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-2-

EDITO Dernier n" de I'année I99'/, pour toutes les revues d'aill-eurs. Ce n' aurait tout aussi bien pu être Ie dernier tout simplement. Beaucoup de revues disparaissent faute de moyens qui viennent pour la plupart des abonnés. A l-'instar de toutes les revues, nous ne devons notre sal-ut qu' à vous autres chers Iecteurs-abonnés. Et toujours comme de nombreuses revues, nous sommes à la recherche de toujours plus d' abonnés. C' est donc un appel lancé à tous ceux qrri nous connaisent déjà, uh peu coincé entre espoir et désespoir: promouvez MAUVAISE GRAINE autour de vous. A Ia rigueur, si un mécène pouvait se détacher d'entre tous ceux qui... mais ce n'est pas la peine de trop rêver. Cette revue, je I'offrirais volontier à tous ceux qu' eIIe intéresse réellement si Ie coût du port n'était pas si él-evé: je regrette Ia souplesse du service postal britannique! Coût éIevé du tarif postal et manque de moyens personnels ( je ne suis quasimple guerrier marinl ) mais je vous promets à tous de faire de mon mieux, et mon mieux n'est pas encore assez, al-ors disons I'impossible peu-être afin de poursuivre cet ouvrage qu'est MAUVAISE GRAINE de l-a façon l-a meill-eure et la plus agréabJ-e pour vous tous qui dès le départ - pour la majeure partie lui avez fait confiance. Place à Erich von NEFF et des extraits de son oeuvTe L'OMBRE DU CHIEN, que vous présente Morgane - à sa façon Morgane que vous retrouverez à La fin de ce n' pour sa critique du roman noir de Catherine KLEIN: LE JOURNAL DE

LA

TUEUSE.

Bonne

lecture et à très bientôt. Bonnes fêtes

de fin d'année à tous, VÙa]-ter

RUHLMANN.


PORTRAIT Par

MORGANE

Erich von Neff, Erich von Neff ' ' ' rien ? Le Ce nom ne vous rappelle-t-il gammée fantasme sulfureux d, une peau tatouée croix peut-être?Fantasmagorienauséeuseduchâtiment des plaisant des âmes corrompues par Ie désir tant corps. Esprits marqués ' nous avions apaisé Iecture ' bien que mal Ia brùIure laissée aprèsrevient ' Peine perdue , êfforts inutiles ' von Neff

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L,ombreduchien,U[recueilfrissonnant coupabres de cris étouffés, murmures des martyrs sur ou culpabilisés, ombres houleuses qui glissent homme les murs de nos cités, de nos mémoires. L, peut toujours se battre avec le chien' P€u importe I , issue ' Ie vainqueur, seule la bestialité Sera triomphatrice.Elleestl,évidencedelanature humaine.

Qui pourrait le nier ? Probablement pas celle aux Sonia Zebrowski . Vous savez , Sonia ' des Russes entrairres fouirrées par des Arremands, ce ne soit ou par des Mongols saouls, à moins que par quelques cochons à Ia peau luisante de sueur ' L'homme à Ia carapace c trois pièces )t r sùrdeSasupériorité,peutbiensouriredecette bestialitérlesteakqu'iladevantluirestera toujours un morceau de chair arraché à une barbaqueencorepalpitantepard'autreshommes' ' Et dans civilisés eux aussi, et trempés de sangprière des sa ville-toile où iI évolue, court la êtresdeRorschach.unnomrpourqu'ilsexistent plus enfinr encore ; un nomr pour qu'iIs ne soientpeutombres, ou jouets. Un nomt celui de Sonia être, ou de Zelda. . '


-4-

LE COIN DE

CAL I OPPE

SPECIAL ERICH VON NEFF L'OMBRE DU CHIEN lTHE SHADOU' OF THE DOG

DEPRESSION

Je trouve confort Au contact de I'acier

Je frotte mes mains Contre ses parois Iisses Je l-'écoute vi-brer En tambourinant les doigts repliés J'aime Ia sensation que procurent poutres et tuyaux d'acier pour les doigts impatients Icones de 1 'espri_t

Trombone

DEPRESSTON

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touofutng SteoL

Ra&Lng mg ha.ndt Agoûn/yt ,i.tr tmooth ti^d,et Heani,ng,în ne.oav&owte Wh.en

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th,e 6eeL oS l-&e.arnt And tteei Vvpos

Tnom$onet $on i,tcltg &tngetvS

lcoru o$ mg

nuî,nd


-5LE CHIEN

J'ai l-utté avec le chi_en On a rou]é dans l-a boue Cherchant les points faibl_es On

s'est mordu à

l_a f lgure

Pl-eins de haine La bave aux fèvres Les yeux déments J'ai lutté avec le chien

THE OOG I w+etttteÀ w,tth the dog lile no,l/,ed, i,n the dtint Sùtuggt,'i,ng gon weah tpoùs We &irt each othe4 6acùs Huùing and hatti,trg

Winh foarny W,i,th

I

mou.tha

dialg

ege^

w+ottl,eÀ w,i,th thz. dog


-6-

ES-TU BRUTE?

