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Macron et ses plus grands défis : Les Français

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Un magazine politique Mensuel

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Issue 1799 - juillet 01/07/2020

Issue 17998 - juillet 01/07/2020

La légende du Basketball: l’Américain Michael Gordon fait un don au panier antiraciste www.majalla.com

Macron et ses plus grands défis :

Les Français

Politique

Rached Ghannouchi, pris en étau entre partir ou affronter le déluge

Société

Le peuple de Damas ... des gens bien pris par la faim www.majalla.com

Rapport

La sécheresse, le terrorisme, les guerres claniques, Coronavirus… Et encore quoi


Un magazine politique Mensuel

Issue 1799 - juillet 01/07/2020

Le jeu dangereux d’Erdogan

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Le racisme n’est plus un secret dans le Monde Arabe 22

Samira Ahmed : L’hommage Le peuple de Damas ... des d’Al-Sissi est une couronne 54 gens bien pris par la faim 26 sur ma tête Éditeur en chef

HH Saudi Research and Marketing (UK) Ltd

Secrétaire de Rédaction

10th Floor Building 7 Chiswick Business Park 566 Chiswick High Road London W4 5YG

Ghassan Charbel Un magazine politique Mensuel

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Mostafa El-Dessouki

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Tel : +44 207 831 8181 - Fax: +44 207 831 2310


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La reine de Grande-Bretagne ... 94 ans rajeunit La reine Elizabeth II de Grande-Bretagne, 94 ans, monte un cheval à l’âge de 14 ans, appelé Balmoral Verne, à Windsor Home Park, à l’ouest de Londres. - Getty

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La colère américaine contre le racisme n’a pas encore diminué Monique Gray mène une foule de manifestants, près de Dolores Park, à San Francisco, en Californie, pour protester contre le meurtre de George Floyd et contre les violences policières -Getty

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Encouverture Macron et ses plus grands défis :

Les Français Paris- Khaled Zaad Zaghloul Il est difficile d’être un président en France où le caractère bougon des Français, est dominant, ils sont les champions du monde des râleurs, du «Grrr ». Ce magnifique peuple civilisé, riche d’histoire, de culture et de créativité, mais très difficile à gérer pratiquement c’est quasiment impossible à le gouverner, puisqu’il n’est jamais content, d’ailleurs cela est tellement bien établi qu’un “championnat national des râleurs” se tient depuis chaque 23 septembre et jusqu’au 15 novembre en huit étapes dans tout l’Hexagone. Des champions locaux sont sélectionnés et un titre de “plus grand râleur de France”, doté d’un prix de 5.000 euros sera décerné au terme de la compétition. Dans le monde un référendum est une consultation populaire, un modèle de la démocratie sauf en France, parfois il est même dangereux. Le 27 avril 1969, les Français répondent majoritairement “non” lors d’un référendum sur la réforme du Sénat et la régionalisation, scellant le départ de l’Elysée du général De Gaulle qui avait mis son sort dans la balance. Si le fondateur de la Ve République, est regardé quasi unanimement comme un monument national, le grand homme Français du XXe siècle, son peuple l’a chassé de l’Elysée alors qu’il sait qu’il est l’homme d’État le plus prestigieux depuis que la France est une démocratie. Sa popularité a considérément varié selon les périodes et les catégories politiques ou sociales. Même sort pour son héritier politique le grand Jacques Chirac qui a marqué pendant 40 ans la vie politique française, il a eu l’idée très dangereuse de consulter le peuple qui a rejeté son référendum de 29 mai 2005 sur le traité établissant une constitution pour l’Europe alors qu’après la Seconde guerre mondiale, la France a construit l’Europe, elle a fait la déclaration historique prononcée par Robert Schuman en 1950, dans le salon de l’horloge du Quai d’Orsay, en lançant la construction communautaire. Je pense qu’il n’avait pas appris en 1997 lorsqu’il a décidé de dissoudre l’Assemblée nationale où son parti politique qu’il a créé RPR (actuellement « les Républicains » était au pourvoir,

possédait la majorité parlementaire. Une erreur stratégique qui a coûté cher à son clan politique puisque les élections législatives ont fait élire le socialiste Lionel Jospin comme premier ministre pendant 5 ans. Une cohabitation qui a transmis le président de la République en chef de l’opposition mais à l’Elysée. Chirac voulait par son choix avoir la conviction qu’il faut redonner la parole au peuple afin qu’il se prononce clairement sur l’ampleur et sur le rythme des changements à conduire pendant les cinq prochaines années. La question est ; pourquoi donc ils l’ont élu au deuxième tour en 1995 lorsque que son rival en face était Lionel Jospin !!? À mon avis, les Français préfèrent leurs héros morts. Ils les pleurent de larmes de sang. Tant qu’ils sont bien vivants, ils les jaugent, les jugent, tantôt les applaudissent ou même les vénèrent, se réfugiant sous leurs ailes, tantôt les critiquent, les contestent, les conspuent, les rejettent. Mitterrand et Chirac ne sont pas des exceptions à cette règle française. D’ailleurs, si on veut tuer politiquement l’homme le plus populaire du pays, il suffit de lui offrir le pouvoir en France tout simplement. Son thermomètre populaire change tous les 100 jour. Le plus jeune président dans l’histoire de France n’a pas échappé à la règle française, Emmanuel Macron, pensait comme ces prédécesseurs entrer au paradis, lorsqu’il s’assoyait sur le trône de l’Élysée ! Notamment, après sa belle victoire en écrasant avec son jeune parti « la République en Marche », les deux pôles politiques et historiques de la France, la gauche et la droite traditionnelles. Il a très vite découvert qu’il est entré à l’enfer. Les faucons de la classe politique française qui ne l’ont jamais pardonné et nourrissent les feux à chaque occasion pour le déstabiliser, dont la colère populaire provoquée par les vagues du mouvement des « gilets jaunes » et les grévistes qui l’ont adopté et ciblé. Le message a été bien écouté et les revendicateurs ont été récompensés. Ce qui fait de Macron le locateur de l’Elysée qui a payé les dettes des locations de ses prédécesseurs. Il a même été obligé de supprimer un certain nombre de réformes pour lesquelles qu’il a été élu. Un cadeau de Noël avant l’heure.

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Macron

Le jeune président sait qu’il n’est pas arrivé pour s’amuser, au contraire, il a même été poussé à réaliser des reformes du siècle, jamais vu pour le pays. Des décrets et principales mesures et qui couvrent tous les domaines, politique, social, économie, travail, retraite, éducation, militaire, nucléaire, santé, y compris l’organisation de l’islam de France, un dossier sensible mais longuement oublié par tous les chefs d’état et des gouvernements. Le nombre de réformes est historique au conseil des ministres, dépassant ce qu’il été réalisé depuis 1958. Alors qu’on était encore à la moitié du quinquennat d’Emmanuel Macron, investi président de la République le 14 mai 2017, d’autres reformes sont en cours et doivent être réalisées. L’ambition est à la hauteur de la réalisation, Le 14 novembre, Macron a répété qu’il n’était pas question de renoncer aux réformes. « Je me suis engagé devant le pays à porter des projets importants pour le siècle qui vient, pour nos jeunes et nos moins jeunes. Je ne m’arrêterai pas », affirmait le chef de l’État.

Macron propose des referendums

Le second tour des élections municipales, tenu le 28 juin dans près de 4 600 communes, a montré une forte poussée des candidats écologistes dans les grandes villes et s’est avéré un cinglant revers pour la majorité et le parti La République en marche (LRM). Une vague verte a ravi plusieurs grandes villes, devenant ainsi une force majeure de l’opposition au président de la République. Les écologistes gagnent – seuls ou à la tête de coalitions – des communes comme Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Besançon, Annecy ou encore Colombes, gardent Grenoble et participent à la victoire à Paris, Montpellier ou encore à Marseille. Toutes ces villes devront être les vitrines de cette écologie politique qui est entrée dans sa phase de maturité. Le chef de l’Etat,

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La France a de plus en plus d’or en réserve, son stock présent dans les coffres de la Banque de France qui a reçu, à l’Elysée, les membres de la Convention citoyenne. Emmanuel Macron reste le maître des horloges. Il n’aura pas laissé vingt quatre heures à ses adversaires politiques avant de reprendre la main et de venir braconner sur leurs terres. Face aux 150 citoyens de la Convention citoyenne pour le climat. A son tour ; il se dit prêt à consulter les Français, non pas un mais deux référendums en 2020, puis en 2021, sur les questions liées à l’urgence climatique et environnementale. Manière de couper l’herbe sous le pied à tous ceux qui doutent de sa conversion verte. Le premier devrait avoir lieu « d’ici 2021 », a expliqué dans son discours, et il portera sur l’introduction des notions de « biodiversité, d’environnement, de lutte contre le réchauffement climatique » dans l’article 1er de la Constitution. Un sujet suffisamment consensuel pour lui permettre de passer l’étape de l’Assemblée nationale et du Sénat, qui doivent être consultés au préalable. Plus surprenant, le président s’est aussi engagé à « laisser ouverte la possibilité de conduire dès 2021 un référendum sur la base de l’article 11 de la Constitution, sur un ou plusieurs textes de lois » reprenant les propositions de la Convention. M. Macron ne dit pas quelles mesures pourraient être soumises au vote des Français, mais il promet de présenter « à la fin de l’été » un projet de loi spécifique intégrant plusieurs dispositions. Double coup de génie caron sait d’avance le tempérament des Fran-


çais qui varie selon leur climat les 4 saisons en une seule semaine.

Macron paie le total des additions de ses précédents

En mai dernier, le chef français est revenu à la charge en lançant une « commission d’experts sur les grands défis économiques ». Il est nommé à la tête de cette nouvelle commission. Le prix Nobel d’économie 2014 Jean Tirole et Olivier Blanchard, ex chef économiste du Fonds Monétaire International de 2008 à 2015, deux hommes qui symbolisent le prêt-à-penser avec talent et persévérance. Ce redoutable tandem va aussi animer un groupe de travail international chargé de remettre un rapport en décembre prochain sur trois grands thèmes : climat, inégalités et vieillissement.

La dette, une migraine qui torture la France

Les plus grands défis demeurent encore, la situation économique de la France, la raison principale de son existence au prestigieux palais présidentiel. Macron connaissait déjà le dossier, lorsqu’il était brillant ministre de l’économie et des finances, il savait que l’économie était déjà sévèrement touchée, même avant la crise

Le plus jeune président dans l’histoire de France n’a pas échappé à la règle française, Emmanuel Macron, pensait comme ces prédécesseurs entrer au paradis, lorsqu’il s’assoyait sur le trône de l’Élysée !

économique et commerciale mondiale provoquée par la pandémie du coronavirus. L’enjeu se complique au niveau de l’exécutif, comment faire pour relancer la machine économique? Une vraie migraine notamment avec une recette fiscale en baisse, prise en charge massive par l’Etat du chômage partiel et aides aux entreprises ont fait exploser la dette et le déficit publics. Celleci devrait culminer à 120,9 % du produit intérieur brut (PIB) de 2020, selon le troisième projet de loi de finances rectificative dont la commission des finances de l’Assemblée nationale avait examiné, le 23 juin. En comparaison, l’endettement de la France était de 98,1 % du PIB en 2019, à 2 380,1 milliards d’euros, passé en 2020 à 2438,5 milliards d’euros, dépassant ainsi le PIB d’une courte tête. Et le compteur ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin : l’endettement du pays devrait encore progresser en fin d’année. Plus que jamais, la France vit à crédit. Autant de milliards supplémentaires que le pays devra emprunter pour financer les dépenses de l’Etat, mais aussi celles des administrations publiques (Sécurité sociale, Unédic…), mises à rude épreuve par la crise économique. Le gouvernement s’attend en 2020 à une contraction de 11 % de l’activité. Bercy devait présenter son plan de relance, attendu à la rentrée. Qu’il semble loin, le temps où franchir la ligne rouge des 100 % de dette donnait des sueurs froides au patron de Bercy Bruno le maire qui vantait son « sérieux budgétaire».

Macron réagit

Face à cette crise, le chef de l’Etat avait contesté certains chiffres, plaidé pour des réformes, puis s’est adressé directement aux Français: « Vous savez, il n’y a pas d’argent magique. Un pays qui va vers les 100 % de dette publique (…) ce sont vos enfants qui paieront. » Deux ans plus tard, la formule du président de la République est restée dans les mémoires. Pour beaucoup, « l’argent magique» fait grincer des dents, alors que le gouvernement vient de débourser des sommes sans précédent pour faire face à l’une des pires crises sanitaires et économiques de l’histoire. « Nous avons mobilisé près de 500 milliards d’euros pour notre économie, pour

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les travailleurs, pour les entrepreneurs, mais aussi pour les plus précaires. Dans combien de pays tout cela a été fait ? », a vanté Emmanuel Macron. Qui considère que la dette ne constitue pas en soi une catastrophe, la France est une grande puissance rassurent ils. Il faut accepter de vive pendant longtemps avec une dette élevée. Entre le risque économique, que personne avant lui n’a suffisamment soutenu l’outil industriel français et l’emploi, et le risque budgétaire d’une hausse forte de la dette, le second est nettement moins important que le premier. La crise financière mondiale de 2008 est passée par là. Douze ans après, l’heure pour Macron n’est plus à l’orthodoxie budgétaire, mais au sauvetage et à la relance. Pour financer ces dépenses, la France emprunte sur les marchés financiers à des taux très bas, grâce à la garantie de la Banque centrale européenne, le gouvernement d’Édouard Philipe se refuse à toute hausse d’impôts. Gouvernement et majorité ne veulent pas refaire les erreurs de l’époque : pas question de faire payer la facture au contribuable, à travers des hausses d’impôts qui plomberaient la reprise. La Commission européenne a également changé d’optique. Donc utiliser le canal du crédit bancaire pour soutenir les entreprises est donc efficace. Il reste cependant de nombreux défis.

Les portes des banques

Jugées responsables de la crise de 2008, les banques n’y sont pour rien dans le déclenchement de l’actuelle récession. Mais les grands établissements bancaires risquent de payer un lourd tribut au coronavirus. Les créanciers de l’Etat, qui permettent au pays de continuer à tenir le coup sans faire banqueroute, selon Bercyse, sont divisés en deux grandes catégories : les créanciers institutionnels français – banque centrale, banques commerciales, assurances, organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) – et les « non-résidents ». Au premier trimestre, selon les données de l’Agence France Trésor, les non-résidents possédaient 54 % des titres de créances émis par la France, et les résidents 46 %. Parmi eux, la Banque de France détient 18 % de la dette.

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La stratégie de la ‘’macronie’’, préfère, parallèlement à l’économie, Concorde, France unie, gouvernement d’union nationale…, Emmanuel Macron esquissait en pleine tempête sanitaire et sociale pour remettre debout un pays à genoux… et marquer par la même occasion un tournant politique dans la stratégie présidentielle. «Dans les prochaines semaines, avec toutes les composantes de notre Nation, je tâcherai de dessiner ce chemin » pour sortir « des sentiers battus » et des « idéologies », promettait le chef de l’Etat, dans une allocution suivie par 60 millions de Français. Un record. L’or peut être une solution La France a de plus en plus d’or en réserve, son stock présent dans les coffres de la Banque de France. Il se situe aux alentours de 2 535 tonnes, constituant ainsi la 4e réserve de métal jaune au monde. La France est parmi les dix pays qui contrôlent 49,37% des réserves mondiales d’or, possédant 913,29 millions d’onces d’or (ou 25 891 tonnes), selon les données de Buyshares.co.uk, les réserves mondiales cumulées d’or sont de 1,85 milliard d’onces. Les États-Unis viennent en tête avec 286,86 millions d’onces, soit 15,5% du total des réserves mondiales d’or. L’Allemagne est deuxième avec 188,63 millions d’onces, ce qui représente 6,4% de la réserve mondiale. Le Fonds monétaire international (FMI) suit avec 99, 4 millions d’onces, devant l’Italie (86,47 millions d’onces), la France (85,91 millions d’once), la Russie (80,90 millions d’onces), la Chine (69,54 millions d’onces), la Suisse (36,76 millions d’onces). Les 26,96 millions d’onces du Japon placent ce dernier au neuvième rang pour représenter 1,5% des réserves mondiales. L’Inde est au dixième rang avec 22,11 millions d’onces. On note également l’existence d’environ 52,5 milliards d’euros en devises, une somme relativement stable d’un mois sur l’autre, mais qui reste très en-dessous de la valeur des réserves en or, prouvant si besoin était, que même les États accordent désormais davantage de crédit aux métaux précieux qu’aux devises. Avec une réserve importante dans ses coffres, l’or qui se taille la part du lion peut alléger la dette et les banques.


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Tunisie

Rached Ghannouchi, pris en étau entre partir ou affronter le déluge Par Emna Darwazi Le Parlement tunisien a voté, fin février 2020, l’approbation d’un nouveau gouvernement dirigé par le chef du gouvernement Elyes Fakhfakh, mettant fin à des mois de flou politique. Alors qu’un nouveau président et une nouvelle génération de législateurs ont prêté serment après les élections de l’automne dernier, le scrutin a donné naissance à un parlement très divisé. À l’annonce du nouveau gouvernement, de nombreux Tunisiens ont poussé un soupir de soulagement, car le pays avait évité de justesse de nouvelles élections, ce qui aurait été probable si le Fakhfkakh n’avait pas obtenu de soutien. Cependant, de jeunes militants de la société civile et analystes politiques chevronnés sont sceptiques quant à la capacité de ce gouvernement à accomplir les tâches difficiles nécessaires pour maintenir la transition démocratique de la Tunisie sur la bonne voie. L’une des raisons de s’inquiéter est qu’il s’agit du 11e gouvernement du pays depuis la transition démocratique de 2011. Cela signifie que dans la

Tunisie postrévolutionnaire, les gouvernements ont une durée de vie moyenne de 10 mois seulement. Les ministres, leurs portefeuilles et leur personnel ont à peine le temps de se mettre à jour. Et tandis que certains ministères ont réussi à survivre aux remaniements ministériels consécutifs, ces changements fréquents ont contribué, d’une manière ou d’une autre, à une perte de confiance des Tunisiens à l’égard de leurs institutions politiques. De plus, le Parlement actuel est extrêmement divisé. Les élections législatives du 6 octobre ont attribué des sièges à un nombre record de 31 partis, dont aucun ne pouvait revendiquer un mandat clair. Les deux plus grands partis, Ennahdha et Qalb Tounes, n’ont obtenu respectivement que 52 et 39 des 217 sièges. Ainsi, afin d’obtenir suffisamment de soutien pour passer, le gouvernement du Fakhfakh devait refléter la nature mitigée du paysage politique. Son cabinet est composé de représentants de plusieurs partis politiques qui incarnent un éventail d’idéologies, notamment Ennahdha, le Mouvement Populaire, le Courant Démocrate et Tahya Tounes, ainsi que plusieurs technocrates indépendants.

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Rached Ghannouchi

Au Parlement, des formes controversées de protestation Depuis novembre 2019, à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), la cacophonie est de règle. Toutes les formes d’expression sont permises : sit-in à l’intérieur de l’enceinte du Parlement, affiches, t-shirts portant des slogans politiques. Des protestations qui passent à côté de l’essentiel, la mission des élus du peuple.

Ennahdha sous la loupe

Mercredi 17 juin, une séance plénière a été consacrée à l’examen du projet de loi sur l’économie sociale et solidaire. Un sujet de première importance qui n’a pas eu l’attention des députés. Les députés du bloc Al Karama, l’allié d’Ennahdha, ont brandi une photo de l’ancien président égyptien, Mohamed Morsi, avec la mention ‘’Paix à l’âme du martyr’’. Le PDL a vite riposté. Le chaos s’est installé au Parlement et la séance s’est transformé en véritable bagarre. La plénière a été provisoirement suspendue. Les quiproquos sont omniprésents au sein de l’ARP. En effet, le tiraillement politique et l’échange d’accusation émanent d’une profonde divergence idéologique entre les classes politiques en Tunisie.

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L’une des raisons de s’inquiéter est qu’il s’agit du 11e gouvernement du pays depuis la transition démocratique de 2011 En décembre 2019, alors que les députés discutaient la loi de finances complémentaire 2019, le PDL décide d’observer un sit-in dans l’enceinte du Bardo. Les députés sont venus avec leur couvertures pour protester contre ‘’les insultes’’ proférées par une élue d’Ennahdha. La députée Jamila Ksiksi avait, en effet, traité les députés du PDL de bandits. Les protestataires disent lutter ‘’pour restituer le prestige et la valeur de l’ARP, celui des Destouriens et de l’Etat tunisien’’. Les sit-in se poursuivent. En mai dernier, le bloc du PDL de Abir Moussi a observé un autre sitin d’une semaine en signe de protestation contre ‘’l’agression verbale dont a été victime la présidente de son parti, Abir Moussi ’’ à qui on a demandé de retirer une photo de Habib Bourguiba et


la pancarte réprimandant Rached Ghannouchi. Plusieurs projets de loi ont été retardés depuis 2014 pour passer en plénière. Certains concernent des partenariats d’envergure avec des pays tels que le Soudan, la Guinée, etc. D’autres sont liés à des réglementations dans différents domaines, du transport, de la culture, de l’agriculture et la pêche, etc. Devant l’impossibilité d’établir un consensus clair, l’élection des membres de la Cour constitutionnelle a été reportée à de multiples reprises. La commission électorale de l’ARP a fini par rejeter la plupart des candidatures. Seuls deux dossiers de candidatures ont été retenus, le 22 juin. Les portes de l’enfer s’ouvrent à Ghannouchi : Le président de l’ARP, Rached Ghannouchi serait au cœur d’une succession de polémiques. Au

Plusieurs personnalités et partis politiques s’indignent contre le président de l’ARP qui serait, selon certains, en train d’empiéter sur les pouvoirs

milieu des différends de tout genre, des plénières consacrées à des projets de loi et des motions avortées... La présidente du PDL, Abir Moussi, appelle incessamment au retrait de confiance du président de l’ARP, Rached Ghannouchi. Toute une plénière, aux retombées infructueuses, a d’ailleurs été organisée pour auditionner le président du Parlement au sujet de sa diplomatie parlementaire.

