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Actualité Juive Edition du 25 octobre

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N° 1709

ILS SONT

actualitejuive.com

26 octobre 2023 - 11 'Hechvan 5784

220

HOMMES. FEMMES. BÉBÉS. PERSONNES ÂGÉES.

TOUJOURS RETENUS EN OTAGE PAR LE HAMAS

#BringThemHomeNow • Comment Israël réplique à la désinformation et aux mensonges du camp palestinien

• La guerre qui bouleverse la diplomatie de l'État juif


N 1709 °

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26 OCTOBRE 2023 11 ’HECHVAN 5784

{ édito } Par

Alexis Lacroix

La plus longue haine

Portrait : Oliv Steen

S

ir Robert Wistrich, cet historien éminent anobli par la reine d’Angleterre, n’avait pas tort : de toutes les passions inflammables de la modernité, la passion antijuive est aussi la plus inextinguible. Wistrich ajoutait : la plus longue haine. La plus indéracinable, oui. Hélas. Après la guerre du Liban, à laquelle Menahem Begin avait été contraint d’apporter son concours, l’année 1982 avait vu gicler, de toutes parts, la lave brûlante de cette réprobation d'Israël. La tempérance relative de la riposte de son armée n'avait pas empêché l’État juif d'être cloué au pilori, démonisé, satanisé, presque nazifié. Depuis la révélation des sanglants et macabres massacres de nature génocidaire commis par le Hamas, deux temporalités successives ont régi la réaction des opinions publiques des grandes démocraties. Saisies d'effroi face à un luxe de cruauté inédit depuis la Seconde Guerre mondiale, les Républiques démocratiques ont manifesté à l’État juif meurtri et traumatisé un soutien et même une compassion sans réserve. Le président Emmanuel Macron ou son homologue américain, Joe Biden, ont donné le la d’une sollicitude instinctive et unanime, dans ce moment de quasi-union sacrée, certes restreinte au périmètre des démocraties occidentales. Las ! Comme nous l’analysons dans ce dossier, cet élan de solidarité a été touché en plein vol par les manipulations concertées qui ont suivi l’explosion qui a eu lieu, le 7 octobre, dans la cour de l’hôpital Al-Ahli de Gaza City. Certes, l'hypothèse d’un accident technique survenu sur une roquette tirée par le Jihad islamique, probablement une Badr iranienne, est tenue pour hautement vraisemblable. Pour ceux qui, comme le Hamas et ses nombreux relais fréristes en Europe, se nourrissent de la flétrissure du nom juif, cette tragédie fait office de divine surprise. Divine surprise ? Oui, car même la très chic BBC s’est crue ipso facto autorisée à imputer à Tsahal la responsabilité du tir controversé. Et le quotidien Libération, jamais en reste pour ternir la réputation d’hommes politiques honnêtes, a dû rétropédaler et concéder que publier en une la photo compassionnelle d'un enfant réalisée en intelligence artificielle était une faute. Trop tard. Le mal est fait. Alors qu’Israël n’a encore mené aucune opération d’ampleur, il est soupçonné, vilipendé, traîné dans le box des accusés. Tirer l’échelle ? Renoncer à se battre sur le terrain de la hasbara ? Sûrement pas. Raphaël Jerusalmy, dans son Manuel bleu contre l’antisémitisme et la désinformation, donne des raisons d’espérer et loue les qualités de la presse régionale, la fameuse PQR, beaucoup plus immunisée contre les poisons woke et indigéniste - pointe avancée de la nouvelle "réprobation " d’Israël. n

RAMENEZ-LES À LA MAISON ! 4-5 Libérer les otages et détruire

le Hamas : les objectifs de la guerre

8 Israël et ses alliés face à l'axe du mal

9 La visite très attendue d'Emmanuel Macron en Israël 10-11

4 La guerre des images

9

et de l'information

12-13 Des éléments de langage pour lutter contre la désinformation 15 Le combat juridique pour la reconnaissance des crimes contre l'humanité 16 La mission de solidarité des

dirigeants communautaires français en Israël

16

17 Cet antisémitisme qui se déchaîne en France

18-23 Bénévolat, entraide... La solidarité bat son plein

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N° 1709 - 26 octobre 2023

Les objectifs STRATÉGIE de la guerre Libérer les otages, détruire le Hamas et contenir l’escalade sur d’autres fronts. Ce sont les objectifs poursuivis par Israël. Mais la feuille de route peut évoluer à tout moment.

U

ne nouvelle expression s’est imposée dans les conversations des Israéliens, qui se terminent désormais presque invariablement par un : « De bonnes nouvelles ». Un souhait pour conjurer les nouvelles découvertes quotidiennes des monstruosités perpétrées par les assassins du Hamas. Pour trouver une respiration malgré l’angoisse qui étreint tout le peuple. Israël est un petit pays. Tout le monde y connaît plus ou moins directement une victime des massacres ou des otages du 7 octobre. Tout le monde a au moins un proche déployé sur le front, devant Gaza, en Judée-Samarie ou à la frontière libanaise. Alors, oui, les Israéliens ont besoin de bonnes nouvelles, tandis que le temps s’égrène lentement dans cette « drôle de guerre ». Les Israéliens sont donc unis comme jamais. L’armée est prête à entrer dans Gaza. « Ça doit être la dernière manœuvre de Tsahal à Gaza. Car après, il n’y aura plus de Hamas» promet le ministre de la Défense. Mais l’ordre tarde à venir. Les quelque 300 000 réservistes mobilisés ont été répartis sur tous les fronts – sud, nord et Judée-Samarie – pour appuyer les troupes d’appelés. Les matériels, armements et blindés sont en place. Les équipements qui

manquaient encore aux premiers jours de la mobilisation ont été pratiquement tous livrés. Tsahal a également pris le temps de revoir totalement ses plans opérationnels. Et c’était vital. Depuis plus de quinze ans, toute la stratégie s’appuyait sur une gestion du conflit à basse intensité. Des épisodes de violence limités face au Hamas et au Hezbollah, suivis de périodes de calme relatif. On n’en est plus là. L’attaque surprise lancée par l’organisation islamiste de Gaza le 7 octobre et qui a fait plus de 1400 morts, a rebattu les cartes. Il ne s’agit plus de « faire avec » le Hamas, mais de le détruire une bonne fois

Tout le monde a au moins un proche déployé sur le front, devant Gaza ou à la frontière libanaise pour toutes. Sur ce point, les choses sont claires. Mais cela implique de modifier complètement l’approche et d’entraîner les troupes en conséquence. L’aviation, qui a, jusqu’à présent, effectué l’essentiel des actions offensives en pilonnant des milliers d’objectifs du Hamas à Gaza, va devoir passer en appui des troupes au sol.

Pour l’infanterie, il va falloir affronter des conditions de guérilla urbaine démultipliées par rapport à ce que l’on connaît par exemple en JudéeSamarie, et que l’on avait vu durant l’opération Rempart en 2002, pour écraser les infrastructures terroristes à l’intérieur des villes palestiniennes. Le Hamas dispose de troupes entraînées et préparées à la guerre contre Tsahal, qui peuvent compter sur leur « métro », leur réseau souterrain de bases, d’arsenaux, de caches et de postes de commandement. L’offensive terrestre devrait d’ailleurs dans un premier temps couper la bande de Gaza en trois zones du sud au nord, en concentrant le feu sur le tiers nord du territoire côtier, où se situe l’essentiel des forces du Hamas. D’où les appels répétés de Tsahal à la population de la ville de Gaza à chercher refuge vers le sud. Il faut prendre en compte les enjeux humanitaires, à commencer par les 220 otages du Hamas. Les israéloaméricaines Yehudit et Nathalie Raanan ont été relâchées le 20 octobre, et les deux Israéliennes du kibboutz Nir Oz, Nourit Kuper et Yo’heved Lifschitz le 23 octobre. Deux femmes âgées, dont les maris sont restés captifs, alors que le couple Lifschitz était engagé depuis des années dans l’aide humanitaire aux Palestiniens de Gaza. Et les pressions sur le gouvernement israélien n’en sont que plus fortes, non seulement de la part des familles, mais encore des États qui comptent des ressortissants parmi les captifs. Washington poursuit des pourparlers

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DR

à la une

par l’intermédiaire du Qatar pour la libération des otages et l’organisation d’une aide humanitaire à la population de Gaza via l’Egypte. Ce qui entrave et retarde la liberté de manœuvre de Tsahal. Enfin, la destruction du Hamas ne peut pas s’envisager comme une mission isolée du reste du contexte. Les forces de sécurité israéliennes continuent jour et nuit à contenir un embrasement possible en Judée-Samarie, par des opérations préventives et des arrestations de centaines de terroristes. Et sur le front nord, Tsahal s’est déployé sur toute la ligne de frontière avec le Liban et la Syrie. Objectif annoncé : freiner une attaque du Hezbollah similaire à celle du Hamas, mais avec des forces dix fois supérieures à celles de l’organisation terroriste de Gaza. Une action proactive de Tsahal contre la milice pro-iranienne, recommandée par les responsables de la défense, n’a pas été retenue par la direction politique, qui préfère se concentrer sur le front sud. Et qui doit aussi entendre les recommandations appuyées de l’administration américaine qui ne veut pas qu’Israël initie l’ouverture d’un second front au nord. Il faut prévenir une jonction des forces de l’axe pro-iranien, qui accroîtrait les périls pour Israël, mais aussi pour les intérêts américains dans la région. Le 19 octobre, un destroyer de la 5e flotte américaine a intercepté en mer Rouge plusieurs missiles de croisière et drones lancés en direction d’Israël par les milices houthies du Yémen, armées par l’Iran, et qui menacent d’en envoyer d’autres. Cette guerre dépasse Israël et a sa dynamique propre. Mais c’est Israël qui doit la gagner. n Pascale Zonszain


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N° 1709 - 2 6 octobre 2023

Martin van Creveld : « Il n'y a pas

d'alternative à une incursion » Quels sont les principaux défis par rapport à la population civile ?

ENTRETIEN

DR

Professeur émérite à l'université hébraïque de Jérusalem et un des plus grands experts internationaux en histoire et stratégies militaires, Martin van Creveld analyse la situation en Israël pour Actualité Juive.

Y a-t-il des alternatives à une entrée dans Gaza ?

est mieux préparée aujourd'hui pour la guerre que lors de l'offensive du Hamas.

Martin van Creveld : Non. Dans ce contexte, il convient de se rappeler que les Américains ont largué sur le Vietnam six millions de tonnes de bombes - deux fois plus que sur l'Allemagne et le Japon réunis pendant la Seconde Guerre mondiale, sans obtenir une victoire décisive dans la guerre qui était principalement une guerre de guérilla et de terrorisme. Dans les guerres menées par les Américains en Irak et en Afghanistan, les résultats étaient similaires, bien que dans une moindre mesure. En fait, on peut dire que presque toutes les guerres contre la guérilla et le terrorisme depuis 1945 – Inde/Chine, Algérie, intervention soviétique en Afghanistan, et bien sûr la première guerre du Liban - ont vu les forces aériennes les plus modernes échouer de manière flagrante.

Pourquoi les opérations précédentes de Tsahal à Gaza n'ont-elles pas réussi à assurer la sécurité nationale ? M.V.C. : Elles étaient relativement limitées en termes d'échelle, et leur impact sur le Hamas était marginal. De plus, certaines ont été interrompues en raison de la réticence de l'opinion publique israélienne à subir des pertes, ainsi que sous la pression internationale, américaine. En fin de compte, l'esprit du Hamas n'a pas été brisé, et une véritable victoire n'a pas été remportée. Au mieux, un répit.

Quels sont les inconvénients de l'utilisation de forces terrestres dans une région aussi dense ? M.V.C. : Ils sont nombreux. Difficulté à distinguer les combattants des non-combattants, problèmes de commandement et de contrôle, nécessité de combattre sur trois dimensions - avant/arrière, gauche/droite, haut/bas - au lieu de deux, nécessité de faire passer des approvisionnements à travers des rues bloquées ou contrôlées par l'ennemi, risque élevé de nombreuses victimes, et nécessité urgente d'évacuer les blessés.

Comment évalueriez-vous la capacité de Tsahal en prévision d'une incursion?

M.V.C. : Pendant ces deux dernières semaines, il y a sans doute des lacunes qui ont été comblées - il y a toujours des lacunes - dans des domaines tels que l'équipement, l'organisation, le renseignement, etc. Je suppose et espère que des améliorations ont été apportées et que l'armée

Fondateur Serge Benattar Zal

Fondateur Serge Benattar Zal N° 1664

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Israël

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DOSSIER

10 novembre 2022 - 16 'Hechvan 5783

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p. 16-17

la renaissance du

cyber • Ukraine-Russie : la ligne de front numérique • Avec les analyses de Jean-Yves Le Drian, Julien Roitman et Alain Bauer

• Le poids véritable des partis religieux • Le Premier ministre va-t-il être l'« otage » d'Itamar Ben-Gvir et de Bezalel Smotrich ? • Avec les analyses d’Alexandre Adler, Daniel Bensimon, Dan Illouz, Ariel Kandel et Dan Meridor

Monde

La violence dans la politique

américaine ENTRETIEN avec Joël Mergui p. 6-7

p. 34-35

p. 26-28

Le réveil de

Verdun, une ville chargée d’histoire juive

comment la matière législatives 2022 tente de se maintenir

p. 16-17 Coalition

p. 18

MODE D'EMPLOI

16 juin 2022 - 17 Sivan 5782

BOXE

Cyril Benzaquen, le roi du ring p. 40-41

LÉGISLATIVES

350 ans

• En France, la grande angoisse

des boulangers

de vie juive en

• À la maison pendant Chabbat

et dans les synagogues, comment baisser la facture ?

• Israël mise sur les énergies

CONCERT

DISPARITION

Ishay Ribo, confessions d'un prodige

Uri Zohar, un géant du 7e art devenu rabbin

p. 4 et 6-7

p. 38-39

p. 23

Portrait

p. 23

p. 40

Alexandre Kominek, l’humour sans limites

DéBATS-OPINIONS

Israël, pourquoi tant de haine?

Affaire Houellebecq

Musique classique

Mémoire vive p. 42-43

p. 14-15

p. 36

p. 28-29, 40, 43

La médiation de Haïm Korsia

angleterre

• De Benjamin Disraeli à Amy Winehouse, une pléiade de talents exceptionnels • La menace antisémite sur les campus universitaires • La Grande-Bretagne et Israël, une relation en dents de scie • Avec les analyses d'Alexandre Adler, de Haïm Musicant et du Grand-Rabbin de Grande-Bretagne, Ephraïm Mirvis

renouvelables pour produire son courant

Quelle majorité pour Emmanuel Macron ?

Qatar/Maroc

God Save The Jews

et israéliens font face à l’explosion du prix de l’électricité

• Un entretien avec la chercheuse Anne-Sophie Sebban-Bécache

Corruption présumée au Parlement européen

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p. 16

• Comment les ménages français

• Agritech, irrigation, médecine, sécurité et surveillance : les piliers du « soft power » israélien

Les Franco-Israéliens Élie Buzyn, • Un numéro spécial illustré la disparition par leappelés calligraphe aux Frankurnes Lalou : enjeux et débats d'un géant

Le calvaire de Benyamin Netanyahou

12 janvier 2023 - 19 Tévet 5783

énergétique

• Pourquoi les « accords d’Abraham » ont renforcé ces rapprochements

• Enseignement public :

mémoire

p. 36-37

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Israël

Tempête sur la Cour suprême

l'Afrique Sobriété

L’hébreu a sauvé • Chaque 28 iyar, Israël célèbre la fête nationale qui• marque la moderne réunification de Jérusalem l’hébreu biblique, • Une mosaïque unique de populations • La capitale d’Israël entre traditions le linguiste et modernité • Entretien exclusif avecpar le maire, MosheClaude Léon Hagège

communauté

N° 1648

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p. 38

l’incroyable persévérance d’Eliézer Ben-Yéhouda

p. 36

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N° 1672

p. 6-7 et 14

partenariats avec Israël Philip Roth, nouvelle biographie

22 décembre 2022 - 28 kislev 5783

• Une improbable renaissance :

Culture

Mathilde Azoze photographie le judaïsme tunisien

Sa vision de la communauté et ses projets pour le Consistoire de Paris

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l ' h é b re u

• Justice sociale, sécurité, terrorisme : ces priorités qui ont pesé dans les urnes

politique

Le courage de Manuel Valls face à la haine

9 juin 2022 - 10 Sivan 5782

Culture

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e m i ra c l e d e l'éternitéLd'une ville-monde

• Comment le leader de la droite a cherché à revenir au centre du jeu politique

• Les technologies israéliennes à l'avant-garde

actualitejuive.com N° 1670

p. 34-35

26 mai 2022 - 25 Iyar 5782

yom yeroushalaïm

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été 2022

Séjours et colos, faites votre choix

Jérusalem

La révolution

• Pourquoi les guerres de demain seront d'abord des guerres digitales

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Benyamin Netanyahou

19 mai 2022 - 18 Iyar 5782

N° 1645

p. 18-23

phénix

défense

N° 1647

Qatar, les JO de la discorde

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Halte à la actualitejuive.com diabolisation médiatique !

Ces compositeurs juifs oubliés

Sur les traces du judaïsme tunisien

CULTURE

DéFENSE

p. 37

p. 20

A.B. Yehoshua, disparition d'un géant

Face à l'Iran, les F35I de Tsahal

M.V.C. : D'abord la pression internationale. Ensuite il faut se rappeler que combattre une population civile n'est pas agréable. Dans toutes les armées, il y a un petit nombre de sadiques qui aiment tuer et maltraiter. Cependant, la plupart des soldats ne sont pas ainsi, du moins la plupart du temps. Tout ce qu'ils voient et entendent autour d'eux, ce sont des personnes âgées à peine mobiles, des femmes qui crient et des enfants qui pleurent. Cela peut avoir un impact négatif sur leur moral, en particulier si cela dure longtemps. En outre, les dommages collatéraux infligés aux non-combattants et les conséquences qui en découlent ont été l'une des principales raisons de l'échec américain au Vietnam.

Est-ce que l'incursion sera influencée par la présence d'otages ? M.V.C. : Certainement, en supposant que le Shabak sache où se trouvent au moins certains des captifs. Des informations extrêmement sensibles qui ne sont pas évoquées ouvertement.

Comment la communauté internationale devrait-elle réagir ?

M.V.C. : En ce qui concerne les pays voisins, il n'est un secret pour personne que l'opinion publique est beaucoup plus hostile envers Israël que ce que pourrait suggérer leur politique officielle, comme en Égypte ou en Jordanie, et l'écart ne cesse de se creuser. Quant à la communauté internationale, il ne fait aucun doute que plus la guerre dure, plus elle se tournera contre Israël. Nous y sommes déjà habitués, n'est-ce pas ?

Quelle est l'intention du Hezbollah ?

M.V.C. : Hassan Nasrallah ne m'a pas appelé mais je suppose que son intention est d'aider le Hamas et de causer autant de dommages que possible à Israël. De plus, il voudra probablement ramener le Hezbollah au centre de la scène politique, d'où il s'est éloigné depuis la deuxième guerre du Liban.

Y a-t-il un risque de voir l'Iran s'impliquer ?

M.V.C. : Oui, mais heureusement il est à plus de 1000 km de nos frontières, de sorte qu'il ne peut pas faire grand-chose sans compter qu'il n'a quasiment pas d'armée de l'air. Il pourrait utiliser ses missiles pour semer la mort et la destruction mais pas en quantité suffisante pour déclencher la guerre. En soi, une intervention iranienne dans la guerre pourrait également entraîner les États-Unis.

Qu'est-ce qui n'a pas fonctionné le 7 octobre 2023 ?

M.V.C. : Il s'agit d'un échec à presque tous les niveaux, depuis le ministre de la Défense, l'état-major jusqu'aux officiers de renseignement de rang inférieur qui ont tout vu mais n'ont rien compris.

Qui est responsable ?

M.V.C. : Le chef du Shabak, le chef du renseignement militaire, le commandant du front Sud, le chef de l'état-major, le ministre de la Défense et le Premier ministre. Tous doivent rendre des comptes. n Propos recueillis par Nathalie Sosna-Ofir

L'intention d'Hassan Nasrallah est d'aider le Hamas et de causer autant de dommages que possible à Israël

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à la une

N° 1709 - 26 octobre 2023

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« Israël n’a aucune obligation à mettre en garde la population » De Joe Biden à Emmanuel Macron, tous les chefs d’État occidentaux expriment leur soutien au « droit d’Israël à se défendre dans le respect du droit international ». Mais Israël n’a pas attendu ce « rappel à la loi ».

P

aradoxalement, le fait qu’Israël mène une guerre contre une organisation terroriste et non contre un État lui donne beaucoup plus de marge de manœuvre. L’auteur de ce constat n’est autre qu’Alan Dershowitz, célèbre avocat américain et professeur émérite de la faculté de droit d’Harvard, auteur du fameux « Le droit d’Israël » où il prenait dès 2003 la défense d’Israël. Dans un entretien avec Actualité Juive, il estime que « cette guerre place le Hamas dans la pire des positions du point de vue du droit international, tandis qu’elle donne à

On peut prendre le risque de tuer un petit nombre de civils si cela permet d’éliminer un grand nombre de terroristes Israël un avantage légal. Car cela lui permet de tuer les terroristes ou de les arrêter comme des civils et non comme des prisonniers de guerre et de les traduire en justice ». En ce qui concerne les civils, il faut bien entendu respecter le principe de proportionnalité. « Ce qui signifie, explique Alan Dershowitz, que l’on peut prendre le risque de tuer un petit nombre de civils, si cela permet d’éliminer un grand nombre de terroristes. En revanche, on ne peut tuer des dizaines de civils pour éliminer un seul terroriste. C’est cela le principe de proportionnalité. Et non pas comme on le croit trop souvent, la proportionnalité de la force. Un État, pour se défendre, a

La désorganisation du gouvernement POLITIQUE

Les Israéliens s’inquiètent de la lenteur et des difficultés de leur gouvernement à gérer les aspects civils de la guerre.

DR

À

Kiryat Shmona, l’évacuation préventive de 25 000 habitants entamée le 20 octobre a rapidement tourné à la pagaille. Le ministère du Tourisme, chargé de trouver des hébergements en hôtels, a dû sous-traiter sa mission à une agence de voyages, avant de jeter l’éponge faute de trouver assez de chambres. Le contrôleur de l’État

Le contrôleur de l’État, Matanyahou Engleman Matanyahou Engleman s’est rendu sur place le 22 octobre pour constater une « action

le droit de recourir à l’usage massif et disproportionné de la force. La proportionnalité n’est pas celle de la riposte, mais la projection des pertes civiles, qui doit être proportionnelle à la valeur de la cible militaire visée ». Ce qui amène à la distinction entre combattant et civil, et qui se révèle beaucoup plus complexe quand l’ennemi est une organisation terroriste. Ce que le Pr. Dershowitz appelle « le continuum du caractère civil ». Une gradation qui irait du terroriste absolu au civil absolu en passant par tous les niveaux

insuffisante du gouvernement pour l’arrière, une bureaucratie excessive et un manque de synchronisation entre les différents ministères en charge, qu’il s’agisse de l’évacuation de la population, des réponses aux besoins en aide sociale, santé mentale ou éducation. C’est un signal d’alarme adressé aux membres du gouvernement et à leur chef de prendre les mesures requises au plus vite ». Et les mêmes dysfonctionnements se manifestent un peu partout. Haïm Bibas, maire Likoud de Maccabim-Reut et président de l’Union des élus locaux, a accusé les membres du gouvernement d’avoir « pris le maquis », traduisant l’exaspération de nombre de ses pairs. « Trop de ministres ne connaissent pas leur métier. Le gouvernement ne fonctionne pas. Nous travaillons seuls ».

Personne ne comprend qui est responsable de quoi. L’Autorité d’urgence nationale, censée coordonner les opérations d’évacuation des populations civiles, est supplantée par les ministères qui ne sont pas formés aux actions d’urgence. Plus d’une quarantaine de numéros verts renvoient le public d’un service à l’autre. Il n’y a aucune communication institutionnelle centralisée, à l’exception de celle de Tsahal sur les opérations en cours et les consignes de sécurité à suivre. Les effets de la confusion sont déjà perceptibles dans l’opinion. Le sondage périodique de l’Institut pour la démocratie en Israël constate que la cote de confiance du gouvernement est au plus bas depuis 20 ans, avec seulement 18 % de satisfaction, alors que celles de Tsahal, de la police et des médias sont remontées en flèche. n P. Z.

DR

DROIT

intermédiaires possibles. De celui qui aide activement à celui qui finance, abrite, soutient ou qui est utilisé comme bouclier humain. Mais le droit est aussi une affaire d’interprétation. Ainsi, le Bureau des droits de l’homme de l’ONU est déjà en train de constituer un dossier contre Israël sur la base de l’appel de Tsahal à la population du nord de Gaza à descendre vers le sud pour se mettre à l’abri. « C’est une évacuation forcée assimilable à un crime contre l’humanité », affirme l’institution. « Israël n’a aucune obligation à mettre en garde la population, répond le Pr. Dershowitz. Il va bien au-delà de ce qu’il est tenu de faire. Les déplacements de population font partie intégrante des guerres tout au long de l’histoire. Ce n’est pas une violation du droit international. Au contraire, Israël agit bien en appelant à évacuer la zone, pour ne pas bombarder une cible militaire au milieu d’une population civile. Mais pour cette officine antisémite, tout ce que fait Israël est mal. On serait bien avisé de nommer cette institution par son vrai nom : non pas le Conseil des droits de l’homme, mais le Conseil des torts de l’homme ! ». n Pascale Zonszain

Le professeur Alan Dershowitz


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N° 1709 - 26 octobre 2023

220 personnes détenues par le Hamas :

#BringThemHomeNow OTAGES

C’est sous le hashtag #BringThemHomeNow, devenu viral, que les familles des otages se sont immédiatement mobilisées, malgré une douleur incommensurable, sans attendre les tractations internationales ni les décisions politiques.

