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Économie Politique Entreprises Place financière
juillet-août 2013
Commerce : les mutants du
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centre-ville Politique
Gouvernement: des lendemains qui déchantent
Économie
Énergie: au carrefour des dépendances
Entreprises
100 ans pour le Tageblatt, année zéro pour le Wort
Place financière
Fonds: un quart de siècle de succès
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éDITO
juillet-août 2013
Mike Koedinger, CEO de Maison Moderne ; Jean-Michel Gaudron, directeur de la rédaction, rédacteur en chef de paperJam
, r e g si n s a u h a c am va J e r d e n p pa L e mo
’il est bien un concept très en vogue ces derniers temps, c’est celui du changement. Entre ceux, toujours nombreux – à en croire les informations que nous recevons pour nos pages « C arrières » – qui changent d’employeurs ou, selon la formule consacrée, donnent un nouveau virage à leur parcours en vue de relever de nouveaux défis ; ceux qui changent leur stratégie d’affaires, leur logo, voire leur nom (bienvenue à Post Luxembourg, à Crestbridge…) ; ceux qui appellent à d’urgents changements de mentalités pour permettre au pays de rester ce qu’il est ; ceux qui envisagent de changer de gouvernement ; ceux qui le font (il n’est toujours pas acquis que le gouvernement en place à l’heure où nous clôturons cette édition de paperJam, vendredi 21 juin à 12 h, le soit encore au moment où vous tenez ce magazine dans vos mains)… « L e changement, c’est maintenant » , assénait dès janvier 2012 le candidat François Hollande, devenu président de la République française. Il n’y a donc rien de révolutionnaire en la matière. Simplement la volonté de sortir d’un immobilisme forcément néfaste à l’échelle d’un pays, d’un secteur, d’une société. Depuis sa création, en juin 2000, s’il est un reproche qu’on ne pourra pas faire à paperJam (sachant qu’on ne peut évidemment pas plaire à tout le monde), c’est bien celui de l’immobilisme. De manière quasi permanente, votre magazine n’a eu de cesse de se remettre en question pour être
S
toujours au plus près des attentes de son lectorat et du marché. Un magazine d’abord B2B dédié à ce qui s’appelait alors les nouvelles technologies, passé « magazine économique et financier » en 2001 ; un petit format devenu grand en janvier 2004 (avec un tirage passé de 5.000 à 20.000 exemplaires) ; un cahier unique devenu une publication en deux volumes en septembre 2008 ; un site internet et une newsletter quotidienne qui prennent du volume, faisant de paperJam une marque média forte audelà d’un seul support « print » ; une orientation éditoriale beaucoup plus « magazine » depuis 2012… À ces changements les plus visibles de l’extérieur, marquant des étapes clés dans la vie de paperJam, s’ajoutent évidemment d’autres évolutions, plus cosmétiques, parfois imperceptibles (et néanmoins réelles), mais permanentes, afin de toujours rester en phase avec son époque. Avec la confiance acquise de plus de 50.000 lecteurs par numéro (source TNS-Ilres), l’histoire de paperJam montre que ce mouvement perpétuel se révèle pertinent et trouve un écho favorable auprès de son lectorat et, pourquoi le cacher, de ses annonceurs. Le changement, ce sera aussi pour la prochaine rentrée, qui marquera la 14e saison du magazine (le numéro de la rentrée sera le 134e du nom). L’enquête de satisfaction en ligne que nous avons réalisée en cette fin de printemps, et à laquelle près d’un millier de lecteurs a répondu, mais aussi les nombreux échanges avec les professionnels de la communication, que ce soit du côté des agences ou des annonceurs, ont conduit au changement.
Maison Moderne, éditeur de paperJam, a décidé de décaler la parution de chacun de ses deux cahiers. paperJam restera bien un magazine mensuel en deux parties, mais proposera davantage de visibilité et de confort de lecture en séparant son « premier » cahier, cherchant toujours à porter un autre regard sur l’actualité économique et politique du pays, du « second » cahier, consacré aux différents métiers du management. Deux magazines en un, donc, chacun restant également en kiosques durant un mois entier. Dans la grande majorité des cas, ce décalage sera de deux semaines, parfois ramené à une, en fonction des vacances scolaires. Seule l’édition paraissant en décembre sera « double » comme elle l’est, habituellement, depuis septembre 2008. Au total, donc, de septembre 2013 à juillet 2014, ce sont donc pas moins de 19 parutions qui sont programmées, avec la volonté, une fois de plus, de satisfaire un lectorat toujours plus exigeant. Rendez-vous les 12 et 26 septembre prochains pour découvrir « les nouveaux » paperJam. D’ici là, nous vous souhaitons de passer d’excellentes vacances et de faire le plein de ressources et d’énergie pour aborder une nouvelle saison qui s’annonce, plus que jamais, passionnante. Juillet-Août 2013 —
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sommaire
07-08/ Sommaire 2013 www.paperjam.lu
On en parle
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14 Crise institutionnelle
Les lendemains qui déchantent Plus encore que la crise économique, la crise institutionnelle provoquée par les dérapages ahurissants de l’exécutif risque de compromettre l’avenir du pays. Ni plus, ni moins ! e & politiqu
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économie
28 Dépendance et développement durable
De l’énergie à revendre ou à reprendre
Plan national « climat », retard du Luxembourg par rapport aux plans européens, rapport du régulateur sur les prix de l’électricité et du gaz, coopération avec les pays voisins : la stratégie énergétique fait l’actualité… sans faire la Une. Pourtant, les enjeux sont énormes.
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36 Partenariat Université / Ville d’Esch-sur-Alzette
Le social business, voie d’avenir pour le Sud
La deuxième ville du pays ne se contente pas d’accueillir l’Université. Elle s’y engage, en finançant une chaire consacrée à l’entrepreneuriat et au management social.
COVERSTORY
40 Le commerce en ville
Changement de vitrines
En quelques années, le commerce à Luxembourg-ville a complètement changé de visage. Si l’arrivée de chaînes et franchises mondiales ne date pas d’hier, l’internationalisation et la concentration ont fait un bond en avant depuis moins de 10 ans. Un phénomène qui n’est pas sans s’accompagner d’effets collatéraux pas toujours désirés, tels les hausses considérables des loyers ou le renforcement du phénomène des « pas-de-porte ». Du coup, bon nombre de commerçants indépendants locaux ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. Certains se voient contraints de fermer ou de s’éloigner vers des rues moins fréquentées et moins prestigieuses. Ainsi, c’est tout le visage de la capitale qui est en train de muter.
44 Inventaire
Les nouveaux visages du commerce
Internationalisation, concentration, franchises, concurrence… Le commerce à Luxembourg connaît depuis quelques années des mutations sans précédent qui reflètent l’évolution de la société en général.
50 Immobilier
Allô maman, beaux baux
Au cœur de la capitale, les loyers du retail connaissent une hausse importante depuis quelques années. Les commerçants de petite et moyenne envergures craignent pour leur avenir. Dans le centre, les marques de luxe sont prêtes à mettre le paquet pour trouver l’emplacement idéal.
56 Contexte commercial
Loi du marché, importance de la politique
Avec un millier de commerces au centre de la capitale, les autorités communales peuvent recevoir bien des doléances. Les commerçants regardent avant tout vers l’avenir pour fidéliser un maximum de clients, dans une ville à vocation touristique. Juillet-Août 2013 —
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Gestionnaire de projets Content Marketing www.maisonmoderne.lu/jobs
Guillaume part.
Thomas reste.
Vous?
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07-08/ Sommaire 2013
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70 ENTREPRISE
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70 Médias 88 Start-up
De zéro à cent Technologie médicale
Alors que le Tageblatt fête ses 100 ans d’existence, le Wort est plongé en pleine révolution. Gros plan sur deux contextes très différents : Danièle Fonck, directrice d’Editpress, revient sur un siècle au cours duquel son journal, assure-t-elle, a contribué à influencer le paysage politique et sociétal du pays ; Erny Gillen, président du groupe Saint-Paul, estime pour sa part qu’il est temps de passer à l’action, que ce soit au sein de son groupe que pour le pays tout entier.
Neo Medical Systems, initialement vouée à l’unique d istribution de matériel médical high-tech, se tourne aujourd’hui vers le développement d’un écran 3D censé révolutionner la chirurgie mini-invasive. Son cofondateur, François Scalais, a même reçu le CYEL Award 2013. À Lire auss
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12 Agenda 76 Transports et logistique À suivre
Les routiers accusent le coût
La prochaine taxe poids lourds en France va encore un peu plus compliquer le ratio entre frais qui augmentent et prix jugés trop bas sur le marché. Les entreprises du secteur voient les choses avec différenciation au Luxembourg, carrefour logistique et hub stratégique.
82 Administrateurs
Le beurre dans les épinards
En attendant que les vacances arrivent, il se passera encore des choses au Luxembourg. Et après aussi !
122 Opinion
L’entreprise familiale, clé de voûte de l’économie Par Christiane Wickler, directrice du Pall Center
Contrairement à ce qu’indique la loi, les fonctionnaires représentant l’État aux conseils d’administration des sociétés dans lesquelles il a des participations encaissent, pour leur propre compte, les (souvent généreuses) rémunérations.
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07-08/ Sommaire 2013
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PLACE FINANCI
ère
90 Actu
En bref
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Communiqués, brèves, chiffres… les choix de la rédaction
95 + 100 Picture reports
Conférence Horizon et Young Tax Professional of the Year Award 96 Success story
DÉSIRS
103 Culture
Ainsi font 25 ans de fonds Un quart de siècle après avoir été le premier pays européen à Pour ne rien manquer
transposer la première directive Ucits, en 1988, le Grand-Duché a posé les jalons d’un formidable développement qui n’a pas fini de faire des envieux.
Les personnalités qui font l’actualité, les rendez-vous à ne pas rater, les films et les expositions à voir… Zoom sur l’exposition The Family of Man.
106 Gastronomie et commerce
Pour ne manquer de rien Top 5
lus es les plus des articl mai 20 u d .lu Jam sur paper 13 20 in au 20 ju
mbourg eau le Luxe e de nouv 3.495 vues Saint-Paul arrière chez 2/ Marche es 3.022 vu n entre vestigatio 3/ Cash In nciation no dé et ion introspect es vu 90 2.4 PKF ornton et 4/ Grant Th xembourg Lu au nt fusionne 2.061 vues rchberg lerie du Ki cède la ga 5/ Auchan es 1.741 vu
cibl 1/ France 2
Une recette danoise, des nouveaux bars et restaurants, des boutiques dans l’air du temps et de quoi bien vivre l’été… Utile ou futile : on vous dit tout.
112 Interview
Passion collection
Pendant deux ans, Hans Fellner et Andrés Lejona ont rencontré 50 collectionneurs luxembourgeois. Ils nous présentent leur livre qui rassemble ces témoignages en textes et en images.
114 Design Friends au Mudam
Style Watch
Un événement passé à la loupe des chasseurs de style.
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agenda
À suivre 7
02/0
Anniversaire, conférences…
Les fonds sur tous les fronts
International
L’été sera chaud pour l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement. Le 2 juillet, au Grand Théâtre, elle va célébrer en grande pompe son 25e anniversaire, coïncidant avec un quart de siècle de développement du secteur dans le pays (lire aussi en page 96). Une semaine après, ce sera l’heure du dernier volet de la série de conférences « Leading Edge » dédiée aux meilleures pratiques de mise en œuvre de la directive AIFM. Enfin, les 12 et 13 septembre, le Centre de conférences du Kirchberg accueillera l’édition 2013 de la Global Conference.
L’UE27 ne sera plus, à compter du 1er juillet. La Croatie fera officiellement son entrée au sein de l’Union européenne, plus de 10 ans après avoir officiellement présenté sa candidature, en février 2003. En janvier 2012, la population croate, consultée par référendum, avait approuvé à 66 % l’adhésion du pays, mais seuls 44 % des électeurs avaient pris part au vote. Luxair opère des vols quasi quotidiens vers Zagreb, alors que Dubrovnik (photo) fait partie des destinations LuxairTours. Le même jour, la Lituanie prendra la présidence du conseil de l’Union européenne pour une durée de six mois.
Le jour du vernissage, les auteurs du livre seront présents, ainsi que les 50 collectionneurs réunis pour cette exceptionnelle occasion. Lieu : CarréRotondes Organisation : CarréRotondes Infos : www.rotondes.lu ; www.maisonmoderne.lu
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de 18 h30 à 19
Conférence
BYOD : dangers et opportunités
— Juillet-Août 2013
Le phénomène du « Bring your own device » (BYOD), par lequel les entreprises autorisent (voire incitent) leurs salariés à utiliser leurs propres terminaux de communications (smartphones, tablettes…) à des fins professionnelles, est désormais suffisamment répandu pour mériter de s’y intéresser de près. Deux juristes du cabinet d’avocats Allen & Overy (Gilles Dall’Agnol et Catherine Di Lorenzo) détailleront ainsi les aspects financiers, légaux et de sécurité liés à cette pratique. Lieu : Allen & Overy – 33, avenue J.-F. Kennedy au Kirchberg Organisateur : BCC Infos : www.bcc.lu
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716/008 / 30 Finances
Résultats semestriels
Photo : archives paperJam
Luxembourg Collecting, ce sont 50 portraits de collectionneurs recensés par Hans Fellner (textes) et mis en situation par Andrés Lejona (photos, lire aussi en page 112-113). Un travail long et méticuleux, qui a demandé une minutie à la hauteur de celle déployée par ces collectionneurs pour amasser leurs trésors. Le fruit de ce travail se retrouve dans une exposition qui se tiendra les jeudis 4, 11 et 18 juillet 2013, de 18 h à 23 h et où se mêleront photos et objets de collection.
Photo : Licence CC
Luxembourg Collecting
Design Friends
Déjà la 5e saison pour l’asbl Design Friends, dont le but est de fédérer, au Luxembourg et dans la Grande Région, des personnes intéressées par le design, de promouvoir l’échange créatif et, plus largement, d’inciter à la réflexion. Conférences et événements autour de toutes les sortes de design seront encore au rendez-vous tout au long de la saison 2013-2014. Lieu : Fondation de l’Architecture + Exit 07 Organisateur : Design Friends Infos : www.designfriends.lu
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Vernissage
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1er janvier, c’est même le moment de publier les résultats semestriels, toujours attendus par les analystes financiers et… les actionnaires. Le premier à le faire sera BIP Investment Partners dès le 16 juillet. SES sera la seule autre société à publier ses chiffres en juillet (le 26). Tous les autres étaleront leurs communications en août, du 1er (ArcelorMittal) au 30 (Luxempart et SEO), en passant par le 22 (RTL) et le 23 (Foyer).
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Photo : Jessica Theis (archives)
Photo : Licence CC
Photo : archives paperJam
L’UE passe à 28
Pas de break estival pour les informations financières des sociétés cotées en Bourse. Pour celles dont l’année fiscale commence au
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Vive les vacances !
Photo : DR
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Tour d’horizon des événements à ne pas manquer dans les prochaines semaines au Luxembourg. Séminaires, conférences, séances académiques…
Selon le calendrier officiel des congés scolaires, les congés d’été débuteront le mardi 16 juillet. Ils finiront le samedi 14 septembre 2013. Ceux qui profiteront, jusqu’au bout, de leurs vacances trouveront à leur retour la prochaine édition de paperJam, qui paraîtra le 12 septembre. La dernière séance publique à la Chambre des députés, elle, est prévue pour le 11 juillet.
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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière
n on ele par
Crise institutionnelle
Les lendemains qui déchantent Plus encore que la crise économique, la crise institutionnelle provoquée par les dérapages ahurissants de l’exécutif risque de compromettre l’avenir du pays. Ni plus, ni moins ! Texte Marc Gerges Photos Christophe Olinger
— Juillet-Août 2013
actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière
es multiples affaires nauséabondes qui secouent actuellement les institutions du pays (n’)ont (toujours pas) contraint le gouvernement à démissionner. Au moment de boucler cette édition de paperJam, le gouvernement avait franchi, avec succès, le premier obstacle majeur. Accusé, entre autres par le procureur général, de s’être immiscé dans les affaires courantes de la justice pour influencer une enquête, l’ancien ministre de la Justice Luc Frieden a dû son salut au parti socialiste qui n’a pas voté la motion de défiance présentée par le parti libéral et celui des verts le 13 juin. Mais, au vu des affaires toujours en cours – des révélations quasi quotidiennes sur les actions du Service de renseignement de l’État (SREL) aux divulgations sur l’entrave à la justice dans le cadre du procès dit « Bommeleeër », en passant par le comportement du moins étrange de certains hauts dignitaires de l’État – cela ne semble être que partie remise. En fait, ce serait même plutôt une surprise si, au moment de lire ces lignes, le gouvernement était toujours en place.
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Exécutif complice ou en perte de contrôle ?
Elle est longue, trop longue même, la liste des affaires en cours qui, de surcroît, s’alimentent mutuellement de nouveaux épisodes à un rythme effréné. Au début – et au centre des affaires – se trouve la série d’attentats à la bombe qui a tenu en haleine le paisible GrandDuché entre 1984 et 1986. Il fallut 30 ans, et l’acharnement de l’actuel procureur général d’État (il était procureur d’État à l’époque), pour que l’affaire soit traitée devant les juridictions, par le biais de deux accusés, deux anciens membres de l’unité d’élite de la police grand-ducale. L’instruction de l’affaire dite « Bommeleeër » avait été dès ses débuts sabotée par ces mêmes instances publiques qui étaient chargées de la superviser. Rapidement, un nombre impressionnant de rumeurs et de théories les plus disparates quant aux auteurs et à la finalité des attentats avait alimenté les conversations de café. Bien sûr, ces rumeurs tournaient autour de deux piliers : le fait que des « gens importants », « des notables » soient mêlés à l’affaire et, aussi, que « jamais la lumière ne sera faite sur l’affaire ». Mais lorsque le procureur d’État de l’époque, Robert Biever, décida, aux alentours du changement de millénaire, de rouvrir le dossier, il ouvrit en même temps – consciemment ou non, la question reste posée – une véritable boîte de Pandore de laquelle sortirent pêle-mêle des agents secrets, des blanchisseurs d’argent, des immiscions malveillantes perpétrées par de hauts dignitaires de l’État, des rumeurs infondées fabriquées de toutes pièces par le service de renseignement, etc. L’État de Droit est continuellement piétiné par l’arrogance du pouvoir en place
Des révélations qui s’avèrent plus incroyables les unes que les autres, laissant incrédules les observateurs devant la gravité des agissements divulgués et tendant à une première conclusion : celle de l’échec de la politique, voire du politique. Car soit le pouvoir exécutif – avec le soutien d’une partie du pouvoir législatif et de quelques éléments du pouvoir
La crise politique met à mal les institutions de la démocratie.
judiciaire – est carrément complice ou partie intégrante de ces malversations, soit il a complètement perdu le contrôle sur les affaires de l’État. Pour les faits, deux anciens policiers, membres de la brigade mobile d’intervention, le corps d’élite des forces de l’ordre, sont actuellement accusés d’être parmi les auteurs des attentats à la bombe. Mais dans le cadre de ce procès, qui en est à sa 60e séance en cette fin juin (et qui est loin d’être terminé), il est apparu que « quelque chose est pourri dans le Grand-Duché de Luxembourg » pour paraphraser Shakespeare et son Hamlet. Ce constat va malheureusement beaucoup plus loin que l’hypothèse de base qui veut que les poseurs de bombes soient à rechercher parmi les forces de l’ordre, et qu’ils aient agi avec l’aval politique de quelques détenteurs du pouvoir en place à l’époque. L’énumération, sans ordre défini, de quelques-unes des révélations donne une idée de l’envergure des affaires et ne manque pas de faire froid dans le dos : - le directeur des Services de renseignements a enregistré à plusieurs reprises, et de manière illégale, ses conversations avec le Premier ministre qui est, de surcroît, son supérieur hiérarchique ; - de prétendus enregistrements d’entretiens entre le Grand-Duc et le Premier ministre circulent sous le manteau, sans que le SREL n’arrive à en décrypter le contenu ; - les agents du SREL ont pu agir pour leur propre compte, sans contrôle hiérarchique apparent, s’adonnant ainsi à des trafics de voitures, des enrichissements personnels, mais aussi, plus grave, à des actions de renseignements isolées, dont on ne connaît ni la finalité ni le commanditaire ; - des membres du SREL ont inventé, de toutes pièces, un dossier sur la prétendue pédophilie du procureur général d’État et d’autres personnes, de manière à ce que le procureur général d’État se voit contraint de tenir une conférence de presse pour nier les rumeurs savamment distillées ; - des membres du parti CSV ont fait du lobbying auprès de la presse pour qu’elle se fasse le relais des accusations de pédophilie contre le procureur général d’État ; - auparavant, le procureur général d’État avait confirmé l’information que le ministre de la Justice de l’époque Luc Frieden avait exercé une « pression diplomatique » pour que l’enquête « Bommeleeër » soit enfin classée, cette information ayant par la suite été corroborée par d’autres magistrats ainsi que les enquêteurs eux-mêmes ; - la direction de la police a exercé une pression directe sur les enquêteurs de l’affaire « Bommeleeër » pour que l’affaire soit classée ; - des membres du SREL ont fondé, depuis l’intérieur du SREL, une société privée d’intelligence et de renseignements économiques, avec l’octroi d’une aide structurelle et financière publique ; - des agents du SREL ont effectué, sans autorisation, des écoutes illégales visant, entre autres, l’oligarque russe Alexander Lebedev ; - le SREL possède, à côté de ses archives « officielles », des archives secrètes ; - des membres du SREL ont fait effectuer des observations sur les enquêteurs de l’affaire « Bommeleeër » ; Juillet-Août 2013 —
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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière
- l’implication, selon l’ancien président de la Cour des comptes Gérard Reuter (destitué manu militari en 1999, sans mention des faits reprochés) du SREL et autres dignitaires dans des affaires de blanchiment d’argent, notamment en ce qui concerne la fortune de l’ancien dirigeant du Congo-Brazzaville Pascal Lissouba ; - la prise en charge par le SREL du loyer de ce même Gérard Reuter, sans explication quant au pourquoi ; - la liste n’est pas exhaustive… Deux constats, factuels, s’imposent d’office à la lecture de ces épisodes. D’une part, le SREL travaillait à son propre compte, comme bon lui semblait, en dépassant clairement ses compétences légales et ce, sans que l’exécutif politique ne s’en rende compte, ou veuille s’en rendre compte. D’autre part, l’affaire « B ommeleeër » implique, de manière directe ou indirecte, nombre de services étatiques, et il semble que, pour empêcher les enquêteurs à instruire l’affaire, de sombres pouvoirs aient mobilisé toutes les forces disponibles – ministres, dignitaires politiques, hiérarchies administratives, et même les services secrets. Les ingrédients pour une profonde crise des institutions de l’État sont en tous les cas bien là, sans que le gouvernement en place sache se soustraire de la responsabilité politique qui lui incombe. La démission du gouvernement devient ainsi inéluctable, peu importe qu’il le fasse de son propre gré ou que cela doive se faire à la suite d’un autre vote de défiance de la part du Parlement. Adieu stabilité et prévisibilité
Les conséquences de cette affaire, ou plutôt de ces affaires, sont désastreuses pour l’image du Luxembourg, et vont indéniablement nuire à l’attractivité de la place financière et économique. Le grand déballage qui, jusqu’à maintenant, n’a été que moyennement suivi par la presse internationale, intervient juste après que le ministre des Finances ait semé le doute au sein des investisseurs étrangers en déclarant coup sur coup, dans des interviews diverses, la fin du secret bancaire et l’extension de l’échange automatique d’informations aux entreprises, prenant de court les acteurs de la place dans leur communication avec leurs clients. Auparavant, l’introduction de nouveaux impôts aux entreprises et la hausse de certains impôts commerciaux, annoncés dans le cadre du budget 2013, avaient déjà refroidi plusieurs cabinets d’avocats spécialisés dans l’optimisation fiscale des sociétés. Indépendamment de la légalité ou de la moralité des mesures ainsi annoncées, c’est la manière de procéder – sans concertation antérieure avec les professionnels du secteur, sans véritable stratégie de communication – qui a interpellé. Car c’est en fin de compte l’effet-surprise des déclarations de Luc Frieden qui a mis à mal la garantie de « prévisibilité fiscale » qui fait partie du fonds de commerce de la place. Un autre épisode – avec au centre à nouveau Luc Frieden – a aussi laissé des traces, émettant des doutes sur la fiabilité du Grand-Duché dans les affaires. Il s’agit du deal entre l’État luxembourgeois et Qatar Airways pour le rachat de la participation étatique dans Cargolux. Tout d’abord, la transaction fut bouclée à la va-vite par le ministre, sans qu’il — Juillet-Août 2013
La confiance en la politique se délite.
Commentaire
Liberté, quand tu nous sers À croire que les dignitaires politiques du CSV ont un besoin urgent de cours d’expression orale et de rhétorique. Tout d’abord, l’ancien ministre de la Justice et actuel ministre des Finances, Luc Frieden, a dû à plusieurs reprises expliquer qu’il avait été mal compris. Non, en répétant inlassablement la même question « Est-ce que vous n’avez vraiment rien d’autre à faire ? » au procureur, il n’a pas voulu que ce dernier lâche l’enquête « Bommeleeër ». Ensuite, Michel Wolter, président du CSV, interpelle publiquement nos confrères de la Radio socioculturelle à la Chambre des députés, les encourageant à passer outre leur devoir de protection des sources, pour prouver ainsi que son parti n’a pas fourni des informations à la presse. Le lendemain, dans une déclaration alambiquée, Michel Wolter a fait valoir qu’il avait été mal compris et qu’il était en faveur de la liberté de la presse. Lors de leurs mises au point respectives, MM. Frieden et Wolter ont déclaré être des victimes : la « mauvaise compréhension » de leurs propos n’était qu’une tactique employée par l’adversaire politique pour « les détruire ». Du coup, ils mettaient tous deux en cause le travail de la presse. Retourner ainsi l’argument, en se déclarant victime, fait montre d’un calcul qui frôle l’arrogance. Car Michel Wolter et Luc Frieden sont des gens trop intelligents pour qu’ils puissent s’exprimer de manière ambiguë sur des sujets qu’ils savent délicats. Mais il faut être très sûr de son pouvoir pour s’afficher de la sorte. Ce qu’il reste, malheureusement, c’est la mise en cause d’un excellent travail de presse, avec une mention spéciale pour la Radio socioculturelle et le Lëtzebuerger Land, qui a permis de divulguer les secrets nauséabonds du pouvoir en place, et qui relèvent pour leur quasitotalité du parti chrétien social. L’agressivité, avec laquelle Michel Wolter essaye d’intimider la presse, tout en se présentant comme victime au grand public, n’est pas compatible avec la liberté de la presse. À moins que ce ne soit « sa » liberté de parole qu’il ait invoquée. M. G.
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Sauf surprise, le gouvernement n’aura pas réussi à se maintenir jusqu’aux élections de mai 2014.
y ait eu concertation entre actionnaires en ce qui concerne le prix ou la stratégie future de la compagnie de fret aérien. C’est justement de ce vide au niveau des conditions de la transaction et de la stratégie future de Cargolux qu’est née la confrontation ouverte entre les actionnaires luxembourgeois et qatari. L’échec, c’est-à-dire le rachat plus ou moins forcé de la participation qatarie par l’État luxembourgeois, a eu un écho retentissant dans le monde (international) des affaires.
sera le prochain gouvernement, quel sera son programme ni quels seront les interlocuteurs – les dégâts causés étant trop importants pour tourner la page rapidement. Il y eut, en début d’année, un épisode qui n’a pas été médiatisé outre mesure, mais pour lequel paperJam.lu avait établi un rapprochement et déjà anticipé ces lendemains qui déchantent. Suite à la révélation de sa mise sur écoute par son propre service de renseignement, Jean-Claude Juncker avait annoncé qu’il ne prolongeait définitivement pas son mandat de chef de l’Eurogroupe. Cette annonce La question de confiance se pose peut aussi être vue comme un retrait de confiance de la aussi au niveau des affaires part de ses acolytes européens, peu amusés à l’idée que les sbires luxembourgeois enregistrent leurs discussions Si ces différents épisodes ont ébranlé la confiance des stratégiques sur le sauvetage de l’euro pour le compte investisseurs étrangers – et les discussions à ce sujet vont d’on ne sait qui…. bon train dans les milieux concernés – le coup de grâce Que nombre des frasques du SREL aient affaire risque d’être apporté par la fin de la stabilité politique à des missions économiques – à l’exemple de celle au d’antan légendaire du Grand-Duché. Car les raisons de Kurdistan organisée sur initiative du SREL – ou ciblent l’attendue démission du gouvernement, alors que le pays directement des investisseurs – la mise sur écoute illégale est toujours en train de chercher la sortie de la crise et d’Alexander Lebedev –, sans connaître l’agenda des s’empresse à minimiser l’impact de cette dernière sur protagonistes ni les bénéficiaires finaux de ces actions, les finances publiques, sont difficilement communicables aggrave ce sentiment d’insécurité et d’instabilité. à l’étranger. Et ce, d’autant plus que l’affaire Il nuit évidemment aussi profondément à la va probablement être largement médiatisée, réputation du pays. ne serait-ce qu’à cause de la popularité Au moment où le gouvernement est en train européenne du Premier ministre Jean-Claude de redynamiser son groupe d’action Juncker, le chef de gouvernement inamovible interministériel devant définir une image C’est l’image positive du Luxembourg, la crise qui symbolise à lui seul la stabilité du pays et son destin européen. de tout un pays institutionnelle va peut-être changer la L’échec du gouvernement se résumera au mission de chacun : au lieu de se défendre qui patine. constat que le pouvoir en place a perdu le contre les allégations d’être un paradis fiscal, contrôle sur les affaires, et donc sa capacité il faudra contrer l’image d’un État morbide et, à diriger le pays. Un constat qu’il sera très en fin de compte, corrompu. Ce qui est difficile à contrer. Pire, nul ne saura dire quel autrement plus difficile. — Juillet-Août 2013
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économie & Politique
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Mobilité
Le carsharing en ville à la rentrée
Photo: Olivier Minaire (archives)
Initialement espéré fin 2011, mais retardé pour des raisons juridiques, le système de carsharing – location de courte durée de véhicules automobiles – pourrait être opérationnel à Luxembourg-ville dès la rentrée de septembre, à l’occasion de la semaine de la Mobilité (du 16 au 22 septembre). Le premier échevin de la capitale, le Vert François Bausch, a indiqué à paperJam.lu que les appels d’offres avaient été lancés courant mai. « Dans tous les cas, nous serons prêts pour la fin de l’année », prévient-il. Il ne s’agit pas d’un simple « copié-collé » du système Vel’Oh déjà existant. « C’est un marché compliqué, qui évolue énormément, avec de nouvelles idées, de nouvelles conceptions qui apparaissent tous les six mois », note-t-il. D’où la volonté de la Ville d’opter pour un cahier des charges orienté seulement sur les besoins, très ouvert au regard des avancées techniques. « C’est la raison pour laquelle nous avons choisi de recourir à une procédure d’appel d’offres européenne. Il nous est possible de négocier avec les prestataires consultés, une fois que leurs offres ont été formulées. » Au Luxembourg, le sujet commence à intéresser beaucoup de monde. City Mov’ (filiale d’Enovos) et le groupe Schuler viennent, pour leur part, d’annoncer un partenariat en matière de carsharing électrique disponible « très prochainement ».
Le procès en appel sur le plan civil du crash, en 2002, du Fokker de Luxair
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se tiendra du 16 au 20 septembre prochain. La société de développement Agora annonce que 270.000 m2 (soit 20 %) du projet Belval ont déjà été réalisés et que 40 % le seront en 2015.
Niveau de vie
Dopé aux transferts sociaux Deux récentes publications du Statec indiquent que la qualité du niveau de vie moyen au Luxembourg est largement soutenue par l’importance des prestations sociales en espèces et en nature. Le revenu disponible par habitant mesuré en 2011 était de 31.000 euros, supérieur de 65 % à la moyenne de l’UE27 et de 4,2 % au niveau mesuré en 2006. Mais l’office national de statistiques a mesuré que le total des transferts sociaux en nature (remboursement pour des soins de santé ou des produits pharmaceutiques, transferts en nature liés à l’enseignement, par exemple) atteignait 8.350 euros par habitant au Luxembourg, augmentant ainsi le revenu disponible ajusté par habitant de 27 % à environ 39.300 euros.
Biltgen à la CJUE
Un petit pas de plus François Biltgen se rapproche un peu plus de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). L’ancien ministre multi-maroquin, qui avait démissionné de ses fonctions en mai, a en effet réussi son grand oral devant le conseil des sages de l’institution. Un avis positif a été envoyé à la représentation luxembourgeoise auprès de l’UE à Bruxelles. Il reste néanmoins une dernière étape, et non des moindres, à franchir pour que M. Biltgen réalise son « rêve » en devenant juge à la CJUE : un vote à l’unanimité des 27 États membres à une date qui reste encore à déterminer. Elle devrait l’être, en l’occurrence, par l’actuelle présidence irlandaise qui s’achèvera le 30 juin prochain, avant que la Lituanie ne prenne le relais. Elle ne l’était pas encore à l’heure où nous clôturions cette édition.
« Le Luxembourg doit adapter son modèle de compétitivité face à un environnement changeant. » Conclusion de l’institut suisse IMD, qui a publié son 25 e classement international de la compétitivité, dans lequel le Luxembourg poursuit son recul (lire en page 23).
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Coût de la vie
Fléchissement de l’inflation
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Photo : David Laurent (archives)
Dans son analyse des prix à la consommation pour le mois de mai, le Statec observe un fléchissement de l’inflation. L’indice des prix à la consommation a cédé 0,22 % par rapport à avril, s’affichant à 1,65 %, soit « nettement sous la barre des 2 % et ce, pour le troisième mois consécutif », note l’institut statistique. À noter la mise en ligne, sur le site du Statec, d’un très instructif calculateur d’inflation, avec comparaison d’années et évolution des valeurs dans le temps.
Aéroport de Luxembourg
Fréquentation en hausse continue
% 3 2 +
L’année 2012 a constitué un nouveau record de fréquentation du terminal passagers au Findel. Selon les statistiques fournies par lux-Airport, la hausse a été de plus de 7 %, avec un nombre de passagers recensé de 1,92 million. Sur les trois dernières années, la hausse de fréquentation de l’aéroport a été de plus de 23 %.
Recherche publique
Le FNR ne chôme pas
49,6 Mios Le Fonds national de la recherche a, en 2012, évalué quelque 890 propositions de projets. Il a accordé des financements à 57 projets de recherche, à 149 jeunes chercheurs pour leur formation et à 241 projets ayant demandé des subventions. Au total, le FNR a engagé 49,6 millions d’euros.
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Allocations d’études
La Cour fait un pied de nez à l'État Le jeudi 20 restera une date marquante pour tous les frontaliers dont les enfants font des études supérieures. La Cour de justice de l’Union européenne a en effet décidé de leur donner raison, dans leur longue lutte contre l’État luxembourgeois. Même s’ils n’étaient pas tous sûrs de devoir y croire, les supporters des non-résidents ayant porté l’affaire jusque-là ont laissé éclater leur joie. L’arrêt de la Cour est clair : ne pas accorder l’aide financière aux études aux non-résidents est une discrimination. Et les raisons invoquées pour mener à ce processus de refus relevaient de l’excès, de la part du législateur luxembourgeois. Une semaine avant cet arrêt très attendu, les recours s’étaient encore accumulés, par centaines, devant le tribunal administratif de Luxembourg, pour faire face au refus réitéré du Cedies d’allouer les aides financières aux étudiants du supérieur non-résidents. Déposés par les syndicats, des groupements de frontaliers ou des particuliers, ces paquets considérables de recours étaient gelés dans l’attente de la réponse formulée par la CJUE à la question préjudicielle, posée par le tribunal administratif. Outre la décision et la levée d’un premier suspense, il reste des arguments de fond. Celui principalement avancé par les syndicats, à savoir que l’aide financière aurait tous les attributs d’une prestation familiale – remplaçant l’allocation familiale, elle serait alors due sans exception aux travailleurs frontaliers – n’a pas encore été vraiment abordé. L’élément clé reste la position de la Commission face aux plaintes introduites en direct, et qui décidera si une procédure d’infraction au droit communautaire est engagée ou non. Cela étant, l’arrêt actuel de la Cour de justice de l’UE, véritable pied de nez à la loi Biltgen, marque un jalon important. Le tribunal administratif de Luxembourg ne pourra que donner raison aux plaignants. L’État devra revoir sa position. Ou aller en appel de la décision administrative, pour retarder l’échéance.
