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LPH 25-04-2022

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dossier

Israël, Terre de lait et de numérique

Jeudi 27 janvier 2022 25 Shevat 5782 nº 982 Mensuel

yonathan halimi La perte d’une mère,

PROTÉGER UNE NATURE RARE

et la vie qui continue

LE MARIAGE : un engagement fondateur LA DIFFICILE ÉPREUVE DES jOURNAUX tÉlÉvisÉs

LPH ACTUJ 982

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Les deux faces d’une même pièce

‫מנכ''ל‬ Directeur de la publication Ariel Kandel ‫עורכת ראשית‬ Rédactrice en chef Anne-Caroll Azoulay caroll@actualitejuive.com

L'

Journalistes : Eve Boccara Nathalie Sosna-Ofir Pascale Zonszain Richard Darmon

Correctrice Carine Brenner Directrice artistique Tsipora Design t.benchimol@gmail.com

Service commercial et publicitaire Daniel Ohnouna pubil@actualitejuive.com 058-530-0174 Service abonnements contactisrael@actualitejuive.com Secrétariat LPH/AJ Tsipora Malka 058-461-6262

Adresse 10-12 rehov HaRav Agan, Jérusalem Contact petites annonces pubil@actualitejuive.com LPH Supplément mensuel de l’hebdomadaire Actualité Juive ‫ הפצה‬Distribution Points francophones partenaires

Lecture en ligne sur Cafeyn.co La direction décline toute responsabilité quant au contenu des textes et des publicités, qui n'engagent que leurs auteurs.

Liste des points de vente : www.lphinfo.com/points-de-vente

EN COUVERTURE : Yonathan Halimi et son fils © Arik Haïm

L’unité nous permettrait de voir plus loin, d’être plus forts, d’oser davantage. Certes, elle demande des sacrifices. Mais faire un pas dans sa direction représente déjà une victoire vers une élévation certaine. Ce pas, nous tentons de le faire en vous proposant, chers lecteurs, un hebdomadaire né dans le giron du judaïsme français et un mensuel 100% sabra !

édito

Contributeurs : Jonathan Aikhenbaum Stéphanie Weill Gilles Bernheim Yohan Habib Gaelle Hanna Serero Nathalie Hirschprung Yoel Benharrouche

unité : on en parle, on en rêve, on l’invoque. On s’en approche parfois, le temps d’un battement d’ailes de papillon. Et déjà elle s’éloigne. L’unité, comme l’amour. Ce « É'had » (« un ») du « Shema Israël » que les observants prononcent trois fois par jour en insistant, presque impérieusement, sur la dernière syllabe, pour l’appeler de leurs vœux.

Un hebdomadaire de 52 pages, riche d’informations liées bien sûr à la France, mais aussi à Israël et à toutes les problématiques du monde juif dans son ensemble, au judaïsme, à la culture, avec des pages santé, humour, jeux, cuisine… Et un mensuel consacré uniquement à Israël, avec des informations pratiques, des interviews et des dossiers. Il est vrai que cette formule iconoclaste « 4+1 » en étonne plus d’un, mais elle réjouit également de très nombreux foyers francophones. Après tout, n’illustre-t-elle pas notre savoureuse dualité ? Nés en France, ou ailleurs en Diaspora, nous avons posé nos valises sur notre terre ancestrale où notre âme peut s’épanouir pleinement. Forts de cette paix intérieure reconquise au prix de maints efforts, nous ne nous dissocions pourtant pas de nos frères restés dans l’Hexagone. Leur avenir et le nôtre sont liés, comme les deux faces d’une même pièce. La crise sanitaire nous l’a plus que jamais démontré, une crise née d’un virus qui, lui, fait tout pour nous diviser et nous séparer, en nous imposant sa démente sémantique : test antigénique, contre-test PCR, ouverture (des aéroports), fermeture (des aéroports), comptes et décomptes en tout genre, quarantaine, Delta, Omicron… Un vocabulaire qui illustre une réalité ne répondant plus à aucune logique - mais en sommes-nous vraiment conscients ? « Seul ceux qui sauront qu’ils sont fous ne le seront pas totalement », disait Rabbi Na'hman de Bratslav (1772-1810). Faut-il en déduire que nous devons accepter ce vent de folie mondial qui résume notre identité à « positif » ou « négatif », et où rien n’est plus positif que d’être négatif ?… Restons calmes, sereins envers et contre tout, en nous accrochant à l’espoir que cela aussi passera. Protégeons-nous par des actes d’amour gratuit, appelons nos amis, cajolons nos proches, enracinons-nous dans l’étude, quelle qu’elle soit, et continuons à avancer en nous rappelant que l’ADN du peuple juif réside dans sa capacité à traverser les épreuves pour en ressortir renforcé. Surtout, n’oublions pas que nous avons de la chance : la chance de vivre cette épreuve ici, dans notre pays. Un pays où nous sommes et serons toujours les bienvenus. Ensemble. Unis.

Anne-Caroll Azoulay LPH ACTUJ 982

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© Yonit Shiller

sommaire n°982 6 C’est bon pour le moral ! Économie

nouvelles mesures budgétaires 8 Les vont-elles changer notre vie ?

L’interview

Halimi : la perte d’une mère, 12 etYonathan la vie qui continue

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sur table 26 Cartes L'immunité du troupeau 2.0 28 L'ère Métavers - Screenovate - Un téléphone complètement pliable

27 36

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Dossier

Israël : terre de lait et de numérique

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Le cyberespace est arrivé ! Dessine-moi une licorne

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L'attention en révolution

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Micah Goodman, l'exception israélienne

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à savoir 33 bon Comment faire de l’ordre dans vos papiers durable 34 Développement Protéger une nature rare : le nouveau défi israélien TIYOUL

36 Le tunnel du Kotel pensée juive moderne 41 Une André Neher, l'homme de la reconstruction

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© Bibliothèque de l’AIU.

32 Binational Avantages fiscaux accordés par Israël


ARRÊT sur image

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C

ette photo a été prise le 17 février 1963 par le photographe Moshé Pridan. David Ben Gourion, Premier ministre de l’époque, et les enfants de ses proches collaborateurs plantent des arbres à l’occasion de Tou Bishvat. Saviez-vous que cette date du calendrier juif marque également l’anniversaire du Parlement juif : la Knesset ? Associer le corps législatif de l'État nouvellement formé à cette fête symbolisait le renouveau et la croissance. Mais il existe un lien encore plus ancien entre le « gouvernement » et Tou Bishvat : à l'époque du Second Temple, c'était la date limite de la taxe annuelle de 10% sur les fruits, versée aux serviteurs du Temple et aux pauvres. De nos jours, Tou Bishvat permet aussi de sensibiliser la population à l'environnement et à l'écologie.

© PRIDAN MOSHE/Archives GPO LPH ACTUJ 982

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C’est bon pour le moral !

Parce que les mauvaises nouvelles sont plus faciles à trouver que les bonnes, nous avons décidé de vous offrir ce petit vent d’optimisme.

à 97 ans,

il rencontre ses idoles Moshé Itsokvitch a 97 ans. Il a perdu toute sa famille pendant la Shoah, et c'est seul qu'il est arrivé en Israël. Habitant à Haïfa, il a toujours soutenu l'équipe de football locale. L'année dernière, Moshé a traversé une période difficile après avoir perdu successivement sa femme et ses deux enfants. Son seul rêve restait de rencontrer ses idoles,

On se met au vert ... enfin ! Le ministère des Transports plantera 11 000 arbres pour ombrager les pistes cyclables, dans le cadre du projet Ofnidan d'Ayalon Highways. « Les arbres et la nature sont là pour nous, et nous devons être là pour eux », a déclaré la ministre des Transports Merav Michaeli à l’occasion de Tou Bishvat. « Lorsque j'ai pris mes fonctions, j'ai demandé à toutes nos entreprises de construction de s'assurer que tous les travaux 6

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d'infrastructure incluent la plantation d'arbres. Pour chaque projet que nous entreprenons, les considérations environnementales font partie de la planification », a assuré la ministre.

les joueurs du groupe de football Maccabi Haïfa. Sa petite-fille Sarah a pris les choses en main et organisé cette rencontre : le 16 janvier, entouré par la maire de Haïfa et par deux des anciens joueurs de l'équipe du Maccabi Haïfa, Moshé a retrouvé le sourire. Ils lui ont offert l'écharpe et le maillot de l'équipe, en lui souhaitant une bonne santé !

L’info du mois Une page se tourne : vingt-deux ans après sa création au 9 kikar Safra, l’antenne Romain Gary de l’Institut français de Jérusalem a fermé ses portes le 20 janvier pour les rouvrir bientôt au 35 rue Hillel et vous y accueillir dans un nouvel espace unique et extraordinaire, à l’image de Jérusalem. « En attendant de pouvoir très prochainement nous écrier tous ensemble “mazal tov !”, soyez assurés que la belle aventure de “Romain Gary” continue, riche de votre fidèle soutien et des promesses des jours heureux que nous allons partager », a déclaré Jean Jacques Gatein, le directeur délégué de l’antenne Romain Gary de l’Institut français de Jérusalem.


'Hevron enfin accessible

aux handicapés !

© Noam Revkin Fenton/Flash90

5 sur eux

Sauvée par le livreur de Shufersal CP Sraya Diamant/Flash90

Les travaux d’aménagement ont débuté au Caveau des Patriarches pour en permettre l’accessibilité aux personnes handicapées. L’organisation Betzalmo, qui a beaucoup lutté pour remédier à la discrimination

envers les personnes handicapées, quelle que soit leur confession, a exprimé sa satisfaction. Son président, Shaï Glick, a déclaré : « L’accessibilité du Caveau des Patriarches aux personnes handicapées est une question humanitaire de premier plan. Nous allons suivre les travaux de près afin qu’ils aboutissent le plus vite possible et que l’ascenseur soit opérationnel dès la fête de Pessa'h. »

Il y a quelques mois, à Rehovot, Yaniv Dov, un livreur de Shufersal, frappe à la porte de Tikva Lewinson – mais personne n'ouvre. Tikva est âgée, elle vit seule, et chaque semaine Yaniv lui apporte ses courses à domicile. Le livreur tend l'oreille et perçoit des gémissements venant de l'intérieur de l'appartement. Tikva parvient à lui

dire qu'elle est à terre, après avoir perdu connaissance, et qu'elle n’arrive pas à se relever. Yaniv appelle aussitôt une ambulance, sauvant ainsi la vie de Tikva qui s'était fracturé le crâne en tombant après un AVC. Depuis, le jeune livreur est devenu comme un fils pour Tikva qui ne cesse de lui témoigner sa reconnaissance.

8 satellites israéliens

mis en orbite par la NASA La Banque d’Israël, suite à une décision prise au mois de juillet dernier, a mis sur le marché une nouvelle série de plus de deux millions de pièces de 5 shekels afin de rendre hommage à la contribution et au combat des services de santé et des personnels médicaux et hospitaliers

durant la période du Covid. Le professeur Amir Yaron, gouverneur de la Banque d’Israël, a choisi entre trois modèles (sur quinze) arrivés en « finale », sur proposition d’un jury populaire présidé par l’ancien juge à la Cour suprême, Yaakov Tirkel.

À la mi-janvier, la NASA a mis en orbite huit satellites construits et

développés par… des lycéens de tout le pays ! Ces derniers ont été formés par le Centre des sciences de Herzliya, dirigé par le docteur Meïr Ariel. Le suivi et l'analyse des données envoyées par les satellites sont effectués par les lycéens eux-mêmes. LPH ACTUJ 982

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économie

Focus sur…

Les nouvelles mesures

budgétaires par Nathalie Sosna-Ofir

Le 4 novembre dernier, la coalition gouvernementale a adopté les premiers budgets* entérinés depuis trois ans et demi sur fond d'impasse politique, et qualifiés des « plus sociaux de l'histoire d'Israël » par le ministre des Finances Avigdor Liberman. Concrètement, quelles sont les orientations des dépenses annoncées par le gouvernement, qui devraient influencer nos vies d'Israéliens ces prochaines années ? Si tant est, bien sûr, que ces orientations soient respectées… Baisse du ticket de caisse ›› Objectif : lutter contre la cherté de la vie. C’est l'une des priorités pour les Israéliens. Le gouvernement entend stimuler la concurrence en réformant le processus d'importation des produits originaires des États-Unis et de l'Union européenne. Est également prévue une réforme révolutionnaire portant sur la casherout et dont l'objectif est, là aussi, de favoriser la concurrence : le grand-rabbinat n'aura plus le contrôle exclusif de la supervision de la casherout, mais des autorités indépendantes seront également habilitées à accorder des certifications de casherout aux produits en provenance de l'étranger, ce qui devrait réduire significativement les coûts des aliments importés. ›› Autres décisions : favoriser la concurrence en matière de produits agricoles, y compris les œufs et les produits laitiers, en promouvant leur importation, ainsi que la concurrence du secteur financier, en autorisant des établissements qui ne sont pas des banques à proposer des services. À la clé pour les ménages, les petites entreprises et les indépendants : une réduction des dépenses liées au système bancaire. 8

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« En Israël, les produits laitiers sont 79 % plus chers qu’en Europe. Un kilo de yaourt coûte 17 shekels en Israël et 8,50 shekels en Europe », expliquait le ministre des Finances A. Liberman qui veut lutter contre la cherté de la vie.

Favoriser l'accès à la propriété ›› Objectif : diminuer les prix de l'immobilier en augmentant rapidement l'offre, notamment au moyen d’appels d’offres pour 300 000 logements sur des terrains appartenant à l’État, et en réduisant la bureaucratie et les taxes qui pèsent sur ceux qui construisent sur des terrains privés. Est également prévu un investissement de 8 milliards de shekels – 2,25 milliards d'euros – pour le développement d'infrastructures de transport, de drainage et d’égouts, et 5,5 milliards de shekels – 1,55 milliard d'euros – pour la création d’écoles et de nouveaux jardins d’enfants.


