MAGAZINE #1 MAI-AOÛT 2020
BENUTS - STENOLA PRODUCTIONS - THIS TOO SHALL PASS ADIL EL ARBI & BILALL FALLAH - DOSSIER COVID-19 PODCAST - UPFF - LA BELGITUDE EN CINÉMATOGRAPHIE
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lle s’est fait attendre, mais finalement elle est là, une édition en français du mediarte magazine. Dès maintenant, mediarte informera également le secteur audiovisuel francophone sur papier de ses activités destinées aux professionnels de notre secteur.
All you need to know about the Belgian audiovisual, film and digital industry
Du côté néerlandophone, nous avions déjà un magazine depuis plusieurs années, mais désormais, une version francophone sera également publiée 3 fois par an. Ce magazine est un canal supplémentaire que mediarte utilisera afin d’informer le secteur et de sensibiliser à propos des conditions de travail, des aspects relatifs au bien-être et au développement de compétences. Auprès du site web, des réseaux sociaux, sessions d’information, webinaires, etc. ce magazine se présentera en tant que canal de communication distinct, à part entière.
Dans chaque magazine, nous examinons plus en profondeur un dossier spécifique qui se situe au cœur des activités de mediarte (dans le cas présent, les conséquences psychologiques de la crise du Covid 19 pour les employés), nous expliquons une profession moins connue, nous nous penchons sur une bonne pratique d’une entreprise en particulier, nous mettons en évidence certaines formations, donnons la parole à une organisation sectorielle, etc. Chaque aspect de nos activités et chaque sous-secteur (radio, télévision, cinéma, entreprises de services, agences numériques, jeux,...) est abordé. En prime, nous incluons aussi une affiche pour les abonnés postaux qui aide les professionnels à observer les mesures de sécurité. Vous aimeriez recevoir ce magazine et/ou ce poster dans la boîte aux lettres, chez vous à la maison ou au bureau, faites-le nous savoir via notre site web. Bonne lecture.
Jan Vermoesen
GENERAL MANAGER MEDIARTE
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PRÉFACE
durer et l’adaptation aux nouvelles formes de travail provoquent aussi de l’inquiétude et demandent chaque jour une énorme résilience : travailler à temps plein chez soi, accompagner les enfants dans leurs activités préscolaires, l’isolement social,... Respect. Pour les autorités et les organisations intermédiaires, le moment est également venu de procéder à une auto-réflexion. Que pouvons-nous faire ensemble pour relever et maintenir debout notre secteur, et comment poursuivons-nous cette pensée de “l’union fait la force” ? Nous obtenons des incitations financières et fiscales en agissant ensemble. Exactement comme nous pouvons obtenir des résultats ensemble pour soutenir les personnes soumises à la pression de la rupture. En leur accordant l'attention et le soutien nécessaires, car sans elles, nous ne sommes nulle part. mediarte prend d’ores et déjà les devants en ce sens, en fournissant des contenus et des outils spécifiques. JAN VERMOESEN (MEDIARTE)
Matière à réflexion…
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u moment où j’écris cette préface, une grande partie des nos employeurs et leurs collaborateurs détermine les premières étapes pour sortir de l’immobilisation. Certains ont pu relativement bien poursuivre leurs activités, dans des conditions adaptées. D’autres sont encore complètement à l’arrêt ou peutêtre, pour le dire mieux, demeurent tout à fait paralysés.
Bon gré, mal gré cette période force à la réflexion et cela aussi bien chez les entrepreneurs que chez les travailleurs individuels. Comment je survis à cette période ? Que vaisje faire ensuite ? Tous deux espèrent garder la tête hors de l’eau économiquement et leur créativité les inspire déjà pour adapter leurs services ou concevoir de nouvelles formes de travail. Vous devez bien avoir les pieds sur terre pour relever ces défis. Les entreprises qui vacillent risquent de tomber. Il va sans dire que notre secteur a été très durement touché et que les conséquences de cette crise se ressentiront pendant très longtemps. Beaucoup de productions, de missions et les revenus en découlant, sont tout simplement perdus, c’est comme ça. C’est pourquoi notre secteur fait également appel au soutien du gouvernement, nous ne pouvons pas prendre seuls sur nos épaules le coût d’une société en bonne santé. Mais un grand nombre de professionnels menacent aussi de chuter. L’insécurité financière n’est pas seule à apporter une immense pression psychologique, l’incertitude de savoir combien de temps cette situation va encore
Bien sûr, il y a des victimes, mais ne nous retenons pas de regarder l’avenir avec espoir et de prendre soin les uns des autres et surtout de nous-mêmes. Réfléchir et voir plus loin est également, pour conclure de cette préface, ce que Jonas De Maesschalk a fait. Il a quitté mediarte en février dernier et il occupait chez nous jusqu’à ce moment-là la fonction de Digital Content Creator. En cette qualité de responsable pour le look and feel de mediarte et donc aussi du layout du mediarte magazine. Au nom de toutes les personnes impliquées dans l’organisation de mediarte, je voudrais également le remercier pour son engagement et sa créativité. Jonas se consacre à présent entièrement à la création d'animations 3D et la création de musique… et il le fait bien. Respect (bis).
J’ose rêver d’un nouvel environnement de travail où nous continuons à utiliser le meilleur de ce que cette période nous a apporté : des techniques plus efficaces pour se réunir, auxquelles s’ajoute une diminution de l’empreinte écologique, l’attention accordée aux moments nécessaires de repos, des jours de travail au bureau par rapport aux jours de travail à la maison ; mais par dessus tout garder la créativité que nous, en tant qu’individus et comme secteur, nous montrons à nouveau.
Jan Vermoesen
GENERAL MANAGER MEDIARTE
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Votre annonce dans notre magazine ? Vous souhaitez présenter votre formation, votre entreprise ou un produit / un service
dans notre magazine, sur notre site web, ou vous voulez proposer un partenariat? Prenez contact avec jan.vermoesen@mediarte.be
Préface. . ................................................................................. 04 Inside
the company - Benuts................................................ 08 Légal - Indexation des salaires et écochèques dans la CP 227...... 14 In the picture - Adil El Arbi & Bilall Fallah. . ................................. 16 mediartist. . ............................................................................ 20 Organisation du secteur - UPFF........................................... 22 In In
the picture - Lancer sa boîte de production......................... 26 the picture - Économiser de l'argent en post-production...... 31
This
"mediasensor" (2019) et des plans d’action qui en résultent, nous prévoyons un label mediasensor
soutenant le plan d’action.
Benuts
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In the picture
Adil El Arbi & Bilall Fallah
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Podcast
- Le podcast, ce nouveau format qui n’a pas fini de faire parler de lui. . .................................................................................. 46 Stages média - Interview de Hugo Matagne............................ 52 La Belgitude en cinématographie - Les membres de SBC à propos de leur style de travail......................................................... 54 Point of view - Pourquoi la #BelgianGamesIndustry devrait adopter le travail à domicile ?. . ........................................................ 64
pour les formations qui constituent une des priorités
Inside the company
too shall pass. . .............................................................. 32 sectoriel. . .................................................................... 40 Sécurité - Adopter une bonne attitude en matière de sécurité..... 42 Guide
Suite à notre analyse des Risques Psychosociaux
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En
coulisse - janvier - avril 2020............................................... 69
Organisation du secteur UPFF
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Dossier COVID-19
This too shall pass Guide sectoriel
mediarte................................................................................ 71
STEM est l'abréviation des termes anglais Science, Technology, Engineering et Mathematics. La société d’aujourd’hui a un besoin accru de personnes avec un profil STEM. Les articles dans ce magazine qui par ex. contiennent un savoir-faire technique sont pourvus d’un logo STEM conformément à notre engagement de stimuler l'alphabétisation STEM dans le secteur audiovisuel.
CREDITS Image de couverture Benuts Mise en page Uncompressed / Jonas De Maesschalck
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INSIDE THE COMPANY
Comment abordez-vous le concept de distanciation sociale et le travail à domicile ? Michel: "Dès le début du confinement, près de 40 personnes ont été placées en télétravail, dont trente graphistes. Nous avons mis en place des systèmes de ‘remote’ qui leur ont permis de prendre le contrôle de leur machine à distance. En effet, étant donné que nous sommes dans le domaine des effets spéciaux, nous utilisons des machines assez puissantes que tout le monde n’a pas chez soi. Les graphistes ont tous reçu un boîtier remote qu’on a installé chez eux. On a mis tout cela en place très rapidement, nous étions opérationnels dès le 19 mars. "Le problème, c’est que d’une part, le nombre de boîtiers remote était limité et d’autre part, ce système demande une connexion internet assez puissante pour pouvoir supporter un très grand nombre de personnes connectées en même temps. On a augmenté notre puissance de connexion, mais elle reste limitée. Ce qui fait que même si trente de nos graphistes sont en télétravail, on a dû en mettre 20 en chômage pour force majeure." MICHEL DENIS & ALEXANDRA MEESE © BENUTS
Benuts Interview
Michel Denis CEO Benuts
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e covid-19 est venu tout bousculer dans les entreprises. Durant la période du lockdown, mediarte a pu discuter avec Michel Denis, CEO chez Benuts, une société belge spécialisée dans la création d'effets spéciaux, d'animation 3D et de motion design, basée à La Hulpe. Nous avons parlé de l'impact que le virus a eu sur leur manière de travailler, leur personnel, leurs clients ainsi que sur le secteur de la post-production de manière générale.
Comment se déroule la communication entre les différentes équipes de travail ? Michel: "Au niveau de la communication, nous avons mis en place des réunions de production quotidiennes, et hebdomadaires entre les superviseurs et la production. "On est dans un secteur artistique où on est très proches des graphistes, on va souvent s’asseoir à côté d’eux pour
Le confinement a évidemment chamboulé tous les plannings de postproduction. — Michel Denis - Benuts regarder les images ensemble. Évidemment, le télétravail ne rend plus cela possible et on a dû trouver des astuces. Les superviseurs sont en contact quotidiennement avec les graphistes par téléphone, Skype ou via des vidéos durant lesquelles ils enregistrent leurs commentaires. On s’est aussi mis rapidement à utiliser un système de communication rapide, Slack, qui a pris le relais pour la communication
directe entre les superviseurs et la production et entre les superviseurs et les graphistes." Et entre vous et vos clients ? Michel: "On a d'abord pris contact avec eux pour les informer que nos activités continuaient en télétravail et pour savoir ce qui changeait de leur côté. Le confinement a évidemment chamboulé tous les plannings de postproduction, et nous aussi, nous avons réorganisé nos plannings de livraison en conséquence mais nous avons continué à assurer la fabrication des VFX. "On a poussé l’utilisation de l’outil Shotgun (outil de suivi de postproduction VFX) qui permet aux clients, via des playlists, de regarder l’évolution des plans au jour le jour. Shotgun était déjà en place depuis longtemps, mais il est encore plus utilisé aujourd’hui." Que pensent vos freelances et la majorité du personnel de la situation dans son ensemble ? Michel: "Tout le monde s’est de toute façon retrouvé devant le fait accompli quand le confinement a été annoncé. Je pense qu’ils ont été satisfaits et reconnaissants que Benuts ait mis en place très rapidement un système leur permettant de continuer à travailler en remote. En Wallonie, au niveau VFX, on est l’un des rares studios à avoir conservé une activité quasi normale, avec une équipe aussi importante..." La plupart des employés de notre secteur sont adaptés à la très grande flexibilité de ce secteur. Avec la crise et le télétravail, est-ce qu’ils ont réussi à maintenir une balance vie privée / vie professionnelle ? Michel: "Pour certains, gérer le télétravail avec les enfants à la maison a été difficile, surtout avec une épouse ou un mari qui est également en télétravail. On a permis à certaines personnes de passer à mi-temps, même si pour nous ce n’était pas facile à gérer au niveau de l'organisation et du planning. Je pense qu’ils se sont adaptés chacun à leur manière, mais ça n’a pas toujours été simple. D’autres au contraire ont mis en place une routine de travail efficace et retirent des points positifs du télétravail." Comment procédez-vous afin d’assurer le bien-être et la sécurité de toute l'équipe lors de la reprise ? Michel: "On s’est rendu compte au début du confinement qu’il y avait certaines personnes qui prenaient la situation
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INSIDE THE COMPANY
assez sereinement et d’autres qui étaient contentes d’être mises en confinement parce qu’elles n’étaient pas à l’aise de se rendre au bureau.Pour le déconfinement, nous avons remarqué la même tendance: certains sont contents de revenir au bureau et d’autres préféreraient rester en télétravail. Avec le déconfinement, une partie du personnel est revenue au bureau mais la majorité des graphistes reste en télétravail, notamment ceux qui doivent prendre les transports en commun. "Avec Alexandra Meese, ma collaboratrice qui gère également les RH et, qui a été fort présente durant cette période, nous avons rédigé une liste assez longue de
dans un premier temps, que les coordinateurs et les chefs de poste puissent tous revenir. En effet, la communication, surtout pour le domaine artistique, est quand même plus facile quand on est ensemble au bureau." Y a-t-il des aspects qui se sont révélés grâce à la crise ? Michel: "Principalement au niveau de la communication. Les réunions quotidiennes organisées dues au fait qu’on était tous éparpillés, c’est quelque chose d’utile qui va rester. On a aussi remarqué que le télétravail et la distance révèlent et exacerbent les comportements de chacun: quelqu’un de timide va être encore plus timide, quelqu’un de vite énervé va encore plus vite s’énerver. Cela s’est fort ressenti, je pense
Comment vont se dérouler les prochains mois chez Benuts et, de manière plus générale, dans l’industrie de la post-production ? Michel: "Chez Benuts, on a la chance d’avoir un carnet de commandes bien rempli, ce qui nous a assuré du travail jusqu’à maintenant. Ces jobs ont été tournés avant le confinement, ils vont nous assurer du boulot jusqu’en novembre, peut-être décembre. Mais après, si les tournages ne reprennent pas rapidement, c’est-à-dire au plus tard en septembre, on va se retrouver avec le problème de ne plus avoir de projets à partir de janvier / février. Cela serait dramatique pour tout le secteur, pour les entreprises mais aussi les artistes. "Nous avons beaucoup soutenu les artistes avec Amplo pendant cette période, pour qu’ils aient accès au chômage pour force majeure. En effet, avant le confinement, notre équipe se composait de 60 personnes et aujourd’hui on est à plus ou moins 40 personnes. Ce nombre va rester le même après le déconfinement mais si le secteur ne reprend pas à temps, nous devrons probablement les mettre off en décembre. Il est donc très important que le statut d’artiste soit réglé et que tous les artistes y aient droit, et pas seulement sur le court terme. Mais je ne suis pas pessimiste de nature, je me dis que de toute façon ça va reprendre. "D'ailleurs, nous sommes en train de réfléchir à des propositions à apporter aux réalisateurs et aux producteurs afin que la reprise soit la plus rapide possible. Par exemple: pousser l'utilisation des fonds verts, l'utilisation de plexi entre les comédiens qu'on peut effacer après, tourner en multipasse, prévisualisation des décors en 3D...
que c’est donc quelque chose sur quoi on va devoir travailler quand on sera à nouveau ensemble.
"Pareil au niveau des effets spéciaux, il faut s'interroger au plus tôt sur la possibilité d’y avoir recours et être impliqué au plus tôt sur le projet, comme un directeur photo, un directeur artistique d’un film, un chef déco, etc...
