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PAYSAGE PRODUCTIF NOURRICIER - Liège, la cité qui s'alimente?

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PAYSAGE PRODUCTIF NOURRICIER

LIÈGE, LA CITÉ QUI S’ALIMENTE ?

Georges Mélanie


Merci à Delphine Henrard, chargée de projet en agriculture urbaine à la ville de Liège, pour les données concrètes de terrain qu’elle a pu me fournir. Merci à Jehan et Léone, étudiants en architecture du paysage à Gembloux Agro Bio-Tech pour m’avoir permis de prendre du recul sur ce projet et de le mener à bien. Merci à Adrien Gryspeert, étudiant de ma promotion, avec qui j’ai pu élaborer, en partie, de ce projet. Mais surtout, merci à mes parents pour leur aide et leur soutien sans lesquels ce projet ne serait pas ce qu’il est.

Master en architecture du paysage, Atelier PFE_Q10_2021 Encadrants : Hugues Sirault coordinateur (HECH), Thierry Kandjee (ULB), Grégory Mahy (ULg)


TABLE DES MATIERES 1 Quelle transition du paysage envisager à Liège afin de recréer une identité nourricière et productive? Indice Etat de l’art Hypothèse

1 2 3 6

2 Le plateau d’Ans-Rocourt, et ses enclaves agricoles, une frange péri-urbaine aux multiples enjeux 7 Site 8 Diagnostic 9 Enjeux et objectifs de transition 12 3 Les futurs paysages des enclaves agricoles dans la logique d’une transition du système alimentaire 13 Scénarii pour des paysages en transition 14 Elaboration du projet 17 Acteurs et programmation 22 4 Réinventer le paysage de l’enclave agricole, un défi pour les villes de demain 23 Contribution et perspectives 24 Difficultés rencontrées Limites de l’étude 5 Bibliographie

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1 Quelle transition du paysage envisager à Liège afin de recréer une identité nourricière et productive?

Tout au long de mes études à la faculté de Gembloux Agro BioTech (Uliège), j’ai voué un intérêt au rapport qui s’est établi entre la ville et la campagne, mais aussi à la manière dont le paysage est en lien avec l’alimentation et l’agriculture. La passion que j’éprouve à la découverte des paysages mosans et de ceux tournés autour de sa vallée m’a conduite à me questionner sur le devenir des espaces composant le plateau d’AnsRocourt, plateau agricole au Nord de la métropole liégeoise. Il est un espace charnière entre la ville et la campagne et aujourd’hui largement marqué, d’une part, par le phénomène spatial de périurbanisation et, d’autre part, par l’empreinte de son passé industriel. La combinaison de ces deux indices permet de cibler la problématique de ce travail de recherche. Il existe une contradiction claire entre les attentes des citoyens et la réalité d’une métropole qui ne cesse de s’étaler, grignotant les espaces verts et cultivés restants. Cette contradiction est appuyée par la comparaison entre les objectifs fixés dans la stratégie territoriale de la métropole (consacrer 8000 hectares de la métropole à la production alimentaire locale) et la réalité représentée à travers des articles de presse récents. Par exemple, depuis 4 ans,1,3 ha ont été octroyés par la Régie foncière de Liège à un projet professionnel de production alimentaire locale, engendrant la création de 2 emplois. Cela nous permet de comprendre que les enjeux de la transition alimentaire sont multiples et demandent une approche globale, passant de l’échelle de la métropole, aux réalités concrètes de terrain et aux aspirations des citoyens. Et si le projet de ville et le projet agricole, aujourd’hui séparés dans leur pensée et leur développement, arrivaient à se réconcilier? Quelle transition du paysage envisager à Liège afin de recréer une identité nourricière et productive?

1


INDICE

Février 2021 - Promenade dans le quartier de Nalvaux (contraction des quartiers Naniot-Molinvaux situés à Liège). Sur les fenêtres, murets, portes d’entrée, arbres et zones d’affichage public, on remarque une cinquantaine de pancartes comme celle-ci. Les maisons ouvrières cadrent des vues sur les petites collines cultivées et les serres maraîchères en arrière-plan. Plus loin, on aperçoit des habitations neuves ou en construction : formes, briques et châssis standarisés. Grues, tas de pierre et de terre remuée, nouvelles routes asphaltées.

Attentes

Réalités Janv. 2020. Article “todayinliege.be”

LÉGENDE Terres cultivées Limite de la métropole

SDALg

Limites communales

— AMBITION 4 :

5 km

Avril 2019. Article “CATL.be”

N

DÉVELOPPER L’AGRICULTURE ALTERNATIVE ET LES CIRCUITS COURTS DE PRODUCTION ALIMENTAIRE : MOBILISATION DE 100 HA PAR AN POUR LE DÉVELOPPEMENT DE L’AGRICULTURE ALTERNATIVE ET LA CRÉATION DE NOUVEAUX EMPLOIS DANS LE SECTEUR

Extrait du Schéma de Développement de l’Arrondissement de Liège (2017) PERSPECTIVES

PROPOSITIONS

Actuellement, la disparition des terres vouées à l’agriculture traditionnelle concerne une centaine d’ha par an.

Ainsi, pour compenser cette disparition, il est judicieux de viser le développement de 100 ha par an voué à la production locale de denrées alimentaires (culture, vins, élevages, …). L’objectif poursuivi est à long terme de dédier 10 % du territoire à ce type agriculture.

La Ceinture Aliment-terre liégeoise propose une alternative à cette problématique, avec pour objectif à long terme, de fournir aux ménages

27

Oct. 2019. Article “Mouvement-demain.be”

Janv. 2019. Article “Le Soir+.be” Localisation du sujet des articles de presse dans le périmètre de la métropole de Liège

2


ÉTAT DE L'ART Système alimentaire et paysage

Politique foncière et agricole

Déchets

Depuis une vingtaine d’années, le requestionnement de l’alimentation et du système qui le régit, est devenue fondamentale au sein de notre société, aux côtés des préoccupations environnementales, climatiques et sociales. De fait, Consommation le système agro-alimentaire industriel en place, commandé par le productivisme Intrants SYSTÈME et par la mondialisation, n’est pas sans effet sur la planète. En 2019, l’Institute agricoles for Climats Economics estime que 28% des émissions de gaz à effet de serre à ALIMENTAIRE l’échelle mondiale, sont dûes à la consommation alimentaire, du champ à l’assiette. Distribution Le système alimentaire est profondément lié aux paysages, où les aliments sont produits et des espaces de distribution où ils circulent (BESSE J-M., 2013). Le Production paysage est le témoin de la manière dont nous cultivons et habitons le monde, Transformation et ce, à l’échelle de l’histoire de l’humanité. En 1979, l’ingénieur agronome Louis Malassis nous dit: “Le système alimentaire correspond à la façon dont les hommes Conservation s’organisent dans l’espace et dans le temps pour obtenir et pour consommer leur nourriture”. Le système alimentaire ne réside donc pas uniquement dans l’activité Chaque chaînon composant le système agricole mais bien dans l’ensemble des processus humains qui permettent de nous alimentaire, et chaque flèche qui les lie nourrir quotidiennement. dépendent directement de l’utilisation des énergies fossiles (principalement le pétrole).

