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Trente ans d'écriture - Volume 3

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PATRICK SCHLOUCH

Trente ans d’écriture Volume 3 2000 - 2004

Mahana - Les Éditions du Soleil Tahiti


Trente ans d’écriture Volume 3 (2000 - 2004)

« Nous avons été élevés dans le culte de l’an 2000. La fin du millénaire serait forcément l’entrée dans un monde totalement nouveau, le début d’un nouvel âge d’or », écrivais-je en 1998 dans mon éditorial de la quatrième édition de Polynésie Éco (v. volume 2). Dopée par la défiscalisation et les subsides de l’Etat, l’économie polynésienne fonctionnait à plein régime et MCP était à son apogée. J’étais fier de contribuer à l’envolée du tourisme sous la houlette de Brigitte Vanizette, directeur du GIE Tahiti Tourisme, puis ministre du Tourisme et de l’Environnement. J’écrivais les discours, prodiguait mes conseils et MCP produisait le Ve’a Tahiti Tourisme, une lettre d’information mensuelle en deux versions, anglaise et française. La fréquentation touristique atteignit des sommets, autour de deux cent cinquante mille entrées, avant de chuter considérablement et de manière durable après les attentats du World Trade Center à New York en septembre 2001 lesquels constituaient les prémices d’une crise mondiale profonde marquée par le terrorisme international et des bouleversements économiques et culturels majeurs. Media Conseil Pacifique travaillait toujours en partenariat avec France - Antilles pour qui nous produisions Polynésie Éco, Polynésie Habitat et Trouvtou. Je collaborais aussi avec la commune de Papeete en qualité de conseiller en communication. En 2000, nous publiâmes le premier numéro de Papeete To Tatou Oire, un magazine d’information annuel dont j’avais le concept en tête depuis 1995. Au mois de juin 2000, nous livrâmes la revue annuelle du Port autonome de Papeete qui nous avait été commandée par sa directrice, Béatrice Chansin. En 2001, j’eus pour la dernière fois l’occasion d’écrire un discours pour le président du gouvernement, Gaston Flosse, qui était aussi ministre du Tourisme. Je doute qu’il sût que j’en étais l’auteur. Il m’était commandé chaque année par Brigitte Vanizette qui le lui remettait au dernier moment. Mais, cette prospérité ne dura pas. La direction d’Air New Zealand ayant changé, ils ne sollicitèrent bientôt plus nos services. Sibani Perles se retira aussi progressivement, je n’écrivais plus qu’un discours ici ou là, et, pour une raison inconnue, probablement politique, le service de l’Artisanat passa lui aussi à d’autres prestataires. Puis, en 2002, la foudre frappa MCP. France-Antilles décida de produire ses magazines en interne et mit brutalement fin à nos accords sans aucune compensation.


L’agence se voyait soudain privée de la moitié de son chiffre d’affaires, mettant en évidence sa dépendance excessive vis-à-vis de ce client. Comme un malheur n’arrive jamais seul, nous perdîmes dans la foulée le GIE Tahiti Tourisme qui avait aussi changé de direction, et même le Port autonome. Les temps s’annonçaient difficiles. La commune de Papeete restait le seul pilier sur lequel appuyer la survie de MCP. P.S.

Que l’on veuille bien excuser les mises en pages approximatives. Je n’ai hélas pas pu récupérer les documents en version modifiable et j’ai dû me contenter des archives PDF.

© Trente ans d’écriture - Volume 3 Tous droits réservés - Janvier 2016

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SOMMAIRE

2000 •

DISCOURS DE BRIGITTE VANIZETTE, DIRECTEUR DE TAHITI TOURISME

9

14 avril - Dixit d’or, Hôtel Méridien, Tahiti •

INTERVIEW DE BÉATRICE CHANSIN, DIRECTRICE DU PORT AUTONOME

13

1er juin - Revue annuelle du Port autonome de Papeete •

DISCOURS DU PRÉSIDENT DU GIE TAHITI TOURISME, MARCEL GALENON

17

juin - Assemblée générale •

DISCOURS DU PRÉSIDENT DU GOUVERNEMENT, GASTON FLOSSE

23

26 juin - Assemblée générale •

NAISSANCE D’UN PAYS

37

23 août - Éditorial de Polynésie Éco n° 6 •

BILAN D’UNE DÉCENNIE D’AUTONOMIE

41

23 août - Bilan Polynésie Éco n° 6 •

INTRODUCTION RUBRIQUE PORTRAITS

43

23 août - Polynésie Éco n° 6 •

PATRICK PEAUCELLIER, MINISTRE DE L’ÉCONOMIE ET DES FINANCES

45

23 août - Portrait Polynésie Éco n° 6 •

LA REINE DES ÎLES A BESOIN D’ESPACE

47

23 août - Dossier Automobile Polynésie Éco n° 6 •

DISCOURS D’ACCUEIL, COCKTAIL DE SORTIE POLYNESIE ECO N° 6

49

21 septembre - Hôtel Le Méridien, Punaauia •

L’ART DE VIVRE POLYNÉSIEN, UN ÉTAT D’ESPRIT

57

30 septembre - Éditorial de Polynésie Habitat n° 2

… /… !3


•

DISCOURS DE BRIGITTE VANIZETTE, DIRECTEUR DE TAHITI TOURISME

59

10 octobre - Club 89 •

VE’A TAHITI TOURISME

81

20 octobre - Comité éditorial •

DISCOURS DE BRIGITTE VANIZETTE, DIRECTEUR DE TAHITI TOURISME

85

4 décembre - 9e Conférence des représentants extérieurs, Hôtel Sheraton, Tahiti •

DISCOURS DU PRÉSIDENT DU GIE TAHITI TOURISME, MARCEL GALENON

97

4 décembre - 9e Conférence des représentants extérieurs, Hôtel Sheraton, Tahiti •

DISCOURS DU PRÉSIDENT DU GOUVERNEMENT, GASTON FLOSSE

103

4 décembre - 9e Conférence des représentants extérieurs, Hôtel Sheraton, Tahiti •

BILAN CONTRASTÉ D’UNE DÉCENNIE D’AUTONOMIE

113

5 décembre - Conférence pour l’Association des Historiens de Tahiti •

DISCOURS DE DIDIER SIBANI, PDG DE SIBANI PERLES

123

14 décembre - Millenium, Centre Vaima, Papeete

2001 •

PRESENTATION DE BEATRICE CHANSIN, DIRECTEUR DU PORT AUTONOME

133

13 mai - Plaquette de promotion •

LE DOUBLE VISAGE DU PROGRES

137

28 juin - Editorial de Polynésie Eco n° 7 •

NOURRISSON

139

28 juin - Editorial de Polynésie Eco n° 7 •

LE SECRET DU SUCCES

141

28 juin - Editorial de Polynésie Eco n° 7 •

ALEXANDRE CORMIER, CARPE DIEM

143

28 juin - Portrait Polynésie Eco n° 7

… /…

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•

LA VAGUE MULTIMEDIA

145

28 juin - Editorial de Polynésie Eco n° 7 •

VIVE LA REVOLUTION

147

28 juin - Editorial de Polynésie Eco n° 7 •

DISCOURS D’ACCUEIL, COCKTAIL DE SORTIE POLYNESIE ECO N° 7

149

28 juin - Hôtel Le Méridien, Punaauia •

DISCOURS DE BRIGITTE VANIZETTE, DIRECTEUR DE TAHITI TOURISME

153

3 août - Fêtes de Genève, Suisse •

SITE INTERNET DE LA BRASSERIE DE TAHITI

161

2 septembre - Texte d’accueil de Jean-Pierre Fourcade, pdg •

UN UNIVERS PASSIONNANT

165

20 septembre - Editorial de Polynésie Habitat n° 3 •

DISCOURS DE JEAN-PIERRE FOURCADE, PDG DU GROUPE MARTIN

167

13 octobre - Inauguration de l’usine de la ZI Punaruu •

DISCOURS DE DIDIER SIBANI, PDG DE SIBANI PERLES

171

12 novembre - Réception de la Légion d’honneur •

DISCOURS DE BRIGITTE VANIZETTE, DIRECTEUR DE TAHITI TOURISME

177

3 décembre - 10e Conférence des représentants extérieurs, Hôtel Sheraton, Tahiti •

DISCOURS DU PRÉSIDENT DU GOUVERNEMENT, GASTON FLOSSE

187

3 décembre - 10e Conférence des représentants extérieurs, Hôtel Sheraton, Tahiti

2002 •

DISCOURS DE BRIGITTE VANIZETTE, MINISTRE DE L’ENVIRONNEMENT

199

5 juin - Journée mondiale de l’Environnement, Vallée de la Fautaua •

AVANT-PROPOS DE JONAS TAHUAITU, MINISTRE DES PORTS 2 août - Revue annuelle du Port autonome de Papeete

(40e

209

anniversaire)

… /…

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•

DISCOURS DE BRIGITTE VANIZETTE, MINISTRE DU TOURISME

211

13 septembre - Etats généraux des élus locaux de Polynésie française •

UNE CERTAINE IDEE DE LA POLYNESIE FRANÇAISE

229

20 septembre - Editorial de Polynésie Eco n° 8 •

ENTRE DEUX CHAISES

231

20 septembre - Editorial de Polynésie Eco n° 8 •

REMARQUABLE

233

20 septembre - Editorial de Polynésie Eco n° 8 •

LE MAILLON FAIBLE

235

20 septembre - Editorial de Polynésie Eco n° 8 •

TOURISME, BANQUE ET JUSTICE

237

20 septembre - Editorial de Polynésie Eco n° 8 •

SE LOGER, DU RÊVE A LA REALITE

241

2 décembre - Editorial de Polynésie Habitat n° 4

2004 •

UN POTENTIEL CONSIDERABLE

247

15 janvier - Editorial de Tahiti Habitat n° 1 •

MIEUX CONNAÎTRE LES MEDIAS POUR MIEUX COMMUNIQUER 2 mars - Conférence destinée aux élus de la commune de Papeete (non prononcée)

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2000


DIXIT D'OR 2000 Hôtel Le Méridien Tahiti - 14 avril 2000

LE TOURISME, AVENIR DE LA PF ? Présentation de Brigitte Vanizette Directeur général du GIE Tahiti Tourisme

Mesdames et Messieurs, Bonsoir, Le tourisme est-il l'avenir de notre pays ? Le tourisme sera-t-il le pilier de notre autonomie économique et de notre développement ? C'est en tout cas la conclusion de toutes les réflexions collectives, et de toutes les études menées, à Paris comme à Papeete, depuis l'annonce de l'arrêt des essais nucléaires. On estime à environ 500 000, le nombre de visiteurs annuels nécessaire pour que le tourisme polynésien puisse réellement jouer ce rôle moteur de notre économie. Un tel niveau de fréquentation produirait au moins 100 milliards de recettes directes par an et induirait la croissance de nombreux secteurs d'activité proches du tourisme comme l'artisanat, la perliculture, l'agriculture, l'horticulture, les transports, etc, etc. …/…


Pour atteindre un tel objectif, pour passer de 200 000 à 500 000, il y a deux conditions essentielles : - il faut d'abord une volonté politique clairement déterminée et confirmée par un soutien démocratique. Je pense qu'il n'y a aucun doute sur ce premier point. Le Territoire a investi énormément dans les infrastructures nécessaires à l'épanouissement du tourisme, et ce n'est pas terminé. Il participe aussi très largement aux efforts de promotion en subventionnant le GIE Tahiti Tourisme à hauteur de 60 %. L'État a également soutenu cette politique, en particulier par le biais de la défiscalisation, laquelle a surtout permis de rénover et d'agrandir notre parc hôtelier. Cette première condition est donc largement remplie, même s'il faudra encore patienter un peu avant que les mentalités s'adaptent aux temps nouveaux. …/…

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- la deuxième clé du tourisme, c'est un produit compétitif. Cela signifie tout simplement que la concurrence est très vive, et que, désormais, les touristes sont extrêmement bien informés, grâce à l'Internet notamment. Ils peuvent, par conséquent, comparer très facilement les destinations entre elles, depuis chez eux. Tahiti & ses îles fait toujours rêver. Toutes les études le confirment. Mais pour que ce rêve se poursuive, et que nos visiteurs repartent encore plus enchantés qu'ils ne l'espéraient, il nous faut des prestations à la hauteur. Depuis que j'ai l'honneur de diriger le GIE Tahiti Tourisme et que ma responsabilité est de promouvoir notre destination, je n'ai qu'un seul slogan : la qualité. Les professionnels savent de plus en plus qu'elle est l'unique secret de la réussite. Notre destination est fabuleuse, tout le monde le reconnaît. Mais le touriste attend plus, il exige davantage, il veut des prestations impeccables et originales. …/…

3


Ceux qui sauront présenter Tahiti & ses îles et l'offrir dans les meilleures conditions de service, tout en soulignant ses aspects exclusifs et souvent cachés, ceux-là gagneront. Je suis donc très heureuse et très honorée de vous présenter ce soir MM. Jules Wong Jack Uenoyama et Yves Lefèvre. Ils sont tous les trois nominés au Dixit d'Or 2000 dans la catégorie « économie », pour leur professionnalisme, leur talent et leur contribution exemplaire au développement du tourisme en Polynésie française. Chacun, dans son domaine, a su innover en proposant une vision originale de notre destination. Ils font vivre à leurs clients des expériences extraordinaires qui leur laissent des souvenirs inoubliables. C'est un vrai bonheur de promouvoir de tels produits. Bravo à tous les trois, et bravo aussi à tous les professionnels du tourisme polynésien qui œuvrent de leur mieux pour faire de Tahiti & ses îles une destination reconnue et appréciée. Merci et bonne soirée

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Béatrice Chansin, Directeur du Port autonome de Papeete :

CAP SUR L'AVENIR Après avoir été pendant six ans l'adjointe de son prédécesseur, Béatrice Chansin dirige le Port autonome de Papeete depuis 1997. Sous son impulsion, l'établissement a déjà bénéficié d'importantes restructurations. Elle mène avec conviction et ténacité une barque au cap résolument fixé vers l'avenir. Ses maîtres mots : dynamisme et communication. Quel est le rôle essentiel du directeur du Port autonome ? Il est d'assurer le bon fonctionnement de l'établissement Port autonome de Papeete et du port en général. 3 000 personnes appartenant à plus de 200 entreprises travaillent dans la circonscription portuaire. Au sein de l'établissement Port autonome, je dois veiller à ce que les missions de service public soient accomplies. Il s'agit principalement d'assurer l'accueil de tous les navires, de prévoir les besoins futurs et de toujours améliorer nos prestations. En quoi 2000 est-elle une année charnière pour le Port autonome de Papeete ? Les deux dernières années m'ont permis de faire l'état des lieux et de définir de nouvelles orientations. Nous avons modernisé les structures existantes et les moyens matériels. Nous avons également fixé de nouveaux objectifs et nous nous sommes donné les moyens juridiques de notre action en toilettant nos réglementations. Parallèlement, les services ont été restructurés. Tous nos secteurs d'activité ont été conservés, sans augmentation de la masse salariale. Nous avons choisi de sous-traiter les domaines dans lesquels nous ne sommes pas spécialistes (pilotage, entretien du matériel naval...). 2000 est une année charnière, car nous allons pouvoir tout mettre en œuvre pour atteindre les objectifs fixés grâce aux moyens dont nous disposons désormais. Nous partons vers l'avenir en nous appuyant sur des bases solides. Comment cette restructuration a-t-elle été perçue par le personnel ? La communication avec le personnel est primordiale. En dehors des réunions obligatoires (délégués du personnel, comité d'entreprise), l'ensemble du personnel est réuni afin d'être informé des objectifs de la direction (schéma directeur, réorganisation). Tous les mois, je rencontre mes chefs de service qui préparent un rapport d'activité. Je responsabilise chacun des agents. Je dis souvent que chacun doit être à sa place. Je ne serai jamais marin à la place des marins, mais je prends les décisions qui s'imposent. En quoi le nouveau statut d'établissement public industriel et commercial (EPIC) a-t-il permis d'améliorer la qualité du travail du Port autonome de Papeete ? Notre nouveau statut nous apporte plus de souplesse et d'autonomie de gestion. Nous pouvons à présent travailler comme une entreprise privée, en accord, bien entendu, avec les décisions prises par le Conseil d'administration. Pour la première fois, le Port autonome bénéficie d'un schéma directeur d'aménagement portant sur les dix prochaines années, de quelle manière ce document a-t-il été conçu ?


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Nous avons d'abord travaillé en collaboration avec tous nos partenaires afin de recenser leurs besoins. Partant des résultats de ces consultations et de l'évolution du trafic portuaire sur les dix dernières années, nous avons défini les projets qui nous apparaissaient à la fois indispensables et de nature à satisfaire les besoins. Cela dit, notre schéma directeur n'est pas figé, il peut encore évoluer selon l'importance que prendront nos différentes activités. Vous estimez que ce schéma directeur exploite tout le potentiel d'aménagement de la zone portuaire actuelle. Comment voyez-vous le développement ultérieur du port de Papeete ? Effectivement, nous sommes contraints par le manque d'espace et notre schéma directeur 2001-2009 permet d'utiliser au mieux toutes les possibilités qui nous restent encore. Pour l'avenir plus lointain, j'essaie déjà de sensibiliser les pouvoirs publics afin de réfléchir à des alternatives : par exemple le transfert de certaines activités à Faratea. Comment envisagez-vous l'évolution des activités portuaires à l'horizon 2010 ? Le commerce international continuera à prendre de l'ampleur. En effet, la Polynésie française se développe rapidement, elle importera (et, espérons le, exportera aussi) de plus en plus. L'activité interinsulaire suivra naturellement car Papeete restera le passage obligé pour le ravitaillement des archipels. La croisière est une priorité pour le Territoire et même si elle n'est pas très rentable pour le Port autonome, elle n'en constitue pas moins l'une de ses responsabilités importantes. La pêche devrait progresser considérablement dès lors que les infrastructures se développent et qu'il existe une volonté très forte de créer une flottille locale importante. Papeete n'était pas connu par les grands yachts de plaisance. À présent, ils trouvent l'escale intéressante et, en prévision d'arrivées plus importantes, nous avons anticipé leur accueil par le développement d'infrastructures adaptées. En ce qui concerne Moorea, il nous reste à améliorer les aménagements à vocation touristique. Quelle est la politique du Port autonome en matière d'environnement ? La préservation de l'environnement a toujours été notre souci. Notre domaine est entretenu quotidiennement, la qualité de nos eaux est suivie régulièrement, nous remblayons avec précaution et nous effectuons systématiquement des études d'impact avant toute opération d'aménagement. Ce travail est efficace et porte ses fruits, il suffit pour s'en convaincre de voir tous les jours des sportifs courir à Motu Uta ou des familles pique-niquer sur nos espaces verts le week-end... Je crois que nous avons réussi à concilier activité portuaire et environnement.

Le Port autonome de Papeete est-il lié à des organismes nationaux ou internationaux ? Le Port autonome de Papeete participe à l'Union des Ports français, ce qui nous permet notamment de suivre l'évolution de la réglementation. Cela nous apporte beaucoup et nous observons attentivement la manière dont nos collègues travaillent. Nous participons aussi à la Commission des Ports du Pacifique. Dans la région, je peux dire que le port de Papeete est un modèle. Vous êtes, encore aujourd'hui, la seule femme à diriger un grand port français, n'est-ce pas une situation difficile dans un monde essentiellement masculin ?

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Je suis très fière d'être à la tête de “mes hommes” ! Ma fonction n'est pas facile, mais elle ne m'a jamais fait peur. Peut-être parce que je connais bien, et depuis de longues années, l'environnement du Port. Professionnellement, les hommes ne font pas de cadeaux aux femmes. Je suis constamment à l'épreuve. C'est à la fois stressant et stimulant. Heureusement, le personnel m'a soutenu dès le départ, ce qui m'a énormément facilité la tâche. Ils ont accueilli favorablement le changement car ils le souhaitaient. Il fallait bouger et tout de suite.

Phrases à mettre en exergue 1ère page “La communication avec le personnel est primordiale” 2ème page “Le port de Papeete est un modèle dans la région”

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TAHITI TOURISME ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 26 JUIN 2000 Hôtel Sheraton Tahiti

Discours de Monsieur Marcel Galenon Président du Conseil d'administration

Monsieur le Président du gouvernement, Mesdames et Messieurs les Administrateurs, Madame le Directeur général, Mesdames et Messieurs, Bienvenue à tous, Je suis très heureux de vous accueillir ce matin à l'Assemblée générale du GIE Tahiti Tourisme. Je voudrais d'abord saluer Monsieur Gaston Flosse, Et le remercier d'honorer notre réunion de sa présence. Vous témoignez ainsi, Monsieur le Président, de l'importance que le Territoire accorde au développement du tourisme dans notre pays et à l'action de notre GIE en faveur de ce développement.


Nous avons également le plaisir de recevoir MM…(citer les personnalités présentes….) . Notre Assemblée générale et notre Conférence des représentants, qui a lieu vers le mois d'octobre, sont les deux grandes occasions annuelles de faire le point sur la situation de notre tourisme polynésien. Elles nous permettent de nous rencontrer, de nous informer mutuellement et de nous accorder sur les bases de nos actions futures. Mesdames et Messieurs, en 1999, pour la première fois, Tahiti & ses îles a accueilli plus de 200 000 visiteurs (210 800 exactement). C'est évidemment une fréquentation "historique" obtenue grâce à une croissance de 11,6 % par rapport à 1998, Et même de 12,2 % pour les nuitées hôtelières qui atteignent 1,6 million. Nos objectifs ont donc été non seulement atteints, mais même dépassés.

2


Plusieurs raisons à cet excellent résultat : Notre destination a d'abord bénéficié de notre union et de l'effort collectif. Sa visibilité et sa notoriété ont été améliorées, grâce à un travail d'équipe efficace entre notre direction générale, nos représentations

extérieures,

les

professionnels

et

les

pouvoirs publics. Cette cohésion dans l'action est absolument nécessaire et nous devons la préserver. Mais, notre succès s'explique aussi, et peut-être surtout, par la forte progression du marché américain, lequel se confirme comme notre premier marché, celui en tout cas qui offre le meilleur potentiel de développement. Dollar fort, campagnes de promotion massives des deux compagnies de croisières basées à Tahiti & ses îles, ce marché nord-américain a fait un bond de 37,5 %. Il représente désormais 31,4 % de part de marché soit un total de plus de 66 000 touristes. …/…

3


La croissance s'est s'appuyée sur une infrastructure hôtelière élargie et modernisée. Grâce à la bonne tenue des investissements, la capacité hôtelière a augmenté de 12,7 % pour atteindre 3 407 unités classées. Enfin, elle a profité d'une amélioration de notre desserte aérienne. Conséquence d'une augmentation des fréquences des compagnies Corsair, Air France, Air Tahiti Nui et Air New Zealand, l'offre de sièges a progressé de 13 % pour le trafic international régulier. 1999 a été une excellente année touristique, les professionnels que nous avons consultés le reconnaissent tous. Certains l'ont même qualifiée d'exceptionnelle. Nous souhaitons, bien sûr, qu'elle ne le reste pas et que nos progrès se poursuivront à un rythme aussi soutenu. Nous avons de nombreuses raisons de le penser, même si nos performances ne doivent pas nous faire oublier que beaucoup reste encore à faire et que nous devons tous maintenir notre effort.

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L'objectif de croissance pour cette année 2000 a été fixé à 17 % pour la fréquentation - soit près de 250 000 touristes, C'est ambitieux. C'est deux fois et demie la croissance prévue par l'Organisation Mondiale du Tourisme pour la région Asie Pacifique (qui est de 7 %). Mais c'est réalisable, sous certaines conditions, bien sûr. Et, la première de ces conditions, la plus importante, c'est d'offrir à nos visiteurs la destination dont ils rêvent et que notre produit soit toujours à la hauteur de ses promesses. Merci de votre présence et de votre attention. Je vous souhaite une excellente assemblée générale. Je cède maintenant la parole à notre Président.

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TAHITI TOURISME ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DU 26 JUIN 2000 Hôtel Sheraton Tahiti

Discours de Monsieur Gaston Flosse Sénateur - Président du Gouvernement Ministre du Tourisme

Monsieur le Président, Madame le Directeur général, Mesdames et Messieurs les Administrateurs, Mesdames et Messieurs les Membres de Tahiti Tourisme, Merci de m'accueillir si chaleureusement, comme chaque année, à votre Assemblée générale. Merci pour ce bilan de l'année 1999, et votre présentation, claire et précise, de la situation actuelle de notre destination, sur le marché international du tourisme. Nous n'avons qu'à nous féliciter du travail de votre GIE et de toutes vos équipes. Les résultats sont là ! Vous venez de nous le rappeler.


Un taux de croissance de près de 12 %, C'est tout à fait remarquable ! Je note, du reste, que nous soutenons depuis déjà deux années consécutives un rythme deux fois plus élevé que la moyenne mondiale. Mes félicitations s'adressent donc à vous tous, acteurs et professionnels du tourisme en Polynésie française. Nous venons de franchir une étape cruciale dans notre processus de développement. Son plus beau symbole est, bien sûr, ce passage du cap des deux cent mille touristes, pour la première fois en 1999. Une performance confortée par une forte croissance du nombre des nuitées hôtelières qui dépasse largement le million et demi. Nous avons donc toutes les raisons de nous réjouir Et nous ne devons pas nous en priver.

2


Car ces premiers bons résultats, après des années d'effort, sont un encouragement irremplaçable sur un chemin jonché d'obstacles. Vos tâches respectives sont rendues encore plus délicates depuis le début de l'année par l'absence de toute donnée statistique officielle dans le secteur du tourisme. Ce n'est ni le lieu, ni le moment de blâmer qui que ce soit. Je déplore néanmoins une situation extrêmement regrettable. Comment naviguer sans compas ? Comment conduire sans tableau de bord ? Le gouvernement, l'administration, les professionnels et, surtout, votre GIE et sa direction générale, nous sommes tous pénalisés par ce fâcheux dysfonctionnement. Il est impératif que le service public puisse reprendre normalement dans les plus brefs délais.

3


Pourtant, aussi frustrant soit-il, ce contretemps n'est qu'un simple incident technique. Nous avons d'autres problèmes à résoudre, bien plus préoccupants. Pourrons nous soutenir le même rythme de croissance et atteindre nos objectifs dans les délais prévus ? Si cela ne dépendait que de nous, que de vous, je répondrais oui, sans hésiter. Nous avons tous, ici, la même volonté de réussir notre pari du tourisme dans ce pays. Non, ce qui m'inquiète, ce sont les éléments que nous ne maîtrisons pas. Certains ont spontanément ressenti la crise fidjienne, comme une aubaine pour Tahiti & ses îles. De leur point de vue, notre destination allait bénéficier de la situation et récupérer les touristes effrayés par la violence à Fidji. Mon analyse est différente.

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Je pense, au contraire, que tous ces événements ne nous apporteront rien de bon. D'une part, le marché touristique fidjien n'a pas grandchose à voir avec le nôtre. Fidji n'est pas Tahiti & ses îles. Les deux produits sont très différents et leurs clientèles principales ne se recrutent pas dans les mêmes pays. Notre destination ne constitue donc une alternative que pour une petite minorité de touristes. D'autre part, et surtout, je crois que, dans l'esprit des touristes, l'image régionale prime tout. Vu de New York, Tokyo, Paris ou Los Angeles, le Pacifique sud forme un ensemble dont nous ne pourrons jamais nous extraire totalement. Les images de violence à Fidji et aux Salomon, qui s'affichent sur tous les écrans du monde, nous nuisent. Nous en paierons fatalement les conséquences, tout comme nos voisins ont souffert en 1995 lorsque la violence sociale s'est manifestée chez nous.

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Mais alors, que faire ? Nous ne pouvons que tout mettre en œuvre pour limiter les désagréments autant que possible. Pour cela, il faudra naturellement veiller, plus encore que d'habitude, à la visibilité de notre destination. Il faudra, plus que jamais, mettre en avant nos qualités spécifiques. Mais, nous devrons par-dessus tout, c'est essentiel, favoriser autant que possible l'accord et l'adhésion des Polynésiens au développement de notre tourisme. En prenant connaissance des rapports de synthèse des ateliers de la mission "Évaluation et Prospective", dirigée à ma demande par Pierre a Teriitehau, j'ai noté avec intérêt un consensus général à ce propos. Interrogés sur l'impact du tourisme sur la cohésion sociale, les groupes de réflexion ont tous insisté sur la nécessité

de

mieux

sensibiliser

les

populations

polynésiennes et de les impliquer dans le processus de développement.

6


En 1999, le syndicat pour la promotion des communes de Polynésie française organisait son Congrès des Maires à Bora Bora sur le thème "Le maire et le tourisme". C'était une excellente initiative, qui a permis aux élus locaux de prendre un peu mieux conscience de ce que le tourisme peut apporter à leurs populations. Il serait bon que ces contacts entre le monde du tourisme polynésien, votre GIE en particulier, et les populations locales se multiplient et deviennent une habitude. Je vois trois canaux privilégiés pour ce type de communication :

•

les associations

•

les communes

•

et l'école, pour les plus jeunes

Il va de soi que cette "initiation à l'importance du tourisme" ne doit pas être un endoctrinement d'aucune sorte.

7


Il s'agit simplement d'offrir aux Polynésiens les moyens de s'informer, tout en les encourageant à bénéficier des bienfaits du développement du tourisme, Et en les formant, lorsqu'ils le souhaitent. Nous vivons une véritable mutation de notre société. Les Polynésiens doivent la comprendre et l'accepter. Sans eux nous ne réussirons pas. Je pense aussi qu'il faut considérer notre marché intérieur avec un œil nouveau. Il existe, dans notre pays, un formidable réservoir de clientèle touristique, pour les archipels notamment, et surtout pour les pensions de famille. Le pouvoir d'achat des Polynésiens augmente et ils voyagent de plus en plus. Il faut les encourager à découvrir leurs îles. Votre action de promotion ne doit pas oublier cet aspect des choses. Mais, nous avons un autre souci.

8


Nul

n'ignore

désormais

le

rôle

crucial

de

la

défiscalisation dans le tourisme polynésien. Le Territoire, pour sa part, a fait un énorme effort en la matière, et nous le poursuivrons. Cela étant, la loi Pons reste, bien entendu, le pilier de notre dispositif. Elle a permis d'injecter plus de 150 milliards de francs Pacifique dans notre économie entre 1996 et 1998. Or, vous savez qu'en principe, cette loi ne s'appliquera plus au-delà de 2001. C'est bien sûr beaucoup trop tôt pour que nous puissions atteindre notre objectif de 6 000 unités hôtelières classées en 2006. Partout,

en

outremer,

les

élus

demandent

une

prolongation des mesures de défiscalisation. Le ministre, M. Queyranne, a constitué un groupe de réflexion sur ce problème. La Polynésie française y est représentée par Christian Vernaudon qui défend nos intérêts avec la plus grande conviction. Nous sommes, bien entendu, tous derrière lui.

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Sans ménager, parallèlement, nos efforts au Sénat, à l'Assemblée nationale et partout, pour convaincre de l'absolue nécessité du maintien, sous une forme ou sous une autre, d'un système permettant de maintenir le niveau de l'investissement hôtelier dans notre pays. C'est

d'autant

défiscalisation,

plus

nécessaire

l'hôtellerie

que,

polynésienne

malgré souffre

la de

contraintes qui la fragilisent. Nous le comprenons parfaitement et vous savez que nous faisons le maximum pour soutenir ce secteur. Nous avons besoin d'investissements hôteliers. Notre projet économique en dépend. Mais, nous disposons aussi d'un très fort potentiel d'accueil pour des touristes soucieux de découvrir une autre Polynésie, plus proche de la population et de sa façon de vivre. Les pensions de famille sont parfaites pour cela. Il en existe déjà une grande variété dans de nombreuses îles et je tiens à leur rendre un hommage particulier. Elles font un gros effort pour mieux se faire connaître et pour améliorer la qualité de leurs prestations.

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Plus concrètement, je vous rappelle que le Territoire a pris récemment de nouvelles mesures d'aide et d'incitation à la création de pensions de famille et de petites unités hôtelières. 1999 a été surtout marquée par l'essor des croisières interinsulaires. Vous nous avez rappelé, Monsieur le Président, que ces croisières ont été le principal moteur de la croissance du marché américain. Parfois contesté, je le sais, ce secteur reste une priorité du Territoire. Il permet d'augmenter rapidement la fréquentation de notre destination, et ainsi de la faire connaître, sans exiger de trop lourds investissements à terre. Il s'adresse à une clientèle tout à fait particulière, qui ne visiterait sans doute jamais notre destination autrement. Mais qui a une forte tendance, ensuite, à revenir. Faut-il enfin rappeler l'importance de la promotion de notre destination par les compagnies de croisières ? Pour lancer ses croisières à Tahiti & ses îles, Renaissance a investi, à elle seule en 1999, plus que la totalité du budget de votre GIE.

