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Paperjam Extra Assurances

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Nathalie Schuh, APCAL

Risky business Insurance in a changing world


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11.2026

Since 2000 www.WeArePaperjam.lu www.Paperjam.lu Postal address PO Box 728, L-2017 Luxembourg Offices 10 rue des Gaulois, Luxembourg (Bonnevoie) Phone (+352) 20 70 70 E-mail Firstname.name@paperjam.lu Founder, CEO and Paperjam News Director Mike Koedinger Chief Operations Officer Etienne Velasti Editorial Director Mike Koedinger Editor in Chief Hugo Hirsch Art Director Cassandre Bourtembourg Designer Juliette Noblot Based on Paperjam’s visual identity developed by Reza Kianpour (Kianpour & Partners). Journalists Sylvain Barrette, Alix Bellac, Louise Braibant, Camille Bourgeois, Marc Fassone, Émilie Gline, Mike Gordon, Maëlle Hamma, Hugo Hirsch, Thierry Labro, Sarah Lambolez, Anissa Maamri, Manon Méral, Ioanna Schimizzi, Rebeca Suay, Claire Schlinger Desk Editor Cédric Haumont (-321) Photographes Julian Pierrot, Jan Hanrion Director Francis Gasparotto (-301) Client Media Operations Florence Saintmard (-310) Paperjam Studio Téléphone : (+352) 20 70 70-300 Head of Paperjam Studio Rudy Lafontaine Layout Louna Mayer

All rights reserved. Any reproduction or translation, in whole or in part, is strictly prohibited without prior written permission from the publisher. (c) Paperjam S.A. ISSN 3088-599X In accordance with the law of 8 February 2004 on freedom of expression in the media, the following statement is mandatory “once a year, in the first issue distributed.” We have chosen to publish it every month. The publishing company is 100% directly owned by Mike Koedinger, publisher, residing in Luxembourg. He is also responsible for the general management and day-to-day operations.

ASSURANCES

Edito

Demain se prépare aujourd’hui

Nous souscrivons une assurance pour avancer avec davantage de sérénité. Mais une bonne couverture n’est jamais totalement figée. Un contrat correspond à une situation donnée ; les risques, eux, continuent de bouger. La valeur d’un logement augmente, une entreprise investit, une voiture devient plus coûteuse à réparer, une activité se numérise. Une assurance adaptée aujourd’hui ne le sera donc pas forcément encore demain. Les aléas climatiques en donnent une parfaite illustration. Selon l’Agence européenne pour l’environnement, ils ont provoqué environ 1,4 milliard d’euros de pertes économiques au Luxembourg entre 1980 et 2024, dont 49 % étaient assurées. C’est nettement plus qu’à l’échelle européenne, où seulement un quart des pertes liées aux événements extrêmes ont été couvertes sur une période comparable. Le Luxembourg fait donc figure de bon élève. Mais une question demeure : comment continuer à assurer efficacement des risques dont la fréquence, le coût ou même la nature évoluent ? Cette interrogation dépasse d’ailleurs largement l’assurance non-vie.

En assurance-vie aussi, les besoins se transforment: les primes ont atteint 31,1 milliards d’euros en 2025, en hausse de 16 %, alors que le financement de la retraite devient un enjeu croissant. D’ici à 2070, le nombre de pensions pourrait plus que tripler, alors que la population active n’augmenterait que d’environ 30 %. À terme, le Luxembourg compterait ainsi davantage de pension que d’actifs. De quoi inciter davantage de ménages à se constituer un revenu complémentaire pour leur retraite. Habitation, entreprise, mobilité, climat, retraite: autant de sujets qui montrent à quel point l’assurance touche à des réalités très différentes, du quotidien des ménages aux grands équilibres économiques. C’est cette diversité que nous avons voulu explorer dans cet Extra, en donnant la parole à celles et ceux qui façonnent le marché de l’assurance comme à ceux qui y ont recours. Bonne lecture.

Hugo Hirsch Rédacteur en chef


GENEVA

LAUSANNE

BARCELONA

ZURICH

VALENCIA

BASEL

MONTREAL

LUXEMBOURG DUBAI

LONDON

SAO PAULO

PARIS

MADRID

MONTEVIDEO


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Risky business

SOMMAIRE

Schuh 006 Nathalie Un courtier au long cours Miconi 012 Sandra La taille ne fait pas tout

Theodorovics 018 Christine Same missions, new risks

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Richard 026 Mathieu The policyholder's checklist

Barritaud 034 Cyril 111bis : le jeu en vaut-il les frais ? Limbourg 040 Nicolas Putting the second pillar to work

Luc Rasschaert, Nora Belarbi

044 & Guillaume Hurault

L'assurance-vie change de gamme

Baustert & Laurent Petitcolas 046 Yves À la recherche des bénéficiaires perdus

050

Catherine Cernesson, Christophe Ley & Héloïse Labit Un master dans l'équation

Werner 052 Angelika A new climate for insurance

064

Zigmann 060 Yannick Captives: A strategic risk management tool Guyot 064 Clément Assurer l'impensable

Photos : Jan Hanrion, Julian Pierrot

070 Radar


PAPERJAM — EXTRA

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Conversation avec Nathalie Schuh

Un courtier au long cours Hugo Hirsch, Journaliste Jan Hanrion, Photographe

Une assurance se trouve en quelques clics. Comprendre ce qu’elle couvre vraiment demande davantage. Nathalie Schuh, directrice générale de l’APCAL, explique pourquoi le courtier entend encore faire la différence face à l’IA et à des règles plus exigeantes.

ASSURANCES


09.2025

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RUBRIQUE


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« Le courtier part du client, pas du produit. »

Les clients peuvent désormais comparer les offres et souscrire seuls en ligne. Que fait encore le courtier qu’une plateforme ne sait pas faire ? Comparer les prix, c’est facile. Ce qui l’est moins, c’est de comprendre ce que le contrat couvre réellement. Il peut comporter des clauses particulières, des exclusions ou des garanties qui ne correspondent pas à la situation du client. Le courtier part donc du client, pas du produit. Il regarde ses besoins dans leur ensemble, qu’ils concernent sa famille, son activité ou son patrimoine, puis cherche parmi différentes compagnies les solutions adaptées. Son rôle n’est pas simplement de trouver l’offre la moins chère, mais la bonne couverture, au prix le plus juste.

Ventilation des commissions touchées par les courtiers d’assurances

Les contrats existants génèrent 70 % des commissions non-vie des courtiers et 91 % de leurs commissions vie. Parmis ces dernières, 86 % sont calculées sur les encours.

Commissions non vie

Commissions vie 5%

70 %

9%

30 %

Sur encours Sur primes liées aux nouvelles affaires 2025 Sur primes liées à des affaires en portefeuille

86 %

Cette valeur ajoutée compte-t-elle encore pour les assurances les plus simples ? Oui, même pour un particulier. Il faut être honnête : un agent peut lui aussi fournir un bon conseil. La différence est que l’agent représente une compagnie, tandis que le courtier est mandaté par son client, analyse ses besoins et recherche les solutions les plus adaptées auprès de plusieurs assureurs. À quel moment le courtier est-il le plus utile : à la souscription ou lors d’un sinistre ? Ce n’est pas l’un ou l’autre. Il analyse les besoins, recherche la couverture adaptée, puis vérifie régulièrement qu’elle correspond toujours à la situation du client. Et, naturellement, il doit être présent lorsqu’un sinistre survient. La commission est récurrente parce que le service l’est aussi. Comment garantir que le niveau de commission n’influence pas sa recommandation ? Le client doit comprendre comment son intermédiaire est rémunéré et tout conflit d’intérêts potentiel doit être identifié et géré. Notre code de déontologie est très clair : l’intérêt du consommateur prime. Le conseil doit partir de ses besoins, jamais de la solution la plus rentable pour l’intermédiaire. L’Association Professionnelle des Courtiers en Assurances au Luxembourg (APCAL) n’est toutefois pas le régulateur. Notre rôle consiste à expliquer les règles, proposer des procédures et fournir des outils. Comme je le dis souvent : nous mettons les pleins phares, mais ce n’est pas nous qui conduisons. Si l’intelligence artificielle peut lire les contrats et comparer les garanties, que restera-t-il au courtier ? L’IA est un formidable outil pour

Source : CAA

PAPERJAM — EXTRA


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70 C’est le nombre de membres que compte actuellement l’APCAL.

Vers un conseil plus encadré La Retail Investment Strategy (RIS), sur laquelle le Parlement européen et le Conseil de l’UE se sont accordés le 18 décembre 2025, doit être adoptée fin 2026. Les États membres auront ensuite deux ans pour la transposer, pour une application attendue autour de mi-2029. Pour les courtiers en produits d’investissement assurantiels, ce nouveau cadre renforcera les exigences sur les coûts, commissions et conflits d’intérêts, avec l’obligation de mieux justifier la valeur apportée au client.

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analyser des données, établir des comparaisons et alléger certaines tâches administratives. Cela peut justement redonner du temps au courtier pour conseiller son client. Mais l’IA ne connaît pas toute la vie du client et ne porte pas la responsabilité de la recommandation. Là où elle exécute le travail, le courtier exerce sa profession. Le discernement et la responsabilité doivent rester humains. Nous n’avons pas encore de charte propre à l’IA, mais notre groupe de travail sur la digitalisation suit le sujet, notamment sous l’angle de la protection des données. Vous estimez que la réglementation finit parfois par « noyer » le conseil. Que faudrait-il simplifier sans moins protéger le client ? Informer le client est indispensable, mais l’accumulation de documents ne le protège pas nécessairement mieux. Prenons l’exemple du KYC : le family office, le banquier privé, l’assureur, le courtier et la banque dépositaire doivent tous effectuer leurs contrôles. Cette obligation doit rester, mais doit-on demander plusieurs fois les mêmes informations ? Un document commun pourrait simplifier le parcours sans réduire la vigilance. Nous défendons une protection élevée, avec des règles proportionnées aux risques, aux activités et aux responsabilités de chacun. Et le « value for money » ne doit pas devenir une course au prix le plus bas. Ce que nous voulons, c’est le juste produit pour une juste rémunération. La valeur d’un contrat ne se mesure pas seulement à son coût. Quelles priorités l’APCAL se donne-t-elle pour faire évoluer le métier d’ici 2030 ? La formation est essentielle. Elle ne doit pas seulement répondre

ASSURANCES

à une obligation horaire, mais renforcer l’expertise du courtier et, au bout de la chaîne, améliorer le conseil donné au client. Nous avons considérablement développé notre offre, avec aujourd’hui une cinquantaine de programmes proposées en webinaire, complétées par un large panel de formations en e-learning accessibles via notre plateforme APCAL Academy. L’offre couvre notamment les obligations réglementaires, la lutte contre le blanchiment, l’assurance-vie, l’ESG ou encore la préparation aux examens professionnels. Mais notre ambition va plus loin. Nous voulons que davantage de courtiers choisissent le Luxembourg, que la profession y crée des compétences et des emplois, et que le public comprenne enfin mieux notre valeur ajoutée.


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PAPERJAM — EXTRA

Contenu sponsorisé par LALUX Assurances

Jérôme Wiwinius mise sur un accompagnement de proximité pour anticiper les risques à chaque étape de la vie de l’entreprise.

Jérôme Wiwinius, sous-directeur, Responsable Corporate du département Commercial de LALUX Assurances, revient sur l’importance de personnaliser les couvertures et d’anticiper les risques pour accompagner les entreprises à toutes les étapes de leur évolution, avec l’appui de plus de 140 agents professionnels.

Aujourd’hui, qu’attendent les entreprises de leur assureur ? Jérôme Wiwinius : Elles recherchent des solutions personnalisées avec un accompagnement professionnel et humain. Mais, par-dessus tout, après une interruption d’activité due à un sinistre, elles veulent être rapidement opérationnelles. Pour elles, chaque jour d’arrêt constitue un manque à gagner. Quels conseils donneriez-vous à un entrepreneur qui se lance ? En tant qu’entrepreneur, faites-vous accompagner par un agent LALUX dès le départ. Il vous aidera à identifier les obligations et à hiérarchiser vos besoins de protection selon votre budget. La création d’une entreprise implique des obligations légales, dont la Responsabilité Civile (RC) pour certaines activités. Même lorsqu’elle n’est pas imposée par la loi, la RC reste une protection essentielle. Il faut aussi assurer les locaux, le matériel, le personnel avec une assurance accident entreprise… sans oublier de se protéger contre les cyber-risques qui représentent aujourd’hui une menace bien réelle, c’est d’ailleurs pourquoi nous avons lancé easyPRO Cyber. À quels moments faut-il revoir ses couvertures ? L’achat d’un nouveau site ou d’équipements, des travaux, une hausse du chiffre d’affaires… les garanties doivent suivre le dévelop­ pement de l’entreprise, notamment pour les biens et les pertes d’exploitation. Quand les effectifs augmentent, la question des assurances pour les collaborateurs se pose aussi. Enfin, si l’activité dépend fortement d’une personne, nous conseillons vive­ment de souscrire à une assurance personne clé.

