Skip to main content

L'Afrique en confrontation du Corona ... Expériences antérieures et risques à venir

Page 1

La Tunisie craint le pire

La crise économique, passe du mal aux …pires

Un magazine politique hebdomadaire

Algérie : le secteur privé risque la faillite

Issue 1794- Mars 10/04/2020

L’Afrique en confrontation du Corona ... Expériences antérieures et risques à venir

www.majalla.com


Un magazine politique hebdomadaire

Issue 1794- Mars 10/04/2020

Plus que le virus même

30

La crise économique, passe du mal aux pires… 26

22

Algérie : le secteur privé risque la faillite

Éditeur en chef

HH Saudi Research and Marketing (UK) Ltd

Secrétaire de Rédaction

10th Floor Building 7 Chiswick Business Park 566 Chiswick High Road London W4 5YG

Ghassan Charbel Un magazine politique hebdomadaire

www.majalla.com/eng

Mostafa El-Dessouki

3

10/04/20

Tel : +44 207 831 8181 - Fax: +44 207 831 2310


S

napshot

4

10/04/20


Le président américain Donald Trump prend la parole lors du briefing quotidien sur le roman ,19-coronavirus, COVID dans la salle de briefing Brady à la Maison mars 25 Blanche le à Washington, ,2020 DC. - Getty

5

10/04/20


S

napshot

Une femme prie devant l›église du Saint-Sépulcre dans la vieille ville de Jérusalem après la fermeture de la ville pour les non-résidents afin de contenir la propagation du nouveau coronavirus, le 30 mars 2020. - Getty

6

10/04/20


7

10/04/20


Encouverture Corona en Afrique... Défis post-résistance, et mécanismes de riposte

L’Afrique en confrontation du Corona ... Expériences antérieures et risques à venir Ahmed Tahar

Avec la crise provoquée par l’expansion du «Covid-19», ou mieux connue sous le nom de «Coronavirus» dans le monde entier, et ce, depuis la fin de l’année dernière 2019, le continent africain est resté en marge de cette pandémie, pour de nombreuses semaines. Sa présence s’est limitée au début aux pays d’Afrique du Nord, à savoir l’Égypte, le Maroc, la Tunisie et l’Algérie. Pour commencer à se déplacer ensuite, vers le reste des pays africains. La présence d’ouvriers Chinois, sachant que la Chine en est l’origine, a laissé penser que la propagation, émanant de ce pays est une question de temps. Chose étrange, la contagion est venue plutôt de l’Europe, par le biais de voyageurs venant du vieux continent. Pour investir 45 pays, où la présence du virus est formelle, sans que la situation n’y soit à l’image de l’Italie, l’Espagne, la France et la Grande-Bretagne. Situation qui a incité de nombreux pays africains à prendre rapidement des mesures préventives, et de précaution pour freiner toute propagation rapide du virus, de façon spectaculaire. Cependant, bien que selon les dernières estimations, le continent africain soit encore loin de la catastrophe comme a été le cas dans d’autres pays. Il est prévu selon les estimations internationales, qu’une catastrophe devrait se produire, si ce virus épidémique se propage à l’intérieur des pays du continent, comme l’a indiqué John Nkengasong, chef des centres Contrôle et prévention des maladies en Afrique, en déclarant le 11 mars 2020 : «L’Afrique doit se préparer à un défi majeur... Je crois toujours que la maitrise de la pandémie est possible, mais par l’élargissant des examens et de la surveillance». Cette même mise-en-garde a été déjà lancée par l’Organisation mondiale de la santé, à travers son

Directeur-Général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, qui a averti : «Les pays africains doivent se préparer au pire». Tout en rejetant les déclarations d’un médecin français, voulant expérimenter un éventuel vaccin contre «Covid-19», en Afrique. Chose qui renforce la crédibilité de l’avertissement onusien, à savoir l’aggravation de la crise sur le continent africain, en raison d’un certain nombre de facteurs, dont les plus importants sont : - De nombreux pays du continent sont parmi les plus pauvres du monde, ce qui les rend particulièrement vulnérables en raison du manque de structures sanitaires, et de la faiblesse des systèmes de soins, et de santé, mais aussi, du manque de formation dont souffre le corps opérant dans le secteur de la santé. En plus de la surpopulation importante dans les espaces publics. Sans oublier les multiples conflits, éparpillés sur tout le continent. - Absence de toutes structures adéquates aux postes frontaliers entre les pays africains. A savoir des espaces pouvant assurer la mise en quarantaine de toute personne jugée contaminée. Outre le manque de dispositifs et équipements, permettant de suivre et d’enregistrer les cas d’infection. Chose qui peut expliquer la faiblesse des estimations officielles des infections virales sur le continent, que le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé considère comme une indication de la faiblesse des systèmes de suivi. - Le continent a constitué la source de l’un des virus les plus dangereux, celui d’Ebola qui a frappé la région troublée du Nord-Kivu à l’est de la capitale de la République démocratique du Congo Kinshasa, et a constitué le foyer de ce virus, qui s’est déplacé dans divers pays du continent faisant des milliers de personnes, entre l’infection et la mort. Chose qui fait du continent un environnement fertile pour la propagation des épidémies et des

12

10/04/20


virus, surtout le Coronavirus, qui est capable de muter, comme cela été le cas, autant en Grande-Bretagne qu’en Italie. - Une rapide expansion parmi les hauts responsables des pays du continent, ce qui signifie sa transmission rapide parmi les fonctionnaires de nombreux organismes gouvernementaux. Par exemple, le Burkina Faso a annoncé, au 1er avril 2020, la contamination de cinq ministres. A savoir, ceux des Transports, de l’Education, de l’Intérieur, des Affaires étrangères, et des Mines. L’ancien président de la République du Congo, Jacques Joachim Yumbe Obango, est également décédé de ce virus. À la lumière de ce qui précède, ce rapport examine la façon dont les pays du continent africain gèrent la crise, la préparation, et les mécanismes d’adaptation requis à travers les axes suivants : L’Afrique et la gestion de la crise... Politique de quarantaine et difficultés de mise en pratique : Les gouvernements des pays africains ont tenu depuis le début de la crise à adopter l’approche chinoise pour gérer la crise : De la fermeture des frontières et la suspension des vols, à l’exception de certains avions-cargos et transport du matériel médical, en passant par la fermeture des écoles et des universités, des lieux de culte et des rassemblements, jusqu’au confinement des citoyens, et la mise en quarantaine des contaminés et des cas suspects. Par exemple, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Kenya, l’Ouganda et le Mali ont imposé un couvre-feu nocturne, tandis que l’Afrique du Sud a adopté une position stricte pour freiner la propagation du virus, car son président, Cyril Ramapusa, a ordonné aux citoyens de rester chez eux pendant 21 jours. Alors que la République démocratique du Congo a adopté un schéma différent dans la gestion de la crise, qui consiste à imposer des mesures de confinement total à Kinshasa, la capitale tentaculaire, à partir