Les ceintures alimentaires en Wallonie

Tout comme d’autres régions d’Europe occidentale, la Wallonie voit apparaître l’expression de cette préoccupation à travers la création de ceintures alimentaires. Celles-ci s’inspirent des ceintures vertes mises en place après la seconde guerre mondiale afin de limiter l’étalement urbain. Les ceintures alimentaires n’ont pas de définition officielle, ni d’actions prédéterminées et les projets mis en place sont adaptés selon les particularités et les enjeux de leur territoire d’influence. Elles partent toute du même constat: la diminution constante du nombre d’exploitations agricoles en Wallonie: 68% d’exploitations en moins de 1990 à 2018 (STATBEL, 2019) et que 3/4 des fermiers wallons n’ont pas de successeurs (NOEL B. & VAN MALDER L., 2014). A l’échelle de la Wallonie, les ceintures alimentaires partagent les objectifs suivants:

• • • • • •

Souveraineté alimentaire des populations d’un territoire défini grâce à une agriculture de proximité et des produits de qualité Développement des réseaux d’initiatives pour contrebalancer le système alimentaire en place Gouvernance alimentaire territoriale et convergence des intérêts des acteurs du territoire Evolution des systèmes agricoles et des modes de production Mise en réseau des différents acteurs du système alimentaire et mutualisation des différentes chaînes afin de développer les circuits-courts Reconnexion entre producteurs et consommateurs (confiance et partage de valeurs sociales)

LIÈGE

ATH NAMUR

TOURNAI

HUY

VERVIERS

CHARLEROI

Provinces Arrondissement de Liège (métropole)

Les ceintures alimentaires viennent également s’insérer dans une réflexion plus globale sur la transition de l’agriculture et de l’alimentation. En effet, depuis plusieurs années, on voit apparaître des politiques et projets liés à cette dernière en région wallonne. En voici deux exemples: • Le Code wallon de l’agriculture qui constitue une base légale pour une politique agricole plus durable et écologique, s’appuyant sur les opportunités qu’offrent la nouvelle Politique Agricole Commune (2021) • La stratégie politique “Manger Demain” qui met en oeuvre les objectifs de développement durable Green Deal (fixés à l’échelle européenne) afin de produire un système durable et respectueux de l’environnement, de l’animal, des producteurs et des citoyens.

Histoire de l'émergence de la relocalisation alimentaire

La ligne du temps ci-dessous reprend aussi l’évolution des différents projets sur la métropole liégeoise.

2013

2014

Création de la Ceinture Signature du Aliment-Terre Liégeoise Code wallon de l’agriculture

3

2015

Création des Compagnons de la Terre: projet pilote d’agriculture urbaine de la CATL Démultiplication des coopératives liégeoises liées à l’alimentation locale

2017

Premier festival de l’alimentation locale: Nourrir Liège

Démarche participative Réinventons Liège, traduit en Plan Stratégique Transversal

Signature du Pacte de politique alimentaire urbaine de Milan par la commune de Liège

Création de CREaFARM (cellule agriculture urbaine de la commune de Liège) et du permis de végétaliser


s

Les initiatives de relocalisation du système alimentaire dans la métropole liégeoise

A l’échelle de la métropole liégeoise, une série d’initiatives ont vu le jour au fil du temps. Bien que des jardins privés et communautaires ont toujours existé dans nos régions, peu à peu des projets sont apparus (et ont disparus), que ce soit pour la production ou la commercialisation. La carte montre ces différentes initiatives telles qu’elles existent à l’heure actuelle. Initiatives de transition alimentaire Production Potager à vocation professionnelle Potager à vocation d’insertion socioprofessionnelle Potagers familiaux Potagers communautaires Commercialisation Magasins en vrac et de produits locaux Points de vente directe à la ferme

Régions agricoles Région limoneuse Ardenne condruzienne Condroz oriental Région herbagère

Limites administratives Limites communales Limite de l’agglomération

Points de vente de coopérative alimentaire Formation Formation au maraîchage

4 km

Parmi ces initiatives, certaines retiennent l’attention comme la Ceinture-Aliment-Terre Liégeoise (CATL). Il s’agit d’une coalition d’acteurs citoyens, institutionnels et politiques à l’échelle de la Province de Liège dont l’objectif est de fédérer et connecter ces acteurs autour de la relocalisation alimentaire. A travers un diagnostic, ont été identifiés les potentiels du territoire ainsi que les chaînons manquants pour arriver à un système alimentaire durable et local (accès à la terre, financement, formation et accès aux variétés de semences). La conclusion est d’impulser une dynamique entrepreneuriale pour recréer ces chaînons manquants et créer des coopératives à finalité sociale dans le but de rendre du pouvoir aux producteurs et consommateurs. Cette conclusion s’appuie sur le constat que c’est le manque de mise en réseau et de professionnalisation qui tend à faire péricliter les mouvements de relocalisation alimentaire (BOUSBAINE A., 2020). Les objectifs de la CATL ont été repris et approuvés par la métropole de Liège (regroupant 24 communes), à travers son Schéma de Développement de l’Arrondissement de Liège (SDALg), en ce appuyée par la possibilité de subsides de la Région Wallonne pour soutenir les ceintures alimentaires (TELLIER C., 2020). Ainsi, deux projets principaux vont voir le jour à Liège: la création d’un Conseil de Politique Alimentaire (CPA) de l’Arrondissement de Liège et la création d’une maison de l’alimentation durable inclusive, laboratoire des pratiques nourricières locales. Reste la question de souveraineté alimentaire locale qui pourrait être mise à mal par la cohérence déjà existante au niveau de l’Union Européenne. Certains produits ne pourraient être produits localement, autant pour la production alimentaire humaine qu’animale (BARET P., 2020). Il est donc primordial de définir l’échelle à laquelle s’applique cette relocalisation alimentaire ainsi que les produits alimentaires visés. Malgré la bonne volonté des autorités locales et régionales, et les forces vives en présence en région liégeoise, on constate un manque de cohérence et de pérennité à ces initiatives: l’approche paysagère peut devenir une clé pour surmonter ce . manque. De réels projets de recherche, concours ont eu lieu dans d’autres villes. Nous les passons en revue ci-après.

Inscription des objectifs de la CATL dans le SDALg

2018

Lancement du projet Green deal Cantines durables à Liège (Stratégie Manger Demain) Mémorandum suite à l’échec économique des Compagnons de la Terre

2019

Premier projet CREaFARM à vocation professionnelle : Les pousses poussent Soutien aux ceintures alimentaires par la Région Wallonne dans la déclaration politique 2019-2024

2030

Objectifs de la CATL: • 5000 emplois dans la relocalisation alimentaire • Autonomie alimentaire : 10-20% fruits/légumes, 50% viandes/céréales, 100% lait • 10% du territoire dédié à la production alimentaire locale

2050

Vers une gouvernance et une souveraineté alimentaire? 4


Recherches et projets sur les paysages agri-urbains Depuis une quinzaine d’années, de nombreuses recherches et projets de paysage questionnent les espaces agri-urbains1 à (ré) inventer. Le paysage péri-urbain est vu comme un territoire d’opportunité pour y développer des projets de paysage productif à vocation nourricière, alliant d’autres vocations utiles à la ville et au bien-être de ses habitants. Souvent, ces projets émanent d’oppositions citoyennes à l’urbanisation des espaces agricoles ou d’une volonté de développer de nouvelles activités d’approvisionnement alimentaire local. Elle partage l’idée de rassembler les intérêts communs entre les producteurs et les citoyens consommateurs. (DONADIEU P., 2018). Une multitude d’approches paysagères existent sur le sujet que nous découvrirons à travers des recherches par le projet (ou par l’action), des réponses à des concours publics de paysage ou encore de la littérature. Même si le contexte local et les échelles de travail diffèrent, trois agglomérations métropolitaines ont attiré mon attention de par leur volonté à initier ces projets d’agriculture urbaine et de transition: Paris (10M d’habitants), Bruxelles (1M d’habitants) et Genève (1M d’habitants). Metropolitan landscapes (COLOCO, DEVspace, Clément G., Agence Ter & co.) - recherche par le projet

Source : Loeckx A., Corijn E., Persyn F., Avissar I., Smets B., Mabilde J., Vanempten E., 2016. Metropolitan landscapes. Espace ouvert, base de développement

Bruxelles

urbain. Bruxelles : Verantwoordelijke uitgever, p. 78-111

Cette recherche par le projet de paysage (qui regroupe 4 études avec 4 équipes de travail) nous renseigne sur les processus à enclencher pour reconnaître la valeur d’usage des paysages et de ses espaces ouverts. Les études sont focalisées sur les espaces périurbains de la métropole bruxelloise. Elle met en exergue l’importance des usages du sol, de sa fertilité et propose des outils à employer (processus participatif, expériences in situ) pour imaginer un projet identitaire autour de la production alimentaire.