L

a crainte des familles est que leurs proches ne soient relégués au second plan, au profit de la guerre qu’Israël est contraint de mener et que le nombre d’otages ne soit plus que de simples statistiques. Une crainte renforcée par la déclaration du conseiller à la sécurité nationale du gouvernement, Tzachi Hanegbi : « Nous ne négocierons pas avec un ennemi que nous avons juré d’effacer de la surface de la terre ». Ce hashtag, largement utilisé sur les réseaux sociaux pour partager des photos et des noms des otages est également le nom du collectif fondé par le réalisateur israélien Ari Folman, connu pour son film Valse avec Bachir, qui a produit des vidéos de témoignages des familles, sous-titrées dans plusieurs langues, disponibles gratuitement sur un site web dédié, prêtes à être

L’auditorium de l’université de Tel Aviv partagées sur les médias sociaux. Le lendemain de l’offensive du Hamas, un forum pour les familles des otages et des disparus a été créé, recueillant 500 000 dollars de soutien, dès le premier jour, avec pour mission de mobiliser les médias, les réseaux diplomatiques et les experts israéliens ayant déjà contribué à la libération d’autres otages du Hamas, tels que David Meidan, un ancien du Mossad qui a ramené Gilad Shalit de Gaza à Israël. Les revendications du forum comprennent la libération immédiate de tous les otages, la création d’un corridor humanitaire pour fournir les soins médicaux nécessaires et l’implication des dirigeants mondiaux. Les familles ont rapidement attiré l’attention internationale, organisant des conférences de presse, notamment devant la presse fran-

çaise, modérée par Miri Rosman, spécialiste des relations entre la France et Israël et s’exprimant sur les chaînes de télévision du monde entier. Des représentants des familles ont rencontré le président des États-Unis, Joe Biden, le chancelier allemand Olaf Scholz, le président de la République française Emmanuel Macron et des représentants de la Croix-Rouge à Genève. De nombreuses initiatives ont été lancées en Israël et dans le monde,

des manifestations quotidiennes devant le quartier général militaire de Kirya à Tel Aviv, ainsi que des actions symboliques, telles qu’une table du chabbat dressée au musée de Tel Aviv, avec autant de chaises vides que d’otages portant leur nom et leur photo. La même initiative à Rome et à Paris. À Londres, ce sont trente poussettes qui ont été exposées, symbolisant les 30 enfants retenus à Gaza. Les visages des otages ont été projetés à l’ONU ainsi que sur les célèbres écrans LED à Times Square à New York, le long de Broadway et de la 7ème Avenue. Des mégaphones ont, eux, été installés près de la clôture de sécurité, tournés vers Gaza, dans lesquels sont diffusés les noms des otages, dans l’espoir qu’ils entendent qu’ils ne sont pas oubliés. Et désormais, chaque siège des vols d’El Al porte la photo et le nom d’un otage, officiellement 220 à l’heure où nous écrivons ces lignes. Ce qui inquiète les familles, c’est le risque de sélection si des libérations d’otages sont négociées, c’està-dire si les binationaux étaient privilégiés sous la pression des pays dont ils détiennent la nationalité, au détriment de ceux qui ne sont qu’israéliens. Pourquoi ne pas alors envisager que les États-Unis accordent la nationalité américaine à tous les otages afin de contourner les probables manipulations cyniques du Hamas. n Nathalie Sosna-Ofir

Témoignage

Orit Meir, maman d’Almog « Ma vie s’est complètement effondrée le 7 octobre quand mon fils Almog, 21 ans, a été capturé par le Hamas. Il venait de terminer son service militaire trois mois plus tôt et se préparait à entamer un nouveau travail. À la veille de son premier jour, il avait décidé de passer un dernier week-end de détente avec ses amis au Festival Nova, au kibboutz Re’im. Ce qui aurait dû être un moment de joie s’est rapidement transformé en cauchemar. Samedi, à 7h45, Almog m’a appelé pour me dire qu’il entendait des tirs autour de lui, il m’a dit qu’il m’aimait et puis, plus rien. Nous avons

immédiatement suivi la trace de son téléphone portable pour découvrir qu’il avait traversé la clôture de sécurité et vers 12h30 nous avons reçu une vidéo diffusée par le Hamas via Telegram, sur laquelle on le voit, à terre, aux côtés de ses amis, blessé, les mains attachées, ef-

frayé. Deux jours plus tard, Tsahal confirmait qu’il était retenu à Gaza. Almog est un jeune homme avec des valeurs, intelligent, qui aime la vie et est toujours entouré d’amis. Il est également d’une grande sensibilité. Avant de se rendre au Festival Nova, le vendredi, il avait pris le temps de rendre visite à son grand-père, mon père, qui venait de subir une opération du dos il y a trois semaines, afin de l’aider à se doucher, comme il le faisait chaque jour depuis son retour de l’hôpital. Almog et moi avons une relation admirable, très forte, au-delà d’une relation mère-fils, nous sommes aussi des amis. Depuis ce tragique événement, je travaille sans relâche

pour le retour d’Almog et des otages. Je rencontre des dirigeants, je prends la parole dans les médias et ai lancé une page Instagram qui lui est dédiée. J’envoie sans cesse des pensées positives à mon fils, de la force, dans l’attente qu’il revienne, sain et sauf, à la maison et que ce cauchemar s’arrête ». n Propos recueillis par Nathalie Sosna-Ofir


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Page réalisée par Steve Nadjar

Pourquoi cette guerre peut déboucher ESCALADE sur une crise internationale L’instabilité de l’ordre international pourrait contribuer à activer des mécanismes conduisant à une escalade régionale.

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«

l est vital de sortir du prisme Israël-Gaza pour comprendre la crise à laquelle nous faisons face. Ce qui se joue est beaucoup plus global ». Depuis Boston, où il étudie les affaires publiques à l’université d’Harvard, l’ancien porte-parole de l’ambassade d’Israël à Paris, Simon Seroussi ne cache pas les risques d’«escalade régionale, voire de déstabilisation plus générale » que porte en germe la guerre en cours entre Israël et un Hamas parrainé par l’Iran. Téhéran dont les proxies (Hezbollah, Force Al-Qods en Syrie, Irak, Yémen) pourraient jouer un rôle inédit dans le cadre d’un affrontement multifronts et multidimensionnel. À cette aune, la crise ouverte le 7 octobre confirme une chose : l’Amérique est de retour au Moyen-Orient. « Le leadership américain est ce qui unit le monde » clamait Joe Biden, lors d’une allocution solennelle depuis la Maison-Blanche, au lendemain de son déplacement express en Israël. Par la force de ses discours, la mobilisation de son appareil diplomatique autour d’Israël et des alliés arabes de Washington dans la région

« Poutine (Russie) et Raïssi (Iran) représentent des menaces différentes, mais ils ont ceci en commun : ils veulent tous deux anéantir complètement une démocratie » États-Unis, selon l’expression du général Michael Kurilla, à la tête du CENTCOM, le commandement central américain au Moyen-Orient, a rapidement connu ses premiers tests: le destroyer USS Carney, repositionné en mer Rouge, a abattu le 19 octobre plusieurs missiles et drones lancés depuis le Yémen par les houthis, milice chiite pro-Iran, en direction du territoire israélien. Plusieurs conseillers militaires américains expérimentés dans les combats urbains sur le terrain irakien ont également été dépêchés en Israël. L’Irak où plusieurs bases abritant des soldats américains ont été attaquées ces derniers temps par

Les efforts de l’administration Biden pour persuader l’Iran de désamorcer ses provocations nucléaires ont échoué et la formalisation de sa position par des mesures concrètes sur le terrain, le président démocrate a crédibilisé le message dissuasif de la puissance militaire américaine. Le repositionnement du groupe aéronaval de son plus important porte-avions, l’USS Gerald R. Ford de la Méditerranée occidentale vers les côtes israéliennes, suivi quelques jours plus tard de celui de l’USS Dwight D. Eisenhower, parti de Virginie, en constitue l’illustration la plus nette. La nouvelle «architecture intégrée de défense aérienne et antimissile »des

des milices de la « résistance islamique en Irak ». À la tête d’un axe chiite dont il se sert comme d’un outil de dissuasion et de déstabilisation, l’Iran « facilite activement ces attaques » a avancé, le 23 octobre, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain, John Kirby. Écartant l’unilatéralisme trumpien et ses penchants isolationnistes, l’administration Biden, à la tête d’une Amérique qui se pense à nouveau comme le « phare du monde », assume le leadership des puissances démocratiques face aux ambitions

de rivales soucieuses de déstabiliser l’ordre mondial à leur profit. La Chine, dont le chef de la diplomatie Wang Yi est attendu à Washington en fin de semaine, n’a pas condamné explicitement l’attaque du Hamas, concédant lundi que « tous les pays ont le droit de se défendre ». S’érigeant en leader du « Sud global » comme en a témoigné le Forum des nouvelles routes de la soie il y a dix jours, Xi Jinping prône un cessezle-feu pour mieux dénoncer les « vat-en-guerre » occidentaux. Moscou voit de son côté dans cette crise une opportunité pour décaler l’attention internationale de l’Ukraine vers le Moyen-Orient ; c’est le sens de son projet de résolution - finalement bloqué par le veto américain - appelant à un cessez-le-feu. « Le Hamas et Poutine représentent des menaces différentes, mais ils ont ceci en commun : ils veulent tous deux anéantir complètement une démocratie voisine », a répliqué Joe Biden, comme pour inscrire dans un même axe ces deux guerres. La conflit ouvert le 7 octobre, dans ces circonstances d’une violence inouïe, confirme le bouleversement continu des plaques tectoniques géopolitiques, le (dé)sordre mondial s’étendant à mesure de la remise en cause de la légitimité du « gendarme américain ». « Il est désormais clair que la situation a encouragé les acteurs les plus radicaux et leurs partisans à prendre de plus grands risques à travers le monde. Depuis l’année dernière, la guerre menée

par la Russie contre l’Ukraine a repoussé les limites de ce qui est concevable en politique étrangère », écrit Internationale Politik Quarterly, mentionnant les dossiers du Haut-Karabakh et de Taïwan. Pour la revue spécialisée allemande, « la République islamique d’Iran - principal soutien du Hamas depuis de nombreuses années - estime apparemment qu’une opportunité s’est présentée ». Si la conception israélienne à l’égard de la bande de Gaza est pour beaucoup dans la faillite de l’état-major politico-militaire israélienne, la doctrine américaine à l’égard de la République islamique est elle-même violemment remise en cause par ces attaques. « La région du Moyen-Orient est aujourd’hui plus calme qu’elle ne l’a jamais été au cours des deux dernières décennies », affirmait encore fin septembre le conseiller américain à la sécurité nationale Jake Sullivan, lors d’un événement organisé par la revue The Atlantic. Une évaluation qui se révèle désastreuse a posteriori. « Téhéran a jeté le gant. Les efforts de l’administration Biden pour persuader l’Iran de désamorcer ses provocations nucléaires et régionales ont lamentablement échoué », constate Suzanne Maloney, directrice du programme de politique étrangère à la Brookings Institution. Quant au processus de normalisation engagé entre Israël et l’Arabie saoudite, l’une des priorités de cette administration au Moyen-Orient, l’Iran l’a stoppé à travers l’attaque du Hamas. « Il est repoussé mais pas remis en cause, précise Simon Seroussi. Tout dépendra de la manière dont la guerre se déroulera ». Selon Suzanne Maloney, « la Maison-Blanche doit maintenant élaborer une nouvelle approche à l’égard de l’Iran qui rétablisse de manière crédible la dissuasion, même si elle continue de diriger l’Occident en soutenant la défense de l’Ukraine et en relevant les défis posés par la Chine à l’ordre international ». n


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Macron en Israël :

un « en même temps » diplomatique MÉDIATION

Ce mardi, Emmanuel Macron a effectué une visite très attendue - et délicate - en Israël. Décryptage.

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endredi dernier, jouant la prudence, le président de la République française expliquait encore que son voyage en Israël était conditionné à l’obtention de « choses utiles ». Ce mardi, en tout cas, Emmanuel Macron a effectué une visite très attendue en Israël. Il a, selon l’une de ses expressions favorites, « pris son risque ». Il est descendu dans l’arène de l’Orient compliqué avec, à l’esprit, des idées… de solution. Lors des rencontres officielles avec ses différents interlocuteurs, sa compassion sincère à l’endroit de l’État juif a frappé : « Nous sommes liés à Israël par le deuil… Trente de nos compatriotes ont été assassinés par le Hamas le 7 octobre. Neuf autres sont encore portés disparus ou retenus en otage ». ÉPAULE CONTRE ÉPAULE AVEC ISRAËL Le président de la République française, quand il traite des grandes questions internationales, a le plus souvent des réflexes sûrs. Le matin du 7 octobre,

Emmanuel Macron et Benyamin Netanyahou d’opportunité politique. À Tel Aviv, ce mardi, le président Yitzhak Herzog a exposé au successeur de François Hollande la « situation extrêmement compliquée et fragile » de son pays, avant d’ajouter : « Je sais que vous partagez l’intégralité de nos sentiments ». En réponse à l’avertissement du président israélien – « L’empire du mal iranien joue avec le feu » -, Emmanuel Macron a souligné avec solennité : « Ce qui s’est produit le 7 octobre est une attaque terroriste atroce contre vos citoyens et contre votre nation …. Notre premier objectif, avec vous, aujourd’hui, c’est la libération de tous les otages ».

DÉSESCALADE ET PERSPECTIVE POLITIQUE Dès avant sa visite, à la fin de la semaine dernière, le président français ne faisait pas mystère de l’activisme diplomatique de la France, afin d’obtenir « des éléments qui permettront d’assurer la sécurité d’Israël, (…) la lutte contre les groupes terroristes, qui éviteront l’escalade et permettront la reprise d’un processus politique ». Le président français a tenu à rassurer : « Lorsque nous avons enduré le terrorisme, vous étiez sans réserve à nos côtés ». Mais le propos d’Emmanuel Macron a bifurqué vers une nouvelle dimension

Macron a su trouver les mots justes à l’endroit d’Israël endeuillé dans la sidération et l’effroi, lorsque le monde découvrait l’ampleur lugubre des crimes commis par le Hamas contre les civils israéliens, l’hôte de l’Élysée a su trouver les mots justes à l’endroit de l’État juif endeuillé par cette barbarie paroxystique. Mais comme souvent, chez lui, un premier mouvement est compliqué par des hésitations

Emmanuel Macron et son homologue israélien Yitzhak Herzog, le 24 octobre

communicationnelle et il a aussitôt précisé qu’il fallait se garder de « contribuer à élargir le conflit », dessinant une ligne stratégique qui en déroute certains à Jérusalem : une ligne à la fois pro-israélienne et attachée à poursuivre l’ambition gaullienne d’incarner une voix de médiation en Orient méditerranéen, ainsi qu’une puissance d’équilibre. Un « en même temps » en quelque sorte… Macron n’ignore pas que le Premier ministre israélien, assez isolé sur ce point dans l’establishment de son pays, est plutôt réticent à lancer toutes les forces du pays dans une opération terrestre à Gaza, qu’il

La France est prête à ce que la coopération contre Daech participe à la lutte contre le Hamas estime volontiers périlleuse, tout au moins en petit comité. Justement, Benyamin Netanyahou et Emmanuel Macron ont pris ensuite la parole côte à côte à la suite de leur échange à huis clos, depuis Jérusalem. Macron a fait valoir que « la France est prête à ce que la coopération internationale de lutte contre Daech participe à la lutte contre le Hamas ». Fidèle aussi à l’inspiration « gaullo – mitterrandienne » de la politique française au Proche-Orient, il n’a pas non plus hésité à exhorter à « une relance décisive du processus politique avec les Palestiniens», assurant que le Hamas « ne porte pas la cause palestinienne». Comment un tel discours, dans un temps de guerre, peut-il être reçu à Jérusalem ? Dans le meilleur des cas, les exhortations macroniennes ont été accueillies poliment, dans une indifférence parfois un peu narquoise, qui ne dit rien quant à leur légitimité. n Alexis Lacroix


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L’hôpital de Gaza, une fake news dans la guerre de l’information DÉCRYPTAGE L’explosion causée par une roquette du Jihad islamique, retombée dans la cour de l’hôpital Al-Ahli de Gaza le 17 octobre, est un exemple de la guerre pour l’information et de la difficulté à combattre les mensonges du Hamas.

L

es premières informations commencent à apparaître dans l’heure qui suit l’explosion. Toutes reprennent in extenso le communiqué du ministère de la Santé du Hamas. L’AFP publie, dès 20h, une dépêche urgente : « Gaza : au moins 200 morts dans un raid israélien sur l’enceinte d’un hôpital (…) a rapporté mardi le ministère de la Santé du Hamas, au pouvoir dans le territoire palestinien ». D’autres agences et grandes chaînes d’infos lui emboîtent le pas. Et le New York Times annonce : « une frappe israélienne tue des centaines de personnes dans un hôpital, affirment les Palestiniens ». Des images diffusées en direct par la chaîne Al Jazeera contredisent cette version, mais personne n’en tient compte. La mécanique est enclenchée. Les réseaux sociaux, qui ont été les premiers à diffuser le communiqué du Hamas et des vidéos prises par des té-

Seul le parking de l’hôpital a été réellement touché lité », plaçant les deux versions à égalité. Le matin du 18 octobre, le porte-parole de Tsahal convoque les correspondants de la presse étrangère pour son premier briefing en anglais. « L’explosion à l’hôpital Al-Ahli de Gaza a eu lieu à 18h59. À cet instant, il n’y a eu aucune frappe israélienne par air, mer ou terre», confirme le général Daniel Hagari, qui produit ensuite des preuves sous forme

Des images diffusées en direct par Al Jazeera contredisent la première version mais personne n’en tient compte léphones, relayent avec la même vitesse les dépêches d’agences qui ajoutent à la crédibilité de l’événement. Dans la foulée, les dirigeants du monde entier se joignent au chœur des condamnations. Dans les villes palestiniennes et arabes, la foule descend dans la rue. Et la marée de réprobation submergera le monde entier dans les 24 heures qui suivront. Face aux dénégations d’Israël et à une première réserve exprimée par le président des États-Unis, les médias prennent alors une position de « neutra-

de photos satellite du site de l’hôpital et des images des types de dégâts provoqués par des frappes israéliennes, totalement différents. Et surtout, un enregistrement audio d’une conversation entre deux membres du Hamas qui viennent d’apprendre l’explosion et qui comprennent qu’il s’agit d’un tir manqué d’une roquette du Jihad islamique, lancée depuis un cimetière à proximité de l’hôpital. Parallèlement, la chaîne israélienne N12 récupère les images prises par une caméra de surveillance à Netivot

tournée vers Gaza, avec l’horodateur qui confirme clairement le départ de la roquette suivie de sa chandelle et sa chute quelques secondes plus tard. Deux journalistes en plateau décident aussitôt d’expliquer les images en arabe et en anglais, pour qu’elles soient reprises dans le monde. Quelques heures plus tard, le porte-parolat de Tsahal publiera même une vidéo aérienne du site, prise 14 heures après l’explosion. Un document qui achève de prouver qu’il ne peut pas s’agir d’un tir israélien et qui remet aussi en question le nombre astronomique de victimes avancé par le Hamas, sans aucun rapport avec les faibles dommages au sol et les bâtiments totalement intacts autour de quelques voitures calcinées sur le parking de l’hôpital. Pour exonérer la responsabilité d’Israël, il a fallu que Tsahal divulgue des sources de renseignement qui sont normalement classifiées, car elles peuvent exposer des technologies ou des ressources humaines. Mais face à la monstruosité du mensonge, la mesure était devenue inévitable. Il a fallu en moyenne trois jours aux médias professionnels pour rétablir la vérité, en s’appuyant sur des éléments de preuve

fournis par Israël et les services de renseignement d’autres États. Et aussi en faisant leur travail d’investigation et de contrôle des faits et des sources. Trois jours au cours desquels le poison s’était déjà répandu. Le mensonge et la vérité ne se propagent pas à la même vitesse. C’est une règle de physique immuable. La seule parade possible est celle de la crédibilité. En sachant que sa portée n’a que peu de chances d’atteindre ceux qui ont déjà désigné Israël comme le coupable. n Pascale Zonszain

+

L’agence américaine NewsGard, spécialisée dans la propagation des fake news, vient de révéler qu’en une semaine, 186 des 250 posts les plus engageants propageant de fausses nouvelles provenaient de comptes « vérifiés » sur X (ex-Twitter). Depuis Elon Musk, il suffit de payer 8 dollars, de confirmer un numéro de téléphone et d’ajouter une photo pour obtenir le badge bleu de la certification. Donc méfiezvous et recoupez bien les informations. Y.S.


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Les mensonges de la presse

étrangère

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près l’affaire de l’hôpital Al-Ahli Arabi, le mardi 17 octobre, la majorité des médias internationaux s’en sont donné à cœur joie à l’encontre d’Israël, sans recourir à la moindre enquête préalable et se fiant uniquement aux informations biaisées données par les terroristes du Hamas. C’est le cas par exemple des sites Internet de CNN World News ou de BBC News qui, le soirmême, titraient : « Des centaines de morts après une frappe d’Israël sur un hôpital de Gaza », quand Al Jazeera English annonçait que « des attaques aériennes israéliennes

ont tué des centaines de Palestiniens à l’hôpital Al-Ahli Arabi dans la ville de Gaza, où des milliers de personnes cherchent un traitement médical et un abri contre les bombardements intensifs ». Il n’en fallait pas davantage pour que les rues libanaises, jordaniennes ou tunisiennes se remplissent de milliers de manifestants pro-Hamas criant leur haine de l’État hébreu. Le lendemain matin, la presse écrite du monde entier consacrait sa une au sujet, annonçant un nombre erroné de

victimes : des centaines selon la majorité des journaux, et même plus de 500 pour la presse sud-américaine telle La Nacion ou El Comercio, ou The Times en Angleterre, appuyant leurs propos par des photos de femmes et d’enfants palestiniens en détresse ainsi que des corps de « supposés » défunts recouverts par un drap. Dans l’inconscient collectif, ces images placent les Palestiniens en victimes et le coupable est facilement désigné : Israël. Les jours qui suivront, la presse fait en

partie machine arrière. Selon elle, de grandes probabilités démontrent que l’explosion proviendrait d’un tir raté parti depuis Gaza et comme par magie le nombre de morts passait de plusieurs centaines à quelques dizaines. Finalement, on apprendra que le projectile a atterri sur le parking de l’hôpital. Trop tard, le mal est fait. Les médias ont allumé la mèche que les ennemis d’Israël attendaient pour s’enflammer. n Laurent Cohen-Coudar

Les médias français aussi pris en flagrant délit DÉONTOLOGIE

La manière avec laquelle une grande partie de la presse française s’est précipitée pour condamner Israël en dit long sur l’absence, assumée, de toute analyse critique des faits.

L

es médias français ont aussi pris pour argent comptant l’information provenant du Hamas, selon laquelle un bombardement intentionnel d’Israël sur l’hôpital anglican Al-Ahli de Gaza aurait causé la mort de quelque 500 civils.

Dans les deux jours qui ont suivi cette annonce, le nombre de victimes a été revu drastiquement à la baisse, à mesure qu’il s’avérait, preuves à l’appui, que le missile avait été tiré depuis Gaza. Les images montrant par la suite les dégâts, très limités, de ce missile tombé sur le parking de l’hôpital ont confirmé qu’il s’agissait bien d’une fake news. Pour autant, tous ceux qui avaient relayé la mauvaise information n’ont pas forcément fait amende honorable. Sur X (ex-Twitter), Julien Dray, l’ancienne figure de la gauche, a annoncé avoir saisi l’Arcom, l’autorité de tutelle de l’audiovisuel, afin d’examiner les dérapages déontologiques commis par de nombreux médias. « Cela fait des années que la

presse cite pour source le ministère de la Santé de Gaza sans que personne ne remarque le côté cocasse de la chose. Les journalistes qui le font savent très bien à qui ils ont affaire », rappelle Laurent Ayem, l’un des responsables d’InfoEquitable, une organisation dont la mission consiste à obtenir une couverture juste et précise d’Israël dans les médias francophones. Dans l’émission C ce soir du 10 octobre dernier, Frédéric Métaizeau, qui a été longtemps correspondant à Jérusalem, confirmait que lorsqu’il entrait à Gaza, « le fixeur-traducteur [était] pénalement responsable de ce (qu’il devait) publier. Vous imaginez le doigté avec lequel je devais écrire et parler du Hamas ». On comprend

dès lors que le traitement médiatique de l’information sera à charge contre Israël. Face à cela, il existe bien peu de recours. L’Arcom étant l’autorité de régulation de l’audiovisuel, la presse écrite a un boulevard devant elle. « On doit donc veiller, dénoncer sur les réseaux sociaux dès lors qu’on constate un manquement. Interpeller publiquement les journaux qui dérapent et faire du bruit », ajoute Laurent Ayem. La semaine dernière, InfoEquitable interpellait Libération pour une photo mise en une qui datait vraisemblablement du mois de février. Suite à ce post, vu près d’un million de fois, le quotidien a dû publiquement se justifier. Et s’excuser du bout des lèvres. n Laëtitia Enriquez


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Pages réalisées par Esther Amar

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uels éléments de langage utiliser pour combattre la désinformation et la déligitimation d’Israël ? Auteur du Manuel bleu contre l’antisémitisme et la désinformation*, le francoisraélien Raphaël Jerusalmy, 68 ans, diplômé de l’École normale supérieure et de la Sorbonne, ex-lieutenantcolonel dans les services de renseignement israéliens, et expert sur i24news, dénonce avec force la couverture des massacres par certains médias et le danger qui en découle pour juifs et non-juifs. En tant qu’écrivain, « il ne pourrait pas écrire sur ce qui a été perpétré le 7 octobre car cela dépasse les pires cauchemars ». Il estime que les photos des victimes martyrisées ne peuvent pas être montrées à tous et qu’il faut préserver les enfants. « Des officiers et journalistes étrangers qui ont couvert d’autres conflits n’avaient jamais vu de telles atrocités », raconte-t-il. Son Manuel bleu vise à mettre les outils de « hasbara » (en hébreu « explication ») à la portée de tous, car chacun de nous peut soutenir Israël en expliquant de façon simple l’origine et le déroulement du conflit Israël-Hamas. Enfin, l’auteur souligne la nécessité d’expliquer les fondamentaux, les quatre types de « profondeurs » : la taille du pays, sa faible démographie, son économie fragilisée par la mobilisation massive, et la lenteur induite par le régime parlementaire. Grâce à Raphaël Jerusalmy, voici quelques précieux arguments de hasbara. n *A télécharger sur le site : https://manuelbleu.com/

Des éléments de langage pour lutter contre la désinformation DÉMOCRATIE Israël est la seule démocratie du Moyen-Orient et le seul État à garantir la liberté d’expression, la liberté de culte et la liberté sexuelle à tous ses ressortissants de toutes confessions et origines confondues. Les Arabes et chrétiens israéliens jouissent de tous les droits des juifs israéliens. RÉFUGIÉS JUIFS C’est en Israël que vit la plus grande concentration de réfugiés du Moyen-Orient : celle des réfugiés juifs (mais aussi non juifs) venus du monde entier. « Ceux qui contestent ces vérités pour leur opposer les mensonges sont-ils de mauvaise foi ou antisémites ? Ou victimes du matraquage raciste ? Le problème est de savoir s’ils sont encore capables d’écouter cet autre qui est tant diabolisé », s’interroge Raphaël Jérusalmy. IMPLANTATIONS VERSUS « COLONIES » Concernant les « implantations » de Judée-Samarie, régulièrement accusées d’être des « colonies » par les médias : tel que stipulé dans les accords d’Oslo, ce problème est à régler lors de la phase dite de « statut définitif ». Elles ne sont donc pas en infraction à l’accord, ni à aucune phase de la négociation de cet accord. « Les unités additionnelles qui s’y construisent correspondent avant tout à une croissance démographique naturelle de ces localités », constate Raphaël Jérusalmy. TERRES ACHETÉES VERSUS « COLONISÉES » Les terres d’Israël n’ont pas été « colonisées » mais achetées légalement durant des décennies, comme l’indiquait le géographe Jacques Weulersse dans son essai publié en novembre 1934 intitulé Le problème des terres en Palestine. « Les riches propriétaires arabes autant que les fellahs sont venus d’eux-mêmes offrir leurs terres aux grandes organisations sionistes. Ils

souhaitaient individuellement ce que tous condamnaient collectivement », précisait le géographe dans son livre. « L’ÉTAT PALESTINIEN » L’État palestinien n’a jamais existé : avant Israël, sur ce territoire, il y a eu, du plus récent au plus ancien, un mandat britannique, un Empire ottoman, un État islamique des Mamelouks d’Égypte, un Empire arabo-kurde ayubide, le royaume franc et chrétien de Jérusalem, les Empires omeyyade et fatimide, les Sassanides, l’Empire byzantin, l’Empire romain, un État hasmonéen, un État séleucide, l’Empire d’Alexandre le Grand, un Empire perse, l’Empire babylonien, les royaumes d’Israël et de Juda, le royaume d’Israël, une théocratie des douze tribus d’Israël, une agglomération de cités-royaumes cananéennes indépendantes. Tout sauf un État palestinien.

