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Avenir - Avril 2021

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avenir Prévoir un avenir dans des temps incertains ‒ Futur proche Les programmes universitaires de l'avenir L’avenir, ma défunte source d'angoisse ‒Un monde sans avenir Astrologie : quand les étoiles nous parlent ‒ Ce jour viendra 8 mars 2021 : journée d’avenir ‒ À moins que

... Avril 2021 — Volume 05 No. 3


Nous sommes Directeur général Aubert Caron-Guillemette dg@comeul.ca Rédactrice en chef Léonie Faucher redaction@impactcampus.ca

Cheffe de pupitre actualités Noémie Rondeau actualites@impactcampus.ca

Représentants publicitaires Fabrice Coulombe publicite@chyz.ca Journalistes collaborateurs Mikael Grenier, Laurent Lacaille-Roy, Jimmy Lajoie-Boucher, Marc-Antoine Auger, Shana Paquette, Mélissa C.Pettigrew Conseil d’administration Mathieu Montégiani (Président), Carl Lavoie (Secrétaire), Perpétue Mahuclo Adité, Daniel Fradette, Lauren Banham, Bruno Lemaire Corbeil, Ludovic Dufour

Cheffe de pupitre arts Emmy Lapointe arts@impactcampus.ca

Chef de pupitre société Andréi Audet societe@impactcampus.ca

Journaliste multimédia Jessica Dufour multimedias1@impactcampus.ca

Impression Publications Lysar inc. Tirage : 4 000 exemplaires Dépôt légal : BAnQ et BNC. Impact Campus ne se tient pas responsable de la page CADEUL et de la page ÆLIÉS dont le contenu relève entièrement de la CADEUL et de l’ÆLIÉS. La publicité contenue dans Impact Campus est régie par le code d’éthique publicitaire du journal, qui est disponible pour consultation au : impactcampus.qc.ca/code-dethiquepublicitaire Impact Campus est publié par une corporation sans but lucratif constituée sous la dénomination sociale Corporation des Médias Étudiants de l’Université Laval.

Couverture par Paula Casillas

1244, pavillon Maurice-Pollack, Université Laval, Québec, G1V 0A6 Téléphone : 418 656-5079 ISSN : 0820-5116 Directrice de production Paula Casillas production@impactcampus.ca

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Dossier Prévoir un avenir dans des temps incertains Les programmes universitaires de l'avenir

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De quoi rêve un citoyen haïtien

Société

L’avenir, ma défunte source d'angoisse Astrologie : quand les étoiles nous parlent Futur proche 8 mars 2021 : journée d’avenir 100 ans de vie sur Terre

Somm aire Arts et culture

Sorties littéraires Un monde sans avenir Les zillenials ou les enfants tristes

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Créations littéraires Ce jour viendra On a zoomé le soleil À l’explosion des mirages À moins que

Photoreportage Photoreportage surréaliste


Éditorial

Éditorial

Prévoir un avenir dans des temps incertains La dernière année a été particulière. Entre les changements de consignes sanitaires, les fermetures, les ouvertures ainsi que les re-fermetures, nous avons dû faire preuve d’adaptabilité et planifier et repenser nos plans. Avec tout ça, où est-ce qu’on s’en va? Ce mois-ci, l’équipe d’Impact Campus s’attarde sur l’avenir. Votre magazine étudiant vous retrouvera par la suite à la rentrée scolaire. Par Léonie Faucher, rédactrice en chef

Pour cette nouvelle édition du magazine, voici votre guide pour feuilleter les pages selon vos intérêts : P.12 - Noémie Rondeau, comme à l’habitude, présente un résumé du mois précédent pour revenir sur les événements marquants.

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P.16 - Poursuivre ou s’arrêter dans ses études est une grande décision. Andrei Audet propose des programmes offerts dans différentes universités québécoises qui sont axés sur les technologies de l’avenir. P.18 - Jessica Dufour nous fait voyager jusqu’en Haïti pour explorer ses différentes réalités. Entre les crises sociales, politiques et économiques, que peuvent espérer les citoyens.nes pour leur avenir? P.30 - Dans sa rubrique sur la santé mentale, Andrei Audet traite de l’angoisse qui accompagne le concept de grandir, de devenir un adulte et d’assumer ses responsabilités.

P42 - Un photoreportage surréaliste de l’artiste Danick Lizotte explore l’espace dans tous ses sens.

P.52 - La chronique de Laurent Lacaille-Roy traite de l’arrivée du printemps et des manifestations qui ont eu lieu le 8 mars 2021. P.54 - Jimmy Lajoie-Boucher présente une entrevue avec Madame Gemma Fiset, une centenaire ayant connu et vécu les plus grands événements du dernier siècle.

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P.66 - Emmy Lapointe présente les sorties littéraires à mettre dans votre bibliothèque. P.68 - Le film Children of men du réalisateur Alfonso Cuarón est abordé par Marc-Antoine Auger. Ce film est-il destiné à devenir un classique cinématographique ? P74 - Emmy Lapointe s’adresse ce mois-ci à la génération entre les milléniaux et les Z, soit les zilléniaux. Par des œuvres artistiques marquantes qui caractérisent cette catégorie de jeunes adultes, elle aborde les enjeux qui les touchent. P78 - Plusieurs créations littéraires figurent en fermeture de rideau, car l’art est-il un moyen d’imaginer ce qui se passera dans l’avenir? Pensons aux dystopies et aux films futuristes qui proposent des visions, catastrophiques ou envisageables, de ce que pourraient être nos futures sociétés.

P.50 - Dans une réflexion métaphorique, Mikael Photo par Yves Monrique

Avril 2021 — Volume 05 No.3

Avril 2021 — Volume 05 No.3

P.32 - Ce mois-ci, je me suis interrogée sur le domaine de l’astrologie. En entrevue avec Mademoiselle Lili, astrologue et youtubeuse, le fonctionnement de cet art ancien est éclairci.

Grenier observe le futur proche du quotidien.


Éditorial

Éditorial

Votre horoscope printanière d’Impact Campus

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Bélier (21 mars au 20 avril) Travail : En avril, de nouvelles opportunités se présentent et vous avez les outils pour en profiter. Par contre, dès le 23, vos tentatives seront plus hasardeuses. Cependant, Mars vous attend en mai pour vous donner des sueurs froides. Comptez sur Saturne qui continue de soutenir vos projets. Amour : La nouvelle Lune en Bélier donne un élan pour tout le mois d’avril. L’envie de s’unir pour la vie naît. Si vous êtes marié, des moments idylliques à deux sont à prévoir. Les célibataires, l’amour vous est promis. En mai, c’est le plaisir en premier. Santé : En avril et mai, vous devez faire attention au surmenage. D’autant plus que vous avez davantage tendance à vous inquiétez.

Cancer (22 juin au 22 juillet) Travail : La fin mars a été pénible. En avril, vous continuez de vous débattre. Ce n’est pas le bon moment pour essayer de nouvelles choses, concentrez-vous sur l’essentiel. En mai, Mars vous rend énergique et vous donne envie de régler vos affaires. Amour : Jusqu’à mi-avril, vous êtes axé sur votre emploi, à moins que quelqu’un sur votre lieu de travail vous charme. Vénus vous promet de belles amitiés. Si vous êtes célibataire, une rencontre via des amis est attendue. En mai, vos idéaux de solidarité sont confrontés à des frustrations.

Santé : Vous avez parti l’année en fusée, alors en avril, vous avez une baisse d’énergie. En mai, vous vous concentrez sur votre hygiène de vie.

Santé : En avril, vous ne ménagez pas votre santé. En mai, vous avez beaucoup d’énergie à donner.

Lion (23 juillet au 23 août) Travail : En avril, l'atmosphère est changeante. Vous êtes ambitieux et le mois sera empli d’opportunités financières et d’expansion sociale. Attention à la compétition qui mine votre moral. En mai, une baisse d’énergie et de motivation au travail. N’hésitez pas à faire des plans d’avenir. Amour : En avril, la nouvelle Lune vous propose de vous unir pour la vie et de vivre des instants de pur bonheur. Les célibataires, un renouveau vous guette. Mai commence doucement avec morosité, mais la mi-mois réserve de la joie et du partage. Santé : En avril, la détente est présente. En mai, une lassitude vous guette, mais vous avez assez de tonus pour la contrecarrer.

Balance (23 septembre au 22 octobre) Travail : En avril, Mars et Saturne débarquent pour vous soutenir dans vos efforts professionnels et donner du poids à vos attentes. En mi-mai, les responsabilités vous accablent, elles sont lourdes à porter. Par contre, vers mi-juin, l’inspiration devrait revenir. Amour : En avril, Vénus annonce une rencontre décisive ou une annonce qui solidifie votre couple. La découverte sincère de l’autre vous enthousiasme. En mai, vous donnez le meilleur de vous-même à ceux que vous chérissez et on vous le rend bien. Santé : En avril, de petites périodes de stress reliées à des ajustements relationnels. Vous vous isolez pour faire un peu d’introspection pour ne pas vous laisser envahir par les angoisses de Pluton, en mai.

Vierge (24 août au 22 septembre) Travail : En avril, Mars vous entraîne pour terminer vos projets et arriver à vos fins. Vers la fin du mois, vous retrouverez plus d’aisance. En mai, vous allez droit au but sans perdre de temps. Au travail, ça vous donne l’occasion de vous mettre en valeur. Volontaire avec une visée claire, vous rayonnez. Amour : En avril, l’ambiance est lourde et vous empêche de vous épanouir. Misez sur une rencontre mémorable autour du 23. En mai, l’arrivée de Jupiter dans votre maison des unions vous apporte de l’enthousiasme.

Scorpion (23 octobre au 22 novembre) Travail : À la fin mars, la compréhension est difficile avec vos supérieurs. En avril, Saturne continue de vous tourmenter et cela vous décourage. Mars et Jupiter vous aideront à trouver des outils à la fin du mois. En mai, Mars stimule votre énergie et cet optimiste vous permet de poursuivre vos projets. Amour : En avril, c’est le moment de profiter de votre famille, de vos enfants et de vos amis. Cependant, à partir du 20, une rencontre coup de foudre risque de menacer la belle harmonie.

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Avril 2021 — Volume 05 No.3

Avril 2021 — Volume 05 No.3

Taureau (21 avril au 20 mai) Travail : En avril, vous devez vous battre pour défendre vos acquis et augmenter vos revenus à cause de Mars. La fin du mois sera plus douce avec Jupiter qui vous aide financièrement. En mai, Mars vous transmet de l’énergie pour régler vos problèmes. Fini, les détours, vous voulez obtenir ce que vous voulez. Amour : Jusqu’à mi-avril, vous êtes solitaire et un peu sauvage. Prendre du recul est nécessaire pour mieux apprécier les moments de partage. En mai, Jupiter en Poissons vous apporte la sérénité au sein de votre famille et de vos amours. Santé : En avril, Saturne vous rappelle vos limites et vous fait lever le pied lorsque vous vous en mettez trop sur les épaules.

Gémeaux (21 mai au 21 juin) Travail : En avril, vous avancez avec sûreté et triomphe tant vous êtes encensé.e. Vous atteignez vos cibles professionnelles. En fin de mois, vous vous concentrez sur vos finances. C’est le moment de faire fructifier votre talent. Début mai, Mercure et Mars vous présentent des opportunités financières. Le reste du printemps, Mars en Lion nourrit vos ambitions . Amour : En avril, Mars, Vénus, Jupiter et même la nouvelle Lune vous proposent des moments d’amour intense. En couple, vous prouvez votre attachement et vous offrez le meilleur. Célibataire, un amour ardent et fiable viendra à vous. En mai, Vénus vous prédispose à l’indulgence et à la diplomatie. Vous trouverez les mots justes pour éviter les conflits. Santé : En avril, vous avez un moral solide, un optimisme tenace et une belle énergie. Ça continue en mai, alors que vous êtes davantage en paix avec vous-mêmes.


Éditorial

En mai, le Soleil éclaire les dépendances affectives dont vous voudriez vous libérer. Santé : En avril, des conflits peuvent peser sur votre moral. Songez à prendre vos distances. En mai, vous êtes en super forme.

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Sagittaire (23 novembre au 21 décembre) Travail : En avril, des opportunités se présentent et vous avez les bons outils pour les saisir. Cependant, la fin du mois est plus hasardeuse, battez le fer pendant qu’il est encore chaud. En mai, Mars vous donne des sueurs froides. Comptez sur Saturne qui continue de soutenir vos projets. Amour : En avril, la nouvelle Lune vous propose de vous unir pour la vie et de vivre des instants de pur bonheur. Les célibataires, un renouveau vous guette. Mai commence doucement avec morosité, mais la mi-mois réserve de la joie et du partage. Santé : En avril, la détente est présente. En mai, une lassitude vous guette, mais vous avez assez de tonus pour la contrecarrer.

Verseau (21 janvier au 19 février) Travail : En avril, les responsabilités ne vous effraient pas grâce à Saturne. En mi-mois, vous vous intéressez à toutes les suggestions qui peuvent vous faire évoluer dans votre métier. Vos talents sont reconnus. En mai, vous communiquez, allez vers les autres et partagez toutes les idées qui bouillonnent en vous. Amour : À la mi-avril, les planètes vous emmènent au septième ciel. En couple, vous sortez de votre coquille pour offrir une relation chaleureuse. Célibataire, une rencontre peut être la source d’une longue relation. En mai, les collaborations, les amitiés, la communication en couple sont encouragées. Santé : En avril, vous vous mettez la pression et créez des problèmes. En mai, méfiez-vous des montées de stress et de colère.

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Poissons (20 février au 20 mars) Travail : En avril, une lassitude vous envahit, vous pourriez vous enrichir par le travail ou d’une affaire. En mai, plusieurs occasions s’alignent pour créer des opportunités. Mars et Uranus agrandissent votre esprit d’entreprise. Amour : En avril, vous avez besoin de démontrer votre amour, car Vénus vous rend plus attractif.ve. En mai, vous êtes d’abord centré sur vos amours avant de vous tourner vers la famille. Votre compagnie est recherchée. Santé : En avril, vous avez des difficultés de régulation d’énergie et de stress. En mai, vous cassez la baraque et reprenez le dessus.

