Skip to main content

3RVE Automne 2026

Page 1

AUTOMNE 2026, vol. 22 no 3

Le magazine des matières résiduelles au Québec

TAGE REPORLU S I F E XC

LES CFER RÉCUPÉRER LES MATIÈRES POUR VALORISER LES JEUNES

Gaz de source renouvelable : Un dossier bouillant pour le nouveau gouvernement

Vers une gestion concertée des résidus de CRD

16

Le CO2 supercritique : le solvant vert qui cache bien son jeu

18

www.magazine3rve.cc


reportage « Notre mission demeure pertinente. Il ne manque pas d’élèves en difficulté. Je trouve que le sac à dos de misère sociale est lourd aujourd’hui. Il y a donc un besoin social. Mais le besoin environnemental est aussi là. »

6

— Guillaume Leduc, directeur général du Réseau québécois des CFER

SOMMAIRE

26

LES AMIS DE 3RVE

ONSS LES B TACT

N S CO

chroniques 14

CETEQ GAZ DE SOURCE RENOUVELABLE : UN DOSSIER BOUILLANT POUR LE NOUVEAU GOUVERNEMENT

16

RÉSEAU ENVIRONNEMENT VERS UNE GESTION CONCERTÉE DES RÉSIDUS DE CRD

18

CTTÉI LE CO2 SUPERCRITIQUE : LE SOLVANT VERT QUI CACHE BIEN SON JEU

20

ÉCONOMIE CIRCULAIRE UN RÉFÉRENTIEL DE COMPÉTENCES POUR PRENDRE PART À LA TRANSITION

Éditeur et rédacteur en chef André Dumouchel adumouchel@maya.cc Coordonnatrice à la direction de l’édition Eve Matte coordination@maya.cc Direction artistique MAYA Designer graphique Sylvain Malbeuf (SymaPub)

Chroniqueurs Mathieu Laneuville Eline Laurent Kevin Morin Daniel Normandin

Espace publicitaire André Dumouchel Téléphone : 450 508-1515 adumouchel@maya.cc

Photos de la page couverture et du reportage Banque d'images, Centres de formation en entreprise et récupération (CFER)

Abonnement et administration MAYA communication et marketing 457, montée Lesage Rosemère (Québec) J7A 4S2 Téléphone : 450 508-1515 info@magazine3rve.cc www.magazine3rve.cc

Réviseures linguistiques Daphné Bédard Christine Paré

Impression Héon et Nadeau

Journaliste et rédactrice Marie-France Létourneau

Ce magazine est imprimé sur papier à contenu recyclé.

2 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 22 N O 3 AUTOMNE 2026

© Tous droits réservés. Droits d’auteur et droits de reproduction : toute demande de reproduction doit être acheminée à MAYA communication et marketing aux coordonnées figurant ci-dessus. Les opinions et les idées contenues dans les articles n’engagent que leurs auteurs. La publication d’annonces et de publicités ne signifie pas que le magazine 3Rve recommande ces produits et services. Convention de la Poste-publications no 41122591. Retournez toute correspondance ne pouvant être livrée au Canada aux coordonnées figurant ci-dessus. Dépôt légal : 1er trimestre 2005. ISSN 1712-9117. Le magazine 3Rve est publié trois fois l’an.

AUTOMNE 2026, vol. 22 no 3

Le magazine des matières résiduelles au Québec


ANNONCER

DA NS 3R VE

c’est semer

pour croÎtre!

POUR ANNONCER

450-508-1515 Info@maya.cc


LES CFER :

ÉDITORIAL

DERRIÈRE LA RÉCUPÉRATION, UNE MISSION HUMAINE Du matériel électronique aux textiles, en passant par les piles imbriquées dans les petits appareils et les rebuts industriels, les centres de formation en entreprise et récupération (CFER) contribuent à donner une seconde vie à une multitude de matières.

D’

emblée, la pertinence de leur mission environnementale n’est plus à démontrer. Depuis la création de la toute première école-entreprise à Victoriaville, en 1990, des quantités considérables de matériaux ont été détournées de l’enfouissement. Plus remarquable encore, les CFER ont vu le jour à une époque où la récupération et le recyclage n’étaient l’affaire que d’une poignée d’initiés. Dans cet esprit, il faut saluer le travail du CFER de Victoriaville, aujourd’hui nommé en l’honneur de l’un de ses fondateurs, Normand Maurice. L’établissement a notamment été à l’origine des efforts de récupération de la peinture et de ses contenants, une initiative qui a contribué à la création du programme québécois Éco-Peinture, en 2001. Et, encore aujourd’hui, même si tout un écosystème d’entreprises œuvrant dans le secteur de la gestion des matières résiduelles s’est développé, les CFER conservent toute leur importance. Le projet pilote mené au CFER Val-des-Cerfs, à Granby, avec l’organisme Appel à recycler en est un autre exemple inspirant. Il vise à récupérer les piles intégrées dans les petits appareils.

André Dumouchel adumouchel@maya.cc

Soulignons aussi l’apport essentiel d’entreprises comme Hydro-Québec, Bell et Palco, qui n’hésitent pas à travailler avec les CFER. Elles contribuent ainsi, à leur façon, à la double mission de ces centres.

Récupérer pour valoriser Comment rester insensible à la vraie raison d’être de l’organisme ? Les 21 écoles-entreprises du Réseau québécois des CFER accueillent des jeunes, souvent malmenés par la vie, qui n’arrivent pas à trouver leur place dans le parcours scolaire traditionnel. Elles leur offrent une formidable occasion de renouer avec l’école et de se préparer au marché du travail. Un soutien qui peut changer le cours d’une vie. Le témoignage de Logan Ouellet, qui a récemment terminé son parcours de trois ans au CFER des Navigateurs, à Lévis, est particulièrement éloquent. Pour lui, le CFER a été une véritable école de la « deuxième chance ». Son stage final lui a permis de trouver sa voie. Chapeau aux enseignants et aux équipes de ces écoles-entreprises qui accompagnent ces jeunes au quotidien tout au long de leur formation. Les CFER apportent une contribution inestimable à la société. Mais n’oublions pas que leur action demeure tributaire de l’aide des entreprises et des particuliers, qui peuvent soutenir le Réseau québécois des CFER par des partenariats d’affaires ou par des dons en argent à sa fondation. Les CFER ont fait leurs preuves : ils sont agiles, créatifs et ouverts aux nouveaux projets. Les entreprises qui collaborent déjà avec eux en témoignent. D’autres auraient sûrement tout à gagner à leur emboîter le pas et à contribuer, elles aussi, à la poursuite de leur mission.