Motion contre l’ingérence étrangère en Libye

Une plénière a été organisée, mercredi 3 juin 2020, à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), sous la présidence du président du parlement, Rached Ghannouchi, dans le but d’examiner la motion présentée par le Parti destourien libre (PDL), en rapport avec la diplomatie parlementaire et la situation en Libye. La séance plénière intervient suite à la polémique autour des contacts menés par le président du parlement Rached Ghannouchi avec une partie prenante du conflit libyen, qui a suscité un tollé. En effet, plusieurs partis et personnalités politiques seraient en colère contre Rached Ghannouchi, estimant qu’il a abusé de ses pouvoirs en tant que président de l’ARP. Le bloc du PDL avait déposé, lundi 4 mai 2020, au bureau de l’ARP une motion dans laquelle il

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PDL et l’organisation d’un dialogue sur la diplomatie parlementaire, en rapport avec la situation en Libye”.

Réaction de Ghannouchi

s’oppose à “l’ingérence étrangère en Libye et la création d’une base logistique sur le territoire tunisien pour la faciliter”. S’entretenir au téléphone avec le chef du Gouvernement d’union nationale de Libye Faiez Sarraj, le 19 mai dernier, après la libération de la base militaire d’Al Wattia à la frontière de la Tunisie, est inacceptable pour certains politiciens et partis politiques. Les déplacements non annoncés à l’étranger de Ghannouchi et sa rencontre avec le président turc Recep Tayyip Erdogan font, également, grincer les dents. Le bloc PDL décide d’observer un sit-in au siège annexe de l’hémicycle au Bardo du 13 au 23 mai dernier, revendiquant l’audition du président de l’ARP. Par ailleurs, les blocs parlementaires Au Cœur de la Tunisie, Tahya Tounes, La Réforme et Al Mostakbal ont exhorté, le 21 mai, dans une déclaration conjointe, la présidence de l’ARP à ‘’respecter les usages diplomatiques et à éviter d’interférer dans les prérogatives des autres pouvoirs’’. Les blocs ont, également, appelé la présidence du parlement à ‘’ne pas impliquer l’ARP dans la politique des axes, et à rester cohérente avec les principes et constantes de la diplomatie tunisienne’’. Pour élucider cette question, le bureau de l’ARP a décidé le 22 mai, de consacrer la séance plénière du mercredi 3 juin à “l’examen de la motion du

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‘’Nous avons beaucoup d’intérêts avec la Libye. Nous devons entretenir de bonnes relations avec ce pays frère, indépendamment de l’identité et des orientations des parties au pouvoir’’. Sa communication avec le gouvernement libyen internationalement reconnu et dirigé par Fayez alSarraj n’a pas dépassé les règles de la diplomatie tunisienne, assure Ghannouchi qui a fait savoir que la Tunisie et son président, Kais Saied, sont en contact avec le gouvernement al-Sarraj ‘’parce qu’il est le représentant de la souveraineté’’. ‘’Les voisins de la Libye ne peuvent pas vivre dans l’insouciance. S’il y a un incendie chez votre voisin, vous ne pouvez pas être neutre ; éteindre le feu est un devoir et une nécessité, donc la neutralité passive n’a aucun sens’’, a déclaré Ghannouchi. Lors d’une visite en France, le président tunisien Kais Saied a soulevé la question du conflit libyen à un moment où d’autres pays ont commencé à revoir leur position sur la légitimité du gouvernement d’accord national (GNA) de Tripoli. Lors d’une conférence de presse conjointe avec le président français Emmanuel Macron à l’Elysée, lundi 22 juin, le président Saied a déclaré que ‘’l’autorité existante en Libye est basée sur la légitimité internationale, et c’est une légitimité temporaire qui ne peut pas continuer et devrait être remplacée par une nouvelle légitimité issue de la volonté du peuple libyen.’’ Par ailleurs, Ghannouchi a laissé entendre, dans une déclaration médiatique, que les protestations ou toute autre forme d’expression individuelle et collective sont des manifestations de la démocratie. Il a décrit les appels actuels à la dissolution du Parlement comme des ‘’appels au chaos’’, soulignant que la dissolution de l’Assemblée s’inscrit dans certains mécanismes constitutionnels et que de tels appels de l’opposition ‘’resteront en dehors du contexte constitutionnel’’. Revenant sur les difficultés de la coalition au pouvoir, Ghannouchi a déclaré que la Tunisie fait face à des défis sans précédent en raison de l’épidémie du Coronavirus, assurant que personne ne peut affronter cette nouvelle situation tout seul. Le président du Parlement a nié l’existence de conflit de pouvoirs. ‘’Au contraire, les dernières semaines ont prouvé le niveau de grande coordination et la politique de concertation qui se consolide même de jour en jour’’, a-t-il dit.


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Le sit-in du départ : Errahil 2

La rue bouillonne : Des manifestants appellent Ghannouchi à démissionner‎ Un sit-in, baptisé ‘’Errahil 2’’, a été organisé le 14 juin appelant le président du Parlement tunisien à démissionner. Parmi les revendications des sitinneurs, on cite, également, la mise en place de la Cour constitutionnelle et la modification de la loi électorale. Un rassemblement qui a réuni des dizaines de manifestants, pour un sit-in réclamant la dissolution du Parlement. Cependant, les unités sécuritaires déployées sur les lieux ont interdit, pacifiquement, tout accès au Bardo, où se trouve le siège de l’ARP. A noter que le maire du Bardo avait annoncé, auparavant, la fermeture de la place du Bardo, pour ‘’des raisons purement sanitaires liées au COVID-19’’. L’installation de barrières au Bardo devint alors ‘’justifiée’’. Les manifestants ont déployé des banderoles et lancé des slogans appelant à ‘’la dissolution du Parlement tunisien’’ qui devient dès lors ‘’une revendication populaire’’, assurent-ils. Ils ont dénoncé son niveau qui se dégrade de plus en plus ainsi que le manque d’intérêt que les blocs parlementaires accordent aux principaux dossiers nationaux dont le chômage, la pauvreté et la corruption.

Les protestataires reprochent au Parlement de fermer l’œil sur les questions d’ordre régional qui sont de première importance, de consacrer des plénières aux retombées futiles pour débattre des affaires qui n’intéressent pas les Tunisiens. Ils ont, également, dénoncé l’ingérence du président de l’ARP dans les affaires de la Libye.

Ghannouchi, une ‘’figure de division’’ ? Des politiciens appellent à sa destitution

Plusieurs personnalités et partis politiques s’indignent contre le président de l’ARP qui serait, selon certains, en train d’empiéter sur les pouvoirs. Le président du parti Machrouû Tounes, Mohsen Marzouk, qui plaide pour un système présidentiel démocratique, voit en Ghannouchi ‘’une figure de division pour la plupart des Tunisiens’’. Personnage de premier plan dans le camp laïc modéré de la Tunisie, ancien candidat à la présidentielle et ancien conseiller présidentiel de feu Béji Caïd Essebsi, Marzouk appelle à l’abolition du système politique avec lequel Ennahdha maintient son emprise sur le pouvoir. Il a mis en garde contre le fait d’entraîner la Tunisie dans une crise politique profonde. Selon lui, les derniers événements qui secouent le Parlement

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Rached Ghannouchi

confirment l’ingérence partiale du président de l’ARP dans la politique étrangère. ‘’Cela dévoile clairement le jeu de ceux qui veulent s’aligner sur l’axe turc’’, a-t-il déclaré. Marzouk n’exclut pas l’hypothèse selon laquelle la récente tournure des événements au Parlement pourrait précipiter la destitution de Ghannouchi après avoir été affaibli par la vague de critiques et la colère du public. ‘’De toute évidence, il ne sera pas en mesure de gérer le Parlement de manière professionnelle ou neutre à l’avenir, car il représente désormais une figure de division pour la plupart des Tunisiens’’, estime Marzouk. Marzouk avait précédemment accusé Ghannouchi de défendre les intérêts des Turcs en Tunisie. ‘’Durant toutes les crises politiques, Ghannouchi s’est rendu en Turquie pour obtenir des conseils et des orientations. Il a même exprimé plus d’une fois son admiration pour la présence ottomane en Tunisie et l’a considérée comme une question de civilisation’’, a-t-il expliqué. Le président de Machrouû Tounes estime qu’il n’y a d’avenir pour la Tunisie qu’avec une troisième république. Il a souligné qu’il s’oppose au système actuel depuis sa création et appelle à sa révocation. ‘’En raison du système électoral (actuel), le Mou-

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vement Ennahdha peut gouverner le pays avec une minorité de voix, car le nombre de voix qu’il a remporté aux élections législatives est inférieur à 10%. Même avec ce faible pourcentage, aujourd’hui, Ennahdha est le premier bloc politique au Parlement et, par conséquent, ce système politique impose qu’Ennahdha soit présent dans tous les gouvernements et qu’il constitue la majorité au pouvoir’’, a souligné Marzouk.

Des initiatives pour un dialogue national Les politiciens tirent la sonnette d’alarme… Tandis que certains ont été catégoriques et favorables à un effondrement total du système politique, d’autres ont appelé à un dialogue national qui réunira autour d’une table tous les acteurs clés de la scène politique en Tunisie. L’ancien président de l’Assemblée nationale constituante (ANC), Mustapha Ben Jaâfar, a appelé le président de la république, Kaïs Saïed, à réunir toutes les parties autour d’un dialogue de réconciliation nationale. Selon lui, ce qui se passe aujourd’hui fait écho à la crise de 2013, engendrée par des assassinats politiques. ‘’Cette crise aurait pu nous faire perdre tout ce que nous avons accompli et faire basculer le pays dans une guerre civile’’, a-t-il déploré.


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olitique

Crise en Libye

Le jeu dangereux d’Erdogan Tunis-Majalla La Libye, ce pays riche en pétrole qui a sombré depuis 2011, dans le chaos et la désunion après l’intervention militaire Francoanglaise, est aujourd’hui livré à une guerre sans fin où l’entrée en force de l’armée d’Ankara active depuis des mois dans le pays, n’augure de rien de bon pour les libyens. En effet, le très autocratique président turc Recep Tayyip Erdogan, a franchi des pas décisifs dans ce sens, grâce à un activisme militaire sans précédent. De ce fait, il a déployé des moyens considérables au profit du gouvernement de Fayez al-Sarraj à Tripoli, en envoyant du matériel militaire, en déployant des hommes et des drones armés, en mettant mis au service de Tripoli des milliers de miliciens islamistes syriens et arabes, violant ainsi la légalité internationale et l’embargo des Nations unies. C’est ainsi qu’il espère changer la donne sur le terrain en bousculant les équilibres en vue d’imposer un gouvernement à tendance islamiste susceptible de provoquer une montée des tensions aux portes des pays voisins, la Tunisie, l’Egypte, l’Algérie et le Tchad.

Haftar repoussé

Les troupes du maréchal Haftar, connurent dans la nuit du 18 mai 2020, une débâcle à la base d›AI-Watiya, aéro¬port militaire libyen situé à 27 km de la frontière tunisienne et qui servait de QG pour ses forces aux portes de Tri¬poli, assiégé depuis un an. Ils laissèrent dans leur fuite, le 18 mai, un chaos de véhicules car¬bonisés et une batterie russe de défense antiaérienne. Sans les drones d›Ankara, jamais les hommes du GNA n›auraient reconquis Al-Watiya. En perdant cette position clé, base arrière du maréchal depuis 2014, un tournant dans la guerre est inscrit. Sur le plan stratégique, l›avancée turque rebat les cartes au Maghreb. En effet, la chute d›AI-Watiya permet à la Turquie de renfor¬cer son contrôle sur le triangle frontalier libyen-algérotuni¬sien », écrit le journaliste Jemai Guesmi dans les colonnes de l›hebdomadaire Arab weekly.

Renforcer la logique islamiste

Si Erdogan parvient à déloger l›ALN, il pourra renforcer sa logique islamiste adepte de l›idéologie des Frères musul¬mans, que protège Sarraj. A cela s›ajoute la razzia énergétique : le sous-sol libyen recèle les plus importantes réserves de pétrole d›Afrique, et le contrôle des côtes donne accès à un couloir vers les gisements de gaz des fonds méditerranéens. En effet, Sarraj lui consentira une priorité sur l›exploitation des sites méditerranéens du moment qu’il a signé avec Erdogan un accord lui ouvrant une voie maritime vers les nouveaux eldorados gaziers situés au large de Chypre et de la Grèce. Il met ainsi à mal les autres pays de la région, Grèce, Chypre ou Malte, qui sont membres de l’Union européenne. Enfin, il y a le défi à une Europe tétanisée par la menace migratoire alors que des milliers de migrants attendent en Libye de s›embarquer vers les côtes européennes. Il faut garder à l’esprit que la Turquie, qui se sert des réfugiés sur son propre territoire pour faire chan¬ter l›Europe, disposera peut-être demain d›un nouveau réservoir de chair humaine à négocier en Libye.

Inquiétudes des voisins

Sur un autre plan, il ne faut pas oublier que c›est du désert libyen qu›avaient jailli les djihadistes de la prise d›otages du site gazier d›In Amenas en janvier 2013. Le président algérien Teb¬boune a rappelé à plusieurs reprises qu›aucun règlement de la crise libyenne ne pourrait être élaboré sans Alger. D’ailleurs, plus personne n›exclut une opération de l›armée algérienne si le pays estimait sa sécurité menacée. Pour sa part, l›Egypte, soutien du maréchal Haftar, affûte sa riposte. Dans la journée qui a suivi la prise d›Al-Watiya, le président Al-Sissi s›est concerté avec son ministre de la Défense : Le Caire serait « prêt à toute éventualité ». C’est ainsi que la débâcle de Haftar, l’homme fort de la Libye, chassé in extrémis des portes de Tripoli, et qui se trouve même

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Les drones turcs ont changé la donne sur le terrain.

menacé dans la ville stratégique de Syrte, a provoqué un tollé auprès des pays voisins et riverains. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Français, Emmanuel Macron, le président français a invité le président tunisien Kaïs Saïed à une visite de travail de deux jours à l’effet de délibérer ensemble sur la question libyenne et les enjeux de cette nouvelle phase de la guerre qui ne peut déboucher que sur plus de désordre, plus de conflits. L’objectif de ces deux pays qui siègent au Conseil de Sécurité des Nations Unies étant d’aboutir à une désescalade.

Macron ferme sur sa position

Evoquant les récents développements de la crise libyenne, le président Macron a au cours d’un point de presse tenu avec le président tunisien à l’Elysée, affirmé que « La France et la Tunisie demandent ensemble que les belligérants cessent le feu et tiennent leur engagement de reprendre la négociation engagée dans le cadre des Nations Unies, en vue de restaurer la sécurité de tous, de procéder à la réunification des institutions libyennes et d’engager la reconstruction au bénéfice de tous les Libyens ». Et d’ajouter que : « C’est la position que nous avons constamment tenue l’un, l’autre. Et dans laquelle, on va pouvoir le dire, l’engagement de la Tunisie est important. C’est un chemin difficile qui nécessite que chacun fasse preuve de responsabilité, que cessent les ingérences étrangères, les actes unilatéraux de ceux qui prétendent gagner de nouvelles positions à la faveur de la guerre ». Macron a par ailleurs révélé aux médias qu’il déjà eu l’occasion de « le dire très clairement au Président Erdogan ». « Je considère aujourd’hui que la Turquie joue en Libye un jeu dangereux et contrevient à tous ses engagements pris lors de la conférence de Berlin. C’est le même discours que j’ai tenu cet après-midi lors de l’échange que j’ai pu avoir avec le Président Trump, car il en va de l’intérêt de la Libye, de ses voisins, de toute la région, mais également de l’Europe », a asséné le président français.

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Le très autocratique président turc Recep Tayyip Erdogan, a franchi des pas décisifs dans ce sens, grâce à un activisme militaire sans précédent. Saïed déplore l’illégitimité

Dans le même sillage, Kaïs Saïed, le président tunisien a indiqué que « l’autorité qui existe aujourd’hui à Tripoli est née de la légalité internationale. Cependant, cette situation ne peut se poursuivre indéfiniment ». En effet, pour lui « Il s’agit d’une légitimité et d’une légalité temporaires qui doivent être remplacées par une nouvelle légalité, une nouvelle légitimité qui naissent de la volonté du peuple Libyen ». Un peu une constitution similaire à celle qui avait été adoptée en Afghanistan en 2002. Pour y parvenir, il préconise la promulgation d’une constitution provisoire et d’une organisation provisoire des pouvoirs. « Les choses ne peuvent plus se poursuivre ainsi », a souligné M.Saïed qui assure avoir réitéré cette position au Président Macron, à la Conseillère Allemande Mme Merkel et à toutes les parties avec lesquelles il abordé la situation Libyenne. Ce souci provient du fait que « La Tunisie est l’un des pays qui souffre le plus, la France aussi pourrait en souffrir, les pays Européens pourraient également en pâtir. Ces pays Européens qui ont des intérêts en Tunisie et dans les pays voisins », a ajouté M.Saïed. Mais le président tunisien ne s’arrête pas là, il est ferme sur une question importante : « Je le dis d’ici, de Paris, la Tunisie n’accepte pas la partition de la Libye ». « Aujourd’hui, la partition de la Lybie représente un danger pour l’ensemble de la région. Nous sommes en faveur d’une solution


Libyenne et d’un cessez le feu immédiat, de non-ingérence de n’importe quel pays étranger bien évidemment », a souligné le président tunisien qui assure que cette position est le fruit d’une concertation permanente avec l’Algérie. « On ne peut accepter qu’apparaissent des provinces et des cantons en Libye. Si nous permettons au peuple Libyen d’assumer son autonomie, il peut très bien le faire tout seul, si nous créons les circonstances qui permettront au peuple Libyen de sortir de cette impasse pour assurer la stabilité. A ce moment-là seulement nous aurons posé la première pierre sur le chemin de la paix », a conclu M.Saïed.

La France et la Tunisie demandent ensemble que les belligérants cessent le feu et tiennent leur engagement de reprendre la négociation engagée dans le cadre des Nations Unies, en vue de restaurer la sécurité de tous, de procéder à la réunification des institutions libyennes et d’engager la reconstruction au bénéfice de tous les Libyens .

Les mains tremblantes de l’ONU

Le haut expert onusien, ancien secrétaire adjoint de l’ONU, ancien ministre des Affaires étrangères en Tunisie (2014) et ancien chef de la mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusa), a déclaré à Majalla qu’il « loue la position ferme et réaliste du président Kaies Saied ». Car, la crise qui secoue la Libye sœur concerne de prime abord les libyens. « Toute ingérence extérieure, toute implication d›un pays tiers en faveur d›une partie bien déterminée au détriment de l›autre ne fait que repousser l›échéance pour mettre fin à cette épineuse crise », a-t-il souligné à Majalla. Pour lui, « la communauté internationale aurait dû prendre sérieusement en charge cette crise qui risque d›embraser toute la région ». D›abord en permettant au Secrétaire général de l›ONU M. Antonio Guterres de nommer son représentant spécial pour la Libye. Ce dernier qui, outre sa parfaite connaissance du dossier, des spécificités et des antagonismes libyens, devra garder une neutralité sans faille et la même distance vis à vis de toutes les parties prenantes dans ce conflit qui n›a que trop duré, provoquant une instabilité inquiétante pour les pays voisins et un manque à gagner terrible et néfaste sur le plan des échanges commerciaux et économiques, particulièrement pour les pays voisins. Force serait de reconnaître que cette déstabilisation régionale, qui s’effectue avec la bénédiction accordée par Donald Trump à la Turquie d’Erdogan après une volte-face spectaculaire, ne peut déboucher que sur plus de désordre, plus de conflits. En effet, l’enjeu dépasse de beau- coup le pouvoir en Libye, ce pays qui a sombré dans le chaos et la désunion mais qui met en porte à faux

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Le président tunisien, Kaïs Saïed et son homologue Emmanuel Macron unanimes sur une solution entre libyens.


Le président égyptien Abdelfattah al-Sissi apporte un soutien indéfectible à Haftar.

les autres pays de la région, Grèce, Chypre ou Malte. Membres de l’Union européenne, qui vivent très mal les ambitions d’Ankara. Toutefois, la paralysie de l’Otan, l’impuissance de l’ONU et la faiblesse de l’Europe font de cette zone l’un des « ventres mous » stratégiques de l’heure. C’est pourquoi, tous les regards sont rivés sur la

C›est du désert libyen qu›avaient jailli les djihadistes de la prise d›otages du site gazier d›In Amenas en 2013 janvier

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Libye en vue de tout faire pour favoriser une désescalade, plutôt que de participer à une montée des tensions entre les deux belligérants. Mais la paralysie de l’Otan, l’impuissance de l’ONU et la faiblesse de l’Europe font de cette zone l’un des « ventres mous » stratégiques de l’heure.