Soutenir les PME et la high-tech ›› Objectif pour les PME : assouplir les processus d'obtention de licences, de demande de financements gouvernementaux, du paiement des impôts, d’obtention de crédits, ainsi que le commerce transfrontalier. Créer un environnement propice aux nouvelles entreprises, en tant que moteur de la croissance économique. Et pour la high-tech : supprimer la bureaucratie afin d'encourager les fusions, les acquisitions et les investissements. Réformer la fiscalité, renforcer les liens entre chercheurs, universitaires et entrepreneurs, ramener les talents qui ont quitté Israël pour s'installer à l'étranger, et promouvoir l’intégration des Arabes israéliens et des ultraorthodoxes dans le secteur technologique.

Élever l'âge du départ à la retraite des femmes

Caisse © Avshalom Sassoni/Flash90 - école © Yossi Aloni/Flash90

› › Objectif : augmenter le taux d’emploi des femmes plus âgées, diminuer l’écart salarial entre les sexes et stabiliser les fonds de la Caisse d’Assurance Nationale. Jusqu’à présent, en Israël, l'âge du départ à la retraite des femmes, 62 ans, est l'un des plus bas au monde, ce qui entraîne fatalement une augmentation du volume des pensionsretraites versées mensuellement.

Soigner le système médical ›› Objectif : mettre l'accent sur la médecine préventive, sur l’expansion de l’accès numérique aux soins primaires, et aux soins et services de santé mentale. Lutter contre l’obésité infantile, la mauvaise alimentation et l’addiction au tabac. Renforcer la maind'œuvre dans les hôpitaux afin de lutter contre la fatigue récurrente des soignants et, ainsi, d’améliorer la prise en charge et les soins des malades. Plusieurs milliards de shekels sont destinés à la lutte contre la pandémie de Covid-19, notamment pour anticiper d'éventuelles nouvelles vagues de contamination qui pourraient menacer le système hospitalier.

Le ministère de l’Éducation souhaite réduire les écarts éducatifs et sociaux nés pendant la crise sanitaire.

Améliorer le secteur éducatif ›› Objectif : intégrer les élèves aux besoins éducatifs particuliers dans des classes ordinaires. Réduire les disparités éducatives et sociales qui se sont aggravées avec la crise sanitaire liée au Covid. Renforcer les études linguistiques, en promouvant l'enseignement de l’anglais dès la maternelle, et développer l'apprentissage des technologies avancées pour encore mieux préparer les jeunes à entrer sur le marché du travail du XXIe siècle. Superviser les centres de garde pour les enfants de moins de trois ans jusqu'à présent exclus des réglementations du ministère de l’Éducation.

Renforcer les transports publics ›› Objectif : aider les municipalités à mettre en place des systèmes de transports privés et de covoiturage comme alternatives aux véhicules privés, et développer des places de stationnement en dehors des zones urbaines. Soutenir le projet de métro dans le Goush Dan – 150 milliards de shekels, soit 42 milliards d'euros –, introduire de nouvelles lignes de bus plus rapides et des pistes cyclables. À partir de 2024, l'entrée en voiture dans Tel-Aviv sera payante. LPH ACTUJ 982

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économie

La répartition du budget

(en Shekels)

67 milliards

ÉDUCATION

la plus grosse part du gâteau

62 milliards

Défense

+ 7 milliards par rapport au budget actuel

55 milliards

Santé Assurance Nationale

67 milliards

(Paiement des allocations)

37,1 milliards

transports Ministère de la Sécurité intérieure

37 milliards

Amélioration des conditions socio-économiques du secteur arabe

30 milliards

sur 5 ans

Ministère des Affaires Sociales

9 milliards 2,5 milliards

culture et sport

Se cultiver

+ 25% par rapport au précédent

intégration

1,4 milliard

tourisme

1,2 milliard

›› Objectif : développer une stratégie culturelle à long terme. Le ministère de la Culture investira dans plusieurs projets phares, parmi lesquels le projet national « Israeli Shabbat », qui vise à renforcer la culture et à la rendre accessible à tous : ce projet prévoit l'accès gratuit à des activités culturelles ainsi qu’à des dizaines de musées et de sites patrimoniaux pendant les weekends. Autre mission : le renforcement et la promotion de la culture dans le secteur arabe, avec la création du tout premier musée de la culture arabe et d'un centre du patrimoine. Un autre projet encore a pour but de favoriser la culture dans les villes situées en périphérie.

Mieux respirer ›› Objectif : assurer la transition énergétique. « Zéro émission nette d’ici 2050 », a annoncé le Premier ministre israélien Naftali Bennett. Signataire de l'accord de Paris sur le climat, Israël entend développer les transports publics propres, grâce à des technologies liées à l’énergie verte et son stockage, et à l'achat de 2500 bus électriques. L’État hébreu veut aussi trouver des solutions pour capturer le carbone, et passer progressivement au tout électrique pour les véhicules privés et commerciaux. 10

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Et surtout dormir tranquilles ›› Objectif : apporter une réponse aux défis sécuritaires que vont devoir relever Israël et Tsahal ces prochaines années, en gardant une longueur d’avance sur l’ennemi, notamment l'Iran. Sont envisagées, entre autres, l'ouverture d'une nouvelle division d’infanterie, et l'acquisition de nouveaux hélicoptères de transport et de deux nouveaux escadrons d'avions de chasse en remplacement d'un vieillissant. Les unités combattantes recevront des milliers de drones kamikazes, qui leur permettront de frapper des cibles de façon autonome sans avoir recours aux forces de l'armée de l'air. Le volume de l'armement de précision, quant à lui, sera multiplié par deux. Sont également prévus le lancement dans l'espace d'un nouveau satellite d'espionnage et des investissements massifs en matière de cybersécurité, de cyberdéfense et de systèmes technologiques de pointe, ainsi que le renforcement des systèmes d'interception de missiles et de roquettes pour rendre le ciel d'Israël encore plus sûr. *Montant des budgets : 609 milliards de shekels – 172 milliards d'euros – pour 2021, rétrospectivement, et 562,9 milliards de shekels –158 milliards d'euros – pour 2022.


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L'interview

Yonathan Halimi :

La perte d’une mère, et la vie qui continue Il pleut à Haïfa, comme dans tout le pays en ces dernières journées de décembre. Dans une salle de la synagogue Oleh Sarah, nommée en hommage à Sarah Halimi, son fils Yonathan nous reçoit, avec son épouse Esther, autour d’une petite table et d’un café. Il fait froid. L’hiver en Israël. Il ne dure pas longtemps mais il est rude. « En France, les maisons sont mieux chauffées », sourient-ils. La France… Un peu de nostalgie, et beaucoup de colère et d’incompréhension. Rencontre avec un fils qui a vécu le pire. Mais qui n’a pas perdu la foi. Propos recueillis par Eve Boccara

Le 14 avril dernier, la Cour de cassation confirmait l'irresponsabilité pénale de l'assassin de Sarah Halimi, provoquant un tollé dans l'opinion.

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Nous sommes ici dans la commauté francophone de Oleh Sarah, un lieu très symbolique pour vous, car vous avez commencé à vous y investir à la mort de votre mère, n’est-ce pas ? Yonathan Halimi. Cet endroit a été créé il y a cinq ans. Mon épouse Esther et moi-même nous sommes très vite impliqués dans ce projet : offrir aux francophones de Haïfa un lieu chaleureux, un espace de prière, mais aussi une communauté à la française, dans laquelle les enfants trouvent du soutien scolaire, des amis à qui parler… Après le drame, survenu le 4 avril 2017, nous avons voulu dédier cet espace à ma mère. La décision de la Cour de cassation de ne pas reconnaître le crime comme antisémite a accéléré ce désir de lui rendre justice et nous avons donné son nom à ce centre communautaire : Sarah. Une trentaine de familles le fréquentent régulièrement ; nous accueillons aussi des étudiants français du Technion. Avant sa disparition, ma mère songeait d’ailleurs sérieusement à venir s’installer ici avec nous, à Haïfa ; elle hésitait parce que mes deux sœurs et leurs enfants, dont elle était très proche, vivaient alors encore en France. Mais nous étions en train de visiter des maisons pour elle. Deux jours après sa mort, un agent immobilier nous a justement appelés pour nous proposer quelque chose…


Yonathan Halimi et sa maman Sarah, za"l

”

Vous insistez sur la culture particulière des Français qui sont en Israël, une culture qui les distingue, d’une certaine manière. Vous auriez pu rejeter la France… Y.H. Nous avons tiré un trait sur la France, oui. Mais nous n’en gardons pas moins beaucoup de particularités françaises ; et sur de nombreux points, nous restons très différents de ceux qui sont nés en Israël. Et puis, dans les années 1980-90, les Juifs étaient heureux en France. C’est plus tard que la situation s’est dégradée… Mes parents étaient tous deux originaires de familles algériennes traditionalistes ; ils sont devenus pratiquants, mais ils étaient très attachés à la France. Ma mère était née à Nogent-sur-Marne, à côté de Paris. Elle a étudié la médecine à la faculté de Créteil puis s’est rapprochée de la communauté de la rue Pavée, qui lui a proposé un poste de directrice de crèche. Elle accueillait des enfants de tous les milieux ; et durant des années, elle a accompli un formidable travail. Elle était à la fois ferme et bienveillante, savait associer rigueur et douceur. Je me souviens qu’une fois, elle a ramené à la maison un petit enfant qui était malade. Sa maman était en voyage et le papa démuni, alors ma mère l’a gardé chez nous et s’en est occupée totalement. Elle savait donner à chacune et à chacun. Elle a été une incroyable directrice de crèche. Tout le monde se souvient d’elle : les parents, les personnes avec qui elle a travaillé, les membres de la communauté de la rue Pavée…

Elle était toujours très soucieuse de mon bien-être et de celui de mes deux sœurs. Nous nous parlions beaucoup, beaucoup ; c’était ma confidente.

” Vous êtes venu en Israël à l’âge de 17 ans : c’est très jeune. Votre mère vous a-t-elle poussé à partir ? Y.H. Je savais que je voulais vivre en Israël. Cela n’a pas dû être simple pour elle, mais elle m’a laissé faire. Elle était toujours très soucieuse de mon bien-être et de celui de mes deux sœurs. Nous nous parlions beaucoup, beaucoup ; c’était ma confidente. J’imagine que ma mère aurait préféré garder tous ses enfants près d’elle… Mais pour moi, Israël était le lieu où je devais me réaliser. Je suis donc parti étudier en yeshiva à Haïfa en 1997. Après six années de yeshiva, je suis revenu en France pour les vacances et j’y ai rencontré ma femme, une amie de mes sœurs. Je n’envisageais pas ma vie ailleurs qu’en Israël, à Haïfa où je m’étais déjà fait de nombreux amis ; ma mère y pensait aussi, depuis longtemps. Elle venait souvent nous voir – d’ailleurs, elle devait nous rendre visite un mois après… la tragédie. Mes deux sœurs ont fait leur alya après sa mort. Il était inimaginable pour elles de continuer à vivre dans les mêmes conditions, au même endroit, mais sans ma mère. LPH ACTUJ 982

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L'interview Sarah Halimi avec son fils Yonathan et ses petits-enfants à Haïfa en 2011

Sarah Halimi et ses collègues de la crèche, en 2010

”

Elle venait souvent nous voir – d’ailleurs, elle devait nous rendre visite un mois après… la tragédie. Mes deux sœurs ont fait leur alya après sa mort. Il était inimaginable pour elles de continuer à vivre dans les mêmes conditions, au même endroit, mais sans ma mère.

”

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Haïfa, intronisation du Sefer Torah à la mémoire de Sarah Halimi le 21 novembre 2021

La décision de la Cour de cassation qui, le 14 avril dernier, a déclaré l’assassin irresponsable a été pour vous un deuxième coup de massue… Y.H. L’assassin se promène toute la journée tout à fait librement et il rentre à l’hôpital psychiatrique le soir : est-ce normal ? On nous dit qu’on ne juge pas les fous. Mais il n’est pas fou ! Il avait déjà fait de la prison pour autre chose et il savait à qui il s’attaquait. Les législateurs sont en train de changer la loi ? C’est bien, mais ce sera trop tard pour nous. Ce n’est pas notre problème. Nous voulons simplement que l’assassin de notre mère soit jugé. Est-ce trop demander ?

Sefer torah © ArikHPhotography - Autres photos © DR

Vous dites que le climat en France s’est fortement dégradé depuis votre départ. Votre mère se sentait-elle en sécurité ? Y.H. Bien sûr que non ! L’insécurité régnait dans le quartier où elle vivait, à Belleville. Les Juifs – mais pas seulement les Juifs – ne s’y sentent plus tranquilles, ils ont peur. Ce voisin qui a tué ma mère était connu de tout le monde et il terrorisait les gens de ce bloc d’immeubles. C’était quelqu’un de très grossier, très agressif. Son profil est représentatif. La France a laissé pourrir la situation. Grâce à la commission d’enquête menée par Meyer Habib à l’Assemblée nationale, nous découvrons maintenant que les policiers qui étaient là, derrière la porte, auraient pu entrer bien plus tôt et sauver ma mère ; un voisin leur avait donné une clé pour entrer. Pourquoi ne l’ont-ils pas fait ? Pourquoi ne disent-ils pas la vérité ? Il s’est passé quinze ou vingt minutes durant lesquelles l’assassin était avec ma mère, et pendant tout ce temps-là la police n’est pas entrée. Nous ne comprenons pas.