Photo : Romain Gamba

Une protection qui évolue au rythme de l’entreprise


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Grandes étapes de l’entreprise, protections adaptées

BRAND VOICE

« L’anticipation des risques est la clé pour protéger son entreprise. » Jérôme Wiwinius, sous-directeur, Responsable Corporate

CRÉATION

Assurer les bâtiments, les équipements et marchandises et l’entreprise (Responsabilité Civile). Une protection Cyber est également à envisager.

PHASE DE DÉVELOPPEMENT Chômage commercial, assurance auto.

TRANSFORMATION

Une assurance RC dirigeant d’entreprise et une assurance personne clé sont conseillées.

EXPANSION

Nouveaux bâtiments, achats de matériel… adapter régulièrement sa couverture à la réalité de son entreprise.

DEMAIN

Attirer et fidéliser les talents en proposant des solutions d’employee benefits comme des assurances santé et pension attractives.

Quelle place la prévention occupe-­ t-elle dans cet accompagnement ? Notre rôle d’assureur est aussi de faire de la prévention auprès de nos clients. Nous prenons à cœur notre mission de sensibilisation et de conseil. Être conscient de ce qui pourrait arriver et anticiper les risques est la clé pour développer son activité sereinement. La garantie « chômage commercial » complète l’indemnisation des dommages matériels (locaux, matériel) suite à un sinistre garanti, comme un dégât des eaux, incendie ou une tempête. Ces aléas, de plus en plus fréquents, peuvent paralyser l’activité : cette garantie assure alors la couverture du chiffre d’affaires perdu pendant la période de réparation. Les produits d’assurance ont-ils un impact sur l’attractivité et la rétention des talents ? Oui, une assurance santé collective et un régime complémentaire de pension sont des avantages appréciés des salariés. Ces dispositifs d’employee benefits se construisent selon la composition des équipes, la maturité de l’entreprise et son budget. Selon le contrat, le salarié peut choisir ou non de compléter sa couverture santé. En tant que leader des régimes complémentaires de pension et d’assurances santé groupe, LALUX

propose des packages modulables. L’accès aux droits est fixé par l’employeur avec une durée minimale d’ancienneté plafonnée à 3 ans. L’idée est de proposer des avantages extra-légaux utiles aux collaborateurs, tout en tenant compte des moyens de l’entreprise. Comment LALUX accompagne-­ t-elle les entreprises ? Nous nous appuyons sur plus de 140 agents professionnels multi­ lingues, présents dans tout le pays et épaulés par des experts basés au siège de Leudelange. Des équipes dédiées accompagnent aussi les employeurs sur les produits d’employee benefits. Notre ambition est d’apporter un conseil personnalisé et un suivi dans la durée, pour protéger à la fois les biens, l’activité et les équipes.

Explorez les solutions adaptées aux besoins de votre entreprise.


PAPERJAM — EXTRA

La taille ne fait pas tout

Moins nombreux mais plus actifs, les courtiers luxembourgeois doivent-ils changer d’échelle pour rester compétitifs ? La fusion Astrée–Vanbreda montre que grandir peut être un choix, explique Sandra Miconi, directrice générale de Vanbreda Risk & Benefits Luxembourg.

Hugo Hirsch, Journaliste Julian Pierrot, Photographe

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Le courtage luxembourgeois compte moins de structures, mais ne perd pas en activité. Au 30 juin 2026, le Commissariat aux assurances (CAA) recensait 79 sociétés de courtage et 103 courtiers personnes physiques, contre 90 et 119 deux ans plus tôt. Ce recul, presque continu depuis 2016, ralentit toutefois. Après sept retraits et deux agréments en 2025, le premier semestre 2026 marque une stabilisation, avec une entrée et une sortie. Moins d’acteurs ne signifie pas moins d’affaires. En 2025, les sociétés de courtage ont négocié 5,2 milliards d’euros de primes en assurance-vie, non-vie et réassurance, soit 773 millions de plus qu’en 2024. Les effectifs déclarés sont, de leur côté, passés de 737 à 849 salariés. Le secteur compte donc moins de structures, mais celles qui restent concentrent davantage d’activité et d’emplois. Cette concentration ne repose pas seulement sur les nouvelles affaires. Les courtiers reprennent aussi le suivi de contrats existants. En 2025, 2.320 contrats ont ainsi fait l’objet d’une « reprise d’intermédiation » : le client ne change pas nécessairement de contrat ni d’assureur, mais en confie désormais le conseil et le suivi à un courtier. Pour la seule partie assurance vie les reprises d’intermédiation représentent un encours total de 4,62 milliards d’euros à la fin de l’année 2025, trois fois plus qu’un an auparavant. Le choix de grandir À mesure que le marché se concentre autour d’acteurs plus importants, une question se pose: peut-on encore se développer durablement sans atteindre une certaine taille ? Le rapprochement entre Astrée Partner et Vanbreda Risk & Benefits illustre cette recherche d’un équilibre


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entre indépendance locale et capacité à changer d’échelle. Fondée en 2013 par Sandra Miconi et Claudia Sacchet, Astrée a rejoint le groupe belge en juin 2025, avant une fusion par absorption devenue effective le 10 août 2026. Pour les deux parties, l’intérêt était évident. Vanbreda Risk & Benefits voulait renforcer sa présence au Luxembourg en s’appuyant sur une équipe bien implantée. Les fondatrices d’Astrée préparaient, elles, la suite de leur projet, alors que Claudia Sacchet souhaitait progressivement prendre du recul sur l’opérationnel. L’opportunité seule ne suffisait cependant pas à faire une fusion. Les deux entreprises partageaient également une même vision du métier. Sandra Miconi, désormais à la tête de Vanbreda Luxembourg, pouvait ainsi poursuivre le développement d’Astrée dans un cadre plus large, avec davantage de relais et un accès élargi à des compétences spécialisées. Pour autant, il ne s’agissait pas de sauver une structure en difficulté. « Astrée aurait pu continuer », insiste Sandra Miconi. À trois, le cabinet fonctionnait bien, mais les responsabilités reposaient sur peu d’épaules et laissaient peu de relais. « J’avais une vie chargée », reconnaît-elle. Une organisation aussi resserrée ne laisse guère de place à l’improvisation : « Il faut être carré, sinon vous êtes mangé en cinq minutes. » Avec Vanbreda Risk & Benefits, le changement d’échelle est considérable. Premier courtier de Belgique et quatrième du Benelux, le groupe compte environ 800 collaborateurs en Belgique et 200 aux Pays-Bas. Au Luxembourg, l’équipe en réunit désormais une vingtaine. Astrée rejoint ainsi un poids lourd tout en gardant sa direction locale. Plus qu’une cession, Sandra Miconi y voit « un projet entrepreneurial commun ».

« La taille donne accès à plus d’expertises et de solutions. »

ASSURANCES

Sandra Miconi directrice générale Vanbreda Risk & Benefits Luxembourg


ASSURANCES

Les moyens de ses ambitions Le changement se mesure d’abord dans les coulisses. Formation des équipes, mise à jour des procédures, conformité, informatique ou cybersécurité : chez Astrée, ces fonctions indispensables reposaient largement sur les deux associées. Leur utilité n’est pas en cause, mais elles mobilisent du temps et des compétences difficiles à réunir dans une équipe aussi réduite. Sandra Miconi peut désormais s’appuyer sur les spécialistes, les audits et les formations du courtier belge, ainsi que sur des services dédiés aux ressources humaines, au marketing et à la cybersécurité.

Sur les dossiers, l’effet est tout aussi concret. Vanbreda Risk & Benefits peut mobiliser ses ingénieurs et des expertises pointues pour traiter les risques les plus complexes. Son volume d’affaires lui donne également davantage de poids pour discuter avec les assureurs. « La taille constitue un avantage », reconnaît Sandra Miconi : elle ouvre l’accès à davantage « d’expertises, de ressources et de solutions ». L’enjeu n’est pas de remplacer la proximité d’Astrée par la puissance de Vanbreda, mais bien d’additionner les deux. C’est ce que Sandra Miconi appelle « le meilleur des deux mondes » : le client garde un interlocuteur qui connaît son activité et son environnement local, tout en accédant aux spécialistes d’une organisation plus large. Sandra Miconi s’y refuse et ne fixe aucun seuil minimal. Tout dépend des ambitions, de l’organisation, du portefeuille et du niveau de charges. Un indépendant expérimenté peut tirer son épingle du jeu grâce à une spécialisation de niche ou à une relation de confiance avec ses clients. L’équation devient cependant plus exigeante pour un généraliste, qui doit couvrir un large éventail de risques tout en assumant des obligations réglementaires et technologiques comparables à celles des groupes bien plus importants. La concentration observée par le CAA ne signe donc pas la disparition des petits courtiers. Elle pousse plutôt chacun à choisir son modèle. Le parcours d’Astrée montre qu’un changement d’échelle peut relever d’un choix de développement plutôt que d’une nécessité. Dans un marché où les volumes progressent tandis que le nombre d’acteurs diminue, l’enjeu n’est peut-être pas tant d’être grand ou petit que d’avoir durablement les moyens de ses ambitions.

Nombre de courtiers d’assurances et de réassurances En cinq ans, le courtage luxembourgeois a perdu près d’un tiers de ses acteurs.

147 134

119 112

112

103

102 90

2021

2022

Sociétés de courtage

2023

84

2024

Courtiers personnes physiques

79

2025

Source : CAA

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PAPERJAM — EXTRA


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Contenu sponsorisé par OneLife

Cédric Lootvoet, CEO de OneLife, ouvre un nouveau chapitre pour la compagnie, avec l’ambition de conjuguer expertise, flexibilité et innovation au service de sa croissance.

À l’occasion de son 35e anniversaire, la compagnie d’assurance-vie OneLife ouvre un nouveau chapitre. Cédric Lootvoet, récemment nommé CEO, revient sur l’évolution du marché, les atouts de la compagnie et ses priorités pour poursuivre sa croissance en Europe.

OneLife célèbre ses 35 ans cette année. Quel regard portez-vous sur le développement du marché de l’assurance-vie au fil du temps ? Cédric Lootvoet : Au début de l’aventure OneLife, le marché de l’assurance­vie luxembourgeoise en était encore à ses prémices. Aujourd’hui, le contrat luxembourgeois est devenu une référence européenne pour les clients patrimoniaux recherchant sécurité, flexibilité et accompagnement. Les évolutions des parcours de vie n’ont fait que renforcer l’attractivité de nos solutions. Les clients sont plus mobiles, les situations familiales plus complexes. Les besoins en matière de transmission doivent être abordés de manière personnalisée. Les solutions d’assurancevie répondent précisément à ces préoccupations. Comment un acteur comme OneLife a-t-il évolué avec ces transformations ? OneLife a été l’un des premiers acteurs à proposer des solutions d’assurance-­ vie transfrontalières, en Libre Prestation de Services, depuis le Luxembourg. Au fil des années, nous sommes devenus un acteur de référence sur neuf marchés européens. Aujourd’hui, plus de 12 milliards d’euros d’actifs sont gérés à travers nos contrats et nous collectons chaque année plus d’un milliard d’euros de nouveaux investissements. En 2019, notre intégration au Groupe APICIL, acteur majeur de la protection sociale en France, a constitué une étape importante de notre évolution. Cette appartenance nous apporte stabilité, une vision à long terme et les valeurs d’un groupe mutualiste engagé. Quels ont été les piliers de votre succès ? Notre croissance repose d’abord sur la qualité de nos relations avec nos

Photo : Jan Hanrion

Continuer à conjuguer confiance et flexibilité


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11.2026

1991 Création de PanEuroLife

2006

Création du Groupe NPG Wealth Management

2007

Acquisition d’Altraplan par NPG

PanEuroLife devient Private Estate Life (PEL)

2015

Fusion-absorption d’Altraplan par PEL

2016

NPG et PEL deviennent OneLife

2019

OneLife rejoint le Groupe APICIL et ouvre une succursale en France

2024

OneLife ouvre une succursale en Belgique

2026

35 ans d’expertise

partenaires de distribution avec lesquels nous avons toujours privilégié l’écoute, la réactivité et la confiance, pour les accompagner durablement. Notre taille, environ 170 collaborateurs, favorise l’agilité et l’esprit entrepreneurial. Nous sommes capables de mobiliser rapidement nos équipes pour répondre à leurs besoins spécifiques. L’innovation fait partie de notre ADN. Nous figurons ainsi parmi les assureurs luxembourgeois les plus à la pointe en matière de services digitaux destinés à nos clients et partenaires. Vous avez récemment été nommé CEO. Dans quel contexte s’est opérée cette transition ? Cette nomination s’inscrit dans une logique de continuité. Mon prédécesseur, Bruno Valersteinas, a pris d’autres responsabilités au sein du Groupe APICIL. Pour ma part, j’évolue au sein de OneLife depuis seize ans. J’ai eu l’opportunité d’occuper plusieurs fonctions de direction, notamment en tant que Chief Compliance Officer puis Chief Financial Officer, Dirigeant Agréé puis Deputy CEO. Mon rôle consiste plus que jamais à fédérer les équipes, faciliter la collaboration entre les différentes expertises et assurer que les conditions permettent à OneLife de poursuivre son développement. En d’autres termes, faciliter l’énergie créatrice de nos équipes. Quelles sont aujourd’hui vos principales ambitions ? L’objectif est clair : poursuivre notre croissance sur nos marchés cœur tout en plaçant les partenaires et clients au centre de notre stratégie. Cela comprend le maintien d’une expertise patrimoniale de pointe et une qualité de service élevée. Nous continuons également à investir dans notre plateforme digitale afin d’améliorer l’ensemble du parcours client. La volonté est aussi de renforcer notre positionnement