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En conclusion, cette année 2000, mythique, nous voit dans une situation mitigée, à la fois très favorable mais fragile. Nous devrons, par conséquent, poursuivre, encore et encore, nos efforts pour que Tahiti & ses îles devienne une destination bien reconnue, avec son public, ses passionnés, tout en offrant un service toujours de meilleure qualité et en ciblant de mieux en mieux notre promotion. Bravo à vous tous qui travaillez au développement de notre tourisme. Bon courage et merci pour votre attention.

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EDITORIAL

Naissance d'un pays par Patrick Schlouch Ouf, on a eu chaud ! Il y a bien eu un peu de panique, il faut l'admettre. Mais, finalement, tout s'est bien passé. Sans trop de bobo. Comme toujours, les anges gardiens ont fait leur boulot, le pays s'en sort avec brio. Il y a eu jadis Makatea, puis la MGM et plus tard le CEP. Cette fois-ci, c'est l'amitié Chirac - Flosse qui nous a sauvés du crash. Je sais, j'exagère un peu… mais, pas tellement. Faut dire que nous volions, tranquilles (pas tous aussi tranquilles, c'est vrai, mais bon, dans l'ensemble…), au-dessus des peines du monde, les observant avec compassion, mais bien contents de ne pas devoir les subir nous aussi. Ô, certes, la Nature ne nous épargnait pas et nous recevions notre part de souffrances. Nous échappions au moins aux plus insupportables : la violence et la guerre, filles de l'ignorance et de la misère. Sur ce, on nous dit : “Attention ! ON VA COUPER LE MOTEUR”. Nous, bien sûr, on craint le pire. C'est l'affolement dans la fourmilière. Les uns disent : “C'est pas grave, de toute manière on n'avait pas besoin de vous. Liberté avant tout. Tant pis, advienne que pourra”. Et, ils se mettent à prier… Je caricature un peu, ok… mais, pas tant que ça. Les autres acceptent bien qu'on les lâche, mais sans cesser de les lâcher. Vous me suivez ? Ils ne sont pas d'accord du tout : “Comment ? Mais, c'est impossible ! Vous ne pouvez pas couper le moteur, et nous alors, après tout ce qu'on a fait pour vous !” - Si, si, euh… c'est terminé. On regrette, mais les essais, on n'en a plus besoin. Et puis les bombes, en ce moment, c'est plutôt mal vu, alors on a décidé que ça suffisait, on en sait assez. - Ah bon ? Mais nous, qu'est-ce qu'on devient dans tout ça ? - Ben… va falloir pédaler. - Ah, là non, ça ne va pas se passer comme ça. J'ai des relations, moi, Monsieur. Et, effectivement, ça ne s'est pas passé comme ça. Ils ont bien coupé le moteur, mais, ô miracle, on plane toujours… Phrase à mettre en exergue : On nous avait dit : “Attention ! On va couper le moteur”. Ô, miracle ! on plane toujours * Sans crainte de se tromper, on peut déjà affirmer avec certitude que Tahiti Nui, en, disons, 2010, sera très différente de la Polynésie française de l'an 2000. 300 000 habitants, accueillant chaque année 500 000 touristes dans des hôtels nombreux et confortables ou sur des palaces flottants. Une capitale moderne, ayant réglé ses problèmes d'environnement, de circulation et d'urbanisme, capable de plaire à ses visiteurs et de les séduire. Des communes et des îles peu à peu gagnées, elles aussi, par un développement économique de plus en plus spécialisé, bénéficiant enfin d'eau potable, d'établissements scolaires de tous niveaux, de structures de santé et de télécommunications ultramodernes. Des archipels éloignés où il fait mieux vivre, où les gens restent et même retournent s'installer après une expérience tahitienne souvent douloureuse.


Un développement généralisé, donc, une modernité ayant ouvert le pays sur le monde et au monde, apportant mieux-être, meilleure sécurité, meilleure éducation, confort accru dans des logements brillants et propres… Et, par-dessus le marché, une culture bien vivante, vivace même, comme ressuscitée, le passé et le présent faisant excellent ménage dans une société polynésienne enfin en paix avec ses problèmes d'identité, consciente de ce que ses minorités lui apportent et qui les chouchoute. Un pays est en train de naître, sous nos yeux, sous nos mains. Aura-t-il ce visage idéal qu'on nous fait miroiter ? La modernité semble inexorable, indispensable même, mais quel en sera le prix et les Polynésiens sont-ils prêts à le payer ? Un premier élément de réponse réside dans le fait qu'il est plutôt difficile de nous faire entrer dans le moule. Si nous adoptons avec enthousiasme certains aspects de la vie moderne, nous en supportons les contraintes avec peine. Malgré les centaines de milliards déversés par l'État, l'accélération des constructions d'établissements, l'échec scolaire et universitaire reste un fléau. Comme si, pour réussir dans le système qu'on leur propose, les jeunes Polynésiens n'étaient ni suffisamment motivés (parce que ni eux ni leurs parents n'ont sans doute encore pris conscience à quel point l'éducation conditionne l'avenir désormais), ni assez armés dans une réalité quotidienne et familiale trop décalée par rapport aux exigences de l'école. Bien lente prise de conscience collective également en matière d'environnement, domaine dans lequel les égoïsmes s'expriment dans tout leur éclat. Ordures déposées n'importe où - chez “l'autre”, de préférence - bruit, fumées… Vallées et rivières transformées en tout à l'égout avec, comme réceptacle final, les plus beaux lagons du monde, ceux, justement, sur lesquels on compte pour développer le tourisme. Mais à qui la faute et comment faire autrement ? La Polynésie française bénéficie d'un système de protection sociale parmi les plus généreux du monde et d'une qualité de soins digne des pays les plus avancés. Et pourtant, le bulletin de santé de ses habitants n'est pas fameux. Là encore, nous sommes victimes d'un certain laisser-aller. Celui-ci se manifeste, notamment, dans notre assiette (70 % de la population souffre d'un excès de poids et le diabète frappe un Polynésien sur cinq) et sur la route (le non-respect des règles de conduite est une des principales causes de l'hécatombe qui fait proportionnellement deux fois plus de victimes qu'en France). Choisir le développement, la modernité, l'ouverture au monde, c'est forcément accepter de nouvelles règles du jeu. Dans un espace vital rendu sans cesse plus étroit par une démographie encore très féconde, il faut apprendre à partager. Partager la route avec les piétons, les cyclistes, les animaux. Partager le lagon avec les pêcheurs, les baigneurs, les plongeurs… et les poissons. En route vers quel futur ? s'interrogeait le premier numéro de Polynésie Éco en 1995. La direction est aujourd'hui bien définie, le cap est tenu, mais le moteur de la pirogue est encore trop faible. Pour avancer, l'aide de l'État se révèle encore indispensable. Phrase à mettre en exergue : Un pays est en train de naître. Aura-t-il le visage idéal qu'on nous fait miroiter ? * Gaston Flosse est tel qu'il est… Il a pourtant une qualité politique essentielle : il sait être un chef au sens traditionnel du terme, c'est-à-dire celui qui se montre capable d'assurer le bien-être de son peuple. En grande partie grâce à lui et aux relations personnelles qu'il a su tisser au cœur de l'État français, jamais la Polynésie française n'a été aussi riche et prospère que depuis l'arrêt des essais nucléaires. On pourra discuter à l'infini de l'utilisation des milliards que la France accorde généreusement à son Territoire et des raisons pour lesquelles elle se montre si large. Le fait est que les moyens du développement sont là. Et que ça marche !


Naturellement, la richesse est encore trop mal partagée. Les syndicats, avec une nouvelle génération de dirigeants aux dents longues, avides de se faire une image, se chargent de le rappeler en ce début d'année 2000, fertile en remous sociaux. Mais si cette richesse n'existait pas, que se partagerait-on ? Aucun état insulaire de la région n'a réussi à s'en sortir seul, même ceux qui, au départ, semblaient dotés des meilleures chances. Ils ont au contraire sombré dans le marasme économique, puis dans la misère et, enfin, dans la violence. La vague est partie de Papouasie-Nouvelle-Guinée, il y a une dizaine d'années. Pourtant assis sur de fabuleux gisements de pétrole et des mines d'or, les Papous s'entretuent joyeusement. Leur monnaie s'est effondrée, leur classe politique est totalement corrompue et l'unité nationale en permanence menacée. La guerre de sécession de Bougainville a fait plus de dix mille morts, des enfants pour la plupart. Depuis 1999, après plusieurs années de crise économique, les Salomonais s'étripent à leur tour. Aujourd'hui, la vague de violence a touché Fidji qui renoue avec ses vieux démons racistes et vit les pires moments de son histoire. À nos portes, les îles Cook pataugent et les ministres s'assassinent à Samoa. Dans cet océan de larmes qui n'a plus de pacifique que le nom, les îles faisant encore partie d'un grand ensemble national sont de rares oasis de paix, de liberté et de prospérité. Cette situation est d'une fragilité extrême, mais, à la fois, relativement facile à préserver pour peu que l'on fasse preuve d'un minimum d'ouverture d'esprit, de tolérance et de générosité. Phrase à mettre en exergue : Dans cet océan de larmes, les îles faisant encore partie d'un grand ensemble national sont des oasis de paix, de liberté et de prospérité.


BILANS

Une décennie globalement positive… mais de graves lacunes subsistent Pour cette édition Spécial “An 2000”, nous avons voulu faire un premier point de l'après - CEP. Outre notre habituel bilan économique annuel, nous vous proposons donc un bilan de ces années 90, si riches en événements parmi lesquels nous avons sélectionné les dix qui nous paraissaient les plus significatifs pour l'avenir de notre pays. Vit-on mieux en Polynésie française aujourd'hui qu'il y a dix ans ? Cette question était pour ainsi dire notre fil conducteur dans la série de huit enquêtes que vous allez découvrir. La réponse n'est pas simple. Certes, la confiance a pu être rétablie et les progrès sont indéniables dans de nombreux domaines, en particulier dans le social. La richesse globale du pays s'est assez largement accrue, les finances publiques ont été assainies, des efforts considérables ont été consentis pour l’équipement en infrastructures. D'une manière générale, il est incontestable que cette dernière décennie a été positive pour la Polynésie française et ses habitants. Nous bénéficions à la fois d'une bien meilleure ouverture sur le monde et l'on a parallèlement assisté à un renouveau de la culture polynésienne, surtout au cours des dernières années. Cela dit, de graves lacunes subsistent, notamment en matière d'éducation et, surtout, d'environnement. Les ménages polynésiens sont mieux équipés mais de plus en plus endettés. Ils sont victimes de nouvelles maladies, liées à la modernité ; et sont souvent emportés dans un tourbillon de bouleversements que les plus faibles ressentent comme des menaces. La cohésion sociale reste suspendue à un effort de solidarité collectif que seul le soutien massif de l'État est en mesure de garantir. Et, malheureusement, les scandales politico-financiers, lesquels ont généralement marqué toute la période, n'ont pas épargné la Polynésie française. Enfin, à l'approche des échéances électorales, l'incertitude chronique sur l'avenir institutionnel du pays pourrait à nouveau freiner, voire menacer son développement. P. S


Portraits - texte de tête de rubrique

Pour réussir l'après - CEP, il fallait le soutien de la France. Il n’a pas failli. Mais il fallait aussi des ressources humaines, des Polynésiennes et des Polynésiens capables de porter concrètement notre autonomie sur les fonts baptismaux. Depuis 1995, Polynésie Éco braque chaque année ses projecteurs sur quelques femmes et hommes ayant, dans leur domaine et à leur niveau, joué un rôle remarquable en faveur de l'entreprise ou, plus largement, du développement économique de notre pays. Pour cette édition « spécial an 2000 », nous avons choisi de présenter trente personnalités ayant particulièrement marqué ou influencé l'économie polynésienne au cours de la dernière décennie. La liste est certes incomplète. D'autres auraient sans aucun doute mérité d'y figurer. Elle offre néanmoins un « panorama » significatif des talents de la société polynésienne contemporaine. Et ce qu'ils disent est aussi intéressant que ce qu'ils font. Le titre d'Homme économique de l'année 1999 est attribué à Christian Perez, président directeur général des Chantiers navals du Pacifique sud (CNPS). En cette année de la parité, nous avons également, pour la première fois, nommé une Femme économique de l’année. Il s’agit pour 1999 de Nina Vernaudon, propriétaire et directrice du supermarché Toa Moorea, vice-présidente de la Chambre de Commerce, d'Industrie, des Services et des Métiers de Papeete (CCISM. Mme Vernaudon et M. Perez sont récompensés à la fois pour leurs qualités humaines, professionnelles et sociales. P.S

Les Hommes économiques de l'année de Polynésie Éco -

1994 - Hubert Viaris de Lesegno (Brasserie de Tahiti) 1995 - Marcel Galenon (Air Tahiti) 1996 - Olivier Loyant (Mc Donald's) 1997 - Edouard Tuairau (Morinda) 1998 - Eric Minardi (Pilot Energy)

Noms propres Air Tahiti Brasserie de Tahiti Chambre de Commerce, d'Industrie, des Services et des Métiers de Papeete (CCISM) Chantiers navals du Pacifique sud (CNPS) Galenon Marcel Loyant Olivier Mc Donald's Minardi Eric Morinda Perez Christian Pilot Energy Toa Moorea Tuairau Edouard Vernaudon Nina Viaris de Lesegno Hubert


FINANCES PUBLIQUES

Patrick Peaucellier : rigueur, habileté et dévouement Il y a vingt et un ans, un jeune homme revenait au pays, sa moisson de diplômes faite en métropole (Sciences Po Paris, maîtrise en droit et licence ès lettres). Vite repéré par Gaston Flosse (alors député - maire de Pirae), Patrick Peaucellier devenait, dès 1979, son directeur de cabinet, fonction qu’il a occupée jusqu’à l’autonomie interne, tout en assumant, à partir de 1982, le secrétariat général du Tahoeraa Huiraatira. En septembre 1984, il se voit confier, une première fois, le ministère des Finances et des Affaires intérieures avant de devenir (en avril 1986) vice-président du gouvernement, ministre de l’Economie et des Finances. En 1987, il est conseiller spécial de Gaston Flosse au secrétariat d'État chargé des Affaires du Pacifique sud. Cadre brillant, déjà rompu aux responsabilités politiques, Patrick Peaucellier passe ensuite trois ans au Niger, au sein de l’agence locale de la Caisse Centrale de Coopération Economique (CCCE). Mais Gaston Flosse, de retour au pouvoir en 1991, le rappelle à la tête du ministère des Finances et des Réformes administratives, chargé (depuis 1996) du Pacte de Progrès. Pétri du sens du service public par conviction, instruit de l'art du possible par expérience, il s'attelle avec rigueur au rééquilibrage des finances territoriales. Avec le soutien du président, taillant dans les dépenses, renforçant les contrôles, il accomplit sa mission en dépit de la réduction de la rente nucléaire. Patrick Peaucellier a eu la responsabilité des finances territoriales pendant presque toute la dernière décennie. Son influence a été déterminante dans la recherche des nouveaux équilibres financiers de l'après - CEP. Parallèlement, il a lancé une vaste réforme administrative visant la création d'une véritable fonction publique territoriale et, surtout, il a modernisé la fiscalité locale par la création de la CST (1995) et de la TVA (1998). À 47 ans, se distinguant par sa capacité de travail et sa courtoisie, Patrick Peaucellier gère un budget territorial s’élevant à 135 milliards de Fcfp en 2000, dont 32,3 milliards pour les investissements, tandis que l’attendent deux autres gros chantiers : la réforme de la patente et la création d’une TVA immobilière destinée à remplacer les droits d’enregistrement. P.S 2 329 K Noms propres Flosse Gaston Peaucellier Patrick Mots clés Contribution de solidarité territoriale (CST) Finances publiques Fiscalité TVA


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DOSSIER AUTOMOBILE ET TRANSPORTS TERRESTRES

La reine des îles a besoin d'espace L'automobile était censée nous apporter la liberté. Elle nous emprisonne chaque jour dans des embouteillages monstrueux. Elle occupe chaque pouce de terrain accessible dans les rues de Papeete, asphyxiant la capitale du lever au coucher du soleil. Elle pollue notre environnement et nous coûte des fortunes. Quand elle ne tue pas nos enfants !… Le prix est exorbitant, mais nous l'aimons tellement que nous sommes prêts à le payer, et même beaucoup plus. Nous sommes même capables de mutiler nos paysages et de bouleverser notre cadre de vie pour les adapter, de force, à ses exigences. L'automobile a gagné, elle est la reine des îles ! Après de longues années d’immobilisme, les pouvoirs publics semblent enfin décidés à traiter les problèmes entraînés par un trafic routier en croissance affolante. Il est toutefois malheureux que, pour tenter de combler une décennie de retard, on confonde désormais vitesse et précipitation. Dans la hâte d'ouvrir de nouvelles voies et sous prétexte que l'espace est réduit, on sacrifie trop le piéton, le cycliste, les familles, les handicapés… Saiton seulement les graves nuisances causées aux riverains d'une route polynésienne, à Tahiti notamment ? Vitesse excessive des voitures et des poids lourds, bords de route inexistants, danger permanent pour les enfants qui n'ont plus d'espace de jeu, pour les personnes âgées, difficultés pour traverser, bruit, poussière, … À tel point qu'il est légitime de s'interroger : comment peut-on vivre au bord de la route à Tahiti ? Tournant radical En 1999, la politique des transports terrestres en Polynésie française a pris un tournant radical. L'année a été marquée par la réalisation d’infrastructures routières lourdes troisième voie du front de mer, troisième entrée est, route des plaines - qui ont profondément transformé l'environnement tahitien, à Papeete en particulier. Parallèlement, le gouvernement lançait une vaste réforme des transports en commun. Premier volet de cette réforme : le retrait progressif des trucks à la circulation, au profit d’une modernisation de la flotte et du réseau. Ce n'est qu'un début. D'importants chantiers sont en projet. On étudie une future « route de la mer » (le fameux tunnel sous le lagon de Papeete), une voie rapide jusqu'à Taravao… et des dossiers sensibles attendent d'être traités - réactualisation du code de la route, revalorisation des taxis ou encore lancement du stationnement payant en ville avec ouverture d'une fourrière. Pour le moment, l'automobiliste est roi en Polynésie française et sa reine a tous les droits. Les élus se hâtent lentement quand il s'agit de prendre des mesures impopulaires. Cela dit, le sacrifice a ses limites et, en dépit des pressions de toute nature, la maîtrise du trafic automobile sera l’un des enjeux essentiels des années 2000 si l'on veut éviter que Tahiti et ses îles n'étouffent sous la tôle et l'huile de vidange. Marianne Tourette et Patrick Schlouch 3 000 K Mots clés Automobile Transports terrestres


POLYNÉSIE ÉCO “SPÉCIAL AN 2000” Cocktail de sortie (23 août 2000) 21 septembre 2000 - Hôtel Le Méridien Punaauia Intervention de M. Patrick Schlouch, Rédacteur en chef

Mesdames et Messieurs, Chers amis, Merci d'avoir répondu à notre invitation. Je voudrais d'abord remercier Pascal Heems et JeanMichel Peyrefiche d'avoir organisé cette belle soirée pour célébrer la parution de Polynésie Éco 2000. Les cocktails de sortie se suivent depuis six ans déjà. Mais ils ne se ressemblent pas. Cette année est un grand millésime. Il faut dire que Polynésie Éco n° 6 est une édition spéciale. Elle nous a donné du mal, pour ne rien vous cacher. Nous voulions profiter de l'“effet 2000” et il me semblait important de marquer le coup. Voilà comment j'ai pensé à ce premier point sur l'après-CEP et à ce bilan de la décennie.


Sans fausse modestie, je suis assez satisfait de ce numéro spécial. Je voudrais en particulier féliciter les rédacteurs pour la qualité de leurs textes. Polynésie Éco n'est certainement pas parfait. Et ne prétend nullement être infaillible ni complet. Pourtant, quelles que soient ses faiblesses, je crois que nous avons beaucoup de chance de disposer d'un tel instrument d'information dans notre petit pays. Bien des régions de France nous l'envieraient. Sans parler de l'Outre-mer où il n'existe, à ma connaissance, aucun équivalent de Polynésie Éco. Malgré une augmentation incroyable du nombre des médias en Polynésie française depuis dix ans, notre pays souffre encore, à mon avis, d’un déficit d’information. Une information fiable sur elle-même est ce dont la société polynésienne a le plus grand besoin pour passer le cap de cette période de transition dans les meilleures conditions. Après pratiquement une année passée à réfléchir et enquêter sur le bilan d'une décennie d'autonomie, Je me disais qu'il fait encore bon vivre à Tahiti et en Polynésie française,

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C'est un privilège rare. Autour de nous, dans le Pacifique, la misère et l'ignorance ont généré le racisme, la haine et la violence. J'ai une pensée particulièrement émue pour le peuple fidjien, parmi lequel j'ai vécu plusieurs années, et qui ne mérite pas ce qu'il subit. Nous pouvons nous féliciter de notre situation économique, de notre paix et de notre liberté. Ce sont d'aujourd'hui.

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biens

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dans

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monde

Mais attention, des dangers nous menacent. La vague de violence qui se déploie dans tout le Pacifique sud pourrait très bien nous atteindre un jour. Nos liens avec la France, peuvent être mis en péril. Ils doivent être préservés avec soin. Il faudra aussi être très vigilants pour éviter que les fléaux de la modernité ne viennent déséquilibrer une société polynésienne en pleine mutation, donc plus fragile. Je pense notamment à l'hécatombe sur les routes qui frappe surtout les plus jeunes, à la destruction de notre environnement, vie.

et aux problèmes de santé liés aux nouveaux modes de

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Nous devons pourtant rester optimistes. D'abord parce que, nous avons tous les atouts en mains. Dans l'ensemble et compte tenu du contexte, le pays se sort assez brillamment de cette expérience autonomiste. Il est incontestable que, pour une très grande majorité de Polynésiens, toutes ethnies confondues, la vie est certainement plus facile et agréable aujourd'hui qu'il y a dix ans. L'optimisme a du reste été à la base de la création de Polynésie Éco qui est avant tout un magazine positif. Polynésie Éco soutiendra toujours l'innovation, la créativité et le courage, tout en faisant la promotion de la qualité et du travail bien fait. Mais notre optimisme n’est pas béat. Il s’appuie sur un travail aussi professionnel que possible dans un pays où les handicaps à un véritable journalisme d’enquête sont nombreux. Il n'exclut ni la lucidité, ni la critique quand elle est fondée sur des éléments tangibles et vérifiés …/…

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Si vous me le permettez, je voudrais profiter de cette occasion pour remercier et féliciter toute l'équipe qui a participé à la production du magazine. Je voudrais remercier aussi Messieurs Philippe Hersant, Pascal Heems et Jean-Michel Peyrefiche. mes partenaires du groupe France - Antilles avec lequel Media Conseil Pacifique collabore depuis sa création en 1995, et cela dans une ambiance de grande liberté. Je ne pourrais du reste pas travailler autrement. Un merci tout particulier à nos deux parrains, la Maison Sibani et Air New Zealand, sans qui Polynésie Éco n'aurait jamais vu le jour et qui nous soutiennent fidèlement depuis le début. Enfin, je voudrais remercier ma chère épouse Graziella. Sans sa patience et son soutien, je serais certainement incapable de supporter tous les ans la pression et la rigueur nécessaires à la production d'un tel ouvrage. Mauruuru à tous et bonne soirée. (appel de Nina Vernaudon et Christian Perez, femme et homme économique de l'année)

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PHILIP\

HOME DECORATION


L'art de vivre polynésien, un état d'esprit Qu'est-ce que l'art de vivre ? Grande question en vérité. C'est peut-être la connaissance des diverses façons de traverser l'existence avec le plus d'élégance et le moins de dégâts possible. Voici la deuxième édition annuelle de Polynésie Habitat. Nous vous tendons la main et vous proposons de nous suivre dans le monde de l'art de vivre en Polynésie française. L'habitat est le creuset de l'art de vivre, l'endroit où il s'exprime le plus intimement. L'habitat est un révélateur culturel qui ne trompe pas. Choisir l'endroit où l'on va passer le reste de ses jours - ou quelque temps seulement ; les matériaux dans lesquels on va construire sa demeure ; les couleurs dont on va s'entourer… et bien d'autres choses encore, tout cela peut devenir un terrible casse-tête. Ce peut-être aussi l'aventure d'une vie ! Et puis, il y a le quotidien : la piscine, qu'il faut entretenir, le jardin, qu'il faut chouchouter. Les termites qui vous bouffent les fondations et les sauvageons qui vous boivent votre bière. Vous aider à supporter tout cela avec le sourire en vous facilitant la vie au maximum, voilà ce qui nous a motivés dans nos enquêtes et nos reportages. L'art de vivre polynésien est légendaire. Il est apprécié du monde entier. Il n'est pas aussi menacé par la modernité qu'on pourrait le craindre. Il s'en nourrit au contraire. Car il est un état d'esprit et non pas affaire de matières ni d'outils. Bonne lecture ! Patrick Schlouch


CLUB 89 Hôtel M……. - 10 octobre 2000

LE TOURISME, AVENIR DE LA PF ? Présentation de Madame Brigitte Vanizette Directeur général du GIE Tahiti Tourisme

Monsieur le Président, Cher Michel, Chers amis du Club 89, Je vous remercie de m'avoir invitée à vous parler du tourisme polynésien et de sa promotion. C'est, comme vous le savez, un sujet crucial pour notre pays. Je suis très heureuse d'avoir ainsi l'occasion de vous présenter le GIE Tahiti Tourisme que j'ai l'honneur de diriger depuis le mois de septembre 1998. …/…


J'aimerais ensuite vous parler de notre destination, Tahiti & ses îles, et des résultats très encourageants qu'elle enregistre sur les marchés mondiaux. Nous pourrons enfin, si vous le voulez bien, lancer ensemble une petite réflexion sur le rôle du tourisme dans l'avenir de notre pays. * On constate souvent une certaine confusion dans les esprits à propos de l'organisation du tourisme en Polynésie française. Je rappellerai que, sous l'autorité du ministre du Tourisme, qui est, comme vous le savez, le président du gouvernement, il existe actuellement quatre organismes chargés chacun de différentes missions. (fiche n° 1 - l'organisation du tourisme en PF)

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Il y a d'abord le service du Tourisme dont la principale activité à l'heure actuelle est de s'occuper des procédures d'aide à l'investissement touristique. C'est ce service qui instruit, avant de les transmettre au Conseil des Ministres, les dossiers de projets hôteliers susceptibles de bénéficier du Code des investissements. Il traite aussi les dossiers d'aide à la petite hôtellerie. Le gouvernement mise énormément sur le développement des pensions de famille. Il a créé un système d'incitation probablement unique au monde et sur lequel nous fondons beaucoup d'espoirs. Dans le cadre de ses missions, le service du Tourisme est également responsable des statistiques touristiques lesquelles sont, en principe, diffusées chaque mois. …/…

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Nous avons ensuite le GIE Tahiti Manava Visitor's Bureau. Il s'agit d'un groupement d'intérêt économique dont la tâche est d'accueillir les touristes et de rendre leur séjour aussi agréable que possible par des animations, des services d'information, etc. Tout récemment, en août 2000, a été créé le service de l'Aménagement et des Infrastructures touristiques. Rattaché à la présidence et au ministère du Tourisme, ce service est chargé de veiller à ce que notre destination soit correctement équipée en infrastructures adaptées pour recevoir nos visiteurs. Enfin, le GIE Tahiti Tourisme, dont je suis responsable, a pour mission de promouvoir notre destination sur les marchés extérieurs. …/…

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Je préciserai qu'il faut distinguer entre la Polynésie française et la destination touristique dont l'enseigne commerciale est Tahiti & ses îles. Notre travail a certainement pour effet de promouvoir l'image de notre pays dans le monde et nous en sommes très fiers. Mais il a surtout pour but d'aider à vendre un produit constitué par un ensemble de prestations de services à caractère touristique. (fiche n° 2, le GIE Tahiti Tourisme, données de base) Le GIE Tahiti Tourisme a été créé en 1992. C'est un groupement d'intérêt économique, administré par un conseil de trente deux membres parmi lesquels une majorité de professionnels du tourisme - hôteliers, compagnies aériennes, agences de voyages, charters nautiques, etc. …/…

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Sont également représentées les Institutions et l'Administration territoriales, ainsi que les communes. (fiche n° 3 - budgets) Pour l'année 2000, nous disposions d'un budget d'un milliard trois cent millions de francs Pacifique. Pour plus de la moitié, (…. millions de francs) cette somme est financée par des fonds publics sous la forme d'une subvention du Territoire. Le reste (… millions environ) provient essentiellement d'une redevance de promotion touristique payée par les touristes eux-mêmes. Il s'agit là d'un budget raisonnable que nous essayons de rentabiliser au maximum. 87 % de ce budget sont consacrés à la promotion. …/…

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(fiche n° 4 - GIE Tahiti Tourisme organigramme et représentations sur fond de carte du monde) Notre réseau mondial s'appuie sur huit représentations extérieures installées sur nos principaux marchés : -

En Amérique du Nord, En Amérique du Sud, Au Japon, En Australie, En Nouvelle-Zélande… Et bien sûr en Europe où notre principale représentation est installée à Paris. Nous avons ouvert récemment deux autres bureaux à Madrid et à Londres. Je voudrais maintenant essayer de vous aider à mieux comprendre de quelle manière nous nous y prenons pour communiquer avec les touristes, et les convaincre de venir en vacances à Tahiti et dans les îles. …/…

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(2 ou 3 photos sélectionnées - beauté et authenticité de Tahiti & ses îles) Notre destination a de grandes qualités, mais, elle a aussi ses faiblesses. Les unes et les autres sont assez bien connues. Elles sont même parfois interchangeables. L'éloignement, par exemple, est un handicap, mais c'est aussi un atout par la protection qu'il assure et par la valeur qu'il confère au voyage. Pour le reste, nos points faibles sont surtout ceux de l'inexpérience et de la jeunesse. Il faut savoir que, partout, la qualité des produits et services touristiques polynésiens s'améliore. …/…

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Notre destination s'ouvre à son destin touristique de manière rapide mais, dans l'ensemble, plutôt harmonieuse. Même si certains signes montrent que la prudence est de rigueur dans ce domaine, les Polynésiens semblent pour le moment vivre cette évolution avec la philosophie et la légendaire capacité d'adaptation qui font leur force. Une chose est sûre, le tourisme ne se développera qu'avec la pleine et entière adhésion des populations locales. Voilà pourquoi, celles-ci doivent avant tout être respectées, correctement informées et impliquées aussi directement que possible dans le processus de développement. Elles prendront alors conscience de tout ce que le tourisme peut leur apporter. …/…

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Le tourisme est devenu la principale industrie mondiale. On voyage de plus en plus, mais on est aussi de plus en plus exigeant… Et l'on a le choix ! Imaginez toutes les destinations possibles pour vos vacances. Elles sont presque innombrables. Tahiti & ses îles n'est que l'une d'entre elles. Pour ne parler que du Pacifique tropical, on a le choix entre Hawaï, Guam, Fidji, la Nouvelle Calédonie et une bonne dizaine d'archipels tous plus exotiques les uns que les autres. Notre rôle consiste donc essentiellement à convaincre les touristes de nous choisir de préférence à nos concurrents. …/…

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Pour cela, nous devons d'abord nous positionner dans les circuits commerciaux. Nous rendre visibles aux yeux des professionnels et du public. La chance de Tahiti & ses îles, c'est l'image extraordinaire dont notre pays bénéficie encore dans le monde entier. Cette image est notre capital le plus précieux. La préserver est essentiel. Cette image ne s'appuie heureusement pas que sur le soleil, les cocotiers et les lagons bleus, comme celle de beaucoup d'autres destinations. Elle évoque surtout le rêve, la pureté, une certaine magie, une vie différente, plus simple, un art de vivre authentique…et la sécurité aussi. …/…

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Malheureusement, la réalité ne correspond pas toujours à ce point de vue idyllique. Nous devons être très vigilants et nous battre sur tous les fronts pour que nos visiteurs soient finalement heureux de leur séjour. Car, même en l'an 2000, la publicité la plus efficace reste encore le bouche à oreille. Surtout sur un marché aussi étroit que le nôtre. Et surtout avec le développement du courrier électronique et de l'Internet. Avec le e-mail vous pouvez maintenant, d'un seul clic, informer toutes vos relations, votre famille et même les médias sur vos impressions de voyage à Tahiti & ses îles. (fiche n° 5 - méthodes de travail, principaux moyens utilisés)

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Pour atteindre nos objectifs, nous disposons de multiples moyens de communication avec les professionnels ou directement avec le public. Leur choix dépend des marchés et des catégories de touristes que l'on vise plus particulièrement. Ainsi, nous finançons des campagnes de publicité dans les médias nationaux et étrangers ; Nous invitons des agents de voyages à visiter Tahiti & ses îles. Nous les formons pour en faire des experts passionnés par notre destination. Nous privilégions aussi les invitations de journalistes dont les retombées dans la presse ou à la télévision sont très précieuses Nous publions d'information.

