know it by looking back at them.
My first crucial decision for example began with a personal experience. My grandmother, who played a central role in my life, was facing health challenges back in the early 1990s. Around that time, I came across an article about Coenzyme Q10 in a newspaper. On most days, such an advertisement would have gone unnoticed, yet in that moment it caught my attention.
This small moment led me to look into the topic of supplements in depth. I contacted the scientist who was behind the advertisement, learned about the product, and began to understand the broader field of prevention. Q10 eventually became the first FitLine product and even contributed positively to my grandmother’s wellbeing. In the 1990s,
supplements were not part of daily life at all, and I thought “Why not?!”. I saw a Blue Ocean Strategy, right there and then. There were no premium products available on the market anywhere. This experience helped me to find the right niche for my business. And here we are, some 33 years and over 1 billion FitLine products sold later.
Another important decision was to stay true to our values. Trust, partnership, and a strong sense of community became central elements of PMInternational’s culture. I wanted to create a family company with clear commitments to our partners that creates lasting quality of life improvements with our products. We always want to develop further, and offer more options – yet never lose focus of why we are doing this. With our business opportunity, on the other hand, we always wanted to offer everyone – regardless of where they are from, and fully equal – the opportunity to create an extra income with no risk, the freedom to choose their work time, and the ability to have fun while doing so.
Today, the wellness and dietary supplements market is extremely competitive. What sets you apart?
In a highly competitive market like ours, small details become key differentiators.
Our approach has always been centered around quality, innovation, and a scientific foundation. Close collaborations with institutions such as the Luxembourg Institute of Science and Technology (LIST) and the University of Applied Sciences Upper Austria allow us to continuously research

and develop new FitLine products with a longterm perspective. THE key differentiator is our exclusive Nutrient Transport Concept® , developed over decades of experience. It delivers the nutrients when they are needed, where they are needed – to the cellular level from inside and outside. 32 year of research went into it, and until today it is unmatched.
We also invest heavily in maximum safety, highest quality ingredients, as well as make sure to experience the best results with our FitLine products. To guarantee a continuous high product quality, they are regularly and independently tested by ELAB Analytics, and all have a QR code printed on them to access the results. More than 1,000 top athletes from over 40 nations trust in FitLine’s products. As the official supplier of numerous sports organizations and national teams, among them the ATP Tour for men's elite tennis, the German Ice Hockey Federation (DEB), and many others, we are supporting sports at the highest level for decades. The product safety of FitLine is a major reason for our success among professionals and ambitious athletes: Most products are part of the Cologne List®, an independent testing entity to ensure clean sports – something I am very proud of. Of course, our scientific advisory board consisting of experts in the fields of medicine, nutrition, and biochemistry, work tirelessly to innovate our products.
By now, we hold over 100 patents for our products and the technologies connected to them. All of our energy and focus goes into making the best premium supplements available.
« We’re not just building a business — we’re building a legacy that improves people’s lives »
How do you manage to remain innovative and relevant over such a long period of time?
At the core, it always comes down to focus. A clear direction and a burning desire to keep improving, no matter how long you have been in the business. Innovation is not a one-time, single achievement; it is an ongoing process in everything we do. It is part of the mindset, part of the culture, and part of the daily decisions that shape the company over time.
At PM-International, innovation does not begin with trends, it begins with curiosity. It requires the willingness to constantly question what already exists and to look for better, more sustainable solutions. Progress comes from refining products over and over, improving processes, and staying open to new ideas, even after many years of success.
Flexibility and openness to change play a crucial role in this. Markets evolve, technologies develop, and expectations shift. Staying relevant means accepting change rather than resisting it, and having the courage to adapt early.
A very clear example emerged during the global COVID-19 pandemic, which required rapid adjustments across all industries. Due to early investments in digital infrastructure – long before the pandemic began – it was possible for us to transition quickly and effectively. With hundreds of thousands of our partners at risk, to keep in mind. Our preparation allowed our partners to continue their activities with minimal disruption and provided a sense of stability in a highly uncertain time. We faced the challenge, changed to the already prepared solutions, and made the impossible possible.
At the same time, innovation has never been limited to technology alone. Maintaining strong personal connections within the global network was, and still is, one of our main pillars. Digital tools made communication easier and more efficient, yet the human element remained at the center of everything we do. Trust, relationships, and a shared vision continue to define the strength of the business.
In the end, staying innovative means paying attention – listening, learning, and moving forward. It is about innovation with intention, while never losing sight of the values that created success in the first place.
With experience, has your leadership style evolved?
Absolutely, you never stop learning! Leadership naturally evolves with experience, every success and failure help you to learn and improve your leadership skills.
An early experience left a lasting impression for me: When I first started to work in Direct Selling, before PM-International even existed, I always wanted to get my dream car. I worked hard and became the top salesman at the company I worked for. And finally, I bought the luxury car. While it represented a milestone for me, it also created unexpected challenges... My team started
to distance themselves from me. A conversation with the founder of the company provided valuable perspective. His words were simple, yet powerful: “Leadership needs to be authentic. You are one of them, not someone better.” This insight fundamentally changed my understanding of leadership. Since then, the focus has remained on staying grounded, approachable, and closely connected to the people within the organization. Leadership is not about status; it is about responsibility and service.
I have a symbol, that grounds me every day. I am wearing a spark plug around my neck, which serves as a reminder of where I come from. I used to work as a car mechanic right after school, a really good one actually (chuckles). I always put in more effort to make some money on the side, repairing cars of friends and family after business hours. When I went to university to study engineering, my lifestyle dropped drastically, and that’s when I discovered Direct Selling, our business model. My necklace reminds me every day of the beginnings, the value of hard work, where I started. It helps me to stay connected to my roots and values, as well as staying focused on what truly matters.
My journey is ultimately what I want to offer to others: a complete quality of life change. Leadership shifted from individual success to a broader purpose. I do understand my responsibilities are to serve the people that put their trust in me, and our business, and this is what motivates me every day.
Why did you choose Luxembourg as the location for your headquarters?
The decision to establish the International Headquarters in Schengen was both strategic and symbolic. There is no place that is more international in Europe! Just from my office window, I can see three countries!
Situated at the heart of Europe, Schengen represents connection across borders and cultures, reflecting the international mindset of the company. Luxembourg offers a stable political and economic environment, combined with a high quality of life. These factors create a strong foundation for long-term development and sustainable growth.
The country’s international character also falls in line with the company’s structure. It is a true melting pot of cultures and ideas. For us, it was clear that an international company can only be build with an international team – and Luxembourg is perfect for that. At the headquarters alone, employees from nearly 40 nationalities work together, bringing in diverse perspectives and enriching our daily business.
This presence also brings a sense of responsibility. Investing locally, creating employment opportunities, and contributing to the broader economic landscape form an integral part of our long-term vision.
Because sustainable success is not only measured by growth, it is also defined by the value created for others.
Vibrez avec cette fresque épique sur les courageux équipages des “Forteresses du ciel”.
Texte David Bail Photos Apple TV
Il y a des séries qui divertissent, et d’autres qui marquent durablement. Masters of the Air appartient sans hésitation à la seconde catégorie. Ayant découvert récemment cette fresque de récit de guerre produite en 2024 par Steven Spielberg et Tom Hanks, je suis encore sous le choc. Cette série s’impose comme une immersion vertigineuse dans les cieux tourmentés de la Seconde Guerre mondiale — là où le courage se mesure à 25 000 pieds d’altitude.
Adaptée de l’ouvrage de Donald L. Miller et portée par l’écriture précise de John Orloff, la série suit les hommes du 100th Bomb Group, surnommé le “Bloody Hundredth”. Une unité dont la réputation s’est forgée autant dans la bravoure que dans les pertes tragiques. Ici, pas de glorification facile : chaque mission est une loterie, chaque vol une confrontation directe avec la mort. Dès les premières minutes, Masters of the Air impose son esthétique. L’image est froide, métallique, presque clinique — à l’image de ces bombardiers qui fendent un ciel hostile. Le réalisme est saisissant : le bruit assourdissant des moteurs, le givre qui s’accroche aux visages, le manque d’oxygène qui engourdit les corps. On ne regarde pas simplement la série, on la ressent physiquement. Et c’est précisément là que réside sa force. Mais au-delà de la prouesse technique, la série se distingue par son regard profondément humain. Ces pilotes ne sont pas des archétypes héroïques, mais de jeunes hommes projetés dans une violence qui les dépasse. Certains tombent, d’autres survivent, tous sont marqués. Le véritable sujet de la série n’est pas la guerre en elle-même, mais son empreinte psychologique. La peur, la camaraderie, la culpabilité du survivant — autant de thèmes traités avec une retenue élégante, presque pudique.
Dans un paysage audiovisuel saturé de contenus spectaculaires, Masters of the Air choisit une autre voie : celle de la densité émotionnelle. Elle rappelle, dans son approche, les grandes productions comme Band of Brothers ou The Pacific, tout en affirmant une identité propre, plus aérienne, plus introspective. Là où ces dernières exploraient la guerre au sol, ici tout se joue dans un espace suspendu, presque irréel. Visuellement, la série tutoie parfois le cinéma. Chaque séquence aérienne est chorégraphiée avec une précision remarquable, oscillant entre chaos et beauté. Car il y a, paradoxalement, une forme de poésie dans ces formations de bombardiers traversant les nuages, comme si la guerre elle-même cherchait à se draper d’une certaine esthétique. Une illusion rapidement brisée par la violence brute des affrontements.
Au fond, Masters of the Air n’est pas seulement une série de guerre. C’est une méditation sur le courage, la fragilité humaine et le prix du devoir. Une œuvre qui rappelle que derrière chaque uniforme se cache une histoire, souvent brisée, parfois héroïque, toujours profondément humaine.
Dans un monde où l’on consomme les images à la vitesse du scroll, cette série impose un rythme différent. Elle demande de l’attention, de l’engagement. Et offre en retour une expérience rare : celle d’un récit qui élève — au sens propre comme au figuré.


« Un souci du détail qui explique en partie le budget colossal de la série, parmi les plus élevés jamais engagés pour une production télévisée. »

There are series that entertain, and others that leave a lasting impression. Masters of the Air unquestionably belongs to the latter. Having only recently discovered this sweeping war epic produced in 2024 by Steven Spielberg and Tom Hanks, I am still reeling. The series stands as a vertiginous immersion into the turbulent skies of World War II—where courage is measured at 25,000 feet.
Adapted from the book by Donald L. Miller and driven by the precise writing of John Orloff, the series follows the men of the 100th Bomb Group, known as the “Bloody Hundredth.” A unit whose reputation was forged as much through bravery as through devastating losses. There is no easy glorification here: every mission is a gamble, every flight a direct confrontation with death. From the very first moments, Masters of the Air establishes its aesthetic. The visuals are cold, metallic, almost clinical—much like the bombers slicing through hostile skies. The realism is striking: the deafening roar of engines, the frost clinging to faces, the lack of oxygen numbing the body. You don’t simply watch the series—you feel it. And that is precisely where its strength lies.
Yet beyond its technical prowess, the series distinguishes itself through its deeply human perspective. These pilots are not heroic archetypes, but young men thrown into a violence far greater than themselves. Some fall, others survive—none remain untouched. The true subject is not the war itself, but its psychological imprint. Fear, camaraderie, survivor’s guilt—each theme is handled with elegant restraint, almost quietly.
In a landscape saturated with spectacle, Masters of the Air takes a different path: that of emotional depth. It echoes landmark productions like Band of Brothers and The Pacific, while asserting its own identity—more aerial, more introspective. Where those explored war on the ground, this unfolds in a suspended, almost unreal space.
Visually, the series often reaches cinematic heights. Each aerial sequence is choreographed with remarkable precision, oscillating between chaos and beauty. There is, paradoxically, a certain poetry in these formations of bombers crossing the clouds—as if war itself sought to cloak itself in aesthetic form, an illusion quickly shattered by the raw violence of combat.
At its core, Masters of the Air is not just a war series. It is a meditation on courage, human fragility, and the cost of duty. A work that reminds us that behind every uniform lies a story—often broken, sometimes heroic, always profoundly human.
In a world where images are consumed at the speed of a scroll, this series demands something different. It asks for attention, for engagement—and offers in return a rare experience: a story that elevates, both literally and figuratively.
« An attention to detail that partly explains the series’ colossal budget, among the highest ever committed to a television production. »



Les nouvelles fragrances emblématiques des grandes maisons de luxe à possèder cette année.

Montblanc, Neroli Letters
Inspiré de notes de voyage manuscrites et du charme intemporel de la Méditerranée, Entre fraîcheur d'agrumes et élégance boisée. 123,90 € en 125 ml Chez Ici Paris XL

Dior, Cuir Saddle
Imaginé par Francis Kurkdjian, ce parfum réinvente l’accord cuir avec douceur et sensualité. Lumière des fleurs blanches, sublimées par des bois légers.
295 € en 100 ml
Chez Galeries Lafayette

Gucci, Lignum Idealis
Une eau de parfum qui célèbre le séquoia géant, mêlant notes boisées, épices capturées par technologie headspace, douceur crémeuse du santal et fraîcheur aromatique des baies de genévrier.
345 € en 100 ml
Chez Gucci

Tom Ford, Oud Voyager
Une fragrance inspirée de l’Orient, mêlant oud, géranium et pivoine. Elle s’inscrit dans la tradition des parfums Tom Ford : opulents, sensuels et très identitaires.
355 € en 100 ml
Chez Galeries Lafayette

Bleu de Chanel, l'Exclusif
Ce Bleu de Chanel accentue ses notes boisées emblématiques, enrichies de nuances cuirées, ambrées et résineuses, créant un parfum mystérieux et chaleureux, insaisissable.
241,50 € en 100 ml
Chez Ici Paris XL







Quand le bouton de manchette devient une pièce de haute joaillerie.

Oublié de nos jours, le bouton de manchette apporte pourtant la touche finale, celle qui révèle le sens de l'élégance et du détail. Il procure à celui qui le porte un raffinement subtil.
Dans un univers du luxe souvent dominé par l’éphémère, David Gotlib fait le pari de l’intemporalité. Issu d’une famille de diamantaires, il fonde en 2016 sa propre maison avec une idée simple : transformer le bouton de manchette en véritable objet de valeur, capable de traverser les générations. Ses créations se distinguent par leur raffinement et leur exigence. Réalisées en or recyclé 18 carats, elles sont serties de diamants naturels certifiés et de pierres précieuses soigneusement sélectionnées. Chaque pièce est conçue et produite à Anvers, capitale mondiale du diamant, pour être durable, élégante et transmissible.
Avec ses lignes architecturales et ses contrastes de couleurs, le créateur redéfinit le bouton de manchette comme une véritable pièce de joaillerie masculine. Plus qu’un accessoire, il devient une signature personnelle — un détail qui affirme le style tout en incarnant un héritage destiné à durer.


Often overlooked today, the cufflink nonetheless provides the finishing touch — the detail that reveals a true sense of elegance and attention to detail. It lends the man who wears it a subtle refinement.
In a world of luxury often dominated by the ephemeral, David Gotlib has chosen the path of timelessness. Coming from a family of diamond dealers, he founded his own house in 2016 with a simple idea: to transform the cufflink into a true object of value, capable of being passed down through generations.
His creations stand out for their refinement and exacting standards. Crafted in 18-carat recycled gold, they are set with certified natural diamonds and carefully selected precious stones. Each piece is designed and produced in Antwerp, the world capital of diamonds, to be durable, elegant and made to be passed on.
With architectural lines and striking colour contrasts, the designer redefines the cufflink as a true piece of men’s jewellery. More than an accessory, it becomes a personal signature — a detail that affirms style while embodying a legacy meant to last.
davidgotlib.be



Le vestiaire de cet été se décline en silhouettes légères, coupes fluides et matières respirantes. Le brun et le vieux rose sont les couleurs qui s’imposent avec évidence.




Cet été, restez à l'abri des regards avec élégance.

1. Cartier, CT0468S
La collection Décor C de Cartier rend hommage à la Maison à travers deux esthétiques distinctes. L'une, Décor C Classique, orne les branches d'un C majuscule, tandis que l'autre, Décor C Allongé, joue avec l'initiale de la Maison pour créer un motif unique. 1037€
Chez Optique Moitzheim
2. Jacques Marie Mage, Senna 1991 Une collection de lunettes en édition limitée rend hommage à la vie et à l'héritage de la légende de la Formule 1, Ayrton Senna. Génie de la course automobile aux multiples facettes, intransigeant, animé d'un amour profond pour sa famille et son pays, il est devenu, grâce à ses exploits sur les circuits comme en dehors, un symbole d'excellence tant aimé qu'intemporel. 1105€
Chez Optique Moitzheim
3. John Dalia, Kai Cette monture unisexe aux lignes géométriques allie une armature en titane, des détails métalliques et des éléments en acétate dans un savant mélange de matériaux. 714€
Chez Optique Moitzheim

* Voted one of the most beautiful terraces of the year
The rooftop restaurant in the heart of Luxembourg City
SixSeven has been designed as a cocoon of subtlety. A special and unique break on the 6th and 7th floors of the fabulous Royal Hamilius building. Enjoy lunch, dinner, a snack or a cocktail with a breathtaking view over the city. SixSeven offers genuine, modern, gourmet cuisine. Indoors or on our peaceful rooftop, SixSeven is an invitation to travel, for every moment of the day.
SixSeven | Bar Restaurant Rooftop | Bistronomic cuisine 103 Grand-Rue, L-1660 Luxembourg
Sunday to Thursday: 12 noon to midnight, Friday & Saturday: 12 noon to 1 am, Sunday Brunch: 11.30 am to 3.30 pm +352 26 26 26 67 | restaurantsixseven.lu
Une start-up luxembourgeoise lance des agents IA qui ne se contentent pas de répondre à vos clients : ils agissent.

Face à des clients toujours plus exigeants et connectés, les entreprises doivent aujourd’hui gérer des volumes croissants de demandes tout en garantissant réactivité et qualité. C’est dans ce contexte que la start-up luxembourgeoise Godia.ai propose une solution qui va bien au-delà du simple chatbot : une plateforme d’agents IA conversationnels qui ne se contentent pas de répondre, mais qui agissent. Là où les chatbots se limitent à dialoguer, les agents Godia exécutent des actions concrètes : qualification de prospects, prise de rendezvous, envoi de documents, création de fiches CRM, relances commerciales. Le tout 24 h/24 et dans 55 langues, automatisant jusqu’à 70 % des interactions client.
Godia.ai repose sur une architecture unique : deux intelligences complémentaires. Du côté client, l’Agent IA comprend le contexte, détecte les intentions et exécute. Du côté entreprise, Godia Copilot, un cockpit intelligent, analyse les conversations en temps réel, identifie les tendances et aide l’équipe à piloter son service client. C’est cette double couche, opérationnelle et analytique, qui distingue véritablement Godia.ai des solutions traditionnelles. Autre atout majeur : un service 100 % clé en main. Contrairement aux outils qu’il faut configurer soi-même, Godia.ai repose sur un accompagnement intégralement pris en charge par ses experts, qui conçoivent, entraînent et déploient chaque agent en quelques jours, sur mesure. La plateforme s’adapte aujourd’hui à plus de 26 secteurs d’activité, du e-commerce à l’immobilier, en passant par la santé ou l’hôtellerie, et est déjà déployée auprès de clients luxembourgeois dans la restauration, la sécurité, la construction ou encore les collectivités.
Hébergée au cœur de l’Europe et conforme au RGPD, la solution garantit un haut niveau de sécurité et de souveraineté des données. En combinant action, intelligence contextuelle et pilotage continu, Godia.ai s’impose comme un acteur luxembourgeois prometteur de la transformation du service client à l’ère de l’intelligence artificielle.
Faced with increasingly demanding and connected customers, companies today must manage growing volumes of requests while ensuring responsiveness and quality. It is in this context that the Luxembourg-based start-up Godia. ai offers a solution that goes far beyond a simple chatbot: a platform of conversational AI agents that do not just respond, but take action. Where traditional chatbots are limited to dialogue, Godia’s agents execute concrete tasks: lead qualification, appointment scheduling, document sending, CRM record creation, and sales follow-ups. All of this operates 24/7 and in 55 languages, automating up to 70% of customer interactions.
Godia.ai is built on a unique architecture: two complementary intelligences. On the customer side, the AI Agent understands context, detects intent, and executes actions. On the business side, Godia Copilot, an intelligent cockpit, analyzes conversations in real time, identifies trends, and helps teams manage their customer service operations. It is this dual layer—operational and analytical—that truly sets Godia.ai apart from traditional solutions.
Another major advantage is its fully turnkey service. Unlike tools that require self-configuration, Godia.ai provides end-to-end support handled entirely by its experts, who design, train, and deploy each agent within a few days, tailored to specific needs. The platform currently adapts to more than 26 industries, from e-commerce to real estate, including healthcare and hospitality, and is already deployed with Luxembourg-based clients in sectors such as food service, security, construction, and public institutions.
Hosted in the heart of Europe and fully compliant with GDPR, the solution ensures a high level of data security and sovereignty. By combining action, contextual intelligence, and continuous oversight, Godia.ai is emerging as a promising Luxembourg-based player in the transformation of customer service in the age of artificial intelligence.
Request a free demo at Godia.ai/contact


P22 Interior Design crée un cadre qui met en valeur votre personnalité et allie qualité de vie et esthétique intemporelle. Nos projets ne suivent pas les tendances éphémères, mais reflètent le caractère de leurs occupants. Cette singularité crée un charme naturel dans lequel vous vous sentez chez vous. Nous vous proposons un service complet, de la conception à la planification et à la réalisation.

P22 Interior Design creates a passepartout for your individuality and combines quality of life with timeless aesthetics. Rooms by P22 are not based on fast-moving trends, but on the character of their inhabitants. This uniqueness creates a relaxed charm that makes you feel at home. We offer a comprehensive service, from design to execution.
N‘hésitez pas à nous contacter. Nous nous réjouissons de découvrir votre projet!
Get in touch with us. We look forward to your project!
Palais 22 Interior Design GmbH +49 69 69 71 86 93 info@p22interior.design www.p22interior.design p22_interior_design Des espaces
qui ont



élégantes qui ont du caractère ! Elegant living with personality!
Dans le monde du luxe, rares sont les marques qui réussissent à conjuguer héritage, performance et désir urbain. Moncler en fait partie. Fondée en 1952 par René Ramillon et André Vincent à Monestier-de-Clermont, un petit village près de Grenoble, la maison naît avec une mission simple : protéger les travailleurs de haute montagne. Au départ, Moncler fabrique des sacs de couchage matelassés, des capes à capuche doublées et des tentes, conçus pour résister aux conditions extrêmes des Alpes.
Dès 1954, ses premières vestes techniques équipent des expéditions prestigieuses, comme celle de K2 et du Karakoram, saluées pour leur performance par le célèbre alpiniste Lionel Terray. L’innovation continue avec des expéditions au Makalu et en Alaska, jusqu’à devenir fournisseur officiel de l’équipe française de ski pour les Jeux Olympiques d’hiver de 1968 à Grenoble, adoptant le fameux logo au coq qui reste aujourd’hui emblématique.
Dans les années 1980, le matelassé Moncler quitte la montagne pour la ville, s’imposant comme icône de style grâce aux couleurs vives et à la communauté des « Paninari ». En 2003, Remo Ruffini prend les rênes de la maison et propulse Moncler dans le luxe contemporain, tout en restant fidèle à ses racines alpines. Les collections Gamme Rouge et Gamme Bleu réinventent le vêtement technique en haute couture, tandis que Grenoble et les boutiques urbaines installent la marque sur la scène internationale.


Avec Moncler Genius et ses projets immersifs comme The City of Genius, la marque devient plateforme de co-création, mêlant design, art, sport et culture. En 2025, Moncler Grenoble présente sa collection automne-hiver sur le tarmac enneigé du Courchevel Altiport, symbole de cette philosophie : l’altitude comme attitude, où performance et style s’élèvent ensemble. Moncler n’est plus seulement un vêtement ; c’est une histoire de montagne, de style et d’innovation transgénérationnelle.

In the world of luxury, few brands manage to combine heritage, performance, and urban desirability — Moncler is one of them. Founded in 1952 by René Ramillon and André Vincent in Monestier-de-Clermont, a small village near Grenoble, the house was born with a simple mission: to protect highaltitude workers. In its early days, Moncler produced quilted sleeping bags, lined hooded capes, and tents, all designed to withstand the extreme conditions of the Alps.
By 1954, its first technical jackets were outfitting prestigious expeditions, including K2 and the Karakoram, praised for their performance by the renowned mountaineer Lionel Terray. Innovation continued with expeditions to Makalu and Alaska, until Moncler became the official supplier of the French ski team for the 1968 Winter Olympics in Grenoble, adopting the iconic cockerel logo that remains emblematic today.
In the 1980s, the Moncler puffer jacket left the mountains for the city, becoming a style icon thanks to its vibrant colors and the youth subculture known as the “Paninari.” In 2003, Remo Ruffini took the helm of the house, propelling Moncler into contemporary luxury while staying true to its Alpine roots.

