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Saint-Louis et le Delta du fleuve Sénégal: pollution de l'eau, salinité du sol et inondations

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Saint-Louis du fleuve

et le delta

Sénégal

Pollution de l’eau, salinité du sol, innondations

Louisa Malguitou & Benjamin Mellor-Ribet ENSAPLV 2018 PFE E.Lacombe et X.Bonnaud


Saint-LouiS du fLeuve

et Le deLta

SénégaL

Les risques natureLs PoLLution de L’eau saLinité du soL innondation

Louisa Malguitou & Benjamin Mellor-Ribet

Construire l’urbanité dans une zone exposée à des risques naturels ENSAPLV 2018 PFE E.Lacombe et X.Bonnaud


I. Un Estuaire en Déséquilibre


Au nord-ouest du Sénégal, au croisement du Désert du Sahara et de la Savane Subsaharienne, la ville de Saint Louis s’est bâtit dans le Delta du fleuve Sénégal à la rencontre de l’océan Atlantique. L’ancienne capitale de l’Afrique Occidentale Française forme un véritable archipel d’îlots urbains séparés par les différents marigots et la mangrove. A sec 9 mois par an, le marigot saumâtre est un vaste sol aride qui laisse apparaître des efflorescences salines à travers les fentes de dessiccation de l’argile lorsque l’eau se retire. A l’opposé, la mangrove qui une forêt des eaux saumâtres et autres plantes halophytes, vivent avec le rythme des marées. Elles sont périodiquement submergées par l’eau saline et se nourrissent des sédiments du fleuve. Pourtant, l’équilibre de l’estuaire a été déréglé depuis l’installation du barrage de Diama dans les années 70, pour répondre aux longues périodes de sécheresse et un exode rural persistant. La réserve d’eau douce de Bango a donc été créée artificiellement et a permis d’augmenter la surface de terres irriguées et de contrôler le flux du fleuve pour contrôler les inondations. L’économie locale s’est donc améliorée mais au détriment de la qualité de l’eau. Le débit fortement régulé par l’écluse du barrage, a affaibli les phénomènes régénérant estuariens entre eau douce et eau salé. Ainsi, l’eau du fleuve devient stagnante et est de plus alimenté par les pesticides de l’agriculture intensive qui s’est développée le long de la vallée. Cette perturbation chimique participe au développement anarchique des plantes d’eau douce en amont du barrage, dont la plus envahissante est le typha, de la famille des roseaux. Ce phénomène d’eutrophisation, c’est-à-dire que l’eau n’est plus oxygénée est accentué par la pollution non contrôlée de la vie urbaine et est responsable du développement de maladies hydriques.


assèchement végétation aquatique ouvrages hydrauliques drainages souterrains


Les Ouvrages Hydrauliques du Delta

1

3 2 4


Processus de Sédimentation

Mélange eau douce eau salée (par différences de densité et débit) + Oxygénation

Barrages Hydrauliques

1 2 3 4

Diama Bango Mboubène Ndiaoudoun

Canal Maraicher

Avec lesquels, dans ce paysage subsaharien, il importe de savoir vivre, de trouver une alternative à la contrainte qu’ils imposent à l’écosystème. Car sans eux, le sel l’emporterait sur l’eau et l’installation humaine.


LE BARRAGE DE DIAMA Situé à 27 km en amont de Saint-Louis le barrage mobile s’ouvre en période de crues et se ferme en saison sèche, Constitue une réserve d’eau douce importante à l’échelle territoriale Plan d’action réfléchi à partir de 1973, suite à de longues périodes de sécheresse, ayant décimé végétation et poissons. Construction de 1981 à 1986 Coût : env. 160 millions d’euros

Mauritanie

Barrage en remblai avec digue de bouchure

Il permet: - Bloquer la remontée d’eau salée dans le Fleuve sur plus de 500 km - Augmenter la surface cultivée (+ quantité d’eau disponibles aux industries) dans la Vallée du Fleuve tout au long de l’année - Amélioration du remplissage des lacs Guiers et R’Kiz - Controler la navigation et le passage vers la Mauritanie

Barrage réservoir avec évacuateur de crues

Barrage écluse

senegal

digue rive droite : 77 km volume de retenue: 250-500 millions de m3

digue rive gauche : 79 km Débit max évacuateur de crue: 6500 m3: /s


LE BARRAGE DE BANGO Pont barrage qui ferme la partie sud de la réserve , il a été réalisé en 1939. L’objectif principal de cet ouvrage est d’empêcher le contact de l’eau salée de l’embouchure du Delta à celle de la réserve. Le débit théorique est de 9 m3/s. Cependant, cet ouvrage est exposé à de fortes variations de salinité dans sa partie située du côté du fleuve Sénégal. Actuellement, il est à noter l’ancienneté et la vétusté de l’ouvrage de Bango, la dégradation des vannes.

LE BARRAGE DE MBOUBENE Pont barrage situé à l’extrémité nord-ouest de la réserve de Bango. Permet de réguler l’alimentation « naturelle » en eau de la réserve en amont ; il isole la réserve du système amont de GoromLampsar. La capacité hydraulique de l’ouvrage augmente avec la baisse de niveau dans la réserve, donc la sécurité d’alimentation augmente avec l’augmentation de la nécessité. Les équipements sont fonctionnels et la manipulation commode, mais les tableaux de vanne nécessitent leur changement à cause des phénomènes de corrosion, constituant des problèmes d’étanchéité et des trous effectifs. .


La station de pompage de la SDE intallée dans la réserve de Bango

LE BARRAGE DE NDIAWDOUNE Situé sur la route nationale, l’ouvrage de Ndiawdoune sépare la réserve de Bango du Ngalam Sud dont il assure l’alimentation globale. Les périodes d’ouverture et de fermeture se succèdent plus fréquemment en saison des pluies en fonction des conditions hydrologiques favorables sur le Lampsar. La fermeture s’effectue à l’aide de batardeaux classiques, très difficiles alors à manipuler, et ne permet pas la régulation fine (Scandiaconsult, 2004). Le débit y transitant est estimé à 10 m3/s. Plusieurs pans de l’ouvrage ont cédé du fait de son vétusté et de son état défectueux. Cet ouvrage a pour fonction principale de résoudre la vidange rapide, assurant ainsi le changement de l’eau stockée.


