NO 1048 - AVRIL-MAI 2021
SPRING 2021
ANDRA DAY Rises Up
L 15003 - 1048 H - F: 5,90 € - RD
ISSN 1777-9375
Family Stories
Boutiques réaménagées, packaging revisité, logo redessiné, direction artistique réédifiée : l’empire Swarovski s’est métamorphosé pour prodiguer sa nouvelle philosophie de l’éclat. Mars 2021, avenue des Champs-Élysées, la boutique Swarovski affiche une mine éclatante : le rose, le vert et le jaune cohabitent avec allégresse. Ce festival chromatique n’est pas anodin puisqu’il s’inspire du colorama présenté par Daniel Swarovski à l’Exposition universelle de Paris en 1900. Robert Buchbauer, nouveau PDG de l’empire Swarovski, et Giovanna Engelbert, toute première directrice artistique du géant autrichien, sont présents pour détailler leur nouvelle vision de la marque. Le but de cette métamorphose – qui réunit toutes les divisions du groupe autour d’un thème enchanteur – est clair comme le cristal : il s’agit de redonner tout son éclat à cette maison, née il y a 126 ans dans une vallée du Tyrol autrichien. Il s’agit également d’exalter l’attrait et de galvaniser la singularité des créations Swaroski. Les cristaux imaginés par Daniel Swarovski affolaient l’imagination de Jeanne Paquin, des sœurs Callot, de Gabrielle Chanel – qui se déplaçait en personne dans les Alpes pour choisir ses sachets de pierres. Les archives de L’Officiel le prouvent : peu de décennies, des Années folles aux Trente Glorieuses, ont résisté à l’attraction de Swarovski, qui vit son nom associé tour à tour à Jeanne Lanvin, Elsa Schiaparelli, puis Jacques Fath ou Cristóbal Balenciaga. Au sommet de sa gloire, Christian Dior exprimait volontiers
sa prédilection pour ces pierres du Tyrol, et plus précisément son admiration pour une pierre opalescente baptisée Aurore boréale, créée pour lui par Manfred Swarovski, le petit-fils de Daniel Swarovski. Giovanna Engelbert a la ferme intention de restaurer ce prestige qui s’appuyait alors sur une solide capacité d’innovation, de remarquables dispositions à la communication et une formidable intelligence créative. Cette exigence irrigue donc la première collection imaginée par Giovanna Engelbert. Sortie d’un “jardin mathématique”, Collection One réunit colliers, boucles d’oreilles, bagues, bijoux pour le corps. Ces pièces – conçues pour les femmes et les hommes – explorent toutes les facettes du cristal en soulignant sa géométrie et son caractère brut. Les arêtes vives se mettent au service de délicatesses taille coussin, les motifs complexes célèbrent la couleur par le bais de superpositions audacieuses. “Je voulais libérer le plein potentiel du cristal, détaille Giovanna Engelbert. Les premiers dessins de Daniel Swarovski ont été une fabuleuse source d’inspiration : j’y ai découvert la magie de ses inventions avant-gardistes et j’ai compris à quel point son rêve était puissant.” Une métamorphose radicale au service de l’émerveillement. -Par Hervé Dewintre
Photo DR
L’NEWS
pattern PLAY
En patchwork patchwork,, imprimé ou juxtaposé, l’art cinétique s’invite dans un jeu d’opposés strictement genderless. Stylisme GIULIO MARTINELLI Photographie ALBERTO TANDOI
L’STYLE
PINK Lady Volants XXL, tons pastel pastel,, imprimés fleurs et corset (de)lacé racontent une histoire à l’eau de rose contemporaine. Stylisme MARCO COSTA Photographie ALESSANDRO LO FARO
L’STYLE
Seventies STYLE
Inspirée par le New York du début des années 1970, des bas-fonds aux soirées glam, St. Vincent signe un nouvel album au groove irrésistible. Entretien avec la reine du rock arty. Pour accompagner son nouvel album et en expliquer la genèse, Annie Clark, alias St. Vincent, a élaboré un petit comic book à l’ancienne, au dessin granuleux et aux couleurs acidulées. Tout s’enracine en 2010, quand son père se fait incarcérer suite à des manipulations boursières – un choc que la chanteuse exorcisera en écrivant Strange Mercy, son troisième album, sorti l’année suivante. Tandis qu’elle devient une figure omniprésente de la scène rock américaine, son père collectionne fièrement les coupures de presse qui la concernent depuis sa cellule texane.
