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Education & Renouvellement Urbain | Atelier #programmation #conception | #ANRU #ANCT #DGESCO

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Réseau Éducation et Renouvellement Urbain Atelier « Programmation et conception d’un équipement scolaire et éducatif dans un QPV en renouvellement urbain » 10 juin 2021 Depuis 2020, l’ANRU en collaboration avec l’ANCT et la DGESCO, copilotes du programme national des « Cités éducatives », propose un réseau national d’acteurs sur les enjeux de l’éducation et du renouvellement urbain. L’objectif est de mettre à profit le cadre collaboratif offert par le programme des Cités éducatives pour capitaliser les expériences sur 4 thématiques clés pour la réussite des stratégies scolaires et éducatives des projets de renouvellement urbain, identifiées dans le cahier École et renouvellement urbain, publié en 2018 par l’ANRU, avec l’ANCT (ex-CGET) et l’Éducation Nationale : • Mixités sociale et scolaire • Prospectives démographique, habitat/ peuplement et scolaire • Programmation et conception d’un équipement scolaire et éducatif en QPV • Pilotage d’une stratégie scolaire et éducative dans un NPRU. Pour chaque thématique, trois à quatre sessions d’atelier auront lieu en 2021-2022 sous différents formats (visite sur site, session plénière). La première séance sur la programmation- conception du 10 juin 2021 a rassemblé 50 participants en visioconférence. La matinée a été consacrée aux interventions des copilotes et d’un site témoin, Les Mureaux, l’après-midi à un éclairage de la recherche et à trois retours d’expérience d’Orly, de Kawéni et de Vénissieux Saint-Fons.


À retenir : Les enseignements de la première séance  La programmation – conception d’un équipement éducatif : une phase clé pour l’attractivité du quartier, le bien-être et la réussite des élèves (cf. p. 8) La programmation - conception d’un équipement scolaire et éducatif est une étape déterminante pour le processus de renouvellement urbain. Elle permet de poser les besoins locaux prospectifs en matière de services scolaires et éducatifs ainsi que le lien entre l’équipement et le fonctionnement du quartier et ses enjeux inhérents de localisation et dimensionnement. L’intérêt d’équipements tournés vers l’attractivité du quartier, le bien-être et la réussite éducative est souligné dans plusieurs retours d’expériences et des travaux de recherche qui montrent l’impact du bâti scolaire sur la qualité de vie, le confort et la réussite des élèves. En évoquant ces enjeux, on réinterroge l’importance du confort d’usage et de la définition claire de la vocation et de la conception des espaces, d’autant plus quand on souhaite les mutualiser. Le Pôle Molière, équipement éducatif multi-activités, est support de la redynamisation d’un quartier aux Mureaux au travers de l’accueil d’un spectre large d’activités pour les élèves et les habitants. Cet élargissement questionne le rôle de l’école et de son ouverture au quartier et à la ville. (cf. page 10)

Dans la continuité de ces questionnements, un nouvel Appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé en novembre 2021 permet le cofinancement d’« Espaces services jeunesse » offrant un bouquet intégré de services éducation-jeunesse-formation dans les collèges et lycées, afin de les mettre en synergie et de les rapprocher de leurs usagers (cf. page 14).

 Mettre l’équipement au service d’un projet de territoire (cf. pages 4-5) Parce qu’un équipement apporte un accès de proximité aux services, il incarne les politiques scolaires et éducatives. Il se doit d’être au service d’un projet de territoire. La démarche de programmation est ainsi une étape clé durant laquelle sont réunies toutes les dimensions, sociales, éducatives et environnementales d’un projet. L’enjeu est d’autant plus fort dans des sites socialement fragiles ou peu dotés en services. La cité éducative de Kaweni à Mayotte doit répondre à des enjeux d’accroissement démographique, d’amélioration du service éducatif et d’élargissement de l’offre de services. Elle montre à quel point les écoles peuvent jouer un rôle structurant dans des territoires dénués d’une offre de service de qualité, et combien, dès lors, le travail de programmation doit intégrer des enjeux dépassant le cadre strictement éducatif. (cf .page 11)

 Structurer le pilotage de la maîtrise d’ouvrage et l’implication des usagers dans le processus de programmation – conception – réalisation (cf. p. 7) La qualité de la programmation réside dans sa capacité à appréhender les besoins locaux et les activités projetées dans le bâtiment pour qu’elles s’y déroulent de manière satisfaisante. Elle nécessite un portage politique et technique structuré du maître d’ouvrage qui mobilise différents usagers (communauté éducative, acteurs locaux, élèves, parents etc.) pour croiser leurs expertises d’usages, hiérarchiser et arbitrer leurs priorités. Ainsi, le programme répond à un contexte précis. Ce programme est décliné dans un projet de fonctionnement qui guide le projet architectural. En phase de conception et réalisation, la maîtrise d’ouvrage doit mettre en place une conduite de projet pragmatique, pour tenir l’intention initiale du programme. L’expérience du pôle Molière aux Mureaux montre l’enjeu d’un engagement sans faille dans la durée du porteur de projet au niveau politique et technique pour apprécier l’adéquation des réponses aux réalités des situations. Et l’importance de savoir ouvrir et fermer des portes au cours du projet, pour pouvoir avancer de manière itérative. (cf. page 10)

Les retours d’expérience attestent de la plus-value d’une programmation participative, mobilisant une grande diversité d’acteurs, qui peut se poursuivre en phase conception et réalisation.

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A Orly, la concertation initiée au stade de la programmation d’un nouveau groupe scolaire a permis d’adapter les réponses programmatiques aux attentes des différents acteurs et s’est poursuivie par la co-construction d’un projet d’usage et d’un manuel mode d’emploi avec la maîtrise d’œuvre. (cf. page 11) Sur la métropole de Lyon, la démarche participative Edumix sur un collège de Vénissieux a essaimé au travers d’expériences de « design thinking » à Saint Fons (cf. page 12). Cet essaimage montre que le partage des expériences et leur capitalisation constitue un enjeu fort de tout projet.

À partir d’une mobilisation large et d’une concertation publique, la cellule « bâti scolaire » du ministère élabore des référentiels pour la construction, l’aménagement et l’équipement des écoles, de la maternelle au lycée. Ces référentiels, disponibles en 2022, seront à envisager comme une volonté d’ouvrir le champ des possibles pour les acteurs de l’éducation et les maîtres d’ouvrage. Ils doivent être interprétés dans chaque contexte localement.