Les terres d’Israël n’ont pas été colonisées mais achetées légalement depuis des décennies EN FRANCE, LES BONS POINTS DE LA PRESSE SPÉCIALISÉE ET RÉGIONALE Contrairement à une certaine presse parisienne qui refuse de citer le porte-parole de l’armée, les ministres israéliens ou un ambassadeur, au motif qu’il s’agit de la « version officielle », et qui voit les membres du Hamas comme des « résistants », Raphaël Jerusalmy conseille de s’adresser plutôt à la presse régionale, bien plus objective, car elle a une capacité d’investigation et de diversité des

DR

Hasbara

points de vue importante. Il précise qu’il faut écrire aux journaux lus par un lectorat bien plus large qui cherche réellement à s’informer. Comme le magazine Elle, ni proni anti-israélien, s’adresse à des centaines de milliers de femmes. Le journal La Croix permet d’atteindre des milliers de familles chrétiennes. POLITISATION DE L’UNESCO Alors que sa « vocation suprême est la préservation des patrimoines », l’Unesco exige de la « puissance occupante » qu’elle arrête les fouilles sur le mont du Temple, l’un des sites les plus capitaux de l’histoire humaine, « ce qui va à l’encontre même de sa mission. Cette organisation n’a jamais sanctionné les dégradations commises de 1948 à 1967, sous l’occupation jordanienne, lorsque le mur des Lamentations fut utilisé comme dépôt d’ordures et urinoir public. La Jordanie est d’ailleurs « gardienne des lieux saints » musulmans de Jérusalem (pardon, il faudrait dire Al-Quds...) jusqu’à ce jour », note Raphaël Jérusalmy. IMPORTANCE DE « LA PROFONDEUR STRATÉGIQUE » Raphaël Jerusalmy regrette que « dans les débats télévisés, on ne rappelle jamais ces fondamentaux


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La démocratie, c’est bien en temps de paix, mais en temps de guerre, ça nous ralentit que sont les profondeurs stratégique, économique, démographique et démocratique. Sans ces notions de base et ces chiffres irréfutables, aucune hasbara ne sera efficace ». En langage militaire, la profondeur stratégique impose un espace suffisant entre les centres urbains et les frontières. Raison pour laquelle Israël a dû repousser ses frontières au cours de son histoire pour anticiper les attaques des pays voisins. « Ce n’est pas parce qu’Israël occupe des territoires que ses ennemis lui font la guerre. C’est parce que ses ennemis lui font la guerre qu’Israël

occupe des territoires », insiste Raphaël Jerusalmy. L’État hébreu mesure 21 000 km2 (la Jordanie mesure plus de 90 000 km2 et sa population compte plus de 60 % de Palestiniens) avec une bande étroite du côté de Netanya, située à quelques kilomètres seulement des villes arabes dans la zone tampon de Judée-Samarie. Profondeur démographique : avec une population de neuf millions de personnes dont 20 % d’Arabes israéliens, lorsque des centaines de milliers de réservistes sont appelés, on dépeuple le pays. S’ils sont mobilisés longtemps, l’impact sur la profondeur économique peut être terrible. Profondeur démocratique : les ennemis d’Israël sont des dictatures corrompues, des gangs criminels ou des « États voyous ». Le chef du Hamas ou Hassan Nasrallah peuvent décider n’importe quand de déclarer la guerre. En Israël, il y a un cabinet, des ministres, un Parlement. « La démocratie, c’est bon en temps de paix, mais en temps de guerre, ça nous ralentit », déplore-t-il. n

DONNEZ

AU FONDS D’URGENCE POUR LES VICTIMES DU TERRORISME EN ISRAËL

LES BESOINS SONT IMMENSES NOTRE MOBILISATION NE DOIT PAS FAIBLIR

LE FONDS D’URGENCE EST UNE AIDE IMMÉDIATE 100% DES DONS SONT DÉDIÉS AUX VICTIMES

13 MILLIONS DE DOLLARS DISTRIBUÉS EN 10 JOURS !

(dons en provenance des donateurs du Keren Hayessod dans le monde hors USA)

Chiffres au 19/10/2023

3 454 victimes ont

reçu une première aide de 1 300 € (soit plus de 4,7 M). Elles recevront

7 800 €

à plus long terme.

NOS Depuis 18 ans le Beth Habad 77 œuvre pour nos soldats

1,5 million €

distribués aux hôpitaux de Beer Sheva, Askelon et d’Ashdod.

43 000 personnes

évacuées de leur domicile et relogées dans le centre du pays. Des milliers de familles aidées par le Fonds (en relation avec les conseils régionaux et les mairies).

4 900 colis distribués

à des personnes âgées vivant dans le Sud d’Israël.

DONNEZ EN SCANNANT LE QR CODE (cerfa en retour) Aidez-nous à envoyer : Tefiline, Tsisit, Mezouza, nourriture, appareils électroniques et articles de toilette pour leurs protection !

ou sur www.keren-Hayessod.fr ou par chèque à l’ordre du Keren Hayessod 152, avenue de Malakoff – 75116 Paris - tél : 01 77 37 70 80

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PAR HABAD 77

LE K ER EN H AY E S SO D E S T U N O RGA N E O FFICIEL DE CO LLECTE P O U R IS R A ËL. Il existe depuis 1920 et siège à Jérusalem. Il sait comment agir EFFICACEMENT sur le terrain, en par tenariat avec l’Agence Juive.


à la une Décompte

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e président français Emmanuel Macron était en Israël mardi. Son premier rendez-vous a été avec les familles de Français ou de Franco-Israéliens assassinés par le Hamas, le 7 octobre, ainsi qu’avec celles des captifs du mouvement terroriste à Gaza. Il a pris le temps de parler à chacune d’entre elles, individuellement, et connaissait chaque cas et chaque nom, a confié l’une des proches présente à la rencontre. Le bilan confirmé par le président fait état de trente binationaux assassinés - l’attaque terroriste qui a tué le plus grand nombre de Français depuis 2016 – et neuf otages, plus que tous les otages français à travers le monde, a-til souligné. Cependant, la jeune Mia Shem, dont les parents étaient présents, est la seule dont le statut d’otage peut être confirmé. Le Hamas avait publié une vidéo dans laquelle elle indique son nom, le lieu de sa capture, dit qu’elle se trouve à Gaza, mentionne une opération à son bras blessé pendant l’attaque, et demande à être ramenée chez elle. Concernant les autres disparus, pas encore de certitudes, tous les corps n’ayant pas encore été identifiés, seulement une forte présomption qu’ils aient été pris en otage. C’est le cas d’Ethan, 12 ans, vu le matin du 7 octobre sur une moto conduite par un terroriste, ou d’Ofer Calderon ainsi que deux de ses enfants, Sahar et Erez, originaires du kibboutz Nir Oz, aperçus pour la dernière fois alors qu’ils tentaient de s’échapper. « J’ai échangé avec des familles d’otages français retenus par le Hamas. Je le dis ici à tous, la France n’abandonne pas les siens. Nous faisons tout notre possible pour obtenir la libération et le retour de nos compatriotes », a déclaré le chef de l’État à l’issue de la rencontre. n Nathalie Sosna-Ofir

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Nathanaël Loeb :

Mon fils, Binyamin, était quelqu’un qui pensait beaucoup aux autres famille. » Ils ont demandé trois ou quatre volontaires pour partir, il est parti en premier. Là-bas, ils ont réussi à stopper l’ennemi. Ils ont combattu pendant des heures, ils ont réussi à sortir des blessés. Binyamin était quelqu’un qui pensait beaucoup aux autres.

Binyamin Loeb est décédé à l’âge de 23 ans, samedi 7 octobre 2023, à Kfar Aza, lors de l’attaque menée par le Hamas en Israël. Le jeune homme, membre de la communauté ‘Habad, était soldat parachutiste au sein de Tsahal. Son père, le rav Nathanaël Loeb, a accordé une interview à Studio Qualita, que nous reproduisons.

Lors des obsèques, on a vanté les midot de Binyamin qui était, comme vous, un ‘hassid ‘Habad Loubavitch…

Parlez-nous de Binyamin. Qui était-il ? Nathanaël Loeb : C’est difficile à dire comme ça, un jour après avoir entendu les nouvelles… En tout cas, je peux vous dire qu’avant de partir au combat, il a dit à son ami : « Je n’ai pas peur pour moi ; je n’ai pas envie de faire du mal et de la peine à ma

N.L. : Il y aurait beaucoup à dire mais je voudrais aller dans le concret, dans l’action. Les paroles s’en vont et les actions restent. Ce qui me fait beaucoup de peine, c’est que mon fils ne puisse plus mettre les teffilin. Je voudrais lancer un projet appelant à commencer à mettre les tefilin et à les mettre aux autres. Je souhaite que nous arrivions à 15 000 paires de teffilin dans tout le pays avant la fin des chlochim. Il est écrit que lorsque les Juifs mettent les tefilin, les goyim ont peur, et c’est cela qui fait gagner

Binyamin Loeb la guerre. Un site Internet a été créé pour que, dès qu’une personne mette les tefilin ou les fait mettre, il s’ajoute à la liste pour que nous atteignons les 15 000. n Interview réalisée par Daniel Haïk sur Studio Qualita le 11 octobre

Pour répondre à l’appel du rav Nathanaël Loeb : charidy.com/tefilin-m

TÉMOIGNAGES Meitav Journo :

Karine était ma seule sœur

K

«

arine, la plus jeune de la famille, ma seule sœur, la tante d’Aviv et Maor, nous a quittés. Après 11 jours terribles et déchirants, la nouvelle est arrivée. Deux soldats en uniforme, accompagnés d’un travailleur social, sont venus annoncer à notre famille dont la vie était suspendue depuis déjà 11 jours, une nouvelle bouleversante qui allait changer nos vies pour toujours, qui allait laisser un énorme vide dans nos cœurs, une douleur éternelle... Karine, la petite fille gâtée de la maison, ne reviendra plus. Elle adorait tant se faire dorloter qu’elle demandait souvent, allongée sur son lit, à tous ceux qui passaient devant elle, d’éteindre la lumière ou d’allumer la télévision. Mais cela était toujours accompagné d’un sourire si radieux qu’il était impossible

Karine (gauche) et Meitav Journo de lui en vouloir. Karine est sortie pour danser dans la nuit du 6 au 7 octobre, elle n’est pas partie combattre, elle n’est pas allée à la base militaire, elle est simplement sortie danser. Elle chérissait la vie, la danse, et savourait chaque instant, elle était même allée au festival avec une jambe cassée car, pour elle, il fallait

savoir vivre et profiter en toutes circonstances ! Notre Karine ne reviendra plus. « S’il m’arrive quelque chose, je vous aime » sont les derniers mots qu’elle nous a dits samedi matin au moment de l’attaque. Ces individus, bien que vivants, ne peuvent être qualifiés d’êtres humains. Ils ont éteint sa vie à son apogée et ont laissé une mère et un père en morceaux, une sœur effondrée qui doit consoler ses parents, un neveu qui se languit tant, et un autre qui n’apprendra jamais à connaître qui elle était. Sans parler de ses amis qui sont là, avec nous, et qui peinent encore à y croire, qui refusent d’y croire. Cependant, nous remercions Karine pour chaque moment de notre vie, car elle a apporté une lumière unique ». n Propos rapportés par Nathalie Sosna-Ofir


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Pour la reconnaissance des « crimes contre l’humanité » commis par le Hamas JUSTICE Le parquet national antiterroriste a déjà ouvert une enquête sous la qualification terroriste et doit prochainement dire s’il retient la qualification de « crimes contre l’humanité » pour les crimes commis par le Hamas.

s’est déroulée par les voies terrestres, aériennes et maritimes. Systématique parce que le protocole mis en place par le Hamas était destiné à faire le plus de dégâts possibles au sein des populations civiles, avec des viols, des actes de torture et de barbarie et des actes qui portent atteinte à la vie, à l’intégrité physique et psychique », rappelle Me Sacha Ghozlan. Pour ces avocats, il s’agit de faire reconnaître par les juridictions nationales et internationales les atrocités telles qu’elles ont été commises. Et empêcher les révisionnistes de les faire passer pour des crimes de guerre, c’est-à-dire pour des exactions commises par des armées engagées dans des conflits internationaux. n Laëtitia Enriquez

A

près l’heure des tribunes, vient celle des actions. Dans le journal Le Monde du 17 octobre dernier, 47 personnalités, dont le philosophe Alain Finkielkraut et l’ancien Premier ministre, Manuel Valls, demandaient au gouvernement français de reconnaître comme un « massacre d’une ampleur inédite les actes du Hamas contre des civils juifs israéliens ». Quelques jours auparavant, c’était dans les colonnes du Point, le 11 octobre, que l’avocat Sacha Ghozlan, l’ancien président de Médecins du monde, Jacky Mamou, et le secrétaire général France Syrie Démocratie, Bernard Schalscha, démontraient pourquoi « les crimes du Hamas sont des crimes contre l’humanité ». « Qu’attend le procureur près la Cour pénale internationale pour saisir la CPI ? Si les États membres des Nations unies et notamment les chancelleries occidentales, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, ont choisi de se doter d’outils de droit international pour appréhender de tels faits, c’est le moment de les utiliser », dénonçaient-ils notamment. Avocat de la famille Perez (le père, Marc, a été tué par le Hamas en venant sauver sa fille pendant le Festival Nova - Ndr), Nathanël Majster a d’emblée entrepris des démarches auprès du parquet na-

Une attaque généralisée et systématique dirigée contre une population

tional antiterroriste pour que la qualification de crimes contre l’humanité soit reconnue. « LE PNAT a déjà ouvert une enquête sous la qualification terroriste. Ainsi, et de façon définitive, le Hamas est bien, pour l’autorité judiciaire, une organisation terroriste qui a commis des actes terroristes et non pas l’armée régulière d’un État pouvant faire des crimes de guerre comme cela a été répété à l’envi. Cette ouverture judiciaire va également permettre d’obtenir un canal d’information fiable des événements du 7 octobre, via la justice française », explique-t-il. « Il incombe désormais au procureur national antiterroriste, Jean-François Ricard, de dire si cette qualification de crimes contre l’humanité est opportune ou pas », ajoute-t-il. Autre initiative, celle des avocats Sacha Ghozlan, François Zimeray et Patrick Klugman constitués en collectif d’avocats pour, à la fois représenter devant la juridiction nationale française les victimes et les proches des victimes des crimes du Hamas le 7 octobre dernier et demander la libération inconditionnelle des otages retenus. Obtenir la qualification de crimes contre l’humanité fait aussi partie de leurs objectifs. « On parle de crimes contre l’humanité quand il y a une attaque généralisée ou systématique, dirigée contre une population. Si l’on prend à la lettre la charte du Hamas, qui prévoit l’extermination des juifs, les attaques commises le 7 octobre contre les populations israéliennes civiles sont une attaque généralisée et systématique. Généralisée parce que l’attaque


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N° 1709 - 26 octobre 2023

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Les dirigeants communautaires français, témoins de l’horreur À l’initiative du CRIF, une délégation d’une vingtaine de responsables des principales organisations juives nationales et régionales s’est rendue, du 22 au 24 octobre, en Israël pour, à la fois, constater l’effroyable qui a été perpétré, apporter du soutien aux familles des victimes et des otages, et raconter au reste du monde qui semble parfois dubitatif. Un périple éprouvant mais nécessaire, qui préfigure le passage dans le monde de l’après 7 octobre 2023.

PHOTOS CRIF

SOLIDARITÉ

À Kfar Aza, les récits de l’horreur

C’

est un voyage qui s’est organisé dans l’urgence, deux semaines à peine après les massacres, porté par l’évidence de devoir s’y rendre. Sous l’égide du CRIF, tous les principaux responsables communautaires français sont allés ensemble, sur les lieux où l’impensable pour Israël s’est produit. Élie Korchia, Joël Mergui, Samuel Lejoyeux, Gad Weil, Serge Dahan et bien d’autres encore. Un voyage unitaire, bien au-delà des sensibilités politiques ou religieuses de la communauté. Pour Yonathan Arfi, le président du CRIF, il s’agissait en effet « d’exprimer au nom du judaïsme français notre solidarité mais aussi de voir de nos propres yeux pour pouvoir demain combattre le révisionnisme nouveau qui va naître ». Arrivée le 22 octobre, en fin de journée, la délégation a été accueillie par l’ambassadeur de France en Israël, Frédéric Journès, avec lequel elle s’est entretenue. Le lendemain, elle s’est rendue à Kfar Aza, ce kibboutz meurtri, dans le centre militaire de Choura, transformé en morgue géante, puis au ministère israélien des Affaires étrangères où elle a pu s’entretenir avec des familles des otages francoisraéliens retenus par le Hamas. « Ce que l’on a vu est glaçant et terrifiant. On vit dorénavant avec ces choses et l’on n’est plus les mêmes en rentrant qu’en partant », résume Yonathan Arfi. Pour

Base de Shoura, transformée en morgue géante l’ensemble des participants, le choc est immense et la tristesse infinie. « Nous avons été témoins de la barbarie la plus inhumaine qui puisse être, de l’enfer. Ce fut insoutenable, sans trouver de mots pour exprimer ce que nous avons vu et entendu et dont nous ne sortons pas indemnes. Nous avons tous pleuré »,

Au ministère des Affaires étrangères, avec les familles d’otages franco-israéliens

raconte le président du B’nai B’rith Philippe Meyer. « Moi qui suis allé très souvent à Auschwitz, c’était une obligation d’y aller et de m’incliner devant les victimes, à la mémoire desquelles nous avons récité le kaddish et lu le psaume 122 », explique François Heilbronn, le vice-

président du Mémorial de la Shoah. « J’avais compris dès le premier jour que l’on avait affaire à un mélange de Daech, des Einsatzgruppen, de pogrom et de massacres de juifs au temps des croisades. Et ce drame arrive sur le refuge que doit être la terre d’Israël », explique encore le professeur de sciences politiques pour qui ce qui s’est passé sur ces lieux, « ce n’est pas frais, c’est brûlant. Au kibboutz Kfar Aza, ce lieu de vie préservé à la fois aux utopies socialistes et à la végétation superbe, les traces de sang sont partout. Les images bucoliques se superposent à toutes les horreurs qui y ont été commises. Un massacre barbare avec les pires techniques, les gestes les plus violents et les plus cruels, pour marquer les esprits et rabaisser l’humanité à son niveau le plus bas ». « Nous n’oublierons pas ces visages, ces témoignages, ces scènes de crimes encore figées. Ce voyage était fondateur et indispensable », considère également le président du FSJU et de la Fondation du Judaïsme Français, Ariel Goldmann. Pour lui, comme pour les autres participants, il s’agit désormais d’agir dans deux directions. « Être en permanence et pour toujours les témoins de cette horreur. Pour que cela ne se produise pas en Europe. Car sachant qu’Israël a toujours été à l’avant-poste du terrorisme, ce qui a été fait là est peut-être un test de ce qui pourrait être fait ici. Et être les ambassadeurs et les porte-paroles des familles des victimes auxquelles nous avons fait la promesse d’être à leurs côtés jusqu’au bout ». « Ces familles comptent sur nous et comptent sur la France, assure Yonathan Arfi. Nous contribuerons sans relâche à œuvrer pour leur libération la plus rapide possible ». n Laëtitia Enriquez

Devant des containers accueillant des dépouilles


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N° 1709 - 26 octobre 2023

Cet antisémitisme qui se déchaîne en France depuis le 7 octobre CLIMAT Avec plus de 588 signalements d’actes antisémites et 4 000 alertes enregistrées sur la plateforme Pharos, la barbarie commise par le Hamas en Israël a décomplexé le passage à l’acte des haineux en France. Pour la communauté juive, la peur et la stupéfaction se rajoutent à la douleur.

L

e standard de l’OJE est pris d’assaut à tel point que l’organisation juive européenne a dû mettre en place une ligne bleue* et un répondeur pour permettre de laisser un message à tous ceux qui cherchent à joindre ses avocats. « Il y a une recrudescence des actes antisémites de dingue », confirme sa présidente Me Muriel Ouaknine-Melki. Les chiffres officiels ne cessent, d’ailleurs, de grimper. À l’Assemblée nationale, lundi 23 octobre, la cheffe du gouvernement Élisabeth Borne a fait état de plus de 4 000 alertes enregistrées sur Pharos et de plus de 300 personnes arrêtées pour des actes ou des menaces antisémites, dont le nombre officiel a dépassé, à date, les 588. Soit bien plus que l’ensemble des actes comptabilisé sur toute l’année 2022. « Parmi ces actes, il y a de tout, constate encore la présidente de l’OJE. De la personne insultée en allant acheter son pain aux professeurs d’écoles publiques, inquiétés en raison de leur identité. Beaucoup de problèmes au sein de l’école ainsi que parmi les étudiants également. Des remarques acerbes, des provocations à caractère antisémite auxquelles on ne s’attend pas ou venant de personnes avec lesquelles les relations étaient plutôt cordiales. Et très souvent, ce sont des témoignages de femmes et de jeunes filles que nous recevons. La semaine dernière, c’était une jeune de 13 ans qui, après avoir publié sur TikTok un drapeau d’Israël en guise de soutien, a reçu plus de 1 000 menaces de mort ».

Les personnes âgées sont aussi ciblées par cette recrudescence d’actes antisémites. La semaine dernière, la presse relatait le départ de feu provoqué devant la porte de l’appartement d’un couple d’octogénaires juifs vivant dans le 20ème arrondissement de Paris. Le suspect, un voisin qui souffrirait, dit-on, de problèmes psychiatriques, aurait été momentanément placé en garde à vue. On serait tenté de penser que les atrocités commises par le Hamas sur des civils vulnérables,

Une jeune de 13 ans a reçu plus de 1 000 menaces de mort après avoir posté un drapeau d’Israël sur TikTok des femmes, des enfants et des personnes âgées, permettraient, ici, un passage à l’acte décomplexé vers ces profils. Pour le président du CRIF, Yonathan Arfi, ce qui déclenche l’antisémitisme, c’est bien « l’effet de mimétisme, d’entraînement, de répétition ». « Les gens voient en Israël des juifs massacrés, cela libère un tabou et chez certains l’idée de se dire après tout, si

certains l’ont fait, pourquoi pas moi. Alors, bien sûr, ils le font à leur échelle et ce sont des passages à l’acte plus modestes. Mais le soutien à la cause palestinienne est un prétexte utilisé par des antisémites », analyse-t-il. Plus terrifiant encore à constater, le fait que l’antisémitisme déclenche non pas de la compassion ou de l’empathie vis-à-vis des juifs, mais davantage d’antisémitisme encore. « L’effet d’entraînement s’est mis en place tout de suite après l’attaque terroriste du Hamas. On n’a pas attendu je ne sais quel bombardement israélien sur Gaza pour s’en prendre ici à des juifs. Cet effet de mimétisme, nous l’avions déjà perçu en 2012, lorsque les actes antisémites avaient significativement augmenté au lendemain de la tuerie de l’école Ozar Hatorah », poursuit le président du CRIF. Ainsi, dans cette période sombre et troublée que traverse la communauté juive entièrement solidaire d’Israël, elle doit aussi compter sans le soutien d’une bonne partie du reste de la société. Les nombreuses manifestations dites propalestiniennes, où l’on crie « Israël assassin » qui se déroulent à Paris comme dans d’autres villes de province renforcent son

sentiment de peur et d’isolement. Peur des débordements que pourraient engendrer ces manifestations. Isolement, car le soutien, implicite, au Hamas qui, outre ses massacres, détient plus de 200 otages, dont des enfants et des personnes âgées, est incompréhensible autrement que par la haine contre les juifs. « Ces manifestations se déroulent même lorsqu’elles sont interdites », observe Muriel Ouaknine-Melki. « Dans ces cas-là, les forces de police les interdisent mollement. Face à cela, notre tâche à l’OJE est d’aller à ces manifestations, de repérer des troubles à l’ordre public ou des actes délictueux (porter ou vendre des tee-shirts appelant au boycott d’Israël en est un par exemple), et de les faire constater par huissier. Cela permet d’engager des poursuites et de montrer aux préfets que les risques de troubles à l’ordre public justifiant l’interdiction de ces manifs sont bien avérés». Un travail fastidieux mais nécessaire car nul ne saurait, dans la communauté, consentir à laisser la haine antisémite continuer à se déverser. n Laëtitia Enriquez

Ligne bleue de l’OJE : 07.45.14.55.65 Numéro vert du SPCJ : 0800.18.26.26.


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« Les francophones d’Ashdod sont très nombreux à se mobiliser »

SOLIDARITÉ

Le point sur les actions du Comité d’aide aux francophones d’Ashdod (C.A.F.A.I.) dirigé par Gad Boukhobza. : Pourriez-vous nous présenter l’association C.A.F.A.I. ?

Gad Boukhobza : J’ai fait mon Alyah depuis Paris à ma retraite en 2009. J’étais très proche du maire d’Ashdod avant qu’il ne soit élu car nous fréquentions la même synagogue. Avec JeanClaude Bensoussan et d’autres amis, j’ai créé l’Espace francophone d’Ashdod. Nous avons mis en relief les besoins de la communauté française de la ville. Le maire m’a ensuite nommé délégué pour les francophones. Avec Yaël Choukroun et Sephora Bibas, nous avons créé le C.A.F.A.I. Nous organisons des activités hebdomadaires pour les

seniors, des cours d’hébreu et des excursions.

Quels sont les autres besoins des olim ?

G.B. : Beaucoup de personnes âgées nous téléphonent car elles se sentent seules. J’accueille des personnes isolées chez moi pour jouer à des jeux de société. Pendant chabbat, j’ai ouvert une synagogue dans le lobby de mon immeuble : nous étions vingt fidèles à proximité d’un abri. Les parents rencontrent des difficultés pour occuper leurs enfants pendant cette période. La mairie a ouvert les centres communautaires dotés d’abris et des jeux ont été distribués dans tous les immeubles de la ville. n Propos recueillis par Raphaël Hassine

Pour contacter Gad Boukhobza : 054-598.25.31.

Centre Lev de Tel Aviv : aider avec le cœur D Le

epuis le début de la guerre, le Centre Lev du rav Avraham Lemmel a mis en place un réseau pour venir en aide aux Israéliens du Sud et à Tsahal. Dès le 8 octobre, Ilan Dahan* et ses associés ont rejoint le mouvement et décidé de mettre à disposition l’hôtel Alma. « Malheureusement, nous avons une capacité d’accueil limitée à 70 personnes. Nous avons étoffé notre équipe de bénévoles pour trouver des appartements

libres et répondre aux demandes des familles à loger », raconte Ilan Dahan. Cette mobilisation a permis de loger 1 000 personnes fuyant les roquettes et les localités qui ont été le théâtre des massacres. Un parrain bénévole suit au quotidien les besoins des familles logées. La mobilisation du Centre Lev ne se limite pas à l’accueil ; les bénévoles se relaient pour soutenir moralement les familles et même leur préparer à manger dans les cuisines

de l’hôtel Alma. Parmi les volontaires, des médecins et des psychologues assistent les réfugiés dans la détresse. Les enfants ont même eu droit au spectacle d’un magicien. Les bénévoles lancent un appel aux propriétaires qui souhaiteraient loger des familles : « Les gens du Sud ont besoin d’écoute et qu’on s’occupe d’eux. Pour les Français qui

ont des appartements à mettre à disposition, c’est une façon d’être solidaires avec Israël », explique Léa Benacom, bénévole.n R.H.

*Ilan Dahan : +972-50-8613158 Une cagnotte a été ouverte par le Consistoire israélite du Bas-Rhin pour soutenir l’association Lev. Se rendre sur le site de Hello Asso.

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{ Vu de Jérusalem } par Ariel Kandel Directeur général de Qualita

Vaincre ensemble

«

Quelles sont vos initiatives depuis le début de la guerre ?

G.B. : Les habitants d’Ashdod appellent le moked 106 de la mairie pour exprimer leurs besoins et leurs angoisses. Nous avons d’extraordinaires bénévoles qui se relaient pour répondre 24 heures sur 24 en français, et qui communiquent ensuite les besoins des olim de France aux services de la mairie. Par ailleurs, la mairie nous envoie les instructions du commandement du Front intérieur en hébreu, nous les traduisons en français et les diffusons sur notre groupe WhatsApp. Nous partageons aussi toutes les bonnes initiatives menées dans la ville. La mairie nous a envoyé une liste de personnes âgées qui ont besoin d’une présence avec elles, de bénévoles pour aller faire leurs courses ou acheter leurs médicaments. Les olim francophones sont très nombreux à se mobiliser et c’est fantastique.

N° 1709 - 26 octobre 2023

A

vram a entendu que son frère était prisonnier. Il arma ses fidèles, les enfants de sa maison et il partit en guerre ». C’est un verset que nous lirons ce chabbat dans les synagogues du monde entier. Et pourtant ce n’est pas le frère d’Avraham, notre patriarche, qui était captif mais son neveu Loth. Alors pourquoi le texte le définit comme son frère ? Car Avraham le considérait comme son frère et n’a pas hésité pour le libérer à être le premier juif qui partit faire la guerre. Pas seul, mais avec les gens qu’il avait formés et qu’il considérait comme ses enfants. C’est également dans ce passage qu’Avraham est décrit comme un Hébreu, un ivri, comme celui qui se tient de « l’autre côté » lorsque le monde entier pense et agit autrement. Telle est notre réalité depuis toujours. Avoir le courage de se tenir de l’autre côté grâce à notre faculté à considérer les membres de notre peuple comme nos frères. C’est un défi immense qu’il nous faudra relever dans les prochains jours, les prochaines semaines, les prochains mois, les prochaines années. Il faudra s’armer de patience et croire en notre capacité à long terme à mener à bien notre mission. En espérant que les nations du monde comprennent qu’elles sont embarquées dans le même bateau et que ce combat est également le leur. Repousser l’échéance n’est pas toujours bon et le monde occidental le comprend peut-être mieux aujourd’hui. Les nazis sont revenus, ils n’ont jamais quitté cette planète. La gigantesque différence est que le peuple juif a maintenant un État et une armée qui a, certes, subit un coup terrible mais qui a repoussé l’ennemi et qui a maintenant comme ligne de mire sa destruction totale. Ces prochaines semaines sont un des plus grands défis de l’histoire moderne du peuple juif. Nous le relèverons ensemble, juifs d’Israël et de Diaspora, qui doivent poursuivre leurs efforts de soutien. Comme un seul homme avec un seul cœur. n


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N° 1709 - 26 octobre 2023

Raanana, hyperactive de la solidarité mobilisent pour envoyer des colis aux soldats. Une action citoyenne spontanée qui réchauffe les cœurs.

