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2 novembre 2023 - 18 'Hechvan 5784
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N° 1710
#BringThemHomeNow
כאיש אחד בלב אחד « Comme un seul homme,
avec un seul cœur... »
• Des campus américains au Daghestan, la contagion planétaire de la haine antisémite
• Les enjeux et les multiples défis d’une guerre difficile contre le Hamas
APPEL INTERNATIONAL AUX COMMUNAUTÉS JUIVES DE LA DIASPORA Israël est engagé dans l’une des guerres les plus dures qu’il ait jamais connues : Le front intérieur est le front. Au-delà des images choquantes de massacres d’enfants juifs et de familles entières, il est important de comprendre les chiffres et quelles en sont leurs significations : • Plus de 1 400 personnes assassinées, civils et militaires, • Plus de 4 400 blessés, dont de nombreux militaires. Avec plus de 500 grièvement blessés et dans un état critique. • Environ 212 personnes enlevées à Gaza. • Plus de 6 900 roquettes et missiles lancés sur Israël. L’Organisation des handicapés invalides de Tsahal (Z.D.V.O.) apporte également actuellement son aide dans les hôpitaux, également pour aider les handicapés de Tsahal, en préparant également l’avenir : • Des milliers de colis alimentaires ont été envoyés aux handicapés de Tsahal, aux familles dans le besoin et aux blessés dans les hôpitaux. • Les équipes de l’Organisation des handicapés invalides de Tsahal composées d’employés et de bénévoles, visitent les blessés dans les hôpitaux, en les encourageant et vérifiant leurs besoins et ceux de leurs familles. • Des dizaines d’employés de ZDVO ont été enrôlés dans les réserves, eux ou leurs enfants, et nous les aidons de toutes les manières possibles, notamment en leur fournissant du matériel et de la nourriture. • Les Centres de BEIT-HALOCHEM , maisons de nos combattants ont été ouvertes, malgré les attaques de missiles, mais de manière limitée pour des raisons de sécurité. Les membres viennent se réhabiliter et recevoir de l’aide même en ces jours de combats. Au lendemain de la guerre, il existe des estimations concernant le nombre de blessés qui seront réhabilités dans les maisons des combattants, après leur sortie des hôpitaux, et nous, en tant qu’organisation représentative en Israël, qui soignons toutes les personnes handicapées de Tsahal, réalisons constamment des estimations à jour. À ce jour : On estime que plus de 1 500 blessés seront définis comme handicapés par l’armée israélienne et seront réhabilités dans notre cadre, dans les différents Centres. Nous nous préparons dès maintenant à les accueillir et avons commencé à élaborer un programme global qui comprend le recrutement de nouveaux employés dans les domaines de la physiothérapie, du traitement des victimes du PTSD (Post Trauma), de l’ergothérapie, de la réadaptation par le sport, etc. Ce nombre sera mis à jour en fonction de l’évolution de la guerre. • ZDVO se prépare à avancer l’ouverture du nouveau Beit Halochem à Ashdod. Il était prévu de l’ouvrir vers la fin de 2025, mais compte tenu du grand nombre de blessés, notamment dans la région du sud, nous prévoyons d’avancer jusqu’à fin 2024. Afin de répondre à tout ce qui a été détaillé ci-dessus et aux conséquences désastreuses de la guerre actuelle, nous avons besoin d’une augmentation financière significative, à la fois de la part du ministère de la Défense en Israël et d’une très large contribution du montant des dons provenant de tous nos amis du monde entier. La campagne que nous lançons maintenant et dans les mois à venir s’est fixée comme objectif de récolter 25 millions de dollars afin que nous puissions apporter une réponse adéquate aux défis importants auxquels nous sommes confrontés. Nous sommes convaincus que vous tous, en tant qu’UN SEUL PEUPLE, contribuerez à l’effort de guerre, chacun à sa manière. Nous vous remercions et vous exprimons toute notre gratitude. Adv. Edan Kleiman - Président de l’Organisation Dr. Moshe Shemma (Col., res.) - Directeur de la Fondation
Pour faire un don tel aviv
Hubert Habib Président du Beit-Halochem France
en ligne : visitez notre site : www.beit-haloche.fr Par chèque : Au moyen d’une « enveloppe non affranchie » à Beit-Halochem France Autorisation 56412 - 93169 noisy Le GrAnd cedeX - (Reçu CERFA en retour) jérusalem
haïfa
beersheva
ashdod (en cours d’achèvement)
Les Amis de Beit-HALocHem FrAnce - Loi du 1er juillet 1901 et le décret du 16 août 1901 (Journal officiel du 2 mars 1972)
B.P. 148 – 93161 Noisy-le-Grand Cedex - Téléphone : 06 14 20 80 72 - Email : habib.hubert@orange.fr
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2 NOVEMBRE 2023 18 ’HECHVAN 5784
{ édito } Par
Alexis Lacroix
L’ONU, la guerre et le déshonneur
Portrait : Oliv Steen
P
lus que jamais, les Nations unies apparaissent comme les nations désunies – et, surtout, hostiles. Hostiles au droit légitime à se défendre d’un État agressé de façon inédite par le djihadisme et ses cavaliers de l’Apocalypse. Vendredi dernier, alors que se profilait l’intervention d’ampleur de l’armée israélienne contre le Hamas à Gaza, l’Assemblée générale de l’ONU, à l’initiative de la Jordanie et au nom du groupe des 22 pays arabes, a fait adopter une résolution appelant à une « trêve humanitaire immédiate » au 21e jour de la guerre entre le Hamas et Israël. Tandis que Washington et Israël se sont prononcés contre ce texte, de concert avec l’Autriche, la Hongrie ou la République tchèque, hélas, la France, l’Espagne ou encore la Belgique l’ont cautionné et soutenu. Les États-Unis, à juste raison, se sont regimbés contre cette résolution, après avoir fustigé l’absence des mots «Hamas» et « otages ». L’ambassadeur de France aux Nations unies a, lui aussi, exprimé ses regrets quant au manque « d’éléments essentiels » dans le texte des pays arabes, mais en expliquant avoir voté « compte tenu de la situation humanitaire désastreuse à Gaza ». « Rien ne peut justifier les souffrances des civils », a justifié Nicolas de Rivière sur le réseau X (ex-Twitter), non sans préciser toutefois qu’il regrettait l’absence de « condamnation sans équivoque de l’attaque terroriste du Hamas contre Israël ». Que de contorsions ! L’ambassadeur israélien à New York Gilad Erdan a qualifié cette résolution d’« infamie », évoquant « un jour sombre pour l’ONU et pour l’humanité ». Une dérive ne survient jamais par hasard. Quelques jours plus tôt, Antonio Guterres, commentant les événements tragiques en Israël, avait déjà déclaré : « L’attaque terroriste ne vient pas de rien, mais de cinquante-six ans d’occupation israélienne étouffante ». Ces mots plus que déplacés ratifiaient une sorte de « crime originel » imaginaire commis par l’État juif et pavaient la voie de façon équivoque à la justification de toutes les violences, même les pires. Aussi lamentable que partiale, l’ « analyse » de Guterres témoigne qu’aux Nations unies, la pensée a vidé les étriers - et que le souci de l’exactitude, voire de la simple justesse historique, s’est évanoui. L’idéologie triomphe désormais sans partage dans la grande enceinte des nations. Une pensée-slogan a pris les commandes et la nouvelle réprobation d’Israël s’y donne libre cours. Sans réflexion. Sans recul. Avec rage. Nous publions, d’ailleurs, une pétition à ce sujet qui en appelle à la démission d’Antonio Guterres. Son cas reflète la tentation répandue, au sommet de certaines instances internationales, de souffler sur les braises de l’anti-israélisme - voire de l’antisémitisme - et de jouer sur les passions incandescentes de la vaste nébuleuse anti-occidentale. Au risque d’embraser les ressentiments. n
CHRONIQUE D'UNE GUERRE JUSTE 4-5 La riposte israélienne
à l'ombre de l'allié américain
6 Le double jeu du Qatar
7 Téhéran, parrain
du Hamas et de la Terreur
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10
8 Pourquoi Israël a diffusé
les vidéos des atrocités commises par le Hamas
10 Au cœur du comité des familles d'otages
12 Les réseaux sociaux
dans la guerre de l'information
26-27
17 Un entretien avec le député Shas Yossi Taieb
24 Quelle stratégie pour en finir avec LFI ?
26-27 Ce qu'ils ont vu en Israël :
Ilana Cicurel, Éric Ciotti, Benjamin Haddad...
28-29 La haine antijuive sur les campus américains
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N° 1710 - 2 NOVEMBRE 2023
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La riposte israélienne à l’ombre de l’allié
américain STRATÉGIE Israël peut avancer dans sa guerre contre le Hamas grâce à l’appui des ÉtatsUnis. Mais il doit aussi en guetter les limites.
L
’annonce le 30 octobre de l’opération qui a permis la libération de la caporale Ori Megidish, capturée par le Hamas, aura été comme un premier rayon de lumière dans le tunnel où avancent les Israéliens depuis le chabbat du 7 octobre. Non seulement elle porte un coup au Hamas, mais elle permet aussi de renforcer la légitimité de l’opération terrestre de Tsahal dans la bande de Gaza qui a débuté le 27 octobre. C’est en effet la confirmation qu’il s’agit aussi d’une mission de sauvetage des 239 otages toujours détenus par le Hamas et qu’Israël est déterminé à ramener coûte que coûte. Et c’est plus important que jamais, alors que les pressions internationales se renforcent en vue de mettre un terme à la guerre. À ce
revanche, c’est la présence active des ÉtatsUnis qui reste l’atout majeur, tant sur le plan diplomatique que militaire. Selon Simon Serfaty, professeur émérite de politique étrangère américaine à l’université Old Dominion de Norfolk et titulaire émérite de la chaire de géostratégie au Center for Strategic and International Studies de Washington, « dès l’attaque, le 7 octobre, l’équipe Biden-Blinken s’est prononcée dans une solidarité totale. Et il ne fallait pas en être surpris, car c’est l’essence même de la vision politique du président américain vis-à-vis du monde. C’est aussi l’attitude per-
L’Iran et le Hezbollah contre Israël et les États-Unis, une telle guerre ne peut se livrer à un niveau conventionnel stade, les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU ont été freinées par le veto américain. En revanche, l’Assemblée générale des Nations unies, dont les décisions sont non contraignantes, a adopté le 27 octobre par 120 voix pour – dont celle de la France –, 14 contre et 45 abstentions, la résolution présentée par la Jordanie, qui réclamait un cessez-le-feu immédiat à Gaza et ne faisait aucune mention du massacre de 1400 personnes perpétré par le Hamas et qui avait contraint Israël à entrer en guerre. Cette attitude de la communauté internationale n’est pas une surprise pour Israël, qui sait depuis longtemps qu’il ne faut pas attendre grand-chose de l’ONU. En
sonnelle du secrétaire d’État Blinken, qui a retrouvé dans le drame une dimension personnelle, liée à sa belle-famille victime de la Shoah. Davantage encore que celle de Nixon et Kissinger en 1973, la solidarité américaine s’est avancée comme si elle n’avait aucune limite ». Le soutien américain ne s’est jamais démenti depuis la guerre de Kippour, même s’il atteint dans la guerre actuelle une dimension inédite. Pourtant, il ne faut pas s’y tromper, l’Amérique agit, elle aussi, en fonction de ses intérêts stratégiques. Si elle soutient l’opération de Tsahal contre le Hamas, elle ne veut pas voir le conflit prendre des proportions incontrôlables. Ce qui explique l’intervention croissante
Le Premier ministre Benyamin Netanyahou, le ministre de la Défense Yoav Galant et le ministre Benny Gantz tiennent leur première conférence de presse depuis le début de la guerre de l’administration Biden auprès du gouvernement israélien, qui tient à connaître la vision stratégique d’Israël, mais veille également à en déterminer les contours tactiques. C’est l’action directe du président démocrate qui a conduit à la mise en place d’un couloir humanitaire pour la population de Gaza déplacée vers le sud du territoire palestinien, et qui a imposé à Israël d’accepter le passage quotidien de camions chargés de vivres et de médicaments en provenance d’Égypte. Et pour Simon Serfaty, il faut tenir compte de la personnalité du chef de la Maison-Blanche : « Le président américain craint que l’offensive terrestre de Tsahal à Gaza ne se transforme en un scénario à l’irakienne. Il faut se souvenir que Joe Biden reste un sénateur, plus qu’un homme de guerre. Il privilégie le compromis. Ce qu’il craint, c’est un enlisement ou une escalade avec le Hezbollah et l’Iran. La crainte que l’offensive terrestre à Gaza ne débouche sur une occupation qui entraînerait une insurrection, qui conduirait à l’intervention de tiers. Sans parler des répercussions économiques à grande échelle ». Pour le spécialiste américain de
géopolitique, la réflexion de l’administration américaine s’articule en trois temps : solidarité, intervention et enfin l’après-guerre : « Comme après la guerre de 1973, les cinq années qui avaient suivi avaient été consacrées à relancer un processus de paix. Joe Biden pense que la solution à deux États doit être relancée. Israël devra s’attendre à un durcissement de la position américaine, à la recherche de nouvelles alliances avec l’Arabie saoudite. Et probablement sous la conduite d’un autre Premier ministre israélien ». Simon Serfaty identifie dans les événements qui ont suivi le massacre du 7 octobre « ‘un moment Sarajevo’ : l’enchaînement de petits pas qui amènent à une grande guerre. À la différence près que contrairement à 1914, on est conscient des risques. L’Iran et le Hezbollah contre Israël et les États-Unis, cela a un potentiel nucléaire. Une telle guerre ne peut se livrer à un niveau conventionnel. Cette région du monde est la seule où toutes les puissances se retrouvent. C’est une sorte de ‘crise des missiles’ au ralenti qui pourrait se développer ». Voilà pourquoi Israël peut compter sur le soutien américain, mais en gardant à l’esprit qu’il doit d’abord servir les États-Unis. n Pascale Zonszain
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N° 1710 - 2 NOVEMBRE 2023
Eitan Shamir : « Le combat
à Gaza ressemblera à la bataille de Mossoul »
Le Pr. Shamir dirige le Begin-Sadat Center for Strategic Studies de l'université Bar-Ilan. Il livre son analyse à Actualité Juive.
Tsahal a entamé la deuxième phase de son plan contre le Hamas avec des opérations terrestres à l'intérieur de la bande de Gaza. Est-ce qu'une offensive plus large peut encore être évitée ?
Pr. Eitan Shamir : Il y a toute une série de dilemmes. Il est possible que l'offensive terrestre ne soit qu'une étape. Et c'est à mon avis essentiellement lié au sort des otages et aux négociations en cours. On pourrait se passer d'une opération terrestre massive, si l'on disposait du temps nécessaire et si l'on était prêt à infliger à Gaza un siège douloureux et difficile. Trois ou quatre mois sans nourriture, sans eau, conduirait le Hamas à la mort ou à la capitulation. Mais il est impossible de séparer le Hamas de la population civile de Gaza. Ce qui ne nous laisse donc que la seule option de l'offensive terrestre.
On sait que les combats à l'intérieur de Gaza seront difficiles. Vous diriez qu'ils s'apparentent plus à ce qu'a connu Tsahal en 2002 lors de l'opération Rempart en Judée-Samarie ou à la bataille de Mossoul de la coalition internationale contre Daech en Irak en 2016 ?
E.S. : Ça ressemble plus à Mossoul, bien que le terrain urbain soit beaucoup plus grand et le nombre de combattants à affronter bien plus
important. Et le Hamas dispose d'armement dans des quantités même supérieures à celles de l’État islamique à Mossoul. Pendant l'opération Rempart, Tsahal avait affronté des terroristes pas très organisés ni entraînés, entre 300 et 500 dans chaque ville. Il n'y a qu'à Jénine, où les conditions étaient beaucoup plus difficiles et où nous avons subi le plus de pertes. Gaza, c'est Jénine en exponentiel. Le Hamas a une véritable armée, qui n'a pas de tanks ni d'aviation, mais des drones et des quantités d'armes et d'explosifs, des missiles sol-air et aussi des missiles Kornet. Et les stocks de roquettes leur permettront de tirer encore pendant 3 ou 4 mois.
Le soutien international est-il un facteur qui entre en ligne de compte du point de vue opérationnel ? E.S. : Le soutien international est un facteur, mais ce qui est déterminant, c'est celui des États-Unis. À la seconde où ils appuieront sur le frein, Israël devra arrêter. Depuis 1973, Israël dépend des États-Unis, depuis son veto au Conseil de sécurité de l'ONU jusqu'aux armements pour sa défense, même si Israël a sa propre industrie de défense. Et on voit qu'Israël et l'Ukraine sont entrés en concurrence pour obtenir cet armement américain.
Quel est le niveau d'implication de l'Iran dans l'attaque du 7 octobre ?
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ENTRETIEN
E.S. : Que l'Iran ait fourni au Hamas les armes et le savoir -faire, cela ne fait aucun doute. En revanche son degré d'implication dans l'attaque est plus difficile à déterminer, en tout cas à ce stade. Quelques jours avant l'attaque, le ministre iranien des Affaires étrangères avait rencontré à Beyrouth les chefs du Hezbollah, du Hamas et du Jihad islamique. Si l'Iran a été directement et activement impliqué, c'est parce que son premier objectif était de torpiller
guerre. Mais le moment ne leur est pas favorable. En particulier pour les Iraniens. Et même le Hezbollah sait que maintenant Israël est prêt. Et plus nous frapperons à Gaza et plus leur envie d'en découdre diminuera. Toutes ces organisations comptaient sur l'affaiblissement et la polarisation de la société israélienne. Et elles commencent à comprendre que les Israéliens se sont plutôt déchaînés maintenant. Quant aux milices houthies au Yémen, elles ne m'inquiètent pas vraiment. Ça relève plus du « bruit de fond ». Elles peuvent toujours tirer des missiles, mais les Américains sont là et s'en occupent. Le Hezbollah reste la menace la plus inquiétante. Sa puissance de feu et ses capacités opérationnelles, c'est le Hamas puissance 5. Mais Israël est prêt à une guerre sur deux fronts.
Le Hamas n'a pas de tanks ni d'aviation mais leur stock de roquettes leur permettra de tirer encore pendant 3 ou 4 mois les efforts des États-Unis en vue de normaliser les relations entre Israël et l'Arabie saoudite, qu'il voit comme une menace. Si en revanche le Hamas a agi seul, alors c'est pour montrer sa force. Il a décelé des signes de faiblesse dans la société israélienne et a saisi l'occasion, alors que l'opération était préparée de longue date, en pensant que les autres organisations terroristes de l'axe pro-iranien le rejoindraient et ouvriraient des fronts supplémentaires.
Quels sont les risques d'une extension du conflit ?
E.S. : Le risque existe. C'est de l'ordre de 60/40. 60% de chances que d'autres acteurs entrent dans la
Tsahal a suffisamment de forces à opposer au Hezbollah, notamment son aviation. Alors, justement, c'est peut-être l'occasion. On ne peut pas continuer à vivre sous la menace permanente d'une armée de commandos terroristes déployée sur notre frontière, et dont l'objectif est de massacrer des civils. Si le Hezbollah attaque, Israël devra infliger des destructions au Liban, éliminer la menace du Hezbollah et nettoyer la zone sur une profondeur suffisante pour protéger les localités frontalières du nord, comme avec la zone de sécurité lors de la guerre du Liban de 1982. Il n'y a pas le choix. n Propos recueillis par Pascale Zonszain
ONU : le grand écart français vive réaction de l’ambassadeur israélien aux en Israël, au bilan plutôt positif. Absurde française dans la guerre n’en finit l’insistance, certes compréhensible aux Israéliens, sur la solution à deux tats. En Nations unies, Gilad Erdan. La France, au lieu et incompréhensible. Un philosophe s’est de déconcerter. Et pour cause : après Lavoirapasposition interrogé ensuite, auprès d’Actualité Juive, pris plusieurs initiatives louables, dont revanche, les dérapages successifs de l’ONU, de rejeter cette motion, l’a hélas adoptée, É
celle d’une coalition internationale contre le Hamas, la France a laissé son message se brouiller gravement. Il y a eu, d’abord,
sur « l’absence de colonne vertébrale » du et notamment sa résolution en faveur d’une à l’instar de la vaste nébuleuse des nations « trêve humanitaire » qui ne mentionne même hostiles à Israël. En un simple vote, Emmanuel président français… A. L. pas les crimes du Hamas, ont suscité la plus Macron a laissé ruiner les acquis d’un voyage
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Le double jeu du Qatar DIPLOMATIE
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«
es efforts diplomatiques du Qatar sont fondamentaux en ce moment. Je me réjouis que le Qatar devienne un acteur essentiel pour faciliter des solutions humanitaires ». Tsahi Hanegbi n’avait pas ménagé les superlatifs le 25 octobre sur Twitter. Le conseiller à la Sécurité nationale du gouvernement israélien devait faire oublier les critiques formulées un peu plus tôt à l’ONU par le ministre des Affaires étrangères Eli Cohen, qui avait accusé le Qatar de contribuer au renforcement du Hamas et demandé aux pays membres des Nations unies de faire pression sur l’émirat pour qu’il rectifie sa politique et fasse libérer les otages « immédiatement et sans condition ». Ce n’est pas la première fois qu’Israël est gêné aux entournures. Le Qatar est devenu depuis plus de dix ans un acteur dans le jeu palestinien. C’est l’émirat qui verse chaque mois 30 millions de dollars dans les caisses du Hamas à Gaza pour lui permettre de joindre les deux bouts. C’était, jusqu’à il y a quelques mois, les fameuses valises de
Les principaux investissements du Qatar dans le monde FRANCE
L’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani billets qui passaient dans des voitures, mais aussi les factures de carburant payées directement par les Qataris. En moyenne 360 millions par an versés avec l’assentiment d’Israël. Mais le Qatar, c’est aussi la résidence principale de la direction en exil du Hamas, qui bénéficie de tout le confort disponible et de l’accès illimité à sa puissante chaîne de télévision, Al Jazeera, devenue le porte-voix de l’organisation terroriste. Et encore plus maintenant
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L’émirat est en première ligne dans la crise des otages. Il escompte retirer un bénéfice de l’asile doré qu’il offre aux chefs des ravisseurs, les dirigeants du Hamas en exil. Une duplicité qui est sa marque de fabrique.
ou le sport. Et toutes étroitement liées à la famille régnante Al Thani. Le Qatar est devenu le premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié, depuis que la Russie a fermé ses vannes après son invasion en Ukraine. Et il sait qu’il peut compter sur une attitude bienveillante des Européens qui ont un besoin vital de son énergie. En 2022, le chancelier allemand s’était rendu personnellement à Doha pour quémander la fourniture de gaz qatari.
Le Qatar verse chaque mois 30 millions dans les caisses du Hamas à Gaza que la direction du Hamas à Gaza a dû plonger dans la clandestinité pour échapper aux frappes de Tsahal. Si l’émirat peut s’autoriser de telles largesses, c’est grâce à sa situation financière florissante. Son fonds d’investissement QIA pèse un trillion de dollars et se répartit en institutions subsidiaires et diversifiées sur l’immobilier, la communication, l’énergie, la finance
En fait, c’est dès la fin des années 90 que le Qatar a développé ses ambitions internationales d’influence diplomatique et économique. L’émirat parle à tout le monde, de l’Iran au Hamas, de la Russie à la Chine, en passant par les États-Unis et Israël et il investit partout où il le peut. Il n’est pas nécessaire que ses contacts tous azimuts débouchent sur des règlements de crises internationales, tant qu’ils assurent au Qatar sécurité et stabilité. Cela dit, il lui faut tout de même présenter une image avenante, ce que l’émirat a parfaitement réussi en devenant le mécène de prestigieux clubs de foot, sans compter l’organisation du Mondial 2022. Le monde avait d’ailleurs préféré s’endormir dans les délices de Doha et oublier dans quelles conditions avaient été traités les ouvriers immigrés qui avaient construit les stades et les palaces qui avaient accueilli la compétition sportive. En attendant, l’émir du Qatar peut dispenser des leçons de morale en accusant les pays occidentaux d’avoir délivré à Israël un « permis de tuer » à Gaza. Et tout le monde se tait parce que tout le monde a quelque chose à perdre. n Pascale Zonszain
À part le rachat du PSG, le Qatar a déjà investi plus de 27 milliards de dollars en France. Il a commencé par acheter de l’immobilier de luxe, avant de prendre des parts dans les fleurons de l’économie française : TotalEnergies, EADS, Veolia, Accor, Areva, ou encore Le Printemps ou le groupe Lagardère. ALLEMAGNE
2ème bénéficiaire européen après la France de la manne qatarie avec plus de 22 milliards de dollars investis. Le Qatar est l’actionnaire principal de Volkswagen et détient des parts dans la Deutsche Bank, le groupe Siemens, la compagnie de navigation Hapag-Lloyd et le groupe de BTP Hochtief. En octobre 2022, l’émirat a annoncé un financement de plus de 2 milliards de dollars pour permettre au groupe énergétique allemand RWE d’investir dans l’énergie verte aux États-Unis. ROYAUME-UNI
Une des premières prises du Qatar où il a déjà investi plus de 40 milliards de dollars en 20 ans. L’émirat est devenu le 10e propriétaire foncier du royaume. Le Qatar est également actionnaire de la Bourse de Londres, de British Airways, de l’aéroport Heathrow, de Shell ou encore de la Barclay’s Bank. ÉTATS-UNIS
L’émirat a fondé Golden Pass, une joint-venture de Qatar Energy, actionnaire à 70%, avec le groupe Exxon Mobil pour une valeur de 10 milliards de dollars. Un partenariat qui vise à contrôler le 1er exportateur de GNL d’Amérique du Nord. Le Qatar investit également sur le marché de l’immobilier américain et dans la haute technologie, y compris des projets d’Elon Musk.
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N° 1710 - 2 novembre 2023
Page réalisée par Steve Nadjar
Hamas : Tous les chemins - ou presque - mènent à Téhéran ALLIANCE
de l’accord Shalit. Le tournant pro-iranien de l’organisation, contestée de l’intérieur par certaines forces poussant en faveur d’un rapprochement avec Le Caire, fut largement le produit des pressions exercées par la branche armée de l’organisation terroriste. Les Brigades Ezzedine Al-Qassam
Gros plan sur la dépendance financière et militaire du Hamas devenu un des proxies les plus actifs de l’Iran contre Israël
J
e ne peux vous dire avec certitude que dans cette opération spécifique, à ce moment précis, ils ont été impliqués dans la micro-planification. Mais il n’y a pas de Hamas sans l’Iran ». Lors de sa conférence de presse du 28 octobre, Benyamin Netanyahou a pointé un doigt accusateur vers Téhéran tout en se refusant - pour l’instant - à accuser formellement la République islamique d’être la commanditaire et la planificatrice du massacre opéré par le Hamas. Pour autant, les traces renvoyant à la « main » iranienne sont légion.
