LE MOT DE LA RÉDACTION
PENSER LA TERRE C'est un indispensable : si une île ne peut oublier l'océan qui l'entoure, elle doit aussi "penser terre". Penser terre pour son agriculture déjà. Et c'est là le sujet de notre dossier de la semaine : comment la développer, de manière saine et biologique afin d'apporter à la population des produits locaux frais, équilibrés, et meilleurs pour la santé ? Comment inverser la tendance et retrouver le bon goût et les bonnes pratiques de nos anciens ? Dans ce monde sans cesse plus rapide, on devrait toujours regarder en arrière de temps en temps : la réponse à nos problèmes s'y trouve très souvent. "Penser terre", également en termes d'aménagement du territoire. Mayotte étouffe de ses voitures, et souffre du manque d'aménagement en ce qui concerne les transports. Une situation qui doit changer avec l'arrivée du Caribus, dont les travaux débutent bientôt. Oui mais attention : il faut l'envisager de manière globale, connectée, et surtout urgente. Du bon sens et une vision politique : c'est l'appel lancé par le chef du projet transport et mobilité de la Cadema, Mohamed Hamissi, dans notre entretien. Enfin, nous avons rencontré Fafi Anli, co-gérant de la salle de sport May Body Form, une belle réussite qui nous rappelle l'importance de s'activer dans des habitudes de plus en plus sédentaires. Bonne lecture à tous
Tél. 0269 63 63 03
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COUP D’ŒIL DANS CE QUE J'EN PENSE
Laurent Canavate
Mayotte Hebdo n°569, vendredi 25 mai 2012.
REGARDER AU LOIN
La lecture de l'actualité de ces 20 dernières années à Mayotte a souvent laissé apparaître de belles nouvelles, des avancées importantes… L'eau qui peut couler au robinet, potable, tous les jours, ce n'était pas le cas il y a quelques années. On remplissait des bassines, on stockait, on se lavait avec un petit seau, les cuisinières rationnaient... Pareil pour l'électricité. On avait des bougies, des piles, et quand l'électricité arrivait, on en profitait vraiment. On allumait les radios-cassettes et les lecteurs de CD. Les ventilateurs recommençaient à tourner en saison des pluies. La télé aussi est arrivée, tout comme la route pour monter à Choungui… Il y a eu les premières écoles maternelles ouvertes, en 1993, puis des collèges, des lycées pour accueillir tous les enfants. Sans oublier le système de santé parti de dispensaires de brousse avec un frigo au solaire pour conserver quelques vaccins, à des hôpitaux flambant neufs. Aujourd'hui les routes sont dans un état pitoyable (qui inspire la pitié), et surtout dangereux. Des trous béants s'ouvrent devant les pneus, du gravier attend patiemment les deux roues, les ruelles étroites qui servent d'axes principaux sont surchargés, débordent et, conformément au Padd qui nous a été imposé sans réaction, "il n'y aura pas de création de voies nouvelles"… Cela devait permettre de limiter le trafic routier et inciter à la création de lignes de transport en commun. On attend toujours… Aujourd'hui, les écoles, les collèges et les lycées sont surchargés, grouillent, débordent. Le niveau des enseignants a légèrement été amélioré. Dans le primaire c'est encore catastrophique. Les élites, tous ceux quoi ont les moyens, inscrivent leurs enfants dans des écoles associatives ou privées qui refusent du monde. L'école de la République est en berne. Des contractuels non formés, pris à tous les niveaux, remplacent des professeurs certifiés devant nos enfants. Ils font de leur mieux, mais parfois ne peuvent pas grand-chose. Les rats se promènent dans les écoles sales et dangereuses. La commission hygiène et sécurité, qui
TOLERIE - PREPAR ATION - PEINTURE
fait son travail, donne un avis défavorable à près de 80% des écoles ! Ce chiffre est inadmissible, intolérable, inacceptable… Mais ça continue tranquillement. Les mairies ne se bougent pas plus que ça… Les réseaux électriques sont défectueux, les extincteurs n'ont pas été vérifiés depuis des années, les toilettes sont bouchées… Alors oui, si on regarde au loin, sur le long terme, il y a (eu) des avancées, mais aujourd'hui les collectivités locales sont pour beaucoup moribondes, étouffées par leur masse salariale. L'argent pour s'occuper des écoles et des routes part dans les salaires d'agents fictifs ou embauchés sans raison, sans utilité, sans formation. L'économie souffre d'un désintérêt flagrant, irresponsable des dirigeants, d'impayés illégaux, inadmissibles. Et en parler ne sert qu'à s'énerver, à regretter que Mayotte recule au lieu d'avancer. On perd du temps, de l'énergie, des compétences. On perd des opportunités d'avancer. Les jeunes se désespèrent faute d'emplois. La vie reste chère pour ceux qui n'ont pas de travail, pas de salaire. La colère gronde, sourde. Alors on peut essayer de voir ce qui avance, ce dont on se rappellera dans 20 ans, en regardant au loin. Il y a les travaux de l'aérogare – qui ne sera pas provisoire cette fois. C'est une belle avancée, le premier contact avec Mayotte pour certains comme on disait, ça changera du hangar surchauffé. Il faudra ensuite que la piste longue voie le jour. Le président Zaïdani sera à Paris fin juin, au ministère des Transports, pour suivre et faire avancer ce dossier. Il y a l'assainissement qui avance. Il y a la 1ère rentrée universitaire en août prochain. C'est un début, un beau début pour nos enfants. Il reste à espérer que ça ne sera pas une université au rabais, comme une partie du système éducatif de Mayotte, malgré les efforts importants de certains, trop peu, trop peu soutenus. Il y a aussi les travaux de la maison d'arrêt de Majicavo. On peut juste espérer qu'elle ne servira pas… Ou pas trop.
MAYOTTE
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PARE-BRISE
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S LE RÉTRO
Pour tous vos communiqués et informations
Une seule adresse : rédaction@mayottehebdo.com
Les dossiers sensibles s'accumulent, la tension monte Après l'annonce d'une hausse des prix de la traversée entre Petite et Grande-Terre, le bras de fer opposant le "Collectif des citoyens perdus" au Conseil général dégénère. Fini les manifestions pacifiques : durant toute une journée, des jeunes de Petite-Terre affrontent ainsi les forces de l'ordre, blessant gravement un gendarme. "Ils vont voir qu’ici on ne se laisse pas faire !", menace un manifestant. À ses côtés, un homme d’une quarantaine d’années s’énerve : "Il faut nous comprendre, on en a marre que le Conseil général fasse ce que bon lui semble sans nous consulter." Face à la grogne, le président de la collectivité choisi de suspendre la hausse des prix. Mayotte Hebdo n°454, vendredi 4 décembre 2009.
Gil Renaud : peintre du Mayotte d'autrefois Culture à la une de ce Mayotte Hebdo avec une mise à l'honneur du peintre Gil Renaud. Celui qui possède la seule et unique galerie d'art de l'île, l'Arabesque, située à M'tsapéré, organise à ce moment-là une exposition pour faire découvrir au public ses nouvelles toiles, huiles et aquarelles confondues. Objectif : découvrir ou redécouvrir les œuvres de ce peintre talentueux qui cherche à faire revivre à travers ses toiles un peu de l'ancien Mayotte. "Tous les jours je me réveille dans mon atelier et commence par regarder l’huile inachevée qui trône sur le chevalet et les quelques aquarelles signées qui restent à encadrer", explique-t-il entre autres. Mayotte Hebdo n°683, vendredi 5 décembre 2014.
LA PHOTO D'ARCHIVE Une opération de reboisement Mai 2013 : une opération de reboisement de la mangrove de Tsoundzou 1 et de Miréréni est organisée. Sont mis à contribution les habitants et les établissements scolaires des villages concernés. La mission ? Nettoyer les sites et planter les palétuviers. "Je viens ici pour planter les palétuviers jaunes et protéger la mangrove. Dans la mangrove il y a des petits poissons, des petits animaux. Il ne faut pas y jeter le savon, l'eau de javel, les sacs en plastiques. Si une grosse vague arrive la mangrove nous sauvera", raconte un enfant.
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IL Y A 5 ANS
IL Y A 10 ANS
C'ÉTAIT DANS MH
TCHAKS L'ACTION Les futurs conseillers prud'hommaux en formation Au 1er janvier 2022, Mayotte sera dotée d'un conseil de prud'hommes. Dans ce cadre, 60 futurs conseillers prud’homaux – mais leur nombre sera réduit d'ici deux ans – sont actuellement en formation. Objectif : les familiariser avec leurs futures responsabilités. Lesquelles s’inscrivent dans une volonté d’alignement du cadre législatif mahorais sur celui de la métropole. La formation est animée, entre autres, par des intervenants de l’École nationale de la magistrature et de l’Institut national du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle.
LA PHRASE
LE CHIFFRE
""C'est une renaissance du port"
10 C'est le nombre de nouvelles PMI qui devraient voir le jour dans les années à venir. La construction des cinq premières d'entre elles – à Vahibé, KaniKéli, Bandrélé, Combani et Acoua – était prévue pour être achevée l'an dernier déjà, selon les objectifs fixés par le Conseil départemental de disposer d'une structure pour chaque bassin de 5 000 habitants, mais ont pris du retard. Celle de Combani, presqu'achevée, devrait toutefois être complètement finie en janvier prochain, suivie de la PMI de Bandrélé au cours du premier trimestre.