VOUS NE POURREZ PAS DIRE QUE VOUS NE LE TROUVEZ PAS ! AHARIYA

HAÏFA

ACCO / CARMIEL / N

4 rue Pelman

2 rue Ha’Harochet – Acco

16 rue Herzl

Big ‘Houtzot Carmiel – Carmiel

Centre commercial ‘Horev A’houza

1 rue Ben-Tzvi – Nahariya

BAT YAM / RISHON LE

Centre commercial Gan Shmouel – Hadera

92 rue Yossetal – Bat Yam

Centre commercial de Hadera

Cinema City Rishon LeZion

ZION

1 rue HaRav Levy – Bat Yam

G ISRAEL, à côté de IKEA – Netanya

Hôtel Carlton – Nahariya

38 rue Léon Blum

HADERA / NETANYA

130 avenue HaNassi

2 rue Berman – Netanya

Centre commercial HaZahav – Rishon LeZion

16 rue Alon – Tom Lentus – Netanya

30 rue HaNa’hshol – Rishon LeZion

58 rue Herzl – Netanya

JERUSALEM MEVASSERET ZION // MODIIN BEIT SHEMESH

NA

KFAR SABA / RAANA HERZLIYA

TEL AVIV

Centre Wissman G301 – Kfar Saba

20 rue HaBarzel, Hôpital Assuta

Centre commercial Harel – Mevasseret Zion

Centre commercial Arim – Kfar Saba

Dizengoff Center, bâtiment A

Gare routière centrale – Jérusalem

119 rue A’houza – Raanana

62 rue Ben-Yehouda

10 rue Yitzhak Rabin – Jérusalem

124 rue A’houza – Raanana

163 rue Dizengoff

7 rue Ben-Yehouda – Jérusalem

Rue Derekh Yerushalaïm, coin A’houza – Raanana

Kikar HaMedina

9 rue HaMelekh George – Jérusalem

Centre commercial Sept Étoiles – Herzliya

107 rue Allenby

33 rue Yafo – Jérusalem

33 rue Sokolov – Herzliya

20 rue Na’halat Yitzhak

9 rue Ben Hillel – Jérusalem 3 rue Yigal Alon – Beit Shemesh

Cinema City Herzliya

14 rue Yitzhak Rabin – Beit Shemesh Centre Yishfro – Modiin

REHOVOT

Centre commercial Azrieli – Modiin

N ASHDOD / ASHKELO

184 rue Herzl

Centre Ashdod

191 rue Herzl

Centre Big Fashion – Ashdod

Centre commercial Rehovot

126 rue Menahem Begin – Ashdod

Tsomet Bilou

Centre commercial City – Ashdod HaGdoud HaIvri – Ashdod Centre commercial Giron – Ashkelon

BEER-SHEVA

EILAT

Gare routière centrale

Centre commercial HaYam

Centre commercial Beer Sheva

Centre Big Eilat

Centre Big Derekh ‘Hevron

Hôtel Royal Garden

Actualité Juive est présent dans 150 points de vente en Israël... Ci-dessus la liste non exhaust ive des distributeurs d’Actualité Juive !

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dossier

Israël :

Terre de lait et de numérique DOSSIEr Réalisé PAR Pascale Zonszain

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LPH ACTUJ 982


La révolution numérique est-elle une nouvelle révolution industrielle ou sociale ? En Israël, on contribue à l'une en essayant d'apprivoiser l'autre.

P

our la génération qui a connu le monde d'avant, c'est un bouleversement qui a apporté dans la vie quotidienne des dimensions de confort, de rapidité, d'accès quasi illimité à l'information. Mais aussi leurs revers : trop d'informations, de sollicitations, de précipitation. Le temps numérique réduit le délai de réaction et donc celui de la réflexion, comme si l'analyse était devenue le rôle de la machine. L'interactivité accroît l'intrusion. Le domaine privé a perdu ses barrières traditionnelles. Les réseaux sociaux incitent à l'exposition, l'accès à l'information oblige à fournir les siennes. Le mode de communication pousse à la réduction du contenu, au déficit d'attention et à un affaiblissement du dialogue, ce qui entraîne une polarisation des débats. Et puis, cette révolution numérique constitue également une rupture générationnelle. Les parents doivent réinventer des règles d'éducation et de communication avec leurs enfants, lesquels entrent dans un monde où les repères fondamentaux sont bouleversés. Pourtant, en Israël, on a très vite intégré les formidables potentialités de l'entrée dans l'ère technologique. Dès le tournant des années 1990, Israël avait entamé sa révolution high-tech. Dans un pays dont la principale matière

première reste la matière grise, comme aimait à le dire Shimon Peres, l'occasion était inespérée. D'autant que l'alya massive des Juifs de l'ex-URSS amenait une cohorte d'ingénieurs et de scientifiques qui allaient accélérer ce décollage économique. À l'orée du XXIe siècle, Israël avait déjà gagné ses galons de « start-up nation », attirant les investisseurs étrangers et les plus grands groupes technologiques. Et depuis, c'est l'irrésistible ascension de la high-tech, dont l'apport annuel à l'économie nationale se chiffre en dizaines de milliards de dollars. L'irruption du Covid a évidemment rebattu les cartes. Faisant office d'accélérateur, la crise sanitaire a encore boosté les résultats du secteur high-tech, mais a aussi mis en relief la réalité de la fracture numérique, à la fois en termes d'infrastructures et d'équipements. On ne vit pas de la même manière les effets de l'isolement quand on est un ménage high-tech à Raanana, un foyer monoparental à Ofakim, ou une famille nombreuse à Bnei Brak. Aujourd'hui, Israël est une superpuissance cybernétique qui se prépare à la 5G, au paiement virtuel et à l'intelligence artificielle. La créativité va plus vite que les mentalités. Mais les défis à relever promettent d'être passionnants.

High-tech, locomotive économique En 2021, l'économie israélienne a enregistré une croissance de 7 %, une des meilleures de l'OCDE. C'est la high-tech qui a généré, en ventes de services, 51 % des exportations israéliennes. Les produits de cybersécurité ont à eux seuls rapporté 35 milliards de dollars à l'export. Mais si la high-tech n'est pas affectée par le Covid et en a même profité, cela reste un secteur économique à part : représentant 50 % des recettes fiscales, il n'emploie que 10 % de la population active d'Israël.

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dossier

Le cyberespace est arrivé ! Le « Big Data » devient l'enjeu économique et stratégique numéro un.

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nnovation, disruption, réalité augmentée, intelligence artificielle : la langue du numérique modifie peu à peu notre conception du monde. Les hommes créent des algorithmes, les machines apprennent, les actions humaines sont transformées en données. Il est pratiquement impossible d'échapper à cette organisation qui devient un modèle de fonctionnement universel. L'utilisation du numérique a produit une gigantesque masse de données, qu'il faut stocker, analyser, gérer, protéger. Depuis deux ans, la crise sanitaire a encore accru le recours à l'informatique dans tous les domaines, notamment pour maintenir les communications et les échanges économiques durant les périodes de confinement. Une véritable bataille économique se joue sur le « Cloud », cet entrepôt virtuel d'informations. Dans cette nouvelle constellation, Israël tient un rôle non négligeable, grâce à la réputation de créativité de ses informaticiens, plus souvent formés dans les unités technologiques de Tsahal que dans les cursus universitaires traditionnels ; et presque tous les géants des GAFAM vont chercher à améliorer leurs performances en achetant des produits ou des start-ups israéliens. Google vient ainsi d'acquérir pour 500 millions de dollars la firme israélienne Siemplify pour s'imposer sur le marché dominé par Amazon et Microsoft, qui pour sa part a déjà acquis trois start-ups israéliennes depuis 2018. 18

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« Depuis deux ans, la crise sanitaire a encore accru le recours à l'informatique dans tous les domaines. »

Si Israël occupe une telle place, c'est d'abord la conséquence directe de son environnement, où la guerre n'est pas qu'une métaphore économique. Le cyberespace est devenu un front stratégique de première importance, autant sur le plan offensif que défensif. D’ailleurs, si la firme NSO, aujourd'hui au cœur d'une tourmente internationale, a développé sa technologie de surveillance, c'était d'abord à des fins de lutte antiterroriste. La « cyberguérilla » que se livrent Israël et l'Iran reste encore limitée, mais elle est amenée à s'élargir. Jusqu'à présent, les tentatives iraniennes de pirater des infrastructures israéliennes ont été déjouées par les systèmes de défense israéliens, mais les groupes de hackers soutenus par l'Iran ont eu plus de succès en s'attaquant au ventre mou des plateformes civiles, comme celle de l'hôpital Hillel Yaffe, restée paralysée plusieurs semaines, ou en postant des milliers de données de citoyens israéliens sur des réseaux sociaux. Des attaques de ce type devraient se multiplier en 2022 si les entreprises et les particuliers ne s'adaptent pas très vite à cette nouvelle menace.


Les réseaux sociaux préférés des Israéliens

Unité 8200 © Site officiel de Tsahal : www.idf.il/fr/

Unité 8200 la « dream team » d'Israël Créée dès 1948, l'unité de Tsahal responsable du renseignement d’origine électromagnétique et du décryptage de codes, devenue l' « unité 8200 », est l'une des plus prestigieuses. Elle a joué un rôle vital dans les guerres successives et on lui attribue l'élaboration du virus Stuxnet, qui avait infecté les installations nucléaires de l'Iran en 2010. Ses recrues sont formées à la créativité et à la réactivité en vue de produire rapidement des solutions efficaces à différentes menaces. Pour les jeunes qui ont fait leur service militaire dans cette unité, c'est l'assurance d'une embauche dans la high-tech à un haut salaire. Mais l'unité 8200 reste un club de privilégiés. Seuls 15 % de ses conscrits viennent de la périphérie d'Israël.

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dossier

Dessine-moi une licorne L'entrée dans le monde numérique commence dès l'enfance. C'est à la fois un outil d'apprentissage, un objectif professionnel et un environnement social. Un monde qui suscite l'espoir des parents, mais aussi leur inquiétude.

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ichal a deux ados de 14 et 16 ans. Elle ne se rappelle plus la dernière fois qu'elle leur a vraiment parlé au téléphone. « Lorsque je les appelle, ils ne décrochent pas. Je reçois un message WhatsApp, parfois vocal, le plus souvent écrit. J'ai compris qu'ils acceptent la communication, mais pas l'intrusion. » Yaël n'en est pas là. Sa priorité est de limiter le temps d’écran pour ses trois filles de 4, 6 et 9 ans : « J'arrive à négocier avec l'aînée, mais c'est plus difficile avec les deux petites, surtout quand elles voient que leurs parents ont eux aussi la tête dans leurs écrans. » Sauf à interdire totalement l'accès à la technologie – ce qui est désormais impraticable –, les parents doivent trouver le moyen d'encadrer l'apprentissage social et cognitif de leurs enfants. Il leur faut aussi capter leur attention, les détourner des écrans, maintenir le lien familial et les rapports sociaux avec leurs camarades. Sans oublier le problème des risques de contenus. Les parents utilisent de plus en plus les filtres sur les ordinateurs et les applications de blocage sur les téléphones, mais ceux-ci ne remplacent ni la vigilance ni la pédagogie. Le numérique est aussi entré à l'école. Tous les ministres de l'Éducation ont fait de l'usage des technologies de l'information et de la communication dans l'enseignement une priorité. Mais la pandémie a mis en évidence un décalage entre les intentions et la réalité. Lorsque la crise sanitaire a débuté, les enseignants et les élèves n’avaient pas 20

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Aujourd'hui, les parents ne rêvent plus leurs enfants en médecins ou en avocats, mais en geeks.

tous le même niveau de préparation et de réceptivité à l'usage de la technologie. Les cours dispensés par Zoom ont été un pis-aller qui a laissé des milliers d'élèves sur le bord du chemin numérique. Selon une étude de l'OCDE, si les enseignants israéliens étaient dans la moyenne des pays développés en matière de préparation, ils étaient également parmi les plus nombreux à reconnaître qu'ils avaient besoin d'une formation supplémentaire pour enseigner à distance – 29 % en Israël contre 18 % pour la moyenne des pays de l'OCDE. La bonne nouvelle est que les programmes d'apprentissage et d'encadrement de la technologie dans l'éducation sont devenus un objectif concret. Mais le numérique n'est pas seulement un outil. Pour de plus en plus de jeunes Israéliens, c'est aussi un objectif professionnel. D’ici 2026, le gouvernement veut faire passer de 10 à 15 % la proportion de la population active dans la high-tech ; et les salaires des entreprises du secteur technologique, trois fois supérieurs au salaire moyen, ont bien sûr de quoi séduire. Les universités et les collèges académiques voient les inscriptions monter en flèche dans les départements de sciences et d'ingénierie informatique. Aujourd'hui, les parents ne rêvent plus leurs enfants en médecins ou en avocats, mais en geeks et – pourquoi pas ? – en patrons de « licornes », ces start-ups valorisées à un milliard de dollars. Depuis 2019, Israël en compte près de 50.


dossier

L'attention en révolution Dans La révolution de l'attention - l'ère digitale, la fracture et la réparation, Micah Goodman poursuit son étude des défis contemporains. Avec la révolution numérique, il trouve un sujet qui parle à la société israélienne et à toutes celles qui s'interrogent sur l'emprise des écrans et la manière de s'en libérer sans les rejeter.

