MAGAZ I N E LUX E M B O U R G EO I S
Baiersbronn Corse
Ty r o l
Norvège
Îles Féroé Égypte Mongolie
D E V OYA G E
Ljubljana Croisière
Islande
Arménie
Rajasthan Miami
Ta s m a n i e
ÉDITION FRANÇAISE
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S O M MAI R E
LIVRES
S O M MAI R E
6 8 16 22 28 34 36 46 50 56 62 70 80 88 98 110 118 120
BAIERSBRONN TYROL LJ U B LJ A N A CORSE H ÔT E LS D E R Ê V E N O RV È G E MSC EURIBIA E X P LO R A 1 ÎLES FÉROÉ I S LA N D E ARMÉNIE É GY P T E R AJ A ST H A N MONGOLIE MIAMI EN CHIFFRES TA S M A N I E
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C O R S E
qui contribue à dissiper les fines nappes de brouillard. Le matin, le fond de l’air est encore frais. Au cours d’une balade, on peut croiser les porcs noirs semi-sauvages qui évoluent en liberté sur l’île. Les porcs corses raffolent eux aussi des châtaignes qui donnent à leur chair un goût très subtil. De temps à autre, les cris d’un milan tournoyant au-dessus de ce fabuleux décor déchirent l’air. Les selves, nom donné aux châtaigneraies de l’île, sont dominées par quelques villages de montagne tels que Cervione, accessible via la D71. Un royaume éphémère En 1736, le premier et dernier roi de Corse a résidé pendant quelques mois dans l’ancienne « capitale », au sein du palais épiscopal du village. Theodor von Neuhoff était un baron originaire de Westphalie en Allemagne. Il a développé l’agriculture et l’infrastructure et a même fait battre sa propre monnaie. Après quelques victoires militaires contre les Génois qui occupaient l’île depuis cinq siècles, l’armée corse provisoire a toutefois capitulé face à Bastia et le roi a dû quitter la Corse. Le panorama depuis le point de vue perché sur les hauteurs de Cervione, à plus de 600 mètres d’altitude, est grandiose. Le regard survole les châtaigniers jusqu’à la mer et aux îles d’Elbe et de Montecristo. Au pied du village, les plages invitent à de longues promenades sur le sable immaculé. Sur les cartes de quelques restaurants de plage, on trouve de la polenta à la farine de châtaigne, servie par exemple avec du figatellu, une saucisse corse à base de foie de porc. Le fruit national corse a retrouvé sa place en cuisine et est inscrit au patrimoine naturel de l’île. La foire à la châtaigne (Fiera di a Castagna) qui se tient chaque année à Bocognano lui rend hommage. Le
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C O R S E C’est à Bastia, le plus grand port de l’île, qu’arrivent les ferries.
EN HAUT
Depuis la terrasse du Café de l’avenue à Cervione, la vue s’étend sur les châtaigniers jusqu’à la mer.
À GAUCHE
À DROITE Un milan tourne au-dessus des épaisses châtaigneraies.
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C O R S E Entre les longues feuilles élancées, les châtaignes se cachent, bien protégées dans leur enveloppe épineuse.
La crème de châtaigne est particulièrement délicieuse sur une brioche ou une baguette fraîche.
premier week-end de décembre, quelque 150 producteurs y exposent le fruit de leurs récoltes. Outre la farine de châtaigne, on y trouve également des châtaignes grillées, la bière corse Pietra à laquelle les châtaignes donnent un goût légèrement sucré, des sablés Corsica à la farine de châtaigne, ainsi que diverses spécialités corses telles que le brocciu. Ce fromage au lait de chèvre ou de brebis est aussi apprécié en version sucrée que salée. Accompagné de confiture de figues, c’est un délice ! En 1996, la première bière corse a vu le jour sous l’im-
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pulsion de Dominique Sialellis. Elle a aujourd’hui conquis le marché grâce à son mélange de malt et de châtaigne. La brasserie Pietra située à Furiani se visite pendant les mois d’été. Outre la fameuse bière à la châtaigne, on y brasse également de la bière de blé et quelques autres spécialités. En automne, une randonnée à pied ou à vélo à travers la Castagniccia est une expérience magique, grâce à la superbe palette de couleurs qu’offrent les feuilles des châtaigniers. En cette saison, les « petits hérissons » tombent quasiment à vos pieds, les châ-
taignes bien à l’abri dans leur bogue. Une fois libérées, elles sont brillantes et bien fermes au creux de la main. Les châtaignes ne prospèrent pas seulement dans cette partie de l’île. Au Néolithique déjà, bien avant le début de leur culture qui, elle, remonte au XVIe siècle, des châtaigniers poussaient en Corse, notamment au nord dans la vallée de Niolu, ainsi que dans la région d’Evisa sur la côte ouest. Les plats rustiques tels que la soupe de châtaigne, la purée de châtaigne et le gâteau à la châtaigne accompagnent à merveille un séjour automnal sur l’île de Beauté.