The Gamme Rouge and Gamme Bleu collections reimagined technical clothing as haute couture, while Moncler Grenoble and urban boutiques established the brand on the international stage.
With Moncler Genius and immersive projects like The City of Genius, the brand has become a platform for co-creation, blending design, art, sport, and culture. In 2025, Moncler Grenoble presented its Fall/Winter collection on the snowy tarmac of Courchevel Altiport — a symbol of the brand’s philosophy: altitude as attitude, where performance and style rise together.
Moncler is no longer just clothing; it is a story of mountains, style, and intergenerational innovation.


Jason Wilbur revisite le jeu d'échec et le transforme en un objet industriel extraordinaire.
Le designer américain est connu des amateurs de beaux objets pour créer des montres mécaniques de luxe indépendantes, conçues comme des super-machines. Selon ses propres mots : « Nous ne fabriquons pas de montres. Nous fabriquons des supermachines qui, par hasard, donnent l'heure. »
La marque explore des concepts radicaux ; le dernier né est ce jeu d’échecs baptisé Battlefield MK1. Une machine façonnée autour de la stratégie, de la tension et de la présence. Un objet d’art industriel conçu pour trôner sur une table, à l’instar d’une sculpture dans une pièce. Chaque pièce est produite dans le cadre d’une édition limitée à dix exemplaires, à réserver sur son site wilburco.com.

The american design is known among connoisseurs of fine objects for creating independent luxury mechanical watches, conceived as supermachines. In his own words: “We don’t make watches. We make supermachines that, by chance, tell the time.”
The brand explores radical concepts; its latest creation is a chess set named Battlefield MK1. A machine shaped around strategy, tension, and presence. An industrial art object designed to sit proudly on a table, much like a sculpture within a space. Each piece is produced as part of a limited edition of ten, available for reservation on his website, wilburco.com.



























Le constructeur d'hypercar Koenigsegg se lance dans l'aéronautique.

Après avoir conquis la route avec certaines des machines les plus spectaculaires de l’histoire automobile, le constructeur suédois regarde désormais vers le ciel.
L’idée d’un avion signé Koenigsegg pourrait sembler audacieuse. Pourtant, elle apparaît presque naturelle lorsque l’on observe les voitures de la marque. Les hypercars comme la Koenigsegg Jesko ou la Koenigsegg Gemera ne sont pas seulement des démonstrations de puissance brute ; ce sont des exercices d’aérodynamique appliquée, où chaque surface, chaque canal d’air, chaque gramme de carbone est étudié avec une précision quasi aéronautique. Depuis quelque temps, Christian von Koenigsegg explore justement cette frontière. Un brevet récemment déposé révèle un concept d’avion au design radical, reposant sur une architecture dite « closed-wing », dans laquelle les ailes se rejoignent pour former une boucle continue. Une idée aussi élégante que technique : en reliant les extrémités des ailes, cette structure permettrait de réduire la traînée aérodynamique et d’améliorer l’efficacité en vol. Autrement dit, exactement le type de solution ingénieuse que l’on attend d’un constructeur qui a bâti sa réputation sur l’innovation. L’histoire rend d’ailleurs cette ambition presque poétique. Le siège de Koenigsegg se trouve à Ängelholm, en Suède, sur une ancienne base de l’armée de l’air. Le célèbre logo du fantôme qui orne les voitures de la marque est lui-même un hommage à l’escadron qui occupait autrefois les lieux. Depuis toujours, l’aviation flotte dans l’ADN de la maison.

After conquering the road with some of the most spectacular machines in automotive history, the Swedish manufacturer Koenigsegg is now looking toward the sky.
The idea of an aircraft bearing the Koenigsegg name may sound audacious. Yet it appears almost natural when one considers the brand’s cars. Hypercars such as the Koenigsegg Jesko or the Koenigsegg Gemera are not merely displays of raw power; they are exercises in applied aerodynamics, where every surface, every air channel, every gram of carbon is studied with near-aeronautical precision.
For some time now, Christian von Koenigsegg has been exploring precisely this frontier. A recently filed patent reveals a radically designed aircraft concept based on a so-called “closed-wing” architecture, in which the wings connect to form a continuous loop. The idea is as elegant as it is technical: by linking the wing tips, the structure could reduce aerodynamic drag and improve flight efficiency.
In other words, exactly the kind of ingenious solution one would expect from a manufacturer that built its reputation on innovation.
There is also something almost poetic about this ambition. Koenigsegg’s headquarters are located in Ängelholm, Sweden, on a former air force base. The brand’s famous ghost emblem is itself a tribute to the fighter squadron that once occupied the site. Aviation has always lingered in the company’s DNA.
Si ce projet devait un jour prendre son envol, il ne s’agirait probablement pas d’un simple jet privé. À l’image des créations automobiles de la marque, on peut imaginer un appareil produit en quantité extrêmement limitée, façonné en fibre de carbone, conçu avec la même obsession du détail et de la performance.
Car au fond, la philosophie de Christian von Koenigsegg reste la même depuis le premier jour : ne jamais accepter les limites établies. Et lorsqu’on a déjà repoussé celles de la route, la suite logique consiste peut-être, tout simplement, à apprendre à voler.
Should this project ever take flight, it would likely not resemble a conventional private jet. Much like the brand’s automotive creations, one can imagine an aircraft produced in extremely limited numbers, crafted in carbon fiber and engineered with the same obsessive attention to detail and performance. Because, ultimately, Christian von Koenigsegg’s philosophy has remained unchanged since day one: never accept established limits. And when you have already pushed the boundaries of the road, the next logical step may simply be to learn how to fly.


















































Comment s'est construite la saga de la marque automobile la plus désirable...


« Une voiture doit vous procurer une émotion forte. Une voiture doit vous faire rêver. »
Certaines hypercars font rêver, et d'autres relèvent carrément de l'inaccessible. Depuis plus de deux décennies, Pagani Automobili s’impose comme l’une des signatures les plus artistiques de l’industrie. Derrière chaque modèle se cache l’obsession d’un homme : Horacio Pagani, un créateur convaincu qu’une voiture peut être à la fois une machine de haute performance et une œuvre d’art.
L’histoire débute à Casilda, où Horacio Pagani naît en 1955. Très tôt, il nourrit une fascination pour la mécanique et le design. Inspiré par Leonardo da Vinci, Pagani découvre ses écrits et sa philosophie, et retient une idée simple mais fondamentale : la beauté et la fonction doivent toujours aller de pair. Une leçon qui deviendra la pierre angulaire de son approche.
À l'adolescence, aidé de son ami d’enfance, il construit des minibikes à partir de moteurs récupérés, puis assemble son premier véhicule sur la base d’une Renault Dauphine trouvée dans une casse. Dans un pays encore éloigné des grands centres de l’automobile mondiale, Pagani apprend seul, expérimentant sans relâche.
Dans les années 1980, animé par une ambition presque irréaliste, Pagani quitte l’Argentine pour l’Italie — le berceau des plus grands constructeurs automobiles. Il parvient à rejoindre les équipes de Lamborghini à Sant’Agata Bolognese.
À cette époque, l’industrie explore de nouveaux matériaux, mais peu imaginent encore le potentiel de la fibre de carbone. Pagani, lui, en est convaincu. Face au désintérêt de Lamborghini, il investit dans son propre autoclave pour expérimenter les composites.
Cette intuition se révélera visionnaire. En 1985, il participe au développement de la Countach Evoluzione, un prototype entièrement construit en matériaux composites qui préfigure l’avenir des supercars. L’expérience lui permet d’acquérir un savoir-faire unique, à la frontière entre ingénierie, design et artisanat.
Mais malgré le prestige de Lamborghini, Pagani nourrit un rêve plus personnel : créer une voiture qui porterait entièrement sa signature.
Au début des années 1990, il fonde sa propre entreprise, Pagani Automobili, près de Modène. Pour financer son projet, il crée également Modena Design, une société spécialisée dans les matériaux composites travaillant pour la Formule 1 et l’aérospatiale.
Après plusieurs années de développement, il dévoile en 1999 au Geneva International Motor Show, la Pagani Zonda C12.
La voiture frappe immédiatement les esprits. Sa silhouette sensuelle, inspirée à la fois des avions de chasse et des formes organiques du corps humain, tranche avec les lignes anguleuses de l’époque. Sous le capot, un V12 fourni par Mercedes-AMG délivre une puissance spectaculaire.
Mais ce qui distingue véritablement la Zonda, c’est son niveau de détail. L’intérieur évoque davantage l’horlogerie suisse que l’industrie automobile : aluminium usiné, cuir cousu main, pièces mécaniques exposées comme des bijoux.
Au fil des années, la Zonda évolue en plusieurs versions devenues cultes, avant de céder sa place à une nouvelle génération en 2011 avec la Pagani Huayra. Dotée d’une aérodynamique active et d’un V12 biturbo Mercedes-AMG, elle repousse encore les limites technologiques de la marque.
Mais ce qui fait la rareté chez Pagani, c'est la production en quantités extrêmement limitées et presque entièrement à la main. Les matériaux — fibre de carbone, titane, aluminium aéronautique — sont travaillés avec une précision quasi artisanale.
Cette philosophie rapproche la marque de la haute couture : chaque client collabore directement avec l’atelier pour créer une voiture unique.
La dernière création de la maison, la Pagani Utopia, incarne parfaitement cette vision. Dans un monde automobile dominé par l’électrification et les technologies hybrides, Pagani choisit la voie de la pureté : un V12 atmosphérique et une boîte manuelle, pour préserver le plaisir de conduite dans sa forme la plus brute.
Pagani ne construit pas simplement des hypercars. Il crée des objets de désir, des machines où la vitesse rencontre la beauté.


« A car has to give you a strong emotion. A car has to make you dream. »
Certain hypercars inspire dreams, while others are simply beyond reach. For more than two decades, Pagani Automobili has established itself as one of the most artistic signatures in the automotive industry. Behind every model lies the obsession of one man: Horacio Pagani, a creator convinced that a car can be both a high-performance machine and a work of art.
The story begins in Casilda, where Horacio Pagani was born in 1955. From an early age, he developed a fascination with mechanics and design. Inspired by Leonardo da Vinci, Pagani discovered the Renaissance master’s writings and philosophy, embracing a simple yet fundamental idea: beauty and function must always go hand in hand. It was a lesson that would become the cornerstone of his approach.
As a teenager, with the help of a childhood friend, he built minibikes using salvaged engines before assembling his first vehicle on the chassis of a Renault Dauphine found in a scrapyard. In a country still far removed from the world’s major automotive centers, Pagani learned on his own, experimenting tirelessly.
In the 1980s, driven by an ambition that seemed almost unrealistic, Pagani left Argentina for Italy — the homeland of the world’s greatest carmakers. There, he managed to join the team at Lamborghini in Sant’Agata Bolognese. At the time, the industry was beginning to explore new materials, but few recognized the potential of carbon fiber. Pagani, however, was convinced of its future. Faced with Lamborghini’s lack of interest, he invested in his own autoclave to experiment with composite materials.
The intuition proved visionary. In 1985, he contributed to the development of the Countach Evoluzione, a prototype built entirely from composite materials that foreshadowed the future of supercars. The experience allowed him to acquire a unique expertise at the intersection of engineering, design, and craftsmanship.
Yet despite the prestige of Lamborghini, Pagani nurtured a more personal ambition: to create a car that would bear his name entirely.
In the early 1990s, he founded his own company, Pagani Automobili, near Modena. To finance the project, he also created Modena Design, a company specializing in advanced composite materials that worked with Formula One teams and the aerospace industry.
After several years of development, he unveiled the Pagani Zonda C12 at the Geneva International Motor Show in 1999.
The car made an immediate impact. Its sensual silhouette, inspired both by fighter jets and the organic curves of the human body, stood in sharp contrast to the angular designs of the era. Beneath the hood, a V12 engine supplied by Mercedes-AMG delivered spectacular performance.
But what truly set the Zonda apart was its extraordinary level of detail. The interior evoked Swiss watchmaking more than the traditional automotive world: machined aluminum, hand-stitched leather, and mechanical components displayed like precious jewelry.
Over the years, the Zonda evolved into several cult versions before giving way in 2011 to a new generation: the Pagani Huayra. Equipped with active aerodynamics and a twin-turbo Mercedes-AMG V12, it pushed the brand’s technological boundaries even further.
What makes Pagani truly rare, however, is its extremely limited production, with cars built almost entirely by hand. Materials such as carbon fiber, titanium, and aerospace-grade aluminum are crafted with near-artisan precision.
This philosophy brings the brand closer to haute couture: each client collaborates directly with the atelier to create a truly unique car.
The brand’s latest creation, the Pagani Utopia, perfectly embodies this vision. In a world increasingly dominated by electrification and hybrid technologies, Pagani has chosen the path of purity: a naturally aspirated V12 paired with a manual gearbox, preserving the raw essence of driving pleasure.
Pagani does not simply build hypercars. It creates objects of desire — machines where speed meets beauty.

Depuis son atelier français, Olivier Midy a mis près de trente ans à construire une moto qui n'existait nulle part ailleurs. Histoire d'un chef-d'œuvre sur deux roues.
Dans un atelier près d'Angers, Olivier Midy peaufine chaque pièce de ses motos comme un horloger travaillerait un mouvement. Ingénieur de formation, passionné de mécanique et de véhicules anciens depuis l'enfance, il s'est lancé il y a près de trente ans dans une aventure hors norme : créer, de A à Z, une moto d'exception à la française. L'ambition technique est précise dès le départ : concevoir « un moteur de moto de route utilisant une architecture délaissée depuis des dizaines d'années » : le flat-twin longitudinal. Cette quête d’ingénieur s’est rapidement muée en engagement personnel. Alors qu’il terminait ses études, la disparition brutale de son frère cadet, Julien, agit comme un déclencheur. « Me jeter à corps perdu dans un projet de grande envergure m'a aidé », confie-t-il. En 1997, la marque Midual est lancée, soutenue par une activité parallèle de bureau d’études automobile, seule capable de financer, sur le long terme, une recherche aussi exigeante.
La monocoque, un défi unique Dix ans plus tard, le moteur passe enfin sur banc d’essai. Face aux difficultés à structurer un modèle de développement viable, l’abandon est envisagé. Mais une conviction s’impose : « un moteur aussi abouti méritait d'être installé dans notre propre partie-cycle ». Une décision qui relance l’aventure — et ouvre un nouveau cycle de recherche, tout aussi ambitieux.
Car pour Olivier Midy, une moto d’exception ne peut se limiter à sa motorisation. Elle doit être reconnaissable au premier regard, portée par une pièce signature. Cette intuition donnera naissance à la monocoque. À la fois réservoir, châssis et carrosserie, elle dissimule les éléments techniques tout en imposant une ligne d’une pureté rare. Il faudra plus de 7 000 heures de recherche et 117 principes d’implantation pour aboutir à une solution à la fois performante et élégante — un cas unique dans l’univers des motos non carénées. La monocoque intègre également un tableau de bord spectaculaire, dont la monture taillée dans la masse accueille sept instruments analogiques, délicatement suspendus. Sur la route, son impact est immédiat : elle permet une géométrie d’une grande précision, conjuguant rigidité verticale et torsionnelle ajustée, et offre « une sensation unique de chevaucher une machine d'une seule pièce, très mécanique ».
Le luxe mécanique à la française
Chez Midual, tout est fabriqué en France — moteur, monocoque, pièces de style — et usiné en interne, ce qui permet « de donner vie aux souhaits particuliers de nos clients » et confère à chaque machine « ce supplément d'âme qui se reconnaît au premier regard ». Une approche qui séduit une clientèle de passionnés, collectionneurs ou pilotes, tous convaincus d'investir pour l'avenir. Car Midual défend avant tout une idée du luxe fondée sur le temps long. « Nous revendiquons cette conscience de la durée, cette inscription dans l'histoire, de la mécanique, de la carrosserie, du savoir humain. » Dans un monde pressé, ces machines ne suivent pas le temps — elles lui imposent leur propre rythme.
Olivier Midy et ses motos d’exception seront au Premium Private Club le 21 mai pour une soirée « Rencontre Extraordinaire ». Inscriptions sur le site premiumprivateclub.lu.
« Nous revendiquons cette conscience de la durée, cette inscription dans l'histoire, de la mécanique, de la carrosserie, du savoir humain »

In a workshop near Angers, Olivier Midy finetunes every component of his motorcycles as a watchmaker would craft a movement. An engineer by training, passionate about mechanics and vintage vehicles since childhood, he embarked nearly thirty years ago on an extraordinary journey: to create, from A to Z, an exceptional French motorcycle. The technical ambition was clear from the outset — to design “a road motorcycle engine based on an architecture that had been abandoned for decades”: the longitudinal flat-twin. What began as an engineer’s pursuit soon became a deeply personal commitment. While completing
his studies, the sudden loss of his younger brother, Julien, acted as a catalyst. “Throwing myself wholeheartedly into a large-scale project helped me,” he recalls. In 1997, the Midual brand was born, supported by a parallel automotive engineering consultancy — the only way to sustainably finance such an ambitious long-term endeavor.
The monocoque: a unique challenge
Ten years later, the engine was finally tested on the bench. Faced with the difficulty of establishing a viable development model, abandoning the project was briefly considered. But one conviction prevailed: “such a refined engine deserved to be housed within our own chassis.” This decision proved pivotal, relaunching the adventure and opening a new phase of equally ambitious research.
For Olivier Midy, an exceptional motorcycle cannot be defined by its engine alone. It must be instantly recognizable, embodied by a signature piece. This vision gave birth to the monocoque. Serving as fuel tank, chassis, and bodywork all at once, it conceals technical components while imposing a line of rare purity. More than 7,000 hours of research and 117 layout concepts were required to achieve a solution that is both technically efficient and visually elegant — a unique feat in the world of non-faired motorcycles. The monocoque also integrates a striking dashboard, machined from solid metal and housing seven analog gauges, delicately suspended. On the road, its impact is immediate: it enables highly precise geometry, combining vertical rigidity with tuned torsional flexibility, offering “the unique sensation of riding a machine that feels like a single, entirely mechanical piece.”
French mechanical luxury
At Midual, everything is made in France — engine, monocoque, styling components — and largely machined in-house. This mastery allows “the fulfillment of our clients’ specific wishes” and gives each machine “that extra soul, recognizable at first glance.” An approach that appeals to a clientele of enthusiasts, collectors, and riders alike, all convinced they are investing in the future.
Above all, Midual champions a vision of luxury rooted in the long term. “We embrace this awareness of time, this grounding in history — of mechanics, bodywork, and human craftsmanship.”
In a fast-paced world, these machines do not follow time — they set their own rhythm.
Olivier Midy and his exceptional motorcycles will be at the Premium Private Club on May 21 for an “Extraordinary Encounter” evening. Registrations are available on the website premiumprivateclub. lu.


ÉVÉNEMENT | ANNIVERSAIRE
Le 13 mars, Apple a fêté 50 ans d'audace au Grand Central de New York.

Cinquante ans après sa création le 1er avril 1976, la firme californienne célèbre bien plus qu’un anniversaire : une philosophie, celle de “penser différemment”, devenue, au fil des décennies, une véritable signature culturelle.
Dès ses débuts, Apple s’est imposée comme un électron libre dans l’univers technologique. Là où d’autres voyaient des machines, elle a imaginé des extensions de l’humain. De l’Apple II au Macintosh, puis de l’iPod à l’iPhone, chaque produit n’a pas seulement accompagné une évolution — il l’a déclenchée. Une approche où la puissance technique se conjugue à une obsession du design, et où l’intuition prime sur la complexité.
Mais l’empreinte Apple ne se limite pas à ses objets iconiques. Elle s’exprime aussi dans un écosystème fluide, presque invisible, qui façonne notre quotidien : musique, paiements, contenus, stockage... Une vision où la technologie devient un luxe discret — celui de la simplicité.
À l’occasion de ce cinquantenaire, Tim Cook, actuel CEO, a tenu à rendre hommage à celles et ceux qui ont contribué à écrire cette histoire. Dans une lettre publiée pour marquer l’événement, il rappelle que l’ADN d’Apple repose sur une idée fondatrice : la rencontre entre la technologie et les arts libéraux. Une alchimie rare, où l’innovation ne vaut que si elle sert l’expression, la créativité et, finalement, l’humain.
À l’heure où la marque célèbre un demi-siècle d’influence, elle continue d’avancer avec la même ambition : repousser les limites sans jamais perdre de vue l’essentiel. Dans un monde saturé de technologie, Apple persiste à défendre une vision presque hédoniste de l’innovation — celle qui enrichit l’expérience, sublime le quotidien, et laisse une empreinte durable.
Penser différemment, hier comme aujourd’hui. Et manifestement, pour longtemps encore.
Fifty years after its founding on April 1, 1976, the Californiabased company is celebrating far more than an anniversary: a philosophy — that of “thinking differently” — which, over the decades, has become a true cultural signature.
From the very beginning, Apple established itself as a maverick in the tech world. Where others saw machines, it envisioned extensions of the human experience. From the Apple II to the Macintosh, and later from the iPod to the iPhone, each product didn’t just follow an evolution — it sparked one. An approach where technical power meets an obsession with design, and where intuition takes precedence over complexity.
Yet Apple’s imprint goes beyond its iconic devices. It is also expressed through a seamless, almost invisible ecosystem that shapes our daily lives: music, payments, content, storage... a vision in which technology becomes a discreet luxury — the luxury of simplicity.
To mark this 50th anniversary, CEO Tim Cook paid tribute to those who have helped write this story. In a letter published for the occasion, he emphasized that Apple’s DNA rests on a founding idea: the intersection of technology and the liberal arts. A rare alchemy, where innovation only matters if it serves expression, creativity, and ultimately, humanity.
As the brand celebrates half a century of influence, it continues to move forward with the same ambition: to push boundaries without ever losing sight of what truly matters. In a world saturated with technology, Apple remains committed to a nearly hedonistic vision of innovation — one that elevates experience, enhances everyday life, and leaves a lasting imprint.
Think different, then as now. And evidently, for many years to come.

Cartier, Santos-Dumont

ÉVÉNEMENT
Le Salon mondial de l'horlogerie s'est tenu à Genève du 14 au 20 avril, une édition riche en nouveautés. Notre Best of...
Avec son bracelet métallique souple, son cadran en pierre dure et son mouvement mécanique de manufacture, cette nouvelle version de la montre Santos-Dumont incarne l’élégance d’Alberto Santos-Dumont, connu pour son style singulier et son sens du détail.

Chopard, L.U.C 1860
Dans la continuité de l’iconique L.U.C 1860 origina, ce modèle célébre le 30e anniversaire de la Manufacture Chopard à Fleurier. Cette nouvelle édition préserve l’esprit du modèle d’origine tout en intégrant les avancées techniques des trois dernières décennies. Réalisé en Lucent Steel, il se distingue par son cadran « Bleu Areuse », inspiré de la rivière du même nom prenant sa source près de la Manufacture, dans la région du Val-de-Travers.
Tudor, Monarch
Entièrement nouvelle, la Monarch fait renaître un nom chargé d’histoire dans une interprétation contemporaine à forte personnalité. Ce modèle inédit se distingue par un boîtier facetté en acier de 39 mm, un bracelet assorti aux lignes franches, un cadran champagne sombre à l’aspect “papyrus” et un affichage singulier inspiré des premières montres Tudor avec son cadran mêlant chiffres romains et arabes.

Patek Philippe, Ref. 5322G-010 : alarme 24h
Ce garde-temps au style contemporain, doté d’un boîtier en or blanc orné d’un motif guilloché « clous de Paris » et d’un cadran laqué disponible en vert texturé, est équipé d’une complication emblématique : une alarme sur 24 heures permettant un réglage simple et intuitif.

Hublot, Big Bang Reloaded Magic Gold
En 2006, l’icône fait son retour, entièrement repensée mais fidèle à son ADN, avec une énergie renouvelée, un mécanisme amélioré, un design plus précis et une identité affirmée. La Big Bang Reloaded ouvre une nouvelle ère pour les collections Big Bang et Unico.


La TAG Heuer Monaco Evergraph introduit le calibre TH80-00, un mouvement chronographe repensé grâce à un mécanisme à flexion remplaçant les frictions par de l’élasticité. Battant à haute fréquence de 5 Hz et associé à l’oscillateur TH-Carbonspring, ce mouvement avant-gardiste offre une durabilité, une précision et une fiabilité exceptionnelles, propulsant le chronographe dans le XXIe siècle.