des

documents …/…

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Nous participons à des salons internationaux et événements spécialisés. Et, surtout, nous entretenons d'étroites relations avec les professionnels. * (fiche n° 6 - Résultats, chiffres et statistiques 1999) En 1999, pour la première fois dans l'histoire du tourisme polynésien, la barrière des 200 000 visiteurs a été franchie. C'est un cap symbolique très révélateur du dynamisme de notre industrie. Mais la fréquentation n'est pas le seul chiffre à retenir. Deux autres indicateurs sont d'une importance capitale pour l'économie du Territoire. …/…

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Il s'agit, d'une part, des nuitées hôtelières, c'est-à-dire du volume de l'activité des pensions de famille, de la petite et moyenne hôtellerie, de la grande hôtellerie, des charters nautiques et des paquebots de croisières ; Et, d'autre part, des recettes touristiques, c'est-à-dire de l'ensemble des dépenses des touristes dans le Territoire. En ce qui concerne les nuitées hôtelières, elles ont bénéficié d'un accroissement de 4 % en 1999, pour atteindre …. Quant au chiffre d'affaires du tourisme, il a atteint 47 milliards de francs. (fiche n° 7 - Statistiques et objectifs 2000) L'an 2000 a vu une solide confirmation de ces bons résultats. Cela, en grande partie grâce au boom des croisières. …/…

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Trois paquebots de grande classe sont désormais basés en permanence dans nos eaux. Une excellente promotion, des prix très attractifs et une grande qualité de la prestation… ces bateaux sont toujours pleins. Il faut pourtant souligner aussi l'excellent taux de remplissage des hôtels qui montre bien que la bonne santé de notre tourisme ne repose pas exclusivement sur les croisières. Au total, pour l'an 2000, nous espérons accueillir deux cent quarante mille (240 000) visiteurs , soit environ 13 % d'augmentation. Cela représenterait environ 1,7 million de nuitées hôtelières et des recettes qui pourraient approcher les 50 milliards de francs. * …/…

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Le tourisme est-il l'avenir de notre pays ? Le tourisme sera-t-il bientôt le pilier de notre autonomie économique et de notre développement ? C'est en tout cas la conclusion de toutes les réflexions collectives, et de toutes les études menées, à Paris comme à Papeete, depuis l'annonce de l'arrêt des essais nucléaires en 1992. C'est également le but de tous les efforts consentis ces dernières années par le gouvernement et par tous ceux qui œuvrent d'une manière ou d'une autre pour le développement du tourisme polynésien. On estime à environ 500 000, le nombre de visiteurs annuels nécessaire pour que le tourisme polynésien puisse réellement jouer ce rôle moteur de notre économie. …/…

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Un tel niveau de fréquentation produirait au moins 100 milliards de recettes directes par an et induirait la croissance de nombreux secteurs d'activité proches du tourisme comme • l'artisanat, • la perliculture, • la bijouterie, • l'agriculture, • l'horticulture, • les transports, etc, etc. Pour atteindre un tel objectif, Pour passer de 200 000 à 500 000 touristes, Il y a deux conditions essentielles : - il faut d'abord une volonté politique clairement déterminée. Je pense qu'il n'y a aucun doute sur ce premier point. …/…

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Le Territoire a investi énormément dans les infrastructures nécessaires à l'épanouissement du tourisme. Et ce n'est pas fini ! Il soutient aussi la formation professionnelle touristique et hôtelière. Il encourage l'investissement hôtelier et notamment la petite hôtellerie. Il participe très largement aux efforts de promotion en subventionnant le GIE Tahiti Tourisme à hauteur de 60 %. L'État a également soutenu cette politique, en particulier par le biais de la défiscalisation, laquelle a surtout permis de moderniser et d'agrandir notre parc hôtelier. La première condition est donc largement remplie, même s'il faudra encore patienter un peu avant que les mentalités s'adaptent aux temps nouveaux. …/… 19


- la deuxième clé du succès du tourisme, c'est un produit compétitif. Cela signifie tout simplement que la concurrence est très vive, et que, désormais, les touristes sont extrêmement bien informés, grâce à l'Internet notamment. Ils peuvent, par conséquent, comparer très facilement les destinations entre elles, depuis chez eux. Tahiti & ses îles fait toujours rêver. Toutes les études le confirment. Mais, pour que le rêve se poursuive, et que nos visiteurs repartent encore plus enchantés qu'ils ne l'espéraient, il nous faut des prestations à la hauteur. Depuis que j'ai l'honneur de diriger le GIE Tahiti Tourisme et que ma responsabilité est de promouvoir notre destination, je n'ai qu'un seul slogan : la qualité. …/… 20


Les professionnels savent de plus en plus qu'elle est l'unique secret de la réussite. Notre destination est fabuleuse, tout le monde le reconnaît. Mais le touriste attend plus, il exige davantage, il veut des prestations impeccables et originales. Tahiti & ses îles doit offrir une expérience inoubliable et convaincre qu'elle valait bien qu'on la choisisse et qu'on en paie le prix. Je vous remercie de votre attention et suis à votre disposition pour répondre à vos questions.

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o U R I

rourisrs spenr 47.25'z billion fcÉp in French Polynesia IrN 1999, qo (* I 26.5 compared to l9c7). Since I995. French Polynesia s slârisrics ins-

titure {lSPFt has been analysing tor.,ri.r expendirures in Tahiri and her rslands, Every two years, the institute cârries out a slrrvey at Faâ'a airport, in the embarcation lounge upon tourists' depârture. In 1999, the sample included 2241 questionaires, taking into accounttwo criteria : the airline usedand th€ country ofresid€nc€.

TOURIST EXPENDITURES +t,zbillion Fcfp in t999

:

These are a few conclusions drawn from this survey: -

22,2

"/o

of tovrists are on their honeymoon,

- the American market comes ahead generating 15,57

billion Fcfp, followed

by France (14,55 billion Fcfp) - Europeârs are stâying longer : 16,7 days ot average (average length of stay : 12,8 days) - French are the main customers of family run hotels (59 % of the total amount of hotel bed nights) - Japanese spend on average of 35 176Fcfp per day laverage expenditure : 17 542Fclp per day), followed by South Americans (25 829 Fcfp) and North Americâns (23 019 Fcfp).

.

Break down

of touri5t expenditure5

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M E


Papeete, le 20 octobre 2000

Collaboration GIE Tahiti Tourisme - Media Conseil Pacifique

VE'A TAHITI TOURISME COMITÉ ÉDITORIAL DU 11 OCTOBRE 2000

Brigitte Vanizette (directeur général GIE Tahiti Tourisme) Christel Hébrard (responsable marketing au GIE) Patrick Schlouch (directeur Media Conseil Pacifique) Isabelle Ozan (rédactrice - traductrice)

Conformément à la convention d'édition liant les deux parties, le comité de rédaction de Ve'a Tahiti Tourisme s'est réuni à la direction générale du GIE Tahiti Tourisme pour étudier l'ordre du jour suivant :

Évolution éditoriale et graphique de la lettre d'information du GIE Ve'a Tahiti Tourisme,


1. Examen critique de la dernière édition - septembre 2000 (contenu, graphisme) •

M. Schlouch fait remarquer que la maquette utilisée jusqu'à présent pour le Ve'a appartient à une graphiste ayant quitté le service de Media Conseil Pacifique. Il faudra donc revoir cette maquette pour éviter toute demande de royalties de la part de cette personne.

•

En ce qui concerne la couverture, la couleur du fond de l'éditorial doit être adoucie, les textes seront en blanc à l'intérieur ; une photographie de Madame Vanizette pourra être ajoutée en médaillon, notamment sur la version anglaise (à confirmer sur présentation des deux maquettes possibles)

•

Mme Vanizette soulève le problème des surcoûts de distribution entraînés par l'augmentation du grammage du papier et évoque la possibilité de revenir au papier 100 g mat utilisé antérieurement (contre 135 g brillant pour l'édition spéciale et le numéro 4). M. Schlouch estime qu'il serait dommage de revenir en arrière, cela serait préjudiciable à l'image et à la qualité du produit. Il est finalement décidé de tenter l'expérience du 115 g brillant.

•

Les infographies statistiques seront revues

2. Redéfinition de la stratégie éditoriale •

La rubrique principale consacrée au travail du GIE et de ses représentations doit être remaniée. Il lui faut une plus grande souplesse en fonction de l'actualité. S'il ne s'est rien passé dans telle ou telle représentation pendant la période, rien ne sert d'occuper à tout prix l'espace avec des informations trop détaillées et techniques. Il faut améliorer la sélection de l'information. Il faut offrir l'essentiel au lecteur (LE salon, LE reportage télé, etc) et surtout, préparer un vrai résumé analytique du travail sur la période et, le cas échéant, des résultats obtenus. L'espace consacré à chaque représentation devra donc être modulé en fonction de l'importance des infos

•

Il sera possible de présenter, dans cette rubrique, les agents du GIE, ceux et celles qui font la promotion de Tahiti & ses îles en Polynésie ou à l'extérieur. Cette galerie de portraits (très brefs, très "flash") pourra s'enrichir de personnalités n'appartenant pas directement au GIE mais dont l'action est importante sur tel ou tel marché (TOs, agents de voyages, journalistes spécialisés, etc.)

2


•

La rubrique "La parole aux professionnels" est conservée en principe, mais n'apparaîtra pas de manière systématique. Elle sera en principe ouverte uniquement aux professionnels du secteur privé.

•

Les infos touristiques en bref seront très positives et insisteront notamment sur l'évolution et l'amélioration de la destination (qualité du service, originalité, authenticité, créativité, effort, aménagement, etc.).

3. Tahiti Tourisme Awards •

M. Schlouch suggère de soutenir la stratégie de Tahiti Tourisme d'encouragement à la qualité par la création et l'organisation d'"awards" destinés à honorer et récompenser les professionnels de l'industrie touristique ayant particulièrement marqué l'année par leurs efforts en matière de qualité, d'originalité, de créativité, etc. (cf. ci-dessus)

•

Mme Vanizette apprécie cette idée, mais elle précise que ces awards ne doivent pas être décernés arbitrairement par le GIE ; elle évoque la possibilité de passer par une enquête auprès des agents de voyages. À suivre et à étudier…

4. Procédures et délais de production. •

Les délais de production du Ve'a sont actuellement beaucoup trop longs, entraînant des retards considérables sur les plannings. Cela nuit à la fois à la qualité de l'information qui est souvent trop ancienne et à l'image du GIE et de sa lettre d'information.

•

Tout devra être mis en œuvre pour respecter le planning d'édition suivant établi sur un total de 10 semaines : Semaine 1 •

Comité de rédaction - élaboration du sommaire

•

Collecte de l'information et des illustrations

Semaine 2 •

Collecte de l'information

•

Rédaction …/…

3


Semaine 3 • •

Rédaction Relecture - titrage - calibrage

Semaine 4 •

Corrections

Semaine 5 • •

Mise en pages Traduction anglais

Semaine 6 •

Mise en pages

•

Corrections - BAT

Semaine 7 • •

Préparation à la photogravure - montage Photogravure

•

Vérification des films

Semaines 8-9-10 •

Impression

•

Façonnage

Ce planning s’applique au VTT n° 5 à compter de la semaine du 16 au 22 octobre 2000 pour une sortie prévue aux alentours du 15 décembre 2000. Visa du GIE Tahiti Tourisme

Visa de MCP

Brigitte Vanizette

Patrick Schlouch

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GIE TAHITI TOURISME Conférence annuelle des représentants extérieurs

Hôtel Tahiti Sheraton - 4 décembre 2000

Discours d'accueil de Brigitte VANIZETTE Directeur Général GIE Tahiti Tourisme

Monsieur le Président du gouvernement, Monsieur le Maire, Monsieur le Vice-Président, Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Administrateurs, Mesdames et Messieurs les Représentants extérieurs Mesdames et Messieurs les professionnels du tourisme Mesdemoiselles, Mesdames et Messieurs, Chers Partenaires, IAORANA


ème Bienvenue à tous à l'occasion de notre 9 Conférence annuelle des représentants extérieurs. Monsieur le Président du gouvernement, qui est aussi notre ministre du Tourisme, nous fait l'honneur de sa présence. Comme nous en avons pris l'habitude depuis deux ans, dans un souci d'efficacité et de concertation, nous avons associé les professionnels du tourisme à nos travaux. Les ateliers des différentes représentations où s'élaborera la stratégie 2001 du GIE Tahiti Tourisme vous sont ouverts et nous serons heureux de recueillir vos commentaires et vos propositions.


En l'an 2000, l’ensemble de l’industrie touristique locale a bénéficié d'une conjoncture favorable. Nous manquons malheureusement de données pour en connaître les éléments précis et les analyser. Mais, nous parvenons malgré tout à avoir diverses indications pour savoir que nos objectifs ont été atteints. Notre moyenne saison touristique est devenue une haute saison touristique à tel point que la saison a commencé dès Mars pour ne s’achever que fin Novembre et qu’il y a même un problème aigu de disponibilité en chambres, notamment dans les îles. Les recettes touristiques ont atteint 47 milliards de francs en 1999 et tout laisse à penser que ce chiffre a été largement dépassé en 2000.


Notre fréquentation avoisinera les 240 000 à 250 000 touristes internationaux sur l’année et le volume des nuitées hôtelières devrait se situer autour de 1,7 à 1,8 millions. Nous venons tout juste de recevoir quelques estimations relatives à la fréquentation touristique internationale. Selon l’Institut de la statistique et le Service du Tourisme, notre destination aurait accueilli 193 000 touristes à fin septembre 2000 contre environ 150 000 à fin septembre 1999, soit une progression sur 9 mois de l’ordre de 29 %.

…/… L'hôtellerie polynésienne a donc connu une saison prospère à tous les niveaux de la gamme même si des difficultés, d'ordre social notamment, ternissent quelque peu la fin de l'année. Les taux de remplissage des grands hôtels ont nettement progressé et la petite hôtellerie familiale se développe rapidement, poussée par les mesures


d'incitation adoptées par le Territoire. La capacité hôtelière de notre destination continue de croître à un rythme cependant, moins soutenu qu’il y a un an et demi. Le secteur des croisières, quant à lui, a connu un boom spectaculaire et un taux d'occupation maximal.

Nous avons néanmoins une inquiétude dans le domaine de la desserte aérienne avec la réduction des fréquences des compagnies Air France et, peut être, d’AOM. Nous espérons surtout que le développement du marché européen n'en sera pas perturbé et que l’accroissement souhaité de la fréquence d’Air New Zealand sur le tronçon LAXPPT permettra de combler partiellement ce déficit en sièges.


Bonne nouvelle cependant en ce qui concerne l’accès au marché européen : Air New Zealand a établi un partage de code avec Lufthansa qui desservira journaliérement Francfort-LAX. Un autre partage de code sera étendu à Munich et facilitera la tâche des voyageurs en provenance d’Autriche, de la Suisse et de l’Italie. Le marché « France et autres Europe » est, en effet, un marché au potentiel important auquel nous avons décidé de nous attaquer directement par l'ouverture, en avril dernier, de deux nouvelles représentations à Madrid et à Londres. Cette réorganisation répond à un souci de proximité des marchés émetteurs mondiaux et de meilleure connaissance de la demande internationale. D’une manière générale, l’organisation en cours de la zone « France et autres Europe » s’inscrit dans la même démarche. D’autre part, Tahiti Tourisme a fait, cette année, un très gros travail sur l'image de Tahiti & ses îles et son positionnement. Nous avons mis en lumière les atouts naturels et culturels de chaque archipel et les


spécificités de chaque ile. Au regard de notre niveau de prix, nous devons offrir des services de première qualité. Et pour cela, il est indispensable de concentrer notre énergie et nos moyens sur les segments de marché les plus porteurs. Je pense, bien sûr, aux voyages de noces qui représentent déjà une part très importante de notre clientèle. Mais, il y a aussi d’autres segments tels que la plongée, le tourisme vert, le tourisme culturel, les activités nautiques, les croisières, les voyages de stimulation… Diversifier notre produit tout en recherchant l’excellence sur chaque segment, nous permet d'intéresser de nouveaux clients, qu'il sera probablement plus facile de fidéliser. Nous nous constituons ainsi, peu à peu, un "public", un cœur de clientèle sur lequel nous pourrons édifier notre stratégie de croissance du taux de retour des touristes, qui est actuellement bien trop faible.


Dans le même temps, nous faisons la promotion d'autres archipels et d'autres îles comme je le disais tantôt. Il est en effet indispensable d'étendre la répartition géographique de notre développement touristique. Tout ce travail s'appuie sur des études complètes et professionnelles. Nos actions sont ainsi définies sur des bases solides et nous pouvons optimiser nos investissements. Nos méthodes s'adaptent et se modernisent rapidement. L'objectif est d'être plus visible et plus présent en démultipliant nos capacités face à une concurrence toujours plus vive.


Nous avons mis l'accent cette année sur la polyvalence de l'équipe du GIE Tahiti Tourisme. Des agents du siège central de Papeete assurent des présentations directement sur le terrain et dans la langue du pays concerné : espagnol, allemand, portugais, anglais, français. Cette stratégie nous permet de renforcer et d’accroître notre visibilité sur les marchés extérieurs.


…/… Nous avons la chance d'avoir connu deux années consécutives de forte croissance, mais le succès n'est jamais garanti pour l'avenir. La destination « Tahiti & ses îles » entre néanmoins dans le troisième millénaire forte d'un excellent potentiel sur tous ses marchés. Plus que jamais, la poursuite de notre développement dépend essentiellement de la qualité de nos efforts individuels et collectifs pour proposer à nos visiteurs une destination et des services toujours plus performants.


Nous sommes heureux, aujourd’hui, d'accueillir nos représentants extérieurs. Nous serons à leur écoute avec le plus grand intérêt mais n’hésitez pas, Mesdames et Messieurs les professionnels, à formuler des critiques constructives, car l’amélioration de la qualité de service est aussi à l’ordre du jour de Tahiti Tourisme. Avant de céder la parole à Monsieur le Président du Gouvernement, Gaston Flosse, j’aimerai tout particulièrement, Monsieur le Président, vous remercier chaleureusement car vous nous avez


toujours soutenu dans nos efforts promotionnels. Par ailleurs, j'aimerais aussi remercier les professionnels du tourisme pour leur participation active au développement touristique et toute l'équipe de Tahiti Tourisme pour la qualité de son travail, qui sera, j’en suis sûre, encore meilleure en 2001. Je voudrais aussi remercier toutes les personnes qui ont participé à l'organisation de cette conférence et tout particulièrement Freddy pour la décoration. Merci de votre aimable attention et de votre présence si nombreuse. Cela nous fait chaud au cœur surtout lorsque les archipels éloignés sont représentés.

MAURU ’URU et MAURU ’URU ’ROA

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GIE TAHITI TOURISME Conférence annuelle des représentants extérieurs

Hôtel Tahiti Sheraton - 4 décembre 2000

Discours d'accueil de Monsieur Marcel Galenon Président du Conseil d’Administration

Monsieur le Président du gouvernement, M……. (en fonction de la présence de personnalités) Mesdames et Messieurs les Administrateurs, Madame le Directeur général, Mesdames et Messieurs les Représentants extérieurs Mesdames et Messieurs les professionnels du tourisme Mesdames et Messieurs, Bienvenue à tous à l'occasion de notre 9ème Conférence annuelle des représentants extérieurs. Monsieur le Président du gouvernement, qui est aussi notre ministre du Tourisme, nous fait l'honneur de sa présence. Et nous sommes heureux d'accueillir également M……….


Comme nous en avons pris l'habitude depuis deux ans, dans un souci d'efficacité et de concertation, nous avons associé les professionnels du tourisme à nos travaux. Les ateliers des différentes représentations où s'élaborera la stratégie 2001 du GIE leur sont ouverts et nous serons heureux de recueillir leurs commentaires et leurs propositions. Madame Vanizette nous donnera tout à l'heure quelques explications pratiques sur l'organisation de cette conférence et de ses ateliers. * En l'an 2000, l’ensemble de l’industrie touristique locale a bénéficié d'une conjoncture favorable. Nous manquons malheureusement de données pour en connaître les éléments exacts et les analyser. Mais, nous disposons tout de même de suffisamment d'informations pour savoir que nos objectifs ont été atteints. Les recettes touristiques ont dépassé 47 milliards de francs en 1999 et tout laisse à penser que ce chiffre a encore augmenté en 2000. La fréquentation avoisine les 250 000 (?) …/… 2


L'hôtellerie polynésienne a connu une saison prospère à tous les niveaux de la gamme même si des difficultés, d'ordre social notamment, ternissent quelque peu la fin de l'année. Les taux de remplissage des grands hôtels ont nettement progressé et la petite hôtellerie se développe rapidement poussée par les mesures d'incitation adoptées par le Territoire. La capacité hôtelière de notre destination continue de croître à un rythme élevé. Le secteur des croisières a connu un boom spectaculaire avec trois paquebots en service et un taux d'occupation maximal. Nous avons néanmoins une inquiétude du côté de la desserte aérienne avec la réduction des fréquences des compagnies Air France et AOM. Nous espérons surtout que le développement du marché européen n'en sera pas perturbé. Il s'agit en effet d'un marché au potentiel considérable auquel nous avons décidé de nous attaquer directement par l'ouverture, en avril dernier, de deux nouvelles représentations à Madrid et à Londres. …/… 3


Cette réorganisation répond à un souci de proximité des marchés et de meilleure connaissance de la demande et de la clientèle. Tahiti Tourisme a fait, cette année, un très gros travail sur l'image de Tahiti & ses îles. Il s'agit de mettre en lumière les atouts divers et variés de notre destination. Pour améliorer notre rapport qualité - prix, nous devons offrir des services de première qualité. Et pour cela, il est indispensable de concentrer notre énergie et nos moyens sur les segments de marché les plus porteurs. Je pense bien sûr aux voyages de noces qui représentent déjà une part très importante de notre clientèle. Mais, il y a aussi la plongée, le tourisme vert ou culturel, les activités nautiques comme les croisières ou le surf… Diversifier notre produit tout en le spécialisant, nous permet d'intéresser de nouveaux clients, qu'il sera probablement plus facile de fidéliser. Nous nous constituons ainsi, peu à peu, un "public", un cœur de clientèle sur lequel nous pourrons édifier notre stratégie de croissance du taux de retour des touristes, qui est actuellement bien trop faible. 4


Dans le même temps, nous faisons la promotion d'autres archipels et d'autres îles. Il est en effet indispensable d'étendre la répartition géographique de notre développement touristique. Tout ce travail s'appuie sur des études complètes et professionnelles. Nos actions sont ainsi définies sur des bases solides et nous pouvons optimiser nos investissements. Nos méthodes s'adaptent et se modernisent rapidement. L'objectif est d'être plus visible et plus présent en démultipliant nos capacités face à une concurrence toujours plus vive. Nos présentations, par exemple, s'effectuent désormais dans la langue du pays concerné : espagnol, japonais, portuguais… Notre direction générale a mis l'accent cette année sur la polyvalence de l'équipe du GIE. Des agents du siège central de Papeete assurent des missions directement sur le terrain où ils vont soutenir nos représentants extérieurs. …/… 5


Nous avons la chance d'avoir connu deux années consécutives de forte croissance, mais le succès n'est jamais garanti pour l'avenir. Tahiti & ses îles entre néanmoins dans le troisième millénaire forte d'un excellent potentiel sur tous ses marchés. Plus que jamais, la poursuite de notre développement dépend essentiellement de nos efforts individuels et collectifs pour proposer à nos visiteurs une destination et des services toujours plus performants. Nous sommes heureux d'accueillir nos représentants extérieurs et nous sommes à leur écoute avec le plus grand intérêt. Avant de céder la parole à Monsieur le Président Gaston Flosse, j'aimerais, au nom du conseil d'administration et en mon nom personnel, féliciter et encourager Madame Brigitte Vanizette et toute l'équipe de Tahiti Tourisme pour la qualité de leur travail. Je voudrais aussi remercier tous ceux qui ont participé à l'organisation de cette conférence. Merci de votre attention et de votre présence.

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GIE TAHITI TOURISME 9ème conférence annuelle des représentants extérieurs

Hôtel Tahiti Sheraton - 4 décembre 2000

Discours de Monsieur Gaston Flosse Sénateur -Président du Gouvernement Ministre du Tourisme

Monsieur le Président de Tahiti Tourisme, M. …… (en fonction de la présence de personnalités) Mesdames et Messieurs les Administrateurs, Madame le Directeur général, Mesdames et Messieurs les Représentants extérieurs, Mesdames et Messieurs les Professionnels du tourisme, Mesdames et Messieurs Chers amis, Merci de votre accueil et de votre présence. Votre conférence est un moment important de l'année touristique polynésienne. C'est l'occasion de faire un bilan de nos actions en faveur de notre industrie et de préparer l'avenir. …/…


Cette année encore les indicateurs sont favorables et nous nous en félicitons. Avec un regret toutefois, celui de ne pouvoir nous développer aussi vite que nos marchés. En ce qui concerne l'hôtellerie, nous sommes heureux que la sagesse ait prévalu en matière de défiscalisation. La suppression de celle-ci eut signifié l'arrêt brutal de notre croissance et jamais nous n'aurions pu atteindre notre objectif de 6 000 unités d'hébergement en hôtellerie classée vers 2006. A la fin de cette année, Tahiti & ses îles offrira un total de 3 720 chambres, soit une augmentation de 9 % par rapport à 1999. C'est encore très insuffisant. L'an dernier, nous nous inquiétions des difficultés de remplissage d'hôtels soudain trop nombreux, à Bora Bora notamment. En l'an 2000, vous venez de nous le rappeler, Monsieur le Président, on a manqué de chambres à Bora Bora. Cette situation montre bien le dynamisme de notre tourisme et prouve que son succès ne doit pas seulement au secteur des croisières. …/… 2


À ce propos, je trouve regrettable que celui-ci ait été écarté de la nouvelle loi de défiscalisation. Le débat sur ses retombées économiques est stérile et dépassé. Comment peut-on douter des effets bénéfiques de la présence, chaque année, de près de 60 000 touristes au fort pouvoir d'achat, à Tahiti et dans les îles, pendant plusieurs jours ? Tous ces gens dépensent, c'est évident. Ils se restaurent, ils se distraient, ils se déplacent, ils achètent des souvenirs, bref, ils sont en vacances ! Compte tenu des difficultés et des délais nécessaires à la construction d'un réseau hôtelier satisfaisant, les croisières sont la seule façon d'attirer rapidement un grand nombre de touristes à Tahiti & ses îles dans de bonnes conditions. Je note également avec une grande satisfaction l'essor de la petite hôtellerie. Mon gouvernement est extrêmement soucieux de l'adhésion indispensable des Polynésiens à notre projet de développement touristique. …/… Or, ce type d'accueil, 3


qui permet d'offrir à nos visiteurs l'opportunité de découvrir la véritable vie à la polynésienne dans des sites souvent exceptionnels, est en même temps parfait pour impliquer la population locale dans ce projet. Il constitue un moyen idéal de créer des retombées socioéconomiques directes dans les îles et en secteur rural traditionnel. C'est la raison pour laquelle le gouvernement a pris des mesures extrêmement favorables au développement de la petite hôtellerie. Voilà aussi pourquoi nous avons redéfini les missions du GIE Tahiti Manava Visitor's Bureau qui est désormais clairement responsable de la promotion des métiers du tourisme auprès des populations locales. Je me réjouis, par conséquent, que les activités touristiques se joignent aux pensions de famille pour leur prochain salon. Cette initiative va tout à fait dans le bon sens. …/…

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Le développement de notre tourisme dépend aussi très directement de notre desserte aérienne. Or, nous sommes là dans une situation pour le moins paradoxale. D'une part, certains de nos marchés sont limités par le manque de sièges d'avion, alors que, d'autre part, notre compagnie aérienne polynésienne internationale, Air Tahiti Nui, a du mal à assurer ses équilibres financiers par insuffisance d'activité. Nous ferons tout pour obtenir un créneau supplémentaire au départ de Tokyo et mettre en service un second vol hebdomadaire. J'espère également que la compagnie nationale Air France répondra à nos appels et augmentera son offre de sièges sur la Polynésie française en 2001. Le marché européen représente en effet un très fort potentiel de croissance. Promouvoir notre destination, c'est très bien, encore fautil que le produit corresponde à l'attente de la clientèle. Nos paysages sont parmi les plus beaux du monde et notre culture est en pleine renaissance. …/…

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C'est surtout pour cela que nos touristes viennent jusqu'à nous. Ils doivent pouvoir en profiter dans les meilleures conditions de confort, de propreté, de sécurité… Voilà pourquoi les efforts menés ces dernières années, avec l'aide de l'État, pour la modernisation et l'embellissement de la ville, des communes et du pays tout entier ont été d'une importance capitale. Ils doivent absolument se poursuivre autant qu'il sera possible. Il s'agit d'investissements indispensables dans un pays à vocation touristique et d'un avantage indéniable sur la concurrence. La modernisation et l'embellissement de notre pays sont tout aussi importants pour l'image de la France elle-même. On a souvent dit que la Polynésie française est une vitrine de la France dans le Pacifique. Ce sera d'autant plus vrai que Tahiti & ses îles recevra de plus nombreux visiteurs en provenance du monde entier. …/… À ce propos, je voudrais souligner l'influence prépondérante de l'Internet et des nouvelles technologies de 6


l'information et de la communication sur le développement de notre destination. Grâce aux moyens de communication modernes, Tahiti & ses îles est plus proche. Elle est plus visible sur les marchés. Mais son image est également plus fragile. Le courrier électronique décuple en effet la puissance du bouche-à-oreille qui reste la plus influente des publicités. L'État a totalement mésestimé cette composante et je regrette que la part du tourisme dans le nouveau contrat de développement ne dépasse pas un insignifiant 3 %. Cela dit, le bilan de cette année 2000 est nettement positif. Je tiens à vous féliciter tous pour vos actions et à vous renouveler les encouragements du gouvernement qui se tient à vos côtés et vous soutient. Nous souffrons toutefois de quelques problèmes qui sont du reste largement la rançon du succès. …/… J'évoquais tantôt le manque de chambres et de sièges d'avion.

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Il y a aussi l'eau, la fragilité de notre environnement et les conflits sociaux… Sur ce dernier point, il me semble que nous devrions pouvoir éviter de trop grandes difficultés avec un minimum de compréhension mutuelle et d'ouverture d'esprit. La croissance doit profiter équitablement à tous ses acteurs. Nous savons les problèmes de l'hôtellerie. Mais il ne faut pas oublier la somme unique d'avantages en matière d'infrastructures, de formation professionnelle, d'aides de toute nature consentis dans notre pays. Il est deux conditions essentielles à la poursuite du développement touristique en Polynésie française sur des bases solides : La première, c'est une volonté politique forte soutenue par une large adhésion populaire. …/… Sur ce point, mon gouvernement a donné tous les gages possibles et les scrutins démocratiques ont toujours confirmé l'appui des Polynésiens. La seconde condition, c'est un produit compétitif. 8


Là encore, nous sommes sur la bonne voie, notamment par l'amélioration constante de notre rapport qualité - prix. Je compte sur vous tous pour que nos progrès s'intensifient et que nous puissions atteindre nos objectifs dans les meilleures conditions pour le bien du tourisme et de la Polynésie française. J'ai l'honneur d'ouvrir officiellement la neuvième conférence des représentants extérieurs du GIE Tahiti Tourisme. Puissent vos travaux être sereins et fructueux. Mauruuru.

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ASSOCIATION DES HISTORIENS ET GÉOGRAPHES DE POLYNÉSIE FRANÇAISE Dîner - débat du 5 décembre 2000 Lycée hôtelier du Taaone “BILAN CONTRASTÉ D'UNE DÉCENNIE D'AUTONOMIE” Invité : M. Patrick Schlouch, directeur de l'agence Media Conseil Pacifique, rédacteur en chef de Polynésie Éco

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs, Je vous remercie de votre invitation. particulièrement et cela pour deux raisons :

Elle

m'honore

tout

D'abord, pour la qualité de votre association. Il est heureux de constater l'intérêt très ouvert que vous accordez à l'évolution du monde qui nous entoure et du pays où nous vivons. La seconde raison, c'est que vous êtes les premiers à m'inviter. Jamais encore je n'avais eu l'occasion d'animer un dîner - débat. Votre président, a pris de gros risques et je le remercie de sa confiance. J'aurais peut-être décliné la proposition si je ne respectais pas autant les disciplines que vous enseignez. L'histoire et la géographie sont les deux principales clés de la compréhension de l'actualité et de l'information, qu'elles soient internationales ou locales. Je regrette aujourd'hui de ne pas avoir assez bossé mon histoire-géo au lycée.