 Expérimenter pour renouveler les usages, l’aménagement et la conception du bâti Plusieurs expérimentations questionnent l’usage et les aménagements de la salle de classe. Si elles renouvellent les pratiques pédagogiques, leur impact sur la réussite scolaire n’est cependant pas établi, étant donné la complexité des processus de construction des savoir. D’autres démarches cherchent à renouveler la conception et les usages des espaces de transition et de convivialité au sein de l’école. Dans tous les cas, elles supposent de s’appuyer sur la communauté éducative et d’anticiper l’accompagnement nécessaire pour faire évoluer les pratiques, la pédagogie et les organisations. L’expérimentation d’une classe innovante dans un collège à Saint-Fons a introduit de nouvelles réflexions sur les pratiques pédagogiques au sein de la classe et eu des effets positifs sur l’autonomie des élèves. Elle s’est prolongée par une démarche cherchant à réinventer les lieux supports du vivre-ensemble entre élèves (cours, halls, sanitaires, espaces de transition) et à développer des espaces de convivialité avec les parents. Elle a suscité une évolution du référentiel collèges de la métropole de Lyon. (cf. page 12)

 Enjeux et points clé d’attention pour la programmation et la conception Des enjeux généraux et des espaces clé d’attention se dégagent des témoignages.

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Enjeux généraux

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Bien-être, santé, sécurité, accessibilité aux PMR et personnes en situation de handicap Adaptation à l’enseignement et à la pédagogie Ouverture sur le territoire : offre de services, continuité des parcours, identité architecturale Environnement et écologie : modularité du bâti, qualité de l’air, végétalisation des espaces, facilité d’entretien

2. Espaces clés d’attention -

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Salle de classe : circulation des savoirs et relations entre élèves Intérieur de l’établissement : o Parvis et halls : accueil et image de l’établissement o Espaces de transition : sécurité et fluidité des circulations o Sanitaires : massivement perçus comme peu sécurisants par les élèves et les collégiens o Espaces de restauration : enjeu de confort notamment acoustique o Cours : interactions entre élèves, enjeu de surveillance et d’interactions spontanées Extérieur de l’établissement : o Accueil et image de l’établissement o Facilitation des entrées / sorties o Convivialité et interactions entre élèves et parents o Synergie avec des services à proximité (crèches, médiathèques, équipements sportifs, de santé etc.) Ces éléments pourront être approfondis dans des travaux ultérieurs du réseau.

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Le point de vue des copilotes du Réseau Des besoins spécifiques aux équipements scolaires en QPV à affiner et à réaffirmer Alice Collet (ANRU) 

État des savoirs et questionnements

Alice Collet souligne que le réseau s’inscrit dans des travaux anciens de l’ANRU. De premiers enjeux pour la programmation et la conception d’un équipement scolaire et éducatif en QPV sont identifiés dans le cahier École et renouvellement urbain. L’atelier aujourd’hui mis en place avec l’ANCT et la DGESCO vise à approfondir la question de la vocation et des besoins spécifiques d’un équipement scolaire et éducatif en QPV : quelles sont ses particularités ? Quels enjeux urbains, éducatifs, sociaux et sanitaires intégrer dès sa conception ? En creux, il s’agit de s’intéresser à la relation de l’école au quartier, au travers sa localisation, son dimensionnement, sa relation aux autres équipements ou encore les modalités d’accueil des familles et de la communauté éducative. En second lieu, il s’agit d’identifier les besoins spécifiques des quartiers prioritaires et de leurs habitants. Par exemple, quels enjeux de santé intégrer, au vu des inégalités socio-sanitaires soulignées par la crise de 2020/2021 ? 

De la même manière, la question des conditions de logement susceptibles de peser sur la réussite scolaire se pose : comment l’école peut-elle être un lieu d’ouverture d’autres possibles, que les enfants ne peuvent pas développer chez eux ? En somme, comment définir ces besoins spécifiques et jusqu'où les intégrer dans les établissements scolaires et éducatifs ? À ces questionnements, s’ajoutent les besoins de l’éducation prioritaire, tels que le dédoublement des classes, de lieux d’accueil pour les parents et de locaux spécifiques pour les très petites sections. Certains enjeux, enfin, sont communs aux autres établissements à l’échelle nationale, tels que l’évolution des pratiques pédagogiques, la transition écologique et numérique, la qualité des abords et les accès de l’établissement, essentiels pour son fonctionnement, mais aussi le lien entre projet pédagogique, fonctionnement, projet architectural et programmation de l’établissement, qu’il s’agit d’articuler au mieux.

Enseignements du Cahier École et Renouvellement urbain

Le Cahier École et renouvellement urbain a permis de tirer des enseignements pour la programmation et la conception d’un équipement scolaire et éducatif. Ces phases préalables à la construction constituent des étapes clés pour l’attractivité et le fonctionnement dans la durée des établissements. Le processus de programmation vise à mettre à plat les besoins des différents publics usagers de l’équipement. Aussi est-il déterminant pour son fonctionnement, son insertion dans le quartier et plus largement pour l’image de l’institution scolaire auprès des habitants. Au-delà de la communauté éducative, l’équipement scolaire est le lieu d’exercice de fonctions supports à la pédagogie (restauration, santé, administratif, entretien…). Ainsi, le cadre scolaire est déterminant de la faculté d’ouverture de l’établissement à d’autres usages

éducatifs, périscolaires, ou autres. Les travaux de l’ANRU soulignent la nécessité de travailler au préalable la vocation de l’établissement (à quoi doit-il servir ? Pour quels publics ?) afin de mettre le projet architectural au service du projet éducatif et du projet pédagogique, et non l’inverse. Cela suppose que la phase de programmation mobilise la diversité des usagers pour qualifier leurs besoins éducatifs, pédagogiques, techniques, administratifs. Cela suppose de mobiliser la communauté éducative (directeurs d’établissement, enseignants, parents d’élèves, acteurs du périscolaire…) et les représentants des fonctions support. Ceci afin de contextualiser les orientations programmatiques de l’établissement.