IWC, Pilot’s Venturer Vertical Drive
À l’aube de l’exploration spatiale commerciale, IWC Schaffhausen étend l’héritage de ses montres d’aviateur au-delà du ciel, jusque dans l’espace. La Pilot’s Venturer Vertical Drive est la première montre-outil conçue dès l’origine pour les vols spatiaux habités. De sa lunette rotative innovante en instance de brevet à son échelle de temps de mission sur 24 heures, chaque détail est optimisé pour une utilisation en orbite.

Norqain, Freedom Chrono Enjoy Life “Sprinkles”
Cette montre avec son cadran original rappelle les toppings de glace, dans deux versions vibrantes : « Strawberry » et « Blue Raspberry ». Une fenêtre de date originale dévoile, une fois par semaine, une glace à l’italienne décorée. Ce détail incarne le message central : profiter de la vie. Son fond de boîtier gravé « Enjoy Life » en fait une montre à la fois fun et symbolique.
Pour célébrer le centenaire de l’Oyster, première montre-bracelet étanche produite par Rolex, la marque rend hommage à son héritage et à ses ambitions futures avec des versions saisissantes de l’Oyster Perpetual. Véritable clin d’œil au modèle original lancé en 1926, elles incarnent l’esprit d’innovation, d’audace et d’inventivité propre à la maison.
Une nouvelle Oyster Perpetual 36 se distingue par un cadran orné d’un décor Jubilee revisité, mettant en scène les lettres « Rolex » dans un jeu de contrastes combinant dix teintes.

Trilobe, Secret Edition
L’édition « Secret » invite à capturer et préserver poétiquement un moment précieux. Chaque cadran est réalisé sur mesure : une carte céleste qui retranscrit, à travers la position des étoiles, une date, une heure et un lieu qui vous sont chers. Chaque montre devient ainsi une pièce véritablement unique.
Retour dans le temps avec ses montres iconiques qui ont profondément marqué leur époque et contribué au prestige mondial de l’horlogerie suisse.
Aussi fou que cela puisse paraître, l’homme nourrit depuis toujours une fascination pour les montres, ces objets minuscules capables de capturer le temps et de refléter une époque. Ces modèles ont été déterminants parce qu’ils ont su dépasser le simple rôle d’instrument de mesure du temps pour devenir de véritables symboles culturels et technologiques. Chacun a introduit une innovation marquante — qu’il s’agisse de l’étanchéité professionnelle, du chronographe de haute précision ou du mouvement quartz — tout en créant ou redéfinissant des segments entiers du marché, comme la montre de plongée, la montre d’aviation ou la montre sportive de luxe en acier. Ils ont également bénéficié d’associations puissantes avec des exploits historiques, des univers prestigieux (espace, sport automobile, exploration) ou des personnalités emblématiques, renforçant leur aura internationale. En combinant innovation technique, design distinctif et stratégie d’image forte, ces garde-temps ont contribué à positionner durablement l’horlogerie suisse comme référence mondiale en matière de précision, de savoir-faire et de luxe. Voici quelques modèles légendaires qui ont forgé le succès des montres aujourd'hui.

As crazy as it may seem, humans have always harbored a fascination for watches, those tiny objects capable of capturing time and reflecting an era. These models have been pivotal because they went beyond their simple role as timekeeping instruments to become true cultural and technological symbols. Each introduced a significant innovation—whether professional water resistance, high-precision chronographs, or quartz movements—while creating or redefining entire market segments, such as diving watches, aviation watches, or luxury steel sports watches. They also benefited from powerful associations with historic achievements, prestigious realms (space, motorsports, exploration), or iconic personalities, enhancing their international aura. By combining technical innovation, distinctive design, and strong branding, these timepieces helped firmly establish Swiss watchmaking as a global benchmark for precision, craftsmanship, and luxury. Here are a few legendary models that forged the success of watches today.
Rolex Submariner (1953)
C'est l’une des premières montres de plongée étanches à 100 m. Elle est devenue un symbole de robustesse et d’aventure, notamment grâce aux films de la saga James Bond qui l'ont popularisée au poignet de Sean Connery : Dr. No en 1962, From Russia with Love en 1963 et Goldfinger en 1964. Elle a définitivement ancré Rolex comme référence mondiale du luxe sportif.
It is one of the first diving watches water-resistant to 100 meters. It became a symbol of durability and adventure, notably through the James Bond films that popularized it on Sean Connery’s wrist: Dr. No in 1962, From Russia with Love in 1963, and Goldfinger in 1964. It firmly established Rolex as a global reference for luxury sports watches.

Omega Speedmaster (1957)
Surnommée la “Moonwatch”. C'est la première montre portée sur la Lune en 1969 lors de la mission Apollo 11. Elle a associé l’horlogerie suisse à l’exploit spatial et à la précision scientifique. Nicknamed the “Moonwatch,” it was the first watch worn on the Moon in 1969 during the Apollo 11 mission. It linked Swiss watchmaking to space exploration and scientific precision.

Audemars Piguet Royal Oak (1972)

Breitling Navitimer (1952)
Ce chronographe avec règle à calcul circulaire a été conçu pour les pilotes et adopté par des associations aéronautiques. Il est devenu le symbole du lien entre l’horlogerie suisse et l’aviation.
This chronograph with a circular slide rule was designed for pilots and adopted by aviation associations. It became a symbol of the connection between Swiss watchmaking and aviation.

Cette montre dessinée par Gérald Genta est la première montre de luxe en acier vendue au prix de l’or. Elle a révolutionné le marché en créant le segment de la montre sportive de luxe haut de gamme.
This watch, designed by Gérald Genta, was the first luxury watch in steel sold at the price of gold. It revolutionized the market by creating the highend luxury sports watch segment.
Patek Philippe Nautilus (1976)
Une autre création de Gérald Genta, qui a imaginé son boîtier en s'inspirant d'un hublot de navire. Elle a renforcé le concept de montre “sport-chic” et a consolidé le prestige de Patek Philippe. Another creation by Gérald Genta, who designed its case inspired by a ship’s porthole. It reinforced the concept of the “sport-chic” watch and solidified Patek Philippe’s prestige.

Jaeger-LeCoultre Reverso (1931)
À l'origine, son boîtier pivotant a été créé pour protéger le cadran lors des matchs de polo. Son design en fait une icône de l'Art déco et symbolise l'alliance de l'innovation technique à l'élégance intemporelle.
Originally, its swiveling case was created to protect the dial during polo matches. Its design makes it an Art Deco icon and symbolizes the union of technical innovation with timeless elegance.


Rolex Daytona (1963)
Le chronographe du monde automobile par excellence. Popularisé par Paul Newman qui l'a porté durant sa période où il était pilote, il devient l’un des modèles les plus recherchés et collectionnés au monde.
The ultimate chronograph for the automotive world. Popularized by Paul Newman, who wore it during his racing career, it has become one of the most sought-after and collectible models in the world.
Swatch (1983)
La montre quartz colorée, abordable et design qui a sauvé l’industrie suisse pendant la crise du quartz dans les années 1970. Face à l’arrivée massive des montres quartz japonaises et américaines, elle a permis de relancer massivement l’horlogerie suisse dans les années 1980.
The colorful, affordable, and stylish quartz watch that saved the Swiss watch industry during the quartz crisis of the 1970s. Faced with the massive influx of Japanese and American quartz watches, it helped revive Swiss watchmaking on a large scale in the 1980s.

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Entre raison et passion
Dans un contexte marqué par la hausse du prix du pétrole, l’automobile n’échappe pas aux tensions de notre époque. Coûts d’usage en hausse, transition énergétique accélérée, nouvelles contraintes... Rouler devient presque un acte réfléchi. Et pourtant, au-delà des chiffres et des décisions rationnelles, une chose résiste : l’émotion. C’est précisément ce fil que j’ai suivi à travers les deux essais que je vous propose ici. Le BMW iX3 Neue Klasse incarne un basculement technologique assumé, tandis que la Maserati GranCabrio Trofeo rappelle que certaines sensations restent indissociables de la mécanique noble et rugissante.
Deux visions, deux expériences... mais une même conviction : quelles que soient les évolutions, la passion automobile trouvera toujours son chemin.
Je vous donne rendez-vous dans trois mois, après les grandes vacances, et très vite sur ma chaîne YouTube Luxgears, où vous pourrez découvrir ces essais... et bien d’autres.
Ing. Antonio da Palma Ferramacho

Avec la GranCabrio, Maserati ravive l’esprit des grands cabriolets mêlant luxe, sport et élégance. Sous sa silhouette sculpturale, le V6 Nettuno issu de la MC20 promet des performances de haut niveau. Une GT décapotable pensée aussi bien pour le cruising que pour attaquer une route sinueuse.
Texte Antonio Da Palma Ferramacho #luxgears. Cote Luxgears :

Esthétique : l’élégance italienne
Difficile de rester indifférent face à la GranCabrio. Maserati maîtrise toujours l’art du design automobile, et ce cabriolet en est une nouvelle démonstration. Longue de près de 5 mètres et posée sur un empattement généreux de 2,93 mètres, elle affiche des proportions à la fois élancées et musclées. Les ailes bombées, la calandre dominée par le trident et la poupe ramassée lui donnent une présence remarquable. Une fois décapotée, la ligne gagne encore en élégance : la capote souple disparaît pour révéler un profil fluide et racé, typiquement italien. La configuration de notre modèle d’essai — carrosserie bleu profond associée à une capote rouge brique — souligne parfaitement l’audace stylistique de la marque. Un choix inhabituel, mais qui renforce le caractère exclusif de l’auto.
À bord, l’ambiance est luxueuse et chaleureuse. Cuir omniprésent, surpiqûres contrastées et inserts mats composent un habitacle élégant. La petite horloge centrale numérique rappelle l’ADN Maserati, entre tradition et modernité. L’ergonomie s’avère également réussie, avec un système multimédia clair et des commandes directes pour les fonctions essentielles. La GranCabrio reste une vraie 4 places, ou plutôt un généreux 2+2. Contrairement à beaucoup de cabriolets sportifs, les passagers arrière peuvent réellement prendre place à bord pour des trajets raisonnables.
Technique : le joyau Nettuno
Sous le capot se cache la véritable star de cette Maserati : le V6 Nettuno. Ce bloc 3.0 litres biturbo développe 550 ch et 650 Nm de couple, transmis aux quatre roues via une boîte automatique à huit rapports. Sa particularité réside dans sa technologie de préchambre de combustion directement inspirée de la F1. Le moteur combine injection directe et indirecte ainsi que deux bougies par cylindre afin d’optimiser la combustion. Résultat : une réponse à l’accélérateur très vive et des performances dignes d’une super-sportive.
Le châssis suit la même philosophie. Suspension pilotée, transmission intégrale et différentiel à pilotage électronique assurent un bel équilibre entre confort et sportivité. Malgré l’absence de toit fixe, la rigidité structurelle reste excellente.
Conduite : double personnalité
Sur la route, la GranCabrio Trofeo révèle immédiatement son caractère polyvalent. En mode Comfort ou GT, elle se présente comme une grande routière douce et élégante, idéale pour profiter du soleil cheveux au vent. Mais en mode Sport ou Corsa, la personnalité change radicalement. La sonorité du V6 se libère, la direction devient plus incisive et la suspension se raffermit. Les accélérations sont franches et la boîte automatique enchaîne les rapports avec rapidité.
Malgré son gabarit, la voiture se montre étonnamment agile et précise. La direction très communicative renforce le plaisir de conduite, même si le poids reste perceptible lors des phases de freinage ou dans les enchaînements rapides. La GranCabrio n’est pas une pistarde : c’est une GT sportive conçue pour savourer la route avec style et émotion.
Conclusion : un charme fou
La GranCabrio Trofeo n’est peut-être pas le plus parfait des cabriolets luxueux et sportifs. Sa finition n’atteint pas toujours la rigueur d’une allemande et son coffre limité rappelle les contraintes d’un cabriolet. Mais ce mélange de caractère et de légères imperfections lui confèrent son charme. Rare sur les routes, spectaculaire lorsqu’on sollicite son moteur et incroyablement séduisante, elle incarne parfaitement l’esprit Maserati. Une voiture de passionnés, faite pour être vécue... et entendue.
Retrouvez cet essai en images sur notre chaîne YouTube Luxgears, avec une vidéo complète consacrée au design, à l’intérieur et aux impressions de conduite de la GranCabrio Trofeo.
It’s hard to remain indifferent to the GranCabrio. Maserati continues to master the art of automotive design, and this convertible is yet another demonstration of that expertise. Measuring nearly 5 meters in length and sitting on a generous 2.93-meter wheelbase, it displays proportions that are both sleek and muscular. The pronounced wheel arches, the grille dominated by the iconic trident, and the compact rear give it a strong presence on the road. With the roof down, the design becomes even more elegant: the soft top disappears to reveal a fluid and sporty profile, unmistakably Italian. Our test car’s configuration — deep blue bodywork paired with a brick-red soft top — perfectly highlights the brand’s stylistic boldness. It’s an unusual choice, but one that reinforces the car’s exclusive character.
Inside, the atmosphere is both luxurious and welcoming. Leather is everywhere, complemented by contrasting stitching and matte inserts that create a refined cabin environment. The small digital clock in the center of the dashboard echoes Maserati’s DNA, balancing tradition with modernity. Ergonomics are also well executed, with a clear infotainment system and direct controls for essential functions. The GranCabrio remains a genuine four-seater — or more precisely a generous 2+2. Unlike many sporty convertibles, rear passengers can realistically take their seats for reasonable journeys.
Under the hood lies the true star of this Maserati: the Nettuno V6. This 3.0-liter twin-turbo engine produces 550 hp and 650 Nm of torque, delivered to all four wheels through an eight-speed automatic transmission. Its most distinctive feature is its pre-chamber combustion technology, directly inspired by Formula One. The engine combines both direct and indirect fuel injection, along with two spark plugs per cylinder to optimize combustion. The result is extremely responsive throttle behavior and performance worthy of a true super-sports car.
The chassis follows the same philosophy. Adaptive suspension, all-wheel drive, and an electronically controlled limited-slip differential provide an impressive balance between comfort and sportiness. Despite the absence of a fixed roof, structural rigidity remains excellent.
On the road, the GranCabrio Trofeo immediately reveals its versatile nature. In Comfort or GT mode, it delivers the smoothness and refinement of a grand tourer, perfect for enjoying open-top driving under the sun. Switch to Sport or Corsa mode, however, and the personality changes dramatically. The V6 soundtrack becomes more pronounced, the steering grows sharper, and the suspension stiffens. Acceleration is strong and immediate, while the automatic gearbox shifts quickly and with more harshness. Despite its size, the car feels surprisingly agile and precise. The highly communicative steering enhances the driving experience, even if the weight can still be felt during heavy braking or rapid direction changes. The GranCabrio isn’t a track-focused machine — it’s a sporty GT designed to be enjoyed on the open road, combining style and emotion with character.
The GranCabrio Trofeo may not be the most flawless luxury sports convertible. Its build quality doesn’t always match the surgical precision of some German rivals, and its limited trunk space reminds you of the compromises inherent to a convertible. Yet this blend of character and slight imperfection is precisely what gives it its charm. Rare on the road, thrilling when its engine is unleashed, and irresistibly elegant with the top down, it perfectly embodies the spirit of Maserati. A car for enthusiasts — meant to be experienced... and heard. Watch the full test on our Luxgears YouTube channel, featuring a complete video covering the design, interior, and driving impressions of the Maserati GranCabrio Trofeo.

« La GranCabrio n’est pas une pistarde : c’est une GT sportive conçue pour savourer la route avec style et émotion »
FICHE TECHNIQUE
MASERATI GRANCABRIO TROFEO
Moteur V6 biturbo – 24 soupapes – injection directe & indirecte
Cylindrée (cm3) 2992
Puissance maxi (ch / kW @rpm) 550 / 405 @ 6500 tr/min
Couple maxi (Nm @rpm) 650 @ 3000 tr/min
Boîte de vitesse automatique – 8 rapports (mode séquentiel)
Entraînement intégrale + autobloquant
0-100 km/h (s) 3,6
Vitesse Max (km/h) 319
Consommation (L/100 km)* 10
Émissions CO2 (g/km) 230
Poids (kg) 1795 (DIN) – 1870 (UE)
Prix de base (EUR) 208 736
* Selon norme WLTP cycle combiné

Un design de rupture
Dès le premier regard, ce iX3 interpelle. BMW ne s’est pas contenté de faire évoluer son langage stylistique : il l’a totalement réinterprété. Le résultat ? Un mélange d’influences où l’on devine des éléments d’iX, de X3... voire de X1, intégrés dans une silhouette résolument moderne. La face avant, très expressive, joue un rôle clé. Le double haricot, étroit et vertical, s’inspire des modèles des années 60 — un clin d’œil assumé à la première Neue Klasse. Le capot creusé, les détails aérodynamiques et les proportions spécifiques à l’électrique donnent à l’ensemble une vraie personnalité. À l’arrière, les feux horizontaux renforcent cette présence. Le style est audacieux, rafraîchissant... et ne laisse clairement pas indifférent.
Un habitacle futuriste… mais cohérent
À bord, la rupture est encore plus marquée. Le BMW Panoramic Vision, ce bandeau d’information à la base du pare-brise, fait office à la fois d’instrumentation et d’affichage tête haute. Les informations sont dans le champ de vision, la lecture est naturelle, et l’ensemble se révèle étonnamment reposant. Le reste de l’habitacle adopte une approche minimaliste. Les boutons physiques ont presque disparu au profit d’une interface numérique. Un choix qui pourrait dérouter, mais qui fonctionne grâce à une logique bien pensée entre commandes tactiles et vocales. Les matériaux recyclés et le cuir vegan s’intègrent dans une présentation sobre et soignée. L’espace à bord est également un point fort : les places arrière sont généreuses et le confort global très convaincant.
Base technique et conduite bluffantes
Sous cette silhouette se cache une fiche technique ambitieuse. La version essayée (iX3 50) repose sur deux moteurs développant 469 ch et 645 Nm, associés à une batterie de 108 kWh. L’autonomie annoncée atteint jusqu’à 805 km. En conditions réelles, des trajets de plus de 500 km sont envisageables d’une traite sans arrière-pensées. La recharge suit, avec une puissance pouvant atteindre 400 kW, de quoi récupérer 372 km en 10 minutes. Sur la route, ce iX3 impressionne par sa facilité de prise en main. Position de conduite naturelle, confort des sièges, cohérence générale : tout tombe immédiatement en place. Mais c’est surtout son comportement qui surprend. Malgré ses 2,3 tonnes, il se montre agile et rigoureux. La suspension offre un excellent compromis entre confort et maintien... et cela sans être pilotée ! En conduite dynamique, le véhicule reste sain, précis et efficace. Sur les enchaînements rapides, il inspire confiance avec une homogénéité rare. Les performances sont également au rendez-vous, avec des accélérations franches et instantanées grâce au couple immédiatement disponible. Au quotidien, le iX3 se distingue par sa douceur. Ses accélérations sont progressives, les transitions fluides et les arrêts particulièrement maîtrisés, sans à-coups. Le régulateur adaptatif renforce cette sensation de sérénité. Capable de gérer ralentissements, arrêts et même certains changements de voie sur autoroute, il transforme les trajets en une expérience plus reposante et plus sûre.
Conclusion : un tournant pour BMW Avec ce iX3 Neue Klasse, BMW ne se contente pas de proposer un bon SUV électrique. La marque redéfinit clairement ses standards. Design, technologie, autonomie, agrément de conduite : l’ensemble impressionne par sa cohérence. Au point de s’imposer comme l’une des propositions les plus abouties du moment. Plus qu’un nouveau modèle, ce iX3 particulièrement désirable pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère. Comme un écho moderne à la Neue Klasse des années 60. Et si l’histoire se répétait, ce ne serait sans doute pas un hasard.
At first glance, the iX3 immediately stands out. BMW hasn’t simply evolved its design language — it has completely reinterpreted it. The result is a blend of influences, with hints of the iX, X3... and even X1, all integrated into a distinctly modern silhouette. The front end, highly expressive, plays a key role. The slim, vertical kidney grille draws inspiration from BMW models of the 1960s — a clear nod to the original Neue Klasse. The sculpted hood, refined aerodynamic details, and EV-specific proportions give the car a strong identity. At the rear, the horizontal taillights reinforce its presence. The design is bold, refreshing... and certainly not something that goes unnoticed.
Inside, the transformation is even more striking. The BMW Panoramic Vision, a display strip at the base of the windshield, acts as both the instrument cluster and a head-up display. Information remains within the driver’s field of view, making it easy to read and surprisingly relaxing to use. The rest of the cabin embraces a minimalist philosophy. Physical buttons have almost disappeared, replaced by a fully digital interface. A choice that could be unsettling at first but works thanks to a well-thoughtout balance between touch and voice controls. Recycled materials and vegan leather contribute to a clean, refined atmosphere. Space is another highlight: rear passengers benefit from generous room and overall comfort is very convincing.
Beneath its new silhouette lies an ambitious technical package. The tested version (iX3 50) features a dual-motor setup producing 469 hp and 645 Nm, paired with a 108 kWh battery. Claimed range reaches up to 805 km. In real-world conditions, journeys of over 500 km are easily achievable without concern. Charging performance matches the ambition, with up to 400 kW, allowing up to 372 km of range to be recovered in just 10 minutes. On the road, the iX3 impresses with its ease of use. Driving position, seat comfort, overall ergonomics — everything feels right from the start. But it’s the driving dynamics that truly stand out. Despite weighing around 2.3 tons, the car feels agile and composed. The suspension strikes an excellent balance between comfort and control... all without adaptive damping ! In dynamic driving, the car remains stable, precise, and highly effective. Through fast corners, it inspires confidence with a level of consistency rarely seen in this segment. Performance is equally strong, with immediate and powerful acceleration thanks to instant torque delivery. In everyday use, the iX3 stands out for its smoothness. Acceleration is progressive, transitions are seamless, and braking is exceptionally well managed, with no harshness. Adaptive cruise control enhances this sense of calm. Capable of handling deceleration, stops, and even certain lane changes on the highway, it transforms long journeys into a more relaxed and safer experience.
With the iX3 Neue Klasse, BMW isn’t just delivering a strong electric SUV — it is redefining its own standards. Design, technology, range, driving experience — everything comes together with remarkable coherence. Enough to make it one of the most compelling offerings on the market today. More than just a new model, this highly desirable iX3 could mark the beginning of a new era. A modern echo of the Neue Klasse of the 1960s. And if history is repeating itself, it’s probably no coincidence.
ESSAI | BMW IX3 NEUE KLASSE
Certains modèles marquent une évolution. D’autres incarnent une rupture. Avec ce nouvel iX3 Neue Klasse, BMW semble clairement avoir choisi la seconde option. Plus qu’un simple SUV électrique, ce modèle ouvre une nouvelle ère pour la marque à l’hélice. Et à son volant, difficile de ne pas ressentir l’importance de ce virage.


FICHE TECHNIQUE BMW IX3 NEUE KLASSE (IX3 50)
Moteur électrique synchrones 1 AV + 1 AR
Puissance maxi (ch / kW @rpm) 469 / 345 @ 5500-14500
Couple maxi (Nm @rpm) 645 @ 1-5000
Batterie (kWh) 108 (800 V)
Recharge (kW) 11 AC / 400 DC
Temps de charge (min) 21 - DC 10-80%
Boîte de vitesse Automatique 1 rapport
Entraînement Intégrale
0-100 km/h (s) 4,9
Vitesse Max (km/h) 210
Consommation (kWh/100 km)* 15,1 – 17,0
Autonomie (km)* 720 – 804
Émissions CO2 (g/km) 0 g/km
Poids (kg) 2360 (DIN)
Prix de base (Luxembourg) 67 589
* Selon norme WLTP cycle combiné
un break dans le premier café Lacoste qui a ouvert à Paris.