Visages triangulaires Baiser Baiser Coeurs sil-encieux

Baiser Baiser Lèvres de crystal Baiser Baiser

Etreintes glacées Baiser Bai-ser Mots vides de sens Baiser Baiser

Baiser, Baiser

ES-IU

BRUTE?

Mon ami

Encore un baiser

T+LangwLun $acet

K,itt, ltitst S,[Lpwt, heoÀnt

K,i,tt,

lti,,st

C+yttatr ,t'ipt

Ki,tt,

lcg

lti..to

envbtacet

Ki,tt, hi,rt Empta woud^

Ki,ot, lti,tt K'i.au h,ôtt

Mg

tlvi,en"d

K'i.ot, loitt


-7LES COCHONS *

C'étaient des créatures odorantes Ces cochons Qui se vautraient dans Ia boue Avec leurs ventres distendus qui rebondissaient Ils ronflaient comme des Mongols saoûIs après une libation Comme s'ils avaient gouté à la victoire Après avoir commis viols et pillages Abrutis de brandy Leurs corps Luisant de sueur gisaient en désordre Les cochons

Ils étaient

Reincarnations Réaffirmations

* Observés l-ors d'une enquête à Yosemite, L964.

P/GS

*

Th.ey waw *ne-'lùy c\,eotu\p-6 Th.e pigt U)uL,l.ow,i,ng in the, rnud With thoi^ di,ttend,ed &e,L,Li.eo &wtg,ing Snn+i,ng Ul?e dtu nhen Mongo,l,o a,Utp,L Ao ,t6 theg lw"d, tautPÀ, vintong Ha^d, napeÀ ann pi.LLaged And we.ne, g\oggA Wm &tnnda Tlùe/ih SweatA

The.

pi4t

Lodtet tay ,i,n

a $ea,tt,

d,i'sauva,A

Tlwg wa.e neincanrnrtinna Thzy wetne neobbi.+m"atui,ona

*

O&luuted uilvirl,e unveyông ,î,n Voterni'te, 1964.


-8LES JOUETS *

Je jouais avec des os cassés Je les jetais en I'air Et les rattrapais par leurs extrémités édentées Je faisais du tambour sur un crâne J'en testais la résonnance Je tambourinais. tambourinais Ecoutant les échos Et les gémissements S'en échapper

*

Souvenirs de jeux dans un cimetière en partie découvert par des ouvriers près de Land's End. San Francisco. l94B. roys *

I I I I I I I I x

p,l,aged

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&t"ohen Lonet

thnew them ,i.n the a,i.n ga,a,&l>ed them &g thottl ia,gged dnumrned, on a bfu.LLL Leut ôt Lo+ tound,t dnummed and dnummed 'l,i,ttene.d ùitten"ed.

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to i,ttl echoet to 'i,ùt wlvimpa,t

Rernem,&nance

neo/L Land'y

o$ p,l,aAông ,i,n

a

cemetar,g pa,ùLA uncooe4ed,

End, San F+anoi,oco, 1946.

&U

wovhmen


-9BALLET

A

L'ABATTOIR

I1 y avait du sang sur le sol de l-'abattoir De grandes flaques Du sang glissant Au-dessus Des carcasses se bal-ançaient

à des crochets

Les bouchers débitaient et tail-Iadaient La chair

Ils se déplaçaient Le pied léger

L'abattolr Agile,

avec grâce

San

Francisco,

1946.

SLAUGHTERHOUSE BALLET

B,Lood

wat on the tLaughttenlwuae $,oon

S,Li,ppurg Mood

Poo,lt o& ,irt Ovotheal, Carte.o,'stel Surung

on hoolU

Butche/1 hna-hed and

he.uted

F,l,e,th

St

eppi,ng

gaa,c.e,tu,41,y

Tour-luiW dawn wi'th Lighlt, beat

Remewv&wne.e

o$ the SwW S,l,augrrtprthotne 'i,n Sourth San Fnanoioæ, 1946.