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Une région en état de déni, reflétant l’ignorance de l’Histoire

Le racisme n’est plus un secret dans le Monde Arabe Londres : Yassmine jrissi

La mort de George Floyd, fruit de l’injustice raciale, et de la permanence de la brutalité policière, a fait descendre des milliers de personnes dans les rues des États-Unis. Les marches de solidarité ont commencé dès le visionnage des neuf dernières minutes que Floyd ait vécues avant de succomber. À travers ces marches, qui se sont étendues de Berlin à Mexico, les gens ont exprimé leur colère face à la façon dont le pays le plus riche et le plus puissant du monde traite son peuple. Mais l’attention ne s’est pas focalisée uniquement sur les ÉtatsUnis et leurs violations. Le mouvement «Blacks Life is Important» [«La vie des Noirs est importante»] a incité de nombreuses régions du monde à se pencher sur la lutte des noirs. Et delà, faire face à des faits embarrassants pour les peuples du monde entiers, y compris le Monde Arabe. Le racisme est profondément ancré dans les pays arabes et prend de nombreuses formes. De l’horrible traite des migrants africains en Libye, à l’expansion de la discrimination fondée sur la couleur de la peau, en passant par la promotion des normes de beauté, propres aux personnes à peau blanche, et à l’usage du mot «esclave» par les Arabes pour décrire une personne de peau noire, sans omettre les insultes verbales courantes. Tous ces comportements se déroulent sur fond de messages médiatiques trompeurs et détestés, qui résonnent dans le Monde Arabe, où la coloration de la peau au noir, se ne sert qu’à tourner en dérision, avec tous les stéréotypes et les préjugés, nécessaires. Toute discussion concernant le racisme envers les noirs, tourne au déni et à la négation. La culture du silence constitue la preuve d’une méconnaissance de l’histoire de l’esclavagisme. Une histoire chargée de complexes et surtout des conséquences de l’intolérance raciale. Facture amère. Les utilisateurs arabes des médias sociaux ont exprimé leur soutien aux Noirs américains et ont commenté la répression brutale

des États-Unis contre les manifestants. Parmi eux, l’actrice et réalisatrice palestinienne Mariam Abu Khaled, rejointe par plus de 200.000 utilisateurs qui ont critiqué le racisme dans le monde arabe, à travers une vidéo récemment publiée sur l’application «Instagram». Abu Khaled, femme à la peau noire de Jénine, a raconté dans la vidéo qu’elle a publiée, largement diffusée sur les réseaux sociaux, des cas de racisme qui se produisent quotidiennement parmi les Arabes, notamment entendre les parents demander à leurs enfants de ne pas jouer au soleil très longtemps, sinon, «ils auront des coups de soleil et deviendront semblables à Mariam». Elle s’est demandé si les gens se rendaient compte que ce qu’ils disent sous forme de «plaisanterie», peut porter de graves atteintes à autrui, en touchant leur confiance en eux-mêmes. Elle considère que les Arabes ont grandi dans une ambiance teintée de racisme, a appelé à une meilleure conscience, dans le but de briser ce cycle, et surtout ne plus transmettre ces concepts aux enfants. Abu Khaled a également mis en lumière les différences et les similitudes dans les relations ethniques, entre les sociétés arabes et occidentales en soulignant que bien que la police au MoyenOrient ne tue pas les Noirs, le racisme reste un problème profondément enraciné dans la région, qui persiste même, à travers les générations, par le biais de commentaires qui semblent innocents mais sont très offensants. Alors que les nouvelles déferlent des Etats-Unis, en continu, concernant des abus de la police américaine à l’encontre des Noirs, rien qu’en raison de leur couleur, a expliqué Afifa Latifi, une doctorante tunisienne, en études africaines, à l’Université de Cornell, et co-fondatrice, de la Communauté de «la voix des femmes tunisiennes noires», à «Majalla» que «bien que les noirs, ne soient confrontés au même degré de violence injustifiée dans le monde arabe, en comparaison avec la situation aux Etats-Unis, en plus des insultes verbales courantes et les discours de haine par défaut, existent différents cas de violence prouvant que nous ne sommes

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pas dans une situation meilleure que celle en Occident». «Quand on pense aux situations difficiles des réfugiés et travailleurs migrants noirs, et au système de parrainage, par exemple, il est difficile de voir les divers incidents, qui ont démontré la brutalité policière dans des pays comme le Maroc, les multiples crimes commis contre les étudiants subsahariens en Tunisie, et l’esclavagisme en Mauritanie, qui vient d’être incriminé en 2007, comme des expériences différentes», a-t-elle ajouté… Et conclue : «La violence verbale et autres, la pauvreté et la marginalisation des Noirs dans la région, nous rappellent la mort sociale des Noirs américains». Quant au sociologue à l’Université américaine du Caire, Dr Amr Ali, il souligne dans une déclaration à «Majalla» : «L’idée des relations interethniques est très complexe. On ne peut trouver les mêmes lignes d’identification claires qu’aux États-Unis». Selon Dr Ali, le racisme envers les Noirs, dans les sociétés occidentales, apparait comme une idéologie, en raison de la profondeur historique, et de la stabilité de la structure de ce racisme. Avant d’ajouter : «Concernant les pays arabes, il existe d’une manière claire, un regard hérité du colonialisme dans la manière de regarder la couleur de la peau. Ceci ne signifie pas que les préjugés contre les Noirs n’existaient pas avant le colonialisme, car la situation n’était pas excellente auparavant. Il est plus que certain que la centralité de l’Europe joue un grand rôle dans la discrimination entre Noirs et Blancs».

L’ombre du racisme

La conception euro-centriste de la beauté, constitue l’un des meilleurs révélateurs du comportement raciste envers les Noirs dans les sociétés arabes. Dr Ali, considère par exemple, que «les panneaux d’affichage, comme la preuve la plus flagrante. Par exemple, au Caire, sur ces panneaux, on constate pour la publicité de pommade de blanchiment «Fair & Lovely», une femme blonde aux yeux bleus et à la peau blanche, qui ne représente en aucune façon la population égyptienne».

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Existent des normes de beauté imposées dans les pays arabes, qui préfèrent toujours la peau plus claire et les cheveux les plus lissés au détriment de la diversité. Un tour rapide sur quelques chaînes de télévision arabes ne fera que confirmer. Les gens traduisent ces normes esthétiques en pratiques dangereuses telles que le blanchiment de la peau. En 2018, des femmes Égyptiennes ont commencé à verser du chlore dans la baignoire pour tenter d’éclaircir leurs peaux. Plus important encore, ces pratiques esthétiques jettent les bases d’une hiérarchie sociale interne enracinée dans la discrimination fondée sur les couleurs. Avec une préférence notable pour les personnes à la peau claire, ainsi qu’une répulsion envers les Noirs, en les considérant d’un rang inférieur. Le traumatisme de la discrimination basée sur le teint, se distingue au niveau du mariage. Dr Ali explique que «le choix d’un partenaire à la peau sombre, pousse souvent à des interrogations, parmi les membres de la famille. Comportement plus qu’anodin, traversant les groupes religieux ou des minorités spécifiques. Au Maroc, il est également courant que des Amazighs refusent d’épouser des Africains à la peau foncée». Le paradoxe dans ce cas est inquiétant, car de nombreux Arabes ne sont pas conscients de leur manière de traiter les minorités, dans un monde où les musulmans et les Arabes sont depuis longtemps victimes de discrimination raciale. Dr Ali considère : «Constatant des Arabes ayant la peau foncée, se comportant d’une manière racistes envers des Africains à la peau foncée. Je les ai mis en garde, car en Europe, ils souffriraient d’un comportement analogue, pour cause de la couleau de leur peau», avant d’ajouter : «L’incapacité à ressentir de l’empathie a beaucoup à voir avec le fait de ne pas avoir à endurer ce que vivent les Africains noirs ou les Égyptiens locaux».

.Le système de parrainage

Les manifestations antiracistes au niveau mondial, ont évoqué les appels des gouvernements arabes à abolir le système de protec-


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tion sociale des travailleurs migrants. Environ 23 millions, pour la plupart originaires de pays pauvres d’Afrique et d’Asie, travaillent dans le Monde Arabe, à travers un système appelé «kafala» qui les relie généralement à un seul employeur, ce qui les rend vulnérables à l’exploitation. Les militants des droits des travailleurs dans la région ont déclaré que ceux qui soutiennent les manifestants exigeant la fin du racisme aux États-Unis et ailleurs devraient regarder de près leur pays d’origine, où les travailleurs étrangers sont victimes d’exploitation et d’abus dans le cadre du système de parrainage. «Ces problèmes sont systématiques et enracinés dans des discours et des perceptions racistes à l’égard d’autres nationalités dans notre pays», a déclaré à la Fondation Thomson Reuters, la chercheuse, au Business Group et au Human Rights Resource Center, Salma Huwerbi. Les initiatives anti-parrainage jouissent d’une attention croissante au Liban, où un suicide d’une femme de chambre des Philippines, le mois dernier a mis en évidence les difficultés des femmes migrantes dans le pays. Sachant que l’État libanais enregistre la mort de deux travailleuses étrangères par semaine. Joy Ayoub, un militant libanais indépendant, qui se bat pour abolir le système de parrainage, a déclaré à Reuters que le système est équivalant à du racisme légalisé, expliquant : «Si nous voulons parler de la vie des Noirs comme importante, nous devons d’abord aborder la vie réelle et sans importance des Noirs au Liban», se référant aux protestations qui ont secoué les États-Unis au cours des deux dernières semaines. Avant d’ajouter : «Même si le système de parrainage est annulé demain, le racisme existera toujours, mais cette décision permettra au moins aux victimes du racisme d’outrepasser chacune sa situation, et d’être indépendantes dans leurs décisions quant à ce qu’elles peuvent faire à ce sujet». Le visage noir, l’ignorance de l’histoire, et le déni du racisme De nombreux utilisateurs de médias sociaux ont utilisé leurs plateformes pour montrer leur solidarité avec le mouvement «Blacks Life is Important» [«La vie des Noirs est importante»], et sensibiliser le public au système de parrainage, tandis que d’autres - y compris des célébrités - ont publié des photos d’eux, avec un maquillage noir sur le visage, dans le but de soutenir le mouvement. Ces initiatives ont une fois de plus attiré l’attention sur le visage noir répandu dans la culture populaire arabe. On constate rarement des gens à la peau sombre ou noire à la télévision et dans les films, les artistes à la peau claire peignent souvent leur visage en noir dans des scènes comiques, dans le but d’extirper des rires bon marché des stéréotypes et des préjugés dégradants. Selon Latifi, ‘’la représentation des personnages à la télévision arabe est primitive... Les personnages à la peau noire sont souvent réduits au silence ou marginalisés ou ridiculisés par des couleurs en noir et blanc et des indices durs sur l’origine des esclaves.’’ Cette même militante ajoute qu’ils sont formés à des rôles qui les privent de toute complexité, plutôt comme des personnages sta-

tiques. Au mieux, on leur confie les rôles d’auxiliaires ou d’amis sages des personnages principaux qui sont pour la plupart des acteurs à la peau blanche. Mais même ces rôles sont rares car l’apparence des acteurs noirs est faible. L’utilisation du visage noir est une autre évocation dangereuse de l’ignorance généralisée entourant le racisme et les militants antiracistes dans la société. Le professeur Yves Trout Powell de l’Université de Pennsylvanie a déclaré à «Majalla» : «Il y a encore des politiciens aux États-Unis qui ont dû s’excuser d’avoir noirci leur visage lors des soirées auxquelles ils ont assisté dans leur jeunesse». Kim Kardashian a assombri son teint lors d’une importante séance photo, pour laquelle elle s’est également excusée plus tard. Powell a expliqué que la raison pour laquelle il pense que cela se produit dans de nombreuses sociétés - y compris les sociétés arabes - est que très peu de gens ont appris l’histoire de l’esclavage que «colorier le visage en noir est une pratique directement liée à l’esclavage africain, et malheureusement, l’une ou l’autre information n’a pas été bien dispensée, à travers les programmes d’enseignement, ou le sujet est au pire ignoré». Même si l’esclavage noir ressemble à une étrange institution américaine, néanmoins, il demeure un fait douloureux dans l’histoire du Moyen-Orient, où d’innombrables résidents d’Afrique de l’Est ont été vendus comme esclaves. Des femmes et des filles ont d’abord été kidnappées pour trafic sur les marchés arabes, puis converties en concubines. Historiquement, l’absence de lois qui perpétuent l’apartheid (comme celle qui existait aux ÉtatsUnis jusqu’au XXe siècle) renforce le sens des métadonnées qui répand le mur d’un silence extraordinaire sur cette histoire à travers la région. Cette culture du silence a permis d’éviter les questions difficiles liées à l’héritage durable de l’esclavage et du racisme envers les Noirs, qui affectent toujours la vie sociale dans les sociétés arabes. Selon le professeur Powell, elle a conduit à un déni public direct des attitudes racistes contre les Noirs dans les sociétés arabes. Latifi a souligné que son expérience dans le monde arabe lui avait démontré que «la plupart des gens ne savent pas le sens historique du terme esclave ou, qu’ils réfèrent l’idée du racisme aux ÉtatsUnis sans se rendre compte qu’il peut faire partie de leur personnalité et de leur existence». Aller au devant. Une approche à plusieurs volets, est nécessaire pour passer du déni généralisé, au dépassement de la stigmatisation des Noirs. 1. Nous devons cesser d’occulter l’histoire de l’esclavage. Latifi a déclaré: «Je constate comme hypocrisie, le fait d’appeler les Noirs par esclaves parmi d’autres appellations dégradantes et humiliantes. Reste que nous ne sommes pas à l’aise avec l’idée de discuter ou d’enseigner l’histoire de l’esclavage. Comment essayons-nous d’éviter de faire face au passé alors que nous le citons en fait tout le temps à travers le langage que nous utili-

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Gravure du XIXe siècle d’un convoi arabe, transportant des esclaves noirs africains à travers le désert - Wikipedia

sons pour décrire les noirs? Nous devons d’abord écrire et confronter notre histoire de l’esclavage, puis commencer le projet d’une libéralisation complète et tardive dans le but provoquer le changement». 2. Le traitement du racisme nécessite une volonté politique. Latifi a expliqué qu’elle pensait que «la volonté politique de l’État (à travers des projets d’éducation, une discrimination positive dans la politique, le contrôle culturel, la représentation artistique, etc.) pouvait améliorer et même transformer la vie des Noirs». Lorsque l’État décide de confronter les problèmes avec des lois et des politiques qui non seulement puniront le racisme ouvert, mais élargiront à la fois sa définition et reformuleront son langage pour inclure ce que nous sous-estimons, comme les «expressions biaisées involontaires», alors peut-être que nous pourrons commencer à changer. Dr Ali a déclaré: «Les Noirs peuvent recourir à des institutions et des mécanismes juridiques solides pour faire face à toute discrimination à laquelle ils sont confrontés en Occident, alors que de tels mécanismes n’existent généralement pas dans le monde arabe, et ils sont donc privés de cet outil à cet égard». 3. Nous devons accorder plus d’attention au racisme fortuit Dr Ali a souligné que «ne pas soulever la question du racisme est une raison majeure pour beaucoup d’échapper à la punition. Lorsque vous répondez à cela en disant qu’il est faux ou immoral ou interdit de faire une déclaration raciste, vous faites réfléchir au moins deux fois tout le monde dans votre entourage», avant d’ajouter, qu’il faut braquer les lumières, sur toute forme de discrimination contre les Noirs, afin de la mettre en évidence, la réduire, et s’en débarrasser... «Il est également important de se rappeler que nous faisons partie de l’Afrique, et les pays arabes d’Afrique du Nord doivent reconnaître que c’est une belle caractéristique, qui fait de l’Égypte, de la Libye, de la Tunisie, de l’Algérie et du Maroc, des pays riches et féconds».

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Ce même Docteur a souligné que les pays Golfe et le reste du Moyen-Orient, disposent d’une très profonde et longue histoire avec l’Afrique et avec l’idée de l’intégration des Noirs dans leurs sociétés. 4. Nous devons tous méditer et s’adonner à l’autocritique. Selon Dr Ali, «Les pires formes d’orientalisme sont le syndrome d’autodigestion invisible dont souffrent les États et les sociétés arabes, ceux qui répètent des croyances sans fondement, telles que les Arabes ne se soucient pas de la liberté d’expression tant qu’ils ont de la nourriture sur la table, ou que les Palestiniens doivent être blâmés pour avoir perdu leur terre, ou les femmes saoudiennes ne sont pas animés de grandes aspirations, etc... Ces idées sont entretenues encore et toujours par chaque individu. Chose qui pousse à se sousestimer et affaiblir toute contribution potentielle à la création d’une société meilleure. Cette pathologie a pour effet de réduire le sentiment collectif de citoyenneté. Même si certains arrivent à outrepasser ces obstacles, nous les recevons avec tous les honneurs qui se doivent. En dépit, nous allons persévérer dans l’instauration de la misère, du cynisme, du pessimisme, de l’agonie, de la dépression, et de la vulgarité méprisante, tirés du manuel de Geert Wilders. L’activiste Latifi ajoute : «En tant que sujets de l’ère post-impérial et postcolonial, nous absorbons constamment la répression et reproduisons des formes de répressions envers les Noirs, et il est temps de nous rendre compte et de confronter cette situation. Peut-être que le mouvement de «Blacks Life is Important» [«La vie des Noirs est importante»], nous aide à faire face à ces couches mystérieuses de l’histoire et enlève souvent l’habit de l’innocence que nous portions constamment, chaque fois que la question du racisme est ouverte dans le monde arabe, ce qui nous oblige tous - Noirs et non Noirs - à mettre fin à cette culture malveillante de déni et de silence.


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Entre une crise alimentaire, de carburant, une Lire chancelante et pénurie de médicaments

Le peuple de Damas ... des gens bien pris par la faim Londres-Hanan Al-Habash

de ses nouvelles jusqu’à aujourd’hui.”

Une activité intense ponctue la vie quotidienne à Damas. Marchés bondés, rues très animées, arbres ombrageantles vieux bâtiments, des enfants qui se démènent sur les places publiques, des embouteillages ‘’monstre’’, bousculades des étudiants et des lycéens dans les restaurants... Ainsi se présente Damas une ville mystérieuse qui s’accroche à la vie et à l’espoir après tant d’années de résistance et de guerre qui n’ont pas réussi à lui ôter la joie de vivre. Ainsi peut sembler la scène quotidienne dans cette ville au visiteur étranger. Mais la vérité est tout à fait contraire. Damas est aujourd’hui épuisée, de laquelle émane l’odeur de la mort, de la faim, de la pauvreté et de la pauvreté. Ses habitants trouvent à peine le goût de la vie et côtoient la mort au plus près chaque jour. Peut-être fuient-ils l’ambiance maussade des maisons sombres, qui sont devenues étouffantes par le poids des responsabilités et des exigences de leurs familles face à des mains incapables de subvenir à tous les besoins. Leurs palabres dans les rues portent sur le coût élevé de la vie, la situation difficile et à l’incapacité de répondre aux exigences de la vie. En déambulant dans ses rues, on lit le récit d’un quotidien dur sur les visages fatigués et des regards fuyant toutes discussions avec des yeux rivés sur des années de guerre et des crises successives allant de la crise alimentaire en passant par celle du carburant, de la lire, puis des médicaments, qui ont affecté leurs ressources. “Je le jure, j’ai vu mon voisin dans l’un des quartiers de Damas se transformer en vendeur à la sauvette crier pour vendre des vêtements, après que son usine ait été détruite lors d’une bataille de la campagne de Damas », raconte Rama qui ajoute que depuis « il a quitté la maison adjacente à notre maison et nous n’avons plus eu

Un faux symbole de résilience

Damas a pu se maintenir à l’écart des affrontements et de la violence armée, qui en ont fait un symbole de la “résistance d’Assad et de ses forces”, comme les loyalistes du régime aiment à le dire, ayant recours à des scènes filmées de ses rues pour montrer la stabilité de la situation et la forte emprise d’un régime capable d’empêcher l’État de tomber, comme l’assurent toujours les responsables. Mais en réalité, Damas est classée dernièredans le rapport du magazine spécialisé « The Economist » sur les villes où il fait beau vivre. En effet, le taux de pauvreté extrême - en tant qu’indicateur de la privation alimentaire - était inférieur à 1% en Syrie en 2010, et durant le conflit, la Syrie a connu une expansion de la pauvreté extrême à 44,9% en 2016. Le rapport montre que le taux de pauvreté global a culminé à 89,4% à la fin de l’année. L’augmentation des prix des denrées alimentaires dans différentes régions a entraîné une détérioration de la capacité des populations à répondre à leurs besoins quotidiens, selon le rapport sur les “Impacts du conflit syrien” publié par le Centre syrien de recherche et des politiques, qui montre que le taux de pauvreté total a culminé à 89,4% fin 2016. Pour sa part, Nour témoigne que le lait pour nourrissons qu’elle apportait à son bébé de neuf mois était à 2200 Lires au début de cette année, mais qu’elle l’achète aujourd’hui à 4200Lires, sauf qu’elle le trouve rarement disponible, et qu’elle doit le chercher en parcourant plusieurs magasins ou en le sollicitant dans d’autres provinces et chercher à le stocker. Concernant les prix de la viande, elle assure avoir acheté un kilo de viande d’agneau à 19 mille lires il y a quelques jours, contre 600 lires avant 2012. Dans le même sillage elle révèle avoir acheté il y a quelques jours « quatre types d’articles de détergent pour la maison, de

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Damas a réussi à se maintenir à l’écart des affrontements et des violences armées, ce qui en a fait un symbole de “la résistance d’Assad et de ses forces”, mais en réalité, elle s’est classée au dernier rang des villes du monde où il fait beau vivre. (AFP)

l’huile végétale, du fromage et des couches, pour 42 mille Lires syriennes. ». Et de poursuivre qu’il s’agit : «de produits locaux, car il n’est absolument plus possible de compter sur le produit importé à cause de l’énorme différence de prix à l’instar des couches produites localement dont le prix a atteint 8500 lires alors qu’il se situait à 3900 Lires, il y a deux mois ». Ainsi, « le prix d’une boule de fromage coute 11700 Lires, contre 7000 lires il y a deux mois, le kilo de riz coûtait entre 600 et 700 Lires, et aujourd’hui je l’ai acheté à 1 800 Lires », et la liste ne fait que s’allonger selon ses dires. Pour appréhender l’ampleur de ces chiffres, il suffit de mentionner que le salaire moyen d’un fonctionnaire diplômé ne dépasse au meilleur des cas 60 000 Lires syriennes, c’est-à-dire qu’il ne représente que 3 kilogrammes de viande ovine. Le secteur des services souffre également de graves problèmes : l’électricité et l’eau sont coupées pour de longues périodes et parfois pour plusieurs jours consécutifs dans certains quartiers et ce à cause de la demande massive résultant d’une affluence populaire des personnes fuyant la guerre et causant une nouvelle réalité palpable dans la difficile quête de logement décents, la recherche d’emploi ainsi que par les embouteillages sans fin. Concernant les coupures de courant quotidiennes, Nour, qui vit dans un prestigieux quartier de Damas, ironise qu’il est « coupé 3 heures toutes les 3 heures ! Autrement dit, nous profitons de l’électricité quotidienne pendant 12 heures de fonctionnement discontinu, ce qui est une bien meilleure condition qu’il y a un an, par exemple, lorsque l’interruption durait plus de 5 heures de suite, ce qui fait que chauffer la maison est presque impossible au cas où la maison est dotée de cette commodité ».