La marque de Normand Maurice Difficile de passer sous silence le rôle de Normand Maurice, surnommé « le père de la récupération au Québec », dans la création des CFER. C’est sous l’impulsion de cet enseignant visionnaire de Victoriaville et de ses collègues que le tout premier centre de formation en entreprise et récupération a été créé, en 1990. Un legs fondateur laissé par « ce défonceur de portes extraordinaire », comme le décrit le directeur général du Réseau, Guillaume Leduc. Ses différentes initiatives ont notamment jeté les bases de la gestion des matières résiduelles dans la région de Victoriaville, souvent qualifiée de « berceau du développement durable ». Il n’est pas surprenant que Normand Maurice, décédé en 2004, ait été reconnu par l’UNESCO à titre d’« Enseignant de l’année au Canada », en 1999, pour son approche unique. Plus de 35 ans après la création du premier centre, il y a de quoi se réjouir : les CFER poursuivent avec cœur l’œuvre de ce pionnier. Et, à la tête du Réseau, Guillaume Leduc veille avec brio et avec humanité à faire rayonner cette mission. Trouvons une façon de les aider. n

4 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 22 N O 3 AUTOMNE 2026

Ce texte vous fait réagir? Faites-nous part de vos commentaires en écrivant à info@magazine3rve.cc


REPORTAGE

LES CFER RÉCUPÉRER LES MATIÈRES POUR VALORISER LES JEUNES Par Marie-France Létourneau Collaboration spéciale

Depuis plus de 30 ans, les Centres de formation en entreprise et récupération (CFER) font d’une pierre deux coups : ils donnent une seconde vie aux matières tout en aidant les jeunes en difficulté scolaire à trouver leur place dans la société.

Né à Victoriaville, en 1990, le modèle compte aujourd’hui 21 écolesentreprises au Québec. Et le Réseau québécois des CFER s’apprête à en accueillir une 22e dans la région de Thetford Mines, en septembre 2027. Mais qu’est-ce qu’un CFER, au juste ? Il s’agit d’une école-entreprise du réseau d’éducation public qui accueille des jeunes de 15 ans et plus ayant des difficultés d’apprentissage ou un retard scolaire. Pendant trois ans, ils prennent part à des opérations concrètes de recyclage, de récupération et de réemploi, tout en acquérant des compétences pratiques liées au monde du travail. « Notre mission demeure pertinente, affirme le directeur général du Réseau québécois des CFER, Guillaume Leduc. Il ne manque pas d’élèves en difficulté. Je trouve que le sac à dos de misère sociale est lourd, aujourd’hui. Il y a donc un besoin social. Mais le besoin environnemental est aussi là. »

6 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 22 N O 3 AUTOMNE 2026

Il rappelle à ce propos que « trop de matières vont à l’enfouissement alors qu’elles pourraient être une ressource ». Pour l’heure, les CFER répartis dans différents centres de services scolaires (CSS) aux quatre coins du Québec ont développé différents créneaux d’affaires, dont le recyclage et le réemploi de matériel électronique, la récupération des petits appareils à piles, le recyclage du bois, le tri des rebuts industriels et le recyclage des vêtements d’entreprise et d’uniformes de travail. Certains vont même jusqu’à restaurer des vélos et réparer le mobilier scolaire. Bref, l’expression « faire œuvre utile » prend tout son sens dans les CFER.


REPORTAGE

Jouer dans la cour des grands Guillaume Leduc souligne néanmoins que les temps ont changé depuis la création du premier CFER par un groupe d’enseignants de Victoriaville, dont faisait partie Normand Maurice (voir autre texte), surnommé « le père de la récupération » au Québec. « Aujourd’hui, il y a une véritable industrie du recyclage, alors qu’à l’époque, on était peut-être précurseurs, relève-t-il. Les entreprises et les gouvernements s’intéressaient moins à ça. On a, par exemple, lancé la récupération de peinture, qui est devenue aujourd’hui une activité très professionnalisée et structurée. »

Pour la petite histoire, les activités du CFER de Victoriaville ont mené à la création de Peintures récupérées du Québec. Les fondateurs de l’entreprise ont ensuite participé à la mise sur pied, en 2001, d’Éco-Peinture, responsable de la gestion du programme québécois de récupération des résidus de peinture et de leurs contenants. Face à cette diversité d’acteurs dans la grande chaîne d’entreprises vertes, les CFER tentent aujourd’hui de développer, dans la mesure du possible, des « niches plus pointues », souligne le directeur général du Réseau, qui a officiellement été créé en 1996.

7 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 22 N O 3 AUTOMNE 2026


REPORTAGE

C’est notamment le cas du CFER Val-des-Cerfs. Établi à l’école secondaire Joseph-Hermas-Leclerc, à Granby, il a participé, en 2024, au lancement d’un projet pilote avec l’organisme Appel à recycler et des écocentres municipaux. Le projet visait à récupérer les piles imbriquées dans plusieurs types de petits appareils, comme les brosses à dents électriques, les jouets, les drones et les outils. Les élèves de cette école-entreprise, qui a d’ailleurs joint le Réseau en 2024, ont ainsi démontré qu’il est possible de démanteler les appareils pour en extraire les piles et les acheminer aux installations autorisées d’Appel à recycler. « On a développé le projet de A à Z à Granby. Ça n’existait pas. On ne savait pas du tout ce qu’on allait recevoir. Mais ça a été un beau succès », souligne Guillaume Leduc. « Selon nos données, on peut extraire les piles de 99,5 % des appareils que nous recevons afin qu’elles soient recyclées. Depuis le 1er juillet, le projet pilote a fait place à un programme structuré à l’échelle nationale », précise-t-il. Quatre CFER y participent désormais aux côtés d’autres grands joueurs de l’industrie. Selon M. Leduc, les CFER jouent également « dans la cour des grands » avec les activités de recyclage du matériel électronique, les fameux « Serpuariens », réalisées dans certaines écoles-entreprises. « Au Québec, il y a trois grands recycleurs qui font 90 % du volume. Et il y a quelques petits joueurs, comme

nous, qui continuent à œuvrer dans ce créneaulà », dit-il. Chaque année, 550 tonnes de matériel électronique transitent par les quatre CFER qui en ont fait l’un de leurs créneaux d’affaires. En plus des activités de démantèlement, les élèves sont notamment appelés à faire fonctionner une presse à ballots et des chariots élévateurs, de même qu’à gérer le parc d’outils et à classer la matière démantelée.

Précieux partenaires De façon générale, le fonctionnement des CFER est financé par les CSS et par le ministère de l’Éducation. Les écoles-entreprises génèrent également des revenus à travers leurs activités commerciales et les investissent dans leur centre respectif.

Autre exemple : la quincaillerie de ligne électrique retirée du réseau d’Hydro-Québec prend la direction du CFER Normand-Maurice, à Victoriaville, où elle est réusinée. « Les élèves la remettent en état, la réparent et la peinturent. Par la suite, nous rachetons cette quincaillerie et la réinstallons sur nos poteaux », explique Nicholas Cloutier, conseiller pratiques d’affaires et valorisation biens meubles excédentaires à Hydro-Québec. D’ailleurs, selon lui, les élèves de ce CFER sont invités une fois par année à visiter les installations de l’un des principaux sites d’Hydro-Québec, à Saint-Hyacinthe.

Pour sa part, le Réseau québécois des CFER, qui chapeaute les 21 écoles-entreprises, est « une organisation 100 % indépendante ». « Notre objectif est de conclure des contrats d’affaires pour alléger ainsi le travail des enseignants », explique Guillaume Leduc.

« Les entreprises d’économie sociale sont souvent de très bons partenaires parce qu’elles sont agiles et s’adaptent très bien aux projets spéciaux, estime M. Cloutier. On pense souvent aux CFER quand on a de nouveaux projets. »

Le Réseau est donc toujours à l’affût d’occasions d’affaires et de nouvelles matières à traiter, en plus de chercher à établir de nouveaux partenariats. Il collabore déjà depuis plusieurs années avec HydroQuébec et Bell, qui confient différents mandats aux CFER.