BRAND VOICE

géographique, notamment auprès de la clientèle des expatriés britanniques, sur les marchés nordiques avec un focus sur la Suède, tout en consolidant notre présence historique en Espagne, au Portugal, et enfin en Belgique et en France à travers nos deux succursales. Comment évoluent les attentes des clients et comment y répondez-vous ? Le contexte économique et géopolitique renforce les attentes en matière de sécurité et d’accompagnement. Le contrat d’assurance-vie luxembourgeois conserve toute sa pertinence grâce à son niveau élevé de protection et de flexibilité. Il permet de proposer une approche plus personnalisée, un accès permanent à l’information et offre une large gamme d’investissements, avec notamment l’intégration d’actifs non cotés lorsque le profil du client le permet. Pour concrétiser cette promesse de personnalisation, nous nous appuyons sur un écosystème de plus de 70 banques dépositaires, 250 gestionnaires d’actifs et de nombreux experts en gestion patrimoniale. Le numérique transforme-t-il également votre métier ? Très clairement. Le digital n’a pas vocation à remplacer le conseil, mais à le renforcer. Nous poursuivons la digitalisation des parcours tout en expérimentant l’IA sur plusieurs cas d’usage, notamment le traitement documentaire et la traduction. Dans notre métier, l’innovation doit toujours aller de pair avec la sécurité et la confiance.

Découvrez l’histoire et les ambitions de OneLife


PAPERJAM — EXTRA

018

ASSURANCES

Conversation with Christine Theodorovics

Same mission, new risks Hugo Hirsch, Journalist Jan Hanrion, Photographer

From rising claims costs and underinsurance to AI and cyber risk, non-life insurance is changing fast. Christine Theodorovics, CEO of Baloise Luxembourg, explains how the market is evolving and how the insurer is responding.


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RUBRIQUE


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PAPERJAM — EXTRA

Is your cover still adequate? Insurance coverage can gradually become outdated without the policyholder noticing. Renovation work, new furniture, valuable equipment or simply inflation can all increase the value of what needs to be insured. A policy taken out several years ago may therefore no longer reflect today’s replacement or rebuilding costs. Reviewing the sums insured after major purchases or home improvements can help avoid discovering a shortfall only when a claim occurs.

If you had to explain to a policyholder what has changed most in non-life insurance in recent years, what would you say? The basic principle remains the same: pooling risks so that individuals are protected against events they could not bear alone. What has changed is the growing technical complexity of the assets being insured. Cars and homes now contain far more electronics and costly equipment. Risks have therefore become more difficult to assess, while claims are increasingly expensive to repair and settle. In 2025, premiums in Luxembourg’s domestic non-life market rose by 6.5%. Are insurers covering more risks, or have the same risks simply become more expensive? Both factors are at work. The business mix is evolving, but premiums are also affected by indexation and pricing adjustments. Above all, insurers face claims inflation: spare parts, building materials and labour have all become more expensive. Geopolitical conflicts are also disrupting certain supply chains, which can delay repairs and push up their cost. The Commissariat aux Assurances (CAA) nevertheless describes the market as highly competitive. How can insurers remain competitive as claims costs rise? No insurer can set its prices without considering the wider market.

“ We want to grow, but not at any price.”

ASSURANCES

But neither can it sustainably sell coverage at a price that no longer reflects the underlying risk. The challenge is to find the right price while reducing operating costs through simpler processes, automation and digitalisation. Our responsibility lies precisely in remaining competitive while preserving a sound and sustainable insurance model. If insurers appear to offer broadly similar coverage, what should customers really use to choose between them? The quality of service and the ability to combine simplicity with expertise. A routine request should be handled quickly online. But when customers are protecting their family, home or business, they must also be able to speak to someone who understands their situation. Customers are better informed than they used to be and expect more from an agent than information they could find online. They are looking for sound judgement and advice tailored to their needs. Baloise says that underinsurance is more common than many people realise. How can a policy become inadequate without the customer noticing? It often happens gradually, particularly with home insurance. When taking out a policy, customers estimate the value of their belongings. Over the years, however, they may buy new furniture, renovate their home or install more expensive equipment without thinking of updating the sum insured. Inflation widens the gap further. The policy remains active and everything appears to be in order, but the coverage may no longer reflect the true value of what could be lost.


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ASSURANCES

€19.8bn

What should insurers and customers do to avoid discovering this shortfall only when a claim occurs? It is a shared responsibility. Insurers must ensure policies are reviewed regularly and support their networks in maintaining close relationships with customers. Our agents play an essential role: they know their customers and understand their circumstances, so they can make them aware of the need to update their coverage over time. Customers, for their part, should report any significant changes, such as renovation work, the purchase of valuable items or a change in their family circumstances. It is better to adjust coverage over time than to discover a shortfall when making a claim.

is clearer, more flexible and better suited to each driver’s circumstances.

The price of smarter cars Vehicle maintenance and repair prices in Luxembourg have risen by 21.7% since January 2021, according to Eurostat. For motor insurers, that inflation feeds directly into claims costs. The increasing sophistication of vehicles adds another layer, as sensors, cameras and electronic systems make many repairs more complex and more expensive.

What distinguishes Luxembourg’s market from those of neighbouring countries? Motor insurance plays a particularly important role because of the number of cross-border workers and company cars registered in the country. Luxembourg also stands out for its international reach, with significant activity under the freedom to provide services (FOS) regime in both life and non-life insurance. So far, Luxembourg has also been less exposed than some neighbouring countries to recurring natural disasters. Baloise updated its Drive motor insurance offering a year ago. What were you aiming to achieve? We first wanted to put the driver back at the heart of motor insurance, rather than simply protecting the vehicle. With Drive, essential benefits such as driver protection and 24/7 assistance are included from the basic package onwards. Customers can then tailor their coverage to their needs, vehicle and usage. The idea was ultimately quite simple: to offer insurance that

Drivers’ expectations are changing, but so are vehicles themselves. Have they become safer but more expensive to repair? Yes, that is one of the paradoxes of modern vehicles: they are becoming safer, but also more sophisticated and therefore more expensive to repair. A windscreen, for example, may now incorporate cameras and driver-assistance systems that require recalibration after replacement. These technologies improve safety, but they also increase repair costs. Whenever possible, repairing rather than replacing helps both to keep costs under control and reduce the environmental impact. In your non-life insurance activities, where is artificial intelligence already delivering tangible improvements? We initially use it for internal processes, for example to conduct preliminary legal research or help our IT teams produce a first draft of code. The specialist remains in control but no longer has to spend several hours on preparatory work. In areas such as claims handling or anomaly detection, AI can also bring significant value by analysing larger volumes of data and identifying situations requiring closer attention more quickly. However, it remains a decision-support tool: in these sensitive areas, technology must strengthen controls and human expertise, not replace them. Does this transformation make employees fear that some jobs could disappear? Yes, and this concern must be addressed openly. Around 30% of our employees have already completed training on artificial intelligence.

Source : CAA

in non-life insurance premiums written in Luxembourg in 2025, according to the Commissariat aux Assurances (CAA).


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20-22 NOV. 2026

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024

ASSURANCES

It teaches them how to use these tools, while also reducing the anxiety caused by technology with which they are not yet familiar. Some tasks will probably disappear, while others will require more skills. The company must support this transition and enable employees to adapt their expertise.

sophisticated as organisations strengthen their defences. We still lack sufficient historical data to assess precisely the frequency and potential scale of a systemic cyber event. In any case, companies must strengthen their preventive measures, while insurers must continue to develop their expertise and coverage.

PAPERJAM — EXTRA

The merger between Baloise and Helvetia has been effective since December 2025. Where will its impact be felt in Luxembourg? There were not two separate companies in Luxembourg that needed to be combined. The local entity, its teams and its management remain in place. The main objective is to harness the strength of the new Group by creating synergies, sharing expertise and best practices more widely and, over time, raising the bar even further in both our businesses and the customer experience we provide. Climate-related risks are playing a growing role in non-life insurance. What other risk could become unavoidable by 2030? Cyber risk. Attempted attacks are already extremely frequent, and the methods used are becoming more

Concentration of the non-life insurance market

The five largest insurers accounted for 65.12% of total premiums in 2025, and the top ten for 79.67%. 20,33 % other insurers

34,88 % other insurers 65,12 % Top 5

79,67 % Top 10

What levers will Baloise use to gain market share in Luxembourg’s non-life insurance sector? We want to grow, but not at any price. It is always possible to attract customers by sharply reducing premiums, but that kind of growth is not sustainable: they will leave again as soon as they find a cheaper offer elsewhere. We prefer to focus on risks we understand well and offer prices that are consistent with the coverage provided. We also want to build more comprehensive relationships with our customers. When someone entrusts us with both their motor and home insurance, we understand their situation better, can offer a more consistent service and build a longer-lasting relationship. Our upcoming projects and product developments are guided by this same approach.


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026

PAPERJAM — EXTRA

The policyholder’s checklist

Louise Braibant, Journalist

What do your policies really cover? With the Luxembourg Consumers’ Union (ULC) and lawyer Mathieu Richard, its delegate to the Insurance Ombudsman since July 2026, six checks to choose the right cover, keep it current and handle a claim.

1

Start with the essentials

2

Look beyond the premium

3

Keep your cover up to date

4

Check before you travel

5

Keep proof of what you own

6

Act quickly after an incident


027

11.2026

1

Start with the essentials

For Mathieu Richard, car, home and personal or family liability insurance are the first forms of cover to consider. They do not all have the same legal status. Driving on Luxembourg’s public roads requires thirdparty car insurance. It pays for damage caused to others, but not repairs to your own car if you are responsible for the accident. Cover such as casco is needed for that. Home insurance is not legally compulsory for tenants or homeowners. Richard nevertheless considers it essential in practice: a landlord may require cover under a lease, a bank may require it for a mortgage, and a fire or water leak can have serious financial consequences. Check what the policy protects, including your belongings and your liability as a tenant. Family liability cover, often included with home insurance, may cover damage caused by children. A school or sports organisation may also ask for proof of it. Check who in the household is insured under that family liability cover. Legal expenses cover deserves a closer look. Seeing those words in a family policy does not mean every dispute will be funded. Without the relevant option, the cover may help when your own liability is

ASSURANCES

2

at issue, but not necessarily pay for you to bring a case against an employer, contractor or service provider. Ask which kinds of dispute are included before you need a lawyer. If you have recently moved to Luxembourg, Richard strongly recommends using a broker to help navigate the options. “You need a good broker,” he says. A broker can explain a policy and pass on changes in your circumstances, but you should still read the terms yourself. If a particular protection matters to you, ask for confirmation from the insurer in writing and keep it. The useful starting question is whether you could afford to deal with a particular loss without insurance.

Look beyond the premium

Price matters, but a lower premium may come with a higher excess, a lower payout limit or different exclusions, the ULC notes. Compare who is covered, which events and places are covered, and how much you would receive after any excess. Two policies with the same name can offer different protection. For valuables, check the specific limit, not just the total sum insured. Theft cover, for example, may apply only to certain items or circumstances. Before signing, Richard advises writing down the situations you particularly want insured: a bicycle stolen in the street, valuable jewellery or a dispute with a contractor. Ask, “Is my bicycle covered if it is stolen outside my home, and under what conditions?” rather than simply, “Am I covered for theft?” The ULC also flags special conditions for weather damage. If you plan to drive outside the EU, have your insurer confirm where your car policy applies.


028

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3

Keep your cover up to date

A policy that suited you when you signed it may not reflect your life a few years later. The ULC recommends reviewing it after a move, building work, the addition of a new driver, the start of a business activity at home or the purchase of a valuable item. The value of your belongings may also have changed. Tell your broker or insurer about significant changes in writing and ask whether the cover or sum insured needs adjusting. After a birth or separation, check who is still covered by a family policy. If you buy a new car, check that it is covered before you start driving it. Buying something valuable does not automatically mean it is covered against every form of loss. For a bicycle, jewellery, artwork or expensive equipment, check whether the policy applies at home and elsewhere, under what circumstances and up to what amount. If you acquired it after taking out the policy, ask your insurer whether you need to declare it or adjust your cover. Set aside a few minutes at least once a year to look across all your policies. A bank card, home or car policy, or an employee benefit may already include travel assistance or other protection you pay for separately. A legal expenses

option can also overlap with cover elsewhere. Check the actual terms before cancelling anything: similar-looking benefits may apply to different people, events or places. Several policies covering the same material loss cannot pay out more than the loss itself, the ULC points out. An increase in your premium is another reason to compare offers. Leave enough time before the renewal date to ask why

the price has changed and whether another policy would suit you better. Richard warns that waiting until the deadline is close leaves little time to examine the alternatives. An annual review is also a chance to revisit the excesses, payout limits and main exclusions you accepted when signing. The aim is to keep protection that still fits your needs without paying unnecessarily for cover you already have.