13

10/04/20

le continent africain soit encore loin de la catastrophe comme a été le cas dans d’autres pays de samedi, et ce, pendant quatre jours, suivie de deux jours pour permettre aux citoyens d’effectuer leurs courses, puis reprise du confinement pendant quatre jours. Cette rotation se poursuivra pendant trois semaines. Cependant, d’autres pays africains ont adopté une position plus stricte, comme la Tunisie et le Rwanda, qui ont adopté une approche radicale, à savoir une fermeture totale de tous les magasins et une suspension des activités, et ont décrété un confinement, et ce de six heures du matin à six heures du soir, en plus d’un couvre-feu de six heures du soir à six heures du matin. Le Zimbabwe en a suivi l’exemple plus tard. Il ne fait aucun doute que ce confinement affectera négativement la situation économique et sociale, de la tranche pauvre de la population, en particulier ceux exerçant dans le secteur informel. En plus de la détérioration du niveau des services de base, menacés de disparition. Il est très important de prendre en compte la réalité, et la capacité des gouvernements africains à gérer la crise conformément à cette politique (de confinement), qui rencontre des obstacles énormes, à toute application stricte, compte tenu des conditions sociales difficiles dans beaucoup de ces pays, qu’il s’agisse des bidonvilles ou zones non-conformes aux plans d’urbanisme. Chose qui rend très difficile l’application du confinement, à ces zones étroites difficiles d’accès, même à la police, qui se contente


de se positionner dans les rues principales et les grandes routes, sans possibilité d’accéder à ces quartiers étroits et densément peuplés, pour plusieurs raisons, notamment : - La nature la vie de nombreuses familles nombreuses, ou tous les membres vivent, forcées par les circonstances dans une seule pièce. Et ce, du fait des conflits, des guerres et de maladies, chose qui rend très pénible le confinement, car ces familles nombreuses, partagent avec d’autres du même quartier, un seul robinet public et les sanitaires. Il faut noter ces familles vivent du gain du travail journalier, sans oublier la nature des rues de ces zones et de leurs ruelles, caractérisées par une étroitesse notoire. Chose qui rend très difficile toute intrusion des forces de l’ordre, pour obliger les citoyens à observer le confinement. La NKC African Economic d’analyse des risques, basée en Afrique du Sud, a indiqué : «Il sera difficile de mettre en œuvre des restrictions strictes sur les déplacements en Afrique, à l’instar de celles observées dans le reste du monde. - Le nombre réduit de policiers, ne peut assurer une couverture de tous ces quartiers, tant il faut forcer les habitants à se confiner, en organisant des campagnes policières capables de traiter avec ces habitants qui s’opposent à toute mesure restrictive de leurs déplacements.

La difficulté pour les habitants de ces régions, de subvenir aux besoins les plus élémentaires, tout en observant le confinement et se pas sortir pour travailler. Sachant que les gouvernements sont confrontés à plusieurs difficultés liées à la satisfaction des besoins des familles situées dans ces zones, qu’il s’agisse de cerner le nombre de leurs membres, ou des capacités des gouvernements à répondre à ces besoins, surtout en cette situation d’arrêt de production et du commerce. Chose qui veut dire que l’option prise par les gouvernements africains à gérer la crise selon l’approche chinoise basée sur la politique du confinement, ne signifie pas la capacité de ces gouvernements à éviter la catastrophe, car une mauvaise gestion de la situation peut entraîner un coût humain dépassant de loin les pertes économiques, tant les statistiques constatent une augmentation chaque jour du nombre des contaminés, ainsi que celui des morts, dans chaque pays africain, il est difficile que les statistiques enregistrées restent inchangées pendant plus d’une journée, mais dans de nombreux cas, ces statistiques changent au cours de la même journée, ce qui nécessite soit de rechercher une nouvelle approche qui tienne compte des spécificités et des circonstances de ces pays, soit que les pays du continent reçoivent plus de soutien et d’aide, internationaux, pour pouvoir appliquer une politique de confinement, capable de s’opposer à ce fléau.

Les gouvernements des pays africains ont tenu depuis le début de la crise à adopter l’approche chinoise pour gérer la crise

Les équipements médicaux : La deuxième ligne de défense pour stopper l’épidémie... Peuvent-ils suffire ? Si les mesures préventives, liées au confinement, la mise en quarantaine, fermeture des frontières, et interdiction des rassemblements et des sorties, sauf forte nécessité, représentent la première ligne de défense contre la pandémie, alors l’équipement médical et les préparatifs et logistiques, constituent la deuxième ligne de défense, pour arrêter la propagation du virus et sa pénétration dans le pays. Action entreprise par certains pays africains. A l’instar

14

10/04/20


de la République du Bénin, que son gouvernement a préparé 10 mille chambres d’hôtel pour recevoir des patients potentiels avec la possibilité de les mettre en quarantaine dans ces chambres, comme l’a souligné Osman Ghai, Chef de l’unité de crise au ministère de la Santé au Sénégal, en disant : «Le gouvernement distribue des équipements de protection aux structures sanitaires, qui en ont besoin. Aussi, le pays dispose d’une réserve importante de masques, de gants, et lits, permettant de recevoir des dizaines d’autres contaminés. Il ne manque que les machines respiratoires». Ceci constitue le problème que vont affronter, nombre de pays africains, tant les capacités sanitaires disponibles, peuvent suffire à contenir la première vague. En cas d’aggravation de la situation, à savoir une rapide propagation du virus, à l’instar de ce qu’a connu certains pays européens, les préparatifs pris par certains, se trouvent insuffisants, pour cause de manque de machines respiratoires. Certaines statistiques indiquent que de grandes villes africaines ne possèdent chacune, pas plus de 50 machines respiratoires. Chose qui indique, qu’en cas de propagation du virus, la situation va s’aggraver considérablement. Par conséquent, il est à espérer qu’en cas d’aggravation de la situation, chose que personne ne peut espérer, dans des pays qui connaissent une grande misère, il serait plus qu’impératif d’ouvrir un couloir humanitaire pour faciliter la livraison du matériel médical et des médicaments nécessaires pour lutter contre cette pandémie, à l’instar des machines respiratoires, et autres. Comme l’a fait le milliardaire Chinois, fondateur du célèbre site Ali Baba, Jack Ma, qui a envoyé un avion-cargo transportant de l’aide médicale et technique, en plus des solutions de test en laboratoire, des masques, des stérilisateurs, et des gants. Il convient de noter à cet égard que, malgré toutes ces attentes, qui peuvent indiquer l’imminence d’une catastrophe humanitaire, pour cause d’une possible aggravation de la situation sanitaire, et la propagation du virus dans les pays du continent africain, per-

15

10/04/20

siste l’espoir, si des études médicales menées dans de nombreux pays, en quête de remède pour cette pandémie, à savoir la chloroquine et la nivaquine, pour guérir les contaminés par ce virus, ou du moins participer à améliorer leurs situations, aboutissent. Cette option ouvre la porte d’un grand espoir, car ces deux produits sont disponibles, et sont même d’usage en Afrique depuis longtemps, pour traiter le paludisme. La solidarité internationale et le soutien humanitaire... La troisième ligne de défense face à la pandémie : Une étude élaborée par l’Union africaine concernant les répercussions de la crise de Corona sur les pays du continent, révèle l’ampleur du danger qui pèse sur la région. Chose qui nécessite une solidarité internationale et un soutien humanitaire pour y faire face et réduire ses répercussions. Aussi, cette même étude, publiée le 6 avril 2020, montre qu’environ 20 millions d’emplois sont menacés en Afrique en raison de cette pandémie. Aussi, l’économie du continent devrait connaitre une récession entre 0,8% et 1,1% en 2020. Le commerce devrait reculer de 35% par rapport aux niveaux de 2019, avec des pertes estimées à 270 milliards de dollars. L’Afrique pourrait perdre entre 20% et 30% de ses revenus financiers, estimés à 500 milliards en 2019. Aussi, selon l’étude, l’Investissement Etranger Direct (IED), va baisser de 15%, et que les économies des pays producteurs de pétrole vont connaitre de 3% de régression en moyenne. Réellement, cette importante étude, avec laquelle l’Union africaine a anticipé les pertes attendues dans les économies des pays africains, constitue la conclusion d’estimations préliminaires, concernant la propagation de la pandémie, à travers les pays du continent. Chose qui peut signifier que les pertes enregistrées après la fin de la crise, peuvent dépasser toutes ces attentes, si les gestionnaires de crise, n’admettent pas une position sérieuse, basée sur deux règles principales : En premier : Bénéficier des expériences africaines antérieures