Conséquence: L’invasion du Typha


Conséquence: Une répartition inégale des Sols Salés

Barrage Diama


Les sols salés se caractérisent par une teneur élevée de sels solubles dans la solution du sol. Suivant la proportion de sodium fixé sur le complexe absorbant on peut distinguer : les sols salés, et les sols salés à alcali. Ces derniers contiennent plus de 15% de sodium. Il existe également une troisième catégorie, celle des sols à alcalis non salés, l’excès de sel ayant été enlevé par lessivage. Mais cette troisième catégorie n’est pas représentée au Sénégal alors que les deux premières occupent des superficies importantes. La salure des sols peut être d’origine marine ou continentale; dans ce dernier cas, surtout dans les zones arides ou subarides, les sols salés sont localisés dans des dépressions endoréiques enrichies en sels par lessivage et ruissellement. La présence de formations géologiques salifères (gypse, sel gemme etc.. .) contribue, également, à la formation de sols salés. Au Sénégal la salure est presque exclusivement d’origine marine et les sols salés sont localisés, en majeure partie, dans des zones, deltaïques plus ou moins colmates. A proximité de la mer ou des chenaux marins, et dans la limite de battement des marées, se situent les sols de mangrove développés sur vases marines et supportant les formations végétales caractéristiques à Rhizophora racemosa et Avicennia nitida ; cette deuxième espèce croît généralement sur des terrains plus fermes et moins inondés. Ces sols sont riches en matière organique et évoluent dans des conditions quasi permanentes d’anaérobiose. La salure de la solution du sol reflète celle des eaux de submersion, souvent plus concentrées que l’eau de mer. Le pH est généralement acide et s’abaisse parfois considérément au cours du séchage.

Un jeu entre Marigot et Mangrove Aux sols de mangrove succède une frange souvent très étendue de sols à forte concentration saline. Cette concentration est telle dans les horizons de surface qu’elle n’autorise le plus souvent aucune vie végétale, sinon très éphémère. Ce sont les tan ou déserts salés de la région du Bas-Saloum, de la Casamance maritime et du delta du fleuve Sénégal. Pendant la saison sèche la concentration saline dans la nappe atteint parfois 200 g par litre, soit plus de 5 fois celle de l’eau de mer. Ces terrains sont alors exploités en salines, par creusement de fosses de faible profondeur et évaporation de la nappe. L’ examen des profils de sols permet de retrouver les traces d’une ancienne végétation de mangrove, suivant les différentes profondeurs. En dehors de ces sols très salés s’observe toute une gamme de sols à salinité variable ; celle-ci se manifeste surtout par remontée des sels pendant la saison sèche ; les premières pluies suffisent à lessiver cet excès et à autoriser la culture. Quand la salinité s’abaisse au-dessous d’un certain seuil on passe alors aux sols hydromorphes.


Conséquence: Changements d’Occupations des Sols

1986 - 2010 Maraichage


Les Acteurs de la Gestion du Fleuve OMVS - Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal Ancêtre de l’actuel, plusieurs organisations se sont succédées ayant principalement réalisé des études hydrologiques et des travaux d’aménagements hydroagricoles, pour aboutir en 1972, Regroupe Sénégal, Mauritanie, Mali puis Guinée (2006),

Objectifs : - réaliser l’autosuffisance alimentaire pour les populations du bassin et, partant, de la sous-région - sécuriser et améliorer les revenus des populations de la vallée - préserver l’équilibre des écosystèmes dans la sous-région, et, plus particulièrement, dans le bassin - réduire la vulnérabilité des économies des États membres de l’Organisation face aux aléas climatiques, ainsi qu’aux facteurs externes - accélérer le développement économique des États membres

Secteur de l’hydraulique urbaine 1960-1971 : Gestion du service public de distribution de l’eau en milieu urbain par la Compagnie Générale des eaux filiale de la CGC France. 1971 : Création de la SONEES suite à la nationalisation du service public de l’eau. Chargée de l’exploitation du service public de l’eau et de l’assainissement, l’Etat s’occupait du renouvellement du matériel d’exploitation ainsi que la maîtrise d’ouvrage des travaux d’extension et de renouvellement des ouvrages.

138,525 millions de dollars mobilisés pour le démarrage des travaux du projet SITRAM: Une initiative axée sur un certain nombre d’infrastructures (Ports, chenal, escales) permettant une navigation permanente entre Saint Louis du Sénégal et Ambidédi au Mali.


SONES - SOciété Nationale des Eaux du Sénégal Société de patrimoine et de contrôle d’exploitation de l’eau au Sénégal, la SONES a été créée en par la loi 05/10 du 17 avril 1995. Son principal actionnaire est l’Etat sénégalais. Branche de la SDE (Sénégalaise Des Eaux) Objectifs: - la gestion du patrimoine de l’hydraulique urbaine - contrôle de la qualité de l’exploitation - la sensibilisation du public SDE - Sénégalaise des Eaux Possède la responsabilité exclusive de la production et de la distribution d’eau potable au Sénégal depuis 1995. Objectifs : - l’exploitation des installations - l’entretien de l’infrastructure et du matériel d’exploitation - renouvellement du matériel d’exploitation ainsi que d’une partie du réseau de distribution d’eau potable

ONAS - Office National de l’Assainissement du Sénégal Objectifs : Développement et exploitation des infrastructures et équipements du secteur de l’assainissement collectif et autonome des eaux usées et excréta et du drainage des eaux pluviales


SOGED - Société de Gestion et d’Exploitation du Barrage de Diama Objectifs: - l’exploitation, l’entretien et le renouvellement des ouvrages existants : le Barrage de Diama, les endiguements du fleuve Sénégal, les ouvrages de prise d’eau incorporés dans les endiguements, les routes d’accès au Barrage de Diama et les ouvrages et installations annexes ou accessoires. - la conception, le financement, la construction et l’exploitation de nouveaux ouvrages (à l’exception de ceux consacrés à la production hydroélectrique), programmé par l’OMVS que celle-ci décidera de lui confier dans le cadre du développement de la vallée du fleuve Sénégal.

SAED - Société nationale d’Aménagement et d’Exploitation des terres du Delta Deux fonctions de Service Public : - une fonction de Maîtrise d’Ouvrage Déléguée de l’Etat pour les investissements publics en matière d’aménagement et d’infrastructures hydroagricoles ; - une fonction de Conseil, d’Appui et d’Opérateur auprès des différentes catégories socioprofessionnelles et des collectivités locales concernées, directement ou indirectement, par l’agriculture irriguée. Objectifs - promouvoir le développement de l’Agriculture Irriguée en rive gauche du fleuve Sénégal et de la Falémé. - contribuer de manière significative à la réduction de la pauvreté dans les Régions de Saint-Louis, Matam, Tambacounda riveraines du Fleuve Sénégal et de la Falémé, en participant à l’aménagement de ces territoires et à la préservation de l’environnement.