“ Make clear to your insurer what you consider essential.”

Mathieu Richard, lawyer


029

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162

insurance-related cases opened by the ULC in 2025. They accounted for 3.17% of all its cases opened that year. Most followed a claim or dispute; some involved questions about cover.

4

Check before you travel

Do not assume that travel insurance attached to a bank card applies automatically. For some benefits, paying for the trip with that card is a condition; a bank transfer could leave you without the cover you expected. Before departure, check who is insured, which events and countries are covered, the maximum length of the trip and how to contact the insurer. Richard also warns that the time allowed to report a travel claim can be short. Knowing the procedure before you leave is easier than trying to find it during an emergency abroad. A card’s assistance may differ from a separate travel policy, so compare their exclusions and payout limits before relying on either.

ASSURANCES

5

Keep proof of what you own

After a theft, fire or water leak, the difficulty is not always establishing that something happened. It can be showing that a particular item existed, what condition it was in and how much it was worth. The ULC says purchase receipts and other supporting documents are often missing when people put a claim together, especially for things bought years earlier. An inventory made in advance can save a great deal of searching later. Photograph or film the rooms in your home, then take clearer pictures of valuable belongings. Keep important receipts, order confirmations, bank statements, warranty certificates, serial numbers and any certificates of authenticity or expert valuations. These documents help in different ways: a photograph can show an item in your possession, while a receipt or bank statement can help establish what you paid. For jewellery, artwork, gifts or inherited objects, a valuation made in advance may make a later discussion about value easier. Richard suggests keeping an insurance file containing your policies and supporting documents, scanning it and storing a copy somewhere accessible if your home is damaged, such as secure online storage. Add new

purchases to it as you go and update it when you review your policies. Check your policy for any specific proof required for high-value items. Update the photos after a costly purchase or repair so they reflect the item’s condition. If a receipt has disappeared, compensation is not necessarily ruled out. The documents gathered above can help establish the purchase and value. Richard adds that a shop may be able to provide a duplicate receipt; an expert assessment or witness statement may also help. What can be established depends on the available evidence and the policy. Gather several pieces where possible rather than assuming the claim is over because one receipt is missing.


030

PAPERJAM — EXTRA

ASSURANCES

6

Put people’s safety first and limit further damage. If a pipe bursts, stop the leak rather than wait for the insurer’s expert. Where possible, photograph or film the damage before cleaning, repairing or throwing anything away. Keep damaged items if you can, along with invoices for emergency work and other urgent expenses. The ULC warns against clearing everything away before the damage has been documented. Notify your insurer promptly, within the deadline in your policy, and give an accurate account of what happened and what was damaged. In the event of theft, report it to the police and make sure every missing item is listed. Keep copies of your messages, photographs and documents so you can show what you reported and when. An expert assessment may then raise questions about the value of an item, repair costs or wear and tear. If the assessment seems too low, you can discuss it with the insurer’s expert or commission your own, although you will generally have to pay for the second assessment upfront. The ULC also hears from consumers frustrated by slow replies or poor communication; a complete record of your exchanges is useful here

too. If a claim is refused or the payout seems too low, first try to settle the disagreement directly with the insurer, preferably in writing. Ask which clause or valuation supports the decision and send any photographs, repair estimates or other evidence that may help. Keep the explanation and your reply: they will be useful if the disagreement continues. If that fails, a

consumer living in Luxembourg or another EU country may use the free Insurance Ombudsman service for a contract concluded with an insurer established in Luxembourg. Professional disputes are excluded. The proposed resolution is not binding on either party, and court proceedings remain possible if mediation fails.

Breakdown of insurance-related cases handled by the ULC in 2025 3,7% / 6 8,6% / 14

36,5% / 59

22,8% / 37

TOTAL 162

28,4% / 46

Other insurance Car insurance Home insurance Life insurance Supplementary pension

Source : ULC

Act quickly after an incident


Vendredi 27 novembre 2026 8:30 – 10:40

PAPERJAM TOGETHER 2.0 Le rendez-vous des PMEs

Chaque mois, le Paperjam Club vous propose un rendez-vous dédié à celles et ceux qui façonnent l’économie de terrain.

Spuerkeess Luxembourg-Ville Programme 8:30 – Accueil & Salon des solutions Networking & walking breakfast 9:00 – Welcome notes 9:05 – Know-how Sessions 3 x 4 minutes d’expertise appliquée 9:20 – Lessons learned Témoignages utiles de Jonathan Benteke (Dream Donuts) 9:25 – Fireside Chat Interview Anne Harles 9:50 – Know-how Sessions 2 x 4 minutes d’expertise appliquée 10:00 – Lessons learned Témoignages utiles de Sandrine Compain (LuxRelo) 10:10 – Closing words

Anne Harles : grandir sans renoncer à ses convictions Peut-on développer une entreprise tout en restant fidèle à ses convictions ? Anne Harles en a fait le fil conducteur de son parcours, d'Alavita à la reprise de Kilogram.lu. Elle partagera sa vision d'un entrepreneuriat où croissance, responsabilité, expérience client et impact doivent avancer ensemble. Partenaires

Le commerce évolue, tout comme les attentes des consommateurs. Avec Alavita et Kilogram.lu, Anne Harles expérimente de nouvelles façons de rendre le bio, le local et le zéro déchet accessibles, en magasin comme en ligne. Une conversation sur l'avenir du retail et, surtout, sur les réalités entrepreneuriales derrière la transformation d'un modèle.

10:15 – 11:15 Salon des solutions 10 exposants dont Business Mentoring Luxembourg, LALUX Assurances, Luxembourg AI Factory, Paperjam Club, RSecure, SD Worx, Spuerkeess et Verbalius. 10:15 – 10:40 2 workshops d’experts au choix Inscription Programme


Partner content

The infrastructure behind insurance

Stéphane Ries, Financial Intermediaries Luxembourg

Most of us rarely think about the infrastructure that underpins modern life, whether electricity grids, air traffic control systems or payment networks. Yet as artificial intelligence drives unprecedented investment in data centers, electricity systems are being upgraded to meet rising demand. Meanwhile, climate change is testing the resilience of power networks through more frequent heatwaves and extreme weather. Air traffic is growing rapidly, yet passengers judge their journey by whether they arrive safely and on time, not by the sophistication of the systems coordinating thousands of flights. Likewise, consumers expect payments to be secure and

Credit : Quintet

Luxembourg’s insurance market is evolving rapidly. As products become more sophisticated and regulation more demanding, infrastructure is emerging as a key differentiator.


instant, rarely considering the infrastructure that makes those transactions possible. The same principle increasingly applies to Luxembourg’s insurance industry. Clients rarely ask where assets are held, how reporting is produced or how regulatory requirements are met. They judge the experience by confidence, efficiency and reliability. Yet behind every successful insurance solution lies critical infrastructure. A global platform Luxembourg may be smaller than France, Germany or Italy in absolute insurance assets, but it has expanded more rapidly. Over the past decade, assets under administration in Luxembourg’s life insurance sector have grown from €181 billion to a record €262.5 billion, according to ACA, the professional association of Luxembourg insurers and reinsurers. Unlike the predominantly domestic markets of its larger European peers, that growth has been driven overwhelmingly by cross-border business. Luxembourg is therefore less comparable to a traditional national insurance market than to its role in fund administration: a small country serving as a global platform for clients and assets. As portfolios become more international, regulation more complex and investment strategies more sophisticated, competitive advantage is increasingly shifting from products alone to the quality of the infrastructure supporting insurers, distributors and policyholders. The trend is particularly evident in alternative assets. Private equity, private debt, real estate and

“The insurance industry has always been built on trust. While that trust remains rooted in financial strength, regulation and deeply personal relationships, it increasingly extends to the infrastructure underpinning ecosystem.“ infrastructure are playing a larger role in sophisticated portfolios, requiring specialized expertise, robust processes and more complex operational and reporting capabilities. This is where Luxembourg possesses a distinctive advantage. Over several decades, the Grand Duchy has built a highly sophisticated ecosystem connecting insurers, banks, asset managers, regulators and service providers. Expertise developed through investment funds, private markets and cross-border financial services has created a concentration of knowledge that few jurisdictions can match. At Quintet, we have witnessed this evolution first-hand. Today, we serve some 30 insurance companies and hold over €13 billion of insurance-related assets in custody. Our role extends beyond custody to include execution, reporting, tax services and operational support across a broad range of asset classes. Integrated ecosystems Success depends not only on the attractiveness of an insurance solution but also on the ability of insurers, asset managers, distributors and custodians to operate as part of an integrated ecosystem. This evolution was one of the drivers behind the June launch of

Quintet Financial Services (QFS), a dedicated platform serving professional and institutional investors across Europe. QFS combines custody, execution and fund servicing expertise with the support of experienced professionals working closely with partners. Technology will reinforce these trends. AI promises significant gains in efficiency and automation, but also requires better data, stronger governance and enhanced cyber resilience. In practice, technological progress increases the importance of robust infrastructure rather than reducing it. The insurance industry has always been built on trust. While that trust remains rooted in financial strength, regulation and deeply personal relationships, it increasingly extends to the infrastructure underpinning ecosystem. Clients and partners need confidence that it is secure, resilient and adaptable. Much like an electricity grid, an air traffic control system or a payment network, the best infrastructure is rarely noticed. For the institutions supporting Luxembourg’s insurance industry, that may be the clearest indication of its value.

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111bis : le jeu en vaut-il les frais ?

Le plafond déductible du 111bis est passé de 3.200 à 4.500 euros en ce début d’année. Une bonne nouvelle fiscale, mais pas forcément un bon placement pour tous. Entre rendement, frais et épargne bloquée, voici ce qu’il faut vérifier avant d’y souscrire. Hugo Hirsch, Journaliste Julian Pierrot, Photographe

Préparer sa retraite tout en allégeant ses impôts : c’est la promesse du 111bis, le contrat d’épargne-pension luxembourgeois. Depuis le 1er janvier 2026, son plafond déductible est passé de 3.200 à 4.500 euros par an et par contribuable. Mais tous n’en profitent pas de la même manière. Car déduire 4.500 euros ne signifie pas les récupérer : cette somme réduit seulement le revenu sur lequel l’impôt est calculé. À un taux marginal de 40 %, l’économie approche 1.800 euros ; à 20 %, elle tombe à 900 euros. Pour celui qui ne paie pas d’impôt, elle est nulle. Au-delà de ce gain fiscal, le rendement dépend du contrat choisi. Le 111bis n’est pas un produit unique, mais un cadre dans lequel banques et assureurs proposent plusieurs formules. Un contrat à taux garanti privilégie la sécurité. Avec des unités de compte, l’épargne suit les marchés, avec davantage de potentiel, mais aussi un risque de perte. Les formules hybrides associent les deux. Quelle que soit l’option retenue, l’argent est destiné à la retraite. Souscrit avant 65 ans, le contrat doit durer au moins dix ans et s’achever entre 60 et 75 ans. Il ne faut donc pas y placer une somme dont on pourrait avoir besoin plus tôt. Hors maladie grave ou invalidité, une sortie


11.2026

035

anticipée est imposée au taux normal et peut entraîner des frais, au risque d’effacer tout ou partie de l’avantage fiscal initial. Au-delà de l’avantage fiscal Une fois la réduction d’impôt mise de côté, que vaut réellement le placement ? Dans sa note 26/5, publiée en juillet dernier, le Commissariat aux assurances (CAA) a passé au crible huit assureurs vie représentant environ 95% des encours des 111bis et plus de 143.000 contrats en phase d’épargne. Pour savoir où en étaient réellement les contrats, le régulateur a comparé deux montants : tout ce que l’épargnant avait versé depuis la souscription et la valeur atteinte par son épargne à cette date, appelée « provision technique ». Par exemple, si 100 euros versés en valent désormais 105, les frais ont été compensés et le contrat est « in the money ». S’ils n’en valent que 95, les frais ou l’évolution des marchés ont, pour l’instant, empêché l’épargnant de retrouver sa mise. Sur l’ensemble étudié, 32 % des contrats à taux garanti étaient « in the money », contre 50 % des formules hybrides et 79 % des unités de compte. Le contraste est particulièrement saisissant pour les contrats à taux garanti souscrits entre 2015 et 2019. Avec 33.155 contrats, ils sont de loin les plus nombreux de l’échantillon, mais aussi ceux qui affichent les résultats les plus faibles à ce stade. Leur provision représente en moyenne 97 % des primes versées, soit 97 euros pour 100 investis, et seuls 6 % valent davantage que les sommes investies. Un constat à nuancer Si ces résultats interpellent, ils ne suffisent pas à juger la qualité des contrats. L’étude ne prend en compte ni l’économie d’impôt, ni l’inflation,

Cyril Barritaud Actuaire conseil Forsides Luxembourg

« L’avantage fiscal ne suffit pas à justifier les frais. »

ASSURANCES


036

ASSURANCES

ni les éventuels frais de sortie. Et surtout, un produit retraite se juge sur le temps long: un contrat récent a mécaniquement eu moins de temps pour compenser ses frais. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les contrats les plus anciens sont aussi ceux qui se retrouvent le plus souvent « in the money ». Ces chiffres ne désignent pas davantage de vainqueur entre unités de compte et taux garanti. Les premières ont profité de la hausse des marchés, mais elles exposent aussi l’épargnant à leurs baisses. Le second offre moins de potentiel, mais davantage de sécurité. « Ce sont deux typologies de produits complètement différentes, qui ne s’adressent pas aux mêmes personnes », souligne Cyril Barritaud, actuaire chez Forsides. Il rappelle également que l’étude du CAA ne revient pas à conclure que les produits sont de mauvaise qualité. Le régulateur reproche plutôt à certains assureurs de s’être appuyés sur l’avantage fiscal pour justifier le prix de leurs contrats,

comme si l’économie d’impôt pouvait compenser un rendement insuffisant ou des frais élevés. Or un contrat doit d’abord justifier son coût par ce qu’il apporte : du rendement, des garanties, des services ou de l’accompagnement. C’est là que le suivi a parfois manqué. Pendant près de dix ans, la faiblesse des taux a réduit ce que les contrats pouvaient rapporter, sans que leurs frais soient toujours ajustés. Le CAA constate aussi que les critères devant conduire les assureurs à revoir leurs produits étaient parfois absents ou trop vagues. « Le rapport qualité-prix de ces produits a donc pu se dégrader », peut-on lire dans la note. Une évolution qui peut, selon le régulateur, contribuer à expliquer pourquoi autant de contrats ne sont toujours pas « in the money ».