C O R S E
Breviarium
Bastia Furiani
CORSE Cervione
Evisa
42° N 9° E
Parc naturel régional de Corse
Bocognano
visit-corsica.com
Ajaccio Niolu
Porto-Vecchio
À faire absolument Goûter à l’un des nombreux plats à base de châtaigne. Accompagné d’une Pietra, bien entendu !
À éviter Conduire à grande vitesse sur les routes étroites et sinueuses de la Castagniccia. Des surprises (cochons, chèvres, moutons) peuvent vous attendre au détour d’un virage.
Trésors cachés En plus de la châtaigne, la Corse recèle d’une multitude de spécialités. De nombreux petits producteurs jalonnent la Route des Sens le long du Cap Corse, tels que des vignerons, des fermiers et des artisans, chez qui cela vaut la peine de s’arrêter. gustidicorsica.com
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N O RV ÈG E
Le matin et le soir en Norvège, la lumière est particulièrement captivante.
À GAUCHE
À DROITE Camper sous les aurores boréales dans le parc national de Pasvik.
EN BAS Expédition à ski en pulka dans les forêts autour de Kirkenes.
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N O RV ÈG E Au bout de l’Europe Nous avons loué un appartement dans la vallée de Pasvik. Bordée à l’ouest par la Finlande et à l’est par la Russie, elle s’étend sur une centaine de kilomètres, de la mer de Barents au nord jusqu’au triangle des trois pays au sud, où se rejoignent la Norvège, la Finlande et la Russie. En été, on peut s’y rendre à pied, et en hiver, en ski. La région se situe à 400 kilomètres au nord du cercle polaire arctique et marque le début de la taïga sibérienne, la plus grande forêt du monde. De novembre à janvier, le soleil ne se lève plus ici, et les températures chutent parfois en dessous de -30 °C. En compensation, les aurores boréales brillent de manière plus intense, et lors des nuits de pleine lune, la neige reflète la lumière de la lune. Il est possible de prendre part à des excursions pour observer les aurores boréales en traîneau à chiens, en motoneige ou en bus. Les nuits sombres ont leur propre charme et nous ont permis d’apprécier d’autant plus le retour du soleil. Des activités inoubliables Par un heureux hasard, nous avons été engagés comme guides de chiens de traîneau « de garde » au Snowhotel Kirkenes, qui ravit les visiteurs avec son hôtel de glace 365 jours par an. Outre les 140 huskies d’Alaska, des rennes complètent cette expérience hivernale unique. Avec des touristes venus du monde entier, nous avons
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AR M É N I E
AR M É N I E
Le mont sacré Ararat, symbole national des Arméniens, se trouve sur le territoire turc. Pourtant, c’est depuis le monastère de Khor Virap que l’on a la meilleure vue sur le volcan endormi.
À GAUCHE
À DROITE Les marchés proposent des spécialités arméniennes, dont de nombreuses sortes de fromages.
EN BAS Le lavash, le pain plat typiquement arménien, est cuit dans des fours spéciaux en pierre.