L

aurent Ayache, adjoint au maire de Raanana, organise une collecte géante pour les soldats de Tsahal et des familles du Sud relogées dans la ville. « Je suis devenu insomniaque », confie-t-il. « Mon fils fait son service militaire dans la brigade Golani, il est depuis trois mois à la bordure de Gaza. Toute sa base a été décimée dans le massacre du 7 octobre, il a perdu 26 camarades de sa promotion. Il est traumatisé. J’ai un autre fils, marié, qui est dans le Nord. J’ai trois enfants incorporés. Je suis content d’être là du matin au soir.

La chronique éco

DU DR DANIEL GUGENHEIM Conseiller économique et financier des olim pour Qualita, Qualitime et Mitsouy zekhouyot

L’économie israélienne n’est pas en danger

L

e second jour de la guerre, le ministère des Finances a émis deux milliards d’obligations sur le marché financier israélien, cela fut un grand succès : cinq fois plus de demandes que le montant proposé à un taux de 4.5%, soit 1% de moins que les obligations américaines en dollar. Depuis, il y a eu la même opération sur les marchés financiers internationaux avec de surcroît une meilleure réussite. Les sociétés de notation Moodys et Fitch ont signalé qu’elles plaçaient leur note en perspective né-

Nous nous tuons tous à la tâche, cela nous évite de nous inquiéter et nous nous remontons le moral. Quand un de nos enfants nous appelle en FaceTime, nous nous arrêtons tous pour l’encourager ! Nous sommes une grande famille ». Pendant notre interview, Laurent Ayache organise des livraisons, motive son équipe, félicite des donateurs et nous immerge dans cette organisation aussi méthodique que spontanée. Ils sont 300 volontaires à se relayer au centre.

gative, tout en précisant la bonne santé de l’économie israélienne au début du conflit, particulièrement son niveau très faible d’endettement : 60% du PIB et sa capacité par le passé à se redresser après de graves crises. Effectivement, cela place Israël parmi les meilleurs pays de l’OCDE, compte tenu d’une balance des paiements excédentaire et d’une forte croissance. Le ministère des Finances et la Banque d’Israël ont pris rapidement des mesures pour stabiliser l’économie. La guerre va provoquer une forte montée du déficit budgétaire par ses coûts directs et indirects, accompagné de fortes baisses des recettes fiscales, mais les USA ont promis une aide de dix milliards de dollars. De plus, la locomotive de l’économie israélienne est la haute technologie qui est moins affectée que les secteurs traditionnels. Il est clair que la durée du conflit, son expansion et sa conclusion détermineront la capacité de l’économie israélienne à se redresser. n

transmettre directement les besoins de leurs bases », précise Laurent Ayache. Le centre de collecte de dons est rempli de cartons pleins de tous les produits dont les soldats ont besoin. « Nous avons livré plus d’une centaine de bases de 300 soldats. Nous avons livré jusqu’à 49 bases en une journée », raconte-t-il. Les bénévoles récoltent des dons matériels privés mais achètent également en grosse quantité auprès de fournisseurs. « Les soldats nous envoient des vidéos pour nous remercier, leurs visages s’illuminent lorsqu’ils nous voient arriver dans les bases », conclut Laurent Ayache. n Raphaël Hassine

Pour soutenir la campagne, rendez-vous sur Allo Dons (Yahad Naale)

© Tsafrir Abayov

ENTRAIDE Les olim de France de Raanana se

Les bénévoles organisent des barbecues géants dans des bases et 1 500 repas ont été distribués aux soldats pour chabbat. « Nous ne sommes pas une association, nous avons zéro frais de fonctionnement, nous avons récolté 800 000 shekels mais nous en avons déjà dépensé 650 000. Nous avons besoin d’aide », explique Laurent Ayache. « Nous préparons des commandes bien précises, conformément aux besoins des soldats. Nous ne sommes pas en contact avec le ministère de la Défense. Nos enfants nous contactent pour nous

QUALITA SE MOBILISE POUR

LES FAMILLES DU SUD

En raison de la situation actuelle en Israël, Qualita a décidé de soutenir les familles nécessiteuses du sud particulièrement touchées par la guerre. Si vous aussi vous souhaitez nous aider à être là pour eux, participez à la collecte sur le lien suivant :

www.allodons.fr/israel-tsedaka-by-qualita


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Vivre à Nahariya pendant la guerre TENSIONS L’atmosphère dans le nord d’Israël est extrêmement tendue. Les habitants de la ville de Nahariya vivent au rythme des échanges de tirs entre Tsahal et les groupes terroristes présents au sud du Liban.

C

«

e n’est pas facile de vivre comme ça, d’être en sursaut permanent, les nerfs sans arrêt à vif, mais nous savons que ce qui nous est interdit, c’est la peur », raconte Arié Betito, coordinateur de l’Alyah des Français à la mairie de Nahariya. Depuis le 7 octobre, la ville se prépare à l’ouverture d’une guerre sur le front nord. « Dès le premier jour, j’ai vu un déploiement très impressionnant de forces, d’énergie, de logistique, pour préparer la ville à tout ce qui pourrait arriver. Tous les miklatim [abris]

municipaux ont été approvisionnés en matelas, en nourriture, en eau, etc. », ajoute Arié Betito. Les villes du nord d’Israël sont habituées à faire face à d’importants défis sécuritaires. Les habitants ont conscience qu’à tout moment le Hezbollah peut apporter son soutien actif au Hamas. Un important contingent de soldats de Tsahal est arrivé dans la ville de Nahariya peu après le début de la guerre. « Nahariya est quadrillée », rapporte Arié Betito. La communauté francophone de Nahariya s’est renforcée de 400 âmes ces dernières années et continue d’accueillir des olim de France, même en cette période difficile. « Nous avons inauguré le centre communautaire francophone de Nahariya il y a quelques semaines. J’ai créé la communauté

WhatsApp de la communauté francophone avec plus de 300 adultes inscrits. Cela nous a permis d’être organisés au moment où la guerre a commencé », explique Arié Betito : les informations primordiales et les consignes de sécurité sont partagées en français sur le groupe WhatsApp. Les olim de France ont contacté l’association Lema’an Achai pour aider les soldats de

J’ai vu un déploiement impressionnant de forces, d’énergie, de logistique pour préparer la ville à ce qui pourrait arriver

Maale Adumim, ville solidaire

L

iora Cohen (photo) est une étudiante de 24 ans, elle habite à Maale Adumim avec sa famille depuis neuf ans. Avant d’entamer ses études à l’université hébraïque de Jérusalem, elle s’est engagée au Magen David Adom pendant deux ans dans le cadre de son service civil : « J’étais secouriste-ambulancière », dit la jeune femme. Depuis le déclenchement de la guerre, Maale Adumim accueille des familles qui fuient la bordure de Gaza, et les habitants de la ville s’organisent via des groupes WhatsApp pour soutenir les familles réfugiées : « 32 familles sont actuellement logées dans un internat de la ville »,

raconte Liora Cohen, qui poursuit : « La solidarité est dans tout le pays, c’est impressionnant ! Il faut le vivre pour le comprendre ! » Depuis les premiers instants de la guerre, elle souhaite s’engager dans le Magen David Adom qui ne lui a pas encore trouvé de place tant les demandes pour se mobiliser dans ses rangs sont importantes. Mais en attendant avec impatience d’être appelée par le service d’urgence, elle ne reste pas inactive : « Je cherchais comment aider depuis chez moi. J’ai répondu à une annonce pour faire des colis pour chabbat pour les familles du Sud réfugiées dans ma ville. J’ai lancé des collectes

Tsahal et leur livrer du matériel, comme des batteries externes pour les téléphones portables et des vêtements chauds. « Pour chabbat, des familles de la communauté française ont cuisiné des plats chauds pour les soldats. Nous leur avons livré plus de 200 ‘halot », conclut Arié Betito. n Raphaël Hassine

La seule chose que nous pouvons faire pour nous re monter le moral, c’est aider les autres de jouets et de vêtements pour les enfants. Nous faisons des courses pour soutenir les familles. » Et Liora Cohen de conclure : « J’ai envie de me sentir utile pour mon pays. La seule chose que nous pouvons faire pour nous remonter le moral, c’est aider les autres. C’est la force de notre peuple ». n R.H.


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Yonathan Seror : « Nos ennemis ont

profité de la division du peuple juif » ENTRETIEN

Comment se mobilise le monde de la Torah pendant la guerre et comment penser les événements d’un point de vue torahique ? Rencontre avec le rav Yonathan Seror, dirigeant de la communauté Toledot Yitzhak de Tel Aviv et de l’association Echet Hayil. Quelles actions menez-vous depuis le déclenchement de la guerre ?

Yonathan Seror : Nous avons mis à disposition des habitants du Sud des maisons à Tel Aviv ; nous avons relogé une dizaine de familles. Nous avons également offert du matériel militaire pour des soldats basés à la frontière avec le Liban. Enfin, nous avons lancé une campagne pour offrir des tefillin et des tsitsit aux soldats.

Nous savons que vous remplissez une autre mission primordiale…

Y.S. : Oui. Nous travaillons à l’inhumation des victimes des attentats. Israël n’était pas du tout prêt à enterrer autant de victimes… Il y a un besoin de main-d’œuvre pour creuser les fosses

dans les cimetières et nous y envoyons des bénévoles. Une vingtaine de rabbins de communautés formés par le Séminaire rabbinique francophone Maalim BaKodech officient pendant les enterrements. Ils sont également présents pour soutenir les familles pendant la période de deuil.

Que répondez-vous à vos fidèles qui s’interrogent sur les massacres du 7 octobre ?

Y.S. : L’opération de Tsahal s’appelle « Épée de fer ». Ce nom nous rappelle la Michna 11 du chapitre 5 des Pirkei Avot, qui dit que la guerre éclate dans le monde à cause des injustices. Il y a eu trois injustices : contre la Terre d’Israël, contre le système judiciaire, et au niveau de la fraternité. Nous avons récemment lu la Paracha Berechit. Le premier Rachi de la Torah interroge : « Pourquoi la Torah commence-t-elle par la création du monde, et non pas par la première mitzva ? » Rachi dit que lorsque les nations nous accuseront d’avoir volé cette terre, nous répondrons que c’est Dieu, le maître du monde, et qu’Il a décidé de nous la donner.

Pourquoi la deuxième « injustice » concerne-t-elle le système judiciaire ?

Y.S. : Nous voulons être plus royalistes que le roi. Mais notre rôle n’est pas d’essayer de ressembler aux nations en montrant que nous sommes la meilleure des démocraties. Le système judiciaire tente d’étouffer le système judiciaire rabbinique, et cela constitue une injustice. Il y a eu des

manifestations devant la rabbanout de Tel Aviv. C’est peut-être de notre faute ; peut-être n’avons-nous pas donné une bonne image de la Torah. Nous devons réparer.

Cette guerre met-elle fin aux divisions de la société israélienne ?

Y.S. : Je l’espère ! Une haine sans précédent s’était installée au sein du peuple. La communauté sioniste religieuse a toujours joué le rôle d’intermédiaire entre les laïques et les orthodoxes, ses membres servant dans l’armée comme les laïques et étudiant comme les orthodoxes. Nous avons échoué dans ce rôle. Nos ennemis ont vu notre division et ont compris que c’était le moment d’attaquer. Il faut fédérer le peuple ! n Propos recueillis par Raphaël Hassine

Pour soutenir les actions du rav Yonathan Seror, rendez-vous sur Allo Dons (Echet Hail 83)

Pourriez-vous développer la première des trois « injustices » que vous avez mentionnées ? Y.S. : En 2005, nous avons déraciné les habitants du nord de la bande de Gaza, alors qu’ils étaient prêts à se sacrifier pour être la ceinture de sécurité de tout

La carte postale

D’ÉLIANA GURFINKIEL Journaliste

Ça va ? Ça va ? Cette question est devenue la hantise de tout un pays, de tout un peuple. Ça va pas. Non, ça ne va pas. Comment cela pourrait-il donc aller ? Ça va pas, Israël vient de vivre la plus douloureuse attaque de son histoire. Ça va pas, le cauchemar a commencé mais impossible de savoir quand nous allons nous réveiller. Ça va pas, les pertes nous font tourner la tête – et nous ne sommes pas au bout de nos

le pays. Il y a vingt ans, j’avais rencontré des membres du Likoud pour essayer de les convaincre de voter contre le démantèlement du Gouch Katif. Aujourd’hui, pour réparer cette injustice, il faut une présence israélienne dans le nord de la bande de Gaza. Des Israéliens sont prêts à retourner là-bas. Depuis notre départ, Gaza est devenue une fourmilière de terroristes et nous avons abandonné les pauvres Gazaouis qui ne veulent pas être sous la tutelle du Hamas.

peines. Ça va pas, nos frères et amis à l’étranger sont, eux aussi, menacés par la haine du Juif et d’Israël. Ça va pas, le soutien à Israël est inexistant ou presque aussitôt remplacé par un soutien au peuple qui a élu le Hamas. Dans ces moments de profonde détresse, il est difficile de ne pas tomber dans la déprime. Tout devient noir et l’espoir semble avoir disparu. Chacun cherche une fenêtre par la-

quelle apercevoir la lumière. Ma fenêtre à moi, c’est l’histoire de mes grands-parents. Comment, face à l’adversité de la Shoah, ils se sont relevés. Après avoir perdu parents, conjoints et enfants, ils ont trouvé la force de continuer et de recommencer à vivre. Si eux, qui ont connu l’horreur totale, ont réussi, nous le pouvons aussi. La vie est plus forte que tout. Alors non, ça va pas… mais oui, ça ira.

LIGNE D’URGENCE pour toutes vos demandes d’aide et questions PAR WHATSAPP ET PAR TÉLÉPHONE

054 89 09 314

Dimanche au jeudi : 9h00 à 17h00 Vendredi : 9h00 à 13h00


à la une

Chers lecteurs, les pages qui suivent sont celles de l’édition israélienne du journal.

N° 1709 - 26 octobre 2023

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Qualita, au plus près des olim SUR LE TERRAIN

Qualita a également ouvert une ligne téléphonique de soutien émotionnel

Fidèle à sa mission, Qualita redouble d’efforts pour écouter et aider les olim pendant la guerre.

L

«

e téléphone n’arrête pas de sonner », nous confie Sarah Simha Benkemoun, responsable Qualitime, dès les premières secondes de notre échange. Et pour cause : Ariel Kandel, directeur de Qualita, a demandé à ses équipes de téléphoner aux 15 000 olim de France connus de l’association – une mobilisation sans précédent. « Nous envoyons des listes de 40 noms à nos bénévoles et aux membres du Houg Benno Gross qui nous ont rejoints. Ils téléphonent aux gens pour leur demander comment ils vont et quels sont leurs besoins. Le cas échéant, nous les dirigeons vers la ligne ouverte », explique Sabine Grinfield, responsable des bénévoles Qualita. « Nous sommes aussi contactés par des personnes en difficulté financière et par d’autres qui

souhaitent être relogées », ajoute Sarah Simha Benkemoun. Les principales demandes concernent le rapatriement en France et le

La chronique de Nathaniel Dray Expert-comptable au cabinet Dray & Dray

Droit du travail israélien : mettre ses employés en congé sans solde

U

n employeur qui rencontre des difficultés financières peut envisager de mettre tout ou partie de ses salariés en congé sans solde (‘HALAT). Si l’employeur prend cette mesure, il n’aura quasiment plus de responsabilité financière envers eux, tandis que les salariés recevront une indemnisation de chômage. À noter : certains employés (comme par exemple les femmes enceintes) ne pourront être mis en ‘HALAT. Il est recommandé de prendre conseil auprès d’un professionnel. Pour qu’un salarié ait droit aux allocations de chômage pendant la période de ‘HALAT, toutes les conditions suivantes doivent être remplies : 1. La mise en congé sans solde est à l’initiative de l’employeur. 2. Le salarié est tenu d’accepter. 3. Le salarié doit remplir les conditions

d’éligibilité aux allocations de chômage (il doit généralement cumuler au moins douze mois de travail en tant que salarié au cours des dix-huit derniers mois). 4. La durée du congé sans solde sera d’au moins trente jours. 5. Le salarié aura droit aux indemnités de chômage, diminuées des jours de congé qu’il a accumulés auprès de l’employeur. Cela signifie que les indemnités de chômage seront réduites en fonction du nombre de jours de congé que le salarié aurait pu prendre s’il avait été en congé payé. Veuillez noter que ces informations sont fournies à titre indicatif. Il est recommandé de consulter un professionnel du droit pour obtenir des conseils spécifiques à votre situation. Tél. : 02-6319000 Mail : office@cpa-dray.com

droit du travail. Par ailleurs, de nombreux olim contactent Qualita car ils souhaitent faire du bénévolat. Tous les pôles de Qualita sont mobilisés pour répondre aux questions et aux problèmes des olim. « Nous sommes dix à nous relayer pour répondre aux appels et aux messages WhatsApp », précise Sabine Grinfield. Qualita a également ouvert une ligne téléphonique de soutien émotionnel. « Nous avons élargi les horaires d’ouverture de cette ligne car nous recevons de nombreux appels », raconte Sabine

Grinfield. Les thérapeutes sont contactés par des seniors mais aussi par des parents ayant par exemple besoin de conseils pour rassurer leurs enfants qui ont peur pendant les alertes. Qualita se mobilise, enfin, pour soutenir les olim en difficulté financière dans le cadre de son programme Tsedaka by Qualita. Michel Nakache, directeur du programme d’aide aux familles de Qualita, assisté par Chirelle et Alexandra, membres de Qualita, ont distribué des courses à des familles à Ashdod, Ashkelon et Netivot. n Raphaël Hassine

Ligne ouverte Qualita du dimanche au jeudi de 9h à 17h : 054-8909314 l Ligne d’écoute par les thérapeutes de Qualita du dimanche au jeudi de 9h à minuit et le vendredi de 9h à 14h : 077-6039363 l Pour devenir bénévole, contactez Sabine Grinfield : 054-827.68.00. l

Le groupe WhatsApp des bonnes nouvelles

A

lexia et Mickaël ont fait leur Alyah il y a sept ans. Ils vivent à Bat Yam avec leurs deux enfants âgés de cinq ans et un an. Ils ont créé un groupe WhatsApp pour partager de bonnes nouvelles pendant la guerre : « Nous avons un groupe WhatsApp avec nos amis de Massa. Nous étions tous très angoissés ! Alors j’ai commencé à envoyer des bonnes nouvelles sur le groupe, avant de décider de créer un groupe plus large », raconte Alexia. Plusieurs administrateurs se relaient pour envoyer

des messages sur le groupe et accepter de nouveaux membres. 1 000 personnes ont déjà rejoint le groupe WhatsApp en français et 400 personnes le groupe en anglais. Un deuxième groupe en français a été créé. « L’idée était d’avoir un groupe WhatsApp plutôt que de communiquer sur les réseaux sociaux où nous sommes inondés de contenus. Nous avons besoin de les lire, mais souvent ces informations sont très tristes », explique Alexia. Les administrateurs partagent par exemple des vidéos d’entraide

et de soldats qui se réjouissent. Ils publient également des vidéos et des photos drôles. « Nous avons accès aux médias israéliens, nous choisissons les bonnes nouvelles pour les partager avec ceux qui ne peuvent pas y accéder. Je reçois des messages en privé de personnes à qui ce groupe fait vraiment du bien. Les terroristes ne doivent pas tuer la résilience israélienne », conclut Alexia. Vous connaissez sûrement des personnes présentes sur le groupe « Israël Good News Only – Français », ils pourront vous y ajouter. n R.H.


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Replay Les émissions à voir et à revoir sur Studio Qualita

LUTTER CONTRE LA DÉSINFORMATION SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX Avigail Dorai est membre d’un groupe de bénévoles qui luttent contre la désinformation au sujet d’Israël sur les réseaux sociaux. « Cette initiative a été lancée par Yoseph Haddad, activiste arabe israélien qui se bat contre l’antisémitisme et l’antisionisme sur les réseaux sociaux », explique-t-elle. Avigail Dorai lance un appel à venir grossir les rangs des 35 bénévoles francophones mobilisés. Vous êtes intéressé.e ? Remplissez le formulaire publié sous la vidéo YouTube du Studio Qualita. Dans Édition spéciale du 22 octobre, présentée par Cathy Choukroun et Olivier Granilic

SÉCURISER LES CHAMBRES BLINDÉES PARTOUT EN ISRAËL Mikael Benitah a réorganisé son atelier afin de produire des planches pour fermer les « mamadim » [pièces blindées]. « Les portes blindées des mamadim se ferment mais il n’y pas de fermeture à clé, ce qui laisse la possibilité à des terroristes d’ouvrir la porte de l’extérieur. Ce n’est à utiliser qu’en cas d’infiltration ! », explique-t-il. Il a déjà construit plus de 2 000 planches en bois pour fermer les portes de façon mécanique. Vous pouvez contacter Mikael Benitah sur Facebook - Messenger. Dans Édition spéciale du 16 octobre, présentée par Cathy Choukroun et Olivier Granilic

QUALITA AIDE LES FAMILLES DÉFAVORISÉES DU SUD Qualita se mobilise sur le terrain pour aider des familles d’olim francophones défavorisées du sud d’Israël : des bons alimentaires et des courses ont été distribués. « Nous aidons plusieurs familles d’Ashkelon dans le cadre du programme de la Tsedaka depuis plusieurs années », explique Michel Nakache. Cette opération a été facilitée par le Cercle français d’Ashkelon, l’Espace francophone d’Ashdod et l’association ADIR. Dans Édition spéciale du 18 octobre, présentée par Cathy Choukroun et Olivier Granilic

ONE FAMILY : AIDER LES VICTIMES DU TERRORISME Oriella Bliah s’occupe de la section francophone de l’association One Family, créée il y a vingt-trois, pour venir en aide aux victimes du terrorisme. « Nous sommes là pour tous les enterrements et pour la chiva. Nous allons dans tous les hôpitaux, nous soutenons tous les blessés », explique Oriella Bliah. Dans Édition spéciale du 17 octobre, présentée par Cathy Choukroun et Olivier Granilic

CONNECTEZ-VOUS SUR LE SITE : WWW.STUDIOQUALITA.COM

ISRAËL EST EN GUERRE 100% LAHAYAL SE MOBILISE POUR APPORTER TOUT CE QUE LES SOLDATS

ET LES HABITANTS D’ISRAËL ONT BESOIN

Gilet pare-balles - Produits d’hygiène - Ambulances blindées - Colis alimentaire - Équipements de premiers secours - Paires de Téfilines - Livres de prières Chargeur de téléphone ...

Depuis 20 ans, 100% Lahayal est aux cotés des soldats avec le soutien des Grands rabbins de France et d’Israël et des commandants d’unités de Tsahal.

www.lahayal.org PARTICIPEZ EN ADRESSANT VOS DONS : Par téléphone au :

00972 54 452 00 48 -

06 09 44 31 25

Sur Paypal : www.paypal.me/100lahayal - Sur Allo dons : www.allodons.fr/lahayal ou par virement bancaires FRANCE : BNP Paribas Paris Villette - Intitulé : KRAVI - Code Banque : 30004 - Code Agence : 00827 Numéro de Compte : 00010079989 - Clé RIB : 42 - IBAN : FR 76 3000 4008 2700 0100 7998 942 ISRAËL : Mizrahi Bank Ltd - Netanya branch - Intitulé : Mea Ahouz LaHayal Code Banque : 20 - Code Agence : 669 - Compte numéro : 029 003 - Code Swift : MizbilitEn


partis pris

{ Résolutions } Christophe BARBIER

Fort et clair

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gir. Tel est désormais l’ardente obligation du pouvoir. Le temps des discours est derrière nous, seuls vont compter les actes, concrets et efficaces, qui permettront de lutter contre tous les islamismes. L’islamisme déclaré qui envoie ses guerriers dans les écoles, les salles de spectacle, les aéroports ou les rues de nos pays. L’islamisme pernicieux que des prêcheurs funestes répandent dans les « quartiers » et qui enfante ce « djihadisme d’atmosphère » décrit par Gilles Kepel. Cela commence par une volte-face juridique. Sans abjurer l’État de droit, il faut corriger les lois et les règles qui permettent aux ennemis de la République de combattre la République. Droit de l’immigration, droit des réfugiés, protections contre les expulsions arbitraires, liberté de croyance, d’opinion et d’expression : le trésor des privilèges démocratiques est devenu un arsenal pour les ennemis de la démocratie. Ils utilisent les générosités de notre philosophie politique pour la détruire de l’intérieur. Si le gouvernement ne renforce pas ces textes poreux, il sera en faute ; si les oppositions raisonnables refusent d’en voter les évolutions, elles seront irresponsables.

Pour éradiquer l’islamisme dans la société, il faut rallier les musulmans à cette lutte Pour éradiquer l’islamisme dans la société, il faut rallier les musulmans à cette lutte. Il faut les encadrer, les aider à expulser de leur communauté les prophètes de haine, à guérir l’islam de France du cancer islamiste. Il faut aussi les mettre devant leurs responsabilités : ils doivent défendre la République qui protège leurs droits. Atteindre cet objectif ne serait pas le moindre exploit dans l’histoire du pays des Lumières. La France doit ensuite réviser sa stratégie géopolitique. Elle a été chassée du Sahel malgré le sacrifice de ses soldats. Elle est impuissante au Liban, en dépit de ses objurgations. Elle n’a pas réussi à entraîner les 27 membres de l’UE dans une véritable défense européenne, malgré ses efforts budgétaires. C’est au sein de l’OTAN, dont le président Macron sut dénoncer l’état de « mort cérébrale » avant que l’ours russe ne la sorte de son coma, qu’elle doit peser. Il est habile d’entretenir des relations avec des pays ambigus, tels le Qatar ou l’Arabie saoudite, parce qu’ils peuvent nous être utiles - et pas seulement pour récupérer des otages. Il est sage de ne pas provoquer ni humilier les États qui nous menacent ou nous défient, tels la Russie, l’Iran, la Turquie ou l’Azerbaïdjan, parce que le sang-froid est la force des démocraties. Mais il faut toujours affirmer avec clarté dans quel camp nous sommes. Comme Charles de Gaulle lors de la crise des missiles soviétiques à Cuba, Emmanuel Macron doit parler fort et clair. n © PHOTO : RICARDO ESTEVES POUR LRM

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Lior Raz en mission à Sdérot

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ette fois, ce n’est pas du cinéma. Lior Raz, créateur de la série à succès Fauda dans laquelle il occupe le rôle vedette, a participé à une mission de sauvetage de civils à Sdérot, non loin de la frontière avec Gaza. L’acteur, lui-même vétéran d’une unité d’élite de l’armée israélienne, s’est porté volontaire pour participer à des évacuations de familles israéliennes et à la sécurisation de la zone. Il a posté une vidéo de son intervention à Sdérot au milieu des détonations de roquettes et missiles interceptés. « Je suis descendu dans le sud pour rejoindre des centaines de courageux frères d’armes volontaires qui ont travaillé sans relâche pour aider la population du sud d’Israël », a indiqué l’acteur.