Malheureusement, je ne suis pas le seul. L'histoire et la géographie sont bien trop négligées dans nos sociétés. La plupart des gens connaissent très peu d'histoire et l'on dit que les Français ignorent la géographie. Le plus grave, c'est que la situation n'est pas différente dans les médias. Or, comment comprendre le monde et l'information en faisant abstraction des contextes historique et géographique ? Et si l'on est soi-même incapable de comprendre, comment rendre compte au public ? On en a la preuve tous les jours. La Guerre du Golfe et les drames des Balkans sont des cas typiques. Mais, ici, en Polynésie française, c'est tout aussi flagrant. Le monde des médias est très particulier en Polynésie française, par rapport à la métropole ou aux grands états démocratiques. C'est en revanche un paysage commun dans les îles et les très petits pays. Il est caractérisé par une forte concentration. Comme vous le savez, les deux journaux quotidiens publiés dans le Territoire appartiennent au groupe France - Antilles de M. Philippe Hersant. Ce groupe contrôle également la diffusion des programmes de télévision et la totalité du marché des petites annonces. Il possède une radio, plus particulièrement orientée vers les jeunes ; Il imprime Fenua, le journal du gouvernement ; Enfin, il dispose d'une société d'édition qui publie des ouvrages spécialisés, le principal guide de la Polynésie française, ainsi que des magazines périodiques à thème (les femmes, l'économie et l'habitat). C'est une entreprise en pleine santé. En dehors de ce groupe, il existe très peu de supports papier d'information grand public en Polynésie française.

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C'est important car, même en l'an 2000, le papier reste le principal support d'information dans notre pays. Les radios sont en effet nombreuses et variées, mais l'information y est le plus souvent ouvertement partisane, ou totalement insuffisante voire absente. La misère en matière d'information est encore plus criante à la télévision. Il y a cinq fournisseurs d'images en Polynésie française : deux d'entre eux - l'État par le biais de RFO et le Territoire par celui de TNTV - offrent un service public gratuit avec des journaux d'information dans les deux langues. Sans commentaires. Les trois autres fournisseurs d'images : Canal +, Téléfenua et TNS sont payants. Ils ne diffusent pratiquement pas d'informations locales, si ce n'est sous des formes qui s'apparentent plus au divertissement (enfin, cela dépend pour qui). Il reste l'Internet, mais, il faudra encore attendre. Les médias locaux s'y sont encore très peu intéressés. Il s'y publiera, à terme, d'innombrables informations parmi lesquelles il sera bien difficile de faire le tri. Celui ou celle qui sera vraiment intéressé par une information solide et fiable, devra de plus en plus la mériter, soit en la payant cher, soit en consacrant beaucoup de temps à la dénicher. Le niveau professionnel des journalistes locaux souffre en général du manque de formation. Il n'existe aucune école ni aucun autre système de formation au journalisme et aux métiers de la communication dans notre pays. Pourtant les besoins existent. Des télévisions et des radios se créent. La presse spécialisée est en plein essor.

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Les entreprises et les administrations découvrent la communication et les lettres d'information fleurissent. On assiste à un réel bouillonnement médiatique avec, à la clé, de nombreux emplois potentiels. Nous avons besoin de bons journalistes naturellement, mais aussi de directeurs et de responsables de communication qualifiés. Nous avons besoin de spécialistes des relations publiques. C'est d'autant plus vrai dans un pays multiethnique comme le nôtre et dont le développement repose en grande partie sur le tourisme. On voit très bien le niveau de la communication sociale en Polynésie française. Dans l'entreprise polynésienne, il n'y en a tout simplement aucune. Malheureusement, le dialogue n'existe pas. La communication est nulle. On passe tout de suite au rapport de forces et à la grève. Cela doit leur sembler plus facile. Et c'est dommage ! Mais, il nous faut aussi des techniciens de la communication et de l'édition. Des photographes, des graphistes… Savez-vous qu'on ne trouve pas d'imprimeurs à Tahiti et qu'il est pratiquement impossible d'en faire venir de métropole ? Tout simplement parce qu'il n'y a pas de candidats. Résultat : les délais d'impression sont deux à trois fois plus longs à Tahiti qu'ailleurs. Pour un prix largement supérieur et une qualité… je dirais, irrégulière. RFO est pratiquement le seul média local disposant de journalistes formés dans une école de journalisme.

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En Polynésie française, à tous les niveaux de la hiérarchie professionnelle, la plupart des rédacteurs de presse écrite ou des journalistes des radios et des télévisions privées, les reporters photographes, et même les secrétaires de rédaction, c'est-à-dire ceux qui traitent l'information avant de la diffuser, ont été formés sur le tas. Je suis moi-même dans ce cas. Avec toutefois la chance d'un diplôme universitaire et d'une longue expérience de la Polynésie française et du Pacifique sud. Si vous êtes journaliste à Tahiti et que vous souhaitiez exercer votre métier, vous n'avez pas beaucoup de choix. Soit vous créez votre propre publication, ce qui vous impose des contraintes pratiquement insurmontables. Soit vous travaillez avec le groupe leader sur le marché. Ou alors vous changez de métier. J'ai moi-même fait les trois. C'était plus sûr ! Depuis 1995, après avoir fondé ma propre agence, j'ai en effet créé des magazines, des lettres d'information, des bulletins, des catalogues, etc., etc. J'en ai produit beaucoup pour France - Antilles qui est mon principal partenaire. Et l'on peut dire aussi que j'ai changé de métier puisque de simple journaliste, je suis à présent devenu, entre autres, chef d'entreprise, éditeur, conseiller en communication… et nègre ! Ma première idée fut d'éditer un magazine féminin. Finalement, cela ne s'est pas fait. Je trouvais le marché porteur, mais j'étais un peu gêné qu'un tel magazine fût réalisé par un homme. Ça ne pouvait pas vraiment coller. J'avais également en tête un magazine économique.

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Nous étions en 1994. Le Territoire se préparait à une mutation profonde. Je voulais suivre cela de près et en faire profiter le public. Je pensais aussi que l'économie était une matière de plus en plus porteuse d'un point de vue médiatique et qu'elle constituait un instrument d'observation idéal de l'évolution de la société. Mon idée était de traiter l'économie locale comme un sujet quotidien et simple, accessible à tous. Je voulais essayer de montrer les hommes et les femmes derrière les chiffres. Mettre en évidence les atouts et les faiblesses. Le concept a été apprécié par le groupe France-Antilles et nous avons décidé de créer ensemble Polynésie Éco. Nous avons opté pour une périodicité annuelle. Cette solution satisfaisait aussi bien à mon besoin de recul vis-à-vis de l'information, qu'à des contraintes financières, techniques et commerciales liées aux conditions d'un marché très étroit. Le premier numéro de Polynésie Éco est sorti en 1995. Nous avons eu la chance que le produit soit reconnu dès le départ pour sa qualité et son utilité. À l'occasion de l'an 2000, pour la sixième édition, je souhaitais vraiment faire quelque chose de spécial. Voilà comment j'ai pensé à ce bilan d'une décennie d'autonomie. Le premier travail d'un rédacteur en chef, c'est le choix. Il fallait d'abord définir les angles sous lesquels nous allions dresser ce bilan. J'ai aussi sélectionné les dix événements de la décennie qui me semblaient les plus importants. Plus difficile, j'ai choisi trente personnalités parmi les représentatives de la décennie dans le domaine économique ou social.

plus

J'ai dû également trier, parmi la multitude des données chiffrées, les plus parlantes et les plus significatives.

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Tous ces choix sont fondés sur des critères professionnels. Mais, il est vrai qu'ils restent subjectifs. Un autre rédacteur en chef aurait certainement travaillé différemment. Je l'ai déjà dit, je trouve que la Polynésie française a beaucoup de chance de posséder un outil d'information tel que Polynésie Éco, Aussi modeste soit-il, notre magazine permet au moins de faire le point une fois par an sur les réels problèmes du pays et sur ses progrès. (nous faisons d'ailleurs des émules puisque nous avons appris, dans La Dépêche que le premier numéro de Calédonie Éco est sorti à Nouméa le mois dernier). Mes choix se sont révélés judicieux dans l'ensemble et j'ai appris beaucoup en réalisant cette édition "Spécial An 2000". La première conclusion de nos enquêtes, ce fut la confirmation de ce que l'on constate à peu près partout autour de nous : la décennie qui s'achève a été d'une manière générale bénéfique pour les Polynésiens. Et l'on peut dire que la première phase de la reconversion après-CEP, est un succès. Nous le devons, bien entendu, au soutien de l'État par le biais des transferts publics et de la défiscalisation. Mais nous le devons aussi, et surtout, à une collaboration exemplaire entre l'État, le Territoire et les communes. Quant aux choix politiques, on peut toujours les discuter. Il me semble en tout cas qu'ils sont restés cohérents, avec des objectifs bien clairs. Et ce n'est déjà pas si mal. De l'assistanat, nous sommes passés au partenariat. Comme une belle au bois dormant, la Polynésie sort de sa léthargie trentenaire imposée par le secret atomique. Elle a retiré l'uniforme pour se parer de costumes de fête. Le tourisme est son nouveau crédo.

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Le plus important, c'est que les gens sont dans l'ensemble mieux nourris, mieux instruits, mieux soignés, mieux logés, mieux transportés, mieux divertis et mieux informés aussi, qu'il y a dix ans. Comment la société polynésienne va-t-elle digérer la révolution qu'elle traverse ? Y perdra-t-elle son âme ou, au contraire, sortira-t-elle culturellement renforcée par ce frottement avec le monde extérieur auquel elle se soumet ? C'est, au fond, la question qui se pose au sujet de tous les peuples à l'entrée dans ce nouveau millénaire. On me demande parfois si les médias et la presse sont libres à Tahiti. Vu le contexte que je vous ai décrit tantôt, on pourrait en douter. En réalité, la presse polynésienne est comme toutes les presses du monde : à l'image de la société qu'elle reflète. Elle est aussi libre que les Polynésiens le sont. Cette liberté est en tout état de cause limitée par le niveau des compétences professionnelles, la qualité de l'information et les contraintes financières, économiques, sociales et culturelles. En ce qui me concerne, je dois dire que, pendant dix ans de collaboration avec le groupe France-Antilles, j'ai toujours travaillé librement. Aussi librement en tout cas que le contexte le permettait. La liberté n'est jamais absolue. Surtout dans une petite île où tout le monde se connaît. Il faut trouver ses espaces de liberté et, peu à peu, les élargir. Voilà ce que j'essaie de faire… Après la chute du mur de Berlin et de l'empire soviétique, on a évoqué la “fin de l'Histoire”. L'Histoire ne finit jamais. Mais, elle peut marquer une pause.

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Une seule superpuissance, assurant au monde une “Pax Americana” douillette, indispensable au développement du business, et qui ne laisse subsister que quelques foyers de violence très localisés, sur lesquels les journalistes tentent péniblement de concentrer l'attention du public. Voilà, le paysage géopolitique d'aujourd'hui, et c'est heureux. Quand le vacarme des guerres et des génocides s'apaise, les médias s'ouvrent aux banales souffrances du quotidien et consentent enfin à nous aider à mieux vivre. On découvre alors, avec stupeur et frustration, que, depuis des années, nos aliments sont empoisonnés, Ou que le sang est contaminé, Ou que la classe politique est corrompue, Ou que la pédophilie sévit depuis toujours dans les églises et à l'armée… On sait tout cela grâce à ces braves journalistes. Il y en a tout de même qui font leur travail correctement. Dans l'avenir, l'information sera la denrée la plus recherchée. Savoir l'analyser, la décrypter et trouver dans le “fouillis médiatique” ce dont on aura vraiment besoin, voilà l'essentiel ! Il faudra donc de plus en plus de professionnels de l'information et de la communication, qualifiés pour ce travail. Mais le monde aura aussi besoin de vous, les historiens et les géographes, qui nous permettent de mieux préparer notre futur en nous éclairant sur les racines du présent. Je vous remercie encore de m'avoir invité et de rendre hommage à mon travail. Merci et bonne soirée à tous !

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DISCOURS DIDIER SIBANI CENTRE VAIMA 14 DÉCEMBRE 2000 Mesdames et Messieurs, Chers amis, Bonsoir à toutes et à tous. Merci d'avoir invitation.

répondu

à

notre

Bienvenue dans la Maison Sibani. Pour fêter le passage au troisième millénaire, nous vous avons préparé une soirée de rêve, dans un pays de rêve, avec des filles de rêve et des bijoux… à la hauteur de la situation. …/…


Je suis fier des dernières collections dont nous vous avons réservé la primeur. Elles marquent une nouvelle étape dans l'évolution du style Sibani Perles et préfigurent nos créations des années 2000. Nous espérons qu'elles vous séduiront. * C'est un grand bonheur de voir ses amis réunis autour de soi. C’est l'occasion de vous dire merci. Merci à vous, nos clients, pour l'honneur que vous nous faites, pour votre fidélité et votre confiance. Merci à vous, nos partenaires, pour votre soutien. …/… 2


Merci à vous, les membres de la Maison Sibani, pour votre travail et votre motivation. * Dans le domaine du luxe, le succès ne dépend pas seulement de la qualité des produits. Il dépend aussi, et peut-être surtout, de la capacité des hommes à les mettre en valeur. Cela suppose des efforts constants et une rigueur sans faille. Ces efforts et cette rigueur ont permis à notre maison de se hisser parmi les dix plus grands groupes français de bijouterie. …/…

3


Notre service expertise, le B.E.E.P., a procédé cette année à plusieurs milliers d'analyses gemmologiques. Nos certificats sont à présent demandés et reconnus dans le monde entier. Notre équipe de créateurs et de producteurs est digne des plus grandes maisons du luxe. À la pointe du progrès, notre atelier est équipé du matériel le plus performant. Nous disposons maintenant des armes qui vont nous permettre de partir à la conquête des grands marchés mondiaux. …/…

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En l'an 2000, nous avons ouvert cinq nouvelles boutiques dont une aux ÉtatsUnis. Notre réseau commercial désormais …. points de vente.

compte

Nous allons poursuivre notre stratégie d'élargissement de ce réseau et, d’ici deux ans, nous devrions ouvrir une nouvelle boutique chaque mois. Le monde et grand et la beauté y a sa place, n’est-ce pas ? * Cette année 2000 a été marquée par une prise de conscience généralisée des difficultés de la perle de Tahiti et des dangers qui menacent notre secteur d'activité. …/…

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J'ai prêché dans le désert pendant si longtemps contre la surproduction et les fragilités de notre système, que cette prise de conscience collective, même tardive, me réjouit. Elle me donne des raisons d'espérer. Il sera peut-être enfin possible de faire quelque chose pour sauver la perle de Tahiti et son image. Et je dis une fois encore : Valorisons nous-mêmes notre perle. Cessons de la brader comme une simple matière première dont les cours nous sont imposés de l'extérieur. Créons une véritable industrie de la bijouterie dans notre pays. …/…

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Toutes les études que nous avons réalisées mettent en évidence la qualité de notre production bijoutière locale. Il y a certainement des progrès à faire, notamment sur la finition des bijoux, mais le monde nous est ouvert, pour peu que nous en ayons l’ambition et que nous nous en donnions les moyens. Proposons à nos clientèles des produits porteurs d’une image de qualité, d'authenticité, de luxe et de rêve. Vous savez, le luxe a une âme. Il est le support et le vecteur d’une industrie de prestige. Il est également le plus séduisant des exportateurs et constitue une excellente locomotive commerciale pour les autres produits de notre fenua. …/… 7


Réduire notre dépendance économique, développer nos ressources et notre pays en les valorisant, c'est notre devoir, C'est notre avenir ! Pour la Maison Sibani, c’est bien plus qu’un engagement, c’est notre participation à la réussite de la Polynésie française. Mauruuru à tous ceux qui ont participé à l'organisation de la soirée. Merci de votre attention et place au spectacle…

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2001


PLAQUETTE DE PROMOTION DU PORT AUTONOME DE PAPEETE Public cible : Les armateurs de navires de croisières

Accueil et présentation par Madame Béatrice Chansin, Directeur général (projet)

Iaorana, Le Port autonome de Papeete et toute son équipe sont heureux de vous souhaiter la bienvenue à Tahiti & ses îles. Nous sommes prêts à accueillir vos navires et leurs passagers dans un cadre exceptionnel, avec un accostage en plein centre ville de Papeete, notre capitale, dans un environnement flambant neuf et spécialement aménagé. Depuis le milieu des années 90, avec le soutien de l'État français, le territoire autonome de la Polynésie française s'est résolument tourné vers le développement économique, la modernisation et l'ouverture sur le monde. Le Port international de Papeete a un rôle de premier plan dans ce processus. Un programme d'investissement sans précédent, d'un montant global d'environ 100 millions de dollars US, nous permettra, en dix ans, de transformer radicalement nos installations pour répondre aux besoins du futur. Le tourisme est le principal pilier du développement économique de la Polynésie française. La croisière est une forme de tourisme très bien adaptée à notre géographie d'archipels dispersés. Les pouvoirs publics lui ont d'ailleurs accordé une importance toute particulière et le Port de Papeete se dote actuellement des équipements les plus modernes et les plus efficaces pour faciliter le séjour des navires et améliorer le confort des passagers. Deux compagnies de croisières de premier plan, Radisson Seven Seas Cruises et Renaissance Cruises, ont déjà basé trois navires dans notre pays avec un succès qui ne se dément pas. Nous recevons aussi environ …navires en escale chaque année. Contactez-nous, venez nous voir, vous pourrez juger la qualité de notre accueil, la beauté de notre destination et le professionnalisme de nos prestations. Nous serons heureux de prendre en considération vos remarques et vos appréciations. Nous vous attendons avec des colliers de fleurs. Béatrice Chansin Directeur général 1 880 k


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Le double visage du progrès par Patrick Schlouch Une vaste étude statistique sur l'équipement et la consommation des ménages polynésiens vient tout juste d’être achevée. Nous en connaîtrons bientôt les conclusions. Elles seront sans aucun doute pleines d'enseignements précieux pour le gouvernement et les acteurs économiques et sociaux. On sait déjà pourtant déjà ce qu'elle ne pourra que confirmer : dans cette partie du monde, dans l'univers insulaire du Pacifique sud, à de nombreux points de vue, nous sommes largement privilégiés. L'évolution rapide dans laquelle la société polynésienne s'est engagée n'est pas toujours sans douleur. Mais, grâce au ciel et au soutien de l'État, tout est fait pour rendre cette mutation plus harmonieuse et moins pénible. Les aides sociales, fiscales, professionnelles, etc., probablement encore insuffisantes, sont innombrables pour ceux qui souhaitent s'insérer dans le nouveau millénaire. La plupart des ménages polynésiens disposent de l'eau courante, gratuite sinon potable (ce qui est peut-être en train de changer, v. page 142) et de l'électricité. Dans les fare, il y a toujours un frigo, la télévision, souvent la vidéo, même le DVD. L'ordinateur y fait rapidement son apparition. L'éducation est gratuite et la santé accessible à tous. La pression fiscale est encore raisonnable (cela pourrait bien ne pas durer après les nombreux « cadeaux » préélectoraux et il faut certainement se préparer à un réveil brutal). L'économie est en pleine croissance. Les travaux de l'Institut d'Émission d'Outremer (IEOM) et de l'Institut de la Statistique de la Polynésie française (ISPF) montrent que les Polynésiens consomment et s'équipent de plus en plus (+ 5 % en 2000). Ils ont même tendance à s'endetter pour satisfaire leurs envies (v. page 223). On possède très souvent un, voire deux véhicules. Le paysage médiatique local est varié, vivant et florissant : une vingtaine de chaînes de télévision, de nombreuses radios, des publications de toute sorte… On commence même à se préoccuper sérieusement d'environnement, de culture et de loisirs. Sans oublier ces perles rares que sont la paix, la liberté et une place reconnue pour les femmes dans la société. Un tel bilan semble idyllique comparé à celui des états insulaires de la région où, même les premières nécessités ne sont pas satisfaites. L'émigration s'y intensifie chaque jour davantage, que ce soit pour fuir une situation intolérable ou simplement pour trouver un emploi. Investissement à long terme Le 6 mai 2001, au scrutin territorial, 75 % des électeurs polynésiens ont manifesté leur choix de société et leur désir de poursuivre sur la voie du développement et du progrès. Naturellement, notre bien-être collectif coûte cher. Ils sont de plus en plus nombreux, en France, à trouver que cela va trop loin. De façon un peu surprenante, le Parti socialiste au pouvoir soutient même ouvertement l'opposition indépendantiste, montrant ainsi son souci de voir la Polynésie voler de ses propres ailes au plus tôt. C'est regrettable, car, d'une part, la grande majorité des Polynésiens manifestent clairement depuis toujours leur volonté de rester français. Ils ont montré, d'autre part, une capacité peu commune à faire fructifier le soutien national. Le Pacte de progrès, conçu en 1992 par un gouvernement socialiste, est un succès exemplaire et incontestable. Il serait donc temps, et plus logique, de considérer enfin les transferts nationaux en faveur du territoire comme des investissements plutôt que comme des dépenses. Or, la France n'a-t-elle pas toutes les raisons d'investir à long terme en Polynésie française ? Rayonnement dans cette partie du monde, promotion de la francophonie, terrain de recherche scientifique et réservoir de potentialités extraordinaires, trésors


culturels et sites naturels uniques au monde, transmission, enfin, en direction de la communauté internationale, par le biais d'une autonomie réussie, d'un message de respect, de générosité et d'efficacité… Et tout cela, tous comptes faits, pour (presque) rien : environ 125 milliards de Fcfp par an, soit moins de 0,5 % du budget de l'État, soit environ 10 FF (180 Fcfp) par Français et par mois. C'est très raisonnable ! Ça l'est encore plus si l'on songe que la frénésie de consommation dont les Polynésiens font preuve profite directement à l'économie française dans laquelle est réinjectée (via les importations ou l'implantation locale de grandes sociétés métropolitaines) une bonne partie des transferts de l'État. La France reste en effet le premier fournisseur et le premier partenaire économique de la Polynésie française dans de nombreux secteurs. Les dos-d'âne de la discorde L'optimisme est donc à l'ordre du jour, mais il faut pourtant rester réaliste. Le Pacte de progrès arrivera à terme dans peu de temps et l'on s'inquiète de ce que sera l'« aprèsaprès-CEP », surtout compte tenu des mauvaises relations actuelles entre l'État et le Territoire. Mais il y a plus préoccupant. Au matin du 20 mars 2001, des milliers d'automobilistes de la côte ouest de Tahiti ont vécu un cauchemar. Les embouteillages monstres, résorbés depuis quelques mois à peine grâce à des investissements routiers considérables, refaisaient soudain surface avec une ampleur inouïe. Dans la nuit, trois ralentisseurs avaient été construits sous la pression de riverains d'Outumaoro « fiu » du nombre affolant d'accidents mortels se produisant devant chez eux et inquiets pour leur sécurité. Cette affaire a brutalement mis en lumière la fragilité et les limites du développement en Polynésie française. La géographie, la démographie, l'histoire non plus que l'écologie, la météorologie ni la culture ou la sociologie (cela fait beaucoup, n'est-ce pas ?) ne pourront pas être indéfiniment oubliées dans un processus qui va, certes, dans le bon sens, mais dont le rythme et les conditions doivent être adaptés aux contraintes de l'environnement naturel et humain. Les communications terrestres, par l'unique route du tour de l'île, sont essentielles pour la modernisation du pays. Tant d'un point de vue stratégique que social. La voiture est le vecteur de l'activité, elle est aussi le symbole de la réussite personnelle et de la liberté. Pas de développement sans augmentation considérable du nombre de véhicules. Dans un pays aussi étroit, privé d'espace, mais à la démographie plutôt vivace, les conséquences sont évidentes. Une poignée de riverains ont réussi à pratiquement paralyser le pays par la simple menace du blocage de la route. Casse-tête ! Comment concilier l'inconciliable ? Depuis toujours, dans les îles, les échanges se sont surtout effectués entre la montagne et la mer. La circulation « transversale » est d'apparition récente. Elle est traumatisante pour les relations traditionnelles. Au plus la route est large et fréquentée, au plus la fracture est profonde. Les populations sont socialement mutilées, coupées de leurs racines. Sans parler des paysages et de l'environnement. La passerelle n'est évidemment qu'un pis-aller coûteux à l'efficacité douteuse. Dans vingt ans, la Polynésie française comptera plus de 400 000 habitants - dont 300 000 à Tahiti - et, probablement, 50 000 touristes en permanence dans le pays. Le nombre des véhicules en circulation aura plus que doublé. La construction de nouvelles voies routières est inéluctable. Les nuisances imposées aux riverains, déjà très importantes à certains endroits, vont s'aggraver. Les accidents et les morts, déjà trop nombreux, vont se multiplier, surtout chez les jeunes. La perspective n'est guère réjouissante. Elle mérite en tout cas d'être au cœur du débat social et politique. L'exemple de la route est particulièrement significatif, mais il est loin d'être unique. C'est vrai, nous sommes privilégiés par rapport à nos voisins, mais prenons garde et réfléchissons soigneusement avant d'agir. Le progrès qui vise à nous libérer pourrait tout aussi bien devenir notre tyran. Serons-nous assez sages et patients pour inventer un mode de vie réellement original et adapté ?


BILANS

Nourrisson L'an 2000 a été spécialement animée sur le plan économique et social. Notre rubrique “Bilans” ne vous propose pas moins de quinze sujets ayant marqué l'actualité de cette année brillante et spectaculaire. Le bilan économique général de la Polynésie française est très satisfaisant. À l'exception de la perle, qui fait face à de sérieux problèmes, tous les principaux secteurs d'activité se développent : du tourisme à la pêche en passant par le BTP, le commerce et l'agriculture. Ceci malgré la flambée des prix de l'énergie. La demande intérieure reste très soutenue. Les Polynésiens continuent à consommer et à s'équiper (le marché de l'automobile est euphorique mais dans un contexte de vive concurrence). Ce faisant, ils ont tendance à s'endetter, ce qui du reste témoigne de leur confiance en leur avenir. L'ensemble permet l'esquisse d'une Polynésie française en pleine révolution sociale, se dotant rapidement d'un outil économique efficace et qui répond surtout parfaitement aux sollicitations des autorités. Il est de plus en plus évident, en effet, que les secteurs productifs prospères sont ceux qui bénéficient du soutien de l'État et du Territoire. Le tourisme et le BTP notamment. Compte tenu des handicaps naturels du pays, sans injection d'argent public, il reste difficile de s'en sortir. C'est clair dans le cas de la perle, de la pêche et de l'agriculture, trois domaines jusqu'à présent largement livrés à eux-mêmes. On comprend ainsi à quel point, et pourquoi, la politique joue un si grand rôle dans notre économie. Mais n'est-ce pas naturel ? Après tout, celle-ci n'en est encore qu'au stade du nourrisson. P.S. 1 650 k


PORTRAITS

Le secret du succès Qui sont-ils ? D'où viennent-elles ? Et quelles sont les raisons de leur réussite ? Une bonne formation généralement, une grande expérience dans son domaine, des qualités humaines et, surtout, beaucoup de motivation et d'amour de son travail. On ne peut pas y arriver en détestant ce que l'on fait. Nous consacrons en principe un tiers de notre vie à notre travail. Ceux qui réussissent vraiment sur le plan économique y sacrifient généralement tout ou presque. À moins que ce ne soit pas un vrai sacrifice. C'est cela, ils aiment ça. Dormir peu et s'engager totalement dans une tâche que l'on a choisie parce qu'elle nous fait vibrer, voilà sans doute le secret du succès. Celui-ci ne vient pas toujours vite. Il faut être aussi patient et persévérant, en dépit des obstacles et des difficultés. Notre galerie de cette année vous propose de mieux connaître douze de ces personnages, acteurs éminents, chacun à son niveau, du jeu économique et social loca l. Ils sont une nouvelle fois la preuve de la richesse et de la diversité de la société polynésienne. C'est là son atout maître, sa principale ressource. Mais cette richesse, cette diversité sont fragiles et sensibles, elles ont surtout besoin de paix et de stabilité. P.S. 1 250 k


ALEXANDRE CORMIER Carpe Diem Pas vraiment conformiste ce notaire de 54 ans à la tête, depuis 1988, de la plus active étude de Polynésie française. Il a défrayé la chronique en 2000 en mettant le feu aux poudres à la CPS. On l'a même reconnu en tête du Carnaval 2000 à Papeete dans une tenue plutôt surprenante pour un notable de son acabit. Alexandre Cormier est né en Mayenne, en décembre 1946, dans une de ces grandes familles bourgeoises de province. D'abord pensionnaire chez les Frères, c'est ensuite un étudiant déterminé qui obtient son diplôme de notaire très jeune : à 25 ans, il est déjà principal clerc d'une étude de soixante personnes à La Rochelle. Plutôt rare dans la profession. Le personnage est impressionnant, quoi qu'on en pense. Il a en tout cas suffisamment impressionné Marcel Lejeune, célèbre notaire à Papeete à l'ère du CEP, pour qu'il lui propose de devenir son successeur. Amoureux d'aviation tous les deux, ils s'étaient rencontrés par hasard. Cette passion et leur profession communes les ont immédiatement branchés. Alexandre Cormier eût pu mener une carrière exemplaire à La Rochelle… ou ailleurs. Il a préféré Tahiti et Tahiti a eu bien de la chance. “Mon métier, c'est de réfléchir”, dit-il. Il est assis à son bureau, avec vue panoramique sur le port de Papeete. Tout est en camaïeu de brun : les meubles, le sol, la décoration. En face de lui, des tableaux évoquant la Polynésie qu'il aime - Boullaire, Lemoine, Masson, Matisse et même un dessin de Gauguin -, des photos de famille, deux enfants polynésiens adoptés avec son ex-épouse, Maiana Bambridge, et une affiche du Village d'enfants SOS dont il est administrateur. Terriblement efficace, Alexandre Cormier. Sa tranquillité est feinte. Il est continuellement en éveil, à l'affût. Trois, quatre heures de sommeil lui suffisent, tant il est impatient de vivre. Dans sa tête, tout est organisé au millimètre. Et ça fonctionne ! Il y a six études notariales en Polynésie française, mais la sienne assure une bonne part de l'activité de la profession. Sa réussite matérielle est complète. Il a accès à tout ce dont un homme peut rêver ici-bas. Et il en profite avec discernement. “La vie n'est belle que si elle est vécue avec intelligence”, lance-t-il. Mais, selon lui, ce qui l'intéresse surtout, c'est les autres. “Le bonheur des gens me réjouit”, affirme-t-il. Il préside ou administre pas moins de cinq associations d'accueil, d'aide ou d'éducation des enfants en danger, parmi lesquelles Les Enfants du Fenua, qu'il a lui-même fondée et qui collecte des fonds au profit d'autres associations. L'influence de Maître Cormier va bien au-delà du notariat ou de la bienfaisance. Il s'est aussi largement engagé dans l'action sociale et professionnelle. Il a notamment relancé la CGPME qu'il co-présidait jusqu'en octobre 2000. C'est à ce titre qu'il a milité pour bon nombre de réformes fiscales qu'il a obtenues, dont celle de la patente. Souvent consulté par les hommes de pouvoir politique ou économique, il a aussi largement contribué à l'élaboration et à l'évolution du dispositif de défiscalisation connu sous le nom de « loi Flosse ». Cet homme étonnant, fervent de littérature et de philosophie, affirme ne courir après rien. “Je n'ai pas d'ambition”, dit-il. Qu'en serait-il s'il en avait eu ? Patrick Schlouch 3 300 k


DOSSIER LA VAGUE MULTIMÉDIA Pour un pays aussi isolé et dispersé que le nôtre, les nouvelles technologies de l'information et de la communication, les NTIC, sont une bénédiction à tous points de vue. Inimaginables il y a peu, d'extraordinaires perspectives s'ouvrent dans tous les domaines : santé, éducation, administration, information sociale, culture, commerce, etc. Encore faut-il que ces nouveaux moyens soient facilement accessibles et peu coûteux. Ce n'est pas encore le cas, mais la tendance va dans le bon sens. Les pouvoirs publics ont parfaitement compris les avantages que la Polynésie française pourrait tirer du développement des NTIC. La détaxation du matériel informatique a été une première étape suivie par le lancement du grand projet Metu@ - accompagné d'un gros effort de formation et d'information, surtout en direction des jeunes - et, à présent, par la défiscalisation. Dopé par ces mesures, le marché suit. Des centaines de sites se créent et de nouveaux services apparaissent continuellement. La vague multimédia est puissante, les Polynésiens apprennent très vite à surfer dessus. P.S. 1 100 k


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FINANCES

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Vive la révolution L'eau est un don du ciel, comme l'air ou le soleil, pourquoi devrait-on la payer ? Le paradoxe est souvent difficile à expliquer et à comprendre. Et pourtant, la distribution d'eau potable est devenue une priorité politique. L'État et le Territoire financent des installations très coûteuses, mais le fonctionnement du service l'est encore plus et l'usager devra en supporter la charge. Une vraie révolution ! L'agriculture polynésienne fait aussi sa petite révolution, de même que le commerce et la pêche. Dans ces trois domaines clés de la vie économique et sociale locale, les anciens clichés s'effacent et un paysage nouveau se dessine rapidement. La révolution a déjà eu lieu depuis longtemps avec l'arrivée des navettes rapides et des ferries à grande capacité sur la ligne maritime Tahiti - Moorea sur laquelle transitent près d'un million et demi de passagers chaque année. La traversée, même par temps calme, reste néanmoins soumise à de grands bouleversements. Toutes ces révolutions, pacifiques mais profondes, sont dans l'ensemble bénéfiques pour la Polynésie française. Alors, vive la révolution ! P.S 1 130 k


POLYNÉSIE ÉCO n° 7 Cocktail de lancement 28 juin 2001 - Hôtel Le Méridien - Punaauia Accueil de M. Patrick Schlouch, rédacteur en chef

Mesdames et Messieurs, Chers amis, Merci de votre présence. Nous sommes très heureux de vous accueillir ce soir pour fêter ensemble la naissance de Polynésie Éco, notre magazine annuel de l'économie polynésienne. Je parle de naissance car c'en est une, en effet. Il y a, en tout cas, de nombreux points communs. Nous en sommes maintenant à la septième. Au départ, il y a un partenariat entre le groupe Hersant et Media Conseil Pacifique. On peut se demander comment une telle union peut bien fonctionner. C'est un peu le mariage de la carpe et du lapin. De l'éléphant avec la fourmi. Mais, on a souvent besoin de plus petit que soi.