SAULE: Symbiose Agriculture Urbaine Logement Écosystème (Bureau ERU) - recherche-action

Source : ERU, FERME DES CHAMPS DES CAILLES, UCL, Agence AlteR, 2019. SAULE. Rapport Opérationnel : Synthèse des résultats. URL : http://www. chantdescailles.be/saule/

Cette recherche co-créée entre les habitants du quartier, agriculteurs et acteurs publics/scientifiques vise à repenser les liens possibles entre densification urbaine et agriculture urbaine. Elle nous renseigne sur la manière de créer une symbiose (relation bénéfique) entre agriculture et habitat tout en y intégrant des objectifs de développement territorial et les besoins alimentaires des habitants du quartier.

Du Sol et du Travail : la transition, un nouveau projet biopolitique (Paola vigano) - recherche par le projet Source : FONDATION BAILLARD ARCHITECTES, 2018. Visions prospectives pour le Grand Genève. Habiter la ville-paysage du 21e siècle

genève

La recherche menée par l’équipe de Paola Vigano, dans le contexte du projet The Eco-Century Project (Fondation Braillard Architectes), requestionne la politique transfontalière du sol et du travail au sein du Grand Genève. Cette étude nous propose une méthode pour reconsidérer le paysage à travers les trames urbaines et agricoles. Elle s’accompagne de différentes stratégies et scénarii de transition du paysage visant à préserver la “ressource sol”, et à considérer la transition écologique comme une opportunité pour construire un projet métropolitain commun.

La ville agricole et parc agri-urbain (Rémi Janin) - concours public et littérature

Sources: FABRIQUES AP, 2014. Parc agro-urbain / Genève (CH). URL: https://www.fabriques-ap.net/2014/09/parc-agro-urbain-geneve-ch/ JANIN R., 2017. La ville agricole. Editions Openfield, 76 p.

Le paysagiste, à travers les projets qu’il réalise avec son bureau d’études (Fabriques AP) et son livre La ville agricole, donne à voir les nouvelles formes agri-urbaines qu’il est possible de créer. Il nous rappelle aussi que la ville a toujours été dépendante de la campagne pour son approvisionnement alimentaire. On retient qu’à travers la notion de projet urbain agricole, il est possible d’allier les formes-pratiques urbaines et agricoles; comme par exemple avec la création de parc urbain productif, ou du pâturage urbain se déplaçant d’un interstice urbain à l’autre. Ces nouveaux paysages ont aussi une capacité de polyvalence, d’ouverture et d’appropriation de l’espace. Plaine d’argenteuil (Agence TER) - concours public paris

Source : AGENCE TER, Argenteuil/Plaine agricole, URL : https://agenceter.com/projets/argenteuil-plaine-agricole/

Ce projet permet de voir comment la plaine d’Argenteuil, espace soumis à des pressions urbaines en périphérie de Paris, peut devenir un espace agricole aux multiples fonctions (économie, agriculture, paysage, patrimoine, culture et société). C’est en s’appuyant sur les traces encore existantes de l’activité agricole (parcellaire, réseau viaire, anciens agriculteurs), que l’agence réinvente la plaine en proposant des scénarii pour sécuriser le foncier et pour amorcer une économie agricole viable.

Les crises environnementales et sanitaires successives (...) déconstruisent les relations de confiance que la société entretenait avec les agriculteurs. Le paysage devient donc un support de médiation entre les citoyens et une agriculture qui fait peur. (AMBROISE R., 2013)

5

1 agri-urbain (ou agriculture urbaine) : toute activité de production végétale ou animale localisée dans ou à proximité des agglomérations, sur des sols autochtones ou artificiels. Elle produit des services écosystémiques alimentaires, environnementaux, sociaux et culturels qui font de ces pratiques “un mouvement social de réappropriation de l’espace urbain”. (DUCHEMIN E., 2015).


Les enclaves agricoles, levier pour un projet de paysage Suite au travail commun réalisé avec Adrien Gryspeert (réalisant son projet de fin d’études sur le même sujet et situation d’étude), nous avons identifié ensemble, les lieux où il paraît nécessaire d’intervenir sur le paysage de l’agglomération liégeoise. Nous avons recensé l’entièreté des terres déjà cultivées sur lesquelles nous avons superposé les zones potentiellement urbanisables. Cela met en évidence, les lieux les plus sujets à l’étalement urbain: les enclaves agricoles périurbaines. Nous les avons ensuite déclinées en typologies, que je détaille dans la partie 2.

2

6

Définition commune Les enclaves agricoles sont un constat contemporain de formes agricoles de différentes échelles. Ces espaces sont enclavés par le tissu bâti ou les infrastructures. Aujourd’hui, souvent ignorées par la population locale, inaccessibles ou laissées à l’abandon, elles sont porteuses de nombreux enjeux à l’échelle de l’agglomération liégeoise. Leur caractère libre d’occupation ou d’abandon progressif, les soumet à de fortes pressions foncières parfois au détriment de leur identité initiale. Pourtant, elles offrent des potentialités en terme de superficie, de localisation et de proximité directe pour la production alimentaire destiné aux habitants de la ville. Elles pourraient former une nouvelle ossature pour imaginer les paysages nourriciers de demain mais aussi devenir un support pour la pensée et le développement de la ville.

1 3 4 5

Périmètre étudié : plateau d’Ans-Rocourt

“Au-delà de ces espaces, l’enclavement agricole est un constat global de l’isolement de l’agriculture dans les sociétés urbaines, tant physique que culturel, qu’il convient de dépasser” (JANIN R., 2017).

HYPOTHÈSE Les enclaves agricoles sont des espaces leviers pour une transition vers des paysages productifs nourriciers à Liège.

Périmètre de l’agglomération de Liège

1

grandes cultures sur le plateau

2

prairies pâturées

3

terrains maraîchers

4

vergers

5

potagers communautairespartagés

6

friches agricoles

6


2 Le plateau d’Ans-Rocourt et ses enclaves agricoles, une frange péri-urbaine aux multiples enjeux

Le plateau d’Ans-Rocourt se situe à la périphérie du centre-ville de Liège, à cheval sur la commune de celle-ci (197 000 habitants) et la commune d’Ans (28 000 habitants). Il forme un espace de bordure entre le paysage d’openfield typique de Hesbaye et de la vallée de la Meuse où s’étend l’urbanisation. On peut appeler cette bordure la frange péri-urbaine, définie comme un espace d’interface entre la ville et la campagne. Cette frange est composée d’un tissu urbain mixte: commerces, industries, résidences, terres agricoles et infrastructures liées au transport. Les paysages y sont morcellés, parfois réduits en miettes par le grignotage urbain. Il témoigne de l’histoire de la ville, de ses activités industrielles et profondément marqué par le phénomène de périurbanisation. Au sein de cette frange, apparaissent les enclaves agricoles bien souvent déconsidérées mais portant en elles de nombreux potentiels et enjeux que je détaillerai dans les pages qui suivent.