dans la gestion des épidémies et des virus, qui ont frappé dans le passé, de nombreux pays du continent. Il ne fait aucun doute que certains pays africains ont été confrontés à des crises sanitaires et épidémiques semblables à cette crise. Chose qui a permis à leurs services administratifs et sanitaires, de disposer de compétences et d’un savoir, leur permettant de faire face à de telles crises. Il est vrai que les dangers et les défis que pose l’actuelle pandémie, dépasse ce qu’on vécu avant, à cause de la nature du virus et à sa mutation en cours d’une part, et à sa propagation dans divers pays du monde. Chose qui a poussé chaque pays à entamer le combat en solo, à l’intérieur de ses frontières, d’autre part. Mais il est également vrai que les pratiques antérieures offrent à l’État et à son appareil diverses expériences dans le traitement de ces crises. Chose qui s’applique à l’état de la crise de Corona. Par exemple, le virus Ebola qui s’est propagée dans le passé, en République

Environ 20 millions d’emplois sont menacés en Afrique en raison de cette pandémie...l’économie du continent devrait connaitre une récession entre %0,8 et %1,1 en 2020. Le commerce devrait reculer de %35 par rapport aux niveaux de 2019, avec des pertes estimées à 270 milliards de dollars

démocratique du Congo, et la capacité de l’État à y faire face et à contenir la crise, offrent aux structures et aux institutions de l’État, une expérience concernant la manière de faire face à la pandémie, et contenir ce virus. Deuxièmement, il n’est pas exagéré de dire que le succès des pays africains à faire face au Coronavirus, sur la base de leurs expériences antérieures dans la gestion des crises sanitaires et épidémiques antérieures, ne portera ses fruits, sans une coopération internationale et un soutien humanitaire, et ici émerge la vision égyptienne soutenant l’effort africain présenté par le président Abdelfattah Sissi, à savoir comment les pays africains peuvent gérer cette crise, afin de préserver et de protéger leurs populations, que ce soit par la nécessité d’un consensus concernant une action collective pour faire face à la crise, ou celle liée à l’initiative égyptienne adressée au G20, pour étudier l’allégement de la dette des pays africains, à savoir un rééchelonnement de la dette, son report ou son annulation, et ce en coordination avec les institutions financières régionales et internationales, à l’instar de la Banque islamique de développement, la Banque africaine de développement, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, ainsi que les bailleurs de fonds des principaux pays industrialisés. Il convient de noter que la vision égyptienne a été présentée lors de la réunion via téléphone de la Commission de l’Union africaine, du 26 mars 2020, à laquelle a participé, le président égyptien, le président Malien, Ibrahim Boubaker Keita, le président kenyan Uhuru Kenyatta, le président de la République démocratique du Congo Felix Tshisekedi, sans oublier le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki. Une décision a déjà été prise pour la création d’un fonds continental pour lutter contre la pandémie du Corona avec un financement initial de 12,5 millions de dollars, afin de fournir une réponse coordonnée continentale pour en réduire l’effet sur le continent africain. Les États membres ont convenu de contribuer à l’échelle de 4,5 millions de dollars,

16 10/04/20


dans le but de renforcer la capacité du Centre africain de prévention et de contrôle des maladies. Le Caire va abriter le siège. Il a également été convenu de former un groupe de travail sous l’égide de l’Union africaine, en coordination et avec la coopération entre tous les pays africains, dont la mission serait d’échanger les expériences et les informations dans le domaine de la lutte contre cette pandémie, ainsi que de faire part à l’opinion publique africaine des développements à ce niveau. En continuité de la même approche, un autre mini-sommet s’est tenu le 4 avril 2020, auquel ont participé le président égyptien Abdelfattah Sissi, le président français Macron, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, le président de la République d’Afrique du Sud et actuel président de l’Union africaine, ainsi que les présidents du Kenya, du Mali, de la République démocratique du Congo et du Sénégal, du Rwanda, du Zimbabwe, le Premier ministre éthiopien, le président de la Commission de l’Union africaine, et le président du Centre de l’Union africaine pour le contrôle des maladies. Ce sommet visait à assurer le suivi des résultats du précédent sommet des dirigeants africains, et de discuter des moyens de faire face aux répercussions de la crise du Corona sur les pays africains, et de définir les priorités du continent pour lutter contre le virus en coordination avec la communauté internationale, et de souligner - comme l’a fait le président égyptien Abdelfattah Sissi - l’importance de faire face aux répercussions de la pandémie du Corona, parallèlement aux efforts du continent pour lutter contre les risques du terrorisme qui menacent la sécurité et la stabilité de ses pays, en particulier la région du Sahel. Il va sans dire que les résultats de ce sommet sont pleinement conformes à ce que les ministres des Finances des pays africains ont demandé lors de leur réunion du 1er avril 2020 par vidéoconférence, organisée par Vera Songoy, Secrétaire exécutive de la

17 10/04/20

Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, où ils ont appelé à un financement rapide de 101 milliards de dollars pour faire face à la pandémie. Dans ce contexte, il est nécessaire de mentionner que les premières initiatives africaines pour soutenir les pays du continent face à ce virus sont venues de la Banque ouest-africaine de développement, dont le siège est à Lomé, la capitale togolaise, où il a été annoncé qu’elle accorderait des prêts bonifiés d’une valeur totale de 120 milliards de francs CFA, à huit membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), pour la soutenir face à la pandémie, où chaque pays (Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Côte d’Ivoire, Mali, Sénégal, Niger, Togo, et Guinée-Bissau), recevrait environ 15 milliards de dollars. Conclusion : Nous pouvons dire que l’ensemble des suggestions ou des demandes formulées, aussi bien par les ministres des finances des pays africains lors de leur précédente réunion mentionnée ou ce qui a été déclaré dans les recommandations des deux réunions restreintes, au niveau des dirigeants africains mentionnés également, représentent une vision préliminaire pour soutenir les efforts des gouvernements africains face à la propagation de cette pandémie. Les revendications étaient axées sur les points suivants : - Accorder une importance immédiate aux secteurs, sanitaire et humanitaire, et poursuivre le travail de sensibilisation, de dépistage et distanciation sociale, tout en mettant l’accent sur le rôle des moyens de communication modernes dans les campagnes de sensibilisation et la gestion locale de la crise, en formulant des campagnes de sensibilisation des Africains sur la manière de lutter contre le Coronavirus, et des méthodes de prévention efficaces, notamment en réduisant le mouvement, et en accordant une attention particulière, au comportement de prévention personnel au quotidien. - Alléger la dette et assurer un soutien de la part des institutions financières multilatérales et bilatérales telles que le Fonds monétaire international et l’Union européenne. - La nécessité d’œuvrer pour soutenir la justice privée compte tenu de son rôle dans la création d’emplois et les efforts de relance économique. - Maximiser la production locale de substances chimiques, de solutions et de désinfectants dans divers pays africains. - Appeler les pays du G20 à fournir un plan de relance économique efficace, comportant des allégements et des annulations, de tous les intérêts de toute dette bilatérale et multilatérale. Aussi, la possibilité d’étendre l’exonération à moyen terme, afin d’assurer un espace budgétaire immédiat et de liquidités aux gouvernements. - Renforcer les capacités cliniques des pays africains à effectuer des tests pour diagnostiquer le Coronavirus, et pour fournir des voies de transport sûres entre les pays du continent pour acheminer les biens et fournitures médicales nécessaires, en réexaminant les décisions des pays concernant l’interdiction des exportations de médicaments et de produits médicaux. - Définir un mécanisme de coordination au niveau des centres nationaux de lutte contre les pandémies, à travers le continent dans le but d’échanger les meilleures pratiques et expériences.