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Recrutement
Développement durable
Université cherche recteur
Neobuild sort de terre
À la tête de l’institution depuis 2005, Rolf Tarrach, 65 ans, n’effectuera pas de troisième mandat comme recteur de l’Université du Luxembourg. Il entend néanmoins poursuivre sa carrière à l’Uni comme professeur de physique pendant trois ans. Le cabinet de recrutement britannique Perrett Laver a été mandaté pour lui trouver un successeur. Le choix final sera validé par le conseil de gouvernement. ITM
Visuel : Neobuild
Communication new look
Le futur bâtiment proposera un « show-room » grandeur nature pour y présenter de nouveaux produits ou techniques.
Le pôle d’innovation technologique de la construction durable, Neobuild, créé dans le cadre de la loi RDI du 5 juin 2009, va bientôt disposer d’une vitrine grandeur nature. Le 4 juin, le ministre de l’Économie et du Commerce extérieur, Étienne Schneider, a en effet procédé, sur la zone d’activités Krakelshaff à Bettembourg, à la pose de la première pierre du Neobuild Innovation Center, bâtiment semi-expérimental et laboratoire vivant qui préfigurera de ce que seront les constructions nouvelles à l’horizon 2020. Ce bâtiment à énergie positive, offrant quelque 2.100 m2 de surfaces, accueillera, dès 2014, des industriels à la recherche de locaux et fonctionnera en partie comme un business center. Il permettra également la mise en place de monitorings très pointus pour tester les impacts, positifs ou négatifs, de certaines technologies. En outre, une partie « s how-room » grandeur nature permettra aux industriels de faire des démonstrations concrètes de leurs produits et innovations. Un outil précieux, donc, dans la perspective du 1er janvier 2017, date à laquelle toutes les nouvelles constructions d’habitation devront respecter le standard « maison passive ».
Luxinnovation
Un nouveau directeur en vue Un an après le remplacement de son président historique Marco Walentiny (par Raymond Schadeck) et le départ de sa non moins historique secrétaire générale Isabelle Schlesser, aujourd’hui à la tête de l’Adem, l’Agence nationale pour la promotion de l’innovation et de la recherche Luxinnovation est désormais en quête d’un nouveau directeur. Gilles Schlesser, 45 ans, entré au sein du GIE dès sa création en 1999 en tant que secrétaire général et nommé à sa tête en 2007, quittera en effet ses fonctions au 1er septembre. Il prendra la direction du guichet logistique unique Single Window for Logistics Luxembourg.
Pour annoncer le changement de direction (le directeur adjoint Robert Huberty succède à Paul Weber, en poste depuis 25 ans) et présenter son nouveau site internet, l’Inspection du travail et des mines a sollicité les services d’une agence de presse suisse, eGlob.TV, pour mettre en œuvre une conférence de presse interactive. Diffusée en direct sur internet, cette conférence d’un genre nouveau a été présentée comme « la première organisée par un gouvernement en Europe ». Étude IMD
Le Luxembourg un peu moins compétitif La 25e édition du classement mondial de la compétitivité, établi par l’institut suisse IMD, fait état d’un recul du Grand-Duché, qui passe de la 12e à la 13e place, sur un total de 60 pays classés. Les critères où le Luxembourg est le moins bien positionné concernent la politique fiscale et les « attitudes et valeurs » en matière de business (34e position), les prix et le marché de l’emploi (29e). L’efficacité du gouvernement est également montrée du doigt, en recul pour la 3e année consécutive, chutant de la 12e place à la 16e (comparé à la 6e place en 2010). Comparant la situation de 2013 à celle de 1997, date à laquelle son étude est devenue « globale », IMD classe le Luxembourg parmi les « perdants », c’est-à-dire les pays qui reculent d’au moins 5 places (le Grand-Duché était 8e en 1997 et était monté jusqu’à la 2e place en 2003).
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Photo : archives Delano
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Télécoms
Stabilité pour les opérateurs
Photo : Jessica Theis
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Salon B2B
Les GR Business Days ont fait le plein Plateaux TV, représentants politiques, stands hauts en couleur… la Chambre de commerce avait vu grand pour la deuxième édition de son salon d’affaires, les GR Business Days organisés à Luxexpo. Avec quelque 180 exposants, l’événement a, en tous les cas, confirmé sa raison d’être : favoriser les contacts professionnels au sein de la Grande Région. La première journée, le 12 juin, a notamment permis aux élus et représentants des instances économiques de faire part de leur vision pour l’espace transfrontalier. Les différentes déclarations ont ainsi reflété le souci d’avancer concrètement sur des dossiers rencontrant l’intérêt collectif, comme la mise en place de cursus universitaires communs. Pour le bourgmestre de Luxembourg, Xavier Bettel, « les villes doivent jouer pleinement leur rôle dans cet espace ». Un point de vue rejoint par celui du ministre de l’Intérieur et à la Grande Région, Jean-Marie Halsdorf, précisant que « la Grande Région doit être composée d’un réseau de villes performantes », autrement dit une
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région métropolitaine polycentrique transfrontalière. Un concept reflétant le besoin de chaque partie prenante de peser dans le destin de cet espace où les avancées sont variables, en fonction des prérogatives de chacun. « Je suis ravi de constater que des progrès sont effectués du côté français à Esch-Belval », a noté M. Halsdorf. En se promenant dans les travées du village des start-up, le visiteur pouvait par ailleurs être rassuré quant à la créativité des entrepreneurs. Des énergies alternatives aux solutions médicales, les auteurs de projets innovants comptaient sur le salon pour recevoir des feed-back en direct de la part d’un public multiculturel, à l’image de l’espace transfrontalier. Le succès de cette seconde édition appelle d’ores et déjà un nouveau salon l’an prochain au sein duquel la notion de « clustering », regroupant acteurs publics et privés autour d’un domaine clé pour l’économie, devrait figurer en bonne place, tant il apparaît que la démarche est importante pour les quelque 400.000 entreprises qui peuplent la Grande Région.
Selon les statistiques de l’Institut luxembourgeois de régulation (ILR), le chiffre d’affaires global généré par les quelque 135 opérateurs agréés s’est élevé à 513,3 millions d’euros en 2012. Un montant à peine supérieur (+0,38 %) à celui enregistré en 2011. La ventilation de ces revenus montre, en revanche, des évolutions très différentes. Les revenus des services sur réseaux fixes reculent de 5,77 % à 227,1 millions d’euros. Normal : le nombre d’abonnés à un service de téléphonie fixe est passé de 280.000 à 269.000 (-4 %) et le nombre de minutes d’appels vocaux a fléchi de 1,6 % à 875,6 millions. À l’inverse, les revenus mobiles continuent leur progression observée d’année en année. Ils ont atteint, en 2012, pas moins de 286,2 millions d’euros (+5,80 %). Le Luxembourg comptait, au 1er janvier 2013, pas moins de 762.000 abonnés aux réseaux de téléphonie mobile, ce qui est sensiblement le même niveau que l’année précédente. Les chiffres relatifs au trafic sont tous orientés à la hausse : +8,13 % pour le nombre de minutes « sortantes » (993,37 millions), +6,04 % pour le nombre de SMS (982,3 millions) et +149 % (à 4.673 Tbytes) pour ce qui est du trafic de données mobiles. « Un utilisateur sur deux utilise son téléphone mobile pour accéder à internet », note l’ILR.
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GR Business Days
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Ouverture, le 12 juin 2013, de la 2e édition du salon dédié à la Grande Région, qui a attiré près de 200 exposants à Luxexpo.
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Photos Jessica Theis 01. Eveline Lemke (vice-ministreprésidente de Rhénanie-Palatinat)
05. Paul Arker (CCI de la Région Lorraine) et Xavier Bettel (bourgmestre de la Ville de Luxembourg)
02. Rafik Fischer (ABBL / Chambre de commerce), Jean-Michel Collignon (Luxexpo) et Carlo Thelen (Chambre de commerce)
06. Zeng Xianqi (ambassadeur de Chine)
03. paperJam.TV en action 04. Sabah Chraibi (présidente de l’association nationale ESPOD, Maroc)
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07. Sarah Macri (Maison Moderne)
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08. Pierre Gramegna (Chambre de commerce) 09. Caroline Fedrigo (CRP Henri Tudor)
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Dépendance et développement durable
De l’énergie à revendre ou à reprendre Plan national « climat », retard du Luxembourg par rapport aux plans européens, rapport du régulateur sur les prix de l’électricité et du gaz, coopération avec les pays voisins : la stratégie énergétique fait l’actualité… sans faire la Une. Pourtant, les enjeux sont énormes, vu l’actuelle dépendance que connaît le pays. Toute l’économie est concernée. Le tournant, c’est maintenant ! Texte Alain Ducat Photos Luc Deflorenne
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ien de plus simple que d’appuyer sur le bouton. Mais, derrière la prise, il y a tout un monde. Une galaxie complexe, surtout depuis la libéralisation du secteur de l’énergie, où se croisent, se concurrencent ou s’allient producteurs, gestionnaires de réseaux, fournisseurs et clients. Dans tous les cas, l’important, c’est la sécurité d’approvisionnement, ce qui fait en sorte, tout simplement – à première vue, c’est simple ! – que chacun, entreprise ou particulier, puisse fonctionner et répondre à ses besoins sans interruption, sans baisse de charge, sans danger ni perte. Si possible en ne se ruinant pas et en ne nuisant pas trop à la planète… Les enjeux sont colossaux, notamment sur un plan économique. Mais la situation du Luxembourg est, comme souvent eu égard à sa taille qui n’a rien à voir avec son poids socioéconomique, paradoxale. Schématiquement, le Luxembourg est ultra dépendant de l’étranger pour son approvisionnement en énergie. Pourtant, il y a de grosses unités de production (d’électricité en l’occurrence) sur le sol luxembourgeois, mais cette production est destinée aux réseaux voisins… — Juillet-Août 2013
Il y a, d’une part, le barrage de Vianden, une centrale hydroélectrique gérée par la SEO (Société électrique de l’Our) et d’autre part, la centrale TGV de Twinerg (Groupe GDF Suez). Le courant de pointe produit à Vianden est injecté dans le réseau allemand de RWE. C’est de là aussi que provient l’électricité nécessaire aux pompes. C’est un partenariat (stratégique et financier) historique : il remonte à 1963 et au contrat de fourniture d’électricité entre le gouvernement luxembourgeois, SEO et RWE, permettant de garantir l’approvisionnent en électricité du réseau luxembourgeois. Ce contrat a été remplacé et élargi suite à la libéralisation du marché de l’électricité. L’État luxembourgeois et le groupe énergétique allemand RWE Power sont les plus gros actionnaires (40,3 % chacun) de la SEO. La centrale Twinerg, à Belvaux, a ses écrans entièrement tournés vers la Belgique, d’où sont venus les investisseurs à la base. En 1995, l’appel d’offres européen lancé par le gouvernement luxembourgeois et l’Arbed (aujourd’hui ArcelorMittal) pour créer une centrale TGV (turbine gaz vapeur) était remporté par le groupe Tractebel (intégré à GDF Suez). La centrale a été mise en service
en 2002. Twinerg, société luxembourgeoise, est aux mains d’Electrabel GDF Suez (65 %), d’Enovos (17,5 %) et d’ArcelorMittal (17,5 %). Et la TGV envoie ses mégawatts vers le poste de distribution électrique d’Aubange, à la frontière belge. C’est un exemple de plus d’une interconnexion de réseaux qui se manifestent dans tous les sens. Car c’est aussi de là qu’arrive la ligne Sotel (dépendant d’ArcelorMittal et destinée à l’alimentation de l’aciérie électrique), en renfort de connexion pour le gestionnaire du réseau luxembourgeois Creos (du groupe Enovos). Lequel s’appuie, plus largement, sur les réseaux allemands pour alimenter l’épine dorsale électrique du Luxembourg… Un décor très complexe
Mais bien sûr, le courant qui arrive chez l’utilisateur ne porte pas de petit drapeau (vu les actionnariats internationaux et les accords européens, cela n’aurait d’ailleurs pas de sens). Il n’est pas plus vert ou noir. L’origine (renouvelable, fossile, nucléaire), c’est par définition en amont que cela se détermine, contractuellement. L’électricité nucléaire au
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Luxembourg ? Absente… et présente. Aucune production sur place bien sûr, pas vraiment de liaison directe avec Cattenom non plus. Mais une alimentation via la Belgique (le réseau belge Elia et Sotel), branchée sur les centrales du plat pays et sur le voisin lorrain. Tout cela, c’est une partie du décor. La complexité du réseau énergétique n’est pas un vain mot ! SEO, par exemple, exploite également des centrales hydroélectriques au fil de l’eau et des centrales éoliennes. Et elle détient des participations dans une série de sociétés, françaises, allemandes ou luxembourgeoises, œuvrant toutes dans le domaine des énergies renouvelables (comme Soler ou Windpower). Quant à Twinerg, elle alimente aussi son voisin immédiat : le soutirage de vapeur approvisionne le réseau de chauffage urbain Sudcal, destiné à Belval. Tout est dans tout, et inversement… C’est d’ailleurs une valeur économique en soi pour des groupes internationaux, qui tâchent d’être présents dans toute la filière, de la production à la commercialisation, en passant par les services d’accompagnement, voire le financement. Enovos est ainsi un acteur incontournable, sur le marché domestique et
« Il faut voir l'équilibre entre prix et coûts. » Claude Turmes (Déi Gréng)
L'éolien gagne du terrain, le gaz vapeur turbine sur la frontière, les projets photovoltaïques s'organisent. Le Luxembourg a un virage énergétique (et énergique) à prendre.
dans la Grande Région. « Nous sommes présents dans toute la chaîne de valeur énergétique », résume Marc Reiffers, COO d’Enovos Luxembourg, avec notamment de la production d’énergies renouvelables, y compris sur le sol grand-ducal. C’est évidemment un enjeu. Voire un tournant historique qu’il faut prendre, à l’échelle du pays. « Nous sommes un des pays les plus dépendants », souligne Claude Turmes, député européen vert, reconnu, bien au-delà du Luxembourg, pour son expertise en matière d’énergies. « Nous avons une consommation énorme. Il faut donc commencer par une meilleure efficacité énergétique. Les normes obligatoires pour les bâtiments neufs, tendant vers le passif, sont un pas. Il y a du potentiel inexploité par ailleurs. Avec Malte, le Luxembourg est le pays qui utilise le moins tout ce potentiel. » « La part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique de l’UE27 est en hausse », constatait Eurostat (l’office statistique de l’Union européenne) à l’examen des données de 2011, en avril dernier. Mais le Luxembourg fait figure de mauvais élève : la part d’énergie provenant de sources renouvelables y était de 2,9 % (le même Juillet-Août 2013 —
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chiffre qu’en 2010). Cela reste effectivement très éloigné des objectifs de 2020. Le GrandDuché a fixé les siens à 11 %, alors que l’Europe ambitionne une part moyenne de 20 %. Étienne Schneider, le ministre de l’Économie et du Commerce extérieur, a plusieurs fois livré sa vision sur la politique énergétique. Le pays part avec un handicap : 98 % de l’énergie consommée dans le pays est importée. En avril 2012, le ministre estimait la part d’énergie renouvelable dans la production nationale d’énergie à 4 %, ce qui était déjà un mieux. Pour se libérer de la dépendance, M. Schneider plaide aussi, régulièrement, pour l’efficacité énergétique, les économies d’énergie et l’augmentation de la part des énergies renouvelables. Mais il faudra encore une longue période de transition avant d’inverser la tendance du recours aux formes traditionnelles d’énergie. Le 22 mai dernier, le ministre délégué au Développement durable et aux Infrastructures, Marco Schank, présentait le nouveau plan d’action national « protection du climat ». Peu médiatisé finalement, ce plan aligne six mesures prioritaires : à côté de la mobilité durable et de l’amélioration de l’information en la matière, il met en avant, précisément, l’efficacité énergétique et la promotion des énergies renouvelables, mais aussi la restructuration du système d’impôts et des instruments financiers « plus efficaces et plus justes ». Des prix, des coûts et des projets
Les analyses divergent autour de cette question de prix et de coûts. Dans son rapport 2012, l’ILR (Institut luxembourgeois de régulation) estime que « les prix intégrés de l’électricité et du gaz naturel, pris dans leur ensemble, sont raisonnables ». Il note aussi que ce prix est « largement inférieur » à celui pratiqué dans l’Europe des 15. « Ceci est dû au faible — Juillet-Août 2013
56,7 MW Pour l’instant, le Luxembourg produit l’équivalent de 56,7 mégawatts par le biais de l’ensemble des parcs éoliens du pays. Soit 12 parcs et 46 éoliennes. À titre de comparaison, la Belgique (qui a certes une côte sur la mer du Nord, mais encore très peu exploitée) en est à 1.375 mégawatts.
168,2 € / MWh Le prix moyen de l’électricité pour le client résidentiel se situe à 168,2 €/MWh (source ILR). Il est largement inférieur au prix moyen dans l’UE-15, qui est de 190 €/MWh. La différence vient essentiellement du faible montant des taxes applicables au Luxembourg. Le prix de fourniture en électricité est aussi moins élevé au Luxembourg (74,3 €/MWh) que dans l’Europe des 15 (84,6 €/MWh). Les taxes représentent environ 13 % de la facture totale annuelle de l’électricité au Luxembourg, contre 26 % dans l’UE-15.
montant des taxes et de la TVA applicables au Luxembourg », note-t-il. Sans ce facteur taxes, le Grand-Duché se rapproche de la moyenne européenne. Le prix de l’électricité est donc régulé et composé de facteurs identifiés (voir tableau p. 32) : les frais de réseau (location de compteur, prime annuelle, utilisation), les taxes et OSP (obligations de service public, mécanisme de compensation et taxe spéciale) et la TVA. Pour un client résidentiel raccordé au réseau Creos, la partie régulée du prix représente en moyenne 55 % ; la partie énergie ne représente que 45 % des coûts totaux. « Il y a une question de perception du prix, soulève Claude Turmes. Les gens trouvent parfois le prix élevé. Les industriels abondent dans ce sens, car cela représente un facteur de coût de production important. Mais il faut voir l’équilibre entre prix et coûts. En parité de pouvoir d’achat, le Luxembourg est, avec les États-Unis, l’Arabie Saoudite et la Russie, le pays où le prix de l’énergie est le plus bas. » L’eurodéputé plaide donc pour une autre prise de conscience, qui passe par une pédagogie à appliquer et une stratégie bien définie. Au demeurant, ce ne sont pas les projets qui manquent, tous azimuts. Tous n’aboutissent pas. Ainsi, GoodYear avait pensé à une vaste centrale photovoltaïque pour ses sites luxembourgeois. L’idée est restée dans les tiroirs. Un autre industriel, ArcelorMittal, vient en revanche de communiquer sur une réussite. En rénovant le four à arc électrique à l’aciérie d’Esch-Belval, il a été mis en service une installation qui « contribue grandement à la réduction des coûts de transformation, qui incluent l’ensemble des coûts d’énergie, de matériel et de main-d’œuvre dans la fusion de la ferraille. Au terme d’un mois de fonctionnement avec le nouveau four, une économie de gaz naturel de 15 % a déjà été atteinte ; la consommation d’énergie totale au cours de cette période a pu être réduite d’environ 3 %. Les coûts de l’énergie à eux seuls représentent déjà 40 % des coûts totaux de la production d’acier à Belval. » L’investissement – inscrit dans le plan Lux2016
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Décomposition du prix intégré de l’électricité pour le client type
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En 2012, le client final a payé 170,5 € / MWh (c’est-à-dire 0,1705 € / kWh) pour la fourniture intégrée de l’électricité. Les frais réseaux s’élèvent à 73 € / MWh, l’énergie et la fourniture à 74,7 € / MWh. Les frais réseaux représentent ainsi 43 % de la facture totale annuelle d’électricité et la composante « Energie et Fourniture » représente 44 %. Les taxes et OSP (obligations de service public) qui s’élèvent à 12,6 € / MWh représentent 7 % des coûts totaux pour la fourniture intégrée en électricité. La TVA, qui représente 6 % de la facture totale, s’élève à 10,2 € / MWh. (Source : rapport de l'ILR)
pour la compétitivité de la sidérurgie luxembourgeoise – se monte à 6 millions d’euros. « C’est souvent une question de retour sur investissement, embraie Marc Reiffers (Enovos). Chez nous, il y a aussi beaucoup de projets dans les armoires. Et nous ne sommes pas les seuls. Pour produire à l’échelle régionale, dans l’éolien, le photovoltaïque ou la biomasse, il faut des investissements lourds. Il faut pouvoir rentrer dans un cycle de rendement physique de production, mais aussi dans un rendement financier, sans quoi rien n’est réalisable. » La question de l’intervention des pouvoirs publics est, ici aussi, cruciale. « Économiquement, sans les aides et les garanties d’État, le différentiel de prix n’est pas favorable. » Think local
« Mais il y a des projets coincés au ministère, alors qu’ils sont intéressants », clame Claude Turmes. C’est aussi ce que disent, en substance, des communes du sud (Esch, Differdange, Mondercange) qui ont des parcs éoliens en attente… La tendance est, de fait, aux initiatives régionales ou locales, à l’échelle d’une commune, d’une zone industrielle. Parmi d’autres, Enovos est aussi présent sur ce créneau du conseil et de l’audit. « On peut accompagner les entreprises désireuses de réduire leur consommation énergétique, en fonction de leurs objectifs, de leur taille et de leurs activités. Ces audits sont réalisés par des experts indépendants, ce qui garantit l’objectivité des résultats. » M. Reiffers prolonge : « On propose aussi d’établir une cartographie, à l’aide d’un drone, pour déceler les — Juillet-Août 2013
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Politique
Cousines et dépendances Lors d’un récent conseil « énergie » à Luxembourg (le 7 juin dernier), le ministre Étienne Schneider s’est exprimé sur la problématique du financement de l’énergie nucléaire. Il a martelé que « le Luxembourg s’opposerait à toute autorisation donnée par la Commission aux États membres de subventionner, par le biais d’aides d’État, cette forme d’énergie ». Il faut juste voir si l’énergie nucléaire importée via les réseaux voisins peut entrer dans la définition de ce cousinage… Le même jour, en marge de la réunion des ministres européens, Étienne Schneider a présidé un « forum pentalatéral de l’énergie ». Cette coopération étroite – installée en 2005 – entre les trois pays du Benelux, plus l’Allemagne, la France, l’Autriche et la Suisse, a pour objectif d’accroître les synergies pour tendre vers un « marché régional de l’électricité en Europe du Nord-Ouest ». Cette coopération a déjà permis le couplage des marchés de gros. La réunion de Luxembourg a accouché d’une déclaration en vue de multiplier les échanges en matière de sécurité de l’approvisionnement. « Nous devons maintenant passer de l’harmonisation des méthodologies à une vision commune. C’est essentiel pour la sécurité de l’approvisionnement, la croissance de la région, la compétitivité des entreprises et le bien-être des citoyens », a souligné Étienne Schneider. A. D.
meilleurs sites possibles pour un projet d’envergure, photovoltaïque en particulier. » Enovos et SEO, poussés par la volonté politique, ont en outre créé la joint-venture Soler, pour accentuer l’investissement éolien. « L’énergie vit et meurt par cycles de 30 ans. On est en fin de cycle, il faut préparer le nouveau, résume Claude Turmes. Il faut sortir par le haut et investir. C’est dans l’intérêt général, y compris celui de l’économie et de niches de compétences pour le Luxembourg », plaide-t-il. L’idée est d’accentuer la formation des corps de métiers, pour leur donner l’expertise et une longueur d’avance. Mais aussi de créer un marché pour les services d’efficacité énergétique, « parce qu’on perd du sang économique et qu’il faut arrêter l’hémorragie », appuie l’eurodéputé vert. Il verrait bien la place financière luxembourgeoise dans le rôle du hub des fonds ciblés sur l’énergie du futur, en s’appuyant sur les compétences des gestionnaires, sur des produits au cycle de rendement trop long encore, mais qui gagneraient à être raccourcis par un peu de risque programmé, avec l’appui de fonds de la BEI (Banque européenne d’investissement) par exemple… Modestement, Enovos a lancé Nova Naturstroum, fonds d’investissement « ayant pour objet la promotion et la mise en valeur des sources d’énergie renouvelables, de l’efficience énergétique et des écotechnologies au Luxembourg ». Intégré dans la Fondation Enovos, créée en janvier 2010, il est alimenté chaque année par 200.000 euros. Les petits ruisseaux font les grandes rivières… et alimentent le courant.
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Retrouvez toutes les photos sur www.paperjam.lu/shu12062013 Cycle de conférences
Table ronde SHU La Chambre de commerce a accueilli, le 12 juin, la table ronde finale du cycle de conférences « Luxembourg – where we came from ; where we are ; where lies our possible future ? » organisé par la Sacred Heart University.
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Photos Christophe Olinger 01. Alfred Steinherr (SHU) 02. Jean Ehret (Sacred Heart University) et Alvin Sold (Editpress) 03. Frank Rockenbrod (BG Research) 04. Pascal Meier (Edouard Franklin) et Thibaut Duffy (Doka)
06. Nicolas Schmit (ministre du Travail et de l’Emploi) 07. Marc Wagner (2030.lu) 08. Guy Kirsch (Université de Fribourg) 09. Didier Mouget (PwC) 10. Sharon March (March Consulting)
05. Guy Harles (Arendt & Medernach)
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« S’il y a bien une chose que j’ai apprise en politique, c’est que l’on ne pourra jamais satisfaire tout le monde. » Regardez la vidéo de Françoise Hetto-Gaasch sur paperJam.TV
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« Il est très difficile de dire que le Luxembourg devrait véhiculer telle ou telle image. Le pays peut véhiculer plusieurs images. Il n’existe pas un slogan unique. »
Les dix vérités de
Françoise Hetto-Gaasch La ministre des Classes moyennes et de l’Égalité des chances, interviewée sur paperJam.TV, aimerait que le concept d’entreprise soit intégré dans les programmes de l’école fondamentale. Interview Jean-Michel Gaudron
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« Tant que les plages horaires existantes pour les ouvertures des commerces ne sont pas entièrement utilisées, je ne vois pas pourquoi il faudrait donner encore plus de liberté aux commerçants. »
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« Nous sommes en train de préparer un projet de loi sur les baux commerciaux. On va exiger des contrats bien clairs. Actuellement, les loyers peuvent être renégociés tous les trois, six ou neuf ans, et parfois, cela va du simple au quintuple. Je connais des magasins qui ont licencié du personnel pour payer leurs loyers. Ça ne peut pas aller. »
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« Arriver à une mixité au sein des conseils d’administration est un but ultime. Mais il faut commencer par le bas et avoir une bonne mixité dans les entreprises à tous les niveaux. L’approche ‘top-down’ n’est pas la bonne solution. »
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« Il faut faire rentrer les entreprises dans les écoles fondamentales, multiplier les visites, pour montrer aux enfants ce qu’elles sont, mais aussi aux parents, qui sont souvent moins enclins à diriger leurs enfants vers l’artisanat que vers d’autres secteurs. »
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« Je ne crois pas que les mois à venir seront plus décisifs que les autres. Nous allons être jugés sur ce que l’on a finalement réalisé pendant cinq ans. Il ne faut pas se limiter à ces mois qui restent. »
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« Nous allons débloquer un budget pour aider les entreprises artisanales à avoir plus de visibilité dans la Grande Région, en participant, par exemple, à des salons ou à des foires. »
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« Quand je commence à parler ‘égalité des chances’, je constate que ce sujet n’intéresse pas trop les autres ministères. »
« Ce que je reproche un peu aux femmes, c’est de ne pas avoir confiance en elles et de ne pas être capables d’être les premières à aller voir leur supérieur pour leur dire ‘ce poste-là m’intéresse’. Elles attendent un peu qu’on les découvre. Et ça, ce n’est pas la bonne voie à suivre. »
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Partenariat Université / Ville d’Esch-sur-Alzette
Le social business, voie d’avenir pour le Sud La deuxième ville du pays ne se contente pas d’accueillir l’Université. Elle s’y engage, en finançant une chaire consacrée à l’entrepreneuriat et au management social. Texte Frédérique Moser Photos Luc Deflorenne
L
’idée n’est pas neuve. Mais elle pourrait se concrétiser très prochainement, voire dès la prochaine année académique. « Nous voulons, en tant que Ville, accompagner l’implantation de l’Université du Luxembourg à Belval, explique Lydia Mutsch, bourgmestre et députée socialiste d’Esch-sur-Alzette. Notre pays a tous les atouts de son côté pour créer une véritable société de la connaissance. Cette installation sur les anciennes friches industrielles est une occasion à saisir, pour créer de nouveaux piliers économiques, pour la ville, la région et le pays. » Lydia Mutsch veut en faire un atout pour sa commune, qui aille au-delà de l’installation d’infrastructures d’enseignement et de recherche. « Notre but est d’accompagner le processus de dynamisation engendré par cette arrivée, pour qu’il aille de pair avec le développement économique, la cohésion et la mixité sociale que nous voulons pour notre ville est ses habitants. » Dès 2005, lorsque le gouvernement a décidé – deux ans à peine après le vote de la loi organique créant l’Université – d’installer celle-ci dans le Sud, à un horizon de 10 ans, les édiles eschois ont noué d’intenses contacts avec les doyens et les membres du conseil de gouvernance de l’institution. Lydia Mutsch, qui se félicite d’entretenir d’excellentes Dieter Ferring relations personnelles avec le recteur (Université du Luxembourg) Rolf Tarrach, lui reconnaît la paternité de la thématique trouvée : « C’est lui qui nous a guidés sur la voie de l’économie sociale. Depuis quelques années, nous étions à la recherche d’un bon sujet pour financer une chaire. Rolf Tarrach nous a invités à participer à des voyages à l’étranger, pour nous familiariser avec le social business. » Depuis le déclin de la sidérurgie, et même si le gouvernement n’est pas resté inactif pour redynamiser le sud du pays, selon la bourgmestre de la Métropole du Fer, « tous ces
« La chaire va développer des modèles innovants pour contribuer au bien-être d’une ville, en vérifiant tous les standards de l’approche scientifique. »
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efforts ne sont évidemment pas suffisants. Certes, l’emploi comme le développement économique en tant que tel sont des attributions du gouvernement. Mais comme acteur local, un collège échevinal doit s’impliquer dans ces problématiques de territoire ». Dynamique territoriale
Sur le terrain social, les élus eschois sont particulièrement mobilisés par une particularité de leur ville, dont ils se seraient bien passés : depuis plusieurs décennies, le taux de chômage des habitants est le double de la moyenne nationale. Il avoisine les 12 % actuellement, déplore Lydia Mutsch, citant comme facteurs une immigration inscrite dans une longue tradition, le nombre élevé d’infrastructures sociales et de logements sociaux… En somme, l’héritage d’une ville industrielle ayant accueilli à bras ouverts les nouveaux arrivants. « L’Université n’est pas là pour résoudre nos problèmes sociaux, souligne-t-elle, mais son installation crée une dynamisation de toute notre région. Nous avons cherché des alliés et opté pour le financement d’une chaire. La Ville a débloqué un budget de 1 million d’euros, ce qui représente sa contribution planifiée sur cinq ans. » Collaborant avec le professeur et psychologue Dieter Ferring, notamment pour l’élaboration du plan communal « seniors » et diverses problématiques sociales, la Ville a trouvé en lui un des interlocuteurs à l’Université pour organiser la mise en place de la chaire. Le Dr Ferring est le responsable de l’unité de recherche Inside (Integrative Research Unit on Social and Individual Development) à l’Université du Luxembourg. Cette unité mène des recherches sur « l’individu dans le contexte social », avec des axes particuliers sur la famille, la jeunesse, les personnes âgées, les relations intergénérationnelles et la durabilité des ressources. « Nous avons également développé un axe de recherche sur les processus et les systèmes de régulation sociale ainsi que sur les inégalités sociales. Ce dernier projet est, depuis 2012, supporté par le programme PEARL du Fonds national de la recherche. Les professeurs Louis Chauvel et Conchita D’Ambrosio vont suivre le volet socio-économique », souligne-t-il. La chaire, qui sera intégrée à l’unité de recherche, sera
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La Ville d’Esch-sur-Alzette (à droite, la bourgmestre Lydia Mutsch) collabore avec le Pr Ferring pour mettre en place la chaire en social business et social management.
nommée « S ocial Business and Social Management ». « Pour les francophones, l’entrepreneuriat social a une connotation différente, celle de ‘prise en charge.’ » Mais il s’agit plutôt, pour le professeur, d’un nouveau paradigme, qu’il reste à trouver. « Les gens ne veulent plus du modèle capitaliste, néolibéral. Le financement des banques par de l’argent public, le grand public ne l’a pas compris, pas admis. Quant aux autres modèles économiques, ils n’ont pas été convaincants. » Parallèlement, constate-t-il, se pose la question de la possibilité de soutenir, à l’avenir, un État-providence qui garantit la solidarité au sein du système. « Que faire des gens qui bénéficient directement – voire exclusivement – de cette solidarité étatique ? » Modèles innovants
« Le social business propose un modèle économique avec des structures fonctionnant de façon autonome. Des exemples existent, en Angleterre, aux États-Unis, montrant que ce sont des affaires qui se gèrent par elles-mêmes, quand elles répondent à un besoin du marché. Il nous faut donc réfléchir, ici aussi, à des modèles qui répondent à nos besoins et qui
Économie sociale
Consensus Sur le site internet de l’Ired (Innovations et réseaux pour le développement), Jacques Defourny, professeur à HEC Liège et éminence dans le domaine, présente l’économie sociale comme « un troisième secteur, entre le secteur privé et le secteur public ». Il y livre également la définition consensuelle, dégagée par le Conseil wallon de l’économie sociale, au terme de très longs débats : « L’économie sociale regroupe les activités économiques exercées par des sociétés, principalement coopératives, des mutualités et des associations, dont l’éthique se caractérise par la finalité de service (aux membres ou à la collectivité) plutôt que de profit, l’autonomie de gestion, le processus de décision démocratique et la primauté des personnes et du travail sur le capital dans la répartition des revenus. » F. M.
incluent des gens avec diverses capacités et des besoins spécifiques », indique le professeur. Quant aux recherches sur le social management, elles doivent permettre d’aider à initier des changements, dans un monde en rapide mutation. « Comment aider la Ville d’Esch dans le management intergénérationnel, par exemple ? Comment répondre à la hausse du sentiment d’insécurité, aux problèmes d’intégration ? La chaire va développer des modèles innovants pour contribuer au bien-être d’une ville, en travaillant avec les responsables locaux et en vérifiant tous les standards de l’approche scientifique. Au Luxembourg, il faut faire de la recherche locale et publier au niveau international. » À Esch-sur-Alzette, les chercheurs trouveront un parfait terrain d’expérimentation et d’analyse. La Métropole du Fer n’est pas novice en la matière et son passé a forgé une solide tradition d’engagement social. « Nous sommes l’une des premières communes à avoir créé un service interne ‘développement économique et université’. Ce service travaille étroitement avec le service social », précise Mme Mutsch. La Ville fut également la première dans le pays à lancer le vélo en accès libre et, par le biais du Juillet-Août 2013 —
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CIGL (Centre d’initiative et de gestion local), soutient et participe à divers projets de développement socioenvironnementaux, en matière de mobilité ou d’embellissement de la ville, de création d’espaces verts… « Une activité sociale, exercée sous la forme d’une asbl pour l’instant, a évolué vers une offre qui séduit chaque jour davantage la clientèle », cite en exemple Lydia Mutsch. Le projet Escher Holzmanufaktur, fruit d’un partenariat avec Co-Labor, a permis la création d’une demi-douzaine d’emplois, pour la fabrication et la livraison de potagers surélevés, permettant de cultiver un jardin sur son balcon. « Ce projet s’inscrit en plus dans une dimension durable pour la région. Chaque potager vendu, issu de bois certifié FSC, donne lieu à la plantation de trois plants dans les forêts communales. » Structures juridiques
Pour Mme Mutsch, afin d’assurer un développement économique et durable à sa région du Sud et au pays tout entier, « il faut trouver des modèles économiques et de gestion qui soient innovants et parviennent à puiser leurs propres ressources dans le système. J’ai toujours été méfiante envers les modèles allant à l’encontre de l’économie nationale et internationale. Le social business n’est pas contraire à la rentabilité ». Il ne s’agit pas non plus, selon l’élue socialiste, de céder à un engouement passager : « L’économie sociale n’est pas une mode, mais un impératif de survie, la voie d’un avenir durable. » La chaire permettra aussi d’engager des réflexions pratiques, « p our proposer des structures juridiques et donner de la pérennité aux petits modèles d’activité sociale qui naissent dans le Sud et qui ne peuvent plus avoir de structures telles que celles du réseau Objectif Plein Emploi, qui sont un échec », admet l’édile. Comment faire en sorte que ces projets, en devenir, soient rentables et créent des emplois ? « Nous espérons que les modèles mis en place à Esch-sur-Alzette puissent devenir des ‘best practices’. » Parmi les idées qui lui tiennent à cœur : la création de jardins communaux, pour alimenter les cantines des écoles locales. Au niveau académique, la chaire sera partie prenante dans l’enseignement universitaire et son titulaire pourra encadrer des doctorants (PhD). Quant aux cours délivrés, ils seront intégrés, en outre, dans le domaine du sustainable development, dirigé par le Dr Ariane König. Ils pourront donner lieu à un certificat et être intégrés dans des bachelors et divers masters. « Inside est une unité de recherche interdisciplinaire, consacrée aux ‘real life problems’ ; les collaborations sont nombreuses, transdisciplinaires. Il n’est jamais suffisant d’avoir une seule perspective…, souligne le Pr Ferring. Il y a déjà des visions, mais nous allons voir la contribution apportée par cette chaire. Osons de nouvelles idées ! » Le recrutement du titulaire de la chaire est en cours. Contrairement aux attentes initiales, les enseignements ne pourront pas démarrer en septembre, mais le Pr Ferring assure qu’il est préférable de prendre le temps nécessaire pour pouvoir recruter « un candidat d’excellence ». — Juillet-Août 2013
« J’ai toujours été méfiante envers les modèles allant à l’encontre de l’économie nationale et internationale. Le social business n’est pas contraire à la rentabilité. » Lydia Mutsch (bourgmestre d’Esch-sur-Alzette)
1, 2, 3 GO Social
Retour d’expériences Frédérique Gueth, manager du parcours d’affaires 1, 2, 3 Go Social, salue l’initiative de la ville. « Esch-sur-Alzette est d’ores et déjà impliquée dans le parcours d’affaires consacré à l’économie sociale, puisqu’elle a accueilli la soirée de clôture en 2012 et fait partie des donateurs ayant remis des prix aux lauréats. » La création d’une chaire aiguise au plus haut point son intérêt : « Je souhaiterais fortement être impliquée dans la chaire et participer à des échanges réguliers entre ce qui se fait sur le terrain, venant de l’empirie, et les travaux de recherche. » Les responsables d’1, 2, 3 GO Social ont des contacts étroits avec HEC Liège, qui dispose depuis 2000 d’une chaire en entrepreneuriat social, fruit d’un partenariat entre le Centre d’économie sociale (HEC-ULG) et le groupe financier coopératif Cera. « La chaire Cera, où enseignent Sybille Mertens (titulaire de la chaire, ndlr) et Jacques Defourny, constitue actuellement ‘la’ référence au niveau de la Grande Région, mais aussi au niveau mondial, dans ces thématiques », explique Mme Gueth. L’équipe scientifique oriente ses recherches sur le management, le financement et la gouvernance des entreprises sociales, et les cours dispensés s’adressent aux étudiants, tout autant qu’aux acteurs de terrain. « La vocation d’une chaire en entrepreneuriat social, c’est aussi de l’information et de la sensibilisation : pourquoi existe-t-il des différences avec l’entrepreneuriat classique ? Quelles sont-elles ? » Pour Mme Gueth, la principale différence réside avant tout dans l’objectif visé : « Une entreprise sociale n’a pas pour but de dégager des bénéfices, mais de devenir suffisamment rentable pour être le plus autonome possible, en termes de subsides. » Co-Labor (jardinerie et maraîchage) et Polygone (démolition, déblayage et tri des déchets) sont, à ses yeux, deux exemples de sociétés bien établies au Luxembourg et pouvant être considérées comme des entreprises sociales. Mais les principales intéressées préfèrent, le plus souvent, éviter cette étiquette et se mêler au nombre des entreprises privées, classiques. Preuve, s’il en est, d’une ambivalence persistante et de la connotation négative que l’entrepreneuriat social peut avoir auprès de certains publics. « Les entreprises qui sont confrontées au marché restent très orientées sur l’économie classique. Pour moi, une chaire consacrée à cette thématique doit donc participer à la promotion de l’économie sociale auprès du grand public. Et montrer qu’en France, par exemple, elle est un secteur à part entière, qui emploie beaucoup de gens. » Encore embryonnaire au Luxembourg, ce nouveau modèle économique émerge peu à peu. Le parcours 1, 2, 3 GO Social, lancé fin 2011, voit éclore une vingtaine de projets par année, qui bénéficient du soutien et de l’accompagnement d’experts ou d’autres créateurs d’entreprise. À quelles difficultés se heurtent ces entrepreneurs d’un genre nouveau ? « Leurs profils ne les destinent pas, généralement, à gérer des entreprises. Souvent, ce sont donc les techniques de management qui leur manquent. Il y a aussi parmi eux de véritables idéalistes, que nous devons rapidement ramener sur terre ! Le défi est de faire d’une idée, un projet d’entreprise générateur de revenus et potentiellement d’emplois. Et il n’est pas évident de trouver le bon modèle économique pour cela », constate Mme Gueth. F. M.