SOURCE

PLUIE

DOMESTIQUE

BRU


UTE

II. La Pollution de l’Eau

AGRICOLE

EXHAURE

INDUSTRIELLE


Les Paramètres Physiques de la pollution de l’Eau

Ramassage d’algues dans une mare eutrophisée à proximité de Saint Louis

TURBIDITÉ Importante turbidité de l’eau = faible pénétration du rayonnement solaire utile à la vie aquatique pour la photosynthèse. C’est un indice qu’on mesure par spectrométrie, donc par l’absorption de la lumière par l’eau. Varie en fonction des composés colloïdaux (argiles) ou aux acides humiques (dégradation des végétaux) et aux différentes pollutions qui troublent l’eau . NTU < 5 = eau claire NTU < 30 = eau légèrement trouble NTU > 50 = Eau trouble.


M E S – Matières en Suspension Pollution solide due aux très fines particules en suspension non dissoutes (sable, argile, produits organiques et minéraux, micro-organismes,...) qui troublent l’eau et provoquent l’ensablement. La quantité totale mesurée par filtration d’un litre d’eau et pesage des résidus séchés. Le résultat s’exprime en mg/l. (On estime qu’un habitant rejette environ 90 grammes par jour de MES dans ses eaux usées).

TEMPÉRATURE La température de l’eau influe sur beaucoup de paramètres. Plus la température de l’eau s’élève, plus la quantité d’oxygène dissous diminue. (disparition de certaines espèces, réduction de l’auto épuration, accumulation de dépôts nauséabonds, croissance accélérée des végétaux (dont les algues). La pollution thermique peut avoir pour origine des rejets d’eaux chaudes urbains ou industriels dans le cours d’eau. La pollution thermique des petits cours d’eau peut avoir aussi pour origine les déversoirs d’étangs installés sur leur rive et qui par leur grande surface jouent un rôle de « pompe à chaleur ». Par forte température, le réchauffement brutal par le soleil des eaux en mauvais état d’une rivière peu oxygénée peut aboutir à un choc thermique entraînant une mortalité piscicole spectaculaire. Les bordures boisées des cours d’eau (ripisylves) limitent l’échauffement des eaux. La température influe aussi sur la solubilité des sels minéraux et le pH

CONDUCTIVITÉ (µS/cm ou mS/cm) Le passage de l’électricité entre deux électrodes plongées dans l’eau permet de mesurer à 20° C si elle comporte beaucoup de produits en solution. L’eau très pure, comportant des sels minéraux naturels, (calcium, magnésium, sodium, potassium), résiste au passage de l’électricité. S’ajoutent aussi a ces sels minéraux les polluants. L’eau de pluie : 60 et 100 µS/cm L’eau du robinet dans une région calcaire :550 µS/cm. Les charges importantes de pollution organique augmente la conductivité. (a comparer avec la conductivité habituelle de la source)


pH Ce paramètre donne le degré d’acidité ou d’alcalinité d’une eau. Le pH (potentiel hydrogène), est le reflet de la concentration d’une eau en ions H+ : pH = - log [H+]. L’eau des cours d’eaux avoisine en général la neutralité représentée par un pH de 7 et la vie aquatique se situe entre 6,5 et 8 Dans chaque milieu naturel les eaux ont une valeur de pH propre en fonction du sous-sol de leur bassin versant. > 7 en régions calcaires où les eaux sont basiques car fortement minéralisées, < 7 en région de sous-sol primaire (Vosges, ..) ou les eaux sont acides. Une mesure de pH, différente de la valeur habituelle du cours d’eau, peut être l’indice d’une arrivée de pollution , en générale industrielle, en amont du point de mesure.

DURETÉ Le titre hydrotimétrique, ou dureté de l’eau, est l’indicateur de la minéralisation de l’eau. Elle est surtout due aux ions calcium et magnésium. Le titre hydrotimétrique des eaux naturelles augmente souvent avec l’éloignement de la source, l’eau se chargeant en sels minéraux. Les eaux naturelles continentales étant généralement calcaires (bicarbonatées calciques) Une eau demeure potable quel que soit son TH. (exception : caractéristique chimique des minéraux qui peuvent réagir) Affaiblissement des mélanges & mouvements eau salée/douce

Débit bloqué en saison sèche Les inondations plus raresmais catastrophiques en saison des pluies lorsque les barrages doivent évacuer l’eau des réserves.

Il y a moins d’oxygène et de nutriments marins entrainant l’eutrophisation

EAU SALéE

EAU DOUCE


Les Paramètres Chimiques de la pollution de l’Eau

Les compagnies agroindustrielles installées dans la vallée du Fleuve Senegal rejetent de grandes quantités de phosphore et d’azote présents dans les fertilisants. Les pesticides, (dont 30% ne sont pas homologués par l’état Sénégalais) et autres produits industriels sont notamment présent dans les analyses faites à l’embouchure du Fleuve.

L’OXYGÈNE DISSOUS La présence d’oxygène dans l’eau est indispensable à la respiration des êtres vivants aérobies. En dessous d’un certain seuil de concentration en oxygène c’est l’asphyxie des poissons. ( 7 mg/l : les salmonidés ; 3 mg/l : les carpes) L’oxygène de l’eau permet également le processus d’oxydation des matières organiques, conduisant de nouveau à un appauvrissement du milieu aquatique en oxygène. L’oxygénation de l’eau provient d’abord du contact de sa surface avec l’atmosphère. Elle est favorisée par les remous, les cascades et surtout la température de l’eau. Car plus l’eau s’échauffe, moins l’oxygène y est soluble. De 5°C: 12,3 mg/l. (maximum) à 35°C : 0 mg/l (minimum)


CHLORURES (sels) Ils ne sont pas nocifs, mais constituent un important indicateur d’arrivée de pollution. Ils ne sont pas éliminés par les stations d’épuration. Dans la nature ils sont souvent indicateurs d’arrivée d’effluents urbains.

MATIÈRES ORGANIQUES (MO) Partie non encore décomposée (dissoute ou particulaire visible) de la pollution organique (matières vivantes mortes ou déjections de organismes vivants). La MO constituée en grande partie d’azote organique est en final décomposée par les bactéries principalement en ammonium, puis en nitrites et nitrates. Elles sont donc naturellement présentes dans l’eau, mais à faible concentration. Sa sur-concentration provient de la pollution de rejets d’eaux usées domestiques mal épurés, d’effluents agricoles, rejet brut, mauvais état. La dégradation de la MO consomme et réduit l’oxygène dissoute de l’eau nécessaire à la vie aquatique). La charge de pollution organique est quantifiable par des techniques normalisées : la DCO, la DBO5.