Le renouvellement urbain comme opportunité d’améliorer le bien-être et la réussite scolaire Fleur Émile (ANCT) Fleur Émile rappelle que le parcours scolaire et universitaire reste très corrélé en France aux origines sociales. La

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ségrégation urbaine se doublant d’une ségrégation sociale et scolaire dans les QPV, la Direction de la Politique de

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la Ville de l’ANCT s’est engagée dès 2005 avec la DGESCO, dans l’accompagnement des enfants et des jeunes qui y résident ou qui y sont scolarisés pour développer des dispositifs favorisant la réussite éducative et scolaire. Face à des besoins d’accompagnement qui ne cessent de croître, l’ANCT constate que la mise en œuvre de projets éducatifs, scolaires ou périscolaires peut être rendue difficile sur le terrain par des problèmes d’espace, de fonctionnalités ou d’utilisation de locaux complexes.

La volonté de l’ANCT est de se saisir de l’opportunité offerte par le NPNRU pour militer en faveur de la conception et programmation d’équipements prenant en compte les territoires, les usages, les objectifs d’un programme éducatif au service de la réussite des enfants et des jeunes. C’est la perspective qui motive le copilotage par l’ANCT du réseau.

Bâtir l’école d’aujourd’hui et de demain : des guides pour les professionnels de l’éducation et les maîtres d’ouvrage Sidi Soilmi, responsable de la cellule « bâti scolaire », Ministère Éducation Nationale, de la Jeunesse et des Sports En 2019, le ministère s’est doté d’une cellule « bâti scolaire » pour renforcer la prise en compte des enjeux du bâti scolaire en amont de ses réformes structurelles et améliorer le traitement des enjeux de santé, sécurité et hygiène dans chaque établissement. Cette cellule vise à élaborer et partager des ressources relatives à la conception, l’aménagement et l’équipement des écoles maternelles et élémentaires, des collèges et des lycées. Elle contribue également à l’accélération de la transition écologique du patrimoine scolaire1. Des référentiels en cours d’élaboration sur 5 briques programmatiques clés Des guides2 de construction, d’aménagement et d’équipement pour les écoles, collèges et lycées, adaptés aux enjeux pédagogiques, éducatifs, sociétaux, sanitaires, environnementaux et écologiques questionnant la forme scolaire seront proposés d’ici à fin 2021. Ouverts aux spécificités locales, ces guides constituent un « champ des possibles » pour les acteurs de l’Éducation Nationale et les maîtres d’ouvrage, qu’il s’agit d’accompagner pour faire évoluer leur manière de concevoir les établissements scolaires et favoriser de nouvelles approches. Les guides sont organisés autour de 5 enjeux clé pour la programmation et la conception :     

santé et sécurité, transition écologique, apprentissages et enseignement, inclusion, bien-être et sentiment d’appartenance ouverture sur le territoire.

Ils proposeront des repères sur des espaces emblématiques des établissements : la salle de classe, les espaces dédiés aux personnels, les espaces extérieurs, la bibliothèque et le CDI et les espaces interstitiels : couloirs, halls, cours de récréation (pendant et hors temps de récréation), le réfectoire (pendant et hors temps de restauration). Les éléments techniques (éclairage, acoustique, ventilation) feront l’objet de notices spécifiques.

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La cellule a mis en place un volet du plan de relance pour la rénovation énergétique des bâtiments scolaires des collectivités territoriales, doté d’une enveloppe de 1,3 milliards d’euros de subventions, qui sera renforcée par des dispositifs européens. Les guides seront accessibles via une plateforme proposant d’autres ressources : guides spécifiques, outils de conduite de projet favorisant la mobilisation des usagers, présentation de projets remarquables initiés à la faveur d’acteurs locaux et ayant vocation à être partagés pour alimenter une communauté dédiée à l’enjeu du bâti scolaire.

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Pour redonner de la valeur au processus de programmation, les guides présenteront l’enjeu de mobilisation des usagers et la prise en compte des usages le plus en amont possible dans le projet d’équipement. La démarche de conduite de projet sera également détaillée, afin de favoriser la mobilisation des acteurs de l’Éducation Nationale dans l’accompagnement des projets des collectivités maîtres d’ouvrage.

Une méthode participative pour élaborer les guides L’élaboration des guides s’appuie sur une méthode participative identique au processus de conduite de projets. L’expertise d’architectes, de programmistes, de maîtres d’ouvrage en collectivités territoriales et de chercheurs en sciences de l’éducation, psychologie cognitive, ergonomie a été sollicitée. Représentants de personnels, usagers, élus et acteurs de l’aménagement ont exprimé leurs attentes sur les espaces emblématiques au sein des équipements, le parcours éducatif, le lien entre scolaire, périscolaire et extrascolaire, l’identité architecturale des établissements scolaires, le traitement des abords, l’ouverture sur le territoire et sur la société. Des travaux avec des associations d’élus, associations de parents d’élèves, des organisations syndicales et des experts ont approfondi les ressources. Des temps ultérieurs avec des usagers permettront de tester les solutions pour s’assurer de la prise en compte de leurs préoccupations. Enseignements de la concertation publique nationale de 2021 : des préoccupations autour du bien-être, de la sécurité et de l’environnement Entre février et avril 2021, une concertation a mobilisé près de 10 000 participants (enseignants, parents, élèves, personnels de l’Éducation Nationale et des collectivités territoriales, élus, architectes). Plus 200 000 réponses ont été collectées, en pleine crise sanitaire. Des préoccupations prépondérantes ont été exprimées autour du bien-être, de la sécurité, de la pédagogie et de l’environnement. Parmi les propositions les plus fréquentes, figurent l’amélioration des sanitaires, de l’accueil et du bien-être des personnes en situation de handicap, du sentiment d’appartenance et d’ouverture au sein de l’école et de la végétalisation et de la qualité de l’air intérieure. Le souhait d’ouvrir l’école sur le territoire est prégnant, dans la perspective d’en faire un lieu de vie pour des activités pédagogiques, ludiques, sportives, artistiques dans et hors du cadre scolaire. Même si la vocation première de l’école est scolaire, des évolutions fortes questionnent son ouverture et le lien entre les politiques éducatives, comme l’illustre le contenu d’un ministère « éducation jeunesse et sports ». Les attentes sur l’ouverture de l’école amènent à se demander si on doit parler de bâtiment scolaire ou éducatif. L’école est aussi pensée comme un lieu de débat, de réunion, d’ouverture aux professionnels et aux parents, ce qui suppose de leur dédier un espace spécifique et neutre. Le souhait d’aménager une école sur-mesure est important. La question de la taille de l’établissement revient régulièrement, avec un compromis difficile à trouver entre réponse à des besoins démographiques et maintien d’établissements à taille humaine. Le besoin d’appropriation de l’espace scolaire par les élèves, via l’exposition de travaux réalisés à l’école par exemple, est aussi fortement exprimé. Une grande attente en matière de transition écologique ressort, notamment d’amélioration de la végétalisation des cours et des abords et de la qualité de l’air. Des espaces de repos et de détente sont plébiscités et des espaces de restauration qualitatifs et calmes, renvoyant au confort acoustique.