Jean-Claude Henry, directeur de la Société mahoraise d'aconage, de représentation et de transit (Smart), se réjouit de la décision du tribunal de commerce de Mamoudzou de confier la reprise de la structure à la géante française CMA-CGM, entreprise parmi les leaders mondiaux du domaine. Première étape de cette nouvelle ère : "faire l’inventaire de tous nos différents outils et manières de travailler pour assurer la transition avec CMA-CGM", a expliqué le directeur en rajoutant qu'il s'agissait aussi de "fidéliser cette grosse compagnie sur le territoire pour s’assurer qu’elle porte avec elle un élan de développement."
LA PHOTO DE LA SEMAINE De jeunes Mahorais reçus au ministère des Outre-mer Une délégation de huit jeunes Mahorais accompagnée de Tafara Ousséni, représentant de Emanciper Mayotte été reçue au ministère des Outre-mer mercredi 27 novembre par Gaelle Nerbard, la conseillère de la ministre de l’Outremer en charge de Mayotte. Fraichement arrivés de Pologne dans le cadre du programme Erasmus+, nos jeunes ambassadeurs ont eu droit à une visite guidée sous la houlette de Thierry Ducros, le monsieur sécurité du ministère des Outre-mer. Un moment magique qui les a conduits dans les méandres du surprenant bunker du ministère de l’Outremer.
MUNICIPALES 2020
PROVERBE
Jusqu'au 7 février pour s'inscrire
Ãkiba ãkiba shingakini pwenzi la uvamba.
Les 15 et 22 mars prochains se tiendront les élections municipales 2020. Pour ceux qui le souhaitent, il est donc l'heure de s'inscrire pour voter, si ce n'est pas déjà le cas. Les demandes d’inscription doivent être déposées au plus tard le vendredi 7 février. Les électeurs sont donc invités dès à présent à vérifier leurs inscriptions sur les listes électorales. S’ils ne sont pas inscrits, ils peuvent faire une demande en ligne sur les sites www.demarches. interieur.gouv.fr ou www.service-public.fr. Le dépôt ou la transmission des demandes d’inscription à la commune reste possible.
L'épargne est l'épargne même juste une mêche de coton.
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LE FLOP LE TOP Le chômage ne baisse pas
Le Département consulte les usagers de la barge Durant 15 jours, le Conseil Départemental consulte les usagers de la barge sur leurs attentes, leurs critères et les services qu’ils souhaitent voir développés à travers le STM. "Engagé dans une volonté de modernisation progressive du STM – qui avec 13 000 passagers quotidiens est un des premiers transporteurs européens – le Département entend recueillir les avis, les points de vue des utilisateurs occasionnels ou réguliers de la barge. Des questionnaires seront présents dans les embarcadères et les usagers auront aussi la possibilité de donner leurs réponses en ligne sur le site internet du Conseil départemental. Le Département travaille notamment en lien étroit avec le STM à des pistes d’amélioration autour de la billettique et de l’information en temps réel. Le questionnaire cerne le profil des usagers, questionne les usages privilégiés (piéton, vélo, deux roues, voiture, etc.) ou les critères des voyageurs quand ils prennent la barge (ponctualité, qualité de l’accueil, etc.) Autant de pistes de réflexion qui permettront de mettre en place des réponses aussi adaptées que possible", fait savoir l'institution.
C'est un chiffre qui reste stable mais qui est encore bien trop élevé. Le taux de chômage à Mayotte en 2019, communiqué par l'Insee mardi 26 novembre, est de 30%. À l’instar de 2017 et même de 2016. Seule l’année 2018 se différencie (le taux de chômage était passé à 35%) à cause du mouvement social qui avait touché l’île. Ce chiffre fait de Mayotte le département français et la région d’Europe qui a le plus de chômeurs. Rappelons qu’en Métropole le taux est de 9%, et qu'il varie entre 18% et 24% en outre-mer. Toutefois, si le taux de chômage n’évolue pas, un changement considérable est à souligner dans le domaine de la création de l’emploi. La fonction publique qui était motrice de nouveaux emplois est en effet détrônée par le secteur privé depuis deux ans. Les entreprises ont généré 3 700 nouveaux postes sur cette période, alors que le secteur public en a perdu 300.
ILS FONT L'ACTU Valérie Andrieu Maillot L'unité territoriale de l'Agence de l'outre-mer pour la mobilité (Ladom) a une nouvelle directrice en la personne de Valérie Andrieu Maillot. Elle se voit confier "la mise en oeuvre opérationnelle des politiques définies par la direction générale de Ladom. Au côté de son équipe dont elle assurera l’encadrement et l’accompagnement, elle pilotera et déploiera l’offre de service "mobilité" sur le territoire mahorais." Auparavant cheffe de la division des examens et des concours, la nouvelle responsable "mettra à profit de Ladom Mayotte son expertise territoriale, sa connaissance du système éducatif mahorais et des enjeux en matière d’éducation et de formation."
Bruno Lasserre Le vice-président du Conseil d'État en visite à Mayotte afin d'y apprécier les spécificités de la justice administrative. Son constat : "Le contentieux administratif augmente partout en France, avec une croissance moyenne de 8 %, mais à Mayotte, cette augmentation est beaucoup plus grande et s’élève à 45 % depuis le début de l’année." Une croissance intense, en partie liée aux requêtes relatives aux contentieux des personnes étrangères. "C’est un fait unique et singulier que l’on ne retrouve nulle part ailleurs sur le territoire national où cette part est en moyenne de 30 % à 40 %", a commenté le magistrat. Pour contrer cette hausse, le chef de la plus haute juridiction administrative annonce des renforts sur place.
BIODIVERSITÉ Un nouveau poisson dans le lagon Le poisson ange-nain bleu de Maurice a été aperçu pour la première fois dans les eaux mahoraises indique le site Deep Blue exploration. Cette espèce est endémique de l’océan Indien mais n’avait jusqu’à présent jamais été observée dans le lagon. "Classé dans la liste rouge des espèces menacées par UICN depuis 2010, ce poisson est aussi beau que rare. Il vit exclusivement en grande profondeur (ici à 80 mètres). Il est sédentaire et vit au sein des récifs coralliens profonds. Très souvent observés en couple de deux individus, ils nagent proche du fond, dans des zones coralliennes. Sa présence dans les eaux mahoraises était inconnue", indique le site.
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À LA RENCONTRE DE...
Solène Peillard
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FAFI ANLI
UN CHAMPION MADE IN MAYOTTE IL EST REVENU AU PAYS DEPUIS LA MÉTROPOLE POUR LANCER LE PREMIER COACHING PERSONNALISÉ, PHYSIQUE ET DIÉTÉTIQUE, DE L'ÎLE AUX PARFUMS. SI FAFI ANLI EST À LA FOIS POLICIER ET CHAMPION DE FRANCE DE CULTURISME, IL EST AUSSI LE PORTEUR DU PROJET MAY BODY FORM, UNE SALLE DE FITNESS TOUTE ÉQUIPÉE ET DANS LAQUELLE TRANSPIRENT QUELQUES 400 MAHORAIS. UNE NOUVELLE MÉDAILLE AU PALMARÈS DU JEUNE HOMME. L'arrivée de la remise en forme à Mayotte, c'est lui. En 2016, Fanfi Anli et son frère ouvraient la salle de sport May Body Form à Mamoudzou. En ce temps-là, seul le club
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CE QU'ILS EN DISENT Dar, frère et associé de Fanfi Anli C'est quelqu'un de très assidu au travail, et pas que. Je suis surtout très impressionné par sa diet : moi je mange un peu n'importe quoi, mais lui, il est très carré dans tout ce qu'il prend, il pèse tout. C'est aussi quelqu'un de tourné vers l'avenir, il a beaucoup de projets. Parfois je me demande d'où il sort tout ça !
888 proposait à l'échelle du territoire des activités assimilables au culturisme, mais sans le volet coaching cher au cœur de Fafi. "Quand je suis revenu ici en vacances, en 2004 ou en 2005, j'ai découvert qu'il y avait une vraie opportunité à saisir dans ce secteur", se souvient le porteur du projet May Body Form. Mais à 34 ans, jamais le sportif ne s'était frotté à la création d'entreprise, ni à Mayotte, ni ailleurs. Comme beaucoup d'autres
avant lui, le jeune homme originaire d'Acoua quitte son île natale après l'obtention de son baccalauréat professionnel en comptabilité. Là, il s'envole pour la région limousine, où il obtient son brevet d'études professionnelles. Puis, il intègre finalement la gendarmerie en tant que contractuel. Ici Fafi rencontre la musculation. "Il y avait une salle de sport dans la caserne, et au fur et à mesure, à force d'aller m'entraîner, la passion du sport est née", retrace
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l'athlète. "Vous savez comment c'est, quand on est passionné : on a envie d'en vivre". Alors qu'il séjourne à Mayotte, toujours ce projet chaudement niché dans un coin de sa tête, Fafi apprend que la préfecture vient d'ouvrir un concours pour recruter des policiers sur l'île. Il candidate, et réussi. "C'était une bonne opportunité pour revenir ici tout en continuant à bosser sur le projet". Petite à petit et accompagné par son frère, il élabore une stratégie commerciale, monte un business plan, sans pour autant raccrocher l'uniforme, celui-là même qu'il continue, aujourd'hui encore, de revêtir chaque jour. Loin est le temps où l'entrepreneur travaillait, depuis la métropole, pour le service après vente d'une enseigne Conforama. "J'ai appris sur le tas", reconnaît le fonctionnaire de police. "Au début, on est livrés à soi-même, on va toquer à la porte des banques et d'autres structures, et tout le monde vous envoie balader". Des subventions ? La lenteur des versements et la mauvaise gestion des fonds d'alors par les acteurs publics contraint les deux frères à se tourner vers l'autofinancement.