Et, finalement, ça marche ! En 1994, nous avons lancé le projet de Polynésie Éco dont la première édition est sortie en 1995. En 1998, nous avons créé Polynésie Habitat et, au total, sur sept ans, avec le guide Trouvtou, nous avons produit une bonne quinzaine de bébés ensemble. Si l'on reconnaît l'arbre à ses fruits, on peut dire que le nôtre n'est pas trop mauvais. Je voudrais donc d'abord saluer et remercier Philippe Hersant, Pascal Heems et Jean-Michel Peyrefiche. Un clin d'œil particulier à Pascal qui va prochainement nous quitter après plus de trois années polynésiennes. À son arrivée, il a su voir le potentiel de Polynésie Éco et c'est lui qui lui a donné un nouveau souffle. Nous lui souhaitons bon courage et beaucoup de succès et de bonheur dans le nouveau défi qui l'attend à Paris. Un magazine aussi ambitieux que Polynésie Éco ne peut être réalisé qu'avec une équipe solide. Je remercie tous ceux qui ont participé à sa création et je les félicite pour la qualité de leur travail. Chacun a vraiment donné le meilleur de soi-même pour un résultat optimum. Merci aussi à tous ceux qui nous aident dans notre recherche d'information, dans les entreprises, dans les administrations, dans les associations, etc. 2


Enfin, je remercie nos annonceurs. Polynésie Éco existe et se développe grâce à eux. Cette année, ils ne sont pas moins de 138. Il faut souligner l'effort de présentation et la qualité générale de leurs annonces. Autant qu'un outil d'information, Polynésie Éco se révèle comme un excellent support de promotion des entreprises de notre pays. Pour terminer, nous adressons nos très sincères félicitations aux deux lauréats désignés par notre comité éditorial : Madame Dominique Faucher, directrice de Pro Interim, qui est notre Femme économique de l'année et Monsieur Vetea Liauzun, directeur de Tahiti Sport, Homme économique de l'année Je laisse à Pascal Heems le soin de vous les présenter, en espérant qu'il ne les fera pas trop rougir. Merci de votre soutien, bonne lecture et, surtout, bonne soirée à tous.

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LES FÊTES DE GENÈVE Ouverture officielle - 3 août 2001

Invité d'honneur : Tahiti & ses îles

DISCOURS DE MADAME BRIGITTE VANIZETTE Directeur général du GIE Tahiti Tourisme

Monsieur le Maire, Monsieur (ou Madame) le Directeur général des Fêtes de Genève, Monsieur (ou Madame) le Directeur de l'Office du Tourisme, Mesdames et Messieurs, (adresse à préciser)

Ia Orana, Bonsoir à tous, Je suis vraiment très honorée de participer à cette ouverture officielle des Fêtes de Genève 2001, et c'est un grand plaisir pour moi de vous transmettre le salut de Tahiti & ses îles.


Je m'exprime et je vous salue au nom des 70 personnes : artisans, danseurs, perliculteurs ou professionnels du tourisme qui composent notre délégation polynésienne. Je vous salue, enfin, au nom du groupement d'intérêt économique, Tahiti Tourisme, que je dirige depuis 1998, et qui est, en quelque sorte, l'homologue de votre Office du Tourisme. Merci de nous accueillir dans votre ville de Genève, si belle et si prestigieuse. Symbole de paix et de prospérité. Nous accordons un intérêt tout particulier à votre invitation. Elle nous permet de vivre avec vous un épisode important

de

notre

travail

de

promotion

et

du

développement de notre pays. …/…

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Les Fêtes de Genève sont, en effet, un événement considérable. Au cœur de l'été, en un lieu magique où se réunissent toutes les nationalités du monde, ces Fêtes nous offrent des opportunités exceptionnelles pour faire connaître notre culture, notre art de vivre, nos créations, notre gastronomie et tout ce qui fait de notre pays une destination qui fait rêver la Terre entière. Tous ceux qui, à Tahiti et dans les îles, ont participé à l'organisation de notre voyage sont conscients de l'enjeu. Chacun a donné le meilleur de soi-même pour que nos stands et nos animations soient à la hauteur de votre attente et de votre confiance. Nous espérons qu'ils vous donneront l'envie de venir goûter vous-mêmes les saveurs de Tahiti & ses îles. Vous ne le regretterez pas ! …/…

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Il y a cette nature océane, vantée par tous les navigateurs, avec ses couleurs, ses parfums…sa douceur. Mais, en plus, nous avons l'art de vivre polynésien, un mélange réussi de tradition et de création vivante. La culture polynésienne est en pleine renaissance. Nulle part ailleurs, dans le Pacifique sud, les danses et la musique ne sont plus émouvantes, ni plus spectaculaires qu'à Tahiti. Vous aurez, du reste, l'occasion de le constater par vousmêmes puisque nous avons la chance d'avoir parmi nous, O Tahiti E, le groupe de danse de Madame Marguerite Lai, l'un des plus célèbres et des plus prestigieux. Le

Heiva

I

Tahiti

Nui,

notre

principale

fête

traditionnelle, vient de s'achever après un mois de festivités brillantes. Nous espérons sincèrement vous y accueillir. …/…

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En l'an 2000, nous avons reçu plus de 250 000 visiteurs internationaux. En paquebot de croisière, à l'hôtel ou en pension de famille, ils ont vécu un séjour inoubliable à Tahiti et dans nos îles. Celles-ci sont nombreuses et variées. Nous avons des îles hautes, avec des montagnes escarpées et des vallées profondes. Et aussi des îles basses, les atolls, entourés de corail, avec un superbe lagon intérieur baigné d'une lumière incomparable. Le choix est très ouvert dans une large gamme d'activités dont vous pourrez vous faire une idée en visitant nos stands. …/ …

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Pour vous mettre l'eau à la bouche, j'évoquerai seulement la richesse et la pureté de notre univers sousmarin ; les balades en montagne, à pied ou en 4 x 4, la voile, dans des conditions exceptionnelles, et toutes sortes de sports nautiques dans une eau à 28° toute l'année. Notre parc hôtelier est en plein renouveau. Sachez que l'on bénéficie généralement, à Tahiti & ses îles, à tous les niveaux de prestation, de chambres et d'installations flambant neuves. Nous savons à quel point et, vous avez absolument raison, la protection de l'environnement est une priorité pour vous. La réputation de propreté de la Suisse et de ses habitants est parvenue jusqu'à nous. Je voudrais vous dire, à ce propos, que nos élus et notre population sont de plus en plus sensibilisés à la préservation de notre environnement si exceptionnel, mais si fragile. …/…

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Et je dois souligner que c'est largement grâce au tourisme. La nécessité et la volonté d'offrir à nos visiteurs étrangers une destination propre et préservée est, en effet, un excellent argument pour influencer les décisions des pouvoirs publics et le comportement des populations. N'oublions pas, non-plus, que le français est la langue officielle du pays, ce qui n'est évidemment pas négligeable pour un francophone en vacances. Merci encore de votre accueil, merci à tous ceux qui ont contribué à ce que ce projet se concrétise. Je souhaite le plus grand succès aux Fêtes de Genève, aux organisateurs comme aux participants.

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SITE INTERNET DE LA BRASSERIE DE TAHITI Texte d'accueil de M. Jean-Pierre Fourcade Président directeur général

Bienvenue à la Brasserie de Tahiti Pendant près d'un siècle, notre établissement a toujours été à la pointe de la modernité et de la technologie au service de la qualité de nos produits et de la satisfaction de nos clients. Quoi de plus naturel, aujourd'hui, que d'utiliser l'Internet pour ouvrir nos portes et vous permettre de mieux nous connaître. La Brasserie de Tahiti est le principal producteur de boissons en Polynésie française. Nous fabriquons nos propres produits parmi lesquels la bière Hinano, les jus de fruits Rotui ou l'eau Premium Water. Mais, nous produisons aussi, sous licence, les marques les plus célèbres et prestigieuses comme Coca-Cola, Heineken, Orangina, Sprite ou Schweppes… La Brasserie de Tahiti est fortement ancrée en Polynésie française, à tel point que son image et celle du pays sont très souvent associées. Nous connaissons parfaitement la société polynésienne et nous sommes fiers de la servir. La gamme très large de nos boissons reflète la grande diversité de ses origines et de ses goûts. Merci de votre visite sur notre site. Nous espérons que vous y trouverez les informations que vous cherchez. Si tel n'était pas le cas, n'hésitez pas à nous contacter. Jean-Pierre Fourcade Président Directeur Général


Un univers passionnant L'habitat est le reflet d'une société. En Polynésie, il est en pleine révolution. Si le confort, l'hygiène et la sécurité y gagnent incontestablement, on regrettera certainement la personnalité et le charme des constructions traditionnelles. Le fare polynésien au toit de palmes tressées n'est plus guère aujourd'hui qu'une image d'Epinal. Fort heureusement, le développement du tourisme a préservé cette espèce en voie de disparition désormais réfugiée dans les hôtels. Quelques adorateurs inconditionnels du ni'au et du bambou conservent encore précieusement de rares spécimens. S'agissant d'édifices par essence éphémères et fragiles, ils méritent notre admiration. Nous avons la chance de pouvoir vous faire entrer dans certains de ces hauts lieux. Et puis, il y a l'art de vivre polynésien capable de tout sublimer. Le petit fare MTR a conquis les cœurs et les paysages. Bon marché, apprécié pour sa robustesse et sa capacité d'adaptation, il a séduit les Polynésiens qui l'arrangent de mille manières. Jusqu'ici réservé au logement social, il plaît tellement que tout le monde le réclame. Le gouvernement a donc décidé de le commercialiser dès cette année. Il pourrait constituer une concurrence redoutable pour les constructeurs privés, mais contribuera peut-être à freiner l'envolée des prix de l'immobilier. Le marché connaît en effet un boom spectaculaire. La demande est forte, soutenue par la croissance économique et démographique. Mais l'espace habitable est de plus en plus rare, surtout dans la zone urbaine où le prix du terrain flambe. Conséquence, l'habitat collectif connaît un développement sans précédent qui ne pourra que se confirmer. Autre effet de ce phénomène, l'essor de la Presqu'île, encore épargnée et qui offre une qualité de vie incomparable. Ça bouge dans l'habitat polynésien ! Nous espérons que vous prendrez plaisir à voyager avec nous dans cet univers passionnant. Bonne lecture ! Patrick Schlouch

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BRASSERIE DE TAHITI Inauguration de l'usine de boissons rafraîchissantes sans alcool Samedi 13 octobre 2001 - Vallée de la Punaruu

Discours d'accueil de Monsieur Jean-Pierre Fourcade Président du Conseil d'Administration

Monsieur le Président du gouvernement, Monsieur le Haut-Commissaire, Monsieur le Président de la Division Pacifique sud et Messieurs les représentants de Coca Cola, Mesdames les représentantes de Cadbury Schweppes et Orangina Pampryl International, Mesdames et Messieurs, Chers amis, La Brasserie de Tahiti, son conseil d'administration, sa direction, son personnel et moi-même, sommes très heureux de vous accueillir aussi nombreux ce soir et de vous souhaiter la bienvenue. Merci d'avoir répondu à notre invitation à l'occasion de l'inauguration de notre nouvelle unité de production de boissons rafraîchissantes sans alcool. …/…


Nous sommes particulièrement honorés de la présence de Monsieur Gaston Flosse et des membres de son gouvernement, de Monsieur Jean Aribaud, haut-commissaire de la République en Polynésie française, représentant l'État et de Monsieur Mike Clarke, président de la division Pacifique sud de Coca Cola, venu spécialement de Sydney accompagné de ses principaux collaborateurs. Nous avons également le plaisir et l'honneur de compter parmi nous Madame Catherine Skoles, responsable des exportations chez Cadbury Schweppes et Madame Nathalie Bon qui représente Orangina Pampryl International. Vous êtes plus de deux mille, partenaires, clients, fournisseurs et amis de la Brasserie de Tahiti. C'est une grande joie pour moi de vous voir ainsi réunis pour vous présenter notre nouvel outil de production. Merci à tous d'être ici ce soir. *** Dans un contexte économique et social de développement rapide, notre usine de boissons rafraîchissantes sans alcool de Tipaerui était parvenue à la limite de ses possibilités. La nouvelle unité de la Punaruu nous permet de faire face à la croissance de la demande du marché grâce à sa forte capacité de production Ce nouvel outil va aussi nous permettre d'améliorer encore la qualité de nos produits et de nos services qui doivent répondre aux exigences toujours plus strictes de nos marques partenaires, mais aussi à celles de nos clients et consommateurs. Et cela, dans les meilleures conditions possibles d'hygiène, de sécurité et de préservation de l'environnement. Cette opération, qui s'inscrit dans un vaste programme de développement de notre activité de boissons, représente un investissement conséquent de deux milliards six cents millions de francs Pacifique. Je tiens, tout particulièrement, à remercier l'État et le Territoire, pour le bénéfice des mesures de soutien à l'investissement qu'ils ont bien voulu accorder à notre projet par le biais de la loi Pons, de la « loi Flosse » et du Code des Investissements. Je tiens également à remercier tous ceux, et ils sont nombreux, qui ont contribué à la réussite de ce projet qui a été lancé en 1998. …/… 2


Le hasard fait bien les choses. Il y a exactement 50 ans, notre grand-père, Émile Martin, lançait la Brasserie de Tahiti dans l'aventure industrielle moderne en construisant, place Notre Dame, en remplacement de l'ancienne brasserie en bois, une brasserie ultra moderne pour l'époque, mais où toutes les opérations d'embouteillage s'effectuaient encore à la main. Comme toutes les aventures, celle-ci a demandé du courage, de la clairvoyance, un certain goût du risque et, surtout, beaucoup de confiance. Aujourd'hui, notre confiance en la Polynésie est intacte et nous continuons à lui réserver l'exclusivité de nos investissements. En l'an 2000, nous avons investi sept milliards et demi de francs Pacifique dans nos différents projets. Six cent cinquante personnes travaillent dans nos entreprises industrielles, ce qui représente une masse salariale annuelle de deux milliards huit cents millions de francs. De tels chiffres peuvent donner le vertige, mais ils montrent clairement la forte implication du groupe Martin et de la Brasserie de Tahiti dans l'économie de notre fenua. Au-delà de ces investissements, la Brasserie de Tahiti a, depuis toujours, soutenu activement de multiples événements locaux à caractère sportif, social, culturel, artisanal ou artistique. Ces actions représentent pour notre entreprise une redistribution annuelle de cent cinquante millions de francs. La Brasserie de Tahiti participe aussi au rayonnement international de notre territoire par l'exportation de la bière Hinano et de sa vahine mythique, connue dans le monde entier où elle véhicule l'image d'une Polynésie accueillante et conviviale. Il est clair que le destin et l'image de la Brasserie de Tahiti et ceux de la Polynésie française sont étroitement liés. Grâce aux nouveaux investissements que nous venons de réaliser, nous avons à présent la capacité de poursuivre notre aventure industrielle et d'accompagner l'essor de notre fenua comme nous l'avons toujours fait. On ne peut parler d'investissement sans penser à l'avenir qui semble particulièrement incertain dans le contexte mondial et local actuel. Il y aura probablement des épreuves et des obstacles, mais nous sommes, par tradition familiale, prêts à relever le défi et nous restons confiants. Enfin, j'aimerais profiter de l'occasion qui m'est offerte pour vous remercier chaleureusement, vous tous nos clients et amis, que vous soyez de Papeete, des districts ou des archipels, pour votre confiance et votre fidélité. Cette soirée est la vôtre et je la dédie à chacun et chacune d'entre vous. 3


REMISE DES INSIGNES DE CHEVALIER DE LA LÉGION D’HONNEUR À MONSIEUR DIDIER SIBANI,

président de la Maison Sibani Perles, président de la section polynésienne du Conseil du Commerce extérieur de la France

PAR MONSIEUR JEAN ARIBAUD, haut-commissaire de la République en Polynésie française, officier de la Légion d'honneur

Mairie de Papeete - 12 novembre 2001

Discours de Monsieur Didier Sibani

Monsieur le Haut-commissaire de la République, Monsieur le Député - Maire de Papeete, Mesdames et Messieurs les Ministres, Chers Amis, C’est une grande émotion et un grand bonheur, de voir mes amis réunis ce soir pour une telle occasion. Et c’est avant tout, pour moi, la possibilité de vous dire à tous : merci.


…/… Merci à vous, Monsieur le Haut-commissaire, pour la confiance et l’amitié que vous avez bien voulu me témoigner en me proposant pour faire partie de cet ordre national prestigieux qu'est la Légion d'honneur. J'espère ne jamais décevoir cette confiance et cette amitié. Et, puisque vous m'avez fait rougir en vantant les mérites que vous avez eu la bonté de me trouver, je voudrais vous dire, moi aussi, à quel point, Cher Jean, vous allez nous manquer. Vous ne manquerez certainement pas à tous les Polynésiens de la même manière, mais vous allez manquer très fort à beaucoup d'entre nous. On se souviendra notamment que vous avez été le premier haut-commissaire de la République française à faire l'effort d'apprendre la langue polynésienne. Cette clé vous a permis de mieux comprendre la culture maohi et vous a ouvert le cœur des Polynésiens. 2


… /… Vous allez bientôt retrouver un cadre de travail très différent, mais dans lequel votre expérience polynésienne sera probablement très précieuse. Nous vous souhaitons, ainsi qu'à votre épouse, un excellent retour et beaucoup de succès dans vos nouvelles fonctions. Merci à vous Monsieur le Député - Maire de Papeete de nous accueillir ce soir dans votre mairie, et pour le soutien que vous avez toujours bien voulu m'apporter. Merci à vous, Mesdames et Messieurs les ministres et personnalités officielles, de me faire l’honneur de votre présence. Merci à vous, chers collègues conseillers du Commerce extérieur de la France, pour votre gentillesse et votre disponibilité. Merci à vous, collaborateurs fidèles et efficaces, pour votre travail et votre motivation. Merci à vous, chers amis, pour votre amitié. 3


…/… Et enfin, « last but not least », merci à mon épouse, Marie, à ma fille Mareva et à mon fils Tutea pour leur patience et leur compréhension, car je sais être parfois difficile à suivre. Permettez-moi de vous associer tous à cette distinction nationale que je reçois avec fierté et émotion. Vous venez de retracer, Monsieur le Haut commissaire, une trentaine d’années de ma carrière pendant lesquelles j’ai eu la chance de travailler avec des personnes exceptionnelles. Aujourd’hui plus que jamais, la réussite d’une entreprise, quelle qu’elle soit, ne peut-être que celle d’une équipe et non pas d’un seul homme. Dans le contexte économique actuel, il est important que l’engagement individuel et collectif soit sans faille. Pour réussir, aujourd’hui, il faut être bon dans tous les domaines, car le combat est constant. Et, comme l'avait si bien exprimé Beaumarchais : « La difficulté de réussir ne fait qu’ajouter à la nécessité d’entreprendre ». 4


…/… Depuis plus de quinze ans, tous mes efforts ont été consacrés au bénéfice de la perle de Tahiti et, plus particulièrement, dans le domaine de la bijouterie qui lui donne ses lettres de noblesse. Domaine, ô combien merveilleux, dans lequel chacun peut exprimer sa propre sensibilité. Domaine fragile ou les avancées se font par petits pas. Mais, domaine passionnant et fabuleux. La bijouterie, au fond, sert à créer du rêve dans l’univers du luxe. Le rêve et le luxe sont des atouts que Tahiti & ses îles possèdent déjà, mais que nous devons développer. Le luxe a une âme, mais il a aussi des exigences commerciales. Il est le support et le vecteur d’une industrie de prestige. 5


…/… Le luxe est le plus séduisant des exportateurs. C’est une excellente locomotive commerciale pour l’ensemble des produits originaires de notre pays. La perle de Tahiti, tout comme le tourisme, est un atout économique extraordinaire pour la Polynésie française. Il est impératif de l'exploiter avec succès. Certes, il y a parfois des difficultés, comme c’est le cas actuellement. Mais, nous devons nous battre pour atteindre nos objectifs économiques. Je sais que nous gagnerons le défi de la « Polynésie qui va séduire le monde ». Nous le gagnerons pour nos enfants, pour notre pays et pour l’image de la France d’outremer. Encore merci pour votre soutien et votre amitié.

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GIE TAHITI TOURISME Conférence annuelle 2001

Hôtel Sheraton Tahiti - 3 décembre 2001

Discours de Madame Brigitte Vanizette Directeur général

Monsieur le Sénateur - Président du gouvernement, (Monsieur le Vice-président du gouvernement,) Madame la Ministre du Tourisme, de l'Environnement et de la Condition féminine, M… (en fonction de la présence de personnalités), Mesdames et Messieurs les Administrateurs, Mesdames et Messieurs les Professionnels du tourisme, Mesdames et Messieurs,

Bonjour à tous, et merci de votre présence pour cette conférence annuelle du GIE Tahiti Tourisme. …/…


Permettez-moi d'abord de vous demander de bien vouloir excuser le président de notre conseil d'administration, Monsieur Alfred Montaron. Il est actuellement en mission et m'a demandé de vous accueillir. J'ai donc le plaisir et le grand honneur de vous souhaiter la bienvenue et de m'adresser à vous en son nom. Nous sommes très heureux de la présence de Monsieur Gaston Flosse, sénateur et président du gouvernement. (ou du Vice-président…) Vous avez été ministre du Tourisme pendant de nombreuses années, Monsieur le Président, et nous attendons avec impatience votre analyse de la situation que nous écouterons tout à l'heure avec le plus grand intérêt. (paragraphe à supprimer ou adapter si pas là) Nous saluons également notre ministre du Tourisme, de l'Environnement et de la Condition féminine, Madame Nicole Bouteau. Nous nous réjouissons de voir, pour la première fois, le Tourisme et l'Environnement réunis sous l'autorité d'un même ministère. …/… Il est de plus en plus clair, en effet, que les deux sont indissociables. 2


Le tourisme ne pourra se développer durablement à Tahiti & ses îles que dans un environnement préservé. Et, à l'inverse, la qualité, la beauté et la propreté de notre cadre de vie devront beaucoup à l'essor du tourisme. Comme c'est le cas pour l'artisanat, la danse et la musique, l'architecture traditionnelle dont l'hôtellerie a permis la survie, la gastronomie et tout ce qui fait l'art de vivre de nos îles. C'est bien évidemment tout cela que nos visiteurs viennent chercher, c'est cela qu'ils veulent trouver. Le Tahiti romantique et pur qui les fait rêver. Au fond, le tourisme nous donne l'occasion de montrer le meilleur de nous-mêmes. Et, d'une certaine manière, il permet la promotion d'une culture et de modes de vie qui, sans lui, se trouveraient menacés. …/… Comme chaque année depuis 1998, nous avons associé les professionnels du tourisme à nos réflexions.

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Je suis vraiment très heureuse de constater le succès grandissant de cette nouvelle formule et je tiens à vous remercier de participer de plus en plus nombreux à nos travaux. Cette conférence est une opportunité pour tous les acteurs concernés de s'informer de façon très directe et aussi de contribuer à l'élaboration de nos stratégies. J'aimerais rappeler que le groupement d'intérêt économique Tahiti Tourisme a pour mission de promouvoir notre destination, Tahiti & ses îles, sur les marchés touristiques mondiaux. Ce travail de promotion s'effectue dans un contexte de concurrence extrême. Le nombre et la variété des destinations proposées aux touristes internationaux dépassent l'imagination… et ils augmentent sans cesse. Pour attirer l'attention et obtenir des résultats, il faut donc remplir deux conditions : …/… D'abord, il faut un bon produit. Je n'insisterai jamais assez sur ce point : la qualité est la clé de la réussite. 4


Ensuite, ce bon produit, il faut le rendre visible au milieu de cette foule d'autres destinations toutes plus attirantes les unes que les autres... …et souvent moins chères. Favoriser cette visibilité et mettre en valeur l'image de Tahiti & ses îles, voilà le travail de Tahiti Tourisme. Pour cela, notre stratégie repose, avant tout, sur une présence effective sur place, là où se trouvent nos visiteurs potentiels et, surtout, les professionnels qui leur vendent notre destination. Nous devons être aussi proches d'eux que possible. Nous disposons actuellement de onze représentations sur quatre continents. Deux d'entre elles ont été ouvertes cette année à Madrid et à Londres. Permettez-moi de profiter de voir nos représentants réunis pour les remercier et les féliciter, ainsi que leurs équipes. Leur travail est difficile, il exige beaucoup de motivation, de compétence et de doigté. …/… Cela dit, nous pouvons et nous devons encore améliorer notre savoir-faire et nos performances.

5


Au cours des neuf premiers mois de cette année 2001, nous avons accueilli 182 647 touristes pour 1 658 820 nuitées hôtelières et 2 260 801 nuitées touristiques (c'est-àdire, croisières comprises). Ces résultats sont excellents et nous aurions pu en être très satisfaits. D'autant plus qu'ils ont été enregistrés dans une période de ralentissement économique mondial. Mais, la conjoncture créée par les événements du mois de septembre et l'onde de choc qui a suivi, nous préoccupe. Pour le moment, les conséquences sont, heureusement, relativement limitées, même si la faillite de Renaissance Cruises et la fermeture des villages du Club Méditerranée ont frappé les esprits et provoqué quelques situations pénibles. Quoi qu'il en soit, les mois qui viennent s'annoncent incertains et la tendance internationale peu favorable. Il nous faut pourtant garder le moral et ne surtout pas céder au catastrophisme. …/… Certes, le coup est rude. La crise est sérieuse… Mais, il y a aussi des éléments très positifs :

6


En premier lieu, la confiance des investisseurs, qu'il faut souligner, et le soutien des Polynésiens à leur tourisme. Il y a aussi des progrès dans la desserte aérienne. Dès le mois d'avril, nous aurons une troisième liaison avec le Japon. Et nous savons tous vos (les) efforts, Monsieur le (de notre) Président, pour que Air Tahiti Nui puisse aller bientôt chercher des passagers jusqu'en Europe. L'éloignement et l'isolement sont souvent des handicaps, mais ils peuvent parfois se révéler avantageux. Tahiti & ses îles est une destination pacifique, sûre et préservée, des qualités de plus en plus recherchées. Tahiti Tourisme a pu aussi bénéficier d'un financement exceptionnel du gouvernement qui a décidé de prendre en charge, à hauteur de 70 millions de Fcfp, une campagne de promotion que nous avons lancée aux États-Unis. …/… Je tiens à (vous) en remercier (, Monsieur) le président Gaston Flosse. J'aimerais aussi lui (vous) rendre hommage pour le soutien constant et efficace qu'il (que vous) a (avez) toujours apporté à l'industrie touristique polynésienne en général et à Tahiti Tourisme en particulier. 7


Nous sommes fermement décidés à réagir et à nous adapter à la situation. Il n'y a naturellement pas de remède - miracle. Nous allons seulement redoubler d'efforts et renforcer une stratégie déjà bien établie et qui a fait ses preuves. Nous travaillerons surtout à la diversification de notre clientèle. D'abord, comme je le disais tantôt, en ouvrant autant que possible des représentations au plus près de la demande. Nous devons aussi acquérir une connaissance toujours plus fine des divers segments et composantes de cette demande. …/… Enfin, nous devons être capables de proposer des produits variés, offrant un bon rapport qualité - prix. Il faut, pour cela, améliorer notre offre dans les secteurs de la plongée, du tourisme vert, ou des incentives. Et dans d'autres encore… Ce qui ne nous tue pas, nous rend plus forts, dit-on.

8


Tous ensemble, nous parviendrons à surmonter cette épreuve et notre tourisme en sortira grandi. Avant de céder la parole à Monsieur le (Vice) Président, j'aimerais remercier tous ceux et celles qui ont participé à l'organisation de cette conférence, ainsi que la direction de l'hôtel Sheraton Tahiti. Je vous souhaite une agréable et enrichissante journée de travail. Merci

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GIE TAHITI TOURISME Conférence annuelle 2001

Hôtel Sheraton Tahiti - 3 décembre 2001

Discours de Monsieur Gaston Flosse Sénateur - Président du Gouvernement

Madame le Ministre du Tourisme, de l'Environnement et de la Condition féminine, M… (en fonction de la présence de personnalités), Madame le Directeur général de Tahiti Tourisme, Mesdames et Messieurs les Administrateurs, Mesdames et Messieurs les Représentants extérieurs, Mesdames et Messieurs les Professionnels du tourisme, Mesdames et Messieurs, Merci de votre accueil. Vous avez pris l'habitude de vous réunir à Papeete, une fois l'an, pour faire le bilan de vos activités respectives et préparer vos programmes de travail pour l'année suivante. …/…


Le gouvernement accorde un grand intérêt à cette conférence annuelle. Vos travaux nous livrent, en effet, des informations précieuses, indispensables à l'élaboration et à la mise en œuvre de notre politique touristique. Cette année, dans le contexte international difficile que nous connaissons, votre conférence prend une dimension et une importance particulières. Je sais que beaucoup d'entre vous sont préoccupés, inquiets parfois. Certains ont même déjà directement subi les conséquences de cette crise… Depuis 1996, notre industrie avait connu des progrès constants, sous tous ses aspects, aussi bien dans la qualité et la capacité d'accueil de notre destination, que dans l'efficacité de notre promotion et les résultats obtenus. En 1999, année exceptionnelle et historique, nous avions franchi pour la première fois le cap, ô combien symbolique, des 200 000 touristes. En 2000, ces progrès avaient été confirmés. Nous avions reçu plus de 250 000 visiteurs et enregistré plus d'un million huit cent mille nuitées hôtelières. …/…

2


2001, enfin, avait très bien commencé. Sur les neuf premiers mois, les chiffres étaient encourageants et poursuivaient leur courbe ascendante. En cinq ans seulement, c'est-à-dire depuis le début de notre reconversion économique, fondée en grande partie dois-je le rappeler ? - sur l'essor du tourisme : •

La fréquentation s'est accrue de près de 55 %,

•

Et les nuitées hôtelières de plus de 60 %.

•

Notre capacité d'hébergement n'a sans doute pas grandi au même rythme. Mais, souvenons-nous qu'elle était largement dépassée, souvent vétuste et, en tout cas, inadaptée à une véritable destination touristique.

Pour y remédier, nous avons pris des mesures d'incitation fiscale très fortes, complémentaires de celles de l'État et du Code des investissements. Et ce triptyque a fait merveille. Nos structures d'accueil ont pu se développer. Mais, elles ont surtout été modernisées, leur qualité s'est considérablement améliorée. …/…

3


Le parc de logements chez l'habitant a progressé de 50 % et bénéficie désormais d'une classification officielle. L'occasion me paraît excellente de remercier, d'encourager et de rendre hommage à tous les investisseurs qui ont eu la confiance et le dynamisme de croire en notre projet et en notre destination. Et réjouissons-nous de compter de plus en plus de Polynésiens parmi eux. •

•

Le chiffre d'affaires de notre tourisme est passé de 32 milliards et demi de francs à plus de 47 milliards. En 1996, 5 800 Polynésiens travaillaient dans le secteur du tourisme. Ils sont près de 8 500 aujourd'hui, soit 2 700 emplois créés et autant de familles disposant désormais d'un revenu régulier.