7


Le zoning de Rocourt

Le verger de l’école d’horticulture

Les quartiers pavillonnaires

Le plateau agricole labouré

Le centre de demandeurs d’asile et la banque alimentaire

Le potager partagé

La cité-jardin

Les vues lointaines

Les coteaux cultivés

Le quartier de Molinvaux 8


SITE D'ÉTUDE

Auto

Sit e route

de

E40

p ro

jet

Aéroport de Bierset

1 km Grandes cultures Prairies pâturées Terrains maraîchers

Vergers Potagers communautairespartagés Friches agricoles

Bâtiment agricole

Espaces verts

Terril

Surface agricole utile

Voies cyclables

Limite de l’agglomération

Zone agricole au Plan de Secteur

Sentier pédestre

Limites communales

Le site étudié est compris dans une zone d’enjeux à l’échelle supracommunale (cadre de vie, environnement, accessibilité), regroupant différents espaces de projets en cours de réflexion, représentant une réserve foncière. Elle est définie dans le Schéma de développement de l’Arrondissement de Liège (2017) comme une zone d’amplification de la fonction métropolitaine, de développement économique et de restructuration du territoire. Cette zone est considérée comme complexe et demande une réflexion transversale. Le site étudié fait également partie des quartiers d’actions prioritaires en terme de déploiement d’espaces verts, identifiés dans la Plan Communal de Développement de la Nature (2016) étant donné que moins de 6m² d’espaces verts par habitants leur sont octroyés. Cependant, les espaces agricoles (dont les enclaves agricoles) ne sont pas définies ni considérées comme des espaces verts mais pourraient offrir une partie des mêmes fonctions que ces derniers (promenade, détente, biodiversité) (URBAGORA, 2014). Les enclaves agricoles composant essentiellement les uniques espaces ouverts de la zone étudiées, sont vues comme des vides à combler, pour la construction de résidences ou de zones économiques commerciales et économiques liées à sa proximité avec l’aéroport de Bierset et de l’autoroute E40 (autrement appelé Ring de la métropole). A l’échelle de la métropole, sur les 8000 ha de terres cultivées, on considère que 2000 ha pourraient être potentiellement urbanisables. Les zones agricoles et enclaves agricoles sont aujourd’hui occupées par la polyculture (association des cultures végétales et élevage). On retrouve donc des prairies permanentes et des cultures en rotation sur 3 ans. Les principales espèces cultivées sont les pommes de terres, les céréales destinées principalement au fourrage, le maïs d’ensilage, la betterave sucrière, le colza et le lin. L’ensemble des enclaves agricoles comprises dans le site d’étude représentent approximativement 68 ha. L’enclave agricole centrale du site d’étude est actuellement la plus grande réserve foncière de la commune de Liège. Le verger présent est occupé par l’école de l’horticulture de Liège, étant le plus grand verger de Liège, installer depuis plus de 50 ans. Le projet considère uniquement les terres cultivées qui ne présentent pas de risques au niveau de la pollution des sols. 9


DIAGNOSTIC - Grands traits d'évolution du paysage étudié Vieille voie de Tongres Ligne de chemin de fer 31 Charbonnage d’Ans-Rocourt

Route d’Ans Centre villageois d’Ans

1777 1740

1850

Empierrement de la chaussée de Tongres permettant les échanges commerciaux

Ligne de chemin de fer 31 Ans-Rocourt-Liers Route d’Ans qui va permettre le développement ultérieur d’Ans

1862

Début d’activité du charbonnage d’AnsRocourt: extraction de houille. Extraction de phosphate pour amender les sols agricoles. Transport via le chemin de fer. Afflux de 1122 travailleurs, habitant dans des baraquements aujourd’hui détruits. Zoning Alleur

Activités industrielles polluantes

1865 1901 Tramway vicinal électrifié sur la voie de Tongres

Zoning Rocourt

N

1971 1914

Fin de l’âge d’or de la houillère liégeoise

1953

Construction de l’autoroute E40 Démocratisation de la voiture individuelle

Cultureschamps

RAVeL

Vergers

Bâti

Prairiespâturages

Terril

Potagersmaraîchages

Terril arasé

Chemin de fer Autoroute Voies principales Voies secondaires

1966

1970

Fermeture du Phénomène de charbonnage périurbanisation important d’Ans-Rocourt et développement des zonings d’Alleur et de Rocourt

2020 1972

2005

1 km

Reconversion de Premier l’ancienne ligne de supermarché de Belgique: le chemin de fer en RAVeL Cora de Rocourt

Au cours de l’histoire, le paysage du plateau d’Ans-Rocourt a radicalement changé de figure, partant d’un paysage agricole, passant par un paysage marqué par l’industrie (principalement charbonnière) pour arriver à un paysage typiquement périurbain. Il ne reste que peu de traces de l’ancienne activité agricole. L’activité charbonnière à quant à elle, laissé des traces visibles et invisibles: terrils, pollution des sols et grandes zones d’anciennes industries aujourd’hui en attente de reconversion. Le paysage a toujours gardé la caractéristique principale d’être productif et au service du développement urbain. La ceinture vivrière (composée essentiellement de vergers et de maraîchage) entourait autrefois le centre-ville. Cette ceinture, associée aux cultures sur le plateau, permettait de nourrir la ville. Elle venait marquer la limite de la ville, aujourd’hui éclatée et reculée vers les campagnes de Hesbaye. L’agriculture qui encerclait auparavant la ville s’est vue progressivement renfermée par cette dernière. L’enclavement se fait par les voies de communication et le bâti. Plusieurs voies de communication ont dirigé l’évolution de l’urbanisation: la vieille voie de Tongres, la route d’Ans et la ligne de chemin de fer 31. A l’heure actuelle, c’est l’autoroute E40 qui étend l’urbanisation avec l’implantation de nouvelles industries et entreprises dans les zonings d’Alleur et de Rocourt. Aujourd’hui, les enclaves agricoles sont devenues les derniers vides à combler pour une ville qui continue de s’étaler. 10


Paysage actuel et potentalités d'évolution ESPACES DE VIE

VUES ET TRAVERS

Ecoles Espaces publics Comités de quartier Potagers communautaires

Banque alimentaire provinciale

• • • •

Entreprises

Ancien camp militaire: logements des demandeurs d’asiles

ATOUTS •

Logements sociaux

Nombreuses enclaves agricoles offrant des vues lointaines sur la ville (sur sol fertile limoneux) Présence de jardins communautaires et partagés Des comités de quartier à volonté de préservation et de création d'espaces verts et cultivés Présence de la banque alimentaire provinciale Réseau d’acteurs actifs et d’actions en lien avec la transition alimentaire

Commerces

Routes “barrières” RAVeL Liaisons piétonnes à renforcer

OPPORTUNITÉS • • •

Volonté citoyenne et politique d’une relocalisation alimentaire Attrait des citoyens pour un cadre de vie plus vert Espaces délaissés ou en reconversion, potentiellement utilisables et/ou cultivables

MENACES FAIBLESSES • • • 11

Manque d'espaces verts de proximité et accessibles Pollution du sol de par l'ancienne activité industrielle Pas de protection urbanistique des terres agricoles