Enrico baisse d’un bémol…

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ouhaitant calmer le jeu (et éviter une joute judiciaire), Enrico Macias est revenu sur ses propos très incisifs concernant La France insoumise (LFI), tenus sur le plateau de CNews où il était l’invité de Pascal Praud. Lors de l’émission, l’auteur-interprète du Mendiant de l’amour, avait appelé à « dégommer La France insoumise ». Face à l’animateur tentant de le recadrer, le chanteur avait souligné sa volonté de s’en prendre « physiquement » aux membres de LFI. Sa colère retombée, Enrico a mis les choses au point : « Je n’appelle évidemment à aucune violence physique. Ces propos ont été tenus maladroitement sous le coup de l’émotion et de la colère suite à l’attitude choquante de La France insoumise qui refuse de qualifier de terroristes les attaques barbares perpétrées en Israël », a-t-il indiqué sur Instagram.

Gaza, Julien Dray saisit l’Arcom

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epuis le début de la guerre entre le Hamas et Israël, Julien Dray ne décolère pas. L’ancien député et tête pensante du PS a multiplié les prises de position et les mises en garde contre l’extrême gauche, LFI au premier rang, et aussi contre toute une partie de la gauche dont il dénonce l’aveuglement anti-israélien. Au lendemain du bombardement de l’hôpital de Gaza, qui s’est avéré avoir été provoqué par le tir raté d’une roquette palestinienne, le bouillant Julien Dray a annoncé qu’il saisissait l’Arcom, l’autorité de tutelle de l’audiovisuel, afin d’examiner les dérapages déontologiques commis par de nombreux médias.


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N° 1709- 26 octobre 2023

par Martin Perez

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résentatrice sur la 13e chaîne israélienne, la journaliste Lucy Aharish s’est exprimée en anglais pour que ses propos soient entendus partout dans le monde. Cette Arabe israélienne, musulmane, n’a pas eu de mots assez durs pour condamner le Hamas

et affirmer publiquement sa fierté d’être une citoyenne de l’État juif. « Que nous soyons de gauche ou de droite, laïcs ou religieux, juifs, chrétiens, druzes, musulmans ou immigrants du monde entier, nous sommes unis dans ce combat ». Née à Dimona en 1981, Lucy Aharish

vit aujourd’hui à Tel Aviv. Jeune femme au fort tempérament, elle se revendique de gauche tout en se déclarant « fan » du club de football Beitar Jérusalem, considéré comme très marqué à droite. Elle est mariée à l’acteur juif Tsahi Halevi, l’un des acteurs de la série Fauda.

Anne Sinclair trébuche sur les « colons »

I

nvitée sur le plateau de C à vous, sur France 5, à manifester son « émotion » après les massacres de civils perpétrés par le Hamas dans le sud d’Israël, la journaliste Anne Sinclair s’est lancée dans une périlleuse

démonstration : « Il faut quand même savoir

qui sont ces gens qui ont été massacrés. Ce n’étaient pas des colons ! C’étaient des gens qui habitaient dans des kibboutz. Qui avaient retrouvé une idéologie internationale et sociale… ». Bourde due au direct ?

Lapsus idéologique? L’opprobre jeté fort maladroitement en cette occasion sur les « colons » juifs de Judée-Samarie n’a pas manqué de susciter de vives réactions indignées sur les réseaux sociaux.

Les

Gens

Le vibrant plaidoyer de Lucy Aharish

…Et Pascal Praud diffuse la Hatikva

P

our clore la polémique, le journaliste présentateur Pascal Praud a diffusé dès le lendemain de l’incident le message publié par Enrico Macias sur son compte Instagram. Non content d’éteindre l’incendie, l’animateur de L’Heure des Pros a taclé le dirigeant LFI Adrien Quatennens qui s’était ému des déclarations du chanteur : « Il devrait se taire jusqu’à la fin de sa vie. Il tabasse sa femme et il s’est permis de critiquer Enrico Macias ». Pour conclure, Pascal Praud a diffusé en pleine émission l’hymne national israélien Hatikva…chanté par Enrico Macias !


partis pris

N° 1709 - 26 octobre 2023

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Pages réalisées par Nathalie Sosna-Ofir

ÉCO, BUSINESS, TECH... Coopération aéronautique

contexte de tension diplomatique en raison du du Haut-Karabakh, Israël et l'Azerbaïdjan ont Dsignéansconflitununaccord historique de coopération spatiale lors

Bouclier

L

e Dôme de fer intercepte près de 95% des roquettes et obus de courte portée tirés depuis Gaza vers Israël sauvant ainsi de nombreuses vies. Le système repose sur un radar de détection et de pistage, un ordinateur de gestion et des lanceurs de missiles intercepteurs Tamir. Le radar détecte les tirs, calcule les trajectoires et envoie ces données à l'ordinateur central qui détermine si des zones habitées sont menacées. Coût d'un missile, 47 200 €.

27 LE CHIFFRE

tops/flops

Régulation de l’espace numérique

L

C’est, en milliards de shekels, le coût estimé de la guerre contre le Hamas pour Israël. Soit 6,3 milliards d'€, 1,5% du PIB. Une estimation qui pourrait être largement revue à la hausse si le conflit persistait ou s'étendait à l'échelle régionale. Le cours des actions israéliennes est en baisse, -6,4% pour l’indice Tel Aviv-35 et -7,3% pour TA-90.

e projet de loi de régulation de l'espace numérique en France, qui vise à sécuriser les risques liés aux usages quotidiens d’Internet pour les individus et les entreprises ainsi qu’à harmoniser les règles nationales aux règles européennes,

a été approuvé par les députés. Il prévoit le blocage des sites pornographiques pour les mineurs, des obligations de modération pour les grandes plateformes en ligne et des sanctions pour le cyberharcèlement et les arnaques en ligne.

 Nouveau à Strasbourg

Les sciences quantiques ont désormais leur centre européen. Il vient d'être inauguré à Strasbourg. Une quarantaine de chercheurs et trois laboratoires.

 Taux de chômage

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DR

du Congrès international d'astronautique à Bakou qui vise

à promouvoir la coopération en matière d'exploration spatiale à des fins pacifiques. Il inclut des projets conjoints de développement de technologies spatiales, de satellites, de systèmes d'exploration spatiale, ainsi que des collaborations académiques, d'observation de la Terre, de surveillance et de projets éducatifs.

Le taux du chômage en France sera de 7,9% d'ici fin 2024 d'après l'Observatoire français des conjonctures économiques, soit une hausse de 0,7%.

la chronique américaine

L

e président des ÉtatsUnis n’a pas hésité. Après avoir affirmé avec force le soutien américain à Israël, il a décidé de se rendre au cœur d’un pays ami qui venait de subir la pire des attaques. Plus de vingt heures de vol, une visite de quelques heures, pour dire aux Israéliens qu’ils peuvent compter sur l’aide morale, politique et militaire des États-Unis. Ce n’est pas la première fois que Joe Biden se rend dans une zone de guerre. Il y a quelques mois, c’est en Ukraine qu’il a fait un déplacement à hauts risques. Là aussi, pour démontrer, s’il en était besoin, qu’à Washington, les responsables

politiques et militaires soutiennent leurs alliés. Mais plus encore que l’Ukraine, Israël tient une place privilégiée dans l’opinion américaine. La barbarie de l’agression commise par le Hamas, le 7 octobre, renforce encore l’amitié, l’affection, la proximité morale et idéologique entre les ÉtatsUnis et l’État d’Israël. Il ne faut pourtant pas oublier que, du point de vue politique, Joe Biden a pris des risques - d’autant plus que dans treize mois, les Américains éliront ou rééliront leur président, choisiront leurs élus, bref exprimeront leur jugement sur les quatre années qui

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Joe Biden en Israël

viennent de s’écouler et leurs espoirs pour les quatre prochaines années. Biden sera, sans doute, candidat à sa succession. Son bilan politique fera l’objet d’âpres discussions. Son programme sera examiné, point par point, par les électeurs. Son âge continuera de susciter la polémique. Les États-Unis sont engagés dans une guerre froide,

politique, commerciale, idéologique contre la Chine. Ils manifestent leur méfiance, voire leur hostilité à l’égard de la Russie. Depuis peu, ils s’efforçaient de reprendre pied dans cet « Orient compliqué », qu’ils avaient négligé. L’Iran est un adversaire déterminé, qui tâche de fabriquer, le plus tôt possible, l’arme nucléaire. Dans le même temps, Téhéran poursuit activement son combat idéologique, religieux, politique contre Israël. Ses protégés en Syrie, au sein des mouvements palestiniens, ici et là dans la région, lui servent de relais. Dans les États arabes, fussent-ils sunnites (et non chiites comme les Iraniens), l’opinion s’enflamme « contre les Juifs » - l’Iran en profite.

Dans quelle mesure le Hamas dans la bande de Gaza, le Hezbollah au Liban, disposent-ils des moyens de déclencher une guerre qui enflammerait le MoyenOrient, qui ne laisserait pas indifférents les États africains et asiatiques ? Les États-Unis seraient-ils entraînés dans un conflit mondial, qui profiterait à la Chine ? De New York à Los Angeles, de Chicago à Miami, les compatriotes de Biden en rendraient-ils responsable le président des États-Unis ? La présence de deux porte-avions en Méditerranée rappelle que les États-Unis s’emploient à dissuader l’Iran de provoquer un conflit, qui bouleverserait le marché du pétrole, favoriserait l’extrémisme dans les États arabes, ferait oublier


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N° 1709 - 26 octobre 2023

Bons débuts du plan France 2030

e bilan du plan France 2030, lancé il y a deux ans afin de renforcer la souveraineté industrielle et technologique du pays est déjà positif. 21 milliards d'€ investis sur les 54 Lprévus, dans des entreprises, universités et organismes de recherche pour favoriser innovation,

Le mot de la semaine Radar équipementier français Valeo s'associe avec l'israélienne L’Mobileye pour intégrer des

radars haute définition dans ses systèmes de conduite autonome qui permettent une détection plus précise des piétons, des véhicules et des obstacles. Ils prévoient de rendre cette technologie disponible pour les constructeurs automobiles du monde. Une collaboration saluée comme une avancée majeure dans la sécurité et la performance automobiles.

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industrialisation, recherche, et accélérer les mutations des écosystèmes pour répondre aux enjeux tels que l'écologie, la démographie, l'économie et l'industrie. Ce plan a déjà permis la création de 40 000 emplois, celle de 4 gigafactories de batteries, l'économie de 8,5 millions de tonnes de CO2 et il prévoit de 40 à 80 milliards d'€ de PIB en plus par an d'ici 2030.

Baisse du shekel

le début de la guerre Israël/ Hamas, le shekel est tombé à son Dplusepuis bas niveau depuis plus de huit

ans face au dollar. 4,01 NIS pour 1 $, la barre de 4 NIS n'avait pas été franchie depuis avril 2015, et 4,30 NIS pour

La D bonne idée Les États généraux de l'information

1€. La Banque d'Israël a annoncé son intention de vendre jusqu'à 30 milliards de $ pour acheter des shekels afin de stabiliser les cours et apporter la liquidité nécessaire pour le bon fonctionnement du marché.

irigeants de presse, de radio, de télévision, doivent réfléchir, dans le cadre des États généraux de l’information, sur le financement, les relations avec les plateformes, l'indépendance des rédactions, la fiabilité de l'information et la concentration des

Nous n'avions pas besoin d'une autre crise avec une économie mondiale qui, déjà, ne sprinte pas mais boite Pierre-Olivier Gourinchas

Déclaration du chef économiste du FMI, se référant à la guerre Israël/Hamas. Son inquiétude : une hausse du pétrole.

médias, en vue d'aboutir à des évolutions réglementaires et législatives. Parmi les propositions : refonte des aides à la presse, création d'un centre national de la presse, renfort de la protection des journalistes et soutien financier de projets de développement en ligne.

par André Kaspi la guerre en Ukraine. De là, sans doute, la prudence de Washington à l’endroit de Jérusalem – amitié sincère, oui, complicité, non. Dans les dernières semaines, Joe Biden a montré qu’il n’avait qu’une confiance limitée dans Benyamin Netanyahou. Son voyage en Israël est aussi, il est surtout, une manière d’afficher que les États-Unis tiennent, autant que possible, à conserver la maîtrise des événements, qu’ils défendront Israël à condition qu’Israël ne s’engage pas dans une guerre

de revanche qui pourrait devenir une guerre mondiale, qu’ils tâchent d’acheminer une aide humanitaire aux Palestiniens de Gaza. Ce n’est pas le seul risque qu’affronte le président américain. Son parti, le Parti démocrate, compte une aile gauche qui manifeste bruyamment son soutien au Hamas. Elle réclame à cor et à cri que « la solution des deux États » ne soit pas simplement la stratégie officielle de Washington, qu’elle soit imposée à

Israël, que les Gazaouis ne soient pas les victimes jugées « innocentes » des bombardements israéliens. Tous les Américains ne partagent pas l’émotion, les sympathies, les amitiés de leur président. Sur les campus universitaires, notamment à Harvard, à Yale, à Stanford, à Columbia, les étudiants font bruyamment savoir que les habitants de Gaza, les Palestiniens de toutes les mouvances sont, à leurs yeux, les victimes de « l’impérialisme

La présence de deux porte-avions en Méditerranée rappelle que les États-Unis s’emploient à dissuader l’Iran de provoquer un conflit

israélien ». Black Lives Matter, infatigable défenseur de la population noire, prend ouvertement parti pour le Hamas. Tout comme la gauche du Parti démocrate. L’antisionisme ne dissimule plus un antisémitisme certain. Ce qui n’empêche pas une infime minorité de Juifs d’afficher leurs sympathies pour « les Palestiniens ». Les porteparoles de la communauté juive sont déboussolés. Il est vrai que 80% des électeurs juifs demeurent les soutiens fidèles du président et de son parti. Ils comptent sur la réélection de Biden. Ils sont persuadés, à tort ou à raison, qu’ils ne peuvent rien espérer des républicains de Donald Trump, obsédés par ce qu’ils estiment les élections

frauduleuses de novembre 2020. Il ne faut pas croire qu’en se rendant en Israël, en exprimant son soutien, fût-il assorti de réserves, au gouvernement d’union nationale de Netanyahou, le président Joe Biden parle au nom de tous ses compatriotes. Il a pris des risques politiques. Il est contraint de manifester une prudence certaine. n

Professeur honoraire à l’université Paris-Sorbonne, auteur, entre autres, de Les juifs américains (Seuil)


judaïsme LE commentaire par

Meïr Lachkar

Rabbin, Chalia'h du Rabbi Beth Habad Bercy 13e

Lekh Lekha

A

u début de notre Paracha, lorsqu’Hachem ordonne à Avraham de quitter sa terre, son foyer natal, la maison de son père, pour faire de lui un grand peuple, l’enrichir et agrandir sa renommée, une très grande question se pose : comment Hachem attribue-t-Il à un homme autant de bénédictions, sans que l’on sache auparavant quels mérites doit avoir cet individu pour obtenir tant de récompenses ? En effet, on ne découvre Avraham auparavant, que dans la toute fin de la Parachat Noa’h, qu’étant seulement le fils de Tera’h, sorti de Chaldée, c’est tout. Il est vrai qu’en lisant le Midrash, on découvre que cet homme, se nommant pour l’instant « Abram», eut un riche et héroïque passé depuis son enfance ! Menant des combats idéologiques difficiles, pour propager l’unicité d’Hachem parmi ses contemporains, et cela au péril de sa vie ! Et donc, pourquoi la Torah ne révèle-t-elle rien de tout ce passé d’Avraham ? Et ne parle-t-elle de lui que lorsqu’il a 75 ans ? La réponse est justement cet ordre ; Hachem lui dit : Lekh Lekha ! C’est-à-dire qu’avant cet ordre, tout ce que cet homme en quête constante de perfection pouvait réaliser, cela n’était qu’initiative humaine. En d’autres termes, des réalisations très grandes, mais limitées aux capacités humaines ! Alors, qu’à présent, avec une injonction divine, donc par essence illimitée, cette homme va être propulsé dans un mode de vie qui ne connaît plus de limites. Il devient partenaire, associé avec le créateur Hachem dans une mission ayant pour but de changer le monde, d’y révéler la présence de la Divinité infinie. C’est aussi le sens de cet ordre du Lekh Lekha : « quitte » ton « toimême », sors de ton existence de simple être humain, pour fusionner avec le créateur infini. On comprend donc maintenant l’absence de récits de la Torah écrite sur Avraham auparavant. En effet, parler d’Abraham avant qu’il n’atteigne ses 75 ans, avant l’injonction de Lekh Lekha, équivaut à parler d’un grand homme, mais non d’un individu amorçant sur Terre le début du peuple juif, peuple choisi par Hachem, dans son aspect corporel matériel et son âme spirituelle. Ceci se retrouve également dans la différence entre les 7 commandements donnés à Noah et les 613 mitzvot. Les 7 commandements des descendants de Noah ont pour but de raffiner les humains et leur permettre de vivre une bonne vie équilibrée. Les 613 mitzvot, elles, même s’il y en a certaines, qui ont pour but le raffinement de l’être humain, restent néanmoins dans leur très grande majorité l’accomplissement de la volonté irrationnelle divine, c’est-à-dire un Lekh Lekha permanent ! C’est donc clair maintenant, le « Avraham » du Lekh Lekha amorce bien le début de l’existence du peuple juif ! Celuici se conformant dans ce monde terrestre à un mode de vie au-delà des limites naturelles. n

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Lekh Lekha

Le résumé de la Paracha

L

a Paracha Lekh Lekha raconte l'histoire d'Abraham (à l'origine appelé Abram) et de son appel par Dieu. Hachem ordonne à Abram de quitter sa terre natale, sa famille et la maison de son père pour se rendre dans la terre de Canaan, une terre que Dieu promet de donner à la descendance d'Abram. Abram obéit à cet appel, et c'est ainsi que commence son voyage. Dieu promet à Abram de devenir une grande nation, d'être béni, et d'être une source de bénédiction pour les autres. En raison d'une famine, Abram et sa femme Saraï (plus tard renommée Sarah) se rendent en Égypte. Ils disent à Pharaon que Saraï est leur sœur, ce qui entraîne des complications, mais Dieu les pro-

tège. Dieu renouvelle son alliance avec Abram, changeant son nom en Abraham (le père d'une multitude de nations) et celui de Saraï en Sarah. Dieu institue la circoncision comme signe de cette alliance, exigeant que tous les mâles de la maisonnée d'Abraham soient circoncis. Dieu annonce que Sarah, qui est âgée, donnera naissance à un fils, Yitzhak, et réaffirme sa promesse concernant la descendance nombreuse d'Abraham. La Paracha Lekh Lekha est significative car elle marque le début de l'histoire de la famille d'Abraham, qui joue un rôle central dans le récit biblique. Elle établit également l'alliance entre Dieu et Abraham, un thème majeur de la Torah.n Aaron A. Cohen

La paracha illustrée Par le Rav Yaakov Abergel Dans le discours 'hassidique intitulé « Va pour toi… » « Lekh Lekha » (Chabbat Parachat Lekh Lekha, 5702) le Rabbi Rayats nous enseigne que « Lekh-Lekha » signifie de manière profonde : « Lekh lé-atsmé'ha ! » c'est à dire « Va jusqu'à la source et la racine de ton âme ». Le Rabbi Rayats nous enseigne que l'âme qui s'habille dans le corps est un reflet de l'Essence de l'âme qui est enracinée dans l'Essence divine et qui ne s'habille pas dans le corps. Cependant, le Rabbi Rayats rapporte le verset selon lequel 'Yaakov est la corde de Son héritage' (Dévarim, 32, 9), comme une corde dont l'extrémité supérieure est attachée en haut, et l'extrémité inferieure en bas. Et lorsque l'on agite la partie inférieure de la corde le mouvement se répercute jusqu'à l'extrémité supérieure de la corde. De la même façon lorsque l'on réveille les forces de l'âme qui s'habillent dans le corps, c'est-à-dire lorsque l'on investit les forces de l'intellect, des sentiments et de l'action dans l'étude de la Torah et l'accomplissement des mitzvot en étant animé par de la passion et que plus encore, nos prières sont dites avec un cœur enflammé par l'amour de Dieu, alors dans ce cas, par la profondeur du cœur et par le don de nousmêmes, nous parvenons à l'Essence de notre âme. C'est

Portrait du Rabbi Yossef-Itz'hak Schneerson, appelé 'le Rabbi précédent'. Il fut le Rabbi de Loubavitch, avant le Rabbi Mena'hem-Mendel Schneerson qui est son gendre.

cela le sens profond de « Va jusqu'à toi-même! ». De fait, de même qu'une corde relie deux choses, de même la corde de l'âme unit l'homme qui se trouve ici-bas avec le Saint Béni-Soit-Il. Pour toute commande de tableaux : yaakovabergel358@gmail.com

Ces petits gestes du quotidien Un mot !

e premier mot que la tradition juive demande de chacun. Dire « Merci » revient à reconnaître le bien prononcer au réveil, le matin, est un mot de re- que l’on nous a fait, les efforts qui ont été réalisés, Lconnaissance : « Modé ani/Je suis reconnaissant de- le fait que l’autre existe. Parfois, certains peuvent vant Toi, Roi vivant et existant car Tu m’as restitué mon âme ». Autrement dit, on dit « Merci ! ». C’est le premier mot de la journée. Cette expression de gratitude créée comme une posture de l’esprit qui consiste à repérer les bienfaits dont on a bénéficié pour ensuite pouvoir exprimer sa reconnaissance tant vis-à-vis de Hachem que vis-à-vis de tout un

avoir du mal à dire « merci », car c’est reconnaître alors une faiblesse personnelle et l’aide dont on a eu besoin. C’est comme une blessure narcissique que l’on s’inflige. Néanmoins, elle est une opération nécessaire pour rendre à chacun ce qui lui revient. Merci, chers lecteurs, d’avoir pris le temps de lire ces quelques lignes. n J. Milewski


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HOMMAGE

Chabbat Lekh Lekha Vendredi 27 et samedi 28 octobre

Paris

Début ven. 18h21 Fin sam. 19h26

Tel Aviv Jérusalem Lyon Marseille

de ven.

à sam.

17h36 17h14 18h17 18h19

18h33 18h31 19h20 19h20

Netanya Ashdod Strasbourg Nice

de ven.

à sam.

17h35 17h36 18h00 18h11

18h32 18h33 19h05 19h12

En librairie Soulever les Cieux

Le rabbin Claude Shlomo Brahami nous a quittés Soulever les Cieux De Rav Adin Even-Israël Steinsaltz (zal) Étincelles de sagesse, morceaux choisis Editions Biblieurope – Steinsaltz Center – 15 euros – 190 pages

Une étude quotidienne du Séfer Hamitsvot du Rambam (Maïmonide)

‫ב"ה‬

instaurée par le Rabbi de Loubavitch pour l’unité du peuple juif Jeudi 19 octobre – 4 ‘Hechvan Mitsva positive n° 57: Ce commandement a été ordonné à l'intention de celui qui a été empêché d'offrir la première offrande pascale, afin qu'il sacrifie la deuxième offrande pascale. Mitsva positive n° 56: Il s'agit du commandement de consommer l'agneau dans la nuit du 15 Nissan, dans des conditions précises: il doit être grillé, consommé dans une même maison, il doit être mangé accompagné de pain azyme et d'herbes amères. Mitsva positive n° 58: Il s'agit du commandement de manger la chair du deuxième sacrifice pascal la nuit du 15 Iyar accompagnée d'azymes et d'herbes amères. Vendredi 20 octobre – 5 ‘Hechvan Mitsva négative n° 125: C'est l'interdiction de consommer le sacrifice pascal à demi-cuit ou bouilli dans l'eau, mais seulement rôti au feu. Mitsva négative n° 123: Il nous est interdit de transporter aucun morceau du sacrifice pascal de l'endroit où l'on s'est rassemblé pour le consommer. Mitsva négative n° 128: C'est l'interdiction de convier un apostat juif à consommer le sacrifice pascal. Mitsva négative n° 126: C'est l'interdiction de convier un habitant étranger à consommer le sacrifice pascal. Mitsva négative n° 127: Il est interdit à un incirconcis de consommer l'agneau pascal. Mitsva négative n° 121: Il nous est interdit de rompre un os du sacrifice pascal.

Mitsva négative n° 122: C'est l'interdiction de rompre un os du deuxième sacrifice pascal. Samedi 21 octobre – 6 ‘Hechvan Mitsva négative n° 117: C'est l'interdiction de ne laisser aucune viande quelconque de l'agneau pascal jusqu'au matin, c'est-à-dire jusqu'au matin du 15 Nissan. Mitsva négative n° 119: Il nous est interdit de garder la viande du deuxième sacrifice pascal jusqu'au matin. Mitsva négative n° 118: Il nous est interdit de garder la viande de la Haguiga offerte le 14 Nissan jusqu'au troisième jour. Mitsva positive n° 53: Il s'agit du commandement de nous présenter devant l'Eternel durant les fêtes et d’offrir un holocauste. Mitsva positive n° 52: Il s'agit du commandement de monter vers le Temple trois fois par an, selon le verset : « Trois fois dans l'année, tu célébreras des fêtes en Mon honneur » et d’offrir un holocauste nommé ‘Haguiga. Dimanche 22 octobre – 7 ‘Hechvan Mitsva positive n° 54: Il s'agit du commandement de nous réjouir lors des fêtes et d’offrir des sacrifices rémunératoires (Chelamim). Mitsva négative n° 156: Il nous est interdit de monter en pèlerinage sans apporter avec nous un sacrifice destiné à être offert au Temple. Mitsva négative n° 229: Il nous est interdit d'abandonner les Lévites en retenant, en tout ou partie, la part qui leur est due et la joie qui doit leur être

procurée à l'occasion des fêtes de pèlerinage. Mitsva positive n° 16: Il s'agit du commandement de rassembler tout le peuple le deuxième jour de la fête de Souccot à la fin de chaque septième année. Mitsva positive n° 79: Il s'agit du commandement de sanctifier les premiersnés, c'est-à-dire de les séparer des autres bêtes et de les remettre au Cohen. Lundi 23 octobre – 8 ‘Hechvan Mitsva négative n° 144: Il est interdit à un Cohen de consommer la chair du premier-né d'un animal lorsqu'il est sans défaut en dehors de Jérusalem. Il est également interdit à une personne non Cohen d'en consommer quel que soit l'endroit où elle se trouve. Mitsva négative n° 108: C'est l'interdiction de racheter le premier-né du bétail pur. Mardi 24 octobre – 9 ‘Hechvan Mitsva positive n° 78: Il s'agit du commandement de prélever le dixième de toutes les bêtes pures nées dans l'année, d'offrir leur graisse et leur sang sur l'Autel et d'en manger le reste à Jérusalem. Mercredi 25 octobre – 10 ‘Hechvan Mitsva négative n° 109: C'est l'interdiction qui nous a été faite de vendre la dîme du bétail de quelque manière que ce soit. Mitsva positive n° 69: Il s'agit du commandement incombant à chaque particulier qui a commis involontairement une faute parmi celles considérées comme graves d'apporter un sacrifice expiatoire.