Le tournant pro-iranien du Hamas Le Hamas est structurellement dépendant de l’aide financière de l’Iran. Évalué à 70 millions de dollars annuels par le chef du bureau politique de l’organisation, Ismaël Haniyeh, l’appui se chiffrerait plutôt autour des 100 millions de dollars selon un rapport du département
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«
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, a rencontré le chef du bureau politique du Hamas, Ismaël Haniyeh, à Doha, au Qatar. d’État publié en 2020, tout groupe palestinien compris. Deux fois plus que dans les années 90 où le Hamas avait alors pour mission d’entraver le processus de paix engagé par les accords d’Oslo en1993 par l’organisation d’attentats suicides. Au cours de la dernière décennie, Téhéran a toujours indexé ses versements à l’alignement du mouvement gazaoui sur ses intérêts stratégiques, quitte à faire payer chèrement toute tentative de prise d’indépendance politique. Le refus de la direction du Hamas de soutenir clairement la répression de la révolution par le régime alaouite de Bachar al-Assad, à partir de
2012, entraîna une période de vive tension entre les deux parties et l’expulsion du pays de Khaled Mechaal. Un virage pro-Frères musulmans soutenu par le Qatar, future destination de celui qui était alors le chef du bureau politique du Hamas. Le satisfecit accordé à la coalition menée par l’Arabie saoudite contre le Yémen à partir de 2015 acheva de distordre la liaison au profit du Jihad islamique, sans néanmoins la rompre totalement. Le dégel intervint finalement en 2017, marqué par la nomination de Yahia Sinwar comme chef du groupe dans la bande de Gaza, à la suite de sa libération dans le cadre
Téhéran a toujours indexé ses versements sur ses intérêts stratégiques constituent en effet les principaux bénéficiaires des subsides iraniens. Des acteurs « civils » jouent un rôle capital dans ces mouvements financiers : des agents de change chargés d’être les intermédiaires de ces transferts de fonds en liquide entre Téhéran et la bande de Gaza. Plus récemment, les services du Shin Bet et du renseignement militaire ont saisi près de 280 000 euros destinés à financer des actions terroristes en JudéeSamarie. n
LOGISTIQUE Un appui militaire décisif aux attaques du 7 octobre es partisans du régime sioniste et d’autres L personnes ont fait circuler des
«
rumeurs ces deux, trois derniers jours, dont celles sur le fait que l’Iran islamique serait derrière cette action. Elles sont fausses », a réagi dès le 9 octobre le Guide suprême de la révolution, Ali Khamenei. Selon le Wall Street Journal, des officiers du corps des Gardiens de la révolution iraniens auraient pourtant donné leur feu vert à l’opération, lors d’une réunion tenue au début du mois à Beyrouth, en présence de responsables du Hamas et du Hezbollah. Plusieurs rencontres organisées depuis août dernier
auraient permis de finaliser la préparation des incursions terrestres, aériennes et maritimes de l’organisation gazaouie le 7 octobre. Ces derniers mois, le commandant de la force d’élite Al-Qods, le général Esmaïl Qaani, s’était lui-même rendu au Liban pour coordonner les actions de ces proxies dans la région. « L’Iran est satisfait des réalisations du Hamas jusqu’à maintenant et les présente comme une nouvelle manifestation de la faiblesse d’Israël et un changement dans l’équilibre des pouvoirs régionaux au détriment d’Israël et au bénéficie des Palestiniens et de l’Axe de la résistance », analysent Sima Shine
et Raz Zimmt, chercheurs à l’INSS de l’université de Tel Aviv. L’Iran a progressivement fait évoluer ses modalités d’assistance militaire au Hamas. Alors que des commandos étaient formés par le Hezbollah au Liban et en Syrie, des roquettes produites au Soudan, sous la supervision des Pasdaran iraniens, ont longtemps été transférées vers la bande de Gaza via des tunnels dans la péninsule du Sinaï. La destruction par les forces égyptiennes de ces canaux à partir de 2013, puis le rapprochement à partir de 2015 du Soudan avec l’Arabie saoudite contraignirent Téhéran à s’adapter. Progressivement, l’effort fut mis
sur l’assistance à la production locale dans la bande de Gaza: roquettes Grad 20 et 40, Boraq 70, 100 et 120, ainsi que le Badr 3 très utilisé par le Jihad islamique. « Au lieu de leur donner un poisson ou de leur apprendre à attraper un poisson, nous avons appris à nos alliés comment fabriquer un hameçon, et ils sont désormais en possession de capacités balistiques et de technologies», résumait en 2021 le commandant de la force aérospatiale des Gardiens de la révolution, le général Amir Ali Hajizadeh. Des missiles Fajr 3 (d’une portée de 43 km) et Fajr (75 km) continuent d’être livrés
par Téhéran, tout comme les M-302 de conception syrienne (200 km). Parmi l’arsenal utilisé le 7 octobre, on retrouve également des mortiers M48, des roquettes antichar Raad -T, des fusils PKM-T80 et des drones tactiques kamikazes Shahab, copiés sur le modèle iranien de l’Ababil 2. L’usage spectaculaire de parapentes par les commandos du Hamas rappelle également celui des Saberin, l’une des forces spéciales des Gardiens de la révolution, visées la semaine dernière par de nouvelles sanctions américaines pour leur soutien au Hamas et au Hezbollah. n
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Pourquoi Israël a projeté les vidéos des atrocités du Hamas IMAGES Israël a souvent été critiqué de perdre la guerre des images face au Hamas. Cependant, après la tragédie du 7 octobre, Jérusalem a modifié sa stratégie en prenant l’initiative de présenter des éléments visuels probants aux médias internationaux qui documentent les atrocités commises. Pourquoi cette démarche inédite ?
L
’objectif est clair, confie un responsable du ministère des Affaires étrangères israélien : sensibiliser l’opinion internationale, principalement en réaction à certaines tentatives médiatiques qui visent à établir un parallèle entre les actions de Tsahal et celles du Hamas. « Une course pour bien faire comprendre qui est l’agressé et qui est l’agresseur », explique Mickey Edelstein, major général de Tsahal. Israël est pleinement conscient que l’indignation internationale suscitée par les atrocités du Hamas a une durée de vie limitée. Les visages des Palestiniens sous les bombardements occulteront ceux des Israéliens exterminés ou pris en otage par le Hamas au fur et à mesure que l’opération s’étendra. Et Israël a besoin plus que jamais du soutien des États-Unis et du monde occidental afin de pour suivre l’opération terrestre et atteindre les objectifs fixés, l’éradication du Hamas et la libération des otages. Pour faire comprendre la légitimité de cette incursion à Gaza, Israël a produit un film constitué de vidéos provenant des caméras corporelles portées par les terroristes, par les bénévoles de Zaka, des téléphones des victimes, projeté devant 200 journalistes étrangers. Devant les images, certains ont pleuré, crié, ou quitté la salle. Mélina Huet, en-
voyée de France 24 en Israël, a parlé d’ « images insoutenables », Jotam Confino, journaliste américain a, quant à lui, évoqué des images impensables, « c’est comme Daech sous stéroïdes ». Entre autres scènes insoutenables, au kibboutz de Be’eri, un Israélien court avec ses deux enfants pour se réfugier dans l’abri, soudain une grenade est lancée dans leur direction par un terroriste. Le corps du père explose et quelques secondes plus tard on voit les enfants couverts du sang de leur père sortir de l’abri, complètement perdus, avant d’être capturés, un homme décapité avec une pelle métallique, des terroristes courir dans les rues et assassiner systématiquement des Juifs dans leurs voitures ou dans les rues, à bout portant. Ce film a aussi été présenté au consulat israélien à New York aux dirigeants de médias et journalistes influents. « J’entendrai les pleurs des enfants pour toujours, le monde doit savoir ce qu’il s’est passé », a écrit la correspondante de Fox News, Martha MacCallum. « Les scènes du 7 octobre expliquent pourquoi cette guerre de défense israélienne est différente – il s’agit de la survie juive », peut-on lire dans le Wall Street Journal, alors que Kel-
ly Jane Torrance, éditrice du New York Post, a écrit que ses pensées allaient aux soldats qui entrent à Gaza et risquent leur vie non seulement pour leur pays et leur peuple, mais aussi pour la civilisation occidentale. Avant même la projection de ce film, Israël avait emmené des journalistes étrangers dans les kibboutz de Kfar Aza ou Be’eri afin qu’ils voient de leurs propres yeux la réalité des atrocités perpétrées par les terroristes. L’Institut médico-légal d’Abou Kabir a également ouvert ses portes pour montrer les efforts incessants des médecins légistes afin de tenter d’identifier les corps souvent mutilés ou brûlés. « Nous continuerons à exposer les atrocités du Hamas contre des civils
J’entendrai pour toujours les pleurs des enfants.Le monde doit savoir ce qu’il s’est passé
innocents pour montrer au monde que nous sommes face à une organisation terroriste djihadiste déterminée à détruire Israël. La projection de ces atrocités montre aux médias pourquoi Tsahal s’engage à poursuivre l’opération jusqu’à l’anéantissement du Hamas et le retour des prisonniers. Si nous n’agissons pas, il ne fait aucun doute qu’un tel massacre se reproduira, et pas seulement en Israël », nous a confié Guilad Erdan, ambassadeur d’Israël à l’ONU. De plus, il ne faut pas oublier que la documentation de ces atrocités revêt une importance capitale pour étayer l’enquête ouverte en 2021 par la Cour pénale internationale sur des « crimes de guerre et crimes contre l’humanité présumés perpétrés par Israël dans les territoires palestiniens occupés, Gaza et Jérusalem-Est », nous explique Maître Nick Kaufman, ex-procureur à la CPI. « Il ne fait aucun doute que quelqu’un se chargera que ces images arrivent entre les mains du procureur général de la CPI, Karim Khan, qui a dit enquêter sur les faits en cours depuis le 7 octobre ». Israël doit bien sûr gagner la guerre à Gaza par les armes, mais la victoire passera sans doute par les images. n Nathalie Sosna-Ofir
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Mendy Habib : « Une fois identifiés, nous remettons les corps aux familles » ENTRETIEN
Comment avez-vous appris l’attaque du Hamas ?
Mendy Habib : Des informations ont commencé à circuler durant le chabbat. Très rapidement, j’ai pris conscience de la gravité de la situation, mobilisé mon équipe, et fait route vers le Sud. Sur notre trajet, nous avons découvert de nombreuses voitures, certaines d’entre elles calcinées, avec à bord des passagers exécutés. Mais aussi des corps gisant sur les routes ou les bas-côtés, principalement des jeunes qui avait fui le festival Nova. Certains avaient abandonné leur voiture pour tenter de s’enfuir à travers les champs, mais ont été poursuivis par les terroristes. Comme cette jeune fille à la robe noire, bas du corps dénudé, torturée, poignardée et abattue et qui avait parcouru près de 700 mètres pour échapper aux terroristes. À ce moment, j’ai essayé de ne pas penser à ce qu’elle a dû endurer pour accomplir ma tâche.
Vous êtes ensuite arrivé à Sdérot. Quelle était la situation ?
DR
M.H. : Il y avait encore des terroristes qui tiraient et s’affrontaient aux
Comment ne vous effondrez-vous pas ?
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Commandant de la région centrale de Zaka, Mendy Habib est bénévole à Zaka depuis l’âge de 18 ans. Depuis le 7 octobre, il œuvre avec son équipe de trente volontaires pour rassembler et identifier les victimes, permettant ainsi leur inhumation dans le respect des règles du judaïsme.
Des personnes attachées sur des chaises, ou entre elles, des mains ligotées, mutilées, puis brûlées vives. Certains corps étaient encore en train de se calciner et il a fallu les arroser avant de les placer dans des sacs. Les détails sont horribles : têtes décapitées, membres coupés, corps éventrés, outils métalliques plantés dans des têtes. Dans certaines maisons, du sang au plafond laisse imaginer l’horreur des actes qui ont été commis.
commandos de Tsahal. Nous n’avions pas, à ce moment-là, de gilets pare-balles ni de casques, mais cela ne nous a pas arrêté, nous n’avons pas cédé à la peur et avons continué notre travail, en nous mettant à l’abri quand c’était nécessaire. Nous avons découvert de nombreuses voitures accidentées et criblées de balles. À l’intérieur et autour, des corps, des flaques de sang. Parmi les images qui restent gravées en moi, figure celle de cette famille entière, abattue dans une voiture où le siège-auto du bébé était maculé de sang tout comme un petit canard en plastique jaune, à côté.
Où trouvez-vous la force de continuer ?
M.H. : J’ai vingt-cinq ans d’expérience dans ce travail. Ma mission me guide, alors je déconnecte l’hémisphère émotionnel de mon cerveau et j’agis comme un robot.
Quand vous progressez vers les kibboutzim, que découvrez-vous ?
M.H. : Des atrocités inimaginables. Nourrissons, enfants, adultes torturés, décapités, abattus, brûlés.
Des volontaires de Zaka rassemblent les corps et les restes de corps
M.H. : Nous ne pensons pas à nousmêmes, seule notre mission nous guide. Nous sommes engagés dans une course contre la montre, car l’état des corps se détériore rapidement avec la chaleur, ce qui complique la préservation et l’identification.
Comment procédez-vous pour reconstituer les corps ?
M.H. : Nous rassemblons tous les restes des victimes et ne laissons pas, même un millilitre de sang sur les lieux. Puis c’est la phase de l’identification grâce aux empreintes digitales quand cela est possible. Si ça ne l’est pas certains corps sont sans main - nous examinons les dents si nous avons la tête, des taches ou des tatouages sur le corps, ou nous avons recours à l’ADN en prélevant des échantillons sur les proches. Une fois identifié, nous remettons le corps aux familles pour être inhumé. Malheureusement, il y a encore deux cents corps que nous n’avons pas encore réussi à identifier. On peut penser que certaines parties de corps ne puissent jamais être attribuées. n Propos recueillis par Nathalie Sosna-Ofir
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Les familles des otages mettent la pression sur Netanyahou NÉGOCIATIONS « Arshav, Arshav » maintenant, maintenant c’est le slogan scandé par les familles des otages retenus par le Hamas à Gaza, pendant leur déclaration officielle, place du musée de Tel Aviv, rebaptisée place des otages, après leur rencontre samedi avec le Premier ministre Benyamin Netanyahou.
L
a rencontre, samedi, avec le Premier ministre israélien, les familles des otages l’exigeaient depuis le matin, après une nuit d’angoisse immense, au lendemain de l’incursion terrestre de Tsahal dans Gaza. Furieuses de ne pas avoir été informées de cette nouvelle phase de la contre-offensive israélienne et qu’aucun des membres du cabinet de guerre n’ait pris la peine de les rencontrer pour leur expliquer le développement de la situation, elles menaçaient de lancer des manifestations d’envergure dans tout le pays.
Rencontre entre le Premier ministre Netanyahu et des représentants des familles des otages retenus par le Hamas ment les otages. Le cas du soldat Nachshon Wexman, kidnappé le 9 octobre 1994 par le Hamas et assassiné cinq jours plus tard par les terroristes lors d’une tentative de sauvetage de Tsahal, hante encore les mémoires. Les familles qui avaient la nette impression que le gouvernement
Les familles ont dit souhaiter et approuver un échange de tous les otages contre tous les prisonniers détenus en Israël La rencontre très tendue entre les représentants des familles, tous portant des tee-shirts avec la photo, le nom et l’âge de la fille, du fils, du frère, de la sœur ou du parent disparu, et le Premier ministre a duré deux heures. Les familles ont exigé que l’opération en cours à Gaza prenne en compte les otages, et que rien ne soit entrepris qui puisse mettre la vie de leurs proches en danger. Elles ont rappelé que c’était la responsabilité du gouvernement et demandé à ce que des soldats ne soient pas envoyés pour libérer physique-
avait décidé d’abandonner la négociation avec le Hamas pour la libération des otages en déclenchant l’opération terrestre ont également exigé que leurs proches soient libérés dans le cadre d’un accord global, une demande soutenue par
la population israélienne. Elles ont dit souhaiter et approuver un échange de tous les otages contre tous les prisonniers détenus dans les prisons israéliennes, comme l’a proposé le Hamas. Tous contre tous. Au sein du Forum des familles, les tensions sont montées d’un cran autour de désaccords concer nant la façon de gérer la situation. « Mais qu’est-ce que cela nous apporte finalement ? Netanyahou n’a rien dit », est intervenu un père pendant la déclaration. « Honte, honte », a-t-on entendu à l’endroit du Premier ministre alors qu’une femme hurlait : « Prenez Netanyahou ! Rendez-nous les otages ! ». Les représentants des familles ont alors insisté sur l’importance de maintenir leur unité et d’éviter des actions qui pourraient la fragiliser soulignant que l’ennemi cruel les écoutait. Tensions aussi au quartier général du Forum des familles des otages. Me Dudi Zalmanovich, l’un de ses fondateurs et dont des proches sont aux mains du Hamas, a annoncé sa démission suite aux allégations portées contre lui mettant en doute son impartialité et le soupçonnant de
liens politiques avec le Premier ministre Benyamin Netanyahou et son entourage. Ces allégations suggéraient que le bureau de Netanyahou avait tenté d’influencer les activités du quartier général en utilisant Zalmanovich et en créant la division au sein des familles. Dans une déclaration publiée sur Facebook, Zalmanovich a nié les accusations et exprimé sa tristesse de voir des conflits d’ego et des querelles politiques se mener sur le dos des familles si durement éprouvées. En attendant des initiatives diplomatiques visant à accroître la pression internationale pour accélérer le processus de libération, des proches des otages étaient à Ottawa pour rencontrer le Premier ministre Justin Trudeau, et à Paris où ils ont été reçus à l’Assemblée nationale. Et sur la place Safra, à Jérusalem, 240 lits vides, comme autant d’otages, ont été disposés. Lits doubles avec tables de nuit et piles de livres, lits pour enfants parsemés de puzzles, de livres d’images et de pyjamas, berceaux surmontés de mobiles musicaux et colorés. n Nathalie Sosna-Ofir
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La résilience des Israéliens REPORTAGE
Pour affronter cette nouvelle guerre, les Israéliens puisent des forces dans leur passé et leur instinct de solidarité.
U
n petit garçon, paillotes au vent, et une fillette en robe de chabbat poussent des cris de joie sur une balançoire. Une scène banale de samedi aprèsmidi dans un jardin public de Jérusalem. Sauf qu’ils n’auraient jamais dû être là. Avec leurs parents, près de trois semaines plus tôt, ils ont fui en pleine nuit leur maison de Netivot, laissant presque tout derrière eux. « Je n’aurais jamais cru que je pouvais faire des valises aussi vite », se souvient leur mère, Zeavit. Après le passage meurtrier des terroristes dans leur ville de l’ouest du Néguev, au matin du 7 octobre, et avec les bombardements incessants, la jeune femme et son mari ont décidé qu’il fallait mettre les enfants en sécurité, sans attendre l’ordre d’évacuation. Ils ont pris la route sans savoir où elle les conduirait. À Jérusalem, ils trouvent un premier logement qu’ils doivent partager avec une autre famille de réfugiés. Puis
un second, où les propriétaires décident de les héberger gratuitement pour un mois. Il faut aussi trouver un nouveau cadre pour scolariser leurs enfants quand ils comprennent que leur retour chez eux ne sera pas pour tout de suite. Autour d’eux, une chaîne de solidarité spontanée s’est formée. Et Zeavit garde le sourire, malgré la fatigue, malgré l’incertitude. Elle a choisi de se concentrer sur l’essentiel.
Les mères dont les enfants ont été envoyés sur le front essayent de ne pas se laisser paralyser par l’angoisse
NE PAS ÊTRE ENVAHI PAR L’ANGOISSE Comme elle, tous les Israéliens s’adaptent à cette nouvelle réalité, parce qu’ils n’ont pas le choix. Les mères dont les enfants ont été envoyés sur le front de Gaza, dans le nord ou en JudéeSamarie essayent de ne pas se laisser paralyser par l’angoisse. Alors, elles multiplient les missions de bénévolat. Elles vont faire des colis pour les soldats, collecter des vêtements pour les réfugiés, ou organisent des activités pour les enfants et les familles déplacées relogées dans des hôtels. D’autres encore vont remplacer les ouvriers agricoles pour récolter les fruits dans les vergers abandonnés. Chacun se rend utile comme il peut. Il faut agir pour ne pas penser, pour ne pas tomber, pour dire que le pays est vivant, que la vie est la plus forte. Comment continuer
quand le cerveau et le cœur ramènent à chaque instant vers la pensée des 1400 morts et des 239 otages ? Comment oublier qu’à tout moment, les sirènes peuvent retentir et qu’il faudra trouver un abri en 15, 60 ou 90 secondes ? Comment se convaincre que tout ce cauchemar aura une fin ? LES RÉMINISCENCES DE L’HISTOIRE Comme souvent, en puisant des forces dans le passé. Les plus anciens se souviennent encore de ce qu’était la vie avant l’indépendance. Hedva se rappelle le Tel Aviv des années 40, quand des Arabes de Jaffa tiraient vers leur rue du sud de la ville. « Nos parents étaient tout le temps inquiets. Ils nous interdisaient de monter sur le toit ». La vieille dame est venue rendre une visite de condoléances à la famille d’un de ses amis d’enfance. Impossible de ne pas évoquer l’actualité. Et d’autres souvenirs remontent. « Vous vous rappelez en 73 pendant la guerre, quand on devait occulter les phares des voitures la nuit ? », raconte David. « Et quand ton fils
avait fait sa bar-mitzva en janvier 91 ? On était tous à la synagogue avec les masques à gaz ! », lui répond Rachel. Chaque génération a sa guerre : Indépendance, Kippour, Golfe. Il y a aussi ceux qui ont traversé la seconde Intifada des années 2000. La guerre de 2023 n’a pas encore de nom. Mais elle réveille chez les Israéliens comme un sens de continuité. Ce n’est pas terminé. Il faut se lever une nouvelle fois, il faut se battre. Il faut tenir. Espérer aussi. En regardant tout ce qui a été accompli. En n’oubliant pas que même le mauvais a une fin. C’est une forme de résilience qui remonte encore plus loin que l’État, car cette fois, ce qui s’est passé ramène aux émeutes d’Hébron et de Jérusalem il y a un siècle, aux combattants des kibboutz du Gush Etsion, capturés par les Jordaniens en 1948, et plus loin encore aux pogroms d’Europe de l’Est et aux massacres dans les pays arabes. « On a surmonté Pharaon, on surmontera ça aussi », une phrase qui resurgit à chaque nouvelle épreuve. C’est comme un nouveau pacte social, signé dans le sang, qui se reforge presque instantanément pour affronter le même ennemi, même quand il change de nom. On resserre les rangs, on prend sur soi et on avance. TOUJOURS SE RELEVER Dans le petit square de Jérusalem, les cris des enfants résonnent comme tous les chabbat. Près d’eux, les parents qui discutent, sont comme tous les parents, sauf que certains ont un fusil Tavor en bandoulière, parce qu’ils sont juste en permission et que leur unité peut les rappeler à tout moment. Mais ça ne fait rien. Chacun doit remplir sa mission. Pas question pour les plus grands de renoncer au match de foot hebdomadaire avec les copains. Pas question pour les adultes de renoncer à ces instants de normalité. Arié, père d’un bout de chou de deux ans, a sa façon à lui de résumer la situation. Il montre sa fillette dans l’aire de jeux : « Quand on me demande si ma fille, c’est celle qui tombe tout le temps, je réponds non. C’est celle qui se relève tout le temps ». n Pascale Zonszain
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guerre virale sur les réseaux sociaux
ACCABLANT La
Un rapport de l’agence NewsGuard, publié le 26 octobre, a montré que des vidéos violentes de propagande du Hamas ont cumulé des millions de vues sur TikTok, X et Meta, malgré l’engagement affiché par les plateformes à contrôler davantage leurs contenus.
N
ewsGuard est une start-up dont la mission est d’apporter « plus d’informations aux personnes sur leurs sources qu’elles découvrent en ligne ». L’analyse et la notation sont effectuées par des humains et des experts et non par des algorithmes. Dans une étude récente, NewsGuard a quantifié le nombre de vidéos de propagande célébrant les Brigades Ezzedine al-Qassam, filmées en images GoPro en plan subjectif (qui montre ce que voit le regard des terroristes) postées sur Telegram puis diffusées sur les plateformes X, Meta et TikTok. Et ce, alors même que l’Union européenne a ouvert une enquête les visant pour diffusion de contenus à caractère terroriste en ligne dans le cadre du conflit Israël-Hamas, illé-
gaux au regard du règlement de l’UE (2021/784). Malgré les bannissements et autre « tolérance zéro » déclarés par ces plateformes, NewsGuard a identifié 337 contenus choquants et violents qui ont généré 3,61 millions de vues du 7 octobre au 20 octobre 2023 : terroristes donnant des coups de pied et photographiant un cadavre gisant dans une mare de sang, membre du Hamas piétinant le visage d’un soldat israélien et le prenant en otage, membres du Hamas en treillis portant des fusils et poussant un bébé en pleurs dans une poussette à l’intérieur de ce qui semble être une maison israélienne prise d’assaut, et des terroristes traînant des soldats par leurs gilets sur un chemin de terre. L’étude montre que « les vidéos identifiées par NewsGuard sur les principales plateformes ont généré des centaines de milliers de vues. Par exemple, la vidéo d’un membre du Hamas piétinant le visage d’un soldat a été visionnée 316 000 fois sur X, 123 000 fois sur TikTok et 19 000 fois sur Facebook en 13 jours. La vidéo était souvent accompagnée de légendes en arabe et en anglais,
L’UE a ouvert une enquête visant les plateformes Meta, X et TikTok telles que al-Qassam est la fierté de la Palestine » expliquent Steven Brill et Gordon Crovitz, co-directeurs de la rédaction de NewsGuard. NewsGuard a également constaté que si la recherche sur TikTok du terme Brigades al-Qassam, en anglais ou français, génère le message « cette phrase peut être associée à un contenu qui enfreint nos consignes », une recherche en arabe renvoie en revanche à des centaines de vidéos.
T ikTok a supprimé quatre des vidéos du Hamas pour lesquelles NewsGuard demandait des explications, et a demandé une liste des vidéos illicites repérées par l’agence. L’électricité ayant été coupée à Gaza, des organisations propalestiniennes ont demandé à Elon Musk de rétablir Internet. Celui-ci se serait engagé à mettre à disposition le système de communication Starlink, comme en Ukraine, pour les ONG « reconnues », s’imposant ainsi en tant qu’acteur privé au sein d’un conflit. Devant l’ire du ministre israélien des Communications, il a promis d’établir un « contrôle de sécurité » avant toute initiative. Si Starlink (petits satellites en orbite basse, antennes et terminaux au sol, accès à Internet via l’antenne, connexion depuis des endroits reculés) est déployé à Gaza, il n’existera aucun moyen d’empêcher le Hamas de l’utiliser contre Israël. Question : pourquoi Elon Musk, réputé pour ses talents de stratège, fait-il semblant de l’ignorer ? n Esther Amar
Le « Digital Services Act », arme fatale de l’UE RÉGLEMENTATION S La surveillance et la régulation de l’espace informationnel sont-elles efficaces ? Avec le « Digital Services Act », les géants d’Internet seront directement frappés au portefeuille.
ans complexes, des millions de personnes expriment ouvertement leur haine des juifs sur Internet. Les réseaux sociaux sont ainsi devenus une caisse de résonance mondiale du conflit Israël-Hamas. Le week-end dernier, un individu a appelé sur TikTok au meurtre de juifs et à s’attaquer à des lieux de culte, en désignant nommément le rabbin Benchetrit. Les signalements sur Pharos ont été si nombreux que la police l’a interpellé le 29 octobre dernier et il va être jugé. Au Canada, l’avocate Vivian Bercovici évoque « des individus cartographiant des maisons avec des mezouzot qui les postent
sur Internet ». Au Daghestan, où un pogrom a failli se produire, des individus ont mis en ligne les noms et les adresses de rabbins. Des jeunes enfants et des adolescents répètent les slogans des organisations terroristes sur TikTok. Thierry Breton, commissaire européen chargé du marché intérieur, l’affirme : « ce qui est illégal hors ligne, est illégal en ligne ». La nouvelle réglementation européenne, le Digital Services Act (DSA) contraint depuis août dernier les plateformes à communiquer le nombre de modérateurs et de contenus illicites supprimés. Les obligations entreront en application le 17 février 2024.
En cas de non-respect du DSA, la Commission pourra infliger des amendes aux plateformes pouvant atteindre jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial. En France, le Pôle d’expertise de la régulation numérique (Peren) hébergé par le ministère de l’Économie est dirigé par Nicolas Deffieux. Son équipe de petits génies en IA et en informatique crée des dispositifs techniques : filtre anti-arnaques, bannissement des réseaux sociaux ou blocage administratif des sites pornos accessibles aux mineurs. Sa mission : aider les autorités dans l’exercice des nouvelles régulations applicables aux plateformes numériques.n E.A.
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Le journal Le Monde reconnaît avoir « manqué de prudence » sur l’hôpital de Gaza DÉSINFORMATION Après avoir condamné Israël pour les frappes contre l’hôpital de Gaza, une partie de la presse a accepté de faire amende honorable, tandis qu’une autre semble plus précautionneuse dans le choix de ses mots.