"Certaines personnes se sont aperçues qu’elles étaient plus concentrées ou plus productives en télétravail. On essaiera de garder un jour par semaine pour certaines personnes mais cela ne pourra pas non plus rester la norme car dans notre métier, nous avons besoin d’échanger."
"Nous proposons aux réalisateurs et aux producteurs de nous contacter bien en amont des projets, pour y être impliqués dès le départ et pour penser dès le départ à des solutions avec eux. Également au stade de l’écriture, on peut déjà proposer des solutions en post-production."
© BENUTS
mesures très strictes, mises en place dès le départ, telles que le port du masque obligatoire dès qu’on circule dans les bureaux ou quand un collègue vient discuter d’un plan, du gel hydroalcoolique partout, une limitation des personnes dans notre cuisine, sur la terrasse et dans la salle de projection. On organise des roulements pour les repas. On a également une réserve de masques si l’un de nous l’a oublié. La distanciation est vraiment respectée par tout le monde. Le but du déconfinement, c’est bien sûr qu’à un moment tout le monde revienne, mais ce n’est pas urgent. On veut,
Que souhaitez-vous voir évoluer dans le monde de la post-production après cette période de crise ? Michel: "Il est très important que les fonds économiques et régionaux continuent d’exister. Je sais que Wallimage a organisé une session exceptionnelle pour soutenir le secteur. Je crois dur comme fer qu’il faut mettre en place un fonds international, qui permettrait aux studios d’animation & VFX de pouvoir aller chercher des jobs outre-Atlantique. "Aujourd’hui, le tax shelter et les fonds régionaux fonctionnent super bien, mais seulement pour des productions majoritairement européennes. Un studio canadien, US, australien en effets spéciaux qui travaille, par exemple, sur des Marvel ne va pas nous proposer de sous-traiter une partie du boulot chez nous - en Belgique - car il n’existe pas d’incitant financier intéressant pour eux. Un fonds international permettrait aux studios de pouvoir collaborer en sous-traitance directe pour des studios
Nous proposons aux réalisateurs et aux producteurs de nous contacter bien en amont des projets, pour y être impliqués et pour penser dès le départ à des solutions avec eux. — Michel Denis - Benuts outre-Atlantique. Ce qui me fait penser à une autre difficulté importante : garder nos talents. Les graphistes rêvent de travailler sur des gros projets (Marvel, James Bond,...) et ces films-là se font surtout en Angleterre, aux USA ou encore en Nouvelle-Zélande. Bien souvent, les graphistes sortent de l’école, on les forme pendant un an ou deux, et au moment où ils ont gagné en expérience, ils ont envie de partir. Il y a une fuite de nos talents. Si nous avions la possibilité de travailler sur ce genre de projet en sous-traitance, nous garderions les talents que nous avons formés."
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INSIDE THE COMPANY
Accordez-vous du temps à votre équipe pour continuer à se former et à participer à des webinaires pendant cette période ? Michel: "L’équipe liée à la production a participé à plusieurs webinaires sur la situation du confinement et sur la reprise des tournages. En ce qui concerne nos graphistes, c’est difficile de les pousser à suivre tel ou tel webinaire à cause de leur planning variable, mais on les encourage à le faire. Au niveau des formations, notre stagiaire qui avait la volonté de continuer son stage malgré le confinement est revenue chez nous dès qu’elle l’a pu. Évidemment, la situation fait que c’est plus compliqué de prendre de nouveaux stagiaires, mais nous n’hésiterons pas à continuer à en prendre dans le futur."
TUTORIAL THURSDAY
Découvre chaque jeudi un nouveau tutoriel, documentaire, keynote, longread, …
Plus d'informations
www.mediarte.be/tag/tutorial Interview réalisée par
benuts.be
Julie Delvaux
COLLABORATRICE COMMUNICATION MEDIARTE
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LÉGAL
MEDIAGUIDANCE
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ediarte et ascento unissent leurs forces et proposent un accompagnement sur mesure aux professionnels des médias
© EDITORS KEYS
Indexation des salaires et écochèques dans la CP 227
En tant qu'entreprise de médias, souhaitez-vous tirer le meilleur parti de vos employés ? En tant qu'individu professionnel des médias, souhaitez-vous définir vos compétences ou mieux gérer le stress dans votre travail ? Alors, "mediaguidance" peut vous proposer l'accompagnement idéal.
À partir du 1er juin, tous les salaires barémiques seront effectivement augmentés de 2%. Cela, suite au dépassement de l’indice-pivot en avril 2020, par lequel les salaires sont indexés deux mois plus tard.
mediarte et ascento unissent leurs forces pour aider les professionnels des médias à réorienter leur carrière, ou à renforcer leur résilience et promouvoir leur bien-être au travail. Par le biais de l'accompagnement de carrière, de la gestion du stress ou du coaching en prévention du burnout, adaptés aux professionnels des médias; nos coachs expérimentés réfléchissent avec vous et fournissent des conseils pratiques afin que vous ou vos employés soyez prêts pour la prochaine étape d'une carrière saine.
Le secteur du film (SCP 303.01) suit un autre mécanisme, une indexation dans ce sous-secteur est actuellement prévue pour le 1er août 2021.
Sur base d’un accord sectoriel, les employeurs de la CP 227 sont tenus d’accorder des écochèques à leurs travailleurs. Cela signifie pour la plupart des travailleurs à temps plein qu’ils reçoivent des écochèques pour une valeur minimale de 100 euros. Ces chèques doivent être remis au plus tard le 31 juillet. Attention, les anciens travailleurs ont également droit aux écochèques. Vous trouverez plus d’information à propos du mécanisme d’indexation, sur les salaires barémiques et la valeur des écochèques sur le site web de mediarte.
mediarte.be
En pratique Si vous êtes domicilié à Bruxelles ou en Flandres, un forfait de quatre heures d'orientation professionnelle ou de coaching ne vous coûte en tant que salarié que 40 € lorsque vous payez avec des chèques carrière. Vous pouvez commander des chèques carrière sur le site web du VDAB. 5% de réduction sur l'outplacement Tous les employeurs ressortissant à la CP 227 ou à la SCP 303.01 bénéficient d'une remise de 5% sur l'accompagnement outplacement via ascento. Plus à propos d'ascento ascento fait partie du groupe Agilitas et accompagne les travailleurs à chaque phase de leur carrière. Les experts d'ascento aident à cartographier les compétences, les talents et les aspirations des travailleurs du secteur des médias et à leur permettre de grandir. Aussi bien dans leur job actuel que dans une nouvelle fonction en cas de réorientation ou de licenciement. Accompagnement ou plus d'information ? Souhaitez-vous un accompagnement vous-même ou pour l'un de vos travailleurs ou souhaitez-vous plus d'informations ? Contact: info@mediarte.be
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Découvrez le dossier complet www.mediarte.be/mediaguidance 15
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IN THE PICTURE
Ça y est, vous avez fait vos premiers pas à Hollywood. Vous attendiez-vous à cela ? Adil: "Absolument pas ! On espérait avoir du succès mais pas de cette ampleur. Les producteurs non plus ne s’y attendaient pas."
ADIL EL ARBI & BILALL FALLAH © FILIP VAN ROE
Les débuts d’Adil El Arbi & Bilall Fallah à Hollywood Interview
Adil El Arbi Réalisateur
Bilall Fallah Réalisateur
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épassant le million de dollars de recettes quelques jours après sa sortie au cinéma, le blockbuster Bad Boys For Life est LE succès du boxoffice. Ce démarrage a dépassé toutes les attentes des réalisateurs belges Adil El Arbi et Bilall Fallah. Il est temps pour une interview avec les étoiles montantes d’Hollywood !
"Bad Boys for Life" a été un succès immédiat à Hollywood. Comment en êtes-vous arrivés là ? Quel est votre parcours ? Adil: "Tout a commencé en 2015 avec Black, lorsque le film a été sélectionné pour le festival du film de Toronto. Black a remporté le Discovery Award, et ça a attiré l'attention de plusieurs agents hollywoodiens qui ont montré notre film à leurs clients. L’un d’entre eux est Jerry Bruckheimer (le producteur des films Bad Boys, ainsi que Pearl Harbor, Pirates des Caraïbes…). Will Smith l'avait également vu, et tous les deux ont alors suggéré de travailler avec nous sur un projet. C'est à ce moment que nous avons rencontré pour la première fois Jerry Bruckheimer, à qui on a directement demandé de réaliser Bad Boys III. Mais c'était impossible à l'époque parce que Joe Carnahan avait déjà été désigné comme réalisateur. Quelques mois plus tard, Jerry Bruckheimer a proposé un nouveau projet, le flic de Beverly Hills 4. Et finalement, le projet n’a pas abouti et un an plus tard, Bad Boys III était de nouveau sur la table. C’est alors Will Smith qui a proposé à Jerry de nous confier la réalisation du film. Voilà comment ça a commencé." Est-ce-que votre ambition était de quitter la Belgique pour vous positionner sur un marché plus international? Adil: Notre objectif était de faire un grand film hollywoodien. C'est aussi pour cela qu’on a commencé à faire du cinéma, en premier lieu. Donc, ce rêve a toujours été là. Si vous voulez vraiment faire une grande comédie d'action, de science-fiction ou un film épique, ou si vous voulez travailler avec des acteurs célèbres, Hollywood est "the place to be". Bilall: "Donc, c’est pas arrivé par hasard ! (rire). On a tout fait pour arriver à cela." Quel sentiment vous avez eu quand vous avez débarqué à Hollywood en tant que réalisateurs belges ? Pas trop de stress ? Adil: "Ah si, énormément de stress, de nuits blanches et une peur constante de l'échec. Bad Boys est une grosse
franchise mondialement connue qui compte de nombreux fans, sans compter un budget de cent millions de dollars. En plus de cela, il faut avoir en tête qu’on travaille avec un grand studio, deux superstars, etc. La pression était énorme, et le stress a été là tous les jours pendant deux ans consécutifs, jusqu'au moment de la sortie. Maintenant, on se sent surtout soulagés !" Est-ce-que vous préférez tourner une production belge ou hollywoodienne ? Quelles sont les grandes différences ? Adil: "Le principal avantage des productions hollywoodiennes est qu’on peut réaliser des scènes d'action dingues. Il y a beaucoup plus de ressources là-bas et cela est nécessaire si on veut réaliser un blockbuster. Et c’était très confortable d’avoir tous les jouets auxquels on n’avait jamais eu accès auparavant. En revanche, il y a beaucoup plus d’argent et plus de responsabilités qui y sont attachées, ce qui signifie qu’on ne peut pas prendre des décisions aléatoires rapidement. Il y a toute une machinerie opérationnelle impliquée, il faut parfois convaincre au moins vingt personnes d'une décision créative. L'équipe est composée de plus de cinquante personnes. Une des différences majeures avec la Belgique. Ici les budgets sont beaucoup plus réduits, on ne peut donc pas faire de scènes d'action et d'explosions spectaculaires, mais dans le même temps on peut prendre plus de risque et décider plus rapidement." Bilall: "Hollywood, c'est un gigantesque bateau. Alors que la Belgique… eh bien, c'est un petit hors-bord." Est-ce-que vous avez une préférence ? Adil: "On pense alterner les deux, cela nous paraît sain de combiner les deux expériences. Avec notre expérience en Belgique, on a appris à tourner dans des conditions parfois difficiles, dans la rue et les quartiers. On a aussi appris à être créatif avec peu d'argent, et cela nous a considérablement aidés à trouver des solutions créatives pendant le tournage de Bad Boys, et très probablement à faire face à l’énorme pression. À Hollywood on a passé beaucoup de temps à travailler sur le scénario. On a dû argumenter de manière approfondie chaque décision créative. C’est vraiment là qu’on a appris que la préparation est essentielle, et on va mettre cela à profit lors de nos prochaines réalisations belges. Pour faire de gigantesques scènes d’action avec des cascades à la volée, il faut tout préparer en amont."
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Y a-t-il beaucoup de différence entre la façon de travailler avec les acteurs belges et les acteurs hollywoodiens ? Bilall: "Complètement. Les acteurs belges n'ont pas un si grand entourage et ils semblent prendre leurs propres décisions. Les "superstars" sont entourées d'une équipe toute entière, et cela demande une approche différente. En Belgique, on a surtout travaillé avec des acteurs amateurs, à l'exception de Matteo Simoni (Gangsta).Donc ils n’avaient jamais joué dans un film auparavant. Pour ces productions, on fonctionnait plus comme une famille et les acteurs faisaient ce qu’on leur demandait. Sur base de notre expérience à Hollywood, on peut dire que les choses sont très différentes, notamment parce que les acteurs ont beaucoup plus d'expérience. Ils savent faire leur travail et faire un film. Si on prend l’exemple de Will Smith, il n'est pas uniquement acteur mais aussi producteur. Et quand il n'était pas sur le plateau en tant qu'acteur, il agissait en tant que producteur. En Belgique, on ne travaille pas avec des acteurs sur le scénario, sauf peut-être pendant les répétitions. À Hollywood c'est différent. Pour qu’un acteur fasse quelque chose, il faut le convaincre. Quand Will Smith ou Martin Lawrence joue dans un film, les yeux du monde entier sont tournés vers eux. Donc vous avez vraiment besoin de gagner leur confiance et de montrer que vous les protégez en tant qu'acteurs, que vous les mettez en valeur et que vous voulez en tirer le meilleur parti." Comment s’est passé la collaboration avec Will Smith ? Bilall: "Très bien ! C'est un gars très sympa ! Will savait que c'était notre premier film hollywoodien et a fait de son mieux pour nous mettre à l'aise. On a eu beaucoup de discussions créatives, en poussant toujours vers la meilleure idée. On avait parfois une idée qu’on pensait bonne et Will intervenait très souvent pour dire "non, on doit creuser plus profondément". C'est un gros bosseur, il travaille 24h / 24 et 7j / 7, il était très impliqué dans le scénario." Adil: "Et on continue de s’envoyer des messages, on reste en contact." Bilall: "En fait, à chaque fois qu’on fait un film on a une approche assez personnelle dans nos rapports avec les acteurs. C’était le cas quand on faisait Gangsta. Et pour Bad Boys Will et Martin sont devenus nos grands frères.
Il y avait des moments où on se sentait désespérés, et Will était là pour nous motiver. On a réussi à créer une chouette relation." Quel a été le point culminant de votre aventure hollywoodienne ? Adil: "Juste le fait de faire un film avec ces deux acteurs déjà ! Et voir l’alchimie de ces deux acteurs jouer ensemble. À ce stade, on ne réalise plus et on regarde les moniteurs, comme un vrai public, et on découvre comment les personnages prennent progressivement vie, on rit avec ce qui se passe à l'écran / sur le plateau. On est en quelque sorte leurs premiers spectateurs. Ça a été les plus beaux moments pour moi." Bilall: "Un autre moment inoubliable a été la première de Los Angeles ! Hollywood Boulevard était complètement fermé et la projection a eu lieu au Grauman's Chinese Theatre, qui est l'un des cinémas les plus prestigieux d'Hollywood. Il y avait beaucoup de stars mondialement connues comme Snoop Dogg, Queen Latifah… et la salle était remplie d'une telle énergie avant la diffusion du film. C'était juste… surréaliste." Exactement, on veut faire des films ici et là-bas et travailler aussi bien avec des acteurs belges que des acteurs hollywoodiens Bilall: "Effectivement… pas évident de faire passer ça à Miami, avec des palmiers, de l'eau et une atmosphère caribéenne. Le tout pendant que vous êtes assis avec deux gros manteaux, un bonnet et des gants. Ça a été dur…" Envisagez-vous maintenant de travailler uniquement sur le marché international, ou allezvous revenir sur la scène belge ? Adil: "On veut travailler sur le marché international avec des films belges, comme on l’a fait avec Black and Gangsta. On revient toujours en Belgique ou en Europe pour faire des films, puis on alterne avec les Etats-Unis, et on va essayer de faire des films qui peuvent être vus dans le monde entier. Ce sera des plus petites productions et plus artistiques, pas des blockbusters." Bilall: "Exactement, on veut faire des films ici et là-bas et travailler aussi bien avec des acteurs belges que des acteurs hollywoodiens."
interview par
PlayRight © FILIP VAN ROE
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Chercheurs d'emploi ?