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Regardez la vidéo de Claude Wiseler sur paperJam.TV
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Claude Wiseler Le ministre du Développement durable et des Infrastructures, interviewé sur paperJam.TV, estime avoir parfaitement géré la communication en n’intervenant pas publiquement dans le dossier Cargolux / Qatar Airways. Interview Jean-Michel Gaudron
« Dans les prochaines semaines sera finalisé le texte de loi sur l’aménagement du territoire, ce qui permettra de mettre en œuvre quatre plans sectoriels : pour les transports, les logements, les zones d’activités économiques et la protection des paysages. Tout sera 3 clairement défini. » « Nous voulons un meilleur transport public. Or, si nous faisons, au Luxembourg, le 4e paquet ferroviaire tel qu’il est prévu aujourd’hui, cela donnera exactement l’effet contraire. »
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« J’ai engagé une banque d’affaires et un grand cabinet d’avocats international pour traiter du dossier Cargolux de manière extrêmement professionnelle. Je ne souhaite pas en dire plus aujourd’hui. Le dossier avance et j’ai bon espoir que ce soit réglé avant la fin de l’année. »
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« Les plans sectoriels économiques s’imposeront aux PAG des communes, ce qui permettra à l’État de faire des planifications nationales, afin de faciliter l’implantation des entreprises. »
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« Le Luxembourg est le pays qui investit le plus, au niveau financier, par tête d’élève. Les réformes de l’enseignement à mener ne sont pas des questions d’argent, mais d’organisation au niveau des salles de classe. »
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« Beaucoup de gens se sont étonnés du silence du ministère dans le dossier Cargolux. Mais quand les intérêts commerciaux d’une grande entreprise sont en jeu, il n’appartient pas au ministère de communiquer. Cela aurait nui à la société. »
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« Pour le tram, nous sommes dans les délais que nous avions prévus : le dépôt du projet de loi se fera en 2013 avec un vote, certainement encore, avant les élections. »
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« J’accepte les critiques pour cette non-communication, mais j’ai agi dans l’intérêt de Cargolux et c’est ce qui importe. »
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« Couper dans les investissements en infrastructures, c’est remettre en question l’avenir. Avoir maintenu un niveau élevé d’investissements a été une bonne décision. »
« Nous avons souhaité avoir un aéroport attractif et nous y avons beaucoup travaillé. Et maintenant, parfois, nous nous étonnons que cet aéroport attire des compagnies low cost ! Ce n’est de toute façon pas à un ministre d’interdire à une compagnie d’atterrir au Findel. C’est à Luxair de faire en sorte de rester concurrentiel. »
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L'ensemble du dossier est illustré par des photographies des années 50 et 60, issues des collections de la Photothèque de la Ville de Luxembourg et sélectionnées dans le cadre de l'exposition Shop, shop, shop qui se tient au Musée d'histoire de la ville de Luxembourg jusqu'en mars 2014.
Changement de vitrines Photo : Pol Aschman (c) Photothèque de la Ville de Luxembourg
Textes France Clarinval, Sébastien Lambotte, Thierry Raizer
En quelques années, le commerce à Luxembourg-ville a complètement changé de visage. Si l’arrivée de chaînes et franchises mondiales ne date pas d’hier, l’internationalisation et la concentration ont fait un bond en avant depuis moins de 10 ans. Parallèlement, c’est l’univers du luxe et du grand luxe qui grignote progressivement du terrain dans l’hypercentre de la capitale. De grands groupes mondiaux se précipitent sur le gâteau luxembourgeois, en particulier sur la rue Philippe II, qui concentre toutes les convoitises. Avec l’effet évident d’une hausse considérable des loyers et le renforcement du phénomène des « pas-de-porte ». Outre ce bond spectaculaire observé sur les loyers, les commerçants indépendants locaux ne manquent pas de motifs d’inquiétude et de grogne : les chantiers à répétition, l’exigence d’horaires d’ouverture toujours plus grands, l’incertitude concernant le tram, la difficulté à trouver du personnel qualifié, la concurrence des autres villes (Metz, Trèves), des centres commerciaux (de plus en plus grands) et d’internet… Ils sont de plus en plus nombreux à avoir du mal à joindre les deux bouts et certains se voient contraints de fermer, s’éloigner vers des rues moins fréquentées et moins prestigieuses. Finalement, c’est le visage de la capitale qui est en train de muter : bipolarisation entre le luxe dans la ville haute et les chaînes plus populaires dans le quartier de la gare, uniformisation avec les mêmes enseignes que dans la plupart des villes européennes, concentration des vitrines en peu de mains (plus de 20 boutiques pour le groupe Smets et autant pour FCPE)…
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inventaire
Les nouveaux visages du commerce Internationalisation, concentration, luxe, franchises, concurrence… Le commerce à Luxembourg connaît depuis quelques années des mutations sans précédent qui reflètent l’évolution de nos modes de vie et de la société en général. Texte France Clarinval
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Près de mille commerces (947 en 2010) jouent des coudes sur le territoire de la ville de Luxembourg pour générer 728 millions d’euros de chiffre d’affaires (dont la moitié pour les seuls quartiers du centre-ville et de la gare, chiffres de 2010). Si le nombre de commerces est assez stable, les commerçants ont beaucoup changé. La mutation s’opère depuis quelques années alors que les grands groupes internationaux placent leurs pions à Luxembourg grâce à sa réputation de pouvoir d’achat élevé, et que la spéculation immobilière a totalement bouleversé la donne d’un secteur qui était assez ronronnant jusqu’au tournant du siècle. Le commerce suit l’évolution de la société et l’échange de biens et de marchandises est aussi vieux que l’humanité. Mais rappelons que le commerce au sens moderne du terme, avec ce que cela suppose d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur, l’emplacement fixe, la vitrine, l’enseigne, les marques, les vendeurs, les stocks et la réglementation… date d’environ 200 ans, avec le développement de la fabrication industrielle et de l’urbanisation. Sans faire un historique détaillé de l’évolution du commerce à Luxembourg (pour lequel on ira voir l’exposition Shop shop shop au Musée d’histoire de la Ville, jusqu’en mars 2014), notons qu’en 1862, on recensait déjà 284 commerces dans la capitale, dont certaines enseignes existent toujours : Hoffman (1819), Neuberg (1835), Mobilier Bonn (1855) ou encore Namur (1863). Déjà à l’époque, deux pôles d’attractivité se regardaient en chiens de faïence : la ville haute, avec peu d’habitants où se concentrent des magasins haut de gamme et le quartier de la gare, plus populaire, qui a longtemps été dévolu aux grands espaces commerciaux et qui concentre aujourd’hui des enseignes de milieu à bas de gamme.
Luxembourg suscite les convoitises Pendant longtemps, les commerçants luxembourgeois, généralement propriétaires de leurs murs, ont bien vécu de leur métier. Ils ont, comme partout, connu de bonnes ou de moins bonnes années, ont développé des stratégies commerciales (les premières braderies datent des années 30), ont amélioré la qualité de leur service (en 1995, la plupart des magasins de la Grand-Rue fermaient encore pendant l’heure du déjeuner !). Ils ont été, peu à peu depuis la fin des années 80, rejoints par des groupes internationaux qui agissaient dans un marché en voie de globalisation. On a vu fleurir des enseignes et des franchises de niveaux et de gammes variés qui bénéficiaient de lieux de fabrication de plus en plus lointains, de prix de plus en plus bas et de marketing de plus en plus international. Le Luxembourg connaissant une belle croissance, financière et démographique, son attractivité s’est accrue depuis une quinzaine d’années. Le pouvoir d’achat des habitants du Grand-Duché est notoirement supérieur à d’autres villes de la région ou de même importance ailleurs. Cela attire donc l’ensemble des marques internationales. De plus, la zone de chalandise est très dense avec 1,5 million d’habitants dans une zone de 30 km au-delà des
Photo : Pol Aschman © Photothèque de la Ville de Luxembourg
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Les commerces de bouche ont presque disparu au centre-ville.
frontières et les touristes sont de plus en plus nombreux dans la capitale. Parallèlement à cette évolution, les commerçants traditionnels luxembourgeois se sont progressivement retirés du marché. La concurrence des enseignes internationales, le développement des centres commerciaux de périphérie (Concorde et Belle Étoile ont ouvert en 1974 et n’ont cessé de croître depuis, rejoints par Auchan en 1996) ont eu raison de certains. « B eaucoup n’avaient pas de successeurs, parce que leurs enfants préféraient aller travailler dans une banque ou pour l’État plutôt que de tenir la boutique », analyse Corinne Cahen, à la tête de l’enseigne familiale Chaussures Léon et ancienne présidente de l’Union commerciale de la Ville. « Louer ses murs rapporte plus que de les exploiter », constate-t-elle.
Nouvel acteur Ce sont d’abord les grands groupes internationaux qui ont investi massivement dans les rues de la capitale : H&M, Zara, Sephora sont là depuis une dizaine d’années. En 2012, Cushman &
Wakefield estimait que 50 des 90 magasins de la Grand-Rue émanaient d’exploitants étrangers, alors que 29 étaient occupés par des indépendants locaux et les 11 derniers par des groupes locaux ayant plusieurs boutiques. L’internationalisation de l’offre était déjà en marche quand le phénomène s’est accéléré avec l’apparition d’un nouvel acteur sur le marché luxembourgeois et a fait bouger les lignes. La plupart des personnes interrogées, de Guill Kaempff, président de l’Union commerciale, au commerçant lambda qui s’accroche à sa petite boutique, s’accorde à dire que l’arrivée du groupe FCPE (Fred Castera et Pascal Einhorn) a changé la donne. « Ils sont venus avec les dents longues pour tout rafler » , s’exclame un commerçant. « Ce ne sont pas vraiment des commerçants, ce sont des spéculateurs immobiliers », dira un autre. Il faut dire que depuis l’ouverture des boutiques Butterfly et Loft en 2000, le groupe – qui n’a pas répondu à notre demande d’interview – a ouvert une bonne vingtaine de magasins, que ce soit sous une enseigne spécifique (Comptoir des Cotonniers, Sandro, Geox, Marc Jacobs…) ou avec une sélection multimarque. Ils ont ainsi eu le mérite d’amener à Luxembourg des marques et des concepts qui étaient inexistants. Leurs boutiques affichent aussi, dans beaucoup de cas, une architecture et un design contemporains, d’un niveau supérieur à beaucoup d’autres. Mais force est de constater que leur présence massive dérange et inquiète. On leur reproche essentiellement d’avoir alléché les propriétaires avec des loyers infiniment supérieurs à ceux qui étaient pratiqués pour ne pas voir les anciens baux renouvelés et ensuite pouvoir attirer des marques de luxe en vue de leur faire payer des pas-de-porte exorbitants. Ils n’hésiteraient pas non plus à payer une prime au locataire pour qu’il parte afin de valoriser l’endroit. Ainsi, ils auraient payé 1 million d’euros pour récupérer le coin rue Philippe II / avenue Monterey, où se tenait un magasin de bric et de broc, cigarettes et déguisement de carnaval, le dernier du genre. Pendant plusieurs mois, ils ont occupé le terrain avec un outlet de leurs marques, avant de « céder » le pas-de-porte pour la bagatelle de 2,5 millions à Cartier, qui s’apprête à y déménager après des travaux. Une belle opération, tout ce qu’il y a de plus légal. « Si le nouveau locataire y trouve son compte, c’est que l’ensemble de la valeur locative (pas-de-porte, travaux, loyer, emplacement…) lui convient », assène Thierry Debourse, partner et head of Luxembourg office chez Cushman & Wakefield qui réalise une partie des transactions retail dans la capitale et estime par ailleurs que « Luxembourg a surtout rattrapé son retard et flambé à la fin du moratoire sur les centres commerciaux. Mais il ne pourra plus vraiment voir ses prix encore augmenter ». Les bons locaux sont rares, les adresses prestigieuses aussi et on ne peut pas reprocher aux propriétaires de préférer le plus offrant. Mais les dents grincent du côté des commerçants indépendants (qui ont un, voire deux établissements), pour qui il s’avère très difficile de s’aligner sur les loyers demandés et se trouvent contraints de fermer boutique. « Quand deux à trois semaines de chiffre d’affaires suffisent à peine à payer le loyer, avant même d’envisager le
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Les démarques, les soldes, les braderies sont aussi vieilles que le commerce lui-même.
Photo : Tony Krier © Photothèque de la Ville de Luxembourg
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personnel et les charges, on ne peut pas tenir », explique ainsi l’un d’entre eux, qui a baissé le volet il y a peu. D’autres jouent la prudence : « Je ne sais pas comment le centre-ville va évoluer, il me semblait prudent de diversifier mon activité », développe pour sa part Nathalie Rieth-Aach qui vient d’ouvrir un magasin Tapis Hertz dans l’extension de la Belle Étoile, sans pour autant envisager d’arrêter son activité au centre.
Le poids du luxe « D epuis le début des années 2000, les grandes marques, notamment italiennes, ont exigé de se situer dans les zones A1 (les rues les plus prestigieuses, avec le plus de passage et l’équipement le plus qualitatif, ndlr), refusant les galeries ou les rues moins fréquentées », explique Thierry Smets à la tête du groupe qui porte son nom (lire encadré). Le luxe attirant le luxe, les grandes marques se sont toutes concentrées sur deux rues (Philippe II et Grand-Rue), poussant encore les loyers à la hausse. « Pour un groupe international, Luxembourg fait partie d’une stratégie globale, dans laquelle le montant du loyer ne représente qu’une partie du calcul. Ce n’est évidemment pas le cas pour des indépendants locaux », ajoute Thierry Debourse. Chanel, Louis Vuitton, Hermès, Gucci, Marc Jacobs, Cartier… sans parler des multimarques du groupe Smets, Luxembourg compte désormais une bonne vingtaine de boutiques très luxueuses. L’offre n’équivaut pas à celles des grandes capitales du luxe, mais commence à se rapprocher de villes importantes comme Bruxelles ou Amsterdam. En effet, selon une étude européenne menée par Jones Lang Lasalle, Bruxelles compterait ainsi 30 boutiques de luxe et Amsterdam 22. Bien sûr, avec 150 magasins de luxe, Paris reste loin devant, talonnée par Londres (125) et Milan (87). Ces villes sont aussi les plus chères, avec un record de 8.000 euros par m2 par an pour New Bond Street à Londres ou 7.500 euros par m2 par an pour l’avenue Montaigne à Paris. Les adresses les plus prestigieuses de Luxembourg atteindraient 2.600 euros selon Cushman & Wakefield (lire par ailleurs). « Avec ces enseignes internationales de luxe, Luxembourg attire des touristes fortunés, notamment chinois », se réjouit Guill Kaempff qui voit aussi « une opportunité pour les Luxembourgeois de ne pas devoir aller jusqu’à Paris ou Londres pour leurs achats ». En effet, sur les 11 millions d’euros de demandes de remboursement de TVA (« tax free »), 58 % émanent de Chinois et 18 % de Russes. Une clientèle qui va certainement se renforcer dans les mois à venir avec la mise en place annoncée d’une ligne aérienne directe MoscouLuxembourg. Les Turcs pourraient bien aussi devenir la cible haut de gamme importante avec la liaison Istanbul-Luxembourg qui vient de voir le jour. Pour le président de l’Union commerciale de la Ville de Luxembourg, la capitale jouit ainsi d’un atout compétitif par rapport à ses grandes rivales locales, Trèves et Metz qui n’affichent pas le même standing.
Deux pôles Cependant, tout le monde ne trouve pas son compte dans cette internationalisation et mon-
Success story
La famille Smets s’internationalise Cela fait plus de 25 ans que la famille Smets fait commerce au Luxembourg. En 1986, Carine ouvrait sa première boutique de vêtements pour enfants et connaît vite le succès dans un secteur endormi à l’époque. Elle a le nez pour dénicher les marques qui vont faire parler d’elles et le boom naît avec Donaldson, une marque belge qui affiche les personnages de Disney sur ses vêtements. « Au début des années 90, ils avaient compris l’art du storytelling, composaient des vitrines qui racontaient quelque chose », se souvient Thierry Smets, même si depuis la marque a disparu. À l’époque, il exerçait encore comme vétérinaire. Mais la croissance du groupe l’a poussé à vendre son cabinet pour se consacrer pleinement au commerce… et à l’immobilier. Car, les Smets achètent, dès que c’est possible, les murs des commerces qu’ils exploitent. En 2001, le groupe crée son grand concept
tée de gamme de Luxembourg. Les boutiques indépendantes, les créateurs, ont l’impression de ne plus avoir de place. En quelques années, on a vu par exemple Usina et Capsule fermer, alors qu’il s’agissait sans doute des boutiques les plus dynamiques et originales. Reste peu de place aussi pour Retrovolver qui doit son salut à un loyer raisonnable payé à la Ville ou Extrabold qui a choisi en 2007 de s’installer avenue de la Liberté dans le quartier de la gare, nettement plus abordable. D’autres, comme Olliewood ou Soon, se sont repliées sur des passages couverts, bien meilleur marché ; City Shoes s’est légèrement excentrée et a choisi un local très petit… La bipolarisation entre la ville haute et le quartier de la gare s’accentue de manière claire, même si certaines enseignes internationales (H&M, Sephora, Grand Optical…) sont présentes de part et d’autre du Pont Adolphe. En schématisant, on voit l’hypercentre aux mains des enseignes de luxe, les rues voisines de la ville haute attirent des marques
« Pour les propriétaires locaux, louer ses murs rapporte souvent plus que de les exploiter. » Corinne Cahen (commerçante)
store à Strassen, à la faveur d’une offre d’achat du bâtiment qui devait initialement servir d’entrepôts. Il a depuis développé une offre, essentiellement dans la mode et les accessoires, à travers des magasins portant leur nom, celui d’une seule marque (Todd’s, Superdry, par exemple) ou une enseigne générique pour un multimarque (Cape Cod, Art City ou Swimming Pool…). Il y a un peu plus d’un an, c’est à Bruxelles, sur plus de 3.000 m2, qu’a ouvert un nouveau concept store. « La démarche entrepreneuriale nous pousse à aller plus loin et à oser de nouveaux marchés », s’enthousiasme Thierry Smets. L’avenir est en train de se construire sur internet où le groupe, après moins de deux ans de présence, réalise déjà 30 % de son chiffre d’affaires à travers un site de vente de produits de luxe qui leur permet de vendre aussi bien à New York , Sydney qu’en… Azerbaïdjan !
moins prestigieuses et le quartier de la gare est plus populaire, plus jeune et plus abordable. Il n’y a pas que les commerçants qui grognent : « Je ne sais pas où faire mes achats : c’est soit trop cher, soit bas de gamme », regrette une jeune fashionista qui anime un blog sur la mode. « C’est à Bruxelles ou à Londres que je trouve les petits créateurs pointus, les marques sympas et surtout le mélange des genres », poursuit-elle. Un point de vue partagé par Françoise HettoGaasch, la ministre des Classes moyennes qui, dans un entretien à paperJam.TV (lire en page 34), disait préférer « une plus grande mixité d’enseignes de luxe et de petits magasins, avec le petit commerce du coin, qu’on ne trouve nulle part ailleurs ». Préconisant une nouvelle loi sur les loyers commerciaux, elle concluait : « Il faut rester raisonnable. Si on arrive à la situation où il n’y a plus que les grandes marques de luxe qui peuvent se payer les loyers, il n’y aura plus que les touristes qui viendront acheter en ville, car les Luxembourgeois ne pourront plus se les offrir. » Le futur Royal Hamilius – pour l’instant mis entre parenthèses – devrait proposer une offre plus « urban chic », vivante, moderne et plus accessible, la Ville ayant promis de réserver des cellules à des jeunes créateurs et des commerçants indépendants. La problématique des loyers n’est d’ailleurs pas la seule question : l’énergie entrepreneuriale nécessaire, la concurrence féroce avec les centres commerciaux – 35 nouvelles boutiques viennent d’ouvrir à la Belle Étoile et au moins 120 devraient voir le jour à la Cloche d’Or dans les années à venir – et de la vente en ligne, l’incertitude face à la crise, les soucis quotidiens liés au parking ou aux travaux, la difficulté de trouver du personnel compétent… rendent le métier de commerçant de plus en plus difficile. De nouvelles manières de travailler, une régularisation des loyers, un soutien public aux jeunes créateurs et entrepreneurs… laisseront peut-être la chance à Luxembourg de choisir le visage qu’aura le commerce dans les années à venir.
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Les commerçants en chiffres
Parmi le bon millier de commerces de détail présent dans la capitale, 478 sont membres de l’Union commerciale de la ville de Luxembourg. Qui sont-ils, où travaillent-ils et dans quels secteurs ?
Le point de vente unique reste majoritaire
23
commerçants ont plusieurs points de vente au Luxembourg et en Europe
Le centre-ville dominant Nombre de commerces membres de l’UCVL par quartier
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Beggen 2
commerçants ont plusieurs points de vente à l’international
Rollingergrund 2
Dommeldange 2
Mühlenbach 0
Weimerskirch 0
Eich 2
Kirchberg 12
Limpertsberg 7 Pfaffenthal 0
5 % 5 %
Clausen 4
Centre 272
Belair 11
Neudorf 0
Cents 2 Hamm 1
22 % Merl 3
68 %
Hollerich 10
Gare 109 Bonnevoie 9
104
Source : UCVL 2012
commerçants ont plusieurs points de vente au Luxembourg
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commerçants ont un point de vente unique au Luxembourg
La mode très bien représentée 150
Gasperich 10
Cessange 2
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Nombre de commerces membres de l’UCVL par secteur d’activité
120
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70 46
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Services
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Goûts et saveurs
Hôtels, restaurants
Maison et décoration
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Culture et loisirs
Bijouterie, horlogerie
Bébés et enfants
Supermarchés et généralistes
Bureautique et multimédia
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Immobilier
Allô maman, beaux baux Au cœur de la capitale, les loyers du retail connaissent une hausse importante depuis quelques années. Alors que les commerçants de petite et moyenne envergures craignent pour leur avenir, dans le centre, les marques de luxe, elles, sont prêtes à mettre le paquet pour trouver l’emplacement idéal. Texte Sébastien Lambotte
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« Emplacement, emplacement, emplacement » … Le premier facteur de succès d’un commerce est et reste sa situation. Au cœur de la ville de Luxembourg, dans ce que les professionnels de l’immobilier appellent la zone « h igh street », les bonnes adresses sont rares. Pour la ville haute, elles se trouvent au confluent des deux axes que sont la Grand-Rue et la rue Philippe II. Et encore, on considère que les meilleurs emplacements sont situés sur des portions congrues de ces deux rues… L’offre, pour l’un de ces emplacements de premier choix, est donc extrêmement limitée. Alors que la demande, elle, ne cesse de croître. Depuis quelques années, le commerce au Grand-Duché connaît d’importantes mutations. « Alors que, il y a peu, les Luxembourgeois allaient encore volontiers à l’étranger pour faire leurs emplettes, depuis une dizaine d’années, ils trouvent de quoi satisfaire leurs besoins sur le territoire de la capitale », explique Jean-Marie In, head of Industrial & Retail Agency chez Property Partners. La levée du moratoire sur le développement de surfaces commerciales a redynamisé ce secteur, entrainant des mutations profondes en son sein. « On compte désormais entre 80 et 130 transactions immobilières liées à des biens commerciaux chaque année au Luxembourg, assure Thierry Debourse, head of Luxembourg Office de Cushman & Wakefield. Le commerce évolue sans arrêt. On a notamment pu le constater au niveau du quartier de la gare, qui a connu un redéploiement important ces dernières années et qui a vu de grandes enseignes internationales s’installer en son sein, parfois aux dépens de commerces multimarques luxembourgeois. On constate que, jusqu’il y a peu, le centre-ville était épargné par ces mouvements. Resté figé pendant longtemps, il bouge à nouveau et rattrape un certain retard. »
Du simple au quintuple L’attrait pour le centre-ville est aujourd’hui bien réel. Il se traduit notamment par l’évolution des montants des transactions que certaines enseignes sont désormais prêtes à avancer pour jouir d’un bien idéalement situé. Ce nouvel engouement pour le centre-ville ne plaît cependant pas à tout le monde. Des commerçants, historiquement implantés au cœur de la capitale, sont mis sous pression et ne cachent pas leurs inquiétudes de voir leur loyer augmenter quand viendra l’heure de renégocier leur bail. « Actuellement, au niveau des baux commerciaux, les loyers peuvent être renégociés tous les 3, 6 ou 9 ans. Selon les cas, on peut voir des loyers passer du simple au quintuple. Certains magasins, présents au centre, ne sont pas prêts à payer ces loyers. Je connais des commerçants qui ont licencié du personnel afin de pouvoir payer leur loyer. Ça ne peut pas durer », confiait récemment la ministre des Classes moyennes et du Tourisme, Françoise HettoGaasch, qui indique travailler sur une législation plus équilibrée en matière de baux commerciaux. Dans le centre-ville, le montant moyen du « prime rent » a évolué de 4,2 % en un an, alors que la
Photo : Pol Aschman © Photothèque de la Ville de Luxembourg
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« On a vu certains des loyers passer du simple au quintuple. »
Les magasins en libre-service ont fait leur apparition à Luxembourg en 1952. Les clients y voient un gain de temps.
Françoise Hetto-Gaasch (ministre des Classes moyennes)
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croissance sur les cinq dernières années n’a été que de 0,8 %. Aujourd’hui, il s’établit à 125 euros par mètre carré par mois. Au niveau du quartier de la gare, la croissance annuelle a été un peu plus importante encore. Elle s’établit à 7,7 %. Le prime rent, en cinq ans, a évolué de 2,5 %. La mensualité moyenne au mètre carré s’établit à 70 euros. Ça grimpe, donc. Et, à ce rythme, pour peu que l’on renégocie son bail à neuf ans, les différences entre le loyer d’origine et celui d’arrivée ont, en effet, de quoi chambouler un business plan. « Il faut cependant faire la part des choses entre les rumeurs et la réalité chiffrée, commente Thierry Debourse. S’il est vrai que certains commerçants craignent pour leur avenir au regard des récentes transactions effectuées au cœur des centres commerciaux et en centre-ville, il faut aussi faire le constat que le high street a repris du poil de la bête. » Photo : Pol Aschman © Photothèque de la Ville de Luxembourg
Haut de gamme et luxe
Pol Aschman a photographié ici l'épicerie de la famille Thill Krettels en 1955.
« Les enseignes de luxe recherchent les meilleures portions de la rue. » Jean-Marie In (Property Partners)
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Pour calculer les loyers, on use de méthodes complexes et bien précises. Mais il demeure que l’offre et la demande régulent la croissance. Ainsi, le prime rent est évalué en fonction de la surface utilisable ou commerciale, selon des critères qui prennent en considération l’emplacement, la dimension de la vitrine, la surface disponible 10 mètres au-delà de la vitrine, qui, étant visible depuis la rue, est mieux valorisée, puis enfin le reste des mètres carrés du rez-de-chaussée, de l’étage ou du sous-sol, qui ont moins de valeur. Un bien idéalement situé, avec la vitrine la plus grande possible (quitte à rogner sur les portes permettant l’accès aux étages) et un large espace de plain-pied, sera donc mieux valorisé qu’un magasin étroit et profond. « Le centre-ville n’intéresse que des enseignes spécifiques, différentes de celles qui cherchent à s’implanter au sein des centres commerciaux ou des retail park, précise Jean-Marie In. De manière générale, dans les capitales européennes, les centresvilles accueillent des enseignes moyen-haut de gamme, haut de gamme ou de luxe. Ces enseignes cherchent toujours le meilleur emplacement, dans la meilleure portion de la rue. Elles veulent pouvoir s’implanter entre telle et telle boutique. Leurs exigences sont extrêmement précises et elles sont prêtes à mettre le prix pour s’installer là où elles le souhaitent. » Les enseignes de luxe, depuis 2007, se sont amourachées de Luxembourg. Si certaines sont présentes au cœur de la capitale depuis plusieurs années, d’autres font part d’un nouvel intérêt pour la ville. Certes, Cartier, Louis Vuiton, Hermès ou Rolex étaient déjà présents. Mais on a vu arriver Gucci, Chanel ou Montblanc, avant peut-être Dior ou Prada. Cartier a déménagé dans un espace plus grand et a été jusqu’à débourser 2,5 millions d’euros en guise de pas-de-porte (voir encadré) pour obtenir l’emplacement souhaité. « S i Cartier accepte de payer cela, c’est parce que ce bien est idéalement situé,
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parce que le bail reste raisonnable, qu’il y avait peu de travaux à faire. Ce déménagement lui a permis de tripler sa surface et doit engendrer une hausse du chiffre d’affaires », commente Thierry Debourse. L’exemple de Cartier n’est cependant pas isolé. De nombreuses enseignes sont aujourd’hui prêtes à payer le prix fort pour s’installer là où elles le désirent.
Disparité justifiée Plusieurs éléments permettent de définir qu’un emplacement est plus intéressant qu’un autre. Le premier réside dans le trajet emprunté par les piétons. « Il suffit de s’arrêter au niveau d’une rue et d’observer pendant un moment les gens qui passent. On peut identifier assez précisément les trajets privilégiés par les chalands, qui vont par exemple traverser la rue pour aller voir telle vitrine, aller jusqu’à un endroit déterminé sans poursuivre plus loin ou avant de retraverser la rue pour admirer les produits d’une autre locomotive commerciale, explique Jean-Marie In. Des études ont été menées et nous permettent de déterminer quelles sont les portions de rue les plus intéressantes pour les enseignes. » La présence d’une enseigne motrice peut considérablement augmenter les prix du bien voisin, sans pour autant avoir un impact sur celui de la vitrine installée à deux pas dans une rue secondaire. On peut en effet constater de fortes différences entre les loyers demandés pour différents biens situés pourtant à quelques mètres les uns des autres. « Certains propriétaires, dès lors, ne comprennent pas que, en étant situés juste à côté de Hugo Boss ou de Nespresso, mais dans une rue secondaire, ils ne puissent obtenir un loyer qui est deux ou trois fois inférieur à celui de ces enseignes de standing. Mais, en étant situés dans une rue secondaire, la visibilité n’a rien de comparable », assure Jean-Marie In. En matière commerciale, la ville de Luxembourg est en train de se repositionner. Le marché dicte ses règles. Un nouveau mix commercial s’établit. Même s’il n’est pas toujours au goût de tout le monde. « En deux ans, la ville haute est montée en gamme, attirant notamment des enseignes de luxe, mettant une certaine pression sur les commerces présents historiquement, mais qui ne peuvent pas s’aligner sur les offres faites par de grands acteurs internationaux. En dehors de deux acteurs locaux qui ont pu gagner en envergure ces dernières années, de nombreux autres commerces peinent à se maintenir dans les zones considérées comme les mieux situées. C’est ce qui explique un certain mouvement de contestation des petits commerçants », précise Jean-Marie In. En outre, la politique de la ville en termes de mobilité, qui privilégie les transports en commun par une limitation des places de parking et une augmentation du tarif de stationnement, incite beaucoup d’enseignes à envisager une autre localisation. Du côté de la gare, par contre, les espaces disponibles sont plus vastes et les prix du loyer plus abordables. L’accès en voiture ou en
transport en commun est facilité. La ville haute étant devenue, pour beaucoup, trop chère, il y a un nouvel intérêt pour ce quartier plus accessible. On retrouve donc des enseignes internationales proposant des produits moyen de gamme.
