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MPS n°7 - AU CAFÉ

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MPS MEN PORTRAITS SERIES n° 7 Septembre 2020

AU CAFÉ menportraits.blogspot.com © Francis Rousseau 2011-2020


MEN PORTRAITS _____________________ AU CAFÉ

Joueurs de dés dans une Popina 1 Mosaïque et 2 fresques Via di Mercurio, 1er siècle, Pompéi

Le café tel que nous le connaissons aujourd’hui en Occident est probablement le résultat d’origines croisées entre établissement orientaux antiques (et notamment Perses) et certains modèles de tavernes ou popinae de la Rome impériale. Le moins que l’on puisse dire est que les origines occidentales sont, sans nul doute, moins poétiques que les origines orientales ! En effet dans la Rome impériale, les popinae avaient plutôt très mauvaise réputation ! Elles étaient associée à la fois à la restauration, aux beuveries et aux jeux mais aussi et surtout à la prostitution. Horace qualifiait les popinae de « Lieux immondes et crasseux, envahis par la fumée et les mauvaises odeurs qui se dégageaient des fourneaux ». On y trouvait des plats préparés, exposés aux regards dans des bocaux en verre remplis d'eau qui avaient non pas un effet rafraichissant sur la nourriture comme on pourrait le croire, mais un effet grossissant! La plupart de ces plats se composaient de bas-morceaux de viande rarement frais et toujours épicés à l’extrême. Galien rapporte même que parfois « On servait de la chair humaine en guise de porc ». Comme on peut le voir sur les documents ci-contre, les clients s’asseyaient sur des tabourets, des chaises ou simplement des bancs disposés autour de tables, lesquelles étaient soit hautes pour consommer, soit basses pour jouer. À la différence des cauponae, où l'on pouvait se procurer du vin à emporter, les popinae proposaient uniquement du vin à consommer sur place. On y venait pour boire et manger (éventuellement), mais surtout pour jouer aux dés et pour s'encanailler. Les fouilles de Pompéi ont révélé que certaines popinae comportaient, en plus de la cuisine et de la salle de restauration, plusieurs petites pièces à l'étage, ornées de scènes érotiques inspirantes, où il était fréquent que le client entraîne une prostituée (le plus souvent fournie par l’établissement). Juvénal a évoqué dans une de ses Satires le genre de clientèle qui fréquentait les popinae : « Colporteurs, muletiers, croque-morts, matelots, esclaves, truands, fugitifs ». Sous l'Empire, il n’était pas rare que de riches aristocrates se mêlent à la plèbe. Selon Suétone, Néron avait même pris l’habitude de faire la tournée des popinae à la tombée de la nuit, affublé d'une perruque. Dans sa folie, il encouragea le développement de ces établissements avant de jubiler en les voyant brûler lors du célèbre grand incendie de Rome le du 18 juillet 64.


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chus est sans doute le premier patron de istrot rencontré dans l’Histoire des cafés occidentaux ! D’ailleurs, dans ses représentations picturales, il est souvent ssis confortablement sur LE symbole par excellence de sa fonction : un tonneau de vin. La toile de Velasquez représente Bacchus mme le dieu qui offre aux hommes le vin va les libérer (temporairement) de leurs blèmes. D’ailleurs, la littérature baroque dans son ensemble considère Bacchus comme le libérateur de l'homme face à l'esclavage de son quotidien ! ci des ivrognes aux mines patibulaires, à œil goguenard et aux visages marqués et abîmés par les beuveries, invitent le spectateur à participer à leur fête, sans aucune forme d’ idéalisation. quelle libération du genre humain s’agit il là ? semble questionner ce Velasquez assez troublant, qui représente le patron de la gargote comme un personnage à la peau d’une blancheur presque virginale et au regard légèrement pervers ! emblant douter lui-même de la libération en question, le peintre donne à sa composition un aspect caricatural, presque surréel.