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Le point de vue d’un professionnel – La programmation : un enjeu fort pour la maîtrise d’ouvrage Denise Pradel, programmiste, CP&O « Les m² heureux » Même si elle n’est jamais liée qu’à une question d’espace, la réussite scolaire tient aussi à la manière dont un bâtiment contribue au bien-être des usagers. L’un des principaux objectifs de l’atelier est de s’entendre sur la définition des éléments évoqués pour partager un vocabulaire commun. Il s’agit aussi de clarifier les enjeux de la programmation et de la conception pour chacun des acteurs intervenants en QPV NPRU. La thématique sera traitée de façon transversale et recoupera des problématiques plus générales, telles que la démarche durable ou la flexibilité des espaces, des enjeux fonctionnels et urbains spécifiques aux équipements scolaires et éducatifs en QPV NPRU, liés à la localisation, à la porosité de leur enveloppe, aux relations entre projet d’établissement et projet urbain. Ce premier atelier vise à travailler un socle de définitions pour se doter d’une boîte à outils pratique en tant que somme de points de vigilance. 

Le programmiste garant du suivi des processus

La programmation d’un équipement doit se réaliser comme une démarche de projet, dans laquelle il est vital de se préoccuper de chaque étape du processus. Bien au-delà de la seule programmation, le choix de la maîtrise d’œuvre et le suivi de la production architecturale sont des étapes clés durant lesquelles il faut s’assurer de la continuité de l’intention initiale. La première étape est donc d’identifier le bon mode d’implication des acteurs, à commencer par la maîtrise d’ouvrage. La programmation vise ensuite à mettre en œuvre une conduite de projet pragmatique permettant de passer de l’idée au projet, en en ayant vérifié les faisabilités et fait valider les avancées. La programmation vise aussi à « questionner la question ». Il s’agit d’éclairer sous tous les angles la maîtrise d’ouvrage sur 

son projet, de cerner le dessein pour que le maître d’œuvre le traduise en dessin. Le travail du programmiste consiste à appréhender et comprendre les activités projetées dans le bâtiment pour construire des situations d’usage et faire en sorte que la diversité des usages se déroule de manière satisfaisante. L’objectif est de donner à la maîtrise d’œuvre l’ensemble des données sur le fonctionnement afin de lui permettre de développer sa créativité sur la mise en espace. La définition du fonctionnement du bâtiment est de la responsabilité du maître d’ouvrage et se fait sur le terrain avec les partenaires et les usagers.

Chez les porteurs de projets, un souci de co-construction et de réponse aux enjeux locaux

Les « fiches d’identité » sollicitées auprès des sites membres du réseau permettent d’identifier deux grandes préoccupations des porteurs de projets. 1) Le processus Comment impliquer les différents acteurs internes et externes à la Cité éducative pour coconstruire le projet d’équipement ? La difficulté est d’articuler les périmètres financier et temporel, mais aussi de dépasser la crainte de faire intervenir des professionnels extérieurs. La capacité d’intégrateur du programmiste est alors indispensable, car il a le savoir-faire spécifique pour observer, écouter, comprendre, hiérarchiser et organiser le processus de validation. Il apporte ainsi une aide à la décision pour retranscrire ce futur vécu en un programme unique répondant à un contexte précis.

2) La définition d’un programme répondant aux enjeux locaux mais aussi contemporains Les enjeux du territoire sont autant urbains (importance du choix de la localisation de l’équipement sur son image, sa lisibilité, son ouverture sur son environnement) que fonctionnels (intégrer les différents temps hors et dans la classe, avant/après). Ils s’appréhendent à travers une réflexion à court et long termes sur les usages. À ceux-ci doivent être intégrées des thématiques transversales sociétales ou environnementales. Ces préoccupations seront explorées dans les séances d’atelier du réseau autour de trois questions : 1) La programmation et la conception ; 2) La perméabilité de l’école sur son quartier ; 3) L’articulation entre temps scolaire et autres temps.

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Éclairages de la recherche - La qualité de vie à l’école : intégrer la réussite scolaire et le bienêtre dans la programmation et la conception Ariane Richard-Bossez, sociologue, Université d’Aix-Marseille, CNRS, MESOPOLHIS L’intervention s’appuie sur un rapport, publié par le CNESCO, « La qualité de vie à l’école. Comment l’école peut-elle proposer un cadre de vie favorable à la réussite et au bien-être des enfants ? » (Florin, Guimard, 2017). Le titre suggère que penser les lieux dans une perspective de qualité de vie doit supposer d’intégrer des dimensions de réussite scolaire et de bien-être des élèves. La notion de qualité de vie à l’école intègre des aspects objectifs, relatifs aux conditions de scolarisation des élèves, à la taille de l’école, au climat scolaire, et des aspects subjectifs qui renvoient à la perception que les élèves ont de leurs expériences scolaires et à la valeur émotionnelle qu’ils y associent. L’école étant l’un des lieux où les enfants passent une bonne partie de leur vie, et où ils se construisent, la question de la qualité de ce qu’ils y vivent est donc particulièrement cruciale. Cela d’autant plus pour les enfants issus de milieux socio-économiques défavorisés. Les différentes études à l’échelle internationale montrent que, si une grande majorité des enfants déclarent une satisfaction élevée à l’égard de la vie en général (85% pour les 11-15 ans), ceux parmi les moins favorisés sont ceux qui déclarent une satisfaction de vie plus faible. En France, le sentiment d’appartenance des élèves à leur établissement est en dessous de la moyenne des pays de l’OCDE et les écarts de satisfaction à l’école, en fonction de l’origine sociale, sont importants.