S

ociété

La propagation du virus Corona dans le pays passe à la vitesse supérieure

La Tunisie craint le pire Tunis-La Majalla Selon des données obtenues par Majalla auprès du ministère tunisien de la Santé Publique le mardi 8 avril, 27 nouveaux cas confirmés de Coronavirus ont été enregistrés, sur 549 analyses effectuées, portant à 623 le nombre total des contaminations. Le nombre de décès causés par le Covid-19 s’est élevé quant à lui à 23. Cette évolution de la situation épidémiologique laisse présager, selon la même source, une propagation plus rapide du coronavirus en Tunisie durant les semaines à venir, tant que les mesures recommandées par le ministère ne sont pas respectées dans plusieurs régions et à

19261 personnes ont été placées en auto-isolement sanitaire jusqu’à présent, dont 19126 ont terminé la période de mise en quarantaine, tandis que 135 sont toujours en confinement et sous surveillance quotidienne.

maintes reprises. Dans une déclaration à Majalla, Abdellatif Mekki, ministère de la Santé a ainsi exhorté les citoyens « au respect total de la loi et des mesures adoptées à cet effet, notamment l’hébergement des malades porteurs du coronavirus, dans les hôpitaux et les centres d’hébergement préparés à cet effet, afin de limiter la propagation du virus ». Il a également, indiqué que dans le cadre du contrôle de la santé de tous les arrivants en Tunisie, 19261 personnes ont été placées en autoisolement sanitaire jusqu’à présent, dont 19126 ont terminé la période de mise en quarantaine, tandis que 135 sont toujours en confinement et sous surveillance quotidienne. En effet, l’inquiétude des autorités découle du fait que les cas de guérison ne sont pas encourageants au pays. Selon les données recueillis par Majalla auprès de l’Observatoire National des Maladies Nouvelles et Émergentes (Onme), jusqu’au 5 avril dernier, 25 cas de guérison ont été recensés, au total, en Tunisie laissant présager le pire concernant les capacités des unités hospitalières à gérer cette crise sanitaire sans précédent. De ce fait, la hausse du nombre des personnes contaminées par le virus semble être le résultat du non respect du confinement et des mesures

18

10/04/20


Le ministre de la Santé donnant une conférence de presse conjointe avec le ministre de l’Intérieur sur l’évolution de la propagation du virus en Tunisie

préventives adoptées par les autorités. Dans un cri de détresse le ministre de la Santé a indiqué que « Nous serons incapables de compter les morts si les gens continuent à ignorer les mesures de confinement ». « Plusieurs personnes mourraient dans les rues et devant les hôpitaux si les citoyens continuent à ne pas se conformer aux consignes du confinement total », a encore déclaré El Mekki, à Majalla. Selon ses propos, « 80% des cas placés en réanimation sont décédés ». Selon lui, le respect du confinement total durant les premiers jours a permis de diminuer le nombre des personnes contaminées. « C’est la non observation du confinement qui a causé une augmentation du nombre des contaminations », a-t-il poursuivi. Pour lui, « le défi actuel des unités médicales est de définir la source de contamination face au non respect des cas suspects des mesures d’auto-isolement », a-t-il ajouté, regrettant le fait que certaines personnes fournissent de fausses informations qui ne peuvent qu’entraver le travail des unités médicales. El Mekki a rappelé que toutes les mesures prises par les autorités contre la propagation du coronavirus visent à renforcer la distanciation sociale afin de limiter la propagation de cette épidémie. « Ces deux semaines seront décisives dans ce-

19

10/04/20

623 est le nombre total des contaminations. Le nombre de décès causés par le Covid19- s’est élevé quant à lui à 23. tte bataille menée contre le coronavirus », a-t-il ajouté. Le ministre de la santé a révélé que le respect des mesures annoncées par les autorités épargnera l’Etat de grandes pertes. Dans le même sillage, Hichem Mechichi, ministre de l’Intérieur a tiré la sonnette d’alarme sur l’insouciance de certains citoyens non autorisés à se déplacer et qui continuent à circuler en faisant fi aux consignes préventives. Dans une déclaration à Majalla, il a affirmé que la loi sera désormais « appliquée dans toute sa rigueur contre tous ceux qui ne se conforment pas aux règles du confinement sanitaire et du couvre-feu ». Mechichi a révélé à ce propos que le nombre des arrestations pour non respect du confinement sanitaire total a atteint les 600 et que 70


S

ociété

personnes ont été assignées à résidence. Le ministre a qualifié de grave la situation épidémique en Tunisie. En cas où cette situation n’est pas maîtrisée, la Tunisie risquerait d’entrer dans une étape dangereuse où il y aura des gens qui tombent morts devant les hôpitaux et où les soignants auront à choisir parmi les patients à sauver. Il a avertit que le ministère passera à la répression pour faire respecter les consignes, précisant toutefois que le but n’étant pas de restreindre les libertés mais de préserver ce qui a été accompli jusque là pour faire face à la propagation du coronavirus. De ce fait, toute personne qui « transmet délibérément le virus en se comportant de manière irresponsable et nonchalante sera désormais poursuivie en justice sur la base des dispositions du code pénal, pour homicide involontaire », a-t-il mis en garde. Il est à signaler dans le même sillage que le parquet a émis des mandats de dépôt à l’encontre de 74 personnes et décidé de poursuivre en justice 121 autres laissées en liberté et ce, depuis le 23 mars dernier. de du couvre-feu, a indiqué à Majalla, Mohsen Dali, responsable de l’unité d’information et Par ailleurs, le ministère public a ordonné de de communication au Tribunal de première inplacer en garde à vue, jusqu’au 6 avril courant, stance de Tunis et substitut du Procureur de la 195 individus pour avoir commis des délits République. relatifs à la violation du confinement total et Afin de parer au manque de lits hospitaliers alors que les deux semaines prochaines prévoient un pic de la pandémie, le comité de collecte et de gestion des fonds au sein du ministère de la santé a appelé, les donateurs parmi les personnes physiques, sociétés et composantes de la société civiles à faire un don de 250 lits hospitaliers. Ce don sera consacré à l’équipement d’une salle de sport à Tunis afin de contribuer aux efforts du ministère de la santé à lutter contre le coronavirus.

Cette évolution de la situation épidémiologique laisse présager, selon la même source, une propagation plus rapide du coronavirus en Tunisie durant les semaines à venir.