LE GOÛT DE L'EFFORT
"Au départ, on pensait que ça n'allait attirer personne, sauf les expats", souffle Fafi. Mais rapidement séduit par la salle tout équipée pour la pratique du cardio et du fitness, la première de Mayotte, la clientèle adhère rapidement. "On a des clients de tous les horizons, de tous les âges, et surtout, on sent beaucoup de reconnaissance : ça montre bien qu'il y avait un besoin !" Preuve en est : la salle de sport avoisine désormais les 400 adhérents. Mais Fafi décèle toutefois une petite spécificité locale : "En métropole, les gens viennent à la salle et font leur entraînement. Ici, quand ils arrivent, ils ne savent pas quoi faire, ils ont vraiment besoin
que quelqu'un soit derrière eux pour les aider et les accompagner". Ce qui tombe bien, puisque Fafi propose des programmes sur-mesure, de l'activité physique jusqu'à la nutrition. "Beaucoup de gens négligent l'alimentation, alors que ça représente 90% du travail !", martèle-t-il. Un rééquilibrage qu'il est possible d'apprendre chez May Body Form, pour la durée et les objectifs souhaités. Tout à la carte. "La durée dépend surtout de la motivation du client, mais déjà en trois mois on peut réussir à obtenir de très bons résultats !" Et même si "On n'a pas encore à Mayotte la culture d'investir sur soi-même, sur son propre corps" selon Fafi, il imagine déjà la pratique amener à évoluer : "Avec la volonté du CROS de développer la filière BP JEPS à Mayotte, ça devrait amener cette culture-là". Parole de champion de France. À la fois flic et entraîneur sportif, le jeune homme reste toujours "un compétiteur", dans le premier sens du terme. En 2016, il était sacré champion national de culturisme, dans la catégorie Muscle Model. Et si les concours de sa discipline n'ont pas encore gagné le 101ème département, Fafi ne se décourage pas, puisqu'il se prépare actuellement à concourir l'année prochaine, "en métropole ou en Italie, en national et en international". Mais de son côté, May Body Form avance elle aussi et devrait prochainement proposer, en plus de ses abonnements mensuels, trimestriels, semestriels et annuels, ses premiers cours collectifs, en cardio, en boxe, en fitness et en step, notamment. Parallèlement, les deux frères associés planchent également sur l'ouverture d'une deuxième salle, prévue pour l'année prochaine, cette fois au sud de l'île. Une belle nouvelle, à l'heure où les bonnes résolutions se rapprochent. n
CE QU'ILS EN DISENT Mia, cliente coachée par Fanfi Anli C'est un acharné du travail : il fait tout pour atteindre ses objectifs. Et la salle en est un bon exemple, puisque personne ne croyait en lui au début. En tant que coach, il est un peu dur parce qu'il repousse les limites à chaque fois, mais finalement j'y arrive toujours. Comme il le dit :"Une bonne séance de sport, c'est quand tu n'arrives plus à marcher à la fin !".
MAY BODY FORM vous accueille rue Mariaze à Mamoudzou : Du lundi au samedi : de 6h à 21h30 non-stop Le dimanche : de 7h à 18h non-stop Plus d'informations au 0639 64 58 59
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LE DOSSIER
Agriculture bio
COMMENT LA FAIRE GERMER ?
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Le bio ? Une gageure à Mayotte. Pourtant, une alimentation saine est le pilier d’une bonne santé. Une règle que semble oublier la nouvelle génération. L’arrivée de la grande distribution à Mayotte a entrainé de nouvelles habitudes alimentaires qui ne sont pas sans risques. À cela s’ajoutent les agriculteurs qui ont également modifié leurs méthodes de travail en arrosant leurs exploitations de pesticides. Or, il n'y a pas si longtemps encore, nos anciens produisaient et consommaient bio à leur manière. Alors, un retour aux sources ne serait-il pas plus judicieux ?
LE DOSSIER
Raïnat Aliloiffa
PRODUCTION BIO
UNE AGRICULTURE QUI PEINE À SE DÉVELOPPER ALORS QUE LE MARCHÉ DU BIO EST EN PLEINE EXPANSION AU NIVEAU NATIONAL ET INTERNATIONAL, À MAYOTTE LE CONCEPT EST ENCORE TRÈS TIMIDE, VOIRE INEXISTANT. LES PROFESSIONNELS NE MANQUENT PAS DE VOLONTÉ, MAIS SE HEURTENT À BON NOMBRE DE CONTRAINTES RENDANT DIFFICILE LA CERTIFICATION BIOLOGIQUE. SI DES PROJETS COMMENCENT À ÊTRE MIS EN PLACE PAR LES INSTITUTIONS, ENCORE FAUT-IL QUE LES AGRICULTEURS AIENT LES CAPACITÉS D’Y PARTICIPER. Peut-on parler d’agriculture biologique à Mayotte ? La réponse est non : aucun organisme de certification biologique n'existe sur le territoire. Celui-ci permet d'évaluer les terres agricoles ainsi que les produits qui y poussent pour déterminer s’ils correspondent ou pas au cahier des charges instauré par le label AB (agriculture biologique). C'est là le plus grand frein de la production bio à Mayotte : les agriculteurs qui veulent se convertir au bio doivent faire venir eux-mêmes un organisme certificateur depuis La Réunion, Madagascar ou la métropole. "Le problème c’est que cela coute extrêmement cher et on a aucune aide", dénonce Dani Salim, agriculteur à Kahani. Un exploitant qui souhaite être certifié doit donc prendre en charge seul le coût qui en découle, ce qui comprend le billet d’avion du spécialiste, son séjour et bien sûr la mission en elle-
même, qui dépend de la taille de la surface à examiner et à certifier. Autrement dit, il est difficile, voire impossible pour un agriculteur mahorais de financer ce projet. Alors pourquoi n’existe-t-il pas déjà d’organismes certificateur à Mayotte comme c'est le cas à La Réunion et à Madagascar ? "Le marché du bio à Mayotte n’est pas assez important pour intéresser les entreprises comme Ecocert ou Certipaq qui sont les plus gros organismes de certification qui existent en France et dans la région", indique Bryce Bouvard, chargé de mission sur la surveillance biologique du territoire au lycée agricole de Coconi. Les agriculteurs mahorais qui souhaitent se convertir sont donc enfermés dans un cercle vicieux : le marché ne se développera pas si personne ne fait le premier pas,mais celui-ci est difficile à faire. De plus, même après avoir été certifié, "il faut vérifier tous les ans si le
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cahier des charges est respecté afin de pouvoir garder la certification. Et ces missions d’audit ont un coup financier non négligeable, les agriculteurs ne s’en sortiraient pas", rajoute le professionnel. Autre limite à la production biologique : le climat. Nous nous trouvons dans une zone tropicale et humide propice aux maladies du sol. Il est nécessaire de trouver des alternatives bios aux produits chimiques, qui peuvent être adaptées localement et résister à la chaleur.
L'IMPOSSIBLE ÉLEVAGE BIO Et la viande dans tout cela ? Concernant la volaille et la viande rouge, le manque d’espace vient s’ajouter au problème de la certification. Les superficies sont beaucoup trop petites pour permettre aux volailles d’être élevées en plein air en respectant les critères de l’agriculture biologique. "Quand on fait de la poule pondeuse ou de la volaille en bio, il faut du plein air. Il y a une densité maximale à ne pas dépasser, c'est-à-dire un
nombre de poules par bâtiment. Ici, souvent, les exploitations ne sont pas très grandes", détaille Bryce Bouvard.
