N°17 02/25
LE MAGA ZINE LUXEMBOURGEOIS D E S S AV E U R S & D E S V O YA G E S
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TERRE-NEUVE
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B H O U TA N
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CHRONIQUE
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VA N U AT U
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LE MONDE DE JOHN
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T R A D I T I O N
Une construction ingénieuse permet aux pêcheurs de soulever les petites crevettes grises du fond sablonneux de la mer. EN HAUT
L’eau salée et froide de la mer Baltique atteint le poitrail des robustes chevaux de trait. EN BAS
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B E LG I Q U E
Le littoral belge de la mer du Nord et ses pêcheurs de crevettes à cheval Texte & photos Laurent Nilles
« Äddi a bon voyage. Ech sinn op der belscher Plage! » Les destinations de vacances de La Panne, Knokke, Middelkerke ou Ostende ne doivent pas leur popularité auprès des Luxembourgeois uniquement à la déclaration d’amour en musique de Serge Tonnar.
Chaque année, plus de 60 000 visiteurs du Grand-Duché en quête de repos sont attirés par la côte belge de la mer du Nord. Enfant, je me souviens avoir passé de nombreuses vacances d’été à jouer dans le sable, à ramasser des coquillages et à parcourir la promenade au volant d’un « loun », l’un des populaires karts de location. Oostduinkerke, à une petite demi-heure de route au sud d’Ostende et à quinze minutes de La Panne, n’est pas différente des stations balnéaires voisines, mais peut-être un peu plus tranquille. Les châteaux de béton typiques à plusieurs étages des années 1960 à 1980 trônent au-dessus de la large plage de sable, des snack-bars bien
fréquentés servent des cocktails à l’Aperol et des croquettes de crevettes sur des terrasses abritées du vent et la promenade de la Zeedijk invite à flâner tranquillement au soleil. Patrimoine culturel immatériel À l’entrée de la plage se trouvent deux massives sculptures en bronze, représentations grandeur nature d’hommes vêtus de cirés résistant fièrement aux intempéries, montés sur le dos de puissants chevaux de labour, de part et d’autre desquels pend un panier rond tressé. Un véritable hommage à l’atout touristique de la petite localité et tradition unique inscrite en 2013 par l’UNESCO sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité : la pêche aux crevettes à cheval.
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T R I P C I T Y
London calling Avec ses monuments emblématiques, ses musées de renommée mondiale et ses quartiers aux multiples visages, la métropole sur la Tamise attire chaque année des millions de visiteurs. Facilement accessible en 1h20 de vol au départ du Luxembourg, elle est idéale pour une petite escapade inoubliable.
Texte Wibke Carter
Londres ne déçoit jamais, qu’il s’agisse de votre première, deuxième ou centième visite. Peu de métropoles allient aussi facilement une histoire séculaire à une vie moderne trépidante. Avec plus de 8,9 millions d’habitants, la ville est un melting-pot de cultures où l’on parle plus de 300 langues. Elle doit son origine aux Romains qui, en l’an 43 après J.-C., ont nommé la colonie de l’époque Londinium. Au fil des siècles, Londres est devenue le centre d’un empire mondial et a survécu à des catastrophes comme le Grand incendie de 1666 et les destructions de la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, de nombreux monuments témoignent de ce passé mouvementé. Les observateurs attentifs découvriront sur de nombreux bâtiments anciens des plaques bleues rendant hommage à des personnalités importantes. De manière générale, Londres est une ville propice à la promenade : si vous planifiez bien vos itinéraires, vous pourrez ainsi découvrir de nombreuses attractions à pied, même en un temps limité.
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LO N D R E S Luxair propose jusqu’à 6 vols par jour et jusqu’à 34 par semaine à destination de l’aéroport de London City. luxair.lu
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R EC E T T E
Le goût de l’Angleterre L’Eton Mess est un dessert anglais traditionnel composé de meringue écrasée, de fraises et de crème fouettée. Il serait né au collège d’Eton, l’une des écoles publiques les plus prestigieuses de Grande-Bretagne, et est servi depuis la fin du XIXe siècle lors du match de cricket annuel opposant Eton à Harrow. Selon The Oxford Companion to Food (Davidson, 2014), le terme Mess fait probablement référence à l’apparence décontractée et « désordonnée » du plat, bien qu’il rappelle également l’utilisation historique du mot mess pour décrire une portion de nourriture.