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omme toujours dans ses titres, Micah Goodman aime que les choses soient claires. Dans son dernier ouvrage, paru il y a quelques mois, l'essayiste et philosophe se penche sur un sujet au cœur de l'actualité, rendu encore plus brûlant par la pandémie de Covid. La révolution numérique, qui avait déjà bouleversé les vies de milliards d'individus, est devenue le vecteur amplifié et le miroir d'une humanité qui se définit et fonctionne à partir des écrans. Cette révolution, Goodman en situe une étape clé en 2011, l'année qui a vu la généralisation du marché des smartphones, quatre ans après l'apparition du iPhone d'Apple. C'est à partir de ce moment-là que les écrans sont vraiment devenus le premier outil d'accès et de diffusion de l'information. Le but du savoir, c'est le savoir. Le but de la 22

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Un projet de loi polémique Le 27 décembre, la Knesset a adopté en première lecture un projet de loi surnommé « loi Facebook ». Ce texte vise à permettre à un juge de faire retirer des réseaux sociaux et des sites internet des contenus constituant un délit pénal de type harcèlement sexuel, atteinte à la vie privée ou à la dignité individuelle. Certains juristes israéliens estiment pourtant que le texte couvre un spectre trop large et risque de porter atteinte à la liberté d'expression.


© Yonit Shiller

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La révolution numérique est bien plus spectaculaire que toute révolution politique.

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technologie, c'est la puissance. Le passage du savoir à la technologie, c'est le passage de la connaissance à la puissance ; et c'est là que se tient la révolution numérique, « bien plus spectaculaire que toute révolution politique », constate Goodman. Cette technologie censée libérer l'homme a commencé à l'asservir en le rendant dépendant d'elle. Pour capter notre attention, les réseaux sociaux développent des algorithmes qui nous étudient et nous procurent ce que nous voulons – ou ce qu'ils croient que nous voulons. Les informations que nous recevons restreignent notre horizon et notre exposition à des points de vue différents, et donc à une possibilité d'analyse critique. Il faut capter notre attention, et comment mieux le faire qu'en s’appuyant sur des sentiments extrêmes comme la colère ou l'indignation, renforcées par les fake news et donc une polarisation du débat ? Micah Goodman, qui s'est plongé dans des dizaines

Micah Goodman

d'études scientifiques, démonte les ressorts d'une mécanique qui affecte l'individu comme la société. La sollicitation permanente de l'attention conduit à un déficit d'attention par peur de passer à côté de l'information. Pire, « la combinaison d'une industrie nouvelle et d'une technologie nouvelle aboutit à une politique de tribus en colère qui ne se comprennent plus entre elles », se désole Goodman. Mais l'essayiste reste convaincu que la lucidité est le chemin vers l'optimisme, et que les solutions ne peuvent pas venir d'un individu isolé. Que ce soit par le développement de technologies destinées à libérer de la technologie, comme des applications de brouillage de communications ou de blocage des messages écrits au volant, par une politique de régulation des contenus des réseaux sociaux ou par le recours à des techniques de méditation de pleine conscience pour reprendre la maîtrise de l'attention, rien ne peut se faire sans actions collectives. Avant sa parution en librairie, Micah Goodman avait distribué une version abrégée de son essai à des acteurs de l'économie, de la technologie et du monde associatif pour les inciter à réfléchir à des solutions. Car tout le monde peut y contribuer. Micah Goodman, Maapekhat haKeshev, Éditions Kinneret, Zmora, Dvir, 2021 (en hébreu)

La révolution de l'attention – l'ère digitale, la fracture et la réparation, le dernier livre de Micah Goodman LPH ACTUJ 982

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© Ido Perez

dossier

Micah Goodman,

l'exception israélienne

Micah Goodman à la Semaine du livre israélien, Kikar Rabin à Tel Aviv

Ses livres sont les premiers que l'on voit en entrant dans les librairies israéliennes, sur l'étagère des best-sellers. De nombreux politiciens s'inspirent de sa réflexion. Depuis dix ans, Micah Goodman est devenu une figure incontournable du paysage intellectuel israélien.

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omment concilier la recherche de la vérité et le « syndrome de l'imposteur » ? Né en Israël en 1974, de parents américains, Micah Goodman connaît le parcours de construction identitaire de tous les enfants d'olim. Sauf que pour lui, la donne de départ est un peu plus compliquée. Son père, Jerry, descend d'une très ancienne famille du judaïsme lituanien. Sa mère, Maggy, appartient à une famille catholique américaine, qui compte parmi ses membres un conseiller du pape, et même quelques moines et religieuses. Les parents de Micah se rencontrent dans les années 1960 en Bolivie, où ils font du volontariat. Leur mariage civil est accepté par la famille Goodman, mais Maggy est rejetée par les siens. Elle choisit de rejoindre le judaïsme. La guerre du Vietnam 24

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n'est pas terminée et Jerry Goodman, pacifiste convaincu, redoute d'être tiré au sort pour la conscription. Le couple décide alors de partir en Israël. Très vite, ce qui devait n'être qu'un passage devient un enracinement volontaire. La famille s'installe à Jérusalem, où naîtront leurs enfants. Plus tard, lorsque les relations avec la famille de Maggy se sont apaisées, le jeune Micah partage ses vacances aux ÉtatsUnis entre ses grands-parents paternels et la ferme d'Oklahoma de sa grand-mère catholique. Il mettra plusieurs années à trouver l'équilibre entre cette ascendance complexe et sa forte identité juive, portée par une éducation religieuse sioniste. Une éducation qui, elle non plus, n'est pas simple. Micah a des troubles de l'attention et des difficultés d'apprentissage de l'écriture.


Ses parents le prennent en main et créent même une association pour aider les enfants qui souffrent de problèmes similaires. Après l'armée, Micah Goodman entre à l'Université hébraïque de Jérusalem, où il obtient son doctorat en pensée juive. Il fait partie des fondateurs du Beit Midrash d’Ein Prat, qui délivre un enseignement de pensée juive pluraliste pour jeunes adultes. Très vite, ses talents de pédagogue et de communicant attirent l'attention. En 2010, il publie son premier ouvrage : Les Secrets du Guide des Égarés, une étude et une vulgarisation de la pensée du Rambam, qui reste plusieurs mois en tête des ventes. Sa carrière est lancée. Deux ans plus tard, Le Rêve du Kuzari, consacré au philosophe juif Yehouda Halevi, connaît le même succès. En 2014, Goodman propose son interprétation du Deutéronome dans Le Dernier Discours de Moïse, toujours dans le même objectif : lier les textes anciens aux problématiques universelles contemporaines. Micah Goodman doit admettre qu'il est dans le siècle et qu'il lui faut sauter le pas en se colletant aux problèmes de son époque et de son pays. C'est ce qu'il fait avec Catch 67, sorti en 2017, où il analyse « les deux utopies » israéliennes, celle de la droite et celle de la gauche, à propos du règlement du conflit israélo-palestinien, pour proposer à leur place un moyen terme sur la « réduction du conflit ». Goodman suit une approche analogue pour réconcilier les visions

religieuse et laïciste qui divisent la société israélienne dans 'Hazara bli Teshouva (Retour sans réponse), un jeu de mots sur le concept de retour à la religion. Le point commun de ces essais, que l'on retrouve également dans La Révolution de l'attention, publié en 2021, c'est que Micah Goodman ne s'arrête pas à la réflexion mais veut la traduire en actes, tout en refusant de devenir un gourou ou d'entrer de plain-pied dans l'arène politique. Ses livres donnent lieu à des colloques, à des débats, mais aussi à des initiatives associatives pour développer leurs idées. Et surtout, Micah Goodman gagne la reconnaissance des décideurs. Gideon Saar, en quittant le Likoud pour fonder Nouvel Espoir, a intégré dans son programme électoral les idées de Goodman sur le conflit israélo-palestinien. Naftali Bennett s’est référé à sa réflexion sur la réduction du conflit pour présenter sa vision politique lors de son discours d'investiture à la Knesset et même à l'Assemblée générale de l'ONU. Yaïr Lapid le cite régulièrement comme « un des plus importants penseurs israéliens contemporains » et s'inspire de la ligne

'Hazara bli Teshouva (Retour sans réponse), un jeu de mots sur le concept de retour à la religion

centriste de celui qui habite dans une implantation de Judée. L'essayiste a l'oreille du chef d'Étatmajor de Tsahal Aviv Kokhavi, ses textes intéressent certains Palestiniens et attirent depuis peu l'attention de Washington. On compare quelquefois son influence croissante à celle d'un autre universitaire israélien dont le nom a fait le tour du monde : Yuval Noah Harari.

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cartes sur table

L'immunité du troupeau par Ariel Kandel

Moïse a su, malgré de nombreuses difficultés, mener un troupeau vers les plaines verdoyantes la Terre d'Israël.

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on maître le rav Moshé Botschko aimait appeler ses élèves à la recherche de l'harmonie, sur les traces de Maïmonide qui, lui, parlait d'un chemin du milieu, une voie dorée. Souhaitons que le début de cette année civile 2022 place notre peuple sur cette voie, afin que le troupeau que nous constituons reste au milieu de la route, sans s’égarer dans des extrêmes susceptibles de nous verser tous dans le précipice. Il se peut qu’en 2022, avec l’extrême contagiosité du variant Omicron, notre troupeau acquiert finalement une immunité collective face à ce maudit virus – les vaccinés risquant beaucoup moins d'être malades

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(ou beaucoup moins malades), les autres malheureusement plus. Mais ce troupeau doit aussi être vigilant : ni se laisser conduire vers le désert par ses dirigeants, ni gober ce que certains ignorants écrivent sur les réseaux sociaux, en faisant croire que leur bâton rompu est celui du leader Moshé, héros des passages de la Torah que nous lisons ces semaines dans les synagogues du monde entier. Car Moïse était avant tout humble et loin de penser qu'il savait tout sur tout. Prenons l’exemple de la réforme de la kashrout. Beaucoup en parlent sans savoir de quoi il s'agit exactement. Le changement essentiel est que désormais, des rabbinats de villes et d'autres

organisations pourront octroyer leur certificat de kashrout à n'importe quel restaurant en Israël - pour cela, ils devront intégrer un cadre défini par le rabbinat de chaque ville. Ainsi, la concurrence est ouverte, les prix vont baisser et la kashrout sera donc accessible à un plus grand nombre de personnes en Israël. En réalité, pour les Juifs venus de France, cela ne représente pas une nouveauté, car en France différents labels gèrent la kashrout : Consistoire, Loubavitch et autres. Il en ira de même à présent en Israël, où chacun pourra choisir son restaurant et sa kashrout comme en France – à la différence que la concurrence aura entretemps fait baisser les prix. Cette réforme permettra aussi à ceux qui le souhaitent de consommer dans des établissements fidèles aux lois de kashrout nuancées par tel ou tel rite du judaïsme. Cette recherche de l'harmonie doit également nous obliger à rester vigilants et à poursuivre nos efforts sur d'autres sujets, sans renoncer. L'entrée des Juifs non israéliens sur leur terre en est un. C'est une vraie inquiétude à laquelle il faut trouver une vraie solution, et une solution viable, car il en va de l'entité du peuple que nous constituons.


La réalité tourbillonnante que nous vivons ne doit pas entraîner notre noyade. Nous devons savoir préserver un discernement qui nous permette d'applaudir aux bonnes choses et de faire pression pour remédier aux problèmes qui se posent. Râler à la française ne sert à rien. Dans le pragmatisme

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”

Cette solution doit aussi permettre à des milliers de professionnels du tourisme israélien non seulement de retravailler, mais de raviver leur flamme ; car ces professionnels sont les garants du lien identitaire de millions de Juifs non israéliens à travers le monde.

Beaucoup parlent de la réforme de la kashrout sans savoir de quoi il s'agit exactement.

sioniste, il faut identifier les vrais problèmes de société et mettre en œuvre de réelles actions. Chacun de nous, dans son domaine, peut exercer une influence ; il suffit d’y croire. Moïse a débuté sa carrière en recherchant une brebis égarée, mais il l'a achevée comme un berger qui a su, malgré de nombreuses difficultés, mener un troupeau à travers le désert vers les plaines verdoyantes de la Terre d'Israël. C'est la voie à emprunter afin que, comme disait Manitou, la kashrout ne nous cache pas la route !

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L'ère 2.0

Métavers :

notre avenir sera virtuel (ou ne sera pas ?) e 28 octobre dernier, Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, a tenu une conférence virtuelle à la fin de laquelle il a annoncé en grande pompe l'appellation de la structure qui recouvrera toutes les activités de la firme : Facebook, Instagram, WhatsApp, ainsi que d'autres produits liés à la réalité virtuelle, comme des lunettes connectées. Ce nom : Meta, n'a pas été choisi au hasard.

mineurs exposés à des contenus problématiques. La raison officielle invoquée par Zuckerberg est tout autre : « L’objectif de Meta sera de donner vie au métavers et d’aider les gens à se connecter, à trouver des communautés et à développer des entreprises », explique-t-il. « Le métavers est un Internet incarné où vous êtes dans l’expérience, et pas seulement en train de la regarder. » Contraction de « méta » et de « univers », le métavers est « la fusion d'un univers virtuel avec des fonctionnalités qui, elles, sont bien ancrées dans le réel », comme l'explique l'économiste Julien Pillot.

D'aucuns y ont vu une démarche pour permettre à la marque de prendre un nouveau départ, après les nombreuses accusations dont Facebook a fait l'objet ces derniers temps concernant ses difficultés à protéger les données personnelles de ses utilisateurs, ou la question de la protection des 28

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Dans ce métavers, nous évoluerons au travers d’un avatar ou d’un hologramme nous représentant, dans un environnement virtuel en trois dimensions ; nous pourrons faire nos courses, discuter, jouer - le tout, depuis notre fauteuil, devant notre écran. Grâce à des techniques de pointe, le métavers suit des règles de communication verbale et non verbale similaires à la réalité : gestes, expressions faciales, ton de voix…Cet événement sur la planète Facebook témoigne de

l'importance que commencent à prendre ces environnements virtuels, devenus les nouveaux terrains de jeu des géants de la tech. Il semble donc que nous nous dirigeons vers un avenir

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LE Métavers est la fusion d'un univers virtuel avec des fonctionnalités qui, elles, sont bien ancrées dans le réel.