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Quand les petits frais deviennent grands Les frais sont aussi au cœur des réserves du CAA. Leur principe n’a rien d’anormal : ils rémunèrent

Valeur des contrats 111bis par âge et support

Provisions / Primes

2005-2009

109 %

<2005

2010-2014 2015-2019

2020-2024

TOTAL

127 %

100 % 97 %

99 %

104 %

UNITÉS DE COMPTE

HYBRIDE

Nombre de contrats

% in the money

Provisions / Primes

Nombre de contrats

% in the money

Provisions / Primes

Nombre de contrats

% in the money

8,042

86 %

135 %

1,689

97 %

109 %

899

78 %

6,714

17,597

33,155

16,536

82,044

96 % 49 % 6%

15 %

32 %

128 % 127 % 113 %

105 %

116 %

1,259 764

8,288

25,483

37,483

93 %

94 % 93 % 72 %

79 %

119 % 99 %

102 %

100 %

102 %

256

1,405 5,371

15,796

23,727

98 %

34 %

60 % 46 %

50 %

Source : CAA

Année de souscription

TAUX GARANTI


The flagship event Paperjam Top 100 ranks Luxembourg’s most influential economic decision-makers.

11th Edition The 11th edition will culminate in a gala dinner bringing together leading economic and political figures to celebrate those shaping the nation’s economic landscape. Beyond recognising outstanding achievements, the awards foster networking, knowledge exchange, and a culture of excellence within Luxembourg’s business community. This edition will also feature a unique 20-year retrospective on influence.

Tuesday 15 December 2026 17:00

Rockhal Belval

Lead Partners

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ASSURANCES

4.500 €

la distribution du contrat, sa gestion, le conseil ou encore certaines garanties. Le vrai problème, c’est leur transparence. Les taux figurent bien dans la documentation, mais le client voit rarement ce qu’ils représentent en euros sur toute la durée du contrat. Et à première vue, 0,5 % ou 1 % peuvent sembler presque anodins. Ils le sont beaucoup moins lorsqu’on les laisse courir pendant vingt ou trente ans. Pour le montrer, nous avons demandé à Cyril Barritaud de faire le calcul avec 4.500 euros versés chaque année et un rendement brut de 4 %. Après vingt ans, l’épargnant a versé 90.000 euros. Sans frais, son capital théorique atteint 136.681 euros. Avec 2,5 % prélevés sur chaque versement et 0,5 % par an sur l’encours, il s’élève encore à 126.113 euros. Le capital dépasse donc les sommes versées, mais les prélèvements ont réduit le résultat final d’environ 10.568 euros. Sur trente ans, leur poids devient encore plus visible. Pour 135.000 euros versés, le capital atteint théoriquement 257.430 euros sans frais, contre 230.068 euros avec les prélèvements retenus. L’épargnant continue à faire fructifier son argent, mais son capital final est amputé de plus de 27.000 euros. Sur une durée aussi longue, quelques dixièmes de point finissent ainsi par peser lourd. C’est là que se situe, au fond, l’exigence du CAA : pas seulement annoncer un pourcentage, mais permettre au client de comprendre ce qu’il paie réellement et ce que son contrat lui apporte en retour.

étudiants sans revenu imposable, des impatriés ne comptant pas rester durablement au Luxembourg ou des personnes épargnant en vue d’un achat immobilier. Dans le premier cas, l’avantage fiscal est faible, voire inexistant. Dans les autres, le problème est ailleurs : ces épargnants peuvent avoir besoin bien avant leur retraite d’un argent destiné à rester bloqué jusque-là. À l’inverse, le 111bis prend davantage de sens pour une personne installée durablement au Luxembourg, disposant de revenus stables et d’une épargne de précaution déjà constituée. Cyril Barritaud ajoute deux conditions : être suffisamment imposé pour profiter réellement de la déduction et pouvoir laisser cet argent de côté pendant de nombreuses années. « Si quelqu’un n’a que 50 euros de capacité d’épargne mensuelle et aucune épargne de précaution, ce n’est pas là qu’il faut aller », résume-t-il. Avec un plafond de 4.500 euros par an, le 111bis ne suffira évidemment pas à financer une retraite à lui seul. Il peut en revanche trouver sa place dans une stratégie d’épargne plus large, à condition d’avoir déjà une épargne de précaution et de pouvoir laisser cet argent de côté pendant de longues années. Avant de signer, quelques questions simples méritent donc d’être posées : combien vais-je réellement économiser d’impôt ? Combien les frais me coûteront-ils sur vingt ou trente ans ? Aurai-je besoin de cet argent avant la retraite ? Et quelle fiscalité s’appliquera au moment de le récupérer ? Car au-delà de l’avantage fiscal, c’est surtout la réponse à ces questions qui dira si le 111bis a vraiment du sens pour l’épargnant.

C’est le montant maximal qu’un contribuable peut déduire chaque année de son revenu imposable grâce au 111bis, contre 3.200 euros avant 2026.

Le profil idéal pour un 111bis - Projet de vie : être installé durablement au Luxembourg et prévoir d’y rester jusqu’à la retraite, la fiscalité pouvant changer en cas de départ. - Fiscalité : être suffisamment imposé pour profiter réellement de la déduction. - Situation financière : disposer de revenus stables et d’une épargne de précaution, sans avoir besoin de cette somme pour financer son logement. - Temps : pouvoir bloquer l’argent pendant vingt à trente ans afin de laisser les rendements s’accumuler et absorber les frais.

Le bon produit pour le bon épargnant Mais le prix du contrat ne fait pas tout. Encore faut-il que le 111bis corresponde à la situation de celui qui le souscrit. Le CAA a ainsi relevé des contrats conclus par des


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Putting the second pillar to work

Luxembourg’s pension system is coming under growing demographic pressure. With the second pillar still underdeveloped, ACA president Nicolas Limbourg is calling for universal access and stronger incentives to boost retirement savings. Hugo Hirsch, Journalist Julian Pierrot, Photographer

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Like many European countries, Luxembourg is having to adapt its pension system to an ageing population. Although the system is built around three pillars, it still relies mainly on the first: a pay-as-you-go model in which contributions from today’s workforce directly fund pensions paid to retirees. Its sustainability therefore depends heavily on the balance between contributors and pensions paid. That balance is set to deteriorate sharply. According to projections by the General Inspectorate of Social Security (IGSS), cited by the Chamber of Commerce and the Chamber of Skilled Trades and Crafts in a joint opinion published in November 2025, the number of pensions paid would rise from 225,000 in 2024 to 755,000 by 2070. Over the same period, the labour force would increase only from 504,000 to 659,000. While Luxembourg had roughly one pension for every two workers in 2024, by 2070 it would have more pensions than people in employment. This demographic imbalance is putting growing pressure on the system’s finances. Before the 2026 reform, the IGSS estimated that contributions would no longer cover benefits from 2027 and that pension reserves could be depleted by 2047. To push back those deadlines, the contribution rate was raised from 24% to 25.5%, shared equally between employees, employers and the state. Some early-retirement arrangements will also require up to eight additional months of contributions by 2030. According to the government, these measures should stabilise the system’s finances until 2042 and preserve its reserves until 2050. They buy time, but do not solve the underlying demographic imbalance. Against this backdrop, public pen-


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“ Every career deserves a supplementary pension scheme.”

Nicolas Limbourg président of the ACA and CEO of Vitis Life.

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sions are increasingly expected to be supplemented by other forms of retirement savings. The 2026 reform strengthened the third pillar, based on individual savings, by raising the annual tax-deductible ceiling for 111bis plans from €3,200 to €4,500. Between this individual savings vehicle and the public pension, however, the second pillar – made up of employer-sponsored supplementary pension schemes – still plays only a limited role in Luxembourg. The least developed pillar Introduced in 2000, the second pillar still covers only a minority of employees. According to the latest IGSS figures, covering the end of 2022, 69,074 employees out of 480,230 were enrolled in a supplementary pension scheme, or 14.38% of the workforce. On the employer side, only 2,193 out of 35,346 had an active scheme or one that was still receiving contributions, equivalent to 6.2%. Behind this low overall coverage lie wide disparities between sectors. In finance and insurance, 56.19% of employees were covered by a supplementary pension scheme, compared with 29.38% in information and communication and 17.69% in professional, scientific and technical activities and administrative services. At the other end of the spectrum, construction, other services and parts of public administration, education and healthcare recorded the lowest coverage rates. Access to the second pillar therefore still depends heavily on the sector someone works in and on their employer’s policy. Two employees on comparable incomes may consequently prepare for retirement under very different conditions. Nicolas Limbourg, president of the Association of Insurance and


14.38% Only 14.38% of employees in Luxembourg were covered by a supplementary pension scheme at the end of 2022, according to the IGSS.

One pensioner for every worker by 2060 YEAR

LABOUR FORCE

NUMBER OF PENSIONS

DEPENDENCY RATIO

2024

2070

504.000

659.000

225.000

755.000

45%

115%

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Reinsurance Companies (ACA) and CEO of Vitis Life, wants that to change. Such coverage “should not be a privilege”, he says. “Every career deserves a supplementary pension scheme.”

€12,000, bringing it to ten times its current level. Limbourg acknowledges the ambition of the proposal, but sees it as a starting point. “This is an important issue. It is a societal issue. Let’s be ambitious and come up with solutions.”

Making saving the default To address this, the ACA is proposing universal access to the second pillar. Every employer would be required to offer a supplementary pension scheme to its employees, while remaining free to decide whether or not to contribute financially. Even without an employer contribution, employees would therefore have access to the scheme and could use their own money to build additional retirement savings. Under the current system, employers fund the employer contribution, while employees can add personal contributions that are tax-deductible up to €1,200 a year. The ACA wants to add a third component: a “salary allocation”. Above an income threshold that has yet to be determined, a share of the employee’s salary would automatically be paid into the supplementary pension scheme. Employees would, however, remain free to adjust the amount or opt out altogether and keep their full salary. The aim is to make saving the default without making it compulsory. This new salary allocation would receive the same tax treatment as existing employer contributions: a flat 20% tax when the contribution is made, followed by no further taxation when the money is paid out at retirement. To encourage younger employees to start saving earlier, the ACA proposes reducing this entry tax to 15% for them. The association also wants to raise the annual tax-deductible ceiling for personal contributions from €1,200 to

Universal access, but not without limits Making the second pillar available to everyone would not mean that everyone could benefit from it to the same extent. For households on tighter budgets, giving up part of today’s salary in return for additional income at retirement remains a difficult tradeoff. The opt-out proposed by the ACA would preserve that choice, but employees with the greatest capacity to save would still be in the best position to benefit from the scheme and its tax advantages. As the IGSS points out, a second pillar funded solely by employees starts to resemble individual savings and risks reproducing the same inequalities. Despite this limitation, the ACA also makes a fiscal case for the proposal. According to calculations it says it has submitted to the government, using tax incentives to encourage the development of the second and third pillars would cost the state less than another increase in contributions to finance the public pension system. For the association, the issue goes beyond pension financing alone. Younger generations are finding it harder to buy a home and may remain tenants or continue repaying mortgages for longer. Some could therefore enter retirement with higher housing costs than previous generations, just as the future level of their public pension becomes more uncertain. In the ACA’s view, this makes it all the more important to start building supplementary retirement savings early in one’s career.