Le fabricant de palettes de bois Palco, situé à Danville, en Estrie, collabore également avec le Réseau des CFER depuis quelques années. Le propriétaire de l’entreprise, Thomas Deshaies, estime que les CFER et sa PME partagent des valeurs similaires, sur les plans tant environnemental qu’humain.

Les CFER Lac-Saint-Jean, à Alma, et des Patriotes, à Boucherville, font notamment partie des centres

Palco est d’ailleurs à l’origine du lancement des activités de transformation de palettes au CFER des

8 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 22 N O 3 AUTOMNE 2026

qui ont pour mission de récupérer les manteaux et autres vêtements de travail usagés des employés d’Hydro-Québec pour les dépersonnaliser, les revendre ou les transformer en de nouveaux objets.


Qu’ils soient vides ou non, déposez-les dans les bacs désignés.

Ils seront récupérés ! Pots de peinture

Aérosols de peinture


REPORTAGE

Sources, à Val-des-Sources. L’entreprise fournit certains équipements afin que les jeunes puissent démanteler des palettes hors normes qui seraient normalement broyées. Les composantes récupérées sont ensuite coupées et utilisées pour l’assemblage de nouvelles palettes de format standard, qui sont remises sur le marché. Avec les retailles de bois, les jeunes peuvent réaliser différents produits recyclés dans le cadre de projets spéciaux. Palco, qui collabore également avec le CFER des Chênes, à Drummondville, pour des activités similaires, accueille par ailleurs régulièrement des stagiaires de l’un ou l’autre des CFER. Quelques-uns sont demeurés à l’emploi de l’entreprise à la fin de leur stage, souligne Thomas Deshaies.

« L’école de la deuxième chance » Bon an mal an, les CFER comptent entre 900 et 1000 jeunes qui présentent différents défis d’apprentissage, précise Guillaume Leduc. « Quand ils arrivent à 15 ans, ils ne sont pas nécessairement enthousiastes parce qu’ils n’ont pas eu beaucoup de succès à l’école », fait-il valoir.

D’INNOVATION T 25 ANS D’ INNOVATION CIRCULAIRE EN ÉCONOMIE CIR CULAIRE ET EN ÉCOL ÉCOLOGIE OGIE INDUSTRIELLE

« Notre job, c’est de prendre cette perte d’intérêt pour l’école, et parfois même pour l’avenir, et de la transformer en expérience positive », ajoute le directeur général du Réseau. Grâce à l’encadrement d’enseignants dévoués, les jeunes développent ainsi, au cours de leur parcours de trois ans, des compétences scolaires et pratiques qui leur permettront de faire la transition vers « le projet de vie de leur choix », que ce soit la poursuite des études ou l’entrée sur le marché du travail. « On ne veut pas que nos jeunes soient sans projet », affirme Guillaume Leduc. Au cours de leur troisième et dernière année, les jeunes effectuent un stage non rémunéré en milieu de travail. Au terme de leur parcours, ils obtiennent un certificat CFER. Ce modèle de formation vient en quelque sorte enrichir l’offre de base du ministère de l’Éducation en adaptation scolaire. Logan Ouellet, 18 ans, décrit son passage au CFER des Navigateurs, à Lévis, comme l’école « de la deuxième chance ». Son stage à la Boucherie des Chutes, à Charny, lui a non seulement permis de décrocher un emploi, qu’il occupe toujours, mais aussi de trouver sa voie. À l’automne 2026, il a entrepris un diplôme d’études professionnelles (DEP) en boucherie de détail. « Je voulais un métier qui touche à l’alimentation, et la boucherie a été un coup de foudre professionnel », lance-t-il. De son propre aveu, n’eût été son passage au CFER, il se chercherait encore aujourd’hui. Malgré tout, l’expérience n’a pas toujours été rose. « Honnêtement, au début, je n’aimais pas trop l’école. J’ai commencé à être plus impliqué durant la deuxième année, raconte Logan. Et les professeurs veulent vraiment nous voir réussir. » Au CFER des Navigateurs, il s’est familiarisé avec les activités des cinq entreprises qui y ont été présentées, soit le recyclage d’appareils électroniques, le nettoyage de véhicules, le recyclage du bois, la réparation de mobilier scolaire et le tri des rebuts industriels. Logan Ouellet a également participé à deux reprises aux Olympiades annuelles des CFER (voir encadré), à l’épreuve de Génies en herbe. Un événement dont il conserve

10 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 22 N O 3 AUTOMNE 2026

A UGMENTEZ AUGMENTEZ V OTRE COMPÉTITIVITÉ VOTRE DIVERSIFIEZ V VOS OS APPROVISIONNEMENTS APPR ROVISIONNEMENTS RENTABILISEZ RENT TA ABILISEZ AB VOS RÉSIDUS VOS RÉDUISEZ VOTRE IMPACT IMP MPPACT VOTRE ENVIR RO ONN NEMENT TA AL ENVIRONNEMENTAL

cttei.com


REPORTAGE

un heureux souvenir. Son équipe a notamment terminé au premier rang à sa première expérience. « Le CFER m’a appris à être rigoureux, productif et engagé, affirme le jeune homme, qui n’hésite pas à agir, à l’occasion, comme ambassadeur pour les CFER. C’est comme ça pour tous les métiers, il faut être engagé si on veut avancer. »

Le créneau des textiles, notamment avec le recyclage des vêtements d’entreprise, pourrait entre autres prendre davantage d’importance. « On a de la capacité de production », souligne M. Leduc, qui dirige le Réseau depuis 2021.

Selon lui, bien que la structure du programme offre un encadrement et des objectifs clairs ainsi qu’une expérience positive, le succès de la formule repose en bonne partie sur les enseignants, qui valorisent le travail d’équipe. « À la base, ça reste vraiment une histoire d’humains », conclut-il.

Un réseau qui veut grandir Alors que le Réseau québécois des CFER célèbre cette année son 30e anniversaire, son directeur général a le regard tourné vers l’avenir. Déjà, le nombre d’écoles-entreprises est appelé à augmenter à 22 avec l’ouverture prévue d’un nouveau CFER dans la région de Thetford Mines. « Je pense qu’on peut aussi rêver d’identifier un autre créneau d’affaires structurant. On fait des essais, des projets pilotes. Parfois, ça marche, parfois, non. Mais on aimerait que les gens communiquent avec nous pour nous proposer des choses », dit Guillaume Leduc. « Les enseignants et le personnel dans les écoles ont de grosses charges de travail, reprend-il. En plus d’enseigner, ils doivent gérer une entreprise et préparer les élèves pour leurs Olympiades. Ils organisent aussi des caravanes dans les écoles primaires pour parler d’environnement. Si on peut leur arriver avec des contrats clés en main, ça peut vraiment les aider. »

NORMAND MAURICE, PÈRE FONDATEUR DES CFER Si la formule des centres de formation en entreprise et récupération (CFER) a pu voir le jour, c’est en bonne partie grâce à un enseignant visionnaire de Victoriaville, Normand Maurice. Surnommé « le père de la récupération », M. Maurice a notamment utilisé la collecte sélective dès 1975 comme outil pédagogique pour mobiliser ses élèves en difficulté. Il a également contribué à poser les bases de la collecte sélective moderne. En 1990, il a fondé le premier CFER à Victoriaville avec d’autres enseignants. « Normand Maurice est la première personne qui a fait connaître le nom CFER, qui a établi les contacts d’affaires et professionnalisé le modèle pour que ce soit une véritable entreprise qui signe des contrats, paie ses taxes et fait sa comptabilité », explique le directeur général du Réseau québécois des CFER, Guillaume Leduc.