DES INITIATIVES NAISSANTES À Mayotte, le bio n’est pourtant pas méconnu des consommateurs et des professionnels. Pour répondre à cette attente naissante, de plus en plus d’agriculteurs n’utilisent plus de produits chimiques, de pesticides ou d'hormones. Et pour trouver des solutions alternatives, il faut faire preuve d’imagination et de beaucoup de patience. Dani Salim en est la preuve. Agriculteur depuis 20 ans, il s’est converti au bio selon ses propres critères depuis cinq ans. Il l'explique : "Je n’utilise plus les produits qui ne sont pas homologués bio. Et j’ai adopté une culture associée. C'est-à-dire que j’ai intégré des aromates dans mes plantations. Cela dégage des odeurs qui repoussent les insectes. Je suis gagnant parce que je ne gaspille pas d’argent dans des produits chimiques qui coûtent très cher." Le professionnel affirme ne pas avoir besoin de la certification car cela lui couterait trop
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LE DOSSIER
cher. Sa clientèle ne semble pas lui en tenir rigueur et lui fait confiance. Une clientèle majoritairement métropolitaine. Le lycée agricole de Coconi est lui aussi un bon exemple : il s'est lancé dans un projet de conversion selon le cahier des charges du label AB depuis mars 2018 et devrait obtenir la certification en 2021. L’établissement a également adopté la méthode d’association d’aromates dans les plantations pour repousser les insectes. Actuellement, toute la partie maraîchage du site et le rucher sont en pleine reconversion. La plus grande difficulté ? "Augmenter la surface pour arriver à approvisionner la cantine du lycée, la boutique de vente, et l’atelier agroalimentaire", confie Laetitia Vannesson, directrice de l’exploitation pédagogique du lycée agricole. Et puis, à défaut de produire, il y a ceux qui vendent bio, à l'image de Nassure Maliki, propriétaire de Maybio. Le magasin ouvert depuis 2018 est devenu la référence en termes de produits bio à Mayotte. On y
trouve de la nourriture, mais également des articles de cosmétiques et de puériculture. "99% de ce qui se trouve dans le magasin est importé de métropole", informe Nassure Maliki. La faute à une agriculture bio trop peu développée sur le territoire : seuls quelques fruits et légumes sont issus de la production locale, et ils ne sont pas toujours en magasin. "Nous avons commencé à nous fournir en fruits et légumes bio mais on n’a pas encore de production locale assez suffisante pour alimenter le magasin", regrette le gérant.
DE NOUVEAUX PROJETS POUR INCITER LES AGRICULTEURS À SE CONVERTIR AU BIO Pour pallier cette problématique, un projet d’aide de financement à la conversion est lancé par le lycée agricole de Coconi, la Coopac, l’Ucopam, Avimac et l’Epfam. Financé par les fonds européens, il est
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OÙ TROUVER DES PRODUITS BIO À MAYOTTE ? Parce que manger bio à Mayotte relève de la gageure, voici quelques adresses proposant des produits biologiques ou assimilés. Bon marché !
MAY BIO Magasin qui propose des produits bios. Vous y trouverez de l’alimentation, du cosmétique, et des produits pour bébé. Horaires : Ouvert du lundi au samedi de 9h à 19h Adresse : Hauts vallons derrière le M’biwi café Contact : 06 39 23 69 04 destiné à structurer les filières du bio à Mayotte. "L’idée est de mettre en place un réseau de vingt agriculteurs qui se lanceraient dans l’agriculture biologique. Ils sont accompagnés surtout administrativement parce que pour la conversion bio il y a beaucoup de procédures administratives et ils ne sont pas forcément habitués ici. Le lycée est impliqué comme modèle d’expérimentation", annonce Cécile Morelli, chargée de communication du projet et chargée de mission au lycée agricole. À l’heure actuelle, 17 agriculteurs ont accepté de se lancer. Ce projet leur est également bénéfique financièrement puisque, lors de l'étape de certification, le certificateur ne viendra qu'une seule fois pour les vingt professionnels, qui partageront les frais de la mission d’audit, ce qui leur reviendra moins cher. Ce projet leur permettra aussi d’obtenir des aides qui "existent dans toute la France sauf à Mayotte. Ils pourront se lancer plus sereinement dans la labellisation", selon Cécile Morelli. Par ailleurs, l’Agence bio (agence française pour le développement et la promotion du label AB) a lancé un appel à projet dans le cadre du programme "Ambition Bio 2022". Il est relayé par la Direction de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt de Mayotte (DAAF). Il s’agit dune’aide de financement au niveau national. Les agriculteurs mahorais peuvent donc y prétendre car il s’agit également de développer les filières biologiques dans les départements d'outre-mer. Enfin, bon à savoir en attendant le développement du bio à Mayotte : chez nous, les fruits ne sont pas concernés par les problèmes de pesticides. Ils poussent naturellement, ne sont pas traités et sont vendus à l’état brut. Même ceux qu’on trouve en bord de route comportent peu de risque selon Bryce Bouvard, chargé de mission sur la surveillance biologique du territoire. Les produits les plus touchés sont les légumes et notamment les tomates, concombres, salades, courgettes et quelques brèdes. Bon appétit. n
LE BANGA DU LYCÉE AGRICOLE DE COCONI Deux fois par semaine, le lycée met à la vente les récoltes issues de ses exploitations qui sont en cours de conversion au bio. Vous y trouverez principalement des fruits, des légumes, des bananes, manioc, et des brèdes. Horaires : Le jeudi et le samedi, toute la journée. Adresse : Lycée agricole de Coconi
DANI SALIM Cet agriculteur traite ses terres agricoles uniquement à base de produits homologués bios et d’aromates naturels, depuis 5 ans. Sa production est principalement végétale : fruits, légumes, brèdes. Horaires : Du mercredi au Samedi de 8h à 14h. Le samedi de 9h00 à 13h00 Adresse : Domaine de HABOUE Piste agricole Kahani – Combani. Le site se situe dans les hauteurs de Kahani. Contact : salim.dani@agrimay976.com ou 06 39 06 70 30 ou https://agrimay976.com/
MAKIFOOD Agriculteur qui propose des fruits, légumes et épices selon les normes de l’Agriculture Biologique. Horaires : Sur rendez-vous Adresse : 16 rue Antanibazaha 97650 Mtsangamouji Contact : 06 39 23 43 10
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LE DOSSIER
Raïnat Aliloiffa
Les habitudes alimentaires ont changé, et particulièrement à Mayotte avec l’arrivée des supermarchés et des produits industriels. Petit à petit, les bananes, le manioc, et autres fruits à pain laissent place aux pâtes, frites, et burgers. Ce changement est l’une des conséquences de
l’occidentalisation de la société mahoraise. "Pour un Mahorais, bien manger c’est manger tout ce qui est industriel et bourré de sucre alors qu’on a tout ce dont a besoin dans les produits locaux de chez nous", explique Kouraïchia Hamidou Douchena, diététicienne à Accoua. Il s’agirait en réalité d’une évolution
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ALIMENTATION ET SANTÉ
LES CAROTTES SONT-ELLES CUITES ? LES GRANDES CHAINES DE FAST-FOOD NE SONT PAS ENCORE IMPLANTÉES À MAYOTTE ET POURTANT LA POPULATION MAHORAISE TEND À DÉLAISSER LES ALIMENTS DITS TRADITIONNELS POUR LES INDUSTRIELS. CE QUI ENGENDRE DES MALADIES GRAVES. POURTANT, LES PRODUITS LOCAUX SONT VARIÉS ET RENFERMENT DES PROPRIÉTÉS NUTRITIONNELLES INDISPENSABLES POUR MAINTENIR LE CORPS EN BONNE SANTÉ.
sociale. Les Mahorais associent les produits locaux au niveau bas de l’échelle sociale. Les consommer serait signe de pauvreté, alors qu’ils concentrent des valeurs nutritionnelles très riches et bonnes pour la santé. Les produits que l’on trouve à Mayotte sont très variés, mais sous-estimés. "On ne se rend même pas compte de la richesse qu’on a avec nos produits locaux. On
a de quoi avoir une alimentation saine mais on ne mange que du riz", déplore la diététicienne. En effet, selon une étude sur les comportements alimentaires à Mayotte datant de 2013, menée par le sociologue David Guyot, l’aliment de base des Mahorais reste le riz, présent dans presque 40% des prises alimentaires, suivi par les mabawas et les cuisses de poulet. Mais au risque
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LE DOSSIER
Raïnat Aliloiffa
VRAI/FAUX LES PRODUITS LOCAUX SONT FORCÉMENT BIO
VRAI/FAUX IL FAUT MANGER 5 FRUITS ET LÉGUMES PAR JOUR
FAUX
VRAI ET FAUX
Même s’il est conseillé de manger local, les produits locaux ne sont pas forcément bio. Particulièrement à Mayotte où la certification n’existe pas. Il est d’ailleurs déconseillé d’acheter des légumes vendus sur les bords de routes car une grande partie ne correspond pas aux normes françaises et européennes. Et il est impossible de tracer leur provenance. Il est préférable d’acheter en grande ou moyenne surface. Les fruits en revanche sont de bonnes qualités.
Il s’agit d’un slogan choisi par le programme national Nutrition Santé pour marquer le coup. Aucune étude ne permet de déterminer que le chiffre 5 est le bon. Cependant il est recommandé de manger plus de légumes que de fruits dans les "5 fruits et légumes par jour". Il est aussi important de prendre en compte la portion de fruits ou de légumes. La quantité idéale est de 80g à 100g, soit la taille de la paume de la main.
d’en décevoir certains, les mabawas ne sont pas recommandés par les professionnels de la nutrition car ils sont trop gras. Les brèdes, les féculents comme les bananes, maniocs, fruits à pain, patates douces, les salades, les légumineuses du type haricots, ambrevades, lentilles, le poisson et les viandes maigres sont à privilégier. Ce sont des produits locaux et faciles d’accès. Consommer local permet également de varier son alimentation, ce qui est indispensable. Selon l’étude du sociologue Guyot, les familles les plus aisées ont tout de même tendance à moins consommer en abondance et privilégient la qualité des produits. Alors que celles aux revenus modestes "consomment sans modération."
bougeaient beaucoup. Alors que maintenant elles sont sédentaires", regrette Kouraïchia Hamidou Douchena. Non seulement elles ne font pas de sport, mais leur manière de cuisiner n’évolue pas vraiment de façon positive. La professionnelle déplore le fait que beaucoup d’aliments soient frits. Les enfants en pâtissent et prennent de mauvaises habitudes. Entre les aliments cuits à l’eau et ceux qui sont frits, ils choisissent généralement la deuxième option, pourtant plus grasse. Les professionnels rappellent que l’éducation alimentaire se fait dès le plus jeune âge. Si les goûts alimentaires d’un enfant sont restreints, il lui sera très difficile d’avoir une alimentation variée à l’âge adulte. "Si un enfant n’aime pas un aliment, il faut lui proposer à nouveau d’une autre manière. Souvent c’est juste l’aspect qui ne lui plait pas", conseille la diététicienne. Les professionnels de la santé s’accordent tous à dire que les enfants, comme les adultes d’aujourd’hui mangent trop gras, trop sucré, trop salé. Conséquence : une augmentation des risques de pathologies graves comme l’hypertension, le diabète, l’obésité, les AVC, et même certains cancers.