Vous pouvez consulter l’étude du Séfer Hamitsvot sur le site du Beth Loubavitch www.loubavitch.fr. Retrouvez l’étude quotidienne du Rambam sur le serveur vocal LE’HAIM : 01 76 34 77 77 Vous pouvez également commander le livre du "Sefer Hamitsvot" sur le www.editions-loubavitch.fr

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T

ous les fidèles des synagogues (séfarades) ont eu au moins un jour entre les mains un livre de la collection « L’Arme de la parole », destiné à la prière quotidienne, aux jours de fêtes, aux Tehelim ou à la lecture de la Torah avec les 5 tomes du ‘Houmach. Les traductions et commentaires détaillés de ces sidourim étaient l’œuvre du grand rabbin Claude Brahami (Z’’l). Ce dernier, fondateur en 1994 de la maison d’édition Sine Chine qui publia ces livres, nous a malheureusement quittés le mardi 17 octobre, à l’âge de 90 ans, avant d’être inhumé au cimetière de Guivat Shaul à Jérusalem. Celui qui fut aumônier général israélite des Armées entre 1986 et 1991, mais également rabbin du Raincy pendant 28 ans, était aimé et respecté par toute sa communauté. « Durant son sacerdoce au Raincy, il a tissé une relation chaleureuse avec chacun des fidèles, se démarquant par son humilité, sa droiture, sa tolérance, son humour et son érudition. Il était pour moi un guide et un exemple et m’a toujours conseillé et inspiré », raconte Moché Lewin, rabbin de la synagogue du Raincy et conseiller du grand rabbin de France, Haïm Korsia, qui était très proche du rabbin Brahami. Son humilité l’a effectivement conduit à se détourner des éloges comme lorsqu’il refusa d’être décoré de la Légion d’honneur ou d’être ordonné grand rabbin durant des années (il le sera finalement en 2011). Très érudit et travailleur, le grand rabbin Brahami laisse aujourd’hui une œuvre pérenne dans l’histoire de la communauté. « Sa contribution inestimable au judaïsme français témoigne de sa profonde connaissance et de sa volonté de partager la sagesse et la signification des prières permettant ainsi au plus grand nombre de comprendre les textes récités », ajoute le rabbin Lewin. Toute l’équipe d’Actualité Juive présente ses condoléances à sa femme, ses enfants et petitsenfants ainsi qu’à toute la communauté du Raincy. n Laurent Cohen-Coudar

L’œuvre de Rav Adin, comme on l’appelle respectueusement et affectueusement, est si vaste qu’on a du mal à en appréhender toute la richesse et la profondeur. C’est pourquoi ses disciples ont sélectionné des passages marquants, des paroles chocs, des formules parfois teintées d’humour mais toujours marquées du sceau du bon sens. La finesse des observations de Rav Adin sur le monde qui nous entoure, sur les polémiques souvent vaines qui nous agitent continue de nous impressionner et de nous faire réfléchir. Que ce soit la politique ou les questions existentielles qui

taraudent tout un chacun à un moment donné de sa vie, que ce soit l’importance de l’éducation ou une nécessaire liberté de pensée et d’action, Rav Adin (traduit par son disciple Michel Allouche) sait trouver les mots justes qui stimulent la réflexion comme un coach bienveillant qui comprend les défis auxquels chacun d’entre nous peut être confronté. Cette compilation des œuvres majeures de Rav Adin, présentée en format de poche, judicieusement illustrée, est à mettre entre toutes les mains, dans tous les sacs de voyage et à déguster à petites gorgées afin de soulever nos propres cieux et réaliser l’infini de nos compétences. n Feiga Lubecki


judaïsme

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Réflexion

Michel Allouche Jérusalem

On peut effectuer des actes de bienfaisance en aidant notre prochain, fût-ce seulement en lui souriant

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L

e rav Adin Éven-Israël s’est souvent exprimé pendant les heures difficiles traversées par la population d’Israël, notamment lors de l’enlèvement tragique en 2014 de trois jeunes Israéliens, dont deux étudiants de son propre lycée-yechiva. Son intervention d’alors, que nous avons traduite et que nous reproduisons ici, n’a pas pour but de prétendre que telles sont les exactes mêmes paroles qu’il aurait prononcées suite à l’horrible massacre perpétré en Israël par les terroristes du ‘Hamas le jour de Sim’hat Torah. Puissent cependant cette réflexion, ses conseils, si caractéristiques de la grandeur de vue de rav Adin, apporter au lecteur un certain réconfort et surtout la lumière de l’espoir millénaire de la Guéoula d’Israël et du monde entier tant attendue.

Du fond de ma détresse, j’ai invoqué Dieu Par le rav Adin Even-Israël Steinsaltz

E

n quoi nous est-il donné d’agir, malgré tout, en dehors bien entendu de l’utilisation de moyens naturels (comme par exemple frapper militairement notre ennemi) ? Souvenons-nous, tout en y contribuant, que « le monde repose sur trois piliers : [L’étude de] la Torah, le service [de Dieu] et les actes de bienveillance » (Pirké Avot I, 2). Chacun - homme, femme et enfant - selon ses possibilités et l’endroit où il se trouve, se doit d’étudier la Torah un peu plus. Renforçons-nous aussi dans cette forme de service de Dieu qui demeure entre nos mains, c’està-dire dans la prière. Récitons les Psaumes de David : que l’on comprenne tout ou non, nous servons Dieu. Cela est aussi vrai de ceux qui prient selon les kavanot, les intentions kabbalistiques du Ari-zal ou les autres qui, à l’instar de Rabbi Chimchon de Kinon, prient comme un tout jeune enfant. Et plût à Dieu que nous soyons pour le moins en mesure de prier comme un tout jeune enfant et nous adresser à Dieu ainsi ! La chose est possible.

Les actes de bienfaisance comptent, eux aussi, et de la même manière chacun peut faire un effort dans ce sens en donnant aux œuvres de tsedaka, selon ses moyens, que ce soient quelques pièces de monnaie ou de grandes sommes d’argent. Et même lorsqu’on ne dispose pas de grands moyens, l’on peut effectuer des actes de bienfaisance autrement en aidant notre prochain, fût-ce seulement en lui souriant.

Servir Dieu dans la joie Il me semble que la voie vers le salut et la délivrance passe par le service de Dieu dans la joie. Je suis bien sûr conscient que le temps n’est parfois pas à la joie et à l’exaltation. Mais nous pouvons essayer de faire un cadeau peu ordinaire au Saint-Béni-SoitIl. Certes, nous sommes plutôt experts en lamentations et en pleurs lorsqu’on s’adresse à Lui. Peut-être devrions-nous pour une fois nous adresser au Maître du monde en citant le verset (Ecclésiaste II, 1) : « Allons ! Je veux te faire faire l'expérience de

la joie ! ». L’un des commentaires se trouve être le suivant : « Après m’être tourné vers Toi avec pleurs et des larmes, permets-moi d’essayer au travers de la joie ! ». Il est écrit que (Jérémie XIV, 9) « le nom de Dieu est associé au nôtre » … Imaginez qu’une bande d’enfants, au milieu d’un parc de jeux, décident qu’il leur faut trouver un roi pour continuer à jouer. C’est alors qu’ils se dirigent vers une personne dans la rue pour lui demander d’accepter de régner sur eux. La plupart des adultes refuseront. Le SaintBéni-Soit-Il, quant à Lui, accepte « d’associer Son nom au nôtre » et d’être notre Roi. Nous sommes Ses enfants, bons ou méchants, mais, en dépit de tout, nous demeurons Ses enfants et en tant que tels nous Le voulons parmi nous. Aussi bien nous faut-il servir Dieu dans l’allégresse, justement lors des moments difficiles que nous traversons, redoubler d’actes dans la joie, y compris lorsqu’il s’agit des rapports avec notre prochain : là réside le meilleur moyen de progresser et de nous élever vers Dieu.


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L’exemple de Job

Il nous faut servir Dieu dans l'allégresse, justement lors des moments difficiles que nous traversons DR

Mais nous avons aussi le droit de récriminer. Nous savons, certes, que Dieu rend la justice, une justice qui fait appel à des comptes dont Lui seul détient le secret ; mais en attendant, en tant qu’êtres humains, nous avons le droit de nous plaindre. Un des livres de la Bible (Job) traite largement de ce sujet. Job lui-même se plaint à Dieu à cause des souffrances qu’il subit. En vérité, Job a parfaitement raison. Trois personnages viennent s’entretenir avec lui pour lui parler de… théologie ! Cela paraît totalement fou. Ne voilàt-il pas que Job vient de perdre toute sa famille et toute sa fortune, de plus il est frappé par la gale et on vient lui évoquer la justice divine ! Il importe de savoir à quel moment il convient de parler. D’ailleurs, après que les choses s’arrangent à la fin du livre, Dieu exprime Sa colère envers ces trois personnages et exige qu’ils présentent leur

pardon à Job (XLII, 7) : « Ma colère est enflammée contre toi et contre tes deux amis, parce que vous n'avez point parlé de moi avec rectitude comme mon serviteur Job ». Comme si Dieu disait à ces amis qui, a priori, se trouvaient dans Son camp ou dans

Venez célébrer vos évènements familiaux 2024-2025 à l’Abbaye

Son « parti », tandis que Job se lamentait sans cesse : « Avant tout, Job a enduré tout ce qu’il a enduré et tout ce qu’il a dit est vérité. Ensuite, il en avait parfaitement le droit. Il a souffert de tout ce que Je l’ai frappé et libre à lui de poser des questions sans fin ». Quelle est l’explication que Dieu fournit à Job ? En vérité, Dieu ne répond pas vraiment à toutes ses questions et récriminations. Il ne

lui dit pas, non plus, que les coups qu’il a reçus lui revenaient. Dieu choisit « seulement » de Se révéler à lui au milieu de la tempête. Cette révélation est telle que Job interrompt en quelque sorte le débat et s’exprime en ces termes : « Je ne Te connaissais que par ouï-dire ; mais maintenant je t'ai vu de mes propres yeux. C'est pourquoi je me rétracte et je me repens sur la poussière et sur la cendre ». En d’autres mots, Job réagit ainsi : « J’étais un jour un être religieux, j’ai cru en Toi de toutes mes forces et j’ai observé tous Tes commandements. Et voici que maintenant je T’ai vu. Dès lors, rien ne peut y changer. Tu es là et tout rentre donc dans l’ordre ». Comme nous l’avons souligné, chaque tefila, dans son essence, demande à Dieu de procéder à un miracle, petit ou grand. Et s’il en est ainsi, nous rappelons que le bras de Dieu n’est certainement pas trop court pour exaucer toutes nos prières, quelles qu’elles soient. N’hésitons donc pas à voir grand, à prier pour nous-mêmes, pour les autres et pour le monde entier. n

APPEL À CANDIDATURE POUR LES ÉLECTIONS 2024 DU FSJU

jusqu'à 450 personnes

Hôtel privatisable, Chabbat plein Chambres rénovées et climatisées Le Fonds Social Juif Unifié informe ses militants, donateurs et élus que l’appel à candidature pour les élections du FSJU aura lieu, du :

DU 16 OCTOBRE AU 19 NOVEMBRE 2023 Appel au vote du 14 mars 2024 au 14 avril 2024 PLUS D’INFORMATIONS SUR ELECTIONS.FSJU.ORG

CONDITIONS D’ÉLIGIBILITÉ

commercial@hotelabbayedugolf.com ou 01 60 02 25 26 Ferme des Hyverneaux - 77150 Lésigny (30 mn de Paris) www.hotelabbayedugolf.com @hotelabbayedugolf

Conformément au protocole électoral du FSJU, et après validation de la commission électorale, les membres actifs du FSJU à jour de leur cotisation ou don d’un montant de 150€ depuis deux années consécutives (2021 et 2022 ou 2022 et 2023) à la date de l’appel à candidature. La cotisation pourra être réduite à 1/3 soit 50€ pour les 5 premiers étudiants ou jeunes de moins de 26 ans à se porter candidat.


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Éric Ghozlan : « Une anxiété croissante dans la communauté » ENTRETIEN Réactivée Par Judith Wahnich-Darmon Directrice du Centre Edmond Fleg (Paris)

Comptes Je ne veux pas voir les bébés décapités, ni les jeunes filles enlevées, ne surtout pas cliquer… Pourtant, sur les réseaux sociaux, mon mur devient le cimetière de toutes ces images partagées, de toutes ces vies brisées, et j'enrage contre moi-même de scroller. Une photo apparaît. Je ne sais pas si je vais apprendre le récit d'un héros qui a survécu ou d'un martyr qui a succombé. Encore une photo. Nouveau visage. À force de la fixer, l'image s'efface. Encore une photo. Une mère et son fils. Une famille entière. Une jeune fille sur la plage. Une petite fille dans un champ, plus de mille fleurs des champs, fauchées. Qui par le feu ? Qui par l’épée ? Je repense aux 300 jeunes réunis à notre dernière Soucca Party, autant que les festivaliers massacrés. Non ! Pense plutôt que ces jeunes réunis sont une réparation de ce qui s'est passé là-bas, mais le cœur suit difficilement. Depuis le 7 octobre, je ne m'exprime pas. Suis-je légitime à écrire l’indicible ? Comme d'autres, la ligne de mes convictions bouge, nos frontières mentales se déplacent à mesure que d'invisibles murs se dressent avec nos voisins. Les premières larmes coulent enfin : un restaurant de Tel Aviv cachérise sa cuisine pour les soldats. Solidarité. Alors que l'on s'inquiétait de l'avenir du pays déchiré par la réforme judiciaire, l'ennemi est venu rappeler combien nous avons tant à partager plus qu'à nous diviser. Puis viendra l'heure des comptes. Le compte de nos morts. Le compte de leurs morts. Les comptes que devront rendre les dirigeants. Les comptes que l'Union européenne devra demander. Les comptes de nos amis, de nos ennemis, de followers perdus, de roquettes. En attendant de compter les enfants rentrés. n

de la communauté. Ces médecins bénévoles sont formés pour la prise en charge du psychotrauma et à la gestion de crise. Une personne qui appelle n’est pas prise en charge directement, elle doit répondre à quelques questions. Le service est ainsi plus efficace car le praticien qui rappelle très vite est alors un spécialiste précis du motif de la sollicitation.

après les attaques du 7 octobre, la cellule de crise de la communauté juive a ouvert une ligne d’écoute et de soutien psychologique : 01.86.96.20.00. Le point avec son coordinateur, et directeur de l'OSE, Éric Ghozlan. En quoi consiste la cellule de crise de la communauté juive ?

Éric Ghozlan : Cette cellule réunit les principales institutions juives : CRIF, Consistoire central, ACIP, FSJU, grand rabbinat, CASIP, SPCJ et OSE. Elle existe depuis une quinzaine d’années. Il s’agit d’une cellule de crise nationale, avec des déclinaisons dans les grandes villes de province, qui est activée chaque fois qu’elle est nécessaire lorsque la communauté doit affronter des attentats ou encore, pendant un an et demi, pendant la période de Covid. Compte tenu de ses compétences, l’OSE a la charge du département médical et psychologique au sein de cette cellule. Nous travaillons dans trois

Quelles sortes d’appels recevez-vous et pour quels motifs ?

DR

Regards

communauté

directions : l’accueil des rapatriés à l’aéroport, le soutien aux enfants, aux parents et aux professeurs des établissements scolaires, et la mise en place de cette ligne d’écoute et de soutien psychologique.

Comment la ligne d’appel fonctionnet-elle ? E.G. : Derrière cette ligne d’écoute, il y a 80 professionnels, psychologues et/ou psychiatres, aux diplômes et compétences vérifiés. Il n’y en avait que 40 au moment du Covid. Cette montée en puissance témoigne de l’anxiété croissante des membres

E.G. : Depuis le 11 octobre, nous avons reçu 160 appels. Ce sont essentiellement des femmes avec une moyenne d’âge de 40 ans. Les personnes qui appellent ne vont pas bien pour des raisons différentes : des parents en Israël que l’on ne parvient pas à joindre, des enfants mobilisés dans l’armée israélienne, ou encore l’antisémitisme. Dans tous les cas, il s’agit d’une forte angoisse qui conduit à nous appeler. En cas de besoin, elles sont ensuite reçues gratuitement en cabinet ou au centre de l’OSE. n Propos recueillis par Éric Keslassy

Les Alyot de novembre-décembre toutes confirmées DÉPARTS Malgré la situation sécuritaire, l’Agence juive en France rapporte qu’elle n’observe pas d’annulation des futurs immigrants ces prochains mois.

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aire des projections en matière d’Alyah est compliqué, mais il n’y a pas d’annulations massives. L’Alyah ne s’est jamais arrêtée et ne s’arrêtera jamais », affirme Arié Abitbol, le directeur de l’Agence juive en France. Des étudiants qui devaient démarrer leur cycle universitaire le 11 octobre dernier ont repoussé leur départ au 5 novembre et les Alyot de novembre-décembre sont confirmées. Les trente-deux personnes prévues dans le vol du 25 octobre recevront leur carte d’identité dès l’arrivée à l’aéroport. Ce vol est composé de jeunes adultes et de quelques retraités.

Plusieurs jeunes rejoignent une université ou une yeshiva, d’autres entrent sur le marché du travail. Ils sont en état d'alerte mais la plupart iront dans des villes relativement peu touchées,

Beaucoup de jeunes veulent participer à l'effort de guerre

Jérusalem ou Netanya. « Nous leur expliquons les règles de sécurité en cas d’attaque ». Beaucoup de jeunes veulent « aller donner un coup de main et participer à l'effort de guerre », mais Arié Abitbol leur précise « que le processus d’enrôlement dans l’armée prend du temps ». L’Agence juive se dit submergée de centaines d'appels de volontaires de tous âges souhaitant faire du bénévolat. Pour pallier le manque de médecins (pédiatres, chirurgiens, neurologues…), elle a mis en place un programme spécial pour les conduire rapidement en Israël. Plus d'une centaine de médecins ayant proposé leur aide ont rempli un tofess (formulaire). Israël a également besoin de psychologues pour faire face à la situation de crise aiguë. n Esther Amar


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Héberger et scolariser dans l’urgence les Français rapatriés d’Israël ORGANISATION Sidérés

par la soudaineté et la violence du conflit IsraëlHamas, des milliers de Français sont rentrés. Leur priorité est de trouver un logement et de rescolariser les enfants.

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epuis le début du conflit, « des milliers de Français ont été rapatriés d'Israël et des avions spéciaux font le pont avec la France », a indiqué la Première ministre Élisabeth Borne. Comme l’avait annoncé le Quai d’Orsay, le 11 octobre, plusieurs vols spéciaux ont été organisés pour permettre aux Français ou aux Franco-Israéliens les plus fragiles qui n’ont pu trouver de places sur les vols commerciaux, et aux familles souhaitant rapatrier les plus jeunes, de regagner le territoire national. Onze vols ont été mis en place entre le 12 et le 16 octobre transportant plus de 2 700 passagers. Trois autres vols spéciaux ont été affrétés le 17 octobre et un autre vol spécial le mercredi 18 octobre. Une fois rentrés, la priorité est de scolariser les enfants et de trouver un toit aux personnes qui n’ont plus de logement en France. Plusieurs groupes WhatsApp d’entraide se sont créés spontanément, comme celui de Maayane D.

Un rabbin Dans l’actu

Par Michaël Azoulay

Rabbin de Neuilly-sur-Seine

Onze vols spéciaux ont été mis en place entre le 12 et le 16 octobre Ce groupe a reçu un tel afflux de propositions d’aide que l’animatrice a décidé de l’adosser aux EEIF pour assurer la modération, la sécurité et la logistique. Mais aussi pour filtrer les offres farfelues de location payantes et autres prestations, car « les principes sont la gratuité et le bénévolat et non le commerce », précise-t-elle. « Le but est de proposer un abri temporaire mais il faudra ensuite les réorienter vers d’autres hébergements ». Du point de vue de la scolarisation des enfants, Élodie Marciano, présidente de « Choisir l’école juive », signale que son association a élargi les créneaux horaires de la hotline pour répondre aux nombreuses demandes de parents franco-israéliens et pour les mettre

Des établissements proposent d'accueillir des enfants dans des classes déjà surchargées

CONTACTS l Hotline Choisir l’école juive : 07.69.43.49.25.

en relation avec les écoles, grâce à la solidarité des directeurs d’école et à leurs nombreux groupes WhatsApp. « Même les établissements très prisés et complets proposent d’accueillir

Si c’est (encore) un homme ? Les atrocités commises par les ennemis d’Israël le 7 octobre dernier soulèvent une question essentielle. Les crimes nazis et plus largement les actes inhumains, quels que soient l’époque et le lieu, posent la question du critère moral d’appartenance à l’humanité. Cette appartenance à l’espèce humaine est-elle inconditionnelle ou peut-elle se perdre ? Un passage du livre de l’Exode, interprété par le rabbin Moche

des enfants dans des classes déjà surchargées ou d’en ouvrir de nouvelles », note Élodie Marciano. « Dans l’ouest parisien, une zone un peu plus tendue, on peut trouver une place pour chaque enfant quel que soit son lieu d’habitation ». Élodie Marciano constate que « les enfants sont dans un état de stress important et ont besoin d’être soutenus par leur famille mais aussi par des professionnels pour mettre des mots sur leur douleur ». La majorité des rapatriés veulent que leurs enfants retrouvent une routine car ils n’ont pas repris l’école après les fêtes de Tichri. « Choisir l’école juive » reçoit des propositions de professeurs et d’étudiants pour du soutien scolaire, la mise en place d’activités extrascolaires en hébreu ou en français, ou des cours de Torah. « D’ici la semaine prochaine, une quarantaine d’enfants auront pu intégrer une école dans de bonnes conditions », estime Élodie Marciano. 90 % des familles de retour en France résident dans leur famille ou ont pris un appartement à Paris ou en région parisienne et 10% sont parties dans le Sud. n Esther Amar

Alchekh (1508 – env. 1600), apporte une réponse à cette interrogation : « Or, en ce tempslà, Moïse grandit, il alla parmi ses frères… Il aperçut un homme égyptien frappant un homme hébreu, un de ses frères. Il se tourna çà et là, et vit qu’il n’y avait pas d’homme ; il frappa l’Égyptien… ». (Exode 2, 11-12). Son exégèse se fonde sur cette ellipse : « l’Égyptien » et non « l’homme égyptien ». Moïse « vit qu’il n’y avait pas d’homme » : de par sa

l Vols spéciaux Tel Aviv-Paris :

securite.tel-aviv-jaffa-fslt@diplomatie.gouv.fr l Centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères +33.1.53.59.11.00 et au +972 (0)3.52.085.51

méchanceté, cet Égyptien perdit son humanité, il fut déchu de son « hominité », pour reprendre le terme du philosophe juif Vladimir Jankélévitch. Rachi, en se fondant sur un Midrach, explique que les mots « çà et là » renvoient aux violences quotidiennes déjà exercées par cet Égyptien sur cet Hébreu et dont les coups portés présentement n’étaient que le prolongement. Tout est dit dans ce passage biblique : Moïse ne

dialogue pas avec le bourreau. Il le tue. On ne dialogue pas avec celui qui nie votre droit à exister. Le texte précise qu’en cet « homme hébreu », Moïse voit « un de ses frères ». C’est ce que nous ressentons tous aujourd’hui pour les suppliciés et les otages et que tout frère en humanité devrait ressentir. En définitive, en déshumanisant sa victime, le bourreau se déshumanise lui-même…


mémoire

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Page réalisée par Claude Bochurberg

RÉFLEXION Une indignation chasse l’autre. Les enfants

juifs décapités des kibboutzim ne sont plus en haut de l’actualité. Et pourtant, on a renoué là avec le paradigme de la barbarie, en s’en prenant à l’innocence même.

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ans Être juif, Benny Lévy déclare : « L’enfant innocent est la métaphore de tous les B’nei Israel, mais plus encore, au fond du fond, ce qui est attaqué dans les B’nei Israel et tout particulièrement dans la figure de l’enfant, c’est l’innocence ». La pensée de Benny Lévy, « mise en chemin » par Levinas, est toujours aussi fraîche et pertinente. C’est ce que sont venus souligner dans l’émission « Mémoire et Vigilance » Gilles Hanus, professeur de philosophie, auteur de livres de référence consacré à Benny Lévy et Ruben Honigmann, journaliste, directeur éditorial d’Akadem, à l’occasion du 20ème anniversaire de la mort Benny Lévy.

Cet événement donnera lieu à un colloque sur « Benny Lévy et sa pensée » les 27, 28 et 29 octobre à Lagrasse et les 18 et 19 novembre à Paris, avec Gilles Hanus et d’autres intervenants tels que Jean-Claude Milner. Précisons que Gilles Hanus est chargé de créer un site à l’instar de celui consacré à Manitou, intitulé « Toubennylevy ». Hormis ce rappel de l’œuvre de Benny Lévy et de sa trajectoire atypique, Gilles Hanus est revenu sur la guerre en Israël en affirmant que

« quelque chose de fondamental avait été touché. Pour le dire à l’aide d’une figure biblique, c’est Amalek qui s’est manifesté. Ce qui s’est passé, c’est la perte de l’illusion qu’Israël était le seul endroit au monde où un pogrom n’était pas possible… Quelque chose s’effondre… ». Ruben Honigmann, à la suite de ma question qualifiant ce pogrom de régression absolue de l’Histoire, fait remarquer « que l’on est face à une violence inouïe, mais en même temps, on est en plein dedans. Il me semble qu’on a déjà dit à plusieurs reprises que l’on était face à un tournant. Puis, on s’aperçoit que la vie a repris. Les événements atroces prouvent qu’ils n’ont pas de profondeur véritable sur les

On est face à une violence inouïe et en même temps on est en plein dedans

Portrait

Fernand Zerbib, président du Farband à l’hôpital Necker en pédiatrie. C’est en 1964 qu’il a rencontré sa future épouse, fraîchement arrivée d’Union soviétique, où ses parents, originaires de Pologne, s’étaient réfugiés lors de l’invasion Allemande en 1939. Puis, en 1958, ils regagnèrent la Pologne où la mère dirigea un centre communautaire jusqu’à leur départ pour la France en 1964. Comme me l’écrit Fernand : « À Paris, mes beaux-parents étaient des DR

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e Dr Fernand Zerbib est président du Farband-Union des Sociétés juives de France, après en avoir été longtemps le vice-président aux côtés d’Henry Battner. Né à Constantine dans une famille de huit enfants, ayant gagné la métropole en 1961, Fernand Zerbib, dont le père était menuisier-ébéniste a fait toute sa scolarité au lycée Voltaire, avant d’entreprendre des études de médecine au CHU de Saint-Antoine, puis

DR DR

Zakhor

Cette ravissante petite fille, tenant son ombrelle, que l’on voit sur cette photo, extraite du Mémorial des enfants juifs déportés de France de Serge Klarsfeld, s’appelait Sarah Fogiel. Elle était née le 27 octobre 1930 à Bruxelles. Sarah fut arrêté à Laffite-sur-Lot, puis déportée ensuite depuis Drancy à Auschwitz, le 5 septembre 1942, par le convoi 30, où elle fut assassinée.

membres influents dans leur société de Lublin et aussi au Farband. C’est comme cela que j’ai baigné dans ce milieu

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Le recours à la pensée face à la barbarie consciences. Le métier de journaliste nous impose de faire un pas de côté… Il faut savoir prendre du recul et réfléchir à l’Histoire en train de se faire ». Lors de cette rencontre, les deux hommes en appelèrent, selon les mots de Levinas, « au virement de la malédiction en exultation » et au recours à la pensée face au retour de la barbarie, en retenant que pour Benny Lévy, la pensée était indissociable d’un travail de lecture, amenant à reprendre à neuf les textes et à en renouveler la compréhension. Et, se tenir dans la proximité des textes est une manière de refuser la mort qui menace au fond tous les textes… n

de survivants de la Shoah. Le temps a passé. Je suis devenu le président de la Société de Lublin, puis j’ai pris des responsabilités au Farband sous l’autorité d’Henry Battner. Le Farband établit des liens entre les rescapés, leurs descendants et les organisations juives. Nous organisons des activités culturelles et nous participons aux cérémonies du souvenir pour la libération d’Auschwitz, le soulèvement du ghetto de Varsovie, Yom HaZikaron, aux commémorations dans les camps du Loiret, et au Vel' d’Hiv, ainsi que, depuis 1948, à la cérémonie de Yizkor à Bagneux ». n C.B.