«
L
e Monde doit des explications à ses lecteurs sur la façon dont a été traitée l’explosion meurtrière survenue, mardi 17 octobre, dans un hôpital de Gaza », a reconnu la direction de la rédaction du quotidien dans une note adressée à ses lecteurs, mise en ligne le 24 octobre. « Les investigations sur l’origine de ce drame continuent, mais ces éléments
Certains prennent pour argent comptant une information qui va dans le sens de leur idéologie concordants nous conduisent aujourd’hui à considérer que nous avons manqué de prudence, le 17 octobre, en reprenant les informations sur cette explosion en provenance du Hamas », reconnaît-elle. « Nous serons amenés à rappeler régulièrement, dans nos publications, que certaines informations en provenance de la bande de Gaza, notamment les bilans des pertes humaines, ne peuvent être vérifiées.
Pour être clairs sur l’origine de ces bilans, nous avons également décidé de faire évoluer la manière dont nous les présentons en indiquant désormais qu’ils émanent du ministère de la Santé de la bande de Gaza « administrée par le Hamas », promet-elle encore. La démarche qui mérite d’être saluée tant le quotidien est réputé pour son traitement partial des sujets qui concerne le Proche-Orient est aussi révélatrice de la gravité de l’erreur commise par une grande partie de la presse dans son traitement de cette affaire. « De nombreux acteurs sont venus en poussant des récits définitifs sur ce qui s’était passé, or il y a jusqu’à aujourd’hui des zones d’ombre», confirme le spécialiste du traitement numérique et de l’extrémisme en ligne, Tristan Mendès France. « Certains individus en ligne ont, du fait de leurs biais propres, tendance à prendre pour « argent comptant» une information qui va dans le sens de leur propre narratif ou de leurs intérêts idéologiques. Ce qui est aussi effarant, c’est de considérer que l’information provenant du Hamas, un groupe terroriste, puisse être considérée comme fiable. Il y a là un vrai questionnement », analyse-t-il encore. À l’instar du mea culpa du Monde, d’autres médias semblent être devenus plus précautionneux. « Selon le groupe terroriste du Hamas, les bombardements israéliens à Gaza pour « anéantir » le Hamas ont fait plus de 7000 morts », précisait ainsi Le Figaro dans une dépêche cosignée avec l’AFP, publiée sur son site jeudi 26 octobre. L’AFP qui, dans un long texte, a tenté d’expliquer pourquoi elle refusait de qualifier les actions du Hamas de terroristes, en
prétextant que sa mission était de « rapporter les faits sans porter de jugement ». Ce à quoi bon nombre d’internautes lui ont rappelé que l’utilisation du terme ne lui avait jamais posé problème pour évoquer Al-Qaïda, Boko Haram ou les attentats de Paris. Avérée, la guerre de l’information qui s’est enclenchée en même temps que l’attaque barbare du Hamas le 7 octobre oblige les organes de presse comme quiconque publiant ou transférant des informations sur les réseaux
sociaux à faire preuve de prudence dans ses annonces et de discernement dans le choix de ses sources. « Il faut essayer de prévenir tous ceux qui sont exposés à ce tsunami d’images et de récits en ligne de prendre le temps. D’attendre, pourquoi pas, que les médias sérieux aient pris le temps de baliser l’information et d’essayer de conscientiser les utilisateurs des plateformes sociales, d’essayer de ne pas trop réagir de façon épidermique au contenu », rappelle Tristan Mendès France. n Laëtitia Enriquez
FRANCE
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Pages réalisées par
Sarah Bismuth
Ramenez-les À la maison
L
e 23 octobre, le CRIF initiait un voyage de solidarité en présence des grandes institutions juives françaises, dans les localités victimes des massacres du 7 octobre, afin qu’elles témoignent à leur retour. Avec l’aide du Headquarters of Hostages and Missing Families - le collectif mis en place par les familles des otages - le CRIF a organisé, mercredi dernier, la venue de quatre membres de familles de captifs pour leur donner un visage et sensibiliser le Sénat, l’Assemblée nationale et les médias, sur leur sort. « L’actualité passe vite, si on ne met pas régulièrement un coup de projecteur sur les otages, les Français vont passer à autre chose. On a besoin de faire des piqûres de rappel. Ça peut être la visite de familles, des portraits dans les mairies, des opérations coup de poing, mais il faut que la question des otages reste dans l’actualité », assure Yonathan Arfi, le président du CRIF. D’autres délégations de familles voyagent dans plusieurs pays européens, notamment en Allemagne, en Espagne, au Danemark, en Autriche, aux Pays-Bas, ou encore en Belgique, dans le même objectif : garder les consciences en éveil. « Le CRIF a vocation à accueillir en France régulièrement et aussi longtemps que nécessaire des délégations, des membres de familles. Il aidera et fera tout son possible pour garder ce sujet dans le débat public », précise Yonathan Arfi. Robert Ejnès, directeur du CRIF, abonde : « il est important que leur message soit porté ici, il a été clair et il est important que chaque otage ait un nom, une histoire. Ce sont des citoyens, ils n’ont rien fait d’autre que de vivre tranquillement. Le message des familles est fort : il faut libérer tous les otages quelle que soit leur nationalité ».
Shani et May « Notre sœur, Eden Yerushalmi, était barmaid au festival Nova » « Voici notre sœur Eden sur cette photo. Elle a eu 24 ans à Gaza, le 7 octobre. Elle travaillait comme barmaid au festival Nova et à 7h30 du matin, Eden nous a appelées, apeurée. On entendait des cris et des tirs, et elle nous disait que des terroristes tiraient sur les festivaliers. Nous avons essayé de la guider, et elle s’est d’abord réfugiée dans une voiture à côté des corps de ses amis. Eden a essayé d’être silencieuse mais elle avait peur qu’ils l’entendent. Alors, elle est sortie de la voiture et s’est cachée dans un
buisson pendant 2 heures, en position fœtale, mais le buisson était trop petit. Nous sommes restées au téléphone jusqu’à ce qu’elle nous annonce qu’elle entendait les terroristes venir vers elle pour la prendre. On a su que c’était son dernier instant et son dernier mot a été : « Shani, ils m’ont eue ». Eden avait prévu un voyage de six mois en Amérique du Sud avec ses amis, elle adore voyager. Le lendemain de l’attaque, elle devait commencer son voyage en partant vers la Grèce pour y fêter son anniversaire ».
Ofir « Mon cousin, Ity Svirsky, a été enlevé au kibboutz Be’eri » « Mon cousin Itay, 38 ans, coach de yoga à Tel Aviv, est parti passer les fêtes chez sa famille au kibboutz Be’eri, pour célébrer les 96 ans de notre grand-mère. Samedi matin, j’ai été réveillée par les sirènes à Tel Aviv et j’ai pris tout de suite mon téléphone pour avoir des nouvelles de ma famille habitant près de Gaza. On a reçu un message de ma tante, la mère d’Itay, demandant de prier car elle avait entendu des coups de feu et des cris de terroristes dans la rue. Ils n’avaient plus d’électricité, donc pas de télé pour savoir ce qu’il se passait. Ils avaient entendu un terroriste
chez leur voisin et là, le père d’Itay nous a demandé d’appeler de l’aide, ce fut son dernier message. À 10h48, ma tante nous a envoyé un cœur et ce fut son dernier message. À 11h40, notre grand-mère de 96 ans a envoyé un message en nous disant sa peur parce qu’ils étaient chez elle. Ce fut son dernier message. En quelques heures, j’ai perdu une grande partie de ma famille. Je ne peux même pas expliquer ce qu’on ressent, c’est inexplicable. Itay, lui, a été enlevé. Il faut qu’il revienne, pas seulement parce qu’il est binational, il faut que tous les otages reviennent ».
Moran Betzer-Tayar « Mon neveu, Yagev Buchstav, et sa femme, Rimon Kirscht, sont musiciens et d’une gentillesse infinie » « Mon neveu Yagev et sa femme Rimon ont été kidnappés par les terroristes après s’être cachés pendant deux heures dans leur abri. Rimon a envoyé un dernier message vocal à sa mère. Il dit qu’elle a très peur, qu’elle entend le son des armes, qu’elle l’aime et qu’elle est désolée. Des heures plus tard, quand l’armée israélienne est arrivée, elle a demandé aux habitants de se rassembler. Les parents de Yagev et sa grand-mère ayant survécu, ils ont demandé aux soldats de les accompagner
pour voir si leurs fils et sa femme étaient en vie. Ils ont vu des traces de balles, les vitres brisées, aucune trace d’eux et aucune trace de leurs corps. Les militaires ont alors annoncé qu’ils avaient été enlevés. Depuis, la famille ne dort plus, ne mange plus, et nous pleurons. Nous pensons seulement à une seule chose, comment les ramener ? Leur petite maison était remplie d’amour et ouverte à tout le monde, ils sont musiciens et d’une gentillesse infinie. Ils ont une relation unique ».
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LÂCHER DE BALLONS À LEVALLOIS ET EN NORMANDIE POUR LES OTAGES
L’ACCIL de Levallois-Perret en collaboration avec le Collectif 7 octobre, a organisé, dimanche 29 octobre, une exposition éphémère de midi à 15H sur le parvis de la mairie de la ville, partenaire de l’initiative. Les personnalités de la communauté, les élus et les 1 500 personnes présentes, ont pu découvrir 229 ballons bleus et blancs tenus par des bénévoles, au pied desquels étaient imprimés les portraits des otages. L’objectif était de sensibiliser l’opinion publique.
LEURS VISAGES, SUR LES MAIRIES ET PLACE DU TROCADÉRO
L’événement, immersif et empli d’émotion, s’est terminé par les hymnes français et israélien tout en scandant « On ne vous oublie pas ! ». La même initiative a été co-organisée par le collectif avec Elisa Meier-Chetrit et la Wizo Normandie, sur les plages du débarquement de Normandie, à Ouistreham. « Le lieu choisi était symbolique, au lieu de bénévoles, ce sont des baskets qui maintenaient les ballons au sol. Les citoyens enlevés sont entravés », explique Samuel Athlan, co-fondateur du collectif.
Les visages des otages ont été projetés sur plusieurs mairies parisiennes dont celles du XIXe, de Paris Centre et sur le parvis de l’Hôtel de Ville. Les documents avaient été préparés par le collectif 7 octobre, créé après l’attaque, et qui réunit plus de 600 bénévoles. Ayant récolté une immense quantité de photos et de données concernant chaque personne kidnappée, avec la permission des familles, le collectif œuvre pour créer les affiches qui sont vues partout en France. Ils les laissent à disposition de tous et sont parfois les instigateurs, voire les intermédiaires de nombreuses initiatives depuis trois semaines. « Nous sommes apolitiques, décentralisés et surtout citoyens, notre but est que les gens ne détournent pas la tête en voyant ces citoyens qui ont été enlevés, dont le
plus jeune a 9 mois », explique Samuel Athlan, co-fondateur du collectif. Le 25 octobre, ont été projetées les photos des otages sur le musée de l’Homme, place du Trocadéro à Paris. « Nous n’avons pas décidé cette initiative, ce sont des personnes anonymes qui l’ont mise en place. Nous avons fourni les images et avons été le relais de cet acte citoyen pour mettre un nouveau coup de projecteur sur les otages ». Ils distribuent également des tracts.
Mardi 31 octobre, s’est tenue à la synagogue de la Victoire une soirée de rassemblement de la communauté juive, tous courants confondus, visant le même but : la libération des otages. Plusieurs députés, sénateurs et élus ont participé à cette soirée dédiée à la libération des captifs en présence de plusieurs membres des familles des kidnappés. Plus tôt dans la journée, les
familles étaient reçues à l’Assemblée nationale et à la mairie de Paris. Le président des bâtonniers israéliens, Amit Bekher, a évoqué la question des droits de l’homme et du droit des prisonniers de guerre. L’événement s’est clôturé par les prières pour Israël, les soldats, la République française, la libération des otages et les hymnes nationaux respectifs.
© Tsafrir Abayov
SOIRÉE D’UNITÉ À LA VICTOIRE EN PRÉSENCE DES FAMILLES
QUALITA SE MOBILISE POUR
LES FAMILLES DU SUD
OPÉRATION « POUSSETTE VIDES »
En raison de la situation actuelle en Israël, Qualita a décidé de soutenir les familles nécessiteuses du sud particulièrement touchées par la guerre. Si vous aussi vous souhaitez nous aider à être là pour eux, participez à la collecte sur le lien suivant :
www.allodons.fr/israel-tsedaka-by-qualita
Après avoir mené son opération « Table de chabbat» en l’honneur des otages pour le chabbat du 20 octobre, le CRIF a organisé une deuxième opération coup de poing le 26 octobre.
Face au Champ de Mars, à Nice et à Marseille, trente poussettes vides ont été disposées, contenant les photos des trente enfants kidnappés, des bébés jusqu’aux adolescents. Le
but, « mettre des visages et des noms sur ces enfants kidnappés pour garder les cœurs et les consciences en éveil sur leur destin », explique Yonathan Arfi, président du CRIF.
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Des médecins français en Israël avec le
Magen David Adom
SOLIDARITÉ
Stella est médecin généraliste et exerce dans le sud de la France. Elle est membre de l’Unité internationale du MDA depuis plusieurs années. Horrifiée par les événements du 7 octobre, elle a décidé de se rendre utile à Israël.
S
tella a été contactée par le responsable du Magen David Adom dans sa région : « Il m’a demandé si je pouvais partir en tant que bénévole pour aller aider les secouristes du MDA, et je n’ai pas hésité. J’ai voyagé avec quatre autres médecins français », raconte-t-elle.
En direct des réseaux
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ubliée sur le compte Instagram @olimfrancophonesdetlv, une vidéo de Caroline Elbaz a été vue des dizaines de milliers de fois ! Les olim de France de la Ville blanche connaissent très bien cette femme courageuse et pleine de vie. Caroline Elbaz a 92 ans. Rescapée de la Shoah, elle raconte son histoire en français lors des cérémonies de Yom HaShoah. Les mots qu’elle prononce dans cette vidéo résonnent encore dans tous les esprits : « Mes amis, mes frères, c’est encore mamie Ca-
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actualitejuivehebdo actualitejuivehebdo actualitejuivehebdo à Ashkelon », explique Stella. Ces médecins ont eu à faire face à des cas de stress traumatique secondaire liés à la guerre et aux roquettes. « Nous avons soigné un blessé d’un accident de la route lié à une roquette tombée à proximité, mais nous avons également pris en charge une jeune
Les médecins ont eu à faire face à des cas de stress traumatique liés à la guerre Le groupe est arrivé en Israël le dimanche 15 octobre pour une mission de soutien aux bénévoles du MDA de huit jours « Nous sommes intervenus dans le sud d’Israël. Notre rôle était de renforcer les équipes du MDA pour des opérations de routine à Ashdod et
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fille qui a fait un arrêt cardiaque », poursuit Stella. L’équipe de bénévoles français n’a pas eu à s’occuper des blessés du conflit. Un groupe de bénévoles canadiens est également venu en Israël pour soutenir le MDA et d’autres Français devraient arriver
prochainement dans le pays. « C’est la première fois que je viens dans ces conditions. En règle générale, les Israéliens n’ont pas besoin de nous et se débrouillent très bien tout seuls. Là, ils nous ont appelés et nous sommes venus tout de suite », confie Stella. Elle a ressenti une tristesse infinie dans le pays mais elle garde en mémoire l’immense courage des équipes du MDA : « Ils chantent, ils dansent et n’ont pas peur. Ils veulent constamment aller au front pour aider les autres. Nous n’avons jamais été seuls, nous avons été soutenus ». Elle salue la solidarité exemplaire et à toute épreuve de la société israélienne : « C’est l’âme même du peuple juif ». n Raphaël Hassine
Pour soutenir le Magen David Adom : https://www.mda-france.org
Caroline Elbaz
a un message pour vous…
roline qui veut vous parler. J’ai pris toute la force que j’ai pour pouvoir vous parler. Parce que vous savez que je suis une rescapée de la Shoah. J’ai passé ce que vous êtes en train de passer aujourd’hui. Je voudrais simplement que vous ayez du courage, que vous ayez la force, la force que j’ai eue, moi, pendant la guerre de 39-45 », déclare-t-elle avec émotion. Dans cette vidéo devenue virale, elle lance un appel à relever la tête après cette tragédie, à prier et à être fier d’être juif et israélien. « C’est très
dur pour vous, c’est encore plus dur pour moi. Je suis là pour vous donner du courage parce qu’il y a beaucoup d’êtres chers qui sont partis. Bien sûr, on va les pleurer, on les pleure, je les pleure encore […]. Je suis venue de la Shoah en Israël, je resterai ici jusqu’à mes derniers jours, j’ai 92 ans, je n’en ai plus pour longtemps, mais je suis là », ajoute Caroline Elbaz. Depuis la publication de cette vidéo, elle reçoit des centaines de messages pour la remercier de cette leçon de vie si R.H. réconfortante. n
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Yossi Taieb :
« Nous devons être forts et unis »
ENTRETIEN
Vous avez récemment reçu une délégation de députés français. Comment s’est passée cette réunion ?
La Knesset a ouvert une cellule de crise composée d’équipes de plus de cent députés. Le député du Shass, Yossi Taieb, dirige sa section francophone. Le point.
Y.T. : Il faut donner du crédit à la Fondation Elnet, qui effectue un travail extraordinaire et qui a organisé cet événement. Il y a 70 groupes d’amitié à la Knesset. Le plus grand groupe d’amitié est le groupe Israël-France, avec 29 députés membres. Manuel Valls était à la tête de cette délégation ; ces députés nous ont apporté un soutien inconditionnel et cela nous a fait chaud au cœur. Ils ont qualifié le Hamas de mouvement terroriste. Ces élus nous ont aussi questionnés sur les suites de la guerre et l’après-Hamas. Nous avons également évoqué le dossier iranien.
Quel est le rôle d’un député israélien pendant cette période ?
Yossi Taieb : Je suis président de la Commission de l’éducation, des cultures et des sports. Je travaille sur des dossiers comme la réouverture des écoles, l’enseignement par Zoom pour les élèves des écoles du nord du pays qui sont fermées et la création de structures scolaires dans les hôtels qui accueillent des familles réfugiées. Nous nous sommes
La chronique éco
DU DR DANIEL GUGENHEIM Conseiller économique et financier des olim pour Qualita, Qualitime et Mitsouy zekhouyot
La note de crédit des Israéliens ne sera pas affectée par la guerre
D
également battus pour l’éducation non formelle et nous avons obtenu que les mouvements de jeunesse puissent continuer d’œuvrer. Nous sommes évidemment soumis aux
considérés comme des facteurs négatifs, comme par exemple le report d’un remboursement, ne seront pas pris en compte. Enfin, la Banque d’Israël a profité de cette annonce pour appeler ceux qui ont contracté un prêt à examiner avec l’organisme qui leur a accordé leur crédit la possibilité, en cas de besoin, d’étaler les remboursements pour éviter les retours de chèques impayés ou le dépassement de la ligne de crédit autorisée. Les renseignements figurent à l’adresse Internet ci-dessous, ou peuvent être obtenus au numéro de téléphone *6194. La Banque d’Israël étant également le régulateur des distributeurs de cartes de crédit, toutes ces ordonnances les concernent aussi. Le ministre de la Justice a, pour sa part, signé des décrets qui empêchent de bloquer pour cause de chèques impayés les comptes de ceux qui sont touchés par la guerre, jusqu’à une durée de six semaines après son commencement. n
epuis 2017, chaque Israélien est noté selon son passé économique, ce qui conditionne l’octroi d’un prêt et son taux. La Banque d’Israël, qui est chargée de gérer la base de données recueillant les informations à ce sujet, a exigé des différents organismes qui lui fournissent les renseignements négatifs d’identifier ceux qui sont provoqués par la situation de guerre. De plus, tous les allègements que les instituts de crédit et le secteur bancaire prodiguent pendant cette période et qui d’habitude sont https://www.boi.org.il/bank-of-israel/iron-swords/
instructions du commandement du Front intérieur.
Quelles sont vos actions en faveur des olim de France ?
Y.T. : Nous avons mis en place un département francophone au sein de la cellule de crise téléphonique de la Knesset. Celle-ci comprend plus de 300 personnes et le département francophone, que je dirige, est composé de 12 personnes. La ligne est ouverte de 9h à 20h du dimanche au jeudi, et de 9h à 13h le vendredi. Il y a des doléances urgentes et nous les traitons au-delà des horaires d’ouverture de la ligne. J’essaie d’être joignable le plus possible. Toutes les équipes des députés sont mobilisées pour répondre aux demandes.
Quelles sont les principales demandes ?
Y.T. : Nombreux sont ceux qui appellent pour faire des dons ou du bénévolat. On enregistre beaucoup de demandes concernant l’état civil, par exemple, des demandes de passeport. Nous recevons aussi des appels relatifs à l’éducation, de la part d’olim qui ne comprennent pas les instructions du ministère de l’Éducation. Certaines personnes appellent également parce qu’on leur a annulé d’importants rendez-vous médicaux et qu’elles ne savent pas quoi faire.
Quel message souhaitez-vous adresser à nos lecteurs en cette période ?
Y.T. : Nous vivons une période difficile. J’appelle vos lecteurs à nous contacter et à nous faire part de leurs doléances. Nous ne
Toutes les équipes des députés sont mobilisées pour répondre aux demandes souhaitons pas frapper les civils gazaouis, nous ferons tout pour éliminer le Hamas, avec l’aide des nations qui nous soutiennent. Cette guerre sera longue et nous fera sûrement mal, mais Israël vaincra. Nous devons être forts et unis. La société israélienne a connu une vraie fracture en son sein. Cette tragédie nous a tous fait réfléchir. Aujourd’hui, il y a une véritable union au sein de la Knesset et de la société israélienne.n Propos recueillis par Raphaël Hassine
Cellule de crise pour les francophones à la Knesset : +972-2-640.80.18. E-Mail : doleances.yossitaieb@gmail.com
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Optical Center offre plus de 5 000 paires de lunettes aux soldats de Tsahal GÉNÉROSITÉ Optical Center a lancé une opération de solidarité pour offrir des lunettes ou des lentilles de contact aux soldats de Tsahal. Naomie Ayoun, directrice audiologie de l’enseigne, nous présente cette action exceptionnelle.
N
«
ous avons eu l’idée de cette opération car nous connaissons des soldats qui ont été appelés le samedi 7 octobre et qui, dans l’urgence, ont oublié d’emporter avec eux leur paire de lunettes ou leurs lentilles de contact. Beaucoup ont
également cassé leurs lunettes pendant les combats », explique Naomie Ayoun. Optical Center propose à tous les soldats au front de leur fournir gratuitement des lunettes ou des lentilles de contact. La marque a diffusé l’annonce de cette initiative sur ses réseaux sociaux et elle reçoit énormé-
Le centre médical Hadassah veut créer un hôpital souterrain médical Hadassah de Jérusalem se bat pour sauver des vies dans ses centres d’urgence et de traumatologie. Il lance aujourd’hui un grand projet.
H
adassah souhaite créer des services dans des espaces souterrains pour mettre les patients à l’abri des roquettes. L’objectif est de pouvoir accueillir 100 patients au niveau -3, dans un parking sous l’hôpital. « Ils veulent créer un service d’urgence et un service de blocs opératoires protégés des bombes », explique le professeur Emmanuel Messas, président de Hadassah France. Hadassah, le plus grand hôpital du Moyen-Orient, et donc a fortiori d’Israël, se retrouve en première ligne pour accueillir le plus de blessés possible et sauver un maximum de vies. Le centre médical accueille de plus en
DR
SANTÉ Le centre
plus de blessés des hôpitaux du nord qui sont évacués dans le centre du pays. L’hôpital doit également augmenter dans l’urgence la capacité d’accueil de son centre de rééducation. Il n’y a actuellement que 32 lits au sein de ce service et Hadassah souhaite en ajouter 100. « Tous les blessés qui seront malheureusement amputés, qui auront des troubles de la mobilité, qui auront des troubles neuropsychiatriques, seront pris en charge dans ce centre. C’est le seul centre de rééducation de tout Jérusalem », précise le professeur Emmanuel Messas. L’hôpital Hadassah
a besoin de 3 millions d’euros pour développer ce projet primordial pour les blessés. Une campagne de dons a été lancée par Hadassah International. Cette association, qui recueille de l’argent pour le centre médical, est présente partout dans le monde à l’exception des États-Unis. En effet, l’hôpital a été fondé et il est géré par l’association américaine The Women’s Zionist Organization of America. « Hadassah International est une entité à part qui, en accord avec l’hôpital sur des projets bien précis, participe à la levée de fonds. Plus que jamais, l’hôpital a besoin de vous ! », assure le professeur Emmanuel Messas. n R.H. Pour soutenir la campagne https://www.allodons.fr/ hadassah-urgence-israel
ment de demandes. L’opération a débuté le mardi 10 octobre. « Du jour au lendemain, les équipes d’Optical Center se sont mobilisées pour cette action ! », raconte Naomie Ayoun. Depuis le lancement de l’opération, Optical Center a déjà distribué gratuitement plus de 5 000 paires de lunettes à des soldats. « Nous avons réalisé que souvent les soldats ne pouvaient pas sortir de leur base pour venir chercher les lunettes. Nous proposons aux familles et aux amis de venir les récupérer, mais toutes les familles ne savent pas où sont basés les soldats ou n’ont pas la possibilité de leur rendre visite », ajoute Naomie Ayoun. Optical Center a donc décidé de mettre
son OC Mobile – un camion équipé avec le matériel nécessaire pour réaliser des examens de la vue et monter des lunettes – à disposition pour cette opération : « Des volontaires ont été à Be’eri, au plus près des soldats, pour poursuivre cette mission. Chez Optical Center, nous disons souvent que notre mission n’est pas seulement de donner la vue et l’audition, mais d’apprendre à bien voir et entendre le bien, et je l’ai vécu pleinement. Nous avons reçu de nombreuses bénédictions de soldats », conclut Naomie Ayoun. Au-delà de l’aide matérielle, cette opération a permis de réchauffer le cœur des soldats de Tsahal. n Raphaël Hassine
www.optical-center.co.il Dans la région sud : 054-8193369 Dans la région nord : 052-8240031 Dans la région centre : 058-5201014 À Jérusalem : 054-6901177
Notre mission n’est pas seulement de donner la vue et l’audition mais d’apprendre à voir et entendre le bien La carte postale
D’ÉLIANA GURFINKIEL Journaliste
Un peuple formidable « Nous avons les dirigeants que nous méritons. » Combien de fois, ces dernières années, avons-nous entendu cette phrase lors des différentes crises politiques dont Israël a souffert ? On nous a ressassé en permanence que le temps des êtres remarquables, des personnalités d’acier, était fini depuis longtemps. Mais le soir se fit, le matin se fit, et la journée du 7 octobre arriva. Quelques dizaines de jours après ces terribles attaques, tout s’est transformé et une image très nette se dessine : notre peuple est fait de personnes formidables. Il y a
d’abord toutes ces forces de l’ordre qui se sont battues comme des lions pour protéger malgré tout nos citoyens et nos frontières. Il y a tous ces civils qui n’ont pas hésité à braver le danger et à descendre dans le Sud pour défendre leurs frères. Il y a tous ces soldats réservistes qui ont tout lâché pour prendre position aux frontières du pays. Il y a toutes ces mères de famille qui tiennent le front familial sans (trop) se plaindre. Il y a tous ces bénévoles qui courent à droite et à gauche, cherchant à aider par tous les moyens.
Il y a nos frères de l’étranger qui ne respirent plus mais qui lancent opération sur opération pour nous témoigner qu’ils sont là. Il y a tous ces couples qui, au lieu d’annuler leur mariage, décident de le maintenir coûte que coûte, même en tout petit comité ou dans les bases militaires, pour prouver au monde que nous choisirons toujours la vie. Alors oui, nos leaders n’ont peut-être pas su être à la hauteur ; mais ce qui est sûr, c’est que nous sommes un peuple formidable, et que nous avons les hommes et les femmes que nous méritons.
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N° 1710 - 2 novembre 2023
Nathalie Ohana : « Cela fait du bien de
sentir que nous ne sommes pas seuls »
INITIATIVE
très grosse charge émotionnelle a été stockée et n’a pas pu sortir.
Nathalie Ohana, spécialiste en développement personnel et autrice du livre Réveiller ma mère, a créé un cercle de parole quotidien sur Zoom.
Qui sont les participants ?