20

10/04/20

Un patient contaminé en train d’être pris en charge par les services du Samu


Opération de prélèvement d’analyse auprès d’une personne soupçonnée d’être porteuse du virus

Des opérations de stérilisation des espaces publics et des bennes d’ordures sont effectuées régulièrement par les agents de la municipalité de Tunis

21

10/04/20


P

olitique

Algérie : le secteur privé risque la faillite Par Yahia Maouchi Les effets de la crise sanitaire du Covid-19 font craindre le pire aux entreprises privées algériennes, face au manque, pour le moment, de dispositif étatique. Ainsi, les métiers libéraux et artisanaux doivent bénéficier d’une assistance particulière de la part de l’Etat afin de les aider à faire face à l’impact de la pandémie Covid-19 sur leurs revenus. Le gouvernement est appelé également à soutenir les entreprises du secteur privé, en particulier celle de la communication et des services. Sur ce point, Mohamed Sami Agli, président du Forum des chefs d’entreprise (FCE) a indiqué que la crise du Covid-19 a mis en péril les entreprises de plusieurs secteurs d’activité, et beaucoup d’entre elles risquent la faillite. « Nous sommes frappés en plein fouet par cette crise. La situation se complique davantage pour les entreprises. Si cette pandémie perdure, même celles, qui sont en activité, vont baisser rideaux, faute de la matière première», a-t-il constaté lors de la 6e édition des débats du Forum, retransmise via la vidéoconférence. Devant cette conjoncture difficile, indique-t-il, «Nous devons tous s’impliquer afin de sauver l’outil du travail et notamment les emplois pour plus du temps possible ». En effet, l’implication de l’Etat, à travers l’octroi de facilitations et même assurer les salaires d’une partie des travailleurs des secteurs touchés est plus que primordiale. Pour l’expert en économique, Mohamed Cherif Belmihoub, l’Etat est appelé à intervenir en deux actions, à savoir maintenir l’activité (un plan de sauvetage pour les entreprises) et garantir les salaires des travailleurs mis en congé forcé. « Sans l’intervention de l’Etat avec un financement budgétaire, nous risquons l’inflation et le chômage. On doit trouver des solutions pour maintenir le pouvoir d’achat des citoyens », a-t-il affirmé lors de son intervention à cette rencontre consacrée aux retombées de la pandémie du coronavirus et la baisse des prix du pétrole sur l’économie nationale et également sur les entreprises privées. L’intervenant a préconisé deux solutions à prôner par l’Etat, soit allouer un budget à cet effet, à travers la prise en charge des salaires des travail-

leurs des secteurs public et privé, ou par des mesures fiscales (donner une compensation fiscale pour l’entreprise). L’expert a plaidé par ailleurs pour l’endettement interne. « Devant le déficit budgétaire que connaît déjà le Trésor public, l’Etat doit recourir à un endettement interne qui ne dépasse pas actuellement 50% du PIB. Il y a une marge de manœuvre pour la planche à billets. J’étais parmi les premiers qui avaient critiqué le recours à ce mode du financement en 2017, mais maintenant il se justifie. Toutefois, on doit le limiter», a-t-il plaidé. Le redéploiement des ressources financières existantes est une autre solution préconisée par le professeur en économie. Dans le BTP, la situation est beaucoup plus critique. Avant même que la pandémie ne précipite l’économie mondiale dans l’inconnu, Mouloud Kheloufi, président de l’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA), s’alarmait de la fermeture de 20 000 à 25 000 entreprises, et du licenciement de 150 000 à 200 000 salariés du secteur, et réclamait une amnistie fiscale pour 2019 et 2020. En outre, selon le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (Care), 700 000 employés du secteur privé seraient menacés de licenciement par la faillite des entreprises. Et malgré les promesses du président Abdelmadjid Tebboune, qui a déclaré que l’État « mettrait en place tous les moyens économiques » pour « permettre le retour des PME sans aucune perte », les patrons qui, pour certains, ont complètement arrêté leur activité, n’ont pas le moral. Nos gouvernants ne se rendent pas compte de l’état dans lequel se trouve le privé. Les dégâts après plus d’un an de hirak (le mouvement populaire qui a entraîné la démission d’Abdelaziz Bouteflika) n’ont pas encore été chiffrés, mais plus d’une entreprise est sortie exsangue de la paralysie institutionnelle et économique qui a accompagné la protestation.

7millions d’algériens employés par le secteur privé Rappelons par ailleurs que, le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (CARE) a fait part, récemment, d’une

22

10/04/20


proposition pour la mise en place d’un revenu, intitulé COVID-2020, en solidarité avec les travailleurs privés affectés par la crise sanitaire engendrée par le Coronavirus (COVID-19). Rappelant que le Gouvernement a pris la décision de libérer la moitié des employés de la fonction publique tout en maintenant le versement de leurs salaires, le CARE a évoqué dans sa réflexion les employés du secteur privé, particulièrement ceux relevant du secteur informel et qui, dans l’incapacité de travailler, perdent ainsi la seule source de revenu à laquelle ils pouvaient accéder, en raison de la crise sanitaire et le confinement imposé en conséquence. Soulignant que ce problème n’était pas spécifiquement algérien, la proposition publiée sur le site web du Cercle, estime que la résilience de la population va être mise à rude épreuve au-delà d’un mois de confinement, d’inactivité et d’assèchement progressif de ses revenus, ajoutant qu’il parait nécessaire que l’engagement verbal des pouvoirs publics de ne laisser personne de côté puisse être suivi d’une traduction concrète sur le terrain. Il est ainsi recommandé, selon la même source, qu’à l’image de ce qui est fait dans de nombreux pays développés ou en développement, une aide budgétaire spécifique soit apportée à cette catégorie des citoyens qui ont pu perdre leurs revenus du fait de cette crise sanitaire qui est venue frapper l’économie nationale. Pour sa mise en œuvre, le CARE s’est référé à la dernière enquête de l’Office national des statistiques (ONS), datée de mai 2019, qui estime que la totalité des personnes occupées se chiffrait à 11,3 millions, parmi lesquelles 7 millions sont employées par le secteur privé. Supposant que 70% des personnes employées par le secteur privé qui sont touchées, on aboutit à une population de quelques 5 millions d’employés qui demanderaient à être assistées au cours d’une période que l’on pourrait, à ce stade, estimer à trois mois, note le CARE, ajoutant qu’une aide forfaitaire mensuelle de 10.000 DA, qui serait

23

10/04/20

Selon le Cercle d’action et de réflexion autour de l’entreprise (Care), 000 700 employés du secteur privé seraient menacés de licenciement par la faillite des entreprises consentie durant trois mois à cette catégorie de la population, aurait un impact budgétaire de 150 milliards de dinars. Si le principe d’une telle aide venait à être retenu in fine, il reste un double écueil à surmonter, avance la réflexion, à savoir, d’une part celui de son financement et d’autre part, celui de sa mise en œuvre en l’absence de statistiques précises. Par ailleurs, supposant que la contrainte strictement financière soit résolue, l’autre problème encore plus redoutable qui se posera inévitablement, selon CARE, est celui de la mise en œuvre d’une mesure consistant à payer une population d’employés à faible revenu (pour l’essentiel informelle), déplore le CARE. Il propose ainsi la création d’une page web afin que les travailleurs informels puissent postuler à des aides, permettant de cibler fondamentalement tous les employés du secteur informel, ainsi que les artisans et entrepreneurs individuels ayant perdu leur emploi ou leur revenu. Pour les employés du secteur privé formel connaissant le même problème de perte de revenu, le transfert du revenu COVID-2020 pourrait être opéré via leur entreprise, selon CARE, qui précise que la procédure d’éligibilité devrait être aussi simple que possible, à


base de déclaration sur l’honneur avec mention explicite de sanctions auxquelles s’expose tout contrevenant. De son côté, le Secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Salim Labatcha, a avoué qu’ils ont tendance à parler uniquement des entreprises et des salaires de leurs employés, « mais il faut parler aussi des petits métiers. Eux aussi ils doivent bénéficier d’une assistance et d’un suivi pour pouvoir trouver des mécanismes d’aide », a déclaré M. Labatcha sur les ondes de la Radio nationale. « C’est des petits métiers qui ont leur importance dans notre vie quotidienne et qui méritent d’être accompagnés et d’être pris en compte au même titre que les entreprises », a-t-il ajouté. Il a rappelé à cet égard l’engagement du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, lors de la dernière entrevue avec des représentant de médias nationaux, à soutenir et prendre en charge les PME, micro entreprises ainsi que les activités artisanales, touchées par la pandémie. Dans une déclaration commune, l’UGTA et