• • •

Population d'agriculteurs en déclin Pression foncière (développement résidentiel, économique et industriel) exacerbée par la proximité de l’autoroute E40 et de l’aéroport de Bierset Usages clandestins (dépôts) sur les espaces agricoles

Points vertica

Points à valor


SÉES DU PAYSAGE

d’appels aux

ESPACES DE RECONVERSION, CONSTRUCTION ET DÉLAISSÉS

Manque d’accessibilité

s de vue riser

Espaces délaissés

Espaces en construction

Espaces en attente de reconversion

Dépôts clandestins

ENJEUX-OBJECTIFS DE TRANSITION AMÉLIORER - PRÉSERVER LE CADRE DE VIE

CONSERVER - METTRE EN VALEUR L'HÉRITAGE AGRICOLE

1. Préserver et valoriser les ouvertures dans le paysage 2. Rendre accessibles les espaces verts et cultivés 3. Retrouver une fonction cohérente pour les espaces délaissés et en reconversion

4. Préserver et augmenter la population agricole 5. Reconsidérer les terres agricoles comme des espaces nourriciers nécessaires pour l’humain 6. Considérer le sol comme socle vivant

DÉVELOPPER - ACCOMPAGNER LA DYNAMIQUE DE TRANSITION DU SYSTÈME ALIMENTAIRE 7. Développer une agriculture résiliente face au changement climatique et respectueuse de l’environnement 8. Soutenir et développer les initiatives citoyennes et politiques de relocalisation alimentaire 9. Intégrer et impliquer les habitants dans cette dynamique 12


3 Les futurs paysages des enclaves agricoles dans la logique d’une transition du système alimentaire

Les paysages sont en constante évolution, de par les changements environnementaux et climatiques et des activités humaines. Cette évolution est, en partie, influencée par nos modes de vie, nos modes de production, nos pratiques, nos valeurs ou encore les désirs personnels et sociétaux. Les 3 scénarii présents ci-jointement, mettent en scène les possibles transformations dans le paysage, dans la logique d’une transition du système alimentaire. Cette transition impliquerait de nouvelles pratiques agricoles, de nouveaux espaces de circulation, de commercialisation et de transformation alimentaire. Ces scénarii tentent de concilier les enjeux à différentes échelles, identifiés précédemment et ainsi de répondre aux objectifs fixés pour les enclaves agricoles du site d’étude. L’histoire de ces scénarii se construit à partir de 3 tendances de transition du système alimentaire, qui pourraient considérablement modifier le paysage: • • •

13

L’application d’une politique agricole favorisant les pratiques agricoles en vue de préserver l’environnement. Une stratégie territoriale impliquant une relocalisation de la production alimentaire et la création d’emplois dans le secteur agricole. La création d’un paysage nourricier pouvant délivrer de multiples fonctions


SCÉNARII POUR DES PAYSAGES EN TRANSITION

état actuel

Scénario 1: Les enclaves agricoles transformées par l’évolution de la politique agricole commune

Scénario 2: Les enclaves agricoles porteuses du projet de relocalisation alimentaire territoriale

Scénario 3: Les enclaves agricoles reconsidérées comme un paysage ouvert à partager

14


Scénario 1: Les encl

Maintien des prairies permanentes Nouvelle mare

Plantation de haies d’espèces indigènes

Couvert végétal permanent et rotation des cultures

Ce scénario met en scèn subsides (eco-shemes), l des pesticides chimiques de protéger l’environneme bascule progressivement instaurant la rotation et l’a à un sol couvert de végé d’améliorer l’environneme mellifères sont plantées v est amplifié et un étang v Il préserve le sol en le con nouvelle scène haute en plan d’eau pour pratiquer Réponses aux objectifs: • 2, 3 • 6 • 7

Avan • P • A • A • A

Scénario 2: Les encl

Marché des produits locaux

Nouvelle ferme et point de vente directe

Pâturage de chevaux: traction animale pour la production

Agroforesterie avec maraîchage extérieur et sous serre

Ce scénario donne à voir schéma de développeme la sécurité alimentaire, de en recréant un lien entre et de l’application d’un m habitants peuvent se nou au total), ce serait donc 3 permet aussi de créer 40 une agriculture agro-fore (céréales servant à l’alim d’une agriculture diminua point de vente directe de principale du quartier (rou de nouvelles perspective larges vues qu’offraient le sont elles aussi perçues aux habitants à ces nouv Réponses aux objectifs: • / • 4, 5, 6 • 7, 8

Avan • R • C • A • A d

Scénario 3: Les encl

Ecole d’horticulture et point de vente directe Espace public nourricier

Cuisine et banque alimentaire-de graines

Nouveaux sentiers à travers les terres agricoles

15

Ce scénario se base sur renouveler la façon d’étud humains. Il se base égale cultivés et la mise en pla en partie, commune. Les le quartier et des accès d large espace partagé acc site s’agrandit avec la cré militaire est en partie réin une cuisine-restaurant (tr présent également (déch Les acteurs principaux de de quartier avec ses hab localement, le service d’e nouvelles fonctions huma l’éducation, le bien-être e Réponses aux objectifs: • 1, 2, 3 • 4, 5, 6 • 7, 8, 9

Avan • P cr • R • P • C


laves agricoles transformées par l’évolution de la politique agricole commune

ne les possibles transformations du paysage, au vu de l’application de la nouvelle politique agricole commune (PAC). Grâce à de nouveaux les pratiques agricoles en faveur de l’environnement vont se démultiplier afin de répondre aux objectifs européens de Green Deal (réduction s, réduction de la déterioriation et de la perte de nutriments du sol, augmentation de l’agriculture biologique, etc.). Les grandes ambitions sont ent et les paysages, ainsi que de contribuer à l’atténuation et à l’adaptation au changement climatique (EU, 2021). L’agriculture conventionnelle t vers une agriculture basée sur le captage de carbone. Les monocultures disparaîssent avec la mise en place d’une agriculture de conservation, association de cultures (plantes fourragères, céréales, engrais verts, légumineuses). La technique du labour est abandonnée pour faire place étal toute l’année grâce au semis direct. Les prairies permanentes sont maintenues et le fumier est utilisé pour fertiliser les cultures. Afin ent et la biodiversité de l’exploitation, 10% de la surface agricole utile sont dédiés à des fonctions de haute diversité biologique. Des haies venant diviser et réduire la taille des parcelles, des chemins de balade viennent se créer dans ce nouveau découpage. Le bosquet déjà présent vient se creuser, profitant du micro-relief existant. L’agriculteur est l’acteur central de ce paysage. Il façonne et entretient ce paysage diversifié. nsidérant comme un élément vivant et vital pour la pérennité de ses activités agricoles. Les habitants du quartier et promeneurs profitent d’une couleur, rythmée par les saisons et le choix des cultures. Les pêcheurs présents parmi les habitants du quartier peuvent profiter du nouveau r leur loisir. Les écoles à proximité viennent aussi profiter de cet étang, comme un lieu d’observation de la biodiversité.

ntages: Protection et amélioration de la fertilité du sol Augmentation de la biodiversité Agriculture plus résiliente face au changement climatique Amélioration du cadre de vie