Il est évident que la qualité de vie à l’école est un phénomène complexe et il est difficile d’isoler le rôle du bâti dans la perception du bien-être des élèves à l’école. Différents modèles théoriques tentent de mettre en évidence les différentes dimensions qui y participent, mais peu d’entre eux s’intéressent réellement au bâti de manière spécifique. Des chercheurs ont mis en évidence des variables environnementales susceptibles de favoriser la satisfaction scolaire. Des variables « proximales » (telles que les capacités académiques, le sexe, l’ethnie, le statut socio-économique, la santé mentale, la famille) et des variables « distales » (comme le climat scolaire, les pratiques de classe, l’organisation scolaire et les relations avec les pairs) (Baker et al., 2003) sont également mises en avant. Les deux types de variables interagissant entre elles, le rôle du bâti ne peut donc être isolé des autres dimensions qui jouent sur le bien-être à l’école.

Que sait-on du rôle du bâti scolaire sur la réussite et le bien-être des élèves ? Des travaux portant sur le bâti et son impact sur la qualité de vie (Barrett, Davies Zhang et Barret, 2015) mettent en évidence 3 catégories de facteurs :  Les facteurs liés au confort des élèves (la lumière, le bruit, la température, la qualité de l’air, etc.) ;  Les facteurs permettant de satisfaire les besoins cognitifs (pièces clairement identifiables, personnalisées, adaptables à la pédagogie et permettant d’être en lien avec le reste de l’école) ;  Les facteurs esthétiques (harmonie des couleurs, agencement des éléments de la salle de classe…). On sait aussi que l’architecture scolaire reflète les enjeux socio-historiques de chaque époque et société. Le modèle qui semble prévaloir à l’heure actuelle entend répondre à 5 critères :  Une école au bâti moderne, à l’aménagement modulable, en phase avec le développement durable,  Une école sécurisée,  Une école accessible aux personnes à mobilité réduite,  Une école connectée et numérique,  Une école associant des acteurs divers et ouverte sur son implantation. Certains critères sont conjoncturels, à l’image de la question de la sécurité remettant en cause, depuis 2015, le modèle d’école ouverte ou encore de la crise sanitaire relançant la question de l’équipement numérique des établissements, des enseignants, des élèves. Ils peuvent donc évoluer avec le temps.

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La classe La classe est un lieu qui focalise souvent la réflexion tant il vrai que son aménagement n’est pas neutre et peut contraindre la circulation des savoirs et les relations entre élèves et professeurs ou entre élèves. L’évolution de l’agencement des salles de classe, au fil du temps, témoigne de l’évolution des conceptions pédagogiques (la hauteur des fenêtres permettant ou non de regarder au dehors, un tableau noir comme support d’interrogations ou support d’affichage, des tables fixes identiques pour tous ou divers espaces de travail…). Il faut néanmoins se garder de porter des jugements trop hâtifs sur les formes de pédagogie induites par ces deux types d’aménagement et leurs effets en termes de réussite scolaire. Les recherches en sociologie de l’éducation, en didactique ou en sciences de l’éducation, montrent que les processus à l’œuvre dans la construction des savoirs sont complexes et que ces deux formes de pédagogie bien qu’opposées peuvent toutes deux accentuer les inégalités d’apprentissage des élèves. Les autres espaces à l’intérieur de l'établissement D’autres espaces font souvent moins l’objet d’attention que les classe, alors qu’ils recouvrent des enjeux forts:  Parvis et halls sont porteurs d’une dimension symbolique d’accueil, pour les élèves et les familles ;  Certains espaces sont perçus comme plus anxiogènes que d’autres. Les espaces sans surveillance comme les sanitaires, les couloirs et les escaliers, notamment. Les cours sont un lieu où les enfants se retrouvent dans un cadre plus libre, où se jouent beaucoup de choses qui les marquent. Elles sont également le lieu d’une véritable culture enfantine comme l’a montré l’anthropologue Julie Delalande, alors qu’elles sont bien souvent envisagées plutôt comme des lieux de surveillance par les adultes. Ces espaces sont souvent pauvres en aménagements. Quand ils disposent d’aménagements, notamment sportifs, cela occasionne des inégalités entre filles et garçons. Ces derniers tendant à s’octroyer l’espace central pour jouer au ballon et reléguant les filles à la périphérie.  Certains espaces sont perçus comme plus anxiogènes que d’autres. Les espaces sans surveillance comme les sanitaires, les couloirs et les escaliers, notamment.  Les sanitaires sont souvent perçus comme peu sécurisants. Un tiers des élèves de primaire et de collège déclarent craindre de s’y rendre (Guimard, Bacro, Ferrière, Florin et Gaudonville, 2016). Les collégiens citent à 46% les sanitaires comme l’un des espaces les moins sécurisants de leur établissement (Herbert et Dugas, 2017).  On sait également qu’en dépit des évolutions de la législation, l’accessibilité des établissements aux élèves ou personnes porteuses de handicap n’est pas encore présente partout. En 2015, 26% des collèges n’ont pas été déclarés accessibles et 11% l’ont été partiellement. Sachant que 40% des collèges interrogés ont répondu ne pas pouvoir se prononcer sur ce point, uniquement un quart des collèges pourraient donc être accessibles aux personnes en situation de handicap. Les espaces à l’extérieur de l’établissement L’extérieur de l’école recouvre des enjeux importants :  Les abords de l’établissement et les abri bus sont souvent des lieux où le sentiment d’insécurité exprimé par les élèves est plus fort qu’à l’intérieur. Ils ont une portée symbolique pour l’image de l’établissement. La ville de Marseille a été particulièrement mise en avant pour l’état dégradé de ses écoles. Comment penser que l’on accorde de la valeur aux élèves et aux familles qui fréquentent une école quand on doit traverser des chaussées défoncées ou sillonner entre des ordures pour y accéder ?  Les services à proximité des établissements scolaires pourraient également constituer une réflexion à part entière. Crèches, médiathèques ou équipements sportifs sont fréquemment évoqués, mais on pourrait penser aussi à des services de santé, à l’image d’un lycée expérimental de Shangaï proposant divers services et espaces dédiés à la santé et au bien-être des élèves (salles de consultations et de thérapie, salle de jeux, de défoulement, documentation etc.). La programmation et la conception des bâtiments scolaires sont un sujet vaste, encore peu exploré, qui devrait concerner les nouvelles constructions autant que l’existant et intégrer l’accompagnement des usagers dans leur appropriation de équipements.