Avril 2021 — Volume 05 No.3

Avril 2021 — Volume 05 No.3

Capricorne (22 décembre au 20 janvier) Travail : En avril, Mars et Jupiter vous prodiguent une bonne capacité d’adaptation aux imprévus. Vous attirez la chance. En mai, l’intuition et l’inspiration sont présentes. Amour : En avril, le bonheur de mars se poursuit. Votre ciel affectif est illuminé. Vous joignez le geste à la parole. En mai, l’arrivée de Jupiter en Poissons vous procure une source de joie et de satisfaction relationnelle. Santé : En avril, une faiblesse physique est à surveiller. En mai, vous reprenez le dessus.

Éditorial


Actualités

Actualités

Pandémie de COVID-19 : le temps d’écran augmente chez les jeunes Selon les résultats de l’enquête « La famille numérique » menée par l’Académie de la transformation numérique (ATN), 76% des Québécois de 6 à 17 ans ont vu leur temps d’écran augmenter depuis le début de la pandémie. 40% d’entre eux naviguent sur Internet en moyenne 10 heures par semaine. Il s’agit d’une augmentation de 15 points de pourcentage en l’espace d’un an. Selon Claire Bourget, directrice intelligence d’affaires et recherche marketing à l’ATN, l’assouplissement de l’encadrement parental constitue l’un des facteurs ayant contribué à cette hausse. COVID-19 : la Capitale-Nationale passe en orange La région de la Capitale-Nationale a basculé en zone orange le 8 mars dernier. La région métropolitaine de Montréal, qui inclut Montréal, les Laurentides, la Montérégie, Laval et Lanaudière, est désormais en zone rouge avec des mesures d’urgence spéciales. Le premier ministre, François Legault, explique l’origine de cette décision. La présence du variant britannique pourrait mener à une augmentation des cas et des hospitalisations. Les autres régions du Québec ont, quant à elles, basculé en orange. Journée internationale de la femme C’est sous le thème « Écoutons les femmes » que s'est déroulée la journée internationale des droits des femme 2021, le 8 mars

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dernier. Alors que le contexte pandémique met, plus que jamais, en évidence les inégalités, les femmes et organisations féministes du Québec ont dénoncé les injustices. Le thème « Écoutons les femmes » souligne que les femmes souhaitent la mise en place de mesures concrètes afin de combattre la violence et la pauvreté pour améliorer leurs conditions de travail et de vie, alors que le visuel représente la pluralité de la réalité des femmes et des luttes féministes à tenir. COVID-19 : déjà un an de pandémie Le 11 mars dernier, cela faisait exactement un an que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a qualifié la COVID-19 de pandémie mondiale. Depuis le déclenchement de la crise, des milliers de personnes ont été atteintes et plusieurs autres en sont décédées. Au Québec, 294 652 personnes ont été infectées par le virus et 10 503 ont perdu la vie. Le 11 mars, la Journée de commémoration nationale en mémoire des victimes a permis de rendre hommage aux victimes de la COVID-19. COVID-19 : mesurer les effets sur les travailleurs de l’alimentation Le Groupe de travail sur l’immunité face à la COVID-19 octroie une subvention de 2,2 M$ à des chercheurs de l’Université Laval, du Centre de recherche du CHU de Québec-Université Laval et de l’Université de Montréal. Avec ce montant, l’équipe suivra, dans les 6 prochains mois, 450 travailleurs et

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RÉSUMÉ DU MOIS Mars 2021

Photo par Ronaldo Santos Photo par Ahmed Rayan

Avril 2021 — Volume 05 No.3

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Par Noémie Rondeau, cheffe de pupitre actualités


Actualités

travailleuses de l’alimentation provenant d’épiceries, de restaurants et de bars des régions de la Capitale-Nationale et de Chaudière-Appalaches. Pour établir une comparaison, un groupe de 150 travailleurs en quincaillerie sera suivi et étudié par l’équipe de chercheurs. Pour le moment, aucune donnée précise n’existe sur le taux d’exposition des travailleurs et la réponse immunitaire face au virus. L’étude permettra de mesurer les effets sur les travailleurs du milieu de l’alimentation. Des échantillons sanguins, après 12 et 24 semaines, seront prélevés afin de déterminer la présence d’anticorps contre le coronavirus et établir la prévalence de l’infection chez les travailleurs et travailleuses de l’alimentation.

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Nouvelle chaire de recherche pour les programmes publics L’Université Laval (UL), en collaboration avec le gouvernement du Québec, lancera prochainement la Chaire en évaluation économique des programmes publics. Ce projet bénéficiera d’une subvention d’un million de dollars sur une période de 5 ans. Cette nouvelle chaire de recherche aura pour objectif de parfaire les méthodes d’évaluation des programmes de l'administration gouvernementale. De plus, elle mettra à contribution des outils technologiques hors du champ de compétences des organismes et ministères.

Retour progressif des loisirs et du sport Les activités de loisir et de sport ont repris le 26 mars dernier pour l’ensemble des régions du Québec. La population québécoise pouvait désormais participer à des activités en respectant les consignes directives de la santé publique selon le palier d’alerte de sa région. Pour la pratique d’activités extérieures, 12 personnes peuvent participer à une même activité. À l’intérieur, il est possible de participer à une activité à 8 individus. Peu importe la région et le type d’activité, la distanciation physique de deux mètres doit être respectée. Manifestation mondiale pour la justice climatique Des manifestations se sont déroulées aux quatre coins de la province pour la justice climatique le 19 mars dernier. À Québec, la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social de la Ville de Québec (CEVES), « Féministes en mouvement de l’Université Laval » (FEMUL) et « Pour un littoral citoyen étaient de la partie ». Les groupes revendiquaient une relance économique juste et verte. Également, ils souhaitent la construction d’un tramway et la mise en place d’un réseau de transport en commun pour desservir adéquatement la ville. Par ailleurs, les groupes réclament l’abandon de plusieurs projets tels que GNL Québec, le 3e lien et le projet Laurentia. Enfin, ils demandent l’application du Plaidoyer citoyen pour littoral Est écologique, social et économique pour les secteurs de Limoilou, Maizerets et Beauport à la place du projet Laurentia. Les mesures du gouvernement sont sujettes à changement.

Photo par Miguel Bruna


Dossier

Dossier

Les programmes universitaires de l'avenir L’heure est au choix pour plusieurs d’entre nous. Certains terminent très bientôt leurs études universitaires de 1er cycle. Devons-nous poursuivre à la maîtrise, faire un autre baccalauréat ou bien aller directement sur le marché du travail? Devant la multitude de possibilités offertes, prenons un instant pour faire un tour d’horizon des programmes universitaires qui seront en vogue dans les prochaines années.

Par Andrei Audet, chef de pupitre société

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Urbania a dressé une liste de cinq programmes universitaires tournés vers l’avenir. 1. Baccalauréat en bio-informatique Les données du vivant sont à l’honneur dans ce programme offert entre autres à l’Université Laval. Les étudiant.e.s y apprennent les rudiments et les subtilités des outils à concevoir pour le traitement de ce genre de données.

3. Baccalauréat en musique numérique Bien que la musique existe depuis des siècles, elle évolue au gré du temps et il existe chaque année de nouvelles manières de l’exploiter. L’Université de Montréal offre ce programme qui est tout sauf

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4. Baccalauréat en sciences multimédias et du jeu vidéo L’Université de Sherbrooke invite les passionnés de jeux vidéo à mettre leur passion au profit de l’avenir de ce domaine. Quel sera le prochain grand succès en matière de jeux vidéo? Grâce à des cours d’algorithmique et de structures de données, les étudiant.e.s pourront peut-être le trouver. 5. Baccalauréat en art et science de l’animation L’animation est bien plus que les dessins animés sur Teletoon. L’Université Laval permet de le comprendre avec ce programme. Au cours de leur parcours, les étudiant.e.s ont l’occasion de monter de A à Z un projet d’animation 2D-3D. Ils pourront évoluer au sein de milieux comme le design graphique ou l’architecture.

Photo par Martin Sánchez

Avril 2021 — Volume 05 No.3

Avril 2021 — Volume 05 No.3

2. Baccalauréat en médias interactifs Comment faire des jeux de couleurs grâce à la technologie et à des outils dernier cri? L’UQAM offre ce programme qui combine l’informatique et la créativité. Ceux et celles qui profitent de ce baccalauréat exploreront le VJ-ing, les performances artistiques et la réalité virtuelle.

plate. Le son y est mis en valeur alors que les étudiant.e.s peuvent le manier pour concevoir de nouveaux instruments de musique.


Dossier

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Dossier

Photo par Debby Hudson

De quoi rêve un citoyen haïtien Depuis 2019, le Canada est appelé, par plusieurs groupes, à retirer son soutien à Jovenel Moïse, le président de la République d’Haïti, qui soulève une vive opposition tant chez ses concurrents qu’au sein de la population. Coupures d’électricité, inflation, inégalités, émeutes, gangs, enlèvements, corruption : le pays est plongé dans une véritable crise économique, politique et sociale depuis des années. Que peuvent alors espérer ses citoyen.nes pour celles à venir ?

Interrogée sur la situation actuelle le 21 février à Desautels le dimanche à Radio-Canada, Aline Serin, cheffe de mission pour Médecins Sans Frontières à Port-au-Prince, reconnaît que « le système de santé est fragilisé ». Elle constate « une crise au niveau des centres de santé et des difficultés d’accès depuis 2019 », causées notamment par les manifestations au centre-ville. Enlèvements Dans la section Voyage de son site web, le gouvernement du Canada recommande d’éviter ce pays « en raison des troubles civils » et ajoute que « les enlèvements […] se sont multipliés ces derniers mois à Port-au-Prince », la capitale. Ceux-ci surviennent en échange de rançon et leurs tentatives entraînent parfois la mort des victimes. Ce fut le cas du

pédiatre Ernst Paddy, assassiné devant sa clinique le 28 février dernier.

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Criminalité L’insécurité règne dans les rues alors que le crime organisé opère en grande impunité. En 2020, l’ONU publiait un rapport sur une attaque survenue dans le quartier Bel-Air l’année précédente et dans lequel elle s’inquiétait des « violations et abus des droits humains […], sans présence ou intervention des autorités publiques pour [les] prévenir ou [les] arrêter […] et où se déroulent des attaques de gangs contre la population avec la complicité de certains membres de la PNH » (Police nationale d’Haïti). Elle déplorait également qu’« aucun soutien n'a[it] été apporté aux victimes », leurs plaintes étant restées sans résultat. L’après-séisme Invité.es à Radio-Canada le 6 janvier 2020, Christiane Pelchat, femme politique, avocate et féministe, Dominique Anglade, maintenant cheffe du Parti libéral et Samuel Pierre, professeur à la Polytechnique de Montréal, dressaient le bilan d’un pays qui peinait encore à se relever dix ans après le séisme de magnitude 7 ayant tué plus de 250 000 personnes. Selon Samuel Pierre, « c’est un déficit [de] science, de règle, […] de gouvernance » qui empêche Haïti de se remettre sur pied, en

Avril 2021 — Volume 05 No.3

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Par Jessica Dufour, journaliste multimédia

Santé On en arrive presque à oublier la pandémie quand on constate tout ce qui ne va pas en Haïti. Elle semble d’ailleurs y avoir frappé moins fort, malgré qu’elle ait aggravé des problèmes existants, en ralentissant la vaccination contre d’autres maladies et en accentuant l’inflation, selon un article paru le 3 septembre 2020 sur le site web de l’ONU. Ces données s’avèrent toutefois incomplètes, seules les hospitalisations étant comptabilisées.


Dossier

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Photo par Cyrus Crossantl

20 plus d’une aide financière insuffisante. Il a souligné au passage que le prix payé par Haïti à la France pour son indépendance affecte encore grandement sa santé économique actuelle.

Énergie défaillante et inflation Une alimentation instable en électricité rappelle quotidiennement aux citoyen.nes cette mauvaise gestion des ressources. Le taux d’inflation est également hors de contrôle, ayant augmenté de 472% entre 1960 et 2019, atteignant 18% en 2019 contre 1,9% au Canada, d’après les données récoltées

Tous ces facteurs ont contribué à la montée de l’insatisfaction dans les dernières années chez les citoyen.nes, qui sont de plus en plus nombreux à s’exprimer dans des manifestations organisées par l’opposition, demandant une meilleure sécurité ainsi que la démission du président, qui maintient malgré tout sa position. « Liberté, égalité, fraternité » En 1987, Haïti se constitue comme République, posant ainsi le premier jalon de sa démocratie. De gouvernement en gouvernement, la corruption nuit toutefois à son instauration. Ayant connu la dictature sous Duvalier de 1971 à 1986, le peuple en voit aujourd’hui le reflet chez Moïse, celui-ci faisant face à de plus en plus d’oppositions politique et populaire : les manifestations, parfois violemment réprimées, se multiplient dans les rues de Port-au-Prince, la capitale de ce pays dont la devise est pourtant « Liberté, égalité fraternité ». Irréconciliables Maintenu en place par décret, le président actuel est contesté depuis son arrivée au pouvoir, illégalement d’abord en 2016, puis officiellement l’année suivante. Selon l’opposition, le

mandat de cinq ans de Jovenel Moïse aurait dû se terminer le 7 février. Ce dernier, quant à lui, n’entend lancer des élections qu’en septembre prochain, car il considère que son mandat prendra fin en 2022. Aucune institution semble pouvoir trancher jusqu’à maintenant le débat basé sur ces deux dates. Selon le politologue Jacques Nesi, interviewé le 4 mars à l’émission Le débat à France 24, il faudrait un médiateur afin de faciliter le dialogue, jusqu’ici impossible, entre l’opposition et le parti au pouvoir. Il remarque : « on semble s’orienter vers un régime hybride qui tend à dévier des principes démocratiques qui ont été mis en place depuis 1986. » Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, le 22 février dernier, Jovenel Moïse a pourtant affirmé « travailler pour la sauvegarde des acquis démocratiques », rappelant que « l’élection [en] est l’une des règles fondamentales ». Des élections compromises Reçu le 21 février à Desautels le dimanche à Radio-Canada, Youri Latortue, principal opposant de Jovenel Moïse, énumérait les gestes posés par le président dans la dernière année : le renvoi du tiers du sénat sans « organis[er] d’élection pour renouveler le parlement », la diminution du pouvoir de la plus haute instance administrative du pays, la « mise sous

tutelle du pouvoir judiciaire ». Selon lui, Jovenel Moïse «programme[rait] de refaire la constitution ». Il craint également que la légitimité des prochaines élections soit menacée parce que, suite à l’élimination des données électorales par Moïse afin de reconstituer la liste des électeur. rices en 2018, seulement 2,6 millions d’électeur.rices sont enregistré.es à ce jour alors que 7,5 millions de citoyen.nes devraient pouvoir voter.