N.O. : Certaines personnes sont là tous les jours, en particulier des personnes âgées qui ont besoin d’avoir un rendez-vous repère. Il y a une majorité écrasante de femmes, très peu d’hommes, et ces femmes sont souvent seules. Elles ont besoin de contact et de parler de leurs peurs.
: Pourquoi avez-vous lancé ce cercle de parole ?
Nathalie Ohana : J’interviens au quotidien dans des entreprises pour améliorer la dynamique d’équipe. Je fais aussi du coaching pour des particuliers, et j’organise des ateliers d’écriture et de théâtre. Depuis le 8 octobre, j’ai pris l’initiative de donner un rendez-vous quotidien gratuit d’une heure par Zoom. Ce
cercle de parole libre est également ouvert aux personnes qui sont en France. Je veux aider à libérer la parole pour que les participants ne développent pas de symptômes de post-trauma. Nous avons vingt-huit jours pour intervenir après un choc. Le traumatisme se génère lorsqu’une
Vous accueillez également des participants non juifs : racontez-nous.
N.O. : Oui, des Français non juifs écoutent des témoignages de participants israéliens et leur apportent leur soutien. Je demande aux Israéliens de raconter ce qu’ils vivent. Il y a des parents dont les enfants sont au front, des femmes dont les maris ont été appelés en
tant que réservistes, des personnes âgées qui n’osent plus sortir de chez elles. Une participante française catholique a raconté que depuis le 7 octobre, une prière pour Israël était organisée dans son église.
Que diriez-vous à ceux qui hésiteraient à participer à votre cercle de parole ?
N.O. : Je crée un cadre bienveillant, authentique et confidentiel. L’anonymat est préservé. Nous avons vécu un drame collectif, très différent des drames vécus à l’échelle personnelle. Nous avons tous été percutés, nous sommes tous en deuil, et cela fait du bien de partager son deuil et de sentir que nous ne sommes pas seuls.n Propos recueillis par Raphaël Hassine
Inscriptions sur le site www.nathalieohana.com
ISRAËL EST EN GUERRE 100% LAHAYAL SE MOBILISE POUR APPORTER TOUT CE QUE LES SOLDATS
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partis pris
{ Résolutions } Christophe BARBIER
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Gaza : Greta Thunberg cache sa pieuvre
P
eut-être l’heure de la retraite médiatique a-t-elle sonné pour Greta Thunberg ? Sans doute à la recherche d’une nouvelle cause à défendre, la passionaria du réchauffement climatique a posté sur son compte X (ex-Twitter) un message de « solidarité avec la Palestine et Gaza ». Le message était accompagné d’une photo de l’adolescente où apparaissait une pieuvre en peluche bleue. De nombreux internautes ont souligné que la « pieuvre juive » est l’un des éléments traditionnels de la caricature antisémite. Greta Thunberg a recadré sa photo pour dissimuler l’objet du scandale. Le ministère suédois de l’Éducation, qui n’a guère apprécié, a annoncé qu’il retirait toute référence à la jeune militante du climat dans ses programmes pédagogiques. Les autorités israéliennes en ont fait tout autant.
Les Munichois
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uand la guerre fait entendre son fracas, les démocraties qui se croient à l’abri doivent se méfier d’une surdité pernicieuse : l’esprit munichois. Il consiste à ne plus nommer l’ennemi, à ne plus le distinguer même ; il mène à croire qu’on éloigne le danger en décrétant qu’il n’est pas dangereux ; il provoque un lâche soulagement, prélude à de sanglantes désillusions. Depuis trois semaines, l’esprit munichois souffle sur la France. En refusant de qualifier de « terroristes » le Hamas et ses crimes, certains dévoilent leur compréhension, quand ce n’est pas leur approbation des actes barbares commis le 7 octobre. À côté, de nombreux commentateurs, sans être complaisants ni complices, estiment qu’en ménageant le Hamas, en renvoyant dos à dos une démocratie et un mouvement terroriste, on va protéger la première en apaisant le second : voilà l’esprit munichois. Dans lequel de ces deux camps faut-il ranger l’Agence France-Presse : embourbée dans la confusion ou associée à une désinformation ? L’AFP a mis trois jours avant de rendre compte des images de la tuerie du 7 octobre, tournées par les terroristes du Hamas
L’AFP et bien d’autres avec elle rechignent à dire ce que le Hamas a commis parce qu’ils refusent de le voir et diffusées par Tsahal devant des journalistes étrangers. « La rédaction a estimé que les éléments présentés n’apportaient pas d’informations nouvelles sur le fond », assène la direction. En clair, le massacre prémédité de civils, doublé de la volonté même des tueurs de garder trace et de diffuser leurs « exploits », n’a pas d’importance. C’est considérer que les actes commis par le Hamas sont « un point de détail de l’Histoire ». Charles Péguy le disait : « Il faut toujours dire ce que l’on voit : surtout il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit ». L’AFP et bien d’autres avec elle rechignent à dire ce que le Hamas a commis parce qu’ils refusent de le voir. Ne pas dire, ne pas nommer. Dans une note de service révélée par Le Figaro, la direction de l’agence publique demande à ses journalistes de ne pas qualifier les guerriers du Hamas d’« islamistes » ni de « terroristes », mais de « combattants ». Le directeur de l’information de l’AFP estime que le mot « terroriste » « a perdu son sens », parce que « tous les gouvernements autoritaires du monde utilisent le mot pour parler de leurs opposants, par exemple ». Donc, parce que les nazis s’efforçaient de discréditer les résistants en les nommant « terroristes », il ne faut pas qualifier ainsi ceux qui, selon les critères humanistes, pratiquent le terrorisme. Les démocraties doivent se laisser imposer leur vocabulaire par les tyrans. Les dictateurs rédigent le dictionnaire du monde libre. Cette reddition de la pensée est terrifiante. n © PHOTO : RICARDO ESTEVES POUR LRM
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Les désillusions d’Ofer Bronchtein
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igure marquante du militantisme « pour la paix », le Franco-Israélien Ofer Bronchtein a publié une tribune remarquée dans Le Monde écrite sous la forme d’une lettre adressée à un ami palestinien. Il y regrette « l’absence de compassion » de certains pacifistes envers les victimes israéliennes du Hamas et ajoute : « Nous nous sommes battus ensemble pour la paix au Proche-Orient. Aujourd’hui, c’est un gouffre qui nous sépare. Ton silence résonne douloureusement dans mon cœur ». Président du Forum international pour la paix et la réconciliation au Moyen-Orient, Ofer Bronchtein a été conseiller du Premier ministre israélien Yitzhak Rabin et chargé d’une mission auprès d’Emmanuel Macron pour le rapprochement des sociétés israélienne et palestinienne. En 2011, il s’était vu remettre un passeport palestinien à son nom par le président Mahmoud Abbas lors d’une visite de ce dernier à Paris.
Kevin Chen joue la Hatikva
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18 ans, il est une étoile montante du monde du piano international. Le canadien Kevin Chen a réservé une surprise lors de son récital le 17 octobre, au Carnegie Hall de New York où des œuvres de Chopin, Liszt et Mendelssohn étaient au programme. Le jeune pianiste a ouvert le concert avec l’hymne national israélien Hatikva dont les paroles en hébreu ont alors été entonnées par une grande partie du public. La soirée du Carnegie Hall se tenait dans le cadre du prestigieux Concours internationl de piano Arthur-Rubinstein dont Kevin Chen avait remporté la médaille d’or en mars dernier à Tel Aviv.
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par Martin Perez
Quentin Tarantino soutient le Sud
L’
acteur américain Quentin Tarantino, marié à la chanteuse et mannequin israélienne Daniella Pick et qui vit une partie de l’année à Tel Aviv, a effectué une tournée de solidarité dans le sud d’Israël auprès des populations et des soldats mobilisés à la frontière avec Gaza. La star hollywoodienne aux sept Oscars et aux huit Golden Globe Awards s’est notamment rendue dans la localité de Sde Boker, dans le désert du Néguev, ainsi que dans plusieurs bases militaires où il a multiplié selfies et poignées de main.
L
’actrice Laura Smet a discrètement manifesté son soutien avec les victimes israéliennes des massacres perpétrés par le Hamas. La fille de Johnny Hallyday et de Nathalie Baye a publié sur son compte Instagram une page noire accompagnée de la seule mention « 7.10.2023 », faisant référence au 7 octobre dernier, date de l’attaque du groupe terroriste contre les kibboutz et localités frontalières de Gaza. Chez les Smet, le soutien à Israël est un peu une tradition familiale. En juin 1967, à la veille de la guerre des Six Jours, Johnny Hallyday avait participé à un concert de solidarité avec l’État juif. « J’avais même failli venir en Israël lorsque le conflit a éclaté », avait confié le plus célèbre des rockers français en 2012 à l’occasion de sa première et unique tournée israélienne.
Les
Gens
Laura Smet pour Israël
Samuel Lejoyeux menacé dans un Uber
S
igne de la dégradation du climat en France et de la montée de l’antisémitisme, la mésaventure qu’a connue Samuel Lejoyeux, le président de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF). Alors qu’il se trouvait dans un Uber et parlait au téléphone à un journaliste pour évoquer les inquiétudes des Juifs de France, Samuel
Lejoyeux s’est vu intimer l’ordre par le chauffeur « au ton menaçant » de sortir du véhicule. « En cette période, cette forme d’antisémitisme est banalisée. Je porte donc plainte pour discrimination et j’attends de Uber France que le chauffeur soit renvoyé », a indiqué le président de l’UEJF.
LA MAISON HEREZ, Les premiers effets de la guerre en Israël dans le domaine économique et financier LE POINT MICRO
LES MESURES DE L’ETAT
La grande majorité des entreprises reste active malgré une forte accalmie. Les secteurs qui se portent bien : tourisme (relocation des habitants et des militaires, aux frais de l’Etat), sociétés d’équipement et d’armement, supermarchés. Certains secteurs sont moins résilients, comme la location saisonnière et les restaurants. Les entreprises israéliennes principalement du sud ont dû fermer leurs bureaux.
La possibilité de retarder le paiement de la TVA ainsi que des prêts à taux zéro sont proposés par les banques pour les entreprises touchées. De plus, des indemnités et des aides seront versées aux habitants et aux entreprises du sud par l’Etat. Enfin, la Banque d'Israël a acheté pour 30 milliards de dollars de sa monnaie, soit 15% de ses réserves, pour limiter la baisse.
LE POINT MACRO
UN PEUPLE UNI
Tout d’abord, une baisse sur les marchés et les indices israéliens. LE TA 125 a par exemple enregistré une baisse de plus de 12 % depuis le début de la guerre jusqu’au 25 octobre. Nous observons également une baisse du shekel de 6% sur la même période.
La situation est inédite, par rapport à l’année marquée par les vives divisions dues au projet de réforme judiciaire. Chacun(e) est touché(e) directement, connaissant un proche sur le front. Des initiatives privées pour équiper et nourrir les soldats ou aider leurs familles se multiplient.
Nous restons confiants sur la vigueur de l’économie israélienne, soulignée d’ailleurs par les agences de notation Moody’s et Fitch. Les nombreux leviers de croissance d’Israël et sa capacité à se relever après chaque guerre le confirment. En tant que professionnels de la gestion de patrimoine et l'investissement, nous fournissons des conseils personnalisés adaptés à cette période tourmentée et surtout post guerre.
Contactez-nous par téléphone : +972 58 786 7799 ou par mail : herez.israel@herez.com
partis pris
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Pages réalisées par Esther Amar
ÉCO, BUSINESS, TECH... L’IA préserve les témoignages
e site web « The Iron Lions », développé par la start-up israélienne AI21 Labs, utilise l’intelligence Lartificielle pour traduire les témoignages des survivants
D’
500 000
ici deux mois, tous les Français devront trier leurs biodéchets verts et alimentaires, mais les collectivités ne semblent pas prêtes à instaurer cette nouvelle collecte au 1er janvier 2024. L’objectif est de valoriser les 5,5 millions de tonnes de déchets
Selon la photo d’un drone israélien, c’est en litre la quantité de pétrole, volée et stockée par le Hamas aux gazaouis. L'armée israélienne, qui redoute les détournements de livraison, a demandé à l'ONU d’exiger du Hamas qu’il rende ce carburant car il permettrait à l’UNRWA de fournir une aide aux civils dans la bande de Gaza.
verts et alimentaires jetés chaque année en France et de produire des fertilisants ou du biogaz grâce à la méthanisation. À ce jour, ces déchets sont incinérés ou enfouis, deux méthodes qui polluent et consomment beaucoup d’énergie.
Nir Barkat
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D
eux mois après l'annulation de la vente de Tower, fabricant israélien de puces, à Intel, des sources indiquent que le groupe indien Reliance aurait fait une offre. Mais la guerre à Gaza retarde les discussions. Intel avait jeté l’éponge car les régulateurs chinois n’avaient pas répondu dans les délais. Ce rachat favoriserait l'implantation d’une usine indienne en Israël. Reliance, de son côté, nie toute transaction en cours.
tops/flops
Trier les biodéchets
Les Gazaouis n’étant plus autorisés à travailler en Israël, Nir Barkat veut attirer 160 000 travailleurs étrangers : bâtiment, restauration, agriculture, industrie…
Bad Greta
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Reliance pourrait racheter Tower
LE CHIFFRE
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des attaques du Hamas, de l’hébreu vers l’anglais, et
conserver le ton et la teneur des récits originels qui se perdent souvent lors des traductions. Les victimes craignent que l’attention du monde ne se détourne d’elles progressivement et de ce qu’elles ont enduré. Le site propose à toute victime et tout survivant de déposer son témoignage sur ce site : www.remember710.com
Comment ose-t-elle ? Greta Thunberg, qui milite pour le climat et la biodiversité, a pris parti pour Gaza contre Israël. Mais pas un mot pour les victimes du Hamas.
la chronique américaine
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ues de France, les universités américaines respirent le bonheur. Des locaux accueillants, des crédits et des subventions qui stimulent l’enseignement et la recherche… bref, qu’il doit être agréable d’étudier et d’enseigner dans l’une de ces grandes universités américaines. Aujourd’hui, la réalité ne correspond plus à l’image. Que ce soit à Harvard, à Yale, à Stanford, à Chapel Hill ou dans bien d’autres établissements, les campus traversent une période d’effervescence, de troubles plus ou moins graves, de manifestations parfois violentes. C’est que le
conflit du Moyen-Orient, tout particulièrement la situation en Israël et à Gaza ne laissent pas les étudiants, voire leurs professeurs, indifférents – bien au contraire. L’hostilité à l’encontre d’Israël débouche sur la violence – la violence des protestations, quand ce n’est pas la violence des actes. Des pétitions circulent, qui dénoncent, non pas le Hamas, mais l’État d’Israël, la brutalité de la répression à laquelle il se livre. Le Comité de solidarité avec la Palestine fait circuler à Harvard une lettre qui accuse Israël de porter la responsabilité, pleine et entière, des assassinats, des bombardements,
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Sur les campus universitaires des souffrances de la population gazaouie. Cette lettre a été signée par une douzaine de groupements et d’associations qui rassemblent des étudiants de l’université. Au sein de New York University, le président de l’association des étudiants en droit n’hésite pas : « Israël porte l’entière responsabilité, écrit-il, de ces terribles pertes de vies ». Ici et là, les étudiants ne se contentent pas de manifester ; ils veillent comme s’ils espéraient que
la situation au Moyen-Orient soit transformée par leur protestation non violente. À Columbia, à Chapel Hill (Caroline du Nord), à l’université d’Indiana, le campus a été fermé à toute personne étrangère pour assurer la sécurité du public. Le président de l’université de Floride a manifesté un courage qui mérite d’être souligné : il a publié un communiqué très favorable à Israël et soutenu les étudiants juifs. L’antisémitisme reprend des couleurs. Une étudiante juive de Chapel Hill témoigne de ses craintes, lorsqu’elle entre sur le campus et qu’elle doit montrer sa carte d’identification. Des
étudiants musulmans se joignent aux manifestants – à tout le moins, ils protestent contre la politique de leur université, si elle n’est pas favorable au Hamas ou, plus généralement, aux mouvements palestiniens. À Stanford, le président de l’université a exclu un enseignant. Pourquoi ? Parce que l’enseignant avait contraint des étudiants juifs à s’isoler dans un coin de la classe. Il avait expliqué que les colons juifs tenaient à l’écart les Palestiniens et que les étudiants juifs étaient leurs complices. Ces attitudes ne laissent pas de surprendre. Une très grande majorité des Américains expriment leur sympathie, leur soutien à Israël. Seule, une minorité
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La guerre des drones
Le mot de la semaine Appel Weizmann des sciences, choqué de voir la véracité des L’récitsInstitut des atrocités commises par
le Hamas contestée, en appelle au soutien de la communauté scientifique internationale pour lutter contre « l’épouvantable propagande antisémite de la part des médias internationaux, des réseaux sociaux et des campus du monde entier ». L'institut s’est engagé à aider la nation à se reconstruire, en hébergeant des réfugiés ou en organisant des dons pour les victimes.
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es vidéos diffusées par l’organisation terroriste Hamas ont montré que des drones bon marché « de touristes » armés de grenades lui ont permis de briser les tourelles de sécurité et de communication situées sur la ligne séparant la bande de Gaza et Israël, le 7 octobre dernier. Certains drones permettaient le pilotage en immersion (avec casque de réalité virtuelle). Une grande partie de la surveillance de la « frontière » avec Gaza reposait sur ces détecteurs. Le rapport DroneSec montre aussi que les terroristes auraient lancé 35 drones « suicides » Zouari (ou Al-Zawari) d’une envergure de près de deux mètres pour foncer et faire exploser des cibles israéliennes.
Réhabiliter, reconstruire et sécuriser
a nouvelle agence « Tekuma » (renaissance) dont la mission est de Lcentraliser les actions de réhabilitation
des communautés israéliennes détruites par le Hamas et de relancer l’activité économique et agricole située à la
La bonne idée
Formation aux premiers secours
frontière sud de Gaz, va disposer d’un budget de près d’un milliard de shekels. Moshe Edri (général de brigade réserviste), président de la commission israélienne de l’Énergie atomique, a pris la direction de Tekuma.
E
n soutien aux personnes en état de choc, l’équipe 6C@France active sa cellule d’appui et de déchocage. Ce protocole de premiers secours psychologiques déployé par Tsahal et l’US Army permet aux primo-intervenants, Samu, pompiers, médecins, policiers mais aussi victimes, témoins, de se former pour
L’économie d’Israël reste robuste et stable, nous saurons revenir vite à la prospérité Amir Yaron
Le gouverneur de la Banque centrale d’Israël, pendant une conférence, à Jérusalem, qui prévoit une augmentation du déficit public.
apporter, dès les premières minutes, des soins pour retrouver immédiatement une capacité à fonctionner normalement. Il comprend 1/2 journée en e-learning et 2 jours en présentiel. Les 6C désignent 6 phases : commitment, cognition, challenge, control, continuing, communication. Informations : www.protocolesixc.org
par André Kaspi de gauche rappelle inlassablement « les droits des Palestiniens ». Il faut ajouter que tous les enseignants et tous les administrateurs ne partagent pas ce point de vue. La présidente du Williams College dans le Massachusetts refuse de prendre parti, car, écrit-elle, quoi qu’elle dise ou écrive fera plus de mal que de bien. Soutenir Israël, c’est passer pour insensible aux souffrances des Palestiniens. Critiquer Israël, c’est tomber
dans l’antisémitisme. Alors, face aux manifestations bruyantes, le silence des responsables universitaires est-il la solution ? Ce n’est pas ce que pense, par exemple, Larry Summers, ancien président de Harvard, qui ne dévie pas de la ligne directrice du Parti démocrate et n’hésite pas à condamner les manifestations propalestiniennes des campus. Leur voix est souvent, trop souvent couverte par les cris des manifestants, qu’ils soient blancs ou
noirs – car le mouvement Black Lives Matter a pris parti pour le Hamas. Les étudiants de la génération Z (nés entre 1997 et 2012) sont très souvent tombés dans le wokisme. Ils croient défendre les causes justes en dénonçant le racisme, d’hier et d’aujourd’hui, de la société américaine, et de la société israélienne. La voix des esprits raisonnables, des partisans de la démocratie qui sont aussi les adversaires du terrorisme massacreur, est couverte par les cris que
Une très grande majorité des Américains expriment leur sympathie et leur soutien à l'État d'Israël
poussent les manifestants des campus. Pourtant, il y a un aspect de la vie universitaire qu’on oublie trop souvent. Les universités américaines sont largement financées par des sources privées. Ce sont des individus, enrichis par leur réussite économique et financière, qui soutiennent leur ancienne université. Ce financement, considérable, est, du coup, indispensable. Ces généreux donateurs ne sont pas sensibles aux mêmes influences que les étudiants – bien au contraire. Ils sont souvent conservateurs. Ils font vivre des fondations qui prennent en charge des étudiants israéliens. Ils disposent de moyens de pression sur les universités. Ils ne manquent
pas de faire connaître leurs points de vue. Ils menacent de ne plus soutenir leur université. Malgré l’agitation sur les campus, les autorités universitaires sont prudentes. Les étudiants contestataires font du bruit, beaucoup de bruit. Mais ils n’ont pas gagné la bataille des idées. Tant mieux ! n
Professeur honoraire à l’université Paris-Sorbonne, auteur, entre autres, de Les juifs américains (Seuil)
FRANCE
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Quelle stratégie pour en finir avec LFI ? POLITIQUE La mise au ban
de Jean-Luc Mélenchon et de ses sbires, que toutes les analyses d’opinion confirment (page ci-contre), passe par un travail de renforcement du sentiment républicain et une action devant les tribunaux.
A
vec 75 députés entrés à l’Assemblée nationale en juin 2022 (soit un effectif quadruplé en l’espace de cinq ans), La France insoumise constitue un groupe politique auquel il est impossible de couper le micro. L’obligation de maintenir un équilibre de temps de parole entre les différentes formations politiques, proportionnellement à ce qu’elles représentent, fait d’ailleurs partie des règles auxquelles doit veiller l’Arcom, le régulateur de la communication audiovisuelle et numérique. Ainsi sommes-nous dans un débat politique dans lequel l’ultime façon de réagir pour dénoncer et
isoler ce groupe d’extrême gauche est de mener une bataille sur le terrain du discours politique et des idées. L’organisation politique non partisane Elnet fait partie de ceux qui s’y attellent. « Ce combat, rappelle son directeur Arié Bensemhoun, ce n’est pas celui des juifs contre LFI mais de la République contre LFI. Cela nous oblige à être aux côtés de ceux qui mènent ce combat à l’Assemblée nationale pour leur montrer que les
Ce n'est pas un combat des juifs contre LFI, mais de la République contre LFI Français sont derrière eux et que les juifs sont parmi eux ». Une guerre de tranchées, pour ainsi dire, visant à aider les élus républicains à convaincre les électeurs de ne
pas laisser leurs circonscriptions aux mains d’élus qui cherchent à s’emparer du pouvoir par le chaos. « Pour se débarrasser de LFI, il faut battre ce parti lors des prochaines élections, rappelle encore le responsable d’Elnet. Or, n’oublions pas que les partis républicains et leurs électeurs constituent la majorité de notre pays. On oublie souvent que les minorités font l’histoire parce que les majorités sont silencieuses et qu’elles sont indifférentes. Il faut faire en sorte qu’elles ne le soient plus ». Contrer les stratégies du parti qui pratique la politique de la terre brûlée passe aussi par le terrain judiciaire. Les très nombreuses déclarations outrancières des élus de La France insoumise relèvent de l’apologie du terrorisme, considèrent, aujourd’hui, plusieurs associations qui ont déjà déposé de nombreuses plaintes contre eux. L’OJE, l’organisation juive européenne, en fait partie et attend que le parquet se prononce sur les poursuites. « Dire que le Hamas est un mouvement de résistance, terme à connotation héroïque dans
Dire que le Hamas est un mouvement de résistance équivaut à une apologie la psyché française, équivaut selon nous à une apologie, sachant que le Hamas est reconnu mouvement terroriste par l’Union européenne et par la France », explique son vice-président, Oudy Bloch. Des procédures qui pourraient aboutir à des condamnations de ces élus devant des juridictions de droit commun, qu’ils soient démis de leur immunité parlementaire ou non. « La jurisprudence est très claire, rappelle l’avocat. L’immunité parlementaire ne couvre pas ces élus pour les déclarations qu’ils peuvent faire sur les réseaux sociaux ou dans les médias ». n Laëtitia Enriquez
Pourquoi les manifestations propalestiniennes interdites ont tout de même lieu HIATUS Comment a pu se
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uite à la décision du préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, d'interdire la manifestation présentée par les organisations propalestiniennes, trois collectifs composés de plusieurs associations notoirement propalestiniennes avaient déposé une demande en référé de suspension de l’arrêté préfectoral. « Vendredi 27, soit la veille de la date prévue pour
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dérouler la manifestation de samedi 28 octobre à Paris, alors que le tribunal administratif de Paris avait, la veille, rejeté les requêtes des associations demandant l’annulation de l’interdiction préfectorale ?
la manifestation, nous avons appris l’existence de ce référé et nous nous sommes dit qu’il fallait intervenir, explique l’avocate Aude Weill-Reynal, agissant au nom de l’OJE. Le préfet avait bien mis en avant les troubles à l’ordre
public et contextualisé par rapport au regain d’antisémitisme. C’était bien qu’une association contre l’antisémitisme soit là aussi. Et nous avons réussi à déposer un mémoire pour soutenir le préfet », ajoute-t-elle.
« L’instruction a notamment estimé que le rassemblement projeté pouvait présenter un risque particulier sérieux de violence à l’encontre d’autres groupes ou des forces de l’ordre. L’arrêté préfectoral a donc été confirmé », poursuitelle encore. Une décision qui, comme on l’a vu, n’a pas empêché le déroulement de la manifestation. « C’est tout le paradoxe français », déplore l’avocate qui considère néanmoins que l’interdiction officielle a permis aux policiers de bloquer les accès et de morceler ladite manifestation qui, initialement, devait être ambulatoire. « Cette décision a aussi permis de verbaliser des manifestants », ajoutet-elle. 1487 personnes ont écopé d’une amende de 135 euros et 21 personnes ont été interpellées. n L.E.
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Malgré les apparences, les Français soutiennent (encore) Israël SONDAGE Le CRIF a
65% DES FRANÇAIS ESTIMENT JUSTIFIÉE LA VOLONTÉ D’ISRAËL D’ÉLIMINER LE HAMAS Soit l’expression d’une majorité importante de l’opinion publique française alors que la communauté juive ressent un profond sentiment de solitude, au milieu des nombreuses manifestations propalestiniennes et du torrent de haine antisémite actuel. « Un sondage est infiniment plus fiable et plus représentatif que quelques milliers de personnes qui manifestent ou qui crient leur haine sur les réseaux sociaux, rappelle Frédéric Dabi. Il donne un état de l’opinion et il s’avère que l’événement du 7 octobre a réactivé le traumatisme des Français, très marqués par les attentats de janvier et juillet 2015 et de novembre 2016 ». « L’opinion publique a pour Israël un capital de sympathie loin d’être faible (37%) et qui est même plus fort que le capital pour l’autorité palestinienne (20%) et pour le Hamas (5%). 82% des Français expriment aussi de la sympathie pour les Israéliens », poursuit-il. L’analyse révèle en outre que 69% des Français ne sont pas favorables à l’autorisation des manifestations propalestiniennes, compte tenu des risques de trouble et 72% d’entre eux pensent qu’une attaque similaire à celle perpétrée en Israël le 7 octobre pourrait se produire en France.
82% des Français se disent mécontents de l'attitude et des prises de position de Mélenchon
DR
commandé à l’IFOP une enquête intitulée « Le regard sur Israël et le conflit israélo-palestinien après les attaques terroristes du 7 octobre ». Ses résultats révèlent qu’au-delà des manifestations pro-Hamas et du déchaînement de violence à l’égard d’Israël et des juifs sur les réseaux sociaux, il existe une majorité silencieuse. Le point avec Frédéric Dabi, directeur de l’IFOP.