Inconvénients: • Fermeture du paysage par les haies • Pas des liens recréés entre l’habitant, le consommateur et le producteur • Fonction nourricière de l’agriculture peu développée (cultures fourragères)

laves agricoles porteuses du projet de relocalisation alimentaire territoriale

r un paysage construit à travers les objectifs territoriaux en termes de relocalisation alimentaire et de redynamisation économique, fixés par le ent territorial de l’arrondissement de Liège, intégrant les ambitions de la ceinture aliment-terre liégeoise. Les grands objectifs sont de favoriser e préserver les terres cultivées, de diversifier la production agricole, redynamiser l’économie locale et de promouvoir les circuits-courts tout e le producteur et le consommateur. Sur base d’une analyse de la consommation alimentaire moyenne des wallons (SPF Economie, 2012), modèle-type d’une ferme agro-écologique à haut rendement (documenté par NOEL B, VAN MALDER L., et l’INRA), on peut envisager que 81 urrir et que 1 emploi peut se créer à partir d’1 hectare de terres cultivées. A l’échelle des enclaves agricoles reconsidérées dans ce projet (40 ha 3240 habitants qui peuvent se fournir entièrement localement en fruits, légumes, poulets (à hauteur de 46% de leur budget alimentaire). Cela 0 emplois dans le secteur agricole, autant dans les activités de production que de transformation alimentaire. Le paysage est repeint à travers estière associée à du maraîchage et de l’élevage. Entre les alignements d’arbres fruitiers, se trouvent les cultures légumières et céréalières mentation des animaux), les serres maraîchères et l’élevage des poulets. Des haies de petits fruits rouges sont aussi plantées. Dans l’idée ant les énergies fossiles, la traction animale aident l’homme à cultiver. Deux chevaux pâturent donc à proximité de la ferme. Une ferme et un es productions se trouvent au pied des champs. Un nouveau marché local s’installe toutes les semaines, auprès de la route commerçante ute d’Ans). Les acteurs principaux qui façonnent ce paysage sont les nouveaux agriculteurs. L’arbre est la nouvelle figure paysagère, recréant es. Les habitants à proximité pourront jouir d’un approvisionnement ultra local, recréer un lien direct avec les agriculteurs mais perderont les e paysage auparavant. La présence animale amène une certaine attractivité mais aussi certaines nuisances sonores et olfactives. Les serres comme une nuisance visuelle. Les terres cultivées devraient être cloisonnées pour éviter le vandalisme, ce qui viendrait restreindre l’accès veaux espaces.

ntages: Réduction de la dépendance aux énergies fossiles Création de liens entre producteurs-consommateurs Agriculture nourricière pour l’humain, production locale variée Augmentation considérable de la population agricole et création d’emplois

Inconvénients: • Nuisances visuelles, sonores et olfactives • Changement radical du paysage; fermeture du paysage par la plantation dense d’arbres • Système peu viable économiquement, sur le long terme

laves agricoles reconsidérées comme un paysage ouvert à partager

les premières volontés énoncées dans le Schéma de Développement Communal de Liège (en cours de réalisation) quant à la manière de dier et de transformer le territoire. Le principal objectif est de considérer le paysage comme étant un potentiel de nouveaux usages et fonctions ement sur les volontés émises par le comité de quartier Molinvaux-Naniot, revendiquant la préservation des sentiers traversant les espaces ace d’un parc urbain sur l’enclave agricole principale. Ainsi, le quartier est repensé comme un paysage ouvert nourricier dont la gestion est, s enclaves agricoles s’ouvrent et deviennent praticables, accessibles et lisibles pour tous avec le maintien et la création de sentiers à travers directs des habitations vers les espaces cultivés. Des espaces de contemplation viennent souligner les points de vue sur l’horizon urbain. Un cueille un verger, un potager communautaire et un bâtiment pour les habitants du quartier. Le verger de l’école d’horticulture déjà présent sur le éation d’un bâtiment scolaire, d’un espace où les étudiants produisent et reproduisent les plantes, et d’un point de vente directe. L’ancien camp nvesti en lieu de transformation-valorisation accueillant une banque de graines (produites par l’école) qui s’intègre dans la banque alimentaire, ransformant en partie les productions de l’école), et un centre de valorisation de déchets s’intégrant au dépôt de la commune de Liège déjà hets de productions, de la cuisine et de la ville). e ce paysage sont les deux agriculteurs et les maraîchers qui sont déjà présents sur le site, les nouveaux étudiants en horticulture, le comité bitants, y compris les habitants temporaires (demandeurs d’asile) qui participent pleinement à transformer et cuisiner les aliments produits espaces verts de Liège qui aide à entretenir les espaces communs et fournir l’amendement utile aux productions. Le paysage fournit de aines: la production alimentaire soutenue par une agriculture paysanne, la création de liens sociaux entre les habitants et acteurs du paysage, et la santé grâce à un cadre de vie plus coloré et plus accueillant.

ntages: Paysage pour tous et par tous: construction et entretien partagé, réation de liens entre habitants-producteurs-consommateurs Réponse aux aspirations et aux besoins de la population présente Production agricole locale pour l’humain, à taille humaine Cercle vertueux d’un système alimentaire local

Inconvénients: • Implication des citoyens parfois difficile à tenir sur le long terme • Implication des agriculteurs/maraîchers parfois compliquée à mettre en oeuvre (débat, mise en commun, accessibilité des terres agricoles) 16


ÉLABORATION DU PROJET Le scénario choisi est le scénario 3, répondant à l’ensemble des objectifs fixés dans la partie 2.

Ecole d’horticu point de vente

Terres cultivées par les agriculteurs Verger public

4

3 5

2

Banque de graines

Bâtiment commun Potager communautaire

Cuisine-restaurant

Centre de valorisation des déchets verts

1 Nouveaux sentiers Plateformes d’observation

VeL ès RA

Acc

La balade et les sentiers

Itinéraire suggéré pour la balade de découverte Points d’arrêt de la balade Nouveaux sentiers à créer

17

Cheminements piétons à rendre accessibles ou à sécuriser

Les nou


La balade et les sentiers

Le projet de ce paysage nourricier partagé s’initie à travers une balade dans le quartier avec les acteurs concernés pré-cités. De nouveaux sentiers sont aménagés et des cheminements piétons sont sécurisés (ex: création de trottoirs le long des routes) ou réhabilités (ex: chemins reliant les fonds de propriété dans la cité-jardin). L’itinéraire proposé traverse les différents espaces pouvant participer potentiellement à la construction du paysage nourricier: les terres maraîchères et les grandes cultures déjà présentes mais aussi les deux potagers communautaires du quartier. Suite à cette balade, un bâtiment communautaire se construit pour accueillir les discussions et débats entre acteurs et entreposer le matériel nécessaire pour la construction et l’entretien de lieux partagés.

ulture et directe

Production horticole et de graines

Les nouveaux espaces

Le paysage se dessine à travers 4 principaux espaces: •

L’espace de contemplation composé des sentiers et de plusieurs plateformes en bois mettant en valeur les vues lointaines sur la ville de Liège ou sur le quartier. Des tables de pic-nic et quelques fruitiers plantés ponctuellement permettent d’y partager un repas.

•

L’espace de (re)production végétale est composé des terres cultivées gérées par les agriculteurs, dont la forme est redessinée par les nouveaux sentiers piétons et dont les couleurs sont repeintes par des cultures de céréales (ou pseudo-céréales). Il est aussi composé de la nouvelle antenne de l’école d’horticulture où des formations au métier de pépiniériste ou de maraîcher sont proposées pour les jeunes et les demandeurs d’asile. Des arbres/arbustes fruitiers et plantes potagères y sont produites. Des serres mobiles accueillent des espèces végétales demandant plus de chaleur. Une partie de la production est destinée à la reproduction végétale: les arbres et arbustes fruitiers sont divisés ou greffés et les plantes potagères se laissent monter en graines. Les productions sont vendues sur place.