DBO5 (Demande Biologique en Oxygène) Mesure sur 5 jours (à 20° dans l’obscurité), de la quantité d’oxygène consommée par le processus naturel de décomposition de la matière organique décomposable. Le résultat est donné en mg/L. de O2 elle représente la quantité d’oxygène nécessaire aux micro-organismes pour oxyder (dégrader) l’ensemble de la matière organique contenue dans l’eau. (Prescrit pour la surveillance des rejets et de fonctionnement des stations d’épuration, mais peu précise pour qualifier la bonne qualité d’une eau naturelle) une eau de surface non polluée : entre 2 à 20 mg/l. Au delà, on peut suspecter une pollution. EH (équivalents habitants) Un habitant produit en moyenne une charge de pollution équivalente à 60 grammes de DBO5 L’équivalent-habitant (EH) est donc la charge organique biodégradable ayant une demande biochimique d’oxygène en cinq jours (DBO5) de 60 grammes d’oxygène par jour. Par exemple : 600 kg de DBO5/j. correspondant à la pollution de 10000 EH,


DCO (Demande Chimique en Oxygène) Mesure globale des matières organiques et de certains sels minéraux oxydables = pollution organique totale présente dans l’eau. Technique mesurant la quantité d’oxygène consommée par l’oxydation chimique (à l’aide d’un oxydant et à chaud, pendant 2 heures) des matières organiques ou minérales présentes dans l’eau. Le résultat est donné en mg/L. de O2 (quantité d’oxygène consommée) Surtout utilisées pour la surveillance des eaux usées urbaines et industrielles. Le rapport DCO / DBO5 donne une indication sur l’origine de la pollution organique eau résiduaire brute : 2500 / 1000 = 2,5 eau épurée : 450 : 40 = 11 Plus il se rapproche de 1, plus le rejet d’eaux usées est biodégradable. de 1,5 à 2 : effluents d’industries agroalimentaires (meilleure biodégradabilité). de 2 à 3 : effluent urbain domestique. >3 : effluent plus ou moins difficilement biodégradable (industrie).

COT (carbone organique total en mg/l) Pour une eau de surface, La concentration du COT d’une eau de surface varie de 2 à 10 mg/l et de 0,5 à 1 mg/l. pour une eau souterraine.

Déchets plastiques provenant de l’Océan Atlantique terminant leur voyage dans le marigot

OCéAN

DELTA

VALLéE

POLLUTIONS MULTIPLES


L’Azote : Matière Vivante et Potentielle Pollution

75% (du total) est atmosphérique donc contenu dans l’air et concerne peu le cycle général. 25% (du total) est terrestre, est présent sous différentes formes. L’azote est le constituant essentiel des êtres vivants sous forme d’acides aminés, mais peut être nocif ou toxique sous d’autres formes.


L’azote (N) est un constituant majeur, des protéines des cellules de tous les êtres vivants : animaux, végétaux, micro organismes. Ainsi les végétaux morts, les cadavres et les déjections animales, (…) constituent une réserve organique riche en azote Il peut être temporairement stocké dans les 30 premiers cm du sol (humus), constituant ainsi un réservoir important. En milieu aquatique il peut être transformé par les bactéries aérobies (dont le développement est possible qu’en présence d’oxygène) en différents stades successifs d’azote minéral : 1. en azote ammoniacal c’est à dire en ammonium (NH4+) ou si le pH >7 en ammoniac (NH3) alors très toxique pour la vie aquatique. 2. en nitrites (NO2-) ou azote nitreux, (forme chimique instable) 3. en nitrates (NO3-) ou azote nitrique. (forme stable, soluble, assimilable par les plantes sous forme de nutriments assimilés pour croître grâce à l’énergie fournie par le soleil (photosynthèse). La nitrification est un processus réversible : Lorsqu’il y a un manque d’oxygène nécessaire à la “respiration” des bactéries impliquées dans le processus, celles-ci “respirent” les nitrites ou les nitrates pour produire de l’ammonium.

1. AMMONIUM (NH4) et AMMONIAC (NH3) L’azote ammoniacal est souvent le principal indicateur chimique de pollution directe d’une eau de rivière à l’aval d’un rejet polluant (plus encore en aval elle se transforme en nitrites puis en nitrates). Il provient de la décomposition des chaînes carbonées constituant les matières organique par les bactéries de type aérobies. Cette dégradation consomme de l’oxygène et libère également du CO2 dans les eaux. Il provient aussi - de l’urée rejetée par les animaux. - des eaux de pluie. Elles sont liées aux retombées liées à sa volatilisation (par exemple lors d’épandage agricoles) La forme Ammonium n’est pas toxique. Mais dans une eau au pH > 7,5 une fraction peut être transformée en Ammoniaque (le gaz Ammoniac en suspension dans l’eau est toxique pour les poissons) Présent à faible ou très faibles dosses, il entraînerait des mortalités piscicoles ou affecterait le métabolisme des poissons en diminuant leurs réflexes. La répartition ammonium/ammoniaque dans l’eau dépend du pH et de la température. (Il convient donc de mesurer ces deux paramètres quand on dose l’ammonium pour estimer les risques piscicoles


NITRITES (NO2-) dangereux y compris pour les poissons L’Ammonium est transformé en nitrites sous l’action de bactéries appelées Nitrosomas La réaction consomme de l’oxygène L’eau chargée en nitrites est dangereuse car elle perturbe la fixation de l’oxygène par l’hémoglobine du sang des mammifères et poissons. Limite de rejets de stations d’épuration : 1 mg NO2/L Les nitrites, peuvent réagir dans l’estomac et se transformer en Nitrosamines.

NITRATES (NO3-) Les nitrites sont transformés à leur tour en nitrates par des bactéries appelées Nitrobacter La réaction consomme de l’oxygène Les nitrates associés aux phosphates sont des nutriments assimilés par les plantes aquatiques lors de leur croissance. La lumière du soleil et l’oxygène sont les moteurs de cette croissance par la photosynthèse. Les nitrates des eaux souterraines et des cours d’eau proviennent : - Principalement d’origine agricole en raison du recours aux engrais azotés. - Des rejets des stations d’épurations. Certaines installations sont complétées par des traitement de dénitrification avant rejet. - Du milieu naturel, (3 à 7 mg/L) seulement, une quantité suffisante pour nourrir la vie aquatique des cours d’eau. (Au delà c’est l’indigestion, le développement des algues, l’eutrophisation..) Leur trop grande introduction dans les eaux par l’agriculture industrielle pose donc problème. (Au delà de 50mg/l. dans l’eau. certains effets, autres qu’eutrophisants apparaissent)

AZOTE TOTAL KJELDAHL (NTK ou NK) C’est la somme de l’azote organique + ammoniacal contenu dans l’eau. Une personne rejette environ 15g. par jour de NTK. Une concentration élevée en NTK permet d’évaluer le niveau de pollution.