Une hausse des prix sans hausse des salaires

Pour les pâtisseries traditionnelles, le prix d’un kilo sur le marché

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Au cours des derniers jours, il y a eu de nombreuses publicités pour vendre des reins à cause du besoin syrien a atteint 32 mille Lires, et vous pouvez imaginer que se procurer un kilo de ces délices est devenu un rêve quand on sait que le salaire moyen d’un doctorant atteint 69 mille Lires syriennes, c’est-à-dire qu’il peut acheter deux kilos de pâtisseries en début du mois et de se serrer la ceinture pour le reste du mois. Cette énorme augmentation des prix, qui a commencé depuis 2012 et s’est poursuivie jusqu’à aujourd’hui, n’a pas été accompagnée d’une augmentation appropriée des salaires, et aujourd’hui la plupart des habitants de la ville - dont la plupart ont de faibles revenus - vivent de ce qu’ils gagnent pour se procurer nourriture, médicaments et payer le transport sans toutefois pouvoir s’offrir le luxe le plus élémentaire de la vie. Les salaires et traitements moyens des travailleurs du secteur public, selon les chiffres officiels, varient entre 40 mille Lires et 60 mille Lires par mois, et dans le secteur privé entre 120 mille Lires et 160 mille Lires par mois, tandis qu’un seul citoyen a besoin de plus de 60 mille Lires pour vivre au minimum, qu’en est-il alors des familles plus nombreuses ?

Une disette financière ancienne et nouvelle

La détresse financière n’est pas nouvelle pour les habitants de Damas, car la guerre leur a arraché ce qu’ils avaient épargnés pendant les années de la guerre, sans compter les crises successives qui pèsent sur leurs épaules les unes après les autres, jusqu’à ce que cette «gifle sur la joue» ne devienne habituelle,


comme le disent les citadins. Murad, propriétaire d’un magasin de papeterie dans le centre de Damas, dit : « La situation n’est plus la même, il est vrai que ce local était une sinécure pour moi et ma famille alors qu’il était une importante source de revenus pendant des années, mais cela a changé depuis 2012 avec le déclenchement de la guerre, et aujourd’hui je peux à peine assurer ma nourriture quotidienne et des jours non. La crise de Corona nous acculé à fermerle magasin pendant une période qui nous a cassé le dos, et aujourd’hui les gens ne s’occupent plus de papeterie carils ne trouvent plus quoi acheter avec une galette de pain pour assouvir sa faim. Moi qui n’ai jamais emprunté d’argent dans ma vie, en quelques mois je suis devenu lourdement endetté, conséquence de la chute terrible du taux de change de la lire. On vend à perte à des prix qui ne compensent les prix d’achat. Mais que faire nous cherchons à gagner notre vie comme on peut et il n’y a pas de solution devant moi. »

Des reins à vendre

Au cours des derniers jours, de nombreuses publicités pour la

Après la dévaluation du taux de change de la Lire d’une manière brutale, les commerces tournent avec une pertequi ne permet pas de compenser les prix d’achat et l’acquisition de nouvelles marchandises.

vente de reins se sont propagées en raison de la précarité ambiante malgré le fait que le prix d’un rein ne réponde pas aux besoins d’un bébé de plus de quelques mois. En même temps, la conseillère d’Al Assad, Boutheina Chaâbane est sortie exhorter le peuple à la résistance face à la dégringolade de la Lire. Elle a asséné aux Syriens que “la loi de César cible la Syrie et ses alliés, et nous n’avons d’autre choix que la patience et la constance. La constance sera bientôt payante, nous devons faire montre de la même détermination et la même patience que nous avons démontré pendant les années de la guerre”. Ses déclarations ont provoqué un tollé à large échelle sur les réseaux sociaux et plusieurs pages ont publié des photos de son fils résident en Europe se vantant de ses voitures de luxe, rappelant à la chancelière la vie luxueuse de son fils à une époque où les Syriens sont en dessous du seuil de pauvreté. Ce qui a poussé le fils de la conseillère à sortir de son silence pour affirmer que ces photos n’étaient pas pour lui, et qu’il connait une vie d’étudiant normale.

Différence de point de vue, pas plus

La crise pose un litige d’approche sur le cours de change du dollar. Le gouvernement a sommé les entreprises à fixer le prix du dollar à 700 Lires, mais le prix sur le marché noir a dépassé les 2800 Lires pour la première fois de son histoire pour atteindre jusqu’à 3800 Lires ces derniers jours, avant de se redresser partiellement. En effet, depuis l’annonce de la « Loi César » américaine, la Lire syrienne a connu un effondrement rapide contre le dollar, et les propriétaires de magasins se sont donc retrouvés face à une perte inévitable, ils ont donc préféré fermer leurs magasins que vendre avec une perte irremplaçable, et il vaut peut-être mieux ne pas vendre que vendre à perte, ce qui fait qu’un échange de marchandises avec eux devient quelque peu impossible. De ce fait, un état de paralysie économique a frappé les marchés de Damas touchés par cet effondrement de la lire conjuguée à la hause du prix du carburant, de la nourriture et des médicaments, poussant les

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Le prix d’un kilogramme de viande ovine s’élevait à 19 mille lires syriennes, ce qui équivaut à environ la moitié du salaire mensuel d’un employé du gouvernement, contre 600 Lires avant 2012 (AFP)


Les propriétaires de magasins se sont retrouvés face à une perte inévitable, préférant fermer leurs magasins pour éviter une perte irréparable, mais l’État les a forcés à ouvrir (Reuters)

autorités à forcer les propriétaires de magasins fermés à ouvrir leurs portes, sinon ils seront scellés avec de la cire rouge. Les patrouilles douanières qui parcourent tout le temps les marchés de Damas ont le pouvoir de faire des descentes aux magasins et les entrepôts fermés et menacent d’organiser des saisies en grand nombre, ce qui signifie pour les commerçants de gros pots-de-vin et d’autres dépenses dont ils n’ont pas besoin. Pour sa part, la porte-parole du Programme alimentaire mondial Jessica Lawson a déclaré à la presse française que toute baisse supplémentaire de la valeur de la lire se refléterait dans l’augmentation des prix des produits alimentaires de base importés tels que le riz, les pâtes et les lentilles. Elle a averti que la hausse des prix menaçait de pousser davantage de Syriens à la faim, à la pauvreté et à l’insécurité alimentaire, alors que le pouvoir d’achat s’érodait constamment.

Nisécurité alimentaire, ni sécurité tout courte

De plus, la vie à Damas n’est plus sûre. Les enlèvements pour exiger rançon, le vol, le meurtre en public et l’impunité pour les auteurs des crimes en l’absence de contrôle sont devenus un sujet brulant pour les conversations matinales quotidiennes. Les filles aussi bien que les jeunes hommes évitent autant que possible les taxis, sans compter leur coût élevé. Les taxis sont devenus source d’inquiétude pour leur implication dans de nombreux incidents de vol, comme c’est le cas pour tous les transports publics. Il n’empêche, ils représentent un moindre mal pour les usagers de la route, comme le souligne Salam. “Je crains de marcher seule dans l’une des rues de la ville. Bien que j’aie vingt ans, je souffre d’une peur et d’une anxiété constantes d’être seule, ce qui a rendu ma mère attachée à moi pour m’accompagner à tous mes rendez-vous. Elle vient avec moi, arrive et m’attend toujours. La situation n’était pas comme cela avant 2012.Ma sœur aînée se déplaçait plus à l’aise, cela ne veut pas dire que la ville était absolument sûre, mais c’était certainement beaucoup plus sûr

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Le taux de pauvreté global a culminé à %89,4 fin 2016 qu’aujourd’hui », a-t-elle ajouté. Salwa résume ce qu’elle et beaucoup d’autres souffrent à Damas, avec un post sur Facebook : « Vous êtes Syrien lorsque vous passez devant le vendeur de légumes, vous voyez les prix des tous les produits, des oignons aux pommes, sans que vous puissiez acheter quoi que ce soit et le vendeur vous répond avec épuisement et ennui sachant qu’il est plus fauché que vous… Vous êtes Syrien quand quelqu’un qui est pauvre visite un parent malade vous rend visite apportant avec lui un demi kilo de café qu’il s’est endetté pour acheter et que quand vous lui présentez une tasse de café il la boit d’une seule gorgée, car chez lui il n’a pas un seul grain de café. Vous êtes Syrien, lorsque vous vous présentez pour un poste d’emploi dans une chocolaterie et que l’on vous demande un diplôme universitaire ... Vous êtes Syrien lorsque vous vous rendez à des funérailles pour présenter vos condoléances et que vous passez par une boulangerie et vous y passez plus de dix heures avant d’acheter du pain que vous vous empressez de mettre dans votre voiture, car vous pensez réconforter la famille du défunt avec…Vous êtes Syrien lorsque vous achetez des médicaments qu’on vous livre dans une enveloppe car vous n’avez pas le prix de la boite... Vous êtes Syrien parce que quand vous avez mal au cœurvous dites que ce sont de simples palpitations à cause de la pesanteur des emplettes que vous portez et que votre cou vous fait mal à cause d’une arthrose qui ne nécessite pas d’aller chez le médecin ... et vous êtes Syrien quand chaque fois que vous approchez de la mort vous vous consolez en disant, en racontant que vous êtes destiné à mourir


depuis votre naissance . .. ».

Le secteur de la santé ... est malade

Le secteur de la santé ne semble pas mieux. Avec une inquiétude croissante concernant la mise en œuvre de la « Loi César» américaine, la plupart des usines de médicaments locaux ont cessé de fonctionner, ce que le député de l’Assemblée populaire syrienne Waddah Murad a signalé devant l’Assemblée populaire syrienne, s’adressant au gouvernement en lançant : «médecine et nourriture» sont une ligne rouge et dangereuse qui menace le peuple (...) Vous avez jusqu’ici échoué dans l’alimentation, et vous êtes sur le point de fermer les usines pharmaceutiques syriennes qui couvraient les besoins du marché local, aux prix les moins chers, et d’exporter leur production vers plus de cinquante-huit pays (...) Encore une semaine et tous les laboratoires pharmaceutiques seront fermés, après que les matières premières restantes y soient

La crise est une division sur la variation du taux de change du dollar, où le gouvernement s’est engagé à fixer le prix du dollar à 700 Lires, alors que le prix a dépassé sur le marché parallèle 2800 Lires pour la première

déjà consommées! ». Selon les chiffres officiels, cette industrie a été endommagée pendant la guerre comme les autres secteurs, ce qui a conduit plus de 19 laboratoires à fermer, et la production de chuter de 75%, avec des dizaines d’usines au point mort et le reste a continué de fonctionner au quart de sa capacité de production. Au cours des deux dernières années et avec le retour de la stabilité aux alentours de la capitale, Damas et la ville d’Alep, certaines usines ont commencé à reprendre progressivement la production, et le gouvernement a accordé environ 92 licences pour créer de nouvelles usines qui sont toujours de l’encre sur papier en raison des sanctions et du blocus économique tandis que les Syriens souffrent toujours d’une pénurie aiguë de plus de 70% des besoins du marché en médicaments et autres produits pharmaceutiques, en plus du problème de la faible efficacité du médicament local. En effet, la fermeture des usines a entraîné la baisse de la plupart des types de médicaments dans les pharmacies, la fermeture de nombreuses officines ou le fait de limiter les ventes uniquement à des désinfectants et des stérilisateurs fabriqués localement. Quant aux médicaments importés, leurs prix ont augmenté d’une manière que le citoyen ordinaire ne peut pas acheter, tandis que de nombreuses maladies se propagent en raison du manque d’hygiène, la propagation des déchets et absence de nettoyage en plus de l’incapacité de la Banque centrale de Syrie à fournir un soutien à ces laboratoires en devises, ce qui a provoqué une crise de médicaments qui alarme la rue syrienne à cause des pharmacies qui ne peuvent s’approvisionner en médicaments, ou àen assurer la disponibilité à des prix raisonnables notant à cet effet que les prix de certains médicaments sontpassé du simple au doublé ou même au triple. Un gouvernement perplexe et des citoyens sans médicaments Le site Web “L’économique” pro-régime a cité le propriétaire

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La porte-parole du Programme alimentaire mondial, Jessica Lawson, a averti que les prix élevés menacent de pousser davantage de Syriens à la faim, à la pauvreté et à l’insécurité alimentaire, tandis que le pouvoir d’achat s’érode constamment


Le salaire moyen des travailleurs du secteur public varient, selon les chiffres officiels, entre 40000 et 60000 Lires par mois, tandis qu’un individu a besoin de plus de 100000 Lires pour vivre au minimum (A. F.P)

d’une des usines de médicaments disant que des groupes de médicaments entiers manquaient, et que les usines ne sont plus en mesure de fournir de la matière premièrepour la fabrication selon le taux de change du dollar sur le marché noir, et que le soutien aux usines en dollars a cessé, ce qui a été confirmé par le Dr Alia Al-Assad, doyen des pharmaciens Damas, dans une interview accordée à Nainar Radio, assurant qu’il y a une grande pénurie, en particulier de médicaments génériques, soulignant que les entrepôts du syndicat sont “vides” et souffrent d’un énorme déficit pour répondre aux besoins des pharmacies de la capitale Damas Il a fait appel au soutien des entrepôts situés à l’extérieur de Damas et aux fabricants de médicaments dans une timide tentative de répondre aux énormes besoins de la capitale. Ce qui est en contradiction avec les déclarations du ministre de la Santé, qui a confirmé qu’il n’y a pas eu d’interruption d’approvisionnement en médicaments, et qu’au cas où cela se produirait, des alternatives seront disponibles, expliquant qu’il n’y a aucune justification pour que les laboratoires pharmaceutiques arrêtent de travailler, et a indiqué que le gouvernement syrien supportait le fardeau du financement les importations des laboratoires en matières premières et du reste des fournitures, indiquant que les prix des articles pharmaceutiques sont séquentiels, car 1400 articles ont été évalués jusqu’à présent, sur 11800 groupes de médicaments. Mais le Dr Alia a souligné que les produits pharmaceutiques dont le prix a baissé ne sont pas du tout disponibles, et que le prix des matières premières est lié au prix du dollar au fur et à mesure qu’elles sont importées de l’étranger, et donc chaque médicament qui inclut dans sa composition cette matière première va augmenter son prix, et que par conséquent nous tournons dans un cercle vicieux d’augmentation successive dont les surcoûts sont assumés uniquement par le citoyen.

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Buthaina Chaâbane, conseillère du président Al-Assad, appelle la population à rester ferme face à la détérioration terrifiante de la Lire. Avec l’aggravation de la crise des médicaments, qui est la plus importante de son histoire, provientde la fermeture du régime syrien de l’une des plus grandes usines de médicaments en Syrie qui est le principal fournisseur de médicaments des pharmacies et des entrepôts qui ne contiennent désormais que des médicaments à faible consommation. Comme dans chaque crise de nombreux entrepôts ont eu recours à la dissimulation de groupes de médicaments pour une distribution ultérieure sur le marché en petites quantités, ce qui augmente leur prix jusqu’à les doubler et peut-être plus, ce qui fait que comme d’habitude ce sont des spéculateurs qui contrôlent les prix des médicaments.

Initiatives timides

À la suite de cette crise, des initiatives citoyennes ont vu le jour dans la ville demandant aux pharmaciens d’afficher les listes des médicaments à leur disposition, de les publier avec des photos sur les réseaux sociaux et de les rendre accessibles à ceux qui en ont besoin. Ces initiatives ont rapidement reçu l’approbation des gens et les images des médicaments disponiblesont été diffusés à grande échelle dans les maisons et les pharmacies, mais de telles


e prix d’un kilo de pâtisserie traditionnelle sur le marché syrien a atteint 32 mille lires, et vous pouvez imaginer que ce kilo est devenu un rêve quand je vous dis que le salaire moyen d’un doctorant atteint 69 mille Lires syriennes (A.F.P)

initiatives sont-elles à même de combler les besoins du marché ? Doâa, employée dans une pharmacie à Damas, répond : « Bien sûr que non, il y a des médicaments qui sont impossibles à fournir à partir de l’excédent surplus de quelqu’un, les prix sont très élevés et il est impossible de se les procurer ». Et sur les alternatives, telles que les matières premières pharmaceutiques et les médicaments indiens, elle dit: «Les médicaments génériques alternatives et les matières premières alternatives dans la fabrication des médicaments ne sont pas toujours de la même qualité, en particulier en l’absence de contrôle des substances, mais d’une manière ou d’une autre, elles répondent en partie au besoin pendant une période de temps, et le recours à des alternatives médicamenteuses ne peut pas être une solution pérenne”.

L’autre face de Damas

L’interdiction à Damas de toute manifestation de protestation

Le salaire moyen d’un fonctionnaire diplômé, atteint au mieux, 000 60 Lires syriennes, soit l’équivalent de 3 kilogrammes d’agneau

depuis 2012 a donné vie à un récit populaire sur la schizophrénie complète entre la réalité vécue par la ville, celle de la guerre, de la mort et des déplacements endurés par le flux de réfugiés syriens en provenance des autres régions du pays, et qu’aujourd’hui les citoyens assistent sans broncher à une autre forme de schizophrénie entre la réalité de la pauvreté et de la faim au cœur de Damas, une ville qui ne fonctionne plus. Laquelle réalité est perceptible sur les pages des blogueurs syriens qui partagent leurs quotidiens, leurs voyages et leurs réunions. Une réalité qui met le doigt sur l’écart entre les personnes aux revenus moyens et ceux aux revenus exorbitants. À une époque où les commerçants subissaient les fermetures causées par la crise de Corona, les filles continuaient de « bloguer » Damas, ces « influenceurs », comme elles se proclament, relatent les activités des tentes du Ramadan et la magie quotidienne de la musique live avec force détails de ces soirées qui font le buzz sur les réseaux sociaux, quant à l’opulence de ces manifestationsen décalage total avec la réalité de la ville. Mais le phénomène du divertissement notoire ne se limitent pas à la fréquentation des bars huppés, au milieu de la capitale, puisqu’un grand nombre d’entre eux se déplacent les weekendsà Beyrouthpar le biais de leurs voitures privées à travers la frontière libano-syrienne depuis le passage d’Al-Masnaa-Jadida pour y passer des vacances ou pour se rendre en Europe et à Dubaï pour le tourisme, à des coûts difficiles à calculer alors que les salaires mensuels moyens à Damas ne dépassent pas 150 Mille Lires syriennes, soit 75 dollars américains après la récente baisse du taux de change de la Lire. L’on est en droit de se demander, devant ce phénomène, comment peut-on se permettre le tourisme

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Le prix du chocolat Nutella proposé à 34 mille Lires syriennes dans l’une des boutiques de la capitale, Damas

Campagne de pharmaciens syriens pour faire face à la crise de la pénurie des médicaments

en Europe, dans le Golfe et au Liban avec de tels revenus et d’une façon périodique ?

Cette ville est à deux niveaux

Entre l’échange de responsabilités, une réalité difficile et un décalage avec la réalité, l’homme syrien vit aujourd’hui à Damas, l’ancienne capitale, une vie loin d’être normale, et peut-être la description la plus vraie de ce que souffre le Damascène, est racontée par Salwa Zikzak dans un post sur Facebook : « Comme si cette ville avait deux moitiés, une matinée de lassitude et une nuit de luxe ...Les éboueurs se précipitent chez eux pour recharger leurs batteries de demi-vies pour pouvoir gagner leur vie le matin quand ils commencent le travail à l’aube, et les travailleurs domestiques s’endorment à huit heures du soir en raison d’une fatigue extrême ... Et les employés, les boulangers, les cafetiers, les vendeurs de sandwichs, les malades et leurs accompagnateurs, les ouvriers de chantiers, les badigeons sont classés comme corrompus détournant l’argent public, les vendeurs de légumes itinérants, les traqueurs de transactions, les porteurs et les garçons qui poussent des charrettes bourrées de marchandises stupides pour le compte des femmes... Le soir, l’odeur de la ville diffère, un parfum lourd émane de ceux qui vivent la grâce, la débauche de leurs regards vous gratte, et leurs effluves sont des taches sur des vêtements chers qui ne se sont pas encore adaptés à leur corps. Les regards des vendeurs de shawarma diffèrent selon la taille du sandwich, la disposition du plat mariné, la tomate et le concombre ... L’odeur des gaz d’échappement submerge le carburant des

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bus hip hop tandis que les bus de transport en commun dorment tôt, tout comme leurs fans, dans une grande misère ... Les arômes de crevettes, l’acidité de satiété, les plats de nabulsi et la salade de fruits ... même les graines varient en taille, fraîcheur et salinité. Ils sont tous lourds comme la nuit, et leurs propriétaires gonflent comme des ballons promotionnels pour des produits trompeurs et périmés !! La ville est à deux moitiés, nuit et jour, et aux quatre quarts, sans abri et perdue dans la lumière en raison de la peur d’être perdue ou non, et les travailleurs et les employés qui rentrent chez eux avec des bouquets de pain populaire et des légumes fanés, les observateurs sont déçus par les transactions qui n’ont pas été accomplies et perdues avec distinction ... et pleurent leur mort et leur vie, ou avec un léger espoir leur survie. En tous cas ... Il y a aussi ceux qui se noient dans la fatigue des pionniers de la nuit ... les prostituées cherchant des hommes aux poches essoufflées ou gonflées, et ceux qui cherchent une opportunité de gagner à l’arraché, et les employés de restaurant et les arpenteurs de vomissements d’ivrognes, les conducteurs de voitures de luxe, même le charbon de bois anguleux rempli de pillages, de mensonges et de flatterie. Comme si la ville n’avait pas de temps ... ou en dehors d’elle ... ou qu’elle la manipulait tout le temps et la séparait d’intimidation et de discrimination à l’échelle de ses femmes pionnières, chacune selon son pouvoir, ou selon sa vérité !!! braqué ou maitrevoleur ... ». * Des pseudonymes ont été utilisés pour assurer l’anonymat des personnes interviewés.