Repositionnement Le centre-ville, à l’avenir, sera-t-il exclusivement dédié au luxe ou une mixité d’enseignes est-elle à plébisciter ? Les professionnels de l’immobilier estiment que les marques de luxe sont des éléments à ne pas négliger pour renforcer l’attractivité touristique de la capitale. « Des touristes en provenance de Chine apprennent l’existence de Luxembourg parce qu’ils ont vu le nom de la ville sur le site internet de Chanel, tout simplement », ajoute Jean-Marie In. En outre, ces enseignes de luxe, en attirant un flux plus important de passage au niveau des axes principaux, ne peuvent que générer des retombées positives au niveau des rues secondaires. « Ces commerçants, même s’ils sont un peu moins bien situés, pourront profiter du nouveau dynamisme que connaît Luxembourg au niveau commercial. Je ne serais pas étonné que, dans les années à venir, des rues commerçantes actuellement considérées comme axes secondaires gagnent en attractivité et connaissent un nouveau développement », ajoute Jean-Marie In. Des projets, de plus, doivent encore voir le jour au centre de Luxembourg, comme le Royal Hamilius, et en périphérie, celui du Ban de Gasperich. Il faudra voir quel sera leur impact sur les loyers. Ce qui est certain, c’est que le commerce au cœur de la capitale n’a pas encore fini sa mutation.
Pratique
Le pas-de-porte, un droit d’entrée Au Luxembourg, le recours au pas-de-porte a tendance à se généraliser. Cette pratique consiste à payer un droit d’entrée pour un emplacement. Le pas-de-porte est payé au commerçant déjà installé, qui dispose d’un contrat de bail en bonne et due forme, par une enseigne qui désire occuper son emplacement. Il y a moins de 15 ans, cette pratique était quasi inexistante au Luxembourg, alors qu’en France, par exemple, elle est généralisée. Ce sont d’ailleurs des enseignes françaises (Sephora, Grand Optical) qui ont introduit ce concept au Grand-Duché. En toute logique, le commerçant entend bien récupérer cet investissement au moment de sa sortie, en exigeant un droit d’entrée à celui qui prendra sa place alors que son bail n’est pas forcément arrivé à échéance. Il essaiera même de le valoriser. Depuis, la pratique du pas-de-porte s’est généralisée au Luxembourg. Ainsi, le centre-ville a vu ses pas-de-porte flamber. Avec l’arrivée des marques de luxe, certains pas-de-porte, dans le centre de Luxembourg, peuvent atteindre 2 millions d’euros. F. C.
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Des loyers variables d’une rue à l’autre En fonction de l’attractivité d’une rue ou même d’une portion de rue, les loyers ne sont pas les mêmes (lire encadré). L’Union commerciale de la ville de Luxembourg module d’ailleurs ses tarifs d’adhésion en fonction de zones délimitées de manière très précise, au numéro près. Ces différences sont en partie liées à la fréquentation des rues, également représentée sur les cartes. Dans la zone piétonne de Luxembourg, les loyers peuvent varier considérablement. Les plus chers, établis actuellement entre 110 et 300 euros du m2 mensuel, concernent des biens situés dans le haut de la rue Philippe II et au centre de la Grand-Rue, entre l’avenue de la Porte-Neuve et la rue des Capucins. Dans cette dernière, en dehors des emplacements aux angles avec la Grand-Rue, les loyers s’établissent en dessous de 80 euros du m2. Il en va de même dans le haut de l’avenue de la Porte-Neuve et la rue du Fossé, sauf pour les biens à l’angle avec la Grand-Rue, pour lesquels les loyers sont de l’ordre de 80 à 110 euros du m2. Pour l’avenue de la Porte-Neuve (sauf les angles avec la Grand-Rue), les deux extrémités de la Grand-Rue et le bas de la rue Philippe II, les loyers s’établissent entre 80 et 110 euros du m2.
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Zone 1 Zone 2
Beaumont
Zone 3 Zone 4
> 40.000
Ville haute
Cartes : Olga Krivostsokova
30.000 > 4
20.000 >3 < 20.000
Tarifs des cotisations annuelles de l’UCVL (varient selon l’effectif) 1 – 480 à 1.620 euros 2 – 360 à 1.260 euros
e
3 – 300 à 1.080 euros 4 – 240 à 840 euros NB : Les passages couverts et galeries sont en zone 4 Source : UCVL
Fréquentation des rues (comptage réalisé du 17 au 19 juin 2010) Plus de 40.000 passants 30.000 à 40.000 passants 20.000 à 30.000 passants Moins de 20.000 passants
Gare
Source : CIMA Beratung + Management GmbH
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Contexte commercial
Loi du marché, importance de la politique Avec un millier de commerces au centre de la capitale, les autorités communales risquent de recevoir autant de doléances que le nombre de boutiques. Si les griefs connus subsistent, les commerçants regardent avant tout vers l’avenir pour fidéliser un maximum de clients, au sein d’un centre-ville dont la vocation commerciale épouse le positionnement touristique. Texte Thierry Raizer
Travaux en ville, difficultés à trouver des parkings, concurrence des centres commerciaux périphériques, mix commercial déséquilibré… Les commerçants du centre-ville auraient-ils le blues du businessman ? S’ils font régulièrement part de ces problématiques aux élus ainsi qu’aux instances professionnelles susceptibles de les aider, c’est avant tout parce qu’ils restent des artisans. La photographie de ce que l’on a appelé le « mix » commercial de la ville, autrement dit l’équilibre entre les différents types de commerces (voir page 48) le prouve. « La présence de certaines grandes marques internationales et de luxe crée des aspérités et permet de nous différencier par rapport à d’autres centres-villes de la Grande Région où elles ne sont pas présentes, déclare Anne DarinJaulin, project manager à l’Union commerciale de la ville de Luxembourg (UCVL). Leur présence est aussi intéressante pour les touristes, car elles leur servent de repères. » Ces touristes dont on parle tant, le gouvernement en fait une priorité nationale, en lorgnant particulièrement vers la Chine, car le pouvoir d’achat – et de voyages – y serait en expansion constante. Une aubaine que la ministre des Classes moyennes et du Tourisme, Françoise Hetto-Gaasch, a voulu saisir avec sa double casquette. Après s’être rendue sur place en août 2012, la ministre a lancé le mois dernier une déclinaison en chinois du site internet
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visitluxembourg. L’UCVL met aussi en évidence les marchés émergents sur sa plaquette de présentation. Les langues chinoise, russe et arabe s’y côtoient. Forte des premiers retours sur ces investissements promotionnels et d’une formation spécifique à la culture chinoise pour ses membres, l’UCVL entend poursuivre dans cette voie et fonde des espoirs sur le « tax free » dont ces touristes raffoleraient. « Nous travaillons à l’amélioration du dispositif de détaxe en collaboration avec l’État, ajoute Anne Darin-Jaulin. Cela participera à la compétitivité du pays et à l’attrait du Grand-Duché pour les touristes, par exemple chinois. »
Heures d’ouverture : jouer le jeu S’il faut désormais aller chercher vers d’autres horizons pour trouver le consommateur qui peut à la fois satisfaire les acteurs touristiques et le secteur commercial, l’acheteur local et régional reste la cible prioritaire. Or les discussions montrent qu’une forme de tourisme commercial s’installe également au sein de cette population. Le besoin d’instaurer ou de réinstaurer un réflexe d’achat fonctionnel en centre-ville est donc plus que jamais au cœur des agendas des commerçants. Parmi les points d’achoppement énoncés
comme des freins, la question des heures d’ouverture autorisées refait régulièrement surface, entre des centres commerciaux qui désirent étendre au maximum leurs plages horaires accessibles au public et des commerçants de détail en centre-ville qui ne jouent pas tous le jeu. Le ministère de tutelle estime que la loi actuelle, datant de 2012 (voir encadré) est suffisante. « Les possibilités de la loi sont déjà intéressantes, rappelait Françoise Hetto-Gaasch sur paperJam.TV. Mais on n’en profite pas pleinement. Tant que les plages horaires disponibles ne seront pas entièrement utilisées, je ne vois pas pourquoi on devrait donner plus de liberté. » Et la ministre d’inviter, en substance, les commerçants à profiter des horaires légaux. « Ce qui fait l’attrait d’un centre-ville, c’est de pouvoir trouver un nombre suffisant de magasins ouverts en même temps. »
Une réelle influence politique Ce constat ressort d’un premier bilan de l’ouverture dominicale mensuelle des magasins – sur base volontaire, de 14 h à 18 h – mise en place par les pouvoirs communaux en 2012. « Le bilan dans le cadre des vide-greniers est partagé, relève Anne Darin-Jaulin. Contrairement à la ville haute, pour le quartier
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législation
24 h / 24, une fois par an
Photo : Pol Aschman © Photothèque de la Ville de Luxembourg
La loi régissant les heures d’ouverture adoptée le 21 juillet 2012 précise que les magasins peuvent ouvrir leurs portes de 6 h à 20 h en semaine (dont un jour jusque 21 h), de 6 h à 19 h les samedis et les veilles de jours fériés légaux (à l’exception des veilles de fête nationale, de Noël et du jour de l’An où l’heure de fermeture est fixée à 18 h) et de 6 h à 13 h les dimanches et jours fériés légaux. Les commerçants peuvent aussi repousser l’heure de fermeture les samedis et veilles de jours fériés à 20 h, dans le cadre d’une convention collective. Or la convention ne s’applique qu’à quelques grands centres au sein desquels, selon l’OGBL, les accords en place ne seraient pas toujours en règle avec les horaires d’ouverture pratiqués. Le syndicat dénonce par ailleurs l’extension et la fragmentation des horaires de travail au sein des petits commerces employant beaucoup de CDD. Plus cocasse, la loi stipule que « tout exploitant d’un magasin de détail peut obtenir à titre individuel, une fois par année de calendrier, l’ouverture en continu de son établissement pendant 24 heures, à partir de l’heure d’ouverture normale du magasin. » Une demande spécifique, qui doit être autorisée par le ministre pour soutenir, par exemple, une démarche commerciale ponctuelle. Et pourquoi ne pas lancer le marathon du shopping ? La créativité potentielle se cache parfois au détour d’un article de loi. T. R. Reportage réalisé en 1952 à la Grand-Rue.
de la gare l’opération n’est pas très fructueuse. Nous allons analyser les moyens que nous pouvons mettre en place pour soutenir cette zone. » Et le bourgmestre d’embrayer dans cette voie en annonçant, lors de la conférence de presse relative aux festivités du 23 juin, la création d’une nouvelle animation sur les thèmes des plantes et de l’alimentation dans ce quartier, chaque deuxième dimanche du mois. « Un marché aux plantes a tout à fait sa place dans cette partie de la ville, ajoute Xavier Bettel. Nous réfléchissons à l’organisation de cette animation que nous devrions lancer la saison prochaine. » Une animation populaire pour donner l’image d’une capitale… populaire. Si les marques de prestige sont un atout, surtout si elles ne sont pas présentes dans les agglomérations de la Grande Région, la Ville entend décliner sa « multiplicité » également dans le secteur commercial. « Nous devons proposer une gamme de produits la plus large possible », rappelle Xavier Bettel, tout en reconnaissant les limites de son action. « Je n’ai pas les moyens d’interdire l’implantation d’une boutique. » Ce n’est d’ailleurs pas son rôle, selon la législation, plutôt libérale vis-à-vis du secteur. « Dans un centre commercial, le mix est composé par le patron des lieux, déclare Fernand Ernster, directeur général des Librairies Ernster. En centre-ville, c’est le marché qui décide. » Observateur et acteur impliqué,
« Tant que les plages horaires disponibles ne seront pas entièrement utilisées, je ne vois pas pourquoi on devrait donner plus de liberté. » Françoise Hetto-Gaasch (ministre des Classes moyennes)
« Nous avons demandé la mise en place d’un système d’indemnisation des commerçants lors de chantiers à l’instar d’autres villes à l’étranger. » Anne Darin-Jaulin (UCVL)
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celui qui possède également deux boutiques en périphérie, l’une à la Belle Étoile et l’autre au City Concorde, connaît bien les forces et faiblesses du commerce urbain. Dont la question du loyer étroitement liée au bail commercial. « Le droit relatif au bail commercial favorise les intérêts des propriétaires, note Anne Darin-Jaulin. La législation luxembourgeoise en la matière n’a pas été modifiée depuis 1955. Une réforme de la législation vers un modèle plus équilibré permettrait de mieux protéger les commerçants locataires. » Propriétaire contre commerçant, un match qui semble souvent tourner en faveur du premier, même s’il revient au second de faire valoir ses droits lors de la négociation, comme l’indique un avocat spécialiste de la question. « Il existe des clauses qui permettent de prolonger le contrat, sans oublier que le propriétaire restera maître de son bien en dernière instance. » À défaut de pouvoir – ou vouloir – réguler ce marché, la Ville et l’État déclarent soutenir les commerçants exerçant dans des immeubles dont ils sont propriétaires, en pratiquant des loyers adaptés ou en gelant leur indexation. « Le projet Hamilius est d’autant plus important qu’il permettra d’augmenter l’offre au centre-ville et qu’il fera baisser le prix de l’immobilier, je l’espère », ajoute Xavier Bettel.
Ces précieuses infrastructures L’incidence des pouvoirs publics est, en revanche, indéniable sur l’environnement commercial, à commencer par la voirie. Sous le slogan « Construisons notre futur » décliné en plan de communication, la Ville de Luxembourg a entamé un vaste plan de travaux pour doter la capitale, qui a dépassé le cap des 100.000 habitants, du confort nécessaire. Malgré quelques désagréments, logiques, la communication semble passer entre les principaux intéressés, les commerçants des rues concernées et les autorités communales. Si les élus se montrent disponibles et aux avant-postes dans des films expliquant leurs démarches, les questions ou réclamations peuvent également être adressées aux « médiateurs ». Deux personnes engagées pour l’occasion par la commune et qui siègent, lorsqu’elles ne sont pas sur le terrain, dans une « Info-box », jouxtant le siège de Post Luxembourg, place Hamilius. Concentrés actuellement sur la rue Notre-Dame et la rue du Fossé, les travaux, qui se matérialisent par une ouverture complète de la chaussée, se déplaceront vers d’autres sites dans les prochains mois. Le bon sens voudrait que la mission des deux médiateurs soit prolongée pour un autre chantier appelé à débuter – enfin – dans les prochains mois : celui du tram. Une réalisation pharaonique, de la gare au Kirchberg, s’inscrivant dans le concept de mobilité polycentrique et douce voulu par le gouvernement. Si l’agenda final n’est pas encore connu (le site internet de LuxTram prévoit toujours une mise en service pour 2017), le traitement des commerçants durant les travaux n’est pas non plus fixé. Rien n’est d’ailleurs réellement prévu au stade actuel, en attendant une réunion entre les différentes parties prenantes fin juin. « Nous avons demandé la mise en place d’un système d’indemnisation des commerçants lors de chantiers, à l’instar de cas observés
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Commerce branding
Un secteur, plusieurs représentants
« Dans un centre commercial, le mix est composé par le patron des lieux. En centre-ville, c’est le marché qui décide. » Fernand Ernster (Librairies Ernster)
« Nous devons proposer une gamme de produits la plus large possible. » Xavier Bettel (bourgmestre de la Ville de Luxembourg)
dans d’autres villes à l’étranger. C’est une discussion que nous menons avec les autorités de la ville », ajoute Anne DarinJaulin. Une tendance qui rencontrerait les faveurs de LuxTram. À débattre. Le nombre de places de parking en centre-ville est aussi repris dans la liste des revendications des commerçants. Des travaux d’agrandissement du parking Knuedler sous la place Guillaume II sont prévus pour mi-2014 (après des fouilles archéologiques) et des places spéciales « park and buy » ont aussi été inaugurées avenue de la Gare (croisement avec l’avenue de la Liberté) pour permettre un stationnement temporaire pendant des achats.
Couleurs locales Amener les clients en centre-ville via les transports adéquats est une mission pour les autorités ; créer les conditions pour que les alentours des magasins soient plus peuplés en dehors des heures de bureau est un besoin réel pour les commerçants. « Il est aussi important qu’il y ait des habitants à proximité des commerces urbains, au-delà des pics de fréquentation durant le temps de midi et après journée », ajoute Fernand Ernster. Les prix de l’immobilier ont aussi leur importance dans cette problématique, de même que le cadre de vie général qui doit être sans cesse renouvelé pour attirer d’éventuels nouveaux habitants.
« La ville est le plus grand centre commercial à ciel ouvert, avec des produits et un service de qualité », lance Xavier Bettel, bourgmestre de Luxembourg-Ville pour marquer son attachement à ce secteur. Outre l’UCVL qui agit en coordination avec la Ville pour aider les commerçants, les autorités communales entendent renforcer leur propre cellule dédiée. Joëlle Klein vient en effet d’être engagée, en remplacement de Geraldine Knudson partie vers Munich, pour s’occuper de la communication de la Ville et de son développement commercial et économique, en lien étroit avec les commerçants et les autres services communaux. Au positionnement transversal de « multiplicity » de la Ville, s’ajoute celui de « Good Idea » lancé il y a cinq ans par la Confédération luxembourgeoise du commerce (CLC) pour faire du Luxembourg le pôle commercial de la Grande Région. Si la mission de la CLC ne s’arrête pas aux bordures de la capitale, celle-ci bénéficie, en premier lieu, des campagnes menées. T. R.
La bataille étant difficilement gagnable avec les centres commerciaux sur le front des parkings et des commodités, les commerces urbains doivent se démarquer par d’autres biais, dont l’accueil du client. La mise en place de formations « culture du service » et de « connaissance de base des produits » par la Fédération de la mode et la Luxembourg School for Commerce font partie des initiatives qui vont dans ce sens. D’autant plus que les commerçants peuvent miser sur le cachet de la ville. « Luxembourg-ville est connue notamment grâce à ses musées. Pourquoi ne le serait-elle pas davantage par le biais des commerces ? questionne Fernand Ernster. Nous devons dépasser les intérêts individuels et nous doter d’une vision commune en la matière. » Avec des loyers qui atteignent, selon un expert, des prix comparables à ceux pratiqués rue Neuve à Bruxelles, le centre-ville aurait tendance à se positionner de plus en plus vers le haut de gamme. Ce qui n’est pas incompatible avec la cible chinoise n’est pas totalement assumé à l’égard des habitants dont le pouvoir d’achat est variable. Combinés aux difficultés rencontrées, ces paramètres de marché variables ne doivent pas freiner le développement de créneaux encore inexplorés, ou pas suffisamment, comme la quincaillerie ou l’ouverture d’un bureau de change. À l’heure où les commerçants préparent les prochains soldes, seule la créativité ne doit pas être ristournée.
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Post-scriptum
Les vitrines de la ville Texte France Clarinval
Luxembourg a changé et change encore, et ses vitrines en témoignent. On peut se réjouir de voir la capitale s’ouvrir aux plus grandes marques internationales, qu’elles soient de niveau standard, de luxe ou même de grand luxe. On peut se féliciter de voir des bus entiers de Chinois déambuler dans les rues piétonnes, les bras chargés de sacs et paquets. On peut se dire qu’avec ces nouveaux acteurs du commerce, Luxembourg est enfin devenu une « vraie ville » qui ressemble à tant d’autres. Parce que la question sous-jacente est bien là : quel sera le visage de Luxembourg de demain, en d’autres termes, quelle ville voulons-nous ? La plupart des centres-ville de la taille de Luxembourg, et même plus grands, se ressemblent : les mêmes enseignes qui proposent les mêmes vêtements, les mêmes accessoires, les mêmes services à la même saison, dans des espaces piétonniers qui imitent des centres commerciaux en plein air avec le même mobilier urbain et les mêmes décorations de Noël. Luxembourg devrait jouer la carte de l’unicité plutôt que celle de la pâle copie. « L’enjeu est de protéger et de valoriser ce qui est différenciant. Mais toute tentative de ‘patrimonialiser’ la ville se révélera contre-productive si elle néglige d’y inoculer la créativité », expliquait le sociologue français Jean Viard lors des États généraux du commerce en mai dernier. Il suggère alors que Luxembourg s’ouvre à plus de créativité, « donc à plus de désordre » plutôt que de vouloir à tout prix se prendre pour un petit Paris. Appliqué au commerce, cela suppose de valoriser les indépendants, créer des espaces où les créateurs et designers auraient la chance de se vendre, mettre du désir et du vivant plutôt que des gros sous et des normes. Et en temps de crise, « les idées ne coûtent pas cher », rappelait le sociologue qui sait que Luxembourg se cherche des voies nouvelles pour dépendre moins de sa place financière.
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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière
entreprises
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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière
Aviation
Luxair, ça coince
Photo : Luxair
LuxairGroup a rapporté à la fin du mois de mai une perte nette consolidée de 21,2 millions d’euros et un résultat d’exploitation déficitaire de 18,2 millions. Pour la 10e année consécutive, la branche « airline » a perdu de l’argent. La compagnie explique en partie cet état de fait par la baisse des prix pratiquée suite à l’arrivée à Luxembourg d’opérateurs low cost. La recette unitaire a chuté de 4 % du fait de la vente massive de billets à tarifs promotionnels (304.000), qui ont représenté 38 % du total des billets vendus (contre 32 % en 2011 et 28 % en 2010). Mais le gros du problème, selon la direction, réside dans la hausse tendancielle des coûts de production et notamment des frais de personnel, passés de 139 millions en 2011 à 144 en 2012. Elle demande ainsi au personnel de faire des sacrifices pour améliorer le résultat de manière récurrente de 25 millions d’euros à partir de 2015. En fait, ce résultat catastrophique avait déjà été évoqué dès le mois d’octobre 2012. Hasard du calendrier (ou pas), la convention collective de la compagnie aérienne avait été dénoncée à la même date. Neuf mois plus tard, le conflit larvé a donné naissance à une conciliation dont le résultat était encore inconnu alors que cette édition partait à l’imprimerie.
Avec l’acquisition de 30 véhicules électriques Renault Zoé, les P&T s’offrent le plus important parc automobile de ce type dans le pays. Le suspense est terminé : c’est bel et bien Jean-Paul Hoffmann (futur ex-SES) qui deviendra, en juillet, le nouveau directeur de la radio socioculturelle 100,7.
Yapital
Entrepreneuriat
Partenariats avant lancement
Laurent Scalais au 7e CYEL
Comme un décompte à son lancement officiel, d’ici quelques semaines, Yapital, fournisseur européen d’origine allemande de services de paiement cross-canaux, a annoncé coup sur coup plusieurs partenariats stratégiques. Après avoir signé un important contrat d’échange de services avec Rakuten, Yapital, installée à Luxembourg, s’est alliée à Computop, un prestataire de services de paiement (PSP) de premier plan au niveau international. Puis la société a annoncé une coopération avec le groupe Peaches, ce qui lui permet d’accéder à un autre marché intéressant via la plateforme de services prépayés Prelado (destinée aux clients de téléphonie mobile).
Le jury du concours Creative Young Entrepreneur 2013 a été séduit par le projet de François Scalais, cofondateur de la société Neo Medical Systems : un écran en 3 dimensions destiné aux blocs opératoires, utilisable sans lunettes et adapté aux mouvements des yeux de son utilisateur (lire aussi en page 88). Le concours, dont la finale était organisée le 5 juin dernier au Parc Belle-Vue et organisé par JCI Luxembourg (voir aussi les photos en page 86), a réservé ses 2e et 3e places respectivement à Virginie Simon (MyScienceWork) et Laurent Muller (Muller & Associés).
Photo : archives paperJam
FR
ES H
« Le marché de l’ICT est toujours dynamique et le Luxembourg n’a rien à envier aux autres pays. » Pierre Dumont, CEO de Dimension Data, observateur privilégié, alors que sa société fête ses 20 années de présence au Luxembourg.
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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière
Biotechnologies
Théracule récompensée Lors du premier « Venture Lounge » dédié aux biotechnologies, organisé au Luxembourg, la start-up luxembourgeoise Théracule (spécialisée dans le développement de produits pharmaceutiques pour le traitement des maladies humaines, et issue du Luxembourg Center for Systems Biomedicine de l’Université) a été récompensée. Elle a reçu le 2e prix décerné par un jury de professionnels des biotechnologies et d’investisseurs internationaux, ayant assisté à la présentation d’un total de huit start-up (dont deux luxembourgeoises). Photo : Charles Caratini
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Aviation d’affaires
Luxaviation rachète Abelag La compagnie d’aviation d’affaires Luxaviation s’est offert un joli cadeau pour son cinquième anniversaire : le rachat de la société belge (et cinquantenaire) Abelag, active au Benelux. L’opération a pour objectif d’affirmer les ambitions internationales de Luxaviation, basée au Findel, et qui opère désormais 50 appareils et emploie quelque 300 collaborateurs. Ce rachat précède une autre étape importante : l’ouverture d’un bureau à Singapour.
CFL
Plus de passagers, moins de fret La croissance de 7,9 % du nombre de voyageurs transportés par les CFL en 2012 (19,8 millions) et la hausse, en partie liée, du chiffre d’affaires du groupe (+4 % à 681,5 millions) n’a pas empêché l’aggravation du résultat net négatif : -4,8 millions de pertes en 2012 (contre 2 millions en 2011). En cause : le recul de 14 % du volume de marchandises transportées via la filiale CFL Cargo.
Ernst & Young
Qui sera l’entrepreneur de l’année ? La firme Ernst & Young décernera de nouveau, cette année (début décembre), son prix de l’entrepreneur de l’année (le dernier lauréat fut Jacques Lanners en 2009). Les candidatures sont à déposer d’ici au 15 juillet.
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Rebranding
Les P&T changent d’ère La présentation de la nouvelle identité visuelle de l’Entreprise des P&T, devant quelque 1.500 employés du groupe (sur 4.000) ayant répondu à l’invitation le samedi 15 juin, à la Rockhal, méritait bien un féerique spectacle d’acrobates voltigeurs haut en couleur. Plus précisément en jaune, vert et bleu, les trois teintes qui composent le tout nouveau logo du groupe, désormais baptisé Post Luxembourg. Ce rebranding n’a rien d’anodin et marque une étape historique majeure pour la société, au moins aussi marquante que celle qui avait vu, il y a 20 ans, la transformation de l’Administration des P&T (dont les origines remontent à 1842). « Nous sommes convaincus que nous nous trouvons à un tournant de notre histoire, confirme Claude Strasser, le président du comité de direction de l’entreprise. Le changement de 1993 était sans doute plus fondamental encore. Mais il est clair que l’impact que ce rebranding aura pour l’avenir de l’entreprise sera considérable et, sur ce point, comparable. Et sur le plan émotionnel aussi, je pense. » Initié il y a trois ans, lorsque les structures commerciales de LuxGSM et de l’EPT avaient été fusionnées (la pertinence même du nom de LuxGSM n’était alors déjà plus vraiment d’actualité), le processus a pris son temps, complété, en cours de route, par une réflexion stratégique plus profonde concernant l’ensemble du groupe, menée depuis quelques mois. « Nous avons alors mis de côté le dossier de la nouvelle appellation pour nous concentrer sur le développement stratégique du groupe. Ce n’est que tout à la fin que nous nous sommes de nouveau penchés sur la question »,
indique Serge Allegrezza, le président du conseil d’administration. Cette nouvelle identité visuelle est signée Minale Design, qui n’en est pas à son premier coup au Luxembourg. La société, qui rayonne sur la France, la Belgique et le Luxembourg, s’était déjà occupée, en son temps, des rebrandings de Luxair et de Cegedel. « La marque ‘Post Luxembourg’ s’est imposée d’elle-même. Dans l’inconscient des gens, ils sont déjà clients de la Poste », a expliqué Gwenaël Hanquet, fondateur de Minale Design, lors de la révélation de cette nouvelle identité visuelle. Si l’Entreprise des P&T, désormais active sous la marque Post Group, ne changera pas de raison sociale, LuxGSM, en revanche, va désormais s’appeler Post Telecom. La déclinaison de la marque s’effectuera pour tous les métiers du groupe : Post Technologies pour la division des télécommunications ; Post Courrier pour les services postaux ; Post Finance pour les comptes chèques. Quant aux 13 filiales du groupe (qui représentent 900 salariés et ont cumulé en 2011 – derniers chiffres complets disponibles – un chiffre d’affaires de près de 190 millions d’euros), elles adopteront, au cas par cas, une « baseline » Post Luxembourg Group en plus de leur propre logo. Concrètement, le déploiement « sur le terrain » de ce logo commencera fin septembre et se fera progressivement au fil des mois. Il s’agira de « relooker » pas moins d’un millier de véhicules et 118 points de vente. Sans compter les documents administratifs officiels et autres cartes de visite. Un chantier qui s’annonce lui aussi de longue haleine.
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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière
Soirée Golden-i
Le Flagship Award pour DCL Group
Photo : ministère des Finances
Photo : Raoul Sommers
Plus de 650 professionnels de l’IT ont assisté, fin mai, à la 6e édition des « Golden-i, Gala & Awards », organisée par Makana. Une soirée à laquelle était également associée l’Apsi (Association des professionnels de la société de l’information), qui a remis son « Flagship Award », récompensant une entreprise luxembourgeoise ayant, au travers de son dynamisme et de sa créativité, favorisé le développement économique du Grand-Duché. Le lauréat 2013 est DCLGroup (EuroDNS, Datacenter Luxembourg, LuxCloud, Root…), créé par Xavier Buck et Marco Houwen. Il succède à la société Mobey, récompensée en 2012 pour son projet de paiement mobile Flashiz. Au cours de cette soirée, Éric Lippert (Lombard International Assurance) a, par ailleurs, été récompensé en tant que CIO de l’année pour son dynamisme et son influence. Enfin, trois Eurocloud Awards ont été remis à iPaymo (start-up), eBRC (Best Case Study) et LuxCloud (Best Cloud Service Product).
Cargolux
Un rapport controversé Le 4 juin dernier, au ministère des Finances, les journalistes étaient venus en nombre, s’attendant à un monologue, tel qu’annoncé dans l’invitation du ministre Luc Frieden, au sujet de Cargolux. Et plus précisément concernant le rapport d’experts sur les négociations qui ont amené, en juin 2011, Qatar Airways à entrer à hauteur de 35 % dans le capital de la société. Mais au final, il y avait aussi, derrière le micro, Claude Wiseler, ministre du Développement durable et des Infrastructures (et en charge, donc, des dossiers aériens) et Didier Mouget, le managing partner de PwC, cabinet auteur de ce rapport. C’est, du reste, ce dernier qui a occupé la majeure partie de cette conférence de presse, retraçant le travail d’enquête mené par trois associés de la firme (dont lui-même) du 11 janvier au 21 mars dernier et portant, notamment, sur 24 personnes en lien avec le dossier. Au final, Didier Mouget estime que « personne n’a eu un comportement inapproprié. Au contraire, le dossier a été géré en bon père
de famille ». L’opposition parlementaire n’a pas manqué de marquer son désaccord avec le contenu de ce rapport, s’étonnant au passage que ce soit la même firme qui ait rédigé ce rapport après avoir également assisté la direction de Cargolux pour l’exécution de la transaction avec Qatar Airways. En outre, le coût du document (200.000 euros) a également suscité de nombreuses réactions politiques… ce qui a amené PwC à communiquer une seconde fois, une semaine après, réfutant « avec la plus grande fermeté toute tentative de remise en cause de l’indépendance avec laquelle les travaux ont été conduits ». Pendant ce temps-là, les recherches d’un nouveau partenaire continuent pour Cargolux. Claude Wiseler a indiqué à paperJam.T V qu’il avait bon espoir que le dossier soit clôturé avant la fin de l’année (voir aussi en page 40).
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actualité ÉCONOMIE & politique entreprises place financière
Koch Business Solutions
Une base à Luxembourg Le groupe Koch Business Solutions (KBS-Europe) a choisi le Luxembourg pour poser sa base européenne. Elle y assistera le groupe et ses entreprises du continent en matière financière, de comptabilité et de ressources humaines. Koch Industries Inc., originaire du Kansas, est une des plus grandes entreprises privées aux États-Unis (plus de 60.000 salariés dans 60 pays). Au Luxembourg, le groupe occupe déjà quelque 250 personnes (industrie, services financiers, propriété intellectuelle). La partie la plus visible est l’usine John Zink International (systèmes de combustion), présente depuis les années 80 à Dudelange. Pour son QG européen, logé à la Cloche d’Or, le recrutement est commencé et vise environ 40 personnes d’ici à 2015.
Cetrel
Mission accomplie pour Jean-Marc Fandel Le CEO et président du comité de direction de Cetrel a, dit-il, « achevé sa mission ». Jean-Marc Fandel, en poste depuis 10 ans, quittera ses fonctions le 15 juillet prochain. La société, elle, continuera entre les mains de son partenaire industriel suisse Six, qui devrait bientôt être actionnaire à 100 %. Dans l’attente de la désignation d’un successeur, les responsabilités au niveau de la direction sont reprises par Roland Ludwig, actuel membre du comité de direction.
Formation professionnelle
Un MBA Telfer pour francophones C’est une première en Europe, se félicitent ses initiateurs. Grâce à des affinités nées entre des enseignants de l’Enim (École nationale d’ingénieurs de Metz) et de l’Université d’Ottawa, le premier MBA Telfer (du nom de l’école de gestion éponyme canadienne), avec des cours dispensés en français et étalés sur 18 mois, va être lancé sur le campus du technopôle de Metz. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 15 juillet et les cours démarreront en octobre pour une vingtaine d’étudiants, des cadres déjà en activité au sein de la Grande Région. « L’ambition est de hisser le niveau de compétences au sein des entreprises de tous secteurs et de toutes tailles, pour promouvoir l’essor économique dans toute la Grande Région », indique Anne-Sophie Personne, en charge de la gestion administrative du projet à l’Enim. Le coût complet de cette formation est d’environ 30.000 euros. Fusion
Grant Thornton prend de l’ampleur
Photo : Agora
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Le premier magasin Saturn du pays a été ouvert en 2008 au centre Belval-Plaza.
Saturn
Un nouveau magasin dans le nord ? Le groupe de distribution allemand spécialisé dans les loisirs électroniques et l’électroménager serait intéressé d’implanter un troisième magasin au Grand-Duché. Après Esch-Belval (en 2008) et LuxembourgGare (2010), le groupe lorgnerait cette fois vers le nord du pays, selon les dires de Sven Degezelle, CEO de Media-Saturn Belux, cité par wort.lu. Cette implantation s’inscrirait dans un vaste programme d’expansion qui concernait l’ouverture de 10 nouveaux magasins en Belgique et au Luxembourg d’ici à 2016. À l’horizon 2014, Saturn devrait en outre proposer, au Luxembourg, sa plateforme d’achat en ligne Mediamarkt, laquelle devrait déjà être opérationnelle pour la Belgique depuis ce mois de juin. Saturn a réalisé en 2012 un chiffre d’affaires de 51 millions d’euros au Luxembourg, en hausse de 8 % par rapport à 2011.
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Avec la fusion de Grant Thornton Luxembourg (Grant Thornton Lux Audit, Grant Thornton Tax & Accounting) et de PKF Luxembourg (Weber & Bontemps, Abax Consulting et Abax Investment Services), un nouvel acteur d’importance en matière de services financiers aux entreprises vient de voir le jour. La nouvelle enseigne Grant Thornton Luxembourg (avec neuf associés à parts égales) rassemblera 190 collaborateurs. Le chiffre d’affaires cumulé des deux entités a atteint 19 millions d’euros en 2012. Pour Grant Thornton, ce rapprochement servira l’objectif « Ambition 2015 », fixé en 2011, de doubler la taille du réseau international (qui compte pour l’heure 35.000 collaborateurs dans plus de 120 pays) en quatre ans. Secolux
Nouvelle direction Secolux, filiale du groupe belge Seco (contrôle de chantiers) établie à Capellen, est désormais dirigée par le Luxembourgeois Philippe Wetzel (ex-Paul Wurth). Âgé de 37 ans, il dirige 37 salariés, dont 25 ingénieurs spécialisés dans le contrôle technique des projets.