Sans oublier les investissements publics considérables pour équiper notre pays en infrastructures indispensables au développement d'une industrie touristique, notamment dans les domaines du transport et de l'urbanisme. Le bilan est plutôt flatteur. …/…

4


Ce sont là des résultats extrêmement positifs qui ne sont du reste que le reflet de notre effort collectif et du travail de chacun d'entre vous. Ils doivent nous encourager à maintenir le cap et à continuer d'avancer. Le choc brutal du 11 septembre est venu perturber cette belle progression. Il est encore trop tôt pour en évaluer les conséquences réelles. Certaines entreprises ont déjà souffert. Notamment dans les secteurs de la croisière et de l'hôtellerie. Mais, je remarque qu'il s'agit surtout de sociétés dont l'activité ne se limite pas à la Polynésie française et qui se trouvaient vulnérables pour des raisons spécifiques à chacune d'entre elles. Ces difficultés ont, bien sûr, des répercussions sur l'activité d'un certain nombre de prestataires de services ou de sous-traitants, et sur l'emploi. Le gouvernement fait tout ce qu'il peut pour en atténuer les effets et permettre d'attendre la reprise dans les meilleures conditions possibles. …/… 5


Les professionnels du tourisme connaissent la sensibilité de leur activité aux fluctuations de l'humeur mondiale. Les crises internationales existent. Il y en a toujours eu et il y en aura certainement d'autres dans le futur. Le tourisme est souvent le premier touché dans de telles circonstances. Mais, il n'est pas le seul. Et, n'est-il pas aussi, très souvent, le premier à redémarrer ? Toute activité n'a-t-elle pas ses propres vicissitudes, ses contraintes, contre lesquelles on ne peut rien ? Le tourisme reste et restera le socle de notre développement économique et social. Il est le pilier de notre autonomie. C'est une activité parfaitement adaptée à notre pays qui possède les atouts naturels, humains et culturels pour devenir une grande destination. Il nous faut seulement, encore mieux nous équiper, améliorer la formation professionnelle, soigner la qualité de notre accueil et de nos prestations. …/…

6


Mais, la priorité absolue est de garantir la pérennité de notre desserte aérienne. Car elle est la clé de l'ensemble du dispositif. Sans avions, pas de touristes, c'est aussi simple que cela. Sur ce point, je crois que nous sommes tous d'accord et j'ai remarqué avec plaisir le soutien de votre profession à notre politique. Le 11 septembre et les événements qui ont suivi ont, certes, mis certains problèmes sous une lumière particulièrement violente. Mais, ils existaient déjà bien avant. Nous manquions de sièges d'avion. Surtout en haute saison. La tendance était, en outre, à une évolution défavorable et les ennuis d'AOM ont sonné comme un signal d'alarme. Voilà pourquoi, la création, le maintien en activité, puis le développement d'une compagnie aérienne polynésienne, nous sont toujours apparus comme des éléments fondamentaux de notre politique de développement économique et touristique. …/… L'extension de la flotte et des services d'Air Tahiti Nui, vers la France et l'Europe notamment, notre deuxième 7


marché touristique, en sont les conséquences incontournables. Réjouissons-nous également, comme vous l'avez fait remarquer, Madame le Directeur général, de la création d'une troisième liaison hebdomadaire avec le Japon dès le mois d'avril 2002. En période de crise, plus que jamais, nous devons être en mesure d'aller chercher les touristes nous mêmes, là où ils se trouvent. Nous devons être en mesure de leur proposer un produit complet, parfaitement défini, du transport à l'hébergement, en passant par la restauration et les activités, le tout avec un rapport qualité - prix attractif. C'est le meilleur moyen de les convaincre de venir chez nous. La crise qui nous menace, mais qui passera, comme toutes les crises, doit nous permettre d'apprendre à mieux travailler encore. Elle nous contraindra à nous adapter, à nous remettre en question parfois. Mais, en aucun cas, elle ne doit nous faire douter et, moins encore, abandonner nos objectifs. …/… Un navire est, par nature, mobile. Il peut quitter le port à tout moment, provisoirement ou définitivement. Nous

8


persistons pourtant à penser que Tahiti & ses îles est une destination parfaite pour les croisières. Nous mènerons donc à leur terme nos programmes d'investissement portuaires, car la croisière est appelée à prendre la place qui lui revient dans le cadre d'un produit touristique diversifié, qui saura exploiter toute la gamme de ses atouts avec intelligence et efficacité. Je comprends votre inquiétude, mais je pense qu'il faut garder son sang-froid. Le gouvernement est avec vous, vous le savez, et je voudrais vous transmettre un message de soutien, d'encouragement et d'optimisme. Le tourisme est notre avenir. Tous nos investissements, tous nos efforts ont été programmés sur la durée. Ne nous laissons pas abattre par la première tempête. Notre pays a connu bien des tourmentes et des cyclones. Faisons le dos rond, le temps nécessaire à ce que le ciel se dégage. Profitons en pour mettre en ordre ce qui doit l'être et faisons notre possible pour satisfaire nos visiteurs, qui ne cesseront jamais de venir, parce que Tahiti & ses îles est une destination hors du commun qui reste un rêve pour beaucoup d'habitants de cette planète. …/… Merci à tous pour le travail que vous effectuez, chacun à votre place, en faveur de notre industrie touristique.

9


Félicitations pour la parfaite organisation de cette conférence. Permettez-moi de remercier et d'encourager toute l'équipe du GIE Tahiti Tourisme et, en particulier Madame Brigitte Vanizette, son directeur général, pour les efforts accomplis et les résultats obtenus. Bienvenue à nos représentants extérieurs et que vos travaux portent leurs fruits. J'ai le plaisir et l'honneur d'ouvrir officiellement la conférence annuelle des représentants du GIE Tahiti Tourisme.

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2002


JOURNÉE MONDIALE DE L’ENVIRONNEMENT 5 juin 2002 - Vallée de la Fautaua

DISCOURS DE MADAME BRIGITTE VANIZETTE Ministre du Tourisme et de l’Environnement

Mesdames et Messieurs, Chers enfants, Bonjour et bienvenue à toutes et à tous, Ia Orana, Quel plaisir de vous retrouver dans cette magnifique vallée de la Fautaua, en pleine nature, pour célébrer la Journée mondiale de l’Environnement ! …/…


Nous ne sommes pourtant qu’à quelques minutes du centre ville, mais, c’est déjà un autre monde. Un monde que l’on a, malheureusement, trop tendance à négliger et même, parfois, à oublier. L’humanité fait des progrès, mais la Nature en subit trop souvent le coût. Nous devons penser à cette source qui nous porte et nous nourrit. Nous devons toujours nous rappeler que la qualité de notre environnement est une part très importante de la qualité de notre vie. …/…

2


Comment vivre heureux et équilibré dans un monde souillé ou dégradé ? Comment s’épanouir au milieu des détritus, dans une eau polluée, en respirant un air envahi de bruit et de fumées ? Sachons que nous ne sommes pas à l’abri d’une situation aussi dramatique. Faute de moyens ou simplement de volonté politique,

beaucoup

d’autres

pays

et

de

nombreuses villes de par le monde, en font déjà la pénible expérience. Ici même, en Polynésie, certains endroits sont directement concernés. …/…

3


Nous avons la chance de vivre dans un cadre naturel

exceptionnel,

mais

il

est

aussi

extrêmement fragile. Nos montagnes, nos vallées, nos lagons, sont nos biens les plus précieux. Ils font rêver le monde entier. Mais ils font l’objet d’agressions multiples. La plupart de ces menaces proviennent de l’activité humaine. Nous devons, par conséquent, tout faire pour susciter dans notre société un sentiment de responsabilité à l’égard de ce qui nous entoure. …/…

4


Chacun d’entre nous, vous le savez les enfants, est

personnellement

responsable

de

la

qualité de l’environnement. Si l’on jette des déchets n’importe où, dans le lagon, dans les vallées ou à la montagne, mais aussi dans la rue, par la fenêtre de la voiture ou du truck, on comprend bien que l’existence va vite devenir pénible pour tout le monde. Qui voudrait venir jusqu’à Tahiti pour visiter des îles souillées ? Qui voudrait encore plonger dans des lagons sans poissons, où les coraux seraient remplacés par des carcasses de voitures… …/…

5


On pense moins souvent à l’eau dont on gaspille des quantités considérables dans notre pays par des comportements négligents. Une eau qui devient pourtant de plus en plus rare et précieuse. Notre

société

polynésienne

évolue

rapidement. Elle s’urbanise et se développe. Les populations se concentrent. Les transports et les échanges se multiplient. Cela crée des contraintes sur le milieu dans lequel nous vivons et nous devons à tout prix le protéger. Nous

devons

donc

tous

apprendre

à

respecter notre environnement, que ce soit à la maison, dans un quartier, à l’école, au travail… …/…

6


Naturellement, cette éducation s’adresse en priorité aux jeunes. L’école

est

le

lieu

privilégié

de

l’enseignement d’un savoir-vivre en commun et de la prise de conscience de l’importance du respect du milieu qui nous entoure. Voilà pourquoi nous avons voulu associer étroitement les enfants et les écoles à cette Journée mondiale de l’Environnement. Les enfants, je m’adresse à vous : Je sais que les grandes personnes ne vous donnent pas toujours le meilleur exemple. Mais, je sais aussi que je peux compter sur vous pour les rappeler à l’ordre.

…/…

7


Je suis très heureuse de vous accueillir à cette exposition et j’espère qu’elle vous aidera à mieux connaître vos montagnes, vos vallées et vos lagons. À apprendre à les aimer et à les respecter. Je voudrais saluer la présence les médias qui ont un rôle majeur en matière de protection de l’environnement. Nous

sommes

à

votre

disposition,

aujourd’hui et tous les jours, pour vous apporter toutes les informations que vous souhaitez. …/…

8


Je voudrais enfin, remercier et encourager tous

ceux

et

celles

qui

ont

participé

à

l’organisation et à l’animation de cette Journée. Ce n’est qu’un petit pas, mais il va dans la bonne direction et, croyez-moi, il y en aura beaucoup d’autres. Car

l’avenir

de

notre

fenua

dépend

essentiellement du tourisme, lequel ne pourra se développer que dans un environnement irréprochable. Mauruuru

9


la


Avant-propos de Monsieur Jonas Tahuaitu Ministre de l’Équipement et des Ports Je n’étais alors qu’un tout jeune homme et, au plein milieu de la rade de Papeete, le motu Uta, ancien lieu de retraite de la reine Pomare, dressait encore vers le ciel sa touffe de cocotiers comme dans n’importe lequel des lagons de la Polynésie française. Près d’un demi-siècle a passé et l’histoire du port de Papeete s’est confondue avec celle de notre pays. Le 5 janvier 1962, était créé le Port Autonome de Papeete qui est devenu le véritable poumon économique de Tahiti et ses îles. Des efforts considérables ont été consentis pour transformer la rade de Papeete, avec son petit motu romantique, en un port moderne, sûr, efficace et capable d’accueillir dans les meilleures conditions les personnes et les biens. Je salue l’initiative de la direction du Port Autonome de Papeete qui, à l’occasion de son quarantième anniversaire, nous propose cette édition spéciale de sa revue d’information annuelle. Le superbe album de souvenirs qu’elle contient nous rappelle la destinée extraordinaire de ce petit port du Pacifique sud qui a joué un si grand rôle dans l’histoire de la France. Une ère nouvelle s’ouvre à présent pour le Port Autonome de Papeete. Un très ambitieux programme d’investissement décennal, se concrétisant au rythme prévu, le transforme à nouveau pour lui permettre de répondre aux besoins de l’évolution des techniques et de ses nouvelles vocations : le tourisme, la pêche et la plaisance. J’adresse mes félicitations et mes encouragements à toutes celles et à tous ceux qui consacrent leur vie à faire fonctionner cet outil indispensable à notre économie, et notamment à son directeur, Madame Béatrice Chansin. Longue vie et succès au Port Autonome de Papeete. Signature 1 790 k


ÉTATS GÉNÉRAUX DES ÉLUS LOCAUX DE POLYNÉSIE FRANÇAISE Sous la présidence de Monsieur Christian Poncelet Président du Sénat

13 septembre 2002 - Hôtel Sheraton Tahiti

Intervention de Madame Brigitte Vanizette Ministre du Tourisme et de l’Environnement

Monsieur le Président du Sénat, Monsieur le Président - Sénateur de la Polynésie française Monsieur le Haut-commissaire, Mesdames et Messieurs les Maires, Mesdames et Messieurs les Conseillers municipaux, Chers collègues, …/…


Merci de me donner cette occasion exceptionnelle de rappeler quelle est la politique du gouvernement de la Polynésie française en matière d’environnement. L’importance et l’audience de ces États généraux des élus locaux n’échappent à personne. Je suis donc très heureuse que cette question de l’environnement et de sa protection, absolument cruciale dans le processus de développement de notre pays, soit en bonne place à l’ordre du jour de votre honorable assemblée. …/… 2


J’ai noté avec intérêt que votre première réflexion publique, Monsieur le Président du Sénat, après un week-end aux Iles sous le Vent, fut pour inviter les Polynésiens à chérir et à protéger le trésor magnifique que la Nature nous a confié. Dans le cadre très minuté de ces États généraux, je ne pourrai naturellement pas entrer

dans

le

détail

de

l’action

gouvernementale en faveur de la protection de l’environnement. Je me contenterai de souligner ses principaux

aspects

qui

me

semblent

conditionner l’ensemble. …/… 3


Il y a d’abord la volonté politique. Elle est bien réelle. Le

gouvernement

de

la

Polynésie

française, et notamment son président, ont une

conscience

aiguë

des

problèmes

d’environnement et de l’urgence de leur traitement. Nous savons, bien sûr, que la préservation de notre environnement est indispensable au développement de notre économie.

…/… 4


Le tourisme, la perliculture et la pêche, nos

trois

principales

ressources,

sont

étroitement liés à la qualité du milieu naturel. Nous n’oublions pas non plus, et d’abord, que les Polynésiens sont les premiers concernés par la qualité de leur cadre de vie. Car elle conditionne la qualité de leur vie, tout simplement. Les

Polynésiens

longtemps

un

accepteraient-ils

développement

qui

les

obligerait à sacrifier tout ce à quoi ils tiennent

viscéralement,

c’est-à-dire

leur

attachement à la Nature, à sa beauté et à son abondance ?

…/… 5


Je peux vous affirmer que nous sommes très motivés. Le président est fermement décidé et le gouvernement a inscrit la protection de l’environnement au premier rang de ses priorités. Pourtant, tout essentielle qu’elle soit, cette détermination au plus haut niveau ne suffit pas pour obtenir des résultats concrets. L’environnement c’est l’affaire de tous, c’est vraiment le cas de le dire. …/…

6


C’est

en

particulier

l’affaire

des

communes dont le rôle en la matière est évidemment primordial et irremplaçable. Sans vous, Mesdames et Messieurs les Maires, le ministère de l’Environnement ne serait qu’un ministère de l’Impossible. Les problèmes que nous avons à traiter sont multiples. Ils sont liés à l’eau, à l’air, aux sols et à la diversité biologique. Et nos moyens sont malheureusement limités. …/… 7


Nous devons par conséquent faire preuve, à la fois, d’ingéniosité et de solidarité. Si nous n’avons pas pétrole, nous devons avoir des idées et nous serrer les coudes. Si nous ne travaillons pas tous ensemble dans

la

même

direction,

parviendrons

à

énormément

sur

Nous

avons

rien

et

votre

besoin

nous je

ne

compte

coopération. de

vous

non

seulement pour concrétiser sur le terrain les actions que nous vous proposerons. Mais nous comptons surtout sur votre influence auprès des citoyens. …/… 8


Malgré l’urgence des problèmes, il faut apprendre

à

être

patient

en

matière

d’environnement. Nous sommes dans un domaine où le temps est un facteur essentiel. Nos souhaits et nos actions se heurtent le plus souvent à d’anciennes habitudes qu’il est très difficile de modifier. C’est pourquoi nous portons nos efforts sur la jeunesse qui est très ouverte à la notion d’éco-citoyen, c’est-à-dire un citoyen responsable, aussi conscient que possible de ses comportements individuels. …/… 9


Il faut commencer par des gestes très simples,

très

permettront

quotidiens,

d’éveiller

peu

mais à

peu

qui les

consciences. Éviter de gaspiller l’eau. Ne pas jeter les déchets n’importe où, ne pas faire trop de bruit, entretenir les espaces collectifs aussi soigneusement que sa propre maison. Tout cela ne peut être que le fruit d’une éducation, une éducation à une nouvelle vie en commun.

…/…

10


Je suis sincèrement persuadée que ce travail,

qui

néanmoins

prendra très

du

bien

temps,

accepté

par

sera vos

administrés. Le lien des Polynésiens avec la Nature est très puissant et la qualité de leur environnement leur est très chère. Ils

sont

de

plus

en

plus

soucieux

d’apprendre les gestes qui préservent. Les

communes

seront

donc

nos

partenaires prioritaires. Nous élaborerons avec chacune d’elles un plan de propreté annuel. …/… 11


Nous proposerons à chaque commune de désigner un conseiller municipal que nous formerons et qui sera, en quelque sorte, un « animateur-environnement ». Cela nous permettra de mener ensemble un travail continu sur le terrain, complété par des actions ponctuelles. Nous souhaitons aussi la création, dans chaque

mairie,

l’environnement qualifiés

et

d’une

police

de

composée

d’agents

assermentés,

capables

d’informer le public et de soutenir très concrètement nos actions de sensibilisation et d’éducation. …/… 12


Ces

agents

mission

de

auraient constater

également les

pour

atteintes

à

l’environnement et les infractions à la réglementation. Nous

travaillons

actuellement

à

l’élaboration des textes et de l’arsenal juridique qui permettront la concrétisation de ce projet. Il va de soi que cette lutte pour la défense de notre environnement exige des moyens et nous savons que ceux des communes sont modestes et certainement pas à la hauteur des besoins. …/… 13


Mais, je le répète, toute action en faveur de l’environnement repose sur la patience, la persévérance et l’union. Il n’y a pas de remède-miracle aux problèmes d’environnement. Il n’y a qu’une volonté déterminée d’avancer toujours, même à petits pas. D’utiliser tous les moyens dont nous pouvons disposer, même s’ils sont limités. Et surtout, de continuer à aimer notre terre et notre nature car c’est ainsi que nous saurons la protéger. …/…

14


Je sais que ces questions d’environnement vous préoccupent et vous intéressent au plus haut point car vous êtes tous confrontés à des difficultés considérables dans vos communes. Sachez que nous sommes avec vous. Que vous pouvez compter sur notre assistance et notre soutien. N’hésitez pas à vous adresser au ministère pour obtenir des informations. Merci

Monsieur

programme

le

m’accorde

Président. encore

quelques

minutes pour répondre à des questions. Je suis à votre disposition. Mauruuru. 15

Le


ÉDITORIAL

Une certaine idée de la Polynésie française par Patrick Schlouch Depuis 1996, la nouvelle économie polynésienne a montré ses qualités et son potentiel. Sachant parfaitement surfer sur la croissance mondiale et le Pacte de progrès avec l'État, elle a profité d'un essor continu confirmant ainsi la capacité des Polynésiens à l'autonomie. Pourtant, en 2001, les premiers signes de difficulté sont apparus. Il va maintenant falloir faire la preuve de la viabilité de cette autonomie, même par gros temps. Ce qui aura le plus marqué cette période de « reconversion », c'est justement la faculté impressionnante des Polynésiens de faire fructifier les moyens dont ils disposent et les soutiens qu'on leur apporte. On ne peut pas en dire autant de tous les peuples. Partout dans le monde, et dans le Pacifique sud en particulier, les exemples foisonnent de populations sans ressort, sans dynamisme, sans créativité, maintenues en survie par l'aide extérieure, mais comme anesthésiées, incapables de se prendre en mains et de « s'en sortir ». Pourtant, une autonomie qui ne fonctionnerait qu'en période d'embellie économique nationale et mondiale ne serait pas crédible. Comme un navire doit être capable d'affronter l'océan en colère, l'autonomie polynésienne doit encore faire la preuve de sa résistance à l'adversité. Elle a, certes, déjà vécu des épreuves, mais à sa mesure, comme l'entraînement d'un jeune oiseau avant l'envol. Nous n'avons pas encore subi la vraie tempête ! Artificielle ? Doit-on reprocher au Territoire d’utiliser l’argent de la France pour construire des routes, des ports, des aérodromes, des bâtiments publics, un hôpital moderne ? Gaston Flosse mérite-t-il la critique pour vouloir éduquer son peuple, lui redonner le goût de la culture, lui permettre de s’informer jusque dans les vallées les plus retirées ? A-t-il tort de tenir à ce que les Polynésiens soient mieux logés, qu’ils puissent voyager, se déplacer plus librement et à bon marché ? Bref, faut-il en vouloir au président du gouvernement de souhaiter pour les Polynésiens une vie comparable en qualité et en niveau à celle de tout citoyen du monde occidental libre ? Pour certains, le peuple maohi n’aurait rien à voir avec l’Occident et son genre de vie. Mais, la réalité prouve le contraire. On dispose désormais au fenua de tout de ce que la modernité fait de mieux dans tous les domaines et l’on a souvent les moyens de se l’offrir. Il suffit de constater l’explosion des marchés du multimédia, du téléphone portable, du DVD et, surtout, de l’automobile, mais aussi celle des dépenses de santé. Alors, on entend parfois dire que toute cette économie serait « artificielle », qu’elle ne reposerait sur rien d’autre que la solidarité nationale. Ce n’est pas entièrement faux. Mais c’est aussi faire bien peu de cas des Polynésiens et des Polynésiennes qui travaillent durement dans les divers secteurs d’activité. Il n’y aurait certainement pas tous ces hôtels, pensions de famille, entreprises, emplois, logements, cette protection sociale, etc. sans la défiscalisation, le FREP, le contrat de développement et les autres formes d’investissements de l’État et du Territoire. Mais, tout cela n’existerait pas non plus si des hommes et des femmes qui croient en leur pays et en son avenir, ne profitaient pas de ces soutiens pour créer et entreprendre.


Finalement, c’est toujours l’éternel débat, la question angoissante : Et si tout s’arrêtait ? Et si, soudain, on annonçait aux Polynésiens qu’ils allaient, d’un coup, perdre plus de la moitié de leurs revenus. Et s’il fallait soudain se serrer la ceinture ? N’auraient-ils pas perdu leur légendaire capacité d’adaptation après un régime aussi gras ? Pourraient-ils encore retrouver les gestes de survie d’autrefois ? « Monsieur Trop » C’est peut-être aussi le souci de Gaston Flosse qui semble toujours en faire trop et trop vite. Voilà bien, au fond, le reproche principal. C’est « Monsieur Trop ». Pour ses opposants, il fait tout trop grand, trop beau, trop cher. Rien n’est jamais assez bien pour la Polynésie de Monsieur Flosse. Certains se contenteraient, affirment-ils, de beaucoup moins. C’est probablement ce qui les rend si sympathiques à la gauche parisienne. Mauvaise foi ? Ignorance ? Manque d’ambition ? Peur du lendemain, peur de perdre ses derniers repères ? Frustration de voir un seul homme décider pour tous, même si ses décisions se révèlent, la plupart du temps, les mieux adaptées à l’intérêt général ? Le président du gouvernement a une « certaine idée de la Polynésie française ». Il est convaincu qu’elle affrontera mieux le monde de demain éduquée, logée, soignée et équipée des meilleures infrastructures. Il reste que le débat entre tradition et modernité est plus que jamais d’actualité. La Polynésie française est profondément engagée dans son processus de transformation économique, sociale et culturelle, Il est, de toute manière, impossible de revenir en arrière. Pourtant, la fuite vers toujours plus de modernité et d’urbanisation est-elle vraiment l’unique solution ? Déjà, toute cette jeunesse démotivée, alcoolisée, fauchée sur la route, diabétique, asthmatique, obèse ou même suicidaire parfois, nous interpelle violemment. Dix ans après la psychothérapie collective très réussie de la Charte de développement, en 1992, pendant laquelle toute la population avait pu s’exprimer sur son devenir de l’aprèsCEP, ne serait-il pas temps, aujourd’hui, de faire le point et d’organiser une nouvelle consultation générale ? Après tout, c’est le privilège des petits peuples de pouvoir se réunir plus facilement. N’est-ce pas aussi la manière traditionnelle en Océanie - les anglosaxons appellent cela la Pacific Way - de prendre ensemble les décisions qui engageront l’avenir de la communauté tout entière. Punaauia - août 2002 7 000 k Accroches Attention au prix de l’autonomie, pour pouvoir le payer, il faudra s’enrichir. Il y aura des années fastes, comme de 1996 à 2000, et des périodes plus difficiles comme depuis 2001. Il faudra apprendre à gérer ces hauts et ces bas. Les entreprises créent la richesse et l’emploi. Il faut veiller à leur santé économique et ne pas leur imposer de charges trop lourdes. On ne peut à la fois vouloir qu’une vache donne du lait et l’empêcher de brouter.


BILANS

Entre deux chaises En 2001, la conjoncture internationale a mis un net coup de frein au bel essor que l’économie polynésienne connaissait depuis 1996. Les deux principaux secteurs d’activité, tourisme, et perliculture, ont été frappés dans des proportions diverses mais sérieuses. Heureusement, la pirogue polynésienne n’est pas seule à dériver sur l’océan. L’économie marchande locale ne représente encore qu’une partie minoritaire de nos revenus (de notre produit intérieur brut ou PIB). Les fameux transferts de l’État (près de 130 milliards en 2001) et les multiples formes d’aides et de subventions publiques ont considérablement amorti le choc. Pourtant, tout ne va plus aussi bien. La guérilla que Gaston Flosse a dû mener contre un gouvernement socialiste soucieux de lui mettre des bâtons dans les roues n’est pas étrangère à ces résultats médiocres de 2001. Elle n’explique néanmoins pas tout et l’arrivée au pouvoir à Paris des « amis » du président devrait en donner rapidement la mesure. La vérité est que, pour grandir, le jeune pays d’outre-mer doit trouver sa voie. Il va devoir se coltiner quelques contraintes imprévues dans l’euphorie des années 90. Heureusement, le Fonds de reconversion est reconduit sans limite officielle de durée. C’est la juste contrepartie de la reprise des essais nucléaires en 1995 et des souffrances que cette décision avait provoquées. L’argent n’est pas tout. Pour développer le pays, il faut surtout des hommes et des femmes motivés et capables. La Polynésie française manque encore cruellement de cadres et de cerveaux. C’est probablement le handicap le plus sérieux à sa véritable autonomie. La volonté politique existe d’apporter aux jeunes Polynésiens une éducation et une formation modernes et adaptées. Malheureusement, elle se heurte encore aux inerties nées de l’éloignement et de l’enracinement culturel. C’est un nouveau modèle de développement qu’il faut inventer pour un pays comme la Polynésie française. Le gouvernement s’y emploie, mais il tâtonne parfois et, comme entre deux chaises, semble hésiter entre libéralisme dynamique et protectionnisme frileux. P.S. 2 050 k


PORTRAITS

REMARQUABLE Fait remarquable : pour la première fois de son histoire longue d’un quart de siècle, le Conseil des Employeurs a élu une femme à sa tête, une femme de tête, issue d’une lignée de personnages connus pour leur qualité. Antonina Bambridge, directrice de Pacifique Sud Transit et présidente du CEPF, est notre Femme économique de l’année. Il est d’un dynamisme à toute épreuve. Chef d’entreprise innovant et créatif, il consacre aussi beaucoup de son temps à la vie associative et caritative. On l’a même vu très actif au côté de certaines personnalités politiques. Alain Siu, lui aussi membre d’une grande famille de Polynésie française, est notre Homme économique. Pour les accompagner dans cette galerie de portraits annuelle, quelques hommes et femmes remarquables que nous avons le plaisir de vous présenter. P.S.


DOSSIER Zoom sur la desserte aérienne internationale de la Polynésie française

LE MAILLON FAIBLE L’autonomie de la Polynésie française repose en grande partie sur l’essor du tourisme. La demande existe et la capacité hôtelière est désormais satisfaisante, surtout en qualité. Pourtant, le système a du mal à se mettre en place car l’offre de sièges d’avion est insuffisante et incertaine. La desserte aérienne est le maillon faible du dispositif de développement par le tourisme d’un territoire aussi isolé que Tahiti & ses îles. Les avions appartiennent à des compagnies, privées ou publiques, étrangères ou nationales, qui obéissent d’abord à leurs propres intérêts commerciaux. Leur présence durable n'est en aucune manière assurée, comme on l'a constaté dans le passé. Le président Flosse l'a bien compris qui a souhaité la création d'Air Tahiti Nui, investissement au coût mirobolant, mais indispensable. Il réclame à présent la maîtrise des aéroports et du ciel. Les faits lui donnent raison puisque plusieurs compagnies réduisent leurs programmes de vol (Qantas, Corsair, Air France, Lan Chile…) aggravant ainsi la frustration de la demande touristique. Mais, il n'y a pas que le tourisme. Les Polynésiens ne veulent plus être confinés dans leurs îles. La possibilité de voyager à un prix raisonnable est un élément clé du développement social et culturel. Or, seule la concurrence peut garantir des billets d’avion abordables. Air Tahiti Nui, devenue la fierté des Polynésiens, gagnera-t-elle son pari ? Il vaudrait mieux, car c’est sur ce même pari que notre avenir repose… P.S.