•

L’espace de transformation-valorisation est investi sur l’ancien camp militaire qui est un Site à Réaménager (SAR). Une banque de graines (graines produites par l’école) s’installe dans la banque alimentaire provinciale, profitant des systèmes de réfrigération déjà présents. Les graines sont commercialisées ou partagées avec les habitants du quartier. La cuisine-restaurant s’installe dans un bâtiment rénové et offre également des formations aux demandeurs d’asile ou aux jeunes. La cuisine valorise les productions de l’école en préparant des repas pour le restaurant ou en transformant les aliments. Ce nouveau lieu de travail et de formation est soutenu financièrement et logistiquement par la commune de Liège et par la Ceinture Aliment-Terre Liégeoise qui favorise les formations à l’emploi liées à la relocalisation du système alimentaire.

•

L’espace commun nourricier composé du bâtiment communautaire, d’un potager communautaire et d’un verger public (terres mises à disposition gratuitement par la ville de Liège dans le cadre de l’application de son Plan Stratégique Transversal encourageant l’autoproduction alimentaire). Le verger est planté à partir des plants reproduits dans la nouvelle école d’horticulture. Trois ouvriers du service des espaces verts et les étudiants en horticulture aident les habitants à entretenir le verger et le potager sous les conseils des maraîchers du quartier et des professeurs de l’école d’horticulture. 18

uveaux espaces Espace de détentecontemplation Espace de transformationconservation Espace de (re) production végétale Espace commun nourricier


1

LES NOUVEAUX SENTIERS ET LIEUX D'OBSERVATION

2

L'ESPACE COLLECTIF B

Nouveaux accès depuis les jardins privés

Plateforme de contemplationpic-nic

B’ Verger public

A

Potager communautaire

Bâtiment commun

Maraîchage déjà existant Nouveau sentier

3

A’

LA TRAVERSÉE DES CHAMPS ET DU VERGER

4

5

Nouvelle antenne de l’école de l’horticulture et point de vente directe

Cultures des céréales et pseudo-céréales

Reproduction des arbustes/arbres fruitiers

Nouveau sentier

B

A

L'ESPACE DE TRANSFORMATIONVALORISATION C B D A

Prélèvement des graines Parties noncomestibles du fruit valorisées en compost

Banque de graines

D

Cuisine et restaurant

Centre de valorisation des déchets verts

19

Production horticole et de graines

D’

C’ Nouveau sentier

L'ESPACE HORTICOLE D

Verger public

C

E

E

C

Une bonne sauce tomate

Tomates séchées

E

Séchage et conservation des graines

De la tomate, même en hiver


A

A’ arbres fruitiers plantés ponctuellement

plateforme en bois (espace pic-nic)

sentier en stabilisé

plateforme en bois (espace de contemplation)

cultures maraîchères existantes 4m

B

B’ potager communautaire

trottoir

voirie

trottoir

maison communautaire 4m

C’

C verger en gestion commune

D

serres mobiles: légumes fruits-feuilles-racines & petits arbres

sentier en stabilisé (vers le verger de l’école d’horticulture)

blé

sentier en sarrasin stabilisé (vers le restaurant) 4m

légumes fruits-feuilles-racines

plantes en graines 20 4m

D’


A huit heures du matin, Benoît s'en va à l'école. Tous les matins, il prend le même chemin et croise les habitués du coin. Thomas et Fanny, les maraîchers qui lui font signe depuis leur champ et Léone qui se lève à l'aube pour observer l'horizon urbain repeint par le soleil levant. Il n'oublie pas de saluer Olivier, le vieux monsieur qui prend son bain de soleil quotidien.

A treize heures, Laurenne et Jehan récoltent les bettes et salades qu'ils vendront ensuite dans le point de vente de l'école. Dans les cageots, les récoltes forment une mosaïque colorée, cela donne envie de les goûter. François, quant à lui, apprend à sélectionner les meilleurs plants d'épinards pour en garder les graines.

A dix-neuf heures, le cuisinier Simon prépare de délicieux mets avec les légumes achetés dans le champ d'à côté. Babette viendra prélever les déchets de cuisine en fin de service pour faire le compost du quartier. Les clients profitent de l'horizon mêlant les champs flamboyants, les vergers colorés et les habitations proches.

21

A vingt heures, les habitants du quartier partagent un clafoutis aux cerises préparé par Madeleine, la meilleure cuisinière du pâté de maisons. Thibault apporte quelques mirabelles fraîchement cueillies pour compléter le dessert, surveillant ses deux enfants qui jouent au loin. Tout le monde rigole et se régale.


ACTEURS ET PROGRAMMATION ACTEURS PRODUCTEURS ET GESTIONNAIRES • • • • •

•

Les habitants du quartier (y compris le comité de quartier Molinvaux-Naniot) et les demandeurs d’asile Le service d’espaces verts de la commune de Liège Les agriculteurs L’école d’horticulture de Liège, ses étudiants et ses professeurs Les cuisiniers La province de Liège (propriétaire de la banque alimentaire)

Les habitants du quartier Les écoles du quartier Les écoles du quartier Les visiteurs, les sympatisants et les curieux

:

2

GRAI NE

0 05

TERREAU : in 202 iti 1

GERME: constructi on on - 2025 ati

tion a g a p pro

-Premières semences commercialisées (processus long de légalisation) -Premiers aliments transformés commercialisés (confitures, jus, sauces et légumes vinaigrés)

40 20

n eme - FRUIT: épanouiss

-Production très rentable du verger et de l’espace horticole, production de fruits, légumes localement productibles

• • • •

Le comité de quartier MolinvauxNaniot La Ceinture Aliment-Terre Liégeoise La commune de Liège Les agriculteurs L’école de l’horticulture de Liège L’ASBL Centre du Beau-Mur (acteur actif aidant aux projets liés à la transition citoyenne, porteur des projets de bien commun, d’innovation sociale et de démocratie)

-Balade avec les acteurs concernés à travers le quartier

- Propulsion du projet au-delà de l’horizon: le projet devient un exemple pour d’autres quartiers et d’autres villes -Cycle de conférences sur la transmission d’expériences, de savoirs ar les anciens cultivateurs, agriculteurs, cuisiniers et transformateurs: prise en main du projet par la nouvelle génération

• • • • •

ACTEURS CONTEMPLATEURS

t-

FLEUR

20 3 0

•

ACTEURS INITIATEURS

: premiers

se c i bénéf

-Création des nouveaux sentiers et accès -Construction du bâtiment et potager commun du quartier -Discussion dans le bâtiment commun avec les différents acteurs: instauration d’une charte des lieux communs (droits d’usages et obligations) -Construction et installation de la nouvelle antenne de l’école d’horticulture de Liège, des cultures et du point de vente -Reproduction des premiers arbres/arbustres fruitiers destinés au verger

-Rénovation du bâtiment accueillant le restaurant et de l’espace de transformation alimentaire -Installation des infrastructures liées à la banque de graines

-Premières semences créées (processus long de sélection) -Premiers fruits du verger récoltés

-Plantation du verger

22


4 Réinventer le paysage de

l’enclave agricole, un défi pour les villes de demain

Ebauche de Poster représentant un paysage productif archétype réalisé avec le groupe d’atelier projet “Paysages productifs”. Groupe “Paysages productifs” composé des étudiants suivants: Timothée Descamps, Mélanie Georges, Adrien Gryspeert, Viviane Martin, Théodore Noirot-Nérin, Thibaut Randoux et Julien Zirpolo. 23