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Médias
De zéro à cent Alors que le Tageblatt fête ses 100 ans d’existence, le Wort (plus que centenaire) est plongé en pleine révolution. Comme retourné dans son année zéro. Textes Jean-Michel Gaudron (avec Marc Gerges) Photo Luc Deflorenne
Nouvelle direction au Wort
Saint-Paul en pleine mue En place depuis un an à la présidence du conseil d’administration du groupe Saint-Paul, Erny Gillen est en train d’initier de profonds changements – des hommes et des mentalités – au sein du premier groupe de presse du pays. Le tout dans une approche systémique qui touche l’ensemble de l’économie du pays.
ien ne peut remplacer l’action. » En une petite phrase, prononcée dans son bureau de l’administration diocésaine, Erny Gillen vicaire général et président du conseil d’administration du groupe Saint-Paul depuis février 2012, résume les dernières semaines pour le moins mouvementées vécues par le premier groupe de presse du pays. « Le changement se fait par le changement même. Il faut l’opérer et pas uniquement en parler. » Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce changement n’est pas passé inaperçu. Financièrement plombé depuis quelques années, notamment par le poids d’une activité « imprimerie » qui, depuis la fin des années 90, n’a plus jamais été rentable, le groupe s’est en effet offert une petite révolution avec la mise à l’écart brutale de son directeur général, Paul Lenert, qui avait pris les commandes du navire en 2010. Il est à noter que, dans les faits, il reste toujours officiellement salarié du groupe, n’ayant fait l’objet d’aucune procédure disciplinaire. La carrière de M. Lenert, entamée au sein du groupe comme correspondant free-lance en 1984, avait suivi une progression linéaire pour atteindre ce sommet. La chute fut d’autant plus brutale qu’elle ne fut précédée d’aucun signe avant-coureur, si ce n’est, peut-être, la décision de le faire « sortir » du conseil d’administration dès le mois d’octobre. Une décision alors motivée par une volonté de meilleure gouvernance, quand bien même il avait toujours été de tradition que le directeur général soit également administrateur du groupe. La mise à l’écart finale, qui semblait être discutée depuis un moment au sein du conseil d’administration, selon les dires d’un de ses membres, a notamment été motivée par le résultat d’un rapport interne réalisé par la consultante Martina Violetta Jung.
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Erny Gillen : « Faire en sorte que Saint-Paul devienne une entreprise où tout le monde voudra travailler dans quelques années, à la pointe du pays et non pas à la traîne. »
Mais elle s’appuie aussi largement sur l’aggravation de la situation financière du groupe. « Depuis mars, on nous dit que le groupe Saint-Paul se trouve dans une situation de tsunami au niveau des chiffres, dépenses et recettes, justifie Erny Gillen. Le marché des annonces s’est effondré d’environ 17 % en janvier 2013, par rapport à 2012, soit environ 400.000 euros de moins. Il n’était plus possible de regarder cela en disant qu’on allait faire des petits plans d’action. Il fallait agir au niveau de la systémique de l’entreprise. L’actionnaire et le conseil d’administration n’avaient pas d’autres choix. » Les soucis du groupe remontent aux années 90, lorsque fut prise la décision, sous la houlette de Paul Zimmer, d’augmenter les capacités d’impression du groupe, avec l’achat de nouvelles machines : deux rotatives pour magazines et une pour les journaux. Cela représentait, à l’époque, un investissement
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« Il y a des vérités qu’il faut dire et de la justice à mettre en avant. » Erny Gillen (Saint-Paul)
Identité
Le Wort (re)prend des couleurs
global de quelque 2 milliards de francs (50 millions d’euros), mais pour ne générer, surtout, que des pertes annuelles substantielles. Une gouvernance délicate
L’arrivée de Charles Ruppert (ancien banquier, mais sans aucune expérience dans le monde des médias), à la tête du groupe en août 2003, laissa entrevoir, un temps, un redressement de la situation. Le plan « Saint-Paul 2006 » fit illusion un moment, avec un retour aux bénéfices (largement alimentée, néanmoins, par la hausse du prix des abonnements) et une réduction de la dette. Mais certains changements de taille – et pas uniquement celle du Luxemburger Wort, réduite de moitié, et du nom, simplifié en d’Wort – imposés par le nouveau patron, ne rencontrèrent pas le succès escompté. L’embellie fut donc de courte durée et la situation se dégrada de nouveau rapidement. Au point que lorsque M. Ruppert fut poussé à partir en août 2006, le jour où il atteignit l’âge de la retraite, il fut bien difficile de lui trouver un successeur. « Un chasseur de tête avait bien identifié des gens intéressants, mais tous ont refusé devant les problèmes de gouvernance, témoigne un membre de la direction. Car il fallait à la fois quelqu’un capable de gérer les relations avec l’archevêché, avec le CSV, avec le LCGB et qui soit capable de gérer une entreprise tout court. Le poste avait tout du siège éjectable. » La solution de transition interne, trouvée en la personne de Léon Zeches, dura finalement jusqu’à son propre départ en retraite, début 2010, laissant la place à Paul Lenert. Ce dernier eut alors la charge de la modernisation du groupe, via une transformation profonde de l’entreprise dans des circonstances forcément difficiles, que le début de la crise financière mondiale n’a guère contribué à améliorer. Cette modernisation passa par la fermeture
Un tatouage discret sur une épaule, l’iris d’un œil grand ouvert, un sticker sur un casque audio… Le nouveau logo du Wort, tout en couleurs, ressort sur les photos noir et blanc de la nouvelle campagne d’image lancée par le groupe Saint-Paul à la mi-juin. « Un nouveau logo orienté vers l’avenir et à destination de tous les habitants du Grand-Duché », a annoncé, clairement, le groupe à l’occasion de sa présentation en avant-première lors du prologue du Tour de Luxembourg cycliste. Le « W » en gothique, entouré d’arcs de cercles rouge, jaune et bleu, et qui sera progressivement décliné sur tous les supports médias du groupe, est censé symboliser « la diversité de la population luxembourgeoise et le dynamisme qui naît de cet assemblage de nationalités, de cultures et de mentalités différentes et surtout complémentaires ». Rappelant que le journal a été créé trois jours après l’adoption de la loi sur la liberté de la presse (ce qui, soit dit en passant, est inexact, puisque l’arrêté royal grand-ducal concernant l’abolition de la censure dans le Grand-Duché, signé le 15 mars 1848 par Guillaume II, fut publié le vendredi 17 mars au Journal Officiel, alors que le premier numéro du Wort n’est paru « que » le jeudi 23 mars, le groupe Saint-Paul annonce que, désormais, le Wort « avance avec les changements et prend le devant pour grandir dans une société en évolution permanente ». J.-M. G.
d’activités déficitaires depuis plusieurs années (rotatives « heatset ») ou des décisions radicales prises pour des activités se révélant sans avenir. C’est ainsi qu’il fut décidé de cesser les parutions de La Voix, en septembre 2011, et du gratuit Point.24, 13 mois plus tard. L’action d’abord, la réflexion ensuite
Dans le même temps fut lancée une stratégie média visant à renforcer la position de leader du groupe. Le développement multilingue du site internet wort.lu en est la face la plus visible. Mais le tout se déroula dans un climat social délicat, avec une réduction des effectifs du groupe de quelque 200 personnes, au terme d’un plan de maintien dans l’emploi et de deux plans sociaux. Dans le même temps, l’archevêché changea aussi de tête : à l’été 2011, Jean-Claude Hollerich (alors âgé de 55 ans) succéda à Fernand Franck, en place depuis plus de 20 ans. Dans la foulée, Erny Gillen (54 ans) fut nommé vicaire général, une fonction occupée depuis près de 35 ans par Mathias Schiltz (78 ans). Il prit également sa place, en février 2012, en tant que président du conseil d’administration de Saint-Paul, marquant le début d’une nouvelle ère pour le groupe, sur fond de « dépoussiérage », comme il l’expliqua lui-même dans les colonnes du Wort, lorsqu’il présenta la nouvelle structure de la direction, en mai dernier. La brutalité de l’éviction de Paul Lenert et les commentaires qui ont suivi ont évidemment détonné avec l’image policée habituellement véhiculée par les hommes d’Église. « Le leitmotiv du Wort est ‘Für Wahrheit und Recht’. Il y a des vérités qu’il faut dire et de la justice à mettre en avant. C’est très chrétien comme approche. Le christianisme se montre parfois sous un visage trop poli, mais il faut toujours que quelqu’un casse le mur pour aller de l’avant. » Juillet-Août 2013 —
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Pour l’heure composée d’un comité de pilotage, la « nouvelle » direction a déjà vu sa composition évoluer en moins d’un mois, avec notamment le retour en grâce de Paul Meyers. L’ancien directeur financier, initialement débarqué du navire début mai, en même temps que Paul Lenert, fut finalement rappelé trois semaines plus tard pour succéder à… son successeur, Jean-Luc Karlsekind. Exit également Martina Violetta Jung et Bas Schagen, appelés de la première heure, mais pas de la deuxième. En plus de M. Meyers, trois autres personnes ont alors fait leur entrée au sein de ce comité : Hortense Bentz (en charge de revoir le fonctionnement des rédactions avec Claude Feyereisen), Jeannot Theis (en tant que secrétaire) et Marc Thill (membre suppléant). Nouvelle direction – en attendant de trouver l’oiseau rare qui saura présider aux destinées du groupe –, mais aussi nouveau logo (voir encadré), agrémenté d’une nouvelle baseline : « We are Luxembourg » qui ne manque pas d’ambition, si ce n’est de prétention. « Nous vivons dans une crise systémique de notre pays, note Erny Gillen. On peut observer ce qui se fait ou bien agir. Le débat parlementaire du 13 juin a encore montré le spectacle de l’observation et de l’inactivité. La situation économique du pays exige d’agir. Tout le monde parle de la crise, mais tout le monde fait comme si cette crise n’existait pas. Le discours et l’action se contredisent. Le choc des idées ne suffit pas. C’est pourquoi nous avons décidé, au sein du conseil, de passer à l’action. Après, on peut réfléchir, et rectifier certaines choses, comme nous l’avons fait. Mais c’est d’abord l’action qui domine. » Cette action va évidemment se décliner en plusieurs volets, que ce soit dans les actes ou dans les intentions. Et elle sera saupoudrée au fil du temps. « Les développements à venir doivent surprendre », prévient M. Gillen, qui évoque, parmi les grands chantiers de réflexion du vaste plan d’action en cours (prévu de se terminer avant la fin de l’été), celui, déjà bien avancé, de la mise en œuvre des différentes rédactions. Le message est clair : les différents médias du groupe sont appelés à converger d’une manière ou d’une autre, dans une approche multisupport (digital, print, audio, vidéo) au sein d’une rédaction unique, forte, pour l’heure, d’une centaine de journalistes. « Nous pouvons avoir différentes marques à l’extérieur, mais avec une seule manière de travailler au sein de ces marques, prévient M. Gillen. C’est une question de synergies et de qualité. Je connais bien le milieu social (M. Gillen est, entre autres, président de la confédération Caritas Luxembourg depuis 1996 et de Caritas Europa depuis 2007, ndlr). On a toujours essayé de résoudre les problèmes en multipliant les services et non pas en regardant de plus près si l’on peut changer l’un ou l’autre de ces services. Chaque nouveau besoin a été comblé par la multiplication ou le copy paste. Le temps du copy paste est aujourd’hui terminé. » — Juillet-Août 2013
« Le temps du copy paste est aujourd’hui terminé. » Erny Gillen (Saint-Paul)
Autre sujet chaud : celui concernant l’activité « imprimerie », source de bien des soucis pour Saint-Paul depuis de nombreuses années. Il est désormais question, ni plus ni moins, de la filialisation de ces activités. « Nous devons réfléchir ensemble, avec les autres éditeurs, sur des synergies dans ce domaine. Si nous voulons maintenir au Luxembourg un certain niveau d’emploi, il est clair que nous devons faire des choses auxquelles nous n’aurions pas pensé il y a deux, cinq ou 20 ans. Et cela vaut aussi pour l’économie luxembourgeoise. Si on fait l’analyse des choses, tout le monde tombe d’accord pour dire que la question de l’automatisme risque de nous mettre dans une situation d’immobilisme à très court terme. Nous avons le choix de réagir d’une manière responsable et pour garder le maximum d’emplois, ce qui implique de toucher aux acquis sociaux. Cela ne veut pas dire qu’il faut tout enlever, mais plutôt entrer dans de nouvelles dynamiques pour gérer ce que l’on doit gérer si on veut survivre. Je parle autant pour Saint-Paul que pour le pays. » Pas des feuilles paroissiales
Habitué à pratiquer des politiques salariales pour le moins généreuses, le groupe est davantage entré, aujourd’hui, dans une logique de serrage de ceinture. La couleur a déjà été annoncée aux salariés. Et visiblement, aux yeux du président du conseil d’administration, le message passe plutôt bien. « J’ai eu l’occasion, à deux reprises, de débattre avec les employés du groupe. Le dialogue qui s’est mis en place m’a réconforté, assure Erny Gillen. On va avancer ensemble. Je vois la volonté des personnes qui travaillent dans l’entreprise de faire de leur mieux pour faire en sorte que Saint-Paul devienne une entreprise où tout le monde voudra travailler dans quelques années, à la pointe du pays et non pas à la traîne. » Immanquablement, la reprise en mains apparente, pour ne pas dire plus, de l’Église sur l’un des médias phares du pays est pour le moins intensive, dans la continuité des mouvements déjà amorcés dans le secteur
hospitalier et social et sur fond de débats autour de la réforme des relations entre l’Église et l’État. Dans ce contexte, la question de savoir comment le Wort, et les autres médias du groupe Saint-Paul, vont se positionner vis-à-vis de l’opinion de l’archevêché, se pose tout naturellement. Mais Erny Gillen réfute toute idée de prise de pouvoir idéologique. « Les journalistes restent des personnes responsables au niveau de leur travail. La maison d’édition Saint-Paul est là pour servir le bien commun de notre pays, lequel va bien au-delà des intérêts économiques politiques et religieux. Le Wort ou les autres publications du groupe sont des médias tout d’abord. Ils appartiennent directement ou indirectement à l’archevêché, ce qui ne veut pas dire qu’ils deviennent des feuilles paroissiales. Cela n’a jamais été la vocation du Wort. Ni en 1848 (date de sa création, ndlr) ni aujourd’hui. Nous sommes là pour travailler dans la société, pour la société. Le christianisme a été à la pointe du progrès pendant des siècles et je suis persuadé qu’il reste à la pointe du progrès. Les églises ne sont pas là pour imposer des choses, mais pour proposer des choses. Or, ce qui manque cruellement dans notre temps, ce sont des propositions. » Outre ces réorganisations internes, Erny Gillen ne verrait pas d’un mauvais œil une réforme de l’aide à la presse telle qu’elle existe actuellement. Mise en place en 1976 et révisée en 1998, ce système de subventions d’État a toujours permis un certain pluralisme de la presse dans le pays. « Mais comment la maintenir dans un monde toujours plus digital ?, s’interroge Erny Gillen. Cela ne reviendrait-il pas moins cher d’offrir un iPad à chaque citoyen et de négocier avec iTunes pour réduire ses marges ? Tout le monde y gagnerait et le pays pourrait développer une image de cœur vert de l’Europe. Je ne souhaite pas abolir cette aide, mais plutôt imaginer une reconversion dans le domaine global. Cela nécessite, là aussi, de discuter ensemble, avec les acteurs et le gouvernement, sur les différents modèles à mettre en place et sur les objectifs souhaités, notamment de maintien de l’emploi. »
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Danièle Fonck
« Nous avons contribué à influencer le paysage politique et sociétal du pays » La directrice générale d’Editpress évoque les 100 ans du quotidien Tageblatt, dont le 1er numéro est paru le 30 juin 1913. Elle évoque aussi les défis auxquels l’ensemble des médias sont confrontés aujourd’hui, qu’ils soient « traditionnels » ou numériques.
adame Fonck, dans quel état d’esprit abordez-vous le centenaire du journal que vous dirigez et au sein duquel vous êtes active depuis plus de 35 ans ? « Il y a deux sentiments qui prédominent. D’abord, pour un journal, 100 ans d’existence, c’est de toute façon fabuleux. Lancer un quotidien le 30 juin 1913, quasiment à la veille de la Première Guerre mondiale, c’était un défi fou. Et puis 100 ans, c’est aussi la marque d’un siècle impressionnant. Le Tageblatt a accompagné un pays, une Europe et un monde avec deux guerres mondiales et a combattu la montée des pires extrémismes. En janvier 1933, Hitler avait été élu au pouvoir en Allemagne. Et le 8 avril 1933, au terme d’un procès à Berlin, le journal fut interdit de parution en Allemagne. Le même jour, nous avons publié une photo en une, ce qui n’était déjà pas habituel à l’époque, qui montrait un camp de concentration. Il y avait déjà une certaine forme de lucidité. Nous nous sommes, au fil de l’histoire, engagés dans les grandes luttes de l’époque. Nous nous sommes opposés et avons condamné les guerres au Vietnam, en Afghanistan ou en Irak, nous avons milité pour la création des Nations unies puis de l’État d’Israël, ce qui donne toute sa légitimité à l’engagement pour la création d’un État en Palestine. Nous nous sommes aussi toujours engagés en faveur de la création d’une Union européenne. D’ailleurs, un de ses directeurs (Jean Fohrmann, ndlr) a fait partie des premiers membres de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (Ceca). Et puis le Tageblatt fut le premier journal en Europe à créer une page régulière consacrée à l’Europe. Nous sommes donc un journal qui a non seulement vécu dans son siècle, mais qui a aussi contribué largement à influencer le paysage politique et sociétal dans son pays.
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Cette influence est-elle ancrée, selon vous, dans la raison d’être d’un journal ? « Un journal a en effet le devoir d’être d’opinion,
Danièle Fonck : « Nous devons nous battre pour que les fondamentaux retrouvent leur juste place. »
en ce sens qu’il y va d’une certaine mission d’intérêt public. Il faut faire en sorte que l’être humain compte au sein de la société. Et pour que l’Homme puisse être au centre de la société, et donc de la démocratie, il faut qu’il soit capable de discernement et de créer sa propre opinion. L’information n’est pas neutre. Elle doit être accompagnée d’analyses, de commentaires et de prises de position pour aider à forger des opinions contradictoires favorisant le débat démocratique… Et cela, nous l’avons toujours fait. Y a-t-il encore aujourd’hui des combats aussi importants que ceux du passé ? « Les combats ne sont évidemment jamais les mêmes, mais en termes d’importance, ils sont identiques. L’ascenseur social, aujourd’hui, n’est plus ascendant. Et il est pitoyable de voir que l’on
revient, aujourd’hui, sur des lois pour lesquelles des générations se sont battues. Nous vivons aussi une évolution sociétale extraordinaire. Au début et pendant le 20e siècle, hommes et femmes de toutes catégories sociales se sont battus pour l’émancipation culturelle de leurs enfants. C’était une fierté d’imaginer que la génération suivante aurait de meilleures connaissances et un meilleur accès à ces connaissances. Aujourd’hui, malheureusement, on assiste à un nivellement par le bas. Si on n’y prend pas garde, on risque d’avoir une élite excessivement bien formée, mais excessivement minoritaire, et une majorité de gens qui n’auront plus accès à la vraie information, car incapables de discerner ce qui se cache entre les lignes. L’éducation, aujourd’hui, ne tient plus suffisamment compte de l’importance des langues, écrites et parlées. Il s’agit là d’un élément qui touche directement la presse et qui constitue, au-delà de la crise économique, sa principale préoccupation. Juillet-Août 2013 —
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100 ANS EN UN COUP D’ŒIL
Quelques « unes » marquantes
30 juin 1913 La première…
Visuels : © Editpress
8 avril 1933 Le Tageblatt est interdit de paraître en Allemagne. Première photo d’un camp de concentration.
9 mai 1940 Dernière parution, au lendemain de l’invasion allemande en France.
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8 mai 1945 La fin de la 2e Guerre mondiale
2-3 janvier 1999 L’euro remplace le franc luxembourgeois
18 mai 2009 30.000 manifestants dans les rues de la capitale
Vous craignez que les journaux ne soient bientôt plus lus comme ils devraient l’être ? « Cela ne concerne pas uniquement les journaux, mais aussi l’information sur internet. Pour du ‘net’ de qualité, il faut aussi être capable de lecture et d’écriture. Or, si la société ne connaît plus le sens de la lecture ni l’étymologie des mots, nous allons vers un désastre. Comment pourra-t-on encore assurer une démocratie si l’on n’est plus capable de partager des valeurs communes ? Il faut les connaître, les assimiler et en débattre. Or, on ne peut débattre de rien si on ne dispose que d’un savoir plus qu’approximatif. Imaginez un monde où chacun se fabrique son propre journal constitué, pour les uns, de nouvelles uniquement sportives, pour d’autres, d’infos uniquement sur la mode ou les ‘People’. Cela ne mènera à rien en termes de cohésion sociale. C’est dramatique. Il s’agit de combats à mener qui sont aussi rudes que ceux du passé. Que pouvez-vous faire, en tant que média, dans ce combat ? « Nous battre et espérer que les autres aussi se battent tous les jours. Et que la classe politique se rende compte de ses défaillances, de ses devoirs, et se souvienne de ce pour quoi elle a été élue. Le monde ne se régit pas seulement sur la base d’influences de lobbying partial et parcellaire. Nous devons nous activer pour une prise de conscience de la classe politique et nous battre pour que les fondamentaux retrouvent leur juste place. C’est un combat de base qui vaut la peine d’être mené pour tout journal. Au-delà, il lui faut prouver qu’il apporte chaque jour sa petite quote-part d’excellence pour faire en sorte qu’il soit toujours et encore de meilleure qualité. Êtes-vous, dans ce contexte, favorable aux initiatives telles que 2030.lu ou bien 5 vir 12, qui cherchent à lancer des débats citoyens pour faire remonter certaines revendications au niveau des politiques ? « Sur un plan philosophique, je considère ces initiatives comme la faillite du politique. Il est du devoir de l’État, des politiques, d’engager de tels débats et de développer ce que les Allemands appellent la ‘Streitkultur’, mais qui ne se traduit pas très bien en français (la ‘culture du débat conflictuel’ s’en rapproche le plus, ndlr). Le fait qu’il faille des lobbies pour cela est un signe de mauvaise santé démocratique. Je ne pense pas que ce soit le rôle des lobbies de façonner les esprits. Surtout que, contrairement aux apparences, ils ne s’adressent pas vraiment à l’ensemble de la population, mais bien à une élite qui n’est pas forcément représentative du commun des mortels.
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Comment se positionnera, du reste, le Tageblatt, en vue des prochaines élections législatives ? « Dans le droit fil de sa propre philosophie. Il examinera à la loupe les déclarations d’intention des uns et des autres. Il lira attentivement les programmes, observera les hommes et femmes en lice et jugera en conséquence. Avec la liberté qui est sienne. Il n’est inféodé à personne. Le secteur des médias traverse actuellement de grosses turbulences. Votre principal concurrent, le groupe Saint-Paul, vient de procéder à plusieurs plans sociaux ces dernières années. De votre côté, vous semblez moins touchés. Comment l’expliquezvous ? « La principale différence est que le groupe Saint-Paul a toujours essayé de se positionner par rapport à quelqu’un. Nous, non. Nous avons toujours agi en fonction de ce que nous sommes et avons toujours misé sur la continuité. Nous n’avons réalisé qu’un seul plan social à la fin des années 70, qui a touché huit personnes que nous avons d’ailleurs réembauchées par la suite. Nous sommes une entreprise qui n’a jamais eu beaucoup d’argent et nous essayons toujours de trouver des solutions équitables en interne. La gouvernance, aussi, est différente. En 1995, nous avons, un peu sur le modèle de ce qu’a fait Le Monde en France, ouvert notre capital à des actionnaires privés triés sur le volet. C’est ainsi que des personnalités telles qu’Edmond Israël ou Liliane Thorn-Petit sont devenues actionnaires. Nous détenons aussi, du reste, une participation croisée avec Le Monde et il y a un membre de chacun de nos conseils qui siège chez l’autre. Nous avons aussi, en 2011, ouvert notre capital au Lëtzebuerger Journal (8%, ndlr), ce qui a changé énormément de choses. Nous sommes finalement très ouverts, ce qui est quelque chose d’assez spécial. Il est d’usage, par ailleurs, que chez nous, le conseil d’administration prenne les décisions qui lui appartiennent. Mais il n’est aucunement concerné par la gestion journalière de l’entreprise, qui est sous l’entière responsabilité du directeur général, pas plus qu’il ne peut s’immiscer dans les contenus éditoriaux… Il n’empêche qu’à la lecture des études d’audience Plurimedia, le Tageblatt perd régulièrement du terrain. Comment réagissez-vous face à cela ? « Je ne prends pas trop en compte les chiffres Plurimedia qui ne correspondent pas tout à fait aux réalités vraies… Les journaux papier stagnent, et pas seulement nous. Nous limitons même plutôt la casse par rapport à d’autres,
« La vraie plus-value d’un média se trouve dans son contenu, dans ses journalistes. » Danièle Fonck (Editpress)
Conflit
Quand Jacques Poos vide son sac Ancien membre du gouvernement, le socialiste Jacques Poos fut également, entre 1964 et 1976, directeur du Tageblatt. Dans une lettre ouverte adressée à Danièle Fonck, à la mi-juin (après que l’interview ci-contre a été réalisée), et publiée sur paperJam.lu, il a violemment exprimé son désaccord avec l’orientation prise par le journal ces dernières années et, par là même, décliné l’invitation pour la célébration du centenaire organisée au Grand Théâtre ce 26 juin. Jacques Poos regrette notamment que le journal soit devenu « le défouloir de trotskistes, néo-communistes et autres petits Mélenchons (le politicien français, grand adepte de la provocation verbale, ndlr) » . Il conclut même sa lettre en faisant le parallèle entre les prises de position du journal et celles des extrêmes politiques : « La communion de vos poussées de colères anti-européennes avec celles de l’extrême-droite est effrayante. (...) Marine Le Pen ou Alvin Sold : qui (mau)dit mieux ? », écrit-il. Contacté par paperJam.lu, M. Poos dénonce aussi la censure dont il est l’objet. « J’ai déjà adressé des lettres au Tageblatt, toutes ont été classées dans la corbeille, a-t-il expliqué. Aujourd’hui, il s’agit d’essayer de démolir le gouvernement et le parti socialiste. » L’ancien ministre ne comprend ainsi pas la position anti-européenne d’Alvin Sold. « Il en profite pour refuser aux élus leur représentativité, il les considère comme ‘illégitimes’, précise-t-il. Mais cela veut dire contester nos institutions nationales, et tous les traités internationaux que nous avons signés, et qui font partie intégrante de notre législation. Nous ne pouvons pas ne pas respecter ce que nous avons voté ! » C’est aussi par publication interposée que Danièle Fonck a réagi en premier lieu, sur rtl.lu, jugeant évidemment « inadmissible » la comparaison faite avec le Front national. « Ces allégations sont fausses, le Tageblatt est un journal pro-européen, depuis ses origines, explique-t-elle en substance. Ce qui ne veut pas dire que l’on est toujours satisfait de l’Europe d’aujourd’hui. » Et de citer Molière (dans Le malade imaginaire) : « Les anciens, Monsieur, sont les anciens, et nous sommes les gens de maintenant. » Un peu plus tard, elle déclarait, à paperJam.lu que « les propos de Monsieur Poos sont indignes de l’homme qu’il fut. Ils sont injustes, injustifiés, faux, injurieux et diffamatoires. Mais il est libre de ses actes et de ses paroles. » Dans le même temps, Alvin Sold coupait court à toute polémique : « Monsieur Poos est libre de ses opinions. Elles ne me paraissent pas suffisamment fondées pour m’inciter à en débattre. » V. R. et J.-M. G.
même si nous préférerions être dans la situation des pays scandinaves où la presse écrite prospère. Tout cela tient au contexte sociétal. On nous dit que les jeunes ne lisent pas, mais nous prouvons le contraire avec L’essentiel (dont le groupe Editpress détient 50%, le reste étant la propriété du groupe suisse Tamedia, ndlr). Avec ses 115.000 exemplaires par jour, il est véritablement le premier journal du pays. Mais le mode de consommation des médias change et les publications online prennent de plus en plus d’importance… D’où un modèle économique qui doit aussi changer, non ? « Oui, mais tout cela reste encore très diffus et très confus. C’est encore une vraie nébuleuse. Ce qui est certain, c’est qu’il faudra en finir tôt ou tard avec le modèle d’internet gratuit .Qu’on ne vienne pas nous faire croire que le net peut être gratuit, car il n’y a pas de papier à payer. Ce qui fait le coût d’un journal, c’est aussi et surtout la création de son contenu ! Et que ce soit sur papier ou sur internet, la création du contenu est la même. La vraie plus-value d’un média se trouve dans son contenu, dans ses journalistes. Est-ce pour cela que vous facturez, par exemple, 1,49 euro un article à lire en ligne sur le site du Jeudi, alors que le prix au numéro de l’édition papier n’est que de 2,20 euros ? « La qualité a un prix ! Nous sommes encore en train de chercher le modèle idéal… Les journaux ne sont de toute façon pas financés, ou alors pour une part infime, par les lecteurs, mais bien par la publicité. Or, personne n’a l’assurance que les transferts de publicités se font de 1 à 1 et à prix égal. La vraie question de la rémunération va donc se poser très vite. Tout comme va se poser très sérieusement la question du vol des contenus, qui ne constitue pas uniquement un vol économique, mais aussi un vol de propriété intellectuelle. Sans aller jusqu’à une échéance de 100 autres années, quelle vision avez-vous du Tageblatt dans 10-15 ans ? « Nous ferons tout pour exister encore dans la société qui sera la nôtre, avec tous les moyens qui seront à notre disposition et notre volonté de remplir ce que nous considérons comme une mission noble et avec la volonté absolue d’exercer ce que je continue à considérer comme l’un des plus beaux métiers du monde. N’est pas journaliste celui qui écrit un blog en quelques secondes sur le coup d’une émotion. C’est un métier, mais c’est aussi du talent, du travail, une déontologie et beaucoup d’abnégation, d’expertise et de savoir. » Juillet-Août 2013 —
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Transports et logistique
Les routiers accusent le coût La prochaine taxe poids lourds (TPL) en France va encore un peu plus compliquer le ratio entre frais qui augmentent et prix jugés trop bas sur le marché. Les entreprises du secteur voient les choses avec différenciation au Luxembourg, carrefour logistique et hub stratégique. Texte Alain Ducat Photo Luc Deflorenne
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lle était attendue (voire redoutée) pour ce mois de juillet. Elle devrait s’appliquer en octobre (dans l’attente de la publication du texte réglementaire) : la TPL (taxe poids lourds) ou écotaxe vise, en France, les transports routiers « à partir de 3,5 tonnes, qui utilisent le réseau routier national », selon les sites officiels de l’administration française et des douanes de l’Hexagone. Il y a cependant, comme dans toute nouvelle réglementation, quantité de subtilités (lire page 78) qui vont jouer à la marge pour tous les transporteurs, et alourdir encore un peu la barque des contraintes du métier. « C’est une nouvelle taxe, et donc un facteur de coûts, qui s’ajoute à d’autres taxes et redevances directes du même ordre, comme la vignette en Suisse ou les 8 euros par jour de circulation en Wallonie. Et on s’attend à en voir arriver d’autres », commente, presque fataliste, Alain Stevenart, directeur chez Beyer-Copex. La firme, avec son émergence après-guerre, son implantation à Sandweiler, sa trentaine de salariés et ses métiers liés au fret, du transport à l’agence en douane, est assez emblématique d’une galaxie d’entreprises moyennes qui forme, au Luxembourg, le gros des troupes logistiques. Cette nouvelle écotaxe va devenir, dans tous les cas, un élément de plus à gérer. Avec quelles conséquences ? Pour Jérôme Lorrain, CEO de l’entreprise de transport Wallendorf, « cela représente effectivement une charge de coûts supplémentaires que nous devrons couvrir. Les clients seront bien évidemment sollicités. Et il est certain que quelques-uns d’entre eux refuseront de couvrir ces coûts supplémentaires. » Pour bon nombre d’entreprises, l’analyse relève du choix cornélien. « De deux choses l’une, explique un spécialiste du secteur, soit tous les transporteurs s’entendent et répercutent les coûts — Juillet-Août 2013
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« Depuis 30 ans, j'entends que les prix vont augmenter. » Alain Stevenart (Beyer-Copex)
Les grands transporteurs et logisticiens pourraient encore jouer sur les marges, ce qui reste possible pour ceux qui ont une taille critique suffisante.
à leur chargeur, mais il est clair que s’entendre, ce n’est pas une chose possible ni acceptable aux yeux des lois et directives européennes de concurrence ! Soit les grands transporteurs et logisticiens en profitent pour jouer sur les marges, ce qui est encore possible pour ceux qui ont une taille critique suffisante. À force de devoir jouer sur les marges, ce que tout le monde ne peut plus se permettre, on risque de voir dégager du marché des acteurs plus petits qui ne tiendraient pas le coup. Ainsi, les mastodontes internationaux du secteur vont pouvoir faire de la place ou racheter de petits concurrents régionaux, pour les intégrer dans leur groupe, ce qui le rendra encore plus puissant pour jouer sur les marges… » Associée gérante de l’entreprise familiale Arthur Welter (aux côtés de sa sœur Viviane), Marianne Welter, par ailleurs à la tête du Groupement Transports affilié à la CLC (Confédération luxembourgeoise du commerce) ne s’inquiète pas trop. « Il est clair que ces coûts s’ajoutent aux autres, parfois délicats à assumer. Mais ils ne vont pas peser outre mesure chez nous. Nous utilisons
Poids économique
Secteur lourd Pour avoir une idée du poids du secteur logistique, on peut déjà évaluer celui du transport international de marchandises par route. Selon les données officielles (avril 2013), on compte 377 entreprises actives dans le T.I.R. Les estimations du Groupement Transports affilié à la CLC y ajoutent les transporteurs actifs sur le marché national. On arrive ainsi à environ 550 transporteurs luxembourgeois. Pour le transport international, on recense également près de 7.200 chauffeurs, pour près de 6.000 véhicules à disposition. À noter, au chapitre des coûts immobilisés, que lesdites entreprises ont des garanties bancaires à déposer. Ce qui représente la coquette somme de 34.246.552 euros déposés. A. D.
essentiellement les autoroutes françaises et peu les nationales. En revanche, des sociétés qui empruntent beaucoup les routes alternatives subiront davantage les conséquences de la TLP. » Prix plus bas qu’il y a 30 ans
Alain Stevenart voit aussi un « casse-tête » à venir, et à voir avec le client, l’affréteur, les commerciaux, les comptables : « Pour un transport complet, cela reste assez simple. Mais imaginons un groupage, avec des marchandises prises ou déposées dans des endroits de France n’étant pas taxés de la même façon. Difficile de répercuter au plus juste sur les clients respectifs… » En fait, pour nombre d'observateurs, le problème va bien au-delà de la taxe hexagonale, qui n’est qu’un avatar de plus sur un marché international par nature. Le problème, donc, est plus général. Et il concerne le prix du transport, jugé trop bas. « Depuis 30 ans, j’entends que les prix vont augmenter, note Alain Stevenart. Or, c’est tout Juillet-Août 2013 —
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v
TPL
Le péage ou l’écotaxe La TPL cible les véhicules de transport routier de marchandises qui utilisent le réseau routier non soumis à péage, « qu’ils soient immatriculés en France ou pas ». On est dans la tendance à faire payer ceux qui utilisent et « dégradent » le réseau, qui « encombrent » les nationales et routes secondaires et qui « polluent », par comparaison à d’autres moyens de transport de fret. Le prélèvement dépend uniquement des kilomètres parcourus sur le réseau, en l'occurrence les autoroutes et routes nationales non payantes (ce qui exclut les autoroutes à péage concédées, mais ce qui englobe par exemple l’A31 de la frontière luxembourgeoise jusqu’à la barrière de Gye). « Afin de favoriser une meilleure répartition du trafic sur le réseau », certains itinéraires départementaux ou communaux seront également concernés par la redevance, alors que d’autres itinéraires du réseau national, dont le niveau de trafic est bas, n’y seront pas soumis. Casse-tête en perspective… Qui paiera ? Selon la littérature officielle, la TPL est « due solidairement par le propriétaire, le conducteur ou tout utilisateur du véhicule de transport de marchandises (ou le locataire ou souslocataire dans le cas de crédit-bail ou location) ». Concrètement, elle doit être payée par le transporteur, mais peut être répercutée sur le chargeur, c’est-à-dire le commanditaire de la prestation de transports. « En effet, le transporteur routier est autorisé à augmenter le prix de transport, en y intégrant l’écotaxe », précisent les services publics français. En cas de non-paiement de la taxe, le contrevenant encourt une amende pouvant aller jusqu’à 750 €. Selon les types de camions, selon les régions… Le montant de la TPL est progressif et dépend à la fois de la taille et de l’âge du véhicule. Son taux, calculé par kilomètre parcouru, varie en fonction du nombre d’essieux et du poids total autorisé en charge (PTAC). Un transport (tracteur et remorque) moyen (2 ou 3 essieux, moins de 12 tonnes) paiera 0,10 €/kilomètre en 2013 (0,111 dès 2014). Cette « base zéro » est fixée pour un camion aux normes Euro IV (classes d’émission de CO2 ). Le tarif peut être majoré, de 10 à 20 %, pour les classes inférieures, a priori des véhicules plus anciens (Euro III à Euro I). Et être diminué, de 5 ou 15 % pour les véhicules aux normes Euro V ou VI. 15 % pour d’hypothétiques « camions électriques ou hybrides », encouragés dès 2014 par une minoration de 40 %… Pour compliquer encore un peu les calculs, il existe aussi des abattements, pour certaines « régions excentrées » (30 % en Aquitaine et en Midi-Pyrénées, 50 % en Bretagne) ou dans des départements qui pourraient infléchir la taxe, pour des raisons économiques (importance du secteur logistique territorial). Une réduction de 10 % s’applique aussi à l'abonné à un service de télépéage. Au chapitre des coûts, s’ajoutent par ailleurs l’équipement des camions avec le boîtier GPS ad hoc (qui fera réagir les portiques de détection, installés régulièrement sur le réseau) ou l’enregistrement préalable de chaque poids lourd auprès de l’organisme collecteur de la taxe… D’autres variantes interviendront, comme le chiffre d’affaires ou le donneur d’ordres unique. Et dans le cas d’opérations de groupages ou de tri à des fins d’acheminement, qui empêchent de connaître le prix du transport routier seul, « la majoration est d’un montant forfaitaire selon un barème ». A. D.