Preuve que transformer un simple acte d'achat en une expérience lifestyle immersive est encore tendance, c'est au cœur de Paris, sur la prestigieuse Avenue Franklin D. Roosevelt, que Lacoste vient d'ouvrir son premier Café Lacoste permanent. Une adresse qui promet la rencontre entre le style et la gastronomie et l’hospitalité à la française, fidèle à l’esprit du Crocodile. C'est la rencontre entre deux savoir-faire, Lacoste et le Giraudi Group, réputé pour ses tables emblématiques à travers le monde, qui a fait naître ce projet. Ensemble, ils ont voulu réinventer le café comme un lieu de vie, mêlant élégance et précision gastronomique. À la carte : des classiques clubs sandwiches, salades fraîches, plats de saison et desserts signatures, dont les Polo Iconiques, imaginés comme de véritables objets à photographier ou partager.
À l'intérieur, l’espace de 65 places assises, se joue des codes du Crocodile : vert profond, blanc cassé, touches de terracotta et lignes inspirées du tennis, pour créer une atmosphère à la fois chaleureuse et raffinée. La sélection de boissons célèbre le café de spécialité, avec des lattes créatifs et la signature du lieu, “L’Eau de Croco”, un mélange de coco, matcha et gingembre, imaginé pour surprendre et éveiller les sens.
Le Café Lacoste se prolonge en concept store, où épicerie fine, art de la table en porcelaine française siglée et collection textile permettent de poursuivre l’expérience à domicile. Ici, chaque détail — du design des lieux aux saveurs — reflète l’ADN de la marque, entre sport, style et élégance intemporelle.
« Avec le Café Lacoste, nous prolongeons naturellement notre univers dans un lieu de vie pensé pour être partagé », résume Eric Vallat, CEO de Lacoste.
Proof that turning a simple act of purchase into an immersive lifestyle experience is still very much on trend, Lacoste has just opened its first permanent Café Lacoste in the heart of Paris, on the prestigious Avenue Franklin D. Roosevelt. The venue promises a seamless blend of style, gastronomy, and French hospitality, true to the spirit of the Crocodile.
The project is the result of a meeting between two areas of expertise: Lacoste and the Giraudi Group, renowned for its iconic restaurants around the world. Together, they set out to reinvent the café as a living space, combining elegance with culinary precision. The menu features classic club sandwiches, fresh salads, seasonal dishes, and signature desserts, including the Polo Iconiques— designed as objects to photograph, share, or savor. Inside, the 65-seat space plays with the Crocodile’s signature codes: deep green, off-white, touches of terracotta, and tennis-inspired lines create an atmosphere that is both warm and refined. The beverage selection highlights specialty coffee, creative lattes, and the café’s signature drink, “L’Eau de Croco,” a blend of coconut, matcha, and ginger, crafted to surprise and awaken the senses. The Café Lacoste extends into a concept store,
where gourmet products, French porcelain tableware bearing the Lacoste signature, and a curated textile collection allow guests to continue the experience at home. Every detail—from the design of the space to the flavors—reflects the brand’s DNA, balancing sport, style, and timeless elegance.
“With Café Lacoste, we naturally extend our universe into a living space designed to be shared,” sums up Eric Vallat, CEO of Lacoste.



Un siècle de son et de design : l’héritage intemporel de Bang & Olufsen.
Texte David Bail Photos B&O
Dans l’univers du luxe contemporain, certaines marques ne se contentent pas de suivre les tendances : elles les façonnent. Depuis un siècle, Bang & Olufsen incarne cette idée selon laquelle la technologie peut être aussi une forme d’art. Fin 2025, la maison danoise a célèbré ses 100 ans — avec un regard tourné vers le futur plutôt qu'avec nostalgie.
Pour comprendre le cheminement de la marque, lorsque Peter Bang et Svend Olufsen fondent l’entreprise en 1925 dans une ferme de Struer, au Danemark, ils ne cherchent pas seulement à construire des radios. Leur ambition est déjà plus vaste : créer des objets où la technologie rencontre l’élégance, où la performance se conjugue avec le design. Leur premier produit, l’Eliminator, permet aux radios fonctionnant sur batterie d’être alimentées par le courant électrique domestique — une innovation qui annonce déjà l’ADN de la marque : rendre la technologie plus intuitive et plus élégante.
Un siècle plus tard, cette philosophie continue de guider chacune de leurs créations. « Nous ne construisons pas simplement des produits audio, nous façonnons la manière dont les gens vivent avec la technologie », explique le CEO Kristian Teär. Chez Bang & Olufsen, un haut-parleur n’est jamais un simple objet fonctionnel : c’est une pièce de design, pensée pour traverser le temps et s’intégrer dans l’architecture du quotidien.
Quand l’audio devient un objet de design
Au fil des décennies, la marque danoise a transformé l’électronique grand public en véritable objet de collection. Dès 1938, la radio Beolit 39 pose les bases d’une esthétique minimaliste. Dans les années 1960 et 1970, des créations devenues cultes comme le téléviseur Beovision ou la platine Beogram 4000 redéfinissent l’équilibre entre forme et fonction. Plus tard, Bang & Olufsen anticipe l’ère de la maison connectée avec le système Beolink, permettant de diffuser musique et télévision dans plusieurs pièces — bien avant que le concept de multiroom ne devienne la norme. En 2015, l’enceinte Beolab 90 franchit une nouvelle étape en adaptant le son à l’espace et à l’auditeur, transformant l’écoute musicale en expérience immersive. À chaque époque, la marque danoise a poursuivi la même ambition : faire du son une expérience aussi esthétique qu’émotionnelle.
Le luxe du futur : durer À l’heure où l’industrie technologique évolue à une vitesse vertigineuse et ou la norme est l'obsolescence programmée, la marque adopte une philosophie presque radicale : créer des objets conçus pour durer. Dans cette vision du luxe contemporain, la valeur ne réside plus seulement dans la performance ou le design, mais dans la longévité.
Leur programme baptisé Atelier illustre parfaitement cette approche. Il permet aux clients de personnaliser certains des modèles les plus emblématiques de la marque grâce à des finitions sur mesure et des éditions extrêmement limitées, transformant chaque pièce en objet quasi unique.
Dans le même esprit, le programme Recreated Classics restaure et réinterprète les icônes du passé, comme la platine Beogram 4000 ou le système Beosound 9000. Les composants d’origine sont soigneusement restaurés et associés à des technologies contemporaines, offrant une seconde vie à ces pièces de design. Cette vision s’accompagne également d’une réflexion sur la durabilité. L’enceinte Beosound Level, a été la première au monde certifiée Cradle to Cradle Bronze, une norme attestant qu'un produit est conçu pour l'économie circulaire, Bang & Olufsen démontre qu’excellence technologique et responsabilité environnementale peuvent coexister.
Cent ans après la première radio construite dans une ferme danoise, la marque veut toujours nous faire vibrer en créant des objets capables de toucher les sens et de traverser les générations.


In the world of contemporary luxury, some brands do more than follow trends — they shape them. For a century, Bang & Olufsen has embodied the idea that technology can also be a form of art. At the end of 2025, the Danish house celebrated its 100th anniversary — looking firmly toward the future rather than dwelling on nostalgia.
To understand the brand’s journey, one must go back to 1925, when Peter Bang and Svend Olufsen founded the company in a farmhouse in Struer, Denmark. They were not simply building radios. Their ambition was already far greater: to create objects where technology meets elegance, where performance goes hand in hand with design. Their first product, the Eliminator, allowed battery-powered radios to run on household electricity — an innovation that already revealed the brand’s DNA: making technology more intuitive and more elegant.
A century later, this philosophy continues to guide each of their creations. “We’re not simply building audio products — we’re shaping the way people live with technology,” explains CEO Kristian Teär. At Bang & Olufsen, a speaker is never just a functional object; it is a design piece, created to stand the test of time and to blend seamlessly into the architecture of everyday life.

« Nous ne construisons pas simplement des produits audio, nous façonnons la manière dont les gens vivent avec la technologie »
Over the decades, the Danish brand has transformed consumer electronics into true collector’s pieces. As early as 1938, the Beolit 39 radio laid the foundations for a minimalist aesthetic. In the 1960s and 1970s, creations that would later become icons — such as the Beovision television and the Beogram 4000 turntable — redefined the balance between form and function.
Later, Bang & Olufsen anticipated the era of the connected home with the Beolink system, enabling music and television to be distributed across multiple rooms — long before the concept of multiroom became standard. In 2015, the Beolab 90 speaker marked another leap forward by adapting sound to both the space and the listener, transforming music listening into a truly immersive experience.
Across every era, the Danish brand has pursued the same ambition: to make sound an experience that is as aesthetic as it is emotional.
At a time when the technology industry moves at a dizzying pace — and when planned obsolescence has become the norm — Bang & Olufsen adopts a philosophy that is almost radical: creating objects designed to last. In this vision of modern luxury, value lies not only in performance or design, but in longevity.
The Atelier programme perfectly illustrates this approach. It allows clients to personalise some of the brand’s most iconic models through bespoke finishes and extremely limited editions, transforming each piece into something close to unique.
In the same spirit, the Recreated Classics programme restores and reimagines icons from the past, such as the Beogram 4000 turntable or the Beosound 9000 system. Original components are meticulously restored and combined with contemporary technologies, giving these design pieces a second life.
This vision is also accompanied by a commitment to sustainability. The Beosound Level speaker became the world’s first to receive Cradle to Cradle Bronze certification — a standard confirming that a product is designed for the circular economy — demonstrating that technological excellence and environmental responsibility can coexist.


SPÉCIAL DESIGN | OUVRAGE
Norman Foster a redéfinit l’architecture comme un langage total, où la technologie, la nature et l’art ne font plus qu’un. Taschen publie WORKS, un ouvrage phare sur sa vie et son œuvre.
Dans The Ancient of Days, l'écrivain William Blake figure un dieu architecte traçant le monde au compas : une image fondatrice qui irrigue encore la figure de l’architecte contemporain. Héritier symbolique du “Grand Architecte de l’Univers”, ce dernier s’impose comme un démiurge moderne, capable d’ordonner le temps, l’espace et les flux. Comme le soulignait l'historien de l'art américain Vincent Scully à propos de Frank Lloyd Wright, certains créateurs suscitent une révérence presque spirituelle, où l’architecture devient expérience du sacré.
Mais la modernité fissure cet idéal classique. Dès 1909, Filippo Tommaso Marinetti érige la vitesse en esthétique fondatrice. Plus tard, Roland Barthes voit dans l’automobile — notamment la DS — une cathédrale contemporaine, objet collectif et quasi magique. Sous l’influence de Jules Verne et de l’imaginaire industriel, la machine devient icône culturelle : elle ne transporte plus seulement, elle incarne le progrès.
C’est dans ce sillage que s’inscrit Norman Foster, figure majeure de l’architecture contemporaine. Influencé par Le Corbusier, Buckminster Fuller et les utopies futuristes, il construit une pensée où architecture, design et ingénierie dialoguent sans hiérarchie. Chez lui, voitures, avions et bâtiments appartiennent à un même continuum esthétique, celui du mouvement, de la performance et de l’innovation.
Formé entre Manchester et Yale University, une institution intellectuelle déterminante, Foster développe très tôt une vision transdisciplinaire. La rencontre avec Richard Rogers marque également une étape fondatrice. Ensemble, ils participent à l’émergence d’une architecture ouverte, où structure et technique deviennent visibles, assumées, presque célébrées. Dès les premiers projets comme Team 4, une idée s’impose : abolir les hiérarchies sociales et techniques pour penser le bâtiment comme système vivant. Avec Foster Associates, cette ambition devient doctrine. L’espace de travail se transforme : lumière, flexibilité et circulation redéfinissent l’expérience du bureau, notamment dans des réalisations comme le siège de la HSBC à Hong Kong. Le bâtiment n’est plus une enveloppe mais une infrastructure intelligente, modulable, presque organique.
Cette logique culmine dans des projets emblématiques comme le Reichstag à Berlin, transformé en manifeste de transparence démocratique, ou encore le Viaduc de Millau, où l’ingénierie devient geste sculptural. À chaque fois, Foster fusionne technologie, paysage et usage dans une même écriture fluide.
L’apogée de cette vision contemporaine se lit dans Apple Park, conçu avec Steve Jobs : un anneau parfait, écosystème autonome où architecture et nature s’enlacent. Le bâtiment devient organisme, espace respirant pensé pour stimuler bien-être et créativité.
« J'adore ce cercle, il est tellement emblématique. Le cercle a tout pour plaire. Le campus devrait être génial, le meilleur campus qui soit »
Dans cette trajectoire, Foster dépasse la figure de l’architecte star. À la tête de Foster + Partners, il orchestre une architecture collaborative où ingénieurs, designers et scientifiques participent dès l’origine du projet. Cette méthode produit des œuvres globales, du Hearst Tower à New York aux infrastructures européennes, où chaque décision technique est aussi un geste esthétique. Au cœur de cette œuvre, une conviction persiste : l’architecture n’est ni décor ni prouesse isolée, mais système vivant. Elle doit intégrer écologie, usage et émotion dans une même intelligence. Inspirée par la recherche sur les environnements “super-verts”, cette approche fait du bâtiment un outil de bienêtre autant qu’un objet culturel.
De Blake à Apple Park, une même ligne se dessine : celle d’un monde où la création architecturale devient langage total, entre art, science et désir. Une esthétique de la clarté, de la lumière et de la précision, où le luxe contemporain se confond avec la justesse.


In The Ancient of Days, the writer William Blake depicts a god-like architect drawing the world with a compass: a foundational image that still informs the figure of the contemporary architect. A symbolic heir to the “Great Architect of the Universe,” the architect emerges as a modern demiurge, capable of ordering time, space, and flows. As the American art historian Vincent Scully once noted about Frank Lloyd Wright, certain creators inspire an almost spiritual reverence, where architecture becomes an experience of the sacred.
Yet modernity fractures this classical ideal. As early as 1909, Filippo Tommaso Marinetti elevates speed into a founding aesthetic. Later, Roland Barthes sees the automobile—particularly the DS—as a contemporary cathedral, a collective and almost magical object. Under the influence of Jules Verne and the industrial imagination, the machine becomes a cultural icon: it no longer merely transports, it embodies progress.
It is within this lineage that Norman Foster stands, a central figure of contemporary architecture. Influenced by Le Corbusier, Buckminster Fuller, and Futurist utopias, he develops a way of thinking in which architecture, design, and engineering operate without hierarchy. In his work, cars, aircraft, and buildings belong to a single aesthetic continuum—one defined by movement, performance, and innovation.
Trained between Manchester and Yale University, a pivotal intellectual environment, Foster early on develops a transdisciplinary vision. His encounter with Richard Rogers also marks a decisive moment. Together, they contribute to the rise of an open architecture in which structure and technology are exposed, embraced, and even celebrated. From their early practice, Team 4, one idea emerges: to dissolve social and technical hierarchies and conceive buildings as living systems.
With Foster Associates, this ambition becomes doctrine. The workplace is transformed: light, flexibility, and circulation redefine the office experience, notably in projects such as the headquarters of HSBC in Hong Kong. The building is no longer a shell but an intelligent, adaptable, almost organic infrastructure.

This logic reaches a climax in landmark projects such as the Reichstag in Berlin, transformed into a manifesto of democratic transparency, or the Millau Viaduct, where engineering becomes a sculptural gesture. In each case, Foster fuses technology, landscape, and use into a single fluid architectural language.
The apotheosis of this vision is embodied in Apple Park, designed with Steve Jobs: a perfect ring, a self-contained ecosystem where architecture and nature intertwine. The building becomes an organism—an environment designed to enhance well-being and creativity.
In this trajectory, Foster moves beyond the figure of the star architect. As head of Foster + Partners, he orchestrates a collaborative form of architecture in which engineers, designers, and scientists are involved from the very outset of each project. This methodology produces holistic works, from the Hearst Tower in New York to major European infrastructures, where every technical decision is also an aesthetic gesture.
At the core of his work lies a persistent conviction: architecture is neither decoration nor isolated feat, but a living system. It must integrate ecology, use, and emotion within a unified intelligence. Inspired by research into “super-green” environments, this approach turns buildings into tools of well-being as much as cultural objects.
From Blake to Apple Park, a single line emerges: a world in which architectural creation becomes a total language—at the intersection of art, science, and desire. An aesthetic of clarity, light, and precision, where contemporary luxury merges with exactness.




SPÉCIAL DESIGN | AGENCE
MBM Real Estate, une agence très discrète qui s’est rapidement fait une place sur le marché.

L'agence MBM Group Real Estate est née de l’association de 3 personnes passionnées d’immobilier, Cindy Moreira, Ruben Brangier et Sabrina Muno. Récompensés à de multiples reprises par des prix internationaux, ils figurent aujourd'hui parmi les agences les plus prometteuses au Luxembourg. Entretien avec Cindy et Ruben.
: Votre agence s’est imposée rapidement sur le marché luxembourgeois, quelle est votre recette ?
Ruben : Dès le départ, nous avons fait un choix : privilégier la qualité plutôt que le volume. Nous préférons moins de mandats, mais parfaitement travaillés, suivis et vendus dans les meilleures conditions.
Notre différence s’est construite autour de trois piliers : une connaissance fine du marché luxembourgeois, un niveau d’exigence très élevé dans le suivi client, et surtout une véritable stratégie derrière chaque bien.
Aujourd’hui, une grande partie de nos clients viennent par recommandation.
Qu’est-ce qui distingue aujourd’hui un bien immobilier vraiment “exceptionnel” sur le marché luxembourgeois ?
Cindy : Un bien exceptionnel, c’est la combinaison de trois éléments. D’abord, l’emplacement : c’est la base. Une adresse rare, une vue, un environnement que l’on ne peut pas recréer. Ensuite, la cohérence du bien. Architecture, volumes, matériaux, lumière... Tout doit être parfaitement maîtrisé : rien ne doit sonner faux.
Enfin, il y a l’expérience de vie : une circulation fluide, de l’intimité, du confort au quotidien, une vraie facilité d’usage. Le luxe aujourd’hui, c’est aussi un art de vivre. Les acheteurs ne recherchent plus simplement une belle maison, mais un lieu qui répond à leurs exigences et dans lequel ils peuvent se projeter immédiatement. Un bien peut être très cher sans être exceptionnel ; l’inverse est beaucoup plus rare.
Observez-vous de nouvelles attentes chez les acheteurs fortunés ?
C. : Oui, très clairement. Les acheteurs haut de gamme sont aujourd’hui beaucoup plus informés, plus exigeants et surtout plus prudents. Ils prennent davantage de temps, analysent plus en profondeur et comparent davantage. Nous observons également une montée en puissance de critères tels que la performance énergétique, l’absence de travaux, l’“instagrammabilité” du bien, la qualité de vie au quotidien, la discrétion et la facilité d’entretien.
Dans un marché aussi compétitif, qu’est-ce qui fait aujourd’hui la singularité de votre agence ?
R. : Notre singularité réside dans notre positionnement et notre accompagnement sur mesure. Nous travaillons beaucoup en collaboration avec nos confrères, nous sélectionnons nos dossiers et nos clients, et nous suivons chaque transaction jusqu’à son aboutissement, sans jamais relâcher notre engagement.
Nous apportons également une lecture sincère du marché, même lorsqu’elle n’est pas toujours confortable à entendre. C’est ce qui crée la confiance.
Comment voyez-vous évoluer le marché immobilier haut de gamme au Luxembourg dans les prochaines années ?
R. : Nous nous dirigeons vers un marché plus sélectif. Les biens réellement qualitatifs continueront à bien performer, tandis que les autres devront s’ajuster, parfois de manière significative.
Le marché devient plus rationnel : il y a moins d’achats impulsifs, davantage d’analyses et des négociations plus présentes.
Les facteurs externes — taux d’intérêt, contexte géopolitique, attractivité du pays — continueront à jouer un rôle déterminant. Cela dit, le Luxembourg reste une place solide.
Quelles sont les prochaines ambitions de votre agence ?
R. : Nous sommes actuellement dans une phase de structuration et d’accélération. Nos objectifs sont clairs : renforcer notre présence sur le segment premium, développer davantage notre réseau et notre influence, et recruter des profils performants, en parfaite adéquation avec nos valeurs.
Nous travaillons également sur des outils et une approche “next generation”, intégrant une véritable dimension technologique et marketing. L’objectif n’est pas simplement de grandir, mais de construire une structure solide, durable et reconnue.
Then, the coherence of the property. Architecture, volumes, materials, light... everything must be perfectly mastered; nothing should feel out of place.
Finally, there is the living experience: fluid circulation, privacy, everyday comfort, and ease of use. Luxury today is also about lifestyle. Buyers are no longer just looking for a beautiful home, but for a place that meets their expectations and in which they can immediately picture themselves. A property can be very expensive without being exceptional; the opposite is far rarer.
Are you seeing new expectations among highnet-worth buyers?
Cindy: Yes, very clearly. High-end buyers are now much more informed, more demanding, and above all, more cautious. They take more time, analyze more deeply, and compare more extensively.
We’re also seeing a growing importance of criteria such as energy performance, turnkey properties, the “Instagrammability” of a home, quality of daily life, discretion, and ease of maintenance.
In such a competitive market, what sets your agency apart today?
Ruben: Our uniqueness lies in our positioning and our bespoke approach. We collaborate closely with our peers, carefully select both our listings and our clients, and follow every transaction through to completion without ever compromising our commitment.
We also provide an honest reading of the market, even when it’s not always comfortable to hear. That’s what builds trust.
How do you see the high-end real estate market in Luxembourg evolving in the coming years?
The MBM Group Real Estate agency was founded by three passionate real estate professionals — Cindy Moreira, Ruben Brangier, and Sabrina Muno. Having received multiple international awards, they are now among the most promising agencies in Luxembourg. We spoke with Cindy and Ruben.
Your agency quickly established itself on the Luxembourg market. What is your secret?
Ruben: From the very beginning, we made a clear choice: to prioritize quality over volume. We prefer fewer listings, but ones that are perfectly handled, closely followed, and sold under the best possible conditions.
Our difference is built on three pillars: an indepth knowledge of the Luxembourg market, a very high level of client service, and above all, a genuine strategy behind each property. Today, a large part of our clients comes through referrals.
What defines a truly “exceptional” property on the Luxembourg market today?
Cindy: An exceptional property is the combination of three elements. First, location — that’s the foundation. A rare address, a view, an environment that simply cannot be replicated.
Ruben: We are moving toward a more selective market. Truly high-quality properties will continue to perform well, while others will need to adjust, sometimes significantly.
The market is becoming more rational: fewer impulse purchases, more analysis, and more negotiation.
External factors — interest rates, geopolitical context, and the country’s attractiveness — will continue to play a key role. That said, Luxembourg remains a strong and resilient market.
What are your agency’s next ambitions?
Ruben: We are currently in a phase of structuring and acceleration. Our objectives are clear: strengthen our presence in the premium segment, further develop our network and influence, and recruit high-performing profiles fully aligned with our values.
We are also working on tools and a “nextgeneration” approach, integrating a strong technological and marketing dimension. The goal is not simply to grow, but to build something solid, sustainable, and widely recognized. mbmgrouprealestate.com
L'engouement croissant des collectionneurs pour le mobilier décoratif a fait bondir les coûts et les records de ventes. L'expert en design Frédéric Chambre, a sélectionné dans un ouvrage édité chez Assouline des créations qui retraçent un siècle d’innovations.
Texte David Bail Photos Assouline
Dans l’univers feutré du luxe contemporain, collectionner ne relève plus du simple acte d’acquisition : c’est une manière d’habiter le monde, de composer un récit personnel à travers les objets. Entre instinct et érudition, le collectionneur trace une ligne invisible reliant esthétique, histoire et émotion. Car derrière chaque pièce choisie se dessine un regard — celui d’un homme qui, guidé autant par le plaisir de l’œil que par une certaine idée de la culture, affirme une vision intime du beau.
Le design, longtemps relégué au rang d’objet utilitaire, s’est progressivement imposé comme un territoire d’expression à part entière. Une discipline à la croisée de l’art, de l’architecture et de l’artisanat, où chaque création raconte autant une époque qu’un usage. Comme le souligne Frédéric Chambre, sélectionner cent objets emblématiques du design revient alors à entreprendre une quête presque impossible : celle de condenser un siècle d’inventions, de ruptures et de révolutions esthétiques en une collection imaginaire, forcément incomplète, mais profondément révélatrice.
Car collectionner le design, c’est accepter ce paradoxe. Les objets choisis, souvent conçus pour être produits en série, sont ici élevés au rang de pièces uniques. Certains sont inaccessibles, conservés dans les plus grands musées, d’autres ont été créés sur commande pour des collectionneurs visionnaires. Tous partagent néanmoins une même exigence : celle d’un équilibre parfait entre forme et fonction, signature d’un créateur et reflet de leur temps.
L’histoire du design s’inscrit d’ailleurs dans une évolution plus vaste, celle de notre rapport aux objets. Aux origines, l’homme façonne des outils essentiels — bols, tabourets, récipients — dictés uniquement par la nécessité. Puis viennent les artisans du Moyen Âge, gardiens d’un savoir-faire transmis de génération en génération. Mais c’est
au XIXe siècle, avec la révolution industrielle, que tout bascule. La machine impose sa cadence, standardise la production, reléguant parfois l’esthétique au second plan.
Face à cette dérive, une nouvelle génération de créateurs entreprend de réconcilier l’utile et le beau. À la fin du XIXe siècle, l’Art nouveau amorce cette transformation. Des figures comme Victor Horta ou Charles Rennie Mackintosh imaginent des objets et des espaces où chaque détail compte, où l’ornement devient structure. L’objet cesse d’être neutre : il devient porteur d’une vision. Le XXe siècle accélère cette mutation. Les avant-gardes artistiques — du futurisme au constructivisme — brouillent les frontières entre art et design. Marcel Duchamp élève l’objet du quotidien au rang d’œuvre, tandis que les modernistes, du Bauhaus à Le Corbusier, prônent une esthétique épurée, fonctionnelle, adaptée à l’ère industrielle. Le design devient alors un langage universel, capable de répondre aux besoins d’une société en pleine transformation. Après la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle ère s’ouvre. Entre production de masse et retour à l’artisanat, le design explore toutes les voies. Les Scandinaves introduisent une sensualité nouvelle, fondée sur le confort et la simplicité des formes. Les Italiens, eux, insufflent une dimension plus expressive, presque artistique, où le mobilier flirte avec la sculpture. Les Trente Glorieuses voient naître une profusion d’objets innovants, reflets d’une société tournée vers le progrès. Mais dès les années 1970, le doute s’installe. Face à la surconsommation, certains designers remettent en question les fondements mêmes de leur discipline. Le design devient critique, expérimental, parfois radical. Des mouvements comme Memphis réintroduisent la couleur, l’ironie et la liberté formelle, rompant avec le dogme fonctionnaliste.
Depuis les années 1990, une nouvelle génération repense encore le rapport à l’objet. Entre pièces uniques et éditions limitées, entre artisanat et technologies numériques, le design s’émancipe des contraintes industrielles pour se rapprocher du champ artistique. Les galeries, les foires et les maisons de vente consacrent désormais ces créations comme des œuvres à part entière, convoitées par une nouvelle élite de collectionneurs.
Aujourd’hui, le design occupe une place singulière dans le paysage du luxe. À la fois fonctionnel et symbolique, accessible et exclusif, il dialogue avec l’art contemporain tout en conservant sa spécificité : celle d’être pensé pour vivre avec nous. Une chaise, une lampe ou une table ne sont jamais de simples objets. Ils incarnent une époque, une intention, un geste.
Constituer une collection de design, c’est donc bien plus qu’accumuler des pièces. C’est construire un univers, affirmer un goût, parfois même provoquer le débat. Car toute sélection est subjective, et c’est précisément dans cette subjectivité que réside sa richesse. Comme un montage cinématographique, chaque objet devient un fragment d’histoire, une image parmi d’autres, participant à un récit plus vaste : celui de notre relation intime aux formes, aux matières et au temps.
Au fond, le design n’est jamais figé. Il évolue avec nos modes de vie, nos technologies, nos désirs. Et si certaines pièces traversent les décennies sans perdre de leur éclat, c’est peut-être parce qu’elles touchent à quelque chose d’essentiel : cette quête universelle d’un équilibre parfait entre beauté et utilité. Une quête qui, aujourd’hui encore, continue de nourrir les rêves des collectionneurs — qu’ils soient amateurs éclairés ou, à leur manière, collectionneurs de l’impossible.
« Le design est l’expression d’une démarche, et peut (avec le recul et s’il est assez bon) être qualifié d’art... »
— Charles Eames