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plus virtuel que jamais. La course à la conquête de cet univers a commencé et le groupe Meta a déjà annoncé la création de dizaines de milliers d'emplois dans le monde pour le développement de ce concept. En Israël aussi, le secteur se développe. Ainsi, l'entreprise Inomize, spécialisée dans la conception de puces électroniques à destination des environnements de réalité augmentée et de réalité virtuelle, crée de nouveaux emplois à Tel Aviv.


Nouveauté : un téléphone

complètement pliable

L

a société Huawei sort un smartphone à clapet unique en son genre : il possède un grand écran qui se plie complètement en deux. Même plié, il est possible, grâce à deux petits écrans circulaires apparents sur la coque, d'utiliser certaines fonctions, comme l'appareil photo, le téléphone ou la consultation des messages. Pour voir les choses en

grand (vidéos, jeux...), il suffit d'ouvrir l'écran de 6.9 pouces.À noter que, pour le moment, cet appareil est commercialisé uniquement en Chine et ne possède ni la 5G ni les services Google. Il n'en demeure pas moins que l'on semble se diriger vers une généralisation de ces écrans pliables, qui devraient bientôt se trouver dans toutes les poches.

REGARD SUR LES VIP DE LA HIGH-TECH

Bravo Mark !

Screenovate, un « exit » israélien et une technologie

qui va nous faciliter la vie

I

l y a un peu plus d’un mois, Intel a racheté la start-up israélienne Screenovate pour près de 150 millions de dollars. Cette entreprise a mis au point une technologie qui permet de connecter entre eux tous les écrans appartenant à une

même personne : téléphone, tablette, télévision, console de jeux, ordinateur… Si vous avez commencé un travail, une communication ou un jeu sur l’un, vous pourrez le finir sur l’autre ; toutes les applications seront interconnectées entre tous les appareils. Il faut cependant encore patienter avant que cette technologie ne soit mise à la disposition du grand public.

Le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, et sa femme, Priscilla Chan, ont fait don de 50 millions de dollars à l'Université d'Hawaï pour étudier les effets du changement climatique sur l'océan. Lorsqu’il a lancé Facebook en 2004, Mark Zuckerberg avait l’allure d’un étudiant immature. Aujourd’hui, son entreprise compte 2,85 milliards de clients et sa fortune est estimée à 97 milliards de dollars. Comme quoi il y a de l’espoir derrière chaque ado.

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silver

Aider

les aidants

par Stéphanie Weill, psychologue

Depuis trois ans, un groupe de parole destiné aux aidants francophones a vu le jour à Jérusalem. Animé par deux psychologues bénévoles, il se réunit tous les mois au centre Frankforter.

Ê

tre aidant consiste à s’occuper d’un membre de sa famille qui est malade : un parent, un conjoint, un frère ou une sœur… Il souffre d’une maladie d’Alzheimer ou de Parkinson, ou des suites d’un AVC. Ou tout simplement il vieillit et ne sait plus faire seul les gestes du quotidien ou prendre les décisions pour lui-même, car parfois son jugement est altéré. Cette perte d’autonomie nécessite tout un arsenal d’intervenants à domicile, sans oublier les rendez-vous médicaux et la recherche d’un réseau francophone. Telle est la tâche qui incombe aux aidants, et lorsque des troubles de la mémoire viennent se 30

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greffer sur la perte d’autonomie du malade, la tâche est encore plus ardue pour ces aidants qui se retrouvent confrontés à une situation nouvelle et inédite. « La charge mentale est grande, la culpabilité énorme, et l’aidant a besoin de passer la main pour éviter l’épuisement, les chutes, mais aussi la dépression et l’isolement social », précise le docteur Marc Cohen, médecin gériatre à l’initiative de ce groupe de parole. Ici, on vient « vider son sac », chercher du soutien et des conseils, partager, rire et pleurer, sans jugement – et en français. « Des outils psychologiques et

Le numéro utile du mois

*8440 :

Centre d'appel pour personnes âgées, pour obtenir de l’aide et des conseils sur les droits des séniors, les avantages dont ils peuvent bénéficier et les services qui leur sont dédiés.


actualitejuive.com

25 novembre

2021 - 21 Kislev

Fondateur Serge

5782

N° 1622

Zal

actualitejuive.com

2 décembre

2021 - 28 Kislev

‫מודיעין‬ ‫שולם‬ P.P. 6782

Fondateur Serge

5782

Benattar

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‫מודיעין‬ ‫שולם‬ P.P. 6782

10

Benattar

Le ministère de l’Égalité sociale a récemment signé un accord avec deux sociétés de placement israéliennes pour favoriser l’intégration des séniors sur le marché du travail. Un site internet sera créée prochainement par les sociétés MAOF et TIGBUR (‫תיגבור‬/‫)מעוף‬ pour les plus de 60 ans à la recherche d’un job ! Autre site internet pour l’emploi des séniors en Israël : www.darushnisayon.org.il/

Pour contacter le groupe de parole : 058-419 53 85 (groupe WhatsApp) page FB : « Aidants Aidés » psy.sweill@gmail.com

‫במקרה‬ ‫נא להחזיר של אי מסירה‬ 10 ‫לרחוב הרב אגן‬ 9422505 ‫ירושלים‬

N° 1621

Zal

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Benattar

‫במקרה‬ ‫נא להחזיר של אי מסירה‬ 10 ‫לרחוב הרב אגן‬ 9422505 ‫ירושלים‬

Fondateur Serge

Nouvelle carrière pour les séniors !

et confidentialité ». Afin de renforcer ce dispositif, Marc Cohen propose en outre chaque mois des consultations gratuites pour les patients (les malades que les aidants assistent) au centre Frankforter. Il rassure, enveloppe, conseille et surtout explique… Les besoins se faisant peu à peu sentir dans tout Israël, un site internet est en cours de création par Daniel Bergfeld, un aidant présent depuis le lancement du projet, et un autre groupe de parole verra prochainement le jour à Netanya, animé par une psychologue et par Roby Harcz, un autre aidant. Nous leur souhaitons à eux aussi une belle réussite !

concrets sont mis à notre disposition ; psychologiques, parce que la relation à l’autre (le parent ou le conjoint) change, la démence est là et progresse, les repères s’effacent ; et concrets, pour réorganiser le quotidien des aidés », explique une des participantes. Au fil du temps, ce groupe de parole est devenu un rendez-vous mensuel incontournable pour les aidants francophones de Jérusalem. On y apprend des autres, on lâche prise, on prend un peu plus de temps pour soi, et l’on apprend à vivre avec sans se sentir seul face à soi-même et à ses doutes ! Parce qu’ « ensemble, c’est tellement mieux ! », ajoute Claude Benassouli, psychologue clinicienne et l’une des animatrices du groupe. Pour elle, ce groupe de parole est « une belle réussite » liée aux « qualités humaines de ses participants : écoute, empathie, solidarité, respect de l’autre

N° 1623

Zal

entretien

Benattar

Zal

p. 15 9 décembre

actualitejuive.com

2021 - 5 Tevet

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5782

actualitejuive.com

2€

N° 1624

dad, Patrick Had le visage de Sarcelles

Fondateur Serge

16 décembre

2021 - 12 Tevet

5782

GRAND ANGLE

Tel Aviv, ville la plus chère au monde p. 22-23

ER DORON SHEFF EN DOUZE MOTS

red dreyfus

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LE DON DE

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LA VIE

rg, Hila Ehrenbe mère porteuse

L'honneur un retrouvé d' innocent

QUAND L’ŒILE ÉCOUT

Rav Daniel Epstein

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EAH 'HAG SAM

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d’un projet

Judaïsme et

• La genèse exceptionnel e, Égypte : t ans, • Tunisie, Algéri oprien réappr26 huseKay, pays qui • Eliya ces mémoire juive à Jérusalem leur assassiné avec Jack Lang • Entretiens Stora et Benjamin redécouverte re, la à illénai Shin Bet • Le Maroc e plurim telée par le judaïsm de son s déman Malka du Hama Yerushalmi on ël cellule Salom par • Une se de Rapha im : • Avec l'analy e de l’Iran • Séfaradim, Mizrah le • Le rôle troubl à la nouvel Israël face le » « question orienta Bittan, nages de Haïm u, • Avec les témoig it, Pierre Mamo a Denis Charb et Sergio Della Pergol Didier Nebot

» ème vague • Une « cinqui upante intense et préocc

leadership

Israël • Comment la diffusion veut freiner Omicron du variant : et traitements • Vaccination les instruments le point sur es les plus efficac avec • Entretiens t Deray le Pr Gilber Kierzek et le Dr Gérald

Disparition

alisme t du nation • L’assaut violen mitisme contre et de l’antisé la République rs dreyfusards e des premie • La solitud r la mémoire pour honore • Un Muséene et de ses défenseurs e du capitai a couvert l’affair ue Theodor Herzl • Comment conçu le sionisme politiq uazana, à Paris et Cécile Lévy-O nages de AnnePhilippe Oriol Gautier et • Avec les témoig uiz, Louis Édition Yaël Perl-R Israël MONDE une dissèqueSCIENCES Joe Biden,

MICHEL BOUJENDUAH MAGNIFIQUE LE RETOUR Édition Israël

LE FABULEUX

DESTIN

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p. 48-49

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p. 8-15

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BInational

Avantages fiscaux

accordés par Israël aux binationaux En faisant notre alya, nous devenons des Israéliens à part entière. Il n’en demeure pas moins que nous sommes aussi des binationaux. Les implications de ce double statut sont peu, ou mal, connues. Cette rubrique a pour objectif de les éclairer en vous fournissant des informations dans différents domaines.

L'

État d’Israël, par l'intermédiaire du ministère de l’Alya et de l’Intégration et de l’Administration fiscale, accorde des avantages significatifs sur le plan fiscal aux olim et aux « résidents de retour ». 1/ Vous pouvez ainsi être exonérés d'impôts et de déclaration à l'Administration fiscale en Israël pendant dix ans sur les biens et les revenus générés en dehors d’Israël. Comme il en a été décidé par l'Administration fiscale israélienne, ces avantages concernent des biens et des revenus générés à l'étranger, et valent pour tous les types de revenus : • Salaires -> versés pour un travail effectué à l'étranger • Entreprises qui fonctionnent à l'étranger • Intérêts -> sur des rentrées produites à l'étranger • Dividendes -> sur des titres étrangers gérés à l'étranger • Loyers de biens à l'étranger • Indemnités auxquelles vous avez droit de l'étranger • Revenus de capitaux générés par la vente de biens se trouvant à l'étranger et dont la source est à l'étranger 2/ Vous avez également droit à des points de dégrèvement sur les impôts.

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Pendant un an et demi après la date d'alya, vous aurez droit à trois points de dégrèvement ; par la suite, vous recevrez pendant un an deux points de dégrèvement ; enfin, la troisième année, vous recevrez un point de dégrèvement. En 2018, chaque point de dégrèvement était équivalent à environ 2592 shekels par an déduits de l’impôt sur le revenu. 3/ En tant que nouveaux immigrants, vous êtes également exemptés d'impôts sur les intérêts générés par des placements en devises étrangères pendant vingt ans, à condition que ces placements proviennent de fonds qui étaient en votre possession avant votre immigration en Israël et qu’ils aient été déposés dans un établissement bancaire en Israël. 4/ Autre avantage : une exonération complète de l’impôt sur les pensions de retraite est accordée pendant dix ans aux nouveaux immigrants et aux « résidents de retour ». Pour plus d'informations, le ministère de l'Alya et de l'Intégration, via le département de l'Entrepreneuriat, met à votre disposition un centre d'information téléphonique sur la fiscalité. Ce centre fonctionne 24 h/24 (hormis le shabbat et les fêtes) : 1-700-701-200 depuis Israël +972-3-5117115 depuis l'étranger infobiz@014.net.il


bon à savoir Droits, informations utiles, changements de lois… Nous ne sommes jamais assez informés concernant la vie administrative en Israël. Cette rubrique a pour objectif de vous éclairer sur tout ce qui est bon à savoir.

Comment faire de l’ordre dans vos papiers en Israël à conserver

COURANT

Relevé de compte 3 mois Suivi du compte en banque

Relevé de carte de crédit 3 mois

Vérifiez les achats et qu’ils ont bien été effectués par vous.

Talons des chèques 1 an Suivi

ASSURANCES

TOUJOURS

« cadres » – vie – médicale – siyoudi – retraite

Mieux vaut conserver les rapports de toutes les années.

EMPRUNT

Jusqu'à terme

immobilier – bancaire – carte de crédit Il suffit de conserver le dernier rapport.

Factures 1 an Téléphone

Suivi et preuve du paiement

Téléphone portable

Comparaison entre les mois, analyse des différences

Électricité

Suivi et preuve du paiement

Télévision par câble ou satellite

CONTRATS

TOUJOURS

Ouverture du compte en banque

Si vous fermez un compte en banque, conservez le document pendant encore un an en cas de vérification ou de litige.

Commande de la carte de crédit

En cas d'annulation de la carte de crédit, conservez le document pendant encore un an, au cas où vous continueriez à être débités.

Suivi et preuve du paiement

Abonnement câble et satellite Abonnement Internet Abonnement téléphone portable

REVENUS

Contrat de travail

Suivi et preuve du paiement

Internet

Fiches de paie 2 ANS

Ne s'en séparer que si vous avez le formulaire 106 de l'année correspondante.