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vec mediartist, nous épaulons les demandeurs d’emploi bruxellois dans leur recherche d’emploi(s) dans le secteur audiovisuel, film et digital.
L'OBJECTIF Alternant moments collectifs et séances individuelles, les participants au programme sont invités à (ré)imaginer leur trajectoire professionnelle dans l’audiovisuel, et à mettre en place un plan d’action pour trouver un emploi qui leur ressemble. Il n’est pas aisé de construire une carrière durable en tant que professionnel du secteur audiovisuel, film et digital, surtout si on ne possède pas encore un carnet d’adresses très étoffé et un CV foisonnant. Les rencontres avec des pairs et des professionnels du secteur permettent d’élargir ses connexions, de s’encourager, d’avoir une vision réaliste sur son profil.
MEDIARTIST
LE PROGRAMME = 3 PILIERS
Votre accompagnement dans le secteur audiovisuel
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Se former via des workshops et des webinars, ainsi que par de la documentation online et offline. • Élargir son réseau en participant à des événements du secteur, à des speeddates, CV et portfolio screening,... • Être guidé via des séances de coaching individuel.
CONDITIONS D'INSCRIPTION
Information & inscription sur
www.mediartist.be
•
Être inscrit en tant que demandeur d'emploi chez Actiris et domicilié à Bruxelles. • Avoir la volonté de (re)travailler dans le secteur audiovisuel et/ou film et/ou digital, ou souhaitant augmenter son volume d’activités dans ces secteurs. La sélection des participants s'appuiera sur la concordance entre leur projet de carrière et les outils que nous avons à disposition pour les aider. Powered by
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ORGANISATION DU SECTEUR
Eric Van Beuren encore membre aujourd’hui. L’objectif initial n’a pas changé : il s’agissait de rassembler les producteurs d’œuvres audiovisuelles actifs en Fédération Wallonie-Bruxelles, de leur permettre d’échanger entre eux sur les problématiques rencontrées, d’assurer une transmission d’information optimale et la défense de leurs intérêts, en vue de contribuer à développer, dans les meilleurs conditions possibles, l’activité de production audiovisuelle."
COPRÉSIDENTS (JEAN-YVES ROUBIN ET JOSEPH ROUSCHOP) ET COORDINATION (KASSANDRA À GAUCHE, DELPHINE MOUGENOT À DROITE) © UPFF
UPFF - Organisation du secteur Interview
Delphine Mougenot Secrétaire générale
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’UPFF est l’association de producteurs historique en Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle est la plus importante en termes d’ancienneté et de nombre de membres : elle compte aujourd’hui 39 membres, issus de 37 sociétés qui représentent la très grande majorité des sociétés de production actives en Fédération Wallonie-Bruxelles. Delphine Mougenot, secrétaire générale, a accepté de répondre à nos questions. Quand et par qui est née l’Union des Producteurs Francophones de Films, et quel était initialement l'objectif de sa création ? Delphine: "L’UPFF a été lancée en 1986 par des producteurs qui, à l’époque, étaient des pionniers de la production en Belgique. La productrice Marion Hänsel, qui vient hélas de nous quitter, en faisait toujours partie, comme
Quels soutiens apportez-vous aujourd'hui à l'industrie du cinéma, quelles sont vos missions principales ? Delphine: "L’objectif initial n’a pas changé. L’association a par contre beaucoup grandi car la production audiovisuelle belge francophone s’est énormément développée ces 20 dernières années, suite à de grands succès en festivals (Toto le héros, Rosetta...) et la création de nouvelles aides à la production, comme les fonds régionaux et le tax shelter. Nous assurons cependant toujours les mêmes missions de rassemblement des producteurs, d’échange d’expériences et d’informations, et nous agissons pour maintenir et améliorer le cadre et la capacité de production audiovisuelle en Belgique (francophone mais aussi au niveau fédéral pour les dossiers tels que le tax shelter par exemple). "Cela passe par une participation à tous les organes de concertation qui traitent de questions relatives à la production audiovisuelle en Belgique et en Fédération Wallonie-Bruxelles mais aussi une présence au sein de l’European Producers Club, qui regroupe des producteurs de toute l’Europe, et assure une veille sur les décisions européennes concernant le secteur. Et bien sûr, nous entretenons des relations étroites avec les associations représentatives d’autres métiers de l’audiovisuel en Belgique francophone, ainsi qu’avec notre association sœur flamande, VOFTP." Ces missions ont-elles évolué depuis la création de l’UPFF? Et les priorités ont-elles changé depuis le Covid-19 ? Delphine: "Pas de changement fondamental (à part le nombre de producteurs et productrices que nous réunissons au sein de l’association) par rapport à la création de l’Union. "En revanche, le travail a considérablement augmenté avec
la crise Covid-19 car toute l’activité de production est à l’arrêt depuis le 13 mars dernier, et, contrairement à d’autres secteurs qui ont déjà pu reprendre leur activité (même si c’est de manière plus restreinte qu’auparavant, et avec des contraintes sanitaires à prendre en compte), ce n’est pas encore le cas pour les secteurs culturels, dont nous faisons partie. Et à ce jour, nous ne savons pas exactement à quelle date les tournages, par exemple, vont pouvoir reprendre. Donc nous avons énormément travaillé, à la fois pour trouver et partager de l’information sur la crise, les aides existantes (comme l’accès au chômage temporaire), et également pour
MARION HÄNSEL © UPFF
que des aides soient créées afin d’indemniser partiellement les pertes subies lors du confinement et anticiper tous les surcoûts que représenteront l’application des protocoles sanitaires dans le cadre de la production audiovisuelle. "Nous avons d’ailleurs également travaillé à la rédaction d’un protocole complet de reprise des tournages, inspiré de ce qui se mettait en place à l’étranger et c’est sur base de ce protocole que nous espérons que nos membres seront autorisés à reprendre prochainement une activité. Nous travaillons également à la mise en place d’un fonds de garantie public, destiné à intervenir en cas d’arrêt ou de reports de tournages en raison de la détection de cas de Covid-19 sur le plateau, car les assurances classiques ne
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ORGANISATION DU SECTEUR
peuvent prendre ce risque en charge. "Enfin, nous avons demandé des adaptations du tax shelter afin de diminuer l’impact de la crise. En effet, il est très probable qu’en 2020, toute une série d’entreprises n’aient plus les capacités d’investir en tax shelter (ou des capacités
JEAN-YVES ROUBIN, FRANÇOIS TOUWAIDE ET JOSEPH ROUSCHOP © UPFF
réduites). Nous avons donc plaidé pour une hausse du plafond d’investissement, qui permettra aux entreprises qui n’auront pas trop souffert de la crise d’investir éventuellement plus. Le tax shelter étant la première source de financement du cinéma belge, cette modification était de première importance pour le secteur, et nous l’avons obtenue." Avec quels autres partenaires du secteur audiovisuel collaborez-vous ? Delphine: "Avec toutes les autres associations francophones représentées au sein du comité de concertation de la Fédération Wallonie-Bruxelles, soit principalement Pro Spère (qui fédère diverses associations de réalisateurs et réalisatrices, les scénaristes et également les comédien.ne.s), mais aussi Hors Champ, l’association des technicien.ne.s de l’audiovisuel, qui est plus récente ou l’UB&BV, qui représente les prestataires techniques bruxellois. Nous travaillons également très régulièrement avec VOFTP, côté flamand, sur les dossiers fédéraux et nous échangeons des informations sur les réalités de chaque côté de la frontière linguistique." Vous comptez 47 membres à l'heure actuelle. Comment se déroulent les interactions avec vos membres et la prospection des nouveaux membres ?
Delphine: "Tous les membres sont invités à toutes les réunions mensuelles (qui actuellement se déroulent en ligne mais ça, c’est nouveau bien sûr). Il n’y a pas d’obligation de participation mais toute personne intéressée par un sujet de l’ordre du jour est la bienvenue. A cela s’ajoutent de nombreux groupes de travail, qui se mobilisent en fonction de l’actualité, en comité plus restreint, avec des membres ayant une certaine expérience des sujets traités. Entre ces différentes réunions, nous informons régulièrement nos membres par email, sur les avancées, et les nouvelles importantes. "Par ailleurs, nous avons notre AG annuelle, dans le premier semestre de l’année. Il arrive qu’une autre AG soit organisée en cas de besoin, mais comme les réunions mensuelles sont ouvertes à tous, cela ne se justifie que lorsque des décisions nécessitent des votes. "Généralement les candidats membres se présentent d’eux-mêmes ou parce que l’un de nos membres les a incités à présenter une candidature. Nous ne faisons pas de prospection active car les producteurs et productrices arrivent assez naturellement vers nous dès qu’ils ou elles
Nous avons demandé des adaptations du tax shelter afin de diminuer l’impact de la crise. En effet, il est très probable qu’en 2020, toute une série d’entreprises n’aient plus les capacités d’investir en tax shelter.
comme co-président, Jean-Yves Roubin, et deux vicesprésident.e.s, Annabella Nezri et François Touwaide pour qui c’est la première participation au CA. "Ils ont des profils très diversifiés, un producteur liégeois, et deux producteurs bruxellois, actifs dans tous les genres (long métrage de fiction, documentaire, série télé, animation, court métrage) et ils se complètent très bien. Depuis leur arrivée, on a pu poursuivre le travail sur des dossiers tels que l’évolution du tax shelter, la mise en place d’aides au développement à la Fédération Wallonie-Bruxelles ou encore l’évolution du cadre des séries belges produites par le Fonds RTBF-FWB. "Ces derniers temps ont cependant été particulièrement marqués par l’arrivée du Covid. Et la présidence, tout comme les deux employées de l’UPFF, dont je fais partie, ont dû redoubler de travail pour obtenir certaines réponses et aides destinées à alléger le poids de la crise pour les sociétés de production. On est en bonne voie d’aboutir à certains résultats, et d’autres, comme les aides de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et un plan de relance du Centre du Cinéma ont déjà été annoncés. Mais toute une série de mesures doivent encore être confirmées ou amplifiées. Donc on poursuit nos efforts."
Suite à la crise, quels seront les enjeux et les "combats" majeurs que vous allez mener dans les mois qui viennent ? Delphine: "Un gros travail de réforme du tax shelter, qui est actuellement un système trop dépendant de la bonne santé économique générale, avec des baisses de levées sur lesquelles nous n’avons aucune prise. "Continuer à améliorer le contexte de production de séries en Belgique francophone, car l’initiative du fonds RTBF-FWB pour les séries belges a rencontré un succès extraordinaire, avec de très belles réussites à l’écran, mais il faut à présent consolider le cadre, notamment les moyens financiers consacrés à cette production. "Consolider, de manière générale, les moyens accessibles à la production d’initiative belge, tous genres confondus, et ce, dès l’étape du développement, qui, actuellement, ne dispose que de financements limités. Plaider pour un refinancement de Screen.brussels, qui fonctionne très bien mais dont les moyens actuels sont clairement insuffisants."
— Delphine Mougenot - UPFF ont développé une certaine expérience de production. Ils viennent alors se présenter à l’AG, suite à quoi leur candidature fait l’objet d’un vote." La présidence de l'UPFF a fait peau neuve en mai 2019 avec de nouvelles priorités, que retenez-vous de cette année écoulée ? Delphine: "Une présidence très dynamique s’est mise en place avec un président qui avait déjà 2 ans d’expérience
INTERVIEW RÉALISÉE PAR
upff.wordpress.com
Julie Delvaux
COLLABORATRICE COMMUNICATION MEDIARTE
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et coproduits avec un regard tourné vers la coproduction et la diffusion internationale. Riche de ce savoir-faire et de cette ambition, Stenola Productions accompagne aujourd’hui des réalisateurs plus expérimentés, en mettant l'accent sur la production de longsmétrages ambitieux et originaux. Un scénario avant tout !
FILM 'DANCING' © STENOLA PRODUCTIONS
Lancer sa boîte de production ? Interview
Eva Kuperman
Productrice et co-fondatrice de Stenola Productions
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va Kuperman, productrice et co-fondatrice de Stenola Productions, partage avec nous des conseils tirés de son expérience. Fondée en 2009 à Bruxelles par Anton Iffland Stettner et Eva Kuperman, Stenola Productions s’est construite une filmographie en fiction et documentaire en accompagnant de jeunes auteurs émergents à travers les processus de développement, de production et de diffusion. Les films achevés à ce jour ont tous été financés
Le scénario, c’est la pierre sur laquelle repose toute la démarche de production. A sa sortie de l’INSAS en réalisation, Anton Iffland Stettner, co-fondateur, avec Eva Kuperman, de Stenola Productions, a le coup de cœur pour le projet de film documentaire d’une collègue de l’INSAS, "Au delà de l'Ararat" de Tülin Özdemir. Il s’associe à Eva Kuperman pour le produire, et dans la foulée ils produisent aussi le projet de court-métrage d’une autre amie de l’INSAS, "Dancing" de Marguerite Didierjean.
Un démarrage pas toujours fulgurant Au début d’une activité de production, l’apprenti producteur n’a généralement pas un portefeuille chargé en projets. La reconnaissance, la confiance, ça prend du temps… Eva et Anton n’avaient aucune expérience en production : elle était technicienne de plateau, il sortait de l’INSAS en réalisation. Leur premier documentaire est repassé trois fois en commission de sélection pour une aide à la production avant d’être financé - c’est toute une année sans rentrées d’argent, c’est un auteur qui réécrit sans être payé, les fonds propres étaient très maigres, voire inexistants. Ils ont tenu le coup grâce à quelques projets institutionnels et de publicités web. Au bout d’un an de démarchage, ils ont obtenu le feu vert pour leurs projets de documentaire et de court-métrage. Leur trésorerie était lancée !
Une bonne rotation en termes de trésorerie Eva et Anton n’ont pas réussi à avoir de salariés avant plusieurs années… eux-mêmes travaillant en free-lance pour leur propre boîte. Les seuls frais fixes qu’ils pouvaient se permettre à leurs débuts, c’étaient les assurances et un loyer. Un producteur doit avoir de la trésorerie à disposition, pour financer l’écriture, voire une partie du développement, sur fonds propres et payer son équipe de production. Cela requiert un certain nombre de projets à des stades différents de production (développement, production et post-production). C’est cette dynamique entre les projets à différents stades qui assure le flux de trésorerie nécessaire.
Au début d’une activité de production, l’apprenti producteur n’a généralement pas un portefeuille chargé en projets. La reconnaissance, la confiance, ça prend du temps. —Eva Kuperman - Stenola Productions
Un film bien financé, c’est ce qui permet à la boîte de vivre. Une belle distribution, diffusion et des ventes assurent davantage de souplesse. Au niveau de la stratégie de financement et des calendriers de production, Anton et Eva ont tout appris sur le terrain. Se former à la comptabilité, à la lecture d’un bilan, à la gestion d’une société, et quelques bases de management ne sont pas négligeables !