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Il souligne encore que « pour des élections, il faut trois choses: la sécurité, une institution électorale indépendante et un document électoral ». Or, ces trois choses manquent présentement selon lui. Il réclame donc « un gouvernement crédible pouvant organiser des élections inclusives » suivant la mise sur pied des éléments nécessaires. Le politologue Jacques Nesi reconnaît finalement que l’insécurité en Haïti n’est pas nouvelle, mais souligne qu’elle s’est intensifiée. Il juge problématique l’indifférence du pouvoir face à la criminalité qui nuirait au processus d’élection s’il était enclenché. Mathias Pierre, ministre délégué des questions électorales en Haïti, soutient malgré tout que le président aurait mis en place une cellule pour lutter contre les enlèvements et qu’il « fait tout ce qu’il faut pour créer des conditions sécuritaires pour organiser des élections ».

Avril 2021 — Volume 05 No.3

Avril 2021 — Volume 05 No.3

Corruption Rappelons aussi le scandale entourant PetroCaribe, une alliance énergétique entre le Venezuela et des pays du Caraïbe. La Cour supérieure des comptes d’Haïti, en trois rapports publiés entre 2019 et 2020, a fait état d’une mauvaise gestion des ressources financières obtenues du Venezuela par le gouvernement haïtien, étalée sur 8 ans et impliquant différents élus. Le troisième rapport exposait plus précisément des détournements de fonds faits par le président actuel, Jovenel Moïse, avant qu’il entre au pouvoir, grâce à un contrat de travaux routiers octroyé à son entreprise Agritrans, pourtant spécialisée dans la production de bananes.

par l’Université de Sherbrooke. La santé, l’alimentation et l’habillement sont les principaux secteurs affectés.


Dossier

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Photo par Joel Jasmin

Comment aller de l’avant Dans son entrevue pour la commémoration du séisme à Radio-Canada, Christiane Pelchat déclarait qu’un meilleur avenir en Haïti doit passer par l’engagement des gens dans leur propre démocratie, « par les femmes », précisait à son tour Dominique Anglade. L’aide humanitaire, même si elle prend en charge certains aspects, « ne peut pas se substituer à un gouvernement », soulignait encore cette dernière.

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La mobilisation citoyen.ne serait-elle alors porteuse d’espoir? Chose certaine, peu importe quand il quittera, s’il quitte bel et bien, le mandat de Moïse aura été contesté du début à la fin. Le prochain gouvernement saura-t-il faire mieux? Le peuple haïtien sera-t-il écouté ? Témoignage d’un citoyen Luidgi, haïtien de naissance et ancien étudiant de l’Université Laval, a accepté de témoigner de son quotidien à Port-au-Prince, la capitale. Pour des questions de sécurité, son nom de famille ne sera pas dévoilé. Impact Campus : Dans quel programme as-tu étudié à l’Université Laval, combien de temps as-tu vécu à

Québec et pourquoi es-tu reparti? Luidgi : Je suis arrivé à l’Université Laval avec une bourse d’étude en génie électrique. Malheureusement je ne me portais pas bien côté moral et je n’ai pas pris cette partie de mes études au sérieux. Du coup je me suis fait transférer en études libres pour prendre des cours en consommation et voir si je pouvais finir par accéder à ce programme. Faute d’argent et de support monétaire j’ai finalement opté pour commencer à travailler. Je suis arrivé le 31 juillet 2009 à Québec. J’y suis resté jusqu’au 20 décembre 2017. Deux raisons ont motivé mon départ : je trouvais que je stagnais dans la vie, puis mon père, atteint de la maladie de Parkinson, devait quitter Haïti et s’installer aux États-Unis pour être suivi par son médecin. Ma mère allait rester seule dans un pays instable. Sur le coup j’ai pensé que c’était une belle opportunité de mettre tous mes acquis en œuvre dans un pays où il manque énormément de ressources. IC : Comment est-ce d’habiter en Haïti en ce moment? Comment la situation se vit-elle au quotidien? L : Comment c’est d’habiter en Haïti en ce moment ? C’est


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Photo par Caku

une excellente question. Je pense avant tout que les moyens économiques d’une personne et la zone où elle habite font une énorme différence sur la manière dont on peut y répondre. Il est plus simple de peindre un tableau de ma situation. Je suis responsable des ventes dans l’entreprise familiale. Je construis aussi des réchauds à gaz propane avec des matériaux recyclés pour alléger les coûts de production et aider les moins aisés à s’en procurer. L’érosion étant un grand fléau ici, il faut trouver une solution pour ralentir la coupe irrégulière des arbres pour le charbon de bois. Je trouve que c’est important d’aider les gens à faire la transition entre le charbon et le propane. Donc en Haïti je vis avec des moyens économiques plus élevés que la moyenne. Malgré tout, cela vient avec beaucoup de problèmes. Premièrement, j’ai dû teinter les vitres de mon véhicule afin d’empêcher les gens de savoir lorsque je transporte diverses marchandises. Parce que sinon le risque de se faire harceler ou de mettre sa vie en danger augmente drastiquement. Il est impossible de faire une livraison sans qu’un « bandit » vienne te demander sa cote. Ensuite, tout doit se faire dans le silence. Aller à la banque pour retirer une somme importante, c’est mettre sa vie en péril. Pourtant,

Photo par Gabriel Jimenez

certains commerçants n’acceptent pas les paiements par chèques et ils n’utilisent pas tous les mêmes banques. Ici, les machines pour les cartes de débit ne sont pas universelles (tu peux utiliser uniquement la machine qui porte le logo de ta banque), ça rend la tâche beaucoup plus difficile. En Haïti, le quotidien est marqué par une crainte qui ne cesse d’augmenter. Tout le monde est sur le qui-vive. On ne fait confiance à personne. Tu peux te lever, sortir et ne jamais rentrer. Les médias sont souvent manipulés. Le pays est pauvre, les gens sont en mode survie, ce qui veut dire que tous les coups sont permis. Tu te fais rançonner à tour de bras. J’ai l’air d’un paranoïaque quand je conduis. À force de toujours surveiller si quelque chose va se passer, on finit par être extrêmement fatigué à chaque fois qu’on sort en automobile. Le kidnapping est un fléau qui ne cesse de grandir. Les malfrats utilisent des voitures avec les plaques de l’État ou des voitures de police. Ils ont des uniformes d’agent de maintien de l’ordre et ils sont lourdement armés. Le pire, c’est que chaque jour on te raconte ce qui s’est passé à un ami proche ou à une personne que tu côtoies. Des policiers habitent aussi le quartier où je vis, mais ils savent que s’ils s’en prennent aux bandits dans la zone, leur vie et celle de

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leurs proches seront ciblées. Du coup ils font l’autruche. Il y a de cela quelques mois j’ai vu des motocyclettes passer devant chez moi avec des armes de guerre. Quand tu possèdes ce type d’armes dans un jeu vidéo comme Battlefield ou Call of Duty, les autres joueurs évitent de t’approcher. Des fois, en plein milieu de la journée, la merde éclate. Si tu es dans ton business, tu fermes tes portes et tu attends que ça se calme pour te rendre chez toi. Je ne peux pas compter le nombre de fois que j’ai dû attendre quelque part, où j’ai dû téléphoner à un employé pour lui dire de ne pas venir tout de suite au boulot parce qu’au carrefour principal, il y avait des échanges de tirs. Je me suis fait braquer plusieurs fois. Rançonné d’innombrables fois. Même les policiers te demandent de l’argent, c’est affreux. Il y a deux ou trois semaines, il y a eu un prison break dans l’une des plus grandes prisons d’Haïti. Ma conjointe était à la banque à ce moment-là, à moins de 800 mètres de ce magnifique théâtre. J’ai dû aller la chercher en voiture malgré les tirs et les dangers, parce que je ne pouvais pas la laisser là et que les employés de la banque s’empressaient de fermer leurs portes

et de foutre le camp. Pour des questions de sécurité personnelle, je vais m’en tenir à ça comme informations. IC : Quelles solutions réussis-tu à trouver? Comment t’impliques-tu pour améliorer les choses? L : Il faut commencer par nourrir le peuple. Si on ne développe pas l’agriculture et les infrastructures nécessaires, on n’aura pas de production nationale. Avec une production nationale, la valeur de la gourde augmenterait et grâce aux développement s d’infra s t r uc t ures engendrés, le gouvernement aurait suffisamment d’argent pour développer les autres domaines, tels la santé, l’éducation et ainsi de suite. Mais sans flux monétaire on ne peut rien faire, surtout avec le climat tropical qu’on possède. Je ne comprends pas pourquoi la production nationale n’a jamais été une priorité. Mais avant tout, il faudrait remanier le système judiciaire. Les riches devraient payer beaucoup plus de taxes aussi. Qu’on le veuille ou pas, l’État est faible parce que le pouvoir judiciaire

est faible. Très faible. Une fois, je conduisais en état d’ébriété. J’avais du mal à marcher. Pour 1500gdes – l’équivalent de 35$CAD –, l’agent m’a laissé continuer ma route. Tant que j’aurai de l’argent, je n’aurai pas trop de problèmes. C’est comme ça que ça se passe ici. C’est plus difficile quand tu tombes sur un agent compétent, mais ça, c’est aussi rare que l’eau dans le Sahara! Comme je l’ai dit auparavant, je construis des réchauds avec des matériaux recyclés. J’essaie d’aider mes employés quand ils manquent de certains trucs. Mais j’avoue que faute de moyens, je peine à faire plus. Je pourrais mieux servir ma communauté en améliorant l’agriculture par un projet de recyclage des déchets organiques en compost et en engrais. Je vis près de trois grands marchés ambulants. Le nombre de déchets organiques y est énorme. Mais faute d’argent, de bras et de matériaux je ne peux pas encore monter le projet. Il faudrait aussi graisser les pattes de certaines personnes et je ne suis pas assez proche des maires des deux communes concernées.

IC : Comment perçois-tu l’avenir en Haïti et qu’espèrestu pour ce pays? L : J’espère voir de la solidarité, au lieu que des pauvres martyrisent d’autres pauvres. J’espère que les Haïtiens trouveront des terrains d’entente. Il faudrait qu’on mette l’avenir de la population en avant au lieu que les gens pensent uniquement à se remplir les poches. Conscientiser les Haïtiens au lieu de leur apprendre à se détester les uns les autres. Les gens doivent apprendre à aimer leur pays et à respecter les lois. J’aimerais que l’Haïtien pense à l’avenir au lieu de penser uniquement à aujourd’hui. Sinon, je crois qu’on va frôler une guerre civile, qu’il va y avoir beaucoup de morts. Considérant la manière dont il a été gouverné depuis quelques décennies, je ne pense pas que le pays ira loin, honnêtement.

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Photo par Emiliano Bar

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LOGEMENT ABORDABLE: UN CHANTIER D’AVENIR À BÂTIR

Mot de L’AELIÉS

Lors de l’Assemblée générale extraordinaire du 4 novembre 2020, les membres de l’ÆLIÉS ont voté en faveur d’une position sur le logement abordable et l’ont mandaté de participer au sondage PHARE 2021 de l’Unité de travail pour l’implantation de logement étudiant (UTILE). Afin de mieux comprendre cet enjeu d’avenir pour la communauté étudiante lavalloise, il nous a paru important de l’expliquer.