APPEL INTERNATIONAL AUX COMMUNAUTÉS JUIVES DE LA DIASPORA Israël est engagé dans l’une des guerres les plus dures qu’il ait jamais connues : Le front intérieur est le front. Au-delà des images choquantes de massacres d’enfants juifs et de familles entières, il est important de comprendre les chiffres et quelles en sont leurs significations : • Plus de 1 400 personnes assassinées, civils et militaires, • Plus de 4 400 blessés, dont de nombreux militaires. Avec plus de 500 grièvement blessés et dans un état critique. • Environ 212 personnes enlevées à Gaza. • Plus de 6 900 roquettes et missiles lancés sur Israël. L’Organisation des handicapés invalides de Tsahal (Z.D.V.O.) apporte également actuellement son aide dans les hôpitaux, également pour aider les handicapés de Tsahal, en préparant également l’avenir : • Des milliers de colis alimentaires ont été envoyés aux handicapés de Tsahal, aux familles dans le besoin et aux blessés dans les hôpitaux. • Les équipes de l’Organisation des handicapés invalides de Tsahal composées d’employés et de bénévoles, visitent les blessés dans les hôpitaux, en les encourageant et vérifiant leurs besoins et ceux de leurs familles. • Des dizaines d’employés de ZDVO ont été enrôlés dans les réserves, eux ou leurs enfants, et nous les aidons de toutes les manières possibles, notamment en leur fournissant du matériel et de la nourriture. • Les Centres de BEIT-HALOCHEM , maisons de nos combattants ont été ouvertes, malgré les attaques de missiles, mais de manière limitée pour des raisons de sécurité. Les membres viennent se réhabiliter et recevoir de l’aide même en ces jours de combats. Au lendemain de la guerre, il existe des estimations concernant le nombre de blessés qui seront réhabilités dans les maisons des combattants, après leur sortie des hôpitaux, et nous, en tant qu’organisation représentative en Israël, qui soignons toutes les personnes handicapées de Tsahal, réalisons constamment des estimations à jour. À ce jour : On estime que plus de 1 500 blessés seront définis comme handicapés par l’armée israélienne et seront réhabilités dans notre cadre, dans les différents Centres. Nous nous préparons dès maintenant à les accueillir et avons commencé à élaborer un programme global qui comprend le recrutement de nouveaux employés dans les domaines de la physiothérapie, du traitement des victimes du PTSD (Post Trauma), de l’ergothérapie, de la réadaptation par le sport, etc. Ce nombre sera mis à jour en fonction de l’évolution de la guerre. • ZDVO se prépare à avancer l’ouverture du nouveau Beit Halochem à Ashdod. Il était prévu de l’ouvrir vers la fin de 2025, mais compte tenu du grand nombre de blessés, notamment dans la région du sud, nous prévoyons d’avancer jusqu’à fin 2024. Afin de répondre à tout ce qui a été détaillé ci-dessus et aux conséquences désastreuses de la guerre actuelle, nous avons besoin d’une augmentation financière significative, à la fois de la part du ministère de la Défense en Israël et d’une très large contribution du montant des dons provenant de tous nos amis du monde entier. La campagne que nous lançons maintenant et dans les mois à venir s’est fixée comme objectif de récolter 25 millions de dollars afin que nous puissions apporter une réponse adéquate aux défis importants auxquels nous sommes confrontés. Nous sommes convaincus que vous tous, en tant qu’UN SEUL PEUPLE, contribuerez à l’effort de guerre, chacun à sa manière. Nous vous remercions et vous exprimons toute notre gratitude. Adv. Edan Kleiman - Président de l’Organisation Dr. Moshe Shemma (Col., res.) - Directeur de la Fondation

Pour faire un don tel aviv

Hubert Habib Président du Beit-Halochem France

en ligne : visitez notre site : www.beit-haloche.fr Par chèque : Au moyen d’une « enveloppe non affranchie » à Beit-Halochem France Autorisation 56412 - 93169 noisy Le GrAnd cedeX - (Reçu CERFA en retour) jérusalem

haïfa

beersheva

ashdod (en cours d’achèvement)

Les Amis de Beit-HALocHem FrAnce - Loi du 1er juillet 1901 et le décret du 16 août 1901 (Journal officiel du 2 mars 1972)

B.P. 148 – 93161 Noisy-le-Grand Cedex - Téléphone : 06 14 20 80 72 - Email : habib.hubert@orange.fr


en régions 1 2

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Le rabbin Mendel Samama quitte l'association Oasis de la Rencontre

Strasbourg

Choqué et déçu par le silence des représentants locaux des différents cultes suite aux massacres du 7 octobre, la rabbin du quartier de la Meinau, Mendel Samama, a démissionné de l’association interreligieuse Oasis de la Rencontre.

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Lyon

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as un mot de condamnation. Pas un mot de compassion. Pas un appel téléphonique pour prendre des nouvelles. Pas un message WhatsApp pour déplorer la barbarie. Pas un appel à la fraternité. Pas un message pour dénoncer l’horreur absolue. Rien. Votre silence est assourdissant. Votre absence est choquante. Votre indifférence est blessante. » Largement diffusée, la lettre de démission, adressée le 13 octobre

par le rabbin Mendel Samama, cofondateur et pilier de l’association interreligieuse de la Meinau Oasis de la Rencontre, au président de l’association, Claude Heckel, a fait grand bruit, alors que l’association fêtait les 14 et 15 octobre le dixième anniversaire de son jardin dédié à « l'éducation à la paix et au

dialogue entre les hommes et les religions, à travers la découverte des différentes cultures religieuses. » « Cette association a manqué à son premier devoir et à sa mission principale, celle d’œuvrer pour le vivre-ensemble et au renforcement de la solidarité entre nous », regrette amèrement Mendel Samama. Originaire de Strasbourg, le rabbin d’obédience Habad dénonce un « silence coupable ». Ce silence est pour lui d’autant plus incompréhensible qu’il a, par ailleurs, reçu après le 7 octobre de très nombreux témoignages de sympathie de la part de gens de tous horizons et qu’une « avalanche de messages de solidarité » a fait suite à l’annonce de sa démission. Rabbin d’une communauté qui avait invité des musulmans pour une rupture du jeûne du ramadan, il estime notamment que les responsables de l’islam en France « se rendraient service à dénoncer sans équivoque

la barbarie du Hamas ». « Ce retrait de Mendel Samama, c’est un coup de poignard au cœur, a déclaré aux Dernières Nouvelles d’Alsace Claude Heckel, qui n’a

Le rabbin a dénoncé le « silence coupable » de l'association interreligieuse pas répondu aux sollicitations d’Actualité Juive (…) Cette semaine, on était en pleine préparation de la fête (des dix ans du jardin, ndlr) et c’est vrai que je n’ai pas réagi officiellement. Je n’en éprouvais pas vraiment le besoin. (…) Je comprends qu’il ait été blessé ». Le rabbin Samama précise qu’il compte bien continuer à « répondre présent pour les citoyens » de son quartier et qu’il ne « ferme pas la porte au dialogue et à la fraternité ». n Nathan Katz

Le CRIF en action

Dans un contexte difficile, le CRIF maintient ses actions auprès des plus jeunes notamment.

La visite a permis de comprendre la Résistance et la définition des Justes

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ans le cadre du programme « Faire ensemble pour vivre ensemble », le CRIF Auvergne-Rhône Alpes a emmené 144 élèves d’établissements de la région visiter le Chambon-surLignon et assister à une conférence sur les fake news. C’est dans cette commune que de nombreux Juifs furent cachés et sauvés par le pasteur Trocmé et la population du village auvergnat. Ce programme engagé depuis de nombreuses années par le CRIF permet à des jeunes scolarisés de se rencontrer et de mieux connaître l’histoire et son inscription spatiale en visitant Montluc, la Maison d’Izieu… Issus de milieux variés, les élèves,

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de la troisième à la terminale des collèges et lycée la SEPR, La Mache, Mère Theresa, Notre-Dame de Bellegarde et Lassagne, ainsi que des jeunes de l’AMAF ont ainsi pu visiter les lieux de mémoire du Chambon-sur-Lignon et écouter des témoignages sur cette histoire méconnue de l’un des rares villages élevés au rang de Juste parmi les Nations par l’État d’Israël. Ensuite, Fabrice Romanet du Mémorial de la Shoah a sensibilisé les jeunes

à la compréhension précise des événements passés et présents. La visite a permis aux élèves de comprendre la Résistance et la définition des Justes. Une minute de silence a été observée en hommage à Dominique Bernard, et à la fin de la journée, les élèves ont unanimement jugé la visite utile pour l'enseignement historique qu'elle leur a prodigué et les échanges inter-établissements. Les accompagnants ont été

chaleureusement remerciés, soulignant ainsi la contribution de cette journée à la compréhension des enjeux actuels et passés des jeunes. Quelques jours seulement après les attaques du Hamas contre Israël, cette journée a permis à de nombreux jeunes de mieux appréhender l’histoire et l’actualité. Dans un souci de sécurité, la gendarmerie a suivi le groupe, important par sa taille, tout au long de la journée. n Ilan Levy


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Marseille

Dans cet environnement sensible, les responsables de la synagogue Ohel Yaacov continuent depuis 67 ans, avec abnégation et détermination, à faire vivre l’enseignement du Judaïsme.

Ohel Yaacov : une synagogue au cœur des quartiers sensibles

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Côte d’Azur

Grâce au travail de la présidente, Régine Bessis, et de son équipe, les communautés d’Antibes et de Cannes mettent à la disposition du plus grand nombre leur patrimoine.

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ondée en 1956 par Nissim Chamla (zl) dans le but de venir en aide à la communauté juive égyptienne, la synagogue a été reprise en main par son fils David Chamla et le rabbin Haïm Bendao. L’extraordinaire réalisation du fondateur a permis dans un premier temps aux juifs égyptiens de l’occuper puis aux rapatriés du Maghreb de trouver dans ce quartier un lieu de culte. Plus de 400 personnes venaient prier dans ce lieu le jour de Kippour. Au fil des années, la communauté s’est réduite comme une peau de chagrin à cause de l’Alya ou du départ pour des quartiers meilleurs. Aujourd’hui, avec une soixantaine de fidèles le chabbat, la communauté semble avoir trouvé en la personne du rabbin Haïm Bendao, l’homme providentiel pour la destinée de la

synagogue. La proximité du lieu avec une forte communauté musulmane ne semble pas être un souci pour le rav Bendao qui entretient des relations permanentes avec plusieurs imams du quartier. Arrivé en 1997 de la région parisienne, le rav s’est acclimaté avec une aisance presque marseillaise et affirme n’avoir jamais été confronté à un incident antisémite depuis son arrivée à Marseille. Son credo, c’est l’ouverture à l’autre. Il a sillonné tout le quartier comme

Standard : 01.88.61.45.55 Actualité Juive est une publication de la société Almanacc Éditions RCS : 888 826 849 Siret : 888 826 849 00018 Présidente : Lucile Astel Directeur de la publication et de la rédaction : Alexis Lacroix Rédactrice en chef : Yaël Scemama Secrétaire de rédaction : Laurent Cohen-Coudar Rédaction : Esther Amar, Christophe Barbier, Carol Binder, Sarah Bismuth, Claude Bochurberg, Jean-Yves Camus, Michaël Darmon, Laëtitia Enriquez, Monic Feld, Gilbert Gabbay, Raphaël Hassine, Alain Kaminski, André Kaspi, Nathan Katz, Éric Keslassy, Anna Landau, Ilan Levy, Michèle Levy-Taïeb, Feiga Lubecki, Serge Moati, Jonathan Nahmany, Steve Nadjar, Martin Perez, Ranson, Hélène Schoumann, Robert Sender, Nathalie Sosna-Ofir, Pascale Zonszain Ont également contribué à ce numéro : Raphaël Elmaleh, Rabbin Gabriel Fahri, rabbin Yona Ghertman, Ariel Kandel, Meïr Lachkar, Pierre Mamou, Jacques Tarnero, Jérôme Touboul. redaction@actualitejuive.com

Journées européennes de la culture juive

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a journée débute par une visite du carré israélite du Grand Jas à Cannes où est enterré M. Ettling, premier époux d’Adela Weisweiller, qui se remarie avec André Capron, le maire de Cannes (19021929). La nièce du maire a caché et sauvé de nombreux enfants juifs. Le guide a pris soin de raconter l’histoire de ces grandes familles juives Rouff, Weisweiller, Ettling, Dreyfus, Rothschild qui ont beaucoup œuvré pour la ville et sa notoriété. C’est grâce à l’achat du terrain par Adela Weisweiller que ce carré a pu être créé. Des tombes remarquables y sont installées.

font les Loubavitch pour se faire connaître au plus grand nombre. Amoureux de l’Olympique de Marseille, il se retrouve au stade avec plusieurs de ses enfants. Si la Torah tient une place importante dans sa vie, le rabbin trouve que le social et le culturel contribuent à apporter des réponses aux malaises de la société contemporaine. Avec la guerre en Israël, il s’est de suite entretenu avec des imams du quartier mais aussi avec le responsable Rachid Zéroual du club des supporters de l’OM South Winners pour calmer les esprits dans cette période difficile. Le rav ne semble pas s’embarrasser des conventions et laisse simplement parler son cœur. Devenu un authentique Marseillais, il crée des liens et des passerelles pour approcher l’autre. La Méditerranée offre cette possibilité et le rabbin y a vite pris goût. n Gilbert Gabbay

actualitejuive.com

La journée devait se poursuivre par la visite de la synagogue de Cannes et son mikvé, mais elle n’aura finalement pu avoir lieu dans le contexte actuel de tension en Israël. Une prochaine visite de cette synagogue très fréquentée l’été, où se trouvent un mikvé luxueux et des vitraux peints par Richard Banon, sera organisée très prochainement.

La visite prévue à la villa La Monada, à la synagogue d’Antibes Juan-les-Pins, créée en 1963 et également pourvue d’un mikvé, a dû aussi être annulée pour des raisons de sécurité. Enfin, toujours dans un souci de transmission et de mieux faire connaître la culture juive, Odette Haccoun, la femme du rabbin, a organisé un cours de confection de ‘hallot qui a ravi le public présent. Dans une ambiance conviviale, le public a découvert ainsi des pans entiers de la culture juive locale. n Ilan Levy

Maquette, rédaction graphique : Olivier Frampas, Jimy Rullier Impression : POP – La Courneuve 93 (France) ISSN : 0291 1159 Dépôt légal : Octobre 2020 Commission paritaire : 0328 C 85691 Abonnements : abonnement@actualitejuive.com Publicité : Déborah Luzon 01 88 61 45 56 dluzon@actualitejuive.com Petites annonces & Carnets de familles : annonce@actualitejuive.com carnetdefamille@actualitejuive.com À vos plumes : courrierdeslecteurs @actualitejuive.com

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culture

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Qu’est-ce qui fait courir Samuel ? LITTÉRATURE Le

Samuel Dufay, Plaidoyer pour le rêve, Grasset, 96 p, 14 €

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l est des addictions dont il est salutaire de ne jamais se déprendre. De quoi le jeune Samuel Dufay souffre-t-il ? D’un penchant appuyé pour le rêve et d’un goût exacerbé pour la divagation. Grand bien lui fasse, d’autant que cette « tare » l’aide à repousser le morne quotidien et que, par effet de contagion, elle permet à ses lecteurs de s’en éloigner avec lui. Héroïque chevalier, il échappe aux pandémies, survole les catastrophes naturelles, oublie les guerres, bat froid au réchauffement climatique et se fiche comme d’une guigne de l’intelligence artificielle dont son monde, réel ou

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fantasmé, n’a pas les codes. Amoureux de la presse écrite, assoiffé d’encre, contemplateur du ciel et arpenteur des rues de Paris, Dufay se laisse aller aux « délices de la nostalgie » d’une époque révolue, celle où il n’avait que dix ans et affichait un air de ressemblance avec « un baron du gaullisme », où l’on téléphonait dans des cabines, où l’on achetait chaque jour les journaux dans l’un des nombreux kiosques et où les cafés étaient fréquentés par des lecteurs de Queneau et de Prévert. Paris était alors traversé par la décapotable à l’empreinte carbone excessive de Nestor Burma, personnage récurrent inventé par Léo Malet (connu pour ses tiraillements idéologiques et ses allusions xénophobes) qui, pour en capter au plus près l’atmosphère, sillonnait les futures scènes de crimes de son détective séducteur et volage,

journaliste du Point signe un premier livre attachant et nostalgique, ode à l’étrange alchimie des songes.

dragueur impénitent des boulangères, des call-girls et des hôtesses de l’air qui ne connaissaient pas encore #MeToo. Mais que cherche donc, hors des livres et des revues, le poète rêveur quasi trentenaire lorsqu’il déambule du côté de la rue de Rennes où son père venait le chercher après les cours du Talmud Torah du mardi soir, si ce n’est la figure paternelle, François Dufay, fauché par un chauffard il y a treize ans ? Sans doute est-il plus facile d’être le copain de Nestor que le fils de François, major de Normale, agrégé de lettres modernes, journaliste célébré et amateur de parties de foot. « On n’est pas impunément le fils d’une

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• Dinim : lois, rituels Grand rabbin de france et coutumes

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Emmanuel Macron à l'offensive

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N° 1618

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n Éditions papier & digitale : 390 sh.

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légende, surtout quand on partage avec elle tant de passions » écrit-il, lui qui, dans les pas du père, a choisi « mi par facilité, mi par piété » d’écrire au Point et à L’Express. S’il écrit, c’est pour mieux le cerner et s’approcher d’une vérité insaisissable dont il ne désespère pas de résoudre un jour « l’énigme ». D’où venait son intérêt pour le peuple juif ? Pourquoi tant d’articles sur la Seconde Guerre mondiale et la Shoah ? Qu’aurait-il fait en 1940 ? Cette question le fascinait-il uniquement parce que sa femme et ses enfants étaient juifs ? Sa silhouette, décrite par Christophe Barbier comme « avenante et humble, qu’aurait pu dessiner Sempé qu’il aimait », semble parcourir ces pages, mue par la grâce de ce livre dont la douceur tendre aux tons pastels témoigne à l’unisson d’un amour filial et d’un talent d’écrivain. n Carol Binder

M. Mme Nom . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

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N° 1709 - 26 octobre 2023

Bring Them Home Now, le Tikoun Olam d’Ari Folman INITIATIVE Le projet

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es films ont fait le tour du monde, et on se souvient tous de Valse avec Bachir présenté à Cannes en 2008, récompensé aux César et aux Golden Globes, ainsi que récemment Où est Anne Frank ! Ari Folman, nominé également aux Oscars, revient au-devant de la scène pour la pire des tragédies. L’innommable s’est fait image. Le grand cinéaste avec son empreinte particulière a décidé de filmer les témoignages des parents d’otages et de disparus. Une démarche qui s’inscrit dans le sillage de la fondation de Steven Spielberg avec en plus cette urgence qui lui colle à la peau : vite, vite filmer avant qu’il ne soit trop tard car ici il s’agit de personnes retenues prisonnières. Ari Folman vient d’une famille de survivants de la Shoah, une dimension palpable car il est bien ce

Ce qui ressort des vidéos, c'est un appel au secours pour qu'ils rentrent chez eux sains et saufs qu’on appelle en hébreu dor sheni (seconde génération). Il veut réparer les vivants : c’est son Tikoun Olam et sa mission : les ramener tous à la maison. Alors il filme, jour et nuit, partout dans le pays, de nombreuses personnalités du cinéma, des dizaines et bientôt des centaines cinéastes, monteurs, caméramans, traducteurs, professionnels de la haute technologie, chercheurs, studios et autres - collaborent à ce projet et offrent leurs services gratuitement. Nous devons faire

DR

s'intitule « Bring Them Home Now » (Ramenez-les à la maison maintenant) et c’est à l’initiative du cinéaste Ari Folman afin de libérer les otages du Hamas.

passer ces messages aussi vite que possible « pour aider les Israéliens retenus en otage par le Hamas » déclare le producteur et réalisateur Eliran Peled également à la tête de ce projet. Le principe est le même, face à la caméra dans un fond noir velouté, la personne s’exprime : mon nom est Ayal Nori, ma tante Adina de 72 ans a disparu, nous sommes Haim et Ifat Haim les parents d’Imbar qui s’est fait enlever à Gaza, Je suis Orian Adar, la petite-fille de Yaffa, 85 ans, kidnappée à Gaza. C’est sobre et bouleversant, souvent insoutenable car ces petites séquences rappellent brièvement la personne disparue lui donnant ainsi une vie nouvelle et pas seulement un nom. Il s'agit de faire mouche, de la manière la plus efficace et la plus émotionnelle possible. « Ce sont des êtres qui ont des sentiments, qui les aiment et qui s'inquiètent pour elles. Nous voulons montrer au monde qu'il s'agit de personnes comme vous, moi et eux, avec des familles, des enfants et des personnes qui s'occupent d'eux. Ils veulent simplement poursuivre leur vie. Il est impossible de saisir l'ampleur de cette tragédie » ajoute Eliran Peled. Le glamour et la cinématographie magique ajoute du poids aux images. Comme une immense vague, l’émotion s’est propagée en Israël et dans plusieurs pays. Ce qui ressort clairement des vidéos, c’est un appel au secours, une aide, afin qu'ils rentrent chez eux, sains et saufs, le plus rapidement possible. Ils le savent, le temps presse car tandis que les forces de défense israéliennes affrontent le Hamas à Gaza et font face à la menace du nord, les familles des otages depuis de longs jours attendent, pleurent et s'inquiètent. C'est tout simplement incompréhensible pour Eliran Peled

qui dit avoir perdu des amis depuis le début de la guerre. Je ne veux pas ajouter des morts à la trop longue liste de ce pays. De nouvelles vidéos sont constamment téléchargées sur un site web créé dans une demi-douzaine de langues, dont l'anglais et l'hébreu, certaines sont déjà en français, traduites par la célèbre cinéaste Keren Ben Rafael installée en France et qui a mis de côté ses nombreux projets pour se lancer dans cet élan magnifique. Les politiciens ont leur propre démarche, mais cette initiative populaire venant du fond du cœur, cet élan solidaire qu’on ne voit qu’en Israël peuvent-ils contribuer à renverser la vapeur et

à ramener les otages à la maison ? On en revient toujours à l’éternelle question : l’art peut-il sauver le monde ? n Hélène Schoumann https://www.bringthemhome-diy.com/

PROTECTION DES MARIÉS Le Ari ZAL (Zohar) et Rabbi Nahman nous enseignent qu’il y a 2 bénédictions à réciter CHAQUE soir avant de dormir afin de renforcer, de réinitialiser, régénérer le lévouch (bouclier de l’âme). Ces 2 prières sont à réciter audiblement avant d’aller dormir :

Baroukh ata A.donaï élohénou melekh aolam Malbi Charoumim Baroukh ata A.donaï élohénou melekh aolam Anotèn Layaèv Koar

PROTECTION des Soldats de TSAHAL : Tehilim 121

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portrait

N° 1709 - 26 octobre 2023

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Steve Suissa

Aux côtés d’Israël Par Jonathan Nahmany

U

n vendredi ensoleillé dans un lobby d’hôtel de l’Ouest parisien. Ponctuel et matinal, Steve Suissa arrive sur les lieux, sourire aux lèvres et casque de moto à la main. Nous sommes le 6 octobre, et l’artiste, nous-dit-il avec entrain, doit s’envoler pour Israël dans trois jours en vue du Festival du théâtre français qu’il organise, depuis cinq ans en Terre sainte. Veille du 7 octobre, cette funeste date qui restera marquée à jamais dans l’histoire du peuple juif. Et de l’Histoire tout court. Après plus d’une heure d’entretien, Steve Suissa nous lâche ce vendredi-là un chaleureux « Chabbat Chalom ». Dix jours après l’attaque surprise du Hamas en territoire israélien, nous l’avons recontacté par téléphone. Son émotion, sa peine, sa colère même, sont incommensurables. « Je n’arrive ni à dormir ni à travailler. Je suis touché au plus profond de moi-même. Israël, c’est mon sang, ma famille, mes frères et sœurs. Plus aucun juif dans le monde ne se sent en sécurité. Ce qui se passe aujourd’hui est très grave ». Très affecté, il tente comme il le peut, depuis Paris, d’aider son pays de cœur. Lundi 16 octobre, il a parrainé une soirée dans la synagogue de la Victoire au bénéfice du Maguen David Adom (MDA). 430 000 euros ont été récoltés. Pour lui, les amalgames sont de trop. « Il n’y en a justement pas à faire. Israël doit faire le sale travail d’éradiquer le terrorisme et de lutter contre des barbares. Il

Son livre de chevet

Martin Eden de Jack London

Je n’arrive ni à dormir ni à travailler, je suis touché au plus profond de moi-même n’y a pas le choix. Ce sera long et douloureux », martèle-t-il. Steve Suissa trouve triste que le milieu artistique n’ait pas immédiatement soutenu Israël après les attaques du 7 octobre. « Où sont tous ces artistes qui se proclament citoyens du monde ? », alerte celui qui a défilé place du Trocadéro à Paris, à l’initiative du CRIF. Il trouve également triste que cette manifestation n’ait réuni qu’une très grande majorité de personnes de la communauté juive. Steve Suissa est comme ça. Il dit tout sans ambages. Né en 1970, l’homme grandit dans le quartier du faubourg Montmartre, dans le neuvième arrondissement de Paris – l’adresse de ses bureaux actuels. Sa maman l’a accouché quand elle avait 16 ans. L’époque du film Au nom de la loi de Steve McQueen. D’où son prénom. Son histoire, d’ailleurs, ressemble presque à un film. « Mon grand-père a ouvert la première enseigne avec une étoile de David rue Richer : la Boucherie Berbèche (ses parents ont tenu le fast food « Chez Berbèche » dans la même rue, ndlr). Nous étions une

Son film culte

Son héros

ll était une fois en Amérique de Sergio Leone

Son grand-père, Victor Levy Berbèche

Bio bande d’adolescents, en face du Café des Folies, non loin des Folies Bergères. Je rêvais de devenir artiste. Il m’arrivait de temps en temps de rentrer par la porte de derrière dans les cinémas. Je tombais sur des films comme Il était une fois en Amérique. À l’école, je n’étais pas un foudre de guerre. Je m’attachais aux films, j’apprenais les dialogues par cœur ». Dans le même temps, celui qui n’a peur de rien décharge des camions de viande à Rungis et travaille en tant que serveur au restaurant cacher « Les Ailes ». Son grand-père souhaite qu’il reprenne l’entreprise familiale. Pas lui. Et les choses s’enchaînent. Il intègre la classe libre du cours Florent. Son premier film L’Envol (2000) reçoit de nombreux prix. Se définissant comme un « entrepreneur artistique », Steve Suissa aime se balader entre le théâtre, le documentaire, la mise en scène et les films. En 2018, il accepte de prendre en charge l’émission religieuse « À l’Origine » sur France 2, dénommée jusque-là « La Source de vie », le plus ancien programme du paysage audiovisuel français du grand rabbin Josy Eisenberg (Zl). Il parvient à conserver l’âme de ce rendez-vous dominical tout en lui conférant une touche de fraîcheur et de modernisme. « Je fais ces émissions avec beaucoup de passion et d’envie. Les audiences

express

ont grimpé et 1970 captent 500 000 Naissance à téléspectateurs, Paris pour la plupart non juifs ». En 1989 diffusant une Entre au cours vision ouverte Florent et tolérante du 2000 judaïsme, Steve Sortie de son Suissa s’est premier film du même coup L’Envol rapproché dans 2018 la pratique de À la tête sa foi. de l’émission « Quand viennent « À l’Origine » les fêtes, j’ai (France 2) comme quelque 2022 chose de 5ème édition lumineux qui du Festival du arrive en moi car théâtre français je vais retrouver en Israël les êtres qui me sont les plus chers tout en parvenant à me défaire du monde matériel ». Mettre en harmonie le culte et le culturel, voilà le leitmotiv de celui qui partage son temps entre Paris et l’État hébreu et qui dirige trois écoles de théâtre à Netanya, Ashdod et Tel Aviv. Quand il est sur place, il s’entraîne tous les matins dans un club de boxe pour « rester dans un rythme de marathonien ». Ses journées sont des plus chargées. « Je lis énormément. Je bois de la littérature et j’écoute beaucoup de musique », conclut ce proche de la première heure de Francis Huster. n

DR

L’artiste franco-israélien de 53 ans fourmille de projets, mais la défense de l’État hébreu, en guerre pour sa propre existence, est devenue sa priorité absolue.


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sports

N° 1709 - 26 octobre 2023

Page réalisée par Jonathan Nahmany

Le sport israélien à l’épreuve de la guerre VEILLÉE D'ARMES Depuis

(le 8 octobre) alors que les roquettes visaient le centre et le sud d'Israël. Les vols s'annulaient les uns après les autres. Avec un autre coéquipier, j’ai dormi à l’aéroport. Même si nous avons été perturbés par des alertes, nous avons estimé que l’endroit était le plus sécurisé. Je n’ai pu faire escale pour Budapest que le lendemain. J’ai ensuite attrapé un autre vol pour Paris avant de retrouver mes proches à Toulouse ». À quand la date de retour à l'entraînement ? Personne ne le sait. « Ce n’est pas la priorité, déclare le joueur à notre journal. J’ai confiance. J’espère que l’armée va reprendre la situation. Je savais en signant en Israël (été 2022) que des situations d’urgence pouvaient survenir. Mais pas de ce niveau. Après la stupeur et le choc, un immense élan de solidarité s’est mis en place ». En basket, beaucoup de joueurs étrangers se sont exilés à Chypre ou en Grèce. Le Maccabi Tel Aviv, engagé en Euroligue, doit s’adapter à cette nouvelle organisation (lire par ailleurs). En tennis, le tournoi ATP 250 de Tel Aviv (4-11 novembre), après une

le 7 octobre dernier et les massacres du Hamas en territoire israélien, le pays est à l'arrêt. Entre deuil, annulations, reports, relocalisation et résilience, le sport bleu et blanc tente de faire face.