5 Millions d’employés qui demanderaient à être assistées au cours d’une période que l’on pourrait, à ce stade, estimer à trois mois

des organisations patronales, ont exprimé les préoccupations des travailleurs et des employeurs algériens quant aux conséquences de cette crise sanitaire sur l’outil de production nationale et sur l’emploi, tout en réitérant leur engagement sans réserve pour une contribution à l’action des pouvoirs publics ainsi que leur engagement de solidarité avec le peuple à travers des actions de solidarité en direction des populations et de soutien aux structures de santé et personnels soignants. Les signataires ont, par ailleurs, salué les mesures de confinement total ou partiel et de solidarité décidées par les plus hautes autorités du pays pour endiguer l’épidémie de coronavirus, ainsi que celles relatives à l’approvisionnement des populations en produits alimentaires.

Nouvelles mesures de soutien en faveur des entreprises impactées Enfin, face à cette situation peu reluisante, la Banque d’Algérie (BA) a annoncé, la mise en place de nouvelles mesures de soutien en faveur des entreprises impactées par les effets de la crise sanitaire. Selon un communiqué de la BA, ces mesures portent notamment sur le report du paiement des tranches de crédit arrivant à échéance, ou le rééchelonnement des créances de la clientèle impactée par la conjoncture induite par la pandémie de Covid-19. Dans le cadre des dispositions prises pour faire face aux répercussions de la propagation du coronavirus, la Banque d’Algérie, est-il souligné dans le même communiqué, a pris une série de mesures exceptionnelles et conjoncturelles s’inscrivant dans des démarches visant à alléger les

24

10/04/20


impacts économiques de cette pandémie mondiale. En ce sens, la BA fait état d’une nouvelle instruction, datant du 6 avril 2020, prévoyant des mesures exceptionnelles d’allègement de certaines dispositions prudentielles applicables aux banques et aux établissements financiers pour leur permettre d’augmenter leurs capacités de financement au profit des entreprises économiques. Outre la poursuite des financements en faveur des bénéficiaires des mesures de report ou de rééchelonnement des créances, la BA évoque également la réduction du seuil minimum du coefficient de liquidité afin d’augmenter le niveau des financements disponibles. Dans le même ordre d’idées, les banques et les établissements financiers sont dispensés de l’obligation de constitution du coussin de sécurité, précise par ailleurs la même institution, tout en assurant qu’elle suit l’évolution de la situation pour prendre d’autres démarches, le cas échéant, en vue de garantir des conditions adéquates au bon fonctionnement de l’économie nationale. Pour sa part, le ministre de l’industrie et des mines, Ferhat Aït Ali Braham a annoncé à Alger, l’élaboration en cours d’un plan de relance de la production nationale dans les secteurs public et privé en vue de soutenir les groupes et entreprises productifs à plus d’un niveau. Le ministre a affirmé que l’opération de relance des groupes économiques nationaux, publics ou privés, à travers un plan en cours d’élaboration, s’inscrit dans le cadre de la stratégie du secteur visant à soutenir la production locale, afin de répondre aux besoins nationaux sans recourir à l’importation. L’objectif principal de ce plan, est d’asseoir une industrie nationale à même de réaliser l’autosuffisance et d’assurer tous les besoins du pays notamment en temps de

25

10/04/20

La Banque d’Algérie (BA) a annoncé, la mise en place de nouvelles mesures de soutien en faveur des entreprises impactées par les effets de la crise sanitaire crises et de catastrophes, a indiqué le ministre. La redynamisation de ces groupes nationaux et leur accompagnement dans les démarches de structuration et de soutien financier, est tributaire d’une plus haute intégration des producteurs, a souligné le ministre. Durant les années 90, les groupes publics assuraient 80 % des besoins du marché national dans les différents domaines, médical, textiles, électroménager et autres, mais après l’ouverture du marché national, la production nationale reculé, d’où la nécessité de sa relance. Dans le même contexte M. Aït Ali Braham a ajouté que la crise de la pandémie de COVID-19, a prouvé que les entreprises algériennes étaient capables de s’adapter et d’étendre leurs activités à d’autres segments pour s’adapter aux besoins conjoncturels du marché national à l’instar des masques médicaux et produits de désinfection. Les groupes industriels ont été instruits, sous tutelle du ministère, de reconvertir leurs activités de production conformément aux besoins de la conjoncture, a ajouté le ministre.


E

conomie

La Tunisie et le Coronavirus :

La crise économique, passe du mal aux pires… Tunis-La Majalla Trouver l’argent

De ce fait, la question qui se pose et s’impose : Comment la Tunisie pourrait résoudre tous les problèmes économiques, portés et créés par le Coronavirus, tout à continuant le programme de restructuration économique, annoncé et promis, par le Chef du gouvernement Elyes Fakhfakh, lors du discours d’intronisation. A savoir, augmenter les recettes, compresser les dépenses, tout en rationalisant la gestion. Le coronavirus s’est imposé en négation de cette belle intention : Les recettes de l’Etat se réduisent comme une peau de chagrin. Les dépenses explosent. En plus, personne ne peut prévoir un horizon pour sortir de la crise. Unique réponse à ce système d’équations à plusieurs variables : Revoir les priorités en matière de dépenses, en accordant la priorité à deux secteurs :

1. Le combat médical contre le Coronavirus. 2. Le soutien économique aux individus et aux entreprises, victimes de ce virus. Il faut savoir que le pays est déjà en crise, surtout depuis l’arrêt du programme d’aide financière du FMI. Tout ceci, se fait dans une ambiance mondiale de crise et de récession. Le besoin en liquidité touche un nombre plus grand de pays. Avec des sommes conséquentes. La Tunisie qui trouvait beaucoup de peine à diminuer sa dépendance aux crédits, doit reconnaitre qu’elle plonger dedans. Certes, la Tunisie dispose d’assez moyens à court, et peut-être à moyen terme. Mais de sérieux problèmes, vont certainement apparaitre à longs termes, à savoir une année, tout en tenant compte de la situation sociale, déjà tendue. Tant le gouvernement ne peut satisfaire tous les besoins. Encore faut-il disposer de structures pour accomplir cette mission.

26

10/04/20


Habib Kchaou, ministre des Affaires sociales,

Le tissu économique touché

«%81 des entreprises tunisiennes dans différents secteurs, ont été affectées par la crise sanitaire liée au Coronavirus», selon le dernier rapport de l’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE). Ce même rapport, signale que les dégâts se situent à plusieurs niveaux : Arrêt de la production, fermeture des points de vente, suspension du réseau d’échange entre entreprises, ainsi que les opérations du commerce international.