Source : IGSS

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PAPERJAM — EXTRA

Hugo Hirsch, Journaliste

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1 Le chaînon manquant

L’assurance-vie change de gamme

Source: Wealins, BPCE Life

Entrée en vigueur le 1er février 2026, la circulaire 26/1 élargit les placements de l’assurance-vie luxembourgeoise. Nora Belarbi et Guillaume Hurault (BPCE Life), ainsi que le CEO de Wealins, Luc Rasschaert, en décryptent les changements.

Parmi les supports d'investissements proposés dans l'assurance-vie luxembourgeoise, les fonds internes reposaient jusqu'ici principalement sur deux modèles. D’un côté, le fonds interne collectif (FIC), qui regroupe l’épargne de plusieurs souscripteurs autour d’une stratégie standardisée. De l’autre, le fonds interne dédié (FID), conçu pour un seul client et géré sur mesure, souvent pour des patrimoines importants. Entre les deux, les possibilités restaient limitées. Luc Rasschaert, CEO de Wealins, juge l’ancien cadre, fixé en 2015, devenu « trop rigide ». Chez BPCE Life, Nora Belarbi et Guillaume Hurault décrivent un espace « insuffisamment exploité ». La circulaire 26/1 vient le combler en répartissant les fonds collectifs en catégories A à D, avec des possibilités d’investissement croissantes. Elle crée ainsi un « milieu de gamme sophistiqué », avec plus de choix qu’un fonds standard, sans devoir forcément constituer un FID personnalisé.


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Du N au D La nouvelle gamme fonctionne comme une échelle. Le FIC N reste la formule collective la plus standardisée, tandis que les FIC A à D donnent accès à des placements progressivement plus sophistiqués, selon le patrimoine, la somme investie et l’expérience financière du client. Comme le résument les spécialistes de BPCE Life, « plus la catégorie du client est élevée, plus l’univers d’investissement peut être sophistiqué ». Le FID reste, lui, attaché à un seul contrat et construit sur mesure. Cette gradation rend ainsi le FIC beaucoup plus attractif, sans supprimer les seuils d’accès.

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Liberté sous contrôle Pour les assureurs, le changement est d’abord opérationnel. Les FIC A à D peuvent être lancés sans notification préalable au CAA et recourir à un dépositaire hors de l’Espace économique européen. Selon Luc Rasschaert, ces assouplissements peuvent réduire les délais et les contraintes de structuration. La circulaire autorise aussi la détention directe de certains produits structurés, sans passer par un fonds interne. Une avancée majeure pour la place luxembourgeoise, qui peut ainsi préserver sa compétitivité face à des juridictions où cette option existait déjà. Cette liberté reste toutefois encadrée : la LC 26/1 impose une notation minimale de l’émetteur, des critères de négociabilité, des limites d’investissement et une information claire sur les modalités de remboursement. Plus de souplesse, donc, mais aussi davantage de responsabilités pour l’assureur.

Luc Rasschaert, CEO Wealins

Nora Belarbi, BPCE Life

ASSURANCES

Guillaume Hurault, BPCE Life

Les frais mis à nu La circulaire change aussi la manière de présenter les frais. « Nous passons d’une discussion autour du coût du produit à l’impact de ces coûts sur le rendement », résume-t-on chez BPCE Life. Le client doit ainsi comprendre combien les frais du contrat réduisent potentiellement son rendement. La LC 26/1 exige que cette réduction, présentée dans les documents, soit « exacte, loyale, claire et non trompeuse ». Luc Rasschaert rattache cette exigence au « value for money ».

5 Le marché doit confirmer Sur le terrain, Luc Rasschaert constate un intérêt croissant des partenaires distributeurs pour comprendre les implications concrètes de la nouvelle circulaire, mais juge qu’il est « encore trop tôt » pour en mesurer les effets commerciaux. Pour l’heure, le texte vaut surtout comme un signal : le Luxembourg veut moderniser son offre sans toucher aux garde-fous qui fondent sa réputation. Reste à voir si cette promesse se traduira par davantage de collecte et de parts de marché.


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PAPERJAM — EXTRA

À la recherche des bénéficiaires perdus

Hugo Hirsch, Journaliste

Fin 2025, les assureurs luxembourgeois provisionnaient 92,6 millions d’euros pour des assurances-vie en déshérence. De la recherche des bénéficiaires à la consignation, voici ce que deviennent ces fonds et comment les récupérer.

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L’entrée en déshérence

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L’assureur mène l’enquête

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Le temps de la consignation


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92,6 millions à retrouver

Vous pouvez être le bénéficiaire d’une assurance-vie sans le savoir. Un proche vous a désigné, mais vous avez déménagé ou perdu le contact avec l’assureur. Au moment du versement, la compagnie peut alors ne plus parvenir à vous joindre si le bénéficiaire reste introuvable malgré les recherches engagées, le contrat est alors considéré comme en déshérence. Fin 2025, les assureurs luxembourgeois comptaient 3.634 contrats ou affiliés en déshérence, pour 92,6 millions d’euros. Ces sommes restent provisionnées jusqu’à ce que les bénéficiaires soient retrouvés. Après six ans sans réclamation, elles sont transférées à la Caisse de consignation. Elles restent récupérables, mais quittent les statistiques des assureurs. Si le chiffre de 92,6 millions d’euros peut paraître impressionnant, il reste en réalité très faible à l’échelle du marché luxembourgeois. Rapporté aux 262,5 milliards d’euros de provisions techniques de l’assurance-vie, il ne représente que 0,035 %. Autrement dit, sur 1.000 euros provisionnés, à peine 35 centimes concernent des contrats en déshérence. « C’est très peu », souligne Yves Baustert, membre de la direction du CAA. Cette faible proportion s’explique

ASSURANCES

2

notamment par la relative jeunesse du marché : peu de contrats ont encore atteint le stade où plus personne ne se manifeste. À cela s’ajoute le profil patrimonial d’une partie de la clientèle. Lorsque plusieurs centaines de milliers d’euros sont en jeu, le contrat a peu de chances de tomber dans l’oubli. Comme le résume Yves Baustert, « le client ne va pas l’oublier, mais l’assureur ne va pas l’oublier non plus ». Au-delà de son faible poids, la déshérence semble également reculer. Entre 2024 et 2025, le nombre de contrats ou affiliés recensés est passé de 8.105 à 3.634, soit une baisse de 55 %. Mais cette amélioration est surtout statistique : Yves Baustert explique que certaines situations avaient été comptabilisées à tort. Après correction, le CAA juge les données de 2025 « plutôt cohérentes » et serviront désormais de base pour mesurer l’évolution réelle du phénomène.

Retrouver avant de consigner

Les assureurs ne se contentent pas de comptabiliser ces contrats. Avant tout transfert à la Caisse de consignation, ils doivent tenter d’en retrouver les bénéficiaires. Chez Foyer Vie, 2 % des prestations dues après un décès ou à l’échéance ne peuvent être versées immédiatement. « La très grande majorité » finit toutefois par être réglée, indique Laurent Petitcolas, directeur des opérations de Foyer Assurances. Le groupe écrit aux dernières adresses connues, vérifie courriels et numéros de téléphone, puis sollicite ses agents. Si cela ne suffit pas, elle peut faire appel à un spécialiste, notamment à l’étranger. Les démarches de base sont les mêmes quel que soit le capital. Les moyens supplémentaires dépendent ensuite du dossier et doivent rester proportionnés aux sommes en jeu. « On ne peut pas engager 2.000 euros pour retrouver le bénéficiaire de 1.000 euros », estime Yves Baustert, qui se dit satisfait des efforts constatés lors des contrôles menés par le CAA auprès des assureurs.


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ASSURANCES

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Lorsque les recherches n’aboutissent pas, l’argent change de gardien. Après six ans d’inactivité, l’assureur doit verser à la Caisse de consignation l’équivalent de la prestation non réclamée. Il est alors libéré de son obligation, mais le bénéficiaire conserve son droit sur le capital. Les montants consignés ont atteint 208.543 euros en 2023, 3,87 millions en 2024, puis 1,52 million en 2025. Cette baisse ne signifie pourtant pas que moins de contrats ont été transférés. Au contraire, la Caisse a accepté 598 consignations en 2025, près de trois fois plus que les 202 enregistrées un an plus tôt. Si le montant total recule malgré cette hausse, c’est que les sommes transférées sont bien plus faibles: environ 19.200 euros par dossier en 2024, contre 2.540 euros en 2025. Une fois le transfert effectué, les recherches cessent. La Caisse ne contacte pas les bénéficiaires: celui qui pense avoir droit à des fonds doit consulter le registre de la Trésorerie de l’État ou Guichet.lu, puis en demander la restitution. Il doit prouver son identité et ses droits, fournir une attestation de résidence et les coordonnées d’un compte bancaire dans l’Union européenne. La Caisse dispose de trois mois

pour répondre à une demande d’information et de six mois pour statuer sur une restitution. En pratique, un dossier complet est traité « entre un jour et une ou deux semaines ». Depuis 2023, cinq bénéficiaires de contrats d’assurance-vie en déshérence ont ainsi récupéré 76.313,09 euros au total. Encore faut-il réclamer les fonds à temps : trente ans après le début de l’inactivité, à condition d’avoir été consignées au moins cinq ans, les sommes reviennent à l’État. D’où l’importance de faciliter l’identification des bénéficiaires. Laurent

Petitcolas recommande de tenir ses coordonnées à jour et de rédiger une clause précise, avec le nom, la date de naissance et l’adresse des personnes désignées. Un déménagement, un mariage, un divorce ou le décès d’un bénéficiaire doivent aussi être l’occasion de la revoir. La clause peut enfin être déposée chez un notaire, à condition que ses coordonnées figurent dans le contrat. Cette solution permet de conserver ses volontés à jour et, lorsqu’on détient plusieurs assurances-vie, de centraliser la désignation des bénéficiaires.

« Les cas où le bénéficiaire reste introuvable sont marginaux. »

Laurent Petitcolas, Directeur des Opérations Foyer

Source : Foyer

Consignés, pas perdus


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Hugo Hirsch, Journaliste

Catherine Cernesson, présidente de l'ILAC

Le Luxembourg ouvre son premier master en sciences actuarielles. Christophe Ley et Héloïse Labit, de l’Université du Luxembourg ainsi que Catherine Cernesson, présidente de l’ILAC, expliquent les besoins auxquels cette formation veut répondre.

Un vide enfin comblé Jusqu’à cette rentrée, il fallait quitter le Luxembourg pour suivre une formation complète en sciences actuarielles. Une anomalie pour une place financière où assureurs, banques, cabinets de conseil et régulateur s’appuient largement sur ces spécialistes du risque. Le nouveau cursus de l’Université du Luxembourg vient combler ce vide. Son ambition ? « Renforcer durablement les compétences actuarielles disponibles dans le pays », expliquent Christophe Ley et Héloïse Labit, co-directeurs du programme. Conçu avec l’ILAC et soutenu par l’ACA et le ministère des Finances, il a attiré près de 70 candidatures pour quinze places. Quatorze étudiants ont finalement été retenus. Principalement issus des mathématiques et des statistiques, ils composent une première promotion internationale, dont plusieurs membres avaient déjà étudié au Luxembourg.

Un master dans l’équation


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ASSURANCES

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Une moitié de réponse

Pénurie à deux étages

Au-delà des chiffres

Avec 14 étudiants, cette première promotion ne répondra qu’en partie aux besoins du secteur. Catherine Cernesson, présidente de l’ILAC, estime que la Place a besoin d’« environ 25 nouveaux actuaires par an ». Même si tous deviennent actuaires au Luxembourg, cette promotion n’en couvrirait qu’un peu plus de la moitié. L’Université prévoit d’en ouvrir une nouvelle chaque année et pourra porter sa capacité à 25 étudiants, selon les besoins du marché. Le vivier local se renforcera donc progressivement, sans mettre fin aux recrutements internationaux.

Mais le manque d’actuaires ne concerne pas seulement les jeunes diplômés. « La pénurie touche plutôt les deux extrémités du marché », analyse Catherine Cernesson. Faute de candidats en début de carrière, les employeurs recrutent déjà des diplômés en économétrie, en mathématiques appliquées ou en ingénierie, qu’ils forment ensuite aux métiers actuariels. À l’autre bout de la chaîne, les profils expérimentés sont eux aussi difficiles à trouver, notamment pour les postes les plus techniques ou à fortes responsabilités. Aujourd’hui, les entreprises vont donc encore chercher une partie de ces compétences à l’étranger. Le master peut changer progressivement la donne, mais pas immédiatement : ses premiers diplômés devront eux aussi acquérir plusieurs années d’expérience avant de pouvoir occuper ces fonctions.

Le rôle de l’actuaire s’est élargi. Au-delà du calcul des primes, il évalue les risques, calcule les provisions et suit la solvabilité des entreprises. « Les compétences en programmation et en analyse de données prennent aujourd’hui une place importante dans la pratique actuarielle », soulignent les responsables du master. Le cursus mêlera ainsi actuariat, finance, économie et data science.