En haut de gauche à droite : George Nakashima (1905–90), Japan and USA. Early Conoid bench with single free-form arm. American black walnut, hickory, three East Indian rosewood butterfly keys. Private collection. © Collection privée belge Archives Phillips
Poul Kjaerholm (1929–80), Denmark. EKC 80 daybed. Nickel-plated steel, patinated leather. Stamped Kold Christensen. Private collection.
© Xavier Defaix / Archives Piasa


En bas de gauche à droite :
Max Ingrand (1908–69), France. Tenaille (Pincer) lamp-sculpture. Nibble-edged glass, bronze, black-finished wood. Galerie Jacques Lacoste, Paris.
© Archives Jacques Lacoste
Jean-Michel Frank (1895–1941), France. Lamp. Ivory strips on bronze base. Private collection, Galerie Vallois, Paris
© Arnaud Carpentier – Archives Galerie Vallois Paris
Serge Mouille (1922–88), France. Saturne ceiling light. Metal, aluminum, brass. Galerie Patrick Seguin, Paris
© Thierry Depagne – Archives Galerie Patrick Seguin
In the rarefied world of contemporary luxury, collecting is no longer a mere act of acquisition; it is a way of inhabiting the world, of composing a personal narrative through objects. Between instinct and erudition, the collector draws an invisible line connecting aesthetics, history, and emotion. Behind each chosen piece emerges a distinct perspective—that of a man guided as much by the pleasure of the eye as by a cultivated sense of culture, asserting an intimate vision of beauty.
Long relegated to the status of a purely utilitarian object, design has gradually established itself as a field of expression in its own right. A discipline at the crossroads of art, architecture, and craftsmanship, where each creation reflects both an era and a purpose. As Frédéric Chambre notes, selecting one hundred emblematic design objects becomes an almost impossible quest: that of condensing a century of inventions, ruptures, and aesthetic revolutions into an imaginary collection—necessarily incomplete, yet deeply revealing.
Collecting design means embracing this paradox. Objects originally conceived for mass production are elevated here to the status of unique pieces. Some are inaccessible, housed in the world’s greatest museums; others were created as bespoke commissions for visionary collectors. Yet all share a common principle: a perfect balance between form and function, embodying both the signature of their creator and the spirit of their time.
The history of design is part of a broader evolution—our relationship with objects themselves. In its earliest form, humanity crafted essential tools—bowls, stools, vessels—guided purely by necessity. The Middle Ages saw the rise of artisans, guardians of skills passed down through generations. But it was the 19th century, with the Industrial Revolution, that changed everything. Machines imposed their rhythm, standardizing production and often pushing aesthetics into the background.
In response, a new generation of creators sought to reconcile beauty with utility. At the turn of the century, Art Nouveau marked a turning point. Figures such as Victor Horta and Charles Rennie Mackintosh envisioned objects and spaces where every detail mattered, where ornament became structure. Objects were no longer neutral—they carried meaning and intent.
The 20th century accelerated this transformation. Avant-garde movements—from Futurism to Constructivism—blurred the boundaries between art and design. Marcel Duchamp elevated everyday objects to the status of art, while modernists, from the Bauhaus to Le Corbusier, championed a pared-down, functional aesthetic suited to the industrial age. Design became a universal language, responding to the needs of a rapidly changing society.
After World War II, a new era emerged. Between mass production and a return to craftsmanship, design explored multiple paths. Scandinavian designers introduced a new sensuality rooted in comfort and simplicity, while Italian creators

« Design is an expression of the purpose, and it may (if it is good enough) later be judged as art... »
— Charles Eames
infused their work with expressive, almost sculptural qualities. The postwar boom gave rise to a wealth of innovative objects, reflecting a society driven by progress.
By the 1970s, however, doubt began to surface. Faced with overconsumption, designers questioned the very foundations of their discipline. Design became critical, experimental, sometimes radical. Movements such as Memphis reintroduced color, irony, and formal freedom, breaking away from strict functionalism. Since the 1990s, a new generation has once again redefined the object. Balancing one-off pieces and limited editions, craftsmanship and digital technologies, design has moved closer to the realm of art. Galleries, fairs, and auction houses now celebrate these creations as collectible works, sought after by a new global elite. Today, design occupies a unique position within the luxury landscape. Both functional and symbolic, accessible yet exclusive, it engages in
dialogue with contemporary art while retaining its defining trait: it is made to be lived with. A chair, a lamp, a table—none are merely objects. They embody an era, an intention, a gesture. To build a design collection is therefore far more than to accumulate pieces. It is to construct a universe, assert a taste, and sometimes even spark debate. Every selection is subjective, and it is precisely in that subjectivity that its richness lies. Like a cinematic montage, each object becomes a fragment of a larger story—one that speaks to our intimate relationship with form, material, and time.
Ultimately, design is never static. It evolves alongside our lifestyles, our technologies, our desires. And if certain pieces endure through decades without losing their allure, it is perhaps because they touch upon something essential: that universal quest for the perfect balance between beauty and utility. A quest that continues, to this day, to inspire collectors—whether seasoned connoisseurs or, in their own way, collectors of the impossible.





Chaque année, pendant quelques jours, Genève devient la capitale mondiale du temps. Watches & Wonders y réunit 65 maisons horlogères sous un même toit, attire près de 60 000 visiteurs dont 1750 journalistes, et dévoile pour des milliards de francs suisses de nouveautés. Pour la première fois, j’en ai mesuré toute l’ampleur. Chaque marque y façonne son propre univers, érigeant des décors spectaculaires conçus pour ne durer que quelques jours. Le résultat est à la fois fou et fascinant.
De stand en stand, au-delà des lancements, les maisons m’ont surtout raconté leur histoire. Une manière de rappeler que l’horlogerie ne se résume pas à l’innovation, mais s’inscrit dans le temps long — et que les femmes y occupent une place bien plus ancienne qu’on ne l’imagine. Dès 1932, Amelia Earhart traversait l’Atlantique en solitaire avec un chronographe Longines au poignet. Un héritage que nous mettons à l’honneur dans ce numéro, en revenant sur ces aviatrices pionnières qui faisaient confiance à leur montre autant qu’à leur instinct.
Dans le même esprit d’audace, Rolex récompense cette année cinq femmes exceptionnelles, chacune sur un continent différent, qui s’engagent à préserver ce qu’il nous reste de planète.
Entre prouesses mécaniques et héritage au féminin, ce numéro vous emmène, entre autres, au cœur d’un secteur qui, tout en regardant vers l’avenir, n’oublie jamais d’où il vient.
Bonne lecture,

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42 p. 3 Edito
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p. 6 Ladies Night x Sisley
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22 FASHION
p. 22 L'affaire est dans le sac
p. 28 Les 130 ans de l'imprimé star
32 HÉROÏNES
p. 32 Femmes pionnières




36 TAKE CARE
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38 FASHION
p. 38 Pièces maîtresses
40 WATCHES p.40 Watches & Wonders
42 DOSSIER SPÉCIAL DESIGN p. 42 Un projet qui emballe
p. 44 Perles d'océan p. 46 Miles Redd

Les façades à cadre en véritable laque de cette cuisine sont personnalisables dans les RAL de votre choix. Design raffiné, matériaux soigneusement sélectionnés, caractéristiques haut de gamme, perfection jusque dans les moindres détails : les cuisines noblessa combinent le meilleur du savoir-faire allemand. , alliant esthétique, précision et durabilité.
À Luxembourg, Noblessa est gérée par Vincenza et sa fille Inès qui unissent leur savoir-faire et leur sens du détail pour vous offrir un accompagnement aussi chaleureux qu’exigeant.

À l’occasion de la Journée internationale des droits de femmes, le Magazine Premium a orchestré, le 6 mars dernier, une soirée exclusive dédiée à sa communauté féminine. L'événement, organisé en collaboration avec la maison Sisley et l'enseigne berlinoise FashionFouVintage, a tenu ses promesses en proposant une immersion dans l'univers du luxe décontracté. Le make-up artiste Ibrahim El Danaf a rythmé la soirée avec deux masterclass très attendues, partageant ses gestes signatures et ses conseils professionnels autour des produits Sisley. Dans une approche à la fois pédagogique et interactive, les invitées ont pu découvrir de nouvelles techniques de maquillage tout en échangeant directement avec l’expert. En complément, les invitées ont pu s’initier à l’univers olfactif de la marque lors d’un atelier parfum dédié, tout en découvrant les soins innovants de la gamme Neurae. Côté mode, une sélection venue tout droit de Berlin a suscité la curiosité des participantes. Le pop-up store imaginé par FashionFouVintage présentait des pièces de seconde main soigneusement sélectionnées, offrant une alternative durable et pointue aux circuits traditionnels du luxe. Entre deux ateliers, les invitées ont profité de cocktails spécialement imaginés pour l’occasion. Une atmosphère conviviale et élégante, propice aux rencontres et aux échanges, qui a prolongé la soirée bien au-delà des démonstrations.
Photos : Diana Sellier





















Entre cinéma, mode et engagement humanitaire, Angelina Jolie évoque une évolution plus intérieure que spectaculaire — celle d’une artiste en quête de sens, d'impact et de liberté.
Texte David Bail
Peu de noms dans la culture mondiale occupent une place comparable à celui d’Angelina Jolie. Actrice, réalisatrice, humanitaire et désormais fondatrice d’un collectif de mode ancré dans la durabilité et le savoir-faire, la star se situe à l’intersection de l’art et du sens.
Depuis plus de trois décennies, elle navigue avec aisance entre le cinéma à grand spectacle et des récits plus intimes, allant de performances récompensées aux Oscars à la réalisation de films façonnés par l’histoire, les conflits et la résilience humaine.
Aujourd’hui, son regard semble plus affûté, plus intentionnel. Atelier Jolie, son espace collaboratif dédié à la mode et à la création, reflète un tournant vers une réflexion axée sur l’héritage, où l’art rencontre la responsabilité.
Parallèlement, son parcours dans le cinéma, devant et derrière la caméra, témoigne d’une évolution plus discrète mais tout aussi puissante.
Partageant sa vie entre plusieurs continents, élevant une famille qui affirme de plus en plus sa propre identité créative, et poursuivant un engagement humanitaire de longue date, Jolie parle désormais moins de réinvention que de perfectionnement.
Ici, elle réfléchit à la créativité, à la mode, à l’Europe, à la maternité et à ce que signifie construire une vie à la fois expressive et durable.
: Vous avez atteint un point de votre carrière où le mot « héritage » revient inévitablement. Est-ce quelque chose auquel vous pensez consciemment aujourd’hui ?
Angelina Jolie: Je pense davantage à la responsabilité qu’à l’héritage. L’héritage est quelque chose que les autres définissent une fois que vous n’êtes plus là. Ce que je peux contrôler, c’est la manière dont j’utilise mon temps, mes choix et les plateformes dont je dispose. Il arrive un moment dans la vie où l’on cesse de poursuivre et où l’on commence à se demander ce que l’on construit. Pour moi, c’est devenu central — que ce soit dans le cinéma, la mode ou l’action humanitaire. Je m’intéresse moins à la quantité désormais, et davantage au sens.
Ce changement vous a-t-il influencé dans le choix de vos rôles ?
Complètement. Je suis beaucoup plus sélective et j’espace davantage mes projets. Je veux avoir le sentiment que cela apporte quelque chose à une
conversation ou révèle quelque chose d’humain qui n’a pas encore été exprimé de cette manière. Il y a encore des histoires que je souhaite raconter en tant qu’actrice, mais je suis tout autant attirée par le fait de les façonner dès le départ, en tant que productrice ou réalisatrice. Il s’agit désormais d’un travail d'auteur, et pas seulement de participation.
Vous entretenez depuis longtemps un lien avec l’Europe, notamment la France et l’Italie. Qu’est-ce qui vous y attire ?
Il y a ici un respect de la création que je trouve profondément apaisant. Que ce soit dans le cinéma, la mode ou même la cuisine, il y a une forme de patience. Les gens prennent le temps d’affiner les choses.
J’ai toujours eu le sentiment qu’en Europe, on vous laisse penser, observer, ne pas vous précipiter. Cela me correspond. J’y trouve de la clarté. Il y a aussi un lien personnel. J’ai passé du temps dans différentes régions d’Europe au fil des années, tant pour le travail que dans ma vie privée, et ces expériences façonnent ma vision du monde. Ce n’est pas seulement une question de lieu, mais aussi de perspective — et aujourd’hui, ma perspective est d’explorer toutes les parties du monde, et de moi-même, que je n’avais pas encore eu l’occasion de découvrir.
Votre projet dans la mode, Atelier Jolie, est devenu une part importante de votre identité créative. Quelle était l’intention derrière ? C’est né d’une envie de créer quelque chose de collaboratif et d’ouvert. J’ai passé des années à travailler avec des costumiers, des artisans et des créateurs, et j’ai toujours été fascinée par la richesse des talents en coulisses. Atelier Jolie consiste à offrir une plateforme à ces talents. Nous travaillons avec des matériaux issus de stocks dormants, nous collaborons avec des artisans du monde entier et nous invitons les gens à participer au processus. Il s’agit moins de la mode comme industrie que de la mode comme dialogue. Je ne voulais pas créer une marque de plus ; je voulais créer un espace.
Il y a une dimension durable évidente, mais elle ne semble pas moralisatrice. Était-ce volontaire ?
Cela devait l’être. Les gens ne réagissent pas bien quand on leur dit ce qu’ils devraient ou ne devraient pas faire, mais ils sont sensibles à la beauté, à la qualité, aux histoires. Si vous pouvez créer quelque chose que les gens aiment, et que
cela est réalisé de manière responsable, alors vous avez accompli quelque chose de significatif. Personnellement, je pense que l’avenir du luxe résidera dans cet équilibre — savoir-faire, durabilité et éthique. Pas dans la consommation rapide ou la « fast fashion », mais dans une création réfléchie.
Comment définiriez-vous le luxe aujourd’hui ?
Le temps, honnêtement. Le temps de penser, de créer, d’être présent. Nous vivons dans un monde qui exige une production et une visibilité constantes. Le véritable luxe, c’est de pouvoir s’en extraire.
Dans un sens plus traditionnel, le luxe évolue. Il s’agit moins d’excès que d’intention. Une pièce magnifiquement réalisée, qui dure, qui a une histoire et qui vous relie à la personne qui l’a créée — cela me paraît bien plus luxueux que quelque chose de jetable.
Vous avez toujours eu un style personnel distinctif — minimaliste, élégant, souvent discret. A-t-il évolué ?
J’ai toujours été attirée par la simplicité. Probablement parce que mon travail est très expressif, je préfère que ma vie personnelle soit plus calme.
Mais grâce à Atelier Jolie, j’ai développé une appréciation plus profonde du processus derrière les vêtements... les mains qui les fabriquent, l’histoire des tissus.
Ainsi, même si mon style personnel n’a pas radicalement changé, ma compréhension de la mode s’est approfondie. Je la vois moins comme quelque chose que l’on porte, et davantage comme quelque chose auquel on participe.
Vos enfants sont désormais adultes ou presque. La maternité a-t-elle changé votre manière d’aborder votre carrière ?
Elle a tout changé. Elle a complètement redéfini mes priorités. Il fut un temps où j’enchaînais les projets, voyageais constamment, me poussais physiquement et émotionnellement.
Lorsque je suis devenue mère, le centre de ma vie s’est déplacé.
Aujourd’hui, alors qu’ils construisent leur propre vie, une autre transition s’opère. Je redécouvre de l’espace dans la mienne, mais enrichie par tout ce que la maternité m’a appris. Je suis plus ancrée, plus patiente et probablement plus sélective.
Certains de vos enfants s’intéressent à des domaines créatifs. Les encouragez-vous ?
J’encourage avant tout la curiosité. Je ne les pousse vers aucune voie en particulier, mais je les soutiens dans l’exploration de ce qui les intéresse.
Certains sont attirés par le cinéma, d’autres par le design, d’autres encore par des domaines complètement différents.
Ce qui compte pour moi, c’est qu’ils se sentent libres de se définir selon leurs propres termes. Grandir dans cet univers peut être complexe, donc j’essaie de maintenir une certaine normalité tout en leur permettant d’explorer des environnements créatifs.
Vous avez déjà évoqué l’intensité émotionnelle de la réalisation. Est-ce un rôle auquel vous revenez ?
Oui, mais avec prudence. Réaliser demande un niveau d’engagement différent. Cela prend des années et exige tout de vous... mais c’est extrêmement enrichissant, car vous façonnez un monde entier.
J’ai quelques projets en développement qui me tiennent particulièrement à cœur. Ce sont des histoires nécessaires, qui parlent de sujets qui m’importent profondément. Lorsque le moment sera venu, je reviendrai à ce rôle.
Vous avez travaillé avec certains des réalisateurs les plus respectés du cinéma moderne. Y en a-t-il qui vous ont particulièrement marquée comme actrice ?
Certains ont profondément changé ma manière de penser le métier. Clint Eastwood était extraordinaire sur Changeling — son approche calme, presque minimale, laisse de l’espace à l’acteur. Il ne sur-dirige pas, il fait confiance.
Travailler avec Terrence Malick sur The Tree of Life était à l’opposé à certains égards — très fluide, très instinctif, presque comme peindre plutôt que diriger.
Et quelqu’un comme Denis Villeneuve, que j’admire depuis longtemps, possède un sens incroyable de l’ampleur et de la retenue émotionnelle. Je suis attirée par les réalisateurs qui voient le cinéma comme une expérience immersive, pas seulement narrative.

Et du côté des acteurs, quels partenaires vous ont marquée ?
J’ai eu beaucoup de chance. Travailler avec Anthony Hopkins sur Beowulf était fascinant ; Johnny Depp sur The Tourist a une manière très instinctive, presque musicale, de jouer. Et bien sûr Brad Pitt — nous avons travaillé ensemble à différentes étapes de nos vies, et une forme de complicité se crée quand on se fait confiance artistiquement.
Plus récemment, faire partie d’un ensemble comme Eternals m’a permis de travailler avec des actrices comme Salma Hayek et Gemma Chan, ce que j’ai beaucoup apprécié. Le travail de groupe rappelle que le cinéma est toujours un effort collectif.
Y a-t-il des films que vous revisitez personnellement... des favoris qui continuent de vous inspirer ?
Il y en a plusieurs. J’ai toujours été attirée par les films émotionnellement bruts ou visuellement marquants. Un tramway nommé Désir en fait partie — Vivien Leigh y est incroyable.
J’aime le travail de Federico Fellini, en particulier La Dolce Vita, et j’ai toujours été profondément marquée par Apocalypse Now, en partie à cause du lien avec mon père, mais aussi pour son immersion.
J’admire aussi des films plus contemporains comme Roma. Cela rappelle que le cinéma peut être silencieux et pourtant profondément puissant.
Y a-t-il un réalisateur(rice) ou acteur(rice) avec qui vous aimeriez encore collaborer ?
Il y a toujours des personnes que l’on admire à distance. Quelqu’un comme Greta Gerwig a une voix très singulière — elle comprend les personnages et la nuance d’une manière remarquable. Et j’ai toujours énormément de respect pour Cate Blanchett, au-delà même de ses performances.
À ce stade, il s’agit moins de poursuivre des noms que de trouver la bonne histoire, mais lorsque les deux se rejoignent, c’est toujours passionnant.
« Il arrive un moment dans la vie où l’on cesse de poursuivre et où l’on commence à se demander ce que l’on construit »
Vous avez alterné entre superproductions et projets plus intimes. Avez-vous une préférence aujourd’hui ?
Je pense que je me tourne davantage vers de plus petites histoires plus personnelles. Les grands films comme Maleficent ou Eternals sont des expériences incroyables — ils touchent un vaste public et offrent une véritable ampleur. Mais les films plus intimistes, comme A Mighty Heart ou By the Sea, restent avec vous d’une manière différente.
En regardant votre filmographie, y a-t-il des rôles particulièrement significatifs pour vous ?
Girl, Interrupted restera toujours important car c’était un moment décisif au début de ma carrière. Changeling m’a challengée autrement — il demandait une forme de retenue et d’endurance émotionnelle qui m’a marquée — et Maleficent était spécial parce qu’il m’a connectée à un public plus jeune, y compris mes propres enfants à l’époque.
Votre travail humanitaire est une dimension essentielle de votre vie. Comment influencet-il votre travail créatif ?
Il influence absolument tout. Une fois que vous avez passé du temps dans des régions marquées par les conflits, les déplacements ou la pauvreté, votre perspective change définitivement. Il est impossible de revenir à une manière de vivre ou de travailler totalement isolée.