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« Une refonte des coûts d'exploitation est nécessaire. » Jérôme Lorrain (Wallendorf)
le contraire qui se produit. Malgré des coûts qui grimpent, les carburants ou les salaires notamment, les prix répercutés ont, au mieux, stagné, depuis les années 80-90. À part le prix des ordinateurs ou celui de la téléphonie, qui dit mieux ? » Un exemple, fourni par une entreprise luxembourgeoise du secteur, vaut mieux que mille mots. En 1983, un transport complet (24 tonnes) entre Luxembourg et Milan était facturé environ 44.000 LUF. Soit un peu plus de 1.000 euros aujourd’hui, hors effets de l’inflation bien entendu. Le chauffeur qui effectuait ce transport était payé 32.000 LUF brut par mois (soit environ 800 euros). Ainsi, un voyage Luxembourg-Milan suffisait à payer le salaire du chauffeur et permettait même de dégager une marge d’exploitation. En 2013, le même transport complet vaut environ 1.000 euros. Soit moins qu’il y a 30 ans. Mais, dans le même laps de temps, le chauffeur a pris de l’expérience et bénéficie, outre du passage à l’euro, de l’indexation automatique des salaires : sa rémunération est aujourd’hui de près de 3.100 euros brut par mois. Et trois transports sur cette distance ne suffisent donc plus à couvrir ce seul poste salarial. De quoi « justifier » le dumping de sociétés qui délocalisent ou embauchent des cohortes de chauffeurs venus de l’Est, Polonais, Slovaques ou, pour les moins gourmands dit-on, Bulgares et Roumains… « Les prix du transport sont en forte baisse depuis de nombreuses années. Les prix sont trop bas par rapport aux coûts (gasoil, salaires…) qui ne cessent d’augmenter », confirme Marianne Welter. « Les prix sont trop bas ! », appuie Jérôme Lorrain. « Le seul moyen d’augmenter les tarifs serait une baisse de la capacité en cas de demande forte », réagit le CEO de Wallendorf. « Une refonte complète des coûts d’exploitation est nécessaire. » Mais quels leviers actionner dans ce contexte où la pression sur les prix est constante ? « Nous sommes tributaires des marchés internationaux, dit Marianne Welter. Au Grand Duché, environ 94 % des transports effectués sont des transports internationaux. Reste 6 % pour le marché intérieur. C’est ce facteur qui contribue certainement à l’instabilité, puisque personne ne peut prévoir ni prédire l’avenir des pays à travers le monde. » La question de la TPL n’est donc qu’un épiphénomène, mais il sert à mettre en lumière une vérité vieille comme
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Photo : David Laurent (archives)
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les routes. Le juste prix, ce n’est pas un jeu. Il faut donc que le marché luxembourgeois réagisse au plus près des réalités… et de la stratégie.
Un groupage ou un complet, une autoroute à péage ou une nationale, un passage par un coin de France à tarif light ou pas… Les ordonnateurs logistiques, les affréteurs et les comptables vont se gratter encore un peu plus pour élaborer les justes prix… et les répercuter (ou pas).
Le paradoxe de l’attractivité
Car l’importance et le développement du pays en tant que plateforme logistique en dépendent. « Cela ne fera que renforcer l’attractivité du Luxembourg, estime Jérôme Lorrain. Mais l’avantage fiscal et les impacts positifs de ce programme politique sur la TVA ne sont pas suffisamment mis en avant par les acteurs logistiques pour attirer des entreprises à Luxembourg. » C’est un enjeu et un problème à la fois. « L’attractivité est là. Mais trop peu de sociétés décident de s’implanter à Luxembourg. » Le paradoxe est d’autant plus aigu pour l’observateur extérieur. Lui voit quantité de tracteurs ou de conteneurs sous pavillon luxembourgeois, sur les routes du pays et dans un très large rayon autour, et aussi beaucoup de camions et de routiers stationner sur les aires de repos… ou sur les espaces logistiques frontaliers (notamment sur le pôle européen de développement, à côté du Terminal Containers d’Athus en Belgique). « Nous espérons que davantage de sociétés viendront s’installer au Grand Duché, souligne également Marianne Welter. Peut-être certaines sociétés internationales déjà implantées — Juillet-Août 2013
au Luxembourg vont-elles davantage transférer leurs activités vers la plateforme logistique luxembourgeoise. Ceci aurait évidemment une conséquence positive sur le secteur de la logistique en général et permettrait aux entreprises du secteur d’étendre leurs activités. » Les grands enjeux et problèmes du marché des transports au Luxembourg sont donc assez clairs, bien qu’ils ne fassent guère la une. « Le transport routier est souvent montré du doigt. C’est un peu le vilain petit canard, sourit Alain Stevenart. Mais le multimodal ne peut pas totalement se passer de la route, ne fût-ce que pour acheminer des conteneurs arrivés par avion, par bateau puis par train. » Pour plonger dans les niches et jouer sur d’autres leviers compétitifs, « il faut constamment innover, se tourner vers les produits à haute valeur, résume Marianne Welter . Il faut former du personnel qualifié dans la logistique. Et arriver à maîtriser tous les coûts. »
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Retrouvez toutes les photos sur www.paperjam.lu/dida06062013 Anniversaire
Les 20 ans de Dimension Data C’e st au Top Floor du Sofitel Luxembourg Le Grand Ducal que la société a choisi, le 6 juin, de fêter ses 20 années de présence au Luxembourg. Photos Raoul Sommers 01.Murielle Beck (Svenska Handelsbanken), Alexandre Vuillemin (Dimension Data) et Stéphane Beck (PwC) 02. Pierre Dilinger (BGL BNP Paribas), Vincent Hetz (BCEE) et Marco Graas (BGL BNP Paribas) 03. Jean-Marie Leroy (KBL) 04. Romain Siebenaler (Cisco)
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05. Pierre Dumont (Dimension Data) 06. Michel Lanners (Cetrel) 07. Mauro d’Orlando (Commerzbank) 08. Edouard Wangen (LuxConnect) et Marco Houwen (LuxCloud) 09. Irina Neagu (Dimension Data) et Xavier Cardinale (BCEE)
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Administrateurs
Le beurre dans les épinards Contrairement à ce qu’indique la loi, les fonctionnaires représentant l’État aux conseils d’administration des sociétés dans lesquelles il a des participations encaissent, pour leur propre compte, les (souvent généreuses) rémunérations. Texte Pierre Sorlut Photos Jessica Theis
L
e monde des administrateurs de sociétés, c’est un peu le théâtre des affaires. Sur scène, les acteurs suivent un scénario préconçu et répètent des textes parfaitement maîtrisés. Les thèmes joués en public reviennent assez régulièrement. Au classique « pour une meilleure gouvernance d’entreprise » se sont succédé des sujets plus contemporains et plus valorisants, comme la lutte pour l’égalité des genres au sein des instances décisionnelles ou bien l’éthique des affaires. Ce lundi 17 juin, l’Institut luxembourgeois des administrateurs (Ila), une fédération qui ne dit pas son nom, invitait le public à assister à une discussion sur les conseils d’administration de sociétés à vocation non lucrative. L’événement, organisé en marge de l’assemblée générale de l’institut, a donné lieu à un débat à l’intérêt limité pour le grand public. On y a pourtant souligné que ce microcosme, suite aux scandales d’Enron, Parmalat et Madoff (sans toutefois précisément les nommer), était passé de l’ombre à la lumière. Alors si le public partage évidemment dans sa large majorité les visées humanistes portées par ce type d’association, il s’intéresse aussi, voire surtout, à ce qui se passe en coulisse. Les conseils d’administration ouvrent rarement leurs portes. Le halo de mystère qui les entoure alimente bien des fantasmes au sujet de ces individus qui président aux destinées des — Juillet-Août 2013
entreprises. Parmi ces fantasmes figurent d’abord ceux relatifs à l’accession à la fonction, ainsi qu’à ses conditions d’exercice. Et à ce propos, un fait divers de la rubrique « éco » a attiré notre attention. Irrité par les multiples reprises en nos colonnes de la rémunération (environ 124.000 euros) qu’il perçoit en tant que membre du conseil d’administration d’ArcelorMittal, l’ancien ministre de l’Économie et du Commerce extérieur, Jeannot Krecké, nous a rappelé par courrier qu’il avait restitué les émoluments versés par le leader mondial de l’acier alors qu’il siégeait au gouvernement (entre janvier 2010 et janvier 2012, donc). Ce faisant, le représentant de l’État chez ArcelorMittal nous a surtout mis la puce à l’oreille. Une loi bafouée ?
Si l’intéressé doit remettre ces sommes dans les caisses de l’État, que se passe-t-il pour la centaine de ses représentants siégeant aux multiples conseils d’administration de sociétés dans lesquelles il a des intérêts ? Eh bien, ils gardent tout pour eux. Or, selon la courte loi du 25 juillet 1990 concernant le statut des administrateurs représentant l’État ou une personne morale de droit public dans une société anonyme, « les émoluments leur revenant sous quelque forme que ce soit, sont touchés par l’État ou la personne
morale de droit public qui les a fait désigner ». En 1989, lors des travaux préparatoires de cette loi, la Commission juridique de la Chambre des députés avait alors estimé qu’il était nécessaire d’arrêter le mode de rémunération de ces administrateurs dans un tel texte de loi et que le représentant des pouvoirs publics dans le conseil d’administration devait se voir allouer « des indemnités arrêtées par le gouvernement en conseil ». Or, à notre connaissance, la seule pratique qui perdure est celle qui conduit les sociétés à payer les rémunérations exceptionnelles, jetons de présence ou autres tantièmes, directement aux administrateurs représentant l’État. En 1994, le sujet avait donné lieu à une question parlementaire d’Anne Brasseur (DP). Depuis, plus rien… Cette tradition que le Premier ministre, sollicité, n’a pas trouvé le temps de commenter – occupé qu’il est avec d’autres dossiers visiblement plus brûlants – fait évidemment des heureux. Des « cumulards » émergent ainsi dans la fonction publique. Parmi eux, Tom Weisgerber du ministère du Développement durable et des Infrastructures siège aux conseils de SEO, Luxair, Cargolux, lux-Airport, Fonds Belval, ainsi qu’à celui de la Société de promotion et de développement de l’aéroport de Luxembourg. Le meilleur représentant du ministère des Affaires étrangères est Jean Graff. Il participe aux réunions de Luxair, de l’Agence de
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En marge de son assemblée générale, l’Institut luxembourgeois des administrateurs – présidé par Marie-Jeanne Chèvremont-Lorenzini – organisait le 17 juin une discussion sur les conseils d’administration dans les organisations à but non lucratif.
transfert des technologies financières, de l’Office du Ducroire, de la SNCI et de la Société de promotion et de développement de l’aéroport de Luxembourg.
financiers que lorsqu’elles sont cotées. Ainsi, si SES est obligée de jouer le jeu de la transparence, d’autres comme Luxair, Cargolux, La Luxembourgeoise ou La Luxembourgeoise-Vie s’y plient de leur propre chef.
Les cumulards des conseils
Traditionnellement bien représenté dans les conseils d’administration, puisque ses employés connaissent bien le monde des affaires, le ministère des Finances a fait d’Étienne Reuter (Bil, Luxair, Agora, Office du Ducroire, Fonds Kirchberg, SNCI), de Jean-Marie Haensel (Centre virtuel de la connaissance sur l’Europe, CRP Gabriel Lippmann, Rockhal, d’Coque, CRP Henri Tudor, Philharmonie, Fondation Restena, Fonds national de la recherche, INFPC) et de Jeannot Waringo (SEO, lux-Airport, Lux Development, Centre culturel de rencontre Abbaye de Neumünster, Fonds du logement, CFL) ses champions. Au ministère de l’Économie, pourtant largement concerné, les missions sont davantage réparties. Serge Allegrezza, par exemple, y additionne quand même quelques beaux mandats chez SES, Post Luxembourg, Luxtrust et Ceps. Un distinguo quand même. Les rémunérations s’avèrent généralement plus généreuses dans les institutions d’économie mixte, c’est-à-dire au moins partiellement capitalisées par des fonds privés, que dans les organismes entièrement détenus par l’État. Difficile, bien sûr, de savoir précisément ce que les fonctionnaires le représentant gagnent en sus de leur salaire fixe (un des régimes les plus généreux dans le monde). Les sociétés ne sont tenues de publier leurs états
Rémunérations extraordinaires généreuses
C’est ainsi qu’on apprend (en divisant la somme des montants versés aux administrateurs par leur nombre, produisant malheureusement une légère approximation puisque les présidents et vice-présidents touchent généralement plus que les autres administrateurs) que Jean-Claude Finck, CEO de la Banque et Caisse d’Épargne de l’État, peut, en siégeant aux conseils de ces quatre entreprises précitées, cumuler un revenu brut exceptionnel légèrement inférieur à 90.000 euros. À cela, il faut ajouter ce qu’il perçoit en siégeant aux boards de Paul Wurth et de la Société de la Bourse de Luxembourg. Contacté, l’intéressé n’a ni confirmé ni infirmé ces calculs. D’autres, comme Patrick Nickels qui préside le CA de la SNCI et à ce titre siège chez Cargolux et Paul Wurth, ont fait part du même entrain à communiquer. Il faut avouer que les représentants de la fonction publique ne sont pas particulièrement loquaces quand il s’agit de parler salaires. Le gouvernement prend en effet soin de cacher leurs montants d’un voile pudique prenant la forme de points indiciaires liés aux coûts de la vie. Mais l’État peut également faire appel à la société civile pour le représenter dans des conseils d’administration. Dans ces circonstances, le gouvernement (CSV-LSAP) a récemment placé Paul Helminger (DP), l’ancien bourgmestre Juillet-Août 2013 —
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de Luxembourg-Ville, à la présidence des conseils d’administration de Luxair et de Cargolux. Au CA de la compagnie de fret aérien figure dorénavant également Paul Mousel, associé chez Arendt & Medernach. Or l’un des plus éminents représentants du principal cabinet d’avocats de la Place travaille aussi régulièrement pour le compte de Cargolux, en tant qu’avocat. Alors, à la question de savoir s’il ne voit aucun conflit d’intérêts dans le fait d’être à la fois l’administrateur et l’avocat d’une société, l’intéressé répond que « tous les administrateurs d’une société anonyme sont des mandataires de la société et ne peuvent avoir à l’esprit que l’intérêt de la société même s’ils sont ‘proches’ d’un actionnaire ou désignés par un syndicat ». Pourtant, l’article unique de la loi de 1990 précédemment cité est bien clair : « Dans les sociétés anonymes dans lesquelles l’État ou une personne morale de droit public est actionnaire, les personnes qui sur la proposition de l’État ou de cette personne morale sont appelées aux fonctions d’administrateur représentent respectivement l’État ou la personne morale de droit public qui les a fait désigner et exécutent leurs instructions. À cette fin, ils doivent transmettre toutes les informations utiles dont ils ont pu obtenir connaissance respectivement à l’État ou à la personne morale de droit public. » La loi en question est-elle donc toujours d’application ? Renseignements pris, il semblerait que oui. Pourtant son interprétation nécessiterait une clarification. Bien sûr, les administrateurs représentant l’État assument une charge supplémentaire de travail, mais la question de savoir s’ils méritent la même rémunération que leurs pairs siégeant aux mêmes conseils se pose. En effet, dans la mesure où l’État assumera en cas de pépin, les risques (sur lesquels les rémunérations peuvent se baser) supportés par les administrateurs « publics » semblent bien inférieurs à ceux des administrateurs indépendants, qui doivent eux souscrire à des assurances responsabilité civile ad hoc. Ainsi, si la présence de ces représentants de l’intérêt public au sein des conseils d’administration de sociétés clés dans le tissu économique local ne souffre d’aucune contestation (elle permet également aux intéressés de se mettre dans le bain du secteur privé), en période de disette pour les recettes publiques, il convient de limiter les gabegies administratives. Si celles-ci sont difficilement chiffrables, elles peuvent être aisément jugulées. Il faut juste en avoir le courage politique. — Juillet-Août 2013
Interrogation sur les conflits d'intérêts
À part ça…
Un business florissant La volonté de diversifier son économie a poussé le gouvernement à inviter les groupes étrangers à s’implanter, au moins partiellement, au Grand-Duché. L’abondance de structures (trésorerie, gestion de propriété intellectuelle, holding, etc.) implique par conséquent un besoin croissant en administrateurs. Parallèlement, l’internationalisation des affaires et la judiciarisation du métier les incitent à se rassembler pour mutualiser certains coûts. L’Ila, au Luxembourg, permet de professionnaliser le métier d’administrateur. Marie-Jeanne Chèvremont, tout fraîchement réélue à sa présidence, indique que son « rôle est de promouvoir une meilleure gouvernance dans toutes les sociétés et institutions du pays ainsi que d’aider les administrateurs à mieux accomplir leurs missions ». Celles-ci ont longtemps été perçues comme de simples démarches administratives. Mais les administrateurs sont aujourd’hui la cible privilégiée de plaintes devant les tribunaux en cas de problèmes. Olivier Germeau, senior underwriter chez l’assureur AIG au Luxembourg, indique par exemple que la demande de polices « D&Os » (terme anglophone désignant la responsabilité civile des mandataires sociaux) a explosé ces cinq dernières années au Grand-Duché avec 13 % en moyenne de croissance annuelle. « Les 300 fiduciaires présentes sur le marché sont pratiquement toutes assurées en RC professionnelle et en RC administrateurs », indique-t-il en faisant référence aux mandats de mise à disposition d’administrateurs dans les sociétés clientes. L’intérêt : pouvoir se faire rembourser les frais de défense. Ceux-là mêmes constituent la large majorité des dépenses en cas de « sinistre ». Les formations se développent également. L’Ila permet d’obtenir au Grand-Duché une certification. 41 en sont titulaires après une année d’existence. Et il y a fort à parier que ce nombre augmente très vite lors des prochaines années. P. S.
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Retrouvez toutes les photos sur www.paperjam.lu/cyel05062013 CYEL Awards 2013
François Scalais lauréat
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Le fondateur de Neo Medical Systems a reçu, le 5 juin, le 7e Creative Young Entrepreneur Luxembourg award, organisé par JCI Luxembourg.
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Photos Luc Deflorenne
01. Patrick Wies (KPMG, président du jury) et Stefan Braum (Université du Luxembourg) 02. Laurent Muller (Muller & Associés, finaliste), Betty Fontaine (Brasserie Simon) et Jean-Claude Bintz (Lakehouse) 03. Thibaut Britz (Trendiction) 04. Eliane Fuchs (Femmes Leaders) et Myriam Klein (Luxembourgeois.net), coup de cœur du jury
05. Frédéric Becker (Luxinnovation)
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06. Françoise Hontoy (Hontoy Communication) 07. François Scalais (Neo Medical Systems), lauréat 2013, a reçu un chèque de 1.500 euros.
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08. Robert Dennewald (Fedil) 09. Frédéric Theate (JCI Luxembourg)
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10. Le magicien David Goldrake
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Retrouvez toutes les photos sur www.paperjam.lu/cine04062013 Découverte
Soirée Ciné Cocktail Irish Life et Property Partners ont choisi de mettre à l’honneur, le 4 juin, l’immeuble Vertigo à la Cloche d’Or qui sert de décor, depuis quelques semaines, au tournage du film La Justice ou le Chaos. Photos La Robe à l’eau 01
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01.Vincent Garenq (le réalisateur) à gauche, avec un membre de son équipe
02. Peter Hester (Irish Life), Vincent Bechet (Property Partners), Claude Waringo et Brigitte Kerger (Samsa Film)
Retrouvez toutes les photos sur http://www.paperjam.lu/fischer06062013 Anniversaire
Les 100 ans de Fischer
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Célébration du centenaire de l’enseigne de boulangerie artisanale, le 6 juin, en présence du Grand-Duc et du Premier ministre. Photos Charles Caratini 01. Roland Kuhn (Chambre des métiers)
03. Jean-Claude Juncker (Premier ministre)
02. Jacques Linster (Panelux) guide le Grand-Duc Henri
04. Marie-Josée Frank (députée) et Jacques Santer (ministre d’État honoraire)
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Technologie médicale
rta t s up
Opération commercialisation La jeune pousse luxembourgeoise initialement vouée à l’unique distribution de matériel médical high-tech se tourne aujourd’hui résolument vers le développement d’un écran 3D censé révolutionner la chirurgie mini-invasive. Un positionnement marketing ambitieux et la visibilité offerte par la remise du prix CYEL à son cofondateur, François Scalais, doivent lui permettre de lever plus de fonds pour donner un élan suffisant au lancement du produit… avant que les concurrents ne se jettent dans la bataille. Texte Pierre Sorlut Photos Olivier Minaire
Chaque mois, paperJam propose un gros plan sur une start-up luxembourgeoise qui sera peut-être un fleuron de l’économie de demain. Ce mois-ci : Neo Medical Systems
Fiche technique
CV
Lumière sur
Neo Medical Systems
Phase décollage
Le 7e CYEL
Objet : start-up commercialisant et développant du matériel médical high-tech Création : septembre 2009 Associés fondateurs : François Scalais et Sébastien Recloux Chiffre d’affaires 2013 (prévisionnel) : 700.000 euros 5 salariés Siège : Luxembourg
À 38 ans, François Scalais a déjà multiplié les expériences professionnelles. Celles-ci devraient lui permettre de mener à bien ses projets de développements commerciaux dans le secteur médical. Car ce secteur, il l’a approché dès ses études. Mais l’étudiant en médecine n’a pas eu la patience d’aller au bout des 10 années qui le séparaient de l’exercice professionnel. Il a donc choisi la voie commerciale, plus courte, pour approcher l’industrie. Chez Smith & Nephew, Olympus et General Electric. Il y a fait ses armes, mais c’est un MBA à la Solvay Business School (Bruxelles) qui lui a ouvert les yeux. « Dans les affaires, dit-il, je me sens pousser des ailes. » Celles-ci lui ont ainsi permis, quelques années plus tard et après avoir monté sa boîte, d’atteindre le CYEL.
Le prix du « Creative Young Entrepreneur Luxembourg » organisé par la Jeune chambre internationale (JCI) locale a été remis ce 5 juin à François Scalais. Il succède ainsi à Olivier Raulot (iNui Studio) et Thibault Britz (Trendiction), deux entrepreneurs dont les start-up vivent une expansion notable. Sur le podium de cette 7e édition du concours figurent Virginie Simon (MyScienceWork) et Laurent Muller (Muller & Associés). Le coup de cœur a lui été décerné à Myriam Klein, fondatrice de la société Luxembourgeois.net, une école de langues en ligne.
Sociétés actives dans le même secteur Olympus Fabricant d’appareils médicaux Japon, 1919
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Storz Producteur d’endoscopes et autres appareils médicaux Allemagne, 1945
Maquet Fabricant d’appareils pour salles d’opération Allemagne, 1938
Dräger Fournisseur de technologies médicales Allemagne, 1889
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ur la scène du Parc Belle-Vue, ce mercredi 5 juin, François Scalais tenait la preuve qu’il était sur le bon chemin, que ses prises de risque et notamment son choix de lâcher le confort du salariat pour l’instabilité de l’entrepreneuriat commençaient à porter leurs fruits. Le fondateur de la start-up Neo Medical Systems remportait ce jour le concours du meilleur jeune entrepreneur de l’année (voir encadré à gauche). Soit de quoi le rassurer à un moment critique pour la start-up qu’il a créée. Celle-ci n’est en effet plus qu’une « simple » société de distribution d’appareils médicaux pour salles d’opération. Elle développe dorénavant son produit d’appel : une technologie 3D pouvant potentiellement révolutionner les techniques opératoires mini-invasives. Cette idée a en fait germé alors que l’entrepreneur cherchait non seulement à diversifier son catalogue de distributeur, mais aussi à trouver un appareil provoquant l’« effet wow » qui permettrait de ferrer l’éventuel acheteur et de provoquer une consommation en chaîne pour l’équipement des salles d’opération. Les montants peuvent vite devenir importants. Les premières caméras 3D auraient pu offrir ce levier. Cette technologie permet en effet d’éviter de longues cicatrices disgracieuses en opérant tout en visionnant l’écran qui reflète l’image filmée sous la peau. « Sans ces caméras, explique M. Scalais, c’est comme attacher ses lacets avec des aiguilles à tricoter en fermant un œil. Elles apportent une profondeur de champ dans l’image. » Un problème cependant. Pour voir l’image en 3D, il faut s’équiper de lunettes ad hoc. Or celles-ci posent de sérieux problèmes aux chirurgiens, notamment de se couvrir de buée du fait de l’utilisation du masque. Mais puisque l’équipe de Neo Medical Systems avait identifié (avec le succès du robot Da Vinci) un besoin, il fallait alors trouver le moyen de voir les images en 3D sans les encombrantes lunettes. « Dans la vie, de multiples opportunités se présentent, fait remarquer l’entrepreneur. Il faut alors faire le choix de les saisir, ou pas. » Là, la première option a été choisie. NMS a changé de business model. François Scalais s’est tourné vers Luxinnovation puis vers le ministère de l’Économie auprès duquel il a obtenu une subvention (voir encadré à droite). L’objectif : créer une technologie brevetée qui permet de voir en 3D sans lunettes. Pour couper l’herbe sous le pied des big guys de type Panasonic ou Sony qui travaillent depuis des années sur des écrans multispectateurs destinés à la clientèle de détail, la jeune pousse luxembourgeoise a décidé de travailler sur un écran destiné à un segment bien particulier. Cet écran restera cependant monospectateur. « Pas un problème », pour François Scalais qui juge que les assistants du chirurgien peuvent regarder l’image sur un écran 2D traditionnel. En fait, pour se passer de lunettes, le chirurgien opère via un système d’eye-tracking qui permet
S
Analyse SWOT Strengths (= forces)
Weaknesses (= faiblesses)
– Connaissance du domaine et du métier – Développement en interne de l’eye-tracking
– Manque de ressources financières propres – Dépendance vis-à-vis de sous-traitants pour écrans
– Besoin prouvé de la technologie 3D – Précurseur sur le marché
– Démocratisation de la 3D et chute des prix – Avancées technologiques trop rapides à suivre
Opportunities (= opportunités)
Threats (= menaces)
« Parler la langue du médecin » François Scalais
Focus
Le sol luxembourgeois, un terreau fertile Dans sa volonté de diversifier les secteurs générateurs de richesses pour sortir de la dépendance vis-à-vis de la finance, le gouvernement luxembourgeois a dépensé sans compter, ou en tout cas avec une grande générosité. Neo Medical Systems a ainsi pu bénéficier d’une allocation de 180.000 euros de la part du ministère de l’Économie. « Celle-ci a permis de couvrir tous les frais de lancement », se félicite François Scalais. L’entrepreneur belge ne manque d’ailleurs pas de souligner la « porte d’entrée extraordinaire » que constitue Luxinnovation. Les programmes 1, 2, 3 Go, Business Mentoring ou encore Seed4Start représentent également des opportunités. Mais dans un contexte économique bien incertain, les jeunes pousses ont bien du mal à faire un deuxième tour de table et lever les fonds suffisants au développement durable. P. S.
à l’écran de restituer une image en 3D en fonction du mouvement des yeux. La technologie a été développée en coopération avec le centre de recherche en intelligence artificielle de Kaiserlautern (DFKI). Le prototype vient d’être présenté aux Greater Region Business Days qui se sont déroulés à Luxembourg ces 12 et 13 juin. Il y a été bien accueilli, mais la commercialisation est seulement prévue pour 2014. La direction de la start-up tablera alors sur la vente de 20 à 30 écrans pour la première année pour générer in fine un chiffre d’affaires, sur ce seul matériel, de 600.000 euros en 2014. À terme, l’outil devrait représenter 90 % de l’activité. Il faudra en revanche pouvoir financer ce développement d’une manière durable. La start-up cherche actuellement l’appui de business angels pour boucler un besoin en financement de 2 à 3 millions d’euros. Selon François Scalais, ces bailleurs de fonds pourront espérer un retour sur investissement dès 2018. L’intéressé fait également valoir que la technologie brevetée devrait également générer des revenus. Pour distribuer son produit, NMS s’appuiera sur une technique qui a fait ses preuves ces dernières années. La jeune pousse a en effet essayé de se démarquer au Luxembourg en jouant la carte du luxe. Son identité visuelle et son site internet ont été inspirés par des marques de luxe dont les chirurgiens sont clients et friands. S’ils le sont à la maison, pourquoi ne le seraient-ils pas au travail, s’est demandé François Scalais. « Nous devons faire en sorte que le chirurgien se souvienne de nous. Ces gens apprécient tout ce qui est très techno, cela va du Mac à la Porsche », dit-il. Cette vision s’est d’ailleurs avérée juste, au vu du succès rencontré lors de l’organisation d’événements en association avec Aston Martin. Les chirurgiens de la Grande Région avaient été invités, avec leur famille, à deux journées festives au cours desquelles les intéressés pouvaient essayer des véhicules de luxe, ainsi que jeter un coup d’œil au show-room de NMS. L’opération communication pourra être reproduite avec la technologie 3D. Car François Scalais sait qu’il peut s’appuyer sur sa connaissance du marché, d’un point de vue humain, mais aussi d’un point de vue technique. « Il faut parler la langue du médecin », insistet-il. D’ici là, il aura fallu faire un deuxième tour de table. Neo Medical Systems profitera-t-elle de la nouvelle édition de la plateforme d’investissement Seed4Start ? L’avenir le dira. Quoi qu’il en soit, la société avance pour l’instant, en termes financiers, sur de bons rails. Son futur ne dépend donc pas du seul projet d’écran 3D dont la rentabilité est également liée à des externalités. La concurrence (Storz et Olympus notamment) travaille également sur les caméras 3D. Elle pourrait les promouvoir de manière plus intensive au cours des prochains mois. Le directeur de NMS ne regrette toutefois rien. « Je me sens épanoui dans ce que je fais. Je n’ai pas l’impression d’avoir fait le mauvais choix », dit-il à la lumière de ces derniers développements. Juillet-Août 2013—
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place financière
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Médias
Le Luxembourg à nouveau la cible de France 2
Photo : SIP/Jock Fistick
Un nouveau numéro du magazine de France 2, Cash investigation, était consacré à l’évasion fiscale. Un an après une émission sur l’optimisation fiscale, les équipes de la télévision publique sont revenues à Luxembourg pour enquêter sur de grands noms, tels Amazon ou ArcelorMittal, qui profitent, légalement, des législations pour optimiser leur paiement d’impôts. L’enquête des journalistes (Élise Lucet en tête) a également été menée dans les couloirs du sommet des chefs d’État européens, réunis à Bruxelles le 22 mai dernier pour parler… de l’échange automatique d’informations fiscales entre pays. La présentatrice a ainsi eu l’opportunité de questionner Jean-Claude Juncker sur le sujet. Le Premier ministre s’est montré pragmatique et ouvert à l’échange d’informations, à condition que les autres pays qui pratiquent le « tax ruling » modifient également leurs pratiques. Si l’émission de l’an dernier mettait clairement à mal l’image du pays, l’impact du sujet de cette année est nettement plus atténué, car visant aussi d’autres pays (Pays-Bas, Irlande…) réputés pour être des destinations fiscalement prisées. Plus cocasse, Élise Lucet a osé déranger la tenue d’un déjeuner privé dans un restaurant huppé à quelques pas de l’Assemblée nationale française. Autour de la table, élus et patrons d’un grand groupe fabricant de cigarettes, impliqué dans ce type de mécanisme. Les regards gênés et autres invitations à quitter les lieux ont montré que la question de l’évasion fiscale s’applique de la même manière, des deux côtés de la frontière.
Pour la 6e année consécutive, KPMG Luxembourg a été primée par le magazine Interna-
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tional Tax Review pour l’excellence de ses services en matière de planification fiscale et de droit fiscal transactionnel. La Commission de surveillance du secteur financier a signé un Memorandum of Understanding avec les régulateurs de 34 pays (dont les États-Unis, la Suisse, Hong Kong et Singapour) permettant, à compter du 22 juillet, une gestion et une commercialisation transfrontalières des fonds d’investissement alternatifs.
Rebranding
Encours
DCG devient Crestbridge
Les fonds toujours plus hauts
Dominion Corporate Group (DCG), société de services financiers ayant des bureaux à Jersey et à Luxembourg, change de nom et devient Crestbridge. Spécialisée dans les services d’administration et de gestion de sociétés pour des clients institutionnels, des gérants de fonds d’investissement et des gestionnaires de fortune, la société compte 15 années d’expérience dans le secteur financier et revendique plus de 50 milliards d’euros d’actifs sous gestion, dont 10 milliards sous la responsabilité du bureau de Luxembourg, dirigé par Daniela Klasén-Martin, et qui vise l’obtention, auprès de la CSSF, d’une licence de type AIFM.
Mois après mois, le patrimoine global net des organismes de placement collectif et des fonds d’investissement spécialisés s’affiche toujours plus haut au Luxembourg. Fin avril, selon les dernières données publiées par la CSSF en juin, il s’élevait à 2.565,26 milliards d’euros, contre 2.528,92 un mois plus tôt (+1,44 %, principalement alimentés par un solde des émissions nettes positives d’environ 32,5 milliards). Considéré sur la période des 12 derniers mois écoulés, le volume des actifs nets est en augmentation de 15,26 %.
« Le niveau moyen historique des marchés boursiers est à peu près égal à une fourchette de 1,3 à 1,5 fois le PIB. » Rajnish Mehra, professeur à la Luxembourg School of Finance, avant de présenter son travail lors de son « inaugural lecture » du 4 juin.
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Marc Saluzzi rempile pour deux ans
Hsiao-Yun Lee (Société Générale)
« Déjà une belle réussite »
Sans réelle surprise, Marc Saluzzi a été reconduit en tant que président de l’association luxembourgeoise des fonds d’investissement, au terme de l’assemblée générale qui s’est tenue le 19 juin. Il a été réélu par les 24 membres du nouveau conseil d’administration nommé le même jour, avec quelques nouvelles têtes par rapport à son devancier : Pierre Cimino (Caceis Bank Luxembourg), Rudolf Kömen (Crédit Suisse Fund Management), Claude Kremer (Arendt & Medernach), Doris Marx (DWS Investment), Geoff Radcliffe (Blackrock Luxembourg) et Marc Wathelet (FIL Luxembourg). Âgé de 50 ans, l’associé en charge de PwC Luxembourg Financial Services et membre de l’équipe dirigeante de PwC Luxembourg avait pris la présidence en 2011, succédant à Claude Kremer, aujourd’hui président de l’Efama.
La CEO de Société Générale Private Banking en Chine, intervenante lors de la conférence « Luxembourg meets China: do you? », organisée par KPMG, explique que l’ex-empire du Milieu présente de réelles opportunités pour les Européens.