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Business plan ou pas business plan ? Une boîte de production, c’est une vraie société ! Avec une comptabilité, un flux de trésorerie à anticiper puis des calendriers à gérer, des frais généraux, des salaires à payer… Tout cela s’anticipe avec un business plan, incluant des objectifs de production annuelle : combien de films produire par an pour absorber les coûts fixes, combien de financements lever pour couvrir les frais de production et offrir les meilleures conditions pour “fabriquer” le film. Chez Stenola, le business plan, ils l’ont fait plus tard. Il est possible de commencer une activité de production sans
et financière à un projet. Les télévisions viennent à la suite. Les fonds régionaux (screen.brussels, Wallimage) sont généralement des sources incontournables. Enfin, n’oublions pas le Tax Shelter qui se calcule sur les volumes de dépenses belges. La FW-B se laisse avant tout convaincre par la démarche d’un auteur. Le sujet, la pertinence, les intentions, le traitement sont les piliers de défense d’un projet artistique. Ensuite, il y a l’aspect productionnel. Les décideurs sont souvent très attentifs à la faisabilité d’un projet. Leur but n’est pas de financer un projet "bling bling", mais un film qui a des chances d’aboutir. Il ne faut pas forcément voir petit, mais se montrer réaliste. Mieux vaut un plan de
Court-métrage ou long-métrage ?
Creuser sa place dans le secteur
Les devis, les guichets qui libèrent l’argent à tranches fixes, les calendriers des différents films qui se chevauchent : tout cela est délicat à gérer. Plus simple quand on s’est fait la main en tant qu’assistant.e de production auparavant. Sans cette expérience, commencer avec la production d’un film à petit budget (court-métrage ou documentaire) est plus prudent. Quand on passe au long-métrage, on passe à des financements plus importants. Si la trésorerie ne suit pas, ça coince.
Le métier de producteur ne s’apprend pas sur les bancs de l’école, mais en se confrontant au marché, aux commissions, aux guichets, sur le terrain. La démarche d’un producteur, c’est aussi de bouger. Aller à des festivals, à des sessions de pitch, s’inscrire en tant que producteur à des workshops, même sans film à défendre. Les festivals de documentaires ont beaucoup de places pour ce genre de workshops et ateliers. On s’y forme, et surtout on y noue des amitiés professionnelles, on y rencontre des gens qu’on pourra solliciter par la suite. Le milieu des producteurs est un microcosme, on rencontre souvent les "mêmes têtes".
Au départ, Eva faisait les budgets elle-même. Aujourd’hui, elle ne travaille plus jamais sans directeur de production et de post-production. Leur expérience et leur travail de coordination ne s’épargnent pas.
Majoritaire ou minoritaire ?
AU DELA L'ARARAT DE TÜLIN ÖZDEMIR © STENOLA PRODUCTIONS
business plan, mais a posteriori, c’est moins efficace. Avec un business plan, cela donne une idée claire des objectifs à atteindre.
Convaincre les décideurs financiers En Belgique, la Fédération Wallonie-Bruxelles (FW-B) est souvent le premier socle de financement pour les films majoritaires. (Un film majoritaire belge est un film financé à plus de 50% par la Belgique, dont le réalisateur est belge.) De plus, leur soutien apporte une crédibilité artistique
financement plus modeste, avec un plan A qui prévoit le montant minimum requis pour que le projet soit viable, et un plan B incluant des montants supplémentaires qui seront bienvenus. Une stratégie de financement boiteuse n’est pas définitivement rédhibitoire pour la FW-B, mais elle va être questionnée : si vous n’obtenez pas tel financement, pourrez-vous faire le film ? Eva se nourrit des refus d’une subvention. Qu’est-ce qui a fait défaut, n’a pas été compris ? Il faut chercher le motif du refus, le solliciter. Lire les avis, positifs ou négatifs, même quand l’aide a été reçue.
Il est confortable pour un producteur d’alterner entre productions majoritaires et minoritaires. Les minoritaires demandent généralement moins de temps : on n’initie pas le projet, on ne développe pas le film, en général on intervient sur le tournage et/ou la post-production. Ce genre de collaborations est un socle indispensable à une trésorerie. Cela permet des rentrées - et au niveau du portefeuille artistique, ce sont de beaux projets à défendre. Un producteur qui se lance ne va pas facilement trouver des coproductions internationales, car le producteur qui le sollicite attend d’être guidé au niveau des guichets locaux de subvention, pour éviter de perdre du temps à déposer des projets dans des guichets inadéquats. Il y a des sujets qui vont typiquement plaire à tel ou tel guichet. Seule l’expérience permet d’acquérir cette intuition.
Faut-il une ligne éditoriale ? Sans forcément défendre une ligne éditoriale particulière, c’est avant tout la démarche d’un auteur, son désir qui ont toujours séduit Eva et Anton. Il est important qu’un auteur ait les idées très claires sur son film. S’il existe une vraie force, une cohérence entre le sujet traité par l’auteur, sa démarche, son lien par rapport au sujet traité, sa vision du film en devenir, il y a le socle d’un bon projet. Ce sont ces armes-là qui leur permettent de défendre un film. Si le film produit réussit aussi bien en festival qu’en salle et à la télévision, c’est une démarche doublement gagnante. Leur rôle est de servir un projet, d’accompagner un auteur. Mettre à disposition de l’œuvre tous les moyens possibles pour qu’elle se réalise de la meilleure manière qui soit : humaine, financière, technique. Que tous les intervenants y trouvent leur compte. Rendre un projet à la hauteur de la promesse faite à leurs partenaires.
Interview réalisée par
stenola.eu
Virginie Grulois
PROJECT MANAGER MEDIARTE
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Économiser de l'argent en postproduction 5 astuces de
Stijn De Schepper
Superviseur Post-production DESCHEPPER.FILM
Publireportage
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omment éviter de dépenser de l'argent pour des choses dont vous n'avez pas besoin durant le processus de postproduction de vos films, documentaires et séries tv? Stijn De Schepper partage avec vous ses astuces les plus importantes. 1. Travaillez de façon organisée et avec des échéances tenables.
C'est fondamental et essentiel pendant toute la période de post-production. Moins la post-production est chaotique, plus l'équipe de post-production sera enthousiaste pour faire de votre projet un petit bijou.
2. La vision créative du réalisateur est sacrosainte. Faites tout ce qui est possible pour veiller à ce que le réalisateur puisse concrétiser sa vision créative. Trouvez différentes manières de rester le plus proche possible de sa vision dans les limites du budget, du planning, de votre expérience et de l'équipe.
3. Faites confiance à votre instinct. Les problèmes surviennent fréquemment car nous ne faisons pas confiance à notre propre intuition. Il est nécessaire de prêter l'attention voulue à une prémonition négative. Trop souvent, les petits avertissements et les choses notables sont ignorés, avec toutes leurs conséquences. Si vous n'êtes pas à l'aise avec quelque chose, il y a probablement une bonne raison à cela.
4. Ce n'est jamais un 'one-way ticket'. Ne commettez pas l'erreur de penser que toutes les pièces s'emboîtent toujours parfaitement les unes aux autres. Au cours de la post-production, des obstacles et des revers croiseront votre parcours. Vous devez prévoir et planifier cela. En plus d'un plan A, ayez toujours un plan B, C et éventuellement D. Réfléchissez à autant d'alternatives que possible dans les différentes phases du processus de postproduction.
5. Encouragez le talent. Assurez-vous que chaque département et chaque talent se sente respecté et valorisé. Écoutez leurs préoccupations, trouvez ensemble des alternatives aux problèmes potentiels et faites leur sentir leur valeur au quotidien. Ne sous-estimez jamais le pouvoir de la gratitude et de l'appréciation. C'est une motivation parfaite qui permet souvent à l'impossible de devenir possible. 31
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COVID-19
et les prestataires de soins en particulier, la fatigue, tant physique que mentale, commence à peser. Le gouvernement chinois l'a déjà compris, un professeur qui y travaille m’a parlé des conseils aux citoyens de pratiquer la méditation tous les jours pour faire face à une nouvelle épidémie imminente, celle de la dépression et d'autres troubles psychologiques.
© NATALIA FIGUEREDO
This too shall pass Texte
Sabine Hélène Bombeke Expert Human Capital mediarte
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oostez votre bien-être mental en période de chômage technique, de distanciation sociale et de quarantaine. L'épidémie du coronavirus COVID-19 nous affecte tous de différentes manières. Il est compréhensible que l'incertitude, fil rouge traversant ces semaines et ces mois nous rende un peu apeurés ou inquiets. Certains indiquent qu'ils sont anxieux et dépassés par les directives en constante évolution, les nombreux avertissements et l'attention médiatique abondante. Pour une grande partie d'entre nous
Prenez en main votre ménage professionnel First things first. Comme cela a toujours été le cas, il existe actuellement un large éventail de situations (de travail) dans le secteur. Si on vous a demandé de travailler à la maison, cela peut se faire à temps plein ou à temps partiel. Et bien qu'il puisse y avoir eu initialement de l’enthousiasme grâce au changement d'environnement et de routine, l’ennui s’est déjà installé déjà dans l'esprit de nombreux travailleurs à domicile et le énième briefing zoom ou autre réunion d'équipe digitale est déjà ressenti comme rigide et plat plutôt qu'innovant et amusant.
Contrer les sentiments d'impuissance Pourrons-nous jamais retrouver une vie “normale“ ? Malheureusement, je n'ai pas la réponse précise à cette question - je crains que personne ne la connaisse déjà. Mais commençons par ce que nous savons. Il est certain qu'il y aura encore de la confusion et de l’inquiétude quant à la façon dont le gouvernement abordera la réduction des restrictions. On peut également supposer que ce processus conduira à des situations aussi complexes que le lancement de mesures nationales et internationales en tant que telles, également pour les nombreux employés du secteur audiovisuel, film et digital. C’est un fait également que l'évolution vers une économie post-corona plus saine exigera une grande résilience de la part de chacun. Et pour construire cette résilience, vous pouvez déjà en tant qu'individu faire le premier pas. Cela peut vous faire sortir de votre zone de confort de travailler sur votre “capital mental” ; il est souvent intimidant de toucher à quelque chose d'aussi complexe que votre bien-être émotionnel et mental - mais vous ne résolvez pas des problèmes complexes avec encore plus de complexité, mais avec des stratégies simples et des solutions qui le sont tout autant. Surtout, cela vous redonne un contrôle positif sur les choses sur lesquelles vous avez effectivement de l’influence, de sorte que des émotions sombres comme l'impuissance et le désespoir ont moins de prise.
© TONIK
Si vous êtes au chômage technique complet, ou si vous avez vu vos missions en tant que free-lance annulées une par une et que vous voyez tout à coup disparaître une partie des revenus sur lesquels vous comptiez, vous vous débattez en plus de la peur, avec l’obligation de regarder ce compte bancaire en baisse, peut-être avec un mélange malsain d’inquiétude et de pensées déprimantes. Ce dont je veux avant tout vous assurer : sachez que ces émotions sont très normales ! Vous n'avez pas seulement été poussé dans ce tourbillon. Personne n'a choisi cette situation et vos collègues du secteur sont dans le même bateau avec vous. Si personne sur ce bateau ne garde la tête froide, tous les passagers du canot de sauvetage auront du mal à trouver un abri sûr. Vous pouvez renforcer vos capacités de leadership pour vous-même et pour les autres, vous soutenant ainsi non seulement vous-même, mais aussi vos proches et vos employés. Plus à ce propos un peu plus loin.
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Concernant vos activités professionnelles, vous pouvez clarifier la situation et mettre de l'ordre dans le chaos en réexaminant avant tout votre business plan à la loupe. Que vous soyez un ux-developer freelancer , que vous dirigiez votre propre boîte comme caméraman, ou que vous soyez responsable d'une maison de production, c'est maintenant à vous d'analyser votre situation commerciale, organisationnelle et financière. Étant donné que même un chat a du mal à trouver ses petits dans l’ensemble complexe de mesures et procédures, il est conseillé de faire appel à des professionnels. Au cours de notre webinaire, le chômage temporaire dans le secteur audiovisuel, donné plus tôt cette semaine, nous avons partagé des informations spécifiques au secteur et répondu à une série de questions intéressantes. Choisissez judicieusement vos conseillers - et ne vous fiez pas seulement aux «ouï-dire», car cela peut vous conduire à de mauvaises surprises. Vous pouvez apprendre beaucoup durant cette période de non-activité forcée. Vous pouvez également enrichir votre profil professionnel avec nos workshops (pour lesquels nous passons également entièrement au digital), les CV Labs , Setting The Stage, les sessions Paperwork , etc. Gardez un œil sur les différents programmes de formation qui suscitent votre intérêt, et inscrivez-vous dès que vous les voyez en ligne - ne perdez pas de temps, cette crise passera et avant de vous en rendre compte, vous aurez peut-être manqué de grandes opportunités de formation.
Conseil Il est important de donner une structure à votre journée de travail. Si vous êtes incapable de débrancher la prise (au sens propre et figuré) au moment que vous avez fixé au préalable, si vous ne pouvez plus faire la navette ou entrer et sortir d’un espace de bureau séparé à la maison – ce qui offre des limites plus claires à votre journée de travail - vous pouvez faire usage de la "division psychologique"(affiner correctement votre utilisation de temps mental). Cette répartition peut aider à maintenir un bon état d'esprit. Par exemple, prendre votre petit-déjeuner ou une collation loin de votre bureau / lieu de travail et marcher / faire de l'exercice immédiatement après le travail permet d'ouvrir et de fermer la journée.
Coachez-vous et/ou soyez coaché Vous pouvez également apprendre à garder la tête froide à un niveau personnel, en tant qu'être émotionnel, et ainsi vous tenir debout jusqu'à ce que le bout du tunnel corona soit en vue et pendant et après les mois de redémarrage économique. Lisez (google it) et explorez des manières de travailler sur vous-même, des méthodes avec lesquelles vous vous sentez à l'aise. Il existe un certain nombre de life & executive coachs qui offrent une combinaison de soutien professionnel et mental. Le coût lié à cela, vous le récupérez en fait très vite et durablement – et même doublement et largement. Ce que vous apprenez bénéficiera à toute votre carrière et à votre vie privée. Si vous avez hâte de commencer: vous pouvez faire un premier pas aujourd'hui en concevant votre propre projet de coaching - et il existe de très bons webinaires et autres sources disponibles (clin d'œil à notre dossier Bien-être) pour voir les arbres à travers la forêt, créer un espace dans cette forêt, où vous pouvez vous faire votre propre place. Note: trouvez un coach compétent et certifié qui a éventuellement une certaine expérience avec votre profil professionnel. Cela ne se trouve pas si facilement dans le secteur très particulier de l'audiovisuel, film et digital. Mais si vous ne trouvez pas immédiatement quelqu'un, rassurezvous, dans des séances de coaching avec des cadres de tous les secteurs, il n’est pas rare que j'entende encore et encore comment ils ont grandi en tant que professionnel mais aussi en tant que personne au cours de leur trajectoire personnelle, même si cela est très orienté vers le ‘général’.
