
6 minute read
Votre région Votre coopérative Migros.
Une passion pour la vie
Ruth Helfenstein a découvert la course à pied peu avant son départ à la retraite. À plus de 90 ans, elle continue aujourd’hui de chausser ses baskets une fois par semaine, une motivation qu’elle puise aussi dans la série de courses «Run n’ Win» de Migros.
Texte et photos: Robin Rickenbacher
Chez Ruth Helfenstein, d’innombrables médailles et récompenses témoignent d’une vie riche en activité. Bon nombre d’entre elles viennent de diverses courses aux quatre coins du monde et, à les voir, on s’imagine que cette Bâloise a commencé tôt à les collectionner. Pourtant, Ruth Helfenstein ne s’est mise à la course à pied qu’à l’âge de 58 ans, lorsqu’elle a réduit son volume de travail. «Avant, je n’avais pas du tout le temps de faire du sport régulièrement», expliquet-elle.
Ce loisir s’est mué en une passion à laquelle notre hôte aime encore s’adonner plus de trente ans après. Il y a trois ans, Ruth Helfenstein, alors âgée de 88 ans, a couru son dernier semi-marathon à Londres. Le suivant devait avoir lieu à New York. Du moins, c’était ce qu’elle avait prévu avant que le coronavirus ne l’en empêche. «À ce moment-là, j’ai pensé que c’était bel et bien fini, confiet-elle.» Après son arrêt forcé, Ruth Helfenstein n’était pas sûre d’être de nouveau prête à enfiler ses baskets. Elle avait dû renoncer à son ultime objectif. «Je ne voulais même plus courir», avoue-t-elle.
Une activité physique quotidienne Si elle a changé d’avis et repris à petites foulées, c’est grâce à Migros. Durant la pandémie, l’entreprise a lancé la série de courses «Run n’ Win», qui propose de s’inscrire via une application pour suivre chaque semaine un parcours de 5 kilomètres. Lors de celui-ci, les participantes et participants se mesurent les uns aux autres afin d’essayer de battre leur chrono. Ruth Helfenstein a été séduite par l’idée. Ce qui lui plaît particulièrement, ce sont également les remarques des deux commentateurs, qui interviennent régulièrement pendant la course et que l’on peut suivre avec des écouteurs ou, pour la retraitée, avec un appareil auditif. La sportive bâloise a ainsi déjà pris part à plus d’une centaine de courses.
Aujourd’hui encore, elle s’acquitte chaque semaine des 5 kilomètres requis. Car plus que la course à pied, c’est la pratique d’une activité physique qui joue un rôle essentiel pour Ruth Helfenstein. «Cela fait partie de mon programme chaque jour. Si je ne me dépense pas, je deviens nerveuse», explique-t-elle. Qu’il neige ou qu’il pleuve, il lui faut au moins faire un tour dans le quartier. Sinon, sa montre, qui mesure sa durée d’activité physique quotidienne, lui rappelle que son objectif risque de ne pas être atteint.
Ces dernières décennies, Ruth Helfenstein n’a pas ménagé ses efforts: elle a couru plus d’une trentaine de marathons et plus d’une vingtaine de semi-marathons. Elle se souvient tout
À 90 ans, Ruth Helfenstein peut être fière de son palmarès en course à pied.