DE RÉELS RISQUES SUR LA SANTÉ Selon RéDiabYlang, association luttant contre le diabète, les statistiques sur les dépistages effectués dans l’année confirment que les femmes sont les plus touchées par le surpoids et l’obésité. Là encore, l’évolution de la société a un rôle à jouer. "Au temps de nos grands-mères, les femmes allaient aux champs, à la rivière, elles
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VRAI/FAUX ON PEUT MANGER DE LA VIANDE AUTANT DE FOIS QU’ON LE SOUHAITE
VRAI/FAUX LES FRUITS ET LÉGUMES SURGELÉS N’ONT PAS DE VALEUR NUTRITIONNEL
FAUX
FAUX
Il faut d’abord différencier la viande rouge et la viande blanche. Il est important de privilégier cette dernière qui est plus maigre (à manger sans la peau). Puis, tout est une question de portion. Il ne faut pas dépasser les 300g de viande par semaine. Vous pouvez donc manger deux à trois fois de la viande par semaine en divisant les portions.
Ils ont mauvaise réputation, pourtant les surgelés ont quasiment les mêmes valeurs nutritionnelles qu’un fruit ou légume frais qui vient d’être cueilli. Ils les conservent jusqu’à leur consommation. Les fruits et légumes surgelés sont même plus sûrs que les produits frais qui perdent leur richesse nutritionnelle après avoir été laissés quelques jours à l’air libre et subit différents traitements.
Et à cela s’ajoute le manque d’exercices physiques. Le slogan "Manger bouger" n’est donc pas à prendre à la légère.
IL Y A ENCORE DE L’ESPOIR Toutefois, tout n’est pas à jeter dans les habitudes alimentaires des Mahorais. Le voulé qui fait partie intégrante de la culture mahoraise est plutôt un bon exemple. La grillade est en effet un mode de cuisson plutôt sain. Il est préférable de faire griller son poulet ou son poisson plutôt que de le faire frire. Mais attention au voulé trop répétitifs. "Malheureusement le voulé est très souvent accompagné de boissons sucrées et gazeuses. Et on sait tous que c’est à éviter", alerte la professionnelle. De plus il est déconseillé de manger autant de viande en une seule fois. Il ne faut pas dépasser 300g par semaine. Une quantité largement atteinte lors des réunions entre amis et famille autour d’un voulé. Les aliments que l’on fait bouillir, localement connu sous le terme de "bata", représentent le mode de cuisson à privilégier, ainsi que la vapeur. Cela permet au produit cuisiné de garder au maximum ses propriétés nutritionnelles. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, donc, il n’est pas difficile de manger sainement à Mayotte. En plus de la variété des produits, leurs prix sont abordables. La professionnelle le rappelle : "On peut bien manger et à moindre coût avec ce qu’on a à la maison.
VRAI/FAUX LES FRUITS ET LÉGUMES BIO SONT PLUS RICHES EN VITAMINES
VRAI ET FAUX Les études sont en cours, mais tout porte à croire que les valeurs nutritionnelles d’un produit bio et non bio sont égales à la cueillette. Ce qui pourrait faire la différence est le traitement qu’ils subissent par la suite. Un produit bio est généralement consommé rapidement et ne subit pas trop de changement de température. Ce qui n’est pas le cas du non bio. Et c’est ce changement de température qui réduit les valeurs nutritionnelles du légume ou fruit.
On trouve des bananes, du manioc, ou des brèdes partout. On peut même manger de la sardine et ce n’est pas du tout cher." La sardine renferme en effet des nutriments comme l’oméga 3, le fer, le magnésium, entre autres, tous bons pour le cœur. Les produits locaux de Mayotte sont excellents pour la santé, les modes de cuissons des anciennes générations aussi. Alors un retour aux sources serait plutôt de bon goût. n
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LE DOSSIER
Raïnat Aliloiffa
D'HIER À AUJOURD'HUI
C'EST DANS LES VIELLES PRATIQUES QU'ON FAIT LES MEILLEURS RÉGIMES LES ANCIENS NE COMPRENNENT PAS LES JEUNES. ET VICE VERSA. CET ADAGE EST VRAI MÊME DANS L’ALIMENTATION. L’ANCIENNE GÉNÉRATION SE VANTE D’AVOIR MANGÉ SAIN ET BIO PRATIQUEMENT TOUTE SA VIE ALORS QUE LA NOUVELLE NE VOIT PAS L’UTILITÉ D’UNE ALIMENTATION ÉQUILIBRÉE. LES DEUX CAMPS SE CONFIENT SUR LEURS HABITUDES ALIMENTAIRES. L’arrivée des produits industriels et de la malbouffe donne l’impression que l’on a toujours mangé ainsi. Mais ce n’est pas le cas pour les anciens, particulièrement à Mayotte. Le Mahorais est traditionnellement agriculteur. Les anciennes générations cultivaient ainsi elles-mêmes leurs terres agricoles pour subvenir aux besoins de la famille. "On faisait tout nous-mêmes. Et on travaillait nos champs sans tous ces produits chimiques qu’il y a aujourd’hui", se souvient Mogné Ali qui a aujourd’hui 85 ans. Sa femme, Amina, se souvient de son enfance rythmée par les virées quotidiennes au champ. "Quand on était petits, après l’école coranique on allait aux champs avec le foundi pour cueillir les bananes, maniocs, et beaucoup de fruits." Amina le dit : elle adorait aller au champ parce qu’elle se nourrissait pratiquement que de fruits. Des souvenirs que partagent beaucoup de seniors
aujourd’hui. Hamida, 81 ans, raconte elle aussi ses aventures dans les champs de sa famille. "On avait de tout. Du blé, des bananes, du manioc, des tomates, de la salade, des brèdes, des fruits. À la maison on n’achetait presque rien. Même pas le riz. Tout venait de nos récoltes. Et on avait également un poulailler", se rappelle-telle. Les seuls aliments qu’ils se procuraient à l’extérieur étaient le poisson et la viande. Elle raconte d’ailleurs qu’ils mangeaient quotidiennement du poisson et très peu de viande. Et quand on leur demande de quelles façons ils consommaient tous ces aliments, la cuisson à l’eau et la grillade reviennent le plus souvent, même si Hamida avoue qu’ils leur arrivaient de faire frire les patates douces, parce qu’autrement elle ne les mangeait pas. Cette ancienne génération prétend avoir eu la belle vie car tout ce qu’ils consommaient était frais. "Qu’est-ce qu’on mangeait bien avant !
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Et surtout on ne mangeait pas de surgelés. Tous nos produits étaient frais. On n’achetait pas en abondance pour conserver après", soupire Mogné Ali, déplorant la surconsommation actuelle et se demandant pourquoi les gens ont besoin de tout acheter. Hamida quant à elle ne comprend pas l’apparition des maladies comme le diabète, l’hypertension ou l’obésité. "J’ai 81 ans, plus jeune je mangeais tout ce que je voulais et je n’ai jamais eu ce genre de maladies, Dieu merci. Ce n’est que récemment que j’entends parler de diabète ou d’hypertension. Et je suis persuadée que c’est à cause des modes de consommation et de conservation des aliments", affirme-telle. Amina pense que c’est également dû à la sédentarité des personnes. "Nous allions tous les jours aux champs. On bougeait beaucoup et ça c’est déjà du sport. Aujourd’hui les jeunes ne veulent rien faire », s’indigne-t-elle.