S

ociété

Lutte contre le Coronavirus : l’expérience pionnière de la Tunisie Par Emna Darwazi La Tunisie, un pays méditerranéen qui possède la population la plus âgée d’Afrique, a acquis une réputation positive à l’échelle mondiale pour son succès à ce jour dans la gestion de la crise sanitaire du COVID-19. Une combinaison d’actions rapides et décisives, une communication claire et constructive entre les dirigeants politiques et sanitaires du pays et une population généralement consciente ont placé la Tunisie dans la position enviable d’éliminer pratiquement le virus. Comment la Tunisie a appréhendé la pandémie? Le premier cas de Coronavirus a été identifié en Tunisie le 02 mars 2020, annonce le ministère de la Santé. Panique générale, mais très vite un plan anti-crise a été mis en place en urgence. La progression de la propagation du virus maîtrisée : Phase 01 de l’épidémie : Création d’une cellule de crise : La Tunisie a prouvé au monde que pour vaincre de nouveau virus, nous n’avons pas besoin d’un arsenal de défense et de munitions. Lundi 02 mars 2020, Abdellatif Mekki annonce, lors d’une conférence de presse, l’enregistrement du premier cas de contamination par le Coronavirus en Tunisie. Quelques mesures de prévention ont été prises, à savoir la suspension des arrivées en provenance de Gênes, la limitation des échanges scolaires et universitaires. En cas de doute d’atteinte par le virus, les citoyens tunisiens ont été appelés à faire appel au Samu Corona. Des lits de réanimation ont été mis en place dans des services spéciaux aménagés au sein des hôpitaux sur tout le territoire national. La Tunisie passe à la phase épidémiologique 02 : Le 10 mars 2020, un nouveau cas de contamination (lo-

cal) a été identifié. Les données épidémiologiques ont donc changé. Les mesures de prévention ont été renforcées : • Suspension des cours, à partir du jeudi 12 mars jusqu’à la fin des vacances scolaires. • Suspension des vols en provenance de l’Italie, à part ceux venant de Rome. • Le nombre de liaisons aériennes avec l’Italie limité à 3 contre 14 vols par semaine. • Suspension de toutes les traversées vers l’Italie. • Limitation des dessertes maritimes à destination de Marseille à une seule traversée par semaine. • Annulation ou report des activités et manifestations culturelles, sportives et économiques internationales. • Le chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh, annonce un

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Accord de coopération pour l’exploitation de drones dans la détection du virus à travers la prise de la température des citoyens, par voie aérienne

plan de sauvetage. Près de 3 milliards de dinars seront débloqués au profit des retraités, des familles nécessiteuses, des artisans et des entreprises.

Vers un confinement général

Vendredi 20 mars, le président de la république, Kais Saied, annonce un confinement général du pays. Il décrète un couvre-feu et ordonne la fermeture des frontières terrestres, aériennes et maritimes du pays. ‘’Le confinement sanitaire général est l’unique option dont dispose la Tunisie pour lutter contre le Coronavirus’’, souligne le chef du gouvernement. ‘’Le respect de cette procédure constitue 80% de la solution. Les 20% restant concernent les différentes mesures et décisions adoptées par le gouvernement’’, ajoute-t-il. Le gouvernement a souligné la nécessité de faire preuve de rigueur et de respecter le confinement, l’auto-isolement et le placement en quarantaine obligatoire des personnes qui rentrent de l’étranger. Et de noter que le confinement sanitaire général a été respecté à hauteur de 80% et ce, grâce à l’imposition de l’application de la loi et aux amendes infligées aux contrevenants. 23 mars 2020, la Tunisie passe officiellement au stade 03 du Coronavirus : Quatre foyers épidémiques ont été localisés, à savoir les régions des Berges du Lac et de la Marsa, relevant du gouvernorat de Tunis (nord), de la Soukra, relevant du gou-

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La Tunisie a prouvé au monde que pour vaincre de nouveau virus, nous n’avons pas besoin d’un arsenal de défense et de munitions. vernorat de l’Ariana (nord) et la région de Djerba au Sud du pays. Tout le pays (institutions et citoyens) en renfort : tous unis, tous solidaires :

Initiatives

Plusieurs organisations étatiques ou caritatives se sont mobilisées avec des projets innovants et des plans d’intervention en vue de lutter contre la pandémie. D’innombrables initiatives individuelles ont, également, vu le jour. Les compétences tunisiennes sont au service de leur pays. Les premiers rayons d’espoir : Un déconfinement graduel en trois phases Après un confinement strict qui a duré près de deux mois, la Tunisie a élaboré un plan de déconfinement progressif en trois phases, à partir du 4 mai. Durant le confinement imposé le 22 mars, seuls 1,5 million de Tunisiens étaient autorisés de circuler. La première étape


L’Association jeunes sciences de Tunisie (AJST) se mobilise avec des projets innovants

de déconfinement permettra à 1,5 million de personnes supplémentaires de reprendre leurs activités tout en respectant obligatoirement la distanciation et le port du masque. Ceux qui sont concernés par cette nouvelle mesure sont l’administration et les travaux de construction (à hauteur de 50%) ainsi que les petits métiers qui ne présentent aucun risque de rassemblement. À partir du 11 mai, le commerce du prêt à porter sera autorisé à rouvrir. Quelques jours après, les Malls et hypermarchés reprendront du service. Le 04 juin, les restaurants, les cafés, les salons de thé et les marchés hebdomadaires pourront, également, rouvrir, tout en respectant les consignes. Retour à la vie… La Tunisie, ‘’destination touristique sûre’’ La directrice générale de l’Observatoire national des maladies nouvelles et émergentes, Nissaf Ben Alaya, a affirmé que la Tunisie a enregistré un succès dans sa lutte contre le Coronavirus. De son côté, le Président de l’Organisation mondiale de la Santé, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a tenu à remercier six ministres de la Santé, dont celui de la Tunisie, Dr

Abdellatif El Mekki, pour avoir partagé sa stratégie dans le domaine de la lutte contre la nouvelle pandémie avec les pays membres de l’OMS. D’ailleurs, l’Organisation Mondiale du tourisme promeut la Tunisie en tant que ‘’destination touristique sûre’’, durant cette nouvelle épidémie, après avoir mis en œuvre un protocole sanitaire pour protéger les touristes et le personnel du secteur. Le magazine américain ‘’Forbes’’ indique que la Tunisie figure parmi les sept pays sélectionnés en tant que destinations touristiques privilégiées durant la période postcovid. La Tunisie fait partie des pays les moins exposés à la propagation du Coronavirus quoiqu’elle soit géographiquement proche des pays les plus touchés en Europe. Une expérience exemplaire, à plusieurs niveaux, notam- Des robots au service de la lutte ment en matière de solidarité... La Tunisie a envoyé une contre le Coronavirus (P-Guard délégation de médecins et infirmiers tunisiens en Italie pour et Veasense) créés par des compétences 100% tunisiennes

Le confinement sanitaire général a été respecté à hauteur de %80 et ce, grâce à l’imposition de l’application de la loi et aux amendes infligées aux contrevenants 36

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Des ouvrières confinées au travail pour fabriquer des masques

épauler les médecins italiens dans leur lutte contre la nouvelle pandémie. ‘’Grazie Tunisia’’, c’est en ces termes que le ténor italien, Cristian Ricci, a tenu à remercier la Tunisie et son peuple de l’assistance médicale que la Tunisie a apportée aux Ital-

Le ministre de la santé lance une campagne de sensibilisation sur le port du masque. Des agents et cadres du ministère ont participé à cette campagne

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iens, pour faire face au fantôme du Coronavirus. La Tunisie a enregistré, jusqu’au 27 juin 2020, 1164 cas d’infection et 50 décès. Des régions au Nord du pays n’ont identifié aucun cas de contamination depuis près d’une soixantaine de jours.


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apport

Sahel - Sahara

La sécheresse, le terrorisme, les guerres claniques, Coronavirus… Et encore quoi ?

Par Nasreddine Ben Hadid Il suffit d’étaler la carte de l’Afrique, et aussi réviser l’histoire, pour constater deux choses plus qu’étonnantes : 1. Les deux régions du Sahel et du Sahara, bien que nommées et bien définies sur la carte, restent floues, ou plutôt indéfinies concernant les limites, aussi bien de l’une que de l’autre. Essentiellement concernant l’intersection entre les deux espaces, qui paraissent plus comme un espace continu, sans aucune frontière. 2. Chaque pays appartenant à l’un ou à l’autre de ces deux espaces, vit (à des degrés différents) une crise existentialiste, à savoir une mise en danger de l’existence même de l’entité politique qu’on nomme Etat.

Combinaison plus qu’explosive

De ces deux points, apparaissent des constats ou plutôt des vérités : a) La sécheresse n’arrange pas les choses. Réchauffement climatique oblige, la superficie des terres arables se réduit d’une manière drastique, d’une saison à une autre. Situation qui attise des

rivalités claniques et tribales, déjà existantes, mais aussi, fait que les armes à feu deviennent l’unique moyen de parvenir à une «solution». Une solution que le vaincu ne tarde jamais à mettre en doute par les armes. b) Le semblant d’Etat-nation engendré par la décolonisation, et les quelques programmes éducatifs, sanitaires et sociaux, que l’Etat-providence ait pu mettre en place, se disloquent actuellement, sous l’effet de très graves métamorphoses qui ont touché la moelle épinière même de la structure étatique : La sécheresse a engendré un exode rural très fort, d’où des bidonvilles à perte de vu au faubourg d’agglomérations déjà très pauvres. c) La région est entrée depuis le début de ce siècle, plus précisent en 2003 dans l’ère du terrorisme. Phénomène, qui a trouvé dans la situation en place, le meilleur terreau possible, pour s’y développer, et même devenir la menace potentielle, qui guette ces pays. A l’inverse des cartes, où les frontières (héritées du colonialisme) sont parfaitement lisibles, le réel offre un espace étendu, qui ne fait que démentir ces traçages. Une porosité parfaite (presque par-

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l’Armée garante du pouvoir

tout) qui semble depuis des décennies, profiter au crime organisé, qui s’adonnent à la contrebande, mais aussi, a inclus l’immigration clandestine depuis une décennie dans son registre de commerce. Les mouvements de rébellion et de dissidence, constituent la résultante du plus parfait des cocktails explosifs : - Un pouvoir central qui ne voit dans la répression que l’outil exemplaire pour sauvegarder le pouvoir. - Une corruption généralisée qui gangrènent tous les rouages du pouvoir. - Une tribalisation (presque) flagrante des rouages de l’Etat. Chose qui pousse à l’appauvrissement des autres tribus, clans etethnies. D’où ces mouvements de rébellion et dissidence, qui brandissent toujours l’étendard de la démocratie (manqué) et des droits sociaux (bafoués), mais au fait, ne sont en général que l’expression des aspirations d’une autre tribu ou d’un autre clan. Sur ce fond, le terrorisme est venu se greffer, pour y devenir le tronc principal qui alimente tous les rameaux. Selon Rosemary DiCarlo, cheffe des affaires politiques de l’ONU : «Au Sahel et dans le bassin du lac Tchad, l’État islamique du Grand Sa-

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L’internationalisation du terrorisme a fait endosser aux pays de la région le titre de «soustraitants» dans le combat de ce fléau hara, BokoHaram et sa faction dissidente islamique dite Etat islamique dans la province de l’Afrique de l’Ouest continuent de terroriser les populations locales et d’attaquer les forces de sécurité». Les membres du Conseil de sécurité ont partagé les préoccupations de l’ONU concernant le terrorisme et l’extrémisme en Afrique. L’organe des Nations Unies en charge des questions de paix et de sécurité, internationales a exprimé sa vive inquiétude face aux répercussions néfastes de ces fléaux pour l’Afrique et le reste du monde. Dans une déclaration présidentielle, les membres du Conseil ont alerté : «Le terrorisme et l’extrémisme violent peuvent exacerber les conflits en Afrique et contribuer à affaiblir les Etats touchés sur les plans


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apport

de la sécurité, de la stabilité, de la gouvernance et du développement économique et social», soulignant, à cet égard, la vulnérabilité de trois régions du continent : le Sahel, le bassin du lac Tchad et la Corne de l’Afrique.

L’Internationale terroriste

L’internationalisation du terrorisme a fait endosser aux pays de la région le titre de «sous-traitants» dans le combat de ce fléau. A la France (ancienne puissance coloniale), viennent s’ajouter les EtatsUnis, qui accordent, depuis le 11 Septembre, à la région une place grandissante, selon deux axes principaux : Les pays pourvoyeurs de terroristes, .et les pays qui le combattent sur leurs terres Ces guerres semblent s’éterniser et devenir

A l’instar du terrorisme, le Coronavirus ne prend sa dangerosité que du terreau existant. Un nouveau fléau à prendre en considération.

d’usure, sans qu’aucun des Etats de la région ne puisse prétendre à une victoire contre le terrorisme. Au contraire, les attentats et attaques des groupes terroristes augmentent de rythmes et de fréquences. Certains Etats (comme le BurkinaFaso) où le terrorisme était inexistant, semble chanceler actuellement sous ses coups.

Les entrailles du terrorisme

Chose plus qu’étrange : Le financement militaire (surtout) mis à la disposition de la lutte contre le terrorisme, est réellement colossal, sans que aucune rentabilité. A contraire, le terrorisme prend du devant, avec des conséquences plus que dangereuses : Au-delà du nombre des morts et des blessés, le nombre des «déplacés» est déjà plus important, et plus dangereux encore, plus que pesant, dans des pays à l’agonie économiquement, et où le puzzle ethnique est d’une fragilité plus que déconcer.tante Le terrorisme a pris ces mesures, car il a trouvé dans la région du Sahara et du Sahel, le terreau plus que fertile pour y grandir. Que cherche mieux le terrorisme dans cette région plus que des régimes corrompus, un Etat démissionnaire et en dislocation, des frontières éphémères entre Etats, mais surtout une coalition de fait et d’intérêt, entre

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Une éternelle présence militaire étrangère


Une région avec un espace ouvert et sans limites

le crime organisé, les forces séparatistes et tribales, et le terrorisme. De la sorte, le terrorisme est tel un poisson dans l’eau… Personne n’a pensé à vider l’aquarium !!!!

chemin pour s’installer. Les chiffres ne sont pas encore alarmants, mais tous les experts s’accordent pour dire que le fléau aura certainement des conséquences catastrophiques, si la contagion serait plus forte. A l’instar du terrorisme, le Coronavirus ne prend sa dangerosité que du terreau existant. Un nouveau La Coronavirus en cerise sur le gâteau En plus de ces maux, le Coronavirus a pris son fléau à prendre en considération.

La rébellion comme image de fond

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nterview

Innocent Kagbara:

IL Faut Priviligier Le Dialogue Pour Eviter Les Guerres Propos recueillis par : Khaled Saad Zaghloul Lors des élections présidentielles de février 2020, les Togolais ont découvert le plus jeune candidat, Innocent Kagbara. Surnommé ; le Macron africain, né le 12 janvier 1980, à Lomé, de parents chrétiens catholiques, il aurait pu être le plus jeune Chef d’Etat de République en Afrique. Très très actif sur le terrain politique, diplômé de l›Université Privée IAEC Lomé, options finances-banque et communication où il décroche plusieurs diplômes. Après son Master en gestion des projets, il a poursuivi ses études au Canada. Actuellement, il est un doctorant en gestion. Pour soutenir les Etats africains dans leur lutte contre le sous-développement, l’honorable Innocent KAGBARA a cofondé en 2012, UK Investment Group, une plateforme de services en matière d’investissement qui œuvre dans le social. Il est actuellement membre du conseil d’administration et Président Directeur Général du Groupe. Il élabore et pilote plusieurs projets d’ordre social, économique, culturel, éducationnel. Il est député à l›Assemblée Nationale, Président de la Commission de l›Education et du Développement Socioculturel de l›Assemblée Nationale et Président National du Parti Démocratique Panafricain(PDP). LA MAJALLA : Pouvez-vous nous parler de votre pays le Togo Innocent KAGBARA :Je vous remercie pour l›opportunité que vous nous offrez à travers votre magazine. Parler de mon pays le Togo ne sera pas un exercice facile tellement, il y a beaucoup de choses à dire sur mon pays. Mais j›essayerai brièvement de dire l›essentiel. Le Togo est un État souverain d’Afrique de l›Ouest, dont la population est estimée en 2020 à environ 8,6 millions d’habitants pour une densité de 152 hab./ km2. Parmi les plus petits États africains continentaux, le Togo est 9e avec une superficie de 785 56 km2, s’étirant sur environ 700 km du nord au sud avec une largeur n’excédant pas 150 km, limité au nord par le Burkina Faso, au sud par le golfe de Guinée, à l›est par le Bénin et à l›ouest par le Ghana. Le Togo fait partie de la Communauté économique des États de l›Afrique de l›Ouest (CEDEAO) depuis 1975, de l›UEMOA depuis 1994 et est un pays membre de l›Organisation de la coopération islamique. Il compte 39 préfectures. Nos principales ressources minières sont le phosphate, le fer, le marbre. Parmi les ressources agricoles, on peut citer essentiellement le coton, le café, le palmier à huile. Premier port en eau profonde de l›Afrique de l›Ouest, le port de Lomé est une destination sûre pour les pays enclavés de la région pour l›importation et l›exportation de leurs produits. LA MAJALLA : et sur le plan politique !

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-Sur le plan politique, le pays a connu trois élections majeures en trois ans, notamment les élections législatives en 2018, les élections municipales en 2019 et les élections présidentielles en février 2020. Les élections législatives ont permis à notre parti de gagner dans la circonscription électorale de Dankpen. Ce qui a permis mon entrée au parlement en tant que député et par la suite Président de la commission de l›éducation et du développement socioculturel de l›Assemblée Nationale. Nous avons également obtenu des sièges de conseillers municipaux après les élections locales. Bref, notre pays s›est lancé sur les rails avec l›organisation des élections locales synonymes de décentralisation. Ainsi, toutes les communautés pourront participer effectivement au développement de leur milieu respectif et ce, avec le soutien des plus hautes autorités. LA MAJALLA: Parlons des défis ! -Nous pouvons dire que le gouvernement togolais a mis en œuvre plusieurs programmes à l›intention des jeunes diplômés sans emplois pour faire face à la problématique du chômage dans le pays. Des programmes très ambitieux qui ont permis à plusieurs jeunes de se frotter au monde du travail. Parmi ces programmes nous pouvons citer, le Fonds d›Appui aux Initiatives Economiques des Jeunes (FAIEJ), le Programme de Volontariat National (PROVONAT), le Mécanisme Incitatif de Financement Agricole (MIFA). Tous ces programmes, il faut le souligner, prennent en compte tous les secteurs d›activités et appellent les jeunes à entreprendre dans un environnement sain avec des facilités accordées pour leur installation et la rentabilité de leurs activités. Nous pouvons également évoquer le climat des affaires. A ce niveau, il est aujourd›hui aisé à tout concitoyen de pouvoir créer en 24h sa propre entreprise. Les indicateurs internationaux montrent aussi un satisfecit par rapport aux efforts du gouvernement pour faire du pays une destination de choix pour les investisseurs étrangers. Et le climat de stabilité dans la sous-région est un paramètre important. Au niveau de notre parti, le Parti Démocratique Panafricain, nous avons également initié et mis en œuvre des programmes humanitaires *Assilassimé* pour venir en aide à nos populations en ces périodes difficiles liées à la pandémie du Coronavirus. Aussi le programme dénommé ‹›AMELEMIASSI›› à travers notre ONG RAFSET qui veut dire littéralement, nous avons quelqu›un, vient donner du souffle aux communautés nécessiteuses en leur offrant des kits alimentaires, des dispositifs de lavage des mains, des gels hydroalcoliques et des cache-nez, une assistance psychologique, et une assistance médicale. Nous avons aussi mis en place un programme d›octroi de 5000 bourses aux ٠١/07/٢٠


étudiants-entrepreneurs pour régler le problème du chômage et aider les populations rendues vulnérables par la Covid19-. Bientôt se tiendra également à notre initiative le premier forum africain sur la finance islamique. LA MAJALLA : À la dernière élection présidentielle de février 2020, vous étiez le plus jeune chef de parti politique en Afrique et plus jeune candidat aux élections présidentielles dans un pays africain, pourriez-vous nous exposer quelques grandes lignes du programme. - J›avais présenté un programme de société ambitieux dénommé ‹›Les graines de l›émergence››. Mais malheureusement, vous l›avez appris, ma candidature a été purement et simplement rejetée pour des raisons floues. Ce que mon parti et moi avons accepté sportivement. Il faut dire que notre combat au sein du PDP relève du socialisme démocratique dont les valeurs essentielles sont la liberté, la justice sociale et l›égalité de tous. Le pragmatisme, le réalisme, l›humanisme ont une grande place dans le programme avec pour objectifs: la réduction de la pauvreté, l›atteinte de pays émergent, la promotion de la démocratie et de l›unité nationale dans le respect de la dignité humaine. Pour atteindre ces objectifs, le programme se résume à 30 projets phares qui sont entre autres, l›introduction de l›assurance maladie universelle, la création d›une maison de production aux artistes, porter la subvention aux agriculteurs à 3 milliards, augmenter l›aide de l›Etat à la presse à 1 milliard et créer un Fonds d›aide aux études. LA MAJALLA: Comment définir le système éducatif chez vous? -Sur le plan de l›éducation, je pense que mon pays le Togo a toujours été cité comme un exemple dans la sous-région par rapport à la qualité de l›enseignement. D›ailleurs, les deux universités du pays le démontrent, de même que les instituts privés qui accueillent un nombre important de ressortissants étrangers. Nous avons des écoles françaises, canadiennes et américaines qui sont installées ici au Togo et qui dispensent aussi les programmes français, américain et canadien. LA MAJALLA: Est-ce que vous investissez dans l›éducation ou comme la plupart des pays africains, vous priorisez l›armement ? -Vous savez l›avenir d›une nation, c›est l›éducation de ses enfants. Et donc, je peux vous assurer que notre gouvernement consacre un important budget au secteur de l›éducation chaque année. L›éducation reste une priorité des autorités. Mais ceci étant, vous convenez avec moi, que l›état ne peut pas aussi négliger les questions de sécurité et de souveraineté nationales devant les menaces terroristes non loin de chez nous, au Mali et au Burkina Faso. Et donc, il est

indispensable que le pouvoir qui a le devoir de protéger leur population dispose d›une armée formée et bien équipée, capable de faire face à toute tentative de déstabilisation. Et pour ceci, il faut également des moyens financiers. Aussi bien l›éducation que la sécurité préoccupe au plus haut niveau les autorités. N›oubliez pas que pour faire des études, on ne peut le faire que dans un climat de paix et de sécurité. LA MAJALLA: Avez- vous des communautés arabo- musulmanes dans votre pays ? -Bien sûr, nous avons des communautés arabo-musulmanes chez nous au Togo. Et elles vivent en paix. Le Togo est un État laïc où toutes les communautés religieuses vivent en paix et harmonie. Chaque année, il y a des milliers de Togolais qui vont au pèlerinage à la Mecque. Malheureusement, cette année, le pèlerinage n›est pas autorisé pour les autres pays autres que l›Arabie Saoudite à cause de la pandémie du Coronavirus. LA MAJALLA: Avez-vous une coopération avec les pays arabes ou la souhaitez-vous notamment avec les pays du golfe? -Le Togo entretient de bonnes relations de coopération avec les pays arabes et les pays du Golfe. Nous avons une ambassade d›Égypte au Togo, nous avons une représentation diplomatique au Koweït dans le Golfe pour ne citer que ceux-là. Le Ministre des Affaires Étrangères s›est plusieurs fois rendu dans les pays du Golfe pour signer des accords de partenariat avec plusieurs institutions aussi bien arabes que du Golfe persique. Je crois que ces relations apportent beaucoup à notre pays. LA MAJALLA: Suivez-vous les problèmes africains et le terrorisme au Sahel? -Nous suivons avec une très grande attention tout ce qui se passe autour de nous surtout au Sahel avec les nombreux attentats au nord du Mali avec la perte de vies humaines, la guerre au Darfour, en Somalie, les attaques terroristes au Burkina voisin, les attaques de la secte Boko-Haram au Nigeria, l›attentat de Grand-Bassam en Côte d›Ivoire, etc. Nous disons que devant la menace terroriste qui a surgi en Afrique, nos États doivent obligatoirement mutualiser leurs forces pour venir à bout de cet ennemi commun. LA MAJALLA: Il y a de fortes tensions en Afrique du Nord, en Libye qui est devenue une terre préférée des terroristes, l’Égypte avec l’Ethiopie et son barrage de la renaissance -Vous savez, depuis la mort du Colonel Mouammar Kadhafi, la Libye est en proie à des violences de tous genres et le pays vit une instabilité sans précédent. Beaucoup d›armes circulent dans la région et sont détenues par des groupes terroristes. Je crois que les Nations-Unies dont le rôle principal est de maintenir la paix dans le monde doivent redoubler d›efforts et prendre des résolutions fermes pour arrêter l›hémorragie. Mais le nœud gordien reste l›épineuse question du financement du terrorisme. A qui profite cette situation d›instabilité dans la région ? Il ne faut pas occulter les gros intérêts qui se cachent derrière tout ce chaos à caractère géopolitique. Et pour le barrage éthiopien, il faut privilégier le dialogue. C’est pourquoi l’Egypte a appelé le Conseil de sécurité de l’ONU à intervenir dans le conflit qui l’oppose à l’Ethiopie sur son méga barrage sur le Nil, source de vives tensions régionales, et dont le Caire redoute les conséquences sur son approvisionnement en eau. Nous savons que cette demande intervient alors que les négociations entre l’Egypte, le Soudan et l’Ethiopie sont au point mort, les trois pays ne parvenant pas à trouver un accord, notamment sur un mécanisme de partage des eaux, la solution passe par le dialogue, le continent africain doit réagir, les guerres ne résoudront jamais les problèmes, au contraire. Il faut tout faire pour éviter les guerres.