Élections sociales
L’Aleba déjà en campagne À l’occasion de la tenue de son assemblée générale, le syndicat Aleba (Association luxembourgeoise des employés de banque et d’assurance), par la voix de son président Marc Glesener, s’est montré confiant dans l’avenir de la place financière, en dépit des actuels soubresauts sociaux qui l’agitent. « La pression politique est devenue forte sur le secteur, ce qui va probablement amener des changements substantiels, a indiqué M. Glesener. Mais il reste tout de même beaucoup d’espoir. La disparition d’un atout (le secret bancaire, ndlr) ne doit pas menacer l’ensemble de la Place, à condition que les autres centres financiers soient placés sur un même pied d’égalité, notamment en matière de transparence. » L’Aleba n’en a pas moins exprimé ses inquiétudes devant les baisses d’effectifs, voire les plans sociaux récemment présentés. Et de pointer nommément deux exemples : « Nous regrettons le plan social raté au sein d’UBS Funds Services, qui marque la fuite d’un savoir-faire vers l’extérieur du pays. Nous notons aussi qu’Ernst & Young a licencié 26 personnes en 2012 et déjà 17 personnes cette année, de façon individuelle pour échapper aux conditions légales du plan social. »
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Photo : KPMG
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Hsiao-Yun Lee : « Tous les yeux se tournent aujourd’hui vers le Luxembourg. »
Madame Lee, pensez-vous réellement que le « Luxembourg rencontre la Chine », comme le dit le titre de la conférence ? « Au vu des retours très positifs que nous avons eus, cela ne fait aucun doute. D’autant plus que le Luxembourg a organisé plusieurs voyages de promotion en Chine au cours de ces dernières années, notamment à Pékin et à Shanghai. Aujourd’hui, 36 obligations libellées en renminbi sont listées à la Bourse de Luxembourg. C’est déjà une belle réussite. Ces cinq dernières années, le gouvernement a fait des efforts constants pour promouvoir le renminbi à l’étranger. Singapour, Hong Kong et Londres sont des centres de clearing et d’échange pour le renminbi. Tous les yeux se tournent aujourd’hui vers le Luxembourg, pour savoir si le gouvernement peut faire un effort spécifique pour que le pays s’ajoute à la liste pour les pays de la zone euro.
Les infrastructures luxembourgeoises sont-elles suffisantes pour cela ? « Encore une fois, 36 obligations libellées en renminbi sont déjà cotées ici. Ainsi que 18 fonds chinois, dont un fonds spécialisé pour l’art. Ce sont de bons chiffres pour commencer. Il faut savoir que les grandes fortunes chinoises (HNWI) cherchent des alternatives d’investissement et à varier les devises qu’ils détiennent pour se diversifier. Il y a là pour eux une zone très intéressante à considérer. Je pense donc tout à fait que le Luxembourg dispose d’atouts pour se positionner et s’assurer un statut d’avenir. Le dialogue va vraiment se développer entre la Chine et le Luxembourg dans le cadre de l’internationalisation du renminbi.
Quelles sont les attentes, les préoccupations de vos clients private banking aujourd’hui ? « Nos clients sont prudents. Depuis la crise de 2008, les gens sont plus dans une logique de préservation de leur richesse. D’autant que la plupart d’entre eux ont déjà fait fortune dans leur activité entrepreneuriale. Ils ne souhaitent pas prendre de risques inutiles. C’est un retour aux fondamentaux. D’un autre côté, les exportations en Chine pâtissent de l’appréciation du renminbi. Le pays essaie donc de trouver des moyens de stimuler la demande intérieure et la consommation pour poursuivre la croissance du PIB. Beaucoup d’Européens sont dès lors en mesure de faire des affaires en Chine pour profiter de cette nouvelle donne, en cherchant par exemple des partenaires locaux. »
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Photo : archives paperJam
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BEI
Photo : Luc Deflorenne (archives)
20 millions pour le Maghreb
Fonds d’investissement
Citi mise sur le private equity au Luxembourg La banque américaine Citi a décidé de lancer un centre d’excellence « private equity » au Luxembourg, profitant de la modernisation du régime légal introduit avec la t ransposition de la directive AIFM (Alternative Investment Fund Managers) pour se donner un nouvel axe de développement.
Citi, qui revendique ces derniers mois le gain de plusieurs mandats (Mécanisme européen de stabilité, Man Group, William Blair…) dans les fonds traditionnels, vise cette fois-ci la gestion alternative et les fonds de private equity. « Cette activité est différente des fonds classiques. Elle est plus spécialisée avec des fonds fermés. Les exigences en compétences sont différentes, ainsi que les règles de comptabilité », explique Charles Denotte, CEO de Citi Luxembourg. Si les véhicules spécialisés dans le private equity existaient déjà dans le droit luxembourgeois, la récente loi sur les limited partnerships (sociétés en commandites simples)
au Luxembourg rend les infrastructures beaucoup plus attrayantes et flexibles pour de telles activités. Cette toute nouvelle ligne de métiers pour le Grand-Duché entend s’appuyer sur l’expertise déjà développée en matière de microfinance. « Cela devrait nous aider, car les caractéristiques sont très proches entre fonds de microfinance et fonds de private equity », explique M. Denotte. Citi emploie déjà 15 personnes dans l’administration de fonds de microfinance sur un effectif de 220 personnes. Pour l’instant, la banque ne prévoit pas d’embaucher du personnel supplémentaire.
La Banque européenne d’investissement (BEI) a engagé 20 millions d’euros dans Capital North Africa Venture FundII (CNAVII), un fonds généraliste axé sur le Maghreb, géré par Capital Invest, une société de capital-investissement indépendante installée à Casablanca, et qui vise le soutien des PME de la région. Le fonds, qui cible une taille finale de 100 millions d’euros, a déjà atteint plus de 75 millions à l’issue de la première tranche de souscription, début juin. Cet engagement de la BEI est financé à la fois par l’Union européenne, via l’instrument européen de voisinage et de partenariat, et par l’Espagne, directement, par le biais de sa propre agence de coopération internationale pour le développement. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement fait également partie de ce premier tour de table.
UBS
Plan social signé Ce sont finalement 23 salariés et non pas 33 qui vont être licenciés chez UBS Fund Services Luxembourg. Les syndicats espèrent même que le nombre sera réduit à 21, alors que le plan social a été signé début juin. Cette réduction d’effectifs tient à la décision de l’établissement d’externaliser son service de traitement de données financières au sous-traitant indien Mahindra Satyam, dans le but de réduire ses coûts. Les syndicats ont amèrement regretté que les salariés licenciés doivent prester leur préavis jusqu’au 28 février 2014 et assurer la formation du personnel indien de Mahindra qui reprendra leur activité. L’Aleba, elle, ne parle pas de plan social, mais d’une convention d’entreprise et indique que les syndicats ne l’ont pas signée.
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Conférence Horizon 2013
01. Robert BurchettCoates (Deutsche Bank, London)
05. Chris Edge (J.P. Morgan Bank Luxembourg)
La Philharmonie a accueilli, le 19 juin, la 3e édition de l’événement organisé par Deloitte, au cours duquel ont été évoqués les défis futurs de la place financière.
02. Margrét Sveinsdóttir (Arion Banki)
06. Carole Miltgen (Prisma Consulting)
03. Matthew Moran (Lombard International Assurance)
07. Véronique de la Bachèlerie (SGBT)
Photos Blitz
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04. Yves Lahaye (RBC Investor Services Bank)
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08. Yves Francis (Deloitte) 09. Luc Frieden (ministre des Finances)
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Les présidents de l'Association luxembourgeoise des fonds d'investissement (Alfi) depuis sa création.
Success story
Ainsi font 25 ans de fonds En étant le premier pays européen à transposer la première directive Ucits, en 1988, le Grand-Duché a posé les jalons d’un formidable développement qui n’a pas fini de faire des envieux. 25 ans plus tard, l’industrie luxembourgeoise des fonds est incontournable. Et si l’environnement a changé, les clés du succès sont restées les mêmes. Texte Sébastien Lambotte
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ls sont quelques-uns, témoins d’une histoire fabuleuse qui dure depuis 25 ans : celle de l’industrie luxembourgeoise des fonds d’investissement. Tout débute en 1985 lorsque l’Europe vote la directive Ucits, qui vise à réglementer la gestion collective et institutionnelle d’actifs et veut permettre l’émergence d’un marché européen des fonds d’investissement. En matière de fonds, à l’époque, le Vieux Continent est morcelé : les produits existants s’adressent presque exclusivement aux marchés domestiques pour lesquels ils ont été créés. Au Luxembourg, dont la place financière est loin d’être ce qu’elle est aujourd’hui, quelques hommes avisés comprennent la vision de l’Europe et croient en l’émergence d’un marché européen intégré pour ce type de produits. « Pouvait-on pour autant escompter à l’époque sur le succès que l’on connaît aujourd’hui ? Je n’en suis pas sûr. Est-il dû au hasard ou est-il le fruit d’une volonté précisément établie ? Sans doute un peu des deux », commente Freddy Brausch, managing partner du cabinet d’avocats Linklaters et membre du conseil d’administration de l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement (Alfi) depuis de nombreuses années. L’avocat d’affaires a suivi l’aventure depuis le début. Il était là en 1985, avec quelques confrères, quand le Luxembourg a commencé à réfléchir à l’opportunité de bien se positionner sur ce marché. « Quand on évoque le succès de l’industrie des fonds au Luxembourg, on parle souvent de l’avantage qu’a tiré la Place à avoir été la première à transposer cette directive. Cela a certes joué en sa faveur, mais ce n’est qu’un élément parmi d’autres. Les clés de la réussite, je pense, résident dans la réflexion qui a été menée dès le départ, dans cette volonté de pouvoir fournir aux acteurs et clients de l’industrie considérée à l’échelle internationale l’ensemble des outils dont ils avaient besoin, une large variété de structures sociétaires comme la Sicav, ou des fonds à compartiments multiples, le tout avec une fiscalité — Juillet-Août 2013
non pénalisante, des compétences dans plusieurs langues, etc. Tout cela mis bout à bout a permis de répondre à de nouvelles attentes, de pouvoir s’adresser à plusieurs marchés », précise M. Brausch. Pragmatisme luxembourgeois
Si Rome ne s’est pas faite en un jour, la Place n’est pas non plus devenue leader du marché européen du jour au lendemain. Mais aujourd’hui, on ne peut que se réjouir, et peut-être même rester ébahi, en constatant le chemin parcouru en 25 ans. Le montant des actifs sous gestion au Luxembourg était, fin avril, de 2.565,3 milliards, avec plus de 180 milliards d’euros d’argent frais accueillis sur ces quatre mois. Parmi ses membres, l’Alfi compte 1.200 fonds et 250 acteurs divers liés à l’industrie. Tout s’est cependant construit progressivement, grâce à une mobilisation unique de toutes les parties prenantes. « La réussite de la Place en matière de fonds tient beaucoup de ce que l’on appelle le modèle luxembourgeois », explique Thomas Seale, CEO de European Fund Administration (EFA). Président de l’Alfi de 2003 à 2007 (c’est sous sa présidence que fut franchie, en mai 2007, la barre symbolique des 2.000 milliards d’euros d’encours), il connaît bien les produits proposés, pour en administrer aujourd’hui, mais aussi pour les avoir vendus bien avant d’atterrir au Grand-Duché en 1994. « Il n’y a qu’ici que l’on connaît une telle symbiose entre les acteurs de l’industrie elle-même, les autorités de tutelle et le gouvernement, explique-t-il. Si on ne peut pas parler de collaboration ou d’entente, parce que les rôles des uns et des autres sont différents et que chacun tient sa place, tous travaillent ensemble pour que la Place puisse grandir. » Avoir été parmi les premiers à transposer cette directive aurait sans doute été vain si les acteurs, dans leur ensemble, n’avaient pas su traduire leur vision dans une réalité
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Patrick Zurstrassen 1992-1995
Pierre Vansteenkiste 1988-1992
Jean-Michel Gelhay 1995-1998
concrète répondant aux besoins du marché. « À l’origine, le Grand-Duché présentait l’avantage d’être une plateforme neutre directement orientée à l’international. À l’époque, il était peu crédible qu’un Allemand puisse vendre des produits sur le territoire français. Et l’inverse ne l’était pas plus. Par contre, la place luxembourgeoise n’inquiétait personne, précise Rafik Fischer, président de l’Alfi de 1998 à 2001, aujourd’hui managing director – Global Investor Services chez KBL. Par sa position et les compétences cross-border présentes en son sein, le Grand-Duché voulait et pouvait toucher tout le monde. Nous avons analysé les besoins des marchés avoisinants, identifié les erreurs des uns et des autres pour pouvoir proposer des solutions qui répondent aux attentes de tous. Puis, rapidement, la position du Luxembourg a éveillé l’intérêt des grands acteurs américains qui, par l’intermédiaire de fonds luxembourgeois, ont
Rafik Fischer 1998-2001
vu l’opportunité de vendre leurs produits à travers l’Europe. » En 1999, soit un peu plus de 10 ans après la transposition de la directive Ucits, le Luxembourg n’est déjà plus ce petit acteur que personne ne craignait. Cette année-là, le Luxembourg devient la première Place du marché européen de l’industrie des fonds, dépassant la France avec 730 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Dans l’intérêt de la Place
La collaboration entre les acteurs de l’industrie, l’autorité de contrôle et le gouvernement avait porté ses fruits. « Par une approche pragmatique, le Luxembourg a su s’imposer comme il le fallait, poursuit M. Brausch. Elle se traduit par un cadre législatif
et réglementaire particulièrement attractif et évolutif, une surveillance efficace et respectée, mais, surtout, par une industrie des fonds où les acteurs privilégient depuis toujours l’intérêt de la Place avant leurs intérêts individuels. » Ainsi, Freddy Brausch (managing partner de Linklaters), Claude Kremer (associé chez Arendt & Medernach) ou encore Jacques Elvinger (Elvinger, Hoss & Prussen) sont directement concurrents, mais collaborent régulièrement depuis le début de l’aventure en faveur d’un intérêt commun. C’est cette cohésion qui a fait la force de l’Alfi, association née en 1988, pour fédérer d’abord les fonds eux-mêmes, puis, en élargissant son membership dès l’an 2000, à l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur, avocats, banques dépositaires ou encore auditeurs. Juillet-Août 2013 —
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Thomas Seale 2003-2007
Guy Legrand 2001-2003
« Je me suis amusé, il y a peu, à regarder les statuts de l’association à ses débuts. Ils tenaient en une page, raconte Thomas Seale. Comme l’industrie et l’environnement dans lequel elle doit évoluer, l’association s’est aussi complexifiée. Il a fallu grandir, en développant de nouvelles compétences, en trouvant des réponses adaptées aux défis et évolutions qui se sont présentés. Ne fut-ce qu’en matière de distribution transfrontalière des fonds, le Luxembourg a développé une expertise exceptionnelle. L’enjeu, au cours de ces années de développement, a été d’apporter des réponses simples et fonctionnelles face à cette complexité grandissante. » Concentration de talents
À côté du pragmatisme dont ont su faire preuve les acteurs de la Place, Rafik Fischer fait aussi état d’une forme de conservatisme très luxembourgeois. « Il existe, ici, une certaine aversion du risque qui, selon moi, constitue un élément essentiel, à la base même d’une industrie des fonds saine qui veut grandir et durer. Le Luxembourg, s’appuyant sur ses valeurs, a finalement pu saisir les opportunités au bon moment, en faisant preuve de bon sens, mais en s’appuyant sur les bonnes compétences et en développant ces dernières », explique-t-il. L’industrie luxembourgeoise des fonds s’est concentrée sur la création, la domiciliation, l’administration et la distribution des fonds à l’échelle internationale, laissant la gestion à d’autres places. « C’est dans ces domaines techniques que nous avons développé notre expertise. Dans ces matières, on ne connaît pas, ailleurs dans le monde, une telle concentration de talents », complète Thomas Seale. Ouvert sur les pays limitrophes, puis sur l’Europe, le Grand-Duché a très rapidement compris l’intérêt d’aller évangéliser le monde — Juillet-Août 2013
Publication
De nouvelles perspectives Understanding Investment Funds: Insights from performance and risk analysis est le titre du récent ouvrage signé Virginie Terraza, associate-professor au Centre de recherche en économie et gestion, entité de la Faculté de Droit, d’Économie et de Finance de l’Université du Luxembourg, et Hery Razafitombo, associate-professor de l’Université de Lorraine. Cet ouvrage offre de nouvelles perspectives, des idées et des données empiriques devant permettre d’améliorer les outils et les méthodes d’analyse du rendement des fonds. « Par le passé, les crises étaient généralement limitées à des marchés singuliers ou à des classes d’actifs spécifiques. Désormais, les classes d’actifs affectées sont nombreuses et variées, explique Virginie Terraza. Elles sont touchées de manière simultanée et à l’échelle globale. Dans ce nouveau contexte, nos méthodes traditionnelles d’analyse des risques et de mesure de performance doivent être adaptées. » Le livre, au-delà d’une base théorique étayée, évoque un certain nombre de problèmes liés à l’évaluation de la performance financière des systèmes de fonds, et notamment de la prédiction de l’échec d’un fonds. Les mesures de performance appropriées où un contrôle plus efficient des risques constituent, pour les auteurs, des outils essentiels pour faire face aux incertitudes de l’avenir. Ils proposent notamment, au cœur de cet ouvrage, un nouveau système de répartition de l’actif, complémentaire de l’approche traditionnelle, en vue d’une meilleure optimisation du portefeuille. De quoi, effectivement, permettre aux acteurs de l’industrie des fonds d’améliorer leurs connaissances en la matière et de se donner de nouvelles perspectives. S. L.
entier et de faire valoir cette expertise développée en une vingtaine d’années bien au-delà des frontières de l’Union. « Les produits proposés au départ ont été conçus pour traverser les frontières. Correctement pensés et structurés, ils pouvaient répondre au plus grand nombre. Il y avait donc un intérêt à aller chercher une masse critique en les proposant à certaines cibles potentielles plus éloignées », assure M. Seale. Durant les 10 premières années, la Place s’est évertuée à mettre en œuvre une plateforme efficiente. Au cœur de la décennie suivante, l’enjeu a été de la valoriser à travers le monde. « Il a fallu dépasser cet adage luxembourgeois arguant que pour vivre heureux, il fallait vivre caché. Nous avons décidé d’aller à la rencontre des clients potentiels, de confronter nos produits à leurs attentes », explique M. Seale. L’Alfi et ses partenaires ont dès lors commencé à organiser des road-shows afin de promouvoir la Place, ses produits, ses compétences, de mettre en exergue l’intérêt pour des personnes à travers le monde et de distribuer leurs fonds depuis le Luxembourg. Entre 15 et 21 pays sont visités chaque année par les acteurs de l’industrie des fonds au Grand-Duché. Nouveaux défis
Bien sûr, tout n’a pas toujours été rose dans l'évolution de l'industrie des fonds au Luxembourg. L’explosion de la bulle internet, au début des années 2000, a freiné la croissance des actifs sous gestion. La crise de 2008, elle aussi, a eu des effets néfastes sur l’industrie. Mais, à chaque fois, la Place a su rebondir, pour repartir de plus belle. « Suite à la crise, l’industrie se voit confrontée à une vague de réglementations nouvelles. Face aux défis qui se présentent, il faut pouvoir préserver ses atouts
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Marc Saluzzi Depuis 2011
Claude Kremer 2007-2011
et saisir des opportunités, parvenir à traiter toujours plus de volume en gérant la complexité, assure Freddy Brausch. Les produits restent actuellement toujours attractifs et il existe encore un fort potentiel de croissance, en Europe et à l’étranger. Il suffit de voir, par rapport aux États-Unis, la faible proportion de l’épargne que les Européens investissent dans des produits structurés et réglementés. » Un des enjeux sera donc de pouvoir, par des solutions toujours plus performantes, répondre à leurs attentes. « Il faut trouver, dans l’environnement actuel, les moyens de faire fructifier l’épargne des investisseurs en veillant à leur sécurité. Préserver cette épargne passe par une grande diversification des risques. Et, en matière de fonds, tout n’a pas encore été inventé », précise Rafik Fischer. Dès lors, pour autant que l’industrie ne se retrouve pas confrontée à un important accident de marché, la place luxembourgeoise devrait poursuivre sur sa lancée. À condition qu’elle reste attentive et continue à faire évoluer son cadre de fonctionnement de manière optimale. Pour cela, elle peut capitaliser sur les nombreuses compétences développées. De nouvelles opportunités s’offrent à elle, notamment à travers la directive visant à réglementer les fonds alternatifs (AIFMD). « La volonté, à ce niveau, est de pouvoir reproduire le succès de Ucits en développant, à partir des compétences présentes sur la Place, de nouvelles classes d’actifs », précise M. Brausch. L’avenir ne sera pas forcément simple. « C’est une erreur de penser que demain sera fait comme aujourd’hui et hier. La concurrence, avec l’émergence d’un marché mondial intégré, s’annonce toujours plus rude. De nouveaux modes d’épargne, comme le crowdfunding, naissent et pourraient avoir un impact sur l’industrie traditionnelle, conclut Thomas Seale. Pour faire face à ces défis, il n’y a pas de secret, il nous faudra rester agiles et pragmatiques. » À ce niveau, le Luxembourg a déjà prouvé qu’il disposait d’une belle longueur d’avance. — Juillet-Août 2013
Marc Saluzzi
« Pas le fruit du hasard » Monsieur Saluzzi, 25 ans après la création de l’Alfi, quel est le poids de l’association, aujourd’hui ? « L’Alfi est la voix de l’industrie de la gestion collective et institutionnelle d’actifs au Luxembourg. Elle compte 1.400 membres, des fonds, mais aussi l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur liée aux métiers des asset managers, des banques dépositaires, des auditeurs, des avocats… Tous contribuent à la vie de l’association et lui permettent de réaliser son action. Celle-ci est portée par 25 personnes et s’articule autour de trois axes : le lobbying, la promotion et l’éducation. Comment le Luxembourg est-il parvenu à préserver l’avantage concurrentiel qu’il a en matière de fonds ? « En s’appuyant sur une vision forte et par anticipation. En 1985, le Luxembourg a compris que la directive Ucits pouvait être le point de départ d’un marché intégré des fonds à l’échelle de l’Europe. La Place a donc inscrit son destin, avec conviction, dans une ambition européenne. Cette réussite n’est pas le fruit du hasard, mais d’un travail de chaque instant. Il faut, en permanence, s’adapter à un environnement en mutation, travailler dans la continuité sans oublier de se remettre en question. Ce succès, en jetant un œil dans le rétroviseur, vous surprend-il ? « Je ne sais pas si cela me surprend. Le résultat de 25 ans de travail et d’histoire dans la gestion collective et institutionnelle au Luxembourg est remarquable. Jamais on n’aurait pu l’imaginer il y a un quart de siècle. Mais ce succès s’est construit dans le temps, à force de travail et s’entretient toujours actuellement. Les résultats sont toujours très bons. Mais les défis sont nombreux et l’équilibre fragile. Nous poursuivons selon nos ambitions, avec l’espoir que les chiffres d’aujourd’hui paraîtront aussi ridicules dans 25 ans que ne l’étaient ceux de l’industrie des fonds au Luxembourg au début de l’aventure. » S. L.
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Retrouvez toutes les photos sur www.paperjam.lu/ernst27052013 Ernst & Young
Young Tax Professional of the Year Award Le cabinet de conseil et d’audit a organisé, le 27 mai au Légère Premium Hotel à Munsbach, la première édition de l’élection du meilleur jeune fiscaliste de l’année. 05
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Photos Olivier Minaire
01. Pol Mellina (Université du Luxembourg, lauréat) félicité par Marc Schmitz (Ernst & Young) 02. Henrik Hjerrild Hans (Danske Bank International) 07
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03. Giuseppe Mazzocatto (Benetton Holding International) 04. Werner Haslehner (Université du Luxembourg)
05. Les trois finalistes : Effrosyni Sakka, Pol Mellina et Andreas Brunnbauer (Université du Luxembourg) 06. Rudy Van Steenbergen (Amazon) 07. Andrey Afanasiev (ArcelorMittal) 08. Claude Weber (Marsh Management Services) 09. Raf Bogaerts (Gestador) 10. Wolfgang Dürr (Dekabank Deutsche Girozentrale Luxembourg)
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Désirs
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Photo : Julien Becker
Les immanquables Chaque mois, nos coups de cœur parmi les sorties culturelles.
C ON G
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N U LÉ S
L’excellente programmation estivale de l’Exit07 se poursuit et accueille divers groupes de la scène rock et électronique, international ou locale. Une foire aux disques et une soirée projection seront également au programme. Du 2 au 30 août à l’Exit07 (CarréRotondes)
OMNI
Un festival de musique à ciel ouvert qui confronte différents styles musicaux (rock, jazz, pop, électro). Ne ratez pas le talentueux Woodkid le 13 juillet. Du 3 au 20 juillet à l’Abbaye de Neumünster
MUDA
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Double vernissage avec Thea Djordjadze, connue pour le caractère temporaire de ses matériaux, et les artistes Lutz & Guggisberg, à la production loufoque. Le 5 juillet à 18 h au Mudam
ZOOM SUR
Anke Reitz Début juillet, le Château de Clervaux rouvrira ses portes après plusieurs mois de travaux et dévoilera de nouvelles salles d’expositions conçues par l’architecte d’intérieur Nathalie Jacoby. Mais c’est Anke Reitz qui a eu en charge le travail lié à cette collection si singulière d’Edward Steichen qu’est The Family of Man. La photo pour Anke est une passion qui remonte à son adolescence, quand elle avait un petit labo de développement dans la cave de la maison parentale. Elle a poursuivi avec des études dédiées au cinéma et aux arts audiovisuels à Liège, puis l’histoire de l’art au Royaume-Uni. En 2005, elle entre au CNA pour prendre en charge plus particulièrement le travail lié à The Family of Man. Pour le nouvel accrochage qui sera dévoilé à Clervaux en juillet, Anke Reitz a travaillé un peu comme une archéologue. Avec Nathalie Jacoby, elles se sont replongées dans les origines de l’exposition, celle de 1955 au MoMA. Il leur a semblé primordial de
garder autant que possible le parcours historique pour comprendre la démarche de Steichen, tout en y apportant un regard contemporain et la distance qu’il convient d’avoir face à cette œuvre. Pour le volet pédagogique et la médiation, elle a voulu apporter un regard qui annihile un peu l’innocence du visiteur par rapport à l’histoire de l’exposition. Par les outils de médiation, Anke Reitz a conçu des accompagnements qui offrent aux visiteurs la possibilité de découvrir l’exposition en analysant la scénographie et le pouvoir que peuvent avoir les images. The Family of Man est composée au total de 503 images. En juillet, 490 photos (soit l’ensemble de la collection possédée par le Luxembourg) seront présentées dans une scénographie contemporaine. « Le plus grand défi que j’ai eu à relever pendant ce projet, déclare Anke Reitz, a été de trouver le juste équilibre entre la fidélité à l’histoire et une approche contemporaine. » Au public désormais de se faire une opinion !
The Family of Man au Château de Clervaux, portes ouvertes les 6 et 7 juillet 2013, de 10 h à 20 h www.wearefamily.lu, www.steichencollections.lu
S U MO
Le graffeur luxembourgeois Sumo présente « Bad meaning Good » avec 26 nouvelles productions, des sérigraphies et un catalogue. À partir du 3 juillet à la Bil, 69 route d’Esch
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1 ORIGINALITY 2 QUALITY 3 DIVERSITY 4 PERSONALITY 4
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5 CREATIVITY Exhibition of the ‘D’ POSTCARD PROJECT in collaboration with Boomerang. We will reveal the 6 winning projects. Student members from 4 different schools participated in this competition. Lycée technique des Arts et Métiers, Lycée classique Echternach, Lycée Classique Diekirch and Lycée Aline Mayrisch.
Display of the first ‘L’ STAMPS series in collaboration with P&T Luxembourg. Music by J+E
FRIDAY 05.07.2013 EXIT 07 1, rue de l’Aciérie STARTS AT18H30
A FREE DRINK for every (re)newed membership! A perfect occasion for drinks, snacks and networking.
L’association des amateurs de design clôture sa quatrième saison et annonce sa cinquième lors d’une soirée ouverte à tous. Le 5 juillet à 17 h 30 à l’Exit07 (CarréRotondes) BRING MANY FRIENDS WHO LOVE DESIGN
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Coups de cœur
Cinq bonnes raisons d’aller À Bruxelles La capitale belge jouit d’une image sympathique auprès des Luxembourgeois : proche, vivante, vibrante, un peu brouillon et pas chère. Il y a des tas d’endroits et d’événements intéressants à Bruxelles. Petite sélection à découvrir.
Maroquinerie Delvaux
Bleu de toi
Hunting and collecting
Odette en ville
Design September
Le maroquinier belge a entièrement rénové sa boutique du centre-ville. C’est le cabinet d’architectes italien Vudafieri Saverino Partners qui a mis en œuvre cet écrin, mais surtout c’est le duo d’artistes luxembourgeois Martine Feipel et Jean Bechameil qui a développé le concept de décor. Cet aménagement servira de référence pour les boutiques et corners futurs aussi bien en Belgique qu’à Paris, Londres, Doha ou Séoul.
En belge, « être bleu de quelqu’un », c’est en être très amoureux. Et il y a de quoi tomber amoureux de ce restaurant, niché dans une petite maison… bleue, non loin du Sablon. Ici, la spécialité est belge puisque ce sont les bintjes farcies. Ces pommes de terre sont proposées en versions améliorées (au homard, au saumon, aux crevettes, au poulet…) et constituent un repas simple et raffiné à la fois.
Ce sont bien des chasseurs qui sont responsables de ce magasin, mais des chasseurs… de styles. Ce grand espace du quartier de la Bourse où se trouvent les boutiques de créateurs propose des vêtements chic et street, des bijoux drôles et décalés, du design, des livres, des sacs… Bref, LE concept store que l’on rêverait d’avoir chez soi.
C’est dans une belle maison des années 1920 du quartier du Châtelain que se trouve l’hôtel de charme Odette en Ville (petite sœur urbaine de l’adresse à la frontière française). L’ambiance y est intimiste et raffinée (il n’y a que huit chambres), la décoration élégante est pensée dans le moindre détail, et le service sait être attentif et discret. L’hôtel dispose également d’un restaurant et d’un bar.
Chaque année, Bruxelles se transforme en un parcours urbain dédié au design, avec plus de 100 événements culturels et commerciaux qui permettent de découvrir le travail de designers belges et internationaux. Expositions, conférences, marché du design, Pecha Kucha, visites d’ateliers… les occasions sont nombreuses et variées. On pourra y prévoir une halte pour découvrir le Smets Premium Store ou le studio de De Fact qui travaille aussi à Luxembourg (photo).
Galerie de la Reine www.delvaux.be
17, rue des Chartreux www.huntingandcollecting. com
73, rue des Alexiens www.bleudetoi.be
25, rue du Châtelain www.chez-odette.com
Du 5 au 30 septembre www.designseptember.be
sélection
Lectures de plage C’est pendant les vacances que les gens lisent le plus de romans. En été, la littérature se fait plus légère mais pas forcément plus bête. Voici une sélection de trois livres à emporter au bord de la piscine ou sur la plage sans paraître idiot.
Infer
L
ui ç on q e ga r
n’exis
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Gérald, le héros de Patrice Leconte, possède le charme distrait et la poésie d’Antoine Doinel. Comme lui, il pense que les femmes sont magiques. Et comme lui, il va accomplir un exploit effarant pour gagner le cœur de l’une d’entre elles… Une comédie sentimentale aussi cocasse que mélancolique. De Patrice Leconte, chez Albin Michel
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Villa
Dan Brown mêle avec brio l’histoire, l’art, les codes et les symboles. Ici, c’est L’Enfer de Dante qui est le fil conducteur de la nouvelle aventure de Robert Langdon. Le professeur va devoir se lancer dans une course contre la montre pour découvrir la vérité sur un adversaire diabolique. De Dan Brown, chez JC Lattès
p avec
iscine
Après Le Dîner, Herman Koch récidive avec un roman noir et grinçant situé dans la banlieue chic d’Amsterdam. Un médecin est accusé d’abord d’erreur médicale puis de meurtre. Le patient était un acteur célèbre qui est tombé malade après des vacances dans cette villa avec piscine… De Herman Koch, chez Belfond
Photos : Mireille Robbaert, ToMa
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Ouverture
L a r e c et t e d
i u Da n is h De l
de vaient pas encore bizarrement, ils n’a et rg seuleou n no mb re xe off Lu Danish Deli qui sont nombreux au erie ose faite avec le ch pic Les Scandinaves é st d’ e s C’ uit s. ité od ial pr x ant leurs spéc ries et de nombreu se tis s pâ pa de ire restaurant propos r du toi mp e l’on peut tra t, mais aussi un co « smørrebrød », qu de e ett ment un restauran rec e un e e. chef nous propos lami et rémoulad fine à acheter. Le ifort, l’autre au sa rtante. On choisira au saumon et ra n L’u . » rt ve ts ou ien est très impo réd ing s « sandwich de saumon té ali qu ir d’une tranche de , assez simples, la de beurre et garn er tin avec Dans ces recettes tar re va aig n o l’ me e crè is au seigle qu demi-décilitre de donc un pain dano se sur le rt, on fouette un es ifo dr ra On au e. e ivr uc po sa Pour la isonné de sel et . fumé (Fanø Laks). citron, le tout assa bre, et de l’aneth un trait de jus de et é ate et de concom râp t tom for de rai is, he du na nc pa tra s : e nt un , iva tue su e feuille de lai des légumes saumon avec un 100 g de chacun Faire ensuite un coupe finement on e, rger pendant 2 h. lad go ou dé m e ss ré lai les Pour la et le sa paprika, une de les fé et oignon. On er une cuiller à ca ut ajo et le cre chou-fleur, carotte su 0 g de les légumes dans de vinaigre et 23 curry. Faire cuire de uter ux ajo de mélange de 3,5 dl et et a tes m nu rcu t 25 mi tarde, une de cu mélange pendan fois e de grains de mou Un . na ïze Ma lentement 50 g de e mélange avec un le tout refroidi, on de e un et re vinaig cuiller à soupe de e un mixeur. Sur un mayonnaise dans on , rée ur be seigle tranche de pain de ix s de salami aux no he nc tra s de se dres e, lad avec la rémou (Slagter Munch), persil plat. du et tue de la lai mbourg 3, rue Beck à Luxe ) ille e-v ntr (ce
Photo : Luc Deflorenne (archives Maison Moderne)
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restaurant
La pause gourmande Cela fait déjà quelque temps que Pierre Avon nous régale de ses fabuleuses découvertes de fromages dans son établissement La Cave à Fromages. Sa femme, Chantal, avait quant à elle ouvert une épicerie fine internationale, La Gourmandie. Désormais, il sera possible de savourer à table les produits sélectionnés par ce couple d’experts en plaisirs gustatifs puisqu’ils ouvrent un espace de dégustation, La Pause Gourmande, où midi et soir seront servies des assiettes composées de fromages et charcuterie accompagnées d’une sélection de vins au verre. En plus de la partie restaurant, des comptoirs permettront d’acheter les produits que vous aurez pu tester auparavant. Leur objectif : faire découvrir les produits du terroir de manière simple et conviviale. 1, rue Bender à Luxembourg (Gare)
DÉgustation
Tourbe, bois et FUMÉE Aussi complexe que le vin, le whisky est en train de conquérir les bars de la capitale. Certains s’en font même une spécialité. C’est le cas du Glaçon Rouge au Sofitel Luxembourg Europe qui propose quelque 80 références et une dizaine de cocktails à base de whisky. On pourra s’initier à la dégustation avec des plateaux de trois à cinq petits verres et on goûtera à la carte « snacking » adaptée. Tanja Engel, le chef barmaid nous présente sa sélection.