"JE N’AURAIS PAS ÉTÉ CAPABLE D’ALLER AU CHAMPS" Les nouvelles générations sont justement à l’opposé de ce que faisaient ou mangeaient leurs grands-parents. "À la maison on mange souvent des pâtes et du riz. Mais on essaye de varier et manger mieux. Ce n’est pas évident parce qu’on n’est pas habitués mais ça vient petit à petit", raconte Noémie, 28 ans. Cette dernière avoue avoir pris conscience de l’importance de changer ses habitudes alimentaires à l’arrivée de son bébé il y a deux ans. "Pour lui je fais des efforts. Il mange des fruits et des légumes tous les jours. Je veux qu’il s’y habitue dès son plus jeune âge et qu’il
ne soit pas comme nous." Matie, une étudiante de 22 ans, affirme ne pas se soucier de cela. "Manger sain me coûte trop cher. Encore plus quand c’est bio. Alors je me contente de ce que je peux acheter comme les pâtes, les pommes de terre, les steaks et les cordons bleus. Tout ce qu’il ne faut pas", sourit-elle, consciente de ne pas avoir une alimentation équilibrée. Mais ces habitudes ne seraient pas seulement liées aux moyens économiques. Aurélie, 28 ans, travaille, et pourtant elle ne juge pas encore utile de se préoccuper de son alimentation. "Pourquoi manger sainement ? Des fois je fais des efforts mais cela dépend vraiment de mon humeur. Quand j’ai le temps, je prends des fruits au petit-déjeuner." Cependant, il serait injuste d’affirmer que tous les jeunes sont adeptes de la malbouffe. Certains essayent de varier leur alimentation et même de manger bio. "Je fais de plus en plus attention à ce que je mange. C’est très facile de manger les cinq fruits et légumes par jour recommandés. Au lieu de grignoter des chips je prends des fruits. Et à chaque repas je mange des légumes", explique Mia, 24 ans, qui se convertit par ailleurs au bio car elle est consciente des méfaits des pesticides sur la santé. Parmi tous ces jeunes, si certains font des efforts au niveau de l’alimentation, on constate que les plats traditionnels mahorais sont très peu présents dans la leurs habitudes. Les bananes, maniocs, brèdes, très peu pour eux. Et aucun ne souhaite vivre l’époque de leurs grands-parents où il fallait aller au champ pour manger. "Je ne pense pas que j’en aurais été capable. J’ai déjà du mal à aller à la salle de sport", confirme Matie.n
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ENTRETIEN
Geoffroy Vauthier
MOHAMED HAMISSI, CHEF DE PROJET TRANSPORT ET MOBILITÉ À LA CADEMA
"À MAYOTTE, ON NE PRÉPARE JAMAIS LA SUITE" SI LE RÉSEAU DE TRANSPORT EN COMMUN CARIBUS EST SUR DE BONS RAILS, AVEC UN DÉBUT DES TRAVAUX PRÉVU DANS LA PREMIÈRE PARTIE DE L'ANNÉE 2020, BEAUCOUP RESTE ENCORE À FAIRE JUSQU'À SON LANCEMENT, MAIS AUSSI POUR SON EXPLOITATION FUTURE. MOHAMED HAMISSI, CHEF DE PROJET TRANSPORT ET MOBILITÉ À LA CADEMA, L'AFFIRME : IL NE SUFFIT PAS D'AVOIR LANCÉ LE PROJET. LA MOBILISATION DOIT DEMEURER TOTALE DE LA PART DES POUVOIRS PUBLICS. Mayotte Hebdo : Première question, celle que tout le monde se pose : où en est la mise en place du réseau de transport en commun de la Cadema ? Mohamed Hamissi : Caribus suit son cours. Il y a toujours cette ambition de démarrer les travaux de la première tranche au cours du premier semestre 2020. Ils concernent notamment la zone de Kawéni avec la rue Martin Luther King ; d'autres opérations comme des élargissements d'ouvrages d'art ; ou encore l'aménagement du pôle d'échange multimodal à Passamaïnty. Cette première tranche rentre dans le plan d'urgence du Plan global de transports et de déplacements de Mayotte, cosigné par l'État, le Conseil départemental et la Cadema, qui a permis le bouclage de son financement. MH : Il n'y a donc pas de retard comme on peut l'entendre parfois ? Sa livraison est prévue à l'horizon 2022-2023…
M.Ha : Il peut toujours y avoir des retards sur un grand projet comme celui-ci, la période des fortes pluies par exemple ou le risque de cyclone, mais c'est pour cela que nous prévoyons large pour la réalisation de la première tranche, jusqu'au mois de mai ou juin, afin de pouvoir stopper le chantier deux ou trois semaines si nous n'avons pas le choix. Mais nous sommes dans les délais. MH : Ces derniers temps, le phénomène de subsidence de l'île la rend plus vulnérable aux grandes marées et aux fortes houles. De fait, le tracé du réseau pourrait être impacté. Qu'en est-il ? pourrait-il être modifié ? M.Ha : Il n'y a pas de raison de le faire. Le réseau Caribus, c'est quatre lignes. La première est à haut niveau de service, elle rallie les Hauts-Vallons à Passamaïnty, et bénéficiera intégralement d'aménagements dédiés pour garantir la facilité de circulation
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aux véhicules et leur régularité. La deuxième permettra de relier Mamoudzou au CUFR de Dembéni avec deux antennes pour rejoindre les villages de Ongojou et Hajangoua. La troisième partira de Doujani pour rallier les hauts de Mamoudzou : Cavani-Mtsapéré, Cavani-Mamoudzou, les 100 villas, le CHM, etc., avec un terminus au pôle d'échange de Mamoudzou. Enfin, la quatrième ligne effectuera le trajet de Passamaïnty à Vahibé. La question de l'enfoncement de l'île se pose donc surtout pour la première ligne, qui sera développée sur la route nationale, avec un réseau déjà existant mais optimisé pour la ligne. Si les voies sont submergées, c'est que tout Kawéni l'est. Idem pour la rocade avec le terre-plein de Mtsapéré, inondable. Mais c'est toute la zone qui est ainsi. Le phénomène sera beaucoup plus impactant pour les villages et ses habitants que
pour le réseau en soi. À mon avis, il n'y a donc pas de raison de modifier le tracé. MH : Par ailleurs, vous revenez de Guadeloupe où vous participiez au séminaire Inter-DOM sur l'économie et les systèmes de transport. Quel retour en faites-vous ? M.Ha : À Mayotte, on accuse un gros retard, mais force est de constater que les autres DOM n'ont pas non plus beaucoup avancé par rapport à nous. Les transports publics y existent, c'est vrai, mais ils ont aussi un retard manifeste. À tel point qu'à l'issue de cette rencontre a été décidé de créer un réseau de techniciens du transport et de la mobilité. L'objectif est d'échanger sur nos expériences et projets afin que tout un chacun en bénéficie.
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ENTRETIEN
CHAMBRE RÉGIONALE DES COMPTES Des modalités d'exploitation à déterminer Dans son rapport sur la Cadema paru ce 3 décembre, la Chambre régionale des comptes de La réunion et de Mayotte aborde le projet Caribus. Elle y détaille quelques problématiques, notamment en ce qui concerne la nécessité de choisir les modalités d'exploitation : "Fin août 2019, les modalités d’exploitation du réseau n’étaient toujours pas clairement définies. Par suite, la communauté d’agglomération n’est à ce jour pas en mesure de déterminer le coût prévisionnel d’exploitation de son futur réseau de transport", détaille-t-elle en rappelant que "l’établissement a la possibilité soit de gérer directement le service par le recours à une régie, soit d’en confier la gestion à un tiers par le biais d’une concession ou délégation de service public (DSP). Le mode de gestion des réseaux de transport le plus répandu est celui de la DSP avec une contribution forfaitaire de la personne publique au délégataire. Quel que soit le mode de gestion choisi, la Cadema devra se positionner sur la charge des investissements nécessaires à l’exploitation du service public et à l’acquisition du matériel roulant. Les options entre acquisitions en biens propres ou acquisitions à la charge d’un éventuel délégataire auront un impact non négligeable sur les prochains budgets. À ce jour, la Cadema semble se diriger vers une acquisition directe, option qui lui permettrait, selon ses déclarations, de maîtriser les coûts et le choix du matériel. En tout état de cause, la Cadema doit s’assurer que le projet est finançable en investissement mais également en exploitation. Pour cela, il apparait souhaitable, selon la chambre, d’associer suffisamment en amont non seulement le service finances mais aussi l’ensemble des services concernés au cabinet Narendre et de définir clairement les prérogatives de chacun de ces acteurs. La chambre recommande à la Cadema de définir le mode d’exploitation du futur réseau de transport interurbain." En réponse à ces observations, la Cadema souligne sur ce point : " Le mode d’exploitation du CARIBUS fait actuellement l’objet d’une analyse, l’orientation est une DSP mais cela reste encore à soumettre à la décision de l’assemblée. Concernant l’existence d’un budget annexe, celui-ci sera proposé avant le début de la mise en service du CARIBUS mais reste subordonné à ce jour à la décision préalable du mode de gestion et au démarrage du service public. Cela sera établi dès le budget 2021, il sera donc doté d’un compte spécifique, comme vous nous le recommandez. De même, la mise en place d’un suivi du plan de financement, tant en recettes qu‘en dépenses, est acté conformément à ce que vous nous avez conseillé."