Propos recueillis par NOÉMIE LECOQ
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L’ARTISTE
TOP chrono
Après plus d’une année au ralenti ralenti,, nous avons eu envie de rencontrer trois actrices de caractère dont la carrière est en pleine ascension : ascension : Géraldine Nakache, Gaia Weiss et Assa Sylla. Et quoi de mieux qu’une paire de sneakers Hyperactive Hogan pour (re)partir dans le tourbillon de la vie ? Propos recueillis par LAURE AMBROISE, BAPTISTE PIÉGAY ET SOPHIE ROSEMONT Stylisme VANESSA BELLUGEON – Photographie JULES FAURE
GÉRALDINE NAKACHE C’est une conversation en face à face, comme il y en a si peu actuellement, et nous savourons notre chance. Entre mille choses – des noms de villes qu’on ne sait pas correctement prononcer à des recettes chocolatées addictives –, on évoque l’échange de photos et vidéos peu avenantes (mais très drôles) avec son amie Leïla Bekhti sur Instagram : “Si on n’avait pas connu la pandémie, on n’aurait sans doute pas osé, commente Géraldine Nakache. On est toutes les deux très pudiques concernant nos vies personnelles…” C’est vrai : sans nourrir la presse people, l’actrice et réalisatrice parisienne fait partie du paysage cinématographique français depuis près de seize ans, et son talent lui vaut d’avoir continué à travailler en dépit du contexte sanitaire. Bientôt, on la verra dans Vacances, un film de Béatrice de Staël : “Je joue une mère de famille confrontée à un drame. L’histoire est aussi intense que les conditions dans lesquelles on a tourné, mais cela fait partie des raisons pour lesquelles on choisit d’être acteur !” Elle prête aussi sa voix au légendaire dragon Sisu dans le formidable dessin animé Raya et le dernier dragon : “C’était une expérience géniale. Il y a quelque chose d’éternel dans les films Disney. Et je gagne suffisamment de miles avec ma fille pour la convaincre de se coucher à heure fixe !” C’est ce qui nous plaît toujours chez Géraldine, cette répartie qui fuse vite et bien. Elle a été à bonne école : Groland ! Pendant ses études de cinéma, suite à une annonce lue dans le Télé 7 jours parental, elle frappe à la porte de la directrice de casting, et devient son assistante. Puis celle de la réalisation des Guignols, avant de partir sur la chaîne Comédie. En sept ans, elle passe du recrutement à la production : “Ce qu’il m’en reste, c’est la musique, les dialogues, les rires du public. Quand ils fusent, c’est vertigineux !” Depuis, Géraldine continue à “ fabriquer des images”, comme elle dit joliment, à travers ses réalisations généreuses et des rôles tout terrain. Si ses récents spots pour La Redoute rencontrent autant de succès, c’est parce qu’elle y explore ce qui la fait elle-même vibrer au cinéma : “Cette crise a confirmé l’attachement que j’ai pour mes sujets de prédilection, le collectif et l’amitié.” On la sait donc proche de Leïla Bekhti, mais aussi de Jonathan Cohen, qui l’a fait tourner dans La Flamme : “Moi qui préfère le sprint, j’ai du mal avec cette course de fond que nous impose cette crise sanitaire… On n’est pas les plus à plaindre, mais c’est important de savoir
L’MUSES
qu’on peut s’appeler juste pour se dire qu’on est fatigués. Mais qu’il faut résister. Notre besoin de culture est immense, et le canapé ne remplacera jamais la salle noire.” Laquelle a toujours compté, depuis l’enfance : “Quand j’étais enfant, tous les dimanches, notre père nous emmenait au cinéma. Il y avait une sorte de rituel, soit le pop-corn, soit la glace, je me sentais privilégiée.” Elle garde le souvenir ému de Nikita, vu à l’âge de 10 ans avec son grand frère, le réalisateur Olivier Nakache. On en vient alors au succès de la série En thérapie, réalisée par le duo Olivier Nakache et Éric Toledano : “Éric et Olivier cherchent l’honnêteté tout en donnant à voir ce qui fait du bien. Ils prouvent que cette opposition entre populaire et hype est caduque.” Parfait exemple est donné avec la série Hippocrate, de Thomas Lilti, où Géraldine tient le rôle de la directrice de l’hôpital : “Cette nouvelle saison est une immense réussite, s’enthousiasme-t-elle.
Thomas nous plonge dans cet échantillon de l’humanité qu’est l’hôpital. Toutes les classes sociales y sont représentées. Comme sur un plateau ! On ne peut pas tourner un film s’il manque un seul des nombreux corps de métier. Je partage avec Thomas la même matière première : l’humanité.” On remarque un beau livre posé sur sa table basse, Every Person in New York de l’artiste Jason Polan, qui a dessiné des gens croisés à New York entre 2014 et 2019 : “Est-ce que c’est parce qu’on est en manque de visages ? En tout cas, son prisme, tantôt abstrait, tantôt réaliste, me touche beaucoup.” S.R. CI-DESSUS : Robe, COURRÈGES. Sneakers Hyperactive, HOGAN. PAGE DE GAUCHE : Blouse et collier, PACO RABANNE.
Short, CELINE PAR HEDI SLIMANE. Sneakers Hyperactive, HOGAN. Coiffure : Cyril Laloue@Wise & Talented avec les produits Maria Nila. Maquillage : Margaux Jalouzot.