Héloïse Labit et Christophe Ley, Université de Luxembourg

5 Former pour retenir Former des actuaires au Luxembourg ne garantit pas qu’ils rejoindront l’assurance locale. Jusqu’ici, beaucoup partaient étudier à l’étranger, où stages, réseaux et premières offres pouvaient les retenir. « Le principal défi consiste à attirer ou faire revenir ces jeunes talents », insiste Catherine Cernesson. Le master réduit ce risque, mais les diplômés pourront aussi se tourner vers la banque, les fonds ou le conseil. L’ILAC s’attend néanmoins à ce qu’une majorité choisisse l’assurance.


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ASSURANCES

Conversation with Angelika Werner

A new climate for insurance Hugo Hirsch, Journalist Julian Pierrot, Photographer

As floods, heatwaves and storms become harder to predict, insurers can no longer rely on the past alone. Angelika Werner, Research Director of Natural Hazards and Climate at FM, explains how science and prevention are reshaping the way companies protect their sites.


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RUBRIQUE


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€1.4bn

Insurers have traditionally relied on past losses to price future risks. What has changed? I often use the analogy of loaded dice: the hazards themselves remain, but the odds are shifting. Some events are becoming more frequent or more severe. Europe is warming rapidly and has currently reached levels around 2°C above pre-industrial temperatures. For every additional degree, the atmosphere can hold roughly 6% to 8% more moisture, which can lead to heavier rainfall events. In addition, we also observe in Europe low and high-pressure systems being more persistent, allowing rain or heat to remain over one area for longer and cause greater damage. Historical records are still valuable, but they can no longer describe the future on their own. A flood considered a once-in-a-century event today may not carry the same probability in 20 or 30 years. Insurers therefore need to combine what has happened in the past with projections of how conditions could evolve.

That is why FM’s nearly 2,000 prevention engineers worldwide play such an important role. Our engineers visit client locations, combining model results with detailed insights on the building structure and components of the facility, its vulnerabilities and how an event could affect operations in practice. You need both perspectives to understand the real exposure.

According to the European Environment Agency (EEA), weather- and climate-related extremes caused an estimated €1.4 billion in economic losses in Luxembourg between 1980 and 2024. Around 49% were insured.

From Climate to Risk Angelika Werner is Research Director of Natural Hazards and Climate at FM, where she leads global research into floods, wildfires, extreme temperatures, windstorms and other natural hazards. A trained meteorologist, she previously worked on catastrophe modelling, innovation and reinsurance at Swiss Re, Allianz and Willis. She holds a doctorate from Macquarie University in Sydney and is based in Luxembourg.

Those projections operate on a broad scale. How do you translate them into the risk facing one factory, warehouse or office? Models can indicate whether exposure to floods, windstorms, drought or wildfire is likely to rise, remain stable or decline. But that only gives us the general direction. It does not tell us exactly what will happen to an individual building. Some hazards are extremely local. Two facilities only 50 metres apart from each other can face very different levels of exposure because of elevation, drainage or the surrounding terrain. A flood map, for example, may not show a wall, a drain or a small change in slope that determines whether water enters a building or flows around it.

Knowing the exposure is one thing. Deciding how much to spend protecting against it is another. Where do you draw the line? That is one of the most difficult decisions for a Risk Manager of a facility. The question is not simply whether protection is needed, but how much is reasonable when conditions could continue to change over the next 20 or 30 years. Imagine a facility that currently needs protection against a two-metre flood, while projections suggest higher water levels in the future. Should the company design for two metres, three metres or four? That choice has major consequences. As water rises, pressure on flood barriers increases, so engineering becomes more complex and investment more expensive. Our FM Field Engineers help Risk Managers compare different scenarios and understand the potential costs, benefits and uncertainties of each. There is little value in recommending a major investment based on assumptions that cannot be justified. The goal is to provide enough evidence for a company to decide what level of protection is appropriate for its specific situation. Could artificial intelligence make those choices more precise? It can help us explore uncertainty much faster, but it cannot make it disappear. For example, traditional


Tuesday 10 November 2026 18:30

PAPERJAM CLUB

Kinepolis Kirchberg Registration Programme

The Portuguese Business Community in

Action This evening will spotlight ten top Portuguese entrepreneurs shaping Luxembourg’s economic landscape. Through powerful storytelling and strategic insights, each speaker will share key decisions behind their success. A tribute to one of the country’s most dynamic communities: Entrepreneurial, impactful, and essential to Luxembourg’s future.

OUR SPEAKERS

João Godinho Godinho Handcrafted Guitars

Kianpour.lu

Manuela Abreu OnBoard Advisory

Vera Alves Alba Groupe

Mike Travessa Travessa Group

João Carreiro Indigo

Orlando Pinto Groupe Sopinor

Humberto and Mauro Seabra Entrepreneurs – Dentists

Dylan Pereira Racing Driver

Paula De Lacerda Zen Architecture

Margarida Matos and Marcelo Dias Que Nata


PAPERJAM — EXTRA

“ Our role begins well before a claim.”

Spanning approximately 26,545 square metres, FM’s Science and Technology Centre, Europe will house 14 laboratories for research and product testing and certification, with capacity for around 200 employees and visitors.

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weather models use physical equations to simulate the atmosphere, which requires enormous computing power. AI works differently: it learns from large volumes of weather data and can produce forecasts much more quickly. For certain tasks, these systems already perform very well. The challenge is knowing when the results of complex AI models can be trusted. We are currently comparing these tools with physics-based models, including through research with Princeton University using complex historical storms. Before relying on AI models for insurance or prevention decisions, we need to understand where they are robust and where they still have weaknesses. Once that validation is done, the potential is considerable. AI could generate thousands of plausible storms in a short period of time, allowing us to explore a far wider range of model possibilities than before. The most useful approach will probably be a hybrid one: combining the speed of AI with physical rules so that the results remain scientifically credible. A company can be forced to stop operding even when it’s own facilities are undamaged. How do you capture what happens beyond the property line? A business never operates in isolation. Production can come to a halt after an event even if the facility itself is undamaged. Employees may be unable to reach work, roads can be flooded, electricity can fail or a critical supplier may no longer be able to deliver. Traditional hazard maps are good at showing whether a building lies in an exposed area. They tell us much less about all the infrastructure and services that allow that facility to function. This is the idea behind the digital twin model we are developing with LIST.


Luxembourg’s business, financial center, and political news.

7 AM

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4 PM


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A premium for prevention As a mutual owned by its policyholders, FM can return part of its surplus to eligible members through premium credits. One example is the resilience credit, designed to encourage investment in risk-reduction measures. For 2026, FM has allocated approximately US$825 million, equivalent to 10% of eligible in-force premiums and double the previous level. Since 2022, FM estimates that measures supported by the programme have helped reduce potential economic exposure to natural hazards by nearly US$80 billion. This figure reflects reduced potential exposure, not losses already avoided.

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It creates a virtual representation of a facility and its surroundings, combining information on natural hazards with data on roads, traffic and other infrastructure. Instead of looking only at the point where the damage occurs, we can study how disruption might spread through the wider network. The first phase looks at the impact of floods and extreme heat on road access around locations in Luxembourg, Houston, London and Mannheim. We want to understand which connections could be cut, how long a facility might remain difficult to reach and how quickly normal activity could resume. Ultimately, the aim is to give companies a broader view of business interruption, whether they are protecting an existing location or deciding where to invest next. You already have research facilities in the United States and Singapore. Why add Luxembourg to that network? The idea is to study hazards and prevention measures in a European context. The US facilities have extensive capabilities for large-scale fire testing, while Singapore focuses more heavily on natural hazards affecting the Asia-Pacific region. In Luxembourg, the research work will focus on climate hazards, industrial technologies and cyber risk loss prevention, while supporting emerging research areas including AI and digital twins. The important point for companies is not the research itself, but what can be done with it. A flood barrier, roofing system or fire-resistant component only becomes useful once you know how it performs under real conditions. Part of the work will therefore involve testing engineering solutions for loss prevention and translating the results into practical guidance, as well as training.

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Being based in Europe should also make it easier to work directly with manufacturers on products suited to local buildings, standards and weather conditions, rather than simply transferring solutions developed for another market. Teams are expected to begin moving into the building in the fourth quarter of 2027, with the centre opening to clients and other external visitors in 2028. This approach brings the insurer into the picture well before a claim occurs. Is prevention becoming as important as compensation itself? Insurance is only one part of managing a company’s exposure. The broader principle is straightforward: where possible, it is better to prevent a loss than to pay for it afterwards. Our role begins well before a claim. We work with clients to understand where they are exposed, identify practical ways to reduce that exposure and provide insurance for the risk that remains. As natural hazards become less predictable, that preventive role becomes increasingly important.


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EXPERTS

Contenus sponsoriés

Banking Transformation Le secteur bancaire connaît une profonde mutation, portée par l’évolution des usages, l’essor des technologies et un environnement réglementaire en constante évolution. Les experts décryptent ces transformations et partagent leur vision des nouveaux modèles, services et solutions qui façonnent la banque de demain. Retrouvez l’ensemble des Paperjam Experts

« La plateforme intègre la technologie Aladdin Wealth de BlackRock, ce qui nous permet de nous appuyer sur un système de premier ordre, déjà dimensionné pour offrir une expérience à grande échelle aux clients. » Francesco Lazzarini, Intesa Sanpaolo Wealth Management

« La compétition est relativement équilibrée: l’ancien monde l’emporte pour ce qui est du niveau de risque, mais les nouveaux moyens de paiement font jeu égal au niveau des coûts et de la facilité d’utilisation. » Mohamed Radjabou, Bearingpoint

« La conclusion est claire: l’IA ne diminue pas l’importance du conseil personnalisé. À bien des égards, elle la renforce. » Stéphane Pardini, Quintet

« La véritable évolution du KYC ne réside donc pas uniquement dans la digitalisation des processus. Elle repose sur une nouvelle manière de concevoir la confiance entre les acteurs financiers. » Alexandre Kennel, i-Hub

« Les institutions ont besoin de technologies leur permettant d’exploiter des modèles économiques plus sophistiqués sans que leur base de coûts n’augmente au même rythme que leur complexité. » Fabian Klar, Eri


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Captives: A strategic risk management tool

Captive insurance companies are on the rise in Luxembourg, as shown by the increase in premiums and the number of registrations with the insurance commission. But why is this the case? Yannick Zigmann from Risk & Reinsurance Solutions goes into the details.

Lydia Linna, Journalist Julian Pierrot, Photographer

Yannick Zigmann managing director, 2RS


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You’re probably familiar with how a traditional insurance company works. Let’s say you have a flat and you wish to insure it against fire, floods or theft. You find an insurance company, pay them premiums and if one of the events covered by your insurance policy--say, a house fire--occurs, then the insurance company pays out a claim. That’s a simple example for an individual, but large companies also take out policies to protect their interests, paying premiums to external insurers. At some point, certain businesses may prefer to set up a sort of internal insurance company--a captive--to insure their own risks, rather than transfer everything to the external insurance market. Captives are authorised and supervised by the regulator, the Commissariat aux Assurances in Luxembourg, and have just one client: their parent group. A hardening market For Yannick Zigmann, managing director of Risk and Reinsurance Solutions (2RS), a captive is a strategic risk management tool, allowing a company to tackle insurability challenges, high prices and the risks that face the group. Zigmann, who joined 2RS in 2005, has years of experience in the industry, and is well-placed to explain the intricacies behind captives. When 2RS was set up over two decades ago, however, there weren’t very many candidates to set up captives. But “since 2020,” says Zigmann,

“ A captive is a partner with the insurance market.”