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Discrimination contre les femmes tunisiennes noires

interview avec l’activiste Khawla Ksiksi

Par Emna Darwazi L’histoire du racisme remonte peut-être aux origines de l’être humain qui a tendance à éliminer l’Autre ou à le dominer. Les rapports dominant-dominé ont longtemps défini les rapports humains. À travers son regard hostile à la différence, l’Homme a inventé des idéologies pour hiérarchiser ses semblables selon leur culture, langue, ou tout simplement leur couleur de peau, ce qui a donné naissance à des inégalités écrasantes. Cela dit, le monde a évolué, des lois ont été mises en place afin de réglementer la vie humaine et condamner l’exclusion.

s’est fait avec mon inscription à l’association de lutte contre la discrimination raciale ‘’Mnemty’’, en 2012, à Tunis, pour apprendre les notions de base. J’ai pris mon envol petit à petit. Actuellement, je suis très impliquée dans la lutte féministe. Je suis, également, membre du groupe ‘’Falgatna’’ qui lutte pour les droits des femmes,

La Tunisie a adopté en 2018 une loi contre les discriminations raciales, une première dans le monde arabe. Quels sont les dessous de cette loi et qu’est-ce qui a changé depuis son adoption ? ‘’La Majalla’’ a rencontré la jeune activiste Khawla Ksiksi qui a fondé le groupe ‘’Voix de femmes tunisiennes noires’’ pour porter soutien aux victimes de discrimination raciale. Cette combattante qui défie les tabous et lutte contre les systèmes défaillants revient sur la situation des noirs en Tunisie, le cas des femmes, en particulier. La nouvelle loi anti-discrimination est au centre de ce débat, également.

Qui est Khawla Ksiksi

Juriste de formation. J’ai 28 ans et je travaille à la Fondation Rosa Luxemburg. Je gère un projet sur les droits environnementaux et les ressources naturelles, ce qui est loin de mon domaine d’activisme, mais cela s’inscrit dans le même cadre de droits socioéconomiques et environnementaux. Mon entrée dans le domaine sociétal

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et l’une des fondatrices du groupe ‘’Voix des femmes tunisiennes noires’’. Mon activisme est réparti entre droits environnementaux, libertés individuelles et justice sociale. Quels sont les débuts du groupe ‘’Voix de femmes tunisiennes noires’’ ? Les personnes que j’ai rencontrées lors de mon expérience avec le groupe ‘’Falgatna’’ vouées à la lutte contre la discrimination sous toutes ses formes m’ont fortement inspirée. Toute lutte mûrit. C’est un chemin qui s’est tracé avec beaucoup de documentations approfondies. Des icônes du courant antiraciste comme Angela Davis et Bell Hooks aux Etats-Unis étaient ma source d’inspiration. Ces découvertes furent comme une révélation pour moi et je me suis posé cette question : ‘’Pourquoi n’a-t-on pas un espace pour les femmes noires en Tunisie ? Est-ce parce qu’elles sont en bas de l’échelle sociale dans le pays ?’’ J’ai parlé de mon idée avec Maha Abdelhamid qui a apprécié le projet, étant donné qu’elle était dans la même perspective. Maha, cinq autres femmes et moi, sommes réunies et nous avons, ensemble, posé les premiers jalons du groupe ‘’Voix de femmes tunisiennes noires’’ qui n’a pas encore une existence juridique et c’était notre choix. Avoir accès à toutes ces documentations avec le vécu que nous endurons chaque jour, nous avons enfin décidé

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Je pense qu’il faut commencer par une alliance maghrébine entre les mouvements engagés dans la lutte antiraciale. de créer un espace privé non-mixte, non pas par principe d’exclusion, mais nous voulions un espace qui braque les projecteurs sur l’intimité de la femme et sur tout ce qui lui est propre. Nous n’avions jamais une place dans une société qui niait l’existence de discrimination raciale. Avec l’avènement de la révolution du 14 janvier, plusieurs types de luttes ont vu le jour : la lutte féministe, environnementale, la lutte pour les droits sociaux et économiques, mais la lutte contre la discrimination raciale a été écartée, voire même camouflée. L’élément déclencheur a eu lieu avec un post sur la page du groupe #Ena Zeda créé par des Tunisiennes pour dénoncer le harcèlement sexuel. Maha Abdelhamid s’est demandé pourquoi ne pas parler des femmes noires victimes de violences et agressions sexuelles basées sur la couleur. Un post qui a suscité une vague d’indignation. Tout le monde était

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furieux. Il était temps de lancer le groupe, d’arrêter de se justifier et d’enlever le masque du déni. Le 23 janvier 2020 (date symbolique qui rappelle l’abolition de l’esclavage en Tunisie, le 23 janvier 1846), le groupe ‘’Voix de femmes tunisiennes noires’’ a vu le jour. Comment votre groupe porte soutien aux femmes noires en Tunisie, victimes de racisme? Nous leur offrons un espace libre et hyper protecteur pour s’exprimer librement. Nous sommes actifs sur les réseaux sociaux qui réunissent plusieurs personnes de plusieurs régions du pays et c’est l’avantage de notre groupe. Les témoignages sont divers et viennent de partout. Ce qu’une femme noire subit à la capitale est différent à bien des égards de ce qu’une femme noire subit au sud du pays. Chaque histoire de souffrance avec le racisme est différente. Cet espace a permis de cibler le type de protection dont chaque femme noire agressée a besoin. Nous faisons appel à des avocats et des huissiers notaires qui se mobilisent pour les accompagner et les encourager à recourir à la justice. Dans la plupart des cas, ces femmes sont des victimes de racisme, sexisme et régionalisme en même temps. Les expériences et témoignages collectés serviront de matière pour des recherches, études et articles académiques. Nous voulons produire un savoir sur la discrimination raciale en Tunisie, parce que l’atmosphère de déni qui entoure la problématique explique le manque de documents sur le sujet. Nous ignorons même le nombre de noirs dans le pays. Lever le voile sur toutes ces failles, mettre au jour ces inégalités et reconnaitre notre propre valeur, voici nos objectifs primordiaux. Nous sommes en train de travailler sur le projet de lancer un site web où tous les supports qui contiennent des témoignages, des articles et des débats seront ouverts au

Il n’y a ni études ni statistiques. Nous savons que le nombre de femmes noires ayant subi une discrimination raciale est élevé, que le taux de scolarité chez les noirs tunisiens est très bas

public. Nous nous concentrons donc sur le côté activiste et le côté académique. Nous visons, également, un autre volet qu’est les plaidoyers. La loi antiraciste en Tunisie dans son article 11 promet de mettre en place une stratégie nationale contre la discrimination raciale. Une loi donc sans stratégie. Nous envisageons de nous engager dans des actions de plaidoyer pour sensibiliser l’Etat et l’exhorter à concrétiser ses promesses. Quel est le nombre de femmes ayant subi une discrimination raciale en Tunisie ? Nous n’avons aucun chiffre. Il n’y a ni études ni statistiques. Nous savons que le nombre de femmes noires ayant subi une discrimination raciale est élevé, que le taux de scolarité chez les noirs tunisiens est très bas. Les femmes noires sont exclues des postes de pouvoir. Mais personne ne connaît les chiffres et c’est aussi l’un de nos objectifs, celui de créer un système de statistiques. Avez-vous été vous-même victime de discrimination raciale ? C’est comme si vous me demandiez si le ciel était bleu ! Oui ! J’étais victime de discrimination raciale, comme toute femme noire en Tunisie. Le problème n’est pas personnel. Il ne s’agit pas de cas isolés. Il n’y a aucune noire qui n’ait pas subi une discrimination raciale. C’est un problème structurel, institutionnel. Il y a une politique de discrimination raciale contre les noirs. Tout un système instrumentalisé par des décisions et des lois est mis en place dans cette direction. Quelle est la place qu’occupent les jeunes dans la société tunisienne postrévolutionnaire ? Qu’est-ce qui les définit le plus ? Les jeunes tunisiens sont divisés : une partie qui a trouvé l’espace pour contester, parler à haute voix et lutter. Cette dynamique militantiste a été créée avec la révolution. Ils ne risquent plus la prison s’ils s’expriment librement. On voit plus de jeunes adhérer à des partis politiques. La société civile les a accueillis. Personnellement, la révolution a changé ma vie. Si la révolution du Jasmin n’avait pas eu lieu, j’aurais été une avocate dont la vie n’a aucun sens ou j’aurais fini en prison. La révolution a sauvé la vie de quelques jeunes, par contre, la crise économique a marginalisé une bonne partie de ces jeunes mis à l’écart, les condamnant à la passivité. La Tunisie, un pays pionnier dans l’adoption des lois qui garantissent les droits de l’homme dans le monde arabe, a adopté en 2018 une loi relative à l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale. Qu’a-t-

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elle changé concrètement cette loi ? Avoir une base juridique pour pouvoir recourir à la justice en cas de nécessité est une bonne chose en soi. Nous sommes fiers que la Tunisie soit le premier pays arabe à avoir incriminé la discrimination raciale, cela dit, la loi devrait être appliquée concrètement. L’article 11 de cette loi, comme je l’avais mentionné, indique que l’Etat s’engage à mettre en place une stratégie nationale de lutte contre la discrimination raciale, c’est-à-dire à viser le côté éducatif et culturel. On s’attendait à des clubs qui encouragent la diversité, à ce que le ministère de la Culture consacre un quota de son budget pour les œuvres d’art qui promeuvent la lutte contre le racisme, qu’il y ait des réformes dans le manuel scolaire où on peut voir des enfants noirs et ce, pour préparer une nouvelle génération ouverte à l’acceptation de l’Autre. Réellement, rien de tout cela n’a été mis en œuvre. Il est difficile de changer un problème sociétal aussi complexe, profond, flagrant et étendu comme la discrimination raciale par une simple loi. Les noirs se trouvent en général dans une situation financière précaire, ils ont été appauvris. Donc même recourir à la justice et porter plainte serait difficile en raison des coûts exorbitants. Et encore… il faut attendre deux ou trois ans le verdict. Notre lutte ne peut guère se résumer dans une loi ! Vous avez participé au rassemblement ‘’I can’t breath’’

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contre le racisme et en hommage à George Floyd, le 06 juin, à Tunis. Etait-ce une action réussie ? C’était le rassemblement où il y avait le plus de participants depuis que je me suis engagée dans la lutte antiraciste. Il y a plus de groupes maintenant qui s’intéressent à la discrimination raciale. Je peux dire que c’était une action relativement réussie. Il y manquait l’homogénéité des slogans. Je félicite l’association ‘’Mnemty’’ d’avoir organisé cet événement. C’était pour moi un coup de cœur et j’attends un soutien plus immense de la part d’autres groupements. Pourrions-nous s’attendre à des collaborations entre le groupe ‘’Voix de femmes tunisiennes noires’’ et autres associations internationales en matière de lutte contre la discrimination raciale ? Oui, bien sûr. La solidarité maghrébine et internationale doit avoir lieu. Notre groupe est toujours ouvert à faire des alliances avec d’autres groupements. Plus on est nombreux, plus on est forts. Je pense qu’il faut commencer par une alliance maghrébine entre les mouvements engagés dans la lutte antiraciale. On peut former une force de pression sur nos gouvernements. La Tunisie possède un point d’avance sur les autres pays, mais l’échange d’expériences serait bel et bien enrichissant pour renforcer les mouvements.


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Anis Chouchène à «La Majalla» : «Il n’y a pas eu de révolution culturelle en Tunisie» Par Emna Darwazi L’art pour l’art ou l’art engagé, derrière chaque forme artistique, il y a un message. Les artistes sont les porteurs de lumière qui ont pour mission de dissiper toute forme d’obscurantisme dans la société. Ils se doivent de lever le voile sur la vérité et d’inviter l’homme à réfléchir sur sa condition. Ils font table rase des temps révolus, sans pour autant oublier de transmettre certaines traditions séculaires importantes. Anis Chouchène, un jeune poète tunisien, aux semelles de vent, s’insurge, à travers ses poèmes, contre toute forme d’injustice. Humour noir et humanisme, voilà les pivots de son œuvre qui s’avère accessible aux jeunes. Chouchène, le jongleur des mots, conteste et rêve. Dans une interview accordée au magazine ‘’La Majalla’’, Anis Chouchène est revenu sur la révolution tunisienne du 14 janvier et ses acquis. Crise identitaire, discrimination raciale et engagement sont au cœur de ce débat. Vos poèmes écrits dans la douleur expriment le rejet de l’Autre. Cet Autre, votre lecteur, disons, pourrait-il se libérer totalement des préjugés inculqués par la société et les traditions ? Cette crise identitaire dont souffre le monde arabe n’est-elle pas résultante d’un métissage interculturel ? À travers ma poésie, je tente d’éveiller la conscience personnelle et la conscience collective de ceux qui me lisent et m’écoutent. Aujourd’hui, plus que jamais, il me semble indispensable d’être attentif aux problématiques qui touchent nos sociétés contemporaines. Cette même prise de conscience nous pousse à se poser des questions existentielles. En ce qui concerne les préjugés tenaces et les possibles changements, je pense que j’ai réussi à ma manière à toucher les gens et à les faire réagir de manière positive pour freiner les idées préconçues. Cette interaction est particulièrement perceptible chez les enfants, mon plus jeune

public, qui apprennent mes poèmes. Les voir réciter mes mots, me rassure, car les enfants sont le noyau central des générations futures, ce sont eux qui changeront les choses. En ce qui concerne la crise identitaire, je pense que notre plus grand malheur réside dans l’héritage culturel biaisé et la fausse identité. En effet, au lieu de parler d’identité arabe, je préfère l’identité purement humaine et universelle. Avec la mondialisation, les sphères géographiques du monde se rétrécissent. De ce fait, il est indispensable de s’ouvrir à l’’’Autre’’, sa culture et son histoire pour se débarrasser de notre identité figée. Le fait de se trouver en Tunisie signifie que je suis Tunisien, amazigh et africain, mais le plus important c’est que je porte l’identité humaine. Et, comme le dit Mahmoud Darwich : ‘’Tous les cœurs des Hommes sont mes identités, alors à bas le passeport’’. Vous avez dit dans une interview précédente en 2017 que la révolution du Jasmin est une révolution bâclée. Votre regard sur la société tunisienne postrévolutionnaire est-il le même ou a-til changé avec du recul ? Comment vous relisez l’histoire de la nouvelle Tunisie ? La révolution tunisienne est une révolution encore en marche et comme je l’ai évoqué auparavant, je la considère comme une révolution manquée et manquante, car il n’y a pas eu de révolution culturelle en Tunisie. D’ailleurs, lorsque je parle de révolution culturelle, j’envisage cette transformation comme étant une révolution personnelle qui engendrera une révolution sociale. En effet, chaque individu doit se révolter contre son propre ‘’Être’’ et contre ses propres dogmatismes pour prétendre à un avenir meilleur et à un changement réel. Toutefois, en dépit de ce constat, je trouve que la Tunisie vit les contractions nécessaires qui donneront naissance à une nouvelle génération porteuse de beaucoup d’espoir et d’un profond désir de changement. Vous avez tenu auparavant à souligner l’écart entre nos sociétés arabes et les pays développés en matière de droits de l’homme

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Les Etats-Unis d’Amérique ont toujours été la scène d’attaques racistes avant et après les années 60

et droit à la différence. Aujourd’hui, avec les manifestations antiracistes qui secouent le monde et spécialement l’Occident, suite à la mort de George Floyd à Minneapolis, comment vous avez réagi à l’incident ? Vous pensez que ces manifestations réussiront à réimposer la justice dans le monde ? Les Etats-Unis d’Amérique ont toujours été la scène d’attaques racistes avant et après les années 60. La diffusion rapide et massive de la vidéo montrant l’arrestation et la mort de George Floyd a secoué l’Amérique, mais aussi le monde entier. La réaction des gens était surprenante dans le sens positif du terme, car ces perpétuels abus racistes doivent prendre fin. Je souhaite vraiment que la situation change et que les autres nations réalisent que le monde arabe est également touché par ce qui se passe aux USA et par la politique discriminatoire américaine. D’ailleurs, ces protestations pour revendiquer le droit à la différence et préserver la dignité du citoyen ‘’afro-américain’’ touchera

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d’une manière ou d’une autre le monde arabe qui ne cesse de bouillonner à son tour. Alors, oui je souhaite vraiment que ces mouvements protestataires réussissent parce que l’Histoire de l’Homme avec le racisme qu’on traine depuis des décennies, en dépit des avancées en matière de droits, semble s’étendre encore et encore au point de se transformer en une mascarade honteuse et répugnante qui rabaisse l’humanité entière. Un poète qui chante la liberté et l’anti-conventionnalisme est un poète engagé. Pourrions-nous voir Anis Chouchène le poète entrer dans le monde de la politique ou même pactiser avec des politiciens ? La politique, comme nous le savons tous, est un jeu de menteurs limité à ceux qui désirent le ‘’Pouvoir’’ et seulement le ‘’Pouvoir’’. Rares sont les politiciens honnêtes qui portent dans leurs projets le désir d’opérer des changements positifs. Alors, pour ma part, je n’ai nulle aspiration à un siège politique parce que mes préoccupations sont celles d’être une ‘’Voix’’. J’essaie d’être la voix de la vérité et la voix de ceux qui n’ont pas de voix. L’appel à la rébellion contre la discrimination à travers votre poésie est-il adressé à l’homme de l’utopie ? Ma poésie est une invitation permanente au changement et à la révolte face aux injustices. Nous ne pouvons guère accéder à la ‘’Cité idéale’’ décrite par Platon. Nous ne pouvons pas atteindre un ‘’Idéal’’ sans aucun trouble. Néanmoins, je suis certain que l’équilibre social est possible. Ce n’est pas une forme d’utopie, mais une réalité envisageable et réalisable si chacun d’entre nous s’y implique âme et corps et parvient à être la meilleure version de lui-même. Comment vous voyez la voie du salut ? La paix a-t-elle un prix ? Il est évident que pour obtenir la paix, il faut en payer le prix. Comme il existe les partisans de la paix il existe aussi ses opposants. Le monde est majoritairement gouverné par des dirigeants puissants et des Lobbies influents qui veillent à contrôler le destin des uns et des autres pour des fins purement économiques. Chaque personne œuvrant pour la paix dérange le système et subit indéniablement des désagréments. Elle peut même être emprisonnée, affamée, être victime de pressions psychologiques ou menacée dans son intégrité physique. Partout dans le monde ‘’le mot libre’’ et ‘’l’esprit libre’’ font peur plus que les chars et les armes à feu. Mais le jeu en vaut la chandelle ! Un dernier mot ? Paix à tout esprit qui veut respirer Parce que l’esprit est libre Et le libre ne se tait pas.


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Du besoin de l’État La crise de la pandémie du nouveau coronavirus nous a révélé à la fois la force de nos fondamentaux et les faiblesses de notre organisation. Dans l’histoire contemporaine, le Maroc n’a jamais eu à affronter un phénomène avec une telle complexité. Et pourtant, nous avons réussi à nous en sortir, en jugulant la crise sanitaire et en répondant au choc, à la fois de l’offre et de la demande.

