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NOVO 50

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PHILIPPE PARINGAUX ÉPIPHANE ROCK №20, juin 2012 Par Emmanuel Abela — Photo : DR

À la tête de Rock&Folk, Philippe Paringaux a initié la critique rock en France, en tant qu’auteur, tout d’abord de 1968 à 1973, puis en tant que rédacteur en chef, avant de devenir romancier, scénariste et traducteur. De son propre aveu, il ne lira pas le recueil de ses propres chroniques d’époque. Nous invitons cet amoureux du rock à se replonger dans l’âge d’or d’Otis Redding, des Rolling Stones, de Van Morrison ou de Led Zeppelin.

HOUND DOG Le rock je l’aimais depuis l’âge de 13 ans, à l’époque où j’étais pensionnaire au lycée de Fontainebleau. C’est marrant, mais ce qui est intéressant et que des gens d’aujourd’hui ont du mal à comprendre à un moment où le rock est partout dans l’atmosphère, c’est que c’était tout à fait nouveau. Cette nouveauté on peut la discuter – ce qui était nouveau, c’était l’amalgame du blues et de la country –, mais pour un petit Français en 1957, ça pouvait paraître choquant au sens physique du terme. Je n’achetais pas de disque, la radio ne diffusait pas de rock et je découvre cela tout à fait par hasard : ça a été mon épiphanie. ELEPHANT WALK Les JMF (Jeunesses Musicales de France) organisaient des concerts à destination des étudiants ou des lycéens. Un jour de 1957, ils avaient fait venir Art Blakey et les Jazz Messengers au théâtre de Fontainebleau au moment de leur plus grande gloire. Dès lors, je me suis mis à adorer le jazz. C’était l’époque du hard bop ou d’un jazz très imprégné de blues. Tout cela m’a semblé très cohérent, et comme je ne lisais aucun journal et que je ne faisais partie d’aucune chapelle, je ne voyais aucune raison de m’empêcher d’aimer ce que j’aimais. Ça n’est qu’après que j’ai appris qu’il était sacrilège d’aimer à la fois le jazz et le rock. En amateur, j’allais aussi bien voir Miles Davis ou John Coltrane à la salle Pleyel que les Them, les Animals ou les Stones et ça ne me posait aucun problème. SLOW DOWN En rentrant à Paris, j’ai fait des tentatives d’études toujours avortées, un peu de droit, une prépa à Sciences Po, puis Sciences Po, et enfin une formation pour être journaliste. À chaque fois je partais en cours d’année ou en fin d’année. Je ne trouvais pas ma voie. J’étais fils de bourgeois et, dans le contexte plus cool des années 60, je n’étais pas

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