Deux choses sont certaines concernant l’effet que puisse avoir le Coronavirus sur la Tunisie :

opérateurs dans le secteur du bâtiment trouvent que les prix ont diminué. Pour les chefs d’entreprise du secteur du commerce, %56 estiment que les prix en cette période de crise ont augmenté. Aussi, le nombre de transactions diminuera de %52,66 pour Pour plus de détails, cette crise a été les entreprises industrielles, %46,67 pour amplement ressentie par %85,11 des les startups, %61,88 pour les entreprises entreprises industrielles, %69,23 du commerciales, %47,26 pour les services secteur du bâtiment, %76 des entreprises de associés aux entreprises et %70 pour les commerce, %78,79 des services associés entreprises qui fournissent des services aux aux entreprises et %90,9 des services liés particuliers et %58 dans d’autres secteurs. aux particuliers. Aussi, un impact négatif sur le nombre de transactions de %96 des .L’Etat à la rescousse Les professionnels et artisans touchés entreprises interrogées. par les répercussions de la conjoncture Toujours, selon l’étude, la perception sanitaire liée au Coronavirus, peuvent selon des chefs d’entreprise quant à l’évolution le ministre des Affaires sociales, Habib des prix diffère d’un secteur à un autre. Kchaou, via une plate-forme électronique, %40,43 des industriels estiment que les s’y enregistrer et profiter d’une subvention prix ont augmenté, alors que %61,54 des circonstancielle d’une valeur de 200 dinars

27

10/04/20


(60 dollars). La somme peut être perçue par voie postale, ou par virement bancaire. Le ministre a annoncé qu’une deuxième plate-forme électronique a été mise en place, au profit des chefs d’entreprise touchés. «%65 des familles à faible revenu ont reçu leurs allocations spécifiques, jusqu’à aujourd’hui mercredi à neuf heures du matin», a ajouté le ministre. S’adressant devant la commission parlementaire de la santé et des affaires sociales à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP), le ministre des Affaires

Au-delà de ses effets sur la santé des êtres humains, ce virus a engendré des dégâts économiques graves.

sociales a indiqué que 247 mille familles sur un total de 260 mille familles démunies avaient reçu la prime de 180 dinars (environ 60 dollars), ajoutant que %65 des familles à faible revenu avaient également reçu leurs allocations dont la valeur est de 50 dinars (17 dollars). «Le ministère a cependant trouvé beaucoup de difficulté à identifier les listes de familles démunies, ces listes n’étant pas actualisées», selon le ministre des Affaires sociales.

Les prix flambent

En cette période de doute, le Tunisien qui regardait deux fois dans son portemonnaie avant de consommer, regardent actuellement plutôt trois fois, car les prix n’ont pas arrêté d’augmenter. Selon l’Institut National de la Statistique (INS), le taux d’inflation a atteint %6,2 en mars 2020, contre %5,8 en février 2020. Ce retour à la hausse après six mois de replis

28 10/04/20

Les prix flambent


La production stagne

successifs, s’explique essentiellement, par «le retour de l’accélération du rythme des hausses des prix de l’alimentation à %5,1, contre %3,7, le mois précédent». La hausse des prix de l’alimentation est due, selon l’INS, à l’augmentation des prix des fruits de %13,8, des poissons de %9,3, des légumes de 5,7 % et des viandes de %5,1. Pour ce qui est des produits manufacturés, leurs prix se sont accrus de %7,9, en raison de la hausse des prix des produits d’entretien courant du foyer de 10,4 % et des produits d’hygiène et de soins personnels de %8,8.

Ce virus a joué le rôle de «révélateur», en dénudant certains problèmes existants déjà.

provient, aussi, de la hausse des prix du tabac et des boissons alcoolisées de %4,2 (accroissement des prix du tabac de %4,5). L’INS a fait état, en outre, d’une légère augmentation des prix des produits manufacturés de %0,7, en raison de la hausse des prix des produits d’entretien courant du foyer de 0,9 % En mars 2020, les prix à la et des prix des soins personnels de 0,9 consommation ont augmenté de %0,8, %. Il est à noter que l’Institut a fait en raison de l’accroissement des prix savoir que «seuls %69 des prix collectés des produits alimentaires de %1,8, sur terrain ont pu être effectivement, suite à la hausse importante des prix relevés auprès de %71 des points de des légumes frais (%6,9), des volailles vente initialement programmés», et (%4,1), des fruits frais (%2,8) et des ce, en raison du confinement général poissons frais (%2,6). Cette hausse décrété depuis le 20 mars dernier.

29 10/04/20


E

conomie

Le Coronavirus et les dégâts latéraux :

Plus que le virus même Par Nasreddine Ben Hadid Il ne se fait plus de doutes, le Coronavirus s’est installé pour plusieurs semaines encore, selon tous les spécialistes et experts. De ce fait, les répercussions de cette présence se font sentir déjà, de l’intimement personnel, pour chaque individu, jusqu’à l’équation mondiale dans sa globalité. Si le virus touche les poumons, et risque d’emporter toute une vie, ses répercussions directes, ou encore les nécessités de son combat, ne manquent pas de toucher la vie de chacun et de tous. A savoir, des bouleversements qui ont touché la vie humaine. En premier, cette peur, ou même cette hantise, bien naturelle, ou encore épidermique de la contagion, a fait que l’être humain est moins porté sur le déplacement, et surtout sur toutes les formes d’interaction avec autrui. On peut déjà évoquer les dommages de ce virus, sur le plan économique, qu’on peut aisément constater, et que les experts chiffrent déjà, pour une économie comme celle de la Tunisie. Le transport aérien Nul besoin de preuves, pour constater cet arrêt, presque instantané, telle une crise cardiaque, de cet incessant ballet, de milliers d’avions qui tournaient d’un aéroport à un autre. Exception faite des vols de quelques vols rapatriement, le transport aérien, n’assure plus aucun service pour les voyageurs. La «Gazelle», surnom donné à la compagnie locale «Tunisair» qui battait de l’aile déjà,

est maintenant au repos complet. De quoi ajouter aux pertes qui se chiffraient en dizaines de millions de dollars pour l’année 2019, une agonie qui risque de durer. Sauf décision des services publics, qui hésitent déjà, même avant la crise provoquée par le Coronavirus, à apporter de l’aide. Certains experts seraient moins chauds à y injecter de l’aide, ou plutôt, sauver cette compagnie d’une agonie, qui va la conduire à une mort certaine ? A lire cette courte information dans un journal local : «Le président et directeur général de Tunisair, Elyès Mnakbi a annoncé lundi que la compagnie s’efforce actuellement de fournir et de garantir les salaires des travailleurs, des cadres et agents du transporteur national pour le mois d’avril», on comprend aisément que les salaires du mois de mai, et au-delà, ne seront pas garantis. Bien avant la crise, ce même Le président et directeur général a déclaré : «Si Tunisair continue à fonctionner, c’est que cela relève du miracle», avant d’ajouter : «Tunisair devrait compter en principe et selon les normes internationales, 2000 employés; contre 7800 actuellement. Puisqu’elle ne dispose que de 20 appareils, après la suspension de vol de ses Boeing 737 Max, conformément à une décision internationale», et préciser : «En 2018 avec 27 avions et d’énormes exigences de sécurité, on a réalisé un nombre de passagers record de 3,9 millions, un chiffre d’affaires de 1500MDT (500 millions de dollars environ), un taux de remplissage de %74 et une augmentation du nombre d’heures d’utilisations des appareils passant de sept heures par jour à 8,84 heures».