Pour moi, raconter des histoires devient un moyen de combler cet écart — que ce soit par le cinéma ou l’engagement, il s’agit de créer du lien et de rappeler que nous ne sommes pas aussi séparés que nous le pensons.
Pensez-vous que le public est aujourd’hui plus réceptif à ces récits globaux ?
Il y a davantage de conscience, mais l’attention est fragmentée. Les gens sont exposés à plus d’informations que jamais, mais cela ne se traduit pas toujours par une compréhension plus profonde.
Vous avez connu tous les degrés de célébrité. Comment gérez-vous cela aujourd’hui ?
Je garde une vie assez contenue. J’accorde beaucoup de valeur à la vie privée, surtout pour ma famille, et l’aspect public peut devenir fatigant avec le temps.
Bien sûr, il est agréable de célébrer un projet avec ceux qui y ont participé et de voir la réaction du public, mais je ne recherche pas constamment cet environnement.
Enfin, à quoi ressemble le prochain chapitre pour vous ?
Il s’agit de continuité plutôt que de réinvention. Continuer à créer, à collaborer, à apprendre. Il y a encore des histoires que je veux raconter, encore des façons de grandir. Si je peux continuer ainsi, alors je pense être sur la bonne voie.
Few names in global culture carry the enduring weight of Angelina Jolie. Actress, director, humanitarian and now founder of a fashion collective rooted in sustainability and craftsmanship, Jolie exists at the intersection of art and purpose.
Across more than three decades, she has moved fluidly between blockbuster cinema and intimate storytelling, from Oscar-winning performances to directing films shaped by history, conflict and human resilience.
Today, her focus feels sharper, more intentional. Atelier Jolie, her collaborative fashion and creative space, reflects a shift towards legacy thinking, where artistry meets responsibility.
Meanwhile, her continued work across film, both in front of and behind the camera, signals a quieter but no less powerful evolution.
Living between continents, raising a family that is increasingly stepping into its own creative identity, and continuing decades-long humanitarian work, Jolie now speaks less about reinvention, and more about refinement.
Here, she reflects on creativity, fashion, Europe, motherhood, and what it means to build a life that is both expressive and enduring.
: You’ve reached a point in your career where the word ‘legacy’ inevitably comes up. Is that something you consciously think about now?
Angelina Jolie: I think about responsibility more than legacy. Legacy feels like something other people define after you’re gone. What I can control is whether I’m being thoughtful with my time, my choices, and the platforms I have.
Here’s a stage in life where you stop chasing and start asking what you’re building. For me, that’s become central - whether it’s film, fashion, or humanitarian work. I’m less interested in volume now, and more interested in meaning.
Has that shift changed the types of roles you’re drawn to?
Completely. I’m much more selective, and I take longer between projects. I want to feel that something adds to a conversation, or reveals something human that hasn’t been said in quite the same way.
There are still stories I want to tell as an actress, but I’m equally drawn to shaping them from the beginning, as a producer or director. It’s about authorship now, not just participation.
You’ve long had a relationship with Europe, particularly France and Italy. What draws you back?
There’s a respect for craft here that I find grounding. Whether it’s filmmaking, fashion, or even food, there’s a patience to it. People take time to refine things. I’ve always felt that in Europe you’re allowed to think, to observe, to not rush to the next thing. That suits me. I find clarity here. There’s also a personal connection. I’ve spent time in different parts of Europe over the years, both working and privately, and those experiences shape how I see the world. It’s not just always about location, it can be a lot about perspective too, and I guess my perspective right now is to explore all the parts of the wider world, and my own, that I’ve not been able to up until this point.
Your fashion venture, Atelier Jolie, has become a significant part of your creative identity. What was the intention behind it? It came from wanting to create something collaborative and open. I’ve spent years working with costume designers, artisans and craftspeople, and I’ve always been fascinated by how much talent exists behind the scenes. Atelier Jolie is about giving that talent a platform. We work with deadstock materials, we collaborate with artisans from around the world, and we invite people into the process. It’s less about fashion as an industry and more about fashion as a dialogue. I didn’t want to create another label; I wanted to create a space.
There’s a clear sustainability angle, but it doesn’t feel preachy. Was that deliberate? It has to be. People don’t respond well to being told what they should or shouldn’t do, but they do respond to beauty, to quality, to stories.
If you can create something that people love, and it happens to be made responsibly, then you’ve achieved something meaningful. Personally, I think the future of luxury is going to be about that balance - craft, longevity, and ethics. Not rapid consumption or so-called ‘fast fashion’, but considered creation.
How would you define luxury today? Time, honestly. Time to think, to create, to be present. We live in a world that pushes constant output, constant visibility. Real luxury is being able to step back from that.
In a more traditional sense, I think luxury is evolving. It’s less about excess and more about intention. A beautifully made piece that lasts, that has a story, that connects you to the person who made it. That feels far more luxurious to me than something disposable.
You’ve always had a distinctive personal styleminimal, elegant, often understated. Has that evolved?
I’ve always leaned towards simplicity. Probably because my work is so expressive, I prefer my personal life to be quieter. But through Atelier Jolie, I’ve developed a deeper appreciation for the process behind clothing... the hands that make it, the history in fabrics.
So while my personal style hasn’t dramatically changed, my understanding of fashion has deepened. I see it less as something you wear, and more as something you participate in.
Your children are now adults or close to it. Has motherhood changed how you approach your career?
It changed everything. It reshaped my priorities completely. There was a time when I would take on multiple projects back-to-back, travel constantly, push myself physically and emotionally. Once I became a mother, the centre of my life shifted. Now, as they’re growing into their own lives, there’s a different kind of transition happening. I’m rediscovering space in my own life, but it’s informed by everything motherhood has taught me. I’m more grounded, more patient, and probably more selective.


« Here’s a stage in life where you stop chasing and start asking what you’re building »
« People are exposed to more information than ever, but that doesn’t always translate into deeper understanding »
Some of your children have shown interest in creative fields. Do you encourage that?
I encourage curiosity more than anything. I don’t push them towards any particular path, but I support them in exploring what interests them. Some are drawn to film, some to design, some to completely different areas. What matters to me is that they feel free to define themselves on their own terms. Growing up around this industry can be complicated, so I try to keep things as normal as possible while still allowing them to experience creative environments.
You’ve spoken before about the emotional intensity of directing. Is that something you’re returning to?
Yes, but carefully. Directing requires a different level of commitment. It takes years, and it demands everything from you... but it’s incredibly fulfilling because you’re shaping an entire world. I have a few projects in development that I’m passionate about. They’re stories that feel necessary, that speak to things I care deeply about. When the timing is right, I’ll step back into that role again.
You’ve worked with some of the most respected directors in modern cinema. Are there any who particularly shaped you as an actress?
There are a few who changed the way I think about the craft. Clint Eastwood was extraordinary on Changeling - his calm, almost minimal approach creates space for an actor to do their best work. He doesn’t over-direct, he trusts you.
Then working with Terrence Malick on The Tree of Life was the opposite in some ways - very fluid, very instinctive, almost like painting rather than directing.
And someone like Denis Villeneuve, who I’ve long admired, has this incredible sense of scale and emotional restraint. I’m drawn to directors who see cinema as something immersive, not just narrative.
And in terms of actors, who has stayed with you from a collaboration perspective?
I’ve been very fortunate. Working with Anthony Hopkins on Beowulf was fascinating; Johnny Depp on The Tourist has this very instinctive, almost musical way of performing.
And of course Brad Pitt - we worked together at different stages of our lives, and there’s a shorthand that develops when you trust someone creatively. More recently, being part of an ensemble like Eternals meant working with actors like Salma Hayek and Gemma Chan, which I really enjoyed. There’s something about ensemble work that reminds you this is always a collective effort.
Are there films you return to personally... favourites that still inspire you?
There are quite a few. I’ve always been drawn to films that feel emotionally raw or visually distinctive. A Streetcar Named Desire is one I go back to - Vivien Leigh is just astonishing in it. I love the work of Federico Fellini, especially La Dolce Vita, and I’ve always been deeply moved by Apocalypse Now, partly because of my father’s connection to it, but also because it’s such an immersive piece of filmmaking.
I also admire more contemporary films like Roma It reminds you that cinema can be quiet and still deeply powerful.
Is there a filmmaker or actor you haven’t worked with yet that you’d still love to collaborate with?
There are always people you admire from afar. I think someone like Greta Gerwig has a very distinct voice - she understands character and nuance in a beautiful way. And I’ve always respected Cate Blanchett not just for her performances. At this stage, it’s less about chasing names and more about finding the right story, but when those two things align, it’s always exciting.
You’ve balanced blockbuster films with much more intimate projects. Do you have a preference now?
I think I’ve moved towards smaller, more personal stories. Big films like Maleficent or Eternals are incredible experiences - they reach huge audiences and there’s a real sense of scale. But the quieter films, like A Mighty Heart or By the Sea, stay with you in a different way.
And when you look back at your own filmography, are there performances that feel especially significant to you?
Girl, Interrupted will always be important because it was such a defining moment early on. Changeling challenged me in a different way - it required a kind of restraint and emotional endurance that stayed with me - and Maleficent was special because it connected me to a younger audience, including my own children at the time.
Your humanitarian work has been a defining part of your life. How does it continue to inform your creative work?
Oh it informs everything. Once you’ve spent time in places affected by conflict, displacement, or poverty, it changes your perspective permanently. It’s impossible to return to a purely insulated way of living or working.
For me, storytelling becomes a way of bridging that gap, so whether it’s through film or advocacy, it’s about connection, and reminding people that we’re not as separate as we sometimes think.
Do you feel audiences today are more receptive to those global narratives?
I think there’s more awareness, but attention is fragmented. People are exposed to more information than ever, but that doesn’t always translate into deeper understanding.
You’ve experienced every level of fame, from early career attention to global superstardom. How do you navigate that now?
I keep my life quite contained. I value privacy, especially for my family, and the public side actually gets a bit tiring after a while.
Sure, there’s something lovely about celebrating a project with the people who made it, and seeing how audiences respond, but I’m not someone who seeks that environment constantly.
So finally, what does the next chapter look like for you?
I think it’s about continuation, rather than reinvention. Continuing to create, to collaborate, to learn. There are still stories I want to tell, still ways I want to grow.
If I can keep doing that, then I think I’m on the right path.

ÉVÈNEMENT | OUVERTURE
La Maison Sisley poursuit son expansion dans le Benelux avec son ouverture à Luxembourg. Ce lieu unique fusionne l’expertise scientifique de la phytocosmétologie et l’art de vivre de la famille d'Ornano.
Texte Audrey Forman

À l’occasion de cette inauguration, Premium a eu le privilège de s’entretenir avec Philippe d’Ornano, Président de la Maison. Fils des fondateurs Hubert et Isabelle d’Ornano, il est aujourd'hui le garant de l'indépendance de cette saga familiale iconique. Loin des logiques de grands groupes financiers, Philippe d'Ornano incarne une gestion “à la française”, où la passion du produit et le respect du temps nécessaire à la recherche priment sur les calendriers marketing.
Pourquoi était-ce important pour vous d’ouvrir une Maison Sisley à Luxembourg ?
Nous travaillons au Luxembourg depuis près de 45 ans et nous y avons une clientèle extrêmement fidèle. Nous sommes d’ailleurs la première marque de soin et de maquillage sur le marché luxembourgeois. Dans toutes les grandes capitales européennes, nous ouvrons désormais une Maison Sisley : c’est l’expérience ultime en termes de conseil, de service et de soins en cabine. Il aurait été dommage de ne pas en proposer une à Luxembourg alors que nos clients nous suivent depuis si longtemps. Il fallait simplement trouver le bon écrin, et nous sommes ravis d'avoir enfin déniché cet endroit.
Avez-vous conçu cet espace spécifiquement pour le Luxembourg ?
Chez nous, chaque Maison est pensée comme... une maison. L’idée est qu’elle soit particulière, inspirée systématiquement du lieu. Nous essayons d'imaginer un décor unique à chaque fois, tout en faisant la promotion de jeunes artistes locaux. Si vous visitez les Maisons Sisley de Madrid, Londres ou Shanghai, le décor est totalement différent, même si vous y retrouvez certains codes et, bien sûr, la même qualité de service et de soins.
Il paraît même que certains meubles, comme le canapé, viennent directement de chez vous ?
C’est possible ! Pas de chez moi, mais probablement de chez ma mère. Elle me taquine souvent en disant : “Tu ouvres trop de Maisons, je ne peux pas tout donner, il va falloir acheter maintenant !” rires. Plus sérieusement, nous avons une collection d’art partagée entre nos bureaux et nos Maisons. C’est une manière de mettre l’art en contact avec le public. Chez soi, c’est de la possession ; dans une Maison Sisley, c’est du partage.
Que vous ont transmis vos parents dans votre manière de diriger la Maison Sisley aujourd’hui ?
Beaucoup de choses. La valeur du travail et l'engagement. Mon père a dirigé de grandes maisons de cosmétiques avant de créer Sisley. Il nous a transmis cette passion du produit. Tous les mercredis, nous travaillons directement avec nos équipes de recherche. Ce n'est pas courant que les propriétaires s'impliquent à ce point dans la formulation. Cela apporte une exigence de résultat très forte. Et puis, c’est une aventure familiale incroyable. J’ai eu la chance de “jouer la Coupe du Monde” avec mes parents, c'est-à-dire de faire un projet avec eux et d’évoluer ensemble, et ça c'est génial. Quand une entreprise familiale fonctionne, elle est très performante car elle s'inscrit dans le temps long, avec un respect profond pour les équipes et le produit.
Cette indépendance est-elle la clé de votre excellence scientifique ? Pour construire une marque mondiale, il faut que chaque produit soit exceptionnel. Le vrai luxe, c’est de ne pas avoir de limite de temps ou de budget en recherche. Pour créer Sisleÿa, il a fallu 10 ans de recherche. Pour Hair Rituel, 7 ou 8 ans. Nos chercheurs n'ont pas le droit de regarder le prix des matières premières ; ils doivent simplement créer le meilleur produit possible. Si le rapport qualité-prix est bon, on lance. Sinon, on ne lance pas. Mon père ne voulait pas que le prix bride la créativité. C'est ce qui nous a permis d'être les premiers, en 1990, à lancer un solaire anti-âge très haut de gamme alors que le marché ne jurait que par des produits basiques.
Et vous, quels produits utilisez-vous quotidiennement ?
Je change souvent car je teste les nouveautés, et il est bon de changer de routine pour que la peau ne s'habitue pas trop. Mais j'ai mes piliers : pour le parfum, j'alterne entre Eau de Campagne, L’Eau d’Ikar et Eau de Hubert selon mon humeur. Et en termes de soins, j'applique le nouveau Sérum à la Rose Noire, et je mets la crème Sisleÿa L’Intégral Anti-Âge (version riche) par-dessus.
Institut Maison Sisley Luxembourg 20, rue de la Poste Luxembourg
On the occasion of this inauguration, Premium had the privilege of speaking with Philippe d’Ornano, Chairman of the House. Son of founders Hubert and Isabelle d’Ornano, he is today the guardian of the independence of this iconic family saga. Far from the logic of large financial groups, Philippe d’Ornano embodies a “French-style” management, where passion for the product and respect for the time needed for research take precedence over marketing calendars.
Why was it important for you to open a Sisley House in Luxembourg? We have been operating in Luxembourg for nearly 45 years, and we have an extremely loyal clientele. In fact, we are the leading skincare and makeup brand in the Luxembourg market. In all major European capitals, we now open a Sisley House: it is the ultimate experience in terms of personalized advice, service, and in-cabin treatments. It would have been a shame not to offer one in Luxembourg, given that our clients have been following us for so long. We just needed to find the right setting, and we are thrilled to have finally discovered this location.
Was this space specifically designed for Luxembourg?
For us, every House is conceived as... a home. The idea is for it to be unique, always inspired by its location. We strive to create a one-of-a-kind decor each time, while also promoting young local artists. If you visit Sisley Houses in Madrid, London, or Shanghai, the decor is completely different, even though certain codes are shared, along with the same high level of service and treatments.
I hear some of the furniture, like the sofa, even comes from your own home?
It’s possible! Not from my home, but probably from my mother’s. She often teases me, saying, “You open too many Houses, I can’t give everything away, you’ll have to buy now!” (laughs). More seriously, we have an art collection shared between our offices and our Houses. It’s a way to bring art into contact with the public. At home, it’s ownership; in a Sisley House, it’s about sharing.
« Our researchers are not allowed to look at the cost of raw materials; they simply have to create the best possible product »
What did your parents teach you about running the Sisley House today?
A lot. The value of hard work and commitment. My father led major cosmetics companies before creating Sisley. He passed on his passion for the product. Every Wednesday, we work directly with our research teams. It’s uncommon for owners to be so involved in formulation. It brings a very high standard of results. Also, it’s an incredible family adventure. I had the chance to “play the World Cup” with my parents, meaning to work on a project with them and grow together — and that’s wonderful. When a family business works, it is very efficient because it thinks long-term, with deep respect for the teams and the product.
Is this independence the key to your scientific excellence?
To build a global brand, every product must be exceptional. True luxury is having no limits of time or budget in research. Creating Sisleÿa took ten years of research. Hair Rituel took seven or eight. Our researchers are not allowed to look at raw material costs; they just have to create the best product possible. If the quality-price ratio is right, we launch. If not, we don’t. My father didn’t want cost to limit creativity. This allowed us to be the first, in 1990, to launch a high-end anti-aging sunscreen when the market focused only on basic products.
And which products do you use daily?
I often change because I test new launches, and it’s good to vary routines so the skin doesn’t get too accustomed. But I have my staples: for fragrance, I alternate between Eau de Campagne, L’Eau d’Ikar, and Eau de Hubert depending on my mood. For skincare, I use the new Black Rose Serum, followed by Sisleÿa L’Intégral Anti-Age (rich version).

ÉCOLOGIE | 2026 ROLEX AWARDS

Cinq femmes, cinq visions, un même combat : préserver la planète pour les générations futures. Avec ses Rolex Awards 2026, la maison genevoise redéfinit un luxe engagé, où l’impact devient la nouvelle mesure du temps.

La scientifique environnementale Binbin Li, lauréate des Rolex Awards 2026, travaille avec les communautés locales du centre de la Chine pour mettre en place une approche durable de l’élevage et protéger l’habitat du panda sauvage

Dans l’univers feutré de la haute horlogerie, certaines maisons ne se contentent pas de mesurer le temps, elles contribuent à le sauvegarder. À l’occasion du cinquantième anniversaire de ses Rolex Awards, la manufacture réaffirme cette ambition avec une nouvelle génération de lauréates, incarnant une vision contemporaine du luxe : engagée, éclairée, résolument tournée vers l’avenir.
Pour cette édition 2026, cinq femmes venues des quatre coins du globe, de l’Indonésie aux États-Unis, en passant par la Chine, le Nigeria et le Pérou, dessinent les contours d’un monde où innovation et responsabilité ne font qu’un. Scientifiques, activistes, chercheuses, elles partagent une même obsession : protéger la planète et celles et ceux qui l’habitent.
Au cœur de cette sélection, Binbin Li œuvre à la préservation du panda géant en Chine, en imaginant un modèle de cohabitation durable entre faune sauvage et activités humaines. Une approche pragmatique, presque diplomatique, du vivant. Plus au sud, Farwiza Farhan défend avec détermination l’écosystème de Leuser, dernier sanctuaire où coexistent éléphants, tigres, orangs-outans et rhinocéros. Son combat : replacer les communautés locales, et notamment les femmes, au cœur des décisions environnementales.
Dans un registre différent mais tout aussi crucial, Pardis Sabeti repense la lutte contre les épidémies en Afrique de l’Ouest. À travers des technologies de pointe et des outils de diagnostic portables, elle anticipe les crises sanitaires avant qu’elles ne deviennent mondiales. Une vision où la science devient un rempart invisible mais essentiel.
Au Nigeria, Rachel Ikemeh incarne une écologie de terrain, profondément humaine. En mobilisant les communautés locales, elle a déjà permis de sauver plusieurs espèces menacées et de protéger des milliers d’hectares de forêt. Une réussite qui prouve que l’engagement collectif peut rivaliser avec les défis les plus complexes.
Enfin, Rosa Vásquez Espinoza explore les liens invisibles entre biodiversité et survie humaine. En mettant en lumière le rôle crucial des abeilles sans dard dans l’équilibre de l’Amazonie, elle a contribué à leur reconnaissance juridique — une première — et ouvre la voie à une nouvelle forme de protection du vivant.
Depuis leur création en 1976, les Rolex Awards ont soutenu 165 lauréats dans plus de 60 pays, contribuant à planter des millions d’arbres, protéger des écosystèmes entiers et développer des technologies innovantes. Aujourd’hui intégrés à l’initiative Perpetual Planet Initiative, ils s’inscrivent dans une dynamique plus large, où le luxe ne se mesure plus seulement en précision ou en rareté, mais en impact.
Car au fond, la véritable élégance contemporaine réside peut-être là : dans la capacité à investir dans ce qui dure. À soutenir celles et ceux qui, loin des projecteurs, travaillent à préserver l’essentiel. Une autre manière, pour Rolex, de rappeler que le temps est sans doute notre bien le plus précieux, et qu’il mérite d’être protégé.


In the refined world of haute horlogerie, some maisons do more than measure time—they help preserve it. On the occasion of the fiftieth anniversary of its Rolex Awards, the Geneva manufacture reaffirms this ambition with a new generation of Laureates, embodying a contemporary vision of luxury: engaged, enlightened, and decisively forward-looking.
For the 2026 edition, five women from across the globe—from Indonesia to the United States, via China, Nigeria, and Peru—are shaping a world where innovation and responsibility go hand in hand. Scientists, activists, and researchers, they share a singular mission: to protect the planet and all who inhabit it.
At the heart of this selection, Binbin Li works to preserve the giant panda in China by developing a sustainable model for coexistence between wildlife and human activity—a pragmatic, almost diplomatic approach to life. Further south, Farwiza Farhan defends the Leuser Ecosystem, the last sanctuary where elephants, tigers, orangutans, and rhinoceroses coexist. Her fight: putting local communities, and especially women, at the center of environmental decision-making.
In a different yet equally crucial field, Pardis Sabeti is rethinking epidemic control in West Africa. Using cutting-edge technologies and portable diagnostic tools, she anticipates health crises before they become global, offering a vision where science acts as an invisible but essential safeguard.
In Nigeria, Rachel Ikemeh embodies hands-on, deeply human ecology. By mobilizing local communities, she has already saved several endangered species and protected thousands of hectares of forest—a testament to the power of collective engagement in facing the most complex challenges. Finally, Rosa Vásquez Espinoza explores the invisible links between biodiversity and human survival. By highlighting the crucial role of stingless bees in maintaining the Amazon’s ecological balance, she contributed to their legal recognition—a first—and opened the way to a new form of protecting life itself.
Since their creation in 1976, the Rolex Awards have supported 165 Laureates across more than 60 countries, contributing to the planting of millions of trees, the protection of entire ecosystems, and the development of innovative technologies. Now integrated into the Perpetual Planet Initiative, the Awards are part of a broader mission, where luxury is measured not only in precision or rarity, but in impact.
Ultimately, contemporary elegance may lie precisely here: in the ability to invest in what endures, and to support those who, away from the spotlight, work to preserve what truly matters. For Rolex, it is yet another reminder that time is perhaps our most precious asset—and that it deserves to be protected.


En haut :
La conservatrice forestière Farwiza Farhan dans l’écosystème de Leuser à Sumatra, en Indonésie. Farhan, lauréate des Rolex Awards 2026, a réussi à mobiliser les communautés locales et à mener de nombreuses campagnes contre la destruction de cet écosystème ; le dernier endroit sur Terre où éléphants, tigres, orangs-outans et rhinocéros coexistent encore à l’état sauvage
En bas : Lauréate des Rolex Awards 2026, Pardis Sabeti, en Sierra Leone. En développant des technologies pionnières, la généticienne médicale Sabeti se tient depuis des décennies au premier plan de la lutte contre les épidémies virales et les pandémies potentielles en Afrique de l’Ouest


OUVRAGE | THE BOOK OF ICONIC BAGS
Qu'est-ce qui transforme un sac en icône ? Fashionphile et Assouline ont leur réponse — et elle tient en vingt-cinq pièces. Texte Audrey Forman Photos Assouline

Derrière des vitrines sécurisées, au cœur d’un espace de 5 500 m2 à West Chelsea, New York, des milliers de sacs d’exception attendent leur seconde vie. Chaque jour, les experts de Fashionphile y analysent les pièces des plus grandes maisons, transformant le marché autrefois opaque de la revente en un écosystème de confiance mondiale. De cet observatoire unique est né The Book of Iconic Bags, publié par Assouline. À travers cet ouvrage, la célèbre maison d'édition dresse le portrait de vingt-cinq modèles devenus légendaires : des pièces dont l'histoire et le design ont su défier le temps pour devenir, au-delà de l'accessoire, de véritables actifs financiers.
Behind secured display cases, in the heart of a 5,500-square-meter space in West Chelsea, New York, thousands of exceptional handbags await their second life. Each day, Fashionphile’s experts examine pieces from the world’s most prestigious maisons, transforming what was once an opaque resale market into a trusted global ecosystem. From this unique vantage point comes The Book of Iconic Bags, published by Assouline. Through this volume, the renowned publishing house profiles twenty-five models that have become legendary—pieces whose history and design have stood the test of time to become, beyond mere accessories, true financial assets.