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Retours d’expérience des Cités éducatives membres du réseau Les Mureaux : programmer, concevoir, gérer et utiliser un Pôle éducatif Michel Carrière, adjoint au maire, chargé de l’éco-ville, des nouvelles mobilités et des transports Muriel Charpentier, directrice du pôle patrimoine, ville des Mureaux Malika Bentaleb, directrice du Pôle Molière, ville des Mureaux Henri Leblanc, directeur du Pôle citoyenneté, ville des Mureaux 

Le pôle Molière : un équipement scolaire HQE polyvalent et multi-activités

Michel Carrière précise que tous les projets initiés aux Mureaux bénéficient d’un portage politique et d’un portage technique permettant la remontée d’informations et que ce double portage est fondamental dans la conduite du projet. Livré en 2014, dans le cadre du PNRU et cofinancé par l’Anru, le Pôle Molière est un équipement polyvalent et multi-activités. S’inscrivant dans un projet d’aménagement de 70 ha visant à 

créer un espace public, le projet devait prendre en compte la topographie particulière des lieux sur une parcelle de 9000 m². La principale orientation du programme est une démarche HQE (Haute qualité environnementale), labellisée en 2005, qui permet notamment de tenir les engagements pris en tant qu’élus, de les afficher et de vérifier la conformité des aménagements réalisés. Parmi les cibles prioritaires de la démarche : l’énergie et la santé.

Comment vit le Pôle Molière et comment atteint-il les objectifs fixés ?

Malika Bentaleb décrit l’impact du pôle sur l’attractivité du quartier. Celui-ci dynamise le territoire, avec le parc urbain et la fabrique culturelle (les Ateliers du Moulin) à proximité. Une vision globale a été travaillée en co-construction avec les différents acteurs du territoire, associés à la programmation.

implication à travers sa participation aux différentes instances mais également une volonté de décloisonnement et un intérêt pour les projets développés dans les écoles.

Le pôle accueille différents utilisateurs : les services de la Ville, l’Éducation Nationale et 35 associations qui le font vivre de manière culturelle et sportive. Les espaces et les salles sont partagés entre les associations et l’école élémentaire. Une salle est dédiée à un FabLab ouvert à l’ensemble des utilisateurs. De nombreux publics et partenaires viennent des communes avoisinantes. Le pôle reste un équipement éducatif dont les axes se développent autour des langues (création de parcours linguistiques) et des questions environnementales. Quatre permanences sociales font vivre le lieu et un service de proximité va évoluer en service délocalisé pour les populations. L’usage des lieux est mutualisé et négocié.

Michel Carrière estime que le pôle Molière a eu un réel impact, au travers d’améliorations sociales visibles.

La Ville contribue à l’organisation du lieu, à la centralisation de l’information, à la planification des activités. Elle montre son 

L’expérience du pôle amène à se demander comment sortir des « cases » de l’urbanisme pour que tout le monde puisse se retrouver dans le fonctionnement d’un établissement ? Cela nécessite d’ouvrir le champ de réflexion et de disposer d’élus impliqués, qui ont besoin d’un travail en forte synergie avec les techniciens.

Le pôle Léo Lagrange : un bâtiment multifonctionnel et évolutif à dominante éducative

Muriel Charpentier présente le Pôle Léo Lagrange, un bâtiment multifonctionnel à dominante éducative, modulable, évolutif, qui

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La satisfaction des usagers se mesure au fait qu’ils investissent un espace plus seulement éducatif mais qui répond à des besoins variés (« les gens disent on va au Molière »).

sera co-financé par l’Anru dans le NPNRU. Celui-ci compte un programme de 20 classes élémentaires et maternelles, un

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espace de loisirs, des activités périscolaires, un centre de formation transformable en grande salle via un jeu de cloisons mobiles et des cours d’école ouvertes au public, ainsi qu’un atelier mutualisé entre les classes. Le recrutement des élèves se fait sur toute la ville, par le biais de classes à horaires aménagés sport (qui ne sont donc pas soumises à la carte scolaire). Les

cours sont conçues pour être inclusives et natures, les enjeux environnementaux sont d’ailleurs les mêmes qu’au Pôle Molière. Le projet vise également le label HQE niveau 2, le niveau 1 ayant déjà été obtenu en phase conception.

Kaweni : une Cité Éducative à forts enjeux démographiques et éducatifs Liouize Nidal, chargée d’opérations NPRU, Ville de Mamoudzou Assia Mohamed, responsable de la Maison du Projet, Ville de Mamoudzou Cyrielle Randrianarivony, coordinatrice de la Cité Éducative de Kaweni, rectorat de Mayotte La cité éducative de Kaweni regroupe plus de 8.000 élèves répartis entre 11 établissements scolaires (du lycée à la maternelle) dans un territoire dénué d’un grand nombre de services et infrastructures publics essentiels et dont 60% de la population a moins de 20 ans. Dans ce contexte difficile, les enjeux de sa programmation et conception recoupent des objectifs urbains, éducatifs, sociosanitaires et participatifs. Sur le plan urbain, il s’agit de désenclaver le pôle éducatif en le rattachant au reste du quartier en travaillant sur la perméabilité de l’enveloppe pour mettre à disposition des habitants les

équipements, notamment sportifs, sur les temps péri et extrascolaire. Sur le plan éducatif, l’objectif est d’améliorer le service éducatif en supprimant les rotations d’élèves et en limitant à 25 le nombre d’élèves par classe tout en absorbant les besoins liés à la forte croissance démographique (plus de 100 classes d’ici 2026). En termes participatifs, le travail de conception a associé la communauté éducative au projet par des ateliers de médiation, animés par la maîtrise d’œuvre, entourée de spécialistes, et des ateliers de contes s’appuyant sur les notables du quartier.