30

10/04/20


La «Gazelle» bat de l’aile…

La crise est certes antérieure au Coronavirus. La pandémie n’a fait qu’accélérer l’agonie. Secteur touristique On imagine mal et même très mal, un touriste européen, subir un confinement légal deux semaines, imposé par décision du gouvernement tunisien, pour vivre ensuite une semaine en touriste, et subir, de retour dans son pays, un autre confinement. Sans oublier l’arrêt total des vols entre la Tunisie et ses marchés touristiques. D’où, un arrêt presque instantané de l’activité touristique dans le pays. D’après Safouane Ben Aissa, directeur des études à KPMG, un bureau d’étude qui a élaboré une évaluation précise du poids du tourisme dans l’économie tunisienne, la part du tourisme dans le PIB du pays serait «en réalité de %14.2 pour 2019. KPMG s’est basé sur les standards internationaux mis en place par l’Organisation Mondial du Tourisme pour aboutir à ce chiffre». Les recettes liées au tourisme sont, avec les exportations, un des pourvoyeurs d’entrée des devises dans le pays. Ainsi, en 2018, le taux de couverture du déficit commercial par les recettes touristiques a atteint les 21.1 %. Toujours d’après l’étude réalisée par KPMG «il y a 100.000 emplois directs (activités liées directement au tourisme) et 289.000 emplois indirects (activités satellites du secteur)». D’autres sources considère que : «depuis maintenant une quarantaine d’années, le tourisme fait vivre environ %15 de la population soit un demi-million de personnes». Le constat est tout simple : 100.000 personnes au

31

10/04/20

«le tourisme tunisien aurait vécu une catastrophe si le coronavirus s’était déclenché au cours de la haute saison»... Mais le secteur touristique est en «veille» chômage total, et 289.000 autres au chômage partiel, selon le degré de liaison avec le secteur touristique. Nabil Bziouech Directeur général de l’Office national du tourisme de Tunisie (ONTT), préfère relativiser la vision et même admettre la moitié pleine du verre, et considérer que «le tourisme tunisien aurait vécu une catastrophe si le coronavirus s’était déclenché au cours de la haute saison». Sachant que cette haute saison concerne le printemps et l’été de chaque année. Ce DG considère que le secteur touristique est en «veille». Petits métiers et secteur informels En Tunisie, hormis le secteur étatiques et les grandes entreprises privées, rares sont les PME qui assurent une couverture sociale et médicale, dans les règles et respectueuse de la législation à l’intégralité de leurs employés. Si on ajoute que la part du secteur informel dans l’économie locale varie selon les sources entre on peut aisément comprendre l’effet que ,%60 et %50 peut provoquer le confinement décidé par les autorités


tunisiennes, dans le but de combattre le Coronavirus, sur .un tissu économique déjà souffrant de malaise Même les promesses avancées par le Chef du gouvernement, concernant une «aide» que le gouvernement compte porter aux «plus démunis», reste à la fois vague, concernant les critères d’octroi, mais aussi la manière de faire parvenir cette «aide» aux bénéficiaires. Selon certaines sources, au moins un million de personnes, exercent une activité «libérale» ou «rémunérée», sans aucune couverture sociale ou médicale. Ce million de personnes, et autant de familles (entre 3 et 4 millions),

au moins un million de personnes, exercent une activité «libérale» ou «rémunérée», sans aucune couverture sociale ou médicale. Ce million de personnes, et autant de familles (entre 3 et 4 millions), sont actuellement sans aucune source de revenu

sont actuellement sans aucune source de revenu. Le cas d’un garçon de café, exerçant sans aucun contrat, et rémunéré sans fiche de paie, n’est pas un cas isolé, plutôt la règle dans certaines régions. Ce genre de personne, se trouve actuellement, pas uniquement dans un chômage ouvert sur l’inconnu, mais surtout abandonné à son sort, par des patrons qui ne veulent dans une très large majorité assumer intégralement ou même partiellement cette charge. Conséquences sociales et politiques (très) graves La mise en garde annoncée par le président et directeur général de Tunisair, Elyès Mnakbi que l’entreprise «s’efforce actuellement de fournir et de garantir les salaires des travailleurs, des cadres et agents du transporteur national pour le mois d’avril» veut dire que les salaires du mois du suivant, à savoir mai, ne sont nullement garantis. Un message adressé aux pouvoirs publics, à savoir que l’Etat doit assumer le chômage de personnes. Sans oublier la faillite de ce transporteur 7800 .public Idem pour d’autres secteurs, l’hôtellerie en premier, et toutes les activités touristiques analogues. Sans oublier environ deux millions de pauvres qui réclament aides, et même prise en charge. Toute cette situation provoquée par le Coronavirus, sévit dans une économie à bord de l’asphyxie par une dette que tous les experts jugent

32 10/04/20

Elyès Mnakbi, Président et directeur général de Tunisair


.Nabil Bziouech Directeur général de l’Office national du tourisme de Tunisie

Au chômage, sans aucune couverture

33 10/04/20


O

pinion

L’indispensable reconfiguration Le monde entier sait que l’expérience du Covid19- induira des changements radicaux dans la pensée et la pratique économiques. Bien au-delà des questions budgétaires, des politiques d’austérité ou de relance, on parle plus de relocalisation, d’autosuffisance pour les produits essentiels, de ce que l’on considérait, il y a six mois encore, comme ringard, totalement dépassé.

Par: Ahmed Charaï

Un grand ensemble, l’Union européenne, pour ne pas la nommer, est menacé d’implosion, parce que de solidarité il n’en a pas été question, et que des faits de piratage concernant les masques ont eu lieu. Et il n’y a pas que les populistes pour dénoncer le manque de protection et l’incohérence de l’UE face à la crise. Au Maroc, les décisions prises par le Roi Mohammed VI, de manière préventive, ont été fortes et cohérentes, à la fois sur le plan socio-économique et sur le plan sanitaire. Dans un esprit de mobilisation générale et patriotique, on a pu mobiliser le secteur du textile, depuis longtemps en souffrance, pour fabriquer les masques, denrée très rare sur le marché mondial. Des entreprises changent d’activité pour produire des respirateurs artificiels. Une très grande faculté d’adaptation a été démontrée. Après la sortie de la crise, il nous faut maintenir cette dynamique. Parce que le monde va changer, nos principaux partenaires bouleverseront les règles et nous devrons nous y adapter. Il faut réfléchir à une reconfiguration systémique de l’économie nationale, recentrée sur les besoins locaux, redonnant toute leur place à l’agriculture et à l’industrie, non pas au détriment des services, dont la volatilité est une véritable fragilité, mais dans une cohérence d’ensemble. Il faudra sans doute revenir à la protection des secteurs industriels essentiels et développer le domaine de la recherche scientifique en l’adaptant aux objectifs de l’environnement. Cette reconfiguration est un chantier de réflexion qui ne peut relever d’un gouvernement qui a le nez dans le guidon et qui gère une crise sans précédent. C’est la commission chargée d’élaborer un projet de nouveau modèle de développement qui paraît être l’organe tout désigné, pour mener à bien cette réflexion. Entre sa nomination et aujourd’hui, tous les paramètres ont changé, sa mission a donc fondamentalement changé. Il faudrait peut-être repenser sa composition. Des Marocains sont des sommités mondiales dans toutes les sciences. Ils ont leur place pour apporter leurs compétences, mais aussi leurs connexions à l’étranger. Car nous aurons besoin d’une connaissance très fine des transformations radicales qui auront lieu, pour nous adapter.

34

10/04/20


Turn static files into dynamic content formats.

Create a flipbook
L'Afrique en confrontation du Corona ... Expériences antérieures et risques à venir by المجلة - Issuu