Nés entre les années 1930 et les années 1980, ils ont posé les règles du genre : le cuir irréprochable, la fermeture signature, l'histoire fondatrice. Chacun peut se targuer d'avoir une femme qui l'a rendu légendaire. Ensemble, ils forment le socle sur lequel tout le reste repose.
Chanel
Le 2.55 (Février 1955) : Coco Chanel crée le premier sac à bandoulière pour femme, lasse de tenir son sac à la main. Fermeture rectangulaire, poche intérieure pour lettres d'amour, doublure en jersey bordeaux : chaque détail est pensé. Karl Lagerfeld le réinterprétera en 1983, mais l'original n'a jamais quitté la collection.
Le Classic Flap (1983) : En prenant les rênes de Chanel, Karl Lagerfeld s'attaque au 2.55 : il y greffe le fermoir “CC” et entrelace du cuir dans la chaîne. Le sac gagne en lisibilité ce qu'il perd en discrétion — et devient l'un des accessoires les plus reconnaissables de l'histoire de la mode. Son prix a augmenté de plus de 100 % entre 2019 et 2024.
Dior
Le Lady Dior (1995) : Ce qui s'appelait alors le “Chouchou” fut offert à la princesse Diana par Bernadette Chirac en 1995. Le prototype était en cuir. La princesse le porta avec une telle constance qu'il prit son prénom. Plus de quatre-vingts versions plus tard, le matelassé “cannage” — hommage aux chaises Napoléon III des premiers défilés Dior — reste intact.
Gucci
Le Jackie (1961) : Initialement appelé “Constance”, il doit son nom à Jackie Kennedy Onassis, qui en commandait plusieurs à la fois, incognito. Discret et fonctionnel, il est l'extension naturelle d'une garde-robe construite sur l'élégance sans ostentation. Alessandro Michele le relance en 2020 en version non binaire, avec une fermeture piston accentuée. Harry Styles en fera l'une de ses pièces fétiches.
Hermès
Le Kelly (1930) : Créé en 1930 comme sac de voyage (Sac à Dépêches), il prend son nom définitif en 1977 — vingt ans après que Grace Kelly l'eut tenu devant elle en couverture de Life pour dissimuler sa grossesse. Trente-six pièces de cuir, un seul artisan, vingt heures de travail : le Kelly reste le sac le plus exigeant à fabriquer de la maison.

Le Constance (1967) : Catherine Chaillet le conçoit en 1967 alors qu'elle est enceinte de son cinquième enfant ; la première pièce sort des ateliers le jour même de la naissance de sa fille, Constance. Troisième pièce de la “Sainte Trinité” d'Hermès, c'est la seule à ne pas avoir de poignée : une bandoulière, un fermoir "H" à ressort, et une sobriété qui n'a pas vieilli.
Le Birkin (1984) : En 1984, Jane Birkin renverse son panier dans un avion à côté du PDG d'Hermès, Jean-Louis Dumas. De cet incident naît une esquisse, puis un sac. Pas de liste d'attente officielle, pas de vente en ligne. Un exemplaire “Himalaya” en crocodile s'est vendu pour 450 000 dollars chez Sotheby's en 2022.
Judith Leiber
La Minaudière (1967) : Née d'un accident industriel (une livraison de laiton taché dissimulée sous des cristaux Swarovski), elle peut compter jusqu'à 10 000 cristaux par pièce. Entrée dans les collections permanentes des plus grands musées et portée par cinq Premières dames américaines, la minaudière Leiber occupe une position à part, entre l'accessoire et l'œuvre d'art.
Louis Vuitton
Le Speedy (1930) : Lancé comme alternative légère aux sacs de voyage de la maison, il devient le “Speedy 25” en 1965 sur demande personnelle d'Audrey Hepburn. Réinterprété par Takashi Murakami sous l'ère Marc Jacobs, puis en version crocodile par Pharrell Williams, il reste structurellement identique depuis près d'un siècle.
Le Capucines (2013) : Hommage au premier magasin Louis Vuitton ouvert rue des Capucines en 1854, il est assemblé en 250 étapes. La série Artycapucines — des exemplaires numérotés confiés à des plasticiens contemporains — en a fait autant un objet de collection qu'un sac à main.


Ceux-là ne doivent pas tout à l'atelier. La culture pop les a propulsés, parfois ressuscités. Leur point commun : un moment précis où tout a basculé.
Balenciaga
Le City (2000) : Nicolas Ghesquière le conçoit avec une quincaillerie vieillie et une silhouette avachie, sans logo. Jugé trop radical, le projet faillit ne pas voir le jour. Kate Moss insista pour avoir un prototype ; le sac devint l'emblème d'une décennie. Demna le relance en 2024, avec Moss comme égérie.
Celine
Le Luggage (2010) : Créé par Phoebe Philo, il se distingue par son trapèze architectural et sa fermeture zippée dont la surpiqûre forme un “sourire”. Quasi discontinué sous Hedi Slimane, son retour est attendu sous la direction de Michael Rider.
Le Triomphe (2018) : Relancé par Hedi Slimane, il remet au goût du jour le monogramme historique de la maison, inspiré des chaînes entourant l’Arc de Triomphe. Avec sa ligne épurée et son fermoir signature, il incarne le retour d’un classicisme structuré, pensé pour durer.
Dior
Le Saddle (1999) : John Galliano crée ce sac inspiré par l'univers équestre. Retiré en 2007, il est relancé en 2018 par Maria Grazia Chiuri. Son prix de revente a augmenté de 89 % dès l'annonce de son retour.
Fendi
La Baguette (1997) : Silvia Venturini Fendi s'inspire de la façon dont les Parisiennes portent leur pain. Il explose en 2000 grâce à Sex and the City et la réplique culte : “Ce n'est pas un sac, c'est une Baguette.” Plus d'un million d'exemplaires ont été vendus depuis.
« En 1984, Jane Birkin renverse son panier dans un avion à côté du PDG d'Hermès, Jean-Louis Dumas. De cet incident naît une esquisse, puis un sac »





The Book of Iconic Bags Assouline x Fashionphile assouline.com
Goyard
Le Saint Louis (années 1930) : La maison la plus discrète du luxe réalise plus de la moitié de son chiffre d'affaires avec ce tote en toile Goyardine. Créé dans les années 1930, il est personnalisable uniquement en boutique. Parmi ses adeptes : Picasso, les Windsor ou les Kardashian.
Gucci
Le Diana (1991) : Alessandro Michele relance en 2021 ce cabas aux poignées en bambou, fétiche de Lady Diana lorsqu'elle se rendait à la salle de sport. C'est cette “banalité” assumée et chic qui fait la force du sac.
Prada
Le Backpack (1984) : Miuccia Prada sort un sac à dos en nylon militaire “Pocono”. La sobriété devient alors un nouveau symbole de statut social.
Le Nylon Re-Edition (2000) : Relancé en 2019 en Econyl (nylon recyclé), il prolonge une révolution amorcée dès les années 80 : transformer un matériau industriel en objet de désir.
Yves Saint Laurent
Le Loulou (2017) : Issu de la première collection d'Anthony Vaccarello, il s'impose par son matelassé en chevrons et le retour du logo “Cassandre” conçu en 1961.
Plus récents, mais déjà incontournables, ils imposent un nouveau vocabulaire : l'intrecciato oversized ou le micro-format.
Bottega Veneta
La Cassette et la Jodie (2019) : Sous Daniel Lee, l'intrecciato historique est “zoomé” pour un rendu moderne. La Cassette Paddée et la Jodie sont devenues les nouveaux piliers de la marque.
Jacquemus
Le Chiquito (2017) : Simon Porte Jacquemus invente le micro-sac. Viral avant même l'essor de TikTok, il transforme “l'inutilité fonctionnelle” en un immense succès commercial.
Loewe
Le Puzzle (2015) : Premier modèle de Jonathan Anderson pour la maison. Il nécessite l'assemblage de 75 pièces de cuir. La campagne de 2023 avec Maggie Smith a scellé son statut d'icône.
Stella McCartney
La Falabella (2009) : Premier sac de luxe vegan à devenir un “it-bag”, prouvant que durabilité et luxe pouvaient coexister, bien avant que cela ne devienne une norme dans l'industrie.

Louis Vuitton célèbre les 130 ans de son Monogram avec une nouvelle campagne signée Glen Luchford et Roman Coppola, réunissant des icônes internationales autour de ses modèles emblématiques.
Texte Audrey Forman
En 1896, Georges Vuitton dessine un motif afin de protéger les malles de son père des contrefaçons qui prolifèrent. Initiales entrelacées, fleurs stylisées, losange concave — le Monogram s'impose rapidement comme une signature. Plus d'un siècle plus tard, il reste l'un des motifs les plus reconnaissables au monde. Mais ce motif n'était pas inévitable. « Le Monogram n'était pas présent dès l'origine », rappelle Pierre-Louis Vuitton. « Louis Vuitton n'a jamais vu le Monogram ; c'est son fils, Georges, qui l'a créé quatre ans après sa mort. »
Pour marquer cet anniversaire, Louis Vuitton a confié la photographie à Glen Luchford et la réalisation à Roman Coppola. La campagne met en scène plusieurs ambassadrices et figures proches de la Maison, chacune évoquant la relation personnelle qu'elle entretient avec un modèle en Monogram. Zendaya ouvre ce nouveau chapitre avec le Speedy, sac né au début des années 1930, devenu symbole de modernité et de liberté de mouvement. Catherine Deneuve incarne quant à elle l'Alma, silhouette structurée créée en 1992 à l'élégance parisienne. Liu Yifei rend hommage au Noé, imaginé en 1932 pour transporter des bouteilles de champagne, tandis que Hoyeon met en lumière le Neverfull, lancé en 2007 et devenu l'un des sacs les plus emblématiques de la Maison.
En parallèle, trois capsules explorent différentes strates de cet héritage. La collection Monogram Origine travaille sur des toiles lin-coton aux teintes pastel, proches des premières versions archivées. Les collections VVN et Time Trunk, elles, s'attardent sur le cuir tanné végétal et la malle — la forme originelle, reproduite en trompe-l'œil sur des pièces contemporaines. Et Takashi Murakami est de retour, avec la réédition de la collaboration LVxTM : le même Monogram, explosé dans un univers de couleurs saturées. Pour Pierre-Louis Vuitton, les origines du motif puisent à plusieurs sources. « Georges Vuitton s'intéressait beaucoup à l'architecture des cathédrales gothiques, notamment aux rosaces et aux coffres », expliquet-il. « Parallèlement, Georges a pu être exposé à la culture japonaise, très présente en France dans les années 1880. » Une hybridation fondatrice, entre
héritage européen et influences orientales, qui explique en partie la longévité universelle du motif.
Tout cela prend racine à Asnières, où Louis Vuitton a installé ses ateliers dès 1859. Pierre-Louis Vuitton y a grandi, et le Monogram y a façonné son regard : « Je suis né et j'ai grandi à Asnières en 1974, quand le Monogram était au cœur de Louis Vuitton. Il faisait partie de mon environnement quotidien. » C'est là que les artisans fabriquent encore à la main les pièces les plus complexes de la Maison — troncs, commandes spéciales, maroquinerie de haute exigence. Les gestes n'ont pas changé. Les matériaux non plus. Ce qui change, c'est ce qu'on en fait.
Sa polyvalence, précisément, est ce qui distingue le Monogram de tous les autres motifs de la Maison. « C'est un symbole puissant », résume Pierre-Louis Vuitton. « Sa polyvalence lui permet d'exister aussi bien en haute joaillerie qu'en horlogerie. » Pour ce 130e anniversaire, de nouveaux produits mettront en avant le Monogram historique — et ses prochaines métamorphoses.
In 1896, Georges Vuitton designed a pattern to protect his father's trunks from the counterfeits that were proliferating at the time. Interlocking initials, stylised flowers, concave diamond — the Monogram quickly established itself as a signature. More than a century later, it remains one of the most recognisable patterns in the world. But this motif was far from inevitable. "The Monogram was not there from the very beginning," recalls Pierre-Louis Vuitton. "Louis Vuitton never saw the Monogram — it was his son Georges who created it four years after his death."
To mark this anniversary, Louis Vuitton entrusted the photography to Glen Luchford and the direction to Roman Coppola. The campaign features several ambassadors and figures close to the House, each reflecting on their personal relationship with an iconic Monogram style.


Zendaya opens this new chapter with the Speedy, a bag born in the early 1930s that became a symbol of modernity and freedom of movement. Catherine Deneuve embodies the Alma, a structured silhouette created in 1992 with quintessential Parisian elegance. Liu Yifei pays tribute to the Noé, conceived in 1932 to carry champagne bottles, while Hoyeon turns the spotlight on the Neverfull, launched in 2007 and now one of the House's most iconic bags.
In parallel, three capsule collections explore different layers of this heritage. The Monogram Origine collection works with linen-cotton canvases in pastel tones, close to the earliest archived versions. The VVN and Time Trunk collections, meanwhile, dwell on vegetable-tanned leather and the trunk — the original form, reproduced in trompe-l'œil on contemporary pieces. And Takashi Murakami is back, with the re-edition of the LVxTM collaboration: the same Monogram, exploded into a universe of saturated colours. For Pierre-Louis Vuitton, the pattern's origins draw from several sources. "Georges Vuitton was very interested in the architecture of Gothic cathedrals, particularly rose windows and chests," he explains. "At the same time, Georges may well have been exposed to Japanese culture, which had a strong presence in France in the 1880s." A founding hybridisation, between European heritage and Eastern influences, that partly explains the motif's universal staying power.
All of this is rooted in Asnières, where Louis Vuitton set up his workshops in 1859. Pierre-Louis Vuitton grew up there, and the Monogram shaped his eye from the very beginning: "I was born and grew up in Asnières in 1974, when the Monogram was at the very heart of Louis Vuitton. It was part of my daily environment." It is there that craftspeople still hand-make the House's most complex pieces — trunks, special commissions, the most demanding leather goods. The gestures have not changed. Neither have the materials. What changes is what is made of them. Its versatility, precisely, is what sets the Monogram apart from every other pattern in the House's history. "It is a powerful symbol," says Pierre-Louis Vuitton. "Its versatility allows it to exist just as naturally in fine jewellery as in watchmaking." For this 130th anniversary, new pieces will shine a light on the historic Monogram — and on its next transformations.
« Louis Vuitton n'a jamais vu le Monogram ; c'est son fils, Georges, qui l'a créé quatre ans après sa mort »
En hommage aux 130 ans du Monogram, LV lance ces trois collections capsules exceptionnelles : Monogram Origine, VVN et Time Trunk, LVxTM qui marque le retour de la collaboration avec Takashi

CO-PROPRIÉTÉ | MYNE
Posséder votre résidence secondaire sans les contraintes n'est désormais plus un rêve.

Dans un monde où le luxe se redéfinit par l’expérience plutôt que la simple possession, MYNE impose une nouvelle vision de la résidence secondaire. Exit la villa laissée vide la majeure partie de l’année : place à la co-propriété intelligente, élégante et parfaitement orchestrée.
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Ici, rien à gérer : de l’achat aux questions juridiques, de l’entretien quotidien à la coordination entre co-propriétaires, tout est pris en charge. Il ne reste qu’à profiter.

L’autre force du modèle réside dans son intelligence d’usage. Là où une résidence secondaire classique reste inoccupée la majorité du temps, MYNE optimise chaque période. Grâce à un système de réservation fluide et équitable, chacun bénéficie d’un accès harmonisé à la propriété. Mieux encore, les profils sont soigneusement associés : familles, couples ou propriétaires internationaux aux calendriers complémentaires cohabitent sans friction. Les biens, eux, répondent aux standards les plus exigeants : emplacements premium, infrastructures ouvertes toute l’année, équipements complets — piscine, spa, cheminée, salle de sport — pensés pour un confort en toutes saisons.
Enfin, au-delà du plaisir immédiat, MYNE introduit une dimension patrimoniale. Les co-propriétaires profitent non seulement de leur résidence, mais aussi de son potentiel de valorisation, avec la possibilité de générer des revenus locatifs. Plus qu’un modèle immobilier, MYNE incarne une nouvelle manière de vivre le luxe : plus fluide, plus responsable, et résolument dans l’air du temps.
In a world where luxury is being redefined by experience rather than mere ownership, MYNE introduces a new vision of the second home. Gone is the villa left empty most of the year; in its place, a smart, elegant, and seamlessly orchestrated coownership model.
The concept is simple, yet strikingly effective. Between two and eight co-owners, carefully selected for their compatible lifestyles, share a single exceptional property. The result: each enjoys a high-end holiday home while dividing acquisition and maintenance costs. A pragmatic, almost obvious approach at a time when real estate prices in sought-after destinations are reaching new heights.
Here, there is nothing to manage. From purchase and legal matters to day-to-day maintenance and coordination between co-owners, everything is handled. All that remains is to enjoy. The model’s other strength lies in its intelligent use. While traditional second homes often sit empty for most of the year, MYNE optimizes every period. Thanks to a smooth and fair reservation system, each co-owner benefits from balanced access to the property. Even better, profiles are carefully matched: families, couples, or international owners with complementary schedules coexist effortlessly.

The properties themselves meet the highest standards: premium locations, year-round infrastructure, and full amenities — pool, spa, fireplace, gym — designed for comfort in every season.
Finally, beyond immediate pleasure, MYNE introduces a true investment dimension. Co-owners benefit not only from their residence but also from its potential for value appreciation, with the option to generate rental income.
More than a real estate model, MYNE embodies a new way of living luxury: more fluid, more responsible, and perfectly in tune with the times.

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, Longines rend hommage aux aviatrices qui ont façonné son héritage.
Audrey Forman Photos Longines
À gauche : Géraldine Fasnacht — L'héritière d'aujourd'hui
À droite
Dès ses débuts, Longines s’est allié à celles qui repoussent les limites. À une époque où l’aviation n’en était qu’à ses balbutiements, des pionnières comme Amelia Earhart ou Jacqueline Cochran ont confié leur survie à la précision des chronographes suisses. Ces montres, véritables instruments de navigation, sont devenues des compagnons indispensables dans des exploits où chaque seconde comptait. Aujourd’hui, la manufacture célèbre cet héritage d’audace — un hommage qui dépasse largement le cadre de l’horlogerie.
Amelia Earhart — L'Atlantique comme terrain de jeu
En 1928, Amelia Earhart est la première femme à traverser l'Atlantique en avion. En 1932, elle réitère l'exploit en solitaire et sans escale, parcourant la distance en 14h56 avec un chronographe Longines calibre 13.33Z au poignet — instrument de navigation essentiel à une époque sans GPS. Fondatrice de l'organisation Ninety-Nines qui réunit encore aujourd'hui plus de 7 000 femmes pilotes, elle disparaît en 1937 lors d'une tentative de tour du monde. Avant de décoller, elle laisse un mot à son mari : « Comme les hommes, les femmes doivent tenter de réussir et si elles échouent, leur échec doit être un défi pour d'autres femmes. »
Amy Johnson — De Sheffield à Sydney
En 1930, Amy Johnson relie l'Angleterre à l'Australie en solitaire — 17 700 kilomètres en 19 jours — avec une montre pilote Longines comme seul instrument de navigation astronomique. Diplômée en économie et première femme à suivre des cours d'ingénierie à Sheffield malgré l'opposition de ses professeurs, elle bat en 1932 le record de son propre mari sur la liaison Angleterre-Afrique du Sud. Engagée dans l'Air Transport Auxiliary pendant la Seconde Guerre mondiale, elle périt lors d'un vol de convoyage en janvier 1941. Sa montre Longines est aujourd'hui conservée dans le musée de la marque.
Elinor Smith — La gamine qui volait sous les ponts
À 16 ans, Elinor Smith devient la plus jeune pilote licenciée au monde. À 17 ans, elle bat le record féminin d'endurance en solitaire, restant 42 heures en l'air. En 1928, elle vole sous les quatre ponts de New York pour prouver à un homme de son entourage qu'il avait tort — exploit que personne n'a réitéré depuis. En 1931, elle atteint 9 929 mètres d'altitude, battant le record du monde féminin après avoir failli perdre connaissance à 7 900 mètres lors d'un premier essai. Elle écrit à Longines après chaque record : « Les montres ont fonctionné à la perfection, sans relâche. »


Jacqueline Cochran — Plus vite que le son Entrepreneuse dans la cosmétique, Jackie Cochran apprend à piloter pour visiter ses clientes plus rapidement. Elle devient en 1938 la première femme à remporter le trophée Bendix, une course transcontinentale, à bord d'un avion qu'elle n'avait jamais piloté avant le départ. Pendant la guerre, elle prend la tête des Women Airforce Service Pilots et forme plus de 1 000 femmes pilotes. En 1953, elle devient la première femme à franchir le mur du son. Son record de vitesse de 1937 entre New York et Miami — 4h12 — a été réalisé avec une Longines Weems New Second-Setting Watch qu'elle offrira ensuite à la Première Dame Eleanor Roosevelt.
Ruth Nichols — Triple record en une seule année
En 1931, Ruth Nichols réalise l'exploit unique de détenir simultanément les records féminins internationaux d'altitude (8 761 m), de vitesse (339 km/h) et de distance (3 182 km). Première femme pilote d'hydravion licenciée aux États-Unis en 1924, elle s’impose comme l’une des aviatrices les plus accomplies de sa génération. En 1939, elle fonde Relief Wings, un service aérien civil dédié aux missions de secours d'urgence. En 1958, à 57 ans, elle est copilote à bord d’un avion à réaction et atteint 1 600 km/h, établissant de nouveaux records féminins.



Géraldine Fasnacht — L'héritière d'aujourd'hui
En 2022, la Suissesse Géraldine Fasnacht rejoint la famille Longines avec le même esprit que ses aînées. Première pilote de wingsuit à s'élancer depuis le sommet du Cervin en 2014, plus jeune championne féminine d'Xtreme Verbier en 2002, elle réalise en juin 2022 le premier saut en wingsuit depuis un avion solaire électrique. Son avion, le Spirit of St-Imier, rend hommage à la ville berceau de Longines. Sa devise dit tout : « L'esprit pionnier n'appartient pas au passé. Il vit en chaque femme qui ose partir à la conquête de l'impossible. »
From its earliest days, Longines has aligned its destiny with those who dare to push boundaries. At a time when aviation was still in its infancy, pioneers such as Amelia Earhart and Jacqueline Cochran entrusted their survival to the precision of Swiss chronographs. These timepieces, true navigational instruments, became indispensable companions in feats where every second counted. Today, the manufacture celebrates this legacy of audacity—a tribute that extends far beyond the realm of watchmaking.
Amelia Earhart — The Atlantic as a Playground
In 1928, Amelia Earhart became the first woman to fly across the Atlantic. In 1932, she repeated the feat solo and non-stop, covering the distance in 14 hours and 56 minutes with a Longines caliber 13.33Z chronograph on her wrist—an essential navigational tool in an era without GPS. Founder of the "Ninety-Nines" organization, which today brings together over 7,000 women pilots, she disappeared in 1937 during an attempted world

tour. Before taking off, she left a note for her husband: "Women must try to do things as men have tried. When they fail, their failure must be but a challenge to others."
Amy Johnson — From Sheffield to Sydney In 1930, Amy Johnson flew solo from England to Australia—covering 17,700 kilometers in 19 days—with a Longines pilot's watch as her only instrument for celestial navigation. An economics graduate and the first woman to attend engineering classes in Sheffield despite opposition from her professors, she broke her own husband's record on the England-South Africa route in 1932. Serving in the Air Transport Auxiliary during World War II, she perished during a ferry flight in January 1941. Her Longines watch is now preserved in the brand's museum.
At 16, Elinor Smith became the youngest licensed pilot in the world. At 17, she broke the women's solo endurance record, remaining airborne for 42 hours. In 1928, she flew under all four New York City bridges to prove a man in her circle wrong—a feat that has never been repeated since. In 1931, she reached an altitude of 9,929 meters, breaking the women's world record after nearly losing consciousness at 7,900 meters during her first attempt. She wrote to Longines after every record: "The watches functioned perfectly, without fail."
A cosmetics entrepreneur, "Jackie" Cochran learned to fly to visit her clients more quickly. In 1938, she became the first woman to win the Bendix Trophy, a transcontinental race, flying a plane she had never piloted before the start. During the war, she headed the Women Airforce
Service Pilots (WASP), training more than 1,000 female pilots. In 1953, she became the first woman to break the sound barrier. Her 1937 speed record between New York and Miami—4 hours and 12 minutes—was achieved with a Longines Weems New Second-Setting Watch, which she later gifted to First Lady Eleanor Roosevelt.
In 1931, Ruth Nichols achieved the unique feat of simultaneously holding the international women’s records for altitude (8,761 m), speed (339 km/h), and distance (3,182 km). The first licensed female seaplane pilot in the United States in 1924, she established herself as one of the most accomplished aviators of her generation. In 1939, she founded Relief Wings, a civilian air service dedicated to emergency relief missions. In 1958, at the age of 57, she served as co-pilot aboard a jet aircraft, reaching a speed of 1,600 km/h and setting new women’s records.
In 2022, Swiss-born Géraldine Fasnacht joined the Longines family, sharing the same spirit as her predecessors. The first wingsuit pilot to leap from the summit of the Matterhorn in 2014 and the youngest female champion of Xtreme Verbier in 2002, she performed the first-ever wingsuit jump from a solar-electric plane in June 2022. Her aircraft, the Spirit of St-Imier, pays tribute to the town that is the cradle of Longines. Her motto says it all: "The pioneering spirit does not belong to the past. It lives in every woman who dares to set out to conquer the impossible."

PSYCHOLOGIE | ÉGOÏSME
Longtemps considéré comme un défaut moral, l'égoïsme au féminin s'impose aujourd'hui comme un acte de santé mentale.