Orly : un groupe scolaire programmé dans le NPNRU, avec la mobilisation de la communauté éducative et le soutien du PIA innovation Amandine Riault, cheffe de service de renouvellement urbain, Ville d’Orly Le périmètre NPRU concerne les quartiers intercommunaux des Navigateurs et des Lopofa, à cheval sur les villes d’Orly et de Choisy. Le projet conduira à la construction de 900 logements (pour 543 démolis) et 18 équipements publics de proximité dont le groupe scolaire qui en constitue l’axe fort, pour faire face à l’importante croissance des effectifs scolaires. Bénéficiant du soutien du Programme d’Investissements d’Avenir (PIA) (1,5 M€ de subventions) sur l’innovation éducative de 2017, la programmation de l’équipement visait un « projet architectural et éducatif innovant ». Le travail de programmation s’est d’abord fondé sur deux mois d’ateliers de concertation avec les élèves, la communauté éducative et la communauté NPRU (services municipaux, du département, de l’État, etc.)

dont sont ressortis des tendances liées à une demande d’espaces naturels, de modularité et d’évolutivité, d’une plus grande accessibilité et d’un confort thermique. Le processus s’est poursuivi par la désignation d’une maîtrise d’œuvre qui intégrait un spécialiste en concertation qui, après dépôt du permis de construire, a engagé une nouvelle phase de concertation visant, entre autres, à la construction « d’un projet d’usage » et à la mise en œuvre d’un « manuel mode d’emploi ». Outre une plus forte prise en compte de l’exigence environnementale, le processus de concertation a débouché sur l’intégration « d'îlots d’activités » entre salles de classe pour développer l’autonomie des élèves.

Atelier « Programmation et conception d’un équipement scolaire et éducatif », 10 juin 2021

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Vénissieux– Saint-Fons : D’une expérimentation pour repenser l’espace classe sur un collège à l’évolution du référentiel collèges de la métropole Emilie Rivoire, professeure de mathématiques au collège Alain Anne Lemasson, directrice de projet Politique de la Ville de Saint-Fons, Métropole de Lyon. 

Regard d’un enseignant sur l’expérimentation d’une salle de classe innovante au collège Alain

Émilie Rivoire présente l’expérimentation d’une salle de classe témoin, innovante et modulable, créée en accompagnement de la restructuration du Collège Alain, à Saint-Fons. Manque de motivation des élèves, décrochage scolaire, résultats scolaires en dessous des moyennes académiques et nationales, violence et incivilités, écart d’acquisition des compétences, hétérogénéité des classes et besoins particuliers… Ce constat d’ensemble remet en question l’efficacité des méthodes d’enseignement classiques, sous forme de cours collectifs, dispensés en REP+. Les difficultés au collège Alain ont encouragé une réflexion sur les pratiques pédagogiques et éducatives, comme enjeu d’attractivité de l’école et comme moyen de donner envie aux collégiens de s’engager dans le « métier d’élèves ». La création d’une classe modulable s’inscrit dans le sillage d’une première expérimentation de 2017, Edumix, qui visait à réinventer les lieux et les pratiques d’enseignement dans le cadre d’une démarche participative. Elle suit également la dynamique « TOTEM », visant à profiter de la restructuration du collège pour penser des espaces scolaires innovants et exemplaires. En termes de méthodologie, un groupe de travail a analysé les pratiques et réfléchi sur les espaces de la salle de classe. Il s’agissait de proposer un aménagement pédagogique innovant, prenant en compte le bien-être des élèves et offrant un espace de vie propice aux apprentissages, tout en pacifiant le climat scolaire et permettant une meilleure individualisation. L’idée de modularité répondait à cet objectif en favorisant le 

L’expérience a été menée durant 3 ans et demi. Les indicateurs d’évaluation sont encore de l’ordre du ressenti, mais globalement élèves et enseignants apprécient leur nouvel espace de travail. Ils s’y sentent plus actifs, plus autonomes, plus à mêmes de répondre aux difficultés rencontrées. D’autres enseignants réfléchissent maintenant à cette façon d’enseigner. La création d’une classe innovante demande de la réflexion, de l’espace et du matériel, et s’appuie sur la volonté des enseignants d’innover. Cela n’est pas un acquis, il faut trouver le moyen de sensibiliser, mobiliser, voire accompagner les équipes pédagogiques. À SaintFons, certains enseignants auraient aimé bénéficier d’une formation pour participer à la démarche, ce qui qui a pu constituer la limite de l’exercice.

Regards de la métropole de Lyon, sur l’expérimentation TOTEM : évolution du référentiel collèges et intégration de la programmation des équipements dans un projet de territoire

Anne Lemasson poursuit la présentation en soulignant que la démarche TOTEM a permis de faire évoluer le référentiel Collège de la métropole de Lyon, qui s’applique à tous les collèges de la Métropole (la demande politique de faire évoluer ce référentiel ayant été d’une aide notable). Les évolutions portent sur 3 types d’espaces définis dans une démarche de co-design : les salles de convivialité-parents ; les espaces interstitiels à mieux investir pour mieux vivre ensemble (comme les halls pouvant servir de lieux d’exposition) et les espaces de transitions. Un travail sur la question du

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décloisonnement des espaces d’apprentissage et des pratiques et la création de lien. La salle de classe devient polycentrique, les élèves en sont les pôles, l’enseignant est le lien les connectant les uns aux autres. En pratique, tout le mobilier est modulable et peut être pensé comme support de travail, de réflexion et de co-working, mais également de retour au calme et de lecture. Le mobilier varié s’adapte à la façon dont l’élève veut travailler (seul, en groupe, allongé, assis…) et l’utilisation de tablettes permet le suivi du travail, la mise en commun et l’entraide. Le travail collaboratif pouvant être bruyant, il nécessite l’anticipation de matériel à disposition des élèves, comme des casques anti-bruit.

genre vise à éviter les espaces de domination, à l’image des cours et des sanitaires. L’évolution du référentiel collège est positive. Elle permet la prise en compte des retours d’usagers et l’ancre dans les démarches de conception. Si elle ne permet pas encore une distinction REP/ hors REP (nécessitant une approche plus équitable qu’égalitaire), il y a derrière ce type d’évolution l’enjeu de passer d’une vision bâtimentaire et gestionnaire, à l’idée de développer un équipement au service d’un projet de territoire. Parmi les pistes évoquées par les professeurs pour poursuivre la démarche, sont ainsi

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envisagés, dans le cadre de la restructuration du collège Alain, la mise en place d’un groupe de réflexion pour mettre en concordance pratiques pédagogiques innovantes et restructuration (et non le contraire) ; l'accompagnement des

équipes aux innovations pédagogiques par des temps de formation et des partages d’expériences (via le réseau Canopé, Erasme…); l’organisation d’ateliers d’échanges pédagogiques avec d’autres établissements, notamment afin de penser la réplicabilité du projet.