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ai Assulin (43 ans), exfootballeur du Beitar Jérusalem et de l’Hapoel Tel Aviv, fait partie des quelque 260 victimes du festival de musique de Reïm, dans le désert du Néguev. Sa disparition, le 7 octobre dernier, a été vécue comme une onde de choc dans le milieu sportif israélien. Depuis cette funeste date, le pays est en guerre et le sport domestique en mode off. Dans son dernier communiqué, le comité exécutif de l’UEFA a annoncé qu’aucune nouvelle rencontre ne sera organisée sur le sol de l’État hébreu « jusqu’à nouvel ordre ». Une décision qui concerne à la fois les matches de l’équipe nationale et des deux clubs encore engagés cette saison en Coupe d’Europe : le Maccabi Haïfa (Ligue Europa) et le Maccabi Tel Aviv (Ligue Europa Conference). Pour leur match à domicile, ils devront donc s’exiler en dehors d'Israël, comme ce fut déjà le cas dans un passé pas si lointain. Dans ce lourd contexte, un grand nombre de joueurs étrangers ont, dès le début du conflit, rejoint leur pays respectif. Jordan Sebban, milieu de terrain franco-israélien du club d’Ashdod, a pu difficilement retrouver les siens à Toulouse après un périple interminable. « C’était compliqué de trouver un billet à Ben Gourion

DR

Gai Assulin

On se bat pour le pays, battez-vous pour nous sur le terrain édition remportée l’an passé par Novak Djokovic, a été déplacé, guerre oblige, par l’épreuve de Sofia (Bulgarie). Dans L'Équipe dernièrement, Moshe Barda, journaliste sportif pour le site web One, revenait sur le nouveau quotidien des Israéliens. « C’est une épreuve pour tout le monde. Tous les jours, les équipes israéliennes de foot et de basket postent sur les réseaux les noms et photos des fans ou joueurs de leurs équipes de jeunes qui ont succombé ». Les fans du Maccabi Tel Aviv en basket, qui ont été appelés par l’armée en tant que réservistes, ont adressé un message : « On se bat pour le pays, battez-vous pour nous sur le terrain ». Des joueurs de Ligue 1 israélienne de football ont troqué leur maillot pour l’uniforme de Tsahal. C’est le cas du capitaine de l’Hapoel Hadera, Menashe Zalka, qui sera, pour le coup, appelé en sélection lors du prochain rendez-vous international d'Israël. n

BASKET

Le Maccabi Tel Aviv refait surface

e club-nation a préparé le Ldéplacement en

mercredi 18 octobre par une défaite des Israéliens (75-66), Euroligue à Valence qui arboraient non pas leur tunique depuis Chypre, où jaune habituelle ont élu domicile mais un maillot ses joueurs étrangers depuis le noir en signe de déclenchement de la deuil envers le guerre. Ce voyage en peuple israélien. Le Espagne, placé sous Maccabi effectuait son retour dans la haute surveillance policière, s’est soldé compétition deux

semaines après un succès inaugural à domicile contre le Partizan Belgrade. « Dans certaines situations de la vie, le basket passe au second plan, a déclaré Oded Katash, le coach de Tel Aviv. On n’a pas trouvé d'énergie, et je parle pour moi-même pour commencer, mais aussi pour le staff et les joueurs… ». S’agissant de la suite du calendrier européen, l’Euroligue n’a pas

encore tranché pour le Maccabi. Hagay Segal, attaché de presse de la Fédération israélienne de basket, rappelait dernièrement dans les colonnes de L’Équipe que, pendant la guerre du Golfe (19901991), le Maccabi avait joué tous les matchs aller de la phase de groupes à l’extérieur, puis tous les matchs retour à domicile. Ce sera peut-être la solution choisie. À suivre. n

CARTON ROUGE

Quand le conflit enflamme les réseaux

L

e message de Karim Benzema a mis le feu aux poudres sur les réseaux. Dans un tweet publié le 15 octobre, l’actuel attaquant d’Al-Ittihad (Arabie saoudite) a affiché un soutien sans faille aux habitants de Gaza, « victimes une fois de plus de ces bombardements injustes qui n’épargnent ni femmes ni enfants ». Dans la foulée, l’ex-gardien international israélien Dudu Aouate, passé par Majorque et la Corogne, lui a sèchement répondu en plusieurs langues : « Tu es un gros fils de p… ». Dans la classe politique française,

les critiques ont également fusé à l’encontre de l’actuel Ballon d’or. Si Nadine Morano l’a qualifié « d’éléments de propagande du Hamas », le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin l’a accusé sur CNews d'être « en lien avec les Frères musulmans ». Et sur BFM TV, le locataire de la place Beauvau a réitéré ses propos. « Je constate qu’il n’a toujours pas fait un tweet pour l’assassinat de ce professeur à Arras. Il n'a pas non plus fait de tweet pour les bébés décapités, les femmes violées, les 300 massacrés par les terroristes islamistes en Israël. Le frérisme est très

insidieux. Cela consiste à utiliser tous les moyens de la société pour pouvoir faire un islam rigoriste ». Toujours en France, l’international algérien Youcef Atal, qui demandait à Dieu « d’envoyer un jour noir sur les juifs », a été suspendu jusqu’à nouvel ordre par l’OGC Nice. Le joueur est visé par une enquête préliminaire « pour apologie du terrorisme et provocation publique à la haine ou à la violence en raison d’une religion déterminée ». OGC Nice vient d'annoncer la suspension jusqu'à nouvel ordre de son latéral Youcef Atal. n


débats&opinions

N° 1709 - 26 octobre 2023

Gabriel Farhi Rabbin de Judaïsme En Mouvement

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essentez-vous, plus encore depuis le 7 octobre, ce sentiment de solitude ? Au petit matin de ce chabbat, nous nous levions incrédules, pétris d’effroi puis de douleur. Durant toute cette journée, de multiples voix extérieures à la communauté juive à travers le monde vinrent se joindre aux nôtres puis... plus rien. Un silence dans un premier temps qui allait rapidement laisser la place aux condamnations face à une riposte jugée disproportionnée. Les pays membres des « accords d’Abraham » se firent tout petits dans les jours suivants alors qu’Israël pouvait compter sur le soutien de quelques grandes nations dont la France mais devait, une fois encore, se trouver dans un état d’isolement face au concert des nations. Mais tout cela, nous y sommes habitués. Non, ce qui est nouveau, c’est le silence de nos « élites », vous savez celles et ceux parmi

les personnalités auxquelles nous aimons, si ce n’est à nous identifier, tout au moins apprécier de regarder dans la même direction. Je ne citerai aucun nom, cela n’a pas d’importance. Mais puisque la colère est un sentiment que nous ne pouvons garder enfoui depuis quelques semaines, elle s’exprime aussi visà-vis de ces « people ». J’espère que certains d’entre eux que je connais me liront. Pour ces personnes connues, dont je suis le rabbin, j’ai

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Le silence coupable des personnalités pas ? Pour une simple raison, c’est que la solitude que j’exprimais plus haut, se trouve un temps brisée par ces voix qui portent plus fort que les nôtres. En parlant, ces personnalités prennent un risque, c’est entendu et précisément c’est

Le plan de carrière de certains semble s'inscrire dans la même direction qu'un missile lancé de Gaza à Tel Aviv eu à les remercier lorsqu’elles se sont manifestées et leur dire mes quatre vérités lorsqu’elles sont demeurées silencieuses. Rien n’y a fait. Leur plan de carrière semble s’inscrire dans la même trajectoire qu’un missile lancé de Gaza vers Tel Aviv ! Ces personnalités du monde des médias, du spectacle, des arts, de la politique ne semblent pas mesurer leur responsabilité historique, oui historique ! En quoi donc, me direz-vous, cela a tant d’importance qu’on les entende ou

ce risque qui leur donne du poids. Ne pensez pas que tout cela soit anodin. De l’affaire Dreyfus, l’on se souvient aujourd’hui du J’accuse de Zola et de la façon dont l’implication de ce dernier aura été déterminante dans la suite des événements. À tort ou à raison, on donne du temps et du crédit à une personnalité lorsqu’elle s’exprime. Face à l’hyper-communication des réseaux sociaux, face à l’émotion des images plus insupportables les unes que les autres, il y a des paroles qui ont du poids.

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Il est intéressant de noter qu’en hébreu, les mots « honneur » et « lourd » ont la même racine hébraïque « kaf », « beth », « dalet ». Il n’est pas tout d’être honoré, il faut également accepter que ses propos pèsent et comptent. Alors ne pas se servir de cette voix et demeurer dans un mutisme coupable est une faute. Cette semaine sur France Inter, Francis Szpiner est même allé jusqu’à qualifier de « lâches » ces « grands bavards qui brusquement deviennent muets ». On aura entendu Joann Sfar interpeller ces mêmes personnalités juives ne comprenant pas leur silence. Non, tout cela est loin d’être anecdotique, ce silence tue une deuxième fois et fait peser une responsabilité coupable sur ceux qui détournent leur regard du drame qui se trame en Israël et pour notre peuple. Ne parlez pas, hurlez ! Prenez vos responsabilités face à un Mélenchon qui attise toutes les haines anti-juives. De quoi avez-vous peur ou de qui plutôt ? Avez-vous l’impression que cette guerre terminée, les choses reprendront comme avant ? Avezvous seulement conscience que l’existence même de l’État d’Israël et de son peuple n’a jamais été autant menacée que depuis sa création en 1948 ? En courbant l’échine, vous faites le jeu des antisémites. n

Tout juif se sent concerné et préoccupé Yona Ghertman Rabbin spécialisé dans les conversions

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n aimerait parler d’autre chose, mais on n’y arrive pas. Certes, en ce qui concerne l’étude de la Torah, nous étudions divers sujets, dans des domaines variés. Il s’agit de notre oxygène, un remède d’ailleurs salvateur lorsque tant d’in-

formations anxiogènes inondent nos réseaux. Cependant, en ce qui concerne l’actualité, même le juif le plus éloigné de la communauté ne peut s’empêcher de tendre l’oreille lorsqu’il entend parler de la guerre. Les opinions des uns et des autres sont différentes, qu’elles soient bienveillantes ou hostiles aux décisions politiques du gouvernement israélien. Mais la différence n’autorise pas l’indifférence. Tout juif se sent concerné et préoccupé. Lors de la guerre terrible que Nabuchodonosor mena contre la Judée, se soldant par la destruction du premier Temple

de Jérusalem, le prophète Jérémie appelait à déposer les armes, et il fut considéré comme un traître à cause

enchaînés amenés en captivité (Rachi sur Jer. 40, 1). Lorsque l’émotion sera passée, des analyses critiques se

Même le juif le plus éloigné ne peut s'empêcher de tendre l'oreille lorsqu'il entend parler de la guerre de son discours. Pourtant, une fois l’exil du peuple juif promulgué, il refusa le bon traitement recommandé par Nabuchodonosor, et choisit de partager le sort de ses frères

feront entendre. En attendant, une seule actualité occupe nos pensées. C’est qu’au sein du peuple d’Israël, chacun est le garant de son frère, consciemment ou non. n


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« Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek » Marc Eisenberg Président de l’AIU et de Qualita

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our les croyants, une question revient en boucle : comment Dieu, protecteur d’Israël, a-tIl pu laisser se produire les horreurs du 7 octobre, qui plus est jour de Sim'hat Torah. Je ne sais pas s’il existe des réponses satisfaisantes à cette interrogation qui avait encore mille fois plus de force et d'acuité pendant et après la Shoah. Juste une remarque : dans les guerres de la Bible, il y a toujours eu de nombreux morts hébreux. Mais l’intervention divine permettait la victoire finale du peuple juif, tel a été le cas lors de la sanglante et barbare attaque d'Amalek contre les Hébreux dans le désert, après leur sortie d'Égypte. Nous commençons à être harcelés, au nom des droits de l’homme, au nom du dilemme suivant : Israël peut se défendre contre les terroristes du Hamas à la condition…. de ne pas faire de victimes civiles. Comme les lâches

du Hamas utilisent la population de Gaza comme boucliers humains, c’est impossible. Regardons la leçon de la Bible : « Souviens-toi de ce que t’a fait Amalek » . Amalek avait lâchement attaqué les Hébreux à revers, massacrant des femmes et des enfants et mutilant les hommes. Il fut vaincu. Mais, en outre, la Bible demande à Dieu d’ « effacer le souvenir d’Amalek sous les cieux » (Exode 17 14). Cela signifie de tuer tous les membres de la tribu d’Amalek sans exception : en l’occurrence, les stratèges et

réjouir du malheur de nos ennemis, comme le rappelle la coutume le soir de Pâque, consistant à enlever des gouttes de notre verre de vin, c’est-à-dire de notre joie, lorsque nous récitons les Dix plaies qui nous ont à la fois libérés du joug de l’Égypte, mais qui ont aussi causé du malheur à nos ennemis égyptiens. Le Talmud nous explique qu'un tribunal appliquant la peine de mort tous les 70 ans était un tribunal sanguinaire : en d'autres termes, très en avance sur son temps, par le refus de la peine de mort.

éradiquer le mal absolu, éradiquer ces terroristes assoiffés et exaltés par la haine du juif. Il n'est pas question de raser tout Gaza, loin s’en faut, ni non plus, bien évidemment, de prétendre que nous devons nous mettre en guerre contre tous les musulmans ; au contraire, nous devons toujours garder, chevillé au corps, un espoir de chalom, de paix. On ne fait la paix qu'avec ses ennemis. Les accords d’Oslo en leur temps, les « accords d’Abraham », plus récemment, avaient ravivé cette petite flamme qu'il ne faut pas

Il existe une exception aux règles humanistes du Talmud : lorsqu'on est confronté au mal absolu représenté par Amalek. Le Hamas s'inscrit clairement dans cette filiation les ingénieurs de la terreur du Hamas... Qu’on ne vienne pas nous dire que cela dévoile le caractère sauvage et sanglant de la Bible. C’est entièrement faux ! La Bible se prononce contre les châtiments collectifs (Deutéronome 24 16), pour la prise en compte de la techouva (du repentir), pour l’amour de l’étranger... En outre, elle nous apprend à ne pas nous

Mais il existe une exception à ces règles humanistes exemplaires : lorsqu’on est confronté au mal absolu représenté par Amalek. Le Hamas, par ses crimes contre l’humanité, s’inscrit clairement dans cette filiation. Depuis la barbarie nazie et les pogroms de 1905, en Ukraine, le peuple juif n'avait pas connu d’épreuves pareilles ! Et l’ordonnance biblique prend tout son sens : il faut

laisser s’éteindre. Bien sûr, Israël respectera, comme toujours, le droit de la guerre et épargnera, autant que faire se peut, les populations civiles, conformément à la tradition juive. Mais il y aura malheureusement des victimes collatérales. Cela ne doit donc pas nous empêcher d’éradiquer le Hamas. Ou, pour paraphraser Caton, « Hamasso delenda est » … n

La bar-mitzva de Jonas Raphaël Elmaleh Journaliste, écrivain et consultant

C’

était le samedi à la synagogue des Tournelles à Paris. Une semaine après ce qu’il est désormais convenu d’appeler le pogrom perpétré par le Hamas en Israël. Nous étions réunis pour célébrer la bar-mitzva de Jonas. La péricope, c’était Berechit. L’an 5784 s’ouvrait avec la reprise de notre lecture de la Torah. Au commencement …

Singulier récit, alors que tous les assistants avaient à l’esprit ce qui se passait à quelques milliers de kilomètres. La guerre ? Pas encore, mais le choc terrible d’un événement que personne n’aurait cru possible. Ni même imaginable. La famille venue d’Israël nous dit avoir quitté Tel Aviv en état d’alerte quasi permanente. Dans ces propos, on sentait à la fois l’horreur, la surprise et quelque chose comme de l’humiliation. Comment les meilleurs services secrets du monde, la meilleure armée avaient-ils pu se laisser surprendre ainsi et réagir avec une lenteur d’autant plus notable que les massacres s’ajoutaient aux massacres, les atrocités aux atrocités ?

Mais il y avait plus. Pour ceux qui ont connu la guerre des Six Jours et sa divine victoire, la guerre de Kippour et sa tragédie initiale -

des… Israéliens ? Sans doute, mais d’abord, surtout des Juifs. Soit l’inacceptable absolu depuis la destruction des Juifs

Comment les meilleurs services secrets du monde ont-ils pu se laisser surprendre et réagir avec une telle lenteur ? dans le Sinaï pas en Israël - puis les Intifadas successives, nous étions dans un autre ordre de sidération. C’est à l’intérieur même des frontières de l’État hébreu qu’une organisation, marionnette de l’Iran des mollahs, voulant la disparition de cet État, était venue assassiner

d’Europe, une destruction d’où est sorti le code juridico-moral d’une humanité embarquée désormais dans la même histoire. Certains ne l’ont pas encore compris. Alors, Jonas reprenons, au commencement de notre modernité, Auschwitz… Le reste suit. n


débats&opinions l’œil de

Moati

Mon cœur bat pour Israël Depuis 2008, Israël et Gaza se font la guerre. C'est long. Et jamais pareil. Cette fois-ci, un samedi matin du 7 octobre, ce fut une offensive « surprise » du Hamas, s'il en est. Et moi, je me suis senti très juif ce jour-là. Des milliers de roquettes furent tirées sur le territoire israélien et il y eut plus de 1 400 morts et 5 000 blessés du côté israélien, souvent des civils, massacrés jusque dans leurs maisons. Bibi a averti que cette fois-ci, il utiliserait « toute sa puissance » pour détruire les capacités du Hamas. Les terroristes, cette fois-ci, ont joué la surprise. Les voici arrivés en voiture, bateau et même en parapente motorisé. Rien que ça. Mais tout ça. Des civils tués ? Oui, des crimes de guerre et on voit des cadavres éparpillés un peu partout. Les télés nous montrent tout cela, comme sans fin. L'Europe, bien amicale, rend visite aux Israéliens et Joe Biden se comporte en véritable allié et ami de l'État juif. Mais comment tout cela va-t-il se terminer, alors que là-bas, l'Iran et le Qatar se tiennent prêts à entrer dans la valse et qu'à Paris 15 000 militants « pro-palestiniens » ont envahi la place de la République, dimanche dernier. Ah, il n'y a vraiment plus de « bordure protectrice » entre Israël et Gaza. Oui, comment faire cesser les tirs de roquettes et démolir les tunnels, les fameux « métros » du Hamas ? Un festival de haine : 1948, 1956, 1967, 1973, plus ce qu'il s'est passé du côté du Liban. La solution miracle des deux États semble s'éloigner. Loin, très loin. J'ai beaucoup filmé pour la télé les guerres israélo-arabes. Je frémissais. J'ai à peu près l'âge d'Israël, né, lui en 1948 et moi, en 1946. Jeune sioniste, j'ai failli faire mon Alyah. Israël y a échappé mais mon cœur bat toujours pour lui. Comme le vôtre, je le sens, je le sais, amis d'AJ. Vive la paix.

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« Nous demandons la libération des enfants » Appel de la Société psychanalytique en Israël (Fondée en 1934) Présidente : Viviane Chetrit-Vatine Vice-présidente : Vered Nevo Trésorière : Eva Yakobov Secrétaire générale : Tsili Granek Rédaction : Tal Sharir Wolp, Ehud Wolpe et Joshua Dorban

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ous, psychanalystes israéliens, psychanalystes d’enfants comme d’adultes, à l’instar de tous les citoyens israéliens, sommes sous l’effet d’un choc traumatique sans précédent à la suite des agissements odieux perpétrés par des terroristes palestiniens du Hamas, le 7 octobre dernier, dans des kibboutz, villages et agglomérations du sud d’Israël. Dans les journées qui viennent de s’écouler, nous avons été confrontés à une terrifiante réalité : celle du massacre de civils.

Enfants, femmes et personnes âgées dans leurs maisons, de l’enlèvement d’autres personnes vers Gaza, accompagné de sévices sexuels et d’humiliations de toutes sortes, qui sont autant d’atteintes à la dignité humaine qu’indicibles. La cruauté, le sadisme dirigé contre des bébés, des enfants et de jeunes adolescents relèvent de l’impensable. Beaucoup d’entre eux ont été mutilés à vif, violés et torturés après avoir été forcés à assister à l’assassinat de leurs parents et parfois de leur famille tout entière. Ceci ne relève pas de la seule et implacable haine des Juifs - que le Hamas propage ouvertement dans ses réseaux – ni d’un conflit territorial ou religieux, mais d’un crime contre l’humanité. Notre préoccupation essentielle, aujourd’hui, ce sont les enfants kidnappés à Gaza et qui, nous osons

l’espérer, sont encore en vie et tenus captifs par des terroristes assassins. Certains de ses enfants sont devenus, brutalement et sans aucune pitié, orphelins d’un instant à l’autre, alors que les terroristes violaient leurs parents, pour les tuer ensuite, sous les yeux de leurs enfants obligés d’assister à ces scènes effroyables. En même temps, les terroristes fêtaient les massacres en les diffusant sur les réseaux sociaux. Ces images nous hantent et ne peuvent être métabolisées par un cerveau qui se dit humain. Nous appelons solennellement tout gouvernement et tout groupement ou association à s’exprimer haut et fort pour condamner ces exactions monstrueuses et ceux qui les ont commises, et à demander la libération immédiate et sans condition des enfants enlevés à Gaza. n

En Tunisie, la synagogue El Hamma incendiée Pierre Mamou

L

e l u n d i s o i r 17 o c t obr e, de s éme ut ier s t u n isiens ont dét r u it la tombe-mausolée du rav Youssef El-Maarabi, célèbre rabbin du XVIème siècle, disciple du père de la Kabbale de Safed, le rav Isaac Louria l’Ari zal.En 1943, pendant l’occupation de la Tunisie, un char nazi chercha à démolir ce mausolée et fut englouti sous le sol friable. Il demeura embourbé sans pouvoir avancer et fut abandonné sur place. Cet événement fut une preuve supplémentaire que ce saint homme vénéré depuis quatre siècles ne pouvait voir sa sépulture profanée... Il est demeuré jusqu’à cette année un lieu de pèlerinage le premier dimanche de ‘Hanouka. Situé dans une oasis à 30 km de Gabès, il était aussi visité lors du pèlerinage de la Ghriba. Respecté par les Berbères musulmans (nombreux dans cette région du sud tunisien), sa destruction est le signe de la fin de cette époque de convivialité qui a régné en Tunisie. n

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N° 1709 - 26 octobre 2023

L’éternité d’Israël Jérôme Touboul

Directeur du Centre européen du Judaïsme

«

É

crire de la poésie après Auschwitz est barbare". Ces mots du philosophe Theodor Adorno, au lendemain de la Shoah, témoignent du désarroi et de l’impuissance qui saisissent l’homme face à la barbarie et à l’horreur. Et, de fait, notre peine est immense, notre effroi total. Espérions-nous trouver un soutien digne et unanime auprès de nos « frères en humanité » que nous sommes meurtris par les réactions sidérantes entendues en France, et par le silence assourdissant d’une grande partie de la fameuse «société civile », des intellectuels,

artistes, et autres militants. Cette indifférence nous rappelle le désespoir d’Albert Cohen qui, face à l’antisémitisme dont il avait été victime, enfant, rechercha en vain la compassion de ses « frères humains ». Cette solitude l’a hanté toute sa vie. En réalité, cela importe peu. Notre peuple a appris à travers sa longue histoire, jalonnée de tragédies inouïes, que son destin ne dépend pas de facteurs extérieurs mais plutôt de sa force intérieure. C’est précisément cette force vitale invincible qui se déploie depuis des jours, dans un esprit de solidarité, de fraternité et de résilience bouleversant qui permet à l’espoir de renaître. Le peuple juif s’est levé « comme un seul homme avec un seul cœur» pour se battre et permettre à la vie de reprendre le dessus. Une solidarité rare a ainsi vu le jour entre toutes les franges de la société israélienne, dissipant comme un nuage de fumée les clivages politiques,

sociétaux ou religieux. La Paracha de cette semaine prend un relief particulier dans ces circonstances. Elle relate notamment la première mobilisation collective de notre histoire pour sauver des otages. En dépit des différences qui avaient conduit Abraham et son neveu Loth à se séparer,

comme par la main des extrémités de la terre […] Ne crains rien, car je suis avec toi ; ne sois point affolé, car je suis ton Dieu. Je t'affermis, je t'assiste et te soutiens par ma droite, armée de justice » (Isaïe 41, 8-10). Au lendemain de la Première Guerre mondiale, Paul Valéry avait eu ce mot fameux « Nous

Notre peuple a appris à travers son histoire que son destin ne dépend pas de facteurs extérieurs mais de sa force intérieure le patriarche se mobilisa immédiatement pour sauver Loth, non plus « son neveu» mais « son frère » nous dit le texte biblique, lorsqu’il fut pris en captivité par les habitants de Sodome. Et comment ne pas être sensible aux mots du prophète Isaïe dans notre haftara : « Mais toi, Israël, […] toi que j'ai ramené

autres, civilisations, savons désormais que nous sommes mortelles ». Au lendemain de cette tragédie, en dépit du chagrin et de la souffrance, nous voudrions réaffirmer notre conviction que, juchés sur les ailes de la Providence, « Nous autres, civilisation d’Israël, savons que nous sommes éternels ». n

Jihad et crime contre l’humanité Jacques Tarnero Essayiste, documentariste, ex-chercheur Cité des sciences/ CNRS

L

e tueur qui invoque « Allah » avant de tirer et de tuer n’est pas un malade mental ni un déséquilibré. Il n’est pas non plus un « loup solitaire ». Il prétend « venger le prophète » au cri de « Allah Akbar ! ». Ces tueurs qui se font exploser ne commettent pas des « attentats-suicides » tels qu’on les nomme trop souvent car ils ne sont pas suicidaires. Ces jouisseurs de mort n’ont pas le désespoir au cœur mais la jubilation de tuer en mourant. Qualifier leur geste de suicide, c’est déjà entrer dans la stratégie qu’ils nous imposent

car ils cherchent simultanément à culpabiliser leurs victimes en se faisant exploser. Qu’avons-nous commis pour qu’ils nous haïssent tant, pensent de belles âmes ? Serions-nous aussi responsables de la haine qu’ils nous portent ? Ainsi l’explication psychologisante ou sociologisante expliquant par la relégation sociale leur désespoir suicidaire donne un alibi au geste terroriste. Le néocolonialisme, le racisme dont ces Indigènes de la République seraient les victimes donnent de bonnes raisons à ces supposés désespérés. Ce sont les mêmes jouisseurs de mort qui ont tué des enfants juifs dans les kibboutz ou dans la rave party. Ce sont les mêmes qu’Israël affronte à Gaza. Depuis le 11 septembre 2001, l’islam radical a déclaré la guerre au monde.

Qu’est-ce qui définit en droit la notion de crime contre l’humanité ? Qu’est-ce qui caractérise ce crime ? Cette notion, établie après les jugements des crimes nazis au procès de Nuremberg, caractérise les crimes de masse commis contre des personnes au nom de leur origine ethnique, religieuse,

les infidèles, les non-musulmans. Il s’agit de cette forme spécifique de guerre commise au nom de l’islam, visant à l’extermination ou à la réduction en esclavage de populations pour la seule raison de leur identité non musulmane. Le jihad, présenté dans un premier temps comme une ascèse spirituelle, un travail

L'explication psychologisante ou sociologisante expliquant par la relégation sociale leur désespoir suicidaire donne un alibi au geste terroriste politique. Il s’agit de crimes commis contre des personnes au nom de ce qu’elles sont, de leur identité, de leur appartenance, de leur religion ou de leur croyance. Qu’est-ce que le jihad ? Cette guerre sainte promet le paradis à celui qui pourchasse et anéantit

sur soi visant à une communion spirituelle avec le divin, a laissé place à sa forme politique telle que nous la voyons aujourd’hui à l’œuvre. Le jihad (tel qu’il est invoqué et pratiqué par certains groupes islamistes) s’inscrit dans cette définition pénale du crime contre l’humanité. n


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N° 1709 - 26 octobre 2023

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