Longtemps associé à un défaut moral, l’égoïsme reste un terme particulièrement chargé lorsqu’il s’applique aux femmes. Pourtant, dans #MeFirst ! Manifeste pour un égoïsme au féminin, l’autrice Corinne Maier en propose une relecture radicale : et si se mettre en priorité était, au contraire, la clé d’une vie équilibrée et, paradoxalement, d'une meilleure relation aux autres ? En s'inspirant des réflexions de cet ouvrage, nous explorons pourquoi ‘se choisir’est un acte de santé mentale indispensable. Entretien avec Delphine Chary, CoachHypnothérapeute spécialisée dans l’accompagnement des deuils et des transitions de vie.
: L’égoïsme reste aujourd’hui fortement stigmatisé, en particulier chez les femmes. Comment expliquer cette perception encore très négative ?
Delphine Chary : Le terme « égoïsme » est toujours défini négativement — c'est selon le Larousse un « attachement excessif porté à soi-même, au mépris des intérêts des autres. » Il s'oppose à l'altruisme et est considéré comme un défaut, voire un péché dans la culture judéo-chrétienne. Depuis l'origine, la femme est celle qui prend soin des autres : elle porte les enfants, les nourrit, s'occupe du foyer et des personnes âgées, pendant que l'homme est tourné vers des activités extérieures. Avec la contraception dans les années 1980, les femmes ont pu envisager études, travail, carrière. Le message qui leur a été envoyé : « tu peux tout avoir. » Sauf que la société ne s'est pas adaptée pour rééquilibrer la charge domestique et familiale. La génération à qui on a dit « tu peux tout avoir » est devenue la génération burnout. Les femmes se font passer au second plan — ou s'oublient complètement. Et lorsqu'elles décident de se prioriser, elles sont regardées de travers : elles ne correspondent plus à l'image que l'on se fait d'elles.
Au-delà des mots, quels sont les signaux d'alerte qui montrent qu'une femme s'est trop longtemps oubliée au profit des autres ? J’entends très souvent cette phrase lors de mes séances « je ne comprends pas, j’ai tout pour être heureuse mais je ne le suis pas ». Et puis quand je les interroge, je suis face à des femmes qui ne se connaissent pas vraiment. Elles
n’ont pas toujours conscience de ce qui est vraiment important pour elles, elles ne connaissent pas leurs besoins, elles peuvent être fatiguées voire épuisées. Elles peuvent avoir des troubles alimentaires, des addictions, une perte de motivation, un discours intérieur négatif, une impression d’être en mode survie, une anxiété, du stress, des émotions désagréables et envahissantes, un état de déprime,... Elles mettent à l’écart leur corps, leur cœur et leur esprit. Ce qui les amène à ne pas s’alimenter sainement, à ne pas s’écouter, à ne pas se respecter.
Le livre défend l’idée d’un « égoïsme libérateur ». Comment définiriezvous cet égoïsme positif, et en quoi se distingue-t-il de celui que l’on critique habituellement ?
Quand j’invite les femmes que j’accompagne à être égoïstes et à le revendiquer, c’est une provocation de ma part. Je ne vais pas aussi loin que Corinne Maier. Cet égoïsme positif est une autorisation, non pas à ne plus s’intéresser aux autres, mais à prendre soin de soi en priorité. C’est leur donner l’opportunité, dans leur quotidien où elles sont tournées vers les autres, de se mettre en pause quelques minutes, quelques heures, quelques jours... Par ce geste, elles se donnent aussi ce qu’elles offrent aux autres sans compter : amour, tendresse, gentillesse, respect, soin et attention. Il ne s’agit pas de ne penser plus qu’à soi et à ne plus avoir d’intérêt pour les autres mais de mettre en place un équilibre salutaire pour la femme.
On parle des femmes parce qu’elles sont les plus concernées par cette difficulté mais il y a aussi des hommes qui s’oublient complètement.
En quoi le fait de se faire passer en priorité permet-il, concrètement, d'être plus présente et plus authentique dans ses relations ?
Christiane Singer écrivait « Souvent nous prenons refuge dans l’amour, ou ce que nous tenons pour l’amour. Nous aimons pour échapper à nous-mêmes, à notre propre persécution. Nous sommes nombreux à nous être condamnés à ne pas vivre tout en continuant à être vivants. Or la loi de l’âme est radicale : si je ne suis pas proche de moi, je ne le serai de personne, et personne ne pourra m’approcher ».
Lorsque l'on revient à soi, on retrouve un espace authentique à offrir aux autres. On ne peut pas donner ce que l'on n'a pas — à force de puiser sans jamais remplir, notre réservoir s'épuise. Quand il est plein, ce que l'on offre est fait avec le cœur. C'est un partage de qualité. Et quel cadeau pour nos enfants et notre entourage : leur montrer que nous ne sommes pas condamnées au sacrifice. Prendre soin de soi, satisfaire ses besoins, nourrir ses valeurs — c'est être souveraine, autonome, et montrer aux autres comment le rester. Nous leur montrons que nous sommes capables de prendre en charge notre propre vie pour qu'elle soit pleinement vécue, et pas une survie.
Enfin, par où commencer concrètement pour intégrer cet “égoïsme au féminin” dans son quotidien, sans basculer dans l’excès ni se couper des autres ?
Pour commencer ce travail, trois mots : s'écouter, se respecter, s'aimer.
S'écouter, c'est tendre l'oreille vers son corps sans attendre les grandes douleurs. Les tensions, les boules au ventre, les gorges nouées, le brouillard mental, les maux de tête ou de dos... sont des indications que quelque chose ne nous convient plus. C'est aussi accueillir ses émotions et noter les pensées qui tournent en boucle — elles ne sont pas la réalité, mais un indicateur d'un mal-être.
Se respecter, c'est nourrir ses besoins et ses valeurs : prendre soin de son corps (alimentation, sommeil, mouvement) et de son cœur, en accueillant les émotions — colère, tristesse, peurs — sans les refouler. S'aimer, enfin, inconditionnellement — comme on aime un enfant même imparfait, même quand il déçoit. Si nous savons donner cet amour aux autres, il est souvent bien plus difficile de se l'octroyer. Ça s'apprend, pas à pas. Et une question pour commencer : « Qu'est-ce que ça me coûte de ne pas prendre soin de moi ? »

Long associated with a moral flaw, selfishness remains a particularly loaded term when applied to women. Yet in #MeFirst! A Manifesto for Female Selfishness, author Corinne Maier offers a radical reinterpretation: what if putting oneself first were, on the contrary, the key to a balanced life and, paradoxically, to better relationships with others? Drawing on the ideas explored in this book, we examine why “choosing oneself” is an essential act of mental health. An interview with Delphine Chary, a coach and hypnotherapist specializing in grief support and life transitions.
: Selfishness is still heavily stigmatized today, especially among women. How can we explain this still very negative perception? Delphine Chary: The term “selfishness” is always defined negatively— according to the Larousse dictionary, it is an “excessive attachment to oneself, to the detriment of others’ interests.” It stands in opposition to altruism and is considered a flaw, even a sin, in Judeo-Christian culture. From the beginning, women have been the ones who take care of others: they bear children, feed them, manage the household, and care for the elderly, while men have traditionally been oriented toward external activities. With the advent of contraception in the 1980s, women were able to consider education, work, and careers. The message they received was: “you can have it all.” Except society did not adapt to rebalance domestic and family responsibilities. The generation that was told “you can have it all” has become the burnout generation. Women put themselves second—or forget themselves entirely. And when they decide to prioritize themselves, they are judged harshly: they no longer fit the image expected of them.
Beyond words, what warning signs show that a woman has neglected herself for too long in favor of others?
I very often hear this sentence in my sessions: “I don’t understand—I have everything to be happy, but I’m not.” And when I question them further, I encounter women who don’t really know themselves. They are not always aware of what truly matters to them; they don’t know their needs. They may
« I don’t understand— I have everything to be happy, but I’m not »
be tired or even exhausted. They may experience eating disorders, addictions, loss of motivation, negative self-talk, a sense of being in survival mode, anxiety, stress, overwhelming unpleasant emotions, or depression. They set aside their body, their heart, and their mind. This leads them not to eat healthily, not to listen to themselves, and not to respect themselves.
The book advocates a form of “liberating selfishness.” How would you define this positive selfishness, and how does it differ from the kind usually criticized?
When I invite the women I support to be selfish and to claim it, it is somewhat provocative on my part. I don’t go as far as Corinne Maier. This positive selfishness is a permission—not to stop caring about others, but to take care of oneself first. It gives them the opportunity, in their daily lives where they are focused on others, to pause for a few minutes, a few hours, or even a few days. Through this gesture, they also give themselves what they so freely offer others: love, tenderness, kindness, respect, care, and attention.
It’s not about thinking only of oneself and losing interest in others, but about creating a healthy balance. We talk about women because they are most affected by this difficulty, but there are also men who completely neglect themselves.
How does prioritizing oneself concretely allow someone to be more present and authentic in their relationships?
Christiane Singer wrote: “Often we take refuge in love, or what we believe to be love. We love in order to escape ourselves, from our own inner persecution. Many of us have condemned ourselves to not living while continuing to be alive. Yet the law of the soul is radical: if I am not close to myself, I will not be close to anyone, and no one will be able to come close to me.”
When we return to ourselves, we rediscover an authentic space to offer others. We cannot give what we do not have—if we keep drawing from our reserves without replenishing them, they become depleted. When our reservoir is full, what we give comes from the heart. It becomes a meaningful, high-quality exchange.
And what a gift for our children and those around us: showing them that we are not doomed to sacrifice. Taking care of oneself, meeting one’s needs, and nurturing one’s values means being sovereign and autonomous—and showing others how to be the same. We demonstrate that we are capable of taking charge of our own lives so they can be fully lived, not merely survived.
Finally, where should one start concretely to integrate this “female selfishness” into daily life, without going to extremes or cutting oneself off from others?
To begin this work, three words: listen to yourself, respect yourself, love yourself.
Listening to yourself means tuning into your body without waiting for major pain. Tension, knots in the stomach, tight throats, mental fog, headaches or back pain—all are signs that something is no longer right. It also means welcoming your emotions and observing recurring thoughts—they are not reality, but indicators of discomfort.
Respecting yourself means meeting your needs and honoring your values: taking care of your body (nutrition, sleep, movement) and your heart, by welcoming emotions—anger, sadness, fear—without suppressing them. Finally, loving yourself unconditionally—just as one loves a child, even when imperfect, even when they disappoint. If we know how to give this love to others, it is often much harder to grant it to ourselves. It is something that can be learned, step by step. And one question to begin: “What is the cost of not taking care of myself?”

Couleurs affirmées, transparence maîtrisée et silhouettes fluides signent les tendances cet été.


Chopard, Happy Hearts

Le Salon mondial de l'horlogerie s'est tenu à Genève du 14 au 20 avril, une édition riche en nouveautés. Notre Best of...

Rolex, Oyster Perpetual 41
Nouveauté 2026, ce modèle passe à un diamètre de 33 mm en Lucent Steel (l'acier recyclé de Chopard). Sa grande nouveauté technique est l'intégration d'un mouvement automatique avec 42 heures de réserve de marche, là où les modèles précédents étaient souvent à quartz. On y retrouve les célèbres diamants mobiles et un cœur rouge dansant sur un cadran en nacre perlée, le tout monté sur un bracelet en tissu bleu denim très contemporain.

Tudor Royal 30
La Tudor Royal se renouvelle en 2026 avec une taille inédite de 30 mm et un nouveau mouvement de manufacture, le Calibre MT5201 (certifié COSC). Elle affiche un cadran Bordeaux profond avec des chiffres romains appliqués et une lunette sertie de diamants. Côté performance, elle reste une "sport-chic" redoutable avec une étanchéité à 100 mètres et un bracelet intégré à 5 mailles avec le système de réglage rapide T-fit.
Jaeger-LeCoultre, Reverso One « Hibiscus Syriacus » Star de la nouvelle collection capsule La Vallée des Merveille, cette Reverso rend hommage aux jardins du Japon. Le boîtier pivotant en or rose cache un chefd'œuvre de Métiers Rares : de l'émail Grand Feu champlevé bleu et blanc mélangé à du paillonnage à la feuille d'or. Sous le cadran, on retrouve le Calibre 844 à remontage manuel. C'est une édition ultra-exclusive limitée à 20 exemplaires, alliant l'histoire de la montre réversible à une complexité artistique rare.
Pour les 100 ans de l’Oyster, Rolex frappe fort avec une version bicolore (Rolesor jaune) qui casse les codes. Le boîtier de 41 mm en acier Oystersteel est surmonté d'une lunette en or jaune 18 ct. Clin d'œil historique : la couronne de remontoir arbore un chiffre « 100 » gravé et le cadran ardoise affiche la mention « 100 years » à 6 heures. Techniquement, elle conserve le Calibre 3230 (70h de réserve de marche), mais avec une précision optimisée et un nouveau bracelet entièrement satiné.

Cartier, Baignoire "Clou de Paris"
Cartier réinterprète son design ovale de 1912 en y injectant une texture joaillière radicale. Le boîtier et le bracelet jonc en or jaune sont entièrement sculptés du motif Clou de Paris, créant une montre qui capte la lumière sous tous les angles. Elle est équipée d'un mouvement à quartz haute autonomie (environ 8 ans), permettant de conserver une finesse de boîtier extrême. C’est la fusion parfaite entre une montre de forme historique et un bijou de haute volée.


* Voted one of the most beautiful terraces of the year
The rooftop restaurant in the heart of Luxembourg City


SixSeven has been designed as a cocoon of subtlety. A special and unique break on the 6th and 7th floors of the fabulous Royal Hamilius building. Enjoy lunch, dinner, a snack or a cocktail with a breathtaking view over the city. SixSeven offers genuine, modern, gourmet cuisine. Indoors or on our peaceful rooftop, SixSeven is an invitation to travel, for every moment of the day.
SixSeven | Bar Restaurant Rooftop | Bistronomic cuisine 103 Grand-Rue, L-1660 Luxembourg Sunday to Thursday: 12 noon to midnight, Friday & Saturday: 12 noon to 1 am, Sunday Brunch: 11.30 am to 3.30 pm +352 26 26 26 67 | restaurantsixseven.lu

SPÉCIAL DESIGN | PONT-NEUF
Quarante ans après Christo, JR s'empare du Pont-Neuf et le transforme en grotte monumentale traversable. L'événement artistique de l'été parisien.
Texte
Audrey Forman

Quarante ans après Christo et Jeanne-Claude, qui avaient enveloppé le PontNeuf dans 41 800 m2 de toile en 1985, JR réinventera le plus ancien pont de Paris avec une installation immersive et spectaculaire. Du 6 au 28 juin 2026, le Pont-Neuf deviendra une véritable caverne monumentale traversable, offrant au public une expérience sensorielle unique. Inspirée par la pierre et l’histoire du pont, cette structure gonflable de haute technicité reproduira l’aspect du calcaire lutétien des anciennes carrières qui ont fourni ses pierres. À l’extérieur, elle surgira comme une excroissance rocheuse, contrastant avec l’élégance classique du pont. À l’intérieur, réalité augmentée et son immersif plongeront le visiteur dans un univers minéral et poétique : les parois prendront vie grâce à AR Studio Paris et Snap Inc., tandis que Thomas Bangalter, ancien membre de Daft Punk, signera une création sonore électro-acoustique aux accents monolithiques.
L’accès sera gratuit, jour et nuit, et l’expérience sera ouverte à tous. Financée par des mécènes privés, cette œuvre s’inscrira dans la lignée des grandes installations urbaines et proposera une immersion inédite, physique et numérique, dans le cœur de Paris.
Plus qu’une exposition, la Caverne du Pont-Neuf sera une invitation à redécouvrir le patrimoine parisien sous un angle poétique et futuriste. Une étape incontournable de l’été artistique dans la capitale.
Du 6 au 28 juin 2026 – jr-art.net

Forty years after Christo and Jeanne-Claude wrapped the Pont-Neuf in 41,800 square meters of fabric in 1985, JR will reinvent Paris’s oldest bridge with a spectacular immersive installation. From June 6 to 28, 2026, the Pont-Neuf will be transformed into a monumental, walk-through cavern, offering visitors a unique sensory experience.
Inspired by the stone and history of the bridge, this high-tech inflatable structure will replicate the look of Lutetian limestone from the quarries that originally supplied its materials. On the outside, it will emerge like a rocky outgrowth, contrasting with the bridge’s classical elegance. Inside, augmented reality and immersive sound will transport visitors into a mineral, poetic universe: the walls will come alive through collaborations with AR Studio Paris and Snap Inc., while Thomas Bangalter, former member of Daft Punk, will compose an electro-acoustic soundtrack with monolithic tones.
Open day and night, the installation will be free and accessible to all. Funded by private patrons, the project follows in the tradition of major urban artworks, offering an unprecedented fusion of physical and digital immersion in the heart of Paris.
More than an exhibition, The Pont-Neuf Cavern will be an invitation to rediscover Parisian heritage through a poetic and futuristic lens—an unmissable highlight of the city’s summer art season.
From June 6 to 28, 2026 – jr-art.net

SPÉCIAL DESIGN | SHEBARA RESORT
Perdu au cœur de la mer Rouge, le Shebara Resort réinvente l’évasion de luxe. Sur cette île préservée, ses villas futuristes semblent flotter entre ciel et mer.
Depuis le hublot d'un hydravion, le resort surgit comme une apparition : une ponctuation d'orbes en acier poli miroir déposés sur les eaux turquoise de Sheybarah Island, à 25 km des côtes saoudiennes.
Signée Killa Design — le studio derrière l'emblématique Museum of the Future de Dubaï — l'architecture de ces 73 villas s'inspire de la formation naturelle des perles. Ces structures sphériques, dont les façades réfléchissantes font fusionner ciel et mer, semblent se dissoudre dans l'horizon.
Conçues hors-site pour protéger l'écosystème local, puis déployées au-dessus de l'eau sur pilotis, elles abritent des suites spectaculaires avec piscines à débordement et sofas encastrés.
À l'intérieur, le designer Paolo Ferrari déploie un lexique qu'il baptise « futurisme naturaliste » : miroirs circulaires suspendus au-dessus des vasques, tables en onyx, lits dont les montants se prolongent en tables de nuit. Point d'orgue : un cabinet-bar aux portes hydrauliques miroitantes, révélant un écrin de cuir rouge une fois ouvertes.
Prouesse esthétique, mais aussi technologique : grâce à une ferme solaire dédiée, une usine de dessalement et une gestion des déchets en circuit fermé, le resort fonctionne en net zéro énergie.


From the window of a seaplane, the resort appears like a vision: a scattering of mirror-polished steel orbs set upon the turquoise waters of Sheybarah Island, 25 kilometres off the Saudi coastline.
Designed by Killa Design — the studio behind Dubai's iconic Museum of the Future — the architecture of these 73 villas draws inspiration from the natural formation of pearls. Their reflective spherical facades merge sky and sea, dissolving into the horizon. Built off-site to protect the local ecosystem, then deployed above the water on stilts, they house spectacular suites with infinity pools and built-in daybeds.
Inside, designer Paolo Ferrari unfolds a vocabulary he calls "natural futurism": circular mirrors suspended above the vanities, onyx tables, beds whose frames extend seamlessly into nightstands. The centrepiece: a mirrored bar cabinet with hydraulic doors that open to reveal a red leather interior.
An aesthetic feat, but a technological one too: powered by a dedicated solar farm, a desalination plant and a closedloop waste management system, the resort operates on a net-zero energy basis.

DESIGN
Du glamour hollywoodien aux townhouses new-yorkaises, l'architecte d'intérieur Miles Redd a fait du décor un art de vivre. Un univers théâtral et vibrant, où chaque intérieur devient une scène dédiée au plaisir et à l’imaginaire. Assouline lui a consacré un ouvrage.
Dans l’imaginaire du design américain, certains noms évoquent instantanément une vision — théâtrale, audacieuse, presque cinématographique — de l’élégance. Miles Redd appartient à cette catégorie rare : celle des esthètes qui transforment un intérieur en décor, et une pièce en scène. Son histoire commence loin des salons feutrés de Manhattan, dans une maison d’Atlanta, en Géorgie. Enfant, il passe des heures à feuilleter
The Royal Portraits de Cecil Beaton. Les images sont fastueuses, presque irréelles : princesses drapées d’hermine, robes de bal déployées comme des nuages. Une révélation esthétique. À cinq ans, le ton est donné, le goût du spectaculaire, du glamour assumé, ne le quittera plus.
À dix-huit ans, direction New York et la Parsons School of Design. Le choc est rude. Les débuts sont modestes, presque austères, loin des fantasmes hollywoodiens qu’il projette sur la ville. Mais cette tension entre rêve et réalité nourrit déjà son regard. Redd apprend vite : dans cette ville, soit l’on se brise, soit l’on se façonne.
Son premier appartement sur la 14e rue, à mille lieues des quartiers désirables, devient son premier terrain de jeu. Un espace minuscule, délabré, qu’il transforme en une sorte de serre anglaise décadente. Peu importe les fissures : l’essentiel est ailleurs, dans l’énergie, dans cette liberté de créer sans contrainte. Déjà, il reçoit, il met en scène, il compose.
Le véritable tournant arrive à la fin des années 1990, lorsqu’il acquiert une townhouse avec sa sœur. Le lieu est brut, imparfait — mais c’est précisément ce qu’il lui faut. Redd y déploie enfin son imaginaire : portes tapissées de zèbre, murs en satin rose, parquet en ébène et nickel. Le point d’orgue ? Une salle de bain en verre des années 1930 signée David Adler, exhumée d’un entrepôt de Chicago, et transformée en véritable salle de bal privée.
Chez Redd, un intérieur n’est jamais figé. Il est vivant, vibrant, pensé pour accueillir, célébrer, surprendre. Ses espaces sont faits pour être habités et surtout pour être vécus. « Party-ready », comme il le dit lui-même, parce que le luxe, au fond, réside peut-être là : dans la capacité à créer des lieux où la vie devient spectacle.
Aujourd’hui, à travers son livre, il livre bien plus qu’un portfolio. C’est une autobiographie en clairobscur, un manifeste esthétique où se mêlent souvenirs, obsessions et influences. Une invitation à entrer dans un monde où chaque pièce raconte une histoire — et où chaque détail célèbre une certaine idée du plaisir.
Car au fond, l’ambition de Miles Redd n’a jamais changé : offrir, le temps d’un instant, la sensation de danser sous les projecteurs d’un plateau de la Metro-Goldwyn-Mayer. Un luxe rare, presque oublié — celui de rêver en grand.
« Son premier appartement sur la 14e rue, à mille lieues des quartiers désirables, devient son premier terrain de jeu »
In the world of American design, certain names instantly evoke a vision of elegance that is theatrical, bold, and almost cinematic. Miles Redd belongs to that rare category: aesthetes who transform interiors into décors, and rooms into stages.
His story begins far from the refined salons of Manhattan, in a house in Atlanta, Georgia. As a child, he spent hours flipping through The Royal Portraits by Cecil Beaton. The images were opulent, almost unreal: princesses draped in ermine, ball gowns unfurled like clouds. It was an aesthetic revelation. At five years old, the tone was set, his taste for spectacle and unapologetic glamour would never leave him.
At eighteen, he set off for New York and the Parsons School of Design. The reality was stark. His beginnings were modest, almost austere, far removed from the Hollywood fantasies he had
projected onto the city. Yet this tension between dream and reality began to shape his perspective. Redd learned quickly: in this city, you either break or you become.
His first apartment on 14th Street — far from any desirable neighborhood — became his first playground. A tiny, crumbling space that he transformed into a kind of decadent English conservatory. The cracks didn’t matter; what mattered was the energy, the freedom to create without constraint. Already, he was hosting, staging, composing.
The real turning point came in the late 1990s, when he acquired a townhouse with his sister. The place was raw, imperfect — exactly what he needed. Redd finally unleashed his imagination: zebra-upholstered doors, pink satin walls, ebony and nickel parquet floors. The pièce de résistance?
A 1930s glass bathroom by David Adler, rescued from a Chicago warehouse and transformed into a private ballroom.
With Redd, an interior is never static. It is alive, vibrant, designed to welcome, to celebrate, to surprise. His spaces are meant to be inhabited and above all, to be lived in. “Party-ready,” as he puts it, because luxury, ultimately, may lie in the ability to create places where life itself becomes a spectacle. Today, through his book, he offers far more than a portfolio. It is a chiaroscuro autobiography, an aesthetic manifesto where memories, obsessions, and influences intertwine. An invitation into a world where every room tells a story — and every detail celebrates a certain idea of pleasure.
Because, at its core, Miles Redd’s ambition has never changed: to offer, if only for a moment, the sensation of dancing under the lights of a MetroGoldwyn-Mayer soundstage. A rare, almost forgotten luxury — the luxury of dreaming big.





« Chez Redd, un intérieur n’est jamais figé. Il est vivant, vibrant, pensé pour accueillir, célébrer, surprendre »