Frédéric Dabi, directeur de l'IFOP
QUI SONT LES 35% DE FRANÇAIS POUR QUI L’OBJECTIF D’ISRAËL EST INJUSTIFIÉ ? « Une proportion qui atteint les 50% chez les sympathisants de La France insoumise ainsi que 44% chez les moins de 35 ans », souligne le directeur général de l’IFOP. « Il y a sur ces questions un vrai clivage générationnel. Une partie de la jeunesse éprouve aussi plutôt de la sympathie pour les Palestiniens alors que sur la sympathie à l’égard d’Israël, ce clivage est nettement moins marqué. Ils sont aussi 16% à caractériser les attaques du Hamas comme des actes de résistance alors qu’ils ne sont que 8% sur l’ensemble des sondés ». Au-delà des perceptions, ce sondage objective également les choses : « La seule famille politique au sein de laquelle l’antipathie pour Israël est supérieure à la sympathie est La France insoumise, avec 29% contre 27% ». JEAN-LUC MÉLENCHON, LE PERDANT ABSOLU « La fracture que j’observe depuis des mois dans la Nupes entre les leaders de La France insoumise et le peuple de gauche se confirme après les récentes déclarations de Jean-Luc Mélenchon », indique F. Dabi. « 82% des Français se disent mécontents de l’attitude et des prises de position de Jean-Luc Mélenchon et parmi eux, 54% se déclarent même très mécontents. Un sentiment majoritaire, y compris auprès de son électorat, c’est-àdire auprès des personnes ayant
voté pour lui le 10 avril 2022, puisqu’ils sont 54%, soit une petite majorité, à se déclarer mécontents (dont 25% de très mécontents). Une
autre enquête réalisée pour Sud Radio, juste après ces attentats, révélait que seuls 5% voyaient ces massacres comme un crime de guerre. C’est dire à quel point les prises de position du chef du parti LFI ne sont pas partagées par l’ensemble de l’opinion. Autant de résultats qui montrent que la Nupes est bien en état de mort cérébrale ». n Laëtitia Enriquez
APPEL À CANDIDATURE POUR LES ÉLECTIONS 2024 DU FSJU
Le Fonds Social Juif Unifié informe ses militants, donateurs et élus que l’appel à candidature pour les élections du FSJU aura lieu, du :
DU 16 OCTOBRE AU 19 NOVEMBRE 2023 Appel au vote du 14 mars 2024 au 14 avril 2024 PLUS D’INFORMATIONS SUR ELECTIONS.FSJU.ORG
CONDITIONS D’ÉLIGIBILITÉ
Conformément au protocole électoral du FSJU, et après validation de la commission électorale, les membres actifs du FSJU à jour de leur cotisation ou don d’un montant de 150€ depuis deux années consécutives (2021 et 2022 ou 2022 et 2023) à la date de l’appel à candidature. La cotisation pourra être réduite à 1/3 soit 50€ pour les 5 premiers étudiants ou jeunes de moins de 26 ans à se porter candidat.
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Pages réalisées par Laëtitia Enriquez
Michèle Tabarot
Ce qu’ils ont vu
Députée LR à l’Assemblée nationale
Les odeurs de sang resteront gravées en moi
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lusieurs parlementaires français et européens se sont rendus la semaine dernière en Israël, dans le cadre d’une mission d’urgence et de solidarité de 48 heures, à l’initiative du groupe Elnet France, dirigé par Arié Bensemhoun. Des élus appartenant au parti présidentiel, à Horizons ou aux Républicains, mais aucun issu de la gauche. En se rendant sur les lieux des massacres, là où se tenait le festival de musique, dans les kibboutzim ravagés, à l’endroit où l’identification des victimes n’est toujours pas terminée, et en rencontrant les familles des victimes, otages et disparus, ces parlementaires ont été happés par le réel et sans doute ont mesuré l’ampleur de la haine qui, in fine, les vise également. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a également effectué un voyage de 24 heures en Israël, accompagnée du président du parti LR, Éric Ciotti, du député Meyer Habib et du député Renaissance Mathieu Lefèvre, président du groupe d’amitié France-Israël. Un déplacement insulté par le chef des insoumis, Jean-Luc Mélenchon, et auquel aucun élu de gauche n’a non plus participé, malgré l’invitation lancée par la présidente de l’Assemblée nationale. Voici ce qu’ils ont vu.
Ilana Cicurel
Députée européenne RenewEurope
Les corps suppliciés dans la base militaire de Shura
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n tant qu’élue, j’ai ressenti une responsabilité d’aller sur place, voir de mes propres yeux, entendre, sentir, afin de prendre la mesure des atrocités commises par le Hamas. Un massacre qui, par son ampleur, son degré de barbarie et son sadisme, est sans précédent au XXIème siècle. J’inscris aussi ce voyage dans le cadre d’une guerre de l’information extrêmement dure qui s’engage, avec un danger d’oubli, une forme de négationnisme ou de banalisation à travers le renvoi dos à dos de ces atrocités et
de la réplique militaire israélienne, cherchant à faire le moins de victimes civiles possible. Je n’oublierai jamais ce que j’ai vu à la base militaire de Shura en charge de l’identification des victimes. Le caractère massif de ces corps suppliciés. Des tas informes dans lesquels on pouvait percevoir une main de jeune fille manucurée… le seul signe d’humanité sur ce tas de chair. C’est un témoignage dont je suis maintenant porteuse et que je ne laisserai pas oublier. Il était important que des parlementaires
soient témoins. Il est aussi difficile désormais de transmettre parce que tout le monde ne veut pas entendre. Nous avons également rencontré Eyal Waldman, un chef d’entreprise israélien, qui a perdu sa fille dans cette attaque. La voix de cet homme, incroyable de dignité et de courage, doit être écoutée. Lui qui demeure convaincu de la nécessité de parvenir à une paix nous a rappelé que le Hamas est le pire ennemi du peuple palestinien. Son message doit être entendu par tous les dirigeants européens. Je vais faire en sorte qu’il soit reçu par le président Macron ainsi qu’au Parlement européen. Il représente, à mon sens, la société israélienne dont la seule volonté est de vivre en paix ». n
L
«
es scènes d’odeur, les odeurs de sang et de mort, resteront quelque chose d’insupportablement gravées en moi. Je ne pourrai jamais oublier les témoignages des familles des otages, comme celui de la maman du petit Eytan, 12 ans, qui a vu son mari blessé devant elle, qui a pu sauver son bébé et sa fille, et qui a vu son fils kidnappé et partir sur une moto... J'ai participé avec appréhension à cette mission mais la réalité s’est avérée être encore plus terrible. Ce kibboutz de Kfar Aza, ce lieu de vie avec ses petites terrasses aménagées et ses photos de famille sur les murs et au milieu, les tirs de balles, le sang et les maisons brûlées… C’est d’une horreur absolue. Je suis une amie d’Israël depuis toujours, admirative de ce peuple qui se trouve sur un territoire minuscule et entouré de gens qui, tel le Hamas, souhaitent sa suppression de la carte. J’ai eu l’occasion de prendre la parole à l’Assemblée nationale pour rappeler mes positions. Nous avons manifesté avec mes collègues pour la libération de tous les otages, quelles que soient leurs nationalités. L’horreur est la même pour tous. J’aimerais aussi que l’État français fasse attention à ses discours. À l’ONU, par deux fois, l’ambassadeur français a procédé à des votes allant à l’encontre des intérêts d’Israël et s’est exprimé de façon virulente, y compris à l’égard des États-Unis. Israël a aujourd’hui le droit de se défendre et il est important que ce pays puisse le faire ». n
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N° 1710 - 2 novembre 2023
Benjamin Haddad
Éric Ciotti
Député du groupe Renaissance à l’Assemblée nationale
Député, président du groupe Les Républicains
Un degré dans l’horreur a été franchi
J
«
e garderai toute ma vie à l’esprit ces images, ce sentiment d’être sur un lieu qui a vu perpétrer un massacre où des juifs ont été assassinés parce qu’ils étaient juifs. J’ai ressenti la même émotion que le 14 juillet 2016, à Nice, où j’étais, quelques minutes après, sur les lieux de l’attentat islamiste. Je retiens des images, des sensations, des récits. Cette maison du kibboutz ravagée, où demeure la photo d’une famille sur un buffet et qui a été entièrement décimée dans ce massacre.
Ces endroits où l’on a tué des familles et des enfants. Un degré dans l’horreur a encore été franchi quand on a visité le centre d’identification des corps. Je connaissais la barbarie islamiste de cette attaque du Hamas, de ces terroristes génocidaires antisémites dont l’objectif n’est pas territorial mais la destruction du peuple juif. Notre combat contre eux doit être total sans réserve. Ce voyage renforce ce sentiment. Celui d’être forcément déterminé dans ma volonté
de soutenir Israël dans sa capacité à se défendre et ma volonté de combattre le terrorisme islamiste partout où il se trouve. L’appel à la libération des otages doit être porté en permanence et par tous. Il ne peut ni être diffus ni atténué. Leurs visages doivent être vus par le plus grand nombre possible. J’ai participé au rassemblement organisé à l’Assemblée nationale appelant à leur libération et je porterai le plus d’initiatives possible pour qu’on ne les oublie pas. Ce voyage conforte ma détermination dans mon combat politique. J’alerte depuis des années sur la montée de l’islamisme, l’antisémitisme de l’extrême gauche, la nécessité de défendre Israël, seule démocratie du Proche-Orient, et la nécessité d’être à ses côtés parce que nous avons les mêmes ennemis ». n
Nous avons vu la barbarie absolue
L
«
orsque nous étions sur place, plus de 300 corps n’avaient toujours pas pu être identifiés, notamment parce que des familles entières ont été décimées et que plus personne ne pouvait venir les réclamer. Voir des familles entières s’éteindre ainsi du jour au lendemain m’a fait penser à la Shoah. On a rencontré les familles françaises des disparus, c’est-à-dire qu’elles ne savent pas si leurs proches sont parmi les otages ou pas. Nous leur avons fait la promesse que nous ne les oublierons pas et que l’on se battra pour faire libérer les otages. On a vu la barbarie absolue. À Kfar Aza, ce kibboutz de gauche où des Palestiniens venaient travailler, des femmes ont été
éventrées, des bébés massacrés. Nous sommes au-delà de l’horreur. Le mot pogrom est approprié. Ce massacre a eu lieu aux cris de " Mort aux juifs" et fait appel à un inconscient absent du 21ème siècle et de l’histoire d’Israël. C’est un tournant quasi existentiel pour ce pays. Rien ne sera jamais comment avant. Il n’y a pas d’autre solution pour les Israéliens que de détruire le Hamas. Nous ne sommes pas dans la cause palestinienne et encore moins dans la guerre. C’est la barbarie contre la civilisation. Il est important de faire le lien entre le Hamas et la lutte contre Daech. Et je dirais même : la cause palestinienne passe par la destruction du Hamas. La fonction parlementaire donne plusieurs leviers. Elle nous donne une tribune au sein de laquelle j’utilise ma voix pour témoigner de l’horreur que nous avons vue et de la nécessité de soutenir le droit des Israéliens à se défendre... Il pourrait aussi y avoir des initiatives plus législatives, comme une proposition de résolution demandant d’évaluer l’aide française et européenne vers les territoires palestiniens, afin de savoir si celle-ci est détournée à des fins antisémites. Le plus important est de rester mobilisé ». n
Le Centre Communautaire Israélite Maisonnais organise un grand
MELAVE MALKA avec le RAV ITSHAK SEBBAG Professeur à la Yéchiva KETANA “HAZON BAROUKH” du Raincy
Le SAMEDI 4 NOVEMBRE 2023 à 20h30 Ce Dvar Torah aura pour thème :
LE KADISH
Paracha Vayera
Ce texte qui semble obscur pour tout le monde, qui est récité pendant et après chaque prière, à l’issue aussi d’un Dvar Torah, ou encore dans des circonstances spécifiques, évoque les Louanges et la Grandeur de D. Il recèle en lui des secrets inouïs.
92-94 rue Victor Hugo - 94700 Maisons-Alfort Renseignements : 06.32.35.72.09
monde
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Les campus américains ravagés par l’antisémitisme INQUIÉTUDES Une
DR
récente enquête montre que trois étudiants juifs américains sur cinq ont déjà été confrontés à l’antisémitisme dans les campus aux États-Unis. Ce phénomène existe depuis des années, mais il a littéralement explosé depuis les attaques terroristes du Hamas du 7 octobre.
ENTRETIEN Aux
États-Unis, l’antisémitisme montre une recrudescence inquiétante, en particulier dans les universités. Simone Rodan-Benzaken, directrice Europe de l’American Jewish Committee (AJC), nous éclaire sur cette situation pour Actualité Juive. DR
L
a scène se passe le 10 octobre dernier, à l’université de Stanford, en Californie, trois jours après l’attaque terroriste du Hamas en Israël. Lors d’un cours obligatoire de premier cycle, un enseignant a demandé aux étudiants juifs et israéliens de lever la main, de prendre leurs affaires et de se tenir dans un coin afin qu’ils puissent « éprouver ce que les Palestiniens ressentent depuis des décennies ». Avant d’affirmer que le Hamas « représente le peuple palestinien et ses actes de terrorisme sont 100 % légitimes ». Ceci est un exemple parmi tant d’autres qui illustre le climat nauséabond régnant sur les campus américains. Deux jours auparavant, alors que les attaques du Hamas n’étaient pas terminées, trentequatre associations étudiantes de l’université de Harvard, sans un mot pour les victimes israéliennes, ni les femmes ni les enfants assassinés, ont écrit : « Nous, les organisations étudiantes soussignées, tenons le régime israélien entièrement responsable de toute la violence qui se déroule », ajoutant : « Les
jours à venir nécessiteront une prise de position ferme contre les représailles coloniales. Nous appelons la communauté de Harvard à prendre des mesures pour mettre fin à l’anéantissement en cours des Palestiniens ». Un ancien directeur de l’université et de nombreux élus républicains, dont le sénateur Ted Cruz, ont demandé à la direction de réagir. Ces derniers le feront mollement quelques jours plus tard en proposant juste « d’approfondir les connaissances sur le conflit au nom de (notre) humanité commune et de valeurs partagées ». L’antisémitisme n’a pas attendu la guerre en Israël pour envahir les campus aux États-Unis, les actes et les paroles anti-juifs étaient déjà désinhibés depuis de longues années. Beaucoup d’étudiants juifs se plaignent d’être exclus des organisations des
campus, pris pour cible sur les réseaux sociaux ou harcelés en cours par des étudiants, quand ce ne sont pas des professeurs. « Je n’en peux plus. Je voudrais pouvoir me rendre en cours normalement. Mais il y a tellement d’antisémitisme. C’est vraiment effrayant », témoignait, il y a moins d’un an, Preis, une étudiante de 21 ans à l’université d’État de New York. Des dortoirs ont été vandalisés, revêtus de croix gammées, les bâtiments recouverts de tracts assimilant les voyages du programme Birthright (Taglit) en Israël à un génocide et appelant les sionistes à « aller se faire f***». Cette atmosphère de haine et d’hystérie est alimentée par des étudiants musulmans et d’extrême gauche, regroupés en association, comme Students for justice in Palestine, proche du mouvement BDS et également présente au Ca-
nada et en Nouvelle-Zélande, répartie en 206 sections locales sur l’ensemble du territoire scolaire américain. Depuis le 7 octobre, les actes antisémites ont littéralement explosé. Sur de nombreux campus, à Columbia, New York, Georgetown. Washington, des étudiants se sont rassemblés pour saluer les terroristes du Hamas. Malgré des stratégies et des plans de lutte contre l’antisémitisme lancés par le gouvernement, qui a, par ailleurs, condamné les étudiants soutenant le Hamas, la haine anti-juive ne semble malheureusement pas près de s’arrêter dans les universités. Ces dernières formant par ailleurs les élites de demain, nous devons nous interroger sur la future gouvernance américaine et sur ce qu'il adviendra de l'alliance entre les États-Unis et Israël. n Laurent Cohen-Coudar
Daghestan : des juifs chassés dans un aéroport par une meute d'antisémites Depuis le début des massacres perpétrés par les terroristes du Hamas en Israël, le 7 octobre, toute la communauté juive est scotchée sur les réseaux sociaux le cœur et les dents serrés par tant de haine et d’injustice. Et ce n’est pas le dimanche 29 octobre que les dents se sont desserrées à la vue des images de l’aéroport de Makhatchkala, capitale du
Daghestan, république russe à majorité musulmane. Des centaines d’acharnés courant partout à la recherche de passagers juifs après avoir appris qu’un vol arrivait en provenance d’Israël. Les vidéos montrent ces individus contrôler les passeports et tous les véhicules sortant de l’aéroport, enfoncer des barrières, envahir le tarmac et même grimper sur l’aile de l’avion.
Un des enragés brandissait une pancarte sur laquelle était écrit « les tueurs d’enfants n’ont pas leur place au Daghestan » sur fond de "Allah Akbar " scandé par le reste de la foule. Le ministère de la Santé de la République du Caucase russe a fait état de blessés, sans en préciser le nombre. Pendant des heures, la police a semblé ne rien faire pour bloquer la foule.
Une vidéo de la scène montre des policiers appelant avec des mégaphones les manifestants à ne pas commettre de pogrom ni bloquer les routes, tout en leur déclarant qu’ils les comprennent, a rapporté le site russe indépendant Meduza. Selon le média, il ne s’agirait pas d’un incident isolé. « Le Caucase du Nord a connu une vague d’incidents antisémites ces derniers
jours ». Dans le même temps, les responsables ukrainiens ont rapidement réagi en présentant les événements en Russie comme étant le reflet d’une culture de haine plus profonde que le Kremlin fomente depuis des années. Plusieurs dizaines d’ « hommes » ont été interpellés et plusieurs policiers ont été blessés. n L.C.-C
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Simone Rodan-Benzaquen
La sécurité des étudiants juifs est aujourd’hui en danger Il y a, depuis de nombreuses années, une augmentation substantielle de l’antisémitisme dans les universités américaines. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
Simone Rodan-Benzaquen : De manière générale, l'augmentation de l'antisémitisme est le reflet d'une crise profonde qui touche nos sociétés. Nos institutions se trouvent dévaluées et la parole politique perd de sa valeur. Des fragments de la société se radicalisent, politiquement et religieusement. Les nouvelles générations, centrées sur la question identitaire, s'appuient sur des théories autrefois marginales telles que le postmodernisme, le postcolonialisme et la théorie de la race. Dans cette vision manichéenne du monde, divi-
sé entre oppresseurs et opprimés, les juifs, dont l'identité est perçue comme « fluide », déstabilisent ce schéma. Ils se retrouvent alors classés comme «Blancs» et le sionisme est associé au « colonialisme » et au « racisme ». Les activistes des campus, pétris de Black Lives Matters, qui cancellent pour racisme des auteurs de la Grèce antique et qui traquent la « transphobie» dans Harry Potter, demandent par contre aux étudiants juifs de signer une décharge affirmant qu’ils ne sont pas sionistes. Blake Flayton, de l’université George Washington, avait suggéré, déjà il y a quelques années, que l’animosité que subissent les Juifs n'est pas tant due au conflit israélo-palestinien qu'à leur simple existence en tant que juifs.
La sécurité des étudiants juifs est aujourd’hui en danger.
Le gouvernement américain a mis en place un plan de lutte contre l’antisémitisme. Est-ce que cette action peut sincèrement avoir un impact sur une génération d’étudiants conditionnés pour beaucoup par la haine anti-juive ?
S.R.-B. : Certainement, la mise en place d'un tel plan est fondamentale. L'AJC y a grandement contribué, et c'est un signal fort du gouvernement américain pour montrer son engagement à combattre ce fléau. Avoir une personne dédiée avec un budget alloué va déjà dans la bonne direction. Cependant, le problème est profond et ne date pas d'hier, particulièrement dans les universités. Dans la situation
actuelle, des présidents d’université ne font pas assez pour protéger les étudiants juifs, il est essentiel de « Name and Shame », c'est-à-dire d'exposer publiquement les universités qui tolèrent l'antisémitisme. À ce titre, l'approche de la Floride me semble également intéressante. La décision du gouverneur Ron DeSantis d'interdire par exemple le groupe Students for Justice in Palestine a suscité un débat sur sa légalité (sur le premier amendement qui permet une liberté d'expression absolue), mais elle me semble fondamentale si on veut commencer à mettre un cadre. Néanmoins, nous ne pouvons pas ignorer le problème sous-jacent de l’idéologie ‘wokiste’ dans les universités. Un plan uniquement centré sur l'antisémitisme ne sera pas suffisant. Il faut traiter la racine du problème. Ce sera long car on parle ici d’une culture qui s’est installée dans les universités. n Propos recueillis par Laurent Cohen-Coudar
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judaïsme LE commentaire par
Daniel Toledano
Auteur, spécialiste de Rachi
Réparer le monde
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’histoire juive est le récit des recommencements, non pas l’expression d’une répétition mais plutôt l’occasion d’une nouvelle chance. Après Adam et la faute originelle, Noa’h et la génération du déluge, les aventures de l’humanité redémarrent pour la troisième fois avec Avraham, l’espoir divin qui ne sera désormais jamais plus déçu. Dans un monde redevenu idolâtre et sans pitié, à partir d’Avraham et de sa femme Sarah, inséparable couple, apparaît un nouveau départ : réparer le monde en le reparant de beauté. Chacun à sa façon, ils révolutionnent leur époque, bousculent les lignes et changent la donne. Ils sont la promesse du jour après la nuit, la lumière qui repousse l’obscurité, malgré la démesure des ténèbres. Enfin, plus qu’une espérance, ils sont l’assurance de la victoire au bout du chemin. Ils sont ainsi l’ADN de notre peuple où chaque nouvelle génération est l’histoire d’un recommencement. Nul besoin ici de verser dans la psychogénéalogie, une approche moderne visant à identifier dans l’ascendance, le poids du passé, avec son lot de traumatismes qui rejailliraient dans la progéniture. Heureusement, le judaïsme ne fonctionne pas sur le mode du déterminisme, encore moins du fatalisme ou du défaitisme. La sagesse juive indique toutefois sous différentes formulations, que les aventures des pères sont un signe pour les enfants. Un principe qui ambitionne plutôt une mobilisation positive pour la postérité, à partir du modèle des pères fondateurs du peuple juif. Pas de doute, nos pères sont bien nos repères. Rachi énonce cette règle alors qu’Avraham, encore convalescent des suites de la circoncision qu’il vient de réaliser à l’âge de 99 ans, reçoit la visite de Dieu: « Abraham voulut se lever, mais le Saint-Béni-SoitIl lui dit : « Assieds-toi, tandis que moi, Je resterai debout. Il s’agit d’un signe pour tes enfants, en ce que Je me tiendrai debout dans l’assemblée des juges, et eux resteront assis ». Il est dit également dans le Midrach que tout ce qui se passe pour Avraham, se produit aussi pour sa descendance. Au cours de sa vie, Avraham a eu dix grandes épreuves qu’il a pu surmonter. Il n’a jamais eu le succès facile, il a connu l’adversité, défié la réussite du méchant, bravé l’effronterie, le cynisme et la cruauté de ses ennemis, et son incroyable résilience a eu finalement raison de tous ses opposants. L’héritage d’Avraham est en nous. Il est inestimable, intarissable et toujours d’actualité jusqu’à la fin des temps. En ces moments difficiles, puissionsnous puiser dans cette source, force, courage et détermination. n
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Vayéra
Le résumé de la Paracha
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ans la première partie de la Paracha, Avraham accueille trois visiteurs mystérieux, qui se révèlent être des anges. Ces derniers lui annoncent que Sarah, sa femme stérile et à l’âge avancé, aura un fils, Yitzhak, l'année suivante. Sarah, qui était en train d'écouter la conversation depuis l'intérieur de la tente, rit. Avraham intercède en faveur des habitants de ces villes condamnées par Dieu. Malheureusement, les villes sont détruites, à l'exception de la famille de Loth. Par la suite, Dieu teste la foi d'Avraham en lui demandant de sacrifier son fils Yitzhak.
Au dernier moment, un bélier est fourni en substitution. Sarah décède à l'âge de 127 ans et Avraham achète une grotte pour l'enterrer, devenant ainsi le premier propriétaire de terre en Canaan. Avraham envoie son serviteur à la recherche d'une épouse pour son fils Isaac. Le serviteur rencontre Rebecca près d'un puits et la ramène à Yitzhak. La Paracha Vayéra met en lumière des thèmes tels que la foi, la miséricorde de Dieu, l'obéissance et la promesse de la descendance d'Avraham.n Aaron A. Cohen
La paracha illustrée Par Diane Koskas Après les événements tragiques de Sodome et Gomorrhe, cette Paracha va voir la naissance de Yitzhak. Avraham va affronter sa dixième épreuve, la akedat Yitzhak. Avec détermination, malgré les embûches, il va vouloir accomplir l’ordre d’Hachem. Avraham "envoya" sa main pour sacrifier son fils. Ses membres ne voulaient pas, mais lui se força. En récompense, Hachem va le bénir ainsi que sa postérité et le multiplier comme les étoiles du ciel et le sable sur le rivage de la mer.
Comment comprendre qu’Hachem nous bénisse d’être aussi nombreux alors que nous sommes en réalité l’un des plus petits peuples de la planète. Ce qui est d’ailleurs écrit dans
Devarim. Ce n’est pas le nombre, mais la qualité qui importe. Chaque Juif est comparable à une étoile du ciel ayant son rôle à jouer. Ma calligraphie représente donc une
étoile dans laquelle est écrite la braha, bénédiction. Nous sommes comparés aux grains de sable. Avraham, malgré sa grandeur a déclaré : « Je ne suis que poussière et cendre ». Notre verset signifie que même si Hachem nous élève à la hauteur des étoiles, nous nous considérons petits et quelconques comme le sable du rivage. Que la braha d’Avraham nous accompagne toujours!
Ces petits gestes du quotidien Ne pas baisser les bras !
les matins, avant de réciter la prière de veut dire : lever, élever. Le mot « yadaïm» désigne on procède aux ablutions des mains « les mains ». L’injonction consiste dès lors à élever Tet ousCha’harit, l’on formule une bénédiction qui rappelle que les mains. Sur un plan symbolique, la formule nous Hachem nous a enjoint d’accomplir le rite de «netilat yadaïm ». De même, avant de consommer du pain, on procède à des ablutions des mains (aux modalités et significations différentes des premières évoquées) et l’on récite aussi la bénédiction relative à « netilat yadaïm ». Que veut dire cette expression ? Le terme « netila » vient de la racine « n-t-l » qui
indique ainsi qu’il nous est défendu de baisser les bras ! La scène de Moché levant les mains vers le ciel alors qu’il prie pour son peuple nous revient à l’esprit. On lève les mains vers le ciel comme pour trouver la main qui nous est tendu depuis le ciel et qui pourra nous tirer de toutes nos difficultés. n J. Milewski
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Chabbat Vayéra Vendredi 3 et samedi 4 novembre
Paris
Début ven. 17h10 Fin sam. 18h15
Tel Aviv Jérusalem Lyon Marseille
de ven.
à sam.
16h29 16h08 17h06 17h09
17h27 17h21 18h10 18h11
Netanya Ashdod Strasbourg Nice
de ven.
à sam.