Par: Ahmed Charaï

Dans cette crise, le chef du gouvernement s’est discrédité. La communication a été lamentable. C’est un fait indiscutable. La confiance du début de la gestion, unanime, s’est effilochée au fil du temps, parce que le gouvernement paraissait divisé, communiquait mal, souvent à contre-sens. C’est l’État qui a assuré l’essentiel. C’est le monarque qui a choisi de donner la priorité à la santé, c’est encore lui qui a créé le fonds de solidarité, si imposant et si utile. Ce qui nous attend est d’une complexité beaucoup plus inextricable. Nous allons faire face à des pertes d’emplois, à une mortalité d’entreprises inégalée. Nous avons besoin d’une vision réactive, pour saisir les opportunités et sortir l’économie de la sinistrose, de l’ornière. L’État dispose de piliers, les entreprises publiques qui sont nécessaires à cette reconstruction. Il n’est pas envisageable que l’une des institutions financières, dont le statut spécifie qu’elle doit accompagner les politiques publiques, continue à intervenir en bourse pour des intérêts particuliers. Ce qui nous attend, c’est un niveau de récession inédite, un chômage grandissant, mais aussi des possibilités d’encourager une économie solidaire et surtout d’investir dans des secteurs d’avenir. Les entreprises publiques et les administrations sont appelées à répondre à un choc en proposant une vision et en y mettant les moyens. Le Patronat aussi ne peut s’affranchir de ses responsabilités sociales. L’État est lui aussi en droit d’attendre des contreparties aux efforts considérables apportés au secteur privé. Le premier devoir c’est l’investissement. Le patronat, en tant que classe sociale, doit, normalement, porter les valeurs de solidarité et de responsabilité et les diffuser.

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Un magazine politique Mensuel

Issue 17998 - juillet 01/07/2020

La légende du Basketball: l’Américain Michael Gordon fait un don au panier antiraciste www.majalla.com


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L’icône de l›écran arabe Samira Ahmed à »Majalla«: J›ai vendu mes célèbres robes de cinéma au profit de «Longue vie à l›Egypte»

Samira Ahmed : L’hommage d’Al-Sissi est une couronne sur ma tête Entretien : Safaa Azab L›actrice Samira Ahmed a déclaré que les événements politiques auxquels l›Égypte a assisté depuis la révolution de janvier 2011 ont affecté négativement le niveau des œuvres artistiques au cours de cette période et que la série «Choix» qui a été récemment diffusée au cours du mois de Ramadan est une indication positive du retour des œuvres de qualité qui véhiculent des messages, et a souligné dans son dialogue exclusif avec Majalla qu’elle est fière de l’hommage du président Abdel Fattah El-Sissi, qu›elle considère comme un hommage à tous ses collègues artistes. La grande actrice a révélé l’influence de l›artiste Chadia dans sa vie et de son aide, ainsi que l’appui d›Anwar Wajdi, qui lui a accordé son premier rôle. Ses souvenirs se rapportent aussi à Farid al-Atrash et Abdel-Halim Hafez,) ses rapports avec sa voisine Souad Hosni et l’amitié professionnelle qui a réuni leurs parents. Elle a également parlé de son expérience en tant que productrice et de ses relations avec les meilleurs artistes ainsi que de l›histoire de la vente de ses robes dans une grande exposition en présence de personnalités politiques égyptiennes de haut niveau, et du secret de la seule robe qu›elle a gardée et refusée de vendre. Samira Ahmed, qui appartient à la génération de pionniers, qui ont contribué à enrichir le cinéma et la télévision égyptienne avec des œuvres de grande valeur artistique dont les plus célèbres sont «La mère de la mariée», «Shaima», «Le cirque», «Le petit diable» et ‘’Le jour du Jugement’’, ainsi que ‘’Qandil Umm Hashem’’ et ‘’La muette’’, à travers lesquelles ils ont incarné la souffrance des personnes vulnérables, est considérée comme l›une des symboles artistiques dans le domaine du théâtre et de la production cinéma-

tographique en Égypte. Au cours de plus d›un demi-siècle de prestations artistiques, Samira Ahmed a partagé plusieurs chefs-d’œuvre, notamment avec : Farid Al Atrash, Anwar Wajdi, Farid Chawkii, Rushdi Abaza, Choukri Sarhan, Imad Hamdi, Ahmed Mazhar, Kamal Al Chennaoui, Hassan Youssef, Mahmoud Yassin, Hussein Fahmy, Ezzat Al Aleyeli et Youssef Chaabaâne. Dans cet entretien accordé à « Majlla », elle évoque le récit dense de sa carrière artistique, ses souvenirs avec de grands artistes et son regard sur la scène artistique contemporaine. * Que pensez-vous du niveau artistique des œuvres dramatiques présentées actuellement en Egypte ? - Il ne fait aucun doute que nous avons besoin d›une étude approfondie pour assainir les œuvres dramatiques de nombreux clichés péjoratifs tels que la violence et d’autres phénomènes nuisibles. Cela m›attriste de voir dans certaines séries des fumeurs de narguilés et des scènes de tabagisme ou pire une représentation négative des femmes, socialement inacceptable. Malheureusement, cela est clairement apparu dans beaucoup d’œuvres qui ont été diffusées au cours du dernier mois de Ramadan, et j›aurais préféré que ces feuilletons portent de belles valeurs et des scènes exemptes de violence et de mauvaises habitudes. Mais au milieu de cette masse, il y avait un merveilleux travail qui m›a attirée à le regarder, c›est la série «Le choix», que je considère comme une épopée, en raison de ses belles et nobles valeurs, en présentant des héros qui se sacrifient pour le pays. J’espère pouvoir participer à des œuvres de cette qualité. J›ai aussi été attirée par la série « La Fin » dont le

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Cela m›attriste de voir dans les feuilletons des scènes de narguilé et de maltraitance des femmes qui sont socialement inacceptables. * En raison de vos origines rurales et de votre éducation dans le sud de l›Égypte, où les traditions conservatrices sont strictes, n›avez-vous pas rencontré de difficultés ou de barrières familiales pour travailler dans l’art ? - Il est vrai que je suis issue de Goan à Assiut, mais je suis venue avec ma famille au Caire, tôt, après avoir rejoint mon père qui y travaillait. Néanmoins, ni l›origine Saidi, ni le caractère sudiste n’ont été dilués. Je peux dire qu›il nous colle à la peau jusqu›à présent, car nos mœurs et traditions sont les mêmes. Lorsque nous sommes arrivés au Caire, nous vivions dans une belle ambiance familiale, et je n›ai pas trouvé de difficultés pour travailler ma sœur Khairia et moi dans le cinéma. On n’a pas eu à nous dresser contre la famille pour poursuivre notre chemin, au contraire ma mère me choyait en me conseillant de porter telle ou telle robe en disant « Porte plutôt celle-ci Simsima », qui était mon petit prénom employé en famille pour me gâter.

Samira Ahmed est l›une des icônes artistiques dans le domaine du théâtre et de la production artistique en Egypte, et elle appartient à la génération des pionniers qui ont contribué à enrichir le cinéma et la télévision avec des œuvres de valeur artistique

sujet m’a retenue jusqu’à la fin. * Vous avez commencé très jeunes. Comment étaient vos débuts ? - La condition économique de ma famille a joué un rôle dans mon orientation vers le travail artistique. Après que mon père, qui était fonctionnaire, ait été atteint d›une balle dans son œil et n›a été plus en mesure de travailler, j’ai dû, ainsi que ma défunte sœur Khairia Ahmed, réfléchir à travailler. Ainsi, commence une quête pénible du travail bien que je n’aime trop en parler. Parce que je crois que chaque personne doit lutter et faire un grand effort pour atteindre ce qu›elle veut, et donc ce combat était normal. Khairia et moi avons commencé en bas de l›échelle et avons travaillé en duo dans les films, avant de parvenir à la scène théâtrale et accéder au vedettariat et à la célébrité.

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* Qui vous a aidée à sortir du cercle des comparses aux lumières et à la célébrité ? - L›artiste Anwar Wajdi est celui auquel je dois mon premier rôle. C’est une histoire drôle qui remonte à mes débuts en tant que comparse. Je faisais partie d›un groupe de filles qui est apparu dans son célèbre film, «Habib Al Rouh», devant l›artiste, Laila Murad. Je me rappelle qu’il m’a épinglée un jour en lançant « savez-vous dire cette réplique ? ». Je n›ai pas réfléchi un instant et je lui ai dit: «Bien sûr», bien que j’eusse très peur à cause de mon jeune âge. J’ai pris mon courage à deux mains, j’ai répété la phrase et j›ai réussi. Et quand le moment est venu d’encaisser le cachet qui était d’une livre pour chaque comparse, certains de mes collègues m›ont conseillée d›exiger une augmentation d›une demi-livre, car j’ai parlé devant la caméra. J’ai raconté cela à Awar Wajdi ; il a ri et m›a dit: «Non. Prenez une livre, mais vous serez un jour une grande star et une vedette dans les prochains films! En effet, le premier grand rôle qui m›a été proposé fut avec Anwar Wajdi dans le «Professeur Sharaf». Depuis les rôles principaux se sont succédé et j’ai également joué avec lui le film «Raya et Sakina». * Vous avez été l›une des artistes à avoir la chance de partager avec Farid Al Atrash l›un de ses films malgré votre jeune âge.Comment s›est passée cette rencontre et quels sont vos souvenirs de ce film? Quel est votre commentaire à propos des rumeurs vous concernent qui ont circulé à l›époque? En effet, nous nous sommes rencontrés dans le film «Plage


d’amour» et c›était l›un des plus beaux films dans lequel j’ai joué. Il contient de nombreuses chansons, et la plus proche de mon cœur est la chanson «Elle m›a dit demain.» Je me souviens encore de ses belles paroles. Il m›a choisie pour le film après m›avoir vue dans l›une des œuvres. Ils m’ont contactée lui et le réalisateur, le professeur Henry Barakat, alors j›avais l›habitude de jouer des premiers rôles à l›époque malgré mon jeune âge, et bien sûr j›ai accepté de travailler avec eux, c›était donc un beau film. J›étais très heureuse de travailler avec Farid al-Atrash, et il était très convivial avec tout le monde, car il était extrêmement généreux et humain au sens plein du terme, et sa maison était ouverte à tous ses collègues.

que renvoyaient les rôles méchants qu’il incarnait dans de nombreuses œuvres cinématographiques. Mais il jouait en fait son rôle comme il se doit et l’endossait au maximum. Cela dit, il avait un grand prestige et on l’appelait «Zaki Bey Rustum» parce qu›il était vraiment issu d›une famille politique aristocratique, et malgré ceci, il était très simple et humble, et il nous traitait avec beaucoup de gentillesse et de finesse, mais il nous mettait en garde contre son poing pendant le tournage. L’équipe technique nous disait : «At-

L›actrice Samira Ahmed reçoit le bouclier « Longue vie à l’Egypte »

* Qu›avez-vous ressenti lorsque vous vous êtes tenue devant le comédien Zaki Rostom, qui focalisait le halo des studios en raison de sa célébrité, de sa rigueur et de son sérieux extrême? Et comment traitait-il ses collègues? - Il avait une personnalité très aimable, contrairement aux images

Les événements politiques ont affecté le climat artistique en Égypte et ont été une raison pour migrer aux feuilletons turcs, après que ces derniers eurent appris de nous, mais c›est quelque chose qui régresse avec le temps.

Avec Farid al-Atrash dans le film «Plage de l’amour»

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En 2019, le président Abdel Fattah Al-Sissi a rendu hommage à l›actrice Samira Ahmed, qui a culminé dans sa carrière, lors d›une cérémonie spéciale pour les femmes égyptiennes

tention, recevez un coup de poing de Zaki Rustom et vos dents tomberont!». On savait que «sa main était lourde». L›artiste Hassan Youssef mentionne toujours que lorsqu’il avait reçu une la gifle de Zaki Rustom dans le film «La muette» cela lui faisait mal à l›oreille, il se plaint jusqu›à présent. Dieu merci, je n›ai pas eu de pareille scène avec lui. Dans ce film, je me souviens, également, de sa compassion envers moi dans l›une des séquences. La scène était longue, commençant

Mon rôle de comparse a commencé avec une livre, et quand j›ai demandé une livre et demie à Anwar Wajdi, il a refusé et m›a dit: «Tu seras une grande star» et m›a choisie pour un premier rôle avec lui. par une bastonnade de la part de mon père et son épouse quand Zaki est venu vers lui et lui a demandé «Où est la fille sourde» et de continuer son rôle. Il s›est opposé à l›idée de tourner la scène en une seule fois et a demandé au réalisateur Hassan Al-Imam de la couper en deux, s’il se trompe, il m’éviterait de rejouer la pénible scène de violence. Bien sûr, l›avis de Zaki Bey a finalement été retenu. * «La mère de la mariée» est l›une des comédies les plus célèbres qui comprenait de grandes stars, dirigée par Imad Hamdi et Tahiyyah Karioka. Comment vous avez-vous été traitée par ces grandes stars qui ont joué le rôle de vos parents ? - Tahiyya Karioka a été l›une des grandes stars qui a accepté le rôle de la mère pour des jeunes plus âgés qu’elle, et ce n›était pas seulement dans ‘’La mère de la mariée’’, mais elle a également joué le rôle de ma mère dans mon film avec Farid al-Atrash. Elle était professeur de comédie, et j›étais contente de jouer avec elle dans Cinq films, dont «Khan Al-Khalili». Elle était une personne belle et aim-

Je suis redevable à Anwar Wajdi qui m’a accordé mon premier rôle.

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able, avec un grand cœur. Quant à l›artiste Imad Hamdi, il faisait partie des artistes qui vous font sentir d’être en sécurité quand vous voyagez avec lui, car il prenait soins de nous comme s›il était un père, un frère ou un parent. Je me sentais protégée en sa présence et donc j›adorais voyager avec lui pour assister aux festivals de cinéma. J›étais aussi heureuse de travailler avec lui dans plus d›un film, autres que ‘’La Mère de la mariée». Et parce qu›ils sont deux grands artistes capables d’interpréter très bien tous les rôles, même s›ils dépassaient leurs âges, ils étaient capables d’étonner et de convaincre dans «La mère de la mariée ».

Souad Hosni, et ils ont été liés par la passion et l’amour de la calligraphie. J›ai aussi beaucoup aimé Souad Hosni et je pense que la scène égyptienne ne connaitra guère une artiste aussi grandiose que Souad Hosni. Je me souviens qu›elle était ma voisine et que nous avions l›habitude d›échanger des visites de temps en temps et nous n›étions jamais en désaccord. Nous avons travaillé ensemble dans le film « Les filles et l’été », présenté et produit par l›artiste Abdel Halim Hafez, c›était après leur premier film, «Hassan et Naima»,

Samira Ahmed avec Kamal El-Chennawi

* Y a-t-il eu un conflit ou une compétition entre vous et Souad Hosni à cause de votre apparition devant Abdel Halim Hafez dans le film « les filles et l’été » et est-il vrai que votre père travaillait avec son père avant que vous commenciez votre carrière au cinéma ? En fait, mon père travaillait comme calligraphe avec le père de

Hafez a produit trois films pour moi et exigeait un travail de qualité même s›il ne figurait pas dans le film et se rendait lui-même au studio pour nous inspecter en tant que producteur. Samira Ahmed avec sa sœur Khairia.

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Samira Ahmed avec Rushdi Abaza

avec le grand Muharram Fouad. * Avez-vous rejeté au départ votre rôle dans «Les filles et l’été’’ parce que vous vouliez plutôt celui de Souad Hosni avant de renoncer et accepter, rien que pour jouer devant Abdel-Halim Hafez ? - Ce film avait trois parties, la première avec Souad Hosni, et j›ai joué dans la deuxième partie. Je garde beaucoup de souvenirs de ce film: Haj Wahid Farid, directeur de la photographie et l›un des associés de production, est venu me voir avec le réalisateur Salah

Nos origines rurales ne m›ont pas empêché, ma sœur Kharia et moi, de pratiquer l›art, et ma sœur aînée Nawal choisissait mes vêtements. Abu Saif me demandant de participer au film, et j›étais très heureuse pensant pouvoir collaborer avec Abdel Halim Hafez dans un premier rôle selon ce que j›ai lu dans les journaux à propos de ce travail. Lorsque j›ai interrogé le réalisateur sur mon rôle, il m›a surpris de me proposer le personnage de la domestique, qui est l›héroïne de la deuxième partie, alors j›ai refusé et lui ai dit: Non, je préfère la première histoire. A ce moment-là, il m›a remis le scénario de tout le film en me disant : «Lisez tout le scénario puis choisissez». Et j›ai passée toute la nuit à lire le texte. Et j’ai fini par accepter le rôle de la domestique et choisir la deuxième partie, et à sept heures du matin j›ai appelé Hajj Wahid Farid et je l›ai informé de ma décision. En effet, ce rôle était l›un des meilleurs que j›ai présenté au cinéma, car j›admirais Souad Hosni dans son rôle avec Abdel Halim Hafez. * Avez-vous ressenti des remords parce que vous n’avez pas joué le rôle devant Abdel-Halim Hafez, ou parce que vous ne l›avez pas rencontré dans les studios photo ? - Comment ça?! Nous nous sommes beaucoup rencontrés en studio, c›est vrai qu›il n›est pas apparu avec moi devant la caméra, mais j›ai travaillé dans d’autres films produits par sa compagnie

L’acteur disparu Zaki Rustom

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avec le musicien Mohamed Abdel Wahab. J’ai joué dans trois films produits par Abdel-Halim, dont «La mère de la mariée», «Les filles et l’été « et «La muette». Je me souviens qu›Abdel-Halim venait sur les lieux de tournage pour vérifier l›avancement du travail et les conditions de tournage, et il s›assurait toujours que tout allait bien jusqu›à ce que le travail réussisse et soit au plus haut niveau même s›il n›y était pas représenté. * Avez-vous rencontré des obstacles ou eu des conflits avec certains artistes en raison de l›intense compétition de cette périoderiche de grandes stars ? - Au contraire, cette époque a été pleine d›amour, de coopération et se déroulait dans une bonne ambiance. L’un encourageait l’autre. Par exemple, au début de ma carrière artistique, j›ai travaillé avec la grand artiste Chadia, que Dieu l’entoure de Sa miséricorde. Elle m’a beaucoup appris et a collaboré avec moi au plus haut degré, quand j’avais joué le rôle de sa petite sœur dans le film «Amal». Elle m›a beaucoup encouragée et me disait toujours : «Tu seras excellente», et ses encouragements m›ont vraiment aidée, alors j›étais impatiente de regarder ses nouveaux films au cinéma. Je l›appelais pour la féliciter pour ses performances. Elle m›appelait aussi. Je me souviens que lorsque j›ai présenté la série «Une femme au temps de l›amour» du grand professeur Osama Anwar Okasha, Chadia a tenu à m›appeler tous les soirs après la

Souad Hosni est une artiste hors-pair, elle était ma voisine, et son père était le collègue de mon père, et nous avons participé ensemble au film «Les filles et l’été « et je voulais camper dans ce rôle l’envie de me tenir devant Abdel Halim Hafez.

diffusion de la série pour me dire qu’elle regardait à deux reprises chaque épisode. En vérité, je ne pourrais jamais oublier cette dame et son rôle dans ma vie. * Combien de films avez-vous présenté au cinéma? - Peut-être 80 films. * Vous étiez avant-gardiste dans le traitement de sujets liés aux personnes ayant des besoins spécifiques et avez présenté un grand nombre de films dans lesquels vous avez incarné le rôle d’une muette ou d’une aveugle. Votre prestation dans ce genre de rôles présentant des personnes porteuses d’handicaps vous a-t-elle affectée? - Je le jure devant Dieu, ces rôles m’ont été proposés par hasard, et je ne voulais pas me spécialiser dans cette optique. J›ai présenté le rôle d›une fille sourde, puis j›ai présenté une fille aveugle cinq fois. Il ne fait aucun doute que les réalisateurs m›ont choisie pour ces rôles par une certaine conviction, et quand j›essayais de me soustraire à ces rôles, ils me disaient : «Vous les assurerez à la perfection «. Ceci-dit, j’acceptais à chaque fois quand le personnage suscite mon admiration. Par exemple, mon rôle dans «Khan AlKhalili» du grand écrivain Naguib Mahfouz ne peut être ni rejeté ni oublié, et il est l›un des rôles que je chéris, même si j’y ai repris le rôle de la mauvaise fille. Je n›avais pas peur de la répétition, mais j›avais peur de ne pas bien faire. * Dans quelle mesure la production vous a-t-elle offert l’opportunité d’imposer votre approche cinématographique et télévisuelle ? - En tant que productrice, je n›ai jamais cherché à imposer mon point de vue à personne et toute ma production n›était pas pour moi. J›ai présenté de grands films avec d›autres collègues. C›est le travail qui s›impose. Par exemple, lorsque le grand écrivain Waheed Hamid est venu me parler du film « L’innocent »avec la participation d›un groupe de stars dont Ahmed Zaki, Jamil Rateb, Mahmoud Abdel Aziz, Ilham Shaheen, et d›autres qui sont prêts à travailler gratuitement à cause de la splendeur du film, l’œuvre devait réussir car c›est ma production. J›étais, également, très excitée et heureuse en écrivant les films de Samira Ahmed, qui

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Photo d’une partie de l’exposition de ses robes


Je n›ai aucun problème avec les stars de l’époque d’or et je suis redevable à l›artiste Chadia. travail, pouvez-vous nous donner certaines de ses caractéristiques ? - C›est une nouvelle série intitulée «Grâce à l’amour tout passe» de Youssef Maati, et elle devait être tournée l›hiver dernier, mais l’épidémie du Coronavirus nous a empêchés. Nous commencerons l›hiver prochain, si Dieu le veut, car je n›aime pas l›été et je ne peux pas travailler par temps chaud. La série est dirigée par Rabab Hussein et jouée par un groupe d›artistes, notamment : Youssef Chaaban, Khaled Zaki et Rania Farid Chawky.