Formulaire 106 TOUJOURS

Preuve que vous avez cotisé à la Caisse d’assurance nationale (Bitoua'h leoumi)

Si vous changez de société de services, conservez le contrat pendant encore un an au cas où vous seriez débités. Si le contrat contient des clauses qui concernent les cotisations sociales, il pourra servir de base juridique en cas de litige.

Adhésion à la caisse de retraite Police d'assurance « cadres » Caisse maladie 7 ANS

Il suffit de conserver le dernier rapport.

ÉPARGNE

Jusqu'à terme

Caisse d'épargne Koupot guemel Kranot hishtalmout

Il suffit de conserver le dernier rapport.

Contraventions routières/stationnement Suivi et preuve du paiement

3 ANS ET 3 MOIS

Garanties Jusqu'à terme

Il est conseillé de consacrer un dossier spécial aux garanties, jointes aux factures correspondantes. LPH ACTUJ 982

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développement durable

Protéger une nature rare :

le nouveau défi israélien par Jonathan Aikhenbaum

O

n présente souvent Israël comme la terre du « rassemblement des exilés ». C’est une réalité dont on peut raconter l’histoire épique, avant et depuis la fondation de l’État en 1948, chronique à la fois nationale et universelle dans laquelle beaucoup d’entre nous font le choix d’inscrire leur parcours personnel. Cette histoire, on la retrouve jusque dans le paysage culinaire de Jérusalem ou de Tel-Aviv : dans le falafel, se côtoient le houmous levantin, le cornichon russe, le z'houg yéménite et même l’amba indienne. Mais on sera peutêtre surpris d’apprendre que cette histoire n’est pas seulement une épopée humaine et culturelle : elle se lit jusque dans la nature ellemême ! En effet, placé aux confins de différents continents, Israël jouit d’une variété d’animaux et de plantes – une biodiversité – à proprement parler extraordinaire. À titre d’illustration, contentons-nous de cette comparaison frappante : il y a autant d’espèces d’animaux et de plantes en Israël qu’en France, pour un territoire vingt-cinq fois plus petit ! En consultant une carte de la faune et de la flore qui indique la répartition des espèces à travers le monde, on peut voir qu’à côté de celles dites endémiques (c’est-à-dire qui n’existent qu’en Israël), on trouve en Israël les espèces méditerranéennes, sahariennes, éthiopiennes et… iraniennes. À cet égard, Israël renferme donc une richesse absolument unique, un trésor. Enfant, je me passionnais pour les animaux, et j’avais noté l’existence, en France (où j’ai grandi), de cinq espèces de serpents : 34

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trois couleuvres et deux vipères. En Israël, j’ai fait la connaissance d’une trentaine d’entre elles – dont certaines que j’espère rencontrer le moins possible ! La furtive silhouette des reptiles n’est pas l’unique manifestation de ce trésor d’une valeur inestimable, loin s’en faut. Le ciel, en Israël, peut soudain s’obscurcir, traversé par une nuée d’oiseaux. Ignorant les frontières, ce sont quelques 500 millions d’oiseaux migrateurs qui passent au-dessus de nos têtes chaque année, ce qui fait d’Israël le plus grand corridor de migration aviaire avec le Panama. Les espèces emblématiques, comme les grues et les cigognes, ne constituent qu’une partie de cette abondance. Des millions d’autres plus petits migrants bisannuels quittent l’Europe pour l’Afrique à l’automne et parcourent le chemin inverse au printemps. Sur ce chemin, Israël est une oasis inégalée. On peut rencontrer et admirer un très grand nombre de ces volatiles, d’une diversité impressionnante, dans la vallée de la 'Houla, un marais d’une richesse biologique exceptionnelle qui fut aussi le lieu du premier grand désastre environnemental en Israël. En effet, au début des années 1950, dicté par une foi sans bornes dans le progrès et la nécessaire domination de la nature par l’homme, un immense chantier d’assèchement des marais au profit des terres agricoles a été mis en œuvre – au prix de la disparition d’une part de la diversité biologique. C’est à cette occasion qu’a été fondée, en 1953, la Société pour la protection de la nature en Israël. Depuis, les


Le contrôleur de l’État, Matanyahu Englman, a vigoureusement dénoncé le manque d’actions entreprises par les gouvernements israéliens successifs au cours de la dernière décennie pour préparer le pays à affronter la crise qui s’annonce.

© Tomer Neuberg/Flash90

La raréfaction de la nature en Israël est une tendance qui semble inexorable et qui invite à s’interroger profondément sur nos modes de développement. marais ont été en partie réhabilités ; une espèce de crapaud que l’on pensait disparue depuis leur assèchement a même refait son apparition il y a une dizaine d’années. Il ne faut toutefois pas se leurrer : la nature est résiliente et les bonnes surprises sont au rendez-vous, mais la raréfaction de la nature en Israël est une tendance qui semble inexorable et qui invite à s’interroger profondément sur nos modes de développement – ce que nous ne manquerons pas de faire dans cette chronique. Israël est le pays le plus densément peuplé du monde occidental, et les constructeurs ont pendant longtemps fait la part belle aux villas ainsi qu’aux grands projets qui s’étalent et font rapidement prendre conscience de la limite des espaces verts. Pire : Israël a accumulé un immense retard en matière de développement d’infrastructures detransports publics – il y a quelques années, seulement 23% des

voyages étaient effectués en transports publics dans la métropole de Tel-Aviv, alors que ce chiffre s’élevait à environ 40% dans la plupart des métropoles occidentales. Les routes ont rapidement morcelé un territoire étriqué et rendu la tâche de préservation de la nature plus qu’incertaine. La consommation s’est également développée de manière spectaculaire ces dernières années, avec des chiffres qui donnent le vertige : Israël occupe la deuxième place mondiale pour sa consommation de vaisselle en plastique jetable par habitant, la première place pour sa consommation de volaille par habitant et la quatrième place pour sa consommation de bœuf. Tout cela a un prix, et des conséquences sur la qualité de vie et l’avenir de nos enfants. Israël est à la croisée des chemins. Face à la crise climatique et aux bouleversements de nos modes de vie, la nature reste plus que jamais une solide alliée, fondamentale pour notre approvisionnement en air, en eau, en nourriture, mais aussi pour nous inspirer et nous soulager. Il faut se retrousser les manches, car elle est en danger. Jonathan Aikhenbaum Directeur de Greenpeace Israel www.greenpeace.org/israel/

3 LPH ACTUJ 982

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TIYOUL

Le tunnel

du Kotel

V

oilà maintenant plus de cinquante-quatre ans que notre génération a mérité de fouler le sol de Yeroushalayim en toute liberté, sans aucune restriction. Depuis la guerre des Six Jours, le peuple juif a pu concrétiser la prière tant de fois répétée : ‫ « – חדש ימינו כקדם‬Renouvelle pour nous les jours d’autrefois. » (Lamentations 5, 21) Cette prière lie le passé au futur ; nous demandons à Dieu de nous faire revivre la période du Temple de Yeroushalayim, qui éclairait le monde entier. Un des lieux magiques dans lequel vous pourrez voir un des vestiges du Temple est sans aucun doute le tunnel du Kotel.

sont notamment servis du Kotel, un des quatre murs extérieurs de l’enceinte du Temple - le Mur occidental comme mur de soutien pour ériger des centaines de maisons, ainsi que des citernes d’eau.

Depuis la destruction du Temple en l'an 70 et pendant plusieurs milliers d’années, de nombreuses civilisations se sont accaparé notre ville et ont érigé leurs habitations sur les derniers vestiges de notre Temple. Dans le tunnel, vous pourrez observer les différentes couches archéologiques des traces laissées par ces peuples qui ont piétiné l’histoire juive, à leurs yeux caduque, morte et enterrée. Ils se

Toutes les prières sont dirigées vers ce lieu. Tous les ans, des millions de visiteurs recherchent l’interstice qui pourra recevoir leur souhait le plus profond et « postent » un message sur le Mur, à la mode Facebook…

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LPH ACTUJ 982

Cet endroit si saint pour nous, se trouvant sur le mont Moriah, nous relie directement à l’épisode de la ligature de Yitzhak, qui a failli être sacrifié sur l’autel que son père s’était empressé de construire. Vous pourrez voir et toucher la montagne Moriah, et sentir sous vos doigts la roche mère qui soutenait le mont du Temple construit par Hérode dans les années -30.

Les Juifs considèrent le Mur comme un lieu sacré car c’est l’endroit accessible le plus proche du fameux rocher, sommet du mont Moriah, sur lequel était


Le Kotel, lieu le plus proche du mont Moriah, sur lequel se trouvait le Saint des Saints, considéré comme la source de l’essence du monde, de l’homme et du temps Le musée des tunnels du Mur occidental appelé « La chaîne des générations », après sa rénovation

construit le Saint des Saints - l’endroit le plus proche de l’essence du monde, de l’homme et du temps. Il est écrit dans le Midrash (Shemot Rabba, 2, 2) que la Présence divine n’a jamais bougé du Mur occidental. Un seul homme (le Cohen Gadol) entrait et priait, seul, dans cet endroit, un seul jour dans l’année, à Yom Kippour. À l'époque du Second Temple, la topographie naturelle du site a été mise au profit de l’urbanisme. Du côté occidental, où la vallée se remplit d’eau, se trouvait la base du fameux Kotel. Un pont reliant les deux montagnes (la colline occidentale et le mont Moriah) permettait l’accès au Temple sans avoir à descendre dans la vallée ; et sur le pont, un aqueduc acheminait l’eau jusqu’au Temple. Lorsque, bien après la destruction du Temple, les Musulmans s’installèrent à Jérusalem, une gigantesque plateforme fut construite pour surélever leur quartier (le quartier des Maghrébins) de part et d’autre du pont existant afin qu’ils puissent profiter de l’eau de la vallée. Les fouilles les plus récentes ont permis de proposer aux visiteurs un nouveau parcours sous ce pont, et d’admirer les beautés de l'architecture sur les lieux : des fontaines, des piscines, mais aussi des bains rituels qui servaient à l'époque aux millions de pèlerins qui se rendaient au Temple pour les trois Fêtes. Dan Levy Guide spécialisé Sur réservation téléphonique uniquement : 054-2465403

,‫”מי שלא ראה בניין הורדוס‬ “‫לא ראה בניין יפה מימיו‬ ( '‫) בבא בתרא ד' א‬

Intronisation d’un Sefer Torah

pour l’élévation de l’âme de notre maman,

AZIZA bat Myriam AMSELLEM que son souvenir soit source de bénédictions

à l’occasion de la huitième année de son décès.

Renseignement au

050-8946585 LPH ACTUJ 982

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BOUILLON DE CULTURE

L'anniversaire de l'hébreu moderne Le 7 janvier est le jour anniversaire d'Eliezer Ben-Yehouda, qui est célébré en Israël comme celui de l'hébreu moderne. En effet, c'est ce dernier qui a fait revivre la langue au milieu du XIXe siècle. Pour lui, l’hébreu ne devait plus servir uniquement à la prière ; il fallait en faire une langue vivante, en la reliant à la renaissance du peuple juif sur sa terre. Ben-Yehouda a épluché les textes, travaillé sur chaque mot, créé des expressions ; et il a acté la naissance de l'hébreu moderne alors qu'il vivait encore dans l'Empire russe. En 1880, il a fait son alya avec sa femme, bien

langue maternelle. La guerre des langues a tout de même eu lieu avec les premières alyot, Ben-Yehouda ayant dû affronter l'opposition farouche des très nombreux nouveaux immigrants ashkénazes qui parlaient le yiddish. Mais il s'est entêté, a créé un journal, des écoles, et a gagné son pari.

Portrait d'Eliezer Ben-Yehouda, pris par le photographe Yaakov Ben Dov en 1923

décidé à imposer l'hébreu, et ses enfants ont été les premiers à avoir l'hébreu moderne pour

Ce jour anniversaire est aussi l'occasion de dévoiler le mot de l'année choisi par les Israéliens. En 2021, le gagnant, à l'unanimité, est « tirloul » : « chamboulement » - sans aucun doute un bilan de l'année qui vient de s'écouler… Gal Gadot, actrice israélienne et mannequin © Mendy Hechtman/Flash 90

Des Israéliens sur la liste des personnalités les plus influentes dans le monde du divertissement Avi Nir, le PDG de Keshet, octobre 2009

© Kobi Gideon / FLASH90

Chaque année, le magazine Vanity Fair élit une liste des personnalités les plus influentes dans le monde du divertissement – un classement très attendu, et l'un des plus convoités de l'industrie du divertissement et du marché des médias. En 2021, les couleurs israéliennes sont bien représentées puisque pas moins de trois Israéliens figurent dans cette liste. Pour la cinquième année consécutive, le PDG de Keshet, Avi Nir, y apparaît en bonne place. 38

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On y trouve aussi, évidemment, Gal Gadot, notre Wonderwoman nationale. Enfin, à noter : l'entrée dans cette liste prestigieuse de Danna Stern, directrice des Studios Yes, la branche de distribution de Yes à l'étranger. À son actif, notamment : la vente de la série Kvodo, et bien sûr celle de Fauda.


PAR Steve Kalfa

© Moshe Shai/FLASH90

Hommage à Yoram Taharlev

Yoram Taharlev

Yoram Taharlev, un des plus grands poètes, paroliers et auteurs du pays, et un pilier de la culture israélienne, s'est éteint le 6 janvier dernier à l'âge de 84 ans.