Vous ne résolvez pas des problèmes complexes avec encore plus de complexité, mais avec des stratégies simples et des solutions qui le sont tout autant. — Sabine Hélène Bombeke
"La peur n'est pas une bonne conseillère" La peur est l'une des émotions les plus fondamentales, intuitives et universelles de l'animal humain. Les psychologues distinguent aujourd'hui entre quatre et même huit de ces émotions de base, mais la "peur " est toujours incluse (les autres sont: amour - joie - colère - tristesse surprise / étonnement - honte - dégoût). La peur est une émotion intelligente. La peur veille à ce que nous soyons toujours conscients du danger. Notre intuition
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nous a immédiatement informés lorsque la crise en Chine a fait des ravages: faites attention et prenez soin de votre santé et de vos proches. Vous pouvez difficilement appeler cela un mauvais conseil. Le réflexe de peur déclenche notre réponse Fight - Flight Freeze et peut sauver des vies dans des situations délicates. Toutefois, si la peur prend le dessus, elle peut devenir problématique*. Dans le contexte d'une pandémie (comme la grippe espagnole l'a démontré précédemment), la peur peut provoquer des décisions et des actions irrationnelles et causer des dommages, physiquement et psychologiquement. L'imprévisibilité et la complexité de sa cartographie, des choses sur lesquelles nos virologues belges travaillent vraiment très efficacement, signifient que le virus affecte
*Je tiens à souligner que la consultation d'un expert est nécessaire si vous vous rendez compte que votre peur, ou celle d'un proche, est vraiment disproportionnée et ne vous permet plus de fonctionner normalement. (peut-être aussi appeler le 1217)
Comment faire face à un sentiment de peur incontrôlable ? De nombreux webinaires et cours de méditation en pleine conscience sont disponibles en ligne. Ils peuvent vous aider à "refroidir" votre système nerveux en surchauffe. Il existe des méthodes très concrètes et pratiques, combinant ou pas des exercices de respiration, de grounding, offrant un réconfort émotionnel et une gamme
influencent notre fonctionnement biochimique et il y a plus qu'assez de rapports scientifiques disponibles qui approuvent l'efficacité des outils mentionnés ci-dessus.
Comment réfléchir en pleine conscience ? Vous êtes bien sûr libre de prendre toutes les directions pour promouvoir votre bien-être personnel. Dans mon coaching, j'aime utiliser la méthode suivante, très facile à apprendre pour mieux gérer une émotion, comme celle qui menace de devenir incontrôlable ou qui vous empêche de sortir du labyrinthe de vos pensées.
Accepter > "J'accepte que cela m'inquiète" > "attend and befriend’"> "Je te vois, peur, arrêtons-nous et prenons un café ensemble" ; c'est très difficile car la réaction automatique est que nous voulons simplement nous en débarrasser. (note: "négocier" n'aide pas). Enquêter > essayez de comprendre d'où vient la peur et où elle a pris racine et quelles ramifications il y a > qu'est-ce qui me dérange le plus dans cette émotion et mes réactions ? > question cognitive pour sentir où la peur est coincée dans votre corps. Utilisez votre sens du toucher pour cela. Placez vos mains là où l'émotion semble se situer aide à maintenir votre concentration sur l’examen et procure également du réconfort. Questions possibles: qui êtes-vous dans cette émotion et qui aimeriez-vous être ? Calme, équilibré ? Vous pouvez être cette personne. Votre intention à cet égard vous met déjà dans la bonne direction. Soigner (finition) > c'est un aspect très individuel - qu'estce qui vous semble bon en tant que modus operandi en ce moment même? S'agit-il de réconfort verbal, de toucher, de respirer, de nourrir votre vulnérabilité, etc. Vous souhaitez plus d'informations sur cette manière de réfléchir, contactez info@mediarte.be
La sécurité dans la routine, aussi dans votre routine mentale © TAYLOR SIMPSON
Il est préférable de faire cet exercice avant de commencer la journée - il est utile de prendre une feuille de papier et un stylo avec vous pour ordonner vos pensées - mais vous pouvez également jeter votre ancre et prendre du temps à tout moment pour travailler très consciemment avec une émotion comme la peur ou le désespoir.
© SARAH DORWEILER
notre société dans plus de domaines que physiquement. Pour beaucoup, le bouleversement psychologique a un effet négatif sur leur résilience mentale, avec pour résultat une intensification des sentiments d'anxiété. À ce stade, la peur devient mauvaise conseillère.
d'activités physiques qui influencent favorablement votre humeur. Le dénominateur commun de toutes ces méthodes est qu'elles aident à calmer les pensées négatives. Nos pensées
Un bref résumé du processus: Reconnaître > ce sentiment de peur est une chose naturelle > je choisis d’y réfléchir - mentionnez verbalement ce dont vous êtes conscient > si vous nommez une émotion cela calme alors une partie du cerveau qui dans le système limbique suscite des émotions intenses (notre "cerveau reptilien ou cerveau primitif") et vous pouvez créer la paix dans vos pensées.
Chaque jour, prenez la décision de contrer le sentiment de perte de pouvoir et de contrôle par des étapes réfléchies, tout en influençant les aspects qui se trouvent dans votre cercle d'influence. Faites-en une routine. Commencez votre journée par un moment de méditation - et vous pouvez vous reposer confortablement sous la couette pour cela; après tout, vous le faites à votre manière.
Conseil Essayez chaque matin pendant votre préparation pour la journée de voir cette période étrange de distanciation sociale et de mise en quarantaine comme unique et différente mais pas nécessairement mauvaise, même si c'est effectivement une situation que vous n'avez pas choisie.
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Décidez que ce sera une bonne journée, que vous regarderez positivement et de manière constructive la situation et tous les problèmes pratiques, et que vous essayerez d'emmener les membres de votre famille et collègues vers cette positivité.
stratégique, pratique et mental. En ce sens, garder votre tête hors de l'eau lorsque la mer devient agitée demande également un choix conscient pour une perspective positive et réaliste.
the remaking of you
Travaillez en toute sécurité!
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Au travail Renforcer votre résilience et vos talents personnels, enrichir votre profil professionnel nécessite également un plan,
• Restez en contact - imaginez des façons de rester en contact avec les autres - faites une liste de personnes à qui vous souhaitez faire signe chaque semaine, à la fois professionnellement et socialement. Utilisez pour cela tous les réseaux sociaux, e-mail et téléphone possibles. • Soyez généreux envers les autres - accordez votre attention et du temps à vos proches, mais n'oubliez pas votre responsabilité morale. Non seulement cela profite au destinataire, mais cela améliore également votre bien-être. Existe-t-il un moyen d'aider les autres? • Restez en contact avec vos valeurs. Ce n'est pas parce que votre situation financière ou professionnelle est précaire que vous devez agir de façon machiavélique en tout. La fin ne justifie pas toujours les moyens. Restez intègre - pensez karma. • Distractions quotidiennes - faites quelque chose que vous aimez tous les jours. Peut-être que cela signifie pour vous faire une sieste de plus, faites une courte promenade pendant votre pause déjeuner ou ces petites choses que vous aviez prévu, mais que vous n'aviez pas eu le temps de faire jusqu’à présent. Lisez ce livre, regardez cette série en entier. • Prenez le temps de prendre soin de votre corps. Ce que votre miroir vous renvoie peut aussi vous plaire, alors prenez soin de votre apparence, choisissez de laisser ces leggings ou ce training suspendu au crochet dans la salle de bain pendant quelques jours par semaine, coupez ces poils du nez (ni vos collègues, ni votre belle-sœur n’aime les voir en gros plan pendant la session WhatsApp, Facetime ou Zoom), offrez/demandez à votre partenaire ce massage des pieds promis depuis longtemps. • Exercez-vous régulièrement, mangez bien et dormez suffisamment. C’est tout aussi important que d'habitude durant ces mois . Les instructions life-saving sont les mêmes que pour les instructions de sécurité à bord de l'avion: prenez d'abord soin (d'une situation sécurisée) pour vous-même, avant d'essayer de soutenir les autres. Prendre soin de soi-même est certainement très important maintenant. En prenant soin de vous, vous prenez soin des autres. • Limitez votre exposition aux infos et aux médias si vous êtes vite paniqué. Choisissez des moments précis de la journée pour lire ou voir les updates, en vous assurant qu'elles proviennent de sources fiables. • Rappelez-vous quotidiennement : This too shall pass!
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Plus d'infos dans notre dossier 'bien-être'
Sabine Hélène Bombeke
Prévoyez de l’équipement de protection (par ex. Écran plexiglas) et du matériel individuel de protection si la distance sociale n’est pas possible
Prévoyez du matériel supplémentaire d’hygiène des mains (eau, savon, serviettes de préférence jetables, gel hydroalcoolique >70%, et si nécessaire des masques buccaux)
Télétravail: établissez de bons accords à propos du déroulement de la journée (flexible ou pas, en accord avec la situation privée) et des moments de concertation. Organisez votre lieu de travail de façon ergonomique
Prévoyez un nettoyage quotidien du lieu de travail et mettez à disposition un produit désinfectant
Respectez les mesures d’application au sein de l’entreprise et sur site
Si vous êtes malade, restez à la maison
Utilisez la LMRAchecklist (Last Minute Risk Analysis) pour les prestations sur site
Respectez une capacité maximale par lieu de travail, réduisez au minimum la durée de séjour et prévoyez suffisamment de ventilation. Lieu de travail extérieur possible ? Encore mieux !
Adaptez l’organisation du travail : télétravail si possible, petites équipes, travail en shifts et en pauses alternées, mettez en place des horaires glissants d’arrivée et de départ
10 conseils
Quelques conseils plus pratiques :
Appliquez au maximum les règles de distanciation sociale (min. 1,5 m de distance)
EXPERT HUMAN CAPITAL MEDIARTE
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COVID-19
Parce que chaque production audiovisuelle est différente, il est demandé aux parties impliquées (responsables de la production et investisseurs) de déterminer comment ce guide doit être au mieux transposé concrètement dans le cadre des directives Covid-19 pour la production concernée (enregistrement en studio, sur site(s),…) et en tenant compte de toutes les mesures préventives et de toutes les précautions à prendre pour déterminer si, à un moment donné, une production audiovisuelle peut se poursuivre. Au moment d'écrire ces lignes, il est encore travaillé à un guide spécifique au secteur de la production de film (SCP 303.01) et à des mesures concrètes et des formations afin de pouvoir les transposer effectivement dans la pratique. Il se peut également qu'entre temps des modifications aient été apportées, ne manquez pas de visiter certainement le site web de mediarte pour être informé des updates les plus récents.
Guide sectoriel spécifique au secteur audiovisuel approuvé Texte
Jan Vermoesen
General Manager mediarte
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uide sectoriel afin de lutter contre la propagation du COVID-19 sur le lieu de travail dans les productions audiovisuelles au sein de la CP 227
Un guide sectoriel afin de lutter contre la propogation du COVID-19 sur le lieu de travail dans les productions audiovisuelles a été approuvé par le Conseil de national de sécurité. Ce guide forme une image spécifique au secteur de la production audiovisuelle et est issu des principes de base du guide générique publié par le SPF Emploi, Travail et Concertation Sociale. Le guide spécifique au secteur, tel qu'il a été publié le 26 mai dernier sur le site web de mediarte, se compose de mesures générales et spécifiques et est destiné aussi bien aux productions de fiction ou de non-fiction et tant sur le développement, la production et la post-production des productions audiovisuelles au sens large.
Téléchargez le guide complet sur mediarte.be
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Jan Vermoesen
GENERAL MANAGER MEDIARTE
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SÉCURITÉ
et de montage d’images sont presque quotidiennement à l’ordre du jour. En 2009, Stijn a eu un grave accident de travail et il partage son récit car il existe encore toujours un besoin d’amélioration de l’attitude à adopter sur le plan de pouvoir et vouloir travailler en sécurité. Travailler en sécurité demeure un concept abstrait pour beaucoup de travailleurs dans le secteur audiovisuel.
été extrême, étant donné que je suis tombé de la fourche d’un chariot élévateur qui se trouvait à une hauteur de trois mètres. Je subis aujourd’hui encore les suites de cet accident, surtout au niveau de mon genou, qui me joue parfois encore des tours." La situation dans laquelle vous vous trouviez à l'époque comportait-elle un risque accru? Auriezvous pu empêcher cela ? Stijn: "Dans un contexte ENG/EFP, nous visons, encore toujours, la prise de vue idéale. Les efforts pour obtenir cette image parfaite peuvent parfois aller assez loin et
STIJN LUYTEN ©
Adopter une bonne attitude en matière de sécurité, un concept abstrait ? Interview
Stijn Luyten
Cameditor - ENG et EFP
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tijn Luyten est actif depuis 25 ans déjà en tant que Cameditor, sous la bannière de l’entreprise prestataire de services Videohouse. C’est un allrounder, un multitasker qui effectue aussi bien des missions en tant qu’ENG ou EFP, pour lesquelles la combinaison de travail à la caméra
STIJN LUYTEN ©
Que s’est-il précisément passé ce jour-là ? Stijn: "J’ai fait une chute grave pendant le tournage d’un film d’entreprise. On peut qualifier les conséquences d’assez dramatiques : une fracture complexe du genou, une grave fracture du poignet, un coude cassé et la caméra qui s’est littéralement brisée entre mes mains. Cela s’est traduit en huit mois d’incapacité de travail et une revalidation intense. En principe, il est question d’accident de travail grave dès le moment où vous faites une chute, indépendamment de sa hauteur. Dans mon cas, cela a
créer des situations dans lesquelles vous devez prendre une décision importante immédiatement. Et au moment de l’accident, nous avons mal estimé la situation ; avec mon expérience, je n'aurais pas dû aller me percher sur un chariot élévateur, un point c'est tout. J'ai supposé que je pouvais tourner cette prise de manière sécurisée. Une caisse avait été placée sur le chariot élévateur, je m’y suis assis avec mon trépied. Ce dont nous n’avons toutefois pas tenu compte, c’est que la caisse elle-même n’était pas fixée à la fourche du chariot élévateur, avec toutes les
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SÉCURITÉ
conséquences qui en ont résulté. "Nous aurions évidemment pu l’éviter. Ce que j’ai également surtout appris de cette situation, c’est qu’il faut prendre soi-même la responsabilité de contrôler de telles choses. Je n’en ai heureusement conservé aucun traumatisme, ma plus grande crainte m’est encore toujours inconnue (rire). Mais les conditions dans lesquelles je me trouve depuis lors au travail, je les évalue d’abord minutieusement. Parfois, je vais même contrôler moi-même. Suivre votre intuition est en cela le meilleur critère. Pour les missions multicam, j’ai gardé l’habitude de faire les prises de vues en hauteur. Pour les chaînes régionales, nous travaillons pendant certaines missions depuis une plate-forme élévatrice à nacelle, ce qui constitue le parfait exemple d’un environnement de travail sécurisé, étant donné que tout est conforme à la législation. Pour beaucoup, cela semble effrayant mais
La législation est devenue plus stricte, les responsabilités et les assurances sont des facteurs importants. De manière générale, une surveillance plus rigoureuse est appliquée. — Stijn Luyten - Videohouse
Stijn: "Là également, il existe une grande différence entre des missions news ‘ad hoc’, des missions ENG, où il reste souvent peu de temps pour discuter et des productions plus contrôlées en studio. Le risque en matière de sécurité ne réside pas non plus toujours dans la situation en tant que telle. Prenez l’exemple du chariot élévateur. Vous choisissez vous-même de vouloir faire cette prise de vue en particulier. Mais vous vous retrouvez quelquefois dans des situations où vous n’avez tout simplement pas ce type de contrôle. Une manifestation, par exemple. Si vous vous trouvez du mauvais côté, le facteur de risque peut brusquement augmenter de façon exponentielle. Dans de tels moments, l’expérience et le bon sens jouent un rôle crucial. La frontière est parfois très difficile à évaluer. Qu’est-ce qui détermine le moment où vous dites stop et ce qu’attend le reporter ou le journaliste de son cameraman ? Les manifestations récentes, souvent terribles, des gilets jaunes sont un bon exemple. Certains collègues déclarent très clairement qu'ils ne veulent pas se lancer seuls dans une telle mission. Cette décision finale est toujours prise individuellement. "Les équipes ENG réduites à une personne priment aujourd’hui de plus en plus dans la production de news. Vous êtes dans ce cas plus sensible aux facteurs de risques, étant donné que vous devez opérer en solo, fréquemment dans des conditions difficiles. Vous n’avez pas de backup, pas de paire d’yeux dans le dos. Les jeunes professionnels, qui débutent souvent en tant que cam-jo, n'oseront peut-être pas toujours affirmer qu'une telle situation leur semble trop risquée. Ils viennent juste de commencer un travail et veulent souvent démontrer leur motivation à tout prix. "
vous travaillez effectivement dans un ‘cadre sous contrôle’. "Depuis 2008, cela s’est franchement amélioré dans les entreprises au niveau de la réglementation en matière de sécurité. Dans un environnement corporate, vous ne pouvez pas vous mettre au travail en tant qu’équipe du film, sans la présence d’un conseiller en sécurité. La législation est devenue plus stricte, les responsabilités et les assurances sont des facteurs importants. De manière générale, une surveillance plus rigoureuse est appliquée." Avez-vous remarqué qu'il y a davantage de concertation avec l'équipe de production aujourd'hui pour mieux évaluer les situations ?