Le Cycle du Phosphate


On en distingue 2 formes : Le phosphore organique : résidu de matière vivante Le phosphore minéral : essentiellement constitués de phosphates (PO4), qui représentent 50 à 90% de la totalité du phosphore dans les eaux usées urbaines. Ils constituent, au même titre que les nitrates, un agent fertilisant. La réglementation, en ce qui concerne le phosphore, ne tient compte que d’un seul paramètre, le phosphore total (PT). PT = P(organique) + P(minéral) en mg/L. Le rejet de matières phosphorées est d’environ 4 grammes par habitant et par jour.

PHOSPHATES (PO4) orthophosphates Le phosphore, élément indispensable au développement de tous les organismes vivants, n’est naturellement présent qu’en très faible quantité dans le sol et dans les eaux. Les orthophosphates (ions PO4) sont la forme la plus simple et la plus répandue des phosphates dans l’eau. Le phosphate de calcium minéral contenu dans les roches calcaires est peu soluble et n’est donc pas responsable de la pollution des eaux par excès de phosphore. La plus grande part du phosphore que l’on retrouve dans les eaux des cours d’eau provient : Des rejets d’eaux résiduaires : en premier lieu des déjections humaines, des matières organiques en décomposition, des lessives,.. (Le rejet en phosphore total (PT) d’une personne (= 1 équivalent habitant (EH) est d’environ 4 g de PT par jour. Des activités agricoles : “pertes” d’engrais phosphatés utilisés en agriculture et ruissellements d’effluents agricoles (lisier, purin, déjections,..) Dans les eaux superficielles, la teneur naturelle en phosphates est de l’ordre de 0,1 à 0,2mg de PO4/l. Au delà de ce taux, PO4 > 0,5 - 1 mg/l. : la qualité de l’eau est médiocre. (déversements urbains et de mauvaise pratiques agricoles) Dans les cours d’eau NITRATES et PHOSPHATES associés contribuent au développement excessif et anarchique des algues, voir page :L’EUTROPHISATION


Les Micropolluants Ce sont des composants minéraux ou organiques qui présents dans l’eau même à très faible quantité (en microgramme (µg/l), voire en nanogramme (ng/l) par litre) sont dangereux pour les êtres vivants et donc les écosystèmes.

LES MICROPOLLUANTS ORGANIQUES Un nombre très important de molécules de synthèse dont pour la plupart les effets (surtout à long terme) sont mal ou inconnus.

Les Produits Organiques Persistants (POP) : Ces composés, très dangereux pour l’environnement ( toxiques à faible concentration, parfois mutagènes, cancérigènes) sont des produits synthétiques heureusement assez peu solubles dans l’eau. On peut les trouver en aval de sites industriels : Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) : Dangereux pour les être vivants, ils proviennent des activités humaines (incinération, combustion de carburants, etc..). Lentement biodégradables. Hydrocarbures chlorés : Composés organochlorés synthétiques difficilement biodégradables. Polychlorobiphényls (PCB) : qui entrait dans la composition des fluides de refroidissement ou d’isolation, de peintures, de plastifiants. Il est aussi émis au cours de l’incinération des déchets et de certains combustibles. Solvants : Trichloroéthylène (TRI), Trichloroéthane ou Chloroforme (TCE), Tetrachloroéthylène (PER), Hexachlorobenzène (HCB), Tétrachlorure de carbone, Dichloropropane, Dichloropropene (DPC), Dibromoethane, Dichloroethane, Bromobenzene, Chlorobenzene, Tetrachlorethane, Nitropropane, Dimethylformamide (DMF), Pyridine, ... Pesticides organochlorés (OCP) Autres substances diverses : Tétrachlorure de carbone, hydrazine, dinitrophénol,... Cyanures (CN) : Poison extrêmement toxique, utilisé dans les industries de traitement de surface. Dégradable au bout d’un certain temps dans les eaux mais où ils sont particulièrement mobiles. Chlore : (provient de la stérilisation de l’eau potable ou parfois de la vidange de piscine Détergents Alkylphénols : (détergents, cosmétiques, produits de nettoyage et beaucoup de produits industriels). Les produits médicamenteux (résidus d’antibiotiques, d’anti-inflammatoires, d’antidépresseurs, de contraceptifs, etc..).Il existe en France plus de 3000 médicaments à usage humain et plus de 300 à usage vétérinaire. Une grande partie se retrouve dans les déjections et par la suite dans les eaux des milieux aquatiques....


MÉTAUX LOURDS (poids atomique > à celui du fer) Les éléments métalliques et leurs dérivés organiques sont pour certains très dangereux parce que potentiellement toxiques à haute dose, non-biodégradables et bio-accumulables dans les chaînes alimentaires. Ils sont principalement d’origine industrielle et minière (traitements de surface, métallurgie, chimie,..), agricole (épandages) du sous-sol et rivières (érosion) mais aussi dans l’atmosphère où ils retombent avec la pluie. L’aluminium (Al) : De plus en plus présent dans les eaux, il provient des déchets ménagers ou du sulfate d’alumine utilisé comme floculant dans les stations de traitement des eaux. L’arsenic (As) : Fortement toxique. Peut être présent dans le sol et l’eau souterraine. Le cadmium (Cd) : Il provient des rejets industriels, des incinérations de déchets, de l’utilisation d’engrais... Extrêmement toxique il s’accumule dans les chaînes alimentaires et menace les prédateurs secondaires. Le chrome (Cr) : Utilisé en traitement de surface des métaux pour améliorer leur résistance. Le cuivre (Cu) : Au niveau « traces » il n’est pas toxique. Sa présence dans les eaux provient de l’érosion des conduites ou de l’activité industrielle. Dans les sols agricoles, il peut s’accumuler à la suite des épandages de lisiers de porcheries car il est utilisé comme facteur de croissance dans l’alimentation des porcs. Le manganèse (Mn) : Dans les eaux, il provient du sous-sol ou il est mis en solution par le CO2 des eaux d’infiltration. Sur les parois des rivières souterraines, des dépôts noirâtres de manganèse sont souvent visibles. Le mercure (Hg) : Extrêmement toxique. Provient des activités sanitaires (thermomètres, désinfectants,...), Agriculture (fongicides, bactéricides), Industries (élimination des déchets, production de chlore et de soude, centrales à charbon), Orpaillage sauvage (en Guyane), Lampes fluorescentes d’éclairage (à ne jamais mélanger aux ordures ménagères). Le nickel (Ni) : A très faible quantité (>500 microgramme) c’est l’oligo-élément qui serait utile au bon fonctionnement pulmonaire dans l’organisme. Au delà c’est une substance considérée comme cancérigène. C’est aussi le plus allergisant des métaux. Le plomb (Pb) : qui entraîne le saturnisme (érosion des canalisations d’eau potable en plomb). Le plomb est/était utilisé ans l’industrie : batteries, alliages, traitements de surface, munitions, etc Le zinc, (Zn) : Utilisé pour recouvrir les métaux. Peu toxique au niveau « traces » mais sa présence dans les eaux indique souvent celles d’autres métaux ou polluants toxiques industriels. Dans les sols agricoles, il peut s’accumuler à la suite d’épandages de lisiers de porcheries