« Il avait la réputation d’être un défonceur de portes extraordinaire, ajoute-t-il. Il pouvait se faire dire non, mais il trouvait une façon d’obtenir un oui. Toujours dans l’intérêt des jeunes. » Décédé en 2004, Normand Maurice a non seulement donné son nom au CFER de Victoriaville, mais il a aussi contribué à faire essaimer un modèle qui compte aujourd’hui 21 écoles-entreprises aux quatre coins du Québec. « Il a pensé à dupliquer son modèle. Il a eu la grandeur d’âme de le partager avec d’autres organisations plutôt que de le garder pour lui », souligne Guillaume Leduc.

Le Réseau québécois des CFER a été créé en 1996 pour soutenir les nouveaux centres établis dans différents centres de services scolaires. Pour souligner son 25e anniversaire, en 2021, le Réseau a d’ailleurs publié une biographie sur Normand Maurice. « Père fondateur des CFER, père de la récupération au Québec, ou les deux ? Dans les deux domaines, Normand Maurice s’est illustré comme un leader convaincant, un organisateur chevronné et un visionnaire sans pareil », avait à l’époque relevé l’auteur de l’ouvrage, Raymond Beaudet.

11 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 22 N O 3 AUTOMNE 2026


REPORTAGE

UNE FONDATION ET DES OLYMPIADES Les athlètes sportifs ont leurs Jeux olympiques; les élèves des CFER, eux, ont leurs Olympiades annuelles. Financée par la Fondation CFER, cette rencontre représente un temps fort de l’année pour les jeunes qui y participent. L’événement se déroule sur trois jours dans les installations de l’Université Bishop’s, à Lennoxville, en Estrie. Au programme : différentes épreuves, dont les Génies en herbe, les habiletés manuelles, l’expression orale, ainsi qu’une foule d’activités. « C’est un moment extraordinaire parce que les jeunes sont choisis pour être les ambassadeurs de leur CFER. Pour une fois dans leur vie, ils sont choisis pour représenter leur établissement, souligne le directeur général du Réseau québécois des CFER, Guillaume Leduc. Certains n’ont même jamais vraiment quitté Montréal. »

« Ils réalisent que l’école peut être l’fun, mais aussi qu’ils peuvent avoir du succès s’ils s’investissent. C’est ce qu’on leur apprend avec les Olympiades. C’est vraiment un beau moment », ajoute-t-il.

Or, l’organisation de l’événement implique des coûts importants. À cet égard, la Fondation CFER, un organisme de charité reconnu, est toujours à la recherche de dons de particuliers et d’entreprises ainsi que de nouveaux partenaires, laisse savoir M. Leduc. n

PARTENAIRE DU

12 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 22 N O 3 AUTOMNE 2026

PALCO-PALETTE.COM


CONCESSIONNAIRE EXCLUSIF POUR LE QUÉBEC ET LES MARITIMES. TECHNOLOGIE DE COLLECTE AUTOMATISÉE

CARTSEEKER™

Opération simplifiée Déclenchemenent du cycle automatisé par une simple commande.

LA PERFORMANCE, JOUR APRÈS JOUR.

Détection automatique des bacs Levage automatisé

Repérage et alignement automatique pour une collecte précise et efficace.

Prise en charge du bac et exécution automatique du cycle de levage.

UNE GAMME COMPLÈTE

CHARGEMENT FRONTAL

CHARGEMENT LATÉRAL

VENTES

SERVICE

CHARGEMENT ARRIÈRE

PIÈCES

VOLTERRA™

LARSENALSOLUTIONS.CA infosolutions@larsenal.ca

1 855-560-9765


GAZ DE SOURCE RENOUVELABLE : UN DOSSIER BOUILLANT POUR LE NOUVEAU GOUVERNEMENT

CETEQ

Kevin Morin Directeur général Conseil des entreprises en technologies environnementales du Québec (CETEQ) kmorin@ceteq.quebec

Québec investit dans cette filière depuis des années, notamment par l’entremise du Programme de soutien à la production de gaz naturel renouvelable, reconduit pour la période 2026-2029. À lui seul, ce programme a déjà permis de verser plus de 351 millions de dollars en subventions à 16 projets et a généré 694 millions de dollars d’investissements privés additionnels. Au total, près de deux milliards de dollars de projets sont recensés d’ici 2033.

L

e nouveau gouvernement du Parti québécois hérite d’un dossier énergétique que la CAQ a choisi de ne pas régler avant de quitter le pouvoir. En reportant une décision attendue sur le gaz de source renouvelable (GSR), le gouvernement sortant a légué à son successeur le soin de mener un arbitrage délicat entre développement économique, transition énergétique et compétitivité industrielle.

Les retombées attendues sont loin d’être négligeables. Une étude récente évalue que ces projets soutiendront 705 emplois et généreront 220 millions de dollars en valeur ajoutée annuellement, en plus de contribuer à la décarbonation de l’économie et à la valorisation de matières organiques. Le projet de Waste Management, à Sainte-Sophie, en offre un bon exemple.

Le 14 juillet dernier, en plein cœur de l’été, le ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE), Bernard Drainville, a discrètement mis sur pause le projet de règlement sur le GSR, publié trois mois plus tôt. Plutôt que d’en recommander l’adoption, il a demandé à la Régie de l’énergie, en vertu de l’article 42 de la Loi sur la Régie de l’énergie, de se prononcer sur une question qui se trouve aujourd’hui au cœur du débat : comment accroître la production québécoise de GSR sans faire grimper la facture des consommateurs? Ce choix a eu pour effet de suspendre l’adoption du règlement et de renvoyer à plus tard une décision attendue tant par les producteurs que par les grands consommateurs de gaz.

Ce projet nécessitant un investissement de 300 millions de dollars permettra de produire 80 millions de mètres cubes par année, soit 15 % de la cible de 2032.

UN VIF DÉBAT Pour bien comprendre l’enjeu, il faut revenir au projet de règlement publié en avril, qui était alors l’épicentre d’un vif débat opposant le lobby des consommateurs industriels de gaz aux producteurs de GSR. Le débat s’est même transporté dans l’espace public, notamment par l’entremise de lettres ouvertes publiées dans La Presse. Le point de divergence entre les deux parties réside dans ce qu’on appelle dans le milieu « la socialisation des coûts ». En gros, comme le GSR coûte nettement plus cher que le gaz naturel, Énergir répartit une partie de ces coûts entre l’ensemble de ses clients afin d’éviter de se retrouver avec des volumes de GSR invendus. Dans sa Cause tarifaire 2026-2027, Énergir évalue à 228,3 millions de dollars la hausse liée aux seuls frai as de socialisation du GSR pour la prochaine année, portant l’augmentation moyenne de la facture totale à 7,6 %. Cette moyenne cache toutefois des écarts importants entre les catégories de clientèle. Concrètement, un client résidentiel type absorbe une hausse de 2,8 %, alors qu’un client industriel consommant 20 millions de mètres cubes par année encaisse un bond de 13,5 %, soit près de 5 fois le taux résidentiel et plus de 724 000 $ supplémentaires par année. Ce sont précisément les entreprises exposées à la concurrence internationale, celles qui ne peuvent refiler la facture à leurs clients, qui assument une part disproportionnée du coût d’une politique environnementale dont elles ne retirent aucun avantage commercial. ASSUMER LE DÉVELOPPEMENT DE LA FILIÈRE DU GSR À la lumière de ces faits, il est tentant de prendre le parti des consommateurs industriels, surtout dans la conjoncture économique que nous traversons. Il ne faut toutefois pas perdre de vue les raisons qui ont amené le Québec à soutenir le développement de la filière du GSR.