Poursuivre l’expérimentation TOTEM : le projet initié sur le groupe scolaire Parmentier à Saint-Fons, qui permet d’identifier des éléments forts de prospective programmatique

Une salle de classe témoin doit s'accompagner d’une réflexion de l’ensemble de l’équipe éducative sur les pratiques individuelles et collectives. A ce titre, cette expérimentation est susceptible d’essaimer sur l’ensemble des écoles du Réseau REP+, et peut être un moteur pour la liaison école/ collège.

Une visite de 4 groupes scolaires de la métropole et de la commune, suivie d’un guide, recensant les « pépites » et les mauvaises idées, visant à trouver les grands axes à intégrer au programme ;

Une démarche participative entre la Métropole, la ville et l’Éducation nationale est engagée pour la programmation du futur groupe scolaire (livrable en 2025) de l’écoquartier CarnotParmentier. Celui-ci est fondé sur la démolition et le dédoublement du plus gros groupe scolaire de la commune de Saint-Fons. Parmi les enjeux, il s’agit de proposer une école neuve et attractive aux futurs acquéreurs (qualité du bâti, insertion urbaine et paysagère…) et d’optimiser les m² pour disposer d’une école de grande capacité, prenant en compte le dédoublement des classes, mais aussi qualitative, avec la contrainte d’une emprise foncière réduite.

Un temps de « design thinking » avec les enseignants et les enfants ;

Un temps de travail avec les parents.

La démarche partenariale mobilise une AMO concertation, basée sur une approche de « design thinking » et se déroule en trois temps.

La suite à donner à cette démarche est de la verser dans les études programmatiques à venir pour la construction du futur groupe scolaire.

De premiers éléments forts de prospective programmatique ressortent : l’idée de ne pas créer des groupes scolaires de taille trop importante ; le traitement des cours (l’accès à la nature, à l’ombre) ; la générosité des espaces et des circulations ; la qualité des sanitaires et la gestion de l’intimité à revoir fortement ; l’évitement des superpositions des activités dans les espaces dédiés.

Atelier « Programmation et conception d’un équipement scolaire et éducatif », 10 juin 2021

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En complément : les « Espaces services jeunesse » : des pôles de services adaptés aux sites en Cité éducative et renouvellement urbain. Un second AMI en cours. Yves Beauvois, conseiller techniques locaux scolaire, Ministère de l’Éducation Nationale, de la Jeunesse et des Sports L’appel à manifestation d’intérêt (AMI) du ministère de l’Éducation Nationale vise à faire émerger des « Espaces services jeunesse » dans des collèges et lycées volontaires. Les préoccupations croisent les enjeux identifiés dans le réseau sur l’ouverture des établissements scolaires à leur environnement et à d’autres services qu’exclusivement scolaires et éducatifs. Clos en juin 2021, l’AMI a reçu davantage de candidatures de territoires ruraux que de QPV. Sur les 18 lauréats, 2 sites en Cité éducative et renouvellement urbain (Clichy-sous-Bois et Vénissieux) ont obtenu le financement de leur « Espaces services jeunesse » au sein de leurs établissements. Le nouvel AMI lancé en novembre 2021, dont les candidatures sont attendues en mars 2022 constitue une nouvelle opportunité, dans la perspective d’élargir l’offre de services à l’attention des jeunes et des familles dans les collèges et lycées et de renforcer la coordination entre les porteurs des services. 

Objectifs et méthodes de sélection

L’initiative s’appuie sur un double constat : 1) L’éducation nationale, avec ses 63 000 implantations, dispose d’un maillage territorial conséquent, offrant une multitude de points de contact avec le public. 2) Certains services dédiés à l’éducation, la formation et la jeunesse sont extrêmement dispersés sur le territoire, compliquant les actions d’une grande variété d’acteurs (élèves, familles, personnels de l’Éducation Nationale, collectivités territoriales et associations). Pour corriger ce constat, deux objectifs sont fixés : territorialiser l’action publique en matière d’éducation, de formation et de jeunesse et construire une offre intégrée misant sur la synergie des services, leur proximité et leur rapprochement des usagers. Ce afin de répondre à deux grands enjeux de politiques publiques : incarner les politiques éducatives sur tout le territoire et garantir un accès égal aux services sur le territoire. Ainsi est née la volonté de structurer, à titre expérimental, des Établissements de service au sein de collèges et de lycées, offrant des services variés à des publics pas seulement scolaires. C ette structuration doit être locale et construite avec les services déconcentrés, les opérateurs de l’État et les collectivités territoriales, non pas seulement en tant que propriétaires des lieux mais également comme offreurs potentiels de services.  Modalités de construction de l’AMI de novembre 2020 Les ministères concernés (enseignement supérieur, agriculture, culture, santé, cohésion des territoires, travail et emploi, armées, etc.) ont été consultés et un lien établi avec les collectivités territoriales et leurs associations (Régions de France, Assemblée des départements de France, AMF, Assemblée des comités de France…). Le projet a reçu un accueil favorable et la complémentarité avec les maisons France service a été perçue. L ’importance du facteur local a conduit à adapter la conduite de l’AMI, avec la possibilité de présenter un préprojet, s’apparentant à une note d’intention, et de bénéficier de crédits d’ingénierie pour le consolider.

Critères pour être retenu Espace service jeunesse Pour être labellisé « Espace services jeunesse », la structure doit être un établissement secondaire public, disposant d’un espace à l’accès indépendant de celui du collège ou du lycée, facilitant la fréquentation du lieu en dehors des horaires scolaires. Les publics doivent être variés ; élèves, jeunes non scolarisés, familles, publics de la formation continue, usagers, personnels de l’Éducation Nationale etc. Les porteurs de projet (services de l’État ou collectivités territoriales) et les partenaires décident des services proposés à partir de leur connaissance des besoins locaux. Le périmètre des services est celui de l’éducation, de la formation et de la jeunesse, quels que soient les offreurs de services : services déconcentrés ou opérateurs de l’État, des collectivités territoriales ou de leurs groupements, acteurs associatifs. Lancé en novembre 2021, l’AMI « Innovation dans la forme scolaire » permet à nouveau d’obtenir le financement d’Espaces service jeunesse. Avec une exigence supplémentaire : le fonctionnement en réseau, cela suppose que les candidatures présentent plusieurs « Espaces services jeunesse » (montant minimum de subvention par dossier : 2M€ sur 5 ans). Pour en savoir plus, consultez les fiches de consultation de novembre 2020 et de novembre 2021

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