MH : Le conseil départemental met lui aussi en place son réseau de transport en commun, avec notamment des navettes maritimes. Comment cette articulation entre les deux projets se passe-t-elle ? M.Ha : Il s'agit d'un consensus basé sur du gagnant-gagnant. Sa finalité est de faciliter l'usage des transports collectifs avec l'unification des offres, la mutualisation des stations, une tarification claire avec une interopérabilité financière qui permet d'utiliser un seul titre pour plusieurs déplacements, etc. Mais le sujet est avant tout politique, il nécessite un débat pour que des caps soient fixés, car l'intermodalité ne se décrète pas. Ces caps, déterminés par le politique, les techniciens sont ensuite chargés de trouver des solutions pour les atteindre. Aujourd'hui, il y a des pourparlers avec le Conseil départemental sur ces questions. On trouvera probablement un consensus, et c'est absolument nécessaire que des choix politiques clairs soient faits, avec des engagements financiers clairs. On y travaille, mais c'est complexe car, encore une fois, il faut une volonté politique totale. Sans compter qu'il faut aussi penser à l'après : il ne suffit pas de faire quelque chose ensemble, encore faut-il que cela fonctionne à l'usage. C'est une gouvernance et un management qu'il ne faut pas négliger. On a cette mauvaise habitude à Mayotte de ne pas être capable d'investir et donc de ne pas pouvoir ensuite gérer les équipements. MH : On sent tout de même une volonté politique autour de ce projet, non ? M.Ha : Ce que nous disons, nous techniciens, aux élus, c'est qu'il ne doit pas y avoir de guerre politique sur des impératifs de service public. Caribus est l'un d'eux, c'est un droit à la mobilité pour la population et non un projet d'aménagement de voirie. C'est d'ailleurs une obligation pour la Cadema de le mettre en place. Il ne faut pas que le Département résonne de façon interurbaine de son côté et que la Cadema le fasse de façon urbaine du sien : il doit y avoir une corrélation et une coopération entre les deux autorités organisatrices. Nous leur disons aussi que les impératifs de ce service doivent être assurés de manière que l'île ne soit pas paralysée. Car à défaut de transports en commun terrestres, on incite
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les gens à s'équiper autrement et à se déplacer avec leur propre véhicule. Or, on sait que les infrastructures routières, construites dans les années 1970, n'ont pas été dimensionnées pour supporter le trafic que nous connaissons aujourd'hui : jusqu'à 2 500 véhicules par heure sur certains tronçons comme celui qui va de la barge au rond-point de Kawéni. Nous le rappelons donc aux pouvoirs publics : si on ne se met pas d'accord, si on n'accélère pas pour y parvenir, nous allons tuer à petit feu ce territoire. Dans deux ans, l'île sera paralysée. Cela serait une catastrophe. MH : Il existe également d'autres projets, comme le contournement de Mamoudzou. Un avis d'appel public à la concurrence a d'ailleurs été passé en septembre dernier. Il ne serait donc pas pertinent selon vous ? M.Ha : Le contournement de Mamoudzou est sous la maîtrise d'ouvrage du Conseil départemental. On dit que le contournement sera de toute façon indispensable tôt ou tard afin de rééquilibrer le territoire, notamment en termes économiques. Mais pour parler de contournement, encore faut-il justifier son utilité et savoir à quoi il répond. Quelles fonctions
doit-il avoir ? Est-ce pour désengorger la route nationale ? Pour relier les points générateurs de déplacements ? Il y a des questions à clarifier avant de le réaliser. Aujourd'hui, le trafic de transit à Mamoudzou ne dépasse pas 6% du trafic journalier, soit 2 000 véhicules par jour seulement. C'est peu. Face à ce constat, la question est donc de savoir si le contournement de Mamoudzou, et les investissements qu'il va nécessiter, est une priorité. Je ne dis pas qu'il ne sera pas nécessaire dans quelques années, bien entendu, mais quand on sait que les finances publiques se font rares, est-il prioritaire ? Le droit aux transports collectifs n'est-il pas, pour le moment, une réponse plus adaptée qui, en plus, limite l'impact sur l'environnement, sur la qualité de l'air, qui limite aussi les accidents de la route, etc. ? C'est une question de fond que tout le monde doit se poser : un contournement pour quoi ? Pour quel trafic ? Pour quelles liaisons ? Est-ce que financièrement c'est une priorité ? C'est aux pouvoirs publics dans leur ensemble que je m'adresse et non juste au Département, car des maires ou des acteurs économiques peuvent aussi faire du lobbying pour que leurs territoires profitent de l'infrastructure. L'offre doit répondre à une demande, pas à des rêves ou des besoins individuels. Il ne faut pas se dire "Pourquoi La Réunion aurait une route et pas nous ?" Le contexte
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ENTRETIEN
n'est pas le même. Pour les 10 prochaines années, il faut mettre d'abord le paquet sur le développement des transports en commun et des modes de déplacements alternatifs, et en parallèle prendre le temps d'étudier la question du contournement pour qu'il soit vraiment opportun et justifié. MH : Vous dîtes craindre que l'île soit étouffée. La situation est-elle si alarmante ? M.Ha : Récemment, l'association Hawa Mayotte, mandatée pour étudier la qualité de l'air, montrait que Kawéni était la zone la plus polluée de l'île, bien qu'encore loin du seuil d'alerte. Mais il ne faut pas attendre le pire pour agir. Les études du Schéma régional des infrastructures et des transports (SRIT) de Mayotte et le Schéma de déplacements de 2004, déjà, prévoient l'asphyxie du réseau routier du grand Mamoudzou à l'horizon 2025. Le trafic qui converge vers Mamoudzou est pendulaire : ce sont des gens qui viennent travailler le matin et repartent le soir. S'il y a une plus grande concentration encore des acteurs générateurs de déplacements dans Mamoudzou-centre et dans Kawéni, on risque une paralysie dans deux ans. Dans deux ans seulement, pour rallier Dembéni aux Hauts-Vallons, il faudra peut-être quatre heures de temps ! Il faut penser aux usagers de la route, aux scolaires qui vont devoir se lever encore plus tôt, aux véhicules d'urgence qui seront bloqués, etc. Il faut agir ! À force de contester des projets ou de considérer que la priorité est ailleurs, qu'il vaut mieux s'attaquer d'abord à autre chose, on risque de ne rien faire et de se retrouver dans une situation qui ne sera acceptable pour personne. L'observation des politiques de déplacements à Mayotte sur les 20 dernières années est contradictoire. Depuis 1995, on a eu toute une série d'études démontrant qu'il était urgent d'équilibrer les modes de déplacement. Et aujourd'hui, en 2020, ce qu'on craignait est en train d'arriver. Il y a eu des études, mais les réalisations sont jusque-là restées quasi nulles. En théorie, tout le monde était d'accord sur ce qu'il fallait faire, mais en pratique, très peu d'investissements ont été faits. Les taxis en sont un bon exemple : en l'absence d'alternative à la voiture, les taxis
mabawas se développent et bouffent les taxis classiques, apparus en 1960 mais qui disparaissent à cause des conditions de transport dans le grand Mamoudzou. MH : Vous semblez inquiets quant au devenir des transports en commun chez nous… M.Ha : Oui, car il faut que le sujet devienne politique, je le répète. En tant que technicien, j'ai envie de voir des élus impliqués, qui décident, qui vont chercher les moyens. Des élus qui renforcent eux-mêmes leurs compétences pour devenir ce qu'on appelle des "sachants" afin de prendre des décisions rapidement et réaliser les projets. Nous ne devons pas attendre que Paris ou que des bureaux d'études nous dictent tout. S'il y a un acteur à Mayotte, aujourd'hui, qu'on ne peut pas pointer du doigt en matière d'investissements pour la mobilité, c'est l'État. Il a été exemplaire depuis que nous avons lancé ce projet, en 2011. Nous avons toujours eu un soutien politique, financier et technique. Très sincèrement, on ne peut pas dire que l'État a failli. C'est maintenant aux élus de s'emparer de cette question car elle est au cœur de tous les enjeux. On attend trop des autres. Or, c'est à nous d'investir dans des compétences pour maîtriser nos sujets. Sur le Caribus par exemple, on a fait le choix de recruter un mandat de maîtrise d'ouvrage. Il a pour mission d'agir au nom et pour le compte de la Cadema. On fait donc appel à une expertise extérieure parce que la complexité du sujet le nécessite et que sans expérience, c'est risqué. Mais parallèlement, la collectivité doit encadrer ces prestataires pour la bonne réalisation du projet. Elle doit fixer le cap, maîtriser son sujet en interne, disposer de certaines compétences, sinon toutes les dérives sont permises. En ce sens, les acteurs économiques ont raison de s'inquiéter. Sur le plan du Caribus, donc, on a fait le choix de faire appel à des bureaux études, mais ils doivent se sentir contraints par le politique. On se repose trop sur eux. Là, nous en sommes presqu'à la phase travaux, comme je l'ai dit plus tôt, c'est bien, mais cette phase va nécessiter un suivi, ce n'est pas fini. Et puis une fois que les travaux seront achevés, que se passerat-il ? Les bureaux ne seront pas avec nous
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éternellement. Cela sera à la collectivité d'entretenir le réseau, de le faire fonctionner, etc. À Mayotte, on considère que les bureaux d'études doivent réaliser les projets mais on ne se prépare jamais à la suite. Sur un projet comme celui-ci, il y a trois niveaux de risques : durant la conception, durant la phase de travaux, et durant la mise en service. Imaginez une sous-estimation des coûts de gestion, d'entretien, etc. : si le travail n'a pas été évalué, on se retrouve avec des charges multipliées par deux et qui n'auront pas été anticipées. À chaque niveau, la collectivité doit être capable de savoir et de comprendre ce qui se fait, d'encadrer le projet et les prestataires. Cela ne me semble pas être tout à fait le cas : on se focalise sur un projet, sa réalisation, mais on oublie qu'il doit y avoir une transversalité et on minimise les enjeux. Les élus doivent vraiment s'approprier le sujet de A à Z. C'est l'avenir de Mayotte qui est en jeu. On ne doit plus penser aménagement sans penser mobilité, tout doit être articulé.
le transport en commun ? Le modèle économique doit d'ores et déjà être pensé au-delà de la Cadema et avec le Conseil départemental, les autres intercos, etc. À quelques mois des élections, ces sujets-là sont primordiaux et doivent être mis dans le débat. Cela va aller très vite et les décisions doivent être prises dans les meilleurs délais. Sinon, en 2026, on sera encore en train de s'interroger sur comment gérer tout ça. Cela fait 25 ans qu'on assiste à cela. Là, on entre dans le dur, et il ne faut pas s'arrêter aux aménagements de voirie. La finalité, c'est le fonctionnement de ce service. n
MH : Au-delà de la réalisation du réseau, il y a aussi son fonctionnement. Sur quel modèle va-t-il reposer ?