Ce sont des retombées concrètes, et c’est justement ce qui complique l’équation. D’un côté, il est difficile de justifier qu’on ralentisse ou qu’on fragilise une filière qui livre des résultats mesurables. De l’autre, il est tout aussi difficile de demander aux industriels d’en assumer une part toujours plus importante des coûts. ENCORE ET TOUJOURS LA PRÉVISIBILITÉ C’est précisément cet arbitrage que le ministre Drainville a choisi de ne pas faire. Plutôt que de trancher entre le développement de la filière du GSR et les préoccupations des consommateurs industriels, il a préféré refiler le dossier à la Régie de l’énergie à quelques semaines du scrutin. On peut y voir un réflexe de prudence électorale bien compréhensible. Mais ce réflexe a un coût dont on parle trop peu dans ce genre de dossier : celui de la prévisibilité réglementaire. Le gouvernement sortant s’est proclamé champion de la prévisibilité, martelant qu’elle constitue une condition essentielle à l’investissement privé. Or, les bottines n’ont pas suivi les babines dans ce dossier. Le projet de règlement publié en avril reportait déjà de 2030 à 2032 la cible d’injection de 10 % de GSR, à peine un an après l’avoir imposée. Le CETEQ notait alors que ce report affaiblissait le signal envoyé à la filière. En retirant maintenant ce même projet de règlement pour en confier le sort à un tiers, sans échéance claire ni garantie que la prochaine mouture verra le jour rapidement, le gouvernement ajoute une deuxième vague d’incertitude en à peine un an. Difficile de prétendre offrir un cadre stable aux investisseurs quand les règles du jeu sont modifiées à répétition, puis laissées en suspens. Refiler un dossier aussi chaud à la Régie n’a fait que repousser l’inévitable. Le gouvernement fraîchement élu devra rapidement clarifier ses intentions en matière de GSR afin de mettre fin à une période d’incertitude qui mine déjà la prévisibilité recherchée par les acteurs de la filière. Après deux revirements en moins d’un an, il ne pourra pas repousser l’arbitrage plus longtemps. Car, à terme, l’absence de décision pourrait plomber le développement d’une filière que le Québec veut pourtant voir prospérer. n

14 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 22 N O 3 AUTOMNE 2026

Ce texte vous fait réagir ? Faites-nous part de vos commentaires en écrivant à info@magazine3rve.cc


RÉSEAU ENVIRONNEMENT

VERS UNE GESTION CONCERTÉE DES RÉSIDUS DE CRD

Mathieu Laneuville Ing., M. Sc. A. Président-directeur général Réseau Environnement mlaneuville@reseau-environnement.com

haque année, près de 1,6 million de tonnes de résidus de construction, de rénovation et de démolition (CRD) prennent directement le chemin de l’enfouissement au Québec.

C

Pour mieux encadrer leur gestion et favoriser leur valorisation, Bâtiment durable Québec, la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec et Réseau Environnement élaborent actuellement un devis standardisé. L’objectif : offrir un cadre clair et harmonisé qui facilitera la gestion des résidus de CRD dans les projets de construction, contribuant ainsi à accélérer la transition vers une économie circulaire. UN DÉFI PERSISTANT POUR LE SECTEUR DE LA CONSTRUCTION Selon RECYC-QUÉBEC, chaque année, environ 3,3 millions de tonnes de résidus de CRD sont générés dans le milieu de la construction au Québec1. Près de la moitié est acheminée directement à l’enfouissement, sans passer par un centre de tri2. À eux seuls, ils constituent près du quart des matières enfouies dans la province3. Dans une perspective d’économie circulaire et de réduction à la source, il est désormais essentiel que les donneurs d’ordres intègrent dans leurs appels d’offres des clauses communes afin de soutenir le développement des filières de valorisation des résidus de CRD. Or, en dehors des projets LEED, les exigences relatives à ces résidus ne sont pas standardisées dans les devis publics et privés, ce qui en complexifie la gestion pour les entrepreneurs généraux et l’ensemble de la chaîne contractuelle. UNE SOLUTION CONCRÈTE : DES DEVIS STANDARDISÉS Pour répondre à cet enjeu, un projet a été lancé afin d’élaborer des devis standardisés destinés aux donneurs d’ordres. Adaptés aux réalités des chantiers, ceux-ci intégreront des clauses de gestion des résidus de CRD et s’adresseront à l’ensemble des acteurs du milieu. Cette initiative vise à établir un cadre de référence commun qui fasse consensus chez l’ensemble des parties prenantes de l’industrie de la construction et qui soit facile à appliquer sur les chantiers. L’initiative a bénéficié de l’appui de nombreux partenaires des milieux municipal, institutionnel et privé, ce qui témoigne de l’intérêt grandissant pour l’adoption de pratiques plus cohérentes et plus performantes en matière de gestion des résidus de CRD. UNE ALLIANCE INÉDITE POUR MOBILISER L’ENSEMBLE DU SECTEUR Le projet repose sur l’expertise complémentaire de trois organisations. Bâtiment durable Québec (BDQ) met à profit son savoir-faire dans la rédaction de devis pour des projets immobiliers plus durables, notamment par l’intégration de clauses visant à détourner des résidus de CRD de l’enfouissement. La Corporation des entrepreneurs généraux du Québec (CEGQ) mobilise ses membres et veille à ce que les exigences relatives à la gestion des résidus de CRD tiennent compte des réalités des chantiers et puissent y être appliquées.

16 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 22 N O 3 AUTOMNE 2026

Ce texte vous fait réagir ? Faites-nous part de vos commentaires en écrivant à info@magazine3rve.cc


VERS UNE GESTION CONCERTÉE DES RÉSIDUS DE CRD

Pour sa part, Réseau Environnement s’appuie sur sa capacité reconnue à mobiliser les différents acteurs du milieu de l’environnement pour coordonner l’initiative et animer les ateliers de concertation réunissant l’ensemble des intervenants de la filière. DES GAINS ENVIRONNEMENTAUX ET OPÉRATIONNELS Les retombées attendues sont évidemment une réduction du taux d’enfouissement et des émissions de gaz à effet de serre associées. Pour les entrepreneurs, ces devis offriront un cadre plus clair et plus prévisible quant aux obligations liées au tri, à la récupération et à la traçabilité des matières. Pour les centres de tri et les recycleurs, une plus grande uniformité des pratiques contribuera à stabiliser les flux de matières et facilitera la planification des activités de traitement. Plus largement, le projet vise à favoriser le réemploi, le recyclage et la valorisation des ressources en créant les conditions propices à une meilleure circularité des matériaux. Il pourrait également améliorer la qualité des matières récupérées et ainsi stimuler la création de nouveaux débouchés.