-1-0LES ETRES DE

RORSCHACH

A Hiroshima à Nagasaki Des hommes des femmes Des enfants Désintégrés I1 ne reste plus que des ombres

Qui étaient ces Etres de Rorschach? Donnez-l-eur un nom Donnez-l-eur un nom " . . . seules l-eurs ombres, incrustées dans I 'asphalte des trottoirs ou Ia pierre des murs, sont restées; souvent, rappelant Pompeï, les ombres étaient suspendues dans l-eur mouvement de fuite ou fixées en une dernière étreinte. " tA ROUTE DE LA LIBERTE, Richard COLLIER, i_984, p. 307.

RORSCHACHIAN BE/NGS

In

H,tnathtma, and NagaAa,h,i D,t^Lyt/te4tnlted

Men and wowùen And c.hi,,l.dnen Lopt tha.dowt O'& ùhp'ih $o+m,ar, te,l,vet

Who wuve thete Ronrchaclvtan &eôngt? "..,owLg the'in thadowo, guauen intto aapharln pavemzntb o\ 6tntùe un,ll^, ternaî,ne.d: oPten, ,i,n

an echo o$ Pornpoii, the ohadowo wette po,tted ton Migtvt ott, i,wtavLoched ,tn a ,l,atst, ,l,ooông ewù&tace." THE FREEDOM ROAD, Richnnd, COLLIER, 1964, p. 307.

Name them Name them


- 11ENLI SEMENT

La mouche s'était

enlisée

dans l-a merde

EIIe giEotait Un Un -LL

chien lui a pissê dessus autre a aboyé a continué son chernin

EMBEDDED

The ['l"A wat eml,edded

In the thi.t, tiliggl/Lng

A dog pi,taed on

i.t,

A dog &arhed And wewt lvït wag


-12SONIA

ZEBROT^ISKI

La Polonaise

qui habite à côté s'est fait viol-er par des Allemands et par des Russes Par des entrejambes blondes et des entrejambes brunes Une centaine d'hommes ou pl-us

De chaque côté

9uand c'étaient eux les conquérants Quand

c'étaient

eux Les vainqueurs

SONIA ZEBROUSK/

The. PoLith wornan

tivet

utho UJaa naped"

neqt, doorl

69 Getm.ant and Ru,ooi,ant

By Monde cnotclte.t and Ma.ch c4,otche6

A

hundneÀ, ïLen

otl

mD\,e

Fnom eaeh t'ide When th.eg werce

the

conquehow

When theg warc the tni,umphant, one-t


-13A

CONSERVER AU

FRAIS ET AU

SEC

Des filaments

S'entrecroisent Filaments D'une toile d'araignée abandonnée déIicats Qui réfléchissent des arcs-en-cie1 prisonniers moucherons des nt retiennent

IIs pendent mollement Leurs corps évidés Oscillant légèrement Dans la brise Petites tâches Membranes Abandonnées

Grai-ns de poussière sans

vie

Fantômes Ombres tremblantes Suspendues à des brises

A des treill-is A des secrétions fibreuses STORE

IN

COOL DRY PTACE Stnandt Cnbtcrtooting

Ot

Stttandn we& tpôd.en an o&andoned nain'bowt Rùl,ea'oi,ng frine HoLd,i,ng erutang'l'ed gna't't

Hanging

'l'i'mVLa

Thoôv hoU'ow co'Lv4e6 Sha'h,i'ng t't'i"g fut'Lg In the lvteeze

Dott

Hunht Unuttend.e..d'

Li'&e',lett tPech't

Gtntu

Phawtom,l U)aoenông tha.dowt

Su,tpended &g &teeze-t Sutpend'eÀ' bY'l'a't'tice.o Sutpended &U &i'&wul secnot,i'ortt


-L4NOTES ST

UE

UNDERGRO DE GUARBECOUE

'EMERVEILL LITTERAIRE, ]-02, 62330 TTE. FRANçE.

sa pRosE DU vER: re parcours d'un lombric sur les se@s de sa vie: une certaine philosophie zoologique en quelque sorre. Vient de paraître: LE__LAEIN IYST_IçUE, roman du même auteur, aux mêmes éditions, @ue somme de 30FF (plus BFF de frais de port). Vous pouvez obtenir l_eur catalogue sur simple demande (peut-être qu'une enveloppe timbrée et adresèée leur ferait égarement plaisir), toujours à fa même Lucien suel- et

adresse.

I._HOMME LrBRE N' 153 OCT. NOV. DEC. ST ETIENNE. FRANCE.

19

T7__EE_2O5,_ 42OO5

utopistes, des anarchistes, des hygiènistes... Tout un tas d'auteurs d'essais, de pamphlet, de pensées... Un humanisme fou, on en apprend beaucoup à l_a recture cle cette revue libertalre, intéressante et plurierle. Des

CHUTES NOIRES. JEAN LITT

- PIETBE ç}IIq. ED' LES

PRESSES

un souffle d'amour et de vie. un peu de réafisme froid face à un monde ingrat: tel-l,e est la parole portée par J.