16h28 16h30 16h48 17h01
17h26 17h28 17h54 18h03
En librairie
e Talmud de Babylone - Talmud Bavli comporte 36 livres appelés Guemara. Il est l’œuvre regroupant les enseignements de la Torah orale. La Guemara est l'un des textes fondamentaux du judaïsme dont découlent toutes nos lois du quotidien (Halakhot). Aujourd’hui, tout juif voulant comprendre les pratiques religieuses doit absolument passer par l’étude de nos sages de la Guemara. Le Talmud est un recueil de savoirs d’histoire de raisonnement et d’idées poussées sur tous les thèmes de notre religion. Le premier jour de Roch Hachana 5684, le rav Yehouda Meir Shapiro, rabbin ‘hassid né à Shatz en Autriche-Hongrie (l’actuelle Roumanie), a révolutionné l’approche de la Torah de son époque pour avoir mis en place le premier cycle d’étude du Daf Hayomi de Guemara. Le Daf Hayomi est l’étude quotidienne d’une page recto verso du Talmud (pour chaque page il y a un Amoud aleph et beth), avec pour objectif d’être fini en intégralité au bout de sept ans ! Cette étude permet à chaque juif d’étudier le même texte, chaque jour, simultanément avec des juifs des quatre coins du globe. Aujourd’hui, en l’an juif 5784, soit 100 ans après l’idée novatrice du Daf Hayomi, le monde entier se lance dans une nouvelle révolution de l’étude de la Guemara qui consiste juste à étudier chaque jour une page recto, soit le Amoud Hayomi, et non le Daf Hayomi (recto verso). Cela permet de finir tout le Talmud en 14 ans mais en étudiant entre 15 et 20 minutes seulement par jour, soit un temps que n’importe qui peut trouver dans sa journée, permettant ainsi au juif du plus éloigné au plus proche d’étudier quotidiennement ces quelques lignes que nous pouvons trouver traduites dans toutes les langues et ainsi de finir cette étude aussi importante soit-elle. Si vous souhaitez rejoindre cette magnifique initiative et organiser un cours dans votre communauté, vous pouvez contacter les numéros suivants : Rav Naftali Levy au 06 79 06 21 60 ou Rav Chlomi Elhadad au 06 10 20 40 76 n Yaïr Bitton
cette mitzva fondamentale. Truffé de références, ce livre est rédigé avec tact et compassion. Se gardant bien de juger qui que ce soit, pesant ses mots, Rav Bakis livre des conseils, des arguments, des précisions ; les notes de bas de pages démontrent une érudition considérable tout en évitant de lasser le lecteur. Avec des approbations d’autorités rabbiniques mondialement connues et une introduction signée par le président de la communauté de Montpellier, également médecin, ce livre propose – outre le rappel succinct des lois de la pureté familiale avec l’explication des termes de Halakha - un rappel historique, des découvertes archéologiques partout en Europe, des plans et des photos de mikvés modernes, confortables, luxueux même. Avec cet hommage à « La
Editions Bakish - Biblieurope 113 pages – 10,90 euros Couronne de son Mari », les lois de pureté familiale sont mises en lumière avec délicatesse pour assurer la protection du peuple juif. Feiga Lubecki
Une étude quotidienne du Séfer Hamitsvot du Rambam (Maïmonide)
ב"ה
instaurée par le Rabbi de Loubavitch pour l’unité du peuple juif Jeudi 26 octobre – 11 ‘Hechvan Mitsva positive n° 70: Il s'agit du commandement qui nous a été enjoint d'offrir un certain sacrifice en cas de doute au sujet d'une de ces fautes graves pour laquelle on encourt la peine de retranchement si on la commet volontairement et un sacrifice expiatoire fixe, quand elle est involontaire. Ce sacrifice est appelé offrande à caractère suspensif. Vendredi 27 octobre – 12 ‘Hechvan Mitsva positive n° 70: Il s'agit du commandement qui nous a été enjoint d'offrir un certain sacrifice en cas de doute au sujet d'une de ces fautes graves pour laquelle on encourt la peine de retranchement si on la commet volontairement et un sacrifice expiatoire fixe, quand elle est involontaire. Ce sacrifice est appelé offrande à caractère suspensif. Samedi 28 octobre – 13 ‘Hechvan Mitsva positive n° 71: C'est le commandement qui nous a été enjoint selon lequel tout homme ayant commis des fautes déterminées doit apporter une offrande délictive et il lui sera pardonné. C'est ce qu'on appelle une offrande délictive inconditionnelle. Dimanche 29 octobre – 14 ‘Hechvan Mitsva positive n° 72: Il s'agit du
commandement qui nous a été enjoint d'offrir un sacrifice gradué (selon l'état de fortune du coupable) pour certaines fautes déterminées. Lundi 30 octobre – 15 ‘Hechvan Mitsva positive n° 68: Il s'agit du commandement qui nous a été enjoint concernant l'offrande du Grand Sanhedrin, lorsque, par erreur, il a pris une décision contraire à la tradition. Mitsva positive n° 75: Il s'agit du commandement qui nous été ordonné que toute femme atteinte de flux sanguin (hors ou au-delà de son isolement ordinaire), une fois qu'il a cessé, doit apporter un sacrifice comme suit: ...deux tourterelles ou deux jeunes colombes. Elle n'obtient le pardon définitif qu'après ce sacrifice. Mitsva positive n° 76: Il s'agit du commandement qui nous a été ordonné selon lequel chaque femme qui a enfanté apportera une offrande: un agneau d'une année comme holocauste et une jeune colombe ou une tourterelle comme expiatoire. Si elle est pauvre, elle offrira « deux tourterelles ou deux jeunes colombes », l'une pour l'holocauste, l'autre pour expiatoire. Pour elle aussi, le pardon n'est complet qu'après avoir apporté ces offrandes.
Mardi 31 octobre – 16 ‘Hechvan Mitsva positive n° 74: Il s'agit du commandement qui nous a été ordonné selon lequel tout homme guéri de son flux séminal apportera un sacrifice qui consiste en ceci: deux tourterelles ou deux jeunes colombes, l'une comme expiatoire, l'autre comme holocauste. Le pardon complet ne lui sera accordé qu'après avoir apporté le sacrifice. Mitsva positive n° 77: Il s'agit du commandement qui nous a été ordonné qu'un lépreux guéri de sa lèpre doit apporter un sacrifice, composé de trois bêtes: un holocauste, un expiatoire et une offrande délictive, ainsi qu'une mesure d'huile. S'il est pauvre, il peut apporter un agneau comme délictif et deux pigeons ou deux jeunes colombes, l'une comme holocauste, l'autre comme sacrifice expiatoire. Le lépreux est le quatrième de ceux dont le pardon complet n'est accordé qu'après avoir apporté le sacrifice. Mercredi 1er novembre – 17 ‘Hechvan Mitsva négative n° 106: C'est l'interdiction qui nous est faite de remplacer une bête consacrée par une autre. C'est ce qu'on appelle « Temoura ». Mitsva positive n° 87: Il s'agit de l'obligation selon laquelle l'animal désigné pour remplacer un autre (destiné à être sacrifié) sera considéré comme sanctifié.
Vous pouvez consulter l’étude du Séfer Hamitsvot sur le site du Beth Loubavitch www.loubavitch.fr. Retrouvez l’étude quotidienne du Rambam sur le serveur vocal LE’HAIM : 01 76 34 77 77 Vous pouvez également commander le livre du "Sefer Hamitsvot" sur le www.editions-loubavitch.fr
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Daf Hayomi : la révolution des 100 ans
La Couronne de son mari La pureté familiale Par Eliyahou Bakis Préface du Dr Fabrice Lorin Rav Eliyahou Bakis, natif de Montpellier et installé maintenant à Jérusalem, met à la portée du grand public ses réflexions sur la troublante période de confinement que le monde entier a vécue lors de l’épidémie du coronavirus. Corona ou couronne? De nombreux mikvés étant fermés, des femmes juives et leurs maris furent obligés de patienter avant de reprendre une vie de couple normale et épanouie. Les défis posés par cette épidémie en ce qui concernait la pureté familiale mirent en lumière la force extraordinaire des femmes juives qui transformèrent le corona en couronne, couronne de vertu, en soulignant leur détermination à respecter
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Se mobiliser par la prière pour aider Israël SOLIDARITÉ Refuser de
Par Janine Elkouby
Agrégée de lettres Ancienne vice-présidente du CIBR Présidente de l'Amitié judéo-chrétienne de Strasbourg
Basculement Les manifestations de soutien à Israël sont désormais périmées. C’était prévisible. On avait bien voulu, sous le choc, condamner la sauvagerie du Hamas, communier dans la dénonciation horrifiée des meurtres de civils et d’enfants, s’apitoyer sur les Israéliens, d’autant plus volontiers qu’ils entraient aisément, sans rien qui dépasse ou frotte ou coince, dans le moule lisse des victimes, et quoi de plus aimable que les victimes, de plus innocent, de plus pur, de plus rassurant… Mais les choses sont, très vite, « rentrées dans l’ordre » et les « victimes » ont, réintégré leur camp naturel : dès l’annonce par les Palestiniens du « bombardement de l’hôpital de Gaza » et des « cinq cents morts » attribués à Israël, la bien-pensance morale s’est mobilisée : une partie de la presse, au mépris de sa déontologie, a, sans vérification, donné le signal de la condamnation médiatique, et celui du basculement de l’opinion publique. Oublié, donc, le pogrom - d’ailleurs, a-t-il réellement eu lieu, se demande la reine de Jordanie… Voici donc des foules de progressistes, d’intellectuels autoproclamés, d’universitaires, d’étudiants de Harvard et d’ailleurs, d’indignés de tout poil, qui, ayant retrouvé leurs repères, leur routine et leurs slogans, s’ébranlent, en avant toute, dans une incroyable et folle croisade en faveur de la « résistance palestinienne », marchent par milliers, partout, contre un Israël suppôt du diable et coupable, criminel de guerre et génocidaire. Aveuglement effarant et effrayant, que celui qui, ignorant les faits, privilégiant l’émotion aux dépens de la raison, refusant questions et nuances, confond Palestiniens et Hamas, terroristes et résistants, victimes et bourreaux et, semant l’obscurantisme, éteint peu à peu les Lumières. n
sombrer dans la paralysie et l’anxiété et multiplier, au contraire, toutes les formes de mobilisation en faveur d’Israël, c’est ainsi qu’il nous incombe de réagir pour faire face.
O
«
n est soit des victimes, soit des survivants », rappelle la rabbanite à l’origine de la page Instagram « Les chroniques d’une Echet Hail » qui rassemble près de 17 000 followeuses. « Chacune d’entre nous doit choisir entre se lamenter et ne rien faire ou décider d’agir », explique-t-elle. En ce qui la concerne, ce sera l’action, tant elle est sollicitée depuis le 7 octobre. Que ce soit pour des cours, des conseils, des participations à des soirées de Hafrachat Hallah pendant lesquelles des femmes se rassemblent pour faire au minimum 1,6 kilo de pain et procéder aux bénédictions d’usage. Le besoin de prier et de se renforcer semble n’avoir jamais été aussi fort qu’en ce moment, constate-t-elle. « On cherche à
multiplier les mitzvot parce que l’on sait que ce sont des actions positives qui vont créer de la lumière et enlever de l’obscurité. Il y a aussi quelque chose de très féminin dans cette attitude », poursuit la jeune femme. Et lorsqu’on lui demande, souvent, comment faire, pour avoir la foi, la Emouna, elle conseille de s’en remettre à la prière. « C’est notre méditation à nous, notre moment de connexion avec Hachem. Ouvrir un livre de prières et mettre toutes ces lettres en hébreu devant nos yeux fait aussi du bien à notre cerveau surtout face aux images atroces que l’on a eu à voir ». Sur son compte Instagram, elle prend aussi le temps d’expliquer comment prier et en quoi consiste la prière, pour répondre à ce besoin de connexion. Créatrice de mode et fondatrice de la marque de ceintures Pola, Esther Lelinowski a entrepris, elle aussi, une action spirituelle et concrète en guise de réaction à l’horreur. « Tout est parti d’un besoin que j’avais de trouver les noms des otages et des disparus pour prier pour eux », expliquet-elle. De fil en aiguille, et aidée par son amie Jill Benhamou, elle a constitué un fichier qui évolue
en permanence. Y figurent les noms, en français et en hébreu, des otages et des disparus, leur âge, et les noms de leur mère afin que nos prières pour leur libération soient les plus complètes possible. Elle a aussi ouvert des chaînes de Tehilim auxquelles plus de 800 personnes participent déjà. « Le principe est que chacun s’engage à prier pour un des otages en lisant un Tehilim associé à son nom. On sait que les prières font beaucoup de bien et les Tehilim en particulier. À notre petite échelle, on peut le faire et on espère que cela donnera du baume au cœur des familles concernées », explique-t-elle. La mobilisation passe aussi par les dons, financiers et matériels. Des opérations se mettent en place à travers les communautés. À la synagogue du boulevard Perrier à Marseille, on est parvenu à faire partir un bateau chargé d’affaires réclamées par l’armée. Des pulls polaires, des couvertures, des chaussettes… La mobilisation de chacun était au rendez-vous parce qu’agir constitue un exutoire, une manière de reprendre l’ascendant sur une situation que l’on ne peut accepter. n Laëtitia Enriquez
Le Technion, pôle d’excellence… et de solidarité
M
obilisation générale sur le campus du Technion à Haïfa. Les départements des ressources humaines du Technion et de la Fondation du Technion pour la recherche et le développement ont envoyé des colis aux familles des réservistes du Technion. La garderie pour les enfants du personnel du Technion accueille 150 enfants dans des salles sécurisées. Les enfants des étudiants, du corps enseignant et du personnel de la faculté de médecine Ruth et Bruce Rappaport ont rejoint la garderie du Rambam Healthcare Campus, qui est gérée par des étudiants bénévoles.
DR
Regards
communauté
L'unité de sécurité et d'urgence du Technion a distribué des radios bidirectionnelles et d'autres équipements aux différentes facultés. Ces équipements ont été achetés grâce à la générosité des donateurs et des soutiens
du Technion. De plus, la communauté étudiante se mobilise pour aider la population. Un groupe d’étudiants de la faculté de science et d'ingénierie des matériaux s'est porté volontaire dans le cadre du projet « Shelter
City ». Les étudiants déblaient et aménagent des abris dans un quartier adjacent au campus. Ils ont également aidé les habitants retraités à préparer leurs abris pour faire face à toute alerte. n Raphaël Hassine
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N° 1710 - 2 novembre 2023
@yena_brodsky
@shovalgilad
@avigail_sar_artist
@iammarkronson
@shoshke_engelmayer
« I have no land other » : le 7 octobre vu par les artistes israéliens
@roi_ankawa
CULTURE « I have no land other » est une galerie d’exposition
virtuelle lancée sur Instagram, après les attaques du 7 octobre, par une Française habitant en Israël.
P @shaycharka
@noa_kelner
lasticiens, designers, vidéastes, illustrateurs, sculpteurs, ils sont nombreux à réagir sur la plateforme « I have no land other » lancée par une jeune femme d’origine française, installée en Israël depuis 2019. « La vérité est dessinée dans ces œuvres », explique l’artiste à l’initiative de cette galerie, dont le nom rappelle la chanson Ein li eretz acheret et la phrase de Golda Meir : « Nous n’avons pas d’autre endroit où aller ». La tristesse domine dans les œuvres de ces artistes israéliens. Le désespoir du
père de l’otage Noa Argamani (Avigail Sarid), le deuil de la déchirure en forme de drapeau d’Israël (Alon Art), la tragédie des femmes dansant ensanglantées (Marian Boo). « L’exposition s’enrichit tous les jours. Soit les artistes me sollicitent pour publier dans la galerie, soit je repère leur travail sur les réseaux sociaux et je le mets en ligne. J’ai notamment reçu des dessins de rescapés des kibboutzim, en particulier une enseignante, qui seront publiés prochainement ». L’exposition met en lumière des artistes israéliens par-
@sonya_korshenboym
@alon_art fois méconnus en France. Ils sont déjà près d’une centaine à alimenter la page. « J’aimerais beaucoup que ces artistes israéliens et étrangers soient exposés dans un musée ou dans un lieu d’exposition, au profit de la reconstruction des kibboutzim. Ce qui s’est passé le 7 octobre est une tragédie, et nous avons besoin de libérer cette parole et de trouver du sens, notamment à travers la représentation de l’art ». n Yaël Scemama
Pour envoyer ses travaux : ihavenolandother@gmail.com @marian_boo
Un rabbin Dans l’actu
Par Bruno Fiszon Grand rabbin de Metz et de la Moselle
Depuis Sim’ha Torah, le 7 octobre, nous vivons dans l’effroi, dans le deuil. Depuis la fin du second conflit mondial, jamais autant de juifs n’avaient été massacrés en un seul jour avec une telle cruauté. Des gens m’interpellent. Où est Dieu ? Pourquoi n’a-t-il pas sauvé ces enfants ? Ce sont les mêmes questions que celles posées après la Shoah. Beaucoup avaient depuis tant d’années laissé de côté ces interrogations si brûlantes, les avaient peut-être même occultées. Depuis le massacre des
Un défi pour la foi terroristes du Hamas, elles nous reviennent violemment et sont un défi pour la Emouna, la foi en l’Éternel. S’interroger n’est pas blasphémer mais au contraire, faire preuve de lucidité, de recherche de la vérité. Il faut tout d’abord écarter les réponses simplistes, pourtant évoquées par certains comme le rabbi de Satmar. À savoir, les souffrances endurées par Israël sont une sorte de punition pour avoir voulu forcer le joug des nations et être monté en masse en Terre d’Israël. Ceci n’est pas audible, voire offensant.
Martin Buber évoque le silence, ou plutôt l’éclipse de Dieu durant la Shoah. C’est l’idée du Hester Panim (voilement de la face divine) : « Je cacherai ma Face ce jour-là » (Deutéronome 31, 10). A-t-on assisté au même phénomène ce 7 octobre ? Pourquoi ? Là encore, la question est lourde et toute tentative de réponse simpliste apparaît décalée. Peut-être doit-on se garder de toute réponse. Le psalmiste, le roi David, crie son amertume. « Ne nous délaisse pas, sors de ton sommeil. Pourquoi dorstu? Réveille-toi, pourquoi caches-tu ta
face ? » (Psaumes 44, 25). Les rescapés de la Shoah furent témoins de cette éclipse, nous aussi, le 7 octobre 2023. Alors, où est l’espoir? En réalité, le peuple d’Israël est bien conduit vers son destin par son gardien, le Tout-Puissant. Notre simple existence, après 2000 ans d’exil, et notre retour relèvent du miracle. C’est le seul discours audible même s’il n’est pas satisfaisant pour ceux qui ont souffert dans leur chair. Ce n’est que dans cette perspective que nous pouvons garder notre foi, notre Emouna.
mémoire
N° 1710 - 2 novembre 2023
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Page réalisée par Claude Bochurberg
HOMMAGE Au moment où nous assistons à une régression
absolue de l’Histoire, avec ses scènes insoutenables de pogrom sur la terre d’Israël, d’autres scènes nous réchauffent le cœur. Le prince du Danemark a assisté, dimanche dernier, au Mémorial de la Shoah, à la commémoration du sauvetage de 7 220 juifs sur 7 800 en 1943.
L
e 9 avril 1940, l’Allemagne envahissait le Danemark qui se rendit après une courte bataille. Le roi Christian X conserva son trône et le pays devint un protectorat. Cependant, en automne 1943, la résistance danoise s’éveilla en organisant des actions de sabotage et des grèves. Le 1er octobre 1943, Hitler ordonna la déportation des juifs du Danemark, et dans la nuit qui suivit, les arrestations furent orchestrées lors de Roch Hachana. Face à la menace des rafles, les responsables politiques informèrent
la communauté juive pour qu’elle se mette à l’abri. Ces informations furent relayées aux fidèles par le rabbin Ben Melchior, lors de l’office. Mais, 2 convois de plus de 400 juifs raflés partirent le 2 octobre pour Theresienstadt. Le 3 octobre, une lettre pastorale fut lue dans toutes les églises dénonçant les persécutions antijuives, avec appel à la solidarité. La majorité des juifs du Danemark furent ainsi sauvés, en réussissant à rejoindre la Suède via la mer, grâce à la main tendue de l’évêque, des citoyens et des réseaux de résistance.
Cérémonie
L
e 28 octobre, au Mémorial de la Shoah, s’est déroulée la cérémonie marquant le 80ème anniversaire du départ du convoi 61, parti de la gare de Bobigny, le 28 octobre 1943, pour Auschwitz, avec dans ses wagons 1 000 juifs, dont 125 enfants de moins de 18 ans. Dans ce convoi, se trouvait Arno Klarsfeld, le père de Serge Klarsfeld et de sa sœur, Tania, qui fut arrêté à Nice, le 30 septembre 1943, après avoir protégé sa femme et ses enfants,
en leur aménageant une cache derrière la cloison d’une armoire, alors que lui s’était sacrifié en se portant à la rencontre des chasseurs de juifs. Plus tard, comme en témoigna un survivant du nom de Stern, Arno Klarsfeld « fut frappé par un kapo dès l’arrivée. Fait inouï, il riposta en l’assommant, car il était physiquement de taille, ce qui provoqua une certaine considération pour notre groupe de Français… ». À l’arrivée, 284 hommes et 103
DR DR
Zakhor
Ce petit garçon que l’on voit sur cette photo, extraite du Mémorial des enfants juifs déportés de France de Serge Klarsfeld, s’appelait Henri Waks. Il était né le 2 novembre 1932, à Paris. La famille vivait impasse Saumon, dans le 20ème arrondissement. Henri fut déporté à Auschwitz, le 10 février 1944, par le convoi 68, avec ses sœurs Rosa, 9 ans, Gabrielle, 8 ans et ses frères, Jacques, 6 ans, et Nathan, 2 ans. A l’arrivée, ils furent tous conduits à la chambre à gaz.
DR
En mémoire des déportés du convoi 61
Dimanche 29 octobre, à l’occasion du 80ème anniversaire de ce sauvetage, un après-midi d’hommage a été organisé au Mémorial en présence de SAR le prince Frederik du Danemark, de l’ambassadeur Michael Starbaek, et de la ministre de l’Église du Danemark, Louise Sckack Elhom, qui évoqua ce haut fait de la solidarité humaine, en ces jours funestes du retour de la barbarie. Après l’accueil de SAR le prince du Danemark par Éric de Rothschild, le président du Mémorial, et son directeur, Jacques Fredj, fut projeté le film : Les voix dans l’abîme, nourri du témoignage du fils du rabbin Ben Melchior, luimême rescapé. Puis se déroulèrent deux tables rondes qui avaient pour thème : « Histoire, nuances et perspectives pour l’avenir » et « Le sauvetage des juifs du Danemark », avec la participation des historiens Bo Lidegaard, Pontus
DR
Le prince du Danemark se recueille au Mémorial de la Shoah
Rudberg et Silvia Goldbaum Tarabini, historienne. Ces tables rondes furent animées par François Zimeray, avocat, ancien ambassadeur de France au Danemark, (qui rappela combien ce sauvetage était l’honneur du Danemark, un exemple absolu d’humanité en ces heures graves), et Janus Moller Jensen, directeur du Danish Jewish Museum. n
femmes furent admis dans le camp. En 1945, on dénombra 58 rescapés dont 4 femmes. On notera que le « Calendrier d’Auschwitz » avait enregistré par erreur un 2ème convoi, parti de Bobigny, le 31 octobre1943. Ce qui fut signalé et corrigé dès 1965 aux archives d’Auschwitz, par Serge Klarsfeld lors de son premier voyage. Après l’évocation historique de ce convoi par le président des FFDJF, en présence de Beate Klarsfeld, des porte-drapeaux, Alex Halaunbenner et Maurice Zynszajn, suivie de la lecture des noms par les descendants, le kaddich fut prononcé par Charles-Étienne Nephtali. n C.B.
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Règlement par : Retrouver L SE IE W E ÉLI Virement bancaire Titulaire du compte Almanacc Editions s de la fête n se le ce : Mizrahi Tfahot / Code banque : 20 raison t je e compa ConscienBanque L’indignemmour au su cZ er ier s p Compte n° 134021 / Agence : 478 e prem ire du d’Eri famille Sandl m L te e sa la , tr er ig de iv o lo n n pe an A de Actu J hilippe re vive nouvel mémoi er Chèque bancaire ou postal à l’ordre dePlad'Almanacc Éditions gn un desi Carte bancaire sur www.actualitejuive.com Les JO à l’épreuve 8 Juillet 2021 - 28
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Déjouer les embûches du Daniel Farhi, Rabbin p. 30 disparition d’un « mensh »
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Menaces sur l'abattage rituel p. 24
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Le rendez-vous ISRAË jazz de l'Ecuje p. 38-39
La grande angoisse du variant « Delta » p. 14
en régions
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Dialogue interreligieux, au cœur d’un débat à quatre voix !
« La fraternité d’Abraham, un vœu pieux ? ». C’est sous ce titre que l’Institut Maïmonide-AverroèsThomas d’Aquin de Montpellier a organisé, samedi 28 octobre, une table ronde exceptionnelle consacrée au dialogue interreligieux.
C
e sont quatre éminentes personnalités représentant les quatre principaux monothéismes, qui ont été rassemblées pour l’occasion. Haïm Korsia, grand rabbin de France pour le judaïsme, Monseigneur Norbert Turini, archevêque de Montpellier pour le catholicisme, le Professeur Boumédiène Benyahia, universitaire et islamologue, représentant Chems-Eddine Hafiz,
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DR
Montpellier
recteur de la grande mosquée de Paris (empêché) pour l’islam et enfin le pasteur François Clavairoly, ancien président de la Fédération protestante de France, pour le protestantisme. De nombreuses personnalités locales étaient également présentes, au premier rang desquelles le préfet de l’Hérault, François-Xavier Lauch, qui accepta de s’exprimer en début de session pour affirmer son soutien aux organisateurs : « La place des représentants de l’État est à vos côtés ! Nous avons besoin de profondeur et d’un regard aigu sur le dialogue interreligieux ».
Cette table ronde, prévue de longue date, a pris une résonnance particulière compte tenu de l’actualité dramatique au ProcheOrient et aux tensions qui en ont découlé en France. Ainsi, un des thèmes qui a été abordé avec les quatre invités était : « En quoi le dialogue interreligieux peut-il contribuer à la résolution des grands défis de notre temps et en particulier celui de promouvoir la paix ? ». Un dialogue qu’il est « important de fortifier », explique Boumédiène Benyahia, et qui est « au cœur de l’espérance républicaine », selon Haïm Korsia. Cette rencontre a suscité un immense intérêt parmi la population, puisque ce sont près de 400 personnes qui se sont déplacées dans la salle des rencontres de l’ancien Hôtel de
Ville pour y participer. Comme le soulignait un des intervenants, pour un soir de finale de la Coupe du monde de rugby, c’est une sacrée performance !
Nous avons besoin de profondeur et d'un regard aigu sur le dialogue interreligieux Il convient donc de rendre un hommage appuyé au trio d’organisations de l’Institut : Charles Ebguy, le président délégué, Michael Iancu, le directeur et Roger Tordjman, vice-président. Le remarquable succès de cette rencontre qui fera date vient ajouter un beau chapitre au livre déjà si riche de l’histoire de l’Institut. n Jo Berdmann
Retrouvez l’enregistrement de cette table ronde sur la chaîne YouTube de l’Institut Maïmonide.
Le dynamisme d’une communauté Il fait bon vivre à Metz ! juive au passé illustre Ville verte, à taille humaine,
METZ
où chacun peut trouver tous les ingrédients nécessaires à la pratique de son judaïsme.
cantine est proposée à ceux qui le souhaitent. DR
LES SYNAGOGUES ET LA VIE JUIVE Quatre lieux de culte sont en activité à ce jour : la grande synagogue consistoriale de rite aschkénaze, la synagogue Beth Yossef de rite séfarade, l’Adass yechouroun, dernière synagogue de rite sfard, ultime vestige de ce que fut la communauté des juifs venus de Pologne et la synagogue de la rue Paul Michaux, un oratoire de proximité, au sein duquel tous prient ensemble. Des cours d’hébreu, de pensée juive, de Guemara, de Michna, de Talmud Torah sont dispensés régulièrement par nos rabbanim. La communauté de Metz dispose également d’un mikvé et d’un erouv.
L'enseignement, de qualité, se déroule dans une ambiance chaleureuse LES ÉCOLES Au sein du centre communautaire, les enfants peuvent poursuivre leur scolarité, du Gan Chochana au collège Guershon en passant par l’école Nathanël, l’enseignement est de grande qualité et se déroule dans une ambiance chaleureuse. Une
LE HOME ISRAÉLITE Un EHPAD médicalisé cacher de 63 lits se situant à côté du centre communautaire permet à nos ainés de vivre leur retraite dans un cadre verdoyant et protégé. LES ASSOCIATIONS Sont présentes à Metz, l’antenne régionale du Magen David Adom,
actuellement très active en raison de la situation tragique en Israël, la Société d’entraide, deux loges B’nai B’rith, Elie Bloch et Armand Kraemer, le KKL, l’OSE, le Maccabi, les EEIF. HISTOIRE ET CULTURE JUIVE Il nous faut restaurer le patrimoine pour perpétuer notre histoire. La communauté de Metz, qui tient à préserver son patrimoine historique, a entrepris d’importants travaux de rénovation de la grande synagogue consistoriale dont la première pierre fut posée en 1848. Celle-ci est inscrite à l’inventaire des monuments historiques. Vous l’aurez compris, on peut, à Metz , vivre pleinement son judaïsme, dans une communauté dynamique où se conjuguent richesses cultuelles et culturelles. n Sonia Sellam
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Éden Yaïche : « Ce militantisme nous permet À 22 ans, Eden Yaïche mène de front un cursus universitaire d’apprendre plus sur le en master 1 de droit privé et son engagement pour l’UEJF dont judaïsme et Israël » elle est présidente de la section Marseille
locale. Rencontre avec une militante convaincue.