Dans son rapport sur la Cadema, la Chambre régionale des comptes note également une difficulté sur le tracé du réseau : "Sur le front de mer de Mamoudzou, la disponibilité foncière est restreinte, d’autant plus qu’il existe un projet hôtelier pour lequel un permis de construire a été délivré. Le foncier disponible entre la parcelle réservée au projet hôtelier et la mer est insuffisant pour intégrer l’ensemble des aménagements du projet CARIBUS qui nécessite une largeur minimale de 35 mètres à cet endroit (…). Le schéma ci-après illustre les difficultés, la parcelle n° 322 étant celle sur laquelle l’hôtel devrait être construit. Un dépassement de 4,45 m, équivalent à 2 voies de circulation ne pourrait donc se concevoir que par occupation du domaine maritime sur toute la longueur du front de mer. La Cadema indique qu’une modification du permis de construire a été demandée au promoteur de l’hôtel. Elle vise à supprimer les parkings à l’entrée de l’hôtel et à les remplacer par un dépose-minute. S’agissant des travaux d’extension sur la mer, ces derniers ne devraient pas entrainer de surcoûts notables dans la mesure où ils sont liés au projet de promenade piétonne sous la maitrise d’ouvrage de la Ville de Mamoudzou. Par ailleurs, s’agissant des sites de remisage des bus en extrémité de ligne, si le site de dépôt envisagé à Dembéni est la propriété de la commune, il n’en est pas de même au nord de Mamoudzou, où deux sites sont disponibles, offrant deux options. L’option de l’ancienne décharge d’ordures ménagères "Hamaha" nécessiterait sa dépollution. Le surcoût de l’opération de dépollution est estimé entre 4 et 7 millions d'euros. La chambre, qui recommandait à la Cadema de sécuriser le foncier sur l’ensemble du tracé dès 2019, prend acte de la procédure de déclaration d’utilité publique. Cette dernière devrait permettre, selon la chambre, la sécurisation du projet en facilitant l’acquisition des parcelles manquantes, au besoin par des expropriations."
M.Ha : L'enjeu est en effet de trouver un modèle économique de financement des transports publics. Il nous en faut effectivement un. Quelle structure ? Quel financement pour commencer à rembourser les investissements une fois le réseau mis en place, mais aussi pour le faire fonctionner au quotidien ? Il y a trois façons de financer les transports publics en France : les recettes commerciales, le versement des mobilités – une taxe prélevée sur la masse salariale des entreprises de plus de 11 salariés, et la participation financière des collectivités. Compte tenu du taux de chômage à Mayotte, de la part des jeunes sur le territoire et du fort taux de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, peut-on s'attendre à avoir des recettes élevées ? Non. Le modèle économique n'a pas encore été décidé. C'est, là encore, un choix politique à faire rapidement, pour ajuster l'offre à la demande de la manière la plus pertinente. Pareil pour le mode d'exploitation (voir aussi notre encadré) : nous faut-il une délégation de service public ? Une régie ? Un syndicat mixte regroupant le Département, la Cadema, et autres intercos ? Une société publique locale (SPL) ? Une société d'économie mixte à opération unique (Semop) ? Il faut étudier finement toutes ces possibilités et choisir celle la plus adaptée à ce territoire, et non pas faire forcément ce qui se fait majoritairement ailleurs. Par ailleurs, le projet de Caribus n'est qu'une première étape. Il va falloir aussi développer le transport des personnes à mobilité réduite ; savoir comment, économiquement parlant, on intègre les taxis ; quelle place on accorde au vélo ; quelle place pour les transports scolaires, doivent-ils être mutualisés avec
CHAMBRE RÉGIONALE DES COMPTES Front de mer de Mamoudzou : un tracé problématique
LITTÉRATURE
Christophe Cosker, "L’Invention de Mayotte", Pamandzi éd. La Route des Indes, 2019.
LISEZ MAYOTTE Chaque semaine, Christophe Cosker, auteur de L'invention de Mayotte, vous propose la quintessence de chacune des trente-six inventions de Mayotte relevées dans l’ouvrage éponyme.
Il a existé en France un ministère des colonies, ministère aujourd’hui disparu et dont deux autres se sont partagé les dépouilles : celui des Affaires Étrangères et celui de l’Outre-Mer. Il avait progressivement réussi à s’émanciper du ministère de la Marine, ce qui indique l’origine de la colonisation. En France, ce ministère naquit tardivement, en 1889 et disparut officiellement en 1946, après la Seconde guerre mondiale. Durant son existence, il publia notamment des brochures sur les diverses colonies, parmi lesquelles Mayotte. Dans la brochure de 1883, on trouve un état des lieux des diverses colonies, et la partie consacrée à Mayotte contient notamment une liste des villes, suivie d’une brève notice sur chacune d’elles. Nous rapportons ici les sections qui traitent de trois villes importantes de l’île : Pamandzi, Dzaoudzi et Mamoudzou. On notera l’instabilité des noms propres que la langue française peine à assimiler. Le contenu de la description de chacun de ces trois lieux a de quoi surprendre le lecteur. Aucune évocation ou presque de la ville. Pamandzi vaut comme lieu de mouillage et Mamoudzou de rafraîchissement. Dzaoudzi est, quant à elle, la capitale coloniale par les bâtiments qu’elle abrite. L’invention de Mayotte est visible : l’œil du colon ne saisit, à Mayotte, que ce qu’il y a de colonial.
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Christophe Cosker
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LES COLONIES FRANÇAISES EN 1883 Pamanzi [Pamandzi]. – La rade principale devant Choa représente un bon mouillage ; une source abondante d’eau très salubre vient se jeter à la mer à une très faible distance, et offre une aiguade 1 commode. La rade est bornée à l’Est par l’île de Pamanzi, îlot stérile et montagneux qui présente seulement à sa partie nord-ouest une plaine recouverte de palétuviers, baignés par la marée ; c’est la seule partie de l’îlot susceptible de culture. Son point le plus culminant offre un vaste cratère éteint dont le fond est rempli d’une eau bourbeuse et salée. Dzaoudzi. – Sur un tertre élevé, isolé, et réuni à Pamanzi par une langue de terre très étroite, entièrement recouverte à marée haute, se trouve le village de Dzaoudzi, ancienne résidence d’un pacha. Ce village, habité au début par quelques Arabes, a reçu la plus grande partie de la population européenne de Mayotte, la garnison, un hôpital construit dans un endroit salubre, et tous les bâtiments publics servant au gouvernement et à l’administration. On estime que ces constructions ont coûté cinq à six millions. 1
Dzaoudzi est le chef-lieu de l’île. La rade, située au Nord-Ouest et qui porte le nom de Dzaoudzi, est d’une bonne tenue ; elle a quatre-vingts brasses 2 de fond, sable et vase. Mamoutzou. – La presqu’île qui porte ce nom est située également à la côte, en face de Pamanzi. Sa configuration l’avait fait choisir pour l’établissement d’une ville commerciale (projet élaboré en 1844 et repris en 1863). Il existe une aiguade qui possède, dans un bassin voûté, une réserve de 50 000 litres d’eau. Le produit des sources qui alimentent ce bassin est de six à sept décilitres par seconde. Tout près de ce bassin coulent d’autres sources dont les produits réunis donnent une quantité d’eau à peu près équivalente. Les deux rivières de M’sapéré et de Koëni donnent, en outre, à ce pays un approvisionnement d’eau considérable. À ces avantages se joignent un accès facile pour les navires et une grande fertilité du sol. Ministère de la Marine et des Colonies, Les Colonies françaises en 1883, Paris, Berger-Levrault, 1883, p. 190-191
Une aiguade est un endroit où l’on peut faire provision d’eau. Unité de mesure : la longueur d’un bras.
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Couverture :
Agriculture bio, prise de conscience ?
Journalistes Romain Guille Solène Peillard Grégoire Mérot Cyril Castelliti Raïnat Aliloiffa Direction artistique Franco di Sangro Graphistes/Maquettistes Olivier Baron, Franco di Sangro Commerciaux Cédric Denaud, Murielle Turlan Thomas Lévy Comptabilité Catherine Chiggiato compta@mayottehebdo.com Secretariat Annabelle Mouhamadi Première parution Vendredi 31 mars 2000 ISSN : 1288 - 1716 RCS : n° 9757/2000 N° de Siret : 024 061 970 000 18 N°CPPAP : 0121 I 92960 Site internet www.mayottehebdo.com