LES PESTICIDES Environ 9O% sont d’origine agricole. Ce sont des produits toxiques qui se dégradent plus ou moins bien dans l’environnement : herbicides (atrazine, glyphosate,...), insecticides (DDT, …), fongicides (sels de cuivre,...) 12 pesticides souvent rencontrés dans les eaux souterraines : Aldrine, Dieldrine, Endrine, Isodrine, Alachlore, Atrazine, Atrazine DE, Atrazine DP, Diuron, Isoproturon, Simazine, Terbuthylazine


WETLAND SUBSURFACE ISRAEL


II. La Phyto-EPuratIon


Phyto épuration en Surface

GRAVATS différentes tailles

LIMONS

SABLE

ARGILE

Le système de filtration à flux de surface se présente comme un bassin ou un fossé étanche et planté, où l’eau circule avec une très faible profondeur. La surface de l’eau est à l’air libre, au-dessus du substrat. Ce système ressemble beaucoup aux zones humides naturelles comme les marais et peuvent fournir des habitats fauniques et des avantages esthétiques en plus du traitement de l’eau. La filtration proche de la surface se fait en aérobie tandis que les eaux plus profondes et le substrat travaillent généralement en anaérobie. Les avantages de ce type de filtre sont dans leurs faibles coûts de construction et d’exploitation et la simplicité de maintenance. Leur principal inconvénient est dans le besoin d’une plus grande surface que les autres systèmes.


Parc Tianjin en Chine, Turenscape


Phyto épuration Souterraine évite la prolifération des larves de moustiques et les phénomènes d’évaporation

Les systèmes de percolation ou de filtration souterrain sont conçus sous forme de bassins fermés et étanches remplis de substrat poreux, de terre, de roche ou de gravier, saturé en partie. Le niveau d’eau demeure au-dessous de la surface du substrat. Dans la plupart des systèmes, la voie d’écoulement est horizontale, bien que certains systèmes utilisent un flux vertical. En raison des contraintes hydrauliques imposées par le substrat, ces systèmes sont les mieux adaptés aux eaux usées ayant une teneur relativement faible en solides et avec des concentrations d’écoulement relativement uniforme. Les avantages de ces filtres sont dans leur tolérance au froid, leur protection des parasites et la réduction des problèmes olfactifs. Le milieu poreux offre une plus grande surface de contact ainsi le traitement est plus rapide et utilise moins de surface que le premier système. Les inconvénients sont dans les possibles problèmes d’engorgement et dans leur coût de construction et d’entretien plus important.


Douches et Wc Publics en Chine, Filtres Bambou, BaO Architectes


Phyto épuration Mixte

Les systèmes hybrides mettent en place une séquence avec différentes cellules conçues pour différents types de réactions, avec les deux systèmes précédents. Cela permet aussi un traitement plus efficace.

La conception générale d’un filtre planté tente d’imiter la structure globale des zones humides naturelles. La conception doit être simple, demandant un minimum d’entretien, de technologie et d’énergie, par exemple : l’écoulement gravitaire est préférable aux pompes de relevage… Une approche technologique complexe conduit souvent à l’échec. Le filtre doit être configuré pour répondre aux besoins des eaux usées, son dimensionnement doit être calculé en prévision des extrêmes météorologiques et climatiques (et non des moyennes).


Prairie Waterway Stormwater Park aux USA Diana Balmori,


Le Lagunage

Les premiers bassins sont à micro-organismes, où est biodégradée la matière organique contenue dans les eaux usées. Les UV solaires peuvent aussi contribuer à dégrader certaines molécules synthétiques ou naturelles toxiques. L’eau transite ensuite dans des bassins moins profonds, qui servent à traiter l’azote (généralement transformé en nitrates lors de la dégradation de la matière organique par les micro-organismes) et du phosphore. La photosynthèse favorise le développement de microphytes (planctons, algues) qui consomment de l’azote et du phosphore. Il est possible d’optimiser le fonctionnement d’une lagune en la plantant dans une troisième zones (lagunage tertiaire parfois aussi dit « zone de rejets végétalisées » ) de macrophytes (iris, roseaux, joncs...). Ces derniers assurent une oxygénation complémentaire des sédiments, et absorbent une partie des éléments minéraux issus de la dégradation de la matière organique pour leur croissance. Ce milieu imite le marais et peut contenir des arbres (saules, aulnes adaptés à l’eau) ; elle sert de traitement de finition en sortie d’une filière intensive de type boues activées, afin d’affiner les performances de traitement, dans les cas où c’est nécessaire


Lagunage sur les Traces du Bassin Minier, Harnes, France

Le lagunage consiste à établir un écoulement lent par gravité des eaux usées ou polluées dans plusieurs bassins de rétention ou milieu tampon peu profonds les bassins peuvent être rendus étanches par la mise en place d’une géomembrane synthétique, ou plus rarement par une couche d’argile compactée Realisation petite échelle en France par lapépinièreaquatique.com: Une lagune ou les poissons contribuent aussi aux phénomènes d’épuration et se nourrissent des larves de moustiques


Agua Carioca, Les différentes échelles de la phytorépuration

XS

S


M

L

XL


Végétation et Macrophytes Aquatiques , Présents et/ou adaptés à la phytoépuration Souterraine dans la région du delta du Fleuve Senegal

Scirpus Maritimus Présentes dans le Delta du Fleuve Sénégal, les Niayes du Nord ou dans le Sine Saloum. Elle se développe dans les eaux peu profondes et plus ou moins saumatres, les cuvettes de sols salés, les vasières et les sédiments temporairement inondés par de l‘eau saumatre.