Que sait-on de la population étudiante du Québec? Selon l’Enquête PHARE 2017, 70% d’elle est locataire et 60 % se trouve sur le marché locatif privé. À titre de comparatif, seulement 8,5% dispose d’une chambre en résidence universitaire. De plus, le logement est la première dépense et la source principale d’endettement étudiant. En effet, au Québec « sept étudiant·es sur dix attribuent plus de 30 % de leurs revenus mensuels totaux au paiement de leur loyer, ce qui reflète la situation financière précaire » pour une majorité d’entre eux·elles. Quelle est la situation dans la Ville de Québec ? Pour les étudiant·es de la Ville de Québec, la question du logement représente également un enjeu de précarité financière important. Il importe d’abord de savoir que 67 % de cette population habite dans l’arrondissement Sainte-Foy-Sillery-Cap Rouge, dont 43,1 % résident dans la Cité universitaire. La majorité des logements qu’on y retrouve est jugée être en mauvais état et la majorité de leurs locataires étudiant·es ne viennent pas de la Ville de Québec. De plus, toujours selon l’enquête PHARE 2017, les étudiant·es provenant de l’Université Laval « paient 14 % de plus que sur le marché locatif pour un 3½, 13 % de plus pour un 4½ et 18 % de plus pour un grand logement (5½ et plus) ». Ce phénomène peut s’expliquer par le fait que les propriétaires sur le marché locatif privé profitent du fait que les étudiant·es opteront pour une situation de colocation afin d’augmenter les loyers. En comparaison avec le reste des prix pour le logement dans la province de Québec, ces étudiant·es paient donc encore plus cher. Par ailleurs, plus de 70 % des étudiant·es lavallois·es dépensent plus de 30 % de leur salaire mensuel pour se loger. Sans surprise, les parents-étudiant·es forment l’une des populations les plus vulnérables, car iels doivent assumer des frais de loyer plus importants afin

de fournir à leur famille un logement contenant assez d’unités pour assurer une qualité de vie adéquate. Il est à noter qu’ils ne peuvent pas nécessairement s’appuyer sur la colocation pour assumer ces frais. Après avoir brossé le portrait du logement étudiant au Québec, puis spécifiquement dans la Capitale nationale, force est de constater que le marché locatif privé ne peut offrir de solution viable pour cette communauté qui souffre en grande majorité de précarité financière au quotidien. La clé se situerait donc dans le logement abordable. Or, beaucoup de travail reste à accomplir en cette matière puisque la législation et le support offert actuellement ne correspondent pas aux besoins réels de la population étudiante. À titre d’exemple, le montant du salaire annuel utilisé comme barème par l’Aide financière aux études pour permettre aux étudiant·es de couvrir leurs frais de subsistance est toujours trop faible et représente peu leur réalité financière. De plus, la catégorie de la population étudiante n’apparait pas dans les différents programmes d’aide au loyer offerts par les deux ordres de gouvernement à Ottawa et à Québec. Notamment, la Stratégie nationale sur le logement (SNL), la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), le programme de supplément du loyer ou encore l’allocationlogement ignorent la communauté étudiante. L’ÆLIÉS appuie l’UTILE, qui milite activement pour que le logement abordable étudiant devienne une réelle alternative. L’organisme à but non lucratif a d’ailleurs établi des partenariats en collaboration avec plusieurs associations étudiantes au Québec qui permettront la mise en œuvre d’une panoplie de projets de logements abordables, écoresponsables et équitables. – LE COMITÉ EXÉCUTIF DE L’AELIÉS

Consultez notre site web au:

www.aelies.ulaval.ca/


L’AVENIR, ma défunte source d'angoisse Rubrique santé mentale Demain, que se passera-t-il? Dans 6 mois ? Dans 1 an ? Dans 5 ans ? Le genre de question que je me suis posé si longtemps et qui m’a rendu malade. C’était l’une de mes principales sources d’anxiété jusqu’au jour où j’ai réalisé que de faire confiance au moment présent est l’un des plus beaux cadeaux que je me suis faits pour ma santé mentale. Par Andréi Audet, chef de pupitre société

J’ai toujours rêvé de devenir journaliste. Du haut de mes 8 ans, je me rappelle que j’étais rivé devant l’écran de mon téléviseur chaque soir pour regarder le bulletin de nouvelles de ma région natale. J’étais dans une sorte de bulle. Passionné par ce que la lectrice de nouvelles disait, je me suis alors promis que j’allais aussi pratiquer ce métier dans le futur.

De quoi aurai-je l’air demain? À l’école secondaire, en pleine quête identitaire, j’angoissais à l’idée de me faire juger par mes camarades de classe. De quelle façon étais-je vu, considéré, apprécié? Le soir, avant de tenter de m’endormir, la tête tourbillonnante de scénarios hypothétiques, je me demandais de quelle façon je pouvais mieux paraître pour le lendemain. À tel point que cette anxiété du lendemain pouvait me causer de l’insomnie et que je sois obligé de passer le temps à écouter des émissions sur mon mythique iPod touch avec son minuscule écran de 3,5 pouces. Un peu plus près de la vie convoitée 17 ans. L’heure était venue de quitter le nid familial vers de nouveaux horizons. Mes études collégiales à Ottawa que

Repositionner sa réflexion Le coup a été dur à encaisser. Je n’ai pas obtenu le stage que je voulais. Je rêvais depuis tellement d’années d’évoluer en journalisme télévisé. Je me suis résigné à devoir faire mes premières armes en presse écrite. J’étais évidemment content de pouvoir faire ce qui me passionne, le journalisme. Mais ce n’était pas vraiment ce à quoi je m’attendais. Je comptais revenir dans ma région natale, l’Abitibi, avec l’idée de mettre un pied dans une station de télévision. Comme ce ne fut pas le cas, j’étais angoissé encore une fois par rapport à ce qui allait m’attendre dans le futur. Dans ma tête, si je n’avais pas réussi à obtenir un stage en journalisme télévisé, c’était un échec, et jamais je ne serais en mesure plus tard au courant de ma vie de réaliser mon rêve de jeunesse. Depuis que je suis à l’université, j’ai compris que la vie n’est pas faite pour se rendre malade en pensant au lendemain, bien au contraire. Je prends beaucoup plus mon temps, du moins, je prends le temps de vivre ce qui se présente à moi au quotidien. J’ai réalisé de cette façon que la vie est plutôt faite pour évoluer, maturer son être au jour le jour. Chaque chose en son temps. C’est cliché, me direz-vous. J’ai longtemps pensé la même chose, mais lorsqu’une réflexion profonde s’enclenche en soi, qu'on finit par réaliser que ce n’est pas cliché et que c’est plutôt la réalité, l’état mental ne peut que mieux se porter.

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Rêver d’être grand Le point de départ. La prémisse à mon anxiété à propos de l’avenir : l’envie d’être dans le monde adulte alors que je débutais à peine ma dizaine. Ma mère me rappelait fréquemment que la vie est faite pour être vécue un moment à la fois et de profiter des plus beaux, surtout si nous considérons que le quotidien n’est pas toujours de tout repos. Malgré les sages paroles de ma mère, je me voyais déjà journaliste, micro à la main, en train d’informer les téléspectateurs et téléspectatrices d’un événement de dernière heure. Le secondaire même pas commencé, j’effectuais des recherches sur le Web sur les formations offertes en journalisme. Où irais-je bien? À Jonquière ou à Ottawa? À bien y penser, j’avais perdu mon innocence de jeunesse un peu trop tôt.

j’avais attendues, vous vous doutez bien, avec impatience, allaient commencer. J’avais soif d’apprendre le métier de journaliste. Je crois être arrivé un peu imbu de moi-même. Je pensais déjà posséder une base que certains de mes collègues dans le programme n’avaient pas. La réalité m’a vite rattrapé. Bien que je possédais des atouts, j’avais des aspects de ma technique à travailler, comme tout le monde. Je me suis alors mis à gruger ce même vieil os qu’est mon anxiété sur l’avenir. Si je n’étais pas capable d’être au sommet, malgré mes défauts, qu’est-ce qui pourrait bien m’arriver ? Allais-je obtenir l’emploi de mes rêves ? Aurais-je une brillante carrière dans le monde des médias ?

Photo par Levi Stute

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Dans son Histoire de l'astrologie, Wilhelm Knappich, astrologue au début du 20e siècle, a écrit : « Sous l'influence des philosophes et des mathématiciens grecs, la divination babylonienne qui avait jusque-là un caractère général devint l'astrologie individuelle hellénistique, création étrange se situant entre la religion astrale et la science, entre la spéculation métaphysique et l'expérience objective. Elle est parvenue jusqu'à nous avec ses contradictions et ses énigmes. » Impact Campus : Comment fonctionne l’astrologie? Mademoiselle Lili : D’abord il faut étudier! L’astrologie, ce n’est pas de la voyance. Quand tu es voyante, tu entends des choses et tu les dis. L’astrologie, ça s’étudie. Disons qu’on parle de la carte du ciel de naissance, soit le thème astral, c’est une photo du ciel prise au moment de ta naissance. On imagine que du point de vue de la terre, tu es capable de prendre une photo d’où sont les planètes autour de la Terre au moment de ta naissance. Chaque planète se retrouve devant une constellation.

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L’astrologie existe depuis des milliers d’années, c’est un art qui s’est transmis d’époque en époque. Par exemple, certaines corrélations avec la planète Mars font en sorte que quand elle est à tel endroit dans le ciel, il y a plus de guerres, parce que Mars est attribuée à la guerre, la force physique, l’action, la vitalité, etc. En astrologie, chacune des planètes va représenter une fonction psychologique.

Le ciel nocturne est une source de questionnement pour les observateurs et observatrices contemporain.es autant que pour ceux et celles du paléolithique. L’interprétation des astres débute en Mésopotamie avant d’arriver jusqu’à nous sous le domaine de l’astrologie. Pour démystifier cet art ancien, Impact Campus s’est entretenu avec l’astrologue Mademoiselle Lili. Entre sa chaîne YouTube, ses consultations privées et son étude du sujet, elle traite du milieu de l’astrologie avec franchise et humour. Par Léonie Faucher, rédactrice en chef

Vu que toi tu es Gémeaux, ça veut dire que le Soleil était en Gémeaux quand tu es née. Le Soleil dans ta carte du ciel de naissance, c’est une seule planète, c’est ton idéal de réalisation, ce que tu dois devenir. Tu peux avoir une Gémeaux comme toi qui est super bonne avec la compréhension et la transmission d’informations. Mais par exemple, tu pourrais avoir la Lune qui nous dit comment tu réagis aux choses, comment tu vis tes émotions dans un signe plus timide comme le Cancer. Si tu es une Gémeaux avec la Lune en Cancer, tu vas être vraiment différente du Gémeaux à côté de toi qui a son mode de réaction en Bélier. Non seulement ça, les planètes sont chacune dans un signe, déjà ça leur donne une couleur. Après, la route du zodiaque

Photos par la Nasa et Dino Reichtmuth

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Astrologie : quand les étoiles nous parlent


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comprend 360 degrés. Chaque planète est sur un degré x et s’il y a un tel nombre de degrés qui la séparent du nôtre, elle va être en aspect avec elle. Un aspect, c’est deux planètes qui sont prises ensemble - des fois pour le mieux, des fois pour le pire - souvent ça explique beaucoup de paradoxes ou de comportements. Les aspects viennent enrichir la définition du thème astral. En plus de ça, les planètes sont dans une maison, le zodiaque est divisé en douze secteurs en plus des douze signes qui sont des secteurs de vie et l’ascendant c’est la maison un.

Tout ça, la signification des planètes, les signes, les aspects (plus compliqués) entre chacune des planètes et enfin dans les maisons, qu’est-ce que ça veut dire? Tout ça, la carte du ciel de naissance, ça va nous parler de ton tempérament et de ton potentiel pour toute ta vie.

I.C. : Pourquoi les planètes jouent sur nous, sur nos comportements ? M.L. : Mon doux seigneur. Il y a beaucoup d’astrologues qui vont être très savants au niveau de l’astronomie, le mouvement des planètes. Ils vont croire que c'est à cause que Jupiter se rapproche de la Terre, qu’il y a ça ou ça. Moi ce que je sais, c’est que ce que j’ai étudié, je suis capable de le transmettre en mots de manière synthétique et claire -- ce qui n’est pas donné à tous les astrologues, car c’est vraiment compliqué -- et que pour une raison obscure, ça fait du sens. C’est obscur tout ça, il n’y a pas de justifications logiques, parce que si tu t’en vas là-dedans, tu te perds, ça n’a pas d’allure. Moi, j’ai étudié, j’ai fait des ateliers et toutes sortes de cours, j’ai soixante-quinze livres là-dessus. Évidemment, il y a un fond qui est pareil partout. Moi, j’ai compris le fond de tout ça et je l’applique. Ça marche, mais je ne cherche pas à savoir pourquoi ça marche.

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C’est comme le tarot. Quand je fais des tirages de tarot, la personne n’est pas devant moi, je suis chez moi toute seule. Je tire les cartes et je demande ce que le tarot veut dire à telle personne et les gens me reviennent en me disant que ça fonctionnait très bien. I.C. : L’horoscope, qu’est-ce que tu en penses ? M.L. : Les horoscopes, c’est de la schnout. C’est hyper généralisé! Si tu fais faire ta carte du ciel un jour, tu vas le comprendre. Si toi tu es Gémeaux, tu as le Soleil en Gémeaux, mais tu as peut-être la Lune qui gère tes émotions en Cancer, Mercure en Taureau, etc. Tu as toute une chimie à toi et la seule chose qui te relie aux autres Gémeaux, c’est que le Soleil est en Gémeaux. Quand on fait des horoscopes, on place la roue du zodiaque pour que l’ascendant soit Gémeaux, parce que l’ascendant c’est la maison un. Par exemple, quelqu’un qui est Gémeaux ascendant Gémeaux, ça veut dire que le Soleil est en Gémeaux

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Les planètes bougent énormément, on peut savoir où elles étaient il y a deux mille ans et où elles seront dans deux mille ans grâce à des logiciels qui le font maintenant. Mettons, tu es né en 1990, tu as ta photo du ciel devant toi, les planètes sont toutes à une place. Mais aujourd’hui au moment où on se parle, elles ne sont plus du tout au même endroit dans le ciel. Certaines vont vraiment vite et d’autres très lentement. En astrologie de prévision, on superpose l’emplacement des planètes d’aujourd’hui par-dessus ton thème. Je te donne un exemple, si tu es un Capricorne, né vers le quinze janvier, ça veut dire que tu aurais le Soleil dans ta carte du ciel autour du vingt cinquième degré Capricorne (un signe comprend trente degré). On sait que Pluton est en Capricorne en ce moment, elle reste quatorze ans dans un signe, elle est super lente. Donc, les gens qui sont Capricornes autour du quinze janvier ont Pluton sur la tête. Pluton, c’est une planète de destruction pour une reconstruction sur une nouvelle base. En regardant l’emplacement des planètes lentes dans le ciel par rapport à ton thème, dans quelle maison, quel secteur, je peux dire grosso modo qu’il risque d’arriver ça dans la prochaine année, mais c’est en mouvement. Moi je ne crois pas du tout à l'astrologie prévisionnelle, car les gens peuvent devenir dépendant. On peut très bien savoir quand quelqu’un va avoir Soleil sur Pluton, que sa vie va être détruite pendant un an, mais je peux pas dire précisément ce qui va arriver, seulement dans quel secteur. Le rouleau compresseur va te rouler dessus, ça va être rough.

Il y en a qui se spécialisent beaucoup dans l’astrologie prévisionnelle. Il y a toutes sortes de méthodes, toutes sortes d'écoles de pensée. Il y a bien de la chicane dans le domaine de l’astrologie et tout le monde pense détenir la vérité.