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REPORTAGES Tourisme, banque et justice Pilier de la reconversion économique de la Polynésie française post-nucléaire, le tourisme souffre de la crise de l’après 11 septembre 2001. Pourtant, avec plus de 50 milliards de Fcfp de recettes annuelles, c’est sur ce secteur essentiel que reposent toujours en grande partie les espoirs de développement économique de l’autonomie polynésienne. Comment tirer son épingle du jeu sur un marché mondial du tourisme animé par une concurrence féroce et multiple ? Nous sommes aussi allés enquêter aux Tuamotu, sur un atoll qui s’ouvre au tourisme, Tikehau. Le succès est-il au rendez-vous et pourquoi ? L’année été marquée par une restructuration du système bancaire local avec la disparition de la dernière banque étrangère du paysage financier polynésien. Pour la première fois, Polynésie Éco braque ses projecteurs sur la justice dont une importante réforme a mis en évidence le cruel manque de moyens alors qu’elle joue pourtant un rôle social, économique et même politique de premier plan. Enfin, nous avons sélectionné cinq marchés « en forme » que nous vous proposons de mieux connaître. P.S 1 150 k


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ÉDITORIAL

Se loger, du rêve à la réalité Entre alimentation et santé, l’habitat est une priorité pour les Polynésiens. Dans la zone urbaine, c’est même devenu la première dépense des familles. Une nouvelle richesse qui gagne le pays, la création d’emplois et d’activité, l’amélioration du niveau de vie, la baisse des taux d’intérêt, la défiscalisation, le dynamisme de la promotion immobilière, autant de raisons conjuguées pour expliquer le boom du secteur de l’habitat dans le territoire depuis quelques années. Le logement a toujours posé des problèmes en Polynésie française, notamment d’un point de vue social. Ceux qui nous gouvernent ont une conscience aiguë de l’urgence du traitement de ces difficultés. Mais, celles-ci sont innombrables et, malgré de louables efforts et des crédits considérables, obtenir un logement social reste encore une loterie. Des besoins gigantesques, un manque chronique de terrains et des obstacles socioculturels souvent complexes s’allient pour allonger les listes d’attente. Les couches un peu plus favorisées de la société ont aussi leurs soucis. Avec une demande de plus en plus pressante et un espace toujours plus réduit, les prix poursuivent leur envolée. Devenir propriétaire, pour une famille de la classe moyenne reste un défi difficile. Du coup, l’habitat collectif entre peu à peu dans les mœurs locales, à tous les niveaux de standing. En ville, les projets poussent comme des champignons, tandis que la perspective d’ouverture de nouvelles routes et voies de pénétration laisse entrevoir une échappée vers l’ouest et le sud. L’espoir vient aussi du progrès technique avec des méthodes de construction plus économiques et l’apparition de matériaux originaux, à la fois solides, légers, adaptables et bon marché. L’intérêt de plus en plus marqué pour l’habitat et, surtout, les moyens accrus des ménages provoquent la naissance de nouveaux commerces et services. Le choix et la qualité s’offrent enfin aux consommateurs locaux. Il était temps ! Patrick Schlouch 1 950 k


2004


Un potentiel considérable Jamais, dans toute l’histoire de notre pays, l’habitat n’avait pris une telle dimension. On importe toujours plus de ciment, on emprunte toujours plus pour construire ou acheter, les prix grimpent, les programmes immobiliers se multiplient et le secteur est florissant. C’est bien heureux, car, ne dit-on pas : « Quand le bâtiment va, tout va » ? Les Polynésiens investissent massivement dans l’habitat. En zone urbaine, c’est leur principal poste de dépenses avant la nourriture. Pratiquement tout le monde, en Polynésie française, possède un réfrigérateur, un téléviseur, une machine à laver. Beaucoup ont des lecteurs vidéo ou DVD et même un ordinateur. Globalement, les familles polynésiennes consacrent un peu plus de huit milliards de Fcfp par an à l’équipement de leurs logements. Cela ne représente pourtant pas plus de 5 % de leurs dépenses. C’est dire le potentiel de développement considérable existant dans ce domaine. Pour cette première édition de Tahiti Habitat, nous avons choisi de vous proposer un dossier complet sur la cuisine et son aménagement. C’est de loin l’investissement le plus important dans l’équipement de la maison, à tous points de vue. Il est donc capital de ne pas « se planter » en créant la pièce où l’on passera très certainement une grande partie de son existence future. Ici, comme ailleurs, la règle absolue est : information, réflexion, décision. Les erreurs se paient au prix fort et toute précipitation ou emballement aurait probablement de fâcheuses conséquences. Comment protéger sa terrasse ? Comment choisir son revêtement de sol ou la plage de sa piscine ? Quel est le secret des beaux bougainvilliers ? et bien d’autres choses encore… Tahiti Habitat répond à toutes les questions que vous vous posez à propos de votre petit nid. Merci de votre confiance et bonne lecture. Patrick Schlouch


MIEUX CONNAITRE LES MEDIAS POUR MIEUX COMMUNIQUER Conférence – débat préparée par M. Patrick Schlouch Directeur de l’agence d’information et d’édition Media Conseil Pacifique Conseiller en communication de M. Michel Buillard, député – maire de Papeete Avec l’assistance technique de M. Freddy Lanteires de la Cellule informatique de la commune de Papeete Et les dessins de Gotz

Mairie de Papeete – .. mars 2004

PRIÈRE REMERCIEMENTS Monsieur le député - maire, les adjoints, les conseillers municipaux Remerciements particuliers à M. le Maire, Michel Buillard, pour sa confiance M. le secrétaire général Freddy Sacault qui m’a encouragé à préparer cette conférence M. Freddy Lanteires, pour son assistance technique Gotz pour ses dessins (publiés dans un hebdomadaire local - années 90) 1. INTRODUCTION Les médias sont aujourd’hui partout. Journaux, revues, télévision, radio, affiches, et maintenant Internet, impossible d’y échapper. Notre mode de vie moderne repose sur un système dont les médias sont devenus un élément essentiel. Le développement très rapide des médias en Polynésie française, dans une société de plus en plus ouverte à l’information et à la communication, a rendu nécessaire une adaptation parallèle de tous ceux dont la situation dépend largement de l’opinion publique. Que ce soit dans l’économie, le social, la culture et, évidemment, dans la politique. …/…


Mieux connaître les médias pour mieux communiquer Conférence de M. Patrick Schlouch, directeur de Media Conseil Pacifique

Plus que jamais, dans l’histoire de l’Humanité, le savoir-faire n’est rien sans le fairesavoir. Ce n’est pas forcément un progrès, mais c’est ainsi. Pour des élus, comme vous, les relations publiques, notamment les relations avec les journalistes et les médias revêtent une importance croissante et parfois décisive. Il est par conséquent intéressant pour vous de mieux connaître l’univers des médias et d’essayer de mieux communiquer avec eux. Ainsi, vos idées, vos messages, vos actions seront-ils mieux connus du public dont vous dépendez. Dont nous dépendons tous… À la différence de la métropole ou des grands pays, les médias locaux sont mal connus. Il n’existe en Polynésie française ni publication, ni émission spécialisée dans les médias. Les médias polynésiens sont également délaissés par les universitaires et les chercheurs. Je ne connais aucune étude de référence sur le sujet. La plupart des données que je vais avoir l’honneur de vous communiquer sont le fruit de ma propre expérience de plus de vingt-cinq ans au service de l’information. Je ne prétends, par conséquent, être ni exhaustif, ni infaillible. Je souhaite seulement vous apporter un éclairage professionnel sur un secteur mal connu, mais pourtant essentiel de la société polynésienne. *** Il s’agit en premier lieu de savoir à qui l’on est susceptible d’avoir affaire. Je vous propose, par conséquent, en première partie, un panorama du paysage médiatique polynésien. Nous verrons ensuite qui sont les journalistes en Polynésie française et comment ils travaillent. Puis, je vous proposerai quelques éléments de réflexion sur l’information, son traitement et sa diffusion. Enfin, si vous le souhaitez, nous pourrons essayer d’approfondir ensemble quelques thèmes relatifs au sujet qui nous intéresse aujourd’hui. …/… 2


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Mais d’abord : Qu’est-ce qu’un média ? C’est le pluriel du latin medius qui signifie milieu, central. On retrouve la même racine et la même idée dans le mot médiateur, par exemple, ou intermédiaire. Rappelons que le medium est aussi celui qui permet aux êtres humains de communiquer avec les mondes invisibles. Les hommes ont toujours eu besoin de communiquer. C’est indispensable pour toutes les raisons du monde. Après la respiration et la nourriture, la communication, sous toutes ses formes, est notre besoin le plus vital. La démocratie ne saurait réellement exister sans une bonne communication entre les élus et le peuple qui leur a confié leurs mandats. On a donc progressivement inventé des techniques capables de faciliter cette communication. Jusqu’à parvenir aujourd’hui à abolir l’espace et le temps. Toutefois, les médias ne se confondent pas avec ces techniques. Ils les utilisent. Par exemple, la télévision est une technologie, mais une chaîne de télévision est un média. Un média, c’est avant tout une équipe composée de professionnels offrant des profils très variés, mais qui vivent tous par et pour l’information. Ils sont les transmetteurs de cette information. Mais ils ne sont jamais neutres. Au contraire. Au travers des médias, l’information va se trouver jaugée, estimée, revendue, puis retaillée, mise en valeur et joliment présentée, exactement comme n’importe quelle marchandise, bien qu’elle soit invisible, impalpable et volatile, ce qui rend son maniement très délicat. Une fois passée au crible des médias et après leur traitement, l’information n’a parfois plus grand-chose à voir avec ce qu’elle était à sa source. L’essentiel, à l’égard d’un média, c’est donc la confiance. Il est néanmoins fortement recommandé de diversifier ses sources d’information autant que possible si l’on veut se faire une opinion un peu crédible de la réalité. …/… 3


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PANORAMA DES MÉDIAS POLYNÉSIENS Le paysage polynésien de la communication et de l’information a été totalement bouleversé en quinze ans. De nombreux médias ont fait leur apparition, de nouvelles technologies, de nouvelles méthodes, de nouveaux acteurs et aussi un état d’esprit différent. Du fait de la taille réduite de notre pays, l’univers local des médias et de la communication est plutôt refermé sur lui-même. C’est paradoxal et cela entraîne des situations assez singulières. Par exemple, il n’est pas rare de voir, dans un couple, le mari travailler dans une entreprise et sa femme chez le concurrent direct. Parfois, c’est la même personne qui collabore à deux entreprises concurrentes. Cela pose certains problèmes, mais comme on n’a pas le choix compte tenu de la rareté des personnes qualifiées, on est obligé de faire avec et de faire confiance… Le paysage médiatique polynésien est particulier par rapport à la métropole ou aux grands pays démocratiques. C'est en revanche un paysage commun dans les îles et les très petits pays. Il est toutefois particulièrement riche en Polynésie française en comparaison de ce qui existe dans les autres pays insulaires de la région où ce paysage médiatique est limité à la fois par le manque de moyens financiers et humains, le régime politique, les pressions religieuses et les traditions culturelles très conservatrices des populations océaniennes. Même en Nouvelle-Calédonie, les médias ne sont pas aussi nombreux ni variés qu’en Polynésie française où de fortes pressions s’exercent pourtant, nous verrons lesquelles, pour limiter la diversité des sources d’information. …/…

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Le paysage médiatique polynésien est caractérisé par une forte concentration, notamment en ce qui concerne la presse écrite. Comme je l’indiquais en préambule, il n’existe aucune étude précise sur le secteur des médias et de la communication en Polynésie française. Les statistiques officielles n’en donnent qu’une image imprécise car les limites de ce secteur sont relativement floues. Pour donner un ordre d’idées, on peut toutefois estimer qu’il regroupe une cinquantaine d’entreprises et un nombre indéfini (sans doute plusieurs dizaines, voire davantage) de travailleurs indépendants patentés. Entre 1 500 et 2 000 personnes travaillent dans ce domaine (sans compter les chargés de communication au sein des administrations ou d’entreprises travaillant dans d’autres secteurs d’activité). Le chiffre d’affaires annuel doit se situer entre 7 et 10 milliards de Fcfp (2,5 milliards France – Antilles, 2 milliards RFO, 800 millions TNTV, 300 millions, Canal +, 400 millions TNS, 300 millions radios, 500 millions 2H, 100 millions pour le reste). Ce n’est là qu’une estimation.

1. LA TÉLÉVISION Caractéristiques À tout seigneur tout honneur, je commencerai par la télévision car elle est devenue le média le plus populaire dans notre pays. Elle est présente dans pratiquement tous les foyers polynésiens (plus de 95 % en sont équipés). Grâce à elle, l’information parvient directement chez les gens sans qu’ils aient besoin de se déplacer ni de payer quoi que ce soit (sauf pour les chaînes payantes, bien sûr) On peut dire que tout ce qui vient de la télévision entre « comme dans du beurre », pardonnez-moi l’expression, dans l’œil et dans l’esprit de la population.

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La télévision est donc particulièrement influente. Elle est capable de façonner l’opinion publique très facilement (on le voit bien dans les pays où la télévision est contrôlée par le pouvoir). Voilà pourquoi, dans les pays démocratiques, la diffusion d’images télévisuelles est soumise à des règles beaucoup plus strictes que celles qui s’appliquent à la presse écrite. Il s’agit de protéger les citoyens et d’éviter les dérapages politiques ou commerciaux.

Description -

RFO Polynésie La télévision a fait son apparition à Tahiti en 1965 avec l’arrivée des premières images

de l’ORTF. La couleur est apparue en 1978 et un second canal a été créé dix ans plus tard en 1988. Dans les îles, on a dû longtemps se contenter de quelques émissions recopiées sur cassettes par Vidéo - Archipels. Puis, le satellite a fait son apparition et l’on a commencé à recevoir des émissions en direct depuis Paris en 1985. La société Radio France Outremer (RFO) a été créée en 1982. Elle a son siège à Paris et neuf stations outremer parmi lesquelles RFO Télé Polynésie Celle-ci a la particularité d’être la seule station bilingue, ce qui constitue une richesse certaine, mais crée aussi des difficultés et des coûts de gestion considérables. Aujourd’hui RFO Télé Polynésie est une machine imposante. Installée depuis 1997 à Pamatai, elle emploie environ 200 personnes dont une rédaction de 45 journalistes. Elle est équipée des moyens techniques les plus sophistiqués et dotée d’un budget de près de deux milliards de Fcfp. Pendant trente ans, la télévision d’État a bénéficié d’un monopole absolu en Polynésie française. Mais, à partir de 1994, les choses ont rapidement changé avec l’apparition de : -

Canal + (1994) Téléfenua (février 1995 – avril 2003) TNS (2000) à l’initiative de l’OPT …/…

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La véritable concurrence, en ce qui concerne la production locale et notamment l’information locale, est apparue avec la chaîne territoriale -

TNTV, symbole audiovisuel de l’autonomie du Territoire, créée en l’an 2000 et qui, après un démarrage assez laborieux, a trouvé son style qui colle assez bien à l’audience locale et elle a déjà beaucoup de succès. Une quinzaine de journalistes, pour la plupart bilingues, pour une cinquantaine d’employés et un budget annuel de plus d’un milliard dont 971 millions de Fcfp de subvention territoriale en 2004. (+ 37,5 % par rapport à 2003).

Audience Cette nouvelle concurrence a permis un net élargissement de l’horizon télévisuel des Polynésiens et entraîné une amélioration générale de la qualité des émissions. Les productions locales, notamment, se sont multipliées et l’on assiste, depuis la création de TNTV à une véritable « course à la proximité », toutefois freinée par le niveau élevé des coûts de production. Une étude menée en octobre 2003 par l’institut MBA Consultants - Louis Harris sur l’audience des médias dans les Iles du Vent a montré que RFO Télé Polynésie reste, de loin, la chaîne qui touche le plus de téléspectateurs âgés de quinze ans et plus avec 62 % de parts d’audience. Il faut y ajouter 5 % pour le second canal Tempo, soit un total de 65 % pour la télévision d’État. TNTV arrive en seconde position avec 19 %, ce qui est un bon résultat compte tenu de la jeunesse de cette chaîne. Les chaînes payantes se partagent 14 % de parts d’audience : TNS 10 % et Canal + 4 % En moyenne, les Polynésiens passent 3 heures 50 par jour devant la télévision, ce qui est considérable.

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Conclusions de l’étude MBA - Louis Harris de septembre 2003 concernant la télévision : « Un paysage audiovisuel stable tant en termes d’audience cumulée que de parts de marchés sur les trois dernières années avec principalement : • une domination de l’audience par RFO Télé Polynésie (+/- 60 % de part de marché pour +/- 50 % d’audience cumulée) • •

un maintien de TNTV autour de 20 % en part de marché et en audience cumulée un maintien de TNS autour de 10 % de part de marché

•

des parts faibles (+-5 %) pour Canal+ et Tempo

•

une audience dominée par RFO Télé Polynésie tout au long de la journée et de la soirée à l’exception de l’access prime (télé-réalité / telenovela) où TNTV et RFO Télé Polynésie font des scores similaires

•

une audience drainée principalement par les jeunes (15-24 ans), cible sur laquelle la chaîne est nettement plus ancrée (avec plus de 30 % d’audience cumulée et autant de part de marché)

En soirée, que ce soit week-end ou en semaine, à noter les performances constantes élevées de RFO Télé Polynésie qui réalise 30 % d’audience au moment des journaux. »

2. LA RADIO Caractéristiques C’est le plus ancien média polynésien établi durablement (Radio Tahiti a été créée en 1949, huit ans avant Les Nouvelles de Tahiti). Parfaitement adapté au pays (bon marché, capable de toucher tout le monde même dans les îles, entre dans les foyers sans s’y imposer comme la télévision), la radio est un média très souple et qui permet une grande diversité. Compte tenu des sources de financement des principales radios d’information (à l’exception de Radio 1 et de Radio Polynésie RFO), on constate une politisation marquée de ces médias et une fidélisation grandissante de leurs publics respectifs.

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Description Le monopole de la radio d’État a été brisé au début des années 80 à l’initiative du président Mitterrand. À Tahiti, cette opportunité a été aussitôt exploitée avec la création de Radio 1. Aujourd’hui, la bande FM locale aux Iles du Vent est occupée par dix-sept stations parmi lesquelles cinq seulement proposent des bulletins ou journaux d’information locale réguliers (RFO, Radio 1, Radio Maohi, Radio Bleue, Radio Tefana). Qautre de ces stations sont privées (Radio 1, Star FM, Tiare FM du groupe Aline, et NRJ du groupe France Antilles), les autres sont publiques (RFO) ou associatives. Une procédure est en cours depuis plus d’un an pour la création d’une douzaine de stations supplémentaires. On constate que les publics de chaque radio se fidélisent de plus en plus. Mais on constate aussi une fragilité économique grandissante au fur et à mesure que les radios associatives et communautaires font de plus en plus appel à la publicité pour leur financement, rognant ainsi la part des radios commerciales.

Audience En 2002, Radio Bleue, la radio créée par la municipalité de Mahina et dirigée par M. Joinville Pomare, arrivait largement en tête en termes de parts d’audience avec 24 % de parts de marché. En 2003, le paysage radiophonique a été relativement bouleversé. Radio Bleue reste en tête, mais elle doit partager cette position avec NRJ. Ces deux radios ont chacune 18 % de parts de marché. Elles sont suivies par Radio Maohi et Radio Tefana (14 %) et RFO Radio (12 %). Radio 1 arrive assez loin derrière avec 7 %. La dizaine d’autres stations se partagent les 17 % restant. Ces chiffres globaux doivent être nuancés. Une approche plus détaillée en fonction de l’heure ou du jour, de l’âge ou de la catégorie professionnelle des auditeurs fait apparaître des différences sensibles. …/… 9


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L’étude de MBA Consultant – Louis Harris précise enfin que les Polynésiens écoutent la radio en moyenne plus de quatre heures par jour (4 h 07 exactement). Si l’on y ajoute les trois heures cinquante de télévision, cela fait tout de même une moyenne impressionnante de près de huit heures par jour au total. Conclusions de l’étude MBA – Louis Harris de septembre 2003 concernant la radio : « Un paysage radiophonique qui a particulièrement évolué au cours de l’année 2003 avec •

des radios « institutionnelles » qui maintiennent des positions fortes (Radio Maohi, Radio Tefana maintiennent leurs positions antérieures ) et RFO retrouve une position égratignée en 2002 . Seule Radio Bleue, leader « solitaire » en 2002, voit aujourd’hui sa

•

part de marché diminuer En revanche, au niveau des radios commerciales, on assiste en 2003 à une poussée très forte de NRJ.

En outre, à la différence d’autres medias, on observe également deux phénomènes •

D’une part, des comportements par profils d’individus (Sexe, Age, CSP) très marqués en fonction des moments de la journée

•

D’autre part des changements de comportements importants entre semaine et week end

Une évolution des comportements et une diversité d’offre qui laissent apparaître clairement la fragilité du paysage radiophonique sur le territoire et la difficulté à fidéliser un public, principalement les jeunes. »

TABLEAUX

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3. CONTRÔLE DES MÉDIAS AUDIOVISUELS – LE CSA Comme je vous le disais tantôt, les médias audiovisuels ont une telle influence sur l’opinion publique, qu’il est très vite apparu nécessaire de réglementer leurs activités notamment en ce qui concerne la publicité, la protection des mineurs, et, naturellement, les équilibres politiques. Ce contrôle est effectué comme vous le savez par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA). Compte tenu du nombre considérable de stations de radio dans toute la France métropolitaine et d’outremer, des comités techniques radiophoniques ont été créés en 1989. Ces CTR sont des services déconcentrés du CSA. Ils sont au nombre de seize et sont chargés d’émettre des avis sur les demandes d’autorisations de création de nouvelles radios et de contrôler le respect de leurs obligations par les radios existant dans leur zone de compétence. Les CTR ne peuvent pas prendre eux-mêmes de décision, mais ils doivent alerter le CSA en cas de manquement ou d’abus. En Polynésie française, le CTR est composé d’un président (Madame Lubrano, commissaire du gouvernement auprès du tribunal administratif, a récemment remplacé M. Poupet, président de ce tribunal, qui a souhaité démissionner), de trois membres titulaires, de deux membres suppléants, d’un secrétaire général et d’une secrétaire. Le CTR est aussi un correspondant permanent du CSA pour la télévision bien que les textes ne prévoient pas sa compétence en la matière. Le CSA envisage néanmoins de modifier le champ de compétence des CTR en ce sens et de transformer les CTR en CRA (comité régionaux de l’audiovisuel). On sait que le président Flosse a exprimé son souhait de voir la création d’un CSA local pour, je cite : « éviter les dérives ». Ce ne sera pas le cas immédiatement, mais le nouveau statut permet désormais au Territoire de participer aux compétences de l’État dans le domaine de l’audiovisuel : création d’entreprises de production et de diffusion d’émissions audiovisuelles ; convention entre le CSA et le gouvernement pour associer la Polynésie française à la politique de communication ; régime de consultation du gouvernement sur les décisions intéressant la Polynésie française. Tout cela va se mettre en place progressivement. …/… 11


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4. LA PRESSE ÉCRITE Caractéristiques Certes la télévision est sans aucun doute le média le plus influent. J’aimerais pourtant mettre un bémol à ce qui apparaît aujourd’hui comme une évidence. On évoque fréquemment le « pouvoir de l’image ». Cela signifie qu’à la télévision, la forme prend le pas sur le fond. L’image a tendance à supplanter le son. Si vous passez à la télévision, il y a de fortes chances pour que l’on se souvienne plus de votre aspect extérieur, de la couleur de votre chemise, de la mine que vous aviez et de la façon dont vous vous êtes exprimé, que de ce que vous avez dit. Les paroles s’envolent, mais les écrits restent. C’est d’autant plus vrai que les chaînes de télévision et les stations de radio ne conservent pas d’archives complètes. De toute façon, celles-ci sont difficilement consultables. La presse écrite, les dépêches d’agences notamment, restent l’outil de base des journalistes de télévision et de radio pour préparer leur travail. Enfin, les nouveaux médias électroniques utilisant l’Internet diffusent essentiellement de l’information écrite. Celle-ci reste donc encore aujourd’hui le socle solide du paysage médiatique, en matière d’information, c’est avec elle qu’il faut compter. Prenons la commune de Papeete, par exemple, le nombre d’articles de presse écrite dans lesquels il est question de Papeete est sans commune mesure avec le nombre d’émissions de télévision traitant de notre ville. En 2002, j’ai recensé 61 articles d’intérêt général relatifs à la municipalité ou à la ville de Papeete dans la presse écrite locale, pour seulement quelques minutes d’images dans la même année à la télévision. En 2003, nous en avons recensé 174 . Sur les cinq dernières années, nous avons enregistré plus de cinq cent cinquante articles ayant Papeete pour sujet (et encore en ne comptant que les plus significatifs). TABLEAU …/… 12


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Si vous intervenez dans la presse écrite, le fond de votre message va prendre plus d’importance. Néanmoins, la forme restera essentielle. Nous le verrons un peu plus loin, pour qu’un message aux médias puisse être bien assimilé, il faut d’abord penser à respecter les règles de l’orthographe, de la grammaire et de la typographie. Et pour que votre message atteigne son but, vous devrez le présenter sous une forme adaptée au public qu’il vise. Vous ne vous adresserez pas de la même façon à des syndicats ou à des chefs d’entreprise, par exemple.

Description La presse écrite dans le Pacifique francophone, en Polynésie française et en NouvelleCalédonie, est caractérisée par la position dominante du groupe France – Antilles de M. Philippe Hersant. Il l’a reçu au début des années 90, de son père, M. Robert Hersant créateur d’un des plus grands groupes de presse français à partir des années 50 et 60. En juin 2003, Philippe Hersant s’est retiré de la gérance de presque toutes les sociétés du groupe France – Antilles en Polynésie française (une bonne douzaine). Il a été remplacé par M. Stéphane Estival. Philippe Hersant a toutefois conservé le contrôle de La Dépêche de Tahiti dont il reste le directeur de publication. France –Antilles est un conglomérat de nombreuses sociétés d’édition, de radiodiffusion ou de publicité en France et surtout dans les Dom -Tom. Dans le Pacifique, après avoir pris pied à Nouméa avec l’achat du seul quotidien local Les Nouvelles calédoniennes, ce groupe s’est installé peu après en Polynésie française en achetant La Dépêche de Tahiti en 1988 à M. Philippe Mazellier qui l’avait créée en 1964. L’année suivante, conformément à une stratégie déjà bien rodée en métropole et destinée avant tout à éviter toute concurrence, France - Antilles achetait également Les Nouvelles de Tahiti. Le plus ancien quotidien polynésien, qui appartenait alors à Julien Siu, avait été créé en 1957 par Roger Brissaud, déjà fondateur des Nouvelles calédoniennes. Cette stratégie a parfaitement fonctionné puisque, sous une apparente diversité, la presse écrite polynésienne est presque entièrement contrôlée par France – Antilles qui monopolise pratiquement depuis quinze ans les supports les plus populaires, les quotidiens en particulier. …/… 13


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Ce groupe exerce ainsi une influence déterminante sur l’opinion publique dans le Pacifique francophone et se taille la part du lion sur le marché de la publicité. France - Antilles n’a pas seulement le monopole de la presse quotidienne, il détient également un monopole sur la diffusion des programmes de télévision (Tiki Mag) (un concurrent a récemment tenté l’aventure, mais il n’a tenu que quelques mois) et sur le marché des petites annonces (La Dépêche de Tahiti et l’hebdomadaire gratuit Week), Ce groupe publie aussi des magazines spécialisés dans les domaines de l‘économie (Polynésie Éco, aujourd’hui disparu et remplacé par Fenua Économie), de l’habitat (Polynésie Habitat, également disparu, mais un autre produit est en préparation), des nouvelles technologies (Api Mag), de la presse féminine (Fenua Orama) ainsi que Trouvtou, le principal guide pratique de la Polynésie française. France – Antilles publie aussi des documents imprimés pour le compte de commanditaires. Il édite le magazine des armées Horizon, certains documents de l’État et le programme du Carnaval de Tahiti ( ? ce n’est peut-être plus vrai). C’est France – Antilles qui imprime Te Fenua, le journal bimensuel du gouvernement et Le Semeur tahitien, journal de la Mission catholique en Polynésie française et le nouvel hebdomadaire gratuit Ti’ama. France - Antilles possède aussi une radio, NRJ, essentiellement de culture française et anglo-saxonne, destinée à de jeunes auditeurs. Le groupe a obtenu la régie publicitaire de Radio Bleue, la radio de la commune de Mahina. Par le biais de sa société Déclic, il organise régulièrement des spectacles et événements publics. Enfin, avec ses deux sociétés Multimédia et S3P, il détient une part majoritaire du marché de la photogravure, étape technique essentielle dans l’édition sur papier. France – Antilles emploie environ 200 personnes dans différentes sociétés composant le groupe en Polynésie française et réalise un chiffre d’affaires annuel de plus de deux milliards de Fcfp. C’est un groupe dynamique et agressif sur le plan commercial, qui a su s’implanter dans tous les secteurs de sa compétence. Il est toutefois intéressant à noter que, malgré sa taille imposante, sa réussite économique, sa présence dans le territoire et dans la région est toujours restée volontairement précaire. …/… 14


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À l’exception de l’étroit terrain de la Fautaua et du bâtiment qui y est implanté, France – Antilles ne possède rien en Polynésie française et guère plus en Nouvelle-Calédonie. France - Antilles a très peu investi en Polynésie française depuis l’achat de La Dépêche et des Nouvelles de Tahiti, ni dans l’immobilier, ni même dans la formation du personnel. Peu d’investissement non plus dans les équipements techniques. Des investissements légers dans l’informatique et la bureautique, mais les deux quotidiens et d’autres produits sont encore imprimés sur les rotatives du début des années 80. L’impression des magazines thématiques est sous-traitée. Sous la pression de la concurrence qui commence tout de même à se faire sentir, un projet d’investissement est en cours de réalisation. En partenariat toutefois avec l’imprimerie STP-Multipress du groupe Martin. On ressent également cette précarité délibérée dans le rapide roulement des personnels de direction. En huit ans à peine, France – Antilles Polynésie française a déjà connu quatre directeurs généraux. ILLUSTRATION FRANCE – ANTILLES (ORGANIGRAMME) Dans l’ombre de ce géant, en dehors de la presse officielle gouvernementale ou municipale et des publications à caractère confessionnel, la presse écrite polynésienne d’information générale était limitée jusqu’à présent à de petits journaux indépendants qui survivent grâce à leur caractère artisanal et à la motivation de leurs dirigeants. Le mensuel Tahiti Pacifique a été créé en 1991 et l’hebdomadaire To’ere en 2001. En février 2004, Ti’ama est né à l’initiative du gouvernement local. C’est un hebdomadaire gratuit, le premier en Polynésie française. Il concrétise la volonté générale de la Polynésie française de s’implanter peu à peu dans l’ensemble des secteurs importants de l’économie et de la communication. La Polynésie française disposait déjà de sa chaîne de télévision, de sa compagnie aérienne, elle contrôlait les communications par le biais de l’OPT. Elle souhaitait se doter d’un outil médiatique de presse écrite. On peut penser que le quotidien constitue un objectif vers lequel la création de cet hebdomadaire est une première étape. …/… 15


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Ti’ama ne dispose pas d’une rédaction au sens classique du terme. Il reçoit l’essentiel de ses informations de l’Agence Tahitienne de Presse (ATP), un établissement public territorial très largement subventionné. Ses coûts de production sont par conséquent beaucoup moins élevés que ceux d’un journal privé. La presse officielle gouvernementale se compose de deux autres titres : Te Fenua, un bimensuel en français, et Reo Fenua, un mensuel en reo ma’ohi. On peut y ajouter, pour mémoire, le Journal officiel de la Polynésie française (JOPF) paraissant chaque semaine ainsi que les documents édités par l’Assemblée de la Polynésie française et les services ou établissements publics dont la parution est plus ou moins régulière. Les principales publications de source confessionnelle sont le mensuel de l’Église évangélique de Polynésie française, Ve’a Porotetani, et les journaux de la mission cathoilique, Le Semeur tahitien, le plus ancien journal local en français, et Ve’a Catolica en reo ma’ohi. Les communes publient de plus en plus de documents d’information. Papeete, en particulier, publie un bulletin d’information municipale mensuel Te Honoraatira et coproduit Papeete To Tatou Oire, le magazine d’information annuel de la ville de Papeete. Il ne faut pas oublier les nombreuses lettres d’information ou revues régulièrement diffusées par des entreprises, des compagnies aériennes, des organismes divers, des associations ou des syndicats et qui sont des sources d’information non négligeables. À côté de cette presse d’information générale, officielle ou confessionnelle, il existe un certain nombre de publications périodiques spécialisées. Avec le développement rapide de notre pays, on a assisté, au cours de la dernière décennie, à un foisonnement de nouveaux titres dans divers domaines. L’économie, l’habitat, le multimédia, les guides de toute sorte. Il existe encore un certain potentiel dans ce secteur, mais l’avenir dira si un marché aussi étroit et avec aussi peu de lecteurs que la Polynésie française est capable de soutenir durablement autant de publications différentes.

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Diffusion de la presse écrite En termes de diffusion, France – Antilles est évidemment le mieux placé avec ses deux quotidiens et ses publications périodiques diverses. Il est toutefois difficile de connaître la diffusion réelle de la presse écrite car les chiffres disponibles proviennent des producteurs eux-mêmes. Les véritables tirages et chiffres de vente sont gardés secrets. Il faut donc se contenter des chiffres annoncés tout en sachant qu’ils sont le plus souvent surévalués, souvent outrageusement. C’est du reste une vieille tradition qui perdure grâce à une réglementation laxiste et l’absence d’un organisme officiel de contrôle. En Polynésie française, les seules mentions obligatoires sur une publication sont le nom du directeur de cette publication et si elle a été imprimée localement ou pas. On n’est pas obligé de préciser le tirage.

Le tirage de La Dépêche de Tahiti est annoncé à un peu plus de 16 000 par jour, celui des Nouvelles de Tahiti à 6 500 et jusqu’à 12 000 le vendredi. C’est aussi le jour de parution du Tiki Mag, magazine hebdomadaire de programmes télé officiellement tiré à 12 000 exemplaires. En réalité, La Dépêche de Tahiti ne doit guère dépasser les 12 000 exemplaires vendus et Les Nouvelles de Tahiti certainement pas les 4 000. Des chiffres nettement inférieurs circulent même dans les milieux dits autorisés. Pour ses magazines, le groupe annonce un tirage de 6 000, voire 8 000 exemplaires par titre. En réalité, ces tirages sont très nettement inférieurs. En ce qui concerne les autres médias écrits : Te Fenua, le bimensuel du gouvernement est distribué gratuitement à 20 000 exemplaires et Ti’ama à 10 000 ; Tahiti Pacifique annonce plus de 5 000 exemplaires chaque mois (dont 4 700 vendus avec 1 300 abonnés dont 850 à l’extérieur) ; To’ere est tiré chaque semaine à 2 000 exemplaires dont 1 500 vendus environ (130 abonnés en avril 2003). Dixit est vendu aux alentours de 1 000 exemplaires. D’une manière générale, la diffusion des médias en Polynésie française est maintenue dans un flou qui pénalise sérieusement les annonceurs mal informés. …/… 17


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Conclusions de l’étude MBA – Louis Harris d’octobre 2003 relatives à la presse écrite : « À l’exception de la presse quotidienne, la pénétration des supports de presse reste encore limitée sur le Territoire. Cette situation est, entre autres, due à une offre locale restreinte jusqu’à ces dernières années. Aujourd’hui, face à l’élargissement de l’offre, notamment sur la base de titres « thématiques grand public », le public semble encore chercher sa « voie » dans un univers presse en évolution. Si les titres présents depuis plusieurs années sur le Territoire conservent un public fidèle (mais vieillissant), l’apparition de nouveaux titres semble susciter la curiosité du public, même si l’on reste encore à des niveaux de pénétration confidentiels. Cette curiosité est sans doute renforcée par le nombre croissant de nouveaux titres gratuits. L’enjeu des prochaines années, en presse magazine principalement, pourrait se situer dans la capacité des supports à fidéliser un public jeune a priori, curieux et adepte de titres imagés financièrement accessibles, la presse payante restant encore aujourd’hui majoritairement l’apanage d’une population mûre et/ou aux revenus confortables. »

5. LES AGENCES DE PRESSE – LES NOUVELLES TECHNOLOGIES Le rôle de l’écrit dans les médias est encore accentué par le fait que les nouveaux médias électroniques, l’Internet notamment, utilisent essentiellement l’écrit. Cela changera probablement dans l’avenir, avec la généralisation des transferts de données à haut débit, mais, jusqu’à présent, l’image animée et le son n’occupent qu’une très faible place dans l’information en ligne. En Polynésie, les médias ne se sont pas encore intéressés sérieusement à l’Internet. À l’exception de l’Agence Tahitienne de Presse (ATP), établissement public à caractère industriel et commercial, créée en janvier 2001 à l’initiative du président Gaston Flosse et dont l’Internet est le principal support et instrument de travail. …/…

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À l’origine, la mission de l’ATP était de promouvoir l’information relative à la Polynésie française dans la région, en France et dans le monde. Elle avait aussi pour vocation, je cite, d’« assurer un rayonnement national et international à toutes informations intéressant la Polynésie française afin d’apporter à ses usagers un regard complet, varié et équilibré sur la vie du pays ». Trois ans après sa création, l’ATP n’a pas réellement trouvé sa place dans le paysage médiatique local et peine à remplir sa mission. Dans un souci de limiter ses coûts de fonctionnement (dont une grande partie à la charge du Territoire - 74 millions de Fcfp en 2004 soit + 47,4 % par rapport à 2003), l’ATP s’est finalement tournée vers le marché local et publie depuis le mois de mai 2003 des dépêches principalement polynésiennes, mais traitant aussi de l’information nationale et régionale. L’ATP bénéficie aussi de marchés d’édition auprès des administrations et des établissements publics. L’OPT et le Port autonome comptent notamment parmi ses clients. On est bien loin de la vocation de cette agence. Concurrence déloyale. Un hebdomadaire en ligne, appelé Le Courriel de Tahiti, a récemment vu le jour à l’initiative de l’ancien directeur de l’ATP, mais il a rapidement disparu faute de clientèle.