Eton Mess 4 personnes
10 minutes
∙ 300 ml de crème fouettée ∙ 2 c. à s. de sucre glace ∙ 2 grandes meringues (ou environ 60 g), grossièrement écrasées
∙ 250 g de fraises fraîches, équeutées et coupées en deux (ou en quatre si elles sont grosses)
Fouetter la crème avec le sucre glace jusqu’à l’obtention de pics mous. 2 Incorporer délicatement la meringue écrasée et la plupart des fraises, en réservant quelques-unes pour la décoration. 3 Verser dans des verres ou des coupes de service et garnir avec les fraises restantes. Servir immédiatement. 1
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T R I P C I TY
Une escapade printanière à Leipzig Texte Bernard Pichon
Au diapason de ses célèbres hôtes Bach et Mendelssohn, le retour des beaux jours met en effervescence la ville de Wagner. Sous ces latitudes, il serait coupable de bouder le soleil, alors qu’il revient réchauffer terrasses et espaces verts.
« Je reviens ici chaque printemps », confie Martha, enseignante à l’université qui vit défiler Nietzche et… Angela Merkel. Ici, c’est au zoo de Leipzig, l’un des plus anciens d’Europe. C’est aussi l’un des plus prestigieux, avec 8 000 animaux de 850 espèces, répartis sur 26 hectares. « Dans ce concentré de vie, la nature exulte sous toutes ses formes – végétales et animales – à la fin de l’hiver. Les éléphants et les tigres ressortent se baigner, les singes sont surexcités, et on ne compte plus les naissances. Ma section préférée est celle de la jungle asiatique, où des bateaux emmènent les visiteurs dans un environnement malaisien », s’enthousiasme Martha.
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Dès le mois de mars, on peut aussi naviguer sur les canaux de la ville. Leipzig n’est pas la Venise d’ex-RDA, mais ses voies navigables sont photogéniques. Ce parcours est aussi idéal pour s’offrir, au fil de l’eau, un premier aperçu de l’architecture saxonne. Relativement épargnés durant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux bâtiments leipzigois illustrent les styles gothique, romantique ou Renaissance. Si la ville est surtout marquée par le XIXe siècle (Jugendstil / Art nouveau), les années 1950-80 ont été imprégnées de réalisme socialiste, mêlant néo-classicisme et allégories idéologiques. Pour témoin, l’Opéra (Gewandhaus), construit avant la Réunification. Sa grande salle
L E I PZ I G Heureuse naissance d’un bébé vautour au zoo. Cette espèce est présente en Europe, en Asie et en Afrique du Nord. EN HAUT
Parcourir les voies navigables de Leipzig est un bon moyen de conjuguer exercice physique et découverte. EN BAS
© DZT/Florian Trykowski
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T R I P C I TY
Le Musée des Beaux-Arts de Leipzig met en évidence l’architecture moderne du bâtiment avec ses murs en béton et ses grandes ouvertures. À GAUCHE
La reconversion d’anciens bâtiments industriels offre d’intéressantes perspectives. À DROITE
EN BAS À GAUCHE L’église de Saint-Nicolas (Nikolaikirche) de Leipzig revêt une importance historique particulière.
EN BAS À DROITE Tout à gauche, dominant l’Opéra, City-Hochhaus (ou Uni-Turm) est emblématique de la ville.