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et dans la maison un. Cette personne, l’horoscope va bien fonctionner, car son Soleil est dans la maison un pour vrai. Mais si tu es né à minuit, ton Soleil est dans la maison quatre, car ton ascendant est Poissons. L’ascendant, c’est vraiment important, car c’est la maison un. Donc, tu peux avoir quinze Gémeaux et ne pas en avoir un que le Soleil soit dans la même maison. L’horoscope, c’est une technique que l’on fait de façon générale pour les Gémeaux en général. On ne peut pas considérer toutes les nuances que l’emplacement des autres planètes amènent puisque c’est différent pour tout le monde. Ça n’a rien à voir avec la carte du ciel. Les horoscopes, ce n’est pas l’astrologie. I.C. : L’astrologie traditionnelle a-t-elle un lien avec l’astrologie chinoise ? M.L. : Non, pas du tout. Elles n’ont même pas le même calendrier. I.C. : Une journée type dans la peau d’une astrologue, ça ressemble à quoi ?

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Photo par Claudio Scwatch

M.L. : C’est nouveau pour moi cette année, car je ne fais que ça. Avant j’étais recherchiste pour la télévision pendant vingt ans. J’ai écrit mon premier livre en 2013 et ça a généré un engouement et une clientèle. Donc, j’avais du monde qui venait samedi et dimanche. Le reste de la semaine, je travaillais, mais ça faisait en sorte que mes rendez-vous étaient décalés. Au début de ma carrière, quand les gens venaient chez nous, je trouvais important de montrer que ce que je disais ça ne sortait pas de nulle part, que je l’avais étudié et que j’interprétais. J’étais debout avec ma roue (la roue est utilisée sur la chaîne youtube) et les planètes. Je donnais comme un cours à chaque fois. Là, les gens me regardaient la bouche ouverte et n’en revenaient pas, car c’est tellement d’informations à absorber et ce n’est pas ce qu’ils voulaient. J’étais tannée d’avoir l’impression de me donner en spectacle à une personne à chaque fois. Je suis tout le temps en train de parler et je ne suis pas du genre à m'asseoir pour discuter comme certains astrologues qui s’assoient et demande si telle chose qu’il voit résonne pour la personne. Ça, c’est une conversation entre deux personnes, moi je parle. Alors ça ne me donne rien de recevoir le monde chez moi, en plus dans mon environnement. C’était un stress pour moi, car j’ai trois planètes en Capricorne. Vu que je parle pendant une heure et que c’est très clair comment je m’exprime, je me suis dit que je vais parler à mon téléphone et enregistrer un mp3 à la place de recevoir. Ça me permet de le faire

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Mais quand Lysandre Nadeau a parlé de moi sur Instagram, ça a été la folie! Je te mens pas, j’ai soixante-quinze commandes en attente. Mais j’en fais deux par jour, pas plus que deux par jour. La personne paye quand même 159$ pour avoir sa carte du ciel, alors je veux m'asseoir pour être cent pour cent avec elle et lui donner toute mon énergie. Deux par jour, six jours par semaine, c’est suffisant. I.C. : Est-ce que vous avez vu venir la pandémie pour déjà être à distance depuis deux ans? (rire)

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M.L. : Pas la pandémie, non. Mais si tu regardes le moindrement des vidéos youtube sur l’astrologie 2020, tout le monde annonçait quelque chose de mongol pour 2020, parce qu’il y avait une configuration dans le ciel pas possible. Jupiter, à côté de Pluton (qui prend deux cent quarante huit ans pour faire le tour du zodiaque), à côté de Saturne (qui fait un tour en vingt neuf ans). Les chances que ces trois-là se ramassent ensemble autour du vingt-et-unième degré Capricorne, ça prend des milliers d’années avant que le cycle puisse donner quelque chose comme ça. Personne n’a parlé de coronavirus, mais c’était clair que quelque chose de majeur allait fucker les gouvernements. Parce que c’était en Capricorne et que c’est le signe de la structure, des gouvernements, de la hiérarchie. Pluton, ça détruit. Saturne, n’est pas agréable non plus et Jupiter amplifie tout.

M.L. : Moi en 2013, je proposais des shows d’astrologie. Par exemple, pour mon premier livre, je voulais faire une entrevue

Je pense que c’est parce que ça donne un point de repère. On ne se connait plus dans la vie, se connaît-on jamais de toute façon ? Il n’y a plus de religions aussi. Dans le temps où la religion était omniprésente, ce n’était pas compliqué : tu faisais une bonne vie, tu allais au ciel ou tu faisais une mauvaise vie, tu allais en enfer. Il y avait une voie, un chemin à suivre. Là, on est fous, les millions de possibilités et les centaines de milliers d’informations que notre cerveau digère chaque jour. D’avoir quelque chose qui existe depuis cent mille ans, qui est toujours pareil, qui est un repère. Le ciel est toujours là et il ne partira pas.

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Après, tu fais ce que tu veux avec ça, car l’astre propose et l’homme dispose. I.C. : En ces temps d’incertitude, est-ce que les astres ont quelque chose à nous dire? M.L. : Oui. Il y a des choses majeures pour cette année aussi. Les planètes font le tour des douze signes selon un rythme. Pluton prend deux cent quarante huit ans. Saturne vingt neuf ans, et tu remarqueras qu'à vingt neuf ans tout le monde vit le retour de Saturne à sa position de base. Saturne c’est la planète de la maturité, de la discipline, ça passe ou ça casse. Ensuite, Jupiter prend douze ans. Jupiter qui est la planète de la croissance et de l’expansion rencontre Saturne à chaque trente ans, c’est appelé la grande conjonction. Ça détermine un ton au nouveau cycle de trente ans qui commence. Là, il y avait de quoi de majeur, car depuis environ sept cent ans,

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I.C. : Dans les dernières années, l’astrologie devient un domaine plus populaire, pourquoi ?

avec une célébrité pour faire sa carte du ciel. Tout le monde me disait, c’est intéressant, mais il n'y a pas une chaîne qui le diffuserait. Il n’y avait pas d’engouement. Et là thank god aux millennials qui sont tous arrivés en disant que l'astrologie était la nouvelle tendance.

Photos par la Nasa

quand ça me tente et quand je n’ai pas mal à la tête. Ça fait deux ans que je le fais à distance comme ça et ça marche pour moi.


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toutes les conjonctions de Jupiter et de Saturne se produisaient en signe de terre : Capricorne, Taureau ou Vierge. Cette année, c’est un nouveau cycle de sept cent ans qui commence où la conjonction se fera en signe d’air. Ça c’est produit en Verseau cette année. En Verseau, en ce moment, il y a Saturne qui tente de préserver le statu-quo, donc la structure, la hiérarchie en place, c’est notre colonne vertébrale. Elle est dans un signe révolutionnaire, le Verseau, elle va être là pendant deux ans. Déjà, c’est contradictoire. Ensuite, en Taureau -- un signe de stabilité, de long-terme, de rétention, des habitudes et de routine -- Uranus y est hébergé depuis 2018 et va être là pendant sept ans. Uranus est révolutionnaire, c’est le patron des Verseau. Alors, il y a une inversion, un choc où Saturne est en tension avec Uranus. C’est le choc entre garder tout ce qu’on a ou sauter dans le vide pour tout changer. La polarisation ne s’en ira pas cette année.

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Photo par la Nasa

Avril 2021 — Volume 05 No.3

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Ensuite, Jupiter est rapide, alors il va sauter chez les Poissons de mai à juillet, après il va rétrograder en Verseau et revenir en Poisson. Jupiter a tendance à amplifier tout ce qu’il touche. Donc s’il rentre en Poissons, il va exagérer tout ce qui est Poissons : les croyances, le lâcher-prise, le flou, les microbes, la créativité, les dépendances, l’addiction. l’alcool, la compassion, etc. Moi, je pense à une troisième vague. À la fin de l’année, Jupiter entre en Poissons pendant un an. Alors, de mai à juillet, regarde la vibe qui va avoir et ça va être indicatif de comment l’année 2022 va suivre.


Photoreportage 42

Photoreportage

Photoreportage surréaliste Danick aime la culture et la ville de Québec le surprend depuis 18 ans. Dansant la vie en philosophie, l'art en photos, des mots d'aube en guitare, il ne cesse de s'émerveiller de la lune, enfilant les nuits de Québec avec ses longues pistes cyclables et les sourires des doux foufous, folles de la ville en sa St-Charles et sa carte postale bien muraillée. Bien entouré d'amis.es et d'heureuses espérances, s’il ouvre un livre de Poe, de Nietzsche ou de Rimbaud, il l'ouvre à Québec.

Expression d’écaille deï Ousts

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Mars 2021 — Volume 05 No.2

Expression pelliculaire Photos par Danick Lizotte

Avril 2021 — Volume 05 No.3

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Par Danick Lizotte

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Photoreportage

Photoreportage

Fissure de beauté en temps lion Double aurorex en deux oiseaux

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Robe d’aurore

H.P. Lovecraft and the color out of space

Photos par Danick Lizotte

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Le doré lacté

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Poussières d’automne

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Le secret de la lune turquoise

L’autre tonne, danse et couleurs Photos par Danick Lizotte

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Photoreportage

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Pic qui ciel

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Géant roché d’érable

Une photo en vaut deux lorsque Vénus en voodoo! Photos par Danick Lizotte

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Futur proche Par Mikaël Grenier, journaliste collaborateur

Se réveiller. Être épuisé de n’avoir pas assez dormi. Fatigué d’avoir texté toute la nuit, d’avoir encore travaillé tard, d’avoir encore étudié tard. Se lever de son lit en retard. Enfiler un café. Avoir plus ou moins sur la conscience le sort de celui qui l’a cultivé. Partir au travail. Prendre le bus. Ignorer le chauffeur. Mettre ses écouteurs, ne parler à personne. Arriver au bureau. Passer sa journée en futiles réunions. Sur Teams. Lunchbreak – N’avoir pas le temps de s’arrêter. Manger devant un écran. Manger sans faim. Manger sans fond. Manger sans fin.

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Enfin finir son quart. Faire la ride de bus à l’envers. Descendre un arrêt plus tôt à l’épicerie. Entrer masqué. Lire la peur sur le visage des hommes. La peur de l’autre, de l’invisible. De la mort. Fuir la mort – mais elle fait pourtant partie de la vie. En fuyant la mort, cesser de vivre. Se désinfecter les mains, sauver des vies. Dédaigner l’autre pour un mal invisible qu’il porte peut-être. Avoir peur. N’avoir pas le temps de cuisiner. Acheter des plats préparés. Les payer à prix fort. Payer le prix du temps perdu au travail. Manquer d’argent, mettre ça sur la carte de crédit. Devoir retourner travailler le lendemain pour rembourser. N’avoir toujours pas le temps de cuisiner. Dans la file pour payer, se faire rentrer dedans par quelqu’un qui texte. Qui n’est pas à l’épicerie. Qui est avec d’autres gens. Qui, une fois avec eux, ne sera pas non plus avec eux. Voir un ordinateur-caisse se libérer. Aller scanner soi-même ses tomates importées. Réaliser qu’un caissier est au chômage. Avec lui, la chaleur d’une interaction humaine. Se sentir aliéné. Se sentir sacrifié. Rentrer chez soi. Se mettre à table, n’avoir pas faim. Avoir la nausée.

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Écrire un article dans l’espoir de, peut-être, éveiller une conscience. Peut-être deux ou trois. Se dire que la conscience est l’étincelle qui attisera peut-être le feu du beau. Que les belles âmes propageront le beau. Et que l’humain est profondément beau, et que la beauté est profondément humaine, et qu’après tout, y’a de l’espoir. Se dire, finalement, qu’avec un peu de chance, « la beauté sauvera le Monde ».

Photo par Karina Tess


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8 mars 2021 : journée d’avenir Le printemps est arrivé tôt et tout d’un coup! Pour la première fois de l’année, la rue SaintJoseph retrouve sa vitalité après de longs mois d'hibernation. La ville froide s’est couchée à 20h00 pendant tout l’hiver et dès aujourd’hui, elle pourra aller au lit une heure plus tard! Le passage du rouge à l’orange lui fait vivre un automne à l’envers et espérons que le jaune et le vert ne lui tarde pas trop. Par Laurent Lacaille-Roy, journaliste collaborateur

Déjà, la bonne humeur illumine les visages des passants qui circulent sur la fameuse artère culturelle du secteur Basse-ville. Cafés et restaurants célèbrent le retour de leur salle à manger avec la complicité des étudiant.es qui termineront leur session ailleurs qu’entre les quatre murs de leur appartement. Le grand jeu du service aux tables reprend de plus belle et serveurs, baristas et clients s’y prêtent avec bonne volonté.

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À l’extérieur, la neige fond et son ruissellement se mêle à la rumeur de la foule qui s’intensifie. Sur le trottoir ensoleillé, les petites jasettes de quartier s’interrompent et tous les regards se tournent vers l’est. 8 mars 2021, journée d’avenir parce que c’est avant tout la Journée internationale des droits des femmes. Ici même et partout dans le monde, des manifestations. Les femmes s’unissent pour marcher ensemble dans la rue.

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« À qui la rue ? À nous la rue! » Chantent-elles en passant devant l’Impérial. Leurs cris de ralliement rassembleurs couvrent le pouet-pouet des sirènes de police escortant la marche qui à débuté devant l’église Saint-Roch. Masquées et distanciées, les militantes appliquent une teinte solennelle à cette journée. L’une d’entre elles bat la mesure sur un teueikan et le rythme ancestral du tambour fait en peau de caribou recouvre l’instant d’une magie presque insaisissable. « Toutes les femmes en moi sont fatiguées pis en beau cr*** ! » « L’égalité, ça c’est chouette. »

Ce que l’avenir a à dire de cette journée, c’est qu’elle est belle. Les premiers jours de ce printemps portent un doux vent de changement alors qu’à la même période l’année dernière, tout s’était arrêté brusquement. Maintenant, la marche se poursuit et appelle déjà au lendemain. L’avenir est à la porte, à nous de le suivre. En l’attendant, on peut toujours l’épier par le trou de la serrure.

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Avril 2021 — Volume 05 No.3

Peut-on lire sur des pancartes colorées brandies bien haut et fièrement par les manifestantes. Hommes et femmes leurs lancent des regards de sympathie et la manifestation non-mixte prend fin à l’intersection de la rue Saint-Vallier dans le quartier Saint-Sauveur.