Comment gérer la crise actuelle en Israël ?
É.Y. : Lorsque les terribles nouvelles sont tombées, l’UEJF nationale préparait un document national en cours de réalisation autour du conflit Israël-Hamas, mais aussi israélo-palestinien plus globalement.
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Lyon
C’est un événement pour la rentrée qui a déjà conquis bien des personnes : le calendrier « Jérusalem cœur du monde » conçu et réalisé par la rabbanite Myriam Wertenschlag à Lyon.
C
e calendrier est une véritable nouveauté, distribué dans tous les points de rencontre de la communauté juive pour marquer trois événements : 75 ans de la création de l’État d’Israël, 56 ans de la réunification de Jérusalem et 38 ans d’existence de l’Assemblée féminine régionale. Toute une équipe autour de Myriam qui s’investit tout au long de l’année pour soutenir, aider et multiplier les actions de tsedaka au profit de notre Terre ancestrale. C’est une association fondée depuis les années 1980 par le grand rabbin régional Richard Wertenschlag consacrée à la Guemilout Hassidim. Les dames et jeune filles de l’Assemblée participent au quotidien à cet amour pour Israël qui s’exprime par des
les préjugés concernant Israël. Par ailleurs, nous avons procédé au collage d’affiches dans Marseille, avec des slogans élaborés par l’UEJF nationale, et d’autres sur les personnes qui ont été kidnappées. Puis, nous envisageons des podcasts pédagogiques sur notre compte Instagram.
Quels sont vos projets ?
É.Y. : Notre objectif est de former une communauté unie. Nous allons intervenir dans des classes pour sensibiliser les élèves à lutter contre l’antisémitisme, l’antisionisme, et le racisme dans sa globalité. Nos valeurs sont le respect et la tolérance envers chacun. Je précise enfin que, cette année, la Convention nationale de l’UEJF se déroulera à Marseille. Les dates sont à confirmer mais ce sera en novembre. Nous avons hâte ! n Propos recueillis par Gilbert Gabbay
Nouvelle année, nouveau calendrier
Standard : 01.88.61.45.55 Actualité Juive est une publication de la société Almanacc Éditions RCS : 888 826 849 Siret : 888 826 849 00018 Présidente : Lucile Astel Directeur de la publication et de la rédaction : Alexis Lacroix Rédactrice en chef : Yaël Scemama Secrétaire de rédaction : Laurent Cohen-Coudar Rédaction : Esther Amar, Christophe Barbier, Carol Binder, Sarah Bismuth, Claude Bochurberg, Jean-Yves Camus, Michaël Darmon, Laëtitia Enriquez, Monic Feld, Gilbert Gabbay, Raphaël Hassine, Alain Kaminski, André Kaspi, Nathan Katz, Éric Keslassy, Anna Landau, Ilan Levy, Michèle Levy-Taïeb, Feiga Lubecki, Serge Moati, Jonathan Nahmany, Steve Nadjar, Martin Perez, Ranson, Hélène Schoumann, Robert Sender, Nathalie Sosna-Ofir, Pascale Zonszain Ont également contribué à ce numéro : Bruno Benjamin, Laurent Beyer, rabbin Bruno Fiszon, David Grossman, Bruno Halioua, Emmanuel Messas, Didier Nebot, Hadassah Roshwalb, Gabriel Steg, Marc Zerbib, redaction@actualitejuive.com Maquette, rédaction graphique : Olivier Frampas, Jimy Rullier Impression : POP – La Courneuve 93 (France) ISSN : 0291 1159 Dépôt légal : Octobre 2020 Commission paritaire : 0328 C 85691 Abonnements : abonnement@actualitejuive.com Publicité : Déborah Luzon 01 88 61 45 56 dluzon@actualitejuive.com
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Éden Yaïche : Je voulais reprendre l’UEJF, car j’ai toujours vu son potentiel. Je voulais partager mes valeurs et celles de beaucoup de jeunes juifs, en les inculquant à ceux qui voulaient adhérer à l’UEJF. L’association est la seule qui fédère les étudiants, il est primordial qu’elle soit animée, en travaillant autant sur la forme en organisant des rencontres entre étudiants, que sur le fond en travaillant avec les institutions juives et sionistes, en militant, pour en apprendre toujours plus sur le judaïsme et Israël.
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Quelles sont vos motivations ?
L’UEJF Marseille est notamment chargée du volet « éléments de langage ». Cela consiste à définir les termes que beaucoup utilisent à mauvais escient pour faire passer Israël pour un pays abominable. Le vocabulaire peut être utilisé à des fins de propagande ou de désinformation. Ces phénomènes mènent aussi à l’antisémitisme. Nous devons lutter contre ça. D’autre part une émission de radio interactive sur RJM avec les étudiants juifs a été organisée pour parler du conflit Israël-Hamas. Les jeunes ont pu participer pour déconstruire
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gestes concrets et permanents. Une antenne a été créée par Myriam à Jérusalem et dans d’autres villes d’Israël pour distribuer une aide financière régulière répartie entre des bénévoles qui agissent sur le terrain avec dévouement et dans la plus grande discrétion pour aider des démunis, les familles en détresse, les malades, les orphelinats, les hôpitaux, les synagogues, les centres d’étude, les aides aux mariages… Le monde se construit sur la bonté affirment nos Sages. Bravo pour cette initiative qui va droit au cœur de chacun et chacune surtout
quand il s’agit de la capitale éternelle du peuple juif : Jérusalem. Vous pouvez vous associer vous aussi à ces merveilleuses mitzvot en contactant Tsiporah au 06 24 50 81 68 ou bien le recevoir à Paris et en régions - où le calendrier n’a pas encore été distribué - à votre domicile sur simple demande par WhatsApp ou sms. n Marion Plantier Loquet
Consultation sur Internet pour être en direct avec la ville sainte et l’Association Guemilouth Hassadim : https://www.calameo.com/ read/00331469503e5bc272e23
Petites annonces & Carnets de familles : annonce@actualitejuive.com carnetdefamille@actualitejuive.com À vos plumes : courrierdeslecteurs @actualitejuive.com
Actualité Juive Israël Directrice du développement : Caroll Azoulay caroll@actualitejuive.com Publicité Israël : contactisrael@actualitejuive.com Standard : 058-461 62 62 Correction Cahier Israël : Carine Brenner
culture
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Olivier Wieviorka : « La Seconde Guerre mondiale a remodelé l’histoire du monde » HISTOIRE Historien
persécutions antisémites n’ont joué aucun rôle. C’est dire que la Shoah est centrale, en ce qu’elle a représenté le crime absolu, sans pour autant peser sur le cours du conflit au sens strict. Elle n’est absolument pas corrélée, par exemple, à la stratégie militaire.
reconnu, professeur des universités à l’École normande supérieure de Paris-Saclay, Olivier Wieviorka s’est lancé comme défi de proposer une somme, complète, totale, sur la Seconde Guerre mondiale. Passionnant et exhaustif.
: En quoi votre livre est une histoire totale ?
Olivier Wieviorka : Ce livre souhaite offrir une vision globale de la Seconde Guerre mondiale, alors que bien des ouvrages se centrent sur sa seule dimension militaire. J’ai au contraire souhaité montrer l’interdépendance des sphères économique, sociale, stratégique, géopolitique… Il ne faut donc pas prendre le terme « totale » au sens de « définitive » mais au sens de « globale ».
À quel moment s’affirme le concept de guerre mondiale ?
OW : La guerre devient véritablement mondiale en 1941. C’est en effet cette année-là que l’Allemagne nazie attaque l’Union soviétique, que le Japon frappe les États-Unis et envahit les colonies occidentales en Asie, que Berlin et Rome
Votre livre apporte de nouveaux éclairages et tord le cou à de nombreuses idées reçues …
OW : L’Asie a influencé le cours général de la guerre en impliquant les États-Unis, l’Allemagne et l’Italie dans le conflit. Sans l’attaque de Pearl Harbor, Roosevelt n’aurait pas pu, en raison de son opinion publique, entrer en guerre, même si Washington soutenait économiquement Londres. De même, en déclarant la guerre à Washington, Berlin et Rome ont scellé leur perte. En revanche, le théâtre européen et le théâtre AsiePacifique sont faiblement connectés. Les Britanniques consacrent à ce dernier moins de 10% de leur effort de guerre ; et ni le Reich ni l’Italie fasciste n’aident le Japon. Seule exception : les États-Unis. Eux mènent une guerre authentiquement mondiale. Ce qui signifie que la victoire en Europe n’a en rien été subordonnée au cours du conflit en Asie. En
Nous avons tendance à croire que le débarquement a été un bain de sang alors que le nombre de morts a été limité enfin déclarent la guerre à Washington. Jusqu’alors, le conflit était cantonné à la vieille Europe et à l’Afrique du Nord d’une part, à la Chine de l’autre. Ceci posé, les contemporains ont-ils eu le sentiment de participer à une guerre mondiale ? Les dirigeants pour leur part n’ont pas toujours employé ce terme et ne l’emploient toujours pas. En Russie, on évoque la Grande Guerre patriotique, en Chine la guerre contre le Japon, de Gaulle aimait parler de « la guerre de Trente Ans ».
En quoi la partie asiatique de cette guerre mondiale a-t-elle influé sur le cours général de la guerre ?
somme, deux théâtres d’opération distincts coexistaient, entretenant des liens assez lâches, sauf dans le cas des États-Unis.
Quelle place la Shoah a-t-elle tenu dans la guerre ?
OW : La Shoah occupe une place éminente dans mon ouvrage puisqu’un chapitre lui est consacré. Il ne pouvait en être autrement, compte tenu de ce que représente ce crime de masse dans les annales de l’humanité. Ceci posé, écrire une histoire de la Seconde Guerre mondiale doit bien évidemment traiter de la Shoah mais également évoquer l’Asie ou l’Afrique, où les
OW : Il apparaît que nous sommes encore victimes soit de préjugés soit des propagandes diffuses pendant la guerre. Nous croyons par exemple que les Allemands sont les maîtres de l’organisation, alors que leur logistique est très faible : on le voit par exemple lors de l’opération Barbarossa ou durant la guerre du désert : non seulement Rommel n’a pas assez d’essence mais il s’en soucie comme d’une guigne. Nous avons aussi tendance à croire que le débarquement en Normandie a été un bain de sang alors que le nombre de morts, au soir du 6 juin, a été relativement limité ; c’est pendant la bataille de Normandie et avant la percée vers Avranches, soit entre le 12 juin et le 25 juillet que les pertes ont été élevées. Bref, les idées reçues ont la vie dure et j’ai tenté de les briser.
né du conflit, hormis dans une certaine mesure Israël. En revanche, les bouleversements provoqués par cette terrible épreuve sont colossaux : la Shoah a bouleversé l’image que nous nous forgions de l’humanité ; la planète a vécu dans la hantise du feu nucléaire; des flux de populations ont été immenses, en Europe notamment; le monde s’est divisé en deux blocs, tandis que le communisme gagnait du terrain dans le monde entier; les pays colonisés ont exigé et obtenu leur indépendance. Le second XXème siècle n’a rien à voir avec le premier, car la Seconde Guerre mondiale a déclenché des forces immenses qui ont remodelé l’histoire du monde. n
Propos recueillis par Ilan Lévy
Quels seront les principaux bouleversements dans le monde de l’après-guerre ? OW : Les traités de l’après-Première Guerre mondiale avaient remanié les frontières et favorisé l’émergence de nouveaux États- nations. Tel n’a pas été le cas après 1945. Les frontières sont restées relativement stables, et aucun État n’est véritablement
Olivier Wieviorka, Histoire totale de la Seconde Guerre mondiale, Perrin-Ministère des Armées, 1050p, 29€
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Méliès et Zola au cœur de l’affaire Dreyfus THÉÂTRE Quand Georges Méliès rencontre Émile Zola à
l'heure de l'affaire Dreyfus, petit chef-d'œuvre théâtral qui ressuscite cette France divisée de 1894, autour de l'affaire Dreyfus. Une pièce, hélas, brûlante d'actualité.
É
mile Zola est au sommet de sa gloire littéraire. En cette même période, à Paris, l'affaire Dreyfus défraie la chronique. Zola touché par cette cause, enquête sur le cas Dreyfus qui le désole et le révolte jusqu'à la publication de son fameux J'accuse paru au journal L'Aurore.
De son côté, Georges Méliès, dans son studio de cinéma, s’engage à dénoncer un mensonge d’État et réalise le premier film censuré au monde. Monté comme un film d'animation rapide et tonique à plusieurs tableaux, ce spectacle réjouissant reconstituera toute l’affaire en filmant
L’histoire d’un homme qui a rencontré l’Histoire AUTOBIOGRAPHIE Grand
universitaire et spécialiste du monde arabe qu’il a parcouru depuis ses jeunes années, le professeur Gilles Kepel se raconte de ses débuts au Caire jusqu'à son « éviction » de l’ENS pour « non-conformité» au wokisme. Captivant.
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eune étudiant, fasciné déjà par la civilisation méditerranéenne, Gilles Kepel vogue vers Alexandrie en Égypte. Alors qu’il connaît déjà bien ce pays, il a vu et bien connu les derniers représentants de la bourgeoisie chrétienne si importante dans ce pays. Il raconte avec force et humour « la dolce vita égyptienne » totalement oubliée aujourd’hui. Il découvre l’État policier mis en place par Sadate, qui lutte contre les Frères musulmans. L’Égypte aura bien du mal à se remettre de l'assassinat de Sadate, le premier dirigeant arabe à faire la paix avec Israël. Aux premières loges de ces changements, il ne cesse tout au long de sa carrière, en écrivant, en conseillant les présidents de la République, de mettre en garde ses contemporains contre l’idéologie frériste. En 1987, il raconte les Banlieues de l’islam , dans un livre-enquête sur l’émergence de l’islam radical dans les banlieues françaises. Tout au long de sa carrière, il se heurte aux dénis du monde universitaire, d’une grande partie de la presse et de ses contemporains. Parfait connaisseur du monde arabe, parlant
Gilles Kepel, Prophète en son pays, L’Observatoire, 299p., 23€
la langue avec justesse, il analyse, dès 2008 dans Terreur et martyre (Ed. Flammarion), le manifeste d’Abou Moussab al-Souri, qui encourage les futurs « loups solitaires » à la Mohammed Merah. Gilles Kepel est ensuite menacé de mort par Daech et doit vivre sous protection policière, ce qui n’empêchera pas certains de ses élèves de s’opposer de manière virulente à son enseignement. Maniant à merveille la langue française, la langue arabe et l’humour, Kepel raconte avec recul, et une drôlerie parfois irrésistible, ces événements qui auraient pu tourner au drame. La fin de carrière se profilant, il rejoint l’École normale supérieure en 2015 « comme un retour d’un endroit où il était mal parti », ayant raté l’entrée dans cette école, jeune étudiant. Il dirige la chaire « Moyen-Orient Méditerranée » et continue à mettre en garde contre ce qu’il appelle désormais le « djihadisme d’atmosphère » ; celui qui a tué Samuel Paty ou Dominique Bernard. À quelques mois de sa retraite, l'intellectuel très écouté du président Macron voit sa chaire fermée « remplacée par les études décoloniales ». Gilles Kepel, l’universitaire, l’écrivain, le lanceur d’alerte, en conclut qu'hélas, nul n’est prophète en son pays. n Ilan Levy
les protagonistes dans une mise en scène époustouflante de vivacité et de trouvailles astucieuses. Défilent devant nous des scènes les plus connues sur la relation de Zola avec sa femme, son inspiratrice, avec sa maîtresse et ses enfants, avec ses amis et compagnons de route, Clemenceau, Bernard Lazare… avec son éditeur, les journalistes qui gravitent autour de cette affaire, mais aussi sa relation houleuse avec son ami de toujours, Alphonse Daudet, homme de droite, antisémite. Fausses rumeurs et antisémitisme n’arrêtent pas ces téméraires qui, armés de leur courage et d’un sens du devoir et de l’engagement hors du commun, feront éclater la vérité, selon leur slogan : L’histoire est en marche, rien ne l’arrêtera. Autour de ces deux personnages, avec six comédiens qui interpréteront trente rôles différents, se vit un véritable chassé-croisé humain dans lequel la musique joue un rôle capital, dans un décor mouvant servant en même
Les Téméraires. Comédie Bastille 5, rue Nicolas-Appert, 75011 Paris. Réservations au 01 48 07 52 07. temps de bureau de Zola, d’un quai de gare, d’un comptoir de café ou d’une salle de cinéma. C’est dire le talent et l’ingéniosité de cette troupe mise en scène par Charlotte Matzeef avec dans les rôles-titres Julien Delpech et Alexandre Foulon, co-auteurs entourés d’une magnifique distribution. Une aventure foisonnante. Courez-y vite ! n Michèle Levy Taieb
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Valérie Kaprisky
Femme de cœur Par Laurent Gahnassia
Son livre de chevet
Quartier perdu de Patrick Modiano
Bio
Depuis dix-huit jours, je vis dans la sidération. Je pense énormément aux otages un hashtag « je suis juif » comme il y a eu un hashtag « Je suis Charlie ». Finalement, tout cela correspond à ce que me disait jadis mon papa, à savoir que l’antisémitisme peut remonter en France, il faut être vigilant ». Son papa, justement, Albert Chérès, disparu il y a une vingtaine d’années, aura légué à Valérie une conscience juive indélébile : « Je suis issue d’un mariage mixte, mes grands-parents étaient polonais catholiques et du côté de mon père (descendant de Juifs chassés d’Espagne, puis réfugiés en Turquie), je suis judéo-espagnoleturque. Mes tantes, récemment décédées, à 100 et 102 ans, parlaient ladino. Mes grands-parents étaient pratiquants, papa né en 1921 a connu la guerre (engagé à 17 ans). Il a rejoint la deuxième DB du général Leclerc. Mes tantes ont porté l’étoile jaune. Mon père a toujours refusé et a préféré partir. Il s’est fait arrêter, s’est échappé, a traversé le Cher à la nage avec son frère aîné puis a rejoint Marseille et l’Afrique du Nord. Après la guerre, papa, comme beaucoup de ses semblables, était très sceptique d’un point de vue religieux. Évidemment, il ne fallait surtout pas critiquer les Juifs devant
Son film culte
Son héroïne
ll était une fois en Amérique de Sergio Leone
Simone Veil
express
1962
Naissance à Neuilly-sur-Seine 1983
Sortie d’À bout de souffle, made in USA 1984
La Femme publique et L’Année des Méduses
1991
lui mais il ne s’affichait pas. Je n’ai pas reçu d’éducation religieuse et c’est difficile de grandir sans croire ! Cependant, les fêtes étaient un rendez-vous incontournable. J’adorais les réunions de famille, les bar-mitzvot, Pessa’h chez mes tantes. J’ai récupéré et conservé le chandelier de ‘Hanouka de mon père. Moi-même, vers douze ans, j’ai eu ma petite crise existentielle et avec mon argent de poche, j’ai acheté une étoile de David. Papa a été furieux, car très marqué par l’antisémitisme. Cela n’avait rien à voir avec un côté juif honteux, c’était une crainte, car il pensait toujours que ça pouvait recommencer - la preuve aujourd’hui… J’ai tout de même été au centre communautaire de Cannes, voulant apprendre l’hébreu. Je suis allée en Israël avec ma tante Louise et ma cousine adorée, Vicky. C’était un très beau voyage. Oui, je me sens juive et il ne faut surtout pas attaquer les Juifs devant moi, c’est sûr. Je suis aussi très attachée à l’enseignement de Delphine Horvilleur et à sa revue Tenou’a ». Concernant la carrière de Valérie Kaprisky, ce sont les années 80 qui l’ont rendue célèbre jusqu’aux USA où en 1983, elle donnait la réplique à Richard Gere dans À bout de souffle, made in USA de Jim Mc Bride (un
Milena au cinéma
des films culte de Tarantino!), La Femme 2023 publique (1984), Le Petit Blond de la Casbah grand succès d’Alexandre commercial Arcady d’Andrzej Zulawski, L’Année des méduses et ses multidiffusions TV, La Gitane, Milena, Le Cœur des Hommes 2, les couvertures de magazines à foison, les millions d’entrées… Quel regard porte-t-elle aujourd’hui sur cette frénésie médiatique qu’elle a souhaité restreindre (elle a refusé 37°2, le matin de Beineix initialement écrit pour elle et Gérard Lanvin) : « J’ai eu une chance inouïe de vivre cela. En fait, quand on démarre ce métier très jeune, on ne peut pas se permettre d’hésiter : la chance, il faut la saisir au vol dès qu’elle se présente. Ça a été énorme, fulgurant, pas si facile psychologiquement. Ça m’a un peu atteinte à l’époque et j’ai désiré prendre du recul. J’ai refusé beaucoup de propositions… Je porte néanmoins un regard très bienveillant sur la petite Valérie Kaprisky des années 80 ». Prochains rendez-vous à la télévision: Astrid et Raphaëlle sur France 2 le 10 novembre prochain, suivi du Petit Blond de la Casbah le 15 novembre au cinéma. Et au théâtre, en octobre 2024 pour une pièce signée Éric Assous. n
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alérie Kaprisky (née Chérès en 1962) est depuis longtemps en paix, en sérénité avec elle-même : les années 80, électriques et sulfureuses et dont elle fut l’une des incontournables égéries, sont aujourd’hui « si loin, si proches » : la nostalgie pour cette époque devenue mythique ne tarit pas. Et si depuis quelques années déjà, elle a décidé d’orienter différemment sa carrière (moins de grand écran, de nombreux téléfilms, du théâtre et l’écriture d’un scénario), Valérie Kaprisky sera à l’affiche du nouveau et magnifique film d’Alexandre Arcady, Le Petit Blond de la Casbah dans lequel elle interprète une ancienne amie kabyle du cinéaste, résidente d’Alger, et qui renoue avec son ancien camarade de classe des décennies après l’exode des Français d’Algérie. C’est cependant avec un véritable cri du cœur que l’actrice de L’année des méduses a entamé notre échange, bouleversée par les événements qui ont endeuillé Israël depuis le 7 octobre : « Depuis dix-huit jours, je vis dans la sidération, dans l’horreur. Je ne dors presque plus, je suis hantée par ces récits de massacres. Je pense énormément aux otages, surtout quand on apprend les détails monstrueux commis par ces barbares : sélection des victimes à assassiner, à violer, à kidnapper. Une horreur absolue. Et cela me met hors de moi quand j’entends certains dire que c’est une guerre. Non, ce n’est pas une guerre, ce sont des terroristes, des barbares, des monstres ! (…) Et je suis aussi très choquée par l’absence de réactions de beaucoup de gens du métier. Je pense qu’il faudrait
© PATRICK FOUQUE
Elle a toujours ce regard de braise et cette prestance cinégénique devenue mature qui, dès qu’elle apparaît, illuminent son entourage.
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sports
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Page réalisée par Laurent Cohen-Coudar
Juifs et supporters du PSG : insouciance ou inconscience ? GÉOPOLITIQUE Depuis
l’arrivée en 2011 du Qatar à la tête du PSG, les supporters juifs sont pointés du doigt en raison du financement avéré du terrorisme et en particulier du Hamas, par le petit État du Golfe.