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L E I PZ I G est impressionnante, avec ses balcons aménagés en terrasses de vignobles. Pourquoi ne pas s’offrir un concert dans cet auditorium, dont tous les mélomanes saluent l’incomparable acoustique ? Autre moyen de prendre ses repères : grimper au sommet de la voisine City-Hochhaus (ou Uniriese), emblème de la ville érigé en 1972 dans un esprit avant-gardiste. C’était alors la plus haute tour d’Allemagne. Le début du XXIe siècle a vu l’arrivée de son habillage en verre et en métal, ainsi que la réalisation d’autres projets futuristes, dont le nouveau musée des Beaux-Arts et la transformation de la gare principale. Culture et shopping Pour leur intérêt culturel et politique, une visite de Leipzig ne saurait faire l’impasse sur Saint-Thomas et Saint-Nicolas, ses deux églises principales. Bach créa bon nombre de ses œuvres dans chacune d’elles. Il repose dans la première, alors que la seconde fut, en 1989, le théâtre des pacifiques manifestations du lundi, préludes à la chute du mur de Berlin. Un peu caché, un cube de verre abrite l’une des plus importantes collections d’Allemagne. Le musée des Beaux-Arts possède en effet quelque 4 600 peintures de la fin du Moyen Âge à nos jours, 1 800 sculptures et plus de 5 000 photographies. Au centre-ville, des galeries couvertes – comme à Paris ou Milan – alignent cafés et boutiques haut de gamme. Le Mädler Passage est hanté par le fantôme de Goethe et la légende de Faust, aussi présente dans une cave très populaire. Les quartiers bobo de Plagwitz et Südvorstadt (intéressant pour le street art) regorgent d’enseignes de créateurs locaux, dans les domaines de la mode, de l’artisanat d’art, du design ou de la décoration.
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H É B E R G E M E N TS
Hôtels de rêve pour nos amis à quatre pattes
Hôtel Burg Schwarzenstein
Six Senses Crans-Montana
Geisenheim
Crans-Montana
Dans ce Relais & Châteaux situé à Geisenheim, le ton est donné dès l’arrivée : les chiens y sont accueillis avec une véritable affection. Des friandises les attendent à la réception ainsi qu’un douillet panier dans la suite. La famille Teigelkamp, propriétaire des lieux et maîtresse de Maila, une adorable labrador, a conçu un séjour sur mesure pour nos compagnons. Pas de laisse obligatoire ici, et les chiens sont les bienvenus tant à la Brasserie Schwarzenstein qu’au restaurant du château. Pendant que les maîtres savourent leur repas, leurs fidèles compagnons peuvent se régaler de plats baptisés « Pluto », « Belle & Clochard » ou encore « Snoopy », garnis de mets canins raffinés comme le tafelspitz, le filet de bœuf ou le tartare.
Le Six Senses dans le canton du Valais propose des soins spécifiques pour animaux de compagnie et crée des moments inoubliables pour les clients et leurs fidèles compagnons. Au cœur des Alpes suisses, votre chien pourra se dépenser sur les vastes prairies alpines et emprunter de nombreux sentiers de randonnée. De retour à l’hôtel, place au spa canin avec notamment des massages délicats des coussinets au baume réparateur pour soigner et apaiser leur peau sensible. Et pour les plus coquets : des mini-cures rafraîchissantes aux soins du museau aux extraits de noix de coco et d’avoine pour les nez sensibles, tout a été pensé pour leur bien-être.
burg-schwarzenstein.de
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sixsenses.com
H É B E R G E M E N TS
Brown’s Hotel
HUBERTUS Mountain Refugio Allgäu
Londres
Balderschwang
À Londres, les quadrupèdes voyageurs jettent leur dévolu sur le Brown’s Hotel, où les exquis biscuits pour chiens, concoctés selon la recette du chef étoilé Adam Byatt, embaument délicieusement l’atmosphère. Le Doggy Guide to Mayfair, guide canin exclusif de l’établissement, emmène ces aventuriers à quatre pattes vers les meilleurs arbres, réverbères et les emblématiques boîtes aux lettres rouges londoniennes. Munis d’une trousse de toilette contenant crème pour pattes, baume pour truffe et autres produits essentiels, nos amis poilus sont fin prêts pour partir à la découverte de la capitale britannique. À leur retour, ils peuvent déjeuner avec leurs maîtres au Charlie’s ou au Drawing Room. La carte « À La Bark » propose l’incontournable filet de bœuf haché cru.