ASSURANCES

“we see that there is a big trend.” It’s partly due to the “hardening” of the insurance market, with certain insurers stepping back from underwriting certain lines of business, increasing premiums, implementing exclusions, or reducing capacity on cyber or climate risks. But the way that big corporates perceive risk is also different. “They are not just buying insurance to protect themselves, but they have a real risk management process.” In 2026, “we see that the market is softening for some lines of business,” says Zigmann, “but on the other hand, there are some activities that are always difficult to insure.” Companies who set up captives are increasingly placing risks linked to cybersecurity, including ransomware, non-damage business interruption, such as those related to supply chain issues or geopolitical events, climate and natural catastrophes, and other niche, sector-specific risks. The figures show that the captive market in Luxembourg is on the rise. The Commissariat aux Assurances, in its latest annual report, notes that the commission delivered 12 new authorisations for reinsurance companies in 2025. There were a total of 204 reinsurers domiciled in the grand duchy at the end of last year, a marked increase compared to the 197 seen in 2024. Roughly 70% of these were captives. Between 2021 and 2023, the number hovered in the low-to-mid 190s. When a captive makes sense... and when it doesn’t “A captive,” emphasises Zigmann, “is a partner with the insurance market.” It doesn’t work against the market. Imagine an engineering company with a high frequency of liability claims. Finding insurance can be difficult: either it’s very expensive, or insurers are unwilling to provide


Number of reinsurance companies

Luxembourg’s reinsurance sector climbs back above 200 companies in 2025, a level last seen in 2017. 2021

192

2022

194

2023

195

2024

197

2025

204

coverage. But the engineering company thinks it has a good risk management process, knows the risks that it faces, and has a long-term horizon. It keeps an external insurer to cover the unexpected, high-end losses, but sets up a captive to handle the mid-sized claims, paying premiums into this internal structure. In this manner, the group covers the risk that it knows best, rather than paying premiums to an external insurer for this coverage and having to deal with the margins enforced by the market. The captive also offers a “negotiation lever,” according to 2RS, as the group is no longer at the mercy of renewal terms. Moreover, every euro of avoided loss benefits the group, rather than the insurer. In addition, explains Zigmann, “you cannot have a profit in your captive.” Instead, Luxembourg has a “provision pour fluctuation de sinistralité,” or an equalisation reserve. The captive’s annual surplus--premiums minus claims--are placed into this reserve. It allows companies to stabilise costs,

ASSURANCES

thus allowing “good years” to fund a reserve for “bad years.” But a captive is not suitable for every business. It takes about six to eight months to set one up, and corporates who want to set up this kind of structure, in most cases, ought to have a turnover of around €1bn. It’s not worth it for a company that has, say, €5m in annual turnover. The premiums entering a captive are likely to be on the order of €1m per year, says Zigmann, while the costs for maintaining the captive alone come to around €150,000. Why Luxembourg? 2RS is also present in other countries, including France, Malta, Spain and Switzerland, but the firm’s main office is here in Luxembourg, where it runs about 70 captives and employs 65 people. It’s a good illustration of the grand duchy’s attractiveness to the insurance sector. The equalisation reserve, explains Zigmann, does not exist in markets like the UK (it was inspired by German regulation), making it a key reason for why Luxembourg is an ideal place to set up a captive. Beyond the country’s central location and international environment, the managing director of 2RS also points to the capacities of the financial centre’s ecosystem of banks, lawyers and service providers, and notes that the Luxembourg regulator has an excellent reputation, describing it as “very strong” and “very professional.” These captives, finally, bring more than just legal entities to Luxembourg’s financial centre. The company has a “real governance,” Zigmann explains, with key functions like risk management and internal audit, risk and compliance committees, and a board, making local expertise invaluable.

Source : CAA

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Conversation avec Clément Guyot

Assurer l’impensable Hugo Hirsch, Journaliste Julian Pierrot, Photographe

L’assurance Kidnap & Ransom ne se résume pas au remboursement d’une rançon. Elle repose avant tout sur une gestion de crise minutieusement pensée et préparée en amont. Clément Guyot, Practice Leader of Kidnap & Ransom (K&R) Insurance pour le Benelux chez AIG, en dévoile les coulisses.

ASSURANCES


09.2025

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RUBRIQUE


PAPERJAM — EXTRA

« L’assureur ne remet pas lui-même l’argent au ravisseur. »

Un assureur au rapport Ancien sous-officier de l’armée française, Clément Guyot a développé sur le terrain des réflexes de commandement et de gestion de crise. Titulaire d’un master en risk management, ce professionnel franco-néerlandais représente aujourd’hui AIG au Luxembourg et pilote l’offre Kidnap & Ransom pour le Benelux. Il accompagne courtiers et multinationales face aux risques de sécurité complexes et émergents.

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Quand on parle d’assurance Kidnap & Ransom, on imagine un assureur remettant une valise de billets. Cette image est-elle complètement fausse ? Cette image est trompeuse. La couverture Kidnapping, Rançon et Extorsion (KRE) permet d’avoir un mécanisme de financement visant à protéger le bilan d’une entreprise ou les actifs financiers d’une famille en cas d’incident couvert. Cela permet également aux assurés d’accéder à l’expertise de consultants spécialisés en gestion de crise, capables de les aider à faire face à divers types d’incidents sous réserve des termes, limites et conditions de la police. Que couvre concrètement une police K&R au-delà du remboursement éventuel d’une rançon ? Traditionnellement appelé Kidnapping, Rançon et Extorsion, ce produit a été renommé Crisis Solutions chez AIG car sa couverture s’est considérablement étendue au fil des années. La liste suivante n’est pas exhaustive mais nous pouvons couvrir : le remboursement du paiement de la rançon y compris en cas de perte, de vol ou de destruction de celle-ci pendant son transport ; les frais de négociation et de consultants ; les dépenses de sécurité, surveillance ou logistique ; les frais de déplacement et d’hébergement des proches ; ainsi que l’accès à de nombreuses extensions telles que la perte d’exploitation ou l’attaque à main armée. Cette assurance fonctionne sur une base « indemnitaire ». En d’autres termes, l’assureur ne remet pas luimême l’argent au ravisseur. L’assuré peut initialement engager une dépense éligible, puis être indemnisé, sous réserve du droit applicable ainsi que des conditions, limites et exclusions de la police concernée.

Qui souscrit ce type d’assurance au Luxembourg et dans le Benelux ? Le profil des assurés est sensiblement le même dans le monde entier. Les entreprises peuvent envisager cette protection lorsque leurs employés, leurs activités ou leurs biens sont exposés à des risques de sécurité élevés. Cela n’est pas exhaustif mais peut inclure des entreprises multinationales, des groupes industriels, des ONG, des médias et des entreprises de transport, notamment maritime où les risques de piraterie peuvent exister. L’exposition dépend-elle davantage du pays visité, de la fonction occupée ou de la visibilité de la personne ? Cela dépend de la combinaison des trois facteurs. Chaque pays présente un profil de risque différent, c’est pourquoi nos consultants élaborent des cartographies de risque prenant en compte différents éléments, tels que la situation sanitaire et sécuritaire, les risques de kidnapping, la stabilité politique. Au sein d’un même pays, le niveau de risque peut aussi varier radicalement selon le lieu précis où travaille la personne, son mode de transport, son logement ou la fréquence de ses déplacements. Un directeur général peut attirer l’attention pour une raison différente d’un salarié parfaitement inconnu qui peut être davantage exposé s’il se déplace régulièrement dans une région où les enlèvements constituent une activité criminelle rentable. Un salarié disparaît lors d’un déplacement professionnel. Que se passe-t-il durant les premières heures ? Une disparition n’implique pas nécessairement un enlèvement. Cependant, en cas d’incertitude, l’entreprise doit immédiatement utiliser le numéro de contact d’urgence prévu dans


067

11.2026

20 environ

la police. Des consultants spécialisés sont disponibles pour accompagner l’entreprise dans son évaluation de la situation et sa gestion de crise. La société de consulting avec laquelle nous collaborons est un leader mondial en gestion des risques, présent sur six continents et assurant une veille et une intervention 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.

C’est le nombre de compagnies actives dans l’assurance Kidnap & Ransom à l’échelle mondiale. Un marché très concentré et confidentiel, dont l’essentiel de l’activité transite par Londres.

Qui pilote alors concrètement la crise : l’entreprise, l’assureur ou les consultants spécialisés ? L’entreprise reste le décideur final. Elle peut s’appuyer sur des interve-

Les routes maritimes sous pression

La hausse des enlèvements en mer illustre l’évolution constante des menaces couvertes par le Kidnap & Ransom. Pour les spécialistes du secteur, elle impose d’actualiser en permanence les cartographies des risques et les protocoles de crise.

2023

Source : Commercial Crime Services

2024

2025

120 14

116 12

137 25

Incidents contre des navires

Membres d’équipage kidnappés

ASSURANCES

nants spécialisés pour bénéficier de conseils et d’un soutien adaptés, tandis que les décisions sont prises conformément au droit applicable et en concertation avec les autorités compétentes. Le conseiller en gestion de crise analyse la situation, apporte son expertise en communication et accompagne l’entreprise ainsi que les membres de la famille. L’assureur vérifie quant à lui les conditions contractuelles, confirme la couverture et intervient sur les questions d’indemnisation. Les salariés couverts savent-ils généralement qu’une police K&R existe ? La confidentialité est un aspect essentiel de l’assurance K&R. Les informations relatives à l’assurance sont généralement réservées aux personnes chargées de mettre en œuvre et de gérer les procédures de gestion d’urgence. Une divulgation plus large peut influencer le déroulement d’un incident. Les entreprises doivent donc gérer ces informations conformément à leurs propres protocoles de gouvernance et en tenant compte du cadre légal et des conseils d’experts. Lorsqu’une rançon est demandée, qui décide de la payer et comment l’assureur intervient-il ? Il faut distinguer la négociation, le paiement et le remboursement de la rançon. Le consultant peut accompagner l’assuré dans la gestion de crise. Toute décision relative au paiement relève de l’assuré et doit être conforme à la législation en vigueur ainsi qu’aux exigences des autorités compétentes. AIG pourra rembourser le montant couvert, sous réserve des sanctions, des vérifications de conformité, des termes et conditions de la police.


PAPERJAM — EXTRA

Qui fait quoi pendant la crise ? - L’entreprise déclenche l’alerte, active son protocole et reste décisionnaire. - Le consultant analyse la situation, conseille sur la communication et accompagne l’entreprise comme la famille. - Les autorités interviennent selon le pays et veillent au respect de la loi. - L’assureur vérifie la couverture, les sanctions et la conformité. Il rembourse ensuite les dépenses éligibles, dans les limites du contrat.

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ASSURANCES

Dans quelles circonstances une rançon ne peut-elle pas être payée ou remboursée ? Il est primordial de souligner le fait qu’une police K&R ne transforme pas une opération interdite en opération légale ! Les exigences juridiques et réglementaires varient selon la juridiction et les circonstances de l’incident. Dans l’Union européenne, les régimes de sanctions peuvent interdire de mettre directement ou indirectement des fonds à disposition de personnes ou entités désignées.

essentiel. Même si tous les incidents ne peuvent pas être évités, une préparation adéquate permet aux entreprises de réduire leur vulnérabilité, de renforcer leur résilience et de réagir plus efficacement. En amont cela passe par la cartographie des pays et itinéraires de voyage, l’évaluation des profils à haut risque, la sensibilisation et formation des voyageurs, ainsi que la définition des contacts d’urgence et d’un protocole de crise. Lorsqu’un incident survient, l’entreprise doit pouvoir activer rapidement sa gestion de crise, s’appuyer sur une chaîne de décision claire, contrôler les communications et coordonner l’action entre l’entreprise, le consultant, l’assureur et les autorités. Une fois la crise passée, l’accompagnement se poursuit avec la prise en charge médicale, le soutien psychologique, l’accompagnement de la famille, le retour au travail, l’analyse de l’incident et l’amélioration des procédures.

Le profil des incidents a-t-il changé ces dernières années ? Oui, les incidents peuvent désormais prendre des formes très variées, allant des menaces physiques aux attaques numériques, telles que les enlèvements massifs, l’extorsion via des applications bancaires ou encore les « kidnappings virtuels ». Cette évolution souligne l’importance d’évaluer à la fois les risques physiques et numériques dans le cadre d’un plan global de sécurité et de gestion de crise d’une entreprise. Combien coûte une telle protection et quels facteurs déterminent son prix ? La prime d’assurance va varier selon plusieurs critères tels que le type de produit et le niveau de risque associé, qu’il s’agisse d’une exposition à la piraterie, d’un programme d’entreprise ou d’une protection pour une famille/célébrité. Les principaux critères à prendre en compte lors de l’analyse d’un dossier incluent notamment le nombre de personnes assurées, les pays visités, la fréquence des voyages et les mesures de sécurité déjà en place. Il n’existe pas de règle universelle pour calculer une prime par personne. Peut-on réellement se préparer à un événement aussi imprévisible ? La préparation est un élément


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PAPERJAM — EXTRA

Radar

ASSURANCE

Behind another year of growth lies a sharply contrasted market: life insurance accelerated, while non-life barely moved. These charts reveal the shifts reshaping the sector. Hugo Hirsch, Journalist

Direct Insurance Premiums 2025 Luxembourg’s insurance sector generated €50.9 billion in direct premiums in 2025, up 9.75% from 2024.

2021 170,9

€31,1bn Life Insurance €50,9bn Total premiums

60,8

2022 161,4

55,4

2023 175,2 2024 192,9

31

17,2 14,9

0,8 1,3

13,1

15,2

0,6 1,2

9,3 17,5

22,7

5,4 18,0

300

Pension Fund

18,8 0,8 1,4

19,6 0,8 1,4

19,8 0,9

1,5

10

13,6

20,8

20

8,3

23 5,0

6,7

26,8

2022

Traditional Life

0,7

Non-Life Insurance (€bn)

Life Insurance (€bn)

2021

0,7 51,3

0

Unit Linked

0,6 48,5

Unit Linked

19

0,6

46,3

2025 210,6

27,5

0,6

2023

2024

2025

Traditional Life

0

2021

International Business

2022

Local Business

16,6

17,4

17,4

2023

2024

2025

Marine Insurance

Source : ACA / CAA

€19,8bn Non-Life Insurance

Assets under administration for Life Insurance (€bn)


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