Ultimement, cette approche pourrait réduire la pression exercée sur les ressources vierges et limiter l’empreinte environnementale des activités de construction.

*)('&%))$#$)" *)('&%))$#$)"

DE LA CONCERTATION À LA MISE EN ŒUVRE La première phase du projet est déjà amorcée. Des donneurs d’ordres publics et d’autres parties prenantes seront invités à participer à des ateliers de travail pour formuler les recommandations qui guideront la rédaction des devis standardisés. Dans une phase subséquente, les outils développés seront testés sur des chantiers afin que les ajustements nécessaires y soient apportés avant un déploiement plus large.

(!# &% +(!#+*!% # &% +(!#+*!% (""(! (""(!# # '%&% &%$'# #&+ ) %" # # '%&% &%$'# #&+ ) %" (!

Une fois rédigés et validés sur les chantiers, les devis seront mis à la disposition des parties prenantes. Pour favoriser leur adoption par le plus grand nombre, une dernière étape pourrait consister à offrir aux entrepreneurs et aux professionnels une formation adaptée pour les aider à acquérir les compétences pertinentes à la gestion des résidus de CRD sur les chantiers. Dans un premier temps, le projet cible les travaux de maintien d’actifs et de rénovation de bâtiments institutionnels, commerciaux et industriels. À terme, l’objectif est d’étendre l’utilisation des outils aux donneurs d’ordre du secteur privé. La transition vers une gestion plus durable des résidus de CRD repose sur la collaboration de l’ensemble des acteurs du secteur. En harmonisant les exigences et les pratiques, ce projet contribuera à réduire l’enfouissement et favorisera la valorisation des résidus de CRD. Un bel exemple de démarche collective pour des chantiers plus durables, plus performants et mieux adaptés aux défis environnementaux.

,+*)('&%$'#"$+!# #"$+!# ( (#" # $""( &( #" # $""( &( ,+*)('&%$' !* +%& %+(#('#(! (# "$!# # '%&% &%$'# #('#(! (# "$!# # '%&% &%$'# !* +%& %+( (' !! (# # # #,+*)('&%$'#"$+!# # # # #,++*)('&%$'#"$+!# #&+ ) %" (' !! ( #&+ ) %" ('# &( +#(&# &%"%! &%$'#!* +%& %+(# # &( +#(&# &%"%! &%$'#!* (' +%& %+(# (!#! !& (! (!#! !& (! ++ &# (# &(# # * +%&*#"$+!# # &(# # * +%&*#"$ ++ & $+!# (!#&+ ) (!#&+ ) # ( ++ &# ( '(&&$ (#%' #%' !&+%(" '(&&$ (

! !$ $ ""'%) $ & ($)"'%) '%) $ & ($)"'%) &(#(&# ' " !(# #(&# ' " !(# % ( ('&# # ' &( '&# # ' " !(## (#+%! ' " !( (#+%! (!# # %"% (' (#+ %!$'' (!# # %"% (' (#+ %!$'' "(# # "(# # ( $'' %&+(#"(!#+%! #"(!#+%! (! (!# ! $!$ % # ! # $ +# %( ( $'' %&+( $!$ % # $ +# %( "(!# +*)('%+# # '! ( &%$'# # +*)('%+# # '! ( &%$'# (!#"%( "(! (!!#"%( # (#&+ ) %" (#&+ ) %"

* * * * * * (!$%'# (!$%'# % % (# $ +#% (# $ +#% ('&% %(+#)$!#+%! ('&% %(+#)$!#+%! (!#$ # (!#$ # &%+ &%+ )$&+(# +$ + (# )$&+(# +$ + (# (# +*)('&%$'# # $!# $'!(%""(+! (# +*)('&%$'# # $!# $'!(%""(+! )$ !# $ '('& )$ !# $ '('&

* * * * (!#+(!!$ + (!#(&# (!#+(!!$ + (!#(&# (!#$ &%"!# $ +# '% (+#)$! (!#$ &%"!# $ +# '% (+#)$!

Pour en savoir plus sur le projet, vous pouvez communiquer avec Iris Laforme, coordonnatrice technique – Secteur matières résiduelles, à i.laforme@reseauenvironnement.com. n

Références : 1. RECYC-QUÉBEC (s. d.). Prévenir et mieux gérer les résidus de construction, de rénovation et de démolition. Gouvernement du Québec. https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/entreprises-organismes/performer/crd/ 2. RECYC-QUÉBEC (2025). Bilan 2023 de la gestion des matières résiduelles au Québec : Résidus de construction, de rénovation et de démolition (CRD). Gouvernement du Québec. https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/sites/default/files/documents/bilan-gmr-2023-crd.pdf 3. RECYC-QUÉBEC (2025). Bilan 2023 de la gestion des matières résiduelles au Québec : Élimination. Gouvernement du Québec. https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/sites/default/files/documents/bilan-gmr-2023-elimination.pdf

Ce texte vous fait réagir ? Faites-nous part de vos commentaires en écrivant à info@magazine3rve.cc

* ' (! # + & %&!#(&# * ' (! # + & %&!#(&# %! $'% %! $'% "(!#! +#'$&+(#!%&( "(!#! +#'$&+(#!%&( %'&(+'(& %'&(+'(&

)$ %&# "'%) % & (%"&$ ' $ & %) $)

(' &$($)"'%) %#

&% ($ (%"&$ %) $' $&

17 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 22 N O 3 AUTOMNE 2026


LE CO2 SUPERCRITIQUE : LE SOLVANT VERT QUI CACHE BIEN SON JEU

CTTÉI

Eline Laurent Ph. D. Chercheuse Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTÉI) eline.laurent@cttei.com

on nom a de quoi intimider. Pourtant, le CO2 supercritique n’a rien d’un procédé sorti d’une science-fiction. Déjà utilisé dans plusieurs industries, il peut remplacer certains solvants chimiques, parfois toxiques, dans des opérations aussi variées que la décaféination du café, le traitement du liège ou le recyclage de matériaux complexes. Son principal atout ? Il est non inflammable, non toxique et réutilisable. De quoi en faire un allié dans la mise en place de procédés plus propres.