CONTRIBUTION ET PERSPECTIVES Ce projet reconsidère l’espace d’une autre manière, pour son potentiel de paysage productif nourricier. Le paysage est placé comme moteur du projet de transition alimentaire de la ville. L’étude donne de nouvelles perspectives sur la manière d’engendrer une transition du territoire et des paysages à travers: • la proposition de typologies des enclaves agricoles comme paysage productif nourricier à l’échelle de l’agglomération liégeoise, • l’étude des différents espaces composant le paysage permettant d’enclencher cette transition, • la connaissance générale des paysages péri-urbains et des paysages agri-urbains, • l’étude du potentiel paysager et nourricier des enclaves agricoles dans le contexte péri-urbain, • la mise en avant de la multiplicité des fonctions (nourricière, sociale, éducative) que peuvent offrir les enclaves agricoles. Les recherches et travaux réalisés jusqu’à présent sur la relocalisation alimentaire, impliquent principalement les domaines de l’urbanisme, de la géographie et de l’économie sociale. Cette recherche par le projet de paysage est donc inédite dans le contexte de la ville de Liège. Cette étude invite également à changer notre perception des paysages péri-urbains et des enclaves agricoles qu’ils contiennent, souvent déconsidérées. Elle révèle leurs qualités et leurs potentialités pour réinventer la ville de demain. Il est envisageable d’utiliser cette recherche par le projet comme source de débat, de discussion et de médiation auprès des acteurs du territoire. Le projet s’insère également dans un travail de groupe d’atelier projet sur le thème des paysages productifs. Avec notre groupe de travail, nous avons chacun contribuer à révéler les potentiels de ces paysages sous différents aspects. Ensemble, nous avons établi une définition commune basée sur la lecture du livre “La nécessité du paysage” de Jean-Marc Besse. Paysage productif: paysage qui fournit des éléments nécessaires à la condition humaine (J-M Besse). Ces paysages rendent service à l’homme, et à l’environnement (usages et fonctions humaines, support de biodiversité, liens écologiques dans le paysage, etc.).

DIFFICULTÉS RENCONTRÉES Cette étude s’est heurtée à 2 principales difficultés: l’état des lieux des paysages existants et l’organisation des ateliers en distanciel. Tout d’abord, la caractérisation et la qualification des paysages étudiés ont été fastidieuses, étant donné le peu de documentation accessible. La source principale sur les paysages étudiés, est l’atlas des paysages (CPDT), qui reste généraliste dans ses descriptions. Les principales communes étudiées (Liège et Ans) ne possèdent pas encore de documents urbanistiques finalisés (le Schéma de Développement Communal de Liège n’en est qu’à la première phase de détermination des enjeux territoraux). Il n’exite pas d’objectifs territoriaux pour les paysages étudiés, hormis les objectifs émis dans le Schéma de Développement de l’Arrondissement de Liège et du Plan Urbain de Mobilité qui restent également très généralistes et peu localisés. Il a donc fallu, dans un temps très court, pallier à ce manque. Le paysage péri-urbain étant un paysage complexe à la lecture et à la description, une longue période d’étude sur le terrain a été nécessaire pour pouvoir les appréhender. Le résultat ne reste qu’exhaustif. Enfin, la pandémie COVID19, nous a contraint à organiser des ateliers de projet en distanciel. Organiser une activité pratique telle que le projet, en visio-conférence a réduit considérablement la qualité des échanges avec les autres étudiants et avec les professeurs, mais aussi de ma recherche. Malgré l’investissement et l’adaptation des professeurs à cette méthode d’enseignement, il est à noter qu’un atelier en distanciel ne remplacera jamais un atelier de groupe en présentiel, où l’effervescence et la créativité peuvent émerger plus facilement.

LIMITES DE L'ÉTUDE Les limites principales de cette étude concernent 2 points: le manque de données permettant de caractériser le système alimentaire en place (autant à l’échelle de la Région Wallonne, qu’à l’échelle de la province et de la métropole liégeoise) et l’absence de participation avec les acteurs concernés par la transition alimentaire ainsi que les citoyens. Le facteur limitant est le temps très court consacré à cette recherche (3 mois), temps trop court pour engager des recherches/enquêtes sur ces données manquantes ou pour engager un processus de participation citoyenne. Les données quantifiant précisément les besoins alimentaires des citoyens de la métropole de Liège aurait permis de dresser le portrait des consommateurs. Déceler les besoins alimentaires de la population aurait été un atout considérable dans la phase d’approfondissement et d’élaboration du projet. La plupart des données sur l’approvisionnement alimentaire sont privatisées. Elles auraient permis de quantifier les flux entrants et sortants du système alimentaire (exports-imports). Enfin, bien qu’une volonté citoyenne et politique de relocalisation alimentaire est palpable en Wallonie et à Liège, l’avis des citoyens et des agriculteurs (acteurs principalement concernés) n’a pas pu être pris en compte. Les citoyens sont-ils prêts à changer leurs habitudes alimentaires et à supprimer certains aliments de leur assiette, impossibles ou difficilement productibles localement (ex: fruits exotiques)? Sont-ils prêts à mettre la main à la terre et produire eux-mêmes une part de leur alimentation? Les agriculteurs sontils prêts à envisager une réelle transition de leurs modes de production et de vente (aujourd’hui grandement dirigés par le marché alimentaire mondial basé sur l’importation-exportation), alors que ceux-ci sont déjà en situation de précarité et d’incertitude quant à leur avenir? Beaucoup de questions sans réponses planent encore autour de l’avenir du contenu de nos assiettes et des personnes qui se démènent pour les remplir. Cette étude amène de nouvelles pistes de réflexion, à travers le prisme du paysage. Elle ne prétend pas prendre en compte l’entièreté des défis liés à l’alimentation dans le monde ou à Liège, mais amène à réfléchir sur de nouvelles manières de produire et sur ce que le paysage a à nous offrir. 24


5 Bibliographie

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Articles scientifiques et thèse • • •

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Ouvrages et publications • • • • • • • • • • • • • • •

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Sites internet • • • • • •

ALIMENTATION LOCALE @ LIEGE, 2021. CREaFARM. URL : https://www.liege.be/fr/vivre-a-liege/commerce/alimentation-locale/creafarm#c6=faceted-cards CEINTURE ALIMENT TERRE LIEGEOISE, 2021. La CATL. URL : https://www.catl.be/ ETOPIA, 2020. COVID-19: Philippe Baret : « Il faut réfléchir à une souveraineté alimentaire qui évite l’identitaire et le repli sur soi ». ULR: https://etopia.be/covid-19-philippe-baret-il-faut-reflechir-a-une-souverainete-alimentaire-qui-evite-lidentitaire-et-lerepli-sur-soi/ LE CHAINON MANQUANT (par HUBAUT S.), 2014. Analyse. Potagers urbains à Liège : origines, enjeux, état des lieux. Mis en ligne le 11 décembre 2014. URL : https://lechainonmanquant.be/analyses/potagers.html LE CHAINON MANQUANT (par HUBAUT S.), 2014. Analyse. Agriculture urbaine : retisser les liens. Mis en ligne le 25 décembre 2014. URL : https://lechainonmanquant.be/analyses/agriculture_urbaine.html STATBEL, 2019. Chiffres clés de l’agriculture 2019. URL: https://statbel.fgov.be/sites/default/files/files/documents/landbouw/ FR_kerncijfers_landbouw_2020_v19_avec_couverture_pour_web.pdf

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PAYSAGE PRODUCTIF NOURRICIER - Liège, la cité qui s'alimente? by Mélanie Georges - Issuu