6. LE FINANCEMENT DES MÉDIAS - LA PUBLICITÉ La publicité est le nerf de la guerre médiatique. Elle est indispensable à toute production y compris celles qui bénéficient de soutiens budgétaires publics (comme RFO, TNTV ou Ti’ama). En effet, les coûts de fonctionnement et de production sont très élevés et les besoins financiers considérables. En France, par exemple, un magazine, s’il a du succès, pourra être financé pour plus de la moitié par les ventes au numéro car il pourra être vendu à plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires. Ici, en Polynésie française, même si un magazine bénéficie d’un excellent accueil du public, les ventes ne représenteront jamais qu’une part infime des coûts d’édition et de publication. Il dépendra toujours d’un financement publicitaire aux alentours de 90 % car la diffusion est beaucoup trop réduite, de quelques milliers d’exemplaires seulement. …/…

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Il ne faut pas non plus négliger le coût de la distribution qui représente pratiquement la moitié du prix public du document. La publicité est un domaine dans lequel il est difficile d’obtenir des données fiables. En effet, les prix fluctuent beaucoup au gré de la conjoncture économique. On peut toutefois dire que le chiffre d’affaires de la publicité n’a cessé de s’accroître au cours des vingt dernières années. On a tendance à le comparer à un gâteau qu’il faudrait couper entre toujours davantage de parts. En réalité, il s’avère que la taille du gâteau augmente peu à peu et que le marché a une bonne élasticité. Il y a toutefois des limites et la concurrence est devenue extrêmement féroce surtout dans cette période de crise publicitaire mondiale. En mars 2003, selon l’ISPF, la Polynésie française comptait officiellement 187 agences conseil en publicité. Un grand nombre d’entre elles ne sont en fait que des travailleurs individuels patentés et il n’est pas certain qu’elles soient toutes en activité, mais, cela fait tout de même beaucoup. En 2000, toujours selon l’ISPF, 87 agences avaient déclaré leurs chiffres d’affaires pour un total de près de deux milliards de Fcfp. France – Antilles se taille la part du lion de la publicité sur support papier, mais on assiste à la montée en puissance du groupe 2H de M. Hubert Haddad qui concentre de plus en plus de moyens. Après avoir obtenu l’exclusivité de la régie publicitaire de RFO et des contrats d’édition avec le gouvernement territorial dans les années 80, M. Haddad a obtenu l’exclusivité de la vente des espaces publicitaires dans l’annuaire de l’OPT. Il a racheté l’agence de publicité OBA Pub, une des trois principales agences locales qui draine un grand nombre de commandes publiques. Plus récemment, il a pris le contrôle du comité Miss Tahiti Nui et de la régie publicitaire de TNTV. Son appétit ne s’arrête pas là et l’on se dirige vers une situation dans laquelle la majeure partie de la publicité en Polynésie française sera concentrée entre les mains des deux seuls groupes France – Antilles et 2H. …/… 20


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C’est naturellement dommageable pour la créativité et la diversité des médias et cela prend en quelque sorte les annonceurs en otage. Ne pas confondre ceux qui utilisent la publicité pour financer des médias et ceux qui utilisent des médias comme prétexte pour faire de l’argent avec la publicité. Problème de la taxe de 15 % instituée en 2004 sur la publicité (elle existait déjà pour la télévision – à 10 % - et a été étendue à l’ensemble des médias). Très lourde pour les petits médias dépendants de la publicité, elle permet de subventionner des médias publics qui concurrencent ensuite de façon déloyale les médias privés sans subir les mêmes contraintes. Le risque est d’appauvrir le paysage médiatique et de renforcer les positions dominantes de France – Antilles et 2 H. Le gouvernement espère récolter 300 millions par an grâce à cette taxe (c’est le montant exact de l’augmentation accordée à TNTV et à l’ATP)

7. QUESTIONS

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LES JOURNALISTES ET L’INFORMATION La définition officielle du journaliste professionnel est donnée par le Code du Travail : « Le journaliste professionnel est celui qui a pour occupation principale régulière et rétribuée l’exercice de sa profession dans une ou plusieurs publications quotidiennes ou périodiquement dans un ou plusieurs agences de presse et qui en tire le principal de ses ressources. » Sont assimilés aux journalistes, les collaborateurs directs de la rédaction (rédacteurs – traducteurs, sténographes-rédacteurs, réviseurs, reporters). Les directeurs de journaux ne sont pas forcément des journalistes. C’est du reste de moins en moins souvent le cas. La direction des entreprises de presse est plus fréquemment confiée à des managers issus de grandes écoles de commerce ou d’administration. Les journalistes ont souvent une image assez médiocre. Ils exercent pourtant un métier non seulement respectable, mais indispensable. Respectable, parce que cette profession exige beaucoup de motivation et de passion et que certains de ses représentants font preuve d’un courage exemplaire pour collecter l’information, même aux endroits les plus dangereux (on l’a bien vu avec la guerre d’Irak dans laquelle de nombreux journalistes ont péri). Comme toute profession, elle a aussi ses voyous (on l’a également bien vu lors de la guerre d’Irak avec ces journalistes américains surpris à rapporter aux Etats-Unis des objets volés). Ce métier est aussi indispensable, car peut-on imaginer un monde sans journalistes c’est-à-dire sans informations ? Il suffit de se rappeler les difficultés provoquées par la grève qui a paralysé le groupe France – Antilles pendant trois semaines en août 2002.

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Il y a l’actualité, naturellement, mais les médias, les quotidiens en particulier, diffusent de nombreux autres types d’informations pratiques comme les horaires des transports en commun, les programmes de télévision, les communiqués officiels, les annonces légales, sans oublier la publicité, les programmes des cinémas, les petites annonces, etc.

1. LA RÉDACTION Les journalistes travaillent au sein d’une rédaction, c’est-à-dire une équipe organisée pour la confection d’un journal ou d’un magazine (d’information écrite ou audiovisuelle). Les rédactions sont fortement hiérarchisées. Elles sont dirigées par un directeur de la rédaction ou un rédacteur en chef. Parfois, dans les plus importantes, on trouve un directeur assisté d’un ou plusieurs rédacteurs en chef. Eux-mêmes peuvent disposer de rédacteurs en chef-adjoints, souvent responsables de rubriques et ayant sous leur responsabilité des journalistes. Après le rédacteur en chef, le principal membre de la rédaction est le secrétaire de rédaction. Il est chargé du traitement, de la révision et de la mise en page des articles produits par les journalistes.

2. DIVERS TYPES DE JOURNALISTES Si le journaliste est, d’une manière générale, celui qui collecte et traite l'information à l'intention d'un public, il y a de nombreux types de journalistes car il y a de nombreux types d'informations, de nombreuses manières de la collecter et de la traiter et de nombreux publics. Entre un fait et son rapport dans un média, il existe toute une chaîne de traitement de l'information. D'abord, le recueil de l'information sur place (correspondants permanents d'agence ou de médias, envoyés spéciaux, reporters-photographes ou grands reporters selon l'importance de l'événement)

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Ensuite, l'information est parfois réécrite et traitée (titrage, calibrage) par des rédacteurs sur place dans les bureaux de la rédaction ou par des secrétaires de rédaction qui sont aussi des journalistes. Enfin, elle est rassemblée par le rédacteur en chef qui décide de la hiérarchie de l’information, c’est-à-dire où paraîtra l’information, quel espace lui sera réservé, et l’importance de sa titraille. C’est le rédacteur en chef qui, en particulier, construira la Une, c’est-à-dire la première page (en presse audiovisuelle, la Une est remplacée par ce qu’on appelle Les Titres). Qu'est-ce-qu'un pigiste ? (littéralement celui qui est payé à la pige c’est-à-dire à la ligne) Qu'est-ce-qu'un éditorialiste ? Insister sur la séparation du fait et du commentaire

3. DIVERS TYPES DE MÉDIAS Il existe une grande variété de médias dont le rôle et la fonction sont complémentaires. La plupart sont présents en Polynésie française, ce qui est un atout indéniable pour notre pays : -

Journaux quotidiens (rapport de l'actualité)

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A l'intérieur, spécialisation des tâches ou non (politique, sports, culture, etc). Insister

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sur le cas de Tahiti Hebdos (analyse de l'actualité)

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Mensuels et périodiques (articles de fond)

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Presse spécialisée (économie, sport, femmes, etc.) Radios

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Télés

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Journaux électroniques, etc. Agences de presse (généralistes ou spécialisées)

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4. QUI SONT LES JOURNALISTES EN PF ? Il n’existe ni carte de presse, ni formation des journalistes professionnels en PF (un cursus vient enfin d’ouvrir à l’Université de PF, mais je doute personnellement qu’il puisse réellement former beaucoup de futurs journalistes locaux de presse écrite). Jusqu’à aujourd’hui, la quasi-totalité des journalistes de presse écrite viennent de l’extérieur du pays et n’ont aucune formation spécifique. On note en effet un manque d’intérêt pour le journalisme privé de la part des jeunes Polynésiens. Cela tient essentiellement à l’absence de cycles de formation, au fait que les Polynésiens sont mal à l’aise dans l’écriture du français et au sein des rédactions locales privées essentiellement fréquentées par des popa’a. Ce désintérêt vient aussi du niveau des rémunérations très inférieures dans les médias privés à ce que l’on peut trouver dans le secteur public, à RFO notamment. En revanche, on trouve davantage de jeunes Polynésiens dans les médias audiovisuels où ils se sentent plus à l’aise, surtout au sein des rédactions tahitiennes des télévisions ou des radios. N’importe qui peut devenir journaliste du jour au lendemain, car la législation française n’exige aucun diplôme ni concours. Il existe des écoles de journalisme et divers types de formation à la communication. Mais, toute personne a le droit d’écrire dans un journal, de parler à la radio ou de passer à la télé (sous réserve de respecter les limites imposées par le droit) et d’être payé pour cela. Il en résulte souvent un certain manque de professionnalisme dans le métier. Une faiblesse largement critiquée en France et depuis longtemps. En Polynésie française, cette situation est accentuée par deux facteurs : -

d’abord le niveau de formation des journalistes est encore inférieur puisque la demande de personnels qualifié étant très importante, les jeunes diplômés préfèrent souvent des emplois plus stables et nettement mieux rétribués. Il reste alors les artistes, les marginaux, les aventuriers, et ceux qui ne peuvent rien faire d’autre.

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Le second facteur aggravant vient de ce que les journalistes ignorent très souvent à peu près tout de la Polynésie française et des Polynésiens.

En effet, beaucoup de jeunes journalistes sont fraîchement arrivés dans le territoire et n’y restent généralement que peu de temps. Pour ceux qui voudraient s’incruster un peu plus, les conditions de travail, les rémunérations les incitent à changer de métier dès qu’ils en ont l’occasion (à se diriger vers l’administration et la politique notamment).. On constate ainsi un fort roulement au sein des rédactions. Les relations avec les médias nécessitent par conséquent un suivi attentif et la mise à jour régulière des listings et des carnets d’adresses. Je me rappelle, quand j’ai commencé ma carrière de journaliste en 1976, c’était au Journal de Tahiti. Il était situé rue des Remparts, un vieux bâtiment en bois à moitié délabré (photo) Quand je me suis présenté, j’ai monté les quelques marches de l’escalier qui donnait sur un très long couloir. Au fond de ce couloir assez sombre, une porte était grand ouverte sur des toilettes. C’est la première image qui me reste du métier de journaliste. Elle a été confirmée dans maintes occasions. Le Journal de Tahiti avait été fondé en 1963 par Tony Bambridge qui en avait confié la direction à Philippe Mazellier. Un an plus tard seulement, celui-ci créait La Dépêche. Avant d’être racheté par la famille Bréaud, puis par La Dépêche de Tahiti, Le Journal de Tahiti, appartenait à Michel Lefèvre qui essayait tant bien que mal de le faire survivre avec une équipe et des moyens dérisoires. Je suis entré dans son bureau, un peu décontenancé par ce que je voyais. Michel m’a donné quelques conseils, trouvé un vieil appareil photo et, quelques minutes après, j’étais sur mon premier reportage. On peut dire que, vingt-cinq ans plus tard, les méthodes de recrutement n’ont pas fondamentalement évolué. L’examen de passage se réduit encore à peu près au classique : « Tu as un appareil photo, tu as un engin… Tu es journaliste ! ». Pour le reste, on l’apprend au fur et à mesure. -

Études ou apprentissage sur le tas

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Homme - femmes

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Difficultés du métier Motivation …/… 26


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Qualités nécessaires (curiosité, intérêt pour l'information, motivation, connaissance et maîtrise de la langue - française - …)

5. LIBERTÉ DE LA PRESSE ET RESPONSABILITÉ DES MÉDIAS Plusieurs affaires récentes et le discours de la présidente de l’Assemblée de la Polynésie française, lors de son élection en avril dernier, ont mis en lumière ce que Madame Taero a qualifié de « dérives » des médias locaux. La liberté de la presse et sa contrepartie, la responsabilité des journalistes, est un vaste sujet sur lequel nous pourrons débattre tout à l’heure, si vous le souhaitez. La presse est en principe libre en France. Quiconque a le droit de créer un journal ou une publication dans lesquels, il pourra s’exprimer librement. Toute liberté a ses limites. Il faut d’abord avoir les moyens d’exercer cette liberté. Dans notre pays, les limites de la liberté de la presse sont surtout de nature financière et humaine. Pour créer une publication régulière, il faut des moyens considérables. On estime par exemple aux alentours de cinq cents millions de Fcfp l’investissement nécessaire à la création d’un quotidien digne de ce nom en Polynésie française. Ensuite, il faut faire tourner la machine. Et pour cela, il faut trouver du personnel qualifié et motivé, ce qui est loin d’être évident. Les limites de la liberté de la presse sont aussi légales. Sont sanctionnées par les textes : la diffamation, l’injure, la provocation ou l’incitation à certains comportements (usage de stupéfiants, troubles à l’ordre public…), les atteintes aux bonnes mœurs et les fausses informations. Tous ces manquements peuvent être jugés par les tribunaux. En principe, le responsable est le directeur de la publication, mais on peut aussi sanctionner le rédacteur en chef voire le journaliste et même, dans certains cas, l’imprimeur.

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Le droit de réponse C’est un droit fondamental dont la procédure est assez fréquente et qui permet aux personnes ou aux organismes mis en cause dans une publication, de faire une mise au point. Il est bon, je crois, de préciser en quoi cette procédure consiste exactement. D’abord, elle a ses limites. Le droit de réponse est assez bien adapté dans le cas d’un quotidien, voire d’un hebdomadaire, mais dès que la périodicité s’accroît, il perd de son sens. On ne voit guère l’intérêt d’utiliser son droit de réponse dans une revue annuelle par exemple. Le droit de réponse appartient à toute personne physique ou morale dont le nom a été évoqué dans une publication (écrite ou audiovisuelle). Il n’est pas nécessaire que les propos aient un caractère infamant ou diffamatoire, le droit de réponse peut s’appliquer même s’ils sont neutres ou même louangeurs. Le droit de réponse doit respecter une procédure précise à la fois de la part de celui qui en fait usage (la réponse doit émaner du seul intéressé ou de ses ayant droits directs, elle doit être adressée au directeur de la publication ou, à défaut, à son gérant dans un délai d’un an par courrier simple ou recommandé voire par télégramme en cas d’urgence. S’il s’agit d’un quotidien, la réponse doit être publiée dans un délai de trois jours à compter de sa réception, dans les autres cas, elle sera publiée dans l’édition à paraître après le surlendemain de sa réception ; en période électorale , le délai de trois jours est réduit à 24h pour les quotidiens, mais la réponse doit être remise au journal au moins six heures avant son tirage ; la réponse doit être reproduite intégralement sans qu’il y soit rien ajouté ni retranché ; elle peut toutefois donner lieu à des commentaires à condition que ceux-ci ne coupent pas le texte et en respectent l’intégralité, ces commentaires peuvent eux-mêmes donner lieu à l’exercice d’un nouveau droit de réponse ; ne pas comporter de propos injurieux, diffamants ou immoraux auquel cas, il ne pourrait être publié, de même que cette réponse ne doit pas porter atteinte à l’intérêt légitime de tiers ; la réponse ne doit pas, en principe, dépasser en longueur le texte qui l’a provoquée ; elle doit être publiée dans les mêmes conditions de place et de visibilité que le texte original.

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L’autocensure Exemple spectaculaire d’autocensure de médias libres ; au quatrième jour de la guerre d’Irak, le 24 mars dernier, les dépêches d’agences révélaient que les médias télévisés américains avaient presque unanimement décidé de s’autocensurer et de ne pas montrer les images qu’ils possédaient des soldats américains tués ou faits prisonniers en Irak. Une seule chaîne de télévision, CBS, n’avait pas respecté le mot d’ordre. Les images étaient produites par la chaîne du Qatar, Al Jezzirah, et furent considérées par le gouvernement américain comme de la propagande irakienne qu’il était plus sage de ne pas montrer au public américain pour préserver son moral et éviter les réactions populaires du type guerre du Vietnam.

6. LES MÉDIAS ET LES SYNDICATS Le secteur de la communication et des médias est très hétérogène. Il rassemble de nombreux métiers très différents les uns des autres même s’ils sont complémentaires et qu’ils participent tous plus ou moins directement à la même filière éditoriale. C’est un secteur souvent individualiste, notamment au niveau des rédactions, même si, au cours des dernières années, on a pu constater une solidarité croissante face à la toutepuissance patronale. Deux syndicats existent en Polynésie française. Il y a d’un côté le SIPCOM (syndicat de l’imprimerie, de la presse et de la communication) qui regroupe des employeurs et chefs d’entreprise. Le SIPCOM a été créé en 19.., mais il s’est vite heurté au problème des intérêts souvent contradictoires de ses membres. Un imprimeur, par exemple, qui emploie beaucoup de main-d’œuvre, n’a pas les mêmes soucis qu’un graphiste qui travaille seul ou qu’une agence de publicité. Après un long sommeil, le SIPCOM a été réactivé en 1997 et, depuis 1998, il est présidé par Teva Sylvain, pdg de la société Pacific Promotion célèbre pour ses calendriers plein de jolies filles. Malgré la bonne volonté qui a présidé à son renouveau, les mêmes causes produisant les mêmes effets, le SIPCOM est en réalité un instrument de représentation des imprimeurs lors des négociations salariales annuelles.

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En 2002, a été créée l’Union syndicale des journalistes de Polynésie française (USJPF) présidée par Olivier Gelin, journaliste à RFO, dont l’objectif est de réunir les journalistes salariés ou pigistes, de défendre leurs intérêts et ceux de la profession. Ce syndicat a récemment réagi aux attaques de Madame Lucette Taero contre la presse. Ce n’est pas la première tentative de rassembler les journalistes, elles ont toujours été éphémères jusqu’à aujourd’hui.

7. QU'EST-CE QU'UNE INFORMATION ? Bien communiquer avec les médias, c’est en premier lieu comprendre que la seule chose qu’ils veulent, c’est de l’information. La seconde chose essentielle à se rappeler, c’est qu’il faut leur faciliter le travail au maximum et, au minimum, éviter de leur compliquer la tâche. L’information ne se confond pas avec la connaissance. Très peu d’événements ayant un fort retentissement médiatique auront une importance réelle dans l’histoire. L’information est une matière première inépuisable. Elle est le reflet de tout ce qui se produit dans le monde à tout moment. Tout est information potentielle. Dans cette masse énorme d’informations, le talent du journaliste consiste à dénicher celle qui pourrait avoir de la valeur , c’est-à-dire satisfaire le désir et le besoin d’information d’un public. Il faudra ensuite l’extraire, la traiter avant de pouvoir la diffuser et la vendre. Ce qui fait la valeur d’une information, c’est l'intérêt qu’elle pourrait présenter. C’est le premier travail du rédacteur en chef d’en juger. Cet intérêt peut être de toute nature. Une information peut avoir un intérêt économique, social, culturel, affectif, scientifique, etc. voire de simple curiosité intellectuelle. Comme toute matière première, l’information doit être traitée avant d’être distribuée. C’est aussi ce traitement de l’information qui lui apporte sa valeur. Par traitement, je veux dire un travail de sélection et de présentation qui va permettre à l’information d’être accessible et transmise dans de bonnes conditions.

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Un journaliste travaille toujours pour un certain public. Les informations qu'il traite doivent, par conséquent, avoir un intérêt pour ce public particulier. Plus grand sera cet intérêt, plus grande sera la valeur de l'information (c’est ainsi que le rédacteur en chef procède à la hiérarchisation de l’information c’est-à-dire qu’il décide de l’impact qu’il va donner à telle ou telle info en adaptant sa présentation et son emplacement ; la Une (première page de couverture) est évidemment la place des infos les plus intéressantes, mais elle-même est fortement hiérarchisée. Prenons un exemple : un mariage a lieu à la mairie. C’est un fait, mais ce n’est pas une information. Pas encore. Supposons que ce mariage unisse deux familles connues. Cela pourrait intéresser les médias qui traiteront l’événement en fonction de la notoriété de ces familles. Si l’un des mariés est une personnalité publique, cela devient une véritable information qui pourrait même faire les gros titres de certaines publications spécialisées. Et s’il s’agit de personnes connues sur le plan international, la nouvelle fera le tour du monde des rédactions et les photos atteindront des prix pharamineux. Il ne faut jamais oublier que les supports d'information privés (journaux, télévisions, radios) sont des entreprises commerciales. La vente d'information est leur raison d'être. Cela dit, une information n'a de réelle valeur que si elle est vraie. Tout renseignement doit, par conséquent, être vérifié. Plus les conséquences de la publication d'une information pourraient être graves, plus le journaliste devra prendre le soin de la vérifier (affaire du Wind Song ou du saccage de la maison de Poupet). On sait pourtant que la vérité est fréquemment blessante et c’est tout le problème de la responsabilité du journaliste, tout spécialement dans un petit pays comme le nôtre, de décider en son âme et conscience si une vérité est bonne à dévoiler ou pas en pesant les conséquences de cette décision. On estime qu’une information doit être « recoupée », c’est-à-dire confirmée par une source différente au moins une fois avant de pouvoir être publiée sans trop de risque d’être démentie. Quand la publication d’une info est susceptible d’avoir de graves conséquences, un journaliste professionnel et responsable doit la refuser s’il n’a pas au moins trois sources différentes, voire plus. Tout dépend de la qualité des sources, des circonstances, du tempérament du rédacteur en chef et de l’idée qu’il se fait de son métier, etc. …/… 31


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Quels sont les critères d'intérêt d'une information ? -

Actualité (l’intérêt d’une info pour les grands médias quotidiens se réduit rapidement avec le temps – un événement chasse l’autre -, mais il peut se conserver pour d’autres médias qui iront plus loin dans son étude et son analyse)

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Proximité (plus une info nous touche de près et plus elle nous intéresse)

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Nombre de personnes concernées Conséquences pratiques sur la vie des gens •

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Intérêt pratique indirect (politique, économie, etc.)

• Intérêt pratique immédiat (programmes TV, cinémas, annonces, etc.) Crédibilité (source - la connaissance de l’origine de l’info ; précision - plus une info est précise et comporte d’éléments d’analyse, plus elle a de valeur ; vérification et

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recoupages…) Effet émotionnel (plaisir, peur, chagrin, etc.)

8. TRANSMETTRE UN MESSAGE PAR LES MÉDIAS Sur la forme. Le message doit être présenté convenablement, c’est-à-dire que le destinataire du message va déjà s’en faire une opinion sur la manière dont il est présenté. Le message doit être transmis à la bonne personne, en respectant une procédure qui facilite cette transmission au maximum ainsi que la diffusion ultérieure du message dans les meilleures conditions, c’est-à-dire, généralement, le plus largement possible, le plus rapidement possible, et le plus fidèlement possible. Vérifier la bonne transmission et la bonne compréhension du message (cf. les militaires ont un code pour cela). Sur le contenu du message Bien faire connaître clairement qui en est l’auteur et quelle en est la date. Il s’agit évidemment des informations les plus importantes dans le traitement d’une information. Avant de porter le moindre jugement sur le contenu d’une information, le journaliste examine quelle en est la source et quand elle a eu lieu.

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Pourtant, de nombreux documents ne révèlent pas au moins l’une de ces informations, parfois même les deux. On imagine bien qu’une information dont on ne connaît ni la date ni l’auteur, n’a qu’une valeur très relative, voire nulle ! Le contenu doit être clair, respecter les règles de l’orthographe et de la grammaire et la législation sur l’information. Il ne doit être ni diffamatoire, ni injurieux ni outrageux pour la pudeur ou les opinions religieuses, il ne doit présenter aucun caractère raciste. Le message doit être le plus court et concis possible. Il doit naturellement être communiqué sous une forme adaptée à son destinataire. Cela peut paraître évident, mais la langue dans laquelle le message est rédigé doit pouvoir être comprise par le destinataire. Ce n’est pas toujours le cas. Quand je dirigeais la rédaction des Nouvelles de Tahiti, je recevais souvent des informations en tahitien ou en anglais, ou en d’autres langues encore. Si l’on ne parle pas ces langues, il est très difficile, voire impossible, de traiter ces informations. En 1993, je me suis fait agresser et traiter de nazi dans mon propre bureau de directeur de la rédaction des Nouvelles de Tahiti, par les dirigeants de la Ligue polynésienne des droits de l’homme, parce que je n’avais pas publié un de leurs communiqués en reo maohi. Or, n’étant pas en mesure de contrôler le contenu du texte, je n’avais pas d’autre choix.

Désinformation et intox Enfin, on peut mentir, c’est généralement le cas quand on veut à tout prix se concilier l’opinion publique. Mais il faut savoir que, la plupart du temps, cela ne prend pas et, en tout cas, pas longtemps. Les journalistes ont généralement suffisamment d’expérience, les rédacteurs en chef en tout cas possèdent cette expérience, pour ne pas laisser passer les mensonges à moins qu’ils ne soient dissimulés habilement, ce qui est rare. En revanche, certains médias acceptent de relayer des informations dont ils savent pertinemment qu’elles sont fausses, mais dans le but d’aider une cause, par exemple, politique ou économique ou sociale, qu’importe…

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9. MÉTHODES DE TRANSMISSION D’UN MESSAGE Il y a de multiples manières de communiquer par le biais des médias et avec eux. -

Le communiqué de presse

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La conférence de presse

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L’interview Le déjeuner de presse

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Le voyage de presse Aujourd’hui, je vais seulement faire quelques commentaires au sujet de l’interview. Il

apparaît que c’est l’exercice le plus difficile pour un élu et, avec la conférence de presse qui peut lui être assimilé, certainement le plus risqué. L’interview peut donc être collective (cas de la conférence de presse) ou exclusive c’està-dire réservée à un seul média soit que l’interview ait été sollicitée par le média ou l’inverse. En presse écrite, on peut exiger de relire une interview avant sa publication. J’applique moi-même une procédure originale puisque je soumets d’office la rédaction de son interview à la personne interviewée pour qu’elle puisse vérifier l’absence d’erreur ou d’omission. C’est l’intérêt de tous que l’interview paraisse dans les meilleures conditions La plupart des journalistes et, surtout, des rédacteurs en chef, ne sont pas aussi courtois et estimeraient cette procédure injustifiée, voire antidéontologique. On considère généralement dans la profession que la vérité est davantage présente dans la réponse spontanée, surprise par l’interview, la question inattendue, que dans une réponse réfléchie, rédigée après coup. Il y a certainement du vrai dans ce point de vue. Mais, il faut aussi prendre en compte les faiblesses humaines et techniques. Les erreurs sont si fréquentes, parfois bénignes, mais parfois avec des conséquences dramatiques, ces erreurs sont dans tous les cas très regrettables. J’estime pour ma part que la rigueur, l’exactitude des informations (tout simplement l’orthographe du nom de la personne interviewée, la réalité de sa fonction professionnelle, etc.) et la vérification de ce que la personne interviewée souhaitait vraiment exprimer est le premier respect dû au lecteur. …/… 34


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Cela vaut bien une éventuelle perte de spontanéité. Naturellement, ce type de démarche est plus facile à respecter quand on a du temps (pour des magazines périodiques) que pour les médias quotidiens grand public. À la télé ou à la radio, deux cas de figure : l’interview est enregistré ou il est en direct. S’il est enregistré (cf. presse écrite) il faut prendre tout le temps dont on a besoin pour ré pondre aux questions. Les silences seront supprimés au montage. Il ne sert à rien de gagner du temps avec des formules trop évasives du genre : « C’est une très bonne question et je vous remercie de me l’avoir posée…» S’il est en direct, un seul leitmotiv, prudence et profil bas ! Si une question est embarrassante, toujours répondre à côté ou ne pas hésiter à répondre qu’on ne sait pas et qu’il faut s’adresser à la personne compétente. Insister sur le sourire, la politesse et l’amabilité, tout le reste passera avec. Se tenir droit sans être crispé, bien coiffé, correctement vêtu. Bien respirer et parler calmement. -

-

Ne répondez qu’aux questions auxquelles vous voulez bien répondre Le jour d’une interview télévisée, faites une petite sieste ou un peu d’exercice pour vous détendre, offrez-vous un massage, faites ce qu’il vous plaira, mais n’allez pas au bureau comme d’habitude

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Quand un élu ou un cadre de la commune est interviewé, il doit être assisté d’un membre du service des relations publiques (si ce service existe). Celui-ci aidera au bon déroulement de l’interview et s’assurera de l’exactitude des réponses.

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Un point très important est qu’il ne faut jamais partir du principe que votre interviewer saisit spontanément les tenants et les aboutissants de vos propos

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Les meilleures interview sont celles qui portent sur des sujets qui intéressent la

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personne qui conduit l’interview Si vous tenez à ce que vos propos restent confidentiels, mettez-vous d’accord avec votre interlocuteur avant de commencer à parler (propos off record)

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Au cours d’une interview, recherchez toutes les occasions de revenir aux points qui vous paraissent essentiels. Gardez la maîtrise de la conversation

10. QUESTIONS …/… 35


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DÉBAT Propositions de sujets : -

Objectivité de la presse dans un petit pays, est-ce possible ?

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Liberté de la presse et responsabilité du journaliste (traditions et sensibilités locales, etc.)

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Y-a t’il trop de médias ou pas suffisamment en Polynésie française ? Comment financer les médias ?

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La qualité des médias en PF

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Les rapports entre la commune et les médias – Comment améliorer les relations mutuelles et l’image médiatique de Papeete ?

Les relations des collectivités locales avec les médias sont traditionnellement difficiles. Plus encore que les annonceurs publicitaires commerciaux, les collectivités locales ont du mal à faire la différence entre l’indépendance journalistique et la dépendance publicitaire, voire la dépendance politique. La presse quotidienne régionale est un élément privilégié de la communication municipale (cf. page 11). C’est un des principaux véhicules de l’image de la municipalité et de la ville. Pour une communication plus efficace, et aussi par souci de démocratie, il faudrait que les médias aient en face d’eux plusieurs interlocuteurs représentant la ville selon que l’objet de leur relation relève plus directement du débat politique, de la vie civique et des services publics ou du marketing urbain.

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Trente ans d’écriture Volume 3 - 2000-2004 Mahana - Les Editions du Soleil © 2016 tahiti.ecriture@gmail.com


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