envahisseurs se sont retirés et une bataille sanglante a pu être évitée. Pourtant, depuis le 16e siècle au moins, le petit pays est devenu le jouet des grandes puissances régionales. Perses, Ottomans et Russes se succèdent en tant qu’occupants. Depuis 1991, le pays est redevenu indépendant, mais certaines parties du tracé des frontières sont toujours contestées. De nombreux territoires et constructions autrefois arméniens se trouvent désormais sur le territoire de la Turquie et de l’Azerbaïdjan. Le conflit autour du Haut-Karabakh, une région majoritairement peuplée d’Arméniens à l’intérieur des frontières de l’Azerbaïdjan, s’envenime régulièrement et fait régulièrement des victimes. Peu après ma visite, l’armée azerbaïdjanaise a lancé une brève opération militaire dans la région, à la suite de laquelle la République d’Artsakh, non reconnue internationalement, a été contrainte de se dissoudre et des dizaines de milliers d’habitants ont dû se réfugier en Arménie. Dans les cimetières, des drapeaux arméniens flottent au vent au-dessus des tombes des soldats tombés, rappelant qu’une paix durable n’est pas encore une évidence au 21e siècle. Des hôtes généreux Dommage, car les Arméniens que j’ai rencontrés sont des personnes joviales, dont l’hospitalité est sans égale. Après avoir photographié le lever du soleil depuis le monastère Khor Virap, magnifiquement situé face au mont Ararat sacré, Manvel, qui vient d’arriver pour installer son stand de spécialités arméniennes sur le bord de la route, ne m’a pas seulement offert un café chaud, il a également insisté pour me préparer une assiette de
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RAJAST HAN
Certains des anciens puits à degrés, comme ici à Jodhpur, sont encore utilisés aujourd’hui.
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À DROITE Presque un cliché parfait, Sindhi Nath se présente avec une moustache, des boucles d’oreilles en or et un turban coloré.
M O N G O L I E
Jeu de couleurs en bleu Texte & photos Laurent Nilles
Avec seulement deux habitants par kilomètre carré, la Mongolie a la plus faible densité de population au monde. Sur ses vastes plaines vivent des peuples nomades qui, depuis l’époque de la Grande Horde et de Gengis Khan, ont préservé un mode de vie autarcique, adapté aux rigueurs des conditions météorologiques extrêmes.
De la fumée blanche monte vers le ciel, révélant la présence d’une yourte, la modeste tente de vie des nomades mongols, qui se perd dans l’immensité du paysage enneigé. Malgré le soleil éclatant, il fait amèrement froid, les températures avoisinant les -30 °C, mais à l’intérieur de la tente dépourvue de fenêtres, un vieux poêle en fonte diffuse une chaleur réconfortante. Lorsque le chaman franchit la porte d’entrée après le rituel matinal en l’honneur des ancêtres, sa femme est déjà en train de faire bouillir de l’eau pour préparer le traditionnel thé au lait légèrement salé. Sur la table au centre de la yourte s’entassent
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de la viande de mouton cuite, des bouteilles d’eau-de-vie importée et des friandises spécialement achetées pour le Tsagaan Sar, le Nouvel An mongol. Tout est prêt pour accueillir les invités venus célébrer l’occasion dans leur plus belle tenue, le Deel, un long manteau de tissu satiné finement orné. Pendant la fête annuelle de la fin de l’hiver, tout semble se dérouler au ralenti. Les habitants des villes rendent visite à leur famille dans les villages, les croyants se rendent en pèlerinage dans les monastères bouddhistes et les sites chamaniques, tandis que les festivals culturels attirent des foules de curieux.
M O N G O L I E Lors de leurs transes, les chamans portent des vêtements sacrés qui dissimulent leur visage. L’identité du chaman n’a plus d’importance lorsque les ancêtres prennent possession de son corps.
EN HAUT À DROITE
EN HAUT À GAUCHE À l’occasion du festival de la glace, ce lugeur s’est particulièrement mis en beauté.
EN BAS Après le rituel, le chaman se fait passer le tabac et la pipe par sa femme.
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C H I F F R E S E N
Entre authenticité et responsabilité Le tourisme a toujours été un secteur économique important, reliant des personnes de différentes cultures et facilitant l’échange de traditions et d’expériences. Alors que voyager rend le monde accessible à beaucoup, le tourisme de masse apporte également ses défis écologiques et sociaux. C’est ici qu’intervient le tourisme durable : il vise à minimiser les impacts négatifs sur l’environnement et les populations locales tout en offrant aux voyageurs une expérience authentique.
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10 %
d’augmentation de l’écotourisme au cours de l’année écoulée.
87%
des voyageurs veulent voyager de manière durable.
70 %
des voyageurs sont prêts à payer plus cher pour un hébergement respectueux de l’environnement.
C H I F F R E S E N
2.000 millions de touristes dans le monde sont considérés comme des écotouristes.
30 %
de réduction de l’empreinte carbone lorsque les voyageurs choisissent des hébergements respectueux de l’environnement.
15 %
des chaînes hôtelières mondiales proposent désormais des hébergements respectueux de l’environnement.