S

ENTRE LE GAZ ET LE LIQUIDE Pour passer à l’état supercritique, le CO2 doit franchir deux seuils : 31 °C et 74 bars. Il adopte alors un comportement hybride. Comme un gaz, il se faufile dans les pores d’un matériau. Comme un liquide, il peut dissoudre et transporter certaines substances. Voilà toute la force du procédé : atteindre des zones difficiles d’accès par les solvants traditionnels et solubiliser des molécules. La dépressurisation joue un rôle clé dans ce procédé. Lorsque la pression diminue, le CO2 revient à l’état gazeux, perd son pouvoir solvant et se sépare naturellement des substances. Celles-ci peuvent alors être récupérées, tandis que le CO2 est comprimé de nouveau et réinjecté dans le circuit. Cette séparation évite généralement l’évaporation d’un solvant liquide et limite la quantité de résidus à traiter. DU CAFÉ AU BOUCHON DE VIN L’exemple le plus connu se trouve peut-être dans votre tasse de café. Pour produire du café décaféiné, le CO2 supercritique traverse les grains et en retire la caféine. Le café décaféiné peut ensuite être commercialisé, tandis que la caféine récupérée trouve preneur dans les industries alimentaires et pharmaceutiques. La société Maxwell décaféine ainsi plus de 80 000 tonnes de café par an aux États-Unis! Peu de pertes, deux produits valorisés : le procédé coche plusieurs cases de l’économie circulaire. Le vin aussi en profite. Le fameux « goût de bouchon » est dû au trichloroanisole, une molécule présente dans le liège qui peut gâcher la dégustation. Le CO2 supercritique aide à extraire cette molécule et réduit ainsi le risque de contamination des bouchons. Une intervention appréciable au moment de déguster une bonne bouteille ! L’entreprise française Diam Bouchage, spécialisée dans le traitement du liège, produit plus de deux milliards de bouchons par an et commercialise plusieurs gammes de bouchons garantis sans goût de bouchon grâce à un procédé utilisant le CO2 supercritique. Le CO2 supercritique ne sert pas qu’à extraire des substances. Il peut aussi agir comme vecteur et transporter des substances actives jusque dans les pores de matériaux, comme le bois, le cuir, le textile ou les polymères, et les y déposer directement au cœur du matériau. Il est ainsi possible, par exemple, d’imprégner du bois avec un agent fongicide afin d’améliorer sa résistance aux moisissures. DU POTENTIEL, MAIS ENCORE DU CHEMIN À PARCOURIR Malgré ces usages bien réels, le CO2 supercritique demeure discret dans plusieurs secteurs. Au Québec, encore peu d’acteurs l’utilisent. Le terrain est pourtant fertile : textiles, plastiques, emballages multicouches, batteries et matériaux carbonés pourraient tous bénéficier de ses propriétés.

Repenser le recyclage des plastiques Des recherches sont en cours pour mettre la technologie à l’épreuve, notamment dans le domaine de la plasturgie. Une première piste vise à séparer les couches de matériaux multicouches afin de recycler leurs composants individuellement. Une autre explore la décontamination de plastiques par l’extraction d’additifs pour en améliorer la recyclabilité, dont des ignifugeants désormais soumis à des restrictions réglementaires et dont l’utilisation n’est plus permise. Le CO2 supercritique pourrait également contribuer au recyclage des plastiques utilisés dans le secteur alimentaire en permettant un nettoyage en profondeur de la matière tout en préservant leur aptitude au contact alimentaire. Ces approches ouvrent la voie à une meilleure valorisation de matières jusqu’ici difficiles à recycler. Une nouvelle approche pour le nettoyage industriel Le CO2 supercritique se développe également dans le domaine du nettoyage, notamment dans l’industrie des semiconducteurs et des circuits électroniques. En microélectronique, il constitue une solution de remplacement aux solvants traditionnels et ne laisse pas de résidus de solvant après le traitement. Cet avantage est particulièrement précieux dans un secteur où le moindre défaut peut entraîner des coûts importants. Cette capacité de nettoyage peut aussi être mise à profit en aéronautique ou en mécanique pour l’entretien de pièces de haute précision. Des perspectives pour les batteries et le graphène Le champ des possibles ne s’arrête pas là. Le CO2 supercritique pourrait aider à récupérer des minéraux critiques et stratégiques contenus dans les batteries en fin de vie, mais aussi à purifier ou à transformer certains de leurs matériaux carbonés, comme le graphite. Il est notamment étudié pour faciliter l’exfoliation du graphite en graphène. Comme le graphite est constitué d’un empilement de feuillets de carbone, produire du graphène consiste à séparer ces feuillets sans trop les endommager, tout en limitant le recours aux solvants organiques et aux étapes de purification. Ces avenues demeurent émergentes, certes, mais elles sont prometteuses pour le recyclage et les technologies de demain. UNE TECHNOLOGIE QUI GAGNE À ÊTRE CONNUE Toutes ces applications illustrent la capacité du CO2 supercritique à remplacer des procédés qui font appel à des solvants parfois toxiques, comme l’hexane. L’adoption de cette technologie constitue un pas vers des procédés plus verts : elle offre un gain environnemental et simplifie la gestion des effluents, puisqu’il n’y aurait plus de solvants usagés à traiter en bout de chaîne. Elle présente aussi un avantage sur le plan réglementaire, car de nombreux solvants sont progressivement soumis à des exigences plus strictes, ce qui rendra leur utilisation de plus en plus contraignante. Enfin, elle peut être implantée à l’échelle industrielle et modulée selon le produit à traiter. Plusieurs équipementiers et centres de recherche peuvent d’ailleurs accompagner les entreprises dans leur transition vers le CO2 supercritique. Du plastique aux batteries, le C O 2 supercritique sait se rendre utile là où on ne l’attend pas pour donner une seconde vie aux résidus de notre quotidien. Pour passer du laboratoire à une adoption plus large, il faudra multiplier les démonstrations, rapprocher les chercheurs des entreprises et confirmer les bénéfices à l’échelle industrielle. Son nom peut sembler intimidant. Son potentiel, lui, mérite toute notre attention. n

18 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 22 N O 3 AUTOMNE 2026

Ce texte vous fait réagir ? Faites-nous part de vos commentaires en écrivant à info@magazine3rve.cc


ÉCONOMIE CIRCULAIRE

UN RÉFÉRENTIEL DE COMPÉTENCES POUR PRENDRE PART À LA TRANSITION

Daniel Normandin Biol., M. Sc., MBA Directeur du Centre d’études et de recherches intersectorielles en économie circulaire (CERIEC) Directeur exécutif, Réseau de recherche en économie circulaire du Québec (RRECQ) daniel.normandin@etsmtl.ca Coécrit avec Riadh Mestiri, coordonnateur à l’enseignement et à la formation.