Avez-vous remarqué une prise de conscience positive autour de la notion de “travailler en toute sécurité” dans le secteur audiovisuel ? Stijn: "Généralement, on réfléchit plus à propos de cette problématique, c’est un fait. L’environnement multicam/ broadcast est en tout cas une donnée tout à fait à part, où une grande évolution est visible. Les riggers travaillant très en hauteur reçoivent la formation safety adaptée, on travaille toujours avec des chaussures de sécurité, des protections sur mesure pour les oreilles (audition) sont de plus en plus utilisées par les collègues. En ce sens, vous sentez un mouvement clair qui va dans la bonne direction. Le conseiller en prévention chez Videohouse
renvoie les chefs d’équipe des différents départements à certaines règles de prévention effectivement adaptées. En comparaison avec le secteur des news, le volet prévention dans un environnement multicam est très bien organisé et constitue une histoire positive. Nous avons déjà envisagé de travailler avec des chaussures de sécurité au sein du département ENG, mais cette question est simplement difficile car dans neuf cas sur dix, on a pas besoin de ces chaussures (rires)." Les techniciens du secteur audiovisuel font face à une forte pression de travail ; multitâches et très courtes échéances sont leur lot quotidien. Pensezvous que cela a un impact sur la manière dont les facteurs de risque sont évalués ? L'esprit reste-t-il suffisamment vif pour les envisager clairement ? Stijn: "J’ai suffisamment d’expérience pour savoir à quoi je dois accorder la priorité, certainement s’il s’agit de la création d’une image et de la fournir à temps à la rédaction. Par le passé, par exemple, on s’attendait souvent à ce qu’un feu rouge soit ignoré, afin d’arriver à l’emplacement le plus rapidement possible. Ce n'est certainement plus le cas aujourd'hui, on s’est occupé du comportement ‘cow-boy’. "La forte variation d'âge au sein de notre entreprise (de 20 à 60 ans) a favorisé la bonne relation qui a grandi entre les plus âgés et les jeunes. Cette donnée, qui s’ajoute à la connaissance disponible concernant la gestion appropriée des situations précaires, porte ses fruits, car une grande partie des collègues ont participé à l’état d’esprit d’une autre époque et ils informent et guident la plus jeune génération. Un grand nombre de mes collègues ont maintenant des enfants et les responsabilités qui y sont liées. Quand je repense à mes débuts professionnels, nous y allions parfois de manière ‘sans réfléchir’, principalement
car c'était alors considéré comme la norme." Comment transmettez-vous vos connaissances aux nouvelles recrues sans avoir l'air pontifiant ? Stijn: "Je dirige constamment les gens et j'essaie d'aider les débutants à évaluer avec précision la situation, sans que le travail lui-même ne soit mis en danger. L'aspect ergonomique, par exemple, reste un point épineux qui nécessite une sensibilisation au cours du trajet de formation. Le matériel qu'une équipe composée d'un seul homme doit soulever et transporter reste toujours volumineux. Concernant les soins ergonomiques, étrangement, les choses ne se sont pas améliorées ces dernières années, principalement parce qu’on effectue plus souvent des missions individuellement." Comment parvenez-vous à développer votre carrière de manière durable ? Stijn: "On aimerait faire le travail et en apprécier la variété. Surtout, la variation constante de mon travail me stimule énormément. Cela me maintient rigoureux et motivé. Aujourd'hui, je veille surtout à l'équilibre entre mon travail et ma vie personnelle, en essayant de ne pas rater les moments importants de ma vie privée. Un jour par semaine, je ne suis pas disponible pour travailler. D'un autre côté, ils peuvent toujours me contacter pour certaines missions et, en fonction du client et du contenu du travail, je veux bien déplacer ce jour de congé. Mais je souligne la “surveillance de la balance travail-vie personnelle", cette pause de repos hebdomadaire est devenue cruciale pour moi. Vous obtenez une carrière durable en respectant un certain équilibre, ce qui est également important entre employeur et travailleur."
Travailler en toute sécurité en période de Covid 19. Retrouvez toutes les mesures concernant le secteur audiovisuel dans le fil d’actualité de notre site.
Interview réalisée par
Louis Van De Leest
PROJECT MANAGER MEDIARTE
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PODCAST
indépendants d’assurer leur viabilité économique. La RTBF a été l’un des premiers acteurs à investir dans le format et continue aujourd'hui à financer, seule, des productions. Lucie Rezsöhazy, coordinatrice webdocumentaires & podcasts natifs à la RTBF, nous a parlé du phénomène des podcasts en Belgique.
© JONATHAN VELASQUEZ
Le podcast, un format qui n’a pas fini de faire parler de lui. Interview
Lucie Rezsöhazy
Coordinatrice webdocumentaires & podcasts natifs à la RTBF
Nora Hissem
Directrice de la communication et du marketing chez "Nouvelles Écoutes"
Le format du podcast natif commence à se développer en Belgique, comment voyez-vous son évolution dans notre pays ? Lucie: "Les initiatives indépendantes sont présentes déjà depuis plusieurs années, qui sont menées par des
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lors que les créateurs de podcasts natifs se multiplient depuis quelques années en Belgique, le format est pressenti comme la grande tendance de 2020. Le podcast permet d’aborder des sujets plus variés avec une liberté dans le ton et dans le format qu’on ne retrouve pas dans les autres médias. Si les marques et les annonceurs commencent à s’intéresser aux podcasts, les revenus publicitaires ne permettent pas encore aux créateurs.trices de podcasts belges
LUCIE REZSÖHAZY © RTBF
passionnés du format, sans financement. Le format existe depuis que la technologie le permet (à savoir le flux RSS en 2002). Ce qui a changé en francophonie depuis 2-3 ans, c'est que des studios de production dédiés au podcast ont été créés, avec l'objectif de faire entendre des voix différentes des médias traditionnels, et de créer et structurer un marché : Nouvelles Écoutes (cfr. interview ci-dessous), Louie Media, Binge Audio, pour ne citer que les plus connus. Parallèlement à cette structuration du marché, le format va se populariser grâce à la technologie
et au mode de consommation du public (voir plus bas). La Belgique suivra vraisemblablement la même tendance, tant au niveau du public que des créateurs. De plus en plus de studios de production se créent, que ce soit à Bruxelles, Liège, Tournai ou Charleroi (alors qu'en France, la production est largement centralisée sur Paris), et travaillent actuellement au développement et à la viabilité de leurs productions." Quel est l’écosystème actuel autour de la production des contenus ? Lucie: "En Belgique, pour l'instant, le marché est malheureusement inexistant. La RTBF a été l'un des premiers acteurs à investir dans le format en 2017 en produisant sa série "C'est Tout Meuf", qui a connu un beau succès (600k écoutes toutes plateformes confondues). Elle a ensuite lancé un appel à projets en collaboration avec la Fédération Wallonie-Bruxelles, à la suite duquel ont été produits "Salade Tout" et "Doulange", et elle continue aujourd'hui à financer, seule, des productions. Il n'existe pas de fonds publics qui soutiennent le format. Au sein de la Fédération, le Fonds d'Aide à la Création Radiophonique (FACR) soutient la création sonore depuis des années, en se basant sur la diffusion linéaire ; il faut voir si ce fonds sera amené à évoluer ou non. "En France (et aux États-Unis), l'écosystème ne compte d'ailleurs pas sur les fonds publics ; les studios de podcasts trouvent leur équilibre financier entre leurs productions propres, les productions "blanches" (pour les marques ou autres), les publicités, ou encore des partenariats avec des médias et plateformes existantes (productions pour les pure players ou la presse, ou pour des plateformes de streaming). A côté de cela, les plateformes de streaming se lancent également dans la production propre. Il faut voir si ce modèle est adaptable à la Belgique et à son territoire bien plus petit." Peut-on s'attendre à ce qu'ils deviennent aussi populaires que dans les pays anglo-saxons ? Lucie: "Plus que probablement. Chaque année, la popularité du podcast augmente de manière exponentielle. Les études indiquent clairement que ce succès est particulièrement notable auprès des moins de 25 ans. Mais les générations plus âgées sont également conquises ; ceci étant lié, notamment au taux de pénétration croissant des smartphones, des voitures et des enceintes connectées.
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PODCAST
"Des études en 2018 ont montré que 40% du public français savait ce qu'était un podcast. L'année dernière, Google a lancé son application (Google Podcasts), qui est désormais incluse nativement sur Android. La même année, Spotify a investi plus de 250 millions d'euros dans le podcast (cfr. acquisition des plateformes de podcast, Gimlet Media et Anchor), devenant la plateforme numéro 1 d'écoute de podcasts dans de nouveaux pays chaque mois. Tout cela participe à la démocratisation du format, même si son plus grand défi reste sa "trouvabilité" et sa distribution."
Le podcast est une manière agréable de s'informer sur des sujets spécifiques de manière posée, et surtout, nuancée. — Lucie Rezsöhazy - RTBF
Qu'est-ce que peut apporter le format podcast qu'on ne retrouve pas dans les autres médias ? Lucie: "Le podcast est un format qui vient du web. Qui dit web dit liberté de ton et de format. Les premiers podcasteurs étaient des blogueurs, des geeks du net. Le ton était informel, décontracté, la production amateur ; exactement comme les YouTubeurs à leurs débuts. "Avec les années, certains se sont professionnalisés, la production s'est améliorée et aujourd'hui, l'éventail est large. Mais les podcasts natifs gardent leur essence : on n'est pas à la radio. Les productrices et producteurs de podcasts sont leurs propres maîtres, abordent les thématiques qu'elles ou ils souhaitent, sous des angles généralement spécifiques, qu'on ne retrouve pas dans les médias traditionnels. Une telle liberté et un tel accès permettent plus de diversité, ce que les jeunes générations recherchent. En outre, au niveau du ton, l'hôtesse ou l'hôte du podcast incarne son propos, parle en "je", prend véritablement l'auditeur et l'auditrice par la main. Ceci a d'autant plus d'impact lorsqu'on sait que plus de la moitié des podcasts sont écoutés sur mobile (et donc vraisemblablement au casque). Le podcast est le média de l'intime par excellence. Il nous raconte des histoires
personnifiées qui créent une connexion émotionnelle avec son public. "Le podcast est aussi le format le mieux adapté à nos modes de vie actuels : nous consommons à la demande, en transit... Il suffit d'observer les gens dans la rue ; ils ont tous un casque sur les oreilles, ils ont une disponibilité inégalée pour l'audio. "Enfin, last but not least, alors que nous sommes noyés dans une infobésité ambiante et dans nos écrans omniprésents, le podcast est une manière agréable de s'informer sur des sujets spécifiques de manière posée, et surtout, nuancée. (...) Ceci concerne tant les podcasts dits "natifs", à savoir les podcasts produits nativement pour le web, les applications de podcasts, que les émissions de radio et la création radiophonique en général. Pour ces dernières, le podcast représente une opportunité." Quelle est la stratégie de la RTBF suite à ces évolutions ? Lucie: "La RTBF a l'intention de continuer à investir dans la production de podcasts. C'est une volonté générale, mais la stratégie globale n'est pas encore définie. Au sein du département Fiction, les Fictions Digitales ont plusieurs projets en cours, et, dans la cellule documentaire (au sein du département Coproductions et Acquisitions), nous aurons plusieurs productions et appels à projets en 2020. Il y a aussi des initiatives internes au sein des radios, comme les podcasts "Intelligence artificielle, la révolution" de Marie Vancutsem ou "Futur simple" d'Hélène Maquet, tous deux soutenus par La Première. Le projet "Balance ta plume" de Tarmac est également amené à évoluer."
Parallèlement, en France, le podcast a déjà une longueur d’avance et les initiatives affluent. Nous en avons discuté avec Nora Hissem, directrice de la communication et du marketing chez "Nouvelles Écoutes". Nouvelles Écoutes est l’un des premiers studios de podcasts indépendants en France et a fêté ses 3 ans en décembre 2019. Ils imaginent, produisent et distribuent à ce jour
© NOUVELLES ÉCOUTES
plus d’une quinzaine de programmes (La Poudre, Splash, Quoi de Meuf?, etc.) à travers lesquels ils tentent d’informer différemment et cherchent à avoir un impact social. Leurs programmes originaux posent un regard aiguisé sur la société, à travers des angles précis: féminisme, gastronomie, économie, entrepreneuriat, sport, pop-culture, philosophie, transmission ou encore sexualité. Nouvelles Écoutes, c’est aussi une agence qui produit des contenus audios et podcasts pour des marques. Comment les podcasts natifs de "Nouvelles Écoutes" sont-ils monétisés ? En France, est-ce possible pour un podcast de s'autofinancer complètement, d'être créateur.trices d'un podcast comme activité principale ? Nora: "Oui c’est possible, Nouvelles Écoutes est un studio de podcasts entièrement indépendant. Notre business model s’articule autour de 3 grands axes : - Le brand content* - La vente de publicité en pré-roll à des annonceurs dûment sélectionnés - La vente de droits de diffusion exclusifs Ces 3 activités commerciales permettent à Nouvelles Écoutes d’assurer la production de ses podcasts natifs en toute indépendance et de proposer des programmes à la fois engagés et ambitieux en termes de concepts éditoriaux
et de création sonore." (*studio de création audio pour les marques, les médias et les institutions.)