DIEGO VELÁSQUEZ (1599-1660) El triunfo de Baco (Los Borrachos), 1628 Le Triomphe de Bacchus (Les Ivrognes), 1628 Museo del Prado, Madrid


MEN PORTRAITS _____________________ AU CAFÉ Le café s’est établi, à l’origine, au Moyen Orient en passant de l'Éthiopie à l'Arabie et à l'Égypte, puis à l'ensemble du monde musulman. En Perse où l’usage du café était très ancien, les cafés s’appelaient qahveh-khaneh (maison de café en langue farsi). Le mot farsi « Quaveh » constituant la racine orientale de notre mot « Café ». Il s’agissait de lieux de socialisation où les hommes (exclusivement) se rassemblaient pour boire du café, écouter de la musique, lire, jouer ou entendre la lecture du Shâh Nâmâ ( Le Livre des Rois) un poème épique écrit par Dersowsi au alentours de l’an 1000 et retraçant l’Histoire de la Perse depuis la création du monde jusqu'à l'arrivée de l’Islam. Les Qahveh-khaneh se trouvaient souvent situés dans les Caravansérails (Karvansara en persan et Fondouk en arabe), ces lieux fortifiés essentiellement réservés aux marchands et où les caravanes chargés de trésors faisaient halte entre deux étapes et pouvaient s'abriter des brigands. Dans les Caravansérails, les riches marchands qui menaient leur caravanes à travers les déserts y trouvaient des écuries pour leurs chevaux et chameaux, des magasins, des chambres… et les Qahveh-khaneh pour la détente proprement dite. Dans l’Iran moderne, les Qahveh existent toujours et sont toujours fréquentés exclusivement par des hommes, même s'ils ont troqué la lecture et la musique… contre la télévision.

Miniature persane

Le repos au caravansérail Période Safavide, vers1598


MEN PORTRAITS _____________________ AU CAFÉ

Miniature persane Un Qahve khaneh (Une Maison de café)

XVIe siècle

Il est généralement admis que le tout premier Qahve Khaneh (Café) a ouvert ses portes dans la ville de Qazvin (Perse), au XVe siècle avant de connaitre une très forte expansion sous la dynastie des Safavides (1501-1736). Il faut cependant attendre le règne d’Abbas le Grand (1588-1629), 5è shah Safavide pour que le nombre des Qahve Khaneh augmentent de façon significative dans les grandes villes comme Téhéran, Tabriz, Ispahan et Rasht. Ils deviennent dès lors très populaires avec pour fonction principale d’être des lieux de rencontres entre des hommes issus des plus hautes classes de la société persane et des poètes, des écrivains ou des artistes.

Des invités royaux y sont reçus. On sait par exemple que Shah Abbas le Grand avait l’habitude de se rendre dans différents cafés de sa ville, toujours à l’improviste et toujours déguisé. Les Shahs Safavides considéraient les cafés comme des lieux très importants pour leur art de gouverner, car ils permettaient de recueillir informations et rumeurs tout en entretenant un contact direct avec les élites artistiques du royaume. Ainsi dès son origine, le café n’est pas seulement un lieu de détente et de loisirs, mais aussi d’échanges artistiques, littéraires et politiques importants. C’est un rôle qu’il retrouva au XIXe siècle en Europe mais qui fut toujours le sien en Orient jusqu’à très récemment.

Aujourd'hui, les cafés de Téhéran ne ressemblent plus tout à fait à ce qu'ils furent, ne serait-ce que sous le dernier Shah Mohammad Reza Pahlavi (1909-1980). Depuis son abdication, les cafés se sont séparés en deux catégories : les Qajar et les Qahve Khanehs. Les Qajar ou salons de thés sont les lieux de prédilection de réunion des hauts dignitaires du régime religieux. Les Qahve Khanehs, eux, sont réservés à la classe ouvrière, qui y fume de la chicha ou s’ y alimente à bas prix. Les femmes n’ont jamais été admises dans les cafés perses et elles le sont encore moins en Iran, sous le régime actuel des Mollahs. Tout alcool, strictement prohibé par la religion musulmane, est interdit dans ces établissements.


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