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100 ans de vie sur Terre J’ai toujours perçu la vie comme une bulle. Chaque année que nous passons, grossit cette bulle par l’acquisition de connaissances, de matière. À l’instar des arbres, cette matière laisse une strie. Une cicatrice qui témoigne de notre vécu, pour qu’un jour, avec l’expérience qui croît avec l’âge, ces cicatrices nous servent de repère pour prendre des décisions éclairées… du moins, plus éclairées. C’est tout à fait par hasard que j’ai eu l’occasion de parler avec Madame Gemma Fiset. Une femme de 100 ans qui a su bien les remplir. Quoique parfois, c’est la vie ellemême qui sut bien remplir ses 101 années de vie pour être précis. Laissez-moi partager avec vous cette rencontre fortuite, mais ô combien intéressante! Par Jimmy Lajoie-Boucher, journaliste collaborateur

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C’est par l’entremise d’une de mes tantes que j’ai eu l’occasion de rencontrer Madame Fiset, ma famille connaissant ma passion pour le journalisme, mais aussi sachant que je me passionne pour tout, entre autres, l’histoire. Il était impensable que je ne rencontre pas une personne au vécu aussi riche en récits. Quoi qu’il en soit, plus ma tante prodiguait des soins à cette dame, plus elle apprenait à la connaître, à écouter le récit de sa vie, et plus elle se disait que je devais la raconter. Elle avait vu juste! 31 octobre 1919

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La vie de Gemma, comme celle de tout le monde occidental, a connu un tournant plus laborieux lors de ce fameux jeudi noir. Le jeudi 24 octobre 1929, à l’aube de ses 10 ans, elle sentit que quelque chose de sérieux était en train de se produire, mais ne se doutait pas à quel point sa vie allait changer. Wall Street s’effondrait, emportant dans sa chute les capitaux de milliers d’investisseurs de partout dans le monde, y compris ceux de certains industriels québécois. Comme l’enfant qu’elle était, elle ne comprit pas l’ampleur de la catastrophe qui venait d’arriver. Elle ne tarda cependant pas à réaliser, au détriment de son enfance, que la vie n’apporte pas que du miel… qu’il faut passer le citron aussi.

Madame Fiset à quelques mois, en 1919.

Avril 2021 — Volume 05 No.3

Avril 2021 — Volume 05 No.3

Madame Gemma Fiset naquit le 31 octobre 1919, au lendemain de la Première Guerre mondiale et de la pandémie de Grippe espagnole. Deux événements majeurs qui ont teinté le passé de sa famille et dont elle entendit parler durant son enfance. C’est à Limoilou, ici, à Québec, qu’elle commença sa vie, sur la 10e rue, près de la 3e avenue. Ils étaient 6 enfants dont 5 garçons. Vous imaginez un peu! Sa mère s’occupait d’eux et son père travaillait dans les usines du quartier StRoch, qui en débordait à l’époque. Comme j’aimerais voir les souvenirs que contient sa mémoire! À défaut de ne pas pouvoir me transmettre ses images, elle consent à me les raconter. D’ailleurs, sa mémoire est sans faille. Ses propos, sans hésitation. Elle ne prend même pas le temps de réfléchir un peu avant de répondre.

Madame Fiset se souvient de cette époque comme étant agréable. Une vie de famille des années 1920 comme tant d’autres, mais dont il reste peu de témoins pour nous décrire ces temps où la famille était au cœur de tout. Où, de notre point de vue de milléniaux, tout semblait pittoresque, comme dans un film de gangster américain. La grand-mère de la jeune Gemma Ouellet – son nom de jeune fille –, vivait avec eux, car en ces temps qui nous semblent si lointains, mais qui n’étaient pourtant qu’hier dans l’histoire de l’humanité, on ne plaçait pas ceux qui avaient construit la société avant nous. On les gardait, on les assumait et les enfants s’amusaient même avec eux.


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La Grande Dépression Madame Fiset se souvient que son père gagnait 15$ par semaine comme ouvrier. Leur loyer coûtait 15$ par mois. Seulement, la Grande Dépression eut raison de l’usine où le patriarche de la famille travaillait, comme de nombreux autres pères de famille. À cette période, au Canada, on estime le taux de chômage à environ 30% et il restera au-dessus de 12% jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale. Les dépenses nationales brutes du pays, soit les dépenses publiques et privées, se contractèrent à 42%. L’assurance-emploi n’existant pas, Gemma se souvient que le gouvernement a dû créer le programme de secours direct. Son papa, qu’elle avait toujours vu travailler 48 heures par semaine, 6 jours sur 7, devait maintenant en dépendre. 5$ par semaine, c’est l’aide que l’État apportait. Avec 20$ par mois et un loyer qui en coûte 15, faites le calcul, il restait 5$ pour nourrir six enfants et deux adultes. À ce moment, la fillette qu’elle était s’est vue devenir adulte en quelques mois. Les enfants devaient travailler pour contribuer au bien-être de la famille. Elle ressentait désormais pleinement l’étendue du drame social qui se produisait. Elle s’est mise à coudre pour faire son propre linge, et gardait les enfants de familles plus chanceuses pour 25 cents par soir.

Madame Fiset à 2 ans, environ en 1921 dans le quartier de Limoilou à l’époque.

La Seconde Guerre mondiale Le 1er septembre 1939, l’Allemagne nazie envahit la Pologne, plongeant ainsi le monde dans la Deuxième Guerre mondiale. Madame Fiset, âgée de 19 ans, se souvient qu’elle ne ressentait pas la peur que plusieurs pouvaient ressentir. Les gens sortaient à peine de la crise économique et voilà que le monde allait en guerre, les deux événements étant tout de même intrinsèquement liés. La plus grande crainte de la population, au Canada du moins, était d’abord d’être prise dans la conscription. Le conflit se déroulait au loin, cette distance et un océan nous séparant de l’Europe, il faut le dire, donnait l’impression à la population canadienne d’être en sécurité, sentiment qui s’avéra erroné. Les nazis ne toucheront jamais le sol américain pour l’envahir, mais leurs sous-marins, ainsi que quelques stations météorologiques disséminées à quelques endroits le long du Golfe du Saint-Laurent, ont bel et bien atteint le continent (bataille du Saint-Laurent). Ces informations que nous connaissons aujourd’hui, et bien d’autres, nous laissent envisager une possible invasion si le conflit avait évolué positivement pour le 3e Reich.

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Quoi qu’il en soit, toutes les horreurs dont nous connaissons l’existence aujourd’hui ne parvenaient pas aux oreilles des Canadiens. Gemma se souvient de l’annonce de la guerre,

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Avril 2021 — Volume 05 No.3

Pendant qu’elle se remémore cette période dure, le souvenir de la ville telle qu’elle était lui revient. Pour se déplacer, les gens avaient trois moyens. Ils marchaient, avaient un cheval ou prenaient le tramway (eh oui! Québec a déjà eu son tramway, et il était électrique). « Un embarras ! » se souvient Madame Fiset. La ville se terminait à la 18e rue, que nous connaissons encore aujourd’hui pour ceux qui sont de la région. Sainte-Foy n’était qu’une petite bourgade de

campagne. Le tramway d’antan transportait les utilisateurs jusqu’à la 18e rue, une autre ligne allait jusqu’à la rue SaintVallier et dans l’autre direction. Il se rendait jusqu’au Parc de la Chute Montmorency et à l’hôpital Robert- Giffard, aujourd’hui l’Institut Universitaire en Santé Mentale de Québec. Le prix pour le prendre : 10 cents!


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elle se souvient aussi que le sort des juifs d’Europe n’était pas rose, pour employer cet euphémisme. L’information, ironiquement, provenait essentiellement des soldats revenant du front ou encore de gens ayant immigré depuis la prise des pleins pouvoirs d’Hitler en 1933. Cependant, elle ne se doutait pas que l’histoire allait lui imposer cette guerre lointaine.

Pour en remettre une couche La vie devait reprendre son cours, mais avec une nouvelle réalité plus désolante. Sa mère était maintenant une jeune veuve, et le comble, la seule peur qui existait dans la population allait frapper de plein fouet la famille Ouellet : son frère fut appelé sous les drapeaux. La conscription en avait décidé ainsi pour Paul-Émile Ouellet, qui partit rejoindre un contingent en Angleterre dans le but de s’entraîner pour une éventuelle attaque sur les côtes de l’Europe. Non seulement son entraînement ne se fit pas en vain, mais personne n’imaginait ce qui allait suivre. Gemma se souvient que son petit frère gagnait 1,05$ par jour, et une pension était versée à leur mère durant sa mobilisation.

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Le 6 juin 1944 représente pour le monde LA journée où les Alliés ont percé la ligne de défense des nazis. Seulement, pour les Ouellet, c’est le jour où l’un des leurs a disparu. Paul-Émile devait participer au débarquement en Normandie pour le Jour « J », mais il fut arrêté par la Wehrmacht, l’armée de terre allemande, puis envoyé dans un stalag au nord de l’Allemagne à Bremerhaven. Impressionné par ce nouveau rebondissement dans sa vie, je demande à Madame Fiset comment elle et sa famille ont appris cette nouvelle et comment ils l’ont vécue. Sa mère ne recevait plus de courrier venant de son fils, ce qui lui fit réaliser qu’il se passait quelque chose. Comme de raison, quelques semaines plus tard, deux officiers se présentaient

Madame Fiset dans son lit au sanatorium. Photo crédit : Gemma Fiset (idem que la précédente, et la situation est la même pour tous les photos)

Avril 2021 — Volume 05 No.3

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Pour le moment, la jeune Gemma Fiset reprend ses aiguilles, coud des vêtements et fabrique des mouches pour la pêche afin de gagner sa vie. Pendant que l’économie de guerre s’installe, le sort des femmes se définit. N’ayant plus assez d’hommes pour pourvoir les postes dans les usines, elles sont appelées en renfort pour contribuer à l’effort de guerre en allant travailler. Gemma commence donc à la Stichdown Shoes de Québec. Par contre, les années à venir allaient être longues. Au début de 1942, son père, dans la quarantaine, décède d’un infarctus. Elle est alors âgée de 21 ans et n’a pas le temps de pleurer son père. À peine quelques mois plus tard, frappée par la tuberculose, elle entre dans un sanatorium, aujourd’hui l’hôpital Laval à Sainte-Foy. Comme tout le monde, lorsque j’ai entendu le mot « sanatorium », je me suis immédiatement fait l’image d’un endroit sombre où les malades étaient à peine nourris, et où régnait la terreur des instances ecclésiastiques. Rien de plus faux dans son cas. Certes, elle se souvient de ce moment comme étant dur, elle se rappelle d’ailleurs qu’un jour elle supplia qu’on la retourne chez elle auprès des siens. Mais après coup, la dame nous raconte plutôt un endroit de vie communautaire. Les religieuses n’entendaient pas à rire et plusieurs loisirs leur étaient interdits. Cependant, il s’y est créé une certaine

complicité entre les femmes. Bien sûr, rien ne vaut son foyer, mais pour les 7 mois qu’elle dut y passer, elle trouva le moyen de s’en accommoder.


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à la porte de la résidence familiale pour leur annoncer que le soldat Paul-Émile Ouellet était porté disparu. « Elle n’a jamais perdu espoir, c’est pourquoi elle ne s’inquiétait pas vraiment », il en fut de même pour Gemma, qui a toujours cru au retour de son frère. Voilà peut-être une partie du secret de sa longévité. La dame semble effectivement inébranlable.

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L’avenir allait leur donner raison, le soldat Ouellet ayant été libéré à la fin du conflit mondial. Il ne pesait que 100 livres. À son retour, sa mère lui donna l’entièreté de la pension qu’elle avait reçue pour sa mobilisation. Il trouva un emploi au sein du gouvernement fédéral. Aussi simplement que ça, sans faire plus d’histoire. Quelques décennies plus tard, Gemma et son frère se rendirent à Bremerhaven pour qu’il puisse revoir les lieux de son malheur. Probablement qu’il s’agissait d’une sorte de rédemption. On dit que les vétérans ayant participé à des conflits majeurs restent imprégnés de ces événements. Revoir les lieux de leur expérience serait peut-être libérateur, qui sait? Lui sait, ainsi que ses frères d’armes.

Madame Gemma Fiser au sanatorium (aujourd’hui l’hôpital Laval) en 1942, pour sa tuberculose. En arrière plan se trouve aujourd’hui le chemin des Quatre-Bourgeois. Photo crédit : Gemma Fiset (un proche de Madame Fiset, qui exactement elle ne peut le dire.)

Retour à la vie normale, mais… Après ces dures années, Madame Fiset se maria, en 1945. Elle partit vivre à Toronto pour les 25 années qui allaient suivre. Elle et son époux y achetèrent une maison en 1952, où elle prenait des locataires. Le boom économique créé par la guerre amena des milliers de gens à quitter la campagne pour la ville et les loyers se firent rares à Toronto, comme dans plusieurs autres villes au pays. Cependant, ce n’est pas dans ce domaine qu’elle trouva son compte. Elle allait donc travailler pour le gouvernement fédéral jusqu’à sa retraite à 58 ans, en 1977. Vous remarquerez, les personnes ayant vécu de grands bouleversements ne perdent pas de temps et profitent de la vie pour chaque bonheur que celle-ci peut apporter. C’est en 1963 qu’elle prit goût aux voyages. Elle se rendit pour une première fois en Europe, mais c’est à sa retraite qu’elle fera littéralement le tour du monde. De Londres à Vienne, en passant par le sud de l’Italie, elle voyagea sur tout le vieux continent, traversa même l’océan Atlantique en bateau, où elle passa le détroit de Gibraltar. Dans la Méditerranée, elle se rendit jusqu’en Égypte pour voir les pyramides. Elle développa une passion pour les pays du Maghreb. Elle entreprit une nouvelle croisière qui la mena dans la mer Baltique et fit les îles Britanniques, en Europe (l’archipel de Grande-Bretagne et d’Irlande).