Dans cet hôtel de bien-être, les amis à quatre pattes ne sont pas simplement tolérés – ils sont choyés ! Certaines chambres spécialement aménagées disposent de gamelles, couvertures et même de peignoirs canins. L’aventure commence au pas de la porte : prairies à perte de vue, forêts odorantes et doux sentiers montagneux invitent à l’exploration. Après une journée bien remplie à s’ébattre sous le soleil estival, la douche canine de l’établissement rafraîchit les pattes fatiguées. Et pendant que les maîtres se prélassent, le salon de thé et l’espace détente offrent un cadre idéal pour des moments de complicité. De quoi transformer les vacances en une parenthèse enchantée tant pour l’humain que pour son fidèle compagnon.
roccofortehotels.com
hotel-hubertus.de
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R EC E T T E
Le goût de Terre-Neuve La cuisine terre-neuvienne est celle d’un territoire rude, façonné par la mer, les conserves et l’ingéniosité. Ces galettes traditionnelles à la morue salée témoignent d’un savoir-faire ancien, où l’on transforme des produits modestes en mets authentiques et réconfortants.
Galettes de morue salée 36 galettes
15 minutes
2 heures + repos
∙ 700 g de morue salée ∙ 1,5 – 1,7 kg de pommes de terre épluchées ∙ 1 oignon jaune épluché et finement haché ∙ 2 c. à s. de sarriette séchée ∙ 1 c. à c. de poivre noir du moulin 1
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Faire tremper les morceaux de poisson salé pendant 12 à 24 heures dans un grand bol d’eau froide, complètement immergés, et placer au réfrigérateur (vidanger et changer l’eau une ou deux fois pendant cette période). Dans une grande casserole d’eau fraîche, faire bouillir les morceaux de poisson salé pendant 15 à 20 minutes (l’eau doit recouvrir le poisson salé d’environ 2 – 5 cm pour s’assurer qu’il est complètement immergé). Égoutter. Note : pendant la cuisson du poisson salé, réduire le feu si nécessaire, mais maintenir l’ébullition. Une fois le poisson salé refroidi, retirer la peau et toutes les arêtes (et les jeter), émietter le poisson à la main (vérifier à nouveau la présence d’arêtes et les retirer) et réserver le poisson dans un bol. Pendant ce temps, dans une autre casserole, faire cuire les pommes de terre dans de l’eau légèrement salée jusqu’à ce qu’elles soient tendres. Égoutter et laisser refroidir légèrement. Écraser grossièrement les pommes de terre dans la casserole. À la casserole de pommes de terre écrasées, ajouter l’oignon, la sarriette, le poivre noir, le poisson salé et environ 1 c. à s. bombée de farine. Mélanger le tout sans trop remuer.
∙ 180 g de farine T45 divisée ∙ huile végétale ou huile de colza pour la friture des galettes
∙ cornichons à la moutarde pour servir (facultatif) ∙ mélasse pour servir (facultatif) À l’aide d’une cuillère à glace ronde, former des galettes de poisson (compter environ 60 g par pièce). Aplatir pour former une galette. Mettre le reste de la farine dans un petit bol. Passer légèrement chaque galette de poisson dans la farine, une à la fois, et secouer l’excès. 7 Préchauffer le four à 90 °C pour garder les galettes au chaud (car on travaille par lots). 8 Pour faire frire les galettes, faire chauffer 2 à 3 c. à s. d’huile végétale ou de colza dans une poêle en fonte de 30 cm à feu moyen. 9 Placer environ 4 à 5 galettes dans la poêle. Faire frire environ 4 à 5 minutes d’un côté. 10 Retourner les galettes et faire frire encore 4 à 5 minutes ou jusqu’à ce qu’elles soient dorées des deux côtés. Placer les galettes sur une plaque de cuisson et mettre au four préchauffé pour les garder au chaud pendant la préparation des lots restants. 11 Répéter le processus pour faire frire les galettes restantes. Note : surveiller la température pendant la friture des galettes pour éviter qu’elles ne brûlent. 12 Servir avec des cornichons à la moutarde et un filet de mélasse (facultatif). 6
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C U LT U R E
Le monastère de Taktsang, également connu sous le nom de « Nid du Tigre », impressionne par sa situation spectaculaire, accroché à une falaise abrupte à environ 3 000 mètres d’altitude. EN HAUT
Un jeune novice jette un œil derrière le rideau de la cuisine du monastère, hésitant visiblement à traverser la cour pour rejoindre la salle de prière sous la pluie battante. EN BAS
Depuis 2006, une statue dorée de Bouddha de 54 mètres de haut domine la capitale Thimphou. Le projet, en grande partie financé par des donateurs étrangers, aurait coûté plus de 100 millions de dollars. PAGE SUIVANTE
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B H O U TA N
Le royaume oublié de l’Himalaya Texte & photos Laurent Nilles
Protégé par les sommets majestueux de l’Himalaya, un royaume s’est développé à l’abri des influences extérieures, préservant ainsi une culture sans pareille. On y découvre des villes pittoresques, des monastères séculaires et des festivals aux couleurs éclatantes.