Scirpus Litoralis Plante à rhizome écailleux épais présente dans le Delta du Fleuve, aussi dans le bassin méditerrannéen. (espèce paleotropicale.) Elle se développe dans les sols légers (sabloneux...) humides; les eaux stagnantes faiblement à fortement saumatre.


Aeschynomene Indica Dans le Delta du Fleuve Sénégal, originaire d’Amérique Elle se développe dans les zones humides des plaines d’inondation, apparait sur les sols argileux gorgés d’eau et pourrait etre employée comme engrais vert, fourrage dans les cultures en rotation et servir à piéger l’eau.

Diplachne Fusca Plante rizomateuse semi aquatique paléotropicale présente dans le Delta du Fleuve Sénégal Elle se développe sur les bancs de sables, des mares désséchées avec des sols sablonneux à argileux, humides ou innondés périodiquement. Plante assez tolérante au sel

Phragmite Australis & Typha Angustifolia Plantes vivaces à rhizomes très ramifiés (idéal pour la phytorrémédiation). présentes dans le Delta du Fleuve Sénégal en abondance, bien que responsable de l’eutrophisation du milieu aquatique elle présente une forte capactié de traitement. Elles se développent dans les eaux douces ou faiblement saumatres en colonies denses et pures. Croit parfois sur des sols sablonneux et salés, inondés seulement durant une courte partie de l’année


Bassia Indica & Bassia Tomentosa Arbustre de l’espèce des sapotacés densément ramifié originaire d’Asie mais présent dans les régions du Nord d’Afrique au climat subsaharien.voir désertique Il se développe dans les sols sabloargileux et on été reconnu pour leur potentiel de phytorémédiation et d’accumulation du sel à hauteur de 10% de leur biomasse (jusqu’a 9kg de poids sec) dans des courts laps de temps (2 à 4 mois)

Digitaria Sanguinalis Plante herbacée annuelle originaire de l’ancien monde. Originaire d’Europe mais aujourd’hui répartie dans toutes les régions tempérées chaudes du monde, notamment en Afrique du Nord. Considérée comme une espèce envahissante elle se développe rapidement elle peut donc périodiquement servir de fourrage pour le bétail


Cyperus Papyrus Plante émergente semi aquatique pouvant atteindre jusqu’a 3 m de haut, considérée aujourd’hui comme une plante d’ornement elle a pourtant fait ses preuves comme filtre planté dans les zones semiarides (Algérie) pour l’élimination des eaux usées urbaines. Ses racines sont constituées de gros rhizomes raides. Temacine, Algérie: 400m² de phytoépuration souterraine pour traiter 15 m3 d’effluents d’eaux usées (environ 100 à 150 personnes)

Carex Bebbii

Plante de la famille des Cyperaceae communément appelée laiches. Originaire d’Amérique elle est utilisée dans la gestion et le traitement des eaux de pluie. Son système racinaire est adapté aux sols asphyxiés et périodiquement gorgés d’eau et notamment adaptée aux climats semi-arides car elle retient efficacement l’eau.


III. Les InnondatIons


Avant Barrage, 4 temporalités

Cultures Saisonnières, crue et décrue

Janvier - Aout

Aout

Aout - Octobre

Novembre - Décembre

Barrage Diama, 2 temporalités

Cultures toute l’année

Juillet - Septembre

Octobre - Juin

lit majeur

lit mineur


CHANGEMENT DE FORME

Marigot Sec

Marigot Inondé


Des Marigots innonDables Pendant la saison sèche, qui s’étend d’octobre à juin (9 mois), lorsque l’eau se retire petit à petit (infiltre ou rendue à l’océan via la brèche ouverte en 2003), le marigot devient une vaste étendue aride dont le sol sablo-argileux laisse apparaître des efflorescences salines à travers les fentes de dessiccation. A Khor, à la limite de la ville et de l’agriculture sur un territoire en dépression sous forme de cuvette subissant des inondations annuelles. Le sol étant argileux, il a un coefficient d’absorption très faible et les eaux ruissellent jusqu’au point le plus. La topographie et la nature du sol créent donc de grandes zones d’eau stagnante pendant plusieurs semaines, se mélangent avec les eaux grises et attirent les moustiques et autres parasites. Ils évacuent actuellement l’eau avec des tuyaux, mais cela ne fonctionne pas avec la crue du marigot.


Khor, entre ville, maraĂŽchage et marigots


Un sol iMperMéable Sol argileux: plus de 40% d’argile, 15% de sel et 45% de sable. - un taux élevé de ruissellement a l’état naturel - Coéfficient de perméabilite inférieur à 0,14’/h; - Les sols qui entrent dans cette categorie sont les textures argileuses. - Mauvaise alimentation de la nappe

Coeff de Ruissellement 50% Infiltration 15% Evaporation : 35%

Cycle hydrologique en fonction de la perméabilité du sol (Prince Georges’s County 1999)


rUisselleMent: L’infiltration de la pluie vers la nappe phréatique est limitée par les surfaces imperméables, ce qui augmente les volumes de ruissellement. Il faut effectuer un contrôle quantitatif, qualitatif et connaître la recharge de la nappe phréatique pour gérer les eaux pluviales. Calculer le coefficient de ruissellement moyen Lorsque le bassin versant est composé de plusieurs types de surface, un coefficient de ruissellement moyen pourra etre calculé par la loi des moyennes: à Khor: Type Béton Sol argileux Agriculture

Coefficient de ruissellement (Ri) 95% 80% 17%

Superficie m2 (Ai)

Ri x Ai

1500 m² 7000 m² 1500 m² 10 000 m²

1350 5600 255 7200 R moy = 0,7

Coefficient de ruissellement (Ville de Saint-Hubert 2001)


Calculer le débit de pluie ruisselée

Calculer le volume de pluie ruisselé sur le site

Coupe technique d’un sol pavé perméable


les JarDins De plUie: la biorétention Amenagement paysager dont le rôle est de diminuer la quantité de surface imperméable pour pour réduire le ruissellement des pluies d’orage et laisser l’eau s’écouler naturellement, la stocker, la filtrer puis l’utiliser. Trois variantes de biorétention : - Biorétention avec recharge complète (filtration/infiltration) : aucun drain n’est installe sous le substrat et toutes les eaux filtrées retournes dans la nappe phréatique. Cette pratique s’applique pour les sols perméables. - Biorétention avec zone anaérobique : un drain est installé sous le substrat sur un épais lit de gravier. Lorsque tout le substrat est saturé, une partie des eaux sont drainées par le drain et une partie est absorbée par la nappe phréatique. Cette pratique peut etre utilisée lorsque le sol est peu perméable ou lorsque les volumes a gérer sont importants. De plus, la zone anaerobique améliore le processus de dénitrification. - Bioreéention sans recharge (filtration) : Toutes les eaux filtrées sont drainées par un drain perforé. Cette pratique est utilisée lorsque le sol est impermeable ou lorsque la teneur en polluants peut être importante et nocive (ex: station essence)