LAGAVULIN 16 ans
HAKUSHU 12 ans
MIDLETON Barry
GEORGE DICKEL No 12
CHIVAS
« Ce single malt de l’île d’Islay est très tourbé et iodé. De couleur vieil or à reflets ambrés, le nez ample est marqué par des notes animales et d’orge fumée, avec une trace de tourbe onctueuse. La bouche, tourbée, révèle au fur et à mesure des notes marines sur fond de réglisse. La finale, fumée, est également marquée par des notes finement boisées. »
« Ce single malt japonais légèrement tourbé avec une finale longue et fine provient de l’assemblage de quelques fûts de bourbon de premier remplissage. Il est produit à 700 mètres au-dessus du niveau de la mer, soit une altitude deux fois supérieure à celle de la plus haute distillerie d’Écosse. La distillerie Suntory Hakushu y puise une eau qui cède toute sa pureté au distillat à la lente maturation. »
Crockett Legacy
« La distillerie George Dickel produit un Tennessee whiskey dévoilant de très jolies notes florales et herbacées. C’est un des whiskeys les plus doux à cause de sa filtration à travers du charbon d’érable à sucre. De couleur or orangé brillant, il a une bouche plus sèche et marquée par le toffee, l’abricot et le fruit. La finale épicée revient sur le seigle, la vanille et le caramel. »
21 ans Royal Salute
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« La fameuse distillerie Midleton dans la région de Cork en Irlande propose son tout premier single pot still, sous le nom de son maître distillateur, Barry Crockett. Le style de Midleton se caractérise par des distillats très parfumés (triple distillation), et par l’usage exclusif de fûts de bourbon américains pour la maturation. Ces fûts ajoutent une touche de caramel, vanille et chêne à son parfum de poivre vert et citron. »
« Créé pour le couronnement de la reine Elisabeth II en 1953, Royal Salute est un blend d’exception qui ne réunit que des whiskies ayant vieilli au moins 21 ans en fûts de chêne. Chaque bouteille est numérotée individuellement. Un blend riche, moelleux aux notes de noisettes, à déguster en fin de repas. »
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DÉSIRS
Sorties
Nouveautés au Grund Comme à Florence
Délices glacés Installé dans le quartier de la gare, le Bargello remet au goût du jour le savoir-faire florentin en matière de crème glacée. Car on oublie que la glace, à base de lait, de sucre et d’arômes ou de fruits est née à Florence pendant la Renaissance. Et c’est grâce à trois personnages renommés, Catherine de Médicis, l’architecte Bernardo Buontalenti et le pâtissier Ruggieri que ce ‘dolce ghiacciato’ a été introduit à la cour de Florence, puis en Europe. Dans un décor contemporain, les spécialités glacées de la maison y sont réalisées de façon artisanale, sans ajout de colorants ni arômes artificiels, afin d’en préserver le goût authentique et l’onctuosité qui séduiront petits et grands gourmets. Un peu endormi ces dernières années, le quartier du Grund reprend du poil de la bête avec deux nouvelles ouvertures. Initié par Margot Pels, Brigitte est un peu plus qu’un bar. C’est d’abord un endroit : une maison au bord de l’Alzette, avec une belle terrasse ensoleillée (pour peu qu’il y ait du soleil), et un décor en bois qui sent bon la récup. C’est aussi la possibilité de goûter des produits faits maison : à boire (sirops, limonades) et à manger (snacks, finger food, dont des charcuteries bio luxembourgeoises et des fromages fermiers). On y trouve encore une belle sélection de vins. Il faut en profiter : quand l’immeuble sera transformé en appartements, Brigitte tirera sa révérence. Non loin de là, à la sortie de l’ascenseur, Updown a été totalement réaménagé. Il propose de nombreux événements autour de la dégustation de vins ou de whiskies. Updown – 28, montée de Clausen
Photo : Olivier Minaire
Brigitte – 6, Bisserwee
13-15, rue du Fort Elisabeth à Luxembourg (Gare)
Grignotage
Photos : Luc Deflorenne
Vous reprendrez bien des tapas Que ce soit pour accompagner l’apéro ou pour mener tout un repas, les tapas et autres fingerfood sont à la mode. Passionné par l’Espagne, Alain Lorang a largué sa carrière dans la banque pour lancer Una Mas : un bar et restaurant à tapas. La carte propose une quinzaine de tapas froides et autant de chaudes que l’on choisit dans les vitrines. Trois formats existent : la mini, pour accompagner un verre, la demi et la portion. Le plus sympa est de partager à plusieurs un assortiment de tapas variées, histoire de tout goûter. La sélection de vins espagnols au verre ou à la bouteille est aussi très alléchante. Una Mas 32, place Guillaume II à Luxembourg (centre-ville) www.unamas.lu
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Cen t r
Anniversaire
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Le domaine thermal de Mondorf fête ses 25 ans et les 166 ans de thermalisme. À cette occasion, il organise trois jours dédiés à ce secteur du 26 au 28 juillet. La journée du vendredi est réservée aux entreprises avec démonstration des compétences du domaine dans le milieu du travail. Le samedi matin, ce sont les professionnels de la santé qui sont invités à découvrir l’évolution des soins en matière de thermalisme. Enfin, le dimanche est une journée pour le grand public avec des portes ouvertes combinant exposition, activités en plein air et ateliers découverte pour toute la famille, toujours autour des activités et compétences proposées par le domaine thermal de Mondorf, telles que des ateliers de nutrition, des démonstrations de cours collectifs, des présentations de soins… Avenue des Bains à Mondorf-les-Bains
www.mondorf.lu
Photo : Patty Neu
25 ans pour le domaine thermal
Nouveautés à La Belle Étoile Le centre commercial La Belle Étoile a ouvert une extension de sa galerie avec 35 nouveaux commerces, allant du service à l’habillement. Parmi les nouvelles adresses, on aime particulièrement Barbershop, un espace de soins et de bien-être exclusivement consacré aux hommes. C’est avant tout une affaire de poils, que ce soient les cheveux (coiffeur), la barbe (service de barbier à l’ancienne) ou l’épilation (en cabine VIP). À cela s’ajoutent des soins du visage, manucure, pédicure. Le tout est presté dans un cadre rétro à l’esprit new-yorkais. Un petit comptoir de vente est dédié à des produits très british comme Molton Brown, Floris London ou un florilège de blaireaux et rasoirs. Pour une réservation en toute discrétion, un service online est proposé. Route d’Arlon à Bertrange www.barber.lu Tél. : 26 31 37 50
Chambre d’hôtes
The Barn Luxembourg C’est dans le village de Kehlen (à 15 minutes de Luxembourg, avec un bus direct pour le Kirchberg) que The Barn Luxembourg accueille ses hôtes (jusqu’à huit personnes) pour des séjours à court terme (nuit, week-end, semaine, mois). L’ancien corps de ferme du 19e siècle de 250 m2 offre un très grand niveau de confort et des prestations de qualité (écrans plats, wi-fi, électroménager de qualité, barbecue, cheminée). Restaurée dans un esprit contemporain et meublée avec goût, la maison est composée de trois chambres avec chacune sa salle de bain, deux salons, une cuisine ouverte sur le séjour, une terrasse privée et une buanderie. Détail amusant : une des chambres contient un lit de 4 m (deux lits king size accolés) ! Ainsi, il est facile d’y loger temporairement une famille ou des collaborateurs travaillant sur un même projet, par exemple. Une alternative de charme à l’hôtel.
Photo : Alexander von Buxhoeveden
www.thebarn.lu
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Bij ou x rm es ur
Alexandre Rosenberg Ce jeune joaillier a eu une idée originale qui répond concrètement à un besoin : pour lancer sa propre marque de bijoux, Alexandre Rosenberg a conçu un site internet équipé d’un logiciel avec lequel les clients ont la possibilité de personnaliser leur bijou en ligne (choix de l’alliage, des pierres précieuses, de leur qualité, tonalité, intensité des couleurs, accessoires, inscriptions), tout en visualisant directement online le résultat final grâce à un rendu photographique. Plus de problème de stock, comme dans les bijouteries traditionnelles. L’estimation financière se fait également en direct et est modulable à souhait puisqu’elle évolue au fur et à mesure des modifications. Ce site lui a valu d’être récompensé en février 2013 d’une nomination au Prix de l’innovation dans l’artisanat. www.alexandrerosenberg.com
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BEauté
Pour profiter du soleil
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Photo : Chanel-Richard Burbridge
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zoom sur
Relax Max Cet homme-là a de l’or dans les doigts. « Quand j’ai posé mes mains pour mon premier massage, j’ai senti qu’il se passait quelque chose », se souvient Maxime Raux, masseur à la tête de Relax Max depuis 2005. Avant cela, il était entraîneur de fitness et a pu apprendre les massages avec divers kinésithérapeutes, puis a poursuivi sa formation à Paris et à Bruxelles. Dès ses débuts, il choisit de ne pas s’installer en institut, mais d’aller vers les gens, là où ils sont. Il développe ainsi des partenariats avec des entreprises où il se rend avec sa chaise et propose des massages assis et habillés d’une quinzaine de minutes. Le succès est immédiat, à tel point qu’il forme sa femme pour qu’elle puisse répondre à la demande. Certes, la crise aidant, les entreprises rechignent à dépenser pour ce type de prestations. « Mais une entreprise en bonne santé, ce sont des travailleurs en bonne santé. » Une belle présence, un grand respect des personnes, une importante disponibilité, un bon marketing et voilà que Maxime Raux et sa femme sont appelés dans des www.relax-max.eu
hôtels pour masser des personnalités de passage, et nouent là aussi des partenariats à plus long terme. « Il est arrivé qu’on m’appelle pour trouver une masseuse dans la demi-heure pour une star américaine… » : mobilité, rapidité et fiabilité sont parmi les atouts du masseur et de son réseau. Parce qu’il fait des émules et compte bien les valoriser. C’est ainsi qu’il a mis en place un système assez novateur de franchises. Via un site internet, chacun peut, au Luxembourg, mais aussi en Belgique et en France, réserver un massage à domicile (parmi la trentaine proposée) dans la tranche horaire qui lui convient. « Les masseurs spécialement formés et sélectionnés indiquent leurs disponibilités, les clients sont donc sûrs d’avoir quelqu’un au moment où ils le commandent. » Label de qualité pour les masseurs (17 critères à remplir), paiement en ligne, bon cadeau, enquête de satisfaction, produits labellisés, notre homme a pensé à tout. Son réseau comprend actuellement 75 praticiens et devrait en compter une bonne centaine d’ici peu.
Photo : David Laurent
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interview
Une collection de collections
Pendant presque deux ans, Hans Fellner et Andrés Lejona ont parcouru le pays allant à la rencontre de collectionneurs luxembourgeois. Et ce, avec l’objectif de réaliser un livre, Luxembourg Collecting, édité par Maison Moderne* et à paraître en juillet. Ils nous racontent leur aventure et les rencontres passionnantes avec ces passionnés. Interview Céline Coubray Photo David Laurent
Hans Fellner et Andrés Lejona au milieu de leur collection de collectionneurs
Comment le projet s’est-il construit ? Comment avez-vous trouvé les collectionneurs ? Andrés Lejona : « Le projet du livre est parti d’une photo que j’avais réalisée d’un collectionneur luxembourgeois qui avait beaucoup marqué l’esprit de Mike Koedinger, CEO de Maison Moderne. De cette photo a germé l’idée de cette publication et de réaliser une collection de collections. Hans Fellner : « Nous avons alors fait des appels à participation. Par mes activités précédentes, dont celles d’antiquaire et de libraire de livres luxemburgensia, je connaissais certains collectionneurs. Les collectionneurs eux-mêmes nous en ont aussi indiqué d’autres. Quels types de collection sont représentés dans cet ouvrage ? H. F. : « Nous avons choisi 50 collectionneurs. Cela représente donc un échantillon subjectif de la communauté des collectionneurs au Grand-Duché, que j’estime personnellement à environ 1.000 personnes. Par ailleurs, nous avons cherché à avoir un maximum de diversité en évitant les col— Juillet-Août 2013
lections trop ‘évidentes’, comme celles de timbres ou de pièces de monnaie, et avons volontairement écarté certaines collections, comme les armes ou les têtes d’animaux chassés. Existe-t-il un profil de collectionneur au Grand-Duché ? H. F. : « Il s’agit majoritairement d’hommes. Nous n’avons réussi à rassembler que cinq femmes pour ce livre. Par contre, toutes les classes sociales sont représentées, mais il n’y a pratiquement pas de jeunes. Certains ont des emplois très prenants et des familles, mais trouvent quand même le temps et l’énergie de constituer leur collection. Ils utilisent l’efficacité qu’ils mettent en œuvre professionnellement au service de leur collection et parviennent ainsi à leur fin. Quelques-uns reconnaissent avoir une petite lubie, mais en sont très conscients et jouent de cela. Le plus souvent, ce sont des collections liées à une approche sensuelle plus qu’intellectuelle. A. L. : « Ce sont des personnalités très humaines qui, si l’on s’intéresse un tant soit peu à leur passion, vous ouvrent les bras et partagent leur savoir.
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Romain Gaspar collectionne les figurines Kinder Surprise.
Claude Schmitz collectionne les vases blancs de la KPM.
Luxembourg Collecting, 49 €, textes en français et en allemand, 224 pages. En vente en librairie et sur www.maisonmoderne.lu/eshop.
Quel atout les collectionneurs tirent-ils du fait de vivre au GrandDuché ? H. F. : « Ils bénéficient d’une situation géographique centrale qui leur permet d’être facilement connectés aux autres pays. Le multilinguisme leur permet de pénétrer sans difficulté les marchés français, belge, allemand et anglais. La petite taille du Grand-Duché est souvent un avantage, car cela limite les recherches et l’étendue des collections. Il n’est finalement pas si difficile de constituer une collection historique du Luxembourg motorisé, par exemple, ou des bières luxembourgeoises. Cette caractéristique permet d’aller loin dans le détail. Le bouche-àoreille se fait aussi plus facilement. Et puis, il y a un pouvoir d’achat qui n’est pas négligeable. Les collectionneurs que vous avez rencontrés utilisent-ils beaucoup internet pour se procurer leurs objets ? H. F. : « Non, les transactions sur internet ne sont pas appréciées, car elles ne permettent par d’avoir ce partage avec l’autre, effacent le lien entre l’objet et son propriétaire, son histoire, les anecdotes qu’il peut y avoir autour… Or cet aspect est très important. De plus, les prix sont souvent élevés, alors qu’un achat sur un vide-grenier par exemple permet parfois de faire de vraies affaires. Internet est utilisé pour la recherche d’une pièce en particulier ou pour l’échange. Comment les collectionneurs vivent-ils avec leur collection ? Est-elle exposée chez eux au quotidien ? H. F. : « Cela dépend bien sûr du type de collection et du volume qu’elle demande. Lorsque l’on collectionne les autobus ou les tracteurs, il est difficile de faire autrement que de les entreposer dans un hangar. Lorsque la collection est à la maison, elle est le plus souvent cantonnée, limitée – souvent de manière très ferme par le conjoint – à un espace qui peut être alors rempli jusqu’au plafond ! Mais nous avons eu également un exemple où la collection est mise en scène dans plusieurs pièces du domicile et où le collectionneur vit au milieu de sa collection. Toutefois, ce n’est pas la majorité des cas. Il faut aussi savoir que certains collectionneurs ont plusieurs collections. Quelle collection vous a le plus surpris ? A. L. : « Je dois avouer que la collection de petits jouets Kinder m’a impressionné. Nous avons eu aussi quelques surprises lors de l’accueil chez certains collectionneurs, comme celui des Schtroumpfs qui nous a reçus habillé tout en bleu !
H. F. : « La collection de boîtes de pilules contraceptives vendues au Grand-Duché est vraiment atypique. Celle des objets vétérinaires est très complète, quasi finale. Comment les collectionneurs abordent-ils l’idée de l’héritage de leurs objets ? H. F. : « Certains de ces collectionneurs jouent un rôle important pour la préservation du patrimoine. Ils sont à la fois curators, archivistes et en savent souvent plus dans leur domaine que les conservateurs de musée. Certaines collections ont une véritable valeur patrimoniale et auraient tout à fait leur place dans des institutions, mais ces dernières n’ont majoritairement pas les moyens de les accueillir. Le plus souvent, la passion n’est pas partagée par les enfants. Par conséquent, la question du devenir de la collection se pose. Des collectionneurs font alors le choix de revendre les objets de leur vivant et préfèrent en transmettre une partie à d’autres passionnés. Quelle a été l’approche photographique pour réaliser les portraits du livre ? A. L. : « J’ai réalisé des portraits des collectionneurs au milieu de leur collection. Dans certains cas, cela a représenté un vrai défi, car les espaces étaient exigus. J’ai choisi de ne pas donner un aspect spectaculaire, d’avoir un éclairage le plus naturel possible et de donner autant d’importance à la collection qu’au collectionneur. En plus des portraits, chaque collectionneur a choisi un objet coup de cœur, que j’ai également photographié. Là encore, chaque objet représentait un challenge, car nous n’étions pas en studio et la diversité des objets était très grande. » Et pour le texte ? H. F. : « Plus que des interviews, j’ai réalisé des entretiens avec chacun des collectionneurs. Je me suis mis à leurs côtés et ils ont eu la gentillesse de me faire partager leur passion, leurs histoires. Car il ne faut pas oublier que ce qui fait aussi l’intérêt de ces collections est que chaque objet est lié à une anecdote, à un moment vécu, un lieu, une rencontre. »
En parallèle de la sortie du livre, une exposition est organisée au CarréRotondes du 4 au 18 juillet. On peut y découvrir une sélection des objets collectionnés et des portraits. www.rotondes.lu
*Maison Moderne est également l’éditeur de paperJam.
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ce féren n o c n, de la sion Bourgui ds, a c c À l’o Nicolas gn Frien i s de r Des s de style m. a p é t a r i d u v e u in uM hass n o s c ac ti o n a nt e n étaie
légende JULIETTEnom portexxxx un jean xxxx Zara, Guillaume un T-shirt Pacha et Jerry un haut Zara
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Photos : Olivier Minaire
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Marie porte des boucles d’oreilles Crea Boom et des chaussures Guglielmo Rotta
Thomas porte une chemise Asos et un jean Diesel
Audrey porte un gilet Atmosphère et un jean Margiela
Gregory porte une cravate Tommy Hilfiger, RUMA un collier Hello Beluga
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Charlotte porte une veste Sandro et des chaussures Minelli
Fernand & Enrico n’ont pas indiqué les marques qu’ils portent
Sandra porte une robe Herzensstücke et des baskets Nike
Alexandre porte un pull H&M et des chaussures Sacha
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éTIENNE porte une chemise H&M et des chaussures Fred Perry
Ainhoa porte une jupe Lavand
Anna porte une écharpe Caprici et JAY une veste Margiela
Harold porte une chemise Levi’s, un jean H&M et des chaussures Clarks
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Commerce :
mutants du
07 5 453000 074017
Économie
Énergie: au carrefour des dépendances
Entreprises
100 ans pour le Tageblatt, année zéro pour le Wort
Place financière
Fonds: un quart de siècle de succès
Dossier : RH ET FORMATION
5€
centre-ville Gouvernement: des lendemains qui déchantent
Management
JUILLET-AOÛT 2013
TION ORMA F T E RH é yabilit Emplo s teur Indica ttractivité A tion Réten
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Politique
WWW.PAPERJAM.LU
Économie Politique Entreprises Place financière
JUILLET-AOÛT 2013
JUILLET-AOÛT 2013 Management
WWW.PAPERJAM.LU
Juillet-Août 2013 Paru le 27 juin 2013
Cahier « Économie & Finance » Directeur de la publication Mike Koedinger Directeur de la rédaction, rédacteur en chef Jean-Michel Gaudron Conseiller éditorial Marc Gerges Directeur artistique Maxime Pintadu ISSN 1992-4275
Management
Investisseurs étrangers cherchent substance
Business Administration
Stimuler l’entreprise, limiter les contraintes
ICT
Capitaliser sur les atouts, se méfier des freins
Human Resources
Derrière l’outplacement, des carrières possibles
Communication
Constuire des partenariats dans la durée avec le client
Éditeur Maison Moderne ™ www.maisonmoderne.lu Téléphone (+352) 29 66 18-1 E-mail publishing@maisonmoderne.lu Courrier BP 728, L-2017 Luxembourg Bureaux 10, rue des Gaulois, Luxembourg-Bonnevoie Maison Moderne est un partenariat d’Aurélio Angius, Francis Gasparotto, Jean-Michel Gaudron, Mike Koedinger, Guido Kröger, Rudy Lafontaine et Thierry van Ingelgom.
Tarifs port compris Luxembourg / France-Belgique-Allemagne Coordonnées bancaires : Code BIC / Swift : BCEELULL No IBAN : LU87 0019 1655 8851 4000 de MM Independent Publishing and Media Autres pays sur demande Formule standard 1 x 10 nos/an : Luxembourg : 40 euros France-Belgique-Allemagne : 51 euros Formule corporate 3 x 10 nos/an : Luxembourg : 80 euros France-Belgique-Allemagne : 145 euros
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Prochain numéro : 12 septembre 2013
prochain Dossier
assurances
Le secteur des assurances est, lui aussi, confronté aux changements législatifs et réglementaires. L’occasion de faire le point sur Solvency II ou sur les conséquences des nouvelles dispositions en matière d’échange d’informations.
INDEX
Index C
A Abax Consulting 67 Abax Investment Services 67 ABBL 26 Abelag 66 Adem 23 Aerium 69 Afanasiev Andrey 101 Agence de transfert des technologies financières 82 Agora 21, 82 Aleba 92 Alfi 12, 85, 92, 96 Allegrezza Serge 66, 82 Amazon 91, 101 Apsi 67 ArcelorMittal 12, 82, 91, 101 Archevêché de Luxembourg 70 Arendt & Medernach 33, 82, 92, 96 Arion Banki 94 Arker Paul 26 Arthur Welter 80 Aston Martin 88
B Bausch François 14 BCEE 81, 82, 123 Bechet Vincent 87 Beck Murielle 80 Beck Stéphane 80 Becker Frédéric 86 BEI 28, 93 Benetton Holding International 101 BERD 93 Bettel Xavier 24, 26, 56 Beyer-Copex 80 BG Research 33 BGL BNP Paribas 81 Biever Robert 14 Bil 82 Biltgen François 14 Bintz Jean-Claude 86 BIP Investment Partners 12 Blackrock Luxembourg 92 BMW 17 Bogaerts Raf 101 Brasserie Simon 86 Brasseur Anne 82 Braum Stefan 86 Brausch Freddy 96 Britz Thibaut 86, 88 Brunnbauer Andreas 101 Buck Xavier 67 Burchett-Coates Robert 94
Caceis Bank Luxembourg 92, 95 Capital Invest 93 Cardinale Xavier 80 Care in Luxembourg 120 Cargolux 40, 67, 82 CarréRotondes 12 Ceca 70 Cegedel 66 CEL 119 Centre Belle Étoile 56 Centre culturel de rencontre Abbaye de Neumünster 82 Ceps/Instead 82 Cera 36 Cetrel 67, 81 CFL 66, 82 CFL Cargo 66 Chambre de commerce 24, 26 Chambre des députés 12, 14 Chambre des métiers 87 Chauvel Louis 36 Chèvremont-Lorenzini Marie-Jeanne 82 Chraibi Sabah 26 CIGL Esch-sur-Alzette 36 Cimino Pierre 92 Cisco 81 Citi Luxembourg 93 City Concorde 56 City Mov’ 21 CLC 80 Co-Labor 36 Collignon Jean-Michel 26 Commerzbank 81 Computop 65 Confédération luxembourgeoise du commerce 56 Confiserie Namur 79 Conseil wallon de l’économie sociale 36 Cour de justice de l’UE 21, 22 Crédit Suisse Fund Management 92 Creos 28 Crestbridge 91 CRP Gabriel Lippmann 82 CRP Henri Tudor 26, 82 CSSF 91 CSV 14, 70 Cushman & Wakefield 50 CVCE 82
459 personnalités & entreprises ont été citées sur les 124 pages de ce cahier « Économie & Finance ».
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d’Coque 82 d’Orlando Mauro 80 Dall’Agnol Gilles 12 Danske Bank International 101 Darin-Jaulin Anne 56 Datacenter Luxembourg 67 DCL Group 67 De la Bachèlerie Véronique 94 Debourse Thierry 50 Defourny Jacques 36 Degezelle Sven 68 Dekabank Deutsche Girozentrale Luxembourg 101 Deloitte 94 Dennewald Robert 86 Denotte Charles 93 Design Friends 12 Deutsche Bank, London 94 Di Lorenzo Catherine 12 Dilinger Pierre 80 Dimension Data 65, 81 Doka 33 Dominion Corporate Group 91 Dräger 88 Duffy Thibaut 33 Dumont Pierre 65, 80 Dürr Wolfgang 101 DWS Investment 92
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Fandel Jean-Marc 68 FCPE 44 Fédération de la mode 56 Fedil 86 Fedrigo Caroline 26 Fellner Hans 12 Femmes Leaders 86 Fernand Franck 70 Ferring Dieter 36 Feyereisen Claude 70 FIL Luxembourg 92 Finck Jean-Claude 82 Fischer 87 Fischer Rafik 26, 96 Fonck Danièle 70 Fondation de l’Architecture 12 Fondation Restena 82 Fonds Belval 82 Fonds du logement 82 Fonds Kirchberg 82 Fonds national de la recherche 22, 82 Fontaine Betty 86 Foyer 12 France 2 91 Francis Yves 94 Frank Marie-Josée 87 Frieden Luc 14, 67, 94 Fuchs Eliane 86
G
eBRC 2, 67 Edge Chris 94 Editpress 33, 70 Edouard Franklin 33 EFA 96 Efama 92 eGlob.TV 23 Ehret Jean 33 Electrabel 28 Elia 28 Elvinger Jacques 96 Elvinger, Hoss & Prussen 96 Enim 67 Enovos 21, 27, 28 Enron 82 Entreprise des P&T 65, 66 Ernst & Young 66, 92, 101 Ernster Fernand 56 Escher Holzmanufaktur 36 ESPOD, Maroc 26 EuroDNS 67 Eurogroupe 14
Garage Intini 31 Garenq Vincent 87 GDF SUEZ 28 General Electric Medical 88 Gestador 101 Gillen Erny 70 Glesener Marc 92 Goeres 4, 5 Goldrake David 86 Gouvernement luxembourgeois 36 Graas Marco 80 Graff Jean 82 Gramegna Pierre 26 Grant Thornton Luxembourg 67 Groupe Schuler 21 Groupement Transport 80 Gueth Frédérique 36
H Haensel Jean-Marie 82 Halsdorf Jean-Marie 24 Hanquet Gwenaël 66 Harles Guy 33 Haslehner Werner 101 HEC Liège 36 Helminger Paul 82 Henri Grand-Duc 14, 87 Hester Peter 87 Hetto-Gaasch Françoise 34, 44, 50, 56 Hetz Vincent 80 Hjerrild Hans Henrik 101 HKIFA 12 Hoffmann Jean-Paul 65 Hollerich Jean-Claude 70 Hontoy Communication 86 Hontoy Françoise 86 Hortense Bentz 70 Hôtel Parc Belle –Vue 65 Houwen Marco 67, 80 Huberty Robert 23
I IMD 21, 23 In Jean-Marie 50 Infiniti Lentz 62, 63 INFPC 82 Inside 36 Inspection du travail et des mines 23 Institut luxembourgeois de régulation 24 Institut luxembourgeois des administrateurs 82 Intercorp 61 International Tax Review 91 iPaymo 67 Ired 36 Irish Life 87 Israël Edmond 70
Dans cet index sont reprises les entreprises, les personnalités et les publicités apparaissant dans ce cahier.
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www.cel.lu Juillet-Août 2013 —
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INDEX
J J.P. Morgan Bank Luxembourg 94 JCI Luxembourg 65, 86, 88 John Zink International 67 Juncker Jean-Claude 14, 87, 91 Jung Martina Violetta 70
K Kaempff Guill 44 Karlsekind Jean-Luc 70 KBL 81 Kerger Brigitte 87 Kirsch Guy 33 Klasén-Martin Daniela 91 Klein Joëlle 56 Klein Myriam 86, 88 Kneip 99 Knudson Geraldine 56 Koch Business Solutions 67 Koch Industries Inc. 67 Kömen Rudolf 92 König Ariane 36 KPMG 86, 92 KPMG Luxembourg 91 Krecké Jeannot 82 Kremer Claude 92, 96 Kuhn Roland 87
L L’essentiel 70 La Voix 70 Lahaye Yves 94 Lakehouse 86 Lanners Jacques 66 Lanners Michel 80 LCGB 70 Lebedev Alexander 14 Lee Hsiao-Yun 92 Légère Premium Hotel 101 Lejona Andrés 12 Lemke Eveline 26 Lenert Paul 70 Leroy Jean-Marie 80 Lëtzebuerger Land 14 Librairies Ernster 56 Linklaters 96 Linster Jacques 87 Lombard International Assurance 94 Lorrain Jérôme 80 Lucet Élise 91 Lux Development 82 Luxair 12, 21, 66, 82 LuxairGroup 65 lux-Airport 22, 82 LuxairTours 12 Luxaviation 66 LuxCloud 67, 81 LuxConnect 81 Luxembourg Center for Systems Biomedicine 66
Luxembourg School for Commerce 56 Luxembourg School of Finance 91 Luxembourgeois .net 86, 88 Luxemburger Wort 70 Luxempart 12 Luxexpo 26 LuxGSM 66, 124 Luxinnovation 24, 86, 88 LuxTram 56 Luxtrust 82
M Macri Sarah 26 Mahindra Satyam 93 Maison Moderne 26 Man Group 93 Maquet 88 March Consulting 33 March Sharon 33 Marlière & Gerstlauer 13 Marsh Management Services 101 Marx Doris 92 Mathias Schiltz 70 Mazzocatto Giuseppe 101 Media-Saturn Belux 67 Mehra Rajnish 91 Meier Pascal 33 Mellina Pol 101 Mertens Sybille 36 Meyers Paul 70 Miltgen Carole 94 Minale Design 66 Ministère du Développement durable et des Infrastructures 40 Ministre du Travail et de l’Emploi 33 Mobey 67 Moran Matthew 94 Mouget Didier 33, 67 Mousel Paul 82 Muller & Associés 65, 86, 88 Muller Laurent 65, 86 Mutsch Lydia 36 MyScienceWork 65, 88
N
P
S
Pall Center 122 Panelux 87 paperJam.TV 26, 56 Parmalat 82 Paul Wurth 67, 82 Peaches Group 65 Perrett Laver 23 Personne Anne-Sophie 68 Philharmonie 82, 94 PKF Luxembourg 67 Point.24 70 Polygone 36 Porsche 88 Post Luxembourg 56, 66, 82 Prisma Consulting 94 Property Partners 50, 87 PwC 33, 81 PwC Luxembourg 92
Q Qatar Airways
40, 67
R Radclife Geo 92 Radio socioculturelle 100,7 14, 65 Rakuten 65 Raulot Olivier 88 RBC Investor Services Bank 94 Recloux Sébastien 88 Région Lorraine 26 Reiffers Marc 28 Renault 25 Reuter Étienne 82 Rockenbrod Frank 33 Rockhal 82 Root 67 RTL 12 Ruppert Charles 70 RWE 28
Neagu Irina 80 Neo Medical Systems 65, 86, 88 Neobuild 23 Nicsa 12
Sacred Heart University 33 Sakka Effrosyni 101 Saluzzi Marc 92, 96 Samsa Film 87 Santer Jacques 87 Saturn 67 Scalais François 86, 88 Scalais Laurent 65 Schadeck Raymond 24 Schagen Bas 70 Schank Marco 28 Schlesser Gilles 24 Schlesser Isabelle 24 Schmit Nicolas 33 Schmitz Marc 101 Schneider Étienne 23, 28 Seale Thomas 96 Seco 67 Secolux 67 SEO 12, 28, 82 Service de Renseignement 14 SES 12, 82 SGBT 94 Siebenaler Romain 80 Simon Virginie 65 Single Window for Logistics Luxembourg 24 Smets Thierry 44 Smith & Nephew 88 SNCI 82 Société de la Bourse de Luxembourg 82 Société de promotion et de développement de l’aéroport de Luxembourg 82 Société Générale 92 Sodevam 6 Sofitel Luxembourg Le Grand Ducal 81 Sold Alvin 33 Soler 28 Solvay Business School 88 Soon 105 Sotel 28 Statec 21, 22 Steinherr Alfred 33 Stevenart Alain 80 Storz 88 Strasser Claude 66 Sveinsdóttir Margrét 94 Svenska Handelsbanken 81
U UBS Fund Services Luxembourg 93 UBS Funds Services 92 UCVL 44, 56 ULG 36 Union européenne 70, 93 Université d’Ottawa 67 Université de Fribourg 33 Université du Luxembourg 23, 36, 66, 86, 101
V Van Steenbergen Rudy 101 Ville d’Esch-sur-Alzette 36 Ville de Luxembourg 21, 24, 26 Volvo 19 Vuillemin Alexandre 80
W Wagner Marc 33 Walentiny Marco 24 Wallendorf 80 Wangen Edouard 80 Waringo Claude 87 Waringo Jeannot 82 Wathelet Marc 92 Weber & Bontemps 67 Weber Claude 101 Weber Paul 23 Weisgerber Tom 82 Welter Marianne 80 Wetzel Philippe 68 Wickler Christiane 122 Wies Patrick 86 William Blair 93 Windpower 28 Wiseler Claude 40, 67 Wolter Michel 14
X Xianqi Zeng
T Tageblatt 70 Tamedia 70 Tarrach Rolf 23, 36 Theate Frédéric 86 Theis Jeannot 70 Thelen Carlo 26 Théracule 66 Thill Marc 70 Thorn-Petit Liliane 70 Top Floor 81 Trendiction 86, 88 Turmes Claude 28 Twinerg 28
O Office du Ducroire 82 OGBL 56 Olympus 88 Open de Moselle 109 Optique Thill 39
Y Yapital 65
Z Zeches Léon Zimmer Paul
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Photo : Christophe Olinger
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Christiane Wickler Directrice, Pall Center
L’entreprise familiale :
clé de voûte de l’économie T
rop souvent négligée, tant par les instances politiques que par le monde des multinationales, l’entreprise familiale se révèle aujourd’hui comme pouvant jouer un rôle clé dans le monde économique et ce, notamment, sous les aspects social et politique. La ligne de force d’une entreprise familiale, outre sa souplesse dans la prise de décision, est sa capacité d’innovation et son rôle de développeur de talents, tout en restant proche de ses clients. Socialement, avant de garantir la pérennité de l’emploi, il convient d’abord de pérenniser l’entreprise au travers de sa rentabilité. Il est aussi clair, mais pas toujours reconnu, que les entreprises familiales ne socialisent pas leurs pertes : elles croient en l’avenir et prennent sur elles. Ce qui implique, aux niveaux social et structurel, une créativité et une rigueur accrues. Nous ne pouvons être socialement solidaires que si nous sommes économiquement efficaces. Cela implique automatiquement et socialement une structure d’emplois inhérente à une entité économique autonome, sans tenir compte des « fameuses économies d’échelles » qui, — Juillet-Août 2013
d’un point de vue rentabilité, représentent également un handicap. Ne devrions-nous pas le dire ? Est-ce que nos dirigeants politiques s’en rendent compte ? Est-ce que le fait de remplir les caisses de la sécurité sociale est reconnu à sa juste valeur ? La démographie que nos politiciens nous promettent est difficile à vérifier. Tout dépendra de l’évolution économique de nos régions et de son contexte. C’est pourquoi les patrons d’entreprises familiales doivent prendre leurs responsabilités et jouer la carte de la transparence. Nous devons tenir un discours vrai avec nos collaborateurs sur les enjeux économiques des prochaines années : (i) l’indispensable rentabilité de l’entreprise, (ii) le développement d’une concurrence accrue, (iii) l’impérieuse nécessité d’une productivité maximale, (iv) le développement permanent d’une conscience professionnelle loyale et (v) le début d’une « diaspora économique ». Surtout, nous devons le proclamer maintes et maintes fois, sans complexe ! Politiquement, il est un fait que tous les groupements politiques européens sont en train de chercher des issues à cette « crise », qui est plutôt un changement de civilisation.
Que doivent faire nos instances politiques ? Il faut activer les capacités d’évoluer dans le changement et ne pas l’empêcher ; développer des systèmes macro-économiques adaptés aux systèmes micro-économiques que sont les entreprises familiales ; rallier nos forces, fédérer et arrêter de diviser une région, un pays, un continent. Nous ne sommes pas des politiciens qui travaillent pour les prochaines élections, mais des entrepreneurs qui travaillent pour les prochaines générations. « Le courage est au début de l’action, le bonheur à la fin », rappelait Angela Merkel. Il faut remettre le travail au cœur de l’être humain. La politique doit encourager l’investissement dans le travail et pas seulement dans l’immobilier. Elle doit définir des règles qui permettent l’épanouissement d’un climat d’entreprendre. Elle doit arrêter de gérer les citoyens par la peur. Les entrepreneurs que nous sommes doivent aussi et surtout se battre pour rendre les lettres de noblesse au travail. Nous devons également rester en alerte économique pour les nouveaux consommateurs, les nouvelles tendances et surtout rester optimistes. L’optimisme, une arme redoutable qu’on ne nous arrachera pas !
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