On voit aussi émerger des formats encore peu exploités, notamment le podcast de fiction, qui pourrait prendre la même ampleur que la fiction au cinéma. — Nora Hissem - Nouvelles Écoutes Selon vous, qu'offre le format podcast comme liberté qu'on ne retrouve pas dans les autres médias ? Nora: "Le podcast permet de casser des codes. Il n’est plus question de rythme, de coupure publicitaire ou du fameux ton journalistique. On peut choisir de publier un format de 2min ou d'1h en fonction de ce qu’on a à dire. C’est une liberté totale sur le format mais aussi dans le choix de ses invité.e.s, de ses sujets ou de ses chroniqueuses.eurs. "Nous venons par exemple de lancer "Du côté de Chez Sam"
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qu’on aime bien qualifier d’anti-talk politique ! Avec ce podcast, nous avons la liberté de prendre le contre-pied des plateaux et des débats politiques toujours composés des mêmes personnes. Ce talk hebdomadaire animé par la journaliste Dolores Bakèla réunit des personnalités singulières pour débattre et suivre d'un point de vue frais et inclusif la prochaine élection présidentielle américaine. "Il en est de même pour un podcast comme "Quouïr" qui a embrassé les sujets du coming out et de la PMA à travers des récits personnels; ou "Impatiente" qui traite des injonctions à la féminité pour les malades du cancer du sein. Des sujets qui sont peu ou pas traités par les médias traditionnels, et dont les voix des premiers.ières concernés.ées ne sont que très rarement entendues."
Comment est-ce que vous imaginez l'évolution du média podcast dans les 10 prochaines années ? Nora: "Si l’on s’attache à ce qui se passe aux Etats-Unis, plus d’un quart de la population étaient des consommateurs mensuels de podcasts en 2018, et les chiffres continuent de croître. Les chiffres en France ne sont pas encore de cette échelle mais on voit un intérêt grandissant pour ce format. Dans les faits, l’arrivée de nouveaux acteurs d’hébergement et de distribution de podcasts comme Magelan montre les perspectives de croissance du marché des podcasts en France. On voit aussi émerger des formats encore peu exploités, notamment le podcast de fiction, qui pourrait prendre la même ampleur que la fiction au cinéma."
STAGES MÉDIA Donnez une chance aux nouveaux talents diplômés Information & inscription via
www.mediarte.be
www.rtbf.be/webcreation/series-sonores www.nouvellesecoutes.fr
Interview réalisée par
Julie Delvaux
COLLABORATRICE COMMUNICATION MEDIARTE
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STAGES MÉDIA
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ugo Matagne, ancien stagiaire média chez Stenola Productions a accepté de nous parler de son expérience. Comment avez-vous été mis en contact avec l’entreprise où vous avez effectué votre stage média? Hugo: "J’avais pris contact avec Stenola Productions via une annonce sur le site de Cinergie. Ils cherchaient une voiture des années 70 à utiliser dans le film de Jan Bucquoy. Mon père a une voiture de ce type, une VW coccinelle correspondant au véhicule recherché. J’ai amené la voiture sur le tournage. Je cherchais aussi à trouver du travail dans le domaine du cinéma. J’en ai parlé à l’assistant-caméra, je lui ai donné mon numéro. Il m’a rappelé deux semaines après car il avait besoin d’un deuxième assistant pour l’aider. Il en a parlé avec la production."
HUGO MATAGNE & VINCENT CANART © LOUIS VAN DE LEEST
L’histoire d’un stage en toute légalité* Interview
Stages média - Pour qui et pourquoi?
Ancien stagiaire chez Stenola Productions
Ces stages s’adressent aux jeunes de moins de 26 ans, n’ayant pas droit à une allocation et désireux d'acquérir une expérience professionnelle dans le secteur audiovisuel, film et digital. Ce projet, organisé par mediarte depuis 2014 pour les entreprises relevant de la commission paritaire 227 ou de la sous-commission paritaire 303.01, a pour objectif de bâtir un pont entre la sortie de l'enseignement supérieur et le secteur audiovisuel professionnel.
Hugo Matagne
Tous les Stages média s’effectuent dans un cadre légal. Leur durée peut aller de minimum 4 semaines à 12 semaines maximum. mediarte établit la convention entre stagiaire et entreprise, assure l'encadrement du stagiaire et le suivi du stage, tant au niveau de son contenu que de sa qualité. Les entreprises peuvent faire appel à maximum 24 semaines de stage par an par tranche de 30 ETP (etp: équivalent temps plein).
Comment avez-vous pu concrétiser cette proposition ? Hugo: "J’ai pris contact avec Vincent Canart, directeur de production chez Stenola. Il connaissait mediarte via l’INSAS où il enseigne. En même temps, je me suis renseigné auprès d’Actiris sur les possibilités de faire ce stage. Actiris m’a dirigé vers mediarte.
"Stenola souhaitait aussi faire des essais pour des effets. Par exemple, l’héroïne du film tirait un coup de feu dans une scène, avec un faux revolver. Comment faire si on veut truquer ça ? J’ai pu essayer et il s’est avéré que cela fonctionnait très bien. C’était une occasion pour moi de montrer mes capacités et de mettre un pied dans le métier. "C’était mon premier vrai tournage, cela m’intéressait de pouvoir toucher à tous les corps de métier, pour voir vers quoi je souhaitais vraiment me diriger à l’avenir. Sans les stages média, je n’aurais pas pu être acquérir cette expérience car Stenola n’avait pas le budget nécessaire pour m’engager, sauf en ne respectant pas les règles et législations, ce que ni eux, ni moi ne voulions faire."
*La forte attractivité de notre secteur mène souvent de jeunes diplômés à proposer leurs services à des entreprises du secteur. L’intermittence et la pression propres au secteur, la soif d’expérience des débutants sont des réalités. Mais elles ne justifient pas de faire l’impasse sur les lois et les règlements en vigueur : (faire) travailler sans contrat, sans salaire, et sans statut signifie se retrouver dans l’illégalité et peut exposer les deux parties à de graves sanctions. Les bons exemples existent et ils ne sont pas du tout difficiles à suivre.
"Le délai était court entre la demande à mediarte et le début du stage. Je suis allé directement sonner chez mediarte pour m’assurer de mettre cela en route. Quelques jours plus tard, j’ai pu commencer mon stage." Sur quoi avez-vous travaillé? Hugo: "J’étais second assistant caméra. Je m’occupais principalement des retours caméra et de placer des moniteurs à plusieurs endroits, pour le premier assistant caméra qui faisait la mise au point, un autre pour le réalisateur ou pour l’équipe, les maquilleuses,… Je m’occupais de câbler les caméras, ranger le matériel. Ainsi, le premier assistant pouvait se concentrer sur sa mise au point et j’aidais les électros à installer les lumières. J’ai pu toucher un peu à tout.
Interview réalisée par
www.mediarte.be/fr/dossiers/stages
Louis Van De Leest
PROJECT MANAGER MEDIARTE
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LA BELGITUDE EN CINÉMATOGRAPHIE
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'industrie a ouvert des portes aux cinéastes belges sur la scène mondiale et un nombre croissant réalise désormais des films et des séries télévisées internationales. Mais qu'est-ce qui suscite cet intérêt croissant pour les talents belges, et apportent-ils une saveur distincte Belge? Nous avons demandé aux membres de la Société belge des cinéastes (SBC) un aperçu de ce que c'est de travailler à l'étranger et de leur style de travail.
© DIDIER FRATEUR
La Belgitude en cinématographie, Les membres de SBC à propos de leur style de travail. Interview
Kees Van Oostrum
Robrecht Heyvaert
Ruben Impens
Anton Mertens
Président ASC
(Beautiful boy, The broken circle breakdown)
Manu Dacosse
(The Strange Color of Your Body's Tears, Amer)
Juliette Van Dormael (Angel, A Sister)
Christophe Nuyens
(Black spot, Bagdad centraal)
Tommaso Fiorilli (The insult, The attack)
(Bad boys for life, Black)
(War of the worlds, The spy)
Bjorn Charpentier (Beiroet, gebroken)
Virginie Surdej
Depuis ses humbles débuts, SBC est devenue une organisation de 89 membres ; parmi eux, des lauréats et des nominés de prix comme le spotlight ASC, Camerimage et Les César. Au cours de ces 27 dernières années, le paysage cinématographique a beaucoup évolué et a vu naître ces dernières années un intérêt croissant de l'étranger pour les productions belges. Et ceci n'est pas passé inaperçu.
(Insyriated, By the name of Tania)
Hichame Alaouie
(Horses of God, Duelles)
Stijn Van der Veken
(Outlander, Four weddings and a funeral)
Qu'est-ce qui rend les cinéastes belges si attrayants? Kees: "Chaque culture apporte son style à l'art visuel. Rubens représente une interprétation du Moyen- Âge, tout comme Magritte remet en question notre perception
de la réalité. Si vous observez les cinéastes belges à travers les années comme le réalisateur Ghislain Cloquet (Tess), les DOP Willy Kurant (Masculin Féminin de JeanLuc Godard), Benoit Debie (Irréversible de Gaspard Noé), Willy Stassen (Antonia de Marleen Gorris), Ruben Impens (Belgica de Felix Van Groeningen) ; les chefs opérateurs Nicolas Karakatsanis (Rundskop de Michaël R.Roskam), Alain Marcoen (Rosetta de Jean-Pierre et Luc Dardenne), Robrecht Heyvaert (Black de Adil El Arbi et Bilall Fallah) ; eux et bien d'autres représentent clairement la culture et l'époque de la Belgique. Leur styles varient du baroque à un réalisme parfois assez dur. Cette culture du cinéma belge est attrayante pour un outsider, un étranger, car elle soutient la narration, l'histoire visuelle racontée différemment. Ils sont ancrés dans une culture qui comportera toujours une qualité unique. C’est cette qualité exceptionnelle qui attire les créatifs. Il est tout simplement excitant de voir de la cinématographie lyrique. "Dans un nouveau marché mondial de la production cinématographique, les cinéastes se retrouvent à travailler partout dans le monde, et avec une approche plus internationale de la production, ils semblent obtenir plus de respect pour leurs contributions. Notre sensibilité encourage les gens à regarder ailleurs que chez eux. L’industrie belge a également stimulé la production locale en fournissant une infrastructure reflétée d’un point de vue standard mondial, cela ne me surprend donc pas que de plus en plus de cinéastes belges soient engagés en dehors de la Belgique." Ruben: "On ne peut nier qu'il existe un intérêt pour les cinéastes belges en ce moment, sans aucun doute, il se passe quelque chose. Souvent, on me pose la question de savoir pourquoi. Je ne pense pas que ce soit à cause de notre formation, je suis à peine allé à l'école moimême. Mais nous avons bénéficié du fait que beaucoup de productions aient été réalisées au cours de ces 10 dernières années, grâce aux différents fonds du cinéma, je dirais donc que la pratique rend parfait (vient à point) et cela a été la clé du succès actuel." Manu: "La cinématographie est un langage tellement universel, qui permet aux cinéastes et réalisateurs belges d’être très en vue en ce moment. Mais cela ne devrait pas être une surprise, je pense, c'est parce que nos productions offrent une certaine liberté, ce qui permet
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Quant à l'éthique de travail, nous venons d'un petit pays, ce qui nous rend généralement assez humbles. Même si certains d'entre nous ne le sont pas. — Manu Dacosse - SBC (La couleur étrange des larmes de ton corps, Amer) aux cinéastes d’être expressifs. Les flamands sont très influencés par le cinéma anglophone tandis que les wallons sont influencés par le cinéma français. En ce moment, il y a un accroissement de séries télévisées flamandes, une industrie relativement nouvelle, elle permet donc l'expérimentation. Je pense aussi que nos écoles de cinéma sont de bonne qualité et permettent aux étudiants de grandir en tandem avec un réalisateur et d’essayer de nouvelles façons de filmer. C'est ainsi que j'ai commencé, de toute façon. Et quant à l'éthique de travail, nous venons d'un petit pays, ce qui nous rend généralement assez humbles. Même si certains d'entre nous ne le sont pas."
Un style Juliette: "Si je regarde les cinéastes qui m'ont inspirée, comme Benoit Debie, Christophe Beaucarne, Ruben Impens et tant d'autres, ce que j'aime dans leur travail, c'est qu'ils le font sans retenue. Les cinéastes belges osent souvent faire des choses visuellement étranges. Et d'autant plus qu'ils le font dans différents genres. Mais dire que cela constitue un style belge particulier, non, je ne pense pas." Christophe: "Existe t-il quelque chose comme un style belge ? C'est une question difficile. Même parmi notre travail, il y a tellement de styles différents que les cinéastes utilisent pour leurs projets. Si je regarde le travail de mes collègues, je dirais que beaucoup ont tourné dans un style naturaliste, souvent assez sombre… rappelant en quelque sorte les anciens maîtres de la peinture. Un énorme avantage de la Belgique est que c'est un petit pays situé au cœur de l'Europe. Il y a un melting pot de cultures et de langues que je trouve très inspirantes sur le plan créatif."
Ruben: "Je ne pense pas qu'il existe un moyen de définir ce qu'est un style belge, mais une chose est claire, nous sommes moins conventionnels dans notre approche, moins classiques que, disons, le cinéma américain traditionnel. Il y a moins de contrôle des producteurs ou des studios, ce qui nous permet d'essayer des trucs sur le plateau et de dévier du chemin tout tracé."
Tommaso: "Les films belges cultivent une forme d’autodérision, le goût des situations absurdes ainsi qu’une sorte de néoréalisme brut. Bien sûr, la cinématographie comme un outil pour exprimer ces sentiments et les idées s'adapteront en conséquence." Robrecht: "Quand j'entends des étrangers, principalement américains, décrire leur vision du cinéma belge, je remarque que nous avons la réputation de faire des thrillers sombres et des drames, tournés de manière assez rude, drainés de couleur et confinant à l'obscurité. Quand je regarde ce qui se fait en Belgique, je vois une variété bien plus large d'œuvres et de visuels que cela." Anton: "La cinématographie est par nature une forme d'art visuel à multiples facettes, sujette à des influences, que ce soit par vos origines qui se situent géographiquement ou par ce que l'on a vu en termes d'œuvres d'art ; que ce soit des films ou sous d'autres formes, inconsciemment ou consciemment, ces influences se retrouvent dans votre travail à un moment donné. "Mais ce qui pourrait se différencier des autres cinéastes, c'est la façon dont vous exécutez le travail, car cela est grandement influencé par l'industrie d’ou on vient. S'il s'agit d'une industrie à petit budget ou à budget élevé de réalisation d’un film. L'impact que cela a peut très bien se traduire dans les créations visuelles et la manière dont un public les perçoit. Et cela pourrait être très attrayant pour les réalisateurs ou les producteurs à la recherche de quelque chose de différent."
Nous n’avons pas toujours besoin de beaucoup de moyens pour faire quelque chose de beau. Souvent nos désirs sont plus grands que nos moyens disponibles, ce qui nous oblige à résoudre les choses de manière créative. — Bjorn Charpentier - SBC
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Éthique de travail Bjorn: "Nous sommes habitués à être très efficaces, la plupart des cinéastes belges opèrent également en raison de contraintes financières. Cela signifie que nous avons un état d'esprit de résolution des problèmes ; nous n’avons pas toujours besoin de beaucoup de moyens pour faire quelque chose de beau. "Souvent nos désirs sont plus grands que les budgets disponibles, ce qui nous oblige à résoudre les choses de manière créative. Et nous sommes très bons dans ce domaine. D'après mon expérience, les acteurs sont très reconnaissants de ma façon de travailler, le peu de temps nécessaire pour établir une nouvelle configuration améliore leurs performances, car ils peuvent rester dans leur rôle plus longtemps. Les réalisateurs avec qui j'ai travaillé aux États-Unis aiment mon attitude de "je peux le faire", il y a toujours un moyen de résoudre quelque chose et de créer leur vision."