Les jardins de pluie sont installés en dépression de la zone a drainer qui reçoit l’eau de ruissellement par écoulement en surface. Les eaux se drainent par la suite dans un substrat installé sur une épaisseur d’environ 600mm sous le jardin de pluie. Lorsque le sol atteint la saturation, il y a une accumulation d’eau en surface. Les polluants contenus dans les eaux de ruissellement sont enlevés par l’adsorption, la filtration, la volatilisation, l’échange d’ions et la décomposition. Une fois les eaux filtrees, elles peuvent retournées à la nappe phréatique en contact avec le sol naturel ou être recuperée dans un drain perforé installé sous le substrat. (Prince Georges’s County 1999). L’eau suit une chaine pas forcément linéaire : le début est un bâtiment et le point final est le point le plus bas, naturelle ou artificiel. Cette chaine se compose de : - La rétention qui stocke l’eau de ruissellement à travers le sol par l’infiltration ou l’évaporation. (noue paysagère, jardin de pluie) - Des installations de retenue qui stockent l’eau de ruissellement temporairement, puis la libèrent progressivement. (Toit végétalisé, réservoir paysager) - Des techniques d’acheminement qui transportent l’eau d’où elle est tombée à l’endroit où elle doit être stockée. (Drainage agricoles, rigoles d’irrigation, bassins de rétention paysagers: noue centrale, drain (percé) )


Les noues paysagères : La noue paysagère est une technique de drainage et de rétention de l’eau qui en plus de sa valeur pratique peut présenter une forte vocation esthétique dans l’aménagement paysager. Elles peuvent prendre plusieurs aspects : - Soit celui d’ un simple vallonnement ou dépression humide concave très diffus à la surface d’un terrain qui suit une pente pouvant acheminé vers une zone de stockage ou un bassin. - Soit celui d’un fossé de rétention dont les abords peuvent êtres végétalisés, un aménagement pouvant être associé au concept du’Jardin de pluie’.

Jacob’s Ladder Stream Restoration


Les réservoirs paysagers pour pluies d’orages: Ce sont des conteneurs surélevés et partiellement remplis de terre dans lesquelles ont fait pousser des végétaux afin de stocker et filtrer l’eau des toits en ville. Inventés en 2004 à Portland dans l’Oregon, ces aménagements ont pour vertu de réduire la pollution des eaux de ruissellement en ville, ils contrôlent le débit de l’eau et ses volumes pour modérer le flux qui descend des toits.


Fréner l’érosion Les Lits de Plants et Plançons Cette technique est utilisée pour le confortement de talus à forte pente. Ces types de talus étant très sensibles aux actions de l’eau, il est nécessaire de les consolider sur toute leur hauteur. L’alternance entre les plançons et les boudins de terre permet de créer des ceintures végétales. Ces dernières, grâce au développement racinaire maintiennent les berges dans le temps. Phase 1 - Enrochement : une ligne de blocs d’enrochement pour stabiliser le pied de la berge. Phase 2 – Mis en oeuvre des lits de plants et plançons : Réalisation différents niveaux pour conforter la berge : la succession horizontale de branches de saules et plants à racines nues dans des boudins terreux, permet au système racinaire un développement rapide et en profondeur. Une technique végétale bien adaptée aux contraintes foncières, pouvant d’ores et déjà résister aux premières crues de la saison. Mise en place du substrat dans le lit de plants et plançons Phase 3 – végétalisation et ensemencement : La crête de berge a été protégée par un ensemencement manuel sous le géotextile coco et par plantation d’arbres et arbustes connus pour le bon développement de leur système racinaire. D’ici 3 mois les premières pousses devraient faire leurs apparition.


Les Fascines de Saules Technique de protection de pied de berge réalisée par la mise en place de branches vivantes de 3 à 4 espèces de saules arbustifs, en alternance avec des matériaux gravelo-terreux entre 2 rangées de pieux battus mécaniquement. C’est une méthode efficace pour absorber les forces hydromécaniques dès la mise en place de l’ouvrage. Si la fascine est efficace avant même la reprise des végétaux, son utilité va s’accroître lorsque le système racinaire des saules va se développer. Il pourra alors participer au maintien du sol.


Les Géotextiles Bio-Dégradables Les géotextiles biodégradables ont pour principales fonction, d’éviter les risques d’érosion des sols avant l’enracinement des végétaux implantés. Leur maillage retient les graines, notamment en cas d’immersion ou maintient l’humidité favorisant ainsi la pousse. Ils sont utilisés dans la création et réparation de berges, de talus utilisant des techniques de génie végétale tels les lits de plants et plançons, les caissons végétalisés à double parois, les couches de branches à rejet… Le textile de coco et boudins de coco Composés de fibres naturelles non tressées ou tressées, à plat ou en boudin, en se décomposant, les fibres de coco fertilisent les sols et accompagne les plantes dans leur développement. Utilisés pour stabiliser les rives, pour lutter contre l’érosion des pieds de berges, les boudins de coco peuvent être pré-végétalisés.


Les Caissons Végétalisés Utilisés sur les terrains à forte problématique d’érosion, par la pente élevée ou l’action de l’eau, le caisson intégre des végétaux à l’intérieur de l’ouvrage. Trois niveaux de caissons végétalisés à double paroi peuvent constituer un ouvrage. Constitués de rangées parallèles de rondins de bois résineux (longrines) sur lesquels sont fixés des rondins perpendiculaires (les moises), les caissons sont ensuite remplis de matériaux terreux et végétalisés par des lits de branches de saules (plançons) et des arbustes placés entre les longrines, à travers des boudins de géotextile biodégradable en coco.

A l’arrière de l’ouvrage, des apports de matériaux terreux sont réalisés. Un géotextile coco est déroulé sur le haut de berge ainsi reconstitué, pour assurer une protection mécanique de l’ouvrage en cas de crue. Un ensemencement hydraulique est mis en œuvre, complété par des plantations d’arbres et arbustes.


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Saint-Louis et le Delta du fleuve Sénégal: pollution de l'eau, salinité du sol et inondations by Louisa Malguitou - Issuu