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Le chef du Hamas Ismaël Haniye et le patron du PSG, l'émir Tamim ben Hamad Al Thani était déjà critique à l’égard du Qatar considérant que leur investissement dans le club de la capitale était davantage politique que sportif. « Je me suis rendu compte avec le temps que le seul objectif du Qatar n’était pas les victoires sur le terrain mais les victoires d’image pour leur État. Le PSG est leur instrument géopolitique. Le Qatar ne connaît pas le foot. C’est la raison pour laquelle leur gestion sportive est, comme je l’avais dit à l’époque ‘Qatarstrophique’ ».Effectivement, pour le Qatar, le PSG représente un soft power, une vitrine glamour dans un magasin dont l’arrière-boutique est désastreuse. « Malgré tout, depuis quelques années déjà, nous avons eu la quasi-certitude que le Qatar finançait le terrorisme et à ce moment-là autour de moi beaucoup ont commencé à se désabonner », explique Frank Tapiro. Ce n’est pas le cas de tout le monde dans la commu-
Sébastien Benhamou* Nous demander de boycotter le PSG est une forme d’hypocrisie « Pour vous montrer mon amour pour le PSG, la première chose que j’ai faite en arrivant en Israël, il y a quelques années, est de créer le fan-club. Ce club j’y suis attaché depuis 1981, j’avais alors 8 ans. Mon sang est bleu et rouge (couleurs du club) et il l’a toujours été, que ce soit dans les grands moments de l’histoire du PSG ou lorsqu’on a failli descendre en deuxième division. Je n’ai pas attendu l’arrivée des stars,
sous la direction du Qatar, pour aimer le PSG. Je pars du principe que le football doit être apolitique, mais dans le même temps, je comprends aussi à 2000% les gens qui ont lâché le club compte tenu de la situation et des activités du Qatar. Des gens m’appellent pour me dire « vous êtes des traîtres. Comment pouvez-vous encore supporter ce club ?». Je comprends ce qu’ils éprouvent, mais si on
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eut-on dissocier l’homme de l’artiste ? C’est un débat qui a souvent été mis sur la table. Est-il cohérent d’aller voir un spectacle de Dieudonné ou un film de Lars von Trier ? Lorsqu’en 2011, Qatar Sports Investments (QSI), fonds souverain contrôlé par le gouvernement du Qatar, rachète les parts du PSG, appartenant alors au groupe américain Colony Capital, dans une opération organisée et facilitée par l’ancien président Nicolas Sarkozy (dont le PSG est le club de cœur), la question se pose à nouveau mais sous une autre forme. Est-il possible de dissocier un club de football de sa direction ? En d’autres termes, peut-on être juif et supporter le PSG en sachant que l’actionnaire principal, le Qatar, est le même qui finance le mouvement terroriste Hamas, coupable d’un pogrom en Israël et dont la charte est de détruire l’État hébreu ?« J’ai toujours été fan du PSG et quand le Qatar est arrivé, je n’avais pas toutes les informations que nous avons aujourd’hui », raconte le publicitaire Frank Tapiro à Actualité Juive. Avant même de connaître les activités de financement du terrorisme, Frank Tapiro, amoureux de football,
nière, pendant que d'autres louent dans le même temps la divulgation d'un secret de Polichinelle.Depuis le 7 octobre, la donne a radicalement changé. Plus personne ne peut se voiler la face. Le Qatar verse plus de 30 millions de dollars par mois au Hamas et les dirigeants du mouvement terroriste sont cachés dans les hôtels de luxe du propriétaire du PSG, l’émir Tamim ben Hamad Al Thani. « Dans les massacres en Israël, on sait que le Qatar a été plus que spectateur. Depuis, je me suis résolu à ne plus mettre les pieds au Parc des Princes. J’ai décidé de revendre mes places et de donner l’argent à des associations qui viennent en aide aux victimes des attentats terroristes du 7 octobre et
J'ai décidé de revendre mes places et de donner l'argent à des associations qui viennent en aide aux victimes du 7 octobre nauté juive, puisque lorsque le sujet est évoqué, les yeux se baissent et les oreilles se bouchent. L’amour du club prend le dessus et les discussions deviennent très vite taboues. Pourtant, en 2015, quelques jours après les attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher, une banderole est déployée dans la tribune JojoPetrignani du stade Furiani, à Bastia. « Le Qatar finance le PSG... et le terrorisme ». La Ligue professionnelle de football (LFP), pour qui l’arrivée du Qatar en France est une aubaine financière, demande à retirer la ban-
nombreux sont ceux qui ont fait comme moi depuis », affirme Frank Tapiro. Mercredi 25 octobre, ce dernier était devant son petit écran pour regarder le match opposant le PSG au Milan AC. « Pour être honnête, j’ai regardé le match mais mon cœur ne battait pas comme avant. D’autant plus que des joueurs comme Mbappé qui s’est manifesté sur les réseaux pour un jeune tué par la police n’a pas eu un mot pour les victimes en Israël ». Très touché par les événements, Frank Tapiro avait même décidé d’envoyer un tweet avec les initiales du PSG : #ParisSurGaza ». n
des maillots qu’on a achetés qu’ils ont financé le terrorisme. Je est logique et qu’on regarde les nombreux investissements du Qatar, vais même aller plus loin pour il y a beaucoup de choses qu’il les donneurs de faudrait mettre de côté, comme leçons. Tout le monde TotalEnergies par exemple. Nous connaissait les activités demander de boycotter le PSG est du Qatar avant la Coupe du monde une forme d’hypocrisie lorsqu’on consomme en parallèle des produits qui s’est déroulée il y a un an, mais estampillés Qatar. Il faut savoir, par tout le monde l’a regardée. On pointe du doigt aujourd’hui les supporters ailleurs, qu’un club de foot ne fait juifs, mais pour rappel, qui a négocié pas de bénéfices, donc ce n’est avec les dirigeants qataris pour pas avec l’argent des places ou
ramener Neymar ? C’est l’agent israélien Pini Zahavi. Qui a fourni le système de sécurité de la Coupe du monde? Ce sont des sociétés israéliennes. Je ne défendrai jamais le Qatar, je ne dirai jamais rien de positif sur lui. Nous ne sommes pas des supporters du Qatar, mais nous sommes des supporters du PSG ». Fondateur du fan-club du PSG en Israël *
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Appel de l’AMIF et des professionnels de santé pour la libération des otages Dr. Bruno Halioua
Dermatologue Président de l’Association des médecins israélites de France (AMIF)
Pr. Emmanuel Messas Cardiologue
Pr. Philippe Gabriel Steg Cardiologue
Pr. Marc Zerbib
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ous sommes sous le choc devant l’abominable massacre de civils du 7 octobre 2023. Plus de 1 400 hommes, femmes et enfants – juifs, chrétiens et musulmans – ont été massacrés dans le cadre d’un acte de terreur savamment organisé. Des familles juives ont été tuées dans leurs maisons, des travailleurs agricoles étrangers ont été massacrés dans les champs, des centaines de jeunes gens participant à une fête ont été abattus alors qu’ils s’échappaient et des Bédouins et leurs enfants ont été abattus par les milices du Hamas. Plus de 3 000 roquettes ont frappé
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Urologue
Les récits des témoins et des légistes font frémir sur la barbarie déployée lors de ce qui est véritablement un pogrom Israël au cours de la seule journée du 7 octobre 2023, entraînant un arrêt presque total de l’activité dans de nombreuses régions du pays. Le terrorisme a frappé sans discrimination. Des villages
D’abord, un génocide Laurent Beyer Architecte d’entreprise
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our plusieurs analystes, l’attaque lancée le 7 octobre est la manifestation d’une guerre contre la civilisation occidentale. C’est vrai, mais il y a d’abord une première étape. En relisant la charte du Hamas de 1988, véritable texte fondateur, plusieurs éléments sautent aux yeux. En se considérant comme un mouvement de résistance islamique mondial ayant fait allégeance à Allah, le Hamas fait du jihad sa raison de
vivre pour détruire Israël et tuer tous ses habitants juifs : «L’heure ne viendra pas avant que les musulmans n’aient combattu les Juifs » (article 7). Il définit cette terre comme « une terre islamique waqf » et interdit aux musulmans d’y renoncer (article 11). Les féministes apprécieront, il s’agit d’un rare cas où les femmes peuvent aller au combat sans demander la permission à leurs maris (article 12). Le Hamas est opposé aux conférences de paix internationales car elles vont à l’encontre de son objectif (« Il n’y aura de solution à la cause palestinienne que par le jihad» (article 13). Enfin, le Hamas a pour obsession d’exterminer tous les juifs vivant sur Terre et n’hésite pas à invoquer le hadith n°3593 : « Ô musulman ! Voici un juif caché derrière moi, viens le tuer » (article 7). Certains répondront qu’il y a
entiers du sud d’Israël ont été décimés. Des familles entières ont disparu. Il s’agit du jour le plus noir pour le peuple juif depuis la Shoah. Les récits des témoins et des légistes font frémir sur la barbarie déployée lors de ce qui est
la lettre et l’esprit. Parlons-en justement. Le Cheikh Yassine, fondateur et chef spirituel du Hamas, était très influencé par les idées de Sayyid Qutb, idéologue frériste condamné à mort par Nasser en 1966. Pour Qutb, les pays n’appliquant pas
véritablement un pogrom. Plus de 3 500 personnes ont été blessées et mutilées – certaines ne survivront pas à leurs blessures, beaucoup resteront invalides et traumatisées à vie. Plus de 200 innocents ont été pris en otage, parmi lesquels des familles entières, des enfants en bas âge sans leurs parents, des personnes âgées (y compris des survivants de la Shoah et des personnes souffrant de troubles cognitifs) et leurs soignants étrangers. Des vidéos ont montré des corps mutilés dans les rues de Gaza, des otages exhibés, humiliés, ligotés et battus devant des foules en liesse, et même des images insoutenables d’enfants israéliens frappés par des adultes et des enfants gazaouis. Nous demandons instamment à la communauté médicale internationale d’appeler sans équivoque à la protection et à la libération immédiate de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants. n
Une pétition a été lancée. Pour la signer : www.amif.com
la rue jusqu’à une partie de l’Assemblée nationale, n’est alors que l’application du programme du Hamas d’exterminer les juifs et d’asservir le monde entier à la charia. Mahmoud al-Zahar, commandant du Hamas, l’a encore rappelé le 12 décembre
Cette soi-disant résistance palestinienne n'est que l'application du programme du Hamas d'exterminer les juifs la charia sont nommés djahilistes (ignorants, mécréants) et le jihad doit être utilisé pour étendre le règne de l’islam, par la mort si nécessaire. Ainsi, les musulmans auront répandu la vérité de l’islam et « l’homme deviendra complètement civilisé et la société sera à l’apogée de la civilisation ». Cette soi-disant « résistance palestinienne », défendue de
2022, lors d’une interview au Yémen. Quand on connaît le quotidien des Gazaouis sous le régime de la charia (humiliations, molestations, lynchages, tortures, condamnations à mort), il y a de quoi être inquiet. Il est existentiel d’aider Israël à détruire le Hamas et ses ramifications. Le véritable insoumis est celui qui soutient Israël. n
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Un cauchemar à nul autre pareil David Grossman Ecrivain
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lus de mille morts, 2 900 blessés, des centaines d’otages et de prisonniers. Chaque rescapé est l’histoire d’un miracle. De présence d’esprit et de courage (…). Je regarde les visages des gens. Choc. Sidération. Le cœur lourdement oppressé. Nous ressassons interminablement les uns aux autres : un cauchemar, un cauchemar à nul autre pareil. Indicible. Que les mots sont incapables d’exprimer. Avec un sentiment profond d’une trahison. Trahison du gouvernement envers ses citoyens. Trahison envers tout ce qui nous est précieux comme citoyens, comme citoyens d’un certain État. Trahison envers sa signification particulière et exigeante. Trahison envers le gage le plus précieux – le foyer national du peuple juif – confié à la garde de nos dirigeants. Qu’ils devaient protéger avec une révérence
sacrée, rien de moins. Au lieu de quoi, qu’avons-nous constaté ? À quoi nous sommes-nous habitués à voir comme si c’était la marche ordinaire du monde, sans autre option ? Nous avons vu l’abandon de cet État au profit d’intérêts mesquins, d’une politique cynique, à l’esprit borné, délirante. Il convient de réfléchir à ce à quoi nous avons prêté la main pendant des années. (…) Au lieu d’écouter ce que le mouvement de protestation (contre la réforme judiciaire – Ndr) suggérait,
entre les différentes factions. Raconte ça à tes électeurs. Raconte ça aux quatre-vingts brèches dans la barrière la plus perfectionnée au monde. Mais il nous est interdit de nous tromper et de semer la confusion : malgré toute la colère contre Netanyahou, ses affidés et son comportement : l’horreur de ces journées, Israël ne l’a pas perpétrée. Le Hamas en est l’auteur. Certes, l’occupation constitue un crime, mais ligoter des centaines de civils,
À longueur de temps, Netanyahou proclamait à quel point Israël était puissant et déterminé Netanyahou a préféré le disqualifier. Mais, à longueur de temps, en toute occasion, il proclamait à quel point Israël était puissant, déterminé et surtout : fin prêt, prêt à parer à toute menace. Va raconter ça aujourd’hui aux parents fous de douleur, et au bébé jeté sur un bas-côté. Raconte ça aux otages, à ceux qui les répartissent comme autant de friandises humaines
enfants et parents, vieillards et malades, et passer de l’un à l’autre pour les abattre de sang-froid, c’est un crime plus effroyable. Même dans la hiérarchie du mal, il existe une sorte de « gradation ». Il existe des degrés de gravité du mal que le bon sens et le sentiment naturel savent distinguer. Et lorsqu’on regarde le champ de massacre de la « rave de la nature »,
lorsqu’on regarde les terroristes du Hamas foncer sur leurs motos à la poursuite de jeunes gens dont une partie continue à danser, inconscients de ce qui est en train de se produire ; quand on voit comment ils les rabattent, les pourchassent comme du gibier et les exécutent avec des hurlements de joie… Je ne sais s’il faut les traiter de « bêtes sauvages », mais, sans nul doute, ceuxlà ont perdu figure humaine. Ces joursci et ces nuits-ci, nous sommes comme des somnambules. (…) Que seronsnous lorsque nous nous relèverons des cendres et retournerons à nos existences, et comprendrons dans notre chair la tristesse de la phrase sobre du poète Haïm Gouri après la guerre d’Indépendance : « Comme ils sont nombreux ceux qui ne sont plus désormais parmi nous ». Que seronsnous, quels êtres humains après ces journées, après que nous aurons vu ce que nous avons vu ? À partir de quoi pouvoir recommencer après cette catastrophe et la perte de tant de choses auxquelles nous avions cru, en lesquelles nous avions confiance ? n
Publié le 16 octobre dans Haaretz et l'Obs . Reproduit avec leur aimable concours
Dr Didier Nebot
Extrait du Médecin de Qumran Sortie prévue septembre 2024
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trange destinée que celle du kibboutz Be’eri dont les massacres du 7 octobre 2023, par le Hamas, se sont produits pratiquement 77 ans jour pour jour après son extraordinaire création. La mémoire de notre peuple se doit de connaître cette mythique histoire. Le samedi 5 octobre 1946, le soir de Yom Kippour, après de longs préparatifs tenus secrets et avec l’aval de Golda Meir, Joseph Avidar, officier de la Haganah, et plusieurs centaines d’hommes et de femmes, se mettent
en marche. Leur but : créer, dans le sud du futur Israël, onze kibboutz, dont celui de Be’eri. À minuit, à partir de six bases de départ, deux cents camions, quatre cents pionniers et plus de six cents ouvriers se dirigent, tous phares éteints, vers les onze futurs kibboutz. Dans la plus grande discrétion, ils contournent la ville de Beer Sheva et empruntent d’obscurs sentiers cahoteux dans des zones désertiques. Des éléments de la Haganah, armés de fusils et de mitraillettes, les escortent. À trois heures du matin, les onze caravanes arrivent chacune à destination. Sans électricité, à l’aide des seuls phares des camions, en un temps record, ils posent des clôtures de sécurité, constituées d’une double rangée de fils de fer barbelés. Ils installent des baraques-dortoirs,
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Le martyre du kibboutz Be’eri
une salle à manger et une cuisine improvisée. Ils dressent aussi une tour de garde, servant de tour d’eau et alimentée, durant ces premiers moments, grâce aux camionsciternes qu’ils avaient également amenés. À 6 heures du matin, ce 6 octobre 1946, tout est terminé. Onze nouveaux kibboutz du futur
Israël, dont celui de Be’eri, viennent d’être créés, en un rien de temps, en plein désert. Les Anglais, interloqués, acceptent ce fait accompli. Les « yihoudi » viennent d’entamer la conquête paisible du futur Israël. Les Bédouins, eux, ne tardent pas à découvrir leurs nouveaux voisins. Ils acceptent de prendre le café de l’amitié avec les pionniers, leurs enfants les aident même à remplir des sacs de sable et de cailloux destinés à la fortification des kibboutz. Voilà comment se créèrent, en 1946, sans haine et sans violence ces onze kibboutz, dont celui de Be’eri devenu martyr à tout jamais. n
Étrange destinée que celle de ce kibboutz dont les massacres se sont produits pratiquement 77 ans après son extraordinaire création
débats&opinions l’œil de
Moati
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De quelle « proportionnalité » parlez-vous ? Hadassah Roshwalb Élève rabbin orthodoxe d’origine américaine, installée en Israël @lifeaachadassah
Leader
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ept octobre : c'est la stupéfaction, l'effroi... et la colère. Netanyahou déclare que la grande bataille d'hiver qui s'annonce sera longue et difficile. Ce sera une vraie guerre par la mer, le ciel, la terre, les souterrains. Il faudra sauver les captifs et tuer leurs geôliers par tous les moyens. Les deux jours suivants, il n’hésite pas à donner dans la prophétie mystique pour désigner le Hamas : « Ils sont le peuple des ténèbres et la lumière va triompher des ténèbres ». Nous voici le 28 octobre. On voit manœuvrer des tanks dans les abords de Gaza City. Dans le même temps, la nuit, ici comme là-bas, on fait d'ignobles cauchemars emplis de bébés assassinés et de corps démembrés. Coup de théâtre. Netanyahou déclare, au pire moment et au détriment de l'impératif d'unité, ne pas avoir été prévenu de la réalité ni même alerté de l'imminence de menaces meurtrières. Il s'agirait donc d'une faillite seulement sécuritaire qui exempterait les chefs politiques et singulièrement le premier d'entre eux ? Ça va bien mal pour lui : le leader longtemps adulé a du mal à se poser comme chef de guerre, voire homme d'État. La planète anti-juive exulte, mais ceci, bien sûr, sans aucun rapport avec Netanyahou : un sénateur pakistanais affirme savoir maintenant pourquoi Hitler a voulu tuer tous les Juifs. Voilà, cela a été dit. Et je le répète : oui, les vannes de l'antisémitisme sont ouvertes. Et c'est ignoble. Il faut pourtant bien dessiner un horizon d'espoir pour qu'une paix durable advienne un jour, même s'il est inaudible aujourd'hui : revenir à l'ancienne mais incontournable solution des « deux États ». Ainsi, peut-être, on pourrait clamer dans les rues juives ou arabes : Longue vie aux vivants. Ceux d'aujourd'hui et ceux de demain. n
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e terme « proportionnalité », un mot dont l'usage s'est développé dernièrement, est complètement hors de propos et franchement manipulateur car il vise à obscurcir les atrocités commises par le Hamas. L'utilisation de ce terme cherche à inverser le récit, transformant les actes odieux perpétrés par le Hamas en une dialectique nietzschéenne de maître et d'esclave, avec Israël positionné en tant que maître.
extrême prudence dans ses opérations pour éviter autant que possible les victimes civiles, et j'ajouterai tout en priorisant la vie de nos soldats. Il est pertinent de se référer aux statistiques de l'ONU, tout en abordant leur fiabilité avec prudence, qui indiquent que le ratio mondial de victimes civiles par rapport aux combattants dans les conflits est malheureusement de 9 civils pour 1 combattant. En revanche, l'opération militaire récente d'Israël à Jénine a rapporté un ratio de 0,6 civil pour 1 combattant, présentant ainsi un scénario où les victimes combattantes surpassent celles des civils. Je fais encore moins confiance aux statistiques sur la mortalité publiées par le Hamas... Pivotant vers
y a du carburant à Gaza, une ressource essentielle au lancement de roquettes. Je soulèverais également de sérieuses questions sur la destination des 4,5 milliards de dollars versés par l'ONU à Gaza de 2014 à 2020... Enfin, en ce qui concerne un cessez-le-feu, il a été avancé qu'après ses récentes actions, le Hamas n'est pas en position d'en appeler un, et c'est une affirmation valide. Maintenant, permettez-moi de poser une question en retour : quand a été la dernière fois qu'Israël et le Hamas ont convenu d'un cessez-le-feu qui n'a pas été par la suite violé par le Hamas ? n
Une réponse proportionnée impliquerait que les soldats israéliens se livrent à des actes de violence abominables La question la plus fréquemment posée concerne le seuil « acceptable » de victimes civiles palestiniennes, à laquelle nous devons répondre de manière emphatique que le bilan d'une seule vie civile est inacceptable, sa perte étant une tragédie qui commande notre lamentation collective. Cela signifie que si quelqu'un vous pose la question bête : à combien de civils palestiniens tués s’élèvent le « trop » ? La réponse est évidemment un. La mort d'un civil est tragique. Les actions d'Israël sont sanctionnées dans la mesure où elles s'alignent sur ce qui est nécessaire pour atteindre son objectif militaire légitime : l'éradication du Hamas. Ici, le terme « nécessaire » prend une importance primordiale. Il incombe à Israël de faire preuve d'une
l'hypothétique, une réponse proportionnée, en termes numériques, impliquerait que les soldats israéliens se livrent à des actes de violence abominables contre les civils palestiniens, y compris, mais sans s'y limiter, la décapitation d'enfants palestiniens, la ligature des mains puis l'incendie de familles palestiniennes et la rupture de leurs bassins – les os des femmes israéliennes se sont brisés par la violence des viols commis par ces sauvages. Chez nous, cela n’existe pas. Je veux revenir aussi sur la pénurie de carburant à Gaza pour les civils, la situation est indéniablement triste... Mais il faut dire qu’il
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ous sommes en guerre, et aussi en guerre de l'information. Envoyez des messages, des dessins et des courriers aux journaux, aux radios et à la télévision. Chacun, dans la mesure de ses compétences et de ses moyens (groupe de réflexion, d'actions...) peut participer à défendre Israël et le peuple juif. n Gérard Darmon
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L’esprit de Massada Bruno Benjamin Président du CRIF Marseille – Provence
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n ne s’attaque pas impunément à Israël sans s’exposer à ce vieux réflexe d’autodéfense, hérité d’un lointain passé, dans une forteresse du désert de Judée : l’esprit de résistance et d’héroïsme, jusqu’au sacrifice. Aujourd’hui, le Hamas l’éprouve à ses dépens dans Gaza bombardée. En France, quelques voix discordantes dans la réprobation unanime d’un massacre, celle de Jean-Luc Mélenchon et de ses acolytes, rétifs à qualifier de terroristes une bande d’assassins habités par la haine des Juifs. D’abord, ce symbole. Qui illustre la volonté d’Israël quand il est menacé dans sa survie. Samedi 7 octobre, dès l’alerte donnée, Ezra Yarin, 94 ans, habitant de Sdérot, revêt sa tenue de combat, gilet pare-balles et casque lourd. Visage grave, mâchoire serrée, sa physionomie exprime la gravité de l’heure. Sortant de sa maison, son apparition suscite d’emblée l’admiration d’une foule spontanément rassemblée. Moment de silence, puis une rumeur générale des ratifications populaires : chacun comprend que ce vieillard défie la barbarie autant que la mort. Bien campé sur ses jambes, d’une voix
forte, il s’adresse à la cantonade en évoquant des pans entiers de sa vie, qui recoupent celle de son pays : la fondation du kibboutz Hanita en mars 1938 en Galilée ; la guerre civile de 1947 ; la lutte contre les Anglais dans la Palestine mandataire ; des actions de guérilla avec le groupe Stern, et la création de Tsahal en mai 1948… D’un même souffle, reliant le passé au présent immédiat, Ezra Yarin exhorte à la défense de la patrie : « Que votre main ne tremble pas ! Si un Arabe vous lance une pierre,
Laurent Sagalovitsch, dans un texte intitulé Massada, là où s’est formée l’âme juive. Impossible de ne pas lire dans le « sacrifice de Massada » un puissant témoignage de l’esprit qui anime les Israéliens et les juifs du monde entier, après l’attaque barbare du Hamas. Comme chez leurs ancêtres, un même sens de l’absolu, avec peu de compromission et de réserve ; une vision identique et noble de l’être humain ; un capital d’énergie morale accumulé au cours des siècles ; et un même
d’Israël qu’ils veulent détruire, les terroristes du Hamas ont sousestimé la résilience de la société israélienne et la détermination de Tsahal à défendre la sécurité des citoyens et de l’État. La riposte n’a pas tardé. Gaza est massivement bombardée et les forces israéliennes ont repris le contrôle des opérations et de son territoire. L’armée de 180 000 soldats, renforçant ses capacités, mobilise des centaines de milliers de réservistes. Le pays sans exception se prépare à une longue guerre dont l’issue est connue : la victoire au bout du canon ! En France, toute la classe
Dans leur haine des juifs, du sionisme et l'existence même d'Israël qu'ils veulent détruire, les terroristes du Hamas ont sous-estimé la résilience de la société israélienne tuez-le ! Mort à l’ennemi qui veut nous détruire ! »/ Ce sont des gens de ce calibre qui ont écrit l’épopée d’Israël, en manifestant un courage qui se renouvelle, de génération en génération, perpétuant l’esprit de Massada, du nom de la forteresse de la mer Morte où, en l’an 73 après J.-C., 960 Hébreux assiégés par l’armée romaine choisirent la mort à la soumission, sur ce rocher où ils s’étaient retranchés trois années durant. « Si Massada et tout ce qu’il peut représenter a fasciné et continue de fasciner, c’est qu’il constitue un fait marquant dans l’histoire juive pour être devenu, au fil du temps, comme un marqueur, un symbole puissant dont on ne peut faire l’économie », écrit l’écrivain franco-canadien
défi : le refus de toute forme de sujétion, implacablement imposée par des tueurs de femmes, de nourrissons, d’enfants et de personnes âgées. La cruauté du Hamas, profanant l’humanité, a sidéré le monde : 1 500 morts et plus de 5 000 blessés. Autant de scènes de chaos, d’images insoutenables, à l’issue des fêtes de Souccot, dont le point d’orgue était la célébration de Sim’hat Torah. Une attaque surprise sans précédent, perpétrée à une date symbolique : près de cinquante ans, presque jour pour jour, après le déclenchement de la guerre de Kippour, le 6 octobre 1973, visant à la destruction d’Israël. Dans leur haine des juifs, du sionisme et de l’existence même
politique s’est montrée digne, solidaire d’Israël, à l’exception de Jean-Luc Mélenchon et de quelques-uns des insoumis, refusant de qualifier de terroristes les cyniques tueurs du Hamas. Comme si le mot écorcherait leurs lèvres. Cette attitude, qui a déjà des répercussions sur l’avenir de la Nupes, attelage improbable d’élus opposés sur à peu près tous les sujets, a été justement condamnée par une majorité de Français, y compris ceux de gauche. Qu’elle le veuille ou non, La France insoumise se soumettra à ce verdict de bon sens, en attendant que sa marginalisation politique la réduise à une peau de chagrin. n
L’Union des Déportés d’Auschwitz se tient aux côtés du peuple israélien
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e 7 octobre, Israël a été victime d’attaques lancées par les terroristes du Hamas, qui ont assassiné sans distinction des hommes, des femmes, des enfants et des per-
sonnes âgées, y compris des survivants de la Shoah. Jamais depuis la Shoah, autant de juifs - sans oublier les nombreuses victimes non juives – n’avaient été assassinés
en une même journée, parce qu’ils étaient juifs. En outre, plus de 220 civils innocents, de tous âges, ont été enlevés par les terroristes et leur sort reste inconnu. En ces heures
difficiles, l’Union des Déportés d’Auschwitz se tient aux côtés du peuple israélien, affirme sa solidarité inconditionnelle à son égard. Elle condamne la barbarie terroriste et
appelle à la libération immédiate des otages de toutes nationalités. Elle dénonce enfin la recrudescence des violences antisémites, notamment en France. n
petites annonces Société d’éditions recherche son
CHARGÉ(E) GESTION ABONNEMENT ET DIFFUSION Gestion des abonnements, réabonnements et ventes (relations abonnés, dépositaires, routeur) Suivi administratif Elaboration et mise en œuvre d’une politique de développement des ventes
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jeudi 9 novembre 2023
Pétition pour la démission du Secrétaire général de l’ONU Vendredi dernier, l’Assemblée générale des Nations unies a fait adopter une résolution appelant à une « trêve humanitaire immédiate » entre Israël et le Hamas. Tandis que les ÉtatsUnis et Israël se sont prononcés contre ce texte, la France l’a honteusement voté, alors qu'il ne comporte aucune mention des crimes terroristes commis par le Hamas. Cet épisode s’inscrit dans le cadre général d’une dérive préoccupante de l’enceinte des Nations unies. Dérive visible, trois jours plus tôt, lors d’une séance du Conseil de sécurité : le secrétaire général, António Guterres, a cru pouvoir attribuer l’attaque du 7 octobre à « cinquante-six ans d’occupation israélienne étouffante ». En protestation, l'ambassadeur israélien à l'ONU, Gilad Erdan, a arboré lundi l'étoile jaune. C'est la raison pour laquelle vous devez soutenir et signer cette pétition pour exiger la démission du Secrétaire général de l'ONU.
« Lors d’une séance du Conseil de sécurité de l’ONU, le 24 octobre, António Guterres, Secrétaire général, a déclaré : « L’attaque terroriste du Hamas ne vient pas de rien, mais de 56 ans d’occupation israélienne étouffante ». Cette déclaration revient à légitimer des crimes contre l’humanité du Hamas. António Guterres ne peut rester à la tête de l’ONU et continuer à représenter l’ensemble des Nations du monde ».
Les premiers signataires Yonathan Arfi, président du CRIF Ari Assayag, vice-président ACCIL-CCL Jean-François Bensahel, président de Judaïsme en Mouvement Arié Bensemhoun, CEO ELNET France André Bensimon, directeur du Fonds Myriam Danièle Bidermann, présidente des Amis français de l'Université Ben Gourion Michel Bodkier, Administrateur ELNET France Claude Brightman, présidente du campus francophone du NAC Philippe Cohen, président ACCIL-CCL François Cormier Bouligeon, député Pierre Dassas, président ELNET France Marc Eisenberg, président de l'AIU
Albert Elharrar, président de la communauté juive de Créteil Christian Estrosi, maire de Nice Luc Ferry, ancien ministre, philosophe Alain Finkielkraut, philosophe Philippe Guez, chef d'entreprise Ariel Goldmann, président du FSJU – FJF Jean-Francois Guthmann, président de l'OSE Meyer Habib, député de la 8ème circonscription Gad Ibgui, directeur ECUJE Ariel Kandel, Directeur de Qualita Roger Karoutchi, ancien ministre, Sénateur Régine Konckier, présidente de Taglit France Élie Korchia, président du Consistoire central Haim Korsia, grand rabbin de France
Blandine Kriegel, philosophe Serge Krancenblum, trésorier ELNET France Samuel Lejoyeux, président de l'Union des Etudiants Juifs de France
Chalom Lellouche, rabbin de Levallois-Perret Hubert Leven, président d'honneur
de la Fondation Sacta-Rachi Dan Lewkowicz, producteur de spectacles Raphy Marciano, ancien directeur de l’AIU Joël Mergui, président du Consistoire de Paris Philippe Meyer, président du B'nai Brith France Emmanuel Navon, directeur ELNET Israël Emmanuel Pellerin, député Laurence Petel, députée Samuel Pinto, président de l'Alliance-KIAH
Mardi 31 octobre, à 19h, nous étions 7 375 à avoir signé la pétition
Et vous ?
Franklin Rausky, doyen Institut Wiesel Nathalie Riu-Guez, présidente de la Wizo Dominique Romano, président de Radio J Éric de Rothschild, président du Mémorial de la Shoah
Yves Rouas, président ECUJE Dvorah Serrao directrice de l’AIU Jean François Strouf, directeur adjoint ECUJE Steve Suissa, réalisateur et metteur en scène
Michèle Tabarot, députée Gil Taïeb, vice-président du CRIF et du FSJU Manuel Valls, Ancien Premier ministre David-Xavier Weiss, 1er adjoint
au maire de Levallois Caroline Yadan, députée