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Ses périples lui firent même traverser le Rideau de fer avant

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Lorsque la reddition sans condition de l’Allemagne fut signée, Madame Fiset se souvient que tout le monde sortit dans les rues pour faire la fête, jusqu’à tard le soir. Pendant un instant, ils oublièrent les malheurs des dernières années. Une sorte de pause avant que les comptes soient faits. De la même façon qu’après la pluie, vient le beau temps, la pluie aussi revient un jour. Pour certaines familles la fête laissa rapidement place au deuil d’un frère, d’un mari, d’un fils… Ce n’est qu’au mois de juin 1945, environ un an après sa capture, que Paul-Émile retrouva les siens. Lors de sa libération, il était si mal en point,

qu’il avait dû être soigné au Royaume-Uni avant d’être rapatrié au Canada.


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sa chute. Elle se rendit en URSS pendant 19 jours. C’était lorsque Léonid Brejnev était à la tête de l’Union soviétique, période souvent perçue comme une stagnation du point de vue international et où les relations entre l’Est et l’Ouest ne reculèrent pas, mais n’avancèrent pas non plus. Son expérience dans le berceau du communisme du 20e siècle lui plut énormément. Elle décrit ce voyage comme étant très intéressant et la population comme étant très gentille. Seulement il y avait beaucoup de restrictions, bien entendu. Un guide les suivait en permanence, les voyageurs devaient acheter dans les magasins désignés et seulement en roubles. Moscou, Saint-Pétersbourg, Kiev, la mer Noire et même Yalta, où eut lieu la réunion entre les trois principaux alliés de la Seconde Guerre, à savoir les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Union soviétique.

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Photo par Mark Timberlake

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Avril 2021 — Volume 05 No.3

Au total, c’est 34 croisières qui menèrent Madame Fiset des Caraïbes en Méditerranée, de la mer Baltique à la mer de Chine méridionale, de Hong Kong à Pékin, en passant par Shanghai. En 2010, elle retraversa l’Atlantique dans une croisière qui leva l’ancre à Miami, pour traverser jusqu’à Marseille. La vie de cette grande dame est un récit qui ne peut se raconter en quelques pages. Un livre en plusieurs tomes en ferait peut-être le tour. Personnellement, le récit de sa vie me fait rêver. Mais surtout, Madame Fiset nous permet un type de voyage qu’aucune agence n’offre. Les voyages temporels. Elle nous raconte 100 ans de vie sur Terre!


ON VOUS PRÉSENTE NOTRE COMITÉ EXÉCUTIF 2021-2022 SAAD BOURJILA

ANTOINE CORNEAU

Vice-président aux finances et au développement

Vice-président aux affaires socioculturelles

MARC-ANTOINE TOURVILLE

VICKIE BOURQUE

LAUREN BANHAM

Vice-président à l’enseignement et à la recherche

Vice-présidente aux affaires externes

Vice-présidente aux affaires internes

CYNDELLE GAGNON Présidente

C

M

CADEUL.COM/EXECUTIF

J

CM

MJ

CJ

CMJ

LA CADEUL VOUS SOUHAITE UN BEL ÉTÉ ET DE TRÈS BONNES VACANCES!

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Gratuit et confidentiel

Bureau 2258 Pavillon Maurice-Pollack 418 656-7098 bureau.droits@cadeul.ulaval.ca

Pour plus d’informations, consultez notre site web : www.bureaudesdroits.ca ou notre Facebook : BDEUlaval

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Toute l'équipe rester ctive et disponible pour vous pend nt l période estiv le!


Arts & Culture

Arts et culture

L’hôtel de verre – Emily St. John Mandel

Sorties littéraires

Roman – Alto

Par Emmy Lapointe, cheffe de pupitre arts « Ce dont il se souvient, c’est de ce qui suivit : une sensation de calme à la fin de cette longue et étrange journée, une paix temporaire, assis à l’ombre avec toute sa famille réunie, et puis, une heure avant que le soleil se couche et que leurs parents commencent à parler de reconduire Lucas à la gare […], une dernière heure merveilleuse à jouer au Frisbee avec son frère dans le jour déclinant, à courir et à plonger dans l’herbe, le pâle disque tournoyant dans le crépuscule. »

Anthologie de la poésie actuelle des femmes au Québec 2000-2020 – Préparée par Vanessa Bell et Catherine Cormier Larose – Poésie – Les Éditions du Remue-ménage L’envers du monde : Anne Hébert, Georges Bataille – Mélanie Beauchemin « Je viens de t’abattre à la sortie du motel. Tu es demeuré vivant, mais vieilli; des résidus de chlore ornent tes yeux. Comme si ce n’était pas assez, j’ai réentendu ta voix blonde les chips, la carte routière, les aires de repos, tout y était. » – Carole David

Essai – Nota Bene

« Bataille et Hébert illustrent la descente dans le néant, telle une exploration de l’intériorité aussi

:

surprenante que nécessaire. À travers l’épreuve, on ressent la vie charnelle de leurs personnages : les fourmillements, les brûlures, les spasmes. Le corps, recouvert de saleté ou de sueur, est frénétique et vibre d’émotions intenses. C’est la totalité d’une existence et d’une affectivité qui nous est ainsi livrées dans le délire. »

« ce qui bruit dans la chambre froide la mer est un état limite vous raconterez à d’autres la maladie j’ai ma belle robe rien n’y paraît dites que je ne sortirai pas une vague me briserait » – Tania Langlais

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« Je n’ai pas la démarche féline J’ai le dos des femmes ancêtres Les jambes arquées De celles qui ont portagé De celles qui accouchent En marchant

La désidérata Marie-Hélène Poitras

Le fond des choses Thomas Desaulniers-Brousseau

Roman – Alto

Roman – Les Herbes rouges

« Elle court, pieds nus, en prenant garde de ne pas trébucher.

« Les histoires qui arrivent toutes faites sont rares et

On dirait Blanche-Neige dans sa fugue, sans aucune biche

précieuses. On les prend quand elles passent et on les

bienveillante pour lui porter secours. Il n’y a que sa foulée

espère le reste du temps, comme on attend les aventures,

précipitée vers l’avant. Coup de fusil, elle sursaute. La traque

les belles romances, les révélations. On les espère à négliger

commence et l’odeur aigre de la peur est libérée en notre de

tout le reste, à ne plus se reconnaître dans les mots qu’on

tête. »

aligne jour après jour après jour, péniblement, comme les pièces d’une sorte d’écran. »

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Avril 2021 — Volume 05 No.3

Apu tapue utshimashkuepaniuian pemuteiani Aniskashkau nishpishkun miam tshiashishkueu Nuatshikaten Miam ishkueu ka pakatat Miam ishkueu ka peshuat auassa pemuteti » – Joséphine Bacon


Arts et culture

Un monde sans avenir De quoi aurait l’air un monde sans enfant, un monde sans avenir ? Le réalisateur d’origine mexicaine Alfonso Cuarón s’est intéressé à la question dans son film Children of Men qui célèbre ses 15 ans cette année. La BBC a classé ce film au 13e rang dans sa liste des meilleurs films du 21e siècle. Plongeons dans ce film qui va devenir un classique (ou l’est-il déjà ?) Par Marc-Antoine Auger, journaliste collaborateur

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Le film a été présenté en première à la Mostra de Venise au début du mois de septembre 2006. C’est une adaptation d’un roman du même nom publié en 1992 et écrit par un certain P.D. James. L’histoire du film est située dans Londres de 2027, dans un monde où la population entière est infertile depuis un peu plus de 18 ans. Le film commence avec l’assassinat de la personne la plus jeune sur Terre. La population, profondément touchée par le décès, est ramenée à la réalité de leur monde infertile. L’intrigue est centrée autour de Theo Faron (Clive Owen), un être ordinaire et assez cynique qui devient le héros malgré lui. Dans sa jeunesse, il était militant, mais il a un peu perdu le goût après le décès son enfant qu’il avait avec Julian Taylor (Julianne Moore) à la suite d’une grippe devenue pandémique. Julian revient le voir bien des années plus tard pour lui proposer une mission, amener Kee (Clara-Hope Ashitey), une réfugiée, vers le « Human Project Ship », parce qu’elle est enceinte et qu’une guerre civile entre gens « pro-immigration » et « anti-immigration » frappe le Royaume-Uni. C’est la principale différence du film avec le roman : le film est adapté à une réalité plus proche de la nôtre. Dans ce contexte, c’est particulièrement puissant que la première femme à être enceinte en 18 ans soit une femme noire africaine, réfugiée et recherchée par la police, de surcroît. Moins d’enfants Je ne peux pas m’empêcher de faire un petit parallèle entre ce film et la COP 24, une conférence qui se réunit chaque

année pour discuter et adopter des mesures environnementales pour l’avenir. À la COP 24, en 2018, une idée pour réduire l’empreinte écologique de la population est ressortie : faire moins d’enfants. Il s’agit d’une idée qui ne fait évidemment pas que des heureux, cependant, il est indéniable que la croissance démographique est un problème qui empire avec les années. De plus en plus de gens font le choix conscient de ne pas faire d’enfant, même s’ils en veulent, et qu’en conséquence, le processus d’adoption devrait être simplifié. Évidemment, je ne suis pas en train de dire qu’on devrait arrêter de faire des enfants, point barre, à quoi ça servirait à ce moment-là de vouloir bâtir un meilleur avenir s’il n’y a plus personne. Le scénario du film Children of Men est loin d’être idéal, on a affaire à un monde dystopique. En faisant des petites recherches, je suis tombé sur le témoignage d’une Française qui ne se considère pas comme une militante, mais qui a tout de même décidé de ne pas faire d’enfant pour réduire son empreinte écologique et y aller d’un geste militant à sa mesure. Elle rencontre plusieurs femmes qui ont les mêmes préoccupations, qui décident même de faire un enterrement de vie de mère. Deux raisons expliquent son choix. La première, c’est qu’effectivement une bouche de plus à nourrir est responsable d’une empreinte écologique de plus sur la Terre. La deuxième, c’est qu’elle ne se voit pas mettre un enfant sur Terre dans le contexte trouble qui est le nôtre. Cet enfant, dans le futur, souffrira probablement d’un


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manque d’eau, verra des maladies proliférer, verra de plus en plus de réfugiés climatiques dans un monde populiste, résultat des catastrophes environnementales qui seront de plus en plus nombreuses. Ce témoignage que j’ai lu date de décembre 2018, il est donc paru pendant la COP 24 qui se déroulait du 2 au 14 décembre de cette année-là. On voyait déjà les conséquences à ce moment-là, et depuis le tout premier cas de COVID-19 en Chine un an plus tard, c’est encore plus vrai. Assez incroyable. Dans un contexte pareil, honnêtement, je comprends les gens qui ne veulent plus d’enfant.

L’environnement Une chose que l’on remarque dans Children of Men, c’est qu’il ne fait jamais soleil, ce qui amplifie l’idée d’un monde déprimant, lourd, où il ne fait pas du tout bon vivre. C’est, je crois, la différence principale entre cette dystopie et le monde dans lequel on vit. Certains pays comme la Chine ont de graves problèmes de smog, ce qui rend le soleil plus opaque, plus distant, mais il fait néanmoins plus « clair », il ne fait pas « gris-bleu » comme dans le film. J’ai l’impression que dans le

futur, il va faire de plus en plus soleil, ce qui est un peu traître je dirais, les températures sont déjà plus élevées l’été, il pleut moins souvent et plus intensément à chaque fois. Le Royaume -Uni est aux prises avec un problème d’immigration dans le film, mais il n’est jamais dit pourquoi les réfugiés se tournent en si grand nombre vers les Britanniques. Seraient-ce des réfugiés climatiques, des gens qui fuient une autre guerre ? Ce n’est jamais nommé et ce n’est pas nécessairement un défaut, ça laisse planer un mystère, ça permet au public de se poser des questions, de discuter, de débattre. Pourquoi l’Angleterre au début du film se targue d’avoir réussi en matière d’immigration ? Ce qu’on voit ne donne pourtant pas à rêver, mais les réfugiés continuent tout de même d’affluer vers le pays. Le film est sorti dix ans avant le Brexit. En ce sens, c’est définitivement un film qui gagne à être revu, parce qu’on peut y voir énormément de choses. J’ai vu le film deux fois et je n’ai pleuré qu’une fois en le regardant, et c’était en le revoyant. C’est un film qui est dur, pas trop joyeux, mais qui est définitivement un incontournable. Le film propose une réflexion assez profonde sur tout un tas de sujets, et le film a gagné en pertinence depuis le Brexit, depuis la COP 24, et depuis la pandémie. Je ne recommanderai jamais assez ce film qui est un chef-d'œuvre tant pour son histoire que pour son aspect technique.

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En regardant Children of Men, ce scénario est poussé à l’extrême, et il nous fait réaliser de manière assez frontale qu’il est loin d’être souhaitable lui aussi. C’est selon moi l’une des principales forces du film, son aspect assez avant-gardiste je dirais, un film qui devient de plus en plus pertinent au fur et à mesure que le temps passe.