Samira Ahmed avec Ahmed Ramzy

présentaient la grande et belle star Najla Fathi. Elle a également produit pour de nombreux artistes. Des stars seniors ont également travaillé comme Samir Sabry et Suheir Ramzi, qui sont tous de chers collègues. Je leur souhaite santé et longue vie. De plus, en tant qu›artiste, j›ai présenté de nombreuses œuvres produites par différentes sociétés, pas seulement de ma production, y compris La Compagnie des artistes d’Abdel Halim Hafez et de Mohamed Abdel Wahab. J›ai également présenté des œuvres importantes produites par la Compagnie générale du cinéma. * J›ai noté dans votre entretien votre volonté de faire un nouveau

* Pourquoi avez-vous vendu vos collections de robes portées dans vos célèbres œuvres? Et pourquoi n›avez-vous pas pensé, par exemple, à les utiliser pour une exposition privée ou pour créer avec un musée ? En effet, j›ai vendu mes robes pour faire don de leurs recettes au fonds «Longue vie à l›Egypte» pour aider mon pays. Quand j›ai pensé à une œuvre d’utilité nationale, je me suis demandée ce que cela pouvait rapporter si je fais don ? J›ai préféré vivre une belle expérience en exhortant d’autres artistes à y participer. J›ai donc décidé de tenir une exposition au Club Al-Jazira pour vendre les vêtements de mes rôles et de faire don de ses bénéfices au fonds «Longue vie à l’Egypte». Dieu merci l’expérience a réussi et même le propriétaire du club a refusé d’encaisser le prix du loyer des lieux. L’exposition a réussi aussi grâce à mon neveu qui a pris en charge le décor des lieux et aux efforts du Conseil national des femmes et à sa tête sa présidente, le Dr Maya Morsi, dont le soutien était très impressionnant, je la salue. Nous avons affiché des photos de mes films à côté des vêtements que je portais tels que la robe que j’avais porté dans le film «La sourde ». J’étais très heureuse par la présence à cette initiative caritative du Dr Maya et du Dr Hala Khurshid et du Dr Hala Al-Saeed, ministre de la Planification et de leur participation à l›achat de certaines pièces ainsi que la présence de l›ambassadeur saoudien au Caire. Ce fut une très belle expérience. J›ai vendu toutes mes robes à l›exception de la robe que je portais dans le film «Mère de la mariée», que j›ai gardée en souvenir à mon dernier travail auquel je souhaite beaucoup de succès et un bon accueil auprès du public. * Après cette carrière artistique pleine de réalisations et de créativité, pensez-vous avoir reçu l›honneur qui vous échoit ? - Je tiens à préciser que j›ai reçu près de 100 récompenses et distinctions, et c›est une chose merveilleuse qui me rend très heureuse, mais je suis très fière du récent hommage que le président Al-Sissi m’a accordé et qui a doublé mon bonheur, car je le considère comme un hommage à tous mes collègues. Je garde le prix précieusement dans ma chambre, car c›est une couronne sur ma tête.

Au temps de la jeunesse.

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Festivals africains

Report et inquiétudes... Par Nasreddine Ben Hadid «La nuit des Oscars» constitue le plus important événement cinématographique américain, et même au niveau mondial. Cette «nuit» (pour l’année 2021) vient d’être reportée de sa date initiale, à savoir le 28 février 2021 au 25 avril de la même année. Sachant l’importance de cette manifestation, pour toute l’industrie cinématographique américaine, plus d’un observateur s’est demandé quant aux raisons qui ont poussé le président de l›Académie des Oscars David Rubin, prendre une telle décision. La réponse fut courte, claire et nette. A travers un communiqué, cette Académie a tenu à préciser : «On espère qu›en allongeant la période d›éligibilité des films et la date de notre remise de prix, les cinéastes auront suffisamment de flexibilité pour finir et sortir leurs films sans être pénalisé par des événements indépendants de la volonté de chacun». Si cette institution, qui peut par un Oscar ici ou là, influencer les recettes, et par conséquence, l’orientation que peut prendre le marché américain, ait préféré le report, tant les œuvres à primer, ne seraient disponibles à la date initiale, que dire alors des autres événements artistiques à travers le monde ?

Report ou annulation

La plus ancienne manifestation cinématographique africaine, à savoir les Journées Cinématographiques de Carthage, mieux connues sous ses initiales «JCC», qui ont vu le jour en 1966, annonce sur son site officiel, que l’édition 2020, à savoir la 37ème du genre, se déroulerait du 7 au 12 novembre 2020. De l’avis de plusieurs critiques, la date fixée est encore lointaine, et il est plus que prématuré d’ajourner ou encore d’annuler. Les autres manifestations culturelles ne sont pas épargnées. Dans une brève déclaration à l’agence TAP (officielle), la ministre des Affaires Culturelles, Chiraz Laatiri, a souligné que la pandémie du coronavirus Covid-19 qui aura un impact dans la période à venir sur l’économie nationale, touchera également le secteur culturel dans la mesure où il ne sera pas possible de programmer des artistes payés en devises, avant de préciser que «la prochaine édition du Festival international de Carthage sera une édition nationale dont les soirées seront marquées par des spectacles purement tunisiens».

Quant au fameux Festival de Cannes, on peut lire sur sa page officielle

œuvres venant de 137 pays différents ont été visionnées 3.810« .par le comité de sélection contre 4.240 l’année dernière La sélection 2020 est composée de 11 courts métrages, issus de 12 pays différents, pour un programme de 2h24. Cinq réalisatrices font partie de cette Sélection officielle 2020. La Compétition des courts métrages, à l’issue de laquelle la Palme d’or sera décernée par le Jury, se déroulera à l’automne prochain, à Cannes, dans le Palais des Festivals. La date de l’événement, ainsi que la composition du Jury, seront dévoilées très prochainement». Si le destin des deux plus importants événements cinématographiques du monde est le report, que serait-il dans des pays moins riches, comme est le cas en Afrique ???

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Festival international du Sahara, Douz


les Journées Cinématographiques de Carthage.

Le Festival panafricain du cinéma et de la télévision d’Ouagadougou

Festival de Jazz de Saint-Louis.

Sans apporter plus de détails, la ministre a ajouté dans ce sens, que son ministère envisage une nouvelle conception pour les autres festivals internationaux dans les gouvernorats, comme le Festival international de Hammamet et le Festival international de Sfax. Il faut rappeler que le Festival de Carthage, a constitué (presque) un «passage obligé» pour tout chanteur ou toute chanteuse arabe, qui visait la célébrité et surtout conquérir l’espace de la chanson arabe. De quoi pousser à poser la question : Quel charme aurait ce «temple» de la chanson arabe, en l’absence des chanteurs arabes ? Reste à citer les festivals à caractère touristique, et même promotionnel. A l’instar du Festival international du Sahara, qui se déroule annuellement dans la ville de Douz, il va se dérouler selon l’information officielle du 17 au 20 décembre 2020.

Des dates qui (se) cherchent une confirmation

D’une simple «Semaine du cinéma africain», lancée par les cinéphiles du ciné-club franco-voltaïque en février 1969, et réservée à quelques passionnés, l’évènement est devenu le fameux «Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou», mieux connu comme «FESPACO», qui se présente comme étant «le plus grand festival de cinéma africain». Sans aucune confirmation, l’édition 2021 se déroulera en février de la même année, selon des sources locales. Le plus «VIP» des festivals cinématographiques du continent, à savoir le Festival international du film de Marrakech, affiche sur

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son site officiel des dates fixes, à savoir du vendredi 13 novembre, au samedi 21 novembre. En Algérie, «la Fête Touareg de la Sebiba», qui se déroule à Djanet, affiche sa prochaine édition du 29 août au 05 Sept. 2020. Ce rendez-vous annuel est à vocation touristique, il réunit les Touaregs du Tassili N›Ajjer et des pays voisins pour une fête qui prend ses racines dans une page d›histoire très ancienne qui aurait permis à deux tribus touarègues de mettre fin à une guerre entre elles. Le Festival de Jazz de Saint-Louis au Sénégal, tout en gardant sur son site officiel une programmation qui prévoyait le lancement en mai puis en juin, a fini par publier, sur sa page Facebook, un communiqué officiel en date du 20 mai 2020, annonçant l’annulation de l’édition. Au Mali, le «Festival sur le Niger», organisé dans la ville de Ségou, depuis 2005, a tenu sa promesse pour l’édition de l’année actuelle du 4 au 10 février avec une organisation sans faille. Dans cette ville située à 240 km au nord de Bamako, cet événement a permis aux 150 mille habitants de choisir entre concerts, expositions, conférences, pièces de théâtre, foire de l’artisanat, caravane de la paix, et déambulations de troupes traditionnelles dans les rues. La pandémie a eu un effet plus que néfaste sur la production culturelle et artistique. Certes, plusieurs artistes, ont assuré des concerts via le net, mais rien ne peut remplacer un festival ou une manifestation, où la distanciation sociale, serait même «mal vue»…


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La légende du Basketball: l’Américain Michael Gordon fait un don au panier antiraciste Par Moncef Mezgheni Dessin : Ali Mendalaoui Etat civil.

- Il s’agit de Michael Gordon, né le dimanche 17 février 1963, à Brooklyn, New York. - Gordon a grandi à Wellington, en Caroline du Nord. Il a rejoint l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill en 1981. - A conduit l’équipe universitaire de basketball pour la victoire contre Georgetown, lors du match de championnat national de 1982. - À l’université, Gordon a remporté le titre du meilleur joueur.

Une taille exceptionnelle.

Michael Gordon mesure 198 centimètres, et ne lui manque fait que deux centimètres pour atteindre deux mètres. Une taille plus que respectable en basketball.

Le meurtre de son père et l’abandon du sport.

- En 1993, le père de Michael Gordon a été tué alors qu’il dormait dans sa voiture, avant que la police ne trouve sa dépouille, abandonnée dans un marécage. La tragédie subie par le père de Michael, jettera une ombre sur la vie du jeune trentenaire, et ses résultats furent:

- Le retrait du basketball pendant trois années complètes... Il n’est revenu dans les stades qu’en 1996. - Une des conséquences, le soutien moral et matériel pour le combat contre le racisme. - Le soutien qu’il porte sur le plan moral et matériel, à la lutte contre le racisme. Surtout suite à la scène horrible de l’assassinat du citoyen américain George Floyd.

Le don de la victoire.

- Gordon a soudainement pris sa retraite du basketball avant le début de la saison NBA 1993-1994. Bien qu’il ait commencé une nouvelle carrière dans le baseball, il est revenu chez Bulls en mars 1995 pour décrocher trois championnats supplémentaires en 1996, 1997 et 1998. - La carrière sportive de Michael Gordon comprend 72 victoires lors de la saison 1995-1996 de la NBA. - Gordon a pris sa retraite pour la deuxième fois en janvier 1999, mais est revenu pour deux autres saisons NBA de 2001 à 2003, en tant que membre des Washington Wizards.

Deux mariages et cinq enfants

- Michael Gordon s’est marié deux fois: Le premier de Guanita Fannoy (1989-2006) et le second d’Evat Priato (2013), et a cinq enfants:

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Jasmine Gordon, Gavray Michael Gordon, Victoria Gordon, Isabelle Gordon et Marcus Gordon.

Saison de toutes les unanimités.

- Avec Michael Gordon, les résultats cohabitent avec les objectifs, le public se rassemble en chantant, et les critiques se réunissent en reconnaissant: - Michael Gordon étant le meilleur joueur professionnel. - Gordon a mené les Chicago Bulls à six titres, et a remporté trois finales consécutives. - Et il a réalisé de nombreux records en NBA.

Le poids financier du basketteur.

- La fortune de Michael Gordon est désormais estimée à 2,1 milliards de dollars. Situation qui fait de lui, l’un des sportifs les plus riches du monde. Il a créé son équipe qui est maintenant en NBA. - Michael Gordon a pris sa retraite du sport, mais: - Sa fortune a fait de lui un homme d’affaires de premier plan. Il a réalisé un bénéfice net incroyablement élevé…

Distinctions en l’absence d’un concurrent. - Michael Gordon est fortement présent dans les quotidiens et les hebdomadaires, car aucun


autre joueur ne peut rivaliser avec lui. De la sorte, il se fait unique par son talent, et son nom est devenu l’un des noms les plus importants.

Réalisations sportives.

- Michael Gordon est le joueur le plus talentueux de l’histoire de la NBA. - Gordon a mené les Chicago Bulls à six titres. - A remporté trois finales consécutives et établi de nombreux records en NBA. - Suite à sa dernière retraite en 2003, l’équipe de Miami Heat a soustrait le numéro 23, que portait Gordon. Gordon a joué 15 saisons NBA. A remporté six championnats avec les Chicago Bulls... Et dispose de son équipe en NBA.

Basket et bourse d’argent.

Gordon a été l’un des sportifs les plus marquants, dans la promotion du basket-ball,en général, et de la NBA dans le monde, dans les années 1980 et 1990. - Et s’est révélé être un homme d’affaires de premier plan, à l’image de sa réussite dans le domaine du sport, où il a réalisé un bénéfice net incroyablement élevé, après avoir annoncé sa retraite, et sa fortune personnelle est estimée aujourd’hui à 2,1 milliards de dollars.

Distinctions et médailles

- La carrière sportive de Michael Gordon comprend: - Six prix pour du meilleur joueur de la finale de la NBA, cinq prix pour le sport et dix prix pour chaque équipe de la NBA. - Il détient les records de la NBA pour le meilleur score de la saison régulière, à 30,12 points par match. - Gordon détient le taux de qualification professionnelle le plus élevé, avec 33,45 points par match. En 1999, Gordon a reçu le prix du meilleur sportif d’Amérique du Nord au XXe siècle.

Noir américain». À la mort de Floyd, Gordon a déclaré: «Je ressens une profonde tristesse, une vraie douleur, et je suis très en colère. Je vois et je ressens la douleur, la colère et la frustration de tout le monde», avant d’ajouter : «Je soutiens ceux qui prônent l’abandon du racisme et de la violence inhérents envers les personnes de couleur dans notre pays. Nous en avons assez».

Paroles et argent.

Un nombre et un nom, inoubliables.

- Gordon a déclaré: Il fera un don de cent millions de dollars à des groupes travaillant pour l’égalité raciale et la justice sociale. Il a expliqué dans un communiqué que lui et sa marque de commerce «Gordon Brand» dépenseront cet argent sur dix ans. - Ce don important va être utilisé pour soutenir un certain nombre d’organisations œuvrant dans la lutte contre «le racisme inhérent après le meurtre de George Floyd le

- Les critiques, fans, public du basket-ball et de la presse sportive populaire, sont unanimes concernant : - Est l’unique joueur, que les médias retracent les prouesses. Est aussi le joueur américain, portant le 23 de l’équipe de Miami Heat. Son prénom est Michael, et le nom n’est rien d’autre que: Gordon. - Est le plus grand joueur de basket de tous les temps ? Chose qu’on constate à travers son autobiographie sur le site officiel de la National Basketball Association ; qui annonce son approbation du titre: Great Basketball of All Time.

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Football-Un Tunisien cherche à racheter l’Olympique Marseille

Ayachi Ajroudi, un mystérieux homme d’affaires en vue Tunis-Majalla

perçues lors de ses prochaines campagnes en Coupes d’Europe (2020-21 et peut-être 202122 en cas de qualification). Fort heureusement, l’UEFA n’a pas prononcé d’exclusion de ces mêmes compétitions européennes. En attendant les offres de rachats se multiplient !

Le nom de Mohamed Ayachi Ajroudi est associé ces derniers jours à un possible rachat à l’OM. Inventeur, développeur, industriel et homme d’affaires polyvalent, ce Franco-Tunisien (67 ans) investit aujourd’hui dans les énergies renouvelables et s’engage politiquement dans son Des rumeurs ? pays d’origine. Mais voilà qu’un autre franco- En effet, depuis plusieurs mois déjà, les rumeurs tunisien, Mourad Boudjellal a qualifié Mohamed circulent sur une éventuelle reprise par Walid Ayachi Ajroudi, l’homme avec qui il projette de rebâtir l’Olympique de Marseille.« Je confirme les rumeurs, il y a des fonds du Moyen-Orient dont je suis porteur pour racheter l’OM. Le timing de la vente ? Ça va dépendre du vendeur. On va entrer en phase de négociations », souligne le Tunisien Mourad Boudjellal, homme d’affaires varois, que la planète sport connaît, pour sa réussite dans le rugby, à la tête du RC Toulon. Certes, la situation financière du club français est très préoccupante. Le déficit serait de 100 millions d’euros. Récemment, l’OM a même été sanctionné par les instances européennes pour ses manquements aux obligations du fair-play financier. La chambre de jugement de la Commission de contrôle financier des clubs (ICFC) l’a ainsi condamné à une amende de 3 millions d’euros. Il sera également privé de 15 % des sommes

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Ajroudi dans son jet privé


Mohamed Ayachi Ajroudi avec l’ancien président français, François Hollande à l’Elysée

ben Talal Al Saoud, un milliardaire libano-saoudien très proche de la familleroyale. «Rumeurs totalement infondées, expliquait pourtant au début du mois de juin un proche d’Al Walid ben Talal dans les colonnes de La Provence. En effet, McCourt, l’Américain propriétaire du club ne veut pas vendre. « Et si jamais c’était le cas, Al-Walid n’achèterait pas», souligne une source digne de foi. Depuis, tous les regards sont tournés vers ce mystérieux investisseur tunisien, ancien ingénieur aujourd’hui homme d’affaire engagé et influent. Cet homme à qui tout semble avoir toujours réussi s’est pourtant construit dans la solitude. Parfois dans la souffrance, mais aussi, parfois, avec une éton¬nante indifférence aux obstacles et aux humiliations. Lorsqu’on l’interroge sur ses récents engagements politiques, il revendique des racines africaines profondes, bien au-delà de la simple identité tunisienne : « Je viens du sud tunisien, d’une tribu, d’une famille guerrière, militaire, on avait accès à tout le Sud, je suis un enfant du désert, j’y chassais, je m’y baladais… », aime-t-il se présenter sur son site officiel. Une enfance quasiment paradisiaque à Gabès, partagée entre l’école publique jusqu’à ce que

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La situation financière du club français est très préoccupante. Le déficit serait de 100 millions d’euros. l’un de ses oncles décide de l’envoyer étudier en France. « L’épisode a complètement changé ma vie. J’étais orphelin, pas de valise à faire, je suis parti en emportant le foulard de ma mère, c’était mon assurance, c’était son odeur ». École de la Marine à Saint-Malo, « J’ai fait cinq ans, trois mois et 23 jours de naviga¬tion », puis une formation Ponts et Machines à l’École de la Marine polyvalente, d’où il sort ingénieur.

Une jeunesse innovante

Malgré ses résultats brillants, aucune des entreprises qui embauchent directement à la sortie de l’école ne lui propose quoi que ce soit. En effet, ce natif de Gabès, une ville au sud de la Tunisie, rejoint en 1977, le Pas-deCalais et l’entreprise ISEE (spécialisée dans les travaux pétroliers et maritimes) qu’il rachète seulement trois ans plus tard. Le début d’une longue carrière d’entrepreneur. Car il


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reste dans le domaine en créant ensuite sa première entreprise AMIS (Artois Maintenance Industries Services) qu’il fait vivre jusqu’en 1989. Dans les années 1980, Ajroudi fait aussi parler sa créativité par ses inventions. Il créé, entre autres, Sportvert, une machine réalisant un terrain de football en une semaine, Portube II, un système d’irrigation souterraine, ou bien un tunnelier pour la société Perforex.

Mais le puissant homme d’affaires conseille et rencontre les grands de ce monde. On le retrouve aux côtés de John Kerry (ancien secrétaire d’Etat des EtatsUnis) et du président français Emmanuel Macron.

Ajroudi va ensuite fonder plusieurs entreprises basées en France, en Tunisie, ou en Arabie Saoudite. Pour étendre son empire, il signe plusieurs partenariats (Suez par exemple), le plus fameux étant celui avec le groupe CNIM (Constructions navales et industrielles de la Méditerranée) qui intervient au service de collectivités dans plusieurs secteurs (environnemental, énergie, défense, hautes technologies). En 2010, il créé une société-mixte, ONAS International (Office National de l’Assainissement), fournissant des expertises et études à des entreprises des pays du Golfe dans le domaine de l’environnement. Un empire qui deviendra ensuite. Politiquement, l’homme d’affaires s’engage pour la Tunisie en 2013, en fondant un parti politique, « Le Mouvement du Tunisien pour la liberté et la dignité » qu’il quittera moins d’un an plus tard, abandonnant sa candidature pour les législatives et justifiant que ses motivations « ne sont pas du tout mercantilistes ». Il œuvre également pour la paix en Libye à travers plusieurs actions humanitaires et diplomatiques. Il s’engage également dans des combats écologiques et investi à la fin

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Le nom de Mourad Boudjellal tourne dans tous les médias de foot


La situation du club Olympique Marseille est très préoccupante

des années 1980 dans l’association R20 fondée par Arnold Schwarzenegger.

Une influence politique

Mais le puissant homme d’affaires conseille et rencontre les grands de ce monde. On le retrouve aux côtés de John Kerry (ancien secrétaire d’Etat des Etats-Unis) et du président français Emmanuel Macron. Auparavant, il avait posé aux côtés de François Hollande, et se pavane par son amitié avec l’ancien ministre de la culture Jack Lang. Mais voilà que lors d’un passage à Paris, il aurait abordé Mourad Boudjellal pour évoquer avec lui le projet marseillais.

Depuis plusieurs mois déjà, les rumeurs circulent sur une éventuelle reprise par Walid ben Talal Al Saoud, un milliardaire libano-saoudien très proche de la famille royale.

plus grand plaisir, c’est quand je démarre un chantier’. Celui de l’OM s’annonce gigantesque. Mais pourquoi cet engouement pour le sport ? Il n’empêche, le président de l’OM, JacquesAu-delà de son invention Sportvert, Ajroudi est Henri Eyraud, barre la route à Ajroudi dans une président du club de football tunisien, le Stade déclaration à RMC. « Je remercie les gens qui porNabeulien, depuis 2017 et a également dirigé un tent un intérêt, y compris financier, pour l’OM, club de handball, l’AS Hammamet, entre 2016 et mais je voulais vous dire que nous ne sommes 2017. Il a aussi dirigé le club gabsien, la Styeda, pas intéressés par la cession de l’Olympique de Marseille. L’OM n’est pas à vendre. Ce qui nous qui l’a abandonné engluer dans ses dettes. Mais Ajroudi qui se qualifie comme ‘un indus- intéresse beaucoup plus, c’est la stabilité de ce triel’ et fait une confidence qui semble plus que club, le projet à long terme, la vision que nous jamais d’actualité. ‘Je suis un bâtisseur. Mon avons développée », a-t-il déclaré.

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