P.

GHIO.

CTIONNAIR JARGOT DES LACOUR-COLPORTEUR .

STES.

ROLAN

NADAUS.

petit lexique explicatif qui nous donne Ie "1a" quant au langage des cibistes - qui ont pour beaucoup une réputation de beauf ! - mais le choc des cul-tures est parfois nécessaire et vital_isant. Un

LA PUNITION DE JULIEN BURRI. ED'

CARACTERES

.

L997

.

C'est comme s'il chantait à Ia fois l_'envie et la peur d'aimer, de découvrir l-'autre avec lequel iI s'amuse. Un dilemme atroce qui prend aux tripes. Jul-ien BURRT a toujours su rendre Ies sentiments les plus communs et l-es mots les plus triviaux pui_ssants et débordant de charme avec une dextérité incroyable. C'est dans Ses répétitions et ses images crues exprime Ie plus Ia force de son imaginaire. Un ouvrage à lire plus que tout. *** Reédition de THE HIT-MAN (LE TUEUR A GAGES) de H.R. par Erich von Neff, ce recueil esr illustré par Karine PEZZANI et vendu à I' adresse de I'auteur au prix de 55. ( Harry R. IùILKENS 86 rue Montbrillant T2O2 GENEVE. SUISSE. ) !ùILKENS. Préfacé


-15-

NOTE SPECIALE MORGANE

Mauvaise Graine vous parle rarement d'ouvrage sorti en l-ibrairie dans les "grandes édi-tions"; mais comme nous

n' apprécions rien tant que bousculer vos petites habitudes. . LE

.

JOURNAL DE L997 .

LA TUEUSE. CATHERINE KLEIN. ED'

ZULMA.

polar sur l-es serial kill-ers et les gentils policiers qui, grâce à une intefligence toute romanesque et maintes péripéties déstinées à accrocher Ie fecteur afin que celui-ci ne replonge pas dans son journal- télé, parviennent à sauver .l-' humanité et ses légions de pucelles destinées à Ia reproduction des frasques vicieuses de ces monstres sanguinaires. . . Dites, vous rèvez? Dans ce livre, Ia moral- n'a pas sa place, et c'est tant mieux... ! Emoustillés par une prose directe qui fouil-Ie nos fantasmes les plus glauques, nous plongeons avec déIice dans La chronique des meurtres sexuels de MarieChristine FERON. Dans ce l-ivre, l'auteur nous renvoie à la part ie Ia pJ,us sombre de notre sexual_ité, celle que nous osons à peine nous avouer, seuls, Ie soir, et lance la question, tel- un défi: nos fantasmes ne regorgent-ils pas de foutre et de sang, sexe et violence, hurlements de plaisir et de souffrance, conditions d' une ultime j ouissance? Dans Ia description de la barbaque des corps violés, mutilés, apparaît un romantisme néogothique. Jouir, en tuant. avant ]a fin; et en rire surtout car Ie pathétique ne peut pas être, Ie temps manque. Pathétique, Ie personnage de la Tueuse ne veut pas se voir ainsi. Cynique, tristement lucide, dure et pourtant un peu perdue, elle est ainsi, celle qui rôde dans Ie Paris de la nuit, celui de Pigal1e, des prostituées et de tous les dépravés. Cel_le qui se définie comme "Ie sacrifice de nos fantasmes, Ie martyr de nos songes; qui vit et écrit ce dont nous sommes incapables mais qul nous fait jouir dans le plus grand Un

secret.

"


ïrras very white and blotc ayed his ffumpet tapes. 's always four eggs sunnyside up, a.luicy red

C+e dressed himself in his plaid shirt, suspendersl he went forth

lf

cor.rse vras flÊar. hfr Coe rvalked there increasing his p ourse was very grÊÊn. This pleased him very much. He t where the tee-+ff was. Here he waited anxiously in the bus balls ro11 by he would get very excited. Once rn a rt'rhile one n ltfr Coe would bound out and nimbly pick it up and then retrxn t fers had passed and someurhat of silence descended, lvlrCoe to . He gazed intently at it, then mastr.rbated, gushing semen all e golf ball. Always the last thing he heard in his enterprtse was done I/i Coe wandered dreamingly home. home he played his trumpet tapes, lunched, then turned on t the bath vras drau'n he grasped a bunch of Donald at the ready. These in hand, he immersed slourly '$lhen the water turned cold, he revive zzed off. offand adjor.:rned t+ the living ro+m t+ lie aring of the fumpets rrith stomach

his dinner of steaks

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Mauvaise graine issue 17 -- December 1997

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