Christophe: "Je remarque que les cinéastes belges suscitent actuellement beaucoup d’intérêt, et je me suis rendu compte qu’ils aiment notre style et notre façon de travailler. Mais dire que nous sommes en quelque sorte particuliers ou différents, je n'oserais pas me prononcer là-dessus. Cela pourrait ressembler davantage à une tendance du moment, la manière dont nous faisons les choses, mais cela ne signifie pas que c'est mieux que tout autre style de travail."
Virginie: "J'entends souvent des gens de l'étranger commenter mes collègues belges: “Il / elle a une si bonne vision et c’est aussi une personne agréable” ou “si talentueux et modeste en même temps" etc. Je pense que la manière dont on se comporte joue également un rôle essentiel. On peut être une personne très qualifiée, mais sans pouvoir se connecter avec le réalisateur, la production ou l'équipe, les visuels n'atteindront pas le niveau qu'ils pourraient atteindre."
Tommaso: "Chaque pays a sa propre façon de travailler. L'important pour moi est de s'adapter, sans perdre votre propre spécificité. En règle générale, les équipes ont tendance à être plus hiérarchisées. En Italie par exemple, la position d'un réalisateur est très respectée, comme une sorte de statut de star. Les équipes belges ont tendance à être plus informelles et terre-à-terre. Parfois, je remarque que les gens peuvent être surpris que je sois très direct et j’encourage les gens à faire de même."
Hichame: "Cela pourrait sembler un peu cliché, et en réalité, cela varie d'une personne à l'autre, mais nous prendre moins au sérieux, c’est peut être ça le truc. Sur le plateau, nous avons tous tendance à travailler vers le même objectif, en équipe."
Robrecht: "Sur plusieurs de mes productions étrangères, comme Bad Boys for Life et Snowfall, je me suis rendu compte grâce aux producteurs et aux réalisateurs que j’ai une manière sensée et responsable de traiter un budget. Ils estiment que cela apporte plus de valeur à l'écran. Aussi, la vitesse à laquelle ça se passe leur plaît, un résultat direct de la manière dont j'ai appris à faire des films en Belgique. D’autres chefs de département apprécient la manière inclusive de travailler." Juliette: "J'ai un agent aux États-Unis, qui représente également plusieurs autres cinéastes belges, donc pour un si petit pays, je dirais qu'il y a beaucoup de talents là-bas. Personnellement, je n'ai pas beaucoup travaillé à l'étranger. J’ai fait un court métrage à New York, et je ne pense pas que ce soit parce que je suis belge, mais plutôt car j'avais gagné un prix à Camerimage pour Angel. En général, je dirais que les productions étrangères aiment la diversité que nous offrons et la façon dont nous faisons les choses de manière peu orthodoxe."
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Budget Anton: "Je reçois souvent des éloges de l’équipe, ou même des acteurs, pour avoir tourné et éclairé des scènes d’une manière plus simple que ce à quoi ils sont habitués, tout en restant assez audacieux sur ce à quoi cela ressemble. Je me suis rendu compte que le manque
productions nous influencent. Les réductions de taxes, par exemple, nous ont permis de tourner de nombreux films étrangers ces dernières années, nous offrant l'opportunité de grandir et d'apprendre en tant que cinéastes."
Je pense que cela deviendra encore plus important dans un avenir proche, car il y a de moins en moins de fonds disponibles pour faire des films."
Hichame: "Je pense qu'en général, quand on n'a pas les ressources, on devient plus inventif. On essaie d'imiter ce
Cela pourrait sembler un peu cliché, et en réalité, cela varie d'une personne à l'autre, mais nous prendre moins au sérieux, c’est peut être ça le truc. Sur le plateau, nous avons tous tendance à travailler vers le même objectif, en équipe. — Hichame Alaouie - SBC (Horses of god, Duelles)
beaucoup d'amis dans l'industrie et j'ai appris à bien parler l’anglais. "Certains membres d'équipe britanniques pourraient également parler mieux le français ou le flamand. Tourner en Angleterre, c'est comme voler en business class…" Christophe: "J'ai eu la chance de pouvoir travailler dans différents pays, avec des équipes locales. Chaque pays a sa propre façon d'aborder le travail. Je ne peux pas dire qu'il y ait une manière meilleure que l'autre, une combinaison d'approches différentes semble plutôt fonctionner mieux pour moi. Les tournages les plus agréables pour moi ont été ceux où j'avais une équipe de nationalités mixtes. La plus-value de cela a été l’occasion d’apprendre des différentes équipes."
de budget m'avait conduit à chercher un moyen de créer des visuels expressifs, avec des moyens limités, et cette connaissance m'a bien servi sur des jobs à plus gros budget. Les jours où le temps et l'argent étaient illimités ont disparu depuis longtemps aussi, et les équipes de tournage doivent apprendre à s'adapter à une nouvelle réalité." Manu: "Oui bien sûr, les contraintes financières de nos
que font les grandes productions en duo, mais avec moins de budget. Ajouté à cela, nous venons d'un endroit avec beaucoup d'influences de cultures différentes à travers l'immigration, ce qui nous ouvre à différentes façons de penser et de styles. Tout commence dans les écoles de cinéma, où l'on apprend à être autonome avec des moyens limités, à faire les choses en mode "do it yourself", ce qui vous façonne et vous aide à faire face lorsque vous obtenez du travail sur des films à petit budget.
Influences Stijn: "Notre approche peut être initialement légèrement différente, mais elle ne devient jamais un problème, car aussi bien l'équipe anglaise que mo trouvons toujours un moyen de fusionner les deux mondes. Le mélange de différentes nationalités élève le résultat final à un niveau supérieur, je pense. Après avoir travaillé de nombreuses années au Royaume-Uni en tant que DOP, je me suis fait
Bjorn: "J'ai surtout appris à ne pas avoir peur de défendre ce dont j'avais besoin et à oser aller plus loin. Tout ne peut pas être tourné de façon rapide et brute. Parfois, il existe certaines attentes pour le look du projet, dont je pense parfois que nous pouvons le faire à moindre coût, mais cela a certaines conséquences et il arrive que ces conséquences ne soient pas souhaitées. Donc, ces attentes finissent par coûter de l'argent et du temps à réaliser, et vous devez apprendre à défendre ces choix avec les producteurs. Et dans la plupart des cas, ils seront d’accord."
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Robrecht: "Un temps de préparation décent, selon ce que j’ai expérimenté en Belgique, est une chose difficile à obtenir. Il ne semble pas être nécessaire pour tous les départements de se préparer en même temps et ce, par manque de fonds suffisants permettant que les gens soient payés pour leur temps. Mais si vous avez l’opportunité de faire la préparation avec tous les départements, comme le département artistique, grip, les électros, VFX… on obtient des résultats impossibles à atteindre autrement. Ou par exemple, en utilisant des stands-in sur le tournage pour éclairer et bloquer une scène, permet d'améliorer considérablement la vitesse et la qualité. Ce sont des choses sur lesquelles j'insisterai quand je ferai à nouveau un projet belge."
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lus de 560 offres (néerlandophones et francophones) ont été publiées sur la page emplois de mediarte.be en 2018 et 2019. Pour le secteur audiovisuel, film et digital, il s’agit de la plus large base de données d’offres d’emploi.
Tommaso: "Ma toute première production, tout droit sorti de l’école de cinéma, était une émission américaine, je faisais partie d’une équipe très hiérarchisée, organisée, précise, directe et procédurale. J'ai tout de suite appris de manière difficile que ce n’était pas la façon dont je voulais travailler. Je n'ai pas apprécié le fait que je ne pouvais pas parler à quelqu'un d'autre, hormis mon supérieur direct. En France, j’ai découvert que l'industrie était beaucoup plus segmentée qu'en Belgique. C'est un peu comme s'il y avait des castes sur un plateau. Lorsque vous travaillez, vous êtes plus au service de quelqu'un que d'un projet, alors qu'en Belgique c'est le contraire, vous êtes au service du projet avant d'être au service d'un réalisateur. Il y a moins de star système."
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Ruben: "En comparaison avec les productions à grande échelle, nous sommes habitués à travailler petit, de manière souple et avec une certaine simplicité. Souvent, ‘less is more’. Faire de grandes choses avec des moyens limités, tout en osant prendre des risques. Je pense que c'est ce que vous pourriez peut-être considérer comme une Belgitude."
Vous pouvez également nous demander de promouvoir l’offre sur nos réseaux sociaux. N’hésitez pas à nous contacter via info@mediarte.be
Texte
Leslie Charreau SBC Louis Van De Leest CONSULTANT MEDIARTE Anton Mertens SBC
sbcine.be
Photos
Didier Frateur & Lou Berghmans SBC
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DOSSIER
vécu ce changement de rythme. "Les choses se sont vraiment passées en douceur», explique Jeroen Janssen du studio Happy Volcano basé à Louvain. L'équipe a cessé de venir au bureau quelques jours avant que le gouvernement ne l'impose. "Comme tout est digital de toute façon, cela n’a pas été un choc trop important.” Kevin Haelterman de LuGus Studios à Hasselt raconte une histoire similaire. “Une semaine avant le confinement, nous sommes rapidement passés au télétravail. Je ne voulais pas risquer de mettre l’équipe en danger de contamination en faisant la navette pour se rendre au bureau."
LUGUS TEAM © LUGUS STUDIOS
Pourquoi la #BelgianGamesIndustry devrait adopter le travail à domicile Interview réalisée par Christophe De bont Freelance writer with a passion for games
Point of view
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ien que nous ayons réussi à ralentir avec succès la propagation du coronavirus et que nous nous préparons prudemment à reprendre nos routines quotidiennes, rester à l'intérieur sauve toujours des vies. Comme le travail à domicile demeurera la norme dans un futur proche, nous avons rencontré certains de nos plus grands studios locaux pour savoir comment ils ont
Parfois, nous remarquons à la fin de la journée que quelqu'un va dans une autre direction que celle que nous avions anticipée, ou a mal compris certaines choses. — Jeroen Janssen - Happy Volcano THE ALMOST GONE © HAPPY VOLCANO
La communication est la clé pour que tout fonctionne. Les deux équipes commencent leur journée par un appel le matin où tout le monde explique sur quoi ils vont travailler et là où ils auraient besoin d’aide. “Ce n'est pas différent de nos réunions au bureau, seulement maintenant celles-ci se déroulent en ligne.”, explique Janssen. Tout au long de la journée, l'équipe utilise des outils de communication modernes comme Slack et Discord pour partager le travail et s'entraider. Happy Volcano organise un deuxième appel en fin d'après-midi, pour voir comment les choses se sont passées, les membres de l'équipe de LuGus utilisent des rapports écrits pour suivre leurs progressions." Selon Janssen, le plus gros inconvénient de ne pas être physiquement au bureau est de ne pas voir ce que les gens font et, de ce fait, de ne pas pouvoir donner un feedback instantané. "Parfois, nous remarquons à la fin de la journée que quelqu'un va dans une direction différente
de celle que nous avions anticipée, ou a peut-être mal compris certaines choses. Haelterman confirme que ne pas avoir de discussions d'équipe instantanées peut poser certains problèmes, celui-ci mentionne également que la dynamique d'équipe lui manque, y compris les plaisanteries entre collègues. Avec de nombreux événements physiques annulés, la promotion des prochaines versions de consoles Liftoff s'est également avérée beaucoup plus difficile. Travailler ensemble, c'est plus que d’écrire du code et créer des actifs artistiques. Vous devez aussi vous amuser en le faisant. Kevin: "En travaillant à distance, je remarque que la partie du travail prend définitivement le dessus. Je ressens que mon équipe travaille plus dur et plus longtemps
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qu'auparavant. C'est une situation précieuse à vivre, mais en même temps, je dois m'assurer que tout se passe bien pour tout le monde et que personne ne s'épuise. J'apprécie que vous vouliez vraiment peaufiner leur travail, maintenant que vous avez le temps de le faire, mais parfois je dois vraiment dire aux gens d'arrêter de travailler. "Lorsqu'on lui a demandé le plus important selon lui à retenir de cette situation, Jeroen répond qu'il est agréablement surpris que les gens soient capables de faire un travail de qualité, peu importe l’endroit où ils se trouvent. Kevin souligne que la confiance dans les
J'apprécie que vous vouliez peaufiner votre travail maintenant que vous avez le temps de le faire, mais parfois je dois vraiment dire aux gens d'arrêter de travailler. — Kevin Haelterman - LuGus Studios
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membres de votre équipe et une bonne communication sont essentielles pour faire fonctionner les choses. Les deux équipes ne disposaient pas d'un système de télétravail auparavant, mais elles ne sont pas opposées à permettre aux gens de faire du télétravail plus souvent lorsque cette crise particulière prendra fin. Haelterman ajoute: "Comme cela a été un énorme succès pour nous, Nous continuerons probablement à travailler ainsi beaucoup plus longtemps que nécessaire, juste pour être en sécurité." Bien qu'il existe certainement des histoires
happyvolcano.com lugus-studios.be flega.be
plus sombres, il est clair que la nature du développement de jeux permet aux studios d'une certaine maturité de résister plus facilement à la tempête d'une pandémie mondiale, que d'autres secteurs créatifs." "Le moment est venu pour les développeurs de jeux de montrer au monde qu'ils peuvent tenir bon. Il est temps à présent de convaincre les décideurs d'investir davantage dans le développement de jeux, afin que nous puissions grandir et que plus de personnes puissent continuer à fonctionner lors de la prochaine pandémie."
Interview réalisée par
Christophe De bont
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En coulisse Qu'est-ce que mediarte a réalisé ces derniers mois? Nous vous donnons volontiers un aperçu. Formations • 13 JANVIER 2020 - Ascento, Mechelen workshop “Zelfstandig ondernemen” • 7 FÉVRIER 2020 - mediarte, Bruxelles workshop “CV Lab” • 11 FÉVRIER 2020 - mediarte, Bruxelles mediartist workshop “CV Lab” • 3 MARS 2020 - mediarte, Bruxelles workshop “Setting the Stage” • 5 MARS 2020 - Ascento, Mechelen workshop “Loopbaanbegeleiding” • 6 MARS 2020 - mediarte, Bruxelles workshop “CV Lab” • 10 MARS 2020 - mediarte, Bruxelles workshop “Brand yourself” avec Les Mecs • 7 AVRIL 2020 - mediarte, Bruxelles webinaire “Tijdelijke werkloosheid in de av-sector” avec ACV Pulse • 7 AVRIL 2020 - mediarte, Bruxelles webinaire “Hou jezelf staande als av- professional” • 7, 16 & 23 AVRIL 2020 - mediarte, Bruxelles webinaire “CV Lab” • 17 AVRIL 2019 - mediarte, Bruxelles webinaire "Brand Yourself" avec Julien Mourlon • 24 AVRIL 2020 - mediarte, Bruxelles webinaire "Convaincre un producteur" avec Julie Moraglia • 28 AVRIL 2020 - mediarte, Bruxelles webinaire "Leidinggeven in tijden van Corona" avec 87seconds & Fabrique Fantastique • 30 AVRIL 2020 - mediarte, Bruxelles webinaire "Succesvol crowdfunden voor filmmakers" avec Cinécrowd
Événements • 13 JANVIER 2020 - Beursschouwburg, Bruxelles New Year's Drink PlayRight
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Consultation
Consultation sur la poursuite de l'accord sectoriel et le projet stages média, comité paritaire 227, collaboration avec le FIFF, Anima, Syntra Vlaanderen et Cepegra, cellule emploi DPG Media, consultation sectorielle sur le comportement transfrontalier et les mesures Covid-19,...
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