particulièrement d’une compétition à Vienne, à l’issue de laquelle les trois coureuses les plus rapides se voyaient remettre une petite statue de cheval blanc en guise de trophée. «Il faisait terriblement chaud, mais je voulais absolument repartir avec ce petit cheval», raconte-t-elle. Il trône désormais sur son étagère, aux côtés de tous ses autres prix. Si Ruth Helfenstein ne court plus pour gagner des trophées, le fait qu’elle maintienne ses séances de jogging chaque semaine à 90 ans passés aurait à lui seul mérité une distinction. Même si notre sportive émérite a déjà son idée sur la question: «La plus belle récompense pour moi, c’est de pouvoir encore le faire.» MM MigrosBâle
Steve Grieder, vendeur spécialisé au SportXX de Schönthal
PAROLES D’EXPERT
Steve Grieder, à quoi faut-il faire attention lorsque l’on court? Outre le port de chaussures adaptées au style de course, aux mauvaises positions potentiellement prises par le pied et aux caractéristiques topographiques du parcours, il est important de bien connaître son corps et de s’entraîner. Lorsque l’on débute, il faut aussi veiller à augmenter lentement les distances pour ne pas se surmener. En plus des conseils donnés par son personnel formés sur le sujet, SportXX propose des brochures qui expliquent comment se lancer de façon optimale.
Comment s’entraîner sur de longues distances? Le secret, c’est la diversité! Il est extrêmement important de ne pas s’habituer à un itinéraire, car le corps peut mémoriser très vite les sollicitations physiques subies, ce qui rend le parcours de plus en plus facile. Il faut également faire varier les distances et prévoir des intervalles entre les courses d’endurance.
À quoi faut-il prêter attention lors de l’achat de chaussures? La plupart des erreurs sont commises lors du choix de la taille: souvent, les clients achètent une paire trop petite. Il faut également choisir le bon type de chaussures. Il vaut la peine de demander conseil à nos spécialistes de la course à SportXX afin de discuter de tous les paramètres à prendre en compte comme la régularité, la durée, la distance, les blessures, l’objectif et les sports pratiqués en complément. Enfin, pensez à apporter votre ancienne paire de baskets lorsque vous demandez un conseil. MM
MigrosBâle
Doris Salcedo sonde notamment le rapport entre la souffrance personnelle et l’espace public.

Un hommage silencieux
La Fondation Beyeler à Riehen accueille «Palimpsest», une vaste installation de l’artiste colombienne Doris Salcedo. L’exposition se penche sur le sort des migrants morts noyés ces vingt dernières années.
Texte: Jacqueline Parrat Photo: Joaquín Cortés-Román Lores
Doris Salcedo est une figure majeure de la création contemporaine. Née en 1958 à Bogota en Colombie, elle a étudié la peinture et l’histoire de l’art à l’Université de Bogota puis, au début des années 1980, la sculpture à l’Université de New York (NYU). En 1985, elle retourne en Colombie et part à la rencontre de rescapés et de proches de victimes d’actes de violence et de brutalité. Sensibilisée par ces échanges en lien avec la guerre, l’aliénation, le manque de repères et le déracinement, elle pose la base de son travail à partir de ces thèmes.
Le titre de l’exposition est dérivé du grec ancien palimpseste, qui désigne des manuscrits effacés à plusieurs reprises et réutilisés, une pratique courante durant l’Antiquité et le Moyen Âge. Les traces des inscriptions initiales demeuraient parfois visibles sous les nouvelles inscriptions, rendant possible la reconstitution de certains textes anciens.
Un nom pour les disparus Palimpsest est une installation immersive de dalles de sol poreuses de couleur sable. L’œuvre est constituée de deux cycles de noms superposés: les noms de personnes décédées lors de mouvements migratoires avant 2010 sont inscrits en sable fin de coloris contrasté incrusté dans les dalles de pierre; les noms de personnes décédées entre 2011 et 2016 apparaissent en superposition sous forme de gouttes d’eau qui s’agrègent pour former des lettres avant de s’écouler, dans un cycle incessant d’inscription et d’effacement. Aussi poétiques que fragiles, les œuvres de Doris Salcedo invoquent le souvenir de celles et de ceux que la mort risque de vouer à l’oubli et rendent hommage au deuil et à la douleur des vivants.
La plus grande salle de la Fondation Beyeler abrite 66 dalles de pierre, disposées sur environ 400 mètres carrés, affichant 171 des 300 noms que compte l’œuvre au total. MM