L’aile gauche du Boeing glisse avec une précision déconcertante le long de la paroi rocheuse abrupte, si près que l’idée de pouvoir toucher la montagne de la main semble presque plausible. L’avion négocie avec audace les virages les plus serrés, suit les lignes du terrain sans marge d’erreur. J’éprouve une alternance de sentiments : d’abord nerveux face à cette approche risquée, puis profondément impressionné par le savoir-faire des pilotes, et enfin captivé par la splendeur des sommets enneigés qui trônent au-dessus de la vallée verdoyante en contrebas. Célèbre pour l’une des approches les plus exigeantes au monde, l’aéroport de Paro, le seul aéroport international du Bhoutan, reflète l’isolement géographique du royaume, où les hautes mon-
tagnes de l’Himalaya ont toujours servi de barrière naturelle contre les influences étrangères. Un patrimoine préservé Et ça se voit ! À peine ai-je quitté l’aéroport que je me retrouve dans un pays oublié par le temps et épargné par les constructions qui défigurent le paysage. La paisible rue principale de la ville de campagne est bordée de maisons à l’architecture typique, aux murs de pierre blanchis à la chaux et aux boiseries décorées de motifs lumineux. Les gens portent presque tous des vêtements traditionnels : le gho, une robe qui arrive au genou pour les hommes, et le kira, une longue robe avec une veste de couleur assortie pour les femmes. Devant un petit restaurant, quelques clients bavardent assis à des tables en bois rus-
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Î L E S
30 km. La route goudronnée s’arrête peu après Lenakel, puis seuls des chemins de terre nous mènent à notre destination. À l’inverse, l’arrivée au White Grass Ocean Resort se fait beaucoup plus en douceur. Il ne faut que cinq minutes de route depuis l’aéroport de Whitegrass. Avec ses « bures », maisons traditionnelles en bois au toit de chaume, le resort se trouve non loin de deux « blue holes », qui se prêtent parfaitement à la plongée avec masque et tuba. Le complexe hôtelier est dirigé par l’instructeur de plongée allemand Julian Bartz et sa femme Marsha, qui organisent pour leurs hôtes des excursions vers les différentes attractions de l’île. Outre une sortie en bateau vers la Grotte bleue, le Giant Banyan Tree est l’un des points forts de Tanna. Tout comme la visite d’un village Kastom, dont les habitants ont résisté aux influences de la culture occidentale et vivent toujours dans le respect des anciennes traditions. Les vêtements des Ni-Van (« ni » = du, « Van » = Vanuatu) sont fabriqués à partir de fibres végétales et leurs peintures faciales colorées ont des significations symboliques liées à leur histoire, leurs croyances et leurs pratiques sociales. Influence de la Chine La situation est en revanche très différente dans la capitale du Vanuatu, à Port Vila, sur l’île d’Éfaté. C’est ici qu’atterrissent les vols internationaux en provenance d’Australie, de Nouvelle-Zélande, des îles Salomon ou des îles Fidji. De plus, de grands bateaux de croisière y font escale. Les habitants de Port Vila portent des vêtements occidentaux et exercent un travail occidental. La ville est un centre commercial et administratif, où de nombreuses entreprises ont leur siège. Les marchés de Port Vila offrent une variété colorée de produits frais et locaux, tandis que les cafés et restaurants servent des plats internationaux. Les caractères typiques et les boutiques aux noms tels que « Wang Ju » ou « Fung Kei » témoignent de
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VA N U AT U
Lors d’une nuit dans une cabane dans les arbres, vous pourrez découvrir la véritable vie insulaire. À GAUCHE
Les habitants de Tanna vivent dans leurs villages coutumiers selon les traditions ancestrales, préservés de l’influence occidentale. À DROITE
Quel spectacle de lumière et de couleurs : la grotte bleue sur l’île de Tanna. EN BAS
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