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ÉCOUTE LOCAL

Julien Sagot

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Le power trio féminin montréalais catapulte dans nos oreilles un premier album très solide, où les guitares skate-punk du début des années ‘90 vibrent au même rythme que les refrains accrocheurs pop. Sur certains titres, on se croirait au milieu du générique d’ouverture d’une série culte pour ado (1994, 23, Easy Target) alors que sur d’autres, on redevient l’ado qui se brasse frénétiquement la tête à la première rangée d’un show de sous-sol d’église (Trigger, Sadgirlsclub). Dans tous les cas, c’est une nostalgie qui fait du bien, il ne faut pas chercher plus loin. Avec la fougue d’une jeunesse impatiente, Forever is Now nous donne le droit de ressortir les Converse et les studs pendant 28 minutes d’intensité, le volume à 11. Émilie Rioux Sagot 8,5/10

Julien Sagot nous a dégoté un quatrième album tout aussi fascinant qu’inquiétant. Une poésie forte aux parfums d’érotisme, d’avidité humaine et d’ennui, soulignée par un rock aérien emballé d’une couverture jazzée, laissant paraître une veine électronique. Une guitare caressée qui caresse en retour. La voix creuse et suave de Sagot donne l’impression de se faire raconter des secrets. Une session d’écoute et c’est comme se retrouver dans un étrange sous-sol aux fenêtres barricadées, où vous n’y reconnaissez pas un visage. Le sol est recouvert de tapis aux motifs éclectiques et quelques fauteuils d’époque en velour rouge attirent l’attention. Être dans l’inconnu, mais quelque chose vous est familier. L’envie de rester dans cet univers Sagotien. Laurence Guillemette

Bernice

Eau de Bonjourno

7.5/10

Projet mené par la chanteuse torontoise Robin Dann, Bernice est un quintet pop-jazz-experimental qui, avec Eau de Bonjourno, signe leur troisième long jeu à ce jour. Dans nos oreilles, la base, la forme et la structure de la plupart des pièces est généralement pop et là dessus, s’ajoutent des influences jazz… soit une grosse macédoine de saxophone et trompette. l’appréciation de l’opus se fait tel un collage, un scrapbook où le jazz, le pop et même le soul s’entrechoquent. Bref, cette eau de source cordiale, c’est une sorte de projet d’art plastique, que j’ai particulièrement délecter dans le bain (moussant au lait de chèvre et des huiles essentielles à l’eucalyptus). Gabriel Tremblay

Exordium To Extasy

8/10

Le mythique collectif funk nous enveloppe une nouvelle fois de sensualité avec un deuxième album aux couleurs tropicales. Entremêlant le disco, le prog et le funk, le tout rehaussé de «psychédélitude», Barry Paquin Roberge nous donne le goût de se mettre en maillot de bain et en paréo, parré.es de lunettes de soleil extravagantes pour aller croquer le fruit défendu sur des plages de sable blanc. Une bouchée de pop juteuse (Eyes on You, Make Up) et quelques délices plus audacieux (Soviet Love, Feel Alive, Mystic Love) sauront rassasier les nostalgiques des années 70 autant que les danseurs de salon. Exordium to Extasy est un disque qui mérite plusieurs écoutes pour apprécier la valse des synthétiseurs et de la flûte traversière à travers la multitude de voix harmonisées…en attendant l’été. Émilie Rioux

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Gab Paquet La Force d'Éros

Arlo parks Collapsed In Sunbeams

3

4

Pure Carrière Eternae 93

For The First Time Black Country New Road

5

6

Vanille Soleil '96

Alex Burger Sweet Montérégie

7

8

Emma Beko Blue

Douance Douance

9 The Weather Station Ignorance

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10 Freelove Feener Punishment Zone

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Barry Paquin Roberge

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Forever is Now - 7,5/10

PALMARÈS DU MOIS

Les Shirley


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Photo par Marisa Santos

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Les zillenials ou les enfants tristes Le mois dernier, j’ai écrit aux Z. Cette fois-ci, j’ai envie d’écrire à ceux et celles né.es entre 1993 et 1998 : les zillenials. C’est pas parce que j’en fais partie, c’est juste que j’ai envie d’écrire à ceux et celles qui m’entourent. J’ai envie de prendre le temps de nous parler et de nous écouter.

Photo par Kat Jacobsen

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peut-être même notre trait le plus important. Je le sais que ce n’est pas coupé au couteau comme ça, mais j’ai l’impression que si les millenials sont dépressifs et que si les Z sont anxieux, nous on est un mauvais mélange des deux. Je pense qu’on est triste. Je pense qu’on se sent souvent vide. Je pense qu’avoir mal, c’est ce qu’on fait de mieux, ça, et ne pas faire de bruit.

Funeral – Pheobe Bridgers Pheobe Bridgers est sans doute ma découverte musicale de la dernière année. Ses deux albums recèlent en eux tout ce que je perçois autour de moi quand je nous regarde : l’envie de se prouver, l’eau salée qui irrigue les joues, la solidarité, les trous au fond des têtes. J’ai pleuré en écoutant Funeral pour la première fois.

C’est peut-être parce qu’on a été élevé par les X, par la génération sacrifiée, celle qui s’est fait bouffer ses richesses par les boomers. Les X ne sont pas très bruyants non plus, et peut-être que les silencieux engendrent d’autres silencieux. Et je pense qu’il n’y a pas de mal à être la génération qui écoute, parce que si tout le monde parle, on n’entend plus rien.

« I have a friend I call / When I’ve bored myself to tears / and we talk until we think we might just kill ourselves / but then we laugh until it disappears / […] Jesus Christ, I’m so blue all the time / And that’s how I feel »

Les séparations de génération, on s’entend, ce n’est pas à prendre pour du cash, mais faisons comme si on se prêtait au jeu, comme si on acceptait les paramètres. Les zillenials seraient né.es entre 1993 et 1999. De l’analogique au digital, des jeux vidéo de boîtes de céréales aux jeux en ligne, de Green Day à Soulja Boy, le zillenial est un enfant de la transition. Récemment, j’ai lu Fragments d’un enfant du

millénaire de Maxime Fecteau. En toute honnêteté, ce n’est pas l’œuvre de l’année, pour moi en tout cas, mais c’était une des premières fois où j’avais l’impression qu’on parlait de nous pour de vrai. La seule chose, c’est que même si on parlait de nous, on ne s’adressait pas à nous. Et là, j’ai envie de faire les deux. Chuchoter Je pense qu’on est nostalgique. Je dirais que c’est

Et comme on écoute mieux qu’on parle, j’ai décidé de laisser les mots aux autres.

« J’ai un.e ami.e que j’appelle / à chaque fois que je m’ennuie toute seule jusqu’aux larmes / On parle jusqu’à ce qu’on se dise qu’on pourrait juste se suicider / puis ensuite on rigole jusqu’à ce que ça disparaisse / […] Jésus Christ, je suis triste tout le temps »

Avril 2021 — Volume 05 No.3

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Par Emmy Lapointe, cheffe de pupitre aux arts


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Photo par Yoann Boyer

Photo par Amanda Dalbjorn

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Six Speeds – Role Model Être seul.e même avec les autres.

« J’ai éclaté la semaine dernière / Je ne pouvais pas me relever / Ma maman m’a appelé la semaine dernière / j’ai commencé à pleurer en raccrochant / j’ai eu un threesome la nuit dernière / et je me suis réveillé tout seul […] Et je ne veux pas pleurer, parce que personne ne pleure quand ils sont forts / Laisse-moi sécher, juste pour que je puisse mentir avec le reste » Les matins – Angèle « J'ai les yeux si rouges et bombés / Par la nuit ou

Anxiété – Pomme « Je suis celle qu'on ne voit pas / Je suis celle qu'on n'entend pas / Je suis cachée au bord des larmes / Je suis la reine des drames / Avant de partir, de te laisser tomber / Je ne peux pas mourir et tout recommencer / Je t'attends, je t'attendrai toujours derrière / Mais va t'en, va t'en, fais le détour, sois fière » « Il faut que je te dise » – Marie Darsigny « que je suis Stevie Nicks / Elizabeth Wurtzel/ Marie-Sisi Labrèche / Nelly fucking Arcan / je m’approprie les petits et les gros drames / de filles

qui ont su crier un refrain / dont je connais les paroles par cœur […] / j’écrirai pages par-dessus pages / gondolées / de journal intime rose fluo / te donnerai la clé sans avoir le double / deviendrai amnésique vodka-soda / tu pourras jouer à recoller les morceaux / party de sous-sol, invite tes amis / cercle littéraire cheap / en mon honneur / je paye une quille de bière à celui ou celle qui mettra le doigt dans le bobo / jusqu’au coude / tu diras «c’était une crisse de folle » / j’apparaîtrai dans tes cauchemars / pour crier / « nous sommes toutes des crisses de folles »

appartenaient, atroces comme idéales, aux autres.»

« La vapeur du temps » – Maxime Fecteau « Quand le millénaire est entré dans ma vie, il n’y avait pas encore d’attentes à mon égard – d’ailleurs d’avenir. Il y avait les choses immédiates et matricielles d’un temps éclatant : une encyclopédie et une bible enfantines, une console de jeu, les chocolats porte-à-porte, deux gratte-ciels de la grande ville en gros plan, etc. L’avenir était extrinsèque – les visions et les destinées

« nous sommes le monde mais nous le savons pas » – Marie-Andrée Gill

Pour la suite du monde On serait sûrement resté dans notre enfance bordée de mauve plus longtemps. Là, personne n’attendait rien de nous, et nous, on pouvait tout attendre du monde. Les enfants aux souliers à lumière sont devenus grands. Constellations de jeunes adultes tristes. Des lignes qui n’existent pas entre nous, mais nous les voyons quand même.

Avril 2021 — Volume 05 No.3

Avril 2021 — Volume 05 No.3

« I broke down last week / I couldn’t pick myself up / My momma called me last week / I started to cry when I hung up / I had a threesome last night / I woke up all alone / […] And I don't want to cry, 'cause nobody ever cries if they're tough / Leave me out to dry, just so I can lie with the rest of the stuff »

par les pleurs / Draps usés ou mauvais rêve / Où es-tu? Y'a ton odeur comme seule trace de ton corps / Où es-tu? Tes mains me manquent, et moi, j'y crois encore / C'est les matins comme ça qui me font pleurer / Leur vérité me tue / Car la nuit a su me faire oublier / C'est les matins comme ça qui me font pleurer / Dès mon premier regard / Face à la nuit solitaire que j'ai passée »


Créations

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On a zoomé le soleil Par Mélissa C Pettigrew

Ce jour viendra Par Shana Paquette

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Et le jour viendra où nos sourires seront à la fois délestés et remplis d’espérance, où nos doigts se lieront à ceux des autres en un pont immense et flamboyant, où nos joies se percuteront en échos symbiotiques. Ce paysage éclairé et vaste qui te prend en la présence des autres, il existe encore. Il s’est camouflé sous des couches de résiliences opaques et souples afin de survivre aux temps éventrés de grisaille mais il est là. Il est là. Tu le couvres en toi comme un œuf précieux et douloureusement lointain. À la fois comme une amorce et une relique. Tu n’as pas oublié comment lire leurs paroles et leurs silences. Tu n’as pas oublié la tiédeur apaisante du partage et la légèreté inouïe d’être. Encabané.e.s au creux de nos forces, nous continuons, tenaces, à croire aux grandes retrouvailles, aux larmes épaisses et tendres accolées à nos joues. Ce jour viendra. Et rappelle-toi que cet espace où tu inspires avec les autres est, et demeurera, l’une de tes plus pures libertés.

chaque fois que ta vérité fond ma tête disparaît en dessous des branches mortes mon corps bouge et toi tu es pris dans la peau des poèmes « pourquoi les pommes sont molles? » que tu me dis de près ou de loin le sucre referme les eaux tandis que tes poumons de verres courent dans février à l’envers des forêts on a zoomé le soleil pour comprendre comment annuellement les rivières se gonflent l’horizon les réveille le ciel crie sa débâcle une clôture de corps une robe courbée

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je n’ai pas peur quand le décor tient de travers les couleurs ne meurent jamais

suaves les jours cueillent les insectes font pousser des années jusqu’à ce que demain soit trop loin pour nous Photo par Danick Lizotte

Avril 2021 — Volume 05 No.3

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fermés en boucle on s’échoue dans nos yeux ne plus avoir froid suivre les rhizomes nos souffles de corail


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Création littéraire

À l’explosion des mirages Par Jessica Dufour

ces gouffres ouverts devant nous offrent une eau désuète / bain radioactif où flottent des idées rances/ en constellation

piégé.es / entre prolifération parasitaire et abstinence / nous refusons ce baptême de force / dans la crainte que nos orteils gangrènent / nous peinons à dormir / les poings fermés par réflexe

Uranium

enfants héro.ïnes / dressé.es en légions / nous échappons aux manies / au bricolage d’utopies / à cette fièvre rouge / héritage de déserts / essoufflé.es de courir les aubes invisibles

Carbone Amiante Mercure

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Sulfites Méthane

Fluor

Acétone Méthane

quand nos visages auront cessé de fondre / nos corps de jungle seront beaux doux et indomptables / émergeant des décors pixellisés / comme les bulles d’air / savent retrouver / la surface de côte en côte / nous marcherons / et dans le froissement des mains jointes / dans nos gorges multicolores / un nouvel air se sera composé

Arsenic

Photo par Danick Lizotte

Avril 2021 — Volume 05 No.3

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Plomb

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aucune prouesse interstellaire ne saura nous convaincre / nous tisserons nos propres cartes / apprendrons à lire le mycélium / nos pieds de glaise dansant dans l’écume

Ammoniac Chlore

filles-aubépines aux peaux de porcelaine / fissurées de l’intérieur / nous libérons enfin nos séismes / cols grands ouverts / et tant pis si le sang déborde comme rivière au printemps / blesse la vue des impies / nos voix jaillissent des écluses / explosent les canaux / pour s’élever jusqu’aux cimes


Création littéraire

Création littéraire

À moins que Par Jessica Dufour

Bientôt Nous serons acculé.es Au mur de nos déchets Nos montres de métal Au souffle de souffre Nous feront suffoquer Cadavres itinérants Dans un désordre collectif monumental Aux allures de désert

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Nous foulerons des plages sans sable Faites de copeaux multicolores Qui ne brillent pas au soleil Pêcherons des poissons-fantômes Avec des harpons rouillés À la dérive parmi les mirages Et nous blâmerons la sécheresse Les un.es sur les autres Nous serons des vautours À la recherche de miettes à digérer

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Avril 2021 — Volume 05 No.3

À moins que

À moins que subsiste en nous une parcelle de sens une bonne cellule peut encore germer en un arbre géant qui à force de pousser défoncerait le dôme pour nous faire voir la lumière et à partir de cette brèche s’étireraient des sillons craquant la surface opaque de longueur en largeur un à un se déferaient les maillons de l’immobilisme nos poumons se gonfleraient complètement d’un air nouveau comme au printemps si nous aspirions tous au même retour à la terre à la même vie simple et naturelle pour enfin nous harmoniser à notre environnement il est possible ce monde si on se donne la peine de l’imaginer


NOTRE VISION COMMUNE EN DÉVELOPPEMENT DURABLE Par l’entremise d’une approche participative, la communauté prend part activement aux réflexions et aux projets en développement durable à l’Université.

ulaval.ca/dd


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