u Québec, l’économie circulaire gagne du terrain depuis une dizaine A d’années. Elle propose une façon différente de produire et de consommer, qui vise notamment à utiliser moins de ressources, à prolonger la vie des produits et à réduire les déchets. Certaines pratiques qui y sont associées, comme le recyclage ou l’écologie industrielle, existent toutefois depuis beaucoup plus longtemps. Jusqu’à récemment, une grande partie des efforts a porté sur les politiques publiques, les technologies, les nouvelles pratiques et les modèles d’affaires nécessaires pour rendre notre économie plus circulaire. Or, un autre élément essentiel est passé sous le radar : les compétences dont les personnes ont besoin pour contribuer à cette nouvelle économie. En effet, car la transition vers une économie circulaire ne se limite pas à adopter de nouvelles technologies. Elle implique aussi de changer certaines façons de concevoir, d’acheter, de produire, de vendre, de gérer et de travailler. Et cela concerne pratiquement tous les métiers. C’est pour répondre à ce besoin que le Centre d’études et de recherches intersectorielles en économie circulaire (CERIEC) de l’École de technologie supérieure, en collaboration avec le Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTÉI) et le Réseau de recherche en économie circulaire du Québec (RRECQ), a contribué à l’élaboration du Référentiel des compétences transversales liées à l’économie circulaire, publié en mai dernier. Ce projet a été mené grâce au soutien financier du Conseil emploi métropole (CEM). Son objectif est simple : aider les organisations et les personnes à mieux comprendre les savoirs et les savoir-faire nécessaires pour passer à l’action. L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE SE MET EN ŒUVRE DANS L’ENSEMBLE DES MÉTIERS La transition vers des modèles durables et circulaires ne dépend pas d’une seule personne responsable du développement durable au sein d’une organisation. Elle concerne tous les secteurs : approvisionnement, marketing, finances, design, production, etc. Prenons un exemple. Une entreprise peut vouloir réduire son utilisation de matières premières. Mais qui doit analyser les flux de matières ? Qui doit trouver des solutions ? Qui doit en évaluer les coûts et les bénéfices ? Qui doit modifier les procédés ? Qui doit convaincre les équipes et suivre les résultats ? La réponse : souvent, plusieurs personnes, issues de différents métiers. L’économie circulaire ne s’adresse pas uniquement aux spécialistes de l’environnement ou du développement durable. Elle concerne également les ingénieurs, les acheteurs, les gestionnaires, les équipes chargées des activités courantes, du marketing, des ressources humaines et de la formation. Dans cette perspective, le référentiel propose des actions concrètes pour intégrer les principes de l’économie circulaire à l’ensemble de ces fonctions. SIX COMPÉTENCES POUR AGIR Le référentiel s’organise autour de six grandes compétences : comprendre, évaluer, concevoir, déployer, piloter et transformer. Comprendre, c’est savoir ce qui se passe : quelles ressources sont utilisées, d’où elles viennent, où elles vont et où se trouvent les possibilités d’amélioration. Évaluer, c’est comparer les différentes options : quelle solution est la plus intéressante ? Quels en sont les coûts, les avantages, les risques et les limites ?

20 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 22 N O 3 AUTOMNE 2026

Concevoir, c’est traduire les objectifs en solutions concrètes, par exemple, en repensant un produit pour qu’il soit plus facile à réparer, à réutiliser ou à démonter. Déployer, c’est passer de l’idée à la réalité en mettant les solutions en œuvre. Piloter, c’est suivre les résultats, mesurer les progrès et ajuster les actions lorsque nécessaire. Transformer, enfin, c’est travailler avec les personnes. Cela suppose de communiquer, de former, de mobiliser, de convaincre et de soutenir l’évolution des pratiques. Ces compétences peuvent être développées à différents niveaux, selon l’expérience et les responsabilités de chacun. DES OUTILS POUR DÉVELOPPER LES COMPÉTENCES Le référentiel présente également six outils répondant à différents besoins à trois échelles : les personnes, les acteurs de la formation et les organisations. Les personnes peuvent évaluer leurs compétences en économie circulaire grâce à un outil d’autoévaluation . Un plan de progression professionnelle les aide ensuite à définir leurs objectifs de développement des compétences et à déterminer les moyens pour les atteindre, comme une formation, un projet ou une nouvelle responsabilité. Pour l’enseignement et la formation, l’outil de parcours de formation modulaire permet de structurer des apprentissages progressifs en fonction des compétences visées et du niveau de maîtrise recherché. Dans les organisations, l’outil de développement des compétences internes aide les gestionnaires à identifier les compétences à renforcer au sein de leurs équipes. Par exemple, un groupe de municipalités peut créer un système commun de partage de matériel d’entretien. Cet outil leur permet de déterminer conjointement les compétences nécessaires à la mise en œuvre et au fonctionnement d’un tel système. L’outil d’attraction, de gestion et de rétention des talents permet aux équipes des ressources humaines d’intégrer ces compétences dans les descriptions de poste. Il assure ainsi l’alignement précis des responsabilités et des compétences. Le diagnostic de maturité circulaire est un outil de pilotage qui aide les directions et les gestionnaires à évaluer la capacité de leur organisation à mettre en œuvre des démarches circulaires. Il permet de cartographier et de qualifier les compétences disponibles au sein de l’organisation en fonction des objectifs de planification établis. Ces six outils constituent autant de moyens de mettre en pratique les connaissances présentées dans le référentiel. D’autres usages demeurent possibles selon les besoins de chaque milieu. Le référentiel sert à la fois de carte et de boussole pour naviguer dans l’économie circulaire, tout en laissant à chacun le soin de tracer son propre chemin. LA TRANSITION AURA BESOIN DE COMPÉTENCES L’économie circulaire ne repose pas seulement sur de nouvelles technologies. Elle s’appuie aussi sur la capacité des individus à les utiliser, à adapter leurs pratiques et à travailler autrement. Les politiques publiques, les innovations technologiques et les modèles d’affaires ne produiront pas les résultats escomptés si les personnes concernées ne possèdent pas les compétences requises. La transition vers une économie circulaire nécessite donc le développement de compétences spécifiques. Le référentiel vise à les rendre plus visibles et à fournir aux organisations des outils pour les acquérir. En somme, il aide à passer de la volonté à la capacité d’agir. n

Pour en apprendre davantage : www.collections.banq.qc.ca/document/1evF0DvI_bFG6pKHRVYenQ Ce texte vous fait réagir ? Faites-nous part de vos commentaires en écrivant à info@magazine3rve.cc


Les appareils électroniques inutilisables, libérez-les dans un point de dépôt officiel.


Br avo à c Bravo ceux eux qui ffont o ont a vancer les choses choses ! avancer F élicitations Félicitations aux finalist es finalistes et aux laur éats lauréats du Gala En viroL Lys. EnviroLys.

10 ans ans 10

d'économie circulaire, d'éc onomie cir culaire, et ça tourne et ça tourne tourne ttoujours oujours ! toujours !

Ch ez n ous, Chez nous, le rréemploi éemploi crée cr ée de l'emploi !


23 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 22 N O 3 AUTOMNE 2026


Félicitations aux lauréats des prix EnviroLys 2026


enviroconnexions.ca


LES AMIS DE 3RVE

ONSS B S E L TACT CON

23, avenue Milton Lachine, Québec H8R 1K6

Jean Delisle

Directeur divisions collecte selective et déneigement

Téléphone : 514 481-0451 # 230 Télécopieur : 514 481-2899 Cellulaire : 514 913-0126 jdelisle@nrj.ca www.nrj.ca Entrepreneur général Licence RBQ : 2865-3681-12 Certifié ISO 9001

Louis-Charles Lefebvre Lefebvre Gérant Gé rant régional régional des vventes entes / Regional Regional Sales Manager

lcl@groupelabrie.com lcl@groupelabrie.com T: T: 418 831-8250 831 - 8250 | C: 418 559-5899 559- 5899 175-B 175 -B Rte Marie-Victorin Marie-V Victorin Levis, Qc, Canada, G7A 2T3 g roupelabrie.com groupelabrie.com

Claude MAHEUX-PICARD Directrice générale Ing., M. Sc. A.

claude.maheuxpicard@cttei.com 450 551-8090 poste 3518

Le balado qui fait du bien

Animé par Bianca Bernard et Grégory Pratte 26 LE MAGAZINE DES MATIÈRES RÉSIDUELLES AU QUÉBEC 3RVE VOL. 22 N O 3 AUTOMNE 2026


On neutralise les mauvaises odeurs Pour que vous restiez concentré sur vos priorités.

Fabriqué au Québec et distribué dans le monde entier.


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
3RVE Automne 2026 by MAYA.cc - Issuu