Auteur très prolifique, il a écrit près d'un millier de textes et des centaines de chansons, qui ont accompagné le peuple israélien dans les moments de tristesse et dans les heures de joie. C'est grâce à la chanson « Hora », dont il a écrit les paroles, qu'Israël a remporté la deuxième place à l'Eurovision en 1982. Les Israéliens, mais aussi beaucoup de Juifs de Diaspora, ont grandi sur ses chansons qui racontent leur vie, leur pays et leurs espoirs.

La bande-annonce de la quatrième saison de Fauda a été dévoilée. Pour cette nouvelle saison, l'intrigue se déroulera à l'intérieur mais aussi en dehors des frontières d'Israël. Nous pourrons suivre les héros à Jénine, à Ramla, mais aussi au Liban, face au Hezbollah, et à Bruxelles. Fauda (le mot, en arabe, signifie « chaos ») porte le conflit israélo-palestinien au petit écran. Depuis la diffusion de la première saison en Israël en 2015, la série s'est installée dans 190 pays. La troisième saison, qui prenait place dans la bande de Gaza, figure dans le top 10 des séries les plus appréciées dans le monde, y compris dans les pays arabes.

© Yonatan Sindel/Flash90

Quatrième saison de la série Fauda

Lior Raz, acteur principal de la série Fauda

Dans quelque temps, Fauda devrait même arriver en Iran ! La BDS avait demandé à Netflix de supprimer la série, arguant qu'elle était un instrument de propagande. Mais cinquante personnalités de Hollywood ont protesté et signé une lettre de soutien à Netflix, et la BDS a perdu la bataille.

Acteur, auteur, metteur en scène et coach « Le monde entier est un théâtre. Et tous, hommes et femmes, n’en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles. » Extraordinaire réplique tirée de Comme il vous plaira, de William Shakespeare. Dans une autre de ses pièces, La Nuit des rois, tout au long de l’action les personnages se travestissent. Il n’y a pourtant pas de carnaval. Ils ne font pas la fête. Ils ont choisi de se déguiser afin de réaliser un objectif, essentiel pour chacun d’entre eux. Ils jouent un rôle et se doivent d’être crédibles. L’accomplissement de leurs projets est lié à une condition : être vrai… dans le rôle. Nous avons tous un rôle à jouer dans nos vies respectives. Il se peut que nous ne le connaissions pas, que nous n’en ayons même pas conscience. Cela arrive… souvent. Parfois, aussi, le rôle que nous jouons n’est pas celui que nous espérions. Alors, tel l’acteur qui a besoin de se rassurer, besoin d’ « exister », nous « forçons le jeu » et nous nous engouffrons dans l’idée abstraite, conventionnelle, de ce que l’on pense être attendu. Nous nous conformons, malgré nous… Nous ne sommes pas vrais. Et, souvent sans même le savoir, nous nous perdons. Nous vivons à côté de nous-mêmes. Un rôle, quel qu’il soit, n’a pas d’existence propre ; il ne peut vivre qu’à partir du moment où il est incarné. Il a besoin de la singularité, du talent singulier de celui ou celle qui le porte. Aucun être humain n’est dépourvu de talent. Découvrir, entendre son propre talent est une quête de chaque instant, dans chacune des situations engendrées par la vie. C’est se trouver. Sans fard ni costume.

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L'art du Je

Ni fard ni costume


tranches de vie

La difficile épreuve

des journaux télévisés de 20 heures… par richard darmon, Journaliste et conférencier

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”

d

ans le flot trépidant de la réalité israélienne, il existe tant d’anecdotes apparemment anodines et de menus faits sociétaires peu connus qui sont autant de « secrets positifs » foisonnant au cœur de cet étonnant pays. Cependant, chaque soir, le grand public bute immanquablement sur un lourd obstacle auquel il doit faire face passivement : je veux parler des journaux télévisés de 20 heures, diffusés simultanément sur les trois principales chaînes de télévision du pays – la 11, la 12 et la 10. Façonnés sur le même moule conceptuel et médiatique, avec leur succession – souvent plus d’une heure durant ! – de sujets presque à l’identique d’une chaîne à l’autre, ces journaux télévisés sont devenus particulièrement indigestes, surtout lorsqu’on se force à les regarder au début de chaque soirée, pour « se tenir au courant », croit-on, de l’actualité du pays… À leur menu en forme de puzzle, une litanie disparate et incohérente qui enchaîne, dans un désordre anarchique et sans lien entre les différents thèmes abordés : une immanquable chronique des faits divers les plus sanglants et ignobles (« plilim », en hébreu), avec les sempiternelles interviews des procureurs et des avocats des suspects de chaque procès en cours, une autre chronique, encore plus longue, sur des affaires policières et juridiques

La présentation volontairement brouillonne et syncopée de cette bouillie d'« informations » relève du postmodernisme le plus cru.

”

concernant la corruption qui gangrènerait jusqu’au cou l’ensemble de la classe politique israélienne, et aussi… quelques nouvelles éparses traitant tout de même – mais en vrac – des diverses turbulences qui agitent le Moyen-Orient, et des derniers développements politiques israéliens et internationaux. Le tout saupoudré de reportages alarmants, d’analyses, de graphiques et de déclarations contradictoires de médecins et de directeurs d’hôpitaux préoccupés par les derniers développements de la pandémie de Covid-19… Sans oublier, intercalés dans cet ordre du jour sans queue ni tête, les commentaires acerbes, cyniques et désabusés des « experts » et autres « spécialistes » de chaque chaîne, qui essaient de se faire mousser en dénigrant agressivement leurs invités d’un soir, interviewés en direct mais à toute vitesse sur

les plateaux ! Après au moins soixante minutes de cette bouillie d’ « informations » dont la présentation volontairement brouillonne et syncopée relève du postmodernisme médiatique le plus cru, on a le choix entre plonger sa tête dans ses oreillers pour tenter de trouver un sommeil forcément difficile, ou bien enfiler son survêtement et aller courir une heure au grand air pour expulser toutes ces mauvaises énergies… Pourtant, il ne serait pas compliqué de tendre aux Israéliens un autre miroir de leurs actualités quotidiennes : présentation plus ordonnée ; ordre du jour plus structuré, et surtout, des reportages socioéconomiques plus fréquents sur « le verre à moitié plein » des réalités positives d’un pays où se manifeste tant de solidarité entre Israéliens de tous bords, plutôt que d’adopter en permanence uniquement l’angle protestataire et larmoyant, voire presque militant, du « verre à moitié vide » ! Mais pour cela, il faudrait que les grands décideurs médiatiques du pays se départissent de cette idéologie aussi écervelée qu’à la mode qui, comme l’avait dit voilà déjà plus d’une trentaine d’années le philosophe juif français Alain Finkielkraut, constitue une « défaite de la pensée », pour laquelle « tout vaut tout » et « une paire de bottes vaut Shakespeare »…


une pensée juive moderne

© Bibliothèque de l’AIU.

André Neher

l'homme de la reconstruction PAR Gaelle Hanna Serero

P

our inaugurer cette rubrique, impossible de ne pas commencer par quelques mots du penseur, éducateur, professeur, passeur et rabbin André Neher, si cher à mon cœur. André Neher, penseur existentiel juif, aux côtés de son épouse Rina Neher, a, dans sa vie comme dans ses livres, œuvré sans relâche à la reconstruction : reconstruction d’un judaïsme français décimé après la Shoah ; reconstruction d’une jeunesse privée de guides spirituels et de repères matériels ; reconstruction, en France puis en Israël, des deux souches du peuple, Séfaradim et Ashkénazim, qui n’en font qu’une lorsque le prophète les unit ; reconstruction d’un foyer juif en Terre sainte, en arpentant les rues de Jérusalem et en aidant à l’accueil des Juifs d’Éthiopie ; reconstruction de l’âme et de l’identité juives par ses nombreux ouvrages, jalons pour la pensée juive ; reconstruction de l’Histoire juive, dont Israël et la Shoah sont comme le midi et le minuit ; reconstruction du dialogue entre les peuples, par l’instauration de rencontres interreligieuses ; reconstruction de la lecture biblique, à travers la réintroduction de l’usage du Midrash, les études maharaliennes et la création de la première chaire d’Hébreu à l’Université de Strasbourg ; reconstruction du sens premier de toute parole, en creusant les silences bibliques… Et tout cela, sans jamais se départir de son immense sourire, de sa tendresse, de sa douceur, de son amour du peuple jusque dans ses plus petits gestes – à commencer par le salut au balayeur de Jérusalem, avec qui il conversait chaque matin, en sortant de chez lui, rehov Usshiskin, avant d’aller enseigner au Cercle d’étude biblique chez le Premier ministre Menahem Begin… C’est là que la pensée juive est authentique : lorsqu’elle se fait parole, et la parole, action. « Le peuple juif, déchiré par les dispersions, doit retrouver son unité. Quand je dis : doit, je donne à ce mot un sens très fort. C’est l’urgence absolue. Après Auschwitz, et les leçons qu’il en avait tirées, Léon Meiss*

André Neher en 1936

affirmait qu’il était “un mystique de l’unité”. Je suis également – et pour les mêmes raisons - un mystique de l’unité. C’est cette passion de ressouder l’unité du peuple juif qui anime tous mes combats. Je rejoins ici pleinement le Rav Kook et ce qui était, si l’on peut dire, son secret dans ses tentatives de jeter un pont entre Juifs religieux et Juifs athées, en Palestine, durant le premier quart de notre siècle : Ahavat Hinnam, l’amour gratuit. Aimer. Faire sentir qu'on aime. Et faire sentir que l’on est aimé. On parle souvent d’individus qui sont fous de Dieu. C’est le secret de l’effort vertical. Le secret de l’effort horizontal : être fou des hommes. Il y a la folie des grandeurs. Elle détruit la société. En contraste, pour édifier la société, il faut la folie des choses humbles, des gestes minimes, des sourires appels-réponses. Et de ces gens fous, il y en a, en Israël, par milliers. Ce sont eux qui détiennent les clés. Ils sont les aiguilleurs de la société. » (Extrait de Le Dur Bonheur d'être juif, Éditions Le Centurion, 1978, p.191-192) (* Devenu président du Consistoire central à la Libération, en 1944, Léon Meiss, magistrat de profession, a été l’un des artisans les plus efficaces de la reconstruction du judaïsme français dans l’immédiat après-guerre.) Gaelle Hanna Serero est directrice des programmes du Campus Francophone du Collège Académique de Netanya et enseignante-chercheuse en Pensée juive moderne à l’Université Bar-Ilan et au Centre de pensée juive Beno Gross (Tel-Aviv). Elle est membre du Laboratoire de pensée juive française Matanel-Bar-Ilan et lauréate de la Bourse de recherche Mozes S. Schupf Excellence et Influence 2021-2022. LPH ACTUJ 982

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Un rabbin dans la cité

Le mariage :

un engagement fondateur

P

ourquoi se marier ? Nombreux sont ceux qui (se) posent aujourd'hui cette question, non par hostilité au mariage, mais plutôt sur fond d'une tentation d'indifférence. Il faut dire que la plupart voient mal la différence entre « se marier » et « ne pas se marier », entre mariage et concubinage. La confusion témoigne à la fois d'une sorte d'ignorance – en douceur – du mariage, et d'une adhésion à un modèle à divers égards très proche de celui-ci. C'est l'institution du mariage qui a perdu de son évidence. Il est toujours très difficile de dire le sens d'une institution, surtout lorsqu'elle est si ancienne et si fondamentale. En principe, ce sens va de soi. Lorsqu'il est nécessaire de justifier l'institution, c'est qu'elle est fragilisée ; et cela requiert une explication que tous ne se sentent pas capables de produire. Beaucoup y ont d'ailleurs renoncé : rares sont les lieux, hors du monde religieux, où se dit le sens du mariage, y compris dans le contexte éducatif – école, lieux de culture, et même en famille. Quant à l'État, la législation, l'administration, ils soutiennent de moins en moins le mariage ; et le corps social tend toujours davantage à traiter le concubinage d'une manière équivalente au mariage. Ainsi, en matière de prestations, de filiation, d'autorité parentale, de procréation médicalement assistée, les droits des concubins sont de plus en plus alignés sur ceux des époux. L'évolution est univoque et va toujours dans le même sens. Ces mesures étant un langage du corps social, les jeunes ne reçoivent guère de messages leur disant que ce

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par le grand-rabbin Gilles Bernheim

dernier accorde de la valeur, lorsqu'il s'agit de fonder une famille, à l'engagement conjugal ; et si tous les messages extérieurs vont dans le sens de l'indifférence, on ne voit guère comment les sujets concernés pourraient faire la distinction. De fait, il demeure pourtant quelques différences juridiques significatives entre mariage et concubinage, mais elles sont ignorées de la plupart, et très rarement enseignées. Il doit cependant bien exister une différence de sens entre l'acte qui consiste à déclarer que l'on vit ensemble et celui de s'engager à le faire. La question est celle du fondement du couple – mieux : de l'acte fondateur d'une famille. Car une famille en tant que cellule sociale appelée à durer, cela se fonde, de même qu’une maison nécessite des fondations. Or, de plus en plus, actuellement, le seul fondement envisagé est l'amour, entendu comme lien amoureux, comme sentiment amoureux. Après avoir, pendant des siècles, été placé au second plan par rapport à l'institution, puis à égalité avec elle, l'amour occupe maintenant la première place. De façon quelque peu schématique, on pourrait résumer en trois formules l'évolution des mentalités quant à la relation entre mariage et sentiments. Pendant des siècles et dans diverses cultures, on pensait : puisque nous sommes mariés, aimonsnous (apprenons à nous aimer). Puis, à partir du XVIIIe siècle, en Europe : puisque nous nous aimons, marions-nous (l'amour au centre de l'institution). Enfin, depuis les années 1970, et plus particulièrement dans certains milieux : puisque nous nous aimons, pourquoi se marier ? La question se pose donc : l'amour peut-il être le seul fondement du couple ou de la famille ? Et dans ce cas, pourquoi se marier ?