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milliards de dollars, c’est la dépense annuelle mondiale consacrée à l’écotourisme.
80 %
des voyageurs pensent que les entreprises devraient proposer des options de voyage plus durables.
52 %
des voyageurs ont déclaré qu’ils seraient plus enclins à choisir une entreprise de voyage en fonction de son engagement en faveur du voyage durable.
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pays ont adopté les critères du tourisme durable.
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TA S M A N I E
La baie de Wineglas dans le parc national de Freycinet, sur la côte est de la Tasmanie.
de mer à tous les coins de rue. Je longe le canal d’Entrecasteaux en voiture en direction du sud afin de goûter aux écrevisses et aux ormeaux ramassés directement en mer. Des baraques à huîtres aux stands de fish and chips de la côte, en passant par les restaurants les plus raffinés, les fruits de mer occupent la première place des menus de Tasmanie. Ils sont souvent accompagnés de délicieux produits, tels des asperges ou des champignons sauvages. Que diriez-vous d’une tour de fruits de mer composée d’huîtres, de crevettes, de homard et de coquil-
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lages ? Accompagnée d’un verre de cidre bien frais ! En Tasmanie, de nombreux noms de lieux évoquent les merveilles gastronomiques de l’île. Souvent, ce sont les plaisirs du palais qui ont ainsi été immortalisés. Je m’imagine des explorateurs assoiffés, ayant traversé des déserts arides, rejoindre la Tasmanie en bateau et projeter leurs envies culinaires sur ses féériques paysages montagneux. Citons les Milkshake Hills ou la Wineglass Bay, sur la presqu’île de Cygnet au sud de Hobart. On m’explique que cette baie a la forme arrondie d’un verre à vin. Et que dire de la sublime
Peppermint Grove Beach, qui doit son nom à la menthe ! En guise de rafraîchissement, je vous conseille d’ailleurs de déguster un thé glacé à la menthe sur la plage. Pour finir, mon voyage me ramène dans le village côtier de Bicheno. Les trésors de la mer m’appellent : eaux cristallines, plages de rêve… et certainement le meilleur petit pain au homard de toute la Tasmanie. Le Paradis a un nom : Tasmanie ! Et le petit pain au homard a une adresse : The Lobster Shack, 40 Waubs Esplanade, Bicheno. Alors, bon voyage et bon appétit !
TA S M A N I E
Breviarium
Devonport
Bay of Fires
TASMANIE The Acropolis
41° S 146° O
Nelson Falls
Bicheno Mount Olympus
discovertasmania.com Hobart Cygnet Mount Pegasus Canal d’Entrecasteaux
À faire absolument Si vous voyagez à l’autre bout du monde, vous n’aurez peut-être pas forcément l’idée de visiter un musée. Mais en cas de vacances en Tasmanie, il faut absolument le faire. Car le MONA, le Museum of Old and New Art de Hobart, la capitale de la Tasmanie, est unique au monde. Il s’agit de la bizarre collection privée du mécène d’art excentrique David Walsh. C’est la plus grande collection privée de l’hémisphère sud et elle est spectaculairement construite sous terre dans une montagne.
À éviter Oui, l’Australie est chaude, et même très chaude en été dans l’hémisphère sud. Mais la Tasmanie n’est pas le continent de la chaleur torride. En Tasmanie, il règne toute l’année un climat maritime agréable. Le mont Wellington est généralement recouvert de neige pendant l’hiver austral, c’està-dire de juin à août, et les températures peuvent être négatives pendant l’hiver tasmanien. Cela signifie qu’il ne faut en aucun cas renoncer à emporter un ou plusieurs pulls chauds lors du voyage. Le seul État insulaire d’Australie est situé à seulement 3 000 kilomètres de l’Antarctique.
Trésors cachés Pour ceux qui souhaitent découvrir un véritable secret, une visite d’une île de Tasmanie s’impose, à savoir un voyage à Maria Island. Qu’y a-t-il là-bas ? En tout cas, pas de voitures, pas de magasins et très peu de touristes. Le seul bruit que l’on peut entendre sur l’île est celui du vent, qui peut parfois se déchaîner dans les cheveux. Un endroit de rêve à la Robinson avec des plages complètement vides et des plages de sable doré d’une beauté à couper le souffle. Maria Island est comme une respiration profonde et reposante de nature pure.
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