”

Le présent est trop petit pour notre amour. En particulier parce que, dans le présent, je ne sais pas encore t'aimer comme il faut.

”

Certes, nous nous aimons, en ce sens que nous éprouvons l'un pour l'autre tendresse et désir. Mais nous sommes conscients que le présent est trop petit pour notre amour. En particulier parce que, dans le présent, je ne sais pas encore t'aimer comme il faut. Nous nous connaissons si peu… Aussi nous donnons-nous du temps, pour apprendre à nous aimer en vérité. « Je t'aime afin de commencer à t'aimer », écrivait le poète Pablo Neruda. Dans cette phrase, de ce point de vue, l'amour n'est pas seulement derrière nous ; il est devant nous. Il n'est pas seulement la cause de notre union, il en est le but, l'horizon. Nous ne voulons pas seulement vivre ensemble parce que nous nous aimons, mais pour nous aimer – aimer au sens constructif du terme : nous voulons construire quelque chose ensemble. La fidélité ainsi envisagée n'est pas une fidélité à des moments exaltants du passé que nous voudrions conserver, mais une fidélité à l'avenir : nous consentons à voir un avenir commun à l'horizon de nos existences. Mais, objectera-t-on, cela est-il possible ? Peuton s'engager à si long terme ? C'est ici qu'il faut avancer une distinction capitale : l'engagement dont nous parlons n'est pas un engagement de résultats ; il est un engagement de moyens. Nous ne pouvons pas nous engager à être amoureux dans vingt ans : il y a là tant de paramètres qui nous dépassent, et l'avenir ne nous appartient pas – rien n'est plus vrai que cette formule.

Mais l'engagement de moyens ne porte pas sur l'avenir, il porte sur le présent : dès maintenant – et parce que je suis amoureux –, aujourd'hui et demain, je m'engage à faire tout ce qui est en mon pouvoir pour que tu sois heureuse, pour que notre relation soit vivante. Je suis conscient que ce pouvoir n'est pas total, que mon vouloir n'est pas tout-puissant, mais je crois qu'il est déterminant. Je ne connais pas l'avenir, mais je suis sûr de la présence en moi de ce vouloir. Beaucoup de jeunes, aujourd'hui, témoins de tant d'échecs conjugaux dans leur propre famille, souvent n'osent pas s'engager ; ils perçoivent la beauté d'un tel acte, ils désireraient le faire, mais ils ont peur de l'échec. Récemment, quelqu'un disait qu'en ne se mariant pas, ce n'est pas le mariage que les jeunes fuient, mais le divorce. Cependant, la peur est mauvaise conseillère, elle réalise parfois justement ce qu'elle craint : le paradoxe de cette attitude est qu'en ne se mariant pas, par peur de l'échec, on renforce la probabilité de celui-ci. C'est ce qu'on appelle « la politique de Gribouille », qui se jetait à l'eau pour ne pas se faire mouiller par la pluie. Aujourd'hui, nous sommes très sensibles aux écueils du lien, à ses échecs, au prix, que l'on jugera parfois trop élevé, qu’il nous en coûtera. Il convient d'être réaliste et d'affirmer que les situations dans lesquelles l'un des deux étouffe l'autre, l'écrase et l'empêche littéralement de vivre, ne sont pas acceptables – car le premier devoir de chacun est de vivre. Que le lien puisse avoir un prix élevé ne signifie pas qu'il faille se marier à n'importe quel prix. Mais reconnaître cela n'empêche pas d'affirmer également que le mariage n'est pas seulement l'union de deux cœurs ; il est la fondation d'une famille. Ce qui était jusque-là un couple se dispose à édifier le lieu où d'autres, et d'abord des enfants, pourront être accueillis ; à construire une maison, une maisonnée. Comme le dit le Rav Kook, le mariage est une préférence accordée au futur. Le même auteur ajoute que le but de cette institution est de « triompher de l’usure du temps ». Cours du grand-rabbin Bernheim chaque lundi à 19h30 au 3 rue Chopin à Jérusalem. Renseignements : bernheimgilles@gmail.com LPH ACTUJ 982

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'HODESH TOV

SHEVAT Le rav Yoel Benharrouche nous révèle le sens de chaque mois du calendrier juif. Un rendez-vous mensuel précieux pour nous permettre de comprendre les secrets et la force du temps selon le judaïsme.

À

compter du mois de Nissan, Shevat est le onzième mois du calendrier hébraïque. Bien que le point de lumière se trouve déjà codé et caché dès le début, il ne se révèle à nous que le 14 Shevat : le jour de Tou biShevat, le « Nouvel An de l'Arbre ». Eh oui : le monde végétal possède lui aussi son jour de renouveau, parmi tous les éléments de la Création ! En ce quinzième jour du mois de Shevat, la sève réamorce son mouvement de vie en remontant dans les veines du monde végétal, et plus précisément dans les arbres fruitiers dont la terre d'Israël a été gratifiée. Il s'agit là du point de départ d’une nouvelle croissance – bien plus : d'une résurrection. Nous célébrons ce jour en mangeant des fruits, et en particulier ceux des « Sept Espèces » que la Torah mentionne en louant la Terre du Saint béni soit-Il : le blé, l’orge, les raisins, les figues, les grenades, les olives et les dattes. Le jour de Tou biShevat, nous recevons une information majeure du monde végétal. Nous prenons conscience que l’homme est assimilé à l'arbre des champs et il nous incombe de tirer la leçon requise de cette analogie avec le monde de la botanique. En effet, le végétal est capable de briser l'écorce de la matière pour s'élever vers l'esprit. Cependant, tout en montant vers le ciel, il reste lié à la terre. Ses racines sont profondes et ses branches nombreuses ; il y a là un parfait équilibre entre le haut et le bas. L'esprit ne détériore pas la matière, et celle-ci le respecte aussi. Le mois de Shevat est donc le temps de la réconciliation entre l'âme et le corps dans tous les domaines de notre vie. Bien ancrée dans la terre, la spiritualité peut ainsi bonifier la vie.

On pense évidemment à l'histoire du peuple d'Israël qui retrouve ses racines, prouvant par là même, une fois de plus, que le judaïsme n'est pas une religion, car si c'était le cas il n’aurait pas besoin de terre. Mais il s'agit bien d'une nation possédant une terre, une langue – et un royaume à développer. Le mois de Shevat vient avant tout nous éveiller au lien qui nous unit à notre place véritable : une prise de conscience fondamentale. Un peuple sans terre n'en est plus un dans sa pleine et authentique mesure. La notion de « Tikoun » nécessite ce retour à la terre que l'Éternel nous a destinée. Là se cache le fondement même de la « Guéoula », qui induit les trois dimensions inhérentes à l’existence : le temps, l'espace et les identités agissantes. Sans la conjugaison de ces trois éléments de base, nous serions boiteux. Nous comprenons à présent les paroles de nos Sages : il n'est point de signe plus clair de la fin des temps que celui qui montre l'abondance des fruits sur la Terre d'Israël. Cette abondance est bien entendu la résultante du retour des Enfants d'Israël sur leur terre – la mitzva du retour en Eretz Israël étant, selon Nahmanide, valable à toutes les époques, sans aucune exception. Bien plus que la célébration du Nouvel An de l'Arbre, le mois de Shevat devrait être la célébration du retour à Sion. Rav Yoel Benharrouche, artiste peintre contemporain, enseignant www.orotvekelim.com

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COIN LECTURE

Le coup de cœur de Nathalie HIRSCHSPRUNG

Un kibboutz en Corrèze

de Jean-Luc AUBARBIER, Éditions Presses de la Cité, 2021

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Librairie Vice Versa Jérusalem 02-624 44 12 lib@viceversalib.com www.viceversalib.com

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assionné d’histoire, JeanLuc Aubarbier, originaire de Sarlat, en Dordogne, est un ancien libraire devenu écrivain depuis vingt ans. Il a notamment publié des ouvrages sur le catharisme et les Templiers : il est par exemple l’auteur de Les Démons de sœur Philomène (2003), adapté au cinéma sous le titre Ici-bas en 2012, d’un thriller, L'Échiquier du Temple (2015), ou encore des « Guides secrets » régionaux. Un kibboutz en Corrèze est un livre très original, dans lequel le lecteur découvre nombre de faits historiques réels dont il ignorait tout. Il y est question d’une expérience communautaire unique en France, créée avec le soutien du baron de Rothschild. De jeunes allemands juifs, intellectuels et communistes fuient l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Ils s’installent en autarcie dans un kibboutz nommé « Ma'har » (« demain », en hébreu), au cœur d’un petit village corrézien. Huit cents jeunes ont bénéficié des enseignements de la ferme-école. Dans le village de Nazareth, situé à dix kilomètres de Brive et marqué par la guerre de 1914, l'accueil réservé à Yohann, Haïm, Sarah et aux autres jeunes réfugiés Allemands est plutôt frais. Leurs conditions de vie sont dures : ils doivent aller chercher l'eau à la source, bâtir leur dortoir, ils ne consomment que ce qu'ils produisent… Peu à peu, grâce à leur enthousiasme, leur bonne éducation, leur courage, ils gagnent la sympathie des habitants du village. Néanmoins, Albert Malaterre, souspréfet de Brive, fasciste dans l'âme, s'est juré de fermer le kibboutz – et plus encore depuis que son fils,

Frédéric, fréquente la jolie Sarah. Pendant ce temps, Yohann, qui a un esprit de chef de file, se propose de regagner Munich pour faire évader des femmes et les conduire en Corrèze. Lors de sa mission, il parvient à visiter Dachau, et il assiste à la Nuit des Longs Couteaux à la pension Hanselbauer. Début 1935, la plupart des jeunes ont rejoint la Palestine. Yohann, resté en France, et Frédéric, qui a épousé Sarah, sont entraînés dans les fracas de la défaite de 1940. Ils s'engagent dans la Résistance, l'un auprès des gaullistes d'Edmond Michelet, l'autre chez les communistes du colonel Guingouin. À Sarlat, Sarah tricote des poupées vendues au profit des combattants de l'ombre. Elle attend un bébé. Dans la première partie du livre, l'auteur décrit le fonctionnement du kibboutz, le contexte historique, ainsi que les amours naissantes et les relations avec les villageois. De beaux élans d'humanité succèdent au rejet. Les jeunes sont extrêmement touchants. Forcés d'oublier leur vie d'avant et leur confort, conscients que leur espoir de survie réside dans le travail, ils se passionnent pour leurs tâches. Jean-Luc Aubarbier explique aussi ce qu'implique la judéité. La deuxième partie du livre porte sur ce qui se passe après la déclaration de la guerre. Elle traite plus particulièrement de l’engagement et des actions des jeunes qui sont restés en France. Ce roman historique fort bien documenté permet au lecteur de découvrir un pan de l’histoire que certainement il ignore. Une belle découverte. À lire sans modération.


JOUEZ…

RE ! ET GAGNEZ UN LIV Nathalie Hirschsprung, de la librairie Vice Versa, vous propose de résoudre une énigme littéraire. à gagner, un roman récent, grand format, sélection et coup de cœur des libraires, d’une valeur de 100 à 180 shekels .

Comment ça marche ? Vous êtes invités à retrouver le titre et le nom de l’auteur d’un « roman mystère ». J’ai présenté ce roman dans une de mes émissions Le sepher du libraire du mois de décembre 2021. Pour vous aider, recherchez les émissions sur la chaîne Youtube de Studio Qualita ou sur la page Facebook de la librairie : Librairie Vice-Versa. Répondez à un petit quiz sur le contenu du livre. J’ai lu un extrait du livre pendant l’émission. Dans l’extrait que je publie ci-contre, j’ai introduit des erreurs : corrigezles. La première personne à envoyer les bonnes réponses à lib@viceversalib.com gagne un beau roman. N’oubliez pas, dans le message, de préciser vos nom, prénom et numéro de téléphone.

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Titre du livre et nom de l’auteur

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Quiz :

A) L’intrigue se passe au XIXe siècle. VRAI FAUX B) Les principaux protagonistes vivent un amour fou. VRAI FAUX C) Le roman se déroule dans une grande ville. VRAI FAUX C) Il y a un secret à découvrir. VRAI FAUX

3

Trouvez et corrigez les six erreurs introduites dans cet extrait :

Le domaine Marchère lui apparaîtrait distinctement, comme un paysage après la brume. Une fois le brouillard des sapins dissipé sur la colline, Aimée retiendrait dans sa gorge un hoquet de de surprise : jamais elle n’aurait vu un lieu pareil, jamais elle n’aurait pensé y vivre. Une demeure de pierre et de bois, aussi large qu’un couvent, aussi haute qu’une église, trônait au cœur du paysage. Le toit était de tuiles rouges ou noires qui tombaient sur des fenêtres triangulaires à l’étage supérieur, puis rectangulaires et longues. Les volets, de bois huilé, mangeaient la façade et le lierre courait de haut en bas, enroulant sur les vantaux de longs doigts verts et noueux. Le chemin remontait vers la maison puis se divisait en deux ramifications : l’une menait à l’écurie, l’autre au logis des domestiques, à l’arrière du domaine, dans l’ombre écrasante du château – oui, c’est le mot qui lui viendrait à l’esprit –, d’une architecture étrangère à ce qu’Aimée connaissait des habitations de la région, des fermes et des domaines souvent bas, longs, cachés et solides. En voyant la demeure se dresser sur son flanc d’herbe courte, Aimée ne saurait décrire la couleur des murs, ni le nombre de pièces que pouvait abriter pareil endroit.

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